Le devoir, 24 septembre 2005, Cahier E
LE U E V 0 I H .LES SAMEDI ET DI M A X (HE 2 S E P T E M B R E 2 0 0 :> JEUNES PUBLICS Un week-end chaud ! Page E 4 CINÉMA Corpse Bride, un Tim Burton éblouissant Page E10 LE DEVOIR n v m.Tambourine Man ( n artist* ne doit ni mais croire au H est arrive, il doit être dans un état constant de recommence ment an It's All Over Now.Baby Bl •I^es mots ont lour propre signification et cette signification peut changer » On tentait de faire de moi un ‘insider", mais fêtais m ‘outsider’» Shall Be Released « Flay it .fucking loud.Like A Rolling Stone «Je ne pense pas à ce que je veux dire, je me demande juste si la mesure est bonne» Quinn The Eskimo 'V, V S|t Ç-i ^ ¦'f ovf jp=^ 'Ctr Oj \ &U Y NICE PRICE JOHN COHF.N SOURCE C BS PAUL CAUCHON Hibbing est une petite ville rurale du Minnesota, le genre de ville qui n'avait qu'une seule rue principale et où la musique country se répandait partout.Son plus célèbre citoyen déclarera plus tard, en parlant de sa ville natale: «Vous ne pouviez pas y être un rebelle, il faisait trop froid.» La phrase est ironique et l’homme qui la prononce se nomme Robert Zimmerman.Qui s'est lui-même remis au monde après avoir quitté Hibbing, en changeant son nom pour Bob Dylan.Comment devient-on Bob Dylan?Comment devient-on le plus important auteur-compositeur américain des dernières décennies, le porte-parole d’une génération, le messie, le prophète qui a férocement refusé toutes ces étiquettes?La question nous trotte constamment dans la tête en regardant No Direction Home: Bob Dylan, un formidable documentaire qui sera présenté la semaine prochaine tant à la télévision américaine, sur PBS.qu’à la télévision britannique.C’est vraiment la rencontre de deux géants: Bob Dylan vu par Martin Scorsese, le réalisateur de Taxi Driver, Raging Bull, Gangs of New York et LAviateur.Scorsese?Eh oui.Scorsese est aussi le réalisateur du documentaire The Last Waltz, portant sur le groupe The Band et datant de 1978, producteur de la série Dylan a ouvert ses archives pour Scorsese HO-HQ The Blues sur PBS.et en 1970 il avait été assistant pour le film mythique Woodstock.Alors, comment devient-on Bob Dylan?Scorsese n’a pas la réponse définitive à cette question.Mais il s’en approche, en retraçant les influences multiples de Dylan, en insérant l’homme dans son contexte sociologique et historique.Il reste toutefois le mystère de la création, qui n’est pas toujours explicable.On voudrait que Dylan se lance dans de grandes explications philosophiques sur ses propres chansons.Le principal intéressé réplique, dans une entrevue publiée dans le magazine MOJO de ce mois-ci, que, quand il écrit une chanson, «je ne pense pas à ce que je veux dire, je me demande juste si la mesure est bonne (Is this OKfor the metre?).» No Direction Home est un événement Ce documentaire de trois heures trente, diffusé en deux soirs sur PBS (les lundi 26 et mardi 27 septembre), sort également en DVD ces jours-ci (avec du matériel supplémentaire) et il est appuyé par la sortie d'un CD double, qui porte le numéro 7 de la Bootleg Series.Simon & Schuster publie également The Bob Dylan Scrapbook 1956-1966, avec photographies rares, entrevues tirées du film et autres curiosités.C'est vraiment la déferlante, après la publication l'automne dernier de Gironicles: Volume 1, premier tome de l’autobiographie de l’artiste.C’est un événement parce que Dylan a ouvert ses archives pour Scorsese.et qu'il parle dans le film, ra- contant son enfance, son adolescence, ses débuts à Greenwich Village, son ascension vers la gloire.Les archives sont exceptionnelles: prises de studio, émissions de télévision rares, images du Newport Folk Festival de 1963,1964 et 1965, et surtout du matériel non utilisé tourné par Pennebaker, à l'époque ou ce réalisateur suivait Dylan en tournée pour son documentaire Don’t Ijiok Back, dont la tournée de 1966 en Grande-Bretagne, où Dylan choquait les fans de folk pur et dur en tentant de les convaincre des bienfaits du rock’n’roll.Vous n’oublierez pas sa version exacerbée de Like A Rolling Stone, ses fans qui crient «Judas’» en l’accusant d’avoir trahi le folk et Dylan qui réplique en lançant sur scène à ses musiciens «Play it fucking loud!».Le film présente aussi de nombreuses entrevues exclusives avec des gens qui l’ont connu, dont Joan Baez, Pete Seeger, Allen Ginsberg, Maria Muldour et Al Hooper.No Direction Home raconte essentiellement le Dylan de 1961 a 1966.Rien sur la suite, sur le retour au country, sur Desire, par exemple, ou sur le virage ca-tho.Et plusieurs sujets ne sont pas abordés, que ce soient le judaïsme ou les femmes de sa vie.Mais le grand mérite du film est de montrer la formation de Dylan, de placer Dylan au centre d’un faisceau d’influences, qui vont du country au rock de Gene Vincent, de Woody Guthrie évidemment, son plus grand héros, à la littérature (dont Kerouac et les VOIR PAGE E 2: DYLAN to E to £ O V >to CD to QL E O U 03 en 03 CO c c5 3 , cgiri fhk V/ c M emplis LnL SPENCEV PI,ATI ¦¦ M * collective oeuvre I.t DEVOIR.LES SA M E I) I I ET DIM A N < Il E SEPTEMBRE 2 0 O .1 K 2 2 5 DYLAN SUITE DE LA PAGE E 1 -* Culture*— DISQUE Un Caïman Fu bien nourri Le groupe lance son nouvel album, Les Charmes du quotidien SOURCE CAÏMAN FU «On sait cju’on n’est pas forcément facile d’approche, mais d’un autre côté, ce n’est pas de la musique bizarre», explique la chanteuse du groupe, Isabelle Blais.poètes Verlaine et Rimbaud), des films de James Dean à l’angoisse de la guerre froide et de la menace atomique dans laquelle l'Amérique baignait.Fuyant Hibbing et tentant d'étudier à l’Université de Minneapolis (il n’allait jamais aux cours, précise-t-il!), Dylan arrive à New York, ou il peut enfin s’inventer et se mettre au monde.Le documentaire trace un portrait riche de la vie a Greenwich Village au début des années 60, de l’ébullition intellectuelle qu'on y trouve.Dylan est comme une éponge qui absorbe tout («Je pmvais apprendre une chanson après l'avoir entendue une ou deux fois», dit-il).Le folk «délivrait Quelque clwse en min», dit-il.Avec Woody Guthrie, «vous pouvez écouter ses chansons et apprendre comment vivre».Mais déjà il fuit les étiquettes.A 20 ans, il refuse de qualifier ses propres chansons de folk: «Ce sont des chansons contemporaines», réplique-t-il.Son talent littéraire exceptionnel, sa façon inouïe de capter l’air du temps, son propre univers personnel, son charisme, son originalité le font immédiatement remarquer.«La première fois que je l’ai entendu, explique Allen Ginsberg en situant Dylan dans la suite la suite du mouvement beat, j’ai senti que le flambeau venait de passer à une autre génération».Après le festival de Newport de 1963, Dylan atteint la gloire.Il devient une idole.Dans sa populaire émission.Steve Allen le présente comme un «génie».Ginsberg le compare à un «chaman».Mais Dylan refuse de se laisser enfermer dans quelque tunnel idéologique que ce soit.«D'être du côté des gens qui luttent pour quelque chose ne veut pas dire que vous êtes nécessairement politique», lance-t-il dans le film, lit voix d'une génération?Le chantre de La gauche?«On tentait de faire de moi un “insider”, mais j’étais un “outsider”», déclare-t-il.La signification de ses propres chansons?«Les mots ont leur propre signification et cette signification peut changer», dit-il.Belle pirouette dylanesque! I^s entrevues avec Joan Baez sont particulièrement intéressantes.Partageant la scène avec lui en tournée, elle explique comment Dylan changeait le rythme de ses chansons soir après soir, comment il pouvait être exubérant un soir et tourner le dos au public le lendemain, qui continuait pourtant à le vénérer.«Un artiste ne doit jamais croire qu’il est arrivé, ajoute Dylan d;uis le film.Il doit être dans un état constant de recommencement.» Le documentaire présente de fascinants extraits de conférences de presse, où un Dylan de parfaite mauvaise foi se joue des journalistes, retournant leurs propres questions et les déstabilisant, excédé par les étiquettes qu'on tente de lui apposer.Le film rappelle aussi en détail les reactions passionnées et hargneuses suscitées par son passage du folk au rock.Et apres trois heures trente, la conclusion la plus forte est probablement celle de Joan Baez: «Je ne sais pas qui il est, dit-elle.Tout ce que je sais, c'est ce qu il nous a donne.» Le Devoir BERNAHD LAMARCHE Faites le test.Soumettez la pochette du dernier album de Caïman Fu à vos amis et deman-dez-leur s’ils reconnaissent la binette de la jeune fille aux lèvres saturées de rouge et aux yeux franchement maquillés.Entourée de trois amis, la jeune fille en robe de mariée est souillée par les restants d’une bataille de bouffe.Sorte de reine électropop, la jeune fille est bel e,t bien Isabelle Blais, la chanteuse de Caïman Fu.Méconnaissable.La pochette elle-même résume tout ce qui se passe dessous.Caïman Fu possède un sens inné du théâtral et, franchement, ne s’économise pas du tout.Sur le nouvel album, Les Charmes du quotidien, qui a été lancé plus tôt cette semaine au Lion d’or, chacune des chansons est touffue, bien grasse et bien nourrie, comme si, pour chacune des pièces qu’a pondues le quatuor, il n’av;üt en rien regardé la dépense.La dépense.Caïman Fu connaît.Tant et si bien qu’Isabelle Blais explique en entrevue que l’idée de faire une bataille de bouffe est venue en réfléchissant à ce qui pourrait bien illustrer Les Charmes du quotidien.«C’est vraiment un trip esthétique.On cherchait ce qui rendrait l’idée du quotidien.On est arrivé avec une photo de famille, une photo de mariage.C’est le mariage entre nous, mais CHRISTOPHE H U SS On l’a déjà écrit: les conditions financières liées à l’enregistrement d’un disque orchestral, au minimum 100 000 $ selon les conditions actuelles en vigueur à l’OSM, sont devenues rigoureusement incompatibles avec le marché du disque classique.Pour éditer des œuvres symphoniques contre vents et marées, le recours aux archives est une solution de plus en plus prisée.les orchestres en Amérique du Nord ont tous perdu leurs contrats d'enregistrement au pro fit non pas tant d’orchestres des ex-pays de l’Est, mais surtout des orchestres de radio européens, comme la BBC en Angleterre ou les multiples phalanges des stations allemandes.La coproduction par les radios et les éditeurs de disques a résolu bien des problèmes de l'industrie phonographique.Devant cette tendance, certains orchestres non affiliés à des stations de radio ont créé leur propre étiquette de disques.D'autres éditeurs font appel aujourd'hui à des licences (Brilliant Classics) ou puisent dans l’inépuisable vivier des archives radiophoniques.C'est le cas de BBC Legends ou de Profil, mie étiquette al- aussi le mariage qui découle sur le quotidien.D’où les amis et la robe.La bouffe est revenue souvent et un autre aspect du quotidien qu’est la saleté, le ménage.On a mélangé tout ça.Le quotidien peut être charmant, il peut être aussi banal ou platte.» La pochette, «c’est une manière un peu grotesque d’amener le quotidien à être moins banal.» lemande créée par un vieux routier du métier, Giinter Haenssler.Les premiers titres Profil viennent de nous arriver au Canada.Dernière source de documents: les enregistrements historiques, notamment ceux qui sont libres de droits après 50 ans.Cette tendance va évidemment se développer dans un proche avenir, puisque cette armée les premiers enregistrements stéréophoniques sont devenus cinquantenaires! Le prix de la rareté Deux philosophies commerciales s’opposent dans la réédition d’archives radiophoniques ou de disques historiques.Certains éditeurs font bénéficier le consommateur de l’absence de frais artistiques et mettent à sa disposition ces documents à des prix très raisonnables.C’est la voie choisie par Naxos, dans sa publication d’enregistrements libres de droits, mais aussi du groupe Universal, lorsqu’il réunit, dans des coffrets de la collection «Original Masters», des documents rares de ses grands ;irlistes du passé.S’il y avait un pont à bâtir entre le contenu de l’album et son contenant, c’est sans doute par la voie du théâtre qu’il passerait.Or, la chose semblait réglée, il a fallu que ce deuxième album de Caïman Fu sorte entre même temps, en cette fin d’été qui ne veut pas mourir, que celui d’un autre comédien, Paul Ahmarani, pour que D’autres, comme l’Anglais Testament ou l’Allemand Profil, misent sur la rareté et le caractère censément «historique» ou «légendaire» des documents pour exiger le prix fort.Mais qu’est-ce qui détermine que l'intégrale des Concertos pour piano de Prokofiev, par Joint Browning et Erich Leinsdorf, originellement publiée par RCA dans les années soixante, constitue un vieil enregistrement de fonds de catalogue, qui est candidat à la réédition dans une série économique RCA, ou encore une gravure historique, reéditée à 52 $ les 2 CD sous licence chez Testament?Le marketing, tout simplement.L'éditeur indépendant Testament a glané ces dernières années une grande notoriété dans la redécouverte de trésors sonores oubliés.A présent, c’est «l'heure des vendanges»: la vente à prix fort de témoignages pas forcément si historiques que cela.Mais les majors du disque ont tout à gagner de cette collaboration avec des éditeurs indépendants à la notoriété bien établie sur le marché de niche de l’enregistre- ressortent les questions autour de la double carrière d’Isabelle Blais.Mais le théâtre, justement, ressort dans la manière qu’a Blais de chanter, un peu désinvolte, avec des intonations qui rappellent Bjork, ses pirouettes vocales.La vont très expressive de Blais, parfois sur le bord d’ètre affectée, offre une belle solution de rechange aux grosses voix sans nuances de nombreuses chanteuses au Québec.«Je ne peux le nier, c’est grossi à la limite du grotesque.Mais quand tu interprètes de quoi, quand tu y vas à fond, ce ne sera pas sur le même temps.C’est très mode de chanter sur le même ton.Ça s’écoute sans s’écouter, c’est doux à l’oreille, ça dérange pas.C'est une qualité, mais ce n’est pas ce qu’m fait.» Le Québec aime ses tripes de chanteuse bien crues, et Blais a au moins le mérite de servir des tripes apprêtées à diverses saveurs émotives.Si, dans cet album, ces saveurs ont été plus dosées que dans le précédent Blais avoue que certains auditeurs peuvent demeurer peu friands de cette manière de faire.«En spectacle, c’est autre chose.À l’écouter, ce n’est pas évident, ça peut même devenir irritant.On veut que le monde embarque dans un trip.» On le disait.Caïman Fu n’a pas peur de la dépense.Son groupe, formé de Igor Bartula, Nicolas Grimard et Yves Manseau, se fait aussi changeant que le caméléon, avec des atmosphères bien marquées tantôt ment historique.Si la maison RCA voulait vendre ses vieux Concertos de Prokofiev par Browning, elle serait obligée de les publier dans une collection économique (autour de 17,50 $ l’album de 2 CD, si ce n’est moins) et ferait du profit après avoir vendu les 5000 exemplaires nécessaires pour amortir ses frais structurels, de réédition et de marketing.En confiant la bande à Testament, RCA empoche des redevances dès le premier exemplaire vendu et sur un prix de vente triple! Le consommateur doit donc être très vigilant avant d’acheter.Voici quelques bonnes idées de documents vraiment précieux ayant été récemment réédités.Chez Profil, dans le cadre de la nouveüe Edition Giinter Wand, distribuée par Naxos, s'impose nettement le Concerto pour piano («L’Empereur») de Beethoven, avec Emil Gi-lels.Malgré quelques dérapages du pianiste dans le dernier mouvement.c’est un moment de communion musicale rare.Autre étiquette allemande, Orfeo a publié une àite-grale des Concertos de Beethoven avec Rafael Kubelkik et Rudolf Ser-kin: un ensemble intéressant, mais pas transcendant Chez Testament, la seule réédition majeure concerne le violoncel- par les cuivres énergiques ou bluesés, ailleurs par les guitares relevées juste ce qu’il faut, à moins que les cordes ne rehaussent les harmonies.«Ça arrive de même.L'album est bâti comme un show ou un voyage, avec chacune des bulles qu’on peut rencontrer.Ce sont les mêmes membres, les mêmes instruments, mais on fonce dans chacune des bulles.» C’est dans ce contexte qu’il faut aborder Caïman Fu.«On sait qu’on n’est pas forcément facile d’approche, mais d’un autre côté, ce n’est pas de la musique bizarre.» Pour l’instant la réponse est belle, même que Continuer son chemin a fait une timide apparition sur les ondes de CKOI et de CHOl-FM.Pourtant, comme pour plusieurs, Caïman Fu cherche à se faire entendre par le plus grand nombre.Or, la radio commerciale est surtout affaire d’exclusion.La priorité d’Isabelle Blais, pour l’instant, est la musique.Au point où elle refuse des offres au théâtre et au cinéma, ou du moins elle essaie de ne pas tenter le diable.«Pour moi, c’est des vacances de ne faire qu’une seule chose à la fois.Le band est ma priorité parce que c’est plus fragile.Il faut que je mette ça à l’avant-plan.On a tellement mis d'efforts là-dedans qu’il ne faut pas botcher la suite.» Caïman Fu prend la route du Québec cet automne.Le Devoir liste Gregor Piatigorsky, dans un couplage du Concerto de Schumann (avec Barbirolli), du 1 Concerto de Saint-Saëns (avec Reiner) et de Schelomo de Bloch, avec Charles Munch à Boston.Chez Tahra, l’art dionysiaque du chef grec Dmitri Mitropoulos capté à New York, notamment dans une 2 Symphonie de Brahms exaltée, fait vite oublier les toux du public.Parmi les éditeurs mettant l’histoire du disque à la disposition du public à peu de frais, il faut signaler en premier lieu le coffret David Oïstrakh, de Brilliant Classics: 10 CD des ¦ grands concertos du répertoire pour le même prix que 2 CD de : l’étiquette Testament! Enfin, le choix est pléthorique chez Naxos, avec des documents globalement très bien choisis (éditions Artur Schnabel, Yehudi Menuhin, Jussi Bjôrling, William Kappell), dont certaines raretés, comme la Salo-mé de Richard Strauss, avec Christel Goltz.sous la direction de Clemes Krauss, à Vienne en mars 1954, ou des essentiels de l’histoire du disque tel que l’enregistrement de légende de Lohengrin sous la direction de Josef Keilberth à Bayreuth en 1951.Collaborateur du Devoir MUSIQUE CLASSIQUE Les archives au secours du disque classique Chez Profil, s’impose nettement le Concerto pour piano de Beethoven, avec Emil Gilels Ma mère chien Louise Bombardier // Wajdi Mouawad Markita Boles • Anne Caron ¦ Robert lalonde • Patricia Nolin • Julie Vincent Alain Roy • Guillaume Lord • Isabelle Larivière • Éric Champoux • Christelle Franca Angelo Barsetti • Geneviève Tremblay 1 « Il n'y a pas un moment où on doute de ce qu'on nous propose, on est totalement embarqué, on est vraiment pris au cœur par cette histoire et on n'en sort pas tout à fait indemne.» Cathcunc Perrin, C'esf bien meilleur le inctm, SRC « Louise Bombardier livre avec Mo mère chien une pièce pleine de remous, audacieuse et excessive.» Jean l'bihppe Angers Mène « Wajdi Mouawad aborde cet univers féminin voire féministe avec infiniment de tendresse et de finesse.» André Ducharmc, Dévx/fe/s, SRC « Cette pièce, exigeante et dense, ne s'incarnerait pas sans une rigueur particulière des interprètes.Elle est là, chez tous.» Anne- Mare Goutte», to ÉVess* 0 tn paitenana?avec Jusqu au 8 octobïe au Théâtre d'Aujourd'hui ^ardn 1 t lU\ f Ul> www.theatredaujourdhui.qc.ca SI4 282-3900 V>â M I ~ aÆc f/j â&Mmû -JllP WÏÊr mSEf/F gff * ."; « .!*.* ;• 'V » I*#*',?st ¦•jfrvr M * JACQLl.s OHI.NIl k l.|; DEVOIR Denise Filiatrault éprouve un grand plaisir à mettre en scène des pièces comme La Visite île la vieille dame, avec une distribution qu’elle compose sur mesure.jours.On a donc le temps de peaufiner.Seize personnages sur scène, c’est du monde! Je me promène de jardin à cour et de cour à jardin pour être sûre que tous les spectateurs voient bien de partout ce qui se passe sur scène; quand on paye son billet et qu’on se donne la peine de venir au théâtre, on mérite de bien voir, et j’y veille!» En mai, un autre grand mo- ment de bonheur attend Denise Filiatrault au Rideau Vert, puisqu’elle y montera My Fair Ixidy.une version scénique de la comédie musicale qui offrit à Audrey Hepburn l’un de ses plus grands rôles et que la metteure en scène rêve également de diriger depuis plusieurs années.Collaboratrice du Devoir I-a Visite de la vieille dame, de Friedrich Dürrenmatt, mise en scène de Denise Filiatrault, avec Andrée Lachapelle, Jacques Godin, Jean-Louis Roux et 13 autres interprètes.Au Théâtre du Rideau Vert, du 27 septembre au 22 octobre, ù 20 h.Information et réservations : (514) 84'!-1793.Lézards qui bougent A ' ¦ .*• ; *> * .e V ¦¦¦: i /• ¦>.- *.y- ->:’I e' WWÆ$% ’•Æn mmm y* Æ ', 'L - C V.\ •r Pour sa beJLs™ ^ 8 emen*« spectâcte PU< te tourner le sang *,'v> IV ÿ'v - NOUVELLES SUPPLÉMENTAIRES 18 AU 22 OCTOBRE 2005 ^ atteint PeïÏÏr 8i95hootfraF teurTJ1 COUp Av,s aux ama-teurs de sensations fortes ! » 1 ;Hcrvé Le Devoi, Urr,ticwe En58S nrfeur .auSJ, n»îf.dUi'’ “'(jUç"'* ' S*C, M bour"»""" ' *SP tc|^e>tIOU|0urs c0(It.«rd.^ 8Uîs.n»îf, fo«b.n* - t fJI, bouille ^esttouio^ ' c#n,w,d.r Qp ga^e e ~ ^ ,nte^P°f soi de I*te! Sd rraiour Or03om,„, montreal Radio < an «da éltvtvoi t K DEVOIR.L E S S A M E DI >1 ET I) I M A \ ( H E 23 SEPTEMBRE 2 O O 3 Culture MAGIE SUITE DE LA PAGE E 4 Car la résidence ne constitue pas qu’une étape de création pour la troupe.Elle s’arrime toujours à des activités de développement de la discipline.Entre deux séances de répétition, Hélene I^angevin reçoit un groupe d’élèves du secondaire qu’elle initie aux rudiments du théâtre d’ombre.La chimie opère tellement que plusieurs jeunes viendront assister à la première le soir même.«Ça engendra des déclics de voir la magie du théâtre derrière, la scène», corrobore la chorégraphe.Le rôle mésestimé des diffuseurs Ijes résidences mettent aussi en relief l’importance du travail des diffuseurs (conjointement avec celui des compagnies) dans le paysage du spectacle vivant — de la danse en particulier.On parle beaucoup des créateurs et de leurs œuvres, mais jamais des structures qui les accueillent, qui donnent à voir ces œuvres.En région surtout, les diffuseurs apportent littéralement la culture aux gens.«// y a une mauvaise perception du milieu de la diffusion, déplore Denise Arsenault, directrice du Théâtre de Baie-Comeau et présidente de RIDEAU (Réseau indépendant des diffuseurs d’événements artistiques unis).On pense souvent qu’un diffuseur pluridisciplinaire ne fait pas de direction artistique.» Or la programmation qu’elle orchestre, qui n’a rien à envier à celle des théâtres de la métropole, indique tout le contraire.Le Théâtre de Baie-Comeau, avec ses 800 places, amorce sa 14' saison.Il est occupé 285 soirs par année.«Nous sommes le seul diffuseur classé A au Québec, sur 106 évalués», déclare fièrement, mais sans une once de prétention, la dynamique directrice, qui s'apprête également à dévoiler la première politique culturelle de la Ville et qui planche sur l’établissement d’une nouvelle salle de 200 places.A l'instar du théâtre Centennial, à Lennoxville, et de la salle Pauline-Julien, à Sainte-Geneviève, l'équipe de Baie-Comeau est devenue un acteur-clé du développement des arts vivants en région et particulière- ment de la danse, qui vient en seconde place, derrière le théâtre, dans l’ècheUe des priorités.Cet investissement corps et âme dans la danse dérive d’une part de la complicité entre les dif-‘ fuseurs du réseau, mais surtout du programme La Danse sur les routes, lancé par le Regroupement québécois de la danse en 1997, qui fournit les moyens financiers et pédagogiques pour que la danse vive se fasse aimer hors des grands centres.Ce faisant, La Danse sur les routes a mis en place toute une infrastructure qui sert aussi aux autres disciplines.«Les théâtres [qui adhèrent au programme] ont l’obligation d'embaucher un agent de développement, explique Paule Beaudry, directrice du programme.Les outils qu’ils viennent chercher à La Danse sur les routes (conférences, ateliers pour les jeunes), ils les transposent dans le reste de leur travail.» Une quinzaine de diffuseurs sont inscrits.Ils doivent produire grosso modo trois spectacles de danse dans la saison, en échange de ces outils.«Le fait qu’ils soutiennent trois spectacles fait en sorte que j’en programme sept par année», indique Mme Arsenault, visiblement séduite par cette forme artistique.Elle met sur pied des résidences autant quelle peut le faire, mais la visite de Bouge de là n’est que la seconde pour laquelle elle reçoit un soutien financier.«C’est vers ce genre de dynamique qu’on veut aller», indique Mme Beaudry, qui veut encourager la réciprocité que permettent les résidences.Ces dernières ont un impact «évident», selon elle, sur la vie du spectacle en découlant et constituent un excellent outil pour faire connaître la danse.Seulement, ça ne fait pas longtemps qu’il y a des programmes incitatifs et les fonds s'avèrent plutôt minces chez ceux qui existent.Mais Mme Beaudry demeure optimiste.En plus de huit ans, La Danse sur la route a fait ses preuves, générant annuellement 320 000 S de revenus directs pour les compagnies et soutenant plus de 350 représentations, qui ont permis d’éveiller à la danse des centaines de milliers de Québécois.Le Devoir ROU.INi: 1 Al OR ! ! Bouge de In promet de douces frayeurs avec Chiitt!.t/J / v L/danse , iJk « UNE ODE A LA VIE.» LE NOUVEL OBSERVATEUR 1 nACl°r*'ourè£?*°s'l A*ec 24 °ntr*al.Avec^^f danseu J ICNG Centre Chorégraphique National rte Grenoble Jean-Claude Gallotta Trois Générations 29, 30 sept., 1 oct.2005 - 20 h ¦ Theatre Maisonneuve Æ (514) 842-2112 Conseil ries *rt% et des lettres iilliÉlgg PHOTOS GUV DEI.AHAYE Trois groupes d’interprètes exécutent successivement la même chorégraphie, sous le même éclairage.L’insoutenable fugacité de la danse / Le retour du Groupe Emile-Dubois avec Trois générations FRÉDÉRIQUE DOYON Un geste se charge-t-il du même sens lorsqu’il est interprété par des personnes différentes, à des âges distincts?Y a-t-il une substance propre au mouvement, en dehors du corps qui le porte?Y a-t-il un âge pour danser?Ces questions ont guidé la création de Trois générations, du chorégraphe français Jean-Claude Gallotta, du Groupe Emile-Dubois.C’est lui qui avait séduit le public montréalais dans les années 80, notamment avec Mamame, sacré Prix du public de l’édition 1987 du Festival international de nouvelle danse.Fort de ce souvenir indélébile — Mamame Montréal avait créé un précédent, perpétué dans d’autres villes par la suite — le chorégraphe revient dans la métropole québécoise cette semaine, à l’invitation de Danse Danse, avec une nouvelle pièce au procédé aussi désarmant de simplicité que révélateur de l’essence même du geste dansé.Trois groupes d’interprètes —-huit sont âgés de 8 à 12 ans, huit autres touchant la soixantaine et huit danseurs professionnels de la compagnie — exécutent successivement la même chorégraphie, sous le même éclairage, chaque fois précédée d’un court extrait du film Miracolo a Milano, de Vittorio de Sica.Le spectateur assiste ainsi à trois temps de la danse — et de la vie.Car, à l'instar de la vie qui bien souvent nous échappe, la danse est de nature essentiellement ephemè-re.Fille vit le temps de sa mise en scène.«C’est pas dans les mœurs de revoir plusieurs jbis la même danse, contrairement à la musique, par exemple, alors je me disais que ce serait intéressant de voir comment une écriture [chorégraphique] rentre dans le spectateur qui la voit La structure de l’œuvre est apparue en songe au chorégraphe et, chose inhabituelle, a dicté le contenu de la création.trois jbis», confie le chorégraphe en entrevue au Devoir.La pièce s’annonce comme un concentré pur jus du travail de Gallotta, qui aime toucher l’humain derrière la technique et pour qui il n’y a pas d’âge pour danser.En ce sens, Trois générations partage l'esprit de Mamame, selon le chorégraphe.«On a retrouvé cette origine simple, le dépouillement des scènes, le fait de montrer les gens dans leur naturel», explique-t-il.Il reconnaît toutefois que son dernier opus, moins ludique et moins fou, est bâti sur un concept autrement rigoureux, comme s’il s’agissait d'une démonstration ou d’un exercice de style.«C’est une sorte de théorème, admet-il.Moi qui mélange souvent les générations, là il s’agissait vraiment de définir trois générations bien séparées.» La structure de l'œuvre est apparue en songe au chorégraphe et, chose inhabituelle, a dicté le contenu de la création.«Le propos épouse la structure; on raconte comment le geste voyage d’un corps à l’autre, d’un âge à l’autre», commente Claude-Henri Buffard, qui a collaboré au processus de création à titre de dramaturge — falter ego de Gallotta.Mais l’essence de l’œuvre se trouve évidemment ailleurs que PLAY IT AGAIN ! CHORÉGRAPHIE DANIÈLE DESNOYERS LE CARRÉ DES LOMBES MUSIQUE.JEAN-FRANCOIS LAPORTE EC 5 AD 8 + 12 AU 15 OCTOBRE / 20 H ^ « PHOTO LUC SÉNÉGAL Québec ïï" 1*1 lllllll III (111 iirm winri iniWm AGORA DE LA DANSE 840.RUE CHERRIER MÉTRO SHERBROOKE WWW.AG0RADANSE.COM 5H 525.1500 LKlHWIR iwww.dansedanse.net dans la méthode.«Au départ, je croyais que ça allait ennuyer tout le monde, mais je m'aperçois que ça touche les gens, rapporte Jean-Claude Gallotta.Le fait de voir les trois [âges] à la suite, ça crée comme un suspense de la vie, dont on ne se rend pas compte sur papier mais qu’on ressent bien sur le plateau.» Derrière l'apparente démonstration technique se profile aussi un enjeu plus fondamental.«Il y a aussi un acte politique pour dire ce qu'on est au fond, philosophe M.Gallotta.Peut-on être trop jeune ou trop vieux pour travailler, pour fonder une famille, pour être plus libre?Et pour danser aussi.» La concrétisation de cette propo-sition au premier abord toute simple a aussi surpris les créateurs du spectacle.«Au résultat final, ce n 'était pas ce qu’on pensait», raconte le dramaturge, qui s’attendait avec le chorégraphe à des mouvements gauches, inachevés, édulcorés de la part des jeunes.Or la naïveté anticipée a plutôt cédé la place à une danse assurée et entière, qui se vaut en elle-même.On craignait aussi qu'apparaisse un écart marqué entre les adultes professionnels du GED et les plus âgés, que ceux-ci se retrouvent dévalorisés après la performance à haute voltige de ceux-là.Or ces corps des «anciens», comme l’équipe artistique se plait à les appeler, «portent une émotion, du vécu qui compensent largement la qualité technique plus faible, fait valoir M.Buffard.Tellement que beaucoup de gens gardent surtout en mémoire cette troisième génération.» A voir ainsi la même danse livrée trois fois, peut-on saisir une substance propre au geste en dehors du corps qui le porte?«Il y a toujours cette contradiction, de croire à la fois en quelque chose d’un peu mystique, un dépassement, et en même temps de toujours rester humble et modeste, que finalement les choses sont très simples, qu’un geste demeure un geste, qu un autre peut le remplacer», répond le chorégraphe.Et cette contradiction se rapproche étrangement de la vie elle-même, fugitive comme la danse, qu’on essaie de transcender tout en appréciant sa quotidienneté, son insoutenable légèreté.Ce parallèle est aussi évoqué admirablement dans un texte signé par le dramaturge et inclus dans le dossier de presse, qui résume à lui seul l'essence du spectacle.«C’est son essence, et son charme, le geste est volatile.Répété mille fois, mille fois il s’évapore.L'original, le geste initial, celui auquel un danseur a fait fendre Pair pour la première fois, n 'est pas consigné.Nulle part.Il n 'existe pas.Une photo, une vidéo, une méthode de transcription ne sont que des traces.Alors la danse recommence, avec les mêmes, avec d'autres, sans qu 'on sache vraiment si elle cherche à déjouer l'éphémère ou à l'entretenir.Tandis qu elle s'obstine à tirer son apothéose de cette fragilité même, ne tente-t-elle pas.concomitamment, à corps perdu, de créer sa petite “entreprise de construction de durée"?» Le Devoir TROIS GÉNÉRATIONS De Jean-Claude Gallotta, le 27 septembre au Grand Théâtre de Quebec, du 29 septembre au U octobre au Théâtre Maisonneuve de la Place des Arts et le 5 octobre au Centre national des arts d’Ottawa. IE l> E V (M K .LES SAMEDI 21 ET DI M A X (' Il E 2 •'> SEPTEMBRE 2 (l 0 T Culture Requiem pour les lieux de culte Qu’en est-il finalement du sacré et des lieux de la transcendance dans une époque sécularisée à l’extrême ?'msmw SWHfflp L’église St.Michael’s, à Montréal.JACQUES NADEAU LE DEVOIR STEPHANE BAILLARGEON Même vide, une église conserve son inentamable capacité d’évocation d'une espérance qui transcende tout, le temps comme l’espace, la culture, la vie et la mort.Le récent et très magnifique film Im Neuvaine, de Bernard Emond, en fait la preuve avec plusieurs scènes tournées à Sainte-Anne-de-Beaupré, dans un temple quasi déserté par ses fidèles, où un jeune homme vient entamer neuf jours de prière pour sauver sa grand-mère malade.La visite de la médecin Jeanne, athée avouée, naufragée de l’existence en lutte avec sa désespérance, célèbre aussi la magnificence comme les vertus consolatrices de l'archaïque sanctuaire de recueillement.Ce génie du lieu a hanté plusieurs réflexions entendues cette semaine à Montréal, lors des travaux de la Commission parlementaire sur la culture portant sur le patrimoine religieux.L’ancien Tibet judéo-chrétien compte des milliers d’édifices religieux, dont une bonne part devront être «recyclés» au cours des prochaines décennies.Les églises, les temples protestants et les synagogues ne sont-ils vraiment que des edifices comme les autres?J’eut-on convertir leur vocation et conserver leur aura?Qu’en est-il finalement du sacré et des lieux de la transcendance dans une époque sécularisée à l’extrême?L’Assemblée des évêques du Québec a plongé au cœur du problème dans son propre mémoire défendu mardi.«Certes, se détacher de biens religieux, même de peu de valeur patrimoniale, est un déchirement, car ils sont des témoignages de foi chrétienne, dit le texte.Nous proposons des types de projets, avec le désir de protéger la dimension sacrale des biens religieux.Comme l’a écrit le philosophe Hans-Georg Ga-damer, “toute irruption dans un monde protégé par le sacré" est en quelque sorte destructrice d’une œuvre d’art religieux; celle-ci est coupée de ses racines, si elle est désacralisée.Sans doute, le sacré peut avoir été jadis omniprésent au Québec.mais une véritable sécularisation demeure respectueuse d’une culture, où le sacré continue d’avoir sa place, car il fait partie de la vie et de l’histoire de tout être humain, ainsi que de toute collectivité.Une œuvre d’art religieux, même dans un musée, risque de perdre de sa valeur, dès qu’elle a été déplacée du lieu pour lequel elle a été conçue.•> La perspective épiscopale fait écho à celle esquissée par Catherine DouceL membre de la Société historique de Montréal, dans un mémoire qui a été déposé auprès de la Commission mais qui n’a pas ete défendu en audition.Pour elle aussi, le «recyclage» des lieux sacrés pose des problèmes fondamentaux, existentiels, que la stricte perspective économique ou immobilière ne respecte pas.•Les églises représentent le soin que les hommes ont pris pour justifier ontologiquement leur façon d’habiter le monde, écrit-elle dans une version remaniée envoyée au Devoir.Ce n 'est pas parce que la religion officielle se retire de ses principaux temples que ceux-ci perdent la dignité de leur stature (c’est plutôt l’inverse).Leur réalité ne se résume pas à un conglomérat de matière inerte, non.la substance dont ils sont faits est illuminée, transfigurée par l’évocation, cette faculté humaine qui permet de lier les idées et les choses.En fuit, c’est cela qui rend les églises anciennes si dérangeantes.C’est pour cela que les autorités les cèdent prioritairement et avantageusement à des L’État entreprises qui en détour- neront la signification.arrentern-t-il Derrière la justification monétaire, il y a une hai-de jouer ce ne lui s’exprime.La haine d'un régime pour toute ré-jeu d’arbitre férence autre que lui- même.Un mode de pen-et de grand sée qui fustige toute notion - d’absolu, mais qui est in- protecteur.capable d’objectiver l’en- chaînement de ses propres a priori et qui semble ignorer les ramifications de son propre psychisme.» Lieu de l’homme, il écrivait que «la culture est ce dans quoi lltomme est un être historique et ce par quoi son histoire tâche d’avoir un sens».Dans Une foi partagée (Bellaraün.1996), son tout dernier ouvrage, il rajoutait qu’«i7 n'y a pas de conscience sans rapport à une transcendance».11 y prenait d’ailleurs acte de l’euthanasie de Dieu comme réalité centrale de notre epoque, comme d’autres ont parle de transcendance noire.«Son absence nous hante d'une manière plus intense que sa présence autrefois», observait-il.C’est aussi une leçon de l'œuvre de Bernard Emond: l’église est là, pleine de certitude pour le croyant et en même temps remplie d’un mystère inaccessible pour l’incroyante qui y trouve pourtant refuge.Des critiques ont affirmé que ce film témoigné d’une nouvelle volonté des Québécois francophones de se réconcilier sinon avec une partie de leur passé religieux.du moins avec le nécessaire rapport au sens, à un autre état.Beaucoup de propositions formulées devant les parlementaires ont confinné cette probable mutation vers une société plus en paix avec ses origines et surtout moins obsédée par l’image honteuse d’un ancien groupe de ouaoua-rons de bénitier.L’appel répété ad nauseam pour un sauvetage de ce patrimoine en témoigne.L'idée de nationaliser les églises et leur contenu dénote un nouveau souci collectif pour cet héritage, qu'il s’agirait de respecter pour ses qualités sinon transcendantes, du moins mémorielles et esthétiques.L’Etat acceptera-t-il de jouer ce jeu d’arbitre et de grand protecteur?La Commission sur la culture marque un certain intérêt.Seulement, l’exercice suit de loin la vaste enquête du groupe-conseil, dirigée au début de la décennie par Roland Arpin, qui recommandait déjà l’adoption d'une grande loi sur le patrimoine.Pire, la démarche se fait pendant que plusieurs projets réels menacent des complexes religieux.Mais bon, les défenseurs du patrimoine entendus cette semaine ne semblent (T-.Y Y U} Iff % ! ' v j j » ili» Bmi m (i Scène du film La Neuvaine tournée à la basilique de Sainte-Anne de-Beaupré.pas désespérer de voir Québec agir bientôt, ne serait-ce que pour imposer un moratoire sur la vente des églises.Comme le dit un des personnages de La Neuvaine, le bien se fait plus assurément quand on entre dans l’espérance.SOURI I M II MS AMERIQUE Le Devoir EL EN RECITAL Avec le pianiste WALTER DELAHUNT Les croyances Pour beaucoup d’observateurs de l’histoire et des sociétés, la croyance demeure une donnée constitutive de l’humanité, au même titre que la raison ou le langage.L’historien et sociologue Fernand Dumont, profondément croyant, demeurait assuré de l’indéfectible survie du croire, malgré notre tendance actuelle à «bricoler des objets de désir» et à «monnayer le sacré de tant de manières qu elle a du mal à l’apprivoiser».Dans Le 982-3386 FESTIVAL POP MONTREAL Du 29 septembre au 2 octobre 15 $ / 12 $ f onfpirnce et nte/u POP AND POLITICS t et 2 octobre, de 11h à 18h Entrée gratuite Montréal EDEVOlli lüm Orchestre Métropolitain du Grand Montréal Yannick Nézet-Séguin MyfW.S mSENTf PAR Financière w.Sun Life YANNICK NEZET-SEGUIN, chef FRANÇOIS PARIS, LA CHAIR DE L’AUBE GUSTAV MAHLER, SYMPHONIE N ’ 9 EN RÉ MAJEUR U VENDREDI 30 SEPTEMBRE, 19 H 30, EGHSt SAINT )f AN BAPTISTE CQNffRfNCE PRECONCflîl OKAtOITt, 18 M 30 LE DEMUR Abonnez vous! (514)598-0870 orchestremeiropolitnin.com "Une inspiration pleine (/e fraîcheur et t!e jeunesse anime tout ce tjne /laenJel louche “ -Ri< h ud Dm i.Bosimi Cîli>bcl MARDI 11 OCTOBRE, 20H T héâtre Maisonneuve.Place des Ails Une des plus remarquables violonistes de notre époque ! Programme MOZART .Sonate en mi minein BACH, ( haconnc BRAHMS.Danses hongroises BARTOK.Danses roumaines I RANCK.Sonate en la majeur WII NIAWSK1.Polonaise brillante Soirée bénéfice pour la Fondation Music in Me Théâtre Maisonneuve Place des Ails 1)14 842.21 1 2 I8&6 842.21 12 www.pda.qc.ca RéBemi Admission'.u /HO im JARDIN BOTANIQUE 1)1 M O N T R I A I.UNMUSÉUMNATUREMONTRÉAl 800 lanternes chinoises 1 tradition millénaire 0 passeport La Magie des lanternes Au royaume des oiseaux Jardin de Chine 9 septembre au 31 octobre de 9 h à 21 h Renseignements: 514 872-1400 www ville montreal.qc.ca/jardin i*1 ciawca Montréal ^ty « LE DEVOIR.LES SAMEDI 21 ET DIMANCHE 25 SEPTEMBRE 2 O O 5 K « ?i n ?111 u mut SOURCE ALLIANCE VIVAFILM Lasse Hallstrom a réuni une éclatante distribution dominée par Robert Redford et Morgan Freeman.ft ,4 Un film inabouti AN UNFINISHED LIFE (V.F.: Une vie inachevée) Réalisation: laisse Hallstrom.Scénario: Mark et Virginia Spragg.Avec Robert Redford, Morgan Freeman, Jennifer Iripez, Josh Incas.Image: Oliver Stapleton, Montage: Andrew Mondshein.Musique: Deborah Lurie.États-Unis, 2005, 107 minutes.ANDRÉ LAVOIE Jadis cinéaste sentimental (j’avoue avoir versé quelques larmes devant The Cider House Rules), Disse Hallstrom apparaît empêtré dans son pendant malsain, la mièvrerie.C’était déjà visible dans Chocolat et The Skipping News', la chose se confirme dans An Unfinished Life, un dernier vestige du royaume Miramax, le studio des tyranniques frères Weinstein aujourd’hui bazardé.On imagine que c'est la force de persuasion du réalisateur d’origine suédoise qui a su réunir cette éclatante distribution dominée par Robert Redford et Morgan Freeman, et non ce scénario signé Mark et Virginia Spragg, où les symboles sont aussi imposants que les montagnes qui ceinturent le ranch de l’acariâtre Einar Gilky-son.Celui-ci affiche les traits d’un Redford acceptant enfin son âge I Sàs-Vs loOÏ'Mf & ¦pMhcis ColfkoVi «o'UfUjve Jeudi septembre 2005 — 20H Harmonious Consort Musique anglaise du XVIIe siècle pour voix et consorts de flûtes et de violes avec Laura Pudwell.soprano Jeudi 10 novembre 2005 — 2011 Al Rovescio Musique italienne baroque et contemporaine avec Francis Colpron aux flûtes à bec et traversière Mardi 2g novembre 2005 — 170.^0 Offrande musicale Le chef-d'œuvre de Jean-Sébastien Bach En collaboration avec le Festival Bach de Montreal Jeudi 50 mars 2006 — aoH Haydn intime Trios et quatuors de Joseph Haydn avec Marc Destrubé, violon Jeudi 4 mai 2006 — 20H Bach à l’orchestre Ouverture ni’2, sinfonias et concertos divers £ O U U Û Tous les concerts ont lieu à la Chapelle Notre-Dame-de-Bon-Secours 400, rue Saint-Paul Est, Vieux-Montréal Champ-de-Mare Info-Boréades 514 634.1244 • www.boreades.com U X AIR CANADA Le Journal de Montreal ?»* COMPÉTITION OfRatliEfESTIVAL DE LOCARNO 2(105 C LÉOPARD D'OR v MEILLEUR INTERPRÈTE MASCULIN J PATRICK DROLET 9 f PRIX DU JURY DES JEUNES \ , ENVIRONNEMENT ET QUALITÉ DE VIE 9 PRIX OECUMÉNIQUE ' iNeiivaine dans LAGENCA culturel 5e SEMAINE! l*OUC»«RVIU-t>^l 1 VRAAAULE» IwgRBWOOKr r^fÏHÎGCu— [ü5u«?ac^ MOWT-TÜBmltiTTl f
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