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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier C
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  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 2009-11-28, Collections de BAnQ.

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t 0 (t !* I> K VOIR K > > A M K |l | 2 S t T D I M A \ t H \ 2 !» \ »» \ K M R R K IDÉES L'avenir du monde est un enfant Page C 5 Lv-*, PHILOSOPHIE Lue enquête publique1?Page C 6 PERSPECTIVES wwfi|P»uM|i»iyi teuhL.ÆÊL, ! ttfk- * ptjtâ I î r Camp Menik Farm, où plus de 300 000 Tamouls ont été détenus.WFw fr-’S v-.¦ Vv ¦ •: t- 2-iiüÜiyüiiitiJ Sri Lanka Comment rétablir la paix ?Le 18 mai dernier, la mort du chef historique des Tigres tamouls, Velupillai Prabha-karan, a concrétisé la victoire de l’armée nationale du Sri Lanka et la fin de la guerre civile qui durait depuis 30 ans.Alors que ce pays déchiré par un conflit séparatiste se relève lentement, un processus de réconciliation menant à une paix durable s’impose.LISA-MARIE GER VAIS Le Devoir au Sri Lanka Après 30 ans de guerre, certains n’osent trop y croire.Mais la défaite du mouvement séparatiste des Tigres de libération de l’Eelam tamoul (LTTE) face à l’armée nationale semble bien avoir fait renaître des espoirs de paix.Au nord, dans la région de Vanni anciennement contrôlée par le LITE, le paysage est dévasté et de nombreuses mines sont encore enfouies dans le sol, mais le calme est revenu.À Colombo, la capitale, les habitants peuvent depuis quelques mois circuler sans crainte d’une explosion dans un autobus ou d’un attentat suicide dans un lieu public.Et les chantiers, de plus en plus nombreux dans certaines villes du pays, témoignent du retour des investisseurs.Vraiment finie, la guerre?La situation postconflit présente un beau paradoxe.En octobre, 300 millions $US ont été ajoutés au budget militaire déjà approuvé de 1,6 milliard pour 2009.L’état d’urgence a été prolongé, de même que la Loi relative à la prévention du terrorisme, qui accorde des pouvoirs spéciaux au gouvernement et lui permet de procéder à des arrestations sur la base de simples soupçons.Le recrutement des soldats n’a pas cessé, même que leur salaire a augmenté.Et le gouvernement projette d’installer deux importantes bases militaires dans l’ex-zone du LITE et promet que la surveillance militaire s’y poursuivra bien au-delà du retour des personnes déplacées.Mirak Raheem, directeur de TUnité analyse de paix et conflit au Centre for Policy Alternatives, constate que la paix au Sri Lanka est fragile et qu’il faudra se montrer patient.«Le fait que la guerre ait duré longtemps rend le défi plus grand, mais cela ne veut pas dire que la paix est impossible», a-t-il soutenu.Ce sera un processus long, mais aussi complexe, car le conflit, qui mettait aux prises des tamouls séparatistes et l’armée sri-lankaise, a des racines profondes.Cinghalais et Tamouls Quelques années après l’indépendance en 1948, un vent de nationalisme cinghalais a soufflé partout sur l’île.On facilitait les choses pour les Cinghalais qui voulaient s'installer en zone tamoule, notamment au nord et à l’est.Des lois, notamment celle sur la langue officielle, favorisaient cette majorité.La tentative de faire reconnaître le bouddhisme, culte associé aux Cinghalais, comme religion officielle, a attisé la grogne des Tamouls, qui ont ainsi été marginahsés et partiellement exclus du système d’éducation.S’attirant la sympathie de plusieurs Tamouls lésés, le mouvement de défense des droits des Tamouls s'est transformé en un mouvement politique en 1997, puis en une guérilla qui souhaitait la libération du peuple et l’indépendance par les armes.Durant plus de 30 ans, de part et d’autre, les attaques ciblées ont abondé.Jusqu’à ce que l'armée de l’actuel président, Mahinda Rajapak-sa, décide d’en finir avec cette guerre.Les attaques de l’armée se sont intensifiées au début de l’année 2009 pour culminer, en avril et en mai, lors de sanglants affrontements dans le nord-est de l’île.Des centaines de milliers de civils ont été pris en souricière dans des feux croisés.Certains Tamouls ont fui et ont été emmenés par l’armée dans des camps entourés de barbelés sans droit de sortie, sous prétexte que certains d’entre eux pouvaient être des combattants du mouvement séparatiste.Au nord, à Manik farm, le plus important des camps, on comptait jusqu’à 280 000 personnes à la mi-mai, lorsque la guerre s’est terminée.Cette situation complique les relations post-conflit, croit Chamindra, un haut placé d’un ordre religieux qui souhaite garder l’anonymat «L’armée a enfermé les gens dans les camps, mais c’est aujourd’hui elle qui les aide à se réinstaller.Il y a là un certain malaise», a-t-il souligné.Les outils pour la paix De l’avis de Mirak Raheem, le fait que le pays vive actuellement une situation post-guerre et non seulement post-conflit pourrait faciliter le retour de la paix.«La situation d’après-guerre, où il y a eu une victoire militaire sur un groupe séparatiste, change complètement la dynamique.C’est une incroyable occasion de résoudre le conflit en entier Mais on doit agir vite», a-t-il avancé.Et la paix ne sera pas possible sans le retour chez eux des gens déplacés.«C’est la première des choses.Il faut que le gouvernement permette à ces gens de retourner rapidement là où ils vivaient.Il doit s’assurer que tous recouvrent leur liberté de mouvement.Il faut vider les camps», a poursuivi le chercheur.Et le retour doit s’effectuer de façon appropriée, insiste pour sa part Chamindra, qui offre un soutien aux familles tamoules déplacées.«Les programmes de réinstallation des gens devraient être dirigés par les Tamouls eux-mêmes.Ils pourraient ainsi retrouver leur dignité.Si on ne les implique pas, on reproduit le même schéma et on force les Tamouls à demeurer dépendants du gouvernement», a-t-il soutenu.En coulisse, dans les régions à majorité tamoule, certains pensent encore à un état indépendant.Cependant, pour le député d’opposition Mano Ganesan, chef du Front populaire occidental, les Tamouls ont plutôt besoin de développer une nouvelle forme de leadership démocratique.«On doit chercher à développer une autonomie différente, qui vise à trouver des solutions dans un Sri Lanka uni, sur la base du dialogue», soutient-il.Langue et territoire L’idéal, pour Ravi Karunanayake, député de l’UNP (United National Party), le plus grand parti d’opposition, serait de retourner à la situation qui prévalait il y a 50 ans, tout juste après l’indépendance.«A cette époque, c’était cinghalais, musulmans, tamouls.tout le monde ensemble», se rappelle-t-il.«Notre approche doit maintenant être plus compréhensive et inclure les minorités», a-t-il ajouté.«On devra certainement se pencher sur la question de la langue», a pour sa part reconnu M.Raheem « On doit chercher à développer une autonomie différente, qui vise à trouver des solutions dans un Sri Lanka uni » FRANCOIS I’KSANT U DEVOIR L’époux de cette Sri-Lankaise, suspecté d’être un LITE, a été kidnappé par l’armée.Récemment libérée de Menik Farm, elle dort maintenant dans la rue.en mentionnant que beaucoup de frustrations sont liées à cet enjeu.Abrogée en 1977, la Loi sur la langue officielle avait fini par reconnaître le tamoul et non plus uniquement le cinghalais.Dans les faits, très peu de communications officielles sont faites dans les deux langues et les fonctionnaires de l’État sont rarement bilingues.Le territoire constitue la p.erre angulaire de la réconciliation.Aux quelque 300 000 déplacés qu’ont faits les affrontements du printemps dernier s’ajoute un nombre identique de «vieux déplacés» qui, victimes de violences, ont été forcés de quitter leur demeure dans les années 80 et 90.«Ces gens-là aussi attendent de retourner à leur terre.Ils veulent récupérer leur propriété», a expliqué M.Raheem.Dans la communauté tamoule, on craint que la distribution des terres de l’ancienne zone LTTE ne favorise les Cinghalais.Certains parlent même de «colonisation» d’une région tamoule par les Cinghalais.Certes, pour dissiper ces doutes et cette tension, il faudra repenser certaines pratiques et certaines politiques.Certaines lois aussi.«Si le gouvernement ne se penche pas sur ces questions, il risque de voir réapparaître le problème dans deux, cinq ou dix ans», avertit le chercheur.Pour M.Karunanayake, reconnaître et appliquer certaines lois serait certes un bon départ.«Il va falloir que le gouvernement montre une volonté de respecter les droits de chacun.Car certains n’oublieront pas que les lois ont été instaurées par ceux qui ont utilisé des armes contre eux», a-t-il rappelé.Au Parlement comme ailleurs, ils sont plusieurs à prôner l’idée d’une commission Vérité et réconciliation, semblable à celle qui s’est tenue en Afrique du Sud, post-apartheid.«Mais le contexte de l’Afrique du Sud était unicjue.Deux protagonistes en sont arrivés à un accord commun.Ici, c’est la défaite de l’un sur l’autre, te rapports de force ne sont pas les mêmes», a rappelé le chercheur.Ainsi, pas de réconciliation a l’africaine, mais une démarche clairement orientée vers une paix durable.«Ce sera à nous de voir ce qu’on veut et comment ça s'organise, Il va falloir assurer la sécurité des gens qui vont parler et trouver des façons d’atteindre tout le monde dans les différentes communautés.la justice dmt être réparatrice», a-t-il insisté.Le député Ravi Karunanayake a des doutes.«Im réconciliation ne semble pas faire partie du vocabulaire du gouvernement en ce moment», a-t-il dit en admettant que ce n’était pas le sujet le plus discuté en assemblée.«Rajapakse.n'est pas l’homme de la situation», a clamé cet ancien ministre du Commerce.Des élections présidentielles auront lieu le 26 janvier 2010, a-t-on annoncé officiellement hier.Plusieurs fondent leurs espoirs sur l’ancien général Sarath Fonseka, qui vient de démissionner de son poste de chef de l’armée pour briguer les suffrages.A ce stade-ci, nul ne saurait prédire l’issue des élections.Mais reste a savoir si un simple changement de gouvernement pourra ramener au Sri Lanka cette paix tant méritée.Le Devoir Notre journaliste a séjourné au Sri Lanka grâce à une bourse de l’Institut de recherche en santé du Canada t \_________________________________________________________________________________________ ___________i mcwùmammâ ¦¦MCI mamummKmtrmwaakMm < 2 I.K l> E V 0 I H .L ES SAMEDI 2 S ET DI M A V (UE 2 il A 0 \ E M K H E 2 (I •» D La stratégie du sparadrap 41 Gil Courtemanche En général, les individus, tout comme les sociétés, évoluent lentement, mesurant prudemment les doses de changement et de réforme qu’ils peuvent digérer et assimiler.Une sorte d’évolution homéopathique.Les changements radicaux de comportement ou d’organisation sociale surviennent la plupart du temps quand on est victime d’un grave revers, de conflits ou de menaces imminentes, la catastrophe annoncée impose souvent une remise en question globale.Quand on se releve d’une maladie grave, la peur de la mort fait souvent en sorte qu’on modifie radicalement son mode de vie et son alimentation.Un revers financier nous mène à repenser nos habitudes de consommation et notre rapport aux possessions.On pourrait imaginer que les sociétés et les organismes réagissent de la même manière.C’est de moins en moins le cas parce que les sociétés ne sont pas des ensembles organiques et que leurs besoins sont interprétés par ceux qui détiennent le pouvoir politique.Voyons comment des gouvernements réagissent a deux cancers et à une catastrophe annoncée.?Depuis le scandale du contrat des compteurs d’eau à Montréal, pas un mois qui ne révèle un scandale dans le secteur de la construction et des infrastructures routières.11 se dégage de tout cela l’impression bien documentée d’un système de collusion et de favoritisme qui mine la vie démocratique et entraîne des coûts supplémentaires de plusieurs centaines de millions.Les policiers, les procureurs de la Couronne, les associations de municipalités et 80 % de la popula-.tion pensent que seule une enquête globale peut enrayer ce système et faire disparaître cette odeur de soufre qui plane sur la province.Le gouvernement refuse de traiter la maladie et s’attaque aux symptômes en appliquant la stratégie du sparadrap: quelques enquêtes policières, un resserrement des règles, quelques vérificateurs de plus.Aucune mesure pour s’attaquer aux racines de la maladie.De là à penser que le gouvernement a quelque chose à cacher, il n’y a qu’un pas qu'une grande partie de la population a déjà franchi, accroissant encore plus le cynisme qu’elle entretient à l’égard de la chose politique.Pas étonnant qu'on vote de moins en moins.Un autre cancer: la crise financière mondiale.C’est bien la maladie la plus grave dont ait souffert l’économie mondiale depuis 1930.Et pourtant, le choc et la menace de l’effondrement du système financier ne furent pas suffisants pour qu’on s’attaque lourdement au cancer de la spéculation et des produits dérivés.On a mis quelques pansements sur les grandes banques et les assureurs menacés de faillite sans leur imposer un nouveau cadre de fonctionnement et sans traiter les cellules qui pervertissent le système financier mondial.Oubliées, les grandes déclarations sur la nécessité de réformer le capitalisme et la rentabilité fondée sur la spéculation.Pendant que la gangrène continue de se propager, les grands de ce monde se sont préoccupés des verrues que sont les paradis fiscaux.Les «pauvres» banquiers suisses qui s’enrichissaient de la fraude fiscale (une bien petite maladie comparée à l'économie spéculative) virent leur secret bancaire charcuté et leurs clients douteux rentrer à la maison.Mais, au bout du compte, ce qu’on nous dit c'est qu’on peut éviter une prochaine crise et sortir de celle-ci en ne modifiant radicalement aucun aspect de notre système économique.Cela ressemble à un malade qui se remet à fumer après l’ablation d'un poumon rongé par le cancer.Le choc et la frayeur ne furent pas suffisants pour nous mener sur le chemin du changement fondamental.?Puis finalement, il y a cette catastrophe annoncée si magistralement documentée depuis Kyoto.La banquise qui fond 20 fois plus rapidement que prévu, des modes de vie déjà modifiés dans le Grand Nord, des îles qui disparaîtront des millions de kilomètres carrés qui seront inondés par la montée des océans, des millions de réfugiés climatiques.Les premiers seront chez nous.Ce sont les Inuits, dont non seulement le mode de vie est me nacé à court tenue, mais aussi les installations, qui seront fragilisées par la fonte du pergéüsol.Mais ce qu’on nous dit ici, c’est qu’on peut continuer en maintenant le même mode de vie, la même course à la croissance et les mêmes comportements.Pis, on rate toutes les occasions de prendre le virage vert et du développement durable.Pour sortir de la crise, nos gouvernements ont mis sur pied des plans de relance.Alors qu’en Europe une grande partie de ces injections de fonds a été dédiée à la recherche, au développement des énergies renouvelables, au financement des transports publics et à la création de villes vertes, ici on a essentiellement investi dans l’industrie automobile, dans la réfection des infrastructures routières, autrement dit, dans ce qui nous conduit à la catastrophe.Pourtant, les exemples de changement radical et aussi économiquement rentable ne manquent pas, en particulier dans des pays comme le Danemark, la Norvège, la Suède, qui possèdent beaucoup de caractéristiques communes, climatiques ou économiques.Ce qu'on nous dit, c'est qu’il faut être raisonnable.Alors qu'il faut imaginer un nouveau monde si nous voulons survivre, on se refuse l'audace et le courage politique de dire qu’il faut changer.Même Michael Ignatieff, pour des raisons de rentabilité politique, a abandonné l’idée de la taxe carbone, solution qui est pourtant favorisée par la majorité des pays européens.PERSPECTIVES CHANGEMENTS CLIMATIQUES Himalaya: le recul des glaciers pèse sur l’avenir de l’Asie v l1 SUBEL BHANDARI AFP Un des nombreux glaciers de l’Himalaya, le Khumbu V HERVÉ K E M P F Khardung La (Jammu-et-Cachemire) — De la neige a 5606 mètres d’altitude?Non, presque pas.Le col de Khardung La, dans le district du Ladakh, au nord de l’Inde, a beau être la route carrossable la plus élevée du monde, le blanc n’y régné pas.L’air est rare, le ciel, immaculé et les militaires qui surveillent ce passage qui conduit au col de Karakoram, vers la Chine, scrutent avec patience des pentes dénudées et silencieuses.Mais, comme dans tout le Ladakh, les montagnes sont brunes et sèches, leurs flancs, rarement couverts d’une fine couche de neige poudreuse.Et le glacier de Khardung La?Ah, le glacier, il est plus loin, explique-t-on, sur la route de Nubra.«Les gens qui ont de la mémoire disent qu’il était beaucoup plus grand auparavant, dit Tundup Ango, de l’association d’origine française Geres.Mais est-ce dû au changement climatique ou au trafic sur la route de construction récente qui le traverse?» Cette question sans réponse définitive, il semble qu’on puisse la poser à propos de tout le massif himalayen: les glaciers fondent-ils massivement ou pas?La question est d’une importance vitale pour plus d’un milliard d’habitants en Inde, au Pakistan, au Bangladesh, au Tibet et en Chine.Recouvrant près de trois millions d’hectares, les 15 000 glaciers himalayens forment la troisième masse glaciaire de la planète après les pôles.Avec la neige accumulée, le massif montagneux stocke 12 000 km ! d’eau douce et constitue le réservoir des grands fleuves Indus, Gange, Brahmapoutre, Yang-Tse, Jaune et Mékong.En 2005, un rapport du WWF (Fonds mondial pour la nature) donnait l’alerte sur la menace que faisait peser le réchauffement sur cette masse glacée.Une alerte reprise en 2007 dans le rapport du GIEC (Groupe d’experts intergouvememental sur l’évolution du climat): «Lesglaciers de l’Himalaya reculent plus vite qu’en aucun autre endroit du monde, et si cela continue au taux actuel, la plupart d'entre eux auront disparu en 2035», y lisait-on.Ampleur incertaine Mais l’affaire est plus compliquée qu’il n'y paraît, parce que la situation n'est pas identique en tout point du massif.Des petjts glaciers, comme à Gangotri et à Kafni, dans l’Etat d’Utta-rakhand, bien étudiés par les chercheurs soutenus par le WWF, fondent rapidement.Mais d’autres, comme le très grand glacier Siachen, situé à une centaine de kilomètres de Khardung La, semblent stables {Current Science, 10 mars 2009).«Les données sur lesquelles s’appuyait le GIEC étaient très peu nombreuses, dit Syed Iqbal Hasnain, un glaciologue indien réputé.Sur les quatre glaciers que nous suivons régulièrement, on observe un retrait.Mais il est difficile d’extrapoler.» Plusieurs facteurs incitent à la prudence.D’abord, la masse même du massif, qui signifie que ce qui est vrai dans un endroit peut ne pas l’être ailleurs.Ensuite, il n’est pas encore possible de bien articuler les données de terrain, trop éparses, et les observations par satellites, encore peu nombreuses et pas tou- jours fiables.Autre problème: les équipes chinoises et indiennes ne peuvent pas bien collaborer, à cause des préoccupations militaires.«Mes collègues de Pékin sont pessimistes, affirme M.Hasnain: ils prédisent une réduction de 45 % de la masse des glaciers en 2070.Mais il faudrait qu’on puisse mutuellement visiter nos glaciers.» Si l’ampleur prévisible du retrait des glaciers est incertaine, le mouvement est cependant assuré.Et d’autres indices le confirment, comme le réchauffement observé par les habitants du Ladakh.«Nous avons fait une étude sur la perception du changement climatique en interrogeant des anciens et des paysans réputés pour leur savoir-faire, dit Tundup Ango.Tous témoignent d’une réduction des chutes de neige dans les dernières décennies, et d’un recul des petits glaciers des vallées.» Le manque d’eau, dans un pays déjà très sec, devient très préoccupant.Des événements jamais vus de mémoire d’homme adviennent aussi, comme des inondations à Leh, la capitale du Ladakh, en 2004 et en 2005, ou une invasion de criquets en 2005.Quant à la cause du changement, elle reste à préciser.Le réchauffement planétaire joue un rôle, certes, mais aussi le «carbone noir», ces particules de suie émises par le diesel et par les foyers domestiques usant de bois ou de bouses.1 x'ur importance a été mise en évidence par un autre savant indien, V.Ramanathan: «En tombant sur la neige, explique-t-il à New Delhi, le carbone noir l’obscurcit, la neige reflète moins le soleil, et elle se réchauffe et tend à fondre.» Cette cause de réchauffement pourrait être assez simplement contrôlée, dit M.Ramanathan, en posant des filtres sur les moteurs diesel et en changeant le mode de combustion des foyers.Un vrai défi pour l’Inde, qui l’obligerait à agir chez elle, sans se contenter de reporter la responsabilité du changement climatique sur les pays du Nord.Mais c’est sans doute son avenir qui se joue sur les hauteurs de [’Himalaya.Le Monde Il n’est pas encore possible de bien articuler les données de terrain, trop éparses Un État défaillant L’inefficacité des politiques publiques maintient le Mexique dans la crise Mexico — À un carrefour de Mexico, Juan Barrera, 34 ans, lave les pare-brise des voitures.«Faut bien manger», soupire ce maçon au chômage qui gagne moins de 150 pesos (environ 12 $) par jour.Comme lui, 900 000 Mexicains ont perdu leur emploi en 2009 dans le pays d’Amérique latine le plus touché par la crise.Voté lundi 16 novembre, le budget 2010 suffira-t-il pour redresser la barre?Les experts en doutent.En 2009, la croissance mexicaine devrait chuter de 7,3 %, contre une baisse de 2,5 % en moyenne dans les autres nations d’Amérique latine et des Caraïbes, selon le Fonds monétaire international (FMI).«Le Mexique est trop dépendant du marché américain, qui concentre 80 % de ses exportations.Le pays est aussi victime de politiques publiques inadaptées qui lui ont fait perdre son potentiel de leader latino face au Brésil», souligne Bernardo Bolmedo, professeur d’économie à l’Université autonome du Mexique (UN AM).La production pétrolière, qui représente 40 % des ressources de l’Etat, ne cesse de décroître, entraînant, en 2009, des pertes fiscales de 21 milliards de dollars.Même dégringolade du côté des transferts de fonds des émigrés.La deuxième source de devises du pays devrait afficher une baisse annuelle de 13 %, selon la Banque du Mexique.Quant au secteur touristique, il subirait une chute de 15,3 % en 2009, d’après la Confédération nationale du tourisme.«Le Mexique doit investir davantage en matière d'infrastructures, mais aussi en technologie, en éducation ou en recherche», a déclaré le Prix Nobel d’économie 2001, Joseph Stiglitz, en visite à Mexico.Le Mexique ne consacre que 4 % de son produit intérieur brut (PIB) à l’éducation publique, même si le pays compte six millions d’analphabètes.Par comparaison, le Brésil et l’Argentine y ont dédié, en 2006, respectivement 4,87 % et 5,07 % de leur PIB.Le Chili, pour sa part, est parvenu à éradiquer l’analphabétisme avec un bud- get éducatif de seulement 3,6 % du PIB, selon la Commission économique pour l’Amérique latine et les Caraïbes.Malnutrition La situation est pire pour les sciences et les technologies.Le Mexique n’y consacre que 0,4 % de son PIB, contre 3 % au Brésil et au Chili, d’après une étude du Sénat mexicain.Conséquence: selon le dernier bulletin du FMI, la douzième économie mondiale n’occupe que la 6(> place au chapitre de la compétitivité, derrière le Brésil (56), le Costa Rica (55) ou le Chili (30).«La vulnérabilité du Mexique est le reflet d’un Etat défaillant qui, depuis 15 ans, a gaspillé ses ressources avec des politiques perverses qui délaissent l’économie de la connaissance», critique Saul Arellano, directeur de recherche au Centre d’études en développement et assistance sociale (ÇEIDAS).A qui la faute?«Le manque d’État», répond-il.Jean-François Prud’homme, polito-logAte au Colegio de Mexico, explique, lui, que «l’arrivée en 2000 du Parti d’action nationale [PAN, droite] à la tête du pays a fragmenté le pouvoir et plongé le Mexique dans l’immobilisme pour satisfaire des intérêts électoraux à court terme».L’entrée dans le pluralisme politique, après 71 ans de pouvoir sans partage du Parti révolutionnaire institutionnel (PRI), a bloqué des réformes fiscales et énergétiques.«Les députés de l’opposition ont empêché que la compagnie pétrolière publique.Pemex, puisse s'associer avec des entreprises privées pour permettre l'exploration en eaux profondes.Aujourd'hui, le pays voit ses réserves fondre par manque de moyens tandis que le Brésil augmente sa production», explique le politologue Jorge Martinez.La moitié de la population active mexicaine travaille dans le secteur informel.Parmi les 43,3 millions d’actifs.5,6 % perçoivent moins que le salaire minimum (3,75 $ par jour).L’inflation ARCHIVES LE DEVOIR Le président Felipe Calderôn sur les produits de base s’est élevée à 12,5 % en 2009, tandis que la hausse des salaires s’est limitée à 4 %.De quoi plonger six millions de personnes sous le seuil de pauvreté alimentaire dans un pays où près d’un habitant sur cinq est désormais victime de malnutrition.Pour 2010, l’État compte sur un budget d’environ 245 milliards de dollars, avec des fonds supplémentaires alloués à l’éducation publique et aux campagnes.Le président Felipe Calderôn, a annoncé un plan d’investissements dans les infrastructures de 48,5 milliards pour soutenir la croissance de 3,3 % anticipée par le FMI.Cela suffira-t-il?Pour Saul Arellano, ces mesures ne règlent pas les problèmes de fond.«Cela équivaut à donner une aspirine à un malade du cancer», dit-il.Le Monde « Le Mexique est trop dépendant du marché américain, qui concentre 80 % de ses exportations » t v o i i: IKS SAM K l> I 1 S K l> I M A V ( Il K it \ tt \ K M i; t: k •_* o o *• (' ;> PERSPECTIVES r;j [# li -f*»' ./ V üa» IkT Wi « -ÿ vs > v ¦ ’ i -i ¦:i -.v_ ¦%• rWA;r- b‘- •r •'S’ I Wl ftmmsgmm^ssmsmLmasmam; ^ wnnwinii'iiwiirfi mi1 _________ Des .Afghans soupçonnés d’être liés aux talibans ont été faits prisonniers le mois dernier dans la province de Farah.DAVID FIRST Al T Afghanistan : des prisonniers encombrants L’opinion publique a été ébranlée cette semaine concernant le respect ou non du Canada de ses obligations internationales Ce n’est pas d’hier que le sort réservé aux Afghans arrêtés par les militaires canadiens cause des maux de tête aux politiciens.Il y a sept ans, Ottawa se faisait déjà accuser de manquer à ses obligations internationales.Les révélations de Richard Colvin la semaine dernière concernant l’aveuglement volontaire du gouvernement conservateur ont ravivé les passions à la Chambre des communes et semé le doute dans l’opinion publique.HÉLÈNE BUZZETT1 Ottawa — Les Canadiens ne savent pas trop qui croire dans le bras de fer que se livrent politiciens, diplomates, hauts gradés militaires et groupes de défense des droits de la personne à propos des prisonniers afghans.Un sondage Angus Reid effectué pour le compte du Toronto Star mardi et mercredi auprès de 1010 personnes démontre que 49 % des répondants croient la version du diplomate-dénonciateur Richard Colvin, contre seulement 10 % qui croient la version gouvernementale.Toutefois, une proportion importante de 41 % ne sait tout simplement pas qui croire.Et si 21 % et 16 % des répondants pensent qu’il faut blâmer respectivement les politiciens et les militaires canadiens pour les mauvais traitements réservés aux prisonniers afghans, 36 % croient que ce n’est la faute ni des uns ni des autres.Décidément, les Canadiens se sentent torturés quand il s’agit de torture.Janvier 2002.Le Canada se pose soudain cette question: et si nos soldats récemment déployés en Afghanistan font des prisonniers, qu’en fera-t-on?La réponse (ils seront remis aux Américains) est plus compliquée qu’il n’y paraît.Le gouvernement de George W.Bush les entasse à Guantanamo, refusant de les reconnaître comme des prisonniers de guerre et de leur accorder les protections internationales qui viennent avec cette désignation.En leur remettant ses prisonniers, le Canada se fera-t-il complice d’abus potentiels?La Chambre reprend ses travaux après les congés des Fêtes et le Bloc québécois et le NPD se saisissent de cette question, avec d’autant plus de virulence qu’on vient d’apprendre que des prisonniers ont déjà été capturés et que le ministre de la Défense, Art Eggleton, a «oublié» d’en avertir le premier ministre Jean Chrétien.Il se trouve un parti qui ne ressent pas tout à fait la nécessité d’interpeller le gouvernement sur le sujet lors de la période de questions.L’Alliance canadienne trouve plus important d’interroger le gouvernement libéral sur une erreur de comptabilité survenue à Revenu Canada.Tout de même, la quatrième question de l’opposition officielle porte sur les prisonniers.«L’Alliance canadienne s'opposera toujours à la torture et aux mauvais traitements, mais nous ne croyons pas que les terroristes et les militaires légitimes aient exactement les mêmes droits, lance alors le député Brian Ballister en guise d’introduction.Le premier ministre peut-il affirmer aux Canadiens que nos militaires ont respecté le droit international en remettant aux forces américaines les combattants qu’ils ont capturés?» M.Chrétien répond par un «oui» laconique.L'Alliance se désintéresse presque immédiatement de la question, mais le NPD et le Bloc québécois persistent dans les jours qui suivent.A un point tel que Jean Chrétien finit par accuser les troupes de Gilles Duceppe de «devenir les défenseurs des terroristes» en prenant le parti des prisonniers plutôt que celui des militaires.A l’époque, même un certain Peter MacKay, alors chez les progressistes-conservateurs, dénonce cette «attaque horrible et arrogante» de la part d’un premier ministre soumis à des «questions légitimes».Sept ans plus tard, les rôles sont inversés.C’est au tour des conservateurs d’accuser l’opposition d’avoir plus à cœur le sort des talibans — Un rapport américain «qui lancent de l’acide au visage de leurs écoliers», dixit Peter MacKay — que celui des soldats canadiens, et de cette opposition, dont font maintenant partie les libéraux, de crier à l’injure.La proverbiale fumée Le témoignage de Richard Colvin en comité parlementaire il y a deux semaines a relancé le débat sur le sort réservé aux prisonniers, qui n’est pourtant pas nouveau.Au cœur du débat: le Canada a-t-il fermé les yeux sur les sévices qu’auraient pu subir les prisonniers remis aux Afghans entre décembre 2005 et mai 2007?La défense d’Ottawa consiste à dire aujourd’hui qu’il n'existait aucune preuve que les prisonniers étaient torturés.L’opposition et les groupes de défense des droits de la personne s’appuient sur des témoignages comme celui de M.Colvin pour démontrer qu’au contraire, les preuves abondaient, mais qu’Ottawa a tout fait pour ne pas les voir.Dès le 5 avril 2006, lors de la toute première période de questions des conservateurs nouvellement élus, le gouvernement est questionné au sujet du traitement réservé aux prisonniers faits en Afghanistan.C’est que la première entente de transfert de prisonniers entre Ottawa et Kaboul a été signée le 18 décembre 2005, en pleine campagne électorale.Pour cette raison, c’est le général Rick Hil-lier qui la signe au nom du gouvernement libéral de Paul Martin.Le NPD cite déjà un rapport du département d’Etat américain qui soutient que les assassinats extrajudiciaires et la torture sont monnaie courante dans les prisons afghanes, notamment l’ar- soutient que les assassinats extrajudiciaires et la torture sont monnaie courante dans les prisons afghanes h SiaCV- Des prisonniers prison.*- afghans en C MB HAMED ZALMY AFP route pour la Le tripoteur m rachage d’ongles, les brûlures à l’huile chaude, l’humiliation sexuelle et la sodomie.Le NPD demande alors que l’entente sur les transferts soit revue pour permettre au Canada de suivre la trace de ses prisonniers et de voir à leur bon traitement.«Une fois que les Canadiens ont remis un prisonnier au gouvernement afghan, le Canada se lave les mains de toute l’affaire.C’est tout simplement inacceptable», affirme la député Dawn Black.Le ministre de la Défense, Gordon O’Connor, répond que l’entente est tout à fait efficace, car elle permet au Canada «de demander des renseignements au sujet des prisonniers».«Nous n’avons pas l’intention de remanier l’entente, conclut-il.La Croix-Rouge et le Croissant-Rouge sont chargés de veiller au bon traitement des prisonniers.» C’est à ce moment, le 26 mai 2006, que Richard Colvin envoie son premier mémorandum au bureau du ministre des Affaires étrangères, Peter MacKay, indiquant que le Canada n’a aucun moyen de suivre ses prisonniers.M.MacKay assure aujourd’hui qu’il n’a pas lu ce mémo et n’en a pas été informé.Pourquoi Ottawa a-t-il agi en 2007?On connaît la suite.L’opposition posera sporadiquement des questions à ce sujet pendant l'année et, chaque fois, le gouvernement assurera que les prisonniers sont bien traités.Puis, en février 2007, Amnistie internationale et l’Association des libertés civiles de Colombie-Britannique déposent une plainte auprès de la Commission des plaintes de la police militaire dans laquelle elles accusent le Canada d’avoir transféré 18 fois des prisonniers sans s’assurer qu’il ne les exposait pas à la torture.Deux mois plus tard, le Globe and Mail enfonce le clou en publiant une série d’articles dans lesquels des prisonniers affirment avoir été torturés.Le débat s’enflamme à la Chambre des communes.Stephen Harper accuse l’opposition de prendre la défense des talibans, mais 10 jours plus tard, le Canada signe une nouvelle entente concernant lestransferts.A quel moment le Canada a-t-il pris la décision de revoir les modalités de transfert et, surtout, sur la base de quelles informations?Le ministre de la Défense, Peter MacKay, a refusé hier de répondre à cette question.Quelles informations nouvelles le gouvernement conservateur a-t-il soudainement eues qu’il n’avait pas précédemment?Y a-t-il seulement eu de nouvelles informations ou le gouvernement s’est-il seulement rendu compte qu’il ne pouvait plus faire fi de cet enjeu?Entre février et avril 2007, deux prisonniers avaient abordé deux inspecteurs canadiens en leur disant avoir été torturés.Comme l’a révélé Le Devoir par la suite, les inspecteurs n’ont pas mené d’enquête.A leur vue seule, ils ont conclu qu’il n’y avait pas eu de torture, et ce, même s’ils ne leur ont pas demandé de se déshabiller.Ils n’ont pas non plus recueilli leurs informations personnelles.Au Parlement, le gouvernement continuait d’affirmer qu’aucun cas crédible de torture n’avait été porté à l’attention du Canada.L’ancien coordonnateur de la mission en Afghanistan, David Mulroney, a confirmé dans son témoignage jeudi que le Canada «comprenait que le système policier et pénal afghan avait de nombreux problèmes [.].La possibilité de mauvais traitements ne pouvait être ignorée».11 a tout de même ajouté qu’à son avis, «elle n’a pas été ignorée».L’opposition n’est pas de cet avis.C’est pourquoi elle demande une enquête publique.Le Devoir Michel David n 1811, le gouverneur du Massachusetts.Elbridge Gerry, avait etc accusé d'avoir découpe une circonscription électorale en forme de salamandre pour favoriser son parti.Depuis ce temps, nos voisins américains utilisent l'expression gerrymandering — une contraction de Gerry et de salamander — pour designer le tripotage de la carte électorale à des fins partisanes le gerrymandering a longtemps fait partie des mœurs politiques québécoises, le gouvernement Duplessis avail le don de faire en sorte que les circonscriptions •rouges" soient surpeuplées par rapport aux «bleues».Dans les années 1960, le gouvernement 1 esa-ge avait entrepris de dépolitiser la révision de la carte électorale.Robert Bourassa avait ajouté une pierre à ledifice en 1971 avec la création d’un organisme permanent et autonome chargé de la rév ision des districts électoraux.En 1979, le gouvernement Levesque confiait formellement le pouvoir décisionnel sur la confection de la carte à l’actuelle Commission de la représentation électorale, qui est présidée par le Directeur général des élections.Cette semaine, le ministre responsable de la Réforme des institutions démocratiques, Claude Béchard, est revenu trente ans en arrière en court-circuitant brutalement le DGE, qui s’apprêtait à faire ses propositions.En 2001, le gouvernement pequiste avait déjà interrompu les consultations menées par le DGE, mais M.Béchard est allé beaucoup plus loin en présentant un projet de loi qui impose de nouvelles règles.Dans son rapport de 2008-2009, la Commission de la représentation électorale avait déjà évoqué le scénario basé sur les régions administratives, qui est celui privilégié par le gouvernement.Sur la base des données de 2009, elle avait calculé qu’il ferait passer le nombre de circonscriptions de 125 à 132.Puisque ce scénario prévoit le maintien du nombre de circonscriptions dans les régions en décroissance et une augmentation de celles-ci dans les regions en croissance, cela implique que le nombre total augmenterait à chaque révision de la carte.Il reste à savoir quel parti serait avantagé.?M.Béchard a choisi une expression malheureuse en parlant de «circonscriptions protégées».Cela rappelle les 12 circonscriptions garanties aux anglophones dans la Constitution de 1867, qui n’ont été abolies qu’en 1970.En garantissant dans une loi un nombre minimal de circonscriptions aux régions, peu importe le nombre d’électeurs, le gouvernement n’enchâsserait pas moins une entorse au principe de la représentation selon la population.Jusqu’à présent, l’objectif avait toujours été de s’assurer dans la mesure du possible que chaque vote ait le même poids.Remarquez, même si M.Béchard se retrouve en position de conflit d'intérêts, dans la mesure où son propre comté de Kamouraska-Témiscoua-ta serait «protégé», on peut très bien défendre l’idée d’accorder un statut privilégié aux régions.Il faut être conséquent: au nom de sa spécificité, l’Assemblée nationale a été unanime à demander au gouvernement Harper de maintenir le poids relatif du Québec à la Chambre des communes, même si sa population augmente moins rapidement que dans d’autres régions du pays.L’accord de Charlottetown prévoyait que, peu importe la démographie, le Québec aurait toujours droit à au moins 25 % des sièges.Dans les grands centres urbains, on se soucie souvent assez peu du comté où on réside ou encore de l’identité de son député.Le sentiment d’appartenance est nettement plus développé en région.Plus de la moitié des membres du gouvernement Charest résident dans la région immédiate de Montréal, ce qui lui assure une voix forte, tandis que les régions ont déjà du mal à se faire entendre.Faut-il les affaiblir davantage?légalement, le gouvernement a tout le loisir d’utiliser sa majorité parlementaire pour imposer sa volonté, mais il serait nettement préférable de s'appuyer sur un solide consensus pour consacrer dans une loi une telle inégalité entre les citoyens, selon l’endroit où ils résident.En procédant unilatéralement, au mépris de l’indépendance reconnue à la Commission de la représentation électorale, le gouvernement donne plutôt l’impression de chercher à provoquer l’opposition.Cette façon d’inclure dans un même projet de loi deux dossiers aussi différents que la carte électorale et le financement des partis politiques ne peut que renforcer la suspicion.Même si l’initiative de M.Béchard s’inscrit manifestement dans la fuite en avant législative dans laquelle s’est lancé le gouvernement pour tenter d’éviter la tenue d’une enquête publique sur la corruption dans l’industrie de la construction, les modifications proposées a la Loi sur le financement des partis politiques sont les bienvenues.Certes, elles laissent entier le problème des prête-noms utilisés par les entreprises pour faire indirectement ce que leur interdit la loi, mais la hausse du financement public, l’interdiction des dons anonymes et l’extension des dispositions de la loi aux campagnes à la direction des partis politiques sont autant de pas dans la bonne direction.Le gouvernement cherche-t-il à faire diversion en lançant un débat parallèle?Veut-il continuer à profiter des lacunes de la Un sur le financement des partis politiques tout en accusant l’opposition de faire obstacle à une correction?la seule façon de démontrer sa bonne foi est de scinder son projet de loi.mdavidCq ledevoir.com I.K I) h V O I H .1.K > S A M K l> I > K K T l> 1 M A \ ( H t i î» X il V E M B B E > Il (I !* S (’ 1 EDITORIAL Wal-Mart Un droit bafoué l^i Cour suprême a tranché: Wal-Mart n’a pas enfreint la loi en décrétant la fermeture de son magasin de Jonquière et la mise à pied des employés le jour même de la nomination d’un arbitre du travail, en 2004.Même si, de l’avis général, Wal-Mart a agi pour des raisons éminemment antisyndicales, ce n’est malheureusement pas sur cette base que les juges ont rendu leur décision.ans une décision majoritaire de six juges contre trois, la Cour suprême ramene la cause des employés congédiés à une question d’interprétation de quelques articles du Code du travail: les articles 12 à 14 qui interdisent d’empêcher un groupe de salariés de former un syndicat, et les articles 15 à 17 qui précisent que ce droit d’association n’interdit pas à un employeur de congédier un employé pour des motifs sérieux autres que ses activités syndicales.Dans ce dernier cas, c’est à ’employeur de faire la preuve que la mesure disciplinaire découle d’une cause «juste et suffisante», alors que c’est aux salariés de démontrer que l’employeur a fait preuve d’antisyndicalisme en vertu des articles 12 à 14.Au fil des ans, les tribunaux ont développé une jurisprudence que la Cour suprême vient de confirmer une fois de plus.Cette jurisprudence stipule que, si une entreprise ferme ses portes de façon «définitive» — et non temporaire comme c’est souvent le cas lors d’un conflit —, cela constitue, en soi, une cause «juste et suffisante» de mises à pied en vertu des j $ .I articles 15 à 17 qui ne requiert aucune justifica-tEk.tion puisque tout citoyen peut fermer une entreprise qui lui appartient.Dans le cas de Wal-Mart, la Cour considère que les syndiqués auraient donc dû invoquer les articles 12 à 14 au lieu de 15 à 17 puisque ce sont ceux-là qui interdisent les manœuvres antisyndicales.Or, faut-il comprendre, si les avocats syndicaux ne l’ont pas fait, c’est d’une part parce que le recours à ces articles les aurait forcés à faire eux-mêmes la preuve de l’intention antisyndicale de Wal-Mart, ce qui est loin d’être facile malgré les apparences, et d'autre part parce que, chaque fois que les tribunaux ont eu à trancher dans le cas d’une fermeture définitive dans le passé, ils n'ont jamais retenu la preuve d’antisyndicalisme, lui préférant la doctrine de la «cause suffisante» du propriétaire décidé à fermer.Ce cul-de-sac juridique, les trois juges dissidents l’ont vu.Comme l'explique la juge Abella, qu’importe si la fermeture est temporaire ou définitive, ce qu’il faut se demander, c’est si le geste était de nature antisyndicale ou pas! Cela dit, par ce jugement, la Cour suprême ouvre une petite porte en invitant désormais les salariés à faire la démonstration qu'une fermeture, même définitive, était en fait un geste antisyndical au sens des articles 14 à 16.Une ouverture intéressante, certes, mais qui rend tout de même l'exercice du droit d’association très difficile dans le cas de sociétés comme Wal-Mart, qui peuvent fermer des dizaines de magasins dans le seul but d’éviter une «épidémie» de syndicalisation.Du côté des salariés, le défi reste important de prouver qu’une fermeture est «entachée» d’antisyndicalisme.In Cour aurait dû profiter de l’occasion pour élargir son interprétation du Code du travail à la lumière de la réalité contemporaine.En ne le faisant pas, elle renforce un parti pris désolant pour ces grandes entreprises qui bafouent les droits fondamentaux.j-rsansfacon(a ledevoir.com Jkan-Robekt Sansfaçon Détenus afghans S’ouvrir les yeux e gouvernement Harper doit des excuses au diplomate Richard Colvin.Après avoir mis à mal sa réputation aux Communes, après que les députés conservateurs l’eurent traité avec mépris lorsqu’il est venu témoigner devant le comité parlementaire sur l’Afghanistan, voilà que le ministre de la Défense, Peter MacKay, commence à lui donner raison.Timidement, il est vrai, mais admettre, comme il l’a fait hier, que le Canada était au courant dès 2(KXi des risques de torture dans les prisons afghanes, et ce, notamment grâce à M.Colvin, est un véritable retournement.C'est en tout cas mieux que le trio de généraux qui ont affirmé au même comité n’avoir rien su — ni rien voulu savoir — avant les révélations faites par le Globe and Mail au printemps 2007.L’armée, ont-ils expliqué avec fermeté et assurance (et d’autant mieux préparés que le gouvernement leur a donné accès à des documents dont est privée l’opposition!) s’occupe de faits, pas de ouï-dire.Elle s’occupe surtout de ses affaires — et celles-ci, a-t-on compris, n'englobaient pas les préoccupations de la Croix-Rouge, chargée de suivre les prisonniers afghans.Redresser la situation était toutefois fort complexe, a précisé hier le ministre MacKay pour expliquer l’année et demie qui s’écoulera avant que le processus de transfert des prisonniers ne soit revu.Et puis, a poursuivi M.MacKay.les conservateurs arrivaient au pouvoir en 2006: «Nous avons hérité de la situation déjà en place.» lœ ministre a la mémoire sélective: sous le gouvernement liberal, le Canada divulguait au moins le nombre de ses prisonniers afghans.Les conservateurs ont dès le départ opté pour le silence et n’en ont pas dévié.De même, le Canada n’avait pas à inventer la roue en matière de transfert de prisonniers: les années britanniques et néerlandaises en faisaient aussi.Dans leur cas, 24 heures suffisaient pour en aviser le bureau de la Croix-Rouge à Kandahar.Du côte canadien, le délai se comptait en semaines, voire en mois.C’est que l’armée canadienne était trop occupée avec les insurgés, ont expliqué les généraux mercredi.Comme si la situation avait été plus calme du côté de nos alliés! On comprend plutôt que le gouvernement canadien et les dirigeants militaires minimisaient tant les prétentions des detenus que l’étendue de la torture, pourtant largement documentée.Encore cette semaine, une enquête d’Oxfam menée auprès de plus de 700 Afghans nous apprend qu'un répondant sur cinq a été torturé, la moitié alors qu’ils étaient en détention! Les Afghans vivent avec la peur, précise la troublante enquête d’Oxfam.U' témoignage de D.Y.Béchard, que nous publions aujourd’hui, conclut sur la même note.La décence pour les pays présents là-bas.c'est d’au moins s’ouvrir les yeux sur ces peurs — qui existent même dans les villages hostiles que notre armée envahit à l’aube.Il faut encore des Richard Colvin.jboiteau a tedevoir.corn ¦'* I 28 ET 1)1 M A N t 2 !» \ IDEES L’avenir du monde est un enfant MARQUISE LEPAGE Réalisatrice, entre autres documentaires, des tüm Des marelles et des petites fiDes et Des billes, des ballons et des garçons, qui traitent de la situation des enfants dans le monde.es vingt ans de l'adoption de la Convention relative aux droits de l’enfant par l’ONU sont l’occasion de faire le point sur la situation des enfants dans le monde.Force est de constater que la détresse infantile, comme le décrivait Le Devoir du 20 novembre, subsiste toujours.La privation matérielle, la maladie, la faim affligent des millions d'enfants tous les jours, et ce, dans bien des cas — s’ils survivent — avec des séquelles physiques et psychologiques qu’ils garderont à tout jamais.Depuis que vous lisez ces lignes, un enfant vient de mourir de faim.En effet, toutes les six secondes, un enfant succombe de la faim en 2009.Les données de ITINICEF nous informent d’un progrès notanunent du côté de l'éducation.Bravo.On sait combien l’éducation est importante, en particulier pour les filles.Elle leur ouvre la voie de l'autonomie économique et d’une plus grande égalité.Devenues adultes, c’est toute leur famille qui en bénéficie.Premières victimes Au cours des dix dernières années, j’ai eu l’occasion de rencontrer des dizaines d'enfants dans plusieurs pays pauvres de la planète.Exploitation sexuelle, maltraitance, travail forcé, enrôlement dans des armées, privation de nourriture et esclavage, tous ces aspects du quotidien de millions d'enfants sont étroitement liés à la pauvreté endémique de leur pays et aux rouages d’une économie libérale capitaliste qui les exploite.N’ayons pas peur des mots: la recherche du pouvoir par des élites locales, la soif des puissants de ce monde sur le plan financier et politique font des enfants les premières victimes.Les enfants vivent des retombées négatives des relations inégalitaires entre les pays du Nord et du Sud.L’an dernier, dans Martha qui vient du froid, j’ai abordé à travers les yeux d'une enfant la déportation des Inuits dans le Grand Nord canadien au cours des années 50.Les enfants autochtones canadiens vivant dans le Nord comme ceux au Sud vivant dans des réserves n’ont pas, eux non plus, un sort très enviable.D’ailleurs, le récent rapport de l’UNICEF en fait mention: au Canada, encore aujourd’hui, il y a une partie des enfants qui vivent dans des conditions qui ressemblent à celles que j’ai rencontrées dans les coins les plus démunis de la planète.La même édition du Devoir titrait en première page que la détresse des enfants dans le monde s’aggrave et, un peu plus loin, dans les pages économiques, on pouvait lire que les riches d’ici deviennent encore plus riches.Y a-t-il un lien entre les deux nouvelles?Pour que des gens et des pays soient si riches, il faut des gens et des pays déses- .js*: / 4L IV rJA s» C RFUTKKS Les enfants went les retombées négatives des relations inégalitaires entre les pays du Nord et du Sud.pérément pauvres.Promesses d’aide Pourtant, il existe des solutions.Mettre fin au gaspillage, puisque près du tiers des denrées alimentaires produites dans les pays riches ne sont jamais consommées.Une partie pourrait être redistribuée (pas «dumpée»').Cesser de manger plus qu’à notre faim; les coûts pour soigner les maladies causées par la surconsommation et l’obésité diminueraient alors en flèche.Cesser aussi de consacrer autant de ressources pour nourrir dep animaux destinés à la consommation humaine.A l’heure actuelle, plus du tiers de la pèche commerciale dans le monde est transformé en farine pour nourrir des animaux.Un scandale! Et surtout, pousser nos représentants politiques pour qu’ils fassent de la lutte contre la pauvreté un objectif prioritaire et les obliger à respecter cet engagement Non seulement les pays riches ne tiennent pas leurs promesses d’aide envers les plus pauvres, mais l’exploitation à grande échelle des ressources premières de ces derniers continue.On songe maintenant à utiliser des terres fertiles d’Afrique fie continent qui souffre le plus de la faim) pour nourrir ceux qui mangent déjà plus qu’à leur faim.Et plusieurs des pays pauvres importent leur nourriture! Vie meilleure Partout les enfants d’ici et d’ailleurs aspirent à un monde meilleur et parlent de partage.Ils ont une faculté que beaucoup d’adultes ont perdue: celle de rêver.J’ai entendu des enfants qui rêvent de sauver des vies, d’améliorer les conditions de vie des gens de tous les coins du monde.Ils espts rent éradiquer la faim.Ds veulent devenir médecins, architectes, avocats, professeurs, astronautes, présidents de leur pays.Malheureusement, la grande majorité des petits ne pourront jamais s’approcher de leurs rêves: pourquoi ces enfants auraient-ils moins le droit de concrétiser leurs projets d’avenir que les nôtres?Un professeur a dit à mon fils que, lorsqu’on commençait à penser aux autres, on devenait adulte.Ne serait-ce pas plutôt le contraire?Quand on devient adulte, on oublie la simplicité et la beauté de nos rêves d’enfants.Quand on devient grand, on oublie trop souvent la vulnérabilité de l’enfance et la profondeur de ses souffrances.Les petits garçons et les petites filles du monde entier ne pensent pas à s’enrichir au détriment des autres ni à exploiter les plus faibles, ils ne préparent pas l’invasion armée de pays étrangers.La plupart veulent tout simplement manger, s’instruire, avoir un toit, vivre dans la paix avec leur famille et jouer au ballon et à la marelle.Ils désirent avoir, eux aussi, un jour, des enfants.Ils espèrent pouvoir leur donner une meilleure vie que la leur.Pour un grand nombre, ce simple rêve ne sera pas réalisable.Leur avenir réside entre les mains de tous les grands.et les adultes des pays riches en premier lieu.Les Africains disent qu’il faut un village pour élever un enfant.A l’ère du village global, nous devons nous rendre compte que dorénavant il faut une planète pour faire grandir un enfant! Pourquoi le contrat de BPR sur les travaux d’eau doit être annulé LOUISE HAREL Chef de l’opposition officielle à Montréal la suite de la mise en demeure que les procureurs de la firme BPR m’ont fait parvenir concernant mes propos à l’égard des déclarations de leur représentant lors de la session extraordinaire du conseil municipal en avril dernier, j’ai pensé remonter le fil des événements qui ont conduit à la mqtion d’annulation du contrat de BPR qui sera étudiée, à l’initiative de l’opposition officielle, le lundi 30 novembre, lors de la séance régulière du conseil municipal.Un des mandats octroyés à BPR d’une valeur de 4,7 millions de dollars, visait «la surveillance des travaux à être exécutés par GENIeau» {Rapport du Vérificateur général sur le contrat des compteurs d’eau, 21 septembre 2009, p.112).C’est donc logique de considérer que, puisque le contrat des compteurs d’eau sera annulé, il ne sera plus pertinent de continuer à surveiller un projet inexistant Mais il y a plus! Le mandat initial de BPR en 2005, consistait à offrir l’expertise que la Ville considérait ne pas détenir dans l'élaboration et la gestion d’un système d’implantation des compteurs d’eau dans les ICI (industries, commerces, institutions) et accessoirement, à l’intérieur de l’enveloppe budgétaire initiale, certains travaux relatifs à l’optimisation (Rapport, p.108).De tâche accessoire autorisée, l’optimisation du réseau a fini par se retrouver au cœur des tâches de la firme.Cette modification au contrat aurait dû entraîner un nouvel appel de qualifications et un nouvel appel d’offres.Dans son rapport le vérificateur considère que «le principe d'égalité entre les soumissionnaires [.] a été enfreint» (p.113) et «qu'il s’agissait en l’espèce d’un nouveau contrat distinct du contrat initial» (p.112).Bref, nous nous retrouvons devant un mandat différent de celui du départ en contravention avec Une question de pression?REUTERS tous les principes d’une saine gestion des fonds publics.Mettre fin au gaspillage La question incontournable est bien évidemment qu’est-ce qui s’est passé pour faire gonfler le contrat des compteurs d’eau d’un projet de quelques dizaines de millions à un engagement à terme, de près de 600 millions sur 20 ans.Bien entendu, mon intention n’est pas de faire porter le blâme sur BPR et la faute réside assurément dans la négligence de la Ville à voir à l’application inté- grale du mandat initial et à un laxisme certain dans la gouvernance du projet Mon objectif est de mettre fin au gaspillage de fonds publics que ces contrats, passés et actuels, ont représenté.Dans ce contexte, la seule solution logique et raisonnable est de mettre fin à ces mandats.Comme il est tout aussi essentiel de rebâtir la compétence interne de la Ville afin que celle-ci ne soit plus à la merci de firmes externes dans la définition et la gestion de ses besoins.Une Ville est, par définition, une entreprise de services aux citoyens et un donneur d’ouvrage extrêmement important; elle doit être en mesure de définir elle-même ses orientations et ses besoins en s’appuyant sur une fonction publique à l’abri des pressions politiques ou administratives indues.La mauvaise solution Quant à la présentation de Pierre Lavallée, président et chef de direction de BPR, lors de la séance extraordinaire du conseil municipal le 21 avril dernier, ce dernier assimilait le problème des fuites dans le réseau montréalais a la pression artérielle chez le cardiologue qui considère que la solution réside dans la recherche d’une «pilule» qui ferait baisser la pression du réseau montréalais.Cependant, comme le souligne avec justesse le Vérificateur général dans son rapport c’est la vétusté du réseau qui cause les bris, la pression n’est un véritable problème que pour les tuyaux trop vieux, la véritable solution résidant dans le remplacement ou la restauration de ces tuyaux sur lesquels les investissements devraient être concentrés (Rapport, p.148).Cette divergence pourrait relever du simple désaccord entre experts et je laisse le soin à ceux-ci de départager cela, mais force est d’admettre que le Vérificateur ne fait qu’écho aux différentes études commandées par la Ville de Montréal depuis 2002 et qui dresse le même constat: l’optimisation du réseau n’est pas une priorité.Le grand désennui Denise Bombardier Lm importance de la grippe A(H 1N1) re-~ fletée par une surmédiatisation sans pareille dans d’autres pays révèle un trait de caractère du peuple québécois.Cette grippe menaçante, nous l’appréhendons avec une intensité distincte, dirions-nous.Depuis des semaines, chaque jour qui passe, il se passe quelque chose.On compte les morts, on ronge son frein de ne pouvoir être vacciné, la Santé publique cafouille, des gens subissent des queues interminables et, enfin, une fois vacciné, on ressent un soulagement qui ressemble à une joie.Bref, grâce à la grippe, les Québécois contrent l’ennui, ce sentiment terrible, surtout à l’automne, précurseur de notre hibernation annuelle.De fléau la grippe A(H1N1) est devenue une distraction collective.Comme l’on dit si bien: «Ça change le mal de place.» la vaccination est aussi l’occasion d’éprouver un sentiment d’appartenance, car l’attente est l’occasion pour plusieurs de bavarder comme dans le bon vieux temps du parvis de l’église.On apprend tout des maladies de ceux qui nous entourent dans la queue.lœs conversations s’engagent facilement.«Moi, j’aime pas les piqûres», avoue un vieux, trop vieux pour faire le jars.«Vous avez quelle maladie chronique?», demande une commère visiblement heureuse d’avoir trouvé tant de matière à potinage futur.De plus, ce qui fait tant plaisir aux Québécois dans cet exercice, sorte de grand-messe d’un temps disparu, c’est la démonstration de l’égalité pour tous.Plusieurs éprouvent même une jouissance à savoir que tout le monde doit faire la queue.En ce sens, cette grippe aura contribué à donner aux Québécois l’occasion de vivre cet égalitarisme dont ils rêvent, mais qui nourrit aussi une tendance au nivellement inspirée davantage par l’envie que par la vertu.11 y a eu des passe-droits, certains ont été rendus publics, mais plusieurs privilégiés ont résisté à la tentation de forcer les règles édictées par la Santé publique.On ne sort pas glorieux d’être passés devant nos concitoyens en droit et auxquels on doit le respect qu’on exige pour soi.A cet égard, les écarts de conduite de Claude Dubois, dont il s’est lourdement excusé, ne doivent pas faire oublier le talent immense de cet artiste.L’œuvre de Claude Dubois, ces textes poétiques sensibles, touchants et sincères, soutenus par une voix exceptionnelle qui n’a pas pris une ride avec l’âge, appartient au patrimoine musical de la francophonie tout entière.11 serait dommage que sa conduite inélégante dans un centre de vaccination porte ombrage au chanteur, devenu victime collatérale de cette grippe qui nous désennuie autant qu’elle nous préoccupe.Par ailleurs, les scandales récents, par leur effet d’entraînement, nous donnent le sentiment que, dans ce pays discret et sans ces crises politiques qui déchirent la planète, nous vivons une période aussi agitée que passionnante.Tels les polars, on y trouve tous les ingrédients et les personnages qui font les intrigues.Nous sommes devenus les spectateurs participants, chacun avec son interprétation et dans son camp, d’une crise aux conséquences imprévisibles.La commission d’enquête souhaitée par une large majorité de citoyens deviendra le théâtre où se jouera notre tragédie collective.Découvrirons-nous les abysses des scandales jusqu’ici émergés en surface?Des personnalités connues seront-elles démasquées?Perdrons-nous le peu de confiance que l’on éprouve pour ceux qui nous gouvernent?Quels seront ceux qui sortiront indemnes de cet exercice à la fois périlleux et désenchanteur?Aurons-nous le sentiment que la justice triomphera et que les coupables paieront à la société à la hauteur de ce qu’ils lui ont spolié?Saurons-nous affronter les critiques vi-trioliques que ne manqueront pas de nous faire subir nos compatriotes du Canada anglais, dont on a pu goûter la médecine dans le magazine Maclean’s le mois dernier au sujet de Montréal la corrompue?Si enquête publique il y a, parions que le premier ministre vq l’annoncer malgré ses dénégations actuelles.A moins que le temps des Fêtes ne calme les esprits plus enclins à s’échauffer du boire de la SAQ que de débats sur les scandales et qu’à la rentrée les demandes de commissions d’enquête aient cédé la place à un autre événement plus désennuyant.Il reste que, dans ce souhait d’une enquête publique, on peut déceler un désir de participer a un événement collectif dont on imagine l’intensité et l’émotivité.S’il y a un trait commun aux Québécois, c’est bien la recherche d’événements à vibrations collectives.Nous nous ennuyons de nos rassemblements ou nous avions le sentiment d’un vouloir-vivre collectif.L’individualisme nous renvoie à une solitude avec laquelle nous composons mal, ayant en tête le souvenir de cette vie de familles nombreuses qui s’est prolongée avec les rassemblements jubilatoires ou le rêve n’était pas encore brisé.Vivre autour de la peur de la grippe et nous indigner ensemble des scandales, cela nous unit et nous fait du bien.L’ÉQUIPE DU DEVOIR RÉDACTION Information générale et métropolitaine : Gerald Dallaire (adjoint au directeur de l information).Marie-Andrée Chouinard (éditorialiste, responsable de la page Idées?, Marco Bélair Cirino (général), Jeanne ( orriveau (affaires municipales), Fabien Deglise (nmsommatùm) Jean Dion (sports), I imis-Gilles F rancœur (environnement), Lisa-Marie Gervais (education), Pauline Gravel (sciences).Brian Myles (justice et faits de société), Ijouise-Maude Rioux Soucy (santé).Philippe Papineau (pupitre) infcn-nuition politique Michel 1 favirl (rhrtmi qurur), Hélène Buzzelti et ( niillaumé Bourgault-Côte (correspondants parlementaires à Ottaua).Antoine Robitaille et Robert Dutrisac (correspondants parlementaires a Québec).Alec Castonguay et Kathleen lœvesque (reporter) ; information culturelle Michel Bélair (théâtre et cahier Culture), Stéphane Haillargeo n médias).Frederique Doyen (reporter), Caroline Montpetit (livres).Isabelle Paré (reporter).Odile Tremblay (cinéma).Paul Bennett (pupitre cahiers spéciaux et culturels du week-end).Julie Carpentier (pupitre) information économique : Gérard Bérubé (adjoint au directeur d e l'information), François Desjardins (reporter).Eric Desrosiers (reporter).Alexandre Shields (reporter).Dominique Reny (pupitre) : information internationale Serge Truffaut (éditorialiste), C laude lœvesque (reporter), Jouti-Fwrrv legault (pupitre international, page éditoriale e t cahier Perspectives) : Diane Précourt (responsable des pages thématiques) : Jacques Grenier et Jacques Nadeau (photographes) : Michel Garneau (caricaturiste) ; Andréanne Bedard.Michèle Malenfant et Christine Dumazet (correctrices) ; Paul Cauchon et Benoit Monger (responsable s du site Internet), Jean-Jacques Coulombe et Emilie Folie-Boivin (commis Internet) ; Amélie Gaudreau (secrétaire à la rédaction): David Dumouchel et Etienne Plamondon-Émond (commis à la rédaction) DOC! JMENTATÏON Gilles Paré (directeur), Manon Derome (Montréal), Moniqu e Bherer (Ottawa).PUBLICITÉ Julie Chretien (directrice adjointe), Jean de Billy.Jennifer Boily-Demers, Jean-François Bossé.Marlène Côté.Stéphanie Déziel.Véronique Langlois, Amélie Maltais.Maria M.Motta, Clair* Paquet, Elyssa Portier, Chantal Rainville.Isabelle Sanchez.Nadia Sebaï (publicitaires).Sylvie Importe.Martine Bérubé (secrétaire) PRODUCTION Christian Goulet (directeur de production), Olivier Zuida (directeur adjoint), Michel Bernatchez.Danielle Cantara.Richard Des Cormiers.Donald Filion.Yannick Morin, Nathalie Zemaitis.INFORMATIQI E Yanick Martel (administrateur Web).Hansel Matthews (technicien informatique) PROMOTION, DISTRIBITION F7T TIRAGE Sonia Chamberland (en remplacement de Caroline Simard) (responsable service a la clientèle), Nancy Beaulieu, Manon Blanchette! Nathalie Filion.Marie-Lune HoudeBrisebois ; Jean-Robert Divers (responsable promotion).ADMINISTRATION Stéphane Roger (contrôleur), Olena Bilyakova (responsable des services comptables).Claudette Béliveau (adjointe administrative), Céline Euroy, Ghislaine I.afleur, C'Iaudin »• Chevrier.Véronique Page.Monique Proteau. L K It E V I» I K .LES S A M K I) I S E T I) I M A \ ( H £ ' !t \ O V E M B R E >
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