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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier F
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 2009-12-12, Collections de BAnQ.

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LE DEVOIR.LES SA M EDI I ET DI M V \ » Il E I) E ( E M R R E J O O !» HISTOIRE La beaure à travers les âges Page F 12 ¦ ARCHITECTURE r Se passionner >* pour les (belles) vieilles g Page F 12 !sr«S3^ Des livres pour les enfants Le Bonhomme Sept-Heures n’existe pas On peut lire toute la nuit ! Les légendes se situent entre la réalité et la fiction, sans que la limite entre les deux soit jamais clairement établie.Bien des Québécois ont grandi sans savoir si le Bonhomme Sept-Heures allait vraiment kidnapper les enfants qui n’étaient pas dans leur lit à sept heures ou si le géant Beaupré, du haut de ses huit pieds trois pouces, transférait vraiment sa force herculéenne à qui le touchait.r ftsP /ft CAROLINE MONTPETIT Et voilà que François Tardif et Delphine Bodet publient Légendes du Québec, aux éditions Parfum d'encre, pour lever le voile sur quelques-unes de ces histoires ou pour alimenter d’autres mystères encore»-Petits et grands y trouveront leur compte, car certaines histoires 'lonjaeut vraimenyroid dans le uosTZû Malédiction du pont de Québec, “ par exemple, qui rappelle que ce pont s’est effondré à deux reprises durant sa construction.Ce n’est qu’au troisième essai que le contremaître accepta la proposition d’un homme bizarre qui offrait ses services en échange de l’âme de la première personne qui traverserait le pont.Etait-ce le diable en personne?Reste qu’un chat noir fut sacrifié et que le pont ne tomba plus jamais.Le recueil livre bien quelques secrets aux enfants, comme celui du Bonhomme Sept-Heures, qui n’est en fait qu'un bonesetter, un «raman-cheux».ou encore un «réparateur d’os brisés» en traduction littérale.Lorsqu’il aide les gens en réparant leurs os, même si c’est pour leur bien, les gens crient de douleur, ce qui fait peur aux enfants.Le Bonhomme Sept-Heures n’existe pas, donc, c’est le livre qui l’a dit Et c’est tant mieux parce qu’il reste encore tant de livres et tant d’histoires à lire avant de dormir.Et justement, en voici quelques-uns.Aux éditions de l’Homme, les jeunes amoureux de la nature plongeront dans l'Atlas illustré de la vie sauvage, où l’on localise la faune selon son habitat à travers la planète.On y apprend que le lynx a des pattes énormes par rapport à sa taille, qui lui servent de moufles dans la neige, que les chauves-souris blanches nichent leurs tout-petits dans une feuille repliée et m que les hippopotames montrent leur mécontentement en ouvrant grande leur gueule.Les espèces menacées sont identifiées par un petit éclair sur fond rouge ou jaune, selon la gravité de leur cas.Pour les plus jeunes, toujours dans le monde animal, les éditions Milan jeunesse proposent la collection «Ouvre Tœil».On y trouve Montre tes fesses, par exemple, où l’on doit deviner la nature d'un animal en regardant son derrière, avant d’en apprendre plus sur ses habitudes.Petit, petit, petit reprend le principe sur le thème des petits de différentes espèces.Dans L'Intelligence des animaux, paru chez HMH Hurtubise, les enfants plus vieux apprendront que l’homme n’est pas le seul animal à accomplir de fabuleuses prouesses.Le singe vervet, par exemple, possède trois cris d’alerte différents, selon qu’il est menacé par un léopard, par un serpent ou par un aigle martial.Lorsque le singe voit un léopard, son cri avertit les autres singes qu’ils doivent se réfugier sur les petites branches, trop fragiles pour supporter le poids du félin.S’il voit un serpent, son cri dit aux autres de se dresser sur leurs pattes pour repérer le reptile.S’il voit un aigle, il avertit les autres de se cacher dans les buissons jusqu’à ce que l’oiseau de proie soit parti.Les éléphants, quant à eux, garderaient contact entre eux grâce à des infrasons transmis par le sol, qu’ils détectent à plusieurs kilomètres de distance grâce à leurs coussinets plantaires.Les scientifiques se demandent d’ailleurs si les dinosaures n’ont pas été capables eux aussi, à leur époque, de détecter les infrasons.Parlons-en, des dinosaures.Ils n’ont sans doute jamais été aussi populaires que 65 millions d’années après leur disparition.VOIR PAGE F 6: ENFANTS sfFiiP’'' mi Po'n*u mm I JACQI T.S GKKNIKR LL DKVOIR wmwtâk Sylvie Massicotte Partir de là Vingt courtes histoires où Sylvie Massicotte explore le poids des non-dits entre les êtres.Ces nouvelles fraîches de Sylvie Massicotte, fidèle à sa manière sensible et concise, nous redisent une fois encore toute la précarité de l'existence.Christian Desmeules, Le Devoir Les lecteurs qui la connaissent depuis L'oeil de verre savent toute la force, le pouvoir d'évocation de sa prose.Des phrases brèves, simples en apparence, mais qui mènent loin.Anne-Marie Voisard, Le Soleil \ Sylvie Massicotte PARTIR DE LÀ LinsLmt meme "T .• * * .¦ 4 Photo : Véro Boncompogni wwwinstcxntmeme.com Partir de là.Nouvelles.90 pages.14 i.[instcvit même. L K I) K V ET DI M \ V ( H E I :i D É ( E M B R E 2 0 « 9 t 2 LIVRES CADEAUX Le grand inventaire des beautés du monde Hors la loi de Laurent Maréchaux Dans la marge point de salut ISABELLE PARÉ On n’aura jamais assez d'une vie pour voir tous les chefs-d’œuvre laissés par la main de l’homme sur la surface de la planete.Idem pour les sites naturels, plus époustouflants les uns que les autres.A défaut de devenir explorateur ou capitaine au long cours, il est possible de faire le tour du monde depuis son salon, en feuilletant plusieurs nouvelles parutions.Du nombre, Les Mus Beaux Sites du Patrimoine de l'UNESCO, un nouvel ouvrage grand format publié par Gründ, fait la recension de quelque 110 des 800 sites inscrits au Patrimoine mondial de l’humanité par le bras culturel des Nations unies.On fait ici l'inventaire en photos des beautés du monde, en commençant par les monuments, les sites archéologiques, puis les sites naturels englobant en un même livre l’histoire des peuples, mais aussi un peu de celle de la planete et de ses curiosités géographiques.les merveilles architecturales plus connues que sont Versailles, les quais de la Seine, ou le centre baroque de Saint-Pétersbourg côtoient des joyaux du Moyen-f irient et d’Asie, plus rarement visités.Du nombre, les minarets de la mosquée Hasan au Caire, les maisons de bois colorées de Bryggen en Norvège, les marbres polychromes du Vieux-Damas et la ville de Ghadamès, en Libye, un labyrinthe de terre cuite construit aux portes du désert plusieurs siècles avant Jésus-Christ Au rayon archéologie, on survole les incontournables pyramides de Gizeh et le mausolée de l’empereur Qin avec ses 8(XX) soldats de terre cuite, mais aussi les sites méconnus des grottes d’Anjantha en Inde, sculptées à même la falaise, et la ville-palais de Sirigiya, un sanctuaire perché sur un rocher culminant à 200 mètres au-dessus de la forêt tropicale cingalaise, regorgeant de fresques de jeunes nymphes pulpeuses, Ce tour de la Terre ne serait pas complet sans la visite des beautés naturelles de la planète que sont le parc de Ngorongoro, en Tanzanie, et la réserve de Kinabulu, en Malaisie, joyau de la biodiversité renfermant neuf espèces de plantes carnivores, plus de 1000 types d’orchidées et la plus grosse fleur du monde, pesant plus de neuf kilos.Dans un autre ordre d’idée.Villes de l’extrême invite à un tour du monde de l’urbanité, vu par la lorgnette du contraste.Cet amusant palmarès des métropoles extrêmes nous apprend que Stockholm, Oslo et Munich sont les villes les plus écologiques, les plus meurtrières étant Jo-hannesburg, Lagos et Ciudad Juàres au Mexique.Les plus antiques cités de Byblos, Damas et Bénarès contrastent avec les villes les plus désertes de Pripiat (Tchernobyl), Bodie et Kolmansdrop.De la richissime Dubaï (quoique chancelante) à la proprette Calgary, sous toutes Les plus beaux sites DU PATRIMOINE MONDIAL DE L'UNESCO t-7— ^ lS" m.*»- VILLES DE L’EXTRÊME ils: les latitudes et tous les climats, des villes affichent leur caractère unique, revendiquent leur record, allant de l’enviable à l’invivable.Le Devoir LES PLUS BEAUX SITES DU PATRIMOINE DE L’UNESCO Marco Cattaneo et JasminaTrifoni Gründ, Paris, 2(X)9 VILLES DE L’EXTRÊME Gérard Denizeau et Jean-Paul Viart Gründ, Paris, 2009 LAURENT MARÉCHAUX H-0RS LA LOI Anarchistes, illégalistes, AS DE LA GÂCHETTE.Ils ont choisi la liberté Arthaud CAROLINE MONTPETIT Les hors-la-loi stimulent l’imaginaire.Autour de leur histoire flotte un irrésistible parfum de liberté.Qu’ils soient bandits de grand chemin, Robin des Bois ou rebelles politiques, ils semblent évoluer sur un terrain qui échappe au commun des mortels.Ils ont vécu dangereusement.La plupart y ont d’ailleurs laissé leur peau.Dans Hors la loi, un très beau livre publié aux éditions Arthaud, Laurent Maréchaux relate l’histoire troublée de dizaines de rebelles.Du mythique Robin des Bois, le «prince des voleurs», à Ching Shih, la veuve pirate, des quatre frères Dalton, «un gang de bras cassés», à Lawrence d’Arabie, le «clandestin des sables», de Victor Serge, le «libertaire sans frontières», à Bonnie et Clyde, les «amants naïfs et diaboliques» chantés par Gainsbourg.Dans son introduction, le narrateur ne nous invite pas à un parcours de tout repos.«La grande histoire des hors-la-loi n’est que bégaiement et répétition d’un inévitable compte à rebours vers une mort attendue ou un suicide annoncé», écrit-il.D’entrée de jeu, Laurent Maréchaux jette d'ailleurs un pavé dans la mare aux illusions.Car, écrit-il, «il ne suffit pas de se proclamer fils spirituel de Robin des Bois pour devenir un justicier au grand cœur.Leur volonté de prendre aux riches pour redonner aux pauvres reste bien souvent à l’heure du partage un vœu pieux.Très vite, la rage et le désespoir troublent la raison et anéantissent tout sentiment généreux.A quelques exceptions près, cette marche forcée vers un monde meilleur vire en épopée meurtrière».Les histoires racontées dans ce livre magnifique et passionnant témoignent d’ailleurs de pulsions contradictoires.Ching Shih, par exemple, la veuve pirate du début du XDC siècle, coupe la tète des riches mar- chands mais protège au sol les pauvres et les indigents.Elle transperce les oreilles de tout homme de son navire qui va à terre sans autorisation et le tue à la première récidive.Henry David Thoreau crée très tôt avec son frère une école privée fondée sur la non-violence, d’où sont proscrits les châtiments corporels et où marche en forêt alterne avec cours magistraux.Il refrise de payer des impôts à un Etat esclavagiste.François Villon allie poésie et criminalité.Après avoir tué un homme d’église qui courtisait sa maîtresse, il n’est sauvé de la corde que par quelques vers bien tournés à l'intention de Robert d’Estoutville.Aujourd’hui, écrit Maréchaux, après avoir présenté comme dernier tableau un portrait de Jacques Mesrine, «l’individualisme a rattrapé l'idéalis- me».Et on sent un brin de nostalgie dans cet épilogue qui s'intitule «Les hors-la-loi au XXL siècle», comme si c’était tout de même hors de la loi que se trouvait l’avenir du monde.«Les nouveaux hors-la-loi sont désormais dans la finance et l’informatique, et cambriolent, avant de se faire prendre et de tout perdre, d’obscurs marchés financiers.Aucun panache, aucun geste d’honneur.[.] Notre monde se meurt de n’avoir plus de hors-la-loi au grand cœur.» Le Devoir HORS LA LOI Anarchistes, illégalistes, AS DE LA GÂCHETTE.Ils ont choisi la liberté Laurent Maréchaux Editions Arthaud Paris, 2009,240 pages PASSION MAISONS?rRANCINf: ALIAKI La ( oiitiirièrt t KVn| K .LES SAMEDI 12 ET DI M A X THE 1 :i DE» E M B R E 2 0 0*» F r> LIVRES CADEAUX L’Occupation en fac-similé L occupation allemande en France pendant la Deuxième Guerre mondiale n en finit plus d'occuper les Français.A croire que les Boches sont toujours là.occupants fantômes, tels ces amputés qui ont encore mal à leur bras manquant.Ces dernières années, sans doute parce que la fin approche pour les derniers témoins et que les documents doivent se substituer à la mémoire vive, il y a recrudescence sur tous les fronts.SYLVAIN CORMIER D’ un colloque sur la delation à l'expo des fabuleuses (et troublantes) photos en couleurs croquées par André Zucca pour le magazine de propagande Signal, du livre grand format exaltant les familles résistantes (Résistance.Histoires de familles, chez Ar- Le livre n’aurait pas été aussi attirant sans sa panoplie du petit archiviste.La mémoire, fut-ce la mémoire de l’horreur, passe désormais par une entreprise de séduction.man Colin) au recensement quasi exhaustif des lieux réquisitionnés par les Verts-de-Gris dans le «gross Paris» (Ville lumière, années noires, chez De-noël), sans oublier l’extraordinaire série télé Apocalypse et ses huit millions de téléspectateurs, on se replonge dans l'époque plus souvent que les malheureuses victimes des tortionnaires collabos de la rue Lauriston dans les tristement fameuses baignoires.Voilà, c’était fatal, que l’Occupation succombe au dernier grand truc à la mode dans le monde de l’édition en mal de renouvellement: le gros livre avec documents insérés simili-véritables.La belle bébelle à fac-similés, jusqu’ici réservée aux grands de la musique populaire et aux stars du cinéma.La version beau livre du gadget dans Pif Gadget.L’artefact à la portée de tous, hors des musées, des ventes aux enchères et des collections privées: ainsi pouvons-nous désormais tâter un double criant de vérité du permis de port d’arme d’Elvis, une facture de blanchisserie de Marilyn parfaitement jaunie, le cahier de dessins déjà géniale-ment absurdes du petit John Lennon (mythique Daily Howl).la copie quasi conforme du contrat liant les Beatles à leur gérant Brian Epstein, etc.Sina- tra, JFK, quiconque a un jour fascine et fascine encore les multitudes s'y colle.Le «livre-objet» Paroles de l'ombre.Lettres et carnets des Français sous l’Occupation (1939-1945) propose pareille ment, «collés dans la page, glissés dans des enveloppes, des documents historiques reproduits à l’identique à déplier et à découvrir».En lieu et place de la carte d’emprunt à la bibliothèque du Humes High School signée Presley, on obtient «des tracts antisémites, des tickets de rationnement, la liste d’un convoi de déportés, une lettre de dénonciation à la Gestapo, des lettres d’adieu de fusillés, l'affiche du général Eisenhower larguée par les Alliés le 6 juin 1944», et ainsi de suite.La question se pose d’emblée: la mémoire de l’Occupation a-t-elle besoin de ces petits bricolages?Le fait est que ça fait un drôle d’effet de manipuler une lettre de dénonciation «reproduite à l’identique».On a bel et bien l’impression — l’illusion?— de toucher d’un peu plus près l’Histoire.Ça ne vaut pas l’objet réel, c’est un collectionneur qui vous le dit: un authentique sauf-conduit — \’«Ausweis» — tamponné d'une crobc gammée, ç’a du relief sous le doigt, et ça fait autrement frissonner.Mais il y a dans le livre des objets qu’un collectionneur ne trouvera jamais et qui, grandeur nature, frappent l'imagination: déplier le dépliant antisémite de l’Institut des questions juives («Le Chancre.qui a rongé la France») et découvrir les caricatures du «Juif pouilleux» glace le sang plus efficacement que bien des documentaires.N’empêche qu’on ressent aussi un malaise.De l’ordre dp fétichisme un brin malsain.A manipuler ainsi ces répliques, on se surprend à jouer, à s’amuser.Déplie la carte de la ligne .-'L' ; SOURCE PAROLES DE 1.OMBRE Photo tirée du «livre-objet» Paroles de l'ombre.Lettres et carnets des Français sous l’Occupation (1939-1945) de démarcation, replie la carte de la ligne de démarcation.Sort de leur fente de poignants dessins d’enfants, replace les despins d’enfants dans leur fente.A la fin, on se sent un peu ridicule.Et on arrête de jouer, et on se met à lire le livre en tant que livre.Les lettres et carnets.Le contenu, les mots, les témoignages, qui parlent bien plus fort de la réalité de l’Occupation que les objets (assemblés et placés dans le livre par de petites mains malaisiennes, faut-il préciser).Et on se dit que c’est bête, ce procédé, cet argument de vente, et on constate non sans gêne qu’on en est là, que le livre n’aurait pas été aussi attirant sans sa panoplie du petit archiviste.Que la mémoire, fût-ce la mémoire de l’horreur, passe désormais par une entreprise de séduction.Pour que l’Occupation continue de préoccuper, comprend-on, il faut d’abord occuper l’œil et la main.Le Devoir IOCUMENTS É 0 I T S PAROLES DE L’OMBRE Lettres et carnets des FRANÇAIS SOUS L’OCCUPATION (1939-1945) Jean Pierre Guéno et Jérôme Pecnard Les Arènes Malaisie, 2009,112 pages L’épopée du ski au Québec Des traces dans la neige.Cent ans de ski au Québec, de Danielle Soucy, arrive juste à temps avec la première bordée de neige.Le bouquin, richement documenté et illustré (300 photos, gravures, affiches anciennes), aussi amusant à feuilleter qu’à lire, retrace l’histoire aussi exceptionnelle qu’improbable — étant donné nos petites montagnes — du ski au Québec, de 1879 à 1979.Et c’est une partie de notre mémoire collective qui est racontée tant le rapport à l’hiver des Québécois passe souvent par ce sport de glisse — ski de fond, alpin ou nordique — adapté des raquettes norvégiennes.Saviez-vous que le premier remonte-pente à câble était une invention québécoise?Que Gabrielle Roy O*.*,*'.$4* aimait se promener en ski de fond pour se rapprocher des paysages lointains où vivait sa mère malade?L’ouvrage regorge d’anecdotes en plus de raconter la fièvre des pionniers, les exploits des champions et des innovateurs, qu’il s’agisse du premier raid à skis entre Montréal et Québec réalisé par le Britannique A.Birch, de la naissance ___ du mont Tremblant grâce à Joe Ryan ou de l’émergence du freestyle chez Michel Daigle et J ohn Eaves.Le Devoir DES TRACES DANS LA NEIGE Cent ans de ski au Québec Danielle Soucy Editions La Presse Montréal, 2009,256 pages Louis Armstrong artiste visuel On connaît le chanteur et le musicien, peut-être moins l’artiste visuel.Durant de longues années, pourtant, le jazzman Louis Armstrong s’est adonné à l’art du collage.«Yeah, le jazz est né des morts.La vraie musique est sortie de la tombe, disait Louis Armstrong.C’est ainsi que la musique a commencé.Et c’est pourquoi elle rend la vie aux gens.» Sans rendre la vie à Satch-mo, comme on l’a surnommé, le livre Satchmo, les carnets de collage de Louis Armstrong, publié aux éditions de La Martiniere et signé Steven Bower, dévoile une partie méconnue de sa vie.Ces collages, accompagnés d’un texte biographique, permettent une plongée dans la vie intime de Louis Armstrong, présentent ses coups de cœur, ses aspirations, ses préoccupations.Le plus troublant est sans doute le dernier effectué par le jazzman, utilisant les manchettes de journaux qui ont suivi sa crise cardiaque.«Tell all the cats the Choirmaster up there in Heaven will have to wait for old Louis», titraient-il alors.Quelques jours plus tard, Louis Armstrong était mort.- Le Devoir Pour les férus d’histoire, celle du Québec et de l’une de ses plus puissantes dynasties.ET LE QUÉBEC ALAIN STANKÉ ¥ Claude fasmin Enfant I de Villeray Pour les amoureux des mots, ceux d’ici et d’ailleurs, ceux qui nous tiennent à cœur ! Revisitez le passé et le quartier Villeray avec ce charmant roman illustré.XJ ?* if DOKION l- TTTU 1 VIT.DTS VI.M S PRIX DE LA REVUE ÉTVDES FRANÇAISES 2009 L’étreinte des vents Récit Hélène Dorion 144 pages • 19,95$ Yvan Lamonde Signe Papineau La correspondance d'un exilé Lm Prettn l’Uni*»* < Signé Papineau La correspondance d’un exilé Yvan Lamonde 272 pages • 34,95$ GUIDE \ DE L’ARCHITECTURE l CONTEMPORAINE DE ; MONTRÉAL c fl Mil frr'.sét d» I llniwW**' Mor,tr#*l Guide de l’architecture contemporaine de Montréal Sous la direction de Nancy Dunton et Helen Malkin 192 pages ?24,95$ * h Les Presses de l’Université de Montréal www.pum.umontreal.ca Université fHl de Montréal :miÊÊÊÊÊÊÊÊÊÊÊÊa • • ?• Y wmÊÊÊmc f*' c - L K I» E V OIK, L E S SAMEDI I l ET D I M A X (HE I A 1) E ( E M B H E t O (I ! F fi JEUXESSE ENFANTS SUITE DE LA PAGE F 1 Tous les parents d’enfants de moins de dix ans le savent.Pour les satisfaire et pour instruire les parents qui auraient besoin de soutien dans leurs tâches éducatives.Terribles dinosaures parait chez Milan jeunesse, ou les petits passionnés pourront identifier le diplodocus et le stégosau-rus, pour nommer les plus connus, mais aussi l'ophtalmo-saurus, dont les yeux mesuraient dix centimètres de diamètre (!), ou encore le mussaurus, un tout petit dinosaure, de 18 centimetres de long, qui tient dans une main.Plus sérieux, et s’adressant aux plus vieux, Chasseurs de dinosaures, publié au Courrier du livre, propose un voyage aux sources de la paléontologie.Rédigé en collaboration avec le Musée américain d’histoire naturelle, ce livre propose d’aborder la paléontologie a travers l'histoire de ceux qui l’ont créée et étudiée.Monstrologie pour tous Pour pousser plus loin la monstrologie, proposons donc Monstrologie, justement, toujours chez Milan jeunesse, où les plus intrépides s’amuseront à identifier le Yéti, par exemple, ou d’autres bêtes monstrueuses et anciennes, comme la licorne d’Arabie, le griffon, le phénix ou le centaure.Dans la même veine, et chez le même éditeur, parmi Les Géants, dans la collection «Histoires secrètes».On y apprend des choses de première nécessité, par exemple que l’orteil d’un géant peut éclairer le ciel ou que la pierre agate protège contre les morsures de serpent et de dragons.Mais restons donc dans la fiction, puisqu’on y est revenu de plain-pied.Chez Dominique et compagnie paraît Im Vraie Histoire de Léo Pointu, où l’on suit la savoureuse saga d’un affûteur de POUR NOËL couteaux ambulant qui doit faire face a la concurrence des grandes surfaces.Dans Le Géranium, publié aux editions du Marchand de feuilles, un grand-pere chien, voyageur de grand chemin, apprend a trouver le bonheur ailleurs que dans la fortune.Quant a La Mélodie des tuyaux, c’est un conte musical de Benjamin, raconté sur un CD par Olivia Ruiz et publié aux éditions du Seuil jeunesse.Un jeune garçon y fait la rencontre de gitans qui lui font découvrir son talent musical.C’est donc le temps d’aller au lit, tant pour les grands que pour les petits, a moins que, comme le suggéré le titre d’un ouvrage publié chez Imagine, Papa a peur des monstres, vous n’ayez peur des monstres au point de refuser de vous coucher et n’essayiez de les faire fuir de toutes sortes de façons.Aux petits maintenant de vous rassurer, peut-être avec d’autres histoires encore, s’ils en connaissent.Le Devoir LÉGENDES DU QUÉBEC François Tardif et Denise Bodet Partum d'encre Québec, 2009,113 pages ATLAS ILLUSTRÉ DE LA VIE SAUVAGE Editions de l’homme Montréal, 2009,287 pages L’INTELLIGENCE ANIMALE Sally Boy sen, avec la collaboration de Deborah Custance Hurtubise HMH Montréal, 2009,192 pages PETIT, PETIT, PETIT ET MONTRE TES FESSES Milan jeunesse, «Ouvre l’œil» Toulouse, 2009 TERRIBLES DINOSAURES Textes du professeur Robert Mash Milan jeunesse Toulouse, 2009 CHASSEURS DE DINOSAU RES DLoweB Dingus et D Mark NoreD Courrier du livre Paris, 2009,65 pages MONSTROLOGIE Encyclopédie des bêtes LÉGENDAIRES Milan jeunesse Toulouse, 2009 LES GEANTS Ari Berk Milan jeunesse Toulouse, 2009 LA VRAIE HISTOIRE DE LÉO POINTU Rogé Dominique et compagnie Montréal, 2009 LE GÉRANIUM Mélindajosie Marchand de feuilles Montréal, 2009,45 pages LA MÉLODIE DES TUYAUX Benjamin Lacombe Seuil jeunesse Paris, 2009,38 pages PAPA A PEUR DES MONSTRES Sophie Rondeau et Louise-Andrée Laliberté Éditions Imagine Montréal, 2009 % £tM-c fiùià.qu'un.?^Aaùimmoncji.• Chaque année, la Librairie Monet est heureuse de vous faire découvrir un grand nom de l'illustration au Québec en vous offrant un magnifique calendrier.Venez cherchez votre calendrier 2010 ! à Wet, (e.monde k voa ’ ’ Le plus grand choix de livres jeunesse et de bandes dessinées au Québec ! nous réinventons la librairie Galeries Normandie ¦ Z7S2, de Salaberry, Montréal (Québec) H3M1L3 ¦ SM 337,4083 • www.librairiemonet.com Quelques albums magiques CAROLE TREMBLAY L> indécrottable optimisme r de la fée Coquillette est communicatif.Quelle que soit la gravité du problème que ses confrères et consœurs animaux lui soumettent, la bestiole enchantée a toujours une solution originale à proposer.Bon, admettons que ça prend souvent quelques essais avant que le client soit entièrement satisfait, les formules magiques de la coccinelle à baguette n’étant pas toujours au point, mais a force de persévérance, elle parvient chaque fois à redonner le sourire aux victimes du sort, qu’il s’agisse d’un crocodile qui ne sait pas nager ou d’une vache lasse de se faire traiter de grosse dondon.Dans ses dernières aventures, La fée Coquillette présente Télé-Coquillette, la coléoptère magicienne doit aider un blaireau dont le grand rêve est de devenir animateur télé.Juchés sur une vieille carcasse de téléviseur, la fée et son protégé s’envolent à la recherche de téléspectateurs.Tous les stratagèmes sont bons pour décoller les animaux de leur vraie télévision afin qu’ils assistent au spectacle de Jojo le blaireau: annonces au porte-voix, banderoles tirées par des éléphants roses volants, coup de tonnerre.Il n’y a finalement que la coupure d’électricité généralisée pour tirer les spectateurs de leur hypnose cathodique.Coquillette distribue alors masques, déguisement et instruments de musique afin que tous puissent participer au spectacle.Le blaireau animateur connaît enfin la gloire, le succès et le bonheur au cours de ces événements culturels collectifs.Ce onzième album, présenté dans un format plus grand que les précédents, est accompagné d’une demi-douzaine en masque en solide carton plastifié, comme le sont toutes les pages des albums de la fée à pois.De quoi monter son propre spectacle en attendant l’adaptation du coloré univers de la fée Coquillette en dessin animé pour la télévision.qui, eh oui, est en préparation.Contradiction, quand tu nous tiens.La sorcière Pélagie a vu le jour, il y a près de vingt ans, mais grâce à la magie de Valérie Thomas, son auteure, mais surtout de Korky Paul, et ses spectaculaires illustrations remplies de détails farfelus, elle n’a pas pris une ride.Dans le dernier épisode de ses aventures, Le Tapis volant de Pélagie, la douce sorcière est aux prises avec un tapis volant récalcitrant.Comment remercier ses sœurs pour ce cadeau encombrant et, surtout, que faire de cet objet diabolique qui l’a projetée dans la mare aux canards, enroulée dans la corde à linge, et qui a pris son chat Rodolphe en otage?Chez le même éditeur, Agnès de Lestrade et Cristian Turdera nous causent d’autres especes de créatures volantes dans L'Abécédaire des super-héros.Les deux créateurs, qui ont déjà un premier abécédaire a leur actif (L’Abécédaire à croquer), signent ici un ouvrage fort amusant, qui nous révèle les dessus et les dessous de la vie de super-héros de A à Z.Des mots simples, tirés du vocabulaire quotidien des enfants, se transforment, comme par magie, en courtes capsules pleines d’imagination.Attention aux parents, les risques de devoir réviser l’alphabet plus d’une fois sont ici très élevés.Collaboratrice du Devoir LA FÉE COQUILLETTE PRÉSENTE TÉLÉCOQUILLETTE Texte: Didier Lévy; illustrations: Benjamin Chaud Albin Michel jeunesse Paris, 2009,40 pages LE TAPIS VOLANT DE LA PÉLAGIE Texte: Valérie Thomas; illustrations: Korky Paul Milan jeunesse Paris, 2009,24 pages L’ABÉCÉDAIRE DES SUPER-HÉROS Texte: Agnès de Lestrade; illustrations: Cristian Turdera Milan jeunesse Paris, 2009,56 pages VOS SERIES PREFEREES RÉUNIES EN COFFRETS! “ Ü I L, ! LStëo Ravel de Matthieu Simard Les Allergiks dAndré Marois Kaboum d'Emmanuel Aquin Délirons avec Léon d'Annie Groovie 2 coffrets de 7 livres chacun 2 coffrets de 7 livres chacun 3 coffrets de 5 livres chacun A coffrets de 6 livres chacun 24,95$ 39,95 $ 19,95 $ D’EXCELLENTS CADEAUX DE NOËL POUR LES PETITS ET LES GRANDS! En librairie dès maintenant (G, Moi.Noémie et les autres t Noémie I fan sort cinéma ' ^ Réalité?Fiction?Voilà que Tibo est poursuivi par ses personnages, dont Noémie! En attendant de devenir une star, Noémie décide de faire elle-même son cinéma.Un superbe coffret regroupant les 4 premiers titres de la série Noémie, vendue à plus de 400 000 exemplaires.québec Amérique jeunesse |#r www.quebec-amerique.com SC' m E L K [* E V (Il H .LES SA M EDI 12 ET DIM A \ ( Il E I ;i l> E t E M R R E JEUXESSE Si Ulysse m’était conté.ISABELLE PARE Ceux qui se souviennent d'avoir passe, tout petits, leurs dimanches soir les yeux ecar-quillés devant la première teleserie européenne.L Odyssée, ou Ulysse terrassait de son pieu pointu l’affreux cyclope, se délecteront à l'idée de pouvoir raconter à leurs rejetons les aventures du he-ro$ homérique.A l’heure des mangas et autres superhéros formatés, le magnifique livre Les Aventures d'Ulysse, publié par Gründ, fait l'effet d'une bouffee d'air frais pour la matière grise dans un monde parfois gnangnan et réhabilite pour les plus petits le premier grand mythe du monde occidental.Dans une version simplifiée du poème d'Homère, les enfants sont invités à plonger dans l’univers antique, superbement illustré par les dessins éclatants de couleurs de Miklos Koptak, d’inspiration minoenne.Chacun des chants ou chapitres de l'Odyssée est raconté en une page, parfois plus, des premiers jours de l’interminable quête d’Ulysse à son retour sur File d’Ithaque, vingt ans plus tard.Dans un style simple, mais jamais simplet, l'ode à l'aventurier grec ne concede rien à la version originale et initie les enfants à la mythologie à coups d’histoires, toutes plus fantastiques les unes que les autres.Peuplé de créatures marines, de mopstres étranges et des mythiques Circé, Calypso, Eole et autres dieux et demi-dieux oniriques, ce conte fascinant se révèle une version parfaitement authentique du récit d’Homère, sur des planches plus belles les unes que les autres.De quoi se changer de quelques héros bébêtes d'aujourd’hui.Dans le même esprit, Gründ réédite sous la forme d’un beau livre Les Fables de La Fontaine, cet Homère des Français, qui sont devenues des incontournables de la pensée occidentale.Le livre reproduit dans sa totalité les 80 fables écrites par Jean de La Fontaine entre 1668 et 1698, regrou- SOl RCF GRl'ND Le cyclope Polyphème: illustration de Milos Koptak pour Les Aventures d'Ulysse.pées en 12 livres.Le tout égayé du coup de pinceau satyrique de Joanna Boillat, qui excelle à donner unç figure humaine à l’animal.Eternel critique du genre humain, La Fontaine s’était d'ailleurs largement inspiré des mythologies grecque et romaine, ainsi que de contes persans et indiens millénaires pour produire ces perles de la littérature.Présentées dans leur version originale, ces fables, outre quelques classiques, ne sont donc pas toutes à la portée des enfants.les adultes, par contre, y redécouvriront avec délice les plus cinglantes, surtout celles laissées pour compte par la petite école.Le Devoir SOURCE GRÜND Le Lion, le loup et le renard: illustration de Joanna Boillat pour les Fables de Lafontaine LES AVENTURES DTJLYSSE Illustrations: Milos Koptak Gründ Paris, 2008,63 pages FABLES DE LA FONTAINE Gründ Paris, 2009,210 pages Une nouvelle série irrésistible ! ?Hurtubise www.editionshurtubise.com ALAIN M.BERCERON MA SOEUR N'EST PAS UN CADEAU ! DOMINIC AIME BEAUCOUP MAGASINER AVEC SA PETITE SOEUR ISABELLE DURANT LA PÉRIODE DES FÊTES ms Alain M.Berc.eron' MA SOEUR N'EST PAS UN CADEAU! ILLUSTRATIONS : SAMPAR À PARTIR DE 7 ANS / 56 PAGES ! 8,95 ( SOULIERES EDITEUR ^ WWW.SOULIERESEDITfUR.COM Pour petits et grands ANNE M IC H Al D Qu'est-ce qu’on fait lorsqu’on ne sait pas lire et qu'on veut entendre son histoire préférée.'' On l’écoute sur CD en tournant les pages comme si on lisait soi-même! .-Vitres avoir fait paraître le magnifique livre Le Vieux Thomas et la petite fee sous forme de livre-CD l’automne dernier.voici que les editions Dominique et compagnie nous offrent Petunia princesse des pets'.Cette histoire totalement craquante d’une princesse parfaite qui se met un jour à peter est encore plus drôle sur CD.Apres tout, rien de tel pour faire rigoler les petits (et les grands) qu’un formidable pet! Et dans ce livre-là, il y en a de tous les genres, des plus discrets aux plus retentissants.Plaisir et rigolades garantis! PÉTIMA PRINCESSE DES PETS Texte de Dominique Deniers, illustrations de Catherine Lepage Dominique et compagnie Montréal, 2009,32 pages (couverture rembourrée), 24,95$ (3 ans et plus) Imaginez un loup, un vrai de vrai loup avec des yeux luisants, des griffes pointues, une longue queue touffue et une large gueule qui pue.Ouach! Pauvre Lustucru, sou haleine empeste tellement qu’il n’a qu’à ouvrir la gueule et tout meurt autour de lui! Tous les autres loups l’envient, mais lui, il est bien malheureux parce qu’au fond, Lustucru n’est pas méchant du tout et aimerait bien se faire des amis.Alors, le jour où une petite fille arrive chez lui, le nez totalement bouché et incapable de sentir quoi que ce soit, Lustucru est fou de joie.Informée de son problème, Josette enseigne à Lustucru comment en venir à bout et se faire tout plein d’amis! Un must pour les enfants réfractaires au bain et au brossage de dents! LUSTUCRU LE LOUP QUI PUE Texte de Dominique Deniers, illustrations de Jean Morin Dominique et compagnie Montréal, 2009,32 pages (couverture rigide), 19,95 $ (3 ans et plus) Deux classiques revisités Sous la plume et les pinceaux de Mireille Levert, le Petit Chaperon rouge devient une petite bonne femme tout en rondeurs alors que le grand méchant loup demeure fidèle à lui-même: il est vorace et sans pitié! Quant à la Blanche-Neige d’Andree Poulin et Gabrielle Grimard, elle s’enrichit de quelques détails mais demeure fidèle à l’esprit et à la lettre de ce conte qui a tait rêver des millions d’enfants Après tout, les classiques doivent demeurer fidèles à la tradition! LE PETIT CHAPERON ROUGE Texte et illustrations de Mireille Levert, d’après le conte de Charles Perrault Editions Imagine Montreal, 200;1.32 pages (couverture rigide), 19,95 $ (4 ans et plus) BLANCHE-NEIGE Texte d'Andrée Poulin d'après le conte des hères Grimm Illustrations de Gabrielle Grimard Editions Imagine Montréal, 2009.32 pages (couverture rigide), 19,95 $ (4 ans et plus) Collaboratrice du Devoir l.l.S I Kl RIS GHIMM Blanche-Neige LDI I IONS IMM.INI Venez sentir le bon air de la magie avec Geronimo Stilton ALBIN MICHEL JEUNESSE www.albin-michel.fr © ATLANTVCA spa tous droits réservés CISHHMSflMMaCBEHKMnMMHMMKHI K S L K l> E Y 0 I H .LES SAMEDI 12 ET DI VI A X Mais avant de médire des écrivains, on réfléchira quelques instants à cette extraordinaire parole d’éditeur, que n’aurait pas reniée Alfred Jar-ry: «L’écriture est remarquable, mais la lecture n’est pas terrible.» Et ça continue comme ça pendant 200 pages très réjouissantes.Les librairies sont un lieu particulièrement apprécié des dessinateurs du New Yorker.C’est l’endroit où un vendeur habile pourra vous apprendre, parlant d’un livre: «Nous ne l’avons pas en stock, mais nous pouvons le faire écrire.» Car il faut savoir s’adapter au client, surtout quand ce dernier vous demande: «Avez-vous le livre dont on parlera tout l’hiver?» On méditera aussi sur le commentaire remarquable de cette cocotte qui, passant devant une librairie, déclare à sa copine: «Je ne lis jamais de livres.De toute façon, s’ils sont bons, ils passeront au cinéma.» Je termine avec un pauvre type pour lequel j’ai une certaine tendresse.Couché dans son lit, peut-être en dépression, il est en train de lire un volume intitulé Comment se lever et s’habiller.Disponible dans toutes les bonnes librairies, rayon développement personnel.f xP Pp> U) ’ ; ^ : I-Pï 1 ^ ^ 1 J* Ce.J Y:;o!U! If; ! => ^ ti-t - / zrt rr- ^ .,.Y W Y rr/ Le Devoir 2^4 ** - '¦ * *.! « ¦ THE NEW YORKER L’humour des livres Jean-Loup Chiflet Les Arènes Paris, 2009,192 pages 1y,r' L'écriture est remarquable, mais la lecture n’est pas terrible.DESSIN Dans la poésie de l’ordinaire FABIEN DEC LISE C> est la poésie du quotidien sur 300 pages.Sempé à New York (Denoël) retrace le parcours graphique d’un grand, Jean-Jacques Sempé, livré ici sur planche dans sa grande aventure nord-américaine.Sous la couverture, l’amateur du genre trouvera bien sûr ces petits morceaux de rie et d’humanité captés par le père du Petit Nicolas pour le compte du magazine The New Yorker, pour lequel il bosse depuis plusieurs années.SEMPÉ à NEW YORK Sans surprise, ce voyage dans le temps se fait sous le signe de la nostalgie et de la solitude, deux thèmes chers à ce monstre sacré de l’illustration: solitude du cycliste dans la ville, du nanti face à l’immensité bleue de sa piscine, mais aussi solitude nécessaire comme pause pour renouer avec la nature humaine dans des environnements urbains toujours en mouvement.Avec cet énième album, Sempé vient une nouvelle fois confirmer ce que ses fidèles savaient déjà: l’homme est un fin observateur du quotidien, un décodeur de comportements et un traqueur d’émotions.Des traits de caractère facilement perceptibles d’ailleurs tout au long d’une entrevue fleuve qu’il a accordée au journaliste Marc Le-carpentier, entrevue servie en guise de hors d'œuvre dans ce bouquin qui se consomme au final comme un café sur un banc de parc, connue une pause pour contempler la ville d'en haut ou comme une bonne discussion autour d’une bonne bouteille au restaurant.Tout simplement Le Devoir if ,.i y.rj '[ ’[K Y.'-'V ' YVm Ai WÉ She-' 1 -.•'fi WM.: TU1' «fife y ¦%.Q; m p liju "f,, c/4Vlr ÉOITIONS DENOËL / EDITIONS MARTINE GOSS1EAUX Dessin de Sempé pour la couverture du New Yorker du 25 octobre 1982 ÉDITIONS DENOËL / ÉDITIONS MARTINE GOSSIEAUX Dessin de Sempé pour la couverture du New Yorker du 22 mai 2000 ™ VEUILLEZ DÉCOUPER ET EXPÉDIER AVEC VOTRE DON DÈS AUJOURD’HUI Offrez un repas complet pour Noël ! 2,58$ Nous avons besoin de votre aide pour servir des repas chauds ou procurer d’autres services essentiels, en cette période de Noël, aux personnes démunies, sans-abri et qui souffrent dans la région de Montréal.Pour seulement 2,58 $, vous pouvez procurer un repas chaud ou un abri sécuritaire et une aide qui pourraient être le point de départ d’une nouvelle vie.S’il vous plaît, aidez-nous à donner de la nourriture et des soins à ceux qui ont faim, aux sans-abri et à ceux qui souffrent en postant votre don dès maintenant.Parce que donner, ça fait du bien ! ?25,80$ pour 10 personnes ?64,50$ pour 25 personnes ?129$ pour 50 personnes ?258$ pour 100 personnes ?_______$ pour aider autant de personnes possible Veuillez débiter ma carte de crédit ?Visa ?MasterCard ?American Express N« DE LA CARTE SIGNATURE DATE D’EXPIRATION I I I I I I I I I Donnez en ligne au www.missionbonaccueil.com ou composez le (514) 523-5288 r NOM EN LETTRES MOULÉES COURRIEL ( TÉLÉPHONE ADRESSE VILLE PROVINCE CODE POSTAL X Libellez et envoyez votre chèque à : Les montants mentionnés sont des coûts moyens et comprennent les frais de préparation et de service des repas.Un reçu d’impôt sera émis pour tout don de 10$ et plus.Mission txm Accueil est un organisme de bienfaisance : NE 10819 5215 RR0001 liHiHaaBBHaBMMüHaB NOTRE 118e ANNÉE AU SERVICE DES DÉMUNIS Mission Bon Accueil 606, rue de Courcelle Dépt.403113 MISSION Montréal, QC Bon Accueil H4C3L5 I I SOURCE THE NEW YORKER/ LES ARENES BÉDÉ Quatorze pieds dans la neige Le thème était froid, mais le résultat est plutôt chaleureux.Pour une deuxième année consécutive, Glénat Québec rient de rassembler dans un album les planches des sept artistes qui viennent de remporter son concours annuel de bande dessinée.Le thème pour cette cuvée 2009 était l’hiver et la neige.Histoire d’hiver—c’est le titre de l’album — permet donc de juger du ù-avail de Zriane, de Hicham Absa, de Serge Brouillet, de Kan-J, de Mikey, de Banville et de Giard, qui tour à tour et à leur façon explorent ces composantes glaciales de la mythologie québécoise.C’est parfois poétique, c’est parfois sombre, c’est parfois divertissant mais au final l’album est accrocheur dans toute sa diversité et son appel à l’introspection.Comme l’hiver, finalement -Le Devoir Chouette, des pirates ! Pas un nouveau livre sur les pirates, les corsaires et autres écumeurs des mers?Eh oui, mais un beau et même un très beau et très bon.Il y a tout ce qu’il faut tout ce qu’on peut souhaiter dans ce bel ouvrage: une histoire de la flibuste, finalement aussi vieille que la navigation; une présentation des grands et petits mythes de ce monde fascinant, fibre et cruel, avec au passage des références aux trésors, aux îles et bien sûr aux armes et aux navires; des portraits des plus célèbres spécimens de capitaines détrousseurs, de Barbe-Noire à Henri Morgan: un tour du monde complet de la piraterie, des pilleurs romains aux escadrons somaliens.Et ça s’intitule Pirates, par Michaël Pitiot, chez Glénat -Le Devoir Dans l’enfer des tranchées, prise 2 La «der des der» aura été une belle salope.C’est pas nous qui le disons, c’est Jacques Tardi dans la suite de Pétain de guerre (Caster-man), dont le deuxième volet vient tout juste de sortir.Désormais concentré, avec son pote historien Jean-Pierre Verney, sur les années 1917,1918 et 1919, le bédéiste poursuit donc ici sa relecture de la Première Guerre mondiale, dans toute sa désolation et sa profonde injustice.La recette est la même que pour le tome 1: des vignettes fortes, une narration puissante et toujours cette même efficacité à capter toute la bêtise humaine avec un découpage bien senti et des scènes réfléchies.Et ce.pour, 90 ans plus tard, ne pas oublier.- Le Devoir MNC1 CK m LE H E V (I I K .LES SAMEDI 12 ET DI M A \ l H E I A D E t E M K K E 2 (Ml il LIVRES CADEAI'X Marina, sa Sonetchka HUM X 1.1VKKS En 1919, la révolution bouillonne encore, passionne encore.La propriété, c’est le vol — en amour aussi?Hubert Reeves : le passé et l'avenir des arbres l Jean Larose Tsvetaeva nous la rend si vivante qu’en lisant son Histoire de Sonetchka, je me suis mis à l’aimer, moi aussi: Sofia Evgueniev-na Holiday.Et qu’on ne me dise pas que cet amour de femmes de 1919 n’a que faire de ma jalousie d’homme.D’entrée, Tsvetaeva se déclare ma rivale: «Je sais que le lecteur veut aimer lui-même, mais moi aussi, je veux être celui qui aime, comme Sonetchka, je veux “aimer moi-même”, comme un chien.» Elle écrit leur histoire afin que «tout le monde se consume: les hommes — d’amour, les femmes — de jalousie, les poètes — de douleur.» pour sa Sonetchka.Homme, j’aurais voulu lui prendre sa femme, écrivain, lui voler son art.Car c’est ainsi qu’il faut écrire, me dis-je.La poète, obligée pour survivre d’écrire en prose (en France, son vers russe ne valait plus rien), garde à sa prose la surprise et la clarté inégalable du vers.Le tiret, par exemple, dont elle abuse scandaleusement pour ouvrir dans la phrase un enjambement avant le — membre qu’il — détache, fait — briller ou — brûler d’un surcroît de sens (et qui rappelle les italiques troubles de Julien Gracq).Sofia Holiday est actrice au III1 Studio (créé par un élève de Stanislavski), théâtre de Moscou pour lequel Marina Tsvetaeva écrit des pièces.Toute la ville connaît Sonetchka.Sonetchka attire la foule.Marina n’a que trois ans de plus quelle, mais à vingt-sept ans, déjà poète de légende, tout le monde la veut JÜL ?st Cet amour qui arrive par un homme devait être une haine.«Marina, si je suis restee si longtemps sans venir vous voir, c’est que je savais que j'allais Tl me mettre à vous aimer de la sorte, vous qu il aimait, vous à cause de qui il ne m'aimait pas.» louri lui présente Marina, il la lui donne (dans ces récits, les êtres passionnants circulent et s’echangent étrangement, on se les donne, à s’y perdre).Entre elles, au premier regard, c’est pour toujours (pour n’en pas mourir, Sofia s’enfuira au bout de trois mois).Marina: «J’ai devant moi — un incendie vivant.Ses joues brûlent, ses lèvres brûlent, ses yeux brûlent, ses dents blanches brûlent.Et le regard émergeant de cet incendie — si ravi, si désespéré, si: j’ai peur, si: j’aime!» Sonetchka: «Je vous ai aussitôt aimée à la folie.Ne pas se mettre à vous aimer — vous, Marina — à genoux — serait un non-sens, une chimère, tout simplement — une idiotie?» Ainsi se sublime la jalousie: Sonetchka aimera plus que lui la femme qu’aime l’homme qui ne l’aime pas.Est-ce la folie russe, est-ce le génie de Tsvetaeva?C’est peut-être la révolution.Entre ces deux femmes, l’éternel triangle ne serait qu’une farce d’ancien régime.En 1919, la révolution bouillonne encore, passionne encore.La propriété, c’est le vol — en amour aussi?On brûle ses meubles pour chauffer la maison.On passe ses journées dans les files d’attente pour du poisson séché et de l’huile.On est sublimement pauvre.Mais à mesure qu’il de- vient plus obligatoire d’aimer les pauvres, la haine du pauvre menace.En temps de revolution, h profusion de jeune nouveauté semble un temps pouvoir délivrer de tout ressentiment, l’humanité même devenant un poème.un amour a plusieurs.Mais tous sont menacés par le pire retournement: devenir, à l’image de la revolution elle-même, ce que Nietzsche appelle un être de ressentiment?Mais restons entre elles, où la victoire sur le ressentiment s’exalte en bonheur d’aimer, comme un chien, la rivale passionnante.«Maintenant, louri n’existe plus pour moi, il y a vous, Marina.» Mais aussi, l’amour ne se connait plus: «Pensez, Marina, ils sont des milliers ceux que je pourrais aimer.Je n’aime que louri, Marina, je le lui dis avec la même bouche, les deux sont vrais — alors je crois devenir folle.» Si vivante qu’elle épuise, on comprend ses camarades de trouver que Sonetchka est trop quelqu’un pour être bonne comédienne.On dit quelle est l’actrice d’un seul rôle: le sien.Marina l’aime pour cette intolérance même, qui vomit les tièdes.Et pour ses larmes, toujours des larmes, et «tant le feu de ses joues est puissant qu’on les voit tomber — roses.Chaudes comme le sang, rondes comme des perles.On aurait dit qu’elle pleurait du Mozart.» Ces deux femmes parleront ensemble, chaque nuit, toute la nuit, trois mois durant.Mais le sexe est négligé: «C’était un feu sec, une pure inspiration, sans aucune tentative de détente, de dépense, de concrétisation.Une catastrophe sans remède.Je l’aimais trop: tout était moins.Le baiser en amour, c'est l'eau de mer dans la soif.J’aimais mieux garder ma soif entière.» Comme lecteur, ma jalousie est trompée.Je ne peux pas m’exciter.Pas d’images, rien que des paroles.O fauteuil des histoires, des confidences, des aveux, des tourments, des apaisements! Mais, où est ma place de jaloux dans le triangle que, lecteur, je forme avec ce couple chaste?Quelle est la possession dont je devais être le tiers trompe?1 Elle m’ont bien eu: je ne suis pas exclu, mais délié d’en faire autant.D’aimer Sonetchka sans la toucher moi non plus?D’écrire un livre sublime?On sait que Freud appelle sublimation l’usage de la pulsion sexuelle dans un but non sexuel, principalement artistique ou intellectuel.L’idée devient presque ridicule de nos jours, où écrire sans la connaissance qu’on gagne à se perdre sexuellement passe pour idéalisation, mensonge.dérobade, lâcheté.On lit souvent qu’une nouvelle puissance symbolique, l’écriture féminine, fait œuvre en littérature, depuis que les amours de femmes s’écrivent.Mais sans le sexe?Quelle leçon d’art en tirer?Qu’y a-t-il à voler entre Matina et sa Sonetchka?«Vous n’avez donc toujours pas compris que mon maître — est mort et que, par delà l’espace des espaces et les confins du temps, — je hurle — tout simplement?!» On connaissait son amour des étoiles, et voilà que l’on plonge avec délice dans son amour des arbres.Avec ses Arbres aimes, l’astrophysicien Hubert Reeves propose une magnifique balade parmi les arbres qu’il aime.mon rpKir ŒUVRES TOME 1: PROSE AUTOBIOGRAPHIQUE Marina Tsvetaeva Le Seuil, «Le don des langues» Paris, 2009,600 pages Hubert Reeves nous parle par exemple des gingkos.dont on croyait qu’ils n’avaient lias traverse les dernières glaciations.Or ces arbres, qui poussent de quelques centimètres par an, ont survécu à travers les âges et résistent même encore aujourd'hui à la pollution urbaine.C’est pourquoi on les retrouve le long d’avenues à Tokyo, New York ou Paris.Le metase-quoia.pour sa part contemporain des dinosaures, est devenu à son tour une espece menacée.Et si les hêtres, eux-mêmes très anciens, semblent bien survivre aux changements climatiques, on prévoit quand même une recrudescence des incendies de forêt an Canada et en Sibérie, à cause du réchauffement planétaire.La moitié du manteau forestier de la planète a déjà disparu, nous dit Reeves, et ses principaux ennemis sont les cultures sur brûlis, les coupes à blanc et la pression démographique.L'auteur célèbre aussi la beauté des ormes, sérieusement décimés par une épidémie de gra-phiose survenue dans les années 1960 au Québec, puis en Europe dans les années 1980.Les érables, qui font la fierté de l’automne québécois, portent désormais souvent sur leurs feuilles des taches noires dites «de goudron», apparemment persistantes bien que sans danger.Les résistants bouleaux blancs de la forêt boréale disparaissent progressivement sous l'action des tr onçonneuses, comme l’a décrit Richard Desjardins.Dans le texte intitule Une brève histoire des arbres.Reeves nomme les ancêtres des arbres dans l'histoire de la planète, des mousses aux fougères, qui en se désintégrant dans les marécages oirt forme ce que sont aujourd'hui les nappes de pétrole et les gisements de char bon.Science et poésie les ar bres portent également leur poids de légendes.On dit par exemple de l'arbre de Judée, qu'on ap]relie aussi arbre de Judas, que c'est l’arbre auquel Judas se pendit et que ses Heurs sont dé-sormais les larmes du Christ.Au Japon, on considère les sugi, ou Cryptomeria japonica, comme des demi-dieux, et on y enroule des guirlandes et des rubans.L’if est planté d;uis les cimetières d’Irlande par ce qu'il symbolise souvent la mort.«Dans la mythologie grecque, il est associé à Hecate, gardienne des enters», écrit Reeves.Alliant science et poésie, érudition et contemplation, joignant les sobres et belles photographies de Jacques Véry, Reeves revient uire fois de plus, avec sa force simple et tranquille, nous faire découvrir la nature et nous donner envie de la protéger.Le Devoir ARBRES AIMÉS Textes de Hubert Reeves Photos de Jacques Déry Le Seuil Paris, 2009, sans pagination Libgctire agréée • * Toujours de meilleurs prix! Magasin general #5 Loisel & Tripp Le jeu de range Carlos Ruiz Zafôn Petite bible à l'usage des grands voyageurs CARLOS RUIZ ZAFÔN 4P» LE jEl DE I ANGE Toute la richesse de la tangue française mots évokrtk récentes française PETITE cadeau exceptionnel édition limitée! 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Signature autorisé* 1 ' ,.4 i Métro Berri-UQÀM 505, rue Sainte-Catherine Est (514) 845-5243 WWW.PARCHEMIN.CA Prix en vigueur jusqu'au 3 janvier 2009 - C «XX c Tl F 10 LE DEVOIR.LES SAMEDI 12 ET DI M A \ THE I ;i DÉCEMBRE 2 0 0 0 .IVRES CADEAUX BEAUX LIVRES Histoires de garde-manger É M I LIE F O LI E - B O IVI N Certains savourent leur sirop d’érable avec le même enthousiasme 12 mois par année, sans que viennent les effleurer des questions sur l’origine du meilleur sucre au monde.Peu importe pour eux qu’il ait été inventé hier, entre Virginie et L’Auberge du chien noir, ou qu’il soit arrivé grâce au Saint-Esprit.L’historien Yvon Desloges, lui, ne pouvait se contenter d’observer la canne de sirop ambré n° 2 et de prendre place à la table.Archéologue de la gastronomie populaire, l’auteur a farfouillé les inventaires de dona- tions et d’apres-déces, puis soulevé les diverses couches sociales pour servir À table en Nouvelle-France, un livre qui effleure notre sirop d’érable et son sucre tout en parcourant les traditions alimentaires dans la vallée laurentienne, avant l’avene-ment des restaurants.C’est en tournant les pages du passé qu’il enterre ces mythes que l’on nourrit, soit que notre ancêtre s’adonnait à une cuisine rustre et que son garde-manger était allergique aux saveurs.Bien que la soupe était à la base de son régime, un complément au pain quotidien qu’il ingurgitait en grande quan- tité, le colon français a longtemps puisé son inspiration de ses semblables restés de l’autre côté de l’Atlantique, apres s’étre accroché aux traditions amérindiennes pour survivre les premiers temps.L’arrivée des Britanniques a largement contribué a garnir nos étageres, avec des importations dç thé et de sucre notamment.Etabli dans une contrée où Ja nourriture abonde, le nouveau Canadien n’a pas manqué de servir l’anguille au dîner et de briser la monotonie routinière grâce à cette alternance entre les jours maigres et les jours gras.Dans ce bref survol des siècles fondateurs de notre identité, le lecteur s’assoit tantôt a la table du citadin, tantôt a celle du bourgeois ou de l’agriculteur, et découvre ce que chacun mettait dans son assiette.Yvon Desloges a pimenté son travail de nombreux tableaux et de peintures d’époques.Histoire de pouvoir aussi goûter ce que l’on mangeait aux origines de notre société, l’auteur partage avec nous une quarantaine de recettes sorties tout droit du XVIL siècle.Il y a de quoi donner des idées pour les repas des Fêtes.Encore faut-il vouloir apprêter le pigeon pour souper apres en avoir aperçu une volée a la sortie du métro.En établissant les bases alimentaires de notre gastronomie, A table en Nouvelle-France trace l’arbre généalogique d'une culture que nous cherchons encore, 400 ans plus tard, à garnir de nouvelles feuilles.Le Devoir À TABLE EN NOUVELLE-FRANCE Yvon Desloges En collaboration avec Michel R de Courval Editions Septentrion Québec, 2009,232 pages Yvon Desloçes À table en Nouvelle-Franc • > r S>1 PHOTOGRAPHIE Le Sumo d’Helmut Newton en taille mannequin Deux livres-objets sont réédités dans une version plus abordable CLAIRE GUILLOT Après le gros Sumo, le petit.Dix ans ont passé depuis la sortie en fanfare du livre gargantuesque d’Helmut Newton.Cet ouvrage historique est aujourd’hui réédité par les éditions Taschen dans une version plus abordable et (relativement) plus maniable.Le premier Sumo, justement nommé, avait battu tous les records: de poids (35 kg), de taille (70 cm), de prix (2000 S).11 a surtout marqué l’avènement du livre-objet d'art: vendu en édition limitée, signé, avec un présentoir en métal dessiné par le designer Phi-liplte Starck, Sumo n’était pas distribué en librairie mais par souscription.H a connu un succès fulgurant — les 10 (XX) exemplaires sont partis très rapidement.Et, en 2(XX), une vente aux enchères à Berlin en faisait le livre le plus cher de l'histoire.L’eXemplaire numéro 1, signé par les célébrités photographiées, a atteint 620 000 marks (430 000 $).Depuis, nombre d’éditeurs se sont lancés dans la voie du livre-objet, rai e et cher (et lourd).Par rapport à l’original, ce Sumo bis est donc un modèle réduit.qui reste imposant.Les finitions sont forcément moins luxueuses.Pour le reste, on re-trouve les mêmes images, le même texte, plus un petit fasci-cule qui présente, en trois langues, l’aventure du premier Sumo.Cette fois encore, un présentoir est vendu avec le livre, toujours signé de Philippe Starck.Mais il est en plastique transparent — ce qui lui donne JACQUES GRENIER LE DEVOIR un côté kitsch et clinquant plutôt approprié.Le portrait d’une époque Car cette ressortie donne surtout l’occasion de se pencher, avec le recul, sur le travail suliii-reux d’Helmut Newton: Sumo réunit une sélection représentative de ses images de mode et de pub, de ses portraits de célébrités.Les femmes, mannequins belles et impassibles, sont déshabillées sans égard et abaissées au rang de poules de luxe.Elles s’offrent, indifférentes, dans des poses lascives qui fleurent bon le cliché, au milieu de diamants, de champagne, de villas, de voitures de luxe.Dans ses fameux nus, Helmut Newton s’amuse à montrer ces créatures hautaines deux fois dans la même pose: successivement nues et habillées.Bien sûr, on peut critiquer cette peinture de la femme, réifiée et résumée à un fantasme d’homme N- 1-9 ' Offrez le génie en cadeau! * RÉALISATEURS -f*yçuo- TRfCARRt TRECARRÈ & Sx'*‘c iMj GROUPE LIBRBX Un* fampagnM d* Ouatwcn Mttfta GROUPELIBRfcX.COM riche, avec le téton ou la touffe de poils qui émerge du peignoir de soie.Mais il faut plutôt voir ces images comme le portrait crâne d’une époque — les années 1980 et leur fric facile.Chez Helmut Newton, le désir masculin est vulgaire, sans mystère, et se paie.Ses images sont tout sauf sensuelles, et on peut au moins lui savoir gré d’avoir ainsi affiché, et pleinement assumé, les ressorts sexuels qui sous-tendent les images commerciales.Les éditions Steidl visent un tout autre registre avec la ressortie de Studio, un autre livre-objet signé du photographe de mode italien Paolo Roversi.Ce dernier avait publié dans une édition de luxe, en 2005, des images réalisées au Polaroid dans son atelier.On retrouve dans cette nouvelle version, moins chère, avec une reliure simple, l’univers mélancolique de l’Italien.Dans ce livre sombre et mat, on croise des beautés nues, âmes mélancoliques qui errent, fragiles, dans un temps arrêté.Il y a aussi quelques chaises, des lampes, un chien, le tout saisi dans un flou rêveur.Il est juste dommage que le livre ne soit qu’en noir et blanc, quand les plus belles images de Paolo Roversi font jaillir des touches de couleur anachroniques au milieu d’un brouillard suranné.Le Monde SUMO Helmut Newton Taschen Cologne, 2009,480 pages STUDIO Paolo Roversi Steidl Londres, 2009,120 pages © HELMUT NEWTON Fashion, American Vogue, Bordighera, Italy, 1996, par Helmut Newton i&i al J .no» > • Sumo réunit une sélection représentative des images de mode et de pub et des portraits de célébrités d’Helmut Newton LES VOYAGES DE CHAMPLAIN Samuel de Champlain À la rencontre des Algonquins et des Hurons Après Les Fondations de l’Acadie et de Québec, Éric Thierry nous présente le second volet des voyages de Samuel de Champlain, À la rencontre des Algonquins et des Hurons, qu’il a lui-même établi, annoté et présenté en français moderne.Avec les récits de ses expéditions menées de 1613 à 1618, Samuel de Champlain nous livre ici le premier grand témoignage européen sur les Algonquins et les Hurons.(SEPTENTRION.QC.CA 'LA RÉFÉRENCE EN HISTOIRE AU QUÉBEC Centsralctei L'ÉCHANGE 70/ El 713 MONI-ROYAL ESI ©MONI-ROm, 514-523-6389 Donnez.On peut faire plus encore.Le sens du combat Pierre Vadeboncoeur Yvon Rivard Patrick Moreau Sylvain David David Dorais Yannick Roy Disponible en kiosque et en librairie l’Inconvénient no 39 Aussi dans ce numéro Paul Kodama Geneviève Blouin Nicolas Charette Amélie Desruisseaux-Talbot Gilles Marcotte Réjean Beaudoin Serge Bouchard www.inconvenient.ca It: 11 fc v (> IK.LES SA M EDI I 2 ET D I M A \ ( Il E 1 A D E ( E M H H E .0 » ;) F I 1 LIVRES CADEAUX ESSAIS QUÉBÉCOIS De l’histoire à l’école Louis Cornellier Il ne faut pas se raconter des histoires.Les jeunes Québécois connaissent mal l'histoire.Celle du monde en général et celle de leur nation en particulier.Cette amnésie est-elle recente?Il faut être bien déconnecté pour l'affirmer.Le problème, en fait, afflige toutes les générations.Les nouveaux programmes, en ce sens, ne sont pas plus à blâmer que les anciens.Ce n’est pas une raison, cela dit.pour ne pas tenter de redresser la barre, en passant, évidemment, par l’école, qui reste la voie royale dans ce dossier.Il faut toutefois être bien conscient que la solution ne réside pas dans un retour en arriére, vers un paradis perdu de l’enseignement de l’histoire qui n’a jamais existé.Hier, ce n’était pas mieux.Dans ces conditions, que faire?La Coalition pour la promotion de l’enseignement de l’histoire au Québec (devenue, semble-t-il, la Coalition pour l’histoire), dans sa plateforme publiée en août 2009, propose quelques recommandations afin de «permettre aux jeunes Québécois de toutes origines d’acquérir une meilleure connaissance de l’histoire du Québec, du Canada et de l’histoire du monde occidental et non occidental».Cette initiative de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal, orchestrée par une équipe d’historiens et d’intellectuels composée de Mario Beaulieu, d’Éric Bédard, de Mathieu Bock-Côté, de Robert Comeau, de Charles-Philippe Courtois, de Gilles Laporte, de Laurent Lamontagne et de Josiane Lavallee, doit être saluée.La Coalition propose quinze moyens d’action concrets qui s'appliquent à l'école.Au primaire, elle suggère que le programme «Géographie, histoire et education a la citoyenneté» soit obligatoirement enseigne, aux 2' et 3' cycles, à raison de trois heures par semaine.Elle demande aussi une revision du programme afin qu’il adopte une logique chronologique et tout autant nationale et politique que sociale et culturelle.Pour le secondaire, la Coalition propose que l’histoire soit obligatoirement au programme à raison de 100 heures par année.Elle demande aussi que l’histoire du Québec et du Canada, enseignée en 3' et 4' secondaire, adopte une trame chronologique et fasse plus de place à la question nationale et à la dimension politique.Deux recommandations concernent le collégial: la réussite d’un cours d’histoire du Québec devrait être obligatoire pour l'obtention d’un DEC et tous les programmes devraient inclure une compétence transversale concernant la compréhension par l’élève des origines et caractéristiques de la société québécoise actuelle.Ce premier bouquet de recommandations vise deux objectifs essentiels: remettre l’histoire au cœur du parcours éducatif et faire en sorte que cette histoire réserve une place de choix à la référence nationale et, par conséquent, politique.A l’heure actuelle, ces deux missions sont négligées, à des degrés divers, par notre système scolaire, particulièrement au niveau collégial.La disparition de l’objet Québec Comme l’illustre Gilles Laporte, professeur d’histoire au cégep du Vieux-Montréal, dans le numéro d’hiver 2009 du Bulletin d’histoire politique, «l’objet Québec est présentement en voie de disparition dans les programmes de niveau collé- gial».Seulement 5 % des cegépiens suivent un cours d’histoire du Quebec.Plusieurs raisons (popularité de l’histoire sociale, approche par competences, decentralisation du reseau) expliquent cette triste situation, qui nous prépare des travailleurs et citoyens ignorants des origines et caractéristiques de leur propre communauté.Une des principales est cette mode du «tout à l’international» qui sévit dans le reseau.Pour attirer la clientèle, en effet, on lui fait miroiter stages et voyages à l’étranger, présentés comme le nec plus ultra de la culture.En plus île dénoter une certaine attitude de colonise (mieux vaut l’exotisme que notre propre réalité qu’on ne connait même pas), cette approche est coûteuse (pour les élèves et pour le reseau, qui y engloutit des sommes importantes), plus glamour que pedagogique et écologiquement désastreuse.On devrait, conclut Laporte, encourager les stages se déroulant au Québec et les cours à l’avenant.Certaines des recommandations de la Coalition pour l’histoire sont plus contestables.En proposant que les enseignants du primaire et du secondaire «puissent évaluer les connaissances acquises de leurs élèves au même titre que les compétences», le collectif, animé par son opposition au renouveau pédagogique, laisse entendre que les unes et les autres s’opposeraient, même s’il est évident que la notion de compétences, bien comprise, inclut les connaissances, alors que l’inverse n’est pas vrai.La recommandation appelant à une révision du contenu historique du programme du secondaire, afin que celui-ci «ne soit plus subordonné au présent et à l'éducation à la citoyenneté» et que «la discipline historique redevienne au cœur du programme», m’apparaît douteuse.Dans un ouvrage intitulé André Lefebvre, di-dacticien de l’histoire, Michel Allard et Félix Bouvier présentent la pensée pédagogique de leur maître, mort en 2003.Or, s’il reconnaissait qu’on pouvait étudier l’histoire pour elle-même, ce dernier affirmait toutefois quelle «ne deviendra educative que si elle lui [l’enfant) apprend à interroger le passe pour mieux comprendre le present et mieux preparer l’avenir».Lefebvre, dans un souci pédagogique plutôt que strictement disciplinaire, prônait une approche allant du connu vers l’inconnu et procédant selon un ordre chronologique inverse.L’enseignant d’histoire, selon lui, devait amener l’élève à «lire le passe dans et à travers le present, interpreter le passe à l’aide du present, traduire et représenter l’expérience humaine du passe dans le vocabulaire de l'époque, prendre conscience de la mutation en present que l’homme fait subir naturellement et spontanément au passe, faire du présent avec le passé en le sachant».Une chose ne fait pas de doute: à ne pas fréquenter l’histoire, un peuple se vide de sa substance.Le Québec devrait en convenir et donner, dans l’école, des heures à l’histoire.Les querelles d’écoles et de méthodes, par ailleurs passionnantes, sont secondaires.Ion iscœa sympatico.ca PLATEFORME DE LA COALITION POUR LA PROMOTION DE L’ENSEIGNEMENT DE L’HISTOIRE AU QUÉBEC Société Saint-Jean-Baptiste de Montreal www.coalitionhistoire.org ANDRÉ LEFEBVRE, DIDACTICIEN DE L’HISTOIRE Michel Allard et Félix Bouvier Septentrion Sillery, 2009,174 pages POLITIQUE La démocratie de Rimbaud à Rancière MICHEL LAPIERRE Nous restons surpris de voir que le meilleur texte de Démocratie, dans quel état?, ouvrage collectif consacré à un mot dont, aujourd’hui, le sens ambigu résulte du consensus de ceux qui se croient vertueux, est un commentaire de Kristin Ross sur des vers de Rimbaud écrits vers 1874.Cependant, l’un des poèmes, Démocratie, ne nous dit-il pas que «nous alimenterons la plus cynique prostitution» de ce terme politique par excellence?L’analyse qu’en fait la spécialiste américaine de la littérature comparée apporte une touche visionnaire à un petit livre, où les sept autres collaborateurs, presque tous des philosophes, brillent par leurs exposés pénétrants mais austères.Kristin Ross nous pousse à découvrir que le génie poétique et prophétique de GIORGIO AGAM5EN.ALAIN BADIOU, DANIEL BENSAÏD, WENDY BROWN, JEAN-LUC NANCY, JACQUES RANCIERE, KRISTIN ROSS, SLAVOJ 2l2EK DÉMOCRATIE DANS QUEL ETAT?TH 02 (COSKifU Rimbaud renforce les idées essentielles de penseurs comme Giorgio Agamben, Slavoj Zizek et Jacques Rancière, réunis avec elle autour du thème de la démocratie.Son interprétation du poème de Rimbaud, dont le titre même désigne le concept que l’ouvra- ge se propose de déchiffrer, est saisissante.Pour Kristin Ross, ces vers marquent «le moment précis où le terme “démocratie” cesse d’être utilisé pour exprimer les revendications du peuple dans une lutte de classe nationale mais vient JUSTIFIER la politique coloniale des “pays civilisés” dans un affrontement entre l’Occident et le reste du monde».Voilà l’origine de la distinction entre la démocratie, conçue comme le gouvernement utopique de tous, et les démocraties occidentales, réduites à des gouvernements représentatifs fondés sur un seul principe inébranlable: l’électoralisme avec sa part d’imposture.Rancière résume on ne peut mieux les choses par le titre de l’entretien qu’il accorde: «Les démocraties contre la démocratie».L’utopie démocratique, le philosophe a l’originalité de ne pas la voir comme un «idéal inattei- gnable» mais comme une «présupposition égalitaire».Par rapport à celle-ci, les démocraties occidentales, constituées par le capitalisme et l’électoralisme en «régimes oligarchiques», sont tenues «plus ou moins de se légitimer».Selon Rancière, la «fonction critique» de la vraie démocratie permet ainsi, au sein même de la «domination» par une minorité, à’«empêcher la politique de se transformer simplement en police».Le caractère très exigeant de la démocratie, perçue comme une recherche désintéressée du bien commun, correspond à l’admiration du génie inventif de Mai 68 que le philosophe exprima lors du quarantième anniversaire des événements.Contenu dans Moments politiques (1977-2009), recueil d’interventions roboratives, ce témoignage éclaire la question.Rancière y souligne que, Interventions 1977 2009 JACQUES RANCIERE pour les militants de Mai 68, «une révolution est un processus autonome de reconfiguration du visible, du pensable et du possible, et non l’accomplissement d’un mouvement historique conduit par un parti politique à son but».La réflexion est perspicace et rimbaldienne.Comme Kristin Ross le suggère à propos du poème Solde, Rimbaud, vers 1874, pervertit par la satire la réclame publicitaire et le libre-échange, fruits de la montée de l’impérialisme des démocraties: «A vendre les Corps, les voix, l’immense opulence inquestionnable.» Il n’essaie pas de changer le cours de l’histoire en adhérant à une avant-garde révolutionnaire: il le bouleverse de l’intérieur.Collaborateur du Devoir DÉMOCRATIE, DANS QUEL ÉTAT?Collectif Écosociété Montréal, 2009,104 pages MOMENTS POLITIQUES Jacques Rancière Lux Montréal, 2009,288 pages Faites plaisir ! ü: américain nOSftHIH «V/// rymi-ri-tar.‘ V ‘v“è: MYLÉ NE GILBERT-DUMAS • ¦ : Mar* Stfritlr GRATIEN GELINAS EN IMAGES n'tit cwniqu* i ta staturr te qrani ikl vlb éditeur L’ARCHE Une compagnie de Québécor Media www.edvlb.com De savoureuses idées-cadeaux ! .Chasseurs .A 0 d’épices » Has Stefano FAITA Jy Entre cuisine et quincaillerie a été vendu à plus de , 30 OOO exemplaires / 1 CAXNET DERf.CF-TTESFT pevoyxges V + 6 mélanges o-tticWPoWwaM LES JO RECETTE , Ethné et Philippe DE VIENNE M GROUPE LIBRBX Urw comp*jni» OufaKor M«1M GROUPELIBKEX.COM I F 1*2 LE It E V 0 I H .LES SAMEDI 11 ET D I M A .V < H E I :5 DECEMBRE 1 O 1
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