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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier E
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2005-10-15, Collections de BAnQ.

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2 0 « 5 LE DEVOIR.LES SAMEDI 15 ET DIMANCHE 1 « OCTOBRE THEATRE Dragan Milinkovic et la dramaturgie du fragment Page E 5 .DE VISU Christopher Pratt au MBAC Page E 10 ?LE DEVOIR ?© DANSE Thriller.Guylaine Savoie en duel avec Peter James dans Un étranger FRÉDÉRIQUE DOYON Elle s’apprête à quitter son studio quand elle aperçoit du coin de l’œil un homme qui l’observe à travers la fenêtre.L’image est furtive.Ne le voyant déjà plus, elle croit qu’il se dirige vers sa porte.Son sang bat à tout rompre dans ses veines.Les pensées les plus folles traversent son esprit Déjà, elle s’imagine violentée ou plaidant la légitime défense.S’armant d’une barre de métal, elle s’approche lentement de la porte, prête à frapper.Un cri de terreur s’échappe de sa gorge.Mais il n’y a que l’ombre de son propre bras brandissant une arme.A-t-elle rêvé?la scène n’est pas tirée d’un mauvais hlm d’horreur.Elle est bien réelle, banale même, puisque les femmes en vivent toutes une semblable un jour ou l’autre.Cette fois-là, c’était Guylaine Savoie.Tout anecdotique soit-elle, l’expérience de la peur viscérale ressentie il y a trois ans lui a donné l'idée d’un filin.Intérieur mit, puis d’une chorégraphie, Un étranger.La trame narrative demeure.«C’est l’histoire d’une femme qui se retrouve settle et qui croit qu'il y a une présence inconnue chez elle», résume la chorégraphe, qui ne craint pas les références à une dramaturgie très claire.«Cesf presque une fiction: il y a un personnage, une mise en situation, un drame qui fait qu’elle bascule.fai toujours travaillé avec une certaine narration.Ça m’aide à structurer le propos de la pièce.» Reste que cette dramaturgie évolue dans Tuni-vers abstrait de la danse.Elle s'attarde d’ailleurs plus à l’aspect psychologique qu’à l’enchaînement des événements.«Cerf la montée de la peur chez cette femme et comment son univers se transforme, comment elle perçoit les choses différemment, comment elle se retrouve dans un état physique particulier.» La chorégraphe, qui travaille en solo depuis la fondation de sa compagnie, Les Productions de la Gorgone, en 1999, s’est trouvé un allié, l’inteiprète Peter James, pour incarner l’autre, la présence étrangère qui fait irruption dans la nuit •Je voulais quelqu’un qui a aussi une qualité d’acteur, explique-t-elle.Je ne voulais pas tant que ce soit esthétique que senti.» Elle renoue ainsi VOIR PAGE E 2: THRILLER.«Je ne voulais pas tant que ce soit esthétique que senti» *3% W.’ t \ O SIICCKSSION JEAN-PAUI RIOPKU.K / SODRA< La méthode de Riopelle peintre n’était pas si différente de celle qu’il adopte comme graveur Jean-Paul Riopelle, Automne,lithographie, 28/75, 116 x 151 cm.Collection du Musée national des beaux-arts du Québec Don de Hélène et Jean-Marie Roy sans © MNBAQ, Patrick Altman 2005 Deux expos de musée, deux autres en galerie et deux livres: cet automne, les Riopelle se ramassent par paire et en tas.Seulement, les multiples hommages suffiront-ils à redorer la réputation du maître moderne?STÉPHANE BAILLARGEON Ça va, ça vient Comme les écrevisses, la réputation de certains artistes avance parfois à reculons, au gré de différents courants affectifs et financiers.Jean-Paul Riopelle, décédé en 2002, a connu Iq gloire et la foire.Adulé dans les années 1950 et 1960, aux Etats-Unis comme en Europe, premier artiste canadien à franchir aux enchères publiques la barre magique et symbolique du million de dollars, son aura va progressivement rétrécir jusqu’à la petite réputation d’un grand maître de province.Pendant longtemps Beaubourg n'a pas exposé ses grandes mosaïques pourtant intégrées à la coDection permanente du musée parisien.A sa dernière sortie dans une galerie new-yorkaise, en avrü, les critiques américains n’ont pas vraiment passé la pommade.Les médias étrangers ont à peine souligné son trépas.Après avoir lu les contrastantes manchettes québécoises, la critique du Globe and Mail téléphonait à Montréal pour demander •Corne on, was he so great?» Heu.Oui! Et ce mois-ci, les institutions québécoises comme toutes les instances de validation des réputations artistiques semblent se liguer pour aligner les preuves, défendre le maître moderne, si possible rouvrir les yeux des hautains voisins, bref, secouer la torpeur.Les deux musées des beaux-arts donnent les plus grands coups d’encensoir.Celui de Québec lance la semaine prochaine l’expo Riopelle.Impressions sans fin, une grande rétrospective autour de quelque 150 lithographies, eaux-fortes, aquatintes, études et plaques créées de 1967 à 1996.Le Musée des beaux-arts de Montréal vient tout juste d'annoncer la présentation de sa propre rétrospective à Marseille, l’an prochain, après la sortie à l’Ermitage.Les galeries ne sont pas en reste avec leur propre doublé, fruit du dénouement de la saga judiciaire dans laquelle s’est longtemps empêtrée la succession de l’artiste.La galerie Orange, dans le Vieux-Montréal, propose une quarantaine d'œuvres de toutes les périodes, y compris de rares gouaches des années 1940.Le lot a appartenu à Huguette Vachon, la dernière compagne de Jean-Paul.Simon Blais, du boulevard Saint-Iaurent, met en vente des estampes et des techniques mixes d’une autre source familiale.la coté aux enchères de l'artiste n’a d’ailleurs pas cessé de remonter depuis son décès, certaines toiles culbutant deux ou trois fois leur évaluation initiale.Ce n’est pas tout Yseult Riopelle lance ces joursci un catalogue raisonné consacré cette fois aux quelque 353 estampes réalisées par son père.11 s’agit du troisième volume de la série, fruit de 19 années de travail prospectif.Un cédérom est joint a la version imprimée.Lanctôt éditeur publie un essai de Marie Roberge sur le Carnet de dessins de Riopelle datant de 1946, une acquisition récente du Musée national des beaux-arts du Québec (MNBAQ) qui fait aussi l’objet d'une exposition spéciale.Un feuilleté sans fond L’hommage comme la réhabilitation de Riopelle peuvent donc employer plusieurs stratégies.I>e Quartier international a restauré et déplacé Im Joute.Les deux musées ont poursuivi la constitution de leur collection, celui de Québec VOIR PAGE E 2 RIOPELLE là ¦ TRILOGIE LES RYTHMES DE BELLE ET BUM g „„ jsyip t BELLE ET BUM », T ^ * : PRESENTE EN NOUVEAUTÉ mm mmi ;u ' tej .a ht ycnu- chez ARCHAMBAULT^ \ LE I) E V 0 I H , LES SAMEDI 15 ET DIMANCHE 1 tt OCTOBRE 200 -* Culture *- Les pieds dans la marge Odile Tremblay Le Festival du nouveau cinéma roule à Montréal.On lui sait gré, en passant comme ça, d’avoir gardé sa fenêtre ouverte au vent de la marge.Après tout, c’est dans ce rendez-vous-là, un peu off, que Riant Larkin, le cinéaste d’animation devenu clochard, a reçu un hommage l’an dernier.Là aussi qu'Homeless Street Archive de Daniel Cross, Eric (Roach) Denis, Brett Gaylor et Anuj Khosla, documentaire et site interactif donnant voix aux sans-abri, fut projeté en 2003.Les rendez-vous culturels qui fraient trop avec l’establishment dégagent des odeurs suspectes.Mieux vaut un festival un peu croche, collé au macadam, aux itinérants et aux chiens perdus, que des manifestations endimanchées sur tapis rouges.Après tout, c’est dans la frange boueuse et la rue couverte de graffitis que les cris de la réalité se font vraiment entendre.Et puisque cette crise des festivals divise le milieu, puisque les comparaisons s’imposent en pareil contexte, on vous le dit messieurs des institutions, laissez le Festival du nouveau cinéma poursuivre son chemin en paix.Il y va de la survie des pieds dans la marge, dans la frange, dans le off, ces grands incubateurs des voix souterraines.Restait a rencontrer la grande ambassadrice de la marge au FNC: Manon Barbeau.Elle est mon héroïne et l’ignore sans doute.Rares sont les missionnaires du macadam, les idéalistes engagés à relever les multipoqués de la vie.Tant de personnes gémissent sans rien faire.Pas elle: «]e suis une rassembleuse de talents marginaux», précise Manon.Jolie définition.Allez vous étonner si le FNC accorde une tribune à son projet-pilote, Wapikoni Mobile, debout sur sa marge et fier de l’être.Le festival programme une douzaine de courts métrages et de vidéoclips réalisés par des jeunes autochtones.Rendez-vous au Studio Juste pour rire lundi à 17h.Les auteurs y seront Depuis le temps que Manon me disait «Viens voir les films de Wapikoni!», mais ses coups de téléphone sonnaient toujours à la dernière minute.Puis l’autre jour, un certain envoi de courts métrages.Sur le lot un film vraiment émouvant montre des jeunes qui courent et courent encore dans leur réserve sans trouver autre chose à faire que galoper après leur ombre.L’enfant du Refus global, qui avait remis en cause il y a quelques années dans un percutant documentaire les artistes automatistes, plus occupés à se libérer qu’à bichonner leur progéniture, c’est Manon avec son visage d’ange.Dans une tentative de refaire sa propre enfance, sans doute, elle recueille depuis lors les errants, chiens ou loups.En 2000, avec des punks de la rue à Québec, elle avait réalisé L’Armée de l’ombre, un documentaire rempli de poésie.D’où la phrase-matraque d'un de ces jeunes-là à la fin: «On t’aime beaucoup, mais tu vas fen aller après le film.Nous, on va.rester là.» Pas question! Manon a donc équipé des roulottes: caméras numériques, studio d’enregistrement projecteurs, salle de montage.Depuis deux ans, l’une fait le circuit des réserves (Wapikoni Mobile), l’autre, celui des sans-abri urbains (Vidéo Paradiso).Elle invite les jeunes a réaliser des films, des clips musicaux, plutôt que de gémir sur leur sort.Sa compagnie s’appelle Les Productions des beaux jours.L’ONF est entré dans le coup.Wapikoni Mobile a engendré 80 courts métrages, circulant cette année à travers sept communautés autochtones.Manoan, Wemotaci, Obedjiwan, Pikogan, Lac-Simon et Kitsisakik.L’an prochain s’ajoutera Pointe-Bleue.Manon estime que ça n’a pas de bon sens, l’ignorance collective à l’égard de ces communautés-là.«On se donne bonne conscience avec des maisons modernes ultra chauffées et on les oublie là.Les jeunes ne savent pas quoi faire avec leur identité.Le taux de suicide est énorme.Voyons donc!» Elle me parle de Samuel Tremblay, le jeune rappeur sorti de prison qui a composé des raps à l’ombre.«77 en a écrit 16 et se prépare à enregistrer, puis il fait six films avec la roulotte.» Lumière au bout du tunnel, donc.Nouveaux horizons, aussi.Manon fait voyager son groupe sur la planète festivals: à Victoriaville, aux îles de la Madeleine, comme à Barcelone, à Amiens, à TrouviUe.C’est mieux que de courir après son ombre.Elle a une voix douce, mais une détermination d’enfer, Manon, et une envie de casser les préjugés sur l’alcoolisme collectif.«Un tas d’autochtones essaient de sortir la tête hors de l’eau, travaillent, ne boivent pas, mais ces étiquettes leur collent au cul.» N’empéche que la plupart des films de Wapikoni témoignent d’une infinie détresse.Ces cris de la marge, que notre société refusait d’entendre, les voilà qui font écho soudain.Jamais Manon n’a oublié la jeime Wapikoni Awashih de Wemotad, avec qui elle devait tourner un long métrage, La Fin du mépris.Un accident l’a emportée.«Vingt ans.Une énergie folle.Les routes sont assassines dans ce coin-là.Le gouvernement ne fuit rien parce qu’il y a des autochtones au bout.» Elle rage.Ce nom, Wapikoni Mobile, sert d’hommage à la jeune disparue, aimée corpme une fille.A Wemotacie, Manon vient d’implanter un studio de tournage permanent Elle rêve d’en fonder d’autres, tous autogérés par les autochtones.Autre rêve: établir une résidence de création à Montréal pour les artistes de la marge, avec une formation au bout.Avis aux chiens sans coDier et aux loups.Voilà! On ne fait plus dans la marge mais dans l’autoroute sans accotement mou, avec l'acquisition cette semaine de Sogides par Québécor.Le bolide du monopole culturel roule à travers journaux, télés, livres et compagnie, à pleins médias.Et la littérature, la culture, là-dedans?Simples biens de consommation sans âme, désormais.Spectra dans le monde du spectacle, Québécor à pleins médias.Les voix de la marge s’estompent doucement On vote pour l’édition à visage humain, pour le Festival du nouveau cinéma, pour toutes les Manon de ce monde, si rares et si précieux.otrem blayéa ledevoir.com RIOPELLE «Les Français vont le redécouvrir et Vapprécier à nouveau, un jour ou Vautre» SUITE DE LA PAGE E 1 réussissant à accumuler 288 estampes, soit les quatre cinquièmes de la production.Depuis 2002, 51 nouvelles œuvres se sont ajoutées à son fonds, qui réunit aujourd'hui 352 numéros au total.«L’exposition Riopelle.Impressions sans fin nous permet de faire le point sur une impressionnante accumulation d’œuvres», explique Michel Martin, coordon- nateur du projet et conservateur à l’art contemporain (1950-2000) au MNBAQ.«Elle permet aussi de réexaminer le travail de Riopelle, qui a connu une grande diffusion publique mais qui demeure pourtant assez mal situé dans l’ensemble de l’œuvre.» Le travail de relecture a été confié à Bernard Lamarche, commissaire invité pour l’occasion qui a fait le larron.Dans le catalogue, le collègue du Devoir établit clairement un parallèle entre le peintre et le graveur, entre la «muraille de peinture» et la «muraille des signes».«Chez Riopelle, les traces associées aux gestes de l’artiste sont multipliées au point de faire de la composition un écheveau très serré de traits, résulta^ d’états successifs, superposés.A travers cet écheveau, c’est le regard qui est mis au défi.Il faut soulever [.] les défis de la gravure.La méthode de Riopelle peintre n’était pas si différente de celle qu’il adopte comme gra- veur.De fait, Riopelle, constamment, en rajoute.» Malheureusement, le travail n’a pas encore trouvé preneur à l’étranger, proche ou lointain.Madrid a vite dit no gracias.Bordeaux, longtemps tenté, a finalement balayé l'entente cet été.«La direction a changé, le contexte financier aussi, explique M.Martin./e ne crois donc pas que le refus de l’exposition soit relié à l’aura de Riopelle.Ou alors c’est un signe que son travail n'est pas encore assez connu.» Les négociations se poursuivent maintenant avec des institutions canadiennes.Le Musée des beaux-arts de Montréal (MBAM) réussit mieux sur ce difficile terrain international.La rétrospective préparée pour Saint-Pétersbourg ira ensuite au Musée d’art moderne Cantini, en France, là où Jean-Paul Riopelle a travaillé pendant plus de deux décennies, là où on l'a longtemps considéré comme Marie-Thérèse Fortin chante 1 Barbara Yves lève il le, piano et direction musicale Pierre Pépin, contrebasse « Des chansons bien choisies; un melange d'incontournables et de moins connues (.) Une interprétation magistrale.» - SPC Québec «Un véritable défi vocal relevé avec panache !(.) Une vraie performance!» -Le Soleil « Marie-Thérèse Fortin fait revivre Barbara en toute simplicité, avec beaucoup d'intensité.» - CITF-MF-Rock Détente f ’ ^ Seulement 3 soirs 20-21-22 octobre, 20 h, au Théâtre d'Aujourd'hui www.theatredaujourdhui.qc.ca (514) 282-3900 Dates en tournée : www.suinmumcom.qc.ca Société de développement des entreprises culturelles Québeci un peintre franco-français.Le travail muséologique rassemble la crème des œuvres de la collection permanente enrichie d’emprunts à la Collection Power Corporation, la mieux dotée sur cet artiste.«On compte bien sur la présentation à l'Ermitage, où défilent deux millions de visiteurs par année dont tous les conservateurs et directeurs influents du monde, et à Marseille, un centre d’art considéré par les critiques, pour amorcer une relecture favorable de l’œuvre de Riopelle à l’étranger», dit Stéphane Aquin, conservateur à l’art contemporain du MBAM, responsable de cette exposition.Pour lui, le petit miracle semble d’autant plus possible que les musées à l’extérieur des grandes métropoles (Paris, New York, Londres.) ont déjà proposé et imposé des réévaluations d’artistes ou de courants importants, mais négligés.«La réhabilitation en France me semble idoine.Les Français vont le redécouvrir et l’apprécier à nouveau, un jour ou l’autre.Ce sera par contre beaucoup plus difficile de le réexaminer aux Etats-Unis.Quand la Robert Miller Gallery de New York a proposé une nouvelle expo, en avril dernier, les critiques ont ressorti la rengaine des années 1950, en le disant habile mais précieux, trop européen, sans la force brute des vrais grands maîtres américains de l’expressionnisme abstrait.Il faudra beaucoup, beaucoup de travail pour contrer ces préjugés et ces lectures chauvines.» Le Devoir * & «y # m s s s une ardente patience I Texte _ ANTONIO SKÀRMETA Traduction _ FRANÇOIS MASPERO Adaptation _ OLIVIER KEMEID Mise en scène _ ERIC JEAN Avec _ Jocelyn Blanchard, Éveline Gélinas, Alexis Lefebvre, Vincent-Guillaume Otis, Dominique Quesnel, Jack Robitaille Concepteurs _ Magalie Amyot, Angelo Barsetti, Manon Bouchard, Priscille Gendron, André Rioux, Marc Senécal on du Théâtre les gens d’en bas en codiffusion avec e Théâtre de Quat’Sous DU 10 OCTOBRE AU 12 NOVEMBRE 2005 514 845-7277 Complet les 12, 19.25, 27, 28 octobre et 2 novembre LE DEVOIR, LES SAMEDI 15 ET DIMANCHE 1 R OCTOBRE 2 0 0 5 Cull ure THÉÂTRE Un territoire partagé Sylvie Drapeau et Isabelle Vincent se font auteures à La Licorne Ce n'est pas tous les jours que deux comédiennes chevronnées se mettent à l’écriture théâtrale.C’est pourtant le défi commun que se sont donné Sylvie Drapeau et Isabelle Vincent avec Avaler la mer et les poissons, qui prend l’affiche de La licorne mardi.Premier plongeon synchronisé sans filet.MICHEL B É LAI R Une semaine jour pour jour avant la première, elles avouent être «un peu fébriles».Surtout qu'elles doivent entrer en salle pour la première fois le soir même de notre rencontre.Mais lorsque je leur demande quelle mouche les a piquées d’écrire pour la scène, Sylvie Drapeau et Isabelle Vincent s’animent comme si elles voulaient mettre derrière elles ce vent d’automne particulièrement frisquet auquel notre photographe venait de les convier.Et dans la grande salle de répétition à l’étage de La licorne, rue Papineau, elles ont pris beaucoup de plaisir à plonger dans le territoire partagé de leur longue amitié.Passages Isabelle Vincent raconte d’abord que tout a commencé dans un salon funéraire il y a trois ou quatre ans.«A l’époque, dit-elle avec sop air d’éternelle espiègle, Les Eternels Pigistes donnaient des spectacles-bénéfice et nous en avions organisé un sur la mort dans un salon du boulevard Saint-Laurent.Nous avions aussi décidé que les participants liraient des lettres en rapport avec le thème et, comme Sylvie venait de perdre son frère, je l’avais invitée à participer à l’événement.Nous nous connaissons depuis 20 ans, depuis que nous sommes sorties de l’Ecole nationale de théâtre, en fait, et l’expérience fut plus qu’enrichissante pour tout le monde.C’est à la suite de ce spectacle-bénéfice que nous avons décidé de faire quelque chose ensemble et que nous nous sommes mises à travailler sur un projet de pièce.Et ça fera bientôt deux ans, au rythme d’une rencontre hebdomadaire depuis le début, que nous partageons aussi ce territoire tout nouveau pour nous de l’écriture pour la scène.Ce n’est pas facile.mais c’est un grand bonheur!» Et comment avez-vous procédé?«De plusieurs façons, enchaîne Sylvie Drapeau.D’abord en laissant monter deux personnages fé- JACQUES GKKNIKR 1.E DEVOIR Sylvie Drapeau et Isabelle Vincent sont à la fois les auteures et deux des interprètes d’Avaler la mer et les poissons, la nouvelle pièce présentée à La Licorne.minins; à partir de là, les thèmes se sont imposés d'eux-mêmes.[.] Nous voulions confronter nos personnages à la mort, au deuil, à l’amitié et à l’engagement.Au fil du projet, nous avons exploré différentes façons de travailler.Une fois le canevas défini, nous avons d’abord écrit le “scène à scène”, puis chacune une scène, et à la fin nous avons fondu tout cela pour faire de deux scènes une seule.C’est un métier qui n’est pas le nôtre: ce ne sera jamais que le texte de deux actrices.Mais nous y avons investi beaucoup et nous y avons trouvé beaucoup.» Isabelle Vincent tiendra à préciser que, tout au long de l’expérience, les deux comédiennes se sont tout dit, en toute franchise.«Finalement, tout s’est fait doucement, dans la durée; tout s’est déposé.Et c’est d’un commun accord que nous avons gardé chacun des mots, chacune des phrases, chacune des situations de la pièce.» Avaler la mer et les poissons se construit autour d’une amitié profonde entre deux femmes: Ariel et Kiki.La première est une femme d’action engagée dans la politique municipale et qui mûrit des ambitions encore «thcâtrelacatapulte COMPLET 18 octobre I Un drame futuriste de haute voltige.1 on ^espace LIBRE (514) 521-«ir avec Annick LÉGER DANS UNE MISE EN SCÈNE DE Joël BEDDOWS 1945 rue Fullum Montréal (Qc) H2K 3N3 ttieatre@espacelibre qc.ca www.espacelibreqc.ca CmpumH 4m arts M 4m Mrftm Québec a b & Si plus larges: l’autre, Kiki, est une artiste qui vit dans son atelier en peignant des toiles bouleversantes sur le thème de l’eau.Deux femmes aux antipodes l’une de l'autre, donc, dans un point d'ancrage, l’atelier, qui est le centre du monde.Deux autres personnages tournent aussi autour de l’atelier l’amant d'Ariel (Georges) et son mari (Jérôme).Deux personnages mûrs d’hommes qui se tiennent debout et qui sont joués respectivement par Denis Bernard et Daniel Gadouas.Quand la tragédie frappera, c’est là aussi qu'aura lieu la «trahison» qui en viendra à séparer les deux femmes.«Autant leur amitié était immense, reprend Sylvie Drapeau, autant le fossé entre elles apparaîtra démesuré.Il faudra qu'elles acceptent toutes les deux de changer et de se transformer en profondeur.C’est finale- De Biljana Srbljanovic i * .n %, il»* •.-i ii^i * t il H ** „ *• >f«t n i • Dragan Milinkovic Ttxie françin Ubavka Zaric « Miche* BataiHon François Trudel Patrick Baby Marie Chariebois Julie Duchaslel Sonia Auger-Guimont Frédéric Lavatlée Pier Paquette Marcc Ledeima ON JOUE AU [PROSPERO] Laveillee 1371 me Ontario Est Biiletter* 514 526 ' Admwcon SU 790 1245 www.laveillee.qc.ca Procurez-vous le Passeport Prospère S entrées pour seulement 100.S et participez au tirage Oe 18 lots de Hures de la collection Folio ment de ces grands passages, à réaliser toujours, que nous avons voulu parler.» Accompagnées A la mise en scène, les deux complices tenaient absolument à travailler avec Martine Beaulne.«On avait besoin de quelqu'un de solide, poursuit Isabelle Vincent.Quelqu'un en qui nous avions confiance, dont nous connaissions la méthode et la rigueur dans ses choix de mise en espace.» Sylvie Drapeau précisera, elle, que le tandem s’est senti accompagne tout au long par l’équipe de l.a licorne, qui a soutenu le projet sur deux ans, et par Martine Beaulne et quelques amis auteurs qui leur ont fait des commentaires «précieux».Evidemment, les deux actrices n’abordent pas tout à tait cette pièce comme les autres productions dans lesquelles elles ont déjà travaille.Lorsque Isabelle Vincent, par exemple, soulignera que «l’auteur disparait quand on répète», Sylvie Drapeau viendra préciser que c’est vrai mais qu’elle ne s’est «jamais autant impliquer dans la scèno ou la lumière d’un spectacle».Toutes deux d’ailleurs répètent à quel point les concepteurs de la production (Richard Lacroix au décor, Meredith Caron aux costumes, Larsen Lupin à la musique et André Rioux aux éclairages) les ont motivées par leur enthousiasme.Bon.C’est bien.Tout le monde est ravi.Mais n’empêche qu’on a hâte de voir comment tout cela prendra corps sur la minuscule scène de la Licorne puisque le texte propose une multitude de lieux autant réels qu'imaginaires.Les deux comédiennes ne tarissent plus d’éloges lorsqu'on aborde ce type de «détails».Elles parlent de panneaux coulissant en toile, de lieux symboliques par opposition à «réalistes», du rôle de la musique et de la lumière aussi, de changements de ton simples, rapides.mais on ne vous dévoilera quand même pas tous les secrets de l’aventure: vous irez y voir vous-mêmes! Mais sans vouloir percer de secret d’Etat, j’ai quand même une dernière question avant de laisser Sylvie Drapeau et Isabelle Vincent: le titre.On devine bien que c’est une expression consacrée, d’accord, mais d’après vous, ça veut dire quoi, «avaler la mer et les poissons»?Jeter le bébé avec l'eau du bain?Rester bouche bée?Être patient?Avoir beaucoup de temps devant soi?Eli bien, vous avez tout faux! «Avaler la mer et les poissons», c'est être gourmand: trop vouloir tout en même temps.Ça vous apprendra! Ia’ Devoir AVALER VA MER EL LES POISSONS Texte: Sylvie Drapeau et Isabelle Vincent.NJisc en scène: Martine Beaulne.A la licorne du 18 octobre au 2ti novembre.À l'occasion de la présentation de AMERIKA, suite rencontre-débat sur le thème : Le théâtre dans les Balkans, aujourd'hui Invités spéciaux : Dominique Dolmieu, éditeur, directeur de la Maison d’Europe et d’Orient Miloz Lazin, critique théâtral, metteur en scène serbe Dragan Milinkovic, professeur à l'Université de Monténégro Dragana Varagic, metteufe en scène au théâtre PROSPERO samedi, 22 octobre de13Hà17h / entrée libre réservations et infos : (514) 526-7288 poste 307 , JJffS >1 II in |( t| s AMERIKA novembre à T USINE 0 .^¦¦Aau 17 novembre e Sarah Kane PS m f' Mise en scène Claude Régy avec Isabelle Huppert et Gérard Watkins ÏÏim f Mille y rv • _ a i • _ I —\ r\ /-\ i— T .Panic Attack 2005 Tour ftp Httjp i ' i ONCE ClIOmiGKAl’HII! ET INTERPRÉTATION Anne Teresa de keersmaeker Appel de projets pour résidences de création Date limite 11 novernjare 2005 - informations : www.usme-c.com K i E 4 LE DEVOIR.LES SAMEDI 15 ET DIMANCHE 16 OCTOBRE 2005 Culture THÉÂTRE Le dogme au théâtre Martin Genest met en scène la version théâtrale du film Festen de Thomas Vinterberg ISABELLE PORTER Québec — Dans sa peinture, Francis Bacon (1909-1992) décrivait l’angoisse dans la chair rougeaude de visages déformés.La véritable nature de l’homme se révélait dans la chair irritée, dessous la peau.C’est de cela que le metteur en scène Martin Genest s’est inspiré pour monter la version théâtrale du film Festen de Thomas Vinterberg.«C’est ma ressource sensible pour Festea À la fin de la pièce, les personnages sont à vif, comme les visages de Bacon.On enlève la premiere peau et on voit le monstre en dessous.Le côté angoissant et tordu qu’on retrouve chez Bacon, c'est l’intérieur de tous ces personnages-là», explique-t-il.Difficile de parler de la pièce sans dévoiler les punchs.Contentons-nous de dire que le public est invité à assister à une fête de famille qui tourne au vinaigre.L’expé- rience est d’autant plus acide qu’on est dans un milieu riche, bourgeois, où l’on sait faire semblant avec classe.«C'est un film qui est troublant, qui reste longtemps marqué dans ta tête.Dès que je l’ai vu, je l’ai imaginé au théâtre.» Miser sur la simplicité Dans la production théâtrale, tout a été mis en œuvre pour créer l’illusion d’une vraie fête de famille.Ce qui est tout à fait dans l’esprit réaliste du film original et de l'école Dogme 95 à laquelle il appartient «Dogme a amené un côté très documentaire.J’ai regardé les 10 premiers commandements qu’ils se sont dtmnés: caméra à l’épaule, ne pas tricher avec la lumière, ne pas tricher avec la musique.[.] Ça m’a inspiré.» On a dès lors misé sur la simplicité.Il a fallu épurer.«Dans la pièce, la musique est présente parce que les personnages ont engagé un musicien.En fait, c’est assez ingrat pour UNE PRODUCTION DE DANSE-CITt EN COLLABORATION AVEC LES PRODUCTIONS DE LA GORGONE chorégraphie Guylame Savoie interprétation Peter James, Guylaine Savoie vidéo Georges Léonard, Guylaine Savoie musioue Irinel Anghel, André Hamel scénographie, écuirages Éric Bel ley aide à la création et maquillage Suzanne Trépanier coiffure Anik Généreux U A pilAPFI IF 19 AU 22 ET 26 AU 29 OCTOBRE 2005, 20 H réservations : 514.843.7738 3700.rue St-Dommique ES Sherbrooke-autobus 144 SI Saint-Laurent-autobus 55 Québec HH * - cmoti An ¦l'irt V • rn*.«-¦ * rikUt.-* LE DEVOIR VIDÉOtum Çj} En ouverture de la 6ème édition UNE CREATION FMA 2005 fwcT Hydro Québ QuébecSîî 28 it 29 octobre v20h UNE CHORÉGRAPHIE DE BENIAMIN HATCHER n rfm l.t‘ v \uUhiv tlu thcmc tic la sixicmc edition du I csiival du Monde Arabe de .Montreal.Ruivm, le choreeraphe Bcmamin Hatcher pense et uaNatlIe le * : Vocabulaire de la danse orientale ( 'oimnent ce créateur d’to.lamilier tics l>uato.tvaisi\ Ralanehinc et IVnvault s'appropriera t »! le Ixtladi?l e chorégraphe décrit ainsi Son aventure s «.* .‘Vm\c .» t tAr « exish y**ttji>urs, c'est $râtwti nniintfion th s femmes, affirme leur noble wc.leur ooio ihk lent Miyoïr-ttuie l'Ht ptv\ u ni m'wh HteessihK /H'ut être ti'nn msiinet stx it s vie.,.Je triage l'avis‘É tfne eeth' Jiuise iiartir de ce non-événement total qui est ainsi morcelé, parcellisé, pixélisé, fissuré.Je vois une modulation.C’est ma silhouette en mouvement L’arrivée d’un groupe d’étudiants active maintenant de nouvelles configurations.Captés, retransmis à l’aide d’un bazar technologique bricolé avec une haute sophistication, la salle de musée se fait plateau de tournage et «ciné rien».La panoplie optique et informatique de ces projecteurs trafiqués d’un autre âge vous y incite d’emblée.A vous de jouer.Tout ce qu'il y a à faire, c’est de marcher et de regarder les murs.Ce que l’on fait habituellement dans un musée.Simple?Pas tant que cela! «Néant sous du néon» ou intangible médiation?Qu’est-ce à dire?L’émerveillement vous saisit pourtant L’instant se décuple magnifié par ces déformations.Expliquons.Commissaire de l’exposition et conservateur au Musée d'art contemporain, Sandra Grant Marchand, dans le catalogue de cette stricte et littérale «présentation», parle notamment de «concordance entre contenant et contenu» de «chorégraphie des déambulations et des expériences d’interactivité du visiteur», de «tensions non résolues du doublement de l’image de soi».Trajectoire d’effets Cela commence lentement Le visiteur s’engage dans différentes expériences qui ont trait à son inscription dans l’image.puis les projections se déchaînent envoyant leur poudre aux yeux.Le bric à brac qui allume et anime ces images fragiles creuse sa charge de poésie et de mystère avec une plus value de ludisme.On pense maintenant que notre culture a évacué les lieux de méditation.Pourtant, ces «élé- Des projecteurs trafiqués d’un autre âge.Marcher et regarder les i SOURCK: MAC ments» ne sont rien d'autre que du banal recyclé, amplifié, retransformé par l'informatique.Une salle «neutre».Le degré zéro.Un cube blanc.Un contenant premier.11 sert de présentoir à des figurants arpentant son pavé.Dans une retransmission digne d’un cortège de w lumière, ce «rien ' d’autre» fait en saccades son cinéma et condense prise de vue, montage et diffusion.Pour le casting de cette histoire à dormir debout, vous devenez à la fois sujet et objet, acteur et metteur en scène de votre propre projection.Silence on tourne et en rond.Castonguay se la joue zen et minimaliste, mais aussi tout en résonances.II fait de cet espace indifférencié à la fois un seuil et une limite, un absolu commencement et une fin sur une discrète note de sublime.La boucle a quelque chose de vertigineux.Holà! Me voilà devant une trajectoire d’inventaire d’effets qui court-circuiterait à m’entendre «l’ici et maintenant».Pourtant, devant ces jeux de miroirs déformés et décalés, n’importe quel maniaque en informatique ou en retransmission digne d’un cortège de lumière nouvelles technologies y décélérait plus prosaïquement l’inspiration numérique des effets de l’économiseur d’écran «Goop»! Aidé du programmeur Mathieu Bouchard, Castonguay a fait intervenir ce logiciel.Mieux vaut ne pas trop épiloguer là-dessus sans avoir lu Im Pixelisation pour les nuls\ Disons que ces couleurs et ces formes d’une picturali-té factice se parcellisent et s’agglutinent sous nos yeux à la manière de molécules.Ces simulations saisissent le profil de visiteur.Elles fractionnent ses gestes en série.Les images sont modifiées également grâce à la librairie d'effets «Transform».Elles laissent surgir dans leurs interstices l’écho comme en suspens d’une présence.D’autres effets spéciaux sont mis à contribution.Ensable- SOUKCIv MAC ment.Ondulations.Inversion des figures ou tout cela à la fois.Médusé, gagné par son surplace, ou las de ce manège fait d’alternance décousue entre l’absolu de la prégnance virtuelle et sa plus stricte trivialité, le visiteur se résigne à sortir de là.Chemin faisant, il est piégé à nouveau.Enfouissement.Plus rien ne bouge sur les écrans.Déjà furtifs, les tracés se sont évanouis.Ijes murs se sont éteints.Déprogrammée, la salle vide et au sol les projecteurs avec leur attirail de loupes et d’écrans d’ordinateur liquides semblent en attente d’autres mouvements, d’autres transferts à propager, d’autres «déplacements».D’un ré-enchanternent.Suite et fin.C'était donc cela.Ces images prennent des risques.Ceux de naître, de s’altérer, de se meurtrir jusqu’à disparaître.Vous avez dit élémentaire?Brui voyons! Collaborateur du Devoir Jusqu’au 30 octobre MARC • ANTOINE NADEAU à la GAO - 495-7419 EXPOSITION CHANTALE JEAN DU 17 AU 29 OCTOBRE Visitez le site klinkhoff.com pour voir l'exposition “En fusion" Acryhqut sur toile 30“ X 36~ GALERIE WALTER KLINKHOFF .nc 1200.SUE SHERBROOKE OUEST.MONTRÉAL TÉL 286-7306 COURRIEL INFOeiOWKHOFECOM JEAN PAUL RIOPELLE Estampes et Mutations Exposition du 12 octobre au 12 novembre 2005 GALERIE SIMON BLAIS 5420, bout.Saint-Laurent H2T I Si 5T4.849.) !65 Ouvert du mardi au vendredi 10 h a 18 h.samedi 10b a I7h YVES TRUDEAU Réflexion sur un monde silencieux, sculpture MERCREDI 18 OCTOBRE AU SAMEDI 18 NOVEMBRE Vernissage : 12 octobre ¦ 5 à 8 » en présence de l’artiste GALERIE BËRNARD 3926 me SalnLDenls, Montréal (Québec; H2W 2M2, Tél.(B 14; 277 0770 Horaire: mercredi llh-ITh Jeudl-vendred) llh-20h earned! 12h ]7h et sur rendez-vous IMPORTANTE EXPOSITION « Œuvres choisies » 1-22 octobre, 2005 I* ÉTAGE 2' ÉTAGE Jean-Paul Rjopelle Canadien Européen Joan Mitchell Coburn Chagall Fortin Hervé Kriechoff Miro Lemieux Picasso Letendre Milne Rembrandt Richet wca- 2160 rue Crescent, Montréal (514) 842-1270 Sarla Voyer Vertige Chloé Lefebvre La chute des corps Du 15 octobre au 12 novembre 2005 Vernissage samedi 15 octobre de 15h à 1 SH CIÏXOîv C EN T RI 0 EXPOSITION ANT CONTEMPORAIN 372.rue Ste Catherine Ouest, #444.Montréal, 514.393 8248 www.cirta art corn LE SIXIEME SENS Exposition de groupe Sculptures, Peintures jusqu au 6 novembre 2(XJ5 galerie d’art 261, St-Jatqucs Ouest, Montréal (Québct ) Tél.: (5 I I) 8T5-026I - w w vt .studi26l .t a ART MÛR www,artmur.com/francais/expositions/cou rantes.htm r E 10 LE DEVOIR, LE SAMEDI 15 ET DIMANCHE 16 OCTOBRE 2005 ?eViso- Demi-lune et étoiles brillantes.Ma chambre à coucher en septembre (2001), de Christopher Pratt.COLLECTION DAVID MARSHALL Le MBAC célèbre Christopher Pratt ANNE MICHAUD Pour souligner le 70' anniversaire de l’artiste terre-neu-vien Christopher Pratt, le Musée des beaux-arts du Canada présente une exposition qui survole sa production des quatre dernières décennies.L’exposition Christopher Pratt du Musée des beaux-arts du Canada (MBAC) réunit une soixantaine de toiles produites par l’artiste entre 1964 et 2004 ainsi que diverses études préparatoires et du matériel biographique.Comme il s’agit de la première exposition importante qui lui est consacrée depuis la rétrospective organisée par la Vancouver Art Galle- ry en 1985, c’est un événement majeur dans le milieu de l’art contemporain canadien.En effet, en plus d’être considéré comme une icône dans sa province natale, Christopher Pratt est l’un des artistes canadiens les plus reconnus, tant au pays que dans le monde.Cette reconnaissance est le fruit d’un travail acharné: «De- puis l’année de mes 16 ans, dit Pratt, il ne s’est pas écoulé une seule journée sans que je ne peigne ou ne pense à la peinture.» C’est pourtant à la médecine que se destinait le jeune Pratt lorsque le peintre La wren P Harris, dors directeur de l’Académie des beaux-arts affiliée à l’université Mount Allison, écrivit à son père afin de le convaincre de l’importance de ne pas gâcher un tel talent On peut véritablement parler ici d’un talent inné puisque à St.John’s, où Christopher Pratt est né et a grandi, il n’y avait ni musée ni galeries où il aurait pu être en contact avec des œuvres d’art.Ses premières rencontres avec la peinture se sont faites à travers les cartes de vœux qu’il peignait à l’aquarelle avec sa mère et les reproductions aperçues dans des magazines.C’est ainsi qu’il a découvert les tableaux de Jeaa-Paul Lemieux, qui lui ont laissé une impression durable: «J’ai tout de suite aimé ses vastes horizons et son sens de la solitude», dit-il.Si Lemieux fut donc l’un de ses maîtres virtuels, Alex Colville, pour sa part, fut réellement son professeur et la filiation entre ces deux artistes des provinces atlantiques demeure évidente, même aujourd’hui.Chez l’un comme chez l’autre, la composition des toiles résulte d’un long et minutieux travail préparatoire (croquis, études, esquisses, etc.); dans les deux cas, on remarque la précision du trait, la perspective souvent écrasée et l’apparente banalité des sujets.Mais alors que les gens et les animaux sont généralement au cœur des tableaux de Colville, Christopher Pratt est surtout connu pour ses œuvres architecturales: hangars à bateaux, édifices industriels, chambres d’hôpitaux, intérieurs de maisons, fenêtres donnant sur Teau, murs en déclin, etc.Tout cela sans aucun signe visible de présence humaine, comme si toutes ces images provenaient de villes et de villages désertés par leurs habitants.Mémoire hantée Cette impression d’abandon et de solitude s’explique par le fait que les œuvres de Pratt lui ont souvent été inspirées par ses souvenirs, comme si sa mémoire était hantée par des lieux et des espaces quasi fantomatiques tirés de son passé; sans compter que l’abandon du mode de vie traditionnel et la fermeture de certains villages côtiers, liés au moratoire sur la pêche à la morue, constituent deux de ses préoccupations majeures en tant que Terre-Neuvien.Même s’il s'agit d’une rétrospective portant sur l’ensemble de son œuvre, l’exposition Christopher Pratt du MBAC met l’accent sur ses toiles de grand format des vingt dernières années, ce qui permet de constater un certain changement dans ses sources d'inspiration.«Mes œuvres, explique l’artiste dans le magnifique catalogue qui accompagne l’exposition, s’inspirent davantage de ce que j’ai fait le mois dernier, de l’endroit que j’ai visité l’été dernier, de la vie que je mène maintenant ou d’une expérience récente.Hiver à Whiteway ou la série En route vers Vénus reflètent cette manière de faire.» Sa technique, par contre, ne s'est pas modifiée au fil des ans et le spectateur demeure saisi devant l’exactitude du trait et la puissance d’évocation de ces tableaux, d’une précision quasi photographique.L’exposition Christopher Pratt est présentée au Musée des beaux-arts du Canada à Ottawa jusqu'au 8 janvier 2006.Elle sera ensuite présentée en tournée à Halifax, à St John’s et à Winnipeg.Pour plus de renseignements, vous pouvez consulter le site www.musee.beaux-arts.ca.Collaboratrice du Devoir fwt » LE MOIS DE LA PHOTO A MONTRÉAL 9e ÉDITION 08 / 09 / 05 10/10/05 llvfâhlNATION IMAGE EXPOSITIONS PROLONGÉES Musée des beaux-arts de Montréal Tracey Moffatt • 7 septembre - 4 décembre Articule Caroles Schneemann, Images désincarnées * 7 septembre - 23 octobre Galerie Liane et Danny Taran, Centre des arts Saidye Bronfman Michael Ensminger, Rafael Goldchain, Noritoshi Hirakawa & Annu Palakunnathu Matthew, Lieux d’échanges • 8 septembre -13 novembre Les Impatients, Centre d’expression et d'interprétation de l'art thérapeutique et de l'art brut Hoir »t Blanc sur Las Impatients.Prise 2 Commissaire et photographe .Gabor Szilasr • 8 septembre - 28 novembre Musée McCord Images premières : mutations d’une icône nationale.Commissaire : Vincent Lavoie • 3 juin - 30 octobre MAi (Montréal, arts interculturels) Barbara Astman, Ted Hiebert, Martyn lolly & Roberto Stephenson i,es Revenants • 3 août - 5 novembre Vox, centre de l'image contemporaine lain Baxter &.Commissaire : Mane-Josée Jean • 10 septembre - 22 octobre Le Mois de la Photo à Montréal remercie ses partenaires Québeci Sr\c.CUNSR.0t$Mrt « — snjn 1*1 rs MNr Ar« ¦?I SSE5*"*’- SX y DJB m SS*-****-33.“ Montréal© ~~ ’(#! W AHF' buai Sfed ÇÇA- Stf&ïs x LE DEVOIR Qrss~.SAVANNAH -NJf Consul!»; la programmation compté*» sur notr» sit» >nt»met WWW MOISDELAPHOTO.COM Au Musée national des beaux-arts du Québec LL J CLARICA présente raconte-moi du 06.10.05 au 09.04.06 Une exposition internationale d'envergure Qui explore le theme du récit en art Commissaire invitée : Marie Fraser Francis Alÿs / Janet Cardiff et George Bures Miller / Dominique Gonzalez-Foerster et Christophe Van Huffel / Trevor GouH / Pascal Grandmaison / Melik Ohanian ! Dominique Petitgand / Rober Racine / Araï Sala / Michael Snow / Su-Met Tse / Gillian Wearint Catalogue de l'exposition en vente a la boutique du Musee Musée national des beaux-arts du Québec Québec :: l «pufton nt iWiti ni corgnorxuor me M Casino Luwittoixg.Forum d'art csntsmpoisn.EXs Mneitae du soutisir du ÛBnsaa des are dn Canada si dt l’SFAA tssoerstor Frmçase d’Acton Artistique - Mr.«andaaMarresteangèrw daFranc» A c-—- - — (TS .CM* .MM ?XD Parc des Champs-de-BataM.Québac www.mntM.qc.ca (418)643-2150 1866 220-2150 Le Musée ntfiontf dn beau» ms du Quritec nt subnrtonné m M fflfftatto de M ûftut « dn cammuranoom du 1 i i LE DEVOIR.LES SAMEDI 15 ET DIMANCHE 16 OCTOBRE 2 0 0 5 K 11 LAFWCKSYMBMEDeEraRUi y 0 a*c sous-Btres frarças tancsAHemagneJXM 97 min (G) 117 octobre 19 h 30 11J-L4; François Girard en trois temps Mathieu Roy présente au FNC quelques morceaux de la vie effrénée du cinéaste-metteur en scène ODILE TREMBLAY Le Festival du nouveau cinéma présente demain François Girard en trois temps de Mathieu Roy.Le film est une façon de répondre «Faux!» à ceux qui affirment que Girard n’a rien fait depuis Le Violon rouge.«Il est tellement créatif qu’il saute de l’écran à la scène.» Mathieu Roy fait ses débuts comme cinéaste au long cours à travers ce documentaire sur Girard.Il n’y a pas si longtemps, il réalisait des courts métrages en rêvant de devenir un grand cinéaste.Aujourd’hui.Martin Scorsese se propose de devenir producteur exécutif de son prochain documentaire.Le jeune homme possède l’art du bond en avant.Il a du culot aussi.En 2003, Mathieu avait travaillé à Montréal sur le plateau d'Aviator comme assistant personnel de Martin Scorsese et le grand cinéaste de Taxi Driver l’avait pris sous son aile.De fait, le jeune Montréalais se prépare à tourner un documentaire sur l’environnement et la surexploitation des ressources, qui l’entraînerait à travers le monde.«Une œuvre entre Baraka et The Corporation», explique-t-il.Martin Scorsese lui a donc offert de devenir son producteur exécutif.Pas mal comme carte de visite.Des études au New York Film Academy puis à FINIS.C’est ¦dans cette école montréalaise que Mathieu Roy a rencontré Francine Forest, de la maison Zone3.Elle devait produire son film sur François Girard.«Et ce n’était pas facile à financer, un film sur un créateur dans les coulisses du théâtre», précise-t-il, en lui levant son chapeau.Mathieu trouve qu’il faut saisir le taureau par les cornes.François Girard l’intéressait comme cinéaste.Il lui a écrit tout bonnement «Ç’a cliqué et il m’a proposé de devenir son assistant.» Girard avait divers projets de longs métrages sur la table, qui se sont effondrés.Le SRAS l’a empêché de tourner en Chine un film avec Juliette Binoche.Les attentats de Casablanca ont fait tomber à l’eau un autre projet de long métrage avec Anthony Hopkins.Il a retourné sa veste.Trois aventures Plutôt que de suivre comme prévu Girard à travers ses tournages, Mathieu l’a capté dans trois aventures à la scène: l’adaptation du Procès de Kafka au TNM, la mise en scène de Lost Objects, un oratorio moderne de trois compositeurs à New York, et celle de l’opéra de Wagner Siegfried pour la Canadian Opera Company de Toronto.Trois villes, trois aventures.«Dans mon film, j’ai voulu poser un regard sur un créateur, précise Mathieu.Pour montrer que la création ne repose pas sur le médium théâtre ou cinéma, mais qu’un artiste se nourrit partout.Si ça ne marche pas au cinéma, Girard passe à la scène.Et c’est très stimulant de changer de sphère.Ça nourrit l’imagination d’un créateur.» Scorsese est interviewé dans François Girard en trois temps.•favais peur que ce soit “trop" de demander à Scorsese de s 'exprimer sur les films de François Girard, explique Mathieu, mais il s’est presque offert lui-même.Et je trouvais excellents les parallèles qu’il fait dans le film entre la musique et le montage d’un film.» Mathieu Roy, pour Le Procès de Kafka au TNM, a rencontré des artisans de la pièce, dont les interprètes Alexis Martin et Pierre Lebeau.Pour les trois projets, des extraits du spectacle s’entremêlent aux entrevues, mais aussi aux témoignages de François Girard, qui commente sa démarche créatrice en abordant beaucoup l’aspect musical, pulsation de son univers.Pour la première fois, avec Lost Objets, une méditation sur la perte, le cinéaste de 32 films brefs sur Glenn Gould n’avait pas l’appui d’un texte narratif.Le décor, très complexe, sur deux étages avec un orchestre baroque, remplace la pleine structure des mots.«Vingt chanteurs et trente musiciens dans une même image, sur deux ponts, c’est l’humanité qui crie», dira Girard.«Pour l’opéra SiegMed à Toronto, François a mis en scène des personnages blancs qui illuminent l’univers de Wagner.» Quatre opéras de 17 heures composent Le Ring.Michael Levine, Atom Egoyan et Tim Albery ont prêté vie aux autres volets de la tétralogie wagnérienne.«Dans ce documentaire, j’ai essayé d’être le plus fidèle possible à l’univers de François tout en gardant ma personnalité, explique Mathieu.Il aime les lents mouve- Les tics de Tony DOMINO Réalisation: Tony Scott.Scénario: Richard Kelly.Avec Keira Knightley, Mickey Rourke, Edgar Ramirez, Jacqueline Bisset, Christopher Walken, Lucy Liu.Image: Daniel Mindel.Mont: Tony Ciccone, William Gqlden-berg, Christian Wagner.Etats-Unis, 2005,127 min.¦ t ANDRÉ LAVOIE Ce n’est sûrement pas tous les jours très drôle de vivre dans l'ombre d’un frère talentueux qui exerce le même métier que soi.Tony Scott (True Romance, Man on Fire), qui sait, a peut-être fait la paix avec Ridley (Alien, Blade Runner, Thelma and Louise)-, on pourrait même pousser phis loin l’analyse en affirmant qu’il a rendu les armes (mais pas toutes les mitraillettes qui transpercent ses images.) puisque ses films ressemblent à autant de capitulations cinématographiques.Et le spectateur, lui, croit monter les marches qui le mènent jusqu’à la potence, une montée qui dure souvent plus de deux heures.Domino ne fait pas exception, au point même où l’on finit par confondre les excès stylistiques de cette biographie fantaisiste avec son film précédent.Man on Fire, tant la caméra semble répéter tous les pas d’une improbable danse de Saint-Guy, devenue sa marque de commerce.Et ces trémoussements sont bien sûr rehaussés par un montage frénétique, où chaque scène est découpée sous tous les angles, une manière comme une autre de camoufler la vacuité du propos.Peine perdue.Domino Harvey (Keira Knightley, son talent la sortira intacte de ce ratage) ressemble aussi à une cause désespérée.Fille de l’acteur Lawrence Harvey fie partenaire d'écran de Frank Sinatra dans The Manchurian Candidate) et de l’ex-mannequin Sophie Wynn (Jacqueline Bisset), sa jeunesse dorée n’allait pas la protéger d'elle-même, esprit rebelle déterminé à faire damner tout le monde, et particulièrement la jet-set d’Hollywood.Entre deux bagarres et trois larcins, elle s'associe à deux durs à cuire, Ed Mosbey (Mickey Rourke, la quintessence du bum) et Choco (Edgar Ramirez, que Scott filme comme une star du porno).Ds deviennent en partie par narcissisme, les vedettes d’une émission de télé-réalité, The Bounty Squad, aux côtés de deux petites stars de la série Beverly Hills 90210 (lan Ziering et Brian -Austin Green dans leur propre rôle, mais Dieu que l’on s'en fout.).L’entreprise, débile et démagogique, dérape au point où Domino se retrouve devant un agent du FBI (Lucy Liu), prétexte commode pour raconter son histoire.Tony Scott possédait un sujet en or, recoupant à fa fois les dessous d'une industrie cinématographique qui fabrique du rêve et produit des cauchemars à la tonne pour ceux qui sont pris dans ses rouages, les excès de l’ogre télévisuel (tout aussi inutile, mais amusante, cette reconstitution d'un plateau survolté où trône Jerry Springer) et la recherche désespérée des descendants de Bonnie et Clyde.Mais alors que le cinéaste se fait une gloriole d’avoir connu cette héroïne des temps déréglés, assassinée en juin dernier à l’âge de 35 ans, il la transforme en petite écervelée se croyant investie d'une mission divine.Et lorsque surgit Tom Waits pour en assurer l’improbable continuité, on en perd la vont, et fa foi.Sur la base d’un scénario qui ne semble nullement porté par une quelconque ambition de dénonciation, tout est sacrifié sur l’autel des artifices, et celui du pouvoir des artificiers, qui d’ailleurs ne chôment pas sous fa baguette de Tony Scott des autobus qui se transforment en feux de paille aux hôtels de Las Ve- gas qui deviennent d’immenses brasiers, rien ne les arrête.Et tandis que l’on essaie de voir quelque chose dans ce fatras d’images délavées ressemblant à un juke-box illustré, les personnages s’agitent en tous sens, figures caricaturales et squelettiques — voyez à l’œuvre le producteur démoniaque incarné par Christopher Walken — d’un monde survolté, et dont fa mise en scène n’est que l’envers, monstrueux, de ce que le film prétend mettre en boîte.Par la voix d’outre-tombe de Mickey Rourke, jouant ici le sage aux bras tatoués et aux muscles gonflés à l’hélium, Tony Scott et son scénariste Richard Kelly nous servent une magnifique morale à quatre sous: «life is a battlefield.» Et Domino, pire qu’un puzzle dont il manquerait de précieux morceaux, ressemble plutôt à un champ de ruines.Les ruines des tics de Tony.Collaborateur du Devoir Rencontres avec des auteurs marquants de notre paysage littéraire du Canada français Table-ronde sur l'écriture romanesque Lise Bédard, Michèle Matteau et Lili Maxime JEUDI 27 OCTOBRE 19 H LIBRAIRIE RAFFIN 6330, RUE ST-HUBERT Rencontre poésie Robert Dickson, Lise Gaboury-Diallo, Fredric Gary Comeau, Hélène Harbec et Michel Thérien MERCREDI 2 NOVEMBRE 19 H LIBRAIRIE L'ÉCUME DES JOURS 125, RUE ST-VIATEUR OUEST Causerie-débat sur la question de l'altérité Antonio D'Alfonso, Jean Mohsen Fahmy et Vittorio Frigerio VENDRED111 NOVEMBRE 19 H LIBRAIRIE-BISTRO OLIVIERI 5219, CH.CÔTE-DES-NEIGES ISRÉCF www.recf.ca ii «-—n -ri ii mr - » i 14 éditeurs sous une même baornere ments de caméra qui se déplacent.J'apprécie les textures de surimpression au cinéma.J’ai mélangé les deux dans la facture du documentaire.» Mathieu Roy a d’autres projets dans son sac: deux fictions dont il a écrit les scénarios.«Tout s’enchaîne depuis un an.Ça va bien.» Sky is the limit.Le Devoir François Girard JACQUKS NADKAli I K m VOIR 2 8 OCTOBRE .w 13 NOVEMBRE PLUS DF 85 SPEC TACl FS l f RI NCON1 RIS UNIQUFS S1T Ml AUX FRONTIERES DE L’INTERDIT www.festivalarabe.com Théâtre Maisonneuve Place des Arts 514 842.2112 www.pda.qc.ca Billetterie : Admission 514 790.1245 www.admission.com Jnïa^ r«M UoutV A’ •StoMIMi gt tnmoR Salle Pierre Mercure 300, boul.de Maisonneuve Est Billeterie : Admission 514 790.124S www.admission.com «À»\ 1 rr 12 NO^rMfifi à 2l)tiàs ^ LA COMPAGNIE TURQUE AP MH f/TVW'S l NE CHOktGFAPHU DIAITAHCAHMAF Pour lu première lois a Montreal, la compagnie turque ARMI l.U dans une création inédite.Croisement de mystères et de corps.Hanses.insolites.Un passé dévoilé, renouvelé, transgresse.//wyc»/ Sultan, la danse sensuelle orientale.au masculin ! Prix du billet : 39$ - 59$ - 89$ (taxes incluses) yiS' - - rts.- w % ;i.IF JM w-imP.,4* •Ç" 'A# il i 'ifi’MUSIQUI ijjp;” , loo/ \) NOVEMBRE À 20h C AJ H H* INT.POTJ1 H SIMON SHAH! IN ) EBXSn rf Catherine Potier, la virtuose de la flûte banstiri, et Simon Shaheen maiire du otid.deux grands altistes dans une rencontre exceptionnelle entre deux mondes Alt himie.des cadences arabes enluminées de blues et de jazz 1 Prix du billet : 35$ - 45$ (taxes incluses) , - • • .¦PiV’vTJr 13 NOVEMBREÀ20h AIDA TOMBfKONZAF F A LH A TOMB U-HACr.^ÜiAMALIOMB RIMA KHCHUCH MUSIQUE DE OH A DI RAHBANI j'riiiOirüîiqrnr hn clôture de la 6e édition du I M A.les (dus belles voix du Liban rendent hommage aux trois légendes de la chanson arabe Leirouz.Oum Kalsoum et Asmahan / emitu s d’Orient un h> mne à P amour et à la vie 1 Prix du billet : 35$ - 55$ - 75$ (taxes incluses) kovemiihe tltirAM.V(WSRAOHAHM«P ¦ i d* ,r * « r ï li1 r« Z i ; il* s Une rencontre exceptionnelle entre la virtuose I bang et la sultane du otid Yousra Dhahbi De traditions, deux mondes, une seule passion: Je lull qu’il s'appelle oud ou pipa, dans un concert aux multiples esthétiques.Prix du billet : 35$ (taxes incluses) mm #r* It •'* ' ' TPL j!) NOVEMBRE À 20h r t 'ASrtfsHAMMA HIEHAMAïmn HXIOfM * _« tCNSFMMI Al OYMN «* C PB' 11-'‘ fi I s son grand succès en 2c édition I VI \ l’nwt/Hi) il Iran, le réveil des couleurs Prix du billet : 35$ - 45$ (taxes incluses) www.festivalarabe.com IRAN ASoucM WA.-/*-.vi'iHHF r 5 f TUNISIE - CHINE tus cru setsi, orages/ vu sw PALESTINE * QUÉBEC \ws3tLAScimfitrttorattt/ miiskxx E 12 LE DEVOIR.LES SAMEDI 15 ET DIMANCHE 16 OCTOBRE 2005 / / om ci Dans la mire de la balle perdue SOURCE MONGREL MEDIA Courteney Cox dans November, de Greg Harrison.¦; .- - NOVEMBER Réalisation et montage: Greg Harrison.Scénario: Benjamin Brand.Avec Courtney Cox, James Le Gros, Michael Ealy, Anne Archer.Image: Nancy Sch^eiber.Musique: Lew Baldwin.Etats-Unis, 2004,73 minutes.ANDRÉ LAVOIE La libre circulation des armes à feu me donne froid dans le dos et je m’explique mal ce rapport névrotique au revolver, considéré aux Etats-Unis comme un droit fondamental.Par contre, cette aberration possède un bien mince mérite, celui de fournir aux cinéastes américains de bonnes amorces d’intrigue; une balle perdue est si vite arrivée.C’est justement à partir de la colonne très garnie des faits divers que le scénariste Benjamin Brand a puisé son inspiration, relayant le tout au cinéaste Greg Harrison.Dans November, son second long métrage après le documentaire Groove, regard sur la scène rave de San Francisco, Harrison présente, de façon fragmentaire et déroutante, la reconstruction intérieure d’une femme après l’assassinat de son copain dans une épicerie alors qu'un cambrioleur passait (malheureusement) par là.Mais est-ce vraiment le cas?L’incident s’est déroulé un 7 novembre, c’est du moins ce qui est affiché sur le calendrier du lieu du crime.Et c’est également une image parmi d’autres qui se bouscule avec une frénésie suspecte, entre celles de murs maculés de sang, de mouches qui s’agitent autour d’une ampoule et de gros plans de corps non identifiés gisant sur le plancher._ Avec son allure austère, Sophie Jacobs (Courteney Cox, cherchant à assurer sa survie professionnelle après la fin de la sitcom Friends) semble porter le deuil avant même que Hugh Games Le Gros), son copain du moment, ne tombe sous les balles.Cette photographe, et professeur d’art, est sans cesse rongée par la culpabilité, et pas seulement pour le funeste caprice d’une friandise après une sortie au restaurant.November pourrait bien être le parcours douloureux d’une femme voyant son amant mourir de façon aussi bête que brutale.Mais cela semble trop simple, trop linéaire, dans la logique de Greg Harrison, qui préfère nettement brouiller les pistes en structurant le récit en chapitres comme autant de possibilités sur la manière de survivre à la perte de l’être aimé (et que Ton a trompé avec un collègue.), ou encore d’incidents qui nous amènent à ce rendez-vous fatal, de mensonges en trahisons, d’infidélités en réconciliations.Avec une apparente redondance, Sophie s'applique, d’un chapitre à l’autre, à faire les mêmes gestes dans les mêmes lieux et auprès des mêmes personnes, tout particulièrement avec sa mère (Anne Archer) et sa psychothérapeute (Nora Dunn).Mais pendant une présentation de photographies par une de ses étudiantes, voilà que surgit une image d’elle-même prise sur les lieux du drame, à l'heure fatidique.C’est le début pour elle d’une enquête sinueuse mais surtout de l'amorce d’un véritable délire, assaillie d’images qui ne possèdent sans doute que peu de liens avec le réel.Ce télescopage, parfois fascinant, parfois irritant, donne à November un caractère d’étrangeté, allant ainsi au-delà de la simple démonstration psychologique du type guide de survie pour témoins involontaires d’une scène de crime.Utilisant les possibilités du numérique aux limites de ses capacités expressives, surtout par des éclairages contrastés qui évoquent les divers états dame du personnage de la photographe, les images baignent souvent dans une ambiance macabre et insolite.Ce n’est pas toujours suffisant poor nous convaincre de la pertinence de la démarche — Harrison prend souvent la pose de l’auteur «songé», oubliant les spectateurs au passage —, mais à l’arrivée, November est plus riche, plus signifiant, que bien des faits divers.Collaborateur du Devoir Un deuxième film de Yo ODILE TREMBLAY François Gourd, alias Yo Gourd, fou du royaume depuis plusieurs lunes, entarteur et ex-directeur du Symfolium, lance le FRIC: Festival rassem-bleur des indépendants du cinéma.Pour débuter, nous y allons "mollo, pour ne pas nous casser la gueule comme le FIFM, dit-il.Nous présenterons cette année un seul film, et hors compétition.» On comprendra que le film en question est un documentaire de François Gourd lui-même (lancé d'abord au FFM), La Pharmacie de l'espoir.Le voici projeté au Salon B, sur Saint-Laurent, en haut d’un salon mortuaire, jusqu'au 2 novembre prochain.«On le présente pendant le Festival du nouveau cinéma.Disons qu’on est le off-Chamberlan.* La Pharmacie de l'espoir fut tourné en un seul jour au Café Esperanza par une équipe de 39 comédiens.Six caméras filmaient des improvisations.Pascale Bussières, Claude Laroche, Armand Vaillancourt, André Melançon sont, entre autres, de la fête.Personne n'a été payé.«f ai voulu mélanger les improvisateurs professionnels avec des gens qui en avaient fait très peu.» «Venez avec un personnage, a-t-il dit aux amis, avant la mise au jeu.On veut trouver des remèdes pour guérir l’humanité.» Ce n’est pas très concluant, les improvisations n’ayant guère été dirigées.François Gourd aime justement Taspect brut de la création.«André Melançon me recommandait d'encadrer les impros, mais je voulais cette UbertéJà.* La Pharmacie de l'espoir est pour lui le témoin de plusieurs solitudes qui arrivent dans un café et cherchent le bonheur.«Le malaise de l'improvisation est partout.On voit les caractères ressortir, comme celui de Tania, qui refuse toute tentative de s’abandonner.» Le film part en tous sens.Certains numéros tombent à plat.D’autres demanderaient à se développer.François Gourd, à qui ÜIU TRIOMPHE! ?LC SOUtl ?Y It Journal ot Mourtf al ?La Tri Gazhti sa COMffTTKX» Off KM FESTIVAL DE lOCAfWO 2005 r GAGNANT PRIX DU MEIllfUR FILM CANADIEN FESTIVAL OU CINÉMA FRANCONPHONE Dt MONCTON LEOPARD D'OR \ MEILLEUR INTERPRÈTE MASCUUN 1 PATRICK DROLET PRIX DU JURY DES JEUNES ENVIRONNEMENT ET QUALITE DE VIE | PRIX OECUMÉNIQUE ^ c > Jr ' aNeuvaine • c K ü 8eSEMAINE! «*ï I— —r ,-nvNËMA-.IPLAKRCTMTIOmvl| UK CLAP ?1 r cmCw ma cnimn-, i—ci*» «r»iiwo —, Irr-NICOLAS /I.LA POCATTH* ?;Cihi£am]'cIp7~ .ÎSXI.~IIiiITTIr"iSA\filCIEt¦•irrtrf h H.i i i i ¦ < on devait déjà La Vie d’un fou, tout le monde au off du off.est content de son film et invite Le Devoir [«Bmsasind r'ssssgasn rsssr TC] PRtSENTEMINI A l'AFFICHE! !^ma fi rasaagowf^i ruSSmS5&v r aSnSsaryi '1 fëô8p.vSMMB°.7| irr-BURr&CHt ?| CM THRILLER PU S TOKIH Ql t I A MOYEN N Nt DLS EH Ms AME RK AINS.QI I \E MANQUE ?CINEMA ?SEMAINE DU IS AU 21 OCTOBRE 1005 Les NOUVEAUTÉS et le CINÉMA en résumé, pages 4,6 La liste complète des FILMS, des SALLES et des HORAIRES pages ?7,14 dans LAGENDA culturel Capote ou les périls de la création MARTIN BILODEAU Faire revivre au grand écran une figure aussi légendaire que Truman Capote présente un défi de taille à quiconque y prétend.Le cinéaste américain Bennett Miller, inconnu au bataillon, en était pleinement conscient lorsqu’il prit en mains les destinées du scénario de Dan Futterman racontant la création du roman De sang froid.RésuL tat Capote, un long métrage éclairant sur l’homme, sur sa légende et sur la pièce maîtresse de son œuvre qui a détruit le premier et forgé la seconde.Récit phare de la littérature amé ricaine, De sang froid reconstituait de l’intérieur, à grand renfort de té moignages recueillis par l'auteur, le meurtre abominable et gratuit d’une famille de fermiers du Kansas par deux repris de justice.En eux, Truman Capote (Philip Seymour Hoffman) avait identifié la fulgurance d’une Amérique qui sommeille sous la surface.En Perry Smith (Cliftoq Collins Jr.), le plus timide du tandem d’assassins, l’écrivain new-yorkais issu de TAla-bama rural avait reconnu son double: «On a pour ainsi dire été élevés dans la même maison, lui et moi.Seulement moi je suis sorti par la porte d’en avant, lui par la porte d’en arrière», dit-il en substance dans une scène de ce long métrage formidable projeté à Ex-Centris aujourd’hui (21h, salle Fellini) et demain (15h30, salle Cassavetes) dans le cadre du 34e Festival du nouveau cinéma.Un film de cœur Capote est à l’image du personnage: excentrique et spirituel en surface, grave et mélancolique au fond.Bennett Miller (auteur du documentaire The Cruise) voulait que l’auteur de Diamants sur canapé et des Chiens aboient soit reconnaissable, moins par son enveloppe physique (de grandes concessions ont été faites à cet égard) que par ses manières efféminées, sa vont traînante et sa démarche de cygne, admirablement reproduites par Philip Seymour Hoffman.Au-delà de quoi l’écrivain, pour Miller, n’est qu’un portail lui permettant de parler des périls de la création, un sujet dont Capote est emblématique.«Dans le film, Capote représente beaucoup plus que sa propre personne», confiait le cinéaste en entretien lors du récent Festival international du film de Toronto, où son film a connu sa première mondiale.«Avant d’être un film sur Truman Capote, c’est l’histoire d’un gars qui possède toutes les ressources matérielles et intellectuelles qu’on peut espérer dans la vie et qui, en relevant un immense défi [écrire le roman-vérité qui va révolutionner la littérature américaine], devient plus malheureux qu’il ne l’aurait été s’il n’y était pas parvenu.» Le cinéaste admet que la légende de l’écrivain décédé en 1984 aide à faire connaître le film, en même temps que le «label» histoire vécue lui a imposé toutes sortes de conditions et d’obstacles difficiles, notamment en ce qui a trait à la reconstitution d’époque et la représentation du personnage.Le film, dont l’action se déroule sur une période de six ans, nous promène entre le Manhattan intellectuel, sorte de toit du monde et théâtre d’adoption de l’écrivain, et les plaines au ciel bas du Kansas, lieu du crime, où, avec pour éclaireur sa meilleure amie Harper Lee (future auteure de Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur, jouée par la nuancée Catherine Keener), Capote se frayera un chemin parmi les témoins et les acteurs du drame.Parmi ceux-là: Perry Smith, dont il soutirera les confidences en provoquant une complicité qui le piégera à son tour.Miller ne cache pas et n’excuse pas non plus la ruse et l’opportunisme de son personnage, qu’on découvre au fil du récit avec une fascination mêlée d’appréhension.«Truman était extraordinairement charismatique et pouvait s’attirer l’attention et l’affection de n’importe qui.C’était une sorte de chaman.(.) Sa passion le rendait très attirant.Son intérêt pour les autres aussi.Par contre, les gestes qu ’il a posés dans cette histoire sont discutables.Je n’ai jamais voulu dire ata spectateurs qu’il faut l’aimer, ni le contraire.Cela dit, il était inévitable que l’admiration que j’éprouve à son égard transpire dans le film.» Ce qui transpire également: son amitié de longue date avec le scénariste Dan Futterman (aussi acteur, il jouait le fils de Robin Williams dans le remake de La Cage aux jolies) et avec Philip Seymour Hoffman, que les deux premiers ont connu à l’iiniversité.Capote est un film de cœur, créé dans la douleur et la peur par des gens qui s’aiment «Dès que le projet s’est mis en branle, on a tous les trois été happés par le même tourbillon d’émotions, pris à la gorge par la peur de l’échec et de l’humiliation.Cest un film impitoyable et on a dû l’être nous-mêmes pou r le porter jusqu ’au bout.» Jusqu’ici, la lumière des projec-teurs leur a donné raison de le faire et tort de s’en faire.Collaborateur du Devoir JARDIN BOTANIQUE : Il t- M O N.’ J R i \ i UNMUSÉUMNATUREMONTRÉAL F?m-: TV3* .La Magie des lanternes Au royaume des oiseaux Jardin de Chine 9 septembre au 31 octobre Halloween Le Grand Bal des citrouilles Grande serre d’exposition 4 au 31 octobre Exposition de citrouilles décorées animée par Esméralda, notre sympathique sorcière Pièce de théâtre pour les 4à 8 ans Labyrinthe géant.4101, rue Sherbrooke Est 514 872-1400 www.ville.montreal.qc.ca/jardin Ouvert tous les jours de9h à 21 h m CLARICA Montréal
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