Le devoir, 19 octobre 2005, Cahier A
LE MONDE ECONOMIE L’Irak est suspendu au procès de Saddam Hussein Page B 1 ?www.ledevoir.com ?L’argent ne fait pas le bonheur Pages C 4 et C 5 LE DEVOIR V o L .X C V I N ' 2 3 7 ?LE MERCREDI 19 OCTOBRE 2005 8 7 c T A X K S 1 $ Charest, ! champion des promesses non tenues ?Le premier ministre soutient avoir le temps qu'il faut pour livrer son programme ANTOINE ROBITAILLE Québec — Le premier ministre Jean Charest a dû se défendre d’avoir failli à ses engagements, hier, lors de l’ouverture de la session parlementaire à l’Assemblée nationale.«Les engagements que nous avons pris, nous les tenons», a-t-il d’abord affirmé, pour ensuite admettre que son parti et lui n’étaient pas «toujours capables de les tenir à la vitesse» souhaitée.«Mais la bonne nouvelle, c’est qu'on est à la mi-mandat, M.le président, puis on a encore du temps devant nous justement pour compléter le programme qu'on avait livré aux Québécois.Et on va livrer le programme.» M.Charest répondait à la chef de l’opposition officielle par intérim, Louise Harel, qui l’avait qualifié de «champion des promesses non tenues».Selon elle, le «cadre financier» du Parti libéral du Québec présenté en 2003 relevait de la Michel Savard, les avis de l’OMS, relayés bruyamment par les médias depuis quelques semaines, ont aussi leur revers.«On assiste à une surenchère de la dramatisation.Même si le risque est réel, l’alarme, elle, est démesurée», croit le médecin-conseil en santé publique pour le ministère de la Santé et des Services sociaux Sur une échelle de six menant à une pandémie, FOMS estime que nous n’en sommes qu’au stade trois VOIR PAGE A 8: GRIPPE i.m ARCHIVES LE DEVOIR Bernard Landry et André Boisclair Cocaïne : s’il avait su, Landry aurait enquêté Le comportement de Boisclair aurait été jugé «extrêmement grave» ROBERT DUTRISAC Québec — Si Bernard landry, en tant que premier ministre, avait eu vent du fait que le mi- .nistre André Boisclair consommait de la cocaïne, il aurait ordonné une enquête qui aurait pu conduire à sa destitution.«Ç'aurait été une chose extrêmement grave pour moi», a dit Bernard Landry.L’ancien premier ministre a lancé ce pavé dans la mare alors qu’il s’apprêtait à prononcer une allocution (levant les étudiants de l’Université Uival sur un sujet de prédilection: les nations et la mondialisation.«Si ça m'était arrivé comme premier ministre, c'est sûr que /’aurais pris les mesures que j'aurais crues nécessaires», à commencer par connaître les faits, a dit VOIR PAGE A 8: LANDRY Rapport du Human Security Center Des guerres moins nombreuses et moins meurtrières PHILIPPE BOLOPION New York (Nations unies) — A contre-courant des idées reçues, un rapport du Human Security Center révèle une réduction importante du nombre de guerres, de génocides et de violations des droits de l’homme au cours des douze dernières années.Selon l’étude «Guerre et paix au XXP siècle», le nombre de conflits armés a été réduit de 40 % depuis 1992.Malgré la Bosnie et le Rwanda, le nombre de génocides et autres massacres d’ampleur a, lui, chuté de 80 % depuis la fin de la guerre froide.Cette tendance forte, décrite en préambule du rapport par l’archevêque Desmond Tutu comme un «rare message d'espoir», renverse un demi-siècle d’augmentation du nombre de conflits armés et de leur cortège de violence, dans le sillage de la Seconde Guerre mondiale.Pourquoi cette évolution passe-t-elle inaperçue?•Les médias rapportent les événements sanglants, mais les guerres qui s’achèvent ne font pas la une», explique Andrew Mack, directeur du Human Security Center.VOIR PAGE A 8 : GUERRES Adieu monotonie Classique • Jazz • Chanson • Musique du monde «•»> ESPACE s?MUSIQUE 1007 FM LE DEVOIR, LE MERCREDI 19 OCTOBRE 2005 A 2 •LES ACTUALITES* Inauguration du siège social de la Human Proteome Organization Montréal au cœur de la recherche sur les protéines PAULINE GRAVEL Une nouvelle organisation internationale d’envergure choisit Montréal pour y poser son siège social: la Human Proteome Organization (HUPO), qui inaugurait hier en grande pompe son quartier général sur le campus de l’université McGill.Suivant les traces de sa jumelle HUGO, qui a bouclé le séquençage du génome humain et s’applique maintenant à identifier toutes les mutations génétiques qui sont responsables des maladies humaines, HUPO vise à baliser le tita-nesque chantier que représente la protéomique, c’est-à• To- fio- 5* Ho- ÏQ a*« 10 m o -TSÂjtffT ÇnToUT CM, Avfc Mi VûuS U veRT&c.lAlTfNîioNÇ D£ VaTéT (%) -WoS-ie.tq LETTRES La cause d’une mal-aimée À entendre Denise Bombardier, les membres du PQ (comprendre: le Québec en entier) seraient moins progressistes qu’ils le prétendent parce qu’ils ne sont pas certains de reconnaître en Pauline Marois leur futur chef.Et si ça n’avait rien à voir avec le sexe, les compétences et la feuille de route mais plutôt avec le contexte, son concurrent, le style de campagne, le caractère et la personnalité de la candidate en question?L'argument voulant que l’aspirante soit victime de sa condition est malhonnête.Au lieu de ressortir la carte de la discrimination latente envers les femmes pour tout expliquer, on devrait aborder de front les faiblesses de la candidate pour changer l’allure de sa campagne (c’est ce qu’on ferait dans le cas d’un candidat).Comme parler de son peu d’instinct politique, de sa difficulté à toucher le cœur des gens, y compris celui des jeunes militantes de son propre parti, de son refus de mettre les gants de boxe quand c’est le temps, de ses airs de Castafiore (côté masculin, Parizeau souffrait exactement du même handicap).Ce qu’on ne dit pas, c'est que Pauline Marois a tout pour gagner (réseau, influence, argent, maturité, compétences), sauf l’atout majeur, l’instinct du guerrier.La politique est un «sport» de ruelle, n’en déplaise aux élégantes, où les plus endurcis excellent et où les plus lumineux sont sacrifiés s’ils ne maîtrisent pas l'art du combat Si, donc, Mme Marois est incapable de laisser dans la brume un jeune louveteau dépourvu de substance, si elle ne peut pas exploiter le net avantage d'être la seule femme dans la course, c’est qu’il y avait à la base un problème de stratégie de campagne ou d'image et non de condition féminine.Si j’étais membre du PQ, je voterais Marois, mais pas parce qu’elle s’appelle madame, simplement parce qu'à l’heure actuelle, elle est et de loin, la plus compétente des aspirants.Il faudrait faire une distinction entre la cause des femmes et celle d'une candidate en particulier.Le rapprochement est trop facile et il s’agit d'un faux débat que les tenantes de la discrimination positive ravivent à chaque fois qu'un poste prestigieux leur échappe.Pauline Marois peut encore et doit gagner cette course.Encore faut-il quelle se décide à se battre car ce sont les règles du jeu, si bassement masculines soient-elles.Heureusement (tous les sondages le confirment), le sort des femmes qui aspirent au pouvoir est encourageant et n'a rien à voir avec un cas d’espèce ou la cause d’une mal-aimée.Maurice Nantel Montréal, le 15 octobre 2005 C’est un Blanc qui vous le dit.Lettre à Marie Gaudence J’ai lu votre article publié dans Le Devoir du 29 septembre, intitulé «Le doc Mailloux l’a dit».Je comprends votre désarroi et je sympathise avec celui de vos jeunes.Nous sommes devant un exemple où l’ignorance conduit à l'injustice.Je suis surpris que ni la télévision ni les journaux n'aient mentionné certains faits.Vers la fin des années 50, j’ai suivi des cours en méthodologie de recherche.Dans un de mes cours, on nous a mentionné l'existence de la recherche faite aux Etats-Unis à laquelle sç réfère sans doute le docteur Mailloux.A l’époque, cette recherche avait surpris et soulevé des questions chez certains chercheurs.Leur réflexion les avait amenés à prendre conscience du fait que le questionnaire utilisé avait été conçu par des Blancs américains.Ceux-ci ne s’étaient pas demandé si ce questionnaire était valable pour les Noirs américains.Ces derniers ont une culture différente et n’accordent pas toujours le même sens à certains mots (ce phénomène est bien connu de ceux qui ont étudié les différentes cultures, y compris ce qu’on appelle les sous-cultures).Les chercheurs ont alors refait un questionnaire (pour mesurer l’intelligence) qui serait adapté aux Noirs américains.Après usage, les résultats ont démontré que les Noirs avaient des niveaux d'intelligence identiques à ceux des Blancs.Ne citer que la première recherche qui s'est avérée fausse dénote une certaine ignorance, sinon un manque d’objectivité, et peut-être un manque dhonnèteté.Je vous écris pour vous permettre de dire à vos enfants: «Le docteur Mailloux l’a dit.mais il s’est trompé!» J’ai toujours été un obsédé de la vérité: j’ai donc pris ma plume pour partager avec vous ces informations.J'ai souvent dit que je suis pauvre des différences positives des autres cultures et des sous-cultures.Voilà pourquoi je termine en vous demandant de dire à vos enfants de ma part: «Vous avez toutes les raisons d'être fiers de ce que vous êtes.C’est un Blanc qui vous le dit» Jean-Claude Proulx Ottawa, le 7 octobre 2005 Les laissés-pour-compte de la santé mentale Après plus de sept ans de travail avec les personnes itinérantes, nous ne saurions être plus en accord avec David Lussier, coordonnateur des communications de l’organisme Mission Bon Accueil, lorsqu’il affirme que «le$ sans-abri ont besoin de plus qu’un lit, un repas et un toit temporaire».Au cours de ces années de travail avec les sans-abri, les intervenants du Centre Saint-Pierre ont multiplié les rencontres café pour les amener à se dire et à se raconter avant d'envisager avec eux un projet concret pour les amener à faire de petits pas vers la réintégration sociale.Ce travail nous a permis de mettre sur pied l’organisme L’Entrepôt du sac à dos, un lieu où ces personnes peuvent entreposer leurs maigres biens, prendre un café et surtout briser leur solitude.Nous parlons ici d'écoute active dans une démarche de relation d'aide, d’un suivi individuel psychosocial.Nous pourrions en faire beaucoup plus.La réalité de la maladie mentale est très présente chez nous.Cette problématique dérange beaucoup les itinérants entre eux; nous animons des rencontres café qui informent au sujet de cette réalité.Ce qui nous manque le plus, c’est le temps et la présence de professionnels pour faire du dépistage.Ce dépistage, il faut le faire sur place en s’intégrant à ces personnes.Mais les laissés-pour-compte de notre société sont aussi des laissés-pour-compte de la santé mentale.On a désinstitutionnalisé sans prévoir des ressources pour ces personnes fragiles, habituées à se faire tenir la main pour fonctionner un tant soit peu dans la vie.Assurer un lit un repas et un toit temporaire est essentiel.Mais si, un jour, nous voulons vraiment nous attaquer au problème, nous devrons en faire beaucoup plus et consentir des ressources financières importantes pour le suivi psychosocial des personnes itinérantes.Nous joignons notre voix à celle de tous les gens qui réclament d’urgence une véritable politique sur les sans-abri.Richard Chrétien Montréal, le 12 octobre 2005 LIBRE OPINION -?- Ce que le boycottage dit de nous YVES NADON Enseignant Pour certains, l'automne est chaud depuis ce printemps.Le père d'un enfant qui frequente mon école et qui vit de son art me dit évaluer sa perte financière de cette année à 15 000 $.Pour la troisième fois en six ans, des troupes de théâtre ferment leurs portes, des comédiens sont au chômage et des animateurs de plein air ne sont pas réembauchés.faute de réservations.Peut-on leur remettre un reçu d’impôt pour contribution directe à mon salaire?Devrait-on leur épingler une belle petite étoile jaune pour s'assurer d'un boycottage efficace?Une de mes collègues me disait de ne pas trop m’en faire, que tout cela serait bientôt réglé.Oui.réglé pour elle et mes collègues, qui auront salaire, emploi et clientèle! Pas pour les milliers d'artisans du milieu culturel qui.eux, en auront pour des années à revenir à la normale.Quant à nous, enseignants, nous retournerons à nos occupations, business as usual, feignants ignorer tout ce qui vient d’èfre brisé.Le choix de ce moyen de pression me met face à un problème d'ordre moral et non pas seulement, comme certains le pensent à un choix de stratégie.Un groupe peut-il, démocratiquement et majoritairement, en écraser un autre?Ce à quoi on me répond souvent quil le peut, par solidarité.Je pense que non.Certains mêlent solidarité avec intérêts corporatistes.Du boudage Ce boycottage n'est rien de moins que du boudage: à force de côtoyer des enfants et des adolescents, en sommes-nous venus à mimer leurs gestes parfois immatures face à des problèmes?Nous oublions que les enseignants qui boudent ne pendent rien.Rien.Nous dblons ici des collègues (oui oui, des collègues dans la formation des citoyens de demain) et nous les faisons crever de faim pour arriver à nos fins.Ce n'est pas un moyen (le pression, ça C'est une mise à mort cyclique.A quand le prochain boycottage?Ce boycottage met-il au jour des lacunes graves chez ceux qui l'acceptent?Qui sem-bkms-nous être pour appliquer de façon si désinvolte une consigne syndicale?Sommes-nous des gens pour qui la culture n'est qu'une activité récréative, non essentielle?Des gens pour qui l'égoïsme salarial est la première valeur?Des gens qui refusent de se tenir debout et de perdre des sous dans la recherche de leurs idéaux?Des corporatistes qui ne pensent qu'à eux et à leurs avantages?Des gens qui ne voient pas l'impact réel de leurs gestes?Des gens qui ne lisent pas et qui ne fréquentent pas de lieux culturels?Je me rappeDe nous avoir vus applaudir un ministre qui jubilait de ne donner que 3,16 $ par élève pour des livres après un discours prévisible et lui demander d'ètre photographiés avec lui: où étaient nos belles convictions à ce moment-là?Il faut dire un non massif à ce boycottage, il nous faut refuser de faire ce jeu cruel et déshonorant à chaque négociation.Montrons à la société la place de la culture dans nos vies, arrêtons ce boudage qui nous caricature en enfants égoïstes, centrés sur eux.Rien, rien dans nos demandes ne justifie cette mise à mort de milliers de collègues.On ne peut phis répondre, comme ce changeur de réverbère, que nous ne faisons que suivre la consigne.Nous sommes tous, nous enseignants, responsables.(.J < LE !) E V 0 I K .LE MERCREDI 19 OCTOBRE 2 0 0 5 A DEES Y # JACQUES NADEAU LE DEVOIR En 2003-04, 72 % des situations où la sécurité et le développement des enfants étaient compromis impliquaient des adultes problématiques.Protection de la jeunesse Ce qu’il faut attendre d’une loi ANDRÉ LEBON Ancien intervenant auprès des jeunes en difficulté Lettre à Philippe Couillard, ministre de la Santé et des Services sociaux, et à Margaret F Delisle, ministre déléguée à la Protection de la jeunesse a sortie du documentaire Les Voleurs d’enfance de Paul Ar-cand a eu au moins deux retombées positives.La première aura été de rappeler à toute la population du Québec l'extrême gravité des situations que vivent les enfants signalés et soutenus par les intervenants de la Protection de la jeunesse.La deuxième aura été de relancer le débat autour du système de la Protection de la jeunesse.M.Couillard, vous avez eu l’intelligence de reconnaître «que ce sont là des vérités importantes à dire et que ce document est utile pour la discussion».Vous avez raison, et votre attitude rigoureuse et objective nous rassure.Elle fait contrepoids à beaucoup de commentaires démagogiques.Je reprends la parole après quatre années de silence absolu, et ce, après avoir consacré 30 ans de ma vie professionnelle auprès de jeunes en difficulté et d’intervenants et après avoir présidé de 1998 à 2002 le groupe d’experts en organisation clinique qui avait pour mandat de donner avis sur les services en protection de la jeunesse.J’aimerais donc vous livrer quelques constats qui, à mon sens, devraient trouver écho dans la réforme de la Loi sur la protection de la jeunesse que vous avez annoncée pour bientôt Des gestes nobles Pour les avoir côtoyés pendant toutes ces années, je crois qu’il faut saluer et remercier toutes ces femmes et tous ces hommes qui choisissent de partager leur vie avec ces enfants extrêmement hypothéqués.Être en présence continue d’enfants en grande difficulté, s’engager émotionnellement pendant des années à leur offrir un accompagnement et à partager leur vie et accepter de subir les contrecoups inévitables sont des gestes nobles, et ces personnes méritent qu'on les remercie.Ces gens sont le véritable filet de sécurité que notre société offre à ces enfants lourdement taxés par des adultes maladroits, indifférents, incompétents ou pervers qui ont causé ces dommages bien avant l’arrivée de la DPJ.Il est navrant de constater le peu de reconnaissance que reçoivent ces intervenants et il est carrément outrageux qu'on les associe malicieusement aux agresseurs d'enfants.En 2003-04, 72 % des situations des enfants où la sécurité et le développement étaient compromis concernaient des enfants victimes d’adultes problématiques.Voilà la principale raison d’être de la Protection de la jeunesse: offrir une réponse adéquate aux begins de ces enfants victimes par l’intensité, la précocité, la régularité et la continuité d'une présence attentive.Voilà où se situe le problème: le système actuel perd de vue ces composantes clés.Le système morcelle l’intervention, démultiplie le nombre d'adultes en soutien à l'enfant, bureaucratise par la judiciarisation a outrance des situations et dénature le sens initial de la loi qui, à sa création, souhaitait offrir aux enfants en difficulté une stabilité de liens rassurants en accordant préséance à l’intervention sociale sur l’intervention judiciaire et préséance à l'intérêt de 1 enfant sur les droits des parents.Qu’en est-il aujourd'hui?En synthèse, voici cinq dimensions que la réforme de la loi devra prendre en compte, à défaut de quoi le débat actuel sera toujours d'actualité dans cinq ans.1.Aj*ir sur les causes, agir tôt et avec intensité De toute évidence, les enfants les plus chroniquement signalés le sont dès la petite enfance.Comment expliquer qu'on dénonce à juste titre le fait que les systèmes les abandonnent à 18 ans et que très peu de voue s’élèvent pour exiger que, dès leur première entrée en protection, on leur consacre un maximum (intensité, continuité) d'attention et de soins?C’est bien à ce moment qu’on peut infléchir la spirale de la marginalisation.Le Dr Gilles Fortin, de l’hôpital Sainte-Justine, s’évertue à répéter que ces enfants victimes ne peuvent être tassés, déplacés, rendus puis repris par des parents qui mettent des années à régler leurs propres incapacités.L’intérêt de l’enfant doit primer, un milieu stable doit être offert le plus tôt possible, une évaluation rigoureuse doit être faite des capacités parentales, un soutien et un accompagnement intensif et rapide doivent être offerts aux parents et, si les risques sont trop élevés, un projet de vie répondant aux besoins de l’enfant doit être mis en place.Le projet de réforme osera-t-il donner préséance à l’intérêt de l’enfant sur le droit des parents?2.Déjudiciariser et soutenir la médiation • La judiciarisation est le fléau le plus dommageable que cette loi ait connu.75 % des situations à l’application des mesures sont judiciarisées pour des motifs variables mais tous éloignés de l’esprit d’origine de Jjk la loi.Judiciariser pour obtenir une place en réadaptation, judiciariser pour forcer un parent à collaborer, judiciariser au lieu de favoriser les approches consensuelles et la médiation, judiciariser après un an de placement pour baliser les placements futurs.Une fois pris dans l’engrenage de la judiciarisation, l’enfant le parent et l’intervenant ne peuvent plus en sortir.les règles, les procédures, la lourdeur du processus, l’engorgement des rôles au tribunal, bref, tout concourt à une immense perte de sens, de temps et d’argent La réforme osera-t-elle s’attaquer à cette perte de sens de la loi initiale et réaffirmer clairement que l’intervention sociale a préséance sur l’intervention judiciaire?3.Attaquer le véritable abus de pouvoir Avec la gravité des comportements et le manque de régulation interne de ces enfants, l’utilisation de l'isolement comme outil d’intervention n’est pas un abus de pouvoir mais un mal nécessaire.Quiconque a partagé sa vie avec ces grands écorchés sait l'incontournable nécessité d'offrir à l’occasion un cadre externe pour pallier l’absence de cadre interne.Ce retrait est une réponse à un besoin, pas une agression.Ceci étant il va de soi qu’on en balise l'utilisation, la durée et les conditions d'application.Au début des années 90, j’ai fait un suivi auprès de 150 jeimes ayant séjourné à la Cité des Prairies pour connaitre, un an après leur sortie, leur avis sur leur séjour.Aucun d’entre eux, dans les entrevues directes accordées, n’a évoqué l’isolement comme un abus.La majorité d’entre eux ont évoqué qu’ils avaient rencontré au moins un adulte important et que cet adulte significatif avait marqué leur séjour et contribué à donner un sens à leur vie.La grande majorité d’entre eux ont également souligné l’atterrissage brutal et la coupure draconienne vécue à la sortie.En fait le véritable abus de pouvoir ne réside pas dans l'utilisation de l'isolement mais dans le morcellement l’instabilité et la multiplicité des intervenants qu'on offre a ces enfants en mal de liens rassurants, de stabilité, de continuité.Comment soigne-t-on ce lien?Comment expliquer que le système génère autant de déplacements, de changements d'intervenants?Je mets au défi d’ouvrir de façon aléatoire 50 dossiers d’enfants pris en charge en protection de la jeunesse et de compter le nombre d’intervenants impliqués.Ce n’est pas un problème de qualité des intervenants, c’est un foutu problème de modèle organisationnel où on préconise des règles de gestion (relations de travail, convention collective, stratégie de gestion, mesures d'économie, etc.) au détriment du soutien aux intervenants.Pourquoi les gens les moins formés, les derniers arrivés, les employés sur liste de rappel sont-ils ceux qui sont en présence directe avec les cas les plus lourds?Pourquoi les ressources plus légères regorgent-elles de cas lourds?La réforme favorisera-t-elle la stabilité et la continuité du personnel?Les enfants et les parents cesseront-ils de demander: «Combien de fois devrais-je raconter mon histoire?» Combien d’intervenants auront plus de temps auprès d’eux pour créer ces liens sécurisants qui leur sont nécessaires?4.libérer la parole du directeur de la Protection de la jeunesse Au moment de la création de la loi, le législateur a confié à un individu, à savoir le direc- Éteur de la Protection de la jeunesse, le mandat explirite d’assurer une réponse adéquate aux besoins des enfants les plus fragilisés de % Il notre société.lit sagesse du législateur était k grande, et il faut rendre à ces personnes que , M J sont les directeurs de la Protection de la jeu-nesse les moyens et la latitude de parier haut ^ et fort des droits et des besoins des enfants.Les directeurs devraient être des Le projet conseillers rattachés directement au ministre en ce qui a trait aux besoins des en-de réforme fants, aux services à déployer pour y répondre adéquatement.Trop souvent par le OSera-t-il passé, ils ont été confinés à leur rôle de gestionnaires de centres jeunesse et voués au donner silence par solidarité avec leurs collègues , , en ce qui a trait au manque de ressources, préséance aux compressions budgétaires.Il est anor- à l’intérêt ma^C|ue 'e haut-parleur des besoins des en-a i mierei ^ devenu la Commission des droits de l’enfant ^ Pf ‘rsonne e1 de la jeunesse.Vivement que la réforme crée une as-Sltr le droit semblée des DPJ qui s’élève au-dessus des structures de gestion, qui soit directement des parents ?rattachée au ministre responsable de l’application de la loi et qui parle au nom des enfants.Vivement qu’on redonne aux directeurs de la Protection de la jeunesse leur rôle initial.Vivement qu’on redonne à cette loi le sens qu’el-le avait à sa création.5.L’argent Je choisis d’aborder ce sujet a la toute fin puisqu’il est incontournable.Je considère qu'il est inutile d’ajouter des millions dans le système actuel tant qu’il ne sera pas réformé.Pourquoi donner phis pour soutenir les imperfections actuelles?L’argent qui sera nécessaire devra soutenir l'intervention intensive la plus précoce possible, devra soutenir la régularité et la continuité de l’intervention, devra soutenir un lien durable entre des personnes significatives et l’enfant, devra soutenir des pratiques sociales où le recours au judiciaire sera une mesure d’exception.Cet argent proviendra a moyen terme en partie des économies Issues de la réduction des pertes de temps au tribunal et des économies liées à la déjudiciarisation.A plus long terme, d’ici sept ans, la diminution du nombre de placements d’adolescents dans les unités intensives de réadaptation — parce qu’on aura réussi, dans 50 % des situations en intervenant avant l’àge de cinq ans, à résoudre des parcours de marginalisation — permettra d’économiser suffisamment d'argent pour rembourser la réforme mise en place.La Chine: un nouveau péril jaune ?GAÉTAN POULIOT Candidat à la maîtrise en etudes internationales à l'Université Lival essor économique de la Chine serait-il une menace pour les économies occidentales ou provoque-t-il simplement un repli nationaliste et protectionniste de ces pays, mettant du coup à nu un double discours à l'endroit du conunerce international?lorsque la Chine s’éveillera, la Terre tremblera, a affirmé un jour Napoléon Bonaparte.Comme nous le savons tous maintenant, l'économie de l'Empire du Milieu tourne à plein régime.Avec un taux de croissance qui oscille aux alentours de 9 % depuis plusieurs années, la perception des succès des Chinois chez les dirigeants occidentaux a vite tourné de l’émerveillement à l’appréhension.La Chine, une menace?Celle qu'on qualifie désormais d’usine du monde a récemment fait la manchette plus souvent qu’à son tour d;ms les médias occidentaux.La pléthore d'articles non seulement décrit l'émergence économique du géant asiatique mais le dépeint aussi coijune une menace.A ce propos, sur les ondes de la populaire chaîne américaine Fox News, le présentateur Neil Cavuto déclarait qu'«après avoir eu peur que tout soit fabriqué en Chine, nous craignons maintenant que ce pays nous achète morceau par morceau».Ainsi, dans les médias, la Chine semble responsable des déboires des économies occidentales, de la perte des emplois dans l’industrie du textile jusqu’à la flambée des prix du pétrole.En plus des médias, la classe politique occidentale est de plus eq plus préoccupée par la place grandissante de cet Etat dans l’économie internationale.A ce titre, nous pouvons citer deux exemples criants.Premièrement, le 1" janvier 2005, avec la fin de l’Accord multifibre de rOrganisatiop mondiale du commerce (OMC) permettant aux États membres d’imposer des qqotas aux importations de textiles chinois, tant les Etats-Unis que l’Union européenne ont vivement réagi pour freiner l’arrivé massive du textile chinois à bas prix sur leurs marchés.Ace propos, en avril dernier, le commissaire européen au commerce, Peter Mandelson, affirmait qu'«i/ya des raisons d’être préoccupé.L’Europe ne peut pas rester sans rien faire».Le deuxième exemple est la tentative infructueuse d’achat, cet été, de la pétrolière américaine Unocal par la société étatique chinoise China National Offshore Oil Corporation (CNOOC).Cette offre d’achat a provoqué une levée massive de boucliers au Congrès américain afin de contrer cette transaction.On a alors sorti l’épouvantail du communisme et du budget militaire chinois et affirmé l’importance du pétrole dans la sécurité énergétique américaine.Malgré une offre de 18,5 milliards SUS de la part de la CNOOC, la compagnie américaine Chevron Texaco mettra vraisemblablement la main sur Unocal [xmr une somme moindre de 17,1 milliards.Somme toute, en plus du déferlement des produits chinois en Occident, les entreprises chinoises convoitent aussi les symboles de l’économie américaine.Nos voisins du Sud ont accusé le premier choc, suivi de plaintes du Congrès, lorsque l'entreprise informatique chinoise L-novo Group a acheté la division PC d’IBM en 2004.La même situation s’est produite lorsque Haier Group, le numéro un de l’électroménager chinois, a fait une offre pour acquérir l’entreprise américaine Maytag, abandonnée en juillet 2005.Malgré ces faits, cette appréhension est discutable.A titre d’exemple, peu importe qu’en 2(XX) la Chine ait investi moins de 400 millions $US aux États-Unis, comparativement à plus de 230 milliards de dollars pour la Grande-Bretagne et 159 milliards pour le Japon, c’est l’Empire du Milieu qui, selon les Américains, mettrait en [kril leur économie.Outre le débat sur la véracité de cette menace, cette situation permet de mettre à nu un double discours de la part des gouvernements occidentaux, chantres du libre-échange absolu.Elle découvre deux poids et deux mesures à l’endroit du commerce international et du développement L’empereur est nu En effet il est étonnant de voir une certaine fièvre protectionniste de la part de gouvernements affirmant que le libre-échange e,st la planche de salut pour le développement des Etats du Sud.Lorsque des multinationales européennes, américaines ou canadiennes parviennent à percer le marché chinois, ce sont de bonnes nouvelles pour les économies occidentales.Toutefois, le contraire apparaît comme un danger, une menace pour l’économie.Par conséquent, le double discours crève les yeux.D’une part, le libre-échange, réduisant l’intervention gouvernementale et éliminant les barrières tarifaires et non tarifaires aux commerces, est promu sur toutes les tribunes, des négociations pour une zone de libre-échange des Amériques (ZLEA) à la promotion des investissements directs étrangers des multinationales, sans oublier les pressions des institutions internationales sur les pays en développement pour libéraliser leur économie ef les ouvrir au commerce international.D’autre part, dans les faits, les États développés, tout en prônant un libre-échange quasi total, pratiquent un libre-échange partiel selon leurs intérêts nationaux, fa question des subventions agricoles est un excellent exemple de ce double discours.Comme le rapportait en avril dernier un article du quotidien français libération, un fonctionnaire européen ironisait en affirmant qu’«[o]« ne peut pas souhaiter durant des décennies le développement de pays cimme la Chine ou l’Inde et, dés qu’ils deviennent compétitifs dans un secteur, leur fermer nos marchés».Tout bien considéré, à l'instar du conte d’Anderson, les habits de l’empereur ne sont pas aussi flamboyants qu’on ose l'affirmer.Le discours ne coUe pas a la réalité.De toute évidence, l’empereur est nu, mais peu sont ceux qui osent le dire ouvertement L'ÉQUIPE DU DEVOIR LA rFdaiTins I H, i rinformation •étrfrnl» et métropolitaine (iérald Dallaire iad)mnt an iirrrtnr tU .’ mfnrmatun Jeanne Corme» laffairn m*mnpaltv.fabien Oegliae.Marie-Andree Chouinard (rMuraltoni Boileau rnhumaltstr, rnp-muibU de la pagr hUtzt.Brian Myle» fputvt » tnbi.Mit ru Hree CaurtT reaera/Tjean Dion LomsAiilles Francœur >r*nr'r*nem»«v Benoît Munger (rnboaaoWe d« Jite /MeraeO laurence Clavel Jean-Guillaume Dumont Irommi’ Intrmeti luabeDe Paré fia «U/ Lourae-Maude RkmxSoucy Ountmérair,/ Pauline Gravel /mrncu .vii-K.i *«*»*'• SI»™»™** 7 ' Prerourt (rèiaoajaMe des pain tk(mttituit) Martin Duclos.Michele Malenfant et Christine Dumaaet (nltelnni.Renée Léo Cuimont et Serge Faquin (rtltclemr, laranaiémirr» ; Jacques Grenier et Jacques Nadeau ' nOUf! th,frisa, r.rrrst«mda*ts Parirmnttat'n a Quibtcl Kathleen Lévesque ; M arte-Helene Alarie (secrétaire d f« rédortiosl Man lyse HameTm.Alexandre Shields lammal U documentation Gilles Pare (directeur] Manon Derome.Serge laplante (Oaebeci Rachel Ruche Met irma™ na Diui iriTé et l E MARKFTPiG Jacqueline Avril Jean de Bill}-.Jean-François Bosse.Mariene Cite.Dave Cameron Van Hamel.Christiane Legauh Amélie Malta - Jacques A.Nadeau Claire Paquet Micheline Ruelland, Nadia Vbar.Melisande Simard laurence Thériauh SstriMarmrt- Martine Berube (secretoteei LA PRODI CTION Christian Goulet (dirrrteardeprodactios Mkhel Bernatcher Johanne Braiet DanielV Csntara, Richard Des Cormiers.Donald Rlion.Yannick Monn Nathalie Zc-mams.Olivier Zuidi INFORMATIQUE Yanicir u P»n«,rnnN DISTRIBITKIN ET TIRAGE Linda Thériauh impmuaMt ternir à la ehemleU dutnlmtum et tirât') Alexandre Gaudreau tcaordonxatnr a la promotion rt a ta inttirnation).Monique L'Heureux.Rachelle Irderc.Caroline Simard L'ADMINISTRATION v«dr comMoaet).Cefine Furov.Ghritone lafleur Omidetie BeUvea^ udmrsp .tminiOratii, Claudine Chevrier.Monxwe Proie».Dame lie Ross ^ g LE DEVOIR, LE MERCREDI 19 OCTOBRE 2 005 A 8 ACTUALITES CHAREST LANDRY SUITE DE LA PAGE 1 que leur politique d’assurance médicaments n’était pas la bonne [.] qu’au niveau des municipalités, ils avaient imposé des choses qu'ils ne devaient pas imposer.Ils ont avoué, par exemple, que, sur le plan économique, un projet comme Alcoa n’aurait pas dû être conclu, que la Cité du commerce électronique, ce n’était pas une bonne idée».Raillant la course à la direction au Parti québécois, il Ta décrite ainsi: «C’est mea-culpa après mea-culpa.Et ce que vous êtes en train de démontrer, c'est justement la grosseur du dégât que vous avez laissé aux citoyens du Québec et que nous sommes en train de nettoyer en appliquant notre programme.» Listes d’attente Le chef de l’Action démocratique (ADQ), Mario Dumont, a pour sa part affirmé que le Parti libéral n’avait pas tenu une autre de ses promesses clés, celle de la réduction des listes d’attente dans les hôpitaux.11 s’agissait, a rappelé M.Dumont, d’un des «deux piliers», avec les baisses d’impôt, de la campagne électorale du PLQ.Or, selon lui, les «chiffres sont à peu près les mêmes que ce qu’ils étaient avant qu’il soit élu», soit 43 000 patients en attente de chirurgie dans des délais médicalement acceptables, au lieu de 45 000 en 2003.Le premier ministre a répondu que son parti «n’a jamais prétendu [qu’il] allait tout régler du jour au lendemain».Il a ensuite ajouté que son gouvernement avait réinvesti trois milliards en santé, avait changé «l’organisation du travail, mis le système en réseau, augmenté le nombre d’étudiants dans les facultés de.médecine puis en sciences infirmières, augmenté justement le nombre de technologues».«Ça fait partie des efforts gigantesques que nous avons faits au nom de la population du Québec; ça inclut l’entente qu 'on a conclue avec le fédéral, M.le président, et les résultats commencent à arriver.» Le ministre de la Santé, Philippe Couillard, a ensuite enchaîné en disant: «Nous serions effectivement très fiers déjà de nous présenter devant l'électorat sur notre bilan en santé.» Des voix du côté pé-quiste ont alors ajouté: «Oui, avec toi comme chef!» À son Conseil général de la fin du mois, un «comité de suivi des engagements électoraux» du Parti libéral, présidé par l’avocat Robert Dubé, présentera son rapport sur l’état des réalisations du gouvernement du Pli}.M.Dubé a nié que le gouvernement libéral avait diminué les impôts d’un milliard, comme le premier ministre l’affirmait à l’époque.«Il reste encore quelques années, il faut atteindre cinq milliards.Ça voudra dire que nous, comme comité du suivi, on va s’assurer que le gouvernement livre la marchandise dans les années qui restent.Ça va en prendre un petit peu plus dans les prochaines années», avait déclaré M.Dubé à La Presse le 16 mai dernier.Grippe aviaire M.Couillard s'est voulu rassurant sur la possibilité d’une pandémie de grippe aviaire.Il a d’abord insisté pour «ne pas inquiéter la population outre mesure» puisqu’il n’y a pas de pandémie pour l’instant.Selon lui, le Québec «bénéficie de l'avantage de la géographie, de sorte que la pandémie semble se manifester de façon première en Asie, maintenant en Europe de l’Est, et on peut la voir venir.Mais, avec les déplacements des gens, maintenant, aussi rapides, avec les avions particulièrement, on sait très bien que cette protection géographique ne peut être que partielle».Au reste, le gouvernement du Québec se prépare «le plus possible» à cette catastrophe éventuelle, notamment en stockant des médicaments antiviraux en nombre très important.Il a précisé en point de presse par la suite que l’objectif était de rassembler 11 millions de doses, tout en précisant que le vaccin comme tel «ne peut être développé qu'au moment où la souche du virus est identifiée».Pas de loi spéciale Enfin, sur les négociations avec les employés du secteur public, qui ne semblent aller nulle part depuis que les syndicats enseignants ont quitté les tables de négociation, la présidente du Conseil du trésor Monique Jérôme-Forget, a affirmé «qu'ac-tuellement elle ne songeait pas à adopter une loi spéciale pour imposer les conditions de travail».Le Devoir Rectificatifs Une cireur d'inattention est survenue dans le texte d'hier intitulé «Bois d’œuvre; Washington déplore la stratégie canadienne».Comme nos lecteurs l'auront compris, la citation suivante devait plutôt être attribuée au ministre des Affaires étrangères, Pierre Pettigrew, comme ce dernier l’avait affirmé au Devoir vendredi dernier, et non à l’ambassadeur américain David Wilkins: «C’est sûr que la securité énergétique des Etats-Unis est une préoccupation énorme de l’ad-ministration Bush et nous sommes une carte majeure.Les Etats-Unis doivent savoir que.s'ils veulent compter surl'aùie canadienne pour leur securité énergétique, il faut garder le Canada heureux.Iss Canadiens doivent être de bonne humeur Or.le dossier du bois d'œuvre atteint Drum eu r des Canadiens.» ?la légende de la photographie accompagnant le texte de la page une sur TOSM, hier, comportait une inexactitude.Le musicien Jean-Luc Gagnon, qui apparaît sur la photo, est trompettiste à TOSM, et non violoniste tel qu'indiqué.SUITE DE LA PAGE 1 M.Landry.«J’aurais fait faire une enquête sur les circonstances, sur la façon, sur la manière, sur la fréquence.» Aurait-il destitué M.Boisclair?«J’aurais jugé d’après les faits», a dit M.Landry sans écarter cette hypothèse.Quand il était premier ministre, M.Landry a confié à M.Boisclair le portefeuille des Affaires municipales puis celui de l’Environnement.Pour M.Landry, il s’agit toutefois d’une «question théorique» puisqu’il n’a jamais été informé de te 14 faits.C’est sous Lucien Bouchard que le jeune ministre aurait consommé de la cocaïne, a souli- SUITE.DE LA PAGE 1 Depuis 1988, une centaine de conflits ont pris fin.Presque partout, les violations graves des droits de l’homme seraient en recul.Au cours des dix dernières années, le nombre de réfugiés aurait chuté de 30 %.Les tentatives de coups d’Etat se raréfient aussi, au nombre de 25 en 1963 contre 10 en 2004, qui ont toutes échoué.Institutions instables Moins nombreuses, les guerres sont aussi moins meurtrières.En 1950, une guerre faisait en moyenne 38 000 morts, contre 600 morts en 2002.Les conflits opposent désormais rarement de lourdes armées sur un champ de bataille.Le plus souvent «des forces gouvernementales faibles» font face à de «petites forces rebelles mal entraînées».Il peut aussi s’agir d’opérations comme au Kosovo, où le déséquilibre des forces et l’utilisation de munitions précises assurent une victoire rapide et peu coûteuse en vies.A ce titre, la guerre en cours en Irak est selon le rapport, «une exception», car «des dizaines de milliers de personnes ont été tuées».L’objectif du Human Security Report est de combler le déficit de données fiables sur les questions de sécurité internationale.Il s’attaque à des «mythes» sans cesse répétés, qui «renforcent des présupposés populaires» mais ne seraient fondés sur aucune donnée fiable.Les chercheurs qualifient ainsi parfois de «longue paix» la période qui s’est ouverte en 1945, car elle n’a donné lieu à aucune guerre entre grandes puissances.Pourtant, entre 1946 et 1991, le nombre de conflits armés impliquant un Etat a triplé.Depuis 1945, les pays engagés dans le plus grand nombre de conflits internationaux ont été le Royaume-Uni (21), la France (19), les Etats-Unis (16) et la Russie (9).Avec la fin des guerres anticoloniales, puis celle de la guerre froide, beaucoup de conflits ont simplement pris fin.SUITE DE LA PAGE 1 avec la souche H5N1, laissant présager de nombreuses actions avant que le pire ne survienne.«Même si la grippe aviaire gagnait le Québec aujourd’hui, il ne juudrait pas s’emporter pour autant parce qu'à ce stade-ci c’est avant tout un problème de vétérinaires», nuance le D' Savard.Mais attention, la situation est assez préoccupante pour que les intervenants en santé publique planifient immédiatement une réponse, poursuit le Dr Savard dans le même souffle.«Les tsunamis, le bioterrorisme, le World Trade Center, ça, c’est les ligues mineures.Une pandémie, pour moi.c’est dans les ligues majeures et il faut s’y préparer immédiatement.» Et pour cause.Si la grippe «traditionnelle» touche de 5 % à 20 % de la population, un virus pandémique contre lequel personne ne serait immunisé aurait un spectre d'attaque beaucoup plus large, évalué à entre 30 % et 50 %.Avec un scénario à 35 % d’infections — et ce n'est pas le pire scénario ni le plus optimiste — les morts se compteraient par millions dans le monde.Seulement au Québec, de 7000 à 10 000 personnes en mourraient Une fois la pandémie officiellement déclarée par TOMS, la quarantaine serait inutile, car seuls les vaccins et les antiviraux pourraient minimiser les dégâts.«Si la pandémie est déclarée, ça ne servira à rien de mettre les gens en quarantaine, c’est comme vouloir mettre une petite barrière devant un tsunami», illustre le D'Savard.Et la pandémie est pour bientôt, s'entendent les experts.Dans un siècle, le monde fera face à entre deux et quatre pandémies de grippe.Les trois dernières remontant à 1968, 1957 et 1917, les spécialistes estiment que la prochaine est imminente.La souche H5N1 est actuellement celle qu’on considère avec le plus d'intérêt parce qu’elle est ime cause de mortalité chez l’humain et quelle se répand.Pourtant, bien des virologues croient que la pandémie pourrait tout aussi bien venir d’une autre souche.C'est que le fameux virus H5N1 n'a pas encore acquis le bagage génétique nécessaire à une transmission interhumaine, même si cela fait deux ans que le premier cas humain a été détecté.Le hic, c'est que les probabilités qu’il y parvienne n’ont de cesse de se multiplier.«Plus ce virus-là va se répandre, plus on augmente la probabilité qu'un être humain soit contaminé d la fois par le virus de Tinfiuenza humain et le virus de l'influenza aviaire», explique le virologue Michel Couillard.Le cas échéant, on trouverait là la recette parfaite pour une pandémie mondiale.11 suffit qu’une cellule respiratoire soit infectée par Tinfiuenza humain et Tinfiuenza aviaire pour qu’un réarrangement génétique ait lieu.«On pourrait alors voir apparaître une nouvelle souche qui aurait à la fois la possibilité de transmission interhumaine et la virulence du virus aviaire», poursuit le coordonnateur d’unité au Labo- gné M.Landry, qui a précisé qu’il n’était pas au courant de ce comportement à cette époque.Joint hier, André Boisclair a dit que la réponse donnée par M.Landry était «responsable» et que, s’il était premier ministre, il adopterait la même attitude dans de telles circonstances.M.Landry croit que M.Boisclair a dit «en son âme et conscience» ce qu’il devait dire sur sa consommation passée de cocaïne.Pour le reste, c’est aux militants du Parti québécois de juger «en leur âme et conscience» la candidature de M.Boisclair, estime l’ancien premier ministre.Sur un autre front, M.Landry croit que Pauline Marois se trompe en attribuant à sa condition de femme ses difficultés à rallier les militants pé- GUERRES Mais les rapporteurs ont isolé un autre facteur expliquant la tendance: la fin de la paralysie de TONU.Enfre 1990 et 2002, il y a eu six fois plus de missions de diplomatie préventive et quatre fois plus d’activités de rétablissement de la paix.Les missions de maintien de la paix ont été multipliées par quatre en douze ans.Mieux que les progrès économiques ou la démocratisation (20 démocraties en 1946, contre 88 en 2005), le regain d’activité des ONG, des orgamsa-tions régionales et de TONU explique, selon le rapport, le recul mondial de la violence.L’optimisme du document est tempéré par le cas de l’Afrique subsaharienne.Les conflits y font aujourd’hui plus de victimes que dans toutes les autres guerres réunies.La région cumule les facteurs générateurs de guerre: pauvreté, instabilité d’institutions politiques inéquitables, discrimination ethnique, proximité d’autres guerres.«Les conflits violents exacerbent les conditions qui les ont au départ générés, créant un “piège à conflit” dont il est extraordinairement difficile de s'échapper», affirme le rapport.Le nombre de conflits en Afrique serait toutefois passé de 15 à 10 entre 2002 et 2003, avec de moins en moins de massacres et de moins en moins de morts.Le terrorisme est aussi une tendance à part, avec une recrudescence très marquée des attaques les plus meurtrières ces quatre dernières années, malgré un déclin du nombre d’actes terroristes depuis les années 1980.«Bien qu’il soit au centre d’une immense attention, le terrorisme international a tué moins de 1000 personnes par an, en moyenne, au cours des 30 dernières années», affirme le rapport.Mais la question reste d’importance en matière de «sécurité humaine», dans la mesure où le terrorisme a servi de justification aux guerres en Afghanistan et en Irak.«Les terroristes pourraient acquérir et utiliser des armes de destruction massive», prévient aussi le document.GRIPPE ratoire de santé publique du Québec.Une souche pandémique pourrait aussi naître à la faveur de nouvelles mutations.Les virus de Tinfiuenza sont en effet très inventifs, raconte le Dr Daniel Martineau, professeur au département de pathologie et de microbiologie rattaché à la faculté de médecine vétérinaire de l’Université de Montréal.«Les virus ARN comme ceux de l’influenza ont souvent des mutations.Plus il y a de virus en circulation, plus les réplications virales se multiplient et, avec elles, les chances que des mutations surviennent.Chaque fois qu’il y a une réplication, une erreur se glisse dans le génome.ce qui fait augmenter la variabilité du virus», explique le Dr Martineau.La perspective que ce soit la souche H5N1 qui subisse de telles mutations n’est guère réjouissante, étant donné sa forte létalité chez les poulets comme chez les humains qui en ont été infectés depuis 2003.Sur 117 personnes touchées en Asie, 60 en sont mortes.L’appartenance de la souche H5N1 à la famille des souches H5 ne la rend que plus menaçante encore aux yeux des scientifiques.«Ce qui est inquiétant avec les virus H5, comme les H7d'ailleurs, c’est qu’on sait que ce sont des souches qui ont tendance à être très virulentes pour le poulet», confirme le microbiologiste.Même si on éradiquait tous les élevages domestiques affectés, il serait impensable d’imaginer en quistes.«Je respecte sa pensée, mais ce n’est pas mon opinion.Le Québec est une société avancée en matière d’égalité homme-femme.Alors, j’ai l’impression que ça ne doit pas être pris en compte.» Mme Marois, qui avait remis en question le leadership de M.Landry dès 2004, devra chercher ailieurs les raisons qui expliquent ses difficultés de campagne au leadership, analyse l’ancien chef.«On ne juge pas par le sexe, par l’orientation sexuelle ou parla religion mais par des facteurs profondément reliés aux capacités de la personne», a-t-il fait valoir.Le Devoir Avec la Presse canadienne Bien que les progrès documentés soient «réels et importants», l’étude met en garde contre toute «complaisance».Il reste 60 conflits armés, qui, de l’Irak au Darfour, sont toujours meurtriers.Le rapport cite également une étude britannique selon laquelle la baisse du nombre de guerres est due à leur «suppression ou à leur endiguement plus qu’à leur résolution».Des études récentes de l’International Crisis Group et le rapport «Peace and conflict 2005» suggèrent aussi que les risques de conflits, de génocides et de meurtres de masse demeurent importants dans plusieurs pays, ce qui pourrait remettre en cause la tendance observée depuis 1992.Combler l’absence de statistiques officielles Le rapport «Guerre et paix au XXIe siècle» est le produit de trois ans d’études par une équipe de chercheurs, sous la direction d’Andrew Mack, directeur du Human Security Center à l’Université de la Colombie-Britannique, à Vancouver.Directeur de la planification stratégique de TONU de 1998 à 2001, Andrew Mack s’est heurté à l’absence de données officielles sur l’augmentation ou le déclin du nombre de guerres et de violations des droits de l’homme.Son rapport se veut une réponse à ce déficit de statistiques, «politiquement trop sensibles» pour être collectées par les agences internationales.Le document vulgarise des données solidement établies dans la communauté scientifique et s’appuie sur des études commandées à des centres de recherche prestigieux.De l’aveu des auteurs, certains chiffres peuvent être sujets à débat.Mais ils affirment que les tendances sont justes, et amplement corroborées.Ces travaux ont été financés par le Canada, la Norvège, la Suède, la Suisse et le Royaume-Uni.Le Monde avoir fini avec la souche H5N1, corpme Ta montré l’expérience de 1997 à Hong-Kong.A l’époque, tous les poulets malades avaient été tués, ce qui laissait croire aux autorités que le virus avait été complètement éradiqué.«On croyait avoir réussi à couper la chaîne de transmission, mais on se trompait, car il en restait dans la faune aviaire», souligne le Dr Couillard.Aujourd’hui, H5N1 est partout dans la faune sauvage, qui, généralement n’en est pas affectée.Ce qui fait dire au Dr Martineau qu’il n’est pas exclu que des oiseaux sains en soient porteurs id même au Canada «U est possible qu’il y ait des oiseaux sauvages porteurs du virus et qu ’ils ne soient pas malades.Pour le moment, on fait des tests et aucun animal n’a été testé positif.» Cela dit tant qu’HSNl ne se transmettra pas d’humain à humain, la menace pour la santé humaine restera minime.Pour le Dr Michel Savard, l’important est donc de se préparer à l’apparition de la prochaine pandémie, qu’elle soit issue de cette souche ou d’une autre.En attendant d’autres impératifs l’emportent sur la menace d’une pandémie, croit le médecin-conseil.«Ce qui est important aujourdhui, c’est le programme régulier de vaccination contre Ut grippe.D’abord parce que c’est un risque réel, mais aussi parce qu’on va se servir de ce programme pour revoir nos procédures.» Le Devoir L'Union européenne se mobilise, tandis que Roche lâche du lest Paris — Devant la multiplication des foyers de grippe aviaire à ses confins, l’Union européenne (UE) s’est mobilisée hier contre la «menace mondiale» d’une pandémie, enjoignant à ses membres de faire des réserves de Tantiviral Tamiflu, sur lequel le groupe suisse Roche devrait assouplir son monopole.LUE doit s’assurer «avant tout qu ’il y a les plans d'urgence les plus adéquats en Europe pour foire face à toute transmission du virus aviaire aux êtres humains».a souligné hier le chef de la diplomatie britannique, Jack Straw, dont le pays assume la présidence tournante de TUE.La grippe aviaire, avec le risque de pandémie en cas de mutation du virus, «constitue une menace mondiale» et nécessite «une réaction internationale coordonnée», ont souligne les ministres européens dans une déclaration commune.Pour la première fois dans TUE, la grippe aviaire a été détectée lundi dans un petit élevage de dindes situé sur un îlot grec, sans que Ton sache encore si elle a été provoquée par le redoutable virus de souche asiatique H5N1, déjà détecté en Roumanie et en Turquie.Le ministère grec de l’Agriculture a indiqué hier qu’il envoyait dans un laboratoire spécialisé en Gran- de-Bretagne un second échantillon de dinde pour déterminer définitivement, dans un délai de sept jours, le type du virus incriminé.Un possible nouveau cas a par ailleurs été repéré en Roumanie, dans le delta du Danube.Des cas suspects ont également été repérés en Macédoine, où pluk d'un millier de volailles mortes avaient été découvertes pendant la fin de semaine.Sur le front des antiviraux, le groupe pharmaceutique Roche a pour la première fois annoncé qu’il était prêt à accepter de confier à d'autres laboratoires la fabrication de ce médicament afin de pouvoir répondre à la demande.«Nous sommes préparés à discuter de toutes les options valables, y compris l’octroi de licences secondaires» pour augmenter la production du Tamiflu, a déclaré William Bums, chef de la division pharmaceutique de Roche.Le géant helvétique s’est dit ouvert à la discussion avec les fabricants de produits génériques, fi a aussi annoncé l’augmentation de ses capacités de production, avec la prochaine entrée en service d’une nouvelle usine aux Etats-Unis.Agence France-Presse Pour Jean Charest, la course à la direction du PQ, «c’est mea-culpa après mea-culpa» Le Devoir www.ledevoir.com Les bureaux du Devoir sont situés au 2050.rue De Bleury, 9* étage, Montréal (Québec), H3A3M9 ^3 Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 à 17h.Renseignements et administration : 514-985-3333 Comment nous joindre ?La rédaction Au téléphoné 514-9853333 Par télécopieur 514-9853360 Par courrier redaction@ledevoir.coni La publicité Au telephone 514-9853399 Par télécopieur 514-9853390 Extérieur de Montreal (sans frais) 1 800 363-0305 Les avis publics et appels d’offres Au téléphone 514-9853344 Par télécopieur 514-9853340 Par courrier avisdev@ledevoir.com Les petites annonces et la publicité par regroupement Au téléphoné 514-9853322 Par télécopieur 514-9853340 Les abonnements Au téléphone 5149853355 du lundi au vendredi de 7h30 À 16h30 Par télécopieur 5149855967 Par courriel abonnements@ledevoir.com Extérieur de Montréal (sans frais) 1-8004637559 L’agenda culturel Au téléphone 5149853346 Par télécopieur 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