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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier F
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2005-10-22, Collections de BAnQ.

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LE J> E V 0 1 K .LES SAMEDI 22 ET DI M A N i II E O ( T O H R E 2 O 0 .T O Eliette Abécassis désacralise l’amour maternel Page F 5 ?JV I / ESSAI Chroniques d'un temps loufoque de François Ricard Page F 7 LE DEVOIR I.' .IVRES /^HTOkV'^ÔB />< * K', PA3r^A3M I i I J U kJ J 0 ri.-ft* * jjL â \ ma CATHERINE MORENCY près des années passées en Europe à parcourir la Russie et £***«& l’œuvre de Tchékhov, le journa-ÿ liste Roch Côté partage dans # m un album savamment illustré ses impressions comme sa connaissance d’un legs auquel il répond avec rigueur et sensibilité.Minutieusement produit, Anton Tchékhov.Une vie illustrée est beaucoup plus qu’un simple hommage.Véritable plongée dans la vie et les écrits du prosateur et dramaturge russe, le parcours que propose Côté puise aux sources de la biographie, de l’essai et de l’étude sans toutefois se confiner dans l’un ou l’autre de ces genres.De l’aveu même de son auteur, «il s’agit bien du livre d’un amateur au meilleur sens du terme, c’est-à-dire d’une personne qui aime.Qui aime assez pour composer, avec les outils de son métier de journaliste et une grande variété de matériaux, son propre portrait d’Anton Tchékhov.» Peintre de la vie moderne Roch Côté arpentera les rues mornes et vides de Taganrog, ville natale de Tchékhov, traquant chaque détail d’une enfance assombrie par un père violent et une pauvreté menaçante.Il ira ensuite admirer la façade rénovée du Théâtre d’art de Moscou — où Stanislavski fit vivre Oncle Vania, Les Trois Sœurs et La Cerisaie —, puis les verts jardins de Mélikhovo et de Yalta, retraites où Tchékhov trouvera, parallèlement à sa pratique de la médecine, le calme nécessaire à l’écriture et au repos de la convalescence.Tout en récoltant un nombre impressionnant de photos, de manuscrits et d’informations pertinentes sur les lieux et les circonstances qui marquèrent la vie de celui qui, «sous des dehors un peu froids, cache une âme meurtrie par le malheur d’autrui», le reporter approfondit sa perception de la psyché tourmentée d’où naîtra Tune des peintures les plus justes que la littérature ait produite de la nature humaine.Atteint de tuberculose dès 1897, Tchékhov connaît la maladie et la déchéance pour les avoir côtoyées de près depuis sa première visite dans les bagnes infects de Sakhaline en 1890, après quoi il n’aura de cesse d’aider bénévolement ses compatriotes touchés par la famine, la pauvreté et le choléra.Oscillant entre une mélancolie qui parfois le paralyse et une philanthropie qui le pousse a s'oublier pour venir en aide à tous, l’auteur à'Au crépuscule constitue un fascinant paradoxe que Roch Côté tente incessamment de cerner.«D'un naturel doux et réfléchi, il arrive souvent à Tchékhov de manifester de l’impatience, une envie irrésistible de bouger, de voir des choses nouvelles, d’aller ailleurs; eût-il été tenté par le grandiose ou le récit d’aventure, la maladie aurait ramené son attention vers les questions centrales de l'existence et à ce sentiment.si souvent exprimé dans son théâtre et ses récits, de la déroute de l’individu devant le chaos sinon l’absurdité de sa propre vie.» C’est il I m en visitant les trous noirs et les chutes du pénétrant esprit que le commentateur arrive à en révéler l’intrigante complexité.Ainsi, le reporter s’achemine à travers les projections de l'écrivain qui doute de lui tout en s’étonnant de sa renommée croissante.Attentif aux révélations livrées par Tchékhov dans sa correspondance comme à sa sensibilité presque mystique devant les manifestations de la nature, Côté note qu'«il y a quelque chose de baudelairien et de païen dans cette forme de sacralisation de la nature.Elle est un temple à l’intérieur duquel, pour peu que Ton soit sensible à son envoûtement, on peut espérer retrouver la grâce de Æ vivre dans la beaute des choses», écrit-il en réponse à ce passage ^ de L’Homme à l’étui: «Lorsque, .' ¦£ par une nuit de lune, on aper- ^* 3 çoit la large rue d’un village 29 avec ses isbas, ses meules de foin, ses saules endormis, l'âme s’apaise; dans cette paix et dans les ombres de la nuit, à l’abri des labeurs, des soucis et du chagrin, elle est douce, triste et belle; il semble que les étoiles mêmes la regardent avec tendresse, que le mal n’existe pas sur terre et qUe tout y est bien.» Un critique en embuscade Lecteur infatigable et lucide, Côté sait débusquer l’angoisse tapie derrière la contemplation, prenant les détours qui s'imposent pour saisir l’ampleur de l’ambiguité tchékhovienne, résumée en ces termes par le critique Vladimir Ka-taïev: «Ses récits sont empreints de cette poésie de la recherche interrompue de réponses à des questions auxquelles aucune répon- 'ni se n'est donnée, et pour lesquelles peut-être aucune réponse n ’existe.» Bien entendu, la lecture de Nietzsche.Tolstoï, Maupassant et d’autres voyants le guidera dans cette quête d'authenticité que rien en lui ne dément mais le Tchékhov qui nous I est présenté ici est aussi ’ le journaliste Antocha Tchékhonté s’aiguisant les crocs dans de petits journaux satiriques avant de devenir le «génie du laconisme, sabreur, adversaire du grand Uhcmk W Tchékhov a toujours l’air de se tenir en embuscade et de dépister les espoirs humains.¦m ¦< Æ 3 19 01.u [iffiecnii-0fiiiicfyii.il ( KapeTOnâ pjui., JtPMHTAHvL'j.’TT CyOOora, 8-ro eBpa.iH.Bo 2-ii [Mia CECTP .Ipj** » 4-,*» xhâcm., cm.fr.If, ’’Icxon* '•prieur.* Tfpwipo** ./ VOIR PAGE F 2: TCHEKHOV « Il s’agit bien du livre d’un amateur au meilleur sens du terme, c’est-à-dire d’une personne qui aime.» .H.IL Jtywotiû.M.IL Cemmtev .0.JJ.Knanacp* .0.Antpcnm •jarw*.ay** ./i JJ IJawaeacaii .AV TT ¦ K.C Saeascxi **•.» Bepaw.*»» as nécessaire de naître beau |x>ur frapper l’œil d’un Doisneau.Collaboratrice du Devoir le Gofrr DES FEMMES LAIDES Richard Millet Gallimard Paris, 2005,197 pages LAISvSÉES POUR-COMPTE Robert Bober PO.L l‘iuis, 2005,236 jiages PALMARÈS LIVRES ARCHAMBAULT 3* ® QUEBECOR MEDIA Résultats des ventes : Du 11 au 17 octobre 2005 HSSRY POTTER IT U PRINCE DE.J K, Rowlmg (Gallimard) NOIR DESTIN QUE LE MIEN I Massoud Al RacNd (Leméac) UNE BELLE MORT Gil Courtemanche (Boréal) ! U ROMAN DES JARDIN Alexandre Jardin (Gra%et| ANGES ET DÉMONS I Dan Brown (JC Lattes) LES CERFS VOLANTS DE KABOUL I Khaled Hosseim (Beffondi | COMMENT DEVENIR UN Jean Barbe (Leméac) I VOUS REVOIR Marc Lévy (Robert Laffont) MEURTRES A LA CARTE Kathy Reècfrs (Robert Laffont) | AVANT LE GEL Henning Mankell (Seuil) OUVRAGE GÉNÉRAL ASTÉRIX T.33 LE Cia LUI TOMBE.R, Goscinny / A Uderzo (Hachette) ALIMENTS CONTRE LE CANCER [ Richard Béliveau (Trécarré) LE GUIDE DE L'AUTO 2006 Collectif (Trécarré) SUDOKU Sylvain Landry (Homme) RECETTES DE JANETTE Janette Bertrand (Libre Expression) MA VIE BLEU-BLANC-ROUGE J, Béliveau / A G Turowet?(Hurtubise HMH) 100 SUDOKU Wayne Gould (First) LE PETIT LAROUSSE ILLUSTRÉ 2006 ; Collectif (Larousse) PETIT COURS D'AUTODÉFENSE.! Normand BaiHargeon (Lux) NOM N Lester ! G Oueilet (Intouchables) LIVRE DE POCHE OA VINCI CODE Dan Brown (Pocketi BOIS TON THÉ PONT, TU VAS PISSER.Fred PtHerin (Sarrarine) ET SI CÉTATT VRAI Marc Lévy (Pockati UN DIMANCHE * LA PISCINE A KKJUJ Gu Courtemancfte (Boréal) UN PCTTT PAS POUR L'HOMME Stéphane Oompierre (Ouéoer.Amérique) MST0ME M PI Yann Marie) 'XYTi HAA RT POTTER ET L'ORME OU PHÉNIX l.K Rowtmg 'GaUimanJ) [ LES PNJERS NE U TERRE ken Follet (Lrwe de pochei NOUVEAUTE ANGLOPHONE A NNUJ0N UTTLE PIECES James Frey (Ancnori A BREATH Of SNOW AND ASHES tkana GabaWon (OouWeOay Canada) TWISTED Jonathan Kellerman (Batlantine) ECHOES j Danielle Steel (De#} KMFE Of MEANS Robert Jordan (Too Jamee Patterson (Warner Booksi STAR WANS: LABYRINTH Of EVIL James Luceno (BaHanbnei Jane Austen (Pengumi Disponible chez votre libraire m I Bryan Perre flntouctaDiev j L'ALCHNMSTE Paulo Coe»» (Lure de poche) I Richard Price (Detll SHOPAHOLIC A SISTER Soon* Kinsetla (Detll www editionsfides com LE DEVOIR.LES SAMEDI 22 ET DIMANCHE 23 OCTOBRE 2 O O 5 F 4 tW" Littérature -Mi THRILLER / H20 inc.ou irriguer les Etats-Unis avec l’eau du lac Saint-Jean FRANÇOIS PATENAUDE T es eaux du Canada ne sont ^•'1^/pas à vendre [.] Mais tôt ou tard, nous devrons aider nos voisins du Sud.C’est une réalité que nous devrons regarder en face, dans un proche avenir.» Ce commentaire que Tauteure du livre H fl inc.fait dire, dans son roman, au premier ministre du Canada, nous risquons de l’entendre de la bouche même de Paul Martin dans les mois à venir.Et ses répercussions seront énormes.Le livre H fl inc., œuvre de l’ex-vice-présidente de Greenpeace, Varda Burstyn, traite d'un enjeu majeur qui touchera le, Canada très bientôt le besoin des Etats-Unis en eau douce.Dans le Midwest et le Sud-Ouest américains, les sécheresses se succèdent, les agriculteurs manquent d’eau et les changements climatiques n’amélioreront rien.La solution semble déjà choisie pour les Américains: importer l’eau du Canada par pipeline.Mais qui seront les promoteurs d’un tel projet?Quelles seront leurs motivations?Comment le tout sera-t-il présenté à la population?C’est à ces questions que Mme Burstyn s’attaque dans son polarécolo, qui se déroule dans la première décennie du XXL siècle.Importer l’eau du Canada Un richissime homme d’affaires américain, William Greele, met en place un consortium (Amwatco) en vue d’importer de l'eau du Canada Amwatco choisit de s’installer au Québec, à la fois parce que la ressource y est abondante el parce Varda Burstvn |7x v i».* I «le Greenpeace qu’il mise sur la «différence» québécoise pour l’isoler politiquement du reste du Canada.C’est au Inc-Saint-Jean que le consortium compte installer son pipeline et ses usines d’embouteillage.Mais le projet est accidentellement découvert par (Jeux personnes au Québec et aux Etats-Unis, et la résistance des écologistes s’organise.On suit alors à la fois les promoteurs dans leurs tractations pour faire approuver le projet en catimini par les politiciens, américains et québécois, et leurs opposants qui s'organisent.Rapidement, la lutte s’intensifie de part et d’autre.Et c’est là que le roman prend toute sa force, d;ins les moyens mis en place par les adversaires qui s’affrontenL.à armes inégales.D’un côté, on souhaite faire adopter le projet de pipeline en douce et, de l’autre, on encourage plutôt le débat public.H fl inc.nous amène dans les coulisses du pouvoir et nous fait découvrir que, lorsque de grosses sommes d’argent sont en jeu, les rouages bien huilés se mettent en place entre ceux qui détiennent les pouvoirs financiers, politiques et médiatiques.Tout y passe, et même le plus sordide.Mais les opposants ne sont pas à court de moyens: le piratage informatique, les contacts politiques et médiatiques sont aussi au rendez-vous.Le roman est bien ficelé.L’intrigue nous tient en haleine et l’au-teure maîtrise visiblement très bien son sujet Les enjeux et les moyens déployés sont bien décrits, et on reconnaît des acteurs en présence tant au Québec, Eau-Non (Eau Secours), la Caisse laurier (Caisse Desjardins), qu’aux Etats-Unis.On peut reprocher à Tauteure de s’attarder dans des descriptions un peu longues qui agacent parfois et certains passages fleur bleue, mais ne boudons pas notre plaisir.Car ce polar-écolo, qui aborde également plusieurs enjeux écologiques d’importance, nous fait aussi voir comment les mesures de sécurité pour lutter contre le terrorisme pourraient mener à certaines dérives et faire passer l’expression écolo-terroriste dans le langage courant Un livre utile, dont la grande force est d’aborder, aujourd'hui, un enjeu majeur qui se pointera à l’horizon très bientôt Collaborateur du Devoir h2o inc.Varda Burstyn Lanctôt éditeur Montréal, 2005,440 pages Symposium sur le droit d’auteur La programmation du fi Symposium international sur le droit d'auteur, qui se tiendra à Montréal sous les auspices de Tl Inion internationale des éditeurs, du 23 au 25 avril ÉCHOS 2006, en clôture de Tannée Montréal, capitale mondiale du livre, a été dévoilée récemment L'Association nationale des éditeurs de livres, appuyée par l’Union des écrivaines et des écrivains québécois, en a profité pour fain' un vibrant plaidoyer en faveur du droit d’auteur, malmené dans le contexte de la refonte de la loi.Le symposium réunira des conférenciers des quatre coins du monde qui aborde ront des sujets tels les aspects critiques des nouvelles législations en droit la numérisation comme nom veau modèle d’affaires, la copie privée dans l’environnement numérique, le piratage, etc.- Le Devoir Découvrez nos nouveautés POÉSIE du Canada fra 1 lelène 1 l.irbec ‘ v \ COUfcAK'Nl'bm LE TRACTEUR CÉLESTE Hélène Harbec Éditions Perce-Neige Robert Dickson libertés provisoires LIBERTES PROVISOIRES Robert Dickson Éditions Prise de parole Fredric Gary Comeau Naufrages HR OCWWfcil NAUFRAGES Fredric Gary Comeau Éditions Perce-Neige POSTE RESTANTE Lise Gaboury-Diallo Editions du Ble Poste restante RÉC F www.recf.ca U eAteun sous unt mém« banraire Eloge de la prose MICHEL BIRON Laurent Mailhot est l’auteur de quelques ouvrages de référence bien connus des étudiants en littérature québécoise.Ce sont des ouvrages extrêmement sérieux qui ont une visée pédagogique évidente, qu’il s’agisse de synthèses historiques ou d’anthologies.Mais son érudition trouve aussi des modes d’expression plus libres et plus personnels, en particulier à travers des essais consacrés à des œuvres qui lui tiennent à cœur et qu’il se donne le plaisir de relire en profondeur.C’est le cas de son dernier ouvrage, qui porte bien son titre,, Fia airs de la prose (prix de la revue Etudes françaises).Les «plaisirs de la prose», ce sont ceux que procurent à Diurent Mailhot les œuvres de Saint-Denys Garneau, de Gabrielle Roy, de Claire Martin, de Gilles Marcotte, de Gilles Archambault, de Pierre Morèncy, de Bernard Arcand et de Serge Bouchard.Pourquoi ce choix qui semble à première vue assez curieux?La question est légitime, mais il n’est peut-être pas essentiel d’y répondre de façon rigoureuse.Ce qui compte, c’est que tous ces écrivains, qu’ils soient poètes, romanciers, nouvellistes ou anthropologues, accordent à la prose une valeur centrale.Ce sont même des prosateurs «exemplaires», affirme Laurent Mailhot.Us n’écrivent pas de ces «hautes proses» où les auteurs forcent la voix pour se faire entendre.mais plutôt des «textes de l'écriture quotidienne» qui empruntent souvent la forme de lettres, de journaux, de mémoires, de carnets, etc.Cette simplicité n’est pas un manque d’ambition, au contraire.L’écriture est chez eux «magnifiquement pédestre».Ce sont des prosateurs lucides qui savent bien qu’ils courent un risque à préférer les modestes collines aux plus hautes montagnes.Ils risquent en effet de passer inaperçus à côté d’autres écrivains plus tapmà-Tœil ou, pire encore, de bientôt paraître inactuels, voire démodés.Mais c’est justement là leur force, soutient Laurent Mailhot, pour qui Tinactualité est «une vertu et un art».Classicisme Ces écrivains ont aussi une autre force, plus convaincante même peut-être, qui constitue la qualité fondamentale de leurs proses: «jamais elles n’exagèrent».En cela, elles ont quelque chose d’antiromantique ou de classique, mot qui revient souvent tout au long du livre.Non par passéisme ou par nostalgie du beau style, mais par une sorte de résistance aux cris et aux jappements d’une modernité trop satisfaite d’elle-même.U faut lire en particulier le remarquable chapitre consacré à la romancière Claire Martin, «écrivain français classique» dont la révolte n’est pas moins violente que celle des auteurs plus célèbres de la Révolution tranquille.Le classicisme, oui, mais à condition d’être impur, profondément immergé dans son temps et soutenu par une passion secrète.«Toute prose tend ou devrait tendre à un classicisme ainsi défini.» L’écriture de Laurent Mailhot elle-même correspond assez bien à une telle exigence.Exacte dans la synthèse comme dans l’analyse, elle est traversée d’un bout à l’autre par une passion érudite qui a quelque chose de fascinant et d’étourdissant.Personne ne connaît mieux que lui toute l’histoire de la littérature québécoise, et jusque dans ses moindres recoins.Parlant de Claire Martin, il fait le lien avec Marie-Claire Blais, avec Anne Hébert, mais aussi avec SOURCE PUM Laurent Mailhot Yves Thériault, Claude-Henri Grignon, Albert Laber-ge, Laure Conan, et plusieurs autres (d’ici et d’ailleurs).L’érudition n’est pas que livresque, ou, en tout cas, elle se déploie à partir d’œuvres qui ne le sont pas.le chapitre le plus long de l’ouvrage porte sur le poete-ornithologue Pierre Morency, dont les promenades en nature constituent de véritables leçons de prose.«Décrire est évidemment ici écrire», affirme sobrement Laurent Mailhot Le lecteur pressé pourra trouver que Les Plaisirs de la prose s’abandonne un peu trop aux joies austères de la description ou de l’érudition gratuite.Mais cette dernière n’est justement pas gratuite.D y a là une façon d’accompagner les œuvres, une méthode de lecture dont on trouve l’énoncé dans une note en bas de page.Mailhot cite Nabokov en train d’expliquer à ses étudiants en lettres qu’il souhaitait les transformer en grands lecteurs de grands auteurs.Puis il ajoute ceci, qui résume au fond sa propre entreprise: «On peut être aussi bon lecteur de petits auteurs ou d’auteurs moyens (pas médiocres) d’une littérature qui se fait», écrit-il en reprenant à son compte l’expression de Gilles Marcotte.Il y aurait donc moyen de lire les petits auteurs ou les auteurs moyens (pas médiocres, la nuance est importante) avec la même rigueur, la même générosité, le même plaisir qu’on accorde à la lecture des grands auteurs?Ce pourrait avoir Tair d’un vœu pieux si ce n’était très exactement ce que fait I aurent Mailhot tout au long de cet ouvrage.Un modèle à suivre.Collaborateur du Devoir PLAISIRS DE LA PROSE Laurent Mailhot Presses de l’Université de Montréal Montréal, 2005,299 pages LITTÉRATURE QUÉBÉCOISE La vie et rien d’autre MARIE LABKECQUE Qu’est-ce qui rend une vie digne d’être partagée avec les lecteurs?Chaque expérience humaine est unique, et universelle par cette unicité; tout est dans la manière de raconter.Geneviève Robitaille a déjà écrit deux récits ancrés dans l’autobiographie: Chez moi et Mes jours sont vos heures (publiés chez Triptyque, respectivement en 1999 et en 2001).Mince plaquette destinée à la collection «Ici Tailleurs» (où les auteurs dévoilent les sources, la genèse de leur écriture), Eloge des petits riens n’est pas si dif férent des livres précédents.Ce recueil impressionniste parle de son rapport à l’écriture, mais aussi de détails plus anecdotiques de sa vie, de ses petits plaisirs quotidiens.Elle y raconte la résurrection dime ancienne amitié, des souvenirs volés à un temps où sa vie n’était pas balisée par une maladie dégénérative.Depuis que Geneviève Robitaille souffre d’arthrite rhumatoïde, son existence est un combat.L’ordinaire acquiert pour elle une allure extraordinaire: mettre un pas devant l’autre, lire et «voir les mots».D's petits riens, c’est parfois tout ce qui reste à la jeune quadragénaire, qui ne quitte guère son deux et demie de la Vieille Capitale.«Ma journée est une succession d'événements routiniers que j'anticipe avec une joie presque absurde.» U y a ses deux chats, ses amis de l’univers théâtral (dont le dramaturge Serge Boucher) , la télé, les livres audio.Autant de fenêtres ouvertes sur le monde et les histoires des autres.«Voler le monde est mon métier.[.] J'appréhende le monde par les mots de Van Gogh: “Trouve beau tout ce que tu peux."» Cette ancienne comédienne, pour qui le monde était une scène, accepte avec courage un rôle qui s'apparente désormais à celui de témoin.«C'est ce qu 'il y a de plus beau en moi: ce que les autres voient.» Puisque sa vie est si dépourvue d’événements, devrait-elle inventer?Mais là où les lecteurs pourraient ne voir que des fragments de vie véridiques, Geneviève Robitaille sait bien que l’écriture suppose un travail de transposition: «Il est inutile pour moi de chercher à écrire de la fiction, puisque je n’écris que cela.Je relis mes livres Parfois, mes récits autobiographiques.et je suis à chaque fois surprise par mon imagination débridée.» Amour de la vie Aucun apitoiement sur soi dans ce récit, traversé au contraire par Tamour de la vie.«Ma volonté maniaque de ne plus succomber à la dépression et à l 'anxiété généralisée me force à chérir l’ordinaire et à désamorcer le grave, ou du moins à accepter que je ne puisse pas le saisir.Je ne cherche plus à mener une vie exceptionnelle pour me distraire de ma maladie.Je refuse de me distinguer par ma sublimation.Je me plais à vivre, simplement.[.] mes élans créatifs bénéficient davantage de mon acharnement au bonheur et au pragmatisme que de mes souffrances.» D'où la grande angoisse qu'a ressentie Geneviève Robitaille devant l'histoire hautement médiatisée de Manon Brunelle, cette femme souffrant de sclérose en plaques qui a choisi le suicide assisté — une chronique d’une mort annoncée, vécue en Suisse sous Tœil de la caméra.En dépit de certaines expressions douteuses (ou même d'un néologisme: grandiosité), ce petit livre touche par la sincérité, la sensibilité de son plaidoyer pour la vie.Geneviève Robitaille s'est taillé une place à elle dans la littérature québécoise.Avec ses petits riens, elle parvient à donner du prix au quotidien.Collaboratrice du Devoir ÉLOGE DES PETITS RIENS Geneviève Robitaille Leméac, coll.: «Ici Tailleurs» Montréal, 2005,83 pages Les Éditions du Noroît Nouveautés de l’automne 2005 Mrww.lenor-oit.com PAU* « ** VM ! M U »\*WI VIVRE AIN SI Paul Chanel Malenfant Vivre ainsi Anthony Phelps Une phrase lente de violoncelle 4 LE DEVOIR.LES SAMEDI •> •> ET DI M A V ( Il E O (TORRE 2 O O ô F T» «'Lui u nu: NVi Dans Un heureux événement, Eliette Abécassis désacralise l’amour maternel.Celui-ci est réel et puissant mais ne se vit pas comme un conte de fées.AGENCE FRANCE PRESSE Eliette Abécassis R O M AN FRANÇAIS Interrogations sur la maternité N AÏ M K A T T A N Barbara et Nicolas s'aiment d'amour tendre.Elle rédige sa thèse de doctorat en philosophie alors que lui dirige une galerie d'art.Ils vivent dans le Marais, quartier que se partagent les juifs et les homosexuels.Les deux amoureux mènent une existence de bohèmes.Ils voyagent au gré de leurs désirs el de leurs moyens financiers, se rendent en Italie et à Cuba.Ils chantent, boivent et s'etrei-gnent.Et voilà que Barbara declare qu'elle est enceinte.L'enfant sera l'expression de leur grande passion l'un pour l'autre.Le bébé.lea.naît et transforme la vie du couple.Barbara décide de l'allaiter, ce qui l’oblige à passer des nuits blanches car le bébé pleure et met des heures à s'endormir.Ils se trouvent à Tetroit dans le studio où ils habitent, agréable et charmant mais pour un ménage sans responsabilités.Us déménagent et l’appartement plus grand qu'ils louent grève leur budget.Grand amateur d'art, Nicolas se trouve force de quitter sa galerie et d'accepter un emploi de conseiller.Ses journées de travail sont longues.Seule à s'occuper du bébé, Barbara ne trouve même plus le temps de prendre une douche, ne s'occupe plus de son corps, ne soigne plus sa peau, engraisse.Evidemment, elle ne songe plus à sa thèse et se rend compte que sa vie a changé.Elle aime sa fille, certes, se met à son service, la nourrit, change ses couches, se sent physiquement unie à elle.Mais elle lui vole sa vie.Elle s'en prend à son mari qui.épuisé par ses longues journées de travail, n’a qu’une envie quand il rentre: dormir.Elle ne supporte plus ses ronflements et ressent de moins en moins le besoin de ses étreintes, éprouvant la plenitude de son corps dans l’allaitement.Les disputes com- mencent et It's querelles deviennent fréquentes.À tour de rôle.Barbara et Nicolas font appel à leurs mères.Celles-ci sont pesantes et ne leur apportent ni aide ni reconfort.Ils sont juifs orthodoxes, mais cela n’a que peu d’implication d.uis leur vie, sauf quand la mère de Nicolas achète une carpe vivante et la place dans Lt b,ù gnoire en attendant de prep;irer un mets juif, le gefilte^ fisch.Barbara a envie de la jeter, ce qui met son mari en colère.I ne c;upe vivante est une rareté à Baris et sa mère la prépare mieux que quiconque.Barbara quitte la maison et Nicolas prend sa fille en charge Elle accepte le rendez vous d’un homme qu’elle a rencontré chez le psychiatre qu'elle consulte mais refuse l'invitation de partir en vacances avec lui.«Jetais seule, oui.Im passion, l’amour, l'amitié fuissent arec le temps qui passe.Ce qui reste, ce qui perdu re par un grand mystère, e'est la rie: J'étais enceinte.* Dans ce roman.Eliette Abécassis désacralise l'amour maternel.Celui-ci est reel et puissant mais ne se vit pas connue un conte de fées.On a l’impression que son héroïne dramatise une situation passa gère et que son mari manque de perspicacité.L'intention de la romancière est ailleurs.Pour elle, l’enfant (xml couronner et renforcer l’amour du couple, mais il penl aussi le réduire à néant.Se sentant totalement unie à sa fille.Barbara mère n’a plus besoin de son mari.Collaborateur du Devoir I N HEUREUX ÉVÉNEMENT Eliette Abécassis Albin Michel P;iris, 2005,223 pages ROMAN QUEBECOIS Magasinage amoureux Sophie Lepage évoque le mode de vie solitaire de ces travailleurs autonomes qui ne rencontrent jamais leurs collègues de travail MARIE LABRECQUE Premier roman de Sophie Lepage, Lèche-vitrine compare la quête amoureuse de ses personnages à leur façon de consommer.Un parallèle pas bête, à notre ère du jetable, où l’on «magasine» ses conjoints armé d’une longue liste d’épicerie pas toujours réaliste.On suit donc cette faune montréalaise dans sa recherche de l’âme sœur, de la voiture idéale ou de la veste de ses rêves.Rédactrice à tout faire et dénicheuse d’objets («professionnelle du lèche-vitrine») pour un magazine féminin, Marie est une rêveuse qui préfère généralement attendre d’obtenir ce qui la fait fantasmer, peu importe l’apparente inaccessibilité de la chose ou de l’homme en question, plutôt que de se contenter d’un second choix.«As-surément, elle était la reine de la chasse au trésor, celle qui pouvait chercher patiemment ce qui lui convenait.Quand elle dénichait un objet exclusif, qui ressortait du lot, elle savait qu’il était pour elle et cela déclenchait des passions.qui la faisaient rêver longtemps, longtemps.Même manège au rayon des hommes.» Au contraire, le colocataire gai de Marie, Cari, succombe toujours à ses désirs impulsifs.Depuis que Philippe Ta quittée, Claudia — une yuppie qui.scandale, n’achète même pas de café équitable! — se console de sa peine d’amour en chargeant au maximum sa carte de crédit Consommateur éclairé et réfléchi, Philippe, lui, a dressé une liste de «critères bien précis» auxquels sa future blonde devra correspondre.Le photographe croit justement que Marie, la charmante reporter qui travaille pour le même journal que lui mais avec laquelle il ne communique que par téléphone, pourrait être parfaite pour lui.Mais la belle romanesque en pince pour un séduisant jeune homme aperçu dans un supennarché, sans se douter qu’il ne fait qu’un avec Philippe.S’ensuivent des chassés-croisés entre ces deux êtres faits Lun pour l’autre, mais qui ne cessent de se rater.Devinez la conclusion.Lèche-vitrine évoque donc le mode de vie solitaire et mouvant de ces travailleurs autonomes qui ne rencontrent jamais leurs collègues de travail.Jeunes pigistes du Plateau aux revenus irréguliers: consommation effrénée qui rime avec consolation; célibataires en quête d’amour mais aux critères exigeants; un zeste d’audace sexuelle (vibrateur, ménage à trois.): le roman flotte dans l’air du temps.Tellement qu’il en est volatil.Un livre «tendance» C’est «tendance» (comme on dirait dans le monde des magazines) , plaisant, sans prétention, parfois amusant, d’une insondable légèreté et parfaitement superficiel.Au-delà de son savoureux constat de base — le magasinage amoureux —, Lèche-vitrine n’offre pas grand-chose à se mettre sous la dent, effleurant ses personnages.Le roman appartient lui-même à la catégorie de la lecture de consommation, véritable fast-food littéraire.Un roman minceur, reflet d’une époque où Ton favorise la rapidité et les textes courts.marchedulivre.qc.ca librairie agréée Livres et bandes dessinées WW.UlliM.fW.l.a Sur l« campus UQAM, à deux pas de la Qrande Bibliothèque 514.288.4350 Angle de Alaisonneuue et St-Hubert Je offre lef pU; bea^x livxef, bd et col d’occario* à o*e frictio* oL prix cHo BOUQUINERIE SAINT-DENIS 4075, rue St-Denis, («fl* ouunh, 288-5567 BOUQUINERIE du plateau 799 Mont Royal, lanyk St Hubwt) 523-5628 Presses de l'Université du Québec Collection Études d’économie politique Sous la direction de Diane-Gabrielle Tremblay et David Rolland De la CQNCIUATION empioi-Tamiire A UNE POLITIQUE des temps sociaux Commandez en ligne et économisez www.0J2J0.ca 1 800 859.7474 1>- Québec SS L’histoire de Sophie Lepage se lit d’une traite, sans douleur.Mais il faudrait une plume plus ironique ou pétillante pour donner de l'étoffe au récit Touche-à-tout de la rédaction (elle écrit pour des magazines, des sites Internet et la télévision), Tauteure a découpé son roman en de très brefs chapitres, chacun coiffé d’un titre énuméra-tif — par exemple, «L’hélicoptère, le pesto et les draps».Un peu à la manière des chroniques qu'on retrouve dans les magazines.Mais d'un roman, on espère davantage de substance.Collaboratrice du Devoir LÈCHE VITRINE Sophie Ix'page Triptyque Montréal, 2005,147 pages Un guide du parisianisme N A1 M KATTAN Quand il a fait paraître Géographie universelle en 1953, Bernard Frank fut accueilli comme un écrivain brillant et plein de promesses.11 a publié par la suite des essais et des romans, pour devenir ensuite un chroniqueur au Monde puis au Nouvel Observateur, où il fait état de ses lectures et de ses rencontres.Les Rues de ma vie est un recueil de chroniques publiées dans la revue Urbanisme.Frank fait part de ses déménagements, décrit les quartiers parisiens où il a résidé.Sous sa plume, Paris nous apparaît comme une ville multiple.Le chroniqueur passe en revue chaque arrondissement.D'entrée de jeu, il affirme: «Les restaurants comme les cafés m'ont toujours semblé l’un des éléments essentiels d'une ville.» Aussi, on peut lire ce livre comme un guide des meilleurs restaurants et des bars fréquentés par les artistes et les écrivains il y a trente et quarante ans.Frank y allait avec des amis et d’abord et surtout avec Françoise Sagan.Ils étaient entourés d’un groupe d'artistes et se retrouvaient dans les mêmes établissements.Certains ont persisté, affirmant leur volonté de construire une œuvre.D’autres ont abandonné art et littérature, choisi d’autres voies.Seule les réunissait leur volonté de s’amuser.Certes, des débats pouvaient survenir au cours des longues soirées consacrées aux dîners fastueux, à la boisson et au jeu.Des veillées sans but et sans fin.Pour eux, Paris était un spectacle permanent dont ils étaient parfois les acteurs et souvent les spectateurs.11 leur arrivait d'être en représentation sans se donner en spectacle.Cet ouvrage abonde en anecdotes et souvent en jugements rapides et lapidaires sur certains écrivains et artistes, une illustration d’un certain parisianisme.Collaborateur du Devoir LES RUES DE MA VIE ClIKONiqUES Bernard Frank le I Mlettante Paris, 2005,219 pages l’état du monde y'C’fr M m ,#r m L’actualité internationale à votre portée Le seul annuaire économique et géopolitique mondial Une analyse approfondie des grandes tendances planétaires Un bilan de l’année pour tes 226 États et territoires de la planète 672 pages • 29,95 $ En collaboration avec I.K # RADIO PREMIÈRE CHAÎNE I Boréal «*w •dltionsboreaLqt.ca L’AGENDA L’HORAIRE TELE, LE GUIDE DEVOS SOIRÉES Gratuit dans Le Devoir du samedi LE s 8 06 86 L K DEVOIR, LES SAMEDI 22 ET DIMANCHE 23 OCTOBRE 2 0 0 5 F 0 ROMAN QUÉBÉCOIS Brouillon espagnol CHRISTIAN DESMEULES Une jeune Québécoise séjourne à Barcelone.Pour le travail, pour les études ou pour le plaisir.Difficile de savoir.Tantôt elle est dans un autocar ou dans la ville, tantôt on la retrouve dans le train ou marchant quelque part sur le chemin de Compostelle.Elle fait quelques rencontres amicales ou épidermiques, vit de souvenirs récents et d’avenir flou, semble aimer l’Espagne mais lorgne déjà l’autre côté de la Méditerranée — vers les rives marocaines.I^aurence Prud’homme, avec Im Ville aux escargots, s’essaie à la littérature avec un premier roman étonnamment brouillon, fait de notes de voyage, de digressions instantanées, de longs dialogues et de courts chapitres sans liens apparents.Sans oublier les multiples «petits procédés littéraires» pour égarer le lecteur.En somme, le roman post-adolescent classique.Voyager, faire des rencontres, fumer des joints mais pas trop, se chercher un peu mais pas trop, s’interroger sans fin sur l’amour (surtout celui qu’on n’a pas), puis croire que ces lieux communs forment a priori une matière littéraire inédite et nécessaire.Auberge espagnole L’auberge espagnole appliquée au roman: carte postale, leçon d’histoire du Québec, visite en odorama, questionnement identitaire soft et exotisme sensuel.Il ne reste plus qu'à apporter son vin.Tout cela emballé d’une architecture narrative dont il est difficile de saisir la logique — et surtout la nécessité —, et de longs passages dialogués en espagnol qui ajoutent au désarroi d’un lecteur déjà solidement éprouvé par la faiblesse du récit.Barcelone, ville-escargot?Belle idée, très joli titre.Mais plus que Paris, Londres, Home ou Caracas?La-dessus, comme pour d’autres intuitions confusément développées, la prose de Laurence Prud’homme ne prouve rien de ce quelle avance.Malgré tout, parfois, quelques pâles éclairs d’écriture sous le brouillard.«Et puis tout d’un coup, entre les détritus et les murs tachés d’urine, on découvre un bijou de l'Art déco, une perle de l’ère moderne, un chef-d’œuvre né de l’imagination colorée, somnambule, organique, de Gaudi.On entre alors dans la coquille vivante d’un escargot de verre.Un oiseau aux os creux où le vent s'engouffre et se plaint.Un labyrinthe dont les murs respirent de tous leurs pores.Une grotte cachée derrière une cascade limpide.C’est doux, c’est frais comme un fromage blanc.Et on apprend avec délice qu’il y en a d’autres, plusieurs autres.Et on aime alors cette ville clémente, qui laisse éclore la beauté sur un terreau immonde, jonché de la merde des chiens et arrosé de la pisse des hommes.» Bien senti, prometteur, mais trop peu représentatif de l’ensemble.Laurence Prud'homme dispose d’un réel talent d’observatrice, mais la jeune auteure échoue le plus souvent à relier toutes ces images entre elles et à créer du sens.On sent surtout, et sans doute est-ce le chapitre le plus triste de cette petite histoire, un manque de travail de l'éditeur derrière ce premier roman.Et le résultat nous rappelle ce que Roland Barthes écrivait, dans ses Mythologies, à propos de la coupe de cheveux de l’abbé Pierre: elle est, sans pourtant être quelque chose.Collaborateur du Devoir LA VILLE AUX ESCARGOTS Laurence Prud’homme Québec Amérique Montréal, 2005,264 pages ÉCHO .S Prix des Abonnés 2005 Le Réseau des bibliothèques de la ville de Québec profitait de la Se maine des bibliothèques publiques qui se termine pour annoncer les lauréats des trois catégories du prix des Abonnés 2005.L’auteur Yvon Brochu remporte le titre de la catégorie jeunesse pour son Galoche en état de choc (Foulire).Claude Cossette, fondateur de l’agence Cossette Communication et professeur à l’Université laval, rafle celui de la catégorie fiction pour son roman Un loup parmi les loups (Septentrion).Au volet documentaire, la récompense revient au géographe Henri Dorion et au photographe Pierre Lahoud pour lœ Québec, villes et villages vus du ciel.-LeDevoir La crème des intellectuels Les lecteurs des magazines britannique et américain Prospect et Foreign Policy ont élu Noam Chomsky à la tête des 100 intel lectuels les plus influents du monde.Le linguiste et penseur libertaire de gauche est bien connu pour sa virulente critique des médias et tje la politique étrangère des Etats-Unis.Après lui viennent, dans l'ordre, le sé-mioticien et romancier italien Umberto Eco, le vulgarisateur scientifique Richard Dawkins (Royaume-Uni), l'écrivain et exprésident de la République tchèque Vaclav Havel et le journaliste et critique britannique Christopher Hitchens.- Le Devoir MIB» Les amants imparfaits U « -»u « L'auteure renoue avec les sortilèges qui hantaient le roman Nous somnes tous eternals ¦j (prix Femma 1990) et nous hypnotise avec ce • livre envoûtant.» Q 3 ~» Monique Roy, CMteiame < « Un très beau roman, assez dangereux et diabolique pour troubler même les âmes bien nées » > Jacques Folch-Ribas (5!4) 5Î4 S558 lemeaciSlwTwac com « 1 I | S ^Littérature^- ROMAN FRANÇAIS Un pont entre deux rêves mioli* AGENCE FRANCE-PRESSE Franck Pavloff lors d’une séance de signatures.Inter CHRISTIAN DESMEULES D> origine bulgare, psychologue et spécialiste du droit | des enfants, Franck Pavloff est ! l’auteur d’une fable coujxle-gueu-! le, miracle de l’édition paru en 1998 (onze pages publiées par un petit éditeur installé à Chambon-sur-lignon, en Haute-Loire, plus d’un million d’exemplaires écoulés).Matin brun racontait d'un seul souffle l’absurdité d’un monde étouffé sous lu couleur «brune» d’un Etat totalitaire.Avec Le Pont de Ran-Mositar, un roman tout en finesse et en exploration floue des profondeurs, Pavloff garde le goût des symboles forts et de la réflexion humaniste.Quelque part dans les Balkans, dans un pays jamais nommé qui tente de se reconstruire lentement à l’issue d’une terrible guerre civile, au cœur d’une ville meurtrie fendue en deux par un fleuve et par la méfiance, un homme descendu des montagnes du nord est à la recherche de quelqu’un.Coupée en deux par le fleuve, Ran-Mositar, la ville qui l’accueille est surtout divisée par le nationalisme et la religion — chrétienne orthodoxe d'un côté, musulmane de l’autre.Ouvrier forestier engagé pour la reconstruction du vieux pont de pierre détruit durant la guerre, ce Schwara à la tête d’étranger se fait rapidement connaître, grâce à son habileté, comme «l’homme aux mains de bois».Dans cette ville portuaire où les haines sont encore vives, tout le monde se croise dans une sorte de chaos explosif: trafiquants ou chômeurs, ex-miliciens, veuves de guerre, femmes dépossédées par le viol ou par la prostitution, inca- pables de pardonner ou forcées de «détruire une moitié d’elles-mêmes pour que l’autre survive».Autour du chantier pour la reconstruction de ce pont aux allures de sépulture (on apprendra au cours du récit qu’on jetait près de ses piliers les boues des charniers humains nettoyés en catastrophe), Schwara posera lès questions qu'il faut afin de retrouver un jeune homme portant une cicatrice au visage.Mais dans un pays «reconstruit par de sales lézards qui traînent derrière eux de tristes mues de vengeance», sa curiosité éveillera les soupçons et il lui faudra effacer ses propres contours pour arriver à ses fins.«Parfois les fils survivaient à leur père, parfois c'étaient les pères qui perdaient leurs fils, mais c’était la même douleur d’une seule chair arrachée à la vie.» L’oubli est-il parfois nécessaire?Peut-on oublier?Et pour commencer à oublier, vaut-il mi,eux pardonner ou se venger?Evoluant dans une sorte de brume permanente, lente mais pourtant précise, la phrase de Franck Pavloff dé roule sans crier ses questions graves d’après-guerre.Collaborateur du Devoir LE PONT DE RAN-MOSITAR Franck Pavloff Albin Michel Paris, 2005,270 pages LETTRES FRANCOPHONES Ma fille, cette inconnue LISE G A U V1 N Après Les Rochers de poudre d’or et Blue Bay Palace, Na-tacha Appanah, romancière d’origine mauricienne, livre avec La Noce d’Anna un récit tout en nuances et en demi-teintes, longue variation sur les relations mère-fille et la complexité des sentiments qui les unissent.Une femme, Sonia, journaliste et romancière, apprend que sa fille a décidé de se marier avec un jeune homme rencontré au cours d’un voyage et qui habite la même ville qu'elle, Lyon.Rien de plus banal, somme toute, que ce projet.C’est alors l’occasion, pour la mère, de revoir, en Hash-back, les événements majeurs de sa vie et de constater la distance qui la sépare de cette enfant, sa fille, devenue peu à peu pour elle une quasi étrangère.Jusqu’à quel point cette enfant l’aime-t- elle?Jusqu'à quel point ne lui re-proche-t-elle pas son choix initial de lui avoir donné le jour et de l’avoir élevée seule?Jusqu’à quel point accepte-t-elle la différence dans la couleur de leur peau, elle blanche, née d’un père anglais, l'autre à la peau plus sombre?Un jour, dans un grand magasin parisien, la petite fille échappe à la surveillance de sa mère.Cette dernière, affolée, la retrouve à l’accueil mais doit, pour la récupérer et à cause de préjugés racistes, prouver quelle est bien sa mère.Cet incident sera déterminant dans son choix de quitter Paris pour une ville aux dimensions plus humaines.Et Sonia de se demander maintenant qui est cette jeune femme sage, trop sage, qui lui ressemble si peu.D'autres sujets traversent le récit.A propos d’exil, notamment, la narratrice contredit l'idée reçue qui veut que les immigrants soient nostalgiques de leur pays d’origine.L’île Maurice, où sont nées l’auteure et son personnage, est décrite comme «ce pays ensoleillé et étriqué, ce pays magnifique et raciste, ce pays où le travail est une vertu et le mensonge un art de vivre».De façon récurrente apparaissent également des réflexions liées à l’écriture, au doute qui l’accompagne et au sentiment de l’absolue relativité qui marque les destins: «Je me dis qu'un de ces matins, quelqu’un va se rendre compte que je ne suis qu’une imposteure, que je ne sais pas écrire, que je ne sais pas élever un enfant, que je ne sais pas garder un homme, que je ne sais pas tenir une maison, que je n’ai pas d’avis et que tout ça, c’est du vent.Quand toute cette mascarade sera découverte, je ne serai alors qu’un semblant de femme à la peau café au lait, aux cheveux noirs, perdue dans la ville, sans but, sans idées, sans enfants, sans livres.Tout ce que j’ai, jusqu'à présent, ne tient qu’à un fil.» Voilà soudain que ce fil prend une direction nouvelle! le jour de la noce d’Anna, et que l’avenir semble de nouveau possible.Il y a dans ce long monologue un ton, un style, une intensité telle que le livre se lit d’une seule traite, avec cette attention fébrile que l’on accorde généralement aux romans policiers et qui, ici, se concentre sur la vie et ses mystères.Un livre que l’on quitte à regret et une auteure dont on attend avec impatience le prochain roman.Collaboratrice du Devoir LA NOCE D’ANNA Natacha Appanah Gallimard, «Continents noirs» Paris, 2005,148 pages LITTÉRATURE JEUNESSE Des trésors en or ANNE MICHAUD Les Editions Dominique et compagnie publient cet automne deux albums remplis de poésie et de tendresse sur la relation particulière qui unit les jeunes enfants à leurs grands-parents.Le Trésor de Jacob, de Lucie Pa-pjneau et Steve Adams, raconte l’histoire d'un petit garçon dont la grand-maman a dû être «placée» à cause de ses jambes en spaghetti.Toutefois, avant de partir, Mamie li a confié ses trésors d’en-fanee au petit Jacob: dans une boi- te garnie de velours reposent un camion de pompier, un petit cheval doux, un clown à grande bouche et Bella la ballerine.Grâce à ces jouets venus d’une autre époque, Jacob va vivre une aventure merveilleuse qui le rapprochera de sa Mamie Li même s'ils n'habitent plus ensemble.Dans Un grand-papa en or, Marie-Francine Hébert et Janice Nadeau décrivent à quel point le petit J till admire son grand-papa, qui a les biceps durs comme de l'acier et un cœur en or! Jüll, qui a peur de tout, ne peut pas croi- re que son grand-papa, qui n'a peur de rien, a déjà été un petit garçon lui aussi! Heureusement, Jüll a une épée magique qui le protège! Son grand-papa lui raconte que cette épée lui appartenait et lui explique qu’il va grandir et prendre des forces alors que lui-même va doucement perdre les siennes.Alors Jüll lui chuchote à l'oreille: «Ne t’inquiète pas, quand je vais être grand, je serai ton grand-papa».Emotions garanties à la lecture de ces deux albums magnifiquement écrits et superbement illus- trés.À lire de toute urgence, de préférence sur les genoux de son grand-papa ou de sa grand-maman Collaboratrice du Devoir LE TRÉSOR DE JACOB Lucie Papineau et Steve Adams UN GRAND-PAPA EN OR Marie-Francine Hébert et Janice Nadeau Dominique et compagnie Albums rigides, 34 pages (trois ans et plus) ILKNANLUX LULl LE l.’Inoubliable Il n‘v j rien d'intact dan* ma chair Félicitations à nos finalistes du Prix du Gouverneur général • l'HEXAGONE www.henagone.cor Danielle Fournier Fernand Ouellette LE DEVOIR.LES SAMEDI 22 ET DI M A X < H E L> OCTOBRE 2 O O 5 *¦ ESSAIS'* ESSAIS QUÉBÉCOIS La littérature contre le monde Louis Cornellier François Ricard a bien du plaisir.Il s’amuse d’ailleurs comme un petit fou dans ces Chroniques d’un temps loufoque qui regroupent des textes d’abord parus dans la • revue parisienne L’Atelier du roman.Le monde actuel, pour-’ tant, selon sa propre évaluation, *ne va pas bien du tout.«Univers ¦de carton-pâte», «temps à la fois loufoque et terrible», «monde dévasté et insignifiant», «cirque désopilant et grossier», notre époque pourrait inciter au désespoir, mais Ricard, lui, n’en a cure parce qu’il fréquente les œuvres de romanciers lucides qui lui font voir la vérité loufoque de toute cette agitation.Il existe, écrit-il, «une manière proprement romanesque [.] de vivre et de penser, une manière que seules la fréquentation et la méditation des grands romans permettent de découvrir et de faire entrer en soi, jusqu ’au fond de soi, au point que ceux-ci deviennent la forme même de son être et de son sens de l’existence».Et ce que nous apprend cette manière, c’est l’art de «l’incroyance radicale», la conscience de notre «irrémédiable aveuglement».Elle JACQUES GRENIER LE DEVOIR Nancy Huston nous sauve, en fait, de la «poésie», cette attitude niaise qui chante l’homme bon et notre capacité à surmonter l’erreur, en nous incitant à une saine «haine de l’époque».Les grands romanciers — Flaubert, Kafka, Kundera, Houellebecq, Philippe Mu-ray —, selon Ricard, «n 'aiment pas le monde» et il serait inconvenant de leur demander pourquoi parce que leur parole, libre dans ce monde assiégé, est «radicalement indiscutable, péremptoire, comme celle du prophète ou du fou».Ricard, par exemple, ne laissera pas Nancy Huston faire la leçon à ceux qu’elle appelle les «professeurs de désespoir» (Actes Sud/Leméac, 2004).Armé de sa plume ironique qui traque ces niaiseries que sont «le souci moral et l’amour des gens» partout où elles font des ravages, il ridiculise la romancière qui a le tort de croire qu’enseigner le désespoir est condamnable.Dépeinte comme une maman naïve qui voudrait assigner une mission morale à la littérature dont le rôle est pourtant de se poser «contre le monde» (Kundera) en adoptant «la vision la plus amère de notre condition moderne» (Saul Bellow), Huston incarne, aux yeux du chroniqueur, la plus profonde bêtise de l’innocence.Quelle ait bien détecté, comme le rappelle Dominique Garand dans une admirable critique parue dans le magazine Spirale (sept.-oct.2005), «comment le courant de la négativité, de résistant qu’il était au départ, a fini par sombrer lui aussi dans la complaisance, la formule et la spectacularisation», qu’elle ait, «plutôt que de jouer le jeu d'une connivence autour de ce qui serait radical-et-subversif-donc-admi-rable», osé «dire ce qui la révulse», cela, donc, n’intéresse pas Ricard, pour qui la littérature qui ne combine pas le noir au rire n’en est pas.Un autre dogmatisme Et c’est ce dogmatisme de l’incroyance sombre et rieuse, sans cesse martelé par Ricard au fil de ces pages, qui finit par agacer profondément.Car, enfin, que la littérature serve, entre autres, à détruire les illusions et à nous interdire un regard innocent sur le monde, nul ne le contestera.r M Hélène Dorion Prix Mallarmé 200$ * IMènc Dorion RAVIR : LES LIEUX Hélène Dorion Ravir : les lieux 112 pages.19,95S En librairie débat novembre DlfFUSION ÉDITIONS DE LA DIFFÉRENCE F I O ï S f® SOURCE BOREAL François Ricard Mais n'est-ce pas, justement, s’abandonner à une puissante illusion que de ne voir, partout, que le mal, le noir, la bêtise?Est-il vraiment lucide celui que le monde désespère et qui prend le parti d’en rire pour ne pas se défaire au contact de tant d'insignifiance et parce que ça fait plus brillant que d’en pleurer?Bien sûr que la notion de «beauté du monde» a été galvaudée au point de perdre, dans certains cas, toute noblesse, mais cela tient plus, dans ces circonstances, du discours sur le réel que du réel lui-même, de la contamination du beau et du grand par le commerce et l’idéologie que de la bêtise des choses mêmes.Cessons, un instant, de jouer les aristocrates de la pensée noire revenus de tout et demandons-nous: l’amour véritable d'une mère pour son enfant, est-ce risible?L’engagement en faveur de la justice sociale et de la dignité humaine ne mérite-t-il que le sarcasme?Les romanciers, bien sûr encore, ont raison de pointer les niaiseries qui guettent tout, même le meilleur de l’humain.Celui qui erre, en fait, c’est le commentateur qui Prométhée « Un roman exigeant, fort, et en même temps d'une simplicité désarmante.>* > Raymond Cloutier (514J524 5558 lemeac "^lemeac com Félicitations a nos finalistes des Prix du Gouverneur général LAISSES DANS L’OMBRE Q&Vra, iYo«Tuati » * Un amour EMPOULAILtÉ vlb éditeur www.edvlb.cotn Guy Lalancette Sébastien Vincent élève cette parole désenchantée au rang d'unique vérité sur le monde, puisqu'on voit mal au nom de quel principe indépas sable cette nécessaire entreprise de décapage résumerait ta pensée romanesque.line ardeur de prêcheur François Ricard est certainement l’un des plus brillants représentants de cette confrérie d'amants des lettres qui affirment que les écrivains détiendraient sur le monde des lumières particulières qui en montreraient toute l'insignifiance.Son admiration pour les «grands romanciers» confine toutefois à la foi religieuse quand elle le mène à sacraliser des oeuvres au point que nulle théorie ne saurait les approcher sans commettre un sacrilège.Les dérives scientistes, en critique littéraire, méritent d'être dénoncées, mais il suffit toutefois de lire la prose croyante du soi-disant incroyant Ricard pour constater qu’il n’y a rien de risible à souhaiter «défétichiser la littérature» en certains milieux humanistes et savants.François Ricard, dans ces chroniques, se veut à l’écoute «du monde autour de lui» à partir d'un point de eue littéraire, c'est-à-dire, selon lui.ironique.Souvent comique.par exemple quand il s’amuse à dépeindre le neo retraite en «adolescent dans la force de l’âge» ou les poètes d'aujourd’hui en «troupe innombrable et joyeuse», parfois plutôt occupé à défoncer des portes ouvertes (des anecdotes sur le Viagra, le politiquement correct et le mariage gai, on en a assez entendu), il y témoigne surtout de sa passion de la littérature «comme seul antidote aux poisons de l'epoque» avec, malgré lui, une ardeur de poète, pour ne pas dire de prêcheur.C'est presque toujours brillant, élégant, fascinant et plein de litté» rature, mais ce n’est pas toujours juste et convaincant.louisconteUietifl parrvinfo.net CHRONIQUES D’UN TEMPS LOUFOQUE François Ricard Boréal Montréal, 2005,184 pages Anique Poitras AN1QS.J1 foi iras Sauve-moi M AI Ml s Fabuleux voyage au pays de soi avant d'aller au pays de l'autre, Sauve-moi comme tu m 'aimes est une grande histoire d'amour, un suspense psychologique et une quête spirituelle.Un CD comprenant un tango et la chanson-thème en deux temps interprétée par la romancière accompagne ce livre.Yves Vaillancourt Lu Souri e Dans un « jeu de rôles » littéraire sur Internet, Vital choisit d'incarner le lieutenant Drogo, personnage central du célèbre Désert des Tartares de Buzzati.Cela ne pourrait être qu'un simple divertissement, mais voilà.il en faut bien peu pour que le jeu devienne sérieux, trop sérieux et que s'entremêlent subitement le réel et le virtuel.QUÉBEC AMÉRIQUE www.quebec *- cim*- r iqfue.corn LE DEVOIR.LES SAMEDI 22 ET D I M A X (ME 23 OCTOBRE 2 0 0 5 F 8 -Essais ^- FRANCE La peur n’est pas un bon carburant FABIEN DEC LISE Inutile de chercher midi à quatorze heures.la morosité ambiante des Français, leur nature nouvellement dépressive et leur inquiétant repli sur eux-mêmes n’auraient rien à voir avec une gastronomie qui fout le camp, avec les embouteillages sur les autoroutes ou encore avec l’absence de sourires sympathiques sur le visage des commerçants (ou des agents d’Air France dans un aéroport).Que nenni! La France — et les Français avec elle — n’a pas le moral et se trouve sur une pente descendante pour une simple et bonne raison: la peur.La thèse est hautement réductrice.Mais elle ne fait pas moins fureur par les temps qui courent de l’autre côté de l’Atlantique, poussée par le publicitaire Christophe Lambert (qui n’a rien à voir avec l’acteur du même nom).Son essai, La Société de la peur (l’Ion), grimpe depuis septembre dans les palmarès de bouquins tout en alimentant les nombreux débats médiatiques sur le thème de la débâcle.Avec un titre accrocheur, une écriture légère, des envolées lyriques sur fond de République ou d’espoir et des vérités auxquelles les Français semblent prédisposés dans leur déprime, l’efficacité de la recette n’étonne pas.Même si elle relève parfois de la thérapie collective par le grattage du bobo.Les Français sont-ils masos?Sans doute.Ils sont aussi entraînés dans une spirale anxiogène depuis une trentaine d’années, estime dans son livre le président de Publias Conseil France, ami et conseiller du politicien et aspirant président Nicolas Sarkosy, est-il nécessaire de préciser.«La France est mainte- nant un camp retranché miné de l’intérieur par les cinq plaies de la postmodernité, écrit-il.Déprimée, bloquée, irréformable, négative, paranoïaque, tels sont aujourd’hui les qualificatifs d’une société dominée par ses peurs.» Le pavé est lancé et avec lui viennent forcément les travers d’une France qui «envisage son avenir comme une menace» et conjugue son quotidien au temps de l’immobilisme et de la peur d'agir.Au coeur de cette pathologie: la peur du chômage, qui peine là-bas à descendre en dessous des 10 %, la peur de l'autre, matérialisée par «le fantasme des grandes invasions» et les succès électoraux d’un Jean-Marie Le Pen, ou encore la peur de vieillir malade, qui semble, comme ailleurs dans le monde industrialisé, guider le développement de la société.Perte de confiance L’angoisse est depuis quelques années alimentée par la télévision, dénonce le fils de la pub.«À la question du journaliste de TF 1 [le TVA des Français): “Pourquoi avez-vous peur?”, la jeune femme avait répondu: “Avec tout ce que l’on voit à la télé, on a des raisons d’avoir peur!», écrit-il.«[.] La peur représentée fabrique de la peur réelle, elle aussi à son tour réinjectée dans les tuyaux cathodiques.» La médecine — dont les vertus politico-démagogiques ne sont plus à démontrer — n’en demeure pas moins délétère.Elle donne ainsi le sentiment aux Français de ne plus maîtriser leur destin dans une société qui «panique et [qui] peut alors se livrer umpires extrémités», estime le théoricien des Temps modernes.Avec sa culture de la fatalité, de l’extrémisme en AGENCE FRANCE-PRESSE Président de Publicis Conseil, ami et conseiller politique du politicien Nicolas Sarkosy, Christophe Lambert entretient l’idée que la France est une société inerte guidée par ses peurs.ce qui concerne l'Europe et l’immigration, la France perd confiance sondage après sondage.Elle se refer- me aussi sur elle-même pour assister à la «grande communion compassionnelle» du journal télévisé de 20h ou encore pour mettre son argent, qu’elle a peur de perdre bien sûr, dans lepargne.Le taux de 15 % y est d’ailleurs significativement le plus élevé d’Europe, rappelle Lambert Et forcément ça et tout le reste n’augurent rien de bon pour son pays.à moins que la vapeur soit très vite renversée.Les pistes de solution ne, manquent pas pour sortir de «ce Nouveau Moyen Âge», à condition bien sûr de «ne pas revenir aux règles du passé, mais bien d’inventer les règles du futur», écrit-il.Des règles mettant étrangement, selon lui, en avant les valeurs républicaines et inscrivant la France dans une «société des morales».Le programme est chargé.Il se résume aussi à la promotion de «la morale de l’effort», afin de remettre la France au travail, de «la morale du respect et de l’autorité», pour redonner aux Français confiance dans leurs élus, et de «la morale de la tolérance», pour attaquer de front une «crispation communautaire» qui mine actuellement le climat social de la France.Des sujets porteurs qui risquent par contre de foire peur après avoir guidé plusieurs autres révolutions dans le passé.De toute évidence, en vain.Le Devoir LA SOCIÉTÉ DE LA PEUR Christophe Lambert Plon Paris, 2005,197 pages Opération charme Pour se faire une place dans le cœur des Montréalais, le Regroupement des éditeurs canadiens-français organise une série de rencontres littéraires dans les librairies de la métropole au cours des prochaines semaines.le 27 octobre, les lecteurs pourront s'entretenir avec les romancières I ise Hédard, Michèle Matteau et lili Maxime dès 19h à la librairie Kaf-f in.Le soir du 2 novembre, c’est au tour des poètes Robert 1 Mckson, É C H O S Use Gaboury-DiaDo, Fredric Gary Comeau, Hélène Harbec et Michel A Thérien de se rapprocher de leur public à la librairie L'Écume des jours.Une causerie sur l’altérité réunira Antonio D’Alfonso, Jean Mohsen Fahmy et Vittorio F rige rio le 11 novembre à 19h, à la H-brairie-bistro ( Mivieri.- Le Devon Place à la lecture! I )ans le cadre de Montréal, capitale mondiale du livre (MCML), le forum «Bibliothèques scolaires: place à la lecture!» entend valoriser l’impor- tance de la lecture à l’école.Deux tables rondes se pencheront sur la question lundi à la Bibliothèque nationale du Québec.Les mesures prises par le passé feront l’objet d’une analyse à 13h30 avec Denis Vaugeois, éditeur (Septentrion), Gilles Bouchard, auteur du rapport Iss bibliothèques scolaires.plus que jamais (1989), et Robert C.adotte, commissaire à la CSDM.À 15h30, trois autres panélistes dégageront de nouvelles mesures pour l'avenir.L’annonce d’un nouveau plan d’action par up représentant du ministère de l’Education suivra en soirée.- Le Devoir S O I Quel autre ?AUTRE ?mm rsn Politiques et poétiques de l'altérité 'të?j avec la participation de ’pj» / Paul Audi ci Jean-Christophe Bailly du 27 au 29 octobre 2005 Salle des Boiseries (UQAM) 405, rue Sainte-Catherine Est Local J-2805 Jeudi 27 octobre 9h-12h Paul Audi Éric Méchoulan Gérard Bucher Jeudi 27 octobre 14h-17h Simon Harel Anthony Wall Jean-Pierre Vidal Guillaume Asselin Pierre Ouellet LANCEMENT Jeudi 27 octobre 17h LANCEMENT COLLECTIF Galerie UQAM.1400.Berd, Local JR-120 UQÀM i*i scïiïïsrrs».ssr.*;sr“ Canads f.i SOIS TL AUTRE Vendredi 28 octobre 9h-12h COLLOQUE Jean-François Chiantaretto Alexandre Prstojevic Alexis Nouss Nicolas Simard Bogumil Jewsiewicki-Koss Vendredi 28 octobre 14h-17h Wladimir Krysinski Sherry Simon Adelaide Russo Thierry Tremblay Laurier Turgeon Daniel Arsenault Samedi 29 octobre 9h-13h Danielle Forget Marie-Dominique Popelard Jean-Philippe Uzel Georges Leroux Jean-Christophe Bailly ENTRÉE LIBRE Informations : www.uqam.ca/soietautre PHILOSOPHIE Badiner avec le nihilisme LOUIS CORNELLIER Roland Jaccard est nihiliste et fier de l’être.Rien, pour lui, ne vaut vraiment, sinon la compagnie de ses frères et sœurs en catastrophe qui se complaisent dans le désastre.On ne se surprendra donc pas qu’il ait été un ami de Cioran et qu’il souhaite lui rendre hommage en signant un petit essai intitulé Cioran et compagnie.«Qu’étais-je, écrit-il, avant de rencontrer Cioran?Un bouddha de piscine qui s’était imbibé de Schopenhauer et qui avait trouvé dans la psychanalyse un remède à Ten-nui.» Et qu’est-il alors devenu?Une sorte de philosophe humoriste qui badine avec le nihilisme pour justifier son désœuvrement.«Un philosophe qui n’est pas un humoriste est un nul», affirme Jaccard, à qui il faut, en effet, reconnaître un certain sens de l'humour.On rit un peu, il est vrai, devant cette machine nihiliste qui consiste à justifier toutes les foi-rades, dont la séduction de jeunes filles déboussolées par un vieux grigou n’est pas la moindre.L’homme, cela dit, n’est pas toujours drôle.Quand il écrit, par exemple, qu’Althusser se rachète à ses yeux «en étranglant sa femme» ou que le suicide est la seule option philosophique valable, il sombre dans une provocation facile digne de l’humour d’un adolescent gothique.Le problème du nihilisme, on ne le dira jamais assez, c’est qu’il s’autodétruit.Quand des écrivains comme Cioran et Jaccard soutiennent, par exemple et par écrit, que «l’écriture est le moyen expressif vulgaire par excellence», leur pensée tourne à vide.Quand Cioran écrit que, «lorsqu’on se refuse à admettre le caractère interchangeable des idées, le sang coule», sa propre affirmation perd son sens (puisque écrire le contraire aurait été, dans cette logique, tout aussi pertinent) et désarme les ennemis du fanatisme en prétendant combattre ce dernier.Que le scepticisme soit un des moments essentiels de la pensée lucide, on veut bien, mais qu’il en devienne la fin sous la forme du nihilisme, voilà qui n’est pas acceptable pour ceux qui croient encore à la nécessité de la vie avec la pensée.«Le grand secret en art est de ne pas se donner de peine», ajoute encore un Jaccard jamais à court de formules creüses qui ont l’air de faire mouche.On souhaiterait, pourtant, que le sage, à l'heure de nous balancer ses leçons de lucidité extrême, se donne au moins la peine d’en évaluer la cohérence interne et les conséquences.Rire devant le non-sens, n’est-ce pas, justement, faire la preuve que le sens existe encore?Combinant, à la manière de Cioran, une clarté stylistique jubi-latoire à un éloge extravagant du désastre existentiel, Roland Jaccard s’impose comme un maître de la pensée paresseuse et démobilisatrice.A lire avec précaution.Collaborateur du Devoir CIORAN ET COMPAGNIE Roland Jaccard PUF Paris, 2005,128 pages Contre la modernité NICOLAS WEILL Ceux qui déplorent la confusion entre le libéralisme économique («néo->- ou «ultra-») et la liberté politique resteront perplexes en découvrant grâce à cette biographie intellectuelle, la pensée du philosophe écossais vivant aux Etats-Unis, Alasdair MacIntyre.L'auteur de cet essai clair et précis connaît de près la pensée politique anglo-saxonne et tout en présentant son personnage, sait marquer ses distances.Car une critique aussi profonde de la modernité est inhabituelle venue des États-Unis.Elle reste actuelle dans la mesure où.renvoyant dos à dos les deux contestations de la société liberale au XX' siècle que âirent le fascisme et le communisme, elle ne plaide pas.comme elles, pour l’abolition de la démocratie.C’est donc une troisième voie qui s’ouvre, passant par la dénonciation philosophique des conséquences de l'individualisme moderne et non par un changement de régime.La formation de Maclntvre, dont les subtilités découragent toute lecture réductionniste, doit beaucoup à Wittgenstein et à sa disciple Elisabeth Anscombe.Contemporain de Jacques Derrida et de Jiirgen Habermas, MacIntyre est d’abord passé par le Parti communiste britannique, le trotskisme et la nouvelle gauche antistalinienne et antibureaucratique, avant de se convertir au catholicisme en 1983 — une confession de minoritaire^, au Royaume-Uni comme aux États-Unis.D assoit alors sa pensée politique sur un retour à Aristote et à celui qui a en quelque sorte «baptisé» ce dernier Thomas d’Aquin.Fin Europe, certains qualifieraient volontiers de néoréactionnaire cette nostalgie des communauté^ de marins-pécheurs du nord de l'Écosse ou des monastères bénédictins.Mais l'itinéraire de ce personnage au style ironique et tranchant s’avère plus complexe qu'il n’y paraît.Son œuvre se rattache en réalité au courant «communautariste» de la pensée politique nord-américaine, illustré par d’autres philosophes comme le Ca- Récital de poésie de • (’HEXAGONE Le dimanche 23 octobre à 14 h A la Librairie Gallimard, SITUÉE au 3700, BOUT.Saint-Laurent à Montréal.Tél.: (514) 499-2012.Entrée libre.Thierry Dimanche Danielle Fournier psiiw Lucien Francoeur Pierre Nepveu Martine Audet et Robbert Fortin se joindront aux poètes présents et à l'équipe de la librairie Gallimard pour rendre un hommage à Michel van Schendel.Dominic iGagné Pierre Ouellet ^ ibraint Gallimard nadien Charles Taylor ou l’Améri cain Michael Walzer.Tous s'inquiètent de l’atomisa tion provoquée par les progrè; d'un libéralisme qui détruit les ré seaux anciens de solidarité.Mais MacIntyre est celui qui chasse ai plus loin tout individualisme rési duel de son horizon: quand pou: Charles Taylor le type idéal de meure celui de l'artiste, Maclntyn préfère exalter le moine ou l'arti san.dont la pratique est «enchâs sée» dans la vie communautaire.MacIntyre reproche à la moder nité de dissocier, depuis Hobbes au XVH" siècle, la politique de 1; question du «bien vivre», en limi tant par crainte des guerre^ de re ligion, les fonctions d’un Etat dé sormais neutralisé à la seule pré servation de la sécurjté et dt confort de ses citoyens.A la vie ei commun, on voit se substituer dans une sorte de régression, h souci exclusif de la survie.Comment surmonter cette mo dernité objet de ses flèches dans ses deux ouvrages disponibles et français.Après la vertu et Quelle jus tice?quelle rationalité?(PUF)?N par l’abstraction kantienne d'un Ha bermas, encore moins par le relati visme postmodeme, mais en corn géant l’absence de spiritualité libé raie par un approfondissement de; traditions, seul accès à TuniverseL On aurait cependant tort de cher cher un programme chez ce philo sophe qui.sH concède que la vie so dale constitue un bien en soi, n’ei demeure pas moins un pessimiste «Comme s’il ne restait plus qu’à se re tirer du monde», écrit Emile Per reau-Saussine.Un pessimiste dom les modèles sont difficilement assi gnables puisqu'ils se nommen Léon Trotski et saint Benoît sainte Thérèse d’Avila et Friedrich Engels Le Monde ALASDAIR MACINTYRE : UNE BIOGRAPHIE intellectuelle Introduction aux critiques CONTEMPORAINES DU LIBERALISME Emile Perreau-Saussine PUF, coE > " ’ ‘ h LE DEVOIR.LES SAMEDI 2 2 ET D I M A \ ( H E O ( T O B B E 2 O O 5 BÉDÉ Exercice de style FABIEN DEGLISE Un drôle d’homme en noir, chapeau melon sur la tète, a le regard perplexe.Doit-il aller à droite ou a gauche?A l'heure des grands débats politiques et sociaux, la question est sans doute très à propos Sauf bien sûr pour le dessinateur Eric Asselin.alias Leif Tande, qui voit plutôt là une occasion en or pour deconstruire le monde de la bande dessinée avec son dernier récit complètement e documentaire, l'approche n’a rien de nouveau mais n'est |xis sans intérêt.JEAN PAUL RIOPELLE Estampes et Mutations Exposition du 12 octobre au 12 novembre 2005 __ GALERIE SIMON BLAIS______________________________ 5420, boul.Saint-Laurent H2T ISl 5t4.849.1165 Ouvert du mardi au vendredi lOh à 18h, samedi lOh à 17h YVES TRUDEAU Réflexion sur un monde silencieux, sculpture JUSQU’AU SAMEDI 12 NOVEMBRE GALERIE BERNARD 3936 rue Saint-Denis, Montréal (Québec) H2W 3M2, Tél.: (614) 277 0770 Horaire: mercredi llh-ITh Jeudi-vendredi llli-20ti samedi 12h-17h et sur rendez vous STEPHANIE GEVREY L été indien, paysages jusqu'au 6 novembre JOOS galerie d’art 261, St-Jaeques Ouest, Montréal (Québec) Tél.: (5 If) St5-0261 - \v\vvv.studio261 .eu « On ne va pas voir une œuvre.On lui rend visite.Ou c'est par elle qu'on est visité.En elle, je rencontre le monde.En elle, quelqu'un vient à ma rencontre.M ’apporte son propre monde.» Pierre Ouellet LANCEMENT JEUDI 27 OCTOBRE 17h Galerie de I UQAM 1400.Berri.Local Jr-120 À force de voir Histoire de regards Pierre Ouellet ÉDITIONS Dl NOROIT exïlu' ftqh- ei ^•vlùpn' wwwJenoroit.com ISABELLE HAYEUR EXCAVATIONS DU 1 5 OCTOBRE AU 20 NOVEMBRE 2005 Galerie Thérèse Dion Art contemporain 372 ouest Sainte-Catherine, suite 527 Montréal, Québec H3B 1A2 téléphone: 514-398-9204 Iwww.theresedion.com www.isabelle-hayeur.com THADDEUS HOLOWN1A THE RADIO CANADA INTERNATIONAL PORTFOLIO EXPOSITION DE PHOTOGRAPHIE 27 OCTOBRE AU 12 NOVEMBRE HOLLINGER COLLINS art contemporain 4928 Sherbrooke O.(514) 484-5444 www.hoIlingercollins.com RCI ill RADIO CANADA INTERNATIONAL sensations urbaines vous ne verrez plus exposition p me vmmm smmmj t smmm nnnianrni»' ' irriornHMnrrrnT i m conférences ressentir la ville une exploration sensuelle du paysage urbain En collaboration avec l'Université Concordia sous la direction de David Howes Les jeudis à 19 h — Entrée libre 27 octobre the Sensuous City: From the Middle Ages to Modernity' Constance Classen, historienne de la culture et auteure 3 novembre Lighting Urban Spectacle: Electric Interventions in Everyday Life' Mark Sussman, artiste et professeur en théâtre Cette série se poursuivra les 17, 24 novembre et 8 décembre.causerie dans les salles Le samedi 29 octobre, à 11 h Mirko Zardini, commissaire de Sensations urbaines pour plus de détails : www.cca.qc.ca/programmes CCA Centre Canadien d'Architecture 1920, rue toile, Montréal Or*»r
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