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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier E
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2005-10-29, Collections de BAnQ.

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ET PI M A X C HE 3 0 OCTOBRE 2 0 0 5 Le rêve américain torpillé Page E 4 LK DK VOMI ou la violence contenue CINÉMA Adolescence sous influence Page E 9 "" TOM MAELSA 8TF L’actrice s’amène à l’Usine C dans 4.48 Psychose de Sarah Kane 1-t‘s grands rôles au théâtre sont venus sur le tard pour Isabelle Huppert.Il faut dire qu'auparavant le cinéma l’a tellement bien servie.Pourtant, elle se donne aussi entièrement â cette deuxième carrière qu'à la première.Portrait d’une actrice réfléchie qui ne recule pas devant les défis.HERVÉ (ill A Y Au cinéma, on ne compte plus les rôles qu'Isabelle Huppert a marqués.Certains n’oublieront jamais sa prestation dans Im Pianiste de Michael Hanec-ke.D’autres retiendront d’elle La Dentellière de Claude Goretta, qui remonte à 1977.Pour nia part, je la revois encore chez Chabrol.Gamine et terrible dans Une affaire de femmes, grave et décidée dans Ia Cérémonie.Dans ce dernier film, l'influence des Bonnes de Genet se faisait sentir, et j’aime à penser qu’elle y a entendu une fois de plus l'appel du théâtre.Appel qui, visiblement, ne la laisse pas indifférente, puis-qu’à présent elle y cède plus souvent.C’est ce qui l'emmène à Montréal en novembre, où elle n’est jamais venue jouer pour un film, où elle n'a foulé aucune scène jusqu’ici.Le public montréalais pourra donc aller l'entendre à l’Usine C dans 4.48 Psychose.Il s’agit de l’œuvre testamentaire de Sarah Kane, auteure dramatique britannique qui s’est donné la mort à 28 ans en 1999.le choix n’est pas banal.Huppert s'est laissé entraîner dans l’aventure par Claude Régy.Ce metteur en scène français a connu un parcours plus singulier encore que ne l'est celui de cette actrice qu’il retrouve pour la deuxième fois.En 1992, il av;dt fait appel à elle pour incarner la Jeanne d’Arc de Honegger et de Claudel à l’Opéra-Bastille.C’est dire que, lorsqu’on pense à elle pour les grandes occasions, elle ne se défile pas.L’appel de Sarah Kane Il n’est pas trop fort de dire qu'Isabelle Huppert s'est aussi sentie appelée par cette pièce de Sarah Kane, qui n’en est pas une.Texte plissant, à ses yeux, qui décrit la glissade d'une jeune femme dans une dépression psychotique.11 est clair que l’actrice a aimé qu’on lui fasse une proposition aussi dépaysante.VOIR PAGE E 2: HUPPERT Ça parle de la maladie mentale, de la fragilité, de la frontière entre imaginaire et réalité CHANSON Aussi fous que loquaces Les Loco Locass ont déjà fait la preuve qu’ils n’avaient pas peur des mots.Mais en mariant leur hip-hop à de la musique contemporaine, ils montrent qu’ils sont aussi fous que loquaces.Confidences sur une union qui n’a rien d’un mariage de raison.ISABELLE PORTER f \ uébec — L’association entre le Consort contemporain de Que-II bec et les Loco Locass est probablement la proposition la plus audacieuse du lté Coup de cœur francophone.Il faut dire que ce n est pas la première fois que l’événement nous prend par surprise.Fondé en 1986, le Coup de cœur francophone a fait montre de flair, dès ses débuts, en révélant de nouveaux talents comme Jean Leloup et Ri- chard Desjardins (1988) ou encore Arthur H (1989).A la maniéré d’une agence matrimoniale, le festival est aussi passé maître dans l’art de provoquer des rencontres.Les Français Richard Bohringer et Torn Poisson ont été invités à venir nous séduire aux premiers jours de novembre et au cours des semaines suivantes, la caravane du Coup de cœur ira présenter Vincent Vallières aux francophones du reste du Canada Mais revenons au mariage entre le hip-hop des Loco Locass et la musique savante du Consort contemporain.Le Consort on l’a découvert au Coup de cœur de l’an dernier, à travers le répertoire de Pierre La-pointe.Le spectacle qui a été repris au f estival d’été de Québec était un pur délice.Portées par les cordes, les cuivres ou par des a capella, les mélodies de Lapointe brillaient sous un jour à la fois nouveau et familier.Satisfait le grand manitou du Coup de cœur, Alain Champagne, les a réinvités cette année en compagnie de l’artiste de leur choix.Nicolas Jobin, qui dirige le Consort s’est assis «deux secondes» pour y penser, puis il a choisi les Loco Locass.•Je me suis dit qu’il y avait peut-être quelque chose à faire avec ça parce qu'il n’y a pas de direction mélodique a assurer, il n’y a que des hauteurs relatives.Et dans les moments ou cm pouvait se permettre d’éclater le discours, eux n'avaient qu’à rapper façon “old school".- Une machine ahurissante •C’est une expérience ahurissante pour notre carrière, nous expliquait cette semaine Chafiik, des Ixk:o Ijocass.C'est une relecture totale de notre musique, une manière d’aller dans des contrées inexplorées.-L’absence de contraintes mélodiques permet notamment au Consort de se frotter a la musique contemporaine du siecle dernier.•Durant le XX’ siècle, en musique ccmtempf/ruine, on a laissé la mélodie de.côté en utilisant VOIR PAGE E 6: LOQUACES fri concert le S novembre au K ! i ’IH national HiltciH'rte i ii it H7C J2JA LIBERTE 2005 ocrai» 29 octobre • L'Attomption « Théltrt Hector-Ou r1»nd 8 novembre * Montrée! ?Monument-Netione! 29 mere • Moncton • Théâtre Cepitol }t mer» • Cetpé * Auditorium C.-E.-Pouliot ij novembre • Sherbrooke • Selle Meurlee p'Brid» lull 1 évrn * Rîmoueki • Selle CeorgecSeeuHev 2 evrll • Québec > Selle D ni-Béienger 6 evril • Mont-Lluher * Auditorium bolyvelente St-joeeph 7 evril • Vei-d'Or • Théâtre Télébec 8 evril • Houyn.Norendt • Théâtre du Cuivre 14 evril • Setnte Théréee • Théâtre Uonel-Croulx 15 evril ¦ Seint-Hyeanthe • Centre det erte lurette-Lettondel 22 avril • Montmagny • Salle Edwin-Bélenger EN TOURNÉE AUX 4 COINS DU QUÉBEC ’5 flovtmbf»?S*int*Ctnfvï*v# • Sü * Pawlint-Mitn il rtcwimb't * Villtyfttid * Sali* Afb«rt-Du mouche* 19 novembre • Terrebonne • Théâtre du Vieux-Terrebonne ao novembre * BcfoeH • Centre culturel 25 novembre * Gatineau • Ma»»on de le culture (Selle Odyssée) 27 novembre • Trots-Rméres * Salie j-Antonio-Thompaon DÉCIMBtC 2 décembre • lorettevitte • Ëfiise Stim-Ambroise-4e-la-leune-lo«ette analckta.com ».,4 e LE DEVOIR, LES SAMEDI 29 ET DIMANCHE 30 OCTOBRE 2 0 0 5 -* Culture *- Tirez sur le barde ! Odile Tremblay lie parait dérisoire, à l’heure où la campagne du PQ s’enlise dans l’indifférence générale, cette volte-lace d’un vieil artiste comme Raymond Ijévesque, qui accepte d’abord, puis refuse ensuite le prix du Gouverneur général du Canada pour des raisons politiques.Les gens ont beau suivre d’un œil distraie voire carrément las, les circonvolutions des candidats à la chefferie péquiste, quand un artiste associé à la cause nationale vacille, le malaise envahit les plus blasés.Accepter les cadeaux du fédéral, un artiste engagé! Cette semaine, en même temps que l’auteur de (juand les hommes vivront d'amour défrayait les manchettes avec son oui-non au prix canadien, Jean-Daniel Lafond, toujours habile a manier le verbe, tentait de justifier à l’émission radiophonique Indicatif présent le oui de sa compagne Michaëlle Jean et de lui-même au poste de gouverneur général.La nomination leur a valu les tomates que l’on sait Infond, documentariste associé à la mouvance souverainiste, sautait le ruisseau.Traître! Renégat! Vire-capot! Tout aura été dit au milieu de l’émoi général.Dans le cynisme de notre société, où nul ne croit plus guère a la pureté de la classe politique, ni de grand monde au fait, reste ce champ-là: celui des créateurs, des artistes, derniers bastions des engagements éternels, ultimes espoirs du messianisme politique.Quand ceux-ci se mettent à patiner, les vieux mécanismes d’autoprotection s’emballent dans notre société.Bien des Québécois sursautent de rage impuissante: «Pas eux!-» Mais si.Hélas! C’est dire à quel point le terrain est glissant, miné, douloureux.Jean-Daniel Infond l’a compris en pleine tempête.Raymond Lévesque en se faisant ramener à l’ordre.Les œuvres, chansons, livres, films, possèdent un poids mythique qui se marie bien mal avec les compromis, les changements d’allégeance.Vent de cynisme tant qu’on voudra, il doit bien y avoir un vieux fond d’intransigeance politique qui sommeille dans l’inconscient collectif et se réveille quand un artiste avale son drapeau de travers.Au Québec, cette question nationale est une telle névralgie.Cet été, même des fédéralistes bon teint se sont sentis outrés, trahis, a l’idée que Jean-Daniel Lafond s’installe à Rideau Hall.Ça doit venir des tripes.Ou peut-être estime-t-on vaguement que les créateurs sont plus respectables que les autres citoyens.Ou va le monde si eux aussi font des pas de crabes?Ni Raymond lœvesque ni Jean-Daniel Lafond ne sont apparus très convaincants cette semaine.Le premier, servant des arguments faiblards pour justifier son revirement Le second, maniant l’art de l’esquive dans l'étourdissement verbal, affirmant sans trop être cru, qu’il n’avait jamais adhéré à la cause souverainiste.Au magazine Le Point, Bozo les culottes ne jouait guère les tribuns de son côté.Vieil homme affligé de surdité, qui vit plutôt mal que bien dans son demi-sous-sol du Vieux-Longueuil, loin des feux de la rampe, il répondait avec candeur.La décoration, la bourse de 15 000 $, if les avait d’abord acceptées, visiblement ravi.Puis vinrent les coups de téléphone qui lui demandaient de reconsidérer sa décision: Andrée Ferretti, Guy Bouthillier de la Société Saint-Jean-Baptiste, d’autres aussi.Allez croire aux raisons que Raymond Lévesque avance pour changer d’idée.La lecture du référendum volé de Robin Philpot, le discours inaugural de Michaëlle Jean qui appelait à la fin des deux solitudes, perçu soudain par Lévesque comme un reniement des deux peuples fondateurs.ADons donc! Les refus indignés, ça naît d’un premier élan.En 1999, Pierre Falardeau et 14 autres artistes nationalistes avaient appelé au boycottage du prix du Gouverneur général.Le plat était sur la table.Pas besoin de s’être tapé en réchauffé cette semaine la version film du feuilleton Gomery pour savoir que le fédéral n’avait pas regardé aux procédés afin de barrer la route à l’option souverainiste.Il savait tout ça, le patriote de Bozo, en acceptant dans un premier temps sa médaille.Par la suite, tout fut question de pressions.Mais bousculer un vieil artiste désargenté pour qu’il renonce à un prix canadien, sans qu’il l’ait jugé bon lui-même, n’apparait pas très élégant Surtout de la part de la Société Saint-Jean-Baptiste, qui applaudissait cette semaine à une volte-face quelle avait eDe-mème provoquée.Rendu là, c'est du cynisme.Et faire la collecte pour le chantre, un prix de consolatioa En regardant Raymond Lévesque se débattre dans cette mare-là, on remonte en pensée la carrière de ces vieux artistes québécois qui ne se sont pas contentés de chanter, ou d’écrire, mais qui ont porté à bout de bras, pour d'autres, un rêve politique avorté, qui s’effiloche.Deux référendums perdus plus tard, plusieurs d’entre eux ne savent plus trop où s'enligner.Apres tout Gilles YTgneault, grand patriote s’il en est, l’a accepté, ce prix du Gouverneur général.Ça se peut, soft, mais le malaise demeure.Peut-être qu’on en met trop sur les épaules des créateurs en leur demandant de ne pas manger de ce pain-la, quand tant de monde s’empiffre de pouline.Mais ils ont fait rêver des gens, les inspirent encore et leurs œuvres continuent de proclamer ce qui les lasse, parfois.Appelons ça une responsabilité morale qui les dépasse en tant quindividus mais possède son poids et sa beauté.C’est dire à quel point ils sont prisés haut, les artistes, pour que leur fonction revête une sorte de caractère sacré.C’est dire à quel point aussi ils ont intérêt à s’en souvenir.Et puisque chez nous cette névralgie nationale semble incurable, porte-drapeau pour porte-drapeau, reste aux Bozo à enfiler leurs vieilles culottes, sourds, pas sourds, en fredonnant à jamais pour la cause des airs anciens qui apaisent la fierté abîmée d’un peuple assis entre deux chaises.otremblay@ledevoir.com HUPPERT Le paradoxe du contrôle nécessaire pour incarner des êtres qui en viennent à perdre les pédales /i JtK» * «Z.r ^ .$¥ :iwÈi7ké ÿir ; " 't Jrm *-# c?' «S5 Cs t i ô-:.;':,ï //Jr-' /.Wmfi: r 3 ff ,r •JP Éfiff S I J fi du texte ta beauté du propos et la générosité de i sssss* “,'n“ “ —*» *-—» "" “ ° I Ces qestre comédiens ^ %9")dZfeb„,, monrto^MC.ca s d’acteurs d une I ——« f*» •SSSSS?"** «’ SçsJi 4S59, PAPINEAU-MONtRÉAl’QC A www.theatrelaIicorne.com LICORNE S14.523.2246 RÉSEAU ADMISSION 514.790.1245 ou 1.800.361.4595 Partenaires de la SUITE DE LA PAGE E 1 «C’est une aventure qui échappe un peu aux définitions, dit-elle.Et c’est ce qui en fiait le prix.Cest un texte très structuré, tantôt classique, contemporain, poétique, abstrait et en même temps très réfléchi et très construit.Contrairement à ce qu’on pourrait penser dans un premier temps.C’est un texte pensé pour le théâtre où il est question d’une perte de repère.Mais c’est un texte très contrôlé sur la perte de contrôle.» Isabelle Huppert n’en est pas à ses premières armes avec des personnages qui frôlent la folie et elle juge que le travail qu’elle a effectué avec Claude Régy est très différent de ce quelle a pu faire auparavant Familière des états limites, l’actrice est très consciente de devoir composer avec une écriture déroutante.Et c’est vrai autant pour le public que pour elle, qui a incarné plusieurs personnages très déboussolés.Une bonne partie de son travail d’actrice repose justement sur ce paradoxe du contrôle nécessaire pour incarner des êtres qui en viennent à perdre les pédales.La folie dépouillée Isabelle HupperL qui s’y connaît en matière de représentation de la folie, s’inscrit d’ailleurs en faux contre ceux qui emploient les grands moyens — lire: des moyens extérieurs — pour y parvenir.L’actrice est d’une tout autre école.«Ça demande très peu d’intervention extérieure.Plus c'est simple et dépouillé, plus c'est juste et près de la vérité.Ce sont souvent des états emerets.Qiuuui on essaie une vulga-risatùm de l'expression de la folie, c’est là qu’on est à côté de la plaque.la simplicité vaut mieux.Car c'est dur d’imaginer ce que c’est.Et souvent, dans la folie, il n’y a pas vraiment d’affect.Et c'est ce qui peut faire peur.H n’y a pas de pathos.Le genre d’ingrédients qui rassurent le spectateur et l’entraînent sur une fausse piste.Plus on est délesté de tout ça, plus on approche de la vérité.» En outre, Isabelle Huppert dit approcher ses personnages de la même façon, quelle les prépare pour le grand écran ou pour les planches.Elle ne croit pas que l’acteur doive jouer différemment un rôle lorsqu’il travaille au théâtre ou au cinéma.Dans cette optique, elle refrise de faire une différence, sur le plan du jeu, entre cinéma et théâtre.«Je n’ai pas envie qu’il y en ait.Je fais tout pour qu’il n’y en ait pas.fai la chance de traverser des aventures qui me le permettent.La seule différence est sonore.Cest la principale.Et encore, dans Psychose, je peux également accéder à une dimension plus intime.Et c’est ce qui m’est arrivé tant dans Orlando [sous la direction de Robert Wilson] que dans Psychose, les deux aventures les plus extrêmes auxquelles j’ai participé.Des expériences qui fimt reader les limites du théâtre.Il me semble que c’est quand on essaie d’abolir le théâtre qu’on est le plus dans le théâtre.Cest vraiment là où j’ai trouvé l’espace de liberté le plus grand.Quand on n’a plus besoin de proférer et de déclamer.Le plus grand changement, c’est justement de débarrasser le théâtre de sa théâtralité, qui en fait quelque chose de poussiéreux et auquel on ne peut plus croire.» Le plus important pour Isabelle Huppert quand vient le temps de choisir un projet c’est la personne qui le porte.Au théâtre, ce qui la détermine à accepter une proposition, c’est le metteur en scène.Seule exception: quand il s’agit d’un premier film, elle se fie davantage au scénario ou au personnage (qui s’y trouve).«Car cela laisse présager, résume-t-elle, ce que ça va être.» Aussi a-t-elle accepté de faire 4.48 Psychose surtout parce que c’était une proposition de Claude Régy.L’actrice ajoute que l’intérêt n’aurait pas été le même si l’offre était venue de quelqu'un en qui elle n’a pas une confiance totale.C’est ainsi qu’elle a mené sa carrière et elle ne le regrette pas.«Je fiais un choix sur la personne avant tout et je ne me trompe pas souvent, pour ainsi dire jamais.» Il est difficile de la contredire sur ce point.Et la figure de Sarah Kane?Isabelle Huppert avoue ne pas en avoir une vision bien précise.Non sentimentale, l’actrice pense avant tout au drame quelle doit interpréter — pas à son auteure.«fai le sentiment de jouer une œuvre forte, bien construite, où mon propre imaginaire est au travail et libre.Je ne pense pas spécialement à Sarah Kane en jouant cette pièce.Elle a fait acte de création, et je pense plutôt à sa parole qu’à l’anecdote de sa vie.Cest du théâtre qu ’elle a écrit » Pour finir, laissons la parole à celui qui dirige Isabelle Huppert dans 4.48 Psychose, Claude Régy.Phrases tirées à’Espaces perdus et qu’il paraît avoir écrites pour décrire le travail d’une actrice qui ne repassera sans doute pas à Montréal de sitôt «En général, mes images sont froides.Au moins extérieurement.Ce que je voudrais, c’est que, dans cette froideur et cette précision presque chirurgicale, on sente une extrême violence — au bord de l’intolérable — et qui pourrait exploser à tout instant, mais qui n’explose pas.Ce qui m’intéresse, c’est cette zone-là, entre la charge et l’explosion, juste avant que ça n’explose.» Collaborateur du Devoir Télé-Québec I.K DEVI HR UBU compagnie de création présente, en coproduction avec le Théâtre français du Centre national des Arts (Ottawa), le Théâtre cTAujourd'hui (Montréal) et le Théâtre du Nord (Lille) iüiii Les reines Normand Chaurette // Denis Marleau Louise Bombardier * Sophie Cattani • Louise Laprade Ginette Morin • Christiane Pasquier • Béatrice Picard Stéphanie Jasmin • Michel Goulet » Daniel Fortin • Lucie Baz^o • Nancy Tobin • Angelo Barsetti « La lecture qu'a faite Denis Marleau de ce texte grave est d'une limpidité fort appréciable.» — Caroline Barrière, Le Droit (Ottawa) «Les Reines strut and fret brilliantly on NAC stage.[.] The six actresses in Marleau's prodigious cast play off each other like different coloured gemstones.» — Natasha Gauthier, Ottawa Citizen «Un théâtre d'une grande richesse agrémenté d'un décor à l'image de la conscience des chacals qui le hantent Festin de femmes à la brochette, ironie d'une ère importune.Les Reines gave l'estomac du plus taciturne.» — Patrick Voyer, to Revue (Gatineau) Dès le 1er novembre au Théâtre d'Aujourd'hui 3900, rue Saint-Denis, Montréal ( © Sherbrooke) www.theatredaujourdhui.qc.ca 514-282-3900 .K invoii! ET BAHQUf lAHHNTKNNE Charlotte, ma soeur l ne création québécoise signée et mise en scène par aux Micheline Bernard Christian Bégin Emilie Bibeau Denise Gagnon Marte Laberge ivo» ( uude Crtnenc Mtrcxhch Caron Kiiras^ 1 TK Ownp0 ' jC I Mise en scène Dragan Miünkovic Texte français Ubavka Zaric et Miche! Bataillon avec François Trudel Patrick Baby Marie Charlebois Julie Ouchaslel Sonia Auger-Guimont Frédéric Lavallée Pier Paquette Marco tedezma Pveillee ON JOUE AU [PROSPERO] ! 1371.rue Ontario Est j, - Bi'ietteue 514 526 6582 aé Admission 514 790 1245 : ?-c- .c.- v/ww.lajeillee.qc.ca Procurez-rous le Passeport Prospéré 6 entrées pour seulement 100.S et participez au tirage de 18 lots de Hures de la collection Folio L’AGENDA Gratuit dans Le Devoir du samedi L’HORAIRE TELE, LE GUIDE DEVOS SOIRÉES DU 4 NOVEMBi AU 3 DÉCEMBRE 2005 DE MARTIN CRIMP TRADUCTION/MISE I DE CLAUDE POISSANt Avec Peter Batakliev, Félix Beaulieu-Duchesneau Violette Chauveau, Amélie Chérubin-Soulières Francis Ducharme, Catherine Larochelle, Widemir Nermil Gilles Renaud, Catherine Trudeau Complices : Jean Bard, Angelo Barsetti, Nicolas Basque Linda Brunette, Éric Champoux, Mathieu Giguère, Louis Héon Catherine La Frenière, Karine Lapierre, Dave St-Pierre UNE COPRODUCTION DU i ET DU FESTIVAL DE THÉÂTRE DES AMÉRIQUES A Espace G0,4890 St-Laurent (514) 845-4890 ou 790-1245 THÉÂTRE [ GLOBEVKT CAPITAL Québec SS fT* «•TfVAt.0* TarCATas O** AM#HI«CBe LE DEVOIR VaDeyfield — pour se lancer dans une ambitieuse conquête.Une imagination théâtrale La comédienne s'est beaucoup retrouvée dans le côté combatif du personnage, au sens propre comme au sens figure.«J'aime beaucoup la Jeanne d'Arc guerrière.» Mais à la différence de Jeanne, elle ne fait pas dans les longs discours.Quand on lui demande quels rôles elle souhaite obtenir dans l’avenir, cette grande instinctive dit sincèrement n’y avoir jamais pensé.«Moi.je suis toujours partante pour aller plus loin», finira-t-elle par nous dire.La comédienne dit avoir été vite dépassée par l'ampleur du personnage que lui a confié Gill Champagne.«Normalement, j’aime bien m ’inspirer de mes propres expériences pour trouver les émotions d’un personnage: mais là, je ne trouvais rien.» En répétition, le metteur en scène et les comédiens se sont demandé qui serait Jeanne d’Arc aujourd’hui.Sans succès.«C'est dnile.mais les noms qui sont ressortis sont plutôt négatifs.On a pense à Moïse Theriault, qui a eu la force d’entrainer des femmes avec lui.Un autre comédien a nommé George W.Hush.On a pensé aux chanteurs et chanteuses qui attirent les foules: mais (a, ça n’apporte pas grand-chose à la société.» Jeanne d’Arc semble être demeurée pour eux une figure énigmatique.«On s’est demandé corn ment elle avait pu convaincre des hommes de partir en guerre, ce qu’elle avait.Et on en est venus à la conclusion qu elle n’essayait pas tant de convaincre qu’elle était convaincue.» Jeanne, d’Arc disait suivre ses «voix».Bernard Shaw, qui ne croyait pas bien sur aux apparitions de sainte Catherine et consorts, lui prêtait une «imagination théâtrale».11 l’a aussi décrite comme «l’animal le plus curieux de tous les excentriques du Moyen .Âge».Dans sa pièce, Shaw montre une époque qui résiste au changement, des élites qui s’accrochent à leurs acquis.En vantant ses rapports directs avec le ciel, Jeanne remettait en question l'autorité de l’Eglise et, en défendant l'intégrité de la France, elle ouvrait la porte à un nationalisme qui effrayait les seigneurs féodaux d’alors.Aussi cette œuvre monumentale (elle dure normalement trois heures et demie mais le Trident prépare un spectacle de deux heures trente) parle-t-elle avanl tout du courage qu'il faut pour affronter les peurs et les remparts de son temps.Un propos porté par une prose vive et mordante.Comme dans cette réplique de Bertrand de Poulengy cherchant à convaincre son capitaine de soutenir Jeanne: •C’est de fous que nous avons besoin maintenant.Regarde où nous ont mènes lis gens raisonnables!» Collaboratrice du Devoir SAINTE JEANNE Texte: Bernard Shaw.Mise en scène: Gill Champagne 1 )u 1" au 2(î novembre Au Théâtre du Trident USINE 0 du 4 au 12 novembre de Sarah Kane COMPLET MERCI ! du 16 au 19 novembre chorégraphie et interprétation Anne Tereso de Keersmoeker 3 novembre Wiyw JuUlejL Panic Attack 2005 Tour réservations 514 521 4493 Appel de projets pour residences de creation Date limite 11 novembre 2005 - informations : www.usme-c.com LE DEVOIR.LES SAMEDI -29 ET DIMANCHE 3 O T O B R E 2 0 0 5 Culture Le rêve américain torpillé AMERIKA, SUITE De Biljana Srbljanovic.Mise en scène: Dragan Milinkovic.Au théâtre Prospéra jusqu’au 12 novembre.HERVÉ GUAY Moins tourné vers le passé qu’auparavant, le théâtre Prospère fait maintenant découvrir au public montréalais Ameri-ka, suite, une deuxième pièce de l’auteure dramatique serbe Biljana Srbljanovic.Cependant, alors qu’Histoires de famille, présenté à la salle intime de la même salle, dans une mise en scène de Cris-tian Popescu, dépeignait, de l’intérieur, les ravages produits par la guerre civile yougoslave, cette fois-ci, on suit à New York un immigrant qui a fui son pays.Il ne cesse pas pour autant d’être hanté par ses fantômes.Sa réussite sociale a beau les repousser temporairement, Karl ne perd rien pour attendre.Cette implacable désintégration mentale, Srbljanovic a l’air de l’inscrire dans un réalisme assez appuyé.Telle est du moins la piste poursuivie par le metteur en scène invité par le Groupe de la Veillée, Dragan Milinkovic.Il est vrai qu’une certaine stylisation intervient Mais elle est presque comique tant l’appartement new-yorkais est rendu dans une décoration typique de l’Europe de l’Est.La suite amplüîe ce sentiment.Rarement, en effet, les théâtres pauvrement dotés arrivent-ils à nous faire croire à la richesse sur scène.Ix's objets les trahissent sans cesse.Ce spectacle ne fait pas exception.Mais toute cette pacotille \ Marie Charlebois, Patrick Babi et François Trudel dans l’ordre habituel.CARMEN JOLIN était-elle bien nécessaire?Car il devrait être clair d’emblée que Karl, en dépit de sa fortune, est en train de sombrer dans la schizophrénie et la paranoïa.Ce manque de précision et de nuances, notamment sur le plan scénographique, déteint également sur l’interprétation.Milinkovic peine à y instaurer, notamment chez Karl, une fine progression d'Emma Haché Primo à la création 2003 du Fonds Gratton Gélinas Prix littéraim 2004 du Gouverneur général du Canada IThéètro) du 25 octobre au 12 novembre 2005 dans l’effondrement psychologique.Ce premier rôle paraît au-dessus des moyens de François Trudel, dont la ressemblance avec Benoît Gouin est frappante et dont je n’ai pu m’empêcher de penser que ce dernier aurait eu ce qu’il faut pour imposer ce financier troublé.À ses côtés, de temps à autre, certaines actrices connaissent des temps forts.Ainsi Julie Duchastel, en mannequin russe, quand elle raconte que son frère a perdu la vie au cours des événements du 11 septembre.Il en va de même de Marie Charlebois, qui esquisse à gros traits une riche héritière bien névrosée.Le problème, c’est que leur interprétation parait déphasée dans un ensemble qui privilégie un jeu quotidien mais inadéquat pour rendre compte de ces ego solitaires au bord de la crise de nerfs.11 reste que le regard que porte sur l’Amérique Biljana Srbljanovic ne manque pas d’acuité.Il rejoint, par sa lucidité, celui d’un Albee, qui n’a jamais eu peur de montrer ce qui se cache sous le rêve américain.L’auteure A’His-tuires de famille creuse, quant à elle, un autre sillon: est-il possible de laisser son passé derrière soi, surtout s’il est jalonné de violence?À y regarder de plus près toutefois, cette voix venue de Serbie montre bien que l’indifférence de l’Amérique aux drames lointains finit, d’une manière ou d’une autre, par la rattraper.Il est seulement dommage que l’actuelle production de la Veillée ne fasse pas entendre avec plus de force une parole d’une inquiétude si fondée.Collaborateur du Devoir JACQUES GRENIER LE DEVOIR La Pudeur des icebergs, de la compagnie Daniel Léveillé Danse.Daniel Léveillé en Europe La semaine prochaine, la compagnie Daniel Léveillé Danse présente deux pièces en tournée européenne.Amour, acide et noix, qui a valu au chorégraphe un prestigieux prix Dora Mavor Moore en 2004, figure à la programmation du MusikTeater Bal-toppen, à Ballerup, non loin de Copenhague, au Danemark, et à celle du Regensburger Tanztage, à Ratisbonne, en Allemagne.Le festival Dance Umbrella, à Londres, accueille pour sa part La Pudeur des icebergs (notre photo, qui a aussi fait la couverture du programme en Autriche) au début du mois de novembre.Danse-théâtre Les 4 et 5 novembre, à la Maison de la culture Plateau-Mont-Royal, les Ballets de la Parenthèse proposent Les Songes-creux, une pièce mêlant danse et théâtre qui aborde les vicissitudes de l’existence à travers la lorgnette de la dérision et de l’absurde.La compagnie, moitié française, moitié québécoise, existe depuis 2000 et compte déjà huit courtes pièces à son répertoire.Le chorégraphe Christophe Garcia a notamment créé des œuvres pour le Jetme Ballet du Québec.Le festival Vue sur la relève l’a aussi compté dans ses rangs.F.D.\**ioorps H théâtre ; Avec Louise Merleau, Pierre Collin et Jean Amlin | Msn «n scène Francine Alapin t£D Billetterie.514J2I.4191 uiK* 1945, mo Fultiim, Montréal $ Frontenac www.mimeommbus.qc.c8 *egulier24s | Endian» 19$ f Quebec :::: L' R SUE DE LR PURETÉ U L CLAUDE fl A ü V R E A ü MISE EN S C È II E Ut MARTIN l'ADCHLK f j AU «• NOVEMBRE !00S A i 0 H .* I 5 H L X l K 1 l' l P U » l.1 C ors rmssAUTEs it des riaissjars S A 1 S 0 « 4005 4008 7 8 SALLE L 0 O 0 E R » t ï E R S » T swmwvMinmi national RrnJ* rfe IhiMlr* 4u r.evnatiM tnt Ris te ci LE THÉÂTRE ALAMBIC ET LE THÉÂTRE OÉNISE PEUtTIER PRfSFNTENT R.Buckminster Fuller MÉMOIRES et nrly stères} DE L’UIXIIVERS de D.W.Jacobs nvMii tciion M'i iz4l, RfNStMjNtMtNfS (514) S98 0870 P0SÎF 71 4B C—— —A— CmMCmm Ô+ i «u Cm*.«•> m An» musicaction l*i ^ U IH.VOII: *+"•***« Québec V,", A • m m m mm mm m m mm ".mm m m m î r ri ~ s : r a 'W' m m orchestre baroque mk OC* anniversaire 2005-2006 Tra Roma e Napoli Première nord américoine1 Soliste invité: Maria Cristina Ki*hr soprano.U Concerto Soavc Chef invité Jean-Marc Ayntct davecin (Francé) 28.29 et 30 octobre 2005 Œuvres de A.Scariatti et A.Stradella Une duces Le Tourment et la Consolation 40 artistes sur scène ! Solistes invités: Shannon Mercer soprano.David Hansen alto masculin Tony Boutté.ténor et Joshua Hopkins baryton Le Choeur du Studio de musique ancienne de Montréal Chef invité : Bernard Labadie 25 et 27 novembre 2005 Trois cantates funèbres de J .S.Bach Soirée faste chez Mozart Hommage au 2SCT anniversaire de naissance de Mozart Solistes Maria Cleary harpe Claire Guintond flûte baroque Chef et soliste invitée : -Monica Huggett, violon baroque (Royaume-Uni) 24.25, 26 février 2006 Les Plaisirs champêtres A b découverte du ballet baroque Chef invité: Daniel Cuiller (France) 24, 25, 26 mars 2006 Les Plaisirs champêtres.La Fantaisie, Les Caractères de la Danse et Les Élémens de jean-Féry Rebel Autour du pianoforte Concert de clôture du 25* anniversaire Soliste mvtte Tom Beghtn pianoforte Chef invité: Jaap ter Linden (Pays-Bas) 26.27 et 28 mai 2006 Œuvres de Joseph Haydn.Pieter van Maldere et W A Mozart SALLE REDPATH BILLETS à partir de 15$ ABONNEMENTS DISPONIBLES à partir de 65$ (514) 355-1825 i LE DEVOIR, LES SAMEDI 29 ET DIMANCHE 30 OCTOBRE 2005 E 8 ?Au cœur des fanatismes Fade et sans couleur POUR UN SEUL DE MES DEUX YEUX Réalisation: Avi Mograbi.Cinéma Parallèle (s.-t français) et Cinéma du Parc (s.-t anglais).ODILE TREMBLAY Pour un seul de mes deux yeux est un documentaire extrêmement troublant Nombreux sont les films qui abordent le conflit israélo-palestinien, celui-là parvient à montrer les fanatismes en jeu avec une rare force de frappe.Avi Mograbi est un Israélien qui refuse d’entériner les exaltations malsaines, dans son camp comme chez les autres.Avec caméra à l’épaule infiltrée partout, son film plonge au cœur des fanatismes pour en démonter les mécanismes.Des hommes de chaque camp y tentent un difficile dialogue téléphonique, en pleine intifada.Avi Mograbi ouvre les yeux sur le sort des Palestiniens assiégés sur leurs terres, alors que les soldats d’Israël, présents partout, leur coupent l’air et ouvrent la porte aux jeunes kamikazes qui n’ont plus rien à perdre.Que peut faire un cinéaste israélien lorsque le fanatisme ne l’aveugle pas?Résister par sa caméra, créer des ponts difficiles.Pour un seul de mes deux yeux aborde palestinien.le SOURCE PNC conflit israélo- Ici, Mograbi se fait rabrouer par l’armée quand il tente de capter les injustices dont les Palestiniens sont victimes, telles ces personnes malades qui essaient de franchir un barrage armé pour se rendre à l’hôpital et qui sont repoussées sans façon.La grande originalité de Pour un seul de mes deux yeux réside dans un biais mythologique, creusé jusqu’au malaise.L’histoire de Sam-son, l’homme fort de la Bible qui a combattu les Philistins avec une mâchoire de cheval et mourut U* Cl a Montréal [ L ENTRÉE LIBRE du 25 octobre au 31 décembre 2005 à ia Grande Bibliothèque Dans le cadre du IVe centenaire de la publication de la première partie du roman Don Quichotte EXPOSITION DON QUICHOTTE SANS FRONTIÈRES ACTIVITÉS Conférences, projections, spectacles et ateliers pour le jeune public RENSEIGNEMENTS www.bnquebec.ca ($14) 873-1100 ou 1 800 363-9028 GRANDE BIBLIOTHÈQUE 475, bout De Maisonneuve Est Métro Bérri-UQAM Mardi au vendredi, 10 h ci 22 h Samedi et dimanche, 10 h à 17 h Bibliothèque nationale Québec aveugle et prisonnier en faisant tomber les colonnes du temple smses ennemis, est reprise en Israël par des factions sionistes très radicales, transformée comme une métaphore du conflit moderne.Même des chansons à la gloire de Samson repoussant la barbaresque appuient la ferveur sioniste en scandant les appels à la guerre sainte.«O seigneur Dieu, daigne Te souvenir de moi et me rendre assez fort, rien que cette fois, que je venge des Philistins pour un seul de mes deux yeux», aurait dit Samson avant de mourir.Quant au mythe de Massada, emblème du soulèvement des Juifs contre les Romains au 1" siècle avant Jésus-Christ, avec des visites guidées sur les lieux du drame, il alimente encore aujourd'hui l’idée du peuple élu qui préfère la mort à la reddition.Mograbi tente pourtant de montrer que ces zélotes, perçus comme des héros par les Israéliens, ont les mêmes comportements que les jeunes auteurs d’attentats suicide palestiniens.Ces mythes serinés en lavage de cerveau, on en découvre dans ce film l’impact, alors qu’enfants et adultes juifs répètent par cœur ces tranches historiques réelles ou fictives en s’en enveloppant comme d’un drapeau.Pour un seul de mes deux yeux n’apporte pas de solutions à un conflit qui pourrit sur pied, hormis celui du nécessaire dialogue, mais il possède le mérite de chercher les racines historiques du mal, sans rien masquer, renvoyant le spectateur devant le spectacle du fanatisme engendré par des sociétés qui créent des monstres.Le Devoir 1» a> t» t» t» t» t» t» t» 1» t» 1» t» t» t» Ht St-jean-sur-Richelieu (Iberville) Qc t» t» JjjJ Dimanche le }0 octobre, à 20h 00 Récital d’Orgue Organiste FABRICE PINCET (FRANCE) Chapelle des Frères Maristes 14, Chemin des Patriotes Est t» trh lihi ¦ Projection sur tcrén #«f PRÉSENTENT DES SAMEDIS EN COMPAGNIE DES PLUS AUDACIEUX VIRTUOSES DE LA RELÈVE la musique sur un plateau ‘ N e 5 NOVEMBRE 20 H SUR LA ROUTE DE VIENNE.ALEXANDRE DA COSTA, MARIANNE DUGAL, Violons - JEAN-PHILIPPE TREMBLAY, alto ^ SYLVAIN MURRAY AMÉLIE FRADETTE, ^ violoncelles CONFÉRENCES SUR LES CASTRATS AVEC FRANCOIS Fii IATRAUI HISTOIRE SOCIALE ET MUSICALE 13 NOVEMBRE 14 H LES DÉBUTS DE L’OPÉRA EN ITALIE ET LES PREMIERS CASTRATS VEDETTES L’APOGÉE DE L’OPÉRA SERIA mmmiM 20 NOVEMBRE 11H ¦ 13H30 UNE HISTOIRE DE GUITARE RICHARD LÉVEILLÉ, guitare UNE SALLE DE CONCERTS A DECOUVRIR ¦ RÉSERVEZ VOS PLACES! MAISON DES .MC 306 AV.DU MONT-ROYAL EST.MONTREAL KJlEBKI HL’T ifS TElfFHONE (514) 845-4108, peste 771 «ArtSsuwsjesnxisicM www jeutwssesnHssicrtles com Le sacré réapproprié 19 odobre au 14 décembre 2005 littérature I Pimaiirtor 30 ottobtr, 19 h SO* ISS Ul tel UR DU SURI Un recital littéraire pturxtedplirvurv Joël Couture, Mxophone Annie Gagnon, danse Textes ofijjrwux de lose Uquelin Paul Bélanger Aimée Dandois Paradis Claire Varin Table ronde «km* r nliewtre.Wk-lvnui IIBKI Il SURI RI M’I’ROI’RII Quels vwif les liens qui unissent Part et le sacre dans une persprrthe à la fois historique et artistique ’ Discusvon ou\ erte en (ompitunie d'intervenants du mém < ulUrel \UIMQWI DU \10\DI ¦ mm-mbrr Mh ¦ US CORDES EN LIBERTÉ IHmmmkr 6 nu» antre JOh-JIS RHAPSODIE POUR LUTH In partenariat avec le Festival du monde arabe de Montreal mvwtesbvalarubecom ÜPfTO L*»4T*tMT4 ISU) MT PRIME Ecrit et réalisé par Ben Younger.Avec Meryl Sfreep, U ma Thurman, Bryan Greenberg, Jon Abrahams.Image: William Rexer.Montage: Kristina Boden.Musique: Ryan Shore.Etats-Unis, 2005,105 minutes.MARTIN BILODEAU Il suffit, pour raconter Prime, d’énumérer ses personnages.D’abord, une sympathique psychologue du Upper East Side (Meryl Streep).Ensuite, son fils (Bryan Greenberg), peintre dilettante de 23 ans.Enfin, sa cliente (Uma Thurman), une divorcée «wasp» de 37 ans qui, sur sa recommandation, donnera le feu vert à sa liaison avec un homme beaucoup plus jeune.Lequel, vous l’avez compris mais toutes les parties l’ignorent, est le fils adoré que la première rêve plutôt de voir dans les bras d’une juive de bonne famille.Voilà des personnages et une prémisse très woody-alléniens, dans une comédie signée Ben Younger, découvert en 2000 avec Boiler Room.Le scénario extrait de la proposition un maximum de situations comiques, dont quelques-unes hilarantes, comme celle où le personnage de Thurman raconte ses ébats dans le détail à sa psy qui la jalouse, puis, plus tard dans le film, celles où cette dernière, qui sait tout mais n’ose l’avouer à sa patiente, se décompose sous l’assaut de ses confidences intimes.Hélas, au-delà de ces éclairs d’hilarité, l’ensemble s’avère plutôt fade et sans couleur.Et pour cause: exception faite de quelques idées de cinéma bien exploitées, Younger se contente de diriger les conversations.De plus, son traitement (avec un ahurissant montage à la hache) demeure en surface des choses, le film abordant avec sérieux des enjeux importants (l'héritage religieux, la pression familiale, l’amour aveugle, etc.), pour ensuite emprunter le chemin le plus court (et pas toujours le plus drôle) pour les résoudre, ou plutôt feindre de le faire.Si bien qu’au final, cette comédie conservatrice sur les bienfaits du consensus mou se donne les allures d’un combat victorieux contre les barrières sociales et les qu'en-dira-t-on.Pas étonnant, dans les circonstances, que Thurman donne l’impression de s'ennuyer ferme dans un rôle très limité sur le plan des émotions et de la psychologie.Pour sa part, Greenberg exploite au maximum son étroit registre d’émotions.Par élimination, c’est Streep qui s'en sort le mieux.En surchargeant, ce que cette extraordinaire actrice dramatique fait chaque fois qu’on la sonne pour une comédie (She-Devil, Death Becomes Her).11 reste qu'il faut un talent remarquable pour passer avec tant de grâce du visage de la psy attentive aux caprices de sa cliente à celui de la mère inquiète du choix de son fils.Prime, décidément n’est pas à sa hauteur.Collaborateur du Devoir Convenu comme la pluie THE WEATHER MAN Réalisation: Gore Verbinski.Scénariste: Steven Conrad.Avec Nicolas Cage, Michael Caine, Hope Davis, Gil Bellows, Michael Riso-11, Gemmenne de la Pena, Nicholas Hoult Image; Phédon Papa-michael.Musique: Hans Zimmer.ODILE TREMBLAY Gore Verbinski, le cinéaste de Pirates des Caraïbes et de The Ring, délaisse les films de genre pour s’offrir une comédie dramatique de vie en suspension.The Weather Man s’est offert une solide distribution, dont les oscarisés Nicolas Cage et Michael Caine, mais malgré de bonnes idées, le film ne va jamais au bout de ses audaces et demeure un produit consommable et jetable oscillant entre drôlerie et émotion sans profondeur de champ.Cette histoire d'un météorologue de télévision (Nicolas Cage) qui n’arrive pas à obtenir l’estime de son écrivain de père (Michael Caine), ni de son ex-épouse (Hope Davis), et reçoit par la tète les rapports amour-haine des téléspectateurs, aurait pu donner lieu à une chronique vraiment grinçante de l’Amérique contemporaine.Hélas! Les rapports avec l’épouse qui vit dans une grosse maison avec leurs deux enfants sont en surface tout du long.D veut revenir, elle en a assez de lui, etc.Plus intéressante: la relation père-fils, qui roule à vide, jusqu’à ce que le papa daigne trou- Michael Caine et Nicolas Cage Verbinski.ver quelque intérêt à son rejeton.Ni Cage ni Caine ne donnent ici leur plein volume.Chacun roule sur le pilote automatique, sans dépasser la limite de vitesse.Cage parvient toutefois à insérer du comique à son personnage à côté de ses pompes, mais le scénario ne lui permet pas d’aller bien loin.Hope Davis campe sans flamme une épouse banale.La petite Gemmenne de la Pena (qui jouait dans Erin Brockovich), avec sa silhouette boulotte et ses mimiques de fausse abrutie, en incarnant la fille du héros, aurait pu entraîner le film du côté de la satire, mais ses répliques sont trop minces pour lui offrir un profil clé.Idem pour Nicholas Hoult, l’acteur de About a Boy, 14 ans, à qui Ton n'offre ici SOURCE PARAMOUNT PICTURES dans The Weather Man, de Gore qu’un rôle mince et lisse d’ingénu sans personnalité.Le film, essentiellement académique hollywoodien, s’égare pourtant parfois du côté de l’humour noir.Des petites capsules caustiques sur la vie sexuelle du héros, les incartades de sa fille, etc., enlèvent un peu de couleur drabe au profil d’ensemble.Ces incursions ainsi que le fait que le héros dit «Fuck! Fuck! Fuck!» à tout propos, en plus d’assommer un présumé pédophile, valent au Weather Man la malencontreuse .cote R qui restreint sa clientèle.A ce compte-là, mieux aurait valu que Verbinski plonge carrément dans l’audace et abandonne ses codes convenus.Le De voir Quatuor Québec nn LE DEVOIR 003 un a wi mé— Couleurs musicales ?Brady Tan Dun Chostakovitch ?Vendredi 4 novembre 20 h Salie Redpath, Univ.McGill Billets $25 ($20 étudiants et aînés) ?Dialogues Samedi 29 octobre 14 h Chapelle historique du Bon-Pasteur Entrée libre 514-527-5515 www.quatuormolinari.qc.ca Constantinople présente Ensemble CLÉMENT J ANEQUIN Pour la première fois à Montréal «Les Plaisirs du Palais» Banquet musical franco flamand Samedi, 5 novembre, 20H00 Salle Pierre-Mercure Billets: (514)987-6919 l> DEVOIR LE DEVOIR.LES SAMEDI 2D ET D 1 M A N C H E A O O (’ T O B R E 2 O O 5 K î> LANEUVAME De Bernant Emonf Canada Queoec! 2005.97 roi .Gi Lundi 31 octobre 19 h 30 1 Tl mvi ^ iï yj m uj &ÿil entris ROIS ET REINE FX fFNTRIS.rOM / 9M.R47.72M 14h30 17h30 20h30 Adolescence sous influence K SOU RC K MONC.KKt MIDIAS Tous les personnages de Thumbsuckcr semblent sous influence, celle de la drogue, du rêve hollywoodien, de l’amertume, de la compétition, y cherchant un refuge bien hypothétique dont la réalité s’empresse d’enrayer les effets.THUMBSUCKER Realisation et scenario: Mike Mills, d'après le roman de Walter Kim.Avec Lou Pucci, Tilda Swin-ton, Vince Vaughn.Vincent D'Onofrio, Keanu Reeves.Image: Joaquin Baca-Asay.Mont: Haines Hall, Angus Wall.Musique: Tom DeLaughter.États-Unis, 2005,95 minutes.ANDRÉ LAVOIE Longtemps méprisée, la banlieue constitue maintenant un immense vivier d’intrigues tordues, délirantes, de cadre faussement idyllique pour mieux dénoncer une société aliénée.Les ambitions de Mike Mills, un petit roi de la réclame et de l'image musicale passé du côté du cinéma, ne sont pas si grandes dans Thumbsucker mais, mine de rien, sans se tourner les pouces même si le héros du film adore sucer les siens, il jette une lumière douce sur un univers de tourments refoulés, d’aspirations déçues.A 17 ans, Justin Cobb (Lou Pucci, d’une intensité foudroyante) n’arrive toujours pas à se débarrasser de cette manie que Freud et ses disciples expliqueraient par un sevrage trop hâtif du sein maternel.Sa perception du problème le pousse même à croire qu’il serait à l’origine des tourments familiaux.Audrey (Tilda Swinton, remarquable), sa mère, vit difficilement le tournant de la quarantaine tandis que Mike (Vincent D’Onofrio), son père, rumine toujours sa déception d’avoir interrompu une brillante carrière de footballeur après une mauvaise chute.Justin s’en remet alors aux bons soins de son orthodontiste (Keanu Reeves), très versé dans la quincaillerie nouvelâgiste et réussissant à chasser sa mauvaise habitude par l’hypnose.Mais ce garçon renfermé n’est pas au bout de ses peines.11 est si torturé que l’on finit par convaincre sa famille de lui prescrire du Ritalin.Grâce à cette vé- ritable pilule du bonheur et du succès, Justin se transforme en premier de classe, et surtout en orateur brillant qu’un professeur consciencieux (Vince Vaughn) encourage au dépassement pour d’importantes compétitions.Ses rêves prennent pourtant d’autres formes, souhaitant aller étudier à New York tout en voulant séduire une camarade de classe en apparence insouciante.Bref, bien des maux de tête pour lui, sa famille, son entourage; autant de défis qui renvoient tout ce beau monde à leurs cuisants échecs.Fantasmes Alors que les jeunes loups de la pub et du vidéoclip se débarrassent difficilement de la dictature de la frénésie qui caractérise ces deux mondes, Mike Mills se fait ici chaleureux, modeste, attentif, ne rendant jamais joli ce milieu banlieusard qui sent le contreplaqué et la peinture fraîche, monde artificiel cherchant à domestiquer la nature environnante.Et le cinéaste n'est guère plus tendre dans sa description d’une famille qui semble unie mais dont les discordes sont balayées sous le tapis.Pour les voir revenir, si possible en pleine figure.C’est, par exemple, dans un fantasme télévisuel (incarné par Benjamin Bratt) qu’Audrey se réfugie pour mieux repousser le spectre de la quarantaine: le fantasme en question trouvera d’ailleurs forme humaine, autre événement révélateur dans une vie tapissée de petits mensonges.Sans que la chose devienne un enjeu «clinique», la question du Ritalin est posée avec autant de véracité que de subtilité, montrant les bienfaits (immédiats) que le médicament provoque ainsi que les doutes (éthiques) que sa consommation suscite.Mais tous les personnages de Thumbsucker semblent sous influence, celle de la drogue, du rêve hollywoodien, de l’amertume, de la compétition, y cherchant un refuge bien hypothétique dont la réalité s’empresse d’enrayer les effets.Celui que procure ce petit film, et sa drôle de faune, n’est pas aussi furtif; leurs doutes s’assimilent aux nôtres, les espoirs ne nous sont jamais totalement étrangers.Collaborateur du Devoir ENTRETIEN A Etre mère en banlieue.L’actrice Tilda Swinton revient sur Thumbsucker MARTIN BILODEAU Elle fut la muse de feu Derek Jarman (Caravaggio, Edward II), auprès de qui elle a appris le goût du risque et pris goût au bizarre.En 1992, le monde entier la découvrait en Orlando (d’après Virginia Woolf), dans le film du même nom signé Sally Potter.Depuis, cette belle grande rousse s’est spécialisée dans les rôles d’androgynes singulières, sa gamme allant de la gourou totalitaire d’une tribu hippie (The Beach) à l’ange garde-frontière du paradis (Constantine), en passant par la créature rêveuse ou rêvée du Possible Worlds de Robert Lepage.Si bien que voir Tilda Swinton apparaitre en mère américaine de banlieue dans Thumbsucker, à l'affiche au cinéma AMC-Forum, en laissera plusieurs perplexes.Et pour cause: son personnage d’infirmière sans histoire, qui vit sa crise de la quarantaine en même temps que son fils de 17 ans essaie de surmonter un étonnant handicap social (il suce encore son pouce, d’où ce titre si peu poétique), est découpé dans la réalité vraie de la vraie vie.Retour spr terre, donc, pour cette belle Écossaise au teint diaphane, qui mine de rien n’est pas complètement étrangère aux personnages réalistes, voire aux all- American girls.The Deep End, où elle causait accidentellement la mort de l’amant de son fils, avait déjà en 2001 brisé la glace, en toute confidentialité cependant.«Les deux mères américaines que j’ai jouées jusqu ’ici sont toutes deux perturbées par l’idée que la maternité marque la fin de la partie pour elles.La mère de The Deep End accepte cette sentence, tandis que celle de Thumbsucker s’y oppose», expliquait cette maman de deux enfants à une tablée de journalistes lors du récent Festival international du film de Toronto.La banlieue comme laboratoire La tignasse blond cendré, le regard azuré, le sourire presque timide, l’actrice de 45 ans passait par la Ville reine afin de défendre ce premier long métrage de l’Américain Mike Mills.Sur le mode de la comédie douce-amère, et avec la banlieue comme laboratoire, celui-ci y défend l’idée selon laquelle les individus ne cessent jamais de grandir, quel que soit leur âge.«Ce n'est pas un film sur la culture américaine, précise Swinton, mais sur la culture de la banlieue, un phénomène qui s’est répandu sur la planète entière.La banlieue apporte aux gens l’illusion de n’avoir aucun choix à faire dans la vie.Elle propose un mode d’emploi éprouvé et facile à suivre.Ceux qui se sentent différents dans ce genre d’environnement se sentent aussi doublement seuls.» Refusant systématiquement les compromis confortables, l’actrice si différente n’est paradoxalement jamais seule.Au contraire, elle a gagné le respect des ingénieurs du cinéma «mainstream», qui lui font maintes propositions, et l’affection des charpentiers du cinéma indépendant — parmi lesquels Spike Jonze pour Adaptation, Tim Roth pour The War Zone, David MacKenzie pour Young Adam.Il lui arrive d’ailleurs d’en guider quelques-uns en coulisse, armée de son carnet d’adresses, afin de faciliter le montage d’un projet.Quelques minutes de conversation avec elle suffisent pour comprendre que Tilda Swinton est d’une intelligence, d’une curiosité et d’une lucidité supérieures à la moyenne des acteurs.Son métier d’actrice est pour elle le passeport vers un monde polarisé (le cinéma indépendant et le cinéma hollywoodien) qui la passionne et sur lequel elle pose aujourd’hui un regard éclairant.•L’ennui avec les gros films hollywoodiens, dit-elle, c’est que toute la création artistique se fait en amont.En raison de leurs budgets restreints, les petits films se créent en aval.Car qui dit petit film dit petit budget.Qui dit petit budget dit manque de temps.Qui dit manque de temps dit chaos.Or, quand on fait un film à petit budget, il faut embrasser ce chaos et en faire, sa pâte à modeler.À l'inverse, les grands studios détestent le chaos, le fuient comme la peste.» Tout en travaillant au développement d’un film sur la chanteuse Nico (rôle qu’elle campera elle-même), Tilda Swinton s’apprête à jouer dans L’Homme de Londres, d’après Georges Simenon, sous la direction du Hongrois Béla Tarr.Pour elle, chaque film est plus important que le budget, chaque cinéaste plus intéressant que son cachet.«J’aurais fait Constantine même si le film avait disposé d’un budget de 200 000 $.J’aurais volontiers joué dans Les Chroniques de Narnia | mégaproduction Disney d’après C.S.Ixwis, attendu aux Fêtes, dans lequel elle joue la sorcière blanche] dans une boîte à chaussures.» Sa préférence, du reste, ira toujours au cinéaste encore vert, dont elle admire la candeur et la détermination.«Il n ’a aucune idée à quel point faire un film est difficile, et cette inconscience est souvent exaltante.Il n'a qu’une envie: faire le film qu’il a en tête.Il n’accepte pas qu’on lui dise que c’est impossible.» Avec elle, ils sont deux.Collaborateur du Devoir 2005 Festival des 3 Continents 2005 «BOMBON LE CHIEN est un petit plaisir (.) d'une simplicité et d'une gentillesse désarmantes.» - La Presse M BOMBON i_ EL PERRO moNerei (BOMBON LE CHIEN) À L'AFFICHE EN EXCLUSIVITÉ ! Ven au jeu.: 13h - 17tvi0 * 21 h G EX-CENTRIS jSjé.bOAil Saint-Laurent Mtl C 1NÉMA Billetterie (514) 147-3306 PA RAL L 3 L E ?CINEMA ?SEMAINE DU 29 OCTOBRE AU 4 NOVEMBRE 200S Les NOUVEAUTÉS et le CINEMA en nésumé, pages 4.6 La liste complète des FILMS, des SALLES et des HORAIRES pages ?7,14 dans LAGENDA culturel Steve Martin et Claire Danes dans Shopgirl.Lamour en soie SHOPGIRL Réalisation: Anand Tucker.Sco nario: Steve Martin, d’après sa nouvelle.Avec Steve Martin, Claire Danes, Jason Schwartz-man.Image: Peter Suschitzky.Montage: David Gamble.Musique: Barrington Pheloung.États-Unis, 2005,105 minutes.ANDRÉ LAVOIE Derrière les facéties et les grimaces de Steve Martin se cache, parfois, un acteur sensible (Grand Canyon, The Spanish Prisoner), un dramaturge à succès (Picasso at the Ixipin Agile) et un écrivain suffisamment respecté pour que le vénérable magazine Ihe New Yorker lui ouvre ses ixtges.Ceux qui ne jurent que ixir l’ex-cabotin de Saturday Night live enfilant pu la suite les comédies sans intérêt (de Mixed Nuts à Bringing Down the House) passeront leur tour devant Shopgirl.Pourtant, force est d’admettre qu'ils auront tort.Non pas que le nouveau film d’Anand Tucker (ou lui doit le très beau Hilary and Jackie, ce drame biographique qui allait servir de carte de visite à la lumineuse Emily Watson) réinvente les poncifs de La comédie sentimentale, mais il s'en dégage un climat jamais mièvre ou futile, bien que le scénario de Steve Martin n’échappe pas à un certain schématisme.En effet, i>our une jeune fille en fleur s’affrontent, sans jamais se voir, deux amoureux dont les differences frapperaient l’œil le moins aiguisé: l'un pauvre, l’autre riche; le premier à l’heure de ses folies de jeunesse et le second revenu de tout, ou presque; un garçon dépourvu de bonnes manières et de goût vestimentaire et un homme raffiné portant des complets Armani.Impossible d'être plus limpide.Entre ces extrêmes se fient debout derrière son comptoir de gants du chic magasin Saks de IjOS Angeles la jolie Mirabelle (touchante et gracieuse Claire Danes).Elle n’a nul besoin d’avouer qu’elle est originaire du Vermont: son apparence, sa discrétion n’ont pas encore été altérées |>ar cette ville.Solitiii-re, mais non ixir choix, elle est courtisée (c’est un bien grand mot) par Jeremy (Jason Schwartzman, merveilleusement à côté de ses pompes) à la buanderie du coin, qui lui quête quelques sous au passage, artiste fauché oblige'.Pou de temps après un premier rendez-vous pas très galant Mirabelle reçoit un ca deau d’un client, Ray Porter (Steve Martin, sa retenue nous fait du bien), qui la séduit moins grâce à son ;ugent que ixir sou charme dis tingué.Qui sera (heureux élu?Shopgirl est bercé, avec parcimonie, ixir ki voix d'un narrateur, Steve Martin lui-même, une manière de marquer les origines littéraires du film, inspire d’une nouvelle de l’ae-teur-écrivain.Loin de vouloir se servir en matière de présence-écran, Martin laisse toute la place au |xm sonnage de Mirabelk\ dont la |xm lection apparente se fissure à quelques occasions mais qui n'est pas sans évoquer une héroïne de conte de fées égarée sur les autoroutes de la cite des anges, le film ne semble d’ailleurs jamais battre au même rythme que la ville', se confinant surtout à quelques intérieurs chic et feutrés, montrant souvent Mirabelle au volant ou déambulant, l’âme en peine, dans son logement modeste, comme si le chaos ambiant ne Êdsait que l'effleurer.Bien sûr, le film n'effleure aussi qu'une vision idyllique de l’amour, les tremblements de cœur n’y étant que passagers, marqués par quelques larmes et une musique d’un raffinement exquis signée Barrington Pheloung.Anand Tucker se plaît à rehausser, avec un maniérisme évident, la beauté froide des magasins chic, ce qui fera dire à certains, et Us n'auront pas tort, que Shopgirl représente une belle récite me |xmr 5;iks.M;üs il en va des vitrines comme de certains films romantiques: décorées avec soin, kiis-sant poindre une douce folie et un supplément d’âme, pourquoi ne |xis s’attarder devant ce bel étalage de sentiments contradictoires?Collaborateur du Devoir PALMARÈS DVD ARCHAMBAUlTvl 4 OttlfaHI MIDU UN TRIOMPHE! ?Lf Soi fii ?> 9 Lf Journal df montré ai iriririr 'kicirir La Prfmi Tni OAIfTTf w coMPÉrrnoN orani pesttv/u n iocasno 2005 ( GAGNANT PRIX OU MEILLEUR FILM CANADIEN FESTIVAL DU CINÉMA FRANCONPHONF DE MONCTON ( LÉOPARD D'OR MEILLEUR INTERPRETE MASCUUN PATRICK DROLET ) rPRIX DU JURY DES JEUNES ENVIRONNEMENT ET OUA LITE DE VIE £ PRIX OECUMÉNIQUE J LLISE GUILDAULT PATRICK DROU T T aNenvaine “ * «?10eSEMAINE! üï f-cmmrjy EpeyrA—«nr-.rc*«ni?rnmrrummtc-, lOUAWTliER LATB ?11 VERS/ÜLLCS ?1 IPUtfARTOTTWirr/ll LE CLAP ?| Résultats des ventss Du 18 a«« ?4 octobre ?005 FILM/TÉLÉSÉRIE BATMAN BEGINS KINGDOM OF HEAVEN LAND OF THE DEAD CAMÉRA CAFÉ Saison 1 3X RIEH Saison 2 LES BOUGON Saison 1 CEMDRILLON Édition spéciale NOUVELLE FRANCE TINTIN Coftret vol.6 a 10 OEMETAN: LA PETTTE GRENOUILLE MUSIQUE/SPECTACLE/AUTRE USE OWN En spectacle DIEUDONNÉ Mes excuses RICHARD DESJARDINS Kanasuta La ou les diables vont YVON DESCHAMPS Intégrale années 70-80 QUEEN Oueen On Fire At The Bowl 7 WON DESCHAMPS Intégrale années 60-70 FRANÇOIS LÉVEHIÉE En spectacle PETER GABRIEL Secret World Live U2 Go Home, üve 10 DENNIS DEYOUNG Symphonic Rock Music Of Styx e E 10 LE DEVOIR.LES SAMEDI 29 ET DIMANCHE 30 OCTOBRE 2 0 0 3 i ri om o 111 VJ niui Une œuvre gracieuse et touffue GOOD NIGHT, AND GOOD LUCK De George Clooney.Avec David Strathairn, George Clooney, Patricia Clarkson, Robert Downey, Jr., Ray Wise, Jeff Daniels, Frank langella.Scénario: George Clooney, Grant Heslov.Image: Robert Elswit.Montage: Stephen Mirrio-ne.Musique: Jim Papoulis.Etats-Unis, 2005,93 minutes.MARTIN BILODEAU De tous les films de fiction américains qui, jusqu’ici, ont ouvert le feu sur l’administration Bush par des voies détournées (Silver City), voire métaphoriques (Alexander), Good Night, and Good Ijick, campé dans le milieu de la télévision à l’époque de la chasse aux 'sorcières, constitue le sommet la qualité du langage cinématographique, la limpidité de l’argumentation et la passion du discours élèvent ce deuxième opus signé George Clooney (après l’étonnant Confessions of a Dangerous Mind) au rang des subversifs All the President's Men et autres Manchurian Candidates de haut voltage.Film de cinéma sur la télévision du temps où celle-ci se faisait encore comme de la radio, ce blues langoureux au luxe sobre, chorégraphié par le chef opérateur de Magnolia (Robert Elswit), reconstitue de l’intérieur un épisode méconnu de l’histoire médiatique américaine, épisode dont Clooney se sert pour éclairer le présent A preuve: dans un discours prononcé en 1958 sur la dérive de la nation et de la té-lévision, qui enserre le film aux deux extrémités tels des appuie-livres, le journaliste télévisuel Edward R.Murrow (David Strathairn) déclare: «Nous sommes actuellement une nation riche, obèse, confortable et complaisante, » Retour en arrière, cinq ans plus tôt.Au plus fort de la campagne de peur du sénateur McCarthy visant à débusquer les sympathisants communistes dans l’industrie des médias et du show-business, Murrow et l’équipe du magazine See It Now, qu’il anime hebdomadairement, s’érigent à coups de reportages contre ses manœuvres.Ix-urs attaques répétées, qui les font ramer à contre-courant dans un establishment médiatique figé p;u- la peur, contribueront à la chute de celui-ci.Fils d’un lecteur de nouvelles et neveu de l’acteur José Ferrer, qui en 1952 échappa de justesse aux foudres de l’HUAC (House on Un-American Activities Committee), George Clooney livre ici une œuvre gracieuse et légère, en même temps que touffue et verbeuse, lins qu’un milieu, plus qu’un théâtre, il nous révèle la télévision de l’époque telle une arène privilégiée' et vulnérable où s’affrontent censure et liberté d’expression, intérêts corporatistes et service public.Toute l’action du film, hormis deux scènes, se déroule dans les bu- SOURCE TVA FILMS David Strathairn, dans le rôle du journaliste télévisuel Edward R.Murrow.reaux et les studios de NBC à New York.D’entrée de jeu, la caméra valse entre les membres de sa petite communauté professionnelle enfiévrée par la peur d’être dénoncés ou montrés du doigt Outre Murrow et son réalisateur Fred Friendley (Clooney), il s’en détache quelques figures, emblématiques du climat mais d’une importance négligeable pour l’histoire — chose regrettable parce que les acteurs qui les campent (Robert Downey, Jr., Patricia Clarkson, Ray Wise) sont loin de l’être.Puis, peu à peu, le col se resserre pour se concentrer sur l’affrontement verbal, par écrans inter-posés, de Murrow et McCarthy, et sur l’implosion qu’il causa Voulant se soustraire à la délicate responsabilité de diriger un acteur jouant McCarthy, Clooney a tourné son film dans un sublime noir et blanc afin que les documents d’archives, dans lesquels apparaît le vrai sénateur, s’intégrent au reste du film.L’effet saisissant, crée un rapport ambigu entre fiction et documentaire, où la sobre reconstitution jouée par des acteurs, inspirée de faits scrupuleuse ment documentés, se superpose aux propos de la commission McCarthy, extraits des actualités de l’époque, et qui dans l’ensemble se sont révélés pure fiction.Chemin faisant, Clooney se de mande (et nous invite à nous de mander) comment la télévision a pu devenir un instrument si puéril, ira fantilisant, bref si peu utile à l’exercice de la démocratie.Admirablement détendu par Strathairn (que le film montre presque uniquement dans sa fonction d’«anchorman», sans jamais dévaler le versant privé), Murrow a sonné l’alarme et c’est ce qu’on retient avant tout de cet admirable Good Night, ami Good ljuck.«Cet instrument peut instruire^, éclairer et même inspirer, disait-il.A la condition toutefois que ceux qui s'en servent l’emploient à ces fins.À défaut de quoi il n est rien de plus qu'une boite avec des câbles et de la lumière.» Le prophète aurait tant aimé avoir tort.Collaborateur du Devoir I N EVENEMENT C1NÉM VrOGRAPIIlQl E ÉLECTRISANT l n tlc.i nu'MIfiii-s tltillN ill- l aniuV.Clouni v Iriiimplic! - i; .* * * * ni: loin i.i; mi.m AMÉRICAIN LE PLUS INTELl.UiEM nii I.ANNÉE Oovict Stmtlisiini Ooorgo Oloonoy Il y e un moyen de changer le momie La television Réalisé par George Clooney GOOD NIGHT.AND GOOD LUCK XerxifH etrii’ithifc ittigfetise l'RÉSEWTEIVtEINrr A UAFFIGHE ! rr= (CINÉMA DU PARC] |LE FORUM 22 ?[ |»7»oup«rc »i i«ixi «-1 ?SON DIGITAL Si Pasolini m’était conté L’œuvre intégrale de Pier Paulo Pasolini est présentée à la Cinémathèque québécoise du 2 novembre au 17 décembre cru SOURCE CINÉMATHÈQUE Pier Paulo Pasolini n’a campé que trois de ses films dans l’Italie contemporaine: Accattone (notre photo), Mamma Roma et Teorema.ODILE TREMBLAY L> étoile de Pier Paulo Pasolini ' fut placée sous le signe du scandale, de la provocation et du cri.Telles furent ses armes contre la société petite-bourgeoise, que le cinéaste italien, qui croula sous les procès et les mises à l’index, a voulu secouer de toutes les façons.Et sa mort terrible, sinistre, sous les coups d’un petit voyou en 1975 dans une banlieue romaine, n’a fait qu’accentuer son mythe du poète maudit.Mais il fut beaucoup plus que ça, profondément marqué par l’héritage culturel occidental, par le catholicisme, par le poids d’une homosexualité vécue comme une souffrance, par un rêve de paradis perdu.Présenter toute son œuvre cinématographique, c’est exhiber ses contradictions au grand jour.Né entre deux guerres, d’abord écrivain et poète (Alberto Moravia le considérait comme le plus grand poète de sa génération), Pasolini a découvert au début des années 60 avec le cinéma un nouveau langage, dont il a exploré les formes avec délectation mais en lui conservant une impureté fondamentale.En seulement 16 ans de réalisation, il fut pour le septième art un bridant passage de comète, une figure rimbaldienne, un insoumis.Les longs métrages de Pasolini — dont le spectre va d’Accattone en 1961 à Salo ou les 120 journées de Sodome en 1977, en passant par L’Evangile selon saint Matthieu en 1964 — sont connus du public, mais la rétrospective nous fait découvrir des œuvres plus rares.Telle Enquête sur la sexualité (Co-mizi d’amorè), documentaire de 1961 réalisé avec une touche d’humour féroce dans lequel il interroge frontalement ses compatriotes sur la sexualité, un sujet tabou dans l'Italie de l’époque, qui montre l’immense fracture entre le nord et le sud du pays, mais aussi les blocages et les hypocrisies des mentalités marquées par les freins du catholicisme.Serafmo Muni, critique, cinéaste et professeur de cinéma, spécia- liste de Pasolini, vient à Montréal dans le cadre de cette rétrospective pour donner une conférence le 2 novembre à 17h.«Il est difficile d’identifier une ligne de force dans l’œuvre de Pasolini, explique-t-il.Mais il fut essentiellement un militant esthétique en révolte contre le langage du pouvoir, de la rationalité, qui écrase les voix et les regards individuels.» Son œuvre ultime,’Solo ou les 120 journées de Sodome, inspirée de Sade, constitue une dénonciation du fascisme mussolinien dont le spectacle est à la limite du supportable.«Ce film, avec sa violence, fut sa dernière réponse, son ultime tentative désespérée de briser l’indifférence du voyeurisme, affirme le Serafino Muni.Il constitue une grande métaphore sur le pouvoir.Mais toute l’œuvre de Pasolini s'appuie sur la métaphore.» Pasolini n’a campé que trois de ses films dans l’Italie contemporaine: Accattone, Mamma Roma et Teorema.Les autres, Les Contes de Canterbury, Le Décameron, Les Mille et une nuits, Œdipe roi, Médée (avec la merveilleuse Maria Cal-las), etc., se déroulent dans un passé littéraire, mythifié.«Il a cherché à relier les grands mythes universels à notre culture, précise son exégète.Pour lui, ces univers sont une tentative utopique de montrer une humanité avant le règne de la bourgeoisie, dans une sorte d’innocence.Il voyait l’époque contemporaine déformée par un langage de la télé qui avait détruit le désir.» Entre violence et mysticisme, le christianisme fut omniprésent dans les films de Pasolini.Lui-même se voyait comme une sorte de Christ en chemin de croix.Dans La Ricotta (pour lequel Pa- solini fut condamné pour outrage à la religion), un larron de cinéma meurt d'indigestion sur sa croix parodique.Dans Accattone, son personnage voyou né de la rue meurt les bras en croix.Dans le sublime Teorema, le héros est une figure christique et lumineuse qui transcende sa sexualité.Dans Mamma Roma, porté par la grande Anna Magnani, il donne au fils de la prostituée la pçsture du Christ de Mantegna.L’Evangile selon saint Matthieu, dans sa beauté pure avec ses acteurs non professionnels et sa figure christique révolutionnaire, fut une œuvre-hommage à Jean XXIII, dont le cinéaste appréciait la douceur et l’ouverture d’esprit.«L’œuvre cinématographique de Pasolini est une quête de nouveaux langages, explique Serafino Murri.Il n’a jamais tenté, d’être un maestro, mais changeait ses théories et ses pratiques du cinéma.Dans sa première époque, il était collé au néoréalisme.Ensuite, il a abordé le cinéma avec une approche joyeusement païenne.Puis à travers Salo., il a tourné le dos à tout ça pour entrer dans un monde désespéré.» «Pasolini n'a pas vécu sereinement son homosexualité, poursuit-il.Il n’a jamais participé à des mouvements de fierté gaie.Son amour pur allait à sa mère, avec une faim pour les corps qui était corollaire à cet amour premier inassouvi.Il considérait son homosexualité comme la partie diabolique rugissante de lui-même.Pétri de contradictions, Pasolini s’affichait contre la transgression, contre les révolutions.Il s’était opposé au mouvement des étudiants au cours des années 60, parce qu’il les jugeait aussi bourgeois que ceux qu’ils dénonçaient et dont ils désiraient occuper la place.Sa transgression personnelle était d’assumer ses paradoxes, de défier le pouvoir.» COUP DE CŒUR DE LA PRESSE ET DU PUBLIC «Un portrait éclaté, Intelligent, brutal, et profondément émouvant.Un grand film.Peuplé de personnages tous plus colorés les uns que les autres, le film est traversé d'immenses moments de cinéma».Le Devoir FILM DE CLÔTURE DfESTIVAt ïFfsTIVAl - NOUVEAU CINEMA Romain Duris DE BATTRE ¦ Marc-André Lussier (La Presse) «D'une grâce et d'une intelligence incomparables autant qu’inoubliables».- Martin Bilodeau (Le Devoir) «Verse dans l’euphorie à en perdre haleine avant d'aboutir sur l'une des discussions entre un (demi-) père et son (demi-) fils les plus justes, sensibles et intelligentes vues au cinéma».- Charles-Stéphane Roy (ICI) «De la pure poésie, comme on en voit rarement au cinéma».- Manon Dumais (VOIR) I À L’AFFICHE 1 ex-cemt^s I Emmanuelle Devos ZS] Mathieu Amalric une présentation de lesfilmsd’aujourd’hui UN FILM DE Arnaud Desplechin PRIX MELIES DU MEILLEUR LILM LUANI MON CŒUR S’EST ARRETE un him de Jacques Audiard ?PieUttte ?« Étonnant ! l’un des plus beaux films français de l'année.Un film de virtuose.Sublime ! Uwc-André tuss®.l> Presse «Un film très troublant, des acteurs formidables.» fitnHroiB SK «Romain Ouris émouvant!» « Une pulsion énorme du début à la fin.Très puissant!» «Émouvant.» @ PRESENTEMENT A L’AFFICHE! VCTSUON OWOlNALt I _w 1 I VCT8K3N OUVUOmsAiJE nUA*ÇA«e I- CJHÊ nuMÇAAC | EX-CENT»!S ; | av*c sous-tttw*s anglaas ILE FOI LE FORUM 22 ?! festival de films en français subtitled in English CINEMMÜ 3-13 MnVEMBRË2005 1 film festival info-festival: [514] 878.0082 * cinemaniafilmfestival.com MUSEE DES BEAUX-ARTS DE MONTRÉAL 137?RUE SHERBROOKE 0 ® GUY DIALOGUE DISPONIBLE GRATUIT AU MUSEE > PRE-VENTE MER2N0V JEU 3 NOV HH 20H 10.00 $ 7.00 $ 34 00 $ FILM D’OUVERTURE IGAlA! | ADMISSION GÉNÉRALE ! ÉTUDIANTS / AGE 0 OR LAISSCZ-PASSER 14 FILMS) «s Les MEILLEURS CRUS du CINÉMA FRANCOPHONE de t année VENEZ .rencontrer ALAIN C0RNEAU .découvrir le dernier CHABROL .rire avec YVES JACQUES et CHRISTOPHER HALL COMÉDIES RÉJOUISSANTES * DRAMES INTIMISTES * FILMS CONTROVERSÉS * ROAD MOVIES * FILMS D’AVENTURES .usmzA ?dû 53^.^ x^y.-"-ggmpiX MARSH
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