Le devoir, 1 novembre 2005, Cahier A
GRIPPE AVIAIRE Le virus H5 détecté au Québec chez des oiseaux migrateurs Page A 3 à ?w w w .1 e d e y o i r.c o ni ?MINES D’OR Barrick Gold veut s’offrir Placer et devenir numéro un mondial Page B 1 LE DEVOIR V o L .X C V I N " 2 4 8 ?LE MARDI 1 ïR X O Y E M R R E 2 O O 5 8 7 O + T A X K S = I $ Rapport Gomery: le PIC s’attend à être blâmé ALEC CASTONGUAY Ottawa — Le Parti libéral du Canada dirigé par Paul Martin a de fortes chances de payer dés aujourd’hui le prix de son laxisme et de ses pratiques électorales illégales liées au scandale des commandites puisque le PLC a reçu un avis de blâme du juge Gomery, a appris Le Devoir de sources sûres.C’est donc due que cette réprimande à l’endroit de la formation politique au pouvoir pourrait être la partie la plus explosive du rapport dévoilé ce matin à Ottawa.Au milieu du mois de mai dernier, alors que les audiences tiraient à leur fin à Montréal, la commission Gomery a fait parvenir un préavis de blâme à plusieurs acteurs du scandale des commandites.En vertu de l’article 13 de la Loi sur les enquêtes, le juge doit prévenir au préalable toutes les personnes ou organismes qui pourraient être incriminés dans le rapport pour qu’ils puissent préparer une défense et s’expliquer.Un haut responsable du PLC a confirmé au Devoir que cet avis de blâme avait bel et bien été envoyé à la formation politique.«Oui, nous avons reçu un avis en vertu de l’article 13.Reste à voir ce que le juge mettra sur papier», a soutenu une source qui a requis l’ano-.nymat.Le juge Gomery n’est toutefois pas tenu de suivre à la lettre les préavis qu’il a envoyés au début de l’été.En épluchant la volumineuse preuve déposée devant lui, John Gomery a pu changer son fusil d'épaule lors de la rédaction de son document final et décidé de ne pas pointer du doigt les personnes ou organismes qu’il voulait incriminer au départ Mais selon nos informations, peu importe l’ampleur de la faute imputée au PLC, la formation politique sera malgré tout directement interpellée par le juge, ce qui VOIR PAGE A 10: GOMERY j W) 4 S * CHRIS WATTIE REUTERS 'MfrJ Le premier ministre Paul Martin a catégoriquement refusé de satisfaire à la demande de l’opposition qui a réclamé hier, aux Communes, des copies du rapport Gomery à la veille de son dévoilement, aujourd’hui.Le rapport devrait comporter un blâme a l’endroit du Parti libéral.KEVIN LAMARQUE REUTERS George W.Bush et le juge fédéral Samuel Alito qui a été nommé hier à la Cour suprême.COUR SUPRÊME Bush nomme le très conservateur juge Alito Un choix inutilement provocateur, selon les démocrates Le président américain George W.Bush a nommé hier le juge fédéral Samuel Alito au poste laissé vacant par Sandra O’Connor à la Cour suprême des Etats-Unis.Cette nomination d’un juge très qualifié et considéré très conservateur devrait apaiser l'aile conservatrice du parti républicain, qui s’était vivement opposée au premier choix du président, portant sur sa conseillère juridique sans expérience de la magistrature, Harriet Miers.«Ce candidat réunit les critères les plus élevés d'excellence», a déclaré leur chef de file au Sénat Bill Frist En même temps, elle pourrait déclencher une passe Loin de démontrer que le fédéralisme canadien jéivolue dans une direction favorable aux aspirations du Québec, comme le prétend le gouvernement ces (ententes à caractère défensif sont autant de preuves du contraire.?K M.Charest a prononcé un très bon discours à l’occasion du dixième anniversaire du référendum du 30 "obre 1995.La comparaison avec Robert Bourassa était juste, mais elle a ses limites.En réalité, M.Bou-râssa croyait moins aux vertus du fédéralisme qu’il rt’avait peur de la souveraineté.Le Canada ne hii inspirait pas d’émotion particulière.M.Charest lui, y Adhère profondément.Quand il a dit souhaiter ne plus jamais vivre un pareil déchirement il le pensait Ishcèrement y II a été beaucoup moins convaincant en conféren-Oe de presse.Il ne voit qu’une propagande insultante dans la suggestion que le référendum de 1995 ait pu être «volé».A titre de premier ministre du Québec, il ^pourtant la responsabilité de veiller au respect de la démocratie québécoise.Trouve-t-il normal que les Règles habituelles aient été suspendues à la veille du référendum pour créer instantanément de nouveaux citoyens canadiens, qui allaient s'empresser de témoigner leur reconnaissance à leur nouveau pays en votant NON?Le premier ministre a donné un prétexte totalement incongru pour refuser de répondre à la question d'André Boiselair, qui lui avait demandé s’il tolérerait qu'Ottawa utilise encore une fois de «l'argent sale», s’il devait y avoir un troisième référendum.Peu importe le statut de M.Boisclair, les Québécois ont le droit de savoir si leur premier ministre juge acceptable que les lois adoptées par l’Assemblée nationale soient bafouées comme elles l’ont été en 1995.Qui ne dit mot consent parait-il.Remarquez, s'il doit y avoir un troisième referendum, c'est que M.Charest ne sera phis premier ministre.Alors pourquoi se compromettre, n'est-ce pas?C'est comme pour le renouvellement de la constitution: on verra.SHAUN BI'ST REUTKKS Quelque 28 canards sauvages, des animaux réputés pour leur sensibilité aux nombreux virus de la grippe, se sont avérés porteurs d'anticorps de l’influenza aviaire de type H5.Des cas de grippe aviaire au Québec Mil n'y a pas lieu de s'alarmer, disent les autorités.¦ On ne sait pas encore s'il s'agit ou non du virus H5N1.Pour la première fois au Québec, le virus de la grippe aviaire vient d’être découvert dans des colonies d’oiseaux migrateurs.Une situation tout à fait normale, ont fait savoir hier des spécialistes du réseau de surveillance de la maladie qui n’envisagent pas dans un avenir proche l’éclosion d’une souche dévastatrice comme cela a été le cas en Asie.FABIEN DEGLISE Après les discours alarmistes, la mise au point.Malgré la présence de plusieurs cas de grippe aviaire sur le territoire québécois, identifiés récemment, pour la première fois et sans surprise, dans des colonies d'oiseaux sauvages, les risques d’une épidémie qui pourrait atteindre les élevages de volailles domestiques ou pire les humains demeurent toujours très minces, ont rappelé hier les autorités sanitaires canadienne et québécoise lors d’une conférence de presse tenue à Québec.«Les éclosions récentes [de grippe aviaire] en Asie et en Europe ont bien illustré le risque associé aux couloirs de migration des oiseaux, a expliqué Martine Dubuc de l’Institut national de santé animale, relevant du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MA-PAQ).Ces oiseaux sauvages sont des réservoirs importants d’influenza aviaire.Mais jusqu’à maintenant, aucun cas n’a été identifié dans les élevages de volailles domestiques ici.» Dans le cadre d’un programme pancanadien de surveillance de la grippe aviaire, ce type d’influenza vient d’être repéré au Québec, principalement dans la région du lac Saint-Pierre.Là, 28 canards sauvages, des animaux réputés pour leur sensibilité aux nombreux virus de la grippe, se sont avérés porteurs d’anticorps de Tinfluenza aviaire de type H5.Des tests supplémentaires sont actuellement en cours dans les laboratoires de l’Agence canadienne d’inspection des aliments (AC1A) à Winnipeg afin de déterminer si cette souche est de type H5N1, comme celle qui est apparue dans les dernières années en Asie et nouvellement en Europe.Les résultats sont attendus dans les prochaines semaines.Au total, dans les régions de l’île Verte, du lac Saint-Pierre et de Nicolet, 782 analyses ont été effectuées sur des oiseaux vivants et en santé dans le cadre d’un progranune de surveillance coordonné par le Centre canadien coopératif de la santé de la faune.Près de 97 % des volatiles dont les déjections ont été passées au crible ont révélé aux enquêteurs une condition physique exempte du virus de la grippe aviaire.«Ce portrait était prévisible, a commenté Judith Bossé de l’ACLA lors de cette conférence de presse diffusée par téléphone.La prévalence de l’influenza aviaire chez les oiseaux sauvages se situe d’ordinaire entre 0 et 7,4 %.Et ce, depuis toujours.Iss résultats que nous avons obtenus se trouvent dans cette plage de valeur.» Outre les 28 cas québécois, 5 autres oiseaux se sont révélés porteurs de la souche de la grippe aviaire de type H5 au Manitoba, ont expliqué les responsables de la surveillance de ce virus au pays.D’un océan à l’autre, l’analyse a touché 4800 canards sauvages.Les résultats sont attendus dans plusieurs autres provinces.Pour le moment, l’absence de mortalité ou de maladie chez les oiseaux testés positifs ne laisse pas présager l’éclosion d’une souche virale dévastatrice comme ailleurs dans le monde, selon les spécialistes.Pas d’inquiétude Le bilan sanitaire induit par ce programme de surveillance n’a rien de préoccupant, selon Horacio Ar-ruda, directeur de la protection de la santé publique au ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec.«Cette découverte du virus H5 est dans les limites de l’attendu, a-t-il déclaré.Ce phénomène ne re- présente pas un risque plus élevé pour la santé humaine au Québec comme au Canada.» Les crainles alimentées dans les derniers mois [Mules épidémies de grippe aviaire en Asie, tout comme la découverte du virus dans des élevages en Europe, ne sont pas justifiées, estime le médecin, le contexte sanitaire des pays asiatiques n’étant pas celui qui prévaut de ce côté de l’océan.De plus, «même si la souche était confirmée de type H5N1, le risque qu’un humain contracte la maladie d’un oiseau sauvage est très faible», a-t-il ajouté.Même son de cloche du côté du MAPAQ qui, hier, a tenu à rassurer la population sur l’élat de santé des élevages du Québec.Des centaines de tests ont été effectués dans les fennes des régions où les canards infectés ont été découverts, sans apparition de cas positifs au 115, a expliqué le ministère.Par ailleurs, le monde .agricole est désormais sous surveillance par l’entremise entre autres des médecins vétérinaires chargés d’alerter les autorités sur toutes les morts suspectes d’animaux auxquelles ils pourraient être confrontés.La grippe aviaire est une maladie a déclaration obligatoire.«1m viande mise en marché est soumise à des inspections rigoureuses qui garantissent son innocuité», a rappelé Jocelyn Cantin, sous-ministre adjoint à l’alimentation au MAPAQ, afin de prévenir tout mouve-ment de panique qui pourrait mettre en péril l'industrie de la volaille ou même celle des œufs.!o virus de la grippe aviaire ne se transmet pas par l’intermédiaire d'une cuisse de poulet ou d’une omelette western.Qui plus est, la manipulation adéquate des aliments (comprendre: une conservation à moins de 4 degrés et une cuisson au dessus de 77 degrés) détruit tous les pathogènes présents dans une viande.«Ces mesures d’hygiènes habituelles permettent de diminuer les risques pour la santé» et ce, quelle que soit la peur qui pourrait animer la population, a conclu M.Arruda.Le Devoir Bernard Landry se joint au cabinet Lapointe Rosenstein ROBERT DUTRISAC Québec — L’ex-premier ministre du Québec, Bernard Landry, vient de se joindre au cabinet d’avocats Lapointe Rosenstein, de Montréal.Il agira à titre de conseiller stratégique, une tâche qui l’occupera une journée par semaine, a précisé hier M'Howard Dermer, associé directeur du cabinet M.Landry ne portera pas le titre d’avocat ou d'associé puisqu’il n’est plus membre du Barreau.Landen chef du Parti québécois pourrait toutefois entreprendre des démarches pour le redevenir, a mentionné M.Dermer.«Son approche stratégique et sa connaissance du monde économique va aider nos clients», a dit M.Dermer.«R va attirer des partenaires et des opportunités pour nos clients et créer des synergies» Pour M.Landry, il s’agit en quelque sorte d’un retour aux sources puisqu’il a travaillé, Bernard Landry en tant qu’avocat pour Lapointe Rosenstein de 1969 à 1976, quittant cette position cette année-là pour se consacrer entièrement à la politique.Il est le seul homme politique à l’emploi du cabinet à l’heure actuelle.Par contre, l’ancien ministre libéral Yves Séguin avait travaillé pour Lapointe Rosenstein pendant plusieurs années après son départ du cabinet du gouvernement Bourassa Fondé en 1966, Lapointe Rosenstein, qui réunit près d’une soixantaine d’avocats, est spécialisé dans le droit des affaires.Par ailleurs, Bernard Iitnc|ry livrera son premier cours à l’Ecole des sciences de la gestion à l’UQAM en janvier prochain.Il donnera un cours sur la gestion internationale, à des étudiants du premier cycle, les lundis soirs de 18h à 21h, a-t-on précisé à rUQAM.Le Devoir Monique Laurin La CUISINE de tante mine 176 moo-15,451 GUERIN, edrteur He« (514)842-3481 Les liens es recenes ont ta ceie.En «ente (Uni iooim im ntrunes t ROLEX Day-Date Or jaune 18 carats Gambard Vente et service technique 6Î0-A RUE CATHCAKT.CENTRE-VILLE MONTRÉAL (S 14) 866-3376 mdavidQdedevoircom 0 A 4 LE DEVOIR.LE .MARDI 1** NOVEMBRE 2 0 0 5 LES ACTUALITES L’énigme reste entière Enjeux pose la question: pourquoi l’épisode sur la consommation de cocaïne rend-il André Boisclair encore plus populaire ?PAUL CAUCHON L> émission Enjeux à Radio-Canada fait face ce soir r à une véritable énigme: comment expliquer, en effet, que plus la controverse sur la consommation de cocaïne d’André Boisclair s’approfondit, plus les sondages lui sont favorables?Ce grand paradoxe ne sera pas réglé durant l’émission de ce soir, qui ne contient pas non plus de nouvelles révélations sur le candidat vedette du PQ.Mais il semble clairement établi que la tolérance des Québécois envers la consommation de cocaïne de M.Boisclair est étonnante.Selon Enjeux, tout se passe comme si la population n’appréciait pas vraiment la façon dont les médias ont fouillé dans le passé du candidat Boisclair.La journaliste Chantal Hébert parle d’ailleurs de la «sympathie pour le pourchassé», ajoutant toutefois que «la sympathie c’est dangereux pour un politicien, parce que c’est proche de la pitié et que c’est l’inverse du respect».Le journaliste Raymond St-Pierre et le réalisateur Fier Gagné ont suivi André Boisclair dans ses activités publiques au cours des dernières semaines.Le principal intéressé a cependant refusé toute entrevue à Enjeux.L’équipe de Radio-Canada tente donc de comprendre le phénomène en pariant à des journalistes et à des spécialistes, puisque les politiciens refusent de se mouiller.Mais l’ancien ministre péquiste Jean-François Bertrand, qui a déjà révélé sa propre dépendance à la cocaïne par le passé, soutient que «l'important pour les gens ce n’est pas qu’André Boisclair soit gai ou qu’il ait pris de la coke, l’important c’est qu’il soit franc, transparent, honnête», une franchise que justement plusieurs mettent actuellement en doute chez André Boisclair, selon l’émission.Tous les journalistes interviewés par Enjeux font André Boisclair a refusé toute entrevue à l’équipe : pé, en 1994, dans leur pays à un génocide dans lequel 800 000 Tutsis et Hutus modérés ont été tués.Reuters A M A ' té* * f# V-; PMjW ^ ., , ., KEtTH BEDFORD REUTERS Onze ministres ou vice-ministres des Affaires étrangères des pays membres du Conseil de sécurité se sont rendus A New York hier.La Syrie sommée par l’ONU de coopérer à l’enquête sur Hariri Le Conseil de sécurité a adopté à l’unamité une résolution révisée New York — Le Conseil de sécurité de l’ONU, réuni au niveau ministériel, a adopté hier à l’unanimité une résolution exigeant la coopération de la Syrie dans l’enquête sur l’assassinat de Rafic Hariri, mais se gardant de menacer Damas de sanctions en cas de manquement à cette obligation.Les Etats-Unis, la France et le Royaume-Uni ont édulcoré leur projet initial afin d’obtenir le soutien de pays comme la Chine, la Russie et l’Algérie, qui refusaient de menacer immédiatement la Syrie de sanctions économiques.Le texte adopté se contente d’évoquer de «nouvelles actions» du Conseil de sécurité, non précisées, en cas d'absence de coopération syrienne.Onze ministres ou vice-ministres des Affaires étrangères étaient présents à New York pour négocier jusqu’à la dernière minute la formulation du texte et souligner l’importance accordée à ce vote.La résolution 1636 ne contient pas de menace claire de sanctions à l’égard de la Syrie si elle ne coopérait pas.Elle se contente de mentionner qu’en pareil cas, le Conseil «pourra, si nécessaire, envisager d'autres mesures».Le préambule de la résolution signale toutefois que le Conseil agit «aux termes de l’article VII de la Charte», sur lequel se base le conseil pour prendre des sanctions, voire décider d’un recours à la force.Le texte, qui contenait initialement une menace implicite d’un recours à des sanctions économiques ou diplomatiques à l’égard cje Damas, a été édulcoré par les Etats-Unis, la France et la Grande-Bretagne pour obtenir l'unanimité et notamment l’assentiment de la Chine, de la Russie et de l’Algérie, hostiles par principe à la menace de sanctions.Un paragraphe a été ajouté à la dernière minute, déclarant que le Conseil «prend note de la récente déclaration par la Syrie de son intention de coopérer désormais avec la commission et attend d’elle qu'elle honore pleinement cet engagement».«En adoptant cette résolution, nous avons dit clairement à la Syrie que la non-satisfaction de ses exigences entraînerait de sérieuses conséquences de la part de la com- munauté internationale», a déclaré la secrétaire d’Etat américaine, Condoleezza Rice.Maintenant, son gouvernement doit prendre la décision stratégique d’un changement fondamental de comportement», a-t-elle lancé.Pour la France, «la recherche de la vérité et la punition des coupables serviront l'indépendance, la stabilité, la souveraineté du Liban et, au-delà, de toute la région», a déclaré son ministre des Affaires étrangères, Philippe Douste-Blazy.«Cette résolution doit aider la justice à passer», a-t-il ajouté.«Im Chine a pour principe de s'attacher à ce qu’aucun usage ou menace de sanctions ne soit permis dans les relations internationales», a déclaré son homologue chinois, U Zhaoxing.Le rapport de Detlev Mehlis impliquant la Syrie dans l’assassinat «est un rapport préliminaire et la commission [d’enquête] elle-même juge que les investigations doivent se poursuivre et qu’il n’y a pas de conclusion définitive.Dans ces circonstances, il est inapproprié que le Conseil préjuge du résultat de l’enquête et menace d’imposer des sanctions», a-t-il souligné.l;i résolution impose à la Syrie d’arrêter tout responsable ou citoyen ordinaire syrien que la commission d’enquête pourrait soupçonner d’être impliqué dans l’assassinat et de les mctti e à la disposition de la commission.La résolution impose enfin, sous certaines conditions, des sanctions individuelles — gel d’avoirs financiers à l’étranger et interdiction de voyager — contre les personnes suspectées d’implication dans l’assassinat par la commission.Dans son rapport, la commission d’enquête a conclu à l’existence de «preuves cmvergentes» de l’implication des services de sécurité syriens et libanais dans l'assassinat, le 14 février dernier, de Rafic 1 lariri et affirmé que Damas n’avait pas coopéré à ses investigations.Ix‘ président syrien Bachar al Assad a annoncé samedi la formation d'une commission d’enquête syrienne, réclamée par le rapport de TON U.Agence France-Presse et Reuters Vingt morts à Bassora Sept autres soldats américains ont péri hier Bassora — Au moins 20 personnes ont péri dans un attentat hier soir à Bassora, dans le sud de l’Irak, au terme d’une journée qui a vu l’armée américaine annoncer la mort de sept autres de ses soldats au combat «Vingt personnes ont été tuées et 45 blessées et ce bilan n’est pas définitif», a indiqué une source du ministère de l'Intérieur à Bagdad, citant des rapports de Bassora.Selon la même source, les secouristes ont évacué les victimes pendant plusieurs heures hors du lieu de l'attentat, un marché très fréquenté de la ville.Selon elle, l’attentat visait une patrouille de la police, mais la plupart des victimes sont des civils.L'explosion a eu lieu devant un centre commercial où se pressaient de nombreux habitants faisant des achats pour la fête du Fitr, qui marque la fin du jeûne musulman du ramadan et doit être célébrée dans quelques jours.L’attentat dans la capitale méridionale de l’Irak, relativement épargnée par la violence, intervient après une journée durant laquelle l'armée américaine a annoncé la mort de sept de ses soldats, dont six ont été tués hier.Dans le reste du pays, au moins 11 Irakiens ont été tués dans différentes attaques, selon la police.Quatre soldats américains ont été tués dans une attaque à la bombe dans la localité de Youssoufiyah, a une quinzaine de kilomètres au sud-ouest de Bagdad, selon l’armée américaine.L’armée a indiqué que deux autres soldats ont péri dans les mêmes circonstances au nord de la capitale irakienne.3Q N La voiture piégée qui complètement calcinée.ATEF HASSAN REUTERS explosé à Bassora hier était Un septième militaire a été tué au combat dimanche à l’ouest de Bagdad.Selon un communiqué de l’armée, il a été tué par l’explosion d’une bombe au passage de son véhicule dans la région d’aLAmiriyah.Ces décès portent à 2021 le nombre de GI’s et de civils américains assimilés militaires morts en Irak depuis l’invasion du pays en mars 2003, selon un décompte del’AFP Octobre a été le quatrième mois le plus meurtrier pour les soldats américains en Irak depuis l’invasion de ce pays avec 93 tués, selon un bilan établi d’après des données du Pentagone.Le porte-parole du Pentagone, lawrence DiRifa, a déclaré que le nombre élevé de morts reflétait la puissance et le perfectionnement croissants des attentats à la bombe commis par les insurgés.Novembre 2004 reste le mois le plus meurtrier avec 137 tués, suivi d’avril 2004 avec 135 tués.Ces chiffres incluent aussi bien les soldats morts au combat que ceux tués dans d’autres circonstances.Ces pics dans le nombre de soldats tués ont correspondu à des moments de combats intenses entre les troupes américaines et les insurgés a Falloujah, à l’ouest de Bagdad.Agence France-Presse Des visites à Guantanamo Geneve — Des experts de l’ONU, chargés des droits de l'homme, ont accepté hier une invitation des Etats-Unis a visiter la base américaine de Guantanamo, a condition de pouvoir mener des entretiens personnels avec des détenus.Le département d’Etat avait annoncé vendredi que les Etats-Unis avaient invité trois rapporteurs spéciaux de la Commission des droits de l’homme (CDH) de l’ONU a visiter la prison de Guantanamo afin de «démontrer que les détenus y sont traités de façtm humaine».«Nous saluons les lettres d'invitation du ministère amé- ricain de la Défense a visiter le centre de détention de la base navale de Guantanamo Bay a Cuba Cette invitatvm est le premier résultat etmeret de près de quatre années de dialogue entre les rapporteurs spéciaux du CDH et le gouvernement américain», ont indiqué cinq rapporteurs spéciaux chargés d’une étude sur la situation des dét*> nus a Guantanamo, dans un communiqué.Ces cinq experts ont cependant «profondément regretté» que l’invitation ne concerne que trois d’entre eux.Agence France-Presse H N H K E F Le désarmement avant tout Jérusalem — Le premier ministre israélien Ariel Sharon a réaffirmé hier devant la Knesset que toute avancée dans le processus de |)aix était conditionnée au désarmement des groupes armés palestiniens, tout en affirmant sa volonté de poursuivre la colonisation.«Nous n’avons aucune intention de faire souffrir la population palestinienne mais les Palestiniens doivent comprendre que seul un combat déterminé contre le terrorisme, y compris le démantèlement de ses organisations, assurera le calme auquel nous aspirons tous», a déclaré M.Sharon en inaugurant la session d’hiver de la Chambre, -AFP UInde évoque des liens avec le Pakistan New Delhi — Manmohan Singh, premier ministre indien, a déchiré hier que les premiers éléments de l’enquête sur les attentats à la bombe du week-end à New Delhi suggéraient un lien avec des groupes activistes basés au Pakistan.Il a ajouté qu'il espérait que le Pakistan agisse pour empêcher les actes de terrorisme dirigés contre l’Inde.Singh a tenu ces propos alors même que le président pakistanais Pervez Musharraf l'appelait au téléphone pour lui présenter ses condoléances à la suite du triple attentat de New Delhi, qui a coûté la vie à 59 per sonnes.- Reuters Les Russes n’ont pas confiance Moscou — Seulement 5 % des Russes pensent que le gouvernement est honnête en Russie et pas plus de 3 % font confiance au parlement, selon un sondage publié hier et montrant le manque de confiance de la population dans les autorités du pays.Le sondage publié par l'institut ko mir et mené auprès de 16M per sonnes interrogées dans 100 villes de Russie montre que 52 % des Russes estiment qu'aucune institution d’Etat n'est digne de confiance.- AFP A 8 LE DEVOIR, LE MARDI 1“ NOVEMBRE 2005 EDITORIAL Oui à Tremblay Depuis quatre ans, Montréal a navigué constamment en eaux troubles en raison des processus successifs de fusion et de défusion que Québec lui a imposés.À la barre, le maire Gérald Tremblay a réussi à éviter les pires écueils, obtenant peu à peu la confiance de ses concitoyens qui se préparent à lui confier un deuxième mandat.Si elle est méritée, cette confiance ne doit pas être aveugle.t f Bernard Descôteaux e bilan des quatre premières années de l’administration du maire Tremblay est généralement positif.Il a réussi l’essentiel, qui était d’assurer la pérennité de la nouvelle grande ville.Elu avec l’appui des défusionnistes, il eut rapidement à s’opposer à leur volonté de revenir en arrière, bataille qu’il remporta en gardant au sein du nouveau Montréal le premier cercle des anciennes banlieues les plus populeuses, si bien que celui-ci mérite son statut de grande métropole.Cette bataille aura consumé temps et énergies de l’équipe de Gérald Tremblay, qui avait à faire l’intégration des banlieues tout en se gardant de la désintégration.Il en est résulté des aménagements structurels pas toujours heureux.La décentralisation vers les arrondissements a fait de Montréal, à certains égards, une fédération d’arrondissements caractérisée, comme pour la fédération canadienne, par des dédoublements coûteux.Beaucoup d’énergie a aussi été fournie par le maire pour tracer un plan pour l’avenir de Montréal.Féru de grandes stratégies de développement, il a voulu un grand sommet pour concerter tous les milieux, sociaux, culturels et économiques.D en a résulté une série de politiques qui, pour être valables, restent à mettre en place.S’il est une cri-tique qu’il faut retenir, c’est que durant ce pre-ft mier mandat on a préparé des changements sans qu’on ait pu voir les choses changer La qualité de vie s’est détériorée à Montréal durant ces quatre ans, fait valoir l’opposition qui a raison globalement.Si les heures d’ouverture des bibliothèques sont revenues à la normale après avoir été réduites par l’administration du maire Bourque, par contre la propreté de la ville s’est dégradée, tout comme l’état des rues, la sécurité dans le métro, la qualité du transport en commun et la qualité de l’air.Si on a autant parlé de nids-de-poule dans cette campagne électorale, c’est tout simplement qu’ils emjxHsonnent la vie des Montréalais.L’excuse que fournit Gérald Tremblay est à la fois bonne et mauvaise.Il est vrai que la réfection des infrastructures de Montréal est en retard de plusieurs décennies.Il faut refaire des rues entières.Mais si cela est, il faut faire l’effort qui s’impose.L’erreur du maire est de ne pas avoir compris que les services dits de proximité sont ceux qui comptent le plus pour les citoyens qui ont le droit d’être exigeants.On pourrait vouloir faire payer à l’équipe de Gérald Tremblay, dimanche prochain, le fait de ne pas avoir été suffisamment vigilant à cet égard.Ce serait injuste, parce que le bilan d’ensemble est bon, et inapproprié, puisque en bon planificateur qu’il est, le maire est prêt à passer à l’action.Il a obtenu des gouvernements supérieurs les budgets pour entreprendre la rénovation des infrastructures.On peut croire que les choses changeront.Gérald Tremblay et son équipe méritent d’obtenir un deuxième mandat.L’élan général de cette administration est bon et l’on peut croire que les batailles de structures étant passées, elle fera de l’amélioration de la qualité de vie à Montréal sa priorité.Cela étant il ne faut pas la laisser seule aux commandes.le maire de Montréal est devenu tout puissant en raison de son rôle de président du Conseil d’agglomération et de président de la Commission métropolitaine de Montréal.Il faut l’encadrer.Le pire des scénarios serait de n’élire dimanche que les membres de l’Union des citoyens de l’ile de Montréal.Une opposition forte demeure toujours le meilleur stimulant de l’équipe au pouvoir.A cet égard, il faut réserver une place au parti IVojet Montréal à l'hôtel de ville, parti qui a la qualité d’apporter de nouvelles idées.bdescoteaux@ledevoir.ca La Cour en arrière près avoir provoqué la colère des membres de son A camp en proposant Harriet Miers pour occuper un poste à la Cour suprême, le président Bush a décidé de les satisfaire.Hier, il a avancé le noqi de Samuel Alito pour remplacer Sandra O’Connor.A la différence, la .grande différence, de Miers, ce dernier affiche une longue expérience de juge qui fait d’ores et déjà le bonheur des.démocrates.Tout d’abord, on se souviendra que lors du débat sur la candidature de Miers, une avocate n’ayant jamais présidé un tribunal, les démocrates avaient adopté profil bas laissant à quelques notables du Parti républicain, soutenus avec ardeur par la base religieuse de cette formation, le soin de démolir la favorite du président sur la place publique.Aujourd’hui, il en va tout au-treinent.A peine l’identité d'Alito dévoilée, les leaders du Parti démocrate sont montés aux barricades pour annoncer leurs intentions.Parmi elles, on retient leur volonté de faire de l'obstruction systématique au projet de Bush.Mathématiquement, les démocrates peuvent gagner cette bataille.Car il suffirait que 41 voix contre la mise en candidature d’Alito pour que celle-ci soit de facto rejetée.Cette opposition aussi tenue que féroce, les démocrates la justifient en s'appuyant sur le bilan d’Alito, qui fut nommé à la Cour d’appel par Bush père.Après inventaire ou plutôt analyse des jugements signés par le favori du président, qu’ont-ils constaté?Qu’Alito est aussi conservateur Que le membre le plus conservateur de la Cour suprême des Etats-Unis, soit Antonin Scalia.Comme celui-ci, Alito est favorable à une révision profonde du libre choix en matière d’avortement Quoi d'autre?Il s’est toujours opposé à toute separation, même timide, de l’Eglise et de l’Etat en plus d’être un adversaire de la discrimination positive.Au regard de ses inclinations idéologiques, on ne sera pas étonné d’apprendre que des organisations influentes comme People For The American Way entendent mener une lutte d’autant plus impitoyable qu’ils envisagent avec horreur la constitution d’un axe Sca-lito, contraction de Scalia et Alito.La popularité de Bush ayant fondu comme neige au soleil, le présent chapitre de la vie politique du pays pourrait être lourd de conséquences pour la suite de son mandat.Entre le retrait de Miers.la démission forcée de Lewis Libby et un mois d’octobre qui s’est avéré, en Irak, l’un des plus meurtriers depuis la fin de la guerre «officielle».Bush ne peut pas se permettre un autre échec.En attendant la fin du present épisode, on constate que les fous de Dieu, dans la version américaine, veulent obtenir des garanties sur un certain nombre de sujets avant que ceux-ci ne soient jugés.Ils doivent confondre l'exercice de la justice avec l’acquisition d'un frigidaire.Serge Truffant LE DEVOIR FONDE PAR HENRi BOURASSA LE 10 JANVIER 1910.F AJ S CE QUE DOIS Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédacteur en chef JEAN-ROBERT SANSFAÇON Vice-présidente, finances et administration CATHERINE LABERGE Directeur de l’information JULES RICHER Directeurs adjoints de l’information PIERRE BEAULIEU, LOUIS LAPIERRE, JEAN-FRANÇOIS NADEAU Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directrice, ventes publicitaires NICOLE CALESTAGNE VoTC K CoH^NCZ M€?£ 03Ti£*T 96,3% / QJa' ”¦© * ME ?/W£U£ smi JfnwE.CMtlWlNtfff! tl/ Un quartier pauvre et malade ?En tant que future résidante de Saint-Henri (je m’y installerai pour ma retraite dans trois semaines), inutile de vous dire qu’à la suite de l’article de Marie-Andrée Chouinard dans Le Devoir du 27 octobre («L’UQAM veut faire taire les préjugés contre les quartiers pauvres») je me suis précipitée sur le site Internet du Centre de formation sur l’enseignement en milieux défavorisés.Les auteurs du site sur Saint-Henri ont eu une idée bien saugrenue (sotte et grenue.) de comparer Saint-Henri à Westmount.Le dicton connu «Quand je me regarde, je me désole.Quand je me compare, je me console» serait-il devenu à mon insu: «Quand je me compare, je me désole.» Je ne pense pas que le procédé retenu soit de nature à «faire voir aux élèves des côtés positifs de leur quartier».Mme Chouinard a souligné dans son article la fierté qui pourrait naître de l’étude d’œuvres littéraires liées au quartier, et sur ce point, je suis d’accord avec elle.Mais cet aspect est précédé, sur le site, de pages et de pages de statistiques on ne peut plus défavorables.Je doute aussi de l’efficacité du procédé auprès des futurs enseignants, d’autant plus qu’ils ne connaissent probablement pas plus Westmount que Saint-Henri.Qui voudrait perdre 10 ans d’espérance de vie (excusez-moi, je n’ai pu résister à tirer cette conclusion incongrue des statistiques fournies par le site)?Qui voudrait vivre dans un quartier où la criminalité est cinq fois plus élevée qu’«ailleurs»?Enseigner dans les écoles les plus défavorisées?Le Saint-Henri décrit par LETTRES -+- le site devrait au moins attirer les profs intéressés par les vidéo-pokers.Il ne me reste qu’à espérer que Westmount ne soit pas l’aune à laquelle tous les quartiers qui seront mis sur le site seront comparés: tous les nouveaux profs voudront aller y enseigner.Mais qu’on se le dise: la majorité des enfants de ce quartier doivent probablement étudier dans des écoles privées.Vaut mieux être riche et en santé que pauvre et malade.Gisèle Cantin Montréal, le 29 octobre 2005 Une caméra pour comprendre seulement Invité à Indicatif présent mercredi dernier, Jean-Daniel Lafond affirmait n’avoir jamais été «séparatiste».Selon ses dires, il filmait des indépendantistes, mais sa caméra ne cherchait qu’à «comprendre».Certes.Une image est neutre en soi, un cinéaste n’endosse pas forcément la parole de ses personnages (fictifs comme réels).Peut-être n’est-il pas également l’auteur de ses écrits?N’est-il pas celui qui, à propos du Québec, écrivait en 1988 que «moi aussi, je veux que nous formions un pays libre»?Son excellence aime jouer sur les mots, mais quel est le sens de «enfin» dans: «Aujourd'hui, à la veille d’un.e souveraineté qui semble enfin inéluctable»?Etait-il déjà multi-culturellement «Canadian» quand il affirmait que son exil au Québec s’était paré «de l’aura des grands combats pour les idées fondamentales: la liberté, la dignité des petits peuples opprimés»?Le couple royal n’aurait jamais été indépendantiste; est-ce que l’on commet un crime de lèse-vice-majesté en le traitant de menteur?N’est-il pas là le vrai double-fond de Lafond?Changer d’avis est une chose; nier une évidence, c’en est une autre.On a qualifié le prince consort de traître?Jç ne suis pas de ceux-là.Le Québec n’étant pas un pays, je ne vois pas comment la moitié de là population pourrait être traitée de la sorte.Et puis j’aime bien les hérétiques et les dissidents; je fuis les purs et durs de tout acabit.Mais ce que l’on attend d’un intellectuel digne de ce nom — qui a eu le loisir et la volonté de réfléchir à la question nationale —, c’est un minimum de cohérence.Et s’il a changé d’avis, on espère qu’il pourra motiver ce retournement de veste (toujours du bon côté, chantait Dutronc.) au lieu de pratiquer l’habituel patinage de fantaisie sémantique.Au moins, les raisons motivant ce changement d’allégeance auraient lancé un débat passionnant Quel mot, plutôt que «traître», plairait le mieux à notre philosophe-roi: opportuniste, courtisan, joueur, rhétoricien, tartuffe, marionnette, inconséquent naif ou, tout simplement amoureux?Son attitude est-elle de l’autojustifi-cation, une démission, une compromission, un pacte faustien, de l’aveuglement, un reniement ou du théâtre?Lorsque son excellence secondera lors de la remise des Prix du gouverneur général, elle pourra rappeler aux récipiendaires ses paroles selon lesquelles les prix et excellences «sont, on le sait, la marque polie des indifférences».Raymond Lévesque a eu bien raison de ne pas vouloir être honoré dé l’indifférence du Canada.Peut-être que notre nouveau roi de Patagonie pourra méditer ces mots lucides de Gilles Groubc «Le plus abominable des exils, c’est celui de s’exiler de soi-même.» Jean-Pierre Sirois-Trahan Québec, le 27 octobre 2005 LIBRE 0 IM N I 0 N Pour un financement durable de la Mission Old Brewery JAMES HUGHES Directeur général RONALD LAWLESS Président du conseil Mission Old Brewery Depuis plus de 100 ans, la Mission Old Brewery aide les plus démunis en répondant à leurs besoins les phis élémentaires: un toit un lit, des repas et une douche.Pas de tremblement de terre ici, ni de tsunami qui ravage tout sur son passage.Rien qu’une détresse permanente, vécue dans la solitude et l’indifférence.parce que toute la ville parle de certaines choses, mais pas de certaines autres.Les services que nous fournissons permettent d’aDè-ger cette souffrance, de diluer pour un moment cette solitude, de parer au plus presse.11 ne faut pas qu’ils disparaissent ou s'étiolent.Notre dignité à tous est en cause.Malheureusement, l'itinérance ne va pas disparaître demain matin.En fait depuis 15 ans, les besoins ont considérablement augmenté.Et depuis 2002, nous enregistrons un déficit auquel nous avons pu faire face en mettant à contribution les réserves dont nous disposions, lesquelles fondent rapidement Depuis un an, la Mission Old Brewery tente d'obtenir du gouvernement du Québec une aide financière récurrente et substantielle, qui lui permettrait de poursuivre sa mission avec efficacité et sérénité.Nos efforts, malheureusement ne nous ont menés nuDe part du moins jusqu’à maintenant.Les refuges sont engorges et ont besoin d’un soutien important mais l’itinérance n'est pas une priorité pour l'Etat Avec prés de 300 fits en accueil de nuit (sans compter nos lits en résidence transkionnefle), la f Mission Old Brewery est le deuxième refuge au Canada et le plus important au Québec.Pour l’instant nous recevons une aide symbolique, qui autorise la bonne conscience, mais nous ne pourrions même survivre sans la générosité des donateurs privés qui nous soutiennent Financement bloqué Pour un maigre 24 $ par jour — c’est notre coût pour l'accueil de nuit — nous procurons aux sans-abri un lit, une douche et des repas, dans un environnement sécuritaire et propre, toutes choses qui, en 2005, en Occident sont évidemment tenues pour acquises par la population.A l'heure actuelle, nous recevons une aide du gouvernement du Québec de 8 $ par jour, et seulement pour la moitié de nos lits.Présentement le financement que nous recevons en provenance de Quebec est bloqué à 485 000 $.Or, si la Mission Old Brewery était à Toronto, elle recevrait un financement public de 6,1 millions.En Ontario, la loi stipule que tout refuge comme le nôtre d
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.