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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier E
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 2005-11-12, Collections de BAnQ.

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DEVOIR, LES SAMEDI 12 ET DIMANCHE 18 NOVEMBRE 2 O O 5 DANSE De Keersmaeker seule avec Joan Baez Page E 4 CINÉMA Crimes en solde Page E 9 LE DEVOIR » Le Cœur dans la tête, deuxième album d’Ariane Moffatt Il en aura fallu, des traversées, pour qu’Ariane Moffatt dévoile ce carnet de bord en forme d’album à la fois doux et douloureux.Marche forcée dans le désert de la création, nage du désespoir dans l’océan du naufrage amoureux: heureusement qu’il y avait la musique et -M- à portée d’avion.Difficile d’en parler.SYLVAIN CORMIER a porte de l’appartement s’ouvre sur l’Ariane que je connais.Le sourire plein de joues rosies pur le vent d'automne.Ije rire en geyser.Les yeux ronds de petite fille excitée.C’est l’Ariane du DVD enregistré à la Station C et paru au printemps dernier, presque trop intensément vivante et vibrante pour qu’un seul corps, un seul cœur et une seule tête puissent contenir le flot d’énergie.L’Ariane joyeusement fébrile du dernier gala de l’ADISQ, à la batterie dans le All-Star Band d’Audiogram pour l’hommage au patron Michel Bélanger, en duo improvisé avec France D’Amour pour présenter un Félix.C'est l’Ariane que je connais, à cela près qu’eUe m’apparait très amaigrie.Toute petite dans son manteau cousu main pour elle par la styliste Morales.C’est l’autre Ariane, l’Ariane du nouvel album, me dis-je, pensant à la chanson de Hamondon-Cousineau que chantait la Dufresne: «Tu m Y connaîtrais plus j'ai tellement aminci / Moi les peines d’amour ça m’embellit/ C'est au moins ça d’pris» (Mon p'tit boogie-woogie).Ben oui, Ariane a vécu une peine d’amour douloureuse.Et un burn-out après la fin de la tournée à’Aquanaute.Ce n'est pas l’habitude de la maison de donner dans l'anecdotique, mais là, impossible de passer à côté.C’est Ariane elle-même qui en parle dans le livret qui accompagne l’album, sorte de carnet de bord où un commentaire en forme de prose poétique se substitue le plus souvent aux textes des chansons.On y est bien proche de la confession littérale.Ainsi, à la chanson Terminus, déjà très parlante («Je me réveille au terminus / Sans caresses, sans chorus»), Ariane ajoute ceci: «Oui je veux un cœur à arroser / lorsque j'entre à la maison / oui, je suis blessée de voir mon plan / se flétrir / question de temps, arrivée trop tard / au rendez-vous ultime, je me retrouve / nulle part / l’amour de ma vie est dans l’autre autobus.» Difficile, après avoir lu ça, de ne pas demander à Ariane Moffatt comment elle va.«Ça va mieux.» Elle rit un peu nerveusement «Ça va parce que c’est sorti dans les chansons et dans le carnet de bord.C’est quand même pas autobiographique de bord en bord, mais c’est vrai qu’il y a là-dedans l’itinéraire de ma douleur Une histoire d’amour réelle qui m’a fait VOIR PAGE E 2: MOFFATT JACQUES GRENIER LE DEVOIR mi 2005 encapsulée de Pierre Vervelle plus de { 50 caricaturesjonoi ¦es: PubVuvuz Compilation des meilleures capsules humoristiques de Pierre Verville diffusées à rémission Cetl bien meilleur f te matin avec René Homier-Roy sur la Première Chaîne de Radio-Canada.BONUS : Élections fédérales 2004! if?95,1 PREMIERE CHAÎNE è f LE DEVOIR.LES SAMEDI 12 ET D I M A X C O E 13 NOVEMBRE 2 0 0 5 E 2 -* Culture *- r Ecrivain en résidence Odile Tremblay On entretient un rapport particulier avec Michel Tremblay.Ce dernier hante le paysage montréalais depuis si longtemps déjà, sorte d’icône québécoise de l’écriture.La modernité théâtrale et littéraire, sa société l’a vécue à ses côtés.Les Belles-sœurs l’ont fait entrer dans une ère nouvelle en poétisant nos cuisines à jamais.Lui, qui a toujours courtisé les médias, est tout sauf un fantôme à la Réjean Ducharme.Plutôt un écrivain en résidence permanente nationale, prolifique, bons coups, mauvais coups, étemelle vedette des salons du livre et des tribunes télé, marié à son public.Les grands jours de l’auteur des Chroniques du Plateau Mont-Royal sont derrière lui, mais son œuvre n’en finit plus de s’étirer au long des ans, apportant de nouveDes facettes à son profil en œil de mouche, à sa vie, à ses rêves.Bien des Québécois ont l’impression de le connaître par cœur, à travers son enfance, ses amours, ses maladies.Mais combien de pudeurs échappent aux phrases et quel auteur se révèle vraiment en entier, même après dix millions de mots?On n’ose imaginer le nombre vertigineux de dédicaces qu’il a données au stand de Leméac année après année, avec les queues patientes des lecteurs en attente de leur tour.Tout Montréalais qui lit un peu doit avoir un ouvrage dédicacé de lui sur un rayonnage.Ou deux, ou trois.Michel Tremblay a trop publié, certainement, d’où une dilution de la valeur de son œuvre pour la postérité.Il écrit comme un pommier produit des pommes.Telle est sa fonction.Telle est sa lièvre.En même temps, sa présence assidue lui a conféré ce statut particulier d’écrivain emblématique, avec ce lien d’affection qui naît d’une fréquentation ininterrompue.Il faisait peine à voir cette semaine au Point, si amaigri, en rémission de son cancer de la gorge.Comme le cousin écrivain des fêtes de famille, mal en point depuis un bout de temps, qui nous renvoie une image soudain détériorée de nous-mêmes.Bien sûr, on lui souhaite le meilleur rétablissement possible.D y a un peu de lui en nous, en plus.Voici qu’il lance un nouveau roman: Le Cahier bleu.Bientôt, les queues vont se reformer au Salon du livre de Montréal devant sa silhouette plus frêle qu’autrefois.Et puisque Michel Tremblay, à l’instar de Balzac, aime les personnages qui sautent d’une œuvre à l’autre, juste en clin d’œil parfois, ses travestis de la Main, si burlesques, nous sont devenus depuis longtemps familiers.Même la duchesse de Langeais vient faire son tour dans Le Cahier bleu, suite des Cahier noir et Cahier rouge.Cette série constitue une extension aux Chroniques du Plateau Mont-Royal, avec pour héroïne la serveuse naine Céline Poulin dans l’effervescence entourant les parages temporels de l’Expo 67.La vraie révolution culturelle a pris alors son envol.D’ailleurs, Le Cahier bleu revient sur la genèse des œuvres phare du temps: L’Osstidcho, Les Belles-sœurs aussi.In série des Cahiers ne possède pas la force des Chroniques du Plateau.On le sait tous.Tremblay plonge moins profondément au cœur de son univers qu’autrefois.Sa galerie de portraits avait jadis une portée nationale qui les dépassait La grosse femme d’à côté était enceinte de tout le Québec, le petit Marcel et son chat Duplessis portaient en eux nos rêves collectifs d’évasion du quotidien et son gros Edouard, tous nos pathétismes.Aujourd’hui, son hérome Céline Poulin accuse des contours plus flous que les créatures d’hier.Elle ne soulève pas le Québec sur son dos mais étreint sa propre solitude.La puissance du rêve collectif s'est égarée.II faut dire que nos décennies ont moins de rêves à transmettre aux écrivains que les folles années 60, si pétries de promesses non tenues.M'empêche que le rapport de Michel Tremblay à l’alchimie de l’écriture passe dans les Cahiers par cette naine qui rédige son journal, dont le romancier plus haut, dans sa cage de marionnettiste, tire les ficelles.L’univers des Chroniques et des post-Chroniques, avec sa faune humaine de sexes et d’intersexes divers, semble en tout cas hautement cinématographique.Dans les rangs de nos réalisateurs, allez trouver un Almodovar capable de transformer cet espace baroque en images.Jean-Claude Lauzon y serait parvenu, lui, mais sa vie a flambé avant de donner topte sa sève.A la lecture, D paraît un brin atone, ce Cahier bleu là.Notre écrivain national est fatigué, mais je vois d’ici la caméra faire swinguer les néons du Red Light mariés à l’effervescence créatrice, décrite dans le roman.Je lis Le Cahier bleu comme les livres précédents, habitée par le monde de cet auteur malgré moi, malgré lui parfois.Au fil des pages, j’aime le Michel Tremblay qui emploie le mot «varnousser», délicieux québécisme signifiant s’agiter à quelque affaire.J’aime son dénouement ouvert, sans réponses à offrir mais plein de questions en suspension.J’aime quand il écrit: «Nous marchions tout droit vers l’échafaud, la tête droite, mais la rage au cœur.» ARCHIVES LE DEVOIR K* N Michel Tremblay ?Au moment où vous lirez ces lignes, je serai au Festival de Marrakech, entre souks et salles obscures.Slama\ otremblayfàledevoir.com MOFFATT Le Cœur dans la tête, c’est essentiellement ça: un album de traversées SUITE DE LA PAGE E 1 vraiment souffrir.Et l’histoire de mon vrai burn-out.On est dans le 7 jours, là.» Elle s'entend parler et s’étonne.Le malaise est partagé.Ce n’est pas notre terrain de jeu.Et si on parlait musique?La participation de -M-, par exemple?La bouleversante reprise piano-voix de L'Imparfait de Daniel Bélanger?Le beau son chaud du Fender Rhodes dans Retourne chez elle?La mélodie si enveloppante de Se perdre?«Oui! Oui!», s’écrit-elle.Puis reprend.«La musique, c’est ma zone de confort absolu, où il n'y a rien de menaçant.Mais c'est pas nécessairement mon état d’être au quotidien.Je suis une fille de pôles.» Une fille qui comprend qu’il est trop tard, une fois l’album envoyé aux médias avec ce livret qui en fournit les clés, pour ne pas parler «des vraies affaires», comme elle dit «Le livret, ç’a été un choix pesé et soupesé.Tu lis le truc comme il a été présenté.Moi, je dois l’assumer.Mais c’est seulement maintenant que ça me fait drôle, que je me rends compte fi quel point j’ai été transparente.À quel point il y a toute une partie de l’album qui est une plaie ouverte.Trouves-tu ça trop, toi?» Je lui dis qu’elle n’avait pas le choix.«C’est ça.Je ne me suis pas donné le choix.C’est comme si je disais aux gens: prenez ma main et je vous emmène dans mes tourments!» Tourmentée, Ariane?Elle a beau le dire, j’ai beau le lire dans le livret, l’entendre à travers l’album, je ne m’y fait pas.De la même façon que j’ai de la difficulté à reconnaître l'Ariane tête baissée de la pochette.«À la fin de la tournée tf'Aquanaute, finit-elle par raconter, je me suis retrouvée un peu perdue.En perte d’identité, comme si le succès m’avait dédoublée.En perte de confiance, aussi.Et physiquement épuisée.Ç’a été jusqu’à me demander si j'avais d’af faire à écrire des chansons.Et je vivais ça en même temps que l’histoire d’amour.A un moment donné, je voulais me sauver au Mali.» C’est là qu’intervint Matthieu Chédit, alias -M-, après la performance en duo de La Bonne Étoile au Métropolis.Titre prédestiné.«Il voulait qu'on l’enregistre ensemble.Pendant la balance de son, il m’a dit: “Je te kidnappe!"Et plu- Théâtre DU Non VIA U IVfONDE C’EST UNE HÉROÏNE A M OU REU SE ET P OLITIQU E ET SA CAUSE C’EST LE MONDE, NOTRE MONDE SOPHOCLE TEXTE FRANÇAIS MARIE-CLAIRE BLAIS O’APRCS LA TRADUCTION DE SEAMUS HEANEY MISE EN SCÈNE LORRAINE PINTAL I +++++?AVEC JACINTHE LAQUÉ VINCENT BILODEAU +++?++ +++++?+++ JEAN-LOUIS ROUX + PIERRE COLLIN ++++++++«.?FRANÇOIS-XAVIER DUFOUR ?JUUE LE BRETON » ROGER LÊOER ?+++++ JEAN MARCHAND ?BRIGITTE RAQUETTE ?ÉRIC PAULHUS ?FRÉD ÉRIC SALVAIL + KAREL SMITH-WONG « DAVID FRANCKE ROBITAILLE ASSISTANCE A IA MISE EN SCÈNE ET RÉGIE BiTMZAlDA THOMAS DÉCOR CARL PILLION COSTUMES LOUIS MUOON ÉCLAIRAGES CLAUDE COURNOYER ?E MUSIQUE MICHEL SMITH ACCESSOIRES JONAS VtROFF BOUCHARD +?CONCEPTION DES MAQUILLAGES JACOUIS-LEI PELLETIER ?.?O*** COIFFURES ET PERRUQUES LOUIS BOND DÈS LE 22 NOVEMBRE 514.866.8668 +++ WWW.TNM.QC.CA I 5nr> LAURENCE IABAT / SPECTRA mtceà æ tôt que d’aller déprimer au Mali, j’ai été avec Matthieu à Paris.» Son visage s’illumine.«Et c’est là que j’ai guéri!» Elle s’esclaffe.Joli geyser.«Ce gars-là, il s’appelle pas -M-pour rien.Son plaisir, sa candeur vis-à-vis de la musique, ça fait du bien.Ç’a chassé les angoisses.L’angoisse de la création, l'angoisse de l’histoire d’amour, et j'ai pu enregistrer mon album.» Magnifique album sans magnification.D’autant plus beau qu’il n'y a pas trop d’embellissements.«Je l’ai voulu le plus organique possible.Très low-fi, très artisanal.Très cru, aussi.J’appelle ça du rhythm’n’grunge.» Guitares ou claviers sur fond d'électro, mais à petites touches.Avec, çà et là, entre les ballades à fleur de peau, des explosions de rage (comme dans la chanson-titre) et des récréations (la reggae Montréal, les jeux de voix à la Camille dans Farine Five Roses).Ponctuations normales de toute traversée.Le Cœur dans la tête, c’est essentiellement ça: un album de traversées.Traversée physique, d’un studio à l’autre, de Sutton à Montréal, de Montréal à Paris à de Paris à Montréal.Traversée artistique, de la création tarie à la création ravivée.Et traversée émotionnelle, de l’amour souffrant (Retourne chez elle.Terminus) à l’amour joyeux (Ixiboratoire amoureux, ludique pièce cachée).Album de fichues bonnes chansons, surtout.Bonnes à prendre sans carnet de bord pour aller voir derrière.Bonnes Ariane Moffatt en spectacle rien que pour les mélodies, les audaces dans les arrangements.«Ça reste un album de chansons.C’est sûr que j’ouvre la porte, que je m’expose.Mais c’était vrai au premier album aussi, sauf que je m'exposais rayonnante.» Aqua-naute, soit dit en passant, parais- sait en France la semaine dernière.«C’est schizophrène! Un timing bizarre.Si ça marche, tant mieux.Sinon, c’est pas grave.J’ai pas le goût de tout casser là-bas.Surtout maintenant, après ce que j’ai vécu pour le deuxième album, j’ai juste le goût de faire de la musique et d’être bien partout.» Collaborateur du Devoir LE CŒUR DANS LA TÊTE Ariane Moffatt Audiogram UBU compagnie de création présente, çn coproduction avec le I ICS Theatre français du Centre national des Arts (Ottawa), le Théâtre d'Aujourdhui (Montioal) et le Theatre du Nord (Lille) fl| Il PP* Les reines Normand Chaurette // Denis Marleau Louise Bombardier • Sophie Cattani • Louise Laprade Ginette Morin • Christiane Pasquier • Béatrice Picard Stéphanie Jasmin • Michel Goulet • Daniel Fortin • Lucie Baüzo • Nancy Tobin ¦ Angeio Barsetti « En un mot, le texte est brillant, avec des zones de cynisme suaves.» — Dominique Lachance, Journal de Montréal « La lecture qu'a faite Denis Marleau de ce texte grave est d'une limpidité fort appréciable.» — Caroline Barrière, Le Droit (Ottawa) « Unè redécouverte magnifique.D'autant que le metteur en scène a mis en valeur la dimension ludique de cette œuvre pleine d'étrangeté et d'humour acéré.» — Marie Labrecque, Le Devoir « C'est bien fait, c'est ciselé, c'est beau, c'est magnifique, c'est bien joué, je n'ai que du bon à dire, j'ai été transportée.» - Rafaete Germain, Je roi w à la radio « Royalement jouée ! » - André Ducharme, Desa, irefs Jusqu’au 26 novembre au Théâtre d'Aujourd'hui 3900.rue Saint Dents.Montréal ( ® Sherbrooke) www.theatredaujourdhui.qc.ca S14 282-3900 Q^oCebec II |)FVOIiS Ea3 6 J > t LE DEVOIR.LES SAMEDI 12 ET DIMANCHE 13 N O V E NI BRI 2 0 0 3 K ;ï -* Culture ?- THÉÂTRE JEUNES PUBLICS Sauver le monde avec des larmes Boycottage ou non, Mika l’enfant-pleureur s’amène à la Maison Théâtre À peine sorti de l’École nationale, Pascal Chevarie est déjà associé à la relève du théâtre jeunes publics; en l'espace d’à peine deux mois, on verra deux de ses textes joués à la Maison Théâtre.Jasmine Dubé et Éric Jean, séduits par son écriture poétique, nous parlent de la quête qui anime Mika, Ven-fant-pleureur, qui prend l’affiche ce week-end.MICHEL BÊLAI R Jasmine Dubé tenait à marquer le vingtième anniversaire du Théâtre Bouches décousues de façon particulière: elle souhaitait ouvrir la porte.Elle qui.depuis 1986, avait signé le texte des 11 spectacles de sa compagnie souhaitait faire place à la relève en produisant le texte d'un jeune auteur pour la toute première fois.Elle a fait passer le message au Centre des auteurs dramatiques (CEAD), à l’École nationale, puis finalement un peu partout, là où les murs ont des oreilles.Et elle a laissé mijoter le tout Mais l’histoire ne s'arrête pas là Jasmine Dubé cherchait aussi une façon de travailler avec Éric Jean; conquise par le climat onirique qui se dégage des mises en scène du directeur du Quat'Sous, elle le voyait dans sa soupe monter un spectacle pour Bouches décousues.Deux projets donc, surtout pas inconciliables.Et quand le texte de Mika l’enfant-pleureur de Pascal Chevarie lui est tombé entre les mains, quelle fut tout de suite séduite, elle le fit lire à Éric Jean.qui réagit exactement de la même façon qu’elle.Coup double: l’affaire était dans la poche.Marque de commerce C’est la deuxième incursion d’É-ric Jean en théâtre jeunes publics, lui qui avait déjà monté un spectacle au Pavillon des arts de Laval il y a quelques années (Bartholomé, pour le Théâtre du Petit Loup).Je lui demande d’abord si on approche la mise en scène d’une façon différente quand on s’adresse aux enfants.«Non.Pas moi en tout cas.Que ce soit pour le public adulte ou pour les enfants, j aborde toujours la mise en scène d'un spectacle sous l’angle de la douceur et de la suggestion; je ne travaille pas à partir de la provocation.Et comme je pense que les enfants aussi aiment bien investir dans les images, dans l’imagination et dans la suggestion, je n 'ai pas eu trop d'ajustements à faire.Par contre, mon travail a été trà influencé parles réactions des en/ânts.» Jasmine Dubé precise là-dessus que la couleur particulière, la marque de commerce de Bouches décousues (TBD), c’est de «travailler avec les enfants».«Depuis la création de la compagnie, poursuit-elle, nous élaborons nos spectacles avec l’aide des enfants de notre quartier [Villeray, où le TBD est installé dans une ancienne école].Pour Mika, ce sont des élèves de 3 et de 4 de l’école Saint-Arsène qui se sont impliqués.Pour nous, ce contact avec la création qui est en train de se faire est aussi vital pour les enfants que pour la compagnie.» Les élèves ont donc assisté à une première lecture de Mika, qu’ils ont abondanunent commentée.Ils sont retournés en classe, ont pondu une maquette du décor, imaginé une affiche, dessiné des costumes et ont même écrit une suite à l’histoire de Mika avant de retourner voir une répétition avec les comédiens et de donner leur avis encore une fois.«J’ai beaucoup qpprécié cette expérience, poursuit Éric Jean.Ce sont bien sûr les réactions à chaud de ces trois classes qui m’ont intéressé.De voir et d’entendre ce que les enfants perçoivent, quelles scènes les atteignent plus directement, ou moins, quelles émotions cela suscite.c’est très nourrissant, très stimulant, très influençant pour un metteur en scène.Et il y a aussi que ça permet aux enfants de démystifier la mécanique du théâtre et de s’en rapprocher» CERTAIN tamsl UNE FANTAISIE BIOGRAPHIQUE de Gabriel Sabourin et Marcel Sabourin MISE EN SCÈNE PAR Louis Choquette AVEC Geneviève Rioux Gabriel Sabourin Marcel Sabourin CONCEPTION Jean Sard Jean Derome Jean Gaudreau Suzanne Harel Jean-François Landry Marc Parent PRODUCTION Nouveau Théâtre Expérimental ' www.ntéqc.cë ' ^ DU 22 NOVEMBRE AU 17 DÉCEMBRE 2005 À ESPACE LimS (JURE RESERVATIONS (514) 521-4191 L Arwoeirain l.h IH.M HI JACynSUKI NI EK I ! Ol-VOIR -,- La directrice du Théâtre Bouches décousues, Jasmine Dubé, el le metteur en scène de flika.l'enfant-pleureur, Éric Jean.Concrètement, cette influence des enfants sur la production se fait sentir dans certains choix: «Pour souligner davantage la théâtralité, reprend le metteur en scène, j’ai par exemple choisi de donner beaucoup de place à la musique et à la danse.Les enfants se sont montrés fascinés par la danse “gumboot", qui vient donner un sens extrêmement concret au cheminement intérieur de Mika, et nous avons beaucoup travaillé cet aspect de la production.» Une écriture engagée Mais derrière la production (ou devant c’est selon), il y a le texte de Pascal Chevarie.H y parle de guerre, d’un monde dévasté par les ir- ruptions d’un grand volcan dont on dit que seules toutes les lannes du monde pourront l’éteindre.C’est ce qui amène Mika, un garçon triste et rêveur vivant sur une île de sel, à prendre la route pour sauver le monde avec ses larmes.«C’est une écriture qui se démarque parson souffle poétique, raconte Jasmine Dubé.Pascal a une écriture engagée, sans compromis: son personnage de Mika se donne un objectif il s’engage à l'atteindre et il le fait.Cest tout à fait étonnant pour un premier texte et cela correspond à ce que nous faisons depuis le début au TDB.fai reçu beaucoup d’autres textes, mais quand j'ai lu le sien, ce fut tout de suite le coup de cœur [.] Les enfants, eux.saisissent tout de suite le sors du voyage et de la quête de Mika.Ils comprennent que le grand volcan qui sec/iue le monde est une image de la guerre, de toutes Us guerres.Im métaphore est très forte et prend tout son sens quand ils apprennent aussi que Mika porte en lui toute la tristesse du monde et que ses lannes viendront à bout du volcan.» Eric Jean conclut en parlant lui aussi du souille poétique «concret" de Pascal Chevarie, qui l’a mené, tout comme les réactions des en- fants.à l’idée de transformer les instruments de musique du spectacle un peu comme lorsqu'on est tout petits et que l’on s’invente des histoires les jours de pluie.À cause des repercussions sur les entants du conflit syndical que l'on sait.Mika l enfint-pleureur n’a jusqu'ici été montré qu'une dizaine de fois depuis janvier (au Quat'Sous, à la Bourse- Rideau, à la Maison de la culture Frontenac et aux Coups de théâtre).En fait, on a dû faire une croix sur les representations du printemps.ce qui implique une gymnastique théâtrale assez particulière pour les comédiens, qui doivent réinvestir le spectacle pour en ressortir presque aussitôt.Mais boycottage ou non, Mika l’enfant-pleu-reur prend l'affiche pour une série de 16 représentations «confirmées».dont huit «scolaires»; il fera bon revoir des enfants dans la grande salle de la Maison Theatre, où l’on n'a pu donner que deux «scolaires» du spectacle précèdent (Le Porteur, du Théâtre de l'u-il) et même annuler plusieurs représentations de Dégagé, petit!, de la grande Agnès limbos.Qui sait, les larmes de Mika arriveront peut-être à sauver le monde pour de vrai.Le Devoir MIKA L’ENFANT-PLEUREUR De Pascal Chevariç, dans une mise en scène d'Eric Jean.À la Maison Théâtre jusqu’au 20 novembre.usine: 0 présente du 16 au 19 novembre Un« mise en scène à bout de souffle, une scène d'une efficacité étonnante, et du jeu comme on l'aime.(.) Un des moments torts de la rentrée.Michel Vézlna, Ici Claude Poissant signe l’une de ses réalisations les plus maîtrisées, Christian St-Ptetro, Volt Les comédiens occupent la scène de manière magistrale.Anne-Marie Cloutier, La Presse Une solide distribution, centrée autour d'une Catherine Trudeau à la vulnérabilité affichée.Marie Labrecque, Le Devoir DU 4 NOVEMBR AU 3 DÉCEMBR! DE MARTIN CRIMP TRADUCTION/MISE E DE CLAUDE POISSAN 05 CÈNE Avec Peter Batakliev, Félix Beaulieu-Duchesneau Violette Chauveau, Amélie Chérubin-Soulières Francis Ducharme, Catherine Larochelle, Widemir Normil Gilles Renaud, Catherine Trudeau Complices : Jean Bard, Angelo Barsetti, Nicolas Basque Linda Brunette, Éric Champoux, Mathieu Giguère, Louis Héon Catherine La Frenière, Karine Lapierre, Dave St-Pierre UNE COPRODUCTION DUjy ET DU FESTIVAL DE THÉÂTRE DES AMÉRIQUES À Espace GO.4890 St-Laurent (514) 845-4890 ou 790-1245 ÜIYCI: un solo de et avec Anne Teresa de Keersmaeker “.avec une intelligence redoutable, une incroyable générosité, la danseuse guide son propre corps jusqu’à une danse finale, douce, debout, tendue.difficile de faire plus clair et plus humain “ M.C Vernay, Libération, déc 2002 13 novembre c/tr/pr Jlillm Panic Attack 2005 Tour T H t A T R E GLOSE VEST CA PTT AL Québec SI fl* t#rr*At.o* t»*«>*¦* t»fc • A U.DEVOIR rca———ri ~ § m réservations 514 521 4493 Appel de projets pour résidences de création Date limite 11 novembre 2005 - informations : www.usine-c.com \ V LE DEVOIR, LES SAMEDI 12 ET DIMANCHE 13 NOVEMBRE 2005 Culture DANSE Seule avec Joan Baez Anne Teresa De Keersmaeker monte sur scène en solo dans Once Phare dans le monde de la danse contemporaine, monument des arts de la scène en Belgique, Anne Teresa De Keersmaeker vient danser pour nous en toute intimité.Once fait irruption dans le parcours de la chorégraphe vingt ans après Violon Phase, seul autre solo qu’elle a créé sur mesure pour elle-même.Montréal l’accueille trois ans après sa création.FRÉDÉRIQUE DOYON Le long nom de la chorégraphe Anne Teresa De Keersmaeker résonne aussi sous un autre vocable plus court mais tout aussi chantant: Kosas, la compagnie qu’elle a fondée en 1982, résidente du Théâtre de la Monnaie à Bruxelles, et qui parcourt le monde depuis, en s’arrêtant notamment plusieurs fois à Montréal dans le cadre du FIND.De ses quelques visites, on retient surtout son travail des grands ensembles, sa verve chorégraphique qui donne lieu à une danse fougueuse, aérienne, épurée et intrinsèquement liée à la musique qui la porte — celle de Steve Reich, de Béla Bartok, de Gyôrgi Ligeti ou de la formation jazz Aka Moon.Pourtant, la chorégraphe et directrice artistique a aussi déve- loppé un créneau de pièces de moindre ampleur, plus dépouillées, comme Small Hands.»Once s'inscrit dans cette veine», précise-t-elle dans un entretien téléphonique au Devoir.Mais ce solo, présenté en 2002 dans le cadre des festivités entourant le 20' anniversaire de la compagnie, répond surtout à un appel du cœur et du corps.«La danse me manquait beaucoup, confie-t-elle de sa petite voix légèrement teintée d’un accent néerlandais.Je voulais créer un espace où je puisse danser moi-même.» Cette exigence s’est doublée d’une quête très personnelle, car Once est né du souvenir indélébile de la musique de Joan Baez, plus précisément de l’album Joan Baez in Concert, Part 2, l’un des seuls disques figurant à la discothèque familiale.«C’est un disque qui fait partie de mon enfance, raconte-t-elle.Ma mère l'a reçu à la naissance de ma sœur.Je l'avais oublié et je l’ai redécouvert.C’est un très beau disque, d’une grande économie — sa voix et une guitare acoustique —, plein de grandes et de petites histoires.» Sa sœur lui a offert l’album réédité pour ses 40 ans.En retrouvant la musique et la voix berçantes de cette chanteuse folk engagée des années 60 et ses paroles imprégnées du message pacifiste qu’elle souhaitait livrer, la chorégraphe a non seulement renoué avec son passé personnel mais aussi avec une époque qui fait écho à certaines détresses du monde actuel.À la jonction du public et de l’intime «Ça parle de choses qui sont aujourd'hui plus valables que jamais», note-t-elle.L’album a vu le jour en 1963, en pleine guerre du Vietnam et à l’heure de l’affirmation des droits civiques de la qommunauté afro-américaine aux Etats-Unis.L’une des pièces du disque, We Shall Overcome, est d’ailleurs devenue le symbole de cette dernière lutte.GERARD UFEAS «Je veux découvrir les gestes qui sont suggérés par le mot dit et qui, inversement, nie le texte et donne vie au mouvement», dit Anne Teresa De Keersmaeker à propos des liens entre les chansons de Joan Baez et la danse de Once.«C’étaient les années utopistes, commente-t-elle dans un texte ac- Tang nt
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