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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier F
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 2005-11-12, Collections de BAnQ.

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ILLUSTRATION I IFI LE DEVOIR.LES SAMEDI 12 ET D 1 M A X ('HE 13 X O V E M B R E 2 0 0 5 HORACIO CASTELLANOS MOYA L’écrivain salvadorien, publié à Montréal, écrit moitié par nécessité, moitié par instinct de survie Page F 15 LE DEVOIR I JTTÉRATl J RE Entrevue avec Madeleine Gagnon Page F 9 Retour aux sources multiples du livre au 28e Salon de Montréal Yasmina Khadra Pages F 2 et F 7 Martine Desjardins Pages F' 3 et F 7 Le point de vue de Gilles Archambault Page F 4 FRÉDÉRIQUE DOYON On tend souvent à résumer les grandes foires du livre par des chiffres.Annoncer la présence de 1400 éditeurs répartis dans 875 stands et les 150 activités prévues en cinq jours ne révèle pourtant pas grand-chose du 28" Salon du livre de Montréal, qui se déroule du 17 au 21 novembre prochain.Le thème déjà en dit un peu plus long: «Tous les visages du livre se dévoilent au Salon.» De fait, après une édition dominée par les recettes et le saupoudrage littéraire, le Salon 2005 plonge aux sources du livre, explore les ramifications multiples des motivations et inspirations de ses auteurs.Du fait divers aux conflits politiques en passant par les figures marquantes de notre histoire, la petite comme la grande, la foire montréalaise du livre se penche sur les nombreuses facettes de la littérature et de ce qui la nourrit Dans la zone Carrefour Montréal, le thème de la biographie donne lieu à une véritable anatomie de ce genre qui gagne en popularité depuis quelques années.Dans ce contexte, la présidente d'honneur du Salon, Micheline Lachance, auteure de Lady Cartier, parlera des femmes marquantes de notre histoire en compagnie des biographes Anne-Marie Sicotte et Huguette O’Neil.L’historien Paul-André Linteau proposera pour sa part une autopsie de Montréal afin de mieux comprendre les défis actuels et à venir de la métropole.Un autre historien, André Champagne, s’entretiendra avec Pierre Godin de l’homme brisé que fut René Lévesque à la fin de sa vie, ainsi qu’il le dépeint dans le quatrième tome de sa biographie du grand homme.Dans ce même esprit généalogique, traquant les origines de notre culture et de notre littérature, Yves Gauthier, Yves Beauchemin et Jean-Claude Germain bavarderont librement, sous la gouverne de Gilles Archambault, du personnage d’Henri Tranquille, libraire engagé, anticlérical et frondeur qui a contribué à sa manière à l’émergence d’un Québec ouvert et libre-penseur.Le pionnier mondial de l’écologie, Pierre Dansereau, se confiera à Laurent Laplante, puis à Gilles Archambault.Les invités d’honneur aux plumes multiples que sont Jean-François Somain, Raphaël Confiant et Ironise Tremblay-d’Essiambre fouilleront leurs motivations profondes à écrire tantôt des romans, tantôt des essais, des nouvelles, des biographies ou des livres jeunesse.L’auteur Fulvio Caccia expliquera pour sa part ce qui l’a conduit à puiser dans le délicat fait divers du massacre de Polytechnique pour écrire 1m Coïncidence.Couleur politique Le Salon se teinte aussi d’une petite couleur politique avec une table ronde sur Ariel Sharon, héritier digne ou indigne d’Itzhak Rabin, qui réunira Ilan Greilsame, auteur du livre Le Sionisme, que sais-je?, Olivier Rafowicz, qui a signé Le Temps du retour, ainsi que Favre et Luc Rosenzweig, auteurs des Lettes à mes amis pro-palestiniens.La figure symbolique de George W.Bush fera aussi l’objet d’une conférence donnée par l’écrivain et géographe Georges An-glade et la chercheuse Elisabeth Vallet Le Salvadorien Horacio Castellanos Moya et l’Algérien Yasmina Khadra, tous deux invités d’honneur, diront si raconter la haine peut contribuer à éveiller les consciences et à changer l’ordre des choses.Le journaliste Raymond Saint-Pierre interrogera quant à lui le photographe de guerre Roger Lemoyne et Yves Nadon, directeur de la collection «Carré blanc», qui raconte des histoires de guerre aux enfants à travers des textes et illustrations percutants.Dans un registre plus intimiste, Gilles Archambault animera une série de Confidences d'écrivain, avec les invités d’honneur et d’autres figures montantes ou établies, tels Suzanne Jacob et Nicolas Dickner.Au rayon de la littérature jeunesse, Danielle Vaillancourt fera de même avec les auteurs de ce genre en explosion, représentés en quelque sorte par l’invité d’honneur Alexandra LarocheDe, jeune prodige qui, a 11 ans, signait déjà son troisième ouvrage.Une flopée d’activités s’adressant aux plus petits se succèdent d’ailleurs tout au long du Salon.VOIR PAGE F 2: SOURCES POLAR Le nouveau Mankell Pàge F 18 Pour les petits Pages F 12 et F 13 ESSAI Louis Hamelin devant l’horreur Page F 17 Denys Arcand écrivain Page F' 19 Hannah Arendt Pages F 24 et F 25 l! n’y a plus de lyebye Heureusement, il y a toujours Orapleau ! SIGHAÎURI AU STAND BORiAl Mzi UttMEDI 19 NOVEMBRE DE 13H30A19H II DIMANCHE 20 NOVEMBRE DI13H30A15H Boreal www.editionsboreal.qc.ca A 9 1 * F 2 LE DEVOIR.LES SAMEDI 12 ET DIMANCHE 13 NOVEMBRE 2 0 0 5 SALON DE LIV SOURCES SUITE UE LA PAGE F 1 Côté plus pratique, le relieur professionnel Robert Jourdain divulguera ses trucs pour la conservation et l’entretien de vos livres, tandis que les éditeurs en herbe que sont Denis Vaugeois et Hervé Foulon raconteront leur passion pour le livre, tout en révélant aux jeunes auteurs des trucs pour se faire connaître et aimer.Entre la cérémonie d’ouverture, celle de clôture et les traditionnelles séances de signatures, les habituelles remises de prix seront ponctuées pïtr l’arrivée d’une nouvelle récompense, Montréal capitale mondiale du livre oblige.Le prix de littérature jeunesse des bibliothèques de Montréal sera octroyé et son lauréat, révélé le 20 novembre à 10h30.S’il y a un chiffre à retenir lors du Salon, c’est 10.Car six institutions ou collections d’ouvrages célèbrent cette année leur 10r anniversaire, dont Lanctôt éditeur, la Librairie du Québec à Paris, les Editions Trois-Pistoles, la SODEC.La vénérable librairie Raffin soufflera pour sa part ses 75 chandelles.Autant d’anniversaires pour faire la fête aux livres, à ceux qui les lisent comme à ceux qui les écrivent.Le Devoir JACQUES GRENIER I.E DEVOIR La présidente d’honneur du Salon du livre, Micheline Lachance.ENTREVUE Khadra désamorce les bombes SEBASTIEN BARANGE La plume de Yasmina Khadra écrit rouge sang, plonge partout où le monde vacille et explose.Après l’Algérie, l’Afghanistan, c’est au cœur du conflit israélo-palestinien que son dernier roman, L’Attentat, nous entraîne sans ménagement.Vif, sincère et dérangeant, ce livre, grâce aussi à une écriture parfaitement maîtrisée, est à juste titre un des plus salués de la rentrée littéraire.L’auteur est de passage à Montréal à l’occasion du Salon du livre.Ceux qui s’attendent à rencontrer une belle écrivaine algérienne risquent d’être un peu désappointés: Yasmina Khadra est le pseudonyme d’un homme, qui a choisi ce nom de femme, non pour se cacher mais pour se protéger dès le départ, lui l’ancien gradé de l’armée algérienne.Aujourd’hui il parle haut et fort — «j’ai choisi le roman pour dire et pour agir» —, cette fois-ci sur le terrain du Moyen-Orient •J’ai choisi un sujet extrêmement explosif, il me fallait toute une habileté d’artificier pour le résoudre.J’ai été très prudent et j’ai surtout laissé parler ma sincérité.» Ne pas rester neutre Tel-Aviv.Un énième attentat vient de ravager un restaurant où se tenait une fête d'enfants.Amine, chirurgien, achève sa longue journée de travail.Israélien, mais palestinien d’origine, son talent reconnu a réussi a faire de lui un citoyen parfaitement intégré à sa société d’adoption, un ami apprécié, et surtout un mari comblé, vivant dans le quartier le plus cossu de la ville.Les victimes de l’horreur arrivent les unes apres les autres et Amine doit poursuivre son travail au-dela de l’épuisement «Un attentat reste un attentat.A l’usure, on peut le gérer techniquement, pqs humainement», écrit Khadra.Epuisé, Amine retrouve finalement le calme de sa demeure.Sa femme n’est pas rentrée, elle a certainement prolongé son séjour chez sa grand-mère.Le téléphone vient le tirer violemment d’un sommeil précaire.C’est son ami Naveed, haut fonctionnaire de la police israélienne, qui lui demande de revenir prestement à l’hôpital.(Voir le compte rendu que signe Guylaine Massoutre en page F 7.) Le message de la tragédie Touché au plus profond de son être, le personnage d’Amine est entraîné malgré lui dans une tourmente.Amine a tout du personnage de la tragédie grecque.«C’est un supplicié consentant.Il ne voulait pas mourir, mais il a donné rendez-vous à la mort.On ne peut pas échapper à son destin», résume l'auteur.«La tragédie, c’est l’octave haute de l’expression littéraire.Les Hirondelles de Kaboul aussi est une tragédie», rappelle Khadra.«La tragédie va au bout de cette absurdité qui poursuit l’humanité, SOURCE JULLIARD Yasmina Khadra elle vit dans la blessure.» Tragédien lui-même, Khadra excelle dans le style pour mieux donner à réfléchir.Par compassion et pour dire non à la fin tragique annoncée, on voudrait retenir Amine: «Si on pense qu'il ne méritait pas de mourir, il faut empêcher les autres d’en faire autant, en agissant avec fermeté sur ce conflit.» C’est ce que fait Khadra sans relâche.Ecrire pour agir Il fallait du talent et du courage pour échapper aux clichés et à la démagogie afin de «prendre le lecteur par la main et l’emmener au cœur du conflit» israélo-palestinien.Depuis très longtemps, Yasmina Khadra voulait écrire un roman sur le sujet, car «c'est une guerre qui ne cannait pas de fin, une gangrène qui finit par contaminer toute la planète».Alors, «il faut d'abord rompre le silence, dénoncer, écrire, faire des marches, des débats.On n’est pas obligé de prendre les armes, on peut prendre des plumes, des caméras, pour sensibiliser le monde», affirme l’écrivain, avant d’ajouter «Je suis un musulman et un arabe, donc je me devais d’écrire le livre de l’apaisement.» Parce qu’il a connu l’intégrisme en Algérie, il essaye aujourd’hui d’expliquer.«Si les gens choisissent de s’enfermer dans leur petite bourgeoisie, c’est leur problème, mais nous sommes tous concernés et devons agir avec fermeté.» Khadra nous entraîne chaque fois avec talent et force là où il n’y a que pleurs et douleur.«Aujourd’hui, les écrivains ne veulent plus prendre de risques et s’estiment heureux à l’intérieur de leur petite notoriété.» fl s’étonne sans cesse de «voir la littérature tourner le dos à ce qui préoccupe l’humanité entière.Je n’ai pas de cage dorée, je m’investis dans mes convictions; je n’ai que des ailes d’encre pour aller vers Ihumanité et vers l’intelligence».Ces écrivains qui se taisent et laissent les conflits nous ronger pensent peut-être comme l’écrit Khadra qu’il faut «être aveugle pour être heureux».Collaborateur du Devoir Mttm DesRuisseaux Trètor it« «prauloi» populilrM Édouard Montpetit Rifltiloi» tur la question national* Germaine Guévremom In pMne t«rr« Antonine Maillet Nairn Kattan Adieu, Babytone AUmoeaM don hile Le May Contai vrai» .et à relire www.livres bq.com J éditions Liber Philosophie • Sciences humaines • Littérature STAND 511 SÉANCE DE DÉDICACE Michel Carrier Penser le sacré jeudi 17 novembre de 20 h à 21 h Luc-Normand Tellier Redécouvrir l’histoire mondiale jeudi 17 novembre de 19 h à 20 h samedi 19 novembre de 19b à 20h Pierre Bertrand La conversion du regard vendredi 17 novembre de 20 h à 21 h dimanche 20 novembre de 15 h à 16h Benoit Duguay Consommation et image de soi samedi 19 novembre de 20 h à 21 h dimanche 20 novembre de 14h à 15 h Jean Bédard Comenius ou combattre la pauvreté par l'éducation de tous samedi 19 novembre de 13h à 14 h dimanche 20 novembre de I3h à 14 h Jacques Quintin Herméneutique et psychiatrie vendredi 18 novembre de 18b à 19h samedi 19 novembre de 14h à I5h Nairn Kattan et Sophie Jama Entretiens avec Nairn Kattan vendredi 18 novembre de 19h à 20h samedi 19 novembre de 15h à 16h Gilles Paquet Gouvernance: une invitation la subversion samedi 15 novembre de I6h à 17h » S inscrire chez c'est payant ! Pendant le Salon du livre de Montréal, venez nous rencontrer au stand Hachette Inscrivez-vous à notre liste d'envois pour nos activités culturelles et recevez un chèque-cadeau de 10$ ! L Librairie , 2752, de Salaberry ¦ Galeries Normandie \0r)&i Montréal, Qc ¦ H3M 113 (514) 337 4083 www, Li brai r i eMonet.com NOUVELLES ROMANS ESSAIS iftîniîm c lmp fehtfottfre » WARt ANDfct RE R WF K • MAtitE fftlÇAU HUGIO Kitoëtrffi Sxvm'fr.C'b .* m * El AIRE mmtH » AN CHARÎtER La Taupe Cbranuftte d iM ttifretuiam * $UMf MA5SKfFTTf On fff ta arm c&mtnt* en # lAMttU DESl AVRIL RS Fffnmp êtpfj ?REAt OütllEt Par tiftfetiK NiHh pHpK framçtfHrt du KVWt ft • PIERRE GAGNON ÎFV * PIERRE VERGE AU la tii* de* vpnti • MARUl G AU MO NO lr f»rr#mc urur de la psycttonatve * FRANÇOISE ROV Si tu t'avrrtarx ft ftw Visitez le Carrefour Montréal A Montréal, le LIVRE c’est ¦a ville, mont real, qc.ca/bitilio Montréal capitale mondiale du livre 2005 i 2006 Montréal t é « LE DEVOIR, LES SAMEDI 12 ET DIMANCHE I S NOVEMBRE 2 0 0 5 F :i SALON DL LIVRE ROMAN QUÉBÉCOIS Le sel de la nostalgie Martine Desjardins entretient l’illusion de la vraisemblance avec L’Evocation FREDEKI DOYON Les penchants personnels d'un auteur ne font pas nécessairement les sujets de ses livres les phis accomplis.Mais les livres réussis donnent souvent l'impression au lecteur que le sujet traite est objet de passion de son auteur.Douce illusion de vraisemblance que Martine Desjardins aime par-dessus tout entretenir dans ses écrits.«Quand ils lisent un livre, les gens cherchent souvent un miroir, ils veulent pouvoir se reconnaître, note-t-elle en entrevue.Moi, ce n 'est pas ça du tout.Je veux traverser le miroir, je veux aller de l’autre côté.» Dans son roman L'Évocation, campé à Taube du XIX" siècle, elle crée toute une fresque, entremêlant l’historique et le fantastique autour d'un ingrédient apparemment banal qu’elle charge de mystère et de poesie: le sel.Pour son héroïne Lily McEnvoy, héritière de la seule mine de sel du Québec, près de Beaumont qui a fait la fortune de sa famille, le sel a toutes les vertus: il prévient de la maladie et éloigne des péchés, mais, surtout il cristallise les souvenirs du passé, les plus doux comme les plus amers.Si bien qu’à force de le priser, le sel de sa vie devient venin, son amour présent se consume dans la préparation d'une vengeance qui réparera les erreurs du passé.Martine Desjardins n’a pourtant pas la dent particulièrement salée.«Pour paraphraser Jean Chrétien, c’est quelque chose que je mets sur mon assiette, lance, pince-sans-rire, celle qui travaille aussi à titre de réviseur, notamment poux L'Actualité.Le sel ne m'intéresse pas particulièrement.C’est mon mari qui avait un livre sur le sujet.» Matière et imagination Dans un petit paragraphe happé au hasard, elle apprend que les ouvriers de la mine de sel Wiliecza, en Pologne, avaient sculpté, dans leurs temps libres, toute une galerie de statues, voire une chapelle et une salle de bal.Le site est devenu une attraction touristique.Elle avait trouvé là l’étoffe de son troisième roman, après le cristal du Cercle de Clara (1977) et l’or de L’Élu du hasard (2003).«L’image m’est apparue tellement forte que je suis partie de cela.Pour moi, c’est vraiment la matière qui aide l'imagination à prendre son envol.R faut qu’elle puisse s’incarner dans la matière.» Cruciale dans ses projets d'écriture, cette matière doit aussi receler des archétypes forts, qui nourrissent l’imaginaire du lecteur et de l’auteure.Pour sa part, le sel la renvoyait au mythe biblique de Loth, dont la femme a été transformée en statue de sel parce qu’elle a regardé derrière elle pour voir brûler So-dome et Gomorrhe contre l'avis du Seigneur.«Pour moi, cela a toujours été un avertissement biblique contre les dangers de la nostalgie.» Son livre est donc en quelque sorte «une variation sur la phrase Notre maître le passé.» Après le matériau.eUe trouva le lieu où se déroula rait son récit, là aussi un peu au hasard.En étudiant une carte du Quebec, eDe repéra le comté d’Armagh, ancien fief des soldats irlandais à qui la Couronne britannique avait remis un lopin de terre pour les remercier de leurs bons et loyaux services; ce comté lui a semblé offrir un paysage suffisamment riche, agréable et lointain pour y passer virtuellement plusieurs mois de sa vie.«Il me faut de la distance; je ne pourrais pas écrire l’histoire de ma voisine, c’est impossible», confie-t-elle.Cela dit, le livre sur lequel elle travaille actuellement ne remonte qu'aux années 50.Géographie et histoire Chez l’auteure, la géographie appelle l'histoire et non l’inverse.Elle se défend bien d’écrire des romans historiques, genre qui suit des critères très precis auxquels sont subordonnés les personnages.«Ici, [l'histoire — l’époque de l'après-conquête] est un cadre, pour donner un semblant de vraisemblance à ce qui n'en a pas tout à fait, expliquât-elle.J’essaie de créer un univers qui ressemble vaguement au nôtre, avec des points de repère près de la réalité, avec des allusions historiques, mais où les règles sont inversées.Mes personnages obéissent plus aux exigences du symbolisme qu’à celles de la psychologie traditionnelle des personnages.» La mise à distance géographique et historique lui permet aussi de truffer son récit de légendes, souvent créées de toutes pièces.«On a un passé folklorique très riche au Québec.Je trouve qu’on a jeté le bébé avec l’eau du bain» en balayant cette richesse avec la religion, dit celle qui nourrit le rêve d’écrire un roman traitant essentiellement du diable dans le folklore québécois.L’illusion prend d’autant plus des airs de vraisem-blance que les Fluviennes, ces femmes du St-Laurent aux pieds palmés inventées par l'auteure, ressemblent à s’y méprendre à des créatures de légendes irlandaises.«En cherchant, je me suis rendue compte qu ’en Irlande du Nord, ils ont une légende des marrick; ce sont des femmes qui sortent de l’eau avec des capes et elles ont les mains palmées.» Outre ces va-et-vient entre l'histoire, la fiction et la légende, Martine Desjardins s’amuse aussi à entrelacer des bribes du passé et du présent de Lily.En révé-lant ainsi morceau par morceau les éléments d’histoire de chacun des personnages, elle crée presque un effet de suspense.Pourtant, «ce roman, je ne l’ai pas réfléchi, je n 'ai pas fait de plan.La façon dont il est écrit c’est la façon dont il est sorti, paragraphe après paragraphe; je n ’ai presque pas fait de changement».Encore une fois, elle nous a trompés avec ce rythme apparemment si construit qui lui est venu tout naturellement, «comme la marée, qui avance, rentre, recule».Le Devoir LES PRESSES DE L'UNIVERSITÉ LAVAL • LES ÉDITIONS DE L'IQRC au stand # 341 : L'équipe de LA TRAVERSÉE (prévention de la violence et philosophie pour enfants) Jeudi /7-10 h à 17 h 30 • Vendredi /J-10 h à 15 h ; 18 h à 19 h ; 20h à 21 h • Samedi 79-12 h à 14 h • Dimanche 20-10 h à 13 h ; 17 h à 21 h • LwM/î2J-10hàl4h MARC ANGENOT, Le marxisme dans les grands récits Jeudi //-19 h à 20 h • Vendredi J8-11 h à 12 h RÉAL BÉLANGER, Dictionnaire biographique dv Canada, volume XV (1921-1930) Samedi 19-'\5b à 16h SERGE SOUILLÉ, Terra incognita des Kotakootooemis.L'Algonquinie orientale au XVIt siècle et EDMOND BRAZEAU, Au pays des peaux de chagrin.Occupation et exploitation territoriale à Kitcisakik au XX' siècle Vendredi 18-19 b à 20 h JEAN-PIERRE COLLIN et LAURENCE BHERER, Jeux d'échelle et transformations de l'État Vendredi 18-20b à 21 b SERGE GAUTHIER, Raconte-moi.La rivière Malbaie Vendredi ?8-16 h à 17 h • Samedi 19-16 h à 17 h LOUISE GUY0N et MICHEL LANDRY, Les jeunes et les bogues Vendredi 18-12 h à 14 h GUY LACHAPELLE, Claude Ryan et la violence du pouvot.Le Devoir et la Crise d'octobre Vendredi 18-16 h à 17 h • Dimanche 20-15 h à 16h GUY LAPERRIÉRE, Les congrégations religieuses.De la France au Québec, tome 3 Samedi 19-14 h à 15 h NICOLE MALENFANT, l'éveil du bébé aux sons et à la musique Samedi 19-10 h à 11 h» 0imonc/ie20-10 h à 11 h ANNE MAR REC Lo gestion des nouvelles organisations virtuelles : « Un sport extrême ! » Samedi 19-11 b à 12 b FERNAND OUELLET, Quelle formation pour l'éducation à la religion ?Samedi 19-10 h à 11 h RÉAL OUELLET, Histoire des aventuriers flibustiers Samedi 19-16 h à 17 h • Dimanche 20-14 h à 14 h 30 FRANÇOISE-ROMAINE OUELLETTE, familles en mouvance : quels enjeux éthiques ?Dimanche 20-11 hà 12n MARCEL TRUDEL et MATHIEU D'AVIGNON, « Connaître pour le plaisir de connaître » Dimanche 20-13 h à 14 h Dr FERNAND TURCOTTE (trod.).Dois-je me faire tester pour le cancer ?Peut-être pas et voki pourquoi Vendredi 18-15 h à 16 h; 19 h à 20 h YAKOV RABKIN, Au nom de la Torah.Une histoire de l'opposition juive au sionisme Jeudi 17-19 h à 20 h • Dimanche 20-13 h à 14 h CHARLES RHÉAUME, Sakharov.Science, morale et politique Samedi 19-13 h à 14 h ; 19 h à 20 h JEAN-SÉBASTIEN RIOUX et JUUE GAGNÉ, Femmes et conflits armés Samedi 19-11 h à 12 h BERNARD ROY, Paroles et pouvoir de femmes des Premières Nations Samedi 19-15 h à 16 h LAURIER TURGEON, Le patrimoine religieux du Québec Samedi 19-14 h à 15 h • Dimanche 20-14 hà 15 h Les Presses de l'Université Lovai Les Éditions de l'IQRC www.ulaval.ca/pul Martine Desjardins IT HKO Kl’l/ 11 DKVOIR LesconseilSdevo» libraires indépendants LE CORPS DU PETIT BONHOMME Gilles Tibo, Québec Amérique, 12,95$ Le dernier-né de la série du Petit Bonhomme est une occasion en or jxiur vous divertir intelligemment avec votre enfant en lui présentant les différentes parties de son corps.Un livre foisonnant de tendresse, aux illustrations amusantes, qui vous fera passer un agréable moment.Brigitte Moreau librairie Monet (Montréal) L’ODYSSEE DE PENELOPE Margaret Atwood, Boréal, coll.Ix*s Mythes revisités, 19,95$ Quelle genre de vie Pénélope a-t-elle menée en l’absence d’Ulysse, parti vivre Atwood, avec le talent et la finesse qu’on lui connaît, s’amuse ;) revisite moderne le mythe de l’épouse fidèle et patiente à l’extrême.Réné Faquin librairie Clément Morin (Trois-Rivières) I.Odyssée Penelope son odyssée ?r de manière TAXI EN CAVALE Louis Émond, Soulières Editeur, coll.Graffiti, 9,95$ Se sentant coupable de la mort de son père, Annie devient paraplégique.Ln l’amenant à l’école, son ami, chauffeur de taxi, est rattrapé par son passé obscur et de méchants revan chards.Sur fond d’amitié et de solidarité, un roman captivant ! Yves Guillet librairie Le Fureteur (Saint-Lambert) La taupe taxi en cavale LA TAUPE.ACTE 1 : LES AMÉRICAINS À QUÉBEC ( Jean Chartier, L’instant même, 27,50$ Point de rupture brassait la [joussière retombée du référendum.!m Taupe, mieux que Jean Jacques Pelletier, fait creuser à pleines pelletées dans les galeries du pouvoir.Mathieu Simard libraine Pantoute (Québec) IA FIN DU MONDE Collectif, Les 400 coups, coll.Style libre, 19,95$ Un ciel vert évoquerait-il la fin du monde ?L’explosion colorée des images et l’écriture chambranlante illustrent parfaitement l’angoisse des personnages.Un livre pour adultes étonnant par sa forme et par son style ! Sophie I-apointe librairie I / - Bouquinistes (Chicoutimi) }nure le libraire Bimestriel littéraire gratuit nov.-déc.2005 Maintenant disponible c ^ ^ ^ Une réalisation des librairies indépendantes : Libraire d'une jour Micheline Lachance, Présidente d'honneur du Salon du livre de Montréal Dossier Le métier de libraire : Dans les coulisses d'une profession Avec l aide de Patrimoine Caned* Canariïï PANTOUTE MORIN lURETEUR I DEVOIR.LES SAMEDI 12 ET D I >1 A X C H E 13 X O V E M B R E 2 0 0 5 SALON DU LIVRE Reflets de sel e roman en roman, Martine Desjardins continue de repousser les frontières les plus reculées de l’imaginaire et devancer en territoire inexploré.L’Evocation nous emporte loin, très loin, dans un dix-neuvième siècle réel et mythique où la rancune semble le prix naturel de la passion, lu fantasmagorie historique que signe Martine Desjardins, dans laquelle histoire et lé- gendes se confondent, force Tadmi-ration autant par l’écriture palpable, onirique, en clair-obscur, en failles et en forces que par le tracé anguleux des méandres de la narration.«IjCS rideaux avaient été tirés dans le salon du manoir, mais le soleil per: çait sans peine leur velours élimé.À en juger par la vitesse à laquelle les rayons faisaient danser les poussières dans l'air confiné, il devait être midi juste, bien que la pendule du secrétai- ^ I riptyq ue www.mptyque.qc.ca Tel : (514) 597-1666 « li MORT DE Mr MIGNONNE ffs f « • LA BLONDE DE PATRICK NICOL Venez rencontrer nos auteurs au Salon du livre de Montréal stand 511 - espace DI MEDIA Suzanne Giguère re, arrêtée depuis aussi longtemps que l’encre avait séché au fond de l’écritoire, ne pût en faire foi.» C’est en 1801, dans le canton d’Armagh, en aval de Québec, que la romancière situe le cadre de son histoire.Dix ans après la mort de sa mère — «la fille du fleuve aux pieds palmés» — et de son père, le contre-amiral McEvoy, venu d’Irlande lors de la bataille historique sim les plaines d’Abraham, leur fille Lily souhaite en finir avec le deuil qui, comme le sel de la mine du domaine familial où reposent ses parents, ronge sa jeunesse.A vingt-sept ans, la jeune femme pleine de sentiments contenus, passe ses soirées «à rouler de sombres Pensées».Est-il trop tard pour reprendre goût à la vie?A trop vouloir regarder en arrière, se transforme-ra-t-eDe, comme la femme de Lot, en statue de sel par l’attachement aux mythes familiaux qui l'assaillent?Quand maître Anselme, l’artisan qui a sculpté dans la mine de sel l’étrange monument funéraire de ses parents entouré d’un parc d’arbres, de fleurs, de fruits et d’oiseaux couverts de frimas — «une fantastique fantaisie de sel qui ruisselle à la lueur des flambeaux» —, se présente à la table de la ténébreuse Lily, il sait que cette invitation à souper, sous ses airs impromptus, ne peut être un simple témoignage d’hospitalité.Au cours du repas où les salières sont pleines mais les verres, vides, le tailleur de pierre apprend la raison de sa rancune envers lui.«Ne trouvez-vous pas, dit Lily qui était allée se rasseoir en face de son hôte, que, de tous les sentiments, la rancune est le seul qui résulte d’un acte volontaire?[.] Cest un état dans lequel on choisit de s’installer, en refusant sciemment de pardonner un tort ou me offense.Et c’est un état dans lequel on se maintient, en passant et repassant l’injure dans son esprit, longtemps après qu’elle s'est produite.» Une première énigme se dénoue.Alchimie littéraire Difficile de résumer ce conte rempli de rancunes différées, cachées, assorties de châtiments cruels (la vengeance implacable du contre-amiral McEvoy envers Titus le valet de ferme est un morceau d’anthologie), où le récit devient un vaste questionnement sur ce sentiment obscur qui met en jeu des passions, rend le mal pour le mal, l’offensé devenant offenseur et l’offenseur offensé avec un risque de distorsions en chaîne.Si le récit se développe de bonds en frissons, sur fond d’énigmes qui se dévoilent, il s’agit plus pour la romancière d’interroger puis de capter au miroir des mots tout comme au miroir du sel «ce qui se cache en pleine lumière».Le roman parle de vengeance, mais aussi des pièges de la mémoire, d’amour, d’art et de poésie, de vie et de mort Le sel qui est au cœur de ce roman symbolise la cristallisation de la rancune.D permet aussi à la romancière de se livrer à une peinture détaillée des vertus du sel (saveur, convivialité, pureté) et surtout de rouvrir une page ignominieuse de l’histoire de l’humanité.L’or blanc a eu ses esclaves et ses martyrs (dans le roman, les Indiens de la nation pawnee, originaires des bords du Missouri, ne sortent qu’une fois par mois de la mine, les-fers aux pieds), ses empires et ses guerres.Enfin, pour l’héroïne, plus qu’un remède contre les évanouissements, les cristaux blancs prisés ont le goût des choses célestes.Es lui permettent de «capturer et de conserver les visions fugitives, les sensations fugaces, les bonheurs éphémères».Si ce n’était la finale abrupte qui contraste avec l’atmosphère intense du roman, on pourrait presque parler de roman parfait.Le souci de construction et de composition reste la préoccupation majeure de Tau-teure.La prose de haut vol traversée de souffles, de traces et d’indices, le foisonnement d’histoires, les objets de l’époque, motifs et textures redessinés dans une abondance de détails, le choix du fantastique pour défier la rationalité paresseuse et du conte pour dire l’incroyable, pour rendre le chaos et l’étrangeté de cette histoire de ressentiment finissent par exercer un réel pouvoir de fascination.L'éditeur qualifie L’Évocation de «puissante alchimie littéraire».11 nous faudrait encore parler du tain des mots.Collaboratrice du Devoir L’ÉVOCATION Martine Desjardins I jpméar Montréal, 2005,176 pages LITTERATURE FRANÇAISE L’égoïsme est une qualité GILLES ARCHAMBAULT Vous n’entendrez jamais un politicien avancer qu'il est égoïste.Normal, il sévit à une époque et dans un domaine qui privilégient l’altruisme.Mais on n’écrit pas, on ne lit pas pour les autres.On le fait pour soi.Ce Dictionnaire égoïste de la literature française n’est surtout pas un ouvrage de référence pour élèves de seconde.Il s’adresse avant tout au lecteur initié, à celui qui sait faire la part des choses.Un dictionnaire selon la norme est un ouvrage en principe objectif.Ici, nous nageons en pleine subjectivité.Ce point de vue me plaît.Que l’injustice parfois soit de la partie, c’est l’évidence.Charles Dantzig sait être outrecuidant.De Yourcenar, il écrit «Cela fait parfois ressembler à Magedelon quand, dans Les Précieuses Ridicules, elle dit à son père: “Pour moi, un de mes étonnements, c’est que vous ayez pu faire une fille si spirituelle que moi.”» Que l’auteur des Mémoires d’Hadrien ait été peu portée sur la modestie, on le savait déjà, mais ces flèches n’atténueront en rien l’attention que ses lecteurs lui portent.Dantzig a, avec les œuvres et les auteurs, une familiarité qui est celle d’un grand liseur.Il donne l’impression d’avoir tout lu dans ce qu’il est convenu d’appeler le corpus littéraire français.Sa manière n’a rien d’universitaire.Il serait faux toutefois de lire son dictionnaire comme un pamphlet.11 aime les livres et leurs auteurs.Son parti pris ironique peut blesser à l’occasion }es aficionados trop exclusifs.A mon avis, l’invitation que nous fait l’auteur de revoir certaines idées reçues n’est pas à dédaigner.Il écrit: «Vous m’auriez capturé à vingt-cinq ans, je vous aurais dit, avec le manque de pitié de la jeunesse: Corneille! Corneille! Corneille! Vous en auriez bâillé.Quinze ans plus tard, je le trouve pénible.Et peut-être qu’à quatre-vingts ans, las de faiblesse et de surdité, je reviendrai à lui parce qu’il parle fort.» Qu’il ne traite que d’écrivains morts ne gêne pas.Tout juste eus-je souhaité qu’il s’intéresse à quelques écrivains dits mineurs, Calet, Perros, Calaferte, Cabanis, par exemple.Il dit pourtant de si belles choses au sujet de Vialatte: «Chez Vialattç.la quantité est un élément de qualité, et c’est en écrivant autant de chroniques qu’il a fini par nous léguer la tapisserie de Bayeux des temps modernes.» Il cite cette merveilleuse phrase de Vialatte au sujet de Sarah Bernhardt qui fait un retour au théâtre même si on lui a ôté un poumon, un rein, puis une jambe: «Tant qu’il restait un morceau d’elle, ce morceau continuait de jouer la comédie.» On vient de décerner le prix Décembre à cet ouvrage.Fort justement, il me semble.Quiconque aime la lecture trouvera plaisir à se promener dans ces pages à la fois érudites et malignes, passionnées et alertes.A l’article «Défauts», ceci: «Un bon écrivain avec des défauts n’en est pas moins un bon écrivain.Il est simplement moins parfait qu’il aurait pu l’être.Et la perfection est la première marche vers la mort.» A «Fils»: «Tout porte à croire à l’hérédité, sauf les familles.Dumas, Mauriac, Racine.» Ai-je assez dit qu’on ne s’ennuie pas en compagnie de ce dictionnaire?Il réjouit, il blesse, il stimule, il agace, mais il ne lasserait que les blasés.Collaboration spéciale DICTIONNAIRE EGOÏSTE DE LA LITTÉRATURE FRANÇAISE Charles Dantzig Grasset Paris, 2005,968 pages Charles Dantzig Dictionnaire égoïste de la littérature française PRIX DÉCEMBRE 2005 Presses de l'Université du Québec ü$t WNAtlO t«t tnfuWaDo» Owlet Socfwd J -1 fsANTtirSOClÈrë La santé s’affiche au Québec Plus de 100 ans d'histoire La santé s’affiche au Québec Plus de 100 ans d'histoire Quelque 800 affiches produites de 1886 à aujourd'hui retraçant l'ensemble des productions réalisées par les gouvernements et les agences privées préoccupées par le bien-être et la santé de la population québécoise.Use Renaud en collaboration avec Caroline Bouchard 39* Commandez en ligne et économisez w ww.ca 1 800 859.7474 Québec I MÉDIASPAUL DES AUTEURS FANTASTIQUES VENEZ LES RENCONTRER LE PAYS DES YEUX-MORTS Pierre-Luc Lafrance Fantastique 1M> p.* 10.95 $ Ève reviendra-t-elle de ce monde inquiétant?Www .xfftoifiiifc'CJL rvttV'.vÇi! tu CvfïL d.Denouement de I V GUERRE DES COUSINS L’ultime face-à-face.1 C PKIKTU illTO L’AUTOMNE DE L’EGHANTIK Julie Martel Fantastique 152 p.* 10.95$ LE PRINTEMPS DES ROIS Julie Martel Fantastique 152 p.• 10.95 $ LE DRAGON DE L'ALLIANCE Michèle Laframboise Science-fiction 216 p.* 12.95 $ Un dernier et périlleux voyage pour le Jules-Verne.SALON DU LIVRE STAND PROLOGUE 115 Horaire sur notre site www.mediaspaul.qc.ca LE DEVOIR.LES SAMEDI 12 ET DIMANCHE 13 NOVEMBRE 2 0 0 5 F 5 SALON.DU LIVRE ROMAN QUÉBÉCOIS Racheté par le fleuve © JEAN-GUY THIBODEAU MICHEL LAPIERRE Le 22 octobre 1988, un vieux couple vogue à la dérive sur le Saint-Laurent dans une barque qui prend l’eau.Le danger d’une mort prochaine plane sur eux.Alfred, mécréant à l’esprit calculateur, invite sa femme Bérénice, dite «Tête heureuse», à réêiter avec lui le Notre Père au cas où le bon Dieu existerait Il faut dire que nous ne sommes pas très loin de Nicolet, la petite ville où habite le vieux couple.Nicolet, n’est-ce pas le diocèse que le poète Roger Brien (1910-1999), membre-fondateur de l’Académie canadienne-fran-çaise, a rendu célèbre en y dirigeant la revue internationale Marie, en plus d’écrire à la gloire du Très-Haut des milliers d’alexandrins aux pieds bien comptés?C’est l’ancien Québec, bon enfant, un peu grippe-sou, finaud mais sans grande ambition, que Louis Caron, né à Sorel en 1942, ressuscite dans son roman Tête heureuse.Lui-même fils d’un architecte de province, Caron nous raconte la vie d’Alfred, issu du «clan des bâtisseurs d'églises», et de Bérénice, la forte tête qui se réclame du paganisme et qui, rescapée du naufrage, ose dire: «En tout cas, Dieu n’est pas un papa.» Il faut comprendre Bérénice.Malgré la récitation du Notre Père, Alfred, transi, est mort dans la barque.Avant de rendre le dernier soupir, il a tenu à ce que sa femme, faute de prêtre, l’entende elle-même en confession.Bérénice a donc appris que son mari avait eu une liaison adultère et qu’un enfant était né du péché mortel.Faut-il douter, ne serait-ce qu’un instant, de la modernité du roman?Pas vraiment.Louis Caron Le narrateur, fils d’Alfred et de Bérénice, avoue que, vers l’âge de dix ou onze ans, il a découvert dans la chambre de ses parents un livre illustré qui ressemblait au Kama Sutra.L’éclatante découverte remonte, semble-t-ij, aux noires années cinquante.A l’époque, le narrateur s’interdi- sait d’imaginer qu’Alfred et Bérénice pouvaient faire les choses décrites dans l’album, même les moins impensables.Maintenant, la seule évocation de ce souvenir familial l’excite lorsqu'une femme dort à ses côtés.Le narrateur ne se contente pas de s’identifier sexuellement à son père, il fait du naufrage de ses parents et de la mort d’Alfred les symboles de ses propres interrogations sur la vie.Malgré lui, il va jusqu'à nous laisser deviner que le seul personnage intéressant du roman est le fleuve.Alfred et Bérénice allaient à la chasse aux canards sur le lac Saint-Pierre, dilatation pathétique de ce Saint-Laurent interminable.«Ils s’en allaient vers le néant, précise le narrateur.Naufragés des grandes solitudes, ils s’éloignaient de tout secours.» Même le suicide de Bérénice, à la fin du roman, serait banal si la vieille dame se donnait la mort sans devoir se jeter dans le fleuve.Dans le dernier courriel qu’el-le lui envoie, Bérénice écrit à son fils, le narrateur «Je veux mourir vivante.» La tête dans le fleuve, elle ne se sera jamais si bien surnommée Tète heureuse.Par son hallucinante froideur sidérale, le fleuve nous fait heureusement oublier, au cours du récit, l’antagonisme trop facile entre les vestiges d'un catholicisme rustique et les balbutiements d’un néopaganisme tout aussi rustique.Le fleuve rachète le livre.Le romancier exalte «l’orgasme permanent de la terre».Cela peut bien faire rougir, près de Dieu le Père, le pieux Roger Brien, le barde de Nicolet, mais le fleuve meurtrier reste, pour notre bonheur, souverainement impassible.Collaborateur du Devoir TÊTE HEUREUSE Louis Caron Boréal Montréal, 2005,368 pages CHANSON Pastiche de Brel, Brassens et Ferré NORMAND BAILLARGEON Sinclair Dumontais — c’est un pseudonyme — a eu un jour l’idée de permettre à des internautes de poser des questions à des personnalités décédées, questions auxquelles il serait répondu par une personne anonyme et dont on ne : peut que présumer qu’elle connaît la vie et l’œuvre du trépassé.Amusant?Pertinent?J’avoue, humble-: ment que je n’en suis pas certain.Quoi qu’il en soit, le concept, qui rappelle celui des Meetings of Minds imaginés par Steve Allen pour la télévision américaine (et qui a été repris chez nous sous le titre Les Grands Esprits), a rapidement connu un important succès, comme on le constatera en visitant le site Internet qui héberge ces singuliers (pseudo) échanges épistolaires {wwuj.Dialogus2.org).On verra alors que des dizaines de personnalités de tous les mi- lieux, depuis le sportif Maurice Richard jusqu’au sociologue Pierre Bourdieu en passant par le physicien Albert Einstein et même le père Noël {sicl), ont été réquisitionnées pour répondre à des questions de toute nature.Il y a peu, une collection de livres est née de ce projet sous la direction du même Sinclair Dumontais.Elle reprend la même formule d’un (pseudo) échange de lettres entre un questionneur et une personnalité décédée: mais, cette fois, puisqu’il s’agit d’un livre, les échanges (en fait, les monologues) peuvent être suivis et plus substantiels.Après quatre volumes respectivement consacrés à des couronnés,, à des écrivains, à des hommes d’Etat et à des philosophes, en voici un autre, consacré à trois monuments de la chanson française.Verdict?Les avis, je pense, seront partagés.Et il n’est pas sans intérêt de se demander pourquoi.Certains diront d'abord que, réussie ou non, l’entreprise ici tentée est de toute façon anodine et ne mérite pas qu'on y attache une grande importance.D’autres feront par contre valoir que, si l’art est bien ce mensonge qui dit toujours la vérité, comme le pensait Jean Cocteau, ce mentir-vrai dont parlait Aragon, nous nous trouvons bien ici devant une plutôt habile, informée et amusante reconstruction, qui mérite sans doute le nom d’œuvre littéraire.Mais d’aucuns, rappelant la considérable masse de documents, d’entrevues et d’écrits tous parfaitement authentiques concernant ces trois hommes, se demanderont l’intérêt qu’il peut y avoir à leur inventer des réponses à des questions qui ne leur ont jamais été posées.Et répondront typiquement qu’il n’y en a aucun à cette usurpation de parole, voire qu’il y a danger que ce livre soit lu au détriment de sources authentiques ou confondu avec elles.D’autres vont surenchérir et déplorer que la page couverture de ce livre, où figure la célébrissime photo de l’unique entretien enregistré entre les trois géants, n’explicite pas d’emblée et sans équivoque qu’il s’agit d’un pastiche.(Cela est bien dit, mais en quatrième de couverture seulement) Aux lecteurs et lectrices de décider.Collaboration spéciale ENTRETIENS AVEC TROIS GÉANTS DE LA CHANSON FRANÇAISE, LÉO FERRÉ, GEORGES BRASSENS, JACQUES BREL Propos recueillis par Sinclair Dumontais Hurtubise HMH .Montréal, 2005,200 pages SALON DU LIVRE DE MONTRÉAL Plus de 1 450 auteurs et 2 500 séances de dédicaces ! 17 au 21 NOVEMBRE 2005 Heures d'ouverture : Jeudi au dimanche 9 h à 22 h Lundi 9 hà 16 h Adultes 6 $ • Aînés 4 $ • Étudiants 4 $ Programme complet sur salondulivredemontreatcom PL4CE B0NAVENTURE Tous les visages du livre se dévoilent au Salon La lecture en cadeau Offrez un livre neuf à un enfant Garderie et Halte poussette sur place r*-* Montréal® Canada & Z2Z ^ ¦ T Table ronde Le sexe (UNI peur aux remnstes r vendredi 18 novembre de 19 h à 19 h 45 Place Archambault Participantes: Yolande Geadah, Pascale Navarro, Francine Pelletier et Jocelyne Robert Animatrice: Françoise Guénette Ven ex rencontrer les artfsanes du hors-série.jeudi 17 novembre de 16 h à 18 h: Nicole Campeau de 18 h à 20 h: Lise Molsan et Louise Desmarals de 19 h à 20 h: Ariane Émond vendredi 18 novembre de 17 h à 18 h: Nicole Campeau del7hà21h: Ariane Emond de 18 h à 20 h: Louise Desmarals et Hélène Pedneault de 20 h à 21 h: Françoise Guénette et Francine Pelletier samedi 19 novembre de 12 h à 14 h: Françoise Guénette de 13 h à 14 h: Sylvie Dupont, Sylvie Laurendeau et Hélène Pedneault de 14 h à 15 h: Lise Molsan et Hélène Pedneault de 19 h à 20 h: Hélène Pedneault et Francine Pelletier dimanche 20 novembre de 15h à 16 h: Nicole Mprisset de 16 h à 18 h: Ariane Émond \NNI M&tttt Si* MARIE GÉRIN LAIOIF Conquérante de la liberté ilugut’Ut ( EN rit Ko \vc*He usseau LA HfU ttStTK l» l Né.VIL a du w«**‘ ttatetitoi w »««•«* «•»*** Anne-Marie Si cotte samedi 19 novembre de 15 h 30 à 16 h 30 Table ronde Des biographies marquantes samedi 19 novembre de 14 h 30 à 15 h!5 Carrefour Participantes: Micheline Lachance, Huguette O'Neil et Anne-Marie Slcotte Animateur: Jean-Claude Germain Huguette O'Neil samedi 19 novembre de 15 h 30 à 16 h 30 dimanche 20 novembre dé 12 h è 13 h Conférence Prévenir la violence i l’école: oui l c’est possible I vendredi 18 novembre de 15 h 15 è 16 h Animatrice: Dette Brousseau Conférencière: Diane Prud'homme Diane Prud'homme vendredi 18 novembre de 16 h è 17 h Maria Nengah Msnsah dimanche 20 novembre de 13 h è 14 h U Lysa ne Grégoire et Stéphanie St-Amant samedi 19 novembre de 11 h è 12 h dimanche 20 novembre de 14 h à 15 h F 6 LE DEVOIR, LES SAMEDI 12 ET DIMANCHE 13 NOVEMBRE 2005 LE DEVOIR.LES SAMEDI 12 ET DIMANCHE 13 NOVEMBRE 2 00 5 F 7 SALON DU LIVRE POÉSIE QUÉBÉCOISE JACQUES GRENIER LE DEVOIR Lucien Francœur en 1978 Poèmes de l’Amérique et de l’origine LOUKS CORNELLIER Récemment qualifié, par un quotidien populaire montréalais, à’«insubmersible Lulu», présenté comme le «Billy the Kid de l’écriture québécoise» par un critique français dans les années 1970, Lucien Francœur fait son entrée, cette saison, dans la collection «Typo», grâce à une anthologie préparée par le poète, éditeur et professeur Bernard Pozier.Regroupant des poèmes issus de 13 recueils et une trentaine de textes de chansons.Entre cuir et Peau contient le meilleur d’une œuvre qui ne fait pas l’unanimité.Selon Pozier, en effet, on aurait souvent tendance à reprocher à Francœur sa popularité, de même que son esthétique qui «tend à insérer dans la poésie comme dans la chanson tout ce qui en était rejeté», fl est vrai, d’ailleurs, qu’un texte de chanson qui dit «chu capoté ben raide / Je l’aime parce qu’est laide / Ct’une vraie plotte / C’t’avec elle que j’veux prendre ma botte» (Le Freak de Montréal) peut désarçonner.Mais la poésie de Francœur ne se résume pas à cette franche vulgarité, somme toute assez rare dans l’ensemble de l’œuvre.Pozier, ajuste litre, souligne sa relative complexité, mais insiste surtout sur sa volonté de «témoigner exactement du Québec comme carrefour culturel, c’est-à-dire comme lieu précis où se croisent les éléments constituant la culture étasunienne, la culture française et la culture spécifique d'ici».Pratiquant le collage, le patchwork, la citation, cette «écriture de la provocation», inspirée par la contre culture d’origine californienne, mélange allègrement le trivial et le savant pour témoigner d’une expérience américaine vécue sur un mode à la fois complaisant et révolté.Francœur, en effet, ne fait pas que subir l’Amérique réelle et imaginaire, il la choisit et y adhère pleinement, jusque d;ms l'acceptation désabusée de sa face d'ombre.Dans les Néons las (1978), un de ses meilleurs recueils, il écrit «car voyez-vous les petits / l'américanisme c’est/ la fin du Bon Dieu / l'homme inventorié / la pollution vénale / et l’illusion de la vitesse // la guerre dans les p141111 Laloniw Yvon Rivahii tou» twnwi Chrystfp* Srowlkt ¦ » * ' ¦ ¦ ^ PlkU B \ LA SUITE UEf MISTOUK iitoSI essais LÉVESQUE Mark Obleq PIERRE G0DIN [L ' h q m me brisé W '» *** , I jmmssE fa raton voleur I TjïTÏ LFIS CORNEILLES \E SONT PAS LES ÉPOt SES DES CORBEAl \ Claude Cavoncuay ÿeutones d'un ^tr e;/.o t u t.o n n a i r e LE TEMPS DK I .HOMME FINI Maurice ou la vie ouverte J Hkh hf’ïP-cTtoftx \ Consultez www.editionsboreal.qc.ca pour l’horaire complet des signatures et des activités PHSi mirai jble-aefs cochon ¦ •***“**' * LE BAISER DE LA SANGSUE i r & Boréal www.editionsboreal.qc.ca SALON DU LIVRE LITTÉRATURE FRANÇAISE La belle humeur de Lydie Salvayre GUY LA1 N E MASSOLTRE Il a été sélectionné pour plusieurs prix, mais a-t-il fait peur?Cet excellent roman a des allures d'essai.Quelle est donc cette «méthode Mila» qui donne son titre au livre de Lydie Salvayre?C’est Mila contre Descartes, la voyante avec sa houle de cristal contre le logicien raisonnable.Pourquoi ce tabac?Parce qu’une vieille dame geignarde vient troubler la retraite d’un misanthrope voué à la philosophie.C’est sa mère.Elle a commis Terreur de venir mourir chez lui.Elle le derange, l’encombre, Temmerde dans tous les sens du terme.Il rage tel un lion en cage, mots qui riment avec village.Vous l’aurez deviné, tous les mots du français sont interpellés pour défaire ce guêpier.Salvayre n’y va pas de main morte.Son personnage accompagne en bougon la decrepitude de la dame tyrannique en train de faner.Pas un coin de sa morgue n’est tenu dans l’ombre.Il fulmine à en devenir dingue, tandis qu’il se dépense à la contenir insatisfaite.Jusqu'au jour où, au lieu de tuer quelqu'un, il rencontre Mila, qui lui brode un roman farfelu mais assez opaque sur ses origines andalouses pour qu’il se prenne au jeu des images et des songes habilement disposés.L’inconcevable se produit: l’amateur des pensées rangées se trompe d’allée et passe derrière le miroir, entraînant la vieille dame dans un divertissement, cadeau soudain de jours enchantés.Vivre, plutôt qu’exister La méthode Salvayre a toutes ses lettres de noblesse.«Existe-t-il des livres de philosophie qui nous préparent à mourir?Comment fait-on taire en soi cette terreur désespérée de finir en cendres dans le fond d'une urne?» Elle y répond derrière le tain de la raison.Sous la glace, un volcan en activité.Les paradoxes abondent et rebondissent en métaphores, chaudes comme des petits pains: «j'ai faim de substances qui me raient l'esprit.» Or Mila sait les cuisiner.La fable est décapante.Le Dubito de Descartes, comme il est rebaptisé, fait l’objet de grandes envolées, de harangues oratoires, de perverses mises en pièce.sur un registre de langue imagé et familier.Aux pensées morigénantes, Salvayre oppose une fantaisie toute simple, tissée d’amitié, de solidarité simple et de douceurs complices.L’humour en découd avec les effigies.Son atrabilaire perd peu à peu son ire au profit d’un sourire.Il se décoince.Aux villageois, le festival d’aigreurs, les rigolades épaisses, les mielleuses insinuations racistes: ils répondent présents aux abonnés.mmi K I.AII i.ari> / u- SEUIL Lydie Salvayre N’en déplaise aux esprits chagrins, Im Méthode Mila est la plus féconde leçon de vie accomplie qu’un écrivain puisse opposer.Il y a de la comédie classique sous cette fable contemporaine.On s’y sent bien jusqu’à la dernière ligne.Collaboratrice du Devoir LA MÉTHODE MUA Lydie Salvayre Le Seuil Paris, 2(X)5,325 pages LETTRES K R A N C O I* H O N K S Double guerre GU Y LAI NE MASSOUTRE y, I e ne me souviens pas d’avoir 'J entendu de déflagration.Un sifflement, peut-être, comme le crissement d'un tissu que l’on déchire, mais je n’en suis pas sûr.» Sur ces mots s’ouvre L’Attentat, le dernier-né de Yasmina Khadra, romancier algérien jadis officier supérieur.Comme d’habitude, la guerre y occupe tout l’espace public et envahit le privé.Temps actuels où les terreurs anhistoriques sont légion, qui cherche à lire la violence et les déchirements trouve, chez Khadra, un réalisme que soutiennent maintes actualités.Si un roman n’est pas un reportage, ses images parlent tant à l’imagination qu’aux souvenirs, souvent tus, des personnes déplacées.Les ravages des armes à feu, les vengeances, les lois de factions, les enlèvements, les attentats, les intifada., la guerre se décline sous ses formes de résistance et d’agression.Avec elles, pleurs, lamentations, enterrements.La haine est sans fin.Des ondes de choc s’ensuivent — l’écrivain peut se tenir où il veut pour les capter —, mais l’espoir renaît des cendres.«Je ne suis pas dupe ni ébloui», écrivait Khadra dans L’Imposture des mots, en 2002, parlant de ses succès littéraires, dont il a été surpris.I>a chance?La souffrance?Des pans entiers de récits, dé litanies, de chœurs sont encore à venir.Khadra s’applique à faire voir.Sa signature, avec L’Attentat, il la confirme dans un espace littéraire de plus en plus ouvert aux KJiadra , e/ yr L’a neuf ai Stt guerres du Moyen-Orient.D’Alger à Kaboul, il a connu les tensions, les contradictions de vivre.Il les raconte cette fois en plein Tel-Aviv, non pas pour revoir un de ces gaspillages humains commis par un kamikaze, mais pour dire un cas inconcevable: un chirurgien israélien, d’origine palestinienne, peut-il avoir aimé, choyé, en la personne de son épouse, l’une de ces porteuses de bombe qui ont déchiqueté des enfants?L’Attentat est l’histoire d’une mauvaise conscience, celle d’un médecin qui n’a pas su lire les signes annonciateurs de l’horreur.«Je hais les guerres et les révolutions, et ces histoires de violences rédemptrices qui tournent sur elles-mêmes telles des vis sans fin, charriant des générations entières a travers les mêmes absurdités meurtrières sans que ça fasse tilt! dans leur tête.» Ce pacifisme rend aveugle.En l’occurrence, il per- met à Khadra de camper solidement une enquête à rebours, en faisant la preuve que personne, au mitan de la guerre, ne peut éviter de s’y commettre à son tour.Khadra signera son roman au Salon du livre.Sachez que les lycéens l’ont retenu pour choisir leur Concourt, finalement attribué à Magus, de Sylvie Germain.Soumission • Vint le moment où la souffrance des autres ne leur suffit plus; il leur en fallut le spectacle.» On ne saurait mieux dire, surtout tout de go dans l’ouverture.Cet aplomb, c’est celui d’Amélie No-thomb.Revoici sa justesse incisive.Là où on ne l’attendait pas.Acide sulfurique est le roman d’un jeu virtuel organisé dans un camp de concentration.Incroyable, mais vrai.EJle a osé profaner de son étrange rire, de son insolence, le paradigme de l’horreur absolue! En faire un terrain de jeu.Jusqu’où peut aller le mauvais goût?Réponse: dans la parodie cle la télé-réalité.Comme Roberto Benigni dans Im pie est belle.Evidemment, la critique est aisée.Le livre, assez insupportable, fait long feu.Ix' personnage de l’auteur, on aimerait le voir disparaître et le fustiger.Mais ce serait encore flamber Jeanne d’Arc.l.a dénonciation par antiphrase est si raide, si vertigineuse, qu’il faut bien rendre quelques armes à celle qui tend les couteaux.Nous voila plongés, à la lecture irritante, dans le monde virtuel dont se gavent les jeunes, auprès de ces héros kapo qui vous mettent KL-O.tout importun, en quelques coups de pouce sur une.télécommande.Vous êtes familier de la console — si mal nommée?Lèverez-vous le nez pour apprécier cet Acide sulfurique?Il est pour vous.Vous êtes allergique à la télé-poubelle?Vous pourfendez les scénarios en 3D?L’ignominie du comique horrifique, comme Nothomb le nomme, déferle quand même dans ce jeu filmé et télédiffusé qu’elle invente et baptise -Concentration».Les coD*s d’écoute grimpent vertigineusement des bas-fonds.Pan-nonique aime Kapo Zdena, non, vraiment?! On aura beau délester, on se surprend à pouffer de rire.C’est si noir.Collaboratrice du Devoir JACQUES GRENIER LE DEVOIR -Amélie Nothomb mÊÉ* L’ATTENTAT Yasmina Khadra Julliard Paris, 2905,268 pages ACIDE SULFURIQUE Amélie Nothomb Albin Michel Paris, 2005,193 pages I Los signatures F 8 LE DEVOIR.LES SAMEDI 12 E T DIM A \ C H E 13 V O V E M B R E 2 O O i • SALON DU LIVRE^ Flammarion ROMAN ANGLAIS Les meilleurs ennemis du monde Entretien avec Stephen Clarke, dont l’humour semble connaître un succès bien réel un peu partout dans le monde Stand 141 SYLVIE DUMONTIER / SHILVI .Wonoiseau et Popo pan au vent jrrarh'i! 9 h 30 a 11 h 30 '.amedi 11 h 30 à 13 h 30 rlin 11 fi a 13 ti lundi 9 h 30 a 11 h 30 ma JOSÉE DI STASIO /1 la di Stasw samedi 15 h 30 a 16 h 30 CHRYSTINE BROUILLET Marie l.aPlamme samedi 13 h a 13 h JUSTINE SAINT-LAURENT Brute dimanche 15 h a 17 h CATHERINE BERGMAN « H faut rester , rlaih la parade!» jeudi 17 h a 19 h vendredi 13 h 30 à 15 h 30 ¦amedi 13 h à 15 h et 18 h a 20 h MARIE-PAULE DESSAINT Une retraite heureuse f dimanche 13 h a 15 h SYLVAIN LAROCQUE Mariage gai samedi 13 h 30 â 15 h 30 CAROLE FORTIN Rêves prémonitoires vendredi 15 h a 17 h samedi 15 h 30 a 18 h dimanche 15 h à 17 h BRIGITTE LANGEVIN V ( ).S.éanehemars vendredi 17 h a 19 h samedi 15 h 30 a 18 h dimanche 13 h a 15 h NICOLE GRATTON / Art de rêver cl I es Searts de la vitalité: vendredi 19 h a 21 h samedi 15 h 30 a 18 h Flammarion © ALASTAIR MILLER \v V W* Journaliste anglais installé à Paris depuis dix ans, Stephen Clarke est l’auteur de God Save la France ( Year in the Merde, dans sa version originale anglaise).CHRISTIAN DESMEULES Qu’elle soit militaire, politique ou gastronomique, la petite histoire de l'étemelle rivalité entre Anglais et Français pourrait compter aujourd’hui un nouveau chapitre: les aventures hilarantes d’un jeune cadre britannique (Paul West) expatrié au pays du roquefort et de la crotte de chien.Attrapé à sa descente d’avion, l’auteur de cette comédie de mœurs parisienne était de passage à Montréal il y a quelques semaines.«Nouveau Peter Mayle» pour les uns, version masculine du Journal de Bridget Jones pour d’autres, l’humour de ce grand Anglais semble connaître un succès bien réel un peu partout dans le monde.Preuve, s’il en fallait une, de l’intérêt encore porté à la France.Journaliste anglais installé à Paris depuis dix ans, l’auteur de God Save la France (Year in the Merde, dans sa version originale anglaise) traque l’humour et la différence culturelle, de l’usage du suppositoire en passant par les magouilles électorales, jusqu’aux charmes discrets de la lingerie féminine.«Depuis Jeanne d’Arc, évoque Stephen Clarke dans un français impeccable, la France et l’Angleterre n ’ont à peu près pas cessé de se taper sur la gueule, au propre ou au figuré.C’est de bonne guerre, ce sont des ennemis traditionnels.»' Les meilleurs ennemis du monde?Après avoir écrit deux romans qu’il n’arrivait pas à faire publier, il a vite réalisé qu’il lui faudrait offrir davantage qu’un bon livre pour réussir à se faire éditer.«À moins d’être une star du foot ou d’avoir déjà sorti avec Kate Moss, c'est presque devenu impossible», constate-t-il.Stephen Clarke décide donc de jouer le tout pour le tout, et de publier l’autobiographie d’un jeune auteur de 27 ans dont il aurait supposé-ment fait la découverte.Petite arnaque littéraire Créer une vraie fausse maison d’édition, incarner le héros de son propre roman («A l’époque, je disais aux gens que tout était vrai dans le roman, mais que j’avais menti sur mon âge»), livrer lui-même ses livres dans les librairies de la ville avec un chariot d’épicerie: Stephen Clarke a tout fait pour faire décoller sa carrière.God Save la France, plus tard récupéré par le circuit normal de l’édition, c’est aussi l’histoire d’un conte de fées et d’une petite arnaque littéraire.Guide touristique nouveau genre ou sitcom abrasive.Gad Save la France traque la petite bête et suit les tribulations de Paul West à Paris en empruntant son regard d’étranger et sa naïveté maladroite.Et le menu est à l’avenant; Stephen Clarke a la dent longue et, comme tout humoriste qui se respecte, ne se prive pas de quelques facilités.Les petits cadeaux laissés sur les trottoirs (quinze tonnes chaque année) par quelques-uns des 200 000 chiens de Paris?«Deux cent mille, c’était plus que l’armée de Gengis Khan», s’exclame Paul West handicapé visuel lorsqu'il s’agit d’éviter le feux pas.La carte de séjour?Pas de problème pour son héros: «Il me suffisait de prendre mon passeport, mon contrai de travail, trois photos d’identité, une facture d’électricité récente et les certificats de mariage de tous les hamsters que favais possédés de- puis 1995, photocopiés sur du parchemin médiéval.» Tout passe à la moulinette de l’humour: les relations hommes-femmes, le système de santé, l’agriculture et les centrales nucléaires, la porno française comme les interminables queues a la poste.Souvent provocateur et parfois outrancier, Stephen Clarke fait ce qui s’impose pour mettre les rieurs de son côté.Sur l’absence d’humour des Français, par exemple, qui explique parfaitement, aux yeux de Paul West, l’admiration qu’ils semblent vouer à l’humour britannique.Ou sur l’extrême droite: «Être fasciste, en France, est une forme de nostalgie.» Humour britannique Rarement interrogé sur l’aspect littéraire de son travail — il arrive d’ailleurs souvent avoue-t-il, qu’on ne lui parle pas du tout de son roman —, Stephen Clarke a pourtant été formé en lettres à Oxford et re vendique sa place au sein d’une solide tradition d’humour britannique.Arrivé à l’écriture grâce à la se maine de 35 heures en France, une mesure sociale qui lui a permis de travailler moins et d’écrire plus, Ste phen Clarke cite d’emblée, parmi ses influences, Douglas Adams et son Guide du voyageur galactique.Mais c’est surtout l’humour ravageur d’un Jerome K Jerome (Trois hommes dans un bateau) qui lui a montré le chemin, en plus du flottement subtil entre vérité et invention qui animait une bonne partie de son œuvre.Est-ce l’art aiguisé du dialogue de Stephen Clarke?L’efficacité de son écriture?Les blagues déjà faites mille fois sur les Français arrivent encore à nous faire sourire.Et la suite de ce succès populaire franchement drôle, déjà parue en Grande-Bretagne?«La suite s’intitule Merde Actually», laisse tomber un Stephen Clarke tout sourire, sans en dire plus, qui jubile encore d’avoir réussi à trouver la voix et.le filoa Collaborateur du Devoir GOD SAVE LA FRANCE Stephen Clarke Traduit de l’anglais par Léon Mercadet Nil éditions Paris, 2005,362 pages Lecture Dans le cadre des Lundis du CRILCQ, Université de Montréal Olivieri-Le Noroît Causerie avec Antonio D’Alfonso Mathieu Arsenault Un hommé en trop Un athlétisme grammatical Mathieu Arsenault est né à Louise Cotnoir l’été 1976 point après avoir fait Les îles des études de deuxième cycle en littérature comparée ouvrir Jonathan Lamy la parenthèse Université de Le vertige dans la bouche Montréal point il a terminé un doctorat sur le lyrisme paraît-il ; Claude Latendresse .au même département de la l Un bruit sourd entre les même institution point son livre'.choses Album de finissants Triptyque l Jean-Marc Lefebvre virgule 2004 donne la parole à * des élèves du secondaire où ; Les ombres lasses ceux-ci évoquent expriment leur désarroi entre autres point Arsenault est un jeune homme qui s’épuise point • Animatrice Animateur Catherine Mavrikakis Avec le soutien du Conseil des Arts Paul Bélanger du Canada NOTRE MONDE EST-IL AU SALON DU LIVRE MENACÉ PAR LES EXCÈS EUROPE(A) : DU MANAGÉRIALISME À LE RENDEZ-VOUS DU L’AMÉRICAINE ?LIVRE EUROPÉEN ! CAUSERIE UAIIemagne, l’Autriche, l’Italie, À l'occasion de la parution de la les Pays-Bas, la Pologne, 4*™ éd.du livre de Omar Aktouf, la République tchèque et Management entre tradition et la Suisse vous présentent renouvellement, préfacée par Son la diversité de la littérature Excellence le Dr Boutros Boutros européenne sur leur stand Ghali.ex-secrétaire général de officiel Europe(a) -959- l'ONU.tenu par la librairie Olivieri.« Ce livre attire notre attention (.] sur les graves dangers que fait courir à notre planète cette inexorable transformation de l'action de gérer en une poursuite effrénée de l’enrichissement pour l'enrichissement, [.]la gestion et ses théories ne peuvent être LECTURE À LA LIBRAIRIE Samedi 19 novembre à 14 heures JULIA SCHOCH est née en 1974 et vit actuellement à Potsdam.efficaces que si elles sont au service de l'homme et d'une qualité de vie en harmonie avec la PATRICK MCGUINNESS vit à nature.[.] Il est grand temps de reconnaître toute la mesure de Cardiff au Pays de Galles.l’analyse si pertinente, si AMÉLIE PLUME est née en courageuse et si lucide que nous Suisse et vit partiellement à livre Omar Aktouf dans ce Montréal remarquable ouvrage.» Dr B.B.Ghali, Paris, nov.2005 MERCEDES ABAB est née à Barcelone en 1961. LE DEVOIR.LES SAMEDI 12 ET DIMANCHE 13 NOVEMBRE 2 0 0 5 SALON Dli LIVRE Bosnia mon amour Madeleine Gagnon, entre le combat humaniste et l’invention du roman CHRISTIAN DESMEULES Devant un micro neuf et une vieille enregistreuse, à la fois calme et frémissante, révoltée sans colère, Madeleine Gagnon s’enthousiasme et s’insurge.Je m'appelle Bosnia, son nouveau roman, semble boucler une aventure qui dure depuis de longues années.Rencontrée dans les bureaux de son éditeur à la sortie du roiijan, elle revient sur la genèse d'un livre qui expose les plaies ouvertes ou invisibles de la guerre civile qui a déchiré l’ex-Yougoslavie, et plus particulièrement la Bosnie — un petit pays quelle connaît et qui fait battre son cœur depuis longtemps.Lauréate du prix Athanase-David 2002, poète, essayiste, romancière et nouvelliste, Madeleine Gagnon a porté tour à tour, depuis 1969, tous les chapeaux de l’écriture.Profondément engagée dans l’art de la parole, humaniste et forcément féministe, elle choisit cette fois, en utilisant les moyens dont dispose la fiction, Cl «explorer la face claire de la \.nuit» (Lorand Caspar).Avec ses boucles noires et ses yeux de braise en amande, étu-.diante de philosophie à l’Université r de Sarajevo, Bosnia, l’héroïne du .roman de Madeleine Gagnon, est •Une brillante jeune femme polyglotte brisée par la folie de la guer-¦ ne.Entre le viol de ses quatorze ans, la mort de son père, son sé- 'jour dans la milice bosniaque, la .' disparition de son frère et la folie A muette de sa mère, «sa jeunesse était passée comme une ombre».Et -i c’est dans l’urgence de fuir l’odeur de la mort des viols et des obus, ¦ poussée par un immense besoin • de calme, de beauté et d’amour, i que Bosnia choisit de prendre la ' •faite vers l’avant Madeleine Gagnon Uexil et l’émancipation «S’appeler Bosnia, c'était se donner une nouvelle vie sans trahir l'ancienne, c’était quitter son pays sans l’abandonner tout à fait.» Un symbole fort et une nécessité.Mais c’est surtout à travers l’amitié et l’amour que renaîtra Bosnia.Et dans l’exil, puisqu’elle prendra d’abord le chemin de la France avec son fiancé Adem.Depuis Lyon, en route pour Paris, ils feront un détour vers la Méditerranée et Manosque (pèlçrinage doré au pays de Giono).A Paris, le couple sera hébergé par le frère d’un bijoutier bosniaque, devenu chef de guerre et protecteur du couple, et par son épouse juive survivante d’Auschwitz — une autre tragédie qui hante la mémoire du XX' siècle.Un roman de toutes les co- JACQUES GRENIER LE DEVOIR lères, où Dieu en prend pour son rhume (qu’on l’appelle Yahvé ou Allah).Une histoire, qui plus est, dans laquelle les hommes n’ont pas forcément le plus beau des rôles — surtout lorsqu’ils se servent de leur sexe comme d’une arme et de la religion comme d’une camisole de force.Poursuivant sa route, le couple choisira de tourner le dos à l'Europe, «cette vieille terre de guerres ensemencée de sang millénaire», et de traverser F Atlantique jusqu’à Montréal, où Adem poursuivra des études de droit international.Installée à Rimouski chez une amie, après Montréal, Bosnia, qui veut devenir «médecin des esprits», apprenant le monde et le Québec par les livres, choisira de devenir écrivaine et d’inventer eUe-même ce qui sera peut-être le plus beau chapitre de sa vie: Les Oiseaux de Squatec.Roman d’une émancipation,/e m'appelle Bosnia est un grand pas vers la liberté d’être soi et le choix volontaire du bonheur possible.Celui aussi d'une venue à l’écriture.L’histoire brûLmte d’une jeune fenv me intelligente et sensible qui trace son propre chemin.Ce que resiuue bien une phrase, citee par la jeune héroïne dans le roman, de L’Entretien dans la mmtagne de Piul Celan: «Moi en chemin vers moi, là-haut.» Ceux qui ont lu Les Femmes et la Guerre (VLB, 2000), un essai percutant, plein de rage et de beaute, de désolation et d’espoir, qui témoignait de la condition des femmes dans une poignée de pays meurtris par la violence et la destruction (Macédoine, Kosovo, Bosnie-Herzégovine, Israël-Palestine, Liban, Pakistan et Sri Lanka), ceux-là se souviendront peut-être du récit de l’une des femmes rencontrées par Madeleine Gagnon et Monique Durand en Bosnie-Herzégovine.C’est à elle, cette jeune femme qui s'appelle Mirheta dans la vraie vie, et à sa fille, que Madeleine Gagnon dédie son roman.Là-bas, écrivait-elle, «devant les ruines de pierres, de béton et d’âmes, sur le petit pont enjambant la Miljacka, je me promets d’écrire Sarajevo, mon amour.» Le goût du roman Et pourquoi avoir choisi d’en faire une fiction?Qu’est-ce que le roman peut dire de plus?«J’ai voulu lui donner un destin heureux, avoue simplement l’écrivaine.Ce qui n’est pas vrai dans la vie, puisque ce qu’elle vit maintenant à Sarajevo est encore très difficile.Dans les faits, elle n’a pas pu quitter son pays et devenir réfugiée.Face à l’horreur de la guerre et des conséquences de la guerre pour ces personnages, de leur inven- ACQUES , >AL0ME Dirige Levallois lOUTTAPA jyL§gi W B \ \)//ilc hus /cUthHc n4' jeu au .ho I JEUD117 NOVEMBRE De 18h à 19h VENDRED118 NOVEMBRE De 15h à 17h • de 19h à 21 h SAMED119 NOVEMBRE de14hà16h DIMANCHE 20 NOVEMBRE de 14h à 16h rc /m ait - m VENDREDI 18 NOVEMBRE 17h • Animation le Jeu du Tao De 18h à 19h {/u'fnjionx en (f/aiotjfuc '' SAMED119 NOVEMBRE 14h • Débat: Les religions du Livre De 16hà17h DIMANCHE 20 NOVEMBRE De 15h à16h AUR1CE G.•ANTEC (m/no-s, (/iicot'boi'al(’d i SAMEDI 19 NOVEMBRE De 14hà16h DIMANCHE 20 NOVEMBRE De 14h à 16h JLLES Ï0STALER du’/jnex et •iy’ï coin!) ; SAMED119 NOVEMBRE De 13ha14h DIMANCHE 20 NOVEMBRE De 13hà14h Stéphane w Desmeules .{ex jiiai'tim Je /ètrenuje SAMED119 NOVEMBRE De 16h à 17h DIMANCHE 20 NOVEMBRE De16hà17h H n 5 Qenise BOMi 0MBARDIER ( >/ juoi et tco ce.SAMED119 NOVEMBRE De 16h à 17h30 DIMANCHE 20 NOVEMBRE De 16h à 17h30 Albin Michel Stand 641 ter un destin qui serait davantage du côte du bonheur, c'est presque — je dis bien presque — une façon pour moi de conjurer les mauvais sorts de la mort et delà guerre.Même si c'est toujours présent en eux » Mais il y avail aussi le besoin d’investir une grande part d’elle-même, ce que ne permettait pas l'essai ou le reportage.Cette part qui invente des mondes et qui ne peut pas se contenter du réel.A quand un livre sur Sarajevo?Car elle est fascinée depuis toujours par ce coin du monde où semble battre le cœur de l’Occident et par ces Européens complexe, à la richesse culturelle immense, que sont les Bosniaques («Ilfaut voir, dit-elle, à quoi on s'at- taquait quand on voulait les détruire, eux, ce qu’on voulait briser.»).Un jour, peut-être.Lectrice infatigable, professeure invitée, écrivaine en résidence ou voyageuse lucide, Madeleine Gagnon a plus que jamais des idées plein la tète et le goût des voyages cheville au corps.«Et j’ai tout mon temps!», lance-t-elle enfin, les bras ouverts devant cette evidence et du feu dans le regard.Collaborateur du Devoir JE M’APPELLE BOSNIA Madeleine Gagnon VI Jf éditeur Montréal 2005,236 pages PALMARÈS LIVRES ARCHAMBAULT?» 5 Découvrez nos nouveautés ROMANS du Canada français Lui Maxime La Sang-mele du bayou Gilles Dubois L’homme aux yeux de loup LA SANG-MÊLÉ DU BAYOU Lili Maxime Éditions la Grande Marée L'HOMME AUX YEUX DE LOUP Gilles Dubois Éditions David Michèle Matteau Prix Christine-Dumitnu-Van-Saanen UN DOIGT DE BRANDY DANS UN VERRE DE LAIT CHAUD Michèle Matteau Éditions l 'Interligne Vittorio Frigerio Naufrage en terre ferme NAUFRAGÉ EN TERRE FERME Vittorio Frigerio Editions Prise de parole fgRÉÇF www.recf.ca 14 éditeurs sous une même banmere Dossier 1 ___ Les dérapages pharmaceutiques Vrrislt* invitré : lohaiinc RoutTiard À lire dans ce numéro • À qui profitent les médicaments?Entrevue avec fean-Claude St-Onge Contre l’apartheid sanitaire, par Françoise Nduwimana Inéluctable finitude, par Raymond Lemieux L’Église comme épouvantail, par Jean-Philippe Warren Voyage d’essoufflé, texte et illustration de Pascale Quiviger Disponible en kiosques et en librairies www.revuerelations.qc.ca i LE DEVOIR.LES SAMEDI 12 ET DIMANCHE 13 NOVEMBRE 2005 SALON DT LIY LITTERATURE JEUNESSE Baby-boom chez les vedettes d’albums ‘ ' Après Madonna et Britnev »• ^ ^ Spears, voilà que la sorcière • -Cardamome et la princesse Finemouche se mettent en tète de procréer.CAROLE TREMBLAY Tous les fans de Babette Cole savent qui est la fameuse princesse Finemouche.Après avoir fait suer tous les prétendants que son père lui présentait dans le premier épisode de ses aventures, ; cette farouche partisane du célibat rêve d'avoir un bébé.Son souhait est exaucé accidentellement et, bien sûr, sans qu'aucun prince .soit mêlé à l'histoire.A la suite d’un malentendu au téléphone, l’épicier royal livre à Finemouche un sachet de gelée de bébé instantanée à la place d'un sachet de ge-iée de baies instantanée.Après ' avoir ajouté un demi-litre de lait et .beaucoup de poivre à la prépara* tion, la princesse se retrouve subitement mère d’un gros poupon.Le monstre devient illico la terreur du royaume.Enlèvement, dragons apprivoisés, coup d’Etat et exposition d’art contemporain sont au programme de cet album complètement délirant.On est loin, très loin même, de l’ode poè tique à la maternité, mais on s’amuse du début à la fin.Du Ba-'.bette Cole à son meilleur.Cardamome la sorcière avait '»jdéjà conquis bien des cœurs avec ~ son premier livre, un album éponyme, comme on dit dans le monde du disque.C’est avec bonheur qu’on retrouve la jolie brunette dans Le Fils de la sorcière Cardamome.Dans le premier, elle faisait la rencontre d’un fermier qui lui expliquait comment fabriquer les bébés.Sur la dernière page, on pouvait voir la charmante sorcière survoler la ville sur son balai, la silhouette déjà bien ronde.Dans le tout nouvel album, on la retrouve à la veille d’accoucher, toujours aussi candide et amoureuse de son romantique fermier.La reine des sorcières, qui n’apprécie pas du tout ce mariage interracial, envoie trois de ses espionnes veiller à ce que l'enfant horriblement humain ne s’avise jamais de faire de la magie.Les émissaires ont beau être moches et méchantes, elles finissent évidemment par se laisser attendrir par le marmot La finale réserve une surprise que je me garderai bien de révéler.Les illustrations flamboyantes de Frédéric Pillot élèvent au rang de délice cette histoire pleine de fantaisie.Bébé Jules qui ne voulait pas naître, de la journaliste du Monde Florence Noiville, traite aussi de la naissance, mais dans un registre moins satirique.Cette tendre histoire raconte comment une maman arrive à trouver les mots pour convaincre son bébé de venir au monde après que toute la famille se soit évertuée à énumérer au retardataire les plaisirs qui l’attendraient à sa sortie.La preuve que ni la crème glacée à la pistache ni les randonnées à vélo ne valent une promesse d'amour éternel.Les dessins aériens d'Alice Charbin ajoutent une touche d’humour et de légèreté à ce doux traité d’introduction à la vie.Collaboratrice du Devoir VIVE LA PRINCESSE FINEMOUCHE Texte et illustrations de Babette Cole Le Seuil jeunesse, 32 pages (A partir de quatre ans) LE FILS DE LA SORCIÈRE CARDAMOME Texte de Stéphane Frattini et illustrations de Frédéric Pillot Milan jeunesse, 32 pages (A partir de quatre ans) BÉBÉ JULES QUI NE VOULAIT PAS NAÎTRE Texte de Florence Noiville, illustrations d’Alice Charbin Gallimard jeunesse, 28 pages (A partir de trois ans) viveprîncesse '^1 • £3beîîe cLe SOURCE LE SEUIL les écrits lt üoyenne its reties littérairis n Queiec Fondée en 1954 par Jean-Louis Gagnon, la revue Les écrits - connue auparavant sous le titre Écrits du Canada français - publie des textes inédits de nombreux écrivains du Québec et de la francophonie.Salah Stétié Paul Chamberlaïul Jacques Sojclier Jacques De Decker Alain Mériam Roland Bourneuf Naïm Kattan Paul Ferron-Marchand Marcel ~ SEPTEMBRE 2005 émis En vente dans toutes les librairies • Le numéro 10 S ABONNEMENT D'UN AN (TROIS NUMÉROS) a Résidents du Canada 25 S o Institutions 35 S c Résidents dé i'étrangeb 35 $ CODE POSTAL Ci-ioint un chèque à l’ordre de La ècntï À retourner a l’adrewe suivante : les Ms Case postale 87 Succursale Place du Parc Montréal Québec ) H2X 4A3 Téléphone (514» 499-2836 • Télécopieur : (514 499-9954 fh*.ieseen in* in ternet.uqam ca MEDIASPAUL www.mediaspaul.qc.ca AU SALON DU LIVRE DE MONTRÉAL CŒUR SUR PAPIER Paroles et dessins de guérison Renée Pelletier Au bout de l'humain AU BOUT DE L’HUMAIN Essai autobiographique sur le chemin de Compostelle Hugues Dionne Risquer 'espérance RISQUER L’ESPERANCE Yvon Poitras COMMENT ÉVANGÉLISER SON OMBRE?Evangile et imagerie mentale Léandre Boisvert Louis-Charles Lavoie COMMENT tl'ANi.fUSÉK SON OMBRtT HOMELIES POUR DIVERSES CIRCONSTANCES Nouvelle série Jean-Yves Garneau l’eucHflflisTie L'EUCHARISTIE Nourrir le Corps du Christ que nous formons Rita Gagné Survivre a la modernité?SURVIVRE À LA MODERNITÉ?Religieuses et religieux dans le monde occidental Kristoff Talin EN TRAVERSANT LE PONT Un récit de vie au seuil de la mort Un hommage à l'amitié Georgina Falcon travers/f 1 [tpont f LA SEDATION CONTINUE EN FIN DE VIE Enjeux éthiques Didier Caenepeel IA SÉDATION CONTINUÉ EN FIN D£ VIE aum tmmtt SURVIVRE ET GRANDIR «ms falr^i de victimes SURVIVRE ET GRANDIR SANS FAIRE DE VICTIMES Marius Morin «CHRIST EST MORT POUR NOUS» TffAOUIRI LA «ItLC HttffAtQU! THAN HATING TNI HFIKIW ll»LI ¦rrr-TT m—» |H i* CHRIST EST MORT POUR NOUS Alain Gignac (dir.) TRADUIRE LA BIBLE HÉBRAÏQUE De la Septante à la Nouvelle liible Segond Robert David (dir.) SUR LES PAS D’EMMAUS Pour discerner et accompagner Pierre Brunette ivSttY- tc\- rf-' - ci L’Évangile en tableaux L’ÉVANGILE EN TABLEAUX Klettra Bedon NnV &m.Un , ' DiU/ DANS lf.S MAROt S Prnm éhnhmitt.hrUcmnteùr B DIEU DANS LES MARGES Nick Boucher PARTIES LES OIES Récit sur le deuil Renée Amiot Jeudi 17 novembre 17h à 19h-Kristoff Talin 19h à 20h - Alain Gignac 20h à 21h - Jean-Yves Garneau Vendredi 18 novembre 13h à 14h - Marius Morin 14h à 16h - Yvon Poitras 16h à 17h - Rolland Poulin 17h à 19h - Robert David 19h à 21h-Kristoff Talin A T U R E — STAND 162 Samedi 19 novembre 10b à 12h - Georgina Falcon 13h à 14h - Léandre Boisvert, Louis-Charles Lavoie 14h à 15h - Marius Morin 15h à 17h - Hugues Dionne 17h à 18h-Rita Gagné 18h à 19h - Pierre Brunette 19h à 21h - Renée Pelletier Dimanche 20 novembre 11 h à 12h - Hugues Dionne 13h à 14h - Rita Gagné 14h à 15h - Didier Caenepeel 15h à 17h - Renée Pelletier t 1 Of trabolc LES THEATRES DE CRÉATION m.l.fHii'if# W'irr< *n Jr-.tr» B* i 'i.r r< ^ li f Fernand f jfj(l >MI lf> ( liff MK:Hi 1 VAN WlU Nftïl ttii 5#> 1 .1v Venez rencontrer nos auteurs au stand 631 » l’HEXAGONE vlb éditeur TYPOll ROBERT AIRD André Patry et la présence du Québec dans le monde le samedi 19 novembre, de 17 h 30 a 19 h HÉLÈNE BEAUCHAMP Les théâtres de création le vendredi 18 novembre, de 18 h à 19 h 30 JEAN BÉDARD La femme aux trois déserts le samedi 19 novembre, de 14 h 30 à 16 h le dimanche 20 novembre, de 13 h 30 à 15 h DENISE BOMBARDIER Sans complaisance le samedi 19 novembre, de 14 h 30 à 16 h le dimanche 20 novembre, de 15 h à 16 h 30 ROXANNE BOUCHARD Whisky et paraboles le samedi 19 novembre, de 11 h 30 à 13 h le dimanche 20 novembre, de 12 h à 13 h 30 PIERRE CARON Marie, La naissance d'une nation.Tome II le vendredi 18 novembre, de 18 h à 19 h 30 le samedi 19 novembre, de 16 h à 17 h 30 FABIENNE CLIFF Le nid du Faucon le jeudi 17 novembre, de 18 h 30 à 20 h le samedi 19 novembre, de 16 h à 17 h 30 JEAN DÉCARY Dans l'œil du Sphinx le vendredi 18 novembre, de 18 h à 19 h 30 THIERRY DIMANCHE De l'absinthe au thé vert le vendredi 18 novembre, de 19 h 30 à 21 h ABLA FARHOUD Le fou d'Omar le samedi 19 novembre, de 13 h à 14 h 30 le dimanche 20 novembre, de 13 h 30 à 15 h ANDRÉE FERRETTI Renaissance en Paganie le samedi 19 novembre, de 11 h 30 à 13 h LUCIEN FRANCOEUR Entre cuir et peau le samedi 19 novembre, de 16 h à 17 h 30 le dimanche 20 novembre, de 15 h à 16 h 30 DOMINIC GAGNÉ L'intimité du désastre le vendredi 18 novembre, de 19 h 30 à 21 h MADELEINE GAGNON Je m’appelle Bosnia le jeudi 17 novem bre, de17hà18h30 le samedi 19 novembre, de 14 h 30 à 16 h le dimanche 20 novembre, de 13 h 30 à 15 h MARIE GAGNON Emma des rues le samedi 19 novembre, de 11 h 30 à 13 h le dimanche 20 novembre, de 15 h à 16 h 30 MYLÈNE GILBERT-DUMAS Les dames de Beauchêne.Tome III le jeudi 17 novembre, de 17 h à 18 h 30 le samedi 19 novembre, de 16 h à 17 h 30 le dimanche 20 novembre, de 12 h à 13 h 30 GILLES JOBIDON L'âme frère le jeudi 17 novembre, de 17 h à 18 h 30 le samedi 19 novembre, de 13 h à 14 h 30 DIANE LACOMBE L'Hermine de Mallaig le jeudi 17 novembre, de 18 h 30 à 20 h le samedi 19 novembre, de 13 h à 14 h 30 le dimanche 20 novembre, de 12 h à 13 h 30 DANY LAFERRIÈRE Je suis fatigué le samedi 19 novembre, de 14 h 30 à 16 h le dimanche 20 novembre, de 15 h à 16 h 30 HENRI LAMOUREUX Journées d'hiver le vendredi 18 novembre, de 18 h à 19 h 30 le samedi 19 novembre, de 11 h 30 à 13 h PIERRE NEPVEU Le sens du soleil le vendredi 18 novembre, de 16 h 30 à 18 h PIERRE OUELLET Une ombre entre les ombres le vendredi 18 novembre, de 16 h 30 à 18 h FERNAND OUELLETTE L’Inoubliable.Chmnique I le vendredi 18 novembre, de 16 h 30 à 18 h SYLVIE OUELLETTE Une libertine en Nouvelle-France le jeudi 17 novembre, de 18 h 30 à 20 h le samedi 19 novembre, de 17 h 30 à 19 h MANON REGIMBALD En chemin avec René Derouin le dimanche 20 novembre, de 13 h 30 à 15 h JULIE ROY Le vol des esprits le vendredi 18 novembre, de 19 h 30 à 21 h MARIE-PAULE VILLENEUVE Les demoiselles aux allumettes le jeudi 17 novembre, de 17 h à 18 h 30 le samedi 19 novembre, de 17 h 30 à 19 h le dimanche 20 novembre, de 12 h à 13 h 30 LOUISE WARREN Objets du monde le samedi 19 novembre, de 13 h à 14 h 30 Abia Farhoud umipiiisan ANDRE PATRY FT LA PRÉSENCE 1)1 QUÉBEC IMNSUMUM* Gilles Jobidon M » - Je le ine O n ci non VENDRED118 NOVEMBRE DE 17H45 À 19H15, L’AGORA Lecture; Les jeunes poètes de l’Hexagone.Dits et Inédits.Animation : Robbert Fortin Avec Martine Audet, Thierry Dimanche, Fernand Durepos, Violaine Forest, Dominic Gagné, Louis-Frédéric Pagé, Danny Plourde, Julie Roy et Tony Tremblay SAMED119 NOVEMBRE DE 13H30 À 14H15, CARREFOUR I Table ronde sur le thème; « L’amour pevt-ll guérir des blessures de l’enfance et des séquelles de la guerre ?» Des écrivains discutent du poids qui pèse sur certains destins.Animation: Danielle Laurin Avec Jean Bédard, Madeleine Gagnon et Dany Laferriôre \ » ir i MOISKS C ASTIT I O Horacio Castellanos Moya frappe fort et court avec L’Homme en armes FRÉDÉRIQUE DOYON uteur de petits livres qui donnent de grands coups, Horacio Castellanos Moya écrit comme d’autres se secouent pour se débarrasser d’une vennine indésirable, moitié par nécessité, moitié par réflexe ou instinct de survie.Cette vennine, c’est la guerre, celle qui a miné son pays, le Salvador, pendant dix ans et qui continue de le ronger hypocritement, malgré la fin de la dictature.Invité d’honneur du Salon du livre de Montréal, l’écrivain salvadorien, l’une des seules voix littéraires de son pays, ne nie pas l’effet cathartique de l'écriture chez lui.«Quand j'écris, fai l’impression de m’adoucir et de me libérer d’un grand poids, confie-t-il au Devoir dans un entretien téléphonique depuis l’Europe.Ce que f écris est en moi; il faut que je le cherche et, quand je le trouve, je dois l’écrire.Donc il y a cet instinct et cet appel un peu mystérieux de l’écriture.Je me sens mieux quand je finis d’écrire mes livres parce qu’ils portent beaucoup d’événements douloureux qui dérivent de la guerre à laquelle j’appartiens Alors quand f extirpe ces mauvaises pensées en les déposant dans mes livres, je me sens mieux.» Du plat national à l’insécurité chronique en passant par la corruption galopante dans tous les rangs du pouvoir public, tous les aspects de la vie salvado-rienne passent sous le style incisif de l’auteur latino-américain, qui nous fait du coup découvrir les affres silencieuses d’un autre pays oublié.Consacré à l'aube de la quarantaine avec Le Dégoût (1997), après avoir exercé le métier de journaliste, il devient le Salman Rushdie du Salvador.Avec L’Homme en armes, récemment paru aux Allusifs, ü frappe au cœur même de la logique guerrière en dépeignant sans fard l’impossible réinsertion d’un ex-combattant du corps d'élite, de ceux qui s’enfonçaient jusqu’aux profondeurs de l'arrière-garde ennemie.«Mon école a été la guerre», dit d'entrée de jeu Juan Alberto Garda, amicalement baptisé Robocop.Enrôlé quasiment dès la puberté, il passe huit ans à combattre les plus féroces terroristes avant la signature d’accords de paix qui forcent son retour à la vie civile.Mais sa maigre indemnisation l'amène à s’impliquer dans toutes sortes de factions rivales qui han- tent les corridors fantomatiques d’une paix signée sur papier, où l’ennemi a intégré les rangs du pouvoir, assis en complet cravate aux côtés de son rival.On est toujours le terroriste de quelqu’un d’autre.«Les choses avaient changé, découvre le héros.Quelques années auparavant, personne n’aurait rien dit parce qu’on avait liquidé un terroriste, mais maintenant, avec toutes ces palabres de la démocratie, des types comme moi trouvaient chaque fins de plus en plus de difficultés à exercer leur métier.» Il se retrouvera dans un camp guérillero en pleine montagne guatémaltèque à lutter contre son anden patron qui l’avait trahi.Récupéré par des causes qui lui sont étrangères, il se fait une «deuxième vie militaire» dans une Amérique latine offidellement en paix mais offideusement en guerre perpétuelle, sous le joug des cartels de la drogue.«Il est comme une machine à tuer parce qu'il a été éduqué ainsi.Ce personnage est un pur produit de huit ans de guerre civile, de combats quotidiens.Huit ans, c’est deux guerres mondiales, fait remarquer l’écrivain.Certains soldats n’ont aucune idée de la cause pour laquelle ils se battent.Ils ont été recrutés et c’est tout.Je ne crois pas que ce soit la même chose pour les individus, qui peuvent avoir des idéaux et penser différemment.J’imagine que, même dans l’armée, on peut être intoxiqué par l’idéologie au point de ressentir autre chose lorsqu’on tue.Mais ici, c’est une victime du système.C’est un survivant et il survivra.» La violence normalisée Comme il arrive souvent chez l’auteur, le personnage de Robocop est né d’une scène secondaire d’un précédent roman, La Mort d’Olga Maria.Au contraire de l’héroïne verbo-motrice et hyper-émotive de ce dernier roman, Robocop parle et pense peu, il est dans l’action, toujours pour sauver sa peau.«Le grand défi de ce livre était de plonger dans ce genre de personnage dont la manière de penser et de ressentir est sans commune mesure avec les gens normaux», rapporte Castellanos Moya.On se croit parfois plongé dans un film d’action américain, sauf quid la sentimentalité a la sauce hollywoodienne est totalement évacuée.D'ailleurs, le surnom Robocop tourne en dérision la culture américaine qui s’immisce dans la vie latino-américaine, au grand désespoir de l'auteur.Id, il ne reste que la VOIR PAGE F 17: GUERRE « La plupart de mes livres sont petits parce que mon pays est petit et moi aussi » Jean Paré v a , A , % ) i i , - Un livre essentiel pour bien lire les journaux, les magazines, tes rapports officiels de votre ministre.Et pour rigoler en regardant la télévision.*ÇfiDE SIGNATURE AU STAND BORÉAL N 621 LE VENDREDI 18 NOVEMBRE DE t8 H À 19 H raürT*- 168 pages • 15,95 $ * l > Steven Spielberg n a pas encore acheté les droits cinématographiques de leurs ouvrages.lue SaM-HMn '"***!¦* u?rfnrffif*** COMMENT FAIRE DES IMAGES I i/ENDENT fom 1* «M* ** « iKMniM wtww! «Mew* ««seaf ?coup PqUCE ITABLEI Comment acheter ma première propriété RECETTES ?Luc Saint-Hilaire Vendredi 18 novembre de 16h30 à 17h30 Samedi 19 novembre de 17h00à 18h00 ?France Lefebvre Samedi 19 novembre de 13h00à 15h00 Dimanche 20 novembre de 13h00 à 15h00 .^ ^ V A Martin Provencher Vendredi 18 novembre de 19h00 à 20h00 Samedi 19 novembre de IShOOà 16h00 .I r Üf» ' j DEMAIN, JE PARLE GIOBISH a«WNMnOtVMlWttMOCMN h.isiainelabeüe MliMlM Ml DESAMORCER.ICON FLITS ^¦AU TRAVAIL UN ECHEC COMMt UN CHEQUE* i cüsf V A Philippe Dufresne Vendredi 18 novembre de 18h00 à 19h00 Samedi 19 novembre de IShOO à I7h00 Dimanche 20 novembre de 13h00 à IShOO A Ghislaine Labelle Dimanche 20 novembre de IShOO à 17h00 A Marc Chiasson Vendredi 18 novembre de 19h00 à 20h00 LES BOOMERS FINIRONT BIEN PAR CREVER 52 JOURS POUR RÉI V TER OtM «>•» s*vt ‘ pour una to* ?VENDEUR au DETAIL A Alain Samson Samedi 19 novembre de 13h00à IShOO Dimanche 20 novembre de IShOO à 17h00 .mais en attendant, venez rencontrer nos auteurs au stand 841 du Salon du livre de Montréal.Les Éditions Transcontinental LE DEVOIR.LES SAMEDI 12 ET DIM A X THE I 3 X O V E M R R E 2 O O f.F 17 SALON DI' I.IVRK Le dieu du feu guerre Louis Hamelin Tandis que son pariement renâcle à la perspective d'un nettoyage d'écurie ^hivernal et purificateur, Ottawa, hier comme chaque année, aura vu défiler les survivants des boucheries du siècle dernier.Restera-t-il un seul Mohican cacochyme et plus que centenaire pour nous rappeler la der des ders de 1914-18 et, la poitrine lestée de bricoles décoratives, s'enorgueillir d'avoir cavalé au secours de l’empire de Michaëüe Jean?Les guerres travaillent la mémoire des peuples de bien des façons, et j’aimerais ici vous en proposer une.Bien sûr, il faudra renoncer, pour quelques heures, à la larmoyante nostalgie d’une chair à canon devant la bravoure de laquelle je m'incline néanmoins et accepter d’affronter plutôt la vigueur d'une prose dont les excès mêmes ont quelque chose de stimulant.Que l’histoire redevienne, le temps d’un livre, brûlante matière à polémique plutôt que le matériau prédigéré et nappé d’une sauce de clichés des exégètes officiels, voilà ce que permet parfois la littérature quand, au risque de la provocation, elle ouvre un espace de réflexion et réveille la possibilité de se souvenir autrement.En dépit de certains rapprochements parfois douteux, toujours opportunistes, entre le nationalisme québécois et le nazisme {«Vous n'êtes pas le premier homme politique à inaugurer sa carrière dans une brasserie.», lança, dès 1970, un journaliste anglophone à Jacques Parizeau qui venait d’annoncer sa candidature au Vieux Munich — voir la biographie consacrée à Monsieur par Pierre Duchesne), il faut bien reconnaître que les germanophiles authentiques constituent chez nous une rarete, la France et l'Angleterre, semble-t-il, faisant toujours écran devant cet autre Nord dont le brumeux passé continue de trembler au passage des chevaliers teuto-niques et des panzers.Jean Forest, qui, étonnamment, enseigne «la langue et la littérature françaises» à Sherbrooke, vibre de toute évidence à l’unisson de cette vieille Ger-manie-là.dont son écriture pleine de flamme restitue les mythes et la géographie, l'histoire et lés arts, en un rappel passionné des trésors enfantés par la grande culture allemande.Trésors, entre autres, d’une architecture médiévale dont les incroyables richesses furent, dans leur quasi-totalité et en toute connaissance de cause, nivelées, réduites à l'état de cendres et de collines de décombres par les bombes alliées.Je n'ai pas lu le premier tome de La Terreur à l'occidentale, qui traitait paraît-il, des ravages du monothéisme chrétien à travers l'histoire: intolérance, fanatisme, bûchers, etc.Le second tome, dont il est question ici, porte en sous-titre «Dresde ou le XX' siècle et la diabolisation de l’Allemagne».Pendant 300 pages, Forest, sarcastique et vengeur, rempli d'une ardeur et d'un zèle souvent désordonnés, va s’employer à rouvrir la cicatrice laissée par les vainqueurs et leurs historiographes.Miroir, dis-moi qui est le plus criminel.Un catalogue d’horreurs Un des grands mystères du XX' siècle guerrier est cette extension du statut de cible légitime à des populations civiles entières.Des histo-riens {Le XX Siècle des guerres, aux Editions de l’Atelier) parlent aujourd’hui de brutalisation des sociétés pour tenter d’expliquer cette industrie de la destruction, laquelle, permise par le développement technique des moyens d’anéantisse-ment, est la principale caractéristique de la guerre totale.Finis les affrontements en rase campagne des armées napoléoniennes, assez semblables aux compétitions modernes du sport professionnel avec leurs uniformes voyants et leurs bruyantes fanfares.Depuis une pe- MICHEL VAIS L'accompagnateur Parcours d'un critique de théâtre Le parcours professionnel de Michel Vais est riche et unique.Initié au théâtre par le jeu au sein de la troupe Les Saltimbanques au début des années 1960, cet homme orchestre passionné est devenu, au fil d'une remarquable carrière, un critique de renommée internationale.ISBN : 2-89606-018-9 27,95 $ / 384 pages En vente chez votre libraire www.varia, com »¦ l M ic it i l Va i s L’accompagnateur v»'ms iittiquï de rljiSfi-e m éditeur Romanichels Mtrtrn Th«k' Ceux du Chenûn-Tach Adrien Thério Ceux du Chemin-Taché Contes -T ww rr* Rivalités, mesquineries, violences et rapines : portrait du petit monde rural d’autrefois.176 p.• a* S XYZ éditeui • 1781, me Saint-Hubert.Montréal (Québec! H2l 321 Téléphone: (514) 525.2t.70.Télécopieur (514) 525.75.57 Courriel : info@xyzedit.qc.ca • www.xy/edit.qc.ca SUITE DE LA PAGE F 16 ARCHIVES LE DEVOIR Hitler tite centaine d’années, nous sommes entrés, d'un point de vue stratégique, dans Tère de la terreur de masse.Occasion pour Jean Forest d'errer quelque peu, aveugle qu’il est par son courageux parti pris.Car faire remonter la guerre des villes, avec ses bombardements systématiques et meurtriers, à telle escadrille de dix avions allemands qui, «n 'ayant pas vu qu’ils se trouvaient au-dessus de Londres à cause du black-out [.), se délestent de leurs bombes par erreur» ne se peut qu’au prix d'une importante omission: les Allemands s’étaient déjà fait la main sur Guernica, dont le pilonnage par la Légion Condor, pendant la guerre d'Espagne, constitue, de l'avis de tous les historiens sérieux, le premier bombardement aérien délibéré d’une population civile.Malgré quelques erreurs d'appréciation du même genre, ce livre à la structure curieusement brouillonne, véritable catalogue d’horreurs et de formules assassines, fait mouche à de nombreuses reprises.Le style incendiaire du professeur Forest, mais aussi Tachaniement de sa tranquille éloquence et disons-le, un souci de la documentation mâtiné d’une touche d’érudition qui Ihonorent, nous convainc aisément que le traité de Versailles fut bien la monstruosité diplomatique à l’origine de tout l’Allemagne, effondrée de l’intérieur mais déposant les armes avec ses frontières toujours intactes, sera charcutée en accord avec le revanchisme de Clemenceau.L’occasion était pourtant belle d’une paix honorable, et les historiens, alors, ne parleraient pas aujourd’hui de guerre de trente ans pour décrire la période qui va de 1914 à 1945.Quant aux crimes de guerre alliés, leur recension est aussi patiente et ntinutieuse quelle fait mal.Dresde à elle seule, la Florence du Nord, dépourvue de tout intérêt militaire et anéantie sous un ouragan de phosphore, aurait suffi à citer les généraux américains et britanniques à comparaître.Mais à son martyre vient s’ajouter toute une litanie où figurent en bonne place Vienne, Potsdam et Salz-bourg, parties intégrantes du patrimoine culturel de l’humanité, écrasées de bombes aux dentiers jours du conflit, dans une Allemagne déjà à genoux.Et dans un Japon lui aussi à genoux, une expérience appelée Hiroshima, destinée avant tout à impressionner Staline- Mais Hitler?Et l’Holocauste?l es conclusions de Forest sont si explosives que, l’espace me manquant je ne puis y toucher ici qu'avec des pincettes.La thèse avancée dans ce livre se verra en effet condamnée connue entreprise de banalisation sans autre tonne de procès par les tenants de l’unicité de la Shoah, et pourtant.Rien de banal dans ce feu monothéiste qui, de Canaan à Buchenwald puis à Bagdad, consume encore et toujours l'hérétique.La chambre à gaz comme avatar moderne du bûcher.Hitler?«[.] le moins original des déments nés en notre sein, pauvre et piteux Barbe-Bleue, lui l'exemplaire chrétien, antisémite et traditionaliste à en bâiller, tout juste mémorable pour les moyens que la science et la technique mettaient entre les mains de son Saint-Office!» Le diable en nous, donc l'Allemagne diabolisée.Décidément, refermons ce livre qui brûle les doigts et ayons une bonne pensée* pour nos vétérans.hamelinlfdtlb.sympatico.ca LA TERREUR À L’OCCIDENTALE Jean Forest Triptyque Montréal, 2005,298 pages violence brute; du Tarantino, humour et hyper-esthetisation en moins.«Le major respirait encore quand je lui ai ouvert le crâne arec j la crosse du pistolet: j’ai retiré mon gant, j'ai pris sa cervelle dans ma main et la lui ai frottee sur ce qui res-: tait de son visage», raconte, dénué de tout jugement moral, de toute émotion, le personnage.En enlevant les quelques noms de Ailles, de quartiers et de pays cités, le lecteur se retrouve dans nim-porte quel pays portant encore la cicatrice fraîche d’une guerre longue et sanglante.Pourtant, Moya ne pretend pas avoir cherché à raconter fa dimension i mi verse Ile de cette tragédie.«Je ne réfléchis pas beau-amp quand j'écris Je suis une intuition, une voix, un personnage, une histoire.Je ne pense pas aux dimensions ou aux consequences, sinon je n ecrirais plus.» Il croit plutôt que cette universalité s'impose d’elle même d;ms toute sa froide inhumanité.«Ou'il soit en Yougoslavie ou en .Afrique, un humain plongé dans ces circonstances peut devenir ainsi.» Journaliste pendant la guerre civile, Moya a soutenu la guérilla pendant les trois premières années du conflit après quoi, désenchanté de la gauche, il poursuit son métier principalement depuis Mexico.Ecrivain sans domicile fixe, il a vécu en Espagne et au Mexique, où la plupart de ses livres ont été publiés, ainsi que brièvement au Guatemala et au Costa Rica, d’abord ixmr fiiir la guerre, ensuite pour sauver sa peau et écrire.Car à la parution du Dégoût.des menaces de mort ont forcé son exil.Depuis un peu plus d'un an, il est établi à Francfort où il reçoit un soutien conjoint de La Ville et de la Foire du livre de Francfort en vertu d’un programme d’aide aux écrivains issus de pays politiquement instables.Son prochain livre aura encore l'Amérique centrale pour cadre.«C’est mon univers», dit-il.Il le promet un peu plus volumineux que les précédents.«lui plupart de mes livres sont petits parce que mon pays est petit et moi aussi», lance-t-il avec humour.Par petit, il faut certainement entendre dense, compact, comme un coup de crosse de fusil sur toutes ces entraves à la liberté.Le Devoir Découvrez nos nouveautés POÉSIE u Canada français PARCOURS Herménégilde Chiasson Éditions Perce-Neige te A ¦ M j'ÉCRIS À REBOURS Michel A.Thérien Éditions David @RÉCF Géomancie GEOMANCIE Gérald Leblanc Éditions L'Interligne, coll.BCF Patricr Dcsbirm desâme DESÀME Patrice Desbiens Éditions Prise de parole www.recf.ca 14 eiteuri sm une mém* bwméK Séance de 9 au Salon du livre de Montréal VENEZ RENCONTRER CES AUTEURS À SUCCÈS AU KIOSQUE DE GUÉRIN.n°1017 AUin Htutivi DICTIONNAIRE ENCYCLOPÉDIQUE ET HISTORIQUE DES COUREURS DES BOIS I u dimanche- 20 novembre 2005 de 10 h à 12 h et de 16 h à 18 h THic/iel ‘David Ui i it LE TEMPS DES ÉPREUVES Ix* jeudi 17 novembre 2005, de14hà15hetde18hà19h Ix*s vendredi, samedi et dimanche 18,1‘) et 20 novembre 2005, de 14hà15hetde 19hà20h RemU Ae^mdic DICTIONNAIRE ACTUEL DE L'ÉDUCATION Le jeudi 17 novembre 2005, de 20 h à 22 h Guérin 4501, rut* Drolet Montréal (Québec) H2T2G2 Canada Télé.: (514) 842-3481 Téléc.: (514) 842-4923 Courriel : franedé'guéri n tdiitur.qc.ca Site Internet: h ttp://www.guerin editcur.qc.ca f J 18 LE DEVOIR.LES SAMEDI 12 ET DIMANCHE 13 NOVEMBRE 2 0 0 5 SALON DU LIVRE POLAR Roman à quatre mains MARIE CLAUDE M1RANDETTE Issues respectivement des milieux du théâtre et du journalisme, Nicole Jamet et Marie-Anne Le Pezennec collaborent depuis plusieurs années déjà à l’écriture de scénarios pour la télévision française quand l’idée leur vient d’un roman à quatre mains.Elles décident alors de mener de front l’écriture d’un roman et d’un scénario à être porté au petit écran, les deux inspirés d’une même trame narrative.Le projet, ambitieux, s’est concrétisé cette année avec la diffusion sur TF1 (le la télésérie et la parution, aux Editions Michel Lafon, du roman Dolmen.Comment concilier les exigences et les contraintes de l’écriture scénaristique à celles, plus libres, de l’écriture romanesque?«Après avoir rédigé en quelques semaines une centaine de pages exposant l’essentiel de l’intrigue et de la progression dramatique, on a élaboré les deux en parallèle, scène par scène.La forme romanesque nous laissait plus de liberté, certes — pas besoin de penser aux coûts et à la faisabilité, que ce soit pour les décors ou encore le nombre de figurants», de dire Jamet.«D’autant que notre éditeur nous avait entièrement laissé carte blanche, d’ajouter I-e Pezennec, ce qui s’est parfois avéré angoissant, nous qui étions habituées à rendre des comptes à chaque étape de l’écriture, comme c'est généralement le cas à la télé.» Sur fond de France contemporaine, le roman, mêlant quête identitaire, enquête policière et récit fantastique, chemine au cœur des légendes et des croyances populaires anciennes, remontant jus- qu’aux récits celtes.«Ce qui m’a intéressée d’abord, précise Jamet, c’est la quête d’identité des personnages.Et puis, on avait envie, à partir d’une mise en contexte réaliste, d’amener les gens dans la partie sombre de l’inconscient, au cœur des peurs ancestrales qui font appel aux archaïsmes de la mémoire émotive, sur cette mince ligne aux confins de la raison et de la folie.Au fond, cette histoire est un genre de conte de fées avec une narration simple, naïve même par moments, qui mélange réalisme et fantastique.» L’écriture à quatre mains a ses exigences et ses restrictions.Quelles ont été ses principaux avantages et obstacles?«Cette manière de travailler en est une de compromis qui ne permet pas toujours de trouver une voix, un style personnel», affirme Le Pezennec.«Mais en même temps, c’est moins lourd à supporter et ça permet de cheminer à travers le processus en ayant toujours le point de vue de quelqu’un d’autre, qui nous confronte ou nous conforte tout à la fois», précise Jamet.In télésérie a connu un succès sans égal en France —13 millions de téléspectateurs —, mais on a peu entendu parler du roman, que ce soit dans la presse littéraire ou dans les émissions culturelles.Pourtant, il se vend bien.Comment expliquer cet état de choses?«En France, un succès populaire, surtout à la télé, est généralement considéré comme suspect par les milieux culturels», explique JameL Le vrai test, au fond, c’est au Québec qu’il se fera puisque le roman ne peut compter que sur lui-même pour rencontrer son public! Collaboratrice du Devoir éditions Liber Philosophie • Sciences humaines • Littérature Michel Carrier Penser le sacré Les sciences humaines et l'invention du sacré Penser le sucre 156 pages.20 dollars Roman r :w* Pourquoi a-t-on enlevé Pepe Legarto ?Y a-t-il un lien à établir entre un jardin, jadis choisi par les Aztèques, et une usine de fabrication de vêtements ?George Szanto Double vue traduit de l'angtais par François Barcelo roman 333 p., 25 S XYZ éditeur • 1781, rue Saint-Hubert, Montreal (Quebec) Hit tZt Téléphone: (su) 535.21.70•Télécopieur: (ci^) 52s.7";.57 Courriel intoCCxyZedit.qc.ea• www.xyzedit.qc.ca Histoires de famille incendiaires MICHEL BÉLAIR Cf est presque l’automne en Scanie.Le soleil s’attarde encore sur la région d’Ystad alors que Linda Wallander brûle d’impatience.La fille du taciturne Kurt Wallander va se faire flic comme son père! Et elle n’a plus que quelques semaines à passer avec ses deux copines, Anna et Zeba, dite le Zèbre, avant de revêtir son uniforme de patrouilleur.Rien ne laisse présager qu’elle se retrouvera bientôt au centre d'une toile tissée de disparitions et d’apparitions, de fanatisme religieux, d’églises incendiées et de meurtres rituels.Henning Mankell nous vend pourtant la mèche dès le départ Avant le gel s’amorce, non pas en Suède mais en Guyana tropicale, au moment même où le «pasteur» Jim Jones est en train de sacrifier — au cyanure et au fusil de chasse, on s’en souviendra — les 914 «brebis» qui trouvèrent là la mort en novembre 1978.Mankell fait s’échapper un homme du massacre et, plusieurs années plus tard, il jouera un rôle essentiel dans les événements qui vont bouleverser la vie des Wallander et même de leurs proches.L’épisode guyanais à peine terminé, le roman s’accélère soudain et les signes s’accumulent on rapporte des oiseaux qui brûlent dans le ciel, un taureau est dévoré aussi par le feu dans une ferme, près de la banlieue, et une animalerie est la proie des flammes, en plein centre-ville.Comme si ça ne suffisait pas, les cadavres s’accumulent bientôt: des femmes, toujours, dans des contextes bizarres.Et les disparitions aussi: c’est précisément lorsque sa copine Anna disparaît que le rôle de linda deviendra plus clair et qu’elle migrera vraiment vers le centre de la toile.C’est alors que Mankell devient le Mankell que l’on aime lire en décrivant comment la difficile relation entre le père et la fille vient s’incarner dans un contexte politique et social bien précis: le nôtre.Que voulons-nous vraiment savoir des autres et de ce qui les fait vivre?Que sont devenus la famille, l’État, l’amitié et la ferveur Henning Mankell dans un monde où les valeurs qui soutenaient les morceaux de l’édifice social s’effritent de plus en plus?Comme à l’habitude, c’est dans les motivations tapies derrière chaque petite habitude, chaque petit geste, que les personnages de Mankell se définiront peu à peu dans l’action.Wallander, bien sûr, Linda et tous les autres prennent corps à chaque roman un peu plus, profondément humains, profondément vrais, démunis, insécures, entêtés, déterminés, forts et faibles à la fois comme nous le sommes tous.Selon ses bonnes habitudes, Mankell nous raconte son histoire en cultivant encore plus son art de dessiner des histoires en parallèle, un peu comme dans son dernier roman publié en français, La Lionne blanche, dont plu- Son analyse du fondamentalisme religieux trouve dans Avant le gel une pertinence aiguë sieurs chapitres se déroulaient en Afrique du Sud.En nous la faisant vivre de l’intérieur par de fréquentes incursions dans les dédales de la secte qui s’apprête à frapper, son analyse du fondamentalisme religieux, qui afflige toutes les sociétés du monde, ou presque, trouve dans Avant le gel une pertinence aiguë.Quant au personnage de Linda, on est encore loin de tout savoir sur elle et l’on s’interroge toujours à la sortie du roman sur ce qui Ta décidée à suivre les traces de son père.Elle ne serait là au fond que pour permettre au romancier Mankell de supporter encore le personnage de Kurt Wallander, qu’il a développé dans une bonne dizaine d’aventures jusqu’ici, qu’on lui en serait reconnaissant.Le Devoir SOURCE AGENCE FRANCE-PRESSE AVANT LE GEL Henning Mankell Le Seuil coll «Policiers» Paris, 2005,442 pages '•4 *3 Henning MANKELL AVANT LE GEL SEUIL Policiers Ils seront là pour vous! Plusieurs auteurs des Éditions MultiMondes seront au 28e Salon du livre de Montréal, au stand 21 5A, aire Prologue.Venez les rencontrer! Projets inachevés 1.La lancée vous parlera du Montréal de sa jeunesse et de sa formation.À 94 ans.ce pionnier de l'environnement et invité d'honneur du Salon, est considéré comme un trésor de la nation.Guy Mauffette Le laboureur d'ondes retracera pour vous le parcours de ce pionnier de la radio disparu Tété denier et vous fera revivre sans doute quelques-unes des merveilleuses heures passées à T écouter.Le Parlement de Québec Histoire, anecdotes et légendes vous initiera à l aide d anecdotes savoureuses, de faits historiques, voire de légendes, à notre institution démocratique par excellence : le Parlement Volcans et crème glacée italienne, s'il vous plaît ! Vivre les changements climatiques Quoi de neuf ?répondra à vos questions sur les changements climatiques et sur les enjeux de la réunion des pays signataires du Protocole de Kyoto à Montréal.Baleines et phoques Biologie et écologie vous fera découvrir le monde fascinant des mammifères marins.Peu de personnes peuvent se vanter de connaître et d'aimer autant les baleines que Pierre-Henry Fontaine ! .- t., ~ -O- ^ t Sur la route de l'électricité l.Le magnétisme des aimants et l'électricité statique fascinera les jeunes et les moins jeunes par son approche historique des découvertes et des expériences en électricité que vous pourrez faire chez vous.EDITIONS racontera, aux jeunes et aux moins jeunes, avec une passion évidente.les peripeties de h jeune Vtcki Volka à la découverte des volcans sur trois continents.MULTIMONDES ?es livres pour votre intelligence ! www.multim.com i LE DEVOIR.LES SAMEDI 12 ET DIMANCHE 13 NOVEMBRE 2005 F 19 SALON DU LIVRE CINÉMA Fragments d’Arcand ANDRE LAVOIE A la lecture du recueil Hors r\.champ: écrits divers, 1961-2005, de Denys Arcand, je ne fus pas surpris d’apprendre que le cinéaste comptait David Cronenberg parmi ses amis: au-delà de leurs obsessions respectives, on perçoit souvent cette froideur cli-•nique et cette distance ironique, .palpable dans leurs films, évidente xlans leurs rapports avec les médias.Et sachant que ceux qui ai-jnent bien châtient bien, Arcand trouve que le réalisateur de Dead Ringers et de A History of Violence a plutôt «l’air d’un ingénieur automobile d’Oshawa*.En parcourant les textes de celui dont la carrière couvre près de 40 ans de cinéma, connu pour ses succès incontestables (Le Déclin de l’empire américain Jésus de Montréal, Les Invasions barbares), ses échecs cuisants (Love and Human Remains, Stardom) et ses documentaires percutants (On est au coton, Québec: Duplessis et après., Le Confort et l’Indifférence), on se demande ce que Cronenberg, lui, pense de son ami Arcand, ou du moins de l'impression qu’il donne: historien défroqué déguisé en cinéaste jet-setter?Notable de province regardant de loin le peuple s’agiter?Joyeux fauteur de troubles dans la «grande famille» souverainiste?A son tour, le lecteur pourra se forger sa propre opinion, si ce n’est déjà fait, le réalisateur étant devenu bien malgré lui une personnalité publique depuis le triomphe international du Déclin de l’empire américain (1986).Il va sans dire que le regard unique d’Arcand sur ses contemporains, sa finesse d’esprit et surtout sa vaste culture n’étonneront que ceux, somme toute assez rares, qui n’ont jamais fréquenté son œuvre.Pourtant, il s’en trouve encore pour croire que sa carrière a débuté avec les honneurs de Cannes ou ceux d’Hollywood, Oscar en main pour Les Invasions barbares en 2004.Mais ce passage d’un relatif anonymat — Arcand s’est fait remarquer à l’étranger avec entre autres l’admirable Réjeanne Padovani (1973) et dans nos contrées, ses documentaires ont suscité, à gauche comme à droite, de vives polémiques — à la reconnaissance internationale n’a pas (trop) altéré son mordant, bien que lui-même constate, voire regrette, «l’intransigeance» de ses textes de jeunesse.Les plus récents, concis et parfois destinés à être lus devant public, témoignent de son relativisme à l’égard du succès et cristallisent sa manière, unique, d’être observateur social mais dont les positions demeurent souvent matière à interprétation.Cynisme Par contre, il n’y a jamais d’ambiguité dans ses rapports avec le cinéma québécois du temps de se?débuts, constatant à quel point À tout prendre, de Claude Jutra, «comme la majeure partie de nos œuvres d’art, est l’histoire d’un échec et d’une fuite», souhaitant qu’un jour ses collègues et lui-même s’investissent «dans un ciné- I SOURCE ARTV Le cinéaste Denys Arcand tente de garder la tête froide devant les honneurs.ma de joie et de conquête».Et il faut lire, ou relire, son travail de sape sur Aurore l’enfont martyre (1952), d’une telle acuité que l’on se demande, tout comme l’a fait mon collègue Martin Bilodeau dans ces pages, si ses critiques ne s’adressent pas au film de Luc Dionne, ironiquement produit par sa compagne Denise Robert, plutôt qu’à celui de Jean-Yves Bigras.D’ailleurs, au fil des pages de ce petit recueil, qui plaira surtout à ceux qui n’ont pas encore lu l’excellente biographie de Réal La Rochelle, Denys Arcand, l’ange exterminateur, publié l’an dernier chez Le-méac — plusieurs textes importants du cinéaste s’y trouvent en annexe —, on découvre aussi l’homme tentant de garder la tête froide devant les honneurs, admiratif devant ses anciens professeurs, dont l’historien Maurice Séguin, et ses amis, comme les cinéastes Jacques Leduc et Francis Mankiewicz.Inévitablement en 40 ans d’écriture, se glissent de jolies perles et des considérations qui relèvent peut-être moins de l’intransigeance que de la mauvaise foi.C’est ainsi que son explication à l’obtention du Prix de la critique internationale à Cannes pour Le Déclin.se résume à ceci: «Connaissant bien les critiques, je me dis qu’ils devaient être complètement saouls ou totalement gelés à ce moment-là.» Vraiment?Et il faut parcourir, sourire en coin, son hommage au producteur Pierre Lamy, hommage ayant peut-être provoqué depuis quelques belles chicanes de couple: «Pierre Lamy n’aurait jamais dû être producteur de cinéma.Toutes les qualités de base requises pour exercer ce métier lui faisaient cruellement défaut.D’abord c’est un homme honnête.Peut-on imaginer faiblesse plus accablante?» Et n'est-il pas vrai que l’on dit de Denys Arcand qu’il est l’un des cinéastes les plus brillants.mais aussi l’un des plus cyniques, de notre cinématographie?Visiblement, ça ne protège pas de certaines contradictions.Collaborateur du Devoir HORS CHAMP : ÉCRITS DIVERS, 1961-2005 Denys Arcand Boréal, coll.«Papiers collés» Montréal, 2005,193 pages « Le témoignage le plus puissant sur le Goulag depuis Soljénitsyne.» Rémy Kauffer, Historia + ^ *• ** f Tout sur la littérature et les auteurs québécois Abonnez-vous à Lettres québécoises le magazine de l’actualité littéraire depuis 1976 K et recevez en prime (valeur23$) Le cimetière des éléphants (roman) d Hélène Rioux S'abonner à Lettres québécoises, ç'est participer à la pérennité de notre littérature.Merci de nous encourager ! rk* éléphant.* 1 CRI ARON GABOR DE LA TAÏGA Preface de Stéphane Courtois -j fiMÎKrVNIM : ROCHER 1 an / 4 numéros INDIVIDU INSTITUTION Canada 25$ Canada 35$ Étranger 35$ Étranger 40$ 2 ans / 8 numéros INDIVIDU INSTITUTION ' Canada 45$ Canada 65$ Étranger 65 $ Étranger 75 $ 3 ans /12 numéros INDIVIDU INSTITUTION Canada 65$ Canada 95$ Étranger 95$ Étranger 110$ Les prfir yant toutes U*e$ comprises ENTREVUE :ÉUSETURC0nE Nom Adresse vae Code postal Tét Cou met G-joint O Visa O Mastercard r Erpire le Signature Date Un livre touchant, humain, où jamais Tauteur ne cède à la haine.Préfacé par Stéphane Courtois, spécialiste de l'histoire du communisme Le traducteur, Mathias Kolos, sera en séances de dédicaces le samedi 19 novembre, de 14 h à 16 h et le dimanche 20 novembre, de 14 h à 16 h EDriV INSDt ROCHER l es < niiiiiiimM'alioiis .!«*, \nn ( liaiii|»agiH‘ Retourner i : Lettres K • 38.95 S • 1781, rut Samt-Huten.Montré* ((Mbtcl H2L3Z1 Téléphone : 15141525.95.18 Télécopieur: (5141525.75.37 • Cournri: in»oplettreeque6eco«ei*xa • «rwwJettreeeuebecones^LC* SALON DU LIVRE DE MONTREAL - STAND 845 L’histoire au Salèn Jeudi le 17 novembre 14:3* Cnrrefomr Des auteurs ayant fréquenté la Librairie Tranquille échangent sur ce grand personnage.Animation: Gilles, Invités: Yves Gauthier, Yves Beaucbemin et Jean-Claude Germain Vendredi le IS move 2* JP «s Carraforar Le boxeur Eugène B rosse su était une véritable vedette dans les années 1915-1935.k une idole oubliée Jacques Lac ours iérr Invité: Gilles Janson Samedi le 19 nevembra 12:3# an Canwfanr Tous les seersts du monde du livre démystifiés.Dsnis Vaugeois Hervé Foulon I R I Samedi la 19 novembre 17:3# aa Carrafenr Le patrimoine religieux et la conservation de nos églises.Discussion sur la situation da notre patrimoiaa.Animation: André Champagne ÜP» Invités.Robert Derome, Madeleine Landry, Luck K.Moriaset et Luc Noppen Venez rencontrer nos auteurs $UméSU Pierre A Hli José Rei ('em ans de littérature yiddish et hébraïque au Ct Le Collecteur lever Dollard Im négation de la nation 'hartand Un pays pour un attire Un loup parmi let loups i n .) av.¦ r, Peu, fourrures, fléaux et fol foudroyèrent,,.En Cessna sous l’eau glaciale IOI recettes de cuisine de Ut chasse Histoire de l’Amérique latine L'Art sacré en Amérique française ni On s 'amuse à mort Monsieur Litre ici Marie-Catherine Peuerel Un boxeur gentilhomme Marcel Trahan Histoire populaire du Québec L'An sacré en Amérique française Rodioiphé Rt&sRédttÊ Augustin Norbert Morin soit' L'Odyssée de La Moeicet Saisons Attkameke saint Piern Jtnepb Ehéar Bernier Lê S&Utût ÎUmifttn Totêfos PMdWK# IffwUÉWéit IA SI ïiAllMN fil I A M l Min ON S'AMUSE A MO*7 Septen i Les Presses de l'Université de Montréal Les dictionnaires Larousse Genèse et évolution Sous la direction de Monique C.Cormier ef Aline Francœur Irt (JSctkmnaÉKi Lfloutx P*tit fe ta * r< Partir du bas de l’échelle Des pistes pour atteindre l’égalité sociale en matière de santé Ginette Paquet Paysages en perspective Sous la direction de Philippe Poullaouec-Gonidée, Gérald Domon et Sylvain Paquette Claire Martin Claire Martin Dans un gant de fer Édition critique par Patricia Smart Le temps aboli L’Occident et ses grands récits Thierry Hentsch tf TEMPS aM Raconter et mourir Aux sources narratives de l’imaginaire occidental Thierry Hentsch Histoire du livre et de l’imprimé au Canada, vol.Il De 1840 à 1918 Sous la direction de Yvan Lamonde, Patricia Fleming ef Fiona A.Black ; histoire du livre j ET DE UMERIMÊ S AU CANADA La religion dans la sphère publique Sous la direction de Solange Lefebvre Condamner à mort Les meurtres et la loi à l’écran Catherine Mavrikakis LE SAVGI R DES KVRB www.pum.umontreal.ca Le savoir des livres Sous I* direction de Benoît Melançon Université fUl de Montréal LE DEVOIR.LES SAMEDI 12 E M A \ C H E 13 NOVEMBRE 2 0 0 5 SALON DELIVRE Grandeur et misère du patrimoine religieux québécois STEPHANE BA1LLARGEON /'V uébec a déjà été le centre de ce Vd/coin du monde.Au milieu du X\TT siècle, quand François de Laval fut nommé vicaire apostolique de la Nouvelle-France, puis évêque, son diocèse incluait les trois quarts du continent nord-américain, y compris toutes les provinces actuelles de l’Atlantique, le territoire de Gaspé aux Grands Lacs, le pays des Illinois, la vallée.du Mississippi, jusqu’en Louisiane.A la fin du Régime français, l’évêque de Québec avait autorité sur un réseau d’une centaine de paroisses.Le cœur de cette galaxie religieuse se concentrait autour de la Côte-de-Beaupré, appartenant à la Seigneurie de Mïr de Laval, son mécène, puis à ses héritiers directs, les messieurs du Séminaire, qui enrichirent leur fief très catholique en utilisant les talents des meilleurs artisans de leur temps.Le beau livre de Madeleine Landry, une immunologue convertie en historienne de la médecine puis de l’art sacré, et du professeur d’histoire de l’art Robert Delorme, témoigne de cet François Baillairge, chaire de l’ancienne église de Sainte-Anne-de-Beaupré inestimable patrimoine.Pour rendre cet hommage, les deux fins limiers ont arpenté patiemment ce Lhasa du Tibet catholique, décrit les églises une à une, replacé chaque œuvre dans son cadre d’origine, reconstitué, pour la première fois, dans une sorte de musée imaginaire, des ensembles maintenant dispersés, muséifiés ou carrément disparus.Un travail de moine et d’esthète qui mérite un admiratif coup de chapeau! Prenons l’exemple de l’église de T Ange-Gardien en face de l’île d’Orléans.L’ouvrage rappelle qu’elle fut érigée en pierre par Tabbé François Fillon au XVII' siècle.Allongée, élargie, elle reçut un nouveau clocher et une nouvelle façade néoclassique au début du XIX siècle.Des travaux majeurs la modifièrent encore en 1875.Malheureusement, en 1932, l’église fut complètement ravagée par le feu; enfin, pas totalement, puisque des objets de culte, le tabernacle et deux magnifiques sculptures, entre autres, échappèrent au sinistre.Ces œuvres de Jacques Leblond de Latour (1671-1715), dont le célébrissime polychrome Saint Michel terrassant le dragon, sont maintenant intégrées à la collection du Musée national des beaux-arts.Le livre abondamment illustré révèle ou ressuscite des dizaines de trésors artistiques du genre dans une langue simple et belle.Au bout de l’inventaire, les auteurs synthétisent statisti-quement ce qu’ils ont appris t- >i xmam en fouillant «les ; * KV1 miettes d’un riche .» aaScrÆ passé».Ds notent par exemple que, sur les 144 objets de culte des quatre paroisses de la Côte-de-Beaupré, les deux tiers ont disparu alors qu’une cinquantaine sont conservés.Le cas de l’Ange-Gardien — encore lui — est encore plus troublant Dans la foulée de Vatican II, des curés iconoclastes dilapidèrent les biens de la paroisse, bradant 27 des trente pièces inventoriées quelques années plus tôt, dont six chandeliers et un calice de François Ranvoyzé.Les pour- Michel Dorigny, L’Annonciation, huile sur toile, Saint-Michel-de-Sillery, 230 x 230 cm.suites entamées en 1973 par la fabrique contre le curé et les collectionneurs ont fait date.Un jugement de 1980 établissait clairement que la fabrique demeure le seul propriétaire des biens paroissiaux et que le curé ne peut aliéner ces biens.Tous furent récupérés, sauf un ciboire vendu à un musée américain.Quel avenir pour le patrimoine religieux?L’affaire se répète ad nauseam depuis.Seulement les défenseurs du patrimoine s’organisent de plus en plus pour tenter de baliser la grande braderie, comme le prouvent les enquêtes et les campagnes de sensibilisation sur le sujet, comme la récente levée de boucliers pour protéger le carmel de Montréal.L’ouvrage dirigé par Laurier Turgeon rassemble 41 communications livrées à l’un de ces événements, le colloque sur l’avenir du patrimoine religieux du Québec organisé dans la Capitale nationale il y a tout juste un an, du 12 au 14 novembre.Les présentations ont souvent été revues et corrigées pour la publication, mais certaines conservent encore des traces des communications orales.Le patrimoine religieux québécois se retrouve au seuil de la plus grande crise de son histoire.Il existe maintenant environ 2800 lieux de culte de toutes traditions sur le territoire provincial, dont environ 2000 d’obédience catholique.Plusieurs spécialistes évaluent que 40 % de ces bâtiments sacrés jouissent d’une «forte valeur patrimoniale».Plusieurs de ce lot exceptionnel remontent à l’époque coloniale française ou anglaise.Seulement, la sécularisation croissante de la société et le manque de vocation vont entraîner une désertion presque totale de ces lieux et forcer la société à leur trouver de nouvelles vocations.Les chiffres cités dès l’introduction du volume savant témoignent de cette mutation fondamentale.De 1995 à 2003,135 paroisses ont fusionné et le parc national compte déjà 453 églises et chapelles désaffectées; le nombre de prêtres québécois a diminué du quart et la moyenne d’âge des célébrants toujours actifs dépasse les 65 ans.Le vieillissement frappe encore plus les congrégations féminines, dont certaines sont ap- 0 ans et toutes H ¦ # LA SODEP AFFICHE SES COULEURS ! VENEZ DÉCOUVRIR LES REVUES CULTURELLES AU SALON DU LIVRE DE MONTRÉAL DU 17 AU 21 NOVEMBRE 2005 cpOÉP socirrt oc DévnopptirtNT US PtAlOOIQUCS miURf IS QUtMCOIS Venez rencontrer les auteurs des Éditions Trois-Pistolesi J1 au Salon du livre de Montréal;^* stand 951 (ADP) Consultez le guide officiel pour connaître l’horaire Hoc côanroc Ho HôHipoooc Salon du livre de Montréal Venez rencontrer les auteurs d’XYZ éditeur au Salon du livre de Montréal Noël Audet • François Barcelo.Yves Boisvert • lacques Cardinal • Roch Carrier Daniel Castillo Durante.Normand Cazelais • Danielle Dubé • Serge Gauthier • Bertrand Gervais Hélène Guy.Sergio Kokis • Francine Legaré Véronique Marcotte • Felicia Mihali • Yvon Paré Anne Brigitte Renaud.Hélène Rioux Martyne Rondeau • Bruno Roy • Gustavo Sainz George Szanto • Denis Thériault Yolande Viilemaire 46 REVINS Stand Dimedia: 511 XYZ éditeur.1781.rue Saint-Hubert.Montréal (Québec) H2L 3Z1 Tétéfihone : ($14) S35-31*7° * Téiécoi .525.75.3^ Courriel info^xyzedit.qc.ca • www.xvzedit.qc.ca pelées a disparaître a breve échéance.Les Augustines, fondatrices du premier hôpital de la Nouvelle-France, ne sont plus que 58, presque toutes octogénaires.Aucune solution ne suscite l’unanimité.Pour les religieux ayant participé au colloque, l’église est un lieu de culte doublé d’un pôle socioculturel.Pour certains chercheurs, dont les professeurs de l’UQAM Luc Noppen et Lucie K.Morrisset, ces biens culturels doivent être nationalisés, cette «forme d’expropriation» étant justifiée par «l’intérêt collectif».Comme ils l’ont fait devant la Commission de la culture sur l’avenir du patrimoine religieux, Noppen et Morrisset proposent de vendre 60 % des lieux les moins intéressants pour soutenir la conservation des 40 % restants.Une autre professeure, Tania Martin, rattachée à l’Université Laval, ne croit pas à de telles solutions radicales et générales.Elle propose plutôt une approche au cas par cas, au ras des collectivités, pour requalifier les propriétés ecclésiastiques.De toute manière, sur le terrain, des solutions germent et s’épanouissent.Les colloqueux, dont certains venus de l’étranger, ont partagé leurs expériences aussi diverses que fascinantes.Une spécialiste des reconversions dans la région Nord-Pas-de-Calais en France, a constaté que les élus font beaucoup d’efforts pour conserver une vocation sociale aux anciens lieux de culte, par exemple en les transformant en centres communautaires ou en lieux d’exposition.Même l’encan-teur legor de Saint Hipolyte, propriétaire d’une ancienne église dans le quartier Saint-Henri de Montréal, dit multiplier les activités culturelles dans sa maison pour ne pas l’associer à des activités strictement commerciales.Le «recyclage» doit s’arrimer aux transformations sociales.Examinant les «passages fluides» et somme toute positifs du cultuel au De 1995 à 2003, 135 paroisses ont fusionné et le parc national compte déjà 453 églises et chapelles désaffectées culturel en F rance, aujourd'hui, Dominique Ponnau.conservateur général du Patrimoine de France, souligne que les ratés du modèle d'intégration à la française, celui qui s'affiche cruellement depuis deux semaines dans les banlieues parisiennes, aura probablement des conséquences jusque sur les rapports au patrimoine.«Le modèle français d’intégration ne fonctionne plus guère, écrit-il dans un texte aussi sensible que brillant.Et l’art?Et les trésors architecturaux, les trésors muséaux.les trésors musicaux?J’ai longtemps proclamé et je proclame encore la vertu conciliatrice de l’art.Mais je sais qu’il faut là aussi être prudent.Quand la directrice des services culturels du Musée national du Moyen Age — Thermes de Cluny — demande à notre groupe: “Que faire quand les enfants refusent qu’on leur présente des objets chrétiens et refusent d'entrer dans l’ancienne chapelle, pourtant désaffectée, des abbà de Cluny?", la réponse qui lui est faite est: “Vous devez l’exiger.C’est au programme et, d’ailleurs, c’est la loi." Je doute que cette affirmation légaliste lui soit d’une aide puissante!.» Le Devoir L’ART SACRÉ EN AMÉRIQUE FRANÇAISE Le trésor de L4 Côte-de-Beaupré Madeleine Landry et Robert Delorme Septentrion Québec, 2005,207 pages LE PATRIMOINE RELIGIEUX DU QUÉBEC: ENTRE LE CULTUEL ET LE CULTUREL Sous la direction de Laurier Turgeon Presses de l’Université Laval Québec, 2005,558 pages SIGNE î PLAMONDON Les 300 plus belles chansons du plus grand de nos paroliers Venez rencontrer Luc Plamondon au Salon du livre de Montréal stand 524 - Lanctôt éditeur le samedi 19 et le dimanche 20 novembre de 15 h à 17 h et de 19 h à 21 h L«>k C'oimmihif.ilions Jo Ann Champagne TéL : (514) 354-2043 • comjo@sympatico.ca EN VENTE DANS TOUTES LES BONNES LIBRAIRIES LA REVOLUTION DE DIEU BENOÎT XVI A REVOL! T10\ DE DIEU 128 pages * 22,95 $ C’est seulement de Dieu que vient la véritable révolution, le changement décisif du monde MÉDIASPAUL En vente chez votre libraire www.mediaspaul.qc.ca POSHW ; MORDECM l RICHIER Iconoclaste, révolté, Mordecai Richler a été le mal-aimé de la communauté juive tout autant que de celle des Québécois.Il fut aussi l’un des plus grands écrivains canadiens.Michael Posner Mordecai Richler Le dernier des francs-tireurs Traduit de l'anglais par Hélène Rioux entretiens 312 p., 25$ XYZ éditeur • 1781, rue Saint-Hubert, Montréal (Quebec) H2I 3Z1 Téléphone: (514) S2S 21.70-Télécopieur; (514) 525.75.37 Courriel.mfo®xv»dit.tjC.ca-www.xyredi1, AJ»r AU Quégec: H V Né ni' U* I, >1' Une brève hisuriri* du Canida Jean Haulu SINGES ET GRANDS SINGES F I D E S www.editionsfides.corr) 274 pages - 5j Jorigint, HMH) Robert Richard (I.'fmotim ampérmu, Varia) Christian Saint-Germain (AmT* Bbus, Boitai) LANCEMENTS SPIRALE ttovtmbrc-dcccmhrc 2005 La disparition (sous ta direction d’Emmanuelle Tremblay et Danielle Fournier) Éthique à Giroflée de Christian Saint-Germain (« Nouveaux Essais Spirale », Editions Nota bene) INVITATION CORDIALE ¦ /-LIBRAIRIE icR: 5219, Côte-des~Netges (métro Côte-dos Neiges) Téléphone : (514) 739-3639 Pour information : Stéphan Gibeault Téfcphon* : (514) 934 S6S1 • courrwl : spir«ilemaga*me^yahoo.com A Les médias Le mot «média» est très vague, ambigu.Il peut recouvrir différentes réalités, dont au premier chef la presse écrite et la télévision, qui sont deux médias totalement différents.Pour tenter d’y voir clair, Rémy Rieffel qui enseigne la sociologie des médias à l’université Paris II, vient de publier Que sont les médias?, un ouvrage qui se propose de reprendre la définition de ce qu’est un média et d’analyser à la fois la production, le contenu et la réception des messages médiatiques.L’ouvrage, qui utilise souvent des exemples concrets tirés de l’actualité (exemples pour la plupart français et américains), explore également les relations complexes entre les médias et le politique, ainsi que les relations entre les médias et la culture, voulant montrer comment le monde de la culture est maintenant sous l’emprise complète de celui des médias.Rieffel conclut que les médias exercent une influence sur le climat de l’opinion, peuvent ensuite agir sur la perception et sur la représentation des enjeux du moment, et peuvent peser sur la hiérarchisation des problèmes, ainsi que sur leur amplification ou leur simplification.Selon l’auteur, les médias peuvent égale- Rémy Rieffel Que sont les médias?ment influer sur la consécration de certaines personnalités, tout comme ils peuvent avoir un impact sur les formes de sociabilité et sur les formes d'apprentissages sociaux.Le Devoir QUE SONT LES MÉDIAS?Rémy Rieffel Folio Actuel Paris, 2005,540 pages Vient de paraître nererand bsilUrgta» petit cours d'autodéfense intellectuelle Normand Baiilargeon Petit cours d'autodéfense intellectuelle Illustrations de Chmb 344 pages 18,755 Louis Gill George Orwell, de la guerre civile espagnole à 1984 TDII DOIT DISFmÎTKS m 175 pages 13,95$ Gaétan Breton Tout doit disparaître Partenaràls pubk-pnvé et Üquidofton des sendees publics 144 pages 12,95$ LUX www.luxediteur.com Salon du livre de Montréal - kiosque 330 écosociété 0 Passez nous voir au Salon STAND 673 SÉANCES DE SIGNATURES * Françoise David Bien commun recherché Une option citoyenne - Dimanche 20 nov.: 13 h à 15 h Laure NA/aride! Acheter, c'est voter et Lenvers de l'assiette - Jeudi 17 nov.: 19hà20h Entretien de Laurent Laplante avec Laure Waridel - Place Archambault, 20h à 21 h 1 ¦ ue Bo L’ABC de la simplicité volontaire - Jeudi 17 nov.: - Vendredi 18 nov.: - Samedi 19 nov.: - Dimanche 20 nov.: 19h à 21 h 18h à 20H30 13H30 à 16h et 18h30à20h30 13 h 30 à 16h30 I Serge Mongeau Non, je n'accepte pas Autobiographie, tome I (1937-1979) - Vendredi 18 nov.: 14h à 17h et 19h à 21 h - Samedi 19 nov.: 10H à 12h, 14h à 17h et19h à 21 h - Dimanche 20 nov.: 12hà17h Repenser l'action politique de gauche - Vendredi 18 nov.: 16h à 18h et 19h à 21h - Samedi 19 nov.: 13h à 15h et 18h à 20h - Dimanche 20 nov.: 11hà13h LE DEVOIR, LES SAMEDI 12 ET DIMANCHE 13 NOVEMBRE 2 0 0 S F 23 SALON DU LIV LOUIS CORNELLIER Après Marie Brazeau - Femme en Nouvelle-France et L’Allemande - La scandaleuse histoire d'une fille du Roi, 1657-1722, qui nous plongeaient au cœur du quotidien de la Nouvelle-France, le généalogiste Rémi Tougas nous amène sur les traces d’un jeune militaire cana-dien-français mort au champ d’honneur le 15 août 1917.Stanislas Tougas, 1896-1917 -Un des plus grands coeurs du 22 Bataillon raconte, en effet, l’histoire du «premier Tougas canadien à 'fouler la terre ancestrale depuis la ¦venue de Guillaume à la fin du XVII' siècle».Enrôlé volontaire en ¦ octobre 1914 à l’âge de 18 ans, le jeune Tougas trouvera, au sein du «Royal canadien-français» qui deviendra le 22" Bataillon, la vie communautaire dont les aléas de la vie J’ont privé.D connaîtra l’entraînement militaire aux casernes de Saint-Jean et, ensuite, d'Amherst en Nouvelle-Ecosse, avant lp grande traversée en mai 1915.A la manière des propagandistes de l’époque, Rémi „Tougas, pour décrire l’événement, joue la carte patriotique: «Quels foments exaltants pour ces cœurs 'de 18 ou 20 ans! Le Canada français a les yeux braqués sur eux, quelle responsabilité! Le 22 est le premier et encore le seul bataillon canadien-français de toutes les armées de l'empire britannique à servir outre-mer» Et ces jeunes hommes assumeront leur responsabilité avec panache.Dans les tranchées de Belgique et de France, ils résisteront avec courage aux assauts allemands et participeront aux grandes batailles de Courcelette, de Vimy et de la Cote 70.Devenu ; éclaireur, un des métiers les plus périlleux du bataillon, le soldat Stanislas Tougas contribuera à ces hauts faits d’armes avant d’y laisser sa vie.Admiratif devant ces jeunes Canadiens français de qui on exigeait beaucoup sans leur donner les moyens nécessaires, Rémi Tougas a voulu que l’histoire retienne ces anonymes qui, dans HISTOIRE Un cœur vaillant au 22e Régiment ARCHIVES PRESSE CANADIENNE Soldats canadiens en France lors de la guerre de 14-18.l’adversité — plusieurs de leurs compatriotes s'opposaient à cette guerre perçue comme impériale et le champ de bataille était un enfer —, ont contribué «de leur sang à façonner le Canada moderne.Le Canada entre dans la Grande Guerre 1914-1918 une colonie et en sort une ‘‘nation”, nation qui participe de plein droit à la Conférence de Versailles, qui doit donner lieu aux accords de paix».Historien amateur et généalogiste chevronné, Rémi Tougas n’est pas un grand styliste et ses ouvrages, en ce sens, manquent un peu d'éclat Es restent cela dit des documents historiographiques solides, instructifs et surtout, sympathiques qui nous rappellent que l'histoire vivante appartient à tous.Et tous les autres «De tous ceux qui se joignirent au Corps expéditionnaire, aucun n ’aurait pu prévoir l’épreuve que constituait la montée au front, la terreur des bombardements, la peur de sortir des tranchées, la douleur d’un “blighty” ou la sauvagerie abrutissante de l’état de prisonnier de guerre», écrit le grand historien militaire canadien-anglais Desmond Morton dans Billet pour le front, une remarquable «histoire sociale des volontaires canadiens (1914-1919)».Comme Rémi Tougas, Morton a voulu, dans cet ouvrage, mettre en lumière l’expérience indivi-dueUe de ces soldats la plupart du temps noyés dans des actions de masse puisque «les guerrçs sont des phénomènes collectifs».A la différence de Tougas, toutefois, Morton ratisse très large et présente un portrait d’ensemble marqué au sceau du professionnalisme.On ne rencontrera pas Stanislas Tougas dans Billet pour le front puisque Morton a essentiellement travaillé avec des sources anglophones.En introduction, toutefois, l’historien tient à souligner la contribution canadienne-française «aux réussites et à la gloire du corps de l’armée canadienne de 1915-1919» et le courage des soldats québécois, «reconnu par tous, sauf par leur propre peuple».Cette triste situation, reconnaît-il toutefois, est en voie d’être corrigée depuis une dizaine d’années.Les soldats canadiens n'appartiennent peut-être pas à la prestigieuse categorie de principaux protagonistes du conflit de 1914-18, mais ils ont néanmoins créé, pendant ces années, à partir de presque rien, «une des meilleures petites armées du monde» qui.ajoute l’historien, «contribua à raccourcir d’un an une terrible guerre».Auusi, fidèle en cela au précepte de l’histoire sociale.Morton s'intéresse moins, ici, aux grands événements qui ont marqué l’évolution du conflit qu'à l'expérience concrète des milliers d'anonymes qui les ont animés et vécus.A partir de journaux intimes, de lettres et de réminiscences, il tente d’apporter réponses aux questions suivantes: qui étaient ces volontaires?Pourquoi se sont-ils enrôlés?Quels rapports entretenaient-ils avec leurs officiers?Comment ont-ils vécu l’expérience du champ de bataille, des blessures, de l’emprisonnement?Comment sont-ils parvenus à supporter l’épreuve, à s’adapter à l’évolution militaire du conflit (armement, tactique), à vaincre et, enfin, à réintégrer la vie chile?Jamais, à ma connaissance, un ouvrage publié en français n’est allé aussi loin dans l’exploration de cette expérience de la Première Guerre mondiale telle que vécue par les engagés volontaires canadiens.Bellement rédigé (et traduit), extrêmement riche sur le plan des sources, généreux et empathique à l'égard de ces compatriotes du champ d’honneur qui n’ont pas toujours obtenu la reconnaissance méritée, Billet pour le front est un joyau de l’histoire militaire canadienne.Collaborateur du Devoir louiscornellierÇdparroinfo.net STANISLAS TOUGAS 1896-1917 Un des plus grands cœurs du 22' Bataillon BILLET POUR LE FRONT Histoire soclale des volontaires canadiens (1914-1919) Desmond Morton Traduit de l’anglais par IVrre R Desrosiers Athéna Montreal.2005,352 pages On peut le dire sans hésitation Guillaume Couture, interprète et aventurier, fut une figure ma|eure des débuts de la colonie en Nouvelle-France COUTURE t Pierre Couture Guillaume Couture Le roturier bâtisseur récit biographique 164 p., 16 S Rémi Tougas Septentrion Sillery, 2005,232 pages XYZ éditeur* 1781, rue S^int-Hubert, Montréal (Québec) H^L 3Z1 Téléphone; (Aiti) 525.21.70• Télécopieur; (51/U 525.75,37 Courriel : infoCDxy/edit.qe.ca < www.xy7edil.qc.ra STAND 482 EDITIONS HURTUBISE HMH STAND 482 •! U Ê rS Ut JJ £û "JL D O’ Z) O ISI Q£ — < U Salon du livre de Montréal "SSSf&r ; RUSHES 3 m 18.95 $ JAMS LOCAS Samedi 19 novembre : 17 h Dimanche 20 novembre : 14 h Saint-Laurent •• Grands Lacs IVm ( .«nu 69,95 S PIERRE CAM U Vendredi 18 novembre : 20 h » t , H-*'* & * M m m 22.95 s MARIE-CLAUDE GAGNON Dimanche 20 novembre : 17 h 24,95 S MAURICE CUSSON 22,95 » MARYSE LATENDRESSE Samedi 19 novembre : 17 h .- mS-> y .- .¦ '¦ 29,95 * MAURIZIO GATTI Dimanche 20 novembre : 13 h Dimanche 20 novembre : 18 h HMH www.hurtubisehmh.com L/1 < c Kniretl**)» av*o troiu n^mnio d* 1» chanson iranyaise i Samedi 19 novembre : 18 h S 19,9s $ Urtruti or,i, av'tc qui» 4 r».' philosophes ' r .m "'i', 21,95 * 0£ =C e* Kattan |c regarde les femmes 34,95 t NAÏM KATTAN Dimanche 20 novembre : 18 h CARTE BLANCHE au Salon du livre RISQUEZ DE VIVRE ;\£ Diane Corriveau RISQUEZ DE VIVRE: ÉVITEZ DE MOURIR Essai philosophique ?Petit guide spirituel ?Ouvrage psychologique?Risquez de vivre .évitez de mourir est tout cela à la fois, mais, d'abord et surtout, c’est un précieux outil pour tous ceux et toutes celles qui sont en quête du bonheur.Animation: vendredi 18 novembre, I2h25, à l’Agora Signatures: vendredi 18 novembre à I3h 15,samedi 19 novembre à 13 h et lundi 21 novembre à 15 h.184 pages .24,95$ Normande Élie UNE LIBELLULE SUR UN ÉLÉPHANT Une fable fantaisiste, une critique subtile de la société de surconsommation.128 pages • 19,95$ ESCALE À SANMAUR En 1961, Geneviève vient s'installer avec son enfant à Sanmaur, petit village de la Haute-Mauricie où elle refera sa vie, pour le meilleur et pour le pire.248 pages • 24,95$ \ NM AU R Pierrette Raymond DE L’INCONVÉNIENT D’ÊTRE UN OISEAU SEUL DANS UNE CAGE Poésies «Mais la tristesse n'a pas qu’une seule façon d’être.La tristesse a de multiples facettes.Elle est souvent femme seule et pas très belle.» Avec 4 dessins de l’auteure 142 pages • 19,95$ Anne-Marie V.St-Laurent LA DERNIÈRE ENVOLÉE La dernière envolée est le troisième et dernier volet de la trilogie Le manuscrit de ma mère, une saga familiale bouleversante qui se déroule tout au long du XX' siècle.248 pages • 24,95$ Amie-Matie \ ‘iMxnro't I u dernière emolée ft .¦ I 1 \ 1 OIUKIUMCMI DITUIS ADAM n m Robert Lortie DEPUIS ADAM ET ÈVE Le grand malentendu Une réflexion sur les religions et le sentiment du sacré chez l’humain, qui écorche au passage certaines croyances fondamentalistes, remet en question plus d’un précepte et déboule quelques idoles! 162 pages • 24,95$ Signatures: vendredi 18 novembre à I6h Pierre Beaudin OUI JE FUME, MAIS PLUS TARD! Une méthode révolutionnaire pour ceux et celles qui envisagent l’arrêt du tabac.Une prise de conscience mariée à une bonne dose d’indulgence et d’amour envers soi-même, la réponse douce à une rupture violente et traumatisante.136 pages • 16.95$ Signatures: samedi 19 novembre à 11 h et lundi 21 novembre à 3h mane beaudin Ou JE FUME, PLUS TARD! CMi« Nk-v LA FENTE LABIALE OU PALATINE Claire Chapados LA FENTE LABIALE OU PALATINE La fente labiale, palatine ou labio-palatine est une malformation congénitale qui affecte un bébé sur 700 dans les pays industrialisés.Ce livre apporte des réponses aux nombreuses interrogations des parents d’enfants nés avec cette anomalie.150 pages • 16,95$ Gertrude Giroux MÉDITER COMME JÉSUS Une centaine de meditations basées sur des etudes bibliques qui permettent de faire directement l’expérience du Mystère intérieur comme le maître de Nazareth.Par l’auteure de La spiritualité de Jésus perdue et retrouvée.M h nm: r v'OMMf JF.SU S 230 pages • 24,95$ Service complet d'édition www.carteblanche.qc.ca Les éditions CARTE ¦ Stand FIDES • 173 I F 24 LE DEVOIR.LES SAMEDI 12 ET D I AI A 3î C HE 13 S 0 V E M B R E 2 0 0 5 SALON DU LIVRE BIOGRAPHIE Une femme au cœur du siècle CHRISTIAN RIOUX Paris — Fasciné par l’œuvre de Hannah Arendt j’avais peur de lire la biographie de la philosophe allemande.Peur que la banalité de la vie quotidienne, des amourettes, des mariages, des divorces et des petites haines ordinaires ne vienne diluer la luminosité d’une œuvre qui n’a pas d’équivalent au XX' siècle.J’étais convaincu que la pensée d’Arendt qui fut la première à concevoir le totalitarisme comme un produit de la modernité, se tenait debout seule face au siècle et qu’eUe n’avait besoin d’aucune béquille.Surtout pas d’être expliquée par la vie privée d’une femme qui ne pouvait guère être très différente de la vie privée de toutes les autres femmes.J’avais pourtant tort.D’abord parce que la rie de cette philosophe atypique s’avère extraordinaire à plusieurs égards.Ensuite parce que Laure Adler, qui signe Dans les pas de Hannah Arendt, évite le travers qui consisterait à psychanalyser l’auteure.La biographe se met humblement dans les traces de la philosophe allemande, relatant avec brio une vie qui se confond avec le siècle.Tout au long de ces 644 pages, on demeure fasciné de découvrir une femme qui se retrouve par sa force et sa détermination au cœur de tous les grands débats de son temps.Il n’est pas inutile de savoir en effet que Hannah Arendt a grandi dans une famille juive libérale à Kbnig-sberg, une ville de la Prusse orientale qui sera annexée par l’URSS et demeure aujourd’hui encore une enclave russe coincée entre la Pologne et la Lituanie.Hannah ne pourra jamais revoir la ville de son entance et de son adolescence.Très tôt sa vie sera une fuite perpétuelle.Avant de se retrouver dans un camp d’internement français, puis réfugiée aux Etats-Unis, sa jeunesse la mène aux quatre coins de l'Allemagne, où elle étudie avec Edmond Husserl, Karl Jasper et Martin Heidegger.Elle entretiendra avec ce dernier une longue et tumultueuse liaison malgré l’adhésion du philosophe de l’Université de Marbourg au national-socialisme.L’énigme de cette liaison est évidemment au cœur du livre.Laure Adler montre avec délicatesse comment, profondément révoltée par l’antisémitisme de Heidegger, la philosophe juive restera longtemps devant lui cette jeune tille de 18 ans qui tomba un beau matin amoureuse de son maître.Comme quoi les plus grandes idées ne viennent pas à bout de tous les mystères.Emmanuel Kant disait que le premier devoir des philosophes est d’être consequent.Peu d’entre eux ., AGENCE FRANCE-PRESSE La journaliste Laure Adler se met humblement sur les traces de la philosophe allemande Hannah Arendt.le seront avec autant de courage que Hannah Arendt.«Penser, c’est s'exposer», disait-elle.Chaque fois, le combat des idées prend chez elle le sens d’un engagement personnel.Mais la philosophe a le don d’être à la pointe de la critique tout en cultivant une forme d’acceptation de soi et du monde qui fascine.Contraire ment à Sartre et aux idéologues marxistes qui croyaient pouvoir se réinventer des pieds à la tête pour retomber aussitôt dans les lieux communs de l’idéologie, Hannah Arendt ne semble pas en révolte contre certaines données de sa condition.Comme Camus avait une mère, Hannah Arendt sait qu’elle est à la fois juive et femme.Tout conune elle sait que la justice se conquiert dans le présent, loin des lendemains qui chantent Lucidité Le récit de Laure Adler illustre l’incroyable lucidité de cette femme qui identitie rapidement les idéologies comme le mal de son siècle.Avec Raymond Aron, elle est une des rares à prendre le nazisme au sérieux et à commencer à penser l’impensable.Dès les années 30, elle organise à Berlin des débats sur Mein Kampf.Même si la plupart de ses amis (et son mari) sont marxistes, elle décèlera rite dans le communisme une autre pensée totalitaire où la marche de l’histoire et la lutte des classes ont simplement Publiez votre livre! www.carteblanche.qc.ca Les éditions Carte blanche K Depuis 1985, XYZ.La revue de la nouvelle offre à ses lecteurs des textes inédits de nouvelliers reconnus ou des plus prometteurs.Abonnez-vous à XYZ.La revue de la nouvelle et recevez en prime (valeur ?3 î] Un cheval métaphysique (nouvelles] de Jean Pelchat 1 AN/4 NUMÉROS INDIVIDU INSTITUTION Canada 25 $ Canada 35 S Étranger 35 S Étranger 40 S 2 ans / 8 numéros niotji INDIVIDU Canada 4S$ Étr anger 85 $ INSTITUTION Canada 65 S Étranger 75$ 3 ans /12 numéros INDIVIDU INSTITUTION Canada65$ Canada 95$ Étranger 95 $ Étranger 110 $ Les prix sont toutes taxes comprises remplacé l’idée de la sélection naturelle (empruntée à Darwin).Spécialiste de Marx, elle conclut, après avoir voulu lui consacrer un livre, qu «il ne s’intéresse ni à la liberté ni à la justice».Un demi-siècle plus tard, ces analyses n’ont rien perdu de leur pertinence et même la popularité récente d’Arendt dans l’édition française ne saurait la faire oublier.Compagnon de route du sionisme, elle en sera une des critiques les plus avisées et les plus virulentes, défendant les droits des Palestiniens, le dialogue eptre les peuples et la création d’un Etat multinational, sur le modèle du Bénélux.Aux Etats-Unis, elle combattra le maccarthysme sans tomber dans l’antiaméricanisme.Car l’Amérique demeure pour elle une terre constitutionnellement rétive au totalitarisme, où la liberté d’opinion est mieux garantie que n’importe où ailleurs.Sa passion et son goût pour la polémique la mèneront souvent à exagérer, juge Laure Adler, comme dans sa «couverture» du procès d’Eichmann à Jérusalem pour le New Yorker.Mais ses déclarations provocantes sur la passivité du peuple juif devant l’Holocauste pèsent probablement moins lourd aujourd’hui que la justesse de ses propos annonçant «la possibilité [.] que des crimes similaires puissent être commis à l’avenir».Avec son premier mari, Gunther Anders, Arendt sera aussi parmi les premiers à penser la «société de masse», dans laquelle la culture se transfonne en loisir et où l’on tente de «persuader les masses ^« Hamlet peut être auçsi divertissant que My Fair Lady».A l’aube de la révolution culturelle des années 60, celle qui a pourtant grandi dans les premières écoles libres d’Allemagne ose affirmer que l’éducation et l’école ne sauraient être que conservatrices.Question sans réponse En refermant cette biographie en tonne d’enquête, une question demeure à laquelle l’auteure ne répondra pas.Est-ce parce que Hannah y^endt était une femme qu’elle parvient non seulement à sonder les entrailles du mal mais aussi à conserver cette espérance dans l’humanité et son éternel recommencement?«Ce commencement, écrit-elle, est garanti par chaque nouvelle naissance: il est, en vérité, chaque homme.» D’où son aversion pour le suicide et son admiration deyant le christianisme.A l’heure où idéologues de gauche et néolibéraux s’affrontent en Occident, l’œuvre de Hannah Arendt est plus que jamais une exigence.Non pas parce qu’elle offre une «vision du monde», ce que la philosophe a toujours récusé.Mais parce qu’elle demeure un antidote contre toutes les idéologies et une inspiration pour simplement «penser ce que nous Juisons», et peut-être même penser l’homme sans en détruire totalement le mystère.Collaborateur du Devoir DANS LES PAS DE HANNAH ARENDT Laure Adler Gallimard Paris, 2005,644 pages Laure Adler G«liimnrd entre les lipes l* mjgaiin* sut I* ptaliir d» lire {J Le plaisir de lire à pleines pages N° 84 Visitez notre site Internet: www.xyzedit.qc.ca/Fr/revue.asp Nom Adresse ; Ville Code postal Tél.Courriel i Ci-joint O Chèque O Visa O Mastercard N*‘ Expire le Signature Date K d SALON DU LIVRE DE MONTRÉAL KIOSQUE 1010 Abonnement en ligne : www.entreleslignes.ca Bulletin d'abonnement Remplir et retourner à : Les éditions Entre la lignes Téléphone-514,326 2620 2177, rue Messon, bweeu 411, Montréal (Québec) H2H1B1 Télécopieur : 514.526,4111 -J Oui, )e m abonne au magazine Entre les Sgnes.?Oui.j'abonne unie) de mes an»(e)s au magazine Entre les lignes.Cadeau de _____________________________ j# : Q 4 numéros/I an : 20,00 5 e-tt = 23,00 $ (institutions : 22.00 5 + tx = 25J0 S) ü 8 numéros 11 ans : 35,00 S + tx = 40,25 5 (institutions : 40,00 5 + tx = 46,00 S) Nom: ‘dresse Ville Téfres.: Coumei.Prénom: .Province _______ ________Tél.bur, Code postal RETOURNER À : XYZ.La revue de la nouvelle 1781.rue Saint-Hubert.Montréal (Québét) H2L 321 Téléphone [514) S2S.21.70 • Télécopieur: |514( 52S.75.37 Courriel : info9xy7édit.qc.ca.www.xvzedit.qc.cwTr/revue asp Mode de paiement ?Chégue ou mandai a (ordre de.lis e&xm Entre les Igné QVisa ?MasterCard N5 carte de crédit____________________________________________________________ Date S expiration_______________________ .Date K Signature ymmammem LE DEVOIR.LES SAMEDI 12 ET DIMANCHE 13 NOVEMBRE 2 0 0 5 F 25 SALON DU LIVRE PHILOSOPHIE Dans l’atelier de Hannah Arendt Présenté dans son intégralité, ce journal est qu’Arendt ne destinait pas d’abord un instrument de travail à la publication .GEORGES LEROUX Hannah Arendt est décédée le 4 décembre 1975, à lage de IsDixante-neuf ans.Parmi ses pa-* pjers se trouvait, étalé sur presque - laute sa vie d’écrivain, le manuscrit dim journal quelle avait intitulé en aHemand Denktagebuch.Tenu de • maniéré régulière à partir de 1950, ayec des interruptions et des périodes de moindre constance, ce journal est réparti en vingt-huit cahiers rédigés dans sa langue maternelle.Quelques rares passages sont inscrits en anglais.Pendant vingt ans, ces cahiers, qui avaient été confiés par son amie Lotte Kohler aux Archives de Marbach, ne furent connus que de quelques personnes: d’abord d'Ursula Ludz et ensuite d’Ingeborg Nordmann, qui entreprirent de les éditer à partir de 1995.L’édition allemande, parue en 2002, est traduite, admirablement par Sylvie Courtine-Dena-my, biographe d’Arendt et traductrice fidèle de plusieurs de ses ouvrages.C’est peu de dire que cette publication est un événement Présenté dans son intégralité, ce journal est d’abord un instrument de travail qu’Arendt ne destinait pas à la publication.Les entrées, rédigées dans une écriture qui montre à la fois beaucoup d’assurance et une pratique très audacieuse du risque dans la réflexion, représentent pour la plupart une réflexion mise en marche par un texte de la tradition.Même si un grand nombre de ces notices présentent des extraits de lectures, aucun n’est intégré comme s'il s'agissait d'un simple répertoire ou d'une anthologie: chaque texte est inséré dans un questionnement dont les lecteurs d'Arendt, attentifs à l'élaboration de sa pensée, pourront retrouver l’écho dans ses livres.Ce serait cependant dénaturer la contribution de ce journal que de le concevoir comme un laboratoire de matériaux préliminaires: la décision de le publier résulte d'abord de la nécessité de le considérer comme une œuvre, même si Arendt ne l’a pas rédigé sur cet horizon.Dès qu’on accepte de le considérer en lui-même, on se retrouve devant un texte autonome, marqué d’abord par une éthique exemplaire du travail intellectuel L’ascèse de la pensée Tenir un journal de sa pensée, c’était pour Arendt mettre à ¦l'épreuve la capacité de recourir encore, dans une situation d’impasse du marxisme et de la phénoménologie, au matériau historique de la philosophie.Ce journal recense en effet un effort sans précédent de confrontation, fait à la fois de labeur intense et d’inquiétude confinant parfois à la détresse, avec l'histoire de la pensée: d’abord Platon, ensuite Kant — à qui un cahier complet est consacré —, Marx et Heidegger.Arendt ne cesse de revenir sur une question qui semble la hanter du début à la fin: qu’est-ce que penser?Dans un contexte où la philosophie semble avoir failli, celui du système totalitaire dont elle venait de terminer Hannah Arendt l’étude, ce journal est d'abord la recherche d'une autre pensée, une pensée capable de reprendre à son origine la question du politique — et de là l'importance de la source grecque, citée dans le texte et méticuleusement analysée — et de nourrir sa réflexion sur les formes de la vie.C’est ainsi que deux pôles se dessinent d’une part une lecture critique de la tradition du point de vue de la violence, de l'histoire, du temps; d’autre part, un ensemble de notices d'allure plus ARCHIVES I F DEVOIR existentielle sur l’abandon, la reconnaissance, l'amour et l’amitié.Ces cahiers ne présentent pratiquement aucune indication de nature intime, il s’agit exclusivement du travail de la pensée.Arendt concevait la pensée comme un exercice en soi de la pluralité, dont la fonne parfaite serait le dialogue de l’amitié.Mais ce qu’eUe appelait les «ténèbres du cœur» devait être tenu à l’écart, non pas pour protéger la pensée, mais parce que la pensée était pour elle une forme d'intensification de la vie rendue possible par une ouverture sur l’extérieur et vers l'autre, et non par une immersion dans une intériorité illusoire.C'est non seulement l’ascèse constante de la lecture et de l'admiration des modèles qui peut concourir à cette ouverture, mais le fait de s'exposer à l'extérieur, au réel, «avec une gratitude tirndamen-tale pour le donné».Certes, la lecture des riches correspondances d’Arendt, en particulier avec son mari Heinrich Blücher, peut fournir im contrepoint personnel à ces notices, surtout dans le cas de réflexions sur des questions existentielles, mais chacune a son autonomie comme exercice méthodique de la pensée.On notera aussi l’insertion de plusieurs poèmes, traduits par Denis Thouard, qui entrent en résonance avec la référence à l’œuvre de Rilke, constante depuis ses premières études.Aucun n'est banal, tous s’inscrivent dans cette éthique de fa connaissance de soi par l'exercice rigoureux d'une autre fonne de langage.Dans une belle postface, les éditrices ont présenté leur méthode et justifié leurs choix, mais elles ont surtout montré la richesse de ces cahiers: richesse dans la pratique de la citation, dans le matériau, dans l'exercice de l’écriture pour soi-même; richesse aussi dans le recours à la langue et dims l'interprétation; richesse enfin dans la spiritualité de la solitude.Comme tant de philosophes avant elle, Arendt avait le sentiment de se trouver au bord d’un abîme et ce journal témoigné de la conscience qu'eüe avait de sa responsabilité de réamorcer fa philosophie politique.On ne lui voit pas beaucoup d'interlocuteurs, elle cite très peu ses contemporains, à peine ses amis Walter Benjamin et Karl Jaspers.Comme l'écrit si justement sa traductrice dans im essai final, Arendt est seule dans son atelier, expo see au vent de la pensée.Elle oublie ses critiques hostiles, la rumeur anonyme, le monde de la terreur et des violents: elle place devant elle les textes des plus grands, dont elle fait ses amis, et en leur compagnie, elle interroge fa possibilité d’un nouveau commencement.Le lecteur qui voudra l'accompagner dans ce journal ne pourra éviter de se retrouver lui-même dans son propre atelier, confronté à son tour à la richesse de la tradition perdue et à l’urgence de sa propre responsabilité.Collaborateur du Devoir HANNAH ARENDT Journal de pensée Volume 1.Juin 1950-fovrier 1954 Volume 11.Mars 1954-1973 Édité par U.leidz et I.Nordmann, en collaboration avec le Hannah Arendt Institut (Dresde) Traduit de l’allemand et de l'anglais par Sylvie Courtine-l Jenamy Édtions du Seuil Paris, 2005,1326 pages marchedulivre.qc.ea librairie agréée Livres et bandes dessinées Sur le campus UQAM, à deux pas de la Qrande Bibliothèque 514.288.4-350 Angle de lAaisonneuue et St-Hubert vot/f offre leî pUf Livrer, bol et cd d’occariorv % o»e friction do prix do BOUQUIN ERIE SAINT-DENIS 4075, rue St-Denis, tanÿ* Duhrth) 288-5567 BOIQl’INERIE du plateau 799 Mont-Royal, («** 523-5628 Découvrez nos nouveautés ROMANS du Canada français DES VIOLETTES EN AOÛT Jacques P.Quelle! Éditions La Grande Marée Des mo c'ttc en août mumm v„~*t A, LA VIE, SENS UNIQUE Jean-François Somain Éditions du Vermillon L'AGONIE DES DIEUX Jean Mohsen Fahmy Éditions L'Interligne S DlEUÎa Mr jCùe jBt'iW la guéte de l'impossible WILFRID.LA QUÊTE DE L'IMPOSSIBLE Lise Bédard Éditions du Vermillon fgRÉCF www.recf.ca 14 «Jrtras sous une même banmeie ’état du Vactualité internationale à votre portée Le seul annuaire économique et géopolitique mondial Une analyse approfondie des grandes tendances planétaires Un bilan de l’année pour les 226 États et territoires de la planète 672 pages • 29,95 S rjgrn AD En collaboration avec IF DFVOIR JjJu I/LiVUin PREMIÈRE CHAÎNE Boréal I www.edltionsboreal.qc.ta aux/auréaTs 2005 Remise du prix à l’espace Carrefour du Salon du livre de Montréal vendredi, 18 novembre 2005, 10 h 30 Québec Philippe Béha, illustrations Henriette Major, texte Communauté française Wallonie-Bruxelles Catherine Pineur, texte et illustrations Plouf plouf ! Achille hésite Édition Pastel, 2004 Devinettes d’Henriette Éditions Hurtubise HMH, 2004 Prix Québec/Wallonie Bruxelles de littérature 6ejeunesse 2005 COMMUN www.prix-qwb-litteraturejeunesse.org/ QuébecSS • Minister» ur la liK’tté I TRÉCARRE @ QUEBECOR MEDIA Ci OUEBECOR MEDIA DE BOUCHE À OREILLE Moniliur ,Idiot GUIDE ¦x L’AUTO .%», i OMSim dt m rsomit I asnnntirm iWtdy Iji fin d'un a-rt.mt ruHv - T Tl—lB m Les Éditions LOGIQUES % Olf&CGf MfOIA vv\|ues romoNS ^Ipublistar ^QisiKOiwnu l eztZâfrt loaemîM il i rvst ni.i Generation Saqve politesse! h u1 roKuni i* tL i.(ht »tî< i.de Madame Chasse-taches ÜM photo Fnnçoe MitL Mort Boudin.Soph* Dwod* WM 6*iwt Ms Sospno.OtMr Jsnn Mro HcMc.Mm StnsngoK tcwsMaW» SMw S Wxt Etctwtrv «me Wm.MhMi Bdw O PSn Oipnm.R Mwat 0.Sxgns 6 OMw Fsglswz MchelVlstil:Ot(SPMP»fKtlirochsDmMnat SGtn disupfl ManWltracM eisslsIiM OLsstbpams'VAitio.SmBswprt CpttiwProidi CNMtfiignwiK 8oo-roikén D«HBO»MS>Pr»SMnjs SWrKPBBlf - - Ê> S3^ zæsar- «s
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