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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier F
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 2005-11-19, Collections de BAnQ.

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D I M A X CHE 2 0 X 0 V E M B R E 2 0 0 5 LE DEVOIR.LES SAMEDI 19 ET LITTÉRATURE Pierre Vadeboncœur entre foi et doute Page F 3 ?LE DEVOIR * JEUNESSE Entrevue avec Michael Morpurgo Page F 7 G •?= rev nque re ïergeau Premiers citoyens libres et autoproclamés du rêve américain, ils se mettront ensemble, dans le Chicago des années quarante Des steppes de I l'écrivain gratte-ciel poursuit sa Abitibi jusqu'aux d e saga Cirque d Chicago, du Grand Hiver CHRISTIAN DESMEULES Onze livres en moins d’une quinzaine d’années, voilà ce qu’on appelle une œuvre.Une œuvre faite de constance, de volonté et de poésie au quotidien.Obstiné et visionnaire, le travail de Pierre Yergeau, né en 1957 à Bourlamaque, en Abitibi, tisse une toile solide d’images fortes, d’histoires touchantes et de réflexion sensible sur l’expérience humaine.La Cité des vents, quatrième volet d’un cycle abitibien en forme de saga familiale et d’hydre à trois tètes, donne cette fois la parole à Georges Hanse.Georges, l’aîné d’une fratrie de déracinés et de personnages ambulants qui a volé en éclats au cœur de l’Abitibi des années quarante, produit frelaté d’une enfance vécue à l'ombre chaude des trapèzes et des clowns du Grand Cirque dHiver.L’Écrivain publie (L’Instant même, 1996) racontait le Grand Cirque d’Hiver et la mort du père trapéziste, le sort de trois enfants confiés à leur grand-mère, cook sur des chantiers de bûcherons, apres avoir été abandonnés par une mère à la poursuite de ses illusions de chanteuse.La Désertion, en 2001, nous révé- lait le destin de la jeune sœur, Michelle-Anne, tandis que Les Amours perdues, paru l’an dernier, prenait la mesure de la fuite en avant de Georges.Chicago blues La Cité des vents nous ramène Georges, devenu cette fois narrateur de sa propre histoire.•Quand tout va bien, je me méfie.» Alors Georges Hanse prend la route, avale les kilomètres, aime le danger comme une seconde vie et accumule les aventures.Depuis longtemps soumis à l’infinie séduction de l’inconnu, Georges traverse la frontière près du lac Michigan, passager clandestin d'un camiop qui transporte une cargaison de poires vers les Etats-Unis.•Moi, j’oubliais d’où je venais.Quelque part près du pôle magnétique, où les gens courent sur les rivières pour faire naviguer des billots de bois.» Mais s’il oublie d’où il vient il sait très bien où il débarque: il est en Amérique, -en plein centre du cosmos».A Chicago, au pied de cathédrales de béton et d’acier balayées par le vent et la poussière grise, déterminé à faire fortune en dépensant le moins possible, il dort sous les ponts et se lie rapidement d'amitié avec les premières personnes qu’il rencontre: dé- munis, clochards, rêveurs en fuite.Ses semblables et ses frères.«Le Rêve était l'essence de l’Amérique, ce qui avait fait danser les draveurs sur les pitounes et les coureurs de bois sur les rivières.Le Rêve faisait également la une des journaux sous les traits de Fred Astaire ou de Roosevelt.C’était la loi qui régissait le continent et quiconque voulant réussir ne pouvait l’ignorer.» Et comme toujours, Yergeau nous donne a lire une petite galerie de personnages colorés, humains, fragiles ou démesurés.Un compagnon d’errance, clochard à l’enseigne de la rue et de Diogène, qui se fait appeler le professeur et qui donne du •gamin» à Georges; Louis, trompettiste au Blue Note; l’ancienne supérieure d’un couvent catholique en gérante de taverne.Et puis Elle, une jeune fille de bonne famille dont Georges est amoureux, une menteuse compulsive et tourmentée qui se fait appeler Mara, Jennifer, Gigi ou Sylvia.-En ce temps-là — le seul temps qui me fut alloué sur terre —, dit Georges, je ne connaissais ni la prudence, ni la fatigue, ni le nom d'Elle.» Premiers citoyens libres du rêve américain Au cours de sa dérive nourrie des vérités de Trudy, un drôle de type croisé au cours d’une de ses aventures dans la Plaine, Georges Hanse est porté par un désir plus grand que lui-même: •Le Rêve, affirmait Trudy, appartient aux gens qui viennent d'ailleurs.Des types qui n’ont pas su trouver le bonheur et qui se tiennent suspendus entre l’espoir de découvrir un monde nouveau et une vague nostalgie, pour les splendeurs passées, les planchers rabotés, les poêles fumants et les grimaces de chantier» C’est l’envers du rêve de Georges, fuyant l’Abitibi, la forêt boréale, à la recherche d’on-ne-sait-quoi, bien installé dans le refus de vieillir et la peur d’aimer.De beuveries de circonstances en réunions célestes pour la naissance de leur Syndicat des clochards.compagnons de fortune et clowns mystiques (•Il y avait quelque chose de détraqué en chacun de nous») forment une singulière association.Premiers citoyens libres et autoproclamés du rêve américain, ils se mettront ensemble, dans le Chicago des années quarante, afin d’organiser la fabrication et le commerce d’alcool de contrebande.•Je ne suis pas né pour être gardien de phare ou pour VOIR PAGE F 2: CHICAGO Visitez :1e Carrefour ¦% ?: Montréal A Montréal, ¦.# nr ville.rnontreal.qt .ca/biblio Montréal capitale mondiale du livre 2005 2006 LE LIVRE jt C’EST CAPITAL! Montréal 19 ET DIMANCHE 20 NOVEMBRE 2 0 0 5 F2 LE DEVOIR, LES SAMEDI -•¦Livres » É Le prix Fleury-Mesplet à Gilles Archambault Les honneurs du prix Fleury-Mesplet, remis hier dans le cadre de la soirée Le livre en fête, au Salon du livre, reviennent cette année à Gilles Archambault, passeur et communicateur d’exception.Son parcours d’écrivain s’entrelace à celui d’animateur à JACQUES GRENIER LE DEVOIR Gilles Archambault CMOS la radio de Radio-Canada, où il donne généreusement voix à la littérature ainsi qu’à la musique jazz.Auteur de romans, de recueils de nouvelles, de textes dramatiques, il se fait aussi critique à Livres d’ici et dans ces mêmes pages.D reprendra d’ailleurs sous peu ses collaborations au Devoir.Gilles Archambault est aussi cofondateur des Éditions du Sentier avec Jacques Brault et François Ricard.On retrouvera sa voix familière au cours du week-end au Salon du livre, à l’occasion de la dizaine de «Confidences d’écrivains» qu’il anime.Le prix Fleury-Mesplet récompense, depuis 1987, à la mémoire du premier imprimeur de Montréal, une personne ou un organisme dont l'action et le dynamisme ont contribué au progrès de l’édition au Québec.- Le Devoir Les finalistes du prix Archambault Les finalistes du Grand Prix littéraire Archambault ont été dévoilés dans le cadre du Salon du livre de Montréal.Jusqu’au 11 mars 2005, le public est invité à voter pour son livre préféré dans les différentes succursales des disquaires-libraires Archambault Les titres retenus sont les suivants: Folle, de Nelly Arcand (Le Seuil); Monstre, de Jean Barbe (Leméac); Charles le téméraire, tomes 1 et 2, d’Yves Beauche-min (Fides); Scrapbook, de Nadine Bismuth (Boréal) ; Nikolski, de Nicolas Dickner (Alto); Hélène de Champlain, tome 2, de Nicole Fyfe-Martel (HMH); 5-Fu, de Pierre Gagnon (L’Instant même); Soutien-gorge rose et veston noir, de Rafaële Germain (Libre Expression); Lady Cartier, de Micheline Lachance (Québec Amérique); Les Chevaliers d'émeraude, tome 5, d’Anne Robillard (De Mortagne); Oniria, de Patrick Sénécal (Alire); Ça sent la coupe, de Mathieu Simard (Stanké).- Le Devoir CHICAGO Prix des collégiens PEDRO RUIZ LE DEVOIR Le jury de sélection du Prix littéraire des collégiens était cette année composé de Christian Desmeules, critique au Devoir, de Jean-François Nadeau, directeur des pages culturelles du Devoir, de Suzanne Giguère, critique au même quotidien, de Stanley Péan, président de l’Union des écrivains du Québec, et de Gilles Dupuis, professeur de littérature à l’Université de Montréal et chercheur associé au CRILCQ.Et les finalistes sont.suite; de la page f i attendre les trains sur un quai de gare.Mon destin est celui du fils qui ne se rappelle plus la voix de son père.J'aime le feu et la destruction.» El le feu poursuit Georges au fil de ses aventures, l’amour prend la fuite, les affaires s’envolent comme les piétons de la Ville des vents.L’histoire est évidemment à suivre.Et peut-être est-elle sans fin?La Cité des vents soulève quelques pans d’un destin corn- PRIX ATHANASE-DAVID 2005 Pierre ciaisiasLC Pii-nv VpvtMi TjiwCfeiÿ- Romancier, cssavistc, poète et critique.Pierre Nepveu est un écrivain comme il en existe peu dans la littérature québécoise.[.| l e prix Athanase-David qui lui est décerné aujourd’hui récompense un acteur de première importance dans la vie intellectuelle et culturelle du Quebec de par la qualité, la diversité et l'abon-i dance de ses contributions.plexe et fuyant, mettant en lumière peu à peu, mais sans jamais l’éclaircir tout à fait, un mystère qui s’est installé depuis les toutes premières pages de L’Ecrivain public.L’écriture dense, imagée et précise de Yergeau, mise au service de la folie toujours lucide de ses personnages magnifiques, promet encore à ses lecteurs des kilomètres de bonheur et des champs d’abandon.Collaborateur du Devoir LA CITÉ DES VENTS Pierre Yergeau L’Instant même Québec, 2005,142 pages Les finalistes du Prix littéraire des collégiens ont été annoncés vendredi dans le cadre du Salon du livre de Montréal.Ce prix important, parrainé par la Fondation Marc-Bourgie et plusieurs partenaires, est doté d’une bourse de 5000 $ et d’un prestige qui va croissant, année après année.Le lauréat de ce prix très particulier pourra profiter d’un séjour d’écriture de deux à trois mois à la maison de Chateaubriand, à Châtenay-Malabry, en France, en plus de voir son œuvre lue et commentée par des étudiants de plus de 30 collèges du Québec.Voici la liste des cinq œuvres retenues cette année par le jury Raymond Lévesque Venez saluer celui qui a eu le courage de refuser le Prix du Gouverneur général au Salon du livre de Montréal le samedi 19 novembre et le dimanche 20 novembre de 13 heures à 15 heures au stand 524.rui U RF HI M UXV lT>rf U peut Laiondc de sélection: Le Sort de fille, de Michael Delisle (Leméac); Nikolski, de Nicolas Dickner (Nota Bene / Alto); Après la nuit rouge, de Christiane Frenette (Boréal); Fugueuse, de Suzanne Jacob (YiovèaX) -, Ainsi font-elles toutes, de Clara Ness (XYZ).Les œuvres ont été choisies uniquement pour leurs qualités littéraires et non pas dans la perspective où elles seraient lues par de jeunes adultes.Le jury de sélection était cette année composé de Stanley Péan, président de l’Union des écrivains du Québec, de Gilles Dupuis, professeur de littérature à l’Université de Montréal et chercheur associé au CRILCQ, de Suzanne Giguère et Christian Desmeules, tous les deux critiques au cahier Livres du quotidien Le Devoir.Le jury était présidé par Jean-François Nadeau, directeur des pages culturelles du Devoir.Le grand gagnant sera couronné par un jury d’étudiants venus des quatre coins du Québec.Ce jury, unique en son genre au pays, délibérera et rendra sa décision dans la Vieille Capitale au printemps, à l’occasion du Salon du livre de Québec.L’an passé, le jury étudiant avait récompensé une œuvre de l’écrivain Pan Bouyoucas.Pour information: .Le Devoir MAURICE G.DANTEC Dantec “ S’il est venu ici, c’est pour tuer un homme.” MAURICE G.DANTEC Ohi kk m§br| KiKihvl Extrait du communiqué des Prix du Quebec Boréal www.editionsboreal.qc.ca LANCTÔT ÉDITEUR L'auteur sera présent au Salon du livre de Montréal Samedi 19 novembre de 14h à 16h Dimanche 20 novembre de I4h à I6h Albin Michel r LE DEVOIR.LES SAMEDI 19 ET DIMANCHE 20 NOVEMBRE 2005 F 3 ITTEKATUKE ESSAIS QUEBECOIS Vadeboncœur entre la foi et le doute MICHEL LAPIERRE Pierre Vadeboncœur est l’un de ces sages qui pensent que les essais les plus beaux et les plus vrais n’ont pas de conclusion.Sans le contredire, on peut tout de même affirmer que ses Essais sur la croyance et l'incroyance sont le couronnement d’une riche réflexion qui, après tant d'années, débouche encore sur l’inconnu.Mûrir, ce n’est pas nécessairement vieillir.Une pensée qui se tourne plus que jamais vers les interrogations est une pensée qui rajeunit, même s’il s'agit de celle d'un octogénaire.«Je peuple l’inconnu au lieu de faire le contraire», écrit Vadeboncœur.N'est-ce pas le propre de la jeunesse?Lorsqu’on dépeuple l’inconnu au lieu de le remplir d’interrogations, on érige des systèmes dont la rigidité est proportionnelle au degré de dépeuplement d’une pensée qu'on mutile.La rigidité tue l’aventure de l'esprit Vadeboncœur va jusqu’à soutenir qa «un système est déjà une erreur».Voilà pourquoi il n’oppose pas un système de la foi à un système du doute.Et, pour lui, la foi, cette «interrogation anticipatrice», n’est pas nécessairement religieuse: elle peut aussi être laïque.Comme tous les systèmes vieillissent dans notre monde en évolution, un spiritualisme rigide et un scepticisme tout aussi rigide aboutiront au même résultat: l’entêtement.Pour éviter le choc universel des fanatismes, il faut que la croyance et l’incroyance, ces deux «sœurs», comme Vadeboncœur les appelle si bien, se nourrissent mutuellement.Elles ne le feront qu’en recherchant la nourriture qui se partage le mieux: la liberté de la création.Même si Vadeboncœur n'affirme pas explicitement la chose, son livre nous invite à penser que seul l’art (la littérature y comprise) peut construire un pont entre la croyance et l’incroyance.L’art n’est-il pas un mélange unique de foi et de doute?L'inconnu n’est-il pas la source de la création authentique?Pour créer une véritable œuvre d’art, il faut croire à l’inconnu gisant au fond de soi au point d’en mettre en doute l’existence à l'extérieur de soi.Autrement dit, on doit intérioriser l’inconnu pour en assimiler la puissance créatrice sans trop “1 JACQUES NADEAU LE DEVOIR Pour l’essayiste Pierre Vadeboncœur, la foi n’est pas nécessairement religieuse: elle peut aussi être laïque.se préoccuper de la présence extérieure de ce même inconnu.Voilà du moins une explication de la phrase énigmatique de Vadeboncœur: «L’irrationnel gouverne l’art, c'est-à-dire l’activité de l’aveugle croyant qu'est tout artiste.» L’essayiste se réfère à des artistes et à des écrivains qui peuvent nous paraître éloignés de la sensibilité actuelle.Pensons à Beethoven, à Schubert, à Gide, à Malraux, ou même à Borduas et à Miron.Mais la présence de plus en plus marquée dans un Occident largement déchristianisé d'une religion vigoureuse comme l’islam, auquel Vadeboncœur fait allusion, nous incite à réexaminer les rapports entre la foi, même la plus laïque, et le doute, même le plus intense.Une nouvelle analyse de ces rapports dans l’expérience artis- tique pourrait actualiser davantage la brillante réflexion du philosophe clandestin.A notre époque où s'opposent deux formes extrêmes de la croyance religieuse, l’intégrisme musulman et le fondamentalisme protestant américain, l'art n’est jamais apparu plus clairement comme le seul moyen pacifique d'affaiblir le fanatisme.En permettant dans son être la lutte amoureuse de deux sœurs, la croyance et l'incroyance, l’artiste lance un appel désespéré à la compréhension et à la tolérance.Collaborateur du Devoir ESSAIS SUR LA CROYANCE ET L’INCROYANCE Pierre Vadeboncœur Bellarmin Montréal, 2005,168 pages ROMAN QUÉBÉCOIS Tectonique des tueurs en série CHRISTIAN DESMEULES Amérique est un continent ’ vaste et fissuré, «fait de vides que rien ne peut combler», une épopée sanglante racontée jour après jour par des tabloïds aux pages jaunies.Le dernier roman de Bertrand Gervais (qui enseigne au département d’études littéraires de l’UQAM), après Tessons, Oslo et Gasole (XYZ, 1998, 1999 et 2001), est une chronique savante sur les tueurs en série, un recensement de catastrophes naturelles, la traversée d’un désert amoureux, une lente descente aux enfers.L’image tellurique d'un géant qui tremble est spectaculaire, inquiétante, nécessairement prometteuse.Et le communiqué de presse pose une question à laquelle le roman n'ofMra toutefois pas de réponse satisfaisante: existe-t-il un lien entre les mouvements imperceptibles des plaques tectoniques et la démesure et les excès de la société américaine?Rien n’est moins certain.Thomas Cusson, le narrateur des Failles de l’Amérique, est un étudiant au doctorat en histoire de la conscience à l’Université de Californie à Santa Cruz, petite ville universitaire, vaguement socialiste et réputée pour sa forte communauté gaie.Arrive de Montréal en septembre 1988, au volant de sa vieille Volvo, il loue une maison avec d'autres étudiants, installe son Mac SE/30 («Je n ’ai jamais rien possédé d'aussi beau», écrit-il à propos de son instrument d'écriture) et commence à travailler sur son projet de thèse qu’il aimerait consacrer au Moduler de Le Corbusier — un système de mesure *o échelle humaine» conçu par l'architecte moderniste français à la fin des années quarante.Il découvre rapidement que Santa Cruz est aussi la capitale mondiale des tueurs en série.Cette statistique délirante, jointe aux préoccupations humanistes de Le Corbusier, amènera Thomas à croire que les meurtriers en série sont les effets secondaires les plus visibles d’une urbanisation malade.Dès lors commence une lente et constante dérive personnelle du narrateur, happé de plein fouet par sa rencontre avec la société américaine, les questions d’identité sexuelle, les réflexions sur la pornographie, le vedettariat le désir et la violence.«Le commun des mortels n’intéresse personne.Ça prend du sexe.C'est la seule chose que notre société comprend.Le sexe et la violence.Le désir et la peur.» Films ou livres, téléséries, presse à scandale: toute une industrie spectaculaire américaine nourrit tout en s’y abreuvant, depuis longtemps, ce phénomène psychopathe.Un pays paradoxal fasciné par les extrêmes et la liberté, où on vend des cartes de tueurs comme on le fait pour les joueurs de baseball.«Sommes-nous dans une crevasse de l’histoire, comme le suggère Forsythe, sommes-nous à la fin d’un temps, au moment où l'histoire connaît un reflux, une marée basse qui laisse sur la berge détritus et épaves?La violence, celle qui se lit dans les journaux à toutes les pages, en est le signe le plus clair.Toutes les formes de violence: de la plus évidente.celle des faits divers, à la plus subtile, les décisions économiques et les politiques internationales.C’est un rouleau compresseur» Roman ambitieux, aux 448 pages parfois un peu poussives.Les Failles de l’Amérique est le récit prévisible et parfois ennuyeux d’une lente désintégration, dans lequel ü faut l'avouer, l'essai avale consciencieusement la fiction.Collaborateur du Devoir LES FAILLES DE L’AMÉRIQUE Bertrand Gervais XYZ Montréal 2005,448 pages LES AUTEURS DU BORÉAL SIGNENT AU STAND N° 621 r^Jr Çt Ci) LES AUTEURS DU ] SIGNENT AU SALON DU LIVRE /SU ( kyi i Ut.: PAULE BRIERE Au raton voleur ! ; DIMANCHE DI I 5 II À [4 H (STAND N çi l) JEAN-PIERRE DAVIDTS Le Baiser de la sangsue DIMANCHE ni: Il II À I 2 H (STAND N (II) CHRISTIANE DUCHESNE Oh, les tordus ! SAM I DI DI II H À 12 11 (STAND N (II) DIMANCHE DE 12 H À I( H {.STAND N 62 I ) DIMANCHE DE I ( Il A l6 II (s IAND N (II) LEANNE FRANSON La Vedette de la ronflctte LUNDI DI II H À 12 H (STAND N 62 I ) BÉNÉDICTE FROISSART Hubert-Léonard SAMEDI DE I 3 H À 14 II (STAND N (II) LUNDI DI IO H À I I H (STAND N 62 I ) CAROLINE MEROLA La Bête maléfique SAMEDI DE 14 H À 1 ( H {STAND V (El) DIMANCHE DE 14 H À I ( H (STAND N (II) 1 MARC MONCEAU Oh, les tordus ! DIMANCHE- DI I 2 H A j 4 H (STAND N 62 i ) DIMANCHE DE I ( H V 16 H (STAND N" (11) RAYMOND PLANTE La ledcttc de la ronflctte SAMEDI DE IO H À II H (STAND N ( 1 1 ) DIMANCHE DE 9 H (O À IO H (O (STAND N'- (II) LUNDI DE II HA 12 H (STAND N 62 I ) ?Boréal www.editionsboreal.qc’ca HELENE de BILLY Maurice ou la vie ouverte SAMEDI DI 1(11 A 1 6 II DIM ANCHE DE I 6 11 \ 17 II GÉRARD BOUCHARD Pikauha V\M1 DI DI 16 H A I 7 H DIMAN'CHi DE I ) H À I 4 11 SERGE BOUCHARD Les corneilles ne sont pas les épouses des corbeaux SAMEDI 1)1 I 6 H A | 7 II DIMANCHl DE 14 11 \ I ( Il ^ 1 CHRYSTINE BROUILLET , Rouge secret ^ SAMEDI DI E) H À 14 II LOUIS CARON Tête heureuse SAMEDI 1)1 1 6 H À I / Il DIMANCHE 1)1 I ( II V 16 11 CLAUDE CASTONGUAY Mémoires d'un révolutionnaire tranquille SAMI 1)1 1)1 14 II À I ( H SERGE CHAPLEAU L'Année Chapleau 2005 SAMEDI DI I 4 H JO À I ( Il DIMANCHl DE I j II (O À I ( CHRISTIANE FRENETTE Après la nuit rouge SAMEDI 1)1 1 ( II À I 6 H PIERRE GODIN René Lévesque, l'homme brisé SAMEDI DE I 7 H À I 8 H DIMANCHE 1)1 I ( Il À I (> Il SUZANNE JACOB Fugueuses DIMANCHE 1)1 16 II A I / Il MARIE LABERGE Charlotte, ma s( ( > DESCÉNT r « On entre dans Vingtièmes siècles comme dans une église enfeu.» Claude Beausoleil, La Presse A.Grand Prix du Festival International de la Poésie 2005 i^CUS sommes fiers Je ce porteur Je poésie.Mes plus clialeureuses félicitations ! Peésenf au Salon du livre de MontFéal #342 Editeur international de poésie i LE DEVOIR.LES SAMEDI 19 ET DIMANCHE 20 NOVEMBRE 2 0 0 5 Littérature Les confessions de Depardieu L’acteur français gargantuesque vient lire saint Augustin à Montréal ESSE Michael Morpurgo, bouleversant reporter de guerre STEPHANE BAI LLARGEON Gérard Depardieu, le héros des Valseuses, lira Les Confessions de saint Augustin à la basilique Notre-Dame de Montréal mercredi prochain.L'événement exceptionnel est placé sous le haut patronage de son éminence le cardinal Jean-Claude Turcotte et de son excellence Daniel Jouan-neau, ambassadeur de France au Canada.Lors d’exercices semblables répétés dans les cathédrales de l’Hexagone, dont Notre-Dame de Paris le 9 février 2003, Gérard Depardieu a toujours attiré des centaines de personnes.Augustin (354-430), évêque africain, mena une vie monastique et devint une des principales figures de l’Occident chrétien, affirmant sa doctrine face aux nombreuses hérésies.Les Confessions comporte 13 livres.Les neuf premiers racontent la vie d’Augustin, ses erreurs de jeunesse et sa conversion, sous l'influence de sa mère.Les livres suivants méditent sur Dieu, le temps, la mémoire et la Genèse.La lecture de Gérard Depardieu puisera dans ce lot qui a exercé une immense influence sur les esprits depuis des siècles et des siècles.Vivant ! Boulimique, bourreau de travail, l’acteur quinquagénaire plus grand que nature a tourné neuf films et deux téléfilms l’an dernier.D vient d’ouvrir up deuxième restaurant à Paris.L’Ecaille de la Fontaine, qu'il a acheté avec l’actrice Carole Bouquet sa partenaire à la ville, se trouve en face de leur premier restaurant, La Fontaine Gaillon, près de l’Opéra.Ce Gargantua au nez de patate a derrière lui 28 ans de psychanalyse et a déjà enterré deux praticiens.De temps en temps, la tornade s’arrête et se repose des films mineurs ou moyens accumulés à la AGENCE FRANCE-PRESSE Gérard Depardieu douzaine depuis une décennie en lisant Les Confessions pour lui seul ou pour les autres.Il a expliqué souvent avoir été frappé au cœur par la modernité de ces textes et vouloir en faire partager leur puissance dans des lieux sacrés, pas forcément pour un public pratiquant cependant, chacun pouvant tirer une leçon de vie de cette œuvre éternelle.«Cette rencontre avec saint Augustin a changé en réalité beaucoup de choses», dit-il dans Vivant!, des entretiens accordés à Laurent Neumann, publiés récemment chez Plon.«Non pas, d’ailleurs, dans mon rapport à la religion, mais plutôt dans mon approche de la vie.[.] Ce qui nous rassemble, c’est l'amour de la vie, l’esprit d'ouverture, la volonté forcenée de découvrir l’inconnu.Avant, pendant et après sa conversion, il est vivant! C’est ça qui me plaît chez saint Augustin.» On peut réserver sa place à la basilique en téléphonant au (514) 735-4590.La lecture débute à 17h30, le mercredi 23 novembre.Le Devoir CAROLE TREMBLAY L* écrivain pour enfants Mi-i chael Morpurgo est né près de Londres, au beau milieu de la Deuxième Guerre mondiale.Son œuvre immense - près d’une centaine de romans et scénarios -porte les stigmates de cette naissance en période trouble.Qu’elle serve de toile de fond ou de déclencheur, quelle se passe tout près ou à des milliers de kilomètres, la guerre est présente dans pratiquement tous ses livres.«Mes premiers souvenirs, ce sont des ruines des maisons de Londres, après le bombardement, explique l’auteur, dans un français à peine teinté de british.Mes parents m’ont beaucoup parlé de la guerre et l’angoisse qu’ils avaient ressentie m'a profondément marqué.» A 18 ans, le jeune Morpurgo s'engage dans l’armée, mais il comprend vite que le métier des armes n’est pas pour lui.D devient alors professeur d'anglais à Londres.C’est là qu’il se met à inventer des histoires pour le plus grand plaisir de ses élèves.Encouragé par la directrice de son école, il envoie ses textes à des maisons d’édition.Aujourd’hui, l’œuvre de ce merveilleux conteur est traduite en plusieurs langues et a été couronnée de nombreux prix.Même s’il n’enseigne plus, Michael Morpurgo n’a pas cessé de fréquenter les jeunes pour autant.Il leur consacre encore une part importante de sa vie.En 1978, sa femme Clare et lui ont acheté une ferme dans le Devon.Peu à peu, ils ont commencé à y accueillir des groupes enfants provenant de quartiers urbains défavorisés.«A la ferme, ils travaillent et se sentent utiles.Us vivent de grandes émotions avec les animaux», confie-t-il fièrement.La fondation Farms for City Children, qu’il a mise sur pied avec sa femme, possède maintenant trois fermes qui reçoivent chaque année plus de 3000 enfants.Quand l’occasion s’y prête, l'écrivain lit ses histoires en cours d’écriture aux jeunes qui viennent le visiter.« Oui, je me sers de ces pauvres enfants ! lance t-il, comme si on pouvait imaginer que les enfants s’en plaignent.Ces lectures à haute voix me sont très utiles.Elles me permettent de vérifier la musicalité des phrases, qui est très importante pour moi.» Dans Le Royaume de Kensuké.le jeune Michael, le personnage principal, repense au journal qu’il tenait sur le voilier avec lequel il faisait le tour du monde avec ses parents : «Je n’avais pas du tout l'impression d’écrire, mais plutôt de dire les choses.Je parlais dans ma tête, les mots descendaient le long de mon bras, puis de mes doigts et de mon stylo jusqu'au papier.» Le grand Michael confirme: c’est tout à fait comme ça qu'il conçoit l’écriture.Avant d'être un texte, un roman est une histoire qu’on raconte, qu’on se raconte.Mais s'il lit ses premières ébauches à ses jeunes invités, c’est d’abord et avant tout à lui-même que l’auteur s'adresse quand il écrit.C’est d’ailleurs le conseil qu'il donne aux écrivains débutants dans une entrevue publiée en annexe du Roi Arthur : * N'écrivez pas pour les enfants ou pour qui que ce soit du reste, mais pour vous-mêmes.Si d'autres aiment, c’est parfait, sinon, eh bien, tant pis pour vous ! » Un écrivain minutieux Même s'il écrit pour lui avant tout, cela n'empêche pas Michael Morpurgo de prendre son travail très au sérieux.Pour chacun de ses romans, l’auteur fait un minutieux travail d’enquête afin de rendre le plus exactement possible le contexte historique et géographique dans lequel l'action se déroule.Lors de la rédaction d’Anya, par exemple, un roman qui traite de la fuite des Juifs en Espagne via les Pyrénées pen- SOURCE GAU.IMARO Michael Morpurgo dant la Seconde Guerre, il a visité le petit village de Lescun, en France, et a longuement discuté de l’époque avec ses habitants, ht trame de Cheval de guerre, elle, a été nourrie par des entrevues avec des anciens combattants de la Première Guerre.L’écrivain aime bien partir d’une anecdote réelle pour démarrer ses romans.Pour Soldat Peaceful.c’est une pierre tombale découverte par hasard dans un cimetière des Flandres qui a servi de déclencheur.C'est ainsi que Charlie Peaceful, un vrai soldat britannique mort pendant la Première Guerre mondiale, est devenu le héros d'un roman magnifique.Cet ouvrage dresse le portrait émouvant du rapport qui unit deux frères soldats dont l’aîné est injustement condamné à mort popr refus d’obéissance.A part quelques exceptions, la plupart des romans de Michael Morpurgo se déroulent dans le passé.Les grands-parents, des documents trouvés, un secret enfin révélé, servent de courroie de transmission entre le passé et le présent.« La comprehension du passé nous prépare pour le présent et pour l'avenir », croit l'ancien professeur.le souci du détail historique dont ce grand écrivain fait preuve, conjugue à son incontestable talent de conteur, donnent naissance à des histoires riches et touchantes, qui transcendent largement leur aspect documentaire.En lisant Morpurgo, on n'a pas l’impression d’apprendre sur une époque, mais plutôt d’entrer dans l’intimité de personnages vivants et d’assister, en témoins privilégiés, à la révélation de leur palpitant secret.Les deux deniers livres qui viennent de paraître sous la signature de Michael Morpurgo s'écartent un peu de son parcours habituel.Il s'agit d’une relecture des Fables d'Esope, dans un grand format illustre et de Im trêve de Noel, un petit album, illustré par Michael Foreman, un complice de longue date.Ce texte court, raconte, par le biais d'une lettre trouvée dans un vieux secrétaire, une trêve d;uis les tranchées de la guerre 14-18, le jour de Noël.Michael Morpurgo est un des invités d'honneur du Salon du livre de Montréal.H participera â différentes animations et séances de signature tout au long de la fin de semaine.Collaboratrice du Devoir \A TRÊVE DE NOËL Illustrations de Michael Foreman Gallimard jeunesse Paris, 2005,41 pages (A partir de sept ans) LES FABLES D’ESOPE Illustrations d’Emma Chichester Clark Gallimard jeunesse Paris, 2005,96 pages Jacques Salomé liMW'W L économie on connaît! Nos prix sont plus bas que dans la majorité des grandes surfaces.Pour tous ceux qui n’arrêteront jamais de croire en l’amour.légutef .2^5$ Jacques Salomé L’auteur sera présent au Salon du livre de Montréal Samedi 19 novembre de 14h à 16h Dimanche 20 novembre de 14h à I6h régutiey 4V95S ECETTES Ces pfix sont en vigueur jusqu'au 22 décembre 2005 (en Hbratne ou par telephone ieulemenü Librairie I COOP HEC MONTRÉAL 3000 ch.de la côte Ste-Catherine, bureau RC111, Montréal (Québec) H3T2A7 Téi.: (514) 340-6400 Fax:(514)340-6406 www.coophec.com Albin MHiH LE DEVOIR, LES SAMEDI 19 ET D I M A X C H E 20 X 0 V E M B R E 2 0 0 5 F 8 CHANSON / Ecoute les beaux livres de Shilvi ! ANNE MICHAUD Depuis sa naissance, en 2001, l’adorable Shilvi a séduit des milliers d’enfants et de parents avec ses trois albums de chansons, Ma p’tite pouponne (2001), Tid’lidop (2003) et La Tour de bé-belles (2004).D’ailleurs, La Tour de bébelles vient de remporter le Félix du meilleur album jeunesse, tout comme les deux albums précédents en 2002 et 2004.Cet automne, Shilvi inaugure une collection de livres-disques avec deux histoires inédites à regarder, à lire, à écouter et à chanter.Monoiseau et Popo part au vent sont signés par l’auteure-compositrice-interprète Sylvie Dumontier, la «maman» de Shilvi, alors que l’environnement sonore et musical a été réalisé par Denis Larochelle, son «papa».Dans Monoiseau, Shilvi et Popo, son hippopotame en peluche, se font un nouvel ami, un oisillon tombé de son nid, auquel ils font découvrir les bonbons et les sucreries.Avec un tel régime, Monoiseau sera-t-il Un travail d’une qualité irréprochable en mesure d’entreprendre le grand voyage de la migration lorsque le froid s’instaUera?Dans Popo part au vent, le gentil et serviable Popo grimpe jusqu’au sommet du grand chêne pour récupérer le cerf-volant de son amie lorsque, soudain, une bourrasque emporte le cerf-volant et Popo avec lui! Shilvi est inconsolable d’avoir perdu son grand ami.On retrouve dans les livres l’univers de Shilvi tel qu’imaginé par l’illustratrice Julie Fréchette, avec tout plein de couleurs gaies et de détails rigolos, alors que, sur les disques compacts, l’histoire est racontée par le comédien Daniel Brière avec les voix de Benoît Brière, d’Anne Dorval et de Denis Gagné.Tous les artisans de ces deux livres-disques ont réalisé un travail d’une qualité irréprochable et les produits qu’ils nous proposent méritent de figurer au premier rang sur toutes les listes de cadeaux adressées au père Noël par les tout-petits cette année! Collaboratrice du Devoir É C Élémentaire ! Les prodigieuses aventures de Sherlock Holmes font l’objet d’une nouvelle traduction d’Erjc Wittersheim à l’enseigne des Editions Omnibus.Il s’agit, pour être II O S plus précis, d'une édition bilingue qui propose, en belle page, la version française de nombre d’aventures célébrés, dont une des meilleures, Le Signe des quatre.Une façon de retrouver la plume élégante de sir Arthur Conan Doyle.- Le Devoir éditions Liber Philosophie • Sciences humaines • Littérature Michel Carrier Penser le sacré Les sciences humaines et l'invention du sacré Penser le sacré Lü«*r 1^6 pages.20 dollars RICHARD CD W Richard Boh ringer L'ultime conviction du désir Flammarion L’ultime conviction du désir - 144 pages - 24,95 $ Séance de dédicace samedi 19 novembre de 13 h à 15 h 30 Salon du livre de Montréal Stand 141 Flammarion Essais xV4 est SALON DU LIVRE DE Le prix Emile remis à Estelle MONTRÉAL Ollivier Beauchamp ANNE MICHAUD Jeudi dernier, dans le cadre du Salon du livre de Montréal, le Conseil supérieur de la langue française a attribué le prix Emile-Ollivier a l’écrivaine franco-ontarienne Estelle Beauchamp pour son roman Les Enfants de l’été (Prise de parole).Il s’agit d’un nouveau prix littéraire, créé à l’occasion du Forum de la francophonie en mai 2004 pour resserrer les liens qui unissent le Québec aux communautés francophones et acadiennes hors Qué- bec.Dans leurs commentaires, les membres du jury ont indiqué que l’écriture tout en douceur et en nuances de Mme Beauchamp créait une atmosphère très intimiste et que la langue et le vocabulaire employés, tout en étant sobres, laissaient place à des images évocatrices.Les Enfants de l’été, c’est l’histoire des cinq «jumelles» Therrien, racontée par deux d’entre elles, Jeanne et Léa.Ou peut-être devrait-on plutôt dire leurs histoires, puisqu’on imagine aisément que les versions seront différentes d’une sœur à l'autre, chacune ayant sa propre personnalité.Elles veulent ainsi donner un sens à leurs souvenirs, sans se douter que cet exercice ressuscitera des secrets douloureux enfouis au plug profond de leur mémoire.Ecrit avec la précision et la délicatesse d’une broderie fine.Les Enfants de l’été est une œuvre complexe qui se cache sous des dehors simples.Au fil des souvenirs retrouvés, un chœur à cinq voix se dessine, comme une mélodie à la fois familière et oubliée dont on retrouverait les mots et l’air dans le désordre.Puis, à mesure que les mémoires se déversent sur le papier, tous les morceaux se mettent en place et le récit prend son sens.Il ne reste plus alors qu'à laisser le temps faire son œuvre d’oubli et de recommencement.Collaboratrice du Devoir LES ENFANTS DE L’ÉTÉ , Estelle Beauchamp Éditions Prise de parole Sudbury, 2004,208 pages RÉCIT Guillaume Couture, le menuisier diplomate LOUIS CORNELLIER Comment raconter la vie des premiers bâtisseurs de la Nouvelle-France autrement que comme un récit d’aventures?C’est donc à juste titre que Pierre Couture a choisi d’emprunter cette voie pour rendre hommage à son ancêtre, Guillaume Couture, un modeste menuisier français devenu, au gré des événements, un important rouage de la diplomatie franco-iro-quoise en Nouvelle-France.Récit biographique à la fois instructif et divertissant, Guillaume Couture - Le Roturier bâtisseur évoque le parcours extraordinaire de cet engagé volontaire des jésuites débarqué en Nouvelk^Fran- ce en 1637, à l’âge de 20 ans.Chef de chantier de la mission de Sault-Sainte-Marie de 1639 à 1641, Couture, rapidement à l’aise avec les Murons, sera fait prisonnier par les Iroquois à Trois-Rivières, en 1642.Il croyait y trouver la mort; il y trouvera,un peuple d’adoption.Élevé au rang de membre à part entière de sa nouvelle communauté, il y plaidera en faveur de la nécessité d'un traité de paix avec les Français, une entreprise qui ne rencontrera qu’un succès temporaire et relatif.Même après son installation comme colon et commer- çant à la pointe de Lévis, l’ex-am-bassadeur iroquois continuera de jouer un rôle de diplomate auprès des communautés huronnes et iroquoises.Explorateur aguerri et interprète en demande, il participera aussi, en 1663, à la prise de possession de la baie de James au nom du roi de France.Guillaume Couture, de toute évidence, était un personnage plus grand que nature et ses faits d’armes, à titre de capitaine de la milice de la pointe de Lévis qui contribua à repousser les attaques de Phips sur Québec en 1690, ne font qu’ajouter à un ta- bleau déjà impressionnant À l’heure de nommer des héros de la Nouvelle-France, pourtant rares sont ceux qui penseraient à lui.Le récit de Pierre Couture, en ce sens, corrige une injustice, tout en instruisant le lecteur sur les coutumes amérindiennes, souvent féroces, de l’époque.Père de dix enfants, Guillaume Couture est mort discrètement en 1701, Tannée de la Grande Paix de Montréal.Collaborateur du Devoir LE ROTURIER BÂTISSEUR Guillaume Couture Pierre Couture XYZ, Montréal, 2005,164 pages Un récit biographique à la fois instructif et divertissant SAGESSES Maintenant offert en format de poche ! LE LIVRE DES SAGESSES L’aventure spirituelle de l'humanité Une entreprise colossale qui servira de référence pour les années à venir! Le Devoir 1968 pages —35,95$ De grands psychanalystes, lecteurs de LACAN, nous offrent un guide de lecture pour comprendre cette œuvre magistrale.LACAN 300 pages — 59.50 $ Paul Ricceur, René Girard, Lévi-Strauss., ont écrit sur SARTRE.Leurs textes éclairent la pensée du grand philosophe.SmiB Bayard ts Iriptyque www.triptyque.qc.ca tnptyque#editk>mnptyque.eom Tel.: (5141 597-1666 ECRIRE LA VILLE 1 a revue MO MUS Salon du livre de Montréal Remise du prix de la bande à Mœbius le samedi 19 novembre à 13 h 15 au site l’Agora et présentation du n" 107 «Écrire la ville» avec lectures de textes par André Carpentier.Frie M- Comber et Christian Mistral le samedi 19 novembre à 20 h 30 au site le Carrefour °?ÜÉi % Jlïvieri F 14 LE DEVOIR.LES SAMEDI’ 19 ET DIMANCHE 20 NOVEMBRE 2 0 0 5 -•’Essais'»- SCIENCES Alan Sokal ou la science sans complaisance NORMAND BAILLARGEON Alan Sokal, obscur professeur de physique à l’Université de New York, est soudainement devenu célèbre en 1996, après que la revue Social Text eut fait paraître un texte de lui qui était en fait un très habile canular dirigé contre les postmodernistes, les constructivistes et autres relativistes de tout poil.Ce canular suscita de passionnelles réactions et d’âpres controverses, portant sur un grand nombre de questions philosophiques, politiques et scientifiques fondamentales.Pour exposer et défendre ses points de vue, Sokal publiait en 1997 un ouvrage rédigé avec Jean Bricmont intitulé Impostures intellectuelles.Le cœur de ce livre est une critique importante, juste et nécessaire du relativisme cognitif qui hante tant de pans de la vie intellectuelle de notre temps.Le présent ouvrage prolonge cette réflexion.Cette fois, Sokal interroge les rapports des pseudosciences et du postmodernisme.Les premières englobent des théories et des pratiques «que la science moderne rejette comme radicalement invraisemblables»: par exemple l’homéopathie, l’astrologie et ainsi de suite.Sokal en propose une fort intéressante définition qui demande qu’on ait simultanément recours à plusieurs critères pour les cerner.Au total, il propose, sagement, de distinguer science et pseudosciences sur un continuum allant de la science solidement établie à la pseudoscience.Le postmodernisme est quant à lui plus diffus et réunit des courants intellectuels variés.Sokal en donne une définition plus restreinte et l’identifie à l’adhésion à trois thèses: «le rejet plus ou moins explicite de la tradition des Lumières; des élaborations théoriques indépendantes de tout test empirique; un relativisme cognitif et culturel qui traite des sciences comme des “narrations” ou des constructions sociales parmi d’autres».Quels rapports peut-il bien y avoir entre pseudosciences et postmodernisme?A première vue, on pourrait penser qu’elles n’ont rien à voir l’une avec l’autre et que, par exemple, la volonté typiquement affichée des pseudosciences de se parer de l’aura de la scientificité ne saurait faire bon ménage avec le scepticisme radical typique des postmodernistes.Sokal entend montrer au contraire à quel point il arrive que les deux univers s’interpénétrent, se rejoignent et, en certains cas, s’appuient mutuellement, «le postmodernisme faisant le lit des pseudosciences et les pseudosciences confortant les postmodernes dans leur communautarisme culturel».Sokal se livre pour cela à des études de cas.Il y a dans tout cela matière à frémir, par exemple quand il est question du «toucher thérapeutique».de la «science des êtres unitaires», des idées de Martha E.Rogers et d’autres théories et pratiques médicales ou paramédicales apparemment répandues en soins infirmiers.Sokal aborde ensuite la pseudoscience nationaliste, le postmodernisme en Inde et la «science védique», l’écologisme radical et l’histoire postmoderne.Un chapitre est aussi consacré au «scepticisme sélectif du postmoderne».Sokal y rappelle que le scepticisme radical de certains postmodernistes, si virulent devant la science établie, semble ne plus guère s’exercer devant certaines productions pseudoscientifiques qu’il arrive à certains postmodernistes de donner, ô troublant et terrible paradoxe, pour scientifiques! Ces questions sont-elles réellement importantes?se demande Sokal en conclusion.Je pense, avec lui, qu’affaiblir les fondements intellectuels et moraux de la pensée scientifique, critique et rationnelle est toujours déplorable, et contribue, pour le dire avec les mots de Bertrand Russell, à agrandir «l’océan de folie sur lequel le frêle esquif de la raison humaine navigue tant bien que mal».En ce temps qui est le nôtre, il me faut souligner le courage de notre rationaliste, qui n’hésite pas, dans son énumération des pseudosciences, à nommer, en même temps que l’astrologie et l’homéopathie, le judaïsme, le christianisme, l’islam et l’hindouisme, pointant «[leur] corpus d’assertions factuelles sur le monde naturel et humains».Un appendice sans complaisance revient sur cette question de la religion comme pseudoscience.Sokal nous offre donc ici, sur un sujet important, un ouvrage clair et utile, que tous les amis de la rationalité liront avec plaisir et profit D est admirablement préfacé par Jean Bricmont qui signe en outre avec Sokal le deuxième appendice du livre, précieux morceau de bravoure qui défend, avec finesse et intelligence, contre vents irrationalistes et marées constructivistes, ce que les auteurs appellent «un réalisme scientifique modeste».Collaboration spéciale PSEUDOSCIENCES ET POSTMODERNISME.ADVERSAIRES OU COMPAGNONS DE ROUTE?Alan Sokal, Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Barbara Hochstedt Odile Jacob Paris, 2005,224 pages Un ouvrage clair et utile, que tous les amis de la rationalité liront avec plaisir et profit POLITIQUE Chomsky et l’État LOUIS CORNELLIER Faut-il vraiment tout traduire et publier Chomsky en français?Même une conférence comme celle-ci, par exemple, qui date de 1970 et qui est fortement marquée par une donne géopolitique dépassée, c’est-à-dire celle de la guerre froide?Avec; un titre comme Quel rôle pour l’Etat?, cet opuscule se veut accrocheur, mais son contenu, malheureusement, ne brille pas toujours par son actualité.Soyons néanmoins bon joueur et retenons surtout sa première partie, qui présente des considérations de philosophie politique sur le rôle de l’Etat.Chomsky y analyse quatre modèles: le libéralisme classique, le sociajisme libertaire, le socjalisme d’Ëtat et le capitalisme d’Etat.Selon lui, les deux derniers modèles, qu'il associa respectivement à l’URSS et aux Etats-Unis, sont antidémocratiques parce qu’ils remettent tout le pouvoir de gestion de la société entre les mains d’une petite élite.Aujourd’hui, c’est-à-dire en 1970 pour ce texte, le socialisme libertaire constituerait le modèle idéal en ce qu’il actualiserait les meilleurs éléments du libéralisme classique.Pour Chomsky, en effet, ce dernier, parce qu’il se fonde sur une nature humaine conçue comme essentiellement libre et créative, serait, contrairement à l’idée reçue, profondément anticapitaliste.La nouvelle réalité de la société industrielle exigerait toutefois qu’il subisse une adaptation dans le sens du socialisme libertaire qui repose sur les mêmes fondements.Ainsi, Chomsky parle d’une société qui fonctionne selon «une communauté d'associations libres qui soit à l’abri de toute contrainte exercée par l’État ou par toute autre institution autoritaire» et qui prône «la maîtrise des travailleurs eux-mêmes sur la production».Nécessaire «dans une économie capitaliste prédatrice», l’État tel qu’on le connaît deviendrait obsolète une fois mis en place le modèle de société anarchiste selon Chomsky.Solutions ?La faiblesse d’une telle réflexion tient à ce quelle repose sur une solution de rechange tranchée qui n’a pas lieu d’être.Ainsi, selon Chomsky, ou bien on conçoit la nature humaine comme essentiellement libre, et alors s’ensuit l’adhésion au modèle anarchiste qui rejette le principe de la représentation, ou bien on conçoit la nature humaine comme moutonnière et en quête d’un maître, et alors s'ensuit le modèle faussement démocra- FELICITATIONS À GENEVIÈVE BILLETTE, LAURÉATE DU PRIX DU GOUVERNEUR GÉNÉRAL 2005 Le pays des genoux - Le texte cte Genevieve Mette est remarquable it aboroe-le sutet délicat de la fugue avec beancoui d'intelligeoce en en faisant surgir les raisons profondes Ce pays des genoux que recherchent Sammy.Thimotèe puis Sarah est une réponse cor crête à toutes les distances qui nous séparent.» > M*chei Belau : Vvn - -< Parsemée de répliques qui troublent lorsqu'elles sont mises dans la bouche de gamins, (é : .> cfcs genoux est une lotie alfégone.dont jeunes et moins jeunes ont des leçons à tiret - Voioniquo Pepin V.‘ c.-'- ’v A tique de la délégation des pouvoirs à quelques élus.Pourtant, l’incompatibilité entre la liberté et la démocratie représentative reste, me semble-t-il, à prouver.Chomsky a raison de souligner que, aux Etats-Unis en particulier, les élus proviennent presque exclusivement de l’élite économique et sont à son service, mais cela ne résume pas la nature de la démocratie représentative.On peut même penser, au contraire, qu’il s’agit là d’une des conséquences de l’indifférence politique des masses.Si, en effet, la culture et l’engagement politiques de la population étaient plus profonds et plus constants, on peut présumer que la qualité des élus et la nécessité pour eux de rendre des comptes s’en ressentiraient pour le mieux.Chomsky affirme que c’est la nature même de la démocratie représentative qui engendre l’indifférence des masses ainsi privées de pouvoir, une indifférence qui serait renversée par la mise en place des principes anarchistes.On peut pourtant croire que cette indifférence est en partie la cause du problème et qu’un sursaut de volontarisme pourrait changer la donne, sans qu’il soit nécessaire de le pousser jusqu’à l’utopie anarchiste de la mobilisation totale et permanente.la force de la démocratie représentative, quand elle est pratiquée avec honnêteté et véritablement soumise à l’approbation du peuple, c’est qu’elle libère du temps pour les libertés autres que la liberté politique sans nier cette dernière.Elle exige donc, de la part de l’individu, un engagement politique constant, bien sûr, mais réaliste, à hauteur d’homme et qui laisse passer de l’air.On peut, oui, être libre et représenté, ce que nie la conception anarchiste qui, si elle était appliquée, nous condamnerait à la «réunionite» aiguë et à la cacophonie délibératrice.La liberté de déléguer, c’est encore la liberté, quoi qu’en disent les tenants de la démocratie directe.Critique essentiel des travers du monde occidental, Chomsky, à l’heure de proposer des solutions, fait figure de militant emballé spécialisé dans les barouds d’honneur peu convaincants.Collaborateur du Devoir QUEL RÔLE POUR L’ÉTAT?Noam Chomsky Traduit de l’anglais par Loqis de Bellefeuille Écosociété Montréal, 2005,56 pages AGENCE FRANCE-PRESSE wills#1’' :v Noam Chomsky = POLITIQUE Le Stalingrad américain Les États-Unis et le bourbier irakien ' '.jf Les beaux livres aux éditions de l’Homme L’HOMME www edhomme.com Le Sauteur Je lis Montréal I read Montreal Phaneuf YûVâx>cur du vin ULYSSE BERGERON Au-delà des débats politiques qui gravitent autour des raisons plus que douteuses qui ont mené à l’invasion de l’Irak par les États-Unis résident les spéculations justifiées sur la fin de ce bourbier qui semble ne pas vouloir se terminer.L’historien et journaliste Gwyne Dyer tente à l’intérieur de son plus récent essai d’appréhender la fin de ce conflit.Pour ce faire, il présente celui-ci comme une guerre de résistance nationale à un envahisseur plutôt que comme une guerre idéologique.On s’en doute, la comparaison avec le Vietnam est alors inévitable.Dyer écrit: «Ce à quoi se heurtaient les États-Unis dans les deux pays, derrière l’écran des clichés sur le communisme ou l'islamisme, c'était le nationalisme, et une fois que la majorité des nationalistes du pays avaient décidé que les raisons pour lesquelles les Etats-Unis se trouvaient dans leur pays n 'étaient pas bonnes [.] l’entreprise était sans espoir.» Dyer souligne alors, avec raison.que «ce sont toujours les gens du pays qui gagnent», et ce, malgré les pertes humaines.Les exemples sont nombreux: les Russes en Afghanistan, les Français en .Algérie, les Néerlandais en Indonésie, les Britanniques au Kenya et à Chypre, les Portugais en Angola et au Mozambique.«Les étrangers succombent invariablement à la tentation de diminuer leurs pertes et de retourner chez eux J.J: les membres de la guérilla ne vont jamais cesser leurs activités et retourner chez eux.parce qu’ils y sont déjà», note-t-il.En ce sens, l’auteur reprend à son compte ce que Marshall McLuhan écrivait en 1975: la guerre du Vietnam s’est «per- due dans les salons américains et non sur les champs de bataille vietnamiens».Le très renommé sociologue canadien, père du terme «village global», attribuait alors cette réalité à l’impact de la télévision, qui s’était fait le messager des brutalités de la guerre.Et cette fois encore, la guerre pourrait — et devrait selon Dyer — se perdre dans les salons américains.Mais la question, centrale demeure: quand les États-Unis se retireront-ils de ce bourbier dans lequel ils se sont eux-mêmes enlisés, et dont, soutient Dyer, ils ne peuvent sortir victorieux?Sans proposer de réponse précise, il avance que lés Etats-Unis doivent «perdre la guerre en Irak le plus tôt possible» afin de stopper le plus rapidement l’hécatombe.L’ouvrage de Dyer possède le défaut de ses qualités.L’auteur réussit le tour de force de rendre accessible un sujet pour le moins complexe.Toutefois, le travail de vulgarisation qu’il effectue propose des raccourcis qui simplifient à outrance de nombreux enjeux sous-jacents au conflit: la menace terroriste ne peut être considé» rée comme une diversion et le rêve d’un djihad mondial qu’entretiennent certains islamistes ne doit pas se résumer qu’à une simple illusion.Collaborateur du Devoir FUTUR IMPARFAIT: L’AVENIR DU MONDE APRÈS L’INVASION AMÉRICAINE DE L’IRAK Gwynne Dyer Traduit de l’anglais parGuy Rivest Lanctôt éditeur Outremont, 2005.229 pages I 1 LE DEVOIR.LES SAMEDI 19 ET DIMANCHE 2 O WO V E M B R E 2 0 0 5 F 1.1 les éditions du remue-ménage stand 511 (Dimedia) «• Livres -» Dessins à dessein JACQUES NADEAU LE DEVOIR Michel Garneau publie ses meilleures caricatures de l'année 2005.FRÉDÉRIQUE DOYON Troisième ouvrage regroupant les meilleures caricatures de notre collègue Michel Garneau.Garnotte 2005 fait le tour de l'actualité de la dernière année, rappelant avec impertinence qu'une image vaut mille mots — et parfois mille maux.De la campagne électorale américaine à la commission Gomery, des déboires du gouvernement Charest à ceux des troupes américaines en Irak en passant par la course à la direction du Parti québécois.rien n’échappe à son coup de crayon.La concision de ces petits dessins truffés d’humour et de réflexion se révèle une manière efficace et amusante de passer en revue les faits saillants d’une saison.Après avoir lui-mème édité ses deux premières anthologies, une entente avec Les Intouchables lui a permis d’ajouter une quarantaine de pages à l’ouvrage au papier désormais glacé.Le travail de sélection s’impsait tout de même à celui qui réalise quelque 300 caricatures par année."// y a toujours des redites, certaines coupent le rythme ou ne sont plus pertinentes», explique-t-il Autre nouveauté, des esquisses de caricatures non publiées mettent les événements en relief autrement le trait plus brut s’y fait particulièrement mordant, révélant le côté plus hardi, cynique du commentateur-illustrateur politique et le processus d’autocensure qui s’opère au cours d'une journée de dessin.On assiste en quelque sorte à la petite guerre du bon et du mauvais génie de Garnotte, quand la réflexion joue du coude avec l'instinct «Cest audacieux, lance le caricaturiste.Ça permet surtout de comprendre pourquoi elles n’ont pas été publiées: certaines sont bonnes, mais trop injustes, ou inappropriées.» Cet apport complémentaire pourrait même prendre une place plus imprtante dans les éditions à venir.Si ses esquisses prenaient souvent le chemin de la poubelle, l’auteur se promet bien d'en archiver certaines qui n'auront pas reçu le sceau de la publication dans Le Devoir.Dans ses tiroirs, de nombreuses esquisses de la saga entourant la nouvelle gouvemeure générale s'accumulent déjà Reste à voir si le sujet demeurera d'actualité.Le temps qui fait œuvre d’oubli est parfois plus cruel que les mots et les images.Le Devoir GARNOTTE 2005 Michel Garneau Les Intouchables Montréal, 2005,160 pages La face cachée du conte Fred Pellerin livre son troisième livre-CD, Comme une odeur de muscles FRÉDÉRIQUE DOYON Le talent de conteur de Fred Pellerin résonne déjà bien fort.Ce talent entretient une relation particulière avec les mots: il s’enracine dans l'oralité, mais flirte aussi avec l’écrit.De ce dernier marivaudage, il a voulu faire un engagement et montrer la face cachée du conte.Il publie ainsi son troisième livre-CD, Comme une odeur de muscles.Autant que le récit oral, le conte écrit respire, il prend ses aises et son propre rythme.Fred Pellerin l’a compris.Comme en témoigne le CD, ce qu’il racontait en quatre bouts de phrase sur scène s’étend poétiquement sur un sous-chapitre.Si ses histoires restent proches de son plus récent spectacle, douchées sur le papier, elles prennent vie autrement.Les temps forts, drôles ne se trou- vent plus au même point du récit.Ils ne dérivent plus du ton déclamé, des mots qu’on happe à leur passage virevoltant dans nos oreilles, mais de leur musique intrinsèque.Une rupture bénéfique puisqu'un autre récit surgit, décalé, réinventé.La vie des mots écrits est ailleurs que celle des mots dits.Déclinés en quatre chapitres et une foule de brefs épisodes, une mise au point et un épilogue, les récits prennent leur source dans l’inépuisable imaginaire de sa grand-mère, analphabète qui n’avait qu’un seul livre, mais mille façons de le raconter.«Tous les érudits ne sauraient faire mieux.Elle se berçait.Le livre sur ses genoux.Les idées déliées.A lire sans regarder comme à croire sans voir.Elle avait la fois.Et pas qu’une.— Il était mille fois.De ces fois qui déplaçaient nos montagnes.» S'enchaînent alors mille historiettes.Esimésac Gélinas naît d’une famille plus que nombreuse, «en ce temps où les rêves de colonisation se transposaient en taux de natalité explosifs.Im mitraillette utérine.Les familles débordaient de futur jusqu à se bâtir un pays.» Il grandit en force, plus vite que son ombre.A force de vouloir devenir le plus fort, il devient mouche, truite, ours puis forgeron, avant de comprendre que c’est en lui-mème qu’il puisera sa grandeur.«Celui qu'on savait habile en muscles se révélait d’autant capable d’idées, un homme de taille, et de détails.» Mais son parcours devient surtout prétexte po,ur raconter le village de Saint-Élie-de-Cax-ton, le forgeron, le tournois de dames, les mouches, le curé, l’ombre que chacun porte sur son dos, «comme une parure», parce que «c’est à peu près tout ce qu’ils avaient à se mettre sur le dos».Nourrie de l’imaginaire du conteur, la vie du village prend des dimensions fantastiques, cosmiques.Et par une telle expansion, Fred Pellerin finit par nous parler de notre culture, les patenteux qui pullulent dans tous les rangs, le bébé boum, la vie de mère et de bûcheron.De petits clins d'œil à la vie moderne surgissent à tout moment, toujours pour mettre en valeur ce village coloré, où grouille la vie puisée dans les petites choses, les petits événements.Le Devoir COMME UNE ODEUR DE MUSCLES Fred Pellerin Planète rebelle Gatineau, 2005,150 pages < N < X 00 < FÉLICITATIONS À AKI SHIMAZAKI, LAURÉATE DU PRIX DU GOUVERNEUR GÉNÉRAL 2005 Hotaru û D (/) r.- F- Ü < O < MJ S III « Économie de mots et de moyens, vivacité du style et efficacité de la trame narrative on se prend vite au piège dune telle écriture dont on regrette de ne pouvoir prolonger ta lecture » > JearvFraiM ; Crepeau «• L insupportable poids du secret, et derrière cefa une fantastique sensualité Voilà avec quo nous revient la très grande Akt Shimazaki Un chef d'œuvre » • Thon 5 Gu 14) 524-5558 Publiez votre livre! www.carteblanche.qc.ca Les éditions Carte blanche Médaille de mérite XYZ éditeur et Lettres québécoises félicitent André Vanasse récipiendaire de la Médaille 2005 de l'Académie des lettres du Québec Venez rencontrer nos auteures.ROSE samedi 19 novembre 12 h à 14 h Françoise Guénette 13 h à 14 h Sylvie Dupont, Sylvie Laurendeau et Hélène Pedneault 14 h à 15 h Lise Moisan et Hélène Pedneault 19 h à 20 h Hélène Pedneault et Francine Pelletier dim.20 novembre 15hà 16 h Nicole Morisset 16 h à 18 h Ariane Émond Avne Ma nit Sicotte MARI! G F RI N-LAJOIE Comjucrante de la liberté f tO N, ,l O Yvette Kousseau i.\ «rvssr rr: u t s r, \ u fMWMrâ Mvnww hradxvlMr HMimiet Anne-Marie Sicotte samedi 19 novembre 15 h 30 à 16 h 30 Table ronde Des biographies marquantes samedi 19 novembre de 14 h 30 à 15 hl5 Carrefour Participantes Micheline Lachance, Huguette O’Neil et Anne-Marie Sicotte Animateur Jean-Claude Germain Huguette O’Neil samedi 19 novembre 15 h 30 à 16 h 30 dimanche 20 novembre 12 h à 13 h Dim* Prud homma m z LA VIOLENCE À L'ÉCOLE N'EST PAS UN JEU D'ENFANT ! Diane Prud'homme samedi 19 novembre 12 h à 13h stand 1014 La version en langue arabe de cet ouvrage publiée par le groupe ESIG est disponible au stand de la délégation égyptienne, no 1014 80VI LA DlftECnOM OF MAfKA NFMSfM ME Mit AM sua t.» raoisiÉHt vabu» féHimm •et AdWont ou ••mue DIALOGUES SUR LA TROISIÈME VAGUE FÉMINISTE Maria Nengeh Mensah dimanche 20 novembre 13 h è 14 h cœur He la Lysane Grégoire et Stéphanie St-Amant samedi 19 novembre 11 h à 12 h dimanche 20 novembre 14 h à 15 h www.editions-remuemenage.qc.ca i I Littérature générale ÉDITIONS SAINT-MARTIN nu 442 pages | 34,Q5$ ?3U.¦ m l.bCLERC BILODEAU 174 pages I I9,Q5* 224 pages ( 2Q.95* 224 pages I 23.95 < Essais U tr*n*fWmaHoii «lu eominuniiutAir» Hfefei'fti 16 PHÉNOMÈNE à paraître | 25.00$ 152 pages | 2I.95« Collégial et universitaire Mm'*h r Ahom* frÉv» A U 4ivt H0«ma« â- ,8 In.riATXTN H8HB Ai.»X R^m3R>S LK-ttll J à ¦“ 200 pages | 24.95* 372 pages | 35,00* O»- La relation d'aide ïrrsr au quotidien Introduction à la MICROBIOLOGIE ALIMENTAIRE 192 pages | 35.00* 790 pages I 45,00* AU 1 ON OMI N AI ION ri 3!4 pages | 35.00* à paraître I 19.95 wiftMmnir 68 pages | 11.95* 68 pages | 11.95* médias TERRORISME à paraître I 29,95 * 200 pages I 27.95 * 88 pages | 14.95* in i ni I unit MWmiMI l'adaptation huinAine 314 pages | 38,00 SOIGNER LES ANIMAUX t \ MH II SU I Kl 1 1 96 pages | 12.95» Economie du Québec r*îc,
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