Le devoir, 26 novembre 2005, Cahier G
LE DEVOIR.LES SAMEDI 26 ET DIMANCHE 27 N O V E M B R E 2 O O 5 LE DEVOIR B l * ROCH DENIS Un nouveau rendez-vous pour la science Page3 PIERRE DANSEREAU La conscience de notre environnement Page 5 Dans les jardins d e j science S() U RC l- UQAM PATRICK BARROS :Ti£: Avec cet ensemble, l’institution affirme sa volonté de faire du secteur scientifique un de ses pôles de développement SOURCE UQAM Les nouveaux pavillons de l’UQAM vus de la cour intérieure PATRICK BARROS ÎÏSï®: 2 3 -JS % est un quartier dans la ville.Qui péné-/ trera dans le quadrilatère enclos par Sherbrooke, Président-Kennedy, Jean-Ci ne-Mance et Saint-Urbain découvrira avec plaisir une petite ville avec ses rues, ses arbres, ses jardins, ses multiples points de vue, enclos par des constructions en succession qui détonnent, chacune d’entre elles, par une architecture multiple de visage et variée de fonction.Il y a la des pavillons universitaires, des résidences étudiantes, une bibliothèque, des zones de service, des espaces réservés aux entreprises et, bientôt, un auditorium et une salle d’exposition qui seront tous deux accessibles au grand public.C’est un carrefour scientifique dans une structure universitaire.Les mathématiciens, les biologistes et les chimistes, pour ne nommer qpe ceux et celles-là, trouvent ici leur point d’ancrage.A ce groupe se greffent aussi des spécialistes de secteurs aussi divers pour qui, dans un cas, l’environnement est le champ d’étude, et dont la spécialisation, pour d’autres, recouvre ce qui s’appelait autrefois les -arts appliqués*.Et quand la TELUQ, le télévision universitaire du réseau de 1TJQ, fonctionnera à pleine puissance, ce sera en fait la plus grande université bimodale de la francophonie qui aura ici établi son siège.C’est aussi en raccourci une histoire récente de l’architecture québécoise.Il y a la le pavillon classique d’Ernest Cormier, quj abrita longtemps cette Ecole du meuble (où un Paul-Emile Borduas initia a l’art les futurs automatistes), auquel pavillon répond en correspondance sur la même rue l’architecture de verre d’un Mario Saia.Et derrière cette double façade, qu’une rue ici piétonne entrecoupe, se succèdent des bâtiments dont la brique renvoie au «jaune scolaire» des institutions québécoises ou dont la structure, dans le cas du pavillon Kennedy, est une reprise de la forme de l’immeuble résidentiel Le Colisée, situé une rue plus au nord.Double trame Le Complexe des sciences Pierre-Dansereau est la dernière grande réalisation de l’Université du Québec à Montréal.Si le site a plus d’une référence historique (c’est ici que furent érigées les «maisons» d’un Melvin Charney, que le maire Drapeau fit démolir au temps des Jeux olympiques de 1976, dans ce qui est devenu l’-affaire Corridart»), il permet aussi de combler un vide, ce hiatus entre le Complexe Desjardins, la Place des Arts et le secteur résidentiel et hospitalier de cette zone urbaine.Ce complexe démontre aussi une nouvelle orientation universitaire Au contraire des premiers pavillons «fermés» de l’UQAM, le Judith Jasmin et l’Hubert-Aquin, ici tout est fait pour que k* chaland y trouve accueil.Et surtout pour que le public y plonge: au printemps prochain, le projet pédagogique du futur Coeur des sciences sera rendu public et, alors, la vulgarisation scientifique aura trouvé sa place au centre-ville montréalais.Avec cet ensemble, l’institution issue de la Révolution tranquille affirme sa volonté de faire du secteur scientifique un de ses pôles de développement.Elle qui aura sur le côté sud un futur centre hospitalier universitaire en guise de porte d’entrée et qui rejoint presque dans sa partie ouest le campus de McGiD, cette nouvelle UQAM donc, scientifique, s’accole aux quartiers des arts, des spectack*s et des affaires Aujourd’hui, Le Devoir se retrouve même doublement — par l’écrit et sa localisation — à sa porte Normand Thériault Fondation Page 2 Sciences Page 4 Campus Page 8 TELUQ Page 11 Vie académique Page 2 Pédagogie Page 4 Regards extérieurs Page 6 Réalisation Page 7 » Chimie Informatique Page 8 Rétrovirologie Environnement Page 10 V Biologie Mathématiques Page 9 Biochimie Page 11 : g 2 LE DEVOIR, LES SAMEDI 26 ET D I M A .V C H E 27 .NOVEMBRE 2 0 0 5 FONDATION Prendre position pour FUQAM «Un financement qui sert au développement de l’université plutôt qu’à ses budgets d’opération » La Fondation de TUniversité du Québec à Montréal (UQAM) fut mise sur pied en 1976, soit neuf ans après que l’institution ait vu le jour.Elle oriente son action sur le développement de l’université en fonction des axes qui correspondent aux valeurs et aux objectifs de cette institution.Elle propose de prendre position pour l’UQAM au cours de la présente campagne de financement RÉGINALD HARVEY Vice-recteur aux affaires publiques et au développement de l’UQAM, Pierre Parent a hérité, de facto, du portefeuille et de la responsabilité institutionnelle de la Fondation, dont il est le vice-président Toute jeune encore, l’UQAM n’avait même pas atteint l’âge de l’adolescence quand cette fondation prit place dans le décor: «Le recteur du temps souhaitait rejoindre des gens de la communauté, particulièrement celle des affaires, pour soutenir notre développement.Compte tenu du fait que nous ne comptions pas encore beaucoup de diplômés qui occupaient des postes de commande dans la société, il a pensé à cette stratégie, qui consistait à mettre sur pied une fondation dont le conseil d’administration serait composé d’éminents personnages de notre société québécoise.» Le président d’Air Canada à cette époque, Pierre Jeanniot, en fut le premier président L’établissement universitaire poursuivait avec sa fondation, à l’instar des autres universités, cet objectif qu’il qualifie d’unique: «C'est celui d’en assurer la promotion en même temps que d’essayer de trouver du financement autre que public, qui sert au développement de l’université plutôt qu’à ses budgets d'opération.» Maintenant un diplômé de l’UQAM, Pierre Roy, président d’Astral Média, occupe le poste de président du conseil d’administration de la Fondation.Un autre diplômé, Réal Raymond, président et chef de la direction de la Banque Nationale, se retrouve à la tête de la campagne de financement Le soutien aux étudiants d’abord Pour la période 2002-2007, il était prévu de récolter 50 millions de dollars, un défi qui a déjà été relevé il y a quelques semaines, deux ans avant l’expiration de l’échéancier.Le vice-recteur commente cette réussite: «H reste bien des besoins à combler, mais nous sommes tout de même, très fiers d’avoir atteint notre objectif; on respire plus à l’aise.H reste beaucoup de travail à faire mais on peut dire: mission quasi accomplie.» Il revient aux administrateurs de la Fondation et à La direction de l’université de déterminer quels sont les projets qui seront financés avec l’aide d’une telle levée de fonds.M.Parent explique: «Les axes de développe- Pierre Parent est responsable du portefeuille Fondation de l’UQAM, dont il est le vice-président.ment de la campagne actuelle ont été convenus entre ces gens.IjCS besoins sont déterminés par l’université, ce qui est extrêmement important.» Il désigne la priorité majeure: «Cest le soutien ou l’appui aux étudiants sous forme de bourses qui ne sont pas dédiées seulement à l’excellence, mais qui vont faciliter également leur réussite et les inciter à s’engager dans cette voie.» L’UQAM se positionne maintenant de cette manière à l’égard de ses cohortes étudiantes: «Une de nos aspirations présentement, c’est de développer les études de 2 et 3 cycles.On pense avoir accompli de façon magistrale notre mission de former les étudiants de premier cycle, si on se souvient de ce qu’était la formation universitaire au Québec à la fin des années 1960.Nous allons continuer sur cette lancée, mais nous sommes convaincus que les aspirations des étudiants PHOTO YVES LACOMBE et de la responsabilité institutionnelle de la de la société québécoise se manifestent présentement de façon très nette aux niveaux de la maîtrise et du doctorat.» Dans cette optique, il importe d’être en mesure de soutenir financièrement les futurs diplômés qui s’engagent dans des formations à long terme.Chaires et communautés L’université a retenu, à titre de deuxième priorité, le créneau de la création et de la recherche: «On veut apporter notre soutien à des chaires institutionnelles.On a tout un volet dans notre campagne qui couvre cet aspect majeur.» Voilà pour les deux gros blocs, quoique d’autres points ne soient pas pour autant négligés: «Ow demande aussi de l’aide pour les bibliothèques et pour des formations à l’étranger.Dans le contexte du XXI' siècle, il faut intégrer les stages dans d'autres pays pour nos étudiants.Nous avons cette préoccupation d’introduire dans leurs programmes réguliers une forme de prise de contact hors des murs du Québec.Nous avons dans ce sens de nombreuses ententes avec d’autres universités sur le plan de l’accréditation.» En outre, la campagne profitera à l’UQAM dans son approche de présence dans le milieu et de rapprochement avec les communautés: «Un coup de pouce sera apporté au Cœur des sciences.Dans le Complexe des sciences Pierre-Dansereau, il y a un lieu qui porte cette appellation, où l’aide apportée sera destinée à la vulgarisation de la science pour la rendre accessible à tous les jeunes et à la population en général.» Ce lieu de diffusion des savoirs viendra s’ajouter à la Galerie de l’UQAM et au Centre de design.LUQAM a innové du côté des services à la collectivité, ce que M.Parent met en relief «Elle a été la première à leur offrir un service.Nos professeurs et autre personnel ont des ententes avec des organismes à caractère plus social et on leur assure des éléments de formation non crédités.Cest une façon de rendre à la communauté une partie des fonds publics que nous recevons de l’ensemble de la société québécoise.» Les efforts consentis en recherche dans le domaine des sciences humaines témoignent à leur tour de cette approche de l’université du centre-viDe.La provenance des fonds Le temps est venu de parler du nerf de la guerre que représente l’argent; Pierre Parent fait observer que 88 % des sommes recueillies proviennent des entreprises et des fondations: «Dans ce cas, les gens font des dons qui sont orientés.Ils ne nous disent pas comment faire, mais ils choisissent leur cible et on leur offre un certain nombre d’occasions.» Il en résulte que la Fondation a atteint pleinement son objectif global de 50 millions de dollars.Cependant, au chapitre de sa priorité numéro un, soit l’aide aux étudiants, pour laquelle les dons sont davantage consentis sur une base individuelle, la campagne n’a récolté que 56 % des sommes prévues, qui s’élevaient à 20 millions de dollars: «Nous allons insister encore davantage sur cet axe-là.Il nous reste beaucoup de chemin à parcourir auprès des individus.Nous allons travailler énormément auprès de nos diplômés pour augmenter cette part de la cagnotte dévolue à la réussite.» D trouve intéressant que la collectivité universitaire ait versé 9 % du total des 50 millions récoltés: «On considère que c’est très, très bon.» Par contre, seulement 3 % provient des diplômés et des amis.D réagit à ce faible pourcentage: «On a beaucoup de chemin à faire.C’est culturel.Du côté anglophone, c’est une vieille tradition que d’apporter de l'aide financière à leurs universités d’appartenance.Il y a quand même des chef de file qui peuvent servir de modèles chez nous, mais c’est une culture qui est un peu longue à développer.On va se mettre à la tâche très sérieusement du côté de nos diplômés.» Collaborateur du Devoir VIE ACADÉMIQUE En pleine évolution «Les étudiants doivent pouvoir se référer à des professeurs tout au long de leur cheminement» K SOURCE UQAM Danielle Laberge, la vice-rectrice à la vie académique et vice-rectrice exécutive de l’UQAM.L’Université du Québec à Montréal (UQAM) vit une période de grands changements.Le campus s’étend, la Télé-université (TELUQ) s’est installée dans son pavillon institutionnel, et le Cœur des sciences ouvrira bientôt ses portes au grand public.La vice-rectrice à la vie académique et vice-rectrice exécutive de l’UQAM, Danielle Laberge, fait le point sur ce qu’est devenue l’institution et sur les prochains défis qui l’attendent.MARTINE LETARTE Depuis l’année où elle a accueilli ses premiers étudiants, en 1969, l’UQAM a fait beaucoup de chemin.Avec ses six facultés et son école des sciences de la gestion, l’université accueille maintenant plus de 40 000 étudiants.«Comme dans toutes les universités, nos étudiants sont majoritairement au premier cycle.Tout de même, le nombre d'étudiants de deuxième et de troisième cycle est en croissance depuis quelques années», affinne la vice-rectrice à la vie académique et vice-rectrice exécutive de l’UQAM, Danielle Laberge.Pour offrir un meilleur encadrement à ses étudiants, Mme Laberge croit que FUQAM doit améliorer son ratio professeurs/étudiants.Avec seulement 1000 professeurs.l’UQAM se retrouve désavantagée par rapport aux autres universités de la province.En guise de compa- raison, l’Université de Montréal compte 2400 professeurs pour près de 55 000 étudiants.«Nous devons faire du rattrapage à ce niveau-là.Nous avons beaucoup de chargés de cours très compétents et très impliqués, mais leur statut demeure précaire.Pour l'encadrement à long terme, les étudiants doivent pouvoir se référer à des professeurs tout au long de leur cheminement à l’université», explique-t-elle.Pour remédier à la situation, FUQAM compte offrir des postes de professeur à des chargés de cours qui respecteront certaines conditions.L’université nommera également des chargés de cours annuels qui auront une charge de travail réduite pour leur permettre de se consacrer davantage à l’encadrement des étudiants.Le rattachement de la TELUQ Avec le récent rattachement de la TELUQ à l’UQAM.les étu- diants pourront éventuellement bénéficier d’un plus grand choix de programmes de formation à distance.«Nous évaluons les secteurs stratégiques où il serait intéressant de développer de nouveaux programmes pour la Télé-université ayant un intérêt académique et une pertinence sociale», soutient Mme Laberge, en précisant que l’UQAM tente ainsi de mieux tenir compte des besoins de souplesse de ses étudiants.Avec l’installation de la TELUQ dans son pavillon institutionnel, FUQAM souhaite également augmenter son rayonnement à l’extérieur des frontières du Québec.«Nous voulons développer des programmes qui seront pertinents ailleurs dans le monde, en tourisme notamment.Nous essayerons ainsi de rejoindre les gens de la francophonie qui ne sont généralement pas très bien servis par Internet, où l’anglais domine», explique Mme Laberge.Voisine du nouveau CHUM Avec l’arrivée prochaine du nouveau CHUM, FUQAM entrevoit beaucoup de possibilités de collaboration de recherche dans le domaine de la santé.Même si la Loi sur l’Université du Québec adoptée en 1968 pour permettre à FUQAM de voir le jour lui interdit de former des médecins, l’institution a développé une expertise dans le domaine de la santé grâce, entre autres, à son Institut Santé Société.•Nous intervenons en parallèle avec le personnel médical.Lorsqu’il y a violence conjugale ou violence envers les enfants, le problème va au-delà de la blessure physique.Les médecins et les infirmières ont besoin de soutien.A ce niveau-là, l’UQAM est très active et compte l’être encore plus avec l’arrivée du nouveau CHUM», affirme Mme Laberge.Elle souhaite également que FUQAM offre davantage de formation continue dans ses champs d’expertise, notamment en travail social et en psychologie, au personnel du CHUM.Vitrine sur la science Prochainement l’UQAM inaugurera |fficiellement le Cœur des sciences, un Beu de diffusion et de vulgarisation scientifiques.Construit dans le tout nouveau Complexe des sciences, il aura pour mission de contribuer au développement de la culture scientifique du grand public* et d’encourager les étudiants du deuxième cycle du secondaire et du collégial à poursuivre leurs études en sciences.Les geins pourront visiter ce centre de diffusion des savoirs pour prendre connaissance des grandes actualités dans le domaine des sciences, pour discuter des retombées des nouvelles avancées et pour débattre des grands enjeux scientifiques du moment.; Le Cœur des sciences sera, [selon Mme Laberge, le reflet de*îce qu’est l’UQAM.«C'est une université ouverte, près des gens.Les professeurs sont très présents dans 'les médias puisqu’à l’UQAM, le lien entre la pensée, la recherche et la société est très important.Ce nouveau lieu de vulgarisation va dans le même sens.» ÜUQAM a choisi de construire le Complexe des sciences en utilisant les bâtiments de la vieille forge, la chaufferie et l’aile.Kimberly rattachées à l’ancienne Ecole technique de Montréal.C’est à l’agpra qu’auront lieu les débats, les expositions temporaires et la présentation de reportages d’actualité dans le domaine des sciences et des technologies.Les congrès et les grandes conférences scientifiques se tiendront dans l’amphithéâtre de 350 places qui vient tout juste d’être achevé.La médiathèque, accessible par Internet, regroupera un ensemble de documents multimédias traitant des sciences et des technologies.Le Complexe des sciences, situé au nord de la Place des Arts, accueillera aussi la bibliothèque des sciences de FUQAM.Mme Laberge est convaincue que le Cœur des sciences aidera la population à mieux saisir les enjeux scientifiques déterminants pour le développement de l’humanité, la survie de la planète et la paix sociale.«Souvent, les gens sont démunis par rapport à ces grands débats puisqu'ils ne comprennent pas la base des problèmatiques.Le Coeur des sciences viendra répondre à leurs questions tout en favorisant l'échange des idées».conclut-eDe.Collaboratrice du Ddtoir LE DEVOIR.LES SAMEDI 26 ET DIMANCHE N O V E M B R E 2 O O 5 ?UQAM * Rencontre avec le recteur Roch Denis Un nouveau rendez-vous pour la science Vers la plus grande université bimodale de la francophonie Au fil des ans, les départements de sciences de l’UQAM ont installé leurs pénates dans un quadrilatère situé tout près de la Place des .Arts.Seul hic, le département des sciences biologiques avait été laissé pour compte dans son vieil immeuble vétuste, rue Saint-Alexandre.Pour faire une place à ce grand oublié, l’université a relancé, en 2001, son ambitieux projet de Complexe des sciences.La seconde mouture, inaugurée ces prochains jours, accueillera non seulement les sciences biologiques, mais également un centre permanent de vulgarisation scientifique à l’intention du Tout-Montréal, des résidences universitaires et un pavillon pour la TELLQ.Précisions.SOURCE UQAM «On a un tel déficit d’espace que, même avec ce que nous construisons, nous sommes loin de corriger notre problème d’espace global», indique Roch Denis.MYLÈNE TREMBLAY Il y a deux ans, une portion du quadrilatère formé par les rues Saint-Urbain, Président-Kennedy, Jeanne-Mance et Sherbrooke était encore un stationnement boueux à ciel ouvert En lieu et place s’élève maintenant un nouveau pavillon de 11 étages, tout en transparence, avec une serre sur le toit et une cour intérieure dans le prolongement du hall d’entrée.«Le déménagement du département de sciences biologiques dans le quadrilatère a été au cœur de la relance de notre projet de Complexe des sciences, explique fièrement Roch Denis, recteur de l’UQAM.Le nouveau pavillon va loger les salles de cours et les laboratoires de recherche du département.» En 1992, l’institution avait déjà entrepris l’édification de la première phase du fameux complexe avec la construction du pavillon de chimie et de biochimie, celui de Président-Kennedy, et la rénovation du pavillon Sherbrooke.Mais le département des sciences biologiques manquait toujours à l’appel.De sorte que l’UQAM ressemblait davantage à un morcellement de départements de sciences qu’à une véritable université des sciences.Afin de créer une unité scientifique et favoriser les liens interdisciplinaires dans les domaines de l’environnement, de la biochimie et des biotechnologies, il fallait définir une bonne fois pour toutes les arêtes du quadrilatère.et y greffer un cœur.Les bâtisses de l’ancienne Ecole technique de Montréal, situées au centre du polygone, étaient tout indiquées.rïutôt que de les démolir, on a restauré la vieille forge, la chaufferie et l’aile Kimberly, vestiges patrimoniaux devenus ce qu'on appelle aujourd’hui le Complexe des sciences.«Avec leurs grandes fenêtres, ces bâtiments industriels du XIX' siècle en pierre de style ancien ont une allure magnifique», s’exclame le recteur.La science sur la place publique Ce cœur, qui se veut un centre de promotion, de diffusion et de vulgarisation scientifique ouvert sur la ville et la population, comprend notamment une Agora des sciences, lieu de rencontres informelles entre les étudiants, les chercheurs et le grand public par le biais d’expositions, de tables rondes, de conférences et de démonstrations pratiques permettant aux jeunes de «mettre la main à la pâte»-, une médiathèque des sciences, regroupant un ensemble d’outils multimédias sur les sciences et les technologies; un amphithéâtre et une salle polyvalente; et enfin, la bibliothèque des sciences.«En créant le Complexe des sciences, c’est comme si on ouvrait sur la ville une salle de montre pour les travaux de la science.On veut favoriser une meilleure accessibilité à ses réalisations, à ses résultats et à sa contribution à la société», explique Roch Denis.Il évoque du même souffle le problème de relève scientifique au Québec et dans toutes les sociétés occidentales.«H y a un déficit d’attraction pour les carrières scientifiques dans les nouvelles générations.En érigeant le quadrilatère des sciences au cœur de la ville, avec en son sein le Cœur des sciences, on contribue à défaire les cloisons entre les scientifiques et la population, à intéresser les jeunes aux apports de la science à la société.» Les élèves du secondaire et du collégial seront ainsi invités à fréquenter cet univers pour y prendre goût et pourquoi pas, poursuivre leurs études en ce domaine.Au moment où les questions des changements climatiques hantent les populations, le lien entre science et société n’a jamais été aussi ténu, ajoute le recteur.L’inauguration du Complexe sera d’ailleurs l’occasion de lancer une série d’activités sous le thème.«Science et société».«On veut faire ressortir les liens essentiels entre le travail des scientifiques, qui s’effectue dans l’ombre de leurs laboratoires, et leur apport au bien-être de la société.» La TELUQ déménage Par ailleurs, avec le rattachement de la TELUQ au Complexe des sciences, dans un nouveau pavillon institutionnel de six étages, l’UQAM a en vue un grand plan de développement pour élargir les assises de la formation universitaire à distance.Actuellement logé sur la rue Henri-Julien, le site montréalais de la TELUQ déménagera sous peu dans ses locaux tout neufs, rue Sherbrooke.«On a voulu donner à la TELUQ un accès à des cours sans précédent, affirme M.Denis.Nous allons développer les banques de cours offerts à distance, de même que des programmes opérant sur les deux modes, celui de la formation à distance et celui du campus.» L’institution entend ainsi favori- ser l’interdisciplinarité en stimulant la conception d’objets d’apprentissage — témoignages de spécialistes, recueils de textes d’experts — pouvant s’importer d’une discipline à l’autre.«Grâce au travail de médiatisation de la TELUQ, des cours en philosophie comportant des éléments deformation scientifique pourront servir à l’enseignement des sciences», illustre Roch Denis.L’imbrication TELUQ-UQAM s’avère prometteuse non seulement sur le plan de la transdisciplinarité, mais également en matière de soutien aux universités en région.«Sous le chapiteau de l’innovation, de la science et des technologies, l’élargissement de la programmation aux établissements évoluant en région contri bue à une meilleure accessibilité et à une meilleure qualité de formation», indique M.Denis.Parce rattachement physique, l’UQAM entend se positionner comme la plus grande université bimodale de la Francophonie, avec quelque t>0 000 étudiants, toutes catégories confondues.lin manque criant d’espace la consolidation du Complexe des sciences Pierre-Dansereau — qui comprend le pavillon des sciences biologiques, le Cœur des sciences, le pavillon institutionnel, mais aussi de nouvelles rési dences universitaires de neuf étages pouvant accueillir plus de 500 étudiants — vient combler un déficit d’espace sans toutefois H* régler de façon définitive.A l’étroit dans ses campus, l’institution du Quartier latin estime son manque à gagner à 40 000 m*.«On a un tel déficit d’espace que, meme avec ce que nous construisons.nous sommes loin de corriger notre problème d’espace global, indique Roch Denis.Iss nouvelles générations montantes ont une ambition legitime d’accéder à un diplôme universitaire qui est devenu le passeport pour la vie.» Aussi, l’université multiplie-t-elle les acquisitions, en ville comme en région: le domaine seigneurial de Mascouche, l’édifice Lu Patrie, l’îlot Voyageur.Quand on lui demande où le développement de l’UQAM va s’arrêter, Roch Denis se fait rassurant: «Au cours des prochaines années, nous regarderons la possibilité de créer des points de jonction sur l’axe est-ouest, sur le boulevard de Maisonneuve, entre le complexe central de TUQAM et le Complexe des sciences.• Au menu de ce plan de développement: des parcs étudiants, des bornes informatiques et des éléments architecturaux à l’effigie de l’institution.«On est en train de faire une jonction qui améliore de site en site tout le grand quadrilatère du centre-ville de Montréal, dit-il.Montréal veut faire du développement, améliorer son parc immobilier.Dans la mesure où l’université peut y contribuer, on va être au rendez-vous.» Collaboratrice du Devoir CONSTRUIRE AU COEUR DU SAVOIR 4* * vvüii hmrn Fier partenaire de l pour ia construction du Compl POmERLEAU WW// pOtTl^^êvIU,C ' ^ « 1 « » ^ VJ » •- > ' ^ S -' ' • ’ ’ “ Sébastien Labelie Jacqueline Lanoi.J a ci n te Lé veillé Eugénie March .Jot Nadia Meratla Marie-Eve Méthot Marc Pape L o u i,s - G uj,{ Ia unn e Paquet Véronique Roy Annie-Cisuoe oeuve i/« Pê- - Marc oit La , r o rl ' i- moi M a iaxim< M é t h it A Mar: label Jeân A.Stmar Pot vin J Yvor G.V 137 Marc il C/s n n i e M o r r i s s e 11 « seal R o f f i Miel err C' ca Lc,r Mario G' a y Jicolas Bôkobza Naomi Franges la u me Labelie aseal Lessard /ér U r T L /e i n 'atri' Infuser la science au centre-ville.Découvrez le Complexe des sciences Pierre-Dansereau de l’UQAM.I rnHi 2 lull - ** r'"~i I Sk .MM -«ir,,,, ni | - ~ MH S Mi I « M «HS* sS ' Au cœur de la cité, le Complexe des sciences Pierre-Dansereau de l’UQAM déploie ses ressources au service de l’innovation.Grâce à l’ajout du paviilon des Sciences biologiques, un bâtiment vert conçu pour répondre aux plus hautes normes environnementales, le Complexe regroupe désormais toutes les activités de formation et de recherche de la Faculté des sciences : ^ Actuariat et mathématiques; h Biologie; ^ Chimie et biochimie; ^ Génie microélectronique; ^ informatique /yâ*0Z et génie logiciel; ^ Sciences de la Terre et de l’atmosphère; ^ Sciences de l’environnement et santé humaine.Par sa qualité architecturale, ses espaces verts et les nouvelles résidences universitaires, le Complexe des sciences Pierre-Dansereau de l’UQAM contribue à la vitalité du centre-ville tout en offrant un cadre de vie stimulant et respectueux de l’environnement.; T, 'Ml' f;-;' \ r,'‘s; I.-mj ' , ‘V>' ' ^’'V : ; iililïlilii I ‘2 WÊË m -i 'mk.M'ÏJ' SWî y S iiMmimÊmm t m i a te * www.sciences.uqam.ca : ¦ M ' ' • ^ « Une présence physique de l’université à distance.¦ La TÉLUQ, l’université à distance de i’UQAM, étend son offre de formation - La TÉLUQ, l’université à distance de i’UQAM, étend son offre de formation et prend place dans ses nouveaux locaux montréalais au Complexe des sciences Pierre-Dansereau.* ' , .7 • .UQAM Prenez position CLICHE REPETE À ECLAIRAGE DIFFERENT EN RAISON DD TEXTE IMPRIME SUR FOND GRIS OU DE COULEUR
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