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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier B
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 2005-11-30, Collections de BAnQ.

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LE DEVOIR.LE MERCREDI 30 .NOVEMBRE 2 0 0 5 .LE DEVOIR Economie Sciences de la vie MONTRÉAL La capitale de 176 entreprises québécoises en santé et en biotechnologie Page 3 'Ups \±lrm TZ2Æ » INDUSTRIE Un secteur en profonde restructuration Page 5 JACQUES NADEAU LE DEVOIR durgence 4?^ i .I ituation ALEXANDER NEMENOV AGENCE FRANCE PRESSE flpëw #'¦ - ¦! S’il existe un secteur où le Québec peut dormir sur ses lauriers, c’est bien celui de cette industrie des sciences de la vie.Le «Tout-Québec génomique» s’était rassemblé à Montréal le 18 octobre dernier pour procéder à l’inauguration des locaux d’un autre siège international.HUPO, la Human Protéome Organization, a ainsi retenu l’invitation lancée dès octobre 2003 lors du congrès mondial de l’organisme, tenu au Palais des congrès: le I> John Bergeron, de l’université McGill, était alors lliôte de 2000 spécialistes venus des quatre coins de la planète, avant de devenir le président élu par les 48 membres d’un conseil d’administration où 19 pays sont représentés.En janvier de cette année, l’organisme avait donc opté pour Montréal — et par conséquent, pour le Centre d’innovation Génome Québec et université McGill — en tant que lieu d’ancrage de ses 2000 membres originaires de 69 pays.«C’est un Jour important pour Montréal, le Québec, et l 'ensemble du Canada, puisque nous accueillons aujourd'hui une organisation mondialement reconnue dans une discipline de pointe des sciences de la vie*, déclarait alors le président de Montréal International Marc G.Fortier.Un.autre succès pour Montréal donc, pour cette ville où la recherche en santé semble florissante, appuyée par la présence immédiate ou à proximité de 29 multinationales.85 entreprises de bio-technologie-santé et 22 fabricants de médicaments génériques.Au total l’industrie pharmaceutique affiche un bilan où figurent 18 000 travailleurs et s'appuie sur la présence de 10000 spécialistes du domaine, avec pour résultat que le Quebec se classe au troisième rang a l’échefle de l’Amérique du Nord quant au nombre d’entreprises de biotechnologie.Succès A accumuler ainsi les statistiques.3 semblerait que.sH existe un secteur où le Québec peut dor- mir sur ses lauriers, c’est bien celui de cette industrie des sciences de la vie.Et pour s’en convaincre, ajoutons quelques réalisations récentes.Gemin X Biotechnologies affiche ainsi aujourd’hui une capitalisation de 102 millions de dollars: un franc succès pour cette compagnie née en 1997 d’une recherche portant sur le traitement du cancer initiée par deux chercheurs de McGill.Il y aussi Mistral, qui est à la veille de lancer sur le marché américain un futur médicament de «grande» consommation: cette pilule miracle pour les diabétiques pourrait faire la fortune de cette compagnie qui ne compte à ce jour que huit employés.Et à poursuivre ainsi, tout irait pour le mieux, d’autant plus qu’en recherche, les universitaires sont loin de se croiser les bras: ce qui explique qu’un organisme comme Génome Québec soit bien en place et que le Fonds de la recherche en santé du Québec informe avec fierté que, dans ce secteur, le Québec obtient plus que sa part des subsides qu’y consacre le gouvernement fédéral Avenir Mais cela suffit-il?Dans ce domaine, plus d’une multinationale (et certaines d’entre elles sont établies au Québec) tremble à la suite des divers recours collectifs portant sur des milliards de dollars et à une plus petite échelle, locale cette fois, U s'est trouvé récemment une compagnie devant faire cession d'édifice pour pouvoir mettre la main sur des actifs afin de poursuivre son programme de recherche.Dans cet univers, 0 faut bien le dire (et les multinationales le répètent a profusion), c'est en centaines de millions, près du milliard en fait qui! faut additionner les dollars pour comptabiliser les frais encourus dans la recherche d'un seul médicament Un indice de ces sommes, nécessaires pour jouer dans la cour des «grands», est donné par cette bagarre que conduit Johnson & Johnson pour acquérir Guidant une compagnie dont le produit principal est un implant cardiaque: la transaction s’opérerait «a rabais», pour une somme avoisinant les 25 milliards! On comprend alors qui! faut faire plus si on veut que le Québec améliore, ou même conserve, sa place dans le paysage des sciences de la vie.Et qui seront alors les bailleurs de fonds?Si, en recherche, les divers ordres gouvernementaux sont présents, 3 faut savoir qull faut sortir des laboratoires universitaires pour développer à grande échelle les nouveaux médicaments: Merck Frosst informait récemment que la compagnie développait a l’interne toute recherche portant sur un produit pour grand public (car, si succès 3 y a, les revenus sont a la clé, et 3 n’est point question de voir le privé semer à tout vent ce que son activité généré).Pour l’instant, que Montréal et le Québec se consolent: ce coin d’Amérique est toujours dans le peloton de tête, du moins par le nombre d’intervenants qui s’y retrouvent Normand Thériault C’est en centaines de millions qu’il faut additionner les dollars pour comptabiliser les frais encourus dans la recherche d’un seul médicament RECHERCHE RÉSEAU Fonds québécois Dystrophie EVRS-Institut Santé mentale Page 2 musculaire Armand-Frappier Page 2 Page 3 Page 4 ENTREPRISES Mistral Pharma, Innodia et Gemin X Page 4 4 LE DEVOIR.LE MERCREDI 30 .NOVEMBRE 2005 B 2 SCIENCES DE LA VIE Favoriser la formation des chercheurs «On doit mettre en place les structures qui servent au transfert des connaissances du laboratoire jusqu’au lit du malade» Fonds de la recherche en santé du Québec Le Québec fut la première province au Canada à mettre sur pied un fonds de subvention en santé dans le but d’augmenter sa compétitivité, il y a plus de 40 ans.Son rôle est de positionner la recherche sur toutes les scènes, de contribuer à la structurer, de fournir un appui aux jeunes chercheurs dans leur formation et de participer à leur recrutement.JACQUES NADEAU t.F.DEVOIR Le Québec ratisse très large dans le domaine de la recherche en santé.RÉGINALD HARVEY O résident et directeur général A du Fonds de la recherche en .santé du Québec (FRSQ), Alain .Beaudet départage les mandats des deux ordres de gouvernement en cette matière: «On est essentielle-: tnent complémentaires et l’idée n’est pas de dupliquer ce qui se fait à Ottawa.De ce côté, disons, pour simplifier, que les instituts de recherche en santé du Canada [IRSCJ donnent le : gros de leur argent pour des opéra-Huns de recherche comme les salaires : fies techniciens, les coûts des pipettes, .' des animaux et autres.Dans le cas ¦ ïk la recherche clinique, on parle des frais encourus pour les infirmières, les instruments, etc.» Les interventions québécoises : : Le Québec est à peu de chose ‘ J>rès absent de ce type de dé-; penses, sauf dans des secteurs très ; pointus ou dans des cas priori-: taires pour la santé: «Je dirais que l hos programmes les plus importants l font sans doute tournés vers la for-Itnation; on donne un très grand \ hombre de bourses d’excellence à la • piaîtrise, au doctorat et au postdoc-I (orat à l’intention des jeunes médecins, dans le but de préparer une relève québécoise de haute qualité.» Il en cerne l’un des aspects majeurs, qui fait la renommée du Fonds à .travers tout le pays: «C'est ce qu ’on appelle un programme de cher- cheurs-boursiers.On offre une bourse de démarrage en carrière, qui est donnée à des jeunes gens très prometteurs; souvent, on les fait revenir des Etats-Unis, où ils sont en stage postdoctoral, et on paye une grosse partie de leurs salaires à l’université.Le choix se fait par concours et c’est vraiment très concurrentiel et extrêmement sélectif il n'y a que les plus brillants qui passent dans ce filet.» Les rares élus doivent consacrer au moins 80 % de leur temps à la recherche et un tel programme a rendu ces chercheurs très concurrentiels à l’échelle nationale et internationale.Le Québec profite d’une telle initiative: «Ça lui a servi à aller chercher plus que sa part.Pour donner une idée de ce que nous recevons en subventions fédérales, toutes catégories confondues, m obtient entre 30 et 33 % de celles-ci, alors que notre poids démographique est de l’ordre de 23%.Ça fonctionne très, très bien.» Encore faut-il donner à ces médecins les moyens d’action nécessaires pour exercer leurs compétences.Le p.-d.g.précise: «On doit mettre en place les structures qui servent au transfert des connaissances du laboratoire jusqu’au lit du malade, ce qui a été à l’origine de la, création des centres de recherche.» K l’exception de l’Institut clinique de recherche de Montréal, qui forme une entité à part, le Québec en compte 18: «Ce sont en quelque sorte des centres hospitaliers.Ils sont non seulement affiliés à des hôpitaux, mais ils sont même très souvent engoncés dans ceux-ci et ils fonctionnent en complémentarité avec les thématiques de ces derniers.» Il en vante les aspects positifs: «R a ainsi été possible de former des groupes de chercheurs qui sont en maintes occasions multidisciplinaires et, là encore, cela a beaucoup augmenté leurs performances lors des grands concours comme celui de la Fondation canadienne pour l’innovation.Grâce aux centres, puisque nous ne sommes pas très gros, on peut rationaliser nos efforts de recherche et on peut développer des créneaux où on réussit particulièrement bien au plan national.» Les chercheurs et les champs d’excellence Le Québec ratisse très large dans le domaine de la recherche en santé, comme le résume Alain Beaudet «On trouve de tout et c’est très diversifié.On subventionne des travaux qui vont du moléculaire/cellulaire jusqu’à une recherche appliquée de type clinique ou d’évaluation des technologies médicales, en passant par une autre qui est carrément de caractère social; on parle d’économie de la santé et de ses déterminants sociaux, par exemple.» Les façons d’aborder les problèmes sont multiples et l’interdisciplinarité en fait foi: «Les chercheurs boursiers dont je parlais tantôt se retrouvent dans les facultés de médecine, de sciences infirmières, de psychologie, de sociologje, d’anthropologie et d’économie.Évidemment, les sciences biologiques traditionnelles occupent encore le haut du pavé.» Il mentionne en outre que les trois fonds de recherche québécois participent à la réalisation de plusieurs projets en santé.Le Fonds a utilisé une étude basée sur les publications des chercheurs du Québec pour dégager les spécialités les plus en vue et celles où le facteur d’impact était le plus important L’un des domaines où les Québécois demeurent les plus performants est celui des neurosciences et de la santé mentale: «C’est historique, et c’est vrai non seulement au Canada, mais aussi sur le plan international.On a une masse critique importante qui est répartie entre les quatre grandes università; des groupes remarquables existent de plus dans d’autres institutions.» Le Dr Beaudet signale que le Québec commence aussi à se distinguer en matière de recherche sur le vieillissement II fait très bonne figure dans les secteurs du cardiovasculaire et du cancer «Ce sont deux gros tueurs au Québec et il y a là une certaine logique.» D dte encore les maladies métaboliques — comme le diabète — et la génomique, tout en mentionnant qu’il existe d’autres créneaux d’exceDen-ce qu’il ne saurait tous énumérer.Les têtes d’affiche figurent ici.Recherche clinique et avenir L’Institut canadien de recherche en santé accorde depuis plusieurs années une importance accrue à la recherche clinique.D s’est établi un travail de consultation et de concertation entre cet organisme et le Fonds: «Le FRSQ a été beaucoup consulté par Ottawa parce qu’on a développé ici une plateforme de gestion des données de recherche clinique qui implique nos 19 centres.On connaît d’assez bons succès dans certains domaines et l’Institut de cardiologie de Montréal en est un bon exemple.» Cela dit il émet cette réserve: «R reste, à mon sens, que le Québec doit profiter au maximum des ef/brts de financement qui sont consentis du côté fédéral; on pourrait se développer encore davantage.Si on traîne de la patte à certains égards, c’est qu’on a souffert beaucoup au cours des dernières années des pénuries d’effectifs médicaux.Les médecins ont été happés par les demandes en clinique.Les pressions exercées sur eux sont très fortes, compte tenu des listes d’attente qui affligent le système.Rs font toujours preuve d’intérêt, mais ils sont bouffés par la pratique clinique.» Il n’en demeure pas moins que d’autres professionnels émergent dans d’autres disciplines, qui font progresser cette forme de recherche.Enfin, sans vouloir jouer au futurologue, Alain Beaudet consent à situer la recherche en santé dans une perspective d’avenir: «Du fait qu’on est très fort en neurosciences, on doit développer une expertise tout à fait solide en santé mentale.A ce point de vue, je ne parle pas seulement du Québec ou du Canada, mais de l’ensemble des pays, qui doivent s’impliquer.Cette santé-là est vraiment une des frontières de la recherche.» E livre un plaidoyer à cet égard: «Quand on regarde l’importance des maladies, le nombre des patients atteints, les stigmates qui sont encore associés aux malades, quand on se penche sur la souffrance de ces gens, je pense que c’est un domaine où le Québec est en train d’acquérir une très bonne expertise.On se doit de faire des progrès, ne serait-ce que si on regarde le taux de suicide chez les jeunes hommes d’ici.Il faut qu’on comprenne ce qui se passe et qu’on soit en mesure de soigner ces gens-là.» A son avis, le Québec pourrait également occuper dans le futur une position de chef de file dans l’avancement des travaux sur la douleur.Collaborateur du Devoir Santé mentale Le temps de mettre de l’ordre est arrivé «N’importe qui peut s’afficher psychothérapeute» fSSi .POUR FAIRE VIVRE UNE IDÉE BRILLANTE, IL FAUT AVOIR UNE BONNE IDÉE DU FINANCEMENT.Vous avez des projets en tête et les yeux tournés vers l’avenir?Nous sommes des experts en financement ayant à cœur (’expansion de votre entreprise.Nous pouvons vous proposer des solutions personnalisées, complémentaires à celles des institutions financières.Croissance, exportation ou développement technologique.quel que soit votre projet, prenez d’abord contact avec nous.Investissement Québec vous accompagne jusqu’au bout de vos idées.i 866 870-0437 | www.investquebec.com Investissement Québec Un comité d’experts en santé mentale s’est penché sur la révision des champs d’exercice et sur l’établissement d’une liste des activités à réserver à chaque profession en cause dans ce domaine.Dans le respect des individualités de chaque groupe, des pas de géant ont été franchis vers l’unité d’action.Tant et si bien que des recommandations seront soumises sous peu à l’Office des professions.Le comité d’experts sur la modernisation de la pratique professionnelle en santé mentale et en relations humaines s’est attelé à une tâche ardue, il y a environ un an et demi: «Mettre de l’ordre dans les professions reliées à la santé mentale.» Six ordres; qui regroupaient huit professions, étaient impliqués: l’Ordre des travailleurs sociaux (incluant les thérapeutes conjugaux), celui des conseillers d’orientation et des psychoéducateurs, ceux des psychologues, des ergothérapeutes, des infirmières et des médecins.Le D'Jean-Bernard Trudeau, médecin omnipraticien expert en santé mentale, présidait les travaux du comité et il considère aujourd’hui que les irritants, qui divisaient des gens aux intérêts parfois disparates, sont à toutes fins utiles maintenant disparus.E les définit «Je crois qu ’ils étaient d’ordre corporatif.En santé mentale, on retrouve beaucoup de professionnels et de compétences, mais on avait l’impression que tout le monde pouvait faire tout, n 'importe quand et n ’importe comment; en fait, que tout le monde était un petit peu interchangeable.» E dépeint une autre réalité: «Quand on va à l’université et qu’on décide d'emprunter une voie, que ce soit celle du travail social, de la psychoéducation ou de la médecine, c'est parce qu'on veut développer une identité propre et une compétence qui vont nous démarquer.Cela dit, il est possible de partager des activités au quotidien, à certains égards, à condition de ne pas le foire au détriment de la perte de l'identité professionnelle relevant de la compétence spécifique recherchée.» Message, principe et interdisciplinarité Le président s’est retrouve assis à une table avec des personnes possédant des formations universitaires dans diverses disciplines, qui prônent une forme d'autonomie professionneUe et qui.souvent, démontrent une attitude plutôt corporatiste.E leur a tenu ce discours, dès le départ: «Uo«s représentez chacun une profession, on va travailler à moderniser vos champs d'exercice, à rendre contemporaine la réalité de terrain et on va placer le patient au centre de nos préoccupations.» E y avait aussi des principes à faire valoir «Premièrement, la protection du public.Même si.en santé mentale, on est dans un domaine plus social, il existe des évaluations qui.si elles ne sont pasfoites par des personnes compétentes, peuvent être prejudiciables.* Le D Trudeau fait ressortir le caractère primordial de l’interdisciplinarité: «R fout que tout ce beau monde-là travaille ensemble pour avoir une action concertée.J'ai toujours soutenu qu'on a les.forces et les faiblesses de ses limites.Quand on reste tout seul, on demeure avec celles-ci.Quand on met ensemble les competences.on développe des nouvelles façons défaire et on repousse les limites de l'intervention; on ne peut y parvenir que dans une action commune.» 11 fournit un exemple riche de sens à ce sujet: «C'est tout le dossier de l'isolement et de la contention qui peut foire couler beaucoup d'encre, comme l a démontré il y a deux ans le cas de Robert-Gifford.» Les milieux psychiatriques et de santé physique ainsi que les centres jeunesse sont touches par cette pro- blématique: «Il est certain qu’on en a discuté autour de la table parce que cela peut être lourd de conséquences d’isoler quelqu’un ou de le “contentionner”; c’est supposé être une mesure de dernière instance.» Voilà ce qui est ressorti de leurs échanges: «Ce qu’on réalise lorsqu’on en discute ensemble et qu’on va sur le terrain, c’est que plus les gens travaillent en équipe, plus ils sont capables de “se mettre en mode solution” pour trouver des mesures alternatives à l’isolement et à la contention.» E est donc pertinent de parler de vision commune et d’unité d’action.À l’heure des propositions Les membres du comité ont porté une attention particulière au dossier des psychothérapeutes.Le président résume la situation: «À la suite de la diffusion de l’émission “Enjeux” il y a deux ans, il fallait trouver une solution pour que ça change.N’importe qui peut s'afficher psychothérapeute.» Les travaux ont porté fruit: «C’était un gros morceau et je pense qu’il est possible d’affirmer que nous somme proches d’une solution pas mal intéressante.Il existe actuellement une entente plutôt solide avec tout le monde; il reste à disposer des ajustements mineurs.» Pour le reste, à la veille du dépôt des propositions du comité auprès de l’Office des professions, les rencontres avec les employeurs se poursuivent, comme le souligne Jean-Bernard Trudeau: «Leur inquiétude, par rapport aux recommandations qui s’en viennent, c’est de savoir comment on va gérer la transition, parce que cela aura un impact sur l’organisation du travail dans le réseau de la santé.R va falloir trouver des solutions transitoires, notamment à propos des droits acquis et des habilitations.Ry a des outils législatifs qui peuvent nous servir à réaliser cela; on ne veut pas créer des “brisures" dans les services, on veut en améliorer la qualité.» B fait le point sur l’état de la situation: «On a développé l'évolution des rôles professionnels selon une vison porteuse d’avenir.Voilà ce qu’on prétend.» Il fait rapidement le point sur les retards dans l’échéancier: «On devait déposer notre rapport au mois de juin.On a mis plus de temps parce qu’on a placé le patient au centre de nos préoccupations.On a rencontré les différents ordres, qui regardaient ce que l'on donnait à l'un et à l’autre en se questionnant sur les raisons de ces choix.On a tranché en disant que, si on continuait de la même façon, tout le monde allait obtenir la même chose et qu’on allait revenir à la case départ.» Tel ne fut pas le cas, et le président croit maintenant que la remise du rapport du comité cadre bien avec le dépôt par le ministre CouiBard, en juin dernier.du plan d’action en santé mentale pour 2005-2010 intitulé La force des liens: «On ne pouvait pas courir le risque d’apporter des recommandations qui ne seraient pas en harmonie ou qui viendraient heurter certaines orientations de ce plan.» E considère quil s'agit d'un chantier majeur qui prend forme: «On parle beaucoup là-dedans des soins partagés, et nous, d’activités partageables, dans notre rapport.R y a vraiment là une “opportunité", et une fenêtre politique qui s'ouvre.Je dirais que nos recommandations sont attendues avec beaucoup d'intérêt par le ministère de la Santé et des Services sociaux parce qu elles aideront à mettre en place ce plan.» Et il ajoute: «Cest une beüe concordance.De plus, ce qui est intéressant, c’est que l’operation se déroule dans un cadre interministériel.Si les propositions que nous allons déposer peuvent aller de l'avant assez rapidement, je pense que je serai en mesure de prétendre qu'on est vraiment dans une vision de concordance On devrait pouvoir outiller le ministre pour lui donner de l'oxygène et lui fournir des conditions gagnantes pour que son plan s actualise.» nNSSü LE DEVOIR.LE MERCREDI 30 .NOVEMBRE SCIENCES DE LA VIE Industrie québécoise de la santé et des biotechnologies Il faut plus d’argent, et de temps, pour la recherche Le Québec se classe au troisième rang à l’échelle de l’Amérique du Nord pour le nombre d’entreprises en biotechnologie L un des fers de lance de notre économie moderne est le secteur de l’industrie de la santé et des biotechnologies.Constitué au Québec de 450 entreprises, ce secteur emploie 25 000 travailleurs hautement qualifiés et 10 000 scientifiques.Ces entreprises conçoivent, fabriquent et distribuent des produits thérapeutiques et diagnostiques de même que des procédés biologiques, en plus de faire de la recherche pharmaceutique.?8'.msm CLAUDE LAFLEUR Ce secteur industriel a connu un développement considérable au cours des décennies 1980 et 1990, mais il se porte beaucoup moins bien depuis l’éclatement de la «bulle technologique» en l’an 2000.«Le secteur a pris son envol avec l’éclosion des biotechnologies et en raison de la Loi sur les brevets que le gouvernement canadien a modifiée en 1989», relate Roger Marchand, responsable de la Direction de la santé et des biotechnologies au ministère du Développement économique, de l’Innovation et de l’Exportation du Québec (MDEIE).«Toutefois, pour-suit-il, les choses vont moins bien depuis la crise financière de Tan 2000 puisque les investisseurs se méfient à présent de tout ce qui est nouvelle technologie.» Des PME d’hier aux multinationales d’aujourd’hui M.Marchand souligne que, par rapport au reste du Canada, le Québec a toujours été le cœur de l’industrie de la santé et des biotechnologies.«La recherche pharmaceutique se fait surtout ici, dit-il, puisque nous disposons de six des sept laboratoires privés au Canada.Quant à l’industrie pharmaceutique comme telle, on est au même niveau que l’Ontario, alors qu’au chapitre des biotechs, nous dominons légèrement.» Notons que, selon Investissement Québec, à l’échelle de l’Amérique du Nord, le Québec se classe au troisième rang pour le nombre d’entreprises en biotechnologie et parmi les meneurs en recherche contractuelle.«Montréal est Tune des villes les plus concurrentielles, indique-t-on, en raison des coûts de main-d’œuvre avantageux et des généreux crédits d’impôt pour la recherche et déve- loppement.» La ville se classe d’ailleurs au quatrième rang pour •la densité d’emplois dans le secteur pharmaceutique», indique encore Investissement Québec.M.Marchand attribue notre positionnement avantageux à une longue tradition en recherche médicale et en production de médicaments.«Lorsqu’on regarde l’histoire du Québec, dit-il, on aperçoit la grande place qu’occupe la médecine de pointe chez nous.Ceci a fait que la recherche médicale a été l’un des domaines dans lesquels nous excellons depuis des décennies.D’ailleurs, les petites entreprises locales, qui sont nées dans les années 1950-1960, sont devenues les grandes phar-mas d’aujourd’hui.» L’industrie, par secteur Il dresse par la même occasion le tableau suivant de l’industrie québécoise de la santé et des biotechnologies: ¦ 29 grandes entreprises multinationales — dont Johnson & Johnson, Novartis, Pfizer, Bristol-Myers Squibb, Merck Frosst etc.— qui génèrent 7900 emplois; ¦ 22 fabricants de médicaments génériques — dont Algorithme Pharma et Pharmascience — qui emploient 2900 personnes; ¦ une vingtaine d’entreprises de recherche à contrats — dont MDS Pharma et Anapharm — qui procurent 4000 emplois; ¦ 85 entreprises de biotechnologie-santé où travaillent 2700 personnes; ¦ enfin, une vingtaine de fournisseurs spécialisés pour ces entreprises, qui créent environ 600 emplois.«Ce qui fait qu’en tout, nous recensons 176 entreprises qui fournissent 18100 emplois», conclut-il.A ces données, ajoutons les activités de recherche et développement menées dans les universités et autres institutions publiques, Hl-iS f,k - ras.< —141 SHffli HI III -
de

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