Le devoir, 28 décembre 2005, Cahier A
RUSSIE PROCHE-ORIENT Chaos croissant à Gaza et en Cisjordanie Page B 1 w w w .I e (1 e y o i r.c o m ?X Poutine perd son conseiller économique, «symbole du libéralisme» Page B 3 LE DEVOIR V 0 L .X C V I X 2 9 5 ?L E M E R (' K E 1) 1 2 8 I) E (' E M R R E 2 O O 5 S < 0 -e- X A \ K S l $ ENVIRONNEMENT 90 % de tout le pergélisol pourrait fondre d’ici 100 ans LOUIS-GILLES FRANCŒUR Le réchauffement du climat pourrait faire disparaître d'ici 2100 presque tout le pergélisol des régions polaires du Canada, de la Russie et de l’Alaska, selon une étude publiée la semaine dernière par le US National Center for Atmospheric Research (NCAR).Cette situation, dont les signes précurseurs s’annoncent plus vite dans les régions polaires que les chercheurs ne le prévoyaient, posera des défis technologiques, économiques et sociaux importants aux gouvernements, qui devront renforcer d’urgence des rives en voie d’érosion accélérée, réparer des routes et des maisons qui vont s’enfoncer, au point de devoir déménager dans certains cas plusieurs collectivités d’ici un demi-siècle.Selon l’étude du NCAR, le dégel des trois premiers mètres de la surface terrestre de ces régions pourrait déjà affecter d’ici 2050 la moitié des surfaces présentement gelées, ce qui ferait passer la surface du pergélisol de quatre millions de kilomètres carrés — deux fois la surface du Québec — à un million de kilomètres carrés.Si, comme le prédit le modèle prévisionnel du NCAR, 90% de tout le pergélisol connu fond d’ici la fin du présent siècle, il ne restera plus alors qu’environ 400 000 km- de ce type de sol nordique.Dans le scénario le plus optimiste, il ne resterait plus que 1,5 million de kilomètres carrés en 2100, c’est-à-dire durant la vie d'humains qui vont naître cette semaine.VOIR PAGE A 8: PERGÉLISOL SOURCE: ROYCE CARLTON Le cosmologue Brian Greene, spécialiste mondial de la théorie des cordes.L’ENTREVUE Réaliser le rêve d’Einstein Brian Greene s'acharne à comprendre Vunivers par la théorie des cordes Orateur charismatique et brillant vulgarisateur, Brian Greene est un éminent spécialiste mondial de la théorie des cordes, l’une des hypothèses les plus sérieuses sur l’origine de l’univers.Ce professeur de physique et mathématiques à l’université de Columbia ne cache pas son ambition de réaliser le rêve d’Albert Einstein, celui d’une théorie unifiée et «élégante» pouvant expliquer les forces de la nature.LISA- MARIE GERVAIS Il y a exactement un siècle, 1905 a été surnommée «l’année miracle» de la science grâce à trois essais que publiait Albert Einstein.Le premier sur les effets photoélectriques lui a donné le Nobel de physique en 1921, le deuxieme prouvant l’existence des atomes est l’un des plus cités au monde par les scientifiques, et le troisième, jetant les bases de la relativité générale, allait changer à jamais le cours de notre existence.Dans un hôpital du New Jersey en 1955, Einstein a néanmoins rendu l'âme en échouant la où d'autres prétendent réussir aujourd'hui, en élaborant une théorie unique capable d'expliquer tous les phénomènes physiques.VOIR PAGE A 8: GREENE INDE X o o c » 6 .Actualités__A3 Annonces .B 4 Avis publics.B 6 Carrières____B 4 Culture.B 8 Décès________B 4 Economie_____B 5 Editorial.A 6 Idées_______AT Météo________BT Monde.B 3 Mots croisés B 4 Sudoku —.B 5 Télévision— B T Irak: les élections ont ravivé la colère sunnite \ w Al I IAS1M REUTERS Des milliers de manifestants sunnites ont défilé dans les rues de Bagdad, hier, pour contester les résultats des élections et réclamer un nouveau scrutin.Si les législatives du 15 décembre devaient contribuer à la stabilisation de l’Irak, elles n’ont fait que dresser davantage les communautés les unes contre les autres, comme le montrent les manifestations quotidiennes de groupes sunnites qui contestent les résultats et demandent de nouvelles élections.Hier encore, de cinq à dix mille personnes ont manifesté dans les rues de Bagdad tandis que l'armée américaine faisait état de la perte de trois soldats, dont deux dans un accident d’hélicoptère.Principale accusée: la liste de l’Alliance irakienne unifiée (AIU, qui fédère les partis islamistes chiites).Selon des résultats encore provisoires, elle apparaît comme la grande triomphatrice du scrutin en dépit d’un bilan gouvernemental accablant Non contente d’avoir fait régner la terreur dans le sud du pays au moment du scrutin — y compris par des assassinats d’opposants —, bourré les urnes et fait pression sur les électeurs, elle aurait eu recours massivement à des fraudes pour s’imposer à Bagdad.Dans cette ville que se partagent notamment chiites et sunnites, l’AIU obtiendrait quelque 60 % des suffiages, un chiffre supérieur à celui de la communauté chiite.Depuis, les dirigeants sunnites, qui s’étaient engagés pour la première fois dans le processus électoral, enragent.D’autant plus que certains, comme dans le bastion sunnite de Ramadi, avaient même fait protéger les urnes par les insurgés.’Dans les villes du sud, le triomphe chiite peut se comprendre.Pas à Bagdad.Pour les sunnites, c’est une douche froide.Cela veut dire que les dirigeants chiites ont “confessionnalisé" la ville et voulu dresser une communauté contre une autre», souligne le politologue et anthropologue irakien Hosham I lawod.A ce jour, l’AIU obtiendrait près de 150 députés (sur 275), soit un score supérieur à celui (lu scrutin intérimaire de janvier 2(105 (140 députés).A l’inverse, la liste de l’ancien premier ministre lyad Allaoui, lui-même chiite mais laïc et pro-américain, soutenue par les communistes et certains sunnites modérés, n’aurait qu'une quinzaine de sièges contre 40 auparavant, les islamistes chiites pourraient donc avoir la majorité absolue au Parlement, au grand dam des sunnites, VOIR PAGE A 8 IRAK Menace sur le bouchon de liège ?JACQUES GRENIER LE DEVOIR vP2 Une bouteille débarrassée de son bouchon au restaurant Le Tire-Bouchon, à Boucherville.PAULINE GRAVEL Quoi de plus réjouissant que le bref plop qui retentit à l’ouverture d’une bonne bouteille! Cet incontournable instant festif serait-il en voie de disparition?Pour contrer le goût de bouchon qui entache près de 5 % des bouteilles de vin du marché, les industriels envisagent diverses solutions alternatives, dont certaines font frémir maints amateurs qui ne conçoivent tout simplement pas le fait de déguster un grand vin qui aurait été conservé dans une bouteille bouchée, comme un vulgaire Coca-Cola, avec une capsule a vis.Les bouteilles bouchonnées présentant cette odeur particulière de moisi qui est la hantise des viticulteurs et des négociants s’avèrent de plus en plus nombreuses depuis quelques années, souligne l’œnologue Dominique Labadie, codirectrice du laboratoire Excel] a Mérignac en France.Et ce, probablement parce que les consommateurs sont aujourd’hui beaucoup plus sensibles a tous les défauts dont peut souffrir la divine boisson et que l’on dispose de nouvelles techniques de détection plus performantes.Une petite part de cette augmentation serait également due a la façon dont sont stockés les lieges.Le goût de bouchon qui émane du TCA (2,4,6-trichloroanisole) se manifeste surtout dans des bouteilles obturées avec du liege colmaté, un liège naturel dont les len-ticelles ont été bouchées avec une poussière très fine de liège et de la colle.Or, ‘cette poussière provient de détritus de la bouchon-nerie.qui sont sauvent stockés n’importe cem-ment, ce qui accroît le risque de contamination».fait remarquer Dominique labadie Constitué de morceaux de liege collés ensemble, le bouchon de liege aggloméré est aussi sujet a la contamination compte VOIR PAGE A 8: BOUCHON LES ACTUALITÉS Le bœuf canadien est de retour sur le marché japonais ¦ À lire en page A 5 Il faut parfois oser.Conférences Yvon Saint-Arnaud L'ART DE JOUIR DES 112 pages - 12.95» Par l'auteur de La guérison par le plaisir @ NKÏVAHN I ¥ i ? • ' V • r j ?& isïj v 0" Voiture de l’année Motor Trend /ii « K mT Berline Civic LX illustrée Berline Civic DX 2006 à partir de : » Route : 5,7 L/100 kmt 16800$ 228 ?à l’achat en location par mois/48 mois Équipement de série > Moteur 4 cylindres de 140 ch, 1,8.L, 16 soupapes i-VTECMC > Colonne de direction téléscopique et inclinable > Chaîne AM/FM/CD > 6 coussins et rideaux gonflables latéraux > Coussins gonflables avant latéraux avec système de détection de position de l’occupant du siège passager > Système de freinage antiblocage (ABS) > Vitres et miroirs latéraux électriques hondaquebec.ca OUI, ON A FAIT LE PLEIN ID Tous les véhicules Honda sont livrés avec un réservoir plein.L’Association des concessionnaires Honda du Québec Pour obtenir l’adresse d’un concessionnaire près de chez vous, visitez hondaquebec.ca ou composez le 1 888 9-HONDA-9.•P.o.s.r sut les berimes Civic DX S vitesses (modèle FAtSJoEX) ÎOOe neuves."Les offres de location-bail sont faites oar Honda Canada Finance me., sur acceotation du crédit.Cette off-e porte sur la bertine Ovc DX 5 vitesses modé e C»1526EX12006 neuve Période de ne»* Pour le véhicule, est identifié a) le paiement mensuel, b) le montant initial requis Ou échangé equivalent, d le montant total au ternie de la location, a) 22S Vb)22*;i.d 13191$ Franchise de kilométrage de 96000 km; frais de 0 12 S e cilomèfre excédentaire 27s t de dénét de sécurité exigé.Transport et préparation inclus en location seulement.Frais de publication, taxes, immatriculation, assurance et frais d’administration en sus.Le prie de location des concessionnaires peut être inférieur.Offre d’une durée imitée ohotns à rit» indicatif J~_, - -__ pour plus de détails.Offre sujette à changement sans préavis parle manufacturier,’EnerGuide pour 2006 publiées par NRCan.Consommation de carburant lydinai'e sans plomb.Véhicules à transmission manueie ” '«cocesso t < LE DEVOIR, LE .MERCREDI 28 DÉCEMBRE 2 0 0 5 a ;i ELECTIONS FEDERALES Duceppe talonne le PLC sur Téducation et le déséquilibre fiscal ALEXANDRE SHIELDS Le chef du Bloc québécois.Gifles Duceppe, ne fait pas totalement relâche pour la période des Fêtes.D talonne même à nouveau les libéraux fédéraux sur la délicate question du déséquilibre fiscal, en plus de dénoncer leur promesse non tenue en matière de financement de l’éducation postsecondaire, dans une lettre envoyée lundi au président du Conseil de la fédération, le premier ministre albertain Ralph Klein.M.Duceppe soutient que «Paul Martin n’a pas tenu sa promesse de réserver entre sept et huit milliards de dollars pour les paiements de transfert en éducation lors de la dernière campagne électorale».Il ajoute que «depuis l’arrivée au pouvoir des libéraux, les transferts à l'éducation et aux programmes sociaux ont été coupés de manière radicale».La part des revenus du fédéral consacrés à cette enveloppe serait ainsi passée de 7,9 % à 4,2 % en dix ans, selon ce qu’écrit le chef du Bloc dans la lettre dont Le Devoir publie aujourd’hui de larges extraits en page A6.Pour le chef bloquiste, Ottawa préfère empiéter sur les champs de compétence des provinces, «ignorant ainsi les spécificités du système d’éducation du Québec».Il approuve tout de même l’idée d’une rencontre entre le gouvernement fédéral et les provinces pour discuter d’une hausse du financement de l'éducation postsecondaire.Celle-ci doit normalement se tenir en février prochain.Gilles Duceppe croit d’ailleurs que la somme versée par le fédéral aux provinces dans ce domaine, mais aussi pour les programmes sociaux, devrait être haussée de 4,7 milliards de dollars, pour passer à 11,6 milliards d’ici trois ans.Dans sa lettre envoyée vendredi dernier au Conseil de la fédération, le chef libéra] Paul Martin affirmait justement vouloir accroître les ressources destinées à l’éducation, principalement en haussant l’aide financière aux étudiants.La réplique bloquiste revient par ailleurs sur le dossier du déséquilibre fiscal, que les libéraux auraient «toujours refusé de reconnaître».Dans son texte, M.Martin parlait en effet A'«arrangements fiscaux de la fédération», sans employer le mot «déséquilibre».Mais pour Gilles Duceppe, l’entêtement des libéraux «mine» carrément la capacité des provinces d’assumer leurs «responsabilités».Citant des chiffres publiés dans la récente Mise à jour économique et financière, le chef du Bloc affirme qu’Ottawa dégagera pourtant «une marge de manoeuvre d’au moins 96,8 milliards d’ici 2010-2011».Cette somme démontre selon lui que le gouvernement fédéral dispose de moyens financiers supérieurs à ses obligations.Ce à quoi les libéraux répliquent qu'ils ne prévoient pas d’excédents aussi importants que ceux des dernières années, puisqu'ils ont déjà engagé une part importante d'éventuels surplus dans diverses mesures, notam- ment en santé, en éducation et dans des baisses d'impôt.Mais pour les bloquistes, rien n'y fait et il y a urgence de négocier «un nouveau partage des champs fiscaux» entre le fédéral et les provinces.Des mesures en transport Excédé par les «graves erreurs» commises au cours des années, M.Duceppe exige du fédéral qu'il assume sa «juste part en matière de transport» et qu’il laisse «au Québec et aux provinces le soin d’établir leurs propres politiques de transport», fl demande notamment un meilleur entretien de la voie navigable du fleuve Saint-Laurent victime selon lui des «politiques désastreuses» adoptées par Ottawa.Le chef bloquiste souhaite d'ailleurs que le gouvernement fédéral «accélère l’implantation du programme de cession des ports fédéraux au cours des prochaines années».Par ailleurs, le ministère des Transports pénalise «les aéroports québécois en leur imposant des loyers excessifs», selon Gifles Duceppe.Il propose du même souffle que les petits aéroports soient exonérés et que la taxe sur la sécurité aérienne soit abolie pour les vols régionaux.Prônant également un recours accru au transport ferroviaire, plus «écolo» que les routes, le Bloc souhaite que le transport sur rails des marchandises et des passagers soit amélioré, surtout dans les régions éloignées, mais aussi vers les Etats-Unis.Le chef du Bloc québécois s’en prend aussi brièvement à la volonté affichée par Paul Martin d’appliquer le principe «un pays, une voix» dans les négociations internationales.Il s'attaque par exemple à la mollesse des libéraux dans la protection de la gestion de l’offre, dans le cadre des négociations à l’Organisation mondiale du commerce.Gilles Duceppe rappelle que son parti a déjà déposé le projet de loi C-260, qui aurait obligé le gouvernement fédéra] à consulter les provinces avant de négocier ou de conclure un traité dans un domame relatif à «un secteur de compétence législative provinciale» ou s'y rapportant.Présenté au cours du dernier mandat il a été refusé par les autres partis d’opposition.Le Devoir CHRISTINNE MUSCHI REUTERS Gilles Duceppe « Depuis l’arrivée au pouvoir des libéraux, les transferts à l’éducation et aux programmes sociaux ont été coupés de manière radicale» Harper veut l’armée dans les grandes villes KEVIN WARD Courtenay, C.-B.— Les grandes villes du pays devraient pouvoir compter sur une présence militaire régulière grâce à la création d'unites spéciales de défense territoriale chargées d'intervenir en cas d'urgence en milieu urbain, a affirmé hier le dirigeant du Parti conservateur du Canada (PCC), Stephen Harper.Lors d'une escale sur lUe de Vancouver ou il faisait campagne, le chef conservateur a indiqué que de telles unites seront constituées d'une centaine de soldats de l’armée reguBère et de quelque 400 réservistes, si jamais le PCC remporte lors des elections fédérales du 23 janvier.•Un grand nombre de nos villes ne comptent aucune présence militaire», a-t-il déclare, apres avoir fait part de son intention d'accroître les capacités des Forces canadiennes dans l’Ouest du pays.Vancouver, Calgary.Regina.Winnipeg, les en- virons de Toronto et d'autres régions métropolitaines de premier plan pourraient accueillir ces unités de défense nationale, dont les membres seraient disponibles en cas d’urgence tout en étant appelés a intervenir en cas de conflit à l'étranger, a indique M.Haiper.Le chef du PCC a fait cette annonce alors qu'il s'engageait à restaurer la présence militaire en Colombie-Britannique et ailleurs dans l'Ouest canadien.Depuis que la base militaire de Chilflwack a été fermee, au milieu des années 1990, la Colombie-Britannique ne compte aucune unite militaire sur son soL a fait remarquer M.Harper.«La Colombie-Britannique est maintenant la seule région au pays sans présence militaire régulière», a-t-il déclaré, promettant qu’une unité d’intervention rapide de 650 soldats serait stationnée à la base de Comox.non loin de Courtenay.Presse canadienne Un mort et six blessés Paul Martin déplore la fusillade de Toronto «Nous ne pouvons tenir pour acquise notre paix» La fusillade survenue au lendemain de Noël, au centre-ville de Toronto, doit faire prendre conscience aux Canadiens qu'ils ne peuvent tenir la paix pour acquise.Le premier ministre du Canada et chef libéral, Paul Martin, a ainsi commenté, hier à Montréal, la fusillade survenue la veille sur Ja rue Yonge à Toronto, jour du lendemain de Noël, et qui a fait un mort et six blessés.M.Martin, qui avait fait trêve de campagne électorale depuis le 24 décembre, a participé à une cérémonie de la Ménorah auprès de la communauté juive de Montréal.Il n’a toutefois pas rencontré les médias.C’est à cette occasion qu'il a déploré les actes de violence et de vandalisme qui ont frappé des synagogues, mosquées, cimetières et écoles au fil des ans.«U y a eu des attaques contre toutes les religions et de la part d'autres religions», a-t-il soutenu en anglais.«La fusillade d'hier à Toronto sert de pénible rappel que nous ne pouvons tenir pour acquises notre paix et notre compréhension» entre les différentes composantes de la société, a déploré M.Martin devant une salle bondée.Il a parlé d’un acte «insensé et tragique».De tels actes de violence «démontrent les conséquences de l’exclusion» sociale, a-t-il souligné.Il a aussi offert ses sympathies aux familles des victimes.«Je crois dans un Canada qui chérit les valeurs sur lesquelles il a été bâti et où la diversité est une richesse et non un fardeau, un Canada où tous sont égaux et où, chaque jour, nous continuons à travailler afin qu’il n’y ait pas de place pour l’intolérance et le racisme», a affirmé M.Martin.Plus tôt durant la campagne électorale, le chef libéral avait justement proposé d’accroître le contrôle des armes de poing.l>a ville de Toronto est en effet aux prises avec une montée de la violence entre gangs de rue.Interrogé à ce sujet, le ministre de la Justice Irwin Coller, présent à Montréal au côté de M.Martin, a commenté en anglais: «On ne peut éviter toutes les tragédies, mais ce qu’on veut faire, c’est de mettre ANNICK MH DE CARUKKI.I K DEVOIR Dans le cadre de cette cérémonie de la menorah, M.Martin, qui portait sur sa tête la kippa traditionnelle, a allumé une chandelle.I.a fête de la Hanoukka est un symbole de liberté pour la communauté juive.en place une stratégie en quatre volets qui aiderait à éviter une tragédie.Toute mort est une tragédie.» Les événements Une adolescente de 15 ans entourée d’une foule de passants en ce Boxing Day a été tuée vers 17hl5, à l’extérieur d’un magasin de chaussures, devant deux des magasins les plus populaires pour leurs soldes d’après-Noël, Sam The Record Man et Future Shop.Elle devenait la 78'' victime de meurtre cette année dans la métropole canadienne.Six autres personnes ont été blessées et une autre reposait dans un état critique.Dalton McGuinty a déclaré dans un communiqué que la jeune fille avait été victime d'une «folie meurtrière».Le chef conservateur Stephen Harper a pour sa part indiqué dans un communiqué qu’il était «attristé» et qu’il s’engageait «à faire tout ce qu’il faut pour [s] 'attaquer à la violence armée».Un détective de Toronto a affirmé que la poli ce allait combattre pour que la ville «recouvre son innocence».La zone de l’homicide demeurait délimitée par un ruban hier matin et des douzaines de marqueurs d’éléments de preuve étaient placés sur le frottoir et dans la rue.L’achalandage était toutefois relativement tranquille en dépit du congé qui se poursuivait hier pour de nombreux travailleurs.La police a jusqu'à maintenant arrête deux personnes, mais les enquêteurs tentent encore de savoir si elles ont vraiment pris |xirt au crime.Elles n'ont toujours pas été accusées.D'autres renseignements relatifs au déroulement de l’incident ont été révélés hier par la police.Deux groupes de jeunes gens âgés de la fin de l’adolescence au début de la vingtaine se sont querellés et ont échangé des coups de feu.Pas moins de 10 à 15 personnes ont été impliquées.Une arme de poing a été saisie, mais les autorités estiment que d’autres armes ont été utilisées.l’as moins de 52 des 78 meurtres commis à ce jour à Toronto cette année l’ont été avec une arme à feu — un record.Presse canadienne Le NPD aimerait la proportionnelle LES PERREAUX Ottawa — Si le Nouveau Parti démocratique (NPD) détient la balance du pouvoir dans un gouvernement minoritaire, son chef Jack Layton monnayera son appui en échange d’un nouveau mode de scrutin, qui pourrait d'ailleurs résulter en une série de gouvernements minoritaires.En entrevue à la Presse canadienne, Jack Layton s’est montré enthousiaste à l’idée de transformer le système électoral du pays en faveur de la représentation proportionnelle.D s’agissait d’une priorité du NPD au cours de la campagne de 2004, mais elle a dû être abandonnée puisqu’il manquait deux sièges au parti pour avoir la balance du pouvoir au Parlement «Je ne veux pas être à court de deux sièges, a répété M.Layton récemment.Je veux que nous puissions réaliser ce pour quoi nous sommes ici [.] et la représentation proportionnelle fera partie de la discussion.• Le système proportionnel accorde des sièges en fonction du pourcentage de votes obtenu par un parti dans l’ensemble du pays.Le NPD serait favorisé par ce mode de scrutin, car il recueille un bon pourcentage dans l’ensemble du pays, mais des résul- tats insuffisants pour l’emporter dans chacune des circonscriptions, en vertu du système uninominal à un tour.Par ailleurs, en répar tissant les sièges de façon plus fidèle aux résultats totaux, les partis pourraient avoir phis de mal à former une majorité parlementaire absolue.Un peu plus tôt cette année, le premier ministre libéral Paul Martin avait, en dépit de sa promesse de réforme électorale, écarté M.Layton, qui s’en rappelle encore amèrement «Il m’a dit: “Vous êtes à court de deux voix" pour faire quelque demande que ce soit, a relaté M.Layton.C’est le résumé de ce Parlement: l’arrogance.“Vous êtes à court de deux voix pour me garder au pouvoir, alors allez au diable.’• M.Layton a toutefois bien apprécié sa revanche quelques mois plus tard quand, pour faire adopter son budget et éviter d’être renversé, le gouvernement Martin a dû solliciter l’appui du NPD et de députés indépendants, au prix de dépenses additionnelles de 4,6 milliards conformes aux objectifs néodémocrates.•Il est intéressant de voir comment les choses changent à votre avantage», s’est remémoré M.Lay-ton avec satisfaction.Presse canadienne Jacques BEAUCHESNE DICTIONNAIRE DES COOCCURRENCES *16 pages - 40 70S GUERIN edrteurlfee (514) 842-3481 ah service de récriture H «ente tas lotîtes tes I EN HR E F La ligue monarchiste du Canada critique Ed Schreyer T oronto — la ügue monarchiste du Canada reproche à l'ancien gouverneur général canadien Ed Schreyer d’avoir présenté sa candidature lors de la présente campagne électorale.John Aimers, dirigeant de l'organisme, affirme que la dérision prise iiar M.Schreyer de retourner à la vie politique représente un risque pour le caractère impartial de la plus haute fonction au piys.M.Schreyer a annoncé son intention de faire eainpagne pour le Nouveau Parti démcx ca-tique, dans la circonscription de Sel-kirk-lnterlake, au Manitoba.M.Aimera a affirmé au quotidien toron-tois ’Ihe Globe and Mail que certains monarchistes estimaient qu’après avoir été gouverneur général, on continuait de s'ex|>rirner au nom de tous les Canadiens.- PC ROLEX OYSTER PERPETUAL DAY-DATE < H f R 8 A K A '‘/owY/crtc ¦(Ai/tHfUfye *Oc/v/m />)• ù1 f','110 Im iiilei'iiul I D|euiK’ssc Mniitrcat(4M) »BH St>H i LE DEVOIR.LE .MERCREDI 28 DÉCEMBRE 2 0 0 5 A 4 ?LES ACTUALITES- L’industrie forestière canadienne ne peut pas aller plus mal en 2006 Les pertes d’emploi se chiffreraient à 10 000 pour 2005 seulement Urgences américaines Les patients cardiaques reçoivent souvent trop d’anticoagulants ALLAN SWIFT Dans l’industrie forestière canadienne, peu de gens croient que 2006 sera l’année de la reprise.Ou plutôt, certains le croient parce qu’à leurs yeux, la situation ne peut plus empirer.D’un bout à l’autre du pays, des scieries de même que des usines de pâtes et papiers ont fermé leurs portes temporairement ou définitivement au cours des derniers mois, ce qui a entraîné des milliers de licenciements.Selon un représentant du Syndicat des communications de l’énergie et du papier du Canada, les pertes d’emploi dans l’industrie se chiffreraient à 10 000 pour 2005 seulement.Dans toutes les provinces, les compagnies sont éprouvées.Elles doivent en effet toutes composer avec un dollar canadien plus fort, une demande en baisse, et les droits compensateurs imposés par les États-Unis.Elles doivent aussi s’habituer à la concurrence de plus en plus vive des producteurs de pays d’Asie et d’Amérique du Sud, où les arbres poussent plus vite et où la main-d’œuvre est moins chère.La situation est peut-être plus difficile au Québec qu’ailleurs en raison de la réduction de 20 % de la capacité décrétée par le gouvernement dans l’espoir de donner un coup de pouce a la forêt boréale malmenée par des décennies de surexploitation.Selon les analystes, le bois coûte plus cher ici que partout ailleurs au monde à cause des frais, des grandes distances à parcourir et de la taille des arbres.Cette année, 3800 postes ont été supprimés dans la province.Il y a eu beaucoup de réductions d’effectifs en Ontario aussi.Les sociétés qui y sont installées se plaignent entre autres de la hausse constante des tarifs d’électricité.Les Maritimes ont été frappées de plein fouet par la fermeture d’usines d’Abitibi à Terre-Neuve-et-Labrador tandis que la Saskatchewan a dû composer avec l’annonce de la cessation prochaine des activités à l’établissement de Weyerhaeuser à Prince-Albert Seule la Colombie-Britannique semble avoir réussi à tenir le coup parce que son secteur forestier est plus efficace et parce qu’une importante consolidation a été faite, avec l’accord du gouvernement provincial.Selon la firme Price-waterhouseCoopers, les profits totaux de l’industrie canadienne des pâtes et papiers n’ont totalisé que 71 millions au troisième trimestre, comparativement à 883 millions à la période correspondante en 2004.Selon l’économiste en chef du Conseil des produits des pâtes et papiers (CPPP), Paul Leclair, plusieurs facteurs nuisent à l’industrie et une éclaircie est peu probable à court terme.«Je serais très surpris de voir des profits», a-t-il indiqué à la Presse canadienne.Son confrère Louis Thériault, qui a réalisé une étude pour le Conference Board du Canada, est un peu plus optimiste à moyen terme.Pour l’instant, «nous sommes en plein désastre.Il y a de la surcapaàté partout en Amérique du Nord».Selon lui, les efforts de réorganisation des derniers mois devraient toutefois commencer à donner les résultats escomptés, à condition que le dollar se stabilise aux environs de 0,81 SUS.«Ce sera mieux en 2006, mais on sera tout de même loin du Klondike», dit-il.Et si l’on en croit les experts, toutes les provinces ne bénéficieront pas de la reprise tant attendue.D’après Michel Vincent, du Conseil québécois de l’industrie forestière, d’autres fermetures d'usine sont inévitables.A son avis, le gouvernement devra modifier la loi pour faciliter la création de grands établissements efficaces.11 faudrait entre autres modifier les règles liant l’octroi de contrats d’aménagement et d’approvisionnement forestier (CAAF) et l’exploitation de certaines scieries.Ces règles visent à protéger les communautés mono-industrielles.Mais selon M.Vincent, la crise actuelle est tellement grave qu’on ne peut se permettre de les reconduire.Presse canadienne Chicago — Lorsqu’un patient cardiaque arrive aujc urgences d'un hôpital aux États-Unis, les médecins lui administrent des anticoagulants souvent a trop forte dose, augmentant ainsi son risque de faire une grave hémorragie, selon une étude publiée mercredi par la Revue de l’association médicale américaine.L’enquête a été menée l'année dernière dans 387 hôpitaux; elle porte sur 30 136 personnes admises après un infarctus provoqué par un caillot ou par un dépôt de cholestérol dans une artère.Pas moins de 42 % d’entre elles ont reçu une dose trop élevée d'anticoagulants.Les femmes, les personnes minces, âgées ou ayant des problèmes rénaux recevaient encore plus fréquemment que les autres une surdose d’anticoagulants.Parmi le million de patients admis à l’hôpital pour le type d’infarctus étudié, environ 117 000 font ensuite des hémorragies, par exemple au niveau d’un cathéter, d’un ulcère à l'estomac, voire au cerveau, ou c’est particulièrement dangereux.Le D Karen Alexander, cher-cheure à l’université Duke, estime dans son étude publiée aujourd’hui que 15 % de ces hémorragies sont provoquées par des surdoses d’anticoagulants et pourraient donc être évitées.Élle reconnaît qu’il est difficile d’évaluer la dose nécessaire à un patient qui vient d’être amené sur un brancard et qui a besoin de soins rapides.Souvent les médecins demandent combien la personne pèse ou estiment son poids «à vue de nez», explique-t-elle.Or, la bonne dose doit être déterminée en fonction du sexe, de l’âge, du poids et des fonctions rénales du patient, ce qui nécessite parfois une calculatrice.«J’espère que cette étude fera comprendre à quel point il est important de prendre cette minute supplémentaire pour faire ces calculs avec soin», confie le Dr Alexander.Associated Press «Ce sera mieux en 2006, mais on sera tout de même loin du Klondike» Dès le 1 er • I janvier 2006.Voici les nouvelles mesures qui amélioreront votre situation financière Pour les familles : • 60 millions de dollars de plus grâce à l’indexation du Soutien aux enfants et de l'ensemble des mesures d’aide aux familles.•Soutien aux enfants : prochain versement le 4 janvier 2006.850 000 familles toucheront 500 millions de dollars (un total de deux milliards de dollars par année).• Dès janvier, mise en place du nouveau Régime d assurance parentale qui est le plus généreux au Canada.Pour tous les travailleurs : • Réduction d'impôt de 300 millions de dollars, grâce à une nouvelle déduction fiscale pouvant atteindre 500 dollars par année.Pour les personnes handicapées et les aidants naturels: • L aide fiscale augmente à 128 millions de dollars, une hausse de 50 %.• Un soutien supplémentaire pouvant atteindre 1 OOO dollars, grâce à un nouveau crédit d'impôt remboursable pour aidants naturels.• Le montant utilisé aux fins de calcul du crédit d’impôt non remboursable pour déficience atteindra 2 250 dollars • Les parents d'un enfant handicapé d'âge mineur pourront recevoir jusqu'à 450 dollars de plus par an.• Le plafond du crédit d'impôt remboursable pour frais médicaux passera de 750 dollars à 1 OOO dollars Pour l’ensemble des contribuables : • 390 millions de dollars de plus dans les poches des contribuables, grâce à l'indexation de 2.43 % des tranches d'imposition et des crédits d'impôt.des efforts qui contribuent à améliorer le niveau de vie des Québécois.Québec S JIM YOUNG REUTERS David Dingwall Dingwall n’a pas encore reçu sa prime de départ Plus de trois mois après sa démission fracassante de son poste de président-directeur général de la Monnaie royale canadienne, David Dingwall n’a toujours pas reçu sa prime de départ.Pourtant, à la fin d’octobre dernier, M.Dingwall a été presque complètement blanchi par le rapport de vérification sur ses comptes de dépenses.Cet ancien ministre du gouvernement Chrétien avaient même menacé de poursuivre les députés qui l’avaient traîné dans la boue, s'étant dit victime d'une chasse aux sorcières politique.Pour 2004 seulement, le bureau de M.Dingwall a soumis des dépenses de plus de 209 000 $ couvrant repas, voyages et déplacements.Mais après révision de toutes ces dépenses, la firme Pricewa-terhouseCoopers a estimé que la quasi-majorité d’entre elles étaient justifiées et respectaient les règles de la société d’État.De cette somme, on lui a demandé de rembourser un peu plus de 2500 S, dont 2000 $ pour trois vols d’avion considérés comme des voyages personnels et 283 $ pour une avance d'argent liquide injustifiée.Il devait aussi remettre 4200 § à la Monnaie royale à la suite d'erreurs comptables réalisées lors de versements de sa paye.Mais ces ajustements semblent bien peu élevés en comparaison de ce qu’on reprochait à M.Dingwall à l’origine.On l'accusait d'avoir accumulé des dépenses somptuaires de plus de 748 000 $ en un an.Au bureau du ministre du Revenu John McCallum, on indique qu’aucune prime n'a été versée à ce jour à David DingwaD.Certains observateurs pensent que le gouvernement Martin attend que la date des élections générales du 23 janvier prochain soit passée pour agir, s’il est reélu.Presse canadienne u % LE DEVOIR.LE MERCREDI 8 DECEMBRE 200 A r> LES A CT HALITES* Gomery explique pourquoi il a choisi Me Bernard Roy ROLLANDE PARENT Le juge John Gomery a hésité avant de retenir les services de M' Bernard Roy au poste de conseiller principal de l'enquête sur le programme des commandites.Mais il a finalement voulu «faire taire» certaines personnes qui le soupçonnaient d’avoir des sympathies pour le Parti libéral et ainsi «équilibrer les perceptions» par rapport au travail de sa commission.Dans l’entrevue accordée à la Presse canadienne pour commenter sa nomination en tant que personnalité de l’année, le juge John Gomery — nommé personnalité canadienne de 2005 selin la Presse canadienne et NTR — a expliqué les raisons qui l’ont amené à choisir M' Roy.Ce choix a été décrié par l’ex-premier ministre Jean Chrétien, qui conteste devant la cour fédérale la conclusion du juge John Gomery le tenant politiquement responsable des dérapages du programme fédéral des commandites.Dans un premier temps, le commissaire Gomery avait écarté le nom de Bernard Roy, ne voulant pas que le rôle politique qu'il avait joué auprès du premier ministre conservateur Brian Mulroney vienne politiser J’enquête qu’il s’apprêtait à mener sur un programme fédéral des •commandites mis en place par un gouvernement libéral.Certains commentaires et son travail de réflexion l’ont amené à revoir sa décision.«Il est faux de penser qu'une personne qui a eu une certaine activité politique à un moment dans sa vie est inévitablement et pour le reste de ses jours un animal politique qui ne pense que de façon politique.Il y a des personnes qui changent d’opinion, c’est une qualité et non un défaut, et il y a beaucoup d’exemples de personnes qui changent de parti politique en cours de route — Mme Stronach tout récemment, Jean Lapierre en est un autre», a-t-il commenté.«Le fait que M.Roy ait travaillé, il y a 15 ans ou plus, dans le domaine politique n’est pas nécessairement une raison de penser qu’il est à 100 % un adhérent au Parti conservateur.De plus, la raison de sa participation au gouvernement Mulroney était fondée sur une amitié personnelle plutôt que sur une allégeance politique.Après quatre ans, il a quitté ses Jonctions et n’est jamais retourné dans le monde politique», a poursuivi M.Gomery.Et puis, il y avait son ami le juge Lawrence Poitras, qui a mené l’enquête sur la Sûreté du Quebec avec M Roy à la barre en tant que conseiller en chef, qui ne cessait de faire à son sujet des commentaires plus que favorables.Le Licteur qui a été déterminant a cependant été les propos tenus par John Williams, président du Comité de contrôle de la Chambre des communes et membre du Parti conservateur, voulant qu’il n’y ait pas grand-chose à attendre de la commission Gomery parce qu'elle était teintée de politique, du fait que le juge Gomery avait bénè ficié des largesses libérales en présidant pendant cinq ans la Commission des droits d'auteur.«Entre vous et moi, je n’ai reçu absolument rien pour les services rendus pour cette commission, fai accepté ce travail supplémentaire pour lequel je n’étais rémunéré d’aucune façon», a tenu à préciser M.Gomery.«Je me suis dit “si les gens du monde politique pensent que je suis libéral — ce qui n’est pas vrai, je n’ai jamais eu une appartenance politique de ma vie —, je vais les faire taire”, et j’ai téléphoné à ce moment-là à Bernard Roy.Mon but était de contrer les perceptions et toute suggestion faite par des personnes soupçonneuses à l’effet que j’étais là pour protéger les intérêts du Parti libéral», a asséné M.Gomery.Et finalement, avec le recul, le juge Gomery considère-t-il qu'il était l’homme de la situation pour présider l’enquête sur les commandites?A cela, M.Gomery répond que le nombre de possibilités pour une commission d’enquête de cette sorte n’est pas illimité.«/e ne suis pas nécessairement le meilleur, mais je fais partie d'un groupe limité», a-t-il laissé tomber avec ce sourire quelque peu retenu que les téléspectateurs ont souvent aperçu tout au long des audiences.Presse canadienne «Je me suis dit “si les gens du monde politique pensent que je suis libéral, je vais les faire taire”» 5000 Canadiens ont participé au second rapport Près de 5000 Canadiens ont tenu à apporter leur contribution, en douce, à la réflexion entourant le second rapport Gomery attendu le 1" février 2006 et devant porter notamment sur les changements à opérer pour éviter une réédition du détournement de fonds publics qui s’est produit par le biais du programme fédéral des commandites.Plutôt que de passer de longs mois en tournée pancanadienne avec tous les coûts qu’un tel exercice aurait engendrés, le juge Gomery et son équipe ont posé cinq questions au grand public, sur le site Internet de la commission, et réservé un espace pour les commentaires.De la fin août à la fin octobre, près de 5000 Canadiens se sont prêtés à l’exercice, dont le tiers du Québec, dépassant ainsi les attentes du commissaire qui a dû constituer une équipe pour voir au traitement de l’information recueillie, la position adoptée et la provenance des réponses.Le juge Gomery a tenu aussi à donner la parole à des gens détenant une solide expérience de la fonction publique ou de l'appareil gouvernemental.Cinq tables rondes ont été mises sur pied à Moncton, Québec, Toronto, Edmonton et Vancouver.C'est dans ce contexte qu’ont témoigné Marc La-londe (conseiller spécial auprès du premier ministre libéral Lester B.Pearson (1967-1968) puis secrétaire principal du premier ministre Pierre Elliott Trudeau, avant de se faire élire) et Paul Tellier (greffier du Conseil privé et secrétaire du cabinet c’est-à-dire sous-ministre du premier ministre et grand patron de tous les fonctionnaires fédéraux jusqu’en 1992).Presse canadienne LOTO QUÊBfX: Résultats Tirage du 2005-12-23 Q5 17 18 19 26 2S 43 Complementaire Ventes totales Prochain gros lot 30 637 300 S 2 500 000 $ Tirage du 2005-12-24 16 17 18 23 28 33 Complémentaire 2Z 20 374 450 $ pr ) 17 000 000 $ Ventes totales Prochain gros ! Tirage du 2005-12-24 03 04 07 12 17 Compiemenia t'e 41 46 EQtra NUMÉRO 088321 Tirage du 2005-12-23 LOT 100 000 $ TVA )e résëau des Dragée 7(7 6/7+ 6/7 5/7 4/7 3/7+ 3/7 2 8 233 11 873 253 458 238 173 2 109 722 6/6 5/6+ 5/6 4/6 3/6 2/6+ 0 2 140 9 641 178 844 131 174 GAGNArrrs 0 0 29 1 504 25 447 6/6 5/6+ 5/6 4/6 3/6 Ventes totales EQtra NUMÉRO 239332 10 000 000,00$ 69 717,20$ 2 094.50$ 146.80 $ 10,00$ 10.00$ Par?*cpatîOr.gratuite LOTS 9 866 533.00 $ 205 035,80 $ 2 419,60 $ 66.50 $ 10,00 $ 5.00 $ 1 000 000.00 $ 50 000 00$ 500.00$ 50 00$ 5,00$ 526 445 50 $ Tirage du 2005-12-24 LOT 100 000$ UN TIRAGE CHAQUE JOUR DE DÉCEMBRE cetse k îs btiett gag^a-rs paraisse^* au verso des txaets ?e' « -stç de L-O.ceae der^e a pnerse Vache folle Le bœuf canadien de nouveau disponible au Japon Kl un KS L’ambassadeur du Canada au Japon, Joseph Caron, et le président de la chaîne de supermarchés et de restaurants Hanamasa ont déguste quelques morceaux de Ixvuf canadien, hier, à la suite de la levée de l’embargo imposée en raison de la crise de la vache folle.JUDY M O N C H U K Calgary — Deux semaines après la levée d’un embargo de plus deux ans impose à la suite de la crise de la vache folle, le bceuf canadien est revenu sur les étalagés de supermarches du Japon, mais il faudra du temps pour regagner la confiance des consommateurs de ce pays.L’ambassadeur du Canada au Japon, Joseph Caron, a pris part hier à une cérémonie dans une épicerie de Tokyo pour marquer le retour du bœuf canadien sur les tablettes nipponnes.Toutefois, selon le patron du Bureau de développement économique de l’Alberta.Wes Sa-watzky, les acheteurs japonais sont devenus craintifs à la suite des nombreux cas d’encéphalite spongifonne bovine (ESB) et les exportateurs canadiens devront peut-être lorgner dans leurs marges pour reprendre leur part de marché.Pas moins de 21 cas de la maladie de la vache folle ont aussi été découverts au Japon depuis 2001, ce qui explique en partie la méfiance des Japonais.«Il faut que quelque chose attire le consommateur vers le produit, a expliqué M.Sawatzky récemment dans une entrevue à Tokyo.Notre produit n’est pas aussi connu que le bœuf américain.Nous devrons donc faire des efforts particuliers pour susciter l’intérêt du consommateur, étant donné l’hésitation naturelle de ce marché en matière de sécurité alimentaire.» Une chaîne de supermarchés et de restaurants, Hanamasa Co., dont le siège est à Tokyo, a précisé qu’elle avait importé environ huit tonnes de bœuf ontarien qui sera vendu dans ses 10 magasins de la région de la capitale.Son prix est environ le même qu’avant l’embargo, a ajouté un représentant de l’entreprise, Hiroko Abe.L’ambassadeur canadien a dit avoir confiance dans le regain de popularité du bœuf canadien, maintenant que l’interdiction a été assouplie.«Nous sommes très confiants que ce marché redeviendra solide comme autrefois, a-t-il confié au cours de la cérémonie.Cela prendra un peu de temps, mais cela reviendra.» Avant l’embargo, le Japon était le troisième importateur mondial de bœuf canadien: il en commandait entre 10 000 et 20 (XX) tonnes par année, soit l’équivalent de 150 millions, pour des importations de bœuf totalisant 900 000 tonnes.Le Canada demeurait ainsi un fournisseur de moindre importance en Asie avant la découverte du premier cas d’ESB — une vache albertaine — en mai 2003.Après 30 mois d’interdiction, le bœuf cana dien a été de nouveau autorisé le 12 décembre, mais seulement s’il provient d’animaux de moins de 21 mois.1 )e plus, les organes présentant des risques, comme le cerveau et la moelle épinière, devront être retirés des carcasses.Ce retour sur le marché japonais constitue une étape importante du plan de redressement-de l’industrie bovine canadienne, qui a perdu sept milliards en exportations depuis 2(X)3.les éleveurs comptent maintenant sur les pays de l’Asie-Pacilique pour réduire leur dépendance envers le marché américain.Ils espèrent que l’ouverture du «pays du Soleil levant» influence ses voisins sud-coréens, chinois et ûùwanais.Presse canadienne Tremblant: les négociations stagnent Le syndicat rejette ridée d’ultimatum ALEXANDRE SHIELDS Les négociations entre le syndicat représentant 1500 travailleurs de la station de ski Mont-Tremblant et la partie patronale stagnent toujours, alors que s’achève aujourd'hui l'ultimatum lancé par Intrawest pour le maintien de son offre globale.Les syndiqués ont d’ailleurs rejeté l’idée d’un «ultimatum», qui ressemble davantage à une «campagne de peur», selon le président du Syndicat des travailleurs de la station Mont-Tremblant, Benoît Fi-lion.Celui-ci ajoute que les syndiqués ne comptent pas se prononcer à nouveau sur une offre qu’ils jugent insuffisante.Ils demandent plutôt à la direction de la bonifier.Ira directrice des affaires publiques de la station Mont-Tremblant, Lyne Lortie, croit pour sa part que l’offre qui est sur la table représente la marge de manœuvre financière maximale de l’entreprise.Elle estime que les demandes syndicales actuelles engendreraient une hausse des coûts de gestion de 23 % sur trois ans.«Aucune entreprise ne peut se permettre cela si elle veut demeurer en affaires», explique-t-elle.Mme Lortie souligne que la partie patronale pourra difficilement maintenir son offre au niveau actuel après le 28 décembre, puisque les pertes de revenus seront trop importantes.Déjà, le nombre de plaintes de clients et l’impact sur l’économie de la région sont importants, selon elle.M.Filion réptique que «l’amélioration du sort des employés de Mont-Tremblant profitera à l’ensemble de l'économie régionale puisque les salariés y font leurs dépenses, contrairement à Intrawest, qui investit ses profits à l’extérieur».Vendredi dernier, les employés ont rejeté une offre de 16 % d'augmentation sur cinq ans, dans une proportion de 61 %.Ils souhaitent plutôt signer une convention d’une durée de trois ans avec 15 % d’augmentation.Au chapitre des avantages sociaux, les syndiqués, affiliés à la CSN, réclament notamment la création d’un régime de retraite, la protection contre la sous-traitance et l’amélioration du régime d’assurances collectives.Selon Benoît Filion, la partie patronale «refuse d'en discuter sérieusement» depuis le début du conllil.Hier, l’imposant complexe de vif légiature tournait au ralenti alors que quelque J(X) cadres tentaient de combler tant bien que mal les postes des 15(X) travailleurs syndiqués.Ira multinationale Intrawest compte beaucoup sur le temps des Fêtes pour engranger des revenus intéressants, alors que cette période représente près du tiers des recettes annuelles.Iras négociations se poursuivaient toujours hier, en présence d'un conciliateur du ministère du Travail du Québec.Iras employés sont en grève depuis le 17 décembre.Le Devoir K N H K lî F 70 cm de neige au Nouvèau-Brunswick l lue forte tempête a touché le Nouveau Brunswick entre lundi et hier, laissant jusqu’à 70 cm de neige dans le nord de la province.Iras pointes de vent ont atteint les (X) km/h dans la [léninsiile acadienne.Selon Environnement Canada, il est toml>é entre (Kl et 70 cm de neige dans le nord de la province, d’Etlmundston jusqu’à la péninsule acadienne.Il est tombé entre 15 et 20 an de neige dans la région de Moncton.Iras vents ont causé de la poudrerie, rendanl la conduite dangereuse pour les automobilistes.A certains endroits, la visibilité était presque nulle.Iras vents ont également fait tomber des branches sur les lils électriques.Au total, entre 1000 et 1400 abonnés ont manqué d’électriçité en même temps, a indiqué Energie Nouveau-Brunswick.- PC $ /e DEVOIR 0 t ROLEX SERVICE mm- POUR GARDER VOTRE ROLEX EN SERVICE À LA CLIENTÈLE HORAIRE DU TEMPS DES FÊTES Jeudi, 29 décembre : 7h30 a I6h30 Vendredi, 30 décembre : 7h30 a 12h00 *** Lundi, 2 janvier : FERMÉ Mardi, 3 janvier : FERMÉ Mercredi, 4 janvier : 7h30 à I6h30 ’¦••pour être effectives le 31 décembre ou le 4 janvier les demandes d’arrêts temporaires de livraison par camelot doivent nous parvenir au plus tard le 30 décembre avant IQhOO ^ Artisans PARFAIT ÉTAT DE FONCTIONNEMENT, NOUS VOUS CONSEILLONS D’EFFECTUER UNE RÉVISION COMPLÈTE TOUS LES CINQ ANS cfôtieMtferfe Gambard Vente et service technique 630-A RUE CATHCART MONTRÉAL, CENTRE VILLE (514) 866-3876 PÂTISSERIE CHOCOLATERIE four vos Fêtes • Petits fours frivoles • Majestueux sapins de Noël en chocolat «centre de table» • Bûches de Noël • Chocolats maison et bien d’autres bonnes choses 819, rue Es)Laurier Hst 014 273 9335 Pour annoncer dan* ce regroupement, contactez Micheline Rueliand au 514-985-3457 1 A (> LE DEVOIR, LE MERCREDI 28 DÉCEMBRE 20 0 5 m T 0 R I A L ONG piégées Le tsunami qui a ravagé l’Asie du Sud-Est il y a tout juste un an fut un événement sans précédent, tant en raison de l’ampleur de la catastrophe que par l’exceptionnel élan de générosité qui en a découlé.Le recul aidant, un autre bilan commence toutefois à se faire: celui des mirages de l’aide internationale.T Josée Boileau out fut exceptionnel avec le tsunami de Noël: la force des vagues, la rapidité de leur déferlement, le nombre de pays touchés, les récits rocambo-lesques de disparition ou de survie, et l’argent versé par des millions de gens, touchés par un drame qui tranchait tellement avec la période de réjouissances qu’est le temps des Fêtes.Mais l’exceptionnel, ce fut aussi ce singulier appel, survenu à peine 10 jours après la catas- -__— trophe: celui de Médecins sans frontières qui, en France, a invité a ne plus donner pour le tsunami.Du jamais vu dans les annales de l’aide humanitaire! Sur le coup, le geste de MSF a été vivement dénoncé.Mais des mois plus tard, plusieurs ONG admettent — parfois ouvertement, parfois sous couvert de l’anonymat—que le tsunami a effectivement faussé les enjeux de l’aide internationale.Certes, celle-ci se fonde sur l'argent À l’heure des catastrophes, il en faut vite et beaucoup pour sauver tout ce qui peut l’être, éviter que la situation ne dégénère et s’assurer qu’on pourra faire face aux suites à donner.À cet égard, la réponse au tsunami fut exemplaire: ainsi, la crise sanitaire tant redoutée n’a pas eu lieu et on a trouvé un refuge pour des centaines de milliers de personnes.Mais c’est la suite des événements qui a donné raison à ce MSF si rabat-joie.Une fois l’urgence passée, tout s’est mis à piétiner: la reconstruction, le retour au travail des sinistrés, l’aide aux enfants.Depuis le printemps, tout avance à pas de tortue.Un coupable est officiellement montré du doigt: la bureaucratie, lourde et tatillonne, qu’alourdissent le poids des traditions (c’est ici qu’était le village, c’est ici et pas ailleurs qu’il sera reconstruit) et la confusion entourant la propriété des terres.D autres voix se font toutefois entendre, critiquant l’efficacité des ONG, trop nombreuses (on en retrace plus de 400 en Indonésie).Sans compter ces groupes privés qui, sans être des organismes de charité, invitent toujours les touristes à participer à la «reconstruction».Le Financial Times a récemment publié le récit d’un Britannique qui, à fort prix, s’est ainsi rendu au Sri Luika.Il a vite constaté que le sable qu’il pelletait un jour serait plus tard remis dans le même trou par un autre groupe de touristes naïfs! L’Occidental venu soulager sa conscience n’aidait strictement personne.Or, même des ONG dûment reconnues ont négligé la population locale, ne se renseignant pas sur ses besoins, prêchant le mieux là où le bien aurait fait l’affaire.Car pour plusieurs, le mot d ordre est simple: tant qu'à rebâtir, sortons ces pauvres gens de leur misère! Les gouvernements italien et allemand sont ainsi très fiers des villages qu’ils font bâtir au Sri Lanka, faits de jolies maisonnettes à l’européenne, avec toilettes à l'intérieur et tuiles sur les murs de la cuisine.Mais qu’en pensent les gens à qui elles sont destinées?On ne sait pas.Un exemple de plus du néo-impérialisme auquel certains associent de plus en plus les diktats de l'aide internationale.En fait, seul le travail à long terme d’une ONG dans un pays donné assure des collaborations efficaces quand sonne l’heure du drame.Et cette approche-là n’est possible que si un organisme reçoit des dons pour ce qu’il est plutôt qu’au gré des catastrophes.Plusieurs groupes, aujourd’hui, sont en fait piégés par le tsunami, disposant de bonnes cagnottes pour celui-ci, mais dépourvus de fonds pour les pays oubliés, ceux dont parlait MSF en janvier dernier et ceux dont François Audet, de CARE Canada, dresse une nomenclature aujourd’hui en page Idées.Idéalement, les donateur devraient donc apprendre à départager émotion et don pour plutôt prévoir celui-ci.Mais quel pari à l’heure de la médiatisation extrême et des ménages endettés comme jamais, qui ne savent même plus prévoir leur propre épargne! C est pourquoi le temps est venu pour les ONG d’aviser clairement leurs donateurs: si les besoins pour telle cause sont comblés, voici où votre argent pourra aussi aller.Au risque, oui, d’y perdre quelques contributions.LE DEVOIR FONDÉ PAR HENRI BOL'RASSA LE 10 JANVIER 1910.FAIS CE QUE DOIS Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédacteur en chef JEAN-ROBERT SANSFAÇON Vice-présidente, finances et administration CATHERINE LABERGE Directeur de l’information JULES RICHER Directeurs adjoints de l’information PIERRE BEAULIEU, LOUIS LAPIERRE.JEAN-FRANÇOIS NADEAU Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directrice, ventes publicitaires NICOLE CALESTAGNE Un autre grand moment d* c( fagvoTrf Dumont, homme de ménage Lors des élections partielles, tenues la semaine dernière, l’ADQ s’est fait balayer par le Parti Vert.En conférence de presse et après près d’une semaine d’inaction, le chef de l’Action démocratique du Québec, Mario Dumont, s’est surpassé dans l'émission de déclarations loufoques.Le chef a raison d’être déçu de la faible performance de son parti lors des partielles.Il a encore plus raison de vouloir faire le ménage à l’intérieur de son organisation.Ce ménage sera d’autant plus facile à effectuer que le membership du parti est faible.Dans le même sens, M.Dumont devrait cesser de regarder autour de lui afin de démasquer le coupable de son impopularité.Le Québec a toujours été une société avant-gardiste en matière d'égalité et de socialisme.L’idéologie prônée par l’ADQ en est une de droite, qui mettent en relief des valeurs contraires à celles du peuple québécois.M.Dumont, lors de son apparition devant les médias fia semaine dernière), a dit, de manière peu éloquente, qu’il était en accord avec la vision canadienne de Stephen Harper.Ce dernier offre, en effet, une réouverture de la Constitution.Le chef conservateur ne propose-t-il pas un retour en arrière pour l’électorat québécois?Ainsi, il est possible de mesurer l'impopularité des conservateurs au Québec, ne serait-ce qu’en jetant un coup d'œil aux différents sondages effectués.L’ADQ se tire dans le pied en appuyant, même indirectement, le parti de Stephen Harper.Le parti provincial devra, de cette maniè- LETTRES re, porter le poids de l’impopularité de deux partis sur ses épaules.Le balai ne devrait pas être passé seulement parmi son personnel, mais aussi dans les valeurs que ce parti tente de diffuser.Jean-Frédérick Gagnon, FINS Jonquière, 21 décembre 2005 Interdit de rire?La question peut vous sembler saugrenue, mais on doit la poser quand on parcourt les articles suivants de la loi 142 concernant les conditions de travail dans le secteur public.Ces articles précisent les modalités de la prestation des services et les pénalités associées à tout geste qui contrevient à la loi: «Art.23.Un salarié doit, à compter de OOhOl le 16 décembre 2005, accomplir tous les devoirs attachés à ses Jonctions, conformément aux conditions de travail qui lui sont applicables sans arrêt, ralentissement, diminution ou altération de ses activités normales.» [.] «Art.25.Il est interdit à une association de salariés de déclarer une grève, de poursuivre une grève ou de participer à une action concertée, si cette grève ou cette action concertée implique une contravention par des salariés à l’article 22 ou l'article 23.» [.] «Art.39.Quiconque contrevient à une disposition des articles 22,23,24,27,28 ou 29 [ces articles sont du même acabit, parfois pires, que l'article 23] commet une infraction et est passible, pour chaque Jour ou partie de jour pendant lequel dure la contravention, d’une amende: 1.de 100 $ à 500 $ s’il s’agit d’un salarié ou d’une personne physique [.]; 2.de 7000 $ à 35 000 $ s’il s’agit d’un dirigeant, employé ou représentant d’une association ou d'un groupement ou s’il s'agit d’un dirigeant ou représentant d’un organisme; 3.de 25 000 $ à 125 OOO $ s’il s’agit d’une association, d’un groupement ou d’un organisme.» Et la cerise sur le gâteau: «Art.42.Commet une infraction quiconque aide ou, par un encouragement, un conseil, un consentement, une autorisation ou un ordre, amène une autre personne à commettre une infraction visée parla présente section.Une personne déclarée coupable en vertu du présent article est passible de la même peine que celle prévue pour l’infraction qu’elle a aidé ou amené à commettre.» Bref personne, ni syndicat ni individu, n’a le droit d'amener quiconque à arrêter, ralentir, diminuer ou altérer ses activités normales {cf.art 23).Une simple conversation de corridor à cet effet entre deux coDègues les rend passibles des amendes décrites ri-hauL C’est une grave attaque à la liberté d’expression.C’est une attaque aux libertés démocratiques gagnées de haute lutte depuis la Révolution américaine de 1776 et la Révolution française de 1789.Nous dénonçons cette attaque brutale aux libertés démocratiques digne des plus noires heures de la Grande Noirceur.Madeleine Ferland, présidente Jean-Pierre Bibeau, responsable à l’information Syndicat des enseignantes et enseignants du cégep Montmorency Décembre 2005 LIBRE OPINION Les réponses du Bloc au Conseil de la fédération GILLES OUCEPPE Chef du Bloc québécois Extraits de la lettre envoyée par le Bloc québécois à Ralph Klein, premier ministre de l'Alberta et president du Conseil de la fédération.Monsieur le premier ministre, J'ai pris connaissance des cinq questions soulevées par le Conseil de la fédération le lundi 19 décembre dernier.1 Lins le cadre de la campagne électorale en cours, vous sollicitiez l’avis des chefs des partis fédéraux sur différents enjeux qui préoccupent les gouvernements du Québec et des provinces, dont la correction du déséquilibré fiscal.H me fciit donc plaisir de vous transmettre les réponses du Rkx' québécois à ces questions.Déséquilibre fiscal Reconnaisscz-ivus l'existence, au Canada, de déséquilibrés fiscaux structurels, tant horizontal que vertical, et tous engnga-vous à travailler avec les provinces et Us territoires p(>ur moudre ce pmblèmc et mettre en place les mesures nécessaires pour mettre lin à ces dcstyuMbm?Je crois qu’il importe de rappeler ici que le Bloc québécois a été le premier ixu ti à la Chambre des communes à dénoncer le déséquilibre fiscal.Nous l’avons fut en relayant a Ottawa un consensus de FAssemblee nationale sur cette question et en entreprenant une sene de démarches pour forcer le gouvernement federal à reconnaître ce déséquilibré et à le corriger.[.] Malheureusement, les libéraux fédéraux ont, contrairement aux partis d’opposition, toujours refuse de reconnaître le déséquilibre fiscal et ses effets néfastes au Québec et dans les provinces.Pourtant, les multiples initiatives entreprises par le gouvernement federal depuis le budget federal 2Ù05 nous ont démontré qu Ottawa disposât de moyens bien supérieurs à ses obligations (.) Pour corriger ce déséquilibre qui mine la capacité du Québec et des provinces à assumer correctement leurs responsabilités, je me suis donc assuré que le Bloc québécois reprenne à son compte les propositions formulées par la Commission Seguin sur le déséquilibré fiscal.C'est pourquoi nous demandons au gouvernement fédéral de: ¦ parer au plus pressant et d’utiliser sa marge de manœuvre afin de hausser graduellement les transferts à l’éducation post-secondaire (secteurs collégial et uni-versitaire) et aux programmes sociaux de 4,7 milliards de dollars, pour atteindre un total de 11,6 milliards de dollars au cours des trois prochaines années; ¦ modifier la formule de péréquation en se fondant sur la «règle des dix» et en modifiant le caknl de La richesse foncière, de façon à ce que ce mécanisme joue pleinement son rôle de redistribution de La richesse.Mais il faut régler le fond du problème.C'est pourquoi il m'apparaît essentiel que le gouvernement federal, fo Québec et les provinces négocient le phis rapide ment possible un nouveau partage des champs fiscaux, de telle sorte que le Québec et les provinces disposent de sources suffisantes de revenus autonomes pour répondre enfin aux besoins de leur population.Éducation postsecondaire et formation professionnelle Appuyez-vous la convocation d une telle rencontre des premiers ministres sur l'éducatUm postsecotuiaire et la formation professionnelle au début de la prochaine année?Certes, j'appuie La convocation d'une rencontre des premiers ministres sur l'éducation où il sera possible de discuter d’une hausse du financement federal.[.] J'aimerais cependant rappeler que Paul Martin n'a pas tenu sa promesse de reserver entre sept milliards et huit milliards de dolkirs pour les paiements de transfert en éducation lors de La dernière campagne électorale.D'ailleurs, depuis l'arrivée au pouvoir des liberaux, les transferts à 1 éducation et aux programmes sociaux ont ete coupés de manière radfoale.Alors que fo gouvernement fédéral y consacrait 7.9 % de ses revomis en 1994-1995.cette proportion a ete ramenée à 4,2 % en 2005-2(106.Ottawa préféré creer des programmes cibfos dans des champs de competence qui ne sont pis les siens, ignorant ainsi les spécificités du système d’éducation du Québec.Mon parti continuera donc de réclamer une augmentation des transforts fédéraux.J estime ainsi que la contribution fédérale aux dépenses du Quebec et des provinces dans les domaines de féducation postsecoiv daire et des programmes sociaux doit être gradueUe- ment haussée de 4,7 milliards de dollars, pour atteindre un total de 11,6 milliards de dollars au cours des trois prochaines années.[.] Les activités internationales et les provinces Quelles mesures concrètes prendriez-vous, et selon quel échéancier, afin de compléter avec succès l'élaboration d un accord formel fédéral-provincial-territorial concernant le rôle des provinces et des territoires dans les activités internationales du Canada qui touchent leurs compétences.leurs responsabilités et leurs intérêts?Pemiettez-moi tout d'abord de rappeler que tous les gouvernements du Quebec depuis Jean Lesage ont défendu l'expertise du Quebec dans les domaines qui lui sont reconnus par la Constitution, affichant par le M même la volonté d'occuper toutes les tribunes internationales où sont négociées des ententes touchant à leurs compétences politiques, sociales ou culturelles.Pour garantir ce droit du Québec et des provinces à être présents à la table de négociation lorsqu'il est question de leurs competences exclusives, mon parti a présente au cours du dernier mandat le projet de loi C-260, qui obligerait le gouvernement du Canada à consulter les gouvernements du Québec et des provinces avant de négocier ou de conclure un traite dans: ¦ un secteur de compétence legislative provinciale: ¦ un domaine touchant un secteur de compétence legislative provinciale.En outre, le projet de foi réaffirmait le droit du Quebec et des provinces de conjure des ententes internationales à l’intérieur de leurs champs de compétence.[.] Le Parti liberal du Canada, le Parti conservatair et le Nouveau parti démocratique se sont opposes à ce projet de loi.Mais ceci n'a pas diminue notre determination et nous redéposerons ce projet de loi après la prochaine election générale.Négociations avec l’OMC Que pensez-vous de l'approche du Canada dans les négociations de l 'OMC et de sa contribution à l 'atteinte de conclusions positnes.notamment à l'egard de la ges-tùm de l'offre?!.] Je constate que le gouvernement federal defend trop mollement le système de la gestion de l'offre, devant les critiques qui nous sont faites par plusieurs pays membres de 1 Organisation mondiale du commerce qui veulent que le Canada y mette fin et ouvre ses frontières.Par exemple, au cours des dernières années, le gouvernement fédéral s’est montré incapable de freiner l'arrivée de substances laitières spécialement conçues pour contourner les contingents tarifaires.Nous avons tenté de rassurer les producteurs agricoles en faisant adopter à l'unanimité, à la Chambre des communes, une motion exigeant la protection intégrale de la gestion de l'offre, le 22 novembre dernier.Cependant par crainte que le gouvernement canadien ne cède aux pressions des autres pays qui veulent un accès plus large à notre marché intérieur, j’ai demandé à mon porte-parole en matière de commerce international.monsieur Pierre Paquette, de participer à la conférence ministerielle de l'OMC qui avait lieu dernièrement à Hong-Kong.[.] Transports Appuyez-vous la proposition du Conseil de la fédération voulant que le gouvernement du Canada devienne un partenaire à part entière des provinces et des territoires pour Ui mise en œuvre, en matière de transport, d une stratégie nationale multimodale et inclusive dé toutes les régions?En matière de transport le gouvernement fédéral a accumule plusieurs erreurs graves au cours des dernières années.Qu'il me suffise de rappeler le fiasco de 1 aéroport de Mirabel: un echec flagrant extrêmement coûteux et dommageable pour le Quebec, alors que la region de Toronto a été systématiquement avantagée par rapport a Montreal dans l'attribution des lignes internationales.De même, afors que le Saint-Laurent joue un rôle de premier plan dans 1 économie québécoise, le gouvernement fédéral a adopte des politiques désastreuses pour la position concurrentielle de la voie maritime du Saint-Laurent.Le gouvernement federal a réduit ses services, augmente les frais imposés à l'industrie maritime.tout en n'assumant phis l'entretien des infrastructures portuaires placées sous sa competence.C est pour ces raisons que mon parti demande au gouvernement federal de commencer par assumer sa juste part en matière de transport et de laisser au Québec et aux provinces le soin d'établir leurs propres politiques de transport.[„.] LE DEVOIR.LE MERCREDI 2 S DÉCEMBRE 2 0 0 5 A DEES Aide humanitaire aux pays \ietimes de crises Bonne année quand même.FRANÇOIS AUDET Directeur régional à CARE Canada et chercheur associé à la Chaire de recherche du Canada en politiques étrangère et de défense canadiennes (PEDC) de l’Université du Québec à Montréal année qui se termine passera sûrement à l'histoire pour son nombre élevé de catastrophes humanitaires et l’envergure de celles-ci.Après l'onde de choc provoquée par le tsunami à la fin de 2004, ce fut une série successive de bouleversements de toutes sortes, de cause naturelle ou humaine, qui aura profondément troublé l'équilibre planétaire cette année.Ce qui ressort de ces événements est certainement le fait que les catastrophes ne touchant plus désormais que les pays «'pauvres», puisque les Etats-l !nis ont été littéralement assommés par plusieurs ouragans et que le Portugal essuie encore les cendres chaudes des feux qui ont consumé une bonne partie de son territoire.N'empêche, ce sont les pays les plus pauvres qui sont encore les plus affectés.Une aide liée.à quoi?L’aide humanitaire apportée aux pays victimes de crises a significativement augmenté depuis les dernières années.Les appels internationaux sont passés de deux milliards de dollars en 1997 à trois milliards en 2001, puis à cinq milliards en 2003 et à plus de 13 milliards de dollars d'aide nécessaire cette année pour répondre aux crises.Ces appels internationaux sont effectués par la communauté internationale aux pays donateurs pour combler les besoins humanitaires.Mais la question ne réside pas seulement dans les fonds octroyés par les pays donateurs, mais aussi où, quand et comment ces fonds sont accordés.Effectivement, depuis 10 ans, on finance en moyenne 64 % des appels internationaux (besoins humanitaires).Cette donnée est néanmoins quelque peu louche puisqu'elle inclut les engagements et financements importants pour des crises à portée politique telles que l'Afghanistan et l’Irak, qui ont été financées respectivement à 67 % et 91 %.la reconstruction de l’Europe de l’Est (84 % en 1999) et le tsunami (85 %) sont d’autres crises à succès qui auront attiré l'intérêt des pays donateurs.Par ailleurs, au moment où l’on parle de la plus importante crise humanitaire de la planète, le Soudan aura reçu moins de 50 % (2005) des sommes nécessaires et, l'an dernier, le Zimbabwe n’a reçu que 11 % de ce qu'il avait besoin alors que plus du tiers de sa population souffre de la faim.E semble clair que l’effet médiatique du tsunami n'aura pas aidé l’appui aux autres régions affectées.Notons par ailleurs que les deux plus importants pays bénéficiaires de laide canadienne en 2004 ont été l’Irak et l’Afghanistan et que la Chine, nouvelle force écono-ntique internationale, arrive au 5' rang.De tels faits montrent bien que la médiatisation des crises et les enjeux géopolitiques sont au cœur des prises de décision dé l’aide accordée.Un bilan humanitaire catastrophique pour 2005 Le bilan humanitaire est donc très lourd et la liste des pays en crise continue de s’allonger.En voici quelques-uns qui sont tristement ajoutés à cette liste cette annee.¦ Crise au Darfour (Sud-Soudan): des centaines de milliers de personnes sont laissées à elles-mêmes après avoir fui ce que plusieurs appellent un genocide.Les réfugiés soudanais qui ont dû quitter leur region d’origine ne sont pas près d’y revenir, compte tenu de la situation qui ne s'améliore pas.L'ONU estime a plus de 1,5 milliard les fonds nécessaires pour résoudre cette crise.¦ Crise au Sahel: la famine au Niger a ete particulièrement médiatisée, mais six autres pays de l'Afrique de l'Ouest subissent les mêmes problèmes d'insécurité alimentaire: la Mauritanie, le Mali, le Burkina Faso, le Nigeria, le Sénégal et le Tchad ont ainsi beaucoup à faire pour remettre leur production alimentaire sur la bonne voie.On se souviendra que la sécheresse et le criquet pèlerin ont anéanti les récoltes.La reduction du volume de céréales sur les marchés locaux a fait augmenter les prix, rendant les aliments inaccessibles à une grande partie de la population.E semble que la crise soit loin d'être résolue et le Programme alimentaire mondial estime que de trois à cinq millions de personnes auront besoin d'aide alimentaire dans la région l’an prochain.¦ Tremblement de terre au Pakistan: certainement la principale crise des derniers mois et probablement la plus médiatisée; la région aura reçu une bonne partie de son financement.Déjà touché par un conflit, le pays prendra plusieurs années avant de s’en remettre et les ONG sont à pied d’œuvre pour aider les autorités locales dans les programmes de reconstruction.¦ Ouragans dans les Caraïbes: 2005 sera sans contredit l'année de l'ouragan.Vingt-six tempêtes d’envergure ont balayé la région et on aura été obligé d'avoir recours à l’alphabet grec pour les nommer.Aucun pays des Caraïbes et d'Amériqu,e centrale n’a été épargné, même le Mexique et les Etats-Unis ont été fortement touchés.¦ Famine en Afrique australe: il s'agit d'une crise qui perdure depuis plusieurs années et qui ne fait pas la manchette dans nos médias.Pourtant, près de 10 millions de personnes auront besoin d'aide alimentaire d’urgence au Lesotho, au Malawi, au Mozambique, au Swaziland, en Zambie et au Zimbabwe d’ici avril 2006.Il s'agit d’une région qui souffre d’une quatrième année de sécheresse consécutive et qui présente le taux de VIH-sida le plus élevé au monde.¦ République démocratique du Congo: dévastée par deux guerres civiles successives, la RDC vit depuis cinq ans dans un état de crise permanent qui a fait 2,5 millions de morts lors de ces trois dernières années de conflit seulement On compte plus de deux millions de personnes déplacées et réfugiées et 30 % de la population est dépendante de l’aide alimentaire.Perspectives d’avenir ?Les réalités de l’humanitaire ont changé.Les bouleversements climatiques et la lutte au terrorisme ont modifié considérablement l’environnement dans lequel œuvrent les travailleurs humanitaires.De plus, plusieurs interventions «ratées» comme celle du Niger nous ont fait prendre conscience du fait que le temps d'intervention est un luxe que nous n’avons pas quand la vie de milliers d'humains est en jeu.Une réflexion est donc nécessaire, et ce, tant pour les ONG que pour les Nations unies.En fait, la communauté internationale doit se doter de mécanismes et de règles qui permettraient une in- l AKl.OS MAKKIA KI U I KKS Les catastrophes ne touchent plus désormais que les pays «pauvres», puisque les États-Unis ont été littéralement assommés par plusieurs ouragans cette année.tervention rapide sous l'impératif humanitaire pour répondre à sa responsabilité de protéger les régions et les populations qui sont vulnérables.Utilisant le concept du Conseil de sécurité de l’ONU, l’une des solutions pourrait être la création d’un Conseil d'intervention humanitaire qui donnerait aux Nations unies l’autorité nécessaire pour pouvoir intervenir sous l’impératif humanitaire au détriment de la souveraineté des Etats.Cela permettrait certainement à la communauté internationale de répondre dans des délais «humanitairement responsables» au lievi de perdre un temps précieux à s’obstiner avec les Etats désorganisés qui laissent parfois leur population souffrir inutilement.Mais la responsabilité de protéger peut aussi prendre des «propensions» exagérées.On sait que les événements du 11 septembre 2001 ont profondément modifié le contexte international.L’aide humanitaire n’y a pas échappé.On implique entre autres de plus en plus la classe militaire dans le domaine de l’intervention humanitaire.En d’autres termes, les fonds et activités normalement essentiellement canalisés à travers l’aide civile sont maintenant utilisés par les militaires sur le terrain.En situation de conflit comme en Afghanistan ou en Haïti, la confusion peut être dangereuse et l’impartialité des humanitaires est remise en cause par les acteurs armés locaux, qui ne distinguent plus l’aide humanitaire de l’aide militaire.Les conséquences peuvent parfois être fatales.Que nous réserve 2006 ?La campagne électorale actuelle est une excel- lente occasion de faire le bilan de l’aide canadienne au développement.Un bilan peu reluisant, caractérisé par beaucoup de promesses et peu d’actions concrètes, situation que le chanteur de U2 s’est empressé de rappeler lors de son passage à Ottawa.Si les propos de Bonn n’ont pas d’écho, ce n’est sûrement pas par manque de moyens puisqu’il semble qu’Ottawa baigne actuellement dans les surplus budgétaires.Notons que notre niveau actuel (2004) de financement de l’aide internationale équivaut à celui que nous avions en 1965.soit 0,23 % du PNB.Dans son discours prononcé le mois dernier, Kofi Annan estimait que, pour les 18 principaux programmes humanitaires en cours à l’ONU, un total de 4.7 milliards de dollars sera nécessaire pour appuyer 31 millions de personnes dans 26 pays en 2006.Cela exclut les besoins nécessaires pour les appels d’urgence de 2005 qui n’ont pas encore été comblés et (pii sont estimés à 766 millions de dollars.Cette somme exclut également ce que l’on ne sait pas encore et c’est le tragique de l’humanitaire: comment réagira le climat en 2006?(fuel sera l’impact des sécheresses sur les récoltes du Sahel et de l’Afrique australe?Comment se passeront les élections en Haïti?Bref, encore beaucoup de facteurs inconnus et c’est donc, une fois de plus, une situation internationale malheureusement assez chaotique et complexe que l’on observe à l’aube de cette nouvelle année.Mais bonne année quand même.Thérèse Renaud (1927-2005) Hommage à une femme entière Elle avait ce tempérament unique où l'excès le dispute à la réserve JOHN R.PORTER Directeur général, Musée national des beaux-arts du Québec * «Il me semble que la vie commence demain» — Thérèse Renaud ans son dernier livre, Thérèse Renaud aura voulu associer à sa démarche des témoins essentiels et précieux.C’est ainsi que, par l’entremise de morceaux choisis, les correspondances de Fernand Leduc avec Paul-Emile Borduas ou avec Raymond Abellio auront été mises à profit Il y avait là un geste de partage, une communion généreuse qui transcendait le temps de l'écrit, tout en lui conférant un dynamisme opportun.A la faveur de ces regards complémentaires, ia perception des années 1946-1953 s'affinait, d’autant que l'auteure nhé- SOURCE MAURICE PERRON Thérèse Renaud, en 1953.sitait pas à revisiter certains de ses propres écrits, voire des lettres qu elle avait elle-même expédiées outremer au tournant des années 1950.Le recours à ces documents d’époque lui permettait de rétablir certains faits balisant son passé, lesquels auront stimulé, coloré et enrichi sa mémoire.Thérèse Renaud aura aussi, çà et la, exprimé son regret pour des papiers disparus, quelques souvenirs estompés, certains noms oubliés.Paris Les meilleurs moments de la vie ont toujours trois temps: le temps du rêve, de l'attente et de l’espoir; le temps de l’accomplissement, de l'émerveillement et du vivre; et puis le temps des souvenirs que l’on traque, que l’on entretient et que l’on partage.Le passé recomposé de Thérèse Renaud obéissait a ces trois temps.Il faut d'ailleurs l’avoir entendue raconter de vive voix la fébrilité de son départ, ses étonnements naïfs de jeune femme découvrant Paris et ses six premieres années de complicité avec le peintre Fernand le-duc, recourant aussi bien aux couleurs changeantes de la palette des jours heureux qu’au gris et au noir de ceux qui le furent moins.On découvre ainsi deux personnalités fortes qui se cherchent, qui explorent, qui s’étonnent, qui rencontrent, qui savent ce dont ils ne veulent plus mais qui hésitent devant les choix que leur offre leur liberté nouvellement conquise.Thérèse Renaud et Fernand Leduc auront eu la force et la fragilité de ceux qui n'avaient pas la certitude de trouver.Leur appétit intellectuel leur faisait dévorer aussi bien la poésie, la littérature et le théâtre que la danse, la musique et le cinéma Pour bien comprendre cette période si cruciale dans le parcours du couple, on se rappellera le témoignage que Thérèse Renaud formulait a l’intention d'André Beaudet a l'automne de 1977: •Toutes nos décisions, toutes nos actions, tous les événements, conscients ou inconscients qui jalonnent notre vie.ont toujours répondu a une nécessité intérieure.Cela implique beaucoup de fierté dans le comportement, mais aussi un risque évident en ce qui concerne une certaine forme de sécurité.» A Paris, les Leduc auront été partagés entre le rêve, l'espoir, la déception, l’inquiétude.et la faim.Le passé recomposé de Thérèse Renaud nous aura aussi donné accès à une impressionnante galerie de personnages.Outre les «vedettes» qu’elle aura pu entrevoir avec fascination dans le quotidien de sa vie parisienne, l’auteure nous faisait part de ses rencontres avec Raymond Abellio, Antonin .Artaud, Jean Bazaine, Paul-Emile Bor-cjuas, André Breton, Maria Casares, Jean Gascon, Claude Gauvreau, Eloi de Grandmont, Gilles Hénault, Pierre Loeb, André Maurice, Pierre Mercure.Jean-Paul Mousseau, Henri Perruchot Gerard Phili- pe, Ludmilla Pitoëff, Rodolphe de Repentigny, Jean Paul Kiopelle, Jean-Loujs Roux et même Pierre Elliott Trudeau descendant les Champs-Elysées sur sa moto! Entière, toujours En explorant les méandres capricieux du réel, 'Fhérèse Renaud sera demeurée fidèle a son engagement et à ses amitiés, contribuant autant à la grande histoire de l’automatisme qu’à son aventure au quotidien.A rebours, elle nous aura fait réaliser combien il est essentiel de prêter l’oreille à ceux qui.par réserve, discrétion ou modestie, auront longtemps préféré le silence aux risques de confrontations stériles.Ce faisant, elle nous aura permis de prendre un recul opportun par rapport à ceux qui seront longtemps parvenus à imposer leur point de vue en parlant fort, avec éclat et sans relâche.Depuis son séjour a Paris de 1946 a 1953, l’automatiste Thérèse Renaud n’avait pas changé.Elle était demeurée aussi entière.Sa capacité d’indignation et de dénonciation pouvait encore donner lieu à de beaux emportements! Contemplative a ses heures, la poète et essayiste était toujours capable de s’insurger devant une injustice ou de s’émerveiller devant un geste généreux et désintéressé.Elle avait ce tempérament unique ou l’exces le dispute a la réserve.Cette tendre intraitable éprouvait un incompressible besoin de s'exprimer auquel succédait parfois le regret d’avoir trop parlé ou le goût amer des silences qu’elle s'était imposes.Dans le texte-miroir de son «passé recomposé», elle avait su trouver une façon de se chercher et de se trouver, de se connaître et de se livrer, d'etre soi avant de composer avec le nous.Ce qui nous amené naturellement aux derniers mots du dernier livre de Thérèse Renaud.Ces mots qui disent tout, elle les aura écrits au présent, mais elle aurait pu les conjuguer a tous les temps: «Quelle puissance d’énergie possédé la vie, même dans les pires adversités, l'indispensable étant d'y associer un irrésistible désir de création et un amour sans limite pour la vie.» 'Signataire de Refus global en l9dH.la poete et essayiste Thérèse Renaud s'est éteinte a Pans le 12 décembre dernier Avec son recueil Les Sables du rêve (1946), elle aura marqué d’une empreinte décisive notre poésie surréaliste et automatiste L'an dernier, elle revenait sur ses pas en évoquant ses premieres années d'exil dans la France d’apres-guerre avec son compagnon de Umjours, Fernand Isdur Dans la préface de ce livre intitulé Un passé recomposé.Deux automatistes a Paris (1946-1953),/efm R.Porter brossait un portrait de Ihérese Renaud dont il reprend ici les grandes lignes., L’ÉQUIPE DU DEVOIR IA RÉDACTION Journaliste» à l'mJornuttîon generale et metropotiüdne 'ieraM Daltaira uuhoint a» dnrrtnr - Ch'.«.marrf lèéiwatum.Jo«» B-, > • i fédittmahur rn/emviUe dr la pont hUru Brian Myle» r/wlicr ¦ IM-,its de société , Clairandree Cauchy iGénéraCi.Jean Dion.Louis-Giite» Francteur enrir ¦•nemen! Benoit Munger Onponsctblt du site Interne'.Eaurence Clavel.Jean-Guillaume Dumom termmii Internett Isabelle Pare fsantéi « Mu ,«> R;«.¦,% Sr, .y hurnamératre/, Pauline Gravel (sciences! ; Michel Garneau (cttficaturistf Diant* Precourt (responsablf des pages tk(mattqiies) Martin Duclos, Michele Malenfant et Christine Dumazet (releeleurt), Ren^e Léo Guimont et Serge Faquin (reieeteurt lurnuméraires) , Jacques Grenier et Jacquea Nadeau photographes' à l'information culturelle Michel Belair \ théâtre et cahier Culture).Julie Carpentier Paul Bennett fpupitre cahiers spéciaux et culturels du week-end/.Stéphane Baiilargeon 'reporter Paul C aurhon tmidias), Caroime M Dominique fo-ny (pupitre), Philippe Papineau (surnuméraire), Lric DevroMer* ( laud* Turcotte.François Deijardin*.(surnuméraire), a l'information internationale Jean-Pierre Legauft (pupitre international et page édsUmale.Claude Levesque Guy Taillefe- adjoint au directeur de [information).Serge Truffaut (éditonahsle a ('information politique Hélène Hu/eOii Manon C ornellp-r AJe< < antony ay (fnrrespe/ndants parlementaires a Ottawa >.Antoine Robitaflk* et Robert Dutrisac * correspondants parlementaires a (fuébec Kathleen Levesque .Mahe-Heiene Aiarie (secrétaire a la rédaction Marilyv Hamelin.Alexandre Shield» 'comma/ la documentation GilW Par# 'directeur} Manon Derorm-, Serge lapiantr (Quebec j, Rachel Roche fort (OOm) LA Pl’BUCrTÉ ET LE MARKETING Jacqueline Avril.Jean de Bilh.Jean-François Bossé, Marlene Côte Dave Cameron, Yan Hamel.Christian* Legauh.Amélie Maltais.Jacques A Nadeau.Claire Paquet Micheline Rue and Nadia Vbai, Me -mAe Srr.ard (puMtettaireu.lüurence TlienauH 'directrice adjointe x»lanon Blanchette.Sytvie Laporte Martine Berube iserrttairei LA PRODl CIION Christian Goulet i directeur de production Mich*- Bernatchez.Johanne Brunet Danieflc Cantara Richard Des Cormier - lionald Fiio*.Vamu?k Morin NV- ' JÜvRt ZukI* INFDKMATIQtJE Yank k Marti-.responsable) PROMOTION'.DISTRIB1TIOS ET TIRAGE ünda Thenauh (responsaPie service a la clientèle distribution et tirage> Alexandre Gaudreau (coordonnateur a la promotion et a la soUicitation) Monique L'Heureux.Ra< ’>< > Lw 1er ( arolr < ' • ,;cd L’ADMINISTRATION Nicole Carmel \responsable des senves comptables).Celine Furor.Ghislaine Laflrur.Claudette Beüveau 'utiointe administrative Claudine Chevrier.Momoue Proteau Danielle Roh* L K D K V 0 I R .LE M E R f R E D I 2 8 DÉCEMBRE 2 0 0 5 A 8 CTUALITES GREENE SUITE DE LA PAGE 1 C’est là que le cosmologue Brian Greene a repris le flambeau, rejetant pourtant toute comparaison avec le savant allemand.«Moi Einstein?Oh God, no! Je ne suis pas le seul à y travailler.Ilya des milliers de chercheurs partout dans le monde qui s’acharnent à comprendre l’univers par la théorie des cordes», lance-t-il, presque indigné.Le physicien de 42 ans ne nie cependant pas la fierté qu’il éprouve au sujet de ses recherches et découvertes, après 19 ans de dur labeur à décrypter l’infiniment petit.Né à New York d’un père professeur de chant et d’une mère secrétaire, Brian Greene dit avoir connu une enfance «normale», bien que teintée de questionnements intérieurs plus profonds sur le cosmos et son existence.«En général, j’ai toujours été fasciné par le pourquoi de l’Univers.Quand j’ai compris qu’il y avait une manière de faire avancer les recherches, j’ai voulu m’y mettre.Je suis allé en physique parce que je suis de ceux qui croient que la science peut apporter des réponses», explique le diplômé d’Oxford.Enfant prodige des mathématiques, à l’âge de cinq ans il multipliait des nombres de 30 chiffres le plus naturellement du monde.Un don qui l’amène à recevoir les enseignements privés d’un tuteur de l’université de Columbia, ayant déjà surpassé le niveau de mathématiques du secondaire V.à l’âge de 12 ans.Un univers de cordes Ce qui motive la grande majorité des physiciens, mathématiciens et autres cosmologues aujourd’hui est sans doute la foi inébranlable en l’existence d’une équation majeure qui mettrait en relation les quatre forces fondamentales et qui servirait à expliquer les phénomènes physiques tels que les trous noirs, la gravité, le big bang, etc.Cette élégante — ou arrogante — «théorie du tout» pourrait bien s’avérer être celle des cordes, défendue par Brian ( ireenc et ses collègues aux quatre coins du monde.Réconciliant la mécanique quantique, décrivant l’in-finiment petit et la théorie de la relativité générale, expliquant le mécanisme de la gravité, la théorie des cordes postule que les particules composant l’univers, tels les électrons, ne sont plus des éléments fondamentaux.Lilies seraient plutôt le résultat de la vibration de cordelettes infiniment minuscules qui, tout comme celles d’un violon qui produisent des sons et des harmonies lorsque frottées par l’archet, oscilleraient constamment pour former tout ce qui nous entoure.Brian Greene dit souvent à la blague qu’il comprend les regards incrédules qu’on jette sur lui lorsqu’il tente d’expliquer que l’être humain est fait de minuscules bouts de corde de 10 11 centimètres de long.«L’infiniment petit.Who cares?», lance-t-il.Pourtant, plusieurs raisons ont motivé ses ambitions au-delà des simples considérations esthétiques et du questionnement existentiel qui surgit à la vue époustouflante d’un ciel étoilé.A commencer par la recherche de la vérité.«Comme tout bon scientifique, j'ai ce désir de mathématiser nos observations pour pouvoir mieux les comprendre et les expliquer.Il n’y a rien de plus excitant que de travailler à une théorie qui pourrait s’avérer être la théorie finale, celle qui fournit toutes les réponses», souligne-t-il.Une théorie de rien du tout?I.e cosmologue est toutefois conscient des limites de la théorie qui, jusqu’à présent, n'a jamais été expérimentalement vérifiée.A l’heure actuelle, il n’existe pas dans le monde d’accélérateurs de particules assez puissants pour tester concrètement ce qui permettrait de confirmer ou d’infirmer ne serait-ce qu’un tout petit morceau de la théorie.L’une des versions de l’hypothèse va même jusqu’à suggérer l’existence de 25 dimensions spatiales, alors que l’être humain ne sait en percevoir que quatre.Du caractère incertain de sa théorie, Brian Greene ne se cache pas.Et comme chaque fois qu'il donne une conférence à un public profane, il répond à la question fatale, invariablement ixtseo: «Et si tout était faux?Voilà des années que j’étudie une théorie qui n’a aucun support expérimental.Même si c'est une façon très précaire de vivre et de travailler, ilfitut vivre avec le doute», admet-il.Le cosmologue avoue puiser son optimisme vibrant, à l’instar de toute une communauté de chercheurs, dans le réel désir de progresser, d'apporter sa goutte d’eau claire d;uis l’océan de la compréhension de l’humanité.«Il faut être patient.À partir du moment où on a compris la mécanique quantique, ça a pris 50 ans avant d’en arriver à des applications.Im théorie des cordes explique des phénomènes bien moins accessibles.Qui sait, peut-être devra-t-on attendre 500 ans pour les applications», soutient M.Greene.Maigre la difficulté d'obtenir une vérification expt^ rimentale de la théorie, il refuse d'y voir une perte de temps.«Il y a trop d’importantes retombées en mathématiques».indique-t-il.Un vulgarisateur-né Une telle passion pour le cosmos ne saunât se limiter à la formulation d equations abstraites.Elle passe aussi, le soir, par le désir d'expliquer au monde entier l’état des recherches sur la compréhension de l’imivers, ce que Brian Greene réussit très bien |w l'écriture.Son livre.The Elegant Universe, finaliste pour le IMlitzer dans la catégorie de «non-fiction», s'est vendu à plus de un million d'exemplaires et a fait l'objet d’une série télévisée, diffusée sur PBS, qui a connu un grand succès.Son dernier livre, jxiru en 2(XV4.The Fabric of the Cosmos, a figuré pendant 25 semaines sur la liste des best-sellers du N ne York Times, faisant dire au Washington Fast qu'il est aujourd'hui «le meilleur vulgarisateur de concepts abstrus au monde».A ses détracteurs qui lui reprochent de trop simplifier la théorie, il répond du tac au tac.«Je ne tais pas de la science un cartooa Mes liens ne sont pas tacihs.Ils sont vrais à I egard de la science et la science, cèst complique.dit-il.Je sens qu 'il y a un véritable intérêt pour les sciences, les gens veulent comprendre d'où ils viennent et quelle est leur place dans le cosmos et dans le temps.Moi.je ne fais que combler ce besoin.» Brian Greene était a Montréal à la fin de novembre à titre de professeur invite par le departement de physique de 1 université McGill pour donner une sérié de conferences sur la théorie des cordes.Collaboration sociale SUITE DE LA PAGE 1 des laïcs mais aussi des Américains, qui entendaient former un gouvernement d’union nationale — ce qui leur permettrait un retrait graduel plus facile de leurs forces.Revanche des marginaux Un tel résultat est d'autant plus inacceptable pour Washington qu’au sein de l'AIÜ, ce sont les partisans du trublion Moqtada al-Sadr, radicalement antiaméricain, qui se taillent la part du lion au détriment des autres formations.«Lui et ses alliés représentent aujourd’hui la première force politique en Irak.C’est la revanche des marginaux, des déshérités.JMoqtada a mobilisé sa base sur son opposition à un Etat laïc, laquelle a trouvé un certain écho au sein des radicaux sunnites», ajoute Hosham Dawod.En fait, ce vote massivement confessionnel, qui se traduit par l’émergence d’un bloc chiite, est un camouflet pour George W.Bush, qui avait parlé de «grand pas en avant dans l’accomplissement de notre objectif»: susciter un Irak démocratique et un allié au Moyen-Orient.En fait, les Etats-Unis sont plus que jamais sur le qui-vive face à la future majorité parlementaire.Non contente d’être antiaméricaine, celle-ci défend des positions hostiles q celles de Washington: «confessionnalisation» de l’État, dégradation de la situation des femmes, hostilité aipc Kurdes, clientélisme acharné.Pour l’affaiblir, les États-Unis ne sont pas hostiles à la dénonciation des fraudes.Cela leur permettrait de faire pression sur les chiites pour qu’ils acceptent un gouvernement d’union nationale où serait présent Allaoui et dont les principaux ministères — Défense, Intérieur, Affaires étrangères — échapperaient à l’AIU.Les manifestations quotidiennes sont organisées en dépit des mises en garde de la liste des chiites SUITE DE LA PAGE 1 L’intérêt de cette étude réside non seulement dans l’avertissement quelle donne aux gouvernements de la couronne circumpolaire, mais aussi dans la méthode par laquelle les chercheurs en sont venus à ces conclusions.Selon le NCAR, c’est la première fois qu’un modèle prévisionnel génère une interaction entre l’atmosphère, l’océan, la surface terrestre et le couvert de glace ainsi qu'avec les phénomènes de gel et dégel saisonniers.Dans les modèles mathématiques utilisés jusqu’ici, les chercheurs appliquaient des valeurs fixes à cerüdns de ces phénomènes, faute de pouvoir les modéliser en mode de succession.Ces percées technologiques, que d'autres chercheurs ont utilisées au cours des deux dernières années pour analyser le comportement des océans, permettent d’analyser désormais l’impact de la libération progressive dans l’atmosphère terrestre des milliards de tonnes de méthane emprisonnées dans le pergélisol.L’impact de cette libération risque d'être beaucoup plus important que ce que les autres recherches avaient prédit, affirme David lawrence, un chercheur de l'Université du Colorado qui a agi comme coordonnateur de cette étude.Et cela pour deux raisons.D’abord, rappelle-t-il, le méthane est un gaz à effet de serre 22 fois plus puissant que le gaz carbonique (CO,).Et deuxièmement, les surfaces en cause sont énormes: le quart de tout l'hémisphère nord est gelé en profondeur, ce qui y retient les gaz de décomposition de la matière organique qui ont été générés quand ces sols n'étaient pas gelés, il y a plus de 10 000 ans.SUITE DE LA PAGE 1 tenu du fait qu'il se compose des abondants rebuts de fabrication.In contamination peut aussi provenir de l'arbre, le chêne-liège, lorsque la forêt est soumise à certaines conditions thermiques et hygrométriques particulières.Elle peut aussi découler de la dégradation de certains produits de traitement, tels que des engrais et des pesticides.Pour pallier ce problème, de plus en plus de producteurs abandonnent l'usage du liège et se tournent vers les bouchons synthétiques, qui auraient aussi l’avantage d’éviter les fuites de vin que les imperfections des lièges de basse qualité laissent passer.Mais ces bouchons qui inûtent parfois très bien 1 apparence du liège et en reproduisent fidèlement le son au débouchage ne sont pas la panacée.D's polymères employés aujourd'hui dans la fabrication des bouchons synthétiques sont perméables à l’oxygène, soulignent les directeurs du laboratoire Excell, Dominique Labadie et Pascal Chatonnet, qui ont étudié et comparé les caractéristiques des bouchons en liège et en matériaux synthétiques.Pour cette raison, les bouchons synthétiques autorisent une durée de conservation beaucoup moins longue, ne dépassant pas 18 à 24 mois.Les deux scientifiques bordelais ont pu démontrer que la durée de conservation maximale d'un vin blanc contenu dans une bouteille fermée avec un bouchon de plastique est d'environ 12 mois tandis que celle d'un vin rouge ne dépasse pas les 18 mois.Au-delà de ces durées, le vin perd ses qualités en raison du processus d'oxydation.«Les vins blancs notamment sont très sensibles à l’oxydation qui rient masquer le fruité etfiiit apparaître des odeurs et un goût de pomme, indique Dominique Labadie.Im couleur du vin aussi jaunit.» «Certains bouchons en plastique ont des performances tout à fait intéressantes, je suis loin de les nier», affirme néanmoins le chimiste et œnologue Pascal Chatonnet.qui avoue néanmoins éprouver un attachement sentimental pour la matière naturelle qu’est le liège.Avec des propriétés mécaniques supérieures ou égalés au liège, dont une bonne élasticité, les bouchons de plastique sont tout à fait indiques pour les IRAK conservateurs contre les risques de porter la contestation dans la rue et d’exercer ainsi des pressions sur la Commission électorale indépendante.Le chef du principal parti chiite en Irak, Abdel Aziz Hakim, a rejeté hier l’idée d’un nouveau scrutin sous supervision internationale comme le réclament notamment les manifestants sunnites.«Les résultats des élections ne peuvent pas être invalidés.Les élections ne peuvent être réorganisées et aucune intervention régionale ou internationale n’est acceptable», a déclaré Hakim, tête de liste de l’alliance de chiites conservateurs donnés gagnants des législatives en Irak.Parallèlement, les partis chiites et kurdes qui ont remporté les législatives sont convenus hier du principe d’un gouvernement d’union nationale compre nant des représentants sunnites.Les négociations sur la mise en place d’une grande coalition, qui visent à apaiser les tensions ethniques et religieuses suscitées par le scrutin, se sont ouvertes avec la visite à Erbil, «capitale» du Kurdistan irakien, d’Abdoulaziz al-Haldm.«Nous nous sommes entendus sur le principe de la formation d’un gouvernement impliquant tous les partis, avec une large base populaire», a déclaré Massoud Barzani, président du gouvernement régional kurde, lors d’une conférence de presse donnée en compagnie d’Hakim.Ce dernier, dont la formation tient depuis un an les rênes du gouvernement intérimaire aux côtés du bloc kurde, doit rencontrer aujourd’hui le président Djalal Talabani, qui recevra par la suite les représentants sunnites et chiites laies, mécontents de l’issue probable du scrutin.Sur le terrain, l’armée américaine a annoncé qu’un marine avait été tué lundi lors d’une opération à l’ouest de Bagdad, ce qui porte à quatre le nombre de ses militaires morts pendant cette journée.PERGÉLISOL Ce dégagement du méthane risque d’accélérer et d’intensifier le réchauffement du climat bien davantage que notre utilisation des combustibles fossiles, car les sols de ces régions arctiques sont sensés contenir 30 % de tout le carbone présent dans l’ensemble des continents.Le pergélisol se caractérise par un gel pennanent du sol en profondeur, ce qui n'empêche pas la surface de demeurer active avec des phases de gel et dégel selon les saisons.Selon David Lawrence, les couches terrestres profondes ne devraient pas toutes dégeler au cours du prochain siècle, mais la surface va ramollir sensiblement et de plus en plus profondément, devenant plus vulnérable à l’érosion, ce qui va précipiter vers la mer des couches jusque-là stables depuis des millénaires.Cette situation, déjà perceptible au centre de l’Alaska, a créé d’énormes trous dans le sol là où se trouvaient des lentilles de glace.Le phénomène peut causer d’importants affaissements d’infrastructures routières ou d’industries, ce qui s’est produit en Sibérie.A d’autres endroits, le dégel de la surface provoque ce que les Américains appellent des «forêts saoules» parce que, faute de sol stable, les arbres penchent de tous les côtés.L’étude du NCAR prévoit aussi que l’écoulement des eaux stockées sur ces surfeces gelées va s’intensifier, passant de 7 % en 1930 à 28 % en 2100.Cette augmentation résulte de pluies et de chutes de neige plus abondantes, mais aussi de la fonte des glaces anciennes.L’étude du NCAR démontre, comme plusieurs autres, que ce sont les régions arctiques qui seront BOUCHON vins à rotation rapide, soient les blancs, les rosés et les rouges de table.Mais pour les grands vins destinés à être conservés durant plusieurs années, les bouchons synthétiques sont toutefois contre-indiqués.«Les lenticelles du liège permettent bien sûr une pénétration de l'oxygène, mais très limitée, voire infime, qui se fait beaucoup plus lentement et qui est bonne pour le vin», explique Dominique Labadie.La capsule à vis les experts prévoient par contre un meilleur avenir à la capsule à vis, qui a été adoptée depuis plusieurs dizaines d'années par les producteurs d'apéritifs et de vins destinés aux compagnies aériennes.Bien que ce type de bouchage rencontre une grande résistance de la part des amateurs de vin pour des questions de tradition, il serait en mesure d'assurer une meilleure protection du vin grâce à son étanchéité exceptionnelle.Les vins blancs en particulier profiteraient de l’imperméabilité de la capsule à vis.qui leur permettrait de conserver le gaz carbonique (CO ) qu’ils contiennent et qui génère une certaine fraîcheur en bouche et, de ce fait, rehausse les arômes.Par contre, la grande étanchéité de la capsule à vis peut faire apparaitre chez les grands vins rouges des défauts issus du processus de réduction — soit l'inverse de l’oxydation — qui peuvent être perturbants.«Les vins de garde ont naturellement une capacité de vieillissement — c'est-à-dire un potentiel "réductif ou antioxydant dû à divers composés chimiques du raisin, tels que les composés phénoliques, les tanins, les antho-cyanes — très importante qui leur permet de supporter un bouchon qui n'est pas parfaitement étanche à l'oxygène.du type liège naturel de bonne qualité, precise Pascal Chatonnet.Si on leur met un bouchon trop etanche.on peut craindre une évolution trop lente ou du moins différente de celle que Ton connaît avec un bouchon de liège, ce qui n'est pas nécessairement négatif.» Les chercheurs n'ont en effet pas encore le recul necessaire pour se prononcer sur les effets à long terme du bouchon à vis sur l’évolution du vin au cours de son vieillissement.Autre inconvénient du bouchage à vis: son coût eleve.compte tenu du fait qu'il nécessite des bou- Auparavant, l’armée a annoncé que deux de ses soldats ont péri dans l’accident, lundi, de leur hélicoptère d’assaut Apache, dans l’ouest de Bagdad.Lundi soir, elle a annoncé la mort d'un soldat dans une attaque dans la capitale, où deux autres ont été tués dimanche, jour de Noël.Les pertes de l’armée américaine et de civils assimilés aux militaires ont dépassé les 2160 depuis l’invasion de l'Irak en mars 2003, selon le Pentagone.A Kerbala, ville sainte chiite à 100 km au sud de Bagdad, des restes de femmes et d'enfants ont été trouvés dans une fosse commune renfermant une vingtaine de corps, découverte lundi, selon un responsable local.La fosse, l’une des nombreuses qui furent découvertes en Irak depuis l’invasion, remonte à la répression du soulèvement chiite de 1991, selon des témoins.Par ailleurs, des sources de sécurité ont indiqué que neuf Irakiens avaient trouvé la mort dans différentes attaques dans le pays, dont un colonel de l’armée abattu à Kirkouk, dans le nord de l’Irak Enfin, le gouvernement conservateur au pouvoir depuis octobre à Varsovie a annoncé hier qu’il maintiendrait la présence militaire polonaise en Irak jusqu’à la fin de l’année 2006, mais qu’il la réduirait en mars.«Le gouvernement a décidé de demander au président de prolonger jusqu’au 31 décembre 2006 le déploiement des forces militaires polonaises dans le cadre des forces internationales en Irak», a déclaré le premier ministre, Kazimierz Marcinkiewicz, lors d’une conférence de presse.La Pologne, l’un des plus proches alliés de Washington en Europe, compte environ 1500 hommes actuellement dans le centre-sud de l’Irak, soit le cinquième contingent par ordre d’importance, derrière les États-Unis, la Grande-Bretagne, la Corée du Sud et l'Italie.Libération, AFP et Reuters le plus rapidement touchées par les changements climatiques en cours.Ses conclusions s’ajoutent à une autre étude qui va dans le même sens, publiée à la fin de septembre par la NASA qui démontrait que la banquise arctique ne couvrait plus en 2005 que 5,3 millions de kilomètres carrés, comparativement à 7,5 millions en 1978.Jamais, de mémoire humaine, on n’avait relevé une fonte aussi importante de la calotte polaire.En moyenne, cette calotte rétrécit de 8 % par décennie et pire encore, la régénération des glaces ralentit d’hiver en hiver, ce qui explique que, cette année, le passage du nord-ouest au nord du Canada a été pratiquement libre pendant des mois.Selon l’étude de la NASA la fonte annuelle de la glace dans l’Arctique a commencé 17 jours plus tôt cette année, par rapport à la moyenne des 50 dernières années, et la température de l’air y a augmenté de deux à trois degrés centigrades en moyenne, ce qui est énorme.Depuis 1850, le climat moyen de la planète s’est réchauffé de 0,7 %.En réduisant l’effet d’albédo ou de réflexion des rayons solaires sur une aussi importante surface, la fonte des glaces arctiques augmente l’absorption des rayons solaires par la mer, ce qui haussera à moyen terme sa température.Autre donnée qui va dans le même sens, les sous-mariniers affirment que, depuis trois décennies, l’épaisseur moyenne de la calotte polaire diminue constamment Autant de données qui, en somme, pourraient nous faire apprécier davantage le fait d’avoir encore de la neige et de véritables hivers dans nos régions.Le Devoir teilles spéciales sur lesquelles on a gravé des pas de vis, souligne Frank Crouzet directeur de la communication pour la branche vin du groupe Castel Frères, qui commercialise notamment la marque Baron de lestac et des vins tels que le Château d’Ar-cins.Haut Médoc.Mais là où le bât blesse le plus avec ce bouchon au demeurant très pratique est qu’il fait disparaître tout le rituel festif tant apprécié.«Aujourd’hui, bon nombre de consommateurs français mais aussi étrangers n’apprécient pas d’ouvrir une bouteille de façon inhabituelle», affinne Frank Crouzet «La capsule va contre la tradition», ajoute Jean-Jacques Ducasse, propriétaire de Ets Ducasse-Bu-zet, la plus vieille bouchonnerie de France.Certaines contrées asiatiques, d’Europe du Nord et du Nouveau Monde — particulièrement en Australie et en Californie — sont toutefois moins sensibles à la tradition et au style, et acceptent plus volontiers ce virage vers le modernisme.Ainsi, à l’heure actuelle, environ 80 % des vins de Nouvelle-Zélande sont livrés avec des capsules à vis.Plus de 80 % des bouteilles de vin blanc produites en Suisse romande sont fermées avec un tel bouchon.«Certains de nos clients qui ont fait l’essai de la capsule à vis sont toutefois revenus en arrière.C’est notamment le cas des Hollandais.Par ailleurs, on s'attendait à un engouement plus marqué des Britanniques, qui, exigent néanmoins le bouchon synthétique.Et aux États-Unis, on apprécie encore aujourd'hui Taspect traditionnel du bouchon de liège», souligne Frank Crouzet du Groupe Castel, dont un peu moins de 5 % des bouteilles sont obturées avec des capsules à vis.«Ce n’est pas la fin du bouchage en liège, qui monopolise toujours 80 % de notre production», conclut-il.Les consommateurs semblent vouloir boire moins, mais mieux La demande pour des bouchons de liège haut de gamme devrait donc s’accroître.C’est ce que constate du moins Jean-Jacques Ducasse, dont la bouchonnerie a produit 110 millions de bouchons de liège au cours de l’année qui s'achève.M.Ducasse affinne haut et fort qu'il n'est pas inquiet pour le bouchon de liège.Et il a probablement raison.car les traditions semblent encore bien ancrées.Le Devoir LE www.ledevoir.com Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, 9 étage, Montréal (Québec), H3A 3M9 Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 à 17h.Renseignements et administration : 514-985-3333 Comment nous joindre ?La rédaction Au telephone 514-9S>;
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.