Le devoir, 30 décembre 2005, Cahier B
DECEMBRE 2 0 0 5 CIRQUE Les 7 Doigts de la main passent le flambeau Page B 2 DEVOIR LE VENDREDI 30 HOCKEY Le Canadien tente un doublé Page B 9 - v iP SOURCE LE VENT DU NORD Le Vent du Nord, un des meilleurs groupes de la nouvelle tendance acoustique de la musique trad.*7 Du trad à dominance acoustique A la Veillée de l’avant-veille, Le Vent du Nord et Galant tu perds ton temps laisseront dans le placard la batterie et les instruments électriques SOURCE CALANT TU PERDS TON TEMPS Le groupe Galant tu perds ton temps, un quintette vocal féminin, admirablement soutenu par le percussionniste Jean-François Berthiaume.YVES BERNARD En cette période de réjouissances et de mise en valeur du caractère le plus festif de notre patrimoine musical, la Veillée de l’avant-veille représente symboliquement le ressourcement, le retour au bercail, soit une façon toute spéciale de marquer le temps un jour avant que la grande fête ne reprenne son envol.Ici, pas de trad pop ni de trad rock: que de l'acoustique sans batterie ni instruments électriques.*On ne veut pas sombrer dans les clichés du temps des Fêtes.On ne fera pas swinger la soupe aux pois», soutient Nicolas Boulerice, co-organisateur de l’événement Pour la neuvième présentation de l’événement, qui aura lieu le 30 décembre au Club Soda, le groupe Le Vent du Nord, qui a reçu avant Noël le prix du meilleur album traditionnel de l’année au Gala de la musique folk canadienne pour son superbe album Les Amants du Saint-Laurent, invite un groupe de concert en phis de musiciens qui animeront une veillée de danse.Cette année, l’honneur d’ouvrir la soirée revient au sextuor Galant tu perds ton temps, un quintette vocal féminin, admirablement soutenu par le percussionniste Jean-François Berthiaume, qu’on compare avantageusement aux Charbonniers de l’Enfer.Boulerice défend son choix: *On veut montrer la musique traditionnelle sous tous ses angles, de la complainte à la tvriutte en passant par les chansons drôles, celles qui brassent, qui parlent d’amour ou de mentenes Galant apporte tout ça.» Ce groupe est justement réputé pour la grande qualité de son interprétation et la diversité de son répertoire.Josiane Hébert directrice musicale de la formation.parle des genres abordés: •Nous misons sur des complaintes, des chansons à répondre et d'autres qui sont à mi-chemin entre les deux des chansons à répondre plus lentes que des chansons à répondre, des complaintes plus rythmées que des complaintes.» Mais les cinq femmes chantent a capella pour mettre le texte à l’avant-plan et souligner la richesse des mots qui, souvent sont intemporels: •Mis à part les turluttes, chaque texte raconte une histoire avec un début et une fin, comme dans un conte.» D’un point de vue musical, les -Galants» réussissent a créer une voix a cinq étages, •mats le registre de l’ensemble est quand même plus bas que celui des autres groupes de femmes», soutient la chanteuse.Chaque pièce est choisie en fonction de la voix et de la personnalité de chacune.Ainsi.Patricia Beausoleil, la basse a la voix rauque, s'attaque a la fois aux chansons les plus hardcore et aux plus co- miques alors que Jacynthe Dubé, la ténor passionnée, choisit les histoires d’amours impossibles et les aventures abracadabrantes.De son côté, l'alto Evelyne Géb-nas, la coquine, chante souvent avec un petit sourire en coin pendant que Josiane Hébert, deuxieme soprano, plonge dais l'amour romantique et que Mia Lacroix, la soprano la plus haute, porte les grandes vérités en dépit de ses airs natfs.De son côté.Le Vent du Nord, un des meilleurs groupes de la nouvelle tendance acoustique de la musique trad, compte parmi ceux qui voyagent le plus a l’extérieur du Québec.Et pour cause, puisque Les Amants du Saint-Ijaurent laisse découvrir une musique finement ciselée avec quelques reels à brûler le yabe lui-méme, des instrumentaux doucereux mais surtout un rapport intime a la chanson folk intemporelle.a la cadence de cuisine, ponctuée d’une guitare troubadour porteuse de la tradition lanaudoise, d’une vielle a roue aux parfums anciens et aux airs inédits, d’un accordéon et de deux violons qui appellent à la danse.Le Vent du Nord sera chaud cette aimée! Collaborateur du Devoir SOURCE IMAX Le Père Noël et le bonhomme de neige.Bonhomme de neige 3D Au Vieux-Port de Montréal, le temps des Fêtes ne se passe pas sans une sortie au cinéma Imax.Jusqu’au R janvier, on y présente un film d’animation fantaisiste en 3D, Le Père Noël et le lion-homme de neige, qui raconte l’histoire d’un bonhomme de neige |>erdu dans le Grand Nord.Créé par l’équipe de Jimmy Neutron, ce conte de Noël promet surprises et sourires.De plus, pendant la période des Fêtes, les expositions du Centre des sciences de Montréal sont ouvertes au public tous les jours de lOh à 17h, sauf demain, où les activités cessent à 15h30.www.centredesscience.sde-montreal.corn, www.vieuxportde-montreal.com.L’hiver au parc Avec: les vacances de Noël et la quantité de neige qui est tombée sur le Québec dernièrement, c’est le moment idéal pour découvrir le Réseau des grands parcs de Montréal.De nombreuses activités y sont proposées tout au long de la saison hivernale.Ce weekend, par exemple, on pourra faire un tour sur l’île de la Visitation, en ski de fond ou à pied, et s'arrêter au bistro des Moulins pour prendre une boisson chaude et admirer une exposition d’œuvres syr papier.IjCs parcs du Bois-de-l'Ile-Bizard et du Bois-de-Liesse proposent également des rallyes familiaux nature sur différents themes, à faire en raquette ou à pied.Pour plus de détails: wwwvil-lemontreal.qc.ca/grundsparcs.Expo Jusqu’au 15 janvier, la galerie Gala présente une exposition j d’œuvres du plasticien Jean-Paul Jérôme intitulée Nouvelles explorations.Il s'agit de la première exposition solo des œuvres de l'artiste depuis son décès, en 2fX)4, survenu alors qu’il préparait Nouvelles explorations.Les quelque 50 œuvres inédites sont regroupées i en trois volets: des collages-montages qui rappellent parfois Braque et Picasso, des murales aux couleurs vives où on sent l’influence de Matisse et des paysages abstraits.Galerie Gala, 5157, boulevard Saint-I^urent, » (514) 2794247, www.gala.netc.net.Musée Ramezay En phis de l’exposition Contes et délices des Fêtes qui se poursuit : jusqu’au 6 janvier, le Musée du Château Ramezay propose jusqu’à ce soir une série d’activités du temps des Fêtes: fabrication de décorations de Noël, préparation de pain brioche, contes de Nicolas Henry et Mike Bums et concours -Décors en fête», www.rkateauramezayqe.ca.iMurence Cia vol LE DEVOIR, LE VENDREDI 3 0 DÉCEMBRE 2005 B 2 CULTURE CIRQUE Une main, c’est bien.Mais deux, c’est mieux.Les 7 Doigts de la main passent le flambeau à une équipe rajeunie pour la création d’un nouveau spectacle de cirque STÉPHANE BAILLARGEON Une main, c’est bien, mais deux, c’est franchement mieux.Le collectif de cirque Les 7 Doigts de la main poursuit cette semaine au Théâtre Corona, à Montréal, une série de représentations de sa création éponyme, avec la grande apothéose du 31, souper et réveillon compris.Le Detioir a appris que la merveilleuse compagnie enchaîne aussitôt avec une toute nouvelle proposition spectaculaire offerte au même endroit, les 12,13 et 14 janvier.Il s’agira en fait d’un work in progress, un dévoilement devant public du travail de recherche et de création accompli depuis quelques mois par la troupe.Enfin, par la nouvelle troupe, puisque cette deuxième production, intitulée Traces, met en scène et à l’épreuve cinq Doigts inconnus, un quintette d,e jeunes acrobates multidoués tout frais sortis de l’Ecole nationale de cirque (ENC) de Montréal.«Notts avons créé cette compagnie pour produire nos spectacles et jouer dans des créations qui nous ressemblent, confie Shana Carroll, une fondatrice des 7 Doigts avec Isabelle Chassé, Patrick Léonard, Faon Shane, Gypsie Snyder, Sébastien Soldevila et Samuel Tétreault.Le premier spectacle, organisé autour d'un “loft” en folie, nous correspondait tout à fait.Quand est venu le temps de se mettre au travail pour un nouveau spectacle, nous avons décidé d'injecter du sang neuf pour stimuler la structure.» La neuve main est formée par quatre garçons américains et une fille française, tous diplômés de l’Ecole nationale de cirque de Montréal, tous dans la très jeune vingtaine.Shana et Gypsie sont aux commandes de la troupe en tant que met-teures en scènes.Cinq plus deux, finalement, ça fait encore sept.«Nous sommes sept plus cinq à travailler sur ce spectacle, corrige Mme Carroll.Tout le monde est impliqué.La création se fait même plus facilement parce qu’à la première expérience nous n’avions pas d’œil extérieur pour juger de nos propositions au fur et à mesure.C’est très long de créer en collectivité en se laissant inspirer au jour le jour par ce qui sort de l’interaction dans le local de répétition.» Un loft cievenu abri La troupe répète à l’Ecole de cirque de Verdun depuis plusieurs semaines.Au moment de la visite du Devoir, à la mi-décembre, la bande fignolait un numéro musical, mixant les acrobaties, les apartés et la projection de dessins.«Nous somme partis d'une question simple et profonde, explique la met-teure en scène.Si une catastrophe apocalyptique survenait, que devrions-nous conserver pour reconstruire le monde?Nous avons donc imaginé qu'une bande de jeunes se retrouvent dans un abri.Ils rassemblent les éléments essentiels de leurs vies, de la vie.Un second thème central de Traces vient justement de l’idée de laisser des traces , d’offrir un autre chemin, de documenter son passage.» Les gars viennent de Californie.Ils ont fait beaucoup de sport, de la musique puis du cirque à San Francisco, où ils ont croisé Shana et Gypsie qui leur ont parlé de l’ENC, une des meilleures du monde.«Nous nous sommes inscrits tous les quatre et nous avons conclu un pacte: soit nous réussissions les auditions tous ensemble, soit nous retournions tous ensemble en Californie, explique Francisco Cruz, membre de la menotte avec son frère Raphael.Pour moi le spectacle donne une chance de briser les codes de notre discipline, même ce qui nous lie encore au cirque contemporain.Il y aura de tout sur scène, tout ce qui nous ressemble, de la musique hip-hop, du “skate”, mais aussi un regard sur le monde actuel.» La Française Héloïse Bourgeois, le pivot féminin du groupe, n’en pense pas moins.«Ce que nous préparons est en accord avec nous-mêmes, nos valeurs et nos vies, résume-t-elle.Ses cheveux courts accentuent son je-ne-sais-quoi de garçon manqué.Grande sportive mais toute menue, elle maîtrise plusieurs disciplines dont l’équitation et la gymnastique.Surtout elle dégage elle aussi cette joie de vivre et cette soif de liberté si courantes chez les gens de piste.«Nous avons passé l’été dernier en Europe tous les cinq, raconte-t-elle.Nous avons présenté des spectacles de rue un peu partout, en Angleterre, en France, en Italie, en Autriche et en Allemagne.Nous sommes bien les uns avec les autres.Nous sommes en harmonie et je crois que le spectacle va le refléter.» Une main de maîtres Le travail en gestation s’avère d’autant plus prometteur que, depuis sa formation il y a environ trois ans, ki première patte s’est imposée comme une des plus merveilleuses aventures «circaciennes» québécoises.Une main de maîtres, quoi, une poigne aussi forte que belle.Une drôle de main aussi, collective et égalitariste à souhait Les Sept, pour la plupart enfants de la balle, ont œuvré chacun de leur côté au sein des plus grandes compagnies du monde avant de souder leur destinée.A elle seule, à 29 ans, Faon Shane cumule déjà un quart de siècle d’expérience sur les pistes.Elle a participé à six créations du Cirque du Soleil, dont pas moins de 2500 représentations au total pour le seul Quidam.Un jour, au tournant du millénaire, ces bêtes de piste en ont eu assez des spectacles et des grosses machines des autres.Elles ont donc créé leur propre structure collective, où tout se partage en groupe, des décisions capitales jusqu’aux profits, quand il s’en trouve.Cinq membres du septuor vivent même ensemble dans un ancien couvent de l’ancien quartier Saint-Henri, à Montréal.La compagnie compte également deux couples et deux enfants.Au cirque, les vieilles productions meurent rarement.Le Cirque du Soleil promène ses plus âgées depuis une quinzaine d’années.Le premier bébé des Sept va continuer sa propre vie scénique malgré les quelque 200 représentations déjà engrangées, dont celle de l’inauguration de la Tohu, la Cité des arts du cirque de Montréal, des tournées au Québec, en Europe, au Mexique, jusqu’en Nouvelle-Zélande.«Nous avons adoré ce pays, raconte encore Shana.L’accueil a été formidable.A la dernière représentation en pays m OLIVIER TETREAULT L’équipe des comédiens-acrobates de Traces, le nouveau spectacle des 7 Doigts de la main, qui prendra l’affiche au Corona de Montréal le 12 janvier.Héloïse Bourgeois, la seule fille du groupe, est entourée de Will Underwood, Francisco Cruz, Brad Henderson et Raphael Cruz.maori, la salle a chanté pour nous en chœur.» Une version modifiée du spectacle, baptisée Loft, tient l’affiche depuis août dernier au cabaret berlinois Chamâleon avec une nouvelle équipe dirigée notamment par Faon, une habituée de la capitale allemande.La presse européenne a sorti le plumeau, Die Welt écrivant qu’il s'agissait d’«une des meilleures offres de divertissement de la ville en ce moment».Un autre critique, Français de France celui-là, a parlé tout simplement d’«un des meilleurs spectacles de cirque des dix dernières années».Le contrat de Berlin de cette autre dextre se prolonge au moins jusqu’à la fin mars.Les chemins et les futurs arrêts de Traces ne sont pas encore déterminés.La mouture expérimentale ouvre au Corona.Après, même les vieux Doigts refusent de confier où la nouvelle main mettra le pied.Le Devoir Clara Ness lance son deuxième roman La jeune écrivaine québécoise Clara Ness a indiqué que la maison d’édition XYZ lancera en mai prochain son deuxième roman, un ouvrage qui contrastera avec son premier.Clara Ness a expliqué que le livre sera lancé à Paris, où elle habite.Au Québec, le roman sera en librairie à la mi-avril.Genèse de l’oubli, qui fait environ 120 pages, adopte un ton, un thème et un style complètement différents d'Ainsi font-elles toutes, qui a connu un succès critique considérable au Québec.Le premier roman était tout en sensualité alors que le second est beaucoup phis cérébral, dit-elle.«Après Eros, c’est Thanatos», a-t-elle lancé lors d'un entretien.«C'estplus caustique.» L’histoire du roman se déroule à Québec et montre la vie d'Hadrien, un jeune Français bourgeois installé ici depuis une dizaine d'années, et celle de la Québécoise Ariane, sa copine.Le livre se divise en deux parties.comme les scénarios de David Lynch dans le film culte Mulholland Drive.«C'est le même schéma narratif.Chaque personnage raconte les événements de son point de vue», a dit Clara Ness.23 ans, originaire de Gatineau.Hadrien tente de vivre son américanité en achetant une Ford Thunflerbird et en étant chauffeur de taxi à Québec.Le roman décrit ses 1001 aventures et sa rencontre avec Ariane.«La trame de fond est une quête identitaire à travers les racines cachées.Il y a des événements du passé qu'on ne connaît pas et qui se transmettent de gé- nération en génération», a expliqué Clara Ness.Ariane, pour sa part, est une «bonne Québécoise» de la banlieue de Sainte-Foy, complexée par son statut.«Elle essaie de devenir comédienne et, dans sa vie personnelle, elle est aussi un peu comédienne», a dit Mme Ness.«Le ton du roman n ’est pas du tout sensuel.Cest cérébral et c’est un roman à thème», a-t-elle affirmé.L'idée de cette rupture avec le premier roman repose sur la notion de libération.«Je ne voulais pas être prisonnière d'un genre.J’essaie d’expérimenter.» Clara Ness a rédigé son deuxième roman au cours des huit derniers mois alors quelle poursuit une maîtrise en littérature à l'Université de Paris VII.Presse canadienne Zukerman : fatigue sélective Le repos pris par Pinchas Zukerman «pour se ressourcer», qui l'a mené à ne plus se produire avec son Orchestre du Centre national EN BREF des arts d'Ottawa jusqu’en juin, est fort sélectif Un article du Globe and Mail, publié plus tôt cette semaine rapporte le témoignage de l’agent de Zukerman à New York, attestant qu'aucun de ses nombreux autres engagements, en tant qu’artiste in- vité, n'a été annulé pendant la même période.Notre confrère voit un lien entre le surprenant congé sabbatique et la renégociation, en cours, du contrat du chef qui arrive à échéance à la fin de la saison 200607.- Le Devoir Convention internationale sur la diversité culturelle L’UNEvSCO adopte une idée née au Québec PLANÉTARIUM- IM MON I RI \ I UNMUSÉUMNATUREMONTRÉAL 1 conte magique 8 amis attachants ^ 1 trésor à retrouver Draco, le dragon céleste D« l’astronomie pour les petits et les grands Spectacle multimédia présenté du 19 novembre ZOOS au 8 janvier 2006.Fermé te 25 décembre et le 1" janvier Also showing m English (S 14) 872-4530 www.planetarium.montreal.qc.ci Montréal! Québec — Le Quebec a remporté en 2005 sa première grande victoire diplomatique sur la scène internationale.C'est à la suite d'une bataille de tous les instants menée depuis 10 ans que le Québec a convaincu le Canada et.par la suite, plusieurs autres pays de l'importance d'adopter une Convention internationale sur la diversité culturelle.le 20 octobre 2005, lUNESCO, c'est-à-dire l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture, adoptait cette convention par 148 voix contre deux.Seuls, les Etats-Unis et Israël votaient à l'encontre de ce document L’entente devra être ratifiée par au moins 30 pays avant d’entrer en vigueur.A ce moment, elle garantira aux gouvernements le droit de subventionner et de protéger leur culture sans enfreindre pour autant les règles économiques mondiales de libre-échange qui gèrent le commerce international.Dès 1984.alors que,le traité de libreéchange impliquant le Canada et les Etats-Unis commençait à être dè battu, le Québec insistait pour que les industries culturelles soient exclues des dispositions du traite.Le 16 juin 1999.le gouvernement québécois a officiellement déclaré qu’il favorisait la ratification d'un instrument international sur la diversité culturelle, afin de garantir aux Etats le droit de soutenir leurs artistes et leurs créateurs.C’est la ntinistre des Affaires internationales du temps, Louise Beaudoin, qui se révélait l'avocate la plus convaincante de cette mesure.EDe avait notamment plaidé la cause auprès du premier ministre du Quebec Lucien Bouchard et du premier ministre de France.Lionel Jospin.Le gouvernement québécois persuadait vers la même époque le gouvernement fédéral, et notamment la ministre du Patrimoine, Sheila Copps.de partager cette lutte.Mme Copps a réuni les ministres de la Culture de plusieurs pays dans un réseau international pour mener la bataille.Les pays francophones ont été sensibilisés à l'importance de se joindre au groupe lors des sommets de la Francophonie de Beyrouth (Liban.2002) et d'Ouagadougou (Burkina Faso, 2004).Au Québec, le gouvernement dirige par Jean Cha-rest poursuivait dans ce dossier la bataille engagée par le precedent gouvernement pequiste.En octobre 2003, le directeur général de l’UNES CO recevait le mandat de préparer pour 2005 un projet de convention qui serait débattu lors de l'assemblée générale de l'organisme.Au début, certains pays comme le Chili et l’Argentine s’étaient joints aux Etats-Unis dans le camp des adversaires du projet.Ces pays .ont ensuite retire leurs réserves, laissant seuls les États-Unis et Israël pour lutter contre la convention.Un juriste québécois de notoriété internationale, Mr Ivan Bemier, a été mêlé de près à la rédaction du projet de texte.Les dispositions majeures de la Convention sont les suivantes.Les premiers articles affirment le droit de chaque pays de formuler et de mettre en œuvre des pohtiques culturelles, et de créer un environnement propice à leur diffusion.D’autres articles proclament que la Convention n est pas subordonnée aux autres traités internationaux, notamment les traités de libre-échange.On voit ici l’importance de ces mesures.Elles donnent à des petits pays des moyens de contrôler toute invasion culturelle de leur territoire par des œuvres étrangères, par exemple en fixant des quotas ou en subventionnant les producteurs ou les artistes locaux Rappelons à titre d'exemple que les huit «majors» américaines du cinema contrôlent 85 % du marché mondial du film, et 71 % du marché européen.Un mécanisme de reglement des différends complète la Convention.Les pays signataires ne sont toutefois pas obliges dadherer à ce mécanisme de regie ment et peuvent s’y soustraire.C'est d'ailleurs une des faiblesses de la Convention.On évite les sanctions ou 1 arbitrage obligatoire qu’on retrouve dans d'autres ententes internationales (comme l’ALENA).Selon Louise Beaudoin, ancienne ministre deve-nue enseignante à IT niversite du Québec, ce n est qu à 1 usage qu'on pourra juger de la valeur réelle de cette convention internationale.EDe se réjouit toutefois du chemin parcouru jusqu'à maintenant Quant au professeur Ivan Bemier, il rappelle que la conciliation entre pays en tant que solution pour régler un différend «est quelque chose de relativement nouveau» et pourrait donc éprouver au début certaines difficultés.Presse canadienne * HMH i n k TOUT COMME ELLE 50 COMEDIENNES SUR SCÈNE 17 AU 28 JANVIER_006 ' Ai'isiiri s 521.4493 V f\ Les petits orteils i Dernière representation! (• Théâtre d’Aujourd’hui (514) 282-3900 POOBLES 4*8ANS 1/ THE PRODUCERS À l’affiche cette semaine SOURCE: MEDIAFILM.CA TERREUR À WOlf CREEK Australie.2004.99 minutes.Drame d'horreur de Greg McLean avec Nathan Phillips, Cassandra Magrath, Kestie Morassi Venus admirer un immense crate-re dans un parc national australien, un surfeur de Sydney et deux jeunes touriâes anglaises se retrouvent prisonniers d’un meurtrier psychopathe qui avait feint de les aider à réparer leur voiture en panne.• V.o.: Paramount.• Vf: Quartier latin, StarCité.Etats-Unis 2005.129 minutes Comédie musicale de Susan Stro-man avec Nathan Lane, Matthew Broderick, Uma Thurman.Au bord de la faillite, un producteur véreux s'associe à un comptable timide pour produire le phis mauvais spectacle que New York ait connu.Venue pour auditionner, une actrice suédoise devient la secrétaire des deux producteur puis leur complice.• V.o.: Forum, Cavendish, Sphere-tech, Marché Central THE RINGER Etats-Unis 2004.94 minute's Comedie de Barry W.Blaustein avec Johnny KnoxviDe, Katherine Heigl Brian Cox.Pour payer l’operation de son noie vel employe entre illégalement au pays.Steve Barker suit les conseils de son oncle magouilleur et sins crit aux Jeux olympiques spéciaux en se faisant passer pour un attardé mental • V.o.: Carrefour Angrignon, Paramount.Lacordaire.Spheretech.Marché Central.LA RUMEUR COURT Etats-Unis 2005.97 minutes Comedie sentimentale de Rob Reiner avec Jennifer Aniston, Kevin Costner, Mark Ruffalo.Sarah Huttinger découvre que sa grand-mère et sa défunte mère auraient servi d'inspiration aux personnages féminins du film The Graduate.• V.o.: Forum, Spheretech, Marché Central.• Vf: Race LaSalle, Quartier latin, StarCité, Versailles, Langelier, Marché Central.CASANOVA Etats-Unis 2005.110 minutes Comédie sentimentale de lusse Hallstrbm avec Heath ledger, Sienna Miller, Jeremy Irons.Au XVIIL siècle à Venise, le célèbre libertin Giacomo Casanova emprunte diverses identités pour séduire Francesca, une jeune femme déterminée qui écrit des ouvrages féministes sous un pseudonyme.• V.o.: Forum.• Vf: Quartier latin.Le Monde de Narnia La Passion pour enfants Des Eglises et des mouvements chrétiens américains incitent leurs fidèles à aller voir le conte pour enfants tiré du roman de C.S.Lewis de dollars le week-end de sa sortie plus que King Kong Mg-W * ' mm .%’’ CLAUDINE MULARD Los Angeles — Ce n'est pas bon pour un film d'être dénoncé par la rumeur comme le «Passion pour enfants», en référence au long métrage à succès que Mel Gibson avait consacré à la Passion du Christ, dont le marketing s’était appuyé sur les communautés chrétiennes.Le film en question est Le Monde de Namia, d’Andrew Adamson (prodige du cinéma digital et réalisateur des deux Shrek), sorti le mercredi 21 décembre sjur les écrans français, après les Etats-Unis.Si la connotation religieuse plaît au public des croyants, elle risque de repousser les spectateurs qui n’ont pas envie d’être évangélisés.D’autant que l’auteur du livre, le Britannique C.S.Lewis, s'est converti au christianisme en 1933 et s’est ensuite consacré à la propagation de sa foi.Pourtant, à la vue du film, le prosélytisme chrétien n’est pas criant, pas plus que dans un bon paquet de productions hollywoodiennes.Toujours est-il que le distributeur de Namia, Buena Vista (Walt Disney), s'est évertué à vendre l’aspect séculier du film au public le plus large.C’est réussi: Narnia a rapporté 67 millions de dollars le week-end de sa sortie — plus que King Kong — et a dépassé les attentes de ses producteurs.Cary Granat, p.-d.g.de Walden Media, la société productrice, réfute l'idée que Narnia est ciblé pour les croyants: «Notre film est comme Le Seigneur des anneaux, d’après Tolkien, où le public ne lit pas de connotations religieuses.J’entends dire: “Aslan meurt et est ressuscité, c’est religieux." Mais ce n’est pas plus religieux que lorsque Gandalf meurt et ressuscite dans Le Seigneur.C’est métaphorique.» Lier les deux romanciers n’est pas anodin.Ils étaient amis, partageaient les mêmes valeurs.Même si Tolkien détestait Nqmia.Il n'empêche, des Eglises amé- ricaines s’emparent du, film.Dans certaines villes des Etats-Unis, des groupes chrétiens ont loué des autocars pour emmener leurs fidèles voir le film.Et, pour optimiser les recettes en salles, la Walt Disney Company entend attirer le public chrétien qui s’était rendu en masse voir Passion.La société entretient aussi des liens avec des réseaux de communication comme la société Motive Entertainment, basée à Santa Monica, qui avait œuvré au succès du film de Gibson.De plus, le principal investisseur de Walden Media, Philip Anschutz, a la réputation d’être un «évangéliste milliardaire»: après les télécommunications, la presse et le sport, l’entrepreneur de Denver (Colorado) se lance dans la production de films hollywoodiens reflétant ses valeurs.Il a signé un contrat avec les héritiers de C.S.Lewis dès que les droits sur son œuvre, qui ont circulé dans des studios pendant 25 ans, ont été disponibles.La jeune société Walden Media a pour but avoué d’allier divertissement et éducation.Elle a été cofondée par Cary Granat, un producteur hollywoodien basé à Los Angeles — et travaillant pour Dimension Films, le label pour adolescents plutôt osé —, et par Michael Flaherty, venu de l’enseignement et qui dirige l’antenne éducative depuis le bureau de Boston.Leurs sorties de films sont toujours accompagnées de campagnes en direction des écoles, des programmes postscolaires et de communautés religieuses.Des brochures informatives sur des thèmes reliés à Narnia — comme l'évacuation en cas de danger, en rapport avec le début du film dans Londres bombardé — ont été distribuées massivement dans les écoles américaines et britanniques.«Notre mission est de produire des films familiaux de qualité, de marier le divertissement avec ce Narnia a rapporté 67 millions producteurs.que les enfants du monde entier apprennent à l’école», poursuit Granat, qui définit le family movie comme «une expérience que toute la famille, de 7 à 77 ans, peut partager».Pourtant, une filiale du même groupe.Bristol Bay Productions, a produit Ray, l’histoire de Ray Charles, coureur, mari infidèle et drogué, film interdit aux moins de 13 ans.«Ce film inspire et résonne magnifiquement avec notre mission éducative, explique Cary Granat Nous l’avons utilisé pour parler des problèmes du racisme et des handicaps personnels à surmonter.Nous nous sommes alliés au groupe Partnership for a Drug Free America.Et on nous a entendus sur la question des droits civiques.» Avec les excellents résultats de Narnia et les retombées fi- nancières à long terme de la franchise familiale, l'avenir de Walden Media, qui a connu ses échecs (Sahara, Le Tour du monde en 80 jours), est prometteur.Au menu, la sortie prochaine de Charlotte's Web, d’E.B.White, un autre titre célèbre de la littérature pour enfants anglo-saxonne, en coproduction avec les studios Paramount.Walden Media va aussi investir «très SOURCE WALT DISNEY PICTURES et a dépassé les attentes de ses agressivement» dans l’édition.Reste qu’au moment de Noël, sa défense des valeurs morales poursuit Narnia telle la méchante sorcière.Ce conte pour enfants est opposé à Hrokeback Mountain, film d'Ang Lee qui raconte une histoire d'amour entre deux cow-boys.Soit deux Amériques qui s’affrontent.Le Monde Précision Il manquait la référence complète du livre dont traitait le texte intitulé «Une histoire militaire de la Deuxième Guerre mondiale», publié hier dans nos pages.La voici: 39-45 -Sur les chemins de la victoire, Ivor Matanle, Editions Atlas, 398 pages.Le Batinses au Capitole Québec — Le 31, les Batinses sauteront l’année 2005 au Capitole de Québec.Les Batinses seront au Capitole de Québec demain soir pour marquer l’arrivée de la nouvelle année.Le groupe promet un «méchant party» avec ses plus grands succès ainsi que des pièces tirées de son dernier album Eau-de-vie, enregistré devant public en mai dernier à la Caserne Dalhousie.Le Henri Band assurera la première partie de cette soirée du Nouvel An.- PC L’acteur Mike Myers redevient célibataire Los Angeles — Mflce Myers, la star d’Aiwtin Powers, et sa femme Robin Ruzan ont décidé de se séparer, mettant ainsi un point final a 12 ans de mariage.Ina Treciokas, l'agent du couple, a indiqué que les deux resteront des amis prévenants et attentionnés.L’acteur, cénariste et producteur E N BREF d’origine canadienne et sa femme, elle-même auteure et actrice, s'étaient unis en 1993 et n’ont pas eu d'enfant.Mike Myers a été une figure légendaire de l’émission Saturday Night Live du réseau NBC et a joué notamment dans les films Wayne’s World, Austin Powers ou Le Chat chapeauté.Il est aussi la voix du personnage de dessin animé en 3D, Shrek - AP Zap en sup Le groupe humoristique Les Zapartistes annonce une supplémentaire de leur «Revue de l’année» le vendredi 30 décembre, à 20h, au Spectrum de Montréal.Leurs amis du groupe musical Loco Locass seront de la partie.Réservations: » (514) 908-9090 ou www.ticketpro.ca.Entrée: 26 $.- Le Devoir BJODOMI URMUStUMUATUIIÏMONtStAl 15170 amis innus 1001 découvertes I Caillou Caillou et les Innus i A II Du 3 ctécambf* 200$ au 22 janviar 2006 Tout est nouveau cette année ! • Un conte animé : Caillou te Tikokapejb • Une aire de jeu* innu» • Un livre géant interactif Horaire te renseignement» 514 868-3000 Montréal^ 1*1 de mou UN Mmm ' .11 # Csm iici LE DEVOIR.LE VENDREDI 30 DÉCEMBRE.2005 CULTURE , Du Vinci Code : l’Elysée dément toute ingérence C* est un mystère inattendu du Da Vinci Code: Ron Howard et Brian Grazer, respectivement réalisateur et producteur du film adapté du bestseller de Dan Brown, affirment que Jacques Chirac a tenté d’intervenir dans le casting du film.Dans l’hebdomadaire américain Newsweek daté du 26 décembre, qui consacre un article de quatre pages à ce tournage, les deux hommes racontent que le président français leur a offert son aide pour faciliter le tournage au I .ouvre en leur suggérant de recruter, pour le rôle de la cryptologue Sophie Neveu, une actrice •'meilleure amie de sa fille» Claude.Début décembre 2004, Ron Howard et Brian Grazer sont à Paris pour auditionner des actrices — la fine fleur des comédiennes françaises rêve de décrocher le rôle — quqnd le bureau du président les invite à se rendre à l'Elysée pour «dire bonjour», indique l’hebdomadaire.«Nous pensions qu’il s’agissait d’une visite de cinq minutes, comme lorsqu’on va dans le bureau ovale [de la Maison-Blanche], une photo et une poignée de main», déclare Brian Grazer au journal.In visite a finalement duré près d’une heure.Selon les Américains, M.Chirac a proposé son aide pour obtenir les autorisations de tourner dans le Louvre.«Il a aussi fait quelques suggestions en proposant la meilleure amie de sa fille, une actrice ayant un certain succès en France», indique l’hebdomadaire.Selon le quotidien britannique The Times du 29 dé- ALASTAIR GRANT REUTERS Le président Jacques Chirac aurait tenté d’intervenir dans le casting du film Da Vinci Code.cembre, qui consacre sa une à cette affaire, il pourrait s’agir de Sophie Marceau.A en croire les deux hommes d’Hollywood, M.Chirac aurait aussi tenté de faire augmenter le cachet de Jean Reno: «R s’est demandé tout haut, à moitié sérieusement, si l’acteur Jean Reno, qui interprète le détective français Bezu Fâche, pourrait être un peu mieux payé».écrit Newsweek.«Heureusement, le contrat était déjà bouclé», indique Howard dans le magazine.Ni Reno ni Marceau L’entrevue entre M.Chirac et les deux Américains, qui ne figurait pas à l’agenda officiel du président, est confirmée par l’Elysée.«C’était surtout pour leur dire que s’ils avaient besoin d’autorisations pour tourner dans le Louvre, le président était prêt à les aider», indique son service de presse.Le tournage a bien eu lieu au Louvre, la nuit et les mardis (jour de fermeture), à l’été 2005.Le coût de la location par Sony Pictures est estimé à 350 000 euros pour 14 jours ou puits.En revanche, l’Elysée dément toute autre intervention présidentielle.«Beaucoup de noms d’artistes ont été évoqués.Mais en aucun cas le président n’a demandé que l’on augmente le cachet de Jean Reno», assure le service de presse.Pas plus que M.Chirac n’aurait poussé la candidature de Sophie Marceau, qui n’est pas une intime des Chirac.Audrey Tautou avait déjà été choisie pour côtoyer Tom Hanks à l’écran.Adapté du polar ésotérico-religieux de Dan Brown (Editions Jean-Claude Lattès), vendu à 20 millions d’exemplaires dans le monde (1,6 million en France), le film doit sortir en salles le 19 mai 2006.Le Monde Woody Allen tournera à Barcelone en 2007 Barcelone — Le cinéaste américain Woody Allen tournera un film à Barcelone «vers la fin du premier semestre de 2007» et travaillera avec des acteurs espagnols, a annoncé hier Jaume Rou-re, directeur général de la maison de production catalane Mediapro.Mediapro a signé mercredi un contrat avec le réalisateur new-yorkais qui se trouvait à Barcelone pour jouer dans le New Orleans Jazz Band, qui se produit au Festival del Milleni.Dans des déclarations à Cataluna Radio, Jaume Rou-re a démenti que le titre du futur film soit Midnight in Barcelona (Minuit à Barcelone) comme cela avait été avancé: Woody Allen «n'a jamais pensé à ce titre et considère que c’est de l’affabulation», a-t-il dit Avec des acteurs espagnols Une des clauses du contrat précise que le film devra avoir dans sa distribution «des acteurs espagnols importants, avec un scénario qui reste à définir», a indiqué le directeur général de Mediapro, qui a déjà produit notamment les films espagnols Frincesas (Princesses) de Fernando Leon de Aranoa et La vida sécréta de las palabras (La Vie secrète des mots) d’Isabel Coixet.Woody Allen, qui avait dit la veille que son prochain film serait «probablement» tourné à Londres, où il a tourné son dernier film Match Point, a une nouvelle fois montré mercredi soir sa maîtrise de la clarinette lors d'un concert du New Orleans Jazz Band dans la salle du Palau de la Musica de Barcelone.Agence France-Presse La chanson populaire est de retour Woody Allen était de passage hier à Istanbul, en Turquie, pour un concert groupe du cinéaste.Woody Allen and his New Orleans Jazz Band, poursuit tournée en Europe.FATIH SARIBAS REUTERS du Nouvel An.Le actuellement une EMMANUEL DUPARCQ SARDAR AHMAD Kaboul — Dévasté par 25 ans de conflits à partir de la fin des années 70, l’Afghanistan achève aujourd’hui sa traversée du désert musical avec le bourgeonnement des radios et télévisions, symbolise çai Afghan Star, qui veut redonner au pays une génération de chanteurs populaires.Les apprentis chanteurs qui se produisent chaque semaine sur Tolo TV ont un point commun: tous, malgré leur jeune âge (entre 18 et 25 ans), exhument des chansons populaires des années 60, 70 et 80 ou indiennes d’aujourd’hui.«R y a un vrai trou dans l’histoire musicale du pays.Aujourd’hui encore, Ahmad Zaer est toujours considéré comme le chanteur numéro un pour les Afghans alors qu’il est mort et chantait il y a 30 ans», souligne Waj-ma Mohseni, une des productrices A’Afghan Star.Toujours autant diffusé à la radio, repris par les jeunes chanteurs et les très populaires orchestres de mariages, Ahmad Zaer est parfois décrit comme l’« Elvis Presley» afghan, excès compris, la poésie orientale en plus.Chaque année, à l’anniversaire de sa mort (1979), des dizaines d’admirateurs viennent encore lui rendre hommage sur sa tombe de Kaboul.Autre écueil, les chanteurs ont toujours été considérés comme une caste modeste et à part dans le pays, malgré la passion des Afghans pour la musique.Dans les villages traditionnels afghans, le chanteur était souvent l’homme à tout faire voué aux tâches ingrates, à la fois barbier, cuisiner et chanteur pour les mariages.Une position qui ne faisait guère rêver les foules.Ce réflexe prévaut encore, selon Daoud Sidiqi, présentateur d'Afghan Star.«Les seules plaintes que j’ai entendues à propos de l’émission venaient des chefs de villages traditionnels, qui regrettaient que cela pousse les jeunes vers une mauvaise profession.» Dans les années 60 et 70, le développement des radios et l'accueil des maîtres de musique indiens et afghans à la cour du roi Zaher Shah permit aux chanteurs d’étendre leur renommée et à une nouveUe génération d’émerger.Parmi les leaders de cette nouvelle génération, on trouve l’incontournable Ahmad Zaher, fils d’un ancien premier ministre, polyglotte dont la renommée s'étendit à toute l’Asie du Sud-Est même après sa mort, ou Nashinas.L’invasion du pays par les Soviétiques fin 1979 ne mit pas fin à cette effervescence.Et si leur politique égalitariste, faite de passages à la radio et à la télévision nationale (apparue à la fin des années 70), n’a guère enrichi les chanteurs, elle a permis l’émergence de nouvelles figures comme Farhad Darya L’arrivée au pouvoir des moudjahidines et la sanglante guerre civile qui suivit (1992-96) sonna le temps de l’exil pour les chanteurs afghans, qui émigrèrent majoritairement en Europe, aux Etats-Unis ou au Canada et y restèrent sous les talibans, qui interdirent la musique, jugée comme une perversion de l’islam.L’exil eut une contrepartie: il permit à des chanteur^ comme Farhad Darya ou Nashinas, réfugiés aux Etats-Unis, de s'enrichir par leur succès auprès de la diaspora afghane.Comme un symbole, les premières notes de musique qui brisèrent le silence de la radio afghane après la chute des talibans en novembre 2001 furent celles de la chanson Kaboul bien aimé (Kabul Jan) de Farhad Darya Agence France-Presse A LA TELEVISION CANAUX 1BHOO T eiôjourrml Cinéma / PINOCCHIO Vie mp IVIX VRAK IV TTF RDS __ HISTORIA ARTV S»’ RII: K CAN Al / l S AV OIM "fVASION TFO ~ ~ CBC C l V ) UBÏ ÏVO ABC CBS ~~NBC FOX PB s ia3> pbs nvn CTV (Corn | A.S, I BRAVO m sco vi ïiV HISTORY NIWSWORl O SHOWCASE l I ARN INC LIFE 1 S N Y 1 V CANAUX 1 i .wtq i m ¦.fVl.i ¦.*.h i * 111 * 1 Découverte Cibla (17:55) I Ji ni f H.-Biogipphtos P Mailloux ménage { Manger [Une heure “full Cinéma / LA PRISON DE GLACE (4) avec Susan Sarandon.Aidan Devine Grands Does / Homo sapiens Le Têlêjournal/Le Point Cinéma / LE PATRIOTE (4) avec Mol Gibson.Heath Ledger Jrnl RDI TLa Part.]Chtn oi.it d- Phonomar ila Cinéma / ELLE ET LUI (4) [avec Gary Grant.Deborah Kerr Grand Rire Bleue 2004 Décore [ Métam frustrée aIiment.| Le Téléjournal/Le Point [Faut pas rêver / Cuba Est-Ouest I Superscience L’Héritière de Grande Ourse Cercle Cinéma / SHINING: L ENFANT LUMIÈRE (2) avec Jack Nicholson Soyons bêtes! Cinéma JCTION MODE D EMPLOI I (5) avec Mackenzie Astln, Carmen Electra Le 60e de la libération 7 Journal I es Coups de coeur de MusiMax 2005 Degr a tii o II Spies [ Pnlilah [STEEN [5 l a l igue.[Hockey / Canadiens C'est pourtant vrai |On a échangé nos mères [Pécore Conce 11 Plu s : MTV Eutope Music Awatds P O O 5 Danger dans les airs [ Manon .Série noire: Duplessis (4/7‘) Porté disparu Poltergeist ______ Israël Palestine du neige t ns Grands Aventuriers .voyage Paquebot Fous, rue Coi onation Delilah .(i/tao) [Sports 30 Mlstoires de tralns \ pat ait 1 famille! Doc * ties nerd?J fait .des arts |L Émervetll Jet set .- .galop Canada Now cry News News 1 National Finger Tips [Mentors Frasier [ABC News New s News TnBC News Simpsons | That ’Os 1 tie Newshoui BBC News [Business C TV News American Justice Street Legal ents tout pr ix ipson [Futurama - Panthers gens pas ordinaires en rafale 70 7 .' Simpson [star.Le Téléjournal/Le Point crans du monde Un tueur si proche Interventions miracles La Cavalcade des crétins Pole to Pole The Newshour [Videos [Bravo! Fact The Greatest l vet Diffusion de sept émissions Trouvailles et Trésors JAG____ _ Pape Jean XXIM (2/4) États.~ jGrands Spectacles / Jean-Pierre Les Experts Sue Thomas.I oeil du FBI Buffy contre les vampir es Fondation Paul Gérin.Cirque pour la vie Royal Cnd Air Farce South Park Sports 30 Charmed__________ Anlmatrlx [Cinéma Canadiens express Cinéma / VOYAGE AU BOUT DE L ENFER (2) avec Robert De Niro l a Porte d Atlantis Religion.[Technolo.Hôtels Tendance Sans laisser de trace Les Stupéfiants Cinéma / LES PLOUFFE (3) Victimes du passé La Porte des étoiles Le Québec à la loupe Planet Food Cinéma / LE CUIRASSÉ POTEMKINE (1) ma MURDER IN T HL HAMPTONS (5) The Next Great Chef North and South (4 4) Super nann\ Ghost Whisperer Dateline NBC Vacations from the Heart Heartbeat Hope.[ Prop© rt les Close to Home Family Guy The National Comedy Now! Cinéma / BLUE.Law & Order: CTV News Clnémajçz 3: 2S > CTV News North and South (4/4) Late Show with.The Tonight Show (23 35) Cinéma / DELIVER US F ROM EVA (5) Cinéma / TO U C HIN G TH EVOID (3) cinéma / MURDER IN THE HAMPTONS (5) Snovvtrails | PC^wVorld s Comedy Now! Cinéma (15:00) BBC News JCBC News DOC Marthii ".' The Mom Show College Football (15 30) Hi oh !dTc e JAG CBC News JC01-' l exx Biography A Wuornos fCinéma / LAKE PLACID (5) avec Bridget Fonda Movie 1 \ mi 1 HE POSITIVELY TRUt -\ '\ : NTURE OF .j Law & Order (17:00) CTV News Charlie Rose CTV News Sex and the City Worst Jobs In History / The Georgians Cnd Antiques Roadshow Da Vinci’s Inquest CBC News The National Kink What not to Wear Extra [Match [So Chic Hockey Islanders - Sénateurs Cybertron [ One Piece [Zatch Bell T Dragon Bell [ I mi Yasha Diffusion de huit émissions shion.Xdpening.^ Turning Points of History The Passionate Eye One Pay in September Webdreams Sin Cities Hollywood Predators - Oilers Tseed T Hack/Sign 1 Reboot PS CHOIX CE SOIR Paul Cauchon LES TRIPLETTES DE RFI I FUI I F Le célèbre film d’animation, savoureux et original.Télé-Québec, 18h30 PHÉN0MANIA-LA MARCHE DE L’EMPEREUR Ce magazine, qui étudie différents phénomènes culturels, examine ce soir le succès étonnant du film La Marche de l’empereur dans le monde.TV5, 19h30 ELLE ET LUI Version de An Affair to Remember avec Cary Grant et Deborah Kerr, un classique de la comédie sentimentale américaine.Télé-Québec, 21h LES PLOUFFE Gilles Carie s’était plutôt bien tiré d’affaire en prenant le contrat de cette adaptation.Le film contient bon nombre de scènes marquantes et le désespoir d’Ovide (Gabriel Arcand) qui ne trouve pas sa place dans le monde est vraiment un morceau d’anthologie Artv.23h Classification des films: (t) CMefd'œnvre — (2> Excellent — (3) Très bon — 14) Bon — (5) Passable — (6) Médiocre — (7) Minable Avec Paul Pichè, Stefie Shock, France D’Amour, Les Respectables, Elizabeth Blouin-Brathwaite.Christian Bégin.Yves Lambert.// telequebec.tv Télé-Québec LE DEVOIR.LE VENDREDI 30 DÉCEMBRE 2 0 0 3 B 5 variétés Les dix meilleurs spectacles venus d’ailleurs SOUKCl- t RANCOl-Ol 11 S OK MONTREAL SYLVAIN CORMIER Il y a encore des soirs où J oublie de prendre des notes.Où je sue, je crie, je m’émerveille, où tout est posr sible et tout arrive.En voilà dix, vécus sur deux continents mais dans cette même extraordinaire proximité que les meilleurs artistes parviennent à créer en tous lieux.Rendez-vous en 2006, avec les Stones, Tho-; mas Fersen et les autres.1.Brian Wilson à WiUrid-Pelletier.Deux heures et demie de paradis sur terre.Ce spectacle inespéré du génie créateur des Beach Boys, avec son merveilleux orchestre de 18 musiciens, confinait au miracle.Voir Brian raviver son fabuleux catalogue d’immortelles dans les meilleures conditions imaginables était tellement bon à vivre qu’on souriait en pleurant.Lui aussi souriait, parce qu’il donnait enfin au monde le chef-d’œuvre de sa vie: Smile.Good.good, gooooood, good vibmtionnnnns! 2.Mavis Staples (Festival international de jazz de Montréal).La grande dame du gospel exsudait la ferveur et le soul comme un arrosoir dans le jardin du paradis, et tout le Metropolis en était éclaboussé: j’ai moknème verse une petite maie de larmes de joie quand elle a chanté The Weight, comme dans le film The Last Waltz.Osez ne pas croire! 3.Mark Knopfler à WUfrid-Pelle-tier (FIJM).Le gentleman-picker avait de la grandeur d'âme plein les doigts, assez généreux pour redonner les pièces de résistance de ses années Dire Straits tout en laissant la part belle aux musiques de racines qu'il aime tant.Une performance élégantissime et virtuose, en toute humilité.4.La seconde «Carte blanche à Bashung» au Metropolis (FrancoFo-lies de Montréal).Aussi formidable ment atmosphérock’n’roD que la première, avec la chaleur humaine en phis.L'homme à profil d’aigle était manifestement content de chanter le Frédéric de Léveillée avec son pote Christophe, de découvrir Yann Perreau, de retrouver Paul Personne et Daniel Darc, et carrément ravi d'accompagner Diane Dufresne.On savait le show d’enfer, mais qui eût cru le roi tacitume du rock français aussi grégaire?5.Le Petit Bal perdu, d’après l’œuvre de Bourvil, à la Maison de la culture Maisonneuve (Coup de cœur francophone).Qu’est-ce qu’on était bien cet apre^midéla avec fa petite troupe de LYonne en scène, au chaud dans les chansons de Bourvil et dans ce bistrot imaginaire.On aurait voulu qu'il existe plus d'une heure et demie, qu’on puisse y revenir après le boulot et les dimanches.Et chanter fa Ballade irlandaise.6.Vincent Delerm à la Salle des fêtes du Casino (FrancoFolies de Spa).D a travaillé du dboulot, le Vincent, pour rendre son récital piano-voix le plus divertissant possible aux spectateurs ne faisant pas partie de son fan-club d'«étudiantes de fac de lettres».Lumineuse idée que cette voix hors champ qui commentait le spectacle entre les chansons, dénonçant l’usage systématique des réfé-renceSi le caractère répétitif des mélodies, le registre limité du chanteur.C’était on ne peut plus réussi: l'autodérision, à ce point est un art 7.Annie Cordy à fa Salle des fêtes du Casino (FrancoFolies de Spa).Imaginez Dominique Michel, Mis-tinguett et Liza Minnelli en une seule et même Belge électrique, capable à 77 ans de donner deux pleines heures d'une extraordinaire leçon de music-hall, avec ce que cela sup- pose de steppettes, de grimaces et de pitreries, mais aussi de chansons bonnes à chanter de 7 à 77 ans.Toute distance critique abolie, j’ai vécu ces deux heures-là comme les Belges: heureux comme une moule dans sa crème.8.U2 + The Arcade Fire au Centre Bell (premier des deux spectacles).C'est encore possible.Quelque chose de vrai et de pur dans le grand rituel rock.Au-delà du show U2, toujours intense, toujours satisfaisant toujours rock, mais prévisible jusque dans son intensité et sa garantie de satisfaction, il y a eu cet enfant que Bono a été chercher dans la foule et qui a chanté pour la paix plus fort que Bono ne le demaiT dait D y a eu cette foule, si délirante de bonheur que le groupe rien revenait pas.Et il y a «i The Arcade Fine.Une soirée transcendante.9.Albin de la Simone et JP Natal au Studio du Monument-National (FrancoFolies de Montréal).«On est copains comme cochons», lança JR «Moi, je trouve plutôt qu’on est cochons comme copains», lui relança Albin.Ce spectacle était une drôle de créature partagée.Tu chantes, je chante, tu me chantes, je te chante.Albin de la Simone on se chante et puis advienne que pourra tralala 10.Juliette au Petit Théâtre du Casino (FrancoFolies de Spa).On ne saisissait qu’à moitié les textes des chansons, mais ce spectacle était aussi un régal d'intelligence dans fa mise en scène (un «groom», une épée, du cuir!) et un festival de rythmes latins qui vous brassaient irrésistiblement le ixipotin.lx's chansons de Juliette toisaient déjà le Malin dans le Nanc des yeux, elles ont désonnais le diable au corps.Collaborateur du Devoir MUSIQUE CLASSIQUE Rostropovich : un portrait russe i - Un coffret économique de dix CD édité par Brilliant Classics nous offre un por-.trait des années russes de Mstislav Rostropovich à travers des témoignages souvent rares.1 CHRISTOPHE H L S S C’est devenu un travail de détective plus que de critique musical: difficile de débroussailler la véritable jungle des en-registrements de Père soviétique.La raison en est simple: les documents (enregistrements de studio et captations radiophoniques) circulaient librement dans les radigs des différentes républiques.A la chute du mur de Berlin, toutes ces radios se sentaient plus ou moins «propriétaires» de leur fonds sonore et signèrent des licences à tout va.C’est ainsi qu’on retrouva dans les années 90 les mêmes enregistrements sous diverses étiquettes.BMG, qui avait acquis l’exploitation du catalogue Melodiya (l’étiquette soviétique officielle), a jeté l’éponge après avoir vu son marché miné par des étiquettes nommées Russian Disc, Russian CD, Russia Revelation, Zyx, Yedang (en Corée), Régis, Scribendum et quelques autres.EMI avait bravé l’adversité en publiant très officiellement en 1997, pour les 70 ans du plus célèbre violoncelliste de notre temps, Rostropovich: The Russian Years, un coffret de 13 CD d’archives enregistrées entre 1950 et 1974, année de l’exil du musicien.Contrairement à ce qu’on pourrait supposer, les Historic Russian Archives éditées par Brilliant ne sont pas la reprise à l’identique de ce coffret.Composée à partir d’archives de la Radio ex-soviétique (le Gostel-radiofund), la boite Brilliant intègre notamment des bandes publiées en CD par Russian Disc au début des années 90 et laisse de côté quelques enregistrements fondamentaux révélés par EMI (notamment le Don Quichotte de Strauss avec Kon-drachine).Par exemple, le Premier Concerto de Chostakovitch est celui de 1961 avec Rojdest-venski (ex-Russian Disc) et non celui de 1966 avec Svetlanov (1966).Le concerto de Dvorak, par contre, est celui dirigé par Boris Khaikin, jadis disponible chez Monitor.Si votre discothèque n’est pas déjà garnie d’enregistrements du grand violoncelliste, vous trouverez ici un portrait fidèle permettant de comprendre le «phénomène Rostropovich», tant à travers sa plénitude sonore et sa virtuosité que par la perception de sa stature en tant que catalyseur de la création musicale du XX*' siècle puisque nombre des partitions entendues ici (Prokofiev, Miaskovski, Britten, Vainberg) lui sont dédiées.Attention, cependant: il est heureux que le prix soit minime car il n’y a pas eu de sélection critique des enregistrements et de leur valeur discographique intrinsèque: les concertos fastidieux de Tisch-chenko ou Knipper auraient pu être laissés de côté, de même que des enregistrements (Suite n° 2 de Britten) que Rostropovich reprendra dans de meilleures conditions sonores par la suite.Cet intéressant coffret de dix CD aurait fait un boîtier de six CD absolument passionnant.mais l'atout économique de la publication permet de minimiser ce défaut.Brilliant Classics n'en est pas à sa première édition de ce type, avec les mêmes principes et les mêmes réserves.11 existe des Historic Russian Archives du violoniste David Oistrakh (dix CD, référence 92609) et des pianistes Sviatoslav Richter (cinq CD, référence 92229) et Emil Guilels (dix CD, référence 92615).Tous sont conseillés, et particulièrement ce dernier coffret Collaborateur du Devoir MSTISLAV ROSTROPOVICH Historic Russian Archives.Œuvres de Prokofiev.Dvorak, Schumann, Miaskovski.Tchaikovski.Britten.Lalo, Beethoven, etc.Brilliant dix CD 92771.Distribution: SRI.Un portrait fidèle qui permet de comprendre le «phénomène Rostropovich» VITRINE DU DISQUE ROCK’N’ROLL RUNNING ON EMPTY Jackson Browne CD + DVD Elektra - Rhino Bien avant Almost Famous, le road-movie de Cameron Crowe sur la vie de tournée des groupes de rock dans les années 70, il y avait Running On Empty.Album qui, en 1977, avait l’originalité de sortir le studio d’enregistrement du studio: non seulement on suivait Jackson Browne et ses musiciens de ville en ville et de scène en scène, mais on se retrouvait dans l’autobus en marche pendant une performance improvisée de Nothing But Time, puis dans la chambre 124 d’un Holiday Inn de l'Illinois le temps d’un vieux blues du révérend Gary Davis (Cocaine).La plus belle chanson était évidemment The Load-Out, descriptif criant de vérité de la routine de tournée (déballage, remballage, passe-temps dans le bus, etc.).C’est l’album préféré de Stephan Ficher et de Daniel Ixmois, et ce fut longtemps le mien.C’est dire l’émotion que me procure cette réédition grand luxe, augmentée d’un DVD de suppléments, dont quelques beaux clips montés à partir de photos.«We gotta drive all night/To do a show in Chicago / Or Detroit /1 don’t know/We do so many shows in a row.» Sylvain Cormier CLASSIQUE O I TA V MONTEVERDI Madrigaux: Livre VI (1614) et Livre VIII (1638).La Venexiana Glossa, un CD GCD 920926 et trois CD 920928.Distribution: PeDéas.Il est frappant, en écoutant ces quatre disques—un pour le Livre VI et trois pour les madrigaux guerriers et amoureux du Livre VIII —, de constater à quel point l’écoute de ce répertoire ainsi interprété est à mène d'évoquer les tableaux du Ca-ravage (1571-1610).Dyadanslart de Monteverdi les mêmes contrastes, les mêmes fulgurances, fa même réalité brute.Dans fa traduction musicale de cet univers, l'ensemble La Venexiana est devenu fa référence absr> lue.Formé en partie d’anciens membres du Concerto Italiano qui, sous fa direction de Rinaldo Alessan-drini donna il y a une dizaine d’années des interprétations de reference de ce répertoire, La Venexiana réussit dans le madrigal italien fa même prouesse que Paul van Nevel en matière de polyphonie flamande: atteindre une respiration commune, un esprit de corps, tout en préservant l'individualité des voix.Quels que soient les affects et leur virulence, tous les chanteurs repondent avec fa même intensité dans une intrication de Sgnes et une beauté des couleurs (ah! fa basse de Danide Camovich!) qtri tassent pantois.Une grande réference— et pour longtemps — dans un répertoire de prerraer plan.Christophe Huss POP THE BODY ACOUSTIC Cyndi Lauper Daylight/Epic Aux carrières sur le déclin, quelques expédients s’offrent: 1a compil des succès, la même com-pil en spectacle, encore la même compil en version acoustique (devant public ou pas), l’album de reprises avec cordes et l’album de duos.Cyndi Lauper en est là.Pour varier, elle mêle les catégories.Son dernier album, At Ijist, proposait des relectures de «standards», certaines avec Stevie Wonder ou Tony Bennett en renfort Cette fois-ci, elle recycle son lot de tubes des années 1980 de manière plus ou moins débranchée, un tiers seule, deux tiers avec la distribution de soutien.Le résultat est occasionnellement touchant (Time After Time avec Sarah McLachlan), momentanément rigolo (Girls Just Wanna Have Fun, donnée en ska avec le duo nippon IfaffyAmiYumi), mais le plus souvent désespérant d’inutilité (les fioritures de Jeff Beck à la guitare entre les couplets ô!Above The Clouds, navrant exemple).Quoi ensuite?La version symphonique?La comédie musicale?C’est à se demander si les artistes, passé 1a cinquantaine, ont encore le droit de créer du neuf.S.C.CLASSIQUE TCHBZMDVSMVl • r*«.‘JM* •errrnto"* oocoemai MUTOIIICMEU *UITg Ckm* surri TCHAIKOVSKI Suites de Casse-Noisette et du Lac des cygnes.Orchestre d'Etat de l’URSS.Dir.: Evgueni Svetlanov.Moscow Studio Archives MOS 20010.Distribution: Allegro.L’étiquette Melodiya réapparaît sur notre marché par fe truchement de Gillmore Music.Mais il est aussi possible de trouver des archives sonores de l’ex-Union soviétique en passant par le distributeur Allegro, qui diffuse ces Moscow Studio Archives, source fort précieuse en ce qui concerne le grand chef Evgueni Svetlanov, dont la veuve a décidé de ! bkxfuer toutes les rééditions prévues par fa nouvelle équipe de Melodiya a Moscou.Moscow Studio Archives publie les jalons importants de fa discographie de Svetlanov.Ce volume Tchaikovski, enregistré en 1987 mais récemment réédité, est étiqueté «Svetlanov Edition 10», ce qui ne veut rien dire puisque le volume 21, consacré a Rimski-Korsakov, est paru dès 2004.Comme sur d’autres CD de cette edition, on retnxive ici le sens de l’emphase, la vivacité du grand chef russe.Contrairement a d'autres volumes, celui-ci est fort bien enregistré, rendant justice aux couleurs orchestrales si russes que Svetlanov cultiva durant son mandat a fa tête de cette phalange d'apparat Ecoutez fa Danse de fa fee dragée et le Trepak qui suit fl n'y a pas ailleurs de Tchaikovski aussi authentique.C.H.ROCK’N’ROLL üfjFîjïï PAGLIARO LIVE À QUÉBEC Michel Pagliaro Earth Born / DVD Ce premier DVD en spectacle de notre Pag vénéré m’aura fourni l’occasion d'un constat: j’ai finalement cessé d'attendre le fameux nouvel album annoncé il y a 15 ans.Que le gaillard bidouille dans son studio jusqu’à 100 ans si c’est son plaisir.Le mien est qu'il se pointe ici et fa sur une scène et honore ses immortelles en les jouant intensément et en les chantant bien.C’est ce qu’il fait ici (avec l'excellent Steve Hill à ses côtés), et c’est plus plaisant qu’un show des Stones.Entendez par là qu’aucune mauvaise nouvelle chanson ne vient gâcher notre «set list» idéal, comprenant forcément ses belles anglaises pop (Rainshowers, Lovin’ You Ain’t Easy, Some Sing Some Dance), son rock’n’roll dans le tapis (Louise, Emeute dans la prison.J’entends frapper), ses riffs qui tuent (J’ai marché pour une nation, Fou de toi) et le meilleur de l’ultime album Sous peine d’amour (Héros, L’Espion).Qui plus est, on sait gré à Pag de ne pas jouer l'éternel ado: sa bonne tête de Great Antonio le distingue à jamais du beau gosse qu’il fut.Dingue vie au Par rain! S.C.C L A S S 1 QU E ronro STRING BEETHOVEN Quatuors »*«1 n'eat jam*»* trop curieux ?4 B 10 LE DEVOIR, LE VENDREDI 30 DÉCEMBRE 2005 Bye-bye 2005 Retour coquin sur des événements qui ont marqué Vannée et visite guidée des endroits où on peut les revivre à sa manière La commission Gomery Jean- Yves Girard - M.Morselli: J’ai rencontré, honnêtement, toutes ou presque les compagnies de communication, toujours au même endroit.- M'Coumoyer: Et toujours au.?- M.Morselli: Au même endroit.- M' Coumoyer: C'est-à-dire?- M.Morselli: l£ même restaurant.- M'Coumoyer: Chez Frank.- M.Morselli: Bravo.[.] - M' Coumoyer: C'est un restaurant que vous appréciez?- M.Morselli: Depuis 20 ans.Vous devriez l’essayer de temps en temps.- Le commissaire: Il n’a jamais eu autant de publicité, Monsieur Morselli.[Rires dans la salle.) En effet.Cette année, du Vancouver Sun au Guardian de Charlottetown, tous les médias du pays ont mentionné ce resto de la Petite Italie montréalaise squatté par le gratin du Parti libéral du Canada (section Québec) et où se jouèrent quelques scènes bien gratinées.Une visite s’imposait Elle eut lieu un midi de la mi-décembre.Tiens donc: vide.Pas un chat à fouetter, pas même ime grosse légume à acheter.Où êtes-vous, Joe Morselli, ex-organisateur libéral, Alfonso Gagliano, ex-ministre et ex-ambassadeur, Jean Brault, ex-p.-d.g.de Groupaction, ime boîte de publicité?Vous terrez-vous quelque part, criblant d’aiguilles votre poupée John Gomery, ruinés peut-être, vous construisant un abri de fortune rue Berri avec les morceaux qui tombent de la façade extérieure de la Grande Bibliothèque?Après avoir versé une larme sur leur sort — l’esprit des Fêtes, sans doute —, le crocodile qui signe cette chronique a pris place dans ce décor comme naguère ces célèbres acteurs d’une révoltante «commedia degli crosseurs».Frank n’offre pas le design m’as-tu-vu-non-mais-tchèque-moé-ça des restaurants de la Main ni le chichi de ceux du centre-ville, là où on brasse ses grosses affaires sur le bras de la compagnie.En fait, le quidam égaré se croirait rue Prince-Arthur.Chez Frank, on vient pour la cuisine.(Et, dans le cas des journalistes accourus ici en grand nombre, pour voir la table du fond, côté jardin, témoin d’un lunch aujourd'hui célèbre entre Brault et Martineau.euh, non, Morselli, en 2001, alors qu’une enveloppe brune avec 5000 S cash laissée sur la nappe se serait volatilisée le temps pour le publicitaire de faire pipi.) Si, depuis plus de 40 ans, Frank a survécu aux modes et au départ de son fondateur, Frank Scalise — c’est son fils Gui-seppe qui veille au grain —, comme il survivra au scandale des commandites, il le doit à ses habi-tués, férus d’une cuisine italienne traditionnelle de grande qualité.Un bref survol du menu confirme que, chez Frank, on a préféré garder le profil bas plutôt que de surfer sur la publicité offerte par la commission Gomery: pas de fettucinis Alfonso, de pot-de-vin Morselli ou de tiramisu Groupaction («payez le morceau trois fois et vous ne verrez jamais les calories»), Dommage.Imaginez les rires dans la salle.FRANK 65, rue Saint-Zotique Est TT (514) 273-7734 JACQUES GRENIER LE DEVOIR Au restaurant Frank, un midi de la mi-décembre.Pas un chat à fouetter, pas même une grosse légume à acheter.On peut tout de même voir la table du fond, côté jardin, témoin d’un lunch aujourd’hui célèbre entre Jean Brault et Joe Morselli en 2001.$ mm •v.'ii HPBPHh Une marche au cinéma Radio-Canada SEAN O'NEIL Le Riodôme accueille une soixantaine de manchots, qui vivent les pieds dans la neige et sous une température qui oscille entre deux et quatre degrés Celsius.I ls sont là.à droite, tous les six, droits comme des ifs.Aussi majestueux que dans La Marche de l'empereur, sauf qu'ils sont pour l'instant stationnaires.et que ce ne sont pas des empereurs.Ce sont des royaux, les dit-fêrences entre le manchot empereur et son proche cousin, le manchot royal, subtiles pour le néophyte, crèvent les yeux de Sylvie Motard.«Le manchot royal, qui habite les régions subantarctiques, comme les ties Falkland et le sud du CTtili, est plus petit de 15 cm environ.Il est surtout moins lourd que le manchot empereur, qui vit en Antarctique et peut peser 30 kilos, soit le double.» Sylvie Motard n’a pas attendu de voir le documentaire le plus populaire de l'année pour fondre comme banquise au printemps devant les manchots, dis me passionnent depuis longtemps.fai commence à tnaiviller aifc eux en 1987, à IAquarium de Montréal.» À l’ouverture du Biodôme, en 1992, Sylvie, titulaire d’un DEC en agriculture et d’un certificat en écologie, aurait pu être affectée à la section tropicale et bichonner k's singes dans un climat ideal.Elk’ a pointant demandé à s'occuper de la soixantaine de manchots (quatre espèces differentes, dont les gorfous sauteurs, chou comme tout, pares d’aigrettes tombantes qui leur donnent une drôle de binette et que Sylvie appelle ses «punks»), qu'il faut nourrir tous les joins un à un, k»s pieds dans la neige et sous une température qui osciHe entre deux et quatre degrés Celsius.Sylvie n'a pas remarqué un afflux de visiteurs depuis la sortie de La Marche de l'empereur.un film à propos duquel la spécialiste émet quelques réserves.«Oui, les images sont magnijiques.Mais les commentaires.“fai froid! Oh! Mon chéri, je suis de retour!"Je ne suis pas capable.L'anthropomorphisme, donner des sentiments humains à des animaux.ça m'agace beaucoup.Oui.ils vivent dans des conditions difficiles, mais pas plus qu 'un chameau qui ne boit pas pendant 30 jours en traversant le désert • Maigre toutes ces années passées en leur étroite compagnie dans ce grand vase clos.Syhie ne cesse de s'étonner devant certains comportements.Prenez les six manchots royaux: trois femelles, trois mâles.«Mes femelles sont plus vieilles que mes mâles.Sees en 1992.elles simt arrivées ici lannee suiixmte Iss mâles, eux.sont amies l annee dernière.• Et alors?«Alors, fai deux mâles qui sont ensemble, et deux jbneUes ensemble .Pas irai-ment des couples, mais disons qu ils se tiennent beaucoup ensemNe.Cest louche.» Des gais?«De Ihomivexualité.oui » Syhie est mal à l’aise.«Je ne veux pas que tu paries deçà.Bon.c’est vrai que ça arrive dans la nature aussi» Tenez-vous bien.Sylvie: ça peut même arriver en politique.«Je crois que c'est une question d'affinités, de temps.En 2006.je mets beaucoup d 'espoir dans le mâle et latemeüe solitaires » La tin des deux solitudes?Voilà qui devrait plaire à Michaelle Jean.BIODÔME DE MONTRÉAL * (514) 868-3056 Ouvert tout le week-end.même lundi.Entré en ondes en septembre avec fanfares et trompettes, le «nouveau 4 à 7» a été remanié deux mois plus tard, la queue entre les deux fesses.Si Y annus horribilis de Véronique Cloutier a continué sa course folle (son talk-show quotidien perdant au passage une demi-heure d’antenne, sans parler des dommages collatéraux causés par l’ouragan Nathalie), La Fosse aux lionnes a gardé sa case horaire, et ses trois anima trices, leur joli salaire (180 000 $ chacune, selon Louise Cousineau, de La Presse).Le concept de cette émission est calqué sur The View, un talk-show américain matinal.Plusieurs animatrices très différentes (dont Barbara Walters, qui coproduit), des prises de bec, des potins, des coanimatrices régulières, des vedettes invitées.The View fonctionne.mais pas La Fosse, qui s’est vite révélée un gouffre d’insignifiance.Est-ce le casting?U y a la «populaire».Renée-Claude Bra-zeau.qu'on a vue phis à l’aise pour manipuler les vibrateurs à Je regarde moi non plus (TVA) que pour commenter l’actualité chaude.Il y a la «branchée».Anne-Marie Wittenshaw, formée à Musique Plus, où elle a interviewe Sting et Shania Twain, réduite à feuilleter pour nous le Paris-Match et à interroger Marie-Chantal Toupin au sujet de sa nouvelle robe, dénichée Plaza Saint-Hubert Et il y a Johane Despins, la «radio-canadienne», donc en principe la «culturée» du lot qui peine à jouer du coude pour ajouter son grain de sel dans ce verbiage creux indigne d’un salon de coiffure de Rosemont SOURCE RADIO-CANADA Les trois animatrices de La Fosse aux lionnes.Le seul bon coup dans tout ce cirque?Le lieu de tournage: au Circus, meilleur bar q/ler hours de Montréal, selon les lecteurs de Ibebdo The Mirjor.Pour une fois que la société d’Etat se fait hip.Si les lionnes mordent la poussière, les soirées circassiennes, qui débutent tard et se terminent encore plus tard, planent elles, très haut Oui.c'est (ecstasy.oups.l’extase.Demain, 31 décembre, ne sera pas en reste en compagnie du DJ house Hector Morales.Parfait pour célébrer l'arrivée de la nouvelle année et oublier autant les affres de l'hiver que le retour des bonnes, le 2 janvier.CIRCUS 915.rue SainteCatherine Est * (514) 844-3626 wwui circursaflerhour.com \ (
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