Maintenant, 1 mai 1964, Mai
LES JEUNES ET LA CANADA PUISSANCE NUCLÉAIRE ?Claude Beauregard SCIENCE-FICTION Henri Dallaire RÉFORME OU RÉFORMETTE ?Louis Racine LES FRÈRES ONT RAISON J.-J.Larivière Sommaire complet à l’intérieur L’ANTICLERICALISME foi UN MALHEUR ?Quand un politicien habile et peu scrupuleux veut nuire à un adversaire, il laisse simplement entendre que celui-ci est anticlérical.Depuis que les francs-maçons semblent inoffensifs et à mesure que s’use l’étiquette « communiste », le procédé le plus efficace pour réduire un homme au silence consiste à le dénoncer comme un ennemi du clergé et de toutes les organisations à caractère plus ou moins confessionnel.Chacun sait, en effet, que notre peuple, sans être profondément chrétien, reste dans son ensemble fort religieux.Vis-à-vis du prêtre, les attitudes s’inspirent encore largement des motifs de la foi.Pour un grand nombre cependant, le prêtre est mal connu, voire méconnu, et le respect qu’on lui témoigne puise souvent à des sources troubles ; elles vont du désir de contrats et de bonnes ventes, passent par des considérations de parenté et de mondanité, jusqu’à la plus nette superstition, le « sorcier du ciel ».MOT PÉJORATIF La réhabilitation du mot anticlérical est-elle une tentative aussi vaine qu’audacieuse ?Est-il possible, au moins souhaitable, d’enlever au mot son sens odieux, pour lui permettre uniquement la désignation du critique objectif et indépendant des actes du clergé ?Avouons qu’il y a un malaise à se ranger dans la famille des anti : antiféministe, antireligieux, anticonformiste, etc., même si RÉDACTION, ADMINISTRATION, ABONNEMENTS ET PUBLICITÉ, 2715, Chemin Côte-Ste*Catherine, Montréal-26, P.Q.Tél.739-2758 Le Ministère des Postes, à Ottawa, a autorisé l’affranchissement en numéraire et l’envoi comme objet de la deuxième classe de la présente publication.Frais de port garantis si non livrable.un grand nombre 1963) et plus récemment du Sainte-Marie (12 mars, 1964)."" A ce dernier spécialement, les journaux ont donné une large publicité.On eût souhaité que la présentation des chiffres fût moins accrochante, moins « journalistique », sans obliger toutefois, nos journalistes à mettre de côté les lois de leur métier pour le reportage-photographique-scientifique, celui qu’attendent toujours ceux qui n’arrivent pas à comprendre le « genre littéraire » du journal et du journalisme.î PftK, «% its % V ’lift,, 153 SpilitoÉ [e siècle i > ta It Ali[tf< i le® IM un, h ri âk j, à ta ' trow » POUR UNE ENQUÊTE SCIENTIFIQUE Devant les chiffres du Sainte-Marie, on s’est ému et on leur a nié toute valeur scientifique.J’imagine que nos jeunes enquêteurs ont dû rigoler et finalement se prendre au sérieux.« Après tout, pourquoi nous demande-t-on ce que nous n’avons jamais voulu ni prétendu donner.Notre âge et notre statut d’étudiants au secondaire en disaient assez de nos connaissances sociologiques ! » -.pllac If.llIlCllW) s.Cal ^ à rw» ;;ï.- sa pi# 00 is; il® BJilii K' tfiit (ii ^ £ « sii r s (S®l£ j f}0 Etait-il même nécessaire d’y ajouter des précisions et des précautions pour situer des chiffres ?Tant de jeunes sont à l’œuvre en vue de régler les problèmes de la Confédération : est-il si malheureux que quelques-uns s’intéressent aux situations religieuses ?Les positions de Parti Pris passent inaperçues dans les manchettes à côté des quelques chiffres du Sainte-Marie.Pouvons-nous espérer que les autorités du collège « incriminé » créeront un heureux précédent, en confiant maintenant à des sociologues de profession une enquête scientifique ?Ce serait rendre un immense service à toute l’Eglise canadienne, spécialement aux responsables de l’éducation de la foi.On accorde des enquêtes royales pour moins de malaise et sur des questions d’importance discutable.La méthode conciliatrice qui laisse au temps de tout faire oublier permet aussi tous les doutes, toutes les insinuations comme toutes les consolations.Dans la noirceur, n’est-il pas permis de croire que les hommes sont des fantômes et les flaques d’eau, des miroirs ?DES PROBLÈMES, PAS DE SOLUTION ! Parmi les objections faites à la Revue, il en est une qu’il importe de retenir spécialement, face aux textes que nous présentons : « Vous posez des problèmes et vous ne donnez pas de solutions ».Une telle affirmation comporte beaucoup de vrai, mais nous revendiquons le droit aux nuances.Retenons que le reproche a de quoi nous réjouir, car ce n’est pas un mince résultat de poser, c’est-à-dire d’éveiller quelques inquiétudes dans une province qui en avait si peu, encore tout récemment.C’est que l’interrogation, si naturelle à l’esprit, était toujours « résolue » par voie d’autorité.Devant de pareilles directives : « Faites ou ne faites pas ; ici est le bien, là est le mal », on comprend qu’une pédagogie qui pose des questions au public, confiante que celui-ci en arrivera graduellement à se former une conscience et des jugements, par-dessus tout à connaître l’existence et la nature de cette vertu cardinale, celle qui dirige l’agir humain : la prudence.Evoquant souvent celle-ci pour l’application des principes aux situations difficiles, que de fois on m’a demandé : « Quelle est cette nouvelle vertu à laquelle vous attachez tant d’importance ?» Si triste que ce soit, nous en sommes là, psychologiquement.Dois-je ajouter que les solutions et les réponses exigées, face à la foi des jeunes, par exemple, nous ne les avons pas comme on a des pilules en bouteille.Les aurions-nous que nous hésiterions à les traduire en « recettes », tant nous croyons nécessaire la pédagogie qui pose et propose de vastes et épineux problèmes.H.-M.Bradet IE A LAVAL?flsP $ fl»1' 1/ d*'s# #'.(0flV La guerre et la foi Avec la guerre, l’industrialisation, le développement des techniques de diffusion, la société canadienne-française a commencé à s’ouvrir, à subir des influences extérieures.La panique s’empara de certaines personnes, les valeurs auxquelles elles croyaient étant remises en question.C’est dans ce climat que commença notre expérience religieuse et il ne fait aucun doute qu’il l’a marquée profondément.Nos parents et nos maîtres furent plongés dans cette nouvelle situation, et souvent ils n’y étaient pas tellement préparés, ce qui explique la formation qu’ils nous ont donnée, en particulier au point de vue religieux.Ici, il faut distinguer l’enseignement religieux reçu dans nos familles et celui reçu à l’école ou au collège.Nos parents se contentèrent souvent de nous faire connaître les grandes vérités de base, vérités que nous considérons en- core comme valables.Ces quelques notions suffisaient alors à alimenter la foi des enfants que nous étions.Mais avec les années, à mesure que nos connaissances intellectuelles augmentaient, nous devenions de plus en plus exigeants, nous nous posions de plus en plus de questions.Et nous devons malheureusement dire que, règle générale, nos maîtres n’ont pas su nous fournir les éléments capables de satisfaire nos exigences, de répondre à nos questions.Le décalage entre nos connaissances intellectuelles en général et nos connaissances en matières religieuses allait toujours en s'amplifiant, et nous regrettons amèrement qu’on n’ait pas su ouvrir nos esprits à la recherche intellectuelle en matières religieuses.Cela explique peut-être le fait qu’au sortir du collège certains jeunes, au lieu de repenser leur engagement religieux, de le solidifier, l’ont tout simplement laissé de côté.Religion morale Je ne puis taire le fait que l’enseignement religieux que nous avons reçu fut presqu’exclusivement moral.J’ai souvent discuté ce problème avec mes parents et des gens de leur génération, et je me suis vite rendu compte qu’ils avaient connu encore pire lorsqu’ils fréquentaient l’école.A ce moment, comme on s’interrogeait beaucoup moins au sujet de la foi, cet enseignement ne faisait pas problème, on le considérait comme normal.La religion faisait partie de la tradition, d’où la nécessité d’enseigner une série de règles morales à inscrire dans la liste des règles de conduite de la vie quotidienne.Mais voilà qu'on se pose des questions au sujet de la foi, même dans notre société.Du coup, notre enseignement religieux n’est plus fonctionnel, il ne répond plus à des besoins précis.Je ne dis pas que nous n’avons plus besoin d’enseignement religieux, mais je dis qu’il doit être repensé en fonction des situations nouvelles où se trouve la société canadienne-française.Je sais qu’on est à repenser l’enseignement reli- 154 gieux, mais les jeunes qui sont actuellement à l’université n’ont pas profité de cette nouvelle orientation.On a oublié le Christ Dans notre enseignement religieux, on a oublié un élément, le Christ.On nous a présenté une caricature de la religion.Je pense que tout l’enseignement religieux devrait être centré sur la personne du Christ.On nous a fait connaître une chose alors qu’on aurait dû nous présenter une personne.L’aimant, nous savons que nous devons poser tel geste, que nous devons éviter tel autre.Ainsi, les commandements deviennent simplement un aide-mémoire parce que déjà, si nous aimons le Christ, nous savons comment nous comporter.De la sorte, la distinction entre dogme et morale n’a plus pour moi sa raison d’être, si ce n’est de faciliter l’enseignement dans les grands séminaires.Dans le même ordre d’idées, il faut dire qu’on nous a aussi présenté une fausse image de l’Eglise.On a pres-qu’exclusivement insisté sur son aspect institution alors qu'elle est avant tout une communauté.L’Eglise, pour moi, c’est le Christ qui continue à vivre sur terre avec ses fidèles, c’est une vie fraternelle où on se prépare ensemble pour l’au-delà.L’Eglise, ce n’est donc pas telle communauté religieuse que je peux trouver d’arrière-garde, tel prêtre qui se montre indigne de son sacerdoce.Non, cela c’est l’aspect humain de l’Eglise.Mais il y a aussi l’aspect divin qui est de loin le plus important.Mais alors, pourquoi ne pas nous avoir présenté l’Eglise sous ce jour ?Jugement A l’aide de ces quelques considérations, nous pouvons maintenant revenir à la question initiale.Nos jeunes vont-ils- perdre la foi ?Pour y répondre, nous regarderons ensemble le milieu étudiant.Selon moi, nous y retrouvons trois catégories.Il y a d’abord la grande majorité pour qui la foi n’est pas un problème, ils pratiquent par simple routine, sans même s’interroger sur la signification des gestes qu’ils posent.Il y a ensuite une minorité qui ne croit pas.Enfin, nous rencontrons un certain nombre d’étudiants pour qui la foi est un élément qui donne à leur vie une orientation bien particulière.Ainsi, la grande majorité des jeunes ne perdront pas la foi parce qu’ils ne l’ont pas, ou si peu ! Avoir la foi, c’est beaucoup.On peut assister à la messe tous les dimanches, même payer sa dîme, sans avoir la foi, surtout dans notre milieu où il est encore mal vu de transgresser ces règles.Il faut bien le dire, beaucoup de jeunes ne sont nullement inquiets au point de vue religieux.Pour eux, la religion se résume à une série de gestes posés machinalement, parce que tout le monde les pose.A côté de ces gens tranquilles, nous retrouvons une minorité de jeunes qui sont réellement inquiets.Cette inquiétude conduit à deux résultats : la non-croyance ou une foi pleinement assu- On a beaucoup écrit sur les jeunes d’aujourd'hui.Un chrétien n’est pas toujours à l’aise dans ce genre de littérature.Les jeunes de ma génération eux-mêmes s’amusent et s’énervent de tout ce qu’on raconte sur eux : ces messieurs sérieux qui se penchent sur leur cas, à grand renfort de tests et d’enquêtes, sont irritants.C’est qu’un homme n’aime pas être traité comme un cas.C’est qu’une personne veut que soit préservée la sphère intime de son mystère.C’est qu’enfin, il faut beaucoup d’amour pour comprendre et faire jaillir des possibilités là où il n’apparaît que des défauts.Et j’avoue que je me sens mal à l’aise pour parler de ce qui au fond constitue le mystère profond d’un être humain.Ces quelques réflexions que je vous livre, sont le fruit d’une brève expérience de trois ans, dans le milieu universitaire : constatations, conversations, rencontres avec mes confrères.C’est pourquoi il faut les prendre avec toutes les nuances et les restrictions qui s’imposent.Crise ou non-crise ?A la question posée, je réponds oui.Je ne me risquerai pas cependant à citer des statistiques parce qu’elles me semblent ici plus odieuses et plus incompatibles que jamais.Ce qui frappe au départ, c’est que si les étudiants catholiques vraiment authentiques sont relativement rares, les athées authentiques le sont aussi.mée.Du côté de ceux qui ne croient pas ou ne croient plus, nous retrouvons beaucoup de sincérité.Evidemment, quelques-uns se paient notre tête et perdent tout sens critique dès qu’il s’agit de religion.Ceux-là se veulent très sûrs de leurs positions.Mais la plupart de ceux qui ne croient pas cherchent la vérité, comme nous, et avec autant de sincérité que nous, sinon plus.11 est d’ailleurs remarquable de voir jusqu’à quel point ils sont préoccupés par ce problème et dans les discussions d’amis, ils abordent souvent le sujet.Je garde plus d’un bon souvenir de ces franches discussions.Claude Beauchamp Par authenticité, je veux dire des étudiants dont l’athéisme ou le catholicisme soit l’aboutissement d’une démarche, d’un cheminement intérieur.Quant aux autres, ils me semblent profondément inquiets.Je ne crois pas que les étudiants en général aient perdu la foi ; mais ils rejettent cette espèce de catholicisme systématisé en questions et réponses dans le petit catéchisme, en devoirs, et obligations.Ils rejettent ce qui leur semble être un grand corps sans âme, tout un appareil sans vie qui s’écroule.Temporairement la foi est ensevelie sous un fatras de débris.Il y a crise religieuse.Mais pourquoi ?Peut-être que pour certains cela correspond à une solution de facilité, solution de facilité qui d’ailleurs colle si bien à notre société moderne en quête d’une vie facile, d’une vie bruyante où l’on évite les questions embarrassantes, en quête de gloriole, en quête d’argent.Le culte de la personnalité et la recherche de la sécurité suffisent peut-être à certains étudiants.Mais je ne crois pas que ce soit le fait de la majorité.Le problème se pose en des termes bien différents.« Monde étudiant, notre miroir.» C’est Pierre Vadeboncœur qui écrivait : « Nous vivons dans une culture qui a détruit le goût et le sens de l’expérimentation et du cheminement.Elle est fondée d’ailleurs sur une expérience aussi contraignante que nulle .À MONTRÉAL? 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manifesté à tous les paliers de la collectivité québécoise ; au palier du gouvernement, au palier des commissions scolaires et au palier des contribuables.En 1956-1957, les dépenses effectuées chez nous pour l’enseignement, à la fois par le gouvernement lui-même, par les commissions scolaires et par les institutions indépendantes, s’élevaient à $286 millions, ce qui représentait 5.2% des revenus personnels de la province.En 1959-1960, les Québécois affectaient 6.5% de leur revenu personnel à l’éducation ; en 1961-1962, ils ont consacré à cette fin 8.5% de leur revenu personnel, soit une augmentation de 31% en deux ans, alors que durant les quatre années précédentes, cette augmentation n’avait été que de 25 %.Si on a pu dire pendant longtemps que le peuple du Québec ne fournissait pas un effort suffisant pour l’éducation, il faut aujourd’hui reconnaître au contraire que le peuple manifeste de façon claire et nette, non seulement son consentement mais son désir de fournir un effort adéquat.Paul Gérin-Lajoie (Extrait d une allocution du ministre de la Jeunesse, prononcée à l'occasion du 25e anniversaire de la Société de pédagogie de Montréal, è l'Hôtel Queen's, le samedi 16 mars 1963.) pour la plupart d’entre nous : l’expérience religieuse nous a liés sans que nous la traversions.Authentique chez quelques-uns, la religion nous a attachés sans que nous l’embrassions.Nous sommes restés collés à la religion, sans vraiment la pratiquer.L’esprit est entier et, s’il se donne du bout des lèvres, Iil s’anéantit.En ne pensant plus à l’esprit, on gardait de celui-ci le souvenir et l’impression d’une complète impasse.Alors, on s’occupait d’autre chose et l’esprit bourgeois arrivait à point pour que l’on s’en dégage.Quelques générations adonnées à la poursuite de l’argent ont vécu cette évasion ; elles ont été tout simplement indignes comme tout le monde a pu l’observer ».La réalité est parfois bien cruelle mais il faut avoir le courage de la regarder en face.A ce régime que décrit Vadeboncœur, nous n’avons pas vécu d’expériences, de cheminements intérieurs.Nous avons nous-mêmes tout réprimé d’une façon rigoureuse : volonté de créer, inquiétude, curiosité de l’esprit, recherche intellectuelle, interrogation de l’humain et du divin.L’immobilisme a remplacé le mouvement de l’esprit.Cette sclérose a entaché nos institutions les plus fondamentales, en particulier notre système d'éducation, notre vie familiale.Cela finit par créer un climat.Or cela ne pouvait plus durer.Et les jeunes sont sollicités par le désir de donner satisfaction à ce besoin d’une parole claire, d’une vérité sans condition, ce besoin de libérer un esprit étouffé.« Existentialisme, nous voilà ! » C’est là que commence à se creuser > le fossé qui sépare maintenant les générations.Le symbole le plus alarmant j de ce fossé est le milieu familial, milieu où très souvent s’affrontent des positions inconciliables, où l’on monologue de part et d’autre, milieu où le mot dialogue ne correspond plus à aucune espèce de réalité, milieu qui ne réussit plus à retrouver l’équilibre fondamental d’amour et de compréhension.Tout cela se traduit par cette coupure accrue avec un monde que les jeunes refusent parce qu'il les déçoit.Et les jeunes réagissent fortement devant cet état anormal de choses.On peut dire que cette réaction se manifeste dans un désir de vivre intensément, et c’est pourquoi ils se rallient aux théories existentialistes dans lesquelles ils découvrent un nouvel idéal, une nouvelle définition des valeurs.La pensée s’y trouve orientée vers de nouveaux horizons où le monde est éclairé d’un jour nouveau, celui de l’histoire, où le goût du concret, le besoin de réalisme se trouvent comblés, où enfin la pensée établit un lien de continuité dans l’ordre des choses par une synthèse cohérente.Si l’aspect nouveauté tient une place importante dans ce schéma, on voudra bien accepter que ce soit là une qualité propre à la jeunesse et je dirais même qu’on trouvera normal que ses facultés et ses énergies soient au service d’une volonté intense de créer, de bâtir, de redresser.Sans doute de telles aspirations manifestent-elles des besoins constants de la nature humaine, mais comment ne pas en remarquer les récentes accentuations ?On ne vit pas impunément dans un système social froid, sans âme, sans sécurité, sans amour.L’inconscient monte à la surface et l’instinct se venge.Souvent de grands convertis du XXe siècle ont affirmé qu’une grande entrave à leur conversion était la façon dont vivaient bon nombre de catholiques.Les jeunes étudiants se refusent à une religion réduite à des schémas, des gestes.Ils veulent comprendre, il y a chez eux un désir de vivre les choses pleinement.C’est là, je pense, l’aspect vraiment positif de cette crise religieuse.Il ne faut pas perdre de vue que ces décrochages, ces essais, ces hauts et ces bas qui marquent l’expérience religieuse des étudiants doivent se comprendre et s’interpréter non en eux-mêmes mais par rapport au point d’achèvement.Si l’on veut qu’ils traversent cette crise positivement, la seule attitude à prendre, en est une de confiance réciproque et de compréhension.Car le Québec a plus que jamais besoin de grands hommes, de « fous » profondément spirituels ; je ne dis pas catholiques, athées, communistes : ces mots-là sont trop chargés d’émotivité.Et je reste convaincu que cette crise actuelle ne peut que favoriser l’éclosion, l’épanouissement de tels hommes.Pierre Marois .COLLÉGIENNES?Comment leur nuire Nos jeunes vont-ils perdre la foi ?Bien sûr, si les adultes le veulent absolument., et pour ceux-là voici les moyens les plus efficaces : Enseigner une doctrine sans vie, faite de prescriptions positives et plus souvent négatives : « Vous ferez ceci, vous ne ferez pas cela ».A ce moment, les jeunes désirent comparer les doctrines des autres religions et faire leur choix ; ils n’ont pas tort puisque nous ne pouvons contester la part de vérité impliquée dans les idéologies diverses qui se partagent la pensée de l’homme.Plus efficace encore pour faire perdre la foi est le spectacle de certains adultes qui font consister leur religion dans des exercices de piété : « Selon votre assiduité à la messe, au mois du Rosaire, etc., vous êtes d’excellents ou de médiocres chrétiens ».En termes modernes, il suffit de sauver la face ! Or les jeunes d’aujourd’hui n’acceptent plus cette manière conformiste ; sans être eux-mêmes des modèles de loyauté, ils ont l’exigence de la trouver chez les gens d’expérience.Un excellent moyen de faire perdre la foi aux jeunes est offert par les adultes les' plus désireux de sauver cette même foi : « Faites ce que nous vous disons, mais ne regardez pas ce que nous faisons ! » Cette comédie jouée sur le plan naturel comme sur le plan surnaturel est la mort de la confiance et de la foi.Nous les adultes nous ne pouvons qu’incliner la tête devant cette affirmation.et retrouver la sincérité que nous avons perdue le long du chemin de la vie.Si nous voulons aider les jeunes à perdre leur foi, nous pouvons aussi leur imposer de toute autorité une religion qui ne souffre ni explications, ni discussions.Ce n’est pourtant pas inintelligent de vouloir comprendre ce que nous devons croire ! Comment les aider Ce serait tellement plus aimable, plus humain, plus chrétien d’écouter l’autre, de le comprendre, de répondre à ses interrogations, de chercher avec lui les solutions ! Quel jeune se révolterait devant pareille attitude ?C’est le pre- 156 mier moyen à offrir à nos jeunes avides de vérité.Et puis il y a, dans l’esprit du Concile, un essai de rajeunissement à faire ! Pourquoi tenir mordicus à nos positions quand nous savons par ailleurs qu’il est possible de servir et d’aimer Dieu de différentes façons ?Avec les jeunes, il faut être jeunes, se faire jeunes et accepter ds changer ses cadres traditionnels lorsqu’on se rend compte qu’ils étouffent la vie.Mais par-dessus tout : la charité.Rien de plus fort pour inspirer amitié et confiance.Quand les adultes seront charitables par en dedans, les jeunes les admireront et les imiteront ; ils ver- Pour que la question posée ait un sens : « Nos jeunes vont-ils perdre la foi ?», il faut présupposer qu’ils la possèdent cette foi : on ne perd pas ce que l’on n’a pas.Nos jeunes sont-ils croyants ?A cela pas de réponse claire, précise et assurée.Toutefois, des observations honnêtes donnent au moins des indications provisoires et probablement proches de la vérité.Enquête Labarrère Au terme de son investigation, menée auprès d’un groupe d’étudiants de l’Université Laval pour le compte du Magazine Maclean et publiée en octobre 1961, Monsieur André Labarrère rend le diagnostic suivant sous le sous-titre : Une certaine désaffectation.« L’inquiétude religieuse se résume-t-elle en la hantise du péché ?Quelle est la place de la religion dans ce groupe d’adolescents ?Voici les réponses aux questions : « Etes-vous croyant ?Prati-« quez-vous ?» Sur 72 jeunes, vingt déclarent ne pas croire en Dieu, ce qui donne 28 pour cent d’incroyants.Quant à la pratique religieuse vingt-six ne vont jamais à la messe, soit 36 pour cent.Certes, si l’on regarde les proportions inverses, la situation est plus rassurante : 72 pour cent de croyants, 64 pour cent de pratiquants ».Enquête A.G.E.L.Comparons ces données à un autre rapport préparé par l’A.G.E.L.à la ront mieux le visage du Christ et l’amour qui transforme toute une vie.Cette charité, elle se manifestera par le respect de la parole de Dieu ; les adultes ne doivent pas identifier messager et message.Quelle que soit la valeur ou la non-valeur de l’instrument, c’est toujours la parole de Dieu qu’il faut entendre et vivre.Le témoignage que donnent les adultes vaut beaucoup plus que conférences et discours écoutés avec plus ou moins d’intérêt.Les jeunes ne perdront pas la foi parce qu’ils cherchent la vérité et prennent les moyens de la découvrir ! Mère $te-Thérèse-de-Lisieux Commission du Programme de la Faculté des Arts de Laval.Selon les termes de ce rapport c’est à la question de la formation religieuse que les étudiants qui ont répondu au questionnaire ont attaché le plus d’importance.Ce qui montre tout de suite qu’il n’y a pas désaffection des questions religieuses.Relevons quelques traits des plus significatifs : « 1) Pour 8.5% de ceux qui ont traité ce point, l’arrivée à l’Université a signifié la délivrance de la pratique religieuse.Par délivrance, nous entendons ici abandon ou désintéressement pratiquement complet de la religion.« 2) Environ 18.3% estiment avoir reçu une formation adéquate ; ils apprécient l’enseignement et la façon dont la religion est présentée et par le programme et par le cadre de vie du collège.Ils ne trouvent rien à redire et ils affirment que s’il y a insatisfaction et mésadaptation chez un certain nombre, ces derniers seuls en sont responsables.« 3) Tous les autres, soit 61.2% soulèvent des objections et apportent des critiques et des suggestions.» Ces observations, qui datent du 9 mai 1958, modifient sensiblement le tableau présenté par Maclean.A mon sens les divergences sont dues plutôt au fait que le professeur s’est intéressé à un groupe restreint d’étudiants qu’au décalage de trois ans qui séparent les deux comptes rendus.Risques pour aujourd'hui Je ne veux pourtant pas insinuer que la foi de nos jeunes ne court aucun danger : elle en court depuis toujours ! Peut-être en court-elle de particuliers aujourd’hui.N’est-ce pas ce que laissent à penser les questions qui surgissent lorsqu’on aborde devant nos étudiants (et lorsqu’ils discutent entre eux) les problèmes les plus graves ?1) La multiplicité et la diversité des confessions religieuses les amènent à se demander s’il y a lieu de préférer la foi de leurs pères à celle de leurs frères séparés ; 2) L’engagement baptismal inconscient : de quel droit des adultes ont-ils pris en notre nom des engagements qu’ils ne respectent pas eux-mêmes souvent?3) Pourquoi les rapports personnels avec Dieu ne suffiraient-ils pas ?Est-il vraiment besoin de s’intégrer à une Eglise ?La division des Eglises ne plaide-t-elle pas en faveur de la foi personnelle ?Trois ambivalences Par ailleurs, nos étudiants sont soumis aux mêmes requêtes que tous les hommes de leur temps.Dans son excellent ouvrage, Les jeunes et la foi, le Père Babin signale trois traits ambivalents des hommes de notre temps : (cf.p.208).1) Vif sentiment de la liberté et d’une liberté créatrice de valeurs.L’Homme s’enivre de ses conquêtes et croit confusément que demain la terre sera vraiment le prolongement de son être.D’où un sens aigu du travail créateur, de l’action et de l’efficacité.2) Chez les jeunes, chez les meilleurs surtout, s’éveille le sens des responsabilités sociales, le goût des vastes ensembles et l’idée d’une histoire en route vers le perfectionnement et l’unité.3) Enfin, les jeunes éprouvent une vive sensibilité aux réalités humaines et aux valeurs temporelles.Parce qu’ils vivent dans un monde profondément aux prises avec la nature et enivré de ses découvertes, les jeunes connaissent le prix et éprouvent la valeur du contact avec la terre, du contact avec le monde des hommes.Cela provoque pour ainsi dire une hypertrophie de la sensibilité aux choses, un sens aigu de la vie, des valeurs humaines et de l’engagement terrestre.Individualisme .J’ajouterai à cela l’individualisme qui annule les velléités d’engagement du COLLEGIENS? 157 iis: e a jet ¦ ::: ' i st; fej i p «¦ Ijvst: •; Hi;.: ::t; B t«‘ verviié df imèneüi : !i fitfe ; Jî IW-.ment hi-' limit Jc : (OB if SMl P* mfl IllliSIlffi’ eat teiC ; La iï';-jli f;'fc ; plus grand nombre, surtout d’un engagement qui repose sur une ascèse personnelle.Car beaucoup peuvent s’emballer pour une cause, par exemple la justice, le sens humanitaire, le nationalisme, etc.Mais l’engagement qui exige une ascèse quotidienne personnelle vient en contradiction avec leur notion de liberté.Il y a des exceptions, c’est trop clair.Mais voyez leur attitude générale devant les sports actifs.Le regretté président Kennedy a parlé d’une menace à la sécurité de l’Etat, due à cette génération assise qui se prépare.Il faudrait parler aussi d’une menace à la survivance, à l’épanouissement d’une foi engagée.Comment voulez-vous que ces jeunes gens comprennent la leçon de saint Paul : « Combattez comme les cou- reurs qui entrent dans le stade.» ?Nos étudiants ne peuvent pourtant pas être classés comme indifférents, encore moins comme incroyants.En matière de pratique religieuse, ils sont même d’une docilité déconcertante.Us se 100“(V Il h f* mil) 11(1# JEUNES [jte** , 0 # e s#J(' if# .«pnie»1 ,1# I"' Cil.if Le milieu rural est traditionnellement catholique, mais la religion doit être quelque chose de vivant.Dans les pratiques religieuses, beaucoup de jeunes ruraux s’ennuient ; la messe, les sacrements, la prière sont vides de sens.Pour certains, la religion se résume à « je peux », « je ne peux pas », « c’est péché » ou « ce ne l’est pas ».Les actes religieux sont en dehors de leur vie.Us les suivent souvent par conformisme ; l’esprit et le cœur n’y sont pas.De plus, ces jeunes réalisent des activités, vivent des situations qui ne reflètent pas une conscience religieuse, un réel esprit de foi.NATURE DE CE MALAISE RELIGIEUX ^li“' (i# Pour un grand nombre de jeunes, l’Eglise, c’est le curé, le presbytère.Us ne réalisent pas qu’ils sont des membres actifs de la communauté chrétienne, mais vivent dans une sorte d’indifférence, de manque d’intérêt par rapport laissent porter par le courant sans faire d’histoires.et conformisme ?Un fait : les retraites libres pour finissants.On sait que la pratique se répand de ne plus imposer de retraite fermée aux étudiants, même aux finissants.On la leur propose seulement, avec une certaine insistance.Or, les abstentions ne dépassent pas 5%.N’est-ce pas tout au moins le signe que la question religieuse ne laisse pas nos jeunes indifférents, qu’elle n’est pas, au terme de leurs années de collège, une affaire classée.Et cela n’est-il pas un bon signe ?Mais cela n’est pas le signe indubitable que l’évolution de la foi de nos jeunes se fait normalement, qu’ils s’acheminent vers une foi adulte, à la mesure des exigences de notre temps.Ici, je pense qu’il y a lieu de s’inquiéter et de s’interroger encore sérieusement.Alphonse Caron RURAUX?à la foi ; ils n’accomplissent pas leurs devoirs religieux par amour, ils ne rencontrent pas le Christ.En somme, ces jeunes ne trouvent plus, dans leur foi demeurée infantile, le stimulant dont ils auraient besoin pour vivre en vrai chrétien, pour être capables de témoignage vigoureux et optimiste.CAUSES DE CETTE CRISE RELIGIEUSE La jeunesse actuelle est coupée des adultes.L’accès à la maturité qui, dans le passé, se faisant par continuité, au contact des adultes, doit s’accomplir aujourd’hui dans un relatif isolement.L’inUuence du progrès technique a bouleversé l’univers familial et a accentué jusqu’au fossé l’intervalle normal entre les générations.Les jeunes ruraux grandissent dans une insécurité face à leur avenir à cause de la situation économique du milieu rural et du manque de débouchés de travail.Ceci amène un sentiment de découragement et d’abandon qui a des répercussions sur la vie religieuse des jeunes.Le climat actuel de subjectivité et la mentalité matérialiste nuisent à l’épanouissement des jeunes.Les concessions à l’égoïsme ont déterminé une fissure qui s’élargit ; l’idéal par elle s’en est allé.Aussi, la popularité croissante des loisirs commercialisés et le manque d’organisations de loisirs communautaires entraînent-ils chez les jeunes une attitude de passivité.Enfin, la formation religieuse, à l’école, s’est trop souvent limitée à la mémorisation de principes au lieu de faire découvrir l’esprit de leur religion qui est d’abord un acte d’amour.Au plan paroissial, beaucoup de prédications sont trop abstraites et trop éloignées de la vie des jeunes.LIGNES D'ACTIONS Nous devons d’abord, faire appel au sens de l’idéal du jeune.Mais un idéal qui soit compatible avec ses aspirations profondes.La foi chrétienne ne lui paraît grande que si elle va de l’avant.Son ardeur veut construire un monde nouveau.Les jeunes se trouvent à l’étroit dans un christianisme qui n’a pas assez confiance dans leurs imprévisibles possibilités de rédemption.II faut leur apprendre à croire à l’action du Saint-Esprit qui sanctifie l’effort moderne qui tâche de rénover le monde.Nous devons aussi avoir une attitude sympathique au besoin de loyauté, de sincérité et au désir de liberté des jeunes.Ces derniers ne sont pas encore des adultes mais sont en train de le devenir.Ils ne peuvent être conduits du dehors, mais doivent découvrir la nécessité de vivre activement leur foi chrétienne.Enfin, faisons découvrir aux jeunes les valeurs qui comblent leur vide et présentons-leur une action dynamique.II faut les aider à s’affirmer, à s’engager au service des autres ; la foi des jeunes se nourrit d’efforts concrets qui les délivrent d’eux-mêmes.Les jeunes souffrent de ne pas sentir que la foi de leur enfance garde cette vigueur, cette combativité, cette assurance dont ils éprouvent le besoin vital.A nous de la faire revivre.Raymond Beaudry 158 .NOS ENFANTS?Si l’on constate chez certains de nos étudiants une révolte, chez d’autres un manque de confiance en la foi de leurs parents, dans l’ensemble une inquiétante déchristianisation de nos jeunes, il doit y avoir une ou des raisons.Voici quelques observations personnelles d’une mère de famille.Combien ça paie ?Les jeunes constatent chez leurs aînés une course effrénée vers l’argent, un enlisement dans un matérialisme confortable et sournois qui s’est emparé du monde, particulièrement de l’Amérique.Dans notre société, l’argent est le critère suprême ! Atmosphère peu propice au développement des valeurs spirituelles.Il y a des parents désintéressés du problème de la foi ; d’autres se sentent incapables de satisfaire aux questions de leurs jeunes, soit qu’ils manquent de formation, soit par inertie religieuse.Certains parents chrétiens ont oublié de passer de l’état d’enfant baptisé à celui de chrétien adulte.Ils croient aussi que tout a été dit dans le domaine religieux, que tout est tracé, qu’il ne s’agit plus que d’écouter et de suivre.D’autres ont perdu les proportions entre ce qui est devenu essentiel et ce qui doit être modifié.Réponses sans questions De nos jours on sert aux jeunes, trop souvent, des réponses sans questions, du tout cuit, ou des questions sans réponses, ce qui ne leur apporte aucune lumière.Les jeunes regardent vivre leurs aînés et constatent trop souvent que beaucoup n’intègrent pas le christianisme qu’ils prêchent dans leur vie quotidienne.Peut-on leur en vouloir de désirer un autre genre de manifestation de la foi que celle-là ?Ils désapprouvent, avec raison quelquefois, certains clercs, certains éducateurs qui négligent de considérer les problèmes aux dimensions du monde dans lequel nous vivons actuellement.Il y a des formules qui étaient bonnes en soi de notre temps, qui ne sont plus à la page dans le contexte de la vie moderne.Nos étudiants sont écrasés par la dose massive reçue, d’un enseignement religieux, monotone souvent très mal compris par la personne enseignante et mal vécu par les membres de la société où ils sont appelés à évoluer.Rester jeunes Nos jeunes vieillissent très vite par le temps qui court.Tout contribue à cette précocité : le monde se rapetisse, les contacts sont plus faciles, le progrès croissant de la science, l’envahissement du pluralisme et tout le reste.Pour parer à cela ils ne possèdent peut-être pas tout à fait le jugement qui leur permettra de bien comprendre et d’atteindre leurs objectifs.Ils veulent tout bousculer pour faire éclater la Vérité.Il faudrait de notre part une prise de conscience lucide, adulte.Le Pape s’est inquiété de ce qui sépare les catholiques de leurs frères ; peut-être pourrions-nous, à son exemple, nous inquiéter de ce qui nous sépare de nos jeunes.Comme on l’a écrit dans la revue Maintenant, « nous avons trop accepté la religion comme un héritage familial, que l’on sait nous revenir.Nous avons ainsi déplacé les valeurs chrétiennes en s’attachant à une morale bourgeoise au culte de discours fastueux de certains de nos prêtres qui ont parfois laissé dans l’ombre l’annonce de la Bonne Nouvelle.Sommes-nous restés enfants dans nos croyances qui quelquefois s’apparentent au fétichisme d’une piété trop sentimentale ?Avons-nous assez approfondi la grandeur de nos dogmes, la bonté de notre Père, la grâce de notre foi ?» Les adultes ne doivent pas avoir la nostalgie du passé.On ne donne que ce qu'on a Je crois bien que si nous voulons nous adapter au tempo du XXe siècle, nous les parents, avant d’entreprendre de condamner la foi de nos jeunes, nous devrions nous réveiller de notre inconscience, de notre manque de compréhension.Il faudrait revenir aux enseignements, aux leçons de la Bible.Il serait bon pour eux, et pour nous aussi, d’afficher une foi qui ait plus de vigueur et plus de dynamisme.Il faudrait apprendre non pas à plus aimer nos enfants, mais à mieux les aimer.Il faudrait être des adultes qui acceptent d’être éduqués.La foi ne consiste nullement, depuis Jésus-Christ, à accepter d’une manière uniforme le message de l’Evangile.Il faudrait que nous, les laïcs, nous acceptions d’avancer « avec » le clergé, non pas « sous » le clergé.Liberté chérie L’enfant est plus docile qu’obéissant ; sa dépendance est trop facile pour être libre, son abandon s’explique trop par son manque d’autonomie personnelle.Ayant rejeté la docilité enfantine, l’adolescent n’accepte volontiers de dépendances que celles que favorisent ses admirations, ses emballements et jusqu’à ses envoûtements.Dirigeons leurs emballements vers des personnes ou des choses qui ont une réelle valeur.Ha-bituons-les à admirer le héros qui en est un, qu’ils se laissent envoûter s’ils le veulent mais par ce qui est bon ou beau, par un idéal qui en vaut la peine.Sachons rester jeunes avec nos jeunes.Acceptons leur temps, épousons leurs problèmes.Rattachons la foi aux valeurs qui les intéressent, l’amour, la culture, les loisirs, la science, et les arts.Dépouillons-nous d’un manteau de traditions qui ne répondent plus aux exigences du monde actuel sur le plan local comme sur le plan mondial.S’il est difficile d’être chrétien dans un monde qui l’est si peu, essayons de vivre l’engagement total demandé par Jésus-Christ.Si l’on accueille en soi une mentalité nouvelle, nos jeunes quitteront le foyer en se sentant mieux armés devant l’influence du milieu social où ils auront à vivre, qui désormais sera leur monde à eux.Puisque l’influence de la famille est déterminante, laissons-les nous quitter avec la conviction que nous avons une religion de courage et d’amour car le Christ a reproché la peur et la tristesse.Si avoir la foi c’est faire confiance à Jésus-Christ et le suivre, je ne crois pas me tromper en affirmant qu’il y a plus crise que perte de la foi, mais je crois que nos jeunes en sortiront avec une foi plus adulte, plus raisonnée, en définitive plus fervente, plus lucide.Françoise Stanton 159 te Je » Il illljE Élit K limer.B ülii if oi ne ® kl-' Ciliii B: te:.' J- mil !- .« ; ' : :: Jé-;' ::i'ïï; '¦ IB « ' ÿ- - ;i : ,i mu ' ' ' 0'^ l^1' Je»1' si1' |ef|ÿ Jans Je sar , s^1 „ ni"*6' Nos colloques et leurs résultats Depuis septembre dernier, nous avons tenu onze colloques Maintenant.Sept à Montréal et quatre à Québec.Dans l’ensemble ils ont atteint les buts qu’ils se proposaient : informer sur des sujets couramment débattus dans les salons et les presbytères, mais rarement sur la place publique.Aucun colloque ne s’est terminé par des résolutions votées à l'unanimité.Les sujets et souvent les participants ne permettaient même pas le plus vague espoir à de pareilles conclusions.Il s’agissait de soirées d’études qui donnent l'occasion aux personnes présentes de se faire une ou des opinions sur un pro- blème ; de les confronter et de les affronter avec d’autres points de vue si on en avait déjà.Grâce à la collaboration de plusieurs grands journaux qui ont publié chaque fois un compte rendu, l’opinion publique pouvait à son tour entrer dans ce mouvement d’éducation populaire.Au terme de la saison, nous remercions les organisateurs, animateurs et participants de ces colloques ainsi que les journaux qui.en plus de reportages, ont publié nos communiqués.Merci spécial au poste de télévision de Québec qui a invité nos panelists sur les ondes à plusieurs reprises.A la suite des textes précédents, voici la réaction fort sympathique de huit étudiants de l’Université Laval.Ce sont, parait-il, quelques réflexions mises sur papier dans la nuit du 20 janvier, au sortir du colloque qui avait amené 800 personnes à l’école Joseph-François-Perrault.« To be or not.» Y a-t-il eu un colloque de Maintenant sur le thème « Les jeunes sont-ils en train de perdre la foi ?» Ce titre nous avait attirés, nous les jeunes c’est-à-dire quelques étudiants de diverses facultés de Laval.Et par hasard nous nous sommes rencontrés après le colloque, tous insatisfaits et inquiets.Nous avons d’abord été étonnés par la façon de procéder des représentants des divers milieux qui étaient là pour poser le problème ; non pas que nous ayons attendu des solutions, ce n’est pas le but du colloque.Mais le but du colloque ne nous semble pas être de se rassurer mutuellement en se disant, à l’aide de quelques chiffres douteux, que le problème n’est pas si grave puisque la majorité n’est pas concernée et qu’il suffit de quelques bonnes recettes pour ramener les brebis au bercail.A l'essentiel ! Nous nous attendions à ce que l’on pose le véritable problème dans les conditions réelles de la vie quotidienne, dans son véritable caractère de difficulté de vivre.Nous nous attendions à ce qu'on pose notre problème sans tricherie, sans camouflages pieux.Si, comme on dit, nous nous posons des questions sérieuses parce que nous sentons que nous ne vivons pas réellement de la grâce, que la grâce ne rend plus sacramentelles nos conduites les plus « quotidiennes », n’en fait plus des conduites vivant de l’Amour du Christ, alors nous devons mettre en question toute notre existence chrétienne.En ce sens, nous perdrions ou rejetterions ce qu’auparavant nous pensions être la foi et la vie chrétienne.Ce qu’il faut définir à ce tournant critique, c’est ce qui précisément est rejeté.Car ce rejet peut être tout aussi bien un retrait total par rapport à la vie religieuse, ou une façon souverainement chrétienne de « couper les branches mortes », de « jeter les outres vieillies » pour garder le vin nouveau ; bref, une indispensable purification de l’existence religieuse authentique.C’est pour cela que l’expression « perte de la foi » demeure dangereusement ambiguë et stérile, si elle ne comporte pas cette nécessaire distinction de base.Insatisfaction Nous étions venus pour approfondir nos doutes.On nous a dit que la religion était capable de satisfaire les gens, qu’il ne lui manquait qu’une présentation adaptée à son contenu.Si on trouve la présentation qu’il faut et si on donne le bon exemple, c’est-à-dire si on vit du contenu, alors tout sera pour le mieux.Sans nier l’importance de ces deux points, nous posons la question suivante : en fait, est-ce que le contenu est si bien connu ?Est-ce que les doutes des jeunes ne pourraient pas indiquer des directions où le contenu est douteux, où il faudrait approfondir, chercher à comprendre, au lieu d’expliquer sans chercher.L’inquiétude n’est-elle pas un point de départ à toute recherche ?La possession tranquille de la vérité est plus confortable mais si nous la jugeons à ses fruits, en l’occurrence un apport à la vie intellectuelle de l’Eglise, nous faisons piètre figure.(Quelqu’un a parlé de refaire l’éducation théologique de nos maîtres, et cela ne venait pas d’un étudiant.) Définir le problème L'impression qui nous est restée de ce colloque c’est que l’on se rend bien compte qu’il y a un problème, mais on ne sait pas le définir, on est pris de panique et on ne cherche qu’à se rassurer.Rien de plus facile.On regarde le pourcentage des croyants au lieu de considérer le pourcentage des incroyants, et ce n’est pas si mal.A ceux qui cherchent, on les défie de lire des théologiens sérieux : « Vous allez sécher sur les premières pages ».A ceux qui posent des questions on leur dit : « Vos connaissances ne vous permettent pas de discuter ».Comme obstacles à la discussion il y a d'une part l’agressivité des jeunes et d’autre part cette attitude paternaliste de ceux qui viennent discuter les problèmes de nos « jeunes », sans manifester une connaissance précise de ces problèmes.Que sommes-nous allés faire au colloque de Maintenant, nous les jeunes ?Nous y étions étrangers.George Michaud, Physique Louis Guéret, Médecine François Caron, Histoire Marcel Bellavance, Histoire Lise Pageot, Pédagogie Vincent Ross, Sociologie Denise Lemieux, Sociologie Gilles Pineault, Génie Physique 160 DIAGNOSTIC EN VRAC " " " ____de peur que certains de ses lecteurs n’aient pas eu le bonheur de se voir renseignés, leur transcrit intégralement l’annonce suivante, tirée du Canada français de St-Jean (9 avril, p.11) : «Toujours soucieux de bien servir sa clientèle — la maison « Le-sieur et Frère Ltée » a fait l’acquisition — du plus beau corbillard en Amérique — « Le Crown Royale » Cadillac 1964 — complètement automatique, avec service par le côté — la table vient elle-même rencontrer le corps — à la bordure du trottoir, et retourne doucement — à l’intérieur.Ce genre de service donne un cachet — que l’on ne trouve pas dans les autres voitures ».— félicite le juge Wagner pour son courage.Ses gestes en faveur d’une justice au-dessus de tout soupçon supposent qu’il ne craint pas les vengeances d'une pègre dont il évente les petites combines, protections, et tolérances.Mais il a aussi le cran d’affronter ses confrères plus timides qui souhaiteraient sans doute sauver davantage la face et que l’on fasse comme si la profession était irréprochable.Non : la sagesse est dans la confiance du juge Wagner en la vérité.Pas d’autre moyen de désamorcer, dans la population, une révolte qui gronde : les scandales sont trop nombreux et trop connus.m m m — regrette, à proximité toute fraîche de son quinzième anniversaire, de voir fondateurs, administrateurs et nouvelle équipe de Cité Libre faire état de leurs querelles des anciens et des modernes, de leurs conflits de générations.(Les générations du Québec, il est vrai, ne se comptent plus désormais en quart, mais en dixième de siècle).Et Maintenant dont la germination s’effectue dans les sillons labourés par la Cité Libre de jadis, se demande si, pour les revues comme pour les vieux curés, ne devrait pas exister l’âge serein de la retraite qui leur permettrait, ayant bien rempli leur rôle, de se retirer en beauté.Ainsi Cité Libre s’estompant, demeurerait à jamais dans nos souvenirs, le Parti Pris des quadragénaires d’aujourd’hui lorsqu’ils étaient petits garçons.¦ ¦ * — apprend avec joie d’intéressantes évolutions dans le secteur des écoles de nursing.L’hôpital du St-Sacrement, de Québec, est en pleine période de rodage dans la mise en place d’une constitution jusqu’ici inédite dans les écoles hospitalières.Le système comprend une nette division des études, du nursing et de la résidence.Les officières de l’Association des élèves sont membres du comité de la résidence, avec l’hôtesse de la résidence et une couple d’infirmières licenciées.C’est le niveau où se construit la collaboration des autorités et des étudiantes au plan des activités, des initiatives et tantôt de l’autodiscipline.Nous souhaitons beaucoup d’imitateurs de cette innovation.m n m — recommande à tous ses abonnés l’Eglise et la cité du Cardinal Otta-viani, confié pour l’édition française à un Québécois de naguère, à qui il est d’ailleurs dédicacé : Monsieur Jean Ousset, de Cité Catholique.Voyons la vision de l’Histoire qu’y propose le Cardinal Ottaviani : « Si les premiers siècles chrétiens connurent des luttes terribles sur les Personnes divines et la nature divine, les derniers siècles, au contraire, non contents d’avoir tenté de détruire l’idée de Dieu comme Nietzsche a osé l’écrire en lettres énormes, s’occupent maintenant de désintégrer l’homme.Ils l’ont attaqué comme un réactif chimique attaque un corps, dans sa nature et dans sa personne.Ce qu’est l’homme a été l’objet de plus de quatre siècles d’explorations depuis la soi-disant Renaissance jusqu’à nous.De la connaissance de l’homme s’occupaient auparavant la théologie puis la philosophie ; et puis est venu le tour de la psychologie ; enfin il ne fut plus question que de zoologie, et cela ne suffisait pas encore : nous en sommes maintenant à la chimie pure.On lui a ôté d’abord son âme, et ensuite jusqu’à sa personnalité.Si bien que de 1500 à aujourd’hui, du protestantisme politique au communisme politique, de l’absolutisme des monarchies nationales à l’absolutisme des républiques soviétiques, des empires coloniaux à l’empire des travailleurs, il ne s’est pas élevé une voix, une seule, en faveur de l'homme.» ¦ ¦ ¦ — se demande si, par hasard, ce serait du journal des Amis de l’Esprit nouveau que l’on a extrait cette perle d’une bigoterie de recruteur mandaté : « Une autre urgence, la préservation des vocations sacerdotales et religieuses.Belles et nombreuses, elles se perdent vers la quinzième année.Les parents laissent sortir avec les filles des garçons de cet âge ; et ce que font ces enfants, nous le voyons dans les jardins publics.» ?Pauvre appel en vérité, l'appel qui ne peut survivre à la crise normale de l’adolescence et à ses jeux interdits.Pauvre foi que celle de croire sans cesse notre pauvre monde plus fort que la voix chaude et insistante de VA mour.w m m — apprend que certains fils de ce monde ne veulent pas que le Concile condamne l’antisémitisme « par crainte d’indisposer les Arabes ».Quel courage ! Quelle sagesse vraiment surnaturelle.Quel réflexe évangélique : « Ne savez-vous pas qu’il est bon qu’un seul (le peuple juif) meure pour le salut de la majorité ?» Vraiment, l’antisémitisme est d’origine chrétienne ! — s’inquiète sérieusement pour l’avenir d’un peuple dont le sens moral et le sens de la justice seraient morts.De récents échanges devant les tribunaux justifient cette inquiétude.En exemple : 161 : C; ;3S’ à : i lî soi- D: : p t 01; Iff -—• « Considérez-vous que les ristournes payées aux fonctionnaires sur les achats du gouvernement sont légales ?» — « Cette coutume est légale, car elle est ancienne.Du reste, étant sanctionnée en personne par le législateur suprême, elle devenait légale de ce fait ».- ÿ::::: 031 ¦' :: ! ' .t' ^ s i ï®1, Osl P» ei !;t;I ÿ!td “ — avait déploré (No 25, p.19) le fait que la législation canonique actuelle maintient l’existence même d’un empêchement concernant l’admission aux saints ordres, dû à l’illégitimité de la naissance.Or figurez-vous qu’au lieu de condamner avec nous ce manquement à l’esprit évangélique, Monde Nouveau (février 1964, Nos Pasquinades, p.210) nous reproche d’avoir confondu, dans notre texte, la réception des ordres et l’admission au Séminaire.Nous aurions essayé d’imaginer un exemple plus éclatant de ce que peut être le clérico-juridisme que nous n’aurions pas fait mieux.(fil?it jud Id111 Ml t — propose comme sujet d’analyse grammaticale, logique et littéraire, à l’extension de l’enseignement, section française, le texte suivant : « tous les niveaux un idéalisme non expliqué, des explications non situées dans des structures le reliant entre elles et à un tout, des structures réclamées ou proposées sans que leur nécessité soit explicitée par rapport à une dialectique de l’Histoire pouvant seule les faire « désirables » et « inévitables » permettant un (sic) confusion et un (sic) imposition de valeurs fausses ou bâtardes qui retardent d’autant une action réelle à propos des phénomènes abordés parce que ceux-ci n’ont pas été mis en situation » (Parti Pris, avril 1964, p.57).¦ ¦ ¦ — est périodiquement sollicitée de participer à des campagnes de modestie.Avis général est par les présentes donné : non merci ! D’abord, il y a plus urgent que de mesurer les bords de robes et l’échancrure des corsages.Et puis, quand nous en aurons le temps, c’est sur un autre ton que nous aborderons la modestie, laquelle se mesure à une tout autre aune que celle du drapier : celle par exemple du bon goût.REVENEZ AU LATIN .OU PARLEZ FRANÇAIS M.DUPONT ÉCRIT À SON CURÉ Monsieur le Curé, La religion change !.ou, du moins, la liturgie.Quand, le 16 février, vous nous avez expliqué, en chaire, l’amorce du renouveau liturgique, j’étais heureux.Sur vos indications, je me suis même payé le luxe d’acheter le Lectionnaire officiel, pour mieux préparer ma messe du dimanche.Et maintenant.« exulterai-je » ?.« exalterai-je » ces changements ?.Hélas, dans le temps, c’était du latin, maintenant, c’est de l’hébreu ! Je me retrouve « avec nos pères, sous la nuée ».ou dans les nuages : je découvre de façon inattendue le Christ, qui « ouvre la bouche en paraboles » et « Le Paraclet », une personne de la Trinité dont j’ignorais le nom, qui sera atteint de confusion mentale sur de nombreux sujets, car : « il confondra le monde au sujet du péché, de la justice et du jugement ».Cela promet ! Au début du carême, en plus du jeûne, des larmes et du deuil, Joël nous prescrit une médication inconnue : « Prescrivez une assemblée sainte », dit-il, et, un peu plus haut, il nous demande — si j’ai bien compris — « une offrande et une libation pour le Seigneur ».Trinquons donc ! Puis-je vous demander, Monsieur le Curé, pour nous permettre de tirer profit de ce lectionnaire, d’expliquer chaque dimanche, en chaire, un mot difficüe ou obscur ?Je n’ai pas la chance d’être très instruit, ni d’avoir chez moi un dictionnaire, mais chaque dimanche avant l’homélie, je suivrai volontiers votre cours de français.Je vous donne humblement un petit aperçu de mon ignorance : « Revêtez les armes de la lumière » (Epître du 1er dimanche de l’Avent).« Le Christ a été le serviteur des circoncis, à cause de la vérité de Dieu » (Ep.du 2e dimanche de l’Avent) .« Aménité » (Ep.du 3e dimanche de l’Avent).« Intendant des mystères ».« Instance humaine » (Ep.du 4e dimanche de l’Avent).« Le siècle d’ici-bas » (Messe de Minuit).« Montagne de Sion.prémices pour Dieu et pour l’Agneau » (Ep.des Saints Innocents).« N’aimons pas.avec la langue » (Ep.du 2e dimanche après la Pentecôte) .De plus, ma femme vous suggérera de commenter, l’épître de la fête de sainte Anne, modèle des saintes épouses, qui « étend ses paumes vers l’indigent.ceint vigoureusement ses reins.ne mange pas le pain de l'oisiveté.livre des ceintures.» Monsieur Dupont, Français moyen (Témoignage Chrétien, 19 mars 1964) APRÈS TROIS AVIS NOUS SUSPENDONS LES ABONNEMENTS NON RENOUVELÉS Canada puissance nucléaire?Formulé à l’affirmative, le titre de cet article ferait sans doute sourire.Reflet de l’opinion mondiale, FO.N.U.se garde bien, depuis l’incident coréen, de constituer des forces de police internationale auxquelles participe une puissance nucléaire ; or des Canadiens sont actuellement à Chypre, mandatés par cet organisme, alors que d’autre part ses membres les plus scrupuleux ne semblent pas avoir exprimé de réserves quant à la composition de ce contingent.On semble faire assez peu de cas de nos Bomarcs-B.La conciliation est-elle possible ?Précisons dès le départ que nous ne nous proposons pas particulièrement de justifier ou de condamner la présence d’armes nucléaires sur notre sol ; notre propos est plutôt de discuter une question plus générale, qui pourrait s’énoncer ainsi : la possession d’armes nucléaires est-elle compatible avec une recherche sincère de la paix ?Les impasses où aboutissent toutes les négociations relatives au désarmement nucléaire sont inquiétantes, pour ne pas dire démoralisantes ; toute discussion à ce sujet devient même à la longue nettement irritante.Sommes-nous pour autant justifiés de fermer les yeux, espérant que le cauchemar se dissipera, ou ferait-on mieux de les ouvrir, observant que c’est habituellement ainsi que les mauvais rêves perdent un peu de leur aspect terrifiant ?Les solutions simples et radicales représentent toujours une tentation, de plus en plus attrayante à mesure que le problème devenant de plus en plus complexe, les voies plus nuancées demandent un effort soutenu dont les résultats ne semblent pas spectaculaires.Ainsi la dictature, la violence, le dogmatisme — et il en est de toutes les sortes — exercent une forte attraction sur les émotifs, toujours prêts aux solutions extrêmes, et sur certains rationalistes qui croient que la logique peut à elle seule définir et régir toute la réalité.Le mythe du blanc ou noir Il est une façon de poser un problème qui rétrécit singulièrement le champ d’enquête où trouver des éléments de solution valable, qui soient autre chose qu’une agréable illusion.Ainsi, proposer la bombe ou la paix, c’est recourir à une formulation qui trahit déjà une tendance à une vision de la réalité que nous n'hésitons pas à croire entachée du mythe du blanc ou noir.C’est un peu le même tempérament extrémiste qui pousse en des directions divergentes les tenants de la guerre préventive, du désarmement unilatéral, et de la menace de guerre totale à propos de tout et de rien ; ces vues sans nuance nous semblent toutes excessivement dangereuses.Depuis près de vingt ans nous avons vécu avec une caisse de dynamite dans notre jardin, dont le détonateur était entre les mains de quelques hommes : certes ce n’est pas confortable.Cependant, ces hommes ne sont pas tous nos ennemis — en principe aucun ne l’est irrémédiablement — et le sort de ceux-là qui sont visiblement avec nous est intimement lié au nôtre.Si ces responsables avaient cédé à l’extrémisme, sans l’une ou l’autre des formes déjà mentionnées, notre civilisation serait vraisemblablement disparue.Les faits parlent: 1945-1950 Trêve d’hypothèses et de généralités, et faisons un peu d’histoire.De 1945 à 1949, l’Occident avait le monopole nucléaire.Il eût donc été possible de mener une guerre préventive contre le communisme international, guerre nécessairement totale, car demi-mesure eût signifié éventuellement une revanche atroce.Pareille entreprise eût cependant marqué la fin d’une civilisation axée sur le respect de l’Homme.On se rappellera que les U.S.A.ont d’abord voulu internationaliser la puissance nucléaire.(Le plan Baruch.) Mais deux obstacles majeurs se présentaient : les Russes ne pouvaient accepter sans voir les U.S.A.conserver une avance dès lors impossible à rattraper — les Américains ne pouvaient consentir au désarmement nucléaire unilatéral avant d’être convaincus que les Russes observeraient sincèrement les clauses du pacte.La faille n’était pas tellement dans les arrangements techniques que dans l’atmosphère internationale, caractérisée par un manque de confiance réciproque et des objectifs inconciliables.Les objectifs politiques de l’époque aussi bien que les dispositifs militaires, rendaient la confiance impossible : l’Occident, pour se défendre et contenir la poussée communiste, encerclait complètement la Russie et ses satellites, ce qui, pour ces derniers, ne pouvait que comporter un aspect proprement menaçant.D’autre part, les communistes de par le monde poursuivaient un plan de conquête à ciel ouvert, et proclamaient à qui voulait bien l’entendre qu’ils n’auraient de cesse que le capitalisme institutionnel ne soit complètement anéanti.Profitant d’une suprématie certaine en force militaire conventionnelle — car les U.S.A.avaient imprudemment démobilisé entre 1945 et 1949 — les communistes poussaient aussi loin que possible, ne modérant leurs ambitions qu’en fonction d’objectifs qu'ils savaient devoir déclencher une riposte nucléaire s’ils tentaient de les conquérir par les armes.Il faudra attendre que l’Occident retrouve une force conventionnelle respectable pour mettre fin aux conquêtes communistes ; c’est exactement le sens du compromis réussi en Corée.Les deux camps disposaient cette fois de la bombe, indirectement il est vrai dans le cas de la Chine ; peut-être trop heureuse de voir Chinois et Occidentaux s’entretuer, la Russie serait vraisemblablement intervenue en cas de conflit majeur.On s’est donc rigoureusement abstenu de se servir d’armes nucléaires.Bien plus, on a de part et d’autre pris tous les moyens pour éviter d’élargir le conflit ; chose jamais vue préalablement, sauf en un sens à Berlin, à l’occasion du blocus de 1948, on s’est contenté d’une demi-victoire.Si seulement on avait eu cette sagesse en 1945 ! De 1950 à 1960 Cette preuve de sagesse, entre 1950 et 1960, elle étonne presque, tant le climat était tendu, à cause même d’une faiblesse bien particulière de l’arsenal militaire.En effet, nous vivions alors sous un équilibre de la terreur qui était dangereusement instable ; ne pas avoir encore développé d’armes susceptibles de survivre à une attaque initiale, nucléaire et totale, c’était en quelque sorte inviter le geste irréparable, jugé à bon ou mauvais escient susceptible d’apporter une victoire décisive à l’attaquant.Pour minimiser ce risque, on recourait de part et d’autre au seul moyen alors disponible : la multiplication et la dispersion des projectiles nucléaires, espérant ainsi qu’il en resterait toujours assez pour une contre-attaque.Et l'on s’efforçait de convaincre l’adversaire de ce qu’il n’échapperait pas à l’extermination.Mais comment convaincre ce dernier que ces armes n’avaient aucun but offensif, alors que toutes, individuellement, n’avaient aucune capacité de résister à l'attaque-surprise initiale ?Comment justifier l’existence d’armes soi-disant défensives incapables de survivre à l’attaque, et dont le seul usage logique serait donc d'asséner le premier coup ! Il semblerait qu’effective-ment les puissances nucléaires ont correctement interprété la situation : à d’autres signes elles ont saisi que ni l’une ni l’autre ne voulait d’une guerre nucléaire, et qu’il ne s’agissait que d’un dispositif de défense transitoire.L'évolution actuelle: 1964 En 1964, la situation est en quelque sorte beaucoup plus saine ; il existe maintenant des armes capables de survivre à l’assaut initial : les fusées Polaris et Minutemen par exemple.11 existe aussi des armes nucléaires purement tactiques, et identifiables comme telles : entre autres, les grenades anti-sous-marines.Il existe enfin un grand nombre d’armes nucléaires essentiellement offensives, susceptibles de servir de base aux pourparlers en vue de réduire l’arsenal de part et d’autre.Ces armes d'attaque, il faut les éliminer ; elles sont les seules qui soient vraiment dangereuses : d’abord parce que leurs méthodes de contrôle sont moins strictes, et d’autre part parce qu’elles représentent une menace évidente pour l’ennemi éventuel, qui peut alors à juste titre douter de vos intentions.En fait, à l’égard de cette catégorie particulière d’armes, on pourrait vraisemblablement envisager un désarmement unilatéral.Ce à quoi il faudrait en venir, c’est à une force de représailles absolument indestructible, dont l’ennemi hypothétique pourrait cependant obtenir la certitude également absolue qu’elle ne pourrait être déclenchée que bien après que l’Occident eût subi une attaque totale, non assimilable à un accident, même sérieux.Cet état de choses, nous nous en approchons graduellement.Les U.S.A.possèdent une fusée quasi indestructible, qui ne peut être armée et lancée que par trois personnes distinctes, dont une loge dans un Q.G.éloigné ; bien plus, la fusée ne s'élève de son repaire fortifié qu'une heure après le signal, qui ne peut passer inaperçu, et qui peut être contremandé jusqu’à la dernière minute.Enfin, les représailles totales ne pouvant évidemment servir qu’à prévenir une attaque totale, il faut de toute nécessité maintenir des forces militaires conventionnelles, capables de défendre assez chèrement tout objectif pour qu’un ennemi éventuel ne puisse sérieusement envisager de payer un prix aussi exorbitant.Un concept dépassé : la victoire totale La guerre, ne l’oublions pas, est toujours un geste politique, fréquemment inspiré par des causes économiques ; ce geste, on ne le pose que si les chances de succès sont bonnes, et si les objectifs valent l’effort qu’ils nous coûteront.Une fois le geste posé, le plus grand danger consiste en l’adoption d’une attitude rigide — nous la dirions une attitude à base de blanc ou noir — qui ne consentirait qu’à une solution : la victoire totale, la reddition sans condition de l’ennemi.Ce concept est complètement dépassé.Et s’il l’est, c’est en grande partie dû à l’avènement des armes nucléaires.Cette sagesse à laquelle nous accédons par peur, il faudrait y arriver un jour par humanité.Cette nécessaire transformation suppose une sérieuse revision du concept de souveraineté, et un effort considérable en vue de procurer à l’humanité entière le minimum nécessaire pour pratiquer la vertu ! Dans les circonstances que nous connaissons aujourd’hui, les seuls qui puissent délibérément provoquer la guerre totale sont ceux qui n’ont littéralement rien à perdre ! Quelques positions concrètes Puisqu'il nous semble impossible d’agir comme si la bombe n’avait jamais existé — car désormais il sera toujours possible d’en fabriquer rapidement.et l’on imagine le chantage et le pouvoir réel que pourrait exercer la coalition qui la première en produirait quelques dizaines, dans un monde qui les aurait éliminées — il faut viser, estimons-nous, à constituer une réserve de représailles, non utilisable pour aucune autre fin.Théoriquement, puisqu'il s’agit d’un mécanisme de pure défense, il n’y a pas d’objection à ce que tous les pays, y compris le Canada, possèdent un jour des armes nucléaires de ce type ; concrètement, la dépense à encourir peut s’avérer excessive, et surtout, non nécessaire dans une atmosphère internationale plus détendue.Il serait plus logique de confier éventuellement ce nécessaire dépôt à un ensemble multinational, révisant pour ce faire le concept actuel de souveraineté nationale.Armes défensives Les armes nucléaires du type Bo-marc B tombent à notre avis dans une catégorie à part ; il est absolument impossible de leur attribuer une vertu offensive, et il est donc impensable que l’on puisse sérieusement croire que le Canada peut passer pour belliqueux en vertu de l’acquisition qu’il en a fait.S’en trouvera-t-il en effet pour soutenir que les honnêtes citoyens de Moscou, d’Odessa et de Petropavlovsk soupireront d’aise et dormiront enfin en paix le jour où l’on démantèlera les rampes de La Macaza ? Que ces armes soient désuètes ou non, c’est là une question hautement technique, et il faut là-dessus s’en remettre aux experts ; même si ces derniers ne sont pas unanimes, le gouvernement prend normalement la plus prudente décision possible, après revue de tous les facteurs affectant le problème.Nous posons que cette façon de procéder est probablement plus valable que les réactions émotives de plusieurs.Enfin, qu’en vertu de leur puissance défensive, quel qu’en soit le degré, il est concevable que ces rampes de lancement soient l’objet même d'une attaque nucléaire, il faut en accepter la possibilité ; mais alors, c’est que le continent nord-américain sera la proie d’une attaque totale, et dans ce cas voudrons-nous rester neutres ?Notre réponse à cette question, dans dix ans ou dans deux ans sera peut-être affirmative, selon ce que nous réserve l’avenir.En 1964 cependant, nous n’optons pas pour la neutralité.Forces militaires conventionnelles Nous croyons essentiel de maintenir des forces militaires conventionnelles, capables de défendre assez chèrement les valeurs matérielles et spirituelles de notre collectivité, de telle sorte que pour les conquérir un assaillant devrait fournir un effort démesuré.Il y a ici analogie avec la protection adéquate qu’offre à la maison du citoyen ordinaire la serrure rudimentaire, alors que le banquier doit interposer des obstacles plus considérables ; sans doute il se commet encore des vols, mais il s’en trouve peu pour recommander sérieusement l’abandon des serrures, verrous et systèmes d’alarme.Arbitrage suprême Il faut viser à un ordre international efficace où, éventuellement, tous les conflits se régleraient par arbitrage ; avant d’y arriver, il faudra créer des conditions dans lesquelles une section de l’humanité ne cherchera pas à s’approprier par violence les biens plus ou moins scandaleusement accumulés par une autre.Il y a décidément une transformation psychologique et idéologique à accomplir.Cette transformation, si elle devait exiger d’abord la transformation radicale de la nature humaine, serait uto- pique.Sans doute la conscience humaine est susceptible de progresser, et l’on pourrait probablement démontrer qu'effectivement elle s’est affinée au cours des siècles.Le croyant peut aussi avoir d’autres motifs d’espérer.Mais en fin de compte, dans un processus semblable à celui qui amène une nation démocratique à énoncer un consensus à l’égard de certains principes fondamentaux, consensus pratique que chacun justifie à partir de principes parfois très divergents, il est concevable que l’humanité créera un jour le minimum d’unanimité nécessaire pour faire prévaloir un climat de confiance dans lequel la guerre, même la plus modeste, ne semblera plus un geste politique rentable.Encore une fois, l’acquisition d’armes nucléaires ne signifie pas automatiquement un refroidissement du climat international.En fait, le cas Bomarc, au Canada, mérite considération ; à l’échelle internationale, que l’on soit pour ou contre, l’affaire nous semble avoir le caractère d’une tempête dans un verre d’eau.Pacifisme lucide et positif Dans la mesure où les pacifistes de tout ordre s’attaquent à la racine du mal, c’est-à-dire, à l’intolérance sous toutes ses formes, je crois leur action éminemment valable ; mais lorsqu’ils se contentent de harceler les responsables politiques par des manœuvres qui ont un goût d’extrémisme, d’absolutisme, de noir ou blanc, je crois leur action relativement nuisible.Enfin, lorsque leurs démarches sont nettement teintées de défaitisme, ou démontrent un manque d’estime pour les valeurs que collectivement nous croyons devoir défendre, je les juge dangereuses.Les pacifistes peuvent être le sel de la terre ; sans le vouloir, ils peuvent d’autre part concourir à sa perte.La conciliation est possible si.Il n’y a pas incompatibilité absolue entre l’acquisition d’armes nucléaires et la poursuite de la paix par le Canada.La question est de savoir de quels types elles seront, et davantage encore, de quelle politique internationale elles seront garantes.Il est concevable que le Canada puisse définir une politique extérieure, et une politique de défense conçue en fonction de la première, qui lui permettront de rejeter entièrement les armes nucléaires ; il semble d’ailleurs que le gouvernement actuel envisage cette solution.Chose certaine, il est important de ne rien brusquer, en un sens ou dans l’autre ; il faut agir par ententes, bilatérales et multilatérales.Faire autrement, ce serait inviter des raidissements d’attitude, dont on sait les réels dangers.La prudente lenteur sur la voie du désarmement prolonge peut-être la guerre froide, encore que d’autres facteurs nous semblent bien plus déterminants à cet égard ; une précipitation indue, même bien intentionnée, n’éliminerait pas pour autant les autres causes de conflit, et aggraverait sérieusement le risque de guerre totale.Jour après jour cependant, toute diminution parallèle des armements marque un gain ; il faut toutefois se garder de l’illusion que les économies ainsi réalisées soient directement convertibles à une autre fin.Ainsi, longtemps encore après l’élimination des armes nucléaires, il faudra consacrer des sommes considérables à l’entretien d’un réseau de surveillance ; les experts estiment deux billions par année, après l’installation initiale, qui sera de l’ordre de quatorze billions.Sans cesser d’exploiter tous les moyens capables de nous acheminer vers un contrôle efficace des armements, nous estimons qu’il faut accorder une attention au moins égale à la solution des conflits que nous pourrons progressivement éliminer sans danger pour quiconque, mais non pas sans courage ou sans quelque sacrifice.Surtout, pas de panique ! La confusion, la division des forces et la panique sont typiquement les résultats escomptés du genre de propagande caractéristique de la guerre psychologique ; sans nier les dangers réels de la situation actuelle, il importe de ne pas verser prématurément dans le comportement névrotique.En dernière analyse, s’il fallait poser que la possession d’armes nucléaires entraîne automatiquement la recherche de la guerre, plutôt que celle de la paix, il y aurait lieu de s’étonner qu’après vingt ans elle n’ait pas encore éclaté, nous laissant une bien faible impression de l’efficacité des grandes puissances belliqueuses de ce monde ! i Claude Beauregard 165 PARA-SCIENCE Louis Pauwels et sa «Planète» La littérature para-scientifique est surabondante.Louis Pauwels, l’invité d'honneur du Salon du Livre, l’auteur du Matin des Magiciens et le directeur de la Revue et de l’Encyclopédie Planète, est le type du promoteur de cette littérature.Et le succès fulgurant de toutes ces entreprises, qui sont en passe de devenir la Bible d’un certain néopaganisme naturiste, pousse bien des gens à se demander s’il ne s’agit pas là d’une fumisterie de première grandeur, de l’exploitation systématique et sans honte de l’ignorance d’un certain public.Ne pas confondre Pourtant la littérature para-scientifique a peut-être un rôle acceptable à tenir.Elle est, pourrait-on dire, l’aiguillon qui pique et réveille l’académisme scientifique.Elle est la conscience publique disant aux hommes de science : « Vous n’avez le droit de récuser a priori aucune idée, aussi invraisemblable qu’elle paraisse, et même si elle contredit de front vos thèses les mieux établies.Commencez par écouter, ensuite vérifiez scientifiquement ».La littérature para-scientifique n’est pas la science-fiction qui, elle, se donne d’emblée comme du roman.(Exemple : Jules Verne.) Elle n’est pas non plus la vulgarisation scientifique qui, elle, est de la science rigoureuse, mais traduite pour l’homme de la rue.(Exemple : The Scientific American.) Elle n’est pas, davantage, comme certaines formes de la littérature astrologique ou spirite, du délire pur et simple.En plus d’être une bonne affaire, la para-science est un signe du temps, un symptôme.Révèle-t-elle la santé ou la névrose collectives ?Voyons un peu.Matin des magiciens ou nuit des sorcières Paru en 1960, Le matin des magiciens fut en France le best-seller de 1961.En 1962, Georges Morel, dans les Etudes, revue des Jésuites français, écrivait : « En réalité Pauwels et Ber-gier mêlent tout, brouillent tout dans le dessein à peine dissimulé, malgré les protestations contraires, d’amener le lecteur à ne plus rien comprendre, pour qu’il confonde enfin le Mystère, c’est-à-dire la réalité dans sa plénitude, avec l’énigmatique, l’étrange, l’insolite, le bizarre : « Notre façon de cerner l’exis-« tence probable d’un état d’éveil ne « sera ni tout à fait religieuse, ni tout « à fait ésotérique, ni tout à fait scien-« tifique ».On ne saurait mieux définir le procédé du Matin des magiciens : le règne de l’à-peu-près, ou même l’incohérence élevée à l’état d’institution ».Comment une telle entreprise, qui est la négation même de la science, puisqu’elle repose sur la confusion systématique des « objets formels » et donc sur la régression à l’état pré-scientifique, peut-elle trouver un public en cette ère où chacun ne prétend penser que dans les cadres scientifiques ?« Si donc nous avons finalement décidé de parler de ce livre, continue Georges Morel, ce n’est pas, cela est clair, pour sa valeur intrinsèque, mais parce qu’il est, par son contenu et par son succès, un témoignage remarquable de ce que Karen Horney a nommé la personnalité névrotique de notre époque.Car Le Matin des Magiciens ne peut avoir pour effet que d’exalter à vide les imaginations sans contrôle et par conséquent de renforcer l’angoisse.« Mais là où l’angoisse émerge, là il y a question grave et nous devons nous pencher sur les motivations plus ou moins inconscientes qui, en dernière analyse, éclairent la singulière faveur dont vient de jouir ce livre.La vogue du Matin des magiciens et d’autres productions similaires s’explique surtout, en effet, par le désarroi d’une humanité qu’écrase le poids sans cesse accru de ses propres découvertes.Ces « créateurs » de plus en plus déroutés par leurs œuvres : quelle ironie ! » Curiosité malsaine En somme, le phénomène Pauwels, comme toute la littérature para-scientifique, répondrait à ce qu’il y a de malsain dans la curiosité de l’homme de tous les temps : cette curiosité qui n’a pas la patience des expériences méticuleuses, de l’acribie et des résultats modestes mais fermes ; cette curiosité d’où renaissent perpétuellement la gnose, les sociétés initiaques et les délires à mystères qui s’ajustent pourtant à chaque mentalité successive, en empruntant le langage des découvertes scientifiques en vogue.Bref, Pauwels et ses semblables seraient en 1964 ce que furent Houdini ou Mesmer du temps de nos grands-pères.Il y a en effet dans tout public général un goût, un penchant, un désir pour la gnose, pour les révélations mystérieuses, pour les trucs qui promettent de court-circuiter la science classique.Ce goût et ce penchant sont inscrits dans la psychologie humaine universelle, puisqu’ils se retrouvent dans la haute Egypte comme chez les Druides, chez les Orientaux comme chez les Africains, chez les simples comme chez une foule gênante de savants, que Pauwels nomme, et qu’un entraînement technique dans une discipline ne parvient pas à rationaliser en tout mais qui déraillent dès qu’ils sortent de leur spécialité.Magie, vertige de l'angoisse Aussi longtemps que durent ces années de guerre froide, — qui ont, à s’y tromper, l’air d’être des années d’avant-guerre, — nous sommes tous angoissés, hantés par la possibilité de la guerre bactériologique ou du rayon de la mort, contaminés par la psychose de la Bombe.Profanes, savants, technocrates, nous communions tous dans le sentiment que le laboratoire nous domine et nous échappe à la fois.La somme des temps modernes Pour sortir de cette angoisse, il nous faudrait de nouveau une Somme comme en a connues le Moyen Age.Une synthèse, un plan, une carte de l’ensemble des connaissances humaines.H nous faudrait faire l’unité logique du patrimoine scientifique.« Il est normal, dit Georges Morel, que l’esprit humain ressente vivement 166 le malaise et tente de le réduire.Malheureusement, la synthèse à laquelle il aspire, il la rêve encore souvent sous des modes à jamais dépassés : les temps sont révolus de l’idéal encyclopédique individuel et personne désormais ne peut se targuer de rassembler les connaissances de multiples sciences.Faut-il renoncer à toute unification des œuvres humaines ?Faut-il accepter que le royaume du savoir ne soit plus qu’un royaume démantelé ?Assurément non, mais il faut être extrêmement lucide sur les conditions d’une telle entreprise.Il importe moins de tout connaître (ce qui d’ailleurs n’a aucun sens) que de situer l’homme dans les multiples sphères de son monde, car c’est l’homme partout qui est présent, depuis les activités naturelles jusqu’aux plus hautes activités que représentent l’art, la science, la religion ».Planète, une mauvaise action ?Jean Paré a très justement jugé Pau-wels et Planète, dans La Patrie du 2 avril.« En fait, Pauwels sera toujours incliné à prêter un « fond de vérité » aux superstitions et aux canulars les plus éclatants.A la plate vérité scientifique, il préférera la « possibilité scientifique », l’hypothèse, le peut-être, le si, la question à la réponse, l’homme qui sera à l’homme qui est ; sa science-fiction ne raconte pas d’histoires, elle triche sur les marges ; sa science est à la science ce que la reconstitution historique est à l’histoire.« Ainsi, à côté de propos scientifiques soigneusement pesés on trouvera de la science-fiction et même des mensonges scientifiques flagrants.C’est ce mélange du vrai et du faux, et l’absence de tout moyen de distinguer l’un de l’autre, qui irrite le plus les ennemis de la Revue ».Ce qui rencontre bien Georges Morel : « Ce qu’il y a de malsain dans cette revue, c’est qu’elle affronte certains problèmes graves de notre histoire présente avec une imagination déséquilibrée, impuissante à distinguer l'essentiel de l'accessoire, superficielle par conséquent malgré le langage « profond » souvent utilisé.Et pour cela, dans cette mesure, il faut dire que Planète est une mauvaise action ».N’est-ce pas Pascal qui dit quelque part : « L’imagination est fourbe, et d’autant plus qu’elle ne l’est pas toujours » ?Henri Dallaire GRADUATION Le jour que vous avez tellement désiré plus ou moins ouvertement, les unes et les autres, est enfin arrivé : ce soir vous quittez votre collège.Mises en face de cette heureuse échéance, vous vous dites peut-être : « Et après ?Ce qui m’attend ?» Ou, comme l’autre : « Je ne voudrais pas, d’ici, aller mal vieillir ailleurs ».Répondre de.Eh oui ! vous voilà bel et bien responsables tout à coup.Que ferez-vous de la vie ?Comment vieillirez-vous ?Ou mieux, cette lettre, que Honegger, compagnon de Claudel et des Barrault, écrivait à un ami, le 26 décembre 1949 : « Si j’étais Dieu, j’aurais imaginé à l’envers le cycle de la vie.Les hommes auraient commencé leur existence par la fin ; ils seraient nés vieillards, et chaque jour ils auraient rajeuni de 24 heures.En se couchant, le soir, ils auraient pu dire : « Demain je serai « plus jeune, plus beau, plus fort ».D’étape en étape, le vieillard serait devenu un jeune homme, puis un enfant.Un beau jour, il se serait endormi, pour toujours.dans un berceau ».Le Christ disait la même chose à ses amis : « Si vous ne redevenez comme de petits enfants, vous n’entrerez pas dans mon royaume ».Revenir jeunes, petites, comme des enfants ; rejoindre le rêve de Honegger et la promesse du Christ, retrouver son enfance à mesure : est-ce possible ?C’est vrai : nous avons connu des hommes d’une jeunesse extraordinaire jusqu’à un âge plutôt respectable : Shaw, Claudel, Frost, Jean XXIII, Bachelard.Encore aujourd’hui Adenauer, Schweitzer, Gilson, Maritain.Vous en connaissez, vous aussi, qui sont alertes et, devant la vie, d’un optimisme inébranlable.« Redevenir comme les petits enfants » ! Retrouver à mesure son enfance, ne pas se laisser vieillir ni durcir par la haine, par les incompréhensions ; ne pas écraser sous le poids du travail, de la technique, des conventions et des responsabilités : est-ce possible ?Ah ! bien sûr, le corps, lui, vieillira ; il vieillit toujours.Mais il y a l’esprit, il y a l’âme, le cœur.L’esprit vivifie tout.Or l’esprit en nous est tout puissant, Psychiatres, psychanalistes et psychologues disent tous les jours son action mystérieuse.Bref, votre première force, votre première jeunesse : c’est votre âme.A quoi sert de gagner l'univers si vous la perdez de vue ?Je suis une âme La première chose à accomplir, à mon avis, est d’aimer son âme, et de l’aimer jusqu’au bout, jusqu’à lui accorder priorité contre toute mode et toute technique.C’est elle, en effet, qui ennoblit tout.Elle est si merveilleuse ! Souvenir de rhétorique : le chœur, dans Antigone, qui psalmodie.« Nombreuses sont les merveilles de la nature, mais de toutes la plus grande, c'est l’être humain ».Aimer son âme : la cultiver, la tenir en alerte, tous les jours, grande ouverte à ce que les Sages d’Orient appellent les quatre directions fondamentales : ciel, terre, dieux, mortels.Ne cesse de sculpter ta statue, disait Plo-tin.Oui, tous les jours en prendre soin, comme on prend soin de son corps : la ciseler, l’orner, l'enjoliver.Pour cela, il faut aimer le spirituel, le sacré, l’Absolu, le mystère.L'homme vaut par ce qui le dépasse, on vous l’a assez dit.Si je vous citais le meilleur de vos dissertations philosophiques ?Vous êtes « acte et puissance » et tous les jours on peut actualiser l’âme, devenir plus alerte spirituellement, plus accueillant à toute manifestation de l’esprit.L’inimitable Cocteau disait lors d’une collation de grades à Oxford : « Peu songent à soigner leur « ligne » intérieure et les muscles de leur âme ».Pas vrai ?Présence N’est-ce pas le privilège difficile, privilège de l’enfance spirituelle, de pouvoir être présentes aux choses et aux êtres jusque dans leur diversité ; de prendre le temps de les voir, de les reconnaître pour les regarder gratuitement, librement et sans fanatisme ?Vous avez d’ailleurs une chance magnifique, que vos parents et la majorité de vos éducateurs n’ont pas eue : vous 167 entrez dans un monde de communication et de participation à l’échelle mondiale.Invitées dès lors à travailler, chacune à votre façon, à la jeunesse du monde, il vous faudra, pour subsister à travers joies et misères, avoir malgré tout une âme jeune, alerte, distinguée, sans affectation : j’allais dire pure.Vous avez, en outre, le privilège difficile de vivre à une époque où tout est remis en question : à vous, et à vous d’abord, chacune, la responsabilité, de juger et de choisir ! L’initiative et la responsabilité d’accéder au spirituel, au sacré et au mystère en particulier, ne peuvent désormais dépendre que de vous, d’autant que les aventures que vous aurez à vivre seront de plus en plus différentes de celles de vos parents et de vos éducateurs.Dernier conseil Permettez un conseil : c’est le dernier que vous entendrez en cette maison ! Votre âme a un grand ami, mystérieux et total, qui offre de vous rajeunir sans cesse et vous promet même une jeunesse éternelle : ne l’oubliez pas, je vous en prie.Sans lui, bien sûr, vous pouvez toujours « réussir », vous « débrouiller ».Mais sans lui, vous ne trouverez hélas ! que jeunesse et bonheur provisoires.Il vous faut une âme d’enfant grandement civilisée pour être capables encore de vous émerveiller devant le mystère de sa vie, de sa mort et de son retour par l’Eglise, pour bien lire les lignes et entre les lignes de son Evangile ; comme il faut une âme d’enfant pour être capables aussi de vous émerveiller devant le mystère de l’Univers et de l’espace.A - m - o - u - r ! Mais, concrètement, qui valorise, ennoblit, unit tout ?L’amour.J'aurais dû, comme Honegger, commencer par la fin et vous dire que l’amour, l’amour jusqu’au don de soi, jusqu’au-delà du pardon, l’amour gratuit, tel qu’il l’a vécu, est le nerf même de la jeunesse d’âme.Vous commencerez à vieillir le jour où vous cesserez d’aimer.Laissez aux mauvais esprits le privilège de se détester.Plutôt, suivez Antigone qui crie à Créon : « Je ne suis pas née pour partager la haine, mais l’amour ».Aimer et faire aimer l’amour ; être, à la maison et dans la société, le cœur, la gratuité, l’envers de l’égoïsme : c’est vivre jeunes, mûrir sans pourrir, sculpter sa statue, passer de la « puissance à l’acte » ; c’est cela rajeunir sans cesse son âme, « soigner sa ligne intérieure », vivre quoi ! Bien entendu, ça ne sera pas facile.Il vous faudra lutter, toujours lutter pour rester libres et responsables d’esprit autant que de cœur, pour ne pas vous laisser enterrer sous l’épaisseur des facilités immédiates.Malraux a dit juste : L’homme vaut par ce qui le dépasse.La victoire est au bout de la lutte.Mais, précisément, n’est-ce pas glorieux déjà à votre égard, significatif que la Victoire ait été représentée tant chez les Grecs que chez les Chrétiens, sous les traits exaltants d’une femme LANGUE VIVANTE ?Y a-t-il des inconvénients à introduire la langue vivante en liturgie ?Certes oui, et de grands.Le premier inconvénient est que la langue est vivante et que certains textes sont morts.En effet : plusieurs psaumes du bréviaire (les psaumes de vengeance principalement) ne peuvent être dits sincèrement par un chrétien ; certaines épîtres sont inaccessibles à la plupart des croyants, tandis que d’autres sont interminables et d’un faible intérêt spirituel (pensons au récit de la chaste Suzanne ou à celui de la bénédiction de Jacob).De plus, plusieurs fidèles préféreraient que leurs prêtres lisent en latin, car, de toute façon, disent-ils, ils n’entendent pas ou ne comprennent rien.Enfin, l’introduction du français, en rendant encore plus disparates les différentes parties de la messe, jette une sorte de discrédit sur certaines prières, dites en latin, qui apparaissent comme secondaires et réservées au seul prêtre, jeune ?Voyez la confiance que notre civilisation vous a faite ! On demandait à Camus un jour : « Quels sont vos dix mots préférés ?» —- « Le monde, la douleur, la terre, la mère, les hommes, le désert, l’honneur, la misère, l’été, la mer ».Les dix mots que je vous souhaiterais ?L’âme, le cœur, l’univers, les autres, le Christ, l’accueil, l’enfance, la liberté, la responsabilité et enfin — le dixième, celui qui contient tout, qui unit tout, rajeunit tout et vous reconduira peu à peu, je vous le souhaite, à l’enfance croissante des vrais adultes en esprit et en vérité : l’amour.Benoît Lacroix alors que plusieurs d’entre elles sont importantes et éminemment communautaires.Ces quelques inconvénients doivent-ils faire regretter la période du latin ?Non, bien entendu.Mais ils illustrent bien l'inopportunité des trop lentes évolutions en ce domaine.La réforme liturgique ne peut se faire par concession partielle : il faudrait consentir à une refonte complète.Or, jusqu’ici, on a l’impression que les réformes ont été arrachées une à une, et presque de force, à l’autorité romaine, que l’urgence d'une réforme radicale n’a pas été saisie et que les pasteurs veulent trop souvent, avant tout, conserver leur champ, plutôt que de le donner en pâturage au troupeau.MESSE MORTE ?Pendant ce temps, la messe demeure inaccessible.Et cela, malgré les derniers changements.Plusieurs regrettent le temps du chapelet pendant la messe : MESSE EN FRANÇAIS RÉFORME OU RÉFORMETTE? 168 « au moins, on priait ».Et ceux qui ont charge de la catéchèse auprès des enfants et des jeunes se morfondent à donner, mais en vain, des explications.« Pourquoi le prêtre ne parle-t-il pas comme tout le monde ?», disait une petite fille de six ans, au beau milieu de la préface.Et un catéchiste écrit dans Témoignage Chrétien : « Il y aurait beaucoup à dire.sur la liberté que devrait avoir le prêtre d’organiser et « d’ordonnancer » le repas, suivant le pays, les gens, les coutumes, l’époque, le climat, les circonstances, les âges.(Si vous saviez ce que les 13 enfants du groupe dont j’ai la charge peuvent s’ennuyer à la messe ! Il faudrait les filmer et les envoyer aux antiréformistes) ».Les plus sages affirment que les quelques réformes apportées ne sont qu’un commencement, que l’Eglise a tout le temps pour évoluer.Les malins voient dans la lenteur des réformes, et surtout, dans le motu pro-prio de Paul VI, une victoire de la Curie.Pour beaucoup, qui ne sont ni sages, ni malins, la Constitution liturgique a été une déception.ADMIRABLES PRINCIPES MAIS.Ce n’est pas que les principes énoncés au début de la Constitution ne soient pas admirables, mais le reste ne suit pas.A plusieurs reprises, on déclare que la liturgie doit être accessible au peuple chrétien, mais que devient ce principe au moment des ordonnances ?A la lecture, on constate que le problème n’a pas été repris à la base, que notre liturgie de type monastique n’a pas été remise en question et que, à part certaines modifications de détail, elle reste toujours aussi froide, aussi étrangère à nos psychologies, aussi loin du peuple chrétien.Voici l’opinion qu’exprimait un correspondant de Témoignage Chrétien : « Cette réforme liturgique, autour de laquelle on fait tant de bruit, n’est qu’une réfor-mette, une apparence de réforme.Alors qu’il y a tant à changer ! » La déception augmente encore quand on constate comment sont mises en pratique les quelques réformes apportées par la Constitution.Pour plusieurs, il ne s’agit que d’un changement de rubrique.On lit en français ce qui est demandé, sans s’inquiéter de savoir si l’assemblée entend, ou si certaines explications ne seraient pas nécessaires à la compréhension des textes difficiles.Les sermons, voulant se muer en homélies, deviennent du charabia.Les prédicateurs, connaissant insuffisamment leur Bible, exposent un certain nombre de textes bibliques, inspirés de je ne sais quel fichier, sans lien avec la vie.En écoutant défiler, ainsi, Abraham, Osée et Moïse, qui sombrent tous dans l’imprécision, après avoir passé le déluge et la mer Rouge, Antoinette, assise au fond de l’église, regrette le temps où les prédicateurs, en frappant sur la chaire, lui parlaient de son amant.DÉBLOCAGE QUAND MÊME Cependant, il n’y a pas que des ombres au tableau.Au contraire.Même si les réformes sont limitées, la Constitution a inauguré un véritable déblocage.Plusieurs prêtres et laïcs attendaient la réforme avec impatience.Ils l’avaient, parfois, anticipée.Les décisions du Concile ont été une approbation et un encouragement.La réforme est commencée, une catéchèse appropriée l’accompagne, l’homélie est le pain de la Parole rompu à tous.Grâce à ces prêtres et à ces laïcs, de plus en plus nombreux, la liturgie deviendra, peu à peu, la prière du peuple chrétien.Beaucoup d’évêques utilisent déjà toutes les possibilités offertes par la Constitution.C’est le cas, au dire des Informations catholiques internationales de plusieurs évêques de France, du Canada, de Belgique, de Suisse, d’Allemagne.Certains, selon la revue, vont même plus loin : les évêques allemands ont décrété que les prières, faites en commun par le prêtre et les fidèles, seraient dites en allemand.Le cardinal Cushing, de Boston, a décidé lui aussi que, non seulement l’épître et l’évangile, mais aussi le Kyrie, le Gloria, le Pater, YAgnus Dei, seraient proclamés en anglais.PAR-DELÀ LA DÉCEPTION Dans un sermon prononcé devant les étudiants de sa ville épiscopale, Mgr Laszlo, évêque d’Eisenstadt, en Autriche, a parlé longuement de la réforme liturgique et de la déception qu’elle avait suscitée chez ceux qui l’estiment insuffisante.Il a alors souligné que ces premières mesures constituaient un point de départ, qui conduira à une refonte fondamentale de l’ensemble de la liturgie.Les laïcs peuvent et doivent être convaincus que de nombreuses modifications auront encore lieu.Tout le début de la messe, a dit Mgr Laszlo, doit être repensé et expurgé de textes, de gestes et, d’actions qui ne sont plus compris des fidèles.Le sens profond de la réforme liturgique, c’est la décléricalisation de la liturgie.lusqu’à maintenant on a eu beaucoup trop facilement l’impression que l’ensemble de la liturgie concernait uniquement le clergé, lui appartenait en propre et était entièrement sous l’influence de ses idées et de sa manière de penser.La liturgie, a conclu l’évêque, doit, au contraire, être une action de l’ensemble du peuple de Dieu.Cela ne sera vraiment le cas que lorsque le prêtre et le peuple prieront ensemble » (C.C.C., 20 mars 1964).Cette vague de fond est inspirée par l’Esprit, puisqu’elle correspond à une attente profonde du peuple chrétien.Elle aura raison des intrigues, des paresses, des lenteurs, car le mouvement de l’Esprit est, lui aussi, irréversible.Louis Racine Ce qui change, ce qui demeure C’est curieux comme la religion catholique, maintenant, ressemble à la religion réformée telle qu’on la voit ici.La messe, maintenant, c’est un homme qui parle intarissablement sur tout ce qui lui passe par la tête pendant une demi-heure.La seule différence avec le culte des protestants, c’est que cet homme, à l’Eglise catholique, a derrière son dos un autre homme qui fourgonne on ne sait trop quoi en marmonnant des paroles latines auxquelles personne d’ailleurs ne fait attention.Evidemment, cet autre homme, c’est l'organe témoin de l’ancienne religion catholique.Je me demande combien de temps il arrivera encore à se maintenir.Louis Bouyer (La Maison-Dieu, 40 : 1954) 169 Les frères ont raison Les cadres traditionnels dans lesquels nous avons vécu paisiblement durant de longues années ont éclaté.Il nous faut actuellement repenser en profondeur de nouvelles structures pour nos institutions.Toute la situation qui prévalait hier encore, est maintenant remise en question, de façon bruyante et superficielle par les uns, de façon plus pondérée et plus constructive par les autres.Même si les réformes proposées ne réalisent pas l’unanimité, tous sont cependant d’accord sur la nécessité de modifier plusieurs de nos organisations.Depuis plus d’un siècle, les congrégations de frères-enseignants ont joué un rôle important dans l’éducation des garçons chez nous.Rien de surprenant qu’eux aussi sentent le besoin de repenser leur situation actuelle et de s’interroger sur leur avenir.Rien d’é-tonnant non plus, qu’ils soient, à l’occasion, objet de critiques.Malaise et inquiétude Comment les frères interprètent-ils cette nouvelle situation à laquelle ils ont à faire face présentement ?Que pensent-ils de certaines critiques qui leur sont adressées ?Il semble que chez un certain nombre, chez les jeunes surtout, un sentiment de malaise, d’inquiétude se fait jour.Dans tout ce brassage d’idées qui caractérise notre époque, ils s’interrogent sur leur avenir.Alors que pendant de nombreuses années, ils ont été les témoins heureux d’une belle prolifération de leurs œuvres, ils sont maintenant les spectateurs attristés d’un phénomène contraire : non seulement, ils ne peuvent plus organiser de nouvelles œuvres, mais ils ne parviennent même pas à tenir toutes celles qu’ils avaient développées.Cela produit un effet déprimant chez plus d’un.Ils se voient aujourd’hui obligés d’abandonner des écoles qui, parfois, avaient été le théâtre de leur dévouement depuis plus d’un siècle.Certes, ils ne laissent pas de gaieté de cœur ces champs d’apostolat avec lesquels ils s’étaient depuis longtemps identifiés.Mais leurs effectifs en religieux ne leur permettent plus de garder ces œuvres.Les raisons du malaise Plusieurs raisons expliquent cette situation : ici, comme ailleurs dans le monde, le rythme des entrées dans la vie religieuse n’est plus ce qu’il a été à d’autres époques ; en outre, devant la situation souvent lamentable du catholicisme dans d’autres pays moins bien partagés que le nôtre, il est normal que les frères aient détaché un nombre croissant de leurs religieux pour les envoyer sur d’autres fronts où on a davantage besoin d’eux ; de plus, les exigences nouvelles en ce qui concerne la préparation des futurs maîtres, ont forcé les congrégations de frères à maintenir leurs sujets aux études régulières, pendant de longues années ; si, à toutes ces raisons, on ajoute le fait que plusieurs religieux, pour différents motifs, quittent la vie religieuse après quelques années, on comprend facilement que toutes les congrégations de frères-enseignants se voient actuellement dans l’obligation de laisser aux instituteurs laïcs un certain nombre des écoles qu’elles ont dirigées jusqu’ici.Défections nombreuses Les laïcs sont parfois fort étonnés du nombre élevé de frères qui quittent la vie religieuse.Ce mal, car c’en est un, est-il le propre de notre époque ?Peut-être pas.Bien des raisons peuvent, d’ailleurs, rendre compte de ces défections.De plus en plus nombreux sont aujourd’hui les religieux qui, en plus de leur diplôme d’enseignement, ont obtenu des degrés universitaires ; il est donc normal que ceux d’entre eux qui ont mis l’accent plutôt sur leur développement intellectuel que sur l’approfondissement de leur idéal religieux, succombent à la tentation de retourner dans la vie séculière, pour y gagner des salaires de plus en plus élevés, y jouir de conditions matérielles qui s’améliorent sans cesse, et même, parfois, y tenir des postes de commande dans le monde de l’enseignement.En outre, ce sensualisme et ce naturalisme dont on a dit qu’ils étaient une des caractéristiques de notre époque, n’ont pas manqué de faire sentir leurs effets même à l’intérieur des cloîtres.Ainsi, peu à peu, presque imperceptiblement, des religieux reviennent à une mentalité dont ils s’étaient dépouillés de façon peut-être trop superficielle et, à la fin, décident de rentrer dans ce monde dont ils ont repris l’esprit.Il faudrait ajouter à ces raisons, le fait que, dans beaucoup de foyers, manque une éducation virile de la volonté à base de renoncement.Les jeunes qui en sortent sont souvent bien mal préparés à la vie religieuse.Au début, le handicap est moins apparent, ou, du moins, on espère qu’avec le temps, l’âge, les exercices de la vie religieuse, la mentalité changera et que la vocation s’affermira.Malheureusement, l’avenir ne réalise pas les espérances ; au contraire, on constate qu’avec les années, la situation du religieux qui n’a pas apporté en entrant dans cet état de vie la préparation nécessaire, devient de plus en plus précaire et, à la fin, on songe à quitter une situation qui n’apporte pas le bonheur facile qu’on avait espéré naïvement y trouver.Cependant, toutes les tentatives pour expliquer ces défections ne peuvent nous dispenser de voir dans ces événements, un mystère de la liberté humaine.L’appel à la vie religieuse suppose une grâce divine et la persévérance durant toute la vie dans cet état, en suppose également une autre.C’est Dieu qui est le maître des destinées de chacun.Nous devons bien nous garder de juger des intentions de ceux qui croient devoir ainsi abandonner l’état religieux.De quelques remèdes Nous pensons toutefois qu’à l’avenir les défections sont appelées à diminuer.En effet, la tendance actuelle est de retarder l’âge de l’entrée au noviciat, en faisant d’abord prolonger au candidat, ses études préparatoires.Par ailleurs, le régime des juvénats a bien évolué lui aussi, et nous pensons que c’est dans un sens qui rend possible un meilleur développement de la personnalité des aspirants.Ce régime plus aéré permet aux jeunes, sans doute, de faire un choix plus éclairé et plus libre, avant de s’engager dans l’état religieux.Ayant plus de maturité intellectuelle et une personnalité plus stable, ils sont aussi plus en état de profiter des années de formation qui initient à la vie religieuse.En outre, ces années de for- 170 mation sont plus longues qu’autrefois et c’est un avantage pour les jeunes qui veulent et qui sont en état d’en profiter, pour donner des assises plus solides à leur vie religieuse.Les frères dans l'enseignement secondaire Il arrive parfois, qu’on reproche aux frères d’avoir délaissé peu à peu le secteur de l’enseignement primaire pour se hisser au niveau de l’enseignement secondaire et même supérieur.Les fondateurs de ces congrégations, dit-on, les avaient conçues comme devant répondre à un besoin particulier dans l’Eglise, celui de l’enseignement des jeunes enfants, particulièrement des pauvres.C’est un fait que la plus grande partie des effectifs des congrégations de frères-enseignants s’est déplacée du cours primaire vers le cours secondaire.Toutefois, il serait inexact de croire que les frères l’ont toujours fait par libre choix et, par conséquent, il serait injuste de le leur reprocher.Alors qu’en 1930, on comptait environ quatre frères au cours primaire pour un au cours secondaire, il arrive qu’aujour-d’hui la proportion est plus qu’inversée : environ un frère enseignant à l’école primaire pour cinq s’occupant d’écoles secondaires.Mais si les congrégations ont pris peu à peu cette orientation, c’est qu’elles furent poussées à le faire sous la pression de faits sociaux, et aussi pour répondre aux instances des parents ou des commissions scolaires.Après s’être cantonnées longtemps dans l’enseignement primaire, la prolongation de la période scolaire les amena à développer successivement le cours complémentaire, puis les collèges commerciaux, ensuite les écoles dites primaires supérieures, pour en venir finalement à pénétrer même dans le secteur de l’enseignement classique.Ecoles à minorité de frères On reproche également aux frères-enseignants de continuer à diriger des écoles où ils sont parfois en faible minorité, par rapport à l’élément laïc enseignant.Il est certain que les instituteurs laïcs compétents, et ils ne manquent pas, peuvent aussi bien que les frères avoir droit à la direction de ces écoles.Les frères d’ailleurs reconnaissent la légitimité de ces revendications, puisqu’ils ont commencé à se regrouper, laissant plusieurs établissements aux enseignants laïcs.Toutefois, même si au goût de quelques-uns, ce regroupement ne se fait pas encore assez rapidement, la faute n’en est pas toujours aux frères eux-mêmes.Il arrive, en effet, qu’ils doivent rester encore dans certaines écoles parce que les commissions scolaires les incitent à le faire, ou, du moins, leur demandent de différer un peu leur départ.Frères-enseignants et instituteurs laïcs On fait parfois remarquer que les frères manquent de confiance dans les laïcs, qu’ils ont un certain sentiment de crainte à leur endroit.Les laïcs, dit-on, souhaiteraient entretenir avec eux des relations plus ouvertes, plus nettement marquées par la sympathie.Ce reproche ne manque pas totalement de fondement.Comment expliquer cette situation ?Peut-être, ce sentiment de crainte est-il un reliquat de l’histoire du début du siècle.On sait que lors des lois d’expulsion des congrégations enseignantes en France, un certain nombre de religieux français, plutôt que de se séculariser, préférèrent émigrer et continuer à se dévouer à l’apostolat dont ils avaient voulu faire l’œuvre de leur vie.Un certain nombre de ces religieux enseignants vinrent s’établir au Canada et, peut-être, transportèrent-ils ici une mentalité qui alors avait cours en France, celle d’assimiler facilement les mots laïc, anticlérical ou même antichrétien.Cependant, ce facteur historique ne suffit pas à expliquer cette situation.Nous avons noté plus haut l’existence d’un sentiment de malaise chez les frères.Il peut, lui aussi, rendre compte d’une certaine inquiétude vis-à-vis des laïcs : l’état d’insécurité rend facilement inquiet et ombrageux.Il faut pourtant reconnaître que cette crainte des frères à l’endroit des laïcs, si elle existe encore, est en forte régression et, en plus d’un milieu, on aurait vraiment peine à l’identifier.Ce changement de mentalité est sans doute dû en grande partie au fait qu’avec les années, les frères ont eu des instituteurs laïcs de plus en plus nombreux comme collaborateurs dans leurs écoles.Vivant ensemble, travaillant à la même tâche, ils ont appris à se connaître et à s’estimer réciproquement.En outre, nous vivons à une époque où l’on parle beaucoup de promotion du laïcat.Une littérature contemporaine abondante a attiré l’attention sur le rôle très important que peut et que doit jouer le laïcat dans l’apostolat de l’Eglise.On a compris que les laïcs sont aussi d’Eglise et qu’ils sont, non pas des auxiliaires ou des suppléants temporaires, à cause de l’insuffisance des apôtres religieux ou clercs, mais qu’au contraire, ils sont des collaborateurs à part égale, non seulement utiles mais même nécessaires à l’accomplissement de l’apostolat chrétien contemporain.Nous pensons d’ailleurs qu’augmente constamment le nombre des instituteurs laïcs qui reconnaissent et apprécient cette évolution dans la mentalité des frères à leur endroit.Pour n’en donner qu’une preuve, soulignons que beaucoup d’entre eux sont heureux de pouvoir enseigner dans des écoles administrées par des frères.Pour conclure Nous avons essayé de considérer objectivement certaines difficultés que rencontrent les frères aujourd’hui : sentiment d’incertitude devant l’avenir, perte de nombreux sujets, impossibilité de maintenir leurs œuvres.Nous n’avons pas caché non plus, qu’il existe encore, dans leurs rapports avec les laïcs, des malentendus, des sources d’incompréhension, des occasions de critiques, un vieux reste, peut-être, de suspicion.Pourtant, l’observateur impartial ne peut s’empêcher de reconnaître que la situation s’est améliorée et qu’elle continue de le faire.Malgré certaines lacunes, le bilan dans l’ensemble, reste largement positif.Nous pensons, d’ailleurs, que cette situation continuera d’évoluer vers une collaboration de plus en plus étroite.A notre époque où l’on souffre grandement d’un nombre insuffisant d’instituteurs adéquatement préparés à leur mission d’éducateurs, il est normal que tous ceux qui s’intéressent sincèrement à ce problème essentiel de l’avenir de notre jeunesse, mettent en commun toutes leurs possibilités, sans étroitesse, ni chauvinisme.Jean-Jacques Larivière A VOTRE SERVICE POUR TOUTES VOS OPÉRATIONS DE BANQUE ET DE PLACEMENT Banque Canadienne Nationale 606 BUREAUX AU CANADA Huiles à chauffage Appareils Lalonde, Valois amarre, Valois & Associés de chauffage Livraison automatique Service jour et nuit INGENIEURS-CONSEILS Tel.: 521-2131 1600 est, rue Marie-Anne Montréal-34, P.Q.615, rue BELMONT MONTREAL-3, P.Q.Spécialités : Maison canadienne-française établie en 1906 HABIT CLERICAL PARDESSUS.DOUILLETTE Confection sur mesure Tél.AVenue 8-4714 175 est, rue SAINTE-CATHERINE LES INGENIEURS ASSOCIES LTEE Fondée en 1928 -•- Labrecque, Gagnon & Neugebauer INGENIEURS-CONSEILS 10 ouest, SAINT-JACQUES TEL AV.8-1246-47 MONTREAL-1 569-6341 HENRI GIRARD LIEE CAMIONS INTERNATIONAL 1470, KING ouest SHERBROOKE 569-1646 JEAN-LOUIS SAVARD ENRG MERCERIE 79, KING ouest SHERBROOKE 569-2501 CODERRE LIEE QUINCAILLERIE 30, WELLINGTON NORD SHERBROOKE 561-4946 Les Pères du TRES-ST-SACREMENT 200, le AVE NORD SHERBROOKE 569-3606 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