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Titre :
Maintenant
Revue d'idées très en phase avec les débats qui animent la société québécoise durant la Révolution tranquille.

[...]

La revue Maintenant arrive et s'inscrit dans l'effervescence du Québec des années 1960, au moment de la Révolution tranquille. Elle a pour vocation de remplacer la Revue dominicaine en créant un lieu de discussion collé sur l'actualité. Pour s'insérer davantage dans l'activité intellectuelle de son temps, la nouvelle revue affiche une facture moins savante.

Père Henri-Marie Bradet, directeur de la revue depuis ses débuts en 1962, rassemble rapidement de nombreux collaborateurs, clercs et laïcs. Plusieurs dominicains, mais aussi Benoît Lacroix, Louis Lachance, Émile Legault, Gérard Dion et Louis O'Neill offrent des contributions à la revue, tout comme les laïcs Hélène Pelletier-Baillargeon, Louis Fournier, Pierre Saucier, Dr Paul David, Ernest Pallascio-Morin, Jacques-Yvan Morin, Guy Robert et Naim Kattan, parmi de nombreux autres.

La volonté d'actualisation du catholicisme prônée par Maintenant tient ses racines dans le personnalisme des années 1930 et son ouverture à l'individualisme, et coïncide, en 1962, avec le programme de réformes du catholicisme de Vatican II, duquel la revue portera l'esprit au Québec. Elle offre une tribune aux catholiques de gauche, soucieux de montrer un esprit actuel et moderne à la jeunesse intellectuelle.

Maintenant s'adapte rapidement aux changements accélérés en cours dans la société québécoise et devient un lieu de débat important. Les clercs souhaitent se positionner comme porteurs d'une conscience morale évolutive de la société vis-à-vis des intégristes et du contrôle de l'Église. Cet humanisme chrétien motive Maintenant à adopter hâtivement le socialisme démocratique et à cautionner et pousser l'idée de l'indépendance politique du Québec.

Le contexte de laïcisation et de pluralité grandissante des affiliations religieuses, conjugué au déclin de l'attachement national canadien-français et catholique, donne naissance à un nationalisme québécois civique qui se manifeste notamment dans la déconfessionnalisation de l'enseignement public. Maintenant en sera partie prenante.

La revue participe ouvertement aux débats sur la régulation des naissances, mais, par principe religieux fondamental, demeure d'abord contre l'avortement. Et bien qu'elle appuie une laïcité ouverte, la revue refuse affronte la position radicale de la relégation du religieux à la sphère privée. Les audaces que Maintenant se permet font des mécontents à la tête de l'ordre dominicain à Rome, qui demande la destitution du père Bradet en 1965. La maison provinciale de l'ordre ne souhaite pas se ranger dans la réaction. Le père dominicain Vincent Harvey prend la relève de Bradet à la direction et offre au contraire davantage d'autonomie à la revue, qui appuie plus résolument le socialisme et l'indépendantisme québécois.

Maintenant souhaite mettre un terme au nationalisme messianique pour que toute la place soit laissée à un mouvement politique pragmatique, qui envisage la souveraineté politique comme moyen pour le Québec de se développer. Tous les dominicains ne sont toutefois pas à l'aise avec les positions politiques de la revue. L'ordre sort de l'aventure en 1969. Son maigre financement est dorénavant assuré par Pierre Péladeau. La revue délaisse alors presque complètement le contenu religieux pour se concentrer sur les questions politiques, sociales et économiques.

Durant la période qui suit, Maintenant accueille des collaborateurs réputés, dont Robert Boily, Jacques Parizeau, Michèle Lalonde, Fernand Dumont, Jacques Grand'Maison, Jacques-Yvan Morin, Guy Rocher, Camille Laurin, Pierre Vadeboncoeur et Louis O'Neill. Hélène Pelletier-Baillargeon y est toujours et sera d'ailleurs nommée directrice au décès de Vincent Harvey en 1972.

Maintenant est affiliée aux journaux indépendantistes et réformistes Québec Presse (1969-1974) et Le Jour (1974-1978). Les trois cahiers publiés en 1975 sont d'ailleurs distribués avec Le Jour. Plusieurs des collaborateurs des dernières années seront des figures importantes du gouvernement et de l'administration du Parti québécois à partir de 1976.

Source:

ROY, Martin, Une réforme dans la fidélité: la revue Maintenant (1962-1974) et la «mise à jour» du catholicisme québécois, Québec, Presses de l'Université Laval, 2012.

Éditeurs :
  • Montréal, P.Q. :les Dominicains en collaboration avec d'autres clercs et des laïcs,1962-1975,
  • Montréal :Éditions Maintenant inc.,
  • Montréal :Editions Maintenant :
Contenu spécifique :
Novembre
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseurs :
  • Revue dominicaine ,
  • Témoins
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Références

Maintenant, 1964-11, Collections de BAnQ.

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iHwW •j6 NO'' ^ Xu H U V iao4 NOVEMBRE 1964 CONFORMISME RELIGIEUX SOCIALISME AU QUÉBEC LE CONCILE CHRÉTIEN ET SÉPARATISTE ?ÉCOLE CATHOLIQUE POURQUOI FAIRE ?Sommaire complet à Tintérieur HORLOGE DE ROME HEURE DU MONDE En prologue à ces brèves réflexions sur un séjour romain de quelques semaines, on me permettra une nette dissidence avec d’autres voyageurs ou pèlerins revenus en pleine euphorie.Leur vocabulaire ressemble à un arsenal de voyageur de commerce : « Ville étemelle », « terre des martyrs », « armée de prêtres, de moines et de nonnes, prêts à conquérir le monde au Christ ».Une rhétorique fleurie qui peut encore émouvoir des jeunes filles candides et de pieuses personnes pour lesquelles les questions graves sont résolues.à supposer qu’elles aient jamais existé pour elles.La première réaction de beaucoup de Nord-Américains en face de Rome et du Concile en est une d’impatience, une sorte d’incapacité à capter une longueur d’ondes qui n’est point celle de leurs antennes habituelles.Les horloges de Rome indiquent une avance de cinq heures sur nous.Du point de vue religieux, on a l’impression qu’il n’existe que cette avance chronologique du centre de la catholicité sur sa périphérie.H apparaît également évident que le renouveau de l’Eglise romaine s’accomplira par des éléments venus du dehors.La collégialité constitue l’espérance en même temps que le remède à cette situation.Pour des résultats, on comptera encore sur des affrontements, qui ne font que débuter, et loin de s’en inquiéter, il faudrait plutôt s’en réjouir.Ils sont signes de vitalité et d’équilibre, tout autant que mesures nécessaires pour secouer le poids de la Curie et des pays méditerranéens. TRIOMPHALISME DE NOTRE INFORMATION Pour avoir suivi sur place le Concile quelque temps, je suis frappé du « triomphalisme » des reportages de journaux, de radio et de télévision.Une attitude qui n’est sûrement pas imposée, voire délibérée, mais qui s’expliquerait par deux faits.Le premier s’exprime ainsi : chaque pays ou province s’intéresse aux interventions de son épiscopat.Or, il arrive que nous Canadiens, nous soyons bien servis, véritablement à la pointe du renouveau avec les déclarations de Son Eminence le cardinal Léger et de quelques évêques canadiens (particulièrement sur le schéma de l’apostolat des laïcs).A ne connaître que les éléments qui bougent, l’optimisme gonfle alors que la véracité en souffre.En effet, mises à part quelques nouvelles non édulcorées par le commentaire, nous ne savons presque rien des interventions retardataires et réactionnaires, lors de la discussion de schémas, souvent dilués du reste.L’autre fait explicatif d’une information que je qualifierais de tendancieuse si le terme était moins péjoratif, comment en rendre compte ?Dans l’orientation volontaire de journaux et d’émissions pour lesquels il importe d’aller de l’avant, de ne présenter que des précurseurs et des chefs de file, Qui ne sait que l’Heure du Concile, du dimanche soir, répond à cette mentalité ?Aucune objection à de tels procédés, à condition que le public catholique nuance ses jugements et ne parle pas à tout propos d’un déblocage rapide, incontesté et incontestable.RÉDACTION, ADMINISTRATION, ABONNEMENTS ET PUBLICITÉ, 271 S, Chemin Côto-Ste-Cathorino, Montrée 1-26, P.Q.Tél.739-2758 Le Ministère des Postes, à Ottawa, a autorisé (’affranchissement en numéraire et l’envoi comme objet de la deuxième classe de la présente publication.Frais de port garantis si non livrable.KkSHQS A PROPOS DES INTERVENTIONS Quel que soit le schéma discuté, on trouve invariablement une double optique en présence, ainsi qu’une variété de familles psychologiques.Les évêques qui vivent en des pays où l’Etat est laïc et neutre, où règne une pluralité d’opinions et de religions, reflètent la bonne santé et la confiance.Ils croient davantage en un climat de liberté, pour la diffusion de la vérité et le respect des droits de Dieu, que dans les concordats, qui, tels des barrières, maintiennent les lois et les habitudes catholiques.Au fond, l’option libérale manifeste une grande foi en l’homme et au Seigneur dont la manière n’est jamais contraignante. 4 Le Père Schillebeeckx, o.p., estimait l’an dernier que 63% des Pères du Concile sont de cette tendance alors que 37% se rallient à l’option conservatrice, dont les principaux effectifs appartiennent à l’Italie et à l’Espagne.Lors du débat sur la liberté religieuse — un droit qui nous apparaît comme une valeur acquise et un patrimoine de l’humanité — leurs interventions faisaient marche arrière.En substance, ont-ils dit, le catholicisme seul a tous les droits, les autres opinions religieuses aucun : le chrétien devrait toujours régler sa conduite sur le Syllabus, ignorer l’évolution historique et poursuivre l’établissement d’une religion d’Etat.En aucun cas la sincérité de ces hommes n’est mise en cause.Tout au contraire, leur consternation, voire leur panique face aux réformes, impose le respect.Aussi, faut-il se résigner à ne pas comprendre une tout autre structure mentale, créée par une trop longue séparation du monde réel.LE CHRIST REVENU Ce qui m’a le plus frappé lors de la cérémonie d’ouverture de la troisième session, c’est que l’autel a repris la première place avec l’imposante cérémonie de la concélébration.Cela peut paraître aller de soi.Pourtant, aux deux premières sessions, la messe d’ouverture fut célébrée sur un autel portatif à roulettes, placé au ras du sol et ramené immédiatement après le sacrifice.Par contre, le trône du Pape occupait la plus haute marche de l’autel de la confession, sous le monumental baldaquin du Bernin.Aux yeux de l’observateur extérieur et même de bon nombre de catholiques, l’Eglise semblait plus centrée sur le Chef visible que sur le Chef invisible.Les observateurs furent unanimes à qualifier le discours de Paul VI de « christocentrique », un mot créé par l’abbé Bremond il y a quelque trente ans.Tout, dans les gestes et discours du Pape actuel, s’inspire d’une préoccupation du Christ et de l’Esprit.Dans la mesure où on retrouvera le sens de leur présence et de notre dépendance, l’Eglise assouplira la matérialité de ses stuctures et de ses lois et elle paraîtra proche des hommes.Alors qu’il était devenu plus courant de parler de fidélité à l’Eglise que de fidélité au Christ, le Pape affirme le recentrement vivant : l’Eglise ne doit pas sommaire ARTS Jacques Lamoureux : « Mondo Cane » .365 Jean-Paul Vanasse : La radio, cette oubliée .366 CONCILE H.-M.Bradet : Horloge de Rome, heure du monde .325 Vincent Harvey : Vers TEglise dyun nouvel âge .337 Perspective sur la troisième session .344 CULTURE Léo Dorais : Monsieur Hirsch à IM.C.A.P.364 ÉGLISE Henri Dallaire : Hull : Nouveau diocèse .340 PHILOSOPHIE Simon Pierre : Le philosophe et la pilule .333 POLITIQUE Claude Déry : Le prochain discours du trône.368 SOCIOLOGIE André Billette : L'école catholique ?362 Gilles Lalande : Jardiniers ou mécaniciens .359 Pierre Saucier : .Réformiste ou révolutionnaire ?.349 SPIRITUALITÉ Maurice Bouchard : Conformisme religieux .329 Jeanne L'Archevêque-Duguay : Sommes-nous justes ?.356 Hélène Pelletier-Baillargeon : Mois des morts, hier et aujourd'hui 372 SYNDICALISME Jean-Réal Cardin : Rivalités syndicales .369 THÉOLOGIE L.-André Gignac, Vincent Harvey, Yves Côté : Fédéraliste ou Séparatiste ?.352 « s’attarder à quelque complaisance en elle-même, oubliant d’une part le Christ, dont elle reçoit tout et à qui elle doit tout, et d’autre part l’humanité, qu’elle a mission de servir.Elle n’est pas un écran opaque, elle n’est pas à elle-même sa propre fin ».POUR UNE APPROCHE EXISTENTIELLE Journalistes et reporters s’ingénient à mettre en valeur le plus petit détail « pittoresque » ; au contraire, l’enfer, le purgatoire, la médiation de Marie, le peuple déicide ou non, ne parviennent guère à passionner les foules.Cela est très pénible pour une sensibilité chrétienne, mais c’est ainsi.Que manque-t-il donc au Concile ?Une approche plus existentielle et plus missionnaire dans les schémas qui refléterait davantage ce qu’éprouvent ces Pères, confrontés dans leurs diocèses avec des néo-païens, l’indifférence religieuse, plus encore avec la force la plus dynamique des temps modernes : l’athéisme.Il est facile d’imaginer le malaise d’évêques véritablement apostoliques, aux prises avec des textes théoriques dont la teneur et la formulation particulière relèvent de mille hasards : comme le fait que telle commission ait tel président ou tel secrétaire et que telle requête importante soit mise ou non en discussion, selon la volonté d’un ou de plusieurs hommes.En théorie, tous les Pères sont pleins de zèle, de compassion et de charité.En pratique, un bon nombre ne peuvent comprendre et secourir efficacement, en raison d’une longue expérience en vase clos, du contexte géographique et social où ils vivent, ou encore d’une psychologie abstraite.Même si le Concile se tient sous les voûtes de Saint-Pierre, les Pères portent en eux, et comment ne le porteraient-ils pas, le souci des autres : de l’Asie, d’où l’Eglise est pratiquement absente ; de la Russie où elle est interdite ; de l’Occident, dont elle est solidaire sans réussir pourtant à faire passer son message.Non pas que la liberté lui manque, mais parce que son langage est peu compris et en conséquence peu écouté.Si la foi nous autorise à affirmer catégoriquement les chances de l’Eglise, c’est cette même foi qui nous oblige à en mesurer les exigences coûteuses de son adaptation et d’un contenu ramené à l’essentiel.Le Concile en paiera-t-il le prix ?Le monde s’irrite des compromis, de la prudence assise, des vagues généralités et d’un « réformisme » qui ne réforme rien, ou si peu, dans l’ensemble.PATIENCE ET GRATITUDE Parce que le facteur temps est considérable dans la vie de l’Eglise et que chaque pays a son rythme de compréhension, cultivons la patience, sans nous départir pour autant de notre volonté de large renouveau.Dans notre optimisme, ne sous-estimons pas l’entêtement et les moyens d’action des leaders conservateurs.La faiblesse du groupe progressiste consisterait à oublier que la droite présente un front uni, qu’elle demeurera majoritaire sur place quand les travaux seront terminés et qu’elle dirigera peut-être l’application des décrets.Enfin, nous devons à nos évêques une profonde gratitude.Ils travaillent ardument dans cette lourde assemblée que représente un Concile.Ils ont de longues séances dans la matinée, des conférences et des réunions de travail l’après-midi.A chaque séance s’affrontent des exposés doctrinaux et pastoraux sur lesquels ils doivent porter un jugement personnel, comme d’humbles chercheurs de la vérité, l’unique critère.Ni l’assurance tranquille des gens sûrs d’eux-mêmes et forts de positions définitives à faire triompher, mais une bataille avec le mystère d’une Eglise qui fait sa lessive au grand jour, dans l’espérance passionnée de la « mise à jour ».H.-M.BRADET 329 QU'EST-CE QUE LE CONFORMISME ?Parce que toute analyse d’une réalité sociale donnée part d’une théorie tout au moins implicite, j’éprouve le besoin, avant d’aborder la question du conformisme religieux au Québec, de faire quelques commentaires sur la contradiction fondamentale qui existe entre l’acte de foi et le conformisme en matière religieuse.Le conformisme religieux est un aspect particulier d’un problème plus général, celui de la conformation sociale.Disons, en gros, qu’un acte donné, posé par un individu quelconque, est conformiste, quand il procède instinctivement du seul besoin de ne pas entrer en conflit avec le système de valeurs dominant dans la société ambiante.Bien sûr, une attitude peut être plus ou moins conformiste, mais, à la limite, le conformisme pur est une démission de la raison et de la liberté chez l’individu.Et cette démission s’effectue à deux niveaux.En premier lieu, eu égard au système de valeurs propre à chaque individu.Par conformisme, on adopte spontanément la manière de faire de tout le monde, sans apprécier ses actes d’après les normes et l’éthique auxquelles on adhère soi-même.En second lieu et en conséquence de la première démission, il y a démission de la liberté et du calcul rationnel quant à l’efficacité de l’acte posé relativement aux alternatives qui s’offrent comme moyens d’atteindre ces normes.Hors du domaine religieux, un acte dicté par le conformisme ne s’oppose pas nécessairement aux impératifs de l’éthique individuelle ou du calcul d’efficacité qui doit normalement inspirer MAURICE BOUCHARD : Economiste, Université de Montréal.POULS DU QUÉBEC CONFORMISME RELIGIEUX MAURSCE BOUCHARD l’accomplissement de cette éthique chez un être rationnel.On peut même concevoir que l’individu accommode systématiquement et consciemment son échelle de valeurs particulière au système de normes dominant d’une société donnée.Et cette fois, même si l’acte posé ne diffère pas matériellement de celui qui dérive du conformisme, cet acte garde la qualité d’être libre et rationnel, grâce à l’identification des valeurs individuelles et sociales.Encore une fois, le conformisme porte atteinte strictement à la qualité de l’acte, sous l’aspect liberté et rationalité.FOI ET CONFORMISME En matière de foi religieuse, le problème est complètement différent.Etre pratiquant par conformisme, c’est entrer en contradiction flagrante avec la nature même de la foi et s’accommoder de la pire absurdité.En effet, un caractère fondamental de l’acte de foi, c’est qu’il soit libre, en ce sens, qu’il soit une adhésion consciente et voulue à l’idée que Dieu existe.Si la réalité infinie de Dieu pouvait être démontrée par notre raison bornée, Dieu ne serait pas Dieu.Au surplus, nous n’aurions plus à croire, nous serions en quelque sorte déterminés à voir Dieu.C’est l’essentiel du mystère de la foi que l’homme est incapable de prouver que Dieu existe, pas plus que d’établir qu’il n’existe pas.Par la foi, j’opte pour le principe que ma liberté d’homme est ouverte sur l’infini et que j’ai à choisir entre le temporel et l’éternel, le fini et l’infini.D’où, chez le croyant, cette notion théologique d’un Bien Absolu et d’une liberté entièrement orientée vers cet Absolu et, en conséqeuce, définie comme une option entre deux termes bons, relativement plus ou moins parfaits.L’incroyant, parce qu’il rejette librement l’idée de Dieu, opte pour une liberté entièrement circonscrite dans le fini.Il n’y a plus de bien ni de mal, mais seulement des options plus ou moins désirables, eu égard au système de valeurs qu’on a.Il faut donc accepter que l’incroyant a la liberté de faire autant ce qui semble être le mal au point de vue du croyant que ce que celui-ci considère comme le bien.Le croyant et l’incroyant ont la même liberté, y compris celle d’orienter cette liberté vers l’infini ou le fini, c’est-à-dire de croire ou non.Si, du point de vue de l’homme, la foi parfaite est une orientation délibérée de sa liberté vers Dieu, le conformisme religieux apparaît comme une contradiction et une absurdité.Cette orientation ne peut avoir de sens, en effet, que dans la mesure où Dieu se présente à notre raison comme un terme qui ne souffre pas de comparaison avec le monde fini.Il est inacceptable que le monde fini nous détermine d’une manière quelconque à croire en Dieu.En ce sens, la foi est un pur don de Dieu.Le conformiste qui pratique parce que tout le monde le fait et qui professe d’une manière instinctive la religion socialement dominante, renonce à se poser le problème de la foi.Il pratique sans croire, pour éviter des ennuis, ou pour obtenir certains avantages.Il est dans la maison de Dieu à la façon des vendeurs que le Christ a chassés du temple.Voilà pourquoi il faut lutter contre le conformisme et, si possible, avec la colère du Christ, la seule qu’il ait jamais manifestée.Comme croyant, et dans la perspective de la foi, l’incroyant me semble plus proche de Dieu que celui qui pratique par pur conformisme. LE CONFORMISME QUÉBÉCOIS On m’a demandé des observations personnelles sur l’évolution du conformisme religieux au Québec.Comme je n’ai pas la certitude d’être moins conformiste que la moyenne des catholiques au Québec, et parce que je ne suis pas psychologue de profession, je n’ai pas du tout l’envie d’y aller d’une introspection cruelle sur le thème des décalages et des oppositions observables entre nos comportements réels et les conseils évangéliques.Je partirai plutôt de l’affirmation générale que nous sommes des chrétiens incroyablement conformistes, et j’essaierai d’abord de voir si notre conformisme tend à s’atténuer, et ensuite, de préciser à quelles conditions l’on peut espérer le réduire plus radicalement et plus rapidement encore.Même si je suis économiste de profession, j’aurai l’audace de dire que ma réflexion sur ces questions a été du type sociologique.Et ceci, parce qu’une discussion valable du conformisme religieux doit tenir compte des caractères structurels de la société.Dans une société homogène, du type rural, comme celle d’avant 1900 au Québec, formée en grande partie de communautés familiales de travail et de vie, la lutte contre le conformisme religieux est avant tout un problème de lucidité et de courage individuels.On naît chrétien et l’on vit chrétiennement dans une famille chrétienne.Se poser le problème de la foi librement, c’est en même temps faire face le plus souvent à l’obligation de rompre douloureusement avec la famille dans le cas d’une option négative.Au total, de la naissance à la mort, le membre de semblable société est en quelque sorte déterminé à croire.Cette stabilité naturelle et terrienne de notre conformisme religieux aurait normalement dû craquer de toute part avec le rapide développement commercial, industriel et urbain que nous avons connu depuis 1900.N’oublions pas que les ruraux ne font plus maintenant que 12% de notre population québécoise.Pourtant, je doute fortement qu’il eût été possible de démontrer, dans les années ’30, que le conformisme religieux était en recul par rapport à 1900.Le principal facteur de durée de notre conformisme religieux à travers cette phase de transformation économique et sociale a été le contrôle absolu du système d’éducation par l’Eglise, depuis la petite école jusqu’à l’Université.A ce contrôle, il faut ajouter toutes les formes d’intégration catholique de notre vie sociale : système hospitalier, assistance sociale sous toutes ses formes, presse, organisations de jeunesse, syndicalisme ouvrier et agricole, groupements patronaux, loisirs, et j’en passe.Avec la complicité de l’Etat Provincial, et, en définitive, notre complicité à tous, nous nous sommes enfermés dans une totalité catholique.C’est cet intégrisme de fait qui est le premier facteur responsable de la pauvreté de notre foi.Dans un tel cadre social, comme dans la famille rurale chrétienne, je le répète, l’individu n’a guère le choix de croire ou de ne pas croire, ni même l’occasion de se poser la question.On a poussé la stupidité jusqu’à tenter d’anesthésier la pensée active de manière à nous faire dormir sur l’héritage de nos aïeux.Pour s’en convaincre on n’a qu’à feuilleter quelques-uns des manuels scolaires produits par notre trop célèbre D.I.P.: la religion s’infiltre dans tous les ouvrages, même ceux de mathématiques, et souvent avec une imagerie typiquement rurale : croix du chemin, prière en famille, etc.En matière d’assistance et de sécurité sociale, malgré toutes les injustices et l’inefficacité qu’il entraîne, le mythe de la charité privée, présenté comme caractéristique de notre culture, a servi à prolonger et étendre l’aventure de Jeanne Mance à la grandeur du Québec de 1964.Qui de nous n’a pas été saturé de cette histoire faite avec la croix et l’épée pour défendre la langue et la foi ?Et encore, dans un Etat où il y a séparation de l’Eglise et de l’Etat ! Les clercs, c’est bien connu, ont en général un style autocratique et dogmatique.L’Eglise est une monarchie et en outre, elle est dépositaire de la vérité révélée.Il n’est pas facile pour eux, même dans les domaines purement temporels, de se départir de ce style.Dans le domaine politique, pensons à toutes ces formes d’arbitraire et de paternalisme que nous avons subies.L’absence de véritable démocratie dans notre vie sociale, culturelle et politique me paraît avoir constitué le second pilier de notre conformisme religieux.La liberté est une et indivisible.Quand on la cède durant toute sa vie, comment peut-on sérieusement prétendre la conserver en matière religieuse ?Les liaisons profondes qui ont existé chez nous entre, d’une part, l’intégrisme catholique et l’autoritarisme politique, et, d’autre part le dogmatisme de l’Eglise et l’école nationaliste de Montréal, tout en retardant l’éclosion de la démocratie sociale et politique, ont par ailleurs introduit dans la conscience collective le besoin d’une expression la plus complète possible, économique, culturelle et politique de notre originalité propre comme communauté nationale.C’est probablement à notre intégrisme catholique que nous devons d’être devenus culturellement, socialement et politiquement inassimilables dans le grand tout canadien.Le refus opiniâtre des autres provinces de permettre et de favoriser notre système d’éducation confessionnel en est une manifestation incontestable.De ce fait une diaspora des Canadiens français de l’est à l’ouest devint impossible et nous sommes restés confinés géographiquement au Québec, dans une sorte de ghetto culturel de type totalitaire.LUTTE POUR LA LIBERTÉ C’est contre ce caractère de notre univers québécois que la lutte pour la liberté s’est faite depuis une trentaine d’années et non sans succès.Et les premiers militants de ce combat pour la démocratie ne sont pas sortis des mouvements populaires, ouvriers ou agricoles, mais bien, des universités et de l’intérieur de l’Eglise, plus particulièrement de l’Action Catholique spécialisée.Le syndicalisme d’origine américaine, un syndicalisme de marché, n’a jamais mis en question, sauf récemment, l’autoritarisme de notre société.On peut même dire que sous Duplessis, il s’en est fort bien accommodé.Quant au syndicalisme chrétien, à l’origine, et jusqu’aux années ’40, il fut essentiellement un prolongement de l’intégrisme catholique.A leurs débuts, c’est-à-dire, jusqu’aux années ’40, il en fut ainsi également des mouvements d’Action Catholique.A partir des années ’40, les mouvements de jeunesse catholiques produisent de plus en plus des militants qui rejettent l’autocratisme religieux.Une fois sortis des cadres de ces mouvements, ceux-ci s’engagent nombreux dans les rangs du syndicalisme ouvrier catholique et dans les moyens d’information, presse, radio et télévision.Simultanément, l’Ecole des Sciences Sociales de Laval commence à faire rayonner des idées de démocratisation, tant à l’intérieur de l’Eglise que dans l’organisation de la vie sociale et politique.Un bon nombre de ses diplômés les plus dynamiques s’insèrent notamment dans le syndicalisme ouvrier catholique.Pour la suite et les résultats, c’est de l’histoire que nous connaissons tous : luttes de Laval contre le confessionnalisme dans divers secteurs, notamment les coopérations, oppositions violentes entre le syndicalisme catholique et le régime de Duplessis, grèves mémorables, déconfessionnalisation de la C.S.N., naissance de Cité Libre, pénétration de la grande presse et de la télévision par une jeunesse gagnée à la démocratie, ébranlement de l’unité épiscopale quant aux options temporelles, voilà autant de jalons importants dans l’instauration de la démocratie dans notre vie sociale, économique, culturelle et politique.FOI ET DÉMOCRATIE Il est capital pour la valorisation de la foi catholique chez nous que le combat démocratique se poursuive et s’amplifie.Des impératifs d’efficacité et de justice requièrent que l’Eglise se désengage rapidement du domaine hospitalier et de l’assistance sociale.On se lamente sur tous les tons que les étudiants de l’Université de Montréal sont devenus anarchistes, qu’ils n’admettent plus l’autorité, qu’ils glissent vers la violence, la dynamite, le marxisme et l’athéisme.Et en même temps, l’Eglise considère toujours l’Université comme sa propriété, prenant appui sur un Conseil de Gouverneurs composé de capitalistes bourgeois, financiers, industriels ou autres.On n’a pas l’air de se rendre compte que cette Université comptera bientôt plus de 500 professeurs de carrière engagés dans l’enseignement à temps complet et que le gros du budget vient de l’Etat.Là aussi, l’Eglise doit se désengager et rapidement.Comme catholique qui essaie d’être lucide, je considère que le maintien du caractère confessionnel de l’U.de M.devient tous les jours une stupidité tragique pour l’avenir de l’Eglise chez nous.Il faut à l’U.de M.un statut d’institution para-étatique, régie par des universitaires de carrière, gouvernant avec l’appui d’un sénat académique, d’un conseil étudiant et d’un conseil public composé de représentants de tous les secteurs intéressés de notre vie sociale, syndicats ouvriers et agricoles, presse et communications, chambres de commerce et autres groupements de ce genre.En même temps que les militants et intellectuels de chez nous engageaient une lutte vigoureuse pour la démocratisation des structures de notre vie sociale, économique, culturelle et politique, le peuple du Québec, comme masse homogène, menait une bataille sourde et opiniâtre, trop souvent négative et stérile pour la liberté des Canadiens français de s’autodéterminer vis-à-vis de l’extérieur.Il y a quelques années, un très sympathique professeur de McGill blâmait Duplessis d’avoir imposé au Québec des coûts énormes par sa politique farouchement autonomiste.Il n’avait pas compris, et peu d’Anglo-Saxons d’ailleurs la comprennent, qu’il s’agissait d’une lutte de tout le peuple.AUTODÉTERMINATION Pour mener à bien leur combat démocratique, les militants et intellectuels chrétiens du Québec avaient besoin d’un point d’appui, d’un pouvoir politique efficace et par hypothèse stable.Dans l’ensemble, ils ont opté idéologiquement pour la thèse d’un essor du Canada français par le renforcement de la Confédération canadienne.Pensons, par exemple, aux thèses d’un messianisme culturel du Canada français qui émanaient de l’Ecole des sciences sociales de Laval, aux amitiés fédérales du Père Lévesque et de ses disciples, à l’appui très efficace de la radio et de la télévision fédérale aux partisans de la démocratie et de l’antiduplessisme.Depuis lors, le combat pour l’autodétermination s’amplifie et s’organise.Outre les mouvements séparatistes, violents ou non, on observe tous les jours des faits significatifs : une C.S.N.dé-confessionnalisée, culturellement et politiquement identifiée au Québec qui est en voie de faire reculer le syndicalisme d’origine américaine ; une foule d’associations, chambres de commerce, étudiants universitaires et d’autres qui rompent avec les associations nationales ; une Chambre législative et un Gouvernement provincial vivement préoccupés de faire avancer la cause de l’autodétermination.Voilà rapidement pour les faits.Sur le plan des idées, la situation est confuse et inquiétante pour les chrétiens.Deux courants propagent énergiquement l’idéal de liberté collective, et en particulier, le principe de la souveraineté politique.Le mieux ancré dans la vie du Québec de ces deux courants est l’école intégriste et dogmatiste sur le plan religieux alliée à la vieille école nationaliste bourgeoise et réactionnaire sur le plan politique et social.L’autre courant est nouveau, plus jeune et non intégré sérieusement ; il travaille à peu près uniquement via la presse et les moyens d’information comme la radio et la télévision et des revues de plus en plus nombreuses.Il est facilement athée, normalement socialiste sinon marxiste.LES INTELLECTUELS Quant aux intellectuels chrétiens et assimilés qui ont mené le dur combat de la démocratisation intérieure, ils sont au mieux dans une position attentiste.Plusieurs d’entre eux ont engagé la bataille ouvertement contre l’idée de la souveraineté politique du Québec.Se méfiant non sans raison des interlocuteurs des deux courants au point de vue des normes démocratiques ; ils les accusent de nous offrir une coquille sans préciser ce qu’il y a dans l’œuf.Cette thèse fut exprimée, une fois de plus, dans la dernière livraison de Cité Libre par Charles Taylor qui brandit contre les indépendantistes l’accusation de globalisme.Il me semble urgent que les intellectuels chrétiens sortent de leur attentisme ou de leur négativisme quant au problème de la souveraineté et orientent leurs analyses sur le développement d’un ensemble de conditions favorables à l’expression la plus valable d’une indépendance politique au Québec.Il ne faut plus s’attarder à se demander ce que coûterait la séparation ; mais bien quelles seraient les conditions structurelles internes, économiques surtout, les stratégies politiques, les rapports économiques extérieurs avec le reste du Canada et avec les Etats-Unis qui pourraient minimiser le coût immédiat de la souveraineté, et favoriser, à longue échéance, une accélération de notre développement économique et social.Il se peut, que même au terme de cette analyse, la souveraineté apparaisse trop coûteuse et impossible.Mais on aura eu au moins le mérite de choisir en admettant la réalité, c’est-à-dire que le peuple du Québec désire profondément l’indépendance et en travaillant positivement pour trouver moyen d’actualiser cette forme particulière de la liberté tout court.S’ils n’œuvrent pas rapidement dans cette direction, les intellectuels chrétiens seront devenus ce qu’ils ont tant attaqué, des dogmatistes, c’est-à-dire, des gens qui accordent une valeur absolue à une forme de liberté, la démocratie intérieure, au détriment de valeurs auxquelles le peuple tient manifestement. N’oublions pas d’ailleurs que la démocratie intérieure parfaite est une denrée pour une société stabilisée dans ses assises et non menacée de l’extérieur.Les Français qui ont l’idéal démocratique dans la peau ont quand même eu le bon sens de se donner un régime autoritaire et paternaliste quand ils ont pris conscience de l’effondrement politique et économique de la France à l’extérieur.Les syndicats ouvriers sont foncièrement démocratiques dans leur régie interne ; quand les conditions extérieures menacent leur existence, dans certaines grèves par exemple, ils savent devenir temporairement de petites dictatures à l’occasion.Aucune forme de liberté n’a en soi de valeur absolue.Il faut les défendre toutes à la fois, et avec réalisme, c’est-à-dire, en tenant compte des circonstances qui permettent de promouvoir en priorité la liberté globale ou la liberté intérieure.UNE ÉGLISE INTÉGRISTE L’Eglise est déjà trop associée chez nous à des formes intégristes et à des alliances réactionnaires responsables de notre anachronique conformisme religieux.S’il faut encore que l’aile libérale et démocratique de cette Eglise fasse obstacle d’une manière dogmatique à la volonté d’autodétermination politique du peuple, la jeunesse qui est encore très conformiste sur le plan religieux, au lieu de valoriser la foi qui lui a été donnée en héritage, risque fort de basculer dans l’incroyance et l’athéisme militant.Du côté de l’Eglise enseignante, celle des clercs, on souhaiterait vivement un effort systématique vers une pensée morale qui ait une dimension sociale.Les chrétientés autocratiques, la nôtre depuis 300 ans, n’éprouvent aucun besoin à cet égard.Un citoyen, c’est un chrétien.La morale est une affaire individuelle, et les moyens de l’incarner relèvent strictement de l’ascèse et de la pratique individuelle des vertus suggérées par la pastorale.Dans une société industrielle complexe, démocratique et pluraliste, les individus ne sont plus socialement déterminés à croire, ni à croire d’une manière homogène.Au surplus, le développement de plus en plus complexe de l’organisation économique, sociale et politique peut se faire dans un sens contradictoire aux exigences de la foi et de la Révélation.Il est donc essentiel que l’enseignement de l’Eglise informe la vie sociale comme telle.MORALE ET SCIENCES SOCIALES Notre morale catholique qui s’est développée en bonne part dans le contexte du Moyen-Age européen, et donc, dans une société autocratique et rurale, manque sérieusement de prise sur le monde contemporain.Basée sur le fait que l’homme est doué de raison, cette morale propose un système de fins raisonnables à l’homme orienté vers Dieu.Mais ces fins raisonnables, l’homme d’aujourd’hui les recherche librement sous l’empire de contraintes typique- ment sociales, en général tout ce qui a trait à l’organisation économique et politique.Dans chaque société particulière, selon son degré d’évolution et de complexité, il se pose le problème de définir les modes d’organisation économique et politique les plus efficaces pour la promotion des valeurs chrétiennes.Il n’y a pas un système idéal que l’on pourrait appeler chrétien.Tout dépend du contexte historique des sociétés particulières.Il faut donc que l’Eglise, en s’appuyant sur les sciences de la vie sociale qui cherchent à définir les conditions théoriques de systèmes économiques et politiques efficaces, adapte son message à chaque société, de manière que les chrétiens contribuent comme tels au progrès de la vie sociale et l’orientent vers Dieu démocratiquement, c’est-à-dire, sans recours à la contrainte et au mensonge de l’intégrisme.Cet effort exige que les papes cessent de proposer des modes d’organisation sociale à l’Eglise universelle : coopératisme, syndicalisme ouvrier-patronal, syndicalisme tout court, anti-socialisme, etc.Ces options relèvent des Eglises locales et supposent, dans ces Eglises, une réflexion soutenue et réaliste sur les modes de vie sociale les mieux appropriés aux circonstances.A l’idée intégriste d’un chrétien déterminé à croire par la vie sociale, c’est-à-dire, conformiste, il faut substituer le projet d’un chrétien agissant démocratiquement et positivement sur l’organisation sociale dans un sens favorable à sa foi.4 COLLOQUE « POURQUOI LA VIOLENCE ?» PARTICIPANTS : Jacques Perron : écrivain Jacques Larue-Langlois, Président du Mouvement de Désarmement nucléaire et de la paix Pierre Maheu : Rédacteur à « Parti Pris » Pierre Nadeau, Animateur à Radio-Canada Jean Pellerin : directeur de « Cité Libre » Jeudi, 26 novembre, Monastère Saint-Albert-le-Grand 8 heures 30 p.m.2715, Chemin de la Côte-Ste-Catherine Montréal INVITATION GÉNÉRALE - ENTRÉE LIBRE 333 O0O RÉGULATION DES NAISSANCES LE PHILOSOPHE ET LA PILULE SIMON PIERRE Dans le numéro de juillet-août de la revue Perspectives sociales, M.Charles de Koninck, éminent professeur et doyen de la faculté de philosophie de Funiversité Laval, consacre une étude sérieuse au problème moral que soulève l’emploi des pilules anovulantes pour la régulation des naissances.Se défendant de présenter ses vues comme une règle de conduite, Fauteur estime, au plan de la réflexion théorique, que le débat sur la question reste ouvert et n’a pas été clos par l’allocution de Sa Sainteté le pape Pie XII, en 1958.Nous avons pris la liberté de donner à ce résumé, qui se veut tout de même fidèle, la forme d'une discussion, groupant autour de trois centres d’intérêt les réflexions du professeur de Koninck.LE MORALISTE.Tous les moralistes s’entendent à proclamer licite, et même recommandable en certains cas, le recours à la méthode de continence périodique pour la régulation des naissances, supposé évidemment qu’il ne s’agit pas d’un calcul égoïste.Mais il ne saurait être question d’appliquer à l’emploi des progestogènes ou pilules anovulantes la même règle morale.Dans le premier cas, on a affaire à un procédé parfaitement naturel ; dans le second cas, à un procédé artificiel et contre-nature.M.DE KONINCK.Le critère de discrimination que vous invoquez est inopérant.Premièrement, Fart et la nature, le naturel et l’artificiel, doivent être distingués mais non opposés.L’art (par exem- SIMON PIERRE, O.P.: Professeur d’histoire de la philosophie, Studium Dominicain, Montréal.pie Fart médical) est normalement appelé à coopérer avec la nature et à faire en quelque sorte ce que ferait celle-ci si elle le pouvait.La nature amputerait un organe gangrené si elle le pouvait.D’autre part, c’est en vertu même de sa nature que l’homme a besoin de choses artificielles : le vêtement, l’habitation, les moyens de transport et de communication.Bien loin d’être contraire à la nature, Fart est ici exigé par la nature à titre de complément indispensable.Le besoin de l’artificiel n’est pas de soi artificiel.Sans doute les moyens utilisés par Fart seront-ils parfois très différents, voire contraires à ceux qu’emploie la nature.Ils ne deviennent pas pour autant purement et simplement contre nature.On doit se libérer de la notion qu’une chose est opposée à la nature du seul fait qu’elle est artificielle.De plus, ce que fait la nature n’est pas nécessairement et fatalement bon de fait.Il serait naïf de croire à une nature universellement bienfaisante et incarnant la paix partout où l’homme n’y apporte pas le méfait, la guerre ou d’autres perturbations.Le danger, dans la nature, n’est pas d’invention humaine : il vient d’abord de la nature elle-même.On objectera que la nature est une participation de l’intelligence divine.Oui, mais elle n’est qu’une participation, une participation très éloignée, qui comporte en conséquence des limitations.Qu’on songe, par exemple, à la défense insuffisante dont dispose l’organisme humain contre l’invasion par des corps étrangers.Il faut donc se garder de déifier la nature.Même si elle compte à son actif d’admirables réussites, elle présente aussi des lacunes importantes.Enfin, agir contre la nature n’est pas nécessairement mauvais.Comment pourrions-nous nous nourrir et survivre sans opérer des actes de violence au sein de la nature qui nous entoure ?LE MORALISTE.Bien sûr, l’usage des pilules anovulantes comme moyen de régulation des naissances ne peut être rejeté du simple fait qu’il relève de la technique et fait violence à la nature.Il est certain que nous ne pouvons guère bouger ni respirer sans faire violence à quelque chose.Mais dès que nous touchons à la nature humaine, nous sommes aux prises avec un ordre à part.Ce qui oblige à bien distinguer entre les lois de la nature dont parlent les physiciens et les biologistes et la loi naturelle {fondée sur la raison) dont il est question en philosophie ou en théologie morale.Agir contre les lois de la nature n’est pas nécessairement condamnable ; il s’agit au contraire d’une nécessité vitale.Mais agir contre la loi naturelle est mal.Cependant, même s’il y a lieu de distinguer entre lois de la nature et loi naturelle, cela n’autorise pas à séparer ces deux domaines comme étrangers l’un à l’autre.C’est ainsi que pour apprécier, par exemple, la moralité de la gourmandise ou de l’homosexualité, il faudra considérer la finalité ou l’orientation naturelle des fonctions biologiques en jeu.Pour reyenir à notre problème, l’usage des progestogènes à seule fin de limiter les naissances doit être réprouvé parce qu’en ne respectant pas la finalité naturelle d’un processus ordonné à la génération il devient contraire non pas simplement aux lois de la nature mais à la loi naturelle. 334 M.DE KONINCK.C’tst dire qu’en se prononçant sur la loi naturelle, le moraliste, tout moraliste qu’il est, demeure dépendant de sa connaissance de la nature, et que toute insuffisance en ce domaine risque d’infirmer ses avancés moraux.Ceci doit inciter à la prudence le moraliste qui prétend déceler les intentions de la nature.On se souvient encore comment, avant la parution de Casti Connubii, des moralistes attitrés ont été conduits à déclarer immorale la méthode du rythme et que des consciences en ont été faussées.Ceci dit, quelle est l’intention de la nature en produisant l’outillage sexuel et la différenciation des sexes ?Et tout d’abord, cette intention est-elle unique ?Puisque les biens du mariage sont multiples, il y a indication que les intentions de la nature ne se ramènent pas univoquement à une seule intention, à savoir la procréation physique, il importe encore de préciser.Car une certaine façon sommaire d’entendre la distinction classique entre la fin principale du mariage (l’enfant) et sa fin secondaire (le commerce d’amitié conjugale) peut prêter à un fâcheux malentendu.L’expression « fin principale » ne doit pas laisser croire que l’autre fin n’a qu’une signification instrumentale.Et l’adjectif « secondaire » (traduction d’ailleurs inexacte du latin secundus) ne doit pas s’interpréter par « ce qui vient en second » au sens d’accessoire.L’amitié conjugale possède en soi une valeur de fin honnête et suffisante (bonum honestum) et même, à considérer l’intention des personnes conjointes, un caractère de fin première et principale.Sans doute cette amitié, sous peine de se détruire, ne saurait-elle exclure l’enfant.Mais les époux ne sont pas « deux en une seule chair » simplement par référence à leur progéniture physique.Encore une fois à considérer la personne des conjoints, l’intention expresse et première de la cohabitation et des relations conjugales est celle qui a pour principe et terme l’amitié.Enfin, après avoir fait à l’amitié conjugale sa juste part, il importe de préciser, en ce qui concerne l'enfant, que le vœu principal de la nature n’est pas sa pure et simple existence mais son éducation : autrement le devoir des époux serait d’avoir des enfants en aussi grand nombre que possible.Nous admettons aujourd’hui comme une évidence que les époux n'ont pas droit à un nombre d’enfants qu’ils seraient incapables de bien élever.Ainsi donc c’est la réalisation même de la fin principale, l’éducation de l’enfant, qui demande la limitation du nombre d’enfants.Or, c’est le lieu de le rappeler, il y a des choses que ferait la nature pour son bien si elle le pouvait.Si la nature savait espacer les enfants de manière à ce qu’on puisse raisonnablement les élever, ne le ferait-elle pas en vue du bien de la famille, de la société et de l’humanité ?Comme elle est impuissante à le faire, pourquoi Yart ne pourrait-il intervenir ?D’autant que la nature va déjà à mi-chemin en donnant l’exemple d’une méthode amorcée de limitation et d’espacement des naissances : fécondité de la femme bornée à un certain nombre d’années ; longues périodes agé-nésiques chaque mois ; arrêt fréquent de la fécondité après l’accouchement pendant la période de lactation.LE MORALISTE.Il est évident que si le bien de l’individu ou de la famille ou de l’espèce l’exige, la limitation des naissances devient non seulement permise mais recommandable.Mais il faut que le moyen employé demeure moralement bon.C’est le cas de rappeler que la fin ne justifie pas les moyens.Or, sur ce point, la méthode du rythme se présente comme un moyen licite : on ne saurait en dire autant de l’usage des pilules anovulantes qui constitue une stérilisation directe, bien que provisoire.Sans doute une exigence thérapeutique pourra-t-elle légitimer une telle stérilisation, en vertu du principe général des actions à double effet.Mais l’usage des progestogènes à seule fin d’inhiber l’ovulation constitue une violation de la loi naturelle.M.DE KONINCK.Commençons par souligner un point d’une extrême importance.Puisque l’absorption des pilules anovulantes est reconnue légitime en certains cas, c’est-à-dire sur indications médicales, cela suppose que le moyen en cause n’est pas intrinsèquement mauvais.Autrement rien ne pourrait justifier son usage.Ainsi les pilules anovulantes ne peuvent-elles être assimilées aux contraceptifs purs et simples.L’infécondité temporaire qu’elles provoquent laisse intacte la structure naturelle de l’acte conjugal, lequel demeure aussi complet que durant n’importe quelle autre période agénésique.Accédons maintenant au cœur du problème.L’emploi des pilules anovulantes constitue-t-il une méthode de stérilisation ?Le langage risque ici d’être source de confusion regrettable.Le terme « stérile » possède d’abord un sens obvie et strict : celui d’une condition d’impuissance permanente.Nous dirons d’un cheval qu’il est stérile lorsque, soit par nature, soit par art, soit par hasard, il est privé de la puissance d’engendrer.Il y a donc abus de langage ou du moins équivoque à parler de « stérilité temporaire ».De toute façon, si on tient à conserver l’expression, il faut savoir que le mot « stérilité » (ou « stérilisation » ) : revêt alors une signification toute différente de son sens premier et obvie, puisque la puissance génératrice n’est aucunement détruite ni abolie.On peut toujours parler de « cécité temporaire » pour celui qu’on enferme dans une chambre noire ou à qui on applique un bandeau sur les yeux ou qui devient aveuglé par le soleil.Mais il est manifeste que le cas est bien différent de celui qui ne voit pas parce qu’il est aveugle.En somme, le moraliste a tort d’argumenter en donnant au mot « stérile » ou « stérilisation » une signification univoque et en présentant comme adéquate la division : stérilité permanente, stérilité temporaire.Enfin, même si on adopte la perspective qui autorise l’absorption des pilules anovulantes uniquement pour fin thérapeutique, pourquoi limiter celle-ci au simple aspect somatique de l’organisme féminin, comme si seule la pathologie corporelle pouvait justifier l’usage du produit en cause ?Pourquoi ne pas inclure la pathologie psychique, à certains égards beaucoup plus grave ?Pourquoi également restreindre la pathologie et la thérapie à l’organisme individuel de la femme ?La famille, elle aussi, constitue un organisme qui sans être strictement naturel comme l’organisme individuel, n’est pas purement moral.Ne pourrait-on pas dès lors parler d’une thérapeutique familiale, d’un soin de la famille afin qu’elle soit un organisme capable de réaliser son bien principal : l’éducation de l’enfant ?Devant le débat théorique et les opinions divergentes que suscite le problème de la régulation des naissances, certains époux aux prises avec des difficultés pratiques pourront s’étonner ou s’impatienter.C’est oublier que la morale, comme le rappelle d’ailleurs M.de Koninck, n’est pas affaire de déduction pure sur le modèle d’un traité géométrique.Elle doit se plier aux exigences historiques de la recherche et de l’acquisition graduelle de l’expérience humaine.Aussi faut-il remercier M.de Koninck de sa contribution consciencieuse à l’étude d’une question complexe et difficile.^ 1600 est, rue Marie-Anne, Montréal-34, P.Q.Huiles à chauffage Appareils de chauffage Livraison automatique Service jour et nuit Tél.: 521-2131 iMif.Oi jniic (to applique si nia»-1 féitul de nrveyer, Nenniger, Chênevert Sg /Iss tort d'if' (Slérile1 1440, OUEST STE-CATHERINE MONTREAL 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SOCIAL 612 ouest, rue St-Jacques MONTRÉAL (Canada) SUCCURSALES A QUÉBEC TORONTO - WINNIPEG - REGINA EDMONTON - VANCOUVER 002947 337 VERS L’EGLISE NOUVEL ÂGE « L’Eglise que nous avions connue, il y a quelques années à peine, écrit le P.Lambert, spécialiste de l’ecclésiolo-gie et de l'œcuménisme, nous l’avions crue inchangeable, tant les formules semblaient bonnes et sûr, le mode de son action.Il a suffi du Pape Jean XXIII pour nous donner à comprendre que cette Eglise n’était plus à jour.Vers quoi fallait-il donc s’acheminer sinon vers l’Eglise d’un nouvel âge?» {De Rome à Jérusalem, p.8).Je voudrais dégager les principaux traits que l’Eglise avait donnés à son visage depuis quelques siècles, afin de mieux mettre en relief les traits nouveaux de l’Eglise de demain qui s’ébauchent actuellement à Vatican II, de façon laborieuse.On me pardonnera les télescopages historiques que nécessite un propos aussi ambitieux.Lorsque s’est ouvert le présent concile, des évêques, qui ne manquaient pas d’humour, ont dit de certains de leurs confrères dans l’épiscopat « qu’ils s’en allaient au Concile de Trente plutôt qu’à Vatican II ».La boutade contenait une bonne part de vérité.En effet, ceux des Pères conciliaires qui s’acharnent actuellement à défendre le statu quo, luttent, de fait, pour le maintien de ce que plusieurs historiens appellent l’Eglise post-tridentine ou l’Eglise de la Contre-Réforme.Je m’empresse de souligner qu’il ne faut pas donner à ces appellations (Eglise post-tridentine, Eglise de la Contre-Réforme) un sens péjoratif et y voir quelque mépris que ce soit.Au contraire, dans l’histoire de l’Eglise, le concile de Trente, au 16e s.(à la naissance des temps modernes), a été une sorte de redépart, un coup de barre exceptionnel et décisif.Des orientations et VINCENT HARVEY, O.P.; Professeur à l’Institut d’Etudes Médiévales.des choix majeurs y furent pris qui marquèrent l’Eglise pendant quatre siècles : quatre siècles de fécondité humaine et chrétienne.Ce sont précisément ces orientations et choix majeurs qu’il faut brièvement analyser dans la conjoncture historique du 16e s., pour comprendre le catholicisme des siècles suivants : ses caractéristiques, ses attitudes, son style.La situation de l’Eglise, au milieu du 16e s., était tragique.La chrétienté médiévale s’était effritée, et avec elle l’unité de l’Eglise d’Occident.Déjà la Réforme déclenchée par Luther avait pris corps et la rupture devenait un fait accompli.Par ailleurs, Henri VIII avait soustrait à l’obédience romaine {Acte de Suprématie, 1534) la puissante et riche Eglise d’Angleterre.Au surplus, la pensée théologique était énervée par des courants nouveaux et violents.Les dissensions portaient sur des points majeurs en Christianisme, tels que la conception de la grâce et de la justification, l’efficacité des sacrements, la nature de l’Eucharistie, la légitimité du sacerdoce hiérarchique et l’aspect institutionnel de l’Eglise.Enfin, l’Eglise était en décadence morale profonde et de partout on réclamait une réforme dans la tête et dans les membres.Devant cette situation, une triple urgence s’imposait à l’assemblée conciliaire de Trente : 1 ) Freiner le morcellement de l’Eglise romaine et trouver un nouveau centre d’unité ; 2) Préciser la doctrine catholique sur les points en litige et condamner les « erreurs » nouvelles ; 3) Réformer l’Eglise catholique.Voir comment le concile de Trente s’est engagé dans cette triple tâche, c’est apercevoir du même coup, et à leur origine même, les principales caractéristiques de l’Eglise post-tridentine.Et il suffira de comparer ces caractéristiques LE CONCILE ’UN VINCENT HARVEY avec les orientations actuelles de l’Eglise à Vatican H, pour saisir le changement qui est en train de s’opérer.L'UNITÉ Comme je viens de l’indiquer, il ne s’agissait pas tant, pour l’assemblée conciliaire de Trente, de restaurer l’unité de l’Eglise occidentale que de prévenir de nouvelles ruptures en renforçant les liens entre la papauté et le reste du monde catholique.A l’empire chrétien et à l’empereur, respectivement comme formule et agent d’unité à l’époque de la chrétienté médiévale, allait se substituer la monarchie romaine papale, comme nouveau symbole et centre d’unité spirituelle dans ce monde où les nationalités devenaient de plus en plus jalouses de leur autonomie et de leur absolutisme.Et c’est la grande création du concile de Trente d’avoir transmis à l’autorité romaine ce service de l’unité nouvelle.Par la force des choses, cette monarchie romaine papale, nouveau centre dynamique d’unité chrétienne, allait se structurer sur le type de société de l’époque : société pyramidale où l’autorité, les pouvoirs législatifs et exécutifs sont fortement centralisés dans le monarque et les organismes gouvernementaux dont il s’entoure et qu’il cherche à contrôler le plus possible.Un type de société, en outre, qui préfère l’uniformité à une unité s’accommodant et s’enrichissant de la diversité, comme c’est le cas dans les sociétés de type démocratique.Ces deux tendances à la centralisation et à l’uniformisation se sont développées progressivement et ont atteint une sorte d’apogée sous le pontificat de Pie XII qui fut, par ailleurs, un très grand Pape. 338 Un point marquant de cette progression de la tendance centralisatrice fut incontestablement la définition de la primauté et de l’infaillibilité pontificale, indépendamment de la collégialité.Certes, on se proposait bien de définir aussi la collégialité à Vatican I, mais la guerre franco-allemande, que plusieurs théologiens considèrent comme un événement providentiel, est venu mettre fin au Concile.Personne n’ignore, par contre, qu’à la suite de Vatican I l’ultramontanisme a crié « victoire » et que le processus de centralisation s’est accéléré tandis qu’à l’inverse la juridiction et le pouvoir des évêques allaient en décroissant.La tendance uniformisatrice n’est, pour ainsi dire, qu’un corrollaire de la centralisation.Lorsque tout est décidé jusque dans les détails par une curie romaine et en très grande majorité italienne, il y a peu ou pas de diversité possible.Les Chinois, les Africains, les Japonais doivent penser la foi chrétienne en Occidentaux.Ils doivent prier, non seulement en Occidentaux, mais même en latin, langue officielle de l’Eglise.Bref, pour devenir chrétiens, ils devaient s’occidentaliser.Heureusement les Chinois pourront très bientôt prier Dieu en chinois et nous-mêmes en français ! De plus, la définition de la collégialité, sans mettre en cause la primauté et l’infaillibilité pontificales, est une première étape vers la décentralisation et la « délatinisation » de l’Eglise, au profit d’une plus grande catholicité.On prévoit également un nouveau mode d’exercice de l’autorité, dans l’Eglise, qui accordera une plus grande autonomie aux Eglises nationales, ainsi qu’un nouveau type d’unité ecclésiale qui accueillera la pluralité des valeurs humaines, culturelles, sociologiques et religieuses du monde actuel.ATTITUDES DOCTRINALES Le concile de Trente avait fait une œuvre dogmatique et doctrinale considérable.La théologie postérieure s’est préoccupée plus de défendre cet acquis que de le développer et de l’enrichir.En général, elle eut tendance à s’engager dans une apologétique intolérante, et à s’enfermer dans une scolastique desséchée et desséchante.Méfiante à l’égard de toute nouveauté méthodologique et doctrinale, elle a souvent fait porter le plus gros de ses efforts sur le dépistage des erreurs et leur condamnation.Que cette attitude inquisitoriale ait parfois gêné, voire brimé, l’intelligence catholique, on pourrait difficilement le nier.Il serait facile d’en fournir des exemples encore très proches de nous.Mais, phénomène nouveau dans l’histoire des Conciles, Vatican II ne comporterait pas d’anathèmes, selon le vœu même de Jean XXIII.Il serait un concile de rapprochement œcuménique, de compréhension et d’échange fraternels entre les différentes Eglises chrétiennes.Vatican II serait aussi, par la volonté de Jean XXIII et de Paul VI, un concile du dialogue avec le monde, un concile qui jette des ponts avec l’humanité du 20e siècle, travaillée par des aspirations et des dynamismes nouveaux à l’égard desquels l’Eglise était, en général, restée étrangère, indifférente ou méfiante.L’attitude fondamentale requise au dialogue sera faite de respect, d’admiration, d’accueil et de volonté de servir, ainsi que l’exprimait si justement Paul VI à l’ouverture de la deuxième session du Concile : « Que le monde le sache : l’Eglise le regarde avec une compréhension profonde, avec une admiration sincère et avec la ferme détermination non de le conquérir, mais de le servir ; non de le mépriser, mais de le valoriser ; non de le condamner, mais de réconforter et de le sauver ».En outre, ce dialogue utilisera un langage qui soit compréhensible pour le monde du 20e siècle, qui rejoigne l’homme d’aujourd’hui sur les divers chemins de sa propre recherche, selon les particularités des différentes cultures.Le présent Concile, et c’est là son objectif pastoral, s’efforcera « de rencontrer le plus possible l’expérience et la compréhension du monde contemporain » et « d’insérer le message chrétien dans la circulation de pensée, d’expression, de culture, d’usages, de tendances de l’humanité telle qu’elle vit et s’agite aujourd’hui sur la face de la terre » (Ecclesiam suam).LA RÉFORME DE L'ÉGLISE La réforme qu’avait à entreprendre le concile de Trente était surtout d’ordre moral, au sens que nous a bien appris toute une génération de prédicateurs qui a encore ses représentants.La réforme qui s’impose actuellement à l’Eglise est plus subtile et plus profonde, mais non moins urgente.On a surtout insisté sur la pauvreté et la charité.Mais encore faut-il bien en comprendre le sens, sans minimisation.A part quelques exceptions locales, l’Eglise actuelle est économiquement pauvre, voire misérable dans certains pays.La pauvreté dont il s’agit est donc autre chose.C’est d’abord et avant tout une attitude intérieure de dépouillement à l’égard de tout ce qui faisait autrefois la gloire et le prestige d’une Eglise en situation de chrétienté : influence politique, puissance institutionnelle, titres honorifiques et privilèges de toutes sortes qui pouvaient sembler si utiles au royaume de Dieu.Il faut donc se dépouiller de cette mentalité « ancien régime » et jusqu’à évacuer la tenace nostalgie de l’état de chrétienté pour accepter humblement de remplir le rôle obscur, mais plus évangélique, du ferment dans la pâte.Quant à la charité, c’est celle dont S.Paul nous dit qu’elle est « longanime et serviable ; qu’elle ne fanfaronne pas, ne se rengorge pas, ne cherche pas son intérêt, ne s’irrite pas, ne tient pas compte du mal, mais excuse tout, croit tout, espère tout, supporte tout » (I Cor., 13 : 4-7, passim).C’est la charité qui fait prendre en charge le monde, non pour se l’approprier, mais pour le servir et lui offrir le salut « par les seules voies légitimes de l’éducation humaine, de la persuasion intérieure, de la conversation ordinaire, toujours dans le respect de la liberté personnelle des hommes civilisés » (Ecclesiam suam).« Non l’Eglise de la Contre-Réforme, mais une Eglise du dialogue œcuménique ; non une Eglise coupée du monde, mais une Eglise qui jette un pont vers l’humanité contemporaine, et une Eglise qui se veut universelle, non à la manière d’une totalité divisible en parties, mais sous forme d’une communion d’Eglises fortement personnalisées.Dans cette Eglise renouvelée, il ne s’agit pas toujours tellement de supprimer que de dépasser et d’intégrer, de refuser que de corriger et de parfaire.Une part d’administration demeure nécessaire, mais l’aspect le plus haut sera l’aspect pastoral ; l’autorité doit être maintenue, mais elle sera davantage communautaire, conciliaire et collégiale.Cette Eglise mettra l’accent sur la communion intérieure et sur les réalités mystérieuses qui la soutiennent plus que sur les aspects juridiques et sociétaires qui la structurent ; sur le témoignage personnel et évangélique, de préférence aux appuis officiels et établis ».(B.Lambert, De Rome à Jérusalem, p.8.) 4 RI.3-5766 PAVILLON TRACY Réceptions de tous genres 1681, Bl.Marie-Victorin Tracy RI.2-1133 EDGAR MILLETTE ENRG.Tapis - Prélarts - Tuiles Ch.St-Ours Sorel 529-1379 ASCENSEURS ALPIN CIE LTÉE 656, de La Salle Québec 527-2210 FRÈRES DES ÉCOLES CHRÉTIENNES 2360, Ch.Ste-Foy Ste-Foy 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dans les anciennes manières de faire.L’éternelle opposition entre l’ancien et le moderne ne se pose pas moins ni autrement à Hull qu’au Vatican ou que partout ailleurs dans le monde.Les laies auront-ils un autre rôle à tenir dans le diocèse de Hull qu’ail-leurs ?— Je suis résolument de ceux qui veulent rendre aux laïcs la place qui est la leur dans l’activité évangélique de l’Eglise.La théologie du laïcat n’est pas encore achevée et pour cette raison il ne nous est pas possible de déduire en pure théorie ce qui appartient en propre aux laïcs.D nous faudra donc procéder empiriquement, par expériences.Il nous faudra donc aussi avancer prudemment, comme sur un terrain que l’on connaît mal et qui peut cacher des trappes et des sables mouvants.En tout cas, nous sommes résolus à faire tenir aux laïcs les plus grandes responsabilités possibles, autant dans la distribution de la parole évangébque que dans l’administration des choses sacrées et profanes.Est-ce à dire que vous allez confier aux laïcs des tâches administratives, diocésaines et paroissiales ?— Oui.Nous allons demander aux laïcs de soulager le fardeau administratif du clergé.Entrevue avec Monseigneur Paul-Emile Char-bonneau, évêque du nouveau diocèse de Hull.DIOCÈSE HENRI DALLAI RE Mais il faut tout de suite ajouter que nous ne voulons pas faire des laïcs de pieux comptables.En vertu de leur baptême ils ont plus et mieux à faire, dans l’Eghse, que de compter la quête dominicale.S’il est normal que les prêtres confient une large part de l’administration aux laïcs, il faut d’abord que ces laïcs soient bien préparés à administrer en chrétiens.Or le laïc mal préparé tombe trop souvent dans l’une de deux erreurs opposées que le clergé aussi doit apprendre à éviter.La première erreur administrative, c’est d’aborder les questions d’argent avec un esprit de simplisme pseudo-évangélique.« Accordons toutes les demandes d’aumône.Soyons d’une générosité qui ne compte pas : la Providence pourvoira.Que la main droite ignore ce que fait la main gauche ».Cette attitude, pourtant bien inspirée, mène à l’exploitation par les gens sans scrupule et à la ruine des communautés.D’autres au contraire prétendent administrer les biens d’Eglise comme on administre un commerce ou une compagnie de finances.Le résultat est tout aussi déplorable, car on en vient très tôt à des attitudes d’une dureté qui n’a rien de chrétien.Par exemple, on refusera la sépulture de leur enfant à des parents qui ne peuvent pas payer d’avance.Excellence, on parle beaucoup de pauvreté au Concile; et au Québec on critique beaucoup les bâtiments que possède le clergé.Un nouveau diocèse peut-il éviter ces critiques et appliquer les nouvelles normes de pauvreté ?— Tout d’abord les critiques sont en grande partie affaire d’opinion publique.Et l’opinion publique juge mal le plus souvent parce qu’elle est mal renseignée.Je crois que l’Eglise n’utibse pas assez les grands moyens de communication sociale que sont la presse, la radio et la télévision.C’est pourquoi nous nous proposons de renseigner nos diocésains sur l’utilisation que nous faisons de leurs argents.Nous avons déjà commencé, du reste, en publiant les chiffres d’une récente campagne de souscription.Ensuite, il court un peu partout une notion de « pauvreté évangélique » qui manque totalement de fondement scripturaire et de réalisme.Malgré certains textes bibliques de lecture difficile, l’idéal évangélique de pauvreté selon l’esprit n’implique pas du tout le dénuement complet ni des individus ni des groupes.Il y a là une rééducation à faire en profondeur.Nos efforts pour améliorer les relations publiques de l’Eglise diocésaine feront cette rééducation pour une large part.Mais la participation réelle de nombreux laïcs aimant sincèrement l’Eglise fera encore plus pour répandre des idées justes sur ce qui convient à l’Eglise de posséder pour être efficace sans s’alourdir.Excellence, avez-vous un programme de construction dans ce nouveau diocèse de Hull ?— Oui, forcément.Certains ont suggéré que pour être tout à fait « évangélique » au sens que je viens de dénoncer, le nouveau diocèse de Hull ne devrait avoir ni immeuble ni organisation.Je le regrette.Mais l’œuvre d’évangéü-sation qui est une œuvre surnaturelle se traduit, sur terre, dans une activité humaine.Elle a donc besoin de moyens matériels et elle est obligée de se loger.La cathédrale est une église paroissiale du vieux Hull, que nous avons reprise.L’évêché s’élèvera sur un terrain qu’on nous a gracieusement donné.Si nous ne gardons pas la résidence actuelle qui s’y élève et qui nous a également été donnée, c’est qu’elle a déjà de l’âge et ne saurait loger, même modestement, le personnel prévu ni protéger les documents, pourtant indispensables, qu’elle abritera.Le centre des œuvres diocésaines est une ancienne école, un Centre d’Apprentissage, que nous avons racheté à bon compte.En plus des œuvres, j’y logerai mes bureaux et ceux de l’administration diocésaine : procure, chancellerie.J’y logerai surtout les Petites Sœurs de l’Assomption, qui attireront ainsi les pauvres sous le même toit que l’évêque.On critiquera peut-être encore ces installations.Elles seront pourtant modestes, je vous en réponds.Et elles trouveront sûrement grâce aux yeux de ceux qui, aimant l’Eglise d’un cœur sincère, se donneront la peine de se renseigner d’abord.Comptez-vous réformer la structure économique de votre diocèse et, entre autres, éliminer les différentes classes de services et de mariage ? evâD- de lec- edio- chez Casavant ualtté btent en premier L’ACTION, L'AVENTURE, LE SUCCÈS VOUS ATTENDENT DANS L'AVIATION.CasalHint frères LIMITÉE FACTEURS D’ORGUES DEPUIS PLUS DE 125 ANS S Al N T-H YAC I NT H E, QUÉBEC C.H.PERRAULT L.I.PHELPS président et directeur général chef harmoniste «DS j retirai» S ae- .-I if lIjC I VALEURS DE PLACEMENT Membres de l'Association Canadienne des Courtiers en Valeurs Mobilières Z/Oyecucvtmv F P.-Z/.-ZéveâJUie/ dyruy.AGENTS DE CHANGE Membres : 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I ie Hi { ie 1'eI sàe.l iéliiit, alien fe at son PtinJ atjoiil ates J Passes rd «Its J asec i]| Vatic aaitaij I .[ à I tW ““Set fou»;,.,Vtctt J °Cct °» y Si,1 C 866-9801 CORONER, HUBERT 8.BOND LIÉE 1253, ave McGill suite 470 Montréal 769-3849 ST-LAURENT, ARCHAMBAULT & ASSOCIÉS INC.La Prudentielle compagnie d'assurance limitée 5160, rue Wellington VERDUN 366-3540 S.THIBAULT Courtier d'Assurances générales vie et maladie 196, Clément Lasalle 766-0851 ANDRE TASSÉ ASSURANCES INC COURTIERS D'ASSURANCES AGREES ^ 1474, rue Springland Montréal ma 343 — « Réformer la structure économique » me paraît un terme trop vaste et trop vague.On peut en faire l’étoffe de jolis discours : on ne peut pas en tirer des réformes concrètes.Prenons plutôt quelques points particuliers.Actuellement, dans plusieurs diocèses du Canada, on repense tout ce qui est purement « administration » : revenus du clergé, dîme, tarifs de funérailles et de mariages.Le diocèse de Hull se penchera aussi sur ces problèmes, s’il veut marcher au rythme de l’Eglise Vatican H.Et c’est nécessaire.Toutefois, comme je le disais au début, il ne faudrait pas croire que tout ce qui se faisait dans le passé n’avait aucune valeur.Il existe, dans le clergé diocésain, des coutumes très belles qui ne sont pas connues et qui valent la peine de l’être.Par exemple, dans notre région — et cela depuis plusieurs années — quand le salaire d’un curé dépasse $2,500.00, l’excédent est taxé par l’évêque pour former une caisse de secours au bénéfice des prêtres dont le salaire est inférieur.Quant aux classes des services religieux, leur uniformisation est avancée dans plusieurs diocèses au Québec.Et je disais que ceci est en relation très étroite avec la réforme liturgique du Concile Vatican II.Et je m’explique.En effet, quand tout le peuple chrétien sera partie prenante dans la liturgie, quand il saura répondre au célébrant et chanter sa joie chrétienne (même aux funérailles), alors les paroisses n’auront plus à débourser d’aussi fortes sommes pour les chantres de la chorale.Et quand le nombre des banderolles funéraires et les longueurs de tapis rouge des mariages, dans une liturgie rénovée et simplifiée, n’auront plus valeur normative dans nos cérémonies liturgiques, alors l’uniformisation tellement souhaitée sera facilitée.Et remarquez bien que ce ne sont pas nécessairement nos prêtres qui tiennent aux banderolles et aux tapis rouges.Il y aura des luttes épiques à soutenir avec certains paroissiens pour les remiser.Quant au reste, ce sera affaire de générosité, mais aussi affaire de justice.Tant qu’il y aura des misérables au Québec et à Hull, les riches devront s’en occuper.C’est très grave devant Dieu que de gaspiller son argent même si on l’a gagné le plus honnêtement du monde.Ainsi, c’est un crime devant l’humanité, pour un petit groupe de riches chasseurs ou pêcheurs, de noliser un avion et d’aller pratiquer leur sport sous le cercle polaire, pour la simple vanité de faire ce que leurs amis n’ont jamais fait.Ces enfantillages seront une faute grave aussi longtemps qu’il y aura de la faim sur terre.Eh bien, dans ce domaine aussi, nous allons devoir prêcher, enseigner et renseigner nos diocésains.La réforme des structures économiques dans l’Eglise, ce n’est pas seulement aux clercs qu’elle s’impose.C’est aussi aux laïcs ! Le diocèse de Hull aura-t-il son Petit Séminaire ?— Oui, et je l’espère, dès l’année prochaine.La revue Maintenant s’en est prise aux petits Séminaires, aux « pépinières », comme elle disait ; et j’avoue que ces articles m’ont déplu.Bien entendu, ce que nous aurons à Hull n’est pas le petit séminaire « tri-dentain », où les enfants sont amenés à l’âge de douze ans pour y vivre, en soutane, le reste de leur vie sans jamais connaître l’atmosphère normale de la famille et sans jamais respirer l’air de la vie des laïcs.Le petit séminaire que nous projetons — et remarquez que ce n’est encore qu’à l’état de projet — sera partie intégrante du nouveau collège des Pères du Saint-Esprit, à Limbour.Les séminaristes, dont le nombre sera limité à un maximum de quatre-vingts, seront tous assez avancés pour être inscrits au cours collégial, c’est-à-dire, âgés de seize à vingt ans.Ils passeront, comme les autres collégiens, les fins de semaines, dans leurs familles.Ils partageront, sans aucune distinction, la vie des autres collégiens tant sur le plan académique et culturel que dans le domaine sportif.De la sorte, ils jouiront pleinement de cet avantage tant vanté du contact avec ceux qui se destinent à des carrières laïques.La différence substantielle entre ces séminaristes et les collégiens sera d’être logés dans un local différent où régnera une ambiance plus familiale, plus intime, plus réveillée.Moins anonyme, quoi ! Dirigés par des prêtres compétents et fidèles à l’Eglise de « l’aggiorna-mento », ces jeunes se prépareront à être, demain, les prêtres dont le monde a besoin.Le but de ce Séminaire n’est nullement de « forcer » des vocations en empêchant les jeunes gens de connaître un monde attirant qui, plus tard, les envoûterait peut-être.Mais au contraire : supposé des vocations sacerdotales sérieuses, le but est de leur offrir l’ambiance et les avantages qu’elles souhaitent, dont elles ont besoin pour s’épanouir.Le Seigneur, en 1964 à Hull, comme aux premiers jours de Galilée, se choisit encore des apôtres à qui II propose une formation spéciale.En d’autres mots, comme père de ce diocèse et comme spécialement chargé des vocations sacerdotales qui s’y épanouissent, je ne puis pas ne pas offrir à ceux qui les souhaitent des conditions de vie et d’études qui favorisent leur vocation et qui s’harmonisent avec leurs aspirations les plus hautes et les plus authentiques.Le diocèse de Hull aura son petit séminaire et je puis vous assurer que les vocations qui s’y épanouiront n’auront rien de la caricature d’homme et de prêtre contre laquelle Maintenant s’en est pris.Mais je me rends compte, mon Père, que nous avons beaucoup parlé de constructions matérielles.Dans mon esprit, bâtir un diocèse nouveau, ce n’est pas surtout faire surgir de terre des édifices.L’Eglise, elle n’est pas d’abord faite de murs, mais de fidèles : elle est faite du Peuple de Dieu en marche.L’Eglise de Hull se construira lorsque son clergé sera saint et bien préparé pour répondre aux appels et aux exigences de tous les chrétiens qui circulent sur ce territoire qui s’appelle le diocèse de Hull.C’est pourquoi, depuis sa fondation, depuis un an, le diocèse compte quatre prêtres qui poursuivent des études en Catéchèse et en pastorale familiale.A ce nombre, il faut en ajouter trois autres qui se spécialisent en philosophie, en littérature et en sciences ; dans ce domaine aussi, je crois que le clergé doit compter quelques compétences.De plus, deux laïcs, non pas à titre strictement personnel mais après entente avec leur évêque — et je trouve cela très sain — se spécialisent actuellement en catéchèse.Enfin, le diocèse a assumé en bonne partie la formation professionnelle d’un laïc en Sociologie religieuse.Ce laïc, après avoir obtenu sa licence en Europe, poursuit, cette année, ses études de doctorat au Québec.Et l’an prochain, nous aurons notre bureau diocésain de sociologie religieuse.Ainsi l’Eglise de Hull pourra être plus facilement présente au monde, selon l’esprit du Concile Vatican II.Ainsi s’élaborera une pastorale d’ensemble où toutes les forces apostoliques du diocèse se regrouperont dans un effort de lucidité et d’amour pour édifier une grande et belle communauté de charité.à 344 CONCILE PERSPECTIVE SUR LA TROISIÈME SESSION LE CLIMAT DE LA 3e SESSION Les Evêques ont, de toute évidence, une attitude plus professionnelle.Ils savent pourquoi ils sont là et savent à quoi s'en tenir.Tout sentiment de nouveauté est disparu et ils se reconnaissent les uns les autres comme des collaborateurs dans une affaire d’extrême importance.L’amitié qui règne entre les Evêques de tant de nations est réelle et importante.MARIOLOGIE Citant une observation déjà faite par le cardinal Newman, le cardinal Léger dit que, en pratique, la dévotion à Marie n’est pas suffisamment dirigée vers Dieu et vers le Christ.« Puisque, comme nous le savons, il y a là un empêchement et un obstacle pour beaucoup de chrétiens, spécialement pour les Frères séparés, il est nécessaire d’avertir pasteurs et fidèles, quand ils pratiquent la dévotion à la Vierge Mère de Dieu, de tenir le culte en relation avec Dieu et avec le Christ ».Et le Pasteur Marc Boegner d’ajouter de son côté : « Depuis longtemps, la piété catholique a fait usage du terme de médiatrice et de corédemptrice.Et l’on sait qu’après la définition par Pie XII, du dogme de l’Assomption corporelle, de nombreux catholiques attendaient, espéraient, annonçaient la définition d’un nouveau dogme proclamant Marie médiatrice et même corédemptrice.Ai-je besoin de dire que dans les confessions non romaines issues de la Réforme, cette possibilité apparaissait comme une menace dangereuse contre tout rapprochement entre les Eglises de la Réforme et l’Eglise romaine ?Déjà la proclamation du dogme de 1950, dont aucun fondement scripturaire ne peut être sérieusement présenté, avait été ressentie comme singulièrement inopportune au point de vue œcuménique.Allait-on voir le fossé se creuser plus encore par la définition de Marie médiatrice ?« La question a été posée devant le Concile, lors de la discussion du chapitre 8 du schéma De Ecclesia.Ce chapitre est le dernier du volumineux projet présenté : aux yeux des tenants d’une mariologie accentuée, il fait l’objet d’un appendice, tandis qu’au regard des autres il marque un couronnement.Toujours est-il que, selon le désir des premiers, c’est là que Marie doit recevoir, de la foi de l’Eglise, le titre de médiatrice.Sans doute ils n’hésitent pas à déclarer qu’il n’y a, entre Dieu et l’humanité, qu’un seul médiateur, Jésus-Christ, dont, parce qu’il est Dieu et homme, la médiation est unique, parfaite, définitive.Et pourtant, ils requièrent pour Marie la fonction de médiatrice, encore que la reconnaissant différente de celle de son Fils ».LES FEMMES AUX MESSES DU CONCILE A une messe du Concile, une femme — la première, sauf erreur — a pu communier à l’hôtel central de Saint-Pierre.Cet événement n’est digne de remarque que parce qu’il renverse des habitudes aussi ancrées qu’étonnantes.L’an dernier, Mme Nhu, belle-sœur de Mgr Ngo Din Thuc, archevêque de Hué, avait été écartée de la Sainte Table lors d’une messe du concile.Bien mieux, Mme Montini, qui accompagnait son mari, s’était vu empêcher de communier au moment où elle se présentait au côté du frère du pape.Quant aux journalistes, s’ils étaient eux aussi parfois autorisés à assister à la messe précédant les congrégations générales, c’était à une seule condition : qu’ils n’appartiennent pas au sexe faible.Cette discrimination avait paru si arbitraire aux membres de la presse présente à Rome, lors de la deuxième session, qu’ils envoyèrent une protestation à Mgr Felici.Mais en vain.CANONISATIONS Le cardinal Léon-Joseph Suenens, 60 ans, archevêque de Malines-Bruxelles en Belgique, membre de la Commission de coordination du Concile et l’un des quatre Modérateurs-Délégués, a dit à l’Assemblée que le caractère pastoral de Vatican II requiert un changement dans la manière présente d’examiner les candidatures à la canonisation, en vue de rendre possibles celles de saints de toutes les parties du monde et de toutes les classes de la société.Cela n’a pas été réalisé historiquement en fait, déclare le cardinal.Un examen de la liste des saints qui ne furent pas des martyrs, canonisés depuis le début du 18e siècle, « montre que 85% sont des membres des ordres religieux, et seulement 15% des laies ».Une sélection par nations montre « que PAU L ROLLAND CONSTRUCTION LTÉE 540 O U EST , H E N R I - B O U R AS S A WEST MONTRÉAL.12.QUE.PAUL.ROLLAND.ING.P.PRÉSIDENT CLAUDE ALLARD.ING.P.SEC.-TRÈS.ILE UN.1 -8297 DUROCHER, RODRIGUE & CIE LTÉE VALEURS DE PLACEMENT 333 est, CRAIG (suite 20) MONTRÉAL TÉLÉPHONE 331-2110 849-7791 LAVALLÉE, BÉDARD, LYONNAIS, GASCON LUSSIER,, NOISEUX, SÉNÉGAL COMPTABLES AGRÉES 215, RUE ST-JACQUES, MONTRÉAL SHERBROOKE TROIS-RIVIÈRES 645-0636 RESTAURANT TOURBILLON tique to jlilaWe Si/ angzz,
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