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Titre :
Maintenant
Revue d'idées très en phase avec les débats qui animent la société québécoise durant la Révolution tranquille.

[...]

La revue Maintenant arrive et s'inscrit dans l'effervescence du Québec des années 1960, au moment de la Révolution tranquille. Elle a pour vocation de remplacer la Revue dominicaine en créant un lieu de discussion collé sur l'actualité. Pour s'insérer davantage dans l'activité intellectuelle de son temps, la nouvelle revue affiche une facture moins savante.

Père Henri-Marie Bradet, directeur de la revue depuis ses débuts en 1962, rassemble rapidement de nombreux collaborateurs, clercs et laïcs. Plusieurs dominicains, mais aussi Benoît Lacroix, Louis Lachance, Émile Legault, Gérard Dion et Louis O'Neill offrent des contributions à la revue, tout comme les laïcs Hélène Pelletier-Baillargeon, Louis Fournier, Pierre Saucier, Dr Paul David, Ernest Pallascio-Morin, Jacques-Yvan Morin, Guy Robert et Naim Kattan, parmi de nombreux autres.

La volonté d'actualisation du catholicisme prônée par Maintenant tient ses racines dans le personnalisme des années 1930 et son ouverture à l'individualisme, et coïncide, en 1962, avec le programme de réformes du catholicisme de Vatican II, duquel la revue portera l'esprit au Québec. Elle offre une tribune aux catholiques de gauche, soucieux de montrer un esprit actuel et moderne à la jeunesse intellectuelle.

Maintenant s'adapte rapidement aux changements accélérés en cours dans la société québécoise et devient un lieu de débat important. Les clercs souhaitent se positionner comme porteurs d'une conscience morale évolutive de la société vis-à-vis des intégristes et du contrôle de l'Église. Cet humanisme chrétien motive Maintenant à adopter hâtivement le socialisme démocratique et à cautionner et pousser l'idée de l'indépendance politique du Québec.

Le contexte de laïcisation et de pluralité grandissante des affiliations religieuses, conjugué au déclin de l'attachement national canadien-français et catholique, donne naissance à un nationalisme québécois civique qui se manifeste notamment dans la déconfessionnalisation de l'enseignement public. Maintenant en sera partie prenante.

La revue participe ouvertement aux débats sur la régulation des naissances, mais, par principe religieux fondamental, demeure d'abord contre l'avortement. Et bien qu'elle appuie une laïcité ouverte, la revue refuse affronte la position radicale de la relégation du religieux à la sphère privée. Les audaces que Maintenant se permet font des mécontents à la tête de l'ordre dominicain à Rome, qui demande la destitution du père Bradet en 1965. La maison provinciale de l'ordre ne souhaite pas se ranger dans la réaction. Le père dominicain Vincent Harvey prend la relève de Bradet à la direction et offre au contraire davantage d'autonomie à la revue, qui appuie plus résolument le socialisme et l'indépendantisme québécois.

Maintenant souhaite mettre un terme au nationalisme messianique pour que toute la place soit laissée à un mouvement politique pragmatique, qui envisage la souveraineté politique comme moyen pour le Québec de se développer. Tous les dominicains ne sont toutefois pas à l'aise avec les positions politiques de la revue. L'ordre sort de l'aventure en 1969. Son maigre financement est dorénavant assuré par Pierre Péladeau. La revue délaisse alors presque complètement le contenu religieux pour se concentrer sur les questions politiques, sociales et économiques.

Durant la période qui suit, Maintenant accueille des collaborateurs réputés, dont Robert Boily, Jacques Parizeau, Michèle Lalonde, Fernand Dumont, Jacques Grand'Maison, Jacques-Yvan Morin, Guy Rocher, Camille Laurin, Pierre Vadeboncoeur et Louis O'Neill. Hélène Pelletier-Baillargeon y est toujours et sera d'ailleurs nommée directrice au décès de Vincent Harvey en 1972.

Maintenant est affiliée aux journaux indépendantistes et réformistes Québec Presse (1969-1974) et Le Jour (1974-1978). Les trois cahiers publiés en 1975 sont d'ailleurs distribués avec Le Jour. Plusieurs des collaborateurs des dernières années seront des figures importantes du gouvernement et de l'administration du Parti québécois à partir de 1976.

Source:

ROY, Martin, Une réforme dans la fidélité: la revue Maintenant (1962-1974) et la «mise à jour» du catholicisme québécois, Québec, Presses de l'Université Laval, 2012.

Éditeurs :
  • Montréal, P.Q. :les Dominicains en collaboration avec d'autres clercs et des laïcs,1962-1975,
  • Montréal :Éditions Maintenant inc.,
  • Montréal :Editions Maintenant :
Contenu spécifique :
Juin - juillet
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseurs :
  • Revue dominicaine ,
  • Témoins
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Références

Maintenant, 1970-06, Collections de BAnQ.

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PER M-154 li"*1 p h , i j^i.Jbu^annjB nos corps pp.192-196 uh J» *flJÜ ij -LAo^wvUUxaM .Ji i\iA»tX> L>aj t ^ ^|l •4 dJjj jlArÜWWOQ r * 'a j J Mounier toujours présent p.201 mm X • américain p.178 $£» : ^ W p 11., numéro juin-juillet 5PUrl I II I IVa I Bd» LE MAI 70 AMERICAIN Vincent Harvey__ .178 LE BILL 63: DEJA DES CONSEQUENCES GRAVES Richard Gay 181 "THE DAY QUEBEC SEPARATES” The Suburban .182 LE CINEMA QUEBECOIS Richard Gay.184 UNE LETTRE A LA COMMISSION DUMONT Jeanne Morin.188 NOS CORPS Michel Côté Diane saint Jacques-Côté .192 NIEBUHR Michel Despland.197 MOUNIER TOUJOURS PRESENT Fernand Dumont.201 POURQUOI INVESTIR DANS LES COOPERATIVES ALIMENTAIRES Jacques A.Lamarche .».204 "CETTE BONNE VIEILLE NATURE” Hélène Pelletier-Baiilargeon.208 DIRECTEUR-ADMINISTRATEUR: Vincent Harvey, o.p.ADJOINTS A IA DIRECTION: Hélène Pelletier-Baiilargeon, Yves Gosselin, o.p., Laurent Dupont, o.p., Richard Gay.CONCEPTION VISUELLE: Claudette Rodrigue IMPRESSION.- Imprimerie Montreal Offset Inc.DISTRIBUTION: Les Messageries Dynamiques Inc., 9820 rue Jeanne-Mance, Montréal.(514) 384-0401.CONDITIONS D'ABONNEMENT: Abonnement d'un an S 7.00 Abonnement d etudiant S 5.00 Abonnement de soutien N.B.Les abonnements ne sont enregistrés qu'au reçu du versement.2715 Chemin Côte Ste-Catherine, Montréal 250, P.Q.— (514) 739-2758 Les U S A.ont eu leur mai 70.Moins turbulent que le mai 68 français, il fut cependant marqué par les tragédies répressives de Kent, de Jackson et d'Augusta (ces deux dernières ayant fait moins de bruit dans la presse et l'opinion américaines puisque les victimes étaient des noirs!) La contestation étudiante américaine ne suscitera probablement pas autant de commentaires, de bouquins, d'articles de revues que les événements de mai '68 en France.Même appuyée par des présidents d'universités, des professeurs et des intellectuels, elle n'aura peut-être pas une influence déterminante sur la politique nixo-nienne d'extension de la guerre au Cambodge.La contestation universitaire américaine a déjà été annulée dans une large mesure, par des dizaines de milliers de contre-manifestants (110,000 à New York), ouvriers spécialisés et collets blancs d'âge moyen, défilant à leur tour dans les rues des grandes villes pour défendre Vhonneur de la bannière étoilée et soutenir les décisions anti-démocratiques de leur président.Loin de moi de blâmer ces ouvriers qui spontanément ou poussés par leurs employeurs (comme cela semble le cas à New York) veulent défendre leur emploi et leur pain quotidien.Combien de millions d'Américains vivent de l'industrie de guerre?Pour faire oublier que le pain qu'on se met sous la dent est trempé dans le sang, il faut bien donner des raisons qui anesthésient la conscience.La lutte contre le communisme en est une.Faire bénéficier tous les hommes de la liberté démocratique américaine en est une autre.Mais ces mythes ne tiennent plus le coup devant la lucidité et la critique de l'intelligence des U.S.A.Certes, la jeunesse étudiante ne répudie pas le bien-être dont elle bénéficie d'ailleurs largement.Mais pour en jouir sans tiraillement intérieur elle voudrait que ce bien-être devienne accessible à tous les hommes.Ce n'est pas nécessairement le but que poursuit l'impérialisme économique américain.Les contraintes du système exigent que l'aug- 178 LE MAI 70 AMERICAIN A ______ signes du mois 1 mentation du standard de vie des pays développés se fasse au détriment du Tiers-Monde.C'est ce système qui paraît immoral, qu'il s'agisse du capitalisme libéral ou du capitalisme d'Etat comme en U.R.S.S.La société d'abondance et hyper-technicisée comporte également ses aliénations.On devient vite esclave de la technique de la production massive.La critique des étudiants américains rejoint celle des étudiants japonais: Notre pays est passé au second rang de la production, mais nous n’en sommes pas pour autant plus heureux.Les exigences de la productivité, dans la concurrence actuelle, risquent de bouffer l'humain, y compris ce plaisir élémentaire de respirer un air pur ou de se baigner dans une eau non polluée.Les contestataires ne sont peut-être pas tous des bums ou des snobs efféminés, comme l'ont dit MM.Nixon et Agnew.Si par hasard la contestation de la société américaine s'appuyait sur des valeurs morales authentiques comme le partage, la fraternité et une nouvelle conception de la liberté?Si elle était l'expression d'un désir et d'une recherche tâtonnante d'un nouvel aménagement de la vie humaine où la technique et l'économie soient vraiment mises au service des hommes?On peut toujours taxer d'inexpérience et de naïveté adolescente le scandale qu'une conscience un peu affinée éprouve devant des paradoxes aussi déconcertants que ceux-ci, par exemple, à savoir que pour maintenir l'économie canadienne, il faille limiter la production du blé dans l'Ouest par des octrois fédéraux et restreindre l'industrie laitière du Québec, alors qu'une proportion considérable de la population mondiale souffre de sous-alimentation ou meurt de faim.Mais, ne manqueront pas de faire valoir certains spécialistes, les lois de l'économie sont impitoyables! Il en va de même pour la productivité.Nous sommes tous pris dans un réseau de rationalité et de nécessité contre lequel il semble qu'on ne puisse rien faire.D'où, chez beaucoup d'étudiants, la peur de mettre le doigt dans cet engrenage, la contestation globable et souvent trop négative du système, ou encore le refuge dans la drogue et l'hippéisme.C'est la voie de la marginalité et finalement celle du désespoir .à moins que tout bonnement, après une période de contestation catharsi-sante, on réintègre le rang des aînés pour devenir à son tour exploiteur et profiteur.Et pour endormir sa conscience, il ne manquera pas d'ersatz: la religion, le panier des pauvres, les bonnes moeurs sexuelles .et pourquoi pas le titre de Chevalier du St-Sépul-cre avec une bénédiction papale sur parchemin lettré en or?On connaît la boutade: contestataire à vingt ans, réactionnaire à quarante.Un assez petit nombre a échappé jusqu'à maintenant à ce danger de ce qu'on est convenu d'appeler la sagesse.Tout finira bien par se tasser pensent de nombreux adultes, à la suite de MM.Nixon et Agnew.Heureusement que Jésus est mort à 33 ans; il aurait peut-être fini par se ranger lui aussi, comme la majorité de ses adeptes l'ont fait souventes fois au cours des siècles.Mais trêve de rêveries et d'idéalisme; revenons à quelque chose de plus sérieux, c'est-à-dire aux impératifs de la réalité! Tout dépend de l'économie: le politique, le social, le culturel et finalement l'éthique.Est-il possible de chambarder cette hiérarchie?C'est à cela que des humains réfléchissent.Est-il possible de résister à l'anti-Dieu Mammon (le seul démon peut-être qui existe!), de le domestiquer et de le mettre au service de l'épanouissement de l'homme, sans pour autant renier l'économie, la technique et l'efficacité qui sont des créations de l'homme?A cette question, plusieurs lecteurs pourront trouver des éléments de réponse dans le compte-rendu de la 56e semaine sociale de France (Lille 1969): Quelle économie?Quelle société?A partir de ces réflexions et de ces amorces de solutions, les adultes pourraient peut-être renouer un indispensable dialogue avec les jeunes pour s'engager ensemble dans le réaménagement de la demeure humaine.# Vincent harvey 179 CHOIX D’AUTEURS contemporains et classiques Offre exceptionnelle d’ouvrages de haute qualité; tous les titres sont reliés, numérotés et hors commerce; au prix incroyable de $2.50 chacun ou $12.50 pour 6 volumes; quantités limitées.# 77 BUENZOD Les Iles de Mémoire #775 VILLALLONGA Les ramblas finissent à la mer # 91 G.VERGA Maître Don Gesualdo #799 J.KESSEL Les amants du Tage #218 J.CONRAD La folie Almayer #365 STEPHEN CRANE L’insigne du courage #284 CLAUDE ROY Le soleil sur la Terre #435 R.QUENEAU Pierrot mon Ami # 300 C.MacCULLERS Le coeur est un chasseur # 444 H.BOSCO L’Ane culotte # 303 S.LAGERLOF Le coeur fou #461 JULES VERNE Voyage au centre de la terre #320 G.CESBRON La fleur, le fruit, l’amande #466 A.HUXLEY Le meilleur des mondes #322 E.ZOLA Au bonheur des Dames #476 H.G.WELLS L’homme invisible # 122 H.FOURRAT La tour du Levant #264 SIMONE Jours de colère #326 ROBLES Cela s’appelle l’aurore #295 J.CHENEVIERE Les captives #329 M.SOLDATI Le vrai Silvestri #347 ROBBE-GRILLET Les gommes #322 A.HUXLEY Le génie et la déesse #361 G.SAND La petite fadette #341 R.LEHMANN Intempéries #419 GUEHENNO Changer la vie #343 MERIMEE Mosaïque — Carmen #442 LEVI Le Christ s’est arrêté à Eboli #348 M.BARRES Les déracinés #447 M.KENNEDY La nymphe au coeur fidèle #358 A.DHOTEL Le plateau de MAZAGRAN #473 I.FLEMING Goldfinger #374 B.CENDRARS Moravagine #710 MIRCEA ELIADE La nuit bengali #386 B.D’AUREVILLY Les Diaboliques # 720 CL.ST—SOLINE Le dimanche des Rameaux #427 T.WILLIAMS Le printemps romain de Mrs.Stone # 730 STENDHAL Armance #433 E.CALDWELL La route du Tabac #765 L.DURRELL La terre qui murmure #434 ROSNY La guerre du feu #489 MONTHERLANT Les célibataires #441 FLAUBERT Trois contes #418 MARCEL AYME Maison basse #452 CURWOOD Les chasseurs d’or #422 J.GIRAUDOUX Les Aventures de JérômeBardini #470 HEMINGWAY Le soleil se lève aussi #421 H.GUILLEMIN L’Enigme Esterhazy (Affaire Dreyfus) #488 NOURISSIER Une histoire française #467 PH.HERIAT L’innocent #499 A.CHAMSON L’auberge de l’abîme #752 F.MARCEAU Bergère légère #688 VALLERY-MALL L’heureuse rencontre #487 TR.CAPOTE Domaines hantés #713 CH.de RIVOYRE Les Sultans # 729 MORRIS WEST L’Avocat du diable #751 MONFREID L’homme à la main coupée #447 M.KENNEDY La Nymphe au au coeur fidèle #753 YVES BERGER Le Sud Tous ces ouvrages sont reliés pleine toile.773 JACQUES GODBOUT Salut Galarneau relié plein skivertex vert, impression or, $3.75 Si vous désirez devenir membre de la Guilde du Livre, il vous suffît d’inclure à votre commande la somme de $2.00.Vous recevrez alors chaque mois le bulletin littéraire mensuel.Vous pouvez aussi recevoir, sur simple demande et sans aucun engagement, le dernier bulletin de la Guilde.LA GUILDE DU LIVRE LIBRAIRIE LIAISONS 4900 AVE VERDUN, MONTRÉAL 204 (766-3643) 180 LE BILL 63: DÉJÀ DES CONSÉQUENCES GRAVES signes du mois 2 On se souvient de la contestation contre le bill 63, on se souvient de la révolte des étudiants, de celle de plusieurs personnalités et de nombreux ouvriers devant le projet de loi, on se souvient du FRONT DU QUEBEC FRANÇAIS, de sa lutte acharnée, et on se souvient aussi que ce projet de loi fut accepté et que les amendements mineurs adoptés n’ont en rien diminué le danger grave que constitue cette loi pour l'avenir prochain de la langue et de la culture française au Québec.Des conséquences esquissées à l'automne par le F.Q.F.apparaissent déjà.Certaines observations et certaines informations permettent de montrer comment la menace prend forme sous le signe de la loi et de la plus grande justice.Deux mouvements se dessinent: l'un de la part des francophones, l'autre de la part des anglophones.On sait que le bill 63 permet aux parents du Québec de choisir la langue dans laquelle leurs enfants seront éduqués.Or plusieurs parents francophones, fascinés en partie par le haut standard de vie américain, estiment que leurs enfants seront avantagés sur le marché du travail s'ils s'imprégnent de la langue et de la culture anglaises en étudiant dans une school.C'est ainsi que plusieurs parents inscrivent leurs enfants à l'école anglaise ou même se regroupent et exigent une nouvelle école anglaise pour leurs enfants, comme c'est le cas à Sainte-Foy.Que sur le continent américain, il soit utile voire nécessaire de savoir parler anglais, personne ne le conteste, et d'ailleurs des cours existent à cette fin dans les écoles françaises.Mais que par une loi, le gouvernement ait permis et permette toujours la détérioration culturelle du peuple qu'il sert, c'est inadmissible.La situation apparaît de plus dans toute sa gravité lorsque l'on constate ce qui se produit dans certaines circonscriptions à majorité anglaise.En effet, plusieurs parents anglophones semblent avoir compris la volonté des Québécois et sont de plus en plus conscients de la nécessité de la langue française au Québec.C'est pourquoi il se dessine chez eux une tendance à inscrire leurs enfants, à l'école primaire française.Ils veulent un bain de français pour leurs enfants.L'intention est irréprochable et même louable.Cependant, le moyen, lui, l'est moins.En fait, les anglophones ne prennent pas ici de responsabilité véritable: c'est l'école primaire française qui écope de toutes les difficultés pédagogiques que cette nouvelle population entraîne.En septembre on pourra compter dans plusieurs des circonscriptions à majorité anglaise cinq ou six élèves anglophones dans une classe de trente francophones.Conséquemment, le professeur ne pourra pas procéder avec la même rapidité puisqu'un cinquième de la classe ne comprend pas bien ou ne parle pas bien le français et qu'il devra s'occuper particulièrement de ces élèves.Les victimes?L'enseignant et surtout les enfants francophones qui, du fait même, accuseront un retard certain.De plus, il est presque inévitable que les élèves anglophones formeront un petit clan, ce qui sabotera l'harmonie culturelle de la classe.La pédagogie et la culture sont donc profondément menacées.Pour pallier cette situation qui apparaîtra encore plus évidente à la rentrée scolaire, deux solutions sont présentement expérimentées.La première et la moins parfaite consiste en un regroupement au sein de l'école française des écoliers anglophones.Ceux-ci pendant un an au moins suivent leurs cours en français et sont, par la suite, intégrés au groupe francophone.Ainsi les élèves de langue française sont moins susceptibles d'être retardés par le groupe anglais.Cependant la menace culturelle demeure et la responsabilité est toujours assumée par l'école française.La deuxième solution paraît plus valable.On donne dans l'école dite anglaise des cours en français.On commence évidemment par le premier degré: des élèves de maternelle suivent leurs cours en français et graduent dans une première année française; et ainsi de suite.Des expériences faites dans certaines écoles de Westmount et de St-Lambert connaissent un succès certain et permettent de croire qu'un jour, dans certaines écoles dites anglaises, tous les cours ou la plupart des cours au niveau primaire seraient donnés en fran çais.Cette solution mérite d'ètre exploitée à fond, car elle situe la responsabilité là où elle doit être, ne met pas en péril la langue et la culture d'ici et participe au contraire à son épanouissement.• richard gay 181 SERVING.Largest Circulation InTheWest End TOWN OF MOUNT ROYAL EDITION VOL.8 No.8 WEDNESDAY, APRIL22th.1970 • COTE ST.LUC HAMPSTEAD SNOWDON MONTREAL WEST • N.D.G.•LAVAL • ST.LAURENT • TOWN OF MOUNT ROYAL • COTE DES NEIGES EAST «COTE DES NEIGES WEST signes du mois 3 "THE DAY QUEBEC SEPARATES ." During the past four weeks almost all my friends, and many of my readers, have asked me: “What will happen if Quebec should ever separate”.Journalists should report facts or research trends; they are not supposed to write fiction.But since so very many people worry about a possible success of the separatist movement, and what it would mean to their own private lives, I will make an exception and write a story on how the separation of Quebec from the rest of Canada might affect the average citizen.First of all, let me say that I do not think it will ever happen.The Parti Québécois will certainly make a strong showing but they will hardly get close to a majority — neither now nor later — not unless some major blunders are made by either the Quebec government of Federal officials in Ottawa.But let us suppose that we wake up one not so fine morning and hear loudspeakers blaring" “Quebec est libre".How would it affect the average non-French Canadian Citizen?I believe that officially the civil rights of all citizens would remain the same.The greatest danger of a separate Quebec is the fact that it would quickly move toward the extreme left It may not go outright 182 communist (after all;There is a long undefended and undefendable border with the United States), but it would certainly go socialist.The Quebec Dollar would also quickly drop, not just to 65 cents, as a Liberal candidate said the other day, but much lower."I couldn't care less", some people might say, "most of my money is in Ontario or New York".Unfortunately this will not help the luckless Quebecker who would still be physically in Quebec at the time of separation.An independant Quebec government would certainly quickly impose complete foreign exchange control, with every citizen of Quebec (and whoever would live here would be considered a citizen) having to file and exact list of all their "foreign" assets in other parts of Canada.The Quebec government could then demand the repatriation of these funds with heavy fines or jail terms as the alternative (This happened, for instance, in both Nazi Germany and Cuba).Any money or property then in Quebec could no longer leave the country — and in case anyone would venture to drive it to such "foreign” places at Ottawa or Toronto would find some very unkind and exacting Quebec border officials blocking the road.A moderately leftwing government under René Lévesque would, as far as I can foretell, nationalize such enterprises as the Bell Telephone Company or the Canadian Pacific group (got any share in them?Watch their quotations drop on Quebec Indépendance day!) Do you own any stocks in Ontario-based corporations, like Walker Distillers Labatt Breweries, or — if you have bought unwisely — Harvey Foods?Be prepared to turn them over to the QFECB — abbrevation for “Quebec Foreign Exchange Control Board".They will propably give it this English name in addition to the official French title.Your children better become francophone within one generation — in complete self-defence, or else they won't get any jobs here."Well, we'll emigrate to “Canada" (meaning : The rest of Canada ) or the United States".This is indeed possible.But forget a-bout taking your money with you, or your furniture.You will either get ten dollars and a small suitcase (Nazi Germany) or 44 pounds of luggage and little more (Cuba).Of course, if you own shares of Quebec-based corporations it won't be too hard.Except for the fact that they may eventually nationalize everything, and you lose the value of your shares."It will never happen ! The rest of Canada wouldn't tolerate it.The United States would march in”, you might say.It is quite normal that you should think this, for this is exactly what any middle class Cubans thought.But neither Mexico nor the United States were willing (or able) to do too much about about Fidel Castro.Will you be personnally bothered?I don't think so."La République de Québec" will not introduce concentration camps and you will in all likehood not be jailed — provided that you abide by all laws Nor will there be over antisemitism.In fact, particularly during the early part of independence the government will make many friendly speeches about the Anglophone and minority groups — in French, which you had better learn at that time.So your life won't be in jeopardy It's your business and your income, as well as your savings, you will have to worry about.Howcan you avoid it?"Very simple: I send out all my money.I haven't got too much anyway — and I will move out at the same time, so I won't be in Quebec when it happens", one of my neighbours told me."In a very negative sense, he was right (the only way to save your business and money is to be outside when it happens).But actually, my friend was wrong.There is an even better way to protect yourself.GO OUT AND VOTE ON APRIL TWENTY-NINTH.If every Quebecer does this, then this article will be what I have intended it to be: A science fiction nightmare that will never really happen, and that only gave you a few unpleasant minutes while your read it.% peter lust EN VENTE PARTOUT A PRIX POPULAIRES marabout Plus de 2 000 titres publiés Ouvrages d’information scientifique et culturelle Romans médicaux, d’évasion, de suspense, de guerre, de fantastique, de science-fiction, etc.Guides de référence pratiques .t %-?'“t”"] [ 0- o « n 3“ O 5" 3?" c 3 Q CT O 3 3 0> 3 a» 3 (D r» O < O £ ?2 ° ^ Br 2 3 "H 2.Q/ 5 "O V» Q VI -, ?^ I' 3 Q.2.Q’ ^ 3 O.7 O Ln ?O. ce##© bonne vieille nature.Tant que nos ancêtres ont été défricheurs, cette bonne vieille nature n'existait pas.A sa place, il n'y avait qu'une immensité farouche, hostile, faite de forêts, de neiges et de glaces et qu'il fallait combattre, mater, harnacher, pour la forcer à nous abriter, à nous nourrir.Aujourd'hui encore, quand le Québécois moyen se mesure à un arbre, il y a malgré lui une hache agressive qui surgit quelque part dans les replis de son subconscient! A telle enseigne que le premier souci de nos entrepreneurs urbains, lorsqu'ils construisent des banlieues résidentielles, demeure encore souvent de raser préalablement la campagne au bulldozer, de tous ses vieux ormes .pour ensuite replanter, en rang d'oignons de chétives brindilles de serre devant chaque split-level.Ce n'est qu'en nous urbanisant à fond, en nous frottant quotidiennement à l'asphalte, au béton, à l'aluminium et au plexiglass que le prix des choses naturelles nous est apparu immense.Ce.n'est aujourdJjfen".c^yiicà coiî)^de millie^diç'cdnllars additil nely'ftèe !'^^béreur privij peti^» mai sim ^rial&^ÎVut s'offri/le luxe ' inow^d'un de cherr^r^e^ d'un de nrimier ^adulte chaque élémentaires dans la vie du paysan d'hier, ces éléments sont aujourd'hui entourés d'une aura quasi mythique pour le citadin.Car à l'heure où l'homme urbanisé la découvre si précieuse, cette bonne vieille nature lui apparaît aussitôt menacée de toutes parts par l'apprenti-sorcier qu'il est devenu malgré lui.Cette menace aux visages multiples s'appelle pollution, déboisement, extinction de la faune, eutrophisation des lacs, érosion des berges, empoisonnement des crustacés, dégénérescence de la flore, etc .Et le vacancier, cette création récente du XIXe siècle, n'est pas étranger à tous ces ravages inconscients et convergents.Chaque année des associations surgissent et se multiplient pour se porter à la défense des sites, des arbres, des bétes, voire de l'eau et de l'air.Leur action est d'abord faite d'éducation à base de sciences naturelles et dans certains cas encore exceptionnels (cf.MAINTENANT avril 1970, DOSSIER POLLUTION), de remises en question de certaines de nos structures politiques et sociales.Car, comment motiver des citoyens à protéger une nature dont ils ne profitent jamais et dont les accès sont placardés d'un bout à l'autre du pays d'affiches indiquant pro- priété privé, plage privée, pêche réservée aux membres du Club.Pourtant, il n'est pas interdit de se demander, plus profondément encore, si les motivations de l'homme moderne qui enlaidit détruit, pollue, déséquilibre la nature ne proviennent pas également d'une peur viscérale et inexprimée qu'il éprouve face aux attitudes mentales que commande la vie en pleine nature.Tous les réflexes de l'homme urbain au travail sont dirigés dans le sens de l'initiative, l'agressivité, la transformation, la compétition, la domination, l'inîé-gration au groupe.Ces réflexes condamnent, au nom de l'efficacité, toutes les attitudes individualistes, contemplatives et introspectives du solitaire en forêt ou sur la mer.Le triomphalisme scientifique et technologique ne rassure plus le citadin qui doit désormais mesurer sa vie aux millénaires géologiques, adapter son existence au rythmé inchangeable des marées et aux caprices des vents.Si l'homme de Pascal ne savait pas demeurer seul une heure dans une chambre, celui d'aujourd'hui est saisi d'angoisse, le soir, sur un lac solitaire, quand se répercute la plainte prolongée d'un huard invisible.Voilà pourquoi il ne se sentira rasséréné que lorsque le vrombissement de ses moteurs à essence, et la criaillerie conjugée de ses transistors l'auront ramené à des rythmes compétitifs familiers, à des sensations bien décantées, bien dirigées qui ne risquent pas de le conduire là où il a avant tout peur de se retrouver: face à ce moi originel qui risque à tout moment de surgir de la contemplation trop prolongée d'une nature sauvage.Car le travail et son cortège de comportements est une drogue coutumière que l'homme traîne en vacances en changeant à peine sa composition.Même cette complicité quasi sacrée du corps et du soleil devient pour la femme une épreuve de force où crèmes à bronzer, réflecteurs d'aluminium et rotations savamment alternées empêchent l'esprit de s'abandonner à cette lente fusion du sable et des membres.S'il malmène tant la nature aujourd'hui, ne serait-ce pas aussi parce que l'homme moderne redoute avant tout l'exacte dimension de lui-mème qu'il risque d'apercevoir dans le miroir démesuré qu'elle lui présente et que la Ville a si bien su lui camoufler tout au long de l'année?• Hélène Pelietier-Baillargeon
de

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