L'enseignement primaire : journal d'éducation et d'instruction, 1 mai 1901, Mai
22e Année Mai 1901 No 9 L'Enseignement Primaire Revue illustrée de l’Rcole et de la Famille C.- J.MAGNAN - - - - Propriétaire et rédacteur-en-chef /A.AVIS OFFICIELS Département de l’Instruction Publique Nomination de commissaires d'écoles partie est 523, lots 524, 525, 526, 527, partie est 551, lot 552, partie est 553, lots 559, Par arrêté ministériel, en date du 18 mars 560, parties est 561 et 568, et lots 569 à 579 courant (1901), M.Georges Richard a été tous deux inclusivement, du 3e rang ; lot nommé commissaire d’écoles pour la muni- 638 du 4e rang, a été détaché de la municipalité de Sainte-Jeanne de Neuville, comté cipalité scolaire du canton de Hatley, comté de Portneuf.en remplacement de M.Georges deStanstead, et érigé en une municipalité Rhéaume, démissionnaire.séparée pour les fins scolaires, sous le nom Par arrêté ministériel, en date du 21 mars de “municipalité scolaire du village de courant (1901), MM.Eusèbe Legault et Hatley Nord, ” comté de Stanstead.Cyrille Lauzon ont été nommés commis- Cet arrêté prendra effet le 1er juillet saires d’écoles pour la municipalité de 1901.Sainte-Geneviève No 1, village, comté Jac- .f., nues-Cartier en remplacement de MM.J.A.Délimitation de municipalités scolaires mars courant (1901), les lots suivants.Nomination d'un syndic d'écoles savoir : Nos 380 et 381 du cadastre officiel de Sainte-Jeanne de Neuville, ont été dé- Par arrêté ministériel, en date du 20 mars tachés de la municipalité de Sainte-Jeanne courant (1901) M Noah Charron a été de Neuville, comté de Portneuf, et annexes, nommé syndic’d’écoles pour la municipalité pour les fins scolaires, à Ja municipalité de “Bowmanet Denholm,’’comtéd’Ottawa, de Saint-Basile, dans le meme comte, en remplacement de M.Peter Gagnon, dé- Cette annexion ne devant prendre eftet cédé.que le 1er juillet prochain, 1901.Par arrêté ministériel, en date du 18 mars Erection d'une nouvelle municipalité scolaire courant (1901) le territoire suivant, savoir : le lot No 10 du premier rang du canton ^ 1 1 Ai- Ac' A Ck AT AT ro 5T4 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Cette annexion ne devant prendre effet que le 1er juillet prochain (1901).Par arrêté ministériel, en date du 18 mars courant (1901), les lots suivants du premier rang de “ Linière ” sud-est, comté de Beauce, savoir: Nos 68, 69, 70, 71, 72, 73, 74.75» 76 et 77, ont été annexés, pour fins scolaires, à la municipalité scolaire de la “paroisse ” de Saint-Côme de Kennébec, dans le même comté.Cette annexion ne devant prendre effet que le 1er juillet prochain, 1901.Nouvelle municipalité scolaire Par arrêté ministériel, en date du 15 mars 1901, les lots 20a, 21a, 21b, 18a, 16a, 16c, est 12, 15a, 15b, 15c, 19a, ^ sud 23, 25 et 26a, 24b, 24c, 12b, 24a, 18 et 19a, 17a, A ouest 15a et 15b, 15c, 17b, 13c, 14b, 12a, 16a, ne, 12c, 14a, 14b, 12a, 11b, 10b, 10a, 9a, lia, 14a, 13a, 14c, 15, 15b, X est 13b, 13c, 22a, 13a, 22a, connus comme section numéro deux de la municipalité scolaire de Onslow Nord, comté de Pontiac, ont été détachés de la dite municipalité ; et Les lots 17e, i7d, 17b, rang 6, lots 11a, 10a, 10b, 12a, 12b, 13a, 13b, 13a, 11b, 14a, 14b, 19c, 20c, 18a, 18b, igd, 2od, 21, 21c, 21a, 21b, 20b, 19a, 19b, 17a, 16a, 16c, 15a, 15a, 15b, connus comme section numéro 5, de la municipalité scolaire de Onslow Sud, comté de Pontiac, ont été détachés de la dite municipalité, et les deux sections susdites ont été érigées en une municipalité séparée pouf fins scolaires, devant être connue comme municipalité scolaire de Onslow Centre, comté de Pontiac.Cet arrêté ne devant prendre effet que le 1er juillet prochain, 1901.Iture, I I » L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 51S PEDAGOGIE —"Ji La gratuité des livres à P école primaire ’importante question de l’Instruction publique dans la province de Québec vient d’être officiellement placée dans une voie sûre et patriotique.A la dernière session de la Législature, le gouvernement, par l’entremise de l’honorable M.Turgeon, Secrétaire provincial, a annoncé en termes catégoriques qu’à l’avenir il agirait de concert avec le Conseil de l’Instruction publique dans les questions relatives à l’éducation.La raison, la raison nationale, devrions-nous dire, que M.Turgeon a ap-ortée à l’appui de sa déclaration, c’est que le peuple canadien-français, s’il eut rester fort, prospérer et s’affirmer de plus en plus, doit rester uni avec son lergé.Et pour prouver la sincérité de cette courageuse attitude, le gouvernement a repoussé par une écrasante majorité le projet de loi de 1 instruction bligatoire présenté à la Chambre par un de ses partisans.Disons de suite uel’opposition, par la bouche de son chef distingué, l’honorable M.Flynn, a appuyé loyalement le ministère Parent, dans cette occasion.Ainsi, il est donc bien établi que le peuple de notre province, par la voix e ses représentants dans la Législature, ne veut pas s’aventurer, sur le ter-ain de l’éducation, dans des sentiers non recommandés par l’Eglise.Voilà une situation qui ne présente pas d’équivoque.Ce spectacle d une hambre de représentants populaires, au vingtième siècle, affirmant solennel-ement un principe aussi chrétien, commande l’admiration des esprits sérieux.Mais si le peuple canadien-français repousse toute innovation dangereuse n matières scolaires, il ne faut pas croire qu’il est pour Vimmobilisation ; ce *rait se faire grandement illusion.Il voudrait avoir des écoles élémentaires ù les enfants apprissent de bonne heure à lire, écrire et compter tout en instruisant des éléments de la religion et en acquérant occasionnellemen es notions sur l’histoire nationale, la géographie, la grammaire et les leçons e choses, qui comprennent : agriculture (plantes, animaux, vie des champs, te.,) éléments des sciences naturelles, inventions, decouvertes. 5l6 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Voilà, pour un père de famille, ce que l’école élémentaire devrait être capable de procurer à ses enfants.Mais le père de famille est rarement en mesure de pouvoir donner du corps à ses idées.Et la commission scolaire qui le représente est, dans la plupart des cas, dans l’impossibilité de réaliser l’idéal du chef de'famille.C’est alors que l’Etat, dont le devoir est de travailler au bonheur du peuple tout entier, se fait un devoir d’intervenir, non pour diriger mais pour aider.C’est ce qui arrive heureusement dans la province de Québec.L’État, ne voulant pas s’arroger une mission qui ne lui appartient pas, a institué un Conseil qui a pour mission, lui, de diriger notre système scolaire en rédi.géant des programmes, en établissant des règlements, en approuvant les livres, etc., etc.Ce Conseil est divisé en deux Comités, l’un catholique, l’autre protestant.Les évêques catholiques romains font partie de droit du Comité catholique qui est composé d’un nombre égal d’évêques et de laïques.C’est ce comité qui est chargé de la gouverne des écoles catholiques.Nous l’avons dit plus haut, chaque comité du Conseil est chargé de l’approbation des livres de classes, des règlements qui regardent les programmes, le classement des élèves, etc., etc.Il arrive très souvent que les instructions données aux municipalités par le Comité catholique (ou le Surintendant qui le représente) sont mal suivies, ou ne sont point suivies du tout.C’est ce qui a lieu dans la presque totalité des municipalités pour l ''usage des livres approuvés et dans des milliers d’écoles i pour le classement des élèves.Les Règlements du Comité catholique disent, art.131 : “ Les commissaires ou les syndics d’écoles de chaque municipalité ne feront usage, pour toutes leurs écoles, que de la même série des livres classiques autorisés.Ils en feront une liste qui sera déposée dans chacune des écoles sous leur contrôle.” Voyons comment cet article très sage des Règlements scolaires est suivi dans les mille municipalités scolaires de notre province.En consultant les derniers rapports de MM.les inspecteurs d’écoles, nous constatons que deux cent treize municipalités seulement, sur mille, ont obtenu la note 10 accordée à celles dont les écoles sont parfaitement pourvues de livres autorisés.Il est donc prouvé que près de huit cents municipalités ne se conforment pas absolument aux règlements du comité catholique sur le chapitre très important des livres autorisés.Nous voulons bien croire que dans un grand nombre d’endroitsVm se'conforme en partie à la loi, mais, comme question de fait, il n’y a absolument que le cinquième des municipalités scolaires quij sont à l’abri de tout reproche au sujet des livres de classe.Et ceux qui sont au courant de ce qui se passe à la petite école savent que parmi les ouvrages, non autorisés et en vogue, nous devons placer le syllabaire.110 ieîa jres jte ¦lieu et au HOC que ïlO! Bie iéiici iàve: tutrii L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 517 têtrs "ffle.]ui;e ail ijt> &?c ititllf rédi es li.aaiit, es de de: !spâr vies tôles :,art, é ne Insri : des Nous connaissons un syllabaire retranché de la liste des livres approuvés par le Comité catholique depuis de nombreuses années, qui se vend par milliers chaque année dans toute la province.Il y a aussi bien d’autres livres dépourvus d’ordre, de bons sens et de méthode, qui occupent une place d’honneur clans un très grand nombre d’écoles.L’article 43 de la loi de l’Instruction publique dit bien que “ La subvention doit être retenue aux municipalités faisant usage de livres non autorisés,” mais il faudrait punir les quatre cinquièmes de la province.Il est facile de comprendre combien un abus aussi général serait difficile à réprimer.Cependant, convient-il, dans l’intérêt de nos enfants, de laisser subsister un semblable état de choses sans prendre les mesures nécessaires au respect de la loi ?— Non, et le gouvernement, dont le devoir est d’aviser aux moyens propres à assurer la mise en vigueur des règlements du Comité catholique, a compris que seule la gratuité des livres réussira à débarrasser les municipalités scolaires du grand nombre de livres non autorisés actuellement en usage dans les écoles.Mais cette gratuité devait être entourée de sages précautions.C’est ce qui a été fait.En premier lieu, le gouvernement offre la gratuité au lieu de l’imposer.Puis le Premier livre, qui sera distribué aux municipalités et aux maisons d’éducation qui en feront la demande d’ici au mois d’août prochain, a été soumis au Comité catholique du Conseil de l’Instruction publique et, sauf quelques détails, il en a reçu une approbation pleine et entière.La lettre suivante fait connaître en deux mots le côté pratique de Mon Premier livre : Archevêché de québec, le 28 août 1900.Monsieur C.J.Magnan, Professeur à l’Ecole normale Laval.Bien cher Monsieur, Je suis bien satisfait de votre ouvrage : Mon premier livre et je vous en félicite.Avec les quelques légères corrections que vous a suggérées le sous-comité des livres et que vous avez acceptées, votre livre sera accueilli tiès ill!!' rjo: uC • f favorablement.La distribution des matières par mois et par semaines poussera les institutrices à faire exécuter le programme d’études avec plus de régularité et leur fera comprendre qu’elles ne doivent pas immobiliser leurs élèves, mais les faire avancer graduellement.Je vous réitère, ainsi qu’à M.Ahern, mes sincères félicitations.Agréez, cher M.Magnan, l’assurance de mon entier dévouement.t L.N.Arch, de Québec.” 5i8 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE On ne saurait mieux faire toucher du doigt le mal qui paralyse nos écoles élémentaires.U immobilisation : le mot est bien trouvé.En deux traits de plume le grand évêque éducateur démontre la nécessité impérieuse de pourvoir nos écoles élémentaires de livres qui seront tout à la fois une aide attrayante pour l’élève et un guide pour l’institutrice.Liexpérience manque à la plupart des institutrices, car elles ne font pas de l’enseignement une carrière.Règle générale, on peut affirmer, sans exagération, que le personnel enseignant de nos écoles primaires se renouvelle tous les trois ans.Il est donc facile de comprendre jusqu’à quel point l’esprit de suite fait défaut à la petite école.On le sait, parmi les livres que l’on met entre les mains des élèves de première et de deuxième année, il y en a très peu qui sont conformes aux besoins intellectuels des tout jeunes et rédigés suivant les règles de la pédagogie.Et ce sont les livres médiocres qui ont le plus de vogue dans les municipalités.Ce manque d’expérience chez les titulaires de nos écoles primaires, dû au renouvellement constant du personnel enseignant, est la cause que le classement des élèves, l’exécution du programme d’études, l’emploi du temps, le choix et la quantité des matières qui conviennent année par année aux élèves à partir de leur entrée à la classe, la méthode à suivre pour mettre au plus tôt les jeunes élèves en mesure de lire, d’écrire et de compter, tout cela est exécuté au hasard dans un très grand nombre d’écoles primaires.Mais comment remédier à l’inexpérience des institutrices ?—En leur fournissant des manuels “ qui distribuent la matière à enseigner par semaines et par mois,” suivant l’opinion autorisée de S.G.Mgr l’archevêque de Québec.Voilà le second argument qui milite en faveur d’une distribution judicieuse de livres gratuits, au moins au premier degré de l’école élémentaire.Mais un troisième motif, celui-là d’un ordre pédagogique tout-à-fait supérieur, milite en faveur de la distribution gratuite des livres aux tout jeunes élèves des écoles primaires.C’est celui-ci : la nécessité d ''apprendre à lire aux en fa7its le phis tôt possible.Il est inutile de démontrer la nécessité pour l’instituteur de rechercher les moyens les plus propres à mettre promptement l’enfant en état de lire et de tirer un utile parti de cet art pour lui ou pour les autres.La lecture donne pour ainsi dire à l’élève la clef de toutes les autres connaissances.Il n’est pas une branche du programme scolaire qui ne suppose la connaissance de la lecture ou dont l’étude ne se lie intimement avec elle.La langue dans laquelle notre mère nous a appris à balbutier nos premières paroles, dans laquelle elle-même, en nous communiquant son cœur et sa pensée, nous a donné la première initiation à la vie intellectuelle, religieuse et morale ; la langue que nos pères ont apportée de la noble France et qu’ils ont con- L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 519 servée avec un soin jaloux ; la langue que nos orateurs, nos historiens, nos romanciers et nos poètes nous ont appris à aimer ; la langue relève surtout de la lecture, mais de la lecture bien sentie et bien rendue.De plus, quand les enfants sauront lire, il sera facile de varier leurs oc-cupations en leur donnant différentes sortes de devoirs, taudis que les enfants qui ne savent pas lire, s’occupant constamment des mêmes choses, se fatiguent et s’ennuient durant les longues heures de classe.Dans de telles conditions, le maintien de l’ordre, du silence parmi les commençants, devient très difficile, pour ne pas dire impossible.Au contraire, lorsque les occupations sont variées, le temps de l’école paraît infiniment plus court.L’instituteur a donc intérêt à enseigner la lecture aux commençants le plus tôt possible.Le jour où il sait lire couramment, le tout jeune élève devient actif ; il cesse d’être un obstacle à la bonne discipline dans la classe.Et les meilleures autorités pédagogiques s’accordent à dire que l’écriture et l’orthographe doivent marcher de front avec la lecture et qu’elles doivent être une répétition constante des leçons de lecture.Puis, il est d’absolu néces-sité que les élèves s’initient, dès les débuts de leur scolarité, à l’étude concrète des premiers nombres et des règles simples de l’arithmétique.Mais le manuel rédigé en vue de l’enseignement simultané et méthodique de la lecture, de l’écriture et de l’orthographe n’existait pas ici.Il a fallu le rédiger conformément aux besoins de nos écoles.C’est ce qui a eu lieu avec le résultat que l’on sait.Le manuel est divisé en deux parties, reliées séparément : Première partie : Lire, Écrire, Compter.Deuxième partie : Lecture courante appliquée aux*principales branches du programme.La matière de l’ouvrage est adaptée aux dix mois de l’année scolaire.Première PARTIE : Comprend cinq mois.—Chaque semaine est composée de quelques pages de lecture élémentaire, d’ecriture et d une leçon d arithmétique enfantine ; généralement une récapitulation termine chaque semaine.A la fin des vingt premières semaines, l’élève a parcouru towtes les difficultés qui constituent le mécanisme de la lecture ; il sait écrire ce qu il a appris à lire, et, de plus, il peut faire les premières opérations de l’arithmétique d’une manière raisonnée.Deuxième PARTIE : {Lecture courante) Comprend également cinq mois.—Chaque semaine est composée de cinq leçons de lecture, traitant alternativement de la Religion (Ancien et Nouveau Testament), de la Géographie, de l’Histoire nationale, des Leçons de choses et de la Grammaire.A la fin des vingt dernières semaines, l’élève a acquis, à l’aide de la lecture courante, des notions sommaires, mais complètes, sur les matières ci-dessus nommées. 520 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Grâce à ce programme concentrique, l’enfant, n’irait-il qu’une année à l’école, serait en mesure de lire^ àCécrire et de compter passablement, et aurait étudié sans effort, en même temps qu’il apprenait à lire, les grandes lignes de toute.l’Histoire Sainte, les principaux personnages Canadiens, de Jacques-Cartier au Cardinal Taschereau, etc., etc.L’économie complète de la méthode que nous venons d’exposer repose sur cette grande vérité pédagogique : La lecture donne à Véléve la clef de toutes les autres connaissances.Chacun sait avec quelle lenteur, règle générale, les enfants apprennent à lire et à écrire à la petite école.Ces pauvres petits, on commence par leur faire apprendre une série interminable de grosses lettres : majuscules, minuscules, manuscrites, gothiques, etc.Puis arrive le bé a bâ, le b'e l a blâ et toute une légion de syllabes et de mots détachés qui ne disent rien à l’esprit et au cœur de l’élève.Enfin, les premières pages que l’on fait lire couramment aux élèves contiennent sans discernement toutes les difficultés de la lecture.Avec une pareille méthode, il n’est pas étonnant de rencontrer un très grand nombre d’enfants qui, après une, deux, et quelquefois trois années de classe, ne savent pas encore lire d’une manière passable.La méthode suivie dans le nouveau manuel met le jeune élève, dès la première semaine de sa scolarité, en mesure de lire des mots usuels, des expressions qui lui sont familières, de petites phrases disant quelque chose à son esprit.* Enfin, les gravures, si utiles dans les classes des jeunes élèves, lorsqu’elles sont judicieusement adaptées à un texte qui est à la portée des enfants, font presque toujours défaut dans les syllabaires qui sont généralement en usage dans les écoles sous contrôle.Le nouveau manuel, dans ses deux parties, en contient près de trois cents, non jetées au hasard, mais amenées de façon à fixer le sujet de la leçon dans l’intelligence de l’élève.En résumé : la gratuité des livres au premier degré de l’école élémentaire aura pour effet, nous en avons la sincère conviction : i° de débarrasser nos municipalités scolaires des manuels non autorisés ; 2° de suppléer à l’inexpérience des institutrices ; 30 d’introduire dans nos écoles des méthodes rationnelles et recommandées par le Conseil de l’Instruction publique.C.-J.MAGNAN.etife 1 ils» I iiep: mai; ans L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 521 A TRAVERS LES RAPPORTS DES INSPECTEURS D’ECOLES IDÉES ET SUGGESTIONS M.T.Beaulieu.—Une chose qui n’avance pas vite, c'est la partie matérielle : les maisons d’école et le mobilier.Sur ce point, on peut dire sans exagération que les lois et les règlements de l’instruction publique ne sortent guère des livres qui les renferment.Depuis si longtemps que les règlements scolaires prescrivent que les salles de classes auront telles dimensions, recevront tant de lumière, comprendront telle quantité d’air, avec un système pour le renouveler, elles sont encore pour la plupart, trop petites, trop basses, point aérées, mal éclairées, et partant, en contravention avec les lois les plus élémentaires de l'hygiène.A voir le peu de progrès qui se fait sous ce rapport, on est porté à accuser les inspecteurs de négligence au sujet des maisons et du matériel en général.Us s’en occupent pourtant, et ce n’est pas le moindre de leurs soucis, mais ils n’ont d’autre force que la persuasion et nous savons ce qu’elle vaut quand il s’agit de puiser dans la bourse du contribuable.Après sa visite aux écoles d’une municipalité, l’inspecteur inscrit ses remarques au registre de la commission scolaire.Il note que telle maison est mauvaise, tel mobilier défectueux, et demande aux commissaires dY mettre ordre.Puis il fait les mêmes remarques dans les bulletins qu’il adresse au sSurintendant, qui, à son tour, fait ses observations aux commissaires.Ces messieurs, à leur réunion qui suit, prennent connaissance des notes de l’inspecteur et des exigences du Surintendant, auquel ils répondent qu’ils sont disposés à suivre ses instructions, mais ils remettent à plus tard l’exécution des travaux demandés et il n’en est plus question.L’année suivante, l’inspecteur trouve les choses dans le même état avec une année d’usure en plus.Il renouvelle ses observations aux commissaires et au Surintendant qui avertit de nouveau les commissaires, lesquels font de nouvelles protestations de leurs bonnes dispositions, mais ça finit là.Toute cette correspondance, avec son résultat, peut se résumer en deux mots : beaucoup d’encre, point de travaux.J’ai dé-mandé pendant sept ans l’agrandissement d’une salle de classe, où les enfants étaient •entassés comme des sardines en boîtes, et je ne l’ai obtenu qu’après ce temps, alors que le commissaire de l’arrondissement était un homme bien disposé, que j’ai persuadé de la nécessité de cette amélioration et qui a eu assez de courage pour vaincre les objections de ses collègues.M.D.Bégin.—Vous avez pu constater, Monsieur le Surintendant, par mes cahiers de bulletins de cette année et des années précédentes, que le matériel des classes, tel que tableaux noirs, tables ou pupitres, bancs, cartes géographiques, etc., fait énormément défaut, qu’il faut tous les ans noter le même manquement de ces objets pourtant absolument indispensables au progrès d’une école.En parcourant ces mêmes bulletins, ou voit tout de suite que la plupart des maisons d ecole sont non seulement trop petites, mais de moitié trop petites.Il est bien difficile d’obtenir un bon classement des éleves, comme aussi de taire suivre absolument par tous les programmes d’études, et cela à cause de la présence irrégulière des enfants à l’école et de la volonté de certains parents qui s’obstinent a ne permettre qu’on n’enseigne que la lecture et le catéchisme à leurs enfants.M E Béland —Sur 135 maisons d’école sous contrôle, 45 ont la grandeur exigée par les règlements scolaires, les 90 autres n’ont pas la granderir voulue et sont, pour la plupart! bien défectueuses sous les autres rapports.Je crois bien agir en conseillant aux commissions scolaires de ne pas réparer ces maisons qui ne sont pas hygiéniques, afin de les voir plus tôt remplacées par de bonnes écoles construites d apres les plans approuvés par le département de l’Instruction publique.La plupart des curés des différentes paroisses de mon district s occupent activement de promouvoir les intérêts de l’éducation dans leurs écoles et je purs dire avec certitude que partout ces dignes prêtres sont l’âme du progrès, quelques-uns meme ont accepte 522 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE la charge de commissaires d’écoles.Dans certaines municipalités, le curé et les commissaires ont visité avec moi les écoles de leur paroisse, je désirerais bien que cette-bonne habitude fût partout adoptée, afi'n que les autorités locales puissent s’habituer à voir par elles-mêmes les défauts sérieux qui existent dans leurs écoles, et les progrès.qu’3r font les élèves.M.J.-E.Belcourt.—-Les institutrices deviennent de plus en plus rares, et le nombre de celles qui enseignent sans brevet augmente, chaque année, dans mon district.Je me permettrai ici de signaler le fait que dans certaines municipalités, surtout du comté de Nicolet, les salaires sont si minimes qu’on ne peut se procurer que difficilement les services d’institutrices diplômées de paroisses étrangères.Je crois qu’il est devenu nécessaire de payer aux institutrices un salaire qui leur permettra de vivre; et il serait peut-être à propos de ne pas permettre l’engagement d’institutrices non brevetées dans les municipalités où l’on ne paie que $60 par année.M.L.H.Belrerose.—Les progrès, en général, sont très bons; et je n’hésite pas à affirmer que la plupart des institutrices ont bien su mettre à profit les conseils qui leur ont été donnés pendant les conférences pédagogiques de chaque année.Ces conférences ont été régulièrement suivies par presque toutes les institutrices demon district.L’automne dernier, j’ai eu le plaisir de voir, à chacune des quatre conférences, des religieuses de la Congrégation de Notre-Dame, à Victoriaville et à Arthabaskaville, puis des religieuses de l’Assomption, à Stanfold, avec celles de leurs élèves qui se prépa-raiest alors à subir l’examen pour l’obtention du brevet de capacité.Je suis certain que si ces jeunes filles ont écouté attentivement tout ce qui leur a été dit pendant ces deux jours, elles s’en sont bien trouvées lorsqu’elles se sont présentées au bureau des examinateurs, et qu’il s’est agi de pédagogie.(1) M.C.Bouchard.—-Vous me permettrez, Monsieur le Surintendant, de revenir sur un sujet que j 'ai déjà traité dans mon rapport de 1892-93, rapport qui fut reproduit dans L'Enseignement Primaire et dans presque tous les journaux français de Québec et de-Montréal.C’est celui du mode de paiement des octrois accordés aux écoles primaires.Je désirerais, comme tous ceux qui s’intéressent au paiement régulier du salaire des institutrices, que les subventions à délivrer aux municipalités fussent payées dans la dernière quinzaine du mois de juin, ou, au moins, dans la première du mois de juillet.La construction des maisons d’école se fait assez bien, parce qu’on est obligé de suivre les plans que vous avez approuvés : sans cela, on ferait encore des maisons impossibles, chacun voulant faire à sa tête et suivant son goût.Le mobilier des écoles sous contrôle n’a pas été souvent renouvelé ni amélioré.Lorsqu’on le remplace, on fait faire des tables qu’on peut à peine remuer, comme celles qui se trouvent dans les écoles de Berthier.Dans les couvents, presque toutes les classes sont pourvues de beaux et bons pupitres, avec chaise pour chaque élève.M.C.Brault.—Nouvelles maisons d'école.Dans la ville de Ste-Anne-de-Bellevue, magnifique couvent, sous l’habile direction des Sœurs delà Congrégatiou de Notre-Dame.A la Station-du-Coteau, école de filles, un peu petite, mais propre, bien éclairée et très bien meublée.Bonne et jolie maison d’école dans chacun des arrondissements suivants, savoir: Dans l’arrondissement No 6, de Ste-Marthe ; dans l’arrondissement No 3, de Elle Bizard ; dans l’arrondissement No 6, de St-Lazare ; dans l’arrondissement du village de Ste-Justine.Cette dernière maison est à deux étages et spacieuse.Dans mes prochains bulletins, j ’aurai la satisfaction de vous mentionner plusieurs nouvelles maisons d’école construites pendant les présentes vacances, d’après les règlements.(1) M.l’inspecteur Béland fait la même remarque. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 523.M.J.-A.Chabot.—Je suis heureux de ledire, en général, les écoles de ma circonscription sont tenues d’une manière satisfaisante ; surtout les élèves sont mieux classés et le programme d’études suivi plus fidèlement.Si nos salles de classe étaient un peu plus spacieuses, les mobiliers meilleurs, maîtres et élèves auraient plus de goût, les premiers à enseigner et les derniers à fréquenter la classe, et par suite, on constaterait des progrès plus marquants.Un de mes confrères dit, dans son rapport de 1899, qu’il a un des comtés les plus riches de la province, je ne puis en dire autant, car j’ai le plus pauvre, je crois ; malgré cela, plusieurs municipalités ont construit des maisons d’école très confortables, nommément : Cap-Chat, Barachois-de-Malbaie, Rivière-au-Renard et Ste.Adélaïde-de-Pabos.Je dois féliciter le révérend D.Gillis qui, au moyen de dons généreux, a fait construire dans sa paroisse, Douglastown, un joli couvent, dont la direction sera confiée aux religieuses du St-Rosaire en septembre prochain ; cette maison, la seule de ce genre dans le comté de Gaspé, devra produire d’excellents résultats ; elle a coûté au-delà de $2,000.De concert avec les contribuables, le curé Gillis a aussi doté d’une belle grande école l’arrondissement No 2 de la même municipalité.Ce sont les mobiliers scolaires qui laissent le plus à désirer dans mon district d’inspection.Dans mes premières visites, je n’étais pas assez sévère sur ce point ; cependant, j’ai des félicitations à faire à Mlle Angélina Cassivi, titulaire de l’Anse-du Gros Cap-au-Os, qui, au moyen de petites soirées, a perçu une jolie somme dont le revenu a été employé à acheter pour sa classe des pupitres améliorés (tels que les modèles pris sur L'Enseignement Primaire).Mlles Flynn, directrices de l’école modèle de Percé, de même, ont doté leur classe de ces jolis pupitres.Une couple d’autres municipalités m’ont promis de suivre ce bon exemple.Je dois des remerciements à M.le Surintendant, sur les remarques prises dans mes bulletins, d’avoir fait écrire aux commissaires de-certaines municipalités, leur conseillant de pourvoir leurs écoles d’un mobilier plus-convenable.Je crois que ceci va avoir un bon effet.(A suivre.) La rédaction à l’école primaire (L 2Ème EXERCICE l’école est l’apprentissage de la vie Pensées principales à développer : Habitude de travail et d'exactitude ; Formation du caractère ; L'enfant apprend a obéir ; L'enfant apprend a vivre en société ; Développement.—Chacun a, dans la vie, un rôle à remplir qui nécessite toujours une certaine dose de travail ; c’est justement à l’école que l’enfant apprend de bonne heure à travailler.Il n’en connaît guère la nécessité, mais il en prend l’habitude malgré lui, et, plus tard, accomplira sa tâche sans ennui.Obligé dès sa jeunesse de raire toujours ses devoirs en temps voulu, il se rendra à ses accupations avec la même ardeur et surtout la même exactitude qu’il mettait à aller en classe.C’est de plus à l’école que se forme en grande partie le caractère de l’enfant.La, il apprend à connaître une autre volonté que la sienne, et se voit souvent force d’obeir.Plus tard, il ne pourra pas agir comme il le voudrait, et retrouvera, quelque position G) Résumé d’une conférence donnée sur ce sujet par MM.les inspecteurs d’écoles, sous la direc-:ion du Surintendant de l’Instruction publique.-Annee 1900-1901. 524 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE qu’il occupe, une autorité supérieure à la sienne dont il se verra obligé de suivre les instructions et les ordres.Il lui semblera alors tout naturel de plier.Il est encore un autre point à considérer.C’est que l’enfant se trouve à l’école en rapports constants avec de petits camarades, comme il le sera plus tard avec la société.Il prend alors l’habitude de vivre au milieu de personnes, dont le caractère diffère du sien ; il apprend à ne pas être égoïste et à se montrer, au contraire, bon et charitable envers ses semblables.En un mot, il se fait au tempérament, aux goûts de chacun, et arrive ainsi à les comprendre.Plus tard, il ne sera pas étonné de rencontrer des goûts opposés aux siens ; il sera ainsi tout disposé à admettre la discussion et à accepter les avis et les bons conseils.En dehors de toutes ces raisons morales, il est bien juste de dire que l’école est l’apprentissage de la vie, puisque tout ce qui s’y enseigne a son application et son utilité pour tous.3Îîme EXERCICE ' Traduire le morceau suivant : BENEFITS OF AFFLICTION.The path of sorrow, and that path alone, Leads to the land where sorrow is unknown ; No traveller ever reached that blessed abode, Who found no thorns and briers in his road.The world may dance along the flowery plain, Cheered as they go by many a sprightly strain ; Where nature has her mossy velvet spread, With unshod feet they yet securely tread : Admonished, scorn the caution and the friend, Bent on all pleasure, heedless of its end But He, who knew what human hearts would prove, How' slow to learn the dictates of His love, That hard by nature, and of stubborn will, A life of ease would make them harder still, In pity to the souls His grace designed To rescue from the ruin of mankind, Called for a cloud to darken all their years.And said, “ Go spend them in a vale of tears.” O balmy gales of soul-reviving air ! O salutary streams that murmur there ! These, flowing from the fount of grace above_ Those breathed from lips of everlasting love.The flinty soil, indeed, their feet annoys, Chill blasts of trouble nip their springing joys.An envious world will interpose its frown, To mar delights superior to its own ; And many pang experienced still within, Reminds them of their hated immate, Sin, But ills of every shape and every name, Transformed to blessings, miss their cruel aim : And every moment’s calm that soothes the breast, Is given in earnest of eternal rest.Ah, be not sad, although thy lot be cast Far from the flock, and in a boundless waste ! No''shepherds’ tents within thy view appear, But the chief Shepherd even there is near.Thy tender sorrows and thy plaintive strain, Flow in a foreign land, but not in vain ; Thy tears all issue from a service divine, ‘ And every drop bespeaks a Saviour thine— So once in Gedeon’s fleece the dews were found, And drought ou all the drooping herbs around.(Cowper.) L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 525 (traduction) BIENFAITS DE L’AFFLICTION Le sentier fié la douleur, et ce sentier seul, conduit au séjour où la douleur est inconnue : nul mortel n’a franchi ce seuil béni qui n’ait rencontré sur son passage des ronces et des épines.Traversant un paysage émaillé de fleurs, l’homme peut se livrer à la joie, encouragé par les accords d’une musique entraînante ; il peut parcourir pieds nus, sans crainte de se heurter, ces sentiers que la nature a recouverts d’un moelleux tapis de verdure ; tout entier à ses plaisirs, et sans s’occuper de leur suites funestes, il peut mépriser et les avis salutaires, et la voix amie qui les lui donne.Mais celui qui connaissait^ 'avance le cœur humain ; qui savait avec quelle lenteur l’homme écoute la voix du divin amour; qui connaissait la dureté de sa nature et l’opiniâtreté de sa volonté ; qui n’ignorait point qu’une vie d’aisance le rendrait de plus en plus insensible,—voulut, par pitié pour l’homme et par un effet de sa miséricorde, venir au secours de l’âme humaine.Il ordonna aux nuages d’assombrir les jours de l’homme ici-bas, et leur dit : “ Allez, faites de ce séjour une vallée de larmes.” O brises embaumées d’un air qui vivifie l’âme, brises échappées des lèvres mêmes de l’éternel amour : O courants salutaires dont les ondes murmurantes jaillissent là-haut de la source de toute grâce ! Le sol couvert de cailloux peut, il est vrai, rendre pénible la marche de l’homme ; le souffle glacé de l’affliction peut flétrir ses joies naissantes ; un monde envieux peut, de ses traits empoisonnés, gâter des plaisirs supérieurs aux siens ; et plus d’une angoisse que l’homme éprouve au dedans de lui-même, lui rappelle sans cesse son ennemi intérieur, le péché.Mais les maux, quelle que soit leur forme et sous quelque nom qu’ils’se présentent, acceptés avec humilité, se transforment en béné.dictions, manquent leur fin cruelle ; et chaque moment de calme qui soulage le cœur, est accordé comme gage de l’éternel repos.Ah ! cesse d’être triste, bien que par le sort tu sois relégué loin du troupeau, errant au milieu d’une solitude sans bornes.Aucune tente ne s’offre à tes regards inquiets ; mais le Pasteur suprême veille continuellement sur toi.Ce n’est pas en vain que tes chagrins, tes accents douloureux s’envolent vers une terre étrangère ; tous les pleurs découlent d’une source divine, et chacune de tes larmes appelle ton Sauveur, comme autrefois la toison de Gédéon attirait chaque goutelette de rosée, et laissait dans la sécheresse toutes les plantes languissantes qui l’environnaient.(à suivre') Enseignement de l’agriculture (1) l’agriculture et la récréation Sans s’imposer de fatigues, on peut en récréation intéresser les élèves et cultiver ainsi leur esprit d’observation.Par exemple, leur expliquer ce que veut dire feuilles alternes, feuilles opposées, efrc.Le rosier, l’accacia ont des feuilles opposées; l’herbe St-Jean, la moutarde, des feuilles alternes., On leur demande ensuite de chercher eux-mêmes ce genre de feuilles et ils s eu font un plaisir.(7) Résumé d’une conférence donnée sur ce sujet par MM.les inspecteurs d’écoles, sous la direction du Surintendant de l’Instruction publique—Annee 1900-1901. 526 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE De même pour les fleurs dont ils sont heureux de retenir les noms et l’espèce.Si l’on voit des mauvaises herbes le long des chemins, leur faire comprendre qu’elles doivent être fauchées de bonne heure, pour que la graine ne s’en répande point dans les champs, etc.A l’automne, leur faire voir la quantité de graines sur un pied de marguerite, de moutarde, de renoncule, de chardon, etc., etc.Leur parler des petits oiseaux.En observer un et compter combien de mouches ou autres insectes il a attrapés en peu de temps ; leur faire apprécier, aimer les oiseaux.{Comparer la forme de leur bec et dire pourquoi ces différentes formes.) Leur faire voir que, dans la bonne terre, les arbres deviennent très hauts et bien ¦développés.Que l’on peut juger de la nature du sol par les arbres qui y ont crû naturellement.Les ormes dans une terre argileuse, humide, riche.Les pins dans les terrains sablonneux, etc.Enfin une foule d’observations qui sont autant de leçons de choses que l’on doit faire, autant que possible, en parlant aux yeux, si l’on ne veut pas perdre son temps.C’est en cultivant leur esprit d’observation que l’on en fera des hommes d’ordre.Pas d’ordre, pas de succès, pas de progrès.Une personne d’ordre souffre de voir qu’une chose n’est pas à sa place.Rien ne passe inaperçu parce qu’elle voit, parce que son œil est éxercé.Il est des gens qui peuvent regarder une chose plusieurs années sans la voir ! Ex.Combien 3' a-t-il de sortes de plantes sur l’emplacement de l’école ?Sans compter, plusieurs répondraient 10, et il en a probablement 50, peut-être ïoo ! l’agriculture a la maison Sous forme de petits exercices de composition, on peut demander à un élève de répondre à une question comme celle-ci : Combien d’instruments aratoires avez-vous chez vous?Il en fera l’inventaire : Deux charrues, trois herses à dents droites, une herse à spring, un grubber, etc.Voir à la propriété du langage ; une herse à ressorts, un cultivateur, etc.Comme problèmes : Combien avez-vous de vaches et combien donnent-elles de lait en moyenne ?Combien avez-vous de moutons et combien ont-ils donné de laine en moyenne ?Ce sont autant de questions qui éveillent l’intérêt et qui préparent l’élève à se rendre compte de ce qu’il fait et ce qu’il fera plus tard.C’est ce que l’on appelle de l’enseignement pratique.{ci suivre) L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 527 L’enseignement de la tenue des livres (1) JOURNAL Nom de la localité, le 12 mars 1900.ai i Nom de l'élève > 1 Placement : Argent 400 barils de farine 2800 00 a $5.60 2240 ; 00 * 5040 00 E.Vincent L.de V.B.Legns S.f.1.Nom de la localité, le 15 mars 1900.v 4- Tos.Thomas > L.de V.Geo.Ross L.de V.B.Legns Argent, à compte Geo.Miller S.f.2.445 1 00 E.Néel L.de \ sous la direc (1) Résumé d’une conférence donnée sur ce sujet par MM.les inspecteurs d’ecoles tion du Surintendant de l’Instruction publique.—Annee 1900-1901 528 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 20 1 8 J.Mathieu Dr / ' L.de V.575 00 : 21 2 E.Vincent Cr Argent, à compte j 175 00 • 21 3 B.Legris Dr Argent, à compte, 75 oa 22 4 Jos.Thomas Dr 1 L.de V.1 610 oo- Nom de la localité, le 23 mars 1900. 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