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Titre :
L'enseignement primaire : journal d'éducation et d'instruction
Éditeur :
  • Québec :[L'enseignement primaire],1881-1956
Contenu spécifique :
Décembre
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
autre
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • École primaire (Lévis, Québec)
  • Successeur :
  • Instruction publique
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Références

L'enseignement primaire : journal d'éducation et d'instruction, 1901-12, Collections de BAnQ.

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23e Année Décembre 1901 No 4 Revue illustrée de l’Ecole et de la Famille Propriétaire et rédacteur-en-chef T.MAGNAN -> • .‘v« vs -•••Aa-j.r.\ .• Avvasafla^ k • ,r î v‘-l J .* • * \ ; « ZîSÈfvrr//.' ' .• /';• tv-V .C-• JBSB&dudfd/i it ¦&>'h>jdSSÈmtsmmÊFi‘ œmm ÉÉÉ! ^Pippi iw recû®» Q8asP7-‘îMn.* *• 1" • V.ï i'tvfis'a?/ • \ ).y êï-Mtif".1 / 'v j .t{ .V» kM.' .1 ; f f FFU FF CURF FABFFFF Surnommé l'Apôtre de la Colonisation 202 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Nos Inspecteurs d’Ecoles PEDAGOGIE Nous commençons, dans le présent numéro, la publication des conférences pédagogiques que MM.les inspecteurs d’écoles ont données dans leur district respectif sous la direction du surintendant de l’Instruction publique.Les instituteurs et les institutrices liront ces documents avec plaisir et profit Ils leur rappelleront le dévouement de ceux qui sont préposés à leur direction, en même temps qu’ils serviront à mieux graver dans leur esprit les notions données le jour de la conférence.Ces conférences doivent aussi servir à rappeler à la classe dirigeante, combien la mission de l’inspecteur d’écoles est importante et laborieuse ; combien le rôle que ces officiers ont à remplir est délicat et difficile.Pour nous, nous profitons de la circonstance qui nous est offerte pour demander à qui de droit de songer au plus tôt à améliorer le sort des inspecteurs d’écoles.Ces messieurs, de par la loi, sont des surintendants locaux ; mais iis sont loin de recevoir un traitement proportionné à leurs fonctions élevées.Si nous voulons que MM.les inspecteurs d’écoles occupent leur haute position avec toute la dignité qu’elle réclame, eh ! bien, rémunérons-les en conséquence.Il est bien certain que ce n’est pas avec six, sept ou huit cents piastres qu’un pere de famille peut voyager cinq mois par année, en voiture et en chemin de fer, et soutenir sa maison d’une manière convenable.Aussi qu arrive-t-il ?Assez souvent, l’inspecteur se voit dans la nécessité de chercher un revenu supplémentaire en dehors de sa profession, et cela, presque toujours, au détriment de la mission qui lui est confiée.Nous faisons ces remarques sans vouloir blâmer personne.Ce qui a pu convenir dans le passé ne satisfait pas les besoins actuels.Chacun le sait, les exigences en matière d enseignement sont considérables aujourd’hui.Voilà pourquoi les instituteurs, les institutrices et les inspecteurs d’écoles méritent plus aujourd’hui qu’autrefois.“Mon Premier Livre” On nous a demandé a plusieurs reprises si les élèves pouvaient emporter OTII-ICil /n l/-! • y, -»• - ce manuel à la maison pour pouvoir étudier le soir la leçon du lendemain.Nous ne comprenons pas la raison de semblables questions.Re gros bon sens dit que les élèves doivent emporter tous leurs livres de classe dans la famille, afin de revoir et d’approfondir ce que l’institutrice enseigne oralement.D’ailleurs, rien dans la circulaire officielle publiée par L'Enseigne- ment Primaire ne peut laisser soupçonner que “ Mon Premier livre ” doit L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 203 rester constamment à l’école.Certes, on doit répéter souvent aux enfants de conserver leurs livres en bon état ; recommander de recouvrir les manuels avec du papier fort ou de la toile : ce sont des précautions élémentaires indispensables ; mais entre ces précautions et la défense de se servir du manuel à la maison paternelle, il y a une distance que les personnes raisonnables n’ont pas dû franchir.A propos de “ Mon Premier Livre,” des renseignements ôfficiels nous permettent d’annoncer que 747 municipalités scolaires et 92 couvents et écoles indépendantes ont jugé à propos d’autoriser l’usage de ce manuel.Au 1er novembre dernier, 107,356 volumes de la 1ère et de la 2e partie avaient ,été distribués par le département de l’Instruction publique.On voit que le Comité catholique, dans l’approbation qu’il a donnée à “ Mon premier livre,” a eu un grand nombre d’imitateurs.Le Curé Labelle Au frontispice de la présente livraison de DEnseignement Primaire, nos lecteurs ont remarqué le portrait d’un prêtre patriote, l’une des plus belles figures qu’ait fournies le clergé canadien-français, nous voulons dire le curé Labelle.On l’a surnommé avec raison VApôtre de la colonisation.“ Le curé Labelle, a dit quelque part Arthur Buies, est peut-être l’homme le plus étonnant qu’on ait vu au Canada.Quand on étudie cette figure, on découvre des aspects nouveaux qu’on ne soupçonnait pas la veille, et dont cependant les lignes sont fortes et profondes.” Ces paroles de notre regretté ami sont absolument vraies.L’ancien curé de St-Jérôme fut un apôtre dans toute la force du mot.Pendant plus de vingt-cinq ans il employa ses vastes talents et sa robuste santé au service de la colonisation.Le curé Labelle a fondé un grand nombre de paroisses qui restent comme autant de monuments élevés à la gloire du prêtre-patriote.Tout récemment, EAvenir du Nord, de St-Jérôme, a lancé l’idée généreuse d’élever un monument à VApôtre de la colonisation.Nous applaudis, sons de tout cœur à cette démarche et nous formons des vœux pour que ce beau projet de notre confrère soit réalisé au plus tôt.Elevons des monuments durables à la mémoire de nos grands hommes, si nous voulons que la .jeunesse apprenne leurs noms et connaisse leur histoire.Un monument sur une place publique, c’est une leçon d’histoire sans cesse répétée et à la portée de tous.C.-J.MAGNAN. 204 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE ¦I CONFERENCES PEDAGOGIQUES DIOCESAINES (Montréal, août 1901) Les grandes lignes de la Méthodologie Causerie donnée par M.C.-J.Magnan devant les institutrices religieuses et laïques réunies en convention au Couvent du Mont Ste-Marie, à Montréal, le 20 août 1901.Monseigneur, (1) M.le Surintendant, Mes révérendes Sœurs, Mesdemoiselles, J’ai à traiter devant vous, aujourd’hui, des grandes lignes de la méthodologie.Je vous dirai d’abord un mot de l'limporta1^ce de cette partie de la pédagogie, puis je vous en indiquerai les principes généraux ; enfin je vous parlerai des méthodes, des modes et des procédés préconisés par les maîtres de la pédagogie moderne, puis je terminerai cet entretien par un exposé aussi bref que possible de la régie et des principes qui sont la base de tout enseignement.Avant d’aller plus loin, je sens le besoin, mes révérendes sœurs et mesdemoiselles, de vous dire tout le bonheur que j’éprouve présentement à me trouver au milieu de vous.C’est que, voyez-vous, sans nous être jamais connus personnellement, nous ne sommes cependant pas étrangers les uns vis-à-vis des autres.Par Id Enseignement Primaire, nous sommes en relations constantes depuis trois ans déjà ; de part et d’autre nous travaillons au succès r de la même cause ; et chacun de notre côté nous tâchons de servir l’Eglise et la Patrie dans l’humble sphère de l’école primaire.Grâce à ces relations tout intellectuelles dont je viens de parler, grâce aussi, et je devrais dire grâce surtout à la vocation commune à laquelle nous obéissons tous, instituteurs, que nous soyons religieux ou laïques, une sympathie réelle, et qui pour être invisible n’en est pas moins puissante, existe entre nous.E’occasion qui se présente aujourd’hui, pour moi du moins, est trop précieuse pour que je passe sous silence l’émotion sincère que je ressens en ce moment.Qu’il me soit permis aussi de remercier immédiatement votre vénérable archevêque et l’honorable surintendant de l’Instruction publique de la bonté qu’ils ont eue de bien vouloir associer mon nom à ces magnifiques assises pédagogiques qui sont tout à l’honneur du vaste archidiocèse de Montréal.I IMPORTANCE DE LA MÉTHODOLOGIE La Méthodologie, disent les auteurrs, est la science spéciale de P enseignement.(1) S.G.Mgr P.Bruchési, archevêque de Montréal. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 205 Voilà une définition qui est à la fois claire et exacte.Elle nous rappelle dans son laconisme que la pédagogie est tout à la fois une science et un art.Théoriquement, la pédagogie est une science, mais pratiquement elle devient un art très difficile.Aussi l’instituteur doit-il être tout à la fois un bon théoricien et un excellent praticien.Sa carrière exige une préparation théorique et pratique d’autant plus parfaite que le but qu’il poursuit est plus difficile à atteindre.Celui qui désire se consacrer à l’enseignement a absolument besoin d’une formation professionnelle.La vocation, les aptitudes, l’instruction et l’expérience même ne peuvent suppléer parfaitement aux connaissances pratiques de la pédagogie.Et comme la méthodologie est en quelque sorte la partie pratique de la pédagogie, il est facile de saisir combien il importe d’en connaître au moins les grandes lignes.Il faut donc que l’étude de la pédagogie soit raisonnée et expérimentale.On ne saurait la réduire à une affaire de routine.Jetez un coup d’œil, mes révérendes sœurs et mesdemoiselles, sur le programme des conférences de cette semaine, et vous y découvrirez l’intention bien arrêtée des autorités qui ont organisé la présente session pédagogique, de parfaire, si possible, la formation professionnelle de celles qui me font l’honneur de m’écouter, par une conception plus claire et plus complète de la méthodologie.Puis, permettez-moi de le dire, une étude sérieuse de la méthodologie nous empêchera de verser dans la routine, l’écueil le plus dangereux que l’institutrice rencontre fréquemment sur son chemin, au cours de sa laborieuse carrière.La routine émousse nos facultés de sentir et de nous souvenir, et elle nous conduit tout naturellement à conclure que l’habitude, qui est une forme de la routine, suivant Chasteau, peut amener, si nous n’y prenons garde, l’engourdissement de notre pensée.“ La routine, dit l’au teur que je viens de citer, est mauvaise pour tous et dans toutes les professions.Elle est surtout dangereuse pour l’institutrice et son élève, car, plus que n’importe qui, elle risque, par la nature même de sa tâche, de s’y laisser entraîner.Dans l’école, chaque jour, en effet, ressemble singulièrement à celui qui précède et il faut déployer beaucoup d’énergie et de volonté pour ne pas se laisser engourdir dans cette monotonie de la vie scolaire.” C’est pour éviter ce danger que votre vénéré pasteur, appuyé par l’éminent archevêque de Québec, a demandé à M.le surintendant de l’Instruction publique d’organiser une semaine p'edagogiqiie qui constitue en quelque sorte une session normale par l’ensemble des sujets qui seront traités devant vous.Eu dirigeant ainsi le mouvement pédagogique, Nos SS.les évêques font preuve d’un véritable patriotisme.En effet, la pédagogie moderne est une puissance que nous aurions tort de laisser exclusivement aux mains des ennemis de l’Eglise catholique.Emparons-nous en, étudions-la et faisons-la servir au triomphe des idées qui sont chères à nos cœurs de Canadiens-français et de catholiques. 2o6 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE II PRINCIPES GÉNÉRAUX DE LA MÉTHODOLOGIE Premier principe : A Pécole primaire, l’instituteur a deux missions.La première, et de beaucoup la plus importante, est de développer l’intelligence et le cœur de ses élèves.La seconde, essentiellement subordonnée à la première, est d’enseigner les diverses branches du programme.Il doit donc enseigner en vue du développement intellectuel et moral des enfants.Deuxième principe : C’est le maître et non le livre, qui doit développer intellecluellement et moralement les élèves.De là l’axiôme : “ Il faut que le maître professe" c’est-à-dire, instruise oralement les enfants.Il ne peut se servir du livre que comme d’un aide-mémoire.Il doit donc ne faire apprendre une leçon qu’après l’avoir expliquée de vive voix et l’avoir fait comprendre parfaitement.CONSIDÉRONS UN INSTANT LE PREMIER PRINCIPE : Liinstituteur doit enseigner en vue du développement intelleSluel et moral des enfants.—Lorsqu’un jeune enfant de six ou sept ans nous arrive en classe, nous devons bien nous rappeler que les parents de cet enfant comptent pres-qu’exclusivement sur l’instituteur ou l’institutrice pour le développement intellectuel et moral de celui qui, désormais, passera, chaque jour, cinq ou six heures auprès de nous.Sera-ce entrer dans les vues des parents que de se contenter de garder les éleves six heures durant, immobiles sur de vilains bancs de bois, et cela bien souvent dans une atmosphère corrompue, se contentant de leur apprendre, une ou deux fois le jour, les premiers rudiments de la lecture,, de l’écriture et du calcul, et cela sans tenir compte de la nature même de l’enfant qui veut que dans les classes élémentaires l’éducation rende tout visible et sensible aux éleves, non par des mots, mais par des objets, ou tout au moins par des images.Trop souvent, on exagère l’importance de l’immobilité- physique en classe et 1 on n’a recours qu’à la mémoire dans les exercices scolaires.Il faut tout d abord palier à l’esprit et au cœur, puis faire appel au raisonnement : la mémoire retiendra bien plus longtemps ce qui nous a intéressé, ce que l’on a aime et ce que l’on a compris.Nous lavons vu il y a un instant, la pédagogie est tout à la fois une science et un art.Elle est une science dans la théorie et un art dans la pratique.Et cet art d’enseigner est le résultat de la connaissance approfon-le ce Denature de l’enfant ; il est le fruit d’une étude longue et persévérante, c une preparation minutieuse de toutes les leçons à donner.Ne nous berçons pas a’illusions, pour savoir enseigner au véritable sens eu mot, il ne suffit pas de connaître la matière à enseigner, il faut aussi savoir communiquer notre science.De là le savoir et le savoir-faire, qui sont c eux choses bien différentes.Le savoir est nécessaire, mais le savoir-taire est indispensable : Le savoir-faire nous apprend que : L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 207 “ Pour bien enseigner, il faut pouvoir oublier ce qu’on sait pour se mettre bien à la portée de ceux qui ne savent pas ; et pour arriver à ce résultat, trois conditions sont nécessaires : i° Connaître d’une manière approfondie ce que l’on doit apprendre aux autres ; 2° Avoir beaucoup de suite et de liaison dans les idées ; 30 Savoir apprécier la portée de l’intelligence des enfants et connaître les issues par lesquelles elle perçoit le plus facilement les idées.40 L’instituteur ne doit pas oublier comment il est parvenu à apprendre ce qu’il sait.” Ainsi compris, l’art d’enseigner nous facilite énormément l’accomplissement de ces deux missions indiquées dans le principe que je suis à exposer.Vous vous rappelez, mesdames, que la première mission de l’institutrice c’est de développer l’intelligence et de former le cœur de ses élèves.Comment atteindre ce double but ?— Voilà ce que nous voulons démontrer à la lumière de la théorie que nous venons d’énoncer.Toutes les branches du programme scolaire, à tous les degrés de l’école, peuvent servir au développement intellectuel et moral de l’élève.Vous enseignez la géographie à de jeunes élèves.N’allez pas vous contenter de leur faire apprendre par cœur, sans préparation préalable, toutes les définitions de cette science.Débuter ainsi, ce serait bien mal connaître le caractère de l’enfant.Que vous proposez-vous en enseignant la géographie ?Evidemment, vous vous proposez d’instruire l’élève et, par le fait même, le rendre meilleur.Bien ! Mais pour arriver à un si louable résultat, il faut prendre les moyens nécessaires, c’est-à-dire s’adresser à l’esprit et parler au cœur de l’enfaut.Procurez-vous un globe terrestre, placez-le bien à la vue de tous les élèves.Et sans discours préliminaire, demandez à l’un deux si la lumière du soleil est toujours visible à nos yeux ; s’il fait constamment clair comme en plein midi ?Vous obtiendrez cette réponse : “ Non, mademoiselle, ou ma Sœur, ou Mère, suivant le cas, il fait noir lorsque vient le soir.” Voilà qui est bien ! Mais pourquoi fait-il noir lorsque le soir arrive ?Oh ! alors, les petits enfants ne savent que répondre à cette question.Quelques-uns diront bien : qu’il fait noir parce que le soleil se couche.Cela est très vrai.Mais même ceux qui auront ainsi répondu ignorent que ce phénomène du coucher du soleil est dû au mouvement de rotation que la terre fait sur elle-même dans l’espace de vingt-quatre heures.Vous avez un globe terrestre devant vous, eh bien, le temps est arrivé de briser le voile de l’ignorance qui dérobe à nos chers petits auditeurs la lumière de la science.Allumez une bougie ; fixez-la bien en face du globe.Indiquez aux élèves la partie éclairée et faites-leur remarquer que le côté du globe opposé à celui où la lumière frappe est dans l’ombre.Alors, précisez.La terre tourne sur elle-même en face du soleil (faites le mouvement), par conséquent, ce n’est pas toujours le même espace qui reçoit la lumière du soleil ; ainsi, lorsque l’astre du jour illumine de ses feux l’Amérique du Nord, les petits Chinois font dodo au milieu d’une bienfaisante obscurité : ils rêvent à tous les bons petits enfants chrétiens qui, grâce à l’œuvre de la Sainte-Enfance, les rachètent d’une mort cruelle et leur procurent le baptême. 208 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Lorsque les enfants ont bien saisi la provenance du jour et de la nuit,.passez à T’origine des saisons.Alors, c’est le temps de faire admirer la toute-puissance du Créateur qui a fait tout si bien que rien ne manque à personne.Pendant que certains peuples jouissent des bienfaits du soleil, d’autres, au même moment, se reposent à la faveur d’une obscurité nécessaire au sommeil ; le soleil fait mûrir les fruits le jour, et la nuit, une douce rosée rafraîchit les plantes.Efforçons-nous maintenant de porter le cœur de l’enfant à la reconnaissance envers le bon Dieu, l’auteur de tous les biens.Cette leçon de géographie aura atteint ce double but que nous mentionnions il y a un instant : les notions scientifiques acquises au moyen du globe et de la pédagogie ont développé l’intelligence de l’élève, et la leçon de morale que l’institutrice a su tirer des faits positifs a formé son cœur.Toutes les branches du programme scolaire peuvent ainsi servir à l’instruction et à l’éducation de l’élève.La seconde mission de l’instituteur, nous l’avons vu précédemment, est absolument dépendante de la première : elle consiste à enseigner les diverses branches du programme.De ce point nous ne dirons qu’un mot, c’est celui-ci : comme toutes les branches sont nécessaires au développement harmonique des facultés de l’âme, il importe de les enseigner toutes et chacune, suivant l’âge et le degré d’avancement de l’enfant, dès la première année de scolarité.Passons maintenant au deuxième principe général de la méthodologie.Ce principe dit que c’est le maître et non le livre qui doit développer intellectuellement et moralement les élèves ; en d’autres termes : que “ c’est le professeur qui professe ”.Sans autre préambule, nous avons donc à parler ici du rôle du Maître et du Livre en classe.Dans le passe, on avait tant abusé du livre, le par-cœur avait fait tant de mal dans les écoles, que, il y a quelques années, des éducateurs de renom ont voulu ni plus ni moins jeter le manuel hors de l’école : ces messieurs avaient déclare une guerre a mort a la science livresque, disaient-ils.Plus de livres ! rien que des leçons orales.On a reconnu bientôt que, s’il ne fallait pas abuser du livre, il fallait absolument en user, avec discrétion, il est vrai, mais enfin qu’il était indispensable au bon fonctionnement d’une école.Voici dans quelle mesure on doit.se servir du livre en classe : Le maître précède, P élève suit et le livre arrive en dernier lieu, aidant la mémoire à fixer, à retenir P enseignement' oral, rétablissant sous une forme précise ce qui a été appris familièrement.Ainsi, 1 institutrice ne doit donc jamais donner une leçon à étudier dans un manuel sans l’avoir bien expliquée d’abord.R faut faire comprendre avant de faire apprendre.III DES MÉTHODES .aPPe^e méthode l’ordre que nous suivons pour nous instruire ou ins-nuie es autres.C est le sens strict du mot.Entendue dans un sens plus geneia ,Ja metho.de désigne l’ensemble des voies et moyens qu’on adopte, apres mure reflexion, pour arriver à une fin. ^’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 209 Au sens strict, il y a deux méthodes : la méthode déductive et la méthode inductive.Exemple : Le maître expliquant d’abord la règle suivante : le pluriel dans les adjectifs se forme en ajoutant s à la fin du mot, et donnant ensuite des exemples : Venfant poli, les enfants polis, etc., suit la méthode déductive.La méthode inductive suit l’ordre inverse de la méthode déductive.Elle procède de l’exemple à la règle, des effets aux causes, etc.lira ÜS8 wmà 1ÜÜ ’A7////V;/; mSWwÊim ËmfBmÊSm WMï.ËÊÊ C.-J.MAGNAN, Professeur, Ecole normale Laval Exemple : Le maître qui écrit et fait écrire plusieurs adjectifs au pluriel : les enfants polis, les hommes sages, les tableaux noirs, etc., et montre que la raison de cette orthographe se trouve dans la règle : “ Le pluriel dans les adjectifs se forme en ajoutant s à la fin du mot,” suit la méthode inductive.La méthode inductive s’appelle aussi induction, méthode analytique ou simplement analyse. 210 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE La méthode déductive, s’appelle encore déduction, méthode synthétique, ou synthèse.L’expérience vous a prouvé, elle l’a prouvé à tous ceux qui enseignent sérieusement, que la méthode inductive est, des deux méthodes, celle qui convient le mieux aux commençants.Cette méthode accoutume l’élève à penser, à réfléchir, à juger ; elle fortifie l’esprit et agrandit le cercle des connaissances.Elle permet aux jeunes élèves de se développer très rapidement en laissant la mémoire des mots au second rang et en plaçant celle des choses au premier.* L’intuition constitue la base de la méthode inductive ; de là l’appellation & intuitive que l’on donne assez souvent à cette méthode : qui veut que nous nous adressions d’abord aux sens externes des élèves pour arriver plus sûrement et plus vite à l’intelligence.L’intuition, dit un pédagogue moderne, est l’acte le plus naturel et le plus spontané de l’intelligence humaine ; celui par lequel l’esprit saisit la réalité sans effort, sans intermédiaire, sans hésitation./En autre auteur a ainsi résumé tout le parti que l’on peut tirer de l’intuition a l’école primaire.C’est une forte page de pédagogie pratique que nous conservons dans nos cartons depuis assez longtemps.Voici cette page : u Ea première activité de l’esprit est provoquée par les sens.“—Ce principe est absolument indiscutable.Des l’instant où le jeune enfant ouvre pour la première fois les yeux à la lumière du jour, il acquiert, sans le savoir et sans le vouloir, une foule de connaissances extrêmement variées.Ses yeux lui font reconnaître sa mère, son berceau, ses jouets ; son oieille est charmée par les sons de la musique, par la voix de sa nourrice ; son palais lui dit la douceur du lait ; ses mains lui apprennent que tel objet est lisse, qu’un autre est rugueux, que celui-ci est dur, que celui-là est tendre ; il respire avec plaisir le parfum de la fleur.En le voit ; les notions que la nature fait acquérir à l’enfant, elle les lui enseigne par la voie des sens.Il est donc bien évident que le moyen le plus rationnel et le plus certain d’activer le développement intellectuel est l’enseignement intuitif ; c’est celui qui se fait par la voie de la démonstration sensi e, visible, palpable ; c’est l’enseignement par les sens qui sont “les portes de l’esprit ”.psv : Cet enseignement est, d’ailleurs, plus pratique, plus réaliste.Il bannit la contrainte en y substituant l’attrait et le plaisir.Ce serait une erreur de croire que l’intuition doit être employée seulement arec es jeunes élèves.Chez l’adulte même, elle facilite d’une manière prodigieuse la conception des idées.,v c est également une erreur de croire que ce procédé ne soit applicable qu a que ques branches seulement.Toutes, à un certain degré, sont susceptibles eue enseignées intuitivement : P arithmétique, par l’emploi des bâtonnets, es eu,les, c u boulier-compteur, de l’arithmomètre.etc.; le système me i ique, -pax usage de toutes les mesures à enseigner ; les formes géométri- (^ieS\ ^ar °1 cles Sllr^aces et des corps représentés en carton ou simplement par eurs aietes.La seule logique méthode de dessin, le dessin d’après nature, ne s appuie-t-elle pas sur l’intuition sensible ? L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 211 “ La géographie suppose une excursion sur le terrain à étudier, l’emploi du relief, de cartes, de plans, de photographies, de globes, de machines géocycliques .etc.Les sciences naturelles et P agriculture réclament impé- rieusement l’usage des collections minéralogiques, entomologiques et botaniques, l’emploi de la méthode expérimentale.etc.“ L'histoire suppose l’emploi de gravures historiques, de cartes.etc.La grammaire même se base sur l’intuition, car on doit montrer les exemples avant de faire découvrir le principe.“ D’après ce qui précède, on pourrait croire que nous sommes partisan de l’intuition à outrance.Il n’en est rien.Nous croyons que le procédé intuitif et expérimental est bon ; nous croyons même qu’il n’y en a pas de meilleur, mais cependant, nous pensons qu’il ne faut pas en abuser.“ N’est-il pas à craindre que l’abus de l’intuition n’engendre chez les élèves une espèce de paresse intellectuelle, un manque d’initiative ?L’enfant, habitué à être toujours guidé, soutenu, pourra-t-il marcher seul lorsqu’il sera livré à lui-même ?Il est bien permis d’en doûter.“ Usons donc de l’intuition le plus souvent possible, mais n’en abusons pas.Sachons nous arrêter au moment opportun.Stimulons l’activité personnelle de l’élève ; habituons-le à travailler seul après que nous lui aurons montré la marche à suivre.” Ce qui précède est absolument vrai.Voilà pourquoi l’institutrice doit être familière avec les deux méthodes, afin de pouvoir, sans effort, passer de l’induction à la déduction au cours de ses leçons.Suivant les auteurs les plus recommandables, le maître doit employer l’une ou l’autre de ces deux méthodes, de la manière qui suit : Avec les commençants, pour la grammaire, l’arithmétique, il suivra la méthode inductive ; pour la géographie et l’histoire, il emploiera l’une ou l’autre, selon le cas : il suivra la méthode déductive dans les circonstances suivantes : i° lorsque pour enseigner une vérité, il faudrait qu’il passât par une série d’interrogations trop longues, ce qui ferait perdre beaucoup de temps, ennuierait les élèves et les éloignerait du but essentiel de la leçon ; 2° chaque fois que la vérité, le principe ou la règle à apprendre est trop difficile et qu’il a à craindre de tendre trop fortement leur esprit et de les rebuter.Mais chaque fois que l’occasion le permet, il faut se servir de la méthode inductive.En géographie : globe, carte, tableau noir, leçons de lieux.Eu histoire : images, gravures, récits familiers, questions.Plus tard, quand les élèves auront travaillé longtemps d’après la méthode inductive, et auront acquis la faculté de penser, de réfléchir, de juger, quand leur intelligence sera assez développée pour comprendre facilement la parole du maître, c’est la méthode déductive qui devra dominer, tout en ayant souvent recours à l’inductive.L’intuition est nécessaire mais n’est pas suffisante.Et quand la méthode inductive est nécessaire, il ne faut pas que l’intervention du maître soit telle, qu’elle supprime le travail personnel de l’élève, que ce soit le premier qui voie, sente, etc., et que le second n’ait qu’à exprimer ou répéter les observations faites.Avant de quitter le chapitre des méthodes, qu’il me soit permis de tracer le plan de quelques leçons enfantines, d’après la méthode inductive : 212 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE UNE EEÇON SUR UE NOM, D’APRÈS UA MÉTHODE INDUCTIVE Le M.— Mes enfants, savez-vous ce que c’est qu’un être matériel?Les élèves ouvrent de grands yeux, s’entre regardent, mais personne ne répond.Le M.— Ecoutez-moi bien, mes enfants : Tout ce que nous pouvons voir, sentir ou toucher, s’appelle un être.Quelles sont les choses dans la classe que vous pouvez voir ou toucher?Les élèves.— Les bancs, les tables, les livres, les ardoises, le maître, les élèves, etc.Le M.—Que voyez-vous représenté sur les tableaux suspendus au mur ?Les élèves,—Un cheval, un bœuf, un chien, etc.Le M.—Bien ! mes amis, vous venez là de me nommer des êtres matériels, et tous ces êtres se divisent en trois classes : des personnes, des animaux et des choses.Les personnes sont des êtres raisonnables, qui peuvent comprendre : vous par exemple, mes enfants, vous êtes des êtres raisonnables, parce que vous me comprenez quand je vous parle.Les animaux sont des êtres privés de raison.Us ne sauraient comprendre notre langage.Les êtres qui ne sont ni des personnes, ni des animaux sont des choses.Maintenant, Louis, donnez-moi trois noms de personnes.Louis.—Un écolier est une personne, un menuisier est une personne, un cultivateur est une personne.Le M.—Joseph, nommez-moi trois noms d’animaux.Joseph.Un cheval est un animal, un mouton est un animal, un bœuf est un animal.Le M.—Ht vous, Paul, nommez-moi trois choses.Paul.Un livre est une chose, une table est une chose, un banc est une chose.f ^preS avo^r épeler chaque mot trouvé, le maître l’écrit lui-même sur le tableau et le fait reproduire par les élèves sur leurs ardoises.Vous venez, mes enfants, d’écrire des mots qui désignent des personnes, e.5 animaux et des choses.Eh ! bien, tous ces mots sont des noms.Dites avec moi : .Définition : “Le nom est un mot qui sert à nommer des personnes, des animaux et des choses.” Il faut faire répéter cette définition jusqu’à ce qu’elle soit parfaitement sue, et y revenir encore plusieurs fois aux leçons suivantes.DE l’adjectif, LEÇON INTUITIVE DE GRAMMAIRE Alfied, pourriez-vous soulever le poêle, mon pupitre ?E.—Non, monsieur.M.— Pourquoi ?fy Parce que le poêle, le pupitre, sont trop lourds.Lorsque vous regardez le soleil, la lune, les roues d’une voiture, le cerceau avec lequel vous jouez tous les jours, que pensez-vous de ces objets ?mn atije( Le a ut avec (ielà lefr; servi élève et co Gin e%j ac % Oil (j Se r S; h Si L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 213 E.—Je pense qu’il sont ronds.M.—En regardant la neige, du lait, votre papier, à quoi pensez-vous ?E.—Je pense que ces objets sont blancs.M.—Bien, mes enfants, les mots qui marquent la manière d'être des personnes, des animaux ou des choses sont des adjectifs qualificatifs.Ainsi les mots lourd, roiid, blanc, que vous venez de trouver sont des adjectifs qualificatifs.Un autre exemple : On est arrivé, je suppose, au féminin des adjectifs.Le maître énonce ou dicte, selon l’âge des élèves, la phrase suivante : Louis est fort ; puis il demande de substituer Louise à Louis et de terminer la phrase ; pas un enfant qui ne prononce ou qui n’écrive l’adjectif au féminin, avec un e.Que le maître donne ou fasse trouver encore quelques exemples semblables, qu’il appelle l’attention sur le changement qu’a subi l’adjectif ; de là à faire déduire la règle générale, il n’y a qu’un pas, et les jeunes élèves le franchiront aisément.On le voit, tout en employant la méthode socratique, nous nous sommes servi de celle qu’on qualifie de synthétique.Nous avons fait trouver, par les élèves, un certain nombre d’exemples qui tous présentaient un fait identique et connu d’eux : la modification de l’adjectif au féminin par l’addition d’un e muet, et, de ces faits particuliers, ils sont remontés à la règle générale.• LE VERBE M.—Mes amis, pendant la récréation, que faites-vous?E.—Nous jouons, nous courons, nous sautons, etc.M.—Le mot sauter, désigne-1-il une personne ou une chose ?E.—Il ne désigne ni une personne ni une chose.M.—Le mot sauter, n’est donc pas un nom.Désigne-t-il une qualité bonne ou mauvaise?E.—Non ; ce n’est pas un adjectif non plus.M.—Sauter à est faire quelque chose, c’est faire un saut, c’est faire une action.Le mot sauter exprime donc une action.Eh bien, le mot qui exprime une action faite ou à faire, s’appelle un verbe.Le mot sauter est donc un verbe ; prier, parler, rire, manger, expriment également des actions ; ce sont aussi des verbes.Le mot dormir est-il un verbe ?Pensez donc un peu ; on dit : que fait-on la nuit ?ou dort.Dormir- c’est donc faire quelque chose.Ainsi le mot dormir est un verbe, puisqu’il exprime une action.Définition du verbe : “Le verbe est un mot qui exprime une action faite ou à faireS Ecrire cette définition au tableau noir, et la faire répéter d’une voix haute et ferme à chaque élève.Par le même procédé on fera découvrir aux enfants la signification des mots noms communs et noms propres ; en partant de l’exemple pour arriver à la règle, l’étude üm genre et du nombre, etc., n’a plus rien de mystérieux.Les élèves apprennent et retiennent facilement ce qu’on leur fait bien comprendre par des exemples à leur portée. 214 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE x\utrefois, quand nous lisions ou apprenions par cœur des phrases comme celle-ci : Le sujet est le mot qui fait V action ou qui se troïive dans P état marqué par le verbe, n’y avait-il rien d’étonnant que deux ou trois mois après tout fut oublié ?Ce n’est pas facile de faire entrer de pareilles choses dans l’intelligence des bambins, sans explication préalable, sans démonstration sensible.Un mot maintenant de l’usage que nous devons faire de la méthode déductive.Cette méthode, appelée aussi démonstrative ou synthétique, convient surtout aux élèves des classes avancées.En la suivant, le maître pose d’abord des principes, puis déroule les conséquences qui en découlent ; il donne une règle, l’explique, puis arrive à l’exemple.L’élève écoute : il fait son profit de la parole du maître, il tâche de s’approprier son enseignement.A moins qu’il ne s’agisse d’un haut enseignement, il est facile de comprendre que l’institutrice ne doit pas se contenter dans ses classes de suivre une méthode qui se borne à une exposition pure et simple : cette méthode, employée exclusivement, convient aux intelligences tout à fait mûres et fort développées.Meme au cours supérieur, l’emploi delà méthode déductive exige des précautions.C’est ainsi que l’exposition de la leçon doit être précédée d’un travail préparatoire, soit par écrit, soit de mémoire, afin d’aider l’élève à graver dans son esprit la leçon reçue ; puis, à la séance suivante, l’institutrice peut s’assurer par des questions que son enseignement a été saisi et retenu.Mais, on le voit, les questions, d’après la méthode déductive, ne s’adressent guère qu’à la mémoire.Tout ^autrement, on se le rappelle, procède la méthode inductive.Cette derniere méthode consiste à faire découvrir, en se servant de choses connues, et quelquefois retrouver, puis développer, par l’élève, au moyen de questions bien amenées et bien posées, les vérités qu’on veut ensei- gner.IV DES MODES Ees modes sont les diverses manières d’organiser une école en vue de 1 enseignement.Les modes ne sont que des groupements d’élèves requérant parfois une disposition spéciale du mobilier scolaire, tandis que la méthode esigue tout un système de principes rationnels et de règles'-générales._ Vous le savez, on distingue quatre modes en pédagogie : le mode individuel, le mode mutuel, le mode simultané et le mode mixte ou simultané-mutuel.Le maîtie emploie le mode individuel quand il enseigne à chaque élève successivement.Le maîtie emploie le mode mutuel ç\\izx\L il fait donner l’enseignement aux eleves par des moniteurs qu’il prépare et surveille.^ Le maîtie qui enseigne a tous les éleves d’une classe suit le mode simultané.Le mode mixte est un mélange des modes simultané et mutuel.L niai re enseigne successivement a chacun des groupes des élèves plus aval ces, e es c large, apres les avoir préparés, de donner des exercices prat ques ce ec ure, c écriture, de dessin, de géographie, d’arithmétique, etc., L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 215 leurs camarades moins avancés, à l’égard desquels ils jouent le rôle de répétiteurs.Le moniteur ne doit jamais que répéter l’enseignement donné d'abord par le maître.Dans les écoles peu nombreuses, où il n’y a que trois ou quatre divisions, on emploie avec succès le mode simultané.Dans les écoles ordinaires, il y a beaucoup d’enfants inégalement avancés, on est obligé de suivre le mode mixte.Permettez-rnoi, mesdames, d’entrer dans quelques détails pratiques au sujet de chacun des différents modes d’enseignement.Mode individuel : Ce mode consiste à instruire chaque élève séparément.Ses qualités : On peut l’employer avec profit envers un élève en retard, pour l’amener au niveau de ses camarades.Il convient aux esprits lent', aux caractères timides.Ses défauts : Il prive les enfants de toute émulation légitime ; il occasionne une perte de temps considérable ; il engendre l’indiscipline dans une école.Mode mutuel : Ce mode consiste à employer quelques élèves, appelés moniteurs, à instruire des confrères moins avancés.On se sert de ce genre d’enseignement quand les élèves d’une classe sont trop nombreux pour un seul maître.Voici comment on appliquait ce mode autrefois : Les enfants étaient divisés en groupes de dix ou douze et le maître mettait un moniteur à la tête de chacun de ces groupes.Le rôle du maître se bornait à régler et à diriger l’ensemble des opérations.De plus, ce dernier devait lui-même, avant ou après les classes, donner des leçons aux moniteurs et les mettre en état de remplir leur devoir de sous-maîtres.Malgré la meilleure surveillance, ce mode occasionne des désordres regrettables.Ce mode, introduit en Europe par Lancaster, à la fin du siècle dernier, a rendu de grands services au temps où les bons maîtres étaient très rares.Depuis plusieurs années on l’a mis de côté pour les raisons qui suivent : i° Il est en opposition avec ces deux principes pédagogiques élémentaires : 1.La meilleure organisation scolaire est celle où le maître est le plus souvent et le plus longtemps possible en rapport direct avec ses élèves ; 2.Il faut que le professeur professe.2° Il est certaines branches, comme l’histoire et la religion, qu’il serait difficile de faire enseigner exclusivement par des moniteurs.Mode simultané : Il consiste à donner chaque leçon à plusieurs élèves en même temps, comme s’il ne s’agissait que d’un seul.Ses qualités : Il économise le temps ; excite l’émulation parmi les élèves ; assure une bonne discipline et procure une jouissance réelle aux maîtres qui préparent soigneusement leurs leçons.Si on a le soin de classer ensemble les élèves de même capacité, afin qu’ils puissent tous profiter de l’enseignement du maître à un égal degré, si les enfants sont pourvus des mêmes livres, des mêmes effets scolaires, ce mode ne présente aucun inconvénient, à la condition que le professeur s’applique à bien connaître le caractère et le tempérament de chacun de ses élèves.Mode mixte : C’est la combinaison du mode simultané et du mode mutuel ; on l’appelle aussi : mode simultané-mutuel. 2IÔ L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Dans son application, il faut concilier les avantages des deux modes qui le composent.Premièrement : en conservant dans la gouverne de l’école les rapports utiles d’élèves à moniteurs.Deuxièmement : en permettant beaucoup plus l’action directe du maître sur chaque enfant.Dans les écoles à un seul titulaire ce mode peut rendre de grands services.Mais il faut agir avec prudence afin d’éviter la critique des parents.Pour obvier à cet inconvénient, l’instituteur doit bien faire comprendre aux enfants “ qu’enseigner c’est s’instruire ” et conséquemment, que tout en aidant le professeur en classe, les moniteurs travaillent dans leur propre intérêt ; que ce ne sont pas les moniteurs qui dirigent les élèves, mais bien le maître qui voit à tout et qui ne se sert d’assistants que dans l’intérêt de toute la classe.Enfin on ne doit proposer au monitariat que les élèves sages et appliqués, en récompense de leur bonne conduite.Voici comment un maître habile peut employer le mode mixte : — Supposons qu’il s’agisse d’une leçon d’arithmétique d’une heure, et que les élèves soient partagés en quatre groupes de capacité différente : le professeur accordera un quart d’heure au premier groupe tandis que les trois autres seront confiés à des moniteurs.Au bout du premier quart d’heure, il se fera remplacer par un moniteur qui donnera à résoudre des problèmes préparés à l’avance par le maître, et passera au.second groupe ; ainsi de suite pour les autres divisions.Durant ces leçons, l’instituteur doit surveiller activement la classe entière.Les parents ne sauraient trouver à redire à ce mode, car le temps du maître est également partagé entre tous les élèves.On peut procéder de la même manière dans l’enseignement de l’orthographe, de la rédaction, de l’histoire, etc.De temps en temps, dans la journée, le maître réunit tous les élèves de la classe et a recours au mode simultané pur.Une leçon orale d’histoire sainte ou d’histoire du Canada sera donnée avec profit à des enfants de capacité différente, pourvu que le maître mette ses expressions à la portée de tous les élèves, des petits comme des grands.Ces sortes d’entretiens familiers servent de récapitulation aux plus avancés et de préparation aux débutants.Dans bien des municipalités, les parents des élèves s’opposent à ce que l’instituteur ou l’institutrice se servent de moniteurs.’ Ils aiment mieux que leurs enfants ne fassent rien une partie de la journée plutôt que de permettre au maître d’occuper toute sa classe, au moyen de moniteurs choisis, à un travail utile et amusant.Cependant, les instituteurs et les institutrices qui se font aider avec discernement par des élèves avancés se conforment tout simplement aux règlements du Comité catholique du Conseil de l’Instruction publique.Voici l’article du règlement auquel nous venons de faire allusion : “ Dans les écoles tenues par un seul titulaire, les èleves les plus avancés peuvent être appelés à rendre quelques services, mais leur tâche doit se borner à faire lire les enfants, à entendre la récitation des leçons ou à donner la dictée.C’est toujours le maître qui enseigne successivement aux différents groupes.Les élèves moniteurs ne sont jamais chargés de montrer de nouveau.u Pendant les heures de classe, les élèves ne doivent jamais rester oisifs et toute leçon doit donner lieu, de la part de l’élève, à un travail personnel L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 217 qui le tient occupé pendant que le maître passe à un autre groupe.S’il s’agit, par exemple, de la leçon de catéchisme, l’instituteur enseigne de vive voix les prières aux commençants ; ceux-ci les répètent distinctement après lui, pendant que les élèves avancés repassent la leçon du jour.Il fait ensuite réciter individuellement les prières sons la direction d'un monitejir, et passe aux élèves plus avancés, ceux-ci font ensuite par écrit l’analyse de la leçon.“ Le procédé spécifié ci-dessus doit être employé pour la lecture, h ’instituteur s’occupe d’abord des petits ; pendant ce temps les plus avancés préparent leurs leçons, puis pendant que les commençants font la lecture, la copie ou la dictée de la leçon apprise, avec l'assistance d'un élève plus capable^ l’instituteur enseigne à la classe suivante.Ensuite cette classe fait un devoir écrit en rapport avec la leçon qui a été lue et expliquée.On procède d’une manière semblable, quelles que soient les branches enseignées.Il serait difficile de donner sur ce point des règles absolues.“ Les récitations de vive voix doivent être tantôt simultanées, tantôt individuelles, soit que les élèves lisent, soit qu’ils calculent ou qu’ils récitent leurs leçons.Dans bien des cas les moniteurs peuvent être chargés des récitations individuelles." (1) Y DES PROCÉDÉS On appelle procédé l’emploi de moyens ingénieux, quelquefois mécaniques, dans l’application des méthodes, afin d’arriver plus rapidement et plus sûrement au but que l’on se propose en enseignant une matière.Exemple :—En enseignant la géographie, on emploie des cartes, un globe terrestre ; en enseignant l’arithmétique, on peut se servir de bouliers-compteurs, de fèves, de petites bûchettes, de billes ou de simples traits sur le tableau noir ; dans l’enseignement des connaissances usuelles (leçons de choses), on a recours aux images et aux objets.On le voit, il y a une distinction importante à faire entre une méthode et un procédé.La méthode est la marche que suit l’esprit pour découvrir (méthode de recherche) ou exposer (méthode d’enseignement), la vérité.Les procédés sont les moyens pratiques dont se sert un maître dans l’emploi de la méthode pour atteindre son but plus facilement.Ecoutez à ce sujet un des maîtres les plus distingués de la pédagogie française, M.Carré : “ Débuter en grammaire, par donner une règle, l’expliquer et la confirmer par des applications, c’est suivre une méthode.Faire d’abord écrire plusieurs phrases, y remarquer certaines choses qui leur sont communes et formuler une règle, c’est suivre une autre méthode.Mais dans un cas comme dans l’autre c’est d’agir méthodiquement.Se servir, pour l’emploi de ces méthodes, de la leçon qui vient d’être lue dans un livre, ou instituer des exercices que les élèves devront faire par écrit, c’est un procédé.Lire une (1) Règlements da Comité catholique du Conseil de l’Instruction publique annexés au Code de i Instruction publique de M.P.De Cazes.2 — 2l8 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE une phrase et faire écrire sur la planchette les mots sur lesquels porte la règle qu’on veut faire appliquer et retenir, puis faire retourner les planchettes et constater qu’on a bien ou mal écrit, c’est un autre procédé.Se servir d’un composteur pour enseigner à lire, de bûchettes pour enseigner à compter, ce sont encore des procédés.“ Il ne faut pas attacher trop d’importance aux procédés ; ils ne valent que par l’intelligence avec laquelle on les applique.S’ils consistent dans une imitation toute mécanique de ce qu’on a vu faire, ils sont peu efficaces.Pour qu’ils agissent sur l’enfant, il faut que celui qui les emploie en comprenne la raison, il faut aussi qu’il y croie et qu’il les pratique avec entrain : autrement les élèves répètent automatiquement, passivement pour ainsi dire : la leçon reste froide et n’intéresse pas.C’est ce qui explique pourquoi un procédé qui produit des merveilles, manié par un maître qui sait s’en servir, échoue entre les mains d’un autre qui n’en connaît et n’en applique que les formes extérieures, pour ainsi dire.C’est ce qui explique encore pourquoi les inventeurs attachent tant de prix aux moyens qu’ils ont imaginés.I obtiennent des résultats qu’ils attribuent uniquement à leurs procédés, tandis que la vraie cause du progrès de leurs élèves est dans l’intelligence et le zèle avec lesquels ils donnent leur enseignement.Ainsi en est-il de la plupart des procédés, décorés à tort du nom de méthodes, imaginés pour apprendre la lecture, l’écriture et le dessin, les appareils inventés pour apprendre à compter et à mesurer, des cadres ou des formules dont on se sert pour faire retenir l’histoire ou la géographie.“ Mais, s’il ne faut pas s’exagérer l’importance des procédés, il ne faut pas non plus en faire fi.En vain aurait-on longuement réfléchi sur la nature de l’enfant, sur le développement progressif de ses facultés, sur les motifs de ses actions, etc.; en vain même aurait-on le zèle, l’amour de ses fonctions et la passion d’y réussir, on pourrait très bien échouer dans la tenue et la direction d’une école, si l’on ignorait les procédés qu’emploient les hommes du métier.Etablir l’ordre dans une classe et y faire régner la discipline, trouver le moyen d’occuper d’une manière continue et utile un grand nombre d’enfants de tous âges et de toutes forces, obtenir en lecture, en écriture, en calcul des résultats prompts qui encouragent l’élève et assurent au maître la sympathie comme le concours des parents, sont choses dont ceux-là ignorent la difficulté qui n’ont jamais eu à en poursuivre la réalisation.Sans doute, c’est le petit côté de la pédagogie, mais c’en est le côte pratique et tout d’abord efficace.Il ne faut pas une bien grande intelligence ni des connaissances bien étendues pour arriver à comprendre et a pratiquer ces procédés qui constituent ce qu’on pourrait appeler la mécanique la classe ; encore faut-il que les maîtres de nos écoles primaires se les soient rendus familiers.u Cultivez d’abord l’intelligence, dit-on quelquefois, et le reste viendra par surcroît ; la moindre application suffira à un esprit qui a de la portée et de la force pour imaginer ces moyens et les mettre en pratique.Et la preuve, c’est que ce ne sont pas les maîtres les plus instruits qui obtiennent toujours les meilleurs résultats.“ Et puis, pourquoi vouloir découvrir à nouveau ce que d’autres on découvert avant nous?Un maître qui veut réussir doit donc s’enquérir de L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 219 ir Dt ne or la e- les aoi iu- le \ ea ire Droeédés qui ont été employés avec le plus de succès par ceux qui l’ont précédé dans la carrière, et profiter de l’expérience de ses devanciers ; il doit xmnaître tous ces procédés, les avoir comparés, et choisir ceux qui lui semblent les plus rationnels, les plus pratiques, les plus accommodés à ses ^oûts et à ses propres aptitudes.Qu’il se les approprie d’abord et les fasse siens, qu’il y ajoute ensuite ce que la pratique du métier suggérera à la longue, et il deviendra un bon maître, celui qui, avec le moins d’efforts, obtient pourtant le plus de résultats.Au lieu de descendre de la théorie à la pratique, il fera bien de se façonner d’abord à la pratique, sauf à rechercher, tout en allant, les raisons de ce qu’il applique, à féconder par la théorie ce que l’art tout seul aurait d’insuffisant.C’est toujours la vieille opposition de la théorie et de la pratique, de la science et de l’àrt.Sans doute, c’est aux découvertes de la science que les arts doivent leurs progrès ; mais les sciences, pour qui veut vivre de la vie réelle, ne valent que par les arts qui les appliquent.L’industriel est bien inférieur sans doute au savant qui arrache à la nature ses secrets ; mais il lui faut pourtant des aptitudes particulières, et c’est lui qui donne toute leur valeur efficace aux découvertes du savant.La pédagogie, elle aussi, a ses théoriciens et ses praticiens : l’idéal serait que l’instituteur fût à la fois l’un et l’autre ; mais, dans nos écoles primaires et pour le modeste objet qu’on s’y propose, la théorie sans la pratique ne produit jamais rien, tandis que la pratique, aidée d’un peu de ¦théorie, suffit souvent à donner des résultats très satisfaisants.” lût la les ses la eût la HÜ 11e, ri (Dit vie oie v Ici- A b é de VI RÈGLE ET PRINCIPE QUI SONT LA.BASE DE TOUT ENSEIGNEMENT RATIONNEL Nous sommes arrivé à la dernière étape de notre entretien.Essayons -de formuler avec autant de clarté que possible la règle qui résume en quelque sorte les théories que nous avons eu l’honneur de préconiser ici aujourd’hui.Voici cette règle en trois lignes : Le maître doit, autant que possible, faire trouver aux èlèves ce qu'il veut leur enseigner en les habituant à observer, à réfléchir, à juger et à raisonner.Cette règle s’appuie sur les principes suivants : 1.Il faut que P enseignement soit intuitif ; 2.On doit toujours procéder du connu à P inconnu ; 3.Il faut aller du particulier au général ; 4.Dans P enseignement nous devons aller du concret à P abstrait ; 5.Denseignement doit être concentrique.Voilà des principes très importants : toute l’économie de l’enseignement primaire est là.Ils ont été exposés tout récemment dans un ouvrage -canadien que vous me permettrez de vous citer, je veux dire le Cours de Pédagogie pratique et théorique rédigé en collaboration par le distingué principal de l’Ecole normale Laval, M.l’abbé Rouleau, M.J.Ahern le savant collaborateur de D Enseignement Primaire et votre Irès humble serviteur.Voici la page qui contient le développement des principes que j’énumérais il y a un instant : 220 ^’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE “ i.Le maître doit s’adresser tout d’abord aux sens des élèves, à la vue à Voirie, au toucher, pour inculquer plus facilement les principes.Exemple :— On met sous les yeux de l’élève divers objets : des billes, des fèves, des crayons, etc., et, en les lui faisant compter, on lui donne l’idée concrète de nombre.On écrit et on fait écrire les chiffres qui représentent les différents nombres : i, 2, 3, 4, etc., on les lui fait observer, et il arrive facilement à saisir l’idée abstraite du nombre.—On lui met sous les yeux une gravure représentant un enfant pieux en prière ; par lui-même et avec un très faible travail du maître, il saisit la beauté de la piété, etc.C’est en quoi consiste l’enseignement intuitif : Il faut que l'enseignement soit intuitif.“ 2.L’instruction de l’enfant ne doit être qu’un développement régulier des connaissances qu’il possède déjà.L’enfant de cinq ans qui arrive à l’école, possède généralement un vocabulaire de 600 mots.Vous le faites réfléchir et raisonner sur les nombreuses notions qu’il a acquises machinalement, presque sans ordre.Vous ordonnez petit à petit toutes ses connaissances et, développant son esprit d’observation, vous lui faites découvrir d’autres idées en procédant toujours de proche en proche.Vous allez ainsi du connu à Pinconnu.Exemple : L’enfant connait son père, sa mère, ses frères, des chiens, des bœufs, des pupitres, des livres, etc.Vous attirez son attention sur la signification de ces mots désignant des personnes, des animaux ou des choses, et servant ainsi à les nommer.Faites-lui observer que son nom est Pierre, celui de son père, Jean, etc.Il arrivera facilement à savoir ce qu’est le nom en grammaire.C’est la seule méthode qui convienne aux enfants.De là le principe : on doit toujours procéder du connu à Vin-connu.“ 3.Voulez-vous faire connaître une règle générale?Mettez tout d’abord sous les yeux de l’enfant des cas particuliers, des exemples distribués de maniéré que l’enfant trouve la règle lui-même, au moins, la comprenne aussitôt que vous l’aurez énoncée.Exemple : Les hommes chantent, les jours finissent, les chevaux reçoivent de la nourriture, les honnêtes gens rendent ce que vous leur prêtez, etc.Vous faites remarquer la terminaison des verbes au présent de l’indicatif, chantent, finissent, etc., en ent, et, lorsque vous dites à l’enfant^que le pluriel à la troisième personne du présent de l’indicatif exige en général la terminaison ent, il comprend la règle.Vous êtes allé du particulier au general.Vest la marche à suivre à P école primaire.“ 4.Inutile de songer à faire entrer directement dans l’esprit et le cœur des enfants^ des idées générales comme la bonté, la vertu, l’universel, etc.Dieu lui-même nous est connu par l’intermédiaire des sens.Parlons donc tout d abord aux enfants de ce qui tombe sous leurs sens, des objets, des choses, des actes de vertu, de courage, et petit à petit nous les rendrons capables de saisi: l’idée même de la vertu, du courage, de l’honnêteté, de la saveur, du goût, etc., etc.Nous arrivons ainsi aux choses abstraites, c’est- aux principes,^aux règles, aux choses invisibles, en faisant raisonner sur les choses concretes, comme les arbres, les fleurs, les vêtements, les livres, etc.Nous irons du concret à Vabstrait.5\ L enseignement doit être concentrique.— L’enseignement est appelé concentrique, si le maître enseigne chaque année toute la matière inscrite au ?L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 221 programme des études, sommairement pour la première année, et avec des développements de plus en plus abondants dans les années subséquentes.“ Exemples :—A sa première année d’école, l’enfant apprend sommairement toute l’histoire du Canada, c’est-à-dire les deux administrations française et anglaise, avec les faits les plus importants de chacune d’elle.Chaque année successive lui fait connaître des événements moins importants, mais de plus en plus nombreux.Pour la langue française, on lui fait comprendre d’abord la proposition et les éléments qui la constituent essentiellement.Puis, petit à petit, on l’habitue à des propositions de plus en plus complexes, de manière qu’à la fin du cours il sache parfaitement sa langue.L’enseignement concentrique s’impose à tous les esprits sérieux.C’est la forme naturelle de l’enseignement.Vous entrez pour la première fois dans la basilique de St-Pierre, vous vous rendez compte des grandes lignes, des parties principales, des ornements les plus importants du monument.Il ne vous vient pas à l’idée d’examiner tout de suite les détails qui y sont disséminés depuis le portique jusqu’à l’abside.Un géomètre prend d’abord les grandes lignes d’un canton qu’il veut diviser.Le voyageur, en arrivant dans une ville, en étudie le plan et s’oriente.La visite des diverses parties ne vient qu’ensuite.Allez demander à la mère, même la moins instruite, si elle enseigne tout d’abord la grammaire à son enfant.Elle lui apprend à nommer les personnes, les choses, et l’accoutume à faire de simples propositions : J'aime papa, maman m'aime, je vous salue Marie, etc.“ D’ailleurs, le développement de nos facultés intellectuelles et morales, comme le développement de nos organes, se fait simultanément et concurremment.L’intelligence, l’imagination, la volonté, la mémoire, etc., doivent recevoir constamment chacune une culture proportionnée à son importance.C’est par l’enseignement concentrique qu’on obtient ce résultat.Aussi tous les professionnels de marque réclament-ils la forme concentrique non-seulement pour l’enseignement de chaque matière, mais pour tout le programme des études.On exige que toutes les branches soient distribuées et enseignées de manière,qu’elles se prêtent un mutuel concours et que la langue maternelle soit le centre vers lequel convergent et la source d’où s’épanchent toutes les matières du programme.Quelques-uns veulent que ce foyer soit double, formé par l’arithmétique et la langue maternelle, et c’est sur ces deux matières qu’ils classifient leurs élèves.Mais tous admettent que la concentration du programme est appuyée sur l’unité naturelle de notre être, et que la formation harmonique de l’homme réclame l’enseignement concentrique de toutes les matières et de chaque matière.Le programme des études pour les écoles catholiques de la Province de Québec, se prête admirablement bien à l’application de la forme concentrique.Citons l’article du programme concernant la langue française, deuxième année du cours élémentaire : “Lecture.— Epellation, lecture courante avec la signification de mots “ tirés du livre de lecture.Copie, dictée, et compte-rendu oral de la leçon.“ Grammaire.— Les voyelles, les consonnes, les accents.“ Faire trouver le nom, l’adjectif et le verbe (simple distinction) orale-“ ment, dans de petites phrases que les enfants sont appelés à faire sur les “ objets qu’ils connaissent.” 222 Iv’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE L’article se rapportant à la géographie, première année, revêt encor| éli pins parfaitement la forme concentrique : “ Quelques notions.—(Enseignement oral).Situation relative des diffé “ rentes parties de l’école.La terre et l’eau.Le soleil (levant et couchant) “ Orientation.Points cardinaux.Accidents du sol connus des enfants.Géogra “ phie locale : école, village, paroisse, comté.Au moyen d’un globe : forme d< “ la terre, les jours et les nuits, les saisons.Indiquer sur le globe où se trouv< “ son pays.” ' “ L’enseignement concentrique, développant proportionnellement toute les facultés, obtient ce résultat bien désirable que l’enfant, quittant l’école i n’importe quelle période du cours primaire, est convenablement préparé une carrière quelconque dont l’utilité et l’importance se mesurent sur la durée du stage scolaire.En d’autres termes, avec l’enseignement concentrique, 1 maturité de l’enfant est toujours en raison directe de son instruction don elle est le produit naturel.Ce résultat n’est obtenu qu’accidentellement ave< les autres formes d’enseignement.” CONCLUSIONS ^ Mes révérendes sœurs et mesdemoiselles, la tâche que je m’étais pro posé de remplir aujourd’hui est terminée.Je voudrais, avant de descendra de cette tribune, résumer ma causerie, la condenser, afin que toute et chacune de vous emportent de cette séance, dont je conserverai toujours le plus aima ble souvenir, quelques idées pratiques qui vous seront peut-être de quelque utilité dans l'exercice de votre noble mais laborieuse profession.J’ai retracé bien à la hâte, et bien imparfaitement, les grandes lignes de Si la méthodologie, cette science spéciale de P enseignement.^ Nous en avons d’abord rappelé les principes généraux : i° But de 1 école primaire : développer également P intelligence et le cœur de P élève ar moyen de l’enseignement des diverses branches du programme scolaire ; 2 II faut que le professeur professe, c’est-à-dire instruise oralement ses élèves, fasse comprendre avant de faire apprendre.v ,.^n.^eux^ème lieu, nous avons traité des méthodes.Deux voies s’offren c! a 1 institutrice pour conduire ses élèves au sommet de la science : l’une est i dite deductive, l’autre inductive.La première procède de la règle à l’exemple [> elle fait apprendre d’abord puis comprendre ensuite, ce qui est très peu logi- p; que, la seconde ^tient compte de la nature de l’enfance: elle procède de exemple a la règle, elle a pour but de faire comprendre avant de faire apprendre ; en un mot elle va des effets aux causes, c’est-à-dire du connu à inconnu.Nous nous le rappelons, l’induction convient surtout aux commençants, parce qu'elle habitue l’élève à observer, à réfléchir, à penser et à| juger, i lais nous nous rappelons aussi qu’il est bon de suivre de temps en temps la méthode déductive, même au premier degré de l’école primaire.e o çge enfant à marcher seul, à se passer du maître.Au cour supérieur, on pioce era habituellement par déduction, suivant cependant de temps à autre la voie inductive.Le troisième point que nous avons développé, c’est celui qui a trait aux modes, c est-a-dire aux diverses manières d’organiser l’école que l’on dirige e mo e simultané, c’est l’idéal en classe; mais ce mode exige que tous les L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 223 élèves soient de même capacité.Etant donné la nature de nos écoles canadiennes, le mode mixte ou simultané-mutuel est celui auquel nous devons avoir recours dans les écoles à un seul titulaire.Il permet l’emploi des moniteurs, moyen excellent que nous devons utiliser avec prudence et discernement.Les procédés sont arrivés en quatrième lieu.Ce sont des moyens ingénieux, avons-nous dit, que nous employons afin de faire saisir mieux et plus vite aux enfants les notions presque toujours abstraites que nous devons leur enseigner.De là la nécessité d’un enseignement intuitif, c’est-à-dire d’un enseignement qui parle aux yeux et aux oreilles aussi bien qu’à l’esprit et au cœur.Enfin, nous avons formulé la règle et exposé les principes qui sont la base de tout enseignement rationnel.Le maître doil) autant que possible, faire trouver aux éleves ce qu'il veut leur enseigner, en les habituant à observer, à réfléchir et à raisonner ; voilà la règle.Quant aux principes, je me contenterai de les énumérer de nouveau : 1.Il faut que P enseignement soit intuitif; 2.On doit toujours procéder du connu à P inconnu ; 3.Il faut aller du particulier au général ; 4.Dans P enseignement nous devons aller du concret à P abstrait ; 5.Denseignement doit être concentrique.Puisse, Mesdames, cette causerie rapide vous faire aimer plus encore, si possible, votre noble profession d’éducatrices de la jeunesse.Puisse-t-elle surtout, dans la suite, être de quelque profit à vos chers élèves, et rendre votre tâche moins pénible ! S.G.Mgr Bruchési demande alors au nombreux et sympathique auditoire la permission de commenter la conférence de M.Magnan.L’éminent archevêque, pendant près d’une heure, souligne et commente avec clarté et éloquence les principaux points du travail du directeur de DE7iseignement Primaire.Sa Grandeur reconnaît la justesse des principes pédagogiques préconisés par le conférencier, et Elle développe avec un art achevé les passages les plus saillants du discours de notre rédacteur en chef.Importance et nécessité de la préparation de la classe de chaque jour (1) Les nobles fonctions de l’instituteur sont de faire / 'édzication et l'instruction de la jeunesse.Bien élever \es enfants, c’est-à-dire, sans oublier la nature physique et les soins du corps, développer leur esprit et former leur cœur, arriver ainsi plus sûrement à leur faire connaître, aimer et servir Dieu : tel est le résumé de l’éducation.(1) Résumé d’une conférence donnée sur ce sujet par MM.les inspecteurs d’écoles, sous la irection de M.le Surintendant de l’Instruction publique,— Année scolaire 1901-1902. 224 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE L'art de l’éducation, c’est l’application des règles déduites de notre propre expérience ou de celle des autres sur les moyens les plus efficaces de cultiver les facultés intellectuelles et morales, comme le disait au commencement du siècle dernier un philosophe écossais.Paroles pleines de sens, qui tracent à chaque instituteur la marche à suivre pour arriver à bien élever la jeunesse.Dans l’art d’élever les enfants, l'expérience est le résultat de la pratique de l’éducation.Cette expérience s’acquiert à une condition : celle d'observer avec attention.L’observation, appliquée à l’éducation, est double : elle comprend à la fois l 'observatio?i des enfants et celle de soi-même.L’observation des enfants est l’étude de leur caractère et de leurs dispositions, de leurs aptitudes et de leur penchant, faite sur eux-mêmes afin d’arriver à la connaissance des moj^ens dont l’emploi permet le mieux de faire pénétrer dans leur intelligence et leur mémoire les notions qu’on veut leur donner, de prévenir ou de combattre an besoin l’invasion ou le développement des défauts, de seconder l’essor des bonnes inclinations, et de faire contracter les bonnes habitudes qui doivent être le résultat de l’éducation et qui sont la garantie d’une vie morale et vertueuse.% Cette énumération, bien que fort incomplète, puisqu’elle n’embrasse qu’une partie des points sur lesquels doit se porter l’attention du maître, suffit cependant pour qu’on reconnaisse combien / 'observation des enfants est indispensable à celui qui veut réussir dans l’œuvre de l’éducation.A cette observation des élèves, l’instituteur doit joindre la sienne propre.En effet, le succès des leçons, dans l’enseignement comme dans l’éducation, ne dépend pas seulement des dispositions des élèves, il dépend aussi de lui et de sa manière d’agir avec eux.Que de fois, en effet, selon la disposition du moment, l’instituteur reprend ses élèves d’un ton chagrin et bourru, il les gourmande, les punit même pour de légères fautes, qui, dans d’autres circonstances, passeraient inaperçues ou ne motiveraient de sa part qu’une simple observation.Si l’instituteur prêtait une oreille attentive, ne pourraiLil pas entendre quelquefois ses élèves dire entre eux tout bas dès le matin.Gai l à nous, ça va mal aujourd'hui ; le maître est de mauvaise humeur." Et, en effet, une journée peut être gâtée par cette mauvaise humeur ; les gronderies et les punitions pleuvent sur la tête des élèves et l’on se sépare mécontents les uns des autres, après une classe qui n’a pas profité à l’instruction, mais qui, par contre, a beaucoup nui à l’éducation.Que de fois on brusque les enfants, parce qu’ils ne comprennent pas des choses qu’on ne leur a peut-être pas expliquées d’une manière assez claire, leur imputant ainsi uu tort qui n’est qu’au maître lui-même.Que de fois aussi, dans le désir d’arriver promptement au but qu’il s’est tracé, l’instituteur s’irrite de la lenteur de ses élèves, les presse, les harcèle, sans s’apercevoir que ces impatiences et ces brusqueries ne font que jeter encore plus le trouble et la confusion dans leur esprit.Souvent, en rentrant en lui-même après une leçon qui l’a peu satisfait, soit parce que les élè\ es ont mal compris et qu’ils l’ont fatigué par leur ignorance, soit parce qu’il n a pas réussi à les intéresser, ou bien à agir sur leur esprit et sur leur cœur, l’instituteur est forcé de reconnaître que la faute en est à lui, spécialement à lui, et non à ses élèves.Il verra qu il n’a pas su s’y prendre, il n’a pas commencé par où il fallait, ni.sui\ i 1 ordre convenable ; la patience lui a fait défaut, et en voulant aller trop vite, i L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 225 a donné des explications insuffisantes et par suite obscures ; sa parole n ’a éu ni le ton persuasif qui gagne les cœurs, ni cette chaleur communicative qui les pénètre et les transforme.Que de fois l’instituteur sera obligé de se faire cet humiliant aveu : “ Mes élèves, en réalité, n' étaient pas coupables ; c'est moi, moi seul qu'il faut accuser." Cet aveu lui sera profitable en ce que graduellement il l’empêchera de retomber aussi souvent dans les mêmes fautes.Si la préparation des leçons, tant recommandée par tous les pédagogues, et que ceux qui ont le plus réussi dans l’enseignement n’ont jamais négligée, même lorsqu’ils avaient acquis la plus grande expérience dans leur art, est une chose nécessaire dans tout enseignement, le retour sur soi-même après la leçon, ou à la fin de la journée, afin de se rendre compte de ce qu’on a fait, du succès qu’on a pu obtenir, des difficultés qu’on a rencontrées ou des causes qui ont empêché .de se faire bien comprendre, d’intéresser les enfants, de captiver leur attention, de s’emparer de leur esprit et de leur cœur, ce retour n’est pas moins salutaire.Cette méditation calme, loin des émotions du moment, lorsque l’instituteur n’est plus sous l’influence de l’agitation et du trouble causés par les obstacles toujours renaissants sous ses pas, est la voie la plus sûre pour les vaincre.Le souvenir est, en effet, assez récent alors, pour lui permettre, en revenant sur les incidents du jour, de reconnaître les causes auxquelles sont dus ses échecs.C’est par cette double observation de ses élèves et de lui-même que l’instituteur acquiert l’expérience dont il doit déduire des règles propres, non pas seulement à lui faire éviter des erreurs qui paralysent ses efforts, mais encore à le diriger dans le choix des meilleurs moyens de donner aux enfants confiés à ses soins la solide instruction qu’ils viennent chercher auprès de lui dans l’intérêt de leur avenir, et la forte éducation que les parents attendent de son zèle, pour leur bonheur et le bien de la société.Pour se livrer avec ardeur et succès à l’éducation, il faut d’abord que l’instituteur se pénètre de la dignité de cette œuvre, se fasse une juste idée de ses fonctions.Il faut , par là qu’il élève son cœur au niveau des difficultés de l’entreprise, qu’il se munisse d’une provision de courage pour ne pas se laisser rebuter parles fatigues et les dégoûts de ce rude labeur ; il faut qu’il s’ouvre les sources des joies intérieures que la carrière recèle pour ceux qui s’y trouvent suffisamment préparés.La deuxième partie des fonctions de l’instituteur comprend l 'instrriction à donner à la jeunesse.vSi l’éducation l’esprit, selon l’expression de Montaigne; l’instruction le meuble.Donner de l'instruction, e?iseigner, c’est faire passer des connaissances dans l’esprit des élèves.L’enseignement est assurément une partie considérable de la tâche du maître, c’est même la plus apparente, celle dont il est le plus facile de s’acquitter, et dont on peut le plus aisément constater les résultats.Voilà pourquoi l’on a cru si longtemps que l’instruction résumait à elle seule toute l’éducation et tous les devoirs de l’instituteur.Mais c’est une déplorable erreur, qui ne saurait avoir que les plus fâcheuses conséquences.Qu’est-ce en effet que l’instruction en elle-même ?Qu’est-ce que les connaissances dont on peut remplir l’esprit, si l’on ne s’attache en même temps à le former, et surtout à rendre l’homme meilleur ?L’instruction doit être féconde et bienfaisante.Et pour lui conférer ce doublecarac-tère, il ne faut jamais perdre de vue que l’enseignement doit, dans chaque branche d’instruction, atteindre un triple but : i° Communiquer des connaissances ; 2° développer les facultés intellectuelles ; 30 développer les facultés morales. 226 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE i° Communiquer des connaissances.Il n’est pas besoin d’insister sur ce point c’est le but direct et immédiat de l’enseignement ; mais ce n’est pas le but final, ce n’est pas celui qu’il importe le plus d’atteindre.L’instruction n’est pour ainsi dire-que l’enveloppe ; le fond, c’est l’intelligence, l’esprit.2° Développer les facultés mtellectuelles.C’est donc l’esprit qu’on doit former tout en lui confiant les connaissances ; il faut profiter de toutes les occasions qu’offre si facilement l’enseignement, pour développer et fortifier l’intelligence des enfants.On dira peut-être que l’instruction s’adressant à l’entendement, développe toute seule et par la force même des choses les facultés intellectuelles, qu’il est par conséquent inutile que l’instituteur se préoccupe de ce résultat et travaille spécialement à l’atteindre.Mais alors ce développement, pour ainsi dire instinctif, serait peu de chose en comparaison de celui que peut obtenir un maître qui dirige avec intention tous ses efforts de ce côté.Il doit donc profiter de toutes les occasions et de tous les moyens que lui offre naturellement l’enseignement qu’il doit donner à ses élèves pour s’efforcer de développer leurs facultés intellectuelles ; il doit s’attacher à en faire des hommes intelligents et capables, plutôt que des hommes instruits.3° Développer les fac7illês morales.C’est le but indirect et latent, pour ainsi dire, que l’on doit se proposer dans tout enseignement ; mais c’est aussi le but définitif, c’est le plus considérable et le plus élevé.Et, en effet, qu’importe au fond qu’un homme possède des connaissances, qu’il s’en serve comme d’utiles instruments pour la satisfaction de ses besoins de chaque jour, qu’il ait accru même les forces réelles de son intelligence, s’il n’est devenu meilleur, s’il n’use de ces ressources, de cette habileté et de ce pouvoir pour aimer et accomplir le bien, pour atteindre le but que Dieu assigne à ses efforts ?Tout doit être subordonné à cette fin dans la vie, et par conséquent aussi dans l’éducation ; les connaissances et le développement des facultés intellectuelles, comme les forces physiques, ne valent en réalité que par l’aide qu’ils apportent pour conduire au but final : il est leur raison d’être et il les coordonne dans une admirable unite.L’instituteur doit donc saisir avidement toutes les occasions qui se présentent en foule dans l’enseignement, se servir de tous les moyens que la communication des connaissances peut fournir, pour porter les élèves à l’amour et à la pratique du bien, poui faire servir les facultés intellectuelles à développer et fortifier les facultés morales.bd non seulement toute branche d’enseignement doit servir au développement général des facultés, mais encore chaque genre d’études peut s’appliquer plus spécialement au développement d’une ou de plusieurs facultés soit intellectuelles, soit morales, car tout se tient et se relie dans un bon système d’éducation.Ainsi l’arithmétique, tout en servant d’occasion à l’exercice et au développement des différentes facultés, s’adresse spécialement au raisonn' nent ; omme aussi, au moyen de problèmes choisis avec discernement, elle favoris surtout, quant aux facultés morales, l’esprit d’ordre et d’économie générale base d’une conduite régulière et sage, et auxiliaire efficace, quoique secondaire, dans l’accomplissement du devoir.De même, l’histoire peut beaucoup pour la culture de l’imagination, pour le développement de la mémoire et celui du jugement moral ; la géographie s’adresse principalement à la mémoire ainsi qu’à l’esprit d’observation.Mais l’enseignement de la langue est celui de tous qui peut le mieux servir à un développement général et complet.La langue, en effet, est l’expression de la pensée ; or, la pensée s’étend à tout: le passé, p)csent, l avenir-, les faits de l’ordre moral comme ceux du monde sensible, la mémoire comme le jugement, le raisonnement comme l’imagination, les sentiments comme RENSEIGNEMENT PRIMAIRE 227 la volonté : ainsi la langue est l’intermédiaire obligé de toute chose, tout en vient et tout y retourne.Voilà pourquoi en s’occupant de cet enseignement, on peut à chaque instant toucher à tous les points du domaine de l’homme, pour tout développer et améliorer.Quels sont maintenant les moyens qu’il faut employer pour donner un bon enseignement ?Ces moyens peuvent se résumer à trois : i° Le programme des études ; 2° Le tableau de l 'emploi quotidien du temps ; 3° Le journal de classe.Nous ne parlerons pas du premier moyen, c’est-à-dire, ce qui a rapport à la préparation même du programme, puisque cela est du domaine d’une autorité supérieure ; mais nous croyons devoir dire qu’il est du devoir de tout instituteur de faire une étude spéciale et très approfondie de ce programme pour se rendre compte de ce qu’il comprend, d’y distinguer les matières de première importance de celles qui ne sont que secondaires ; de même ce qui est obligatoire de ce qui n’est que facultatif et surtout de rechercher et d’étudier les moyens les plus propres à le mettre à exécution conformément aux idées et aux désirs de ceux qui l’ont préparé.Deuxième moyen : he tableau de l’emploi quotidien du temps est indispensable, parce que quand il s’agit de diriger une école, la tâche est plus rude et plus difficile que si l’on n’avait qu’à instruire un seul groupe d’enfants, à faire la leçon à une seule classe.Il faut combiner les exercices, distribuer le temps des élèves, et surtout le temps si précieux du maître : en un mot, il faut organiser l’ensemble ; et pour arriver à cette organisation, il faut de toute nécessité dresser dans un tableau la répartition du temps et des occupations de l’instituteur lui-même (et des moniteurs ou auxiliaires selon le cas) entre les différentes divisions de l’école, répartition qu’on ne distingue pas assez en général de celle du travail propre des élèves.I/instituteur doit agencer les leçons et les exercices de manière qu’il puisse suffire à peu près à tout et que les élèves, ou groupes d’élèves, soient constamment occupés d’une façon tout à la fois agréable et instructive à un travail en rapport avec leurs capacités respectives, tendant toujours vers le but principal : le développement intellectuel.Avant de faire ce tableau, l’instituteur doit tenir compte; x° des matières de première importance ; 20 des matières d'importance secondaire, et 30 des matières facultatives ; c’est-à-dire, tenir compte de l’importance relative des différentes matières afin d’y proportionner le temps qu’il doit consacrer à chacune d’elles ; en un mot organiser l’ensemble du programme afin d’être fixé sur la durée et la distribution progressive de tout le cours d’enseignement primaire, car cet arrangement se lie d’une manière nécessaire et indissoluble à l’organisation quotidienne de l’école.En effet, selon que, sur le tableau de l’emploi quotidien du temps, il aura porté tant de leçons par jour ou par semaine pour une branche d’instruction donnée, il obtiendra au bout d’un trimestrç, d’un semestre, ou d’une année, un nombre de leçons sur cette branche, qui devra être en rapport avec l’étendue de la partie du programme attribuée à toute l’année.Le troisième moyen et celui qui doit faire spécialement le sujet de cette conférence est \e Journal de classe, c’est-à-dire, la préparation des leçons de chaque jour et pour chaque classe.Il est difficile assurément de bien faire une classe, de donner une leçon, dans une école qui compte plusieurs classes ou divisions réunies sous un même maître ; il est une tâche plus difficile et peut-être plus importante encore, celle de faire marcher l’école 228 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE dans son ensemble, ce qui est \z.première et la plus indispensable condition de succès.Il faut peut-être des qualités plus rares et plus précieuses ; mais certainement des soins plus grands et une préparation plus longue et phis spéciale.L’instituteur jaloux de remplir dignement ses fonctions, ne doit donc jamais manquer de préparer chacune de ses leçons.Il ne s’agit pas ici précisément d’étudier ce que l’on ne saurait pas encore et qu’on doit enseigner : il n'est pas à supposer qu'7in maître puisse se trouver dans ce cas.Mais bien que supposé être à la hauteur de ses fonctions par les études qu’il a faites ou à l’Ecole normale, ou avant de se présenter devant un Bureau d’examinateurs, ce qui ne constitue que la préparation A ou médiate, qui est loin de suffire pour donner un bon enseignement, il doit faire aussi ce qu’on appelle la préparation prochaine ou immédiate, car un instituteur a toujours besoin de se rafraîchir la mémoire, avant d’aborder de nouveaux faits ou de nouveaux principes, de se recueillir avant de donner une leçon ; certains détails peuvent être sortis de l’esprit, d’autres se sont effacés en partie, et on ne les entrevoit plus que vaguement.D’autre part, des élèves, ou quelquefois un certain nombre d’entre eux à qui les leçons ou les devoirs doivent être donnés, peuvent être plus ou moins lents de conception ou sujets à un esprit d’observation léger qu’il faut par conséquent intéresser.Il faut donc que la matière de chaque leçon soit bien préparée pour convenir à l’état particulier des élèves ou de chaque groupe d’élèves.D’ailleurs, il faudrait n’avoir jamais enseigné pour ignorer, combien souvent il arrive qu’une explication accidentelle, et tout imprévue pour un esprit irréfléchi, devient nécessaire, si même elle n’est provoquée par les enfants.Il ne faut pas s’exposer, non à les tromper, on ne le doit jamais, mais à rester court devant eux : donc la préparation est une nécessité absolue à tous les instituteurs quelle que soit leur compétence.Ce n’est pas tout.Une leçon n’est bien donnée et n est entièrement profitable, que lorsque le maître a bien pris soin à l’avance d'en circonscrire 1 étendue, d’en préciser l’objet, d’en fixer les principales parties avec leurs développements respectifs : sans cette précaution, il risque d’être entraîné aux digressions démesurées, de laisser l’accessoire déborder le principal, de s’occuper de tout autie chose, en un mot, que du sujet spécial de la leçon, et tout au moins de faire perdre le temps des élèves.Ce grave inconvénient mérite une attention d’autant plus spéciale que les instituteurs les mieux intentionnés y sont particulièrement exposés par suite même de leur ardeur, s’ils négligent la préparation préliminaire.Un bon maître doit donc a\ oir le soin de préparer toujours chaque leçon à l’avance ; il fait mieux encore : tous les jours, le soir ou le matin, avant la reprise de ses travaux, il se recueille, pense à ses di\erses occupations de la journée, les classe, les coordonne, choisit avec soin et fixe les devoirs qu’il doit donner à ses élèves, les proportionne au degré intellectuel, aux connaissances des élèves et aux temps mis à leur disposition pour la rédaction de ces de\ oirs.Il se fournit de différentes ressources pour faire comprendre tel ou tel point obscur ou pour répondre aux renseignements provoqués par les élèves.De plus, ^ v c°mmeilt les leçons doivent se succéder, eu égard à la nature des diverses branches et à la position que les enfants doivent tenir pendant les leçons.Il fixe l’heure et la durée des diftérents exercices, voit la place que doivent occuper les enfants, les mouvements qu’ils auront à exécuter pendant ces exercices.Il ne perd pas de vue que, dans les écoles primaires, il convient de ne pas prolonger les leçons d’une même branche ou du moins du même genre d’exercice sur une même matière au-delà d une demi-heure.C’est la limite extrême de l’attention intelligente et volontaire des enfants qui iréquentent ces écoles ; car il faut remarquer que, lorsque la faculté de L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 229 recevoir est épuisée, tout ce que l’on donne au-delà est non seulement inutile, mais nuisible.Chaque leçon doit être restreinte au temps fixé, et jamais, pour aucune considération, une leçon ne doit empiéter sur le temps destiné à une autre, h’instituteur ne doit pas oublier non plus qu’il ne convient pas de changer trop souvent d’exercice, de peur de trop favoriser la mobilité de l’esprit des enfants, de son caractère et de l’habituer à une inconstance qui lui deviendrait très préjudiciable dans l’avenir.C’est là la matière du journal de classe qu’il doit tenir.Et d’ailleurs, toute profession n’exige-t-elle pas un travail préalable de préparation?L’instituteur a une profession difficile d’autant plus qu’il a beaucoup à faire, sa tâche réclame donc une préparation plus soignée que toute autre profession.La vie de l’instituteur est une vie d’études et d’observations de tous les jours, de tous les instants.S’il est une vérité reconnue dans l’enseignement, c’est qu’un maître, pour remplir dignement sa tâche, sache bien au-delà de ce qu’il doit enseigner: les leçons sont alors mieux remplies, mieux dirigées ; plus intéressantes, plus approfondies, en un mot plus fécondes.En résumé, un bon enseignement est celui qui donne la connaissance progressive, tant théorique que pratique, de la matière enseignée, en exerçant convenablement les facultés des enfants.Un bon enseignement est encore une suite, un enchaînement de bonnes leçons; mais celles-ci ne sont telles qu’à la condition d’être bien préparées, bien données et bien contrôlées par le maître ; bien comprises, bien retenues et bien appliquées par les élèves.C’est pourquoi on affirme et on prouve que de la préparation dépend en très grande partie, sinon en totalité, l’excellence de chaque leçon et par suite de l’enseignement en général.On dit donc avec raison “ telle préparation, telle leçon".La science du maître, ni son expérience dans l’enseignement, ni l’excellence des livres dont il se sert en classe, ne sauraient suppléer à la préparation journalière des leçons.Cette préparation doit avoir pour objet : i° Le but de la leçon.Ne jamais séparer l’éducation de l’instruction, quel que soit le sujet de la leçon.Traiter toujours le sujet comme si les élèves ignoraient le premier mot de la matière enseignée ; 20 Le sujet de la leçon ou la matière à enseigner qui ne doit jamais être ni trop ni trop peu étendue, mais se borner au strict nécessaire et se trouver à la portée de la majorité des élèves ; 30 Le point de vue dans lequel doit être traité le sujet pour répondre aux besoins présents et futurs des enfants ; 4° Les rapports ou l’enchaînement de chaque nouvelle leçon avec les précédentes et avec celles qui suivent ; 50 L’ordre et l’exposition des parties de la matière : point de départ, continuation, fin, résumé de la leçon ; 6° Les conclusions pratiques à tirer de la leçon, et les applications propres à graver profondément dans les esprits et dans les cœurs la doctrine enseignée ; 70 Le mode de correction des devoirs ; 8° La prévision de la forme et des procédés les plus convenables et les plus aptes à la matière enseignée ; des principales questions que le maître devra faire aux élèves et des sous-questions qui pourront survenir ; 90 Enfin la préparation des modèles, des cartes, des tableaux noirs et de tous les objets qui doivent lui servir à donner ses leçons. 230 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Il est donc indispensable que l’instituteur prépare soigneusement ses classes, et qu’il mette toujours par écrit, dès la veille, les indications des leçons, explications, développements, exercices, devoirs, etc., du lendemain, pour l’avant-midi et l’après-midi.Cette préparation quotidienne de la classe doit être conservée dans un cahier, appelé Journal de classe, lequel doit être calqué sur le tableau de l’emploi du temps.Ce travail a des avantages considérables: x° il fait gagner du temps; 2° il diminue la fatigue ; 30 il rend le travail plus agréable, plus facile et plus parfait ; 40 il contribue à donner à la physionomie de l’école cette beauté que l’harmonie et la régularité font éclater partout.(æ suivre) Chronique pédagogique (A TRAVERS EE RAPPORT DE MM.DES INSPECTEURS D’ÉCOEES) (1899-1900) Nous contimions à glaner dans les rapports des inspecteurs d’écoles.Primaire des mois de mai et de juin 1901.Voir L'Enseignement J.-A.Cléroux.—PTn grand nombre d’écoles ne donnent pas aux élèves le nombre de pieds cubes d’air requis par le règlement du comité catholique du Conseil de l’Instruction publique.Lorsqu’il s’agit de construire, les commissaires, ne considérant pas que la population est susceptible d’augmentation, construisent leurs écoles d’une grandeur proportionnée a.u nombre actuel d’enfants en état de les fréquenter, et, au bout d une couple d années, il arrive très souvent, dans un comté à coloniser comme celui de Labelle, que ces écoles sont trop petites.D après les statistiques que j ’ai prises, 61 écoles ne donnent que 38 à 96 pieds cubes d air par enfant ; 22 écoles donnent de 100 à 130 pieds, et il n’y a dans mon distriét que 34 écoles qui ont les dimensions requises.M- J.Curot (1).Nous remarquons dans le rapport deM.Curot que 40 institutrices non brevetées enseignent dans les comtés de Stanstead, Compton et partie de Beauce.— 9^titulaires d écoles ont mérité la note excellente ; 47 très-bien ; 72 bien ; 32 médiocre, ei.10 mal.Sur un total de 161 titulaires, 113 enseignent depuis 1 an ; 33 depuis 2 ans ; 11 depuis 3 ans , 5 depuis 4 ans ; 3 depuis 6 ans ; 1 depuis 7 ans ; 1 depuis 14 ans.J.-Z.Dv.beau.M.Emile Gauthier, porteur d’un brevet d’académie accordé par 1 Eco e normale Eaval, est le seul instituteur laïque de mon district d’inspection.Bien qu il soit a sa premiere année d’enseignement, il enseigne avec gradation, méthode et intelligence II met en pratique les conseils pédagogiques qui lui ont été donnés dans son Alma Mater., Des 175 institutrices laïques, 49 sont brevetées pour écoles modèles et 114 pour écoles élémentaires.Les 12 autres n’ont pas de brevet.Des 163 institutrices diplômées, 15 ont obtenu leur brevet de l’Ecole normale Laval, 24 du bureau central, 55 de celui de Québec, 6 de celui de Rimouski et 63 de celui de Neuf institutrices non brevetées agissaient comme directrices et les 3 autres comme sous-mai tresses.6 seulement ont été engagées conformément aux dispositions des reglements du comité catholique.Depuis l’année dernière, le nombre de ces institu-.rices es auginen e te 7 et il augmentera probablement encore, vu que plusieurs institutrices quittent 1 enseignement pour d’autres emplois plus lucratifs.D’ailleurs, il est ( 1 j I our le rappoit de M.1 inspecLeur Demers, voir L'Enseignement Primaire de juin dernier. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 231 tien difficile de s’opposer à l’engagement d’institutrices non brevetées lorsque les commissaires ne peuvent en trouver d’autres et que l’inspecteur ne sait pas lui-même à qui s’adresser.Il est regrettable de constater comme le personnel enseignant se renouvelle souvent.| Quand on a fait un petit stage, on quitte l’enseignement : la plupart des institutrices n’enseignent qu’en attendant.Cependant, il faut avouer que le peu d’importance qu’on donne à l’instruction dans certaines municipalités est bien propre à décourager les plus zélés.A cette insouciance, si nous joignons des traitements ridicules et de mauvaises maisons, nous aurons la cause des nombreux changements.A.Fontaine.—Un grand nombre de maisons d’école, dans mon district d’inspection, ont besoin d’être réparées ou renouvelées.J’ai mentionné ces maisons dans mes bulletins.Quant au mobilier, il s’améliore quelque peu, mais pas généralement.J’espère néanmoins que, dans quelques années, les longues tables (de 8 à 12 pieds) et les bancs sans dossiers auront disparu de la plupart des écoles.Le salaire des institutrices tend à augmenter, généralement.Je ne compte plus maintenant qu’une municipalité qui paie moins de cent dollars à ses institutrices.J.-E.Genest-LaBarre.—Le résultat des examens que j’ai fait subir dans les diffé-xentes écoles de mon district a été comme suit : excellent dans 3 écoles ; 1res bien dans 44 écoles ; bien dans 76 écoles ; médiocre dans 16 écoles ; mal dans 1 école.Ce tableau résume l’état de l’enseignement dans mon district d’inspection pour cette année et le travail qui y a été fait.L'Enseig?iement Primaire est toujours un auxiliaire puissant entre les mains du corps enseignant et les institutrices savent aussi en apprécier la valeur.A quelques exceptions près, les écoles sont visitées régulièrement par les commissaires dans toutes les municipalités.Le curé de la paroisse accompagne ordinairement les commissaires et cette visite fait du bien.L’usage établi en diverses municipalités de faire faire à la fin de l’année scolaire un concours entre les élèves des diverses écoles continue de se maintenir et produit toujours les meilleurs résultats.Je citerai de nouveau Brompton-Falls où l’on accorde des certificats d’études primaires aux élèves qui terminent le cours élémentaire et qui subissent avec succès un examen spécial établi pour cette fin ; St-George-de-Windsor où deux prix spéciaux sont offerts aux élèves de la municipalité pour la meilleure composition en langue française ; Wotton et St-Camille où des concours semblables ont aussi lieu.Ces concours se font sous la direction de MM.les curés et sont dus à leur initiative.Us ont pour effet de créer beaucoup d’émulation chez les élèves et chez les institutrices elles-mêmes.Rapport du surintendant de ITnstruetion publique AUX honorabuks membres du comité catholique du conseil de l’instruction PUBLIQUE DE LA PROVINCE DE QUÉBEC (Suite) LISTE DE PRIX Il me fait plaisir de donner la liste officielle des récompenses obtenues à l’exposition de Paris, telle que transmise par le gouvernement du Canada à l’honorable Commissaire de l’Agricultnre de notre province. 232 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE GROUPE I CLASSE I Enseignement primaire Le gouvernement de Québec.Les Commissaires des écoles catholiques de Montréal.Les Commissaires des écoles protestantes de Montréal.Les Frères des Ecoles chrétiennes.Les Sœurs de la Congrégation de Notre-Dame, Montréal.Institut des Clercs de St-Viateur.Les Sœurs du Bon-Pasteur.Les Sœurs de Sainte-Anne.Les Sœurs de la Charité, Québec.Les Sœurs de la Présentation de Marie.Les Frères du Sacré-Cœur.Grand Prix.Médaille d’or Médaille d’or.Médaille d’argent.Médaille d’argent.Mention.Mention.Mention.Mention.Mention.Mention.classe 2 Enseignement secondaire Le gouvernement du Canada.Grand Prix.Douze maisons de haute éducation au Canada sont mentionnées comme ayant contribué à l’obtention de ce prix, dont six de la seule province de Québec, savoir : Le collège de Saint-Sulpice, le séminaire de Québec, le séminaire de Sherbrooke, le collège de Ste-Marie, le séminaire des Trois-Rivières et le collège de Lévis.classe 3 Enseignement universitaire Le gouvernement du Canada.Grand Prix Ont participé à oette haute récompense dans la province de Québec l’Université Laval et l’Université McGill.CLASSE 4 Enseignement spécial des beaux arts Le conseil des arts de la province de Québec.Médaille d’aegent.(A suivre) TRIBUNE DE U’ASPIRANTE Comment se préparer au brevet de capacité I Tenue des livres Chaque science a un vocabulaire ou langage spécial qui est à peu près inintelligible à ceux qui n ont pas étudié cette science.Si vous voulez que vos élèves avancent sûrement et rapidement dans la connaissance de la tenue des livres, familiarisez-les a\ ec le vocabulaire de cette science, non seulement avec les mots mais avec le sens des mots , que chaque mot éveille instantanément dans l’esprit de l’élève une idée bien définie de ce qu il signifie.On atteint ce résultat en enseignant qu’une chose à la fois et en ne donnant un mot nouveau qu’à mesure que le besoin s’en fait sentir. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 233 Conseils pratiques.—Ne commencez pas par faire apprendre une série de définitions.Ne donnez pas de longs exercices : les élèves ne pourraient pas|les faire d’une manière présentable.Faites écrire les exercices de tenue des livres dans les mêmes cahiers que les autres exercices.Donnez des exercices courts, mais en grand nombre.N’enseignez qu’une chose à la fois.Préliminaires.—Faites connaître ce qu’on entend par une vente au comptant,— un achat au comptant,—une vente à crédit,—un achat à crédit,—un payement parfait, —un payement à compte,—une recette pour parfait payement,—une recette à compte.2.Faites rédiger des factures acquittées ;—des factures acquittées pour un à compte; —des factures non acquittées.Ou peut trouver des modèles de ces différentes factures dans les traités d’arithmétique.Des reçus pour sommes reçues en parfait payement,— des reçus pour recettes à compte.DE LA TENUE DES LIVRES EN PARTIE SIMPLE Nous allons indiquer point par point l’ordre et la manière à suivre en enseignant la tenue des livres en partie simple.1.LE livre de caisse.—Ce livre est de la première importance, savoir y inscrire les opérations qui s’y rapportent est de la plus grande utilité à tout le monde, aux personnes non engagées dans le commerce aussi bien qu’à celles qui en font une occupation.Ecrivez ce qui suit au tableau et faites-le copier dans les cahiers d’exercices ordinaires.LIVRE DE CAISSE Les recettes et les dépenses—(-autrement les sommes d’argent reçues et les sommes d’argent données)—sont inscrites au Livre de Caisse, au fur et à mesure qu’elles ont lieu.Dr Caisse Cr Au débit, c’est-à-dire ikgauche, inscrivez toutes les sommes d’argent que la Caisse reçoit, que ce soit du propriétaire ou des étrangers.Débiter la Caisse, c’est inscrire une somme au débit, c’est-à-dire à gauche.L’abréviation des mots débit ou débiteur est Dr.Au crédit, c’est-à-dire à droite, inscrivez toutes les sommes payées.Créditer la Caisse, c’est inscrire une somme au crédit, c’est-à-dire à la droite.L’abréviation des mots crédit ou créditeur est Cr.« 2.Faites régler un côté de l’ardoise ou un quart de feuille de papier de la manière indiquée à la page (234), puis faites écrire l’entête : Caisse Dr, Cr ; au-dessous de Dr, sommes reçues ; au-dessous de Cr, sommes payées.3.Dictez l 'exercice suivant :—1.Commencé avec de l’argent $12.—2.Reçu $3.50.—3.Payé $4.25.—4.Payé $3-25-—5- Reçu $8.75.—6.Payé $3-50-—7- Reçu $5.10.— 8.Reçu $4.70.—9.Payé $6.15.—10.Payé $2.85.—11.Payé $1.75.—12.Reçu $11.20.4.—Que les élèves formulent eux-mêmes les réponses aux questions suivantes et après chaque réponse, qu’ils inscrivent l’article qui a fait le sujet de la question, dans la colonne indiquée.Questions.—1.Où faut-il inscrire le 1er article : Commencé avec de l'argent $12 ?Rép.Sur le livre de Caisse, au débit, c’est-à-dire, à gauche.Pourquoi faut-il inscrire 3 — 234 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE le 1er article : commencé avec $12, au débit du livre de Caisse ?Parce que toutes les sommes reçues, que ce soit du propriétaire ou des étrangers, sont inscrites sur le livre de caisse & gauche, c’est-à-dire au débit.Questions semblables au sujet du 2e article.—3.Où faut-il inscrire le 3e article : Payé $4.25 ?Rép.Sur le livre de caisse au crédit, c’est à-dire, à droite.4.Pourquoi faut-il inscrire le 3e article, payé $4.25, au crédit du livre de caisse ?Rép.Parce que toutes les sommes payées sont inscrites sur la caisse, au crédit, c’est-à-dire, à la droite.Questions semblables au sujet des autres articles.—Quel est le total des recettes ou des sommes reçues par la caisse ?Rép.140.25.6.Comment trouve-t-on le total des recettes ?Rép.On trouve le total des recettes en additionnant les sommes au débit de la caisse.7.Quel est le total des déboursés, c’est-à-dire des sommes payées ?Rép.$23.50.8.Comment trouve t-on le total des déboursés ?Rép.On trouve le total des déboursés en additionnant les sommes au crédit de la caisse.9.Quelle est la balance en caisse, c’est-à-dire combien reste-t il d’argent ?Rép.La balance en caisse, ou ce qui reste en argent, se trouve en soustrayant le total du crédit, c’est-à-dire le total des sommes payées, du total du débit, c’est-à-dire du total des sommes reçues.11 Où s’inscrit la balance ?Rép.La balance s’inscrit, généralement en encre rouge, au crédit.12.Qu’appelle-t-on l’opération de trouver la balance de la caisse et de l’inscrire au crédit ?Rép.On appelle l’opération de trouver la balance de la caisse et de l’inscrire au crédit, balancer ou solder la caisse.13.Quand doit-on solder la caisse ?Rép.On doit solder la caisse à la fin de chaque jour.14.La caisse ayant été soldée à la fin de la journée, quelle est la première chose que l’on doit y inscrire le lendemain matin ?Rép.La première chose que l’on doit y écrire le lendemain matin est la balance, cette fois au débit.15.Pourquoi met-on cette balance au dêbitl Rép.Parce que c’est la somme que la caisse est censée recevoir du propriétaire au commencement de la journée.Note.—N'exigez pas des éléves qu'ils écrivent ces questions et répoyises, n'exiges;pas non plus qu'ils les apprennent par cœur.Lorsque la Caisse sera terminée, elle aura l’apparence suivante : Caisse Dr Cr Dates Sommes j Sommes reçues payées 1 .2 ;.3 ;.4 .5 .6 .7 .8 .9 10 .11 .12 .12 j Par balance 13 j A balance 12 3 5° 4 25 3 25 8 75 0 50 5 10 4 70 6 15 2 35 1 75 11 20 23 50 45 25 45 25 23 50 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 235 ! 5.—Donnez des exercices jusqu’à ce que les élèves comprennent parfaitement cette emière partie.Vous pouvez inventer vous-mêmes ces exercices, vous souvenant : 1.l’il ne faut pas que le total des déboursés excède le total des recettes ; 2.qu’il est éférable d’employer de petits nombres dans ces exercices préliminaires.(1) 6.—Exercice à faire comme les exercices précédents.1901 uillet 2 Commencé mon commerce avec argent $800 00 3 Acheté de E.Martin, au comptant, 1000 minots de blé à $.50 500 00 4 Vendu à Jos.Pigeon, au comptant, 800 minots de blé à $.55 440 00 5 Acheté de Ed.Cousin, au comptant, 1200 minots de blé à $.49 588 00 6 Vendu à Geo.Thomas, au comptant, 1000 minots debléà$.54 540 00 7 Vendu à P.Louis, au comptant, 300 minots de blé à $.56 168 00 9 ^Acheté de J.Paul, au comptant, 1500 minots de blé à $.51 765 00 10 Vendu à A.Faber, au comptant, 1600 minots de blé à $.55 880 00 11 Pa}A salaire du commis, une semaine 4 00 12 Payé loyer un mois 6 OO 7.—Que les élèves fassent le même exercice de nouveau, mettant dans la Caisse, tte fois, les détails qui manquaient dans les exercices précédents.Alors le Livre de lisse sera comme suit : Date Livre de Caisse Dr Cr S - Sommes reçues Sommes payées 1901 unlet 2 A ?iom de l'élève, placement 800 3 Par 1000 minots de blé à $0.50 500 4 A 800 minots de blé à $0.55 440 5 Par 1200 minots de blé à $0.49 588 6 A 1000 minots de blé à $0.54 540 7 A 300 minots de blé à $0.56 168 9 Par 1500 minots de blé $0.51 765 10 A 1600 minots de blé à $0.55 880 11 Par salaire du commis, une semaine 4 12 Par loyer, un mois.6 12 Par balance 965 2828 2828 1“ A balance .965 1 8.—Faites analyser les résultats qu’on peut trouver dans le livre de Caisse de la anière suivante : Quel capital le propriétaire a-t-il maintenant ?Rêp.$965.Combien ^ait-il en commençant ?Rép.$800.A-t-il gagné ou perdu ?II a gagné.Comment lit-on qu’il a gagné.Rép.Il a $165 de plus aujourd’hui qu’en commençant ; il a donc agné $165., (1) On trouvera des exercices pour cette fin aux pages 1 et 2 du traité de Tenue des Livres par Ahern. 236 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 9.—Expliquez aux élèves, qu’absolument parlant, un marchand qui fait toutes sei opérations pour argent comptant peut se contenter d’un livre de Caisse.10.-Expliquez : 1.que, lorsqu’un marchand achète, il reçoit du vendeur une facture qu’il doit numéroter et attacher ensemble toutes les factures qu’il reçoit ; 2.que, lors qu’il vend, il inscrit les ventes sur un livre appelé Livre de Ventes ; qu’en résumé i peut savoir , (a) combien il a reçu et déboursé au moj^en du Livre de Caisse ; (b) quand de qui, quelle marchandise, pour quelle somme et à quelles conditions il a acheté, a\ moyen des factures ; (c) quand, à qui, quelle marchandise, pour quelle somme et 1 quelles conditions il a vendu, au moyen du Livre de Ventes.Le marchand peut s’abstenir de mettre dans la Caisse les détails des opérations, s< ; bornant à mettre l’abrégé et renvoyant pour les détails au livre qui les contient ou auî .factures.I: xi.—Faites faire les factures des opérations de la page 235, faites attacher ensembl ces factures.Puis faites faire le ^ Ventes des opérations de la page 235, qu .Cur sera comme suit : Montréal 4 juillet 1901.Au comptant A crédit 1901 Juillet < < 4 6 Jos.Pigeon, au comptant, 800 minots de blé @ $.55 Geo.Thomas, au comptant, 1000 minots de1 blé @ $,54 Etc., etc., etc.$440 540 12.—Faites faire et acquitter les factures que l’élève doit donner à J.Pigeon, G k Thomas etc.Puis faites faire la Caisse, omettant les détails, mais renvoyant au: ions Factures et au Livre de Ventes.La Caisse sera comme suit : Sfc Livre de Caisse Dr Cr 1901 Sommes Sommes reçues payées Juillet 2 .A nom de l 'élève, placement $800 < ( 3 Par f.1., $500 < < 4 A L.de V.440 < < 5 Par f.2 588 Etc., etc., etc.13^ Donnez des exercices et faites faire les factures, la Caisse et le Livre de vente ^ jusqu’à ce que les élèves comprennent parfaitement l’art d’enregistrer les opération fe au comptant, ainsi que celui non moins difficile d’interpréter les résultats, (r) J.AHERN.(1) On trouvera aux pages 9, 10, 11, 12, du traité de Tenue des Livres par J.Ahern des série d’operations qui fourniront la matière pour des exercices de cette nature. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 237 \àn II Choix de dictées redit NÉCESSITÉ DU TRAVAIL, La loi du travail est une loi naturelle : personne ne peut s’y soustraire, personne 1e peut l’éluder sans dommage pour l’individu et la société.L’inertie et la paresse ;ont un amoindrissement de la vie, un abaissement, une maladie morale.Le paresseux îst esclave dans la société libre : il dépend de tous ceux qui contribuent à la satisfaction le ses besoins : il dépend de son propre corps où l’âme n’a aucun empire, où elle subit sans lutte, sa dignité, la domination de la matière, où ses facultés sont étouffées par .es instincts de l’animalité.Mais comme l’esprit ne saurait être entièrement dompté par la matière, l’âme souffre de sa dégradation, son activité se réveille assez pour devenir un tourment pour les paresseux.Ce tourment, c’est l’ennui, mal irritant, mal intolérable à la longue, ne laissant aucun repos à celui qui avait placé le souverain bien dans le repos.Le travail est nécessaire dans toutes les conditions de la vie ; il ne faut pas le considérer comme un mal, mais comme un moyen de relèvement, d’amélioration, de perfectionnement.LA PEUR J ni# 1 Il y a longtemps de cela, mais je m’en souviens comme d’hier ; j’avais une douzaine d’années, j ’étais allé à la forêt, à une heure de la ville, prendre des nouvelles de mon oncle, garde-forestier qui était malade.Je revenais à la tombée de la nuit.La route était déserte.Tout à coup, j ’entends derrière moi des pas précipités, une sorte de galop que je ne connaissais pas.Ce n’était pas un cavalier, ce n’était pas non plus la course d’un homme.La peur me prit, et l’imagination aidant, je me figurais quelque bête monstrueuse à ma poursuite ; je me mis à courir à belles jambes ; plus je courais, plus les formes de la bête que je ne voyais pourtant pas, car je n’osais me retourner, me paraissaient effrayantes.Dans ma fuite, je me heurtai à une pierre et tombai ; le galop s’arrêta net, mais si ^jprès de moi, qu’un frisson me secouait tout le corps.A la fin, n’entendant plus rien, je pris mon courage à deux mains, me relevai et regardai derrière moi : l’âne de mon oncle était tranquillement arrêté à deux pas de moi, droit sur ses quatre pieds.J’eus honte de ma couardise : je pris la bête échappée par le licol et la ramenai à son écurie, me jurant bien qu’on ne me reprendrait plus à trembler de la sorte.Louis Liard.des éclipses On appelle éclipse l’obscurcissement passager d’un astre par suite de l’interposition d’un corps opaque entre cet astre et l’œil de l’observateur, ou bien par suite de l’interposition d’un corps opaque entre cet astre et celui dont il reçoit la lumière.Donc, deux sortes d’éclipses.Dans la première, la lumière du soleil est cachée plus ou moins par la position de la lune entre le soleil et la terre ; la deuxième, l’éclipse vraie, est causée par la position de la terre entre la lune et le soleil.De toutes les éclipses dont notre .iSystème planétaire est le théâtre, celles du soleil et de la lune ont été, de tout temps, les plus observées.Elles ont été pour les anciens, des avant-coureurs de guerres, de 238 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE pestes et de calamités ; mais aujourd’hui que la superstition a fui nos intelligence nous ne voyons plus dans les éclipses que les lois admirables de la nature, et noi observons les éclipses comme un fait curieux et magnifique.(A« Gymnastique scolaire III Composition française BREVET ÉLÉMENTAIRE Canevas.—Décrivez une allumette.—Utilité des allumettes.— Dangers qu’elles présentent.— Pi carrtions à prendre.Une allumette est un petit bâtonnet de bois blanc qui porte à l’une de ses extrém tés un peu de substance inflammable par frottement.Les allumettes sont très utiles, car elles nous servent à produire facilement le fi et la lumière dont nous avons besoin.Mais si l’on jette sans bien l’éteindre l’allumette dont on s’est servi, on peut ali mer aussi un incendie.Si on laisse par terre des allumettes, on peut les enflammera marchant dessus et mettre le feu à sa robe, au rideau, au tapis et causer de graves ac( dents.Si on les laisse traîner à la portée des petits enfants, ils peuvent les allumer poi s’amuser et mettre le feu à leurs vêtements ou à la maison.Us peuvent aussi les me tre dans leur bouche et s’empoisonner, car le phosphore qui, le plus souvent, garn les allumettes, est un poison dangereux.Il faut donc prendre des précautions pour que les allumettes ne soient pas dang reuses : les ranger d’abord, toujours à une même place choisie: à l’abri du feu, l’abri des enfants et des animaux.Puis, quand on s’est servi d’une allumette, l’éteindre soigneusement et s’assun qu’elle n’a plus aucun point rouge avant de la jeter.brevet modèle Canevas, tous avez vu des pauvres mendier dans la rue.Dites les sentiments qu’ils vo ont inspirés.11 1 Des pauvres?oh! oui, j’en ai vu bien souvent ! Hélas! n’en rencontrons-not 1 pas à chaque pas que nous faisons dans les rues ?Ils nous guettent au sortir ( 1 église, ils nous suivent dans nos promenades, ces pauvres déshérités à l’aspe lamentable.Celui-la est aveugle, celui-ci estropié ; ici est le vieillard et là est l’enfan Mon cœur se serre douleureusement quand je passe devant une de ces misères qt je ne peux soulager, car si je ne refuse pas mon obole à celui qui me tend timidement main, je puis donner b;en peu et j ’ai vaguement conscience de tout ce dont il aurait besoii Mon petit sou est un grain de sable qui se perd dans un désert, mais je me dis : < petit sou peut donner un morceau de pain, et le pain c’est la vie.Quelquefois auss surtout quand il s’agit de pauvres vieilles femmes ou de pauvres vieillards tout blanc; je murmure une prière à leur intention, demandant à Dieu de placer sur leur route un personne charitable qui leur fasse du bien. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 239 On dit, je le sais bien, qu’il y a beaucoup de faux pauvres, que parmi ceux qui implorent notre pitié beaucoup sont riches ; cela est affreux et le bon Dieu se chargera de leur punition.Mais nous, devons-nous nous arrêter devant un pauvre et nous dire : est-il sincère?ne l’est-il pas ?Ces incertitudes nous conduiraient à des erreurs.Donnons toujours, tant pis si nous sommes trompés ; donnons au nom du Grand Pauvre qui vint sur la terre nous enseigner la charité.Ne soyons jamais ni orgueilleux, ni durs envers les pauvres ; plaignons les, soulageons-les, ils ont un cœur et une âme comme nous.Leur cœur est meurtri, leur âme est malade : soyons de bons Samaritains.IV Analyse logique Règles suggérées par la pratique (Reproduction interdite) 1.Quand une proposition commence par un mot sujet, cette proposition est une principale.2.Quand une proposition suit une conjonction de subordination, cette proposition est une complétive de verbe.Voici les principales conjonctions de subordination : Que, quand, lorsque, si, attendu que, bien que, vu que, parce que, de même que, etc.3.Lorsque deux propositions sont unies par une conjonction de coordination, ces deux propositions sont de même nature.Voici les principales conjonctions de coordination : et, ni, ou, mais, or.4.Toute proposition commençant par un pronom relatif est la complétive dîi 710m qui est l’antécédent de ce pronom relatif.Remarques Les complétives de verbes sont dites subordonnées, les complétives de verbes sont au nombre de trois : directe, indirecte et circonstancielle.Les cojnplétives de nom sont dites incidentes.Les complétives de nom sont de deux sortes : complétives détermmatives et complétives explicatives.Les propositio7is unies par une conjonctio)i de coordmation sont dites coordojmêes.Ces propositions peuvent être, suivant le cas : deux principales, deux complétives directes, deux complétives déterminatives, etc., etc.Exemples 1° Prop, principale : Dieu est le créateur du ciel et de la terre.2° Props, subordomiées : {a) L’Evangile veut (que) nous pardonnions à ?ios ennemis.CompIv.dir.de veut.(Æ) Chaque jour nous avertit (que) la mort approche.Compe.indir.à&aveidit.{c) L’alouette fait son nid dans les blés, lorsqii'ils sont en herbe.Compe.circonstancieeee de temps de fait.30 Props, incidentes : {a) Celui qui se fâchez, tort.—La proposition “ qui se fâche ’’ est la complétive déterminative de celui, (b) Le fer, qui est un métal précieux, est tiré du sein de la terre.—La proposition “ qui est un métal précieux ” est la complétive explicative de fer. 240 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 4° Props, coordonnées : Il pria Dieu et se résigna au sacrifice.La conjonction et unit deux propositions principales dites coordonnées.NOTE La proposition complétive déterminative est indispensable, tandis que la complétive explicative peut disparaître sans nuire au sens de la phrase ; cette dernière proposition se place toujours entre virgules.C.-J.M.Pour le 25 décembre NOËL ! Le ciel est noir, la terre est blanche ; —Cloches, carillonnez gaîment ! Jésus est né ; la Vierge penche Sur lui son visage charmant.Pas de courtines festonnées Pour préserver l’enfant du froid ; Rien que les toiles d’araignées Qui pendent des poutres du toit.Il tremble sur la paille fraîche, Ce cher petit Enfant-Jésus.EVpour l’échauffer dans sa crèche L’ane et le bœuf soufflent dessus.La neige au chaume coud ses franges, Mais sur le toit s’ouvre le ciel Et, tout en blanc, le chœur des anges Chante aux bergers : “ Noël ! Noël ! ” Théophile Gauthier.ÇA, BERGERS l (1701) Ça, bergers, assemblons-nous, Allons voir le Messie.Cherchons cet Enfant si doux Dans les bras de Marie ; Je l’entends, il nous appelle tous • O sort digne d’envie ! Laissons là tout ce troupeau, Qu’il erre à l’aventure, Que sans nous sur ce côteau Il cherche sa pâture.Allons voir dans un petit berceau L’auteur de la nature.Que l’hiver par ses frimas Ait endurci la plaine, S’il croit arrêter nos pas Cette espérance est vaines Quand on cherche un bien rempli d’appas, On ne craint point de peine.LA MESSE DE MINUIT v ous souvient-il de ce beau temps, chers lecteurs, où nous attendions avec impatience 1 époque aimée de la grande fête de Noël.Oh 1 comme nous étions heureux la \eille de ce jour béni, tous nous avions hâte d’arriver au soir afin de pouvoir assister à la messe de ininuit.\ ers les onze heures, nous étions debout sans que personne fût à la peine de nous-réveiller.Je me rappelle ces messes de minuit d’autrefois comme on se souvient des événements de la veille.Il est onze heures du soir : dehors, les étoiles brillent avec éclat au firmament, à travers le froid de la nuit ; de longues files de carrioles se dirigent a\ec \ itesse \ ers i église du village, au son joyeux des clochettes qui ornent les attelages ; de nombreux piétons se rendent à la crèche du Divin Enfant ; dans le lointain,, les cloches du \ ieux temple sonnent à toute volée ; il y a, contrairement à l’habitude,, de la lumière a toutes les fenêtres des maisons. 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