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Titre :
L'enseignement primaire : journal d'éducation et d'instruction
Éditeur :
  • Québec :[L'enseignement primaire],1881-1956
Contenu spécifique :
Octobre
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
autre
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • École primaire (Lévis, Québec)
  • Successeur :
  • Instruction publique
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Références

L'enseignement primaire : journal d'éducation et d'instruction, 1904-10, Collections de BAnQ.

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26e Année Octobre 1904 Ko 2 Revue illustrée de l’Bcole et de la Famille ¦ v n «K ¦ ¦ I ¦ I G.-J.MAGNAN - - - - Propriétaire et rédacteur-en-chef Mm -W" wËm.WM% wmm wzM WW 'fr0/^X mm wmm HËÊÊÊÊm.-Zï- ¦æsz WÊm wmm -mê: «æægiaL -tenu LODGER DEVERNRY Ce grand patriote canadien naquit en 1799.D’abord imprimeur, puis journaliste, Tl devint dans la suite membre du parlement.Avec M.Morin il fonda la gazette ’ La Minerve (1827).En 1834, voulant donner à ses compatriotes un moyen de conserver leurs Institutions, leur Langue et leur Foi, il créa la Société Saint-Jean-Baptiste.Ce fut son grand honneur.Il mourut en 1852. 62 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Pensées pédagogiques, nationales et religieuses Respectez l’enfant, et faites lui concevoir un grand respect de lui-même, une sorte de fierté personnelle ; c’est la sauvegarde de l’honneur et de la vertu (soyons distingués.) Il faut toujours être vrai avec l'enfant, sinon il ne saura plus le moment où il faudra croire à la parole du maître.Nous devons bénir la divine Providence qui nous a si bien servis, et nous attacher inviolablement au sol où reposent les cendres de nos religieux ancêtres.Mgr Lafxèche.Souvenez-vous que nos’ pères n’ont conquis le sol de la patrie que par les sueurs et le travail.L’abbé H.R.Casgrain.Quelques-uns des nôtres voudraient faire du peuple canadien-français un peuple bilingue.Que nous serions puissants, dit-on, si tous les Canadiens français parlaient également bien l'anglais et le français ! Prenons garde.! C’est un piège qu’on nous tend ; un piège doré, peut-être ; mais un piège tout de même.Connaissez-vous beaucoup de peuples bilingues ?Pour moi, je n’en connais aucun.Je connais, par exemple, un peuple qui a perdu sa langue nationale, parce qu’on lui a fait apprendre, de force, une autre langue.N’allons pas, de notre plein gré, tenter une expérience aussi dangereuse.J.P.Tardivel.Le christianisme est l’arbre où fleurissent les vertus humaines, sans la pratique desquelles les sociétés sont condamnées à périr.Paul Bourget.Dès que j’entre dans la maison de Dieu, je sens, sur mon front découvert, le souffle de l'Hôte invisible.François Coppée.Je n’ai été incrédule que parce nue j’étais corrompu.Bouguer, de l’Académie des Sciences.Quand on est mort tout est mort.A cette réflexion d’un libre-penseur, Mgr de Ségur répondit : (( Oui, chez les chiens, les chats, les ânes, les serins, etc.Mais vous êtes bien modeste si vous vous mettez du nombre.Vous êtes un homme, mon cher, et non pas une bête.Il est étrange qu’on ait besoin de vous le dire.Vous avez une âme, capable de réfléchir, de faire le bien ou le mal, et cette âme est immortelle ; les bêtes n’en ont pas.» L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 63 PEDAGOGIE Essai de pédagogie chrétienne (0 Nous vivons à une époque où les doctrines de l’Église catholique sont battues en brèche même au seuil de l’école primaire.Tout le monde parle de progrès, d'éducation pratique, de programmes, toutes choses excellentes, pourvu qu’elles ne soient pas conçues dans un esprit sinon mauvais du mois indifférent au point de vue religieux.Le personnel enseignant lui-même, préoccupé qu’il est de donner satisfaction à tous ceux qui le harcèlent, n’oublie-t-il pas parfois que la véritable mission de l’instituteur chrétien est d’instruire et d’élever les enfants selon la doctrine de Jésus-Christ ?Délégué de la famille qui tient son autorité de Dieu, le maître d’école a une mission quasi divine qu’il doit remplir avec zèle et intelligence.Ici même, au Canada, précisons, dans la Province de Québec, certains esprits forts ne se gênent pas d’attribuer aux instituteurs laïques qui se réclament de leur titre de catholique dans l’exercice de leurs devoirs professionnels et qui agissent, parlent et écrivent comme tel, des motifs moins qu’honorables.Pour plaire à ces éducateurs interlopes, il faudrait cacher ses couleurs chrétiennes et afficher une neutralité fort commode dans le monde des indifférents mais à coup sûr peu honorable pour un instituteur qui se dit catholique.A tous ceux qui, chez nous, prétendent qu’en mettant l’idée religieuse à la base de tout enseignement, l’instituteur outre-passe ses devoirs, qu'il fait du zèle, nous leur soumettons cet aveu de M.Lavisse, un des inspecteurs généraux les plus influents de la France : (( Qu’avons-nous fait pour l’éducation de la jeunesse ?Nous avons rédigé bien des programmes, institué bien des examens et des concours ; mais enseigner, examiner, ce n’est pas de l’éducation.Nous voulons faire croire que l’enfant, que l’adolescent est élevé nar cela même qu’il est instruit.Mais c’est un de ces mensonges qui alimentent l’éloquence optimiste des discours de distributions de prix.Nous avons oublié l’éducation ! » Or la neutralité scolaire ne saurait aboutir qu’à l’athéisme.Il faut donc que l'école soit catholique et catholique militante, puisque sans le secours de la religion, l’instituteur ne peut parler à la conscience de l’élève ni imposer à sa volonté l’obligation du devoir.(1) Essai théorique ét pratique de pédagogie chrétienne, par Mgr T.Lasnc.Paris, chez J.Lefort.En vente à Québec chez J-P.Garneau, libraire, 6 rue de la Fabrique.Livre admirable, publié avec l’approbation de Mgr Sonnois, archevêque le de Cambrai. 64 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Ce côté très intéressant de la pédagogie est étudié avec infiniment de science et d’esprit, dans un style des plus aimables, dans le livre auquel nous avons emprunté le titre de cet article : Essai de Pédagogie chrétienne, par Mgr J.Lasne.Nous voudrions voir ce volume sur la table d étude de tous ceux et de toutes celles, religieux et laïques, qui ont accepté la noble mais difficile tâche d’instruire l’enfance et la jeunesse.Pour nous, nous avons trouvé dans cet) ouvrage, en des termes qui nous paraissent définitifs, l’expression de tous nos sentiments, la formule de l’idéal chrétien qui se retrouve au fond de l’âme de quiconque aime l’enfance, de cet amour pratiqué par Jésus-Christ et enseigné par l’Église de Rome.La division du livre est des plus simples, deux parties : première : Forma- _ tion du maître selon l’esprit chrétien ; deuxième : Formation de l’élève selon l'esprit chrétien.L’auteur, dans un épilogue très éloquent, formule ainsi le but de son travail : (( C'est de faire prédominer l’esprit chrétien dans le cœur ctes maîtres et des maîtresses des écoles catholiques et dans l’éducation de leurs élèves.» La première partie se divise en cinq chapitres : i° Mission de l’instituteur chrétien devant la famille et devant Dieu.2° Sa vocation providentielle~ 3° Ses vertus professionnelles.40 Ses rapports avec ses élèves.5°La direction chrétienne de son école.La deuxième partie se divise en quatre chapitres : i° Education physique de l’enfant.20 Education intellectuelle.30 Education morale.40 Education chrétienne.On le voit, le plan est parfait.En parcourant le livre, on découvre que même au point de vue méthodologique, l’auteur n’en cède pas aux spécialistes les plus renommés.Voyez ce qu’il écrit au sujet de l’enseignement de l’histoire Sainte aux enfants : (( La première règle, c’est d’y mettre beaucoup d’ordre et de méthode, afin que ces jeunes élèves puissent distinpTier nettement les faits, les personnes et les lieux historiques, mais sans s’attacher à une sèche nomenclature de noms et de dates.Les grandes époques, avec les faits les plus-importants et les plus intéressants, voilà ce qu’il faut signaler à l’attention des enfants.» Parle-t-il des moyens à prendre pour inspirer l’amour de l’étude aux élèves, il n'est pas moins heureux : (( Faire des élèves studieux, qui conserveront toute leur vie l’amour de l’étude, c’est un résultat immense et bien digne du zèle d’un bon maître.Comment y parvenir ?Par trois procédés principaux : (( Le premier est un principe de sagesse : il consiste à approprier le travail, à l’aptitude des enfants.Il faut que l'élève soit toujours au-dessus de sa tâche, afin de se mouvoir en toute aisance et en toute liberté d’esprit.Le surmenage est le plus grand ennemi du véritable progrès. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 65 « Le second consiste dans la variété des exercices.Sans s’écarter du programme général, le maître saura réveiller l’attention et l’ardeur des élèves par des devoirs bien choisis et par des explications agréables et variées.(( Le troisième vient d’une noble et vive émulation.On veillera sans doute à ce qu’elle ne dégénère pas en basse rivalité et n’ait point recours à des moyens frauduleux.Mais en se renfermant dans une prudente limite, l’émulation deviendra, entre les mains d’un bon maître, un moyen très puissant pour aiguillonner les élèves négligents et exciter l’ardeur des plus intelligents.«Un instituteur chrétien pourra aussi, s’il le juge nécessaire, faire appel à la conscience de ses élèves, en leur rappelant que le travail est une obligation imposée à tous par la loi de Dieu ; que c'est aussi l’intention expresse de leurs parents, et qu’en obéissant à Dieu et à leurs narents, ils préparent très efficacement leur avenir.» L’importante question de l’hygiène à l’école est aussi traitée avec beaucoup de clarté par Mgr Lasne.Un de ces jours, nous reproduirons celui qui a trait à l’hygiène de la classe.Les pages consacrées à l’école comme sanctuaire chrétien sont aussi à lire ; elles sont propres à donner aux instituteurs et aux institutrices une haute idée de leurs fonctions.Les chapitres sur l’Éducation physique, intellectuelle, morale et chrétienne de l’enfant sont marqués au coin de la vraie pédagogie.L’auteur de l’Essai de Pédagogie chrétienne ne dédaigne pas d’entrer dans les détails pratiques ; dans son livre il traite de la préparation de la classe, de {’exactitude, de la discipline et du bon emploi du temps.Le choix des livres classiques ne laisse pas Mgr Lasne indifférent.Entre autres choses, il dit ceci : (( Peut-on tolérer les ouvrages neutres, qui sous les apparences d’une vague moralité, paraissent inoffensifs au premier regard ?On ne le fera ciu’à regret et à défaut d’autres sur la même matière.En effet, quand ils seraient inoffensifs, ce qui est souvent bien contestable, ils tiennent la place d’autres ouvrages plus utiles qui, en instruisant l’enfant, contribuent à la.formation de son esprit et de son cœur.Un maître chrétien ne s’arrêtera pas là ; les livres neutres ne seront à ses yeux que des palliatifs ; il cherchera mieux pour le véritable intérêt de ses élèves.D’ailleurs, il est rare que ces ouvrages neutres, composés sous prétexte de tolérance, ne cachent pas quelques 'pièges (i).» ((Fruits de nombreuses observations et d’une expérience consommée,» (2)] Y Essai de Pédagogie chrétienne, qui est un coup de maître, à notre sens, mérite d’être lu par tous ceux qui assument la lourde tâche d’instruire l’enfance et la jeunesse.Les commissions scolaires pourraient facilement en pourvoir chacune de leurs écoles : ce serait une petite dépense faite très à propos.Dans cha- (1) Essai théorique et pratique de Pédagogie chrétienne, p.130.(2) Paroles de Mgr l’archevêque de Cambrai- 66 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE que couvent, dans chaque école de Frères un exemplaire de l’ouvrage aurait aussi sa place.En lisant les belles pages de Mgr Lasne, tous, instituteurs laïques et instituteurs congréganistes, nous sentirions de plus en plus combien la grande mission de maître chrétien et catholique exige de ceux qui cherchent à la remplir de hautes qualités morales et professionnelles ; combien les instituteurs laïques et les instituteurs congréganistes se doivent une charité réciproque, s’ils veulent être dignes du beau titre d’éducateurs catholiques* ; combien aussi et surtout l’école primaire doit s'efforcer de préparer des hommes, des catholiques courageux dans les enfants qu’elle abrite aujourd’hui.Ah ! si nous, instituteurs et institutrices catholiques, qui que nous soyons, laïques ou religieux, que nous appartenions à l’enseignement primaire ou à l’enseignement secondaire, imprégnions notre enseignement du véritable esprit chrétien qui est un esprit de foi et de charité ; si nous étions plus profondément convaincus que « cet esprit de foi et de charité doit pénétrer tout l’ensemble de l’instruction et de l’éducation de sa lumière et de son onction, et rattachât de plus en plus l’âme des enfants au Verbe divin, qui est la voie, la vérité et là vie,)) combien nous veillerions avec plus de vigilance sur le dépôt précieux qui nous est confié : l’âme des enfants ; combien mieux nous aimerions la jeunesse en vue des combats qu’elle aura à livrer au cours de l’existence contre les erreurs de toutes sortes qui courent le monde.Le role de 1 eleve ainsi compris préviendrait beaucoup de ces lâchetés, de ces défaillances qui affligent l’Église, et cela de la part de ses enfants réputés les plus instruits.En faisant passer dans le cœur et lame de nos enfants toute notre fierté catholique ; en apprenant à la jeunesse que le titre de fils de l’Église de Rome est le plus beau qu’un homme puisse porter ; nous préparerons, de cette sorte, une génération d’élite qui ne capitulera jamais devant les ennemis du Christ et de la Patrie.C.J.MAGNAN.P.J.O.Chauveau L honorable M.de LaBruère a fait placer dans la salle du Conseil de Tins- t'rilf'tirm mihltnno 011 TD0 ________• r • i ^ - -wH Montréal' ^1:5' Vjm’ piuiesseur ae clessm a 1 ^cole normale Jacques-Cartier. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 67 De l’autorité en classe Conseils à un jeune instituteur Qu’est-ce que l’autorité ?Mgr Dupanloup la définit (de droit de commander et d’être obéi.» Ce droit réside essentiellement en Dieu, et les hommes ne le possèdent que par délégation.Le père l’exerce dans sa famille au nom de Dieu, et lorsqu’il vous confie son enfant, il vous investit de son droit, et vous associe à son autorité, à sa paternité.Remarquez le rapport étymologique du mot autorité avec auteur.Ce; rapprochement vous fera mieux saisir la véritable origine du pouvoir humain dans toutes les hiérarchies, et les devoirs qui en découlent.La volonté de Dieu et celle des parents, voilà les titres légitimes de votre autorité.Exercez-la donc avec hardiesse, mais avec discrétion ; car l’investiture la plus correcte ne suffit pas à sauvegarder la possession d’un bien dont on abuse.Rien n’est fragile comme l’autorité ; et quand elle est une fois ruinée, plus d’ordre, plus de progrès intellectuel ni moral : c’est le gâchis, la confusion, le désarroi.Dieu vous préserve, cher ami, d’expérimenter jamais les tourments d’un maître dont l’autorité a sombré dans le mépris.L’autorité de l’instituteur n’est pas comme un germe oui a ses évolutions successives ; elle existe, elle doit s’affirmer de prime d’abord, dès la première leçon.Les élèves s’attendent à rencontrer en vous un caractère ferme, résolu ; une volonté forte, calme, raisonnable à laquelle ils devront se soumettre.Réalisez cet idéal, obligez tout votre monde à l’obéissance, surtout les esprits revêches, recourant aux moyens disciplinaires dont les dispositions manifestées par vos écoliers vous indiqueront l’opportunité.Si vous êtes maître dès le premier jour, votre autorité est établie ; il vous reste à l’affirmer et à la conserver.Comment ?Par le respect que vous inspirez à vos élèves.Le respect est la synthèse de bien des sentiments où dominent la crainte, l’estime, l’affection.On craint la force, on estime la dignité, on aime la bonté ; on respecte celui qui réunit ces Qualités.Le premier élément du respect est donc la force ou la constance dans le travail, dans la vigilance, dans la répression.Il faut que vos élèves soient persuadés que votre volonté ne connaît pas le oui et le non 7 que vos décisions, toujours sages, n’admettent ni réplique ni résistance.La force vous rendra conséquent avec vous-même et vous préservera de l’indécision, ce ferment de désobéissance.Le respect se compose d’estime, et on estime un homme qu’en raison de sa dignité, c’est-à-dire de la convenance qu’il sait observer dans sa tenue, dans son langage, dans l’ensemble de sa conduite.Dignité, que de sens dans ces trois syllabes ! Que de vertus comprises dans ce mot ! Vous serez digne en raison de l’emnire que vous exercerez sur vous-même, sur vos passions, sur votre langue.Une parole malheureuse pro-' 68 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE •fgj-gg clcins un moment cl impatience, portei3.it atteinte à \otie dignité , un ncte de violence l’ébranlerait davantage ; et ces actes et ces paroles fréquemment répétés, anéantiraient, en peu de temps, votie autoiité.L’affection est le troisième élément du resnect.Autant que le spirituel peut se comparer au matériel, elle est comme les ooids mis sur 1 un des plateaux d’une balance pour faire équilibre à la bonté.Semez donc la bonté et vous récolterez l'affection.Les inspecteurs d’écoles A la dernière session de la Lépislature de Québec, sur une proposition de l’honorable M.Robitailîe, Secrétaire de la Province.MM.les députés de l’Assemblée législative ont voté à l’unanimité une somme assez considérable destinée à améliorer le traitement des inspecteurs d’écoles.Nous sommes autorisé à annoncer qu’un minimum de salâire, pas moins de mille piastres, sera fixé.Des quarante-quatre inspecteurs, cinq ou six seulement, qui ont moins de besogne que leurs confrères, ne bénéficieront pas de la mesure.Nous nous réjouissons de la bonne nouvelle, car MM.les inspecteurs d’écoles ont une tâche si importante à remplir, qu’il n’est que iuste que leur mérite soit reconnu.Puis, étant mieux payés, ces fonctionnaires consacreront tout leur temps à l’accomplissement de leurs devoirs.Une division plus judicieuse des districts d’inspection sera aussi faite d’ici à quelques'mois.La résolution suivante/adoptée lors de la dernière réunion du Comité catholique du Conseil de l’Instruction publique, à la demande du Surintendant, explique la portée de cette décision : «Attendu que sur trente-quatre inspecteurs d’écoles catholiques, trente-deux ont à inspecter 5,221 écoles outre les.çl-asses nombreuses que possèdent certaines maisons d’éducation supérieure ; (( Attendu que d’après la subdivision actuelle des districts d’inspection, le nombre des écoles inspectées varie entre un minimum de 93 écoles et un maximum de 234 écoles : il est résolu qu’une nouvelle subdivision des districts d’inspection ait lieu, basée sur le nombre des écoles et des classes à inspecter et sur les distances à parcourir, et que le Surintendant soit chargé de faire une répartition plus équitable des écoles à inspecter et faire rapport à ce Comité.» On le voit, la condition des inspecteurs d’écoles sera doublement modifiée dans un sens favorable aux titulaires eux-mêmes et à leur profession.Il y a déjà de nombreuses années que cette question de l’inspectorat des écoles est agitée.En 1888, l’honorable M.Ouimet demandait que le trmt6-ment des inspecteurs fût augmenté : ces officiers étaient alors au nombre de 37.Dans son rapport sur l’Instruction publique pour l’année 1900-1901, l’honorable M.de LaBruère a exposé longuement les besoins nouveaux de l’inspectorat.M.le Surintendant disait : L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 69 (( Ces fonctionnaires occupent clans la province une charge pleine de*responsabilité.Ils sont les intermédiaires nécessaires entre les commissions scolaires et le département de l’Instruction publique, et leurs devoirs sont multiples et importants.Sans leur inspection, le gouvernement ne pourrait connaître d’une manière satisfaisante si la loi scolaire est bien observée, si les sommes votées par la Législature pour les fins de l’éducation sont fidèlement et judicieusement employées et si les commissaires d’écoles remplissent avec sagesse la charge qui leur est confiée.» Il demandait que le traitement des inspecteurs fût augmenté et ajoutait : (( L'inspectorat requiert des hommes capables et dévoués, et puisqu’au-jourd'hui on exige, et avec raison, que les inspecteurs soient des instituteurs d’expérience, cette charge devient une promotion et il convient que le titulaire reçoive une rémunération proportionnée à son travail et à sa responsabilité envers le gouvernement et le pays.)) Enfin voilà une amélioration qui est sur le point de se réaliser, grâce à la bonne volonté du gouvernement et à la générosité de la Législature.La profession d’inspecteur d’écoles sera donc plus enviable dans l’avenir ; elle attirera vers elle des jeunes gens de talent, parfaitement préparés à remplir une charge qui requiert beaucoup de science et beaucoup de tact.Déjà le gouvernement favorise le personnel enseienant des conférences pédagogiques diocésaines ; il adresse gratuitement U Enseignement Primaire à tontes les écoles sous contrôle et toutes les commissions scolaires ; il distribue des livres et des cartes aux écoles qui en font la demande : il paie les frais des conférences d’automne, et, depuis cinq ans, il a fondé deux Écoles normales pour les jeunes filles.En présence de cette bonne volonté des autorités, les municipalités devraient faire leur part de sacrifices en payant plus généreusement les instituteurs et les institutrices, en améliorant leurs écoles et en pourvoyant ces dernières d’un matériel de classe convenable.A ce propos, l’honorable Secrétaire de la Province.M.Robitaille.a fait, une remaroue très judicieuse lors de la récente convention des institutrices du diocèse de Sherbrooke.((La première école normale de filles, a dit le ministre, a été fondée en 1857, la seconde en 1898.la troisième en 1904.L’obiet des écoles normales est de former le personnel enseignant.Cela ne peut se faire du soir au lendemain, et demande de la part de l’opinion publique et des commissions scolaires, un concours qui ne s’est manifesté que bien lentement iusqu’à ce jour.La Province ne pourra grever son budget pour fonder et soutenir des écoles normales dans tous les diocèses, que le jour où l’enseignement sera devenu une véritable carrière.Le jour où les commissions scolaires offriront aux institutrices sorties de l’École Normale, des émoluments qui feront de l’enseignement une véritable 70 L'ENSEIGNEMENT PRIMAIRE carrière, alors le gouvernement de la Province, quel qu’il soit, n hésitera pas à augmenter le nombre des écoles normales.)) Voilà une vérité profonde.Aux commissions scolaires, le Gouvernement dit : Vous possédez le droit indéniable d’administrer à votre guise les écoles de votre circonscription ; je ne puis pas et je ne veux pas intervenir, mais vous, les corporations nanties du droit sacré de pourvoir à l’éducation des enfants, faites votre devoir, proportionnez vos efforts aux miens et je ferai plus ; vous voulez d’autres écoles normales, eh bien ! payez mieux les maîtres et les maîtresses que vous engagez ; assurez un avenir à ceux qui entrent dans l’enseignement par vocation, et j’établirai d’autres maisons de pédagogie.Il nous semble qu’ainsi compris, le rôle du Gouvernement et des commissions scolaires est tout tracé : rivaliser de zèle et de générosité lorsqu’il s’agit de l'Éducation du peunle.G.J.M.LES SECONDES MERES (Ecrit pour L'Enseie;>iement Primaire) ECHOS DU CONGRES DE SHERBROOKE.AOUT 1904 Les secondes mères ! Ce titre convient, il me semble, à cette modeste causerie que la courtoisie de mon intelligent ami, M.Magnan, me permet d’avoir, au sujet du dernier congrès pédagogique, avec les institutrices de notre vieille province et plus spécialement avec celles de la région Sherbrookienne.En effet, les institutrices sont en vérité des secondes mères, je veux dire celles qui ont conscience de leur rôle si noble et si élevé et qui s’efforcent de travailler sur l’âme plutôt que sur la mémoire uniquement des enfants à elles confiés.Cependant que la mère selon la nature donne à son enfant de son sang et de sa vie, l’institutrice lui donne de son esprit et de son cœur.La seconde maternité n’a pas sans doute la grandeur de l’autre, elle ne laisse pas d’avoir de nobles prérogatives et de très hautes responsabilités.A mesure qu’il grandit et se fortifie, l’enfant tend, hélas ! à s’éloigner de sa mère.Trop heureux sera-t-il si la première influence sous laquelle les circonstances le placent, je veux dire celle de la maîtresse d’école, est pour lui une autre maternité faite d'abnégation et de dévouement comme celle de sa vraie mère.La maîtresse, dans nos campagnes surtout, se trouve comme substituée, sans transition aucune, au lieu et place de toutes les mères du rang.Pendant que celles-ci, en préparant la soupe et en vaquant aux autres soins du ménage, restent à la maison avec les tout petits seulement, qui ronronnent dans leur ber, la maîtresse reçoit les plus grands, de 7 à 14 ans.C’est elle qui continue l’œuvre de la mère en cultivant 1 esprit qui s’éveille et le cœur qui commence à battre et plus vite et plus fort. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 71 * * * Dans l’avant-dernière semaine d’août, plus de deux cents de ces secondes mères se sont réunies, comme pour une retraite, dans une sorte de convention, au superbe couvent des religieuses de la Congrégation, à Sherbrooke, le Mont Notre-Dame.Ce fut, sous la présidence du Surintendant de l’Instruction publique, M.de La Bruère, le congrès pédagogique de 1904.L’Enseignement Primaire a tenu ses lecteurs au courant de l’événement.Ils n’gnorent pas non plus que ce congrès était le troisième du genre organisé par le département de l’instruction publique, les deux premiers ayant eu lieu naguère à Montréal puis à Québec.L’on sait aussi comment fonctionnent ces congrès.Devant les institutrices assemblées, des conférenciers de talent, choisis par M.le Surintendant et tous habitués à Yart de traiter avec les enfants, viennent tour à tour expliquer comment il faut s’y prendre pour enseigner les petits et leur apprendre telle ou telle matière.A Sherbrooke, les conférenciers avaient été recrutés dans les cadres du professorat laïcme de notre Province, à l’exception de M.le curé Gignac, désigné par l’évêque, je pense, pour la conférence sur le catéchisme.Notons pourtant que l’éloquent curé de la cathédrale de Sherbrooke est un ancien élève de l’Ecole normale de Québec et qu’il possède son diplôme d’instituteur, qu’il tient en place d’honneur au milieu de ceux que lui ont délivrés les Universités romaines.Outre M.l’abbé Gignac, qui a parlé du catéchisme, les congressistes ont entendu MM.Brisebois, sur la grammaire, Tremblay, sur l’enseignement intuitif, Charbonneau, sur la méthodologie, Leblond de Brumath, sur l’histoire du Canada, Lefèvre, sur le dessin, Ahern, sur l’arithmétique, Nansot, sur la conciliation entre le besoin d’activité et la discipline, Liénard, sur les leçons de choses, Dallaire, sur les moyens de développer le goût de l’agriculture, et enfin Rivard, sur l’élocution.Mgr LaRocque, évêque de Sherbrooke, a assisté a plus d’une séance et largement payé de sa personne.Devant s’absenter pour le sacre de Mgr Archambault, il s’est fait représenter durant son absence par Mgr Chalifour, son vicaire général.* * * On le voit, le programme était •assez chargé.Il fallait à ces demoiselles assister à trois conférences par jour.Par bonheur MM.les conférenciers étaient tous plus intéressants les uns que les autres et, si je ne craignais de trahir un secret, je dirais qu’on a même discuté parmi ces dames du mérite respectif de ces messieurs : on se demandait non pas qui en avait le moins mais bien qui en avait le plus, et je me suis laissé affirmer que la discussion fut parfois animée ?D’ailleurs, de bonnes récréations, des promenades en tramway, dont l’une jusqu’à Lennoxville, quelques exercices de piété aussi, aidèrent à rompre le charme et à tromper la fatigue.Mgr l'évêque mit son jardin et ses pommiers à la disposition des filles d’Eve, leur recommandant, si quelques pommes les tentaient trop fort, de succomber sans scrupule, attendu que Monseigneur donnait d’avance Vabsolution.Les dames de la Congrégation, de leur côté, firent largement les honneurs du Mont Notre-Dame.Si bien qu’au point de vue du confort, les congressistes affirmèrent n’avoir rien de plus à désirer. 72 L'ENSEIGNEMENT PRIMAIRE * * * Mais on n’était pas venu au Congrès pour toutes ces douceurs et, je le répète, le programme était chargé.Ne l’était-il pas trop ?N’aurait-il pas mieux valu circonscrire davantage la matière ?C’est une question qu’il est bien permis de se poser.« De tous ces discours sur tant de sujets divers qu’est-ce que ces jeunes filles auront bien retenu », me disait un homme instruit et sérieux ?Je suis franchement d’avis que sous les circonstances, étant donné que ces congrès, assez dispendieux pour le Département de l’Instruction Publique, ne peuvent pas se renouveler souvent au même endroit, il valait mieux, comme on l’a fait, piquer davantage la curiosité des institutrices sur un plus grand nombre de sujets.— Evidemment, même celles qui ont pris des notes, et toutes n’en prenaient peut-être pas, n’ont pas pu, en si peu de temps, s’assimiler toutes les connaissances pédagogiques que des professeurs expérimentés faisaient se dérouler sous leurs yeux ; mais elles ont assurément retenu quelques conseils, elles ont dû mieux comprendre d’une façon générale l’importance de savoir s’y prendre avec les enfants, et enfin elles s'e sont certainement senties relevées à leurs propres yeux comme aux yeux de leurs concitoyens.C’est là un triple avantage qu’on ne saurait trop apprécier.Aussi bien faut-il savoir gré au Surintendant, au Secrétaire de la Province, l’Hon.M.Robitaille, à Mgr Larocque, à M.Stenson et à tous ceux qui ont voulu efficacement, pour notre région sherbrookienne, le bienfait de ce congrès pédagogique d’Août 1904.— * * * D’abord chacune des institutrices a dû emporter quelques notions précises de bonne pédagogie pratique, qui pour elle peut-être étaient nouvelles.C’est autant de gagné ! On aura retenu par exemple : que « la transcription par mémoire des textes déjà appris est un excellent exercice pour bien posséder sa langue» (M.Brisebois) ; « que l’enfant comprendra toujours mieux les explications qu’on lui donne des choses, quand il aura ces choses sous les yeux» (l’enseignement intuitif, M.Trêmblay) ; « qu il faut dès le début des classes tâchrer d’inspirer la sympathie, parce que ce sont les premières impressions qui restent» (M.Charbonneau) ; «que dans l’enseignement de 1 histoire il faut signaler les faits importants, éviter les longues tirades et faire parler les enfants » (M.Leblond de Brumath) ; « qu’en faisant dessiner un enfant il convient de chercher à éveiller chez lui l’esprit d’observation » (M.Lefèvre) ; « qu’observer c’est savoir s’y prendre et que savoir s’y prendre, c’est toute la pédagogie.» (le même) ; « nu’une fois que l’institutrice aura pris un chiffre, elle devra faire avec ce même chiffre autant de compositions qu’il lui sera possible pour éviter de charger la mémoire» (M.Ahern) ; «que l’indiscipline dans une classe résulte souvent du manque de tact de la maîtresse» M.(Liénard) ; ou enfin que l’agriculture est un magnifique champ à exploiter pour enrichir la mémoire des enfants et que l’élocution est le poli à mettre à l’instruction, puisque bien parler c’est une si grande force et une si grande jouissance, comme l’ont fait comprendre MM.Dallaire et Rivard.Cette phrase est trop longue, j’en conviens.J’ai tenu à emprunter à chaque conférencier un conseil ou une constatation qui m’a frappé, moi.Dites-moi, est-ce que plusieurs, parmi mes lectrices de la région sherbrookienne, n’en ont pas fait autant, chacune pour son profit personnel, et, je le répète, n’est-ce pas là un grand bien? L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 73 * * * J’ai noté plus haut que la vérité d’ensemble qui se dégage de tout ce que les conférenciers ont dit—laquelle a dû frapper tout le monde, j’en suis sûr—c’est qu’avec les enfants, comme avec les hommes du reste qui sont tous de grands enfants, il faut d’abord, ensuite et toujours savoir s’y prendre.Suivant le mot très heureux de M.le professeur de dessin à Québec, M.Lefèvre : savoir s’y prendre, c’est toute la pédagogie ! ¦ ~— Oui.Mais, me dira quelque malin, en quoi cela consiste-t-il savoir s’y prendre ?Dame, ça dépend de tant de choses que personne ne saurait spécifier à ce sujet un enseignement précis.Mais une femme d’esprit, et toutes les institutrices sont censées l’être, quand elle veut- quelque chose, M.Lefèvre l’insinuait en terminant sa conférence, sait toujours comment s’y prendre.Ce n’est pas sans motif qu’il a été dit : ce que femme veut.Dieu le veut ! J’estime que cet appel au bon sens pratique et au savoir-faire de l’institutrice, que tous les conférenciers ont formulé, est à lui seul un enseignement de haute et vivifiante portée.C’était leur dire, sous une autre forme : “ ne soyez pas pour vos élèves de simples machines à répéter des leçons, mais soyez leurs amies, soyez leurs mères à tous, des secondes mères ! ” Ce fut notamment l’enseignement de M.le curé Gignac, à propos du catéchisme.“ Pour enseigner le catéchisme avec profit, expliquait-il après un exposé de l’importance de cette matière, il faut trois choses : de la science, de la méthode, du dévouement.” Or, à quelle école peut-on trouver les meilleures leçons de dévouement si ce n’est dans la vie et dans l’exemple des vraies mères ?D'où il suit que l’institutrice doit se rapprocher de cet admirable idéal, être le plus possible l’amie ou mieux la mère , la seconde mère de ses enfants d’école.* * * Pour cela, il faut qu’elle ait conscience de la grandeur de sa fonction sociale.Malheureusement, nos institutrices ne sont pas considérées comme elles devraient l’être souvent.On ne les paye pas assez.Je sais bien que l’institutrice jouit d’une certaine vogue, surtout si elle est jeune.C’est un bon parti.Mais il faudrait arriver à lui créer une position plus indépendante.U enseignement devrait être une carrière par lui-même.Je ne veux pas dire qu’une maîtresse d’école ne doit pas se marier ; mais peut-être la maison d’école est- elle trop souvent, dans nos campagnes, une manière de salle d’attente.L’institutrice donc doit considérer son état comme très honorable.Il est bon, il est excellent de la relever à ses propres yeux et aux yeux du pays.Le progrès de l’éducation de nos enfants en profitera assurément.Eh bien ! je crois que c’est là le principal avantage d’un congrès pédagogique comme celui qui s’est tenu à Sherbrooke, pour nos secondes mères, dans l’avant dernière semaine d’août.Ces modestes jeunes filles, si peu rétribuées, ont pu constater, à entendre des hommes comme M.de La Bruère et M.Robitaille, leur parler de la haute et noble mission de l'institutrice en un langage admirablement chrétien, qu’elles comptent pour beaucoup dans l’appréciation des.conducteurs du peuple.Et cela c’était de nature à les relever devant l’opinion, à les grandir à leurs ;propres yeux.“ Le gou- I 74 L'ENSEIGNEMENT PRIMAIRE vernement du pays s’occupe de nous—de nous qui ne votons pas !—ont-elles pu se dire, c’est donc que nous sommes quelque chose, que notre fonction sociale est importante.” * * * Surtout quand elles ont vu à l’œuvre, auprès d’elles, le pieux évêque de Sherbrooke, qui les a traitées si paternellement, elles auront bien mieux senti encore que “ noblesse oblige Non seulement Mgr LaRocque, dans son discours à la séance d’ouverture, leur a parlé de la nécessité de mettre à la base de leur enseignement l’esprit chrétien le plus sérieux et la piété la plus constante et la plus discrète, mais encore Sa Grandeur a trouvé moyen de donner à ces demoiselles, dans des conférences particulières, des conseils de prudence, de dignité et de tact, qui les aideront puissamment à remplir les obligations de leurs nobles fonctions.De plus Monseigneur leur a procuré à toutes l’avantage spirituel d’une confession et d’une communion, qui ont dû être particulièrement bien faites.Ces attentions si élevées, de la part du premier Pasteur du diocèse, disent assez ce que l’Église pense de la noble fonction qu’elles exercent, pour que les institutrices en congrès ne se soient pas senties particulièrement honorées.* * * « Mais en, les honorant et en les relevant à leurs propres yeux, et cela en présence du pays tout entier attentif et favorablement impressionné, on a plus d’une fois répété à nos congressistes qu’elles devaient être remplies de dévouement.Ce que j’exprime dans cet article en disant qu’il faut qu’elles soient pour leurs enfants d’autres mères, des secondes mères.Or, c’est dans la foi crétienne surtout qu’elles trouveront la force de se dévouer ainsi.Il n’est loisible à aucune de l’oublier jamais ! Qu’on me .permette une anecdote à ce sujet, ce sera mon dernier mot : J’ai lu quelque part (je ne sais plus où) qu’un jour Paul Bert, alors sous-ministre de l’Instruction Publique en France, faisait visiter à des étrangers distingués, en tournée pédagogique (des Autrichiens, je crois) les principaux lycées de Paris.On descendit dans un collège de Jésuites.Le Père Recteur fit voir les classes, exposa les programmes, se multiplia avec la meilleure grâce possible.Paul Bert, un fameux impie, en terminant la visite ne put s’empêcher de dire au Père Recteur, le sourire un peu railleur sur les lèvres : “ Mais, mon Père, vous n’avez pas peur que moi, un représentant de l’État, je ne vous enlève vos programmes et vos méthodes pour les appliquer dans nos lycées à nous, pour la plus grande gloire de la libre-pensée ?” Et le bon Jésuite, un homme d’esprit, répliquait : “Il y a quelque chose, Monsieur le sous-ministre, que vous ne nous enleverez jamais, parce que c’est surtout la foi qui le donne.” “ Qu’est-ce donc ?” demanda Paul Bert.“ C’est le dévouement, Monsieur, ” répondit le Jésuite, etn relevant la tête.L’abbé Elie J.Aucxair.Octobre 1904.I L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE' 75 DOCUMENTS OFFICIELS COMITE CATHOLIQUE DU CONSEIL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE SESSION DE E'AUTOMNE I904 Séance du 14 septembre 1904.(Avant-midi) Présents : M.le Surintendant, président ; Messeigneurs les archevêques d’Ottawa, de Québec et de Montréal, Messeigneurs les évêques de Pembroke, de Charlottetown, de Rimouski, de Chicoutimi, de Valleyheld, de Sherbrooke, de St-PIyacin-the, de Nicolet et de Joliette ; les honorables Messieurs Robidoux, Archambault, Gouin, Guerin, Th.Chapais, Messieurs Crépeau et Stenson.Le procès-verbal de la dernière session est lu et adopté.— Lecture d’une lettre de l’honorable M.Gédéon Ouimet informant le comité que l’état de sa santé ne lui permettra pas d’assister à la présente session.Le sous-comité chargé de l’examen des livres classiques, tenu le 13 septembre 1904, et auquel étaient présents : Mgr' Blais, président, Mgr Emard, l’honorable M.Robidoux et M.le Surintendant, fait le rapport qui suit : « i° La carte présentée par la librairie Beauchemin, de Montréal, a paru très « acceptable au sous-comité, mais M.J.-A.Langlais étant venu représenter que la « carte qu’il attendait d’Europe, laquelle devait être soumise à l’examen de ce sous-« comité, n’était pas encore arrivée, il a été décidé que l’examen des deux cartes se-« rait remis à la prochaine session de ce sous-comité.» 20 « Recettes et dépenses des cultivateurs, par A.Lockwell, Québec.—Tout en « admettant le mérite de cette méthode de comptabilité agricole et les grands avan-¦« tages que peuvent en tirer les cultivateurs, le sous-comité estime que cet ouvrage ¦« n’est pas un livre classique proprement dit et qu’il ne lui appartient pas de l’ap-« prouver comme tel.» 30 « Grammaire de dessin.Cours élémentaire, par les Sœurs de la Congréga-«tion Notre-Dame de Montréal (1904).Ce livre a paru au sous-comité d’une étude « trop difficile pour les enfants, mais il le recommande comme livre très utile pour ’« les instituteurs et les institutrices.» Signé : André-Albert, Evêque de St-Germain de Rimouski.Ce rapport est adopté, sauf l’article No 1 auquel l’amendement qui suit est proposé par l’honorable M.Gouin, secondé par l’honorable M.Guerin.« Attendu que le sous-comité chargé de l’examen des livres classiques a fait « rapport que D carte de la librairie Beauchemin et Cie lui a paru très acceotable, « que cette carte soit approuvée par ce sous-comité avec l’entente que la librairie « Beauchemin & Cie donnera à cette carte les mêmes teintes que celle de la carte « du Canada publiée par la maison Copp, Clarke & Cie de Toronto.» Det amendement est adopté.Sa Grandeur Mgr Bégin propose : « que le nom de Mgr Archambault soit subs-« thué au sien, comme membre du sous-comité chargé de l’examen des livres clas-« sinues.» ^donté.Le sous-comité chareé de la revision du programme d’études, à ses séances des 12 et 13 septembre, après-midi, auxquelles étaient présents : M.le Suintendant.président, leurs Grandeurs Messeig-neurs Bégin et Bruchési, l’honorable M.Gouin et MM.Stenson et Crépeau, fait le rapport qui suit, lequel est adopté : A la séance du 12 septembre après-midi, il est résolu : 76 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE « Que ce sous-comité, après avoir examiné le nouveau programme d’études pour « les écoles catholiques de la province de Québec, recommande au comité catholique « du Conseil de l’Iinstruction publique l’adoption de ce programme tel que révisé.» Le sous-comité adopte à sa séance du 13 septembre après midi la motion qui suit : « Votre sous-comité ayant examiné le rapport présenté par les principaux des écoles « normales Laval et Jacques-Cartier, sur l’uniformité d’un cours d’études pour les « écoles normales, demande qu’il lui soit permis de revoir et de modifier le projet de « ce programme d’études, afin de préciser plus nettement ce qui constitue l’enseigne-« ment particulier à chacun des cours élémentaire, moyen et supérieur, et de faire une « répartition plus complète des matières correspondant à chaque degré de ce cours.» Signé: Boucher de La Bruère.Président.Le Bureau d’examinateurs des aspirants à la charge d’inspecteur des écoles catholiques présente le rapport qui suit de sa session des 30 et 31 d’août et 1 et 2 septembre 1904 : Présents : M.Stenson, président ; M.l’abbé Rouleau,.M.l’abbé Dubois, M.F-X.Drouin, M.John Ahern, M.Paul de Cazes, secrétaire.Le Bureau d’examinateurs, à sa séance du 30 août, prépare les questions qui suivent, lesquelles doivent être posées à chacun des candidats.composition.(2 heures) Un inspecteur trouve une école dans un état hygiénique tout à fait déplorable.Il écrit aux commissaires d’écoles pour leur rappeler les conditions hygiéniques exigées par la Loi et les Règlements, et leur suggère les améliorations convenables.{Cette composition comptera comme composition littéraire et comme devoir pédagogique lois scolaires.( ^o minutes) i-—Quels sont les principaux droits des commissaires ou syndics, relativement à la régie des écoles ?2.—Quelles sont les qualités requises pour être nommé inspecteur d’écoles ?3-—Quels sont les principaux devoirs du secrétaire-trésorier d’une municipalité scolaire ?thème anglais, (i heure) La désertion de nos campagnes est un fléau, qui, malheureusement, fait chaque jour de désolants progrès.N’est-ce pas la conséquence d’un préjugé ?A la ville, pense-t-on, la vie est beaucoup plus douce qu'aux champs.A la ville, on parvient, croit-on, à se procurer plus promptement une plus grande somme de jouissances.Or, à notre époque de matérialisme, pour beaucoup, hélas ! il semble que jouir soit le seul but de l’existence ici-bas.version anglaise, (i heure) Returning to the history of western Europe, we shall here speak exclusively of Ireland, and by retracing for a moment, our steps to more remote ages, we will place together before the eves of our readers, the chief events which then distinguished this interesting portion of the world.The or'O'in of the Irish as a distinct nation is generally referred to a verv high antiquiiv.During a long lapse of centuries, both before and after the coming of Christ, they were governed by kings, one of whom, called the king of Tara, was considered as the supreme ruler of the island.The subordinate princes who reigned in the four great provinces of Ulster, Leinster, Munster and Connaught, were obliged / L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 77 to pay a tribute to that monarch, as a sign of inferiority : but, in several cases, they endeavored to render it a merely nominal subjection, whilst, in other respects, they were by right absolutely independent in their own respective kingdoms.géographie.(45 minutes) 1.—Quel est le pays situé à Test de l’Europe ?' 2.—Nommez les principaux fleuves de l’Asie.3.—De quoi se compose le territoire du Japon ?4.—Nommez la plus grande île et la capitale du Japon.5.—Dites dans quelles eaux vous navigueriez pour vous rendre de St-Jean> Nouveau-Brunswick, au Fort-Williams, (à l’extrémité ouest du lac Supérieur).Indiquez les principales îles et rivières, ainsi que les principaux canaux que vous rencontreriez.arithmétique, (i heure et y2).1.—Quel est l’intérêt de $2920 pour 219 jours à 4 et % ?2.—Divisez $350 entre Jean et Thomas de manière que la part de Thomas soit égale aux JJ de celle de Jean.3.—Multipliez 17,384 par 3.9 et divisez le produit par .26.4.—Trois ouvriers travaillant 7 heures par jour ont fait 6j4 vges d’étoffe en 4 jours : combien faudrait-il de jours , à 8 ouvriers travaillant 5 heures par jour pour faire 18M verges de la même étoffe ?5.—Un billet escompté à la banque pour 73 jours, à 6%, m’a raporté $1185.60.Pour quelle somme ce billet avait-il été fait ?(Veuilles remarquer que les jours de grâce sont compris dans les 73 jours et que l’année est de 365 jours.) géométrie.— ( 1 heure.) 1.—Combien faudrait-il payer pour le tapis qui couvrirait le plancher d’une chambre qui a 20 pieds de longueur et 17 pieds 6 pouces de largeur si le tapis a JJ de verge le largeur et coûte $1.45 la verge ?' 2—Quelle est la longueur du côté d’un champ carré ayant un acre de surface ?(Réponse en perches.Deux décimales.) 3.—Un silo ayant la forme d’une pyramide renversée à base carrée, est plein de lommes de terre.On demande combien il en contient de minots, sachant que sa hau-:eur égale 1.5 verge et le côté de sa base 4 verges.(La contenance d'un minot est le 2218.102 pouces cubes.) 4.—Un trapèze de 540 pieds carrés a 15 pieds de ^hauteur et une base de 30 pieds.Quelle est l’autre base ?i 5-—Dans un triangle rectangle, la base a 12 pieds de longueur et l’hypoténuse :3 pieds ; quelle est la hauteur du triangle ?histoire.(1 heure et A-) 1.—Par quel roi l’Edit de Nantes a-t-il été promulgué ?Que contenait cet édit ?:>ar qui a-t-il été révoqué ?2.—Quelles guerres l’Angleterre eut-elle à soutenir contre la France sous le règne e Georges III ?3.—Quels sont les événements remarquables qui se passèrent au Canada de 1664 1672 ?a.—Qu’est-ce que l’Acte de la Confédération et quels en sont les principaux rticles ?5.—Quels sont les territoires achetés par les Etats-Unis à différentes époques ?/ algèbre, (i heure.) 1.—Joseph et Thomas ont ensemble $a.Les JJ de l’argent de Joseph plus $d, gale l’argent de Thomas.Combien ont-ils chacun ?2 78 L'ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 2.—Trouvez une fraction telle que si on ajoute i au numérateur la fraction sera égale à pi et que si on ajoute 3 au dénominateur la fraction sera égale à 1/3.3.—Un réservoir est pourvu de deux robinets ; le premier, coulant seul, peut le remplir en 6 heures et le deuxième peut le remplir en 6 heures ; si on laisse couler les deux robinets ensemble, en combien d’heures le réservoir sera-t-il plein ?4.—Une personne qui possède $100,000 prête ‘une partie de cette sorhme à 4% et le reste à 5% ; le revenu total est de $4360.Quelle somme a été placée à 4%, et quelle somme à 5% ?DESSIN Dessiner une porte à demi-ouverte.Le temps affecté aux réponses des différentes matières de l’examen écrit est divisé comme suit : MERCREDI LE 31 AOUT 1904 Avant-midi g à 11.Composition 11 à 11.30.Lois scolaires Après-midi 2 à 4.Thème et version 4 à 4.45.Géographie JEUDI, 1er septembre 1904 Avant-midi 9 à 10.30.10.30 à 11.30.Après-midi 2 à 3.15.3-15 à 4-30.vendredi, 2 SEPTEMBRE , .Arithmétique Géométrie .Histoire .Algèbre Examen oral sur la lecture française, la lecture anglaise, l’agriculture, les sciences et la connaissance générale de la langue anglaise.Messieurs Joseph-Edouard Body, Lopis-Philippe Goulet, J.-Antoine Lesage, Lorenzo Longtin et J.-Georges Tremblay ont été admis à subir l’examen et ont obtenu les notes qui suivent sur les différentes matières.NOMS DES ASPIRANTS Composition française Pédagogie Thème anglais S o O CO £ « £ bt > c U C/i.«1/ zi 0 ü CO rn ’3 Géographie Arithmétique Géométrie \.G.Histoire Algèbre ueciure française no 5, Fraserville ; Ecole no 6, TAcadie ; Mlle Eug.St-Laurent.inst., South-Durham ; ' Mme Vve C.Dion, inst, St-Mathias ; Mlle M.-A.LeBel.inst, St-Octave ; Ecole : arrond.no i, New-Liverpool; Ecole no 4; Durham-Sud; Mlle M.-Lse Gagnon, inst, St-Blaise.(o suivre) AVIS IMPORTANTS Plusieurs de nos abonnés payants ne nous ont pas encore adressé le montant de leur abonnement: $1.25.Prière de s’acquitter de ce devoir sans retard.Adresse: ' VEnseignement Primaire, B.P.162, H.-V., Québec.Pas de timbres.On peut se procurer une magnifique grande carte du Canada, pour l’usage d’une école, ainsi-que des petits cartes, une par classe, en s’adressant au Département de ‘ l’Intérieur, à Ottawa.Les collèges, les couvents, les Académies, les écoles modèles « ont droit à ces cartes.On devra faire approuver la demande, soit par le curé de l’endroit, le député ou le président de la Commission scolaire."Rectification A la page 47 de Y Enseignement Primaire, livraison de septembre 1904, les aspirantes dont les noms suivent ont obtenu le diplôme élémentaire français avec distinc-* tion, et non d'une- manière satisfaisante : , ST-EERDINAND Elémentaire - français.— Distinction.— Galarneau, M.-Emilie,Corona; Huard, M.-Anne; Levasseur, M.-Lse-Claire ; Comtois, M.-Anne-Léopoldine ; Martel, Marie-Emilie-A.: Carrier, M.-Rose-de-Lima ; Roy, M.-Stella-Eléonore ; Fortier, Marie-Anne ; Samuel, Maria-Anne-Adélaïde.CHICOUTIMI Elémentaire - fraiiçais.— Distinction.— Gauthier, M.-Rosalie-Juliette ; Villeneuve, T M.-Lsè-Elmire. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Références utiles Etablissement de xç\\&wx.—L' Ensëignement /V/wrtzVr recommande à ses lecteurs l’excellent établissement de reliure de M.L.G.Chabot, 34, Côte de la Montagne, Québec.Relieur et régleur avantageusement connu, M.Chabot est en mesure d’offrir des couds -tions spéciales aux membres du clergé (pour les bibliothèques paroissiales), reliure des livres, revues, registres, etc.MAISON FONDÉE EN 1865 J.-A.LANGLAIS & FILS.Libraires-éditeurs IGros et détail) Bureau et magasin, 179.rue St-Joseph—Département du gros, 222 226.r^e Desfossés.QUEBEC LE PLUS GRAND ASSORTIMENT DE LIVRES ET ARTICLES POUR ECOLES AUX MEILLEURS PRIX ! ! 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