L'enseignement primaire : journal d'éducation et d'instruction, 1 janvier 1908, Janvier
29e Année Janvier 1908 No 5 Revue illustrée de l'Ecole et de la Famille I ' Triseignerrient Primairç C.-J.MAGNAN.Propriétaire et Rédacteur-en-clief •{{rlflfifnggfk V Le R.P.Charlevoix, historien de la Nouvelle-France Le Père Charlevoix naquit en France en 1682 ; vint au Canada en 1705.revint en 1720, et visita le pays.De retour en France (1722), il écrivit VHistoire générale de la Nouvelle-France.Son écrit s’étend de 1504 à 1731.Mort en 1761. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Bonne année ! L’Enseignement Primaire souhaite à tous ses lecteurs une bonne et sainte année, remplie de travail et de bonheur.Souvenirs historiques Re 25 janvier 1627, Louis Hébert, le premier défricheur du Canada, fit une chute qui lui occasionna la mort.« Ça été le premier chef de famille résidant au pays qui vivait de ce qu’il cultivait (1) ».Louis Hébert, l’un des ancêtres de feu le cardinal Taschereau, habitait Québec depuis 1617.Il défricha et cultiva le terrain où se trouvent aujourd’hui le Séminaire de Québec et la Basilique.Questions professionnelles « 1.Une institutrice qui se trouve dans l’obligation de renvoyer un enfant de la classe, est-elle obligée d’avertir les parents et le commissaire de l’arrondissement avant d’expulser cet élève ?2.L’institutrice ou les élèves sont-ils obligés de charroyer l’eau nécessaire à l’école : ce qui n’est pas très facile, surtout pendant la saison froide.Dans le cas où la commission scolaire refuserait de fournir l’eau, l’institutrice a-t-elle le droit de fermer la classe ?» Réponses.—1.Une institutrice peut expulser provisoirement de sa classe un élève insurbordonné, mais elle doit en avertir immédiatement les parents et les commissaires d’écoles.Seuls les commissaires'peuvent ordonner le renvoi définitif d’un élève.(Voir Règlements du Comité catholique, art.157, p.84).2.Il nous semble bien que ce sont les commissaires qui sont obligés de fournir l’eau aux écoles.L’article 105 des Règlements du C.C., p.70, après avoir énuméré les choses dont les commissaires doivent pourvoir l’école, dit : « en un mot, ils (les commissaires) devront pourvoir à tout ce qui est nécessaire au bien-être des élève's, etc.» Or, l’eau pure et fraîche est indispensable dans chaque classe.C’est pourquoi l’article 116 des Règlements du C.C.(p.72) dit que dans chaque classe doivent se trouver « une fontaine à robinet ou un seau couvert et aussi au moins un gobelet.» Et comme c’est aux commissaires à fournir la fontaine ou le seau, c’est certainement à eux d’y faire mettre de l’eau.Pensées « La famille est l’unité sociale par excellence », a dit Le Play.Toute mesure qui consolide, qui fortifie la famille est bonne ; est mauvaise, au contraire, toute mesure qui l’ébranle ou la désagrège.Emile Cheysson.Le Canada français ne répondra aux desseins de Dieu et à sa sublime vocation que dans la mesure où il gardera sa vie propre, son caractère individuel, ses traditions vraiment nationales.Mgr L.-A.Paquet.(1) Œuvres de Champlain, p.1116. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 259 PEDAGOGIE Le traitement des instituteurs et des institutrices I Aux Commissions Scolaires A l’occasion de la nouvelle année, nous prenons la liberté de soumettre aux commissions scolaires de notre province le projet Suivant: a.A partir de septembre 1908, le traitement des instituteurs et des institutrices serait augmenté de 20% ; b.Il serait accordé, en plus, par chaque municipalité, une prime additionnelle de 1%, correspondant à chaque année d’enseignement.Ainsi; une institutrice ou un instituteur qui enseigne depuis trois ans, recevrait 3 % en sus de son salaire; celle qui enseigne depuis cinq ans, 5%, etc.Une institutrice dont le traitement s’élève, en 1907-1908, à $150, et qui enseigne depuis cinq ans, recevrait en 1908-1909, d’après le projet cil-dessus: Traitement.$150.00 Augmentation de 20%.30.00 Prime de i°/o par année d’enseignement.7.50 Total.$187.50 Il n’y a pas dix municipalités scolaires dans la province de Québec qui ne sont pas en mesure d’élever l'e traitement des instituteurs et des institutrices tel que ci-haut suggéré- En ce faisant, les commissaires d’écoles accompliraient un acte de justice en même temps qu’un acte de patriotisme.N’est-il pas raisonnable, à tout point de vue, d’augmenter le salaire des éducateurs.L’importance des services rendus au pays par les instituteurs et les institutrices n’est plus à démontrer; puis, le coût de la vie est presque double depuis une décade.Le gouvernement de la province de Québec, depuis quelques années, s’est montré généreux à l’égard du personnel enseignant primaire.Aux municipalités scolaires de suivre ce noble exemple- II LE Gouvernement Désireux d’encourager les instituteurs et les institutrices à persévérer dans l’enseignement, le gouvernement provincial accorde: i° par l’entremise des inspecteurs d’écoles, des primes de $20 et de $30 à ceux et celles qui réus- 2ÔO L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE sissent le mieux dans l’accomplissement de leurs devoirs professionnels; 2° des primes de $15 et de $20 à ceux et celles et qui enseignent depuis 15 ou 20 ans; 30 des primes aux municipalités scolaires qui remplissent le mieux leurs devoirs, à la condition de ne pas payer moins de $100 de traitement aux titulaires des écoles.Toutes ces mesures, très pratiques et nullement vexatoires, profitent directement au personnel enseignant.Mais nous sommes convaincus que le gouvernement ne s’arrêtera pas en si bonne voie- Dernièrement, les associations d’institutrices ont soumis leurs desiderata au Premier Ministre, l’honorable M.Gouin.Elles demandent : i° d’ajouter aux primes de $15 et de $20 déjà accordées, une prime de $10 pour celles qui sont dans renseignement depuis dix ans; 20 une rente viagère de $25 pour celles qui seront admises à leur retraite après au moins vingt ans de service actif.La réalisation de ees desirèdata donnerait un élan vigoureux à l’Instruction publique en retenant dans l’enseignement ceux et celles qui en ont la vocation.C.J.MAGNAN.L’alphabet français Avant donc que d’écrire,.apprenez l’A B C (Pour L’Enseignement Primaire) Homieur aux lettrés de langue française qui n’ont que faire de cet avis de La Palice !.C’est presque merveille d’en rencontrer aujourd’hui.Dans ^appellation des lettres, en effet, un grand nombre de littérateurs modernes — écrivains, journalistes, professeurs, grammairiens, lexicographes — prouvent incontestablement une ignorance phénoménale de l’alphabet français.Le nom et le genre des lettres,, l’épellation vulgaire et l’épellation phonétique, c’est évidemment de l’hébreu pour Larousse, Larive et Fleury, Claude Augé, Da Costa, et cent autres auteurs contemporains- Puissent les lettrés de demain ne pas mériter l’humiliante leçon que — bien tard, hélas ! — reçoivent nombre de leurs devanciers d’aujourd’hui, dans ce conseil à la Boileau : Avant donc que d’écrire, apprenez l’A B C ! (1) Nul doute que, le cas échéant, le gouvernement étendrait ses faveurs aux instituteurs comme aux institutrices. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 261 Que sur la tombe de tout littérateur français du XXe siècle on puisse dire en toute vérité : Il savait son alphabet ! Des deux épellations actuellement en usage, il est loisible à tout homme instruit de choisir celle qu’il' préfère.Sur cent auteurs, vingt-cinq, environ, conservent intacte la bonne vieille épellation vulgaire.Tels sont, entre autres, les lexicographes Bécherelle et Vorepierre, les grammairiens J.-B.Pacaud, S.J., et F- J., des Ecoles chrétiennes.Quant à l’épellation moderne, elle n’a, proportionnellement, que cinq ou six adeptes infaillibles, tels que A.Lemaire (1) L’épellation vulgaire a pour but spécial d’indiquer l’orthographe des mots, indépendamment de leur prononciation- Dans F usage courant, elle est sfeule vraiment pratique, indispensable même.Elle ne prête jamais à équivoque, donnant à chaque lettre ou mot sa physionomie propre.Elle nomme respectivement les, lettres de l’alphabet : â, bé, cé, dé, é, effe, gé, ache, i, ji, kâ, elle, emme, enne, ô, pé, ku, erre, esse, té, u, vé, double vé, ixe, i grec, zède.Seules, les consonnes F, H, L, M, N, R, S sont du féminin, invariablement.L'épellation phonétique, ou moderne, dite de Port-Royal, n’est autre que celle de la sténographie Duployé.Elle en a toutes l'es lettres- Comme son nom l’indique, elle consiste à faire entendre les sons, la prononciation des mots, sans égard à leur orthographe.Phonétiquement, tous les homophones ont la même épellation.Ainsi, pour chacun des douze mots : sain, sains, saint, saints, sein, seins, seing, seings, ceins, ceint, ceints, cinq (mots), on doit dire: Se-in : sin, absolument comme en sténographie.D’après ce système, les seules lettres alphabétiques, toutes! du masculin, se nomment respectivement: a, be, ke, de, e, fe, gue, he, i, je, ke, le, me, ne, o, pe, ke, re, se, te, u, ve, ve, kse, i, ze.Essentielle à la sténographie, cette épellation est excellente pour apprendre les éléments de la lecture.Dans l’usage courant, elle n’a, pour ainsi dire, pas d’utilité pratique (2).Elle est d’ailleurs amphigourique, baroque même, dans une foule de cas.Il serait vraiment drôle de dire, par exemple: lès Rayons KSE; les inconnues Kse, i,ze ; les noms terminés par se, kse, ze.Mais, se demande-t-on, peut-être, quelle épellation suivent donc les auteurs précités, et en quoi leur épellation est-elle fautive ?(1) L’auteur ne vise pas ici les méthodes de lectures élémentaires.Il parle uniquement de l’épellation orthographique.C.-J.M.(2) En effet, les partisans de l’épellation phonétique, au Canada, n’ont jamais recommandé F épellation phonétique autrement que pour apprendre à lire aux jeunes enfants.Dès que les enfants savent lire couramment, on revient à l’ancienne épellation, l’épellation orthographique.CI- M. 2 62 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE i° Larousse, Larive et Fleury, Claude Augé, Da Costa, et la plupart des amateurs du système moderne, ne suivent réellement aucune des.deux épellations seules admises.Le système qu’ils ont forgé — inconsciemment sans doute — peut logiquement s’appeler : épellation galimatias.2° Cette épellation est principalement fautive en ce qu’elle confond les lettres phonétiques fe, he, le, me, ne, re, se, dont le nom masculin commence par une consonne, comme glaive, avec les lettres de ^alphabet vulgaire : effe, ache, elle, emme, enne, erre, esse, dont le nom féminin commence par une voyelle, comme épée.Dans l’un quelconque des Dictionnaires Larousse — disons, le moyen — qu’on se donne la peine d’analyser avec soin les articles F, H, L, M, N, R, S.Il sera facile de constater que c’est du charabia alphabétique- A ces indications, que tout le monde peut vérifier, qu’il1 suffise d’ajouter cet échantillon de Larive et Fleury.C’est un magnifique spécimen de l’épellation à la mode, en ce siècle de lumière: Un ancien s, l’s, ce s, cet s, dJs, final, l’h muet, l’h aspiré.L’une et l’autre épellation donnent respectivement : i ° Un ancien se, l’se, ce se, cet se, d’se final, Vhe muet, l’he aspiré; 2° Un ancien esse, fesse, ce esse, cet esse, déesse final, Vache muet, l’hache aspiré.On peut s’étonner, à bon droit, qu’une grammaire, réputée savante, contienne un tel gâchis de genres et de noms.Les ouvrages traitant de la langue française ne se comptent plus.Si l’on abandonnait tous les auteurs qui ont fait naufrage dans l’épellation, Rari nantes.serait le nombre exact des survivants.F.B.Ecole d’Agriculture, Oka.Le secret de la science (Pour L’Enseignement Primaire) Cet article est écrit exclusivement à l’intention des mortels privilégiés qui ont eu l’indicible bonheur de faire quelque découverte, de partager plus ou moins les émotions d’un Archimède ou d’un Christophe Colomb, de voir briller, après une longue nuit de recherches, les rayons dorés d’un soleil d’Austerlitz : les profanes ne me comprendraient pas.J’apporte donc au monde —¦ qu’on me pardonne cette brèche à la modestie — un grand secret: le secret de la science.Lorsque je l’eus trouvé, je passai naturellement par toute la série classique des transports permis à quelqu’un qui vient d’enrichir l’humanité d’une nouvelle source de lumière; mais quand mon enthousiasme se fut refroidi, je m’aperçus que ma découverte pourrait bien n’être pas tout à fait.- neuve.Et cette conviction que je redoutais n’a fait L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 263 que s’accentuer de jour en jour au point de me causer quelque perplexité; peut-être aurai-je l’air d’un naïf en voulant révéler à mes contemporains ce qu’aucun d’eux n’ignore.Néammoins cette considération intéressée ne me découragera pas: le mot naïf a une étymologie si belle, et mon sujet entre si bien dans la catégorie de ceux qui sont toujours nouveaux ou susceptibles d’être rajeunis ! Rien ne pèse autant qu’un secret: aussi, je vais vous dire le mien tout de suite, afin de ne pas vous en priver plus longtemps : LE secret de EA science, c’est le travail.Rien que cela; ni plus ni moins; avouez que c’est extrêmement simple, et que tout le monde pourrait en trouver autant.Je ne soutiendrai pas le contraire.Entendons-nous bien cependant.Le travail que j’ai en vue n’est pas un travail quelconque; c’est un travail constant, persévérant malgré les obstacles et les difficultés, poursuivi jusqu’au dernier jour avec la même ardeur, la même activité, la même soif de s&voir, le même idéal noble et pur, le même but : se rapprocher de Dieu et procurer sa gloire- Constatons franchement que notre époque ne l’entend pas ainsi.Toute son ambition est d’abréger le temps de l'étude, de créer des chemins de traverse et d’arriver au sommet d’un seul bond.Je ne suis pas d’avis qu’il faille hérisser d’épines et de buissons les chemins de la science; mais peut-être n’est-on plus assez fort pour se prendre corps à corps avec la difficulté ; on la tourne : pour l’écolier moderne, tous les chemins raboteux sont aplanis, toutes les voies tortueuses redressées ; il faut un élévateur à la moindre taupinière ; le plus minuscule Caucase a ses tunnels.On invente des procédés nouveaux de “chauffage” ; la mnémotechnie fait des prodiges; telle science s’apprend en cinq ou dix leçons ; telle langue en douze ou quinze ; en trois ou quatre ans on fait son cours complet ; on s’en vante comme d’une merveille et bon jette bien loin tous ses livres.Si au moins on n’affichait pas trop sa suffisance ; mais non, on veut poser: tel se croit fort en chimie parce qu’il a respiré le gaz hilarant, vu tourner au rouge la teinture de tournesol, admiré la combustion du phosphore dans l’oxigène; tel autre se croit une personnalité littéraire pour avoir aligné quelques) alexandrins plus ou moins boiteux ou chanté un clair de lune en soupirs lamartiniens.Est-ce là le secret de la science ?Le connaissons-nous, nous, qui par devoir d’état, devons être des “étudiants perpétuels” ?Savons-nous, après les sages délassements nécessités par un rude labeur, soustraire au moins quelques instants à des lenteurs' habituelles, à des conversations inutiles, à mille bagatelles, pour faire trêve au bruit du dehors, réparer les forces de notre esprit, aller “un peu plus profond dans la vérité” ?Connaissons-nous ces délicieux moments de solitude, où l’âme Secoue au vent du soir la poussière du jour, ou l’être entier se recueille pour se prêter au mystérieux travail que Dieu opère dans l’intelligence et dans le cœur?C’est l’oasis rafraîchissant après une lourde chaleur de la journée, le jardin enchanté où l’œil découvre des fleurs dé- 264 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE licates et embaumées : fleurs d’or, fleurs d’argent, fleurs d’azur et de pourpre : et au-dessus, le ciel semé d’étoiles d’or dans lesquelles on croit entrevoir comme le sourire de Dieu.Voilà le secret de la science.Pour en jouir, il faut un idéal très noble, une âme élevée, une volonté forte.Les obstacles se dressent stur la route, mais rien ne résiste à celui qui veut vivre d’une “vie pleine et entière”, et la “poser comme une offrande et comme une force” pour l’extension du règne de Dieu- Cela nous amène à dire quelques mots sur l’idéal que nous devons poursuivre dans l’acquisition de la science, (à suivre) Ere.P.GONZALES.Valeur pédagogique de la punition et de la récompense “La première loi de l’ordre est de ne pas commettre de fautes, nous dit Platon; la seconde, d’expier la faute qui est commise: l’impunité-estRpour le coupable le plus grand des maux.” Mais si bien établie que soit la discipline d’une école, il arrive souvent' que même les élèves les meilleures enfreignent la règle ; c’est une leçon mal apprise, c’est un devoir manqué sans raison ; c’est un entêtement, c’est quelquefois une agression injuste contre une compagne, tous manquements qui demandent une répression.Quelle siéra donc notre conduite envers un enfant que nous trouverons en faute ?i° Cela dépend évidemment de la gravité de la faute; mais, nous dit Fénelon (1), “souvent il faut tolérer des choses qui auraient besoin d’être corrigées, et attendre le moment où l’esprit de l’enfant sera disposé à profiter de la correction- Ne le reprenez jamais, ni dans son premier mouvement, ni dans le vôtre.Si vous le faites dans le vôtre, il s’aperçoit que vous agissez par humeur et par promptitude, et non par raison et par amitié; vous perdez sans ressource votre autorité.Si vous le reprenez dans son premier mouvement, il n’a pas l’esprit asâez Libre pour avouer sa faute, pour vaincre sa passion, et pour sentir l’importance de vos avis; c’est même exposer l’enfant à perdre le respect qu’il vous doit.” En effet, les enfants devinent bien vite la maîtresse qui se làisse ailler à son humeur.Notre but est d’amener le retour moral ; or, comment y arriverons-nous, si nous cédons à la vivacité, si nous laissons croire aux enfants! qu’il y a des temps, des heures, des manières, pour nous gagner.Notre grande mission est d’amender les caractères non seulement pour l’école, mais pour l’au-delà de l’école.Quand ce sont des fautes légères, pardonnons avec douceur et patience ; que nos élèves sentent que notre conduite est fondée sur la charité et la raison.( 1 ) Education de's filles, ch.v. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 205 Nous devons punir le plus rarement possible et ne pas punir toutes les fautes, il y en a même que nous devons laisser passer sans faire semblant de les voir, les punitions trop fréquentes ne feraient plus d’impression, les enfants seraient portées à dire: “Notre maîtresse n’est jamais contente, elle gronde toujours-” Entre la voie de la persuasion et la punition il y a un intermédiaire puissant, la réprimande.Souvent lé chagrin causé par la remontrance suffit pour faire sentir à l’enfant qu’elle a fait mal, et quand elle s’aperçoit que ses sentiments ont été ménagés, elle est toute reconnaissante, touchée même, et son cœur S’ouvre à la persuasion.Non seulement nous devons éviter l’amertume de la punition, et avertir avant de sévir, mais nous devons encore pressentir certaines infractions.Il y a des enfants qui apparemment sont soumises à la règle, rien de sérieux ne contriste leur maîtresse; elles se garderaient même de lui désobéir, leur affection pour elle est vive; l’amour-propre écarte leurs écarts.Cependant, il y a des heures où ces écolières se drapent du manteau de l’indifférence; elles ne s’affligent de rien, leurs sentiments, sont aussi froids que leurs pensées, elles changent d’attitude, on ne sait pourquoi ! Tousl ces indices sont autant de moyens qui permettront à une maîtresse vigilante de pressentir avec bienveillance et habileté où ce relâchement conduira ces pauvres enfants ! 4" 20 Notre conduite vis-à-vis d’un enfant que nous trouvons en faute ne dépend pas seulement de la gravité de la faufe, elle dépend encore du caractère de l’enfant que nous voulons amender, du défaut que nous voulons déraciner, c’est là véritablement que se fait l’œuvre die l’éducation.C’est dans les replis et les profondeurs de la nature de l’enfant que “gît l’obstacle, comme aussi les ressources” pour ^éducation, nous dit Mgr Du-panloup.f II y a des enfants qui doivent être reprises en public, d’autres, en particulier, cela dépend de la faute commise.Pour les unes c’est la douceur qu’il faudra employer; pour d’autres, au contraire, il faudra se montrer plus ferme-Il n’y a rien où il ne faille plus de diversité ; nous nousi arrêterons au naturel que nous rencontrons le plus généralement dans nos écoles.Les défauts des enfants ont souvent pour fondement une qualité qui peut devenir précieuse.Sauf rares exceptions,, posbns en principe que la force est odieuse à fl enfant en général.Le trait caractéristique du cœur est de ne se laisser vaincre que par la douceur.“La force ne fonde rien”, a dit Napoléon; si elle est efficace dans les choses physiques, elle réussit rarement en éducation- L’expérience nous prouve bien souvent qu’avec les natures vives et sensibles, nous devons nous montrer fermes et indulgentes, jamais dures; la dureté brise mais n’améliore pas.Une parole, le ton de notre voix, un geste, un regard seul suffit le plus souvent pour que ces natures nous comprennent et nous obéissent.Mal avisées seraient les éducatrices qui comprimeraient, par une trop grande sévérité, ces naturels qui ne déguisent aucun défaut, ces na- 266 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE tures qui se montrent au grand jour: elles engendrent une soumission apparente, et le jour où cette contrainte ne pèsera plus sur l'a conduite de leurs élèves, la détente sera fatale.Le défaut! qu’elles voulaient corriger dans telle ou telle enfant reparaîtra avec toute la force, d’une réaction habilement conçue et ménagée.Oui, devant une trop grande sévérité, l’enfant se replie sur elle-même, sa volonté se brise et s’atrophie, son intelligence se trouble, sa sensibilité se déprave, l’enfant coupable n’est pas ramenée dans la voie du devoir et la punition n’a aucune valeur pédagogique.Si nous nous trouvons en présence d’enfants molles et paresseuses, avant de punir, essayons de les captiver, donnons-leur les motifs des efforts que nous exigeons d’elles, développons en elles avec discernement, le besoin de curiosité et d’activité cérébrale.Cherchons si cett;e incapacité à l’effort soutenu d’attention ne dépend pas “d’une maladie formelle, du moins d’une nutrition ralentie, d’un fonctionnement languissant du cerveau” (i).Il y a un cas cependant où la punition est fort à sa place.— C’est dans l’obstination.Quand un enfant refuse d’abord de faire telle ou telle action, il est ordinairement mauvais de l’y contraindre, l’enfant s’obstine et c’est bien rare qu’elle se soumette- Après un premier avertissement bien maternel, infligeons une punition, mais n’exigeons pas ensuite que l’enfant exécute l’acte qu’elle avait refusé d’exécuter.Dans ce cas ne parlez plùs du point contesté, vous avez sauvé votre dignité sans blesser celle de l’enfant.Quelle que soit la faute que nous désirons atteindre, quel que soit le défaut que nous voulons déraciner, tous les moyens que nous employons doivent tendre à l’amendement moral de h enfant, voilà toute la valeur pédagogique de la punition.Si la punition est utile dans certains cas pour ramener l’enfant à son devoir, la récompense l’est aussi pour l’aider à persévérer et l’exciter au travail & La récompense la meilleure peut-être de toutes, c’est l’éloge.L’éloge n’est pas seulement légitime et permis, il est une justice, il est dû, il fait vibrer le sentiment de l’honneur sans éveiller aucune idée d’intérêt.Pour conserver à l’éloge sa valeur pédagogique, il doit être donné avec mesure- “ Bien décerner l’éloge, nous dit Mgr Dupanloup (2), c’est susciter le courage, la confiance, l’ardeur.C’est un point d’appui qu’il est impossible de négliger dans l’éducation.” Un autre principe d’action qui maintient l’ordre et excite l’enfant au travail, c’est l’émulation.Certains pédagogues condamnent l’émulation qui.disent-ils, engendre l’envie, la rivalité jalouse.L’enfant ne peut être entraîné au travail par une seule idée du devoir à accomplir, ses instincts personnels ont besoin d’être en jeu.“ L’émulation n’est pas précisément l’envie de faire le mieux qu’il est (1) Dr Fleury : Le corps et l’âme de l’enfant.(2) De la haute éducation intellectuelle, t.II, liv.VI, ch.IV. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 267 possible, expliquait Diderot; ce serait une vertu pure; mais elle est l’envie de faire mieux que les autres, ce qui tient de la vanfüé.Malgré ce côté défectueux, elle n’en est pas moins la source desi plus belles actions dans la société.La supériorité est un goût général- Le plaisir le plus actif est celui de la gloire.” Les bons points, les places de compositions, les inscriptions au tableau d’honneur, les décorations slont en usage dans un grand nombre de nos écoles libres.Toutes ces récompenses sont bonnes et doivent être utilisées par tous les éducateurs.Certainement il serait préférable de beaucoup de ne faire appel’ qu’au sentiment du devoir pour obtenir la discipline scolaire, ce serait l’idéal.On n’y atteint paSu —< Contentons-nous d’y tendre, d’y aspirer en développant chez nos élèves une moralité pure et élevée, une conscience plus affermie, une volonté plus forte, et nos récompenses auront toute la valeur pédagogique que nous attendons d’elles.Que cette belle maxime de Mgr Dupanloup soit désormais notre divise : “Avec les enfants l’indulgence est toujours plus près de la justice que la sévérité- ” A.VAGNER.Echos du Cinquantenaire de L’Ecole normale Laval Discours de l’honorable P.-B.de la Bruère Prononcé à la séance académique de clôture ^'n présence d’un nombreux auditoire.Son Excellence le Gouverneur-général et Lady Grey, Son Honneur le Lieutenant-gouverneur et Lady Jetté, S.G.Mgr L.-N.Bégin, l’honorable L.Gouin, Premier Ministre et Mgr Rouleau sont présents Excellence, Votre Honneur, Mes seigneurs, Mesdames et Messieurs, 26 septembre 1907.Invité par le comité du cinquantenaire à dore par quelques mots cette séance solennelle^ je ne puis qu’exprimer ma reconnaissance pour l’honneur qu’on m’a fait et dire la joie bien douce que j’ai éprouvée en prenant part à la fête inoubliable de ce grand jour.J’éprouvais des sentiments pareils au mois de juin dernier lorsque j’assistais à la célébration du cinquantenaire de la fondation de l’Ecole normale Jacques-Cartier.On peut le dire avec certitude de Québec et de Montréal, les noces d’or de nos deux importantes institutions formeront désormais l’une des pages les plus réconfortantes de l’histoire de l’Instruction publique en notre Province.Les anciens élèves de l’Ecole normale Laval accourus auprès de leur Alma Mater 268 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE méritent les plus chaleureuses félicitations sur le succès de cette fête.Le vénérable M.Rouleau et les membres du comité ont été à la hauteur de la mission qui leur avait été confiée d’organiser cette belle démonstration.L’office pontifical de ce matin, l’éloquent sermon qui y fut prononcé, le magnifique banquet et cette brillante assemblée de personnages de haute distinction heureux de rendre hommage au passé de l’Ecole et aux travaux de ceux qui ont voué leur existence à l’instruotion de la jeunesse, tout cela rend témoignage à sa vitalité et aux services qu’elle a rendus au pays.Les paroles fort élogieuses que les orateurs qui m’ont précédé viennent de prononcer, seront désormais inscrites en caractères ineffaçables dans les archives de cette maison d’éducation, et je ne puis que joindre ma faible voix à ces accents émus pour louer le passé et le présent d’une institution si méritante.Les hommes d’élite que furent les Principaux de l’Ecole normale Laval et les professeurs instruits qui les aidèrent dans leur tâche et secondèrent leurs efforts, ne sauraient être oubliés en cette circonstance, car c’est à leur travail, à leur dévouement et à leur patriotisme que sont dus les succès de l’institution.Ils ont été à la peine, ils doivent être à l’honneur.Cette glorification rejaillit également sur l’antique monastère de la Vénérable Marie de l’Incarnation.Car depuis cinquante ans elles aussi, les religieuses Ursuln nés de Québec, ont, avec la compétence et le zèle qui les distinguent, enseigné aux élèves-maîtresses de l’Ecole normale Laval et aidé intelligemment à la formation pédagogique d’institutrices aussi vertueuses qu’instruites et dévouées à leur œuvre.A cette liste dels Principaux et des professeurs dont je n’ai pas besoin de mentionner les noms, car ils sont inscrits dans votre mémoire et vos coeurs qui savent apprécier leur mérite, doit s’ajouter celle Tes hommes publics qui, sous l’Union des deux Canada, prirent en main la cause de l’éducation et procédèrent par une législation intelligente à l’organisation de notre régime scolaire et à l’établissement des écoles normales.La période de temps qui s’écoula depuis 1845 à i860 fut dans le Bas-Canada une période d’enfantement pour l'instruction primaire.Lors de la fondation de nos deux écoles de pédagogie Laval et Jacques-Cartier, cette instruction était encore peu développée, car la loi de 1846 sur laquelle on comptait pour accélérer l’augmentation et le progrès- des écoles élémentaires, n’existait que depuis dix ans.Qu’il me soit permis de rappeler ici les noms des hommes marquants qui, à cette époque mouvementée de notre histoire, dévouèrent leur énergie à promouvoir l’instruction du peuple, tels que l’honorable D.-B.Viger, Sir Hyp.Lafontaine, Aug.-N.Morin, Sir Etienne Taché, Sir Geo.-E.Cartier, le docteur Meilleur, l’honorable Chauveau.Leur patriotisme intelligent et prévoyant du désir qu’ils avaient de voir ce petit peuple franco-canadien s’établir sur cette terre illustrée par les ancêtres, leur donnèrent une claire vision de l’avenir ; ils comprirent que par la diffuson dans toutes les classes de la société d’une instruction soignée, le peuple canadien-français finirait par sortir de ceti état d’isolement où ses ennemis avaient cherché à le maintenir, et que le commerce, l’agriculture et l’insdustrie lui réservaient des succès aussi brillants que ceux qui avait déjà trouvés dans les professions libérales.C’est donc vers île perfectionnement de renseignement primaire que s’orientèrent les efforts des esprits dirigeants et la fondation des écoles normales marqua une ère nouvelle pour le progrès de 1’instlruction.Ces écoles furent appuyées sur les idées si vénérables de patrie et de religion.Dès l’origine, ceux qui avaient été proposés à leur direction les organisèrent et les conduisirent conformément à notre mentalité et à nos besoins, et n’hésitèrent pas à le proclamer ouvertement, car, en Europe, au milieu du dernier siècle, l’indifférence religieuse se manifestait d’un manière inquiétante ; les adversaires du nom chrétien cherchaient à le battre en brèche ; on s’attaquait à la liberté d’enseignement et les efforts du radicalisme se concertaient pour s’emparer de la jeunesse et l’élever en dehors de toute idée religieuse.Tout le monde sait jusqu’où on a poussé depuis l'exécution de ce programme impie.Les Ecoles normales Laval et Jacques-Cartier adoptèrent toutes deux la même ligne de conduite, arborèrent les mêmes couleurs.M.le Principal Verreault, dans le discours qu’il prononça à l’inauguration de L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 269 l’Ecole normale Jacques-Cartier cita, pour mieux appuyer le programme qu’il venait d’énomcer les paroles mises en tète du prospectus de King’s College de Londres, à savoir que « tout système d’éducation dans un pays chrétien doit mettre la religion chrétienne au premier rang des études ; sans la science religieuse les autres sciences ne peuvent donner ni le bonheur à l’individu, ni à l’Etat la prospérité.» Cette citation me rappelle ce que disait dans un de nos collèges classiques Lord Elgin, ce gouverneur dont la mémoire est restée chère particulièrement aux Canadiens de langue l'rançaise parce que, mieux que ses prédécesseurs il avait compris nos justes demandes et nos aspirations si légitimes.« C’est dans l’ordre des idées éternelles.s’écria-t-il, qu’il faut aller chercher les principes qui doivent nous diriger dans la vie du temps.» M.le Principal Horan, à l’ouverture de l’Ecole normale Laval s’exprima dans le même sens que M.Verreau : « A la tête du programme des matières de notre enseignement, dit-il, se trouve à juste titre l’instruction religieuse.Les enseignements de l’histoire sont là pour nous dire toute l’importance de la religion comme base de toute éducation et pour nous convaincre que les principes d’une morale humaine, dépourvue de la sanction religieuse, sont impuissants à contenir les passions et à les empêcher de faire de déplorables écarts.s> C’est en s’inspirant de ces nobles principes que nos écoles normales ont formé des hommes qui se sont distingués soit dans renseignement, soit dans d’autres états de vie.Aussi pour l’avenir rien n’est plus important que de favoriser toutes les institutions de ce genre que nous avons aujourd’hui, en augmentant leurs moyens d’action et en fortifiant davantage les études des élèves.L’école dirigée par les instituteurs les plus compétents est la meilleure,, et le pays qui possède la meilleure école ne peut qu’acquérir la prédominance sur les autres.Messieurs les instituteurs qui m’écoutez,, laissez-moi vous dire que votre enseignement a été fécond, parce qu’il reposait sur un fondement solide.En cette occasion solennelle, je suis heureux de proclamer que vous avez rempli votre devoir avec zèle et efficacité et que vous avez fait honneur à votre Alma Mater.L’illustre évêque d’Angers, feu Mgr Freppel, disait un jour : « La plus grande faveur que Dieu puisse accorder à un homme, c’est de le faire naître d'une famille chrétienne ».Cette faveur, Messieurs les anciens élèves qui m’écoutez, vous l’avez eue.Grâce à la bonne formation qui fut donnée à vos jeunes ans, vous avez su correspondre aux vues de la Providence en consacrant à votre pays toute votre énergie et tous vos talents pour opérer le bien.Vous en êtes en ce jour bien récompensés en voyant venir ici pour offrir le témoignage de leur sympathie et de leur haute appréciation de votre conduite NN.SS.les archevêques et évêques de la Province civile de Québec avec nombre de membres du comité catholique du conseil de l’Instruction publique.Venus pour la session d’automne du comité, ces éminents prélats et laïques ont interrompu leurs délibérations afin de prendre part à la célébration du cinquantenaire de l’Ecole normale Laval.Son Honneur le Lieutenant-gouverneur de la Province, Sir Louis Jetté, profondément attaché à nos institutions, vous a fait également la gracieuseté de venir en personne s’unir à ses anciens collègues du Conseil de l’Instruction publique pour offrir à l’Ecole normale le témoignage de son dévouement.Cette institution ne pouvait orner sa couronne d’or de pierres plus précieuses, et, le dirai-je, le joyau le plus apparent du diadème de mérite qui repose sur son front n’est-ce pas la présence de Son Excellence, Lord Grey, représentant au Canada de Sa Majesté le Roi, qui, n’écoutant que sa bienveillance, a daigné accepter l’invitation qu’on lui a faite, afin de donner une preuve nouvelle de la sympathie qu’il porte à nos maisons d’éducation.Excellence, veuillez croire que votre présence au milieu de nous ce soir ajoute un grand éclat à la célébration des noces d’Or.Vous êtes ici au milieu d’une famille de langue française, profondément canadienne d’esprit et de cœur, et sincèrement attachée à sa forme de gouvernement comme au sol du pays.Je puis, comme Surintendant de l’Instruction publique, assurer votre Excellence que non seulement dans nos écoles normales, mais dans toutes les écoles de la Province nous savons enseigner à nos enfants l’amour du pays et leur inspirer la loyauté la plus parfaite envers la couronne 270 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE britannique.Cette loyauté chez le peuple canadien-français n’est pas seulement une affaire d’intérêt et de tranquilité que le vent des passions humaines peut altérer.Elle repose sur un principe, car la religion que nous professons nous fait un devoir d’être soumis à l’autorité légitime et, au besoin, de la défendre.Nous enseignons à nos enfants que s’ils veulent conserver leurs institutions, leur langue maternelle et tout ce qui constitue leur patrimoine national, ils ne sauraient mieux faire que de rester sous la puissante protection de l’Angleterre, car les plis glorieux de son drapeau ont l’ampleur voulue pour protéger toutes les races et toutes les nationalités qui composent son vaste empire.Je vous prie, Excellence, de vouloir bien agréer le sentiment de profonde reconnaissance de l’Ecole normale Laval pour le grand honneur que vous lui avez fait e» réhaussant par l’éclat de votre présence cette sympathique manifestation de ses anciens élèves.Maintenant, en terminant mes remarques, je forme des vœux pour que nos Ecoles normales continuent leur œuvre avec une persévérante énergie en burinant aux cœurs de leurs élèves des doctrines fortifiantes et en travaillant à leur formation morale et intellectuelle dans les grandes lignes des traditions chrétiennes et nationales.C’est là aussi l’œuvre que doivent accomplir les institutrices et les instituteurs de nos enfants.Un député du.corps législatif de France, Viviani, s’écriait l’an passé : « Nous avons arracaé la conscience humaine à la croyance de Tau delà.Ensemble, d’un geste magnifique, nous avons éteint dans le ciel des lumières qu’on ne rallume pas ».Blasphème de sectaire.Messieurs, il n’est pas en la puissance de l’homme de détruire l’œuvre du Tout Puissant, et la croyance à l’au delà est le fondement même de la société humaine.Des nuages sous le souffle des contempteurs du nom de Dieu peuvent un instant obscurcir les rayons du soleil de justice et faire croire à ces esprits dévoyés que les lumières célestes sont pour toujours disparues.Si présentement ces lumières ne semblent pas briller au firmament de la France, elles illuminent heureusement de leur douce clarté le ciel et la nation canadienne plus que jamais désireuse d’atteindre le sommet de ses glorieuses destinées.Adresse des anciennes élèves Présentée à la Révérende Mère Supérieure du Monastère des Ursulines au banquet offert par le Comité des fêtes aux anciennes élèves de l’Ecole normale Laval, Québec.Très Révérende Mère, Bien-aimées Mères directrices, Les belles fêtes des noces d’Or de notre Alma Mater nous offrent un charme de plus dans votre antique monastère.Quel moment solennel pour nous de voir s’ouvrir les grilles de ce séjour béni où, sous votre maternelle direction, nous coulâmes des jours si heureux.Notre cœur et notre âme sont pleins de la joie la plus vive, en nous voyant réunies, anciennes élèves de l’Ecole normale Laval, pour une agape fraternelle sous le regard de nos anciennes Mères directrices.Il nous souvient de toutes vos bontés, de votre inaltérable dévouement à notre égard.Nos chagrins et nos joies étaient les vôtres.C’est à la formation vertueuse et éclairée que nous avons reçue dans cette maison bénie, que nous devons le rang que nous occupons dans le monde, les unes, comme épouses et mères chrétiennes dévouées, les autres comme humbles institutrices de l’école primaire.Leur apostolat le plus souvent, sans consolation, a son mérite.Plusieurs de vos anciennes élèves-maîtresses se dévouent, depuis de longues années, à enseigner prosaïquement la lecture à de jeunes enfants turbulents et bien peu attentifs. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 271 ?La poésie tombe en présence d’un alphabet qu’il faut apprendre à épeler.Le désir de procurer la gloire de Dieu et le bien des âmes, les soutient dans leur obscur labeur.Sauver les âmes en régentant une classe de grammaire, en expliquant une règle d’arithmétique, en dirigeant la main inexpérimentée d’un jeune élève dans la formation des lettres d’écriture, tout cela peut constituer un grand mérite, mais la satisfaction est minime et peu fascinante, et pour remplir ce rôle pendant de longues années il faut un grand courage et beaucoup d’abnégation.Plusieurs de vos anciennes élèves se dévouent ainsi dans l’isolement sous l’œil de Dieu qui saura bien les payer au centuple de leur dévouement envers ces petits enfants qu’il aimait tant à caresser pendant son séjour terrestre, Ne leur a-t-Il pas promis le ciel ainsi qu’à ceux qui leur ressemblent ?Votre illustre Fondatrice, la Révérende Mère Marie de l’Incarnation, la grande éducatrice de l’enfance et l’Apôtre du Sacré Cœur au Canada est notre modèle dans le noble apostolat de l’enseignement.Jésus a aussi choisi un bon nombre de ses épouses parmi vos normaliennes, pour ses différentes communautés où, à votre exemple, se faisant toutes à tous, elles gagnent des âmes à Jésus-Christ.Et la Divine Providence n’a-t-elle pas voulu donner un nouvel éclat à la fête de ce jour, en plaçant à la tête de cette maison vénérée une élève distinguée de l’Ecole normale Laval.N’est-ce pas, Mères bien-aimées, qu’il vous est doux de revoir en nous, ces élèves d’autrefois que vous avez façonnées pour la vertu, comme le sculpteur s’applique à ciseler ses statues dont il voudrait faire des chefs-d’œuvre.Comme il jouit, quand le succès couronne son œuvre.Cette jouissance, ne la goûtez-vous pas, chères Mères directrices, en ce jour si mémorable des noces d’Or de l’Ecole normale Laval, confiée à votre sage direction pour la section des élèves-maîtresses.Aujourd’hui, c’est la fête du souvenir.Aussi nous nous souvenons de ces mères bien-aimées, directrices dévouées que Jésus a fait passer de cette vallée du combat et de larmes à celle du repos éernel.J’ai nommé les Rvdes Mères Ste-Scholastique, Ste-Catherine, Ste-Antoinette enlevées à l’affection de leurs anciennes élèves.Nous offrons à Dieu nos regrets de ne pas les voir au milieu de nous, en ce jour de fête.Nous nous souvenons aussi de nos chères compagnes disparues.Que Jésus les console dans son beau paradis où, nous en avons la douce conviction, avec nos chères mères directrices elles chantent avec nous l’hymne de l’action de grâces, le Te Deum.Là-haut, nous nous retrouverons pour nous aimer encore à la façon du ciel.A la cordiale bienvenue que vous nous offrez, nous vous prions de bien vouloir agréer, Très Révérende Mère Supérieure, Bien aimées Mères directrices, Avec l’hommage de notre profond respect, l’expression de la plus sincère gratitude.MARIE7LOUISE PEPIN, ancienne élève.I/’enseignement intuitif dans les écoles canadiennes (1) Le Journal de l’Instruction publique (ancienne série) a publié les études et articles dont voici la liste : 1857 :—De l’utilité des Leçons de choses.1858 :—De l’utilité des exemples familiers et de l’emploi des exemples sensibles dans l’enseignement.« On a signalé bien des fois les inconvénients d’un enseignement purement abstrait ; on a dit combien il fait peu d’impression sur l’esprit des jeunes élèves, tandis que les exemples familiers et les moyens sensibles, en frappant les regards, saisissent L’esprit et donnent une notion précise des choses que le langage de la théorie laisse souvent dans le vague.» Second volume (1858), p.134.(1) Voir L’Enseignement Primaire de décembreiqoy, p.195. 2/2 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 1859 :—Petites leçons de choses sur un.chapeau, p.78.1860 —De la manière d’instruire les enfants en leur faisant trouver des choses, pp.94, ni — Leçons sur le lever et le coucher du soleil, p.m.1866 :—Exercices d’intuition et de langage.« C’est l’intuition qui fournit à l’enfant ses premières occasions d’appliquer et de développer son intelligence et en même temps ses premières idées, celles qui serviront de prémisses à toutes ses connaissances.Ces données de l’intuition ne manquent jamais entièrement, parce qu’elles résultent de la vie même ; mais nos notions intuitives peuvent être superficielles et fugitives, inexactes et incomplètes, vagues et mal ordonnées ; il importe donc que l’éducation réalise pour l’enfance cette première source de savoir, et donne ainsi à tout enseignement une base à la fois large et solide.» p.43.Intuition des nombres et calcul de tête.« Puisque l’enfant acquiert tout d’abord l’idée de chaque nombre, puisque cette idée ne peut lui être fournie que par le témoignage de ses sens, il faut commencer par lui faire compter des objets exposés à sa vue.» p.140.(A suivre) Beauté de l’enfance chrétienne Rien n’est plus beau, clans les enfants, que leur candeur.Elle est le plus riche apanage de leur âge, et la sublime expression de leur innocence.C’est elle qui les rend si souverainement et si irrésistiblement aimables, en mettant dans les yeux, en répandant sur leurs traits, les douces lueurs de la sainte ignorance de leur âme.Elle impose le respect et ouvre le cœur, comme le calme et la sainteté d’un sanctuaire : c’est qu’en effet elle révèle la présence de Dieu.Les enfants possèdent l’intégrité de la nature régénérée, — s’ils n’en possèdent pas encore la plénitude et la perfection, — parce qu’ils conservent dans leur intégrité les dons divins : ils sont “irrépréhensibles” et innocents.Leur innocence est faite surtout d’ignorance ; ils ne connaissent pas toutes ces “inventions de la raison”, qui mettent sur le front de l’homme une marque d’honneur, mais trop souvent aussi un stigmate de honte.C’esft là l’état dans lequel l’homme a été créé, ef en nous attachant à nous y maintenir ou à nous y établir, nous retournons à nos origines divines, ou nous nous élevons, plutôt, à cette humanité supérieure, “créée de Dieu dans la justice et la sainteté”.(Le Rosaire), Fr.M.DOMINIQUE L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 273 I/BCOEB NORMALE LAVAL G) ii.Principes qui ont présidé à sa fondation.Les écoles normales du Bas-Canada sont absolument confessionnelles.Elles furent la conséquence logique de la loi de 1846 qui accordait respectivement aux catholiques et aux protestants une organisation scolaire parfaitement séparée.On sait que cette loi de 1846 faisait cesser le régime des écoles mixtes ou plutôt neutres qu’un gouvernement mal inspiré avait imposé aux Canadiens français depuis le commencement du dix-neuvième siècle.Elle rendait enfin justice aux catholiques, assurait aux protestants pleine et entière liberté.Voilà pourquoi les évêques catholiques du temps saluèrent cette loi avec bonheur.Aussi le premier concile de Québec (2), dans le but de prévenir à jamais l’école normale neutre, formula-t-il le vœu que le gouvernement établît des écoles normales qui formassent des maîtres de saines doctrines et de bonnes mœurs.Voilà pourquoi M.Chauveau s’entendit avec les évêques de Québec et de Montréal pour fixer les conditions dans lesquelles les écoles normales catholiques devaient être organisées.Des prêtres désignés par l’Ordinaire furent placés à la tête de ces écoles et ce n’est qu'avec la permission de l’Evêque de Québec que les Ursulines reçurent les élèves-maîtresses.Oh sait que Mgr Bourget, qui assistait à l’inauguration de l’Ecole normale Jacques-Cartier, approuva hautement la création de cette maison ; et il y a un instant, je rappelais les paroles prononcées par Mgr l’Administrateur de Québec le 12 mai 1857 (3).En donnant des écoles normales confessionnelles au Bas-Canada, en 1857, le gouvernement, par son représentant officiel, le Surintendant de l’Instruction publique, allait donc au devant des désirs des évêques.Et en mettant un prêtre désigné par l’Ordinaire à la tête de ces maisons, l’Etat prouvait son entière bonne foi.Cette bonne foi n’a jamais été violée depuis un demi-siècle.On l’a constaté avec bonheur, l’administration actuelle, en établissant récemment des écoles normales de filles à Rimouski et à Chicoutimi, respecta la convention de 1857, sans laquelle, certainement, les évêques Turgeon et Bourget n’auraient pas consenti à accorder leur patronage aux écoles normales.Qu’on veuille bien .remarquer qu’il n’y a aucune parité entre la situation faite autrefois aux aumôniers dans les lycées de France, et celle des principaux ou directeurs de nos écoles normales catholiques.Les aumôniers français étaient de simples chapelains dans des institutions neutres où ils exerçaient leur ministère pour les élèves qui voulaient bien y avoir recours.Ces aumôniers n’avaient aucune autorité dans la maison : c’étaient des adjoints, voilà tout.(1) Voir L'Enseignement Primaire de novembre et de décembre 1007.(2) Cone.Queb.Prov.I (185l'y (3) Voir l’éloge de M.Chauveau par S.G.Mgr Bourget : discours prononcé lors de 1 inauguration de 1 Ecole normale Jacques-Cartier, le Journal de l'Instruction publique, Vol.I, p.61.1 2 3 Voir aussi le discours de Mgr Baillargeon dans le même journal, Vol, I, p.102.2 274 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Les prêtres qui remplissent la charge de Principaux dans les écoles normales catholiques de la Province de Québec, sont directeurs d’institutions absolument catholiques de par la loi.Ce sont eux qui gouvernent : le personnel tout entier de la maison leur est subordonné.De plus, tous les élèves qu’ils ont à former sont catholiques pratiquants, s’ils ne l’étaient pas la loi ne permettrait pas de les admettre (i).Autant l’aumônier du lycée avait un rôle effacé à jouer, autant le principal de l’école normale canadienne remplit une fonction souveraine, dans les limites de ses attributions.Les principes qui ont guidé les fondateurs de nos écoles normales étaient donc sains.M.Chauveau n’établit ces maisons que sur les conseils des évêques et avec leur concours.Ses sources d’inspiration étaient bien catholiques et bien canadiennes.D’ailleurs, ce qui se faisait en France depuis 1830 dans le domaine de l’enseignement était de nature à aider les catholiques du Canada.En effet, c’est en 1830 que les catholiques français réussirent à obtenir la liberté de l’enseignement primaire : on vit alors la France se couvrir d’écoles religieuses ; un peu plus tard, en 1850, la liberté de l’enseignement secondaire ouvre à la jeunesse de notre ancienne mère-patrie des collèges où leur foi put se conserver et se fortifier.Vers la même époque, M.Villemaini, ministre de l’Instruction publique sous Louis-Philippe, prononçait le discours célèbre où il s’écriait : « Une école sans croyance et sans cultes n’est pas croyable, il est vrai, mais il faut pour l’homme public que l’essai n’en soit pas même possible.» Et Victor Hugo écrivait : « Il faudrait traîner devant les tribunaux les parents qui envoient leurs fils aux écoles sur les portes desquelles on écrit : Ici on ri enseigne pas la religion.» Puis, il est notoire que pas plus en 1857 qu’en 1907, les évêques canadiens n’au- • raient encouragé l’établissement d’écoles normales interlopes.Nos évêques n’ont-ils pas toujours été et ne sont-ils pas encore unanimes à placer l’instruction publique à base chrétienne au premier rang parmi les œuvres qui s’imposent à la sollicitude des catholiques.Chacun sait l'influence des milieux sur les choses de la nature.Chaque plante prospère dans le milieu qui lui est propre ou dépérit sous un autre climat.Il en est de même de l'enfant.Chez nous, dans notre catholique province, les petits Canadiens français grandissent aux seins des familles chrétiennes et apprennent là, sur les genoux de leur mère, à respecter des traditions ancestrales.Dans ces familles, le lien puissant qui sert à rattacher le passé au présent, c’est la belle langue française.En quittant cet atmosphère vivifiant et sain, l’enfant se rend à l’école primaire.Il importe que l’enfant retrouve dans ce nouveau milieu une direction telle que le dépôt sacré de la foi et de la langue soit conservé et augmenté dans son âme.Voilà pourquoi M.Chauveau en fondant des écoles monnaies séparées obéissait aussi au patriotisme le plus pur.Il voulait fournir aux écoles canadiennes des maîtres bien formés, capables d’instruire le peuple sur ses devoirs religieux et civiques et de le mettre en mesure de rivaliser avec les Anglais dans le commerce et les industries.Depuis leur origine, nos écoles normales se sont efforcées d’imprégner leur enseignement de tendances qui favorisent le développement du sentiment national en même temps qu’elles éveillent le sens pratique de la race.De tout temps l’école normale s’est fait un devoir, confor- (1) Pour être admis aux cours des écoles normales catholiques de la Province de Québec, il faut être pourvu d’un certificat de son curé.Voir le code scolaire, art.73, Règle.C.C., p.63. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 275 mément à la pensée de son fondateur, de convaincre ses élèves que les richesses naturelles du pays ne sont pas le lot d’un groupe privilégié, mais qu’elles appartiennent aussi aux Canadiens français.De là la nécessité de donner un enseignement primaire tel qu’il puisse orienter notre jeunesse vers l’agriculture payante, le commerce ou l’industrie.C.-J.MAGNAN.HYGIENE La digestion La digestion est une série de phénomènes qui ont pour but l’introduction des aliments dans notre appareil digestif et la transformation de ces aliments en matières assimilables.Le premier acte est la digestion buccale.Les aliments, introduits dans la bouche, sont divisés par les dents et imprégnés par la salive.Cette masse d’aliments, ainsi triturés et insalivés, est introduite dans l’estomac à travers un canal appelé l’œsophage.A leur entrée dans l’estomac, les aliments franchissent une soupape qui empêche leur retour en arrière.Cette soupape s’appelle valvule cardiaque.Le deuxième acte est la digestion stomacale.Dans l’estomac, la masse alimentaire est pétrie par les mouvements de cet organe et saturée d’un liquide appelé suc gastrique.La durée de la digestion stomacale varie selon les différentes espèces d’aliments.Après un séjour plus ou moins long dans l’estomac, la masse alimentaire, dans un état de digestion très avancée passe dans l’intestin en franchissant l’orifice pylorique.Cet orifice est aussi muni d’une soupape appelée valvule pylorique.Elle empêche le retour des aliments dans l’estomac.A son entrée dans l’intestin, la matière ainsi transformée s’appelle chyme.Le troisième acte est la digestion intestinale.Comme dans la bouche et dans l’estomac, la masse alimentaire, introduite dans l’intestin, est encore soumise à des mouvements qui facilitent son imprégnation par le liquide de l’intestin, appelé suc intestinal.C’est durant son séjour dans l’intestin que le chyme reçoit deux autres sucs qui terminent sa liquéfaction.C’est la bile qui vient du foie, et le suc pancréatique qui vient du pancréas.Ces deux sucs ont pour mission principale la digestion des corps gras.Après un certain séjour dans l’intestin et avoir été imprégnée par le suc pancréatique, la masse alimentaire prend le nom de chyle.Cette matière est alors prête pour l’absorption et l’assimilation.La digestion a une durée moyenne de trois à quatre heures.Dr J.-G.PARADIS.Décembre 1907. 276 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE DOCUMENTS SCOLAIRES De l’enseignement de i’arithmétique dans les classes élémentaires (Conférence donnée par M.l’inspecteur Rochon aux instituteurs et aux institutrices bilingues des comtés de Prescott et de Russell) Monsieur le Rédacteur, Je me rappelle qu’à Ottawa où j’ai eu l’avantage de vous entendre, notre congrès a adopté à l’unanimité une résolution demandant' à l’honorable Ministre de l’Education de placer U Enseignement Primaire sur la liste des divers livres qui devront former la bibliothèque qui doit être créée de par la loi, dans chacune des écoles bilingues de l’Ontario.Comme notre école n’a pas encore sa bibliothèque, je ne reçois pas encore votre excellente revue ; mais je présume’que l’honorable Pyne qui s’est montré si bien disposé à notre congrès, s’est rendu à notre légitime demande, et que les écoles bilingues de l’Ontario qui ont fait l’achat de leur bibliothèque, reçoivent L’Enseignement Primaire.C’est pourquoi je me permets de vous demander l’hospitalité pour la publication d’un résumé de la conférence donnée par Monsieur l’inspecteur Rochon aux instituteurs bilingues des comtés unis de Prescott et Russell, réunis en congrès à Plantagenet les 17 et 18 octobre 1907.E.S.Mesdames et Messieurs, Je viens aujourd’hui vous parler de l’enseignement de l’arithmétique dans les classes élémentaires.J’ai choisi ce sujet parce que, il est, à mon avis, celui dont renseignement est le moins efficace, si l’on considère le temps qu’on lui consacre et la somme de travail que l’on fait faire aux jeunes élèves.Les instituteurs, d’ailleurs, admettent volontiers que dans renseignement élémentaire de l’arithmétique, les progrès ne répondent pas généralement au travail et que la plupart des élèves apprennent à bien lire dans les deux langues avant d’apprendre, comme ils le devraient, les quatre règles simples.Parmi les raisons que l’on donnait pour expliquer le manque de succès dont on se plaint à bon droit, on disait que nous n’avions pas d’arithmétiques françaises adaptées à l’enseignement que l’on doit donner lorsque l’enfant peut se servir d’un auteur.Dans toutes les arithmétiques françaises de la province de Québec (et nous n’en avions pas d’autres), la partie didactique des quatre règles fondamentales est contraire aux principes de la pédagogie, et elle est est (c’est reconnu) parfaitement inutile et pour le\maître et pour l’élève.C’est pour faire disparaître cette objection que j’ai écrit une petite arithmétique française spécialement adaptée à l’enseignement des quatre opérations fondamentales.J’ai l’honneur de vous dire que cette petite arithmétique qui se détaille à 10 sous a été autorisée par le Conseil de l’Instruction publique de la province de Québec, qu’elle a été favorablement accueillie par le Ministre de l’Education de la province d’Ontario et qu’elle est actuellement en usage dans toutes les écoles bilingues où elle a pu se faire connaître.L’expérience que j’ai acquise au cours de mes visites dans les écoles, m’autorise à vous dire que la cause du mal n’est pas seulement le manque d’un bon auteur ; l’insuccès vient surtout de la conception fausse que les instituteurs ont de la science et de l’enseignement de l’arithmétique élémentaire.On applique mal cette définition que l’on trouve infailliblement en tête de toutes les arithmétiques françaises : l’arithmétique est la science des nombres.Partant de cette définition, l’instituteur s’efforce de faire apprendre à ses élèves le plus de nombres possibles.Dès que les élèves peuvent manier quelque peu ces chiffres qu’ils ont appris machinalement sans concevoir les quantités L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 277 qu’ils représentent, vitement on s’empresse de leur enseigner comment additionner plusieurs nombres, comment soustraire l’un de l’autre, etc., etc.Or Mesdames et Messieurs, un élève peut très bien connaître la manière d’ajouter plusieurs nombres ensemble, la manière de les soustraire et de les multiplier et ne posséder nullement la science de l’arithmétique.L’opération des nombres n’est pas la science, elle n'est que la voie qui y conduit.Tous ces exercices qui ont pour unique but d’enseigner la manière d’opérer, familiarisent l’élève avec les chiffres, ils l'habituent à compter vite et juste ; mais ils ne lui communiquent pas la science de l’arithmétique.La science des nombres implique la connaissance parfaite de la relation de ces nombres avec les choses, les objets qu’ils déterminent.De là, deux sortes d’enseignements parfaitement distincts qui ont des résultats absolument différents.L’un enseigne les nombres indépendamment des objets, comme : 3 + 2 = 5 ; c’est l’arithmétique pure et simple ; l’autre enseigne la relation des nombres avec les objets qu’ils déterminent comme : 2 pommes + 3 pommes = 5 pommes ; c’est l’arithmétique appliquée.(A suivre") CONGRÈS PÉDAGOGiaUE DE JOLIETTE (Résumé de tonférences (1) Conférence de M.H.Nansot (2) M.H.Nansot, inspecteur d’écoles, a parlé «du besoin d’activité chez les enfants et des moyens de concilier ce besoin avec les exigences de la discipline.» L’habile conférencier a fait voir ce que c’est que l’activité dont l’élève a besoin.Pour résumer en quelques mots nous dirons, avec le conférencier : « l’activité est la vertu ou la puissance de produire des actes.» Il faut donc que le maître s’ingénie constamment à faire produire à l’élève des actes non seulement physiques mais aussi des actes intellectuels et moraux, en étudiant toutes les matières, en les expliquant, les analysant, en les incorporant dans l’esprit, en déduisant les conséquences de ses actions.L'élève, à l’école, doit être occupé sans cesse.Ainsi il profite de tous les instants de la classe pour accomplir tous ses devoirs de bon écolier.Il s’instruit, meuble son esprit de connaissances utiles, fortifie son caractère, sa volonté au moyen de toutes ces choses acquises par l’étude, par la réflexion et découlant des explications du maître.L’élève dont l’activité est ainsi mise en jeu pendant toutes les heures de la classe ne songe pas, ne peut pas songer à enfreindre la discipline, troubler l’ordre de la classe.Il est tout entier à ses devoirs, à ses exercices, à ses études générales.Mais pour atteindre ce point ou ce but avec son élève, le maître doit être bien préparé^ non par une préparation éloignée, mais par une préparation prochaine, immédiate.Le maître doit savoir beaucoup plus que ce qu’il doit enseigner à son élève — qu’il ne soit jamais pris à court par ce dernier.Bien préparé, le maître ne peut manquer d’intéresser son élève, de lui inspirer l’amour de l’étude, le désir d’acquérir des connaissances, de développer son intelligence, de s’instruire enfin.Le savoir seul ne fait pas grand’chose, c’est le savoir-faire qu’il faut posséder ou acquérir.Le maître doit profiter de tout ce qu’il voit, de tout ce qu’il entend, et inculquer l'esprit d’observation chez les élèves, afin qu’ils tirent avantage de tout ce qu’ils voient et entendent.Le maître doit faire aimer l’école afin que l’élève, au sortir de l’instruc- (1) Reproduit de U Etoile du Nord, de Joliette.(2) Cette conférence de M.Nansot a déjà été publiée en entier dans L’Enseignement Primaire de novembre 1902, page 134. 278 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE tion, n’abandonne pas ses livres, ni l’étiude.Il faut que tous les exercices de lecture, d’écriture, de grammaire et d’arithmétique soient faits de manière à intéresser l’élève et à le faire aimer les leçons données.Conférence de M.C.A.Lefèvre (1) M.Lefèvre, professeur de dessin à l’Ecole normale Laval, a dit, dans deux conférences pleines d’intérêt, ce que doit être, à l’école primaire, renseignement du dessin.Le but que l’on doit se proposer d’etteindre, c’est l’observation de la part de l’élève— savoir voir et savoir faire, voilà à quoi se résume le dessin.L’étude de cette branche convient à tous, est utile à tous.Dans les pays les plus avancés en éducation, le dessin occupe une large place dans l’enseignement.On dépense des millions pour développer ces connaissances d’observation qui conduisent nécessairement à la compréhension de toutes les branches.Le conférencier fait, au tableau noir, des démonstrations qui font comprendre la facilité de l’étude et le but qu’elle se propose.Sa parole chaleureuse, éloquente même, a tenu l’auditoire en éveil pendant près de trois heures et l’a convaincu de l’utilité de l’enseignement du dessin, du but qu’il se propose, et de son efficacité à tous les points de vue.INAUGURATION OFFICIELLE DE L’ECOLE NORMALE DE CHICOUTIMI Nous reproduisons l’intéressant compte-rendu qui suit de La Semaine Religieuse de Québec du 7 décembre 1907 : « Nous avons eu le plaisir d’assister, le 27 novembre, à l’inauguration de l’Ecole normale récemment fondée à Chicoutimi pour la formation pédagogique des institutrices.Cette institution a été confiée à la direction des religieuses du Bon-Pasteur,' dont l’enseignement est si justement estimé.Ces Dames ont construit, sur les hauteurs qui dominent Chicoutimi, un très bel édifice en briques blanches, destiné à reînfermer leur pensionnat et l’Ecole normale elle-même.Très bien divisé et aménagé, cet édifice est remarquable aussi par l’abondance de lumière qui éclaire toutes les pièces de lai maison.Le mobilier des classes est très soigné.C’est le mercredi 27 novembre qu’a eu lieu l’inauguration officielle de la nouvelle institution pédagogique.La fête était présidée par S.G.Mgr Labrecque, et par l’honorable M.de LaBruère, surintendant de l’Instruction publique.Beaucoup de membres du clergé et toute l’élite de la société chicoutimienne assistaient à la séance littéraire et musicale donnée à cette occasion.Chant, musique instrumentale, littérature et débit, tout était de choix et fut rendu avec perfection.A la fin de la séance, M.l’abbé J.-E.Duchesne, le distingué principal de l’Ecole, présenta au Surintendant de l’Instruction publique une adresse remarquable de fond et de forme (2).M.de LaBruère fit une de ces réponses au ton si chrétien dont il est coutumier.Augurant les meilleurs résultats de la nouvelle institution pour cette intéressante région du Saguenay, et se réjouissant de la voir dirigée par des religieuses (ï) Cette conférence de M.Lefèvre a déjà été publiée en entier dans U Enseignement Primaire d’octobre 1901, page 99.(2) Cette adresse paraîtra dans la prochaine livraison.C.-J.M. iMfi M.l^abbé J.-E.Duchesne^ Premier Principal de l’Ecole normale de Chicoutimi vXfffy i&f* mm L’Ecole normale de Chicoutimi ÏWgS»?® wmm .ISS*?.8SSS sfâfêieBæsIls SS ¦vvvvX the cost of a share of gas stock of which the par value is $40.The brokerage is calculated on the par value; therefore the brokerage charge for buying is )4 % of $40, or $40 X 0.005 = $0.20.72.75 the brokerage $0.20 = $72-95, the net cost to me of 1 share of gas stock.$8960-y- $72.95 = 122 shares; surplus $60.10.53.A broker bought Government 6’s, par value $12300; his charge was $215-25; what was the rate of brokerage?Solution :—The brokerage $215.25, equals $12300, the par value, multiplied by the rate ; hence, the rate equals $215.25 divided by the par value $12300.$215.25 $12300 = $0.0175 = 1 3/4%.Ans.54- A broker buys for me 145 City bonds (par value $25) ; the brokerage was $54.37)4; what was the rate of brokerage?Solution:—$25 X 145 = $3625, par value of the 145 bonds.The brokerage $54.375, equals $3625, the par value, multiplied by the rate: hence the rate equals $54.375 divided by the par value $3625.$54-375 A- 3625 = 0.015 = iy2°7o.Ans- 55.My broker having purchased, according to order, 75 shares of Gas stock (par value $30), at $70.95, notifies me that the entire cost is $5332-5° what is the rate of brokerage ?Solution :—$70.95 X 75 == $532i-25, what the shares would have cost if there had been no brokerage- L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE _’C S s $5332.50 — $5321.25 = $11.25 tLe brokerage.$30 X 75 = $225°J tlle Par value.The brokerage, $11.25, equals the par value $2250 multiplied by the rate; hence the rate equals the brokerage $11.25 divided by the par value $2250 $11.25 -f- 2250 = 0.005 = >4%.Am.56.I send a broker in New York $23150, for which he buys, 256 shares in the American Cotton Co.; at 90 (par value $50), retaining the brokerage, and remitting a balance of $14; what is the rate of brokerage?Solution :—$231-50 — $14 = $23136, cost of shares brokerage included.$90 X 256 = $23040, cost of shares brokerage not included.23136 — $23040 = $96, brokerage.$50 X 256 = 12800, par value of the 256 shares.$96 -f- $12800 = 0.0075 = 3À%- Ans.J.AHERN I,EÇON DE CHOSES Histoire du papier (1) (Suite) Note.—Avant de commencer cette leçon, il est bon de faire, avec les élèves, un résumé des principaux points de la leçon précédente.M.—Comme nous Pavons dit, en terminant la première leçon sur le papier, les vieux tissus, usés, en un mot les chiffons forment la matière première du papier.Dans les villes, où rien ne se perd, les chiffons sont ramassés par des gens qui vivent de ce métier et qu’au nomme chiffonniers.Quand ils en ont ramassé une assez bonne quantité, ils les vendent à des marchands de chiffons à raison de deux à quatre centins la livre.Donc, comme vous le voyez, mes enfants, il est bon de ne rien laisser perdre, tout peut servir, même les chiffons les plus usés, les plus sales, produisent de l’argent à quiconque sait les ramasser.D.—En terminant notre dernière leçon, nous avons dit que la matière première du papier est produite par quoi ?)C)ù sont en grande partie ramassés ces chiffons ?— Par qui ?— Qu’en font-ils ?— Quel prix leur en donne-t-on la livre ?— Qu’est-ce que cela nous montre ?M.—Nous allons étudier ensemble comment on fait le papier avec ces chiffons.Avant tout, je dois vous dire que les chiffons de soie et de laine sont effilochés, cardés, mêlés à d’autres fibres neuves pour faire des étoffes communes ; les autres chiffons de lin, de chanvre, de coton, sont transformés en papier.Le premier travail consiste à trier les chiffons blancs et colorés, à rogner les ourlets, les coutures, à détacher les boutons, les agrafes, puis à diviser les morceaux trop grands afin qu’ils soient tous de même grandeur.Après ce découpage, on met les chiffons avec de l’eau, de la chaux et de la soude dans un lessiveur, qui consiste en une sorte de tonneau -en fer qu’une machine fait tourner autour de son axe.On chauffe le lessiveur en y faisant arriver de la vapeur d’eau.L’eau chaude, la chaux et la soude nettoient à fond, ramollissent et désagrègent les chiffons ; on ouvre le lessiveur, et il en sort une masse pâteuse noirâtre.On la verse dans un appareil muni de lames tour- (1) Voir L’Enseignement Primaire de décembre 1907. 286 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE nant rapidement.Ces lames déchirent, effilent, émiettent les chiffons et les réduisent en pulpe, c’est-à-dire en pâte formée de fibres détachées et assez courtes.Pendant ce travail, on fait arriver dans la pâte un courant d’eau qui entraîne les impuretés.Les fibres sont retenues par un grillage, l’eau sans cesse renouvelée finit par sortir claire, ce qui prouve que la pâte est propre.Mais elle conserve une couleur grise, il faut la blanchir.Voyons si vous avez retenu ce que je viens de vous dire : D.—Que fait-on des chiffons de laine et de soie ?—Quels sont ceux qui sont transformés en papier ?—En quoi consiste le premier travail à faire à ces derniers chiffons ?—Après ce découpage, que fait-on des chiffons ?—Donnez-moi une idée du les-siveur, comment marche-t-il ?—Quel est l’effet de l’eau chaude, de la chaux et de la soude sur les chiffons ?—Que sort-il du lessiveur dès qu’il est ouvert ?—Que fait-on de cette pâte ?—Que font les lames de l’appareil ?—Comment appelle-t-on cette pâte ?—Expliquez ce que veulent dire ces mots : les chiffons sont réduits en pulpe.—Pendant ce travail, que fait-on ?—Pourquoi ?—Par quoi sont retenues les fibres ?—A quel signe reconnaît-on que la pâte est propre ?—Quelle est cependant sa couleur ?—Que faut-il faire ?M.—Etudions maintenant comment on s’y prend pour blanchir cette pâte de couleur grise.Il y a une substance qui possède la propriété de détruire la couleur des teintures, de blanchir la laine, les tissus, les fibres végétales ; c’est une espèce de sel nommé par les chimistes hypochlorite de soude, mais que les ouvriers appellent par abréviation chlorure.Dissous dans l’eau, le chlorure forme une sorte de lessive qui décolore les fibres de la pâte.Celle-ci est violemment battue dans cette lessive, d’où elle sort blanche et fine, mais pas assez cependant pour en faire du papier mince.On lave à grande eau la pâte blanchie afin d’enlever tout le chlorure, puis on la broie dans une seconde machine à lames.Bientôt les fibres sont si bien séparées qu’elles forment de légers flocons dans l’eau.Tout est prêt pour la fabrication proprement dite du papier.D.—Quelle propriété possède l’espèce de sel nommé par les chimistes hypochlorite de soude ?—Quel nom les ouvriers lui donnent-ils par abréviation ?—Dissous dans l’eau, que forme le chlorure ?—Que fait cette lessive ?—Quelle opération fait-on subir à la pâte dans cette lessive ?—Comment la pâte sort-elle de cette lessive ?—Est-elle assez fine pour faire du papier mince ?—Quelle opération fait-on subir à cette pâte blanchie ?—Pourquoi ?—Que fait-on ensuite ?—Qu’arrive-t-il des fibres ?—Que forment-elles dans l’eau ?¦—A quoi servent ces flocons ?Rotk.—La leçon, pour être profitable, doit fournir la matière d’un devoir écrit pour les élèves.On peut donner le canevas suivant à développer aux élèves les plus avancés.Ce sommaire, qui doit toujours être fait par la maîtresse aux élèves, peut donner lieu à deux développements écrits.Résumé de la leçon Canevas.—Matière première du papier.—Par qui ils sont vendus, à quel prix.— Réflexion qu’amène ce négoce.—^Ce qu’on fait des chiffons de laine et de soie.—Chiffons qui sont transformés en papier.—En quoi consiste le premier travail.—Division des morceaux.— Travail après le découpage.—Description du lessiveur et de son mouvement.-—Comment on chauffe le lessiveur.—Effets de l’eau chaude, la chaux et la soude.—Ce qui sort du lessiveur.—Ce que l’on fait de cette pâte.—Transformations que subissent les chiffons sur les lames de l’appareil.—Définition de la pulpe.—Ce qui se fait pendant ce travail.—Comment sont retenues les fibres.—Effet de l’eau sans cesse renouvelée.—Couleur de la pâte après cette opération.—Celle qu’elle doit avoir.—-Effets de l’hypochlorite de soude, sur quoi.—Nom donné à cette substance par les ouvriers.— Effet du chlorure dissous dans l’eau.— Effet de cette lessive.— Comment elle en sort.—-Première opération à faire subir à la pâte blanchie.—Deuxième opération.—Transformation des fibres par ces deux opérations.—Usage de ces flocons. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 287 Pour les élèves de 4e année on peut donner le texte de la leçon en trois dictées différentes.Les élèves de 3e année auront à répondre par écrit aux questions suivantes : 1.Quelle est la matière première du papier ?2.Par qui sont ramassés les chiffoos ?3.Quels .sont les chiffons qui sont transformés en papier ?4.Quel est le premier travail à faire avec les chiffons ?5.De quelle grandeur doivent être les morceaux de chiffons ?6.Que fait-on des chiffons après les avoir découpés ?7.Que font l’eau chaude, la chaux et la soude ?8.Après que les chiffons ont été nettoyés, ramollis, que forment-ils ?9.Ein quoi réduit-on cette masse pâteuse ?10.Cette pulpe ou cette pâte, comment la nettoie-t-on ?11.Quelle couleur a-t-elle alors ?12.Quelle couleur doit-on lui donner ?13.Avec quoi lui donne-t-on cette couleur blanche ?14.Devenue blanche, que fait-on pour enlever tout le chlorure ?15.Que fait-on ensuite de cette pâte blanche ?16.La pâte broyée, que forme-t-elle dans l’eau ?17.Ces flocons, à quoi servent-ils ?Note.—Exiger toujours des réponses complètes, de manière à former des phrases.Pour les élèves les moins avancés on peut écrire les quelques phrases suivantes sur le tableau noir, les faire épeler, les faire lire, les faire écrire plusieurs fois, les dicter enfin.Le papier On fait le papier avec des vieux chiffons.Ce sont les chiffons de lin, de chanvre et de coton qui sont transformés en papier.Pour cela, on les lessive avec de l’eau chaude, de la chaux et de la soude pour les nettoyer, les ramollir et les mettre en pâte.On nettoie cette pâte à grande eau.On la fait blanchir avec du chlorure et on a la pâte propre à la fabrication du papier.Note.—Avant de donner ce petit résumé comme dictée, on peut aussi avantageusement le faire écrire après avoir supprimé un certain nombre de lettres de chaque mot, Ex.: Le pap.On fai.le pap.av.desvi.chif.Ce.qui ramas.les chif.se nom.chif.Ce so.les chif.de li., de chan.et de cot.qui so.transfor.en pap., etc., etc.(A continuer}.ERS LIENARD, Professeur.Montréal, décembre 1907. 288 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE ENSEIGNEMENT PRATIQUE INSTRUCTION RELIGIEUSE Premières notions de catéchisme III.—Les Sacrements Les Sacrements sont des signes sensibles d’une grâce invisible, institués par Notre-Seigneur Jésus-Christ pour nous sanctifier.Il y a sept sacrements : Le Baptême, la Confirmation, l’Eucharistie, la Pénitence, l’Extrême-Onction, l’Ordre et le Mariage.Le Baptême est un sacrement qui efface le péché originel et imprime dans nos âmes le caractère d’enfant de Dieu et de l’Eglise.La Confirmation est un sacrement qui nous donne le Saint-Esprit et nous rend soldats de Jésus-Christ.h’Eucharistie est un sacrement qui contient véritablement le corps, le sang, l’âme et la divinité de Notre-Seigneur Jésus-Christ, sous les espèces ou apparences du pain et du vin.Ce sacrement se reçoit dans la Communion.C’est dans la Messe que Notre-Seigneur Jésus-Christ devient présent sous les espèces ou apparences du pain et du vin.La Messe' est le sacrifice de Notre-Seigneur Jésus-Christ offert à Dieu sur nos autels.La Pénitence est un sacrement qui remet les péchés commis après le Baptême.Il faut cinq choses pour bien recevoir le sacrement de Pénitence : rechercher ses péchés, les accuser tous, en avoir du regret, prendre la résolution de ne plus les commettre e) faire sa pénitence.U Extrême-Onction est le sacrement des malades en danger de mort.E’Ordre est le sacrement qui fait les prêtres.Le Mariage est le sacrement qui bénit l’union de l’homme et de la femme.h’Eglise est la grande famille chrétienne conduite par les prêtres, sous ^autorité des Evêques et dont Notre Saint-Père le Pape est le Chef suprême et infaillible.LANGUE FRANÇAISE COURS ELEMENTAIRE Orthographe, Grammaire et Vocabulaire DICTÉES I L’Année Une année se compose de mois, de semaines et de jours.On compte trois cent soixante-cinq jours, douze mois et cinquante-deux semaines dans une année.Les jours se divisent en vingt-quatre heures, mais un certain nombre de ces heures sont remplies par la nuit et le sommeil.Les enfants dorment ou jouent bien plus longtemps qu’ils ne travaillent ; c’est pour cela qu’ils doivent être bien attentifs pendant le peu de temps employé à l’étude. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 28g EXERCICE ORAL ET ÉCRIT Faire sur cette dictée toutes les questions qu’elle comporte au point de vue de l’exercice de la mémoire.La faire recopier en soulignant les noms féminins.II La charité Je donne une aumône à ce pauvre homme.Vous apporterez du pain pour lui.Tu chercheras des vêtements solides et tu les lui donneras.Il sera très heureux.Nous serons contents.Dieu bénira notre charité, car il aime les enfants qui partagent avec les pauvres._ QUESTIONS ET EXPLICATIONS Qu’est-ce qu’une aumône ?(C’est la chose que l’on donne à une personne pauvre pour lui faire du bien).Comment appelle-t-on le petit sac où se trouve l’argent destiné aux aumônes ?(Aumônière).Pauvre, adjectif, ne varie pas dans la première phrase parce qu’il qualifie le mot homme qui est du masculin singulier.(Autres questions analogues pour le reste de la dictée).III L'âne ¦ ^ ‘ L’âne est de son naturel aussi humble, aussi patient, aussi tranquille que le cheval est fier, ardent, impétueux ; il souffre avec constance et peut-être avec courage, les châtiments et les coups.L’âne est sobre, et sur la quantité et sur la qualité de la nourriture ; il se contente des herbes les plus dures et les plus désagréables.BuFFON.Explications et questions.—Après que cette dictée aura été expliquée, la faire mettre au pluriel, oralement d’abord, puis par écrit.^ Naturel : par nature, sans qu’on ait besoin de l’y pousser.—Qu’appelle-t-on un anon, ânesse, ânier, etc.?—Humble : d’attitude et d’apparence moins superbe, moins ber que le cheval.'—Patient : qui .souffre en supportant tout avec beaucoup de calme et de tranquillité.—Ardent : plein de vivacité, d’ardeur.—Impétueux : d’une vivacité rapide et violente, qu’on peut à peine maîtriser.—Constance : sorte de fermeté persévérante.—C7zdffm
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