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Titre :
L'enseignement primaire : journal d'éducation et d'instruction
Éditeur :
  • Québec :[L'enseignement primaire],1881-1956
Contenu spécifique :
Mars - Avril
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
autre
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • École primaire (Lévis, Québec)
  • Successeur :
  • Instruction publique
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Références

L'enseignement primaire : journal d'éducation et d'instruction, 1909-03, Collections de BAnQ.

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goc Année Mars et Avril 1909 Nos 6 et 7.[J Fqseignerrçent Primaire Revue illustrée de l'Ecole et de la Famille C.-J.MAGNAN.Propriétaire et Rédacteur-en-clief Mme d’Youville (1701-1771) Fondatrice des Sceurs de la Charité de Ville-Marie mêÈÈMMÈ mm : ; '' - ¦ W^y\' (Gravure reproduite de la magnifique galerie historique de Cadieux & Derome, Montréal) 386 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Marie-Marguerite du Frost de La Jemmeraie, veuve d’Youville, naquit en 1701.Elle fonda les Dames Grises ou Sœurs de la Charité, à Montréal, en 1747.Mourut en 1771.Dieu a béni l’œuvre de Mme d’Youville.Aujourd’hui les couvents de Sœurs Grises ou de la Charité se comptent par centaines.Soit dans l’enseignement, soit dans les œuvres de miséricorde, ces dévouées religieuses accomplissent beaucoup de bien Choix cTune punition Dans la nature si calme en apparence de Lacordaire, il y avait pourtant des ressorts énergiques, une volonté ferme, une haine profonde de l'injustice et des élans de courage vraiment extraordinaires chez un enfant si jeune.Au réfectoire, un jour, comme Lacordaire tournait la tête, son voisin de droite lui escamote sa portion de potage.L’élève dépouillé réclame.Une querelle s’ensuit, l’ordre est troublé, le censeur intervient.—Tous les deux au pain sec et à l’eau ! s’écrie-t-il sans vouloir entendre les explications de Lacordaire.Et, confondant l’innocent et le coupable dans le même arrêt : —Levez-vous, ajouta-t-il ; allez vous placer contre le mur.Le voleur de potage obéit; mais Lacordaire de se croiser les bras sur la table, et de répondre : —Je n’irai pas ! Nouvelle injonction du censeur.Il menace Henri de l’envoyer au cachot.—Soit, répond l’intrépide élève.De deux punitions injustes, je choisis la plus forte.Et il se dirigea vers la prison.PEDAGOGIE EM ACTION Comparez les deux manières d’agir 1.Un élève arrive En classe après l’heure.Le maître.—Vous arrivez trop tard, A.L’élève.—M., ma mère.Le maître (l’interrompant) : —Il faut arriver à l’heure; si cela vous arrive encore, gare à vos oreilles ! ! ! 2.Un élève n’a pas fait son devoir.Le maître.—Votre devoir, B.L’élève.—Monsieur, ij m’a été impossible de le faire: j’ai dû aider mon père.Le maître (d’un air courroucé).— Vous le ferez pendant la récréation.1.Un élève arrive En classe après l’heure.Le maître.—Pourquoi venez-vous trop tard, A.L’élève.—Monsieur, ma mère a dû sortir et m’a fait rester près de mon petit frère.Le maître.—Nous verrons; asseyez-vous.(Le maître prend des informations.).2.Un élève n’a pas fait son devoir.Le maître.—Pour quelle raison n’avez-vous pas fait votre devoir, B.?L’élève.-—Monsieur, il m’a été impossible de le faire, j’ai dû aider à mon père.Le maître.—Dites-vous la vérité?L’élève.—Oui, monsieur.Le maître.—Vous le ferez donc avec celui d’aujourd’hui pour demain.L’élève.—Oui, monsieur.(Bulletin des Etudes des Frères Maristes). L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 387 POUR L’EUROPE Je m’embarquerai à New-York, pour le Havre, le 18 mars.Mon séjour en Europe durera près de trois mois.Délégué par le Conseil Supérieur de la Société de Saint-Vincent-de-Paul du Canada à Rome, à l’occasion du jubilé épiscopal de Sa Sainteté Pie X; chargé d’une mission d’études par M.le Surintendant de l’Instruction publique, je tâcherai de profiter le plus possible de mon voyage.Après avoir retrempé ma foi au Siège même de la catholicité, rien ne me sera plus agréable que d’étudier sur place les écoles normales de la France de la Belgique et de la Suisse; de voir de près les écoles primaires de ces divers pays; de m’enquérir du fonctionnement des Bureaux d’examens aux divers brevets, des caisses de retraite d’instituteurs et des caisses d’épargnes scolaires.A mon retour, si Dieu me prête vie, je ferai profiter le personnel enseignant du fruit de mes observations.Je me recommande humblement aux ferventes prières de tous mes dévoués lecteurs et lectrices.Durant mon absence, le service de la revue sera fait comme d’habitude.Toutes les précautions sont prises afin que l’esprit de suite nécessaire à une publication d’enseignement ne soit pas rompu.L’éditeur a par devers lui la copie nécessaire aux livraisons de mai et juin, et nos collaborateurs continueront leur tâche si utile.Prière de noter que la présente livraison est double : elle porte en tête les mots mars et avril.La prochaine livraison ne paraîtra que vers le 10 de mai prochain.Au revoir, C.J.Magnan Nota—Tout ce qui regarde l’administration devra être adressé à L’Enseignement Primaire, casier 125, Québec.Tout ce qui regarde la rédaction à M.John Ahern, professeur, Ecole normale Laval, Québec.Question professionnelle « Une institutrice, s’étant chargée du ménage de l’école, peut-elle, après sa classe, obliger les élèves à placer leurs tables et leurs sièges?Réponse :—Non. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 388 PEDAGOGIE Grandes lignes de THistoire de la Pédagogie (1) I—AVANT JESUS-CHRIST Les Chinois et les Japonais En raison même de leur très ancienne civilisation, les Chinois avaient reconnu dès la plus haute antiquité, la nécessité de l’enseignement populaire.Plus de mille ans avant Jésus-Christ, il existait dans tout le vaste royaume une organisation scolaire.Toutes les écoles étaient des écoles de l’Etat.L’enseignement consistait de préférence dans des leçons d’écriture; dans certains cas il s’étendait à la musique et aux cérémonies.Aucun principe religieux n’animait cet enseignement : l’esprit du peuple était exclusivement tourné vers le temporel.La vie morale manquait de sanction.Les deux grands sages Chinois, Lao-Tse et Confucius exercèrent une grande influence sur l’éducation populaire, mais ils se montrèrent, eux aussi, dominés par le principe d'utilité.Malgré certains progrès, les Chinois s’en tiennent encore à leur ancien système d’éducation.Le Japon subit, jusqu’au siècle dernier, l’influence de la Chine.Les méthodes chinoises se retrouvent chez les Japonais.Depuis 1854, l’enseignement a subi une transformation complète au Japon.L’organisation scolaire moderne des Japonais fut calquée sur celles ''1e la France, de l’Angleterre et de l’Allemagne.Les Hindous, les Perses, les Egyptiens Chez les Hindous, l’enseignement était le partage exclusif des castes supérieures ; pour les parias et pour les femmes, l’instruction ne semblait pas désirable.Dans les écoles primaires, on enseignait la lecture, l’écriture, le calcul, la morale et la religion.La méthode d’enseignement consistait à faire ap- (1) Ouvrages consultés: Revue générale d’Education et d’Enseignement (supplément de l’Education chrétienne de Paris; L’Eglise et l’Education, Mgr L.-A.Pâ-quet {La Nouvelle-France) ; Le Fondateur de l’Institut des Frères des Ecoles Chrétiennes, par un ancien directeur d’Ecole normale: Paris, 1884; Histoire de la Pédagogie, Paroz.Ce dernier auteur est protestant. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 3^9 :?¦ rt11 \ lif prendre par cœur d’une façon mécanique.C’est encore cette méthode qui prévaut, aujourd’hui.C’est aux Hindous que le système de moniteurs a été emprunté.Pays guerrier par excellence, la Perse n’organise l’enseignement qu’au point de vue physique.Il n’est pas question de développement intellectuel dans les écoles des Perses ; aussi la profession d’instituteur n’existait pas.Les Mages ou Prêtres étant les seuls dépositaires de l’éducation intellectuelle, possédaient quelques écoles.En Egypte, les prêtres occupaient le premier rang, ils cultivaient et conservaient la science.L’Etat égyptien étant composé de castes, l’enseignement était proportionné à chaque section: plus la caste était inférieure, plus l’enseignement était restreint.Les castes supérieures étaient favorisées d’écoles d’enseignement scientifique.L’instruction des enfants du peuple se bornait à la lecture, l’écriture et le calcul.Les jeunes filles recevaient une certaine instruction.A la conquête de l’Egypte par Alexandre le Grand, l’éducation devint plutôt grecque.Plus tard, sous les Arabes, elle reçut une autre direction.ur Chez les J lies Les peuples anciens étaient abandonnés aux seules lumières de la raison naturelle.Mais il n’en fut pas de même du peuple Juif.Les enfants d’Abraham, par le ministère de Moïse, reçurent de Dieu lui-même des instructions précises sur le culte qu’ils devaient lui rendre, et les lois morales, civiles et politiques qui devaient élever la nation juive au-dessus de toutes les autres; cette théocratie lui imprima un caractère éminemment religieux et fit de l’éducation un devoir sacré pour la famille.L’instruction recommandée chez les Juifs est celle qui est donnée par la vie.même.Ainsi, les enfants devaient assister avec les adultes aux grandes fêtes religieuses et nationales, et les parents devaient répondre à leurs questions sur ce qui les frappait.La même recommandation se trouve dans d’autres circonstances.La base de l’éducation chez les Juifs nous la trouvons dans ces paroles adressées aux enfants: “ Honore ton père et ta mère, afin que tes jours soient prolongés sur la terre, que l’Eternel, ton Dieu, te donne.” Quant à l’instruction proprement dite, elle était essentiellement religieuse et historique.De bonne heure, on enseignait la lecture et l’écriture aux enfants, afin de les mettre en mesure de lire et d’écrire la loi.Le chant et la musique étaient en honneur.L’instruction des filles était plus négligée que celle des garçons.D’un autre côté, elles apprenaient dans la famille, à filer, à tisser, à coudre, à teindre, à broder, à faire la cuisine, etc.Jusqu’au temps du Sauveur, les Juifs n’eurent pas d’écoles pour les enfants.Il y avait bien les écoles des prophètes fondées par Samuel, mais elles étaient spécialement destinées aux jeunes gens qui voulaient étudier la musi- 390 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE que et la poésie religieuse.Après le retour de la captivité, on fonda des écoles savantes.On établit aussi des écoles pour former les maîtres des synagogues.A chaque synagogue était adjointe une salle dans laquelle se donnait une instruction publique, les jours de sabbat et de fête.L’ancienne littérature juive ne renferme pas, à proprement parler, d’écrits sur l’éducation ; mais les Proverbes de Salomon et Y Ecclésiastique contiennent un grand nombre de sentences pédagogiques.Chez ees Grecs et chez les Romains « Chez les Grecs, on regardait la gymnastique comme la partie la plus essentielle de l’éducation, parce qu’elle rend un jeune homme agile et capable de supporter les travaux de la guerre.L’Etat s’emparait de l’enfant dès son bas âge et le façonnait à son image.Educateurs \ Socrate, Platon, Aristote, etc.Chez les Romains.—Dans la première période, Rome laisse aux parents le soin absolu de leurs enfants : les pères et les mères sont les seuls éducateurs.L’éducation physique et l’éducation intellectuelle sont placées sur un pied d’égalité.Quand les Romains soumirent la Grèce, les Grecs vaincus imposèrent leur pédagogie à Rome : dès lors, l’éducation romaine se transforma.—Caton, Tacite, Quintilien.Chez les Gaulois Comme dans la Rome antique, l’éducation première était exclusivement l’œuvre des parents.Quand l’enfant atteignait sa iqième année, le père le formait pour la guerre et l’éloquence.Les Gaulois, dit Caton, aimaient à bien parler et à bien se battre.” Lorsque les Romains se rendirent maîtres de la Gaule, ils y implantèrent leur civilisation et plusieurs grandes écoles furent fondées.Cependant, avant la domination romaine, il existait des écoles chez les Gaulois: l’enseignement proprement dit était donné par les Druides.II—APRES JESUS-CHRIST Le Moyen Age Jésus-Christ, en fondant une nouvelle religion, a posé les bases d’une éducation nouvelle.Il fut le modèle parfait de perfection morale vers Iqeueî tous doivent tendre.La vie nouvelle apportée dans le monde par Jésus-Christ doit tout purifier: familles, écoles, états, sociétés, sciences et arts.\ L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 39 t Dans sa prédication et dans la manière de diriger ses disciples, le Sauveur nous donne de précieuses leçons de pédagogie.Ses instructions sont graduées; son enseignement est simple, intuitif, vivant, imagé, à la portée de tous.Aux temps apostoliques, l’éducation chrétienne demeura longtemps, a cause des persécutions, enfermée dans le cercle de la famille.Par ses belles et admirables instructions sur la famille, saint Paul a puissamment contribué à relever le sanctuaire que Dieu a établi pour l’enfance, et il a donné à l’éducation, sur le terrain de la foi, son plus ferme appui.Au deuxième siècle de notre ère, l’école chrétienne s’organise en dehors de la famille.C’est ainsi que l’Orient, grâce à saint Pacôme, se couvrit des écoles monastiques ou abbatiales pour les garçons.Plus tard on admit aussi les filles dans ces écoles.A la chute de l’Empire romain, la Gaule fut bouleversée, le progrès de l’éducatjon se ralentit.Durant cette obscure période, les lumières de l’instruction sont répandues grâce à Charlemagne qui créa des écoles publiques, aux évêques, aux prêtres, aux moines qui se firent courageusement les instituteurs de la jeunesse—saint Paul, saint Jean-Chrysostôme, saint Jérôme, saint Augustin, Alcuin, Gerbert, Vincent de Beauvais, Gerson, le Dante, Pétrarque.Il restera éternellement à l’honneur de l’Eglise d’avoir, au moyen âge, fondé des petites écoles pour les enfants pauvres, à côté des séminaires et des universités qui faisaient alors la gloire de l’Europe.Diverses causes en-trainèrent la ruine ou la décadence de ces petites écoles.L’œuvre en fut reprise au dix-septième siècle par de charitables ecclésiastiques.Entre tous, saint Jean-Baptiste de la Salle s’illustra en fondant l’Institut des Frères des Ecoles Chrétiennes.La Renaissance (1453-1610) L’invention de l’imprimerie révolutionne les systèmes d'éducation qui prévalaient alors.Les RR.PP.Jésuites et l’hérésiarque Luther donnent une forte impulsion à l’éducation, chacun dans leur sphère.Rabelais et Montaigne modifient la pédagogie.—Erasme, les Jéromites, Coménius.Ratich.Temps modernes Le siècle de Louis XIV offre aux études pédagogiques une mine féconde :.Pascal, Bossuet.Fénelon, Mme de Maintenon, et Locke en Angleterre.Port-Royal ouvre ses petites écoles, Jean-Baptiste de la Salle fonde les Ecoles chrétiennes, et établit, en 1684, deux écoles normales pour des maîtres laïques (les premières de ce genre en Europe) : l’une à Reims, l’autre au marquisat de Montcornet.Saint Jean-Baptiste de la Salle fut le véritable créateur de la pédagogie moderne : organisation des classes, programmes d’études, méthodes, modes, 392 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE procédés, cet illustre éducateur songea à tout.Au iSième siècle, Rollin nous donne son traité des études.Puis viennent Rousseau, Pestalozzi, le P.Girard, Jacotot, l’abbé Gaultier, Frœbel, Bell et Lancaster, etc.Plusieurs de ces éducateurs, surtout Rousseau, étaient imbus de faux principes.De nos jours Depuis le commencement du 19e siècle, des progrès immenses ont été faits dans le domaine de l’enseignement primaire, en ce qui concerne la méthodologie surtout.Tous les peuples recherchent avec avidité les meilleurs moyens à prendre pour instruire la jeunesse.Malheureusement, la plupart des peuples, oubliant les droits de l’Eglise et ceux du père de famille, ont organisé les écoles sur des bases fausses.Dans tous les pays du monde civilisé, l’enseignement se donne d’une façon méthodique aux trois degrés : primaire, secondaire et supérieur.La cause de l’éducation chrétienne, au XIXe siècle, n’a certes pas manqué de défenseurs.Citons, parmi les plus illustres, Mgr Dupanloup, Montalem-bert, Louis Veuillot, l’un des plus grands écrivains de son siècle.Mgr Dupanloup qui consacra sa vie entière au service de l’enfance et de la jeunesse, a laissé des traités précieux sur l’éducation des enfants.Les Pontifes qui se sont succédé depuis bientôt cent ans sur le trône de Pierre n’ont cessé de proclamer avec force les vrais principes sur lesquels l’éducation doit reposer.Les Etats n’ont plus qu’à aider l’Eglise à pousser la jeunesse dans la voie du beau, du vrai et du bien.Au Canada Domination française Dès 1615, les Récollets se font instituteurs.Ils établissent des écoles à Québec, Trois-Rivières et Tadoussac.En 1625, les Jésuites se joignent aux disciples de saint François.Ils portent les lumières de l’Evangile à tous les sauvages de l’Amérique du Nord.En 1635 le collège des Jésuites est fondé, et quatre ans après (1639) les Ursulines viennent prendre charge de l’éducation des filles.Un peu plus tard, 1653, Marguerite Bourgeois fonde l’admirable communauté des Sœurs de la Congrégation de Notre-Dame.Dès lors, l’instruction populaire des filles est assurée.Grâce à la générosité de Louis XIV, le Frère Charon établit une petite école normale à Montréal, d’où est sorti un certain nombre d’instituteurs qui se répandirent dans les campagnes.Dès avant 1740, les Sulpiciens entretenaient aussi des écoles de garçons à Montréal.Puis, en 1663, Mgr de Laval établit à Québec un grand séminaire, auquel il adjoignit, cinq ans plus tard, le Petit Séminaire, qui existe encore au- L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 393 jourd’hui.Cette maison a donné naissance à l’Université Laval, en 1852.Bref, en 1760, la Nouvelle-France possède le collège des Jésuites à Québec, celui de Saint-Sulpice à Montréal, le Petit Séminaire de Québec, quelques écoles dirigées par des Récollets et des écoles de garçons tenues par des maîtres laïques dans plusieurs paroisses.Les filles sont encore mieux partagées que les garçons : notons les pensionnats et les externats des Ursulines à Québec et aux Trois-Rivières, le pensionnat de l’Hôpital-Général, et les écoles des Sœurs de la Congrégation établies dans les villes et les principaux villages.Domination anglaise De 1760 à 1800, l’obscurité semble envelopper notre patrie.Les nou-veaux maîtres ne songent qu’à une chose, angliciser et protestantiser les Cana- diens.Ces derniers, plutôt que de trahir leur religion et leur patriotisme, se renferment dans la double forteresse de la famille et de la paroisse catholique.Ils refusent les faveurs ministérielles, car les écoles qu’on leur offre sont, sous le couvert de la neutralité, anglaises et protestantes.C’est ainsi que le projet de Lord Dorchester (1787) est repoussé par Mgr Hubert.Celui de Milnes, 1801, connu sous le nom de l’Institution Royale, eut le même sort.En 1824, une loi un peu plus douce, la loi des écoles de fabriques, est établie grâce aux efforts de la Législature, où dominait l’élément populaire.Un nouvel effort est tenté en 1829: c’est Y Acte pour V encouragement de V édu- cation élémentaire.Cette loi, modifiée en 1831, 1832, 1833, produit peu de résultats.Puis les troubles de 1837-38 retardent le développement de l’instruction publique jusqu’en 1841.A cette date, le gouvernement comprend qu’il importe de doter le Bas-Canada d’un système d’instruction publique acceptable aux catholiques, qui composent, à cette date, la quasi totalité de la population.Mais ce n’est qu'en 1846 que le système d’écoles séparées et confessionnelles fut définitivement établi.Depuis ce temps, les catholiques et les protestants de la Province de Québec ont des écoles distinctes, placées sous la conduite de commissaires élus par le peuple.Ce régime est consi- déré comme le plus parfait qui existe dans les pays peuplés par une population mixte.En 1842, le premier Surintendant de l’Instruction publique du Bas-Canada, le Dr Meilleur, est nommé.1832: Nomination des premiers inspecteurs d’écoles.1854: Inauguration de l’Université Laval.1857: Fondation des Ecoles normales de Québec et de Montréal.1859: Première organisation du Conseil de l’Instruction.Ce n’est qu’en i875 que ce conseil est formé tel qu’il est aujourd’hui.Depuis 1867, l’Instruction publique est laissée aux soins des provinces qui jouissent, sur ce point, d’une parfaite autonomie.Dans chacune de ces 394 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE provinces, l’enseignement est parfaitement organisé aux trois degrés : primaire, secondaire et supérieur.La Province de Québec, avec son organisation scolaire si équitable envers la minorité protestante, occupe une place d’honneur dans la Confédération.C.J.Magnan PEDAGOGIE PRATIQUE INDUCTION ET DÉDUCTION Toutes les méthodes pédagogiques peuvent se ramener à ces deux moyens de communiquer les connaissances : partir de faits particuliers, d’exemples et d’expériences pour amener l’élève à la règle ou à la loi : c’est Y induction—ou poser d’abord le principe, la règle ou la loi, les démontrer ensuite à l’aide de faits particuliers, d’exemples et d’expériences: c’est procéder par déduction.L’enseignement, pour être intéressant et net, pour être vrai et pénétrant, doit contenir les deux méthodes et faire prédominer l’une ou l’autre suivant la matière enseignée, l’âge et le degré de culture des élèves.Elles ont chacune leur valeur propre, leurs qualités éducatives particulières, elles auraient aussi, trop exclusivement employées, leurs inconvénients.La méthode déductive est la plus courte et semble aller plus droit au but : elle permet une belle et régulière ordonnance, semble permettre à l’enseignement de donner plus de connaissances dans un même temps et d’être plus exact, plus complet.Ses qualités la font goûter par beaucoup d’esprits cultivés, surtout dans notre pays, où il reste un grand fonds d’esprit classique, où l’on aime à voir se développer point par point et dans un ordre logique, quelque chose de clair et net qui semble ainsi plus facile à saisir et à s’assimiler.Dire ses qualités, c’est aussi dire ses dangers.La méthode déductive, employée exclusivement, laisse l’élève trop passif, puis, dans l’enseignement primaire surtout, elle suppose chez lui une attention trop constante, un effort d’esprit trop soutenu pour qu’on puisse en croire capable la généralité des enfants.Pour le maître aussi, elle offre un danger : celui d’être trop abstraite, d’en arriver à être dogmatique, c’est-à-dire à formuler seulement des principes, des règles, des lois qu’il cherche surtout à imprimer dans la mémoire sans s’inquiéter assez de leurs applications pratiques, de là des résultats comme celui que j’ai entendu formuler par une élève déjà grande, qui avait mal commencée et dont l’orthographe était épouvantable : “ Je sais toutes les règles de grammaire, mais je n’y pense jamais en écrivant.”—La leçon déductive ne L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 395 doit jamais devenir dogmatique, elle doit donner de nombreux exemples et être coupée de fréquentes explications.La méthode inductive qui a l’observation pour base et l’interrogation pour 'instrument nécessaire, puisque le maître a pour but de conduire l’esprit des élèves du fait ou de l’exemple à la vérité générale en lui faisant trouver lui-même le lien du connu à l’inconnu, est beaucoup plus intéressante et plus active.Elle met en jeu les sens aussi bien que les facultés intellectuelles et par là éveille beaucoup plus facilement l’attention, la soutient sans trop de fatigue et la ranime sans appel direct—mais elle est plus longue et demande au maître une très attentive préparation.Comme il ne peut avoir la prétention de faire refaire par les enfants toute la science qu’il leur enseigne, il faut que ses exemples, ses expériences soient bien choisis, frappants et qu’il sache saisir l’attention éveillée pour la conduire.Sans cela l’esprit de l’élève s’égare.Sans doute avec la méthode inductive on a plus de chance que si l’élève ne sait pas tout l’ensemble de la leçon il en retienne au moins quelque chose, mais il faut être sûr que ce quelque chose est vraiment utile et que nous ne risquons pas d’entendre nos élèves rendre compte d’une leçon comme je l’ai entendu faire: “Aujourd’hui notre professeur a versé du mercure dans des tubes, après il a mis de l’eau dans l’un et l’autre.—Eh bien! Qu’est-ce que cela a produit?—Rien.—Et qu’est-ce que cela prouve?—Ah! je ne sais pas.La méthode inductive doit s’appliquer à tout l’enseignement des petits enfants, les notions qu’il est nécessaire dé leur inculquer n’étant ni si nombreuses ni si étendues qu’on trouve un inconvénient à prendre le plus long-chemin, cet inconvénient étant largement compensé par la certitude de se faire écouter et comprendre à mesure qu’on avance.L’instituteur habile doit savoir faire un constant appel aux sens, à la vue surtout pour suivre les.jeunes intelligences, faire observer, réfléchir et parler.“ Nous connaissons la nature et la marche normale du développement de l’enfant : nous savons qu’il est observateur, curieux, imitateur, toujours en éveil, qu’il porte en lui les germes de toutes les vérités.Ce sont autant d’éléments actifs qu’il dépend de nous de susciter (i).” Quand les facultés ont progressé et que les premières connaissances ont été conquises, il y a lieu de combiner les deux méthodes, et selon la matière, l’une ou l’autre devient préférable.Ainsi en grammaire, en sciences physiques et naturelles, en géographie considérée comme science générale, dans beaucoup de cas, en morale, en instruction civique, il est préférable de procéder par les faits et l’induction—dans l’enseignement religieux dogmatique, de même que dans les sciences exactes il est absolument nécessaire de poser d’abord le principe, la règle ou la loi et de déduire les conséquences.—En histoire il faut évidemment exposer, montrer les faits essentiels, les événements marquants, et attirer l’attention sur la vie de nos pères, sur la part que chaque siècle a apportée à la constitution de la patrie et aux progrès de la (i) Rapport de M.l’Inspecteur général Cazes. 396 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE civilisation nationale, mais il y a aussi une manière inductive de procéder par l’intuition: l’emploi des images dans le jeune âge, les visites aux musées, aux monuments anciens lorsqu’on avance, la citation de documents directs quand l’élève est en état de les apprécier.Il n’est donc pas une seule matière où l’induction et la déduction ne puissent être appliquées à propos.Plus la part de l’induction a été grande, plus il est nécessaire de faire suivre la leçon d’un court rçsumé qui gravera dans l’esprit des élèves les notions essentielles à retenir.—Au cours moyen même, la part de l’induction doit être très grande, et le rôle des résumés de leçons, très important.Dans les cours supérieurs et complémentaires, il est évident qu’en beaucoup de cas les notions acquises dispensent de recourir aussi constamment à l’induction.L’esprit des élèves est maintenant en état de saisir un principe, une loi, et d’ailleurs il est impossible de lui faire refaire tout le travail de l’humanité pour arriver aux connaissances qu’on lui enseigne.Mais il est essentiel toutefois de faire à l’induction la part nécessaire pour tenir l’esprit de l’élève en éveil et de lui montrer de temps en temps comment la science se fait, c’est-à-dire de donner certaines leçons en partant de l’expérience et des faits, en les gravant par un résumé.—Quand on procède par déduction il est préférable de donner d’abord un sommaire.—L’élève en suivra point par point le développement et trouvera plus de facilité à enrichir, à étendre la leçon par un travail personnel.Une Inspectrice (de l’Ecole française) L’Eglise et la pédagogie (i) Par Mgr L.A.Paquet Marchant de pair avec l’instruction du peuple, la science pédagogique, nous sommes heureux de le dire, a fait dans les temps modernes des progrès dignes d’éloges et qu’il serait injuste de ne pas reconnaître.D’utiles expériences ont été tentées, la méthodologie a pris partout une importance plus grande ; on s’est appliqué avec un zèle plus général que par le passé à l’étude de l’art d’enseigner.La fondation et la multiplication des écoles normales ont en même temps permis à un nombre plus considérable (i) Reproduit de la Nouvelle-France.C’est le dernier chapitre d’un travail de haute valeur dû à la plume autorisée de Mgr L.-A.Paquet, de Québec.Cet ecclésiastique est fixé à Rome depuis un mois; il y représente, auprès du Vatican, la province ecclésiastique de Québec. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 397 de jeunes gens des deux sexes de recevoir, sous la direction de maîtres et maîtresses habiles, la formation et l’initiation professorales.L’Eglise catholique est-elle restée étrangère à ce mouvement ?N’y a-t-elle pas, au contraire, été mêlée de façon très active, et ne peut-elle pas revendiquer pour elle-même une large part des louanges qu’on se plaît à décerner à la pédagogie contemporaine?Cette question, on l’avouera, ne manque pas d’un certain intérêt.Et, pour y répondre, faisons d’abord remarquer que la pédagogie peut être envisagée de deux manières, soit dans ses principes fondamentaux et dans les maximes générales qui en découlent, soit dans les systèmes divers et les méthodes particulières qui se disputent le terrain de l’école.Il existe à coup sûr des vérités pédagogiques fondamentales.Et ces vérités-principes, où faut-il aller les chercher, sinon dans une science philosophique qui établisse avec autorité la vraie nature de l’homme, la grandeur de ses destinées, le caractère propre et les rapports mutuels des puissances de son âme ; l’attitude fonctionnelle de ses facultés, l’ardente mais répressible énergie de ses passions?Et cette philosophie elle-même aux doctrines sûres et aux indications pleines de lumières, où la trouve-t-on si ce n’est dans les écoles catholiques, dans les écrits des grands docteurs de l’Eglise, dans ces monuments de savoir profond, d’observation pénétrante, de psychologie éclairée, légués comme un glorieux patrimoine aux générations futures?Nul n’a donné de renseignement une description plus juste et plus adéquate que l’immortel Thomas d’Aquin.Dans une question spéciale intitulée de Magistro (1), l’angélique docteur étudie l’influence du maître sur l’esprit et les développements intellectuels de l’élève.Pour lui, le maître en face de celui qu’il enseigne, ce n’est pas une source qui se, déverse dans un récipient inerte, c’est un foyer où s’allume le flambeau de l’âme, un moteur qui en ébranle et en stimule les énergies, un principe qui en alimente l’ardeur naturelle, qui en provoque le travail intime et le rayonnement spontané.Le maître parle; mais l’élève, en l’écoutant, agit.Par ses sens éveillés et attentifs entrent des données, sur lesquelles son intelligence sollicitée opère, qu’elle reçoit en elle-même comme en un creuset, qu’elle élabore et qu’elle s’assimile par une mystérieuse transformation.(2) L’enseignement est une aide, mais cette aide n’est efficace qu’en autant que l’esprit de l’élève, sous l’influence excitatrice de la parole enseignante, fait un effort personnel pour saisir ce qu’on lui propose et pour se hausser en quelque sorte jusqu’à la pensée du maître.Un étudiant demandait un jour à l’Ange de l’Ecole quel était, selon lui, (1) Qq.disp., de Veritate, Q.XI.(2) « De même, dit saint Thomas, que le médecin ne produit la santé chez le Malade qu’en venant en aide à la nature, ainsi le maître n’engendre la science chez son élève que moyennant l’opération propre de l’esprit sur lequel son autorité s’exerce.» (Q.rit., art.1.) 398 RENSEIGNEMENT PRIMAIRE le meilleur moyen d’acquérir la science, et l’illustre théologien, après quelques conseils empreints de la plus haute sagesse, résumait sa réponse en ces mots : Tâchez de bien comprendre ce que vous faites et ce que vous entendez, assurez-vous de ce qui est douteux, et remplissez votre esprit de tout ce qui peut l’enrichir.” (i) Saint Thomas, par ces brèves paroles, indique nettement les deux fonctions principales de la faculté de connaître.Apprendre et comprendre ; faire provision de faits, de notions, d’observations diverses, mais surtout coordonner et mettre en valeur tous ces matériaux, tels sont les rôles respectifs de la mémoire et de l’intelligence.Dans sa mémoire l'homme recueille, comme en un riche grenier, avec les formes imagées où se reflète la nature, les gerbes touffues d’immatériel froment que lui fournit le champ varié de l’érudition et de l’histoire.Mais ce froment, il faut le battre; il faut le vanner et le triturer, pour en extraire la fine substance qui fait l’aliment sain, nourrissant et fortifiant.A ce travail s’applique l’intelligence.C’est par l’intelligence que l’homme conçoit des idées, qu’il les dégage de leur enveloppe sensible, qu’il réfléchit, qu’il raisonne, qu’il dissipe les doutes, qu’il porte jugement sur les rapports des choses, bref, qu’il entre en possession de la vérité.Et voilà pourquoi tous les grands éducateurs chrétiens, tous les pédagogues les plus célèbres que le catholicisme a produits, n’ont qu’une voix pour recommander la culture intensive de la faculté de comprendre.Le Ratio studiorum d’Ignace de Loyola veut “ qu’on s’attache aux choses plus qu’aux mots (2).” Jean-Baptiste de la Salle enjoint au maître de catéchisme d’interroger plusieurs écoliers de suite sur une même question, “ afin de leur faire comprendre ce qu’il leur enseignera (3).” Mgr Dupanloup s’élève avec éloquence contre les u éducations de serre chaude (4),” et il demande que l’œuvre éducatrice soit à la fois une œuvre de développement, de progrès et de force (5).Au cours de deux instructions très remarquables sur l’enseignement de la religion et de la morale dans les écoles primaires, les évêques de Belgique du siècle dernier donnaient avis aux maîtres d’insister sur les explications du véritable sens des mots, d’inculquér aux enfants des notions approfondies de catéchisme et de leur en faire rendre compte avec précision (6).(1) Opusc.LXVII, éd.Vivès, 1858.(2) Passard, La pratique du Ratio studiorum pour les collèges, p.24, ( nouv.éd.) (3) Conduite des Ecoles chrétiennes, p.qg (ed.1720).—La même direction se rencontre dans un ancien manuel pédagogique.Essai d’une école chrétienne, où il est dit (Vie part., ch.7) : € Un excellent moyen pour former l’esprit et le jugement des enfants, serait de ne leur rien dire ni faire lire, dont on ne leur donnât en même temps l’intelligence, en leur faisant bien entendre ce qu’ils lisent: ils liraient mieux et profiteraient davantage.» (Dans l’abbé Allain, L’instruction primaire, en France- avant la Révolution, p.168).(4) De l’éducation, t.I, p.16 (5e éd.) (5) Ouv.et t.cit., 1.I, ch.2-3.(6) Godts, Sanctiûcetur educatio, pp.466-467. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 399 C’est là du reste une recommandation habituelle sur les lèvres de tous nos évêques, comme sous la plume de tous nos éducateurs.L’esclavage de la lettre, le verbalisme est un mal que tous déplorent, et dont tous voudraient que l’enseignement sût, en toutes occurences, secouer le joug.Est-ce à dire que la mémoire doive être négligée?Evidemment, non.C’est pour l'intelligence une collaboratrice trap utile, souvent même trop nécessaire (6), pour cpie l'homme soit justifiable d’en refuser dédaigneusement les services.Comment donc la cultiver ?Saint Thomas d’Aquin nous enseigne que la mémoire consiste sans doute dans une disposition naturelle, mais que cette aptitude, l’expérience le prouve, peut se développer à un degré remarquable par des exercices sagement réglés (7).Et le prince des théologiens, se transformant en pédagogue, signale lui-même en passant quatre moyens principaux d’assurer un développement si désirable.“Le premier moyen, dit-il (8), est d’associer quelques images sensibles aux idées qu’il s’agit de retenir ; car les choses purement spirituelles s’échappent plus vite que l’esprit.Le second moyen consiste à disposer dans leur ordre logique les matières qu’on étudie, de façon qu’un objet puisse en évoquer un autre.Le troisième moyen, c’est d’apporter au travail de mémorisation toutes les ardeurs de son âme.Le quatrième moyen, enfin, est de repasser fréquemment et intelligemment en son esprit ce qu’on désire se bien rappeler.” Nous avons tenu à reproduire intégralement ces judicieuses remarques pour montrer quelle finesse d’observation et quel sens minutieux des réalités psychiques s’alliaient, chez les penseurs chrétiens du moyen âge, à la plus haute et à la plus profonde métaphysique, (à suivre) L.A.Paquet, Pire.Ecoles pour les garçons Le Soleil du 30 janvier a publié le communiqué suivant.Cet écrit contient des vérités que nous aimons à consigner ici : Monsieur le rédacteur, Personne dans notre belle province de Québec, n’ignore les nombreux devoirs des pères de famille envers leurs enfants, quand il s’agit de donner à ces derniers une éducation conforme à leur âge, leurs aptitudes et leur goût.(6) « L/intelligence sans la mémoire et la mémoire sans l’intelligence valent peu de chose.» (Saint Thomas, Traité de l’éducation des princes, 1.V., ch.10).(7) Sum.theol., II-II, Q.XLIX, art.1 ad.2.(8) Ibid. 400 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Mais songe-t-on souvent aux nombreuses difficultés que doivent vaincre un certain nombre de chefs de famille de la campagne, quand vient le temps de s’acquitter de ce devoir sacré?Sans doute, l’instruction des enfants, dans les premières années, n’exige que peu de sacrifices de la part des parents.Mais quand ces enfants, les garçons surtout, ont atteint leur treizième ou quatorzième année, ils ne trouvent plus ordinairement à la petite école, l’intérêt qu’exige leur âge et alors pour les parents soucieux de l’avenir de leurs enfants, commencent les soucis et les préoccupations.Ils ne voudraient pourtant pas faire de leurs fils des illétrés : ils savent l’instruction si nécessaire de nos jours, et ensuite c’est si beau un citoyen instruit qui peut voir avec intelligence à ses affaires.Mais que faire?se demandent-ils.Très souvent les moyens ne permettent pas d’envoyer les garçon^ au collège ou au séminaire, et les écoles de maître sont si rares.Alors, il arrive, qu’après bien des hésitations, le père laisse ses fils quitter la petite école.Souvent deux, trois et meme plusieurs années s’écoulent avant que ces bambins soient de taille à gagner leur vie.En attendant que font-ils?Ils vont à la station, dans les boutiques, s’amusent et après quelques années, ils ne savent plus rien ou plutôt ils savent beaucoup, mais hélas quelle science! Mais que faire, me dira-t-on, pour ces enfants?Que faire?Mais s’occuper d’eux, ne pas les abandonner au moment où ils ont le plus besoi» de protection.Si ces garçons, dès leur sortie de la petite école, trouvaient dans leur village une école sous la direction d’un bon instituteur, comme ils seraient heureux de la fréquenter.Là ils trouveraient un enseignement en rapport avec leur âge; là ils dépenseraient utilement les premières années de leur jeunesse, en se préparant pour l’avenir.Mais malheureusement, ces écoles ne sont pas assez nombreuses dans notre province.Et pourquoi?Parce que la carrière d’instituteur est peu rémunératrice et qu’un bon nombre de municipalités sont dans l’impossibilité de payer à un bon maître un traitement convenable.Pour vaincre ces obstacles, au gouvernement que nous savons si bien disposé en faveur de l’éducation, à notre premier ministre, Sir L.Gouin, qu’on a si justement surnommé le père de l’éducation, nous demandons de faciliter l’éducation de nos garçons de la campagne, en encourageant les écoles de garçons, en venant au secours des corporations scolaires qui désirent établir une école de maître et dont les ressources ne permettent pas de payer au titulaire un salaire convenable.En agissant ainsi, le gouvernement améliorerait le sort des instituteurs, tirerait d’embarras un grand nombre de pères de famille, et enfin continuerait de mettre en pratique les sages conseils de l’histoire qui nous dit : “ Préparez l’avenir en formant la jeunesse, faites de vos garçons des hommes L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 401 instruits, des citoyens éclairés, des hommes de devoir : c’est ainsi que vous préparerez à votre nation un avenir glorieux, c’est ainsi que vous assurerez le triomphe définitif de votre nationalité.” M.le rédacteur, j’aurais voulu dire un mot du bien que peut faire un bon instituteur dans un village, mais comme cette lettre est déjà trop longue, je ne veux pas abuser plus longtemps de votre bienveillante hospitalité.Vous remerciant d’avance, je suis votre bien reconnaissant.J.Z.T.DOCUMENTS SCOLAIRES L’Histoire du Canada à PEcoie primaire (1) (Echos du congrès pedagogique de Saint-Hyacinthe : Résumé d’une conférence de M.le professeur Thomas Blais).Le maître a tout le loisir de donner une large base à son enseignement, le programme d’études est à ce dessein peu chargé.Soit pour la première année : “ Les principales découvertes et fondations, martyre des PP.de Brébœuf et Lallemant.” Et pour la deuxième : “ Prise de Québec par les Kertk, dévouement de Dollard, massacre de Lachine, héroïsme de Mlle de Verchères, batailles de Carillon et des Plaines, mœurs et coutumes des indigènes.” Chacun de ces faits constitue à lui seul le sujet de plus d’une causerie, suivant l’habileté du maître à l’entourer de détails propres à le mettre en relief.Nous l’avons dit plus haut, à ce dégré de l’enseignement primaire il ne s’agit pas tant de mettre l’enfant au courant des choses de l’histoire que de les lui dire dans une langue qui l’intéresse, lui fasse aimer son pays et le mette en état de comprendre les événements qui font suite.Les conseils pédagogiques qui accompagnent le programme nous recommandent dans ce but l’enseignement anecdotique et pittoresque et l’enseignement par l’image.“ On n’enseigne pas à proprement parler l’histoire nationale aux petits enfants, (page 103 des Règlements refondus du Comité Catholique).On peut cependant leur raconter des anecdotes intéressantes, en faisant suivre ces (1) Voir L’Enseignement Primaire de janvier 1900. 402 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE récits de questions propres à tenir leur attention en éveil.Ce sont des causeries familières et pittoresques, ou mieux l’histoire en images.” L’absence de tableaux appropriés nous défend malheureusement de songer à faire de l’histoire en images, et d’ici à ce que cette lacune soit comblée le maître devra recourir à sa propre initiative, aidée du programme, des manuels scolaires et de ses lectures journalières pour préparer ces leçons familières et pittoresques.Puisque nous venons d-e parler de la lecture, voyons tout de suite quelles sont les sources auxquelles l’instituteur peut recourir en vue de la préparation.D’abord les historiens: Garneau et Ferland de même que les Relations des Jésuites, “ l’Histoire de l’Hôtel Dieu de Québec,” celle de la “ Mère Marie de l’Incarnation,” par l’abbé Casgrain, “ Montcalm et Lévis ” par le même auteur.“ La Vie de Mgr de Laval ” par l’abbé Gosselin, et " Une fête de Noël sous Jacques-Cartier” par Ernest Myrand, apprendront a connaître les fatigues et les privations des premiers missionnaires et découvreurs.L’étude intitulée ” Les Bois Francs ” (Trudelle) donne une idée des sacrifices accomplis et des difficultés surmontées par les premiers colons.Les “ Anciens Canadiens ” et les “ Mémoires ” de Gaspé, “ Forestiers et voyageurs,” “ Jean Rivard,” “ Jeanne la Fileuse ” offrent une peinture exacte des mœurs et coutumes des deux derniers siècles.“ Phips devant Québec,” Frontenac et ses amis,” aussi par E.Myrand et enfin les dialogues et discours préparés par le même pour les spectacles historiques du Illème centenaire de Québec, que l’on retrouve dans U Enseignement Primaire, commentés et interprétés pour l’école primaire par M.C.J.Magnan, sous la rubrique “ Leçons d’histoire du Canada.” C’est dans ses lectures que l’instituteur va puiser le souffle, l’inspiration qu’il lui faut s’il veut donner de l’âme à son enseignement ; mais il doit aussi noter soigneusement les détails qui sont de nature à piquer la curiosité de l’enfant, à frapper son imagination.La partie purement didactique est pour lui d’une importance plutôt secondaire puisqu’il la trouve condensée dans le manuel scolaire.Les détails pittoresques intéresseront les tout petits aux voyages de Cartier, aux explorations de Champlain, à la fondation et à la prise de Québec par les Kertk ; ils se feront une idée de la grandeur du dévouement de Dollard et de ses compagnons, de l’héroïsme de Mlle de Verchères, quand on leur aura fait connaître la barbare cruauté des sauvages.Alors aussi ils ressentiront toute l’horreur du massacre de Lachine.L’auréole de nos martyrs brillera à leurs yeux d’un plus pur reflet quand ils connaîtront les sacrifices et les privations sans nombre que devaient s’imposer les héroïques missionnaires de cette époque de notre histoire.Cependant, autant vous devez priser pour la préparation de vos classes les détails caractéristiques et pittoresques, autant vous devez craindre et éviter avec soin ceux qui seraient de nature à nuire à la vue d’ensemble ou à surcharger votre récit. * RENSEIGNEMENT PRIMAIRE 403 Soumise aux règles de la narration, votre causerie en aura les qualités : elle sera claire, brève et intéressante.Vous la rendrez claire en conservant au fait ou au personnage principal la première place dans le récit, vous la rendrez claire aussi par le choix de ces faits secondaires et par le soin que vous mettrez à les enchaîner logiquement les uns aux autres.Brève votre leçon le sera si vous avez le soin de n’y faire entrer que les faits voulus pour intéresser vos élèves et leur faire comprendre toute la portée de la leçon, rien de plus.Enfin vous la ferez intéressante par le choix des éléments dont vous vous servirez, par l’art que vous mettrez à n’y faire entrer que des détails propres à satisfaire la curiosité et à éveiller l’imagination de votre auditoire.Vous tiendrez en éveil l’attention de vos élèves par un choix de questions habiles, préparées, voir même rédigées à l’avance, qui formeront en quelque sorte le canevas de votre récit dont vous vous efforcerez de tirer chaque fois une leçon de patriotisme, de morale ou de religion, vous rappelant ces paroles de Ravisse, un des grands vulgarisateurs de l'histoire nationale en France: “ Si l’enseignement de l’histoire ne doit laisser dans la mémoire que des noms, c’est-à-dire des chiffres, autant ne vaut pas dire un mot de l’histoire.“ Pour tout dire, si l’écolier n’emporte pas avec lui le vivant souvenir de nos gloires nationales, s’il ne sait pas que ses ancêtres ont combattu sur mille champs de batailles pour de nobles causes; s’il ne devient pas un citoyen pénétré de ses devoirs, l’instituteur aura perdu son temps.” Thomas Blais.De l’enseignement de ia langue maternelle Résumé d'une conférence sur renseignement de la langue maternelle à l’école primaire, donnée par M.le professeur N.Tremblay, au congrès de Saint-Hyacinthe.(Suite et fin) Aujourd’hui, dans les écoles modernes, on n’enseigne plus la grammaire comme autrefois, par les définitions d’abord et les exemples ensuite.Cet enseignement est sans vie, sans intérêt et sans profit pour l’enfant qui quitte l’école à dix ans ou douze ans.A cet âge il devrait pourtant pouvoir écrire intelligiblement une lettre à ses parents, à ses amis, une commande à un fournisseur, une annonce à un journal, et tenir l’état des recettes et des dépenses dans la famille.La méthode à suivre est celle qu’a suivie la mère, la première éducatrice 404 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE de l’enfant.C’est en lui donnant le sentiment, l'intuition des choses qu’elle ha amené à les exprimer après elle.Nous inspirant de ses procédés, nous mettrons les enfants en face des objets, et nous les ferons parler et écrire.C’est logique puisque c’est aller du connu à l'inconnu.Dans leur langage ils appliquent la plupart des règles de la grammaire : le rôle de l’école est donc de leur apprendre à écrire ce qu’ils disent déjà, à voir et observer mieux les choses pour en tirer des idées plus nettes et plus précises, à corriger leur langage et augmenter leur vocabulaire.Si nos débutants en grammaire ont appris à lire par la méthode préconisée dans la conférence précédente, ils feront de rapides progrès, habitués qu’ils sont à observer les choses et à répondre aux interrogations.En saine pédagogie tout se tient, tout s’enchaîne: la meilleure méthode à suivre dans tel ou tel enseignement particulier, est celle qui favorise le plus la formation, la culture générale de l’enfant.7 o Les premiers exercices consisteront à faire nommer puis écrire aux élèves leurs noms, ceux des obejts scolaire, à les faire parler de ces objets, à les aider de questions.Comme devoir pour le lendemain, ils écriront quelques-uns de ces noms.Par une série d’exercices très intéressants ils distingueront et écriront beaucoup de mots désignant des personnes, des animaux, des arbres, des outils, etc.En vue de la rédaction il est très important de grouper les noms par associations d’idées, les noms des personnes dans une famille, dans une école ; des articles du mobilier scolaire, d’un ameublement de salle à diner, de chambre à coucher ; des animaux domestiques, des arbres fruitiers, etc.Avant de distinguer le nombre et le genre, on passera aux propriétés les plus usuelles: couleur, forme, usage, en procédant toujours par le language avant l’écriture.A des noms donnés, les élèves ajouteront des qualités ou des défauts, et réciproquement.Vient ensuite le verbe, l’action que peut faire tel ou tel nom ou à laquelle il donne lieu.Avec ces trois éléments, nom, adjectif, verbe, on arrive à la proposition et au sens complet de la phrase.Après bien des exercices de cette sorte, on abordera les éléments du nombre et du genre—abstraction faite des exceptions et des définitions—et les modifications les plus faciles dans un temps ou deux de quelques verbes.Souvent on ne passe à l’étude du verbe qu’après celle fort détaillée du nom, de l’article, de l’adjectif et du pronom, si on ne les fait pas suivre de tout le cortège des exceptions.Quelle erreur! quel embrouillamini! Le verbe, qui est la partie la plus longue, la plus variée, partant la plus difficile, est aussi la plus importante.Il faut donc l’enseigner dès le début, y revenir graduellement tous les jours.Pour en bien graver les modifications dans l’esprit des élèves, on les leur fera trouver par le langage.Aux questions: Joseph, où es-tu en ce moment?parle à Jules et dis-lui où il est; dis-moi où se trouve aujourd’hui ton voisin, il répondra: je suis en classe, tu es en classe, il est en classe.Ces réponses écrites au tableau, on lui fera trouver que les modifications du verbe sont L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 405 dues aux mots, je, tu, il, qui le précèdent.La distinction de ces pronoms, en lere, 2e et 3e personne, serait pour le moins prématurée avec des élèves de première année de grammaire.Ces trois personnes serviront de thèmes a bien des petits exercices, en changeant de compléments et de verbes.11 en sera de même du pluriel et des modifications occasionnées par les temps.A l’aide des adverbes aujourd'hui, hier, demain, il est bien aisé de faire trouver le présent, le passé et le futur dans les verbes.Il l’est également d’en donner une idée nette et précise, pour peu qu’on ait la patience de s’en tenir assez longtemps à ces trois temps généraux, et qu’on en fasse de suffisantes applications.Mais on donne parfois, comme première leçon a apprendre par cœur, les huit temps du mode indicatif, .quand on ne pousse pas le zèle jusqu’à exiger tout le verbe au complet.A chaque année, le cercle s'aggrandira ; chaque partie du discours sera plus détaillée; l’élève apprendra les règles qu’il a déduites des exemples.Le titulaire trop attaché au livre ne peut donner un enseignement dosé aux besoins de ses élèves : les manuels arrangés de cette façon sont rares ; le seraient-ils moins, qu’ils ne répondraient pas encore complètement aux exigences du programme et aux aptitudes des élèves.Il aura toujours la tâche délicate de l’harmoniser au programme d’études, à la précocité de certains élèves, à la tardiveté des autres, ainsi qu’aux degrés intermédiaires.Comme on peut le constater par ce qui précède, c’est véritablement par le langage et par la rédaction qu’on doit enseigner la grammaire.Après une série d’exercices oraux et écrits sur un groupe de mots, l’élève en fait une rédaction, puis, si on veut plus de contrôle orthographique, on choisira une dictée sur le même sujet.Quant aux lettres, dès que l’enfant sait écrire les petites phrases qu’il compose, il doit en rédiger.Le maître lui fait composer une lettre en le supposant en conversation avec la personne à laquelle il veut écrire.Le résultat d’une telle conversation est toujours simple et naturel, qualités indispensables à ce genre de composition.Les sujets de composition ne doivent pas être étrangers aux objets, aux choses qui entourent les élèves; le maître procédera par questions, et les réponses orales des élèves sont ensuite écrites au tableau ; selon l’avancement des enfants, on fusionne certaines phrases incomplètes, on change certains mots, pour donner plus de suite aux idées.N.Tremblay 406 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 128ème conférence des Instituteurs de TEcole normale Jacques-Cartier (29 janvier 1909) Etaient présents: M.J.-V.Desaulniers, président, M.le juge Lafontaine, M.le chanoine Lepailleur, M.le curé S.Charrier, M.J.-N.Perrault, M.l’abbé Perrier, MM.les abbés Richard et Chartier, M.Mâcheras, MM.les inspecteurs McGown et Lippens, MM.J.-D.Pilon, J.-J.Fahey, A.-G.Robitaille, J.-E.Bernier, H.Scott, C.-J.Miller, J.-A.Morin, U.Barthélémy, J.-H.Rondeau, D.Brisebois, W.-J.Brennan, J.Weir, E.McHugh, D.Mathieu, W.Gallagher, L.-A.Gariépy, P.Meunier, J.Paradis, J.-E.Leroy, A.Leblond de Erumath, J.-P.Labarre, J.-S.-R.Pagé, J.-H.Bergeron, M.Lanctôt, C.Leblanc, G.Ducharme, T.Cuddihy, H.Michaud, E.Daulne, G.-E.Pagé, J.-H.-E.Courteau, J.-O.Deschènes, J.-F.Fredette, A.Lefebvre, J.-P.Fortin, J.-J.Tynan, R.-N.Coulombe, A.-P.Gélinas, J.-B.Turcotte, J.-B.Desaulniers, J.-T.Ouellette, R.-J.-L.Cuddihy, H.Mondoux, L.Bertrand, J.-A.Loranger, J.-C.Dupuis, J.-M.Dionne, L.-J.-R.Bellefeuille, J.-D.Guérin, A.-S.Martin, A.Dorais, S.Boutin, J.-A.Brisebois, J.Brabant, H.Valois, Z.Michaud, J.-S.Teasdale, P.Bilodeau, J.-M.Latour, E.Viens, L.Dasylva, W.-L.O’Donoghue, E.Surprenant, P.-V.Dupuis, J.-A.Archambault, J.-A.Lagarde, J.-J.Maguire, E.-X.St-Laurent, A.-L.Auger, J.-T.Lebrun, G.-A.-C.Trudel, A.-C.Miller, J.-S.Primeau, A.Bouvrette, E.-M.Gobeil, P.-J.Fitzpatrick, A.Roch, D.-P.O’Keife, W.Gallagher, L.-P.-J.Jasmin, Jos.Belisle, E.Bertrand, J.-D.-R.Bergeron, N.Latremouille, J.-O.Eranchère, Z.Guérin, J.-E.Pelletier, H.-L.O’Donoghue, J.-L.Tremblay, A.-N.Allaire, E.Daulne, J.Hogan, A.Belisle, H.Armstrong, J.Dunlop, P.-E.Smith, T.-S.Banks, J.-T.McCarthy, T.-K.Brennan, N.Belisle, R.-Z.Baulne, D.Malone, F.Liénard, P.Malone, J.-W.Poisson, J.-M.Manning, G.Marien, G.-A.Brûlé, P.-Z.Nadon, A.Cléroux, O.Roy, J.-J.McCullen, J.Paquin, J.-M.Tremblay, J.-M.Meloche, J.-S.Maynard, C.Courval, J.Erève, J.-O.Beauchemin, A.-C.Beaudin, J.-A.Dupuis, L.-J.Jasmin, J.-A.Beauchesne, A.-B.Char-bonneau et tous les élèves-maîtres de l’Ecole normale Jacques-Cartier.Les minutes de la 127e conférence sont lues et adoptées.M.le président souhaite la bienvenue aux visiteurs qui ont daigné honorer de leur présence l’Association, puis il annonce la conférence de M.A.-B.Charbonneau : Nos Enfants à l’école.Le canevas suivant fut développé: i° L’Entrée; 2° Caractère de nos enfants; 30 L’éducation familiale; 40 L’éducation scolaire; 50 La discipline répressive; 6° Conclusion.Après la conférence de M.Charbonneau, M.le juge Lafontaine fut prié de dire quelques mots.Il s’excuse en disant que c’était trop demander à une bonne volonté.Il est venu pour écouter, pour s’instruire et non pour parler.M.le curé S.Charrier, également prié d’exprimer son opinion sur l’étude de M.Charbonneau, se récuse en disant qu’il n’est plus du métier, que ce sont des questions très délicates qui ne seront jamais résolues.Les maîtres doivent au début de l’année étudier le caractère de leurs élèves afin d’en saisir le bon côté; puis il termine en faisant l’éloge des instituteurs.Présenté par M.le Président, M.Mâcheras, directeur de l’Ecole technique de Montréal, fait une conférence .sur: «L’enseignement technique».Il débute en se félicitant d’avoir fait plus ample connaissance avec le corps enseignant.Ses fonctions L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 40/ prochaines le mettent en rapport avec les instituteurs, et il espère que les relations seront des plus cordiales, puis il aborde le sujet de sa conférence en traitant les points suivants : « TUtilité, l’Organisation et le Programme des Ecoles techniques.» Celles-ci sont une nécessité, dit-il, à raison du progrès de l’industrie et des besoins' nouveaux.Dans la grande industrie, la spécialisation de l’ouvrier devient de plus en plus grande, et celui-ci ne connaît souvent qu’une partie des opérations nécessaires à la fabrication.L’enseignement technique obviera à cet inconvénient en instruisant l’ouvrier sur tout ce qui a trait à son métier.Le conférencier parle des résultats obtenus en Europe et notamment en Allemagne, où l’enseignement technique a pris une extension remarquable.M.le Président félicite le conférencier.Les écoles techniques s’imposent, dit-il, au Canada comme elles se sont imposées ailleurs.Nos écoles préparent bien l’enfant aux carrières libérales et commerciales, mais non aux carrières industrielles.Il est midi, M.l’abbé Dubois prie M.le Président d’ajourner la séance puis il invite tous les assistants à descendre au réfectoire; mais avant, dit-il, j’ai une faveur à vous demander.« celle de me collectionner tous les livres imprimés au Canada entre 1764 et 1820, et de me le faire savoir.Vous serez largement remboursés.» Séance de.l’après-midi En ouvrant la séance, M.le Président invite M.le chanoine Lepailleur à parler de son travail sur : l’Epargne scolaire.M.le chanoine, qui a fait une profonde étude du sujet, et a, le premier, établi des caissses d’épargne dans les écoles de sa paroisse, dit que l’instituteur est le meilleur vicaire dans une paroisse et ce qu’il peut faire pour l’épargne est énorme.L’épargne scolaire, dit-il, devrait être poussée jusqu’à la mutualité.Ce mouvement que l’on trouve si nouveau au Canada est déjà ancien en Europe.M.le chanoine termine en insistant bien sur ce point que le succès de l’épargne scolaire ne peut arriver que par les instituteurs.M.le président remercie M.le chanoine puis il invite M.le professeur T.-S.Banks à monter à la tribune.Le sujet proposé à M.Banks était: 7'he Teaching of English Reading in our Schools.Le conférencier débute en disant que la matière est double : l’enseignement de la lecture anglaise i° aux élèves français; 2° aux élèves anglais.Il y a également deux modes d’enseignement: entendre la lecture et enseigner la lecture {«hearing the reading and teaching the reading.) Puis il parle du mécanisme de la langue anglaise, des différentes prononciations, de ses origines, des différentes influences qui 1 ont modifiée, ce qu’elle est devenue aux Etats-Unis et dans l’Empire britannique.M.Banks parle avec une remarquable facilité, comme M.l’abbé Perrier le remarquait en le félicitant.Quoique non écrite, sa phrase est toujours correcte et M.Maguire a vraiment raison d’être fier de son professeur.En le félicitant à son tour, M.Maguire disait qu’il était heureux de ce que M.Banks avait insisté sur la traduction ; de là, la nécessité de savoir les deux langues car un maître qui parle l’anglais et le franççais vaut deux maîtres.Le 6e article de l’ordre du jour: «Les amendements Ahern à la loi du Fonds de Pension» est ensuite discuté par l’assemblée; MM.Charbonneau, J.-A.Brisebois, J.-P.Tremblay, B.Lippens, Nap.Brisebois et J.-N.Perrault prennent part aux débats et finalement les motions suivantes sont adoptées : Proposé par M.Nap.Brisebois, appuyé par M.T.-S.Maynard: i° « Que les amen- 408 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE dements Ahern à la loi du Fonds de pension soient recommandés à la haute considération des membres de notre législature provinciale ; 2° Que la requête des institutrices soit également recommandée par l’Association des Instituteurs de l’Ecole normale Jacques-Cartier en remplaçant toutefois le mot « institutrice » par le les mots « fonctionnaire de l’enseignement primaire.» Il est de plus proposé par M.G.Ducharme, appuyé par M.Bellefeuille : « Que MM.Perrault et Desaulniers soient délégués auprès du gouvernement pour surveiller les amendements à la loi du Fonds de pension.» Adopté.Proposé par M.J.-O.Cassegrain, appuyé par M.Nap.Brisebois : « Que l’Association des Instituteurs de l’Ecole normale Jacques-Cartier félicite M.J.-N.Miller de la promotion bien méritée que le gouvernement vient de lui accorder en le nommant secrétaire du Conseil de l’Instruction publique.Adopté.» Et la séance est levée.A.-B.Charbonneau.Secrétaire.146e réunion de l’Association des instituteurs de la circonscription de PEcole normale Laval, le 30 janvier, 1909 Séance du matin Membres présents : Mgr Rouleau, principal de l’Ecole normale Laval, MM.les abbés A.Caron et J.-O.Fleury, respectivement assistant-principal et préfet des études, et’M.l’abbé J.-J.Dubé; les professeurs de l’Ecole normale Laval, MM.J.Ahern, C.-J.Magnan, J.-D.Frève, Chs Lefèvre, Ths Blais, N.Tremblay et A.Lesage; les inspecteurs d’écoles suivants : MM.G.-S.Vien, H.Nansot, P.-J.Ruel, J.-A.Chabot, J.-O.Goulet, L.-P.Goulet et G.-E.Marquis ; un grand nombre d'instituteurs de la ville et de la campagne, parmi lesquels nous avons remarqué : MM.S.-E.Dorion, L.-P.Dorion, T.Simard, J.-E.Gauvreau, J.-G.Tremblay, L.-J.Marquis, H.Lerouzès, J.-L.Nadeau, M.Lebœuf, M.Beaubien, M.Dion, etc., et les élèves-maîtres de l’Ecole normale.La première séance fut ouverte à dix heures, sous la présidence de M.G.-S.Vien, inspecteur des écoles de Québec et de Lévis.Après l’adoption des minutes de la dernière réunion, il fut proposé par M.C.-J.Magnan, appuyé par M.l’inspecteur L.-P.Goulet : « Que la discussion des amendements touchant le Fonds de pension, proposés par l’Association des institutrices protestantes du district de Montréal, et approuvés par les institutrices catholiques de la même localité, ait préséance sur tous les articles de l’ordre du jour.» Cette proposition étant adoptée, le président invite M.J.Ahern, délégué de l’Association à la commission administrative du fonds de pension, de dire ce qu’il pense de ces amendements.Le distingué professeur, qui est un mathématicien émérite, prouve, au moyen de calculs basés sur le rapport financier du secrétaire de la commission administrative, que l’adoption de ces projets dans leur teneur aurait un effet désastreux pour la caisse de retraite.Personnellement, M.Ahern déclare qu’il serait heureux de pouvoir appuyer ces demandes, afin d’augmenter la pension des institutrices, mais qu’il ne le peut pas, étant données les ressources dont dispose la commission administrative.Avec la contribution annuelle de $5,000 du gouvernement, et la retenue de 2% sur le traitement des fonctionnaires de l’enseignement primaire, si L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 409 on augmentait les pensions dans les proportions demandées, avant peu d’années, il faudrait doubler le taux de la retenue et diminuer les pensions.Plusieurs autres membres prennent aussi part à la discussion, entr’autres, MM.Magnan, Vien, Blais, Dorion, Lesage, L.-P.Goulet, etc., et, finalement, on en vient à une entente sur le meilleur mode à adopter pour venir en aide aux institutrices-pensionnaires, sans obérer la caisse de retraite et mettre ses iours en danger.Afin de discuter en détail chacune de ces propositions et permettre à tous les membres de se prononcer 'librement, on décide de siéger en comité général, et le président quitte le fauteuil pour prendre part au débat.A ce moment, midi sonne, et Mgr Rouleau propose que la séance soit levée jus-qu’à 1R heure, et il invite les membres de l’Association à aller prendre le dîner à sa table.Cette gracieuse invitation est accueillie avec faveur.Séance de Vaprès-midi Présents : les mêmes La séance reprend son cours à l’heure indiquée.Il est proposé par M.J.Ahern, secondé par M.N.Tremblay: « Que M.Ths Blais soit appelé au fauteuil pendant que l’assemblée siégera en comité général.» Voici, succinctement, le résultat de ces délibérations: - L’association des instituteurs de Québec ne peut pas appuyer l’adoption des deux amendements suivants, proposés par l’association des institutrices de Montréal : sa- voir : i° Qu’à l’avenir, toute institutrice, ayant enseigné pendant 20 ans puisse se retirer avec sa pension, si elle a atteint l’âge de 50 ans, au lieu de 56, comme aujourd’hui, parce è[ue: 1.La loi actuelle donne le droit à tout fonctionnaire de se retirer avec une pension après 20 années de service, quel que soit son âge, lorsque l’état de sa santé ne lui permet pas de continuer d’enseigner; 11.Ce changement dans la loi entraînerait une dépense bien trop lourde pour la caisse de retraite.20 Que la pension soit basée sur la moyenne du traitement des cinq années consécutives pendant lesquelles une institutrice aurait touché le salaire le plus élevé, au lieu de la baser sur le.traitement moyen de toutes ses années de service, suivant la loi actuelle, parce que : Cet amendement ne profiterait qu’à un nombre très limité d’institutrices des villes, relativement bien rémunérées, et que, conséquemment, cette modification à la loi grèverait la caisse de retraite d’une dépense annuelle assez considérable, sans avantage pour les institutrices de la campagne.30 Quant à la troisième suggestion : De permettre aux fonctionnaires de renseignement primaire qui ont négligé de payer la retenue pour les années antérieures à 1880, de faire les versements nécessaires à cette ûn maintenant, 1’Association de Québec croit devoir en recommander l’adoption, pourvu que ces arrérages soient remboursés aux mêmes conditions que ceux qui ont déjà payé, c’est-à-dire que la base sur laquelle la pension est actuellement calculée, ne soit pas changée.Pour venir en aide d’une façon substantielle aux institutrices dont les pensions, «ians bien des cas, sont insuffisantes pour leur permettre de vivre.l’Association de 4io L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Québec suggère bien humblement au gouvernement de cette Province l’un ou l’autre des deux projets suivants: Premier projet.—Elle priera le gouvernement de modifier la loi du fonds de pension de façon à permettre à la commission administrative d’employer le surplus annuel de ce fonds à augmenter les pensions des institutrices qui reçoivent moins de $too.et ce3 en proportion de leurs années de service.Deuxième projet.—Ou bien, que le gouvernement augmente son octroi au fonds de pension en le portant à $12,000, au lieu de $5,000 qu’il est aujourd’hui, ce qui permettrait alors, d’après un calcul basé sur le rapport du secrétaire de la commission administrative de ce fonds de retraite, de hausser de 50 p.c.toutes les pensions des institutrices, pouvu, toutefois, qu’aucune pension ne dépasse 90 p.c.du traitement que recevait la pensionnaire au moment.de se mettre à la retraite.Demande sera aussi faite au gouvernement de changer la loi du fonds de pension de façon à exempter les pensionnaires de payer la retenue de 2% sur le montant de leur pension.Ces résolutions, soumises à l’assemblée générale, furent unanimement approuvées, et un comité, composé de MM.Ahern, Magnan, Lefebvre, Blais, N.Tremblay, Lesage, Marquis et L.-P.Goulet, fut nommé pour préparer une requête et un mémoire dans ce sens, et chargé d’aller en délégation auprès du gouvernement pour le lui soumettre avant la prochaine session.Cette question étant épuisée, le président appela le premier article de l’ordre du jour: «De la fondation des caisses d’épargne scolaires», sujet que M.Magnan s’était engagé à traiter à la séance précédente, au mois de mai 1908.Fidèle à sa promesse, le directeur de L’Enseignement Primaire, se lève aux ap plaudissements de l’assemblée, et, comme toujours, il parla avec toute la clarté et la conviction qui le caractérisent.Voici un résumé de ses paroles.Conférence de M.C.-J.Magnan A la dernière séance du comité catholique, le 23 novembre 1908, à la demande de l’honorable juge Archambault.M.le chanoine Dauth.a soumis la proposition suivante, qui a été adoptée : « Il est désirable qu’il soit établi des caisses d’économies scolaires, et que les commissaires d’écoles aient les pouvoirs nécessaires à cette fin ; que la loi soit amendée de manière à conférer ces pouvoirs aux commissaires d’écoles dans le cas où les dispositions actuelles ne leur conféreraient pas tels pouvoirs.» Une loi qui serait adoptée dans ce sens est très désirable, parce qu’elle aurait pour but moral d’habituer les enfants à faire des économies.Il n’y a pas de doute que les secrétaires des commissaires seront les banquiers chargés de veiller sur les économies que les instituteurs leur transmettront à des périodes indiquées.Entourée de toutes les sûretés nécessaires, cette épargne du sou devrait avoir des effets très salutaires chez les enfants; elle leur inculquerait, au printemps de la vie, les principes d’une saine économie, et l’importance qu’il y a, chez la classe ouvrière tout aussi bien que chez le marchand ou le manufacturier, de savoir limiter ses dépenses de façon à toujours mettre quelque chose de côté, suivant l’expression populaire, enfin, à se ménager une poire pour la soif.Mais le résultat le plus appréciable serait cer- L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 41 ! tainement d’habituer les enfants à savoir refuser aux mauvaises habitudes l’argent destiné à la caisse d’épargne ou à l’aumône.Vu que ce projet est actuellement à l’étude, et que l’honorable juge Archambault a pris l’initiative du mouvement, M.Magnan ne croit pas devoir faire aucune proposition à ce sujet, mais il a tout tout lieu d’espérer que sous peu, ce projet sera réalisé et qu’il produira ici, comme ailleurs, chez notre population, tout le bien qu’on en attend.M.le président félicite le conférencier de son intéressant travail et, après l’avoir résumé en peu de mots, il parle des caisses populaires, comme il y en a une à Lévis et dans quelques campagnes où il y a une caisse de ce genre.Il est très facile d’établir des caisses d’épargne scolaires, car les argents recueillis par les institutrices sont déposés dans cette caisse populaire.C’est ce qui se fait à Lévis et ailleurs, et, à ce premier endroit, les déposants ont touché 4.14% de dividende, l’année dernière.Le deuxième article de l’ordre du jour était: «De la formation de la volonté et du caractère de l’enfant », par M.Chs-A.Lefèvre.Avec cette facilité de parole qui lui est naturelle, le distingué professeur a su vivement intéresser son auditoire.Il faut dire aussi que le sujet s’y prêtait bien, et qu’il est un de ceux qui est toujours d’actualité pour les instituteurs.Conférence de M.Chs-A.Lefèvre « L’éducation de la volonté, a dit Gabriel Compayré ( i ), est assurément un des « problèmes les plus délicats de la pédagogie.Comment former la volonté, c’est-à-dire « le caractère, le libre gouvernement de soi-même, à un âge où la règle est d’obéir, dans «la vie scolaire où tout est dépendance, sinon servitude?« L’éducation de la volonté commence avec les premières années, et l’âge de « l’obéissance est aussi l’âge de la préparation à la liberté.Il y a deux sortes d’obéis-« sance qui se succèdent chez l’enfant.L’une involontaire et presque machinale, est «une habitude qu’il a dù contracter dès le plus bas âge; l’autre est le sentiment d’un « devoir qu’il a l’intention de remplir.« L’obéissance de l’enfant ne sera volontaire que si elle est éclairée, si elle est non « l’action passive d’un être dominé par la peur et mené par la contrainte, mais l’ac-« quiescement raisonné d’une intelligence qui sait pourquoi elle obéit.« Ce n’est pas seulement en faisant raisonner à l’enfant les motifs de son obéis-« sance, c’est aussi en mettant de la suite et de la constance dans les ordres qu’on lui « adresse, qu’un maître ferme contribuera à développer son caractère.L’obéissance « à des lois, à des règles fixes, soumet la volonté sans l’affaiblir, tandis que l’obéissance « à l’homme le blesse ou l’énerve.« Tout acte accompli est un commencement d’habitude, et l’habitude entrave notre « volonté.Il faut donc surveiller les moindres actes des enfants, mais les surveiller « sans les gêner en ce qu’ils font de bien, en les arrêtant seulement quand ils font mal.« En résumé, l’idéal de l’éducation de la volonté consiste dans une discipline bien « réglée, nécessaire, qui, sans négliger une surveillance indispensable, octroie cependant « à l’enfant les libertés permises.Il faut se tenir à égale distance, soit d’un système de (i) Dictionnaire de pédagogie, 1ère partie, tome 2, page 2979. 412 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE « compression à outrance, qui élève l’enfant en serre chaude, qui étouffe chez lui toute « spontanéité et toute initiative ; soit d’un système de complaisance excessive, qui au-•« torise tous les caprices de l’enfant.De notre temps, c’est ce second défaut qui est « surtout à redouter.En résistant à l’enfant on lui apprend à se résister à lui-même.« C’est seulement quand il aura pris l’habitude d’obéir à autrui qu’il deviendra capable « d’obéir plus tard à sa propre raison.» Dans la famille comme à l’école, il est facile de bien élever des enfants, quand om sait réellement comment s’y prendre.Une des qualités les plus essentielles pour atteindre ce but, c’est d’avoir de la fermeté et de la constance.Tout en étant bon, il faut montrer aux enfants que nous sommes énergiques, et que nous n’agissons pas par caprice, mais par devoir.Quand on a adopté une ligne de conduite envers eux, il ne faut pas changer sans raison.Savoir mettre de l’enchaînement dans ses idées.Ne donner aucun prétexte, par des paroles ou des actions irréfléchies, à la critique des enfants qui, par nature, sont observateurs et nous étonnent bien souvent par leur logique.Les habituer à une obéissance active, parce que c’est un devoir auquel personne ne peut se soustraire, du plus petit au plus grand ; leur apprendre qu’à tous les degrés de la vie, nous avons des supérieurs, que partout il y a des lois et règlements auxquels nous sommes tenus de nous soumettre.D’instituteur, comme le père de famille, doit enseigner aux enfants que l’obéissance à tel ou à tel ordre n’est pas due à un caprice de sa volonté, mais que c’est la conséquence d’un devoir.Relativement à cette éducation de la volonté et du caractère, le conférencier a remarqué une lacune, ou plutôt une préoccupation des plus déplorables chez notre population : c’est le cauchemar du quand dira-t-on.Bien souvent, avant de se consulter soi-même sur l’opportunité de telle démarche ou l’accomplissement de tel acte, on commence par se demander ce que pourra en dire Pierre ou Jacques.Pour mettre en luimière ce mal dont nous nous souffrons, prenons, par exemple, le luxe qui nous anémie d’une façon autant, sinon plus, que l’alcool.Plutôt que de chercher son intérêt personnel, dans bien des circonstances, on se laisse entraîner à des dépenses folles, par esprit djimitation ou par un faux orgueil.Aussi les désastres sont nombreux; tous les jours nous voyons à quels tristes résultats, aboutit cette conduite déraisonnable.Ce manque de volonté est cause qu’on se laisse entraîner à toutes les tentations; la peur des «quand dira-t-on?» est une preuve que le jugement est mauvais, que son éducation a été mal faite.L’école étant le prolongement de la famille, un des devoirs les plus importants pour le titulaire, c’est de ne négliger aucune occasion de former chez les enfants un caractère ou toutes les les facultés—mais entr’autres, la volonté—soient bien équilibrées, et ce non seulement par des paroles, mais surtout par sa conduite.Quelle que soit l’intelligence d’un homme, s’il n’a pas de caractère, pas de volonté, il ne sera qu’une épave dans la vie, un propre à rien.C’est là un exemple que nous avons sous les yeux tous les jours.Le conférencier fait remarquer, avant de terminer, qu'il n’a pas l’intention d’épuiser ce sujet, mais de le laisser comme objet de discussion pour la prochaine conférence, afin que l’on condense alors quelques résolutions qui pourraient servir de code à l’usage des titulaires des écoles, et les aideraient à mieux faire cette éducation chez nos enfants.M.le président, après les félicitations d’usage, déclare que c’est là une question des plus importantes et qui intéresse l’avenir de notre province.Il faut de toute né- L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 413 cessité former des volontés si nous voulons maintenir notre caractère distinct dans la confédération.Dans bien trop d'endroits, malheureusement, l’éducation de famille est déplorable.C’est à l’école qu’il faut réagir, y suppléer.Il n’y a rien de plus pernicieux pour l’éducation des enfants que de se déjuger devant eux; l’esprit de suite esf une qualité que tout éducateur doit posséder, sinon son enseignement sera nul, au point de vue éducatif.Comment un maître peut-il réussir à conduire ses élèves, s’il n’est pas capable de se dompter lui-même, montrer qu’il a de la volonté, en faisant toujours son devoir?Les deux résolutions suivantes furent proposées et adoptées unanimement : Proposé par M.J.Ahern, secondé par M.C.-J.Magnan: i° Que l’Association des instituteurs de la circonscription de l’Ecole normale Laval ést heureuse de profiter de cette occasion pour féliciter le gouvernement de cette province, au sujet de l’institution des nouvelles primes accordées aux instituteurs et institutrices qui persévèrent dans l’enseignement, et aux commissions scolaires, dans chaque district d’inspection qui se distinguent davantage par leur esprit de progrès.Proposé par M.A.Lesage, secondé par M.N.Tremblay: 20 Que des félicitations lui soient aussi offertes pour la nomination de M.J.-N.Miller, membre honoraire de cette Association et 'ancien inspecteur d’écoles, à la position importante de secrétaire français du Département de l’Instruction publique.M.C.-J.Magnan a aussi été l’objet de félicitations pour sa récente nomination de délégué de la Société de Saint-Vincent de Paul, au prochain jubilé du Pape, à Rome.M.H.Nansot, au nom de tous, souhaite un ben voyage au distingué professeur.Celui-ci touché de cette attention, remercie en termes émus l’Association de ses bons souhaits, et il ajoute qu’il se propose d’étudier les divers systèmes scolaires, notamment les écoles normales, dans les pays qu’il va visiter, aussi le fonctionnement des bureaux d’examens, des caisses de retraite et des caisses d’épargne scolaires, et qu’il sera heureux, à son retour, de faire part des connaissances qu’il acquerra et des impressions qu’il emportera de là-bas, aux membres de cette conférence, ainsi qu’à tout le personnel enseignant, en général.Vu l’heure avancée, les deux articles suivants de l’ordre du jour furent remis à la prochaine réunion «Des moyens à prendre pour établir des certificats d’études primaires, » par M.N.Tremblay, et « De l’opportunité de donner quelques notions d’enseignement pratique aux candidats aux divers brevets,» par M.J.-G.Tremblay.May.Proposé par M.L.-P.Goulet, secondé par M.J.-O.Goulet: Que la séance soit ajournée jusqu’au dernier samedi du mois de mai prochain.Adopté.Janvier 1909.G.-E.Marquis, Secrétaire. 4I4 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE UNE PAGE D’HISTOIRE Le recrutement du personnel de l’enseignement primaire au Canada, de 1760 a 1836 (1) Mais au moment où la Nouvelle-France se dégage des embarras de ses débuts, un événement gros de conséquences et qui devait exercer sur ses destinées la plus profonde influence, vient arrêter l’essor de son développement et paralyser, pendant plus d’un demi siècle, ses institutions et ses libertés les plus précieuses.Le traité de Paris, en 1763, livra à l’Angleterre la plus belle des colonies françaises.Soixante mille colons catholiques et français, passaient par droit de conquête sous la domination politique d’un peuple d’aspirations différentes.Des espaces sans bornes s’ouvraient devant l’activité anglaise.Nos pères, enfermés dans la vallé du Saint-Laurent, auront à faire face à de nouveaux ennemis et à livrer d’autres combats.C’est alors que commence pour eux une période de luttes où la politique joue un rôle souverain.Comme sur les champs de bataille, nos vaillants ancêtres devront disputer pied à pied à leurs vainqueurs une victoire qui les rendra maîtres de l’avenir.La capitulation de Montréal et le traité de Paris n’avaient rien stipulé relativement aux biens des congrégations enseignantes.On sait pourtant que les Jésuites et les Sulpiciens, par exemple, n’avaient reçu leurs vastes seigneuries qu’à la charge de pourvoir à l’entretien du culte et à l’instruction de la jeunesse.Ces propriétés sans cesse augmentées par la libéralité du peuple devaient acquérir avec le temps une valeur suffisante pour alimenter à jamais la caisse des écoles publiques.Pourquoi alors ne pas garantir à ces congrégations enseignantes, avec l’autorisation de se recruter dans la colonie, l’usage de ces biens puisqu’en définitive ils profitaient à tout le peuple et déchargeaient ainsi les pouvoirs publics de l’obligation de défrayer les dépenses scolaires.Mais il s’agissait de bien autre chose.La nationalité elle-même courait, sous le nouveau régime et dès le lendemain de la Cession, les plus grands périls.Aucune clause ne reconnaissait l’usage de la langue française, si ce n’est incidemment dans l’article de la capitulation qui maintenait les lois civiles existantes.Dans l’esprit d’un grand nombre d’Anglais l’œuvre de l’assimilation des Canadiens était la première et la plus nécessaire de toute celles qui devaient assurer la possession de la récente conquête.Au milieu d’une population française et catholique, les colons anglais qui furent toujours en petit nombre, éprouvèrent un effroi instinctif des institutions libres.Donc empêcher la fondation de nouvelles écoles en tarissant la source de leurs revenus, interrompre toutes les communications avec l’ancienne mère-patrie, enrayer l’introduction de nouveaux livres français dans la colonie, tel fut le programme dont on ne voulut s’écarter que le moins possible.(1) Voir L’Enseignement Primaire âc janvier et février 1909. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 415 Le roi d’Angleterre, Georges III, donne un exemple pernicieux de duplicité en morcelant le pays et en introduisant contre la foi des traités les lois britanniques.Le Bureau des Colonies ne respectait pas mieux les libertés canadiennes et il stimulait adroitement le zèle des francophobes auxquels il livrait la Nouvelle-France.Le recrutement du clergé séculier et régulier aux deux-tiers d’origine française, est tout à coup interrompu ; et à mesure que les paroisses augmentent, le nombre des prêtres diminue (80 pour 200,000 catholiques en 1806), l’œuvre des missions sauvages est presque anéantie.L'administrateur Milnes refuse la liberté d’ériger de nouvelles paroisses, et ¦force l’Eglise canadienne à retourner au système des missions comme aux premiers jours de la colonie.L’évêque de Québec ne peut communiquer • avec Rome que par des voies détournées.Ce n’est qu’en 1818 que Mgr Plessis peut enfin obtenir de la métropole l’autorisation de créer de nouveaux : diocèses.Même pendant l’administration du libéral Carleton, les catholiques sont exclus de la magistrature, du jury et du barreau et pour la nomination aux charges et aux emplois publics on ne manque pas de donner la préférence aux Loyalistes et aux étrangers établis dans le Bas-Canada.Défense aux colons canadiens d’entretenir des relations d’aucune sorte avec les parents ou les amis résidant en France.Le Sulpicien Ciquart est expulsé par Haldimand en 1783 afin d’étouffer toute tentative de rapprochement avec l’ancienne mère-patrie.Faire venir des journaux ou des livres directement de France n’était même pas toléré et, jusqu’en 1830 au moins, les enfants des écoles sont obligés de copier de leurs propres mains plusieurs des manuels classiques les plus indispensables.Les relations commerciales avec la France sont interrompues pour plus d’un siècle.Contrairement à la recommandation de Haldimand qui conseillait de réserver aux Canadiens le territoire appelé depuis Cantons de l’Est, l’élément nouveau essaie par une ceinture de colonisation anglaise d’arrêter leur expansion et, en 1833 même, le gouverneur Kempt propose d’envoyer à cette fin, 500,000 émigrants dans les Cantons de l’Est et 100,000 .dans la vallée de l’Ottawa.Dans son “ Plan d’Union,” le juge en chef Jonathan Sewell propose de noyer les Canadiens dans les flots de l’émigration européenne.Inutile d’insister plus longtemps sur le péril imminent qui, pendant près d’un siècle, menace l’existence même de notre nationalité.“ Tous les maux imaginables, dit Garneau, avaient accablé la population franco-canadienne qui avait bravement résisté à l’orage.” Le mauvais vouloir des Anglais vis-à-vis des Canadiens se double d’une injustice pour ce qui regarde l’instruction.Les pouvoirs publics n’ignoraient pas que les donations faites aux Jésuites étaient destinées à favoriser l’instruction de la jeunesse du pays ainsi que l’établissement des missions parmi les Sauvages.Pourtant la chambre législative réclame en vain les revenus de ces biens.Encore une fois il n’en aurait rien coûté au trésor public pour l’entretien des écoles si le gouvernement avait respecté la volonté des dona- 4i6 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE leurs, car les lettres patentes de 1678 constituaient la Compagnie de Jésus en corporation légale pour radministration de ces biens.Ainsi sur le terrain scolaire cette lutte déloyale devait aboutir, du moins au début, à la suppression des moyens d’instruction en usage à cette époque.Une défiance justifiée d’un côté, un espionnage étroit et mesquin de l’autre étaient certes de mauvaises conditions de progrès.Aussi ne craignons pas de le dire, après avoir fait la part des responsabilités, l’instruction après la conquête subit sinon un recul, du moins un arrêt regrettable.Nos pères jugèrent que le seul moyen d’échapper à la fusion des races était de laisser vides les écoles qui constituaient un danger pour leur foi religieuse et leurs plus chères traditions.A la guerre de races qui commençait dès le début de la domination anglaise nos pères ostracisés opposent, la force de l’inertie et se tournent plus volontiers vers la culture du sol dont ils s’emparent rapidement.La législation devint dès lors le champ d’action où se déployèrent l’activité et le patriotisme de nos hommes d’Etat, tandis que l’éducation à tous les degrés fut le domaine réservé aux initiatives privées.La détente que produisirent les grandes guerres de l’indépendance des Etats-Unis et de la Révolution Française n’affecta encore que le domaine politique, et c’était beaucoup, il faut en convenir.La liberté de l’enseignement comme la liberté individuelle et domestique s’implantera sur le sol canadien à la faveur des progrès des institutions civiles et politiques.En attendant qu’elle puisse produire tous ses fruits, le clergé et les congrégations religieuses prennent en mains du consentement du peuple, et malgré la pénurie des ressources des paroisses, la direction de l’instruction publique.Une phrase tracée sur son journal de route par un officier anglais de l’armée de Burgoyne, en 1776, jette un peu de lumière sur l’état de l’éducation dans les paroisses situées sur la rive gauche du fleuve entre Québec et Montréal.“De trois en.trois lieues, dit-il, on trouve une espèce de petit village qui consiste en un presbytère, une auberge, une école pour les petits enfants et quelques maisons.” Nous aimerions connaître la situation scolaire des riches localités des environs de Montréal.Nous savons que le latin s’enseignait dans quelques presbytères, mais il va sans dire, à un très petit nombre d’élèves choisis.D’autre part, Mgr Bailly du Meissieu, le coadjuteur de Québec, disait en 1790: “ Il y a plusieurs curés de campagne qui ont des écoles d’écriture, de lecture et d’arithmétique dans leurs paroisses.” Cependant l’entretien des routes et des ponts, les améliorations municipales les plus urgentes absorbaient les revenus des quelques taxes volontaires très restreintes encore, puisqu’elles n’atteignaient pas la propriété foncière.Jusqu’en 1830, les marchands soutinrent qu’on ferait grand tort au commerce en mettant à sa charge les dépenses publiques.Cet état de choses ne devait pas se perpétuer.L’œuvre d’anglification ne pouvait s’accomplir qu’à la condition d’atteindre les jeunes générations.Puisque les Canadiens préféraient restreindre le nombre de leurs écoles, plutôt que d’abjurer leur foi et leurs traditions nationales, on résolut de leur forcer L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 417 la main et de confier au Conseil exécutif le contrôle de l’éducation du peuple.En 1787, une commission de neuf membres est chargée d’enquérir sur les causes de l’infériorité de l’instruction publique et sur les moyens d’y remédier.Composée en majeure partie d’Anglais protestants (cinq sur neuf), elle accumule à loisir les preuves de l’ignorance des Canadiens “Le manque d’instruction élémentaire, ose t-elle dire dans son rapport du 26 novembre 1789, a laissé un peuple dans un état de vile barbarie (base barbarism)’’ Nous avons vu que la manière la plus sûre de répandre les lumières de l’instruction était de rendre à leur destination primitive les revenus des biens des Jésuites que lord Goderich lui-mème, en 1831, reconnaissait avoir été spécialement destinés à l’éducation.Après avoir enlevé à une population sans défense tous ses moyens d’instruction, nos maîtres nous reprochaient une ignorance dont ils étaient seuls responsables et qu’ils avaient invoquée, en 1785, pour nous refuser l’exercice du principe électif.L’évêque catholique de Québec avoue que le nombre de ceux qui savent lire et écrire oscille entre 24 et 30 personnes paiyparoisse, car l’on manquait de professeurs compétents et sûrs.C’est peu sans doute que ce petit nombre de lettrés, mais il serait étonnant qu’il fut plus élevé à cette époque surtout où un grand nombre de paroisses étaient privées de pasteurs ou desservies d’une manière fort irrégulière.Le remède proposé à nos pères était pis que le mal.Aussi, au projet de la fondation d’une université mixte où devait nécessairement dominer l’élément anglais et protestant, l’abbé Plessis plus clairvoyant que le coadjuteur Bailly répondit pour l’évêque de Québec, par le vigoureux mémoire qui dévoilait l'astuce du parti anglais et son désir de soumettre le clergé et le peuple catholiques de notre province à la suprématie spirituelle du roi d’Angleterre.Le danger fut momentanément écarté.Au lieu d’accorder la liberté scolaire si éloquemment demandée par Du Calvet et tant d’autres, les pouvoirs publics se-désintéressèrent d’une question si épineuse et qu’ils ne voulaient régler qu’au profit des idées anglaises.Entre temps et pour affermir davantage les positions déjà si avantageuses de la minorité protestante, l’acte de 1791 accordait au clergé anglican la propriété de la septième partie des terres vacantes de la province.Dix ans s’écoulent ayant que le gouvernement se préoccupe à nouveau de l’éducation populaire.Néanmoins depuis 1791, il existait un comité permanent pour l’éducation, comité composé de membres de l’Assemblée législative mais sans influence sur le progrès des écoles, puisqu’il ne dispose d’aucun subside.De son côté le peuple compte trop souvent sur le gouvernement pour défrayer les dépenses de l’instruction publique et dans ce but réclame avec opiniâtreté les revenus des biens des Jésuites.Pendant ce temps, dans les séminaires de Québec et de Montréal, se prépare la nouvelle pléiade de patriotes éclairés qui tiendront bravement tête à l’orage qui s’amoncèle à l’horizon politique.La nationalité canadienne s’affermit en prenant possession du sol national, mais reste presque étrangère s 4i8 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE ,/ au mouvement commercial et industriel.Les groupes anglais composés de militaires, de fonctionnaires, de marchands ou d'agents de commerce sont heureux de maintenir nos pères dans l’isolement, afin de les exploiter dans les affaires publiques et dans la politique.La lutte scolaire entre dans une phase nouvelle avec l’année 1801.Le gouvernement responsable n’est pas encore constitué avec ses rouages essentiels, mais le peuple ose enfin faire entendre sa voix s’il ne réussit pas toujours à obtenir justice.Il peut enfin parler d’éducation et en parler c’était éveiller le patriotisme de nos hommes d’Etat, signaler des lacunes, faire la part des responsabilités, provoquer des comparaisons suggestives, en un mot créer un mouvement d’opinion sur cette question vitale.Certes l’occasion était belle alors pour proclamer la majorité du peuple canadien et l’affranchir de la tutelle du gouvernement.Mais comme au lendemain de la Cession on aima mieux empêcher que favoriser l’organisation d’un système scolaire libéral que tout le pays demandait.Et pour accélérer le mouvement d’assimilation qui n’avait détaché du bloc national que les enfants perdus de notre race, nos maîtres s’adressèrent une fois de plus à la métropole et un jour ils annoncèrent bruyamment la fondation d’un Bureau de VInstitution royale pour l’avancement des sciences.C’était l’établissement du monopole de l'enseignement maintenu par notre Législature au profit de l’Eglise d’Angleterre et alimenté par une population catholique pour l’entretien d’écoles protestantes ou neutres.La loi ne passa pas sans opposition de la part de plusieurs députés ; J.F.Perreault présenta même un projet de loi “ pour établir des écoles publiques dans les paroisses du Bas-Canada.’’ La partie anglaise fit valoir en faveur de l’Institution royale la raison de priorité, puis la nécessité d’assimiler tous les éléments hétérogènes du Canada.Il est bon toutefois de signaler ces protestations réitérées contre le système d’exclusion qui paralysait les progrès de l’éducation populaire depuis 1760.Sous des apparences de libéralité et de justice, la nouvelle société d’éducation faisait un dernier effort pour enfoncer les rangs compacts des Canadiens et saper les fondements de leurs traditions séculaires.L’Institution •oyale demande la fondation d’une école élémentaire dans chaque paroisse et d’une école modèle au chef-lieu de chaque comté.La langue maternelle pourra être enseignée aux enfants dont l’instruction religieuse sera donnée sous la surveillance du curé ou du ministre de la religion des enfants.Jusqu’ici rien à reprendre.Le but inavoué des promoteurs de la mesure était si soigneusement dissimulé, que plusieurs Canadiens lui donnèrent leur adhésion et s’étonnaient que le clergé s’y opposât si ouvertement.Pourtant si le projet de loi était perfide, il n’était pas malaisé d’en saisir la véritable portée.La première loi d’éducation publique accordée au peuple canadien n’était-elle pas confiée dans son application aux pires ennemis des traditions nationales?Un comité protestant nommé par l’Exécutif et siégeant sous la présidence de l’évêque anglican de la province choisit les instituteurs primaires et leur assigne leur traitement annuel.Les jeunes instituteurs protestants de 1801 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 419 ie destinant pour la plupart au ministère paroissial considéraient souvent leurs nouvelles fonctions comme une transition vers un poste plus élevé.Comment croire que leur enseignement put être exempt des préjugés de race et de religion?L’assimilation des Canadiens français ne constituait-elle pas le premier article du programme de la bureaucratie anglaise?Jusqu’en 1818, l’Assemblée législative ne put acquérir le contrôle du budget et étendre dans un sens plus libéral la portée de la loi d’éducation de 1801.Isolées dans les campagnes au milieu d’une population justement méfiante, les écoles de l’Institution royale restèrent vides ou plutôt elles ne rendirent guère de services qu’aux colons anglais.Au risque de justifier l’accusation d’ignorance si souvent adressée aux Canadiens, ceux-ci préférèrent l’intégrité de leurs traditions et de leur foi aux avantages offerts d’une main si avare.Le vigilant évêque de Québec avait refusé de prêter son concours à cette œuvre qui avait le grand tort d’être patronnée par l’Exécutif et placée sous le contrôle'du parti hostile à la majorité des habitants du pays.On Donnait s’étonner du long silence de Mgr Plessis sur la question scolaire, si l’on ne savait que le peuple n’était pas entièrement privé de moyens d’éducation, et qu’il y avait toujours danger de ranimer les veilles rancunes de l’oligarchie anglaise contre la liberté d’enseignement.L’horizon politique s’éclaircit peu à peu à partir de 1811.Le gouverneur Sherbrooke montre un désir très sincère de rapprochement entre le château et le palais épiscopal en donnant à Mgr Plessis un siège au Conseil législatif.Dès lors les deux chambres de la Législature réussirent, après quelques essais infructueux, à s’entendre (1820) sur un projet scolaire beaucoup plus libéral et destiné dans la pensée de ses promoteurs à mettre fin au monopole de l’Institution royale.Mais il fallait que le bill fut ratifié par le roi Or, c’était au moment même ou l’affaire des subsides causait les plus graves ennuis au secrétaire des Colonies, lord Bathurst, qui voulut au moyen de la question scolaire tenir la Chambre d’Assemblée en échec et 1 amener à faire sur d’autres points des concessions à l’Exécutif.Aussi, ni les amendements apportés au projet de loi l’année suivante, ni l’unanimité des suffrages des deux chambres du Bas-Canada, ni les recommandations pressantes du gouverneur Dalhousie et de l’évêque de Québec n’eurent raison du mauvais vouloir du Bureau colonial, lequel refusa d’approuver la loi scolaire projetée afin de punir les Canadiens de l’obstination qu’ils mettaient à réclamer le gouvernement responsable.N’était-ce pas la même tactique que l’Exécutif employait naguère, en demandant le contrôle et l’emploi des revenus des biens des Jésuites et des Sulpiciens, afin de se rendre indépendant des députés du peuple?La liberté scolaire restait donc toujours subordonnée à la politique.C est alors que justement alarmé des difficultés croissantes de recrutement de son clergé et plus encore du triste avenir qu’elles présageaient, Mgr Plessis fonda, en 1832, une société—c’était la seconde—pour secourir dans leurs études les jeunes gens qui montreraient des dispositions particulières pour 1 état ecclésiastique.Car quoique le Bas-Canada ne comptât que 37 écoles officielles, le gouverne- 420 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE ment ne laissait pas de menacer l'existence même des établissements d’enseignement secondaire.“ Le parti anti-catholique, affirme Mgr Plessis, avait conseillé au pouvoir de s’emparer des biens du collège de Nicolet.” L’enseignement primaire n’était pas moins gêné dans son expansion.Le 14 avril 1821, Mgr Lartigue écrit au curé de Varennes à propos d’une école que celui-ci se propose de construire sur une propriété léguée par un bienfaiteur de la fabrique: “Je pense que le gouvernement serait plus hardi à envahir l'administration d’une école bâtie sur un terrain donné depuis peu par un particulier, que de celle qui serait établie sur une terre appartenant de temps immémorial à la cure.” I Les menaces incessantes que les Anglais faisaient peser sur la population catholique avaient peut-être pour but de l'amener à une coopération effective en faveur de l’Institution royale.Ils crurent un moment avoir réalisé des espérances souvent déçues quand Mgr Panet, cédant aux sollicitations du gouverneur et de son Conseil consentit à adjoindre à ITnstitution royale un comité distinct “ chargé de la réglementation exclusive et de la direction des écoles catholiques en vertu de la loi de 1801.” Mais l’agitation politique d’alors fit ajourner puis abandonner ce beau projet, et bientôt furent votées de nouvelles lois scolaires.Vingt-quatre ans après sa fondation, l’Institution royale ne comptait encore que 37 écoles fréquentées par 1048 élèves.Reconnaissons toutefois qu’elle avait fait des efforts louables pour répandre l'instruction parmi la population anglaise.Elle avait même ouvert à 'Québec, c’est-à-dire dans une ville aux deux tiers canadienne française, une sorte d’école normale soi-disant Nationale et, en 1824, Burrage, le secrétaire du Bureau de l’Institution royale, sachant qu’on se plaignait beaucoup de l’incompétence des maîtres d’école, propose que tout instituteur qui serait nommé pour une paroisse en tout ou en partie anglaise soit obligé de suivre préalablement et pendant quelque temps les cours de cette Ecole, et d’y acquérir une idée exacte et pratique du système d’éducation en usage dans le pays.C’était le système suivi dans les écoles de charité, en Angleterre, où l’initiative privée en matière d’éducation était alors encore prépondérante.Nous ignorons si le projet eut des suites et dans quelles mesures l’instruction publique en bénéficia.En tout cas, le remède au mal dont on souffrait depuis un quart de siècle venait trop tard et d’une institution condamnée par l’opinion publique.En effet, si l’éducation primaire a tant de peine à se fonder, il en est tout autrement de l’enseignement secondaire plus indépendant des pouvoirs publics.Grâce à la féconde initiative du clergé et des riches particuliers, les collèges s’ouvrent qui vont donner à la période d’agitation qui s’étend de 1804 à.1850, des orateurs, des légistes éminents, des hommes l’Etat incomparables.Le région de Montréal se fait particulièrement remarquer dans ce mouvement scolaire universel.Les collèges de Montréal, de Nicolet, de Saint-Hyaçinthe, de Sainte-Thérèse, de Chambly et de l’Assomption, œuvres collectives d’autant de riches paroisses, relèvent partout le niveau de l’instruction dans les campagnes et stimulent l’ardeur pour l’étude dans les écoles pri- L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 421 maires.Car au lieu de réserver pour ses futurs lévites le meilleur de ses soins et de ses lumières et de fonder des petits séminaires, l’Eglise canadienne a donné indistinctement à tous une même éducation scientifique, littéraire et religieuse.La liberté politique a recueilli les premiers fruits de cette généreuse initiative.Papineau le puissant tribun populaire achève l’éducation politique du peuple et lui apprend que notre constitution contient en germe toutes les libertés.D’ailleurs la province de Québec se dégage, vers cette époque, des partis hostiles qui l’asservissent depuis si longtemps.Depuis qu’elle paye les dépenses de l’administration (1818) la décadence de l’Exécutif, comme organisme autonome, n'est plus qu’une question d’années et la Chambre d’assemblée investie de la souveraineté populaire lui succède peu-à-peu à la tête des affaires.Une fois maîtres de leurs destinées, les Canadiens français font preuve d’une rare intelligence du gouvernement responsable et ils travaillent sans retard à l’organisation d’un système scolaire vraiment progressif.Gardons-nous de croire toutefois qu’on avait attendu l’initiative des pouvoirs publics pour fonder à côté des églises des écoles communes en nombre suffisant pour recevoir une grande partie de la population scolaire des paroisses.Rigaud seul, pour citer un exemple, possède en 1821 un maître et une maîtresse d’école catholiques, outre deux instituteurs ambulants; c’était suffisant pour justifier la défense faite alors aux enfants de fréquenter les écoles protestantes.A Montréal, les Sulpiciens, les Dames de la Congrégation entretiennent des écoles gratuites sans préjudice d’institutions privées sous la direction d’instituteurs et d’institutrices laïques.En 1822, Mgr Lartigue invite son clergé à dresser.les statistiques des écoles paroissiales afin d’en transmettre l’état complet à la Congrégation de la Propagande.C’est une preuve qu’elles sont déjà nombreuses.Michel Bibaud écrivait en 1825.“ Quoi qu’on puisse en dire, l’instruc- tion fait tous les jours des progrès parmi nous; il est présentement peu de paroisses un peu considérables où il n’y ait une école tenue sur un pied plus ou moins respectable, sans parler de l’enseignement privé qui s’étend aussi de son côté et peut-être dans une plus grande proportion encore que l’enseignement public.” De longues et intelligentes recherches nous révéleraient sans doute bien d’autres faits capables de réhabiliter la mémoire de nos pères, à qui on impute sans preuve une apathie invincible è l’égard de l’instruction publique.La loi de 1824 fit une première brèche au vieux système étroit et mesquin qui fermait la porte de l’école à des milliers d’enfants.Elle autorise les fabriques à consacrer le quart de leur revenus annuels à rétablissement d’écoles élémentaires.Sans doute dans le même temps le Séminaire de Saint-Sulpice qui tenait à Montréal, en 1837, trois écoles élémentaires fréquentées par environ 1200 enfants, était toujours menacé dans son existence même. 422 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE mais la première loi qui permet l’emploi des deniers publics aux fins de l’éducation, tout imparfait qu’elle était, reconnaissait le principe de la liberté de l’enseignement.Elle avait toutefois le tort grave de mettre à la charge des fabriques les écoles élémentaires.Ajoutons l’aversion naturelle des Canadiens pour toutes sortes d’impositions, puis, à cette époque, la prise de possession du sol national, les besoins si pressants de la colonisation et de l’agriculture, et l’on comprendra sans peine que les fabriques hésitent à se grever du budget des écoles.N’oublions pas néanmoins que les écoles indépendantes, nombreuses et bien peuplées, faisaient aimer l’éducation et travaillaient avec succès à la répandre.A cette date (1829), il n’y avait pas moins de 14,700 enfants dans ces petites écoles que soutenait au prix des plus grands sacrifices une population généralement pauvre et très disséminée., La loi de 1829—elle n’abrogeait pas les deux lois scolaires précédentes —apporta le remède à cette situation précaire de nos écoles officielles et à ce point de vue, on doit la considérer comme la loi véritablement libératrice qui unifie tous les efforts partiels tendant à organiser le département d’éducation.De fait, c’était une partie du système scolaire actuellement en usage, puisque cette loi établissait des syndics pour chaque groupe important de population, une subvention de la part du gouvernement, un droit de contrôle et de visite confié aux membres de la Législature, une reconnaissance des écoles confessionnelles où la liberté des minorités restait complète, l’introduction du système pédagogique appelé mutuel ou lancastrien.Par malheur, elle fixait le nombre des écoles, lequel fut porté à 1500 par l’amendement de 1832 et, ce qui est plus grave, cette loi n’était que temporaire et devait être abrogée le 1er mai 1836.De nouveaux horizons s’ouvrent devant notre nationalité qui s’empresse de mettre à profit ce commencement de justice.L’école du peuple est enfin confiée au peuple qui, par ses représentants, exerce une surveillance de tous les instants sur l’instruction publique.La liberté de l’enseignement est fondée.L’Abbé L.A.Desrosiers. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 4^3 Galerie Pédagogique iisp mM '.y: M.Tabbé P.Lagacé Quatrième Principal de l'Ecole normale Eaval (1871-1884) (Reproduit des Noces d’or de l’Ecole normale Laval.Joli volume de 250 pages, vente à l’Ecole normale, Québec.$1.50, franco par la poste.) 424 L'ENSEIGNEMENT PRIMAIRE DOCUMENTS OFFICIELS A travers le rapport de MM.les Inspecteurs d’écoles Opinions et suggestions M.L.-O.PAGE Disricts de Lotbinière.et Mégantic Les conférences pédagogiques d’automne ont été suivies avec beaucoup d’intérêt et je puis affirmer que ce serait avec peine que les institutrices de mon district les verraient remplacer par quoi que ce soit.Elles aiment ces conférences parce qu’elles y trouvent leur profit.Cette année vingt institutrices ont préparé des compositions pédagogiques et elles en ont fait la lecture à l’époque des conférences.Cette innovation, que j’ai faite il y a huit ans, a eu pour effet d’engager les institutrices à approfondir leurs connaissances pédagogiques et à déployer tout le zèle possible.L’école modèle indépendante de garçons de St-Jean-Deschaillons prend toujours de l’importance et cette année MM.Beaudet et Jacques, aidés d’un professeur de langue anglaise, ont enseigné à soixante garçons toutes les matières du cours modèle et de plus la calligraphie, la sténographie tt la télégraphie.Des jeunes gens des paroisses avoisinantes fréquentant cette école depuis quelques années ont contribué, par leur éducation et leur instruction, à faire comprendre à bien des gens que des institutions du même genre pourraient avoir ailleurs leur utilité et c’est ainsi que cette année une école semblable a été ouverte à Lyster-Station par M.Donat Dufour, ancien élève de l’Ecole normale Laval, et une le sera cet automne en septembre à Leclercville, par M.Avelin Beaudet, aussi ancien élève de l’Ecole normale Laval.Il est actuellement question d’en établir à St-Edouard et à Lotbinière.M.D.PAQUET Les Iles-dc-Ia-Madclcinc Il y a, dans ces municipalités, quinze écoles sous contrôle des commissaires et deux écoles indépendantes, où 1095 élèves reçoivent une instruction en accord avec les dispositions du programme d’études pour les écoles catholiques de la province de Québec.Des conférences pédagogiques ont eu lieu dans les municipalités d’Aubert, de St-Piefre-de-l’Etang-du-Nord et du Havre-aux-Maisons.L’institutrice de l’école de ITle-Coffin a bien voulu venir à une conférence, chez moi, pendant la première semaine de janvier.Ces conférences font un bien considérable dans nos écoles.Les institutrices, quoiqu’elles soient en général très capables, trouvent dans les conseils qui leur sont donnés ample matière à les faire réfléchir sur la manière d’enseigner. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 425 Je vous disais, dans un rapport antérieur, que lorsqu’il y aurait, dans la municipalité d’Aubert et de St-Pierre-de-l’Etang-du-Nord, une ou deux écoles de plus, nous en aurions pour longtemps; mais je m’aperçois en tenant compte du grand nombre d’élèves qui fréquentent les écoles actuellement que, dans un avenir très proche, il en faudra établir d’autres.M.J.-B.PRIM EAU Districts des Deux-Montagnes, Terrebonne, Montcalm L’inscription était l’an dernier de 3,426 garçons et de 2,930 filles, soit 6,356 élèves ; cette année elle est de 3,491 garçons et de 3,038 filles, soit 6,529 élèves.Il y a donc ane augmentation de 173 élèves sur l’année dernière.La moyenne de la présence qui était de 5,019 élèves en 1905-1906 est de 5,210 cette année.La moyenne des traitements en 1905-1906 était de $131.00 pour les institutrices et de $315.00 pour les instituteurs.Cette année, elle est de $133.00 pour les institutrices et de $359.02 pour les instituteurs.M.H.P RU D’PI O MM E Districts de l’Assomption, Montcalm, Bertkiër, Joliette Je suis heureux de vous informer que le dévouement des instituteurs et des institutrices, stimulé par la distribution des primes, par la lecture de L’Enseignement Primaire, et surtout par les conférences pédagogiques, a provoqué un développement sensible dans la plupart des écoles soumises à ma juridiction.Ces différentes causes de progrès constituent un mode d’enseignement plus pratique que celui d’autrefois, en ce sens qu’il s’adresse plus immédiatement au jugement et au raisonnement qu’à la mémoire.Les maisons et le mobilier des écoles s’améliorent sensiblement d’année en année.Trois municipalités seulement ont, jusqu’à ce jour, fait sourde oreille à mes demandes à ce sujet, ce sont: St-Sulpice, Ste-Julienne et St-Paul-de-Joliette.Votre, circulaire, Monsieur le Surintendant, en date du 15 janvier 1907, nous est un précieux auxiliaire auprès des commissaires et syndics d’écoles pour obtenir et faire respecter l’application des règlements y mentionnés.Je suis convaincu que sous peu, avec du travail, les commentaires qui y sont exprimés feront autorité dans toute ma circonscription ; car ils répondent exactement à toutes les nécessités requises pour l’installation d’une école moderne.L’unique obstacle à leur application immédiate naît du fait que, pour certaines municipalités, la subvention est si minime que les intéressés ajoutent plus d’importance aux dépenses à faire qu’à la perte de la dite subvention.Dans mon district, la création d’écoles modèles dans les villages, pour les garçons est beaucoup à désirer, et, ce serait, suivant moi, rendre un grand service au développement de l’instruction.Les fils de cultivateurs et autres, au sortir de l’école élémen taire, n’ont d’autre alternative de poursuivre leurs études que de fréquenter des col- 42b L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE lèges commerciaux, ce qui entraîne, des dépenses considérables.Les parents ne peuvent pas tous supporter les frais d'une éducation si dispendieuse.Le système d’une école modèle ci-haut mentionné, dirigée par un maître bien qualifié, suppléerait à la fois aux frais et à l’éducation, parce qu’il permettrait aux deux catégories de parents d’y envoyer leurs enfants pour un prix guère plus élevé que celui qu’ils paient à l’école élémentaire.M.P.-A.ROY Districts de Québec, Portneuf, Montmorency Ainsi qu’il est démontré par ces statistiques, il y a un progrès considérable relativement au mobilier des écoles de mon district durant l’année qui vient de se terminer, puisque 32g pupitres du système perfectionné ont été acquis et ont servi à pourvoir 20 classes nouvelles; je ne crois pas que l’on puisse trouver mieux dans aucun district, proportion gardée.Je dois aussi vous faire connaître que cinq magnifiques maisons ont été construites durant les vacances dernières, dont 3 à St-Ambroise aux arrondissements Nos 5, 7 et 12; une à l’Ancienne-Lorette (paroisse), au No 5.et une cinquième à l’arrondissement No 1 de Stoneham.Le personnel enseignant, en général, a fait preuve de beaucoup de zèle et d’acti-viié dans l’accomplissement de ses devoirs; aussi les progrès intellectuels sont-ils très satisfaisants, à part quelques exceptions.Somme toute, j’ai eu lieu d’être satisfait des résultats que j’ai constatés lors de mes visites.Les commissions scolaires, pour la plupart bien disposées, font leur possible pour se conformer aux règlements scolaires relativement aux maisons d'écoles et du mobilier; cependant, je dois avouer que certaines municipalités importantes de mon district se montrent bien négligentes sous ces deux rapports et mériteraient d’être privées de l’octroi qui leur est accordé, afin de les décider à faire faire les travaux nécessaires pour rendre leurs maisons confortables et pourvoir les classes d’un bon mobilier.Bureau Central des Examinateurs catholiques Instructions aux personnes qui se proposent de subir l’examen cette année Québec.21 février 190g.L’examen des candidats aux brevets de capacité pour l’enseignement commencera, cette année, le 2g juin prochain et se terminera le 2 juillet.Il n’y a que les aspirants au diplôme académique qui commenceront à subir l’examen le mardi, 29 juin; tous les autres, c’est-à-dire les candidats aux brevets élémentaire et modèle, ne commenceront leur examen que le lendemain, mercredi.30 juin. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 427 Le programme de l’examen pour les différents brevets est exactement le même que celui de l’année dernière.L’examen se fera dans les localités suivantes: Montréal, Québec, Trois-Rivières, Saint-Hyacinthe, Sherbrooke, Nicolet, Rimouski, Chicoutimi, Valleyfield, Hull, Jo-liette, Baie-Saint-Paul, Carleton, Farnham, Fraserville, Havre-aux-Maisons, Montebello, New-Carlisle, Percé, Pointe-aux-Esquimaux, Fort-Coulonge, Roberval, Sainte-Anne-des-Monts, Saint-Ferdinand-d’Halifax, Saint-Jovite, Sainte-Marie-de-Beauce, Victoriaville, Maniwaki, Tadoussac, Rivière-au-Renard et Ville-Marie.Toute personne qui se propose de subir l’examen devant le Bureau central doit, au moins Trente: jours avant Pépoquë Fixée pour e’ExamEn, c’est-à-dire avant EE 29 mai, en informer le secrétaire du Bureau et lui transmettre en même temps, conformément aux dispositions de la formule ci-après: i° Un certificat de moralité signé par le curé ou le desservant de la paroisse où elle a résidé pendant les six mois précédant l’examen; 2° Son extrait baptistaire; 30 La somme exigée comme droit d’examen.Cette somme est de $3.00 pour le diplôme élémentaire (primaire élémentaire), de $4.00 pour le diplôme modèle (primaire intermédiaire) et de $5.00 pour le diplôme académique (primaire supérieur).Pour être admis à l’examen, les garçons devront avoir au moins dix-huit ans révolus au premier d’août prochain, et les filles seize ans à cette même époque.On voudra bien ne pas oublier qu’î/ est tout à fait inutile de faire, une demande d’admission à l’examen si l’on n’a pas l’âge réglementaire.Voici la formule que chaque aspirant devra remplir bien exactement et envoyer au secrétaire du Bureau central : (Nom de la localité et date) « Au secrétaire du Bureau central des examinateurs catholiques, Québec.« Monsieur, «Je, soussigné., (écrire ses nom et prénoms), né., à (indiquer l’endroit), le «( donner la date), domicilié.à (donner le lieu de la résidence de ses parents), com-« té de (nom du comté), ai l’honneur de vous informer que j’ai l’intention de me pré-« senter à (écrire le nom de la localité où l’on doit se rendre pour l’examen), afin -de « subir l’examen en (dire si c’est en français ou en anglais, ou dans ces deux langues), «pour le brevet d’école (élémentaire, modèle ou académique).J’ai l’honneur de vous «transmettre la somme de $ (mettre le montant des droits d’examen exigés) et le cer-« tificat de moralité du curé (ou desservant) de ma paroisse, ainsi que mon extrait « baptistaire.«Vous voudrez bien m’envoyer mon diplôme ou l’avis du résultat de mon examen « à (nom du bureau de poste).» (Signature de l’aspirant).Le certificat de moralité doit être dans les termes suivants : «Je, soussigné, certifie que j’ai personnellement connu et que j’ai eu l’occasion «d’observer (les nom et prénoms du candidat) pendant (dire le nombre d’années ou «de mois), que, durant tout ce temps, sa vie et sa conduite ont été sans reproche, et «j’affirme que je crois qu’—est intègre et consciencieux (ou consciencieuse.) (Signature du curé ou du desservant de la paroisse.). 428 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE * Les candidats qui ont été ajournés pour quelques matières, à l’examen de juin dernier, de même que ceux qui ont échoué complètement, devront renouveler leur demande d’admission à l’examen de juin prochain et l’accompagner d’un nouveau certificat de moralité signé par le curé.Ils ne sont pas tenus cependant de transmettre un nouvel extrait baptistaire.Ces aspirants sont obligés d’envoyer au secrétaire $1.00 s’ils reprennent leur examen pour le diplôme élémentaire, $1.50 s’ils reprennent leur examen pour le diplôme modèle, et $2.00 s’ils reprennent leur examen pour le diplôme académique.Ils ne devront pas oublier de mentionner le numéro d’ordre qui leur avait été assigné l’année dernière.Ces aspirants feront leur demande comme suit : (Nom de la localité et date) « Au secrétaire du Bureau central des examinateurs catholiques, Québec.« Monsieur, «Je, soussigné., (écrire ses nom et prénoms), né.à (indiquer l’endroit), le « (donner la date), domicilié.à (lieu de la résidence de ses parents), comté de (nom «du comté), ai l’honneur de vous informer que j’ai l’intention de me présenter de nou-« veau à (écrire le nom de la localité où l’on désire se rendre pour l’examen), afin de « reprendre mon examen de l’année dernière pour le brevet d’école (élémentaire, mo-« dèle ou académique), en (français ou en englais, ou dans les deux langues).Je « vous envoie ci-inclus la somme de $ (mettre le montant exigé pour reprendre son exa-« men), un nouveau certificat de moralité de mon curé (voir la formule de certificat « ci-dessus), ainsi que l’avis que vous m’avez adressé au mois d’août dernier (envoyer « cet avis).« Vous voudrez bien m’envoyer mon diplôme ou l’avis du résultat de mon exa-« men à (nom du bureau de poste).Mon numéro, l’an dernier, était (mettre le nu-« méro).» Les candidats qui, l’an dernier, ont échoué pour la première fois sur moins du quart des matières n’auront à subir l’examen que sur celles mentionnées dans l’avis que je leur ai adressé au mois d’août dernier.Les personnes qui n’ont pas réussi à avoir leurs diplômes en 1898 ou les années suivantes jusqu’en 1907 et qui n’ont pas encore subi une seconde épreuve devront, si elles se présentent devant le Bureau au mois de juin prochain, payer le droit d’examen en entier et être interrogées sur toutes les matière's du nouveau programme, comme si elles subissaient l’examen pour la première fois.Je demande comme une faveur toute spéciale aux personnes qui doivent se présenter à la prochaine session du Bureau de m’envoyer LE plus tôt possible leur demande d’admission, accompagnée de tous les documents requis.Tout candidat en règle recevra une carte d’admission à l’examen.On voudra bien faire recommander les lettres contenant de l’argent et l’on est prié de ne pas envoyer de timbres-poste pour payer le droit d’examen.A l’avenir, le Bureau ne fournira pas les porte-plumes; chaque candidat devra, donc apporter le sien pour les examens.En ayant l’obligeance de se conformer fidèlement aux instructions qui précèdent, les aspirants aux diplômes faciliteront l’ouvrage très considérable que nécessite l’organisation des examens et ils me rendront par là même un service signalé.J.-N.MILLER, Secrétaire du Bureau central des examinateurs catholiques. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 429 METHODOLOGIE La rédaction à ia petite école 1 de d'expropriation Le maître engage la conversation avec ses élèves pour préparer le devoir : M.—Vous savez, mes enfants, quel nom on donne à un homme pour indiquer qu’ii est le possesseur d’un bien, d’une terre, d’une maison?E.—Oui, M., on dit qu’il est le propriétaire.M.—Et quel nom de la même famille donne-t-on au bien lui-même?E.—M., c’est la propriété du possesseur.M.—Bien, mes enfants; comment un homme acquiert-il le titre de propriétaire d’une chose?E.-—En l’achetant, ou en faisant cette chose lui-même, ou 'encore en la recevant de quelqu’un qui a droit de la lui donner.M.—Un propriétaire peut-il être quelquefois obligé de vendre sa propriété ?E.—.?M.—Vous n'osez pas répondre?Vous ne savez pas Eh bien! oui, mes enfants, il est obligé de vendre lorsque l’utilité publique l’exige; mais dans ce cas-là seulement.Cette obligation de vendre s’appelle expropriation.E.—Mais, M., comment sait-on que l’utilité publique l’exige.M.—Mes enfants, c’est l’autorité qui le décide, soit le gouvernement, soit le conseil du comté, soit le conseil municipal, chacun dans les limites de son administration.Tenez je vais vous raconter une histoire d’expropriation.Questions à faire aux élèves pour re- Texte qui servira au maître pour ra-prendre P histoire.conter l’histoire aux élèves.(Ce texte ne doit pas être simplement lu) De quelle entreprise causaient plu- Le gouvernement avait autorisé une sieurs cultivateurs?compagnie à établir un chemin de fer 4e p*** ^ p)**L et les arpenteurs travaillaient à faire le tracé de ce chemin de fer.On en causait un peu entre cultivateurs. 430 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Que disait le premier de cette affaire?Qu’ajoutait le second?Que répondit le troisième interrogé par les autres?Qu’arriva-t-il un mois après?Que répondit Marcel à la compagnie qui lui offrit un prix pour son terrain?Qui se chargea de persuader Marcel qu’il avait tort?Quel raisonnement fit le maire pour convaincre l’entêté?—“ Moi, disait Prosper, je dis que voilà une bonne affaire pour nous ; nous voyagerons vite, et nous expédierons plus aisément nos produits.” —“ Sans compter, reprenait Basile, que la compagnie aura besoin de terrains, et qu’elle paiera largement les propriétaires.Et toi, Marcel, tu ne dis rien?—“ Moi ?répondit Marcel, d’un ton bourru, je dis que je ne conseille pas à tous ces messieurs-là de me demander ma terre ; ma terre est à moi, et elle n’est pas à vendre.” Un mois après, les plans étaient publiés ; la ligne coupait les terres de Marcel.La compagnie lui offrit un prix qui payait le terrain un tiers de plus que sa valeur.Marcel refusa net, répétant toujours : “ ma terre n’est pas à vendre.” Le maire, qui était un de ses bons amis, vint le trouver: “Voyons, Marcel, tu vas t’attirer des ennuis et des frais, et il faudra finir par vendre.Je comprendrais ton refus si un particulier venait te dire: “Je suis riche, j’ai envie de ta terre ; tiens, voilà de l’argent ; ôte-toi de là que je m’y mette!” Mais comprends donc ce que c’est qu’une expropriation pour utilité publique : il a été reconnu qu’il est utile pour le pays d’avoir un chemin de fer et le gouvernement a autorisé la compagnie à le construire et à le faire passer par tel et tel endroit.” —“ Ca m’est égal, dit Marcel, personne ne peut déclarer que ma terre l’est pas à moi.” Que répondit Marcel? RENSEIGNEMENT PRIMAIRE 431 Comment le maire poursuivit-il son —“ Eh oui ! elle est à toi ; la preuve raisonnement?c’est qu’on te la paie.Nous avons be- soin d’un chemin de fer; est-ce qu’on pourrait le tracer si la voie, qui doit couper au plus court, était forcée de faire des détours, parce qu’un entêté n’aurait pas voulu vendre un morceau de terre?Que conclut Marcel?—“ N’importe, répétait Marcel, je ne veux pas vendre.” Comment fut réglée l’affaire?La chose fut mise en Cour de jus- tice et Marcel fut obligé d’accepter le montant offert par la Compagnie et de Marcel gagne-t-il quelque chose avec céder son terrain.De plus, il eut à sont entêtement?payer les frais de cour qui furent le prix de la satisfaction de son entêtement.Le maître questionne ensuite les enfants, comme il est indiqué en marge de l’histoire; puis, lorsqu’il a constaté ainsi que les élèves ont compris le sujet, il dicte un canevas comme le suivant qui les aidera à faire leur rédaction.Canevas.—Titre:—U expropriation—Projet de chemin de fer—préparatifs—les gens en causent—deux s’en réjouissent, ils disent pourquoi—le troisième est décidé à ne pas souffrir de dérangement dans ses affaires—les plans sont publiés—on offre un prix pour exproprier l’entêté, il refuse—le maire vient le raisonner—il explique la nécessité de se soumettre, utilité publique—l’entêté résiste—le maire conclut en faisant voir que Marcel sera obligé de céder—l’entêté persiste dans son refus—la cour de justice décide— Marcel est obligé de plier et de payer les frais.— (Il peut faire parler les personnages; employant les guillemets et le tiret).Le texte qui a servi pour raconter l’histoire pourra être comparé avec le devoir fait par les élèves qui peuvent faire aussi bien sans reproduire servilement.II de i/impoT Le maître aura donné par exemple une leçon de choses sur les impôts, aura fait comprendre aux élèves ce que c’est que la taxe personnelle, la taxe sur les biens fonds (maisons, terres), les taxes ou licences de commerce, les impôts de douane sur les marchandises importées de l’étranger, etc. 43 2 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE La taxe personnelle, payée pour leur propre personne, par les citoyens qui ont des moyens d’existence.La taxe sur les biens fonds payée à tant pour cent d’après l’évaluation de ces biens.Les taxes ou licences de commerce, payées par ceux qui veulent se faire marchands ou faire des entreprises commerciales ou industrielles.Les impôts douaniers prélevés sur les marchandises importées et payés par ceux qui font venir ces marchandises.Pour se rembourser ceux qui ont payé la douane vendent plus cher les objets étrangers et ainsi tout le monde paie sa part indirectement.Les impôts ou taxes ou contributions sont donc directs ou indirects.Ainsi le marchand qui a importé du café le vendrait à 25 centins la livre s'il n’avait pas payé la douane, mais comme il a payé, il vend son café 28 ou 30 centins; l’acheteur paie donc la douane indirectement c’est-à-dire d’une manière cachée ; le propriétaire, qui paie directement lui-même, la taxe foncière sur sa maison, la louera plus cher et le locataire paiera ainsi indirectement la taxe foncière.Toutes ces choses étant bien comprises et les enfants étant instruits de l’usage que le gouvernement fait des impôts, administration, justice, force armée, etc, il sera facile de faire faire comme devoir de rédaction une lettre dans le genre de la suivante : Questions qui aideront les élèves à ra- Modèle du devoir à faire.Le maître conter à leur tour ce qu’ils auront devra se servir de ce texte pour ra-entendu et compris.conter aux élèves que le petit Jules avait écrit tout cela à son ami Charles.Mon cher Charles Que dit Jules du père Thomas?De quoi se plaint le père Thomas?Tu connais bien le père Thomas qui a sa terre au bout de notre rang et que tu as déjà vu chez nous?Il vient assez souvent passer la veillée ; on cause : moi je ne dis rien et j’écoute.Hier il disait des choses qui m’ont surpris: je vais te les raconter.“ Voyez-vous, disait-il, il y a trop de taxes.Comment?moi, Canadien, L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 433 Pour quelles choses est-il obligé de payer?Le père Thomas était Al calme en parlant?Que pensait le père de Jules?Qui prit la parole?Que dit Ponde de J ides au père Thomas?Comment explique-t-il la nécessité des taxes?il faut que je paie une taxe personnelle pour vivre sur le sol du Canada ! Pour avoir une maison, une terre, il- faut que je paie encore! Si je veux m’établir marchand, c’est encore une autre taxe à payer.Si encore c'était tout, mais mon thé, mon café, mon sucre, tout ce qui vient de l’étranger est taxé.’ Et le père Thomas s’animait; il tapait sur la table.“Tenez! dit-il, je charge ma pipe ; eh bien ! il y a une taxe sur le tabac que je vais fumer.Oh! c’en est trop! je voudrais bien savoir ce que les gens du gouvernement font de tout cela ! ” Mon père, qui aime beaucoup le père Thomas, ne voulait pas le contredire.Mais mon oncle Lucien, qui était là prit la parole : “ Monsieur Thomas, le gouvernement a besoin d’argent pour l’adminis-trations du pays, pour veiller à la bonne direction des affaires publiques, pour maintenir l’ordre, pour veiller à la sécurité publique et protéger les citoyens contre les entreprises des malfaiteurs, Il faut un grand nombre d’employés pour cela : les ministres qui dirigent, les députés qui font les loi"s ou les modifient, les juges qui les ap pliquent, la police qui nous protègent contre les criminels, l’armée qui maintient l’ordre par la force lorsqu'il en est besoin ou défend le pays en cas d’attaque par l’étranger.Toutes ces choses excellentes et né cessaires, ne peuvent se faire sans argent et voilà pourquoi il est bien juste que chacun paie sa part de tout cela puisque chacun en profite.Voilà pourquoi les impôts ou les taxes.C’est un petit sacrifice que chaque citoyen fait pour en retirer un grand bien. 434 RENSEIGNEMENT PRIMAIRE A quoi est comparée la taxe?Le père Thomas trouve-t-il une différence f L'oncle admet-il cette différence?Comment explique-t-il que sa comparaison est bonne?Le père Thomas avoue-t-il qu’il est convaincu?Tenez, Monsieur Thomas, vous avez une assurance contre l’incendie?—“Oui, certainement! et ceux qui n’en ont pas sont bien imprudents.” -—“ Ainsi, vous sacrifiez chaque année quelques piastres, pour n’avoir pas à craindre de perdre votre bien par le feu.Eh bien! l’impôt ou la taxe est comme la prime d’assurance payée par chacun pour que le pays vive en sécu-rit et fasse ses affaires tranquillement et commodément.” —“Fort bien! mon garçon; mais quand je me suis assuré, j’ai décidé moi-même avec l’assureur le montant de la prime.” —“ Et c’est vous aussi, Monsieur Thomas, qui décidez le montant de Fimpôt.” —Ah! par exemple! je voudrais bien savoir comment?C’est bien simple, qui est-ce qui fixe le budget, c’est-à-dire ce que le pays doit payer et dépenser chaque année?Ce sont les députés, et les députés sont nommés par vous et par tous les citoyens dignes de ce nom.Vous avez à la Chambre un député qui vous représente et qui débat la somme à payer Les députés surveillent l’emploi de l’argent et font au besoin des reproches au gouvernement.Et quand l’argent est dépensé, il y a un homme qui vérifie les comptes, c’est l’auditeur ou le vérificateur.” Ive père Thomas comprenait bien tout ce que lui disait mon oncle, mais il est un peu entêté; il continuait de fumer sa pipe sans rien dire, pour ne pas avoir l’air de céder à un plus jeune que lui. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 435 Que se disait Jules en entendant tout Et je me disais en moi-même : “ Il cela?a raison, mon oncle; ce qu’il dit là, on nous l’enseigne à l’école.Il faut croire qu’au temps du père Thomas, on n’apprenait pas ces choses-là aux enfants; je trouve qu’on avait tort.” Ton ami, Jules.Toute cette lettre racontée comme une histoire par le maître ou la maîtresse, sera racontée à leur tour par les élèves.Les questions en marge ou d’autres du même genre aideront beaucoup.Le travail oral étant fait et les élèves ayant bien compris le sujet, on leur donnera alors un canevas, comme le suivant, qui les guidera pour leur travail de rédaction.Canevas.—Jules écrit à son ami Charles—il parle du père Thomas—une veillée où le père Thomas cause des taxes—discours que tient le père Thomas pour prouver qu’il y a trop de taxes—il s’anime—réflexion à propos de sa pipe—le père de Jules ne dit rien—l’oncle de Jides prend la parole—il explique le besoin d’argent pour l’administration—la direction des affaires—le bon ordre—la sécurité publique—il parle des employés nécessaires qu’il faut payer —chacun doit contribuer puisque chacun en profite—comparaison entre les impôts et l’assurance—le père Thomas trouve une différence—l’oncle explique que non—les députés—l’auditeur des comptes—le père Thomas ne parle plus—Jules dit que son oncle a raison—on enseigne tout cela à l’école—le père Thomas n’a peut-être pas eu la même chance.Si les élèves sont trop aidés par ce canevas, on peut facilement le simplifier.Il faut jnsister sur l’emploi du discours direct, afin que le récit soit plus vivant.C’est bien plus facile de faire parler les personnages que de faire des phrases toujours correctes et claires pour raconter le tout en parlant toujours soi-même.Toutes les connaissances que l’on donne aux enfants se graveraient bien mieux dans leur esprit, si on leur faisait faire un travail comme celui-ci, après l’avoir soigneusement préparé.H.Nansot, Insp.d’écoles. 436 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE ARITHMETIC (i) Equation of payments (Continued) What is the average term of credit and what is the equated time of the following bills ?E.Robinson, Dr.Montreal, May 17th, 1908 To William Green 1908 March 4 To 50 yds Velvet.@ $5.00 $250.25 “ 1500 “ French Prints.24 360.Ayril 16 “ 400 Sheeting.@ .24 96.30 “ 200 “ Oilcloth.@ 1.00 200.May 17 “ “ Sundries.350.Ans.—Average term of credit 39 days.Equated time of payment April 12th, 1908.2.I sell goods to A at different times, and for different terms of credit, as follows : Sept.12, 1907, a bill on 30 days’ credit, for $180.Oct.7> a U 30 te 300.Nov.16, u cc 60 U U “ ISO- Dec.20, U (( 90 a Ci “ 350.Jan.25, 1908, U 30 (< Ci 130.Feb.24, le Prix de vente des 75 mouchoirs.75 = $0.18, le prix de vente d’un mouchoir.$0.18 X 24 = $4-32> le coût de 24 mouchoirs.$1.25 X 23 = $28.75, le total des gages pour 23 jours.6.$0.06 pa.moutons : on lui prend pour cela on ayant donné 8.8 livres de laine I 468 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE le cultivateur se trouve avoir retiré de cette opération un produit net de $1905.Combien avait-il de moutons, sachant qu’il vend sa laine $18 le quintal ?Solution:—($18.X 8.8) -t- 100 = $1,584 la valeur de la laine d’un mouton.$1,584-0.06 = $1.524, ce qui reste, la tonte payée.$1905.00 -f- $1.524 '= 1250 moutons.7.Un meunier vend à un boulanger une voiture de 25 sacs de farine pour $404.40.Le transport et les autres frais à sa charge se sont élevés à $0.276 par sac de 318 livres.Combien en réalité a-t-il vendu sa farine le sac et le quintal ?Solution :—$0.276 X 25 = $6.90 le montant dépensé pour frais divers.$404-zj.o — $6.90 = $397.50, le montant net reçu par le meunier.$397.50 -f- 25 = $15.90, le prix de vente d’un sac.($15.90 -f- 318) X 100 = $5.00, prix de vente d’un quintal.8.Un gallon peut contenir 7273 haricots de moyenne grosseur.Dans un champ on en a semé 22 rangées de chacune 800 touffes à raison de 6 grains par touffe.La semence ayant décuplé, on demande la valeur de la récolte à $2.73 les 100 livres.Le gallon de haricots pèse 7.8 livres.Solution :—22 X 800 X 6 X 10 = 1056000 haricots.1056000 -f- 7273 = 145 gallons.7.8 X 145 =• 1131 livres.($2.73 X 1131) H- 100 = $30.88.Rép.9.Une couturière a fait en 15 jours 3 douzaines de camisoles qui lui sont payées $1.10 pièce.Combien a-t-elle gagné par jour, si elle a fourni de l’étoffe à $0.35 la verge, à raison de 2 verges par camisole, et si l’on estime à $0.10 par camisole, la dépense de boutons, fil et aiguille?Solution:—$0.35 X 2 = $0.70 dépense pour l’étoffe d’une camisole.$0.70 -fi $0.10 = $0.80 dépense totale pour 1 camisole.$0.80 X 36 = $28.80, dépense totale pour 3 douzaines de camisoles.$1.10 X 36 = $39-60, ce que rapporte la vente des ^ô camisoles.$39.60 — $28.80 = $10.80, ce que gagne la couturière en 15 jours.$10.80 -4- 15 = $0.72.Rép.10.Comment trouve-t-on sans opération le produit de 136 par 25?Solution:—On multiplie 136 par 100, ce qui se fait en plaçant 2 zéros à la droite de 6; on a alors 13600; en multipliant par 100 on a multiplié pat un nombre 4 fois trop grand; on n’a qu’à diviser 13600 par 4 et on trouve la multiplicande, réponse 3400.11.Donnez la théorie de la multiplication d’un nombre décimal par un nombre entier, en prenant pour exemple 456.78 par 36. RENSEIGNEMENT PRIMAIRE 469 Solution :—On multiplie sans s’occuper du point comme si le multiplicande était un nombre entier, 45678 au lieu de 45678 centièmes ; la réponse 1644408, est 100 fois trop grand; on la divise par 100, ce qui se fait en séparant par un point deux chiffres à partir de la droite, ce qui nous donne 16444.08.12.Un meunier a fait un traité avec un boulanger pour lui livrer pendant 6 mois 25 sacs de farine par quinzaine au prix de $15.75 sac- Pendant les 12 quinzaines qu’a duré ce marché, la farine a valu successivement: $19.20, $18., $17.75, $I7-> $l6., $15-75’ $I4-’ $i3-25’ $I3-’ $I2.5o, $12, $11 .50.Combien le meunier a-t-il pagné ou perdu à ce marché?Solution:—Le boulanger s’est engagé à payer $15.75 X 25 X 12 = $4725- La farine que le meunier livre vaut successivement ($19.20 X 25) + ($18 X 25) + ($17.75 X 25) + ($17 X 25) + ($16 X 25) -L ($15-75 X 25) + ($14 X 25) + (13.25 X 25) + ($13 X 25) + ($12.50 X 25J -b (12 X 25) + ($11.50 X 25) = ($19.20 + $18 + $17-75 + $!7 + $ï6 -f- $15.75 X $H “h $I3-25 "E $I3 H- $12.50 + $12 X $11.5°) X 25 = $179.95 X 25 — $4498.75 la valeur de la farine livrée par le meunier.$4725 — $4498.75 = $226- 25, le bénéfice du meunier.-o ) — ( o- PROBLEMES DE RECAPITULATION SUR LES FRACTIONS 1.Pour confectionner une chemise, on emploie 2.8 verges de toile à $0.27 la verge et l’on paie $0.29 de façon.Combien devra-t-on revendre la douzaine de chemises pour gagner $0.23 sur chaque chemise?Solution :—$0.27 X 2.8 = $0.756 le coût de la toile d’une chemise.$0.756 -f- $0.29 = $1.046, le coût d’une chemise.$1.046 + $0.23 = $1.276, le prix de vente d’une chemise.$1.276 X T2 =.$15.312, le prix de vente d’une douzaine de chemises.2.La livre (16 onces avoir-du-poids) d’or pur vaut $311.746.Un bijou en or pèse 0.231525 d’une livre; il contient Vio de cuivre; son travail est estimé $17.05.Quelle est sa valeur?Solution:—Si Vio est en cuivre les 9/10 ou 0.9 de 0.231525 sont en or.0.231525 X -9 = -2083725 d’une livre, la quantité d’or pur dans le bijou.$311.746 X .2083725 = $64.96, la valeur de l’or dans le bijou.$64.96 -f $17.05 = $82.01.Rép.¦3.Un cultivateur a vendu les 3/s de sa récolte pour $1545» combien aurait-il dû vendre les Vr> ? 470 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Solution :— 3 $1545 8 1 1545 1545 X 8 8 3 1545 X 8 1 5 3X5 4 1545 X 8 X 4 $3296.Rép.5 3X5 Autre solution:—1° Quand on a le prix d’une quantité quelconque et que 1 on désire trouver le prix de l’unité, on divise le prix par le nombre exprimant la quantité et le quotient égale le prix de l’unité.Dans le cas actuel on a le prix de 3/8, pour avoir le prix de l’unité, c’est-à-dire le prix de la récolte entière on divise $1545 par s/8, ce qui donne 2° Quand on a le prix de l’unité et que l’on veut trouver le prix d’une quantité, on multiplie le prix de l’unité par le nombre exprimant la quantité.Le prix de l’unité dans ce cas est 1545 3/s, la quantité dont il faut trouver le prix est de 4/5 ; mlutipliant le prix de l’unité par Vs- on a: (1545 Vs) X 4 / / 5 = 1545 x Vs X 4/5 = $3296- Rép.4.Un marchand achète 227.43 verges de velours à $3-95 la verge; il en paie les 3/7 avec du drap valant $3.20 la verge et le reste en argent.Combien livre-t-il de verges de drap et quelle somme débourse-t-il?Solution:—$3.95 X 227-43 — $898.3485 valeur du velours.Les 3/7 de $898.3485 = $2695.0455 7 = $385.0065, la partie payée avec du drap à $3.20.$385.0065 -4- $3.20 -= i20.3i29/64 verges.$898.3485 — $385.0065 = $513.342, somme déboursée.5.Le prix de la doublure d’une étoffe est les 2/7 du prix de l’étoffe et 28 verges de l’étoffe doublée valent $90.72.Quelle est la valeur d’une verg' = 6 (4) .4X + 33' = I2 Multipliant (3) par 3 et (4) par 2, on a: (5) .9X + 6y = 18 (6) .8,v 4- 6y = 24 Soustrayant (6) de (5), on a: .r = — 6 Substituant — 18 la valeur de 3^ à ^x dans (3), on a: (3).—18 4- 23; = 6 Transposant, on a: 23; = 6 4- 18 = 24 d’où y — 24/2 = 12.4.Un nombre représenté par 2 chiffres est égal à 7 fois la somme de ses chiffres.Si on soustrait 27 du nombre, les chiffres auront changé de rang.Quel est le nombre?Solution:—Soient x le chiffre des dizaines, y celui des unités et iox -f-3; le nombre.(1) .iox + y = 7 (x + y) = yx 4- 73» (2) .io* 4-3' — 27 = 103’ 4“ -*¦ Transposant (1) et (2), on a: L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 479 (3) .lox + y yx — yy = o (4) .ictr + >' — iQy — * —- 27 Rassemblant, on a : (5) .3X — 6>' = o (6) .gx — 9y = 27 Posant (5) de nouveau et divisant (6) par 3, on a: (5).3x — = o (7) .3X — 3y = 9 Soustrayant (5) de (7), on a: (8) .3iV = 9 d’où y = V3 = 3 Substituant 18 la valeur de 6y à 6y dans (5), on a: (5).3X — !§ = o 3X = 18 d’où x = 18/3 = 6.Rép.63.Sur une rivière dont le courant est de 2 milles à l’heure, une équipe de rameurs se rendent, à la rame, à une distance de 3^ milles et remontent immédiatement au point de départ.Si le trajet aller et retour a pris 1 heure 40 minutes, on demande la distance que parcourerait, dans 1 heure, l’équipe sur un lac où il n’y aurait pas de courant.Solution:—Soit x le nombre de milles par heure sur un lac où il n’y aurait pas de courant.3^2 -, le nombre d’heures qu’à mis l’équipe à descendre la rivière x 2 3^ -, le nombre d’heures à remonter x — 2 3^ 3^ 5 - -j- - = — d’heure.x 2 x 2 3 Multipliant l’équation par 2, on a : | 7 7 10 x 2 x — 2 3 Multipliant l’équation par 3X2 — 12, le plus petit multiple commun des dénominateurs, on a : 2 ix — 42 + 2i,r + 42 = iox* — 40 Transposant et rassemblant, on a : — lox2 -j- 42.V = — 40 Multipliant l’équation par — 1, on a: 10.V2 — 42X = 40 480 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Divisant par 10, on a: 42-V x2 —- = 4 10 Complétant le carré, on a : 42.r (21)2 441 x2 + 4 + , 10 (10)2 IOO Extrayant la racine, on a : 21 29 29 x = — ou 10 10 10 29 21 50 x = — -j- — — — = 5 10 10 10 29 21 8 OU X = — — + — r.— 10 10 10 Rép.5 milles à l’heure 841 100 PREMIERS ELEMENTS DE GEOMETRIE PRATIQUE 1.Combien faut-il de carreaux, de 9 pouces sur 6 pouces, pour paver une cour rectangulaire de 24 pieds 6 pouces sur 15 pieds 9 pouces?_ Solution :—9 X b = 54 pouces carrés, surface de 1 carreau.241/;, X i53/4 = 3S5Y8 pieds carrés, surface de la cour.3857/s X 144 = 55566 pouces carrés.55566 -f- 54 = 1029 carreaux.Rép.2.Marchant à raison de 51/2 milles à l’heure il faut 12 minutes pour faire le tour d’un certain terrain carré ; quelle en est la superficie en acres, et aussi en arpents.Solution-.—12 minutes = le 1/5 d’une heure.1/5 de 5V2 = D/io milE le périmètre du terrain.D/ic -t- 4 = 11Ao 6e raille = le côté du carré.174o X 1V4o — 121/iooo de mille, la surface en milles carrés.Dans 1 mille carré il y a 640 acres.• 12Viooo de 640 acres = 482/5 acres.Rép.Dans 1 acre il y a 4840 verges.Dans 1 arpent il y a 3600 verges.1 acre = 4840/3g0o d’arpent = 12V9o d’arpent.48V5 acres ou 242/5 d’acre = 12Voo X 242/5 = 29282/45o = 6532/4S0.Ré L'ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 481 3.Trouvez la surface d'un parallélogramme dont deux des côtés adjacents ont respectivement 13 et 14 pieds et dont une des diagonales a 15 pieds Solution :—Le parallélogramme est composé de deux triangles dont les côtés ont chacun 13, 14 et 15 pieds.Ces deux triangles ont la diagonale 15 pieds pour côté commun.(13 + T4 + 15) = 21 21 — 13 = 8 21 — 14 = 7 21 — 15 1= 6 21X8X7X6 = 7056 La racine carrée de 7056 = 84, la surface d’un des triangles.84 X 2 = 168, la surface des deux triangles.4.Les côtés adjacents d'un parallélogramme ont 231 pieds et 120 pieds; la perpendiculaire entre les côtés les plus courts égale 77 pieds; trouvez la longueur de la perpendiculaire entre les autres côtés.Solution :—120 X yy = 9240 pieds carrés, la surface du parallélogramme.9240 -t- 231 = 40 pieds, la perpendiculaire entre les côtés les plus longs.5.Un réservoir cylindrique contient 4400 gallons.Quelle en est la hauteur si le diamètre de la base est de 5 pieds 4 pouces.(On suppose qu’il y a 6% gallons dans 1 pied cube).44CO -f- 6j4 = 704 pieds cubes, volume du cylindre.(5V3)2 X -7854 = 67.0208/3 surface de la base du cylindre.704 67.0208/3 = 704 X 3/67.0208 = 2112/67.0208 = 31 pieds, 6 pouces.Rcp.6.Quel est le poids d’un tuyau en plomb de 14 pieds de long si le diamètre intérieur du tuyau est de 1 pouce, l’épaisseur de *4 de pouce et que le poids de 1 pouce cube de ce tuyau soit de 674 onces?(Réponse en livres) Solution:—Dans 14 pieds il y a 168 pouces.Le diamètre extérieur est de 1 pouce -j- de pouce + *4 de pouce =1/2 pouce.(i-5)2 — T2 = 1-25.1.25 X .7854 X 168 = 164.934 pouces cubes, volume du tuyau.164.934 X 6.5 = 1072.071 onces.1072.071 — 16 = 67.005 livres.Rcp.LANGUE ANGLAISE English Dictation and Composition Cross Questions and Crooked answers Frederick the Great, King of Prussia, took so much interest in his regiments of Guards, that he knew personnally every man in them.Whenever 482 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE a recruit joined, Frederick would notice him.and put these three questions to him: “ How old are you?” “ Plow long have you been in my service?’’ “Are you satisfied with your pay and treatment?” and it was his.habit to ask these questions in the same order.A young Frenchman, who scarcely knew three words of German, had enlisted in Frederick’s Guards; and when Frederick was expected, he learned the answers to the three questions in German, and was at length able to give them one after another in the usual order.But unfortunately, when Frederick met him.he began tins time with the second question “ Plow long have you been in my service?” “Twenty-one years” answered the Frenchman.“Twenty-one years!” cried Frederick, “why how old are you?” “One year.” “Upon my word,” said the king, “either you or I must be mad!” “Both,” said the recruit innocently.“ What do you mean, sir?cried Frederick, in a rage; “this is the first time I was ever called a mad man by one of my Guards.” The poor recruit saw that the king was enraged, and explained in French that he did not understand the German language “ Oh,” said Frederick, “ is that so?, well, be quick and learn it, and I have no doubt you will make a good soldier.” Part 1 Outline.—1 Frederick the Great knew all the men in his Guards.2 He always asked a new recruit three questions.3 He asked these questions in the same order.4 A young Frenchman, ignorant of German, had enlisted, and learnt, by heart, in German the answers to the questions.Part II Outline.—1 Frederick begins with the second question.2 “How long?”—Answer.3 “How old?”—Answer.4 “ Either you or I mad !”2Answer.5 The rage and exclamation of Frederick.6 The Frenchman makes an explanation in his own tongue.7 The advice of Frederick.Caught in his own Trap When Lord Ellenborough, an English judge, was once starting from home on his circuit, Lady Ellenborough begged to be allowed to make the journey with him.The judge said he would be delighted to have her go. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 483 provided she did not take a lot of band-boxes.“No room in the carriage for band-boxes, or any trumpery of that sort, remember!’’ Next morning they started.On the way the judge, happening to stretch his legs, struck his feet against something below the seat.It was a band-box.He was dreadfully angry, rushed at the window, let it down, and threw the band-box out.Part II The coachman stopped : and the footman, who thought the band-box had fallen out by accident, got down to pick it up.“Drive on! drive on!” shonted Lord Ellenborough, “ and leave that thing alone.” Next day they reached the county-town, where Lord Ellenborough was to act as judge at the assizes.Pie dressed in his judge’s robes, and was all ready to go to court, except for his wig.“ Now,” said he, where in all the world is my wig?” “ Your wig, my Lord,” said the servant.“ why your Lordship threw it out of the carriage window yesterday.” Part I Outline.—1 Lady Ellenborough begs to be allowed to go on circuit.2 On one condition “No trumpery!” 3 They start.4 The judge stretching his legs, strikes his feet against something below seat.5 A bandbox! 6 It goes out of the window.Part II Outline.—1 The coachman stops; the footman gets down.2 Drive on ! 3 Next day they reach the county-town.4 Lord Ellenborough is fully dressed—all except his wig.5 “Where is my wig?” 6 The reply of the servant. 484 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Nouveau-Bruwsvviek CctombieAïijkiSÔ :tn«nv»rjj Quétse MaNÜok 'US® mmi Sàikdïeheivafl Nouvelle-Ecosse île àul^iNee-Edouard miiiiiiiüiii Alb^rla.LES ARMES DES PROVIMCES DU CANADA 6640 017335 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 485 LE CABINET DE L’INSTITUTEUR DEUX BEAUX LIVRES CANADIENS La librairie Beauchemin, de Montréal, vient de publier une nouvelle édition de deux des ouvrages canadiens les plus aimés : Chansons populaires du Canada et Le Fort et le Château Saint-Louis.En rééditant ces deux jolis volumes, la maison Beauchemin a rendu un hommage bien mérité à leur auteur, M.Ernest Gagnon.Les Chansons populaires du Canada sont arrivées à leur cinquième édition.Celle de 1908 est particulièrement soignée, et en tout point conforme à celle de 1880.Les éditeurs ont eu le bon esprit de reproduire en tête de l’ouvrage une excellente photographie de l’auteur.Combien nous sommes heureux de cette patriotique initiative! La figure de M.Ernest Gagnon mérite de prendre rang dans notre galerie nationale.Elle a sa place marquée dans le panthéon canadien immédiatement après Carneau, Ferland, de Gaspé, Crémazie, Gérin-Lajoie, Chauveau, l’abbé Casgrain.Ses Chansons populaires, on l’a dit avant nous, “ sont comme un miroir où se réfîète avec fidélité la physionomie bien caractéristique de nos braves populations franco-canadiennes.” On se rappelle l’appréciation d’Antoine Gérin-Lajoie.Il disait, un jour, que s’il-était condamné à l’exil et qu’il eût le privilège d’emporter avec lui un seul livre, que son choix tomberait sur les Chansons populaires de M.Ernest Gagnon.“ Mieux que tout autre, disait-il, ce volume me rappellerait la patrie absente.” Le Fort et le Château Saint-Louis est une admirable monographie “ qui fait défiler sous nos yeux, comme dans un tableau de vues animées, une procession d’illustrations canadiennes où figurent les gouverneurs, les gouvernantes—comme on disait sous l’ancien régime—les seigneurs féodaux, les hommes d’armes, les missionnaires, les fondatrices d’établissements religieux.Elle nous fait assister à la naissance et aux premiers développements de la nation canadienne, et réveille le souvenir de Tout ce monde de gloire où vivaient nos aïeux.” (1) (1) Préface des Editeurs. 486 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Dans le Fort et le Château Saint-Louis (comme dans les Chansons populaires) on sent vibrer cette âme canadienne que certains des nôtres s’attardent encore à découvrir.On voit dédier devant nos yeux, comme en un rêve réconfortant, toutes les nobles dgures de notre histoire, acteurs intrépides du grand drame qui se joue dans la Nouvelle-France de 1608 à 1759.Québec était le foyer d’où rayonnaient toutes les ardeurs, et le Château Saint-Louis, le sanctuaire témoin des projets, des débats, des décisions hardies qui, pendant cent cinquante ans, brent du Canada français une véritable terre d’épopée.Dans ses Chansons populaires, M.Ernest Gagnon nous montre le côté aimable et joyeux de hâme canadienne que ni les épreuves, ni les revers n'assombrissent.Dans le Fort et le Château Saint-Louis, c’est la même âme capable de s’élever aux conceptions les plus grandioses et de susciter les dévouements les plus héroïques.Nous souhaitons vivement que les deux “ écrins patriotiques ” de M.Gagnon soient distribués à profusion parmi notre jeunesse: voilà des livres qui méritent la faveur des autorités scolaires et des maisons d'éducation .En terminant ces quelques lignes dictées par l’admiration et ramitié, que M.Gagnon nous permette de lui dire combien il est doux et consolant pour la génération présente de constater que le voile de l’oubli n’ose dérober à la jeunesse actuelle la réputation des pionniers de notre littérature nationale; avec quel bonheur elle voit particulièrement l’auteur des Chansons populaires du Canada survivre à ses contemporains et terminer dans le calme, la gloire et le soir d’une belle vie, une carrière aussi brillante par le talent qu’elle fut noble et sans tache par le caractère.C.J.M.Vieux livres canadiens L’abbé Naz.Dubois, principal de l’Ecole normale Jacques-Cartier, Montréal, demande à faire l’acquisition, pour l’institution qu’il dirige, des vieux livres canadiens ci-dessous mentionnés: i° En général, tout livre, brochure, revue, almanach, livre de cantiques, livre de prière, catéchisme, inprimés à Québec ou à Montréal, en français, en anglais ou en sauvage, entre 1765 et 1820.Les vieux livres imprimés à Londres, à Paris ou ailleurs, sont aussi recherchés, pourvu qu’ils se rapportent au Canada.20 En particulier, ce qu’il faut pour compléter les collections suivantes: Almanachs de Québec, 1780 à 1805 et 1838 (petits in-16).Transactions of Quebec Literary & Historical Society.Vol.IV, Part 4 (1856) ; Vol.IV, appendice.Quebec Magazine \ Vol.1, oct.1792 et jan.1793; Vol.3, août, sept., oct., nov.et déc.1793 ; Vol.4. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 487 The Canadian Magasine and Literary Repository (1823 à 1825) : Vol.4, Nos 19, 21, 22, 23.Courrier de Québec: Vol.I, 1807, tout manque, moins Nos 32 et 48; Vol.II, 1808, Nos 15, 33, 34, 35, 43, 45, et table.Montreal Mnseum or Journal of Literature and Arts (1833-34) Vol I, No 6, etc., Vol 2, No 1.The Canadian Review and Literary & Historical Journal, (1824-25), Nos 3 and 4.Le Fantasque: Vol.1, (1837-38), Nos 1 à 18; Vol.2, (1839-40), Nos 11 et 12; Vol.4 (1842-43), Nos 37, 57 et 73; Vol.5 (1843-44), Nos 2, 10, 19, 23, 24, 25, 36 et 38; Vol.6 (1845), tout nous manque, moins 1, 13 et 14; Vol.7 (1848-49), Nos 1, 16 et 23.Le Fantasque, (le second) : Vol.1, 1857-58, Nos 26, 27, 28, 30.Montreal Directory: 1819, 1842-43, 1843-44, 1844-45, 1855, 1862-63.L’Aurore, journal politique, littéraire, etc., (1817-19) : Vol.1, Nos 6, 11, 15, 17 à la fin; Vol.IV, tout, moins Nos 2, 5, 6, 37, que nous avons.Rapport de l’Association de la Propagation de la Foi, pour le diocèse de Montréal : No 13 (bis), pour Tannée 1869; No 14, pour Tannée 1870; No 30 et No 34, mai 1875 (titre changé: «Annales»).La Semaine, revue religieuse, pédagogique, etc., parue à Québec en 1864: Nos 2, 8, 18, 32, 33.Bulletin des Recherches historiques : Vol.1, No 1 (janvier 1895)- Mélanges religieux: Vol.XIV, No 96 (août 1851, Montréal); Vol.XV, No 29 (janv.1852, Montréal).Educational Record : Vol.1 (1881), Nos 2.4 à ït ; Vol.27 (1907), avril, juin, juillet et décembre.L’Opinion publique: 7ème année, 1876, titre et table.Résumé Statistique ou Annuaire Statistique.Statistical Year-Book '.lève année, 1885.Saint-Antoine de Tilly, 1902, par P.-G.Roy.Album Universel (Le Monde Illustré): 22èmë année, 1905-06, Nos 1098 à 1144; 23ème année, 1906-07, Nos 1177» 1185, 1187, 1188, 1189.1196.1200; 24ème année, 190/' 08, Nos 1205, 1225, à la fin.Le Canadien: Tous les numéros parus en 1817 et 1819; tous les numéros parus en 1824 et 1825.Plusieurs numéros nous manquent entre les années 1854 et 1893.L’Etendard : Vol.9, 1891 : Vol.10, 1892.La Minerve: Vol.1, 1827-28, No 2: Vol.3, 1829-30, No 50; Vol.7, 1833-34, Nos 3.9, 13 (par erreur No 22, mais du 28 mars 1833), 25, 29, 32, 41 et 44; Vol.10, 1836-3/, No 43, déchiré, No 75 ; Vol.11, 1837.N.68, 74, 78, 79, 80 ; Vol.21, 1848-49, N.40; Vol.37, 1864-65, No 195, incomplet.No 303 ; Vol.55, 1882-83, No 95; Vol.56, 1883-84, Nos 41, 76, 77.78, 79, 186, 211, 301, 302, déchiré, No 283; Vol.57, 1884-85, Nos 90, no.263, 278; Vol.61, 1888-89, Nos 235 ; Vol.62, 1889-90.Nos 20, 225; Vol.67, 1894-95, Nos 88-109, déchiré No 150.Et c’est ici l’endroit de dire à nos lecteurs qu’il y a du patriotisme et un patriotisme de la meilleure sorte à examiner les livres dont on est propriétaire et à faire, bénéficier de ces richesses les bibliothèques comme celle de l’Ecole normale, par exemple, qui ont déjà d’importantes collections.C’est travailler à une œuvre nationale et préparer pour l’avenir des ressources inestimables qui serviront à tous et dont chacun est à même de profiter. 488 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Garder les souvenirs de famille, c’est très bien; mais les choses d’intérêt public, les livres qui appartiennent au domaine de l’histoire et de la vie nationale, non ; qu’on les laisse aller à leur place naturelle, dans les voûtes de sûreté, où des mains savantes les feuilleteront et sauront les conserver avec le plus grand soin.Nous n’exigeons que personne donne ce qu’il a.Si l’on veut pousser la générosité jusque là, c’est très bien.Mais qu’au moins on consente à vendre à ceux qui ont droit de les posséder, ces richesses nationales, qu’on ne saurait trop jalousement amasser et garder, pour travailler à élever des monuments à l’honneur de notre histoire et de notre race.Qu’on nous envoie des vieux livres, nous nous en occuperons avec amour et respect, comme ce qui a appartenu à nos parents.Adresse: M.l’abbé N.Dubois, Principal Ecole normale Jacques-Cartier, Montréal.- O )—( O - HYGIENE La ligue des habitations hygiéniques Pour faire suite à ce que nous avons écrit sur les ligues anti-tuberculeuses, nous résumerons ce que dit le docteur Fauchon, d’Orléans, des habitations hygiéniques: Le rôle que joue l’habitation insalubre dans la génèse et la propagation de la tuberculose est bien connu : « alors que, dans le quartier aux somptueuses demeures des Champs-Elysées, à Paris, il meurt chaque année 10 tuberculeux sur 10,000 habitants; à Plaisance, faubourg insalubre, il en meurt 104.Et, en sens inverse, on peut donner la preuve suivante : en quatorze années, l’Angleterre a consacré plus de deux millions à l’amélioration du logis de l’ouvrier, et le succès a.couronné ses efforts, car les décès annuels par tuberculose ont diminué de 32,000.Des sociétés se sont formées dans les départements pour doter les ouvriers de maisons hygiéniques, et joindre ainsi son action à celle des ligues dont nous avons parlé dans notre dernière chronique.C’est ainsi, par exemple, que la « Société du Coin de Terre », sur un terrain de 300 à 500 mètres de superficie, acheté par un ouvrier, lui bâtit une maison d’une solidité garantie, répondant à toutes les règles de l’hygiène, d’après les dimensions imposées par un hygiéniste: murs bâtis en moëllons de quarante centimètres d’épaisseur; solivage de bois dur, rez-de-chaussée sur cave et sous-sol; plafond de trois mètres de hauteur; fenêtres larges, cheminées à ventouses.Outre le sous-sol, petite cave voûtée où l’ouvrier peut faire quelques provisions à l’abri de la chaleur, l’été, et de la gelée l'hiver.Chaque maison revient à 5,000 ou 6,000 francs, et ne doit être habitée que par un seul ménage.En moyenne, au bout de 15 ans, l’ouvrier a payé sa maison dont il est propriétaire dès son entrée.L’ouvrier doit s’assurer contre les risques de maladie, en entrant dans une société de secours mutuels.« Le Coin de Terre » lui demande de contracter une assurance sur la vie, de telle sorte que, si la mort vient frapper cet ouvrier, c’est l’assurance qui paye la maison, et celle-ci reste à sa veuve et à ses enfants.Cette modeste maison, avec son jardin obligatoire, sa verdure et ses fleurs, nous l'opposons aux maisons de rapport de nos cités.Ici, on fait disparaître cours et jardins L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 489 pour bâtir, à la place, des immeubles à cinq étages; là, on impose les espaces libres, et c’est la maisonnette du pauvre qui donne une leçon d’hygiène au grand immeuble du riche.Quant aux résultats, ils se devinent, ils ne se font point attendre.L’ouvrier, retenu par son propret logis, par son jardin, par ses légumes et sa basse-cour, ne va point au cabaret; les enfants, au lieu d’être claquemurés dans une chambre d’un quatrième étage, prennent leurs ébats en plein air, et, tous, parents et enfants, se portent bien.Ne pourrions-nous pas adopter chez nous cette tactique et l’appliquer avec persévérance.La ligne anti-tuberculeuse, en voie d'être créée à Québec, trouverait d’excellentes choses à prendre à l’étude de la triple ligue du Loiret.En terminant, qu’il nous soit permis d’attirer l’attention sur ce fait que la tuberculose est surtout fonction de misère, et résultat des conditions de vie de 1 individu.C’est une maladie sociale, modifiable par des réformes sociales.Mettons-nous donc à l’œuvre sans délai : le temps presse et l’œuvre est immense.Mars 1909.Dr J.-G.PARADIS.L’histoire naturelle à Montréal (i) Nous disons souvent que l’étude des sciences naturelles fait des progrès constants dans le pays.Ce qui se passe à Montréal en cette matière démontre encore l’exactitude de notre assertion.La grande ville possède déjà, comme on sait, les riches musées de l’Université McGill, ceux de la Société d’Histoire naturelle et des plus importantes maisons d’éducation.Mais, comme développements nouveaux en cette matière, nous pouvons mentionner que la section montréalaise de l’Université Laval et la nouvelle école de haut enseignement pour les filles, récemment ouverte par les Sœurs de la Congrégation de Notre-Dame, commencent des collections d’objets d histoire naturelle qui ne tarderont pas à devenir importantes.En outre, grâce à l’esprit éclairé de la Commission scolaire, chacune des grandes écoles qui dépendent d’elle recevra une subvention annuelle de $100.00 pour la création d’un musée scolaire.La somme n’est pas considérable en elle-même ; mais comme elle reviendra chaque année, ces musées scolaires croîtront encore assez vite.On peut en juger par ce qui s’est fait, à Québec, au musée de l’Instruction publique, où l’octroi annuel de $600.00 a permis en peu d’années de réunir des collections déjà si riches.Il y a donc lieu de croire qu’avant longtemps Montréal aura pris les devants sur toutes les autres villes du Canada, en fait de musées d’histoire naturelle nombreux et bien fournis.Personne, et le Naturaliste canadien encore moins, ne blâmera la grande ville de chercher à devenir un centre scientifique très considérable.(1) Le Naturaliste Canadien.Québec, décembre 1908.t 490 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Questions d’histoire LA MAISON PATERNELLE DU PREMIER RÉCOLLET CANADIEN A mi-distance entre le chemin de Beauport et la voie ferrée, à dix minutes de marche de l’église de Limoilou, près de Maizerets et voisin d’un grand bâtiment du temps des Français, assez grandiose pour avoir été manoir seigneurial, assez vaste pour avoir pu être un hôpital, comme le propriétaire nous assura qu’il l’avait été, se trouve la masure qui fut la maison de Jacques Denis.Elle mesure 40 pieds par 30, et regarde Québec, qui est franc sud.Que cette maison soit'celle de Pierre Denis, M.Myrand en a trouvé la preuve (1), qui a disparu : un grillage à certaine fenêtre, détail fourni par l’inventaire de 1684.C’est une masure abandonnée, ouverte à tous les vents.la classique masure que l’on décrit en seconde.Tout y est ou plus exactement, tout y manque: portes, fenêtres, etc.Nous y fîmes un pèlerinage historique par une froide et venteuse après-midi de l’automne dernier.Franchissant les décombres qui obstruent l’entrée, nous nous risquâmes à l’intérieur avec mille précautions, tant les murs, le plafond et le toit sont ruinés et peu rassurants.Des divisions modernes nous intéressèrent peu.Mais nous éprouvâmes une réelle émotion à nous trouver sous ce toit antique, où grandit notre' premier récollet canadien, où plus tard sa robe de bure dut apparaître souvent.Avec émotion et presque de la vénération nos mains palpèrent ces murs épais.avec curiosité nous fouillâmes coins et recoins ; il nous semblait que nous allions découvrir quelques vestiges d’un passé lointain.Une heure durant nous vécûmes ce passé.Notre imagination évoquait dans ces murs leurs anciens habitants.nous voyions, autour de l’âtre, la famille Denis groupée, les soirs d’hiver ou les jours froids d’automne comme celui-ci.mais oui, ces cendres froides que remuent notre pied ne sont-elles pas les cendres de ces flambées joyeuses d’il y a 250 ans?.Nous entendions les voix.non, c’était la bise qui sifflait dans ces ruines.Nous remplissions nos yeux des scènes familiales d'antan, et nous nous efforçâmes de graver dans notre mémoire ces larges cheminées où le vent hurle, ces placards enfoncés dans la muraille, ces poutres équarries à la hache.et dix fois nous nous retournâmes pour regarder encore ce toit qu’ont fléchi la pluie de tant d’automnes et la neige de tant d’hivers.Vous qui voudriez contempler cette relique, hâtez votre pèlerinage; la masure penche vers le fleuve, les vents y séjournent, demain vous ne trouverez plus qu’un amas triste de décombres.Fr.Hugolin, O.F.M.(Extrait de la Revue du Tiers-Ordre.) (1) Sir William Phipps devant Québec, p.371 et suiv. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 491 La diphtongue oi On reproche assez souvent aux Canadiens, comme une faute grave, de prononcer oi comme oè ou oï.Ainsi, dans le peuple on prononce soir, soèr et boîte, boète.Nos compatriotes, du moins la classe populaire, prononcent comme l’on prononçait au dix-septième et au dix-huitième siècle en France.Au commencement du ige siècle l’on écrivait encore le mot boite comme suit: bo'éte.A la page 4 du No 1 du Courrier de Québec (3 janvier 1807) (1), nous lisons: « Il y a actuellement une bo'éte chez M.Young au bas de la Nouvelle Imprimerie pour recevoir ce qui fera envoyé par ceux qui ne veulent pas fe faire connaître.» Tous nos compliments au Naturaliste Canadien qui, en janvier dernier, entrait dans sa 36e année.Prix de l’abonnement, $1.00 par année; directeur, M.l’abbé Huard, archevêché , Québec.PAR HE RECREATIVE Maître Corbeau et Maître Renard (Maître Corbeau en robe de chambre, assis devant une table, sera en train de manger un appétissant fromage.Maître Renard en lévite, parapluie sous le bras, entrera, saluant très bas, l’air doux et obséquieux).LE Renard (chantant: Air: Un jour, Maître Corbeau sur un arbre perché) 1er Couplet De monsieur du Corbeau, je suis le serviteur, Il n’a pas dans le ciel plus grand admirateur!.Oui, j’aime cet habit, il est d’un goût parfait, Et ce gilet nankin, quel tailleur vous l’a fait?Sur l’air du tra la la la, (bis) Sur l’air du tra dé ri dé ra, la la la.(Le corbeau s’arrête de manger et sourit).2e Couplet On dit que vous chantez et que l’écho des bois Ne connaît point d’accents si.doux que votre voix! Je voudrais en juger par un petit refrain.Déjà je l’applaudis d’avance avec entrain Sur l’air du tra la la la, (bis) Sur l’air du tra dé ri dé ra la la la.(1) Collection de M.le notaire Cyrille Tessier. 492 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Le Corbeau (chantant) Vraiment je suis flatté, continuez, ami, Vos aimables propos sur l’air de do la mi.Je ne puis plus manger, pour moi c’est trop d'honneur, Votre charmant discours me pénètre le cœur Sur l’air du tra la la la, (bis) Sur l’air du tra dé ri dé ra la la la.(Pendant que le corbeau chante, le renard s’empare lestement du fromage et fait mine de s’enfuir) % Le Corbeau (retombant anéanti sur sa chaise) Ah ! c’est donc pour cela qu’il venait, le flatteur, Pour prendre mon fromage, et son discours menteur N’avait d’autre but.J’en reste tout confus, Je jure sur l’honneur qu’on ne m’y prendra plus! Sur l’air du tra la la la, (bis) vSur l’air du tra dé ri dé ra la la la.Maître Corbeau et maître Renard (ensemble et se donnant la main) Du renard, du corbeau, souvenez-vous, enfants, Et n’écoutez jamais les flatteurs, les méchants: Le renard fut rusé, le corbeau fut un sot.On perd plus d’un fromage en échappant un mot Sur l’air du tra la la la, (bis) Sur l’air du tra dé ri dé ra la la la.Marie Bellier-Keecker.EDUCATION MORALE Quand Coppée était petit Te n’ai appris à lire qu’à l’âge de sept ans.Oui ! moi qui depuis lors ai tant lu, moi qui ai trop lu, j’ai été fort longtemps rebelle à l’abécédaire et au ha he hi ho bu.Ma pauvre mère se désespérait.Bien qu’on ne fût pas riche du tout à la maison—ô ma tendre et noble mère, qui as eu huit enfants et en as élevé quatre ; .ô ma sainte maman en bonnet de servante, qui n’avais qu’un méchant chapeau de tulle noir, et un vieux châle reteint pour tes rares sorties ! oui, bien que tu connusses toute la valeur d’une pièce d’argent, tu m’achetais des alphabets à images superbes qui devaient coûter au moins dix sous, des alphabets où l’on voyait des animaux coloriés, avec la première lettre de leur nom imprimée en très gros caractères dans un coin de l’es L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 493 tampe.A, un âne, B, un bœuf, et cœtera, jusqu’au Z qu’accompagnait toujours un magnifique zèbre à raies jaunes et noires.Vains sacrifices! Je ne tardais pas à chiper la paiie de ciseaux d une de mes sœurs et je découpais toute la ménagerie pédagogique; mais je n'avais fait aucun progrès, et je continuais à confondre l’N avec l’H, avec l’M.On tâcha de me séduire par la gourmandise.On me fit présent d’alphabet en chocolat, composés de vingt-cinq tablettes portant chacune une lettre en sucre.Le résultat ne fut pas meilleur.Je me faisais des moustaches brunes, j’engloutissais voyelles et consonnes, si bien qu à 1 heure du dîner je n’avais plus d’appétit et refusais formellement de manger ma soupe.Par exemple, je me rappelle très bien la minute précise où le voile se déchira et où cessant d épeler laborieusement, je découvris enfin un sens dans les petits signes noirs que ma mère m’indiquait du bout de son aiguille.Oui, je revois encore le livre, une Vie de saint Louis, relié en basane.C’est dans ce bouquin que j’ai commencé à lire couramment.Je l’ai retrouvé, il y a quelques années, un jour que j’essayais de mettre un peu d’ordre dans ma bibliothèque; et ma main a tremblé, je vous assure, en tournant ces pages sanctifiées par les doigts de ma mère et devant lesquelles s’était éveillée autrefois mon intelligence enfantine.Mais de mes souvenirs littéraires, celui-là n’est pas le premier tout à fait.Il en est un, je le répète, antérieur même à l’époque où j’ai tant dévoré d’alphabets en chocolat, et c’est le souvenir d’un chef-d’œuvre de La Fontaine: Le Loup et l’Agneau.Ah ! que j’étais petit alors ! Tous mes rapports avec la librairie consistaient en une bible in-40, une bible de Royaumont, à images, qu’on mettait sur ma chaise à l’heure des repas pour me hausser jusqu’à mon assiette.Mais j’avais déjà de l’imagination, et je prenais l’intérêt le plus vif aux belles histoires que mon père me contait pour m’endormir.C’était pour l’excellent homme le meilleur moment de la journée qu’il avait passée, pauvre bureaucrate, «à noircir des paperasses administratives.Tandis que ma mère et mes trois sœurs tiraient l’aiguille, groupées autour de la lampe, mon père, assis au coin du feu, me prenait sur ses genoux, et, tout de suite, avide déjà de fictions et de chimères, je le regardais dans les yeux et je lui disais ardemment: -—Raconte, papa ! raconte.Je les avais entendues bien des fois, les merveilleuses légendes, je les savais toutes par cœur, les sacrées et les profanes; mais, grâce à la merveilleuse faculté d’illusion que possède l’enfance, elles restaient toujours pour moi fraîches et nouvelles.Je frémissais d’horreur quand Joseph était vendu par ses frères, quoique je susse parfaitement qu’il allait devenir ministre de Pharaon d’Egypte et que, plus tard, il se vengerait noblement de sa famille scélérate en la comblant de bienfaits.Et l’effrayant appel de Barbe-Bleue à sa femme : « Descendras-tu tout à l’heure ?» me donnait la chair de poule, bien que je fusse certain d’avance de l’arrivée opportune des deux frères de Mme Barbe-Bleue «dont l’un était dragon et l’autre mousquetaire.» Pourtant, je dois l’avouer, les contes à dénouement heureux, tout en me passionnant, exerçaient à la longue sur moi leur vertu soporifique: je finissais quand même par m’endormir.Un seul récit m’impressionnait si profondément, que le « marchand de sable » lui-même était dompté.C’était la fable du Loup et de l Agneau.Quand mon père, faisant sa grosse voix, en arrivait à ce vers : Qui te rend si hardi de troubler mon breuvage?comme je connaissais la suite, comme je savais que le pauvre agneau se défendrait inutilement et finirait par être 494 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE dévoré, je n’y pouvais plus tenir, j’essayais de fermer avec mes deux petites mains la bouche d’où sortaient ces paroles si affreuses, et je m’écriais en sanglotant: —Pas le loup.Pas le loup !.A cette supplication désespérée, mon père s’interrompait, me consolait avec des caresses, couvrait de baisers mes joues chaudes de larmes.Mais je le voyais sourire et je me suis alors demandé quelquefois quel plaisir il pouvait prendre, lui si bon, à effrayer un petit enfant.Car il s’obstinait à me redire l’effroyable fable, et je lui en voulais presque, tremblant toujours dès le premier mot, et toujours m’écriant au même endroit : Pas le loup, papa ! pas le loup !.Depuis, j’ai compris pourquoi mon père souriait de me voir pleurer: il était heu-reux, ce doux rêveur, de voir éclore dans Fame de son fils un premier instinct généreux, et il insistait, il me répétait le cruel chef-d’œuvre pour exciter en moi ce sentiment si rare chez les enfants: la pitié.Sois tranquille, mon bien-aimé père ! ta leçon n’a pas été perdue, et ces larmes d’enfant données au malheureux agneau de Da Fontaine ont sans doute décidé de la formation de mon caractère et de mon esprit.Sois tranquille! je ne l’oublirai jamais, ce souvenir de ma première enfance, et le poète qui est ton fils gardera fidèlement l’amour des faibles et des opprimés, ainsi que l’horreur de l’injustice et de la tyrannie.François Coppéi;.NOTES DE VOYAGE1 Paris—Rome—Jérusalem—Londres (Suite) Visite de la Basilique de St-Jean de La trapu—Cette église est bâtie sur l’emplacement du palais de Plantius Lateranus accusé par Néron d’avoir pris part à la conjuration de Pison.On le mit à mort et ses biens devinrent propriété impériale.Constantin donna au Pape ce palais pour y établir la demeure pontificale qui cessa de l’être au schisme d’Avignon.La façade actuelle date du commencement du XVIIIe siècle.La statue de Constantin, fondateur de la Basilique, est sous le portique.Cinq portes donnent accès à la basilique et l’une d’elles est la porte sainte, ouverte seulement pendant l’Année Sainte.L’autel papal renferme une table de bois qui, dit-on, a servi à saint Pierre pour la célébration des saints mystères.La Basilique de Latran est la cathédrale du Pape; aussi le Souverain Pontife, après avoir été élu et couronné, doit en prendre possession, comme 1 évêque piend possession de sa cathédrale.Le cardinal Vicaire de Sa Sainteté y fait les ordinations, la consécration des saintes huiles.Au-dessus d’un autel très riche, on conserve, dans un entourage de cristal et d or, la Table de la Cène sur laquelle, la veille de sa mort, le divin Sauveur fit un dernier repas avec ses Apôtres et, institua le sacrement de l’Eucharistie.C est une table de bois de cèdre, à panneaux repliés, et la place du Seigneur est indiquée pai.un signe en argent.On y vénère aussi le voile taché de sang dont la Vieige Marie couvrit L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 495 Notre Seigneur, le Suaire qui enveloppa sa tête au Sépulcre, du sang et de l’eau qui coulèrent de son côté percé après sa mort, le vêtement de pourpre dont il fut habillé par dérision pendant sa passion, un morceau de l’éponge que les bourreaux lui présentèrent imbibée de fiel, une colonne en marbre du temple de Jérusalem qui se fendit à la mort du Sauveur, deux colonnes du Prétoire de Pilate, un autel de marbre, perforé par une hostie qui s’échappa des mains d’un mauvais prêtre et s’enfonça dans ce marbre, la pierre sur laquelle les soldats tirèrent au sort la robe de Notre Seigneur Jésus-Christ, au pied de la croix, et enfin la margelle du puits de la Samaritaine.Sous les arcades, on y voit, marquée sur une table de granit, la hauteur de la taille de Notre Seigneur: un mètre quatre-vingt-cinq.En sortant de cette si riche Basilique, on rencontre, à droite, la Scaîa Santa (l’Escalier saint) qu’on monte à genoux.J’y courus pendant que les pèlerins se rendaient à une chapelle située à quelques pas.Le temps était trop court, pour permettre cette .ascension.Les saintes empreintes du sang divin sont recouvertes d’un cristal et le marbre des degrés , de plaques en noyer.Des jours sont ménagés pour laisser * voir le marbre.De chaque côté du palais, les portes du prétoire de Pilate.Au bas de l’escalier, deux belles statues: l’Ecce Homo et le Baiser de Judas sont d’un effet poignant.L’Escalier saint compte 28 marches.On doit à une femme de quatre-vingts ans, sainte Hélène, un si grand nombre de reliques transportées par elle de la Judée à Rome.Après midi à 2j4 hrs (28 mars) : Départ des voitures pour la Basilique St-Paul hors les murs.—Cette Basilique est à cinq nefs avec quatre rangées de colonnes en granit du Simplon.Une pieuse matrone chrétienne, Lucine, recueillit le corps de saint Paul et le déposa dans sa propriété sur la voie d’Ostie-, Un Oratoire fut construit sur la tombe de l’Apôtre, et Constantin le remplaça par une Basilique.En 386, Théodore, Valentinien II et Arcadius en décrétèrent la construction qui fut achevée en 390, et consacrée par le Pape Sirice.Cette basilique fut détruite par un incendie le 15 juillet 1823.Toute la chrétienté envoya des secours pour sa reconstruction.En 1854, S.S.Pie IX, assistée de 185 cardinaux, archevêques et évêques, venus à Rome pour la proclamation du dogme de l'immaculée Conception, procéda à sa consécration solennelle.On a continué depuis ce temps les embellissements et en ce moment, on achève le portique extérieur dont les travaux avancent très lentement, car le gouvernement italien s’est emparé des fonds recueillis pour la reconstruction de Saint-Paul.L’abside et la nef transversale ont été préservées de l’incendie; il a fallu cependant les mettre en harmonie avec la construction nouvelle.Quarante-deux médaillons-portraits depuis saint Pierre à Innocent 1er ont été conservés ; on a refait les autres à l’atelier de mosaïques du Vatican.Le long de la nef transversale se trouve la chapelle du Crucifix qui a parlé à sainte Brigitte et à sainte Catherine de Suède.En 1541, saint Ignace de Loyola, le vendredi de la semaine de Pcâques, y célébra la sainte messe près du Crucifix miraculeux.Il y prononça ses vœux avec ses cinq compagnons.C’est donc dans cette basilique que fut définitivement constituée la Compagnie de Jésus.Les chaînes de l’Apôtre saint Paul v sont conservées et vénérées.Visite à Saint-Paul aux Trois Fontaines.—Le nom classique de l’endroit est ad Aquas Salvias, à cause des sources qui se trouvent dans ce vallon.La tradition dit que trois sources jaillirent en ce lieu au moment de la décapitation de saint Paul.En 1865 Sa Sainteté Pie IX donna cette église aux Cisterciens réformés de Notre-Dame de la Trappe qui ont transformé cet endroit marécageux en un charmant oasis, grâce x 496 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE à la plantation d’eucalyptus et à la culture de la vigne.Ces bons Pères vendent de la liqueur d’eucalyptus, excellente contre la fièvre.J’en achetai ainsi que des chapelets, et je me fis un devoir de boire de l’eau de chacune des fontaines.Visite des catacombes de St-Calixte.—Sous la direction des Pères Trappistes, nous visitâmes la crypte des Papes, celle de sainte Cécile, de saint Sébastien, etc.En arrivant à Rome, le pèlerin va se prosterner sur la tombe du Prince des Apôtres; aux catacombes, il se trouve sur l’endroit où sont déposés ceux qui ont offert au Christ les prémices de la gentilité à Rome.La ville éternelle est bâtie sur les ossements des martyrs.(A suivre).M.-Lsë Pepin, Institutrice.Questions de grammaire Les phrases suivantes sont-elles correctes?Nous savions ou nous ne.savions pas que Madame X.doit venir bientôt.Nous savions que vous êtes arrivé.Nous ne savions pas que vous êtes arrivé.Ou est-il préférable de dire avec le passé: Nous savions que Madame X.devait venir bientôt.Nous ne savions pas que Madame X dût venir bientôt.Nous savions que vous étiez arrivé.Nous ne savions pas que vous fussiez arrivé.Le présent s’emploie pour exprimer que l’action a lieu à 1 instant de la parole.L’imparfait exprime un passé: il ne peut donc s’employer pour une action qui a lieu au moment où l’on parle, et l’on ne doit pas dire, par exemple: J ai appris que vous étiez à Paris, mais bien: J’ai appris que vous êtes à Paris.Après un passé, on hésite un peu entre le présent et l’imparfait, à cause de la concordance de temps qui fait que dans la conversation on entend presque toujours employer l’imparfait dans ce cas.Mais la correction grammaticale exige le présent.Parfois même, l’imparfait semblerait exprimer le contraire de ce qu’on veut dire; par exemple si, au lieu de: Je vous ai dit que la sagesse /’emporte sur les richesses, on disait: Je vous ai dit que la sagesse /’emportait sur les richesses, on donnerait à entendre que la sagesse a été supérieure aux richesses, mais qu’elle a cessé de l’être.Les phrases proposées doivent donc s’écrire : Nous savions que Madame X.doit venir bientôt.Nous savions que vous ÊTES arrivé, parce que les verbes doit et êtes expriment un présent par rapport au moment où l’on parle.Mais si le premier verbe au passé est accompagné d’une négation, ce qui, en général, exige que le verbe subordonné soit au mode subjonctif, alors ce verbe.se met à l’imparfait, et non plus au présent pour exprimer une action présente par rapport à celle du verbe principal.Ainsi les phrases proposées étant accompagnées de la négation devront s’écrire : RENSEIGNEMENT PRIMAIRE 497 Nous ne savions pas que Madame X.dût venir bientôt.Nous ne savions pas que vous fussiez arrivé.Mais après le verbe savoir, accompagné d’une négation, on peut encore mettre le verbe subordonné à l’indicatif, si ce verbe exprime une certitude, et l’on devrait plutôt dire: Nous ne savions pas que vous ÊTES arrivée; c’est-à-dire: Vous êtes arrivée et nous ne le savions pas.Mansard.Cfironique scolaire .Les écoles de Toronto Nous ignorons jusqu’à quel point les avancées du News de Toronto sont fondées, quant aux écoles de cette ville.Voici ce que prétend le journal ontarien: « Les parents n’ont pas tout à fait tort, lorsqu’ils se plaignent que le système scolaire de Toronto ne répond pas aux besoins essentiels de l’enseignement et que, par conséquent, il coûte beaucoup plus cher qu’il ne vaut.« Ce que demandent les parents, c’est que les enfants sachent lire intelligemment, écrire lisiblement et compter exactement.Or, les écoles de Toronto font du luxe et ne paraissent pas attacher toute l’importance qu’il faut à ces rudiments qui sont indispensables à un enfant pour faire plus tard son chemin dans la vie.» LA conférence impériale d'éducation Nous reproduisons de La Presse de Montréal (décembre 1908) la note qui suit: La « British Scientist Association » doit se réunir en septembre 1909 à Winnipeg.Il viendra des délégués de tout l’empire britannique.Cette association s’occupe surtout de questions d’éducation.Le principal sujet de discussion à ce congrès, sela la Conférence impériale d’Education que l’on se propose de tenir à Londres en 1911.Au fond, nous croyons savoir qu’il s’agit de la création, pour le Canada, d’un bureau central d’Education, dont le siège serait à Ottawa.La mention seule de ce fait devra provoquer des craintes très sérieuses, ou même des protestations violentes chez tous ceux qui ont à cœur le maintien intégral des droits des provinces en matière d’éducation.Il ne s’agit, cependant, nous dit-on, que de la création d’un bureau d’informations comme, par exemple, le bureau du recensement et de la statistique a Ottawa, qui est chargé de recueillir des renseignements sur 1 agriculture, 1 industrie laitière, le commerce, les manufactures de toutes sortes, les mines, etc.Lr question doit être tout de même examinée avec sang-froid et aussi avec beaucoup de circonspection.Il sera, du reste, toujours temps de juger à leur mérite les propositions qui seront débattues l’an prochain au congres de la ^ British Scientist Association » a Winnipeg.Les organisateurs de la Conférence Impériale d’Education qui se tiendra à Lon- 8 498 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE dres en 1911 désirent que le Canada y soit représenté, et aux fins de cette représentation, ont imaginé la création d’un bureau central d’Education à Ottawa.Celui-ci serait plus tard affilié à un autre bureau impérial à Londres que l’on établirait après la conférence de 1911.Ce bureau impérial aurait pour mission de recueillir des statistiques sur l’éducation, ses progrès, ses développements, ses méthodes et ses lacunes dans toutes les parties de l’Empire britannique.On voit d’ici que le projet est d’une importance peu ordinaire, et il est bon que le public en soit saisi de suite, afin qu’au temps voulu il soit en mesure de juger avec connaissance de cause.L’enseignement du français dans les écoles protestantes de Québec Sous le titre, French Teaching in the light of European Experience, M.H.Curtis publie, dans [’Educational Record de Québec (nov.1908) une excellente étude sur l’enseignement du français dans les écoles anglaises de notre province.M.Curtis démontre que les langues modernes sont bien plus cultivées dans les écoles d Europe qu ici.LA REVISION DES LIVRES D’ÉCOLES Le sous-comité nommé pour reviser la liste des livres classiques s est réuni à diverses reprises.Ce sous-comite est composé de M.1 abbe N.Dubois, president, de MM.John Ahern, H.Nansot, ainsi que de M.le Surintendant et de M.J.-N.Mdler, le secrétaire.Le sous-comité a classifié les manuels comme suit : i° Liste des livres restant autorisés.2° Liste des livres qui ne devront plus être autorisés.30 Liste des livres recommandés pour les maîtres et maîtresses.40 Liste des cartes, tableaux, etc., recommandés pour les écoles.On divisera la première catégorie en livres pour écoles primaires élémentaires, primaires intermédiaires et primaires supérieures.Le comité, dans son rapport, donnera aussi les raisons qui le justifient du rejet de ceux de la deuxième catégorie.Ce rapport sera soumis à la prochaine réunion du Comité catholique, en mai 1909.LE SOIN DE LA VUE À L’ÉCOLE Il y a quelques mois, un congrès d’oculistes et de directeurs d écoles avait lieu à New-York.Pendant ce congrès on a longuement discuté sur le meilleur moyen à prendre pour conserver vigoureux les yeux des jeunes élèves.Il a été fait durant ce débat des suggestions très pratiques. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 499 Plusieurs délégués ont préconisé, entr’autres, l’élimination du papier glacé, pour l’impression des livres de classe et celle des gravures en demi-ton.Ce papier et cette sorte de gravures fatiguent beaucoup les yeux) par la réverbération, tandis que le papier mat, les tailles nettes et les hachis reposent la vue.D’autres recommandations comportent un espacement plus considérable entre les lignes, et des caractères d’imprimerie plus forts.Mais on objecte ici que la fatigue se reportera sur les muscles du dos, car le format et le poids des livres augmenteront avec ce système.Quant au changement du papier et du genre des gravures, la raison d’économie est le seul empêchement ; une suggestion qui mérite d’attirer l’attention, c’est celle d’obliger les élèves, après un travail un peu fatiguant et continu, de regarder dehors ou au plafond, durant quelques instants.Cette pratique reposera le nerf optique en changeant le foyer visuel.Les instituteurs et institutrices peuvent facilement mettre en pratique ce conseil et les yeux des enfants en retireront un profit immense.Le congrès conseille à la commission des écoles, de faire placer, dans chaque classe, une double rangée de tableaux noirs avec trois pieds d’espace entre les deux: la première, intérieure, placée à la hauteur des tableaux ordinaires ; l’autre, extérieure, appuyée sur le mur, et surélevée au-dessus d’une estrade de manière à ce que le professeur puisse saisir l’ensemble des tableaux en face de lui.Durant les deux premières années qu’ils iront à l’école, les élèves ne devront écrire que sur ces planches.On a discuté en même temps sur l’inconvénient des sièges fixes et sur la nécessité de remplacer les bancs par des chaises.Les bancs fatiguent les élèves, parce qu’ils ne s’adaptent pas à la taille deVchacun.Trop élevés pour les uns, trop bas pour les autres, ils occasionnent une lassitude dangereuse, i Mais, cette modification coûterait énormément cher.La question scolaire à l’étranger En Pologne: Les écoliers polonais sont martyrisés par ces brutes à face humaine qui se nomment les instituteurs allemands.Nous conseillons aux instituteurs et aux institutrices de lire ce qui va suivre en classe, afin d apprendre aux petits Canadiens français tout ce que les enfants de la Pologne souffrent pour la conservation de leur langue et de leur foi.Voici le tableau tracé par un collaborateur de la Revue Hebdomadaire, qui a puisé aux sources officielles avant d’écrire son article.« Dans les écoles, dit-il.je m’étais imaginé que c’était seulement avec les verges et le bâton que les instituteurs allemands tentaient de venir à bout de la résistance héroïque de milliers d’enfants résolus à subir tous les tourments plutôt que de renoncer à la langue polonaise et à la foi catholique.Il y a encore plus.Aux injures, aux insultes, aux outrages de tout genre, aux menaces et aux intimidations, aux retro-cradations de classes et aux expulsions, aux arrêts de rigueur et aux amendes, à la privation de nourriture, aux internements dans les maisons de correction, aux coups de jonc appliqués sur les membres inférieurs mis à nu, s’ajoutaient des coups de poing L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE et des coups de botte en pleine figure, l’arrachement des cheveux à pleine poignée et même des brûlures faites avec des crochets ou des tisonniers rougis au feu ! Les documents que j’ai sous les yeux prouvent que les instituteurs, furieux des réponses faites obstinément en polonais, se livrent à tous les sévices et torturent si cruellement les enfants que ceux-ci, littéralement zébrés de coups ou piétinés, perdent connaissance, puis restent atteints de tremblements nerveux qui leur ôtent toute possibilité de travailler.Le procès-verbal de ces violences fait frémir.Ici, ce sont des meurtrissures tellement fortes sur les mains que les victimes ne peuvent plus les fermer.Là, ce sont des coups de bâtons, de chaises ou de pieds sur la tête, les épaules, les bras, la poitrine, le ventre et les jambes; ici, ce sont des oreilles arrachées par des brutes qui soulèvent de terre ces pauvres petits, ou des déviations de face quand ils les tirent par le nez; là; des yeux bleuis, des mentons fendus, des lèvres déchirées.Parmi les enfants ainsi maltraités, les uns éprouvent des frissons et jettent des cris affreux quand on prononce seulement le nom de leurs bourreaux ; les autres se cachent sous les tables ou sautent par les fenêtres, laissant des traces de leur fuite par le sang qui coule de leurs plaies.Ceux-ci sont forcés de prendre le lit ou ne peuvent dormir en raison de leur frayeur ou de leurs blessures ; ceux-là se terrent dans quelque cachette et ne veulent plus retourner à l’école ; d’autres, et c’est le plus grand nombre, résistent héroïquement et bravent les coups ; mais certains sont atteints d’affections graves, vomissent le sang ou meurent d’inflammation cérébrale en appelant la mort à grands cris, comme le petit Antoine Kemki et autres victimes de corrections scolaires.L’école est devenue un lieu de supplices.» En Italie : Les traitements payés aux maîtres d’école sont si minimes que, comme au Canada, il n’entre guère que des femmes dans cette carrière.Rien d’étonnant à cela lorsque l’on constate que, quoique les Italiens soient le peuple le plus taxé de la terre, l’instruction primaire ne reçoit pour sa part qu’un quart des fonds alloués au ministère de l’Instruction publique.Les livres et les fournitures de classe n’y sont pas gratuits comme dans certaines parties des Etats-Unis, mais par contre, dans une douzaine de grandes villes, on distribue gratuitement des repas et même des vêtements aux élèves indigents.Le cours obligatoire des écoles primaires est de six années, et comprend les matières suivantes : la langue italienne, l’écriture, l’arithmétique, l’histoire, la géographie, les devoirs civiques, l’histoire naturelle, le dessin, le chant et la gymnastique.Le minijnum de traitement pour les instituteurs dans les villes de plus de 40,000 habitants est fixé à $264 et pour les femmes à $216.Il a été établi pour les maîtres ou les maîtresses d’école un fonds de retraite qui leur permet de se retirer avec une pension de 17 p.cent de leur dernier salaire annuel après 25 ans d enseignement, et de 100 p.cent après 42 ans de services (1).(1) Tiré d’une chronique de M.Leblond de Brumath. RENSEIGNEMENT PRIMAIRE SO1 En France: On s’est fort ému, ces temps derniers, d’une statistique relative à l’instruction de la jeunesse.Les contingents militaires des deux dernières années ont fourni chacun plus de 10,000 « illettrés ».Or, un illettré, au régiment, ce n’est pas quelqu’un qui ignore les «lettres»; c’est quelqu’un qui ne sait ni lire ni écrire.Et il a fallu ajouter à ce triste effectif celui de 5,000 jeunes gens encore, qui savaient « lire seulement » ! M.Doumergue, ministre de l’Instruction publique, vient d’adresser aux inspecteurs d’académie une circulaire où il leur indique les mesures propres à remédier dans le plus bref délai à cet inquiétant état de choses.Aux Etats-Unis: Le R.P.Louis Lalande faisait, en septembre dernier, une conférence sur l’éducation, à Leominster, Mass.C’était à l’occasion de l’ouverture d’une école.Les journaux américains en donnent un compte-rendu qui dépasse la portée ordinaire.S’il faut les en croire, le conférencier a eu des affirmations qui ont plus que surpris l’auditoire de prêtres, de.membres des commissions scolaires américaines, de journalistes, d’hommes de toutes les classes qui l’écoutaient.« Il n’a pas seulement prétendu, dit le Boston Herald, « que les écoles paroissiales sont en tous points supérieures aux écoles publiques, mais il l’a prouvé par des documents.» Et il ne s’est pas attardé à prouver cette supériorité au point de vue des mœurs; c’eût été prouver l’évidence.Il a démontré « the failure» la banqueroute des écoles américaines, « public schools, » au point de vue de la science primaire.» Le North American Review publiait dans un article du mois de septembre dernier, les statistiques scolaires de presque tous les Etats de la République, et il arrivait à des résultats qu’il appelle « depressing » et « discouraging.» Le Wall Street Journal se lamente sur les millions que versent chaque année les Etats-Unis, pour des écoles où les petits Américains n’apprennent ni à lire, ni à écrire, ni à compter.Le Messenger, de New-York, dans son numéro d’août, constate, avec une sincérité admirable et navrante, la faillite des écoles publiques, et il en donne les causes.Il n’y a plus d’autorité effective dans ces écoles sans Dieu.L’indépendance précoce des enfants et le sport excessif annihilent les efforts des maîtres et des maîtresses.Au Transvaal : La Croix de Port-Louis, Ile Maurice, nous fournit des détails intéressants sur le premier congrès d’éducation tenu à Prétoria le 30 septembre dernier.Il y avait là des représentants du Transvaal, de l’Orange et du Cap.Le secrétaire colonial du Transvaal, M.Smuts, a ouvert les débats au nom du gouvernement, et s'adressant aux membres du premier parlement de l’enseignement présents il les a appelés « les membres du premier parlement au Transvaal.» Parlant sur les bienfaits de l'enseignement, Thon, secrétaire colonial a particulièrement insisté sur l’enthousiasme à inculquer aux enfants pour 1 acquisition d une instruction solide, basée sur des principes de liberté et d’égalité.« Nous devons travailler à gagner les sympathies par la tolérance », a dit Thon, membre « si nous voulons arriver à résoudre cette question, si difficile, de l’enseignement au Transvaal.» 502 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Traitant de la question de l'enseignement de la langue hollandaise dans les écoles du gouvernement au Transvaal, M.Smuts a déclaré que le gouvernement avait décidé de laisser aux enfants toute la liberté d’apprendre ou non cette langue, et, que le résultat de cette décision avait été très satisfaisant, car sur 42,000 élèves qui recevaient de l’instruction dans les diverses écoles du gouvernement au Transvaal, il n’y en avait pas un seul qui n’apprit le hollandais.Ainsi les différents partis apprendraient à mieux se connaître et les animosités, les divisions disparaîtraient peu à peu.Les femmes et le suffrage « Les femmes doivent-elles voter ?» Presque toutes celles qui ont répondu à cette question posée par la directrice du Journal de Françoise ont répondu négativement.Entre plusieurs réponses excellentes, nous en détachons une qui semble bien exprimer le sentiment général de nos femmes canadiennes : «MADAME CHAPAIS, née LANGEVIN, Epouse de l’honorable Thomas Chapais, Conseiller législatif, Je ne vois que des inconvénients à donner aux femmes le privilège de voter.La majorité d’entr’elles ne le souhaite ni le réclame, et si, toutefois il leur était conféré, son application leur serait parfois bien embarrassante et pourrait produire souvent des conflits regrettables et nuisibles à la paix de la famille.La femme est la reine et l’âme du foyer ; cette fleur délicate ne s’épanouit qu’à la chaude et paisible atmosphère de l’affection au logis, lieu où elle se concentre avec plus d’intensité et d’ardeur.Serait-il bon et sage de l’exposer aux luttes violentes et acrimonieuses de l’extérieur, à la tourmente politique, de la dépoétiser enfin en lui ôtant le charme de son apparente faiblesse qui lui vaut la protection, les attentions et les hommages de l’homme ?Laissons la femme à son rôle magnifique et à son ombre discrète; c’est le moyen pour elle de conserver son empire et sa dignité ; elle fera ainsi l’œuvre de Dieu et sera plus utile à sa patrie qu’en participant au droit de suffrage.Hectorine-L.Chapais.Le tremblement de terre de 1663 Le récent tremblement de terre en Italie remet en mémoire celui qui secoua si fortement notre pavs il v a deux siècles passés.Voici, d’après une chronique du temps, une description intéressante de ce tremblement de terre: « Le 5 février 1663, vers 5.30 hrs de l’après-midi, un grand bruit fut entendu dans tout le Canada.Les gens se précipitèrent dans les rues comme si leurs mai- * L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 5°5 sons avaient été en feu.Mais au lieu *de flammes et de fumée, ils furent surpris de voir les murs chanceler, et les pierres s’agiter comme si elles se détachaient les unes des autres.L,es cloches sonnaient à chaque secousse.L,es toits des édifices s’affaissèrent, d abord d un côté, puis ensuite de l’autre.Les poutres, les chevrons, les planches se brisaient.La terre tremblait violemment, et les poteaux et les planches des palissades se livraient à une telle danse, que la chose serait incroyable si nous ne 1 avions constaté à plusieurs endroits.C’est surtout à ce moment que les gens se précipitèrent hors de leurs maisons.On vit alors les animaux fuir dans toutes les directions ; les enfants criaient et pleuraient dans les rues ; hommes et femmes, saisis de frayeur et d’horreur, en présence de cette scène qu’ils croyaient rêver, restaient comme paralysés ou ne savaient de quel côté fuir pour s’éloigner des murs qui dansaient et de la terre qui tremblait et qui, à tout instant, menaçaient de les écraser ou de les engloutir dans la profondeur des abîmes.Quelques-uns se jetaient à genoux sur la neige, joignaient les mains et imploraient les saints de les sauver des dangers qui les menaçaient.D’autres passèrent le reste de la nuit en prières, car le tremblement de terre se continua à de courts intervalles, avec des ondulations ressemblant aux vagues de l’océan, qui provoquèrent chez plusieurs personnes les mêmes malaises ou les désordres d’estomac que l’on éprouve sur un vaisseau en mer.Le tremblement de terre a été surtout violent dans les forêts.Les arbres semblaient se livrer une bataille acharnée.Non seulement leurs branches furent rompues, mais les troncs ont été déracinés et jetés les uns contre les autres avec une violence et un pêle-mêle indescriptibles, et cela à tel point, que les sauvages dans leur langage imagé, disaient que tous les arbres des forêts étaient ivres.Il semblait aussi que les montagnes se livraient bataille; quelques-unes furent déplacées et jetées sur d’autres, laissant à ces endroits d’immenses excavations, et les arbres qui les couvraient s’étant abîmés avec elles, on ne voyait plus que leurs sommets au-dessus de la surfacè du sol.Pendant cette perturbation générale dans la nature, la glace de plus de six pieds d’épaisseur s’est brisée par grands morceaux, et des crevasses, en plusieurs endroits, sont sortis des nuages de fumee ou des jets de poussières et de cendres, qui se sont élevée à une très grande hauteur.Des cours d’eau ont disparu; d’autres ont eu leurs eaux imprégnées de soufre.Plusieurs rivières ont aussi disparu : le cours de quelques-unes a été change et les eaux sont devenues corrompues.L’eau de quelques rivières était jaune, chez d’autres, elle était rouge, et l’eau de la grande rivière du Saint-Laurent était complètement blanche jusqu’à Tadoussac.Cet extraordinaire phénomène surprendra ceux qui connaissent la laigeui de cette rivière, à la pensée de la grande quantité de matières etiangeies qu il a fallu poui blanchir son immense volume d eau.Trois-Rivières, la première secousse du tremblement de terre a ete la plus Dolente.Elle a commencé par un bruit qui ressemblait au tonnerre, et les secousses se sont répétées par intervalle durant une demi-heure.On a observé là les mêmes phénomènes qu’ailleurs.Plusieurs français et des sauvages qui en ont été témoins disent que des montagnes s’élevant de chaque côte de la rivière se sont effondrées et que pendant plusieurs mois l'eau du Saint-Laurent a été vaseuse.Des lacs sont apparus là où il n’en avait jamais existé, et des rivières ont disparu pendant que le lit de d’autres cours d’eau était complètement change.Des centaines d acres de forêts furent bouleversés. 5°4 XW&X&P- I ENSEIGNEMENT! PRIMAIRE :J u?'Vik\;gv^.r% Le tremblement de terre n’a pas été moins violent à Tadoussac qu’ailleurs.Une pluie de cendres volcaniques est tombée sur cette région.L’eau du Saint-Laurent fut aussi agitée que pendant une tempête.Près de la Baie St-Paul, une montagne s’élevant sur la rive du Saint-Laurent s’abîma dans la rivière.Et comme si elle n’avait voulu que faire un plongeon, elle surgit ensuite des flots et resta comme une petite île, formant avec la rive un port très convenable.Plus bas, vers la Pointe-aux-Alouettes, une grande lisière de terrain couvert d’arbres glissa dans la rivière.Cet extraordinaire tremblement de terre a été surtout remarquable par sa durée.En effet, les secousses se sont continuées depuis le mois de février jusqu’au mois d’août, c’est-à-dire pendant plus de six mois.Elles n’étaient pas toujours également violentes, et en certains endroits, comme dans la région de Tadoussac, par exemple, elles se produisaient deux ou trois fois par jour.Ce tremblement de terre s’est fait sentir non seulement dans toute la Nouvelle-France, mais aussi dans la Gaspésie et la Nouvelle-Angleterre.Chose vraiment providentielle, malgré le bouleversement du sol dans plusieurs régions de notre pays, on n’a signalé aucune perte de vie.» Variétés CONVICTIONS RELIGIEUSES Un jour, Pasteur causait avec un de ses amis qui lui posa cette question: —Comment conciliez-vous vos expériences avec les enseignements de la Bible?—Quand vous aurez lu la Bible et tous les commentaires des exégètes, je vous répondrai: Toutes mes études m’ont amené à avoir la foi du paysan breton; si j’avais étudié plus encore, j’aurais la foi de la paysanne bretonne ! Le confesseur du savant était le R.P.Boulanger, religieux dominicain, qui vint le voir encore la veille de sa mort, 27 septembre 1895.Le vieillard, soutenu par l'espérance de la vie éternelle, ne se faisait aucune illusion sur son état, et quelques jours avant, seul avec ses petits-enfants, le fils et la fille de Madame Vallery-Radot, de grosses larmes s’échappèrent malgré lui de ses yeux et tombèrent sur la main du petit garçon qui demanda à bon papa pourquoi il pleurait.—C’est que.mes enfants, je vais vous quitter! LA SCIENCE DU MÉNAGE Une jeune personne, élève de l’Institut supérieur, montre à son père son bulletin trimestriel : —Vovez papa, dit-elle, que vous semble-t-il?N’ai-je pas bien travaillé?Economie politique, bien; beaux-arts et musique, très bien; logique, parfait.—Charmant, mon enfant, charmant ! si votre futur a quelques connaissances de ménage, s’il sait blanchir le linge, faire la cuisine, tricoter, coudre et travailler à la machine, vous serez heureuse plus tard. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 505 PETIT SERMON D'UN CURÉ À DES VOLEURS Une troupe de voleurs venait d’arrêter un vieux curé.Ils lui demandèrent pour toute rançon un petit sermon à leur portée.—« Mes chers amis, commence le bon prêtre, je vous plains de tout mon cœur.A l’exemple de Notre Seigneur, vous êtes nés dans la pauvreté, vous ne cessez d’être insultés, jugés et condamnés comme le Sauveur du monde.» —« Bravo ! » crièrent les bandits, flattés de la comparaison.« Enfin, mes chers amis, lorsque vous êtes arrêtés, vous subissez, comme le Christ, une mort ignominieuse en présence d’une multitude qui se moque de vos tourments.Comme le Christ après votre mort, vous descendrez aux enfers, mais vous y resterez bien sûr.» QUAND ON n’a PAS D’INSTRUMENTS DE MUSIQUE Placez sur une table en une file une série de verres tous semblables, et versez à leur intérieur de moins en moins d’eau.En frappant dessus avec un couteau ou une baguette de bois, vous verrez qu’ils n’émettent pas tous le même son.Si vous avez l’oreille musicale, vous pouvez régler'chaque verre en versant plus ou moins d’eau, de manière à ce que le premier donne le do, le second le ré, le troisième \e mi, etc.Et vous pouvez jouer Au clair de la lune, J’ai du bon tabac ou toute autre c ose de plus compliqué en frappant les verres dans l’ordre nécessaire.Délégué à Rome Québec, 12 janvier, 1909.A une réunion du Conseil Supérieur de la Société de Saint-Vincent de Paul du Canada, tenue à Québec le 8 décembre dernier, M.C.-J.Magnan, Vice-President du Conseil Supérieur et Président du Conseil particulier de Québec, a été unanimement choisi comme délégué pour représenter la Société de Saint-Vincent de Paul, aux fetes fubilaires de Notre Saint Père le Pape., n Le Conseil Supérieur, à la même séance, a aussi exprimé b espoir que les Conseils Particuliers et les Conférences du Canada seront représentés à Rome par des députations aussi nombreuses que possible.M.H.CHABOT, Secrétaire du Conseil.Avis La prochaine livraison ne paraîtra qu’en mai prochain (vers le 10). 5°6 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE POESIE les enfants Beaux petits chérubins à chevelure blonde.Qui souriez toujours joyeux et bien vivants, Que vous importe à vous la tempête qui gronde, Et la neige du ciel et la fureur des vents ! Votre oreille est fermée aux lointains bruits du monde, Jamais vos rêves d’or ne furent décevants.Que la terre soit fixe, errante, plate ou ronde.Dans les siècles passés ou les siècles suivants, Vous n’en dormez pas moins, chers mignons blancs et roses A bouche épanouie, à paupières bien closes, Dans le nid des berceaux, douillettement blottis, Et vos mères sont là, vos tantes, vos marraines, , Epiant le réveil charmé des plus petits, Quand un nouveau Noël fait pleuvoir les étrennes.A.LEmoyne.PAGES CANADIENNES Vision de Québec En 1732.1e R.P.Charlevoix rentrait en Erance après avoir séjourné lonçtemps au Canada.Tl écrivit a’ors l’œuvre capitale de sa vie: Histoire de la Nouvelle-France.Dans sa belle étude sur Charlevoix, M.Edmond Roy cite cette page du célèbre Jésuite où l’historien plongeant son regard dans l’avenir, prédit les possibilités futures de Québec en véritable vovant :
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