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Titre :
L'enseignement primaire : journal d'éducation et d'instruction
Éditeur :
  • Québec :[L'enseignement primaire],1881-1956
Contenu spécifique :
Mai
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
autre
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • École primaire (Lévis, Québec)
  • Successeur :
  • Instruction publique
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L'enseignement primaire : journal d'éducation et d'instruction, 1911-05, Collections de BAnQ.

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32e Année Québec, Mai 1911 No 9 rimairç Revue illustrée de l’Ecole et de la Famille C.-J.MAGNAN.Propriétaire et Rédacteur-en-cHe# rriseignerqent P François 1er—Le premier roi du Canada J : ' -À : ; nwBanms immmê ' S '* ”1 M.aaîaaa ¦ ''A; ' •O * %.'* È £ tÿrA.y: w mm Ce fut sous le règne de ce monarque que Jacques Cartier traversa l’Atlantique cn J534 et vint aborder dans la baie de Gaspé, où il planta une grande croix ornée des fleurs de lys de France. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 514 Question professionnelle Quelle doit être la durée maximum des exercices ou leçons au cours élémentaire! Réponse.—«Avec les jeunes élèves du cours élémentaire, les exercices ne doivent pas durer plus de vingt minutes, et pas plus d’une demi-heure avec les autres, sauf quelques rares exceptions.» Règlements Refondus du Comité catholique, p.23.Délicatesse à inspirer aux enfants La délicatesse est le complément de la bonne éducation.Elle en est aussi le parfum; elle fait le plus doux charme de la vie de famille.Rien ne plaît mieux que des enfants ornés de la plus exquise délicatesse.Lorsque cette délicatesse a ses racines dans les enseignements de la foi.elle enveloppe l’enfant d’une auréole de distinction qui commande l’estime et l’affection.La délicatesse est à l’âme ce que la toilette est au corps: elle en fait ressortir les qualités.Les jeux à l’école primaire, le rôle du maître Intervenons habilement dans les jeux des enfants, non seulement pour encourager et diriger leurs ébats, mais aussi pour former leur cœur; montrons-leur qu’ils sont là réunis en une petite société où il faut qu’ils s'habituent à se supporter, à s’entr’aider, à s’aimer.Apprenons donc des jeux aux enfants.Ayons même pour cela—si possible— un matériel spécial, mais établissons-les aussi dans des habitudes de bonne éducation et de savoir-vivre que l’école ne doit cesser d’enseigner.Le français et le recensement ' Les travaux de recensement commenceront bientôt, dit {La Patrie.Nous invitons tous les citoyens d’orisine canadienne-française, les Acadiens, etc.à ne pas oublier de dire aux énumérat^urs qui les interrogeront que la langue qu’ils parlent « communément » est le français.Dans le nord d’Ontario et dans les provinces maritimes, l’anglais est la langue dominante.Mais pour nos compatriotes le français est la langue qu’ils parlent « communément.» Il ne faudra pas se laisser tromper par les finasseries du questionnaire.Tous les citoyens dans les veines desquels coule du sang français devront déclarer que le français est leur langue maternelle.Comme cela, il ne pourra se glisser d’erreur dans l’énumération des forces ethniques de notre pays.Pensée pédagogique L’éducation patriotique trouve un aliment dans l’histoire des ancêtres, dans fétude du pays que l’on habite, dans la littérature des nôtres dans les chants nationaux.Abbé P.Përriér. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 515 PEDAGOGIE De la première formation du goût littéraire à l’école (1) La langue française est une œuvre d’art.Le sympathique M.Kleckowski (2) a su dire d’elle: “ C’est une langue si limpide qu’elle est un filtre pour la pensée, si riche qu’elle peut tout dire, si souple qu’elle sait faire entendre tout ce qu’elle ne dit pas, si nette dans ses couleurs, si ferme dans ses sonorités, si ferme en même temps et si douce qu’elle est une caresse pour l’oreille autant qu’une joie pour l’esprit!” “ Ses modulations sont infinies, et multiples sont ses aspects.Aux œuvres de la raison sereine, elle est probité, elle est lumière.Au vol léger de l’imagination et du rêve, elle met un frémissement d’ailes.Pour l’épopée et le fracas des batailles, elle a des sonneries de clairon.” Quelle superbe définition, et combien digne de “ cette reine parmi ses sœurs, les autres langues mères, Sa Majesté la langue française!” La langue française! Ah! comme ces simples mots savent éveiller en nos âmes tout un monde de merveilleuses beautés morales, artistiques ou littéraires.Elle se prête admirablement bien à toutes les opérations de l’esprit humain, depuis l’observation spontanée des choses jusqu’à la conception des idées les plus nobles, les plus élevées ; depuis l’analyse modeste des corps de la nature jusqu’au culte éclairé de Dieu, créateur et Providence du monde, principe et source du vrai, du bien et du beau.Aucune autre langue n’a su mieux exprimer les joies et les douleurs.Le français est “ tout raison, ” il a pour base éternelle la clarté, et comme qualité maîtresse la simplicité, la naïveté, la fécondité que lui légua le XVIe siècle ; l’élégance, la véhémence, la pureté, l’ampleur, la sonorité, héritage du grand siècle; la netteté, la clarté, la lucidité, la rapidité, la concision, le tour vif et incisif, la profondeur, filles du XVIIIe siècle où la langue française devient “la langue des idées, le langage philosophique!” (3) Enfin la richesse des images, la précision, la propriété des termes, la variété des expressions, apanage du XIXe siècle.Et cette langue “ qui naquit aux lèvres des Gaulois, ” (4) cette langue “harmonieuse et claire, léguée par les ancêtres, ” (5) c’est elle qui répand à travers le monde la culture française, c’est-à-dire le bon goût au service de la vraie civilisation, la civilisation chrétienne.Il est de vérité historique que notre langue ne revêt dans toute son ampleur son caractère de grandeur et de beauté incomparable qu’en autant qu’elle demeure au service des traditions chrétiennes.(1) Discours prononcé à la séance publique annuelle de la Société du Parler français.Université Laval, le 22 janvier 1911.(2) Ancien consul de France au Canada.(3) Larousse.(4) Chapman.(5) Thomas Chapais. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 516 Cette langue, c’est la nôtre, ce trésor au prix inestimable nous le possédons.L’apprécions-nous à sa valeur ce trésor, la cultivons-nous avec assez d’amour et de soin cette langue?Montaigne adressa ce reproche aux éducateurs de son temps : “ On nous apprend à vivre quand la vie est passée.” Les enfants de chez nous ne pourraient-ils pas, avec quelque raison, dire à leurs parents et à leurs maîtres: “ Vous pensez à nous apprendre à parler et à écrire le français quand nos études sont terminées!” A-t-on suffisamment songé à leur apprendre à penser, ces chers enfants, à les initier à l’expression claire, nette et précise de leurs idées, à apprécier les beautés de notre langue, en un mot, s’est-on préoccupé d’éveiller “ le goût littéraire ” à l’école ?Rarement, je crois.On a peut-être trop négligé le développement de Yesprit d’observation chez l’élève, et pas assez cultivé son langage.Plusieurs s’imaginent que l’enfant ne saurait s’habituer de bonne heure à voir, à décomposer, à recomposer, à dire ce qu’il voit, ce qu’il pense, ce qu’il ressent.Bien que de longues heures soient consacrées à l’étude de la langue française, on est stupéfait de voir que les écoliers s’expriment avec la plus grande difficulté, au point qu’ils paraissent parfois plus ignorants qu’ils ne le sont en réalité.Nombre de maîtres se contentent encore de réponses par oui et par non, alors que l’enfant doit intercaler la question dans sa réponse.Enfin plusieurs refusent d’admettre que l’enseignement de la langue française ne devrait pas consister à faire apprendre la grammaire par cœur et à faire écrire des exercices orthographiques.Le cours de langue française commence à la première page de l’alphabet pour ne se terminer qu’avec les derniers exercices littéraires du cours supérieur.Cet enseignement est le plus général, en classe, le plus continu : tandis que l’enseignement direct de l’histoire, de la géographie, de l’arithmétique est restreint à un certain nombre d’heures, l’étude de la langue maternelle est pour ainsi dire ininterrompue.Si les autres matières du programme scolaire ne lui apportent qu’un concours accidentel, il n’en est aucune dont elle ne puisse profiter.Sans cesse les élèves ont à parler, à lire, à rédiger, et toujours les instituteurs devraient veiller à ce qu’ils le fassent correctement.S’adressant un jour à des étudiants catholiques, à qui il voulait prouver, au point de vue moral, l'insuffisance de l’enseignement purement scientifique, René Bazin s’exprima comme suit : “ Dire à un homme : sachez lire et vous ne mentirez pas : sachez écrire et vous ne volerez pas ; sachez compter et vous ne tuerez pas: c’est comme si je disais: apprenez bien la multiplication, car dès que vous saurez la table de Pythagore, vous jouerez admirablement du piano.” Parodiant cette spirituelle raillerie, je dis aux enfants: “Sachez lire mécaniquement et vous comprendrez tous les livres; sachez la grammaire par cœur, même sans comprendre, et vous écrirez correctement; faites des dictées sans fautes et vous rédigerez parfaitement ; faites des analyses machinales, L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 517 vous servant pour cela de formules clichées, et vous saurez ce qu’est une phrase.” Non, Mesdames et Messieurs, les divers exercices dont se compose l’enseignement rationnel de la langue française ne sont pas successifs, isolés les uns par rapport aux autres, dans ce sens qu’on ne doive étudier celui-ci qu’après avoir acquis une connaissance suffisante de celui-là, regardé comme plus élémentaire; il paraît avantageux d’en aborder plusieurs simultanément.L’écriture, en effet, n’est pas plus difficile que la lecture, et la rédaction moins à la portée du jeune enfant que l’orthographe.Longtemps dans nos écoles canadiennes, il fut admis comme indiscutable que l’écolier devait d’abord apprendre à lire, ensuite à écrire, puis orthographier correctement et que, seulement après tout cela, c’est-à-dire à la veille de quitter la classe, il pouvait s’appliquer à la rédaction.La pédagogie moderne abandonne cette gradation factice, pour pratiquer la simultanéité d’exercices différents, mais de difficulté sensiblement égale.Elle cesse d’enseigner la grammaire comme un dogme qu’on retient sans comprendre, et fait de cette étude, une étude raisonnée et raisonnable.Elle groupe ou plutôt intercale dans la grammaire des exercices de langue, tels que vocabulaire, rédaction, composition, orthographe, lecture, récitation.Elle coordonne tous ces enseignements en un cadre unique, donnant ainsi à l’élève de l’école primaire le moyen d’acquérir par des études simultanées, une connaissance déjà sérieuse de sa langue maternelle, et de lui fournir en même temps l’occasion de se former le goût par l’étude de modèles choisis.Mais ce n’est pas ici le lieu de développer ce sujet pédagogique fort intéressant, du reste.Qu’il me suffise de dire que le maître soucieux de la première formation du goût littéraire à l’école, doit réellement enseigner la langue maternelle, et non pas se contenter d’apprendre aux enfants à lire sans intérêt et à apprendre la grammaire par cœur.Les leçons grammaticales devraient former un véritable cours de langue française, où le bon goût régnerait en maître.L’enseignement du français ainsi compris suppose une préparation de classe soignée.Rien ne doit être laissé au hasard dans les leçons de langue.Schiller nous dit : “ Dès l’enfance, entourez l’homme des plus belles formes intellectuelles, enfermez-le dans les images de la beauté parfaite.” Cette tâche au point de vue littéraire, n’est pas impossible à l’école primaire.Que le maître choisisse avec un soin scrupuleux les phrases, les textes et les morceaux nécessaires à son enseignement, et cela non pas une fois, deux fois, mais chaque jour, et il ne tardera pas à remarquer que l’âme de ses élèves s’enrichit promptement d’une riche moisson d’idées et de sentiments élevés.Suivant un ancien : “ Si l’âme ne se fait belle, elle n’apercevra point la beauté.” En effet, toutes les faiblesses sont solidaires, et il est bien difficile d’avoir un mauvais goût en littérature et un goût moral élevé dans la conduite de la vie.Le pavsan basque dit à l’honneur de ses Pyrénées : “ Toi qui ne connais pas la prière, viens dans nos belles montagnes et tu sauras bien vite prier, sans que personne te l’enseigne.” 5i8 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Ah! sachons donc dire aux enfants de nos écoles primaires: “ Vous qui ne connaissez pas encore le beau littéraire, venez dans le champ admirable où l’on cultive la langue française, et vous sentirez bientôt votre goût s’éveiller, s’éclairer, se former, se perfectionner.” Mais quels sont les exercices qui se prêtent le plus volontiers à la formation du goût littéraire à l’école primaire?C’est tout d’abord la lecture à haute voix, instrument de culture par excellence.L’instituteur qui sait bien lire fait aimer la classe à ses élèves, favorise la bonne discipline, et surtout initie ses jeunes auditeurs aux mystérieuses et incomparables beautés de la langue française, mises en relief par une lecture simple, naturelle, mais réellement expressive.Lire avec expression, c’est donner à la pensée de l’auteur toutes les nuances, toute la délicatesse, toute la force voulue.N’oublions pas, néanmoins, que tout en étant tour à tour, harmonieuse, émue, grave, passionnée même, la diction à l’école primaire doit rester simple, naturelle, sans rien de théâtral, qui sente la déclamation.C’est là la théorie.Passons à la pratique, et jugez.Voici deux petits morceaux choisis dans des livres de lecture courante et qui conviennent au cours élémentaire.Supposez une école de village.Il est trois heures de l’après-midi, l’air de la classe est un peu lourd, les élèves semblent fatigués.L’instituteur suspend les travaux ordinaires et annonce une histoire: IvA CHANSON DU CERISIER Au printemps le bon Dieu dit : « Mettez la table du petit ver.» Aussitôt le cerisier se couvre de feuilles vertes.Engourdi dans sa demeure, le petit ver s’éveille, s’étire; puis il se met à ronger les petites feuilles, et dit: «Ce festin est délicieux, qui donc me l’a préparé?» * * * Alors le bon Dieu dit de nouveau: «Mettez la table de l'a diligente abeille.» Aussitôt le cerisier se met à pousser mille et mille fleurs blanches.Et l’abeille, éveillée dès l’aurore, s’envole sur le cerisier; elle visite nombre de fleurs, et de chacune elle pompe un goutte de liqueur.« Ah j quelle délicieuse boisson, dit-elle, en revenant au rucher pour composer son miel.» * * * L’été vient et le bon Dieu dit: «Mettez l'a table du petit oiseau.» Aussitôt mille fruits frais et rouges apparaissent sur le cerisier.Le petit oiseau accourt en gazouillant: «Ah! quel régal pour mes petits, dit-il, comme cela va les fortifier.» * .* * En automne le bon Dieu dit : « Desservez la table, tous sont rassasiés.» Et Je vent froid du nord commence à souffler, il fait grelotter le cerisier.Les feuilles flétries tombent sur le sol; le vent les enlève et les fait voltiger en l’air.£ * * L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 5*9 Voici l’hiver et le bon Dieu dit: «Recouvrez tout ce qui reste.» Et la neige se met à tomber à gros flocons; elle forme un tapis blanc et.épais et toute la nature se repose dans un profond sommeil, (i) Un autre jour, ce sera cette belle, admirable et naïve page de Louis Veuillot : LE'UTre à Marguerite Au Tréport, 31 juillet 1868.Ma nièce Marguerite, Je regardais la mer.Elle était bleue au loin, verte plus près, blonde sur le bord, avec de grosses franges comme de l’argent.Il y avait un grand soleil qui la faisait briller, et elle chantait en dansant et en brillant.C’était très beau.Alors un oiseau est venu près de moi, et il me regardait tandis que je regardais ta mer.Je lui ai dit: «Qui es-tu?—Je suis un oiseau du bon Dieu qui vole sur la mer du bon Dieu.¦—Oiseau du bon Dieu volant sur la mer du bon Dieu, que veux-tu?» Alors il me dit: « Il y a une petite fille qui aime bien le sucre d’orge et le chocolat, mais qui n’aime point l’étude; la connais-tu?— Je crois la connaître.— Cette petite fille est dans un couvent à Paris; la connais-tu?— Je la connais.-—Cette petite fille n’est jamais la première de sa classe; la connais-tu?— Oui oui, je la connais très bien.^—Eh bien, alors, reprit l’oiseau, il faut que cette petite fille commence à travailler, et à être sage et à servir le bon Dieu.Son papa et sa maman vont l’amener au Tréport; elle verra la mer, elle jouera sur les galets, elle sera baignée par Michel.Je vois qu’on aime bien cette petite fille-là.Il faut qu’elle ne soit pas ingrate, il faut qu’elle mérite de devenir la petite fille du bon Dieu et de la sainte Vierge.» Ainsi parla l’oiseau du bon Dieu qui vole sur la mer du bon Dieu.Et moi, je dis.à l’oiseau: «Que faut-il qu’elle fasse la petite fille?Car elle n’est pas méchante, mais c’est une tête légère tout à fait.» L’oiseau reprit : « Quand elle sera dans l’église du Tréport.elle dira : « Mon Dieu, accordez-moi la grâce d’être votre petite fille et celle de la sainte Vierge.» Si elle fait bien cette prière, tout ira bien ; et le bon Dieu donnera des ailes à son âme pour voler au ciel comme je vole sur la mer.» Alors l’oiseau du bon Dieu ouvrit ses ailes grandes et fortes, et il s’envola bien loin, bien loin sur la mer du bon Dieu.Ma nièce Marguerite, si tu connais cette petite fille qui va venir au Tréport dis-lui bien tout cela.Moi, je suis ton oncle, et je t’aime beaucoup.Louis Veuillot.A propos d’une leçon de choses sur les nuages, donnée la veille ou le matin, l’instituteur raconte l’aventure d’une goutte d’eau: La goutte d’eau Une goutte d eau s ennuyait ¦ dans le beau lac Saint-Pierre.Peaucoup de sei sœurs, aspirées par le soleil, avaient monté vers le ciel, et elle aurait voulu faire comme ses sœurs.Elle eût tout donnée pour pouvoir flotter dans les champs de 1 espace.(1) D’après Hebel. 520 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE «Je viens d’entendre ton désir, lui dit un rayon de soleil et je vais te satisfaire Veux-tu monter?» «Oh! oui,» dit-elle.A peine avait-elle prononcé ces mots, qu’elle se sentit emportée dans les airs.Elle monte, elle vole; le soleil a bientôt fait de la réduire en une vapeur invisible.On ne la distingue plus, mais elle se sent vivre ! A peine a-t-elle vogué quelques temps sous cette forme, qu’un nuage l’attire dans son tourbillon; les vents l’emportent à tous les points du ciel.Elle vient de passer au-dessus d’une grande partie de la province de Québec, la voilà au-dessus de la province d'Ontario, maintenant elle traverse les Etats-Unis.Elle passe joyeusement d’un nuage à l’autre; mais bientôt cette course l’a fatiguée.Elle regrette les ondes calmes de son lac canadien.«Oh! quand je m’y retrouverai, pense-t-elle, si jamais j’ai ce bonheur, je ne serai plus tentée de courir le monde, et je ne sortirai plus du lac où je me sentais si doucement bercée.» Elle avait à peine achevé de parler, qu’elle fut saisie par le froid; elle sentit qu’elle venait de se condenser, et d’entrer dans un gros nuage noir.Son souhait venait donc d’être exaucé.En effet, un orage éclate, un coup de tonnerre se fait entendre, le gros nuage crève.Elle était redevenue goutte d’eau et quelques minutes après elle se balançait dans son lac maternel.Au cours moyen et au cours supérieur, que de pages superbes peuvent aussi être lues.Cette lecture faite avec simplicité, goût, naturel et sentiment passe comme une brise rafraîchissante sur la classe; elle captive l’attention et familiarise les écoliers avec les beautés de la langue française.Ici, mesdames et messieurs, permettez-moi de rappeler un souvenir personnel.Il y a quelques mois à peine, dans une leçon de pédagogie donnée aux élèves institutrices de l’école normale, j’avais développé ce sujet: Comment rendre son enseignement intéressant.Première condition : bien préparer sa classe ; deuxième, cultiver constamment l’esprit d’observation de l’élève, c’est-à-dire lui faire jouer un rôle actif en classe; troisième, présenter son enseignement d’une manière attrayante et savoir à point, sans détourner le but de la leçon, ajouter un trait, citer un fait ou une anecdote susceptible de compléter la leçon ou de rendre la démonstration plus agréable et plus facile.Je supposai une école primaire intermédiaire (modèle) ou l’institutrice donne, un jour d’hiver, aux élèves des trois divisions de sa classe, le sujet de rédaction que voici : Le poêle.C’est un sujet bien aride en apparence; il se rapporte, d’ailleurs, à un objet prosaïque si familier, qu’il se prête très peu, semble-t-il, à des développements intéressants.Afin de documenter les élèves, une leçon de choses sur le poêle est donnée le matin.Puis la leçon de dessin d’après nature, dont le motif sera encore le poêle, force l’élève à observer avec précision l’objet qu’on lui a donné à décrire.Une description exacte et complète à l’aide des termes propres suffit aux deux divisions inférieures.Mais les élèves de la première division peuvent animer leur composition en idéalisant Ip sujet à traiter.Mais qui activera le goût littéraire en cette circonstance, qui entr’ou-vrira l’horizon du beau sur le terrain familier oû l’on a placé l’enfant?L’instituteur nu l’institutrice, évidemment.Par quel moyen?La lecture à haute voix. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 521 Alors je lus aux élèves-institutrices cette page délicieuse de notre ami M.Rivard, Le Poêle, page comparable aux Contes de Daudet et qui nous fait espérer qu'un jour nous aurons nos Payes Canadiennes, devenues classiques, dans les collèges et les écoles.Dès la première phrase : “ Le poêle de chez nous est à deux ponts, bas sur patte, et massif.” la curiosité des élèves est piquée.Et le défilé des saisons, nous montrant le poêle se reposant l’été, se réveillant l’automne, chantant, ronflant ou murmurant tout l’hiver, évoque des souvenirs bien vivants, tandis que le tableau où les voisins viennent à la brunante, fumer la pipe autour du poêle “ dont la voix grave a accompagné plus d’une chanson, ” jette la note gaie dans leur jeune âme.Puis la comparaison si délicate, si judicieuse du coin de l’àtre, où “ l’on se prend parfois à rêver, à construire des Châteaux en Espagne, ” avec le poêle toujours grave, et “ qui n’invite pas aux vaines rêveries, ” porte à la réflexion.“ Le poêle se souvenant aussi : ” il veut qu’on parle souvent des anciens, afin d’imiter leurs vertus.Dans les dernières lignes du morceau, l’auteur s’élève jusqu’au sublime de sentiment, quand il nous fait voir le maître du logis, “ la nuit venue et les voisins partis dans la neige, ” s’agenouillant avec la femme et les enfants.“ dans la bonne chaleur qui rayonne, sous le vieux Christ pendu à la muraille, ” et le poêle “ qui se souvient mêlant sa voix familière à la prière du soir.” Le tableau de la fin : “ â la porte du poêle, dans l’obscurité, le père, sa dernière pipe aux dents, la mère, son chapelet encore au doigt, ” se parlant à voix liasse, lentement, “ des choses que l’on aime à se dire seul à seul, ” est d’un réalisme attendrissant.A travers le morceau circule abondamment l’air natal tout imprégné des parfums du terroir.Certes, c’est avec son cœur de patriote que Rivard a évrit Le Poêle, mais le bon goût a présidé â la composition de cette page.La délicatesse du sentiment n’a jamais exclu le bon goût littéraire, au contraire.En ne vous donnant qu’une analyse imparfaite de cette belle page, je ne rends pas justice â M.Rivard.Pour vous faire apprécier ce morceau à sa valeur, il me faudrait le lire en entier.Il est là sous ma main; la tentation est forte.La lecture muette est impuissante à mettre en relief les qualités des plus belles pages.Seule la lecture à haute voix peut exprimer les sentiments véritables de l’auteur.Si j’en avais le temps, je vous lirais Le Poêle de Rivard.Dans cette salle et devant cet auditoire, ce serait le plus bel hommage à rendre au talent du distingué secrétaire de la Société du Parler français, mais l’heure s’envole rapidement: il faut me hâter (i).(à suivre) C.-J.MAGNAN.(i) Nous reproduirons ce morceau dans la prochaine livraison. 522 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Ecoles maternelles En 1900, je me trouvais en vacances à Paris.L’Exposition battait son plein.Chaque nation cherchait à mettre en relief son système d’éducation.Généralement on trouvait classés dans un ordre parfait les objets qui se rattachent à l’instruction élémentaire, à l’instruction secondaire, à l’instruction technique, à l’instruction professionnelle, à l’enseignement supérieur.L’âme pleine de rêves d’enseignement futur au Grand Séminaire, je faisais une excursion pédagogique à travers les expositions scolaires des divers pays.Je ne soupçonnais guère alors ma vocation de “ primaire.” Pourtant mon attention, comme celle de bien des visiteurs, avait été attirée sur la place réservée dans l’exposition des Etats-Unis aux écoles maternelles, aux “ Kindergartens, ” “ aux jardins d’enfants, ” comme on les appelle volontiers chez nos voisins, où l’influence de Freebel est demeurée prépondérante.De belles photographies nous montraient les salles d’écoles spacieuses, riantes, très ornées, où l’enfant devait trouver bonheur et contentement.Mais ce que je veux retenir ici, et ce qui m’avait alors surtout intéressé, c’est le résultat d’une enquête que l’on avait organisée tout exprès pour l’exposition de Paris sur les résultats de l’éducation des “ Kindergartens.” A la prière de Miss Blow, M.Edwin P.Seaver, surintendant des écoles de Boston, avait rédigé une circulaire et un questionnaire qui furent adressés aux instituteurs de la première division des écoles élémentaires.Doux pays au-delà du quarante-cinquième degré, où l’on peut demander aux instituteurs ce qu’ils pensent sur des questions de pédagogie ! Voici le texte des questions posées: “ i° Combien d’années avez-vous fait la classe aux enfants de la première division ?“ 2° Quelle est la proportion, le tant pour cent, de vos élèves qui viennent des “ Kindergartens ” ?“ 3° Qu’avez-vous observé de caractéristique chez les enfants qui sortent des “Kindergartens,” par rapport aux autres enfants?“ 40 De quelle façon pensez-vous que l’éducation des “ Kindergartens ” a influencé les progrès des enfants de la division élémentaire?Leurs progrès ont-ils été plus rapides?” En d’autres termes, on voulait savoir si l’enfant qui a fait un stage à l’école maternelle est mieux préparé que l’enfant qui entre directement à l’école primaire au sortir de la maison paternelle.Miss Blow a recueilli 163 réponses à ce questionnaire.Elle en a éliminé d’abord 36, dont les renseignements lui ont paru insuffisantsi Sur les 127 qui restaient, 102 furent favorables et 25 défavorables aux “Kindergartens ”.On énumère dans ces réponses les avantages des “ Kindergartens ” : Les élèves qui les ont fréquentés ont plus d’imagination que leurs camarades ; ils comprennent plus vite; ils connaissent mieux la nature; ils ont un plus grand amour des choses belles.Et que sais-je encore?Au moment où la Commission des Ecoles catholiques de Montréal obtient la permission de fonder des écoles maternelles, il m’a paru bon de L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 523 faire revivre ces souvenirs, qui démontrent à leur manière l’utilité des maisons de ce genre.Je voudrais maintenant donner une définition bien précise des écoles maternelles.Trop souvent on les confond ici avec les écoles primaires élémentaires.L’école maternelle en France a remplacé l’ancienne salle d’asile dont M.Gossot a si bien raconté les origines.( 1 ) Avant son existence légale consacrée par l’ordonnance royale du 22 décembre 1837, la salle d’asile fonctionnait, grâce à la bienfaisance privée qui l’entretenait à ses frais.Elle devenait cependant aux termes de la loi “ un établissement charitable où les enfants des deux sexes pouvaient être admis pour recevoir les soins de surveillance maternelle et de première éducation que réclame leur âge.” Mais les choses vont leur train.On prend des mesures nouvelles pour accentuer le progrès.Le 2 août 1881, on promulgue une loi qui marque une véritable transformation des écoles maternelles.On y dit : “ Les écoles maternelles (anciennes salles d’asile) publiques et libres sont des établissements d’éducation où les enfants des deux sexes recevront les soins qu’exige leur développement physique, intellectuel et moral.“ Les enfants y peuvent être admis, dès l’âge de deux ans, et y rester jusqu’à ce qu’ils aient atteint sept ans.” On le voit, les écoles maternelles ne sont pas des maisons destinées à recevoir les enfants de cinq à dix ans, comme on le croit communément.Elles sont créées pour y donner l’éducation physique, intellectuelle et morale aux enfants de deux à sept ans.Il y a aussi changement de régime : d’établissements charitables qu’elles étaient d’abord, elles deviennent de véritables établissements d’instruction.Elles ont un programme d’études bien précis (2).On y indique le but.“L’école maternelle n’est pas une école au sens ordinaire du mot : elle forme le passage de la famille à l’école, elle garde la douceur affectueuse et indulgente de la famille, en même temps qu’elle initie au travail et à la régularité de l’école.(Arrêté du 18 janvier 1887).Vous entendez bien que pour la section des enfants de deux à cinq ans, l’on exclut les exercices de lecture et d'écriture.A l’école maternelle, on ne doit pas faire des classes primaires pour occuper le temps.M.Payot a dit que vouloir apprendre à lire à l’enfant trop vite au lieu de lui apprendre “à débrouiller son moi ”, constitue une lourde faute.Il a raison.C’est bien aussi la conviction de Madame Kergomard, l’inspectrice distinguée des écoles maternelles en France, qui affirme en commentant la circulaire du 22 février 1905, que “ les enfants de quatre à cinq ans doivent être exclus de l’exercice de lecture et de l’exercice d’écriture.” Mais il reste tout un programme pour notre petit monde scolaire de deux à cinq ans.Les leçons de choses, les connaissances sur les objets usuels, les notions d’histoire naturelle, les exercices d’observation, les exercices de langage fournissent une ample moisson de connaissances pour l’âme des petits.Il faut bien en pratique accepter d’avance un point : on ne fait pas (1) Voir son ouvrage: «Les salles d’asile en France.» (2) Organisation pédagogique et plan d’études des écoles maternelles publiques. 524 L'ENSEIGNEMENT PRIMAIRE une leçon de choses, sans que la chose dont on veut parler soit mise sous les yeux des enfants ; et s'il s’agit, par exemple, d’une leçon de choses sur le pain, l’institutrice qui va faire cette leçon, ne devra pas seulement avoir du pain à montrer aux enfants, mais aura encore de la farine, du blé, etc.Elle ne laissera voir toutes ces choses que lorsqu’elle sera au moment de commencer sa leçon.Le travail manuel est un des plus puissants moyens éducatifs dont on puisse se servir pour développer les facultés d’enfants qu’on n’atteint que fort peu par le raisonnement.L’enfant a le désir d’imiter ce qu’il voit.Cet esprit d’imitation développe l’habileté des doigts ; il oblige au soin, à la réflexion, à la patience.N’est-elle pas intéressante cette leçon qui consiste à démontrer “ comment on fait un nœud ” ?Relisez ensuite les deux volumes “ Jeux et travaux enfantins par Mlle Marie Koenig et M.Albert Durand, ” et vous aurez une idée de ce que l’on peut appeler “ le monde en papier ” et “ Bouts de fil et brins de papier.” Puis à l’école maternelle conçue dans l’esprit de Froebel, la danse, les jeux, les chants sont la trame légère et gracieuse à travers laquelle cet apôtre de la joie a voulu que se jouât l’éducateur de la première enfance.Les danses en rond au grand air accoutument le corps aux mouvements symétriques qui donnent la souplesse et la santé : les chants surtout accompagneront le développement progressif du corps et de l’esprit de l’enfant, moduleront des jeux gymnastiques, destinés à exercer ses petits bras ou ses petites jambes.Mais pour bien comprendre ces programmes et les mettre en application avec intelligence et compétence, il faut un personnel préparé à cette tâche par des études spéciales.Les institutrices maternelles doivent avoir étudié l’enfant, l’avoir observé pour découvrir le secret de son développement intellectuel et moral.Saint Vincent de Paul disait: “Tl ne faut pas enjamber sur la Providence”; il faut se contenter de la suivre.Il ne faut pas non plus vouloir développer avant l’heure l’intelligence des petits, tâchons seulement de la diriger.Tl n’est donc pas étonnant que la Section du Conseil national des femmes en France ait étudié en 1907 cette question, et que l’on ait émis les vœux suivants : “ Ou’.une école maternelle d’études soit organisée à Paris pour perfectionner les méthodes destinées à l’amélioration des écoles maternelles.“ Que cette école maternelle soit dirigée par un comité de personnes compétentes, qui discutera et décidera des principes à appliquer, et vérifiera les résultats de l’expérimentation : “ Que le personnel de cette école maternelle d’études soit choisi sur une liste de présentation, formée par le comité directeur; “ Que le personnel de l’école ait voix consultative ; “ Que cette école soit particulièremeht ouverte aux élèves de Fontenay, aux élèves des écoles normales, au personnel des écoles maternelles en exercice, en un mot à toute personne désireuse de faire des études de pédagogie maternelle.” L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 525 Ces résolutions nous montrent bien une légitime préoccupation que nous devrions également partager, au moment où nous parlons d’ouvrir des écoles maternelles.A quelles inst.tutrices allons-nous les confier?Quelle sera la formation que nous exigerons du personnel de ces établissements?Dans les écoles maternelles, les classes qui reçoivent les enfants de cinq à sept ans s’appellent des classes enfantines.Dans les écoles primaires, il y a également de ces classes enfantines, puisque nous avons un grand nombre d’enfants de cinq à sept ans, qui viennent apprendre à lire, à écrire et à compter.Il serait bien désirable que dans l’instruction de ces petits l’on n’oubliât jamais: 1.—Que l’intuition est le fondement de l’instruction.2.—Que le langage doit être lié avec l’intuition.Grâce à la générosité de certaines commissions scolaires, on peut mettre sous les yeux des enfants les objets que l'on explique.Grâce surtout à la libéralité de la plupart de nos communautés religieuses qui achètent à leurs frais et dépens de belles collections, on rend plus attrayantes et plus instructives les leçons que l’on donne dans nos classes enfantines.Aussi des progrès réels se font sentir dans les classes inférieures que l’on a peut-être trop négligées dans le passé.Surveillons-les mieux à l'avenir.Sursum Corda toujours T Mon tréal, avril, 1911.Abbé Philippe Perrier.Protection de la santé de l’enfant à l’école L'Hygiène des enfants a pour but non seulement de protéger leur santé actuelle, mais encore d’assurer leur santé future: on veut par là avoir une race vigoureuse et forte.Si l’école n’est pas conforme aux données hygiéniques modernes, on risque de voir la santé des enfants s’altérer définitivement.A un cerveau inachevé, l’on demande un travail déjà soutenu; à un corps en voie de développement, on impose l’immobilité et la vie en commun; à des organes encore délicats, impressionnables, on offre un exercice continu qui, à la moindre occasion, devient une sollicitation excessive.Diverses déviations dans le développement, divers troubles organiques ou fonctionnels, des maladies même peuvent être et sont parfois la conséquence d’une mauvaise hygiène scolaire Une des questions hygiéniques scolaires les plus importantes, c’est la répartition des heures de travail intellectuel, de repos et d’exercice.L’époque la plus communément adoptée pour l’admission des enfants à l’école primaire, c’est 6 ans révolus.A cet âge, en effet, l’enfant est assez intelligent pour que le désœuvrement lui soit à charge.Mais comme son cerveau n’est pas plus développé que les autres organes, il s’ensuit que l’enfant n’est susceptible de travail qu’à petites doses et avec intermittence.L’Hygiène ne peut faire entrer en ligne de compte les différentes considérations sociales lorsqu’il s’agit de précipiter le moment de l’introduction de l’enfant à l’école.Elle 526 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE ne saurait s’occuper de la vanité des parents ou de la crainte que leurs enfants n’arrivent pas assez tôt à la fin de leur cours d’études ; elle ne peut tenir compte du besoin qu’ont les classes laborieuses de se séparer, pendant les heures de travail, d’un bébé qu’il faudrait occuper et surveiller (Jardin de l’enfance).A 6 ou 7 ans, l’enfant aura donc beaucoup moins d’heures de classe qu’à io, 12 ou 15 ans, dans le but de ne pas fatiguer son cerveau.L’on proportionnera toujours la nature des objets enseignés à la puissance d’élaboration des jeunes cerveaux, parce que l’expérience prouve amplement que l’esprit de l’enfant se fatigue et se relâche lorsque son attention reste trop longtemps commandée et tendue, la classe ne lui profite pas ; ou bien, si l’attention persiste par un effort de volonté, il peut en résulter de graves dangers pour l’intégrité de la nutrition cérébrale et par conséquent pour le fonctionnement ultérieur des facultés intellectuelles.Le temps consacré aux devoirs à faire à la maison et le temps réservé aux leçons de musique, etc., devra varier aussi avec l’âge, de manière à ne pas enseigner trop de choses à la fois.A 6 ou 7 ans, un enfant n’est pas capable de suivre avec profit une leçon pendant plus de 15 à 20 minutes consécutives; de 7 à 10 ans, 20 minutes sont le maximun de ses efforts; à ïo ou 12 ans, 25 minutes; de 12 à 16 ans, 30 minutes.(Edwin Chawich et Jules Rochard).Connaissant ces détails (que l’expérience a consacrés), on doit, après chaque leçon, faire reposer l’enfant au dehors si possible pendant autant de minutes et l’attention reviendra pour la leçon suivante, mais d’autant moins sûrement que l’élève sera plus jeune.On donnera ainsi 2jri heures de travail intellectuel par jour à un enfant de 6 à 7 ans; 3 à 31/2 heures de 7 à 10 ans; 4 heures de 10 à 12 ans; ainsi de suite jusqu’à 16 ans où le nombre d’heures de travail par jour pourra s’élever à 8 ou Q heures.Les heures intermédiaires seront consacrées soit au repos, soit aux repas, soit aux exercices en plein air.Le tout bien proportionné à l’âge et à la constitution.Le caractère dominant de l’enfance, c’est le développement inégalement rapide et variable suivant les individus, des divers appareils de l’organisme de l’enfance, et c’est l’époque où ils demandent le plus de ménagements et où il faut éviter les imprudences.Les enfants qui se présentent aux écoles ne sont pas tous absolument sains et vigoureux, tous n’ont pas la même santé.Il serait bien utile que les maîtres reconnussent dès le début le point faible des écoliers, spécialement leurs aptitudes cérébrales, leurs antécédents nerveux, y compris même les antécédents héréditaires et le degré d’acuité des organes de leurs sens.Quelques-uns sont myopes avant d’avoir ouvert un livre ; d’autres sont plus ou moins sourds.Toutes ces prédispositions morbides sont importantes à connaître parce qu’elles peuvent augmenter avec l’âge et le séjour à l’école si l’on n’y remédie pas tout de suite dès les premiers jours d’admission.Dr R.Fortiï*.Québec, Avril 1911. L'ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 527 Enseignement de l’histoire (Spécialement dédié aux institutrices) En toute matière, renseignement doit avoir un idéal.De même que 3e pilote dirige, vers le port, le navire qui lui est confié, de même l’instituteur doit guider ses élèves, non seulement vers le but général, qui est la formation du cœur et de l’intelligence, mais vers un but spécial à chaque matière.Rechercher ce but spécial, choisir la route et la suivre en prenant les véhicules convenables, telle est la tâche de l’instituteur.Il faut donc se demander avant d’enseigner une matière, quel est son objet?En histoire,—puisque c’est le sujet que je dois traiter,—l’intérêt se concentre sur la connaissance des événements qui ont eu lieu avant nous, afin d’y puiser l’expérience du passé et, par suite, un guide pour l’avenir.Mais c’est une spéculation bien haute pour les enfants; ne cherchons pas à la leur faire entrevoir.Ce n’est que plus tard qu’ils en saisiront la raison d’être.Pour le moment, l’ambition du maître doit être plus modeste.Elle doit se limiter à certains points d’intérêt plus particulier.En histoire sainte, par exemple, les aventures du peuple juif montrent à 1 enfant, non seulement la bonté, la miséricorde du Créateur, qui, depuis Caïn jusqu’à Judas, s’exerce dans la suite des événements, mais aussi les voies merveilleuses de la Providence qui, depuis le péché d’Adam et la promesse du Rédempteur, dirige et conserve, au milieu de la corruption générale, une élite destinée à l’accomplissement de la parole divine.En histoire du Canada,—et ce sont à peu près les deux seules histoires qui sont enseignées à l’école primaire,—le but pour être le même, est autre cependant.C’est bien encore la Providence qui dirige vers notre pays Jacques Cartier.Champlain, Maisonneuve et toute cette phalange incomparable que furent nos ancêtres, et nous ne devons pas manquer de le faire constater; mais à côté de cette idée religieuse, il en est une autre que nous devons cultiver avec toute l’énergie dont nous sommes capables : celle du patriotisme qui, avec la religion, forment les deux assises du peuple Canadien français.Certes, nous avons un bel apostolat à remplir: imprimer dans le cœur des enfants le culte de notre foi, de notre langue et de notre pays, trinité de plus en plus menacée par le flot sans cesse grossissant de l’immigration.Je l’avoue, j’ai des craintes pour l’avenir.Il faudra que la génération qui grandit ait de fortes attaches au sol qui l’a vu naître, il faudra qu’elle ait une admiration sans borne pour nos gloires nationales et une foi vive en Celui qui fera sa destinée pour sortir de tout alliage du creuset où la jetteront les événements futurs.On s’est demandé le secret de l’assimilation puissante des Etats-Unis, ce pays qui depuis un demi-siècle au moins, est le déversoir de la vieille Europe et qui, de tant d’éléments divers, a fondu, en un tout compact et homogène, la nation américaine, modèle du monde entier.Un principal de High School me le révélait un jour que je faisais la visite de son école.Monsieur, me disait-il, après deux générations, il n’y 528 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE a plus d’étrangers : il y a des Américains, grâce à la culture patriotique dont nous saturons nos élèves.A une exception près, répliquai-je en souriant.Un nuage passa sur ses yeux.Vous avez raison, reprit-il après un moment de silence, vos com-patriotcs échappent pour la plupart à cette absorbtion, grâce aux écoles confessionnelles dont ils jouissent, et cela prouve encore plus l’influence de l’école sur la formation de l’enfant.Cependant continua-t-il, tout en restant attachés à leur langue, à leur foi, à leur pays d’origine, les Canado-Amé-ricain, élèvent peu à peu dans leur cœur un autel à leur patrie d’adoption, à ce lambeau de soie que vous voyez flotter là-haut, dit-il, en me montrant le drapeau étoilé.Ah ! ce rôle du drapeau dans l’école américaine.On le trouve partout, non-seulement sur chaque école, dans chaque classe, mais aussi dans tous les pupitres, et la plus belle démonstration est bien celle du salut au drapeau où chaque élève, son petit drapeau à la main, vient saluer fièrement, respectueusement, au pas militaire, le grand drapeau de la nation.Il faut voir aussi comment tout renseignement est imprégné de patriotisme et comment l'enfant le respire non seulement par tous les sens, mais on devrait dire, par tous les pores; et si l’on veut connaître les résultats de cet enseignement, il suffit de causer cinq minutes avec un petit Américain, de son pays.Sur ses lèvres, les mêmes mots reviennent : the greatest, the largest, the biggest, toute la série des superlat-fs; pour lui, rien n’est comparable aux Etats-Unis.Cette méthode a peut-être été poussée un peu loin, mais remarquons que c’est ce sentiment chez les individus qui a fait la suprématie incontestable de ce pays.Qu'il soit donc notre modèle.On dit que le Canada est appelé à jouer au vingtième siècle, le rôle que les Etats-Unis ont rempli au iqème.s’il sait être à la hauteur de sa tâche, et il le sera si nous savons mettre au cœur du petit Canad en l’amour de son pays.C’est donc le but que nous devons atteindre.Comment y parvenir?C’est ce que nous devons rechercher.La pédagogie n’est pas une science exacte ; c’est pourquoi l’on s’est longtemps demandé s’il fallait dire : l’art ou la science de la pédagogie.De guerre lasse enfin, l’on a’conclu qu’elle était un être hybride; à la fois un art et une science.Il n’y a donc que des opinions qui ne valent qu’en autant qu’elles concordent plus ou moins avec les idées reçues.La plupart reposent sur des expériences personnelles comme celles que j’ai acquises en histoire.; En pédagogie comme dans la confection des chapeaux, il y a la mode —au féminin.—Ce qui était bon autrefois ne l’est plus maintenant.Le dernier cri dans l’enseignement semble être celui-ci : Intéresser l’enfant, éveiller ses facultés, rendre la classe attrayante, faire aimer l’école, la fleurir de roses en cachant les épines!.Que c’est beau les conseils ! mais que c’est difficile de mettre en pratique.En histoire cependant, il y a moyen de capter l’attention des élèves, de leur faire trouver la classe trop courte au point de leur faire dire: “Encore, Monsieur, encore”! Comment, demandera-t-on?De la manière que voici: Nous aimons les contes, n’est-ce pas?Avouons-le sans crainte. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 529 Le bon La Fontaine ne disait-il pas: « Si peau d’Anne m’était conté.J’y prendrais un plaisir extrême.» Eh bien! contons l’histoire aux enfants.Faisons comme nos grand-pères autrefois sous le manteau de la cheminée et dans le silence du soir.Racontons les prouesses de nos ancêtres.Dramatisons autant que possible.Entourons les événements de nombreux détails.Tâchons d’impressionner l'imagination de l’enfant pour que les faits s’y gravent profondément.Les décors manquent : efforçons-nous d’y suppléer.Choisissons un trait saillant, un seul, pour une leçon : la découverte du Canada par exemple.Le départ de Saint-Malo, la traversée de l’Océan, la description des vaisseaux de Jacques Cartier, l’arrivée de celui-ci dans le Golfe, la prise de possession sur les côtes de Gaspé seront autant de points importants à traiter.Ils fourniront la matière de plusieurs bonnes leçons.Les autres voyages de Cartier, la fondation de Québec, de Montréal, la vie des sauvages seront le sujet de beaucoup d’autres.En histoire sainte, faisons la même chose.La création du monde, la faute originelle, le déluge, Noé, Abraham et les patriarches sont des canevas intéressants.De tous ces récits, dégageons l’enseignement moral, suivant l’âge des élèves.En général nous serons écoutés.Mais ce n’est là que la première partie de la leçon où les enfants sont plutôt passifs.Il faut cependant leur faire jouer un rôle, leur demander leur concours.Nous le ferons en les interrogeant sur ce qu’on leur a raconté.Quelquefois immédiatement, mais le plus souvent au début de la leçon suivante, en faisant résumer le récit précédent par des questions qui s’enchaînent.‘ Avec les plus avancés on pourrait exiger un compte rendu par écrit, mais seulement après l’interrogation en classe.Si j’avais une école de campagne avec—disons trois divisions—et si le temps me manquait, je crois que je les réunirais et que je ferais une seule classe.La chose est possible avec la méthode dite “ concentrique ” qui parcourt, en entier le cycle de la matière, de façon qu’à la fin de chaque année, l’élève a une vue d’ensemble de tout le programme.Supposons que du sommet de la montagne nous apercevons Montréal et les environs.Nous saisissons d’abord les édifices principaux, ceux qui émergent, puis nous avons une idée panoramique des alentours; mais si nous descendons, les détails apparaissent au fur et à mesure que nous visitons la ville ; mais remarquez que nous n’en aurons pas une idée d’ensemble si nous n’avons commencé par la contempler du sommet.Il en est ainsi dans l’enseignement, et c’est le grand mérite de la méthode concentrique de donner aux élèves, en histoire surtout, une idée d’ensemble qu’ils n’auraient jamais sans cela.Mais comment donner une idée d’ensemble avec une idée de détails?Eh! Oui, cela est possible, et c’est justement sur ce point que je veux attirer l’attention.Ce qu’il faut éviter, c’est un fait isolé, ce sont des nomenclatures sèches de noms et de dates.Il faut aussi se garder de l’excès contraire, c’est-à-dire 2 J f 53° L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE de considérations au-dessus de la mentalité de l’enfant.Il est certain que savoir choisir est le grand art du maître.# En voici un exemple : Nous racontons le siège de Québec par Phipps a des élèves de 2e année.Nous n’avons pas à rechercher les causes de ce siège, car il faudrait commenter le gouvernement de Denonville, parler du massacre de Lachine, des expéditions de Frontenac et de beaucoup d’autres événements.Nous nous en tenons au siège seulement, mais nous en donnons les détails afin d’orner le récit.Nous disons l’arrivée imposante de l’amiral anglais avec ses vaisseaux de guerre; la position précaire de Frontenac dénué de soldats, de vivres et de secours ; la descente à terre de l’envoyé dont on a bandé les yeux afin qu’il n’y voit pas la détresse de la ville; puis Je tour qu’on lui joue en le promenant deux heures durant par les quelques rues où les soldats français font le plus de bruit possible ; puis son entrée dans la brillante salle du château Saint-Louis où Frontenac et ses officiers l’attendent en grande tenue.Lisons la sommation insolente du parlementaire et sa remarque hautaine: “ Il est dix heures; j’attendrai jusqu’à onze heures votre réponse.” N’oublions pas la fière répliqué de Frontenac qui fera toujours bondir d’orgueil nos petits Canadiens: “Allez et dites à votre maître que je lui répondrai par la bouche de mes canons.” Racontons ensuite les péripéties du siège, surtout l’incident du drapeau abattu par Lemoyne de Sainte-Hélène en trois coups de canon et ramené à terre sous le feu des Anglais, par trois braves cpù en avaient fait la gageure avec le canonier.Disons encore que ce drapeau fut suspendu au-dessus du maître autel de la petite église de Notre-Dame de la Victoire jusqu’à la conquête.Si le récit est bien fait, si la note patriotique y vibre, on sentira une commotion électrique parcourir l’auditoire.Seulement, il y a deux si : Le récit ne sera bien fait que si l’on sait son histoire; les élèves ne vibreront que si nous vibrons nous-mêmes.On ne peut communiquer une science et un amour qu’on n’a pas.Il faut savoir beaucoup pour faire une bonne dasse.Comme pour l’orateur, l’écrivain, il faut de l’érudition, il faut être, pour ainsi dire, une encyclopédie vivante.On y parvient en lisant et en prenant des notes appelées fiches.Les plus grands écrivains ont des volumes.Ce sont des jalons qui aident la mémoire et des ressources précieuses à l’occasion.Je disais, il y a un instant, qu’il fallait savoir choisir.Le guide de l’instituteur nous vient en aide en nous offrant un programme tout fait.Consultons-le souvent.Il concorde bien avec la marche que je viens d’indiquer: des récits, des anecdotes, des faits circonstanciés.Leçons orales en première et en deuxième année.En troisième, le manuel apparaît.N’allons pas croire que les leçons orales doivent cesser.Pas du tout, le manuel n’est qu’un aide-mémoire pour l’élève, une façon de repasser chez (ui le résumé de la leçon du maître.Celui-ci fait sa classe, ce n’est pas le manuel.Pour l’amour du bel art que nous professons, ne procédons jamais comme tant d’autres qui disent encore : “ Mes enfants, vous apprendrez pour demain, tel numéro à tel numéro, ou telle page à telle page ” et qui posent, le lendemain, la question du manuel, et l’enfant annonce la réponse sans comprendre ce qu’il dit.Aussi le guide nous avertit (page 42). L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 531 i ; puis lijiies ; viens 'çons arait' Ajoutons encore quelques remarques touchant l’usage qu’on peut faire du manuel.Il y a eu tant d’abus par le passé qu’on ne saurait trop insister.D’abord il est entendu que le livre ne doit pas être appris par cœur, c’est-à-dire mot à mot.L’élève doit y chercher après la classe, le résumé de la leçon.Quand il interroge, le maître ne doit pas habituellement demander les questions du livre ou seulement les questions du livre, car l’élève pourrait croire qu’il n'a pas besoin d’écouter la leçon du maître.En principe, les questions doivent être le résumé de la leçon, non du manuel.Cependant, il sera parfois bon de lire une leçon avec le manuel en main, et ceci est commode quand on n'a pas eu le temps de se préparer.Voici comment on procède : Un élève lit un passage de l’histoire, les autres suivent.Si l’on croit cela nécessaire, on fait relire le même passage par un autre élève, puis on demande la signification des mots et des idées ; ensuite on interroge, livre ouvert, en exigeant le sens du manuel, avec des phrases personnelles, puis on continue à interroger en demandant la même chose avec des questions différentes.On tourne et retourne ainsi les questions jusqu’à ce que la plupart des élèves aient compris.S’il sont assez avancés, en 4e année par exemple, on peut terminer par un résumé écrit.Ce procédé habitue l’enfant à extraire ce qu’il y a dans un livre et lui donne par conséquent le goût de la lecture qui est, nous le savons, le secret de la formation personnelle, le secret des savants.L’art d’interroger est bien la partie la plus difficile de l’enseignement si ce n’est pas tout l’enseignement.Mais, en histoire surtout, cet art doit être porté à la plus haute perfection possible.Le manuel nous indique vingt-neuf qualités principales; on pourrait en quadrupler le nombre.Cependant appliquons-nous à mettre en pratique ces vingt-neuf qualités et ce sera un bon commencement.De plus on peut intervertir les rôles, permettre à l’élève de poser des questions ; bien entendu des questions convenables.Je suis parfois surpris des explications qu’on me demande.Le maître s’abuse si facilement.Parce qu’il comprend, il lui semble que les élèves comprennent aussi.Erreur, grande erreur et grand obstacle au progrès.Le maître entraîne le plus souvent ses élèves sur le chemin de la science les yeux bandés ; ceux-ci ne pourraient marcher seuls.Pourquoi ?Parce qu’ils sont écartés.Laissons-les se retrouver par des questions qu’ils poseront eux-mêmes.Cela les intéressera.Il y en a qui sont malins, surveillons-les en Us remettant à leur place et tout ira bien.Ne tolérez aucune question en dehors du sujet.Ne faisons pas comme un de mes professeurs d’histoire.C’était un bon vieux Français qui avait les Anglais en horreur; avec cela très érudit et très original.Sa parole, toujours vibrante, était imagée, et nous aimions à l’entendre fulminer contre nos vainqueurs, probablement parce que nous en ressentions un secret plaisir.Toujours est-il, chaque fois que nous en avions l’occasion, nous lancions un trait à l’adresse de messieurs ses ennemis, et le bon vieillard d’enfourcher son dada.La cloche seule l’arrêtait.On dit que le maître parle toujours trop?Oui, quand il le fait pour ne rien dire.Ce que je sais bien, c’est que ce bon vieux professeur,—il est 532 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE mort depuis longtemps—m’a mieux appris mon histoire de France et d’Angleterre que tous les volumes que j'ai lus depuis.Soyons donc intéressants, et nous obtiendrons l’attention de nos élèves C’est tout, et c'est beaucoup.La mémoire des enfants est vivace.Quand ils écoutent avec leur âme, ils se rappellent toujours.Il vaut donc mieux frapper l’imagination que le jugement, et c’est ce que fait remarquer le Manuel en disant qu’on n’enseigne pas à proprement parler l’histoire aux petits enfants.Ce n’est que plus tard, vers la 4e année, que “ d’anecdotique et biographique ” le cours devient à la fois “ narratif, explicatif et comparatif.” C’est alors qu’il faudra remonter sur la montagne, non pour signaler les principaux points, mais pour réunir en un faisceau, les évènements et montrer comment ils s’enchaînent.N’allons pas trop loin cependant, restons simples.Le champ est si vaste que nous sommes toujours tentés de l’embrasser, et les enfants ne nous suivront pas.Il s’agit tout simplement de grouper les faits qui se rapportent à un même sujet.Des procédés nouveaux facilitent notre tâche.Le Manuel recommande l'étude des lieux géographiques, le tracé des cartes historiques, les tableaux de dates principales.Ce dernier moyen est une réminiscence d’un ancien défaut.Gardons-nous de l’ornière; les dates exactes sont des connaissances qui s’oublient le plus facilement.Il faut les rattacher à un évènement important, mais non faire l’inverse.Il y a des dates certes qu’il faut savoir, mais de grâce n’allons pas exiger ces nomenclatures fastidieuses: liste de traités de paix, liste d’intendants, de découvertes, de batailles, etc., par ordre de dates.Quant à l’étude des lieux géographiques, si l’on a une carte sous la main, ce moyen est excellent afin de localiser ce dont on parle.Enfin le Manuel indique encore un autre procédé : les devoirs d’application que l’histoire peut fournir.Cela suppose beaucoup de temps disponible.Il se peut que dans une école à un seul titulaire et plusieurs divisions, il faille, pour occuper les élèves, donner beaucoup d’ouvrage en classe, car du travail à la maison, il ne faut pas abuser.Mais qui corrigera cela?En théorie, c’est bon, mais en pratique?Je mets des points de suspension.puis je termine par où j’ai commencé, par un appel au patriotisme.Rappelions-nous toujours que nous avons le devoir d’inculquer aux intelliq-ences qui nous sont confiées “ l’amour du sol natal, l’attachement aux traditions et aux institutions nationales, le respect de notre belle langue et de notre foi.” A.B.CHARBONNEAU.Montréal, Avril 1911, Pour Dollard La lettre publiée par le comité du Monument Dollard dans L'Enseignement Primaire a déjà porté des fruits.Le Devoir a publié naguère une liste de ceux et celles qui ont bien voulu se rendre à notre invitation.Nous espérons qu’aucun instituteur et qu’aucune institutrice ne s’abstiendra en une aussi solennelle circonstance. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 533 Chaque école qui adressera au moins une piastre au trésorier du comité, M„ B.de la Bruère, au Devoir, Montréal, recevra en retour une copie du célèbre dessin de Henri Julien, représentant le combat de mai 1660, .au Long Sault.A l’œuvre donc ! Apprenons à nos élèves à honorer l’une de nos gloires canadiennes les plus pures, Dollard Desormeaux! C’est faux Un correspondant anonyme du Pays, affirme que U Enseignement Primaire a publié les adresses qui ont été présentées à l’Inspecteur général C’est faux.Nous n’avons publié aucune de ces adresses.La chose est facile à constater en parcourant les numéros de la revue publiés depuis janvier dernier.Il est également faux que notre directeur se soit prononcé pour le monopole des Ecoles normales dans son Rapport sur les écoles de la France, de la Suisse et de la Belgique.Dans ce document, on suggère la modification et non l’abolition du Bureau central.Législation et octrois scolaires Au cours de la dernière session de la Législature de Québec, deux lois amendant la loi de l’Instruction publique ont été adoptées.La première fixe que dans aucun cas, la pension d’une institutrice sera inférieure à $75.Aussi celles qui jouissaient avant d’une pension de $40 ou de $50 recevront, à partir de janvier 1912, une pension de $75.La pension est payée par le Département de l’Instruction publique en deux versements: le 1er en juillet pour les six mois antérieurement écoulés, et en janvier pour les six autres mois également écoulés.Le chèque de juillet 1911 portera encore le même chiffre que celui des chèques adressés en 1910: mais le chèque de janvier 1912 sera fait en vertu de la nouvelle loi.La deuxième loi autorise la commission scolaire de Montréal à établir des écoles maternelles et des écoles primaires supérieures.( 1 ) Le gouvernement a augmenté certains octrois et en a créé de nouveaux.Enumérons ces excellentes mesures : t ° Le Fonds des Ecoles publiques, qui était de $160,000 depuis la Confédération est porté à ,$200; (2) (1) Voir, présente livraison un excellent article de M.l’abbé Perrier sur les Ecoles maternelles, voir aussi l’article du même écrivain sur les Ecoles primaires supêrietires, dans la livraison d'avril iqiï.(2) Dans le Ranomt du Surintendant de l’Instruction publique de 1876-77, page XII.l’honorable M.Gédéon Ouimet, alors Surintendant de l’Instruction publique, disait: «Le Conseil de l’Instruction publique demande encore cette année que la subvention des écoles communes soit portée à $200.000.» Voilà une demande qui était restée jusqu’ici sans réponse.Le geste généreux du gouvernement mérite donc d’être souligné. 534 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE ——.' - - ¦ .- - - 2° Réorganisation de renseignement du dessin, $5,000.30 Primes aux municipalités rurales et de villages qui engagent des instituteurs pour les garçons de 10 à 18 ans, $10,000; 40 L’octroi spécial aux municipalités scolaires, pour encourager la construction et le maintien de nouvelles académies pour les garçons est portée de $25,000 à $30,000; 50 L’octroi à l’école polytechnique de Montréal a été augmenté de $5,00°.La session de 1911 sera donc mémorable dans les annales de l’Instruction publique de Québec.C.-J.M.Les Ecoles primaires et les Ecoles normales, en France, en Suisse et en Belgique PREMIERE PARTIE —FRANCE— CHAPITRE II Les écoles primaires officielles III.—Méthode; suivie à i/écoeE primaire Quelques méthodes particulières LA GEOGRAPHIE Voilà une branche que j’ai vu enseigner avec le plus vif intérêt.Dans toutes les écoles, l’enseignement de cette matière est rendu aussi intuitif que possible.La signification exacte des différents termes géographiques est donnée aux élèves en leur faisant observer attentivement les accidents géographiques qu’ils ont sous les yeux, autour de l’école, dans la commune, dans le canton, dans le département.Les premières leçons se donnent donc en plein air, dans la cour de l’école, souvent dans les promenades scolaires.Les points cardinaux sont trouvés par les élèves eux-mêmes d’après la positio» du soleil.L’emploi des cartes en relief est recommandé.Les exercices cartographiques commencent d’ordinaire dès le cours élémentaire.La leçon se fait toujours sur une carte murale et, de préférence, sur une carte tracée au tableau noir qu’on place, surtout au commencement, dans une position horizontale.Les livres-atlas, proscrits dans le cours préparatoire, sont de règle dans les autres cours.J’ai remarqué que dans les écoles de France, du moins dans plusieurs de celles que j’ai visitées, l’enseignement de l'a géographie ne se borne pas à une stérile nomenclature.Pouvoir parler d’un pays comme ceux qui y vivent, savoir s’il y fait chaud ms froid, comment on s’y habille, ce qui y pousse, quels animaux on y rencontre, ce que font ses habitants, voilà ce qu’apprend la géographie.Elle nous apprend encore L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE iAi’/i ¦ J / " 535 que si nous voulons profiter des ressources d’un pays qui n’est pas le nôtre, il faut nous mettre en relation avec ses habitans et être disposés à leur donner nos produits en échange des leurs.Certes, il y a encore des écoles en France—au Canada aussi—où les enfants apprennent d’abord pour les oublier bien vite quelques notions sur les cinq parties du monde, récitent comme des perroquets les définitions des termes géographiques, qu’ils confondent généralement, et ignorent où conduisent les routes qui traversent leur commune, la ligne de chemin de fer la plus voisine, dans quel' cours d’eau se jette la rivière ou le ruisseau qui traverse le village.Mais ces écoles se font de plus en plus rares.Comme on le verra plus loin par la lecture du procès-verbal d’une séance du Conseil des maîtres de Châteaumeillant (près Saint-Amand), les instituteurs français s’efforcent de rompre avec la méthode purement descriptive et cherchent à donner à l’enseignement géographique un peu du caractère scientifique qu’il doit avoir.L’inspecteur primaire de Saint-Amand, M.Chs ab der Halden, ayant proposé au Conseil des maîtres de Châteaumeillant des questions relatives à l’enseignement de la géopraphie, ces derniers ont formulé ainsi le résultat de leurs recherches (i): « La géographie, en effet, telle que semblent la comprendre les ouvrages récents de MM.de Lapparent et Vidal de La Blache, par exemple, est une science.Elle constate des faits, en recherche les causes et les conséquences, montre les rapports étroits et nombreux qui existent entre eux et s’élève à des lois générales.« Mais c'est surtout une science d’observation personnelle et, comme le dit M.Vidal de La Blache, « les enseignements qu’elle comporte doivent être demandés à ia nature et non au livre, comme on le fait trop souvent.« La géographie physique, à l’aide des sciences physiques et naturelles, et de la géologie en particulier, explique l'es diverses aptitudes des régions naturelles et, par suite, les conditions de vie que ces régions imposent à leurs habitants.«La géographie humaine montre quels moyens (travail, associations, etc.) l’homme a dù mettre en œuvre pour tirer de ces conditions le meilleur parti possible.Elle est donc étroitement liée aux sciences sociales et historiques (économie politique, histoire.) » Au cours supérieur de l’école primaire, l’enseignement de la géographie est déjà assez complet.Ce cours comprend: i° Une revision avec développement de la géographie de la France, des colonies et du département; 2° Géographie physique et politique de l’Europe; 3° Géographie plus sommaire des autres parties du monde.Les leçons sont descriptives; on ne s’en tient pas à la nomenclature seule.Le maître fait la leçon au tableau noir sur un croquis dessiné par lui et que les élèves reproduisent.Exercices nombreux de cartographie à main levée.Le programme officiel des écoles catholiques de la province de Québec contient ‘i excellentes choses sur la géographie.Il est à souhaiter que ce programme soit suivi avec fidélité et intelligence.En le modifiant un peu dans le sens indiqué par le Conseil des maîtres de Châteaumeillant, ce programme serait irréprochable., J,^ Voir dans notre Rapport, l’intéressant compte-rendu du Conseil des maîtres Amande11™61 ant ^ ^ Directions Péda9°giques \ Ecole publique des Garçons.St- 536 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE A Lyon, centre pédagogique très actif, nous avons assisté à une leçon de géographie donnée par une élève de l’école normale des filles.Le sujet de la leçon était: la Vallée du Rhône et la Plaine du Languedoc.La méthode suivie nous a paru s’inspirer de celle que préconise M.Halden dans sa région.Au témoignage des instituteurs de Saint-Arnaud, cette méthode produit des résultats étonnants.Nous aimons à citer ici un devoir d’élève (i), glané sur place en notre honneur.Cette pièce intéressante nous fait voir que la méthode Halden peut conduire les élèves de l'école primaire sur des sommets jusqu'ici inconnus aux enfants de 12 à 15 ans.Voici cette pièce telle que remise par l’élève: GEOGRAPHIE (devoir d’élève) COURS SUPERIEUR—ELEVE, LEON THEVENY, 14 ans Etude d’une région : Région Flamande.Caractères généraux La région flamande a été formée à l’époque tertiaire et à l’époque quaternaire.C’est une vaste plaine qui couvre non seulement le département du Nord, mais aussi une partie du Pas-de-Calais, la Belgique, et même une portion de l’Allemagne Son unité réside dans le climat brumeux, humide, doux en hiver.En France on distingue 3 régions: i° La plaine flamande.2° La plaine maritime.30 La région houillère.Plaine flamande La plaine flamande est élevée d’environ une cinquantaine de mètres.C’est une région formée de calcaire recouvert par un épais limon ; aussi est-elle très fertile, mais elle est monotone parce qu’il n’y a point d'arbres.Cette région est essentiellement plate, aussi deux monticules faiblement élevés sont-ils regardés comme des montagnes, ce sont le mont Cassel qui a 172m et le mont des Cats qui a 168m.Du haut de ces élévations on voit 32 villes et 100 villages.Ce pays est très bien arrosé; les principales rivières sont l’Ifter et la Lys qui reçoit l’Aire, l’Escaut, et la Dheule grossie de la March.A la grande fertilité du sol on ajoute l’engrais flamand; aussi tout pousse merveilleusement.On fait produire à la terre plus que partout ailleurs.Les terres â blé rapportent 30 à 35 hl à l’hectare alors que la moyenne de la France est de 10 à 15.On cultive le blé, le chanvre, le lin, le colza, la betterave, etc., Les principales villes sont Bergues, Lille.2io,oooh.; Tourcoing.8o,oooh.; Roubaix.i2i,oooh.; Saint-Arnand, Fiveline.L’ensemble des agglomérations autour de Lille est de 600 oooh.La proximité des houilles à donné lieu à un grand nombre d’industries.Lille : machines : Roubaix.Tourcoing: draps, toiles, tulle.Plaine maritime C’est une région qui a été conquise sur la mer.Par une série de travaux on est parvenu à chasser l’eau de ce terrain.Des dunes de sable de 10m de hauteur environ empêchaient les eaux de s’écouler, les embouchures des rivières étaient taillées dans les dunes.A marée basse le pays était découvert et à marée haute la mer revenait par les rivières.On établit des digues sur les bords des cours d’eau, des écluses à leurs embouchures.La mer était ainsi O) C’est le devoir de l’élève Léon Théveny, âgé de 14 ans, ecole primaire de Saint-Amand, cours supérieur, 1ère classe. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 537 arrêtée, mais l’eau ne pouvait plus s’écouler.On construisit des sortes de moulins à vent qui l’élevèrent et l'a déversèrent dans les rivières.On eut alors ce qu’on appelle les polders et les moërs.fertiles, où tout vient à merveille.La principale rivière est l’Aa.Cette région est très bien desservie par des canaux.Les principales villes sont: Dunkerque, 10,000 h.3ème port de France, qui importe du bois de Norvège, des viandes et des peaux de la Plata, des laines de l’Australie.du lin et du chanvre de Russie, du jut de l’Inde.Il exporte des produits de la région du Nord : du sucre, des machines, des étoffes, il trafique surtout avec Folkstone.Calais, 60,000 h., est le port des voyageurs pour Douvre.Chaque année, il transporte près de 100000 voyageurs.Craveline arme pour la pêche.Malheureusement la navigation en ces endroits est assez difficile, car il y a des bancs de sable.La région houillère Pays triste, noir, où partout de grandes cheminées s’élèvent, des puits de mine, des cités ouvrières se rencontrent.Les débris de la mine forment des monticules sur le terrain inculte aussi noir que le charbon, tout est consacré pour l’industrie.La population est très dense ; elle est de 333 au kilomètre alors que la moyenne de la France est de 72.Les principales villes de mines sont : Lens, Liévin, Courrières, Aniches, Anzin.Hazebrouck, St-Omer, Arras, Cambrai.Bruay, Douai, Valenciennes, Béthune.Toutes sortes d’industries s’y trouvent.Métallurgie, sucreries, distilleries, filatures, draperie, etc.Les villes grandissent rapidement.Ainsi la ville de Bruay qui avait 712 h.il y a quelques années comprend maintenant 16.000 h.Cette région est admirablement desservie par les canaux de Flandre.Les principales lignes de chemins de fer sont: Paris-Dunkerque par Cambrai, Lens.St-Omer.Paris-Lille par embranchement sur Valenciennes.Suit une carte flamande très complète, bien dessinée, indiquant avec précision les Chemins de fer, les Rivières, les Canaux, les Marécages, les Sables, les Bassins houillés, les Montagnes, les Villes et les limites des Etats (1).C.-T.MAGNAN.Prévenons ies malheurs Incendie et sauvetage Dans les derniers jours de mars 1911, 150 personnes, pour la plupart des jeunes filles, ont trouvé une mort affreuse dans un incendie qui a détruit une des grandes fabriques de New-York.Ce désastre force à réfléchir tous ceux et celles qui sont préposés à la garde des milliers d’élèves fréquentant les écoles ou vivant dans les pensionnats.C’est un devoir strict de pourvoir les édifices scolaires d’appareils de sauvetage et d’apprendre aux enfants, par des exercices fréquents, à se servir de ces appareils ou à utiliser promptement les escaliers de sauvetage.f ?fi) Voir, chapitre III.page 80 de notre Rapport, la méthode de géographie exposée dans les Directions pédagogiques du directeur de l’Ecole de Saint-Amand. 538 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Epoque des vacances Avis aux Secrétaires-Trésoriers Dans quelques régions de la province, les commissions scolaires prennent la liberté de changer l’époque des vacances, sans l’autorisation du Surintendant, comme le veut l’article 15 des Règlements du Comité catholique.MM.les Secrétaires-trésoriers voudront bien attirer Inattention des commissions sur cet article des règlements scolaires, et faire en sorte que les écoles soient fermées durant les mois de juillet et d’août.Les classes doivent ouvrir le 1er lundi de sep tembre et non le 1er lundi d’octobre.DOCUMENTS SCOLAIRES L’école et la formation ménagère (Conférence donnée par Mlle Antoinette-Gérin-Lajoie devant l’Association des Institutrices catholiques de Montréal).f.—L’ECOLE VIENT EN AIDE A LA MERE POUR DONNER A L’ENFANT LA FORMATION MENAGERE Certaines mères ont négligé d’initier leurs filles aux travaux domestiques, parce que, sans formation préalable, et par suite d’un emploi hors du foyer, elles ignoraient les principes qui constituent une bonne tenue de maison.Un deuxième cas se présente : celui où la mère même instruite et remplie de bonne volonté n’a pas toujours eu le foyer organisé en vue de leçons ménagères.Il est parfois difficile de donner la théorie et la pratique, les heures chez soi ne peuvent pas toujours être réglées d’avance; la vie pressée, l’imprévu, les occupations arrivent à l’encontre.En troisième lieu, à cause d’un préjugé, (qui tend à disparaître) que les choses du ménage sont asservissantes et que d’ailleurs, elles n’ont de secrets pour personne que tout vient « de soi » dès qu’on a la direction d'une maison.La conséquence a été que dans tous les pays, on s’est inquiété de ce que ce manque de connaissance en économie domestique avait des suites fâcheuses et diminuait l’esprit de famille : le foyer n’étant plus la préoccupation première de la femme, l’homme cherchait ailleurs ce qu’il ne trouvait plus chez lui : confort, repas succulent et bon gîte.De plus, les populations étant devenues plus denses, les lois de l’hygiène peu observées, les constitutions se sont affaiblies, et la mortalité principalement la mortalité infantile a fait jeter le cri d’alarme à nos gouvernants et à tous ceux ayant à cœur le bien de leur pays.L’école, qui est une préparation à la vie, était toute désignée pour cette branche du savoir humain absolument indispensable à la femme.Depuis que ces premières démarches ont été faites, l’enseignement ménager a progressé sans cesse avec les sciences.Des études spéciales se poursuivent sur la médecine pratique, que l’on voudrait mettre à la portée de tous, sur l’hygiène, (qui se vulgarise, c’est vrai, mais dont les notions les plus simples restent encore ignorées) surtout sur la physiologie de l’alimentation, sur notre organisme et les moyens d’arriver à un plus complet développement puis toutes les sciences physiques et naturelles sont venues à l’appui, renseigner sur les objets en usage au foyer: et, comme cet enseignement participe de « plusieurs sciences, qui se dirigent toujours vers la lumière, les mères trouveront dans l’école une aide précieuse pour l’avenir de leurs enfants et pour elles-mêmes une direction toujours éclairée.» L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 539 Pour arriver à cette fin, l’instituteur chez nous, apprendra les principes d’un enseignement commun à toutes les conditions sociales; la «science domestique», qui initiera à ses devoirs les plus sacrés la mère, l’épouse chrétienne, et c’est bien la destinée du grand nombre.Cette orientation nouvelle ne peut se faire en un jour, vous verrez que d’après M.Quartenoux, prêtre, directeur d’une Ecole à Fribourg, on se ressent encore de l’instabilité d’un régime nouveau : « Bien organiser le plan d’études pour jeunes filles, en y mêlant les connaissances « générales et les connaissances pratiques, en ne laissant pas l’élément livresque « prendre le pas sur l’élément éducatif et l’élément pratique, fonder la véritable « école pour la femme, c’est refaire la société en sous-œuvre.Il' faut augmenter « dans un juste équilibre la culture de la femme pour augmenter son autorité dans « la famille.« De là, nécessité d’enlever des programmes les matières qui s’adressent surtout « à la mémoire, de remplacer des notions moins utiles par des notions pratiques, de « supprimer beaucoup dans l'a façon d’étudier la littérature, de reviser les programmes «dans un sens qui différencie le savoir de la jeune fille de celui du jeune homme, « et qui rapproche son instruction des exigences de la vie quotidienne.” En effet, c’est une lacune que les matières d’examens soient absolument semblables à celles des jeunes gens, pour la simple raison que certaines institutrices seront appelées à enseigner dans des écoles de garçons.N’est-ce pas sacrifier le grand nombre au petit nombre ?S’il y a beaucoup à faire en ce qui regarde la littérature, ne pourrions-nous pas étudier les sciences d’une manière plus pratique?Ainsi en mathématiques, faire aussi de la comptabilité ménagère, en botanique, familiariser les jeunes filles avec les plantes qui servent à l’alimentation, que la chimie et l'a physique leur fassent connaître tout ce dont elles feront usage chez elles, en un mot, viser d’abord à faire des femmes capables dans leur foyer.L’absolue nécessité de l’enseignement ménager n’est plus mise en doute.On demande partout ses lumières.Mais la réforme exigée par ce nouvel état de choses est l'ente à s’accomplir.Ayons confiance, le temps aplanira toutes ces difficultés.Il n’en peut être autrement.Cette année, à l’Académie Marchand, nous avons fait l’essai d’introduire l’enseignement ménager; il me semble qu’il y a lieu d’être fier du travail des élèves.Avec le même entrain, elles vont à la cuisine, à la couture, lavant la vaisselle ou rangeant les pièces.Mais les élèves ont-elles été seules à nous stimuler et à prouver que ce genre d’instruction plaisait?Non, nous avons eu de précieux encouragements.M.le Directeur général des Ecoles nous a vraiment secondées par son esprit d’initiative et son zèle intelligent dans l’installation de notre œuvre, et a repdu des services inappréciables.Sous l’impulsion de notre Directrice, les maîtresses, à l’unanimité, se sont efforcées de faire apprécier cet enseignement nouveau, et je suis heureuse de profiter de cette circonstance pour remercier tous du puissant appui et de l’encouragement donnés à cette belle cause de l’enseignement ménager.IL—PAR CETTE FORMATION MENAGERE.L’ENFANT SE DEVELOPPE PHYSIQUEMENT, INTELLECTUELLEMENT ET MORALEMENT Les institutrices ont-elles lieu de craindre que cette formation pratique retarde les élèves dans leurs études?D’abord, au point de vue physique, l’élève trouve dans cet enseignement une diversion aux études purement abstraites, ce seul changement la délasse ; et l’expérience prouve que celles qui suivent les classes ménagères, réussissent mieux dans leurs études.C’est un traA^ail qui nécessite du déplacement, par conséquent exerce les muscles: le blanchissage, le repassage, la cuisine, le ménage dans toute son acception demandent de l’activité, ^et secouent cette paresse physique qui s’empare si souvent des personnes livrées à des occupations par trop sédentaires. 540 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Tous les sens sont tenus en éveil.On ne dit plus à l’élève : « Ouvrez votre cahier, et ne vous occupez de rien autour de vous;» mais, au contraire: «Fermez votre livre, regardez, ayez la bonne curiosité, confectionnez, goûtez; ou encore, observez, avec vos dix doigts et un peu d'adresse vous parviendrez à faire ce « quelque chose » qui aura une « forme » que vous « connaissez ».Dans quelques jours, avec de l’attention, vous réussirez encore mieux qu’aujourd’hui.L’enfant aime le bruit, le cliquetis de la vaisselle qui se lave, qui se range, l’attire aussi quelle récompense pour une élève de l’Académie que de la charger de l’ordre de la cuisine ! C’est que l’enfant n'est pas naturellement paresseux, il faut apprendre à le charmer, dès qu’il aime son travail, tout est fait.Considérez donc la petite fille à ces différents ouvrages, vous serez ravis de son air éveillé, satisfait, vous vous convaincrez alors de l’efficacité de cet enseignement au point de vue de la santé générale.Mais le physique n'est pas seul en jeu.La « théorie » ayant précédé la pratique, voilà que ce travail tend à développer toutes les «' facultés intellectuelles ».L’enfant apprend à penser, remarque les causes et les effets, s’explique clairement la raison de ses actes, apprend pourquoi agir avant presque de savoir comment faire.Il n’y a pas qu’à exécuter, seule la routine ne peut guider ses mains, mais le cerveau conçoit et dispose.Une élève ménagère est forcée d’observer, de comparer, de réfléchir, sinon son insuccès auprès des travaux de ses compagnes ouvre les yeux de son intelligence.Je sais, par expérience, que de grand nombre de mes élèves peuvent me donner la raison de la réussite ou de l’insuccès d’un travail; d’elles-mêmes elles avouent: «Je n’ai pas observé telle règle, c’est pourquoi je n’ai pas aussi bien réussi; la prochaine fois, je suis certaine d’arriver ».Les sciences sont à la base de cet enseignement, l’hygiène est au premier rang.Par exemple: la jeune fille a été convaincue, avec preuves à l’appui, que l’air lui est aussi indispensable que la nourriture.Son idée première sera d’ouvrir le matin portes et fenêtres, et au premier malaise, elle invoquera l’air.Espérons qu’avant longtemps, nous ne songerons plus à laisser closes toujours les ouvertures d’une pièce, où le soleil n’est jamais entré, nous souvenant que l’école nous a enseigné, que cet astre est le grand tueur de microbes et que l’air est absolument nécessaire à la vie.S’il s’agit de coupe, l’élève va-t-elle tailler un vêtement à peu près?Non, la méthode lui indique les lignes à suivre et les modifications à faire.Pour résumer, tout acte même le plus ordinaire, demande le secours de l’intelligence et de l’esprit d’organisation.M.Schlinder, ingénieur agronome à Bruxelles, consacre plusieurs pages à indiquer la méthode à suivre dans le travail si simple du lavage de la vaisselle, et il termine ainsi : « Les idées les plus abstraites, les créations les plus élevées de l’intelligence peuvent et doivent se matérialiser, prendre corps et toute la valeur du travail intellectuel consiste à préparer l’action.» La formation ménagère concourt également à développer les facultés moi aies: l’amour de Dieu du prochain, du .foyer,—facultés qu’il importe de mettre au premier rang parce que ce sont surtout ces qualités fondamentales qui prépareront la jeune fille à sa haute mission de mère chrétienne et de femme éclairée.En se rapprochant de la nature, l’on se sent plus près du Créateur, si grand dans ses œuvres, même les plus petites.L’harmonie qui règne partout enchante presque à son insu, et en lisant dans ce livre toujours ouvert où le nom de Dieu est gravé comme disait le poète.« sur la terre en lettres de fleurs et dans le ciel en lettres de feu » on aime plus celui qui est l’auteur de ces merveilles, parce qu’on a appris à le mieux connaître.L’élève qui passe par toutes les phases de l’enseignement ménager ne travaille pas pour elle seule, non.eîL apnrend, elle étudie pour rendre service chez elle avec plus d’intelligence et de orofit.Cette ambition si légitime de donner du bonheur aux siens, nui fait faire en souriant des tâches plus ou moins dures, ne ressemble en rien à de l’égoïsme.La petite ménagère devient également « bonne » et « tendre », parce qu’on lui a parlé de certaines souffrances d’autrui qu’elle peut alléger en attendant le médecin : et aussi on l’a entretenue d’un petit être, souffle de IJieu, qui lui rappelle L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 541 avec joie sa poupée, qu’elle gardera bien portant parce qu’elle saura le bien soigner.L’ordre qui veut une place convenable pour chaque chose, la prévoyance qui pense à tout, la politesse, l’amabilité qui attire les cœurs, l'économie bien entendue qui sait donner à propos et régler si bien toutes choses, le goût du bien, de la simplicité, de la propreté, j’ajouterai aussi le goût du beau sont autant de vertus domestiques qui font aimer et garder le foyer.Ce goût du beau devrait se développer d’abord dans les petites écoles.Comme le disait un fervant en éducation: «Les jeunes filles doivent connaître la pratique.Mais elles doivent aussi vivre heureuses dans une atmosphère baignée de gaieté et d’amour où l’on ne s’ingéniera jamais assez pour leur faire aimer leur home et pour le leur rendre plus confortable».Et plus loin: «Les hommes ont droit au beau comme ils ont droit à la vie, et le charme du foyer agira sur eux.pour les retenir au milieu de leur propre famille.» Naturellement, il faut tenir compte des ressources.III.—PORTEE SOCIALE DE L’ENSEIGNEMENT MENAGER Je suppose que notre jeune fille a fini ses études après avoir subi l'heureuse influence de la formation ménagère.Elle est donc préparée non seulement à tous les devoirs qu’entraîne une bonne tenue de maison, mais imbue de l’idée qu’elle a à remplir dans le monde un rôle social ou familial.Qui pourra mieux qu’elle, en effet, rencontrer ces obligations diverses et lutter plus vaillamment contre l’alcoolisme, la tuberculose, la mortalité infantile?« L’alcoolisme, a dit Gladstone, a fait de nos jours plus de ravages que les trois fléaux historiques : la famine, la peste et la guerre.Plus que la famine et la peste, il décime, plus que la guerre, il tue, il fait plus que tuer, il déshonore.» La tuberculose et la mortalité ne sont-elles pas trop souvent la conséquence de l’alcoolisme ?L’école enseigne à lutter contre cette grande plaie du jour en engageant de ne manquer aucune occasion de lui faire la guerre : aider de son temps, de son zèle les personnes qui se dévouent à cette œuvre moralisatrice, encourager les ligues de tempérance, et les moyens dont on se sert pour détourner les hommes de l’auberge, signer les contre-requêtes, en un mot se prodiguer pour une cause qui est d’intérêt privé et public.Mais c’est chez elle que son travail' aura toute sa portée, en cherchant les raisons qui engagent le mari à aimer de rester chez lui : une maison bien tenue, une cuisine saine, suffisante, bien faite, proprement servie, une économie bien entendue qui retranche le superflu et donne le nécessaire, comme par exemple, un éclairage convenable (il n’y a rien qui attire comme la lumière), puis dans la mesure du possible une humeur gaie, aimable, voilà bien des efforts qui porteront des fruits dans l'a lutte contre l’alcoolisme, car «le succès d’un traitement social», ai-je lu quelque part, « dépend des mains qui l’appliquent et du cœur qui l’inspire ».Le malheur vient souvent de ce que la femme déserte le foyer pour gagner quelques sous qu’elle perd aussi vite.A-t-elle déjà calculé de combien le budget en souffrirait, si elle restait chez elle à tenir économiquement sa maison, et à vêtir elle-même ses enfants comme cette ménagère dont parlent les livres Saints, et « dont le prix surpasse les perles».«Elle fait vite de ses mains ce qu’elle veut; elle examine le train de sa maison, et elle ne mange point le pain de la paresse.Les enfants s’élèvent et la disent bienheureuse: son mari aussi et il la loue».Notre élève ménagère sait que la tuberculose est due à de l’infection et que le remède spécifique n’étant pas découvert, le moyen le plus à sa portée pour la connaître consiste dans l’observance de l’hygiène, science qui fait la base de l’enseignement ménager : propreté, air pur lumière, soleil, logement salubre, alimentation rationnelle, mesures de prophylaxie pour éviter la contagion.Elle se rend compte aussi que la mortalité infantile est en grande partie attribuée encore à un manque d’hygiène dont l’ignorance des mères est la principale cause.La jeune fille ne doit-elle pas être initiée à tous ses devoirs futurs sans exception, mais surtout à son beau rôle de mère?Quand à une déplorable ignorance se joint la L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 542 misère, par conséquent aussi, une alimentation défectueuse, l’entérite ou la tuberculose a bientôt fait du bébé.En attendant que ces notions se généralisent, des jeunes filles instruites, distinguées, douées de l’esprit et du cœur, trouveraient champ libre à leur dévouement en allant au peuple avec les lumières de l’enseignement ménager, pour l’éclairer sur le soin des enfants, la bonne tenue de la maison, les lois de l’hygiène; que de misères peuvent être évitées par un bon conseil, un avis salutaire I « Envisagé à ce point de vue, dit M.Cheysson, ( 1 ) « l’enseignement ménager «n’apparaît plus comme la préparation à une besogne prosaïque et asservissante; « mais il donne aux jeunes filles, avec les notions pratiques dont elle ne sauraient « impunément se passer, le goût de leurs occupations et leur en révèle la beauté; il les « accoutume à réfléchir et à placer l’idéal de leur vie là où il doit être, il est pour « elles un levier d’instruction professionnelle, de formation morale, et d’éducation « sociale.«Aussi la clef de voûte de la question sociale à l’heure actuelle, est-elfe « l’enseignement ménager pour assainir le taudis et le transformer en home.Le « home, ce n’est pas la bâtisse, le cube de pierres et de briques que nous pouvons à « la rigueur réaliser avec de l’argent.Pour que cette maison construite par nous « devienne le home, le nid d’amour, avec toutes les vertus sociales qui s’en dégagent, « il nous faut le concours de la femme instruite, préparée à son grand rôle par l’en-« seignement ménager, qui lui permettra de tuer le cabaret, la tuberculose, la morta-« lité infantile, d’élever pour la patrie de vigoureux défenseurs et de faire régner « autour d’elle le bien-être, la paix et le bonheur.» ANTOINETTE GERIN-LAJOIE.(Chargée de l’Enseignement ménager à l’Académie Marchand.) (1) M.Cheysson: Membre de l'Institut de la Ligue nationale contre la tuberculose—Paris. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 543 METHODOLOGIE La redaction à la petite école Le maître ne découvre l’image que successivement, attirant l’attention d’abord sur le No i, puis sur le No 2 et ainsi de suite, faisant lire l’histoire au moyen de questions suggestives préparées d’avance, comme suit : a -•7e»» 'h' fê’ Lit • ¦-ci.i U '.VI wm mm lia mmm wm mm.Le maître.—(montrant le No i).Regardez bien cette image et dites-moi ce que vous voyez.Elèves.—LTm homme, un chien, un fusil, un serpent.M.—Il y a encore autre ' chose ; regardez bien.E.—Un arbre. 544 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE M.—Et puis?E.—Un mur.M.—Et encore?E.—Un oiseau qui apparaît en ha«t à gauche.M.—Bien, mes enfants; mais si vous disiez: Je vois un homme, un chien, un fusil, un serpent, un mur et un oiseau, pensez-vous que ce serait intéressant ?E.—(hésitant).Non, M.M.—Voyons, parlons d’abord de l’homme qui est le personnage principal : Qu’est-ce que cet homme?Voyez ce qui l’entoure.E.—C’est un homme qui dort.M.—Mais cela ne dit pas quelle espèce d’homme il est.E.—C’est un chasseur.M.—Comment le voyez-vous?E.—Par le fusil et le chien.M.—Très bien.Maintenant que fait-il?E.—H dort, assis au pied d’un arbre auquel il est appuyé.M.—Quelle précaution a-t-il prise pour bien dormir?E.—Il a rabattu son chapeau sur ses yeux.M.—Et que fait le chien?E.—Il fait comme son maître, il dort.M.—Où est le fusil ?E.—Il est debout appuyé contre une branche basse de l’arbre.M.—Quelle sorte d’arbre pensez-vous que soit cet arbre?E.—C’est un sapin, les branches basses sont cassées, il n’en reste qu’un morceau qui tient au tronc.M.—Que voyez-vous au-dessus du fusil?E.—Un serpent enroulé à une branche : il descend vers le fusil.M.—(Montrant le No 2).Voyez-vous une différence dans cette seconde image?E.—Le serpent a commencé à s’enrouler autour du fusil.M.—Et plus haut ne voyez-vous pas du nouveau?E.—Oui, l’oiseau est perché sur une branche.M.—Quelle espèce d’oiseau?E.—(Les élèves ne savent pas).M.—Voyez les grandes plumes de'sa queue ; c’est un faisan.Est-il en danger ?E.—Non, M., le chasseur dort et le chien aussi.M.—(Montrant le No 3).Qu’en pensez-vous, maintenant?E.— (étonnés).Le fusil part! M.—Comment cela se fait-il, puisque le chasseur dort ?E.—C’est le serpent qui l’a fait partir.M.—Comment cela?E.—En touchant à la petite affaire du fusil.M.—Ou’est-ce que c’est que cette petite affaire?E.—(Personne ne sait le dire).M.—C’est une petite pièce de fer qui fait détendre le ressort et qui s’appelle la détente.Cette détente est entourée d’une garniture en forme de L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 545 pont que l’on appelle pontet ou sous-garde.C’est en voulant passer par ce pontet que le serpent a fait jouer la détente.Qu’est devenu l’oiseau que vous ne pensiez pas en danger?E.—Le coup l'a frappé.On voit voler la plume, et le pauvre faisan dont on voit la tête dans la fumée, semble pousser un cri de douleur.M.—Et le chasseur ?Et le chien ?E.—Ils sont réveillés, et ne semblent pas savoir par quoi.M.—(Montrant le No qj.Et maintenant que voyez-vous?E.—Le serpent est parti; le faisan est tombé sur le dos aux pieds du chasseur qui, comme son chien, éprouve la plus grande surprise.M.—Très bien! vous pourriez ajouter qu’ils contaient que “ la fortune nous vient quelquefois pendant le sommeil.” Cependant il est sage de ae pas trop se fier à ce proverbe, mais de viser à se procurer une honnête aisance par le travail et l’économie.Maintenant, mes enfants, vous avez bien compris l’histoire et vous aurez pour devoir de rédaction, à la raconter dans une lettre à un ami.Pour vous aider dans ce travail, vous allez prendre par écrit le canevas suivant : Canevas.—Monsieur Durand part pour la chasse.bientôt fatigué.il trouve une bonne place pour dormir.le chien en fait autant.où est le fusil.Un faisan.une couleuvre.où ils sont.le coup de fusil.effet produit sur la couleuvre, le faisan, le chasseur, le chien.Proverbe sur lequel il ne faut pas trop compter.meilleur moyen d’arriver à l’aisance.1 Voici maintenant un exemple de ce que les élèves pourront produire, ou à peu près : Mon cher Jules, Je viens causer un instant avec toi, pour te faire part d’une jolie histoire que notre maître nous a fait lire en classe sur une image sans paroles.Voici la chose : le bon monsieur Durand était parti pour la chasse, muni de son fusil et accompagné de son chien.Bientôt fatigué de la marche, il s’arrête à un gros sapin, place avec précaution son fusil debout, le canon appuyé à une branche, s’asseoit au pied de l’arbre, rabat son chapeau sur ses yeux, se-croise les mains sur la poitrine et commence à faire un somme.Le chien ne croit pas pouvoir mieux faire que son maître, il s’allonge le museau sur les pattes, ferme les yeux et s’endort.Un faisan voyant l’ennemi profondément endormi, vient sans crainte se percher sur une branche élevée, au-dessus des donneurs.Mais une couleuvre était enroulée autour d’une branche plus basse; attirée sans doute par l’éclat métallique du canon de l’arme, elle se déroule mollement, s’allonge vers le fusil qu’elle enroule de ses anneaux et descend vers la terre.Par caprice, sans doute, elle passe la tête dans la sous-garde et l’effort qu’elle fait pour passer presse la détente.Le coup part et réveille en sursaut le chasseur et le chien, que les jolis rêves avaient emportes bien loin de la chasse.Le pauvre faisan est traversé par le plomb meurtrier, il jette un dernier cri et tombe aux pieds du bon monsieur Durand et de-son rhPn.très étonnés de voir que la fortune vient quelquefois pendant le sommeil.8 546 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Je te dirai que je ne compte pas beaucoup sur l’efficacité de ce moyen.Il est plus sage, à mon avis, de croire qu’on arrive sûrement à une honnête aisance, ou même à la fortune, par le travail et l’économie.J’espère, mon cher Jules, que mon histoire t’a intéressée.Ne te gêne pas pour m’écrire à ton tour; tu feras plaisir à Ton ami sincère X.Le travail des élèves sera évidemment plus simple ou plus développé, selon le talent de chacun ; mais si le travail de préparation a été bien fait, tous feront quelque chose de bien.H.Nansot, Insp.d’écoles.HISTOiRE DU CANADA Modèle de tableau synoptique (1) 2e PARTIE DE L’HISTOIRE DU CANADA~DOMINATION ANGLAISE De 1760 à 1867 les Anglais emploient tous les moyens pour angliciser les Canadiens, c.-à-d.pour leur faire perdre leur langue et leur foi.Les droits des Canadiens sont défendus par de courageux orateurs et de vaillants ournaux /Amherst est nommé gouverneur général.3 gouverneurs particuliers sont nommés J Gage à Montréal.Ib 91 tMurray à Québec.' Gage à Montréal.Burton, Trois-Rivières Gouver- iL’administration est toute entre les mains des officiers de l’armée nement En 1763, le traité de Paris met définitivement fin à la geurre de militaire \ 7 ans.(1760-63) Il ne laisse à la France que St-Pierre et Miquelon et le droit de pêche sur les bancs de Terreneuve.Au mépris des clauses de l’acte de capitulation, les Anglais abolissent les lois et la langue (française, exigent le serment du pest, cherchent à s’emparer des .biens des communautés.I-û OJ c OJ U O > 3 O IO Murray remplace Amherst comme gouverneur.Gouvernement despotique civil) (1764-91) Favorable aux Canadiens, il Pour échapper à l’arbitraire des Anglais I rétablit les lois françaises et n’exi-(ge point le serment du test.des Canadiens cherchent appui et consolation auprès de leurs prêtres.Pontiac tente de former une confédération indienne, ayant Détroit .pour centre,mais il ne réussit pas.En ce moment les colonies américaines s’agitaient contre la métropole.Craignant de voir les Canadiens faire cause commune avec elles, on leur accorde l’Acte de Québec.Les Américains envahissent le Canada.Les Canadiens restent fidèles à l’Angleterre.Le danger passé, on ne se souvient de leur loyauté que pour les opprimer de nouveau, surtout sous Haldimand.\ Le roi, Georges III, ordonne une enquête sur l’état de la colonie et lui accorde un gouvernement constitutionnel.(r) Voir l’article du Révérend Frère Anani sur l’enseignement de l’Histoire du Canada, au chapitre Pédagogie, de la livraison d’avril, page 455. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 547 Ils finissent par voir leurs droits reconnus par la constitution de 1867 qui nous régit actuellement.Fendant ce laps de temps 4 gouvernements se succèdent à la tête du pays.r Sous le nouveau gouvernement s’inaugurent les luttes parlementaires./La colonie est divisée en 2 provinces ave chacune son gouvernement.1 Malgré les Anglais, Panet est élu président \ de la chambre./Les questions à l’ordre du jour sont les sub-s sides et l’Inst.publique.] Les Canadiens ont leur cause fièrement re-f présentés par J.Papineau, Bédard, Panet, de Lotbinière.Le journal, le “Canadien”, fondé en 1806, '' lutte vigoureusement pour la même cause./7 d’une semaine?Le Vt de 7 jours = 1 ; les 5/7 de 7 jours = 5 fois 1 jour = 5 jours.7.Combien de jours dans les Vt d’une semaine ?Le V7 de 7 jours = 1 : les °/T de 7 jours = 6 fois 1 jour = 6 jours.8.Combien de jours dans les 2/7 d’une semaine?2 jours.9.Combien des jours dans 2 semaines?14 jours.to.Combien de jours dans le 1/7 de 2 semaines?2 jours.11.Quelle différence y a-t-il entre les 2/7 d’une semaine et le Vt de 2 semaines?Les 2/7 d’une semaine “ 2 jours; le Vt de 2 semaines = 2 jours.Les V7 d’une semaine = le x/7 de 2 semaines.12.Quelle différence y a-t-il entre les 3/7 d’une semaine et le Vt de 3 semaines?, Les 3/7 d’une semaine — 3 jours; le Vt de 3 semaines — 1/7 de 21 jours = 3 jours.Le 1/7 de 3 semaines — les 3/7 d’une semaine.Etc.Etc. 5 02 L'ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 13.Trouvez le septième du nombre de jours dans le mois de février.Dans le mois de février, il y a 28 jours; dans V7 de 28 jours, il y a 4 jours.14.Trouvez les 2/t nombre de jours en février.Le 1/7 de 28 = 4; les 2/t de 28 = 2 fois 4 = 8 jours.15.Trouvez les 3/7 du nombre de jours en février.Le y7 de 28 = 4; les 3/7 de 28 = 3 fois 4 — 12 jours.16.Trouvez les 4/t du nombre de jours en février.Le 1/7 de 28 = 4; les 4/7 de 28 = 4 fois 4 = 16 jours.17.Trouvez les 5/7 du nombre de jours en février.Le y7 de 28 = 4; les 5/7 de 28 = 5 fois 4 ^ 20 jours.18.Trouvez les °/7 du nombre de jours en février.Le y7 de 28 = 4; les 6/7 de 28 = 6 fois 4 = 24 jours.PROBLEMES SUR LES QUATRE OPERATIONS 1.Un maquignon achète des chevaux pour $3264; en les revendant $4416, il gagne $48 sur chaque cheval.Combien a-t-il acheté de chevaux?Solution: $4416 — $3264 = $1152.$1152 -4- $48 = 24 chevaux.Réponse.2.Un marchand achète 5400 assiettes $162 et il dépense $4-75 de transport.Quel sera son bénéfice s’il les vend $5.32 le cent?Solution: $162 -j- $4.75 = $166.75, c°dt total.($5.^2 X ^400) H- 100 == $287.28, le prix de vente.$287.28 — $166.75 — $I20-53- Rép.3.Deux ouvriers en travaillant ensemble pendant 79 jours, ont gagné $237-79- Si l'un a gagné $1.23 par jour, quel est le prix de la journée du second ?Solution: $1.23 X 79 = $97-17, ce que le premier reçut.$237.79 — $97-17 = $140.62, somme totale reçue par le second.$140.62 -t- 79 = $1.78.Rép.4.Un marchand achète une pièce de drap à $4.73 la verge; en revendant ce drap à $5.59 la verge, il fait un bénéfice de $221.02.Quelle était la longueur de la pièce?Solution : $5.59 ¦— $4.73 = $0.86, le bénéfice sur 1 verge.$221.02 -f- $0.86 — 257 verges.Rép.5.Un marchand a reçu 32 douzaines d’oranges dans 3 caisses, dont la 2e contient 37 oranges de plus que la 1ère et la 3e, 7 oranges de plus que la 2e.Combien y avait-il d’oranges dans chaque caisse ?Solution: 32 X 12 = 384 oranges en tout.37 -f 7 = 44 oranges, ce que la 3e caisse contenait de plus que la 1ère.37 -j- 44 = 81 oranges, ce que la 2e et la 3e caisse contenaient de plus que la 1ère.384 — 81 = 303, 303 -4- 3 = 101 oranges dans la lere caisse.101 + 37 = 138 101 + 44 = HS 2e 3e caisse.caisse.384 “ les 3 caisses. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 563 V 6.Deux négociants ont mis en commun $179834: le premier a mis à lui seul $95987.Combien a-t-il mis de plus que le second?Solution: $179864 — $95987 — $83877, ce que le second a mis.$95987 — $83877 = $12110, ce que le 1er a mis de plus que le second.7.Si une personne avait $986.34 de plus qu'elle n’a, elle pourrait payer une somme de $3752.78 et il lui resterait $237.69.Quelle somme a-t-elle?Solution: $3752.78 -f- $237.69 = $3990.47.$3990.47 — $986.34 = $3004.13.Rép.PROBLEMES DE RECAPITULATION SUR LES FRACTIONS 1.Un entrepreneur se charge d’un travail sur le montant du devis estimatif duquel il consent un rabais de Vis- Pour intéresser ses ouvriers, il leur abandonne, en dehors de leur paie journalière, V20 de ce qui lui est dû après le rabais, et enfin sur le reste il prélève Vso qu’il verse à une caisse d’assurance.Tous ces comptes faits, il lui revient la somme de $11730.60.Dites à combien s’élevaient, le devis estimatif, la somme distribuée aux ouvriers et celle qui a été versée à la caisse d’assurance.Solution-.15/i5 — V15 = 14/i5> ce qui reste après avoir prélevé Vis-Les ouvriers reçoivent V20 de 14/i5 5 d reste donc 19/20 de 14/i5 = Vso de 137i5o est versé à la caisse d’assurance; il reste 49/5o de = 651V_75oo du devis.651T/75oo du devis = $11730.60.77500 du devis = 11t30.6%e 133 / / 150 133 / 150 7500 5517' 77500 du devis = 11730.60 X Vis de $13^,00 = $900, le rabais.$1 7500 / 6517 $13500, le devis.3500 — $900 = $12600.V20 de $12600 = $630, somme abandonnée aux ouvriers.$12600 — $630 = $11970.V5o de $11970 = $239.40,5 omme versée à la caisse d’assurance.2.Un poteau vertical est partagé en trois parties.L’une, blanche, a i523/24 pieds de long; l’autre, bleue, vaut les V24 de la longueur totale; et la longueur de la troisième, qui est noire, s’obtient en ajoutant 72/3 pieds aux 8/15 de la longueur du poteau.Quelles sont les longueurs de la partie bleue et de la partie noire?Solution: 7/24 + 8/15 = 99/120 = 33/40 ; donc les 7/24 et les 8/15 de la longueur du poteau font les 33/40 de cette longueur.Il reste 40/4° 33Ao = ‘Ao- Donc les ‘Ao qui restent représentent les 15-3/24 pieds de la partie blanche et les 7V3 pieds de la partie noire.I523/24 + 72A = i523/24 + 716A4 = 23V8 pieds.‘Ao = 23% P’eds = 189/s pied.^°Ao = 18Vs X 4Vt = 135 pieds, la longueur du poteau.Q24 de 135 = 393A pieds, la partie bleue.Vis de 135 = 72 pieds.72 + 72A = 792A pieds, la partie noire. 564 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 3.Une usine exploite un minerai qui contient les 9/s5 de son poids de fer; mais dans la transformation du minerai en métal, on fait une perte de Vio du fer qu’il contient.Calculez la quantité de minerai employé annuellement par l'usine, sachant qu’elle produit en moyenne 67V tonnes par jour et qu’elle fonctionne 305 jours dans l’année.Solution : Dans 1 tonne de minerai d y a V35 de tonne de fer.Et sur la quantité de fer on fait une perte de Vio 1 donc on ne retire d’une tonne de minerai que les a/io des V35 de 1 tonne de fer.Vio des V35 = yV350 d’une tonne de fer.L’usine produisant en 1 jour 67V tonnes = 135/2 de tonne, elle en produira en 305 jours 13V2 X 305 = 4x1‘V2 de tonne.411T5/2 de tonne n’étant que les sl/35o du poids du minerai employé, ce poids sera égal à 411‘V2 tonnes.Rcp.^V350 = 41i‘5/2 X :i5781 = 2ÜC8773 - 88958Vs 4.La mer recouvre les 11 / 14 de la surface du globe.La superficie de l’Asie est les 121/i27 de celle de l’Europe, celle de l’Afrique en est les 22/7, celle de l’Amérique les llx/27 N celle de l’Océanie les 31/27- Ea surface de l’Afrique étant de 11466985 milles carrés, on demande de calculer celles des autres parties du monde et la surface totale du globe.Solution-.La surface de l’Afrique est de 11466985 milles, mais elle est les 22/7 de celle de l’Europe; donc celle de l’Europe est les 7/22 de celle de l’Afrique ou 11466985 X V22 = Sü20SS95/22 = 3648586 +, surface - de l’Europe.La surface de l’Asie est les 121/27 6e celle de l’Europe ; 121/27 6e 3648586 = 441478900^ _ J635I07I —, surface de l’Asie.La surface de l’Amérique est ^xl/2-, 6e 3648586 = 37/0 de 3648586 — i34997GS2/V = 14999742 -]-, surface de l’Amérique.La surface de l’Océanie est les 31/27 6e 3648586 = 4189117 + milles carrés, surface de l’Océanie.11466985 milles carrés, surface de l’Afrique.3648586 “ “ , “ “ l’Europe.16351071 “ “ , “ “ l’Asie.14999742 “ “ .“ “ l’Amérique.4189117 “ “ , “ “ l’Océanie.50655501 “ “ ." “ des cinq parties du monde.Ce nombre 50655qoi milles carrés, la surface des cinq parties du monde ne représente que les 3/14 de la surface du globe: donc la surface du globe _ ' 1 y ____ 2/ ~ k/ 14/ 70 9177014 / est égale à 50655501 -f- 3/14 = 50655501 X — milles carrés.A - 236392338 5.Quatre ouvriers font un ouvrage de 3239 verges.Le travail du deuxième ect les 4V de celui du premier; le travail du troisième est les 2/3 de celui du deuxième et le travail du quatrième est les de celui du troisième.L’ouvrage total avant été payé $1344.80, combien chaque ouvrier a-t-il fait de verges et combien recevra-t-il?Solution: Si on représente par 1 le travail du premier ouvrier, celui du deuxième sera représenté par 4/5, celui du troisième par Vs 6e 4/5 = 8/15; celui du quatrième par 3/4 de 8/15 = Vs- L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 565 Le travail total sera égal à la somme de ces nombres : 1 + Vs + Vl5 + Vs — 2lVl5 = 4Vl5- Donc le travail total de 3239 verges est les 41/i5 ceEn du premier ouvrier.Donc le travail du premier ouvrier — 3239 -f- 4Vis — 3239 X 15/4i — 1185 verges.Le travail du second = 4/s CE I][85 = 948 verges.Le travail du troisième = Vs de 948 = 632 verges.Le travail du quatrième — ^4 de 632 = 474 verges.($1344.80 X 1185) -T- 3239 = $492, ce que reçoit le 1er.($1344.80 X 948) -f- 3239 = $393-do, ce que reçoit le 2e.ou le 2e reçoit les 4/5 de ce que reçoit le premier, de $492 = $393.60.($1344.80 X 632) -f- 3239 = $262.40.ce que reçoit le 3e.ou le 3e reçoit les 2/s> de ce que reçoit le 2e, de $393.60 — $262.40.($1344.80 X 474) H- 3239 = $196.80, ce que reçoit le 4e.ou le 4e reçoit les Xb de ce que reçoit le 3e, de $262.40 = $196.80.Autrement : Soit 15 le nombre de verges fait par le 1er; alors les 4/s de 15 = 12 verges, le nombre fait par le 2e; les 2/3 de 12 = 8 verges, le nombre fait par le 3e; les 3/4 de 8 = 6 verges, le nombre fait par le 4e.15 + 12 -f- 8 +6 = 41 verges, par les quatre ouvriers.Le 1er a fait 15/4i de 3239 = 1185 verges.“ 2e “ “ 12/41 de 3239 = 948 “ “ 3e “ “ V41 de 3239 = 632 “ 4e
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