L'enseignement primaire : journal d'éducation et d'instruction, 1 avril 1912, Avril
33e Annee Quebec, Avril 1912 No 8 jj ^r\seignerr\ent Primairç Revue illustrée de l'Ecole et de la Famille C.-J.MAGNAN.Propriétaire et Rédacteur-en-clief La Bataille de Sainte-Foy (28 avril 1760) Lévis, vainqueur de Murray, passant devant ses troupes.“La derniere bataille fut une- victoire française.” r/zZ/My/^,, y' ' O H^'DdQuB' 7/ÆWà 'mm.mm, mm mm. 45o L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE L'Enseignement agricole a l'Ecole primaire JJans son dernier rapport(l), le Surintendant de l’Instruction publique a souligné comme il convenait l’affiliation de l’Institut agricole d’Oka à l’Université Laval.A ce propos, l’honorable M.de La Bruère fait les judicieuses réflexions qui suivent: “L’école primaire doit redoubler d’efforts pour inculquer à l’enfant, avec l’amour du pays, l’amour de l’agriculture.Il importe par conséquent que le Conseil de l’Instruction publique, appuyé par le gouvernement, fasse donner au fils du cultivateur une instruction appropriée au milieu où il vit; c’est-à-dire une instruction plutôt agricole et qui surtout n’aille pas jusqu’à l’inciter pour ainsi dire, par un programme d’études aux tendances trop commerciales, à déserter la campagne pour la ville et à prendre place derrière un comptoir de magasin ou dans un bureau d’affaires.“Les considérations que je présente ici, je compte que les instituteurs en général doivent s’en inspirer.Mais je veux aussi exprimer le souhait de voir les communautés de Frères qui dirigent des maisons d’enseignement dans nos districts ruraux, faire le choix de maîtres capables d’enseigner oralement et au moyen d’un champ d’expérimentation attaché à l’école, les éléments de l’agriculture à leurs élèves, et animés aussi du désir de se consacrer à cette œuvre patriotique.” Il y a deux ans, dans les conclusions qui terminent mon rapport: Les Ecoles primaires et les écoles normales en France, en Suisse et en Belgique, je disais: “Les écoles complémentaires (ou académies) de garçons établies à la campagne préparent presque exclusivement au commerce.Dans ces écoles, on ne se préoccupe nullement de l’agriculture ni de l’industrie.” Après quoi nous formulions le vœu: uAdapter le programme général des études aux écoles rurales, de telle sorte qu’à Vécole primaire, les fils de cultivateurs vivent dans une atmosphere agricole agréable, vivante, saine.On s’imagine en certains milieux que le programme actuel, trop encombré, dit-on, ne permet pas à l’instituteur de faire la place assez large à l’agriculture.Ceux qui parlent ainsi ne comprennent pas le programme des écoles catholiques de la province de Québec.La première année du programme, par exemple, comprend bien les spécialités suivantes: Lecture, Diction, Récitation.Néanmoins, ces trois matières se rapportent à une seule branche en réalité: la Lecture.La Grammaire, l’Analyse et l’Orthographe ne font qu’un et s’enseignent simultanément.Et dans les deux premières années du programme, ces matières se confondent avec la Lecture qui sert de véhiculé pour l’enseignement de plusieurs matières.On peut aussi placer toutes les sciences usuelles sous le titre: Leçons de choses.Très souvent, les matières se confondent: l’une sert a enseigner 1 autre.C’est ainsi que la Dictée bien choisie peut servir à enseigner une foule de notions religieuses, historiques, agricoles et autres.Non, ce n’est pas le programme qui met un obstacle à un meilleur enseignement agricole, mais bien la connaissance erronée ou incomplète que l’on en a en certains milieux.A une meilleure connaissance du programme, ajoutons un petit champ d’expérience où les instituteurs et les institutrices pourraient compléter l’enseignement de l’école et faire ainsi pour 1 enfant de la nature un spectacle enchanteur dont il ne pourra plus détacher ses yeux.C.-J.MAGNAN.(1) Ce rapport a été publié dans L’Enseignement Primaire de mars, 1912. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 451 PEDAGOGIE L’Ecole Normale des Jeunes Filles à Joliette Dans une récente circulaire à son clergé, S.G.Mgr Archambault, évêque de Joliette, annonce l’ouverture prochaine(l) d’une école normale de jeunes filles dans sa ville épiscopale.C’est un document qui mérite de passer à l’histoire.Aussi nous faisons-nous un devoir de le reproduire en entier.Nous ne saurions cacher que c’est avec joie que nous avons lu la circulaire de l’éminent évêque de Joliette.Nous y avons retrouvé tout entière, dans un style clair et ferme, une thèse que nous avons souvent soutenue et pour laquelle nous avons subi des attaques injustes de la part de certains écrivains, dévoués comme nous à la cause des écoles catholiques.Nous tenons à signaler spécialement à nos lecteurs deux paragraphes de la lettre de S.G.Mgr Archambault.L’un fait mention de la bonne entente entre l’Eglise et l’Etat, chez nous : “Le gouvernement de Québec, en confiant à des religieuses la noble mission de former à l’art difficile de la pédagogie chrétienne les jeunes filles qui se destinent à l’enseignement, en plaçant toutes nos écoles normales sous la surveillance immédiate et la responsabilité de prêtres approuvés par l’évêque diocésain, a conservé, a assuré à jamais à notre système d’éducation primaire le caractère religieux qui le distingue depuis l’origine même de la colonie.Il est entré par là dans les intentions si souvent formulées par nos législateurs; il a répondu aux vœux les plus chers du peuple; je dis plus, et je le prouverai tout-à-l’heure, il a donné à nos écoles normales, à notre enseignement pédagogique, leur seule et véritable base: la religion catholique.” L’autre a trait à la nécessité d’une formation professionnelle des institutrices : “Les maîtresses ne manquent ni de bonne volonté, ni de zèle, ni de dévouement.La plupart d’entre elles possèdent les connaissances amplement suffisantes pour la nature de l’enseignement qu’elles ont à donner.Du reste, elles ont obtenu du Bureau central des examinateurs catholiques un brevet de capacité leur permettant d’enseigner, au moins dans les écoles élémentaires.Il faut donc chercher ailleurs la cause véritable de l’infériorité relative de plusieurs des maîtresses laïques.Ce qui manque à ces chères institutrices, c’est l’entraînement, c’est la formation pédagogique, c’est la préparation sérieuse et pratique à l’exercice de leurs sublimes fonctions.L’Ecole normale est le seul moyen de remédier à cette lacune regret- (1) Septembre 1912. 452 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE table.C’est pourquoi je fis, il y a trois ans, les premières démarches pour arriver à ce que je considérais comme le couronnement nécessaire de nos œuvres diocésaines d’éducation.” Voici maintenant cette circulaire qui rappelera, plus tard, le souci du véritable progrès scolaire qu’ont eu, de tout temps, les évêques de la Province de Québec.C.-J.MAGNAN.Circulaire de Monseigneur l'Evêque de Joliette au Clergé de son Diocèse A L’OCCASION DE LA FONDATION DE L’ECOLE NORMALE DES JEUNES FILLES DE JOLIETTE I Mes chers collaborateurs, L’expérience a mis singulièrement en relief, depuis un siècle surtout, les immenses avantages que les écoles normales, bien organisées et reposant sur leur véritable base, peuvent procurer à l’enseignement à tous les degrés, mais particulièrement à l’enseignement primaire.Aussi, les trouve-t-on aujourd’hui établies dans la plupart des pays du monde: au Japon, comme en France et en Belgique, aux Etats-Unis et au Canada, comme en Angleterre et en Allemagne.L’initiative privée, le pouvoir civil, l’Eglise elle-même ont favorisé la fondation de ces écoles, en ont surveillé avec un soin jaloux le développement, ont fourni les ressources nécessaires pour en assurer le fonctionnement régulier et les fruits durables.La raison de ce grand mouvement pédagogique est facile à saisir.Tous ceux qui ont à cœur le progrès de l’éducation en un siècle où la culture intellectuelle révêt un caractère d’intensité et d’universalité si nettement dessiné, ont compris que ce progrès, pour être réalisé dans sa plénitude et ne jamais constituer,—par suite d’une malheureuse déviation de la voie qu’il doit suivre,—un danger social, exige à la tête de nos écoles, de nos académies et de nos collèges des maîtres habiles, instruits, ayant la parfaite intelligence de leur profession.Mais de tels maîtres ne s’improvisent pas, quels que soient par ailleurs les talents, les aptitudes naturelles et les connaissances acquises.Une préparation longue, sérieuse à l’art et à la science de l’éducation est indispensable à ceux qui se destinent à l’enseignement.Je dis que la pédagogie est un art et une science.Elle a, en effet, des règles qui la dirigent dans ses opérations, et des principes sur lesquels elle repose; règles qui sont le fruit de l’expérience de l’humanité entière, principes que la pédagogie, science purement dérivée, emprunte à d’autres sciences d’un ordre supérieur: à la psychologie, à l’éthique naturelle, à la sociologie, mais, surtout nous le verrons, à la religion.Eh bien ! qui osera affirmer que l’intelligence du futur professeur, si ouverte soit-elle, est capable sans guide, laissée à elle-même et sans aucun entraînement, d’acquérir pleinement la connaissance de ces règles et de ces principes, connaissance nécessaire cependant à la vraie formation de l’esprit, de la volonté et du caractère de l’enfant ou du jeune homme?Us sont si nombreux et si complexes les problèmes de la pédagogie ! La solution pratique en est si difficile, que l’on considère soit le sujet même de l’éducation, c’est-à-dire l’enfant étudié à la lumière des lois de sa culture intellectuelle et de sa formation morale, soit l’objet de cette éducation: meilleures méthodes d’enseignement, règles disciplinaires efficaces, distribution des connaissances proportionnée à l’âge, aux conditions sociales, aux besoins, aux aptitudes, au sexe lui-même des élèves ! L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 453 Je me contenterai d’indiquer ici les principaux de ces intéressants problèmes.Que doit-on entendre par éducation, quels en sont les principes directeurs, la base véritable ?Quelles sont les règles générales à suivre dans la culture physique de l’enfant, dans celle des diverses facultés de son âme intelligente et libre, et quel équilibre convient-il d’établir entre l’exercice du corps et l’exercice de l’esprit?Quelle est la valeur relative des divers objets de l’enseignement: écriture et lecture, grammaire et belles-lettres, histoire et géographie, sciences exactes et expérimentales, beaux-arts et arts utilitaires, etc ?Quelles sont les meilleures méthodes d’enseignement ?Dans l’ordre à suivre en ce qui concerne la distribution et la liaison intrinsèque des faits que le maître expose, des idées qu’il enseigne, est-ce la méthode d’induction qui, prenant les faits comme point de départ, en dégage d’une manière lumineuse les lois dominantes; ou bien la méthode de déduction, d’après laquelle, après s’être appuyé sur des vérités générales et sur des définitions inattaquables, le professeur passe de ces principes et de ces règles aux applications et aux faits particuliers ?Dans la forme extérieure à donner à l’enseignement, doit-on s’arrêter à la méthode d’exposition, ou adopter plutôt la méthode socratique, le maître suggérant et faisant découvrir à l’enfant, par des questions claires, précises, graduées, les choses qu’il veut lui apprendre?Ne vaut-il pas mieux recourir à l’une et à l’autre de ces méthodes suivant la matière de l’enseignement, les aptitudes des élèves, leur degré d’avancement; tantôt les employant simultanément, tantôt les faisant intervenir successivement?Quelle part faut-il faire, dans l’école, à l’observation et à la réflexion, à l’enseignement direct des idées et aux leçons de choses?En matière de discipline, quel degré de liberté faut-il laisser à l’élève dans l’accomplissement du devoir; dans l’observance de la règle ?Dans quelle proportion devra-t-on unir la sévérité inflexible et la miséricorde parfois nécessaire au bien particulier de l’enfant, mais nuisible au bien général de l’école ?Quand le maître fera-t-il appel aux motifs de crainte ou d’intérêt personnel capables de fléchir la volonté rebelle de l’élève?quand, au contraire, devra-t-il s’adresser de préférence à des sentiments plus élevés: piété filiale, respect de la dignité personnelle, reconnaissance envers les bienfaiteurs, fidélité au devoir aimé et embrassé pour lui-même, souci de l’avenir, amour de Dieu et de la vertu qu’il lui commande de pratiquer ?Ces questions, et combien d’autres encore que j’ai passées sous silence, la pédagogie les a étudiées, elle les a résolues, généralement du moins, d’une manière définitive.Les avoir simplement énumérées prouve, il me semble, la nécessité pour quiconque désire embrasser la belle et noble carrière de l’enseignement de s’y préparer sérieusement dans des écoles spéciales.II Je ne retracerai pas ici, même dans ses grandes lignes, l’histoire si captivante des écoles normales primaires dans la Province de Québec, depuis les premiers essais de recrutement régulier d’institutrices laïques tentés, dès l’origine de la colonie, par les Sœurs de la Congrégation de Notre-Dame et par les Ursulines de Québec et des Trois-Rivières, jusqu’à la fondation des écoles normales Laval et Jacques-Cartier,—vers le milieu du siècle dernier.Le temps et les connaissances nécessaires me font défaut pour écrire ces belles pages de nos annales nationales; elles sont toutes pleines des efforts constants et des généreux sacrifices du pouvoir civil et du pouvoir ecclésiastique, du clergé, de nos communautés religieuses et d’un grand nombre de laïcs désireux d’assurer à notre province canadienne française une éducation primaire vraiement efficace, une éducation en rapport avec ses besoins, ses aspirations, sa marche en avant vers la prise de possession définitive de la place supérieure qu’elle doit occuper dans l’organisation sociale, politique et religieuse du Dominion.Comme il serait facile, en se livrant à cette intéressante étude, de répondre victorieusement aux adversaires déclarés de notre système actuel d’éducation, de prouver que l’ignorance, le préjugé, ou la passion aveugle font parler et agir la plupart d’entre eux, de mettre à nu la faiblesse ou la fausseté de leurs accusations, de démontrer que ce système, pour ne pas être parfait, et quoique susceptible encore d’importantes améhorations, ne le cède en rien au point de vue de l’organisation et de l’efficacité, à celui suivi dans les autres provinces du Canada(l).Mais, je le répète, il (1) V.Mémorial de VEducation, par le Docteur Meilleur; Les Ecoles Normales de la Province de Québec, par l’abbé Adélard Desrosiers ; V Instruction au Canada sous le régime français, par l’abbé Amédée Gosselin; Y Instruction publique au Canada, par l’honorable Chauveau. 454 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE m’est impossible d’entrer dans de tels détails historiques.Je me contenterai donc de rappeler en peu de mots comment se sont établies parmi nous les écoles normales de jeunes filles.Jusqu’en 1899, la province civile de Québec ne posséda qu’une seule école normale de jeunes filles, celle de Laval à Québec.Cette école, confiée à la direction des Ursulines, poursuivait alors, avec un succès toujours croissant depuis près d’un demi siècle, la grande œuvre de la formation pédagogique des futures maîtresses laïques.Les états de services de ses anciennes élèves employées comme institutrices, soit séculières, soit religieuses, avaient mis à son front une auréole de gloire incontestée.Le gouvernement, entraîné dans le mouvement populaire qui poussait vigoureusement vers une extension plus grande de l’instruction pédagogique professionnelle, frappé du développement considérable pris par l’Ecole normale Laval et des heureux résultats obtenus pendant une période relativement courte, résolut de fonder dans les principales villes de notre province de nouvelles écoles normales de jeunes filles.Il rencontra dans le personnel dirigeant de nos communautés religieuses de femmes l’aide indispensable sur laquelle il avait compté pour accomplir son œuvre féconde.Les Sœurs de la Congrégation de Notre-Dame, les Ursulines de Québec, les Sœurs de l’Assomption, les Ursulines des Trois-Rivières, les Sœurs du Bon-Pasteur, les Sœurs des Saints Noms de Jésus et de Marie, les Sœurs Grises d’Ottawa répondirent successivement à l’appel, heureuses d’avoir l’occasion de se dévouer, sur un terrain plus vaste et plus fertile, à l’éducation chrétienne de la jeunesse.La direction des écoles normales entrait trop dans l’esprit de leur fondation, et, pour deux de ces pieux instituts, dans les belles traditions de leur passé, pour qu’elles aient hésité un seul instant à l’accepter au prix de n’importe quel sacrifice pécuniaire.Aussi, la Province de Québec compte-t-elle actuellement huit écoles normales de jeunes filles: Québec, Montréal, Rimouski, Trois-Rivières, Chicoutimi, Nicolet, Valleyfield et Hull.Une fois de plus, la bonne entente entre le pouvoir civil et le pouvoir religieux, entre 1’Eglise et l’Etat, a donc ouvert au progrès intellectuel et moral de notre pays de larges horizons; elle a fait jaillir une source de vie où viendra puiser une longue suite de générations d’âmes généreuses, avides de consacrer à l’éducation primaire leurs aptitudes, leur savoir, leur expérience, leurs forces physiques, leur vie toute entière.Le gouvernement de Québec, en confiant à des religieuses la noble mission de former à l’art difficile de la pédagogie chrétienne les jeunes filles qui se destinent à l’enseignement, en plaçant toutes nos écoles normales sous la surveillance immédiate et la responsabilité de prêtres approuvés par l’évêque diocésain, a conservé, a assuré à jamais à notre système d’éducation primaire le caractère religieux qui le distingue depuis l’origine même de la colonie.Il est entré par là dans les intentions si souvent formulées par nos législateurs; il a répondu aux vœux les plus chers du peuple; je dis plus, et je le prouverai tout-à-l’heure, il a donné à nos écoles normales, à notre enseignement pédagogique, leur seule et véritable base: la religion catholique.Il est d’abord évident que l’éducation intellectuelle, pour être complète, exige l’enseignement supérieur du catéchisme, “ce recueil sublime et populaire qui offre plus de solutions aux grands “problèmes de la vie, des solutions plus nettes, plus fermes, plus satisfaisantes, que toutes celles “qu’une philosophie orgueilleuse propose à ses adeptes”.Mettre un tel enseignement de côté, dans l’instruction de l’enfant et dans la formation pédagogique de ses futurs professeurs, ce serait en méconnaître le but principal.Mais l’instruction elle-même, si nécessaire soit-elle, n’est pas le seul factum de l’œuvre de l’éducation.Trop souvent on confond l’instruction avec l’éducation.—A côté de l'intelligence, il y a une autre faculté de l’âme non moins importante à cultiver, la volonté; la volonté qui tend au bien, comme l’intelligence tend aü vrai, mais avec cette différence que l’intelligence, placée en face d’une vérité, ne peut pas se soustraire à sa lumière, tandis que la volonté créée libre, peut, en face du bien, sa fin et son objet, ne pas y adhérer et ne pas s’y fixer.Il y a plus.La foi nous enseigne et l’expérience nous démontre que depuis la chute originelle, la volonté trouve dans la tendance au bien et dans sa pratique, d’étranges obstacles et des difficultés qui parfois déconcertent et découragent.“Je vois le bien, disait le poète, et je fais le mal.”—Cependant la vérité est inséparable du bien, et là où il n’y a pas de vertu, il ne saurait y avoir de véritable sagesse.D’un cœur corrompu, d’une intelligence obscurcie par une volonté dépravée, la vérité ne saurait L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 455 s’élever forte et lumineuse; elle demeure faible et vacillante, et loin de diriger l’homme, elle devient pour lui ténèbre et séduction.Sans la vertu, le savoir n’est plus qu’une fausse science entre les rdains duquel tout est instrument d’erreurs et de mensonges; il emprunte à la logique son art pour appuyer ses sophismes, il base sur l’ontologie des systèmes absurdes qui aboutissent au scepticisme universel, sur les sciences physiques et la psychologie mal comprises, un matérialisme grossier, et de l’histoire il fait une source de calomnies et de mensonges.“Quand bien même elle aurait moins de science, dit saint Jean-Chrysostôme, si l’âme est sage et vertueuse, tout est gagné;—si elle est vicieuse, tout est perdu”.— “Il est temps”, écrivait Portalis, jurisconsulte français, que les théories se taisent devant les “faits.Point d’instruction sans éducation, sans morale et sans religion”.—Léon XIII, dans une lettre restée célèbre, au Card.Vicaire, disait: “Celui qui dans l’éducation néglige la volonté, “et concentre tous ses efforts sur la culture de l’intelligence, vient à faire de l’instruction une arme “dangereuse dans les mains des méchants, car c’est l’argumentation de l’intelligence qui vient “s’ajouter aux mauvais penchants de la volonté et leur donner une force à laquelle il n’y a plus “moyen de résister”.(25 juin, 1878.) “D’abord on a tout attendu de la culture de l’esprit”, s’écriait naguère un orateur de Notre-Dame.“Dans sa pensée (celle de Victor Hugo)—faire des hommes, c’était leur apprendre à lire “et pousser aussi loin que possible le développement de leur intelligence.Mais de cruelles décep-“tions sont venues,—on a vu des criminels forts instruits;—on a vu la science se faire l’instrument “du crime.L’instruction n’est donc pas l’éducation tout entière.Il y a plus;—elle en est quelquefois l’ennemie.L’instruction à outrance aboutit au surmenage, et le surménage déforme:— “Il ne fait pas des hommes, il fait des fous ou des malades”.—(Mgr D’Hulst.) Il importe donc extrêmement que dans l’œuvre de l’éducation, on donne la première place à la formation morale de l’enfant, à sa direction vers le bien, à la pratique de la vertu, à la réforme de son caractère, à la répression de ses penchants vicieux.Mais ici s’impose de nouveau l’enseignement religieux, car sans la religion, la morale n’a plus de but véritable, elle manque d’autorité et de sanction efficace.La morale est, en effet, l’ensemble des lois qui dirigent l’homme vers sa fin, mais cette fin, où la trouver en dehors de Dieu ?La morale impose des devoirs, par suite des obligations; or, il ne saurait y avoir pour l’homme d’obligations sans une autorité supérieure à l’homme, autorité qui n’esLautre que celle de Dieu lui-même.Enfin, la base de la sanction, c’est la justice, et, comme le fait remarquer Jules Simon, “dès que la loi humaine est fondée sur la justice, et non pas la justice sur la loi humaine, c’est qu’il y a un Dieu”.“Sachons voir les choses comme elles sont”, écrivait ces années dernières, un philosophe rationaliste (Edmond Schérer) qui, à certaines heures de sa vie, dut rendre témoignage à la vérité religieuse, “la morale, la vraie, la bonne, l’ancienne, l’impérative, a besoin de l’absolu; elle ne “trouve son appui qu’en Dieu.La conscience est comme le cœur, il lui faut un au-delà; la morale “n’est rien si elle n’est religieuse”.—-Aussi, un orateur catholique n’a pas craint de s’écrier devant les Chambres françaises: “Il n’y a de morale vraiment efficace que celle dont la foi en Dieu, l’amour “et la crainte de Dieu sont la base.C’est la morale chrétienne qui est comme la morale desla “civilisation; et toute autre morale que celle-ci nous ferait reculer vers la barbarie”.—{Chesne-long) Au reste, la nature même de l’éducation exige qu’on lui donne la religion pour base, car Dieu est partout dans cette œuvre: “il est dans l’intelligence du maître qui enseigne, dans l’âme de l’en-“fant qui écoute, dans la vérité qui est affirmée, dans le précepte qui s’impose, dans l’autorité “qui commande, dans la volonté qui obéit”.Enfin l’expérience est venue confirmer cette vérité.“Les comptes officiels”, lit-on dans une revue protestante des Etats-Unis de 1880, “établissent “que proportionnellement au chiffre de la population, les crimes, l’immoralité et la folie sont en “plus grand nombre dans les Etats où le système des écoles publiques neutres a été adopté, qu’ils “ne le sont dans ceux où l’on n’en a pas voulu.Voilà où nous en sommes après un demi siècle “d’expérience de cette méthode d’éducation que l’on nous représente comme une sorte de panacée "pour les maux de la vie politique et sociale”.{Revue de l’Amérique du Nord, 1880.) 456 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Il demeure donc démontré que l’élément religieux est le principal dans l’œuvre de l’éducation morale de l’enfant, qu’il en est la base, et que sans l’influence de la religion et sans Dieu, il est impossible de former le cœur, de donner au caractère de l’énergie, de la droiture et de la bonté.Une éducation religieuse n’assure pas toujours, hélas ! le triomphe de la morale, mais une éducation sans religion en assure l’irrémédiable défaite”.Pénétrés de ces principes féconds, les surintendants catholiques de l’instruction publique du Canada, n ont cessé de travailler à maintenir l’idée religieuse à la base même de notre système d éducation national, et à écarter le régime des écoles neutres ou mixtes si dangereuses pour la foi des populations.“L’enseignement moral et religieux”, écrivait en 1860 le Dr Meilleur, “est indispensable “dans nos écoles primaires, comme dans les institutions classiques; autrement nous n’aurions “plus aucune garantie pour la conservation de la foi et la moralité publique.Tout ce que le “clergé et le peuple réunis veulent, c’est cette éducation chrétienne et éminement sociale qui forme “les enfants de manière à les rendre capables de remplir utilement les devoirs qui leur seront dévolus “dans les différentes classes de la société, propre à en faire des sujets industrieux et prospères dans “les affaires, et à en faire surtout de bons chrétiens et de bons citoyens, consciencieux’, honnêtes “et pacifiques”.(1) Cette courageuse affirmation de l’un de nos plus célèbres éducateurs canadiens réflète aussi bien aujourd’hui qu’en 1860 la pensée de la plupart de nos législateurs, et surtout la pensée et le vouloir de notre peuple.Les adversaires de l’enseignement religieux dans nos écoles,—adversaires peu nombreux, il faut l’avouer,—ne rencontrent pas plus à l’heure présente les sympathies du public qu’aux premiers jours de la conquête et à l’époque de l’Union du Bas et du Haut Canada.Leurs efforts pour détacher le peuple du clergé, diminuer sa fidélité aux croyances et aux traditions de ses pères, l’amener à élire des députés favorables à leur cause, n’ont abouti qu’à une humiliante défaite.Puisse l’échec être définitif, puisse notre système d’éducation, malgré les tentatives contraires d’un groupe restreint de libres-penseurs ou d’indifférents en matière de religion, être toujours pénétré jusqu’aux moelles de l’idée catholique qui en fait la force et lui a gagné la confiance populaire.Du moment que l’on admet la nécessité de l’enseignement religieux dans nos écoles primaires, la logique demande que cet enseignement soit aussi à la base de nos écoles normales.Nos législateurs ont donc été conséquents avec eux-mêmes; ils n’ont fait que poursuivre l’idée dominante dans notre système d’éducation, en imprimant à ces dernières écoles le caractère religieux des • premières.Aussi, lors de l’inauguration solennelle de l’Ecole Normale McGill, à Montréal, le 3 mars 1857, l’évêque anglican Fulford lui-même disait: “Quelques merveilleux avantages que “l’on nous promette, comme fruit d’une éducation progressive, je me refuse à croire à ses bienfaits, “si l’on tente d’établir son efficacité sans la crainte de Dieu et la connaissance de l’Evangile.Non “seulement l’église d’Angleterre, mais aussi l’église d’Ecosse surtout et les Wesleyens repoussent “énergiquement tout système qui voudrait faire de l’éducation une chose indépendante de la “religion”.(2) L’école catholique demande des maîtres catholiques, un enseignement catholique, une formation intellectuelle et morale catholique de l’élève; toutes choses impossibles moralement si d’abord les maîtres n’ont pas reçu un entraînement de même nature dans des institutions spéciales de pédagogie catholique.C’est la dernière pensée qu’il me reste à développer brièvement.Quiconque étudie l’histoire du monde civilisé est frappé d’un fait universel: la direction imprimée à l’éducation nationale a toujours dépendu de l’idée que chaque peuple s’était formée de l’homme, de sa nature, de ses destinées.Pour les Athéniens, l’homme idéal, c’était celui en qui règne l’heureuse harmonie des qualités physiques et intellectuelles.De là les théories de Platon eL d’Aristote sur le développement parallèle de l’esprit et du corps; de là aussi dans toutes les écoles et chez tous les peuples de l’Attique, un goût très vif pour les jeux, les courses à pied et à (1) Mémorial de VEducatiom.(2) Cité par M.l’abbé Desrosiers: Les Ecoles Normales 'primaires de la Province de Québec, p.98. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 457 cheval, la gymnastique, uni à l’amour passionné du drame et de la comédie, et à une culture intense des belles-lettres et des beaux-arts.Aux yeux des Spartiates, au contraire, et aux yeux des premiers Romains, toujours en lutte pour la vie matérielle,la défense ou la conquête, l’idéal du citoyen vraiment utile à son pays, c’était le soldat plein de courage, vaillant, endurci à la fatigue, docile à la discipline.Aussi, à Sparte, comme à Rome,—l’époque de la royauté et de la république,— l’éducation populaire eut-elle pour but principal l’entraînement militaire, la formation éloignée des forces de terre et de mer nécessaires à la défense ou à l’agrandissement de la patrie.Mais, chose digne d’attention, dans l’éducation grecque et dans l’éducation romaine, les intérêts dominants furent les intérêts terrestres,—aucune trace sensible d’une pensée de l’au-delà.Et pourquoi ?C’est que dans la vie nationale des peuples de l’antiquité l’idée religieuse n’occupait en réalité qu’un rang secondaire; les dieux, extérieurement honorés, n’avaient ni le respect, ni la confiance populaires; les vraies destinées de l’homme créé pour l’autre vie étaient ignorées de la plupart des philosophes et des pédagogues, à plus forte raison, de la foule indifférente à tout ce qui ne lui -apportait pas la jouissance des seuls biens qu’elle convoitait, ceux du temps présent.Le christianisme est venu et tout changea.Le monde social prit une orientation nouvelle.A la cité humaine fut substituée la cité supra-terrestre, au polythéisme universel, la croyance à un seul Dieu créateur et maître de toutes choses, à la religion naturelle, une religion divine que le Verbe lui-même fait chair avait apportée à l’humanité afin de la regénérer et de la conduire à ses éternelles destinées.Jésus-Christ s’était affirmé comme le maître, non seulement des individus, mais encore des sociétés et des puissances séculières.Il avait fondé une Eglise chargée d’établir son règne sur la terre, de prêcher partout sa doctrine et sa morale; de les prêcher, du haut de la chaire sans doute, mais aussi dans les écoles, dans les académies et les universités que plus tard elle devait ouvrir.Il avait donné à cette société, parfaite et indépendante, le droit et lui avait imposé le devoir de veiller à ce que même dans les écoles, les académies et les universités établies par le pouvoir civil, sa doctrine et sa morale fussent expliquées aux fidèles qui les fréquenteraient, ou à ce que du moins rien de contraire n’y fût enseigné.Ces droits de l’Homme-Dieu, la société, devenue chrétienne, les reconnut, ces ordres divins, elle les respecta; des uns et des autres elle fit la base de sa nouvelle législation.On comprend que dès lors l’éducation publique dût prendre une direction toute différente de celle qu’elle avait eue jusque là.Son but fut désormais de former le citoyen sans doute, mais aussi et pardessus tout, le chrétien.Ne séparant pas les destinées de l’homme sur la terre de ses destinées futures, elle prépara l’enfant aux unes et aux autres avec un soin jaloux.Développer simultanément chez l’élève l’amour de son pays et l’amour de son Dieu; faire grandir en son âme, avide de toute vérité et de tout bien, les vertus civiques et les vertus chrétiennes; devint le suprême souci des éducateurs et des pédagogues catholiques.Vous avez là, en quelques lignes, la clef de l’histoire de l’éducation sociale en Europe, depuis Constantin jusqu’aux jours malheureux de la réforme protestante, et plus particulièrement de la révolution française.Les peuples arrachés, au XVIe siècle, à la foi catholique, ceux surtout en qui s’éteignit graduellement du XVIIIe au XXe siècle, toute croyance religieuse, commencèrent à considérer l’éducation à un point de vue tout différent.Ils résolurent de lui imprimer une direction conforme à la philosophie moderne.S’emparer de l’école, la soustraire à la surveillance de l’Eglise, la placer sous le contrôle absolu de l’Etat, en chasser tout enseignement religieux, y former des générations incroyantes, en donnant aux enfants comme maîtres des hommes sans foi et sans morale chrétiennes, fut le but avoué ou dissimulé, auquel tendirent, depuis la Réforme, tous les efforts du pouvoir séculier en plusieurs pays de l’Europe et de l’Amérique,—efforts sacrilèges couronnés hélas ! d’un succès dont nous ne connaissons que trop l’étendue.Nous devons déplorer le caractère d’impiété ou d’indifférence qui distingue cette pédagogie neutre ou sectaire de la pédagogie chrétienne, mais reconnaissons qu’elle est logique, et en conformité avec les idées philosophiques du jour.“A des psychologies diverses dans leurs conclusions”, a dit un auteur cependant hostile aux écoles confessionnelles, “correspondent des pédagogies différentes dans leurs prescriptions.“Un idéaliste ne raisonnera pas sur l’éducation comme un sensualiste.Il y a des erreurs ou des “ignorance^ psychologiques à la base de toute mauvaise méthode d’instruction ou d’éducation. 45§ L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE “Psychologie et pédagogie sont deux termes inséparables, comme principe et conséquence.La “diversité des conceptions morales sur le but de la vie a son contre-coup dans la direction de “l’éducation.Tout système de morale contient en germe une pédagogie propre et originale.Quel “changement de direction les éducateurs n’imprimeront-ils pas à leurs méthodes de discipline et “d’instruction suivant qu’ils croiront ou ne croiront pas à l’immortalité de l’âme ?Si les Pères de “l’Eglise et les utilitaires de notre siècle ont compris si différemment l’idéal de l’éducation, c’est “qu’ils ont eu de la destinée humaine des conceptions diamétralement opposées.De tout temps “la pédagogie a été la servante de la philosophie et lui a obéi dans ses variations”.(Gabriel Compayré Etude sur la pédagogie.) —Concluons donc de ces considérations générales combien nous avions raison d’affirmer que la seule pédagogie vraiment conforme à la mentalité religieuse de notre peuple, la seule vraiment propre à former des professeurs capables de préparer à notre province de Québec des générations fortes et croyantes où revivront intactes les traditions, les mœurs, les institutions nationales, c’est la pédagogie catholique, parce que seule l’école normale catholique respectera le droit de Jésus-Christ à être le vrai guide de l’intelligence et du cœur de notre jeunesse scolaire; seule elle conservera sa religion sainte à la base de notre système d’éducation primaire; seule elle assurera le triomphe final d’idées chères à nos vrais législateurs, au clergé, à la race canadienne-française.III Dès la prise de possession du nouveau diocèse de Joliette, je m’occupai, autant que me le-permirent les autres devoirs de ma charge, de ses diverses œuvres d’éducation: séminaire, académies commerciales, pensionnats de jeunes filles, écoles modèles et élémentaires.Je constatai avec joie que ces œuvres donnaient généralement satisfaction, grâce au zèle inlassable qu’avaient déployé, pour les soutenir et les développer, MM.les curés, ainsi que nos communautés religieuses.Je remarquai cependant, lors de mes visites pastorales, que l’instruction élémentaire n’était pas,, en plusieurs localités, dans les conditions requises pour être vraiment utile aux enfants et les mettre en état de faire plus tard bonne figure dans la société et d’y gagner honorablement leur vie.Les maîtresses ne manquent ni de bonne volonté, ni de zèle, ni de dévouement.La plupart d’entre elles possèdent les connaissances amplement suffisantes pour la nature de l’enseignement qu’elles ont à donner.Du reste, elles ont obtenu du bureau central des examinateurs catholiques un brevet de capacité leur permettant d’enseigner, au moins dans les écoles élémentaires.Il faut donc chercher ailleurs la cause véritable de l’infériorité relative de plusieurs des maîtresses laïques.Ce qui manque à ces chères institutrices, c’est l’entraînement, c’est la formation pédagogique, c’est la préparation sérieuse et pratique à l’exercice de leurs sublimes fonctions.L’Ecole normale est le seul moyen de rémédier à cette lacune regrettable.C’est pourquoi je fis, il y a trois ans, les premières démarches pour arriver à ce que je considérais comme le couronnement nécessaire de nos œuvres diocésaines d’éducation.Le 23 septembre, 1908, les membres du comité catholique du Conseil de l’Instruction publique recommandèrent à l’unanimité au gouvernement la fondation d’une ecole normale de jeunes fille à Johette.L’honorable Sir Lomer Gouin, premier ministre, en réponse à une lettre que je lui écrivais à ce sujet, en janvier, 1911, m’informa qu’il serait heureux d’accéder à mes désirs, si je trouvais une communauté qui voulut bien se charger d’établir cette école.Il est à remarquer, en effet, que le gouvernement provincial ne bâtit pas lui-même les écoles normales de jeunes filles, et qu’il n’en prend pas la responsabilité financière.Les frais de construction et d’ameublement qui s’élèvent à $50,000 ou $60,000,—l’entretien, les honoraires de tout le personnel laïc enseignant, y compris ceux du principal et du professeur laïc, les bourses de $24.00, au nombre de trente aux élèves-maîtresses, sont entièrement à la charge des directrices de ces institutions.Pour aider celles-ci à faire des déboursés aussi considérables, et à payer le capital au moyen d’annuité, le gouvernement leur alloue annuellement une somme totale de six mille dollars.On comprend qu’accepter dans ces conditions la régie des écoles normales, c’est de la part des communautés un acte de dévouement à notre éducation primaire.Je fis donc appel à l’esprit de sacrifice des Sœurs de la Congrégation Notre-Dame qui possèdent à Joliette même un pensionnat très prospère.Depuis plus de trois siècles, ces religieuses L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 459 enseignantes n’ont cessé de se dépenser pour faire des jeunes filles que les parents confient à leur direction des esprit cultivés, de saintes religieuses, des personnes du monde remarquables par leurs manières simples et distinguées, non moins que par leur vertu.Le conseil généralice répondit favorablement à ma demande.Il consentit à prêter la somme nécessaire pour construire la nouvelle école normale et à fournir le personnel d’élite qu’elle exigera.Je lui en exprime de nouveau publiquement ma très vive reconnaissance en mon nom et au nom de tout mon diocèse.Le 15 février 1911, le comité de l’honorable conseil exécutif adopta un rapport, approuvé, le lendemain, par l’administrateur de la Province, l’honorable Sir Amable Jetté, à l’effet de fonder à Joliette une école normale de jeunes filles et de la placer sous le contrôle administratif des Sœurs de la Congrégation de Notre-Dame.Le 12 octobre suivant, il nommait, sur recommandation du comité catholique du Conseil de l’Instruction publique, monsieur l’abbé Irénée Gervais, docteur en théologie, principal de la nouvelle école.Le conseil municipal de la ville de Joliette voulut bien donner lui-même une marque de haute sympathie à l’œuvre naissante, en faveur de laquelle j’avais versé, au nom du diocèse, une somme de $5,000.Il exempta, pendant vingt ans, le couvent de la Congrégation, de la taxe d’eau, et s’engagea à lui fournir, pour la même période, la lumière électrique jusqu’au montant maximum de $200.00 par année.Il ne me reste plus, chers collaborateurs, qu’à vous demander, ainsi qu’aux directrices de nos couvents, d’encourager notre école normale, et d’y diriger les jeunes filles qui ont l’intention de se vouer plus tard à l’enseignement.Il est à désirer que, dès l’automne prochain, on y compte une quarantaine d’élèves, c’est-à-dire une élève par paroisse en moyenne.La chose est facile à obtenir; et il y va de l’honneur de notre diocèse, de l’intérêt même des futures institutrices, suivant la remarque judicieuse que faisait à ce sujet Sa Grandeur Monseigneur Brunault, évêque de Nicolet: “Les diplômes accordés aujourd’hui par le Bureau central des examinateurs et par les écoles “normales ont apparemment la même valeur, puisqu’ils confèrent également le droit d’enseigner; “mais le jour n’est peut-être pas éloigné où il n’en sera plus de même et c’est ce que laisse entrevoir “le rapport de M.le Surintendant de l’instruction publique pour l’année 1907-1908; chose cer-“taine, c’est que les familles et les commissaires d’écoles tiendront de plus en plus à s’assurer les “services des institutrices les plus compétentes et que, par suite, celles qui auront été formées à “l’Ecole Normale ont déjà un avantage réel sur toutes les autres.Et cette remarque mérite “d’autant plus d’attirer l’attention des parents, comme des jeunes filles, que la carrière de l’ensei-“gnement dans nos campagnes et nos villages promet, à l’heure présente, de s’améliorer de jour “en jour et d’offrir sous peu un salaire qui la rendra plus attrayante et plus payante”.{Circulaire du 29 avril, 1909.) Vous trouverez, en appendice, les conditions d’admission à l’école normale de Joliette, dont l’ouverture aura lieu le 10 septembre prochain.Que les jeunes filles qui voudraient y être admises s’empressent de présenter leur demande au principal de l’Ecole, M.l’abbé Irénée Gervais, actuellement mon chancelier; il se fera un plaisir de leur donner les renseignement nécessaires.Qu’elles se rappellent qu’il y a 30 bourses de 24 dollars chacune mises par le gouvernement à la disposition des jeunes filles qui n’ont pas les moyens pécuniaires pour payer leur pension en entier.Ces bourses seront naturellement distribuées par ordre de demande et d’admission.Nous prions la Vierge Immaculée, que l’Eglise invoque sous le beau titre de “Sedes Sapientiæ”, de daigner prendre sous sa protection spéciale notre école normale, de bénir les sacrifices que tous nous nous sommes imposés pour la fonder à la gloire de son divin Fils Notre-Seigneur Jésus-Christ, à l’honneur de notre sainte religion, et afin d’assurer, dans une plus large mesure, le progrès de l’éducation chrétienne primaire en notre diocèse.La présente lettre sera lue, en une ou plusieurs fois, au prône des églises paroissiales et des chapelles publiques, ainsi qu’au chapitre dans les communautés religieuses de notre diocèse.Donné à Johette, en notre maison épiscopale, le 20 février, 1912, sous notre seing, le sceau de nos armes et le contre-seing de notre chancelier.Par mandement de Monseigneur, JOSEPH-ALFRED, Irénée Gervais, prêtre, • Evêque de Joliette.chancelier. 460 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE CHRONIQUE PEDAGOGIQUE Le Congrès de Nantes.—La Revue pédagogique du mois de janvier nous apporte le compte-rendu du septième congrès des associations professionnelles des instituteurs de France et des colonies.J’omets les couplets habituels sur les “calomnies” dirigées contre l’école laïque, “cette arche d’alliance chargée de conduire au port” les espérances et les destinées de la nation française.Inutile également de rappeler les “attaques systématiques” de ceux qui,—l’eussiez-vous cru ?—essaient infatigablement de donner le change au public en travestissant les idées, les sentiments, les tendances des instituteurs français.Ne retenons que les vœux relatifs à l’enseignement complémentaire de l’école.L’enseignement post-scolaire est un des problèmes qui passionnent partout l’opinion publique.Il est prospère en Allemagne et en Suisse; et c’est à lui qu’on attribue une part considérable du développement économique dans les pays du nord.Aussi bien en demande-t-on l’organisation.On veut compléter les connaissances générales acquises à l’école.Puis, des cours techniques spécialement appropriés aux besoins de la région et de la profession pour les jeunes gens des deux sexes devront être établis dans les diverses localités.On n’oubliera pas les cours d’enseignement ménager pour les jeunes filles.L’enseignement technique sera confié soit à des professeurs, soit à des ouvriers, des ingénieurs, des commerçants, des instituteurs.L’enseignement général sera donné par les membres de l’enseignement public dans des conditions que la loi déterminera.Chez nous, nous devons également favoriser l’éclosion des œuvres post-scolaires, et travailler à l’éducation professionnelle des adolescents, afin de fournir à nos industries nationales les éléments de production suffisamment instruits pour faire face aux concurrents étrangers.Exposition d’hygiène sociale de Dresde.Au moment où l’on parle beaucoup à Montréal de l’Exposition Socio-pédologique qui se tiendra au mois d’octobre prochain, je crois bon de souligner un article de M.Alfred Moulet sur l’Exposition internationale d’hygiène sociale de Dresde, qui s’est terminée au mois d’octobre dernier(1).Le but de cette exposition, c’était sans doute de promouvoir la diffusion des connaissances de l’hygiène dans le peuple lui-même, mais aussi d’adoucir la vie humaine “en rendant la société plus saine et plus prudente.” Nous ne nous promènerons pas à travers les 100 bâtiments répartis sur 325,000 mètres carrés, et dont un seul—l’Homme—occupe 6,000 mètres.On nous raconte pourtant que tout est arrangé “pour capter la pensée du visiteur, pour l’instruire pour modifier sa vie”.Les objets ont été choi- (1) Revue pédagogique, 15 janvier, 1912. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 461 sis avec soin et fournissent la matière à d’excellentes leçons de choses que des conférences vulgarisatrices rendent plus saillantes encore.Des savants et des professeurs se font un devoir de commenter la matière exposée: c’est une université populaire, dont l’horaire est bien réglé, où le plus cultivé des auditeurs trouve à s’instruire.Chaque jour, à heures fixes, et pas seulement à la “Halle populaire”, des projections cinématographiques présentent au visiteur l’existence des hommes et des peuple^ à l’école, à l’atelier, à l’usine, à la caserne, à l’hôpital, aux colonies et le convient au spectacle d’une activité à la fois éclairée, saine et joyeuse, dont il prendra le goût.Les sports et les jeux sur le bel emplacement aménagé tout exprès, les ébats réglés d’écoliers, de lycéens, de soldats vantent mieux que ne le feraient les meilleurs maîtres l’excellence de la culture physique.Nos organisateurs de l’Exposition Socio-pédologique liraient avec profit tout cet article.M.Moulet me permettra de le suivre dans son examen des questions qui concernent l’hygiène de l’enfance et de l’école.Volontiers encore je lui laisse la plume pour nous dire les efforts que l’on fait partout pour protéger les enfants en bas âge, pour assurer aux nourrissons un allaitement sain.La section allemande est ainsi divisée: Hygiène de la chambre de nourrissons malades, soins et alimentation ; protection du nourrisson, organisation philanthropique, conseils aux mères, crèches, service du lait, appareils stérilisateurs, statistiques de la mortalité enfântile; protection des orphelins; mortalité des nourrissons pendant l’été.La statistique y plaide à sa façon en faveur de l’allaitement maternel; elle compare la mortalité dans les grandes villes du monde et en classe les causes, etc.Voit-on tout le bénéfice que l’on pourra tirer de notre exposition future, si l’on sait profiter des travaux exposés ailleurs, et appliquer ici les méthodes auxquelles on a eu recours pour faire l’éducation populaire ?La section d’hygiène scolaire allemande mériterait une attention spéciale.La construction des bâtiments et l’organisation intérieure sont rationnelles; le progrès de l’aération, du chauffage central par radiateur, et de l’éclairage est général.Dans beaucoup d’écoles des grands centres, des bains-douches ont été installés.Le mobilier scolaire est perfectionné; les tableaux noirs sont pratiques, d’un entretien facile.etc.Espérons que nos compatriotes, qui viendront en foule à Montréal, développeront leur sens social et prendront plus profondément conscience des devoirs qui leur incombent relativement à leurs enfants.Congrès de V “American Physical Education Association ” Pendant trois jours, 22, 23, 24 février, l’Association américaine de culture physique a tenu ses assises à Montréal.C’était sa dix-neuvième convention, et pour la première fois on se réunissait au Canada.On admet 462 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE aujourd’hui bien facilement l’importance de la culture physique rationnelle.Nos jeunes n’ont plus comme jadis l’occasion de se former une musculature puissante par le rude travail en plein air.De plus, sur les bancs de l’école, ils sont exposés à contracter dans des positions défectueuses des défauts de tenue qui influent sur l’organisme.Tous admettent donc la nécessité des exercices raisonnés faits par un professeur qui a de la pédagogie et de l’expérience.Aussi bien les conférences furent suivies avec attention.Espérons qu’elles porteront leurs fruits.Il y eut de nombreux exercices pour démontrer que la pratique doit se joindre à la théorie.Notre Mont-Saint-Louis se tailla de beaux succès.Dans cette excellente maison d’éducation, sans jamais rien négliger des études, on trouve le moyen de façonner des êtres forts en qui domineront l’esprit de vaillance et de bravoure.U âme des enfants.L’éducation est une œuvre complexe.Il ne suffit pas de développer des muscles.On formerait un bel animal.Cultiver l’esprit seulement serait accomplir une œuvre incomplète.Il faut toujours faire marcher de front la culture morale avec la culture physique et la culture intellectuelle.C’est la grande préoccupation de tous les vrais éducateurs.Déjà on prépare un second congrès international pour l’enseignement de la morale.Sur ce terrain les théories les plus étranges ont cours.Une seule doctrine pourtant tient debout; c’est celle qui fait reposer tout l’édifice de la morale sur la religion.C’est ce que nous rappelle un article publié dans The Catholic Educational Review (livraison de février).M.Thomas Edward Shields, professeur de pédagogie à l’Université de Washington, examine, en commentant un travail de Cornelia Comer, les causes de démoralisation dans sa patrie.Le matérialisme y règne en souverain; et certes, le tableau des cinquante dernières années n’est pas flatteur.Pourtant, il n’y a pas d’espoir d’améliorer la condition de ceux qui ont grandi dans l’incrédulité, dans la corruption, dans la médiocrité.C’est alors que la pensée des réformateurs se tourne vers l’école.Niais le système des écoles publiques ne veut pas de l’enseignement de la religion.Ceux qui en ont été les fondateurs étaient des hommes religieux qui auraient été alarmés s’ils avaient pu prévoir les résultats que nous constatons aujourd’hui.Horace Mann, en particulier, ressentait vivement le besoin où l’on se trouvait alors d’un système d’écoles bien organisé.Il ne vit pas la possibilité d’enseigner la religion sans faire violence aux différences sectes qui se partageaient le sol américain.Il supprima donc ce cours à l’école et le laissa aux soins de la famille et des églises.Bientôt la religion devint un facteur négligeable dans la culture des âmes.La croyance à l’existence de l’âme et à son immortalité disparut rapidement; et le matérialisme avec toutes ses conséquences se .répandit parmi les enfants de la nation.Les connaissances humaines appre- L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 463 naient à se passer de Dieu Créateur et Rédempteur; et la révélation devenait inutile.L’Eglise catholique avait prévu ce résultat.Elle voulut parer aux difficultés en organisant ses écoles paroissiales au prix de quels sacrifices, nous le savons, puisque ses fidèles souvent pauvres et disséminés, doivent se taxer pour ouvrir des maisons d’éducation où l’enseignement religieux nst à l’honneur, tout en fournissant leur quote-part aux écoles publiques auxquelles leur conscience leur défendait d’envoyer leurs enfants.Il n’est pas sans intérêt de rappeler ces faits, au moment où des sectaires rétrogrades travaillent à établir chez nous des écoles neutres, qui ont fait faillite partout.M.Shields a raison de citer toute une page écrite par Bunker, surintendant des écoles de Berkeley, sur la coopération de l’Eglise et de l’école.“Le point de vue moderne de l’éducation démontre son unité.Ses parties constitutives sont intéressantes; mais si vous en enlevez une, elles cessent d’être animées.Il peut y avoir une culture physique, une culture intellectuelle, une culture religieuse; mais il ne peut y avoir aucune éducation véritable, si ces trois éléments ne s’y trouvent réunis.Eliminez l’un d’entre eux, et le progrès éducationnel devient faible; le tout court même le danger de perdre la vie.“Les écoles d’Amérique ont été organisées pour donner la culture intellectuelle; et elles s’acquittent bien de cette tâche.Dans ces dernières années, l’élan vers la culture physique a été merveilleux.Mais dans le domaine de la religion, l’Etat nous lie les mains.Cette portion importante d’une éducation bien équilibrée doit être confiée à d’autres agents.” Mais M.Bunker admet que l’on ne doit guère aujourd’hui compter sur les familles et que l’on ne peut forcer les gens d’aller aux églises.C’est donc à l’école de pourvoir au besoin religieux de l’individu aussi bien qu’à son développement physique et intellectuel.L’Etat, dans sa clairvoyance, devrait comprendre ces nécessités de l’heure présente, et laisser les parents et l’Eglise travailler à la culture des âmes et du caractère, en leur donnant la part du budget qui leur revient de droit pour cette œuvre civilisatrice entre toutes.* Abbe Philippe Perrier.NOTRE CONCOURS “Monographie de la paroisse de Saint-Casimir’’ Saint-Casimir de Portneuf, l’une des plus belles et des plus florissantes paroisses du comté, fondée en 1847, est agréablement située sur la rivière Sainte-Anne, - à quatre lieues de son embouchure dans le gigantesque fleuve Saint-Laurent. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Elle limite la partie sud du comté de Portneuf.De petites paroisses également florissantes, telles que Saint-Thuribe, Saint-Alban en ont été détachées, il y a plusieurs années.Les pittoresques montagnes des Laurentides, où l’on chasse les orignaux, les chevreuils, les ours et autres carnassiers, limitent notre paroisse avec celle de Saint-Ubalde, au nord; la paroisse des Grondines, l’une des plus anciennes de Québec, au sud-est; à l’est est la paroisse de Saint-Marc-des-Carrières ïï ® ,3—S-|8) a 3 fTa'fTa H * H0"0, a b « 8 8 |»l VILLA Ge VU UT«tvGOLLÈGE 'Meut rrrïjx rt> ¦ ;-C Plan AU VJtLA6e G\‘J)Z$$VLS L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 465 Saint-Casimir est un démembrement de la vieille paroisse de Sainte-Anne-de-la-Pérade.Son nom lui vient du notaire Casimir Dury, qui fit un don considérable en argent pour la construction de la nouvelle chapelle.Les premiers habitants de l’emplacement de notre paroisse étaient des sauvages; ils habitaient l’île connue sous le nom de “Ile-aux-Hurons”.La première chapelle fut bénite le 9 octobre 1847 par M.Thomas Larouche, premier curé; après la bénédiction, il offrit lui-même le saint sacrifice.Le 21 décembre de la même année, eut lieu la bénédiction d’une cloche, car on n’avait eu jusqu’alors aucun moyen d’appeler les fidèles aux offices divins.M.Jean-Noel Guertin qui était alors curé des Grondines et qui fut plus tard curé de Saint-Casimir, de 1851 à 1889, était présent.Le parrain et la marraine furent M.et Mme Casimir Dury.Ce n’est que le 3 décembre 1849 qu’on put se procurer une parcelle des ossements de saint Casimir.Notre paroisse est trop récente pour avoir des monuments historiques.La plus vieille bâtisse qui existe est construite en pierres, elle n’est plus habitée, elle se trouve située à une lieue de l’église, du côté nord de la rivière Sainte-Anne.A quatre milles du village est une curiosité rare assez, je veux parler d’une espèce de grotte, ou plutôt d’un ruisseau souterrain de six à sept arpents de longueur.Cette cavité a cinq pieds de largeur et à six de profondeur; creusée sans doute, par l’action prolongée de l’eau infiltrée dans une espèce de pierre, elle présente une tablette de pierre régulière de chaque côté.Ce phénomène extraordinaire est vulgairement appelé le trou du diable.Le plus beau monument de notre paroisse est sans contredit l’église.C’est la plus belle du comté de Portneuf, elle est construite en pierre et est située au centre du village, au côté nord de la rivière, en face d’un magnifique pont en fer, long de 380 pieds.Elle mesure 170 .pieds par 90, elle est surmontée de deux magnifiques clochers de 150 pieds, entre lesquels se trouve une belle statue bronzée de saint Casimir.L’intérieur est fini en style roman.Notre population était en 1909-1910 plus considérable qu’aujourd’hui.D’après le dernier recensement, il y a 3,030 âmes dans la paroisse.Il est parti 150 personnes pour aller tenter fortune dans les grandes villes, aux Etats-Unis et dans l’Ouest, et il est à peine venu une quarantaine de personnes se fixer dans la place.Il y a eu en 1911 moins de mariages, moins de sépultures et de baptêmes que l’année précédente.L'industrie du bois ne laisse point à désirer dans notre paroisse.Il y a une demi-douzaine de scieries.La compagnie Grandbois emploie deux cents ouvriers durant l’hiver à la coupe des 'billots.On fait environ 150,000 billots et tout ce bois est scié pendant l’été.On vend ce bois en trois formes différentes.Le bois sain est scié en bois.de construction. 4:66 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE les déchets sont transportés dans un autre moulin, et là on en fait des lattes.Les billots qui ne sont pas sains sont envoyés dans un moulin à écorcer, et sont coupés de longueur; tout ce bois ainsi préparé est en partie expédié aux Etats-Unis.Les deux fonderies sont très importantes; il a été fondu cette année plusieurs milliers de tonnes de fonte, qui ont servi à toutes sortes d’appareils.L’industrie laitière est très prospère ; il y a quatre fromageries ou beur-reries; durant une partie de la saison laitière, on fabrique du beurre et durant l’autre du fromage.Mais nous avons dans le village une beurrerie où on ne fabrique que du beurre pendant toute la saison.L’industrie agricole est considérable; chaque année le cultivateur redouble d’ardeur, travaille avec soin au défrichement et à l’amélioration de sa terre.Il y a aussi dans la paroisse un cercle agricole qui encourage et stimule le zèle des cultivateurs en les exhortant à mieux faire.Près de la chute, sur la rivière Blanche, se trouve le vieux moulin à farine où tous les cultivateurs des paroisses environnantes viennent faire moudre leur grain.Les moulins à bardeaux ne sont pas très nombreux, il n’y en a qu’un.Une manufacture d’allumettes a été en activité pendant quelque temps, mais elle est maintenant fermée.On fabrique aussi des boîtes à beurre.Nous sommes fiers de posséder l’inventeur d’une nouvelle presse avec foulon mécanique.Nous n’avons pas seulement que des usines à bois ou à fer, nous avons aussi une fabrique d’eau gazeuse, et grâce à sa bonne réputation, les propriétaires en font un grand commerce.Les voies de communication sont maintenant faciles.Nous avons le Grand Nord qui passe entre Québec et Montréal à un demi-mille du village, et nous aurons en plus, quand le pont de Québec sera fini, le Transcontinental qui doit nous offrir un service régulier en 1914.Avant la construction du Grand Nord, il fallait aller prendre le train aux Grondines à quatre milles d’ici pour aller à Québec ou à Montréal par le Pacifique Canadien.Nous avons des routes très bien entretenues qui nous conduisent à toutes les paroisses avoisinantes.Saint-Casimir possède encore un couvent fondé il y a vingt ans et dirigé par les révérendes Sœurs de la Providence, ainsi qu’un Collège bâti en 1908 et dirigé par les révérends Frères de l’Instruction chrétienne.Les élèves sont répartis en cinq classes; il y a en plus un cours commercial qui comprend les septième et huitième années.Octave Lachance, ¦ ;> A L I l;r:‘ Agé de 17 ans, élève de huitième année du cours de VAcadémie commerciale de Saint-Casimir. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 467 HYGIENE SOIGNONS NOS CHEVEUX On nous demande une recette efficace pour conserver les cheveux et les faire pousser.Nous commencerons par dire ceci: c’est qu’il faut non seulement que la tête soit tenue dans un état de grande propreté, mais prendre garde que des brosses sales, insuffisamment lavées ou nettoyées, ne viennent apporter dans la tête mille microbes malfaisants.Il est bien entendu que la brosse et le peigne sont des articles de toilette absolument personnels et qui ne doivent servir qu’à notre propre usage.Donc, premier point, des brosses propres, deuxième point, une tête propre.—L’usage de la brosse est très salutaire pourvu que l’on sache s’en servir; mais, peu de personnes savent l’utiliser avec profit.On brosse les cheveux dans une seule direction, dans le sens de leur longueur, et l’on ne s’avise pas de brosser la tête.C’est une erreur: c’est le cuir chevelu qu’il faut surtout soigner, pour en chasser les dangereuses et importunes pellicules.Il faut brosser fortement et longtemps.Le lavage de la tête, au savon, est excellent.Vous prenez du savon noir, vous en faites bouillir une livre dans trois chopines d’eau jusqu’à réduction à une chopine.11 se forme une purée onctueuse que vous passez et parfumez à votre goût; c’est le très simple shampooing des grands coiffeurs.Puis, vous frictionnez votre tête avec ce produit.Cela mousse merveilleusement.Vous frottez et refrottez vos cheveux, et lorsqu’ils sont nettoyés parfaitement, vous rincez à plusieurs eaux tièdes, jusqu’à ce que la dernière soit claire comme de l’eau de roche.Vous séchez avec une serviette chaude, et vous avez alors une tête admirable de propreté.C’est peu compliqué, et c’est très économique.Epointez vos cheveux au moins une fois par mois, et ayez soin de couper, entre les raies, les petits cheveux qui poussent, afin de les fortifier.Si vos cheveux sont trops secs et cassants, amollissez-les par une pommade, vaseline légèrement boriquée ou autre; s’ils sont trop gras, dessèchez-les en passant dessus un coton absorbant imbibé d’eau de Cologne.Nous insistons sur l’absolue nécessité de tenir propres, brosses et peignes.Lavez ces articles une fois (au moins) par semaine, dans une eau chaude dans laquelle vous aurez ajouté une matière insecticide, cette matière, quelle qu’elle soit, ne devra pas attaquer le poil de la brosse et le peigne.Il y a, dans les bonnes pharmacies, une foule d’excellentes préparations à cet usage.J.-G.PARADIS, M.D.Leçons d'anglais d'après la Méthode naturelle Nous reproduisons avec plaisir les lignes qui suivent du Bulletin des Etudes des Frères Maristes: “Un professeur intelligent nous communique ce qui suit: “Je dois vous dire que nous tirons un excellent parti des leçons d'anglais d'apres la méthode naturelle, publiées par J.Ahern dans L’Enseignement Primaire.Nous avons reproduit au vélographe les gravures de septembre, octobre, novembre, décembre, et en avons distribué une feuille à chacun de nos élèves.Ce procédé a donné les meilleurs résultats.La leçon d’anglais est une de celles que les enfants attendent avec le plus d’impatience et dans laquelle ils déploient la plus grande activité intellectuelle.Ayant l’image devant les yeux, ils répondent avec entrain aux questions qui leur sont posées.L’enseignement devient ainsi très intéressant et très profitable.“Cet ingénieux procédé mérite d’être signalé.Souhaitons qu’il se propage, et que dans toutes nos écoles, on tire le meilleur parti possible des excellentes leçons de M.J.Ahern dans L’Enseignement Primaire.” 468 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE DOCUMENTS OFFICIELS Premier Rapport de l'Inspecteur général des écoles catholiques de la Province de Québec Québec, 17 octobre, 1911.Monsieur le Surintendant, J’ai l’honneur de vous présenter mon premier rapport sur l’inspection générale des écoles catholiques de la province de Québec.Tout d’abord, qu’il me soit permis de dire combien j’apprécie l’honneur que le gouvernement m’a fait en m’appelant au poste de premier Inspecteur général.Aussi, c’est mon vif désir de répondre à la grande confiance que les autorités m’ont témoignée, en mettant tout mon zèle, toute ma santé et toute mon expérience au service de l’Instruction publique.Je ne puis taire non plus le chagrin que j’ai éprouvé en quittant l’Ecole normale Laval, mon Alma Mater, où pendant plus de vingt ans j’ai été professeur de pédagogie et de langue française.Il m’a fallu quitter là un supérieur vénéré et des confrères dont le dévouement et la loyauté m’ont toujours été acquis.Il m’a fallu aussi quitter l’enseignement actif, abandonner des élèves soumis, dociles et avides de s’instruire.M.le Surintendant, ma nomination, au poste d’Inspecteur-général, date du 5 janvier 1911.Je ne puis donc aujourd’hui vous rendre compte que sommairement de l’année scolaire 1910-1911.I L’INSPECTION PRIMAIRE DISTRICTS SCOLAIRES La province, au point de vue scolaire (1), est partagée en 39 districts, à la tête de chacun desquels est placé un inspecteur, qui est en rapport constant avec le Département de l’Instruction publique.Chaque district d’inspection comprend un certain nombre de municipalités scolaires, en moyenne 30 à 35.En 1909-10, il y avait 1197 municipalités scolaires organisées conformément à la loi.(2).Ces douze cents municipalités, en 1910-11, ont maintenu 5,548 écoles en activité, se répartissant comme suit : Ecoles primaires élémentaires, 4,996.Ecoles primaires intermédiaires, 479.Ecoles primaires supérieures, 73.En moyenne, chaque inspecteur visite 150 écoles; parfois, une seule école comprend plusieurs départements ou classes.Quelques inspecteurs ont au delà de 175 écoles comptant jusqu’à deux cent quatre-vingts classes.Aux 5,548 écoles primaires catholiques placées sous le contrôle des commissaires, il convient d’ajouter 311 écoles catholiques indépendantes: 48 élémentaires, 143 écoles intermédiaires, 120 supérieures.Les inspecteurs sont tenus de recueillir les statistiques de ces écoles.(1) Pour les catholiques.(2) Je donne ici la statistique de 1909-1910, car, à la date où je fais mon rapport, celle de 1910-11 n’est pas encore terminée.Environ vingt municipalités ont été érigées en 1910-11. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 469 340,024 élèves ont fréquenté les écoles sous contrôle et les écoles indépendantes catholiques: élèves des écoles élémentaires, 190,471; élèves des écoles intermédiaires, 101,377; élèves des écoles supérieures, 48,176.Augmentation du nombre d’élèves sur 1909-10: 10,149.VISITE DES ECOLES Toutes les écoles sous contrôle ont été visitées deux fois par les inspecteurs, à l’exception de celles de quelques municipalités.Les inspecteurs qui n’ont visité un certain nombre d’écoles qu’une fois ont fourni des explications au Département.Le grand nombre d’écoles à visiter, les longues distances à parcourir, la maladie et les mauvais chemins, voilà ce qui excuse certains inspecteurs de n’avoir pu visiter toutes leurs écoles deux fois durant l’année.ECOLES FERMEES Lors de la première visite, automne de 1910, les inspecteurs ont trouvé plusieurs écoles fermées, 205 pour toute la province.Le retard apporté dans la mise en activité de ces écoles provient: 1° du changement de l’époque des vacances dans certaines municipalités, changement non autorisé; 2° du peu de zèle que mettent plusieurs commissions scolaires à trouver des titulaires compétents; 3° de la rareté des institutrices dans certaines régions.Pour remédier à ce mal, il serait opportum: 1° de retenir les subventions du gouvernement aux municipalités scolaires qui enfreignent la loi quant à la date des vacances; 2° de faire perdre la prime spéciale à celles qui, par négligence, n’ouvrent pas leurs écoles dès le premier lundi de septembre; 3° de créer au Département de l’Instruction publique un bureau de renseignement où les commissions scolaires pourraient se procurer l’adresse d’instituteurs et d’institutrices brevetés et en disponibilité.CONFERENCE PEDAGOGIQUE A l’exception d’un seul, empêché par la maladie, tous les inspecteurs ont donné la conférence pédagogique au personnel enseignant de chaque municipalité.La conférence pédagogique suivant immédiatement la première visite, rend de réels services aux titulaires des écoles, si elle est bien faite.Comme la fréquentation scolaire dépend en partie des qualités professionnelles de l’instituteur, il importe que l’inspecteur profite de la première visite pour donner des conseils ad hoc et tracer la voie aux maîtres et maîtresses.Aussi, j’espère, Monsieur le Surintendant, que les inspecteurs tiendront compte de votre circulaire du 1er septembre dernier, et que pour aucune raison ils supprimeront la conférence dans une municipalité, à moins d’en avoir obtenu l’autorisation.LE BULLETIN D’iNSPECTION Par le bulletin d’inspection, les inspecteurs sont en relations constantes avec le Département de l’Instruction publique.Ils sont tenus, en vertu des Règlements refondus du Comité catholique, de transmettre au Surintendant les bulletins des écoles d’une municipalité dès que ’eur visite est terminée.Lorsqu’un bulletin d’inspection est plus de quinze jours en retard après la date de la dernière visite faite aux écoles d’une municipalité, l’inspecteur doit indiquer la cause de ce retard.Cette année, après avoir consulté plusieurs inspecteurs et avec votre approbation, M.le Surintendant, les bulletins ont été modifiés.Au heu de deux bulletins, contenant en une large mesure les mêmes questions et tableaux de renseignements, les inspecteurs ont reçu une formule de Rapport pour la première visite, et le Bulletin de la deuxième visite, qui diffère peu de l’ancien.Ici, qu’il me soit permis de remercier l’un des officiers les plus distingués du Département de l’Ins - 470 L'ENSEIGNEMENT PRIMAIRE t truction publique, M.Ant.Dessane, qui a bien voulu m’accorder le concours de sa longue expérience et de sa haute compétence.Par le rapport de la première visite, le Département est mis au courant, dans les quinze jours qui suivent le passage de l’inspecteur dans une municipalité, des progrès réalisés, des principaux défauts et lacunes constatés et les infractions à la loi dont la commission scolaire s’est rendue coupable.La copie des Observations aux Commissaires que l’inspecteur est tenu d’inclure dans le rapport de sa visite renseigne le Surintendant: 1° Sur l’enseignement des matières du cours d’études, 2° Sur l’emploi des livres de classe autorisés, 3° Sur l’usage des tableaux de l’emploi du temps, (L’inspecteur doit indiquer si le titulaire débute bien sur ces trois sujets.) 4° Sur le classement des élèves, 5° Sur les maisons d’écoles, 6° Sur le mobilier et autres fournitures d’école, 7° Sur les défauts sérieux qui peuvent exister dans la municipalité scolaire en général, dans les écoles en particulier, chez les instituteurs individuellemment, 8° Sur les moyens que la commission scolaire devrait prendre pour améliorer l’état de ses écoles.De plus, l’inspecteur doit indiquer la date et la durée de la visite de chaque école, là date, la durée (et le sujet traité) de chaque conférence pédagogique; il doit aussi donner la liste des instituteurs et des institutrices non diplômés et engagés sans l’autorisation du Surintendant.Enfin, dès la première visite d’automne, l’inspecteur est obligé de signaler au Surintendant, dans de brèves remarques appuyées sur des faits précis, les améhorations les plus urgentes aux maisons d’écoles et à leur mobilier, et de suggérer les moyens les plus efficaces à prendre pour les obtenir.Ainsi, dès que les rapports ou bulletins des inspecteurs arrivent à Québec, commence une correspondance suivie et au point avec les commissions scolaires, le personnel enseignant et l’inspecteur lui-même.C’est la vie scolaire qui, alimentée par l’inspecteur primaire, part du Département de l’Instruction publique pour se répandre par toute la province La nouvelle formule de la première visite d’automne oblige l’inspecteur à dire au Surintendant si le Département de l’Instruction publique doit intervenir auprès de la commission scolaire, OUI ou NON, et à préciser la nature de cette intervention.Cette responsabilité oblige l’inspecteur à observer judicieusement, à se documenter afin de ne pas garder un silence coupable ou induire I e Surintendant en erreur.Et ce dernier, étant informé des besoins ou des négligences des commissions scolaires, dès le début de l’année, peut, durant les mois qui précèdent les prochaines vacances d’été, exercer une influence salutaire dont les résultats se feront sentir l’année suivante Le bulletin de la deuxième visite se rapporte particulièrement aux statistiques, tout en consacrant plusieurs pages à l’état matériel de la maison d’école et de la salle de classe, au mobilier, à la tenue de la classe, au personnel enseignant, aux élèves, à la classification des municipalités scolaires par ordre de mérite.Dans ce bulletin, l’inspecteur doit encore, s’il y a lieu, aviser le Surintendant avant les vacances d’été.CLASSIFICATION DES MUNICIPALITES SCOLAIRES {Suggestion) Les inspecteurs, en vertu du paragraphe 15 de l’article 231 amendé des Règlements du Comité catholique, classent les municipalités scolaires de leur district respectif, par ordre de mérite.Il est accordé dix points pour chacun des sujets ci-dessous: Sujets se rapportant à la municipalité.1° Etat matériel des maisons d’écoles, 2° Etat du mobilier et des autres fournitures scolaires, L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 471 3° Taux de la cotisation scolaire par $100, 4° Traitement du personnel enseignant et mode de traitement, 5° Emploi des livres autorisés.Sujets se rapportant à l'école.1° Mise en opération du cours d’études, 2° Succès remportés dans l’enseignement.Je suggère, M.le Surintendant, que les points suivants se rapportant; a la municipalité entrent en ligne de compte pour la classification: 1° Institutrices diplômées, 2° Ouverture des classes.Il me semble que les municipalités qui n’engagent que des titulaires diplômés et dont toutes les écoles sont en activité dès le premier lundi de septembre, ne devraient pas être mises sur le même pied que celles qui ne se font pas scrupule de confier leurs écoles à des personnes non brevetées et d’ouvrir les classes plusieurs semaines après la date fixée par la loi.Maintenant, quelques inspecteurs pensent que le Taux de la cotisation foncière par $100 devrait être retranché du tableau de la classification, parce que, disent-ils, l’évaluation municipale ne donne pas toujours la valeur réelle des propriétés.Ainsi, telle municipalité, dont les contribuables paient 25 cts dans le cent piastres sur des biens évalués à leur pleine valeur, ont plus de mérite que telle autre où la cotisation est de 40 cts, et les propriétés évaluées à la moitié de la valeur réelle.Il y a du vrai dans cette théorie.Néanmoins, il importe de savoir quelles sont les municipalités qui s’imposent le plus de sacrifices pécuniaires pour soutenir leurs écoles.Et, malgré les défectuosités de l’évaluation municipale, c’est encore le taux de la cotisation scolaire qui est le meilleur critérium de renseignement.L’inspecteur, qui doit s’enquérir des faits sur place, peut facilement faire le départ entre l’évaluation municipale et la valeur réelle des propriétés.Une petite enquête fixera cet officier sans trop d’efforts sur le vrai mérite de telle localité, quant aux taux de la cotisation par $100.« PRIMES SPECIALES AUX MUNICIPALITES (Suggestion) Depuis 1905, sur la recommandation du Comité catholique, le gouvernement accorde chaque année des primes spéciales qui sont décernées aux cinq municipalités les plus méritantes de chaque district d’inspection.Ce concours entre les municipalités scolaires d’un district a pour objet les points suivants: 1.L’état matériel des maisons d’écoles, des dépendances et des emplacements; 2.L’état du mobilier; 3.Le prog ès des élèves; 4.Le chiffre du traitement annuel des instituteurs et des institutrices (à la condition que ce chiffre ne soit pas inférieur à $103); 5.L’observance des dispositions de la loi et des règlements scolaires, notamment les prescriptions de l’article 69 des Règlements refondus du Comité catholique (balayage, lavage et chauffage des classes).La prime spéciale est accordée aux municipalités d’après le rapport de l’inspecteur.Cette mesure a produit d’excellents résultats.Mais ne serait-il pas opportum d’ajouter aux conditions ci-dessus exigées des municipalités pour avoir droit à la prime, les suivantes: 1.N’engager que des institutrices diplômées; 2.Ouvrir toutes les classes le premier lundi de septembre, conformément aux reglements officiels; 3.Ne pas payer de traitement inférieur à $110.00.Afin d’exciter davantage l’émulation des municipalités, le chiffre et le nombre des primes spéciales devraient être augmentés. â72 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE LE MOUVEMENT SCOL h-IRE EN 1910-1911 Résumé du témoignage des Inspecteurs.Règle générale, la loi de l’Instruction publique est bien observée dans la plupart des municipalités.Il y a progrès constant dans l’amélioration des maisons d’écoles et l’achat de mobiliers perfectionnés.Les traitements augmentent chaque année, mais dans une trop minime mesure; c’est là l’un des points faibles qu’il convient de signaler.Les commissions scolaires hésitent encore à dépasser les chiffres par trop insuffisants de $100, $125, $150.La fréquentation scolaire dans les écoles sous contrôle, considérée au seul point de vue de la présence moyenne en classe, est très satisfaisante: elle varie de 75 à 80%.C’est une moyenne supérieure à celles de quelques pays où l’instruction est obligatoire.Mais la durée de la fréquentation scolaire (ou la scolarité) est trop courte.Peu d’élèves des écoles rurales, chez les garçons surtout, se rendent au cours intermédiaire (modèle).Le nombre de ceux qui atteignent les 7e et 8e année du cours primaire supérieur (académique) est infime.Il n’est que juste de reconnaître que, dans les différentes régions de la province, plusieurs centaines d’élèves, vers l’âge de 14 ou 15 ans, prennent le chemin du pensionnat pour y suivre un cours classique ou commercial.Voici quelques petits tableaux très intéressants que j’emprunte aux rapports de quelques inspecteurs : M.l’inspecteur Filteau(l): Nombre d’élèves: 5,560.Sur ce nombre d’élèves inscrits: 3,482 ont suivi le cours de 1ère année.1,567 U U U U “ 2e U 994 < i (( U (( “ 3e U 328 U U U U “ 4e U 101 U U (( U “ 5e U 65 (( U U {l “ 6e U 23 (( U U a “ 7e (( 0 U U (( u “ 8e U M.l’Inspecteur Longtin (2): L’inscription des élèves a été de 7,325, dont 3,930 garçons et 3,395 filles; la présence moyenne a été de 5,778, soit 78 pour cent.Sur ce nombre d’élèves inscrits: 2,828 ont suivi le cours de 1ère année.1,978 ( ( U U U “ 2e U 1,532 (i > ’ : ¦-«{.j .'V.V‘ I lîM, i fi 'mm* jgSsg^:- AI.—Oui, c’est très bien; il est probable que c’est cet avertissement qui l’a fait tomber en voulant se hâter de descendre.Que fait la petite Mariette ?François.—Elle pleure, et joint les mains devant le père Thomas.C’est comme si elle demandait pardon pour Paul.AI.—Oui, c’est bien cela.Et que direz-vous du chien ?Pierre.—AI., je crois qu’il voudrait bien tenir Paul; il se dresse contre l’arbre et montre les dents.Paul est dans une mauvaise position. 480 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE M.—Pensez-vous qu’il ne l’a pas mérité.Pierre.—Oh, monsieur, il l’a bien mérité; mais il doit avoir regret de ce qu’il a fait.M.—Vous avez raison, et je crois que le père Thomas écoutera là petite Mariette et qu’il pardonnera au pauvre Paul qui n’aura plus envie de faire le maraudeur.Maintenant, mes enfants, je vais vous donner pour devoir de raconter par écrit ce que vous venez de voir.Vous vous imaginerez que vous avez l’image sous les yeux et vous écrirez à un de vos amis ce que vous voyez.Pour vous faciliter la tâche je vais vous donner un petit canevas que vous allez prendre par écrit.Canevas.—Lieu et date.—début de la lettre—lieu de la scène— nature et position des personnages—pommier—Paul est monté—pourquoi ?—Ce que fait Jules, le père Thomas, Mariette, le chien—Malheureuse position de Paul.—Ce qu’il pense alors de son acte.—Pardon probable— bonne résolution pour l’avenir—le souvenir aidera à la garder.—Réflexion finale, saluts et conclusion— Nous donnons à la suite deux textes pour les cours élémentaire et intermédiaire.Ces textes ne seront pas lus aux élèves avant leur devoir, mais après; ils ne sont là que pour donner une idée de ce que les enfants pourront à peu près faire, après avoir bien compris le fait devant l’image.I.Cours Elémentaire.{Lieu), (date) Mon cher ami, Je veux te dire en quelques mots ce que je vois sur une image que j’ai là sous les yeux.Je pense que cela te fera plaisir.Paul est allé avec Jules et la petite Mariette, dans le verger du père Thomas, pour goûter les belles pommes.Paul est monté dans l’arbre, mais le pied lui a manqué, et il est resté accroché par sa blouse.Il est là, suspendu, les jambes et les bras pendants, sans pouvoir se déprendre.Le père Thomas est accouru avec un bâton pour corriger les petits maraudeurs.Jules avertit Paul et lui montre le père Thomas en colère.Mais la petite Mariette joint ses petites mains et, en pleurant, elle prie le père Thomas de ne pas battre le pauvre Paul.Le chien du père Thomas est dressé contre l’arbre et voudrait tenir Paul qui a grand’peur et promet qu’il ne le fera plus.Quand tu auras quelque chose d’intéressant, fais comme moi, prends la plume et écris-moi quelques mots; tu feras plaisir à Ton ami sincère Joseph B.Cette lettre n’est évidemment qu’une énumération, une suite de phrases toute sèche; on ne peut pas exiger davantage, je crois, au cours élémentaire pour le grand nombre des- élèves.Mais on a déjà obtenu beaucoup, si L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 481 l’on est parvenu à faire exprimer clairement et correctement par les enfants, ce qu’ils ont vu et compris.Au cours intermédiaire, le style sera un peu plus vivant, on sentira plus d’aisance et de facilité.IL Cours intermediaire.{Lieu) {date) Mon cher ami, Je pense que je vais te faire plaisir et t’intéresser en te disant ce que je vois sur une image que j’ai là sous les yeux.C’est un coin du verger du père Thomas.Dans le grand pommier, près de la clôture, le petit Paul a grimpé avec l’aide de Jules qui l’a poussé jusqu’à la première branche.Pendant que Paul était à commencer sa cueillette, Jules a aperçu le père Thomas armé d’un bâton; il en avertit Paul qui se hâte de descendre.Malheureusement dans son empressement le pied lui a manqué et en tombant, il est resté accroché par sa blouse, et le voilà jambes et bras pendants, suspendu dans l’espace sans pouvoir se déprendre.Jules est en bas, les bras élevés; il est très inquiet et ne peut rien pour aider Paul.Le père Thomas approche avec son bâton; le gros chien est déjà rendu, il se dresse contre l’arbre et voudrait bien tenir le petit voleur auquel il montre des dents menaçantes.Mais la petite Mariette, les larmes aux yeux et les mains jointes, implore la pitié du père Thomas et le supplie de ne pas mettre à exécution le dessin qu’il a de donner une bonne correction au voleur de pommes.Il est bien probable que Paul regrette sa faute et qu’il se souviendra de l’aventure pour résister, à l’avenir, lorsqu’il sera tenté de faire le maraudeur.J’espère, mon cher ami, que ma petite description te fait voir l’image comme je la vois; je la conserve pour te la montrer quand tu viendras me voir.En attendant ce plaisir, quand tu auras quelque chose d’intéressant, prends la plume et fais comme moi, car tout ce qui t’intéresse, intéresse aussi celui qui se dit Ton ami sincère et dévoué Pierre M.Le Cours supérieur pourrait faire encore mieux.Il pourrait, tout en traitant le sujet, faire un peu de critique de l’image dans laquelle le pommier ne ressemble pas à un pommier, dans laquelle rien ne représente l’horizon, ni le moindre petit nuage, etc.Rien comme une image, n’est propre à remplacer la nature elle-même, pour provoquer l’esprit d’observation des élèves, leur suggérer des idées et des réflexions et par là même les disposer à parler ou à écrire (ce qui doit être tout un) avec facilité et succès.H.NANSOT, Insy.d’écoles. 482 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Leçon d'anglais D’apres la Méthode naturelle 1.Whom do you see in the picture ?In the picture I see a woman.2.Is she sitting or standing ?She is standing.3.In front of her, what is there ?In front of her there is a table.4.How much of the table can you see ?I can see the top, a part of the frame, and parts of three legs of the table.5.What is on the table?On the table there is a bake-board, probably a marble slate, and a bowl.6.What do you see on the bake-board ?On the bake-board, I see a roll of paste and a rolling pin.7.What is paste composed of ?Paste is composed of flour and butter, in equal or almost equal parts, moistened with yolk of egg and a little water.8.How is flour made ?It is made by first grinding wheat, corn or some other cereal down fine, then by passing or bolting the ground wheat through several silk cloths of different degrees of fineness.9.What are the silk cloths through which the ground wheat is passed, bolted or sifted called ?They are called bolting cloths.10.Around the picture what is there?There is an ornamental frame or border around the picture.11.Of what is the ormental border made?It is made of stalks and ears of corn {not Indian corn).12.In what is paste used ?It is used in the making of all kinds of pastry: pies, tarts, tartelets, etc.13.The paste used in the making of bread is called what?It is called dough.14.What is dough ?It is a mass of flour, moistened, mixed with a little yeast, and kneaded.15.What is a rolling-pin ?It is a round piece of wood, (or better still) a cylindrical piece of wood, with a handle at each end.16.For what is it used ?It is used to mix the flour and butter as completely as possible and to reduce the paste of dough to the required thickness • 17.How is it used ?The person using a rolling-pin holds a handle in each hand and rolls the pin over the paste several times, then folds the layer of paste and begins anew.18.What is in the bowl ?Or, In the bowl what is there ?There is a kitchen spoon and a mixture of flour, water, and eggs in the bowl.Or, In the bowl there is a kitchen spoon and a mixture of flour, water, and eggs.19.What has the woman in her left hand?Or, In her left hand what has the woman ?She has a pie-dish in her left hand.Or, In her left hand she has a pie-dish. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE '^mmM AW#/4t ÿfflM rtffffflïïfâÇ: •fftrrTTf&fflffi/Bi SSmZ.^ „t ijé!î -mm WM, //, '' ^.; TSMJj'Vï'jr Wfàtié&fe ¦ ¦¦ ¦¦ ¦ ¦¦,.¦¦¦¦ .-; - .vo MM .¦¦«: l'AV.i jiSirK fS ’•mw/.y/t : /vi-ÿÿ.:; 7- ; ._-.'::.;y y':' 484 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 20.In the pie-dish what has the woman put ?She has put a layer of paste in the pie-dish.Or, In the pie-dish she has put a layer of paste.21.What part of the pie-dish is covered by the layer of paste ?The whole of the inside of the pie-dish is covered by the layer of paste.22.What are the different parts of the inside of the pie-dish ?Or, The different parts of the inside of the pie-dish are what ?The different parts of the inside of the pie-dish are the bottom, the sides and the shoulder.23.Where is the woman’s left hand ?It is under the pie-dish.24.What has she in her right hand ?She has a knife in her right hand.Or, In her right hand she has a knife.25.What is she doing with the knife ?She is trimming or cutting off the part of the layer which comes beyond the shoulder of the pie-dish.26.Is she attentive to her work?Yes, she is very attentive to her work.27.Is she minding what she is doing ?Yes, she is minding what she is doing.28.At what is she looking ?Or, What is she looking at ?She is looking at the knife as she trims off the surplus paste.29.Does she appear interested in what she is doing?Yes, she appears very much interested in what she is doing.30.How do you know that she is interested in her work ?I know that she is interested in her work by the expression of her face.31.When she has cut off the surplus paste what will she do?When she has cut off the surplus paste, she will fill the paste lined dish with jam of some kind or apples.32.What is jam ?Jam is fruit of some kind, such as peaches, pears, plums, strawberries, raspberries, black currants, etc., preserved in sugar.33.How is jam made?Jam is made by slowly boiling the fruit in an equal weight of sugar.34.What is the heart of an apple sometimes called ?The heart of an apple is sometimes called the core.35.If she uses apples for the pie, will she fill the dish with whole apples?No, she will peel the apples, cut them into pieces, and take out the cores first.36.What is the core of an apple ?It is the heart, the part in which the pips or seeds are.37.When she has filled the pie-dish with jam or apples, what will the woman do?When she has filled the pie-dish with jam or apples, she will cover the contents with a layer of paste.39.What will she then do ?She will carefully trim the edge of the upper layer of paste in such a way that the edges of the two layers shall overlap or fit exactly one over the other.40.After the upper layer of paste has been trimmed, what will the woman do ?She will put the pie-dish with the pie in it into an oven. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 485 41.Why will she put the pie-dish into an oven?She will put the pie-dish into an oven to bake the pie.42.When the jam or apples, in a pie-dish, are covered only with strips of paste placed crosswise so as to form a lattice or grating, what do you call the contents of the pie-dish ?When the jam or apples are covered only with strips of paste, I call the contents of the dish a tart.43.What is a little tart called ?A little tart is called a tartlet.44.What has the woman on over her gown ?She has an overall kitchen apron.45.Why does she wear an apron over her gown?She wears an apron over her gown to protect it from stains.46.On the floor in front of the table what is there ?On the floor in front of the table there is a large bag of flour.47.Does the bag of flour hide any part of the table?Yes the bag hides the greater part of two legs of the table.48.What is the bag made of ?Or, Of what is the bag made ?It is made of coarse strong cotton (cloth).49.How was the bag made?First the cotton was carefully folded into two equal parts; the edges were sewed together at the sides and the bag was ready to be filled.50.With what was the bag filled ?It was filled with flour.51.With what kind of flour was the bag filled?It was filled with Occident Flour.52.How do you know that it was filled with Occident Flour ?I don’t know it, but I suppose it because the words Occident Flour are printed on the bag.53.What is Occident Flour ?I suppose it is flour made by the Occident Milling Company.52.Is it good flour ?I don’t know anything about it.53.Is it a Canadian flour?No, it is an American flour.54.Where does it come from?It comes from North Dakota.55.How do you know that it comes from North Dakota ?I suppose it comes from North Dakota because these words are printed on the bag.56.From what part of Canada does the flour used in Canada principally come ?The flour used in Canada comes principally from Manitoba.59.After the bag was filled what was done?After the bag was filled the top was sewn up and the top corners were tied.60.What do the corners look like ?They look like rabbits’ ears.61.Is there any advantage in fastening the corners in this way?Yes, there is an advantage in fastening the corners in this way.62.What is the advantage?It is that the ears formed by the corners may be used as handles in lifting and carrying the bag.JOHN AHERN. 486 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE ENSEIGNEMENT PRATIQUE Instruction religieuse LA TRES SAINTE MESSE CHAPITRE DEUXIEME Les Causes qui Dispensent de la Messe Q.Sommes-nous parfois dispensés d’aller à la messe les dimanches et les fêtes d’obligation ?R.Oui, nous sommes parfois dipensés par des causes légitimes d’aller à la messe les dimanches et fêtes d’obligation.Ex.Le précepte de la messe, comme toutes les lois positives, n’oblige pas quand il doit résulter de son accomplissement un dommage grave, ou quand il y a une impossibilité physique ou morale.Le précepte du jeûne, par exemple, n’oblige pas les malades, les femmes enceintes ou ceux qui se livrent à de pénibles travaux.Q.Quelles sont les causes les plus ordinaires qui dispensent d’aller à la messe ?R.Ces causes sont la maladie, le soin des malades, la distance, les voyages, la garde des enfants et certaines charges qui nécessitent le travail du dimanche.Q.Quels sont les malades dispensés d’aller à la messe ?R.Les malades proprement dits, les infirmes et les convalescents.Q.Le soin et la garde des enfants dispensent-ils toujours de Vassistance à la messe ?R.Le soin et la garde des enfants ne dispensent pas les personnes qui peuvent se faire commodément remplacer.Ex.Quand il y a plusieurs messes, il est généralement facile à une mère de famille, qui a de jeunes infants, de se faire remplacer chaque dimanche, surtout s’il y a des grandes personnes à la maison.Quand il n’y a qu’une seule messe et que la mère est seule avec son mari, ce dernier ne doit pas se considérer absolument exempt du soin des enfants.Il doit donner à sa femme l’avantage d’aller à la messe de temps en temps, même tous les quinze jours.Car la messe est non seulement un précepte, mais encore un puissant moyen de salut.Q.Les personnes qui vivent à une grande distance de l’église sont-elles obligées d’assister à la messe ?R.Non.Ces personnes sont généralement dispensées d’une telle obligation, à raison des grandes difficultés qu’elles éprouvent à se rendre à l’église.Q.Quelle est la distance jugée suffisante pour dispenser de la messe d’obligation f R.Trois milles, disent quelques théologiens; cinq, six et même dix milles, disant les autres.Ex.Il est difficile et même impossible de fixer d’une manière absolue la distance qui peut empêcher les gens de bonne volonté d’aller à la messe.Line foule de circonstances peuvent accroître ou diminuer les difficultés de la route.Cette distance qui dispense de la messe doit être évidemment moindre pour les vieillards, les femmes, les personnes faibles, pendant la saison d’hiver, par un temps pluvieux, etc.Elle doit être plus considérable pour ceux qui ont chevaux et voitures, automobiles, ou qui sont sur le parcours des voies électriques.Q.Quels sont les voyages qui dispensent de la messe ?R.Ceux qui mettent dans l’impossibilité d’assister à la messe, comme les voyages sur mer; ceux qui l’on ne peut discontinuer sans inconvénients graves; ceux même que l’on entreprend pour des raisons légitimes en pays où il n’y a pas d’églises.Q.Qui sont ceux qui, par leurs charges, sont dispensés de la messe f R.Les militaires, en temps de guerre ou de grandes manœuvres, les gardiens de maisons ou de troupeaux, ceux qui sont chargés des hauts fourneaux ou de quelques opérations qu’on ne peut discontinuer le dimanche, certains employés de chemin de fer et, en général, tous ceux qui sont obligés de travailler le dimanche ou les fêtes, à l’heure des messes, sous peine de perdre leur emploi.D.-M.-A.Magnan, Etre. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 487 LANGUE FRANÇAISE COURS ELEMENTAIRE Orthographe, Grammaire et Vocabulaire Dictées i Les parties de la tete La figure, la face, le visage, le front, les cheveux, les tempes, les oreilles, l’œil, les yeux, les cils, le nez, les narines, les joues, la bouche, la lèvre supérieure, la lèvre inférieure, la langue, les dents, les gencives, le menton, la moustache, la barbe Exercices.—1.Faire des phrases et y employer les noms de la dictée.—1.Le vent nous glaçait la figure.—2.On cracha à la face de Jésus.—3.Son visage est rouge.—4.Jules a le front fuyant; ses cheveux lui couvrent la tempe et lui cachent les oreilles.—5.On cligne l’œil, on ferme les yeux.Céline a les cils noirs.Evitez de vous gratter le nez et de mettre le doigt dans les narines.IL Relever ces phrases sur le cahier.II Les transformations de l’eau Les brouillards, la vapeur, les nuages, la pluie, la neige, la grêle, c’est toujours de l’eau qui monte dans l’air, qui y reste ou qui en tombe; de l’eau en gouttelettes très ténues, visibles dans l’air, sous la forme de brouillard; de l’eau tellement dilatée dans l’air qu’elle devient invisible sous Informe de vapeur; de l’eau en goutelettes redevenues visibles sous la forme de nu ages.h Puis, quand après être ainsi montée et restée dans l’air, l’eau en redescend, elle redescend en gouttes liquides, sous la forme de pluie; en flocons légers, sous la forme de neige; en grains durs et pesants, sous la forme de grêle.Idee.—Montrer les différentes transformations de l’eau.Ses trois états.Vocabulaire.—Remarquer la terminaison ard du mot brouillard; de même on écrit: brancard, placard, dard, étendard, regard, etc.— Dicter des mots terminés par art, comme écart, part, rempart, départ, quart.—Dérivés de air, homonymes: aire, ère, haire, hère.—Gouttelette est le diminutif de goutte.—Ténue: fort mince.— contraire: condensé.—Invisible: décomposer ce mot en ces éléments.—Flocon: paronyme flacon.—Grêle: homonyme: adj.grêle, long et mince.Gramm aire.—Relever les verbes par ordre de conjugaison.—Distinguer les propositions complétives dans la dictée.(On appelle proposition complétive, celle qui remplit la fonction de complément.) Récitation L’enfant et l’oiseau L’enfant Petit oiseau, viens avec moi, Vois la cage si bien posée, Les fruits que j’ai cueillis pour toi, Les fleurs humides de rosée.L’oiseau Petit enfant, je vis heureux.Rester libre est ma seule envie; Mon humble nid me plait bien mieux Que la cage la plus jolie.Dévoilé.Exercice oral.—Que vient-on de vous lire ?—Une conversation ou un dialogue entre un enfant et un oiseau.—Est-ce une histoire vraie ?—Non, monsieur.—Pourquoi ?—Parce que cela n’est pas arrivé et ne peut pas arriver.— Pourquoi cela ne peut-il pas arriver ?—Parce que l’oiseau ne parle pas le langage de l’homme.—Que dit l’enfant à l’oiseau?—Que répond l’oiseau à l’enfant ?—Si l’oiseau pouvait parler réellement, vous semble-t-il qu’il répondrait ainsi?—Croyez-vous que les oiseaux aiment les cages ?—Les enfants ont-ils le droit de dénicher les oiseaux ?Rédaction Le jour et la nuit I.Le jour commence à l’aurore, un peu avant le lever du soleil, et se termine par le crépuscule, quelque temps après son coucher. 488 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE On ne peut fixer d’heure exacte, car tous les jours ne sont pas d’égale durée.En hiver, ils sont plus courts; en été, plus longs.A partir du 21 décembre, ils vont en augmentant jusqu’au 21 juin, après quoi ils diminuent.Quelle que soit leur durée, notre devoir est de bien les employer par le travail, la prière, les bonnes œuvres et de n’en pas gaspiller une minute inutilement.La journée est aussi coupée par les repas et des récréations raisonnables.Un bon chrétien offre avec soin toutes ses actions à Dieu afin de les rendre méritoires pour le ciel.2.La nuit est le temps du repos.On l’emploie à dormir.Le sommeil nous délasse et répare les forces dépensées dans la journée.Le vrai moyen de se procurer un bon sommeil, c’est de bien remplir son devoir durant le jour et de faire le plus possible de bonnes actions Questionnaire.—I.Quand commence le jour?—Quand finit-il?—Les jours ont-ils toujours la même longueur?Que fait-on pendant le jour?II.Que fait-on pendant la nuit ?Canevas.—Le jour commence quand.il finit au.Les jours n’ont pas tous la même longueur.Us augmentent à partir du.et diminuent.—Pendant le jour, on travaille, on prie, on s’occupe;—la nuit, on dort.COURS MOYEN Elocution, Orthographe et Grammaire Dictées i Pour les petits oiseaux J’ai vu, dans ma paroisse (et j’espère que la chose est pratiquée ailleurs), des agriculteurs qui avaient reconnu les bons services que leur avaient rendus les petits oiseaux, leur jeter, lorsque la terre était gelée, et qu’ils ne trouvaient plus à se nourrir, du pain, de grandes poignées de grain.On les a raillés, on les a traités de prodigues, on a dit qu’ils gaspillaient leur blé ! Ce n’est pas mon avis.Je pense qu’ils ont agi sagement et seront largement récompensés de la dépense minime qu’ils ont faite pour se conserver d’utiles auxiliaires.EXERCICES 1° Analyser oralement tous les participes soulignés.2° Faire copier dix phrases renfermant un participe conjugué avec avoir et suivi de son complément {invariable en ce cas); conjuguer, à cette occasion, les temps composés d’un verbe actif de chaque conjugaison: J’avais trouvé ma balle, tu aurais su ta leçon, etc.Recopier les mêmes phrases en faisant précéder le verbe du complément: Ma balle, je l’ai trouvée; ta leçon, tu l’aurais sue, etc.La Charité n’appauvrit jamais Connaissez-vous beaucoup de personnes qui soient devenues pauvres pour avoir trop secouru les nécessiteux?Vous n’en connaissez aucune; il n’y en a point.Ne pourriez-vous pas, au contraire, signaler plusieurs familles qui vivent aujourd’hui dans une certaine aisance et qui sont redevables de leur bien-être à l’abondance de leurs aumônes?C’est Dieu qui les a visiblement bénies; il a accompli de cette manière la promesse qu’il à faite lui-même: “Donnez et l’on vous donnera; on versera dans votre sein une mesure pressée, entassée, débordante; car on se servira pour vous de la même mesure dont vous aurez usé pour les autres.” Explications et exercices.—qui soient devenues: quel mode et quel temps ?Subjonctif passé, justifiez l’accord de devenues: auxiliaire avoir, accord avec le sujet qui dont l’antécédent est personnes féminin pluriel.— secouru: pourquoi invariable?auxiliaire avoir et complément direct placé après.—nécessiteux: donnez un autre mot équivalent: malheureux, pauvres, indigents.—il n’y en a point: dites la même chose sans employer l’impersonnel: Aucune n’existe, ou bien de telles personnes n’existent pas.—au contraire: nature de ce mot ?un adverbe ou locution adverbiale; en un seul mot on dirait contrairement.— signaler: indiquer les signes qui font connaître; le nom de la personne est le signe ordinaire.Remplacer signaler par un autre mot: nommer, désigner, indiquer.—vivent: donnez le L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 489 passé défini: je vécus, tu vécus, etc.; le futur simple?je vivrai, tu vivras, et non virerai, vireras, etc.; le conditionnel présent?je vivrais, nous vivrions, etc.et non virerais, virerions, etc.—certaine: la nature de ce mot ?placé avant le nom il est adjectif indéfini, il n’exprime que l’idée vague de quelconque; placé après, il indiquerait la certitude'et serait adjectif qualificatif.—leurs: à quel possesseur nous reporte cet adjectif?' à familles remplacé par qui.—bénies: on veut dire ici quelles ont reçu des biens; il ne s’agit pas d’une consécration avec prières spéciales, comme dans pain bénit, eau bénite, cierges bénits, etc.—fait(x~ complément direct-çw’ (que) dont l’antécédent est promesse et qui est placé avant le participe.—se servira: donnez le présent de l’indicatif: je me sers, tu te sers, il se sert, nous nous servons, etc.; le passé indéfini?je me suis servi (ou servie), nous nous sommes servis (ou servies) etc.-—vous aurez usé: exprimez autrement : vous vous serez servis.Récitation Le groseillier Dans une haie, au bord d’un grand chemin, Un groseilher croissait, sans soins et sans culture; A peine montrait-il quelque peu de verdure; Mais pour du fruit, pas plus que sur la main.Un jardinier le vit, le mit dans son jardin, Dont la terre était préparée; Taille, labours, engrais, et tout ce qui s’ensuit, Rien ne fut épargné; dès la première année, Le groseillier fut tout couvert de fruit.Vitalis.EXPLICATIONS 1.Croissait: imparfait de l’indicatif du verbe croître, pousser, grandir.—Le fait de croître est la croissance.2.Pas plus que sur la main: pas du tout, rien.3.Taille: substantif féminin, désigne l’action de tailler les arbres ou arbustes pour les empêcher de pousser tout en bois et les obliger à donner plus de fruits.4.Labours: opérations consistant à retourner la terre avec la bêche ou la charrue pour la rendre plus propre à nourrir les plantes.5.Engrais: substances minérales ou végétales contenant les principes nécessaires aux plantes.6.Epargné: ménagé, employé avec réserve.* * * Cette fable est transparente.Elle fait voir dans le groseillier un jeune enfant qu’on aurait d’abord laissé sans éducation, mais dont un maître se serait ensuite occupé avec soin pour développer son esprit et son cœur.L’éducation est la culture de l’âme; sans elle, les facultés que Dieu met en nous demeureraient à peu près stériles et ne porteraient jamais ces beaux fruits qui sont les pensées et les sentiments.L’enfant grandirait sans doute, mais il ne ferait qu’un sauvage, incapable de raisonner et d’inventer, à peine supérieur aux animaux.—Voyez, d’après cela, ce que vous devez aux bons jardiniers qui vous élèvent et vous nourrissent de la religion et de la science, c’est-à-dire à vos parents et à vos maîtres.Rédaction L’Ecole I.Pourquoi vos parents vous envoient-ils à l’école?—IL Quels devoirs devez-vous y pratiquer?—III.Expliquez ce que vous entendez par ces devoirs.DEVELOPPEMENT I.—Vite, vite, à l’école ! me dit chaque matin ma chère maman.Et, après avoir reçu d’elle un bon baiser, je pars joyeusement.Pourquoi donc ma mère m’envoie-t-elle ainsi tous les jours, tandis que, à la maison, elle aurait si souvent besoin de mon aide, soit pour faire les commissions, soit pour garder mes petits frères ?C’est qu’elle veut que je reçoive une bonne instruction primaire, que j’apprenne à lire, à écrire, à compter, afin de me tirer d’affaires plus facilement quand je serai grand.L’étude développe toutes nos facultés, orne notre mémoire de connaissances utiles et agréables; jointe à l’éducation bien chrétienne, elle améliore le cœur et le porte à la vertu.II.—Et puis, l’école est un peu l’image de la société; en y pratiquant bienNes devoirs 490 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE d’écolier, envers le maître, envers soi-même et envers ses camarades, on apprend à devenir un honnête citoyen.III-—Je dois d’abord respecter mon maître, l’aimer, lui obéir, être reconnaissant envers lui, car il représente l’autorité comme mes parents dont il est le mandataire.Il dépense à m’instruire son intelligence, sa santé, ses forces; son dévouement est de tous les instants, quelle ingratitude si je n’avais pas à son égard les sentiments d’une sincère affection ! Je dois répondre à sa sollicitude en employant toute ma bonne volonté, tous mes soins à profiter de ses conseils, de ses leçons.D’ailleurs agir autrement, ce serait méconnaître mes plus simples intérêts, en même temps qu’abuser de la confiance de mes parents et de mon maître.A l’école, j’ai des camarades; les uns, travailleurs, dociles; les autres, paresseux, rebelles à tout enseignement.Mon devoir est de rechercher les premiers, de fuir les seconds, en restant pour tous bienveillant et empressé à rendre service.En classe, je dois leur donner le bon exemple du travail, éviter la jalousie, la délation; en récréation, jouer aimablement avec ceux qui m’offensent et ne faisant de peine à aucun.C’est ainsi qu’à l’école on se forme peu à peu aux devoirs plus sérieux de la vie, car il est d’expérience qu’on garde, étant grand, les habitudes de son enfance.COURS SUPERIEUR Orthographe, Idées et Grammaire Dictée Le Château de Bellevue Lorsque je reporte mes souvenirs sur les jours heureux de mon enfance, je me transporte souvent en esprit au château de Bellevue, dans la paroisse de Saint-Joachim, appartenant au séminaire de Québec.Ce château, assis sur un promontoire qui domine une immense vallée rafraîchie par les eaux pures et limpides du fleuve Saint-Laurent, et couverte, pendant l’été, des plus riches moissons, des prairies les plus verdoyantes, offre déjà à la vue un des plus beaux sites cfu Canada à part les scènes grandioses qui l’envi- ronnent de toutes parts.A l’ouest est l’Ue d’Orléans, qui semble surnager sur le prince des fleuves; vis-à-vis sont les vertes campagnes de la côte sud, d’où surgissent des habitations blanchies à la chaux, qui semblent former un village continu aussi loin que la vue peut s’étendre.Au nord-est se déroulent les Laurentides, immense serpent vert, dont la tête gigantesque, le cap Tourmente, couvre, le soir, de ses grandes ombres, les belles prairies qui s’étendent depuis sa base jusqu’au promontoire sur lequel est situé le château.Quand bien même les messieurs du séminaire de Québec eussent voulu choisir dans tout le Canada une résidence propre à délasser de leurs études, pendant leurs vacances, les élèves de leur maison d’éducation, ils auraient en vain cherché un autre asile champêtre où tout fût mieux réuni pour cet objet.Ph.-A.de Gaspe.Explications et exercices.—ÿe reporte mes souvenirs sur: je me rappelle.—transporte: donnez des verbes de la même famille: porter,, emporter, supporter, reporter, remporter, importer, exporter, etc.—appartenant: qu’est-ce qui appartient ?le château et non la paroisse de Saint-Joachim ; la phrase n’est pas suffisamment claire.—promontoire: pointe de terre comme un plateau élevé qui s’avance dans la mer; cap élevé.—offre: quel est le sujet?le château séparé du verbe par des compléments très longs.Remarques sur ce verbe qui, comme ouvrir, souffrir, etc., a des formes de la première conjuga'son.—sites: un site est un lieu,une place.Mots de la même famille: situé, situation, sis, sise (du verbe seoir).—scènes: les homonymes.cène, repas du soir; Seine, fleuve de France qui passe à Paris; saine, féminin de l’adjectif sain seine, filet pour la pêche.—le prince des fleuves: le Saint-Laurent qui est un des plus beaux fleuves du monde.-—Surgissent: sortent de terre, apparaissent, s’élèvent.—chaux: autrefois chaulx (du latin calcis): voilà pourquoi on dit chauler pour répandre de la chaux sur un terrain.Calciner (brûler) est de la même famille.— continu: non interrompu.—messieurs: sans majuscules; on met une majuscule dans un texte où ce mot sera lu par ceux qu’il désigne.Au singulier on dit monsieur (me-cieu).C’est un mot composé comme madame, mesdames, mademoiselle, etc.—eussent voulu' quel temps?passé du conditionnel; on pourrait L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 491 dire auraient voulu.—délasser (de las, fatigué): reposer, faire disparaître la lassitude; ne pas confondre avec délacer, ôter les lacets.ANALYSE Au nord-est, se déroulent les Laurentides, immense serpent vert, dont la tête gigantesque, le cap Tourmente, couvre, le soir, de ses grandes ombres, les belles prairies qui s’étendent depuis sa base jusqu’au promontoire sur lequel est situé le château.Quatre propositions: Principale: “Au novà-est, se déroulent les Laurentides, immense serpent vert.” Completive explicative (de serpent) : “dont la tète gigantesque, le cap Tourmente couvre le soir, de ses grandes ombres, les belles prairies.” Completive Determinative (de prairies) : “qui s’étendent depuis sa base jusqu’au promontoire.” Completive determinative (de promontoire): “sur lequel est situé le château.” Remarques : —immense sergent vert est un complément appositif de Laurentides.—le cap Tourmente est un complément explicatif de tête (on pourrait sous entendre qui est devant le cap Tourmente; mais c’est inutile de multiplier les propositions).—le soir est un complément circonstanciel de couvre.—jusqu’au: jusque à (le) préposition, fait rapporter promontoire à s’étendent.Après ce travail, on peut faire sans difficulté l’analyse grammaticale de toute la phrase.Récitation LE CANADA Il est sous le soleil une terre bénie, Où le ciel a versé ses dons les plus brillants, Où, répandant ses biens, la nature agrandie A ces vastes forêts mêle ses lacs géants.Sur ces bords enchantés notre mère la France, A laissé de sa gloire un immortel sillon; Précipitant ses flots vers l’océan immense, Le noble Saint-Laurent redit encore son nom.Heureux qui le connaît, plus heureux qui l’ha- [bite, Et ne quittant jamais pour chercher d’autres [cieux Ses rives du grand fleuve où le bonheur l’invite Sait vivre et sait mourir où dorment ses aïeux.O.CREMAZIE.Composition AUMONE DE TENDRESSE Qui dit aumône ne dit pas toujours don d’argent.Racontez une petite anecdote dans laquelle vous prouverez ce dire.SUJET TRAITE Un jeune lord anglais de la plus pure aristocratie, jouissant d’une grande fortune, eut la fantaisie d’aller, avec quelques amis, visiter un dépôt de mendicité à Londres.Le jour était froid et brumeux et l’aspect morne et triste des salles du dépôt n’était pas fait pour réchauffer le cœur de ces jeunes hommes habitués à tout le confort et l’élégance de la vie luxueuse.L’heure de la récréation avait sonné et les jeunes gens, arrivés dans une petite cour, aperçurent quelques enfants à l’aspect malingre, chétif, qui jouaient languissamment à quelques jeux.Tout à coup, l’un de ces pauvres petits êtres se détache du groupe enfantin.La vue de ces élégants gentlemen le captive.Le jeune lord attire certainement toutes ses sympathies.Quel contraste ! entre ce pauvre enfant et l’élégant jeune homme; il le suit de ses pauvres yeux couverts de gourme, sa tête trop lourde pour son corps grêle et disgracieux se tourne vers lui avec tend esse et tout à coup il se place résolument devant le lord et lui tend ses petits bras avec un sourire expressif.A cet appel de tendresse, de douces caresses, le visiteur hésite un instant.Mais ce n’est qu’un éclair, pourquoi refuser cette aumône de tendresse à ce pauvre enfant, à cet être disgracié qui a dû connaître si peu la douceur des caresses.Il prend donc l’enfant dans ses bras, et l’embrasse avec effusion tandis que le pauvre petit sourit d’un air de bonheur.Le jeune homme avait compris pour la première fois que l’or ne suffit pas toujours à faire des heureux et que l’aumône du cœur est supérieure encore à celle de la bourse. 492 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE ENSEIGNEMENT SPECIAL AGRICULTURE Dictée Le mois d’avril.Au mois d’avril, le temps est généralement très doux; on ne voit plus les épais brouillards(1) qui rendaient la nature si triste.Il pleut souvent, mais cette pluie est douce et bienfaisante; elle fait pousser les plantes avec plus de rapidité.La terre se couvre de verdure, les fleurs du jardin ouvrent leurs jolies corolles(2).La fidèle hirondelle(3), qui a vécu la moitié de J année dans les pays chauds, nous revient à cette époque.Sa présence nous annonce que les froids disparaissent et seront remplacés par la belle saison.Explication des mots.—(1) Brouillard: vapeur parfois épaisse et qui obscurcit l’air.— (2) Corolle: partie colorée d’une fleur.—(3) Hirondelle: oiseau voyageur qui revient au printemps.Corrige de la dictee.—Corriger ou faire corriger la dictée avant d’en indiquer les applications.Interrogations.—Qu’est-ce que le brouillard?une corolle, une hirondelle (Voir les explications ci-dessus.) Applications écrites.—1.Ecrire les verbes de la dictée.Est, voit, rendaient, pleut, est, fait, pousser, couvre, ouvrent, a vécu, revient, annonce, disparaissent, seront remplacés.2.Ecrire ces verbes au participe passé, indiquer toutes les formes de ces participes.Eté; vu, vue, vus, vues; rendu, rendue, rendus, rendues; plu; été; fait, faite, faits, faites; poussé, poussée, poussés, poussées; couvert, couverte, couverts, couvertes; ouvert, ouverte, ouverts, ouvertes, vécu; revenu, revenue, revenus, revenues; annoncé, annoncée, annoncés, annoncées; disparu, disparue, disparus, disparues; remplacé, remplacée, remplacés, remplacées.Rédaction Les engrais chimiques.1° Qu’est-ce qu’un engrais chimique?2° Pourquoi faut-il employer des engrais chimiques?8° L’emploi de ces engrais doit-il nous faire négliger ou dédaigner le fumier de ferme?Dites oui ou non et pourquoi.—Développement.—1° Les engrais chimiques sont des substances minérales qu’on trouve dans les gisements ou qui résultent de certaines opérations industrielles, et qui renferment, à l’état concentré, de l’azote (engrais azotés), de la potasse (engrais potassiques) ou de l’acide phosphorique (engrais phosphatés).On joint encore aux engrais chimiques minéraux quelques engrais organiques, comme le sang desséché, les os calcinés, la corne torréfiée, qui sont très riches en principes fertilisants.2° Il faut employer des engrais chimiques parce que le fumier de ferme ne suffit pas pour restituer au sol tous les éléments nutritifs enlevés par les récoltes.Les engrais chimiques peuvent seuls permettre d’entretenir et d’augmenter la fertilité du sol.C’est par eux seulement que l’agriculteur peut augmenter son bénéfice net.Les engrais chimiques ont plusieurs avantages sur le fumier de ferme: Ils fournissent, séparés, les éléments que le fumier contient réunis et inséparables; ils permettent ainsi de donner à chaque sol ce qui lui manque, à chaque plante ce qui lui convient.Les engrais chimiques étant très concentrés, il n’en aut qu’un petit volume pour représenter la valeur d’un gros tas de fumier.Leur transport et leur épandage sont donc plus faciles et moins coûteux que ceux du fumier.Enfin, les éléments contenus dans les engrais chimiques sont presque toujours immédiatement utilisés par les plantes, au lieu qu’il faut du temps au fumier pour se décomposer dans la terre et livrer son azote, sa potasse et son acide phosphorique.3° Néanmoins, l’emploi des engrais chimiques ne doit pas nous faire dédaigner ou négliger le fumier de ferme, parce que le fumier fournit une précieuse substance que les engrais minéraux ne peuvent pas donner: l’humus, cette matière noirâtre qui donne du corps aux terres sablonneuses, qui divise les terres trop compactes, qui retient l’eau et les engrais, qui est enfin indispensable, à la bonne constitution du sol arable. 493 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Problèmes Agricoles Le sainfoin vert contient 3% de matière (1) azotée, 7.9% de matières (2) hydrocarbonées et 0.5% de matières (3) grasses.Une vache, du poids de 850 livres, nourrie au sainfoin vert, exigerait une ration de 4.5 livres de sainfoin sec par 100 livres de son poids.Si le sainfoin, en séchant, perd les 75% de son poids, on demande: 1° la quantité de sainfoin vert qu’il faudra donner chaque jour à cette vache; 2° quelle sera la valeur de l’aliment, si la matière azotée vaut 80.036 et la matière grasse $0.05 la livre on ne tiendra pas compte des matières (4) non azotées; 3° la relation (5) nutritive du sainfoin vert.Solution.—La ration journalière de la vache sera de (850 X 4.5) -f- 100 = 38.25 livres de sainfoin sec.Le sainfoin en séchant perd 75% = 0.75 de son poids, il en reste donc 25% = 0.25.0.25 de 1 livre de sainfoin sec équivalent donc à 1 livre de sainfoin vert.38.25 -f- 0.25 = 153 livres de sainfoin vert.1ère Rep.Poids de la matière azotée: 153 X 0.03 = 4.59 livres.Poids des matières grasses: 153 X 0.005 = 0.765 livres.Valeur des matières azotées 4.59 X $0.036 = $0.17 Valeur des matières grasses 0.765 X $0.05 = $0.04 Valeur de l’aliment $0.21 2ème Rep.^ 3 3 1 Relation nutritive: -ou-ou- Rep.7.9 + 0.5 8.4 2.8 Notes.—(1) Matière azoté ou Elément azoté.—Substance formée d’azote combiné à d’autres corps simples, qui entre dans l’organisme des animaux et des végétaux.En agriculture, la matière azotée prend divers noms: albumine, caséine, élément protéique, etc.(2) Matière hydrocarbonée.—Nom par lequel on désigne les principes neutres qui entrent dans la constitution des tissus végétaux.La matière hydrocarbonée est formée de carbone uni à l’oxygène et à l’hydrogène.En agriculture on la désigne encore sous les noms d’hydrates de carbone, de matières'non azotées, ou d’extractifs non azotés.(3) Matière grasse.—Substance grasse constituée par le mélange de diverses matières; stéarine, margarine, oléine, etc.La matière grasse ne contient pas d’azote: c’est une combinaison de carbone, d’oxygène et d’hydrogène.(4) Matières non azotées.—Voir, Matière hydrocarbonée.(5) Relation nutritive.—La relation nutritive ou le rapport nutritif d’un aliment d’une ration, est le rapport du poids des matières azotées digestibles contenues dans cet aliment, ou cette ration, à la somme des poids des matières grasses et des matières hydrocarbonées ou non azotées, également digestibles, ou, en d’autres termes, le rapport entre les éléments plastiques et les éléments respiratoires digestibles.Certains auteurs veulent qu’on multiplie le chiffre des matières grasses par 2.44 ou seulement par 2 avant de l’ajouter au chiffre des matières non azotées, pour former le second terme du rapport; mais il sera préférable de choisir la formule la plus simple, à moins qu’on ne demande expressément l’emploi de l’un de ces facteurs, 2 ou 2.44.Pour avoir des expressions simples et comparables entre elles, on ramène toujours le numérateur à l’unité, en divisant les deux termes du rapport par ce numérateur.On a ainsi des fractions telles que jt, -jt, La relation nutritive -1- est celle d’un bon aliment. 494 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE ANTI-ALCOOLISME Phrases a étudser au tableau noir 1.La force du corps résulte de l’exercice et de la tempérance.2.Les alcools ne sont pas des boissons nutritives.3.La sobriété est la mère de la santé.4.L’alcool s’attaque à l’organisme humain; dont il brise graduellement les ressorts, dont il décompose peu à peu les éléments nécessaires aux diverses fonctions de la vie.MATHEMATIQUES ARITHMETIQUE ET CALCUL MENTAL Divisez par 15 les nombres, 16, 18, 20, 23, 25, 28, 30, 35, 39, 40, 44, 45, 50, 57, 60, 74, 75 77, 80, 90, 96, 99, 104, 105, 112, 117, 120, 130, 134, 135.16 15 = 1 fois, il reste 1.18 -t- 15 = 1 fois, il reste 3.20 u- 15 = 1 fois, il reste 5.23 -H 15 = 1 fois, il reste 8.25 -r- 15 = 1 fois, il reste 10.28 H- 15 = 1 fois, il reste 13.30 -r 15 = 2 fois, 35 -t- 15 = 2 fois, il reste 5.39 15 = 2 fois, il reste 9.40 4- 15 = 2 fois, il reste 10.44 —T- 15 = 2 fois, il reste 14.45 -r 15 = 3 fois.50 15 = 3 fois, il reste 5.57 -=- 15 = 3 fois, il reste 12.60 - 15 = 4 fois.74 -t- 15 = 4 fois, il reste 14.75 -r 15 = 5 fois.77 -t- 15 = 5 fois, il reste 2.80 -T- 15 = 5 fois, il reste 5.90 -7 15 = 6 fois.96 -r- 15 = 6 fois, il reste 6.99 -7 15 = 6 fois, il reste 9.104 -7- 15 = 6 fois, il reste 14.105 4- 15 =7 7 fois.112 -7- 15 = 7 fois, il reste 7.117 u- 15 = 7 fois, il reste 12.120 -7- 15 = 8 fois.130 -7 15 = 8 fois, il reste 10.134 -7- 15 = 8 fois, il reste 14.135 -t- 15 = 9 fois.PROBLEMES SUR LES QUATRES OPERATIONS 1.Si j’avais vendu $56 de plus un cheval qui m’avait coûté $347 j’aurais gagné $134.Combien l’ai-je vendu.Solution.—$134 — $56 = $78, ce que j’ai gagné.$347 + $78 = $425, ce que j’ai vendu le cheval.2.Une école est divisée en trois classes: La Ire contient 64 élèves; la 2e 56; la 3e 49: il sort 15 élèves de la Ire, 9 de la 2e et il en entre 14 dans la 3e.Combien y a-t-il d’élèves dans l’école et dans chaque classe ?Solution.—64 — 15 = 49 élèves dans la Ire classe.56 - 9 = 47 “ “ “ 2e “ 49 + 14 = 63 “ “ “ 3e “ 49 + 47 + 63 = 159 élèves dans l’école.3.Un négociant a acheté de la soie pour $7,854, du drap pour $6,479, du coton pour $4,786, sur le coton il a perdu $240: sur le drap il a gagné $2159; la soie a été vendu au prix d’achat.Combien a-t-il retiré de la vente de ces divers articles et combien a-t-il gagné ?Solution: Soie: $7854 = $7854 Drap: 6479 + $2159 = 8638 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 495 Coton: 4786 - $ 240 = 4546 Le coût total $19119 $21038, la recette totale.Rép.$21038 - $19119 = $1919, le bénéfice.Rép.Autre maniéré de trouver le bénéfice $2159 — $240 = $1919.Rép.4.En un jour un ouvrier bat 48 gerbes de blé donnant 3.5 minots de grain.Combien 8 ouvriers, en 12 jours, battront ils de gerbes?Quelle sera la quantité de grain obtenue?Solution: 48 X 8 X 12 = 4608 gerbes, 1ère Rép.3.5 X8 X 12 = 336 minots, 2ème Rép.5.Un cultivateur a 18 vaches qui lui donnent, en moyenne chacune 133 livres de beurre par année.Combien retire-t-il de la vente de ce beurre, s’il le vend $0.23 la livre ?Solution: 133 X 18 = 2394 livres de beurre.$0.23 X 2394 = $550.62.Rép.6.On a acheté 48 caisses de raisins secs et 97 caisses de pruneaux.Chaque caisse de raisins pèse net 81 livres et coûte $0.12 la livre; chaque caisse de pruneaux pèse net 123 livres et coûte $0.09 la livre.Quelle somme a-t-on déboursée ?Solution.—48 X 81 X $0.12 = $ 466.56 97 X 123 X $0.09 = 1073.79 La somme déboursée $1540.35 Rép.7.Un domestique qui gagne $32 par mois a reçu un accompte de $96 et un autre de $32.Combien recevra-t-il à la fin de l’année.Solution : $32 X 12 = $384, le total de ses gages pour 1 an.$32 + $96 = $128, ce qu’il a reçu.$384 — $128 = $256, ce qu’il recevra.Rép.PROBLEMES DE RECAPITULATION SUR LES FRACTIONS 1- Pour un ouvrage qu’ils on fait travaillant ensemble on donna à A, B et C $131.04.‘Quelle part de cette somme chacun doit-il recevoir si l’ouvrage d’A avec celui de B égale du tout; l’ouvrage d’A avec celui de C égale •§¦ du tout; l’ouvrage de B avec celui de C égale y du ¦tout.Solution: ^, la partie de l’ouvrage que B fait de plus que C.— = yy, la partie de l’ouvrage que ferait B et C ensemble si le travail de B «’était égale qu’à celui de C.y i = 2 = j5T) la partie de l’ouvrage faite par C.j5t + ^2r = 2T = 3, la partie de l’ouvrage faite par B.2i — — yf — TT = "ÿr = partie de l’ouvrage faite par A.f de $131.04 = 3 X $18.72 = $56.16, la part d’A.£ de $131.04 = $131.04 h- 3 = $43.68 la part de B.y5T de $131.04 = 5 X $6.24 = $31.20 la part de C.Total $131.04 2.Un bassin d’une contenance de 39.24 verges cubes est alimenté par deux robinets; •en les ouvrant successivement, le premier pendant 3 heures £ et le second pendant 5 heures, ils ont fourni à eux deux 1126.4 chopines.Puis, le premier ayant coulé pendant 6 heures et le second pendant 43d> heures, ils ont donné 1267.2 chopines d’eau.On demande combien chaque .robinet donne de chopines d’eau par heure, et combien il leur faudrait de temps pour remplir le bassin, s’ils ôtaient ouverts ensemble ? 496 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Solution: (1) 3H heures du 1er + 5 heures du second = 1126.4 chopines (2) 6 heures du 1er + 4^ heures du second = 1267.2 chopines En multipliant la 1ère équation par 6 et la 2de par 3H on a: (3) 21 heures du 1er + 30 heures du second = 6758.4 chopines (4) 21 heures du 1er + 15% heures du second = 4435.2 chopines Soustrayant la 4è équation de la 3è on a : 14% heures du second = 2323.2 chopines 1 heure du second = 2323.2 1434 = 2323.2 = 2323.2 X ^4T = 163.0315 chopines, nombre de chopines que donne le second robinet dans 1 heure.Le 2nd robinet dans 30 heures donne 163.0315 X 30 = 4890.9450 chopines.(3) 21 heures du 1er + 30 heures du second (ou mieux) + 4890.945 chopines = 6758.4 ch.21 heures du 1er = 6758.4,chopines — 4890.945 chopines = 1867.455 chopines.1 heure du 1er = 1867.455 21 = 88.9264 Dans 1 gallon il y a 277.274 pouces cubes.Dans 163.0315 chopines il y a 163.0315 -h 8 = 20.3789 gallons.Dans 88.9264 chopines il y a 88.9264 h- 8 = 11.1158 gallons.Les deux robinets coulant ensemble versent dans le bassin, dans une heure, 11.1158 + 20.3789 = 31.4947 gallons.39.24 X 27 X 1728 = 1830781.44, la contenance du bassin en pouces cubes.1830781.44, -la contenance du bassin en gallons.277.274 1830781.44 1830781.44 - - = 209.65 heures.Rép.277.274 X 31.4947 8732.6614478 3.La fortune de deux frères, qui ont des sommes inégales, est de $6460; l’aîné dépense % de son avoir, et le cadet le ^ du sien; il leur reste alors $4610 pour les deux.Quel était l’avoir de chacun ?Solution: $6460 — $4610 = $1850, la somme dépensée par les deux, c’est-à-dire % de la fortune du 1er et le ^ de celle du 2e.$1850 X 4 = $7400 = les de la fortune de l’aîné; + -| de celle du cadet.$7400 — $6460 = $940, le ^ de la fortune du cadet.$940 X 3 = $2820, la fortune du cadet.$6460 — $2820 = $3640, la fortune de l’aîné.Autrement: $1850 X 3 = $5550 = les de la fortune de l’aîné + la fortune du cadet.$6460 — $5550 = $910 = le 34 de la fortune de l’aîné.$910 X 4 = $3640, la fortune de l’aîné.$6460 — $3640 = $2820, la fortune dn cadet.4.Deux hommes placent dans une entreprise des sommes inégales dont le total est de $14016, après que le 1er a retiré les de son placement et le 2e les du sien le reste égale $4940.Quelle était la part de chacun ?Solution: Ayant dépensé les du 1er placement et les -| du 2e, il reste les du 1er placement et le du 2e.$4940 = J- du 1er placement + |- du 2e.Multipliant les deux nombres par 3 on a: $14820 = -jj- du 1er placement + -| du 2e placement.$14820 — $14016 = $804 = du 1er placement $804 X 8 = $6432 = du 1er placement = le 1er placement.$14016 — $6432 = $7584, le 2e placement.Autre solution: $4940 = J- du 1er placement + |- du 2e.Divisant les deux membres par 3 on a: L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 497 $1646| = du 1er placement + ^ du 2e placement.Multipliant par 8 on a $13173-|- = |- du 1er placement + |- du 2e placement.$14016 — $13173^- = $842|- = -^ du 2e placement.$842| X 9 $7584, le 2e placement.$14016 — $7584 = $6432, le 1er placement.5.Si un homme met 1 heure -§- à scier ^ corde de bois, combien de jours de 8 heures chacun mettrait-il à scier 186 cordes j ?Solution : Yi corde = 1 hre f f 1 corde = ^ X 2 = Jg0- 186{ I cordes = 186^- X X -Vf = -g-1 X f = = 622^ heures.622Çt = —W3— h- 8 = —fir!— = 77fÜ jours ou 77 jours ô-fj- heures.6.Deux employés ont touché des appointements dont le total s’élève pour l’année à $4500.Le premier a dépensé les de ce qu’il a gagné, le second a dépensé les -f-; ils leur reste ensemble $910.On demande ce que chacun d’eux a gagné dans l’année?Solution : Il reste d’après les conditions de l’énoncé, au premier employé f de son salaire, et au second f du sien.Si le premier conservait, comme le dernier, f de son salaire, il leur resterait ensemble $4 5f_0.= $1125.Donc la différence entre le f et le f du salaire du premier, ^ — -g-ou de ce salaire, est égal à $1125 — $910 = $215.f-| du salaire du premier = $215 X 12 = $2580, salaire du 1er.Rep.$4500 — $2580 = $1920, salaire du 2e.Rep.7.Une pièce de velours devait être vendue à $5.85 la verge.Par suite d’un accident qui a défraîchit l’étoffe, les ^ de la pièce ont dû être cédés à $4.68 la verge et le reste à $3.78 la verge.Il en est résulté une diminution de $210.42.Quelle était la longueur de cette pièce de velours?Solution: Mettons que la pièce avait 9 verges.Les | des 9 verges à $4.68 = 4 X $4.68 = $18.72 “ -f des 9 verges à $3.78 = 5 X $3.78 = $18.90 $5.85 X 9 = $52.65, ce que les 9 verges devait rapporter; $18.72 + $18.90 = $37.62, ce que les 9 verges ont rapporté.$52.65 — $37.62 = $15.03, la diminution occasionnée par 9 verges.$15.03 4- 9 = $1.67, la diminution occasionné par 1 verge.$210.42 4- $1.67, = 126 verges.Rep.REGLES DE L’UNITE, POURCENTAGE, ETC.1.LTi négociant achète une marchandise $872.50 payable dans 4 mois, et la revend aussitôt $916.70 payable dans 6 mois.L’intérêt étant de 6%, quel est le bénéfice?Solution : Il faut trouver la valeur actuelle des deux dettes.L’intérêt de $1 à 6% pendant 4 mois = $0.02.$892.50 1.02 = $875, la valeur actuelle de la somme que doit le négociant.L’intérêt de $1 à 6% pendant 6 mois = $0.03.$916.70 -r- 1.03 = $890, la valeur actuelle de ce qui est due au négociant.$890 — $875 = $15 de bénéfice.Rep.2.Un capital est placé, partie à 43^2% et partie à 5.1%.Ce capital qui s’élève à $12540, produit un intérêt annuelle de $589.02.Quelles sont les 2 parties?Solution: Si le capital total avait été placé à 4j^% il rapporterait $12540 X 0.45 = 564.30; mais il a rapporté $589.02, c’est-à-dire ($589.02 - $564.30) $24.72 de plus.Cette augmentation provient de ce que, une partie du capital a été placé à un taux plus élevé que 4.5%; il a été placé à 5.1%.S’il n’y avait que $1 de placée au taux supérieur l’augmentation serait de $0.051 — $0.045 = $0.006.Donc chaque $0.006 d’augmentation représente $1 à 5.1%.$24.72 4- 0.006 = 4120 fois $1 = $4120 à 5.1%.Rep.$12540 - $4120 = 8420, la somme à 4^%.Rep.4 498 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 3.Un marchand fait une remise de 2% sur une facture de $628 cjoi était payable à 3 mois et qu on lui paye comptant.Avec la somme qu’il touche, il achète immédiatement de la rente à 3% au cours 99.Il paye pour le courtage g de la somme placé.En supposant que ce placement coïncide avec le commencement d’un trimestre et que le marchand retire ses fonds- à la fmdu trimestre, calculez ce que cette opération lui rapportera en plus ou en moins de ce qu’il aurait reçu si la facture lui avait été payée intégralement à son échéance.Solution: $628 X 0.02 = $12.56, la remise.$628 - $12.56 = $615.44.$615.44 h- 1.00125 = $614.67 la somme placée.614.67 X 03 614.67 204.89 - = - = - = $4.66 l’intérêt dfu placement, pour 3 mois-, .99 X 4 33 X 4 11 X 4 $614.67 + $4.66 = $619.33, ce que rapporte le placement $628 — $619.33 = $8.67, la perte.Rép.4.Un capitaliste fait deux parts de son capital; il place la plus grande à 4%% et la plus petite à 4%.Au bout de 2 ans 5 mois, il reçoit $86322.50 pour les capitaux eties intérêt simples.Trouvez le capital primitif, sachant que l’une des parts augmentée de ses intérêts surpasse de $6797.50 l’autre, également augmentée de ses intérêts.Solution: $86322.50 + $6797.50 = $93120; la somme des deux parts augmentée de leur ¦différence égale deux fois la plus grande part, $93120 -f- 2 = $46560, la plus grande part avec les intérêts à 4%% pendant 2 ans 5 mois.$86322.50 — $6797.50 = $79525, la somme des deux parts diminuée de leur différence égale deux fois la plus petite part, $79525 -T- 2 = $39762.50, la plus petite part plus les intérêts à 4% pendant 2 ans 5 mois.Solution: L’intérêt de $1 à 4%% pendant 1 ans = $0.0475.“ “ “ “ “ 2 ans 5 mois = $0.0475 X 2T\ = $0.1148.$1 + $0.1148 = $1.1148.$1 + ses intérêt à 4%% pendant 2 ans 5 mois.$46560 -t- $1.1148 = $41765.33, la plus grande part.Rép.L’intérêt de $1 à 4% pendant 1 ans = $0.04.L’intérêt de $1 à 4% pendant 2 ans 5 mois = $0.04 X = $0.09f.$1 + $0.09f = 1.09f.$1 plus ses intérêts à 4% pendant 2 ans 5 mois.$39762.50 -h 1.09| = $36257.59, la plus petite part.Rép.$41765.33 + $36257.59 = $78022.92, le capital total.Rép.ALGÈBRE 1.Trouvez la valeur de x dans l’équation suivante: ax -\- bx = an bn Solution: Divisant l’équation par o + 6 on a: x = w.Rép.Autrement: (a + 5) a: = (a + 5) n (a + 5) n x = - = n.Rép.a b 2.Trouvez la valeur de x dans l’équation suivante: ax -\r d = c — bx Transposant on a: ax -\- bx = c — d (a + b) x = c — d c — d x — -Rép.a + 6 3.Trouvez la valeur de x dans l’équation suivante: nx — c = ne — x L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 499 TCC + C = (n + l) c {n l) c = - = c.n + l 4.Un réservoir peut-être rempli d’eau par deux fontaines: par l’une d’elles il serait rempli 2 heures plutôt que par l’autre et par les deux fontaines coulant ensemble il le serait en 1 heure Cherchez le temps qu’il faudrait à chaque fontaine coulant seule pour remplir le bassin Solution: Soit x le nombre d’heures que mettrait la 1ère fontaine; alors a; + 2, Ie nombre d’heures que mettrait la 2è fontaine.1 18 - +- = — z z + 2 15 Multipliant l’équation par 15z2 + 30z le plus petit multiple commun des dénominateurs on a: 15z + 30 + 15z = 8z2 + 16z Transposant on a: 8z2 — 14z = 30 7z Divisant par 8ona:z2-= 4r‘ 4 Complétant le carré z2 - -Jz + (|-)2 = ^ = -2g4/ + -ff = -268^- Extrayant la racine on a : z — -ÿ = -Ig2- ou moins d’où ^=-18ï'+-8=-^l = 3.Le 1er robinet.Rép.et z’ = - ü + f = z + 2 = 3 + 2 = 5.Le 2è robinet.Rép.5.Trouvez la valeur de z dans l’équation suivante: mx — n = nx m Transposant on a: mx — nx = m n (jn — n) x = m -\- n m n x = - Rép.m — n 6.Trouvez la valeur de z dans l’équation suivante: nz + m = mx + n Transposant on a: nx — mx = n — m Divisant l’équation par n — mona: z = 1.Rép.Autrement: [n — m) x = n — m n — m x = - = 1.Rép.n — m PREMIERS ELEMENTS DE GEOMETRIE PRATIQUE 1.Un triangle a 16 pieds de base et 28 pieds de hauteur.Quelle est la hauteur d’un triangle semblable dont la base a 20 pieds ?pj-, Note.—Les figures semblables sont celles dont les angles sont égaux et les lignes correspondantes proportionnelles.Soit h la hauteur cherchée.h 28 20 16 d’où /i = (28 X 20) H- 16 = 560 16 = 35 pieds.Rép.Transposant on a: nz + z = (nA+ l) x x 500 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 2.Trouvez la base d’un triangle de 24 pieds de hauteur, sachant que ce triangle esPsem-blable à un autre de 18 pieds de base et de 21 pieds de hauteur.Soit b la base cherchée.24 21 6 18 d’où b = (24 X 18) -f- 21 = 20 pieds Rép.3.Les côtés d’un triangle ont 3, 4 et 5 pieds; quels sont les côtés d’un triangle semblable ayant 100 pieds de périmètre ?Solution: 3 + 4 + 5 = 12.le périmètre du 1er triangle.Soit x le côté du grand triangle correspondant au côté 3 du petit triangle, x 3 1 Alors- = — = 100 12 4 d’où x = 25, Rép.Si 3 correspond à 25.1 “ “ -%5- 25 X 4 100 4 “ “ - = = 331.Rép.3 3 25 X 5 125 et 5 “ “ -= = 41|.Rép.3 3 4.Un rectangle à 5 verges de bases et 3 de hauteur.Calculez la base et la hauteur d’un rectangle semblable de 296 verges de périmètre.Solution: 5 + 3 + 5 + 3 = 16 verges le périmètre du rectangle donné.Soit x la base du rectangle: z 5 alors -— = — 296 16 d’où x = (296 X 5) -H 16 = 92 verges Soit y la hauteur du rectangle, y 3 d’où- = — 296 16 2/ = (3 X 296) -T- 16 = SSE» verges, la hauteur.Rép.5.Quelle est la surface d’un cercle dont le rayon est 4 fois plus grand que celui d’un autre qui a une surface de 60 verges ?Solution: Remarque.—Les surfaces des figures semblables sont entre elles comme les carrés de leurs lignes correspondantes.Solution : Soit x la surfgce du cercle.I2 60 1 60 — = — ou — = — d’où z = 60 X 16 = 960 verges carrées.Rép.43 z 16 z Calculez les dimensions d’un champ rectangulaire dont la surface vaut 6912 verges et dont la diagonale a une longueur de 120 verges.Soient z et y les deux dimensions du champ exprimées en verges.On a les deux équations: xy = 6912.:.(1) z2 + y2 = 1202 = 14400.(2) L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 501 On double l’équation (1) : 2 xy = 13824.(3) On ajoute l’équation (3) à (2): x2 + 2xy + y2 = 28224.(4).On retranche l’équation (3) de (2): x2 — 2xy + y2 = 576.(5) On extrait la racine carré de (4) et (5) et on a : x + y = 168.(6) x - y = 24.(7) Ajoutant (7) a (6) on a: 2x = 192.(8) d’où x = 96.(9) Réy.Retranchant (7) de (6) on a: 2y = 144.(10) d’ou y = 72.(11) Rép.LANGUE ANGLAISE DICTATION The Arab and His Horse Car’-a-van, a company of travellers.Com-mem’-o-rat-ed, celebrated, praised Es-cort’, guard, convoy Ex-haust’-don, great weakness O-ver-pow’-ered, subdued, defeated Pa-cha’ (pa-shaw) a Turkish governor, viceroy.A caravan on its way to Damascus was once attacked and captured by a party of Arabs.While the robbers were dividing their spoils, they were assailed by a troop of Turkish horsemen, that had gone out from Arab to escort the caravan The scales of fortune were at once turned.The robbers were overpowered; many of them weré killed, and the rest were taken prisoners.Among the wounded Arabs was a man named Hassam, who had a very fine horse, which also fell into the hands of his captors.As Hassam lay at night by the side of one of the tents, his feet bound together by a leathern thong, he heard the neighing of his horse.As is the custom in the East, it passed the night in the open air near the tents; but its legs were fastened together, so that it could not move.Hassam knew its voice; and wishing to see his favourite once more, he crawled along upon his hands and knees till he reached the spot where the horse stood.“My poor friend”, said he, “What will become of you in the hands of the Turks?They will shut you up in close and unwholesome stables with the horses of a pacha.Go back to the tent of your master.Tell my wife that she will never see her husband more; and lick the hands of my children with your tongue, in token of a father’s love.” While thus speaking Hassam had gnawed away the thong of goat skin with which the legs of his horse had been fastened together, and the noble animal stood free.But when the horse saw his wounded master at his feet, he stooped his head, and grasping with his teeth the leathern girdle round his waist, he ran off with him in his mouth at full gallop.He thus bore him over many a weary mile of mountain and plain until his desert home was reached; then, having gently laid him by the side of his wondering wife and children, he fell down dead from exhaustion! All the tribe to which Hassam belonged wept over the body ot the faithful steed; and more than one poet has commemorated in song his sagacity and devotion.Questions.—By whom was the caravan overpowerd ?Who assailed the Arabs ?What were they doing at the time ?Who were successful this time?What was Hassam the possessor of ?What did he hear one night ?What did he do ?What did he say to the horse?How did he set the horse free?What did the horse do?Where did he carry him?What did he do when he laid him down ?Pronounce in syllables:— pro-ceed’-ing Da-mas’-cus At-tacked’ Cap’-tured Turk’-ish horse’-men for’-tune pris’-on-ers 502 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE di-vid’-ing leath’-ern Dictation:—An Arab and his horse were as-sailed’ fas’-tened both captured by Turkish horsemen.One neigh’ing com-pan’-ion night the Arab set his horse free But when fa’-vour-ite un-whole’-some he saw his wounded master at his feet, he grasped chil’-dren sa-gac’-ity with his teeth the girdle round his waist, carried grasp’-ing be-longed’ him home in his mouth, and fell down dead gir’-dle faith’-ful from exhaustion.won’-der-ing de-vo’-tion.LE CABINET DE L’INSTITUTEUR ft ^Cvvci.li2^ ^Sl2u.tL, T~> £ • 6aWle ch^ \ÿ*.Uta_ - (fiA^ frad ^uiA ta.- j*;ri -^.h; o1 >r 57>^ > > * iuU ej.tfu Cceuist d
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