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Titre :
L'enseignement primaire : journal d'éducation et d'instruction
Éditeur :
  • Québec :[L'enseignement primaire],1881-1956
Contenu spécifique :
Juin
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
autre
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • École primaire (Lévis, Québec)
  • Successeur :
  • Instruction publique
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L'enseignement primaire : journal d'éducation et d'instruction, 1912-06, Collections de BAnQ.

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33e Annee Quebec, Juin 1912 No 10 I * rr\seignerr\ent primairç Revue illustrée de PEcole et de la Famille C.-J.MAGNAN.Propriétaire et Rédacteur-en-chel ¦% - tÿ-, -A- .Aà- ¦ '••'¦'î’TV': 7A>û Q 'i : Vv‘» :V» À - Sa Sassiteté Pie X Nos lecteurs liront avec émotion, au verso de cette page, l’extrait de la touchante allocution que le Saint-Père a adressé aux petits enfants de France, venus en pèlerinage à Rome, le 14 avril dernier.Nous invitons les instituteurs et les institutrices à lire à tous les enfants de no& «j écoles catholiques les belles paroles du Vicaire de Jésus-Christ. 578 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Le Pape aux petits enfants {Extrait d'une allocution 'prononcée le 14- avril 1912 devant les petits enfants de France, venus •en pèlerinage à Rome.) “Je vous remercie, mes chers enfants, de la consolation que vous me procurez-de me trouver au milieu de vous, quand je songeque je représente Jésus-Christ lui-même, qui se plaisait auprès de vos semblables et disait à ses apôtres : Laissez venir à moi les petits enfants, car le royaume des deux appartient à ceux gui leur ressemblent.“J’ai encore un motif spécial de vous remercier, mes chers enfants, parce que cette solennelle démonstration de votre amour pour le pape, qui vous a coûté les fatigues d’un long voyage, me donne l’occasion de me réjouir de votre docilité à l’invitation que Notre-Seigneur vous a adressée par ma bouche, quand pour la première fois, malgré la tendresse de votre âge, vous J’avez reçu dans la très sainte Communion.“Nous lisons dans l’Evangile que le divin Rédempteur appela un jour un petit enfant semblable à vous et, le plaçant au milieu de ses apôtres, leur adressa ces paroles: Gardez-vous de mépriser un seul de ces enfants, parce que je vous !e dis, leurs anges comtemplent sans cesse la face de mon Père qui est dans les deux.Hélas! ces gardiens célestes trop souvent sont attristés et saisis d’horreur quand ils découvrent dans les âmes qui leur sont confiées la dépravation et les souillures du péché.Les anges des enfants, au contraire, sans être jamais distraits par leur sollicitude de la vision bienheureuse de Dieu qu’ils voient face à face dans son éternelle lumière, le retrouvent dans leur âme, où il se reflète comme dans un miroir d’innocence, de pureté et de candeur.“Mais si cela est vrais de tous, aussi bien que de votre semblable que Notre-Seigneur appela au milieu de ses apôtres, qu’aurait-il dit de vous, chers petits enfants, qui l’avez reçu lui-même avec sa divinité sacrée dans la sainte Communion, où vous avez uni votre chair avec sa chair, votre sang avec son sang, où votre cœur a palpité avec le sien ?Qu’aurait-il dit de vos saints anges, au-dessus desquels vous élève la participation à la sainte Eucharistie, puisqu’ils n’ont pas reçu cette grâce qui vous a été accordée de vour nourrir de Jésus-Christ, de ne faire qu’une même chose avec lui, de vous unir au point de vous approprier en quelque manière sa nature divine et ses perfections infinies ?“Et voyez, mes chers enfants, les grâces qui découlent de ce bienfait.Par cette communication de lui-même, il donne —cet aimable Sauveur—à notre intelligence la vérité, la justice et la sainteté à notre volonté, la bonté à notre cœur, en sorte que le fidèle qui communie peut en toute vérité répéter avec saint Paul: Jésvs-Christ est ma vie .Je vis, ce n’est plus moi qui vis, c’est Jésus-Christ qui vit en moi .Mihi vivire Christus est .Vivo jam non ego, vivit vero in me Christus.“Ainsi, puisque Dieu est la pureté sans tache, celui qui s’unit à Jésus-Christ dans la sainte Communion, s’élevant comme une innocente colombe des eaux fangeuses de ce monde misérable, s’envole et va se réfugier dans le sein de Dieu de celui qui est plus pur que les neiges immaculées qui couronnent les montagnes.” Et le Pape, après avoir parler de la beauté, de la charité, et de la bonté de Dieu termina son discours par ces touchantes paroles: “Enfin, mon dernier désir, mes chers enfants, c’est que l’amour de Notre-Seigneur règne tellement en vous qu’il vous tran-forme en autant d’apôtres zélés pour sa gloire.Vous serez le trésor de vos familles que vous consolerez par votre bonne conduite et que votre seul exemple gagnera à la fréquentation de la sainte Eucharistie.A l’école vous provoquerez par votre piété l’émulation de vos jeunes condisciples.A la paroisse tous vous regarderont comme des anges tutélaires.Enfin, partout autour de vous, par vos prières, par votre sagesse et par les seuls attraits de votre modestie, vous contribuerez, autant qu’il est en vous, à la conversion des pécheurs et au retour à Jésus-Christ des incrédules et des indifférents.“En vous adressant ces recommandations et ces vœux, mes bien chers petits enfants, je vous accorde de tout cœur, à vous, à vos jeunes compagnons de France, à vos pères et mères, et à tous vos parents, la bénédiction apostolique.” L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 579 COMPTE-RENDU OFFICIEL DU CONGRÈS PLÉNIER DES INSPECTEURS D’ÉCOLES CATHOLIQUES DE LA PROVINCE DE QUÉBEC Tenu à Québec, à l’Hôtel du Parlement, sous la 'présidence de l’honorable P.B.de La Bruere, Surintendant de VInstruction publique, les 26, 27, 28 et 29 décembre 1911.Seance du soir, le 26 décembre.Présents: l’honorable Boucher de La Bruère, Surintendant de l’Instruction publique, président; Sir Lomer Gouin, Premier-ministre de la Province; l’honorable J.-L.Décarie, Secrétaire de la Province; M.J.-N.Miller, secrétaire français du département de l’Instruction publique; M.G.-W.Parmelee, secrétaire anglais; M.C.-J.Magnan, Inspecteur général; M.Charles-A.Lefèvre, directeur du dessin dans les écoles primaires.MM.les inspecteurs G.-S.Vien, J.-E.Savard, Ls-N.Lévesque, J.-G.-E.Belcourt, T.Tremblay, J.-B.Demers, P.-A.Roy, A.Tanguay, J.-G.-W.McGown, M.-J.Curot; J.-Z.Dubeau', L.-A.Guay, J.-A.Chabot, J.-E.Genest La Barre, J.-A.Cléroux, L.-O.Pagé, F.-X.Guay, Joseph Hébert, J.-G.Molleur, J.-B.Primeau, J.-M.Côté, J.-O.Goulet, Lionel Bergeron, H.Nansot, J.-Y.Beaumier, A.-M.Filteau, G.-E.Marquis, J.-M.-A.Turcotte, L.-P.Goulet, J.-E.Lefebvre, J.-Edouard Body, L.Longtin, F.-J.Normand et C.-J.Miller; M.Antoine Dessane, secrétaire du congrès.A 8 heures, M.le Président ouvre le Congrès par le discours qui a été publié dans L’Enseignement Primaire de janvier 1912, page 306.M.C.-J.Magnan, Inspecteur général, répondit par le discours paru dans L’Enseignement Primaire de janvier 1912, page 311.M.le Président invite Messieurs les Ministres à adresser la parole: L’honorable M.Décarie exprime aux inspecteurs le plaisir qu’il éprouve d’assister à l’ouverture de ce Congrès et il déclare qu’il en suivra les délibérations avec intérêt.La loi qui le charge de s’occuper de l’instruction publique en général, lui conseille de suivre les avis du Conseil de l’Instruction publique et des officiers du département dont les inspecteurs sont du nombre.“Le gouvernement vous a réunis pour recevoir vos avis et vos conseils.Donnez-nous les franchement, loyalement et sincèrement, non pas dans l’intérêt d’un gouvernement, non pas dans l’intérêt d’un parti, ce n’est pas ce que nous voulons.Ce que nous désirons, c’est de travailler plus efficacement encore à l’avancement de la race dans notre province, et obtenir de meilleurs résultats.Le gouvernement a à cœur l’instruction et l’éducation en notre province, il l’a d’ailleurs prouvé déjà.Il considère comme un devoir national de leur donner tout l’encouragement qu’elles méritent.” L’honorable ministre affirme sa confiance dans le personnel de l’Inspectorat et son désir de le voir accomplir sa mission avec patriotisme.“Donnez-nous le meilleur de votre conscience, dit-il.Faites comprendre aux commissions scolaires, quand il y a nécessité, qu’il faut mieux rétribuer les institutices, avoir de meilleures maisons d’école, porter un soin plus particulier aux choses de l’éducation.Faites tout votre devoir, quoi qu’il en coûte.Le devoir ne va pas sans sacrifice.Vous avez mission de promouvoir les intérêts de la province dans l’ordre intellectuel; c’est un apostolat.Livrez-vous y avec ardeur.Soyez de ceux qui aident, qui guident, qui veulent monter et faire monter la jeunesse vers la lumière.Ne soyez pas de ceux qui découragent et qui écrasent les bonnes volontés au lieu de les soutenir; soyez fermes cependant.Le “Sua-viter in modo, fortiter in re” est encore la meilleure formule pour faire des hommes de nos enfants.Autrefois, “éducation” signifiait “châtiment”.Le temps du “qui aime bien châtie bien” est passé : faites qu’on ne l’oublie pas dans nos écoles.Suggérez nous des réformes; nous voulons tous le bien de notre jeunesse par l’éducation, aidez-nous.Continuez à faire votre devoir pour l’éducation et l’instruction en notre province ; donnez à ces grandes causes tous vos efforts et le gouvernement saura encore se souvenir.” Sir Lomer Gouin à son tour se lève et dit qu’il a accepté avec empressement et avec plais d’être présent à l’ouverture du congrès, car il voulait offrir ses vœux et ses souhaits aux inspe 5 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE teurs à l’occasion de la nouvelle année et en même temps ses remerciements pour ce qu’ils ont fait pour l’instruction dans la province de Québec.Il est convaincu que le congrès donnera d’excellents résultats, et c’est dans l’intérêt, et pour le bien de notre jeunesse qu’il a été convoqué.Il recommande aux inspecteurs de parler, mais surtout de produire, de présenter des vœux qui puissent se réaliser et devenir loi.Depuis 1805, le gouvernement a fait tout son possible pour améliorer l’instruction dans notre province.Nous avons dépensé ce que nous avions de meilleur pour l’éducation, visant au but: le bien général.On a discuté, on discute encore et on discutera, quand nous serons passés, des moyens soi-disant meilleurs que les nôtres, mais personne ne pourra montrer plus de bon vouloir que nous.Le premier-ministre rend hommage au travail des inspecteurs d’écoles qui est en grande partie la cause des bons résultats obtenus pouf la cause de l’éducation.Parlant des salaires des institutrices, il dit qu’il n’existe plus que quelques comtés aujourd’hui où les salaires sont au-dessous de $100.Il attire l’attention des inspecteurs sur ces centres en leur recommandant de faire des instances auprès des curés, de la commission scolaire et des pères de famille s’il le faut, pour obtenir des salaires plus convenables pour les institutrices.Le gouvernement a fait tout ce qu’il a pu pour améliorer leur situation.Une autre question importante est celle des institutrices diplômées, et “j’espère voir arriver le jour, dit-il, où l’on pourra me dire que dans la province l’enseignement n’est confié qu’à des institutrices ayant leur diplôme.” U y a des gens qui prétendent que le diplôme n’y fait rien quand l’institutrice a les talents et les capacités voulus.C’est une erreur et il importe que les institutrices aient leur diplôme.Il croit dans l’efficacité du diplôme et c’est pour cela que le gouvernement a créé des écoles normales dans tous les diocèses de la province, moins deux.Dites-nous ce que vous pouvez faire de cette question.Il ajoute que le gouvernement a fait son possible pour améliorer le sort des inspecteurs d’écoles et qu’il se propose de l’améliorer davantage, soit au moyen de primes ou autrement, quand la situation le permettra.Le premier-ministre termine en demandant aux inspecteurs, quand ils retourneront dans leurs families et quand ils feront leurs visites, de prêcher l’amour de la terre, du sol ancestral, l’amour de la patrie, de dire aux enfants que non seulement ils doivent aimer leurs parents, mais aussi leurs voisins et tous leurs compatriotes, qu’ils doivent s’aimer entre eux, car l’union fait la force, et le succès n’est assuré qu’en autant que nous resterons frères et patriotes.M.l’inspecteur Vien, au nom de l’Association des inspecteurs, s’adresse à l’honorable Surintendant de l’Instruction publique dans les termes qui ont été reproduits dans VEnseignement Primaire de janvier 1912, page 314.M.le Président fait remarquer que MM.les inspecteurs des écoles protestantes ayant tenu un congrès dernièrement, il était difficile de les convoquer de nouveau, mais M.Parmelee, secrétaire anglais du département, étant présent, il est prié de vouloir bien adresser la parole.Il s’exprima comme suit: “I thank you, Mr.Superintendant, for inviting me to the opening of this Congres and for asking me to say a few words.The Protestant Inspectors would have met with their Roman Catholic colleagues on this occasion as they had done previously, but for the fact that they had recently had their meeting, before knowing that a general assembly would be called.Many of the educational problems confronting the inspectors and the public of the Province of Quebec, are common to both French and English, Catholic and Protestant.The work of an inspector is responsible and arduous.He has to deal with the teacher and the pupil, but his most effective work would probably be that done with the public itself.As a matter of fact the public of the Province of Quebec needs an education in regard to its duties and responsibilities towards education.Lnder our system the democratic right of local self government, and self taxation prevails.The people are jealous of their right to conduct their schools through their elected representatives, but they have not sufficiently learned the fact that rights and privileges are always accompanied by responsibility.The attitude of the public to the teachers, as shown by the salaries which are doled out to them, is not creditable.I fell sure that plain talk to open minded rate payers and parents would arouse their sympathy, appeal to their judgment and stimulate action along right lines.I hope that the meeting that is now holding will be of immense value to yourselves, and will show its value in your work when you return to it.” M.le Président lève la séance, et convoque les inspecteurs pour le lendemain à 9 heures. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 581 Mercredi, 27 décembre 1911, avant-midi La séance s’ouvre à neuf heures.Présents: l’honorable Boucher de La Bruère, Surintendant de l’Instruction publique, président; M.J.-N.Miller, secrétaire du département de l’Instruction publique; M.C.-J.Magnan, Inspecteur général; M.Chs-A.Lefèvre, Directeur général du dessin dans les écoles catholiques; MM.les inspecteurs G.-S.Vien, J.-E.Savard, L.-N.Lévesque, J.-G.-E.Belcourt, T.Tremblay, J.-B.Demers, P.-A.Roy, A.Tanguay, J.-G.-W.McGown, M.-J.Curot, J.-Z.Dubeau, L.-A.Guay, J.-A.Chabot, J.-E.Genest La Barre, J.-A.Cléroux, L.-O.Pagé, F.-X.Guay, J.Hébert, J.-C.Molleur, J.-B.Primeau, J.-M.Côté, J.-O.Goulet, L.Bergeron, H.Nansot, J.-V.Beaumier, A.Filteau, G.-E.Marquis, J.-M.-A.Turcotte, L.-P.Goulet, J.-E.Lefebvre, J.-E.Body, L.Longtin, F.-J.Normand, J.-T.-C.Miller et M.Antoine Dessane, secrétaire du congrès.M.le président soumet à la discussion le sujet suivant: “Le dessin à l’école primaire: Dans quelle mesure cette matière est-elle enseignée dans nos écoles primaires:” M.H.NANSOT dit que la nature, le but et Futilité du dessin, comme branche de l’éducation, sont peu compris et très souvent mal appréciés.On regarde généralement le dessin comme une étude de pur agrément, d’une bien petite utilité pratique, permise seulement aux élèves a qui il reste du temps après une instruction suffisante dans les choses plus utiles.Cependant, si l’on se place au vrai point de vue, on s’aperçoit que le dessin est réellement une branche importante et essentielle de l’éducation générale pour tout le monde, qu’il constitue un nouveau langage, une nouvelle manière de s’exprimer plus simple et plus parfaite que l’écriture et même que la parole, qu’il est le meilleur moyen de développer la faculté d’observation et de produire le goût du beau, qu’il donne à l’œil et à la main une éducation dont tout le monde a besoin : Savoir voir, c’est dessiner.Il suffit ensuite de savoir vouloir, pour exprimer le dessin que l’on a fait dans l’esprit.L’on n’écrit pas avec la main d’abord mais avec l’esprit, puis la main exprime ce que l’esprit a conçu; il en est de même du dessin.Le but du dessin à la petite école doit être surtout éducatif.Il doit tendre à développer chez les enfants l’esprit d’observation qui les mettra à même d’apprécier, à vue, les dimensions d’un objet, ses proportions, la direction des lignes qui en forment le contour; afin de pouvoir, après s’en être fait une véritable image dans l’esprit, essayer leur main à rendre par les traits de crayon cette image, comme après avoir pensé, ils rendent par l’écriture ce que leur esprit à d’abord conçu.Un enfant n’apprendra à dessiner qu’autant qu’il aura été d’abord accoutumé à voir et à comprendre ce qu’il voit.La reproduction d’un objet que l’on mesure avec un instrument pour reproduire même avec réduction ou agrandissement, n’est pas le dessin tel que nous l’entendons, c’est simplement une copie, comme la reproduction d’une page d’un écrivain par l’écriture n’est pas une rédaction, mais une reproduction par un travail mécanique.De même qu’après avoir observé un objet on peut exprimer les pensées que cet objet a fait naître dans l’esprit et rédiger; de même, après avoir observé un objet en considérant ses dimensions, les proportions de ses lignes et leurs directions, on pourra, par des traits, représenter cet objet tel qu’il parait à l’œil et voilà le dessin.M.DUBEAU croit qu’il faudrait une méthode ou manuel à l’usage des institutrices.M.BOILY demande une série de dessins suggestifs pour être mise entre les mains des institutrices.MM.BERGERON et MARQUIS déclarent qu’il faudrait que les membres du Bureau central d’examinateurs tinssent compte des notes obtenues pour le dessin, et exiger des candidats au brevet, assez de connaissance pour l’enseigner convenablement.M.le PRESIDENT fait remarquer que l’on pourrait demander au Comité catholique de rappeler sa résolution du 14 mai 1902, et de remettre en force le dessin sur le programme d’études.M.C.-J.MILLER dit que l’enseignement du dessin n’est pas ce qu’il devrait être puisque, dans quelques écoles, il est inconnu et que, dans d’autres, il n’est enseigné qu’aux élèves des classes les plus avancées.Même dans ces classes, les écofiers se contentent de reproduire tant bien que mal les modèles qu’ils voient dans leurs cahiers et cela sans faire aucun travail d’observation et de comparaison.C’est un véritable copiage.Combien parmi eux savent représenter convenable- 582 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE ment un crayon, une plume, une chaise ou autres objets qu’ils ont presque continuellement sous les yeux ?Très.peu.Pourquoi cela ?Parce qu’ils n’ont pas été habitués à voir, à se rendre compte, à comparer.Il faudrait donc commencer par former des instituteurs et des institutrices pouvant enseigner le dessin d’une manière plus pratique.Les titulaires devraient commencer à enseigner cette matière même aux élèves de première année, puis continuer progressivement avec ceux des différentes classes.Il importe que des maîtres et maîtresses sachent le dessin pour former le goût de l’enfant, développer ses facultés d’observation et de comparaison, tout en lui faisant acquérir de l’adresse qui lui sera utile dans la vie.Ils ne manqueront pas ainsi de préparer de bons sujets pour les écoles techniques, dont le gouvernement actuel a bien voulu gratifier notre province.M.F.-X.GUAY est du même avis.M.CHABOT croit que le dessin doit être enseigné d’après nature, c’est-à-dire reproduire les objets que l’on a devant soi.M.LEFEBVRE prétend que dans la presque totalité des écoles de son district d’inspection dessin n’est pas enseigné d’une manière efficace, parceque l’institutrice ne sait comment procéder.M.FILTEAU déclare que dans son district l’on se sert depuis trois ans des méthodes américaines, et que les enfants réussissent bien.M.GENEST-LABARRE dit qu’à peu d’exceptions près, le dessin est enseigné dans toutes les écoles placées sous son contrôle.Dans les écoles tenues par des religieux et des religieuses, cette matière est enseignée avec succès; dans les autres écoles, en général, on ne va guère loin: on donne des exercices sur la ligne droite et les figures que l’on forme avec la ligne droite et voilà tout, c’est-à-dire qu’on ne va pas au-delà de ce qui est requis pour les élèves de 2e année.Mais il y a une lacune qui se fait sentir: plusieurs institutrices se plaignent qu’elles n’ont rien pour enseigner le dessin.Ce sont des exercices pour les élèves qui leur font défaut.Il croit donc qu’il serait avantageux de faire préparer une série d’exercices appropriés pour élèves des différents cours du programme d’études; ainsi, il pourrait y avoir un cahier contenant des exercices appropriés pour les petits élèves de 1ère année et un cahier contenant semblables exercices pour les élèves de 2e année, 3e, 4e etc.De tels exercices seraient de nature à guider les institutrices et à les aider dans l’enseignement du dessin.M.VIEN partage l’opinion de M.Genest-LaBarre.Le dessin, dans plusieurs écoles, est peu enseigné.Les causes, selon lui, de cet état de choses, sont multiples: on attache peu d’importance à cette matière, quelquefois on est peu préparé ; on n’aime pas cette branche et l’on ne sait pas quelle place lui donner dans le programme; on se fait illusion sur les difficultés à surmonter et l’on croit cet enseignement presque impossible.L’enseignement du dessin a pour but de développer l’esprit d’observation, l’œil, la main et le jugement.Amener les élèves à bien observer les formes, les dimensions et leurs rapports, leurs mouvements, voilà le but du dessin, et sa connaissance est nécessaire à tous états de vie: l’ouvrier, l’entrepreneur, le marchand, le cultivateur même en ont besoin.Celui qui sait le dessin, en quelques coups de crayon, fait connaître son idée et se fait mieux comprendre.On devrait commencer l’enseignement du dessin en même temps que la lecture et l’écriture: après avoir fait connaître les lettres, les avoir fait prononcer et articuler, on les écrit sur le tableau et on invite les élèves à les reproduire sur l’ardoise.On devrait faire publier des séries de dessins en rapport avec les années du cours et les distribuer aux titulaires comme guides; ces séries seraient accompagnées de principes afin d’aider, autant que possible, les titulaires des écoles, leur faisant connaître ce qui se passe ailleurs, en France, en Belgique, en Angleterre et en Allemagne.On leur ferait connaître que la plus grande liberté est laissée aux élèves et aux professeurs, les corrections étant ou devenant de plus en plus sévères avec les progrès de la classe.Pour l’enseignement du dessin, peu d’objets sont nécessaires, mais on doit toujours se servir d’objets connus: une enveloppe, une boîte, une porte, une table etc.M.MAGNAN clôt la discussion en disant que d’après ce qui a été entendu, le dessin n’est pas enseigné dans la province.Qu’avant d’avoir une méthode, il faut préparer le personnel.Il demande que le dessin soit remis en force, et qu’il en soit tenu compte aux examens du Bureau central des examinateurs.Il parle du manuel de dessin par Gaston Quénioux, que les inspecteurs devraient avoir en leur possession.Il demande à M.le Président de vouloir bien en faire distri- L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 583 buer un exemplaire à chaque inspecteur.M.Magnan demande alors qu’un vœu soit formulé, lequel sera discuté au Comité des vœux.M.le PRESIDENT présente au congrès M.Charles-A.Lefèvre, qui vient d’être nommé Directeur général du dessin, et le prie d’adresser la parole.M.Lefèvre remercie M.le Président.Il est heureux de voir, par ce qu’il a entendu, que les inspecteurs s’intéressent à cette branche du programme et demande leur concours afin de développer le goût du dessin.Il donne des renseignements pratiques pour bien faire comprendre ce que c’est que le dessin.Vu que l’heure est arrivée de commencer la discussion sur “les institutrices non diplômées”, M.Lefèvre consent, à la demande de M.le Président, de continuer, à une autre séance, sa causerie.La question suivante est soumise à la considération des congressistes: “Institutrices non diplômées dans l’enseignement: causes, remèdes, suggestions.” M.SAVA.RD ouvre la discussion: Les commissions scolaires du comté de Chicoutimi éprouvent de grandes difficultés à se pourvoir d’institutrices dûment qualifiées parce que celles-ci sont rares et que les traitements ne sont pas assez élevés.Comme il l’a déjà dit dans l’un de ses rapports annuels, la classe enseignante n’est pas assez rémunérée en proportion de l’importance des •ervices qu’elle rend: $125 seulement pour les écoles élémentaires, et $150 pour les écoles modèles.Il serait temps que les commissaires et les parents reconnussent qu’il font fausse route en évaluant ainsi les travaux de l’intelligence à un taux moindre qu’ils estiment les travaux manuels.Et chacun signale le mal sans en chercher le remède.Ne serait-ce pas un bon moyen que de retenir la subvention annuelle aux municipalités qui exploitent les institutrices non diplômées ?Il est vrai que l’école normale de Chicoutimi commence à fournir quelques institutrices qui réussissent bien dans l’enseignement; preuve notable, c’est que plusieurs d’entre elles obtiennent, chaque-année, une prime.Une autre pensée se présente à l’esprit.Lorsqu’on est obligé d’employer des maîtresses non diplômées, il n’y a qu’un petit nombre d’entre elles qui viennent subir leur examen à la séance suivante du Bureau des examinateurs, quoi qu’elles aient bien toutes signé l’engagement conformément aux règlements.D’un autre côté, en refusant complètement l’emploi des maîtresses non diplômées, plus d’un tiers des écoles resteraient fermées au moins une partie de l’année.M.VIEN prétend que la cause en est due à la négligence, à la médiocrité des traitements, et à, l’apathie des parents en général.Au lieu d’engager les institutrices en mai ou juin, on attend quelquefois jusqu’à la fin d’août, alors que peu d’institutrices sont en disponibilité.On prend ce que l’on trouve.Il faudrait, selon lui, fixer une échelle de traitement afin de retenir dans l’enseignement les sujets d’une réelle valeur, ce qui diminuerait le recrutement de chaque année.Il faudrait nommer des conférenciers scolaires afin de faire comprendre aux parents et aux commissions scolaires l’importance qu’il y a pour tout le monde d’acquérir au moins une bonne instruction élémentaire; et cela étant compris, on n’hésitera plus à payer des traitements en rapport avec les services rendus, et l’on n’engagera que des titulaires de compétence reconnue.M.MAGNAN donne des statistiques sur les institutrices sans diplôme.Il dit que cette année il y aura une diminution d’à peu près 150 institutrices non diplômées.Il suggère d’amender l’article 26 des règlements du Comité catholique.» M.VIEN croit que l’inspecteur ne devrait pas donner un certificat ou une autorisation à une institutrice qu’il ne connaît pas.M.DEMERS est du même avis que M.Vien; il prétend en outre que dans certains cas les eommissaires retiennent les services d’une personne non qualifiée par protection, une parente etc.M.MILLER, secrétaire du département, exprime le regret, vu ses occupations, de ne pouvoir assister régulièrement aux séances, mais il suivra avec intérêt les délibérations du congrès.La question qui est discutée est sérieuse; il déclare que l’inspecteur, dans le sens des règlements, n’est pas appelé à donner un certificat, mais une recommandation déclarant que laLnunicipalIté ne peut trouver une institutrice diplômée.La séance est ajournée à deux heures de l’après-midi.SEANCE DE L’APRES-MIDI La séance s’ouvre à deux heures.Présents: Les membres du congrès qui ont assisté à la séance du matin. 584 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE La discussion se continue sur le même sujet: “Institutrices non diplômées dans l’enseignement: causes, remèdes, suggestions.” Avant de commencer, le secrétaire du congrès donne lecture d’un télégramme de M.Simard et d’une lettre de M.Prud’homme déclarant qu’ils ne peuvent assister et prendre part au congrès.M.BOILY dit que le district du Lac St-Jean est un de ceux qui souffrent le plus du manque d’institutrices diplômées.Cinquante pour cent au moins des institutrices de ce district ne sont pas brevetées.Il demande d’augmenter les bourses à l’Ecole normale de Chicoutimi afin de permettre aux jeunes filles de parents pauvres, de profiter des cours donnés à cette école normale.M.BELCOURT prétend que les salaires offerts par les municipalités sont trop bas.Il faudrait exiger des corporations scolaires une déclaration démontrant qu’elles ont offert un traitement de $150 à $200 avant d’accorder une autorisation d’engager une institutrice non diplômée.M.VIEN dit que l’octroi du gouvernement devrait être basé, autant que possible, sur les salaires payés: $100 donnant droit à tant .; $150, à plus, etc.M.FILTEAU est d’avis que dans plusieurs cas la suppression des subventions a un bon effet, mais l’expérience a prouvé tout dernièrement encore, dans son district, que les subventions ne sont pas assez considérables pour permettre au Département de forcer les municipalités à se conformer à la loi dans l’engagement de leurs institutrices.Le gouvernement devant augmenter bientôt les subventions aux municipalités rurales, il ose émettre le vœu que le nouveau montant ne soit pas distribué au pro rata de la population, mais proportionnellement à la moyenne des traitements payés par les diverses municipalités.Il croit que le minimum actuel de traitement devrait d’abord être élevé, ensuite on paiera à chaque municipalité tant pour cent de la moyenne du traitement qu’elle accorde aux titulaires de ses écoles.Par ce moyen, on atteindra les munici-palités qui paient des salaires moyens de $200 à $300, et l’on encouragera puissamment les contribuables qui s’imposent des sacrifices énormes pour bien rémunérer leurs institutrices.M.LEFEBVRE partage l’opinion de M.Filteau.Le minimum de salaire n’est pas assez élevé.Il ne s’opposerait pas à un minimum de $125, attendu que c’est un pas fait dans la bonne direction, mais il préférerait celui de $200.Si nos commissions scolaires ont de la difficulté à se procurer de bonnes institutrices, c’est parce qu’elles s’en tiennent au minimum de salaire fixé par la loi.Combien de personnes brevetées pour l’enseignement ne veulent pas enseigner parce que nos corporations scolaires s’attachent trop au minimum de salaire.M.MARQUIS dit que dans son district, comprenant la vallée de la Métapédia et le comté de Bonaventure, il se trouve à peine une douzaine d’institutrices non diplômées, et sur ce nombre trois seulement ont été engagées sans l’autorisation obligatoire.Avec l’augmentation des traitements, le nombre de ces institutrices diminuera, graduellement, car dans le plus grand nombre de cas, c’est la modicité du traitement offert qui empêche les institutrices diplômées et disponibles d’offrir leurs services.Le fondation de l’Ecole normale de Rimouski produit déjà de bons résultats dans ce district en fournissant des titulaires ayant une bonne formation pédagogique.Avec ce nouvel apport et l’augmentation des traitements, il est d’avis, qu’à brève échéance, il n’y aura plus raison d’engager des institutrices non diplômées dans son district.Il suggère que dans la classification des municipalités par ordre de mérite on devrait considérer celles qui engagent des sans diplôme.Aussi fixer la prime aux municipalités suivant la valeur des traitements, parce qu’il prétend que certaines municipalités relativement à l’aise, reçoivent plus proportionnellement que certaines municipalités pauvres.M.GEN EST LA BARRE prétend que l’habitude qu’ont certaines corporations scolaires d’attendre à la dernière heure pour engager les institutrices dont ils ont besoin est cause qu’elles sont obligées, en dernier lieu, à avoir recours à des institutrices non diplômées.Cependant, il n’y a pas assez d’institutrices diplômées pour satisfaire aux besoins de nos écoles; en certaines circonstances nous en cherchons partout et nous n’en pouvons trouver.A quoi est due cette rareté d’institutrices?La principale cause est due à ce que nous leur payons pas un salaire satisfaisant.Dans son district, les jeunes filles qui s’engagent comme servantes dans les maisons privées reçoivent un salaire plus élevé que les jeunes filles qui se livrent à l’enseignement, et tant qu’il en sera ainsi, nous devons nous attendre que les institutrices se feront toujours de plus en plus rares.Quel intérêt, en effet, un père de famille peut-il avoir à s’imposer des sacrifices pour faire L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 585 instruire une fille, si elle ne peut gagner plus qu’une autre qui est sans instruction.Il croit donc que si nous voulons réussir à pouvoir confier toutes nos écoles à des institutrices diplômées et compétentes, le premier de tous les moyens à prendre, c’est de les rémunérer plus généreusement.Le salaire d’une institutrice, dans aucun cas, ne devrait être moindre de $20 par mois.M.F.-X.GU A Y dit que son district est sur les limites de la province d’Ontario et les salaires que paie cette province étant beaucoup plus élevés qu’à Québec, les institutrices s’en vont dans Ontario où elles reçoivent de $500 à $600; à Québec, elles ne peuvent obtenir que $200.M.MILLER, secrétaire du département, croit qu’il serait bon d’élever le minimum du traitement graduellement, mais qu’il est assez difficile d’en définir le chiffre.M.DEMERS prétend que si le gouvernement pouvait assurer une subvention spéciale, l’on pourrait s’assurer les services d’institutrices diplômées.M.MILLER, secrétaire du département, lui répond que le gouvernement accorde déjà un octroi aux municipalités qui paient toutes leurs institutrices au moins $100.Pour résumer la discussion, M.Magnan suggère un vœu qui sera discuté au comité des vœux.M.le Président propose la discussion du sujet qui suit: “Les bibliothèques scolaires: leur utilité.Comment favoriser leur établissement.” M.MARQUIS donne lecture d’une suggestion qui a été faite en 1906 par l’association des inspecteurs et qui se lit comme suit : Considérant que les livres en prix que les inspecteurs d’écoles sont tenus de distribuer ne sont pas assez nombreux pour pouvoir rendre justice; considérant qu’un grand nombre de ces livres ne sont pas appropriés à l’intelligence des enfants; considérant qu’il est reconnu que ces prix sont généralement peu lus; Nous sommes d’avis qu’il vaudrait mieux qu’ils fussent donnés aux écoles mêmes, afin de former de petites blibliothèques scolaires.A cet effet, deux séries de livres pourraient être distribuées: l’une destinée à l’usage de l’institutrice, et l’autre, à celui des enfants; les livres de cette dernière série ne devant être prêtés aux élèves qu’à titre de récompense, et ils seraient tenus d’en rendre compte au titulaire de l’école, afin de lui prouver que cette lecture a été bien comprise et qu’elle leur est profitable.” M.le PRESIDENT fait remarquer, qu’en 1897, le Comité catholique a passé une résolution recommandant au gouvernement de mettre à sa disposition le montant voté pour l’achat de livres en prix, afin d’établir de petites bibliothèques scolaires.En 1909, une autre résolution a été adoptée réitérant le désir qu’il a déjà exprimé de fonder des bibliothèques à l’usage des instituteurs et des institutrices, et priant le lieutenant-gouverneur en conseil de vouloir bien mettre au crédit de ce comité soit dans le budget, soit autrement, telle somme qu’il croira devoir être employée dans ce but.M.VIEN dit qu’il est très important de former des bibliothèques scolaires; elles se composeraient de deux séries, dont l’une à l’usage du titulaire, l’autre contiendrait des livres de lecture proportionnés au développement de l’intelligence des élèves.Le titulaire pourrait faire un résumé du livre avant de le passer à l’élève, exiger que l’élève prenne des notes en le lisant, afin de pouvoir en faire un compte-rendu intelligent.Ce mode de lecture favoriserait les exercises de rédaction, parceque l’attention, la mémoire, le jugement, l’esprit d’observation et de comparaison seraient exercés et mis en éveil.Le choix de ces volumes devra être fait par une personne bien qualifiée, et le gouvernement pourrait fournir, sous forme de prime, une somme équivalente à la somme dépensée par la municipalité pour l’achat de ces livres; c’est-à-dire que si une muni-cipalité votait une somme de $25 pour la formation d’unç bibhothèque, une prime pour ce même montant lui serait accordée à condition qu’elle soit dépensée à l’achat de livres.M.MAGNAN suggère que le Comité catholique pourrait dresser une liste pour les titulaires et une autre pour les élèves, parceque les commissaires d’écoles, très-souvent, ne connaissent pas le genre de livres qu’il serait désirable d’acquérir; qu’une demande soit faite dans ce sens.M.VIEN se prononce en faveur de ce projet et ajoute que le Comité catholique devrait former un sous-comité pour choisir les livres, et même les acheter.MM.FI LTE AU et MARQUIS déclarent que plusieurs municipalités de leurs districts sont prêtes à acheter des livres, mais désirent et attendent qu’une liste en soit faite.M.LEFEBVRE dit que dans plusieurs maisons d’éducation de son district d’inspection il il y a déjà des bibliothèques pour le personnel enseignant et pour les élèves, mais ces derniers 586 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE n’ont accès à la bibliothèque qu’au moyen d’une contribution.Il verrait avec plaisir l’établissement dans nos écoles primaires de bibliothèque scolaires dont l’une à l’usage du personnel enseignant et l’autre à l’usage des élèves, et dont l’entretien et le soutien seraient payés partie par la commission scolaire et partie par le gouvernement.Un vœu est donc formulé, qui sera étudié par le comité des vœux.M.le SECRETAIRE du Département demande aux inspecteurs de vouloir bien lui dire si les écoles de garçons tenues par des maîtres, et dont il va donner la liste, ont bien droit à une part de l’octroi de 1-10,000 accordé par le gouvernement parce qu’il ne faut pas en oublier, qu’une fois cette somme dépensée, il n’y a plus à y revenir.Aux questions de certains inspecteurs, M.Miller dit qu’une municipalité rurale ayant le titre de ville n’a pas droit à cette prime; qu’une municipalité scolaire située dans les limites d’une ville n’y a également pas droit.Il donne lecture de la liste des écoles.M.le PRESIDENT met à l’étude le sujet suivant: “Promotion annuelle des élèves conformément au programme d’études.Le passage régulier par la masse des élèves, d’une année du programme à la suivante, à chaque période scolaire, n’a pas lieu régulièlement.Pourquoi ?Suggestions.” M.DUBEAU trouve que la promotion annuelle des élèves n’a pas toujours lieu régulièrement par le manque d’assiduité des élèves, la négligence de quelques institutrices ou l’incompétence d’un certain nombre d’entre elles.Le manque d’assiduité provient des parents, et quelquefois du manque d’intérêt dans l’enseignement du titulaire de l’école.Si l’institutrice recevait une augmentation de traitement proportionnelle à la fréquentation scolaire, celle-ci serait beaucoup plus régulière.Il croit que l’on pourrait aussi augmenter l’émulation de l’institutrice en lui ajoutant un traitement proportionnel au nombre d’élèves jugés capables, à la fin de l’année scolaire, d’être promus à un degré supérieur, en état de changer d’année du cours.Ces deux primes additionnelles pourraient servir à classer nos écoles.Les débutantes ne pourraient jamais avoir la direction d’une des écoles les mieux notées sans avoir un certificat annuel de l’inspecteur.Quant à l’incompétence, il croit que l’on pourrait l’amoindrir par la préparation d’un carton indiquant la partie du programme enseigné mensuellement.M.VIEN dit que le défaut de la promotion est dû à la négligence et à l’apathie des parents qui n’envoient pas régulièrement les enfants aux écoles.Aussi à l’institutrice qui fait sa classe avec indifférence et sans préparation.Il prétend que le programme d’études est consigné très-clairement dans le Manuel de l’Instituteur.Il faudrait nommer des conférenciers scolaires qui rencontreraient les parents pour stimuler leur zèle.Dans la ville de Québec, l’on donne des mentions honorables après examens dans chaque degré.M.DEMERS fait remarquer que cette question avait déjà été soulevée, mais la grande difficulté était de la mettre à exécution.Il existe à St-Jean un système de promotion.Les examens sont faits par des dignitaires qui délivrent ces certificats.M.SAVARD dit que deux causes principales empêchent cette promotion: 1° Les absences de l’école; 2° La négligence des institutrices à faire faire des devoirs journaliers.Beaucoup trop d’enfants, bien doués d’ailleurs, s’absentent souvent et ne peuvent suivre qu’imparfaitement le programme de leur année; ils perdent peu à peu le goût de l’étude et finissent par devenir négligents.Les devoirs journaliers à la maison ont des avantages incontestables pour les progrès des élèves; pour de multiples raisons (pauvreté, négligence de l’élève ou insouciance des parents), les devoirs à domicile sont omis et les progrès compromis.A ces causes on pourrait ajouter l’étude intensive du catéchisme pendant l’année de la première communion solennelle des élèves, étude qui met les enfants qui suivent les exercices du catéchisme dans l’impossibilité d’approfondir le programme de leur cours.Une autre cause est le départ de l’école avant la fin de l’année scolaire; un bien trop grand nombre d’enfants sont retirés de l’école par leurs parents au printemps.Il faudrait, à son avis, intéresser les parents à l’éducation et à l’instruction de leurs enfants.Bien peu d’enfants sont négligents par paresse, mais plutôt parce que leurs études sont peu favorisées dans la famille.Il faudrait aussi rendre l’instruction facile et agréable par des matériaux scolaires suffisants, propres à l’enseignement intuitif.Tenir à une application sérieuse du travail L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 587 “expliqué et compris.” Enfin exercer les facultés intellectuelles, combattre la routine et l'irré-flection.M.MAGNAN termine la discussion en déclarant qu’il n’y a pas à se le dissimuler, la promotion n’existe pas dans les écoles.Voici les remarques de l’Inspecteur général sur ce sujet: “La durée des études primaires,d’après le programme du Comité catholique,est de huit années, qui se répartissent coipme suit: cours élémentaire, 4 ans; cours intermédiaire, 2 ans; cours supérieur, 2 ans.En 1909-10, d’après le rapport du Surintendant, il y avait 183,335 élèves catholiques dans les écoles élémentaires sous contrôle, 82,836 dans les écoles intermédiaires sous contrôle et 26,168 dans les académies sous contrôle, soit un total de 292,339 élèves qui ont fréquenté les écoles primaires catholiques en 1909-10.Sur ce total de trois cent mille élèves près, combien parcourront en entier et avec sucèès l’un des trois cycles ?combien parcourront les trois cycles ?L’expérience nous apprend que ce calcul approximatif n’est pas possible, attendu qu’aucune sanction ne couronne les études primaires, chez nous.Les statistiques nous apprennent bien qu’il y a tant d’élèves dans chaque année de trois cours; mais combien parmi ces élèves terminent le cours élémentaire, le cours intermédiaire, le cours supérieur ?On ne peut le savoir: le certificat d’études n’est pas encore établi.Aussi la durée de la fréquentation scolaire ou scolarité est-elle trop courte, règle générale.Peu d’élèves des écoles rurales, chez les garçons surtout, se rendent au cours intermédiaire.L’une des causes de cette scolarité écourtée, ne résiderait-elle pas dans le fait qu’il importe peu d’aller à l’école plus ou moins longtemps puisque les élèves en sortent sans fournir aux parents une attestation de leur degré d’instruction ?En France, tous les enfants sont obligés de se présenter aux examens du certificat d’études primaires avant d’être libérés de l’obligation scolaire: ils peuvent se présenter à ces examens à l’âge de 12 ans.Les épreuves de l’examen sont de deux sortes: les épreuves écrites et les épreuves orales.Les épreuves écrites ont lieu à huit clos, sous la surveillance des membres de la commission.Elles comprennent: 1° Une dictée d’orthographe de quinze lignes au plus; le point final de chaque phrase est indiqué.La dictée peut servir d’épreuve d’écriture courante.2° Deux questions d’arithmétique portant sur les applications du calcul et du système métrique, avec solution raisonnée.3° Une rédaction d’un genre très simple (récit, lettre, etc.) Les jeunes filles exécutent, en outre, un travail de couture usuelle, sous la surveillance d’une dame désignée à cet effet.Les textes et les sujets de composition, choisis par l’inspecteur d’académie, sont remis, à l’ouverture des épreuves, sous pli cacheté, au président de la commission.Les épreuves orales sont publiques.Elles se passent devant une commission unique présidée par l’inspecteur et comprennent: 1° Une lecture expliquée, accompagnée de la récitation d’un morceau choisi sur une liste présentée par le candidat; 2° Des questions d’histoire et de géographie.Comme les épreuves écrites, les épreuves orales sont appréciées au moyen d’un chiffre variant de 0 à 10.La durée de l’ensemble des épreuves orales ne doit pas excéder un quart d’heure pour chaque candidat.Les points obtenus pour ces épreuves sont ajoutés aux points obtenus pour les épreuves écrites.Nul n’est définitivement déclaré apte à recevoir le certificat d’études s'il n’a obtenu la moitié au moins du total maximum des points accordés pour les deux catégories d’épreuves.n Outre les matières énoncées au règlement, l’examen peut comprendre, sur la demande du candidat, un exercice de dessin linéaire et des interrogations sur l’agriculture.Il est fait mention, sur le certificat, des matières complémentaires pour lesquelles le candidat a obtenu au moins la note 5.Le procès-verbal de l’examen est transmis à l’inspecteur d’académie, qui, après avoir vérifié la régularité des opérations, délivre, s’il y a lieu, le certificat d’études.Dans le mois qui suit la clôture des sessions, l’inspecteur d’académie adresse au recteur un compte rendu statistique des résultats obtenus dans son département.Le recteur adresse au Ministre un compte rendu analogue pour tous les départements de son ressort.Ce sont les commissions cantonales qui jugent l’aptitude des aspirants et des aspirantes au certificat d’études primaires élémentaires.Ces commissions sont nommées par les recteurs sur la proposition des inspecteurs d’académie.J’ouvre ici une parenthèse pour dire que le Eecteur est placé à la tête 588 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE de chaque académie.Il y a, en France, 17 académies ou divisions territoriales établies aux fins de l’instruction publique.Les recteurs ont sous leur autorité tous les fonctionnaires de l’Enseignement public supérieur, secondaire ou primaire.Ces commissions cantonales se réunissent chaque année, sur la convocation de l’inspecteur d’académie, soit au chef-lieu de canton, soit dans une commune centrale désignée à cet effet.L’inspecteur primaire du ressort est président de droit de ces commissions.• Cette institution du certificat d’études primaires est donc sérieuse.Elle permet aux autorités de contrôler les efforts du personnel enseignant et aux parents de constater le travail et le succès de leurs enfants.Comme les examens du certificat d’études portent sur: la dictée, l’écriture, l’arithmétique, la rédaction, la lecture expliquée, la récitation, la géographie et l’histoire, ce sont ces matières qui requièrent presque tout le temps de la classe.Et comme la dictée, la rédaction et la lecture servent à contrôler l’enseignement de la grammaire, de la morale et de l’instruction civique, on peut conclure que les épreuves du certificat d’études portent sur l’ensemble des programmes.En Suisse, dans le canton de Fribourg, que j’ai visité plus particulièrement, c’est le Livret scolaire qui atteste du degré d’instruction de chaque enfant de la région.Pour chaque élève entrant à l’école, il est établi un Livret scolaire conformément aux prescriptions de la loi.Ce livret reproduit les indications du registre de profession et du registre matricule; il contient en outre, les notes qu’ont obtenues les élèves durant leur scolarité.Ce livret accompagne l’élève jusqu’à sa sortie de l’école primaire.—le cours est de dix années.Avant de recevoir son certificat d’émancipation, l’élève de l’école primaire suisse doit subir un examen final.Nul n’est admis aux cours complémentaires (écoles primaires supérieures), à l’enseignement secondaire ou spécial, s’il ne prodùit son Livret scolaire.Ne serait-il pas temps, dans la province de Québec d’étudier sérieusement cette question du certificat d’études?Grâce à la bonne volonté de notre population, la fréquentation scolaire, considérée au point de vue de la présence moyenne en classe, est bonne.Mais ce qui manque et aux parents et à l’élève, c’est la sanction aux différents cours de l’école primaire.Trois certificats d’études volontaires, établissant que l’élève a suivi avec succès: 1° les quatre années du cours élémentaire; 2° les deux années du cours intermédiaire; 3° les deux années du cours supérieur, créeraient une saine émulation: le certificat d’études primaires serait recherché, parce que aux yeux des parents et à ceux de l’élève il aurait un sens précis et pratique.” Après avoir entendu la discussion, M.le Président demande de formuler un vœu, qui sera étudié par le comité des vœux.Le Comité des vœux est alors formé et la résolution suivante est adoptée: Proposé par M.Lionel Bergeron, secondé par M.J.-G.-W.McGown, “Que ce comité soit composé des membres suivants: MM.C.-J.Magnan, G.-S.Vien, “J.-G.-W.McGown, H.Nansot, L.Bergeron, L.Longtin, L.Lefebvre, A.Tanguay, L.-N.“Lévesque, J.-Y.Beaumier, G.-E.Marquis, Ed.Body, F.-X.Guay et A.-M.Filteau.“Ce comité fera rapport à la séance du 29 au matin.” M.le PRESIDENT ajourne la séance au lendemain à neuf heures et quitte le fauteuil.Le Comité des vœux siège, sous la présidence de M.Magnan, jusqu’à cinq heures quarante- cinq.A huit heures du soir, sur l’invitation de M.Arthur Picard, président de la Commission de l’Ecole technique de Québec, les membres du congrès assistent à une conférence donnée par M.Mâcheras, principal des Ecoles techniques de Montréal et de Québec.Le sujet traité est “De l’Enseignement technique et de l’appoint que peut lui fournir l’Enseignement primaire.” Après que M.Picard eut priéM.J.-N.Miller, secrétaire du département, de présider l’assemblée en l’absence de l’honorable Surintendant de l’Instruction publique, M.Mâcheras commença sa conférence.La conférence de M.Mâcheras a été publiée en entier dans L'Enseignement Primaire de février 1912, page 350.M.J.-N.MILLER présente des remerciements à M.Picard pour sa gracieuse invitation, et à M.Mâcheras pour l’intéressante conférence qu’il vient de donner. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 589 Les membres du Congrès sont ensuite invités à visiter les différents départements de 1 école technique.28 DECEMBRE 1911.SEANCE DE P AVANT-MIDI.M.le PRESIDENT ouvre la séance à neuf heures.Présents: les mêmes qu’à la réunion précédente.Le sujet suivant est soumis à l’étude “Les devoirs de l’Inspecteur.” M.C-J.MAGNAN, Inspecteur général, s’adresse ainsi aux membres du congrès: “M.le Surintendant, chers confrères, Je dois vous parler ce matin des devoirs de VInspecteur.Sujet important pour nous et que je développerai en toute franchise et confiance, convaincu que tous nous désirons remplir notre devoir professionnel dans sa plénitude et avec zèle et conscience.Le jour où le gouvernement, par un arrêté en conseil, nous a élevés au poste honorable d’inspecteur d’écoles, ce jour-là nous avons contracté envers la province, envers le district scolaire qui nous est particulièrement confié, l’engagement de réaliser avec probité ce que la loi et les règlements du Comité catholique exigent de nous.Des devoirs nous lient donc envers l’Etat qui nous paie, envers les autorités préposées à notre direction, envers tous les citoyens de cette province.L’étendue de ces devoirs, la nature de chacun d’eux, la manière de les remplir, voilà ce dont je veux vous entretenir un instant, chers collègues.En parcourant avec vous le cercle de ces devoirs, je n’ai pas la prétention de vous découvrir ce que vous connaissez déjà.Non, c’est plutôt dans l’intention de fortifier en nous ce point d’honneur professionel, d’éveiller en nos âmes cette solidarité qui fait d’un devoir partagé et surveillé par plusieurs une obligation plus forte pour chacun.Les devoirs et les pouvoirs de l’inspecteur primaire sont fixés par la loi (art.76 à 83 du code scolaire), qui les subordonne aux instructions du Surintendant et aux règlements du Comité catholique, pour les inspecteurs catholiques.C’est donc dans les circulaires du Surintendant et les Règlements du Comité catholique qu’il nous faut chercher notre gouverne.Dans de multiples circulaires, M.le Surintendant, vous avez tracé aux inspecteurs la voie à suivre dans l’exercice de leur rôle important, précisé la nature de leurs devoirs.Je désir attirer l’attention du congrès sur deux de ces circulaires, celle du 15 août 1910 et celle du 1er septembre 1911.Dans la 1ère, M.le Surintendant vous communiquait l’arrêté ministériel du 10 d’août 1910, arrêté modifiant vos obligations en même temps qu’il élevait votre traitement.C’est cet arrêté qui oblige formellement l’inspecteur à consacrer tout son temps à l’exercice de sa profession.A sa session de mai 1910, le Comité catholique décrétait l’obligation de la double visite et celle de la conférence pédagogique “aux instituteurs et aux institutrices de chaque municipalité.” Désormais, tout votre temps est donc dû à l’accomphssement de votre tâche, visites et conférences, travail de bureau, études professionnelles.Ce serait pour l’un d’entre nous manquer à son devoir et compromettre la réputation du corps des inspecteurs tout entier que de visiter les écoles trop à la hâte et supprimer parfois la conférence.C’est pourquoi M.le Surintendant dans sa circulaire du 1er septembre dernier, disait, parlant de la première visite: “Faites cette première visite sans précipitation.” En effet, le but de cette première visite est de constater si chaque école est en activité, si le titulaire qui la dirige est diplômé et compétent, et en particulier de s’assurer du classement judicieux des élèves, et dans certains cas aider la maître ou la maîtresse à remplir ce devoir; c’est encore, dans les classes dirigées par des débutants, de donner, tout en questionnant les élèves, une leçon de méthodologie pratique, d’examiner le tableau de l’emploi du temps, de le modifier, s’il y a lieu.Après avoir disposé de l’état pédagogique de la classe, il faut aussi s’enquérir de l’état matériel de la maison d’école et du mobilier.La question de l’hygiène scolaire se pose à l’école, l’ins- 590 L'ENSEIGNEMENT PRIMAIRE pecteur ne peut l’éviter.Il importe qu’il se mette en mesure de renseigner parfaitement le Surintendant sur ce point comme sur les autres.Mais pour remplir cette tâche dans chaque école, règle générale, quelques minutes ne sauraient suffire.A quoi servirait la visite de l’inspecteur, si elle se bornait à recueillir les statistiques et à causer quelques instants avec le titulaire ?Certes, je le sais, plusieurs d’entre vous ont de longues distances à parcourir et un grand nombre d’écoles à visiter.Et l’on ne saurait exiger de tous un séjour uniquement prolongé à chaque école.Non, toute proportion gardée et en égard au nombre d’élèves, à la qualité et à l’ancienneté du titulaire, l’inspecteur devrait, dans chaque école, prendre le temps de faire une visite sérieuse, dont il serait satisfait tout le premier.Le temps n’est peut-être pas éloigné où les conditions de l’inspectorat seront modifiées de telle sorte, que l’inspecteur, ayant moins d’écoles à visiter, sera en mesure de guider réellement et les commissions scolaires et le personnel enseignant de son district.Mais en attendant, et c’est encore le meilleur moyen de hâter les réformes désirées, il nous faut faire convenablement notre devoir, en dépit de certains obstacles, et satisfaire loyalement aux obügations actuelles.Les circulaires du Surintendant ne sont que les commentaires des décisions du Comité catho-lique, à qui la loi impose la tâche de faire les règlements concernant l’inspectorat.Ces règlements vous les connaissez, mais dans une réunion comme celle-ci, nous devons les rappeler souvent, puisqu’ils forment pour nous le code particulier qui régit nos fonctions.L’article 231 amendé des règlements refondus du Comité catholique prescrit nos obligations avec clarté et précision.Ces obligations se résument pour l’inspecteur: 1° à visiter deux fois l’année chacune des écoles de son district; 2° à donner une conférence pédagogique aux instituteurs et aux institutrices de chaque municipalité à l’époque de la visite d’autonne; 3° à inscrire à chaque école dans le registre des visiteurs, l’appréciation du résultat de son examen, et toutes autres remarques qu’il juge à propos de faire aux commissaires ou aux instituteurs; 4° à transmettre un rapport ou bulletin d’inspection sur les écoles d’une municipalité dès que la visite en est complétée; 5° à transmettre un rapport de chaque visite aux secrétaires-trésoriers des municipaütés visitées; 6° à transmettre au Surintendant un rapport annuel et les bulletins statistiques avânt le 1er août de chaque année.Voilà l’ensemble de nos obligations.Etudions-en les détails.LES DEUX VISITES On pourrait définir en ses traits essentiels l’inspection primaire telle que constituée en notre province, en disant qu’elle s’applique, au moyen d’officiers spéciaux (dont la compétence est reconnue au préalable par le Comité catholique) nommés par le gouvernement, 1° à la surveillance, en ce qui regarde le fonctionnement de la loi de l’Instruction publique sous les auspices des commissions scolaires; 2° au contrôle de Venseignement en veillant à l’observation des programmes et des règlements destinés à en assurer l'efficacité; 3° à la direction du personnel enseignant, au moyen de la conférence pédagogique et par des conseils ad hoc judicieusement conçus et formulés sur place.Mais cette surveillance, ce contrôle et cette direction ne sauraient s’exercer ou se donner convenablement au moyen d’une seule visite.Car le rôle de l’inspecteur ne doit pas se borner à l’inspection, il comporte aussi, dans une certaine mesure, des pouvoirs de direction.Le Surintendant ne saurait se contenter de renseignements qui n’ont trait qu’aux seules statistiques, encore que les statistiques aient leur importance; il ne lui importe pas moins de bien connaître le régime intérieur de l’école: aptitude des maîtres, progrès des élèves, organisation pédagogique des classes, etc.Si l’on veut permettre au Comité catholique et au Département de l’Instruction publique, de créer une véritable Direction de Venseignement, il faut que les inspecteurs se mettent en mesure de renseigner exactement le Surintendant sur la valeur et les qualifications du personnel enseignant, la mise en opération du programme d’études, les constructions et le mobiher scolaires.Il me semble impossible, en une seule visite, de se mettre suffisamment au courant de la situation L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 591 scolaire dans chaque municipalité et d’exercer une influence salutaire et sur les commissions scolaires et sur le personnel enseignant.D’ailleurs, jusqu’à nouvel ordre, les deux visites sont obligatoires: il faut donc non seulement les faire, mais les faire de telle sorte que chacune d’elles produise des résultats tangibles.L’inspecteur ne visitera jamais une municipalité sans rencontrer les commissaires pour parler avec eux des besoins de leurs écoles; il fera en sorte qu’ils l’accompagnent à l’une des deux visites, au moins; à chaque école, lors de la deuxième visite, il examinera tous les élèves sur les principales branches du programme d’études; dans chaque municipalité et à l’endroit le plus commode, il donnera lors de la première visite, une conférence aux titulaires de la localité, une conférence pratique sur les besoins spéciaux des écoles de la municipalité, sur les défauts constatés pendant la visite, sur l’organisation des classes et sur les devoirs essentiels des maîtres.> Les visites ne doivent pas commencer trop tôt en automne, car l’inspecteur s’expose à trouver plusieurs écoles fermées ou à visiter des classes à peine en activité.Il me semble que la date initiale de cette visite ne devrait jamais être avant le 15 de septembre.A cette date, toutes les classes ne sont pas parfaitement organisées, mais la mise en train de l’école permet déjà de juger de la valeur du titulaire, et le cas échéant, l’inspecteur peut aider ce dernier à parfaire son travail, grâce au registre d’inspection de l’année précédente.Lorsque le maître a de l’expérience, que vous connaissez déjà sa compétence, votre visite n’est pas inutile pour les élèves à qui vous pouvez donner des conseils et devant qui vous rendez hommage au talent et au dévouement de leur instituteur en assistant à une ou deux de ses leçons.Si les maîtres et les maîtresses médiocres ont besoin d’être guidés et éclairés par l’inspecteur, les maîtres et les maîtresses expérimentés ont droit aussi à sa visite pour les encourager en appréciant par sa présence leur zèle et leur valeur professionnels.Puis, tout en rendant hommage à ces instituteurs de premier ordre, l’inspecteur peut noter ça et là des méthodes et des procédés dont il fera bénéficier les titulaires moins expérimentés ou moins bien formés.Quelques inspecteurs, dans un but qu’ils croient louable, précipitent trop les visites.J’ai noté la journée suivante d’un inspecteur: cinq écoles visitées; durée des visites: 1ère école 1.15 heure, 2e, 1.15 heure; 3e 1.10 heure, 4e 1.40 heure, 5e 2 heures, total: 7.20.Ajoutons le temps nécessaire pour passer d’une école à l’autre et quelques minutes pour la collation du midi, et nous atteignons facilement le chiffre de 9 heures de travail.Cet inspecteur a dû commencer sa tâche le matin à 8 heures pour ne la terminer qu’à cinq heures.Le soir il convoquait les institutrices en conférence.C’est du surmenage.Faites dans ces conditions, les visites produisent peu de bien, et l’inspecteur se fatigue outre mesure sans profit pour la cause qu’il prétend servir.J’ai constaté par les rapports de la première visite de cette année, qu’en moyenne, la majorité des inspecteurs visitaient trois écoles par jour, parfois quatre, mais plus rarement, soit quinze à dix-huit écoles par semaine, y compris la conférence et les déplacements, sauf dans les régions d’accès difficile.Un inspecteur qui a 160 écoles à visiter, parcourt son district en dix semaines, soit deux mois et demi.Du 15 septembre au 25 décembre, il y a trois mois et une semaine.C’est donc trois semaines de marge pour repos nécessaire dans la famille et le travail de bureau.Il faut l’admettre, c’est un travail ardu.L’époque de la deuxième visite accorde plus de l’attitude: elle dure du 15 janvier au 30 juin, soit cinq mois et demi.Cette deuxième visite est la plus laborieuse, car à cette période de l’année scolaire, tous les élèves doivent être questionnés sur les matières essentielles, les cahiers et autres travaux de la classe examinés attentivement.Mais l’inspecteur ayant vingt-deux semaines à sa disposition au lieu de treize comme dans le premier semestre, peut accorder à chaque école le temps nécessaire à un examen consciencieux.Il aura encore à sa disposition quelques semaines de temps libre pour séjour dans la famille et transcription des bulletins.A tout événement, le régime actuel impose un rude labeur à l’inspecteur soucieux de son devoir» je le sais.Voilà pourquoi je suis d’avis que le nombre des inspecteurs devrait être augmenté de façon à ce que chacun d’eux n’eût pas plus que cent vingt-cinq écoles à visiter.La question des frais de voyage se greffe aussi sur celle de la rédistribution des districts.C’est bien .mon avis, le système actuel place constamment l’inspecteur entre son devoir et sa bourse.Je le dis ailleurs, c’est une situation difficile.Mais, voulons-nous amener les autorités à réformer l’inspectorat 592 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE sur certains points que j’estime de première importance, c’est encore et c’est toujours de faire notre devoir consciencieusement, de remplir notre tâche avec ardeur, plaçant au-dessus de tout intérêt l’instruction publique, à laquelle nous nous sommes consacrés corps et âmes, et ne pas nous contenter d’occuper une charge sans la remplir.LA CONFERENCE PEDAGOGIQUE La résolution du Comité catholique du 11 mai 1910 oblige l’inspecteur à la suite de la visite d’automne, à donner “dans chaque paroisse à l’endroit le plus commode”, une conférence pédagogique aux institutrices et aux instituteurs de la localité.C’est donc dans chaque municipalité, sauf le cas où il n’y a qu’un titulaire, qu’il faut donner la conférence, et non, comme elle se fait parfois, à quelques endroits du district, quitte à convoquer les institutrices et les instituteurs à un lieu désigné, sans tenir compte de la distance et des frais que ce déplacement occasionne.A ce sujet, quelques plaintes d’institutrices sont parvenues au Département de l’Instruction publique.A moins que les instituteurs et les institutrices n’aient peu ou pas de déboursés à faire pour assister à la conférence en dehors de la municipalité et qu’ils consentent volontiers à ce déplacement, l'inspecteur outrepasse ses pouvoirs en obligeant ses subordonnés à se déplacer à leurs frais.Le caractère de la conférence a été précisé par le Surintendant, elle doit “se rapporter aux besoins spéciaux des écoles de la municipalité, aux défauts constatés lors de la visite, à l’organisation des classes, à la discipline, en un mot, aux devoirs essentiels des titulaires.” (1) Puis le Surintendant désigne l’un de ses devoirs essentiels: cette année, il vous a signalé celui de la 'préparation sérieuse des leçons.Conviendrait-il de mettre de côté le sujet ainsi proposé par notre chef hiérarchique?Certainement non.Car en indiquant un sujet spécial chaque année, la direction de l’enseignement se propose un but: celui de faire traiter par les inspecteurs, en un certain nombre d’années, les principaux problèmes de l’enseignement.Ne pas se conformer aux ordres de notre chef, c’est donc compromettre l’exécution d’un plan tracé après mûres-délibérations.D’ailleurs, hors le sujet fixé par le Surintendant, l’inspecteur a toute liberté pour traiter des besoins spéciaux à son district.Autant que possible, une heure et demie doit être consacrée à la conférence.C’est peu, étant donné le manque d’expérience de la majorité du personnel, qui se renouvelle tous les quatre ans,, dans le plus grand nombre des cas.Le premier avantage des conférences est de suppléer à l’insuffisance de la préparation des institutrices, de leur indiquer la voie à suivre dans l’art si difficile de transmettre ses connaissances aux autres.L’inspection peut constater les résultats, réprimer les écarts, mais il n’appartient qu’à la conférence pédagogique de l’inspecteur, si elle est bien préparée et bien donnée, de pénéter les maîtres et les maîtresses de cet esprit qui élève la profession de l’instituteur à la dignité du sacerdoce.APPRECIATIONS DES EXAMENS ET OBSERVATIONS AUX COMMISSAIRES De l’inscription, sur le registre des visiteurs, de l’appréciation de l’examen à chaque école^ je n’ai pas grand chose à dire, sinon que l’inspecteur doit bien peser ses jugements en cette circonstance, afin de ne pas fournir des armes qui se tourneront contre le titulaire.Certes, il faut dire les choses telles qu’elles sont, mais lorsque les circonstances plaident en faveur du maître, donnons-lui en le bénéfice.Les cas de négligence ou d’incompétence notoires doivent être, en tout temps, dénoncés catégoriquement.Bien plus important est le rapport que l’inspecteur doit faire de sa visite au secrétaire-trésorier, avec l’instruction de le transcrire au registre de la corporation scolaire.Ce rapport, que prescrit le paragraphe 14 de l’article 231 des Béglcments refondus, a trait à la tenue des classes, à l’état matériel de l’école et du mobilier, etc., etc.Les observations de l’inspecteur aux commissaires “ne doivent jamais être omises,” dit le Surintendant dans sa (1) Circulaire du 1er septembre, 1911. ittfttittffhttntv, '’^1 mmm ' ¦ ' '"y Photo.Montminy & Cie, Québec.Congrès des Inspecteurs d'écoles catholiques tenu à Québec les 26.27, 28 et 29 décembre 1911. Bibliothèque et Archives nationales Québec I 7^ I *7 L’Enseignement Primaire Page(s) blanche(s) L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 593 circulaire du 1er septembre dernier.Néanmoins, je pourrais exhiber ici plusieurs rapports d’ins-pection qui ne contiennent pas un mot à ce sujet.“Il y a toujours quelque chose d’utile à dire’ aux commissaires,” avez-vous dit, M.le Surintendant.En effet, si tout va bien, un mot de louan-ge est dû à qui de droit; si les choses laissent à désirer, il faut savoir encourager, suggérer les moyens à prendre pour mieux faire.Ces observations de l’inspecteur, motivées et bien mises au point éclairent et stimulent les commissairesbelles constituent une véritable direction locale de l’enseignement.L’inspecteur, dans la circonscription de son ressort, n’est-il pas le substitut du Surintendant?Avant de quitter ce chapitre, j’attire l’attention sur quelques détails qui ont leur importance.Ainsi, il ne faut pas trop demander à la fois aux commissaires et demander avec tact et à propos; il vaut mieux sacrifier l’accessoire au nécessaire; lorsqu’il y.a lieu de signaler au Surintendant des non-diplômés engagés sans autorisation, il ne faut pas oublier, d’autre part, de rappeler aux commissaires leurs devoirs à ce sujet; renseigner les commissaires sur chacun des huit chefs d’observations, tel qu’indiqués dans le rapport et le bulletin; sur le rapport ou survie bulletin, donner le nom officiel de la municipalité scolaire et non celui du bureau de poste ou la dénomination canonique.LE RAPPORT OU BULLETIN D’INSPECTION Il importe, dans l’intérêt de l’Instruction publique, et pour faciliter la besogne au Département, de se conformer au paragraphe 13 de l’article 231 des Règlements refondus, qui ordonne de transmettre le bulletin (le rapport pour la première visite) des écoles d’une municipalité dès que la visite en est terminée.Il m’est agréable de dire que la plupart des inspecteurs se conforment à ce règlement.Tous les jours arrivent au Département un certain nombre de bulletins qui sont dépouillés, annotés et classés, et, s’i !y a lieu, la correspondance avec les commissaires est faite incessamment.Ainsi, l’intervention du Surintendant, venant peu de temps après la visite de l’inspecteur, produit un excellent effet et hâte le progrès.Mais il n’en est pas de même quand le bulletin n’arrive au Département que huit ou dix semaines après la visite.Un point important à observer, c’est celui-ci: ne jamais laisser en blanc, lorsqu’il y a lieu d’y faire une inscription, l’un des tableaux ou partie de tableau du rapport ou du bulletin.Dans la rédaction de ces documents, il ne faut rien omettre, car les pièces incomplètes mettent le Département dans l’embarras, et les chiffres et les renseignements fournis doivent être de la plus grande exactitude, QUELQUES REMARQUES PARTICULIERES Permettez-moi, MM.d’attirer votre attention sur certains faits que nous révèle la correspondance échangée entre le Département et les intéressés.Je n’en énumérerai que quelques-uns, afin de démontrer combien il importe d’être précis dans les documents que l’inspecteur adresse au Surintendant.Dans un rapport, l’on dit au Surintendant: “Les maisons d’écoles sont en bon état.” Or, l’année précédente, l’inspecteur avait refusé d’accepter deux de ces écoles, et depuis cette date aucune réparation .n’avait été faite aux susdites écoles.Une telle distraction met le Département dans l’embarras.C’est encore une école acceptée après avoir été réparée sans plans et devis approuvés par le Surintendant, encourageant ainsi les commissaires à se soustraire à l’autorité du Département.Dans plusieurs cas, on signale “une école fermée” sans dire la cause, ni mentionner si c’est temporairement qu’elle n’est plus en activité ou si elle est définitivement fermée.Parfois, on semble croire qu’une institutrice non-diplômée, qui s’est déjà présentée devant le Bureau, mais ayant échoué, est dispensée de l’autorisation du Surintendant l’année suivante: il n’en est rien.Parfois encore, on lit sur le rapport ou le bulletin: “Ecoles fermées à cause des 40 heures.” En consultant le calendrier du diocèse, on préviendrait ce contre-temps.Les notes des pages 2 et 3 du Bulletin de la deuxième visite, relatives à la maison d’école et, 2 594 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE à la salle de classe, sont faibles; néanmoins, à la page 11, au chapitre classification des municipalités, il est accordé très bien et parfois excellent dans la colonne: état-matériel de la maison d’école et du mobilier.Enfin je pourrais vous lire la lettre d’un secrétaire-trésorier se plaignant de la rareté de la visite de l’inspecteur à son bureau: ce dernier n’aurait pas visité les livres du secrétaire depuis 1907.En dépit des instructions du Surintendant, on omet de dire si le Département doit intervenir; d’après les observations aux commissaires, il y aurait lieu d’intervenir, cependant l’inspecteur ne dit ni oui ni non: c’est lui seul qui peut décider de l’opportunité de cette intervention, connaissant les lieux et les gens.4 CONCLUSION Je viens d’esquisser rapidement les principaux devoirs de l’inspecteur primaire.Il me reste à dire l’importance de ces devoirs, la grandeur et la noblesse des fonctions de celui qui doit les remplir.Délégué de la plus haute autorité scolaire chez nous, le Surintendant, l’inspecteur est tenu ¦de faire honneur à cette autorité en la représentant avec dignité, et en gardant partout et toujours cette attitude du gentilhomme qui mérite la confiance et commande le respect.Pour être à même d’exercer une autorité salutaire, de remplir sa mission honorablement, l’inspecteur doit se préoccuper de ses devoirs professionnels, devoirs qui seront l’objet de toutes ses préoccupations.Bien pénétré de l’importance de sa mission, de son utilité et de son efficacité, il agira toujours avec circonspection, évitant tout ce qui pourrait amoindrir son autorité ou diminuer son prestige vis-à-vis des commissaires, des instituteurs et des autorités religieuses et municipales.L’inspecteur doit nourrir dans son cœur de patriote et de chrétien un idéal assez élevé pour le soutenir dans son labeur et le protéger contre le découragement que fait parfois naître en son âme l’ingratitude de l’ignorance.Il faut qu’un sentiment profond de 1 importance moiale de ses travaux le soutienne et l’anime.N’est-ce pas à nous que le gouvernement et le Conseil de l’instruction publique s en lapportent pour assurer le bon fonctionnement de la loi la plus importante du pays ?N est-ce pas nous qui devons par la dignité de notre conduite, par notre culture intellectuelle et la parfaite connaissance de nos devoirs donner au peuple une haute idée de l’éducation, une confiance dans 1 école, centre de formation intellectuelle et morale ouvert à tous, au pauvre comme au riche, pour susciter et mettre en rehef tous les talents et toutes les aptitudes dont la Providence se plait à doter nos enfants ?; Le plus haut, le meilleur, le plus efficace des enseignements, c’est celui de 1 exemple.Et cet enseignement l’inspecteur d’écoles le doit à la région dont les intérêts scolaires lui sont particulièrement confiés; il le doit au personnel enseignant, il le doit aux milliers d enfants qui \ oient en lui la personnification de la plus noble des causes.Combien ne serait-il pas coupable, celui qui par négligence, faiblesse ou manque de dignité compromettrait, avec la cause qu’il représente, l’honneur du corps professionnel dont il fait partie ?Mais jamais aussi on ne saurait trop louer—et Dieu merci je m adresse ici au plus grand nombre—l’inspecteur consciencieux et digne, l’homme de devoir et de bonne éducation, 1 officier intègre dont le nom est synonyme d’honneur et de fidélité, le catholique zélé et sincère, le soldat qui sait obéir sans discuter les ordres des chefs; le serviteur du pays, soucieux de tenir intégralement l’engagement consenti dans l’arrêté ministériel le nommant officier de 1 Instruction publique.” M.VIEN remercie l’Inspecteur général de sa très intéressante conférence et de ses bons conseils.Il dit que lorsqu’il n’y avait qu’une visite par année, il passait trois ou quatre jours dans une institution renfermant 13 ou 14 classes; aujourd hui, avec les deux visites obligatoires, il ne peut donner qu’une journée, et très souvent il lui arrive d etre en retard dans ses visites.Les écoles dirigées par les Frères et les Religieuses sont généralement très bien classées et le pro-1 ramme est bien suivi.Il demande si dans ces écoles, ainsi que dans celles des municipalités L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 595 rurales, lorsque le classement est bien fait et la classe bien dirigée, l’inspecteur doit rester l’heure règlementaire.M.VINSPECTEUR GENERAL lui répond que dans les institutions où il y a une bonne direction, et dans les écoles où le titulaire est compétent, l’inspecteur pourrait passer plus vite, et réserver son temps pour les écoles qui réussissent moins bien, afin d’en connaître les causes.M.VIEN ajoute que pour ce qui concerne le nombre d’écoles visitées par jour (3 ou 4), très souvent l’inspecteur ne peut faire autrement afin de pouvoir terminer la première visite à la fin du mois de décembre.Il y a aussi une autre question relativement à la vérification des comptes des secrétaires-trésoriers.Dans bien des cas, l’inspecteur ne peut rencontrer ce fonctionnaire, même après lui avoir donné avis de la date de la visite.M.FILTEAU prétend que certains districts d’inspection ont trop d’étendue, que les distances à parcourir sont trop grandes pour faire deux visites convenables.M.NANSOT est de la même opinion, il croit qu’il serait nécessaire, dans l’intérêt des écoles et de l’inspectorat, de faire une rédistribution des districts d’inspection et d’augmenter le nombre des inspecteurs.M.le PRESIDENT demande à M.Nansot de formuler dans ce sens un vœu qui pourra être étudié par le comité des vœux.M.C.-J.MILLER demande que l’article 18 des règlements refondus du Comité catholique du Conseil de l’Instruction publique soit amendé en y ajoutant à la 4e ligne les mots: “et par les inspecteurs d’écoles.” Ce vœu sera étudié par le comité des vœux.M.MARQUIS soulève la question de l’enseignement de l’anglais dans les écoles.Il prétend qu’il est absolument nécessaire de connaître cette langue; qu’elle devrait être enseignée dans toutes les écoles autant que possible, et qu’un exemplaire de la “Méthode naturelle d’anglais” par M.John Ahern soit distribué à toutes les écoles sous contrôle.Il émet un vœu dans ce sens, qui est renvoyé au comité des vœux.MM.DUBEAU, LEFEBVRE et FILTEAU partagent l’opinion de M.Marquis, mais déclarent qu’il faudrait exiger que les candidats aux brevets obtinssent un diplôme pour enseigner le français et l’anglais.M.DEMERS demande que sur la liste des livres approuvés l’on fasse mention de la date de l’édition de l’ouvrage.Il a constaté que dans certains cas l’on changeait la date à laquelle l’ouvrage avait été édité.M.le PRESIDENT lui dit d’adresser une lettre lui signalant les noms des institutions qui se permettent de changer les dates.M.COTE demande si les communautés enseignantes doivent se conformer à la liste des livres approuvés.M.le SECRETAIRE du DEPARTEMENT lui répond que oui, lorsque les classes sont sous le contrôle des commissaires ou des syndics d’écoles.M.VIEN prétend que l’approbation d’un livre devrait être pour la durée de cinq ans, et être réapprouvé de nouveau à la fin de cette époque.M.le SECRETAIRE du DEPARTEMENT lui répond que le Comité catholique prévoit cette objection par une révision de la liste tous les quatre ou cinq ans.Il ajoute que les notes données par les inspecteurs au sujet des livres approuvés sont généralement bonnes.M.DEMERS attire l’attention des membres du congrès sur la statistique que les inspecteurs doivent fournir sur les écoles indépendantes.Il déclare qu’ils ont parfois des difficultés à l’obtenir.Souvent aussi une école indépendante comprend dans ses statistiques les élèves qui se trouvent dans les classes sous le contrôle des commissaires ou syndics, ce qui donne un chiffre beaucoup plus élevé.M.BERGERON demande que l’on fournisse aux inspecteurs une formule pour les statistiques des écoles indépendantes.M.BERGERON demande que l’inspecteur soit visiteur de toutes les écoles de la province, et que l’article 73 de la loi de l’Instruction publique soit amendé dans ce sens.Il soumet un vœu qui est renvoyé au comité des vœux. 596 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE M.TURCOTTE demande que le transport des livres que les inspecteurs doivent donner en prix soit payé par le département de l’Instruction publique.M.le SECRETAIRE répond que l’on verra à satisfaire les inspecteurs à ce sujet.Comme il n’est pas encore midi, M.le Président demande au congrès de s’occuper du sujet suivant: “Des constructions scolaires; remarques et suggestions des inspecteurs.” M.LEFEBVRE croit qu’il serait opportun avant de laisser commencer la construction d’une maison d’école, de faire aboucher l’entrepreneur avec l’Inspecteur d’écoles, pour permettre à celui-ci de donner certains renseignements pour l’obtention d’une salle de classe bien éclairée, bien ventilée, en un mot bien hygiénique.Il demande s’il sera question du système de sauvetage dans les rapports.M.BERGERON prétend que l’orientation des maisons d’école, dans bien des cas, est mauvaise, que lorsque la salle de classe est mal placée, l’éclairage s’en ressent.M.DEMERS est du même avis que M.Bergeron.M.le PRESIDENT croit que le paragraphe-suivant de la circulaire du 14 novembre 1906, qu’il a adressée à tous les inspecteurs, répond aux observations qui viennent d’être faites quant à l’orientation de la maison d’école; ce paragraphe avait été provoqué par une demande de l’association des inspecteurs.Voici ce que disait cette circulaire: “A ce propos, je dois vous dire que l’amendement aux règlements proposé par votre association à sa dernière séance aurait, dans bien des cas, entravé et retardé la construction de l’école.Il me semble que lorsque l’inspecteur fait sa visite scolaire, il pourrait facilement s’enquérir des projets des commissaires d’écoles, et donner à ceux-ci les explications désirables sur la position que doit occuper, au point de vue hygiénique, telle ou telle maison d’école à construire.Le sens de cette orientation pourrait même être communiqué par écrit aux commissaires ou syndics.On devrait aussi m’envoyer une copie de cette description pour mémoire.” Depuis que cette circulaire a été envoyée, le département n’a reçu aucune communication ni observation d’aucun de vous.Il serait nécessaire de vous y conformer.M.BOILY demande plus de détails dans les plans des maisons d’école, surtout en ce qui concerne le système de ventilation.M.TURCOTTE se plaint de ce que les commissions scolaires diminuent la surface vitrée; il suggère de demander 1-5 de surface vitrée comparée à la surface du plancher, pour obtenir 1-6.M.VIEN prétend que l’inspecteur devrait être autorisé à recevoir une somme de $5.00 lorsqu’il visite, pendant sa tournée d’inspection, une maison d’école nouvellement construite, parce-qu’il est forcément obligé de demeurer beaucoup plus longtemps dans cette municipalité afin de prendre toutes les mesures, constater les défauts, donner les avis nécessaires, et faire rapport en conséquence au département.M.TURCOTTE est du même avis, parceque, afin de donner un rapport bien exact au département, et faire les observations sur place, il faut consacrer des fois presqu’une journée à faire l’examen d’une maison d’école.SEANCE DE l’aPRES-MIFI La séance s’ouvre à deux heures.Présents: Les membres du congrès qui ont assisté à la séance du matin, plus M.le Dr Beaudry.M.le PRESIDENT présente M.le Dr J.-A.Beaudry, Inspecteur en chef du Conseil d’Hy-giène de la province de Québec, qui commence sa conférence sur “L’Hygiène re l’Inspection des écoles”.M.le conférencier se dit très heureux de se mettre en contact avec le corps des inspecteurs d’écoles.Il fait des observations sur l'hygiène à l’école rurale, dans le choix de l’emplacement, l’ornementation, la construction, la disposition et les dimensions des classes, leur ventilation et leur éclairage; il donne les moyens à prendre pour s’assurer de la condition sanitaire des élèves, et prévenir les contagions.M.le Dr Beaudry termine en disant de le Conseil d’hygiène compte beaucoup sur les inspecteurs d’écoles pour faire l’éducation du peuple en matière d’hygiène.M.le PRESIDENT demande à M.Magnan d’offrir les remerciements des inspecteurs au savant conférencier.Il est alors proposé par M.C.-J.Magnan, appuyé par M.G.-S.Yien: L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 597 “Que les inspecteurs d’écoles désirent exprimer à M.le Docteur J.-A.Beaudry leurs plus vifs “remerciements pour l’intéressante et instructive conférence qu’il a donnée devant ce congrès “sur l’hygiène dans ses rapports avec l’inspection des écoles.; “Qu’ils se feront un devoir de répandre les sages notions d’hygiène que M.le Dr Beaudry a “su leur communiquer.” Adopté.Le congrès reprend la discussion sur “Les constructions scolaires.” M.VIEN dit qu’il a examiné le projet d’un plan pour écoles rurales, il déclare que, d’après lui, ce projet rencontre toutes les exigences hygiéniques proclamées par M.le Dr Beaudiy, et demande que ce projet de plan soit produit afin que les inspecteurs puissent l’examiner, et recevoir certains renseignements.A la demande de M.le Surintendant, M.Dessane donne des explications.La discussion étant terminée, M.le Président demande à M.C.-A.Lefèvre, Directeur général du dessin, de continuer sa causerie sur l’enseignement du dessin dans les écoles.Cette causerie de M.Lefèvre a été publiée dans L’Enseignement Primaire de mars, page 400.M.le PRESIDENT ajourne la séance au lendemain à neuf heures.Le comité des vœux siège jusqu’à six heures sous la présidence de M.Magnan.29 DECEMBRE 1911.SEANCE DE L’AVANT-MIDI.M.le PRESIDENT ouvre la séance à neuf heures.Présents: les mêmes qu’à la réunion précédente.M.Magnan, Président du Comité des vœux, soumet le rapport suivant, qui est adopté par le congrès: Vœux du Congres “Le Comité nommé à la séance du 27 pour examiner et résumer les vœux exprimés par ce congrès a l’honneur de soumettre le rapport suivant: 1er vœu.—LE DESSIN.Il est proposé par MM.G.-S.Vien et H.Nansot, secondé par MM.J.-B.Demers et A.Tanguay: “Qu’aux examens du Bureau central des Examinateurs catholiques, il soit accordé, à partir “de 1913, un maximum de huit points au lieu de six accordés jusqu’à ce jour à l’épreuve du dessin, “et qu’un brevet de capacité ne soit accordé qu’aux candidats qui auront conservé au moins qua-“tre points sur cette matière.” 2e vœu.INSTITUTRICES NON DIPLOMEES.Il est proposé par MM.F.-X.Guay et A.-M.Filteau, secondé par MM.J.-V.Beaumier L.Longtin: 1° Que les mots suivants soient ajoutés à l’article 26 des règlements refondus du Comité catholique: “Et qu’elles aient 17ans accomplis.La demande d’autorisation ne pourra être “faite après le premier de septembre;” 2° Que les mots suivants soient ajoutés au paragraphe 15 de l’article 231 des règlements refondus: “Institutrices diplômées;” 3° Que les mots suivants soient ajoutés au règlement établi à la session du Comité catholique, du 4 septembre 1905, pour encourager les commissions scolaires: “N’engager “que des institutrices diplômées;” Que les lignes suivantes du dit règlement: “Il sera entendu “qu’aucune prime ne sera accordée aux municipalités qui auront des instituteurs ou des institu-“trices dont le traitement serait inférieur à cent piastres,” soit modifié comme suit : “Il sera entendu “qu’aucune prime ne sera accordée aux municipaütés qui auront des instituteurs ou des institu-“trices dont le traitement serait inférieur à cent vingt piastres” 4° “Qu’une prime spéciale soit accordée aux municipalités qui ne paient pas aux insti-“tutrices diplômées, ou aux institutrices non-diplômées, déclarées compétentes par l’inspecteur, “un traitement inférieur à cent soixante et quinze piastres.” 5° “Que sur l’avis de l’inspecteur et avec l’autorisation du Surintendant, une prime spéciale “soit accordée aux municipalités inscrites sur le tableau des municipalités pauvres, qui font e “plus de sacrifices pour leurs écoles.” &98 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 3e vœu.—BIBLIOTHEQUES SCOLAIRES.Il est proposé par M.G.-E.Marquis, secondé par M.G.-S.Vien: “Attendu que le Comité catholique, à sa session du 18 de novembre 1909, a résolu ce qui suit, “sur proposition de M.le Surintendant: Le Comité réitérant le désir qu’il a exprimé de fonder dans “chaque école une bibliothèque à l’usage des instituteurs ou des institutrices, prie le Lieutenant-“gouverneur en conseil de vouloir bien mettre au crédit de ce Comité, soit dans le budget, soit “autrement, telle somme qu’il croira devoir être employée dans ce but.” “Ce congrès verrait avec plaisir la réalisation de ce vœu, et prie M.le Surintendant de bien “vouloir renouveler cette requête à qui de droit;” “De plus, ce congrès exprime le désir que deux listes de livres, l’une à l’usage des maîtres et “maîtresses et l’autre à l’usage des élèves soient dressées et approuvées par le Comité catholique “à sa prochaine session, afin de faciliter l’établissement de ces bibliothèques par les commissions “scolaires, qui seraient tenues de contribuer leur quote part à cette fin.” 4e vœu.—PROMOTION ANNUELLE DES ELEVES.Proposé par MM.G.-S.Vien et J.-G.-W.McGown, secondé par MM.H.Nansot et N.Lévesque : “Qu’un certificat d’études pourra être accordé, après examen spécial, 1° aux élèves qui ont “suivi avec succès les quatre années du cours élémentaire du programme d’études du Comité “catholique; 2° aux élèves qui ont suivi avec succès les deux années du cours intermédiaire; “3° aux élèves qui ont suivi avec succès les deux années du cours supérieur.” 5e vœu.—REDISTRIBUTION DES DISTRICTS D’INSPECTION.Proposé par MM.G.-S.Vien et H.Nansot, secondé par MM.J.-E.Lefebvre et J.-G.-W.McGown: “Attendu que les inspecteurs désirent rendre l’inspection des écoles plus efficaces; “Attendu que le grand nombre d’écoles que chaque inspecteur doit visiter deux fois chaque “année, l’oblige à passer trop hâtivement s’il veut aller partout; “Il est résolu unanimement qu’il est grandement désirable de voir le nombre d’écoles de cha-“que district réduit à un maximum de 125, au lieu de 180, 185 et même plus comme il est actuellement; “Pour atteindre cette fin, il faudrait augmenter le nombre des inspecteurs.L’avantage “procuré serait de permettre à l’inspecteur de rester le temps convenable à chaque école, et de ‘donner deux conférences au lieu d’une au personnel enseignant; “Le congrès exprime le vœu que le Gouvernement agisse pour procurer cet avantage.” 6e vœu.—CONGE ACCORDE.Proposé par M.C.-J.Miller, appuyé par M.J.-E.Lefebvre: “Que les inspecteurs catholiques prient humblement le Comité catholique du Conseil de l’Instruction publique de bien vouloir amender l’article 18 des règlements refondus du Comité catho-“lique, en ajoutant après les mots “l’instruction publique,” à la quatrième ligne: “et les inspec-“teurs d’écoles.” 7e vœu.—ENSEIGNEMENT DE L’ANGLAIS.Proposé par M.L.-P.Goulet, appuyé par M.G.-E.Marquis: “Attendu qu’il importe de favoriser de plus en plus l’enseignement de l’anglais dans les écoles “françaises de cette province, ce congrès émet le vœu suivant: Que le Comité catholique du Conseil “de l’Instruction publique soit prié d’amender, aussitôt que les circonstances le permettront, le “programme pour l’obtention de tout brevet intermédiaire et supérieur en exigeant une connais-“sance suffisante de la langue anglaise; “De plus, pour en arriver plus tôt à cette fin, ce congrès verrait avec plaisir M.le Surintendant “distribuer, à toutes les écoles sous contrôle, un exemplaire de la “Méthode naturelle d’anglais” “de M.John Ahern, professeur d’anglais à l’Ecole normale Laval, et membre du Comité catho-“lique.” 8e vœu.—VISITEUR DES ECOLES.Proposé par M.L.Bergeron, secondé par M.G.-S.Vien: “Que l’article 73 de la loi de l’Instruction publique soit amendé en ajoutant après les mots “professeurs des écoles normales”, les mots “et les inspecteurs d’écoles catholiques.” L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 599 Les vœux suivants sont aussi proposés et adoptés unanimement par le congrès: 9e vœu.—ENSEIGNEMENT MENAGER.Proposé par M.J.-V.Beaumier, secondé par M.J.-E.Lefebvre: “Attendu qu’il importe de favoriser la diffusion de l’enseignement ménager dans notre pro-“vince; Attendu que dans ce but, le Comité catholique a récemment permis l’essai d’un programme classico-ménager; Il est résolu: Que ce congrès désire remercier le Comité catholique “pour l’encouragement qu’il a donné à l’enseignement ménager, et il exprime le vœu que ce “programme soit mis à l’essai dans les écoles primaires intermédiaires et les écoles primaires supé-“rieures.” 10e vœu.—ENSEIGNEMENT DE U AGRICULTURE.Proposé par M.G.-S.Vien, secondé par M.J.-E.Boily: “Que l’enseignement de l’agriculture doit être encouragé par tous les moyens possibles, en “vue de convaincre la population de la campagne de ne pas émigrer vers les villes; que les jardins “scolaires sont bien propres à faire aimer la culture de la terre, que le nombre de ces jardins soit “augmenté en autant que les circonstances le permettront; que les titulaires de toutes les écoles “primaires rurales se fassent un devoir de pénétrer leur enseignement de notions propres à faire “aimer la vie des champs.” Ile vœu.—ENSEIGNEMENT ANTI-ALCOOLIQUE.Proposé par MM.H.Nansot et J.-V.Beaumier, secondé par MM.J.-A.Filteau et A.Tanguay: “Que l’enseignement anti-alcoolique soit donné indirectement et occasionnellement à tous les “degrés de l’école primaire, par des récits, lectures, dictées, rédactions, problèmes, chants, cartes “murales; et indirectement à l’aide d’un manuel approuvé, au moins une heure par semaine, pen-“dant la dernière année de chaque cours.” 12e vœu.—L’INSPECTEUR GENERAL.Proposé par M.G.-E.Marquis, secondé par M.G.-S.Vien: “Que ce Congrès exprime le désir, dans l’intérêt de l’Instruction publique, que le corps des “inspecteurs soit directement représenté au Comité catholique du Conseil de l’Instruction pu-“blique, par la nomination de l’inspecteur général à cette position de confiance.” Resolutions Les résolutions suivantes sont ensuite proposées et adoptées unanimement: “Attendu que l’Association des Inspecteurs d’écoles a appris avec regret la mort d’un de ses “membres dans la personne de M.A.Fontaine, inspecteur des écoles pour le district de Berthier “et Joliette; “Attendu que M.Fontaine a toujours travaillé avec ardeur pour le plus grand bien de l’édu-“cation pendant sa longue carrière passée dans l’inspectorat; “Il est proposé par MM.Jos.-V.Beaumier et F.-J.Normand, secondé par MM.J.-O.“Goulet et H.Nansot: “Que les inspecteurs d’écoles réunis en congrès déplorent la perte de leur confrère, M.A.“Fontaine; “Qu’ils profitent de cette circonstance pour exprimer leurs plus sincères condoléances et que “copie des présentes soit transmise à la famille en deuil et aux journaux.” Proposé par M.L.-P.Goulet, secondé par M.Jos.-V.Beaumier: “Qu’un vœu de remerciement soit offert à M.Arthur Picard, Président de la Commission “de l’Ecole technique de Québec, et à M.Mâcheras, son Principal, pour leur aimable réception “à cette école, et l’instructive conférence donnée par M.le Principal Mâcheras.” Proposé par MM.H.Nansot et G.-S.Vien, secondé par MM.E.Savard et Z.Dubeau: “Les inspecteurs d’écoles réunis en congrès veulent profiter de l’occasion favorable qui leur “est ainsi procurée pour exprimer la résolution suivante: “Que tous ensemble désirent témoigner leur vive gratitude au gouvernement, qui en aug-
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