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Titre :
L'enseignement primaire : journal d'éducation et d'instruction
Éditeur :
  • Québec :[L'enseignement primaire],1881-1956
Contenu spécifique :
Février
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
autre
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • École primaire (Lévis, Québec)
  • Successeur :
  • Instruction publique
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L'enseignement primaire : journal d'éducation et d'instruction, 1913-02, Collections de BAnQ.

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34e Annee No 6 Quebec, Février 1913 Revue illustrée de FEcoIe et de la Famille (J Friseignerrient ^ C.-J.MAGNAN.Propriétaire et Rédacteur-en-clieÊ mm mmm \ ¦- 4 l ' m&sM WMM tWW./sJL.V.J «811; 'SSiSèi W%m W^mm .Mm :-rav?Â-.v.- ¦ : : x ¦i* p 1 i » « wi;X:X' sisSêi ^ ^ -xs 'kr 11 | #¥:iSjy X:x;:;:;X::-: °5^SV ix- 1 X ' ::-:;X; ; ^v'Î^Sfex' ÿy-vÿ^N-: •xîitev" ECOLE NORMALE DE VALLEYFIELD Etablie par arrêté en conseil le 14 août 1908.Les cours de pédagogie commencent dans les premiers jours de septembre 1908.Inaugurée officiellement par le Surintendant de l’Instruction publique le 9 novembre 1908.Soixante-neuf élèves-institutrices ont été admises à suivre les cours de cette école normale en 1911-12. 322 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIKE Formation de l’éducatrice Il ne suffit pas d’avoir la vocation de l’éducation, il faut se mettre en état d’y répondre et pour cela s’assujettir à la discipline d’une formation sérieuse.C’est ai cette condition seule-, ment qu’on peut tirer parti des aptitudes naturelles et surnaturelles et développer l’attrait; on n’improvise pas une éducatrice, pas plus qu’on improvise un artisan,, uni avocat.Tout métier suppose un apprentissage préalable, toute profession est précédée d’une- sorte de noviciat.Il ne saurait en être autrement de l’œuvre de l’éducation; il y faut une préparation, et une préparation d’autant plus grande que la profession est plus importante et difficile.Chanoine Barres Mgr Dupanloup et le zèle de l’enfance Mgr Dupanloup l’a dit quelque part, et cela est parfaitement vrai: je l’ai vu.Quand on lui présente un enfant, quand une mère vient lui amener le fils de ses douleurs et de ses espérances, quand il interroge ce jeune regard encore tout humide de candeur, cet œil tout limpide d’innocence, il songe à la mission redoutable de former, avec cette frêle et fraîche créature, ce qu’il y a de plus rare dans le monde: un homme! ce qu’il y a de plus grand pour l’éternité: un chrétien! Alors l’émotion s’empare de son âme, il étend la main sur cette tête encore inconnue, et des larmes, viennent mouiller sa paupière, tant il a le respect, l’affection, le zèle de l’enfance.Henry de Riancey, (Célébrités catholiques contemporaines) Beauté de Fame pure - A j Nos grands lacs du Canada sont remarquables par leur limpidité.Sur leur surface argentée, les rayons du soleil tracent des sillons d’or.Dans leurs ondes, les arbres mirent leurs panaches de verdure, les glaciers, leurs cimes brillantes des couleurs de l’arc-en-ciel; on découvre jusque dans leur profondeur les cailloux blancs et polis semblables à des pierres précieuses.C’est l’image de l’âme qu’aucun limon ne trouble.Toutes les inspirations divines la pénètrent; toutes^ffis grandes pensées l’émeuvent; elle est capable de dévouement, d’apostolat, de sacrifice, parce que rien de bas ne s’oppose à la conception du noble idéal que récèlent ces mots.Et parce quejmzm1 du ciel la remplit et que les rayons divins la pénètrent, il fait clair et il fait chaud_dans cette âme» .’ L a Fr Gonzales» L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 323 PEDAGOGIE DELIBERATIONS DE LA SECTION PEDAGOGIQUE Premier Congres de la Langue française au Canada Procès-verbal des séances tenues à la Salle de VAssemblée Législative, Hôtel du Parlement, Québec, Publié avec la permission du Secrétaire général du Congrès.1ère Seance—Mardi, 25 juin 1912, à 2 heures.LejDrésident de la section, l’honorable M.P.-B.de LaBruère, Surintendant de l’Instruction publique, ouvre la séance par quelques paroles dejbienvenue aux nombreux représentants de l’enseignement secondaire et de l’enseignement primaire, réunis dans la salle de l’Assemblée législative.M le président dit toute l’importance des travaux de la Section pédagogique; il se réjouit de voir collaborer ensemble les maîtres de l’enseignement secondaire et les maîtres de l’enseignement primaire, puis il déclare ouverte la première séance de la Section.Au-delà de trois cents personnes sont en ce moment réunies dans la Salle de l’Assemblée.On y remarque 150 religieuses de diverses communautés, une centaine de Frères, cinquante membres du clergé séculier, une quinzaine de religieux, quelques inspecteurs d’écoles, plusieurs instituteurs et institutrices.M.le Président invite le rapporteur de l’enseignement secondaire, M.l’abbé N.Degagné, à soumettre les résumés des travaux qu’il a reçus.Le rapporteur lit d’abord le résumé de la savante étude de M.Gustave Zidler, professeur à Versailles, sur “l’enseignement du français par le latin” : Un vœu favorable à la thèse soutenue par l’auteur est ensuite adopté à l’unanimité(l).C’est ensuite M.l’abbé L.-A.Groulx, du Collège de Valleyfield, qui résume lui-même son travail sur “Les Cercles pour l’étude du parler français dans les collèges”.Après quelques remarques de M.Groulx, le rapporteur de l’enseigne-gnement secondaire soumet un vœu qui est adopté.La section passe alors à l’étude du sujet soumis par M.Adjutor Rivard, Secrétaire général du Congrès, sur “L’enseignement de l’histoire de la langue française au collège”; M.l’abbé Degagné, en l’absence de M.Rivard, qui assiste aux travaux d’une autre section, résume le travail de l’auteur, après quoi, un vœu ad hoc est unanimement adopté.1 Les Vœux de la Section pédagogique sur l’enseignement primaire ont été publiés dans L'Enseignement Primaire de septembre 1912. 324 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Le sujet suivant, complément nécessaire de celui qui précède, est ensuite soumis à l’attention des congressistes: c’est “L’histoire de renseignement de la langue française au couvent”, par laRévde Sœur Anne-Marie, des Sœurs de la Congrégation de Montréal.Le rapporteur, M.l’abbé Degagné, soumet un vœu découlant du travail de la Révde Sœur Anne-Marie.A la demande du secrétaire de la Section, la prise en considération de ce vœu est remise à la prochaine séance.M.Magnan explique qu’à cette séance la Section étudiera le travail de M.Rivard sur “l’enseignement de l’histoire de la langue française à l’école primaire;” ce sera l’occasion d’ajouter au vœu soumis le nom des écoles normales primaires à celui des couvents.La section acquiesce au désir du secrétaire.On a le plaisir d’entendre ensuite une voix du Manitoba, en écoutant le résumé, par le rapporteur, d’un important travail du P.Dugré, S.J., sur “Le français au collège de Saint-Boniface”.A la suite des remarques de M.l’abbé Degagné, un vœu est adopté par la Section.A trois heures et 15 minutes, le président lève la séance afin de permettre aux congressistes d’assister au dévoilement de la statue érigée en face du Parlement, à la mémoire de feu Honoré Mercier, ancien premier ministre de la province de Québec.2e Seance—Jeudi, 27 juin 1912, à 10 heures A.AL A 10 heures précises, l’honorable Boucher de LaBruère ouvre la deuxième séance.L’auditoire, encore plus nombreux qu’à la séance d’ouverture, remplit littéralement la salle d’Assemblée et les galeries.Le premier travail soumis à la Section pédagogique, à cette séance, se rapporte à la “Mission de l’Université d’Ottawa dans la province de l’Ontario”, par le R.P.A.Normandin, O.M.I.LTn vœu découlant de ce travail est soumis, mais le R.P.Charlebois, O.M.I.s’oppose à ce vœu, tel que rédigé, pour les raisons suivantes: “L’Université d’Ottawa est catholique.Elle a été érigée comme telle par le Pape Léon XIII.Elle est en plus université civile, possédant une charte de l’Etat, obtenue pendant la dernière session, sous l’Union.Elle est et doit être bilingue 1° parce que l’intention des fondateurs était, en demandant l’établissement de cette université, de donner l’enseignement supérieur aux Canadiens français.Les Irlandais ou les catholiques de langue anglaise possédaient déjà une charte donnée en faveur des catholiques de la province; 2° parce que la présence des Canadiens français dans Ontario a été l’occasion de l’octroi de cette nouvelle charte en faveur d’une université confiée aux catholiques.” La thèse soutenue par le R.P.Charlebois remporte les suffrages unanimes des membres de la section pédagogique.A la suite de ce bref mais intéressant débat, le rapporteur de l’Enseignement primaire, M.l’abbé Perrier, suggère que tous les travaux relatifs à cet enseignement soient maintenant soumis à la Section. 325 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Le secrétaire de la Section pédagogique, M.ÇC.-J.Magnan, est alors invité à résumer son travail sur “L’enseignement du français dans Québec: Statistiques de l’enseignement primaire.” M.Magnan conclut en faveur de l’établissement d’un certificat d’études primaires, réforme déjà suggérée par un récent congrès des inspecteurs des écoles catholiques de la province de Québec.Cette suggestion fait naître une discussion à laquelle plusieurs congressistes prennent part.M.P.-J.Labarre, de Montréal, est en faveur de l’établissement du certificat d’études, mais pas avant la sixième année, craignant que ce certificat favorise la sortie de l’école après la quatrième année.M.l’abbé Perrier est en faveur du certificat dans les écoles rurales surtout.M.Magnan, qui, en sa qualité d’inspecteur général, a constaté que les 5e, 6e, 7e et 8e années du cours primaire sont fréquentées par un trop petit nombre d’élèves, étant donné le chiffre total de la population scolaire en notre province, dit que l’établissement d’un certificat d’études, à chaque degré du cours régulier des écoles primaires,serait un puissant encouragement et pour les enfants et pour les parents.Mgr Baril, principal de l’Ecole normale des Trois-Rivières et M.le chanoine Ross, principal de l’Ecole normale de Rimouski, abondent dans le sens de l’Inspecteur général.Un vœu favorable à l’établissement d’un certificat d’études est alors soumis et adopté.Après ce débat, le secrétaire signale à l’auditoire la présence de M.Gustave Zidler, professeur au lycée de Versailles et poète bien connu au Canada.M.Adjutor Rivard, secrétaire général du Congrès, accompagne M.Zidler.M.le président delà Section souhaite la bienvenue à l’hôte distingué, après quoi M.Zidler répond en termes les plus heureux aux paroles de bienvenue qui lui ont été adressées aux applaudissements de l’auditoire.En terminant, M.Zidler dit qu’il a écouté avec un vif intérêt ce que venait de dire l’Inspecteur général du certificat d’études.En France, le certificat d’études a produit de merveilleux résultats, en stimulant les maîtres et les élèves.Après cette agréable diversion, M.l’abbé Perrier résume les travaux suivants : I— “L’Enseignement du français dans l’Alberta”, par M.Julien LeBlanc, d’Edmonton.II— “L’Enseignement du français dans la Nouvelle-Ecosse”, par M.l’abbé A.E.Monbourquette, Arichat.III— “L’Enseignement du français dans la Saskatchewan”, par le R.P.A.-F.Auclair, O.M.I., Lac-au-Canard.De l’étude de l’enseignement du français dans l’Ouest, dérive un débat sur l’opportunité d’encourager les institutrices de la province de Québec à aller enseigner dans cette partie du pays. 326 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Mgr Baril, M.l'abbé Perrier, M.le Chanoine Ross, le R.P.Dugré, M.Fabbé Cloutier des Trois-Rivières, M.Magnan et le R.P.Char-lebois prennent part au débat.L’idée qui remporte les suffrages est celle-ci: “Il vaut mieux que les jeunes filles de l’Ouest viennent étudier dans la province de Québec, pour y apprendre le français et retournent dans leur province pour y subir les examens requis”.M.Magnan est d’avis que les Canadiens français dans l’Ouest doivent réclamer avec énergie pour eux les droits et privilèges dont les Canadiens anglais jouissent dans la province de Québec.Après cette discussion, M.Marin Gallant, un éducateur distingué de Rustico, fit connaître à la Section, la situation de “l’enseignement du français dans File du Prince-Edouard”.Un vœu favorable à des cours pédagogiques et des congrès pédagogiques, en langue française, pour toutes les province maritimes, est alors adopté.La Section a ensuite le plaisir d’entendre M.L.-E.Cadieux, de Boston, sur “l’Enseignement du français dans les centres canadiens-français des Etats-Unis”.M.Cadieux rend hommage aux écoles paroissiales établies grâce au zèle du clergé canadien-français, et dit toutes les luttes qu’il a fallu soutenir aux Etats-Unis pour conserver la langue française dans l’école et la famille.M.Cadieux, gradué d’une université américaine, prouve par son excellent langage la possibilité pour les nôtres qui vivent dans la république voisine d’y conserver la langue nationale.Un vœu est adopté.Une voix lointaine est ensuite écoutée avec bonheur : “L’enseignement du français en Louisianne et l’enseignement bilingue” par M.Alcée Portier, de la Nouvelle-Orléans.En l’absence de M.Portier, c’est M.Fabbé Perrier qui résume ce mémoire.Le même rapporteur soumet ensuite une belle étude de M.Fabbé Camille Roy sur “Les formes dialectales du franco-canadien”.Un vœu ad hoc est adopté unanimement.M.J.-P.Labarre, principal de l’Ecole Champlain, Montréal, est alors invité à lire son travail sur “La correction du parler de la conversation à l’école”.M.Labarre conclut en soumettant un vœu où il demande “que nos grammaires deviennent de plus en plus de véritables cours de langue française, qu’elles contiennent plus de gravures, plus d’exercices de langage, etc.” M.Fabbé Perrier abonde dans le même sens.Après quelques remarques de M.A.-B.Charbonneau, de M.Labarre et de M.le chanoine Ross, le vœu de M.Labarre est adopté.3e Seance—Jeudi, 27 juin à 2 heures P.M.A l’ouverture de la troisième séance, M.le président annonce que la Section littéraire, qui siège dans la salle du Conseil législatif, invite la Section pédagogique à une réunion conjointe, où le vœu émis à la suite L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 327 d’une discussion sur la “part qu’il convient de faire aux auteurs canadiens-français dans l’enseignement de l’histoire de la littérature” (rapport de M.l’abbé C.Roy) sera discuté.A cette réunion, M.Gustave Zidler développera lui-même le sujet résumé au cours de la première séance.Après cet avis du président, M.l’abbé Degagné fait part d’une étude fort documentée de M.l’abbé J.-E.Laberge, sur “L’enseignement bilingue dans les collèges et les couvents de la province de Québec”.Un vœu est soumis et remis à la fin de la séance, alors que la section aura pris connaissance des différents travaux sur l’enseignement bilingue.A deux heures, tous les membres de la Section pédagogique se rendent à la Section littéraire.Les deux sections réunies dans la grave et très jolie salle du Conseil législatif, forment un auditoire très imposant.M.Ferdinand Roy, qui préside en ce moment la Section littéraire, expose le but de la réunion conjointe.Une question qui intéresse les deux sections est en ce moment discutée: “Doit-on mettre entre les mains des élèves les livres canadiens tout entiers, ou se contenter, dans l’enseignement de la littérature, de placer sous leurs regards des pages choisies de nos auteurs, pages capables de former le bon goût?” M.l’abbé Camille Roy, M.C.-J.Magnan, M.l’abbé J.-M.Melançon, et M.Thomas Lefebvre sont invités à prendre la parole.Finalement le vœu favorable aux Pages choisies est adopté.Puis M.Zidler, avec une érudition et une éloquence qui ravissent l’auditoire, expose sa thèse de “l’enseignement du français par le latin?” Revenue à la salle d’Assemblée, la Section pédagogique continue son travail et M.l’abbé Jutras, avec une verve et une éloquence toute française, résume son rapport sur “L’école et l’anglicisme”.L’auteur soumet un vœu qui est adopté sans discussion.Puis M.l’abbé Perrier résume deux travaux de M.Adjutor Rivard: 1° Rôle de la lecture à haute voix et de la diction dans l’enseignement du français;” 2° “L’enseignement de l’histoire de la langue française à l’école primaire”.A la suite de ce deuxième rapport, un vœu est soumis et adopté.La section écoute ensuite avec intérêt M.le professeur A.-B.Char-bonneau qui expose ce sujet: “La première formation du goût littéraire à l’école”, et M.l’abbé P.Perrier traite avec beaucoup de maîtrise de “l’enseignement bilingue”.Un vœu est soumis et adopté.Puis successivement, des travaux fort au point sur “l’enseignement bilingue” dans les différentes provinces du Canada et des Etats-L nis sont étudiés par la Section: Québec, par M.G.-E.Marquis, LE.; Ontario, par R.P.O.Charlebois, O.M.I.; Saskatchewan, par M.l’abbé P.-E.Myre; Ue-du-Prince-Edouard, par M.l’abbé Joseph Gallant; Nouveau-Brunswick, par M.Charles Hébert.Le travail de M.l’abbé Octave Martin sur “l’enseignement bilingue dans la province de Québec, spécialement dans les régions de population 328 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE mixte et voisine des Etats-Unis”, clôt la série d’études sur l’enseignement bilingue, “Les bibliothèques scolaires dans les écoles”, tel est le sujet développé ensuite avec beaucoup de compétence par M.le professeur N.Tremblay.Après ime discussion, à laquelle prennent part M.le président, M.le chanoine Ross, AI.J.-N.Miller, secrétaire du département de l’Instruction publique, M.C.-J.Magnan, M.l’abbé Perrier, un vœu est adopté confonnément à celui qu’émettaient les inspecteurs d’écoles catholiques, réunis en congrès à Québec, en décembre 1911.“Le français au Royaume du Saguenay—La Voix d’une Ecolière”, annonce le rapporteur, M.l’abbé Perrier.Cette belle page de Mlle Jeannette XXX, élève de l’Ecole normale de Chicoutimi, repose les congressistes de leur labeur ardu.Après quoi le rapporteur de l’enseignement secondaire, M.l’abbé Degagné, soumet im vœu relatif à l’enseignement du grec.M.Degagné donna de nombreuses et excellentes raisons en faveur du grec dans l’enseignement secondaire.La Section écoute ensuite avec beaucoup de satisfaction le résumé des fort belles études des RR.Sœurs Ste-Lucie, des Sœurs de l’Assomption, et Marie-Irène, des Sœurs de Ste-Anne, sur “La correction du parler de la conservation au couvent”.C’est aussi le travail de Sœur Marie-de-Lourdes, des religieuses de Jésus-Marie, sur “Les cercles pour l’étude du parler français dans les couvents”, et celui de Sœur Saint-Thomas d’Aquin, de la congrégation du Bon-Pasteur, de Québec, sur “les bibliothèques scolaires dans les couvents”, qui captivent l’attention des auditeurs.Comme conclusion de ce dernier travail, un vœu est adopté après quelques remarques de M.le chanoine Ross et de J.-N.Ali] 1er.Ici M.l’abbé Cloutier demande la parole.Il propose un vœu relatif à la fondation d’un “Prix du Parler français”.Ce vœu est adopté.AL le président invite ensuite M.l’abbé Desrosiers, vice-principal de l’Ecole normale Jacques-Cartier, de Montréal, à traiter des “licences grammaticales modernes—Le français qu’il faut enseigner au Canada”.Après les remarques très pratiques de M.l’abbé Desrosiers, M.l’abbé Perrier demande au président, la permission de soumettre un vœu relatif “au traitement des institutrices”.Ce qui est accordé: le vœu soumis est adopté.M.Gallant propose, appuyé par AI.C.-J.Alagnan, qu’un vœu soit adopté en faveur des “congrès pédagogiques de la langue française dans les provinces maritimes”.Ce vœu est adopté.Le travail de la section pédagogique du premier Congrès de la langue française au Canada prenant fin, il est proposé par Mgr Baril, V.G.et et principal de l’Ecole normale des Trois-Rivières, secondé par M.le Chanoine F.-X.Ross, principal de l’Ecole normale de Rimouski: “que cette L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 329 Section offre ses sincères remerciements à l’honorable Boucher de LaBruère, Surintendant de l’Instruction publique, qui a présidé aux travaux de cette section avec une attention et un zèle qui sont hautement appréciés; “Elle offre aussi ses sincères remerciements à MM.les Rapporteurs et au Secrétaire, qui se sont acquittés si bien de la tâche qui leur avait été confiée’ ’.Cette proposition est accueillie par les plus vives approbations des congressistes.M.le président remercie par quelques paroles bien senties les auteurs de la proposition ci-dessus, et, à son tour, il offre au président de l’Assemblée législative, l’honorable M.C.-F.Delâge, les vives gratitudes de la Section pédagogique, pour la bienveillante hospitalité dont elle jouit depuis trois jours.Le président de la Chambre se dit heureux d’avoir pu être utile aux représentants des deux sections de l’enseignement en cette province: l’enseignement primaire et l’enseignement secondaire.Les remarques de l’honorable M.Delâge sont vivement applaudies, et le président déclare terminés les travaux de la Section pédagogique du Bremier Congrès de la langue française au Canada.C.-J.MAGNAN, Secrétaire.8 juillet 1912 Sur le vif Savoir rédiger tout seul Il était une fois deux cousins germains, qui s’appelaient Baul Legros et Jean Léveillé; ils avaient le même âge et ils habitaient des villages différents.Paul était à l’école chez M.Tardiveau; le maître de Jean était M.Legay.Rauï était fort souvent premier.M.Tardiveau disait de lui: “Cet élève me fait honneur”.Ses parents en étaient fiers.Tous deux vinrent passer les vacances chez leur grand-père qui était meunier.“Eh bien, dit joyeusement le grand-père, a-t-on eu des prix?—Moi, grand-papa, dit Jean, non! Mais c’est Baul qui en a eu!—Trois premiers prix, ajouta Baul d’un air important: écriture, orthographe, analyse; et puis, encore des seconds”.Le grand-père pensa: Baul est un peu vaniteux.Le lendemain, il dit aux enfants: “Il y a souvent ici des lettres à écrire et mes pauvres yeux sont bien fatigués.Vous voilà déjà, grands: c’est vous, mes enfants, qui écrirez pour moi ; vous serez mes petits secrétaires.Vous voyez cette jolie montre d’argent?Elle sera pour celui qui fera le mieux.“Bonne affaire!” se dit Baul en se frottant les mains.“Four sûr, pensa Jean, voilà une montre que je n’aurai pas”. 330 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Un matin, il y eut une lettre à écrire : un boulanger négligeait de faire enlever des sacs de farine; le grenier était plein; il s’agissait de rappeler poliment au client que le jour convenu était passé.“Mettez-vous là, dit le grand-père, et écrivez—J’y suis, dit Paul; dictez, grand-papa!— Comment dicter?mais vous allez rédiger vous-même”.Et il sortit; Paul le regarda sortir en ouvrant de grands yeux: “Ah! il faut rédiger soi-même?” Quand le grand-père revint, Paul lui présenta une belle page, admirablement écrite; mais les phrases étaient si mal bâties qu’on n’y comprenait rien.La lettre de Jean était écrite en cursive bien lisible; c’était court, clair, simple.“C’est bien, dit le grand-père; voilà celle que nous mettrons à la poste”.Et pendant toutes les vacances, il en fut de même.Paul ne pouvait trouver ce qu’il fallait dire.Il écrivait de sa belle écriture, lentement avec line orthographe irréprochable, des choses qui n’avaient pas le sens commun.La veille du départ, le grand-père dit: “Voyons, mes enfants, à qui la montre?” Paul s’écria en embrassant Jean: “Grand-papa, c’est lui qui l’a gagnée!” “Bien! Paul, dit le grand-père; mais, à l’école où tu as tant de prix, tu n’apprends donc pas le français, mon garçon?—Oh! si; je sais mes règles par cœur; je connais les propositions principales, les incidentes, les subordonnées, les complétives; je sais aussi l’orthographe des mots difficiles.—C’est bien; mais ce n’est pas tout; tu ne rédiges jamais?— Ah! ça, non.—Mais savoir les belles choses que tu sais sans pouvoir t’en servir pour rédiger, c’est comme si, moi, le meunier, je connaissais toutes les pièces de mon moulin et le nom de chacune, sans savoir les mettre en mouvement pour moudre mon grain”.Puis, on partit.Paul, guéri de sa vanité, dit à Jean: “On apprend donc à faire des lettres à ton école?—Oui, et aussi des narrations.—Ah! c’est difficile, hein?—Mais non: c’est même amusant, quand on y met de la bonne volonté.—Ah bien! je ne devais plus retourner à l’école; mais je vais demander à papa de me faire donner quelques leçons par M.Legay”.I.Carre HHarrr L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 331 LE ROLE DU MAITRE ET CELUI DE L’ELEVE Diesterweg a dit: “Le grand art du maître est, non de parler, mais de faire parler".Montrer ce qu’il y a de vrai dans cette pensée, et indiquer de quelle manière l’école primaire peut en préparer la réalisation.Entrez dans la classe d’un jeune maître ou d’une jeune maîtresse nouvellement sorti de l’école normale ou débutant dans l’enseignement, et presque toujours vous serez frappé de ce fait que ce maître parle pour ainsi dire sans répit, et que les enfants écoutent ou sont censés écouter, mais restent pour la plupart dans une passivité intellectuelle presque ccm-plète.A quoi tient cette habitude presque générale chez les débutants?A plusieurs raisons, que nous nous bornerons à indiquer sommairement.Chez les jeunes, la bonne volonté ne manque généralement pas; ils sont pour la plupart désireux de bien faire et, faut-il le dire, il y a aussi chez eux un peu de cette présomption qui est la compagne habituelle de l’inexpérience et qui porte à croire qu’on fera mieux qu’autrui.Ils sont désireux de faire faire à leurs élèves de rapides progrès et ils croient tout naturellement que le meilleur moyen d’atteindre ce but est d’expliquer beaucoup, d’entrer dans tous les détails, de façon à ne rien laisser d’obscur dans l’esprit des enfants.Comme les connaissances acquises sont toutes fraîches, rien n’est plus facile que de les mettre à profit; peut-être aussi y a-t-il chez certains un désir plus ou moins conscient de briller aux yeux des élèves.Et puis, il est beaucoup plus simple et plus facile de donner soi-même les explications ou d’exposer assez clairement ce que l’on sait, que d’amener un enfant à rentrer en lui-même, à observer, à réfléchir et à tirer des conclusions ou à dégager sa pensée pour arriver à dire nettement ce qu’il comprend.La patience n’est guère la vertu des jeunes; aussi lorsqu’un enfant tarde trop à répondre ou répond mal, ils trouvent plus simple, plus facile et surtout plus rapide de se substituer à lui et de répondre à sa place.Et encore s’étonnent-ils ensuite qu’un directeur ou un inspecteur mette en doute l’efficacité d’une méthode inspirée en somme par le désir de bien faire et d’obtenir des résultats qui, malheureusement, ne répondent pas toujours aux efforts du maître.Le mal est d’autant plus grand qu’on veut ne rien oublier, qu’on ne passe sur aucun détail et que tout se mêle dans l’esprit des enfants qui finissent par ne rien retenir, de sorte que pour avoir voulu trop faire, on finit par n’avoir rien fait.Il n’y a qu’à réfléchir un peu pour se rendre compte qu’il ne suffit pas d’expliquer ni même d’expliquer très clairement pour que les élèves tirent profit de nos paroles.Tout d’abord, on oublie trop 332 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE facilement que les enfants ne sont pas des hommes, et que ce qui nous paraît très clair ne Test pas toujours pour eux; il peut donc arriver, et en fait il arrive souvent, très souvent même, non seulement que les enfants ne comprennent pas exactement ce qu’on leur dit, mais encore qu’ils le comprennent à faux.Or rien n’est plus difficile que de rectifier chez les enfants et même chez les grandes personnes les idées fausses.En outre, les enfants sont de leur naturel légers et inattentifs; comment comprendraient-ils s’ils n’écoutent pas ?Et comment pourrait-on espérer que tous les élèves d’un même cours écoutent attentivement toute une leçon faite par le maître en forme de monologue, si grand que l’on suppose le talent de ce maître ?Pour être sûr que les élèves écoutent et pour les forcer à écouter, comme pour avoir l’assurance qu’ils ont exactement compris, il n’y a d’autre moyen efficace que les interrogations fréquentes, qui obligent les élèves à parler et à répéter ce qu’on leur a dit ou expliqué.L’exposé ininterrompu est forcément stérile, parce qu’il finit pas lasser les meilleurs élèves eux-mêmes et que les autres n’écoutent guère.Les grandes personnes mêmes tireraient peu de profit d’une leçon ainsi faite.Ainsi le maître qui emploie la méthode expositive, qui parle ou explique lui-même, ne peut réussir qu’à la condition d’interroger fréquemment et d’obliger ainsi ses élèves à parler.Et cependant cette méthode est loin de réaliser l’idéal, parce qu’en réalité l’enfant ne parle pas lui-même; il ne fait que répéter les paroles de son maître.Il écoute, mais son esprit ne fait qu’un effort restreint.Il n’en est plus de même si l’instituteur oblige ses élèves à observer, à réfléchir d’abord pour les amener à parler ensuite.L’enfant est naturellement curieux, mais il est moins observateur, ou du moins il se contente trop facilement et se borne à une observation superficielle.Ses nombreux pourquoi montrent son désir de savoir, mais aussi son .penchant à éviter l’effort et la fatigue.S’il est des enfants ergoteurs ou raisonneurs, aux questions souvent indiscrètes, la plupart admettent toute explication comme vraie, sans songer à la vérifier et à la contrôler.Pour eux, l’antique formule “magister dixit'” conserve toute sa force.Non seulement le plaisir de la découverte est pour tous, et en particulier pour les enfants, une véritable jouissance intellectuelle, mais nous comprenons et nous retenons toujours mieux ce quê nous avons trouvé par nous-mêmes.En outre, l’étude devient une véritable gymnastique de l’esprit; celui-ci profite à la fois des nouvelles connaissances acquises et de l’effort fait pour les acquérir.Les élèves s’habituent à voir, à juger et à conclure, et une émulation des plus profitables s’établit entre eux.Comme ils comprennent mieux et plus exactement, l’expression de leur pensée devient également plus claire et plus facile, car, selon le mot de Boileau, “ce que l’o conçoit bien s’énonce clairement”.Cependant, il faut une grande ha ileté et une longue expérience pour pratiquer ce système d’enseignemei , pour guider les esprits encore chancelants, pour L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 333 les amener à reconnaître et à rectifier leurs erreurs, en un mot pour les accoucher, comme le disait Socrate, au lieu de se substituer à eux, de voir, de juger ou de réfléchir pour eux, comme on est toujours porté à le faire.C’est en ce sens surtout que l’on peut dire avec Diesterweg que le grand art du maître est de faire parler, car faire parler veut dire faire travailler les intelligences.Cette méthode ou cet art peut s’appliquer à tous les enseignements de l’école primaire.Il suffit de mettre à profit les premières connaissances de l’enfant, acquises intuitivement dans la famille d’abord, puis de recourir le plus possible encore à l’intuition et à l’observation directe, de partir de ces connaissances pour les coordonner premièrement, pour les raisonner ensuite, et enfin pour les augmenter et en tirer les applications pratiques; en un mot, il faut aller en tout du concret à l’abstrait (dans la mesure où l’abstraction peut s’appliquer à l’enseignement primaire) et du connu à l’inconnu.Prenons par exemple la géographie.Au lieu de parler au début de la forme de la terre et des cinq parties du monde, nous partirons de ce que l’enfant connaît, c’est-à-dire de son village; nous ne lui parlerons pas d’abord des montagnes, des fleuves ou des rivières, en général; mais des collines avoisinantes, de la rivière qu’il connaît; nous lui ferons remarquer comment l’eau coule suivant la pente, comment l’eau vient des sources, comment celles-ci se produisent et comment un cours d’eau prend de plus en plus d’importance.Le plan de l’école et la carte de son village, sur lesquels il se reconnaîtra facilement, lui permettront de comprendre les cartes plus étendues et de les décrire.Remarquons d’ailleurs que si l’enfant doit d’abord parler surtout de ce qu’il connaît, il vient cependant un moment où il faut nécessairement lui faire connaître et comprendre ce qu’il n’a pas vu et ne verra probablement jamais.Il ne peut tout trouver, tout inventer.De même, ce serait une erreur que de vouloir lui faire trouver des explications hors de sa portée.Le grand art est de faire parler; mais un enfant, aussi bien qu’un homme fait, ne peut parler que de ce qu’il connaît au moins sommairement, soit en germe dans l’esprit.Dans le cas contraire, il faut le renseigner.Et c’est ainsi qu’on arrive à cette conclusion, qui est souvent la seule vraie, qu’il n’y a rien d’absolu en pédagogie et que le principe le plus vrai peut devenir absurde si on le pousse à l’extrême.(L’Ecole et la Famille) 334 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Le bon parler dans les Couvents (1) Il—Moyens plus Spéciaux Les moyens déjà exposés dans le dernier numéro de cette revue sont destinés à créer ou réformer une mentalité, à élever l’âme jusqu’à un idéal nécessaire et par suite à produire, dans l’esprit, des.convictions, à faire jaillir, dans le cœur, une flamme, sans lesquelles on ne peut espérer un travail fructueux.Le terrain étant ainsi préparé, on amènera l’élève au travail et à l’effort personnel par les moyens suivants: 1— Rendre son enseignement intéressant et vivant, faisant des exercices de langue plutôt que de grammaire, ne pas se contenter d’étymologie, de préfixes, suffixes, synonymes, etc., ne pas viser exclusivement aux nomenclatures de mots sous prétexte d’invention et de vocabulaire; mais compléter par de vrais exercices d’élocution, en exigeant des phrases dans lesquelles les élèves devront faire entrer les mots étudiés pour rendre avec justesse, précision et facilité la pensée qui jaillit de l’âme.2— En classe, habituer les élèves aux réponses correctes, par propositions complètes, faisant exprimer la même pensée sous des formes différentes,—-les obliger à rompre avec le mot à mot, à donner des résumés, à développer les tableaux synoptiques inscrits au tableau noir.3— En dehors de la classe, amener de même les enfants à des causeries intéressantes, des récits instructifs et amusants, toujours d’une manière correcte.4— Faire une guerre continuelle aux anglicismes, aux archaïsmes et aux néologismes qui sont de mauvais goût ou qui déforment le langage: pour cela exposer dans les salles de récréation les listes d’anglicismes avec leurs équivalents français, tels que les donne chaque mois le ‘‘Bulletin du Parler français,”—et écrire au tableau noir, bien en vue, l’expression juste qui corrige les mots ou les tournures de phrases dont le vice est le plus fréquemment remarqué sur les lèvres des élèves.Faire la même chose en classe au besoin.Il semble dangereux de faire une double liste, contenant les expressions vicieuses en regard de l’expression juste: les enfants ne devraient avoir sous les yeux que des choses impeccables à cause de la puissance de l’enseignement intuitif; autrement le souvenir visuel d’une expression défectueuse se confondra dans leur esprit avec celui de l’expression correcte.5— Faire souvent des exercices de gymnastique vocale pour corriger la mollesse et autres défauts d’articulation.6— Donner fréquemment des exercices de lecture expressive, adaptés au degré d’avancement des élèves et des exercices de diction.7— Exercer les élèves à se corriger mutuellement dans un esprit de gaie charité.8— Donner à chaque élève, toutes les semaines, un temps spécial pour une étude personnelle sur un point du langage.9— Former des cercles du bon parler français; pour cela ne pas viser à créer de nouvelles sociétés là où il en existe déjà, mais plutôt, organiser dans celles-ci des comités du bon parler de manière à intéresser aux travaux de ses comités les élèves de toute la communauté.Chaque maison peut organiser ces cercles à sa manière; mais quelle que soit leur forme, il est essentiel de faire faire le travail par les élèves elles-mêmes, les maîtresses se réservant le seul droit de direction, de contrôle, d’encouragement, pour le relevé des expressions vicieuses, l’affichage des expressions corrigées: tout le travail exposé au No 4.10— Encourager ce travail par le système de jetons, de notes, d’inscription au tableau d’honneur et autres récompenses.En souvenir du Premier Congrès de la Langue Française au Canada, et pour en assurer l’action en autant qu’il dépend des couvents, fonder un prix spécial d’une bonne valeur, soit pour toute la communauté, soit pour chaque classe, en faveur de l’élève qui se sera distinguée davantage par la correction et la facilité du “bon langage frapco-canadien” tant en classe qu’en dehors de la classe.Si l’on a bien saisi, ce prix n’atteindrait pas l’élève qui, négligeant son langage habituel, celui qu’elle doit parler en toutes circonstances, aurait réussi à présenter une adresse, à lire un travail ou à débiter une pièce apprise par cœur avec le plus de perfection.C’est la correction du langage usuel, simple et naturel qu’il faut atteindre.- F.-X.Ross, ptre.(1) Voir L’Enseig?iement Primaire de janvier 1913. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 335 HYGIENE La Cigarette Les dangers au -point de vue moral Il est entendu que l’enfant fumeur de cigarettes se livre à sa passion à la cachette, à l’insu des personnes qui ont de l’autorité sur lui.Il sera par conséquent rusé, dissimulé, hypocrite.Si le petit fumeur n’a pas de menue monnaie, il rusera pour s’en procurer; il mentira, inventera des besoins, prétextera des nécessités; et quand il aura usé de tous les expédients, il volera tout simplement.La passion de la cigarette pousse sa victime à fréquenter des compagnons qui souffrent de la même funeste habitude.On voit facilement quels funestes résultats produira cette fréquentation; quelle éducation perverse sera le fruit de cette école.Nous avons dit que l’usage du tabac possède une influence déprimante sur le système nerveux: ifrésulte de cette habitude que, tout particulièrement chez l’enfant, la mémoire, la volonté et l’émotivité sont diminuées et perverties.Dévoués institueurs, maîtresses d’écoles bien conscientes de vos devoirs, dites bien toutes ces vérités à vos élèves.J.-G.Paradis, M.D.L’INSTRUCTION PUBLIQUE DANS LA PROVINCE DE QUEBEC CHAPITRE VI DIVISION DE L’ENSEIGNEMENT—LES INSTITUTIONS D’EDUCATION SUPERIEURE—LES ECOLES PRIMAIRES-LES ECOLES SPECIALES-LE MUSEE IV Ecoles spéciales Comme écoles spéciales, en outre des écoles polytechniques placées respectivement sous la direction immédiate des universités Laval et McGill, à Montréal, on compte: les écoles normales, les écoles des arts et métiers, les écoles d’agriculture, les écoles de médecine vétérinaire, les écoles techniques de Québec et de Montréal, une école d’industrie laitière, l’école des Hautes Etudes Commerciales, la cha re d’arpentage, à Québec, une école forestière, les écoles ménagères, les instituts des sourds-muets, des sourdes-muettes et des aveugles, etc., et plusieurs institutions d’éducation pour les deux sexes sous le contrôle de différentes sectes protestantes.1—Ecoles normales En 1857, il y eut trois écoles normales de fondées: l’école normale Laval à Québec, l’école normale Jacques-Cartier, à Montréal, et l’école McDonald (autrefois McGill, à Montréal), aujourd’hui établie à Ste-Anne-de-Bellevue.Les deux premières sont' catholiques et françaises et la troisième anglaise et protestante Chacune de ces institutions donne des cours à des élèves des deux sexes et délivre des dîplo_ mes qui, suivant leur degré, permettent à ceux qui les ont obtenus d’enseigner dans les écoles primaires supérieures, intermédiaires ou élémentaires de la province de Québec. 336 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Depuis 1905, huit autres écoles normales de filles ont été fondées: Ce sont celles de Rimouski, de Chicoutimi, de Nicolet, de Trois-Rivières, de Valleyfield, de Hull, de Saint-Hyacinthe et de Joliette.Une autre sera établie à Sherbrooke avant longtemps.Toutes ces écoles normales ont des pensionnats.Les élèves-maîtresses sont sous la direc- tion des Ursulines à Québec, des religieuses de la Congrégation de Notre-Dame à Montréal, des Ursulines à Rimouski, des SS.du Bon Pasteur à Chicoutimi, des religieuses de l’Assomption à Nicolet, des Ursulines à Trois-Rivières, des SS.des SS.NN.de Jésus et de Marie à Valleyfield, des SS.Grises à Hull, des SS.de la Présentation à Saint-Hyacinthe, des religieuses de la Congrégation N.-Dame à Joliette.Les principaux et les professeurs de ces écoles sont nommés par le gouvernement sur la recommandation du comité catholique du Conseil de l’Instruction publique.Les principaux, prêtres de haute compétence éducationnelle, sont les directeurs de ces maisons et en surveillent la gestion économique et les divers services.Le crédit des écoles normales pour 1912-13, voté par la Législature, est de $120,000.00.2—Ecoles des Arts et Métiers Les écoles des arts et métiers dans les principaux centres de la province de Québec sont au nombre de onze, établies à Montréal, Québec, Trois-Rivières, Saint-Hyacinhe, Sherbrooke, Valleyfield, Sorel, St-Jean, St-Romuald, Charny et Chicoutimi.Pendant l’année 1910-11, elles comptaient collectivement 48 professeurs et 2,533 élèves.Elles reçoivent une subvention de $16,000.00.3—Ecoles d1 Agriculture Les écoles d’agriculture proprement dites sont au nombre de trois seulement.L’une, la plus importante, est placée sous la direction des Trappistes, à Oka, dans la région de Montréal; une autre est établie à Ste-Anne de Bellevue, c’est l’école McDonald; et une troisième, la plus ancienne est attachée au collège de Sainte-Anne de la Pocatière, dans le district de Québec.Le gouvernement subventionne généreusement chacune de ces trois écoles, afin de leur permettre de donner un enseignement agricole plus complet.En 1911, celle d’Oka a été fréquentée par 99 élèves, celle de St-Anne de la Pocatière par 60, et celle de McDonald, par 55.Les élèves des écoles d’Agriculture sont logés, nourris et instruits gratuitement.4—Ecoles ménagères A venir à 1905, il n’y avait que deux écoles ménagères subventionnées par l’Etat: celles de Roberval et de St-Pacsal.Ces deux écoles sont affiliées à l’Université Laval depuis 1909.Aujourd’hui, il y en a 20 autres.Le comité catholique a fait préparer, il y a une couples d’années, un programme d’enseignement ménager, par un comité spécial.Ce programme combine l’enseignement classique et l’enseignement ménager.Outre ce programme destiné aux écoles primaires, le cours spécial donné par les écoles ménagères de Roberval et de St-Pascal, a reçu l’approbation du Comité catholique à sa session de mai 1912; et ce Comité recommande au gouvernement que ces deux institutions soient reconnues sous le nom d’écoles Normales Ménagères.Au-delà de 2,000 élèves suivent les cours de ces différentes écoles ménagères.5—Ecole polytechnique de Montréal Cette école existe au moins depuis 25 ans.Ses débuts furent modestes.En 1897, elle-comptait moins de 20 élèves.Depuis, à mesure qu’elle a perfectionné son enseignement, le nombre de ses élèves a augmenté: il a été de 180 au cours de 1910-11. L'ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 337 Elle est uwe .pépinière d’ingénieurs qui ne peuvent manquer de rendre de grands services à ïa province^ Elle octroi des diplômes d’ingénieurs civils et d’architectes.Les ingénieurs civils peuvent se spécialiser et obtenir un diplôme supplémentaire d’ingénieur chimique, d’ingénieur électricien et d’ingénieur «des mines.A l’avenir, il y aura une spécialité nouvelle: celle des ingénieurs de/ chemins de fer.Ce cours a été suivi par neuf élèves, en 1910-1911.Le gouvernement a considérablement augmenté la subvention destinée à cette école depuis quelques «années: pour 1912-13, elle est de $30.000.00.Cette institution est sous le contrôle de l’Université Laval.6—L'école de laiterie à St-Hyacinthe Le développement de l’industrie laitière dans cette province, son importance pour la classe agricole, tout aussi bien que les besoins de suivre les progrès qui se réalisent dans cette industrie, ont amené le Gouvernement provincial à agrandir cette école en 1906 et à lui donner l’outillage le plus complet et le plus moderne.L’on s’accorde à dire que cette institution est l’une des.plus belles et des mieux aménagées du continent américain.En 1911, cette école de laiterie était fréquentée par 650 élèves; elle reçoit du gouvernement une subvention annuelle de près de $12.000.00.7—Ecole cerdrale de 'préparation et d’arpentage (Annexée à VUniversité Laval de Québec.) Cette école a été fondée en 1907, et elle est annexée à la Faculté des Arts de l’Université Laval.Les cours qu’on y donne sont divisés en deux catégories: 1° Préparation; 26 Arpentage'.-Le premier cours prépare aux examens d’admission à l’étude de l’arpentage, de l’architec-ture, du géme forestier, aux écoles spéciales de génie civil, aux examens d’admission à l’étude du geme civil devant le Conseil de la société des ingénieurs civils du Canada.Ce cours est de deux ans.Le deuxième cours prépare aux examens d’admission à la pratique de l’arpentage provincial et fédéral, ainsi qu’aux examens de l’arpentage topographique.La durée de ces cours est de trois ans.En 1911, cette école a été fréquentée par une trentaine d’élèves, Le gouvernement accorde une subvention de $5.000 à cette institution.8 Ecole des Hautes Etudes commerciales de Montréal Cette école, fondée en 1907, n’a ouvert ses portes qu’en octobre 1910.Elle fournira un moyen de décongestionner la route qui mène aux professions dites libérales, tout en donnant aux élèves, qui suivront ces cours, une instruction réellement supérieure.tSon enseignement s,adresse: 1° Aux fils de négociants et d’industriels qui se proposemt de continuer les affaires paternelles et sont désireux de posséder une instruction supérieure pouvant être utile à leurs affaires et couronnée par un diplôme universitaire.2° Aux jeunes gens qui souhaitent devenir les chefs ou les principaux auxiliaires d’entreprises commerciales, industrielles ou financières.3° Aux jeunes gens qui sont à même de s’intéresser dans les entreprises financières ou industrielles, et qui veulent acquérir des connaissances dont ils pourront tirer profit quand ils siégeront au sein des conseils d’administration de sociétés.4 ° Aux ieunes gens se destinant au professorat dans l’enseignement commercial ou à certaines fonctions administratives.2 338 L’ENSEIGNEMENT PRIMATKE 5° Aux diplômés des diverses branches de l’enseignement supérieur, avocat^ ingénieur^, '•etc., désireux d’étendre leurs connaissances en sciences commerciales et maritimes, ou désireux: de se créer un titre spécial dans un but pratique.En outre des matières de l’enseignement commercial des écoles primaires, dés collèges et des universités, l’école des Hautes Etudes Commerciales donne des cours sur les produits commer-ciables, sur les moyens de transport et de communication, sur la publicité, sur la statistique, sur l’organisation des entreprises modernes, sur le droit industriel comparé, sur la législation douanière, sur les constructions maritimes, sur la science financière, sur les affaires de bourse, d’assurances et de crédits, sur le régime des ports et sur l’exploitation des navires-.Cette école est à bien dire une “Université de Commerce”.9—Ecole techniques Ces écoles ont pour but de préparer, par des études théoriques et techniques, les jeunes gens qui se destinent aux carrières industrielles et de développer chez eux, par une instruction adéquate et capable de les former d’une manière pratique, une connaissance suffisante des professions manuelles et de l’industrie en général.Il y en a deux: une à Québec et l’autre à Montréal.Elles sont dirigées par.des corporations composées de délégués nommés par le Conseil de ville, par le Gouvernement eh par la Chambre de Commerce, pour celle de la métropole.Un principal, homme de haute compétence, en surveille l’économie.Ces écoles, fondées en 1907,-à la demande du public et sur la recommandation du comité ' catholique du Conseil de l’Instruction publique, ouvrirent leurs portes au mois de septembre 1911.Elles donnent des cours du jour pour les jeunes gens qui viennent de terminer leurs étude & primaires, et des cours du soir pour les apprentis ou les ouvriers qui sont déjà employés dans l’industrie.Ces cours préparent aux professions ci-après: modeleur, menuisier, mouleur, ajusteur, tourneur, électricien, forgeur, dessinateur, et, d’une manière générale, à tous les emplois se rattachant aux industries des métaux et du bois.La durée normale des études, dans ces écoles est de trois ans.Le nombre de jeunes gens qui se sont inscrits dès la première année, a dépassé toutes les prévisions.En voici les chiffres: à Québec, 157; à Montréal, 450._ C’est l’intention du gouvernement d’aider à l’établissement de cours industriels greffes- à> des institutions d’enseignement, hors de Québec et de Montréal.Dans le budget de 1912-13, un crédit de $10,000, a été voté à cette fin.1 A/r ^ ^ A L’Etat accorde une subvention annuelle de $40,000 à l’Ecole technique de Montreal, e^ une-de $30,000 à celle de Québec.10—Instituts des sourds-muets, des sourdes-muettes et des aveugles Montréal compte trois établissements destinés à l’éducation des sourds-muets et des sour-des-muettes.Les catholiques ont un de ces instituts pour les garçons et un autre pour les fi .es, et les protestants n’en ont qu’un seul pour les deux sexes., ., L’intitut des sourds-muets catholiques est dirigé par des clers de St-Viateur, et celui ucs sourdes-muettes catholiques, par des sœurs de la Providence.L’institut catholique des aveugles, pour les deux sexes, connu sous le nom d asile Nazareth, est dirigé par des sœurs de la Charité., , .L’institut des sourds-muets et des sourdes-muettes et des aveugles protestants est connu sous le nom d’institut MacKay.U—Ecoles affiliées à V Université Laval Naguère, il n’y avait que les institutions d’enseignement secondaire ou supérieur qui étaient affiliées à l’Université Laval. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 339 Aujourd’hui, plusieurs maisons d’enseignement primaire ont obtenu leur affiliation au Laval.C’est là un honneur hautement apprécié par ces écoles.Les élèves de ces institutions doivent suivre un programme préparé ou approuvé par le Conseil de l’Université et subir des examens contrôlés par elle.Voici la liste de ces écoles affiliées: 1° Ecole d’enseignement supérieur, pour les jeunes filles.Congrégation Notre-Dame de Montréal.2° Ecole Ménagère de St-Pascal.Congrégation Notre-Dame.3° Ecole Ménagère de Roberval.Ursulmes.4° Ecole d’enseignement secondaire moderne.Institut des Petits Frères de Marie.Iberville.Les Frères de l’Instruction Chrétienne.Laprairie.Les Frères de la Croix de Jésus.Rimouski.5° Enseignement primaire supérieur.Couvent des Dames Religieuses de Jésus-Marie, Sillery.6° Institut Agricole d’Oka.Les Peres Trappistes.12—Ecoles spéciales protestantes Les écoles spéciales protestantes indépendantes sont: 1° Le High School pour les garçons, de Lennoxville, établi sur le modèle des écoles publiques en Angleterre, lequel est sous le contrôle de l’Eglise anglicane.2° L’école de Stanstead, connue sous le nom de Wesleyan College, pour les deux sexes, qui est affiliée à l’université McGill, mais sous le contrôle de l’Eglise méthodiste.3° Les collègesde jeunes filles, de Compton et de Dunham, qui l’un et l’autre, sont sous le contrôle de l’Eglise anglicane.Toutes ces institutions ont des pensionnats.13—Musée Quoique de création assez récente, puisque les premiers spécimens qui le composent ont été réunis vers 1880, le musée du département de l’Instruction publique de la province de Québec n’en est pas moins un des plus intéressants de l’Amérique.G.-E.MARQUIS, Insp.d’écoles Le danger du Feu Nous attirons de nouveau l’attention du personnel enseignant sur la nécessité des exercices en cas d’incendie.Le 23 janvier dernier, 40 enfants ont failli périr dans les flammes, lors de l’incendie de l’Académie Edgars, à Montréal.Grâce au sang froid des directeurs de la maison, personne n’a perdu la vie.Tous les maîtres et toutes les maîtresses doivent mettre en pratique les conseils qui leur sont donnés par les inspecteurs d’écoles à propos du “sauvetage” en cas d’incendie.lï' ^ 340 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE DEPARTEMENT DE L'INSTRUCTION PUBLIQUE Direction du Dessin Les modèles-nature Il est entendu que nous ne dessinons que d’après nature.Sous aucun prétexte, pas de cahiers-modèles, pas de gravures dans les mains des élèves.Les modèles-nature seront généralement choisis parmi les objets qui entourent l’enfant, afin qu’il soit toujours possible de se les procurer facilement et sans frais.Ce seront des choses faisant partie du mobilier scolaire ou de la maison paternelle, des outils appartenant à une industrie locale, des feuilles caractéristiques, des jouets, des végétaux ou des animaux souvent vus, etc., etc.Pour cette raison et bien d’autres, nous rappelons que chaque titulaire doit se constituer personnellement, sa série de modèles qui pourra être enrichie à volonté.(Voir u U Enseignement Primaire” d’octobre 1912).Comme c’est du choix et de l’usage judicieux de ces modèles que dépendra en grande partie le succès de l’enseignement, disons quelques-unes des conditions auxquelles ce choix et cet usage devraient être subordonnés.Votre série devra, (c’est là le point capital), être parfaitement graduée et, autant que possible, n’offrir les difficultés qu’une a une.Il faudra également qu’elle soit variée, qu’elle emprunte ses éléments aux domaines les plus divers: ce sera le moyen de répondre à cet amour du changement et de la nouveauté, si général chez les enfants, et d’éviter ainsi une cause très sérieuse et fréquente de lassitude et d’ennui dans la pratique du dessin.Il faudra encore que les sujets choisis soient complets par eux-mêmes, ou du moins soient des parties essentielles d’un ensemble connu des élèves.Ce serait enlever à l’enseignement du dessin beaucoup de son attrait, que de faire reproduire par les enfants, des fragments qui ne leur diraient rien, dont ils ne saisiraient pas l’utilité, et auxquels, par conséquent, ils ne pourraient rattacher une notion préalablement acquise.Avec quelque peu d’initiative et de bonne volonté, avec le sincère désir d’arriver, il sera toujours facile de vous tirer d’affaire à votre avantage et à celui de vos élèves.D’ailleurs, pour le recrutement des modèles-nature, l’ingéniosité des enfants sera heureuse de vous seconder.Et L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 341 puis, souvent, que de modèles différents vous saurez découvrir dans un seul objet: dans la porte, par exemple! De plus, comme vous donnerez des devoirs de dessin à faire à la maison, il ne sera pas nécessaire d’avoir tous les objets-modèles à l’école: il suffira, dans ce dernier cas, que vous sachiez, judicieusement indiquer ou suggérer, à temps, des motifs que les élèves trouveront chez eux.L’essentiel, c’est que votre série soit bien classée dans votre esprit, ou mieux encore dans votre cahier de préparation de leçons: de telle sorte que ces objets ou quelqu’une de leurs parties, offrant chacun l’occasion d’un progrès nouveau, conduisent insensiblement du facile au difficile, par le possible et l’intéressant.(Voir “Note I” plus loin.) Est-il besoin d’ajouter que c’est exclusivement par le modèle-nature et non par des définitions, que vous devrez inculquer toutes les notions utiles.S’agit-il de parallélisme ou d’équidistance dans vos explications: voici l’échelle avec ses montants et ses échelons, le grillage simple, la barrière, a fenêtre etc.Désirez-vous parler de la circonférence et de ses divisions le cadran de l’horlcge, la roue, la marguerite, etc., se présenteront à votre esprit.La notion des figures enveloppantes fait-elle l’objet de votre leçon: le trèfle est là qui s’inscrit dans un triangle, la feuille de lierre ou d’érable dans un pentagone plus ou moins régulier, etc., etc.Parlant à des “enseigneurs,” nous n’insistons pas, puisque c’est là une question de savoir-faire pédagogique bien plus que de talents spéciaux.Conclusion: quiconque réussit dans les autres enseignements, réussira aussi, le voulant, dans l’enseignement élémentaire du dessin tant aimé déjà des enfants.En avant donc, et sans crainte! La couleur “La forme et la couleur, si différentes qu’elles soient entre elles, n’en sont pas moins pour l’enfant, une chose non divisée, non séparée; l’intelligence des couleurs s’acquiert même surtout par le moyen de la forme, comme aussi les formes nous apparaissent plus saisissables par le moyen des couleurs”.Le lien étroit qui existe entre la forme et la couleur; l’influence de celle-ci sur le goût; son rôle dans la pratique quotidienne de la vie: décoration, ameublement, vêtement, etc.; son importance dans les métiers, les industries et les arts; son pouvoir magique sur les enfants, etc., imposent 342 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE à l’école le devoir d’enseigner aux élèves à distinguer les différentes couleurs, à percevoir leurs tonalités et leurs nuances, et à se rendre compte, au moins, des lois les plus élémentaires de leur harmonie.Aux degrés primaires, il suffira de faire reconnaître les trois couleurs fondamentales: le jaune, le rouge et le bleu, et les trois couleurs secondaires: l’orangé, le violet et le vert.Puis, de faire distinguer une couleur claire d’une couleur foncée, et enfin les tons et les nuances d’une même couleur.A cette fin, utilisez les objets, les étoffes, les papiers, etc., que vous avez sous la main.Et permettez l’usage des crayons de couleur.Quelles délicieuses et profitables leçons d’observation vous avez là en réserve! Ceci est bleu, ceci est vert; ce rouge est plus clair, ou plus foncé que celui-là; ces deux couleurs vont bien ensemble, ces deux-ci, non, etc., etc.Mais encore, ici, avec les petits, pas de théories, pas de définitions encombrantes.Et ne perdez jamais de vue l’objet essentiel, nous allions dire unique, de tous vos efforts: Faire de vos eleves des observateurs, de fins OBSERVATEURS.Le reste leur sera donné comme par surcroît.Notes et conseils 1—Pour qu’un modèle-nature soit primaire, il ne suffit pas qu’il soit simple, il faut surtout que sa représentation se prête à une correction facile et indiscutable, que tout instituteur peut voir et faire vite, même sans être dessinateur.2—Avant tout, que l’enfant se comprenne et vous comprenne.Pour cela, mettez-vous à sa portée en employant d’abord ses mots, son vocabulaire.Dites : un trait, une barre (pour une ligne) ; un trait debout, couché, penché (pour une ligne verticale, horizontale, oblique) ; un coin (pour un angle) ; un trait d’équerre, d’aplomb (pour une ligne perpendiculaire); une figure à trois, à cinq, à huit, à douze côtés, etc., (pour un triangle, un pentagone, un octogone, un dodécagone, etc.) Simplifions, simplifions.D’ailleurs, en dessin, parlons peu, montrons beaucoup.Toutefois, si absolument il vous faut employer une expression incon- L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 343 nue des élèves, prononcez-la d’abord très-distinctement, puis écrivez-la au tableau et expliquez-la.3—Que vos élèves travaillent souvent debout ou sur les genoux: ceci est de toute première importance.(Voir “UEnseignement -Primaire” de novembre 1912).4—Habituez la main à manier le crayon dans tous les sens: c’est une gêne dans les commencements, sans doute, mais ne l’esquivez pas.C’est ainsi seulement que vous la rendrez assez souple et assez ferme pour obéir instantanément et correctement aux impulsions de la volonté.A cette fin, donnez souvent des exercices graphiques d’assouplissement de la main: lignes droites ou courbes,tracées de gauche à droite, de droite à gauche, de haut en bas, de bas en haut, etc.Et veillez à ce que les enfants ne tournent pas leur feuille pour se faciliter les tracés.Aussi, qu’ils n’emploient jamais de règle.5—Un dessin doit occuper le milieu de l’espace qui lui est destiné.Et n’avoir jamais moins de 4 à 5 pcs.6—Avec les petits, que le tracé d’un objet ne prenne généralement pas plus d’une séance.Souvent plusieurs exercices peuvent et doivent être faits dans la même leçon.7—Quand plusieurs élèves auront commis la même faute, soit d’observation, soit de tracé, n’émiettez pas votre temps en corrections individuelles: ayez recours au tableau.8—Pour bien voir un objet, pour en embrasser l’ensemble d’un seul 344 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE coup d’œil; il faut du recul, c’est-à-dire être à une distance égale à trois fois au moins la plus grande dimension de cet objet.Ex: si nous voulons dessiner une chaise de 3 pieds de hauteur, plaçons-nous à 9 pieds au moins de cette chaise.9—En dessin à vue, toute dimension doit être évaluée non en pieds ou en pouces, mais par comparaison avec une autre dimension: Ex.cette ligne est 2 fois, 3 fois, etc., plus longue ou plus courte que telle autre.Peu importe sa longueur réelle.10—Par tous moyens, faites que l’enfant ait le compas non dans la main, mais dans l’œil.Et qu’il dessine des yeux dans l’espace avant de le faire sur le papier.11—De temps à autre, invitez les enfants à dessiner librement h la maison, et à vous soumettre leurs travaux : vous découvrirez ainsi ce qu’ils voient, comment ils voient, et quelle quantité ils voient.12—N’oublions pas que l’enfant vient à l’école pour étudier, non pour produire: conséquemment, ne songeons pas aux dessins Udu jour de Van”, ni aux “tableaux” à encadrer pour le salon des parents.Poudre aux yeux et perte de temps que tout cela!! Moins de dessins, plus de dessin.Chs.A.Lefevre, Directeur de VEnseignement du Dessin.P.S.—Aux titulaires embarrassés sur le choix d’un papier peu coûteux et convenable pour exercices de dessin élémentaire, nous signalons le cahier brouillon “Atlas”,—où tout autre du même genre-—.Format 7}^ X 10 pcs.Papier non ligné.Couvert en carton permettant d’esquisser debout.84 pages, c’est-à-dire assez de feuilles pour le travail de toute une année.Prix partout : 5 sous. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 345 LES ECOLES PRIMAIRES ET LES EN SUISSE ET ECOLES NORMALES, EN FRANCE, EN BELGIQUE.Premiere Partie—France CHAPITRE V Les écoles norviales 'primaires III—Programmes L’enseignement dans les écoles normales d’instituteurs ou d’institutrices est donné conformément à des programmes détaillés, accompagnés d’instructions très pratiques.La répartition des matières d’enseignement est réglée par année et par cours(1).Depuis 1905, c’est la pédagogie qui occupe le haut du pavé à l’école normale française.Qu’on en juge par l’ampleur des programmes suivants, communs, sauf sur quelques points, aux écoles d’instituteurs et d’institutrices: Premiere Annee Notions élémentaires de psychologie (2) uLa Psychologie.—Son objet, sa place dans l’ordre des sciences, sa méthode, son utilité.La conscience spontanée et la conscience réfléchie.Les idées que donne la conscience.Les faits de conscience: classification.—Unité de la vie humaine.La sensibilité.—Le plaisir et la douleur.Les inclinations, leur classement.Les inclinations personnelles: conservation, possession, bien-être, indépendance.L’amour propre.Les inclinations sociales: affections domestiques, électives, le patriotisme, les sentiments humanitaires.Les inclinations impersonnelles: amour du vrai, du beau, du bien.Le sentiment religieux.La passion: comment elle naît et se développe.Ses effets.Valeur et danger des passions.Valeur et rôle de la sensibilité en général.L’éducation des sentiments.U intelligence.—Idée des principales facultés intellectuelles.La perception extérieure: les perceptions naturelles et les perceptions acquises.L’éducation de la perception.La mémoire: conservation, rappel et reconnaissance des idées.Diverses sortes de mémoires* Education de la mémoire.L’association des idées.L’imagination: rôle de l’imagination dans les arts, dans les sciences et dans la vie.Valeur et danger de l’imagination.Moyens de la cultiver.Distinction de l’abstraction et de l’analyse, de la généralisation et de la synthèse.Utilité de l’abstraction.Rôle de la généralisation.(1) Pour la répartition des matières d’enseignement dans les écoles normales primaires de France, voir notre Rapport, page 127 et suivantes.(2) Pour plus de clarté, on a cru devoir, dans le programme, distinguer les applications pédagogiques de l’exposé des notions de psychologie; mais dans la pratique, ces deux éléments de l’enseignement sont combinés.Le directeur peut développer parallèlement en première et en deuxième années, à raison d’une heure par semaine, les programmes de psychologie et de morale. 346 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Le jugement: son importance.L’esprit juste et l’esprit faux.Principales causes des faux jugements.Education du jugement.Le raisonnement: idée du raisonnement déductif et du raisonnement inductif.Applications aux principales sciences.Valeur du raisonnement.La raison: les axiomes de la raison: leur rôle dans la distinction du vrai et du faux.Le langage: rapports du langage et de la pensée.Le style et l’écrivain.U activité.—Différentes formes de l’activité: spontanée, intuitive, habituelle, volontaire.Le vouloir: ses limites et sa puissance.Education personnelle de la volonté: les habitudes volontaires.La liberté de la volonté: solution pratique de ce problème.Action réciproque du physique et du moral: la nature humaine.Deuxieme Annee Applications à l'éducation L’éducation des sens dans la famille et à l’école.L’instinct de curiosité.Parti qu’on en doit tirer.Ne pas fatiguer l’enfant.Des goûts naturels propres à fortifier la faculté d’attention.Règles pédagogiques favorables au développement de la mémoire.Du goût de l’enfant pour les histoires, les contes de fées, le merveilleux.Les jeux des enfants.Comment ils contribuent au développement de l’intelligence.Comment les enfants apprennent à parler.Les premières habitudes à donner à l’enfant.Les diverses formes de l’amour propre: parti qu’on peut en tirer dans l’éducation.Comment naît et se développe chez l’enfant le sentiment de la sympathie.L’esprit d’imitation: avantages et dangers.La peur: comment en guérir l’enfant.L’obéissance et la moralité des petits enfants.L’enfant triste—l’enfant nerveux—l’enfant trop sensible.Comment développer les sentiments généreux chez les enfants.Education physique: nécessité de connaître la nature physique de l’enfant, son développement Les bonnes et les mauvaises habitudes physiques.Les exercices corporels: la gymnastique, les jeux, le jardinage.L’adresse: travaux manuels.Lectures commentées de quelques pages sur les traits les plus apparents de la psychologie enfantine, et sur le rôle des éducateurs.Troisième Annee Pédagogie 1° Application des cours de psychologie et de morale à l’éducation: Principales doctrines pédagogiques.—2 heures par semaine.2° Pédagogie pratique et administration scolaire.—Notions de droit usuel.—Notions d’économie politique.—1 heure.3° Application de psychologie et de morale à l’éducation—2 heures par semaine.Programme L’éducation de l’esprit: l’éducation générale et l’éducation professionnelle.Les traits caractéristiques d’un bon esprit.La méthode: méthodes de recherche et méthodes d’enseignement.Principales applications.\ L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 347 De l’intuition intellectuelle et morale.Parti qu’on peut en tirer dans l’éducation.Des procédés scolaires propres à faire trouver, comprendre et retenir.De l’interrogation: manière de la conduire dans les leçons et dans les récapitulations.De l’usage du livre de classe à l’école primaire.Comment les élèves doivent s’en servir.Des devoirs écrits: leur importance.Danger d’en faire abus.Rôle du beau dans l’éducation.L’éducation morale: en quoi elle consiste.Ressources qu’offre l’école pour cette éducation.Eveil et développement de la conscience chez l’enfant.Le sens de la vérité.Nécessité de le former.Pourquoi l’enfant se trompe ou ment.Comment développer les sentiments d’affection et de bonté chez les enfants.Diversité des tempéraments et des caractères.Dans quelle mesure l’éducation peut les-modifier.L’enfant paresseux-—L’enfant colère.—L’enfant sournois.Recherche des moyens que l’éducateur peut employer pour les améliorer.Importance des habitudes dans l’éducation.La discipline à l’école: principes généraux sur lesquelles elle doit reposer.Comment ils se manifestent dans le règlement, les habitudes et les sanctions de l’école.Comment concilier la nécessité de la discipline et de l’obéissance avec le devoir de développer la personnalité de l’enfant.Examen critique des récompenses et des punitions usitées à l’école primaire.La littérature à l’usage de l’enfance.Choix des livres pour les enfants de 9 à 13 ans.Doctrines pédagogiques Lecture des meilleures pages de la pédagogie moderne.Idée des doctrines et des moyens d’action des principaux pédagogues.On donne, à titre d’exemple, l’indication des lectures suivantes: Locke.—Pensées sur Véducation.—De l’endurcissement physique.Rousseau.—Emile, livre II.—Principaux passages sur l’éducation des sens, l’usage des livres, l’éducation de la mémoire.H.Spencer.—De l’éducation intellectuelle.—Les leçons de choses.Mme Necker.—Education progressive.—Influence de l’éducation sur la volonté.—Chapitres sur la volonté.—Chapitres sur l’imagination.J.E'E.mcY.—Lettre aux instituteurs, 17 novembre 1883.Lavisse.—Discussion d’une leçon d’histoire.{Revue pédagogique du 15 août 1884).Anthoine.—Notes d’inspection.-—De l’interrogation.(Revue pédagogique du 15 mai 1884).M.Pecault.—L’Education publique et la vie nationale.—De l’usage et de l’abus de la pédagogie (pages 61 à 68).—L’école primaire et l’éducation politique.J.Sully.—Etudes sur l’enfance (fragments).Pédagogie pratique et administration scolaire.—Notions de droit usuel et d’économie pratique.1 heure par semaine Installation matérielle des écoles.—Locaux, mobilier et matériel de classe.Le musée.La bibliothèque.Les registres scolaires.La cour, le préau couvert, les privés.Le jardin, le logement de l’instituteur.Organisation pédagogique.—Classement des élèves.Emploi du temps.Programmes.L’enseignement de la lecture, de l’écriture, du calcul mental.L’enseignement moral.L’éducation ménagère.—Examens des principaux procédés scolaires.* La discipline: le règlement, les récompenses, les punitions, les notes et le livret scolaire-Rapport avec les familles. 348 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Œuvres complémentaires de l’école.—Les conférences et les cours d’adultes, les classes ménagères, les séances récréatives.Les lectures populaires.Les patronages et les associations.Les mutualités.Administration.—Des diverses autorités préposées à la surveillance et à la direction des écoles publiques.Rapports de l’instituteur avec chacune d’elles.Le règlement départemental.Devoirs réciproques des directeurs et adjoints.Devoirs de l’instituteur hors l’école.Lecture commentée des principaux articles de la loi organique du 30 octobre 1886 et des décrets et arrêtés de janvier 1887.Définition de la neutralité.Notions de droit usuel Les personnes.—La nationalité.—Les actes de l’état civil.—Les droits de famille.Les biens.—Biens du domaine public; du domaine privé.—La propriété.—Les créances.Les contrats (le contrat de mariage).—Les successions.—Les testaments.Idée très élémentaire du droit public.—Organisation judiciaire, financière, militaire.Economie politique Production de la richesse.—La matière, le travail, le capital.Circulation et distribution des richesses.—L’échange, ,1a monnaie, le crédit; la rente; le salaire et l’intérêt.Consommation de la richesse.—La question du luxe.—Dépenses de l’Etat, l’impôt, le budget.L’assurance et la prévoyance.IV—-Emploi du temps.—Exercices professionnels L’emploi des journées autres que les jeudis, dimanches et jours de fête est réglé ainsi qu’il suit dans les écoles normales :(1) Il est donné huit heures au sommeil, en toute saison, dans les écoles normales d’instituteurs; huit heures et demie en hiver dans les écoles normales d’institutrices.Sur les heures de la journée, il est employé aux soins de propreté, repas, récréations, jeux, ménage de l’école et exercices corporels: cinq heures environ dans les écoles normales d’instituteurs, cinq heures et demie dans les écoles normales d’institutrices.Aucun cours n’a lieu le dimanche, non plus que dans l’après-midi du jeudi.Des heures réservées au travail, cinq au moins sont données chaque jour au travail personnel, aux lectures, à la préparation des classes.La répartition des matières d’enseignement est faite de telle sorte que les heures de classes, en dehors des heures attribuées à la gymnastique et au travail manuel, n’excèdent pas cinq heures par jour et trois le jeudi.L’emploi du tempi est réglé par le directeur, assisté du conseil des professeurs et soumis à l’approbation du recteur.Les cours portant sur les matières d’enseignement qui demandent l’effort intellectuel le , plus considérable ont lieu le matin; on réserve l’après-midi aux travaux manuels, dessin, chant, etc.Les élèves-maîtres de trosième année sont, à tour de rôle, exercés à la pratique de l’enseignement, par les maîtres des écoles annexes, des écoles d’application ou des écoles primaires publiques désignées à l’avance.Le nombre des élèves détachés dans ces écoles est calculé de manière que chacun fasse au moins deux mois d’enseignement pratique pendant l’année, par période consécutive de 15 jours.Une classe entière est confiée à l’élève-maître.(1) Voir le Code pratique de VEnseignement primaire, Alcide Picard, éditeur, Paris. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 349 Au début de chaque année scolaire, le directeur, assisté du conseil des professeurs, détermine, sous réserve de l’approbation de l’inspecteur d’académie, les conditions d’après lesquelles les élèves-maîtres sont envoyés aux écoles annexes, aux écoles d’application ou aux écoles primaires publiques visées à l’article 12 du décret du 4 août 1905.Pendant la troisième année d’études, les élèves font à tour de rôle, chaque semaine, une conférence.Elle consiste soit en une leçon faite à des enfants qui auront été amenés à cet effet, soit dans la discussion d’une question de méthode ou de discipline, soit dans l’examen et la critique d’ouvrages scolaires, de devoirs écrits; soit enfin dans la lecture expliquée d’une page de pédagogie.Les directeurs des écoles annexes ou des écoles d’application et les professeurs intéressés assistent à ces conférences.Elles donnent lieu de la part des élèves à des critiques appréciées par les professeurs et les directeurs.Dans les écoles normales d’institutrices, comme application aux leçons d’économie domestique, les élèves-maîtresses de troisième année sont exercées régulièrement aux travaux de cuisine, de savonnage et de repassage, aux soins d’hygiène et de jardinage.Il ne sera pas sans intérêt de citer ici le tableau de l’emploi du temps dans les écoles normales d’institutrices: ECOLES NORMALES D’INSTITUTRICES(l) EMPLOI DU TEMPS DE LA TROISIEME ANNEE HEURES LUNDI MARDI MERCREDI JEUDI VENDREDI SAMEDI 6 h.L2 (hiver) 6 h.H à 7 h.Lever et soins de toilette Ménage de l’école 7 h.à 7 h.14 Déjeuner 7 h.14 à 8 h.14 Etude 8 h.14 à 9 h.Lt Français 9 h.14 à 9 h.34 Histoire Pédagogie Hist, et géo.Français Pédagogie Recréation 9 h.34 à 11 h.11 h.à 12 h.Etude Manipul.Correct.compo.Français Confér.pédagog Hygiène Français 12 h.à 1 h.34 Diner, récréation, jardinage 1 h.34 à 2 h.34 2 h.34 à 3 h.34 Dessin 3 h.34 à 4 h.34 Couture Savonnage Econ.dom.Nettoyage Chant Couture Prome- nade Repassage Etude Chant (1) C’est le tableau que nous avons vu à l’école normale d’institutrices de Lyon.On le retrouve dans le Bulletin administratif, 22 septembre 1905. 350 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 4 h.3^2 à 5 h.Goûter, récréation, gymnastique 5 h.à 7 h.Y2 Etude.Exercice de cuisine par groupes.Exercice individuels de musique 7 h.H à 9 h.Souper et récréation 9 h.3/2 Soins de toilette et coucher (A suivre) C.-J.Magnan.METHODOLOGIE La rédaction à la petite écoie On préparera le devoir des élèves par une conversation faite avec eux devant les trois images que l’on ne montrera que l’une après l’autre.On ne découvrira chacune qu’au moment où l’on en aura besoin.M.—Mes enfants, nous allons préparer ensemble votre devoir de rédaction, (montrant la première image).Regardez bien cette image, puis dites ce que vous voyez.Elève.-—M., je vois une petite fille qui lave sa poupée.Maître.—Oui, c’est bien là l’idée principale, la première chose qui frappe les yeux.Mais vous pourriez domier plus de détails.Voyons dans quelle posture est la petite fille que nous appellerons Juliette ?-*• T ''-W'I 'J 0'0 GjV/' Elève.—M., Juliette est à genoux sur le plancher.• Maître.—Bon, et la poupée? L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 351 Elève.—Elle est assise sur un petit banc.Maître.—Mais, est-ce qu’elle ne va pas tomber ?Elève.—Non, M., Juliette la tient d’une main, pendant que de l’autre elle la lave avec une éponge.Maître.—Croyez-vous qu’il convient de laver les poupées de cette manière ?Elève.—Non, AI., mais Juliette est petite, elle ne sait pas encore.Elle joue à la petite maman et fait avec sa poupée comme sa mère fait avec elle-même.Alaître.—C’est vrai.Alaintenant pourriez-vous dire ce que vous voyez encore ?Elève.—Pendant ce temps-là, l’autre poupée de Juliette est dans le bain, et son petit lapin a l’air de s’amuser auprès.Maître.—Très bien; mais en passant pourriez-vous dire pourquoi les pieds du petit banc sont plus larges en bas qu’en haut?Elève.—C’est pour que le banc soit plus solide et qu’il se renverse moins facilement.Alaître.—C’est bien cela.Je crois que vous seriez capable de faire une bonne phrase de quelques lignes pour dire ce que vous lisez en regardant l’image.(Le maître montre la seconde image).Maître.—Maintenant regardez attentivement.Reconnaissez- vous les mêmes personnages ?Elève.—Oui, M., c’est encore Juliette avec ses deux poupées.Maître.—Sont-elles encore dans la même occupation?Quelle transformation s’est faite ?Elève.—Juliette s’est habillée pour sortir; elle a aussi habillé ses deux poupées pour les mener à la promenade.Maître.—Qui vous fait croire qu’elles vont à la promenade ?Elève.-—Juliette a emporté son parapluie.La plus petite poupée a son grand manteau de bébé; sa petite maman la porte sur son bras.Maître—Très bien! Vous avez raison d’appeler Juliette la petite maman, car elle agit bien comme si elle l’était.Et l’autre poupée, que fait-elle ?Elève.—Elle fait la grande fille et marche en dennant la main à sa mère.Arais on voit qu’elle est enccre petite, car en dirait cu’ehe est pendue par le bras et cu’elle est portée plus qu’elle ne marche.Maître.—C’est très bien dit! Vous voyez ccnme les deux imsges 352 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE déjà étudiées nous ont raconté toute une petite histoire.Mais ce n’est pas fini; regardez encore.{Le maître découvre la troisième imagé).Maître.—Voyez-vous encore les mêmes personnages?Elèves.—Oui, AL, mais il y en a im de plus; c’est un petit garçon.Maître.—Comment l’appellerons-nous ?Elève.—Lucien.Paul.Emile.Arthur.etc.{Les élèves donnant plusieurs noms).Maître.—-Nous n’en prendrons qu’un: choisissons Lucien.Pensez-vous maintenant pourquoi Juliette faisait la toilette de ses poupées et les habillait de leurs beaux vêtements ?Elève.—Oui, AL, Lucien doit être un petit cousin de Juliette.Elle est allée lui rendre visite avec ses enf.avec ses poupées.Alaître.—Vous vouliez dire ses enfants; c’est tout naturel puisqu’elle joue à la petite maman.A présent, que font-ils tous ensemble ?Elève.—AL, ils jouent à l’école: Juliette et les poupées font les élèves et Lucien fait le maître d’école.Maître.—C’est cela.Et comment pensez-vous que tout cela va finir ?Elève.—Après l’école, on fera un petit dîner; puis Juliette habiller ses enfants et l’on se remettra en route pour la maison, après avoir salué Lucien et l’avoir invité à rendre la visite prochainement.{S’il faut des sous-questions, le maître les fait).Alaître.—Très bien pensé.On voit que vous savez comment les choses se passent.Vous comprenez très bien ce que racontent ces trois petites images.Je vais vous faire prendre quelques mots en écrit pour aider votre mémoire, et vous aurez pour devoir de rédaction à faire le récit de tout ce que nous venons de voir.Canevas.—Ce que fait Juliette: poupées, petit banc, petit lapin.—La toilette, la promenade: bébé, la grande hile, le parapluie.—Chez le cousin Lucien: on joue à l’école: élèves, maître, petit dîner, départ, saluts, invitation.Avec ce canevas tous les élèves pourront faire un petit récit de ce que leur aura raconté l’image, et, après avoir corrigé leur travail, on pourra le comparer à ce qui suit : L'ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 353 La petite maman Juliette joue a la petite maman.Elle est a genoux sur ie plancher, de\ ant le petit banc où est assise la plus grande poupée qu'elle débarbouille •avec une éponge.Pendant ce temps-là; la plus petite prend son bain et le petit lapin s amuse à côté.C est une bonne petite maman que Juliette, elte a bien soin de ses eniants et veut qu’ils soient propres.Quand ils sont bien lavés, elle les habille pour la promenade et la voilà partie avec le bébé sur le bras.L’autre poupée fait déjà la grande fille; sa petite maman ne la porte plus, mais elle marche en donnant la main, et on la voit trottiner touchant à peine à terre ; on dirait qu’elle est pendue par le bras; et que ses petits pieds ne portent pas sut le sol.Par précaution, Juliette.-a emporté le parapluie.On va rendre visite au cousin Lucien.C’est jour de congé; mais on joue à l’école: Juliette et ses poupées font les élèves et sont bien sages; elles écoutent attentivement la leçon que leur donne Lucien qui prend au serieux son rôle de maître d’école.Après la classe, Lucien domiera un petit dîner à ses élèves ; puis Juliette habillera ses enfants et I on reprendra le chemin de la maison après avoir salué Lucien et l’avoir invité à rendre la visite bientôt pour avoir encore du plaisir ensemble.C’est mie image vue à l’école qui m’a raconté tout cela.82 Tout cela n’est pour ainsi dire qu’une suite de phrases brèves qui énumèrent les actions.Les enfants ne pourront guère faire plus; mais s’ils arrivent à rédiger quelque chose dans ce genre, ce sera un gros résultat.H.Nansot, Insp.d’écoles.Leçon d’anglais D’apres la Méthode Naturelle How many persons are to be seen in the picture ?Or In the picture, how many persons are to be seen?Three persons are to be seen in the picture.Or In the picture, three persons are to be seen.Who are the persons ?Or The persons- are who ?They are a young woman and twojioys.j 354 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE s.-yy/fc ¦ ^ 4 J s, m lÜlil mm ¦¦ ¦¦¦''V Mm ¦mff : .•_.
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