Voir les informations

Détails du document

Informations détaillées

Conditions générales d'utilisation :
Domaine public au Canada

Consulter cette déclaration

Titre :
L'enseignement primaire : journal d'éducation et d'instruction
Éditeur :
  • Québec :[L'enseignement primaire],1881-1956
Contenu spécifique :
Juin
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
autre
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • École primaire (Lévis, Québec)
  • Successeur :
  • Instruction publique
Lien :

Calendrier

Sélectionnez une date pour naviguer d'un numéro à l'autre.

Fichier (1)

Références

L'enseignement primaire : journal d'éducation et d'instruction, 1913-06, Collections de BAnQ.

RIS ou Zotero

Enregistrer
34e Annee Quebec, Juin 1913 No 10 [J r^seîgnerrient Primairç C-J.MAGNAN.Propriétaire et Rédacteur-en-clief 4 ^ ilËIS! -süiîSt J-Ms - ^ k •’H' •J :¦?:;v •.¦ s>: ri mm MmmMm ;- .VA-' ECOLE NORMALE DE JOLIETTE Etablie à la demande de feu Mgr Archambault en 1911, l’école normale de Joliette est entrée en activité au commencement de septembre 1912.Ce sont les Révérendes Sœurs de la Congrégation Notre-Dame qui ont pris charge de la nouvelle institution, et la direction de la maison a été confiée à M.l’abbé J.-G.Gervais, premier Principal.Par erreur, dans la livraison de mai, le nom de M.Gervais a été placé au bas de la vignette représentant l’école normale de Saint-Hyacinthe, dont M.l’abbé J.-A.Fontaine est le Principal. 578 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Retraites fermées d’institutrices Quarante-cinq institutrices ont répondu l’an dernier à l’invitation que leur faisait les Sœurs de l’immaculée Conception de Montréal.Réunies dans leur couvent, elles y ont suivi avec ferveur les exercices salutaires d’une retraite fermée.Et cette année, le nombre des retraitantes s’annonce plus grand encore.Les anciennes—dont plusieurs ont avoué qu’elles n’avaient pas vécu dans toute leur vie de jours si heureux—veulent revenir; d’autres désirent se joindre à elles.Pour satisfaire ces pieux désirs, les Sœurs de l’immaculée Conception ont obtenu d’avoir cet année deux retraites consacrées aux institutrices, l’une du 14 au 19 juillet, l’autre du 11 au 15 août.Nous répétons ici les avis que nous donnions l’an dernier.—Les retraitantes devront arriver pour le premier exercice, lequel aura lieu à 4 h.du soir.Aucune pension n’est exigée, mais celles qui le peuvent faire sont priées de laisser une aumône pour aider à couvrir les frais de la retraite.On devra se faire inscrire à l’avance, car le nombre des places est limité.Le dernier jour, l’exercice de clôture aura lieu assez tôt pour permettre de prendre les trains de la matinée.S’adresser au couvent de l’Immaculée-Conception, 314, chemin Sainte-Catherine, Outremont.Les leçons de choses i Procédés d’enseignement.—La leçon de choses est l’exercice par excellence dies classes de début.Lemaître doit la préparer soigneusement, la bien limiter, la bien diviser, réunir les objets qu il se propose de présenter aux élèves;—s’aider de gravures, de dessins au tableau noir.Les choses les plus simples, les plus familières, les plus rapprochées des •enfants, peuvent lui servir, le meilleur moyen de se les procurer est de régler l’ordre des leçons sur l’ordre meme des saisons, et de piofiter de toutes les occasions possibles pour renouveler ou enrichir le musée scolaire.On établit ainsi entre les diverses leçons une liaison naturelle, un enchaînement voulu, raisonné et suivi.La leçon sera un dialogue entre le maître et les élèves, mais un dialogue dans lequel les élèves auront la part la plus active.Le langage du maître sera simple, clair, précis, correct, bien à la portée de 1 âge et de la force de ses jeunes interlocuteurs, mais sans expressions triviales.II Avantages et conclusion.—La leçon de choses ainsi comprise est essentiellement intuitive.Toujours faite à l’aide d’objets réels et non figurés, elle apprend à l’enfant à se servir de ses sens;—elle précise dans son esprit les vagues notions qu’il possède sur ce qui l’entoure;—elle l’achemine à émettre des idées claires sur les phénomènes qu’il a observés.—elle lui enseigne à classer ces idées nouvelles dans un ordre logique;—elle augmente, avec le nombre des connaissances, le vocabulaire restreint dont il fait l’emploi, et l’exerce par degrés à s’exprimer nettement et correctement._ Ayant pour objet essentiel d’amener l’enfant à bien penser et à bien dire, elle n est donc, au fond, qu’une leçon orale de composition française et de rédaction.Elle en est, en tout cas, la meilleure préparation.{Bulletin de la Haute-Marne) L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 579 PEDAGOGIE Comment utiliser les vacances Dans quelques semaines, les huit mille instituteurs et institutrices de notre province seront en vacances.Deux mois de repos, de liberté! Ce repos et cette liberté ont été bien gagnés.Pendant dix mois, il a fallu peiner six heures durant chaque jour, et consacrer encore au moins deux heures à la préparation des classes et à la correction des devoirs.Donc, reposons-nous et jouissons de la liberté.Néanmoins, se reposer et être libre, pour un bon instituteur ou une bonne institutrice, cela ne signifie pas vivre deux mois dans l’oisiveté sans aucun souci de sa profession.Le maître ou la maîtresse qui comprendrait ainsi ses devoirs, en vacances, ferait preuve d’une insouciance regrettable.Au repos bien mérité, aux récréations et voyages nécessaires à la santé, sachons ajouter Vétude, qui offre une diversion heureuse au dolcefar niente.Dès le début des vacances, choisissons un traité de pédagogie que nous n’avons pas encore lu ou qui n’a pas été ouvert depuis longtemps.Lisons cet ouvrage avec soin, sans précipitation, prenant des notes qui nous seront utiles plus tard.Voyons aussi si certains numéros de revues pédagogiques ne sont pas encore sous bande, preuve qu’ils n’ont pas été parcourus.Revoyons encore à tête reposée, le Programme d’Etudes et les Instructions pédagogiques qui l’accompagnent.C’est ici le temps de faire un bon examen de conscience'.Ai-je suffisamment réfléchi, au cours de l’année scolaire, à cette grande vérité pédagogique: “Les premières études sont les plus importantes; l’intelligence y prend ses allures.Que ces allures soient donc régulières.Que les premières notions, si simples qu’elles soient, soient précises, pures, et complètes.Qu’on ne fasse rien apprendre qui ne soit compris, c’est-à-dire expliqué par le maître.” Me suis-je rappelé à point ce proverbe: “Avançons lentement, pour avancer sûrement, mais avançons sans cesse.” D’accord avec ce précepte, dans quelle mesure ai-je satisfait à la promotion annuelle des élèves?Je constate peut-être que pour avoir voulu briller en faisant briller quelques élèves, j’ai sacrifié le plus grand nombre.Un autre point important qu’il faut méditer en vacances, c est celui-ci.l’instituteur doit toujours mettre la leçon de l’école en harmonie avec les devoirs de la vie, c’est-à-dire rendre utile ce qu’il fait apprendre aux élèves.Tous vos élèves apprennent à lire, à écrire et a compter.Mais etudient-ils ces matières de façon a pouvoir les utiliser dans la famille d abord, puis dans la société ensuite.Il ne faut pas oublier que l’enseignement utile est toujours aisé; il ne fatigue pas, il n’ennuie plus les élèves; comme 1 homme, l’enfant apprécie à merveille ce qui lui est avantageux.Dès lors, la bonne discipline est assurée à l’école.Car le bon instituteur qui sait bien, qui 580 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE pense bien et sent bien, enseigne bien et conduit bien.Il n’a pas besoin d’apprendre les règles de la discipline: il les a dans sa tête, dans son cœur il les a donc dans sa parole et dans sa vie.En vacances, le bon maître, tout en réparant ses forces physiques, refait aussi ses forces intellectuelles et morales.Il a le souci de son perfectionnement professionnel.Voilà pourquoi, sans hâte ni fièvre, il réfléchira, étudiera, recueillera des notes, et par des lectures littéraires ou scientifiques ajoutera à sa culture intellectuelle, précieux élément de succès et d’autorité en classe.L’emploi judicieux des loisirs de vacances s’impose donc aux maîtres et aux maîtresses dignes de ce beau titre.Nous, instituteurs laïques, rappelons-nous que “l’oisiveté est la mère de tous les vices,” et que lorsqu’on n’a rien à faire, on est bien près de mal faire.Imitons, ne fût-ce que de loin, les Frères et les Sœurs, qui consacrent entièrement leurs vacances au recueillement, à la prière et à l’étude de leurs devoirs professionnels.C.-J.Magnan DES JARDINS SCOLAIRES (Pour L’Enseignement Primaire) Parmi les questions sociales à l’ordre du jour, il n’en est pas de plus importante, après l’éducation religieuse, que celle de l’éducation agricole sous toutes ses formes.Dieu merci, le peuple canadien, pris en majorité, peut encore se glorifier d’être un peuple agriculteur.Cependant, l’émigration d’une partie de nos jeunes gens vers les villes ne révèle-t-elle pas qu’il manque quelque chose aux conditions actuelles de la vie rurale ?Qu’on nous permette de faire appel ici aux instituteurs et aux institutrices de la campagne et des villages, et de leur demander si leurs élèves ont pour la profession paternelle le goût et les dispositions qu’il leur faudrait pour ne pas trahir, eux aussi, la vie paisible et saine du laboureur.Si les enfants apprenaient à l’école à respecter la profession de leurs parents et à l’aimer, si on leur enseignait le “comment”, le “quand” et le “pourquoi” de chacun des travaux agricoles, n’est-il pas raisonnable d’espérer que la jeune génération formerait bientôt le groupe le plus prospère et le plus envié de toute la race canadienne-française ?Les résultats obtenus à l’étranger par l’œuvre des jardins scolaires démontrent que nous avons en ces derniers le moyen efficace d’arriver à cette fin. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 581 Le maître ou la maîtresse de toute école primaire devrait posséder les notions nécessaires à la direction de ces travaux pratiques.On doit pouvoir distinguer la nature et l’état des sols, et connaître les exigences des plantes qu’on veut y cultiver.Il faudrait alors indiquer aux élèves ce qu’exige une terre pour que telle ou telle culture vienne bien, quels sont les engrais de ferme ou de commerce qui lui conviennent et les amendements à apporter, etc., etc.Qu’on choisisse une pièce de terre à proximité de l’école et qu’on la divise en autant de parcelles qu’il se trouve d’élèves disposés à faire un travail sérieux.Il n’est pas une commission scolaire qui, ayant compris l’importance de l’œuvre, ne s’empressera de fournir le matériel nécessaire à la conduite de ce jardin d’expériences.On pourrait subdiviser chaque parcelle en deux sections, l’une destinée à la culture potagère, et l’autre aux fourrages et grains.Les élèves obtiendront de leurs parents et de leurs amis les semences qu’il faut pour chaque section.Ils bêcheront, prépareront leur terre, diviseront leurs parcelles en autant de carrés qu’ils veulent faire d’espèces de cultures, et, toujours sous la direction des maîtres, procéderont à la semence après avoir soigneusement trié leurs graines.Ainsi chaque élève peut cultiver, dans une section, quelques échantillons, soit: patates, choux, blé-d’Inde, melons, salades, oignons, etc., et dans la seconde section, de l’avoine, de l’orge ou du blé, de la luzerne ou du trèfle, etc.On observera la distance entre semis, la profondeur d’en-fouissage, les conditions du sol.Chaque petit carré portera une planchette indiquant l’espèce de semence et la date de mise en terre.De plus, chaque parcelle aura son enseigne portant le nom de l’élève propriétaire.A mesure que se fera la levée, les élèves noteront sur un carnet spécial les remarques signalées par les maîtres relativement à la précocité ou au retard.Bientôt viendra l’époque des binages et des sarclages.Tout en dirigeant les opérations les instituteurs auront soin d’en faire remarquer l’importance et d’en signaler les effets qui tardent rarement à se produire.Si les insectes nuisibles et certaines maladies des végétaux font leur apparition, l’occasion sera bonne d’appliquer les traitements raisonnés que la science agricole préconise aujourd’hui.Au temps de la récolte, on prélèvera sur les plus beaux produits, parmi les céréales surtout, les grains destinés à la semence subséquente.Alors, il dépendra de l’institutrice ou de l’instituteur ingénieux d’organiser pour le public des environs une exhibition de récoltés scolaires sur pied, ou bien d’obtenir que les produits de leurs élèves les plus appliqués soient installés au pavillon agricole durant l’exposition du comté.Des prix seront décernés aux lauréats, et dès lors, un courant d émulation sera créé qui sera le début du relèvement social de l’agriculture dans nos campagnes. 582 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE En septembre dernier, il m’a été donné de visiter quelques jardins scolaires dans la province d’Ontario.A la même époque, je retrouvais les produits de ces jardins à l’exposition de Toronto.C’est merveille de voir comme nos petits voisins anglais sont fiers de cultiver, et comme ils comprennent à bonne heure que l’agriculture est une mine riche et que le travail est un trésor.A l’œuvre donc! Que les instituteurs et les institutrices se le tiennent pour dit: le jour où ils travailleront, par les nombreux moyens qu’ils ont eu main, à retenir le laboureur à la charrue, ce jour-là la patrie canadienne cessera de trembler pour sa prospérité matérielle, sa langue, sa moralité et toutes ses magnifiques traditions.A.Desilets, De VInstitut Agricole d’Oka.La Trappe, 2 mai 1913.L’Enseignement Agricole—Une innovation Dans U Enseignement Primaire de mai dernier, notre directeur écrivait: “Nous invitons les commissions scolaires à se préoccuper, dès maintenant, du problème rural, dont personne n’a droit de se désintéresser.” Cette invitation à donner à l’agriculture, dans l’école rurale, la place d’honneur qui lui revient, a été entendue par les commissaires d’écoles de Saint-Casimir, comté de Portneuf.A l’unanimité, les membres de la commission scolaire de cette jolie localité; ont résolu de faire enseigner régulièrement l’agriculture dans les différentes classes de leur belle académie, dirigée par les Rvds Frères de l’Instruction Chrétienne: cet enseignement ne sera pas seulement théorique, mais il aura aussi un caractère expérimental.Le Rvd.Frère Provincial des Frères de l’Instruction chrétienne et le Révd Frère Directeur de l’Académie de Saint-Casimir, ont agréé avec joie la proposition qui leur a été faite.Afin de faciliter l’exécution de cette nouvelle tâche, la commission scolaire a nommé un professeur spécial, M.Jean-Charles Magnan, diplômé de l’Institut agricole d’Oka.Le jeune professeur donnera le cours théorique d’agriculture: il est en même temps directeur de la Ferme scolaire expérimentale que son père a installée à ses frais dans le voisinage de l’Académie de St-Casimir.Cette école est fréquentée par deux cents élèves.Voilà donc un premier pas de fait dans la voie rurale.Honneur à la commission scolaire de St-Casimir pour le bel exemple de patriotisme pratique qu’elle donne.Nous manquerions à notre devoir, si nous ne félicitions pas également les Frères de l’Instruction chrétienne, qui vont reprendre ici l’oeuvre d’apostolat agricole qui leur valut naguère tant de succès en France.j Au jeune professeur, nous souhaitons aussi tout le succès que lui mérite la grandeur de la cause qu’il veut servir de toute son âme.P.Girard L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 583 Mgr Archambault Dans la dernière livraison, nous n’avons pu que signaler en deux lignes la mort de S.G.Mgr Joseph-Alfred Archambault, évêque de Joliette.Nous voulons aujourd’hui dire un mot de cet évêque-éducateur, mort dans toute la force de l’âge, au moment ou il élaborait plusieurs projets destinés à accentuer le progrès de l’Instruction publique dans son diocèse.Quelques semaines avant sa mort, nous rencontrions Mgr Archambault à la convention des commissaires d’écoles de Joliette, convention que Sa Grandeur honora de sa présence.Comme nous étions loin de supposer que c’était pour la dernière fois que nous rencontrions ici-bas, cet apôtre ardent, ce grand évêque qui nous honorait depuis plusieurs années de la plus bienveillante amitié! Nul plus que Mgr Archambault comprenait le problème scolaire.Nos lecteurs se rappellent sa remarquable lettre sur VEtablissement d’une Ecole normale à Joliette.“Son zèle pour l’éducation de l’enfance le porta à s’imposer de lourdes tâches au cours de ses visites pastorales.Il s’est donné sans compter, sans assez compter, pourrait-on dire; car il paraît admis de tous que sa vaillance a abrégé ses jours, à son insu sans doute.Il avait hâte de parfaire tous ses labeurs.“Il pressentait, semble-t-il, que sa vie serait courte.Il craignait de n’avoir pas le temps de tout faire ce qui importait.Pour le moins, il voulait pouvoir offrir à Dieu des années pleines” (1) M.l’abbé Elie-J.Auclair, dans la Semaine Religieuse, de Montréal, à tracé ce fidèle portait du travailleur que fut Mgr Archambault: “Homme d’action autant qu’il était homme de parole, Mgr Archambeault a multiplié, avec sagesse et mesure toutefois, dans sa ville épiscopale et dans son diocèse, depuis neuf ans, les œuvres d’éducation, de charité et de piété.Orphelinat pour les garçons, jardin de l’enfance, parachèvement de la cathédrale et de l’évêché, agrandissement de l’hôpital Saint-Eusèbe, agrandissement considérable du séminaire diocésain, Ecole normale des Jeunes filles (Congrégation Notre-Dame), maison provinciale des Sœurs des Saints Noms de Jésus et de Marie, monastère du Précieux-Sang, noviciat de la Providence, et puis encore, hospice des vieillards à Saint-Lin (Sœurs de la Providence) agrandissement du collège de Berthier et du couvent de l’Epiphanie, académie anglaise de Rawdon, voilà autant d’institutions qui lui doivent en grande partie leur vie ou leur prospérité.Prédicateur et éducateur dans l’âme, il animait tout et vivifiait tout de sa parole ardente, avec une incessante vigilance et un zèle intarissable.“Sa science et son activité furent particulièrement mises en lumière lors du Concile Plénier de Québec, en 1909.Il y remplissait les hautes fonctions de secrétaire des “congrégations” des évêques.Ses distingués collègues sont unanimes à proclamer qu’il fut en cette qualité l’un des plus actifs et des plus brillants ouvriers de ce grand œuvr e de notre premier concile national.Il prenait part à toutes les discussions avec une aisance et une maîtrise qui furent très remarquées.” Mgr Archambault nous a laissé à tous le noble et salutaire exemple de la piété, de l’action et du dévouement.Suivant l’expression si juste de S.G.Mgr l’Archevêque de Montréal, “il s’est dépensé pour ses ouailles jusqu’à la fin” Ne l’oublions pas dans nos prières.(1) La Se?naine Religieuse de Montréal. 584 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE '‘LA PREMIÈRE FORMATION DU GOUT LITTERAIRE A L’ECOLE” (1) lere Partie.La Nature de l’Enfant Un professeur français,M.Scheid, disait dans un article sur “l’Evolution du Sens littéraire chez l’enfant” (Revue pédagogique, 15 jan.1910) “qu’il n’est pas toujours facile d’être montreur de merveilles et explicateur de chefs-d’œuvre”.Ce doit être un peu et peut-être beaucoup la difficulté qu’éprouve l’instituteur à faire naître et à cultiver, chez l’enfant, cette éclectisme si rare même chez les natures privilégiées: le sens du beau littéraire.A certaines heures de dépit, devant un insuccès complet, il ira jusqu’à se demander si les facultés de ses élèves sont bien mûres pour une floraison intellectuelle.C’est qu’il ne sait pas toujours aller jusqu’à elles, tandis qu’il s’efforce, au contraire, de les faire venir jusqu’à lui, en cherchant à faire admirer des beautés qu’elles ne comprennent pas, des impressions qu’elles n’ont point senties, des émotions qu’elles n’ont pas eues; en cherchant, en un mot, à substituer sa nature à celle de ses jeunes auditeurs.Pour éviter cet échec, il suffit pourtant d’étudier le caractère de l’enfant: ses qualités et ses défauts, ses goûts et ses répugnances, sa manière de voir, de sentir,de comprendre, et pour accomplir cette tâche, que faut-il ?se replier sur soi-même, regarder, observer, refaire cette psychologie de l’enfance si intéressante par ses imprévus, si pleine de fraîcheur, de naïveté et parfois même de profondeur, et si consolante aussi par opposition à celle des hommes, faite d’astuce et de mensonges, d’égoisme et d’envie.Madame Alphonse Daudet nous a dit, en des pages admirables, le résultat de ses observations.En des détails, qui sont des modèles d’analyse psychologique, la digne compagne de l’auteur du “Petit Chose” montre bien la route à tout éducateur de l’enfance, et, en particulier, à tout professeur de littérature, car en dernière analyse, que lui faut-il, sinon la connaissance du petit être en voie de formation.L’éveil de la pensée n’est-il pas le même, en effet, que celui des sens extérieurs ?Quand l’intelligence veut coordonner les sensations reçues, que de tâtonnements, d’erreurs inconscientes! Depuis six, huit ans, les yeux ont vu, les oreilles ont entendu, le cœur a palpité sans trop savoir la cause; mais un moment arrive où le voile tombe; les organes sont doublés; l’imagination entre en scène, et c’est alors que l’on peut dire: les yeux du cœur et de l’esprit.Tout ce que la mémoire contient dans ses lobes multiples prend un aspect nouveau: des relations s’établissent, le comment et le pourquoi des choses apparaissent et c’est toute une évolution.Que cette évolution s’accomphsse sur les genoux d’une mère ou sur les bancs d’une école, le même devoir incombe à ceux qui ont charge d’âme.Si les premières sensations ont été bonnes, la floraison de l’intelligence sera belle, car nulle ivraie ne viendra nuire au bon grain; mais si l’enfance ne fut entourée que d’exemples pernicieux,oh! que la tâche est grande! Embellir un idéal est aisé, le créer est bien plus difficile.Certes, les moyens ne manquent pas, et un professeur avisé a plus d’une ressource pour atteindre au but.Les bibliothèques dont un grand nombre d’écoles s enrichissent, offrent des moyens précieux dont il doit se servir avec tact cependant, car si les livres contiennent la science du bien, ils sont aussi la source du mal.Et c’est dans le choix des livres, que s exercera l’esprit judicieux de l’instituteur.S’il a bien étudié le caractère de ses élèves, il est en état de leur fournir le genre de lecture qui convient et qui leur plait, car avant tout, il faut plaire.Il importe d’enseigner à lire avec profit, à s’assimiller la substance des idées, tel que le voulait Montaigne, sans faire cependant de la lecture une tâche qui en enlève tout le charme.Lock disait qu elle doit être un divertissement” et Herbert Spencer ajoutait que l’esprit ne s’appropie bien que les connaissances qui lui procurent du plaisir et une excitation agréable.” Dans une enquête faite en France, en 1901, dans les écoles primaires, on a constaté que les (1) Résumé d’un mémoire présenté au premier Congrès de la langue française, à Québec, par M.A.-B.Charbonneau, professeur, de Montréal. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 585 goûts des élèves n’avaient qu’une très légère teinte littéraire.Les livres les plus courus en général sont ceux qui traitent d’aventures, de voyages, de sport et, faut-il l’avouer, de luxure.Ce mal existe dans nos écoles.Il y a certes une élite qui lit les bons auteurs.Or, c’est cette fleur de la société qu’il importe de conserver, d’augmenter même, en cultivant le vrai sens du beau.Et, pour atteindre ce but, il est un moyen qui, avec celui de la religion, constitue le plus puissant ressort d’idéal qui soit: le Patriotisme.Cultiver le patriotisme de l’enfant, c’est relever son niveau moral et partant son sens littéraire; c’est orner son esprit des beaux faits de l’histoire; c’est exalter les plus nobles sentiments par les récits d’héroïsme qu’elle comporte; c’est faire vibrer les fibres les plus intimes de tous, car bien peu résistent aux émotions qu’elle fournit, aux leçons qu’elle donne, aux enseignements qu elle contient.Et quand il s’agit de notre histoire.“registre immortel, poème éblouissant, que la France écrivit du plus pur de son sang,” quel relèvement pour le cœur et l’esprit! Fréchette commence sa “Légende d’un peuple” par ce regret: “O notre Histoire, écrin de perles ignorées!” Et pourtant, nos historiens sont nombreux; ils ont fait acte de patriotisme en enseignant dans des volumes qui ne sont pas lus, les trésors de nos archives et les exploits de nos ancêtres.A l’instituteur incombe donc le devoir de faire connaître ces trésors et ces exploits, en appuyant sur l’esprit essentiellement chrétien qui a présidé aux destinées de notre race.Dans une causerie récente sur la formation littéraire de l’enfant, M.l’abbé Elle Auclair disait: Notre mot d oïdie doit être: des sujets canadiens traités de façon canadienne.” N’est-ce pas une des lacunes de notre enseignement littéraire: offrir à l’enfant des sujets qui ne sont ni de son âge, ni de sa compréhension.On a dit avec raison qu’il est extrêmement difficile de choisir les lectures aussi bien que les travaux littéraires de l’enfant.De façon générale, les œuvres d’imagination plaisent plus que les autres, mars sont-elles à bannir ?Il faut distinguer.Le réel doit certainement primer la fiction pourvu qu’il sort attrayant, car avant tout, il faut plaire, sinon le livre sera bientôt fermé.D’autre part, les romans et les fables offrent le danger de fausser le jugement de certains esprits qui ne savent pas discerner le vrai du faux ou démêler la morale qu’ils contiennent.Ils font cependant la joie des enfants parcequ’ils flattent leur imagination par l’exagération même du récit.Il y aurait sur ce sujet, toute une étude à faire sur le psychisme de l’enfant touchant l’évolution de son goût littéraire: retracer la nature de ses sensations instables et toujours vibrantes, libres de toute analyse et des entraves de la raison—d’où sa facilité de rire et de pleurer—plus fougueuses que pénétrantes, plus générales que particulières, observer les changements qui se produisent au fur et à mesure que les facultés intellectuelles réàgissent, et constater l’influence que celles-ci exercent, par la modification de ses goûts, de sa manière d agir et de penser.Ces manifestations sont du tout premier âge.Plus tard, l’imagination joue son rôle tellement que l’enfant réalise ce phénomène comme chez lui: celui de se dépersonmser, au point de se croire le personnage qu’il représente.C’est à raison même de cette puissance de substitution que tant d’œuvres d’imagination deviennent dangereuses.Il est une autre faculté qu’il importe d’étudier: celle des sentiments.Les psychologues ne s’accordent guère sur ce point.Les uns font de l’enfant un être essentiellement egoiste; d autres n’y trouvent qu’une nature prête à recevoir la culture du milieu.Dans le bas age cependant 1 enfant se rapproche sensiblement de la brute: il aime qui le flatte, le protege, le nourrit.Ces dispositions du caractère persistent jusqu’à l’âge de la puberté, quand se déclarent les affections electives dues à la crise sexuelle.Un changement notable s opère en lui, 1 amour qui s e\ei e a °n e fougue de sa nature vigoureuse, c’est l’âge où Paul et Virginie croient que tout le grand ciel bleu n’emplirait pas leur cœur” où “la force intacte de la rêverie élabore 1 ideal.Il importe de ne pas déflorer ce rêve de l’adolescent par un réveil trop brusque.Le pessimisme du Romancier contemporain éteindrait trop vite l’enthousiasme naissant.C’est le moment au contraire, d offrir a sa soif d’idéal les beautés capables d’entretenir le plus longtemps possible, les nobles sentiments qui font son bonheur. 586 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 2e 'partie.La Culture de l’Enfant La formation du goût littéraire de l’enfant rencontre peut-être plus d’obstacles que nulle autre à cause de la mentalité ambiante.Nous sommes dans un siècle et dans un pays où l’utilitarisme est prépondérant, les affaires tiennent le haut du pavé, le dieu Dollar trône, et tout ce qui n’apporte pas un gain immédiat est tenu en médiocre estime.L’enfant élevé dans cette atmosphère croit que le temps perdu à l’étude de sa langue ne se résoudra guère en piastres et centins.De plus, il observe que les lettrés ne sont pas les plus honorés, qu’ils sont, au contraire, les gueux de la société, en chapeau de soie et en bottes vernies.Puis l’anglais domine partout; c’est la langue des affaires, du succès, de la fortune.Bref, le mal est imminent et demande un prompt remède Notre langue, il est vrai, eut à subir déjà d’autres assauts.Proscrite par nos vainqueurs lors de la conquête, elle ne fut sauvée que par un miracle étonnant.De nos jours, on ne lui conteste guère, dans notre province du moins, le privilège de la liberté.Il importe alors de la montrer pure, parée de ses beaux atours, afin que ses adversaires mêmes s’inclinent, admirateurs.Il importe aussi de convaincre le petit Canadien français qu’à sa foi sa langue est indissolublement liée, que le meilleur moyen de se faire respecter, c’est de parler et d’écrire sa langue correctement, et que ce but ne peut être atteint sans une étude des ressources littéraires, qui sont la vie même de la langue.LTne langue est écrite ou parlée, et l’art avec lequel on la manie s’appelle littérature.Elle se manifeste donc sous une double forme, et comme le langage est de beaucoup plus celle employée, l’attention portée à celui-ci devrait primer l’autre.Le contraire existe cependant.Les Canadiens français qui parlent bien leur langue sont beaucoup moins nombreux que ceux qui l’écrivent correctement.Ce fait ne provient-il pas d’un vice de formation, de ce qu’on ne corrige pas les fautes de langage comme celles d’orthographe.Si le zèle déployé par la plupart des professeurs de langue ne semble pas avoir eu le succès désiré, ne serait-ce pas à cause des moyens employés ?Les promoteurs de ce Congrès l’ont sans doute soupçonné quand ils m’ont demandé ce travaih De prime abord, le canevas qu’ils me proposaient me parut prématuré.Ce n’est qu’en y réfléchissant que je compris la justesse de la suggestion.Le goût littéraire! c’est le beau langage,, la propriété des termes, la bonne prononciation; c’est l’ordre et la clarté dans le discours; se sont les ornements dont on habille la pensée; ce sont, en un mot, toutes les qualités du style.Il y a quelques années, on eut été scandalisé d’entendre parler de style à des bambins de l’école primaire; il fallait apprendre sa grammaire, l’orthographe inclusivement, avant que de songer à mettre un mot à sa place; et, tout au plus.la dernière année, glissait-on quelques notions de littérature sous forme de définitions.Jolis mots dont on emplissait le cerveau des enfants et qui formaient tout leur langage littéraire.Est-il étonnant qu’ils n’eussent pas le goût littéraire très développé.Heureusement qu’il y a progrès.On s’occupe quelque peu d’analyse logique et l’on va jusqu’-à faire faire de petits rédactions.Même, quelque part, on ira jusqu’à la correction du langage, dans les internats surtout.Le Guide de l’Instituteur publié par le Conseil de l’Instruction publique contient d’excellentes indications.Des conférences sont données un peu partout.M.C.-J.Magnan disait dans l’une d’elles: “Que le maître choisisse avec un soin particulier, les phrases, les textes et les morceaux nécessaires à son enseignement littéraire, et il ne tardera pas à remarquer que l’âme de ses élèves s’enrichit promptement d’une riche moisson d’idées.” En effet, les lectures et les récitations en classe expliquées, commentées, analysées, feront naître le goût de lire; or, de celui-ci, dépend la formation littéraire, car avant d’écrire, il faut avoir lu, beaucoup lu.Théophile Gauthier disait: “Quiconque ne commence par imiter ne sera jamais un écrivain originàü” Or, pour imiter, il faut s’approprier la manière d’un auteur par un commerce constant de son style, ce qui ne peut se faire que par une lecture assidue de ses œuvres.Quel est l’écrivain qui n’a pas ou qui n’a pas eu son livre de chevêt ?Mais si la lecture est un puissant moyen de formation littéraire, il y a en d’autres qui exigent de l’élève une collaboration peut-être plus active de ses facultés mentales. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 587 Au premier rang, se placent les exercices de langage.Avec les tout petits, c’est à peu près le seul dont puisse disposer le maître, puisqu’ils ne savent ni lire, ni écrire.C’est aussi l’âge où le professeur se fait le mieux écouter, s’il sait se mettre à la portée de leur jeune intelligence.C’est aussi l’heure des histoires, des leçons de choses vues, des images et des chansons.Oui, des chansons! Je crois qu’on ne chante pas assez à l’école canachenne, à celle des garçons du moins.La mise de voix si chère aux professeurs de chant peut être un excellent moyen d’atteindre à la prononciation juste des voyelles.Puis, quelle récréation pour les enfants souvent ennuyés par le ba, be, bi, bo, bu et les bâtonnets de l’écriture.Rendre la classe attrayante, dorer la cage de ces chers petits oiseaux qui s’ennuient souvent du grand air et de la liberté.Tant de maîtres abrutissent l’âme de l’enfant, qu’il n’est pas étonnant de le voir prendre l’école en horreur.Il y arrive pourtant plein d’espoir, l’esprit ouvert à toutes les semences intellectuelles et morales.Si jeune qu’il soit, idéalisons son savoir; dans tout ce qui l’entoure, cherchons le bien, le beau, même le beau littéraire.Le second sens physique qu’il importe de cultiver, c’est la vue.L’enfant débute dans la vie par la vision des choses extérieures.Seulement cette vision n’est pas complète en ce qu’elle ne particularise pas l’objet.Le travail analytique ressort plutôt des facultés psychiques encore amorphes; c’est la raison qui cherche le détail, les comparaisons, les ressemblances.Observer et voir sont en effet deux grandes qualités intellectuelles.Ce doit être le secret du littérateur.Voir, observer d’abord les choses concrètes, celles qui tombènt sous les sens externes, puis ensuite, par habitude, certes qui ressortent des facultés mentales.Reposer son esprit sur une idée, l’examiner, la retourner pour en découvrir les beautés ou les laideurs, voilà bien le travail des yeux de l’intelligence.En littérature, discerner sous l’enveloppe des mots, le squelette de la pensée; savoir trouver le vrai du faux, le bon du mauvais, voilà 1 œuvre du goût littéraire, ce qui a fait dire à La Bruyère “qu’il y a un bon et un mauvais goût, et que l’on peut disputer des goûts avec fondement.” C’est ce bon goût qu’il faut inculquer aux enfants.Remarquons qu’il ne s’agit pas d’imposer le nôtre.La personnalité de l’enfant doit être respectée, mais soutenir qu’il ne faut pas la guider, serait nier les fondements de l’éducation.Ce fut l’erreur, il est vrai, de Rousseau, de Herbert Spencer et de quelques pédagogues modernes.Un siècle auparavant, Descartes avait dit: “Que le bon sens est la chose du monde la mieux partagée, mais que ce n’est pas assez d’avoir 1 esprit bon, qu il faut savoir de plus 1 appliquer et, Compayré ajoute: “que l’éducation a plus de part encore que la nature dans la formation et le développement des esprits justes et droits.” De nos jours, deux courants pédagogiques s’établissent:! un, subjectif, base sui le raisonnement; l’autre, objectif, ayant pour fondement l’intuition, chère à Buisson et à tous les tenants de l’école neutre, c’est-à-dire, matérialiste.Ln juste milieu parait plus désirable.Avec sa nature sensible prête aux émotions mais demandant un point d’appui, à cause de sa faiblesse, 1 enfant réalise mieux son idée en la reposant sur un fait extérieur.La mémoire se nourrit mieux de sensations externes que de concepts.L’opération que ceux-ci suppose demande une maturité dont l’enfant est incapable.Il ne faut donc pas se hâter de passer du réel à l’idéal, et encore moins, des idées objectives aux idées subjectives._ .C’est en littérature, que l’axiome pédagogique “du concret à l’abstrait” est de rigueur.Ainsi dans le choix des rédactions, faut-il observer cette loi.Il ne faut pas cependant négliger les facultés psychiques qui donnent à la raison la conscience de ses actes, surtout celles de la sensibilité qui est à la base de la formation du goût littéraire._ Dérivant des sensations, les sentiments passent par trois degrés successifs: penchants, désirs, passions.La volonté les domine suivant l’habitude acquise et suivant l’éducation qu’elle a reçue.Le désir ne peut naître s’il n’a pour objectif une récompense quelconque: c’est le fond de l’ambition humaine.Dès que nous l’avons trouvé, nous nous y attachons, et, cultivé,, assouvi, le désir se transforme en passion.Il s’agit donc de fournir à l’enfant des emotions saines qui lui plaisent, des plaisirs permis qui satisfassent son besoin de jouir, des sensations bonnes qui 1 elevent u lieu de le rabaisser.Au siècle dernier, deux écoles littéraires se sont disputé ce pnncipe: I our moraliser, yaut-i eux divulguer le mal ou exalter le bien, montrer, comme l’ont fait les réalistes, la vie avec toutes # 588 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE ses laideurs, sous le prétexte d’inspirer la répugnance du mal, ou rechercher les sublimes beautés de l’idéal ?La triste expérience qu’en ont faite les matérialistes, démontre le néant de leur prétention.En érigeant en doctrine qu’il n’y a de vrai que le laid, le commun et le trivial, Zola et ses disciples ont rétréci le domaine de l’Art beaucoup plus que les idéalistes qui proscrivent ce prétendu réalisme.Ce qu’il faut donc, c’est un juste milieu; et comme le réalisme de la vie se charge toujours assez vite d’éteindre le flambeau d’espérance qui éclaire l’enfance, l’éducateur digne de ce nom, doit se faire un devoir de préserver aussi longtemps que possible les chères illusions de l’adolescent, en lui montrant le beau qui l’entoure, le bien qui l’environne, le vrai qu’il coudoie sur le chemin de l’existence.Dans ce dessein, il se servira du flambeau de la Foi, la Foi vivifiante et consolatrice, qu’ont baume de leur enquête les réalistes modernes, ce qui les a fait se traîner dans toutes les fanges de la réalité.Enfin si au flambeau de la Foi, nous ajoutons celui du Patriotisme, l’Idéal, doublement éclairé, sera le phare lumineux qui, aux jours sombres comme aux jours ensoleillés, conduira à bon port le jeune chrétien, l’adolescent plein d’ambition, le futur citoyen, espoir de sa race et de sa patrie.A.-B.CHARBONNEAU LES ECOLES PRIMAIRES ET LES ECOLES NORMALES, EN FRANCE, EN SUISSE ET EN BELGIQUE.Premiere Partie—France {suite et fin) Les Ecoles normales primaires V.—Methods de formation professionnelle B.-—Etude de la pédagogie théorique En troisième année, non seulement les élèves-maîtres s’exercent à l’enseignement pratique, mais ils consacrent une grande partie de leur temps à l’étude de la pédagogie théorique.Les programmes disent à ce sujet: Deux heures par semaine—dont une réservée à la conférence pédagogique du jeudi—seront consacrées aux applications pédagogiques des cours de psychologie et de morale, aux lectures des meilleures pages des principaux pédagogues et à des exercices d’adaptation en vue de l’école primaire.Applications pédagogiques.—On a réservé pour la troisième année les questions les plus difficiles ou les plus délicates, celles qui concernent l’éducation de l’esprit, la disciphne, l’éducation morale.Les directeurs choisiront parmi les sujets proposés ou en trouveront d’autres à leur convenance; ils veilleront seulement à ce que les principales questions concernant l’éducation physique, intellectuelle et morale dans la famille et à l’école soient étudiées.Doctrines pédagogiques.—Une partie des classes sera employée à la lecture de pages choisies des principaux pédagogues.On attache une grande importance à cet exercice qui ouvre l’esprit des élèves-maîtres sur les questions essentielles de l’éducation, leur fait voir l’originalité des méthodes et leur apprend à discerner la valeur des ouvrages qu’ils pourront consulter plus tard.Cet exercice donnera lieu à des rapprochements, à des comparaisons instructives et il ne sera pas sans utilité de mettre parfois en regard de quelques-unes de ces pages choisies les recettes puériles de certains manuels de pédagogie. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 589 Exposés de la morale.-—Un certain nombre d’heures seront consacrées à l’exposé de leçons de morale à l’usage des écoles primaires, de manière que les élèves-maîtres soient exercés à choisir les notions qui conviennent aux enfants, selon leur âge, et à les exprimer avec simplicité et clarté.Ces leçons seront toujours accompagnées d’exemples et parfois de lectures.C.—Culture générale des élèves-maîtres et des élèves maîtresses Eleves-maitres Nous venons de voir que la troisième année de l’école normale, en France, est réservée à l’éducation professionnelle des élèves-maîtres, mais, dans une notable partie, elle est aussi consacrée à une culture générale libre et désintéressée.Cette culture se fait surtout au moyen des lectures: lectures littéraires, historiques, morales, destinées à étendre l’horizon de la pensée, à ouvrir l’esprit sur les grandes questions qui intéressent particulièrement les temps actuels.“Les élèves, disent les programmes, seront exercés à prendre des notes sur leurs lectures, à faire des comptes-rendus, soit oraux, soit par écrit, à développer d’une façon un peu étendue et personnelle, une question qui les aura davantage intéressés.“Cinq heures de classe—une heure en chaque matière—et environ quinze heures d’études seront consacrées par semaine à cette culture générale.“On y ajoutera des compléments de mathématiques et de physique appliquées, ainsi que des conférences sur l’histoire de l’art avec projection des chefs-d’œuvre de l’architecture, de la sculpture et de la peinture et audition des plus belles pages musicales.“Pendant cette troisième année, on attachera la plus grande importance au travail personnel des élèves.La réduction des heures de classe et des objets d’études n’est qu’un moyen d’atteindre à cette fin, mais il ne suffit pas.C’est la méthode de direction qui doit changer.Il faut que chaque élève, prenant de plus en plus conscience de ses goûts naturels, travaille de lui-même selon son choix.Qu’on le laisse se livrer à telle étude favorite au risque de lui voir sacrifier telle autre matière portée au programme général.S’il désire suivre à nouveau une classe de deuxieme ou de première année pour reprendre une étude qu’il aime et dans laquelle il se trouve ignorant, ou s il préfère à l’aide de livres et des conseils particuliers des maîtres travailler sans le secours d’une classe, qu’on le laisse libre.L’essentiel est qu’il amasse des matériaux pour 1 avenir et qu il prenne le goût et l’habitude des études personnelles.Les maîtres ont bien des moyens de s’assurer qu’un élève travaille.La composition française—si on laisse le choix des sujets et le temps à la disposition des élèves—le cahier de préparation (appelé à tort cahier de brouillon) sont des témoignages manifestes de son labeur et de ses progrès” (1) Cette culture générale sert aussi à Y Education professionnelle.^ , 1° Par des exposés de morale, d’histoire, de géographie, de science usuelle, etc., à 1 usage de l’école primaire faits par les élèves, corrigés par les professeurs.2° Par l’examen critique des méthodes et des procédés d’enseignement et des moyens d éducation, dans les leçons et conférences pédagogiques de l’école normale(2) ELE VES-M AITRESSES Dans les écoles normales d’institutrices, la troisième année est également reservée a Y education professionnelle et à une certaine culture générale, avec Véducation ménagère en plus.La culture générale se fait de la même façon que dans les écoles normales d instituteurs.Les élèves sont aussi exercés à prendre des notes sur leurs lectures, a faire des comptes-rendus (1) Bulletin administratif, 2 sept.1909.(2) Cette éducation professionnelle est complétée par les exercices pratiques que chaque élève-maître doit faire aux écoles d’appücation pendant deux mois au minimum. 590 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE soit oraux, soit par écrit, à développer d’une façon un peu étendue et personnelle une question qui les aura davantage intéressées.On y ajoute, sous forme de conférences à la récréation du soir, des séancess de projections expliquées sur l’histoire de l’art et les chefs-d’œuvre de l’architecture, de la peinture et de la sculpture.Dans les écoles normales d’institutrices, on attache une grande importance à l'Education ménagère ou féminine.—Cette éducation comprend: Notions d’économie domestique (1 heure par semaine); Notions d’hygiène et notamment d’hygiène de l’enfance (1 heure par semaine); Travaux de couture et de raccommodage (3 heures par semaine) ; Travaux de cuisine (2 heures en moyenne); Travaux de savonnage et de repassage (2 heures par semaine) ; Nettoyage des objets, vêtements (hiver), jardinage (été) (2 heures); Exercice de solfège, de chant et d’accompagnement (3 heures) ; Dessin de la fleur d’après nature, avec application à l’art décoratif et spécialement aux travaux féminins (3 heures); Quant à l'éducation professionnelle, elle est donnée d’après la même méthode qui est suivie à l’école d’instituteurs.VI.—Le certificat d’etudes normales Noüs l’avons vu précédemment, la sanction des études à la fin de la troisième année est purement professionnelle.Elle est constituée par le Diplôme de fin d’études normales, décerné par le Recteur après un examen passé devant les professeurs de l’Ecole, et un inspecteur primaire, sous la^présidence de l’Inspecteur d’académie.L’examen de fin d’études normales de troisième année porte sur les études et les exercices professionnels de la dite année.Cet examen comprend: 1° Un travail écrit sur une question de pédagogie.Le sujet à traiter est choisi par chaque élève deux mois avant l’examen sur une liste de sujets arrêtés par le recteur en comité des inspecteurs d’académie du ressort.2° Une leçon faite aux élèves de l’école annexe ou de l’école d’application sur une des matières du programme des écoles primaires élémentaires, tirée au sort par l’aspirant.(Durée de la préparation: 1 heure).3° Des interrogations sur l’organisation d’une classe, le programme des écoles, les méthodes et les procédés d’enseignement, et particulièrement sur le travail présenté par l’aspirant.Ces différentes épreuves sont notées comme il suit: Insuffisant, Passable, Assez bien, Bien, Très bien.Une note insuffisante est éliminatoire si elle n’est pas compensée par une note très bien.Les élèves qui ont subi avec succès les épreuves de l’examen de fin d’études normales reçoivent un certificat délivré par le recteur de l’académie.Une mention spéciale concernant l’éducation ménagère est inscrite au certificat des élèves-maîtresses qui obtiennent de bonnes notes pour les travaux domestiques : les institutrices des écoles ménagères sont choisies de préférences parmi elles.(1) C.-J.MAGNAN.(1) Pour ce qui a trait aux Ecoles normales supérieures, au Choix des livres, aux Caisses d’épargne, à la Mutualité scolaire et à VOrganisation des Ecoles libres, voir notre rapport sur les Ecoles primaires et les Ecoles normales, de la page 147 à 175. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 591 DANS NOS ECOLES NORMALES “CERCLE PEDAGOGIQUE” DE HULL “Ecoles urbaines vs Ecoles rurales.” {Séance du 9 février 1913) {suite et fin) (1) Les Ecoles Rurales, par Mlle Yvonne.“Heureux l’homme des champs, s’il savait son bonheur, dit Virgile.” Acela j’ajoute : “Heureuse l’institutrice de la campagne, quand elle sait son bonheur.” Cela semble étrange que moi, enfant de la ville, je prenne aujourd’hui parti pour les écoles rurales.Je n’ai jamais habité la campagne, il est vrai, mais j’y ai séjourné assez de temps pour comprendre ce qu’offrent de charmes “Les eaux, les forets, les prairies” “Mères des douces rêveries.” En pédagogie, il faut être impartiale, et, bien que j’aime de tout mon cœur l’école où s’est écoulée mon enfance, après maintes réflexions sur le sujet qui nous occupe, je me vois forcée de dire avec Aristote: “J’aime Platon, mais j’aime encore mieux la vérité.” L’intelligence humaine est si bornée, que pour lui apprendre une chose, il faut la détourner de toute distraction qui pourrait lui venir du dehors.En effet, comment les savants, des temps anciens et modernes sont-ils parvenus à découvrir les grands principes, ou naturels, ou scientifiques, si ce n’est dans le silence et la reflexion ?Ainsi, Newton, à qui l’on demandait comment il avait découvert la loi de la gravitation universelle, répondit: C’est en y pensant, en y pensant toujours.—Mais au-dessus de l’exemple de ces génies qui ont trouvé dans la réflexion, la solution des grands problèmes, s’offre à l’imitation de tout instituteur chrétien un idéal infiniment plus elevé: c’est celui du Docteur des docteurs.Quand de divin Maître voulait enseigner à ses disciples les grandes vérités de l’au-delà, il leur disait: Venez, venez avec moi) retirons-nous a l’écart.Et il les conduisait dans la solitude, ou sur le sommet des montagnes, ou dans la campagne, à l’ombre de quelques figuiers, il fuyait le bruit des villes, et toujours, il leur a préféré le silence des champs.Ce qui était vrai de 1 enseignement au temps de N.S.l’est encore aujourd’hui pour nos enfants.Or, je dis que la campagne, à ce point de vue, est le lieu le plus propice à l’étude et à l’éclosion des saines et nobles idées.Dans les villes, il manque à l’élève cette paix, ce silence, cette tranquillité si nécessaires au travail de l’esprit: c’est le tramway dont les roues grincent sur les lisses, les cris des petits enfants jouant sur les pelouses, en un mot, ce sont tous ces bruits de la rue qui anivent jusqu a lui.Cependant le plus grand mal n’est pas là.A la ville, des amusements de tous genres sollicitent les désirs du petit ecolier, il a la tete remplie de la pensée des patinoirs, des théâtres, des vues animées, etc.En venant à l’école, il passe devant de brillants magasins; a-t-il vu quelque chose qu il convoitait, toute la journée sa pensée est obsédée par cette image.Alors, les paroles de la maîtresse passent dans son esprit, sans y laisser aucune trace; il semble attentif; mais le bon psychologue s’apercevra bien vite que son esprit est ailleurs; il est avec l’élégant petit cheval, ou avec la gentille poupée de la vitrine.A la campagne, ces inconvénients n’existent pas; aucun amusement ne captive la pensée de l'écolier.Le chemin de l’école n’est pas le chemin bordé de magasins aux brillants étalages, c’est l’étroit sentier à travers la prairie, la route le long des bois.Ce sont des choses riantes dont il jouit en passant; des choses qui ne l’absorberont pas le long du jour, mais qui lui ont mis au cœur un “je ne sais quoi” qui lui rend le travail facile et léger.Maintenant voyons les élèves en classe; il en est de première, de deuxième et de troisième année Là même ou mon adversaire croit rencontrer un obstacle à l’avancement de 1 élève, là, se trouve un puissant facteur du progrès.L’institutrice ayant plusieurs divisions d’élèves ne (1) Voir L’Enseignement Primaire de mai 1913. 592 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE peut s’occuper de tous à la fois; alors, pendant qu’elle s’occupe d’un groupe, les autres sont laissées à leurs propres ressources: l’élève prendra peut-être deux heures à trouver une vérité que la maîtresse aurait pu lui faire apercevoir en quelques minutes; qu’importe! plus l’effort a été grand, plus durables seront les fruits.On s’étonne quelquefois de ce qu’on est obligé de répéter si souvent les mêmes choses aux écoliers des villes; mais, c’est que la maîtresse a fait trop large sa part de travail, et qu’elle a oublié ces paroles du Bienheureux Perboyre: “L’intelligence ressemble à un vase dont l’ouverture est très étroite, si l’on y verse la liqueur en trop grande abondance, elle se répand au dehors, et le vase ne se remplit pas; si, au contraire, on la verse goutte à goutte, il se remplit lentement mais sûrement.” Si la maîtresse eût moins donné de son temps, de ses paroles, d’une science toute faite, les connaissances seraient entrées dans l’intelligence de l’enfant, goutte à goutte, il est vrai, mais elles y seraient entrées pour n’en plus jamais sortir.On dit que l’enfant de la campagne, à 7 ans, est moins développé que l’enfant de la ville à 5 ans; soit.Attendez encore quelques années; à 14 ou 15 ans, il sera plus capable que l’écolier des villes.Il possédera peut-être moins de science livresque, moins de connaissances mathématiques, mais 'plus d’idées, un plus grand désir de savoir, et une plus grande puissance de s’instruire seul.L’éducation qui se donne dans nos écoles primaires, n’a pas pour but de faire de nos élèves, des savants, nous le savons tous; mais d’en faire des jeunes filles et des jeunes gens désireux de perfectionner leur savoir, et capable de continuer ce développement intellectuel et moral, une fois sortis de l’école.Preuve que les enfants de la campagne sont plus capables d’énergie, de travail soutenu, c’est qu’ils sont les plus brillants dans les collèges et les universités.Mlle Maria., .a pris l’enfant avant son entrée en classe; moi, je le suis, ses études classiques terminées.Ces mêmes élèves qu’on a vus couverts de lauriers au collège, n’ont pas trompé les espérances fondées sur de si beaux commencements.Pas n’est besoin de feuilleter l’histoire des autres peuples pour en trouver des exemples: Ici, dans notre Canada, dans notre province même, la campagne a donné des hommes éminents au Barreau, à la Poésie et à l’Eglise.Ainsi, M.le juge Routhier, qui a brillé dans la magistrature, a fréquenté la bien humble école de St-Placide; Pamphile Lemay, ce favorisé des Muses, a commencé ses études à Lotbinière; ainsi le Cardinal Taschereau, Mgr Taché, l’honorable Gédéon Ouimet ont commencé par être de simples écoliers de la campagne; et ils se glorifient d’avoir fréquenté l’humble école, ils aiment à rappeler leurs belles premières années de classe, dans le modeste hameau.—Nous en avons eu un exemple frappant dans la personne de notre Inspecteur général, Monsieur Magnan, à sa dernière visite.Il a rappelé avec plaisir, avec émotion même, sa chère petite école, dirigée par une bonne vieille fille, la pauvre table sur laquelle il faisait ses devoirs, à la lumière de la chandelle de suif.Honneur à ces énergiques travailleurs qui, parvenus au sommet de la gloire, se souviennent avec amour de la petite école, de l’humble foyer! Ce sont eux les vrais nobles! L’enfant de la campagne ne fréquente pas seulement l’école de la science, mais aussi l’école du sacrifice: en effet, pour être assidu à sa classe, il a bien des sacrifices à faire.D’abord, par n’importe quel temps, n’importe quel chemin, il se dirige chaque matin vers l’école.C’est un jour de pluie froide, l’élève arrive trempé jusqu’aux os; c’est un jour d’hiver, il est obligé de battre son chemin dans la neige; il arrive la figure rougie, les mains engourdies par le froid.Ce n’est rien, il n’en sera que plus vigoureux.C’est ainsi que les Romains habituaient leurs enfants à l’endurance; c’est ainsi qu’ils ont formé une race de guerriers.Il comprendra plus vite que la vie est faite de devoirs et non de beautés.“I dreamt that life was joy and beauty “I woke and found t’was only duty”, dit Tennyson.“Je rêvai que la vie était joie et beauté, “Je m’éveillai et m’aperçus que ce n’était que devoir.” Ce devoir, il saura l’accomplir au prix de n’importe quel sacrifice, sous le coup de l’épreuve-il ploiera peut-être comme le roseau, mais comme la frêle tige, il ne rompra pas. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 593 Les écoles rurales ont encore sur les écoles urbaines, l’avantage de maintenir constamment l’enfant en présence de la nature.La nature! est-il un moyen plus puissant de développer chez l’enfant le goût du Beaul Le beau est partout, dans les œuvres de l’homme comme dans les réalités naturelles, mais c’est dans la nature qu’il faut chercher pour l’enfant la première initiation au sentiment du beau, car, dit Compayré, “le langage de la nature est toujours plus clair et plus simple que celui de l’art.” Il y a longtemps qu’on a compris le rôle que le sentiment de la nature est appelé à jouer dans l’éducaticn.Ainsi, au 16e siècle, Rabelais demandait que l’écolier allât étudier dans les prés et les bois.Il faut avouer que ce procédé est très peu pratique; aussi, je ne viens pas le conseiller, mais seulement montrer que la nature offre les moyens de former le goût du Beau.Notre but n’est pas de faire de nos élèves des artistes, il est vrai, mais nous avons le devoir de les habituer à observer les beautés de la création, pour élever leur âme jusqu’au Créateur.A la campagne, la maîtresse a devant elle tout ce qu’il y a de plus propre à la formation d’un goût sûr et délicat, à l’élévation de l’âme vers Dieu; toutes les saisons ont leur charme: au printemps, le renouveau; à l’été, la floraison, à l’automne, les riches couleurs de nos bois; à l’hiver, les givres diamantés.La belle saison offre les segnes les plus variées: une prairie émaillée de pâquerettes, la voûte d’un vieux pont aux pierres moussues, un étang où dort le blanc nénuphar, seront pour la maîtresse autant d’occasions de cultiver l’imagination esthétique.Même sans sortir de l’école, elle peut éveiller chez ses élèves le sentiment du Beau: ainsi, l’hiver, elle leur fait observer l’art des blancs paysages sur les vitres couvertes de givre; la blancheur immaculée des immenses champs de neige.Quand la tempête fait rage, que le toit craque sous la rafale, qu’un bon feu pétille dans l’âtre, la maîtresse, tout en faisant remarquer la beauté de cette scène, en profite pour faire apprécier aux enfants le confort dont ils jouissent; tandis qu’eux se chauffent près d’un bon feu, dans la neige qui tourbillonne, il y a peut-être des pauvres, qui vont, grelottants et mourants de faim.Alors, le cœur de l’enfant s’ouvre à la sympathie; et il se promet bien que, dans l’avenir, il saura venir en aide à tous les miséreux.Si la maîtresse a réussi à former le goût esthétique chez l’élève, elle a aussi fait un grand pas dans le beau moral) car, quelqu’un a dit “Celui qui aime la nature n’est jamais méchant”.A part cette culture que j’appelle “culture morale” à la campagne, on peut donner d’excellentes leçons de sciences, en pleine nature : géographie, botanique, physique, et cela, de la manière la plus attrayante, la plus agréable possible.Tout en donnant à ses élèves le plaisir d’une excursion, l’institutrice leur donnera des leçons qu’ils apprendront mieux parce qu’ils les aimeront, qu’ils retiendront mieux parce qu’il les auront bien apprises.Pour enseigner la géographie, à la ville, la maîtresse n’a à sa disposition que les cartes et le tableau noir, cette méthode profite moins bien aux enfants que s’ils avaient les réalités sous les yeux.Ici donc encore, “l’école rurale l’emporte sur l’école urbaine.” Un autre bien que peut obtenir la maîtresse, dans l’ecole de la campagne, c est de faire aimer la vie simple et d’attacher au sol, les fils de cultivateurs.Quelle belle œuvre! Oeuvre patriotique que celle-là! car aujourd’hui, trop nombreux sont ceux qui quittent la charrue pour venir demander au travail de l’usine la jouissance dont leur âme est avide.Us oublient qu ils s en éloignent a mesure qui s’éloignent du sol qui les a vus naître, du sol qui ne demande que le concours de leur bras généreux, pour rendre au centuple le grain qu’ils y auront semé.Les enfants resteront attachés à la profession de leur père, si 1 institutrice sait leur en montrer la noblesse.“Oh! enfants! restez aux champs; “Le sort le plus obscur “Est encore le plus beau, et surtout le plus sûr”.Faire aimer le sol, c’est faire aimer la Patrie) faire aimer le foyer où l’on s’assemble chaque soir, c’est faire aimer la grande famille canadienne-française, faire aimer le petit coin de terre ou l’on a son foyer, c’est faiie aimer le beau pays que nos pères ont arrose de leur sang, faire aimer le clocher de sa modeste église, c’est faire aimer la grande Eglise du Christ. 594 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Ce travail, l’institutrice ne l’acconaplira pas sans peine; mais sa grande influence lui en facilitera la tâche.Dans la ville, il est parfois très difficile d’établir des relations avec les parents; mais dans la campagne, rien de plus facile : tout le monde se connaît, tout le monde s’aime et forme vraiment une même famille.Dans le rang, ce que dit la maîtresse est regardé presque comme un oracle; comme les disciples de Pythagore, quand ils ont dit: “Magister dixit” le “Maître l’a dit”, il n’y a pas à contester.Profitant de cette confiance des parents, l’institutrice répandra de bonnes idées morales, patriotiques, religieuses.Bientôt, son influence s’étendra dans les familles de ses élèves et, quelquefois même, dans toute la paroisse.» Après ces considérations, n’avais-je pas raison, chères amies, de dire en commençant: “Heureuse l’institutrice de la campagne, quand elle sait son bonheur.” Vous dirai-je, en terminant, que j’ai souvent rêvé, dans le silence d’un beau soir, une petite école qui serait pour moi comme un second Eden; non pas l’Eden ou croîtrait l’arbre de la science du bien et du mal, mais un Eden au-dessus duquel s’élèverait l’Arbre du Salut Je la voudrais située sur un coteau dont le pied serait baigné par les eaux limpides d’un ruisseau, et le sommet, couronné d’érables.Sur les murs blanchis à la chaux, au pied du crucifix, un lierre enlacerait ses longues branches, symbole d’attachement au divin Rédempteur; une blanche madone, au fond de la classe, nous tendrait les bras; de simples plantes orneraient les fenêtres; même aux jours les plus sombres, elles mettraient un peu de soleil dans l’intérieur de cette chère petite école.Là, après une journée de travail, il me serait doux, ce me semble, rêver quelquefois de mes élèves, de mon avenir et de mon Dieu.Mademoiselle la Présidente, maintenant, la porte est ouverte à la discussion.Mademoiselle Elisabeth.Toutes choses bien comptées, je crois que les écoles de ville valent mieux que celles des campagnes.D’abord, l’organisation en est meilleure, l’assiduité plus soutenue; et, en maintes occasions, les élèves ont l’avantage de s’instruire par eux-mêmes.Mais il est un point sur lequel, malheureusement, je ne suis pas de votre avis, Mademoiselle Maria.L’élève arrive en classe mieux préparé, dites-vous ?C’est douteux.Je ne crois pas qu’- une mère ayant plusieurs enfants ait plus de temps à leur consacrer à la ville qu’à la campagne.Vos exemples sont sans doute tirés de vos souvenirs personnels;.on voit bien que vous n'étiez que deux petites filles chez vous.Si vous aviez regardé autour de vous, vous auriez vu, sans doute, combien elles sont rares les mamans qui s’occupent de leurs enfants, à ce point; elles ont autre chose à faire.Leur toilette en souffrirait; les visites et les receptions seraient négligées- N’y pensons pas.Qu’en dites vous, Mlle Gabrielle?Mademoiselle Gabrielle.Le peu d’expérience que j’ai acquise des deux milieux suffit pour me convaincre que le travail dans les écoles primaires est plus efficace à la ville qu’à la campagne.Il n’y a pas à douter que les classes où nous allons chaque semaine, ne soient supérieures à celles que j’ai connues à la campagne.Quant à l’heureuse influence exercée par les parents à la ville, je ne sais si vraiment elle existe; car durant mon séjour à l’Ecole normale, je n ai jamais pénétré dans une famille de la ville.Mademoiselle Horacia.Il est une chose sur laquelle vous vous faites illusion, je crois, Mlle Maria.:—C’est quand vous comptez sur le concours des parents à la ville, feavez-vous ce que je me suis laissé dire ?Les parents dans les villes, se croient parfois plus savants qu ils ne le sont.Ils jugent de la méthode, des procédés de l’enseignement: voilà pour ceux qui se croient instruits sans l’être.C’est bien ici le cas de dire: “A little learning is a dangerous thing.D autres dont les enfants ont un médiocre talent accusent la maîtresse de partialité et d’injustice.Comment se fait-il que le petit garçon d’un tel ait changé de classe, et pas le mien?Ah! vous savez, not’ maîtresse arrange ça comme elle veut”.Combien de choses semblables se disent dans les villes! Les parents qui ignorent totalement le régime scolaire, jugent, condamnent.A la campagne, ce que dit la maîtresse, c’est la loi.Moins ennuyée par les plaintes d’un chacun, elle peut faire un meilleur travail, y mettant plus de cœur. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 595 Mademoiselle Maria.J’admets qu’une institutrice est exposée à la critique dans la ville ; mais en est-elle exempte à la campagne ?La critique est une monnaie avec laquelle on paye bien des dévouements.Vous connaissez cette maxime, chères amies: “Fais bien, tu auras des ennuis et des critiques; fais mieux, tu les confondras.” Si faire bien n’est pas suffisant, faisons mieux.Mademoiselle Alice.Mademoiselle Maria.plaint les enfants de la campagne de parcourir un long chemin avant d’arriver à l’école, et voit, là, un obstacle au travail intellectuel.Mais les enfants ont besoin d’activité; ils aiment à courir dans les champs; et jamais ils ne trouvent la route trop longue.Aussi, regardez-les venir; gambadant de côté et d’autre, cueillant une fleur, courant après un papillon, etc.Mais, le mouvement c’est la vie! Ne craignez pas que, par ces exercices, leur santé s’altère; au contraire, ils trouvent dans ces courses et dans l’air qu’ils respirent, un merveilleux tonique.Mademoiselle Antonia.On a fait, tout à l’heure, une remarque qu’il m’a été pénible d’entendre.C’est quand on a parlé des ennuis, des difficultés que les parents causent aux maîtresses des villes par leur censure, je crois au contraire, qu’à la campagne, la maîtresse se trouve en face d’un pire état de choses, vis-à-vis des parents.La plupart d’entre eux n’ont pas eu l’avantage d’une bonne éducation, et se préoccupent beaucoup plus de la culture de leurs terres que de celle de leur enfant.C’est ainsi que l’on entend parfois de ces propos: “Ah! mon p’tit garçon en sait ben assez long,” alors qu’il peut à peine lire; “ah! ma p’tite fille a pas besoin d’apprendre le dessin, a n’a assez de mauvais desseins” etc.De cette façon, on déprécie la pauvre maîtresse aux yeux des enfants, qui ne tardent pas à perdre respect et confiance.Mademoiselle Françoise.Allons donc! est-ce qu’on n’entend pas de ces histoires-là même dans la ville ?Croyez-vous que tous les habitants de la campagne sont des ignorants ?Détrompez-vous.Si ces braves gens n’ont pas la belle mine, le fin sourire, souvent menteur, des gens de la ville, ils ont du moins ce qui manque parfois à bon nombre de citadins; le gros bon sens, le cœur sur la main, et l’âme ouverte au bien.Ils savent respecter leur institutrice, comprendre son dévouement et lui prêter concours.N’est-ce pas, Mlle Eglantine ?Mademoiselle Eglantine.Je suis parfaitement d’accord avec vos sentiments, Mlle Françoise.Il ne faudrait pas juger des gens de la campagne, par le portrait ridicule qu on vous en a fait, Mlles de la ville.Si, un jour, vous mettez de côté vos préjuges, et que vous alliez prendre la direction d’une école rurale, vous serez agréablement surprises.Si vous saviez comme on respire à l’aise, loin des villes! comme il s’échappe de nos prairies des parfums vivifiants! Ici, vous ne connaissez que les durs trottoirs; si vous saviez le charme de nos sentiers fleuris! Ici, votre vue ne rencontre partout que les toits des maisons, plus ou moins obscurs, si vous saviez la splendeur des vastes horizons, le mystère des lointains où se perd le regard! Si vous saviez!.A celles qui ont soif d infini et de poesie, je dirai volontiers.Ve- nez à la campagne.Mademoiselle Blandine.Comment se fait-il, après tout, que le niveau des écoles de la campagne soit inférieur à celui des écoles de la ville ?car, enfin, si les meilleurs élèves des collèges, des hauts pensionnats, viennent de la campagne, ce sont les exceptions qui y viennent, ceux qui ont bien du talent, comme on dit.Le mérite n’en est donc pas à leur école; car un élève brillant peut s’instruire partout, même presque seul.Mademoiselle Yvonne .Cela vient, je crois, de la difficulté qu ont les commissaires à se trouver de bonnes maîtresses.On a tant peur de la campagne! Mademoiselle Ernestine.A entendre parler Mlle Yvonne., on dirait qu’une institutrice de la campagne peut réformer toute une paroisse.Pensez-vous que nous aurons autant d’influence, Mlle Marguerite?Mademoiselle Marguerite.C’est douteux.En tous cas, si nous ne pouvons pas être l’étoile qui éclaire la terre, soyons du moins la lampe qui éclairé la maison. 596 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Mademoiselle Yvonne.Mlle Germaine ne nous a pas encore fait connaître son opinion.Quelles sont, à votre avis, Mlle Germaine, les écoles les plus efficaces ?Mademoiselle Germaine.Vous vous attendez peut-être, Mlle Yvonne, à me voir partager, sans réserve, votre opinion, comme j’ai été longtemps élève à la campagne; oui, mais il ne faut pas oublier que j’ai aussi passé ces trois dernières années à la ville.Connaissant les deux milieux, je viens donc, non pas en juge, ce serait trop fort,mais, en amie, vous dire mon opinion sur la question, d’une manière aussi impartiale que possible.Pour moi, l’école, c’est le maître.C’est en yam que les classes seront construites selon toutes les règles de l’hygiène, que le mobilier sera luisant de neuf, que les murs seront décorés de gravures attrayantes, si la maîtresse est mal préparée à sa tâche, si elle manque de dévouement, si elle n’aime pas les enfants, à la ville comme à la campagne, l’école sera pour les élèves une prison qu’ils auront hâte de quitter pour recouvrer leur liberté.Mais donnez-moi une maîtresse qui comprenne sa profession, une institutrice aimant les enfants jusqu’au sacrifice, ayant l’âme assez grande pour découvrir sous des dehors grossiers, une âme, un cœur, une intelligence qui appelle son dévouement et que Dieu lui demande de cultiver, une maîtresse comme celle-là, dis-je, où qu’elle soit placée réussira.Que les enfants demeurent à deux milles ou à deux pas de la classe, ils y viendront ; qu’ils s’y trouvent en face de tables égratignées, ils aimeront leur école et la regarderont comme un sanctuaire où ils viendront puiser des leçons de science et de vertu; il se fera là un travail efficace et durable.Cependant, on dit qu’il ne faut pas se décourager si tout ne marche pas selon nos désirs, dans l’enseignement.Il peut se faire que la maîtresse la mieux douée, ait à certaines heures, l’épreuve de l’insuccès.Que faire alors ?Prier et attendre tout d’en haut.L’histoire ne nous apprend-elle pas que Bossuet, l’illustre évêque de Meaux, eut bien peu de consolation avec son royal élève ?et quel maître fut plus expérimenté, plus savant, plus vertueux ?Permettez-moi, chères amies, d’appuyer sur ce que nous a dit Mlle Eglantine.N’ayez pas trop peur de vos écoles (Espérons que les commissaires d’écoles diminueront un peu cette crainte en augmentant les salaires).Après l’idéal de l’institutrice religieuse, qui, généralement, ne pénètre pas dans ces écoles, le plus noble idéal, le plus aimé de Dieu, ça me semble, c’est pour une institutrice, de consacrer sa vie à l’instruction des enfants, dans ces classes obscures, où le bien s’accomplit sans bruit et sans gloire.Qu’en pensez-vous, Mlle Irène?Mademoiselle Irene.Chantons le sort de notre petite institutrice de nos campagnes, de la petite maîtresse d’écoles rurales, des écoles du rang! Cette modeste et utile créature vit dans l’obscurité: qui parle d’elle dans le monde ?Souvent même, elle vit au milieu des ingratitudes: qu’ils sont rares les parents des élèves qui l’apprécient! Elle vit dans la gêne, car sa piété filiale ouvre en faveur de ses parents, sa bourse où rarement se rencontre un sou d’or parmi les sous de cuivre.Néanmoins, redisons-le: Heureuse, cette modeste et utile créature! Elle va dans la vie, pauvre et cachée, mais l’âme pleine des dons d’en haut.Ses dons à elle, ce sont de belles lumières sur Dieu,sur l’âme, sur le monde; ce sont les douces et intimes affections du cœur: celles de l’enfant bon, celles du Dieu de l’enfant bon; ce sont des excellences de piété et de dévouement; ce sont des contentements eucharistiques; ce sont.que sais-je?.c’est, enfin, l’inénarrable avant-goût de cette récompense décrite au chapitre XII de Daniel: “Les âmes qui enseignent la justice auront le sort de l’étoile au ciel; elles brilleront dans la perpétuelle éternité.” Oui, notre existence doit se chanter avec ces beaux vers de Lamartine : Notre vie (dit-il) est semblable au fleuve de cristal Qui sort, humble et sans nom, de son rocher natal.Tant qu’au fond du bassin que lui fait la nature, Il dort comme au berceau, dans un lit sans murmure, Toutes les fleurs des champs parfument son sentier, Et l’azur d’un beau ciel y descend tout entier.Mais si, hélas, échappant des bras de ses collines, Ce fleuve s’épanche dans les plaines voisines, L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 597 Son onde, en grossissant, se corrompt et pâlit.Tout dédaigneux de suivre, en creusant son cours, Des vallons paternels les gracieux détours, Tout fier de s’engouffrer sous les arches profondes, Il y reçoit un nom bruyant comme ses ondes.Mais, hélas! en fuyant à bonds précipités, Il emporte, lui-même flétri, les fanges des cités, Jusqu’au terme où, grossi de tant d’ondes qui l’altèrent, Il va, grand, mais troublé.Rouler au fond des mers, son nom et son limon.Heureuse au fond des bois, la source pauvre et purel Heureux le sort caché dans une vie obscure! L’Association Pédagogique de l'Ecole normale de Rimouski Depuis septembre 1912, une société d’études a ete établie pour les eleves-institutrices de l’Ecole normale de Rimouski.Cette société a pour nom; l’Association pédagogique Sainte-Ursule.C’est une société “pédagogique et littéraire” qui rélève directement du Principal.Cette association a pour but principal d’assurer aux élèves de l’Ecole normale un complément de culture générale par l’étude de questions surtout pédagogiques, et pour but secondaire de former ses membres à la composition, à une bonne diction, et de les habituer à s expiimer a\ec facilité et aisance.Les membres titulaires de l’Association se recrutent parmi les elèves des cours intermédiaires et supérieurs, et les membres auxiliaires parmi les élèves des auties cours.Pour atteindre son double but, l’Association impose à ses membres: 1° des compositions sur des sujets pédagogiques présentés sous une forme isolée ou sous forme de discussion, 2 des compositions littéraires ou travaux historiques mis à la portée des membres; 3° des déclamations, de morceaux de poésie, fables, dialogues, etc., appris par cœur et exercés d’avance, ou des lectures à haute voix.On se propose aussi d’exécuter certains drames appropriés.Chaque membre doit paraître sur l’estrade ou prendre une part active aux travaux sus-mentionnés au moins une fois dans le cours de l’année classique.D’après les règlements, l’Association doit viser à donner huit séances solennelles chaque année, depuis octobre jusqu’à mai inclusivement., .Sur l’Association pédagogique Ste-Ursule est greffé un comité du Bon Parler Français, régi par le même Conseil.Le but de ce comité est d’exercer une action constante sur le langage à toutes heures du jour pour amener les élèves à parler correctement le langage ordinaire et habi- tuel, en se corrigeant mutuellement., , ¦ , , ., ¦ - i ¦- y u lÿ- ^ u i-y ->- ;,.i '——i ! ^ ^ r *7 S' ^ U— fcV ' S k > Js V î Æ ± -iaïu-ttuL t1 11 J11 -1' ï M ,^f *=#= yyiCUAMtAiJ^^t^Æ^^cÂZs n^ce^c.Pour mieux faire l’ouvrage, Il faut se reposer; C’est donc être bien sage Que de bien s’amuser! Adieu! pupitre et livre, Fidèles compagnons Sans vous nous pourrons vivre, Mais.nous nous reverrons.Refrain final Gai! gai! gai! les écoliers! Profitons des vacances jb-' Gai! gaüjgai! les bons enfants! Donnons-nous du bon temps! Aux commissaires d’écoles Afin d’accélérer le relèvement du traitement des institutrices, le Comité permanent du premier Congrès de la Langue française, vient d’adresser une lettre aux commissions scolaires.Une autre circulaire est aussi envoyée à toutes les Commissions scolaires pour les engager à encourager, par des prix, dans les écoles primaires, l’étude de la langue française.Les vœux relatifs a ces desiderata ont déjà été publiés dans U Enseignement Primaire. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 633 A l’école normale de Valleyfield Clôture des Séances du “Cercle Pédagogique” pour Vannée 1912-13.“Le Centenaire de la Bataille de Chateauguay” Le vendredi, 9 mai, à 8 heures, du soir, une séance littéraire et musicale a été donnée par un groupe d’anciennes élèves de l’école normale, sous la présidence de l’Abbé A.-P.Sabourin, Principal.Voici le joli programme exécuté à cette séance: Ouverture; “Chant du ruisseau” Flagler, Mlles Simone Lefebvre, Cécile Lamarche, Marguerite Tassé, Irène Payette.Rapport de la deuxième séance: Mlle Simone Lefebvre, Secrétaire.Bienvenue aux anciennes: Mlle Elizabeth Prévost, Présidente.Souvenir des anciennes: Mlles Mary Sullivan, Marie-Oüve Pigeon.Récital de piano (1ère partie) (a) Pièce concertante: “Le matin”.Chaminade (b) Morceau à l’unisson: “Chopin” Gounod: Mlles Marguerite Brodeur, Edith Boyer.Conférence: “Le patriotisme chrétien”.M.l’abbé L.-A.Groulx.Mélodie: “La prière des blés.” Paul Wachs: Mlle Evélina Blondin.Au piano.Mlle Marguerite Brodeur.Conférence: “De Salaberry”, (notice biographique) Mlle Aurore Rouleau.Récitation: “Canada Forever”, A.M.Machar: Mlle Mary Sullivan Conférence: “Bataille de Chateauguay, 1813”, Mlle Marie-Anne Mahair.Récitation: “Chateauguay”, L.Fréchette: Mlle Hélène Pilon.Choeur: “O Canada, mon pays, mes amours,” J.B.Labelle: Chanté par toute l’assitsance: Soliste, Mlle Bernadette Gauthier; au piano: Mlle Marguerite Brodeur.Conférence: “Un monument de Salaberry à Valleyfield”.M.J.-H.Courteau.Récital de piano (2e partie) (a) Pièce concertante: “Tarentelle”.Heller ., (b) Morceau à l’unisson: “Sorrentina”, Lack: Mlles Edith Boyer, Marguente Brodeur.Mot de la fin: “Remerciements.” M.le Principal.„ , Finale: “Arabesque”, Lack: Mlles Simone Lefebvre, Cécile Lamarche, Marguente Tassé, Irène Payette.Conventions de commissaires d écoles Trois conventions de commissaires d’écoles auront heu en juillet etaout.premise sera tenue à Saint-Bonaventure, comté de Bonaventure, le 15 juillet, un mardi;la^conde à Ramo^, comté de Rimouski, le 17 juillet, un jeudi; et la troisième aux La première convention réunira les commissaires des comtes de Bonaventure et de Gaspe, à l’exception des municipality suivantes de Cap-au^RenarX Rhdère-à-la- Ma^tre^^^rsouis^Ri^è^^à-Claude^Rivière-à-Lapierre, Cap, Rivière-au-Renard., émissaires des comtés de Rimouski et Matane ainsi La deuxième convention reumra les co _ troisième convention aura lieu que ceux des municipalités de Gaspé ci-dessus mentionnes.La t^sieme aux Trois-Rivières, où tous les C^^1^U1^0^bresIdu cierge" et MM.les Secrétaires-En outre des commissaires d’ecoles, MM.les memoir ° .trésoriers des écoles, sont particulièrement invités à assrster à ces convent.ons. 634 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE HYGIÈNE Les Vacances A l'approche des vacances, il n'est pas mal de donner quelques conseils.Maîtres et élèves vont prendre un repos bien mérité.Les enfants des cultivateurs ne trouveront pas de meilleures distractions et de meilleur délassement que les travaux de la ferme.Le travail que l’on s’imposera sera proportionné à la taille et à la force de l’enfant.En cette saison où la lumière est si intense, la végétation si belle, les floraisons si riches, la vie au grand air est une bénédiction et l’on devra en profiter avec enthousiasme.Une excellente chose que l’on ne négligera pas durant les vacances, c’est la balnéation quotidienne.On prendra un bain matinal dans la rivière la plus proche et avant la grande chaleur du jour.Que l’on prenne bien garde de se baigner après un repas.Cette imprudence est toujours préjudiciable et trop souvent mortelle.On laissera s’écouler au moins trois heures avant de se mettre dans l’eau.Nous conseillerions aussi de prendre un bain avant de se mettre au lit.Le bain du soir nettoie la peau après une journée de travail, et procure un bon sommeil reposant et réparateur.La meilleure nourriture pour l’enfant en cette saison, c’est le lait, les œufs, les légumes et les fruits.On ne prendra pas de thé ni de café, ce ne sont pas des boissons qui conviennent à cet âge de croissance et de formation.Juin 1913.J.-G.Paradis, M.D.M.Paul de Gazes Au moment d’aller sous presse, nous apprenons, de Paris, la mort de M.Paul de Gazes, ancien Secrétaire du Département de l’Instruction publique.Nous recommandons l’âme de notre vénérable ami aux instantes prières de nos lecteurs.Dans la livraison de septembre, nous rappellerons la carrière utile que feu M.de Gazes a fournie au service de l’Instruction publique en notre province.Au Conseil de l’Instruction Publique M.l’abbé A.Desrosiers, Principal de l’Ecole normale Jacques-Cartier et M.N.Tremblay, professeur à l’Ecole normale Laval, ont été nommés membres adjoints du Comité catholique.Le premier remplace M.l’abbé Dubois, démissionnaire, et le second, M.J.Ahern, nommé membre permanent.Aux deux nouveaux titulaires, U Enseignement Primaire offre ses félicitations. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 635 Lectures de Vacances Nous recommandons particulièrement à nos lecteurs les ouvrages suivants, en vente à la librairie Garneau, 47, rue Buade, Québec.Pour la Jeune fille'.Une petite série de biographies de femmes célèbres de France: Madame de Sévigné, Eugénie de Guérin, Madame Julie Lavergne, Madame de Maintenon.Chaque titre forme un petit volume in-12; prix 15 centins, franco 17 centins.Lettres d’Eugénie de Guérin, 85 centins, franco 90 centins.Un cahier inédit d’Eugénie de Guérin, 50 centins, franco 55 centins.Marie Jenna, sa vie, ses œuvres, par Jules Lacointa, 85 centins, franco 90 centins.Récit d’une sœur, par Madame Craven, 2 vols., $2., franco $2.15 Fleurange, par la même, 2 vols., $1.50, franco $1.65 Correspondance de Madame Julie Lavergne, 2 vols., $2., franco $2.15 Jours de Crystal, par la même, 1 vol.in-12, 85 centins, franco 90 centins.Légendes de Fontainebleau, par la même, 1 vol.in-12, 85 centins, franco 90 centins.Lucius Flavius, par le Père Spillmann, S.J., 75 centins, franco 80 centins.Avis au public! Petits grains de Philosophie à l’usage des jeunes filles, par l’abbé Champly, 40 centins, franco 45 centins.A l’occasion du centenaire de Frédéric Ozanam, et du prochain centenaire de Louis Veuillot (le plus grands des polémistes catholiques de notre temps) nous citons quelques-uns de leurs ouvrages: Louis Veuillot : Correspondance, 8 vols in-8, $1.50 le volume, franco $1.65 Le Parfum de Rome, 2 vols., $1.75, franco $1.90 Cà et là, 2 vols., $2., franco $2.15 Les Odeurs de Paris, 1 vol, $1., franco $1.10 Lettres à Mlle de Grammont (viennent de paraître en librairie) 1 vol.in-12, 85 centins, franco 90 centins.Pages choisies, avec introduction critique d’Antoine Albalat, 1 vol., 85 centins, franco 90 centins.Frederic Ozanam : Frédéric Ozanam, par Mgr Baunard, 1 vol in-8, $1.25, franco 1.40 Frédéric Ozanam, par B.Faulquier, 1 vol in-12, 50 centins, franco o5 centins.Frédéric Ozanam, par le Chanoine Fournier, 1 vol in-8, 50 centins, franco 55 centins.Collection des classiques populaires: Mes prisons, Sylvio Pellico, 1 vol.Fabiola ou l’Eglise des Catacombes, le Card.Wiseman, 1 vol.Le Génie du Christianisme, Chateaubriand, 2 vols Oeuvres completes, Xavier de Maistre, 1 vol.Fables de LaFontaine, 1 vol.Les Aventures de Télémaque, Fénélon, 1 vol.Jérusalem délivrée, Le Tasse, 1 vol.Chaque vol.25 centins, franco 30 centins.Comme lectures de famille, nous recommandons; Causeries, par le R.P.Van Tricht, 10séries, se vendent séparément, le vol.75 centins, franco 85 centins.Cette série de conférences populaires est devenue célèbre et comprend à peu près tous les sujets d’actualité. 636 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Avis aux abonnés Nos abonnés payants sont priés de se rappeler que le renouvellement de leur abonnement doit sefaired’ici au 15 du mois d’août, au plus tard.Prix de la souscription: Canada, $1.25; Etats-Unis, $1.50.Prière de payer par mandats ou bons de poste.Le jubilé épiscopal de Monseigneur Bégin C’est le 5 de ce mois qu’ont eu lieu les grandes fêtes qui ont marqué avec éclat le 25e anniversaire de la consécration épiscopale de S.G.Mgr L.-N.Bégin, archevêque de Québec.A la date où notre revue doit aller sous presse, nous ne pouvons qu’offrir de nouveau'à notre vénérable archevêque, l’hommage de notre affectueux respect et l’expression de nos meilleurs vœux de bonheur.“Nouvelle méthode de langue française” U nous fait plaisir d’informer MM.les Inspecteurs d’Ecoles, Instituteurs et Institutrices, que la Grammaire française par MM.Magnan et Tremblay, deuxième hvre, parties de l’élève et du maître, vient d’être approuvée par le Conseil de l’Instruction publique à sa dernière séance du 13 Mai dernier.Nous sommes par conséquent en mesure de remplir toutes les commandes pour ces livres parus, et qui sont : PREMIER LIVRE, destiné au premier degré du Cours primaire élémentaire.PREMIER LIVRE, partie du Maître.DEUXIEME LIVRE, destiné au deuxieme degré du Cours primaire élémentaire et à la première année du Cours primaire intermédiaire modèle.DEUXIEME LIVRE, partie du Maître.La Cie J.-A.Langeais & Fils 177 rue St-Joseph, Québec.Générosité de la commission scolaire de Québec Au cours de l’année scolaire qui s’achève, la commission scolaire de Québec a porté le traitement maximum des instituteurs laïques à $1200 et le traitement minimum à $600 avec augmentation annuelle de $50.AVIS IMPORTANTS L’abonnement à U Enseignement Primaire est de $1.25 par année, pour le Canada, et de $1.50 pour les pays étrangers, strictement payable d’avance.Les abonnements commencent le 1er septembre et finissent le 30 juin de chaque année.Toute livraison non reçue doit être réclamée dans le mois de la publication.Après ce délai, 11 faudra payer 25 centins par fivraison réclamée.On ne tiendra aucun compte des réclamations non accompagnées du prix.Inutile d’écrire pour demander des numéros de U Enseignement Primaire antérieurs au 1er septembre, 1910.Il ne nous en reste pas un seul numéro. TABLE DES MATIÈRES ANNEE 1912-13 PEDAGOGIE:—Le premier congrès de la langue française au Canada, C.-J.Magnan .3 Vœux de la Section pédagogique.4 Notre organisation scolaire: Avant-propos, (?.-E.ikfarçms.10 L’Instruction publique dans la province de Québec, G.-E.Marquis.12,89,146,202,263,335,394 Jean-Jacques Rousseau, éducateur, J.Guiraud.14,83 Dans quelle mesure l’enseignement du catéchisme à l’école contribue-t-il au développement intégral de l’enfant, l’abbé J.-G.Fleury.18,81,144,198 Hygiène, conférence sur la tuberculose, Dr.J.-E.Dubé.19 La crise de l’histoire à l’école primaire.22 Première convention de Commissaires d’écoles à Laprairie: discours de l’Inspecteur général.69 Direction du dessin, Chs.-A.Lefèvre.80,133,340,394,398,464 Pédagogie morale, P.R.Valentin:.86,149,204 Hygiène, Dr.J.-G.Paradis.90,132,335,396,467,529,634 Favorisons le vrai progrès, C.-J.Magnan .131 Mise au point.131 Une lacune scolaire, L.Hacault.136 Caisses d’économie scolaires.139 Les écoles primaires et les écoles normales en France,en Belgique et en Suisse, C.-J.Magnan: .140,206,270,345,406,476,537, 588 L’Instruction obligatoire devant l’Assemblée législative de Québec,' C.-J.Magnan .195 Le bon parler dans les couvents, chanoine F.-X.Ross.205,269,334 Préparation au Brevet.209 La nouvelle nomenclature grammaticale .210 Le fonds des écoles publiques, C.-J.Magnan.259 L’Ecole en action: la “récitation des leçons” Th.Legrand.260 Le calcul mental: Son utilité, sa valeur pedagogique, B.-L.261 Importantes statistiques scolaires.264 Délibérations de la Section pédagogique: Premier Congrès de la langue française, C.-J.Magnan.323 Sur le vif: Savoir rédiger tout seul, I.Carré.329 Le rôle du maître et celui de l’élève.311 Le danger du feu.339,384 Appel aux commissions scolaires : Le traitement des instituteurs et des institutrices, C.-J.Magnan.387 Le Canada français en France.389 L’anglicisme et le chemin de fer, l’abbé L.Blanchard.394 Causerie pédagogique: Rôle du livre et du Maître.400 Résumé des travaux présentés au premier Congrès de la langue française au Canada: Section pédagogique:.402,529 “De la préparation de la classe”, conférence donnée par l’Inspecteur général des écoles catholiques devant le Cercle pédagogique de l’Ecole normale de Val- leyfield.453 L’Instruction publique dans la province de Québec, Paul de Gazes.462 Dans nos écoles normales : Echos des “Cercles pédagogiques”.468 L’enseignement de l’agriculture à l’école rurale, C.-J.Magnan.519 Le Père Girard, Zéphirine Nepveu.520 Utilité de la géographie, F.G.527 Ceux qui travaillent, Orner Héroux.577 Comment utiliser les vacances, C.-J.Magnan.579 Des jardins scolaires, A Désilets.582 Mgr Archambault.583 La Première formation du goût littéraire à l’école, A.-B.Carbonneau.584 DIVERS :—Ecole normale de Rimouski .1 Congrès de commissaires d’écoles.2 Qu’est-ce qu’enseigner ?.2 L’éducation athée, ses fruits.2 Ecole normale de Chicoutimi.65 Préparation de la classe, A.Vagner.66 638 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE V Le lavage de l’école.66 Premier congrès de la langue française : Discours de l’honorable P.-B.de LaBruère 67 Ecole normale de Nicolet.129 Préparation de la classe.130 Retraites annuelles pour les institutrices 194 L’Enseignement du catéchisme.194 Ecole normale des Trois-Rivières.257 Meilleurs souhaits.258 Nécessité et avantage du travail personnel pour l’instituteur et l’institutrice, B.L.258 L’œuvre de l’éducation, Mgr Dupanloup 258 Pensées pédagogiques.258,386 Ecole normale de Valleyfield.321 Formation de l’éducatrice.322 Mgr Dupanloup et le zèle de l’enfance.322 Beauté de l’âme pure.322 Ecole normale de Hull.385 Conseils pédagogiques.386 Le centenaire de Frédéric Ozanam, C.-J.Magnan.450 Ecole normale de St-Hyacinthe.513 Carnet pédagogique : Nécessité du savoir chez l’instituteur.514 Aimons nos fonctions.514 Bienfaits de l’activité.514 L’instituteur le plus doux, le plus patient c’est le plus fort.514 Rôle bienfaisant de l’école .514 Retraites fermées d’institutrices.578 Les leçons de choses.578 DOCUMENTS OFFICIELS:—Bureau central des examinateurs catholiques.24,92,150,224,480 Ecoles normales catholiques (listes des diplômes, 1912).43,156,482,483 Circulaires du Surintendant de l’Instruction publique : I.Aux Inspecteurs d’écoles.39 II.Aux Commissaires et Syndics.162,515 Comité catholique du Conseil de l’Instruction publique.98,600 Département de l’Instruction publique: Arretés en Conseil.126,192,318,382,576 Commission administrative du Fonds de pension des fonctionnaires de l’enseigne- ment primaire, A.de Belleval.152 Rapport du Surintendant de l’Instruction publique (1911-12), Boucher de LaBruère.212 I Rapport de l’Inspecteur général des écoles catholiques (1911-12) C.-J.Magnan .282 Lois amendant la loi de l’Instruction publique .3.60 Rapport sur l’Horticulture à l’école primaire, O.-E.Dalaire.424 DOCUMENTS SCOLAIRES:—Le Congrès pédagogique de Rimouski.26 La mission de l’école rurale (discours), C.-J.Magnan.31 Association des Instituteurs catholiques de Québec, G.-E.Marquis.33,417 Association des Instituteurs catholiques de Montréal, A.-B.Charbonneau.36,420 Association des Institutrices catholiques de Montréal, Maria Bélanger.38,290 Association des institutrices catholiques de Québec, M.-Lse Pépin.91,289 Cercle pédagogique de l’Ecole normale de Valleyfield 289,423,478,512,575,520,633 Cercle pédagogique de l’Ecole normale de Hull.423,468,533,591 Association pédagogique de l’Ecole normale de Rimouski.597 Une convention d’instituteurs catholiques au Manitoba.290 Académie commerciale de Québec.291 Conférence sur l’instruction publique, par V honorable J .-L.Décarie.422 Convention des commissaires d’écoles: Laprairie.69 Farnham.191 Waterloo.,.191 Dorchester.191,253 Joliette.478 Saint-Bonaventure .633 Rimouski.633 Trois-Rivières.633 METHODOLOGIE:—La rédaction à la petite école, H.Nansot.46,107,166,226,271,350,407,484,539,606.Leçons d’anglais d’après la méthode naturelle, J.Ahern.50,110,169,230,276,353,411,487,543,610 Anglicismes.234,359 Leçons de choses : Le sel.234 Exercices de langage.416 Géographie 238 L’ENSEIGNEMENT PQIMAIRE 639 "Nouvelle méthode de langue française” Leçons expliquées.280 Agriculture, Jean-Chs.Magnan, B.S.A.La ruche.298 Les engrais.367 Les amis du cultivateur.498 Lecture expliquée et récitation.358 Fautes a corriger.433,492,547 Catéchisme pour les petits enfants (enseignement intuitif.548,699 ENSEIGNEMENT PRATIQUE Instruction religieuse.55.116.173.248.292.361.434.493.551.615 Langue Française:—Cours élémentaire 56.174.245.292.293.362.434.493.552.616 Cours moyen.56,116,175,245,363,435,495,552,617 Cours supérieur.117,176,247,295,364,437,496,554,617 Enseignement Special:—Agriculture.119,179,249,298,367,498,557,618 Anti-alcoolisme.57,179,248,300,368,500,559 Mathématiques:—Arithmétique.57,121,180,301,368,439,500,559,619 Géométrie 62,123,250,307,445,507,567,626 Algèbre .61,122,184,305,444,506,565,624 Langue Anglaise:—.63,123,185,251,308,376,446,509,568,627 Ouvrages reçus 125 Errata 126 Bénédiction de l’Académie Ste-Marie, Québec 178 Pour le français 186 L’Histoire sainte enseignée.190 “Nouvelle méthode de langue française” .190,636 Le Bien-Etre des enfants.190 Convention des commissaires d’écoles.191,253 Le nouveau Principal de l’Ecole normale Jacques-Cartier.191 Le français dans Ontario.225 La Révérende Mère St-Anaclet.256 Vacances de Noël et du Jour de l’An .256 Questions professionnelles.311 Le fondateur de la Congrégation des S.S.deT Assomption.311 Ouvrages reçus.311 Nominations.313 Pour bien prononcer l’anglais.313 Librairie classique.314 Noms d’éducateurs donnés aux cantons de la région du Saint-Maurice.316 “L’Histoire d’Angleterre” de Drioux .317 Petite correspondance.318 Population du Canada (1911).378 Sur la tombe de Crémazie.380 Enseignement ménager.381 A nos correspondants.444 Le centenaire de Frédéric Ozanam.447,541,628 Le Pape fonde une Ecole normale.447 Le 16e centenaire de l’Edit de Milan.511 Jubilé sacerdotal de M.l’abbé A.Caron !:'• ¦ ' iKmlovlK-i LE CABINET DE L’INSTITUTEUR:— “Histoire]de la race française aux Etats-Unis”, par l’abbé D.-M.-A.Magnan.45 Nouveaux inspecteurs d’écoles.63 M.J.-E.Savard.68 Feu B.Lippens.63 Nouvelle grammaire.63 Le “Naturaliste Canadien”.64 “The Educational Review”.64 “Le Bulletin des Etudes”.64 Petite Revue.64,126,188,312 Avis importants.64,120,192 Le chant à la petite école, H.Nansot :.124,187,253,309,377,448,510,631 Musique 125,187,252,310,377,448,510,631 Bibliographie.125,189,314,574 .512 “La Bonne Parole”.512 Feu le Frère Odéric.512 En Garde!.512 Jubilé épiscopal de S.G.Mgr L.-N.Bégin .569,636 Une nouvelle province ecclésiastique .569 Mgr J.-A.Archambault.569 Notes scolaires.570 Rvdes SS.de la Cong.N.-D.570 Le Nouveau-Québec.571 Auxüiaires de l’Agriculture.571 Les chemins de fer au Canada.572 Les villes les plus populeuses du globe.572 Tableaux de lecture.572 Une composition d’élèves.573 640 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Sa Sainteté Pix X.Enseignement ménager.Images à bon marché.Livres de récompenses.Inauguration de l’Ecole normale de Saint-Hyacinthe .Attaques déloyales contre la province de Québec, C.-J.Magnan.Uu appel aux instituteurs et aux institutrices .Deuxième congrès pédagogiques de diocèse de Rimouski .Aux commissaires d’écoles .Hygiène : Les vacances, Dr J.-G.Paradis .M.Paul de Gazes.Au Conseil de l’Instruction publique.Lectures de vacances.Avis aux abonnés .Générosité de la commission scolaire de Québec.ILLUSTRATIONS:—Ecole normale d’institutrices à Rimouski.Le petit méchant.Fanfare d’enfants.L’Ecole normale de Chicoutimi.Les deux petites sœurs.108 La grand’mère et le petit-fils.111 Musique.125,187,252,310,377,448,510,632 L’Ecole normale de Nicolet.129 La poupée cassée.167 Le Violonneux.-170 Le Monument Garneau.193 Plaisirs d’hiver.226 Chez le photographe.231 L’Ecole normale des Trois-Rivières.257 Le matin.272 Un thé.277 Ecole normale de Valleyfield.321 Scène enfantine.350 L’enfant puni.354 Ecole normale de Hull.386 Comment tracer une ligne.399 Comment se faire la main.399 Le grand père et ses petits enfants.408 Un sauvetage.413 Frédéric Ozanam.449 La poupée cassée.485 L’épave.489 Ecole normale de St-Hyacinthe.513 Une histoire sans parole.539 Deux amis.544 Ecole normale de Johette.577 573 574 575 576 629 629 631 631 632 634 634 634 635 636 636 1 47 51 65
de

Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.

Lien de téléchargement:

Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.