L'enseignement primaire : journal d'éducation et d'instruction, 1 octobre 1913, Octobre
35e Annee Quebec, Octobre 1913 No 2 Revue illustrée de PEcole et de la Famille I Friseignerrient C.-J.MAGNAN.Propriétaire et Red acte ur-en-cliei , \ * i mji 43 45 41 ! Ni U H ijÿmn t.f-ii -V.V’i; ' 'V A >’'.V A A- ''à* ,%> ’ ¦ • .'v ' .• ' A ¦ Congrégation de Notre-Dame Maison-Mere, rue Sherbrooke, Montreal.Cette communauté fut fondée à Montréal le 30 avril 1857, par la Vénérable Mère Marguerite Bourgeois (1620-1700).But: Education et instruction de la jeunesse, œuvre des retraites.Statistiques: Sœurs professes, 1544, Novices, 173, Postulantes, 50.Les Sœurs de la Congrégation de Notre-Dame enseignent dans 32 diocèses: 9 dans la province de Québec, 3 dans Ontario, 1 dans le Nouveau-Brunswick, 1 dans la Nouvelle-Ecosse, 1 dans ITle-du-Prince-Edouardet 6 dans les Etats-Unis.Elles dirigent 133 établissements d’enseignement, fréquentés par 38,850 élèves. 66 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE TRIBUNE PEDAGOGIQUE Quels sont les moyens d’exercer et d’entretenir l’attention et la curiosité des enfants Pour exciter et entretenir l’attention et la curiosité des enfants, voici les moyens que l’expérience a signalés comme les plus propres et les plus efficaces.1.—Tâcher de gagner l’affection et la confiance des élèves par de bons procédés.2.—Faire connaître de chaque objet d’enseignement les avantages qui peuvent en résulter.3.—Tenir en même temps leur esprit et leur sens en action, et leur rendre l’instruction facile et attrayante par des objets sensibles.4.—Adresser pendant l’explication quelques demandes tantôt à l’un tantôt à l’autre, sans préférence, ni distinction.5.—Témoigner de la satisfaction et de la bienveillance à ceux qui donnent des preuves évidentes de leur attention.6.—Eviter autant que possible les éloges et les marques d’honneur, qui font souvent plus de mal que de bien, et qui produisent un mauvais effet tant sur ceux qui les reçoivent que sur ceux qui en sont privés, en ce que, pouvant exciter l’orgueil des uns et la jalousie des autres, ils causent des distractions nuisibles à l’enseignement.7.—Employer au contraire les marques d’approbation tacite, qui, facilement comprises de ceux à qui elles s’adressent, les engagent à prêter la plus grande attention pour les recueillir, et ne peuvent aucunement aigrir ceux qui n’en sont pas l’objet.S.—Montrer soi-même du plaisir et du zèle en enseignant.Car plus l’instituteur est zélé, en enseignant, plus les élèves le sont à leur tour.Une explication lâche et indolente dégoûte les élèves, tandis qu’une leçon vive et pleine de feu égaie les enfants, excite leur zèle, enflamme leur curiosité et tient leur attention continuellement active.L’explication française à l’école primaire 1.—Choisir des textes appropriés à l’âge, au sexe, au caractère des enfants, et qui soient aussi variés que possible; 2.—Commencer par les lire, d’une lecture bien articulée, lénte, correcte, nuancée et vivante; puis les faire relire par quelques enfants; 3.—Opérer dans l’explication avec le concours constant des élèves; 4.—S’inspirer de ces deux principes, qu’il faut dire tout le nécessaire et ne rien dire de superflu, qu’il faut être précis et sobre; 5.—Situer, s’il y a lieu, son texte dans le temps, et donner sur l’auteur quelques indications sommaires, mais caractéristiques; 6.—Etudier le texte dans son fond, en dégageant l’idée générale et marquant les diverses parties du développement; 7.—Etudier le texte dans sa forme, en faisant toutes les remarques historiques, littéraires et surtout grammaticales qui conviennent; 8.—Apprécier quelquefois, mais toujours brièvement, la valeur esthétique du texte; 9.—Enfin, insister longuement sur la valeur morale. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 67 PEDAGOGIE Convention des commissaires d’écoles du diocèse des Trois-Rivières 28 août 1913.Discours de M.C.-J.Magnan, Inspecteur général.Monseigneur, (1) M.le Surintendant, (2) M.le Maire.(3) Messieurs, Cette imposante réunion de commissaires d’écoles est la huitième du genre, depuis l’inauguration, à Laprairie, le 1er septembre 1912, de cette série de conventions régionales dont celle de ce jour est peut-être la plus importante et par le grand nombre des représentants des pères de famille ici réunis et par le nombreux clergé, son premier pasteur en tête, honorant de sa présence ce congrès d’éducation.Vous avez, MM.les commissaires, laissé un instant vos champs tout débordants de précieuses moissons, afin de vous occuper sérieusement de cette autre moisson future, et combien infiniment plus digne de votre attention: je veux dire l’enfance et la jeunesse.Vous êtes venus ici nombreux et de loin, soyez-en félicités de nouveau.Vous êtes venus de tous les points des trois beaux comtés de Champlain, St-Maurice et Maskinongé, qui forment ce diocèse des Trois-Rivières si fécond en œuvres sociales.Vous êtes fiers de votre diocèse que le majestueux St-Laurent limite au sud et que les splendides Laurentides couronnent au nord; vous êtes fiers, et avec raison, de sa magnifique organisation religieuse dont la vie si bien ordonnée se répand dans quarante-huit belles paroisses et sept missions où se dévouent sans compter 132 prêtres au service de 90,000 catholiques; vous êtes fiers aussi des beautés et des richesses naturelles dont la Providence a comblé ce beau coin de la province de Québec, votre petite patrie, celle qui occupe toujours la meilleure place dans le cœur de l’homme.Vous avez raison, Messieurs, d’en être fiers, d’être fiers aussi de ceux qui l’ont créée cellule par cellule, je veux dire vos vaillants évêques et votre généreux clergé.Permettez-moi ici de laisser parler mon cœur et de vous dire que moi aussi je suis fier d’être enfant du diocèse des Trois-Rivières, et que jamais, là-bas, au pied des Laurentides, je ne revois le joli clocher de Sainte-Ursule, sans une vive émotion.Et Messieurs, vous voulez développer et enrichir de toutes façons ce (1) S.G.Monseigneur F.-X.Cloutier.(2) L’honorable P.Boucher de LaBruère.(3) M.J.-A.Tessier, M.P.P. 68 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE magnifique territoire où un demi-million de nos compatriotes pourraient vivre à l’aise dans une réconfortante atmosphère religieuse et sociale Niais vous comprenez que pour assurer le progrès moral et matériel d une région, le concours de l’école est indispensable.Et voilà .pourquoi, Messieurs, à l’appel de votre vénérable Evêque, et sur l’invitation de M.1 inspecteur Beaumier, vous vous êtes rendus ici aujourd’hui en aussi grand nombre; voilà pourquoi aussi, M.le Surintendant, maigre ses nombieuses occupations, vient vous rappeler, de sa parole autorisée, vos graves devoirs comme officiers de l’Instruction publique et représentants des pères de famille en matière d’éducation._ _ ^ .Vous avez raison, Messieurs, jamais la nécessité d une solide education chrétienne, renforcée d’une bonne instruction primaire, n’a été plus grande qulà notre époque.En effet, ce n est plus comme au temps jadis, d’une part, les théories religieuses et sociales les plus erronées circulent jusque dans nos campagnes les plus reculees; d autre part, .le développement économique du pays réclame une instruction plus complete, mieux appropriée qu’il y a seulement une trentaine d’annees.Nous aimons tous profondément notre province française et catholique; nous souhaitons ardemment de la voir, et à tous les points de vue, à la tête des autres provinces du Canada, et ce désir est noble et légitime.Mais pour que ce rêve se réalise, il faut savoir donner a nos filles une education telle que la famille canadienne se perpetue avec ses traditions de courage, d’honnêteté et de patriotisme; il faut savoir, à la campagne, attacher nos jeunes gens au sol, et, àlaville, les orienter vers les metiers, les industries et les commerces les plus rémunérateurs.Mais dans les deux cas, une solide instruction primaire est indispensable.Par elle, nous arrêterons la desertion de la campagne pour la ville, en formant des générations d agriculteurs progressifs, des citoyens tempérants, des amis de 1 épargné, en un mot, de vrais patriotes, à la condition qu’ils soient de vrais chiétiens, sincères et éclairés; par elle, nous préparerons des générations de femmes fortes qui tiendront en honneur les travaux domestiques.Je viens de mentionner la désertion de la campagne.A ce sujet, permettez-moi de vous rappeler que le dernier recensement a mis à découvert une plaie qu’il ne nous est pas permis de négliger.\ oyez plutôt ce tableau attristant: Recensement Population urbaine Rurale Dim.Pop.rurale.1891 28,7% 71,3% 1901 37,7% 62,3% 9% en 10 ans.1911 45,5% 54,5% 7,8% en 10 ans 16,8% en 20 ans.Au lieu d’augmenter, depuis 20 ans, la population des campagnes, au Canada, a diminué de plus de 16%.Tandis qu’en 1891, la^ population L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 69 rurale renfermait 71% de la population totale du pays, en 1911, elle ne compte plus que pour 54%.Et dans ce tableau général, la province de Québec n’échappe pas au mal, et je ne vous surprendrai pas en disant que dans cette dernière les comtés de Maskinongé, Saint-Maurice et Champlain ont eu à souffrir du mal dont je viens de vous parler.Voici ce qu’il en est à ce sujet: 1901 1911 St-Didace 1499 1463 St-Joseph-de-Maskinongé 2060 2043 St-Justin 1619 1435 Ste-Ursule 2105 2075 St-Léon 1653 1593 Pointe-du-Lac 1337 1316 St-Elie 1375 1281 St-Etienne-des-Grès 1741 1688 Ste-Flore 3144 2541 Yamachiche 2195 1845 Ste-Anne-de-la-Pérade 2550 2513 St-Narcisse 2015 1579 St-Prosper 1334 1316 St-Tite (village et paroisse.) 3314 3046 Mais le progrès matériel du pays n’importe pas seul.Vous admettrez, comme moi, qu’il est encore plus nécessaire d’assurer le progrès moral et intellectuel du peuple; d’ailleurs, le premier sans le second serait un grand mal.Mais comment, je le répète, réaliser des vœux aussi opportuns?La réponse est sur vos lèvres: Par l’école.L’Ecole En notre province, Messieurs, la loi de l’Instruction publique reconnaît aux parents le droit d’organiser et d’administrer les écoles primaires.Cette loi nous fait honneur, et nous devons faire en sorte que son principe fondamental ne soit jamais altéré.En la créant, l’Etat, chez nous, n’a pas voulu se substituer aux pères de famille en matière d’éducation, mais il a cru de son devoir de coordonner tous les efforts individuels ou municipaux, de leur donner une vie légale, assurant ainsi une meilleure efficacité et plus d’unité.L’Etat a laissé aux municipalités le soin de pourvoir à l’instruction du peuple, se contentant de leur accorder aide et secours en temps opportun, ne gardant pour lui qu’une direction toute paternelle et un contrôle peu gênant, en somme.Mais il fallait un ministère ou pouvoir local à qui reviendrait la tâche 70 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE difficile et délicate de créer, d’organiser, d’administrer et de diriger les écoles dans chaque municipalité.Ce pouvoir, ce ministère si honorable et si important c’est la commission scolaire dont vous etes les dignes officiers, après avoir été choisis librement et au grand jour par les parents ou contribuables.La Commission scolaire.M.le Surintendant de l’Instruction publique, avec toute l’autorité de sa haute situation et l’autorité aussi de sa longue expérience, vient de vous dire, MM.les commissaires, vos devoirs vis-à-vis de l’école et vous démontrer la responsabilité que comportent ces devoirs honorables.Il a traité son sujet de la façon la plus complète, et j’aurais mauvaise grâce d’y revenir.Aussi, dans cette conférence, je me propose tout simplement d’étudier avec vous les moyens à prendre pour mieux mettre en pratique les sages conseils de M.le Surintendant; car il serait vraiment malheureux que de tels conseils fussent oubliés.Soit qu’il s’agisse du simple choix d’un emplacement scolaire, de la construction d’une école, de la création d’un arrondissement scolaire, et ce qui est plus grave, de l’engagement des maîtres et des maîtresses, tout importe dans ces multiples devoirs.C’est pourquoi M.le Surintendant vous a dit et répété combien vos fonctions sont pleines de responsabilités.Une école spacieuse, meublée convenablement, où le bon goût règne et les lois de l’hygiène sont observées importe beaucoup à la formation des enfants, mais le choix du maître ou de la maîtresse importe plus encore, car “tel maître, tel élève.” Et l’école serait-elle irréprochable au point de vue matériel, et le maître aurait-il toutes les qualités voulues, les commissaires ont encore la tâche d’assurer l’ordre et la discipline en classe par des règlements sages et des visites opportunes, appuyant ainsi, discrètement mais fermement, l’autorité des titulaires et soutenant aussi le courage des enfants en provoquant une louable émulation.De plus, et ce n’est pas la moindre de vos obligations, vous devez favoriser la fréquentation scolaire et contrôler la mise en opération du programme d’études.M.le Surintendant vous a dit tous ces devoirs, toutes ces obligations, je n’insiste pas.Mais permettez-moi de vous signaler les points faibles que notent les inspecteurs d’écoles dans leurs bulletins, et de vous dire aussi les conséquences de certaines négligences ou lacunes.Lacunes et Points faibles.Afin de mieux préciser, voici quelques statistiques qui ne laisseront pas de vous intéresser: Le diocèse des Trois-Rivières, au point de vue scolaire, est divisé en 53 municipalités renfermant 280 arrondissements.Voici par comté: Maskinongé, 12 municipalités scolaires, 64 arrondisse- L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 71 merits; St-Maurice, 12 municipalités, 59 arrondissements; Champlain, 28 municipalités, 156 arrondissements; Trois-Rivières, une municipalité.Les écoles sous contrôle sont ainsi réparties : Maskinongé 64, St-Maurice, 63, Champlain, 156, Trois-Rivières, 7; total 290.Il y a en plus 16 écoles indépendantes: 4 dans Maskinongé, 4 dans St-Maurice, 6 dans Champlain, et 2 dans Trois-Rivières.Les 290 écoles sous contrôle comprennent 482 classes ou départements et ces classes sont fréquentées par 18,651 élèves, donnant, en moyenne, 39 élèves par classe.Ces 18,651 élèves sont classés comme suit: Cours élémentaire: 17,652; Cours intermédiaire ou modèle: 824; Cours supérieur ou académique: 175.Parmi les élèves du cours élémentaire, 1,698 sont en 4e année, la plus élevée de ce cours, laissant la grande masse des élèves dans les classes inférieures, soit: 15,954 dans les trois premières années du cours élémentaire.Il n’est pas sans intérêt de dire que sur les 290 écoles mentionnées il y a un instant, 10 sont dirigées par des Frères, 29 par des Religieuses, et 251 par des institutrices laïques.Voici maintenant le classement des élèves par comté: Elèves dans le Cours supérieur {7e et 8e année) : Maskinongé, 7 ; St-Maurice, 30; Champlain, 92; Trois-Rivières, 46.Elèves dans le Cours intermédiaire, {5e année et 6e année): Maskinongé,, 138, St-Maurice, 178; Champlain, 358; Trois-Rivières, 150.'Elèves en J)e année du Cours élémentaire:Maskinongé, 288; St-Maurice,, 450; Champlain, 783; Trois-Rivières, 177.Voilà pour les écoles.Quant au personnel enseignant, j’ai noté, chez les laïques, que dans 160 écoles il se renouvelait chaque année.Voici des statistiques instructives sur ce point.En 1911-12, sur 251 écoles, 157 étaient confiées à des institutrices de première année d’enseignement: Champlain, 83; St-Maurice, 48 et Maskinongé, 26.En 1912-13, sur les mêmes 251 écoles, 167 sont confiées à des institutrices de première année: Champlain, 94; Maskinongé, 37 et St-Maurice, 36.Ainsi donc, en 1911-12, MM.les commissaires, vous avez changé le personnel enseignant dans 63% des cas, et en 1912-13, vous avez opéré le même changement dans la proportion de 66%.Enfin, la moitié à peine des commissions scolaires font les deux visites exigées par la loi, et plusieurs même négligent ce grave devoir qui ne devrait jamais être omis, même si la loi était muette sur ce point.Des statistiques qui précèdent, permettez-moi d’en mettre une en relief, celle de la scolarité, la plus importante, puisqu’elle est l’indice certain de l’efficacité de l’école.Vous avez sans doute remarqué, Messieurs, que sur un total de 18,651 élèves, 17,652 étaient dans le cours élémentaire, et que 1,698 seulement de ces derniers avaient atteint la 4e année.Et vous avez remarqué aussi que sur 19,000 élèves près, un milier à peine suivaient les cours intermédiaire et supérieur. 72 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Une Scolarité écourtée Voilà donc le point faible: la vie scolaire dure trop peu chez les neuf dixièmes de nos enfants, qui quittent l’école juste au moment où ils en profiteraient le mieux.Dans son rapport pour 1910-11, M.l’inspecteur Beaumier notait que 430 élèves de 14 à 16 ans étaient inscrits dans les écoles des comtés de Maskinongé et de St-Maurice, sur un total de 10,524.“Ce tableau, disait M.Beaumier, fait voir que seulement 4,7% des élèves inscrits fréquentent l’école après l’âge de 13 ans.” Je le sais, et je me hâte de le dire, il faut ici tenir compte d’une élite, celle qui bénéficie des magnifiques institutions d’enseignement secondaire et primaire supérieur que possède Trois-Rivières et quelques paroisses du diocèse.Mais cette élite ne comprend guère plus de 2,000 élèves, ce qui porterait à 20% au plus le nombre des élèves fréquentant une école après l’âge de 13 ans.La fréquentation scolaire dans les écoles sous contrôle, considérée au seul point de vue de la présence moyenne en classe, est très satisfaisante, elle varie de 76% à 82%: c’est une moyenne supérieure à celle de quelques pays où l’instruction est obligatoire.Mais la durée de la fréquentation scolaire, ou scolarité, est trop courte.Peu d’élèves des écoles rurales, les garçons surtout, se rendent à la quatrième année, et le nombre de ceux qui atteignent les cours intermédiaire et supérieur est infime.Voilà donc le point faible: les élèves de nos écoles primaires, règle générale, quittent trop tôt la classe, insuffisamment préparés pour le rôle social qu’ils auront à remplir plus tard.La Cause du Mal.Pourquoi donc, chez nous, n’a-t-on pu encore généraliser dans les écoles primaires sous votre contrôle, MM.les commissaires, le passage régulier par la masse des élèves, d’une année du programme à la suivante, à chaque nouvelle période scolaire ?Pour quelle cause la désertion presqu’en masse des écoliers a-t-elle lieu généralement vers l’âge de 13 ans, âge, je le répète, où l’élève est le mieux préparé à profiter des années supérieures du cours primaire ?La cause de ce mal, Messieurs, réside en grande partie dans le changement trop fréquent des institutrices et dans l’absence d’instituteurs dans les municipalités où le nombre et l’âge des petits garçons justifieraient la présence d’un maître.J’ajoute: dans bien des cas aussi, les institutrices sont trop j eunes ou, incompétentes et trop souvent les classes sont encombrées.Donc, instabilité du personnel enseignant, incompétence dans certains cas, absence de bons maîtres et encombrement des classes; voilà ce qui éloigne les enfants de l’école; là est le mal.Et l’indifférence de plusieurs commissions scolaires ne fait qu’aggraver ce mal devenu chronique. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 73 On comprend facilement que dans une école où le titulaire change tous les ans, la promotion annuelle des élèves est très irrégulière.Le changement trop fréquent de titulaire retarde les progrès scolaires en déroutant les élèves.Qui dit nouveau maître, dit nouvelle méthode, nouvelle manière de procéder; de là une perte de temps, un arrêt dans la marche du progrès.Et l’expérience qui vaut à elle seule presque toute la science de l’instituteur ou de l’institutrice, ne s’improvise ni se donne: elle s’acquiert avec les années.Le mal ainsi fait aux enfants par le changement presque annuel des maîtres ou des maîtresses est souvent irréparable.N’est-ce pas, en effet, dans la plupart des cas, les années passées à l’école primaire qui orientent la vie entière du jeune garçon et de la jeune fille.De sorte que l’on peut dire que de la première éducation des enfants dépend leur avenir.C’est donc, Messieurs, chose grave que choisir un instituteur ou une institutrice*.Ce choix ne doit pas se faire à la légère, et lorsque l’on constate qu’il a été bien fait, que l’on a eu la main heureuse, c’est encore un devoir que de prendre les moyens nécessaires pour assurer la permanence, au moins une permanence relative, du personnel enseignant dans les écoles placées sous notre contrôle.Et c’est bien en vain que nous aurions trouvé un bon maître, si sa classe est encombrée d’un trop grand nombre d’élèves.Vous avez remarqué que d’après les statistiques citées plus haut, il y a en moyenne 39 élèves par classe dans vos écoles.Mais 39 “en moyenne” signifie encombrement des classes élémentaires.En effet, les classes supérieures sont nécessairement moins nombreuses, déversant ainsi la masse des élèves dans les classes inférieures, les plus difficiles à diriger, néanmoins.Le Remède Le remède au mal signalé, l’inefficacité de l’école, se trouve surtout dans un choix plus judicieux du personnel enseignant, dans le maintien en fonction de ce personnel, au même poste, aussi longtemps que possible; dans le désencombrement des classes, et enfin de la part des commissaires, dans une surveillance plus suivie et plus méthodique de la mise en opération du programme d’études.Permettez-moi, Messieurs, de vous dire en toute franchise que trop souvent le choix.des maîtres et des maîtresses vous laisse indifférents.Tandis que le syndicat des fabricants de beurre ou de fromage remue ciel et terre et ne craint pas.d’offrir un salaire généreux pour trouver un employé compétent et honnête, la commission scolaire, trop souvent, hélas! se désintéresse du choix des maîtres, ou lorsqu’elle daigne s’en occuper, c’est pour refuser une légère augmentation de traitement deux fois méritée.Et quel traitement offre-t-on?1125,130,140, parfois $150 et rarement $175; c’est-à-dire douze piastres et cinquante, treize piastres, quatorze, quinze piastres, et très rarement dix-sept à dix-huit piastres par mois.Les servantes 74 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE gagnent aujourd’hui de $12 à $15 par mois, et les jeunes filles, dans les bureaux, sont payées jusqu’à $10 par semaine.On s’étonne, après cela, s’il est parfois difficile de trouver des personnes vraiment qualifiées.Mais,, étant donné le coût de la vie, qu’est-ce que $12 ou $15 par mois, sinon un salaire de famine.Certes, je le sais, la valeur du maître ne s’évalue pas au chiffre de son traitement, mais encore faut-il que ce maître puisse vivre convenablement du fruit de son travail.Sa tâche n’est-elle pas assez lourde de responsabilité, son labeur assez absorbant, sa vie tout entière assez prise par le souci de son important devoir—ici, je parle du maître et de la maîtresse digne de son état—pour qu’en retour il ait le droit de recevoir non seulement un salaire lui assurant sa pitance quotidienne, mais encore un traitement lui permettant de prévoir les jours inévitables de la maladie, puis de la vieillesse.A propos des traitements, je suis heureux de faire connaître à cette assemblée que la majorité des institutrices laïques de ce diocèse a reçu une augmentation de traitement en 1912-13.Voyez plutôt par comté, le nombre des titulaires dont le salaire a été élevé en moyenne de $23.00: Maskinon-gé, 49; St-Maurice, 44; Champlain, 98.(1) Voilà un bon mouvement qui mérite des félicitations, et j’espère que l’on ne s’arrêtera pas en si bonne voie.D’ailleurs, les commissions scolaires qui ont bien voulu délier les cordons de leur bourse municipale ont reçu du gouvernement une compensation généreuse.Au hazard, j’ai comparé ce que les municipalités dont les noms suivent avaient donné aux institutrices sous forme d’augmentation de salaire et ce qu’elles avaient reçu du gouvernement sous forme de primes spéciales, en 1912: St-Alexis, déboursé pour augmentation $110; reçu du gouvernement, $186.12; Mont-Carmel, déboursé pour augmentaion, $120.reçu du gouvernement $214.11; St-Stanislas, déboursé pour augmentation, $30; reçu du gouvernement, $136.48; Laflèche, déboursé pour augmentation, $30; reçu du gouvernement $148.92; St-Séverin, déboursé pour augmentation, $55.reçu du gouvernement, $148.05.Dans chaque cas, les commissaires ont reçu bien plus qu’ils n’avaient déboursé.Et, remarquez-le bien, les sommes reçues du gouvernement ne représentent, dans la plupart des cas, qu’une prime, celle que mérite un traitement minimum de $100.Les municipalités qui ont porté le minimum à $150 pour toutes leurs institutrices sans exception, recevront le triple du montant reçu « i lernier.LV/co / rn /p i/énéreux du Gouvernement Non seulement le gouvernement, appuyé par toute la Législature, a voté les primes de $125,000, $60,000 et $40,000 pour favoriser l’élévation des salaires, mais il accorde aussi des primes aux municipalités les plus méritan- (1) Ces renseignements sont tirés des Bulletins de MM.les inspecteurs J.-O.Goulet et Beau-mier. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 75 tes.Il y a quelques années, la pension des institutrices fut augmentée de 50%, et l’octroi aux municipalités pauvres notablement élevé.Depuis 1905, les écoles normales ont été multipliées, facilitant ainsi le recrutement d’institutrices bien préparées.Enfin, l’octroi aux écoles publiques, fixé à $160,000 depuis 1867, est désormais de $200,000, et sera partagé au prorata des enfants inscrits à l’école et non d’après le chiffre de la population: ce qui est infiniment plus judicieux.En résumé, le budget de l’instruction publique qui ne dépassait pas $500,000 il y a quelques années à peine, dépasse maintenant $1,300,000.Le gouvernement a donc fait son devoir vis-à-vis des commissions scolaires en leur accordant une aide substantielle.A vous aussi, Messieurs, de vous imposer de généreux sacrifices, afin d’assurer à vos écoles le grand bienfait de titulaires vraiment qualifiés.Non seulement le bon maître et la bonne maîtresse possèdent des connaissances classiques suffisantes, mais ils sont aussi et surtout des enseigneurs, des éducateurs.Et pour être un véritable éducateur, il faut aussi être un chrétien convaincu et un patriote éclairé.Conclusion.Messieurs les commissaires, je suis convaincu qu’une fois de retour dans vos paroisses respectives, vous vous efforcerez de mettre en pratique, et dès cette année, les excellents conseils de M.le Surintendant.Vous êtes plus convaincus que jamais de l’importance de l’école primaire bien organisée et bien dirigée.L’idéal de l’école primaire est de bien enseigner plutôt que d’enseigner beaucoup; l’éducation intellectuelle que l’école primaire est appelée à donner ne comprend qu’un nombre limité de connaissances.Mais ces connaissances sont choisies de telle sorte que non seulement elles assurent à l’enfant tout le savoir pratique dont il aura besoin dans la vie, mais encoreelles agissent sur ses facultés, forment son esprit, le cultivent, l’étendent et constituent, chez nous, vraiment une éducation, puisqu’elles ont pour base l’enseignement religieux.En Suisse, que j’ai eu l’avantage de visiter au point de vue scolaire, l’école primaire est une grande institution dont tout le monde s’occupe; elle est l’une des bases de la prospérité publique; pour les familles, une garantie que leurs enfants seront élevés en vue du lendemain scolaire.Comme dans la province de Québec, on est convaincu, en Suisse, de la haute valeur de la morale et de la religion en éducation.Avec leur célèbre maître Foerster, les instituteurs suisses admettent que “science sans conscience n’est que ruine de l’âme”; ils croient aussi “en la valeur unique de la religion au point de vue de l’éducation morale.” Mais l’école suisse est supérieure à la nôtre dans la mise en opération du programme d’études; dans cette école, les élèves sont amenés méthodiquement, en vertu d’une émulation permanente, à suivre le programme d’études année par année.En Suisse, on évite autant que possible les déplacements 76 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE des titulaires, considérant ces déplacements incompatibles avec le progrès des élèves.Nous aussi, Messieurs, attachons une grande importance au choix des maîtres et assurons, par notre zèle, l’efficacité de leur tâche.Croyons à la nécessité de l’école au point de vue social et économique, et ne craignons pas d’y placer nos capitaux : l’école est encore la meilleure des banques.Quant il s’agit de l’instruction publique, soyons généreux, ne mesquinons pas.En telle occurence, c’est l’intérêt supérieur de notre race qui est en jeu, car son avenir sera ce que l’école l’aura fait.La province de Québec a besoin de tous ses 61s, et elle se doit à elle-même de les armer convenablement pour les luttes de demain.Ces luttes deviennent de plus en plus difficiles à mesure que les flots toujours de plus en plus grossissants de l’immigration étrangère menacent notre province même.Si nous voulons résister aux assauts inévitables de l’avenir, préparons la résistance sans retard.Et l’école, l’école primaire, voilà la vraie réserve nationale ! A vous, MM.les commissaires, la tâche patriotique de créer cette réserve et de la maintenir sur un pied réellement efficace.Pour accomplir cette tâche, vous n’avez, Messieurs, qu’à suivre les conseils si sages et si pratiques que M.le Surintendant vous a donnés au cours de sa belle conférence.Enseignement du Dessin Un nouveau progeamme.A sa dernière réunion, le Comité catholique du Conseil de ITnstruc-tion publique a approuvé un nouveau programme de dessin, préparé, à la demande de M.le Surintendant, par le Directeur général de l’enseignement du dessin, M.C.-A.Lefèvre.Ce programme, concernant les écoles primaires catholiques des trois degrés, a été préparé avec le plus grand soin.Il est simple, mais complet, absolument méthodique et parfaitement adapté à nos écoles canadiennes.¦S’inspirant des progrès modernes, le nouveau programme de dessin n’oublie pas le côté éducatif de cet enseignement et tient compte en même temps des besoins de l’industrie, de là un cachet utilitaire suffisamment prononcé.Nous ne saurions mieux dire du nouveau programme qu’il est 'pédagogique.Nos lecteurs pourront le lire en entier dans le procès-verbal de la dernière session du Comité catholique que nous publions dans la présente livraison.C.-J.Magnan. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 77 HYGIÈNE Nous devons prendre de l’enfant, à l’école, un soin tout particulier, premièrement par humanité pour l’enfant lui-même; secondement, par patriotisme, pour la race, pour la patrie.Est-il une question sociale plus intéressante que celle qui concerne la formation de l’enfant ?L’instituteur qui connaît bien son devoir, devra se comporter vis-à-vis de l’enfant qui lui est confié, absolument comme il se comporterait à l’égard de son propre enfant.Il comprendra que toute fatigue morale, tout surmenage intellectuel est une rigueur qu’il devra éviter à son élève.Au seul point de vue des résultats immédiats à obtenir, on ne devrait imposer au cerveau de l’enfant que la somme de nourriture intellectuelle qu’il peut digérer.Au point de vue physique, l’estomac surchargé souffre, et se révolte et refuse de digérer et d’assimiler les aliments qu’on lui a servis en trop grande abondance; il en est de même pour le cerveau.Pour éviter toute fatigue mentale inutile à son élève, le professeur lui présentera les choses sous une forme claire, simple, concise, et lui servira ces matières à doses raisonnables.Ménageons cet admirable et fragile organisme qu’est le cerveau de l’enfant.D’un autre côté, il est non moins important d’éviter toute fatigue et toute souffrance physique à l’écolier.Quand le corps éprouve de la lassitude ou de la souffrance, le cerveau travaille nécessairement de pauvre façon.Aux connaissances pédagogiques, l’instituteur unira une connaissance suffisante de l’hygiène pour lui permettre de comprendre que l’enfant est un merveilleux instrument qui fonctionne admirablement, lorsque l’on sait en faire vibrer les différentes parties dans un harmonieux unisson; mais cet instrument se détraque et ne rend que des sons faux, si on abuse de quelques-uns de ses organes au détriment des autres, et si l’on ne sait pas diriger les différentes parties de cet ensemble si merveilleusement construit par le divin Créateur.J.-G.Paradis, M.D.“-fc —Jp 78 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE DE LA PREPARATION DES CLASSES Conférence donnée devant VAssociation des Instituteurs de la Circonscription de l’école normale Jacques-Cartier, le 30 mai 1913, par M.N.-Eudore Cobeü, professeur à l’école Sarsfield, de la Commission des Ecoles Catholiques de Montréal.“Le Maître noir-ix preparer ses classes?” Monsieur le Président, Messieurs, En venant parler devant vous, d’un sujet aussi important que celui qui fait l’objet de cette causerie, je me sens animé d’un vif désir d’apporter, moi aussi, ma faible collaboration à l’œuvre si digne et si belle de l’enseignement, et fort de l’esprit d’entente et de solidarité qui nous rapproche de plus en plus, quand il s’agit de promouvoir les intérêts de cette cause qui nous est si chère, “la formation de l’enfance,” je me sens doublement heureux et fier, de m’être fait inscrire sur l’ordre du jour, afin de pouvoir participer, au meilleur de ma connaissance, à ce monument patriotique, auquel un grand nombre de mes confrères ont déjà consacré plus d’une énergie, en des travaux de grand mérite et de réel intérêt.Je n’ai pas cherché à donner à ce travail une forme littéraire remplie d’images et de figures emphatiques, ni à imposer des méthodes, ni à faire de nombreuses citations d’autorités reconnues en matière pédagogique; je me suis plutôt attaché à donner mes impressions telles qu’elles se sont produites depuis 20 ans de professorat: ces impressions n’étant que le fruit d’une expérience acquise, comme bien d’autres, au prix d’une abnégation constante, et de labeurs incessants! Un instituteur, soucieux de la dignité de ses fonctions, de l’importance de ses devoirs et de leur multiplicité, doit savoir tirer profit de tout: de ses lectures, des observations qu’il fait, des bons conseils qu’il reçoit, et des réflexions qui ne manquent pas de frapper son esprit au cours de sa carrière, et c’est un résultat de ces causes diverses que je dois d’avoir pu réunir les quelques notes dont je vais vous donner lecture, et auxquelles vous Amudrez bien accorder votre bienveillante attention.Pourquoi, me demanderez-vous peut-être, ai-je donné une forme interrogative à mon sujet?Il est évident que mon unique but doit être d’exciter davantage votre intérêt, de rendre, au cours de cette causerie, les comparaisons plus saillantes, plus vives et de donner ainsi plus d’ampleur à ce travail, et vous le savez, Messieurs, il n’est rien de plus suggestif qu’une interrogation: cette méthode éveille l’attention, et avive le travail de l’esprit.Sans plus de préambule, je pose donc immédiatement la question: “Le maître doit-il préparer ses classes ?” Sans hésitation, je réponds: “Oui”, et j’ajoute: il faut encore que cette préparation soit faite avec beaucoup de soin.Le maître est maintenant en présence d’un devoir impérieux, d’un problème difficile, et il se demande instinctivement: “Pourquoi faut-il que je prépare mes classes, et qu’ad\fiendrait-il si je ne les préparais pas ?” La réponse me vient de la classe elle-même.Si les progrès ne se manifestent pas en raison directe de la peine que je me donne, cet état stationaire de mes élèves m’avertit que je n’ai pas rempü fidèlement les préceptes suivants: 1.Ai-je préparé la leçon, quelle qu’en soit la nature, suffisamment pour que l’enseignement soit efficace, ou est-ce que je parle sans méthode et sans suite?2.L’élève ne fait-il que répéter tant bien que mal la leçon, ou bien la comprend-il, et peut-il sans trop de difficultés en réunir les principales parties ?3.Est-ce que j’enseigne aux élèves la manière d’étudier la leçon ?4.Est-ce que je vois à ce que l’élève consacre le temps Aroulu pour préparer la leçon, ou bien est-ce que je l’abandonne à sa propre initiative?5.Est-ce que je m’occupe particulièrement des élèves moins doués, ou est-ce que je ne leur porte qu’un intérêt secondaire?” Ces considérations m’amènent naturellement à établir que le maître doit exercer sur lui- L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 79 même une surveillance minutieuse, qu’il doit scruter tous ses actes, afin que l’élève, dont le sens d’observation est plus éveillé qu’on le croit, constate que son précepteur est un homme à l’esprit cultivé, qu’il est laborieux et qu’il lui porte un bien vif intérêt.De plus, cette surveillance tiendra le maître constamment à la hauteur de sa mission, et centuplera ses efforts à bien préparer toutes i es matières du programme d’études qu’il est tenu d’enseigner.Le maître se fait un plan d’exécution, car l’ordre doit toujours présider à la vulgarisation de son enseignement: c’est le point de départ de toute activité humaine.Si le maître ne se trace pas un programme défini, il s’expose à donner à ses élèves un enseignement sans suite, et par conséquent d’un effet plus ou moins négatif.Il est donc indispensable que le professeur suive une marche sûre et méthodique dans la préparation de ses leçons.Quelle serait la situation d’un instituteur qui arriverait en classe sans aucune préparation?Il serait invariablement impatient, énervé, sujet aux emportements, sans ascendant «ur lui-même, et ne réussirait que difficilement à créer de l’intérêt autour de lui, ses élèves seraient plutôt distraits, et le maître s’ennuierait lui-même.La circonspection doit donc être la devise du bon maître.Suivant toujours le même ordre d’idées, j’entre maintenant dans le vif sujet qui nous occupe, la préparation proprement dite des leçons.Le titulaire d’une classe, quel que soit le degré du cours, doit suivre son horaire rigoureusement.Supposons qu’il ait à donner une leçon de lecture, de grammaire, de géographie, d’histoire ou de mathématiques, il est incontestable qu’il est de première nécessité qu’il s’y prépare bien.Boileau ¦a dit, avec beaucoup de vérité: “Ce que l’on conçoit bien s’énonce clairement, Et les mots pour le dire arrivent aisément.” Il faut au maître un choix de questions claires, précises, se rapport tant exactement à la leçon étudiée.Alors il sera en état de s’enquérir si l’élève est au fait de sa leçon, si en la résumant, il en saisit bien les points les plus importants pour pouvoir les désigner sans trop de difficulté.C’est là que la préparation du maître devient d’un précieux appoint pour corriger l’élève en défaut, le faire réfléchir, l’amener graduellement au point principal par des exemples choisis, des exposés clairs et concis qu’il aura préalablement préparés lui-même.Ainsi pas d’hésitation, pas de suspension, pas de perte de temps, l’intérêt est soutenu, et s’accentue au fur et à mesure que le développement se poursuit.Une préparation soignée rend le maître plus sûr de lui-même, et le dispose sans cesse à améliorer son enseignement.En procédant ainsi, le maître peut toujours perfectionner son mode d’opération.On dit qu’il n’y a rien de parfait sous le soleil, mais que tout est susceptible de perfection.Imbu du désir de bien réussir, le maître est ainsi sans cesse préoccupé du jour au lendemain de ses obligations, et désireux de se rendre compte si sa préparation est complète, il se demande: “Mes questions ne s’appliquent-elles qu’à développer la mémoire de l’enfant où tendent-elles plutôt à grouper dans son esprit des connaissances générales?L’élève répond-il ce qu’il sait, ou devine-t-il sa réponse ?Est-ce que je sais si bien si la réponse de l’enfant est complète, ou suis-je satisfait d’une réponse qui ne touche que peu à la question ?Suis-je toujours en état de constater ce que l’enfant ne sait pas et pourquoi il ne le sait pas?Est-ce que je prends toujours les moyens d’amener l’enfant à corriger cette irrugularité ?Mes questions et ma manière de procéder sont-elles assez attrayantes et intéressantes pour décider l’enfant à demander des explications sur’ ce qu’il ne comprend pas, ou sont-elles tellement abstraites qu’elles le réduisent au silence ?Est-ce que je fais toujours usage du cahier de bonnes notes pour créer de l’émulation et encourager les élèves à sortir le plus vite de leur ignorance?Est-ce que je récompense les meilleurs efforts ou si je les paralyse ?Est-ce que je donne toujours une chance à l’élève de le laisser réciter ou si je l’interromps à la première hésitation?Est-ce que j’oblige l’élève à réciter ou si je récite à sa place pour aller plus vite?Est-ce que je répète la réponse de l’enfant?La leçon est-elle une sorte de conversation amicale entre moi et l’élève, ou est-ce seulement la simple exécution d’un commandement ou de l’obéissance?La leçon a-t-elle été assez clairement exposée de façon à qu’elle se rapporte à celle qui a précédé et qu’elle s’enchaîne bien à celle qui va suivre ?L’élève est-il amené à parler de la leçon ou si on le laisse errer ?Est-ce que la récitation de la leçon augmente chez l’élève le désir de l’exactitude, de la vérité, de l’habileté, de l’honnêteté et de la probité ?Les leçons se font-elles toujours oralement ou alternativement par écrit ?Le maître procède-t-il 80 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE immédiatement à l’étude de la leçon ou bien perd-il quelque fois un temps précieux en de longs discours inutiles comme entrée en matière ?Après une série de questions semblables, le maître se rend compte des obligations sérieuses de son état, il se met résolument à l’œuvre, et accomplit la plus grande partie de son travail hors de la classe, réservant tout son temps à l’école, non pour étudier, réfléchir ou se préparer, mais bien pour la direction de l’enfant qui profitera doublement d’une leçon bien donnée et bien contrôlée.Le but de cettp causerie n’est pas de démontrer comment doit se donner une leçon au point de vue purement pédagogique, ce sujet a été maintes fois traité ici, mais je vise à faire voir la nécessité et l’utilité de la préparation des classes qui exige tant d’attention de la part du maître.S’il n’y a pas de préparation, on oublie les bonnes méthodes, on est porté à la routine, et l’enseignement perd de son intérêt.C’est par la réflexion qu’on solutionne les problèmes les plus compliqués et qu’on parvient à mettre de la gradation dans les idées; or, comment espère:t-on obtenir de bons résultats si l’esprit qui est naturellement enclin à la nonchalance ne reçoit pas la nourriture nécessaire à sa vitalité.Il ne suffit pas de donner aux enfants un exposé de la leçon, il faut, en outre, lui enseigner comment étudier.Pour cela, le maître doit encore préparer son sujet avec précaution afin que l’élève ne fasse pas fausse route; il lui dira, par exemple, qu’un enfant peut apprendre facilement avec de la bonne volonté; il lui représentera toute la beauté de l’étude par des courtes citations au niveau de son intelligence; il étudiera lui-même en sa présence une leçon non apprise en la lui donnant à petits traits et en excitant son ambition par de bonnes paroles d’encouragement; enfin le maître donnera à l’élève cette intuition du beau qu’il possède déjà et qui se développera graduellement sous la pression des bons conseils.C’est toujours le maître qui prend l’initiative et de son dévouement dépend le succès de ses élèves.Il faut qu’il soit constamment autour d’eux, qu’il les encourage au travail par l’exemple qu’il donnera en classe de son activité; et qu’est-ce qui lui dictera une telle conduite si ce n’est la préparation des classes qui le disposera à se dépenser pour ses élèves sans compter.Certain maître serait peut-être tenté de dire: “Moi, je fais une petite classe, je n’ai pas besoin de préparation, ou bien, je viens de sortir d’une école normale, j’ai toutes mes matières encore fraîches à la mémoire, je puis me dispenser de ce travail supplémentaire,” ou encore, “j’enseigne depuis 20 ans et au-delà, qu’ai-je besoin de cela.” Ces raisonnements sont faux, et voici pourquoi: Le maître d’une petite classe a sous sa direction de tout jeunes enfants dont l’intelligence encore obscure, mais apte à coût saisir, a besoin d’une culture toute spéciale.Il est tenu d’enseigner les rudiments de la langue, chose facile on dira, mais qui exige beaucoup de patience et de sollicitude.C’est alors que le maître doit réfléchir et inventer mille moyens qui faciliteront sa tâche et l’achemineront vers le succès.Notre vocabulaire s’épuise toujours trop vite, il faut lui fournir sans cesse des munitions si nous ne voulons pas nous répéter indéfiniment.Il faut savoir créer de l’intérêt chez les tout petits, et c’est la préparation soignée de la classe qui le fera naître plus sûrement.On sait que l’étude, de la lecture, celle de l’écriture et celle de l’orthographe doivent marcher de pair; o rquand l’élève sera en état de commencer à repi oduire quelques mots, à former de petites phrases en rapport avec les éléments de la grammaire, si la préparation en classe n’est pas faite au préalable, le maître perdra un temps précieux à faire des exercices de transcription inutiles.L’expérience établit qu’il est plus pratique de dicter des petits devoirs gradués, s’enchaînant bien les uns aux autres, et formant un groupe de mots que l’enfant écrira d’une façon imparfaite au début, mais qui se perfectionnera au fur et à mesure que sesj études se poursuivront.(à suivre.) L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE gr Monument sur le champ de bataille de Chateauguay Inaugure le 26 octobre 1895.Une grande démonstration a en lieu à Châteauguay.le 26 du présent mois, à l’occasion du centenaire de la victoire éclatante des Canadiens français, commandés par de Salaberry, sur les Américains, dix fois plus nombreux.La victoire de Châteauguay contribua, dans une large mesure, à conserver le Canada à l’Angleterre.C’est le 26 octobre 1813, que de Salaberry repoussa le général Hampton.Ce fut l’action la plus brillante de toute la campagne de 1812-15. 82 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE DOCUMENTS OFFICIELS Comité Catholique du Conseil de l’Instruction publique Session de l’Automne 1913 Séance du 24 septembre 1913 (Avant-midi) Présents:-L’honorable M.de LaBruère, surintendant de l’Instruction publique, prési- dent; Mgr l'archevêque de Québec, Mgr l’archevêque d’Ottawa; Messeigneurs les évêques de Rimouski.de Valleyfield, de Sherbrooke, de Nicolet, de St-Hyacinthe; Mgr l’évêque de Cythère, vicaire-apostolique du Témiscamingue; l’honorable Dr J.-J.Guerin, l’honorable juge J.-E.Robi-doux, l’honorable Cyrille Delâge, l’honorable Hector Champagne, M.Mathias Telîier, l’honorable juge Paul-G.Martineau, M.Jules-Edouard Prévost, M.John Ahern, Mgr Th.-G.Rouleau, M.l’abbé L.-A.Desrosiers, M.Nap.Brisebois, M.Nérée Tremblay; M.le chanoine G.Dauth, représentant Mgr l’archevêque de Montréal; M.l’abbé Lionel Lindsay, représentant Mgr l’évêque de Pembroke; Mgr Eug.Lapointe, représentant Mgr l’évêque de Chicoutimi; M.le chanoine Ubalde Marchand, représentant Mgr l’évêque des Trois-Rivières; M.le chanoine Eustache Dugas, administrateur du diocèse de Joliette; Mgr H.Têtu, représentant Mgr l'évêque de Sicca, vicaire-apostolique du Golfe St-Laurent; M.l’abbé J.-S.Turbide, représentant Mgr l’évêque de Charlottetown et M.J.-N.Miller, secrétaire.Lecture de lettres de Mgr l’archevêque de Montréal, de Mgr l’évêque de Pembroke, de Mgr l’évêque de Chicoutimi, de Mgr l’évêque des Trois-Rivières, de Mgr l’évêque de Charlottetown et de Mgr le vicaire-apostolique du Golfe-St-Laurent, désignant respectivement M.le chanoine ¦G.Dauth, M.l’abbé Lionel Lindsay, Mgr Eugène Lapointe, M.le chanoine Ubalde Marchand, M.l’abbé J.-S.Turbide et Mgr H.Têtu, pour les représenter à la présente session.Le procès-verbal de la dernière session est adopté.M.le Surintendant rappelle le souvenir du regretté M.Paul de Gazes dont il fait l’éloge, et le Comité adopte la résolution suivante sur proposition de Mgr l’archevêque de Québec, appuyé par l’honorable juge Robidoux: “Les membres du Comité catholique du Conseil de l’Instruction publique ont appris avec “un profond regret la mort de M.Paul de Cazes, et ils tiennent à déposer sur sa tombe le témoi-“gnage de leur sincère estime et de leur vive reconnaissance pour les services importants qu’il “a rendus à la cause de l’Instruction publique, pendant de nombreuses années, en sa qualité de “secrétaire du département de l’Instruction publique et de secrétaire de ce Comité, et ils désirent “transmettre à la famille de M.de Cazes cet ordre du jour avec l’expression des plus vives sympa-“thies des membres du Comité catholique du Conseil de l’Instruction publique”.L’honorable M.Champagne propose, appuyé par Mgr l’évêque de Nicolet, que M.J.-N.Miller soit nommé secrétaire du Comité catholique du Conseil de l’Instruction publique, et que son traitement soit de quatre cents piastres par année.—Adopté.Le sous-comité des livres de classe présente le rapport suivant : Rapport du sous-comite charge de l’examen des ouvrages classiques Séance du 23 septembre 1913 Presents:—Mgr Blais, président; Mgr Emard, Mgr Brunault, l’honorable juge J.-E.Robidoux, M.John Ahern, M.Nap.Brisebois, M.le Surintendant de l’Instruction publique et M.J.-N.Miller, secrétaire.Le sous-comité a examiné les ouvrages suivants qui lui ont été soumis: 1.—“Série de tableaux de lecture”, par les Sœurs de l’Assomption de la Sainte-Vierge.—Le sous-comité est d’avis que ces tableaux peuvent être mis à la libre disposition des écoles comme l’un des moyens propres à l’enseignement de la lecture, d’après le procédé phonique. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 83 2.—“Religion First Book and First Reader”, par le révérend T.-E.Shields.—Recommandé.3.—“Religion Second Book and Second Reader”, par le même.—Recommandé.4.—“Religion Third Book and Supplementary Third Reader”, par le même.—Recommandé.5.—“Teachers’ Manual of Primary Methods”, par le même.—Recommandé comme livre du maître.6.—“English Accentuation (abridged)—Speller and Reader”, by F.-T.Barré, C.S.C.—Non recommandé.7.—“Cours de langue française rédigé d’après la méthode analytique”.—Cours élémentaire, par les Sœurs de la Congrégation de Notre-Dame.8.—Idem.—Cours moyen, par les mêmes.9.—Idem.—Cours supérieur, par les mêmes.—Ces trois derniers livres sont recommandés.10.—“Méthode de lecture”, par les Frères de l’Instruction chrétienne.—Recommandée.11.—“Arithmétique élémentaire (2è degré)”, par les mêmes.—Recommandée.(Signé) f Andre-Albebt, Evêque de St-Germain-de-Rimouski, Président.Il est proposé par M.Tellier, secondé par M.Tremblay, que ce rapport soit adopté.M.le juge Martineau propose en amendement: “Que ce rapport ne soit pas adopté quant aux livres mentionnés aux Nos 7 à 11 inclusivement, attendu qu’il existe déjà plusieurs traités sur ces sujets et que les manuels maintenant soumis ne paraissent point constituter un progrès appréciable sur les anciens”.La motion en amendement étant mise aux voix est rejetée par le vote suivant: Pour: L’honorable juge Martineau (1).Contre: Mgr Bégin, Mgr Gauthier, Mgr Blais, Mgr Emard, Mgr Larocque, Mgr Brunault, Mgr Bernard, Mgr Latulipe, M.le chanoine Dauth, M.l’abbé Lindsay, Mgr Eug.Lapointe, M.le chanoine Marchand, M.le chanoine Dugas, Mgr H.Têtu, M.l’abbé Turbide, l’honorable Dr Guerin, l’honorable juge Robidoux, l’honorable M.Delâge, l’honorable M.Champagne, M.Tellier, M.Prévost, M.Ahern, Mgr Rouleau, M.l’abbé Desrosiers, M.Brisebois et M.Tremblay (26).La motion principale est adoptée sur la même division.Il est résolu, sur proposition de M.Brisebois, secondé par M.Prévost, que le manuel intitulé “Précis élémentaire de l’histoire d’Angleterre”, par l’abbé Drioux, soit retranché de la liste des livres approuvés.Le Comité prend communication du procès-verbal suivant de la vingt-neuvième session du Bureau d’examinateurs pour les aspirants à la charge d’inspecteur des écoles catholiques, tenue à Québec, les 26, 27, 28 et 29 août 1913: “Présents: Mgr Th.-G.Rouleau, président; M.l’abbé L.-A.Desrosiers, M.F.-X.Drouin M.John Ahern, M.C.-J.Magnan, M.J.-N.Perrault et M.J.-N.Miller, secrétaire.Les membres du bureau souhaitent la bienvenue à M.l’abbé Desrosiers qui est devenu ex-officio membre du Bureau par suite de sa nominnation à la position de principal de l’Ecole normale Jacques-Cartier.Le procès-verbal de la dernière session est lu et approuvé.Il est unanimement résolu d’inscrire au procès-verbal les deux résolutions suivantes: 1° Les Membres du Bureau d’examinateurs des candidats à la charge d’inspecteur d’écoles ont appris avec un profond regret la mort de M.Paul de Gazes, et ils tiennent à déposer sur sa tombe le témoignage de leur vive reconnaissance pour les services importants qu’il a rendus à la cause de l’Instruction publique pendant de nombreuses années.2° Le Bureau désire .exprimer sa reconnaissance à M.l’abbé Naz.Dubois pour les services qu’il a rendus comme membre de ce Bureau.Aux séances du matin et de l’après-midi du 19 août, les membres du Bureau préparent et adoptent les questions et problèmes qui suivent: 84 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Sujet de composition:—Vous êtes invités, par M.le Surintendant de l’Instruction publique, à adresser la parole devant une réunion de commissaires d’écoles de votre district.—Faites le discours.Theme anglais:—“Cours de lecture à haute voix”, par l’abbé Lagacé.Les deux premiers alinéas de la page 167.Version anglaise:—“Modern History”, par Fredet.—Page 374, le premier alinéa.Pédagogie:—Indiquez quels sont les instruments de travail que l’instituteur doit avoir à son service pour l’enseignement de la géographie, et quel parti il peut en tirer.2.—Par quels moyens l’instituteur peut-il arriver à inspirer à ses élèves le goût de la lecture?Quels conseils doit-il leur donner pour que ce qu’ils lisent leur soit profitable, et comment peut-il s’en assurer?3.—Dites en quoi diffèrent à l’école, les Récapitulations, les Revisions et les Compositions, et indiquez le point d’attache ou de ressemblance qui existe entre ces procédés.4.—Faites connaître les différentes manières d’enseigner à lire aux commençants, et indiquez celle que vous préférez.Loi et réglements scolaires: 1.—Quels sont les principaux devoirs des inspecteurs d’écoles?2.—Quel contrôle les inspecteurs peuvent-ils exercer sur les secrétaires-trésoriers des muni-cipalités scolaires ?3.—A quels tribunaux les contribuables peuvent-ils appeler des décisions des commissaires d’écoles, et de quelle décisions peut-il y avoir appel ?4.—Qui sont visiteurs d’écoles ?5.—Où et comment doivent être construites les maisons d’école?Histoire:—1.—Comment l’Acte de Québec rendait-il justice aux Canadiens?2.—Que savez-vous sur le cardinal de Richeheu?3.—Racontez la révolution anglaise sous Charles I ?4.—Dites quels furent les développements successifs du territoire des Etats-Unis actuels.5.—Quelle fut la conduite des Athéniens envers Miltiade?6.—En quoi consistait la querelle des Investitutres ?7.—Qu’entend-on par gouvernement responsable, quel est l’homme d’EtaQqui en a été l’inspirateur et le défenseur ?Géographie:—1.—Comparez au point de vue des ressources naturelles la province de Québec à la province d’Ontario.2.—Quelles sont la situation et l’importance relative du canal de Suez et du canal du Sault-Ste-Marie ?Quelles régions en profitent davantage ?3.—Comparez la vallée du Mississipi à la vallée du Saint-I.aurent.4.—Quelle est l’importance des transcontinentaux canadiens au point de vue national^et économique ?5.—Indiquez la situation de chacune des villes capitales des provinces du Canada.Arithmétique:—1.—Partagez $738 entre A et B de telle sorte que les % de lajmrt de A égalent les de celle de B.2.—De la somme de 6f, 8%, 12|-, 5^ soustrayez 18f, multipliez le reste parjîlf et divisez le produit par 1|.3.—Je place deux sommes égales: l’une à 4.75%, l’autre à 3.25%.Si la première me donne un intérêt annuel de $270 supérieur à l’intérêt de la deuxième, quel est le capital placé à chaque taux, et le revenu total ?4.—Une personne avait prêté une somme à 5%.Au bout de 3 ans, on lui a remis cette somme plus les intérêts; elle a replacé le tout dans une affaire rendant 6|-%; elle touche ainsi $220.80 d’intérêts.Quel était son premier capital ?5.—Deux tapissiers doivent faire un ouvrage en 12 jours en travaillant ensemble.Au bout de 4 jours, le plus habile tombe malade, et l’autre seul met 18 jours pour terminer l'ouvrage.D’après cela, établissez le temps que chaque ouvrier seul mettrait pour exécuter la commande.^ Géométrie:—1.—Une salle de classe doit avoir une surface de 15 pieds^ par^élève.De com- L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 85 bien doit-on agrandir dans le sens de la longueur une salle de 360 pieds de surface dont la largeur est de 18 pieds pour qu’elle puisse contenir 32 élèves ?2.—On échange une pièce de terre rectangulaire de 87.6 verges de long sur 52.5 verges de large contre une autre pièce qui a la forme d’un triangle, dont le côté servant de base a 68 verges.Quelle est la hauteur de ce triangle ?3.—Une cuve cylindrique a 0.8 verge de rayon et 0.95 verge de hauteur.Quelle est la surface totale de la tôle employée, couvercle compris ?Combien contient-elle de gallons, si dans un gallon il y a 277.274 ponces cubes ?4.—Sur une route de 134 mille ayant 13 verges de large, il y a 500 tas de pierres de chacun 15.6 verges cubes.On répand ces pierres sur la route.Quelle épaisseur, en pouces, aura cette couche de réfection ?5.—Combien de verges de tapis ayant % de veige de large faudrait-il pour couvrir le plancher d’une chambre qui a 30 pieds de long et 22 pieds de large, s’il y a une perte de 15 pouces par laize en appareillant le tapis ?Algèbre:—1.—Trouvez deux nombres consécutifs tels que la somme du tiers et du quart du premier soit égale à la somme de la moitié et du sixième du second.2.—Un capitaliste place $6,400 en partie dans des parts de chemin de fer, et en partie dans des obligations municipales.Le placement dans les parts de chemin defer rapporte434% et à ce taux lui donne $16 de plus que le placement dans les obligations à 6%.Quel est le montant de chaque placement ?3.—Un réservoir est muni de deux robinets A et B, le premier servant à le remplir, le second à le vider.Si, lorsque le réservoir est vide, on ouvre les deux robinets, il sera rempli on M minutes; si, au contraire, le réservoir est plein et qu’on ouvre le seul robinet B, il sera vide en T minutes.Combien de minutes le robinet A mettrait-il à remplir le réservoir, si le robinet B est fermé.4.—A part de Montréal pour se rendre à une distance de 56 milles, B part 3 heures plus tard, mais comme il fait 5 milles de plus par heure que A, il arrive au terme du voyage en même temps que lui.On demande la vitesse de chaque voyageur.5.—-Le périmètre d’un rectangle est de 302 verges et la surface de 5,460 verges carrées.’ Quelle en est la diagonale ?Dessin:—Dessinez la chaise placée devant vous.Examen oral: Lecture expliquée et littérature: "Le chêne et le roseau”, (Cours de lecture Lagacé, page 277).1.—Expression, prononciation, articulation.2—Lecture expliquée et littérature.1° Expliquez les mots roitelet, aquilon, zéphir.2° Quel est le sens du vers: “Cepe?idant que mon front, au Caucase pareil’'.3° Que signifie cette phrase: “Sur les humides bords du royaume du vent”.4° Indiquez le vers où commence le dénouement.5° A quel genre de poésie appartient le morceau?Dans quel siècle vécut Lafontaine?Les candidats ont, de plus, subi un examen oral sur l’agriculture, les sciences naturelles et la philosophie.Aux séances des 20, 21 et 22 août MM.Joseph-Noël Gingras, Jos.-Emile-Alphonse Gosselin, Pierre-Arthur Ladouceur et Théophile Tourillon subissent les examens et obtiennent les notes suivantes sur les différentes matières du programme: 86 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE anua^qo 0^0jq Bien.Bien.Gde dist.Gde dist.0UTI0ÀOJ/\[ 4.3 4.5 5.5 5.8 Le fondateur de Québec fut le héros le plus complet qu’on puisse imaginer.Gaetane de Montreuil, (Fleur des Ondes) Explications et exercices.—Quelles: avec avec quoi l’accord ?mœurs, coutumes, langue, tous trois du féminin.—leur langue: pourquoi pas au pluriel comme mœurs et coutumes ?Les peuples ont des mœurs, des coutumes, mais ils n’ont chacun qu’wne langue.—ressemblé: pourquoi au singulier ?Il ne peut y avoir accord puisque se n’est pas complément direct mais indirect.L’action ne part pas du sujet pour revenir à lui comme si l’on disait se sont révélés.Les uns ont ressemblé aux autres.Ce verbe est 122 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE essentiellement intransitif, même ""quand il est conjugué comme pronominal puisqu’on ne peut ressembler quelqu’un ni soi-même.— arrière-pensée: comment fait le pluriel ?arrière-pensées.—évidemment: d’une manière évidente, c’est-à-dire bien visible.—dont: ce pronom renferme la préposition de et ne peut jamais être employé comme complément direct.On pourrait ici le remplacer par de laquelle (de l’entreprise).—Couraient: donnez le participe passé: Couru: le présent de l’ind.?Je cours.-.il court ils courent; le passé défini?Je courus.nous courûmes; le futur simple?je courrai, etc.—-appas: attraits, apparences séduisantes; ne pas confondre avec appât, pâture mise dans un piège pour attirer un animal qu’on veut prendre.—grandiose: ce mot dit plus que grand) il signifie par la 6ecm£é, l’étendue, la nobles- se, l’élévation.—héros: celui qui se distingue par des actes qui demandent beaucoup de gz-andeur d’âme, de sacrifice, d’oubli de soi-même.Ne pas confondre avec héraut celui qui proclame, qui annonce l’arrivée d’un grand personnage, une déclaration, un programme au public.Relevez oralement tous les adjectifs en indiquant leur nature et avec quel mot ils s’accordent.Récitation L’enfant et le miroir.Un enfant, élevé dans un pauvre village, Revint chez ses parents, et fut surpris d’y voir Un miroir.D’abord il aima son image, Et puis par un travers bien digne d’un enfant, Et même d’un être plus grand, U veut outrager ce qu’il aime, Lui fait une grimace, et le miroir la rend.Alors son dépit est extrême; Il lui montre un poing menaçant, Il se voit menacé de même.Notre marmot fâché s’en vient, en frémissant, Battre cette image insolente: Il se fait mal aux mains: sa colère en augmente: Et furieux, au désespoir, Le voilà, devant ce miroir Criant, pleurant, frappant la glace.Sa mère qui survient le console, l’embrasse, Tarit ses pleurs, et doucement lui dit: “N’as-tu pas commencé par faire la grimace A ce méchant enfant qui cause ton dépit ?—Oui.—Regarde à présent; tu souris, il sourit Tu tends vers lui les bras, il te les tend de même Tu n’es plus en colère, il ne se fâche plus, De la société tu vois l’emblème: Le bien, le mal nous sont rendus.” Florian.Questions et explications.—Son image: à celle de sa personne réfléchie dans le miroir.— Travers: mouvement contraire à la raison, à.la règle, opposé à ce qui est droit, juste.— Insolente: à ses yeux, son dépit lui faisant perdre la raison.—Désespoir: désolation.Gradation habile des termes qui expriment les sentiments qu’éprouve l’enfant: dépit, chagrin, œlère, fureur,, désespoir.—Tarit: essuie, sèche.—La société: terme dont on se sert pour exprimer une réunion d’hommes ayant ensemble des relations journalières.—Emblème: représentation d’une chose.Expliquer la morale.—Le miroir, qui reflète les gestes et les actions de l’enfant, représente la société humaine, où la douceur, la bienveillance,, la modération, nous font accueillir des autres avec douceur et bienveillance; mais où la colère, la haine, la vengeance provoquent la vengeance et la colère.MATHEMATIQUES ARITHMETIQUE, CALCUL MENTAL.Donnez les quotients des divisions suivantes: 64 oranges,—80, — 72, — 88, — 104, — 120, — 96, — 128, — 112, — 144, — 152, — 168 — 136; par 8.Rép.8 oranges,—10, — 9, — 11, — 13, —15, — 12, — 18, — 14, — 18, — 19, — 21,-17.36 pommes, — 63, — 99, — 45, — 72, — 54, — 81, — 108, — 144, — 90, — 117, — 153, — par 9.Réo.4 pommes,—7, — 11, — 5, — 8, — 6,—-9,—-12,-16, — 10, — 13, — 17.Donnez le quotient complet de chacune des divisions suivantes: 7 pommes, — 11, — 17, — 33, — 45, — 29, —- 39, — 43 par 2.Rép.7 -e 2 = 3 pommes \. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 123 Ou bien: la moitié de 7 pommes est de 3 pommes 8L l&T 22^, 142, „ - S ' reste 1: quotient 2 poires Ou bien: le tiers de 7 poires est de 2 poires 7 poires, — 14, — 16, — 17, — 22, — 26, — 31, — 50, 56 par 3.Rép.7 ¦ 3 ¦4 i • j ’___1 „ .1 ^ 4-1 /-] /~v 'T i rvo-f rl û O -1- 7 poires, — 14, 14 -7- 3 = 4.reste 2: quotient 4 poires f.Ou bien: le tiers de 14 poires est de 4 poires 51 - 5f, - 71 - 8|, - 101, - 16|, - 18|.Ou bien: le tiers de 14 poires est de 4 poires PROBLEMES DE RECAPITULATION SLR LES QUATRE OPERATIONS.1.—Un ménage à dépensé $950.dans les premiers 5 mois de l’année.De combien faut-il diminuer la dépense de chaque jour qui reste pour que le total ne soit que de $1,800 à la fin de l’année?L’année n’est pas bissextile, et les mois sont comptés avec le nombre de jours qu ils ont réellement.Solution; Jan.31 + fév.28 + mars 31 + avril 30 + mai 31 = 151 jours.365 — 151 = 214, nombre de jours qui restent.A.KJ JL.X JL J J.-1 A-l J.KJ A VXVJ J VJ V-4A.x-»_> v.v-v/.$1800 — $950 = $850, somme qui reste.T" - "2 > ' $3.97 + 2.—Deux troupes d’ouvriers composées, la 1ère de 96 hommes, la deuxième de 120 hommes, ont construit une muraille de 1296 verges de longueur.On demande le prix de la verge, sachant que les seconds ouvriers ont reçu $69.12 de plus que les premiers.Solution: 120 — 96 = 24, le nombre d’hommes qu’il y avait de plus dans la seconde troupe que dans la première.$69.12 -h 24 = $2.88, les gages d’un ouvrier.96 + 120 = 216, le nombre total d’ouvriers.$2.88 X 216 = $622.08, le salaire des total ouvriers et aussi le coût du mur.$622.08 -r- 1296 = $0.48, le coût de 1 verge.Rép.PROBLEMES DE RECAPITULATION SUR LES FRACTIONS.1.—Je devais $187.64, j’ai donné 34|- verges de drap à $2.18 la verge.Que me reste-t-il à payer ?Solution: $2.18 X 34f = $2.18 X -Lf- = 1.09 X H® = == *75.755, valeur du drap.Autrement: $2.18 X 34f = $2.18 X 34.75 = $75.755, valeur du drap.$187.64 - $75.755 = $111.885, ce qui reste à payer.Rép.2.—Un commis gagne $768 par an.Combien lui doit-cn pour 9 mois et ^ ?$768 -h 12 = $64, son gain par mois.$64 X 9 = $576, son gain pour 9 mois.! de $64.= $64 X | = $-af-û- = $53^-, son gain pour d’un mois.$576 X $53^ = $629£.Rép.REGLES DE L’UNITE, POURCENTAGE, Etc.1.—Une personne qui avait placé les de son capital à o-\% et le reste à 5% retire ses placements et après avoir prélevé $4136 pour paiement de quelques dettes, elle replace ce qui lui reste a 6-^%.Elle se trouve ainsi avoir augmenté son revenu de $138.545.Quel était son capital primitif ?Solution: | à 3^-% = f X 0.035 = = 0.013125 = 1.3125% sur le tout, f à 5% = | X 0.05 = Ar = 0.03125 = 3.125% sur le tout.Ainsi le capital total se trouvait placé à 1.3125% + 3.125% = 4.4375%.Si dans le nouveau placement à 6Lj% ia personne avait inclus les $4136, qu’elle déboursa pour 124 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE payer des dettes, son revenu aurait été augmenté de $4136 X 0.065 = $268.84 et son revenu total aurait été augmenté, non de $138.545, mais de $138.545 + $268.84 = $407.385.Le taux a été augmenté de 6J4% — 4.4375% = 0.065 — 0.044375 = 0.020625.$407.385 - 0.020625 = $19752, le capital primitif.Rép.Algèbre 1.—0?i nous demande de résoudre le problème suivant par l’algèbre.Trois femmes A, B et C ont ensemble 360 œufs.Si A donne \ de ce qu’elle à C et que B donne l de ce qu’elle a à C, elles auront alors le même nombre d’œufs.Combien en ont-elles cha- cune?Solution: Soient 7:c le nombre d’A, 3/y celui de B et 360 — 7x — 3y celui de C.7x — x = 120.(1) 3y - y = 120.(2) 360 — 7x — 3y + x + y = 120.(3) Réduisant (1): 6x = 120.(4) D’où x = 20.(5) Et 7x = 20 X 7 = 140.(6) Rép.Réduisant (2): 2y = 120.(7) D’où y = 12 0 = 60.(8) Et 3?y = 60 X 3 = ISO.(9) Rép.Substituant les valeurs de 7x et de 3?y à ces quantités dans l’expression représentant C nous avons 360 — 140 — 180 = C 40 = C.Rép.2.Trouvez la valeur d’x dans l’équation suivante.— 4 o i Sæ4- 3 _ 7x + l To ~ -—2 0“ Multipliant par 240 le plus petit multiple commun des dénominateurs on a: 112x - 64 - 480 + 45x + 45 = 84x + 12 Transposant on a: 132x + 45x — 84x = 12 + 64 + 480 — 45.Réduisant: 73x = 511 x = 7.Rép.PREMIERS ELEMENTS DE GEOMETRIE PRATIQUE 1.—Un champ rectangulaire a 380 verges de périmètre, et la différence entre la base et la hauteur est de 80 verges, Calculez 1° la surface du champ; 2° le rayon du cercle équivalent 3° la surface et le côté du losange dont les diagonales seraient respectivement égales l’une à la base, l’autre à la hauteur du rectangle.Solution: 380 T- 2 = 190, la somme de la base et de la hauteur.190 + 80 = 270, = 2 fois la base.270 T- 2 = 135 la base.135 — 80 = 55 la hauteur.135 X 55 = 7425, la surface du champ.Rép.2° 7425 -f- 3.1416 = 2363.45 La racine carrée de 2363.45 = 48.6.Rép.3° (135 X 55) = 2 = 3712.5.Rép.2.—Dans un jardin carré de 97.2 verges de côté, on veut construire un bassin circulaire qui occupe le sixième de la surface?Quel sera son diamètre?Solution: 97.2 X 97.2 .= 9447.84, surface du jardin.9447.84 -7- 6 = 1574.64 surface du bassin.1574.64 -j- 0 7854 = 2004.9 La racine carrée de 2004.9 = 44.8 verges, diamètre du bassin.Rép. I \ L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 125 LANGUE ANGLAISE Recitation That Other World There in that other world, what waits for me ?What shall I find after that other birth?No stormy, tossing, foaming, smiling sea, But a new earth.No sun to mark the changing of the days, No slow soft falling of the alternate night, No moon, no star, no light upon my way, Only the Light.No gray cathedral, wide and wondrous fair, That I may tread where all my fathers trod.Nay, nay, my soul, no house of God is there, But only God.Mary E.Coleridge.Dictation and composition The Fox without a tail.A fox being caught in a trap, was glad to save his neck by leaving his tail behind him, but, upon going abroad into the world, he began to be so ashamed of his defect, that he almost wished he had died in the trap.However, resolving to make the best of a bad case, he called a meeting of the rest of the foxes, and proposed that they should all follow his example.“You have no notion”, said he, “of the ease and comfort with which I now move about.I could never have beheved it if I had not tried it myself.But really, when one comes to think of it, a tail is such an ugly, useless thing, that one wonders how foxes have put up with it so long.I propose, therefore, my worthy brethren, that you should profit by my example, and that all foxes from this day forward should cut off their tails.” ^ '.Thereupon, one of the oldest stepped forward, and said, “I rather think, my friend, that you would not have advised us to part with our tails, if there had been any chance of recovering your own.” Questions.—What led the fox to advise his neighbors to cut off their tails ?What reason did he give for it ?What did an old fox say ?LE CABINET DE L’INSTITUTEUR Le chant à la petite école Le morceau que nous donnons comme exercice de chant pour ce mois, est d’une grande simplicité et convient bien aux jeunes élèves.On le fera tout d’abord lire, afin de s’assurer que les enfants saisissent bien le sens.C’est de première importance pour bien chanter.Assurons- nous donc, par exemple, que les inversions de sa splendeur inonde la terre.de tous biens l Auteur et le Maître.sont bien comprises.Demandons la signification des expressions A V ouvrage!.C’est merveille!.qui veulent dire mettons-nous à Vouvrage.c’est merveille de la voir.Ces quelques couplets nous invitent à agir, à travailler avec entrain comme si tout dépendait uniquement de nous, sans oublier l’Auteur de tous biens: “Aide-toi, le Ciel t aidera .La mélodie est facile, d’un rythme très simple, mais cependant originale et très expressive.On pourra faire chanter la seconde partie {notes d’en bas) par quelques voix graves; mais la mélodie doit dominer et bien ressortir.La phrase musicale se compose de deux membres égaux, dans chacun desquels on doit enfler un peu la voix jusqu’au milieu pour diminuer insensiblement ensuite.Les trois dernières mesures doivent être un peu ralenties sans exagération.D ailleurs nous sommes persuadés que si les chanteurs comprennent ce qu’ils chantent et ont dans 1 idée de le faire comprendre à ceux qui écoutent, ils mettront tout naturellement l’expression.H.Nansot, Insp.d’écoles. 126 l L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE C-A'X (XmA- Aaa, VVL(^bvVU-.T i I ) T) -1 i Él FgT •-#- S-.-S f- f ^ ' r.i ii r i i Ac- £A- XJZ^ewdL' 'iuvi' dUa^AjL^.4 1
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