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Titre :
L'enseignement primaire : journal d'éducation et d'instruction
Éditeur :
  • Québec :[L'enseignement primaire],1881-1956
Contenu spécifique :
Mars
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
autre
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • École primaire (Lévis, Québec)
  • Successeur :
  • Instruction publique
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L'enseignement primaire : journal d'éducation et d'instruction, 1915-03, Collections de BAnQ.

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36e Année Québec, Mars 1915 No 7 I ’ rriseîgnerrient Primairç C.-J.MAGNAN.Propriétaire et Rédacteur-en-dieg .' ' S *¦ ' ^**'*‘***^>' '*• ' ' .• >; >• 'A .-.-•.•.'-.:•: '.••¦• .,y y.- MlSk >>r ' •¦¦ C |Î V .§fi 1 sf/f’y' v ‘ , ': ^ V- J ¦ ¦ ¦ '' ¦' " -:- Slü y^.f .ÿ •*:¦: :¦ : - ¦ •• V ¦ : æ ' /yV, ;r:^; i W-VfFiry-r-'T*', &sm mêm ,v>.iM, ¦./ a -;S ft.Mil " :, ^55/4 - ¦ Ancienne Eglise des Récollets aux Trois-Rivières (Voir notice au verso) 386 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Ancienne Eglise des Récollets aux Trois-Rivières Cette église fut bâtie en 1754 et demeura la propriété des Récollets jusqu’en 1813, alors-que mourut à Montréal le Père Louis Demers, le dernier de son ordre au Canada.Depuis 1823, cette antique église est affectée au culte protestant, le gouverneur général, le comte Dalhousie, l’ayant concédée au ministre anglican des Trois-Rivières, sans se soucier des autorités catholiques, véritables propriétaires de la vieille église depuis l’extinction de l’ordre des Récollets au Canada.C’est sous cette église, suivant le R.P.Odoric, O.F.M., que reposent encore les restes mortels du célèbre Frère Didace, de sainte mémoire.Leçon de choses sur le culte Un jour, une grande dame, qui posait pour libre-penseuse, discourait avec Brucker, le célèbre romancier, sur des sujets religieux; ne pouvant plus rien répondre à son interlocuteur, elle finit par lui dire: “Eh bien! soit, monsieur Brucker, je conviens qu’il y a du bon dans le dogme et dans la morale catholiques; mais le culte! mais ces pratiques extérieures! comme c’est mesquin! Avouez qu’il serait bien mieux de s’en passer.La religion y gagnerait beaucoup”.Brucker qui, jusque-là, s’était montré envers son interlocutrice de la plus exquise courtoisie, sedève, comme poussé par un ressort, lui posa la main sur l’épaule et lui dit: —Ah! ma grosse dondon, que tu as d’esprit! —Monsieur, fit la dame indignée, en reculant de trois pas, pour qui me prenez-vous?Vous ignorez donc les premiers principes de la politesse ?—Madame, lui répondit Brucker, pardonnez-moi de n’avoir pas compris que vous exigiez pour vous un culte extérieur qui vous paraissait tout à l’heure de si peu d’importance, le culte extérieur n’étant autre chose que les formes de la politesse et du respect que nous devons rendre à Dieu.Le ménage à Saint-Cyr Mme de Maintenon avait fait de la maison de Saint-Cyr une famille, un ménage.Les grandes demoiselles habillaient, peignaient, nettoyaient les petites.Chacun avait sa tâche marquée, à l’infirmerie, à la lingerie, au dortoir, au réfectoir; on faisait les lits, on frottait, on époussetait; les plus jeunes étaient employées à éplucher les fleurs pour les sirops, à ramasser les fruits, à préparer les légumes.Pendant les premières heures de la matinée surtout, la maison était une véritable rucl e.Agir et travailler, travailler des bras énergiquement, était l’obligation commune.Et il y eût fait beau voir que l’on ne se refusât à aucune besogne, qu’on se plaignît du froid, de la fumée, du vent, de la poussière, des puanteurs, qu’on fît la grimace pour une fenêtre ou pour une porte mal close, qu’on demandât d’apporter ce que l’on pouvait prendre soi-même; Mme de Maintenon était là peut-être dans la chambre voisine, toute prête à noter les négligences et à gourmander les lâchetés.Cette activité domestique devait être considérée comme un honneur, bien loin de paraître une peine; elle en triomphait; elle aurait voulu qu’on vît tout Saint-Cyr le balai à la main.Même dans les travaux de couture, elle distinguait ceux qui sont utiles de ceux qui ne sont que de pur agrément.Ses conseils à cet égard méritent une mention particulière.L’occupation manuelle était un des grands moyens d’éducation de Saint-Cyr.Mme de Maintenon s’en servait pour ramener les enfants au repos et au silence, pour empêcher leur esprit de se dissiper et de s’égarer.Elle ne connaissait pas de meilleure sauvegarde contre les dangers de l’oisiveté.O.Gréard. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 387 PEDAGOGIE RAPPORT DU SURINTENDANT DE ^INSTRUCTION PUBLIQUE Pour l’année 1913-14 Département de l’Instruction publique.—(Suite) (1) L’agriculture a l’école Le département de l’Instruction publique s’est efforcé, depuis plusieurs années, de favoriser l’enseignement agricole dans les écoles rurales.C’est ainsi que les étudiants des écoles normales ont eu l’avantage d’entendre chaque année des spécialistes en agriculture leur donner des conférences sur cette branche spéciale de l’enseignement primaire.De même, dans les congrès d’instituteurs et de commissaires d’écoles, je me suis fait un devoir de démontrer combien il importe de donner aux élèves des notions élémentaires d’horticulture et de développer dans leur jeune intelligence l’amour de l’agriculture.La loi adoptée, en 1913, par le parlement fédéral pour favoriser le développement de l’instruction agricole dans les provinces de la Confédération devra accélérer ce mouvement.On sait que le gouvernement d’Ottawa a fait voter à cette fin une somme de $10,000,000 à répartir entre les provinces, dans l’espace de dix ans, en proportion de leur population, l’emploi de cette subvention étant déterminé par un accord entre le Ministère fédéral et les Gouvernements provinciaux.C’est ainsi que la province de Québec doit recevoir pour sa part, en 1914, la somme de $159,733.32.Cette subvention, ajoutée au montant que la Législature de Québec vote annuellement dans le même but, fait prévoir d’heureux résultats.Pour mettre à profit cette action commune des deux gouvernements, le Conseil s’est occupé spécialement de la diffusion de l’enseignement agricole dans les écoles paroissiales.En septembre 1913, le Comité catholique nomma un comité spécial pour étudier les moyens les plus pratiques à prendre et les modifications qu’il serait utile de faire aux programmes des écoles normales et des écoles primaires en vue du but à atteindre.Ce comité spécial, composé de l’honorable M.Delâge, président de l’Assemblée Législative, de Monseigneur Baril, de Monseigneur Ross, de M.Charles Chapais, agronome d’expérience, et du Surintendant, exprima dans son rapport le vœu de voir les auteurs qui s’occupent de la rédaction des livres (1) Voir l’Enseignement Primaire de février 1915. 388 RENSEIGNEMENT PRIMAIRE de c asse pour les écoles primaires préparer leurs ouvrages de manière à ce que la note dominante y soit la note agricole pour ce qui est des écoles de la campagne.Il jugea l’œuvre des’jardins scolaires comme chose très pratique et recommanda, comme très utile, l’introduction dans les écoles de tableaux muraux concernant les choses de l’agriculture.Le Comité catholique adopta le rapport et représenta au gouvernement combien il serait utile de faire donner des cours de vacances sur l’agriculture aux inspecteurs d’écoles et de favoriser l’œuvre des jardins scolaires en aidant aux municipalités rurales à agrandir les emplacements d’écoles pour y faire de l’horticulture pratique.Je suis heureux de signaler le fait que l’honorable M.Caron, ministre de l’Agriculture, a bien voulu offrir à plusieurs inspecteurs d’école de suivre, en janvier dernier, à l’Institut agricole d’Oka, un cours abrégé d’agriculture.Quatre d’entr’ eux acceptèrent cette offre généreuse et allèrent passer douze jours à l’école.Durant les vacances de l’été, plusieurs autres de ces fonctionnaires ont eu le même avantage.M.l’inspecteur Marquis, l’un de ceux qui ont suivi ce cours d’Oka, dit dans son rapport: “J’ai la conviction intime que les connaissances acquises pendant ces quelques jours se réfléteront sur les écoles du district de ces inspecteurs et dans leur entourage immédiat, pour ceux qui demeurent à la campagne”.En effet, au point de vue agricole, il peut en résulter d’heureuses conséquences.Il serait même à désirer que le plus grand nombre des inspecteurs d’écoles, dans l’intention d’être plus à même de régler dans leur district d’inspection les difficultés scolaires qui peuvent surgir et, en général, de rendre plus de services à la classe agricole, fixassent leur résidence à la campagne; ils y vivraient plus à l’air, eux et leur famille, et pourraient exercer dans leur paroisse une influence bienfaisante.Poursuivant cet examen sommaire des développements de l’agriculture, je dois mentionner la convention interprovinciale qui eut lieu à Ottawa, au mois de mars dernier.On y avait invité les ministres de l’Agriculture, les ministres ou surintendants de l’Instruction publique de chacune des provinces et les principaux des écoles d’agriculture.Je crus opportun de m’y faire représenter par M.Lionel Bergeron, assistant-secrétaire de mon département.A ce congrès, il fut question naturellement de l’enseignement de l’agriculture dans les écoles primaires et de l’enseignement agricole technique.Le rapport de M.Bergeron constate que le Dr James, chargé par le cabinet fédéral de voir à l’administration des subsides aux provinces, recommanda à chacune de ces dernières, qu’il y ait une entente entre le ministre ou le surintendant de l’Instruction publique et le ministre provincial de l’Agriculture en vue d’obtenir les résultats les meilleurs de cette organisation de l’enseignement agricole.Je disais, dans un précédent rapport à la Législature, que l’école rurale devrait être comme une classe préparatoire a l’entree des enfants de culti- L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 389 valeurs dans les écoles d’agriculture.Je crois que l’on ferait bien de mettre à l’étude la question de savoir si, là où l’état de choses le permettrait, il ne serait pas possible de subventionner quelques écoles pour leur permettre de posséder un jardin de démonstration sous la surveillance d’agronomes de district, ou une ferme conduite par un cultivateur intelligent qui suivrait les direction du profeseur d’agriculture.On pourrait ensuite favoriser les meilleurs élèves, après examen satisfaisants, et, à titre de récompense, les gratifier d’une bourse aux écoles d’agriculture provinciales.Un essai que j’ai déjà signalé et qui paraît réussir a été tenté par l’intelligente et zélée commission scolaire de Saint-Casimir de Portneuf.Elle a chargé les instituteurs qu’elle emploie, les Frères de l’Instruction Chrétienne, dont la compétence en matière agricole est reconnue, d’introduire l’enseignement pratique de l’agriculture à l’académie de l’endroit, et elle s’est assuré la coopération active de M.J.-C.Magnan, agronome pour le district d’agronomie de Portneuf et Champlain et qui réside à Saint-Casimir même.On organisa dans ce village, l’automne dernier, une exposition scolaire agricole, une des premières du genre dans la province et à laquelle près de 300 enfants prirent part en y apportant quantité de légumes et 75 pièces de travaux domestiques exécutés par les jeunes filles du couvent de l’endroit.Cette exposition scolaire, quelque modeste qu’elle puisse paraître, n’a pu manquer de jeter dans l’intelligence des élèves une semence qui portera de bons fruits.Ce qui se fait à Saint-Casimir peut s’accomplir en d’autres localités et avec les mêmes bons résultats.Une autre exposition scolaire a été tenue à Shawville où le représentant du Collège Macdonald fait un travail fructueux en faveur des enfants des écoles des cantons de Clarendon et de Bristol.On a beaucoup admiré, dit M.l’inspecteur Honeyman, les objets exposés par les enfants.L’organisation dans les écoles de la campagne de l’enseignement agricole, sur une base judicieuse et pratique, mérite assurément la plus sérieuse considération.DISTRICTS D’INSPECTION L’utilité des inspecteurs d’écoles n’est plus mise en doute.Ces fonctionnaires renseignent le département de l’Instruction publique sur les lacunes qu’ils remarquent au cours de leur inspection des écoles, sur les négligences apportées dans la mise en pratique du programme d’études, sur l’emploi de méthodes défectueuses, en un mot sur l’observance de la loi et des règlements du conseil de l’Instruction publique.Afin que l’inspection puisse se faire sans précipitation et d’une manière efficace, il est nécessaire que le nombre des inspecteurs augmente en proportion de l’accroissement de la population et de l’établissement des nouvelles écoles dans les régions de colonisation. 390 L'ENSEIGNEMENT PRIMAIRE C'est ainsi qu’une nouvelle division des districts^d’inspection catholiques serait actuellement nécessaire.Le dernier remaniement de ces districts date de 10 ans.Depuis, la population a notablement augmenté de même que le nombre des écoles.Voici l’augmentation que je constate de 1904 à 1912-13.1904 1912-13 Nombre des écoles catholiques Municipalités scolaires.Arrondissements scolaires.Nombre des élèves catholiques 5,350 5,920 1,132 1,255 5,074 5,587 263,099 362,934 On voit par cette statistique combien s’est accrue la somme de travail imposée aux inspecteurs.Lors du remaniement de 1904, on fixa approximativement à 150 le nombre des écoles qu’un inspecteur aurait à visiter, et les règlements n’exigeaient qu’une visite d’inspection par année.Aujourd’hui, ils prescrivent deux visites annuelles et le travail des inspecteurs se trouve par conséquent doublé.Dans certaines parties de la province, comme dans les régions de Pontiac, du Témiscamingue, de la Baie-des-Chaleurs et autres, les inspecteurs ont quelquefois de grandes distances à parcourir pour se rendre d’une école à l’autre, et cela par des chemins impraticables.Et même pour ce qui est du district d’inspection qui comprend le comté de Pontiac et une partie de celui d’Ottawa, l’inspecteur écrit que le territoire qu’il a à desservir est trop étendu pour lui permettre de faire deux visites annuelles.Dans la région de Témiscouata, M.l’inspecteur Nansot à 197 écoles sous contrôle et 9 écoles indépendantes, soit 206 écoles à visiter.Le district d’inspection de Montréal, renferme 56 municipalités, 169 écoles sous contrôle comprenant 1,505 classes.Le Comité catholique a déjà demandé la nomination de trois nouveaux inspecteurs pour le Témiscamingue, Témiscouata et Montréal, et il faudrait sans doute en ajouter quelques autres pour que l’inspection officielle ait toute son efficacité.—(à suivre).Boucher de LaBruère, Surintendant.Aux Instituteurs et aux Institutrices Nous attirons l’attention des instituteurs et des institutrices sur l’avis que nous donnons aux secrétaires-trésoriers dans la dernière page de la présente livraison.Nous invitons les commissions scolaires, chaque fois qu’il y a plus d’un maître ou d’une maîtresse dans une école, à abonner tout le personnel enseignant de la municipalité.Ainsi, chaque instituteur et chaque institutrice recevrait L’Enseignement Primaire. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 391 Importance de l'école primaire Discours prononcé a Montréal, par M.C.-J.Magnan, Inspecteur GÉNÉRAL, À l’occasion DU CONGRÈS DES COMMISSAIRES D’ÉCOLES DE LA RÉGION, LE 31 JANVIER, 1915.M.le Président, Monseigneur, ( 1 ) Mesdames et Messieurs, C’est avec plaisir que j’ai accepté l’aimable invitation qui m’a été faite de traiter devant vous le sujet indiqué au programme: “Importance de l’école primaire”.Nul auditoire ne me semble mieux préparé que celui à qui j’ai l’honneur de m’adresser en ce moment pour entendre parler de nouveau du rôle de l’école primaire, de sa mission sociale, en un mot de son importance.D’ailleurs, la conférence de M.le surintendant de l’Instruction publique vous a déjà démontré que l’école est une grande chose au point de vue national et religieux, j’ajouterai au point de vue économique, puisque ceux—vous, MM.les commissaires,—qui ont mission de par la loi, au nom des pères de famille, d’organiser et de diriger les écoles dans la localité, sont placés au-dessus de tous les autres officiers municipaux.Mission de l’école primaire Ces écoles, messieurs, que vous avez à créer, organiser et diriger ont pour mission 1’“Education complète” de l’enfant.Elles ne sauraient se contenter d’instruire, c’est-à-dire d’orner l’intelligence, car elles doivent surtout former le cœur et la volonté; elles doivent aussi s’intéresser à la santé des élèves et à leur culture physique.L’Éducation, c’est le but de l’école, c’est le tout.En effet, d’après Monseigneur Dupanloup, “l’Éducation doit former l’homme dans l’enfant: faire de l’enfant un homme; l’instituer dans la vie homme fait.”(2) Comme l’école est le prolongement de la famille, tout le problème de l’éducation l’intéresse: Éducation physique, éducation intellectuelle, éducation morale ou disciplinaire, éducation religieuse.Car celle-ci n’est pas la moindre, bien que je la nomme la dernière.Au contraire, elle résume toutes les autres, elle doit les pénétrer, elle les domine.“C’est la religion seule qui fait de l’Éducation tout entière, une école de respect” (3).Écoutons cet aveu arraché à l’éminent philosophe protestant, Guizot: “Le Catholicisme est la plus grande, la plus sainte école de respect qu’ait jamais vue le monde”.(1) Sa Grandeur Monseigneur Gauthier, évêque auxiliaire de Montréal.(2) De l’Education”, Dupanloup, p.137.(3) Monseigneur Dupanloup. 392 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE On le voit, le rôle dévolu à l’école primaire est noble, beau, grand, mais aussi difficile.N’embrasse-t-il pas, en effet, étant donné l’objet de l’éducation, “le développement progressif et harmonique des facultés physiques, intellectuelles, morales et religieuses ?”(1) Et cette tâche, l’école doit l’accomplir de concert avec les parents des élèves, suppléant au besoin à l’insuffisance de préparation des premiers, qui, parfois, entravent l’œuvre de la bonne éducation par leur négligence ou leurs mauvais exemples.Le rôle de l’instituteur Ah! le rôle de l’école primaire comme il est important! La tâche de l’instituteur comme elle est sublime, mais aussi difficile! Ecoutez, Messieurs, ce que l’un des plus grands éducateurs belges de notre temps dit de “la mission de l’instituteur”: “L’instituteur a pour mission de donner à ses élèves l’éducation physique, intellectuelle et morale-—d’en faire des enfants robustes, instruits et bien élevés, de fidèles chrétiens et de bons citoyens, car il est le délégué de la famille, de l’Église et de l’État.'L’élève se confie au maître, corps et âme.Il lui demande la santé et les forces corporelles, les lumières de la raison, la vertu, ornement du cœur» afin qu’il puisse jouir ici-bas d’une certaine félicité, en attendant le bonheur éternel.“La famille demande à l’instituteur de lui former des enfants robustes» sages et vertueux, qui feront plus tard sa prospérité et sa joie.“L’Église remet à l’éducateur ce qu’elle a de plus cher, les âmes de ses enfants qu’elle a rendues, par le baptême, héritières du ciel.En lui conférant le droit d’enseigner les éléments de la religion, elle lui impose charge d’âmes et le devoir de veiller sur l’enfance.“L’État lui confie ses futurs citoyens pour qu’il en fasse de bons patriotes”.(2) La mission de l’instituteur en est donc une toute de dévouement et d’apostolat.Elle exige de ceux qui veulent la remplir les plus hautes qualités intellectuelles, morales et professionnelles.On ne saurait donc choish avec trop de soin les instituteurs et les institutrices à qui les écoles primâmes sont confiées, car il n’est pas de question plus importante pour une nation et pour une société entière que celle de l’éducation des enfants.l’Éducation d’une génération réagit forcément sur l’éducation des générations suivantes.Et l’importance de l’école primaire grandit encore de ce fait que de nos jours la plupart des familles laissent à l’école, du moins dans la plus large mesure, le soin de l’éducation des enfants.Dans les villes, cette (1) Directoire scolaire”, chanoine Barès, p.64.(2) Haustrate et Lebeau, Cours de Pédagogie, p.14. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 393 tendance est plus marquée; dans bien des cas, c’est le pensionnat qui enlève l’enfant à la famille dix mois durant; dans d’autres, et ils sont fréquents, on ajoute aux cinq ou six heures règlementaires de classe l’étude du matin et celle du soir.D’une façon ou d’une autre, l’enfant vit en dehors de la famille les trois quarts du temps, et, hélas! l’autre quart est partagé entre la rue et le foyer paternel.La tache nationale de l’école par l’éducation En acceptant ainsi de suppléer aux parents dans la tâche de l’éducation, l’école assume donc une grande responsabilité.Si elle est bien organisée, bien dirigée, ce qu’elle doit être, en un mot, elle remplit alors une tâche vraiment nationale, en se chargeant d’élever les générations qui lui sont confiées.Je dis élever, car dans les conditions où nos écoles se trouvent, elles doivent non seulement apprendre à leurs élèves à lire, écrire et à compter; les initier aux connaissances nécessaires dans la vie, mais les instruire de leurs devoirs religieux et faire l’éducation de leur caractère.Il faut le reconnaître, l’école est généralement plus favorable que la maison paternelle à l’éducation du caractère, grâce à la discipline qui substitue dans la première une loi fixe et immuable à la direction incertaine, inégale et parfois contradictoire de la seconde.Tout dans l’école concourt à l’éducation et au redressement du caractère; le contact des élèves entre eux, la présence, les leçons et surtout les exemples du maître, les prières, les devoirs, les lectures, les chants, les jeux, les punitions, les récompenses, toute la trame enfin de la vie scolaire.De cette éducation du caractère naîtra comme naturellement la politesse et les bienséances chrétiennes qui font le charme des bonnes familles et des sociétés policées.“Les manières polies donnent cours au mérite et le rendent agréable, et il faudrait avoir de bien éminentes qualités pour se soutenir sans la politesse”, a dit La Bruyère.La politesse s’acquiert bien plus par l’exemple que par le précepte.Cette remarque de Joubert est bien juste: “Les enfants ont plus besoin de modèles que de critiques .C’est pourquoi tout ce que dit et fait le maître en classe doit être l’expression d’un idéal sous une forme concrète, idéal soit de beauté, soit de vertu, soit de vérité.C’est donc tout le problème de l’éducation morale, éclairée et renforcée par l’éducation religieuse, qui se joue à l’école primaire.De l’instruction.—Qualités professionnelles des maîtres Mais cette éducation morale elle-même ne saurait se passer de 1 éducation intellectuelle, c’est-à-dire de 1’“instruction”.Ici nous touchons à la mise en opération du programme d’études, qui exige du maître des connaissances pédagogiques variées, claires et complètes.Le difficile à 394 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE l’école primaire c’est d’éveiller d’abord les facultés de l’enfant avant de songer à meubler l’esprit de connaissances et de mettre à sa portée les notions qu’il doit acquérir.C’est une erreur de croire qu’“enseignement primaire” veut dire simplement: apprendre aux enfants à lire, écrire et calculer, et leur mettre dans la tête quelques notions acquises à la hâte par des procédés mécaniques, c’est-à-dire en faisant apprendre des pages par cœur; ou encore en exerçant à l’orthographe, en donnant dictée sur dictée non expliquée et en enseignant l’arithmétique à l’aide de séries de problèmes du même genre, non raisonnés.Non, les éducateurs de notre temps ont compris cette vérité d’un ancien: “L’enfant n’est point un vase qu’il faille emplir, mais un foyer qu’il faut chauffer”.Le temps est passé où le maniement du martinet était la plus importante et la plus active fonction du maître.“Vous avez, disait-on autrefois, gâché une page d’écriture?Tendez la main: voici un coup sur la paume.Vous êtes obstinément bavard et turbulent?Tendez la main, mais en joignant les doigts (c’était un degré dans la punition) : voici un coup sur la pointe des doigts.Vous troublez toute la classe?Voici le dictionnaire: prenez-le, allez vous mettre à genoux et portez le livre à bras levé”.C’était chose facile d’assurer ainsi la discipline, mais avec quel résultat ! Les enfants craignaient le maître sans l’aimer; ils lui obéissaient extérieurement sans pour cela plier leur volonté.C’est par son âme qu’on mène les âmes et non avec le fouet.Il faut que l’écolier trouve dans le maître non seulement l’homme qui enseigne mais l’homme qui s’intéresse à son cœur.Et de son côté, le bon maître voit dans ses élèves non un troupeau qu’il peut conduire par la force et la crainte, mais une société dont les individus doivent être amenés à faire le bien et à éviter le mal librement, consciemment.A cette fin, le maître doit observer ses élèves afin d’adapter Tau tempérament de chacun ses directions et son enseignement.Par ce procédé, on habitue l’élève à juger et à raisonner.Le jugement importe dans la vie, Messieurs.On peut dire que juger est la grande occupation de la vie; à chaque instant, nous avons besoin de nous former une opinion pour diriger notre conduite.La réussite de nos affaires et le bonheur ici-bas, dépend, en somme, après Dieu, de l’exactitude de nos jugements.Car il ne suffit pas toujours de vouloir être un homme de bien et de progrès, il faut aussi savoir quelle est la voie la phis directe et la plus sûre pour le devenir Vous l’avez sans doute constaté, Messieurs, l’instruction, la culture de l’esprit ne sont pas toujours des indices d’un jugement sain et sûr.La culture du jugement est donc pour l’individu plus importante même que celle de l’esprit, car, c’est Larochefoucauld qui le dit, “on peut être un sot avec de l’esprit, on ne l’est jamais avec du jugement”.De l’éducation physique.—Hygiène L’éducation intellectuelle, morale et religieuse ne constitue pas toute la tâche de l’école.Restent la culture physique et le soin de la santé.L’éduca- L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 395 tion physique peut et doit se donner à l’école par l’enseignement pédagogique de la gymnastique, sans préoccupation de sport violent ou de militarisme.Quant à a conservation de la santé, on y pourvoit en faisant connaître et en observant en classe les règles les plus sages de l’hygiène.A ce propos, c’est le temps de dire que l’enseignement anti-alcoolique fait partie intégrale du programme d’hygiène.Le lendemain de l’école Vous le voyez, Messieurs, la tâche de l’école est considérable et la situation d’instituteur pleine de responsabilité.Mais ce n’est pas tout.Le véritable éducateur doit regarder au-delà des murs de sa classe pour jeter un regard sur le monde, la vie, la nature, la patrie dont l’enfant sera l’un des acteurs.C’est pourquoi l’école primaire doit enseigner toute chose en vue du lendemain de ’école.Les élèves doivent en sortir armés pour la vie et préparés sinon à gagner immédiatement leur vie honorablement, mais au moins en mesure de s’orienter soit vers les écoles spéciales, techniques, commerciales, agricoles, normales, ou vers le collège classique.Mais quelle que soit la vocation de l’élève, il devrait sortir de l’école primaire avec une piété solide et éclairée; une conscience droite, un jugement sain, un goût cultivé, ayant en son cœur l’amour de tout ce qui est beau, bon, vrai et emportant bien gravé au meilleur de l’âme des sentiments élevés de justice et de charité.Catholique convaincu et patriote ardent, il sera fier de sa foi et de sa race, et bien déterminé à vivre dans le monde digne de l’une et de l’autre.Du CHOIX DES MAÎTRES Mais pour que l’école primaire, soit ce que nous venons de la définir', il faut la confier à des maîtres et à des maîtresses compétentes.Mess’em s, je dois ici vous féliciter pour avoir fait des efforts séûeux pour vous assurer les services de bons maîtres.Vous avez confié les 653 classes qui sont sous votre contrôle dans les 25 commissions scolaires que renferment votre association à 581 Frères ou Sœurs (266 Frères et 315 Sœu • et à 64 institutrice ^ u instituteurs, exactement 45 institutrices et 19 instituteurs.Quelques points faibles à signaler : parmi les institutrices laïques, 11 n’ont qu’un diplôme élémentaire et 4 n’ont pas de diplôme; et parmi les instituteurs laïques, 3 n’ont qu’un diplôme élémentaire, et 3 autres n’ont aucun diplôme.Le nombre moyen d’élèves par classe, 42, est trop élevé: cette moyenne indique que plusieurs classes renferment 50, 60 élèves et même plus.Proportionnellement au nombre total, le nombre des élèves qui atteignent les cours intermédiaire et supérieure n’est pas assez élevé. 396 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Line excellente initiative de votre part, MM.les commissaires, c’est d’avoir nommé un visiteur pour vos écoles.Et le choix que vous avez fait de M.l’abbé Dupuis est des plus heureux.Le rôle du visiteur est des plus importants, et les connnissions scolaires, mieux renseignées, peuvent encourager, corriger, réformer, en connaissance de cause.La tache des commissaires Voilà bien la tâche de l’école primaire, mais la vôtre, MM.les commissaires, quelle est-elle ?M.le Surintendant, il y a un instant, avec beaucoup de clarté, vous a rappelé vos devoirs vis-à-vis de l’école primaire.Je ne reviendrai pas sur ce sujet si bien traité par la plus haute autorité scolaire dans la province.Néanmoins, permettez-moi d’attirer votre attention sur certains points.Tout d’abord, augmentez le nombre des classes chaque fois que dans une école il y a plus de 40 élèves, en moyenne par maître.L’encombrement des classes est la principale cause du peu d’avancement des élèves.Confiez les tout petits, dans des classes distinctes, à des maîtresses compétentes ; la classe des débutants est la plus difficile à faire.Faites-vous un devoir de recruter le meilleur personnel enseignant possible et de payer généreusement les maîtres et les maîtresses (religieux ou laïques).Certaines coimnissions scolaires de la ville de Montréal et des environs payent encore quelques institutrices $150 à $200 et quelques instituteurs $350 et $450; c’est trop peu pour attirer dans la carrière de l’enseignement des personnes réellement qualifiées et dignes en tout point de la confiance des parents.Dans cette même région, on ne paye parfois que $200 ou $250 aux Frères ou Sœurs comme traitement.Ce n’est pas généreux, si l’on considère que chacune de nos communautés religieuses pourvoit, à ses frais, à la formation du personnel enseignant congréganiste.Exigez des instituteurs et des institutrices laïques au moins un diplôme modèle et offrez-leur un traitement généreux qui les retiendra longtemps dans la carrière de l’enseignement.Soyez vraiment sympathique au personnel enseignant.Intéressez-vous au succès des élèves en les encourageant, les stimulant par des concours, des prix, des distinctions méritées.Mettez au concours, sous la direction de votre dévoué visiteur, des “bourses” qui faciliteront l’accès aux écoles spéciales ou professionnelles.Administration financière Au point de vue de l’administration financière des coimnissions scolaires, vous devez agir, MM.les commissaires, comme agissent les directeurs consciencieux et prudents d’une grande maison de commerce.Vous devez surveiller l’administration du budget et vous mettre au courant de la situation financière de la municipalité; voir à ce que les taxes L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 397 soient perçues en temps convenable, afin d’éviter des emprunts qui serviront à payer les dépenses ordinaires ou les intérêts d’emprunts précédents: ce serait une injustice pour ceux qui payent leurs taxes scolaires à la date règlementaire; préparer, au début de chaque année, le budget de l’année scolaire à suivre; jamais emprunter au-delà de tant pour cent de la valeur imposable; s’assurer de la possibilité d’emprunter avant de faire faire des plans pour constructions nouvelles; créer un fonds d’amortissement pour éteindre la dette, quand possible; payer à date les intérêts et honorer à leur échéance les coupons des débentures vendues; en négligeant ce grave devoir, une commission scolaire amoindrit son crédit et se met dans la nécessité de payer à la banque un intérêt supplémentaire.Messieurs, voulez-vous conserver à vos municipalités scolaires leur autonomie?surveillez-en scrupuleusement l’administration financière.Une seule commission scolaire mal administrée peut compromettre le crédit de ses voisines.Je dois rendre, d’ailleurs, hommage à maintes commissions scolaires de Montréal pour leur prudence, leur vigilance et leur habileté dans la gestion dans les affaires scolaires de la municipalité.Un chiffre éloquent.—Préparons l’avenir Messieurs, un chiffre éloquent m’a frappé en parcourant le rapport annuel de votre dévoué visiteur général, M.l’abbé Dupuis.27,772 élèves fréquentent les écoles des 25 commissions scolaires qui composent votre association.28,000! Messieurs, c’est une armée de conscrits qui se préparent sous votre direction à affronter demain les combats de la vie.28,000! c’est la population d’une ville qui sera, au point de vue moral et social, ce que l’école l’aura faite.28,000! demain citoyens ou mères de famille—quel appoint au point de vue national si ce bataillon a été discipliné par la religion et animé d’un fier patriotisme.28,000! quel facteur fécond pour la race canadienne-française, si cette belle et vigoureuse jeunesse apprend à l’école la valeur et le prix de la Foi catholique et s’y pénètre du génie français, reliquaire merveilleux du bon goût, enveloppe élégante du beau et source des plus nobles sentiments.Ainsi formée, la génération de demain commencera à descendre le cours du temps, consciemment et fierement deciclee a rester pure de tout alliage à travers les flots d’étrangers que l’immigration jettera sur nos bords, comme les eaux pures et azurees que les sources du feaint-Laurent versent dans son lit savent se rendre a la mer sans se meler aux differents courants que de nombreux tributaires apportent au grand fieuv e.28,000 ! quelle valeur économique, si, dès 1 ecole primaire, les petits garçons ont contracté l’habitude de l’économie par la caisse d épargne 398 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE scolaire et formé le vœu bien arrêté de se créer une carrière par l’étude, l’application, la sobriété et le travail, soit dans les métiers lucratifs, l’industrie, l’agriculture ou le commerce; quelle valeur économique enfin, si les petites filles, dès l’école primaire ou le couvent, ont appris l’art des arts pour la femme, celui de bien tenir une maison; d’être non seulement l’ornement et la joie de la famille—ce qui importe—mais aussi la providence prévoyante du foyer, la sage et douce conseillère de chacun.Messieurs, l’importance de l’école primaire vous dit l’importance de vos fonctions.Votre bienveillante attention et votre accueil sympathique me prouvent que vous comprenez l’une et l’autre.Pedagogic organisation of schools (1) (School Regulations of the Catholic committee) III.Time-table.—No time-table is given with this Course of Study, because of the impossibility of preparing one suitable for all the schools of the Province.Each teacher shall prepare one, for his own school, which he shall submit to the inspector.After approval, the time-table shall be posted up, where it may be easily seen in the classrooms.It shall be drawn up in keeping with the following requirements: All the subjects of the Course shall have a place in it, with the days and hours assigned to each.The time allotted to each subject shall be in proportion to its importance, either absolute or relative.For instance, writing and reading in elementary course shall take up more time than in the model course; by degree they should be partially superseded by written exercises.The study of the mother tongue is absolutely necessary in all the classes, and its importance is equal in all; but the same rule does not hold with respect to a second language.The time given to a second tongue may vary with the needs of the pupils.Arithmetic should be taught in all schools, but the course in mathematics may vary in extent and in degree, according as it is intended for a country or for a commercial school.The same rule will hold with respect to agriculture.The course in this branch will be more thorough, and will, in consequence require more time in agricultural districts than in commercial centres.Drawing, while remaining substantially the same, will occupy a more or less important place in the programme of daily exercises, according to the varying requirements of different localities and of different schools.Finally, in a general way, the amount of time allotted to the subject, may, in many cases, vary with the sex of the pupils.It is (1) See U Enseignement Primaire of February 1915. L'ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 399 evident that the needs of these two classes of pupils, boys and girls, are not exactly the same.While all these considerations should be taken into account in preparing a time-table, it is essential that the adaptations be made without any substantial alteration of the Course as a whole, or modification of the subjects, for, in all schools of the same degree, the general standard should be the same.All that is required is simply to interpret the Course, and to follow it with discernment; no one is authorized to change it.In a good time-table lessons and exercises are assigned in keeping with the grade of the school and the age of the children.The exercises of the Elementary Course should be shorter than those of the Model, and those ©f the Model shorter than those of the Academy.Nevertheless, under pretext or relieving pupils from too long and too arduous an effort, the time should not be divided into periods so short as to keep the classes in an almost continual state of change, thus preventing any serious application to study.With the younger pupils of the elementary course, exercises should not be of more than twenty minutes duration, while the older ones, except in a few rare instances, they should not exceed half an hour.The average and ordinary duration of exercices in the model course is half an hour.The exercises in the academy course should not generally last more than an hour.Naturally, the most important subjects and those which require the greatest effort of attention should be placed, in preference, at the beginning of the class; such are exercises in grammar, arithmetic and composition.It is also necessary to dispose the exercises in a hygienic manner and in such a way as to prevent monotony: an easy exercise after a difficult one, a written exercise after an oral lesson, an exercise with pupils standing after one with pupils at their seats.With the double object in view of releasing the mind and preventing fatigue, the time table divides the forenoon and afternoon sessions each into two parts, separated by a short recess, or by movement exercises and singing.Each part is itself divided into several lessons, and each lesson or exercise into two parts:—the oral lesson, properly so called, then questions to test the effect produced, or exercises in which knowledge acquired during the lesson is applied;—the written exercise and the correction of same.A time-table in which every subject, of the whole course of study, has a certain period assigned to it each day, is an impossibility unless the time is divided up into such minute portions as to render null all progress: thus certain branches will appear on it only two or three times a week: writing and reading in the upper classes, history, other than that of Canada, drawing, etc.Finally, in preparing the time-table, recapitulations and especially weekly and monthly competitions must be provided for.To these exer- 400 RENSEIGNEMENT PRIMAIRE cises should be assigned the amount of time which, in every well-organized school, their importance demands.Hygiène De l’importance d’une bonne ventilation Pour mieux démontrer à nos lecteurs les bienfaits d’une bonne ventilation nous allons leur citer quelques faits qui ne manqueront pas de les instruire.La Compagnie d’assurance sur la vie “Germania”, de New-York, avait en 1910, quatre-vingts commis à son bureau-chef.Jusqu’à cette date, il n’y avait pas de système pratique de ventilation dans l’établissement, et, jusqu’à cette époque aussi, il y avait une absence moyenne constante de dix pour cent des employés pour cause de maladies.Depuis lors, un excellent système de ventilation a été établi, et les absences pour cause d’indispositions sont tombées à zéro.Le vice-président de la “Manhatten Trust Co.”, déclare que, grâce à un bon système de ventilation dans les bureaux, il a pu réduire le nombre des employés de sept pour cent, malgré l’augmentation des affaires, et que le travail est mieux fait que jamais.Les rapports de la “United States pension Bureau” démontrent que lorsque les bureaux de cette grande corporation étaient situés dans des édifices mal éclairés et mal ventilés, 18,736 jours étaient perdus, en moyenne, chaque année à cause de la maladie des employés; depuis que les bureaux ont été établis dans des quartiers bien éclairés et bien ventilés, le chiffre est tombé à 4,115, malgré l’augmentation du personnel.Le principal de la “Normal School” de la Rue Grant, à Cincinnati, déclare que, durant les dix dernières années avant 1904, 17 pour cent des élèves et des professeurs étaient retenus à la maison à cause d’indispositions diverses.En 1904, on a installé la “High School” en dehors des districts congestionnés, en plein champ, sur le versant sud-ouest d’une colline.Les locaux sont admirablement éclairés, aérés et ventilés.Eh bien ! depuis cette date, septembre 1904, pas un seul des élèves, et aucun des professeurs n’a été forcé de s’absenter par la maladie.Tout ce monde est heureux, de bonne humeur et les résultats obtenus par les élèves sont infiniment meilleurs depuis cette date remarquable dans les annales de l’institution.Nous invitons nos institutrices à bien étudier ces quelques faits.J.-G.Paradis, M.D. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 401 ?N; MONSEIGNEUR H.BARIL Protonotaire apostolique, Vicaire général et Principal de l’École normale des Trois-Rivieres, décédé le MERCREDI 17 FÉVRIER 1915, A l’age de 67 ANS.C’est avec la plus vive émotion que j’ai appris la mort de Monseigneur Baril, Vicaire général, chapelain des Dames Ursulines et Principal de l’École normale des Trois-Rivières.Avec Monseigneur Baril disparaît un saint prêtre, un théologien aussi savant que modeste, un éducateur de premier ordre.Il fut aussi l’ami des pauvres et le conseiller sympathique des jeunes.Jamais je n’oublierai la charitable bonté dont je fus l’objet de sa part, en 1887-1888, alors que les circonstances me firent journalistes, à l’âge de vingt ans, dans la cité trifluvienne.Le Bien Public, publié aux Trois-Rivières, a dit judicieusement au lendemain de la mort de Monseigneur Baril: “Monseigneur Baril laisse dans l’esprit de tous ceux qui l’ont connu:—les élèves qu’il a dirigés, les jeunes prêtres qu’il a formés, les diocésains avec lesquels ses multiples fonctions le mettaient en rapport,—le souvenir ému de ce que sait être un prêtre selon le cœur de Dieu.Savant théologien, professeur distingué, Monseigneur Baril était l’humilité même, et la sévérité de sa vie n’avait d’égale que son exquise douceur pour tous.“Le vénéré prélat meurt à l’âge de soixante-sept ans après une existence de labeur, de dévouement et de sacrifice; nous pouvons vraiment dire de lui qu’il a vécu sa foi; il a cru fortement, et il 2 402 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE a conformé toute sa vie à cette croyance.Ce prêtre homme de bien emporte aujourd’hui dans la tombe les regrets et l’admiration de tous ceux qu’il a instruits, édifiés ou consolés.“Né à Ste-Geneviève de Batiscan le 9 octobre 1847, ordonné prêtre à Champlain le 17 décembre 1871, Monseigneur Baril, après avoir à différentes reprises occupé au Séminaire des Trois-Rivières, les charges de professeur de dogme, directeur des séminaristes, directeur des élèves, supérieur, préfet des études, devenait Vicaire général du diocèse en 1899, Chanome titulaire,.Protonotaire apostolique en 1907.Deux fois administrateur du diocèse en l’absence de Sa Grandeur Monseigneur Cloutier, Monseigneur Baril recevait en cette qualité Son Eminence le Cardinal Vanutelli, en septembre 1910.“Nommé Principal de l’École normale, Monseigneur Baril occupait déjà depuis 1900 la charge d’aumônier des Ursulines des Trois-Rivières; c’est à ce poste que l’illustre défunt vient de mourir.” Nous offrons nos respectueuses sympathies à Sa Grandeur Monseigneur Cloutier, aux Dames Ursulines et au personnel de l’Ecole normale des Trois-Rivières.Les funérailles de Monseigneur Baril Les funérailles de Monseigneur Baril ont.eut lieu à la Cathédrale des Trois-Rivières, au milieu d’un nombreux concours de fidèles.Au chœur, avaient pris place Nos Seigneurs les archevêques Bruchési et Roy ; nos Seigneursles évêques Cloutier, Brunault, Forbes; Mgr F.-X.Ross, V.G.et Principal de l’École normale de Rimouski; Monseigneur Guertin, V.G.de Saint-Hyacinthe; MM.les Chanoines du Chapitre des Trois-Rivières, MM.les Principaux des Écoles normales Laval, Jacques-Cartier, Nicolet, Saint-Hyacinthe, Joliette; plusieurs Prélats et grand nombre de membre du clergé.M.J.-N.Miller, Secrétaire du département de l’Instruction publique, représentait le Surintendant; M.C.-J.Magnan, Inspecteur général, assistait aussi aux funérailles.Le -service fut chanté par M.le chanoine Caron, curé de Yamachiche, et l’oraison funèbre prononcée par S.G.Monseigneur Cloutier.Le vénérable évêque des Trois-Rivières a retracé avec éloquence et émotion la vie si édifiante et si bien remplie de Monseigneur Baril.Les restes mortels du regretté Vicaire général furent déposés dans la ciypte de la chapelle des Ursulines des Trois-Rivières, dont il fut le chapelain vénéré pendant quinze ans.DOCUMENTS OFFICIELS COMITE CATHOLIQUE DU CONSEIL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE Procès-verbal de la session de février 1915 Séance du 3 février 1915.{Avant-midi) Présents: M.le Surintendant de l’Instruction publique, président; Sir Horace Archambault, administrateur de la Province; Monseigneur l’archevêque de Montréal; Messeigneurs les évêques de Valleyfield, de Chicoutimi, de Sherbrooke, des Trois-Rivières, de Nicolet, de Joliette, de Mont-Laurier; M.l’abbé Sylvie Corbeil, représentant Monseigneur l’archevêque d’Ottawa; M.l’abbé Lionel Lindsay, représentant Monseigneur l’évêque de Pembroke; Monseigneur F.-X.Ross, représentant Monseigneur l’évêque de Rimouski; Monseigneur H.Têtu, représentant Monseigneur l’évêque de St-Hyacinthe; M.l’abbé J.McMillan, représentant Monseigneur l’évêque de Charlottetown; l’honorable rl bornas Chapais, l’honorable Dr J.-J.Guerin, l’honorable juge J.-E.Robidoux, l’honorable Cyrille Delâge, l’honorable Hector Champagne, M.Mathias Tellier, M.Jules-Ed.Prévost, M.John Ahern, M.M.-A.Fortier, Monseigneur Th.-G.Rouleau, M.Nap.Brisebois, M.N’érée Tremblay et M.J.-N.Miller, secrétaire. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 403 Lecture de lettres de Monseigneur l’archevêque d’Ottawa, de Monseigneur P.-T.Ryan, auxiliaire de l’évêque de Pembroke, de Monseigneur l’évêque de Rimouski, de Monseigneur l’évêque de Charlottetown, déléguant respectivement M.l’abbé Sylvio Corbeil, M.l’abbé Lionel Lindsay, Monseigneur F.-X.Ross, Monseigneur H.Têtu et M.l’abbé J.McMillan, pour les représenter à la présente session de ce comité.Le procès-verbal de la dernière séance est adopté.Le sous-comité chargé de l’examen des livres de classe présente le rapport qui suit: Rapport du Sous-Comité chargé de l’examen des livres classiques Séance du 2 février 1915, Présents: Monseigneur Emard, président, Monseigneur Brunault, Monseigneur Forbes, l’honorable Dr Guerin, l’honorable juge Robidoux, l’honorable Hector Champagne, M.John Ahern, M.Nap.Brisebois et M.J.-N.Miller, secrétaire.M.Ahern propose, appuyé par Monseigneur Forbes, que Monseigneur Emard soit nommé président du sous-comité chargé de l’examen des ouvrages classiques, en remplacement de Monseigneur Blais, démissionnaire.—Adopté.Le sous-comité a examiné les ouvrages suivants qui lui ont été soumis: 1.—“La Normalienne en philosophie”, par l’abbé S.Corbeil.Recommandée pour les élèves du cours académique des Écoles normales et pour les aspirantes au brevet d’académie du Bureau d’examinateurs.2.—“Histoire de France des écoles primaires—Cours élémentaire”, par C.-S.Viator.—Recommandée.3.—“Histoire de France des écoles primaires—Cours moyen”, par C.-S.Viator.—Non recommandée.4.—“The Ontario Public School Speller (Revised Edition)”.—Non recommandé.5.—“La classe en anglais—Année préparatoire (à l’usage exclusif du maître)”, par les Frères de l’Instruction chrétienne.—Recommandée.6.—“La classe en anglais—Cours élémentaire, 3e et 4e années”, par les mêmes.—Recommandée.7.—“Cours élémentaire de langue française, pour les 3e et 4e années”, par les mêmes.—Recommandé.8.—“Cours préparatoire de langue française, 2e année”, par les mêmes.—Recommandé.9.—“Exercices de première année (lecture-écriture, orthographe, grammaire, calcul)”, par les mêmes.—Recommandés, pourvu que le prix de ce livre ne dépasse pas 10 cents.10.—“Exercices de calcul—Cours élémentaire, 2e année”, par les mêmes.—Recommandés.11.—“Série de tableaux de lecture” (16 tableaux, 32 feuilles), par les mêmes.—Non recommandée.12.—“Série de tableaux de lecture-écriture” (4 tableaux, 8 feuilles), par les mêmes.—Non recommandée.13.—“English Accentuation (Abridged)—Speller and Reader”, 2nd Edition, par le R.P.T Barré, C.S.C.—Recommandé pour l’usage du maître.(Signé) f Joséph-Médard, Evêque de Valleyfield, Président.Ce rappcrt est approuvé. 404 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Le Comité prend communication du rapport suivant du sous-comité chargé de l’étud® DE LA QUESTION DE L’INSPECTION MÉDICALE DES ÉCOLES: "Votre sous-comité, nommé à la séance du 14 mai 1913, a eu l’honneur, au mois de septembre suivant, de vous soumettre un premier rapport par lequel il se déclarait favorable au principe de l’inspection médicale des écoles, sous la direction du Conseil de l’Instruction publique.“Ce rapport a été reçu et le principe de l’inspection médicale des écoles a été approuvé; puis, sur proposition de l’honorable Dr Guerin, appuyé par M.le juge Martineau, vous avez donné instruction à votre sous-comité de siéger de nouveau et de préparer un projet d’amendements à la loi et aux règlements scolaires, afin d’établir l’inspection médicale dans les écoles de la Province, “Pour se conformer à ces instructions, votre sous-comité s’est réuni à l’archevêché de Montréal, le 26 de novembre dernier.“Etaient présents: Monseigneur l’archevêque de Montréal, président, Monseigneur l’évêque de Valleyfield, l’honorable Dr Guerin, l’honorable M.de LaBruère et M.J.-N.Miller, secrétaire.“M.le Dr J.-A.Baudouin, de Lachine, ayant été invité à assister à cette réunion, était ausà présent.“Après étude et discussion, votre sous-comité a résolu de soumettre à votre considération le projet d’amendements qui suit à la loi et aux règlements scolaires: “Projet d’amendements a la loi scolaire: “La section III du chapitre deuxième est amendée en lui ajoutant un paragraphe 4e, comm» suit: “4.—Le Conseil de l’Instruction publique est autorisé à donner aux commissions scolaire^ “chaque fois qu’il le jugera à propos, les instructions nécessaires pour leur permettre de pourvoit;, “à sa satisfaction, à l’inspection médicale de leurs élèves et de leurs écoles”.“La section IV du chapitre troisième est amendée en lui ajoutant un paragraphe 18e ainsi conçu: “§ 18.—Des devoirs des commissaires et des syndics relativement à l’inspection médicale des “élèves et des écoles.“Les commissaires et les syndics d’écoles sont autorisés à pourvoir à l’inspection médicale “de leurs élèves, sous la direction du Conseil de l’Instruction publique, et à faire les dépense* “occasionnées par cette inspection.“Deux ou plusieurs commissions scolaires pourront s’unir pour réaliser cette inspection, “après en avoir obtenu l’autorisation du Surintendant.” “Projet d’amendements aux règlements scolaires “Le chapitre II est amendé en lui ajoutant une cinquième section ainsi conçue: “Section 5 “Règlements concernant l’inspection médicale des élèves et des écoles.“1.—L’inspection médicale se fera dans les maisons d’école, et les instituteurs devront donner “toutes les facilités possibles pour aider à telle inspection.“2.—L’inspection pourra se faire durant les heures de classe, mais on verra à ce qu’elle nuise ‘de moins possible au travail des classes.“3.—Les officiers chargés de l’inspection exerceront tout le tact voulu pour ne pas incommoder “les professeurs et apporteront toute leur attention, dans l’exercice de leurs fonctions, à respecter “les circonstances particulières de chaque école.
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