L'enseignement primaire : journal d'éducation et d'instruction, 1 octobre 1918, Octobre
40e Année Québec, Octobre 1918 No 2 LEnseignement Primaire EDUCATION INSTRUCTION “ RENSEIGNEMENT PRIMAIRE ” APPRÉCIÉ PAR UN PROFESSEUR D’UNE UNIVERSITÉ AMÉRICAINE Notre directeur a reçu il y a quelques semaines une lettre intéressante de M.J.-C.Bracq, ex-professeur au Collège Vassar, de Poughkeepsie, N.-Y.M.Bracq, qui a visité Québec il y a six ans, est un ami de notre province, et apprécie très élogieusement les efforts qui sont faits chez nous pour T avancement de ^Instruction publique.Voici la lettre de M.Bracq : Les Ombrages, Keene, N.-H.Le 9 septembre 1918.Monsieur C.-J.Magnan, Québec, Canada.Cher Monsieur, Voilà deux ou trois jours que je ne désempare pas dans la lecture d’une collection de votre revue : “L’Enseignement Primaire”, et je suis loin d’avoir fini.Je suis frappé par la belle œuvre d’éducation populaire que vous faites dans votre province, par tous les moyens que vous mettez en branle pour l’élargir et l’améliorer.Ce qui me touche le plus c’est le beau rôle que vous y jouez, votre initiative intarissable, vos sages conseils, votre persévérance, et surtout un sens pratique des nécessités éducationnelles de votre province.Je vous félicite, monsieur, d’avoir pu être si utile à vos compatriotes.Voilà un an que je cherche à rendre justice aux Franco-Canadiens, dans un livre intitulé : “The Evolution of French Canada”.Votre revue m’est on ne peut plus utile pour saisir le progrès du peuple canadien dans son enseignement général.Ce que j’essaie de faire, c’est de mettre en relief le développement de la vie de votre peuple.Votre revue m’y aide beaucoup.J’ai conservé un excellent souvenir d’une très agréable rencontre que j’ai faite à Québec avec vous.Cela intensifie encore mon sens de la valeur de la belle œuvre que vous faites Veuillez agréer, monsieur, l’assurance de mes sentiments les meilleurs et les plussympa-thiques.JEAN-CHARLEMAGNE BRACQ.' PEDAGOGIE L’ÉCOLE NEUTRE M.Duruy, qui devint ministre de l’Instruction publique sous Napoléon III (1864), préconisa le principe de l’école 'neutre.Il était de bonne foi, dit-on.Mais comme la neutralité de l’école est une impossibilité, M.Duruy, qui survécut à la chute du second empire (il ne 66 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE mourut qu’en 1898), regretta amèrement d’avoir attaqué le régime confessionnel dans l’éducation.Voici ce que Pierre de la Gorce dit à ce sujet dans sa remarquable Histoire du Second Empire, volume IV, p.287 : “ La Providence, qui prolongea ses jours (il s’agit ici de M.Duruy), jusqu’à la vieillesse, lui permit de voir les lois qui ont effacé de l’Ecole les derniers vestiges divins.Il en fut, à ce qu’on assure, consterné : “ Nous qui sommes les témoins désolés de la laïcisation à “ outrance et de la guerre religieuse, écrivait-il à M.le duc de Broglie, “ avec quel bonheur ne verrions-nous pas un gouvernement qui prendrait “ pour devise ces mots : quietis custos (1).” A la chute de Napoléon III, la troisième république reprit à son compte l’idée de l’école neutre, qui devint aussi gratuite et obligatoire, en 1882.Le régime de la liberté que la loi de 1850 avait valu à la France, expirait pour faire place à l’omnipotence de l’Etat, absorbant les droits sacrés des parents et des communes.De 1760 à 1846, nos pères ont lutté dans les conseils et les parlements pour ces droits des pères de famille et des municipalités en matière d’éducation.Depuis bientôt trois quarts de siècle, nous sommes en possession de ces droits, et la vraie liberté scolaire règne dans la province de Québec.Sous le prétexte douteux de favoriser le progrès, ne sacrifions pas à la légère notre système scolaire-confessionnel, qui a produü et produit encore d’excellents résultats.G.-J.Magnan.FRANÇAIS FLEURS CUEILLIES DANS LE JARDIN DE LA PRESSE • lo “ Tel que ”, pris adverbialement dans le sens de “ comme ” Ex.: Tel gw’annoncé ”, au lieu de “ Comme en l’a ”, ou “ nous l’avons annoncé.” Ceci est plus long, mais est seul français.Il ne s’agit pas de faire de la vitesse ! 2o “ On est à faire ”, “ils sont à construire ”, “ nous sommes à nous préparer ”.Ce tour vicieux prétend corriger probablement un canadianisme : “ On est après faire ”, “ ils sont après contraire ”, “ nous sommes après nous préparer Il faut dire, en français : “ On fait, en ce moment ”, “ ils construisent, en ce moment ”, etc.3o “Le Québec ”.—Question qui me semble dirimée récemment par de bons juges.Disons “ Québec ”, ou “ la province de Québec ”, comme nos devanciers, qui n’ont jamais confondu la province avec la ville.(1) M.Dumy, par M.le duc de Broglie.{Revue des Deux Mondes, 1898, p.545). L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 67 Aujourd’hui la mode, le snobisme ignorant, font tout, confondent tout.Depuis quelques temps on écrit : “en Saskatchewan ”, “en Alberta ” ; vous verrez qu’on dira bientôt : “ en Québec ”, ce qui ne me paraîtrait cependant pas plus mauvais que “ Dans le Québec Une autre mode.On sait que lés Américains ont l’habitude, jusque dans la conversation, de donner leur adresse complète.Us demeurent à Worcester, Mass., à Portland, Me., à St-Louis, Ms., à St-Paul, Ma.Par naïve imitation, tout comme si nos provinces étaient déjà des Etats américains, voilà qu’ici l’on se met à écrire, chaque fois qu’on nomme ces villes : Winnipeg, Man., Régina, Sask., Edmonton, Alta.Et nous-mêmes, de Québec, toujours fascinés par l’usage anglais ou américain, au lieu d’adresser : P.Q., qui est court, clair, français et traditionnel, nous faisons : Chicoutimi, Que {Que, écrit à l’anglaise, s’il vous plaît, ce qui ajoute à l’euphonie du mot Chicoutimi).4o Je me demande pourquoi l’on s’est mis tout à coup à confondre les deux sens bien différents de voici, voilà : voilà pour le passé, voici pour le présent ou le futur.Certains écrivains ne perdent pas une occasion d’écrire: “Voici quinze jours”, “voici un an”.Pourquoi?pourquoi ?Confusion.5o “ Parlant à Toronto M.X., etc.” Le bon français dit : “ Dans un discours prononcé à Toronto, M.X., etc.” On dira que c’est bien long.Qu’est-ce que cela fait?Vous n’êtes pas si pressé.Quand on songe d’ailleurs à la brièveté de certaines phrases qui s’écrivent aujourd’hui ! 60 “ En plus ”, pour “ en outre ”, “en plus de ”, pour “ outre ” ; “ dix pieds par douze ”, au lieu de : sur, comme a toujours dit le français.—Nouveautés courantes, quoique lourdes et bien inférieures à nos jolies expressions françaises.Abbé N.Degagnè.{A suivre) CONSEILS AUX JEUNES MAITRES (1) Entrée.—Entrer sur deux rangs, en parfait silence.Récompenser chaque jour les élèves arrivés à l’heure, punir les retardataires, surtout les deux derniers arrivés.Prière.—Ne jamais la commencer avant un parfait silence.La faire dire très posément et à mi-voix.Appel.—Ne le point manquer.Tenir beaucoup à l’assiduité.Catéchisme.—Le faire réciter à la lettre, demandes et réponses, (1) D’après le Bulletin des Etudes des Frères Maristes. 68 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE en cercle autant que possible, et sans dire mot.Les élèves qui savent passent avant ceux qui ne savent pas.Lecture.—Faire lire d’un point à un autre.Reprendre exactement avec le signal et suivre dans le livre de lecture.Récompenser les élèves qui ne font pas de fautes ou ceux qui avancent.Faire lire les cartes dans tous les sens.Faire lire les principes de lecture leçon par leçon.Reprendre avec le signal et le livre en main.Ecrjiure.—Peu à la fois, mais bien.Veiller à la lecture de l’écriture et aux pages sans faute.Cahiers.—Pas de bons points aux pages tachées ou trop mal écrites.Êmulation^—-Chercher dans le Guide des Ecoles, p.225, les mille petites industries pour l’obtenir.Discipline.—Exiger que les mouvements se fassent en silence, bien en ordre, avec ensemble et précision.Ne jamais commencer un exercice dans le désordre.Attention.—Règle générale, il ne faut pas parler aux élèves quand ils ne regardent pas ou n’écoutent pas très attentivement le maître.Récompenser le premier au travail.Punitions.—Rares, mais bien senties.Les retenues, les arrêts doivent se faire sous l’œil du maître.Donner et faire faire les pénitences très dignement et très sérieusement.Lorsque deux ou trois élèves sont retenus ensemble, acquitter ceux qui font le mieux leur pénitence est un moyen qui produits de bons résultats.Surveillance.-—^Se tenir constamment sur le siège.Ouvrir l’œil pour tout voir.Silence.— Ne parler que lorsque le signal ne peut remplacer la parole.Etre toujours très convenable dans son langage.Explications.^—Les donner avec simplicité, clarté et précision.Parler aux yeux le plus possible par des sujets en nature : images, etc., ou donner des explications au tableau.Pas de progrès tant que l’élève n’a pas compris.Contrôle.— Contrôler ou faire contrôler très sérieusement et très régulièrement le travail des élèves.Indiquer ce contrôle par des chiffres ou par des lettres : TB, B, AB, P.Ponctualité.—Commencer et finir chaque exercice à l’heure, à la minute.Récréations.-—Tousser beaucoup aux jeux convenables.Education.—Tenir beaucoup à la civilité, à l’ordre, à la propreté.Méthodes d’Enseignement.—Voir les instructions pédagogiques du programme officiel du Comité catholique. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 69 HYGIÈNE VENTILATION ET CHAUFFAGE La question du chauffage de la classe doit être, en ce moment, l’une des principales préoccupations de l’institutrice.A cette question du chauffage se rattache celle non moins importante de l’aération et de la ventilation.Il est entendu, il est parfaitement démontré que le maître et l’enfant travaillent mal s’ils vivent dans une atmosphère viciée et alourdie.Les déchets de la respiration d’une trentaine d’enfants, dans un local fermé, seront repris et aspirés des centaines, des milliers de fois par ces mêmes enfants ; le sang empoisonné produira sur l’enfant cette impression de souffrance, cette sensation de malaise inexprimable qui abolit toute énergie et paralyse les meilleures volontés.Comment voulez-vous qu’un être humain, ainsi privé de ses facultés, puisse faire un travail intelligent ?Si on ajoute à ces émanations malsaines la fumée et les gaz qui se dégagent d’un poêle mal chauffé, on comprend que la vie à l’école deviendra insupportable.Nous insistons sur ces détails pour démontrer aux institutrices l’extrême importance d’une bonne ventilation et d’un chauffage bien conduit.Pour être à l’aise et pour faire un travail intelligent, le maître et l’élève doivent vivre dans une atmosphère pure et une température normale.Il n’est pratiquement qu’un seul mode de chauffage dans nos écoles rurales: c’est le poêle à bois ordinaire.Ce poêle devra être situé de manière à distribuer la chaleur uniformément dans toutes les parties de la classe et ne pas développer une température supérieure à 65 degrés.L’aération se fait très bien par des carreaux ouverts dans le haut des fenêtres et l’on obtiendra une ventilation suffisante en ouvrant largement la porte, puis en ayant soin de la fermer une dizaine de minutes avant l’entrée des élèves.J.-G.Paradis, M.D.LES ÉCOLES TECHNIQUES Au chapitre des documents officiels, présente livraison, nous publions les questions posées aux examens d’admission, aux écoles techniques de Québec et de Montréal en août dernier.Nous attirons l’attention des directeurs des écoles de garçons sur ce document et nous profitons de la circonstance pour rappeler de nouveau le but des écoles techniques.Voici les instructions officielles : 70 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE COURS DU JOUR RENSEIGNEMENTS GÉNÉRAUX But.—Lus cours du jbur sont organisés en vue des jeunes gens venant de terminer leurs études 'primaires et désireux d'acquérir les connaissances techniques et l’habileté manuelle nécessaires pourfaire des ouvriers instruits, capables de devenir par la suite contremaîtres ou chefs d’atelier.Ces cours préparent aux professions ci-après : modeleur, menuisier, mouleur, mécanicien, forgeron, dessinateur et d’une manière générale à tous les emplois se rattachant au travail des métaux et du bois.Enseignement.—L’enseignement est théorique et pratiqua.L’enseignement théorique a toujours itn caractère technique et comprend les matières ci-après : arithmétique, algèbre, géométrie, trigonométrie, physique générale et industrielle, chimie, mécanique générale et appliquée, dessin industriel et technologie.Ateliers.—L’enseignement pratique se donne dans les ateliers de menuiserie et modèlerie, de forge, de fonderie et de mécanique.L’installation des ateliers est moderne et les élèves s’y servent de machines qu’ils retrouveront dans l’industrie lorsqu’ils auront quitté l’école.En 1ère année,les élèves ne sont pas spécialisés; ils accomplissent un stage d’environ 2 mois Yl dans chaque atelier.Au début de la 2e année, ils choisissent l’atelier qui convient le mieux à leurs aptitudes.Conditions d’admission.—Pour être admis à l’Ecole, les élèves doivent subir un examen très simple ne comportant que des épreuves écrites.Nul n’est admis à l’Ecole s’il n’a au moins 14 ans et s’il ne satisfait aux conditions de moralité, d’âge et d’aptitudes intellectuelles et physiques prévues par les règlements.Durée des études.—La durée des études peut varier avec les aptitudes des élèves et est au minimum de 3 ans.Aucun élève ne peut passer d’un cours dans le suivant, s’il n’a obtenu le minimum de points fixé par les règlements.Un classement a lieu tous les trimestres, et un bulletin mentionnant tous les détails du classement, est adressé à la famille de chaque élève.Diplômes.—L’administration délivre un diplôme officiel du gouvernement aux élèves qui ont subi avec succès les examens de fin d’études, suivant le cours spécial suivi par chacun d’eux.Régime de l’école.—Le régime est l’externat.Les élèves étrangers doivent se placer en pension dans des familles.Un réfectoire est à la disposition des élèves qui désirent apporter leur repas de midi à l’école.Congrès.—Les cours commencent dans le courant de septembre et se terminent fin juin.Les cours sont suspendus: 1.Les dimanches, les jours de fête et les samedis après-midi.2.Du 21 décembre au 6 janvier au matin.3.Du Jeudi Saint au mardi suivant au matin.Rétribution scolaire.—La rétribution scolaire mensuelle est fixée à $1.50 pour la 1ère année, à $4.00 pour la 2e et à $5.00 pour la 3e.Cette rétribution est payable d’avance, le 1er de chaque mois.Les cahiers et articles de dessin sont à la charge des élèves et peuvent être achetés à l’école.Les livres sont fournis par l’école et peuvent être achetés ou loyiés.(Le prix de la location est de $1.00 par an.) Les élèves doivent faire annuellement un dépôt de $2.00 comme garantie des dégradations et des objets perdus.Ce dépôt ne sera jamais rendu aux élèves quittant l’école dans le courant de l’aimée scolaire.L’école fournit gratuitement les matériaux nécessaires aux travaux pratiques.Les élèves sont responsables de l’outillage personnel qui leur est remis ainsi que des détériorations L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 71 causées par leur faute aux machines.L’école n’est responsable en aucune façon des objets confiés aux élèves ou leur appartenant.Bourses.:—Des bourses ou fractions de bourses peuvent être accordées aux élèves méritants de 2e et 3e année dont la situation de famille justifie le concours de l’administration.Ces bourses sont accordées pour un an ; elles peuvent être supprimées par l’administration lorsque le travail ou la conduite des bénéficiaires laisse à désirer.Les demandes de bourses doivent être déposées avant le 15 septembre.Etant donnée la modicité de la rétribution scolaire de 1ère année, ü n’est pas accordé de bourse aux élèves nouveaux.Heures par semaine Matières enseignées le année 2e année 3e année Ateliérs .15 20 24 Dessin industriel 6 7y2 6 Construction • IM VA Mécanique • VA Géométrie 3 1H VA Arithmétique, Algèbre 3 3 3 Physique • 1H Chimie VA VA Electricité va Totaux • 3Gi 38 40^ Pour tous renseignements s’adresser au principal.METHODOLOGIE LA RÉDACTION A LA PETITE ECOLE M.—Que représente cette image ?E.—Elle représente une femme, un enfant et deux bêtes à corne^.M.—Le nom femme ne dit pas qu’elle est parente de l’enfant, employez un nom qui fasse connaître la relation entre les deux personnes de l’image.E.—C’est une mère et son enfant.M.—Où se trouve l’enfant?E.—Dans les bras de sa mère.M.—Où est-elle ?E.—Elle est dehors.M.—Examinez l’image, Clément, et dites-nous bien où se passe la scène.E.—La scène se passe à la campagne.M.—Jules a dit que la mère était dehors ; il devrait préciser et nous faire connaître l’endroit ?E.—C’est dans le verger.M.—Qu’est-ce qui vous indique qu’il y a un verger? 72 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE ntii ¦Mêï.J* :5ï' :?****&¦ > s— ¦*, ^ ^ lf:# W'^yï: W0& œmm wmÊêmm m ¦S,'s s.-.•*?.'} W#3w< '¦//.vysyX-vÀ- mm iliü mmi v^yV.,.; • x-:ï: •vby.i r v.-.^ •.¦ ¦.m M.V.:
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