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Titre :
L'enseignement primaire : journal d'éducation et d'instruction
Éditeur :
  • Québec :[L'enseignement primaire],1881-1956
Contenu spécifique :
Septembre
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
autre
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • École primaire (Lévis, Québec)
  • Successeur :
  • Instruction publique
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L'enseignement primaire : journal d'éducation et d'instruction, 1920-09, Collections de BAnQ.

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42e Année Québec, septembre 1920 N ° 1 LEnseignement Primaire EDUCATION INSTRUCTION 42e ANNEE Avec la présente livraison, VEnseignement primaire entre dans sa quarante-deuxième année de publication.LE PROGRAMME D ÉTUDES L’ancien programme d’études restera en vigueur jusqu’à ce que le nouveau soit officiellement promulgué.Ce n’est qu’alors que nous analyserons le nouveau programme et en indiquerons le caractère essentiel.PEDAGOGIE LA FRÉQUENTATION SCOLAIRE DANS LES VILLES DE QUEBEC ET DE MONTREAL Une prévision justifiée Le 12 février 1919, dans un discours prononcé à l’Université Laval en réponse aux accusations portées contre moi par l’ex-député de Saint-Hyacinthe au sujet des statistiques scolaires, j’ai affirmé : “Le joui-où Québec, Montréal, Sherbrooke, etc., feront le recensement des enfants d’âge scolaire, tel que le veut la loi, il n’y aura pas grand’ différence entre la proportion accordée actuellement à ces villes et le recensement qui sera fait (1).” Dans une lettre a Y Action Catholic ue et à La Presse (14 janvier 1919), j’affirmais, d’après les rapports des inspecteurs d’écoles et les statistiques du Département de l’Instruction publique de Québec, que le pourcentage des enfants de 7 à 14 ans fréquentant les écoles dans la province de Québec, était de 95% (2).L’exactitude de cette affirmation fut mise en doute par mes contradicteurs.(1) Voir Réponse de M.C.-J.Magnan, etc., etc., Québec, 1919, page 43.(2) C.-J.Matgnan,—A peopos d’instruction obligatoire, Québec, 1919, p.22, 24, J9. 2 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Les villes de Québec et de Montréal ont fait le recensement de la population scolaire catholique depuis le débat ci-haut rappelé.Québec a déjà procédé au recensement des enfants d’âge scolaire pour 1918-19 et 1919-20, et M.ontréal pour 1919-20.Les grands journaux de ces deux villes ont publié le résultat de ces recensements, résultat transmis officiellement au Surintendant de l’Instruction publique.Ce qui a été publié à ce sujet dans les journaux ne diffère pas des documents officiels, que nous avons consultés.D’après ces documents, sur 22,202 enfants catholiques de 5 à 18 ans dans la ville de Québec, 17,487 étaient inscrits aux écoles en 1918-19 (1), ,soit 79% pour les enfants de 5 à 18 ans.La présence moyenne en classe sur ces 17,487 a été de 14,280 pour 1918-19, soit 82%.' Quant aux enfants de 7 à 14 ans dans la vieille capitale, voici : Total recensé : 12,164.Total inscrit en classe : 12,153.Ce qui donne 100%.La commission scolaire catholique de M.ontréal a procédé, elle aussi, au recensement des enfants d’âge scolaire de sa dénomination religieuse en 1919-20 : En voici le résultat dans ses grandes lignes : Enfants de 5 à 18 ans : 105,335.Enfants inscrits aux écoles : 80,426.Soit 76%.Enfants de 7 à 13 ans révolus recensés : District Centre : 19,330 District Nord : 13,096 -32,426.Enfants de 7 à 13 ans révolus inscrits aux écoles : District Centre : 17,798 District Nord : 12,647 -30,445 Soit 94%.Ce pourcentage ne s’applique qu’aux districts Centre e,t Nord, car les districts Est et Ouest n’ont pas donné la fréquentation scolaire par catégorie.Mais voici ce que dit, dans son rapport officiel, le secrétaire de la commission scolaire catholique de Montréal au sujet de la fréquentation scolaire dans les districts Centre et Nord : (2) -— -, ! t ’ ) (1) Toutes les statistiques du recensement scolaire de la ville de Québec pour 1919-20 n’ayant pas encore été transmises au Département de l’Instruction publique, nous nous servons du recensement de^ 191 jes districts Centre et Nord de Montréal renferment 58,231 enfants de 5 à 18 ans.but un total de 105,335.v , Ik $ L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 3 “pourcentage sur la catégorie : Enfants âgés de Fréquentant les écoles de la commission Fréquentant d’autres écoles Ne fréquentant aucune école 5 ou 6 ans 64.94 7.32 27.74 7 à 13 ans 85.14 9.18 5.68 14 et 15 ans 36.93 15.21 47.86 16 à 18 ans 7.52 9.58 82.90 “Je crois que l’on pourrait affirmer que la même proportion, ou à peu de chose près, existe dans les districts Est et Ouest, mais certaines données m’ont manqué pour établir exactement les différents pourcentages.” Ainsi, d’après le document officiel ci-dessus cité, 94.32% des enfants catholiques de 7 à 14 ans (13 ans révolus), fréquentent une école à Montréal.Nous avons précédemment établi que pour la ville de Québec, ce pourcentage s’élève à 100%.Au cours du débat sur l’instruction obligatoire, notamment à l’Université Laval, et ce d’après les rapports des inspecteurs d’écoles, j’ai affirmé que 95% des enfants de 7 à 14 ans fréquentaient les écoles dans la province de Québec, les grandes villes comprises.Les recensements faits depuis dans les villes de Québec et de Montréal justifient donc mes prévisions.A propos du recensement scolaire de Montréal, il convient de rappeler qu’il porte sur la vaste catégorie de 5 à 18 ans.Néanmoins, le rapport officiel de la Commission scolaire de cette ville prouve que 76% de cette catégorie fréquentent les écoles, et ce dans une grande ville industrielle et dans un temps où le coût élevé de la vie oblige les parents à recourir au travail des enfants de 16 à 18 ans.Et toujours d’après le même rapport officiel, il y a dans la ville de Montréal, chez les catholiques seulement, 14,924 enfants de 16 à 18 ans, soit 14% du total de la population scolaire qui est de 105,335.Ces enfants de 16 à 18 ans ont presque tous fréquenté les écoles, et ce depuis l’âge de 5 ou 6 ans à 14, au moins, puisque le pourcentage de la fréquentation pour les enfants de 7 à 14 ans, s’élève à 95% près.Puis il y a les enfants de 5 à 6 ans qui sont, d’après le recensement, au nombre de 17,342 dans la métropole.Au témoignage de M.Lafontaine, secrétaire de la commission scolaire catholique de Montréal, 72.26% des enfants de 5 et 6 ans ont fréquenté une école en 1919-20.% 4 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE A ce 72% il faudrait ajouter le chiffre que représente renseignement privé.Car dans une ville de 700,000 mille âmes comme Montréal, le nombre des petits enfants de 5 et 6 ans qui reçoivent les premiers éléments de l’instruction dans leur famille est considérable.Ainsi, ce ne serait pas rendre justice à la ville de M.ontréal que de dire, sans explication : “ 25,000 enfants ne fréquentent aucune école dans la métropole du Canada.” Le Devoir, La Presse, La Patrie, La Gazette ont fait remarquer fort à propos que le recensement portait sur une période d’âge s’étendant de 5 à 18 ans; que les enfants de 15, 16 et 17 ans avaient déjà eu le temps de faire leurs cours primaire et que ceux de 5 ans n’étaient pas encore en retard.La catégorie 14 et 15 ans mérite l’attention des parents, des autorités religieuses et des autorités scolaires.Le recensement de M’ontréal accorde un pourcentage de fréquentation scolaire de 52.14% à cette catégorie.C’est déjà un résultat consolant dans un temps où la vie chère réclame l’effort de tous pour gagner le pain quotidien.Mais ce pourcentage de 52% pourrait être porté à 65 ou 70%, pour le plus grand bien des enfants eux-mêmes et de la province.A cette fin, encourageons les parents à faire des sacrifices en faveur de leurs enfants à qui on doit offrir, cependant, des écoles assez nombreuses, assez vastes et un personnel enseignant compétent et bien rémunéré.Même pour la catégorie des 14 à 16 ans, il faut être juste.Depuis quelques mois, à Montréal, Québec et autres villes on procède, en vertu d’une loi de la Législature de Québec, à l’examen des enfants de 14 à 16 ans travaillant dans les usines ou dans les magasins.Sur 10,000 enfants enregistrés, au 15 juillet dernier, à peine 2% sont des illettrés : Montréal, 3% ; Québec % de 1% ; Shawinigan, sur 131 garçons et filles de 14 à 16 ans travaillant dans les industries, on n’a trouvé qu’un seul enfant illettré, un garçon.(1) Si les recensements des grandes villes ont donné des résultats satisfaisants au point de vue de la fréquentation scolaire, il ne s’en suit pas que nous devons nous arrêter en route.Non, au contraire : il y a encore une marge pour le progrès et tous les vrais patriotes doivent prêter leur concours afin que, sous un régime de liberté et d’encouragement comme celui qui fait l’honneur de la province de Québec, le niveau de l’instruction et de l’éducation s’élève graduellement et sans arrêt.Hâtons-nous sagement ; évitons les faux coups de barre et faisons en sorte que l’avenir soit un écho fidèle du beau passé de notre vaillante race.(1) Voir Y Action Catholique du 15 juillet 1920.C.-J.Magnan. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 5 LES ECOLES NATIONALES Nous nous en doutions bien, le but que poursuit le Conseil national d’éducation créé à la suite des conférences de Winnipeg et d’Ottawa, c’est “l’école nationale,” c’est-à-dire le même type d’école pour tout le Canada.Et ce type d’école, dans l’espèce, c’est l’école neutre et anglaise.Pour l’histoire, nous enregistrons les articles suivants parus dans La Patrie, La Presse et Le Devoir de Montréal.C’est une mise au point qui mérite d’être consignée dans les annales de l’instruction publique : De La Patrie, 17 juillet : “Le major F.-J.Ney, secrétaire du Conseil national d’éducation, portant la parole à un dîner du Club Kiwanis, à Montréal, a, suivant l’expression de La Gazette, présenté un fort plaidoyer en faveur d’un système national d’instruction publique, qui ferait disparaître le système provincial existant, mettrait fin à la mésintelligence entre l’est et l’ouest et au pro-vincialisme que cultive fatalement le système actuel.” “Four prêcher à Montréal cette doctrine qu’il sait sans doute répugner à la majorité cana-dienne-française de la province de Québec, le major Ney a senti le besoin de prouver que cette question le concerne.“Quel titre a-t-il à intervenir dans nos affaires éducationnelles ?“Né en Angleterre, le major Ney a émigré au Canada en 1910, et, depuis dix ans, il a passé en Angleterre et en France les cinq années de la guerre.“De sorte qu’il a vécu en tout cinq ans au Canada ! Et c’est sur les rapides observations qu’il a pu faire en cette courte période de temps—en supposant qu’il ait observé—qu’il se base pour prétendre enseigner aux Canadiens que leur système scolaire est faux et préjudiciable aux intérêts nationaux.Et il s’exclame : “L’éducation qui ne forme pas à la citoyenneté n’est pas une éducation.Par suite, ce Conseil “ National s’est organisé dans l’espoir de faire éventuellement adopter un système national d’instruction “ publique qui déracinera les préjugés existants entre l’est et l’ouest et conduira à l’unité nationale.“Ce raisonnement nous paraît obscur.Quels sont ces préjugés entre l’est et l’ouest?Si ces deux grandes régions du Dominion sont divisées, c’est moins par des préjugés que par des intérêts matériels divergents, qui n’ont qu’un rapport fort lointain avec la formation scolaire de la population.Les préjugés qui existent dans la nation sont plutôt en évidence entre les deux races dominantes, et si l’on peut concevoir que des écoles nationales puissent les faire disparaître, ce ne pourra être qu’en assurant la prédominance aux sentiments de la majorité qui, en l’espèce, est anglo-saxonne.“Il est par suite tout naturel que la minorité canadienne-française n’envisage pas d’un bon œil une telle solution.Qui est-ce qui entretient au pays des préjugés répréhensibles, de ceux qui voudraient dépouiller la race française de sa langue et de son caractère propre, ou de cette minorité qui résiste à l’assimilation ?Le major Ney ignore sans doute sur quelles garanties solennelles repose le droit des Canadiens français de conserver leurs écoles provinciales, et, en dehors de ces garanties, il semble incapable d’envisager ce droit comme inviolable parce que fondé sur le principe de liberté, qui est la pierre d’assise des institutions britanniques.“Le major Ney aurait gagné à étudier notre histoire avant de se faire l’apôtre d’une réforme dont il ne comprend pas la signification.Ou encore, sans doute, puisqu’il est virtuellement un étranger dans notre pays, il ferait mieux de se mêler de ce qui le concerne.” 6 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Sur le même sujet, La Presse du 16 de juillet disait : 'Te major F.-J.Nej^, secrétaire du Conseil national de l’Éducation, vient de faire, à Montréal, deux déclarations que nous tenons à relever.L’une est une protestation contre les salaires ridicules que nous payons à des hommes instruits comme le sont les instituteurs ; l’autre est une recommandation d’établir dans le pays des écoles nationales, afin de faire disparaître le provincialisme et de créer une mentalité canadienne uniforme.La première est tout à fait juste.Quant à la seconde elle n’est qu’une éructation stupide pour tous ceux qui savent sur quelles bases s’est effectué le pacte fédéral.De deux choses l’une : le major Ney ignore la constitution canadienne, ou il veut la violer, après s’en être bien pénétré.Dans un cas comme dans l’autre, il est à blâmer.Quand donc tous nos compatriotes anglais sauront-ils, une fois pour toutes, que les questions éducationnelles sont du domaine des provinces, et que le seul fait de se proclamer membre d’un conseil national d’éducation est un attentat contre la constitution canadienne ?” De son côté, M.Orner Héroux a écrit dans Le Devoir du 26 juillet, le lumineux avertissement qui suit : “Mais passons vite au texte qui fait se lever dans notre esprit ces réflexions d’ordre général.Nous sommes en pleines vacances, on imaginerait volontiers que tout effort de propagande est suspendu par l’attrait de la campagne ou de la mer.Il n’en est rien et, pour ne pas souligner une fois de plus la haine vigilante de l’orangisme, ouvrez la Gazette de Montréal, numéro du vendredi 16 juillet, page 5, colonne 2, vous y verrez ces titres éclatants : Favored National Education Scheme.—Present System only Tends to Emphasize Provincial Differences.—Said Major F.J.Ney, M.C.—Education Which Does Not Train for Citizenship No Education at All, View of N.C.E.Secretary.Et dans le texte, illustrant et justifiant ces titres, vous lirez aussitôt ceci : “Le Major F.J.Ney, M.C., secrétaire du “National Council of Education”, a présenté hier, au lunch hebdomadaire du “Kiwanis Club” à l’hôtel Queen’s, un fort plaidoyer en faveur d’un système national d’éducation afin de se débarrasser du système provincial actuel {in order to get away from the present provincial system) avec ses difficultés entre l’Est et l’Ouest et son inévitable culture d’idées provinciales.” Plus loin encore “.Parlant pour le “National Council of Education”, le major Ney exprime l’espoir que le “Kiwanis Club”, le “Rotary Club”, et autres institutions similaires l’aideront à établir au Canada un système national d’éducation au lieu du sytème actuel provincial et fait de morceaux qui ne tend qu’à souligner les différences de province à province (.to establish for Canada a national system of education, instead of the present piecemeal and provincial system, which only tended to emphasize provincial differences)”.“C’est la reprise non plus, cette fois, dans le brouhaha d’une campagne électorale ou dans l’obscurité des loges, mais autour des tables de banquets, par une association d’allure distinguée, avec l’appui escompté de clubs “sociaux,” de la vieille campagne contre l’école catholique et française.Car c’est à quoi aboutira nécessairement chez nous, quelles que soient les intentions de tel ou tel propagandiste, la tentative de briser notre régime actuel pour le remplacer par un prétendu système national.Et la tentative actuelle est d’autant plus dangereuse qu’elle tend à embrigader des forces nouvelles, que n’atteindraient point parfois des appels directs à la haine ou à l’ostracisme national, mais que les pires sectaires resteront toujours prêts à appuyer et à pousser de l’avant.“Qu’on ne s’imagine point non plus que les textes constitutionnels suffiront à nou protéger.Nous devons être assez payés pour savoir ce que valent les textes, quand il n’y v point derrière une ferme volonté de résistance.“Rendons-nous donc bien compte—ce texte de la Gazette nous y invite opportunément que l’adversaire ne désarme jamais, et prenons simplement les moyens d’opposer à l’inév' L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 7 table assaut une résistance qui ne se lasse point, une résistance surtout qui ne s’endorane jamais.” No as devrons donc surveiller de plus en plus les agissements de T Association qui a créé le Conseil national d’éducation.L’AIDE A L’UNIVERSITÉ LAVAL Un comité a été formé à Québec, pour organiser une souscription générale dans la province ecclésiastique de Québec en faveur de TUniver-sité Laval.M.Henri Gagnon, gérant du Soleil, est l’administrateur de “l’Aide à Laval”.Le président du comité exécutif de “l’Aide à Laval” est M.gr F.Pelletier, recteur de l’Université Laval.Les commissions scolaires et le personnel enseignant ne sauraient rester indifférents à l’œuvre éminemment nationale et religieuse de la grande université canadienne française de Québec.On sait que l’Université Laval, fondée en 1852, par le Séminaire de Québec, est loin d’être riche.Depuis sa fondation, le budget de chaque année montre un déficit, qui, chaque année aussi, a été comblé par le Séminaire de Québec.Depuis 1852, le Séminaire de Québec a dépensé pour l’Université Laval une somme d’environ sept millions de dollars.De nouvelles dépenses s’imposent et il est nécessaire de faire les améliorations et développements qu’exigent les circonstances actuelles.C’est pour permettre à l’Université de se développer de manière à ce qu’elle soit au même niveau que les grandes universités américaines, que les amis de l’Université Laval ont décidé d’entreprendre à Québec, et dans la province ecclésiastique de Québec, une campagne de souscription pour recueillir une somme d’au moins SI.000.000.Ce projet a reçu l’approbation générale dès qu’il fut connu, et la presse de toute la région applaudit aussi à ce mouvement, qu’on peut qualifier de “hautement patriotique”, si l’on considère un instant l’œuvre accomplie chez nous par l’Université Laval.La campagne de souscription sera précédée d’une campagne d’éducation, d’une campagne de presse, pour mieux faire connaître au public l’œuvre universitaire, les besoins actuels de l’Université, et ce que l’on veut faire pour venir en aide à Laval.U Enseignement primaire souhaite succès, succès complet, à l’œuvre de l’Université Laval, ce château fort de la nationalité canadienne-fran-çaiso, première citadelle intellectuelle dressée sur le continent américain à l’honneur de la race française.G.-J.M agnan. 8 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE LA VENERABLE MARGUERITE BOURGEOYS A V occasion du troisième centenaire de la naissance de Marguerite Bourgeoys, fondatrice de la Congrégation de Notre-Dame, nous croyons devoir reproduire les belles pages qui suivent, écrites il y a quelques années par Mme Laure Conan, dans les silhouettes canadiennes.Marguerite Bourgeoys appartient à cette élite dont le Christ se sert pour conquérir le monde.Elle a été chez nous l’ouvrière de Dieu, une messagère de lumière et, comme dit LEcriture, un astre bienfaisant.Son nom est à jamais uni aux glorieux noms des fondateurs de Montréal.On peut dire que la Vierge elle-même donna Marguerite Bourgeoys à sa ville naissante, “œuvre d’une merveilleuse importance, fleurie des espérances célestes’’ (1).Sur cette terre de Ville-Marie, sacrée par tant de vertus, par tant d’héroïsme, la douce femme se consuma de labeurs.Là, elle fonda la Congrégation de Notre-Dame qu’on a parfois appelée une famille d’anges.C’est la première communauté qui se soit formée chez nous, et pour le Canada tout entier, chacun sait qu’elle fut et qu’elle est un immense bienfait, une grâce inestimable.On ne saurait dire l’importance de la mission de la Sœur Bourgeoys.Son action a été prodigieusement féconde et de sa vie très sainte rayonnèrent à jamais les enseignements les plus élevés, les plus fortifiants.* * * Marguerite Bourgeoys naquit à Troyes, en Champagne, le 17 avril 1620.Sa famille était de condition médiocre et ni riche ni pauvre.Dès ses premières années, d’après ses historiens, Marguerite montra des dispositions fort remarquables.Douée de la plus heureuse facilité, elle était ardente et constante au travail.L’application, l’effort semblait ne lui rien coûter.Son adresse à toutes choses était singulière et elle avait le don inné—on pourrait dire la passion-—d’enseigner.Dès l’âge de dix ans, elle se plaisait à réunir ses petites compagnes pour les faire travailler et son ascendant sur ces enfants était incroyable.Marguerite n’avait que douze ans lorsqu’elle perdit son excellente mère.Mais sa raison était si au-dessus de son âge, que son père n’hésita pas à lui confier l’éducation de ses deux plus jeunes enfants et la conduite de sa maison.On ne connaît rien de cette partie de sa vie, mais on peut assurer que la fillette fut à la hauteur de ses graves devoirs, car l’humble sœur Bourgeoys, si sévère pour elle-même, ne s’est jamais accusée d’y avoir manqué.Quand M.Olier et M.de la Dauversière formèrent, à Paris, la Compagnie de Notre-Dame de Montréal,Marguerite Bourgeoys venait d’avoir (1) M.Olier. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 9 vingt ans.Cette jeune fille, destinée à figurer dans l’élite de l’héroïque phalange, ne tarda pas à être préparée à son extraordinaire vocation, et la lumière lui vint de la Vierge, le premier dimanche d’octobre 1640.Il y avait, ce jour-là, chez les Dominicains de Troyes, fête du Rosaire avec procession solennelle, et Marguerite s’y était jointe.Comme la procession défilait devant l’abbaye des Nonnains, elle leva les yeux vers une statue de Marie, qui ornait le portail, et la statue, qu’elle avait considérée bien des fois, lui parut d’une beauté ravissante, toute céleste.En même temps, une lumière surnaturelle inonda son âme de ving ans.Elle vit le néant de tout ce qui passe ; elle comprit que la sainteté est la grande joie de la vie, la seule joie de la mort, et, comme une flamme du ciel, l’amour divin pénétra son cœur et l’embrasa.Ce fut pour Marguerite l’heure décisive, l’heure sacrée, l’adieu irrévocable à toutes les joies de la terre : “Je me trouvai si touchée et si changée, dit-elle dans ses mémoires, que je ne me reconnaissais plus.Dès ce moment, je quittai tous mes petits amusements, et me retirai d’avec le monde pour me donner au service de Dieu.” Fort jolie, elle avait aimé les toilettes fraîches, élégantes ; mais à partir de ce jour, elle ne voulut plus porter et ne porta plus, dans la suite, que des habits très simples, de couleur brune ou noire, sans ornements superflus.Son premier soin fut de faire une confession extraordinaire.Avec la plus véhémente contrition, elle accusa ses désirs de paraître, ses fautes de vanité.Elle n’en avait pas de plus graves et, toute sa vie, elle ne cessa de les déplorer.L’énergie qu’elle mit au travail de sa perfection ne devait pas faiblir.“Son attrait dominant, ou plutôt l’occupation habituelle de son esprit et de son cœur, était de s’unir aux dispositions très saintes dont la Vierge •avait animé toutes ses actions,lorsqu’elle était sur la terre, pratique sanctifiante à laquelle elle fut constamment fidèle et qu’elle laissa aux vierges chrétiennes, dont elle devint plus tard l’institutrice et la mère, comme la base et le fondement de toute la perfection de leur institut.” Dès lors se révélait l’admirable générosité dont Marguerite devait donner tant de preuves.Sa jeune âme ardente avait la soif du sacrifice, l’austère passion du renoncement entier.Dans les dépouillements elle ne voyait que les degrés par où l’on s’élance vers Dieu.Sur le conseil de son confesseur, Marguerite fit des démarches pour entrer au Carmel, mais sa demande fut rejetée, et elle ne fut pas mieux accueillie chez les Clarisses.Ces humiliations ne firent qu’enflammer sa ferveur et, loin de se reprendre au monde en se voyant repoussée du cloître, elle s’attache irrévocablement à Dieu par les vœux de chasteté et de pauvreté.(à suivre) 2 Laure Conan. 10 \ L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE ENSEIGNEMENT DE L’HYGIÈNE, SON IMPORTANCE Le Conseil supérieur d’hygiène reprend maintenant sa série d’articles sur l’hygiène, série interrompue par suite de la mort du regretté Dr J.-A.Beaudry.Le Conseil, en effet, toujours fidèle à sa mission, se rend bien compte de la nécessité de la diffusion, à travers la province, des connaissances en matière d’hygiène et il est heureux de profiter de l’offre qui lui a été faite en donnant une collaboration assidue à Y Enseignement primaire.Les mérites de cette revue de premier ordre, le choix particulier de ses lecteurs et de ses lectrices, voués comme nous à la grande mission de l’enseignement, donneront encore plus d’importance au cours suivi d’hygiène que nous allons entreprendre.Et s’il nous était permis d’exprimer ici un vœu, nous solliciterions des nombreux instituteurs et institutrices qui nous liront la faveur de répéter à leurs nombreux élèves, et cela, chaque année, les leçons d’hygiène qui paraîtront dans ces pages.Cette invitation, d’ailleurs, est pleinement d’accord avec les règlements du Conseil de l’Instruction publique qui recommandent l’enseignement de l’hygiène.Elle s’appuie, de plus, sur l’influence considérable que prendrait une telle éducation quand elle sera répandue dans les 7000 institutions scolaires de la province et distribuée aux 500,000 enfants qui les fréquentent.Cet enseignement, il est vrai, s’adresse à tout le monde.Aussi, cherche-t-on à atteindre la population par des brochures, des articles de journaux, des congrès, des conférences.Mais combien est limité cet enseignement ! Que de fois nous nous butons à des habitudes prises, à des préjugés, à des intérêts contraires ! Combien aussi ne sont pas atteints par ces moyens, ne lisant pas les brochures, n’accordant qu’une attention distraite aux articles de fond que publient les journaux, et ne se rendent pas aux conférences.Aussi quelle supériorité possède l’enseignement dans les écoles! Là, le professeur rencontre des intelligences neuves éminemment aptes à recevoir les idées énoncées.Ne les a-t-on pas comparées, et avec raison, à de la cire molle facilement malléable ?Les professeurs disposent donc vis-à-vis de leurs élèves d’une influence considérable.Ce sont eux qui, pour une bonne partie, nous ont faits ce que nous sommes.Ce sont eux qui ont entre les mains la formation de nos enfants.Quel bien, par conséquent, ils peuvent faire à la nationalité en indiquant à leurs élèves des connaissances et des pratiques hygiéniques ! C’est cette aumône que nous sollicitons d’eux en faveur de notre jeunesse étudiante, bien convaincus que notre appel sera entendu.DÉFINITIONS On a défini l’hygiène la science qui enseigne les lois de la santé.Cette définition appelle quelques explications.Nous disons d’abord que l’hygiène est une science parce qu’elle peut poser des lois, des prin- L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 11 cipes qui trouvent leur application invariablement dans les conditions données.Il est facile d’en donner quelques exemples.Ainsi, chaque fois qu’une personne non immunisée, c’est-à-dire qui ne jouit pas d’une protection spéciale, vient en contact avec une autre personne souffrant d’une maladie contagieuse, elle peut devenir malade de la même maladie.Cette loi est absolument invariable et sert de base aux règlements édictés dans tous les pays civilisés en vue de la protection de la population par l’isolement des malades contagieux.L’habitation insalubre, c’est-à-dire sombre et humide, prédispose à la tuberculose.La science, en effet, nous enseigne que dans ces conditions les germes de la maladie se développent à merveille, tandis que la résistance vitale des individus diminue.Toutes les conditions sont donc remplies pour le développement de la maladie si cette habitation est contaminée par un tuberculeux.Les statistiques, d’ailleurs, viennent malheureusement corroborer l’exactitude de cette loi.Voulez-vous un autre exemple ?L’alimentation mal ordonnée prédispose à un grand nombre de maladies.Que de personnes sont emportées prématurément par une maladie de foie, par une affection des reins, pour avoir ignoré cette loi ?Que de décès inutiles nous avons à déplorer, causés par des maladies aigues, comme la pneumonie, la fièvre typhoïde, etc., parce que ces malades avaient d’avance surmené leurs organes de défense par une alimentation exagérée et qui dépassait leurs besoins.L’hygiène pose donc des lois qui trouvent leur application contre nous quand nous ne nous y soumettons pas.Et qu’on n’aille pas, devant son tribunal inexorable, plaider ignorance.Cette tentative serait inutile et nous en subirions les conséquences quand même.C’est donc à nous qu’il appartient de connaître ces lois et de les suivre.Bien inutiles, en effet, seraient ces connaissances si elles ne se traduisaient pas par une ordonnance correspondante de la vie.L’hygiène, comme la morale, exige d’être vécue.A quoi sert d’enseigner la justice aux voleurs ?Elle peut donc imposer des privations.C’est à nous de les consentir pour obtenir une meilleure protection de notre santé.^ Mais qu’est-ce que la santé ?La santé consiste dans l’intégrité des organes et l’équilibre des fonctions de l’organisme.Nous sommes, en effet, formés d’un grand nombre d’organes.A chacun sont dévolues des fonctions dont bénéficie l’ensemble des organes, c’est-à-dire l’organisme.Il faut donc qu’ils soient sains.La seconde condition de la santé consiste dans l’équilibre de ces fonctions.Nous subissons, en effet, des pertes continuelles à cause de notre activité même, du travail de nos organes.Il nous faut donc compenser ces pertes, pourvoir à la réparation de l’usure des organes, leur fournir les éléments nécessaires à leur bon fonctionnement.Quand il y a compensation adéquate de part et d’autre, les organes fonctionnent harmonieusement, il y a santé. 12 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Or, comme il est important pour chacun d’entre nous de jouir de cet heureux état, il est facile de comprendre l’intérêt que nous avons à étudier la science qui nous y aide directement, la science de l’hygiène.Ainsi entendue, cette science s’adresse aux individus, c’est l’hygiène privée.Mais l’hygiène s’adresse de plus aux collectivités, c’est l’hygiène publique qui a été définie : la science qui enseigne à maintenir la salubrité du milieu dans lequel l’homme vit.Elle se propose d’éloigner de nous les causes extérieures de maladies.Or, comme ces causes peuvent s’exercer à la fois sur un grand nombre d’individus, leur suppression protège la société elle-même.C’est ainsi que l’hygiène publique se propose la protection de notre eau d’alimentation, de notre approvisionnement de lait et des autres aliments, la surveillance des habitations, des usines, des écoles, le contrôle des maladies contagieuses, la diminution de la mortalité infantile, etc.Aussi, ces différentes questions, à cause de leur importance, feront-elles le sujet de nos premiers articles.J.-A.Baudouin, M.D., Asst.-Secrétaire-directeur.Conseil Supérieur d’Hygiène, Montréal.HOMMAGE A M.J.-N.MILLER SECRÉTAIKE DU DÉPARTEMENT DE L’iNSTRUCTION PUBLIQUE A la dernière réunion du Bureau central des examinateurs catholiques, tenue à Québec, les 3 et 4 août dernier, et à laquelle assistaient : Mgr L.Lindsay, président ; M.John Ahern, vice-président ; Mgr G.Dauth, Mgr P.-J.-A.Lefebvre, M.G.-J.Magnan, M.l’abbé J.-C.Vincent, M.T.-F.Cuddihy, M.G.-A.Lefèvre, M.N.Brisebois, M.J.Hébert et M.J.-N.Miller, secrétaire, la proposition suivante a été inscrite au procès-verbal : “ M.C.-J.Magnan propose, appuyé par Mgr P.-J.-A.Lefebvre, et il est unanimement résolu que rinscription suivante soit faite au procès-verbal de la présente séance : “Le Bureau central des Examinateurs catholiques est heureux d’offrir à son distingué “ secrétaire, M.J.-N.Miller, ses vives félicitations à l’occasion du cinquantième anniversaire “ de son entrée dans la carrière enseignante et de lui témoigner toute sa gratitude pour le “ zèle et le dévouement qu’il apporte depuis 22 ans dans l’accomplissement de ses devoirs “ comme secrétaire dudit Bureau dont il fut l’organisateur et qu’il administre depuis sa “ fondation avec un tact et une probité dignes des plus grands éloges.Ce Bureau désire “ aussi rendre hommage à M.Miller pour tous les précieux services qu’il a rendus à l’Ins-“ truction publique au cours de sa longue et laborieuse carrière, entièrement consacrée à la “ cause de l’éducation, soit comme instituteur, professeur, inspecteur d’écoles et officier “ du département de l’Instruction publique.“ Ce Bureau forme des vœux pour que la Providence conserve longtemps encore M.“Millerà ses fonctions importantes, qu’il remplit avec tant de compétence et de dignité.” L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 13 L’ÉCOLE ET LA FAMILLE Sages conseils de Son Éminence le Cardinal Bégin Dans une lettre pastorale admirable de fond et de forme (1), Son Éminence le cardinal Bégin, après avoir rappelé avec émotion son récent voyage à Rome, remercie Dieu de la situation religieuse dont jouit le peuple de notre province, signale aussi les dangers qui le menacent : l’école neutre, le divorce, les modes indécentes, le mauvais théâtre, le cinéma séducteur et la désertion des campagnes.Voici comment notre vénéré cardinal s’exprime au sujet de l’école et de la famille : “ Le Pape demande aux catholiques canadiens d’avoir l’œil ouvert sur les dangers qui les menacent, de garder avec le plus grand soin leurs traditions et leurs institutions, de ne pas permettre, par exemple, que l’État empiète sur les droits de l’Église et les droits des parents en matière scolaire.“ L’effroyable crise par laquelle passe le monde, et l’immense conflit qui l’a précédée et déchaînée, sont des effets directs de l’école sans foi et sans Dieu installée par les pouvoirs politiques, dans un trop grand nombre de pays.Des gouvernements, des fonctionnaires de l’État, se sont substitués à l’Église et à la famille dans l’œuvre fondamentale de l’éducation de la jeunesse.D’innombrables générations ont grandi en dehors de toute atmosphère religieuse.L’ignorance des dogmes religieux et des préceptes de la morale chrétienne a fait jaillir un torrent d’erreurs, de passions, d’instincts sauvages, dont le spectacle glace les âmes d’épouvante.L’enseignement laïque et neutre, dans toutes les phases du développement de l’esprit, est le chancre qui ronge au flanc la société moderne, et lui inocule le virus de l’anarchie et des plus viles jouissances.“ Grâce à Dieu, nous avons, dans notre province de Québec, un système scolaire qui, sans être parfait, donne à l’Église et aux parents une place très appréciable, et constitue parmi nous l'un des remparts de l’ordre.Sachons défendre ce rempart contre tous les assauts, directs ou indirects, ouverts ou déguisés.Défions-nous de ceux qui font dépendre le progrès de l’éducation de la main mise du gouvernement, fédéral ou provincial, sur la vie de l’école, et qui prêchent l’instruction obligatoire comme une panacée.Leur doctrine n’es g qu’un leurre ; et nous y voyons l’une des formes de ce socialisme d’État qui a pris, de nos jours, de si effrayantes proportions.“ L’État ne se contente pas d’envahir les droits scolaires des parents.Il porte la main sur le lien sacré du mariage.Il attente à la constitution même de la famille, et il y sème des germes de division, de corruption et de mort.Jusqu’ici, Nos très chers Frères, notre législation fédérale, tout en reconnaissant le principe immoral du divorce, s’est abstenue d’en favoriser la contagion.Ce fléau, si redoutable pour l’honneur des sociétés chrétiennes et le bonheur des foyers, a été circonscrit.La porte du divorce, du moins dans les plus vieilles provinces du pays, n’a été, pour ainsi dire, qu’entr’ouverte.“Or, voici que des esprits mal inspirés travaillent à établir, dans toute l’étendue du Canada, des Cours régulières chargées de séparer ce que Dieu a uni.Une proposition de loi a été formulée en ce sens.C’est un défi à la loi ecclésiastique et divine.Nous protestons de toutes nos forces contre cette tentative de propager ce que nous considérons comme l’un des plus grands maux qui puissent affliger les peuples.Tout acte législatif instituant ou facilitant le divorce, est une œuvre de perversion morale et de décadence sociale.“ Cette fausse conception du mariage n’est pas sans relations avec les doctrines féministes qui tendent à détourner la femme de ses devoirs d’épouse et de mère pour la jeter sur la place publique, et en faire la rivale de l’homme dans tous les domaines.Nous exhortons les femmes catholiques du Canada, notamment nos diocésaines, à demeurer toujours et partout, ce que la nature et la grâce les ont faites, à n’ambitionner que le rôle propre, et conforme à leurs aptitudes, dont la Providence les a chargées : rôle très grand, très noble, éminemment nécessaire, et qu’elles doivent s’efforcer de remplir avec tout le zèle, tout le dévouement, toute la vertu généreuse dont elles sont capables.” 14 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE SIR LOMER GOUIN Le 9 de juillet, Sir Lomer Gouin donnait sa démission comme premier ministre de la Province de Québec, poste qu’il occupait depuis 1905.L’honorable Alexandre Taschereau, collègue de Sir Lomer depuis plusieurs années, a été invité à former un ministère.Tous les anciens ministres ont été invités à faire partie du cabinet Taschereau ; le nouveau ministère compte un membre de plus que l’ancien, l’honorable M.Perron, conseiller législatif.L’honorable Taschereau a déclaré publiquement qu’il suivrait la politique de Sir Lomer Gouin.Ce dernier a été nommé conseiller législatif, gardant ainsi un point de contact avec les affaires publiques.Sir Lomer Gouin, en quittant le poste qu’il a occupé avec tant de dignité et de succès, a reçu des éloges de tous les journaux de la province.Son administration a été particulièrement remarquable au point de vue des progrès scolaires réalisés depuis 1905.Sans bouleverser nos lois scolaires, sans avoir recours aux mesures de contrainte, Sir Lomer Gouin a donné à l’Instruction publique un élan remarquable en quadruplant les subventions scolaires, en fondant des écoles spéciales et en multipliant les écoles normales.Dans l’histoire de l’enseignement primaire, l’administration de Sir Lomer Gouin occupe un chapitre d’honneur.L’un des grands mérites de Sir Lomer Gouin c’est d’avoir su résister aux assauts répétés d’un groupe remuant et audacieux qui tenta à plusieurs reprises de saboter notre système scolaire.Sir Lomer ne se condamnera pas à une retraite inactive et il saura certainement mettre au service de ses compatriotes sa sage expérience et sa grande renommée d’administrateur habile.Nous lui souhaitons santé et bonheur.DE LA CULTURE GÉNÉRALE—POURQUOI ?Notre cercle “vient d’avoir cinq ans” ; pour un cercle, c’est plus que l’âge de raison.Aussi, nous constatons que le mouvement des idées, chez nos membres, se développe, se précise et s’élève graduellement.Notre groupe, après avoir traversé “la période critique de l’enfance”, “a bonne envie de vivre” et déjà s’achemine vers la virilité intellectuelle.Quelques-uns parmi nous ont fixé leurs “buts d’étude” ; ils s’encouragent mutuellement à acquérir une meilleure culture générale.Des sceptiques, peut-être, diront : “A quoi bon?Prétendez-vous devenir penseurs ou écrivains?” A ces sortes de railleries qui se font plus rares maintenant, mais que nous devinons parfois encore sur les plis de certaines lèvres, nous pouvons et nous devons répondre.D’abord, cette ambition de devenir “penseurs ou écrivains”, est bien loin de nous ; cette prétention de notre part serait justement ridicule, car elle dépasserait non seulement nos aptitudes, mais aussi les cadres de notre humble vocation d’instituteurs.Considérant l’enseignement comme une carrière, nous voulons rester avant tout à notre véritable poste professionnel.Cependant, nous ne voulons pas encadrer avec notre brevet de capacité, tout l’effort de notre perfectionnement intellectuel, ni nous reposer avec trop de nonchalance ou de suffisance à l’ombre de ce parchemin.Nous désirons pousser notre curiosité d’esprit plus loin que les pages, d’ailleurs très importantes, de nos manuels de classe, de nos traités de pédagogie, et des “Règlements du Comité Catholique”.Après la classe, notre esprit, notre imagination et notre cœur sentent le besoin d’espaces plus larges, d’horizons nouveaux et de sources plus profondes.C’est chez les grands maîtres L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 15 de la pensée humaine, chez les interprètes véritables du cœur de l’humanité, chez les chantres sublimes de l’âme et de la nature et chez les prédicateurs éloquents de la révélation divine, que notre âme ira puiser ce repos bienfaisant et ce renouveau de vigueur.Retournons à l’école de ces maîtres du génie français, que nous avions appris à connaître “durant nos études”, mais que nous avons peut-être trop négligés depuis.Au contact de ces hommes supérieurs, notre esprit acquerra plus de pénétration et de clarté, plus de vivacité et de souplesse, plus de rectitude et une plus grande force de logique ; notre imagination deviendra plus riche et plus saine ; notre sensibilité se fera plus intense, plus délicate, et nous fournira un plus grand nombre de nobles émotions ; notre âme grandira dans le culte de la vérité, de l’honneur et de la fierté ; notre pensée revêtira des formes d’expression plus justes, plus riches et plus élégantes.A part cette fréquentation par nos membres de la littérature en général, il serait à souhaiter que celui d’entre nous qui a une certaine inclination pour un genre particulier d’étude, tel que : la poésie, l’histoire, la chronique, la philosophie, l’économie politique, les questions sociales, religieuses ou nationales, &c.; ou pour une science particulière : mathématiques, physique, etc.; ou pour un art particulier ; peinture, musique, etc.; que celui-là travaille un peu dans son genre préféré, quel qu’il soit, et qu’il nous fasse part de ses recherches, de ses réflexions, de ses idées ou de ses impressions.Ainsi, tout en gardant à la culture professionnelle, c’est-à-dire, pédagogique, la première place dans notre esprit, ne nous laissons pas absorber complètement par cette étude, mais travaillons en plus fermement à la formation générale de nos facultés, par l’étude de ces “lettres qui nous rendent plus humains”, par le croisement et la comparaison dans notre cerveau, de quelques sciences ou arts divers, et par l’échange réciproque de nos idées et de nos sentiments.Cette orientation commune vers une plus grande culture générale, nous ouvrirait un vaste champ d’activité, où il serait facile pour chacun de cueillir quelques gerbes et de les unir à celles de ses camarades.Au bout de quelques années, ce travail commun fait avec méthode et soutenu par de la constance, produirait une étonnante moisson dont nous serions les premiers à bénéficier.Analysons un peu les raisons qui peuvent nous inciter à tenter, ou plutôt à continuer cette entreprise.Nous sommes tous des jeunes gens qui ont eu le privilège de recevoir, durant leurs années d’études, les premiers éléments et comme les jalons d’une culture générale ; de plus, par la fréquentation du cercle, nous avons acquis plus de goût pour l’étude, plus de méthode dans le travail et une certaine facilité d’expression.Nos esprits sont comme une terre préparée à recevoir une semence plus substantielle ; nos facultés sont comme des voiles prêtes à se tendre sous le souffle de vents plus forts ; travaillons à devenir “plus humains”.Quelle objection peut empêcher le “maître d’école” de devenir un “honnête homme”, selon le sens que Pascal prête à ce mot dans ses “Pensées”.Il existe chez beaucoup de gens, je ne dirai pas une conviction, mais une opinion ou peut-être plutôt un sentiment, à savoir : que l’instituteur est un homme un peu à part des autres, qui a abdiqué certaines prérogatives de son humanité ; soit parce qu’il a consenti à passer la meilleure partie de sa vie avec les enfants ; soit parce que sa profession est sans grand éclat extérieur ou n’est pas une “place d’avenir” au point de vue argent ; soit parce que ses relations sociales ont été jusqu’ici forcément restreintes.Je ne sais au juste d’où provient cette opinion, mais je sais qu’elle existe ; presque chaque jour nous en fournit des preuves ; je ne puis même résister à donner comme exemple ces paroles qu’il y a à peine deux ans, un commissaire d’écoles très influent adressait à de jeunes instituteurs en train de fonder un cercle: “Messieurs, leur disait-il, tout ce que vous avez à faire dans un cercle, c’est d’apprendre à faire la classe.” Peut-être que les instituteurs, en général, ont un peu prêté flanc à cette opinion ambiante, par trop d’insouciance de leur part.Pour suivre notre vocation d’instituteurs, nous avons peut-être fait le sacrificee de positions plus lucratives ; ne nous arrêtons pas à mi-chemin ; et puisque nous n’avons ni la puissance de l’argent, ni le prestige professionnel, tâchons d’obtenir la valeur intellectuelle.Encourageons-nous à demeurer, dans ce siècle imbu de matérialisme, des partisans de l’idée 16 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE et des admirateurs du bel esprit français, j’entends, de celui que n’a pas terni le souffle des erreurs modernes, mais qui est resté fidèle aux vieilles traditions catholiques.D’ailleurs nos fonctions mêmes doivent nous inciter à développer chez nous cette culture.La tâche de l’instituteur est essentiellement humaine.L’objet de nos préoccupations, ou le sujet pour lequel nous travaillons, c’est le “petit de l’homme” ; le but principal de nos efforts, c’est de préparer cet enfant à “devenir un homme” ; nos moyens d’action sont éminemment humains ; ce sont notre intelligence, notre volonté, nos sens dirigeant l’intelligence, la volonté et les sens de l’enfant.(Nous n’ignorons pas la part de surnaturel qui doit exister dans une école catholique, mais ce surnaturel, loin de détruire les éléments humains de l’éducation, s’y superpose et les élève.) Mgr Ross dit quelque part dans son “Manuel de pédagogie” que l’instituteur doit être “un artiste en pédagogie”.La classe est l’atelier de cet artiste, dont le talent s’exprime non sur la toile qu’on peint, le marbre qu’on taille, ou l’instrument sonore qu’on touche, mais sur l’âme de l’enfant qu’il doit former : cet art est tout humain.Tous, nous savons la grande influence qu’a la personnalité du maître dans l’éducation des enfants ; or, la culture générale est un des meilleurs moyens de former en nous une personnalité forte, en même temps qu’harmonisée.Un maître bien cultivé, infailliblement, laissera sur l’esprit, le caractère, les manières et le langage de ses élèves, une empreinte bienfaisante de sa culture.N’oublions pas que nous sommes des maîtres d’école canadiens-français, chargés de transmettre à la jeune génération montante la langue et les traditions des aïeux ; transmet-tons-leur ces héritages précieux dans toute leur beauté et toute leur pureté.C’est ce devoir que nous rappelait M.l’Inspecteur général, dans son article à “l’Action Française” du mois de février.De la culture des maîtres actuels dépendra, dans une certaine mesure, l’esprit de notre race dans l’avenir.Même la technique de notre art (s’il m’est permis de m’exprimer ainsi) : l’application des méthodes, l’emploi des procédés, le tact psychologique ; tout cela, dis-je, sera d’autant mieux pratiqué que le maître aura plus de culture, car l’éducation est une œuvre de logique.On se plaint parfois de rencontrer dans les classes, trop de “bourrage”, trop de “mécanisme” et pas assez de véritable formation.Cette lacune n’est-elle pas due parfois à un certain manque de formation chez le maître lui-même ?Pour bien comprendre, bien interpréter et bien appliquer “Les Règlements du Comité Catholique”, ce précieux compendium de pédagogie, ou ce “bréviaire de l’instituteur”, comme l’appelait spirituellement un visiteur d’écoles, il faut à l’instituteur une certaine dose de culture et il faut qu’il ait lu autre chose que “ce bréviaire”.D’ailleurs, si nous ne sortons jamais des murs de notre classe, nous allons finir par nous encroûter dans la routine, et par nous dessécher un peu l’esprit au côté aride et pénible de notre tâche.Ne craignons pas de trop nous extérioriser par ces études en apparence étrangères à la classe.Imitons l’abeille : elle est un modèle de travail, de fidélité et de méthode.Cependant, elle quitte souvent la ruche et le rucher, se laisse porter au loin par les vents, berce ses ailes dans des rayons de soleil, s’attaque au cœur des fleurs les plus riches et les plus diverses, se remplit ainsi d’un suc abondant qu’elle transforme en un miel délicieux ; elle retourne ensuite à la ruche pour déposer sa charge dans les fines alvéoles.Sortons, nous aussi parfois, de notre classe, pour en revenir plus riches et pour déposer cette richesse dans le cœur et l’âme “des petits”.Dans une conférence qu’il faisait aux instituteurs, le 7 mars 1919, à l’Ecole du Plateau, M.C.-J.Magnan, qui est lui-même le modèle de l’instituteur hautement cultivé, nous adressait ces paroles : “Mais pour atteindre ce sommet de l’art d’enseigner, il faut avoir déjà atteint cet autre sommet : la supériorité de culture intellectuelle et morale, dont résulte l’esprit de système et de méthode, et la probité professionnelle.Connaissance approfondie des matières à enseigner, culture générale de l’esprit qui met en relief cette science indispensable, maîtrise des meilleures méthodes d’enseignement, probité professionnelle qui place L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 17 au-dessus de tout et avant tout l'accomplissement de sa tâche d’éducateur, voilà ce qui constitue le bon maître.” Suivons les admirables conseils de cet homme d’expérience et d’autorité.A cette même soirée, M.l’abbé J.-N.Dupuis, visiteur des écoles, nous faisait cet appel vibrant : “Nous sommes à un tournant de notre histoire nationale.Il nous faut des compétences ! il nous faut une élite intellectuelle ! Mais où donc doit-on la rencontrer, si ce n’est dans le corps enseignant.Il est fini le temps des “à peu près”, des “vaille que vaille” et des “ça passera toujours”.Non, il faut des compétences.” Je veux terminer avec cet appel cet article déjà trop long.Mais pour ne pas nous payer de mots, mettons-nous à l’œuvre, ou plutôt continuons à travailler.N’ayons pas peur de regarder haut et loin : le pilote qui veut arriver à bon port, fixe souvent son regard dans les étoiles, ce qui ne l’empêche pas de faire bonne besogne à bord.Préparons pour le 10e anniversaire de notre cercle (car, avec la grâce de Dieu, nous serons, j’espère, encore du cercle à cette date) ; préparons, dis-je, pour cet anniversaire, une moisson plus abondante.D’autres cercles marcheront peut-être dans la même voie ; d’autres jeunes viendront après nous semer et récolter dans les mêmes sillons ; alors, avant un grand nombre d’années, nous verrons chez notre personnel enseignant une élite intellectuelle plus forte, plus unie, mieux disciplinée et qui s’imposera par la force de ses idées.Malgré les différentes causes de faiblesse que nous rencontrons en dedans de nous et à l’extérieur, encourageons-nous à travailler à cette œuvre, elle mérite tout l’effort de notre jeunesse.ROCH AUBRY, {Réservés) Instituteur, Président du Cercle Jacques-Cartier de VA.C.J.C.ENSEIGNEMENT DE LA LANGUE MATERNELLE Simple causerie (1) L’enseignement de la langue française, la langue maternelle pour nous, Canadiens français, est plutôt difficile, délicat et très important.Il nécessite chez l’instituteur une sérieuse préparation éloignée ; il doit bien posséder la langue.Son vocabulaire doit être riche en mots corrects et appropriés à son enseignement.Il doit avoir un répertoire orné d’expressions justes et même agrémenté de certains attraits de l’art oratoire, s’il a la direction d’une classe avancée.Aussi la préparation immédiate est-elle très importante dans cet enseignement de la langue maternelle.Le maître doit procéder avec ordre et gradation, choisir judicieusement des sujets à la portée des élèves et les bien limiter pour qu’il ne s’enlize pas en des digressions oiseuses et confuses ; ce qui dénoterait un manque de compétence de sa part et ferait perdre un temps considérable.C’est vers un but pratique qu’il faut tendre dans l’enseignement de la langue maternelle, plutôt que vers une fin d’éducation seulement, comme on le fait dans l’étüde des langues anciennes.Ce but pratique consiste surtout à enseigner à penser, à parler, à lire et à écrire.(l) Devant l’Association des Instituteurs de l’École normale Jacques-Cartier, janvier 1920» 3 18 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE l’aider à reproduire d’une manière intelligente et intelligible l’idée contenue dans le texte de son manuel de lecture, dès qu’il peut syllaber rapidement.Car on pense toujours, on parle beaucoup, on lit très souvent et il arrive fréquemment qu’on ait besoin d'écrire, soit pour suppléer au défaut de mémoire, soit pour communiquer ses pensées à des personnes éloignées.Ce but pratique, on l’atteint facilement par la méthode naturelle.Elle consiste en exercices de terminologie, de lecture expliquée, de langage, d’orthographe d’usage ou de règle, de rédaction.Que l’on emploie les procédés synthétiques, analytiques, inductifs ou déductifs, ils peuvent tous s’unifier dans la méthode naturelle rationnelle, opérant du connu à l’inconnu, du concret à l’abstrait.Certains procédés de cette méthode rationnelle émiettent pour ainsi dire la science à la portée perceptive des sens avant de la présenter directement à l’esprit de l’élève.Elle facilite la construction de l’édifice qu’est le monument de la langue française en éliminant de sa base les nombreuses imperfections.L’école devant être considérée comme la préparation à la vie, il s’en suit que, dans leur avenir, les enfants du peuple tireront plus de profit de leur langage châtié et facile que de leur orthographe impeccable.Les écoliers parlent très souvent tandis qu’ils écrivent plutôt rarement.Plus tard, adolescents ou hommes mûrs, il y aura plus de grands parleurs que de grammairiens ou académiciens.Commençons par corriger les multiples imperfections de langage chez nos élèves, dès les basses classes de l’enseignement primaire qui sont la continuation de l’éducation fami- Le maître doit d’abord développer chez l’élève les facultés d’observation, de réflexion, de discernement, de raisonnement et de jugement afin de l’habituer à voir avec son intelligence, penser juste et exprimer ses idées avec correction, netteté et précision.Ce but pratique doit être également d’initier l’écolier au mécanisme de la lecture et de l’écriture, de liale, langage qui n’est que l’écho de celui qu’ils ont entendu au foyer ou avec de petits compagnons ignorants.De jeunes écoliers baragouinent sans trop savoir ce qu’ils disent parfois ! Que l’élève emploie un barbarisme, fasse un solécisme, ou présente un anglicisme, l’instituteur doit remplacer le mot impropre ou mal dit, par le terme correct, bien prononcé.Prenons quelques exemples comme ceux-ci : coat pour habit ; il faudrait que “j’achterais” un cahier.J’ai “vu frette” aux oreilles en ‘ cration.” La plupart des jeunes écoliers ont des expressions vieillottes, ou s’expriment au moyen de bouts de phrases.Un élève est-il en retard, on lui en demande la raison, il répondra : “J’ai été cri queuque chose pour mouman.” D’autres expressions comme : “pardu mon crillon,” “ch’su malade,” sont souvent usitées.Des mots tels que “pétaque, pomme pourrite, moi itou, caspulaire” sont aussi employés.L’enfant n’est pas blâmable, car c’est souvent son langage familier, ou celui que certains chroniqueurs de journaux emploient au profit de l’ignorance et du mauvais langage.Il n’aurait pas été plus difficile pour la mémoire de l’enfant, encore ignorant et innocent, de retenir les termes corrects : scapulaire, moi aussi, crayon, patate, froid.Il est vrai de dire qu’il n’y a pas de langue qui ne s’apprenne par l’usage.On rencontre des gens qui parlent beaucoup, et plutôt bien, sans presque connaître la grammaire française.Cette formation provient sans doute de l’influence ambiante.Parfois l’on constate avec plaisir que de jeunes écoliers parlent bien, très bien même, relativement à leur âge.On les admire comme de riches découvertes.Alors, pourquoi ne pas multiplier en classe ces précieuses raretés par des exercices de langage, tel que nous y invite la méthode naturelle ?(à suivre) J.-D.Harbec. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 19 A LA POURSUITE DE LA SUPÉRIORITÉ PAR LE TRAVAIL MÉTHODIQUE LETTRE A UN JEUNE INSTITUTEUR Sème MÉTHODE (1) B.—Ramasser Apprendre, tout en formant l’esprit, c’est déjà beaucoup.Cependant, la mémoire est chez la plupart des hommes une faculté bien décevante.Lui confier le fruit de nos travaux serait nous exposer à tomber de déceptions en déceptions.Dès lors, outre le travail de l’esprit, un autre devoir s’impose : il faut colliger des documents.Ceux-ci jouent dans l’étude sérieuse le même rôle que la mémoire dans la vie intellectuelle.Mais, de quels documents faut-il faire provision ?Des imprimés et des manuscrits.Recueillez judicieusement des coupures de journaux ou de revues, des tirés à part des feuilles volantes, des catalogues, en somme tous ces petits imprimés qui peuvent difficilement trouver place dans votre bibliothèque.Vous pouvez les ranger dans des cartons à la manière des manuscrits.Ce travail vous épargnera de prendre des notes dans ces documents.D’ailleurs ceux-ci, conservés en entier, vous rendront parfois d’immenses services.La plupart du temps, néanmoins, il vous faudra écrire.Alors, quel trésor de manuscrits amasserez-vous?Des notes, des résumés et des essais.a) Notes.—Pour les notes comme pour les imprimés un choix judicieux est de mise Visez toujours à la qualité plutôt qu’à la quantité et ne vous encombrez pas de document inutiles.On distingue généralement quatre espèces de notes.La première et la plus élémentaire est la réjérence purement bibliographique où sont indiqués minutieusement l’auteur, l’ouvrage, l’édition, la page, la colonne, parfois l’alinéa.A la rigueur—et avec raison, du moins à mon avis,—on pourrait ajouter un mot d’appréciation sur la valeur du livre ou le renvoi à un compte-rendu paru dans quelque revue compétente.Les trois autres espèces de notes supposent toujours la note bibliographique et y joignent des extraits copiés intégralement, le résumé ou substance d’une pensée ou d’un argument, ou enfin la simple indication d’un fait ou d’une idée.Laquelle de ces notes aura vos préférences, et quel en sera l’objet ?Le but immédiat que vous poursuivez vous donnera une direction sûre.Votre culture générale vous demandera de prendre des notes sur tout et à propos de tout.D’autres buts plus particuliers, tout en limitant vos recherches, ne doivent pas toutefois rétrécir le champ de votre attention, ni diminuer outre mesure la variété de vos glanures.Il faut, en deuxième lieu, avoir égard à votre tempérament et à votre caractère.“Selon la tournure de votre intelligence, son étendue, sa pénétration, sa puissance dialectique comme aussi selon la fidélité de votre mémoire et même la nature de votre sensibilité, vous devrez varier la teneur de vos notes.” (2) Puisque les notes remplissent une fonction de supplément, notez ce qui vous manque le plus.Une autre considération qui vous guidera dans le choix des notes est la facilité avec laquelle vous pouvez consulter un livrer Certains ouvrages, soit rareté, soit cherté, vous sont presque inaccessibles, le recours à d’autres vous est facile, il y en a enfin que vous avez toujours sous la main.Ce serait temps perdu que de prendre des notes dans les livres de votre bibliothèque.Tout au plus faudra-t-il noter que telle question est traitée dans tel ouvrage, quand le titre de celui-ci ne le laisserait nullement soupçonner ; ou sera-t-il à propos fl) Voir VEnseignement primaire de juin 1920.(2) L'Ami du clergé, 1911, p.547. 20 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE de faire une table des matières plus détaillée pour certains livres qui en ont une très imparfaite.Il serait également inutile d’écrire ce qui fait déjà l’objet d’excellents recueils que vous pouvez vous procurer à un prix modique.Quant aux livres empruntés à un ami ou à une bibliothèque, contentez-vous de simples références ou, si le livre est substantiel, faites-en un résumé.Dans le cas où vous rencontrez des passages fortement pensés et bien exprimés n’hésitez pas à les transcrire.S’agit-il d’un livre dont l’accès est difficile, notez le plus de choses possible si l’ouvrage en vaut la peine.(1) Outre les notes puisées dans des livres ou des revues, vous avez tout intérêt à noter vos propres réflexions provoquées par telle lecture, par la méditation de telle pensée, etc.A cette fin, ayez toujours sur vous un carnet dans lequel vous puissiez aussitôt inscrire les idées nui vous viennent à l’esprit.Négligez cette précaution, c’est vous condamner peut-être à un nouveau travail d’esprit souvent infructueux pour retrouver “ces pensées du moment, comme les appelle Joseph de Maistre, ces illuminations soudaines qui s’éteignent sans fruit si l’éclair n’est fixé par l’écriture.” (2) Venons maintenant à la disposition des notes.Les différents moyens employés pour recueillir et conserver les notes ont leurs qualités et leurs inconvénients.Malgré les services qu’ils rendent, les cahiers et les répertoires constituent des cadres de travail sans facilité et sans souplesse.Les fiches, ou feuilles volantes, au contrail e, sont d’un maniement très commode.On peut les grouper comme on veut, les rapprocher de notes antérieures sur un même sujet, les déplacer, les supprimer à volonté sans nuire au classement ou à la conservation de l’ensemble.Je vous conseillerais d’adopter un système de fiches combinées avec des fascicules.Servez-vous d’ordinaüe de grandes fiches, format 8 x Chaque feuille est susceptible de recevoir une ou plusieuis notes.Pour les extraits d’une étendue considérable et les notes de longue haleine, tel le résumé d’un livre, employez des feuilles, format lOK x 8, que vous plierez en deux pour en faire des fascicules de la grandeur de vos fiches.Les dimensions que j’indique sont celles des bloc-notes qu’on trouve chez tous les marchands papetiers.Que le papier soit toujours d’excellente qualité ; il s’agit de notes à conserver et à manier.Ces fiches et fascicules peuvent se conserver dans des chemises ou des grandes enveloppes que vous placerez dans des cartons classeurs.Quant aux simples notes bibliographiques pourquoi ne pas utiliser de petites fiches, format 43^ x 3, faites en papier résistant et conservées dans des boîtes.Quelle que soit la méthode que vous adoptiez, ou celle des cahiers ou celle des fiches, toutes vos notes doivent être claires, précises, complètes, bien ordonnées, écrites à l’encre et classées méthodiquement.Elles peuvent être prises pendant ou après la lecture.Il est préférable de ne pas prendre des notes complètes au courant de la lecture, mais de noter sur un bout de papier les endroits que vous désirez retrouver pour les transcrire ou les résumer.La classification des notes peut être alphabétique, logique ou chronologique: Classez vos petites fiches bibliographiques par ordre alphabétique.Elles constituent une véritable bibliothèque en miniature et peuvent être r'aiigées à la manière d’un catalogue.Groupez les fascicules et les grandes fiches par ordre des matières avec des subdivisions logiques et alphabétiques.A ce propos je vous signale l’intéressant article de M.Surveyer publié dans la Revue Trimestrielle, en février 1919.Le but précis à atteindre qu’on poursuit peut aussi indiquer la classification à adopter.Celle-ci, du reste, a toujours pour fin de faciliter les recherches.Sitôt écrite, une note peut sans doute être rangée dans vos cartons.C’est là cependant un procédé gênant, qui cause une interruption de travail et, par suite, une perte de temps.(1) Fonck, Le travail scientifique, p.89.(2) Soirées de S.Pétersbourg, 9e entretien. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 21 Contentez-vous, à mesure que vous les écrivez, de jeter vos fiches dans une boîte ou un tiroir.Chaque semaine, ou même chaque jour—dans les moments perdus de la journée,— vous procéderez à leur classement définitif.b) Résumés.—En parlant de manuscrits j’ai nommé les résumés.Avec les tableaux synoptiques, ils forment un excellent exercice ppur avoir des idées d’ensemble sur une question ou saisir les idées maîtresses d’un livre aussi bien que la trame de leur développement ; bien plus ils nous aident à acquérir l’art de la composition personnelle.“Unir à la lecture l’effort énergique pour condenser en une demi-page les idées de l’auteur et pour les fondre dans notre sensibilité et notre intelligence, pour les exprimer comme nous comprenons et comme nous les sentons, c’est un travail créateur, par conséquent ^ nd.De plus, c’est un exercice limité qui ne demande pas qu’on descende, comme dans l’invention, jusqu’aux nappes profondes de l’énergie.” (1) Toutefois, ce travail, tout limité qu’il est, n’est pas aussi facile qu’on serait tenté de le croire de prime abord.Aussi, elle n’est pas une simple boutade cette parole de "Montesquieu, à savoir que “le malheur de certaines lectures c’est qu’il faut se tuer pour réduire ce que l’auteur a pris tant de peine à amplifier.” Si vos résumés sont bien faits ou si, malgré leur médiocrité, ils vous ont coûté beaucoup de travail, gardez-les ; vous serez heureux de les revoir et de les retoucher, vous en tirerez profit.c) Essais.—Une troisième espèce de manuscrits à conserver sont vos propres essais de composition.Si c’est achever de penser que de dire nos idées, c’est achever en quelque sorte de les exprimer que de les écrire.Vos premières tentatives de productions littéraires et scientifiques, me dites-vous, vous ont révélé la pauvreté de vos idées et votre manque de propriété des termes.Il faut, quand même, continuer à écrire.Vous apprendrez ainsi à vous exprimer avec correction, à couler votre pensée dans des phrases précises et limées et à acquérir une pureté et une opulence de style qui vous feront honneur.Un grand évêque a dit, il est vrai, que “pour être éloquent, il suffit d’avoir des lèvres et un cœur”.Il présupposait cependant qu’on sût s’exprimer correctement.Or, pour bien parler une langue, il faut savoir en manier habilement les mots et les règles de grammaire.Et la manière la plus profitable d’acquérir cet art est, sans aucun doute, de s’exercer à exprimer par écrit ses pensées et ses sentiments.Ces ébauches de composition doivent être remisées dans vos cartons pour être reprises et refaites.Cet exercice est encore plus nécessaire si vous avez l’intention de publier un ouvrage.Quelle somme de travail ne représente pas un livre bien fait ! Après avoir choisi le sujet, il faut ramasser les documents nécessaires à l’érudition du travail, les utiliser, élaborer l’ouvrage selon le plan conçu et enfin le publier après en avoir poli le style.Si vous ne vous êtes pas longuement exercé dans la composition personnelle, vous éprouverez de grandes difficultés dans la rédaction de votre livre.C.—Revoir \ otre travail, on vient de le voir, consistera à lire, à réfléchir, à conserver, à écrire.Je me hâte d’ajouter : et à revoir.Prodédez de temps en temps à des revisions des matières étudiées, sans quoi vous perdrez le fruit de longs et patients labeurs.Cette répétition, si elle est méthodique, vous sera d’un grand secours pour dégager votre esprit des notions accessoires et fixer le meilleur de vos réflexions en une synthèse puissante et harmonieuse.La même remarque doit se faire nour vos notes.Elles sont prises pour être consultées et non pour dormir éternellement dans vos cartons.Certes, il n’est pas expédient de les revoir souvent toutes dans le détail, car beaucoup d’entre elles n’ont qu’un simple intérêt d infonnation et ne vous serviront guère qu’à donner à certains travaux une assise documentaire à la fois riche et solide.Toutefois, une revision périodique des cahiers et des (1) Payot, L'apprentissage de l’art d'écrire, p.317. 22 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE fiches vous permettra de vous rendre compte de vos richesses littéraires et d’y conserver le plus grand ordre, soit en supprimant les notes inutiles, soit en groupant les autres d’une manière plus logique ou plus pratique.* * * ESPRIT DE SUITE Grâce au travail méthodique vous réussirez dans vos entreprises, vous atteindrez le but désiré, à la condition toutefois de travailler avec esprit de suite.Ils sont légion les hommes qui ébauchent beaucoup d’œuvres mais ne finissent rien.Pour acquérir la supériorité, il ne suffit pas de travailler avec méthode pendant un certain temps et puis tout abandonner.Seule la persévérance dans le travail peut faire augurer les succès et donner des résultats durables.Or, cette constance si nécessaire est précisément la qualité dont nous sommes pour l’ordinaire le plus dépourvus.Exécuter une résolution ou une brève série de résolutions est chose relativement facile, car tout homme qui, après mûre délibération, a pris une décision réalisable, peut déployer, pour la mettre à exécution, un effort suffisant et peut-être même héroïque.Mais persévérer dans l’accomplissement d’une résolution, produire l’effor-soutenu, continuel, quoique modéré, voilà qui est difficile et demande une volonté à toute épreuve.C’est pourquoi le jeune homme qui aspire à la compétence doit être doué d’ue caractère bien trempé et, par voie de conséquence, doit cultiver cette noble faculté qu’est la volonté.Je me plais à croire, mon cher ami, que vous vous appliquerez à vous forger une volonté de fer.Dans ce but exercez-vous à vouloir.Le corps se développe par la gymnastique et l’intelligence par l’étude.De son côté, la volonté augmente ses énergies par l’effort moral, et cet effort, il faut savoir le produire même au prix des plus grands sacrifices.Un principe vraiment fécond et propre à diriger l’éducation de la volonté, c’est que l’homme n’est ni une âme seulement ni un corps.Ces deux parties du composé humain s’unissent pour former un être complet et, partant, ont entre elles des relations très intimes.Ceci est vrai pour la volonté aussi bien que pour l’intelligence.Si le rôle de nos sens est notable dans l’acquisition de nos connaissances, bien important est le concours fourni par notre appétit sensitif à la production de nos actes de volonté.D’une part, nos concepts fleurissent sur nos images ; nos émotions, d’autre part, sont le terrain favorable à l’épanouissement de nos vouloirs.Et de même que nos connaissances sont d’autant pous fécondes qu’elles sont concrètes, vivantes et vécues, de même nos vouloirs sont d’autant plus efficaces qu’ils sont fortifiés par le ressort des passions et qu’ils pénètrent ainsi tout notre être.Que vos bonnes résolutions soient toujours vives, fortes, coloriées de sentiments et sans cesse renouvelées ! Après avoir pris une décision, mettez-vous à l’œuvre courageusement, sans tarder et avec entrain.Rien n’entraîne tant au travail que de se mettre volontiers à trai-vailler.A force d’accomplir vos résolutions, vous acquerrez la facilité d’étudier et un plus grand amour de l’étude.Bien plus, chacun de vos efforts sera un accroissement d’énergie, source de la constance.Bref, avec l’esprit de suite, votre travail vous conduira sûrement à la supériorité.* * * Dans tous vos labeurs, que votre devise soit le mot sublime du poète : Excelsior.Faites tout ce que vous faites avec la plus grande perfection possible.Tout d’abord, organisez une chasse en règle à la médiocrité et ne vous contentez jamais de l’à peu près.Puis, ce que vous faites déjà bien, efforcez-vous de le faire mieux encore.Excelsior ! Indéfiniment pourrez-vous travailler à votre perfectionnement, jamais vous n’atteindrez la perfection qui n’est pas de ce monde.Vos efforts généreux vous approcheront davantage de votre idéal qui restera cependant inaccessible.Courage ! Excelsior ! Le chemin de la supériorité est loin d’être une voie parsemée de roses.Nombreuses seront les difficultés qui naîtront sous vos pas.La monotonie, la lassitude et le dégoût L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 23 se présenteront tour à tour pour vous effrayer.Ne vous arrêtez pas dans votre ascension.Plus haut ! Les plaisirs vous solliciteront et feront miroiter à vos yeux leurs vaines promesses.Détournez vos regards pour ne pas subir leur fascination et montez quand même.Des amis peut-être chercheront à vous détourner de votre vie austère et à vous entraîner vers la médiocrité chantée par le poète.Ne les écoutez pas, mais montez toujours.Excdsior 1 Dans quelques années, quand vous habiterez les sommets, alors que vous serez une supériorité, vous ne regretterez pas le travail accompli ni les sacrifices endurés, car vous serez à même de servir dignement Dieu et votre pays.Fr.M.-A., o.f.m.CHRONIQUE JUDICIAIRE Annulation du rôle de perception "L’article 2981 des Statuts refondus de Québec n’accorde pas d’appel contre les décisions prises en vertu des articles 2859-2865 des mêmes Statuts qui répartissent entre les contribuables le total d’une cotisation imposée.“Les corporations scolaires, pour répartir leurs cotisations, doivent se servir du rôle d’évaluation qui a été préparé par le Conseil municipal et dont ce! ui-ci le ur a transmis une copie authentique.La Commission scolaire doit faire sans délai l’évaluation des propriétés de la municipalité, seulement lorsque les autorités municipales ne l’ont pas faite ou encore lorsque le rôle d’évaluation n’a pas pu être obtenu dans le délai de 15 jours prescrit par l’article 2837."Les commissaires ne peuvent pas amender eux-mêmes le rôle d’évaluation qui leur est fourni par les autorités municipales.” Le jugement ci-haut résumé facilite grandement l’interprétation de notre loi scolaire en ne laissant plus planer aucun doute sur certains articles du code qui n’avaient peut-être pas une allure tout-à-fait assez catégorique.Il a été rendu par le juge Robidoux, à St-Jérôme, en 1914, dans la cause de Légaré vs les Commissaires d’écoles pour la municipalité du canton de Wolfe.La Commission scolaire du canton de Wolfe, en octobre 1913, avait adopté une résolution à l’effet de prélever un montant de $1600 sur les biens imposables de l’arrondissement No 8 pour payer le coût de construction de la maison d’école et des dépendances, de l’emplacement, de la collection, etc.En décembre suivant, elle avait adopté une nouvelle résolution acceptant un rôle spécial de perception s’élevant à la somme de $1645.93 pour le coût de la construction, de l’emplacement, des travaux d’aqueduc et du pourcentage du secrétaire-trésorier pour collection, etc.pour l’arrondissement No 8.Isidore Légaré, un contribuable du canton Wolfe, en appela de cette dernière résolutions, se basant sur l’article 2981 des Statuts refondus et alléguant entr’autres choses : 1.que les avis avaient été donnés irrégulièrement ; 2.que les commissaires, bien que mis en demeure de le faire, ont négligé de remplir les obligations que leur imposent les articles 2723 et 2749 de-Statuts refondus ; 3.que les commissaires s’en sont tenus au rôle d’évaluation fait et homou logué deux ans auparavant au lieu d’en faire un nouveau ; 4.que, depuis la publication de rôle de perception actuellement en vigueur, plusieurs terrains considérables ont été séparés d propriétés déjà évaluées et que plusieurs bâtisses importantes ont été construites sur ces nous veaux biens-fonds ; 5.que les commissaires ont refusé et négligé d’amender le rôle de perception en conséquence de ces dites séparations et constructions ; 6.que, si le rôle de perception avait été amendé ainsi que le demande le demandeur Légaré, la cotisation des contribuables de l’arrondissement No 8 serait de $2.75 à $3.00 par $100.00 au lieu de $5.75 ; 7.que les commissaires, pour payer la construction de >’école, ont imposé illégalement une cotisation excédant le montant de $1600.00 autorisé par l’article 2449 des Statuts refondus. 24 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE sans autorisation du Surintendant de l’Instruction publique ; 8.que la conduite des commissaires en cette affaire avait été remplie d’irrégularités de toutes sortes.La Cour, après avoir entendu les prétentions et la preuve des deux parties en cause, après avoir examiné les pièces produites de part et d’autre, a rendu jugement contre le demandeur, refusant d’annuler la résolution de décembre 1913 et donnant pleinement raison aux commissaires défendeurs.Le tribunal semble avoir basé son jugement surtout sur le fait qu’un rôle d’évaluation ne peut être amendé que par l’autorité qui en a ordonné la confection.Or, dans ce cas-ci, c’était le Conseil municipal qui avait ordonné la confection du rôle d’évaluation.C’était donc à lui seulement, non aux commissaires d’écoles,qu’il appartenait de le modifier.S’il y a eu négligence quelque part au sujet des amendements à apporter au rôle d’évaluation, ce ne peut pas être chez les commissaires d’écoles, qui ont fait tout ce que la loi exigeait d’eux.C’est pourquoi la Cour a refusé de les en tenir responsables et a sanctionné absolument toute leur conduite.Eugène L’Heureux, avocat.DOCUMENTS OFFICIELS INSPECTION DES ÉCOLES Par arrêtés en conseil en date du 2 juin 1920 : M.Alphonse Fournier, instituteur à Montréal, a été nommé inspecteur d’écoles aux lieu et place de M.J.-B.Chartrand, transféré ; M.J.-B.Chartrand, inspecteur d’écoles, a été nommé aux lieu et place de M.A.-B.Charbonneau, transféré ; M.A.-B.Charbonneau a été nommé aux lieu et place de M.G.Roy, démissionnaire.Un nouveau district, comprenant tout le comté de Frontenac, a été formé.La création de ce nouveau district nécessite une nouvelle délimitation des districts de M.M.les inspecteurs Curot, Côté, Gosselin, Genest-LaBarre, Tanguay, Guay, Charbonneau, Beaudet, laquelle délimitation a été approuvée par arrêté en date du 2 juin 1920.Le 17 juin 1920, M.Gustave Girard, instituteur à Saint-Cœur-dë-Marie, Lac-St-Jean, a été nommé inspecteur d’écoles pour le district d’inspection nouvellement créé, lequel comprend tout le comté de Frontenac.LE TRAVAIL DES ENFANTS DANS LES MANUFACTURES La loi provinciale sur le travail des enfants est en vigueur depuis le 22 mars.Les amendements apportés à Cette loi, l’an dernier, augmentent considérablement la responsabilité, des employeurs et celle des parents et impliquent leur coopération pour l’efficacité de cette loi.Voici ce que décrète la loi : “Art.3835.—Il est défendu à tout patron d’un établissement industriel, à toute personne exerçant une industrie, un métier, un commerce ou une profession, à tout propriétaire, locataire ou gérant d’un théâtre de vues animées, d’un hôtel ou d’un restaurant, d’une compagnie de télégraphe employant des messagers ou, dans le cas des imprimeurs ou agents faisant distribuer des annonces, des circulaires ou des prospectus, à tout propriétaire de magasins à rayons, employant des garçons ou des filles comme messagers, d’employer un garçon ou une fille de moins de seize ans, à moins que ce garçon ou cette fille ne sache lire et écrire couramment. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 25 "Art.3S35&.—Tout garçon ou fille, âgé de moins de seize ans, employé comme susdit, en sus de Texam.en que peut lui faire subir l’inspecteur, doit être porteur d’un certificat d’études à la satisfaction de l’inspecteur, et le lui exhiber chaque fois qu’il en sera requis."Les parents et les tuteurs des garçons et des filles devront, autant que possible, se présenter devant les inspecteurs, pour faire visiter les certificats d’âge et d’études requis par la loi."La forme des certificats d’études est préparée par l’inspecteur en chef et est uniforme dans tous les endroits de la province.” Toutes les pénalités encourues par les patrons employant des enfants en contravention aux lois, et stipuléesdanslaloidel909, restent les mêmes, mais on y a ajouté l’amendement suivant : “Art.3835d.—Si le patron emploie un garçon ou une fille qui ne se sont pas conformés aux prescriptions de la présente loi, il ne peut, dans le cas d’accident, se prévaloir de la faute de la victime de l’accident.” LA VACCINATION OBLIGATOIRE Montréal, le 2 août 1920.Aux AUTORITÉS SCOLAIRES DE LA PROVINCE DE QUEBEC, Messieurs, Le Conseil supérieur d’hj^giène rappelle aux autorités scolaires le règlement, promulgué l’an dernier, qui décrète que : toute corporation scolaire ou autre et toute personne ayant le contrôle d’une école, d’un collège, d’un couvent, d’une université ou d’une autre maison d’éducation devra refuser d’admettre dans l’institution tout élève qui ne fournit pas de certificat médical de vaccination antivariolique ou d’insusceptibilité à prendre la vaccine, l’opération ayant été pratiquée depuis moins de 7 ans.Sont prévues par le règlement une première amende de $20.00, puis une amende additionnelle de $1.00 pour chaque jour, en sus de deux, durant lesquels l’infraction se continue.Durant l’année scolaire écoulée, le plus grand nombre des autorités scolaires ont fidèlement observé le règlement en question.Cependant le Conseil a dû prendre quelques poursuites contre des corporations scolaires qui se sont montrées absolument récalcitrantes.Pour l’année scolaire qui va s’ouvrir le 1er septembre prochain, le Conseil supérieur d’hygiène prévient les commissions scolaires qu’il poursuivra invariablement chaque fois qu’on lui rapportera une infraction à la loi.En conséquence, les autorités scolaires sont priées de faire avertir, dès à présent, les familles de pourvoir à la vaccination de leurs enfants avant la réouverture des classes, s’ils veulent que ceux-ci y soient admis au commencement de l’année scolaire.Pour le Conseil supérieur d’hygiène, ELZEAR PELLETIER, Secrétaire-directeur.DIRECTION DU DESSIN Encore une excellente année pour l’enseignement correct du dessin.Décidément, les fins et les moyens de cette importante étude sont de mieux en mieux compris et appréciés.Bravo ! Continuons dans la bonne voie, c’est-à-dire, suivons partout les “Recommandations du Comité catholique” (voir page 147 des Règlements).Surtout : 1.—Faisons exclusivement dessiner des objets réels, (pas de copies d’images ou de gravures, ni calquées, ni agrandies, ni rapetissées.4 26 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 2.—Ne cherchons pas tant à obtenir de beaux dessins, qu’à développer les facultés, (particulièrement l’observation) par des exercices rapides, nombreux et variés.3.—Donnons les leçons aux petits et aux grands, dès la rentrée des classes, chaque semaine, et dehors quand possible.4.—Que tous les tracés soient exécutés sur papier peu coûteux et de format approchant 7x10 pcs, (de préférence dans des cahiers spéciaux).5.—Gardons, chaque mois, dès septembre, dans les archives de l’école, un dessin au moins de chacun des élèves.6.—Dans les cours préparatoires aux écoles techniques, aux carrières industrielles et aux travaux manuels, on multipliera tout spécialement les exercices de croquis et de projets géométraux cotés, ainsi que les exercices de dessin géométrique.U observation de ces recommandations est indispensable pour l’obtention de la prime d’enseignement.N.-B.—Nous conseillons vivement de consulter les articles sur l’enseignement du dessin, parus dans “l’Enseignement primaire”, depuis 1912.Et nous signalons de nouveau les manuels à l’usage des maîtres, mentionnés dans cette revue.—Avril 1918, page 464.) Chs-A.Lefevre, Directeur de l’enseignement du Dessin.PROGRAMME DU CONGRÈS DES INSPECTEURS D’ÉCOLES TENU A QUEBEC LES 12 et 13 AOUT 1920.Jeudi, 12 août avant-midi : I.—9.30 heures—Séance d’ouverture : Bienvenue par l’honorable C.-F.Delâge, Surintendant de l’Instruction publique.Réponse de M.C.-J.Miller, président de l’Association des Inspecteurs d’écoles catholiques.II.—10 heures.—Visite de l’honorable L.-A.David, Secrétaire de la Province.Bienvenue de M.le Surintendant, réponse de M.le Ministre.III.—10.30 heures.—Devoirs généraux des Inspecteurs : conférence de M.C.-J.Magnan, Inspecteur général.—Allocution de M.le Surintendant.-—Remarques des inspecteurs et suggestions.IV.—Après-midi : 2 heures.-—Le Fonds de pension et les emprunts scolaires : conference de M.A.DeBelleval, officier du Département de l’Instruction publique.Remarques des inspecteurs et suggestions.V.—3 heures.—Les Statistiques scolaires : conférence de M.G.-E.Marquis, Chef du Bureau des Statistiques.—Remarques des inspecteurs et suggestions.VI.—4 heures.—Construction et Hygiène scolaire : conférence de M.Antoine Dessane, officier du Département de l’Instruction publique.—Remarques des inspecteurs et suggestions.VIL—4.45 heures.—Le changement trop fréquent des institutrices : moyens d’enrayer ce mal.Opinion des inspecteurs, suggestions.VIII.—5.30 heures.—La désertion des campagnes : comment l’école peut-elle contribuer à prévenir cette désertion et à favoriser le retour à la terre ?—Opinion des inspecteurs, suggestions.Vendredi, 18 août : Avant-midi : IX.—9.30 heures.—L’inspection des écoles.—Com-meit en rendre le service de plus en plus efficace.—Remarques des inspecteurs, suggestions.X.—10.30 heures.—Résolutions, Vœux.XI.—11 heures.—Clôture du congrès : Discours de l’honorable C.-F.Delâge, Surintendant de l’Instruction publique.N.B-.—Dans une prochaine livraison, nous publirons un compte rendu détaillé du congrès.1 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 27 BUREAU CENTRAL DES EXAMINATEURS CATHOLIQUES SESSION DE JUIN 1920 Les examens ont duré quatre jours, du 29 juin au 2 juillet 1920 inclusivement, et ils ont eu lieu dans les 32 localités mentionnées à l’article 80 des règlements du Comité catholique.2,601 aspirants et aspirantes ont été admis aux examens après s’être conformés fidèlement aux prescriptions des règlements ; Les 2,601 candidats, 195 hommes, dont 133 religieux appartenant à diverses communautés enseignantes, et 2,406 femmes, dont 121 religieuses de plusieurs communautés, se répartissent comme suit : 1,112 (16 hommes et 1,096 femmes) pour le diplôme d’école primaire élémentaire ; 1,074 (97 hommes et 977 femmes) pour le diplôme d’école primaire intermédiaire (modèle) ; 415 (82 hommes et 333 femmes) pour le diplôme d’école primaire supérieure (académique.) 1,927 ont passé leurs examens avec succès, savoir : 862 pour le brevet élémentaire (14 aspirants et 848 aspirantes) ; 735 “ “ modèle (53 “ 682 “ ) ; 330 “ “ d’académie (53 “ 277 “ ) ; 674 n’ont pas réussi à obtenir leurs diplômes, savoir : 250 pour le diplôme d’école élémentaire ( 2 aspirants et 248 aspirantes) ; 339 “ “ “ modèle (44 “ 295 “ ) ; 85 “ “ “ académique (28 “ 57 “ ).Ce qui donne les résultats suivants : 1.—Pour le brevet élémentaire 77H% ont réussi et 223^% ont échoué ; 2.— “ “ modèle 68 % “ 32 % 3.— “ “ d’académie 79^% “ 20H% Résultat général : 74% de tous les candidats ont obtenu des diplômes et 26% ont été refusés.De plus, le Bureau a admis aux examens du brevet modèle, en vertu d’un règlement adopté par le Comité catholique à sa session de septembre 1919,137 jeunes filles qui n’avaient que 16 ans.Ces aspirantes ne peuvent aspirer à recevoir un diplôme à la suite de cet examen ; mais, si elles réussissent sur toutes les matières, elles pourront se présenter pour le brevet académique et jouir des exemptions accordées aux candidats déjà munis du brevet modèle.Sur les 137 admises, 106 ont réussi et 31 ont échoué.Voici l’opinion des membres du Bureau sur l’ensemble des épreuves qu’ils ont corrigées.Matières Elémentaire Modèle Académique Prières et catéchisme .Bien .Bien .Presque très bien.Lecture française .Trèsbien.Très bien.Lecture latine .Bien .Trèsbien.Très bien.Grammaire française et analyse.Bien .Assezbien.Trèsbien.Dictée française .Assez bien .Passable Ecriture .Passable Littérature (préceptes) .Bien .Bien Composition française .Très bien .Bien Histoire Sainte .Très bien Histoire Sainte et de l’Eglise .Trèsbien .Trèsbien.Histoire du Canada .Très bien .Trèsbien .Trèsbien. 28 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Géographie.Instruction civique.Arithmétique.Calcul mental.Toisé.Géométrie.Comptabilité.Pédagogie.Agriculture.Sciences naturelles : Assez bien.Passable .Assezbien.Bien .Bien .Trèsbien.Bien .Bien .Trèsbien.Bien .Trèsbien.Trèsbien.Bien .Bien.Bien.Très bien.Trèsbien.Trèsbien.Bien .Bien .Trèsbien.Bien .Bien .Trèsbien.Zoologie et botanique.Faible.Zoologie, botanique et cosmographie.Hygiène.Très bien Bienséances.Très bien Dessin.Très bien Histoire de France.Histoire d’Angleterre.Histoire des Etats-Unis.Faible.Histoire ancienne.•.Algèbre .Trigonométrie.Physique.Cosmographie.Philosophie.Bien.Très bien.Très bien.Très bien.Très bien.Très bien.Assez bien.Bien.Presque très bien.Très bien.Bien.Bien.Bien.Très bien.Bien.Bien.Bien.Bien.Très bien.Bien.Très bien.LANGUE ANGLAISE Matières Elémentaire Modèle Académique Grammaire anglaise Très bien .Très bien.Très bien.Dictée anglaise Bien .Bien .Trèsbien.Composition anglaise Très bien .Très bien.Trèsbien.Littérature anglaise Faible .Faible .Passable.ANGLAIS POUR LES CANDIDATS DONT LA LANGUE MATERNELLE EST LE FRANÇAIS Grammaire anglaise.Bien.Très bien.Très bien.Dictée anglaise.Passable.Bien.Bien.Composition anglaise.Passable.Passable.Bien.Notes du Bureau Le Bureau signale particulièrement à l’attention du personnel enseignant et aux aspirantes et aspirants, les matières dont la note moyenne n’atteint pas au moins bien, particulièrement Yécriture, les sciences naturelles et l’histoire des Etats-Unis à l’élémentaire; la grammaire française et Vanalyse, la dictée française et Yécriture, la géographie et le dessin à l’intermédiaire ; la géographie, à l’académie; la littérature anglaise aux trois degrés ; la dictée et la composition anglaise à l’élémentaire spéciale, et la composition à l’intermédiaire spécial. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 29 DOCUMENTS SCOLAIRES ASSOCIATION DES INSTITUTEURS DE LA CIRCONSCRIPTION DE L’ECOLE NORMALE JACQUES-CARTIER 153e CONFÉRENCE DE L’ASSOCIATION DES INSTITUTEURS DE LA CIRCONSCRIPTION DE L’ÉCOLE NORMALE J AC QUE S-CARTIER—31 JANVIER 1920.L’Association des Instituteurs de la Circonscription de l’Ecole normale Jacques-Cartier a tenu sa 153e conférence le 31 janvier, à cette école, sous la présidence de M.A.Ladouceur.M.le Président ouvre la séance par la prière d’usage, puis, après lecture, le procès-verbal de la 152e conférence est adopté sans restriction.M.N.-Eudore Gobeil demande à M.le Président d’intervertir l’ordre du jour afin de permettre aux membres de discuter immédiatement des questions d’intérêt matériel.M.le Président déclare cette motion hors d’ordre : la séance suit donc son cours ordinaire .M.l’abbe Deschênes, vicaire de la paroisse Saint-Louis-du-Mile-End, est prié de donner sa conférence.M.le vicaire est un causeur charmant ; à l’ajde de notes, il commente un ouvrage publié récemment en France par M.Pierre Dufrenne, à la suite d’une enquête sur la réforme de l’enseignement primaire en ce pays.Comme on travaille justement à la réfection de notre programme scolaire, le conférencier croit le moment opportun de discuter ce qui a été fait ailleurs.En France comme au Canada, on trouve que l’école primaire ne donne pas ce qu’elle peut donner.On prétend qu’elle devrait être pratique, nationale et convenable à tous les enfants.M.le conférencier s’efforce de montrer quel est le rôle de l’école : préparer l’enfant à remplir son rôle dans la société, former son cœur et son esprit.Il se demande si l’on doit s’appliquer à une formation générale ou spéciale.Il cite plusieurs critiques de l’enseignement parasitaire érigé en système et donne l’opinion de MM.Gréard, Villemorin et Babson.Il montre les dangers et les inconvénients de la spécialisation.Une formation générale vaut mieux, dit-il.Le temps que l’enfant consacre à l’école est limité.Que doit-il y apprendre ?Des connaissances générales Ce n’est pas le lieu d’un apprentissage à un emploi quelconque.L’école doit préparer l’enfant à réfléchir; elle doit tenir compte de la mentalité de l’élève et de son avenir.L’homme est libre.Il faut donner à l’enfant une formation qui lui permette plus tard de choisir sa vie dans la société.Le conférencier commente ensuite les résultats de l’école obligatoire en France ou ailleurs.L’absentéisme y fleurit plus que jamais, dit-il, malgré les moyens “ infaillibles” employés pour amener l’enfant à l’école.En dépit des précautions prises, il s’est trouvé que le filet est à mailles trop larges et que l’on trouve des trucs pour éluder la loi.La loi d’obligation est donc une mystification.Suivant le témoignage de M.Dufrenne, il n’y a pas, dans les écoles de France, un seul élève qui y soit de par la loi d’obligation.Le conférencier compare la fréquentation scolaire de la province de Québec avec celle des autres provinces et demande quelle province est la mieux partagée.Tout n’est pas parfait chez nous cependant, dit-il.Comme il y a des obstacles à la fréquentation, il s’agit de trouver les moyens de les enlever et il rapporte ce que la “Conférence Vianney” a fait dans la paroisse 30 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE du Mile-End.Par le concours de ses membres on a réduit considérablement les absences aux écoles de cette paroisse.Les avantages et les désavantages de la gratuité scolaire retiennent le conférencier quelque temps, puis il dit quelques mots de l’école dite nationale, et il termine en décrivant ce que doit être le rôle de l’instituteur.Sa causerie très écoutée, très applaudie, est une des meilleures qu’on ait donnée depuis longtemps à l’Association.M.le président et M.l’abbé Maurice se sont chargés de remercier sincèrement le conférencier.Tous deux se sont félicités d’avoir procuré l’aubaine de l’entendre.Le second travail fut donné par M.J.-D.Harbec, professeur à l’école Plessis.Le sujet tout didactique : “Enseignement de la langue maternelle” a été traité en praticien.Pour les jeunes comme pour les vieux professeurs qui ont écouté religieusement le professeur excellent qu’est M.Harbec, il y avait matière à une bonne leçon de pédagogie.Sobre de forme, abondant de fond, sa causerie fut très à point, Il indique d’abord la matière à enseigner, puis les méthodes et les procédés à employer.Il insiste surtout sur la correction du langage, partie trop négligée dans nos écoles, puis l’orthographe absolue et de règle, la grammaire, l’analyse, la rédaction font tour à tour l’objet de remarques judicieuses.Elles justifient pleinement l’axiôme : “Ne se peut tellement moissonner qu’il ne reste plus rien à glaner”.Il termine en faisant l’éloge de la langue française et en citant les paroles de Mgr Roy, au 3e centenaire de la foi au Canada : “Aimons notre langue, aimons-la pour tous les services qu’elle a rendus à notre foi, aimons-la pour tous les sacrifices qu’elle nous a coûtés, aimons-la pour la protection qu’elle nous assure et gardons-la comme la part tangible de notre héritage”.M.le Président remercie le conférencier du bon travail qu’il vient de lire.“C’est le fruit d’un observateur et surtout d’un praticien.La direction que vous indiquez ne peut que donner d’excellents résultats,” lui dit-il.Et la séance est levée.A.B.Charbonneau, Secrétaire.Montréal, 31 janvier 1920.ASSOCIATION DES INSTITUTRICES CATHOLIQUES, SECTION DE QUÉBEC Séance du 5 avril 1920 au presbytère de St-Sauveur, (salle de la bibliothèque).Présents : Rév.Père Alb.Lortie, O.M.L, chapelain, Mlles Aurore Dionne, prés., M.-Lse Pépin, M.Turcotte, très., Ph.Turcotte, ass.-trés., Evang.Pelletier, Al.Vézina, M.-Lse Béland, Alb.et Ant.Martineau, conseillères.Lecture est ensuite donnée du procès-verbal de la dernière séance, qui est adopté après remarque que, dans ces minutes, il a été omis que le Rév.Père A.Lortie, O.M.I., avait été chargé d’appuyer notre demande d’augmentation pour les institutrices pensionnaires auprès du gouvernement.Le Révérend Père fait rapport de sa démarche et espère que dans un avenir procha in, l’honorable Premier Ministre fera droit à la juste demande de l’Association.Avis verbal est ensuite donné par Mlle M.-Lse Pepin, qu’elle se retire comme secrétaire ; il est alors proposé par Mlle A.Vézina, secondée par Mlle E.Pelletier qu’un vote de remerciements pour services rendus dans le passé soit adressé à Mlle Pepin ; 2o que son allocation de l’année courante lui soit payée en entier ; 3.que Mlle Turcotte soit autorisée L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 31 à communiquer avec Mlle M.-Lse Pepin pour connaître les dépenses particulières de Tannée courante relativement à l’Association.Les élections eurent lieu ensuite avec le résultat suivant : Mlle Aurore Dionne, Lorette-ville, prés.; Mlle Alma Pelletier, v.-prés., Lévis ; Mlle Ant.Martineau, sec., St-David ; Mlle Albéria Martineau, ass.-sec., St-David ; Mlle Mathilde Turcotte, très., Lévis ; Mlle Philomène Turcotte, ass.-trés., Lévis.—Les conseillères sont : Mlles M.-Lse Béland, Alice Yézina, Evangéline Pelletier, Zélia Ferland.Le Révérend Père donne avis écrit qu’il démissionne, comme chapelain de l'Association, démission devant prendre effet en mai prochain, démission motivée par un changement de localité.Après sollicitations des membres, le Révérend Père consent à laisser cette question sur la table jusqu’à la prochaine séance.Ce bon Père nous a assuré que, comme par le passé, il se ferait un bonheur de plaider la cause des institutrices.L’assemblée propose en dernier lieu qu’un vote de remerciements soit adressé au Rév.Père pour son inlassable dévouement.La prochaine réunion est fixée au deux novembre prochain, si la chose est possible.Antonia Martineau, Secrétaire.LE CINQUIÈME ANNIVERSAIRE DU CERCLE JACQUES- CARTIER, de l’A.C.J.C Fidèles à une habitude désormais traditionnelle, les membres du cercle Jacques-Cartier se réunissaient à l’Ecole normale de Montréal, le dimanche du 2 mai, pour célébrer le cinquième anniversaire de la fondation de leur groupement d’étude.La fête avait commencé le matin par une communion générale.L’après-midi avait lieu une réunion toute intime.La présence de M.Guy Vanier, avocat, et des élèves du cours académique donnait plus d’entrain, d’éclat, d’intérêt.Les élèves finissants pénétrent pour la première fois dans le cercle qu’ils sont appelés à continuer, à faire vivre Tan prochain.M.Vanier, professeur à l’Université de Montréal et vice-président du Comité central de TA.C.J.C., est doublement chez lui : comme membre de la même association et comme ayant apporté un concours effectif à la naissance du cercle.La séance s’ouvre par la prière.Le président remercie M.Vanier d’avoir bien voulu être des nôtres.Ami des humbles et des modestes, il n’a pas fait entrer en ligne de compte un talent, une compétence et une influence sociales qui déjà le signalent un peu partout.Le président salue aussi avec joie et espoir les jeunes collègues de l’École normale.Il profite de la présence d’un officier supérieur de TA.C.J.C.pour lui demander si cette dernière ne pourrait faire quelque chose pour relever dans l’estime publique le rôle obscur et souvent ingrat de l’instituteur.Nous ne réclamons point seulement, dit-il, un salaire convenable, mais un tratement moral plus équitable.La question de l’instituteur n’en est pas une de salaire, ni surtout de salaire, mais avant tout de considération sociale, de juste appréciation, sachant bien que quand la race aura appris à nous connaître et à nous estimer, elle ne tardera pas à nous rendre pleine et entière justice.En préambule, M.Vanier assure les membres présents du dévouement de TA.C.J.C.envers la cause éminemment nationale de l’éducation.Elle a déjà tenu sur le sujet, en 1913, son Congrès des Trois-Rivières.Elle ne manque aucune occasion de la promouvoir.En ce qui concerne les instituteurs et les institutrices, elle apprécie hautement leur mission et est prête à faire tout ce qui lui est possible pour améliorer leur sort.Elle ne saurait se désintéresser de l’instituteur.Elle fait avec lui œuvre commune.Flle reprend, pour continuer et compléter leur formation sociale, les enfants qui lui ont passé par les mains.Une étroite coopération devrait exister entre l’école et TA.C.J.C., cette organisation post-scolaire si profitable à la jeunesse studieuse et qui veut se dévouer. 32 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Puis M.Vanier entre dans le vif de son sujet.Il ne nous parlera pas du passé, ni de la situation présente de PA.G.J.C., mais de ses rêves d’avenir surtout.L’A.C.J.C.existe depuis 16 ans.Elle compte aujourd’hui 118 cercles, disséminés dans plus d’une province de la Confédération, dans 18 diocèses différents, groupés sous 8 Unions régionales.La neuvième Union régionale existera sous peu.Elle n’a peut-être pas accompli tout ce que l’on en attendait.Il y a des raisons excusables, qui tiennent des circonstances et des obstacles inhérents.Mais, dit l’éloquant causeur, j’estime cette œuvre d’autant plus que je n’ai pu m’y dévouer.(Et ce n’est pas peu dans la bouche de celui que l’on appelle couramment “l’âme de l’A.C.J.C.”) Regardons donc l’avenir.L’A.C.J.C.m’apparaît, poursuit M.Vanier, comme devant être plus que jamais une œuvre d’affranchissement, une école de fierté, un foyer d’apostolat chrétien, un moyen de cohésion pour les nôtres.Œuvre d’affranchissement.—Pays colonial, ne jouissant pas du privilège de l’indépendance qui donne aux peuples souverains une fierté nationale instinctive ; formant ici, nous, Canadiens français, une minorité, nous sommes portés à imiter et à suivre le grand nombre d’Anglo-Saxons qui nous entourent.Il nous faut réagir.Puisque nous ne pouvons nous abstraire, ni ne voulons nous fusionner, puisque toute notre histoire nous crie de rester ou de redevenir nous-mêmes, il nous faut nous affranchir des faiblesses et des fausses conciliations, il nous faut nous affirmer avec tous nos caractères, nos qualités de catholiques, de français, de latins.Ecole de fierté.—S’affranchir des dominations de préjugés, de crainte, de timidité, ne pas avoir peur de nous affirmer tels que nous sommes, voilà ce qui doit constituer notre fierté nationale.Dans des pays plus homogènes et indépendants, il serait superflu d’en parler.Ici, coudoj ant une autre race, enclins que sont les hommes par nature au servilisme du plus fort, du puissant, c’est nécessaire.Depuis quelques années, des hommes, des journaux, des revues bataillent pour réveiller le sens d’une fierté amoindrie.Et c’est surtout autour de la langue que se déroulent et se jouent toutes les luttes pour la survivance et les revendications nationales.L’A.C.J.C.l’a toujours compris.Elle avait à peine un an d’existence qu’elle organisait une cueillette de signatures en faveur des écoles confessionnelles pour le Keewatin.Depuis, la même initiative s’est plus d’une fois renouvelée dans son sein.Ce n’est pas là œuvre de jactance, mais plutôt de fierté, d’urgence.Il n’y avait pas d’autre organisation capable d’entreprendre le mouvement.Et quand on nous étouffe, il faut au moins protester par ses gestes.A tout le moins, ces signatures de réprobation auront sauvé l’honneur national.Mais elles ont servi à plus que cela : pratiquement, nos frères jouissent de plus de liberté que s’il n’y eût pas eu résistance d’aucune sorte.L’A.C.J.C.veut donc contribuer à faire aimer, à faire mieux parler et écrire, à servir et à défendre la langue française, le résumé de toutes les causes d’attaque, le résumé de toutes les raisons de défense.Foyer d'apostolat.—Mais il n’y a pas que la langue française qui sollicite nos efforts.Sur d’autres terrains connexes existent des difficultés, des lacunes, des maux, des misères.C’est la foi qui s’attiédit parmi notre peuple ; c’est l’illogisme de ce catholicisme trop ancré dans l’atavisme et pas suffisamment appuyé sur la conviction intime et personnelle.Cela se traduit chez nous par l’habitude inconcevable du blasphème, par la fraude dans le commerce.Ce sont encore les erreurs répandues par certaines doctrines modernes.C’est l’Internationale nous arrachant nos ouvriers, au grand danger de leur foi, de leur langue, de leur mentalité, au détriment de l’indépendance économique du pays.L’A.C.J.C.veut former des apôtres pour toutes les œuvres, selon les besoins.Et ces apôtres, elle veut qu'ils se réforment eux-mêmes avant de songer à réformer les autres.C’est pourquoi elle est si fervente des retraites fermées, dont l’introduction au pays lui revient pour une bonne part.C’est pourquoi elle impose à ses membres non pas simplement un idéal chimérique, flottant, mais un programme de vie quotidienne, un programme de piété journalière, de communion fréquente, de catholicisme intégral dans la vie sociale comme dans la vie particulière, un programme d’étude régulière et sérieuse, d’action par la parole, la plume, l’exemple, le concours à toutes les œuvres d’intérêt général ou simplement local.Aussi ses L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 33 membres se retrouvent-ils un peu partout dans toutes les organisations, selon leurs aptitudes et les besoins : dans les coopératives, les caisses populaires, la Société S.J.-Baptiste, la Société Historique, les syndicats catholiques, les Conférences de S.Vincent de Paul etc, etc.Chaque Union régionale a sa '‘Voix” dans un ou plus d un journal hebdomadaire.Des cercles ont leur revue propre ou dirigent un bulletin paroissial.On peut le dire, il y a chez nous un véritable foyer de vie catholique et sociale intense.Moyen de cohésion.—Qq qui semble avoir caractérisé jusqu’ici nos diverses associations, c’est qu’elles sont surtout locales.L’A.C.J.C., par ses cercles répandus dans diverses villes, différents diocèses, les provinces, n’est pas du tout étrangère à la cohésion qui s’est faite ces dernières années entre les groupements français parsemés dans l’Amérique du Nord.Et c’est là un point très important pour la force et l’avenir d’une nationalité comme la nôtre.Notre cause est commune.Les plus forts doivent aider les plus faibles et ceux-ci pouvoir compter sur ceux-là.Pour cela, il faut se connaître, et pour se connaître, il faut entretenir des relations réciproques.A nos congrès, on voit accourir des personnes de toutes nos villes, de nos diocèses, des points les plus reculés de la famille française, jusque de l’Acadie et de chez les Franco-Américains.On ne peut nier que des assemblées de cette sorte peuvent s’ensuivre les initiatives les plus heureuses pour la race.Œuvre d’affranchissement, école de fierté, foyer d’apostolat chrétien, moyen de cohésion, IA.C.J.O.a tâché de bien mériter de la patrie.Et le conférencier lui applique cette parole d’un personnage du temps de la Révolution : quand je me considère, je me trouve bien petit, mais quand je me compare, je me trouve plus grand.Institution toute de principe et d’intellectualité, toute opposée au matérialisme, à l’arrivisme, à la politique, l’A.C.J.C.était difficile à faire naître et à maintenir.Grâce à nos généreux jeunes gens, à notre clergé, elle a triomphé des obstacles.Elle s’épanouit maintenant et un rôle superbe lui est réservé.Les chaleureuses et convaincantes paroles de M.Vanier sont longuement applaudies.Appelé à prendre la parole, M.l’abbé Desrosiers, aumônier du cercle, est visiblement ému.Il est tout heureux de ce que ses élèves finissants ont eu l’occasion de rencontrer intimement, à une récente retraite fermée de trois jours, une personnalité d’un si beau talent littéraire et oratoire, un caractère de cette trempe.M.Vanier commande l’attention.Il est pour lui l’idéal du jeune gentilhomme chrétien et français.L’A.C.J.C.est une institution importante, nécessaire, qui a fait ses preuves.Ce sera pour leur bien que les jeunes professeurs qu’il a formés et forme encore y entreront pour trouver un complément à leur éducation.Ensuite, grâce à l’obligeance de M.le Principal, un goûter succulent est servi aux auditeurs.La chapelle nous reçoit de nouveau pour le salut du T.S.Sacrement et la consécration annuelle du cercle au Sacré Cœur de Jésus.Le soir, l’hospitalité généreuse de deux de nos membres, P.et G.Morel, nous convie à une veillée de délassements, au milieu desquels trouve fort bien sa place l’attrayante causerie du camarade E.Jodrjq sur un poète.Tous les ans, cette fête du cercle nous apporte réjouissance et réconfort.H.Lessard, du Cercle Jacques-Cartier.ERRATUM L’adresse de M.J.-R.Paradis, qui apparaît au bas de 1’ “avis important”, à la 2e page de la couverture, et à l’article : “nos et collections de Y Enseignement primaire”, à la page 64, doit se lire 64, rue Aberdeen, et non 12, rue Christie, qu’une erreur typographique no us a fait imprimer. 34 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE ASSOCIATION DES INSTITUTEURS CATHOLIQUES DE QUÉBEC 16^’ème contébence de l’ass.des instituteurs de la circonscription de l’école NORMALE LAVAL La séance s’ouvre à 10 heures sous la présidence de M.B.-O.Filteau.Présents : Mgr Th.-G.Rouleau, principal de l’École normale ; M.M.les abbés J.-A.Caron, L.Dumais, J.Labbé ; M.M.les professeurs J.Ahern, Z.Tousignant, B.-O.Filteau,.P.Martineau, C.-A.Pelletier, J.-A.Richard, E.John, J.Plamondon, J.Paquet, E.Desgagné, A.Goulet, J.Asselin, L.Gagné, G.-Jean, L.-P.Goulet, J.-A.Drolet, J.-D.Lamontagne,.W.Delaney, E.Mercure, L.Gagnon, L.Lavoie, F.Deschênes, C.-E.Boily, W.Leclerc,.L.-P.Pelletier, J.-A.Thériault, A.Béchard, E.Goulet, L.Boivin, 0.Burn, G.Gauthier, W.Caron, J.-A.Ouellet, E.Tremblay, L.Larochelle, G.Tremblay, F.-X.Gérard, A.Neault, G.Poulin, B.^ Fournier, G.Tremblay, M.Milot, E.Théberge, J.Godbout et les élèves-maîtres de l’École normale Laval.Le procès-verbal de la dernière réunion est lu et adopté.M.Godbout, élève-maître de l’École normale, donne une très intéressante conférence-sur la préparation à la rédaction.Ce jeune et brillant élève intéressa au plus haut point son auditoire, et reçut les félicitations de M.M.J.Ahern, B.-O.Filteau, P.Martineau et autres.M.W.Delaney donne ensuite une leçon de rédaction anglaise d’après la méthode naturelle, à un groupe d’élèves de l’École d’application.M.M.J.Ahern, E.John, E.Desgagné, C.-A.Pelletier, J.-A.Richard féhcitent M.Delaney de la manière dont il procède dans son enseignement.Le programme suivant est arrêté pour la prochaine réunion.“ La rédaction ” : M.M.John Ahern et P.Martineau.“ Sujet facultatif ” : ÀT.Jos.Paquet.J.-A.Drolet, Secret aire.MÉTHODOLOGIE LEÇON D’ANGLAIS D’APRÈS LA MÉTHODE NATURELLE In what part of the house is the scene in the picture laid ?It is laid in the dining room.Who are the persons in the picture ?They are a man, his wife and their daughter.How do you know that the room is a dining room ?I know that it is a dining room because there is a dining table in the room.What makes you say that the table is a dining table ?It is easy to see that it is a dining table.On it there is a white tablecloth ; the table has been set for a meal and the persons seated at it are partaking the meal. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 35 You say the table has been set for a meal, what do you mean by has been set ?By has been set, I mean has been laid for a meal.Has been set, has been laid, explain in what setting a table or laying a table consists.In setting or laying a table for a meal, first a white table cloth is spread on it, then a tab^-napkin is put at each person’s place a little to the right ; a knife and spoon are placed on the right and a fork is put on the left.In some houses two or more knives, forks and spoons of different sizes are put at each plate.Near the person who serves, a butter-dish with butter and a plate of bread are set.If tea or coffee are to be taken, in some cases the teapot or coffee-pot are on the table, in other cases they are not brought in until they are needed.The i KISIt:-!" iv •.t ; v î.¦ ,0 0 "y.V'jp ¦ "V?¦ ; m !VA’.yy::.___________________________- number of knives, forks, spoons and the quantity of china placed on a table depend on the quantity of these things possessed by the owner of the table, also on the number of different dishes which are to be served at the meal.Very good, indeed ; you appear to be quite up in the art of table laying.I have learned by practice, I have often helped to set the table at home.What meal are the persons in the picture taking ?I can’t say exactly, it must be either breakfast or supper ; it may be dinner, but I don’t think so.What reason have you for thinking it is not dinner ?If it were dinner I imagine there would be more dishes on the table.That is not a bad answer.Now decide, which is it breakfast or supper ?There is a doubt in my mind, but on the whole, I think it is supper. 36 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE You have some reason for supposing it is supper rather than breakfast, what is it ?Well, with most people breakfast is generally a more hurried, a more business like, a more serious meal than supper ; breakfast comes just before the work of the day begins, while supper may be more reposeful, more leisurely as it takes place when the day’s work is over.Your answer is very good, it shows that you have imagination ; but don’t you think that if the meal was supper there would be a light in the room ?I had thought of that but I said to myself : it is probably summer and with the new time lamps are not necessary so early.That is very true ; now then let us suppose that it is supper.To what class would you say do the people seated at the table belong ?I should say that they belong to the fairly-well off class.Why do you class them as fairly-well off ?Their clothes, their appearance, the cloth and dishes on the table, all lead me to believe that they do not belong to the poorer class.What is there about their clothes to make you suppose that they don’t belong to the poorer class ?The man has on a neat well-fitting suit of the expensive sort with a nice white collar which fits beautifully ; the lady who is evidently a very good figure, is wearing a very pretty gown with sleeves that come to the elbow, while what can be seen of the girl’s dress shows that her wardrobe has not been forgotten.Her sleeves like her mother’s are semi-short, stopping at the elbows.What in their appearance besides their clothes would lead you to think that they were not of the poorer class ?They are all very neat, the man’s hair is beautifully brushed, he is rather a good looking fellow and there is nothing about him which would make one think that he earned his living by digging in the streets or working at any trade or calling which exhausted his strength ; the woman is also nicely dressed and there is nothing in her appearance or expression to show that she is tired out by the cares of the day ; they both have style.You say they both have style, now say exactly what you mean by that statement.Please, sir, you are asking me to do something which is impossible ; I don’t think you, yourself, would be able to explain exactly the meaning of the statement.Perhaps not, but remember, my lad, it was not I who made it, it was you.Yes, I know that it was I, yet I cannot define it.Make an effort.Well, sir, style is an indefinable something, quality, appearance, polish, finish, charm, etc., which some people possess naturally, which others acquire after much labor and trouble and of which a very large number don’t even suspect the existence.Say, how old you think each of the persons at the table ?The man is about thirty-three or thirty-four, the woman, thirty-one or thirty-two and the girl, twelve or thirteen years old. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 37 In the man’s right-hand what is there ?In his righthand there is a cup.In his left-hand what is there ?In his left-hand there is a newspaper.On what is the lower edge of the paper resting ?It is resting on the table.Before resting the lower edge on the table what did he do ?He folded it once lengthways and once crossways.Is it the edge of the paper or the fold which he is holding in his left-hand ?It is the fold which he is holding.Which fold is he holding ?He is holding the fold on the length.Is it the edge of the paper or the fold which is resting on the table ?It is the fold which is resting on the table.Which fold is resting on the table ?It is the fold on the width which is resting on the table.Is the paper held upright on the table or perpendicularly to the table ?It is not held upright on the table or perpendicularly to the table.If it is not held upright how is it held ?It is held inclined or slanting.Is it much inclined ?No, it is not much inclined.In what direction is it inclined ; is it inclined towards the man or away from him ?It is not inclined towards the man ; it is inclined slightly away from him.Why is he holding the paper inclined slightly away from him ?He is holding it inclined slightly away from him for more convenience in reading.The way the paper is folded how much of it is visible ?One fourth of the front page is visible.Can you see the name of the paper ?I can see one half of the name ; it is Times.What is the man doing with the cup which he has in his right hand ?He is drinking out of it.Is he drinking and reading at the same time ?He appears to be drinking and reading at the same time.Is it considered good manners, when at table with other persons, to eat or drink and read at the same time ?I don’t really know whether it is polite or not to eat or drink and read when at table with other persons.If the persons were strangers would it be polite ?If a man is at a table in a hotel or restaurant, and the persons at the same table are unknown to him, I don’t think there is any lack of politeness in his reading his paper while eating his meal.As you put the case, I suppose you are not far from right.Now let me state the case, if a man is at table, in his 38 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE own house, and some of the persons at the table are strangers, but guests of his, is it good manners, for him,to read the paper while taking his meal ?No, sir, it would be ar from polite to his guests ; but at the table in the picture, the lady is only the man’s wife.Only the man's wife, I am astonished at you saying such a thing ; do you believe that a person should keep his politeness, his good manners, his nice ways only for strangers and that he may be as bad-mannered, as impolite, as boorish as he likes to his own ; I am ashamed of you.Remember that you should be polite to every body, but above all to your own.Your manners should be better and more respectful to your father and mother then to any strange gentleman or lady.Thank you, sir.I will remember, but the man in the picture may have asked his wife’s permission to look at something which interests him very much, or he may be reading little items of interest to his wife while reading the paper, or she may have asked him to skim the paper over while he is taking his supper, as they are going out together immediately afterwards, and as they walk along she will be able to get the cream of the news without looking at the paper.My boy, you have put up a very good definee of the man, but why do you persist in taking his part ?Well, sir, he is such a nice, good looking fellow that I dislike hearing him classed as bad-mannered.Is it good for a person’s health to eat and read at the same time ?I don’t know; I suppose it is not if my father’s saying is true, in all cases.What is your father’s saying : Oh, it is very simple, though it is not always easily followed : “Do one thing at a time, give all your attention to it, and do it weU”.I don’t know if it applies to eating and reading at the same time.Your father’s saying is a very wise one and it applies in the present case.Does it ?It does.While eating should one not give all one’s attention to what one is doing ?I thought it was sinful to be so absorbed in one’s food as that.Do you think it is sinful to be in good health ?I suppose it is not.Don’t suppose, answer, yes or no.Well, no.To be in good health must not one digest one’s food ?Yes, I think so.To digest one’s food is it not necessary to eat it with a certain amount of pleasure.Yes, I believe that to digest one’s food it is necessary to eat it with a certain amount of pleasure.What pleasure does a person who is reading and eating at the same time take in his meal ?He does not take much pleasure in his meal.If he does not take much pleasure in his meal, what happens to his digestion ?I suppose his digestion will not be so good as if he had given all his attention to his meal while he was at it.What has the woman in her right hand ?In her right hand she has a cup. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 39 Where is the cup ?It is about half-way between the table and her mouth.Which is she raising the cup to her lips or lowering it to the table ?It is pretty hard to say which she is doing.What you say is true but you can offer an opinion.Is the cup full or empty ?It is not full, that is certain, but I can’t say that it is empty.How do you know that the cup is not full ?The way the lady is holding it slightly inclined shows that it is not full.Has she drunk or is she about to drink ?I think she has taken a sip and has not put down the cup because she is about to take another sip.What is a sip ?A sip is a small quantity of liquid taken with the lip.What is in the cup ?I can’t say positively but I am pretty sure that it is either tea or coffee ?What is the expression on the woman’s face ?It is the expression of a person who is examining, weighing, comparing, judging, in a word it is a judical expression.What you say about the lady’s expression is quite true, but what can she be so seriously occupied in examining, weighing, comparing, and judging while taking her supper ?Oh, I suppose, she is trying a new brand of tea or coffee that has just come in and she is judging it before offering an opinion on its merits.You are quite a clever lad.Say all that you have to say about the girl in the picture.The girl has a pair of well shaped arms ; her two elbows are resting on the table and her two hands are holding a cup in which are hidden her chin, her mouth, her nose, one whole cheek and good part of the other ; even her eyes are lost in the cup ; what she is drinking may be very good, but her manners are not.What fault have you to find with her manners ?In the first place she should not plant her arms on the table ; in the second place she should not hold the cup with both hands ; in the third place she should not lose so much of her face in the cup, however delicious, palatable, good, she may find the beverage which she is drinking.Describe the picture briefly : In the dining-room, the table is set and at it, three persons, the father, mother and daughter are taking supper.Very, very good ; describe it briefly again but with more details : At a well appointed table, in a dining-room, a man with his wife and daughter, evidently of the better class, are taking their supper.Describe it again increasing the number of details : At a well appointed table, in a dining-room, a man and his wife, both good looking and evidently of the better class, are seated with their daughter, taking supper.Give another description increasing the number of details. 40 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE At a well appointed dining-table, a man and woman, both good looking, and evidently of the fairly well to do class are seated with their daughter, a girl of about thirteen.The meal is supper and it is plain that they are nearing the end of it.The man, who is clad in a neat business suit, is drinking from a cup held in his right hand while reading a newspaper held with his left ; at the other side of the table, the woman, who has on a well-fitting and becoming gown, has just taken a sip from the cup in her hand and appears to be on the point of renewing it ; between the man and his wife is the daughter ; her elbows rest on the table and with both hands she is holding her cup to her mouth ; the greater part of her face is hidden in the cup.J.Ahern.ÉTUDE SUR “ EVANGELINE ” DE LONGFELLOW (Pour “l’Enseignement primaire”) Longfellow—L’homme et l’écrivain .—Longfellow naquit à Portland, Maine, en 1807.Dès son enfance, il aima l’étude avec passion.Ses livres favoris étaient Cowper’s Poems, Ossian, Arabian Nights et Don Quichotte.Mais les essais poétiques de l’adolescent n’ont aucune trace de ses lectures et ne laissent pas prévoir ce qu’il sera plus tard.A quatorze ans, il vint au collège Bowdoin où il garda ses habitudes laborieuses avec ses timidités d’intellectuel.En 1826, à l’examen final, on remarqua sa traduction d’une ode d’Horace et on lui offrit la chaire de Langues modernes au collège Bowdoin.Afin de se mettre en état de remplir dignement ses fonctions, il alla passer trois ans en Angleterre, en France, en Italie, en Allemagne, en Espagne et en Hollande.Lorsqu’il revint à sa ville natale, il était peut-être le professeur le plus érudit de toute l’Amérique.En 1835, on lui offrit la chaire de Belles-Lettres au collège de Harvard.Il fit un second voyage en Europe dans le même but que le premier, mais il s’arrêta, cette fois, de préférence dans les pays Scandinaves dont il connaissait moins la langue.En 1864, il quitta sa chaire pour se consacrer exclusivement à la littérature.Il mourut à Harvard, en 1882.Ses œuvres .—Ses principales œuvres sont : Outre-Mer, Voices of the Night, Hyperion, Ballads and other Poems, Evangeline, Kavanagh, the Golden Legend, Hiawatha, the Courtship of Miles Standish, Tales of a Wayside Inn, Translation of Dante’s Divina Commedia.Doux, sympathique, de commerce aimable, il a écrit ces vers qui le caractérisent : L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 41 “His gracious presence upon earth Was as a fire upon a hearth ; As pleasant songs, at morning sung, The words that dropped from his sweet tongue Strengthened our hearts, or—heard at night— Made all our slumbers soft and light.” Longfellow, sous certains rapports, est peut-être l’homine de lettres le plus remarqué de l’Amérique.Il est vrai qu’il n’avait pas surtout les facultés propres au drame ; la douce existence qu’il mena toujours ne lui apprit point quelles douleurs ou quelles joies profondes la vie recèle parfois ; il ne connut pas non plus la haine ou l’amour dans leurs excès ; ainsi les principaux éléments du drame lui manquant, il eut peu de succès dans ce genre.Au surplus, s’il avait peu d’imagination créatrice, il excellait à saisir le côté suggestif d’un sujet.Il avait une manière à lui de rapprocher un fait externe d’un sentiment intime.Il a surpassé tous les poètes de son temps dans l’art de raconter ; ses poèmes narratifs sont assez courts pour laisser une impression d’unité ; leur brièveté, l’absence d’intrigues compliquées, le goût dans le choix des sujets, la mesure appropriée charment ses lecteurs.Longfellow ne fut pas seulement le poète le plus populaire des États-Unis, mais peut-être, en un sens, le plus populaire en Grande-Bretagne.A ce sujet, voici le témoignage du cardinal W iseman : “There is no greater lack in English literature than that of a poet of the people, of one who shall be to the laboring classes of England what Goethe is to the peasant of Germany.He was a true philosopher who said : “Let me make the songs of a nation and I care not who makes its laws.” There is one writer who approaches nearer than any other to this standard, and he has already gained such a hold in our hearts that it is almost unnecessary for me to mention his name.Our hemisphere cannot claim the honor of having brought him forth : but still he belongs to us, for his works have become as household words wherever the English is spoken.And whether we are charmed by his imagery, or soothed by his melodious versification or elevated by the high moral teachings of his pure Muse, or follow with sympathizing hearts the wanderings of Evangeline, I am sure that all who hear my voice will join with me in the tribute I desire to pay to the genius of Longfellow.” Ainsi on peut dire avec vérité que Longfellow a enseigné au peuple à aimer la poésie autant qu’aucun autre écrivain anglais, même des plus grands.Ce qui caractérise le style de Longfellow, c’est la clarté et la simplicité, et dans le vocabulaire et dans la construction.Lui-même dit dans une de ses œuvres : “In character, in manners, in style, in ail things, the supreme excellence is simplicity.” 42 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Le pittoresque est une des grandes qualités de Longfellow.Il fait un usage fréquent de la comparaison ; il emprunte généralement ses comparaisons à la nature, à la vie des champs et des bois ; les nuages, le soleil, la lune, les rivières, Tocéan, la pluie, le vent sont les thèmes auxquels il revient plus souvent.Il n’est presque pas de page où l’on ne rencontre ce souci de peindre avec les couleurs mêmes de la nature.Le poème “Evangéline” nous en fournit de nombreux exemples.C’est la vie des Acadiens qui s’écoule comme ces rivières qui arrosent une forêt et dont les eaux sombres reflètent le ciel."Men whose lives glided on like rivers that water the woodlands, Darkened by shadows of earth but reflecting an image of Heaven.” La stupeur des Acadiens devant l’édit de proscription lui rappelle l’état de la nature quand, un beau jour d’été, l’orage éclate soudainement."As when the air in sultry solstice of summer Suddenly gathers a storm, and the deadly sling of the hailstones Beats down the farmer’s corn in a field and shatters his windows Bellowing fly the herds, and seek to break their enclosures, So on the hearts of the people descended the words of the speaker.” Et les proscrits sont, dit-il, dispersés comme les flocons de neige, comme les feuilles d’automne.Il veut raconter la vie d’Évangéline, après la catastrophe, sa vie du cœur surtout, et il compare les deuils qui ont marqué son existence aux cendres qui marquent les anciens campements maintenant déserts des tribus nomades.".before her extended, Dreary and vast and silent, the desert of life, with its pathway Marked by the graves of those who had suffered and sorrowed before her, Passions long extinguished, and hopes long dead and abandoned, As the emigrant’s way o’er the western desert is marked by Camp-fires long consumed and bones that bleach in the sunshine.” Quand les Acadiens, sur le Mississipi, entendent l’oiseau moqueur égrener ses dernières notes dans le bosquet, le poète compare ces notes aux gouttes de pluie qu’une brise fait tomber de rameaux en rameaux."Single notes were then heard, in sorrowful, low lamentations, Till having gathered them all, he flung them abroad in derision, As when; after a storm, a gust of wind through the tree-tops Shakes down the rattling rain in a crystal shower on the branches.” Et quand Évangéline a appris les leçons de la vie dans les désenchantements, elle élève plus haut ses pensées et ses désirs, comme la feuille L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 43 qui se tourne vers la lumière.Les illusions s’évanouissent de son esprit comme le brouillard aux rayons du soleil."As from the mountain’s top the rainy mists of the morning Roll away and afar we behold the landscape below us, Sun-illumined, with shining rivers and cities and hamlets, So fell the mists from her mind, and she saw the world far below her, Dark no longer, but all illumined with love ;.” L’histoire lui est aussi une source de comparaisons.Ainsi, les grands arbres de l’Acadie évoquent chez lui le souvenir des Druides antiques, et les bruits de la forêt, le chant des ménestrels du moyen âge.La mythologie et les légendes populaires en fournissent aussi quelques-unes, mais il semble affectionner particulièrement la Bible ; ainsi, Jésus enseignant les préceptes de l’aumône, Pierre tressaillant au chant du coq et pleurant son péché, le Christ mourant qui pardonne à ses bourreaux lui sont de beaux thèmes de comparaisons ; il puise plus largement encore dans l’ancien Testament : Agar qui s’enfuit au désert, Jacob qui lutte avec l’ange, Élie qui monte au ciel, la main mystérieuse qui écrit l’arrêt de Balthasar passent successivement sous ses yeux.Ne pourrait-on pas voir en ce goût de l’Ancien Testament l’esprit des sectes protestantes dont on ne se dépouille pas facilement quand on est, comme Longfellow, d’origine puritaine ?Mais Longfellow ne peut pas refuser son admiration à nos rites catholiques et il leur a pris nombre de ses plus belles comparaisons : le chant des moines, leur silence, la bénédiction du prêtre, et même la confession lui inspirent de beaux vers, La bénédiction, c’est la semence de bien qui tombe des mains du prêtre : “But when the service was done and the benediction had fallen Forth from the hands of the priest like seed from the hands of the sower.” Ce sont là quelques exemples seulement, mais on en pourrait citer nombre d’autres dans le seul poème d’Évangéline.Si Longfellow use largement de la comparaison, les métaphores sont très rares dans son style, ce qui lui enlève de la force.Ce qui en fait surtout la beauté, c’est l’harmonie.Il sait choisir la mesure et le rvthme qui conviennent à son sujet ; il emploie fréquemment l’onomatopée, évite les combinaisons de consonnes dures et profère les mots aux lettres liquides.Enfin, en disant de sa poésie qu’elle est “simple, musicale, sincère, sympathique, claire comme du cristal, et pure comme la neige”, on est bien près d’avoir caractérisé l’ensemble de son œuvre.Sources du poème “Evangéline” .—“Évangéline” est un épisode particulier du drame de 1755 : la déportation des Acadiens.Cet acte inique fut le fait du fanatisme des Anglo-Américains.Les Acadiens, qui étaient sous la domination de la Grande-Bretagne depuis le traité 44 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE d’Utrecht (1713), n’avaient pas voulu renoncer à leur foi catholique ni à leurs coutumes françaises ; leurs missionnaires les avaient soutenus dans la guerre sourde qu’ils avaient eu à subir de la part des fonctionnaires anglais.Enfin, en 1755, Lawrence, alors gouverneur de i’Acadie, ordonna que tous les Acadiens fussent enlevés de leur pays pour être dispersés dans les colonies anglaises.Les nombreux déportés eurent tout à souffrir de la part de leurs persécuteurs.La plupart des familles furent séparées dans le tumulte de l’embarquement et tous ces exilés furent jetés sur des terres inhospitalières, où un grand nombre périrent de froid et de faim.Quelques-uns parvinrent à se rapatrier, d’autres allèrent s’établir dans les vastes plaines du sud des Etats-Unis, dans la Louisiane.Ce fut à Hawthorne que Longfellow dut l’idée de ce poème.Les circonstances dans lesquelles il lui fut suggéré sont rapportées dans la vie de Longfellow par Robertson.Hawthorne, invité à diner à “Craigie House”, la demeure de Longfellow, y avait amené un de leurs pasteurs.Au cours de la conversation, celui-ci dit qu’il avait vainement essayé d’intéresser Hawthorne à un sujet qui, d’après lui, formerait un beau thème de poème narratif.Et il raconta l’histoire d’une jeune Acadienne exilée avec son peuple en 1755.Elle avait été séparée de son fiancé, et après de longues années de recherche, l’avait trouvé mourant dans un hôpital.“Ce sera un beau poème”, dit Longfellow.Il chercha les matériaux historiques et bientôt composa cette idylle qui est sa vraie légende dorée.Un article de VAction Catholique, novembre 1919, parle de l’honorable juge Woorhies, décédé à la Louisiane l’été dernier.Dans un livre qu’il a publié, “Réminiscences acadiennes”, il raconte ce qu’il appelle la véritable histoire d’Évangéline.“ Evangéline, dit l’auteur, n’est pas un être de fiction.Elle était une orpheline qui fut élevée par ma bisaïeule, la veuve Robichaud.Lors de la déportation, elle suivit sa mère adoptive en Louisiane.Telle était la douceur de son cœur et la beauté de son âme que les autres exilés d’Acadie la nommèrent Evangéline, ce qui voulait dire pour eux et ce qui signifiait le petit Ange de Dieu.Son vrai nom était Emméline Labiche.Louis Arsenaux qui, dans le poème de Longfellow, s’appelle Gabriel Lajeunesse, était à la veille d’épouser Emméline quand vint l’ordre cruel qui les sépara pour toujours.Emméline le revit quatre ans plus tard sur le bayou Tèche, en Louisiane, à l’endroit où se trouve Saint-Martinville, mais Louis Arsenaux, oubliant la pauvre Emméline et ses serments, s’était marié.Le choc qu’elle en éprouva la rendit folle et elle mourut bientôt, après avoir recouvré la raison.Le souvenir de cette triste histoire s’est perpétué en Louisiane parmi les descendants des exilés qui y vinrent avec Emméline.Il s’est aussi perpétué parmi les descendants de Louis Arsenaux. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 45 “Évangéline a été enterrée dans le cimetière de Saint-Martinville, il y a aujourd’hui 134 ans, environ vers l’an 1765.Son tombeau n’était qu’une petite fosse qu’ombrageait un immense chêne et que ma bisaïeule entretenait de son mieux.“Depuis lors, la petite chapelle oui se trouvait dans ce cimetière et qui servait d’église paroissiale a été remplacée par la grande église de Saint-Martinville et l’opinion générale est que la fosse où repose Évangéline se trouve maintenant sous cette église.” Quoi qu’il en soit de l’authenticité des personnages du poème, Longfellow composa Évangéline pour célébrer la fidélité d’un amour malheureux, comme il le le dit lui-même à la lin de son prologue, “Ye who believe in affection that hopes, and endures, and is patient, Ye who believe in the beauty and strength of woman’s devotion, List to the mournful tradition, still sung by the pines of the forest, List to a Tale of love in Acadie, home of the happy.” et le choix de ce thème suffit à le rapprocher, par delà la différence des langues, de Lamartine, le chantre de l’amour spiritualiste et chrétien.Résumé et ton général du 'poème .—La première partie du poème, la vie heureuse des Acadiens sur la terre natale, est toute de verdure et de fleurs.L’au.eur nous montre les coquettes maisons du village ombragées de saules et d’ormeaux, les vergers pleins de fruits murs, les champs où les travailleurs fauchent le foin long et dru, et les gras pâturages et les troupeaux qui sont la richesse du fermier.Mais voici l’heure fatale.La tristesse plane sur cette terre hier si heureuse ; les vaisseaux de l’exil sont là, sinistres, attendant la cargaison humaine qu’on doit leur livrer ; l’angoisse, le désespoir étreint les cœurs de ces malheureux qui regardent, impuissants, brûler leurs fermes et leurs maisons.La deuxième partie raconte les pérégrinations d’Évangéline au pays du malheur.La riche nature du sud dans sa sauvage beauté, se montre tantôt sympathique à la douleur d’Évangéline, tantôt semble se faire plus riante pour inviter l’infortunée à s’arrêter sur ses bords fleuris et à oublier son chagrin.Mais, dans les prairies du sud, comme sur les bords de la Gaspareau, Évangéline, dans son malheur comme aux jours fortunés, garde la même simplicité, la même candeur, la même confiance en Dieu, le même amour pur, la même fidélité, et le même dévouement pour la souffrance.C’est l’esprit acadien qui anime toutes ces pages.C’en est l’unité.Et l’on admire la sublime beauté de l’âme loyale aux prises avec les malheurs causés par l’odieuse félonie.'—(à suivre) Le Cercle Jeanne-d’Arc.(École normale de Nicolet, mai 1920.) 46 L'ENSEIGNEMENT PRIMAIRE LANGUE FRANÇAISE RÉCITATION ET LECTURE EXPLIQUÉE La chvte des feuilles De la dépouille de nos bois L’automne avait jonché la terre ; Le bocage était sans mystère, Le rossignol était sans voix.Triste et mourant à son aurore, LTn jeune malade à pas lents, Parcourait une fois encore Le bois cher à ses premiers ans : “Bois que j’aime! adieu.Je succombe! Votre deuil me prédit mon sort ; Et dans chaque feuille qui tombe Je vois un présage de mort.Fatal oracle d’Epidaure, Tu m’as dit : “Les feuilles des bois A tes yeux jauniront encore, Mais c’est pour la dernière fois.L’éternel cyprès t’environne ; Plus pâle que la pâle automne, Tu t’inclines vers le tombeau ; Ta jeunesse sera flétrie Avant L’herbe de la prairie, Avant les pampres du coteau.Et je meurs!.De leur froide haleine M’ont touché les sombres Autans : Et j’ai vu comme une ombre vaine Sévanouir mon beau printemps.Tombe, tombe, feuille éphémère, V oile aux yeux ce triste chemin ; Cache au désespoir de ma mère La place où je serai demain.” Millevote.Explications : De la dépuille de nos bois L’automne avait jonché la terre.Les arbres étaient couverts de feuilles.C’était l’été.Mais un matin, l’automne, la pâle automne, comme dit le poète, a signalé sa venue par une gelée blanche.Le vent a soufflé et plus fort et plus froid.Les feuilles des arbres ont rougi, elles ont jauni sous la morsure de la gelée et bientôt le vent les a détachées des arbres et les a couchées sur la terre après les avoir promenées quelque temps dans les airs.Les arbres maintenant dépouillés semblent des squelettes qui tendent vers le ciel leurs bras décharnés.Le bocage était sans mystère, Les bois n’avaient plus ces retraites que le feuillage rendait mystérieuses.Le rossignol était sans voix.Le rossignol ne chantait plus.Ce n’est pas seulement en automne que le rossignol se tait ; il ne chante ni en été, ni en automne, ni en hiver.C’est seulement pendant les soirées, les nuits et les matinées de printemps que le rossignol fait entendre ses chants mélodieux.Triste et mourant à son aurore, Un jeune malade à pas lents.Ce jeune malade est un jeune poitrinaire.Il est encore jeune, il ne fait qu’entrer dans la vie ; mais déjà la terrible maladie l’a marqué pour la mort.Il ne marche plus, il se traîne à pas lents et sur ses traits amaigris se lit une profonde tristesse.Il a voulu revoir une dernière fois les lieux qu’il aimait, Le bois cher à ses premiers ans.Mais dans ce deuil que l’automne a jeté sur la nature, dans ces feuilles que le vent emporte en tourbillonnant, il voit un présage de mort.Votre deuil me prédit mon sort : Et dans chaque feuille qui tombe Je vois un présage de mort.Il se rappelle qu’il est condamné.Il sait que bientôt la tombe s’ouvrira pour le recevoir.Fatal oracle d’Epidaure, Tu m’as dit.Epidaure était une ville célèbre de l’Argo-lide.Elle possédait un temple magnifique consacré à Esculape, le dieu de la médecine, et un oracle que l’on venait consulter de toutes les parties de la Grèce.—’Par ces mots L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 47 Fatal oracle d’Epidaure, le poète a voulu désigner l’arrêt porté par le médecin.L’éternel cyprès t’environne : Le cyprès est un arbre résineux dont le feuillage est toujours vert et que l’on place sur les tombes.Plus pâle que la pâle automne.L’automne, en effet, a quelque chose de triste.La nature, à cette saison, n’a plus cet aspect verdoyant, frais et gai qu’elle avait au printemps et en été ; le soleil ne brille plus du même éclat.Ta jeunesse sera flétrie Avant l’herbe de la prairie, Avant la pampre du coteau.Avant que l’herbe de la prairie ne soit fanée, avant que les branches des vignes qui sont sur le coteau n’aient perdu leurs feuilles.tu seras mort.—Comme une tendre fleur qui, séparée de sa tige, se flétrit et meurt ; ainsi sa jeunesse, touchée par la froide main de la mort, se flétrit, De leur froide haleine M’ont touché les sombres Autans Et j’ai vu comme une ombre vaine S’évanouir mon beau printemps.Les belles années de la jeunesse qui sont le printemps de la vie, ont fui pour le pauvre malade, aussi vite que fuit une ombre vaine ; elles se sont évanouies comme s’évanouit un songe.Cette pièce de poésie se termine par une pensée pleine de délicatesse.Le pauvre malade a déjà vu les yeux de sa mère se remplir de larmes alors qu’elle le regardait.Il sait combien cette mère l’aime tendrement.Quel sera son désespoir alors qu’il ne sera plus ! ! demain, quand un peu de terre remuée marquera La place où je serai demain.Alors il demande aux feuilles de cacher ctete place.Tombe, tombe, feuille éphémère, Cache au désespoir de ma mère La place où je serai demain.Millevoye : poète français né à Abbeville en 1782, mort en 1816 d’une maladie de poitrine.Le poète était atteint de la maladie dont il mourut et il sentait sa fin prochaine quand il fit la pièce : La chute des feuilles.COMPOSITION LA MORT DE JEAN DELALANDE Sujet tiré de l’Histoire du Canada (La donnée historique) 1.Dieu amenait au Canada Jean de Lalande de Dieppe, René Goupil de Paris et autres pour être, eux tous, jeunes gens instruits et pieux, les compagnons de nos grands missionnaires.L’Iroquois cruel et impur, une fois converti, disait de ces jeunes français chastes et doux : “Ils sont plus beaux que les lis de vos drapeaux ; ils sont beaux comme les roses de nos étangs”.—(nénuphars).2.(Une fiction) : Jean allait aux jours d’automne visiter sa grand’mère qui habitait une masure sur la falaise à quelques milles de Dieppe.La Masure, c’était un verger protégé contre les vents de mer par des bocages d’ormes et de chênes.Un jour qu’il revenait de là par le sentier de la falaise, il s’arrêta pour contempler la mer et tout en mangeant des pommes 48 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE de Normandie il rêvait de René Goupil et tout ému de cette belle légende il s’écriait : “Ah î si Dieu le voulait, j’irais mourir là-bas pour la gloire du Christ et l’honneur du nom français” ! 3.Au cours de l’été de 1646, il arrive en Canada.Dès le 24 septembre il partait avec le Père Jo'gues pour le village agnier Assernenou où René Goupil avait été tué.Ses amis de yillemarie lui avaient dit : “Assurément les Agniers vous tueront”.—Il avait répondu: “ Hé ! c’est pour avoir cette chance de mourir martyr que j’ai quitté Dieppe.” 4.Le 18 octobre au soir le Père Jogues fut tué et son corps fut jeté dans la petite rivière Mohawk.Assernenou levait ses wigwams au bord de cette rivière, dans les Adirondaks.5.Le 19 octobre à l’aurore, après avoir longtemps prié dans son wigwam, le pieux êveur de la falaise de Dieppe sortit pour aller méditer à l’endroit de la rivière où avait disparu le corps du Père Jogues.6.Un agnier qu’on nommera ici Kouaia, caché à l’angle du wigwam, assomma le jeune apôtre à coup de hache.Celui-ci murmura en mourant : Jésus, Marie ! La mort de Jean de Lalande C’était le dix-neuf octobre 1646.Dans la demi-lumière du jour naissant, accroché aux flancs des montagnes, Assernenou, le petit village agnier que la civilisation cherche en vain à pénétrer, reste encore endormi.L’Agnier n’est pas encore sorti, pour aller abattre de sa flèche acérée, le cerf aux abois.—Groupés sur le défriché nu, les wigwams qui semblent un fouillis d’écorces et de peaux de bêtes, sont clos.Seules, aux portes sans volets, de hideuses chevelures humaines, dont quelques-unes sanglantes encore, frémissent au souffle de la bise matinale.—Dans la forêt immense et désolée, une moisson de feuilles teintées de pourpre ou d’or pâle, se détachent de la cime des grands érables, pauvres lambeaux flottants que le vent balaie en avalanche.—La petite rivière Mohawk n’est plus le calme ruisseau qui se perd dans le lointain en un long ruban d’azur.Son eau rougeâtre, agitée, écumante, coule en remous, à l’endroit où ses flots, hier, ont dû s’ouvrir pour donner une tombe au corps meurtri du Père Jogues.Sur le mourant linceul du héros tombé, les feux de l’aurore mettent des reflets sanglants.Ah ! c’est encore un jour teint du sang des martyrs, qui se lève avec les premiers rayons de pourpre attachée aux cimes des collines bleues.Car, au repaire des aigles, volette encore une colombe.Soudain, dans l’encadrement de la porte d’une hutte sauvage, un beau jeune homme se dresse, calme et grave.Une chevelure brune couronne son front pensif dont l’éclat, si pur, met sur les lèvres du barbare subjugué par la Croix, un cri d’admiration émue : “Il est plus beau que les lis de vos drapeaux.” Comme il l’aime ce lis de France, lui.qui pour les planter sur une rive lointaine, où les sauvages errent portant la mort et la vengeance, a tout quitté, et sa mère qui sanglotait en mettant un dernier baiser sur son front, et les vieux temples gothiques où il allait rêver d’un sublime dessein.Par l’ardeur de cet amour qui met des éclats lumineux dans ses yeux noirs, il veut, nouveau Goupil, s’attachant aux pas du Père Jogues, enflammer le cœur de l’Agnier, y planter la Croix, et pour féconder le champ des lis, s’il le faut, verser tout son sang.Tandis qu’à pas lents, Jean de Lalande traverse le défriché moissonné, alors qu’il va prier près de son ami enseveli sous les flots, son regard, illuminé d’une flamme d’idéal, semble plonger dans une rêverie sans fin.Ah ! c’est qu’il songe à son grand rêve de Dieppe, celui qui le fit apôtre et héros.Il s’en souvient.C’était un soir calme du tiède été.Revenant de la Masuie aimée, où sa grand’mère lui donnait tout son amour avec les conseils de ses cheveux blancs, Jean allait lentement.Dans le sentier tapissé de gazon, les violettes laissaient emporter par l’aile de la brise, le parfum de leurs corolles bleues.Dans le feuillage d’un hêtre, plus près du ciel, le rossignol L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 49 gazouillait.Tout à coup, entre deux ormes, laissant une échappée à l’horizon, il s’arrêta.Devant lui s’étend l’immensité des flots sombres.A ses pieds, à la falaise grise, la blanche crête des vagues se brisait en une fine poussière d’écume.—Dans l’âme du jeune homme la légende de René Goupil ravivait ses visions d’héroïsme.Comme le flot qui emporte au large l’épave, l’ardeur de son zèle emportait son cœur au-delà de la vaste mer, vers un pays où flottent encore les ténèbres de la barbarie souveraine.—Et de son âme, émue à cette pensée monta jusqu’à ses lèvres le cri de ses sublimes aspirations.“ Ah ! si Dieu le voulait, j’irais mourir là-bas pour l’honneur du nom français et la gloire du Christ.” Ce matin, tandis qu’à l’horizon, les pourpres se déploient, c’est encore la soif du martyre qui rappelle à son cœur cette heure de grande envolée vers les cimes éternelles.—Courage, ô Jean de Lalande! Les grands arbres portent encore plus de feuilles mortes sur leurs rameaux nus que ta vie ne compte de jours, mais pour toi déjà aux célestes parvis un trône se prépare.Encore quelques instants et toi aussi, tu iras dormir avec Goupil à l’ombre des églantiers fleuris, près des flots calmes.Tandis que de ses rêves, le jeune homme goûte la suave extase, de la porte d’une hutte silencieuse, le rideau de fourrure s’est soulevé furtivement.Un homme farouche se glisse entre les wigwams endormis.Un panache de plumes multicolores orne sa tête altière, que des pensées de mort viennent seules hanter de leurs fantômes vengeurs.Sous sa poitrine d’acier bat un cœur de bronze qui ne connaît pas la pitié.Toute la haine de l’Agnier pou) la Robe Noire, semble s’être réfugiée dans la sanglante prunelle de ce fauve, qui croit rêver de gloire en méditant un crime.Et courbé sur la terre froide, les genoux aux dents, la hache levée, il attend.Oh Kouaïa ! combien de martyrs faut-il à ta haine, pour assouvir ta rage de meurtre.Hier ton arme perfide se plongeait dans la chair frémissante du père Jogues, et sa voix de fer réclame encore du sang ! Jean de Lalande allait atteindre le but de sa sortie matinale.Mais soudain il s’arrête muet, stupéfié.De l’ombre du wigwam, comme le jaguar pour saisir la proie innocente l’Agnier avait bondi.Le cœur du jeune Français bat violemment, partagé entre l’espoir et la terreur.C’est la palme du martyre qui vient combler ses vœux, mais hélas ! c’est un démon qui l’apporte, et Jean tremble devant l’assassin.La hache s’est levée, menaçante.Avec un sifflement sinistre, elle s’abat brusquement.Le front brisé, inondé d’un flot vermeil, la victime tombe lentement sur une touffe de gazon séché, à deux pas de l’onde, hier, témoin muet de l’atroce infamie.Dans les yeux de l’Agnier passent des flammes fauves et son bras nerveux se relève, meurtrier et vengeur.Pour faire expier au brave la défaite des manitous, l’arme retombe et fait au noble cœur déjà à ses derniers battements, une large et profonde entaille.Des vaisseaux brisés, le sang s’échappe en ruisseaux de pourpre.Et du cœur qui se sent mourir, s’élance un dernier cri vers le ciel.Avant de se taire pour jamais, la voix mourante du jeune homme répète encore une fois les mots qui furent l’espoir de ses jours de jeunesse, l’ardeur de son âme d’apôtre ; la devise passionnante qui lui fit affronter et l’exil et la mort : “Jésus ! Marie”.—Puis sa paupière sans vie se ferme sur ses yeux éteints ; sa lèvre s’immobilise dans la dernière parole enflammée.Et les échos affaiblis répétaient encore : “Marie ! Jésus”, quand déjà, le dernier élan d’amour était allé se changer en l’éternel cantique, au ciel.O flot insensible, arrête un instant ton cours ; c’est le sang de la France qui coule sur tes bords ! Grands arbres, inclinez-vous, c’est un héros! crêtes altières, couvrez-vous de neige immaculée pour lui former un piédestal sublime, c’est un martyr ! Immobile et muet, comme une statue de bronze, le barbare était resté debout, des éclairs de haine au fond des yeux.Il s’assurait que l’apôtre de la prière était bien mort; la main marquée du rouge stigmate de l’assassin, la hache sur l’épaule, laissant derrière lui une trace sanglante, il s’éloigne rapidement.Pour annoncer au bourg qui s’éveille la lugubre nouvelle de son indigne victoire, son cri de guerre, porté de wigwam en wigwam, se perd dans l’espace.Et le silence se refit autour du cadavre.Il est là, étendu sur l’herbe roussie par l’au-;omuç.De son cœur blessé coule encore un mince filet de sang, qui trace jusqu’à la rivière 50 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE une ligne fluide en décrivant de petits méandres empourprés.Sur sa pâle figure restée sereine, malgré la mort, erre un vague sourire qui entr’ouvre sa lèvre glacée.La bise du matin caresse les boucles brunes de ses cheveux ; on dirait qu’un vol de pensées s’agite encore sous le crâne ouvert.Les feux lointains de l’aurore montante mettent au front meurtri du jeune homme un sanglant diadème.C’est le premier rayon de gloire qui s’allume au-dessus de sa tête déjà couronnée du nimbre des élus.Dans la forêt, on n’entend plus plus que le triste croassement du corbeau qui s’éveille, et le léger frémissement des feuilles sèches tombant sur des feuilles mortes.Tout au fond de l’azur sombre, l’étoile tardive semble jeter sur la Nouvelle-France, dans son dernier scintillement, un double regard de pardon et de paix.— Et, dans l’immensité émue, flotte un souffle d’éternité.La rose de l’étang, ouvrant ses pétales dorés, était allée s’épanouir au mystique jardin du ciel.G.P., ÉLÈVE DU COURS ACADÉMIQUB.ENSEIGNEMENT PRATIQUE INSTRUCTION RELIGIEUSE LA NATURE PROUVE L’EXISTENCE DE DIEU.Si j’entre dans une maison, je vois des fondements posés, des pierres solides, pour rendre l’édifice durable ; j’y vois des murs élevés, avec un toit qui empêche la pluie de pénétrer en dedans ; je remarque au milieu une place vide qu’on nomme une cour, et qui est le centre de toutes les parties de ce tout ; je rencontre un escalier dont les marches sont visiblement faites pour monter, des appartements dégagés les uns des autres pour la liberté des hommes qui logent dans cette maison, des chambres avec des portes pour fermer et pour ouvrir, des fenêtres par où la lumière entre sans que le vent puisse entrer avec elle, une cheminée pour faire du feu sans être incommodé de la fim.ée, un lit pour se coucher, des chaises pour s’asseoir, une table pour manger, un écritoire pour écrire A la vue de toutes ces commodités pratiquées avec tant d’art, je ne puis douter que la main des hommes n’ait fait tout cet arrangement.Je n’ai garde de dire que ce sont des atomes que le hasard a assemblés.Il ne m’est pas possible de croire sérieusement que les pierres de cet édifice se sont élevées d’elles-mêmes avec tant d’ordre les unes sur les autres, comme la Fable nous dépeint celles que la lyre d’Amphion remuait à son gré pour en former les murs de Thèbes.Jamais aucun homme sensé ne s’avisera de dire que cette maison, avec tous ses meubles, s’est bâtie et arrangée d’elle-même.L’ordre, la proportion, la symétrie, le dessin manifeste de tout l’ouvrage, ne peimettent point de l’attribuer à une cause aveugle telle que le hasard.Il en est de même d’un livre tel que l’Iliade d’Homère, ou d’une horloge qu’on trouverait dans une île déserte ; personne ne pourrait jamais croire que ce poème admirable, ou que cette horloge excellente, fût un caprice du hasard.On conclurait d’abord qu’un poète sublime aurait composé de ces beaux vers, et qu’un habile ouvrier aurait fait cette horloge.Fénelon. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 51 LANGUE FRANÇAISE COURS ÉLÉMENTAIRE DICTÉES I LA MAIN La main sert à saisir les aliments et les instruments de travail.La délicatesse de la peau nous permet de juger certaines qualités des objets que nous touchons.Elle nous révèle si ces objets sont solides ou mous, tendres ou durs, lisses ou rugueux, chauds ou froids.La main c’est l’œil de l’aveugle.Pour se renseigner sur les formes, la nature des choses, l’aveugle palpe, étudie, compare et finit par se faire une opinion sûre.Questions et exercices.—Qu’est-ce que la main?Sor utilité?—Citez des objets solides, mous, tendres, durs, lisses, rugueux.—Que signifie l’expression : la main, c'est l'œil de l'aveugle ?—Le sens du verbe palper ?—Conjuguer le verbe juger à l’imparfait de l’indicatif ;—le verbe révéler à l’imparfait de Pindibatif et au futur simple.—Trouver et définir deux dérivés de main, de travail, de nature.II L E SINGULIER ET LE PLURIEL Le cheval est un animal utile, un serviteur dévoué.S’il lui faut un harnais solide souvent renouvelé, s’il faut que son?'pied soit garni d’un/er toujours en bon état pour qu’il ne se blesse pas en rencontrant un caillou sur la route, en revanche, le cheval est fort et courageux.Le travail le plus rude ne le rebute pas.Il faut le voir tirer vigoureusement la charrette qui passe avec peine sous le portail grand ouvert et rentrer sans se lasser le foin ou le grain.Ménageons donc ce brave animal et soignons-le comme on soigne un auxiliaire indispensable.Exercices.—Metrre au pluriel tous les noms en italique.(N.B.—La dictée suivante servira de corrigé.) LE SINGULIER ET LE PLURIEL Les chevaux sont des animaux utiles, des serviteurs dévoués.S’il leur faut des har- nais solides souvent renouvelés, s’il faut que le rs pieds soient garnis de fers toujours en bon état pour qu’ils ne se blessent pas en rencontrant des cailloux sur les routes, en revanche, les chevaux sont forts et courageux.Les travaux les plus rudes ne les rebutent pas.Il faut les voir tirer vigoureusement les charrettes qui passent avec peine sous les portails grand ouverts et rentrer sans se lasser les foins ou les grains.Ménageons donc ces braves animaux et soignons-les comme on soigne des auxiliaires indispensables.COURS INTERMÉDIAIRE DICTÉES I LES PETITS RUISSEAUX FONT LES GRANDES RIVIERES Envisagé au sens propre, ce proverbe n’a pas besoin d’explication.Que chacun de nous suive la direction du moindre cours d’eau, il le verra se jeter dans un autre cours d’eau qui s’accroît d’autant, et, à son tour, ce dernier ira, avec d’autres, grossir le volume des eaux de la rivière la plus voisine.En somme une rivière n’est autre chose que la réunion de plusieurs petits ruisseaux.Pris dans le sens figuré, ce proverbe veut dire que les efforts partiels amènent les grands résultats ; aussi, en économisant le produit quotidien de son travail, on arrive, sinon à la fortune, du moins à l’aisance.Si de l’intérêt individuel nous passons à l’intérêt social, nous voyons que le travail de chacun contribue au bien-être général.Et sans sortir de l’école, qui de vous ne comprend que l’intérêt des écoliers et l’intérêt de la société sont autant de petits ruisseaux destinés à grossir cette grande rivière qui s’appelle la patrie?Le jour où les jeunes générations croupiraient dans l’inaction et la paresse, il faudrait désespérer de la prospérité nationale.Explications.—Sens propre, sens figuré : les grammairiens distinguent ordinairement deux espèces de sens dans les mots : le sens propre, qui est leur signification originaire et primitive, 52 L ENSEIGNEMENT PRIMAIRE et le sens figuré, par lequel on détourne le premier sens, le sens propre, en l’appliquant à un objet auquel il ne convient pas naturellement.Il y a aussi le sens par extension, qui tient pour ainsi dire le milieu entre le sens propre et le sens figuré.—Proverbe : sentence, maxime exprimée en peu de mots et devenue commune et vulgaire.—Intérêt individuel : intérêt de l’homme, de l’individu pris en particulier.—Intérêt social : intérêt de la société en général.—Croupiraient : ce verbe est employé ici au figuré ; il signifie demeurer en des conditions comparées à l’état d’un enfant qui croupit dans l’ordure, qui est dans l’ordure.Ce verbe s’emploie toujours en mauvaise part.Remarque : Croupir se conjugue avec l’auxiliaire avoir quand on veut exprimer l’action : cette eau a croupi longtemps ; et l’auxiliaire être quand on vêtit exprimer l’état : cette eau est croupie.Exercices et analyse.—Les petits ruisseaux font les grandes rivières : analyser grammaticalement et logiquement cette phrase.—Que chacun de nous : qu’est-ce que chacun ?•—Eau : comment les noms en eau forment-ils leur pluriel ?—Il le verra : qu’est-ce que le'! A.quoi reconnaissez-vous que ce mot est pronom ?—S’accroît : quelle espèce de verbe :—Ce dernier : quelle espèce de mot ?— Avec d’autres : analyser grammaticalement d’autres.—-Amènent : qu’offrent de particulier les verbes de la première conjugaison qui ont un e muet à l’avant-dernière syllable de l’infinitif?Que veut dire le mot quotidien'!—Le travail de chacun : analyser chacun.—Qui s'appelle : quels sont les verbes en eler qui ne doublent pas l’Z devant un e muet ?—Analyser logiquement la dernière phrase : Le jour où les jeunes générations.II CONSEILS AUX HABITANTS DES CAMPAGNES Aujourd’hui chacun s’efforce de substituer le luxe à la simplicité, l’éclat de Vextérieur À l’aisance du ménage.Le villageois rêve pour son fils richesses et honneurs ; il ne cesse d’exciter sa jeune avidité en offrant à ses regards un tableau riant des prospérités du monde.Non, il ne veut pas que ce fils bien-aimé vienne avec lui tracer un sillon pénible dans les plaines ; il se hâte de l’envoyer à la ville, où il croit que la fortune l’attend.Il a résolu d’en faire un commis, un négociant, un avocat ; il sourit à son bonheur futur ; il le voit dans un grand magasin, en arrière de beaux comptoirs chargés de marchandises, ou brillant avocat plaidant devant les cours de justice, ou bien encore paraissant avec éclat aux tribunes politiques' jt Bon laboureur, tu te prépares bien des chagrins.Hélas ! Cet enfant, qui, par ta volonté, a perdu le souvenir de ses ruisseaux, de sa colline et de sa chaumière, sera peut-être assez malheureux aussi pour oublier un jour ses parents.Fortunés habitants des campagnes, craignez de vous égarer au sein des villes.Restez, restez sous votre toit rustique.Efforcez-vous par un travail assidu, par d’ingénieux procédés, d’augmenter le produit de vos terres et d’acclimater l’aisance dans votre retraite si douce.Demeurez loin du bruit et du vice ; laissez les rêves et les illusions de la vie à ceux qui n’ont plus que cette seule illusion ici-bas, et contentez-vous d’embellir le petit coin de terre que la providence de Dieu vous a donné ! Explications et exercices.—1er Texte.Substituer : mettre une chose à la place d’une autre.Substituer le luxe à la simplicité : c’est-à-dire mettre le luxe à la place de la simplicité, remplacer la simplicité par le luxe.—Rêve : ce verbe ici signifie désirer une chose ardemment, avec passion.—Tableau riant : tableau agréable, qui fait plaisir.L’adjectif riant est employé ici par extension et non dans son sens propre.Le sens propre est : qui rit.Or, un tableau ne rit pas.—Tracer un sillon : on appelle sillon la tranchée ouverte dans la terre par la charrue.Tracer un sillon, c’est donc labourer.—Un bourgeois : ce mot est employé ici par opposition à villageois, c’est-à-dire un habitant des villes.Luxe, simplicité : former des adjectifs.{Luxueux, simple).—Extérieur : le contraire ?{Intérieur).—Ménage : qu’est-ce qu’une ménagère!—-Villageois : le sens de ce mot?—Fils : former un adjectif?{Filial).—Tableau : le pluriel de ce nom.—Négociant, juge, avocat : expliquer ces mots.2e Texte- Fortune : bien traité de la fortune ou du sort.Fortune ne doit pas être employé pour riche ; c’est une faute née de ce que fortune, entre autres significations, a celle de richesse.Dans la logique du peuple, un homme fortuné est nécessairement un homme riche : c’est un barbarisme très commun dans la langue et qui provient d’une erreur très commune dans la morale.—Au sein : au milieu, à l’intérieur des.— Acclimater l’aisance : forcer l’aisance à demeurer chez vous, l’y retenir, faire qu’elle y demeure.Qu’est-ce qu’un laboureur ?—Qu’entend-on par chaumière ?Rendre par un seul mot cette expression : habitant de la campagne.(Campagnard).— Qu’est-ce qn’no.toit rustique! Travail’, le pluriel?Quand écrit-on travails au pluriel ?—Embellir : l’adjectif contenu dans ce verbe?{Bel).Analyser grammaticalement tous les substantifs contenus dans le texte précédent.Dire si ces substantifs forment leur pluriel d’une manière régulière. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 53 RÉDACTION LETTRE D’üN PARRAIN A SON FILLEUL Charles n'a pas eu de prix Vannée dernière.A la fin des vacances, son oncle qui est aussi son parrain, lui adresse une lettre afin de l’encourager à travailler pendant Vannée qui va commencer.—Faites cette lettre.Mon cher neveu, Voilà donc les vacances finies et dans quelques jours tu seras rentré en pension.Pendant les vacances, je le sais, les distractions ne t’ont pas manqué, et tu t’es amusé, comme tu le dis, de tout ton cœur.Eh bien, maintenant, il faudra te mettre au travail de tout ton cœur aussi, et cela tout de suite, sans perdre de temps, car le temps perdu ne se rattrape jamais.L’année passée, tu as fait le paresseux, et j’ai appris avec peine que non seulement tu n’avais pas eu de prix, mais que tu n’avais pas même remporté un pauvre petit accessit.C’est mal, cela, mon Chariot, et je suis sûr que ta conduite a causé un bien grand chagrin à tes bons parents, qui s'imposent, eux, des privations si lourdes afin de te donner une bonne et solide instruction.Cette année la paresse doit être mise complètement de côté.Il faut travailler fermement, sans relâche, toujours.Et à la fin de l’année, tu remporteras des prix.Pense donc combien tu serais heureux d’entendre souvent proclamer ton nom dans ce beau jour de la distribution des récompenses ! Combien tes parents seraient contents et fiers de toi ! Moi-même, mon cher neveu, je serais très heureux de tes succès.Donc, courage ! Te voilà déjà tout grand et tu dois comprendre que, dans ce monde, il faut travailler si l’on veut être véritablement un homme.Rappelle-toi que les paresseux sont des êtres inutiles et méprisés de tout le monde.Dans quelques jours auront lieu les compositions.Tu m’écriras quelles auront été tes places.Espérons qu’elles seront bonnes.Adieu, mon cher neveu.Norbert Morin.COURS SUPÉRIEUR DICTÉES I l’insecte L’insecte inspire à l’enfant des terreurs, des répugnances instinctives.Mais nous sommes tous enfants, et le philosophe même, avec toute sa volonté de sympathie universelle, ne se défend pas de ces impressions.L’appareil d’armes bizarres qu’a le plus souvent l’insecte lui semble une menace à l’homme.Vivant dans un monde de combat, l’insecte avait grand besoin de naître armé de toutes pièces.Ceux des tropiques sont souvent terribles à voir.Cependant une bonne partie de ces armes qui nous effrayent, pinces, tenailles, scies, broches, tarières, filières, laminoirs et dents dentelées, ce formidable arsenal avec lequel ils ont l’air de vieux guerriers alla7it en guerre, sont souvent, à bien regarder, les pacifiques outils qui leur servent à gagner leur vie, les instruments de leur métier.L’artisan, ici, a tout avec lui.Il est à la fois l’ouvrier et la manufacture.Que serait-ce de nos ouvriers s’ils marchaient toujours hérissés des aciers et des ferrailles dont ils se servent dans leurs travaux ?Ils nous sembleraient bizarres, nous feraient peur.L’insecte est guerrier par circonstance, par nécessité de défense ou d’appétit ; mais, généralement, il est, avant tout et surtout, industriel.Pas une de ces espèces que l’on ne puisse classer par son art, et placer sous le drapeau d’une corporation de métiers.Michelet.Explications.—Répugnances instinctives : qui naissent de l’instinct, ou impulsion intérieure et involontaire, non raisonnée, qui meut l’âme humaine.—Armé de toutes pièces : pourvu de toutes les armes nécessaires à l’attaque et à la défense.—Ceux des tropiques : ceux qui habitent les régions comprises entre les deux tropiques.— Tarière : terme d’histoire naturelle, instrument dont les femelles de quelques insectes sont pourvues, et qui leur sert à percer soit l’écorce de végétaux, soit la peau des animaux.—Filière : terme d’histoire naturelle, pore par lequel les araignées et les chenilles font sortir la matière y 54 L ENSEIGNEMENT PRIMAIRE qui sert à tisser leurs toiles et leurs coques.— Laminoir : machine à l’aide de laquelle on étire en lames ou en feuilles les métaux malléables.Exercices et analyses.—Qu’a le plus souvent l'insecte lui semble : le sujet de a?de semble! La fonction de qu ?de lui!—Vivant : qu’est-ce que ce mot ?—Ceux des tropiques : analyser ceux.— Qui nous effrayent : pourquoi le pluriel?— Qu’entendez-vous par arsenal ?.comment ce mot forme-t-il son pluriel ?—Guerriers allant en guerre pourquoi allant invariable?—Sont souvent : le sujet de sont ! Pourquoi ce verbe est-il au pluriel ?—Qui leur servent : analyser qui et leur.— Ils nous sembleraient bizarres : la fonction de nous ! Pourquoi bizarres au pluriel ?—Pas une de ces espèces : cette phrase est-elle grammaticalement complète ?Que lui manque-t-il pour qu’elle soit complète ?II SOUVENIR D’üNE NUIT D’AMÉRIQUE La lune était au plus haut point du ciel : on voyait çà et là, dans de grands intervalles épurés, scintiller mille étoiles.Tantôt la lune reposait sur des groupes de nuages qui ressemblaient à la cime de hautes montagnes couronnées de neige ; peu à peu ces nues s’allongeaient, se déroulaient en zones diaphanes de satin blanc, ou se dispersaient en légers flocons d’écume, ou formaient dans les cieux des bancs d’une ouate éblouissante, si doux à l’œil, qu’on croyait ressentir leur mollesse et leur élasticité.La scène sur la terre n’était pas moins ravissante.Le jour bleuâtre et velouté de la lune descendait dans les intervalles des arbres, et poussait des gerbes de lumière jusque dans l’épaisseur des plus profondes ténèbres.La rivière qui coulait à mes pieds, tour à tour se perdait dans les bois, ou reparaissait brillante de constellations qu’elle répétait dans son sein.Dans une savane, de l’autre côté de la rivière, la clarté de la lune dormait sans mouvement sur les gazons ; des bouleaux, agités par les brises et dispersés çà et là, formaient des îles d’ombres flottantes sur cette mer immobile de lumière.Tout était silence et repos, hors la chute de quelques feuilles ou le passage d’un vent subit ; au loin, par intervalles, on entendait les roulements solennels de la cataracte du Niagara, qui, dans le calme de la nuit, se prolongeaient de désert en désert et expiraient à travers les forêts solitaires.La grandeur, l’étonnante mélancolie de ce tableau ne sauraient s’exprimer dans les langues humaines ; les plus belles nuits en Europe ne peuvent en donner une idée.Chateaubriand.Exercices.—I.Revision des principales règles d’accord des verbes et des participes.—II.Orthographe d’usage : intervalles, scintiller, cime, couronnées, mines, s'allongeaient, diaphanes, etc., etc.MATHEMATIQUES ARITHMÉTIQUE PROBLÈMES SUR LES QUATRE OPÉRATIONS 1.Trois ouvriers travaillant ensemble pendant 36 jours ont gagné $413.64.Si le premier a gagné $1.09 de plus que le deuxième et $2.23 de moins que le troisième, combien chacun a-t-il gagné par jour et combien chacun a-t-il gagné en tout ?Solution: $2.23 X 36 =$80.28, ce que le 1er aurait gagné de plus s’il avait gagné autant que le 3e.$1.09+$2.23 =$3.32, ce que le 2e aurait de plus par jour si son gain journalier avait été égal à celui du 3e. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 55 S3.32x36 =$119.52, ce que le 2e aurait gagné de plus si son gain total avait été égal à celui du 3e.$413.64+$80.28+$119.52 =$613.44, ce qu’ils auraient gagné tous les 3, au bout de 36 jours, si le gain journalier des deux premiers avait égalé celui du 3e.$613.443 =$204.48, le gain total du 3e.Rép.$204.48 - $119.52 =$84.96, le gain total du 2e.Rép.$204.48 - $80.28 =$124.20, le gain total du 1er.Rép.$204.48 =36 =$5.68.le gain journalier du 3e.Rép.$84.96=36 =$2.36, le gain journalier du 2e.Rép.$124.20 =36 =$3.45 le gain journalier du 1er.Rép.Autrement: (1.09+$2.23) 36 =$3.32x36 =$119.52, ce que le 2e reçut de moins que le 3e.$1.09X36 =$39.24, ce que le 2e reçut de moins que le 1er.$413.64 - ($119.52+$39.24) =$413.64 - $158.76 = $254.88, ce qu’ils auraient reçu en tout, si le gain journalier de chacun avait été égal à celui du 2e.$254.88 =3 =$84.96, le gain total du 2e.Rép.$84.96 = 36 = $2.36, le gain journalier du 2e.Rép.Etc., etc.2.Un marchand a acheté 372 verges d^ drap.Combien a-t-il dépensés! en revendant 98 verges de ce drap x^ur $520.38 il gagne$2.83 par verge ?Solution: $520.38 =98 =$5.31, le prix de vente d’une verge.$5.31 - $2.83 =$2.48, le coût par verge.$2.48X372 =$922.56, ce qu’il a dépensé.Rép.3.Deux pièces de drap de même qualité coûtent l’une $310.50, l’autre $202.50, la première a 24 verges de plus que la seconde.On demande la longueur de chaque pièce et le prix d’une verge de drap.Solution : $310.50 - $202.50 =$108., ce que la 1ère coûte de plus que la seconde.$308.=24 =$4.50, le prix d’une verge de drap.Rép.$310.50 =$4.50 =69 verges, longueur de la 1ère pièce.Rép.$202.50 = $4.50 =45 verges, longueur de la seconde pièce.Rép.4.Le son parcourt 378 verges par seconde.A quelle distance se trouve-t-on d’un canon dont on entend le coup 24 secondes après qu’il a été tiré ?Réponse en milles.Dans 1 mille il y a 1760 verges.Solution: 378x24=9072 verges, la distance en verges.9072=1760=5 milles, 272 verges.Rép.5.Un marchand a vendu 48 verges de drap pour $180.; à ce marché il perd $73.44.Combien avait-il payé la verge de drap ?Combien aurait-il dû la vendre à la verge pour gagner $74.88 ? 56 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Solution: $180.+$73.44 =$253.44, ce que les 48 verges lui avaient coûté.$253.44-i-48 =$5.28, ce qu’il avait payé la verge de drap.Rép.$253.44+$74.88 =$328.32, ce qu’il aurait dû vendre les 48 verges pour gagner $74.88.$328.32 ^48 =$6.84, ce qu’il aurait dû vendre la verge de drap pour gagner $74.88, sur le tout.Rép.PROBLÈMES DE RÉCAPITULATION SUR LES FRACTIONS 1.Les 3/s d’une verge de velours valent $4.20.Que coûteront les 6/7 d’une verge de ce velours ?Solution : 3/s = $4.20.1/ ©4.20 /8 — î+j- j 4.20X8 8 3 4.20X8X6 3X7 6 = $0.20X8X6 =$9.60.Rép.2.Une personne dépense les 3/n d’une certaine somme pour acheter de la toile à $0.75 la verge ; puis elle emploie les 2/5 du resta pour acheter du drap à $4.80 la verge ; enfin le reste lui sert à payer 36 verges de velours à raison de $8.la verge, quelle est la somme totale et combien de verges de toile et de drap a-t-elle acquises ?Solution: $8x36 =$288 le dernier reste.n/n de la somme - 3/u de la somme = s/n de la somme = le 1er reste.2/5 du premier reste =2/5 des 8/u de la somme =16/ô5 de la somme, montant dépensé pour le drap.3/5 du premier reste =3/6 des 8/n de la somme =24/55 de la somme, montant dépensé pour le velours =$288.24/o5 de la somme =$288.55/55 de la somme =$288 X55/24 =S12 X 55 =$660, la somme totale.Rép.3/n de $660 =$60x3 =$180, ce qui a été dépensé pour la toile.$180 =$0.75 =240 verges de toile.Rép.16/55 de $660.=16x$12 =$192, ce qu’a coûté le drap.$1924-$4.80 =40 verges.Rép.3.En mourant un rentier laisse à un de ses héritiers Vs de sa fortune et à un autre Y?.Le premier recevant $19200 de plus que le second, on demande la part de chacun et la fortune totale. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 57 Solution : Vs - V?=$19200, Vs - Yr =721 - 721 =4/2i = $19200, 1/21 = = $4800., 2Y2i = $4800 X21 =$1008.00, la fortune totale.Réj).721 =$4800x7 = $33600, la partie du premier.Rép.721 =$4800 X3 =$14400, la part du second.Rép.4.Un robinet remplirait en 6 heures l/i les ^ d’un bassin, un autre robinet en viderait les 3/5 en 7 heures VT Les robinets sont ouverts à la fois.Dans combien de temps le bassin se trouvera-t-il rempli ?Solution : Pour remplir ^ du bassin, le 1er robinet prend 6^4 heures =274 d’heures.Pour remplir V4 du bassin, il prendra 25/4 -v 3.Pour remplir 74 du bassin 25/4 X4/3 =273 =8 heures Ys- Pour vider les 7s d faut 7 hrs = 13j2 d’h.Pour vider Ys?d faut lof2 d’heure-:-3.Pour vider 5/5 il faut ’72 x7s = 272 = ISIV heures.Rép.Dans 1 heure le 1er robinet remplirait 1 sur 8Y.3 =725 du bassin.Dans 1 heure le 2nd robinet viderait 1 sur 12U =2/25 du bassin.725 du bassin - 2/25 du bassin = 7251 la partie du bassin remplie au bout d’une heure lorsque les deux robinets fonctionnent en même temps.Y25 du bassin = 1 heure.2725 du bassin 1 heure X 25 =25 heures.Rép.5.LTn horloger a un certain nombre de montres en argent qu’il a payées $36.pièce.Il en revend les 7ie à $48.pièce, les 2/9 à $45., les 7s6 à $24., les 748 à $72, et le reste à $42.Au total il fait ainsi $3636 de bénéfice.Quel est le nombre de montres vendues ?Solution : 3/16 +% +736 4 %8 = 27+32+20+15 =97i44 14Vi44 - 9Vi44 =57i44, le reste.Ainsi s’il y avait eu en tout 144 montres, il / aurait eu 27 vendues à $48 pièce, c’est-à-dire, un gain sur chacune de $48 - $36 =$12.32 vendues à $45, c-à-d-, un gain, sur chacune, de $45-$36= $9.20 vendues à $24, c-à-d, une perte, sur chacune, de $36-$24= $12, de perte.15 vendues à $72.c-à-d, un gain, sur chacune, de $72.-$36 36.50 vendues à $42, c-à-d, un gain, sur chacune, de $42-$36.=$6.$12.de gainX27 =$324 de gain.$9.de gainX32 =$288.de gain, 58 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE $36.de gainXl5 =$540.de gain.$6.de gainX 50 = 300 de gain.124 = 1452 de gain sur sur 124 montres, $12.de perte X20 = 240 de perte, sur 20 montres.144= 1212, le gain net total sur 144 montres.Le gain total d’après le problème est de $3636.La vente de 144 montres produit un gain de $1212, combien faudrait-il vendre de montres d’après les mêmes conditions pour avoir $3636 de gain ?$1212 = 144 montres.I _ U4 1 1212’ 3636 = = 144X3 =432 montres.Rép, RÈGLES DE L’UNITÉ, POURCENTAGE, ETC.1.On a acheté une pièce de toile de 208 verges à $0.65 la verge; on en a revendu la 34 à $0.91 la verge, le 34 à $0.936 et le reste à $0.988.Combien a-t-on gagné en tout et combien pour cent du prix d’achat ?Solution : $0.65 X 208 = $135.20, le coût total.$0.91x34 de 208 =$0.91 X104 =$94.64, produit de la 1ère vente.$0.936 X 34 de 208 = $0.936 X 52 = $48.672, produit de ht 2e vente.l-(34 + 34)=l-/4 = Vn le reste.$0.988 X 34 de 208 = $0.988 X 52 = $51.376 produit de la dernière vente.$94.64-f $48.672 + $51.376 =$194.688, somme des 3 ventes.$194.688 —$135.20 =$59.488, le bénéfice total.Rép.$59.488 -f-135.20 = 0.44 = 44%.Rép.2.Un minéral de zinc contient 35% de zinc et 20% de soufre.Par le grillage il perd 85% d i soufre qu’il contenait.Quelle est sa teneur en zinc après le grillage ?Solution : Sur 100 livres de minerai il y a 35 livres de zinc, 20 livres de soufre et 100 - (35 4-20) = 100 - 55 =45 livres d’autres matières.20x0.85 = 17 livres, la partie du soufre enlevée.20 - 17 =3, le soufre qui reste.100- 17 =83, poids du minerai après le grillage.3%3, la proportion de zinc.35-t-83 =0.42“/ss =4214/83% de zinc.Rép.3.La soudure de cuivre est formée de zinc à $0.124 et de cuivre à $0.38 la livre.Sachant que le prix de revient de 40 livres de l’alliage revient à $11.104, quelle est la proportion de l’alliage ? L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 59 Solution : Si la soudure était simplement du zinc le prix de revient serait de $0.124x40 =$4.96.Il y aurait un bénéfice si la soudure était simplement du zinc, sur 40 livres, de $11.104 - $4.96 =$6.144 ; ce gain provient de ce qu’on a remplacé 1 livre de cuivre à $0.38 par 1 livre de zinc à $0.124.$0.38 - $0.124 =$0.256, ce qui représente 1 livre de cuivre remplacé.Le gain total étant de $6.144 il s’ensuit qu’il y avait autant de livres de cuivre qu’il y a de fois $0.256 en $6.144.$6.144-f-$0.256 = 24 fois.Ainsi il y a 24 livres de cuivre.Rép.40 - 24 = ite livres de zinc.Rép.Autrement : Si la soudure était du cuivre uniquement, la soudure aurait coûté $0.38X40 =$15.20.Dans ce cas il y aurait eu une perte totale de $15.20-$11.104 = $4.096.La perte sur 1 livre de zinc remplacé par 1 livre de cuivre aurait été de $0.38 - $0.124 =$0.256.$4.096 -f- $0.256 = 16 fois.16 livres de zinc.Rép.40 - 16 =24 livres de cuivre.Rép.Autrement: $11.104-f-40 =$0.2776, le prix moyen d’une livre de soudure.$0.2776 - $0.124 =$0.1536, le gain sur 1 livre de zinc.Pour ne gagner que $0.0001 il ne faudrait prendre que-Mg-d’une livre de zinc.$0.38-$0.2776 =$0.1024, la perte sur 1 livre de cuivre.Pour ne perdre que $0.0001 il ne faudrait prendre que d’une livre de cuivre.Ainsi sur d’une livre de zinc il y a un gain = à la perte sur -^A_ d’une livre de cuivre.iST de zinc = w de cuivre.Multipliant ces deux fractions par 3072, le plus petit multiple commun des dénominateurs on a : 2 livres de zinc =3 livres de cuivre.2+3=5 livres d’alliage ; dans l’alliage il y a 2 sur 5 ou 2/5 du tout de zinc ; 2/5 de 40 = 16 livres de zinc.Rép.Dans l’alliage il y a 3 sur 5 ou 3/5 du tout de cuivre ; 3/s de 40 =24 livres de cuivre.Rép. 60 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE ALGÈBRE 1.Un marchand achète une quantité de drap pour $90.Après en avoir donné 6 verges à un pauvre, il vend le reste avec un bénéfice de $1.50 par verge et réalise un gain total de 3373%.Combien de verges de drap avait-il achetées ?Solution : Soit x le nombre de verges achetées.et 9% le prix d’achat d’une verge, .T —6 le nombre de verges vendues, $90 X1.337s = $120 le prix de vente totale de x-6 verges.7777 Ie prix de vente d’une verge, $1.50 =3/2 la différence entre le prix de vente et le prix d’achat d’une verge ou la différence entre 12%-6 et 9% 12°/ _ 90/ _ 3^ Chassant les d.: 240x - 180x + 1080 = 3x2 - 18x.Transposant : 240x - 180x + 18x - 3x2 = - 1080.Réduisant : 78x - 3x2 = - 1080.Multipliant par moins un : 3or - 78x = 1080.Divisant par 3 : x2 - 26x=360.Complétant le carré : x2 - 26x+ 132 = 360+ 169 = 529.Extrayant la racine : x - 13 = +ou - 23.x = 13 + 23 = 36 verges.Réj>.2.Trois nombres en progression arithmétique ont pour produit 21504 ; le plus petit est 24 : trouver les deux autres.Solution : Soit -e24.(24+d).24+2d, la progression.21504-24 =896 = le produit de (24+d) par 24+2d, les deux derniers termes.(24+d) (24 +2d) =576 +72d +2d2, mais 576 +72d +2d2 = 896.Transposant : 2d2+72d = 896 - 576 = 320.Divisant par 2 : d2+36d = 160.Complétant le carré : d2+36d+ 182 = 160+324 =484.Extrayant la racine : d + 18 = +22 ou - 22.d = - 18+22 =4.La progression est donc —24.(24+4).[24 + (2 X4)] ou-i-24.28.32.Rép.3.Trouver quatre nombres en progression arithmétique, connaissant leur somme 56 et leur produit 9360.Solution: Soit—a.(a+d).(a+2d).(a+3d), la progression.Alors a + (a+d) + (a+2d) +(a+3d) =56.(1) et a x (a+d) X (a +2d) X (a +3d) =9360.(2) L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 61 Rassemblant (1) on a: 4a+6S à $ et 1024ç la valeur de q11 à q11 on a : _ 4(10249-1) _ 4096g-4 g - 1 5-1 .^ ' Multipliant par (ç - 1) : 5460ç - 5460 = 4096g - 4.(4) Transposant : 5460g - 4096g = -4 + 5460 =5456.(5) d’où 1364g =5456.(6) «=?!£ =4- RéP- 62 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Substituant 4 la valeur de g à ç dans 3 : 4n = 1024 X 4 = 4096 n log.4 = log 4096 n _ log.4096 _ 3.612360 log.4 0.602060 = 6.Rép.GËOMËTRIE 1.Dans un cercle de 10 pouces de rayon un hexagone est inscrit.Trouver, en pouces carrés, à un millième près, la surface d’un des segments compris entre la circonférence et l’un des côtés de l’hexagone.Solution : On sait que le côté d’un hexagone inscrit est égal au rayon.Par conséquent l’hexagone inscrit peut être divisé en six triangles équilatéraux ayant pour côtés le rayon 10 pouces.102X3.1416 =314.16 pouces carrés, surface du cercle.102 X 0.433 =43.3 pouces carrés, surface d’un des six triangles égaux dont se compose l’hexagone.43.3x6=259.8, la surface de l’hexagone.314.16-259.8=54.36, surface des 6 segments.54.36-^6 =9.06 pouces carrés, surface d’un des segments.Rép.2.Dans le triangle rectangle A B C, C est l’angle droit ; d’un point P de l’hypoténuse A B on tire P D parallèle à B C.Si AP =21 pouces, PB =3 pouces ^ et AD =18 pouces, trouver DC.Solution : La ligne PD détermine un nouveau triangle ADP semblable au premier.Comme les côtés homologues des figures semblables sont proportionnels on aura: y"! =JHr0U 27E3jï= 18/ nl1 21/ _18/ /X OU /24^ — /X • 2Lr =441.x =441 -21 =21 = AC.21-18=3 pouces = DC.Rép.Ou autrement : pa/pb = a d/d c ou 21/3^ =18/x.21x =63.x =63/21 =3 =DC.Rép.3.Une chambre a 12 pieds Yi de hauteur et la largeur est égale aux 2/s de la longueur.Trouver la longueur et la largeur de la chambre si la surface des murs est de 875 pieds.Solution: 875-h 12^ =875 X2/25 =35 X2 =70 pieds, périmètre de la chambre.70-^2 =35, somme de la longueur et de la largeur de la chambre. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 63 Soit 3a; la longueur ; alors 2x la largeur et 3x-{-2x =5x, la somme des deux dimensions.5x=35; x =35/5 = 7, 2o;=2x7=14, la largeur.Rép.3a; = 3x7*= 21, la longueur.Rép.4.Un fossé a 20 pieds de large au niveau du sol et 12 pieds au fond ; si la profondeur du fossé est de 7 pieds et sa longueur de 48 pieds, combien contiendra-t-il de tonnes d’eau?(1 pied cube d’eau pèse 1000 onces).Solution: [(20+ 12)7]-h2 = 112 pieds carrés.112x48 =5376 pieds cubes, volume de l’eau dans le fossé, [5376 X1000]-h-[16 X 2000] = 168 tonnes.Rép.LE CABINET DE L’INSTITUTEUR DEUX BELLES REVUES FRANÇAISES Les Études—Le Noël Certes nous devons encourager nos revues littéraires canadiennes-françaises : C’est un devoir patriotique.Mais nous ne devons pas nous désintéresser des revues publiées en Prance.Ces revues sont légion, et plusieurs ont une grande valeur.Parmi les revues catholiques de premier ordre, nous recommandons les études, revue fondée en 1856 par les Pères de la Compagnie de Jésus (les Jésuites).Les études paraissent chaque mois par livraison de 125 pages et contiennent des articles et des études qui ne le cèdent en rien à ceux que publient la Revue des deux Mondes et le Correspondant.Les études ont pour nous l’avantage d’être dirigées par des religieux dont la science égale l’orthodoxie catholique.Les questions littéraires, sociales, politiques (au sens élevé du mot) scientifiques, trouvent place dans les études ainsi qu’un roman de haute valeur et une revue des livres des plus ntéressantes.Aux écoles normales, aux congrégations enseignantes, aux professeurs, aux instituteurs et aux institutrices, nous signalons les Etudes.C’est en lisant assidûment une telle revue que l’on acquiert une culture générale qui nous élève au-dessus du vulgaire.Les abonnements aux études datent du 1er octobre : un an 35 francs ; six mois, 18 francs.Adresse : les études.5 Place Saint-François-Xavier, (Vile) Paris (France).Une autre revue française qui mérite notre attention, et déjà très répandue daus la province de Québec, c’est le Noel, admirable revue illustrée, publiée par la Maison de la Bonne Presse, 5, rue Bayard, Paris.Le Noel est une revue hebdomadaire contenant des articles littéraires, religieux, historiques, scientifiques.Un roman et une revue des livres agrémentent chaque numéro de Noel, ainsi que des illustrations du meilleur goût.La lecture du Noel développe l’esprit et le cœur et fortifie le sentiment religieux.Dans leur isolement les institutrices trouveront dans le Noel un charmant et délicat compagnon qui les instruira en les récréant.Adresse : Le Noel, 5, rue Bayard, Paris (France).Le prix de l’abonnement est de 28 francs.Comme la piastre canadienne vaut actuellement 10 francs, le prix d’abonnement des revues françaises est donc réduit de moitié.C.-J.M. 64 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE LE PROGRAMME SCOLAIRE DU NOUVEAU PREMIER MINISTRE Mardi, 27 juin, un banquet était offert à l’honorable M.Taschereau, le successeur de Sir Lomer Gouin.Le nouveau premier ministre dans un discours soigné, a formulé comme suit, le programme scolaire qu’il désire suivre : “Mon prédécesseur regretterait amèrement son départ si ses successeurs ne continuaient pas l’œuvre à laquelle il a voué son plus constant dévouement : l’instruction publique et l’enseignement technique.Sur cet important chapitre, j’ai des idées bien arrêtées, et je vous les communique en toute sincérité.“Le programme de nos écoles primaires préoccupe nos éducateurs les plus avertis.Et nous voulons, avec leur concours, un programme qui s’adapte à la vie rurale, qui assure à l’enfant des champs des connaissances pratiques, et qui l’attache au sol au lieu de l’en détacher.A mon sens, l’instruction de nos filles doit, dans les cam.pagnes, marcher de pair avec celles des garçons et s’y harmoniser.Autrement il se produira un exode vers les villes que nous ne pourrons plus enrayer.Dans les villes, il faut acheminer le fils de l’ouvrier vers les arts et métiers.N’y a-t-il pas une brèche à combler entre l’école primaire et l’école tech-nique ?Celle-ci est-elle suffisamment accessible ?Et trop de fils d’ouvriers ne craignent-ils pas d’en franchir les portes parce qu'ils se croient insuffisamment préparés pour en suivre les cours ?Nos ouvriers s’adaptent remarquablement vite aux travaux les plus difficiles et apprennent facilement le secret des mécanismes les plus compliqués.Une instruction techni-que plus complète leur permettra d’occuper dans nos usines le premier rang et de succéder graduellement aux étrangers qui les dirigent.“Et je voudrais, d’une façon générale, assainir l’école, la rendre plus attrayante, rémunérer convenablement nos institutrices, ouvrir une véritable carrière à nos instituteurs.Il faut que la population urbaine, et surtout la population rurale qui n’a jamais connu une aussi grande prospérité, contribuent une somme plus généreuse au soutien des écoles.Nous continuerons de multiplier des bourses et de grossir les allocations.Mais ce ne doit pas être là le critérium pour juger les progrès de l’instruction publique, la valeur de notre enseignement et le mérite de nos institutions.” Puis l’honorable M.Taschereau ajouta cette réflexion qui vaut dix lois d’obligation scolaire : “Pour avoir un plus grand nombre d’élèves, nous commencerons par aider nos médecins à combattre la mortalité infantile et à sauver les 12,000 jeunes enfants que nous perdons annuellement .Quel facteur ils constitueraient à nos recensement décennaux.Et nous coopérerons plus activement que jamais à la lutte antituberculeuse pour arracher à la mort les 3,000 victimes que la peste blanche cause chez nous chaque année.” Pour remplir le sage programme que nous venons de citer, le premier ministre a le droit de compter sur la bonne volonté et le zèle de tous, particulièrement sur le zèle et la bonne volonté du personnel enseignant.NOS ET COLLECTIONS DE “ L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE” En s’adressant à M.J.-R.Paradis, 12, rue Christie, Québec, on pourra se procurer des nos isolés de VEnseignement primaire ainsi que des collections de la même revue, à des conditions raisonnables.“ LES QUESTIONS ET RÉPONSES ” DU BUREAU CENTRAL On peut se procurer ce document important en s’adressant à W.Bussière, Ecole normale Laval, Québec, Prix.30 sous.
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