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Titre :
L'enseignement primaire : journal d'éducation et d'instruction
Éditeur :
  • Québec :[L'enseignement primaire],1881-1956
Contenu spécifique :
Février
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
autre
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • École primaire (Lévis, Québec)
  • Successeur :
  • Instruction publique
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L'enseignement primaire : journal d'éducation et d'instruction, 1924-02, Collections de BAnQ.

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45ÈME VOLUME Québec, Février 1924 No;(6’ ÉDUCATION—INSTRUCTION UNE DIRECTION OFFICIELLE DIGNE DE MENTION _____________ i La prière au commencement de la visite des classes Les inspecteurs d’écoles catholiques de la Province de Québec visitent deux fois l’année chacune des écoles de leur district respectif.A cette occasion, les inspecteurs reçoivent des instructions spéciales du département de l’Instruction publique, instructions qui portent la signature du chef de ce département, le Surintendant.Dans une circulaire en date du 20 août 1923, M.le Surintendant dit aux inspecteurs catholiques : “Inspecteurs catholiques d’écoles catholiques, je sais que la plupart d’entre vous commencez vos examens par la récitation d’une courte prière.A l’exemple édifiant donné l’année dernière par notre Chambre des députés, à laquelle nous devons rendre hommage en l’imitant, et cela d’une manière officielle, je suggère donc à ceux d’entre vous qui l’auraient omis jusqu’ici, de commencer la visite dans chaque école ou classe par la récitation d’un Notre Père et la Salutation Angélique.Aux yeux des maîtres et des enfants / votre acte de foi produira un bien moral d’une portée considérable.” Cette direction que nous enregistrons avec bonheur pour l’Histoire, est absolument dans l’esprit de notre loi d’Êducation confessionnellle et du programme des écoles catholiques de la Province de Québec, qui place la Religion en tête des matières d’enseignement.C.-J.M.BUREAU CENTRAL DES EXAMINATEURS CATHOLIQUES Afin qu’il n’y ait pas de malentendu au sujet des prochains examens du Bureau central (juin 1924), nous croyons devoir rappeler que la dernière circulaire du secrétaire du Bureau, publiée dans U Enseignement Primaire d’octobre dernier, 1923, contient les instructions et directions concernant les matières d’examens, les conditions d’admission, les exemptions, les reprises, les sections et les textes de littérature, etc., etc.Les instructions antérieures à celles d’octobre 1923 ne comptent donc plus.Pour les examens d’enseignement ménager, voir la note officielle parue dans L’Enseignement Primaire de décembre dernier (1923), page 279.PENSÉE PÉDAGOGIQUE On enseigne d’autant qu’on apprend: celui qui cesse d’apprendre et de se cultiver lui-même devient incapable de cultiver les autres. 386 L ENSEIGNEMENT PRIMAIRE PÉDAGOGIE LE CHANT A L’ECOLE Le chant est indiqué dans le nouveau programme des écoles primaires, avec la mention: “enseignement facultatif”.Immédiatement après cette mention, le programme dit : “On se rappellera que le chant et la gymnastique (1) sont de puissants moyens de discipline, de culture physique et esthétique.Et, en conséquence, on tiendra ces exercices en aussi grand honneur que possible.Si la théorie musicale, voir le simple solfège élémentaire, n’est pas partout chose facile à enseigner, il est toujours relativement facile de donner au moins des leçons de chant par l’audition.L’exécution des chants patriotiques, religieux ou autres, pendant la classe ou en dehors, outre l’avantage sérieux d’être un puissant moyen de culture de la langue, met de l’animation et de la vie dans l’école, et ouvre aux enfants quelques horizons vers le beau et, par suite aussi, vers le bien.” Le chant est donc un art éducatif à cause de l’influence qu’il exerce non seulement sur le goût mais aussi sur l’imagination et la sensibilité, auxquelles il fournit une nourriture saine et agréable.Et ce, à la condition que les morceaux soient bien choisis, de façon à servir efficacement le vrai, le beau et le bien, en élevant les cœurs au-dessus du vulgaire.Le chant favorise encore l’éducation de Voreille, et de la voix.Dans le choix des morceaux, restons fidèles aux traditions religieuses et nationales de nos pères, en gardant aux vieux chants canadiens et aux anciens cantiques une place d’honneur.C’est bien dans ce but que les auteurs de la Répartition mensuelle du nouveau programme ont suggéré certain nombre de chants et de cantiques (Voir U Enseignement Primaire de novembre 1923, page 243).Mais pour que les enfants chantent avec plaisir et goût, il faut, au préalable, leur apprendre à bien prononcer et à bien articuler.Au cours de la leçon de lecture, veillons donc avec soin à la bonne diction et tâchons de faire contracter à tous les élèves l’excellente habitude du Sur ce point, il y a une déplorable négligence: réagissons donc, c’est un devoir patriotique qui s’impose.Relire à ce sujet lés conseils donnés dans U Enseignement Primaire de novembre 1923, page 242.C.-J.Magnan.i ' i_______ LA LITURGIE A L’ECOLE PRIMAIRE Son importance—Sa beauté (Pour “ L’Enseignement Primaire ”) DEFINITION La liturgie est le culte public, social, officiel que l’Église rend à Dieu et qui lui est dû; culte extériorisé, pour ainsi parler, et qui puise sa valeur morale dans le culte intérieur; la liturgie, c’est la piété de l’Église.Ce culte que l’Église rend à Dieu doit être public et non individuel et privé; mais pour que ce culte rendu à Dieu lui soit agréable, il faut qu’il parte du (l) Il ne s’agit pas ici d’exercices militaires, qui ne sont pas du domaine de l’école primaire. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 387 cœur, et le cœur ne rendra à Dieu un culte qui lui sera agréable qu’à la condition que ce cœur soit bien pénétré de la grandeur et de la majesté de l’Etre suprême qui domine l’univers et “en qui nous vivons, nous nous mouvons et nous sommes.” (Act.XVII, 28).L’humanité toute entière doit s’abîmer dans le plus profond respect et dans cet anéantissement de l’âme qui s’appelle l’adoration.“L’adorateur, écrit Mgr Gay (Elévations sur la vie et la doctrine de N.S.J.-C.), se tait, se fond, s’efface et s’abîme en présence de Celui qu’il adore, confessant par là que cet objet de son culte a toutes les perfections, tous les droits, tout l’être enfin; de telle sorte que, comparé à lui, tout le reste est comme n’étant pas.” Mais cette adoration n’est liturgique et officielle qu’à la condition d’être faite publiquement, non par l’individu, mais par la collectivité.Ce culte rendu à Dieu doit être non seulement public, mais il doit être aussi social, c’est-à-dire que la prière liturgique s’adresse à Dieu non pour chacun de ceux qui prient ensemble, mais pour tous, ainsi qu’il est dit aux Actes des Apôtres (Act., 1, 14): “Tous ceux-ci persévéraient unanimement dans la prière, avec les femmes, et avec Marie, mère de Jésus, et avec ses frères.” Et plus loin (Âct., 11,42) : “Et tous persévéraient dans la doctrine des Apôtres, dans la communion de la fraction du pain et dans la prière”.L’homme étant destiné par sa nature à vivre en société, il convient et il est nécessaire que la société chrétienne adresse à Dieu, comme société, une prière officielle, de tous et pour tous, et lui rende un culte public et social d’adoration et de louange.Si le culte que l’on rend à Dieu doit être public et social, il est nécessaire aussi qu’il soit officiel, c’est-à-dire que la prière publique soit organisée de manière à répondre aux besoins et aux aspirations de la communauté chrétienne.Or, la sainte Église catholique, seule, a le pouvoir et le devoir d’organiser cette prière.Jésus, qui, sur la croix, procura à son Père une gloire infinie, institua le saint sacrifice de la messe destiné à perpétuer dans l’Église le sacrifice sanglant du Calvaire; et, pour assurer la perpétuité de ce sacrifice, il ordonna à ses apôtres et à leurs successeurs de renouveler ce sacrifice en leur disant: “Faites ceci en mémoire de moi”.(Luc, XXII, 19).Et depuis lors, les prêtres du Seigneur, se rappelant la parole du Miaître: “Faites ceci en mémoire de moi; car toutes les fois que vous mangerez ce pain et boirez ce calice, vous annoncerez la mort du Seigneur” (Cor, XI, 26), ont continué d’offrir à Dieu ce sacrifice et en ont appliqué les mérites aux fidèles.“Sans apporter de changements essentiels à ce sacrifice, l’Église, déclare le saint Concile de Trente, a établi des cérémonies appropriées, destinées à rehausser la majesté d’un si grand sacrifice, à exciter chez les fidèles la religion et la piété et à les élever ainsi à la contemplation des choses très hautes qui se cachent dans ce mystère.” En outre des rites sacrés que l’Église a établis pour l’administration des sacrements, institués par Jésus-Christ, et des sacramentaux, institués par l’Église, voulant en cela imiter le Maître qui souvent avait recours à certains éléments visibles et à des actes extérieurs pour opérer ses miracles et donner la grâce, l’Église organisa sa prière officielle, composée en grande partie de psaumes extraits des saintes Écritures et des Pères, et dont elle imposa l’obligation aux ministres qui ont reçu les ordres sacrés.Cette prière, écho de celle que Jésus faisait entendre au cours de sa vie mortelle et qu’il prolongea jusque sur la croix, se confond avec le culte d’adoration qui, jour et nuit, monte du Tabernacle vers Dieu.Telle est le culte liturgique, la prière liturgique, la liturgie, que Dom Chau-tard définit: “L’ensemble des moyens que l’Église a consignés surtout dans le Missel, le Rituel et le Bréviaire, et dont elle se sert pour exprimer sa religion envers l’adorable Trinité, comme aussi pour instruire et sanctifier les âmes” (L’âme de tout Apostolat).C’est le culte public, social, officiel, que l’Église rend à Dieu.(A (uivre) Un Clerc de Saint-Viateur. 388 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE LA RESTAURATION LITURGIQUE DANS NOS ÉCOLES Depuis une vingtaine d’années, les Souverains Pontifes ont fait des réformes importantes dans la Liturgie, parmi lesquelles la restauration du chant sacré sous toutes ses formes.Leur but en cette dernière restauration était, entr’autres choses, de rétablir entre fidèles et le prêtre officiant, cette union que la réforme protestante, le jansénisme et le gallicanisme avaient si fortement endommagée.Que cette restauration fut nécessaire et de la plus grande opportunité, qui pourrait en douter quand on considère la masse toujours grandissante de ceux qui sont devenus indifférents en matière liturgique?de ceux qui désertent la grand’messe et les vêpres sous prétexte de trop de longueur?En réalité, le motif, c’est que cette masse n’y voit goutte; d’abord parce que la langue liturgique lui est étrangère, ensuite parcequ’elle se sent spectatrice uniquement d’une scène qu’elle a vue à satiété.Or, c’est précisément cette anomalie que les Souverains Pontifes voulaient, parmi bien d’autres, faire cesser.Anomalie véritable.En effet, la liturgie n’est rien d’autre que la prière publique, officielle de l’Église.Il faut donc que les fidèles soient présents à ces prières que nous appelons Offices Religieux-, il faut qu’ils y attachent la plus haute importance comme à tout ce qui est une manifestation publique, c’est-à-dire manifestation en tant que corps.Il faut pour cela qu’ils aient une compréhension suffisante de ce qui se fait et de ce qui se dit, afin qu’aussi ils soient capables de prendre une part suffisante dans l’action qui s’accomplit.Or, qu’est-ce qui arrive en réalité, c’est que l’on n’y comprend rien, parce que personne ne nous l’a montré.Nous autres, instituteurs, nous avons l’occasion belle pour entrer dans l’esprit des Papes et enseigner à nos chers enfants cette liturgie à laquelle ils assistent.Nous devons donc leur enseigner les prières qui se font à l’autel, qui se chantent au jubé.Nous devons leur enseigner à lire correctement la langue de l’Église, le latin.Cet enseignement est bien dans notre attribution, puisque le programme officiel recommande l’enseignement des prières en latin.Certainement, si l’on prend la lettre de ce programme, ces prières à enseigner sont très restreintes, mais il faut en considérer l’esprit; et certes, ce ne serait nullement contre l’esprit de ce programme que d’enseigner les prières de la messe, les psaumes des vêpres et les motets les plus usuels des saluts.Mais n’y aurait-il pas lieu de croire à un certain relâchement à cet endroit dans l’enseignement ?Est-ce que l’on n’en prend pas trop à son aise, sous prétexte qu’après tout l’enfant ne comprend rien au latin, et qu’il fait ses prières en français?Tous ces beaux prétextes le conduisent à l’ignorance complète de la langue de sa mère qu’est la Sainte Église, et partant, le rend fatalement étranger à sa liturgie.Au contraire le zèle intelligent de l’instituteur sera un facteur précieux pour la restauration et le maintien de l’intimité qui doit exister toujours entre le fidèle et sa liturgie.Pour enseigner le latin, il faut, comme pour toute langue, que l’enfant apprenne à réciter ses prières, syllabe par syllabe ; il faut qu’en même temps il apprenne à observer au moins l’accent tonique.Je dis “au moins”; car l’idéal, pas trop difficile à atteindre, serait de lui enseigner en plus à donner l’accent de chaque mot, avec une variété d’accentuation, en rapport avec la portée logique de ce mot dans chaque proposition.L’on dira: comment faire?certes, l’on peut employer bien des moyens, très bons; par exemple faire imprimer ces prières avec des accents différenciés.Beaucoup d’objections peu- L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 389 vent être apportées, mais il n’y en aura pas une de sérieuse.L’expérience consciencieuse faite par un travail méthodique et continu donnera la meilleure réponse de toutes à ces objections (1).Si nous comprenons l’importance qu’il y a de familiariser les fidèles avec la liturgie, si nous avons un peu de zèle pour accomplir les désirs du Pape, n’hésitons pas, travaillons.Joseph de Smet, 'prêtre, directeur de la Maîtrise Notre-Dame, Québec.(l) Voir à ce sujet les Règlements du Comité catholique, pp.94-162.Enseignement du Dessin (Seizième lettre) DESSIN GEOMETRIQUE MOULURES Quelques principales Les Moulures sont des modifications apportées à l’apparence (extérieure) d’une surface, par des creux et des saillies qui suivent une direction déterminée.On distingue les moulures planes, courbes, convexes, concaves, droites, renversées, simples, composées.A elles seules, les Moulures composent des objets—piédestal, piédouche, corniche, architrave, base de colonne, anneau ou bague, etc.On peut dessiner les moulures au compas ou à main libre.A l’aide des seules moulures il est bon de faire composer quelque objet où elles soient mises en œuvre.ECRITURE L’écriture se fait droite ou penchée.Le caractère est plus ou moins grand, pâle ou foncé selon le besoin.Plus l’écriture est simple, plus elle est lisible, compréhensible, et plus elle économise de temps.¦- Chers professeurs, Voilà terminé le dessin géométrique au point de vue Primaire.A chacun de restreindre ou d’étendre le travail à exécuter, selon le milieu et la classe où il opère.Bon courage, maintenant, toujours ! Février 1924 (Droits réservés) Un Inspecteur de l’Enseignement du Dessin. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE (?CLve\ A-g nv £VSê UCUïl' A 0 'lOI'ld e 'Km ch 'LZ'nyê't'ié y cM- T"VL^&Yl Axo r k; on 'ccnvetie S?»!3S feSÊcïM' r-ü.fifths ’sjtrpBT*-' f ¦>'*»-'’ /~s; ,5^i aBBg SP?^àà^ïï L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 391 i$co\\e V“^S üiUivSîF: SSSR ¦ïm Siéîk abcdefghijklmnop qrsluvm ABCDÉFGHiJKLMNOPQRSTUVXYZ 392 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE (B^yXyxx 6^% -J- J—-v^-> it*&simÉÊÊim .-:-r.i ^ total des parts des deux fils.56/56 ~ 41/56 = 15/56>de 2e reste, la part de la veuve.3/s “ 5/U = 21/.56 ~ 2%6 = Vso’ -a différence des parts des deux fils.1/56 = $H52./' $1152X56 = $64512, la fortune totale.Rép.20/56 = $1152X20 = $23040, la part du 1er fils.Rép. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 421 21/56 = $1152 X21 = $24192, la part du 2e fils.Rey.15/56 = $1152 X15 = $17280, la part de la veuve.Ré'p.SECTION AGRICOLE 1.Si un champ de 64 perches sur 30 perches rapporte 19440 livres de blé, quel est le rendement pan acre ?Solution: 64X30 = 1920 perches carrées.Dans 1 acre il y a 160 perches carrées.1920-f-160 = 12 acres.19440=12 = 1620 livres par acre.Rendement en livres.Ré'p.1620 = 60 = 27 minots par acre.Rendement en minots.Rép.2.Si la nourriture d’un cheval soumis à un dur travail journalier, est en moyenne de 4 livres d’avoine, 6 livres de blé d’inde, 4 livies de son h 12 livres de foin, quel en est le coût lorsque l’avoine coûts $0.42 le minot, le blé-d’inde $0.45, le son $1.15 le cent livres et le foin $9.50 la tonne.On demande le coût journalier et le coût annuel.Solution : Dans 1 minot d’avoine il y a 34 liyres, dans un minot de blé d’inde 56 livres.($0.42 = 34) X 4 = ($0.42 X 4) = 34 = $1.68 = 34 = $0.04941, prix des 4 livres d’avoine.($0.45 = 56) X 6 = ($0.45 X 6) = 56 = $2.70 = 56 = $0.04821, prix des 6 livres de blé d’inde.($1.15= 100) X4 = $0.0115 X4 = $0.046, prix des 4 livres de son.($9.50 = 2000) X 12 = ($9.50 X 12) = 2000 = $114 = 2000 = $0.057 prix des 12 livres de foin.$0.04941 + 0.04821+$0.046+$0.057 =$0.20062, le coût journalier de la nourriture.Rép.$0.20062X365 = $73.2263, le coût annuel de la nourriture.Rép.3.Cent livres de blé-d’inde contiennent environ 1.58 livre d’azote, 0.37 de livre de potasse et 0.57 de livre de phosphore; quelles quantités de chacun de ces éléments sont enlevées au sol par une récolte de 50 minots de blé d’inde ?(Dans 1 minot de blé d’inde il y a 56 livres).Solution: 56 livresX50 = 2800 livres dans 50 minots de blé d’inde.(2800= 100) X 1.58 = 28X 1.58 =44.24 livres d’azote.Rép.(2800 = 100) X 0.37 = 28 X 0.37 = 10.36 livres de potasse.Rép.(2800 = 100) X0.57 =28X0.57 = 15.96 livres de phosphore.Rép.4.Une vache de choix Jersey donne 24 livres de lait par jour pendant 325 jours de l’année.Si ce lait donne 0.053 de beurre qui se vend $0.40, quelle sera la recette brute du rendement?Solution : 24X325 = 7800 livres de lait par année.7800X0.053=413.4 livres de beurre, rendement en beurre, $0.40X413.4 = $165.36 recette brute en argent.Rép.SECTION INDUSTRIELLE 1.Une moufle est un assemblage de plusieurs poulies réunies dans une même chape et ordinairement sur le même axe, permettant d’élever et de descendre des poids considérables sans grand effort.Un palan est un appareil destiné à soulever de lourds fardeaux.Il est composé de deux moiéfles égales.Une corde ou une chaîne est attachée à la moufle supérieure et passe alternativement sous une poulie de la moufle infé- 422 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE rieure, puis sur une poulie de la moufle supérieure.On exerce une traction sur l’extrémité libre de cette corde ou de cette chaîne.La moufle supérieure est suspehdue à une poutre fixe; la moufle inférieur porté le fardeau à soulever.La force ou puissance qui est necessaire pour soulever un fardeau doit être égale au poids du fardeau divisé par le nombre total des poulies du palan; ainsi si le poids du fardeau est de 1200 livres et que le nombre total des poulies est 4 la force requise sera 1200 livres4 = 300 livres; si le nombre total des poulies est 6, la force requise sera 1200^6 = 200 livres; si le nombre des poulies est 8, la force requise sera 1200-f-8 = 150 livres, etc.Inversement le poids du fardeau soulevé est égal à la force que Von exerce multipliée par le nombre total des poulies; ainsi si l’on exerce une pression de 25 livres avec 4 poulies le poids du fardeau sera 25X4= 100 livres; avec 6 poulies le poids sera 25X6 = 150 livres; avec 12 poulies le poids sera 25X 12 = 300 livres.Note: Le nombre total des poulies du palan est le double du nombre des poulies de chaque moufle.2.Un palan est formé de 2 moufles de 4 poulies chacune, quelle force en livres faut-il exercer pour soulever un poids de 2 tonnes?Solution ; 2 tonnes = 4000 livres.4000 -h (4 X 2) = 4000 = 8 = 5C0 livres.Rêp.3.On veut soulever un fardeau de 1500 livres avec une force de 18734 livres combien doit-il y avoir de poulies dans chaque moufle du palan?Solution ; 1500-4- 18734—8 poulies en tout.84-2 = 4 poulies dans chaque moufle.Rzp.4.Une çflèce de fonte du poids de 336 livres est composée d’un alliage de 10% d’étam de 2% de zinc et le reste de cuivre.Trouvez les poids des différents métaux et le rapport entre les quantités de zinc et de cuivre.Solution : 336 X 0.10 = 33.6 livres d’étain.Rép.336X0.02 = 6.72 livres de zinc.Rép.100%-(10% + 2%) = 100%-12%=88% de cuivre.336X0.88=295.68 livres de cuivre.Rép.2j88 — y44, le rapport du zinc,au cuivre est de 1 à 44.Rép.SECTION COMMERCIALE 1.En vendant des oranges à S0.44 la douzaine un marchand gagne 10% sur le coût des oranges; à quel prix doit-il les vendre pour y gagner 25% ?Solution; $0.44 4-1.10 = S0.40 le coût des oranges.$0.40X1.2,5 = S0.50.Rép.2.Un libraire achète 9 douzaines de livres dont le prix fort ept de $0.84 par exemplaire.On lui donne 13 exemplaires pour 12 et on lui en accorde en outre une remise de 3734% sur Ie prix.Calculez 1.le montant net de son achat; —2.le bénéfice % qu’il fera sur son prix de revient net, s’il accorde à ses clients une remise de 1234% sur le prix fort de chacun et s’il en cède 5 gratuitement.Solution; $0.84X12 = $10.08 le prix de une douzaine, $10.08X9 = $90.72, le prix des 9 douzaines avant la réduction de 3734% $90.72X (1-0.375) =$90.72X0.625 = $56.70, le coût net.Rép.13X9 = 117, nombre d’exemplaires qu’il reçut.117 - 5 = 112 nombre qu’il vend.$0.84X(1 - 1234%) =$0.84X0.875 = $0.735, prix de vente d’un exemplaire. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 423 $0.735X112 = 182.32, prix de vente des 112 exemplaires.$82.32 - $56.70 = $25.62, bénéfice net.$25.62^56.70 = 0.4535/1S9 = 4535/18g%.Réy.3.Une pièce de toile écrue a coûté $173.40.Elle se raccourcit au blanchiment de 15% et revient alors à $0.30 la verge.Quelle était sa longueur primitive?—De combien de verges s’est-elle raccourcie?Solution : $173.40^-$0.30 = 578 verges de toile blanchie.5784-(1 - 15%) =5784-0.85 = 680 verges de toile avant le blanchiment, longueur primitive.Réy.680 - 578 = 102 verges; nombre de verges que la pièce a perdues au blanchiment.Réy.4.J’ai acheté des obligations, 4 pour cent, à 75 et après un certain nombre d’années je les ai vendues à 94^ et j’ai trouvé que mon placement m’a rapporté, à intérêts simples, 7)^%; pendant combien d’années ai-je gardé les obligations ?Solution; $75X0.07)^ = $5.625 = 7)4% de $75.$94.50-$75 = $19.50, le gain sur une obligation vendue.Less obligations rapportent $4, pour rapporter 7)4% elles auraient dû rapporter $5.625, c’est-à-dire, $5.‘625 — $4 = $1.625 de plus $19.504-$!.625 = 12 ans.Réy.Preuve; Dans 12 ans l’obligation rapporte $4X12 = $48.En vendant l’obligation qui a coûté $75, ppur $94)4 il y a un bénéfice de $19.50.$48 +$19.50 = $67.50, ce que le placement de $75 a rapporté en tout en 12 ans.$67.504-12 = $5.625, ce que le placement a rapporté par année, $5.6254-75 = $0.07)4 = 7)4%.5.A, B et C forment une société.Le placement d’A est de $4,800 pendant 8 mois et il reçoit en règlement de compte $6000; celui de B qui est inconnu reste dans la société pendant 10 mois et B reçoit $7,000; celui de C qui est de $6,000, reste pendant un temps inconnu; et C reçoit $7800.On demande la mise de B et la durée du placement de C.Solution ; Soit 1% le taux du profit annuel.($4800X0.01) X8/i2 = 48X?4 =$32, ce qu’aurait été le bénéfice d’A si le taux avait été de 1%.$6000 - $4800 = $1200, le bénéfice réel d’A.1200 4- 32 = 37.5% le taux réel de bénéfice.Dans cette société un placement de $1.a rapporté dans 1 an $0.375.Le placement inconnu de B est resté pendant 10 mois.$1 pendant 10 mois rapporte $0.375X10/12 = $0.375X5/6 = $0.3125 $70004-1.3125 = $5333.33)4 ^ placement de B.Réy.Le placement de C a rapporté $7800 - $6000 = $1800 dans un temps inconnu.$6000X0.375 = 2250, ce que le placement de C aurait rapporté dans 1 an ou 12 mois.(1800 X 12) 4- 2250 = 93/5 mois.Réy. 424 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE MESURAGE 1.La roue d’une voiture est munie d’un compteur de tours; le compteur a marqué 1573 tours et la distance parcouru est 4475 verges, quel est le diamètre de la roue ?"" ' Solution: 4475-^1573 = 2.8849 verges, circonférence delà roue 2.8849 = 3.1416 = 0.906 de verge = 2.718 pieds = 32.616 pouces diamètre de la roue.Rép.2.Un rectangle a un périmètre de 144 verges; la largeur est égale aux % de la longueur ; quelle en est la surface en acres, vergées, etc?•—¦ Solution : 144 = 2 = 72 verges, la somme de la longueur et de la largeur, soit 1 verge la longueur, alors % de verge, la largeur et 1% verge la somme de la longueur et de la largeur.72= 1% =72 = -y3 = 72X3/5 = 216/5 = 43y5 verges, la longueur.72 - 43y5 = 284/5 verges la largeur.43l/5 X 284/5 = 216/5 X144/5 = 31104/25 = 124-U/o- verges carrées.Dans 1 acre il y a 4840 verges carrés.12444//25 = 4840 = 0 acres, 12444/25 verges.Dans 1 vergée il y a 1210 verges.12444/25= 1210 = 1 vergée, 344/25 verges.Dans 1 perche il y a 3014 verges.344/25h-3034 = 1 perche 391/10C verges.Rép.0 acre, 1 vergée, 1 perche, 391/100 verges.3.Une tranchée de chemin de fer a 49 pieds de large au bas, 74 pieds, au haut et a 27 pieds de profondeur et 60 verges de longueur, on demande le coût du creusage à raison de S0.43 la verge cube.*¦ Solution: (49 + 74) X27 = 2 = (123X27) = 2 = 3321 = 2 = 1660.5 pieds carrés.1660.5 = 9 = 184.5 verges carrées.184.5X60 = 11070 verges cubes, volume de la terre enlevée.S0.43x11070 = $4760.10.Rép.LE CABINET DE L’INSTITUTEUR LE NID FAMILIAL DE LOUIS FRÉCHETTE (Suite) Éducation religieuse Nos lecteurs ne l’ignorent pas, le père et la mère du poète furent des chrétiens exemplaires, vivant constamment dans une atmosphère toute religieuse et sachant voir le Christ dans ses membres souffrants, les miséreux, qu’ils se faisaient un bonheur de secourir.Pleins de déférence pour tout ce qui se rattache à la religion, surtout envers ses ministres, ils étaient d’une probité scrupuleuse.Leur langage toujours digne ne proféra jamais une parole désobligeante pour le prochain ou tant soit peu déshonnête.Au rapport de l’une des orphelines élevées par eux, “Monsieur Fréchette fut le type du gentilhomme et il avait tellement en horreur les paroles inconvenantes qu’il n’osait même pas prononcer le mot “bougre”. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 425 Quant à l’aïeule maternelle de Louis, Marie Aubin, veuve de Louis Martineau, qui prit soin des enfants à la mort de leur mère, elle jouissait d’une grande renommée de piété.A la haute ville de Lévis où la famille Fréchette résida une quinzaine d’années, ses loisirs de chaque jour se passaient à l’église; parfois le sonneur, au moment de mettre les portes sous clef, dut l’avertir de se retirer.Le milieu que nous venons de rappeler était donc éminemment propre à faire éclore, germer et croître rapidement les vertus chrétiennes qui constituent la base d’un solide édifice religieux.Et les premiers maîtres de Louis, loin de contrecarrer cette heureuse et salutaire influence des parents, s’appliquèrent à parfaire leur œuvre éducatrice.Dans ses “Mémoiresintimes”,le poète-prosateur parlant de l’un de ses maîtres s’exprimait de la sorte quelques années avant sa mort: “Le père Gagné, notre maître, disait-il, avait fait de son école une espèce de succursale de l’église.Il y avait élevé un autel qu’il surmontait d’une image quelconque dont le sujet variait suivant les circonstances.Là, suivant la saison, nous avions les prières du mois de Marie, la neuvaine à Saint-François-Xavier, un bon saint bien populaire alors et la neuvaine à Samt-Roch.Le père Gagné présidait à tout cela, disant le chapelet, récitant des litanies, lisant de longues méditations, et chantant des cantiques.“Il étendait aussi l’exercice de son quasi ministère à l’extérieur.Quand un malade .allait être administré, quand il y avait un mort à veiller, on voyait arriver le bon vieux, ses bésicles sur le nez et son gros livre sous le bras; et, entouré de ses élèves tout fiers de lui faire escorte et de jouer un rôle dans la cérémonie, il pontifiait.” A la maison Fréchette également, les images pieuses ne faisaient pas défaut et le crucifix occupait la place d’honneur au salon et dans la chambre à coucher.A la suite d’une visite à la maison natale quelques aimées avant sa mort, Louis Fréchette fit part au public de ses impressions dont nous citons le passage suivant: “J’ai revu—oh! comme s’ils eussent été là—le rouet de grand-maman, la berceuse de ma mère, le fauteuil de mon père, avec la table où il s’accoudait pour nous chanter des cantiques pendant les vêpres du dimanche, le grand Christ jauni devant lequel nous nous agenouillions pour faire la prière du soir en famille.” La première fois que tout petit enfant, Louis pénétra dans l’église de St-Joseph-de-Lévis, il éprouva une émotion dont le souvenir, nous dit-il, demeura impérissable.Selon la recommandation de sa grand’mère, il jeta d’abord “un regard d’amour” sur le tabernacle, puis ce qui attira alors davantage son attention, il nous en fait part dans ses Originaux et Détraqués: “Ce n’étaient ni les sculptures du sanctuaire, ni la lampe argentée suspendue au-dessus des balustres, ni les longues files d’enfants de chœur en surplis blancs, ni les chasubles ou les lourdes chapes rutilant au soleil, ni les hauts chandeliers de l’autel alternant avec de grands bouquets de fleurs artificielles, ni les cierges allumés.C’était un bijou de frégate en bois des Iles admirablement gréée, qui, pavillon déployé, se balançait à l’une des archivoltes de la nef, cinglant, lofant, boulinant, virant à pic ou louvoyant à larges bordées, ses petites voiles blanches se gonflant à la brise qui se glissait par les grandes fenêtres ouvertes.“Ce que m’a fait rêver cette frégate lilliputienne! Ce que j’ai fait de voyages à son bord aux pays bleus de l’imagination!.Or, il n’y avait pas que moi, dans l’église de Saint-Joseph, à qui la petite frégate faisait tourner la tête.Elle était si fine, si coquette, si élégamment cambrée et d’une allure si crâne, que bien d’autres têtes tournaient aussi pour la regarder.Et cela, même pendant les sermons du curé qui avait beau déployer, suivant l’expression classique, toutes les voiles de son éloquence, les voiles du petit navire “qui n’avait jamais navigué” lui faisaient une concurrence désastreuse, au grand détriment du salut des âmes.Cela ne pouvait pas se tolérer longtemps.La trop gracieuse frégate fut, un bon lundi matin, descendue de la voûte, et remisée dans les combles de la sacristie.” Chrétienne, fervente et instruite, la mère de Louis parlait avec onction des choses de la religion, et suscitait im vif intérêt dans l’explication des cérémonies liturgiques de l’église, dans ses entretiens sur l’objet de chacune des grandes fêtes chrétiennes; dans ses récits des principaux faits de l’histoire sainte et dans la lecture des Annales de la Propagation de la Foi qu’elle savait commenter de façon attachante (1).Elle s’empressa d’apprendre à lire à Louis et à son frère Edmond, d’une année et trois mois plus jeune que l’aîné, afin de les mettre en mesure d’étudier le catéchisme diocésain, de suivre dans un livre de prières les offices du dimanche et des fêtes d’obligation, et d’agrandir promptement leur petit horizon intellectuel par des lectures appropriées.(1) “L’Opinion publique” du 19 octobie 1871, publiait un articie de Louis Fréchette sur Chicago où le poète déclare avoir lu vers 1847 une lettre d’un missionnaire parue dans les “Annales de la Propagation de la Foi.” (A suivre) Lucien Serre. 426 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE BIBLIOGRAPHIE Livres recommandés Lecompte (r.p., s.J.).—Un grand chrétien, Sir Joseph Dubuc.Joli volume in-8 de 270 pages.Montréal, imprimerie du Messager, 75 sous.En vente chez les libraires.Voilà une biographie canadienne de première valeur.Bien écrite et édifiante, elle est d’une lecture des plus intéressantes.Le personnage dont le P.Lecompte raconte la vie est d’une haute valeur morale: Joseph Dubuc était un canadien à l’âme fière et un catholique au caractère fortement trempé.Avocat, député, juge en chef du Manitoba, Joseph Dubuc fut avant tout un grand chrétien et un patriote sincère.Sa vie constitue aussi une page émouvante de l’histoire politique de l’Ouest canadien.L’auteur a su raconter cette belle et noble vie en un style que nous ne retrouvons que dans les meilleurs livres qui nous viennent de France.Roçheleau (R.P.Eustache, O.F.M.).—Journal d’un Pèlerin: Trois-Rivières—Assise— Rome.Trois-Rivières 1922.Voilà un vrai récit de voyage: ce n’est ni un cliché banal, ni un résumé des Guides, c’est un récit personnel, écrit par un modeste religieux qui ignore son talent littéraire et fait bénéficier le lecteur d’une érudition aussi vaste que sûre.C’est un livre que nous voudrions voir entre les mains des instituteurs et des institutrices, religieux et laïques.Quelle belle et vivante leçon d’histoire! quelle leçon incomparable de géographie et quelle prédication aussi attrayante que bienfaisante renferment le Journal d’un Pèlerin.La lecture de ce beau livre repose, instruit, édifie.Nous souhaitons qu’il soit répandu dans tous les foyers canadiens-français.Auclair {Abbé Élie-J-Histoire de Mère Catherine-Aurélie du Précieux-Sang {née Aurélie Caouette.Monastère du Précieux-Sang, Saint-Hyacinthe, 1923.Volume de quatre cent cinquante pages qui exaltent en termes magnifiques les vertus de la fondatrice de l’Institut du Précieux-Sang de Saint-Hj^acinthe, éprise dès son enfance, "des charmes et des crucifiements de la vie contemplative”.En écrivant la vie merveilleuse d’Aurélie Caouette, Monsieur l’abbé Auclair ne pouvait employer son talent d’écrivain à une meilleure œuvre.Nous l’en félicitons et l’en remercions de tout cœur.Les fortifications de québec.—Par le lieutenant-colonel G.-E.Marquis, Québec, 1923.Brochure on ne peut plus intéressante qui rappelle à la génération québécoise actuelle l’Histoire des fortifications de la Vieille Capitale.On ne saurait trop parler du pa^sé et des souvenirs matériels qui le rappellent.Un peuple qui oublie n’est pas loin de la décadence.M.Marquis a fait œuvre patriotique en racontant l’Histoire des Fortifications de Québec et en plaidant avec éloquence en faveur de leur conservation.Histoire de l’Église, par H.Boulanger, Lyon, librairie Emmanuel Vitte, 3, place Bel-lecour.Superbe ouvrage illustré de 650 pages, rédigé avec soin et d’après une excellente méthode.La stylistique française, par E.Legrand, agrégé de l’Université de Paris, 1923.J.de Gigord, éditeur, 15 rue Cassette, Paris.On ne saurait trop recommander ce véritable traité pratique de la langue française, parlée et écrite.C’est une nouvelle méthode, claire, simple pratique pour apprendre à éviter les termes impropres ou insignifiants, la phrase chargée et embarrassée de mots inutiles.La Stylistique française est un riche répertoire de phrases vraiment françaises.Ouvrage en vente à la librairie Déom, 251, rue Sainte-Catherine Est, Montréal.Prix: $1.00 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 427 “Nos canadiens d’autrefois”, 12 grandes compositions par Edmond.-J.Massicotte.La librairie Granger & Frères, 43, Notre-Dame Ouest, Montréal, a publié récemment un magnifique livre d’or canadiens-fraoçais.Sous le titre Nos Canadiens d’Autrefois, cette librairie vraiment nationale a réuni en un superbe album douze belles compositions du dessinateur Massicotte, chaque composition étant accompagnée d’une interprétation ad hoc, signée par un littérateur canadien en vue.La collection des gravures comprend: le Mardi Gras, la Bénédiction du Jour de l’An, le Réveillon de Noël, la Visite de la Quête de l’Enfant Jésus, une Veillée d’Autrefois, le Saint-Viatique à la Campagne, uneÉpluchette deBlé-d’Inde-les Sucres, le Retour de la Messe de Minuit, la Tournée du bon vieux Temps, l’Angelus, une Noce d’autrefois.C’est donc toute la vie familiale telle que vécue par nos pères que l’artiste a fixée à jamais.Nos Canadiens d’Autrefois représentent fidèlement nos mœurs canadiennes dans toute leur noblesse et leur belle simplicité.A côté de l’œuvre de Massicotte, Maria Chapdelaine fait maigre figure.Dans la première l’âme canadienne-frauçaise s’épanouit dans le vaste cadre de la réalité, cadre qui embrasse la vie de tout un peuple; dans la seconde, c’est l’âme de quelques unités de la race que l’auteur n’a même pas su pénétrer, unités renfermées dans un cadre étriqué et qui ne représentent qu’un coin perdu du Canada français.Chaque gravure de l’album est accompagnée d’un commentaire intéressant et signé par un écrivain du terroir.La librairie Granger a droit aux félicitations et aux encouragements de tous ceux qui comprennent la valeur éducative et pratique de nos fières et touchantes traditions canadiennes.Aussi, nous souhaitons que le bel album de Nos Canadiens d’Autrefois orne la table des salles de récréation des écoles normales et des pensionnats, afin que la jeune génération aille ainsi à l’école des traditions et reçoive des ancêtres des leçons de courage, de dignité, de piété et de franche gaieté.Le prix du recueil, qui forme un album de luxe de grand format, n’est que de $5.00.C.-J.-M.BUREAU CENTRAL ERRATA Mlles Irène Lessard et Doria Thérien, bureau de Saint-Ferdinand d’Halifax, ont obtenu un brevet élémentaire avec distinction et non satisfaisant, tel que publié dans la livraison d’octobre 1923, page 225.UN TROISIÈME CENTENAIRE L’année 1924 nous rappelle que saint Joseph fut proclamé patron de notre pays il y a déjà trois siècles par les premiers missionnaires de la Nouvelle-France, les Récollets.Ce choix fut renouvelé en 1637 par les soins des Jésuites, arrivés à Québec, en 1625, et définitivement approuvé par le Saint-Siège, en 1834, lorsque Grégoire XVI concéda au diocèse de Québec la fête de saint Joseph comme premier patron du Canada.A cette occasion, Son Éminence le cardinal Bégin a publié une lettre pastorale d’un grand intérêt.Ce document, d’une haute valeur historique, porte la date du 12 janvier 1924.décès d’un Educateur éminent L’Institut des Frères des Écoles chrétiennes vient d’être cruellement éprouvé par la mort du cher Frère Joas, Provincial.Cet excellent Religieux est décédé le 19 janvier à l’âge de 49 ans.Ses funérailles ont eu lieu le 22 au Noviciat du Sacré-Cœur, Laprairie.Nous offrons nos plus sincères sympathies à la communauté des Frères de l’Instruction chrétienne, et recommandons l’âme du cher Frère Joas aux instantes prières de nos lecteurs. 428 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE PAGE LITTERAIRE LA FEMME CHRETIENNE D’après Frédéric Ozanam Les conférences de Saint-Vincent de Paul des cinq parties du monde viennent, d’être consultées par le Conseil général de Paris, sur l’opportunité d’introduire à Rome la cause de béatification de leur vénéré fondateur, Frédéric Ozanam.Le résultat de la consultation ne fait pas de doute.Apôtre de la charité, il a mérité un tel témoignage de reconnaissance.Mais il a encore d’autres titres à l’admiration et à la gratitude.Il fut historien de premier ordre, professeur éloquent, littérateur distingué.S«3s Lettres et ses travaux historiques font souvent mention de “la femme” en termes si délicats, si respectueux que l’on devine facilement quelle âme de chevalier chrétien possédait le savant professeur de la Sorbonne.I es lectrices de L’Enseignement Primaire me sauront peut-être gré de leur présenter l’écrivain français qui a le plus judicieusement, le plus gracieusement, c’est-à-dire le plus chrétiennement parlé de “la femme”.Austère chrétien, Ozanam l’était, à la vérité; mais une profonde tendresse et une exquise délicatesse/soutenues par une volonté virile, en faisaient en même temps un parfait gentilhomme du plus agréable commerce.II avait voué à sa mère et à sa sœur un véritable culte qui n’était surpassé que par le grand amour qu’il avait pour la sainte Vierge.Il ne tolérait jamais aucun propos libre dont la dignité du sexe faible eut souffert.“L’âme très pure d’Ozanam, écrit M.Caro, garda toute sa vie envers les femmes une sorte de sentiment chevaleresque et attendri.Il avait une horreur toute particulière pour les conversations trop libres qui profanent l’idée de ce sexe et avilissent l’amour.A peine pouvait-il souffrir même la vérité historique, quand elle témoignait des faiblesses de quelque femme illustre.Je me rappelle souvent son charmant embarras à propos des allusions discrètes de Bossuet dans l’orsaison funèbre de la duchesse d’Orléans.Sa chaste imagination n’osait pas aller aussi loin que la pensée du prêtre.” (1) Jusqu’à l’âge de vingt-quatre ans, le cœur d’Ozanam n’avait encore connu d’autres affections que celles de sa mère et de sa sœur.Mais la mort de ces deux êtres tendrement aimés creusèrent en son cœur un vide profond.Pour la première fois, alors, l’image de la femme s^empara de son esprit.Mais avec quelle délicatesse il aborde ce sujet dans une lettre à son cousin Falconnet: “Je prie qu’elle ne se présente que plus tard, quand je m’en serai rendu digne; je prie qu’elle apporte avec elle ce qu’il faudra de charmes extérieurs pour ne laisser place à aucun regret; mais je prie surtout qu’elle vienne avec une âme excellente, qu’elle apporte une grande vertu, qu’elle vaille beaucoup mieux que moi, qu’elle m’attire en haut, qu’elle ne me fasse pas descendre; qu’elle soit généreuse, parce que je suis pusillanime; qu’elle soit fervente, parce que je suis tiède dans les choses de Dieu ; qu'elle soit compatissante enfin, pour que je n’aie pas à rougir des rêves .”(2) La Providence combla les vœux de ce noble jeune homme.Et la première fois qu’il vit, celle qui devait ensoleiller sa trop courte existence, elle lui apparut comme un ange de charité.Voici en quelle circonstance: Les rapports d’Ozanam avec le recteur de l’Académie de Lyon, M.Soulacroix, étaient assez fréquents.“Un jour qu’il se rendait en visite chez lui, accompa- (1) Frédéric Ozanam, d’après sa correspondance, par Mgr Baunard.Paris, chez de Gigord, 15 rue Cassette.(2) Frédéric Ozanam, par Bernard Faulquier.—-Paris, 1910. L'ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 429 gné de l'abbé Noirot, celui-ci, traversant le salon, présenta, toujours par hasard (l),à Mme Soulacroix, un jeune professeur de droit, M.Frédéric Ozanam, avec lequel elle échangea quelques paroles de politesse.Dans la même pièce, assise à une fenêtre, une jeune fille donnait tendrement ses soins à un jeune homme souffrant, perclus, qu’on devinait être son frère.Elle le soutenait, elle l’égayait, le réconfortait, d’ailleurs tellement occupée de lui seul qu’elle ne donna aucune attention au visiteur inconnu.Mais lui, l’avait remarquée.De la pièce voisine où il fut introduit, il considérait encore, par la porte entrouverte, le groupe fraternel de la jeune fille gracieusement penchée sur son cher malade: “l’aimable sœur et l’heureux frère ! Comme elle l’aime !” Sfes yeux ne la quittaient plus.C’était l’image vivante et charmante de la charité qui venait de lui apparaître (2).Mlle S'Oulacroix méritait en tout point l'admiration de la grande et belle âme d’Ozanam.Son père avait présidé lui-même à son éducation, ornant son esprit de toutes les connaissances esthétiques desquelles il était reconnu le plus excellent maître.Et sa mère, “femme d’un mérite supérieur, d’un commerce affable et d’une distinction simple,l’avait initié aux travaux utiles et aux arts d’agrément qui font les foyers sérieux et les mœurs aimables.’” Mlle Sou-lacroix possédait aussi un talent musical peu commun, par lequel elle plaisait beaucoup.“Par-dessus tout, elle était riche de ces trésors de dévouement et de délicatesse que la piété met au cœur des femmes chrétiennes, pour le bonheur des époux et le salut des enfants.” Au plus charmant chapitre de la Civilisation au Vième siècle, les Femmes chrétiennes, Ozanam parle ainsi du mariage: “Je dis que le mariage chrétien est un double sacrifice: ce sont deux coupes: dans l’une se trouvent la beauté, la pudeur, l’innocence; dans l’autre, un amour intact, le dévouement, la consécration immortelle de l’homme à celle qui est plus faible que lui, qu’hier il ne connaissait pas, et avec laquelle, aujourd’hui, il se trouve heureux de passer ses jours; et il faut que les coupes soient également pleines pour que l’union soit sainte, et pour que le ciel la bénisse.” Le 23 juin 1841, lorsque Frédéric-Antoine Ozanam, âgé de vingt-huit ans, épousait Mlle Marie-Joséphine-Amélie S’oulacroix, dans sa vingt et unième année, ce mariage idéal se réalisait.Racontant à Lallier, dans une lettre datée du 28 juin 1841, les impressions qui assaillirent son cœur pendant la messe du mariage, il dit: “Je retenais à peine de grosses et délicieuses larmes; et je sentais descendre sur moi la bénédiction divine avec les paroles consaérées.” Comme cadeau de noces, Ozanam offrit à sa jeune femme un voyage en Italie.“Quel présent pouvait-il lui offrir qui f û t plus aimable, et plus durable que le souvenir de ce rivage des Deux Siciles, vu par ses yeux d’artiste et expliqué par cet historien, ce chrétien, ce poète.” Le pèlerinage se termina à Rome, aux pieds de Sa Sainteté le pape Grégoire XVI.Commencée sous d’aussi heureux auspices, la vie conjugale de Frédéric et d’Amélie ne pouvait être qu’heureuse.Elle le fut, en effet, même aux jours d’épreuves.§§ § Dans son livre admirable, la Cmù'saffon au Fième siêcèe, Ozanam décrit l’état de dégradation où le paganisme avait réduit la femme, puis il raconte ensuite comment le christianisme lui rendit “l’empire absolu et éternel du cœur de l’homme”,en lui assurant la première dignité domestique.Le respect étant assuré à la femme, elle en usera désormais “pour exercer la magistrature de la charité qu’elle a conservé jusqu’à nos jours.” Après avoir dit le rôle bienfaisant de la femme chrétienne au moyen âge dans les arts et la poésie, rôle double: “celui d’inspirer et de concilier,” l’historien Ozanam, rappelle que le respect des femmes fut le principe générateur, l’âme de toute la chevalerie.Et ces siècles, où fleurissaient ainsi tant de nobles sentiments après les obscénités et les ignominies de l’amour (1) L’abbé Noirot «’intéresasit beaucoup à Lavenir d’Oïanam, son ancien élève.(2) Frédéric Ozanam, d'après ta correspondance, par Mgr Baunard. 430 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE grec, furent “de véritables printemps, où tout fleurit dans l’esprit humain.” Pendant ce renouveau, un souffle pur et embaumé venant des lèvres des femmes chrétiennes, pénètre la poésie, l’art et mêmfe la science.“Cette influence se continuera plus tard, lorsqu’au milieu de toutes les lumières du dix-septième siècle les plus grands esprits brigueront les suffrages d’un certain nombre d’incomparables femmes.” En faisant revivre devant la jeunesse universitaire de son temps les belles figures de sainte Monique, de sainte Radegonde, de sainte Hildegarde, de sainte Catherine de Sienne, qui partagent la gloire des plus grands écrivains, et enfin au seuil des temps modernes, de cette grande sainte Thérèse, “qui étonne encore le monde de son génie,” Ozanam donnait une haute leçon de respect et d’admiration pour la femme régénérée par le christianisme.Nous souhaitons que notre jeunesse canadienne s’inspire d’un tel maître.Les œuvres littéraires d’Ozanam sont de vraie sources toujours fraîches et pures d’où coule gracieusement et abondamment une eau limpide et saine.C.-J.Magnant, de la Société Royale du Canada.DOCUMENTS OFFICIELS RAPPORT DU SURINTENDANT DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE Québec, le 24 novembre 1923.L’honorable M.L.-Athanase David, Secrétaire de la Province, Québec.Monsieur le Ministre, J’ai l’honneur de vous soumettre mon rapport pour l’année scolaire terminée le 30 juin 1923.UNE DATE MÉMORABLE Un arrêté ministériel avait fixé, sur notre demande, le premier jour du mois de septembre dernier, pour l’entrée en vigueur d’un nouveau programme et de nouveaux règlements dans nos écoles primaires et dans nos écoles normales.L’opinion publique ayant été préparée par de L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 431 nombreux congrès et une campagne de presse vigoureusement menée, la date ne prit personne par surprise et la transition s’est opérée, il me semble, d’une manière normale et dans les meilleures conditions.Nous devions être prêts pour l’heure déterminée, nous en avions pris l’engagement, c’était la première assurance qu’une manœuvre scolaire si importante réussirait et réaliserait les espérances de ceux qui en ont assumé la lourde responsabilité.Cette douce satisfaction nous fut accordée.Nous pouvons donc escompter l’avenir avec confiance.Tous les éducateurs vont certainement donner au nouveau programme un essai loyal.Ils tiendront leur parole; leur passé en est la garantie.Puisse cette réforme être comprise, appréciée par les intéressés et introduite avec l’esprit qui l’a inspirée! Notre modeste concours et celui de nos dévoués collaborateurs sont toujours à votre entière disposition pour arriver à ce résultat si désirable et si désiré.ÉCOLES NORMALES Nous avons dit, nous avons souvent écrit et avec raison, j’aime à le croire: “Tant vaut le maître, tant vaut l’élève”.Nous ajoutons aujourd’hui: Tant vaut le maître, tant vaut le programme.Tous les foyers: écoles normales, bureau central, où se forme, où se recrute le corps enseignant, ont été l’objet de notre attention, de notre sollicitude.Nous aurons bientôt dix-sept écoles normales, car la Gaspésie a commencé des démarches afin d’en obtenir une à brève échéance et elles seront couronnées d’un prompt succès.Les écoles normales de filles de Beauceville et de Saint-Jérôme ont ouvert leurs portes, pour la première fois, au commencement du mois de septembre dernier.La première a pour principal M.l’abbé J.-G.-O.Fleury, homme d’une grande et longue expérience, qui a passé quinze ans à l’école normale Laval, et pour professeur laïque, M.Achille Goulet.Neuf sœurs de la communauté des sœurs de Jésus-Marie secondent, avec un zèle éclairé, principal et professeur.Soixante-neuf élèves se sont inscrites pour l’année courante.Le début dépasse les prévisions.La Beauce est un district très important.Il ne nous causera pas de déceptions.Eu égard à sa population, il est celui qui renferme le plus grand nombre d’écoles primaires, et son école normale, quand elle sera installée dans le bâtiment qu’on lui prépare, ne tardera pas à avoir 150 élèves. 432 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE La seconde a pour principal M.l’abbé Conrad Chaumont, ancien supérieur du collège de Sainte-Thérèse.Sa belle réputation est justement méritée.M.Antony Lessard en est le professeur laïque.Cette école normale a été confiée aux révérendes Sœurs de Sainte-Anne, admirablement préparées à remplir la tâche que vous leur avez confiée, et elles ne le cèdent sous aucun rapport à leurs émules des autres communautés enseignantes.Quarante-cinq élèves ont répondu au premier appel.Ce nombre s’accroîtra rapidement, car la région est populeuse et a la légitime ambition de subvenir entièrement à ses besoins.Un événement important a signalé la présente année scolaire dans l’école normale de Rimouski: Son distingué principal a été promu au siège épiscopal de Gaspé.Un lustre nouveau a été jeté sur cette école et sur le corps enseignant.Comme le dit si pertinemment M.le chanoine Louis Côté, son digne successeur, “l’œuvre de Mgr F.-X.Ross est connue et sa réputation a franchi les limites de notre région.Il s’est imposé à l’attention du pays par ses éminentes qualités de pédagogue”.Nous lui devons en grande partie, nous sommes heureux de le rappeler, la haute et forte inspiration du nouveau programme de nos écoles primaires.Un autre événement agréable se produira dans quelques mois: Mgr Th.-G.Rouleau, principal de l’école normale Laval, verra le cinquantième anniversaire de son entrée dans cette maison.Nous avons décidé d’inscrire cette date en lettres d’or dans nos annales et de profiter de l’occasion pour donner à l’ami de tout repos un témoignage public de notre admiration et de notre reconnaissance.Une telle démonstration ira droit à son grand et noble cœur, tout en étant profitable sous maints rapports à la cause de l’éducation.INSTITUT PÉDAGOGIQUE Dans mon rapport de 1918-19, je m’exprimais sur ce sujet de la manière suivante: “Instituteurs religieux et laïques font constamment des sacrifices afin d’élever leur niveau.U y a deux ans, l’Université, à Montréal, avec l’appui de la Commission des écoles catholiques de Montréal, ouvrait des cours ayant pour objet de perfectionner la formation pédagogique chez les professeurs de l’enseignement primaire.Au delà de trois cents s’y inscrivirent et l’on peut désormais fonder des espérances qui se réaliseront.De tels actes méritent d’être appréciés d’une manière tangible”.Et dans mon rapport de 1920-21, revenant sur le même sujet, j’ecri- L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 433 vais ces lignes: “Je désire attirer votre attention sur une initiative heureuse qui a été couronnée de succès”.Vous avez entendu l’appel et promis de fournir le nerf de la guerre à ce nouvel organe de notre système scolaire, complément des écoles normales et couronnement de l’enseignement primaire.Durant les quinze années à venir, il recevra une subvention annuelle de $25,000 du gouvernement de cette province, qui se déclare heureux de collaborer ainsi à une si louable entreprise.Une congrégation religieuse de femmes, la Congrégation de Notre-Dame, par la révérende sœur Sainte-Anne-Marie, et l’épiscopat canadien-français et catholique, par Sa Grandeur Mgr Louis-Georges Gauthier, avaient lancé l’idée du projet.En étant des pionniers sur ce terrain, ils maintenaient une noble tradition Us ont été à la peine, ils sont aujourd’hui à l’honneur.C’est d’élémentaire justice.Quatre cents instituteurs près auront donc désormais,chaque année, l’occasion et l’avantage d’acouérir une compétence qui leur assurera un perfectionnement depuis longtemps attendu.Cette belle et bonne œuvre est aussi vôtre, Monsieur le Ministre, pour une large part.Une semblable amélioration s’impose dans la région de Québec.Le comité chargé d’en tracer les grandes lignes a pratiquement terminé son travail.L’université Laval se chargerait de cette nouvelle tâche.Votre précieux concours assurera le succès définitif de l’entreprise.Nous l’escomptons avce confiance.INSPECTORAT Plusieurs changements ont été faits dacs cette branche depuis l’année dernière, causés, les uns par le décès de deux inspecteurs d’écoles, les autres par la création de deux nouveaux districts d’inspection.Nous avons en effet à déplorer la disparition de deux anciens, de deux excellents inspecteurs d’écoles : MM.A.-L.Gilman et L.-N.Lévesque.Conscients de leur responsabilité et soucieux de leurs devoirs, ils ont fourni chacun une belle, longue et fructueuse carrière (la nomination de M.L.-N.Lévesque date de 1877), et ils pourront toujours être cités comme des modèles à leurs confrères, à leurs successeurs.Les quatre nouveaux inspecteurs sont : M.Isidore Bossé, qui remplace M.Alph.Fournier, démissionnaire; M.Arthur Rochefort, qui succède à M.H.Tremblay, lequel remplace M.L.-N.Lévesque; MM.Victor Gagnon, titulaire du nouveau district créé en 1922 dans les comtés de Brome et de Shefford, et N.Poitras, titulaire de celui‘récemment créé 434 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE dans le nord des comtés de Champlain, Saint-Maurice, Maskinongé et Berthier.Une autre perte cruelle est celle de l'abbé Joseph-Edouard-Olivier Martin, inspecteur des écoles ménagères, décédé le troisième jour du mois d’août dernier.La mort de ce travailleur infatigable, de ce véritable missionnaire, au moment où l’enseignement ménager va prendre une large place dans nos écoles primaires, et partant, devenir une matière très importante, idée qui lui était si chère, est infiniment regrettable et de nature à causer un grave préjudice à une grande cause.Le vide que cette mort a produit dans les rangs des bons et dévoués serviteurs du pays est profond et sera difficile à combler.Il ne s’agit pas simplement de remplacer un disparu, mais de lui donner un successeur qui sera en même temps un continuateur de son œuvre si bien commencée.Nous sommes dans une position semblable depuis la mort du regretté Charles-A.Lefèvre, directeur de l’enseignement du dessin dans la province.MUNICIPALITÉS SCOLAIRES Le nombre des municipalités scolaires dans la province au 30 juin 1922 était comme suit: 1366 municipalités scolaires catholiques, 352 municipalités scolaires protestantes, 28 nouvelles municipalités ont été érigées en 1922-23, ce qui donne un total de 1746 municipalités scolaires au 30 juin dernier.CONSTRUCTION ET RÉPARATION DES ÉCOLES En 1921-22, les corporations catholiques ont construit 225 maisons d’école au coût de $2,390,624, et les corporations protestantes, 84 maisons d’école au coût de $883,580, soit un total de 309 maisons représentant la somme de $3,274,204.En 1922-23, il y a eu, comparativement à l’année précédente, diminution de 12 maisons d’école et de $427,622 chez les corporations catholiques; chez les corporations protestantes, il y a eu une augmentation de 18 maisons d’école avec une diminution de $61,740 dans le coût, ce qui laisse une différence de 6 maisons d’école en plus avec une diminution de $489,362 pour 1922-23.Cette diminution de $489,362 avec une augmentation de 6 maisons d'école est due principalement à la baisse quelque peu du coût des matériaux de construction et à la pression exercée par mon département afin d'amener les corporations à pratiquer une sage économie. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 435 MAISONS D’ÉCOLE CONSTRUITES OU REPAREES D’APRÈS LES PLANS ET DEVIS APPROUVÉS PAR LE DÉPARTEMENT DE l’instruction publique, en 1922-23 Municipalités catholiques Municipalités protestantes COMTÉS Nombre de maisons Dépenses mbre de maisons Dépenses Nombre de maisons Dépenses Argenteuil 3 $ 4,464.00 2.458.00 6,469.27 45,908.35 2.500.00 13,450.13 2,576.03 8.458.00 8 $ 796.00 h S 5,260.00 2.483.00 6,469.97 45,913.35 2.500.00 13,450.13 2,576.03 8.458.00 550.00 2 1 25.00 3 Bagot 1 1 Beaucfc 9 2 5.00 11 Beauharnois 1 1 Bellechasse 6 1 Berthier 2 2 Bonaventure 7 7 Brome 4 550.00 4 Chambiv 1 15.200.00 93.970.00 8.125.00 4.950.00 99.175.00 7,872.99 1.500.00 7,412.09 1.015.00 15.500.00 66,000.00 39.660.00 1.600.00 2,324.00 2 125,500.00 3 140,500.00 93.970.00 8.125.00 4.950.00 99.375.00 9,872.99 1.500.00 7,412.09 1 135.00 16.201.00 6.900.00 39,973.00 3.100.00 2.324.00 Champlain 4 4 Charlevoix 4 4 Châteauguay 2 2 Chicoutimi 12 1 200.00 13 Compton 5 4 2,000.00 9 Deux-Montagnes i 1 Dorchester 3 3 Drummc nd 1 1 120.00 2 Frontenac 10 2 7 701.00 17 4 Gaspé 2 3,000.00 Hull-Labelle 9 (Lab.) 1 1 323.00(L 1,500.00 ab.) 10 2 Huntingdon i Iberville i 1 Iles-de-la-Madeleine Jacques-Cartier 2 110,985.00 11,182 25 3 245,874.00 5 356,859 00 11.182.25 3.850.00 33.000.00 1.500.00 7,527.93 48,778.39 5.515.00 1.950.00 24,185.00 8,000.00 4.733.25 7,282.55 5.650.00 8.430.00 5,000.00 4.945.00 745,036.00 Joliette 2 2 Kamouraska 2 3.850.00 33,000.00 1.500.00 7,481.93 48,778.39 5.400.00 1.950.00 24,185.00 8,000.00 4,733.25 2 Lac-St-Jean 17 17 Laprairie 1 1 L’Assc mption 2 1 46.00 3 Laval 4 4 Lévis 1 2 115.00 3 LTslet 1 1 Lotbiniêre 3 3 Maskinongé 2 2 Matane 4 4 Mégantie .5 6,741.55 5.550.00 8.400.00 5,000.00 4,945 00 20 541.00 23 Missisquoi 4 4 Montcalm 2 1 30.00 3 Montmagny 3 3 Montmorency 2 2 Montréal, cité 3 419,967.00 1 325,069.00 4 Napierville Nicolet 9 14,382.09 30,000.00 58,290.33 420,393.23 111,943.22 4,612 25 9 14.382.00 31.550.00 58,348.33 420,393.25 112,300.22 4,612.25 2,221.00 25,991.60 2,400.00 663.00 6 57.00 Pontiae 1 3 1,550.00 58.00 4 Portneuf 5 2 7 Québec, cité Québec, comté 4 4 357.00 8 Richelieu 2 2 Richmond 1 638.00 7 1,583.00 8 Rimouski 7 25,991.60 2,400.00 663.00 7 Rouville 1 1 Saguenay 1 1 ShefP ord 3 657.00 3 Sherbrooke 3 233.00 3 233.00 Sculangee Stanstead 3 5.956.00 1.985.00 800.00 4 2,397.00 7 8.363.00 1.985.00 800.00 St-Hyaeinthe 1 1 St-Jean 1 1 St -Maurice 2 8,270.43 49.300.00 28.874.00 24,794.18 2,071.04 3,445.00 i 14,900.00 3 23,170.43 49.300.00 28.874.00 24,794.18 2,076.04 Témiseamingue 7 7 Témiscouata 8 8 Terrebonne 5 5 Vaudreuil 1 i 5.00 2 Verchères 2 2 3,445.00 93,686.00 744 00 Westmouné 6 93,686.00 6 Wolfe 1 525 00 6 219.00 7 4‘ 5,259.95 4 5,259.95 Totaux 213 81,963,002.27 102 8 821,840.00 315 $2,784,842.27 Tot aux 436 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE MUSÉE DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE Par suite de nouvelles exigences, les vitrines de ce musée contenant les grands mammifères, installés dans l’école des Arts et Manufactures, aujourd’hui l’école des Beaux-Arts, ont été transportées d’abord dans un édifice, propriété du ministère de la Milice et situé sur les Plaines d’Abraham, et puis dans notre école Technique, en cette ville.Ces pérégrinations se font toujours au détriment du musée.Comme je le disais, pour cette raison, notre musée se détériore, se désagrège d’année en année, et ne consistera plus bientôt que dans la longue suite des vitrines placées dans les couloirs avoisinant son ancien local.Je renouvelle le vœu qu’il soit installé prochainement dans un local digne de ses précieuses collections, où il pourra se développer tout en continuant d’intéresser les nombreux visiteurs et d’instruire la population scolaire.ÉDUCATION PROTESTANTE Les subventions scolaires aux maisons d’éducation supérieures protestantes, ont été pratiquement doublées en ces derniers temps.Les résultats se font déjà sentir.Pour préciser, six ou sept municipalités scolaires protestantes, encouragées par cette libéralité, ont immédiatement pris la décision de mettre leurs écoles élémentaires au rang d’écoles intermédiaires et supérieures (high schools).La centralisation est un moyen sûr dont se sert la population anglaise pour sortir de l’impasse dans laquelle elle se trouve parfois, étant trop disséminée, afin de donner à ses enfants une éducatioq protectrice de sa mentalité, conservatrice de sa langue et de sa foi.Durant l’année, deux municipalités n’ayant que des écoles élémentaires les ont fusionnées en une seule intermédiaire et ont en outre pris sur leur charge le transport des enfants à cette école.L’une de ces municipalités est dans le comté de Bonaventure ; l’autre dans celui de Mégantic.Sans cette augmentation, pareille décision n’aurait jamais été prise, ni réalisée.Un nouveau manuel pour le cours d’études donné dans les écoles élémentaires protestantes a été récemment distribué aux institutrices.En soixante pages, il résume d’une manière précise tout ce qui se rapporte à ces cours et leur sera d’une grande utilité. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 437 ENSEIGNEMENT DU FRANÇAIS DANS LES MILIEUX ANGLAIS L’université McGill favorise constamment l’étude de la langue française non seulement pour la population anglaise de cette province, mais pour celle des autres provinces et de l’étranger.Chaque été, elle donne des cours de langue française qui sont suivis par un grand nombre d’élèves de toutes les parties du Canada et même des États-Unis.L’atmosphère est fortement française, les élèves s’engagent même de ne parler que le français pendant toute la durée du cours.Enfin, le Comité protestant fait aussi donner pendant l’été, à l’université McGill, des cours de langue française pour la formation de professeurs de français dans les écoles supérieures protestantes.Les bons résultats de ce travail se constatent déjà dans les écoles protestantes.UN AUTRE ANNIVERSAIRE A sa réunion du 10 mai 1898, le Comité catholique du Conseil de l’Instruction publique, sur proposition de Sa Grandeur Mgr L.-N.Bégin, archevêque de Québec, secondé par l’honorable M.Gédéon Ouimet, recommanda unanimement au gouvernement de prendre les mesures nécessaires pour que tous les instituteurs et institutrices de nos écoles publiques reçoivent gratuitement “L’Enseignement primaire”, revue pédagogique, qui, dans l’opinion de ce comité produirait les meilleurs résultats.Le premier ministre de l’époque, feu l’honorable F.-G.Marchand, acquiesça avec empressement à cet heureux désir et fit immédiatement adresser la revue à chaque école catholique sous contrôle.Le service de distribution commença en effet avec la livraison de septembre 1898, et depuis donc un quart de siècle se fait sans interruption.“L’Enseignement primaire” est un organe pédagogique de première valeur, à rédaction toujours soignée, à forte et haute inspiration.Il fait certainement honneur à ceux qui le dirigent.Les prévisions ont été justes, car il rend de précieux services au corps enseignant et contribue puissamment au progrès de l’instruction publique.Nous sommes heureux de lui donner cette appréciation juste et méritée.UNE HEUREUSE SUGGESTION Au mois de février 1922, le Comité catholique a adopté une résolution non moins importante, par laquelle il demandait que le chant 438 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE “ 0 Canada ! ”, véritable hymne nationale, fût chanté au moins deux fois la semaine dans toutes les écoles Cette mesure, un pas dans la bonne voie, le développement de notre patriotisme, fut favorablement accueillie et déjà l’on commence à en apprécier les bons effets.En jetant un coup d’œil rétrospectif sur l’organisation scolaire de notre province, nous pouvons dire, il me semble, sans prétention mais avec une certaine satisfaction, qu’après un demi-siècle d’efforts constants et soutenus, elle est presque complète.Nous ne nous arrêterons point en si bonne voie.Loin de nous cette pensée, car nous savons que “s’arrêter, c’est reculer” et nous voulons tous que, pour son honneur, sa prospérité, son avenir, sur ce terrain, elle soit toujours aux premières lignes.Je termine ce rapport par le résumé des statistiques qui suit: (l) J’ai l’honneur d’être, Monsieur le Ministre, Votre obéissant serviteur, Cyrille-F.Delage, Surintendant.Il Ce résumé des statistiques scolaires se trouve aux pages XVI à XXII du Rapport du Surintendant de VInstruction publique pour 1922-28.ERRATA Syllabe et non syllable Dans la livraison de janvier, page 337, cinquième et sixième paragraphes, il s’est glissé une coquille ineffable.Un bouleversement de lignes, qui a échappé à la dernière revise, a f ait dire à M.Charbonneau, syllable au lieu de syllabe.C’est donc syllabe et non syllable qu’il faut lire: on dit syllaher et non syllabler. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 439 BUREAU CENTRAL DES EXAMINATEURS CATHOLIQUES (Session de juin 1923).DIPLOMES MODÈLES ET ACADÉMIQUE (Suite et fin) MANIWAKI Modèle anglais.—Elémentaire français.—Distinction :—Lynch, Bertha.ROBERVAL Modèle français.—Distinction :—Simard, Blandine ; Otis, Simone ; Bergeron, Philo-mène ; Gagné, Albertine ; Fortin, Alice ; Tremblay, Jeannette ; Auclair, Marie-Louise.Modèle français.—Elémentaire anglais.—Distinction :—Michaud, Eugénie.MONT-LAURIER Modèle français.—Distinction :—Matte, Ruth ; Prévost, M.-Ange ; Loiselle, Simonne ; Demers, Adora.GRANDE-RIVIERE Modèle français.—Distinction :—Duguay, Albina.Modèle français.—Elémentaire anglais.—Satisfaisant :—Thibaudeau, M.-Imelda.Modèle anglais et français.—Satisfaisant :—Birmingham, Mary-Ellen.STE-ANN E -DES-MO NTS Modèle français.—Distinction :—Coulombe, Dorothée ; Côté, Lucienne.AMOS Modèle français.—Satisfaisant :—Bergeron, M.-Jeanne ; St-Arnauld, Hélène.FORT-COULONGE Modèle anglais.—Elémentiare français.—Satisfaisant :—Coghlan, Mary-Luella.HAVRE-AUX-MAISO NS Modèle français.—Distinction :—Jean, Marie-Anna.Modèle français.—Elémentaire anglais.—Distinction :—Lapierre, Marie-Lysa.Modèle français et anglais.—Distinction :—Arseneau, Adélina.; Thériault, Yvonne ; Salomon, Imelda.Académique français et anglais.—Distinction :—Delaney, Willina.POINTE-AUX-ESQUIMAUX Modèle français.—Distinction :—Vigneau, M.-Lucienne ; Boudreau, M.-Stella.NOMININGUE Modèle français.—Satisfaisant :—Rivest, Rose-Aimée ; Lanouette, Gertrude.Modèle français.—Distinction :—Charbonneau, Germaine.Académique français.—Satisfaisant :—Charbonneau, Yvonne.Académique français.—Distinction :—Courtemanche, Marie-Blanche ; Ostigny, Jeanne. 440 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE RAPPORT DE L’INSPECTEUR GÉNÉRAL DES ECOLES CATHOLIQUES Québec, 10 novembre 1923.Monsieurle Surintendant, J’ai l’honneur de vous présenter mon rapport annuel (1922-23).Cette année encore j’ai le regret de mentionner la perte d’un de nos bons inspecteurs, en la personne de M.L.-N.Lévesque, l’un des deux doyens de notre inspectorat.Nommé inspecteur d’écoles en 1877, après quelques années passées dans l’enseignement, feu M.Lévesque a donc consacré plus d’un demi-siècle à la cause de l’éducation primaire.Ce fut un fidèle serviteur, un éducateur éminent, un officier public modèle.Sur sa tombe, je dépose l’hommage ému de mon fidèle souvenir.I.Les écoles frimaires XJn nouveau district scolaire Un nouveau district scolaire a été créé au cours de l’année 192 2-23.La création de ce district s’imposait dans la région nord des Trois-Rivières, vu le développement considérable des villes industrielles du Saint-Maurice.La population scolaire de ces villes, la cité trifluvienne comprise, a nécessité la construction de nouvelles écoles comprenantchacune un grand nombre de classes.Ainsi le district de M.Auger renfermait 13,130 élèves en 1922-23.Le nouveau district a été formé d’un certain nombre de municipalités scolaires situées dans le nord des comtés de Champlain, Saint-Maurice, Maskinongé, Berthier, Joliette.La création de ce nouveau district a permis une nouvelle délimitation des districts des inspecteurs: Auger, O.Goulet, Faquin et Chartrand.Ces inspecteurs, les trois premiers notamment, ont vu leur tâche s’alléger d’une façon appréciable.La Province est donc maintenant partagée en cinquante-deux districts scolaires au point de vue de la population catholique.En 1912, il n’y avait que trente-six districts. ; L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 441 Les nouveaux programmes d’études Les nouveaux programmes d’études pour les écoles primaires élémentaires et les écoles primaires complémentaires sont en vigueur depuis septembre 1923 Grâce au congrès spécial des inspecteurs d’écoles, aux conférences de ces derniers dans leurs districts respectifs, aux instructions que vous avez adressées aux commissons scolaires catholiques, aux congrès de commissaires d’écoles, et grâce aussi à la propagande constante faite par U Enseignement Primaire depuis deux ans autour des nouveaux programmes, ces derniers ont été bien accueillis par les commissaires d’écoles, les membres du clergé et le personnel enseignant.En vertu d’une heureuse iniatitive prise au dernier congrès des ins" pecteurs d’écoles, deux inspecteurs d’expérience, MM.C.-J.Miller et P.-M.Brionne, ont préparé une répartition mensuelle du programme des écoles primaires élémentaires et des écoles complémentaires.Paru d’abord dans L’Enseignement Primaire, grâce à la générosité du Secrétaire de la Province et sur votre recommandation, Monsieur le Surintendant, ce travail a été accueilli avec faveur par le personnel enseignant.A sa réunion de septembre dernier, le Comité catholique a recommandé la Répartition mensuelle pour l’usage des instituteurs et des institutrices.Un essai loyal des nouveaux programmes se poursuit donc à travers la province En élevant toutes les écoles primaires élémentaires au rang des anciennes écoles modèles, le nouveau plan d’études met à la portée des enfants des rangs comme à ceux des villages et des villes, les avantages de la 5ème et de la 6ème année Cette réforme favorisera la fréquentation scolaire et engagera les commissions scolaires à retenir les services d’institutrices (ou d’instituteurs) suffisamment qualifiées pour donner le cours supérieur de l’école primaire élémentaire, savoir les 5ème et 6ème années; elle amènera aussi nécessairement, pour le plus grand bien des enfants, leur formation morale et leurs progrès scolaires, le groupement, en classe distincte,des jeunes élèves, avec une institutrice spéciale pour les commençants.De plus, la 5ème et la 6ème années faisant désormais partie intégrante de l’école primaire élémentaire, les commissions scolaires pourront obtenir une subvention pour toutes les écoles de la municipalité et non plus pour la seule école modèle du village comme autrefois, à la condition que, dans chacune des dites écoles, au moins 6 élèves soient judicieusement mis en mesure de suivre avec 442 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE fruit la 5ème année (à plus forte raison la 6ème), et ceci sans préjudices aux anciennes académies, devenues écoles primaires complémentaires, qui sont en règle sur ce point avec les règlements du Comité catholique.A propos d’écoles primaires complémentaires (7ème et Sème années) : c’est à ces institutions qu'incombe la tâche de créer la ou les Sections que les commissaires d’écoles jugeront à propos d’établir dans leur municipalité.Nous souhaitons, avec tous ceux qui se préoccupent de la prospérité de nos campagnes et de l’avenir du peuple canadien-français, que les commissions scolaires organisent dans toutes les écoles primaires complémentaires rurales de garçons, la Section agricole et dans toutes les écoles rurales de filles du même degré la Section ménagère.Cette dernière section est également obligatoire dans les écoles urbaines de filles.Il est donc à souhaiter que les écoles primaires complémentaires d’esprit rural se multiplient dans nos campagnes afin, de donner aux enfants des cultivateurs une instruction primaire solide, renforcée par une étude raisonnée de l’agriculture pour les garçons et de l’enseignement ménager pour les filles.Quant, aux Sections commerciales et industrielles, elles sont appelées à rendre de réels services aux jeunes garçons des villes, en les préparant convenablement aux écoles techniques ou commerciales, ou, à tout le moins, en leur donnant le minimum de formation professionnelle requis chez l’ouvrier pour gagner sa vie honorablement.Dans leurs rapports, plusieurs inspecteurs soulignent avec confiance la mise en vigueur des nouveaux programmes.Nous le savons bien, ce n’est pas dès cette année que les nouveaux programmes donneront tous les bons résultats que les autorités en attendent.Et d’ailleurs, malgré les directions du département de l’Instruction publique, le nouveau régime ne sera efficace que si tous les intéressés le servent avec une sincère bonne volonté et une confiance qui double la valeur de l’effort.En s’inspirant des principes qui ont dicté les nouveaux programmes, le personnel enseignant s’efforcera de rendre l’école plus agréable aux élèves, par un enseignement vivant et moins livresque.Les procédés et les méthodes recommandés dans les nouveaux règlements du Comité catholique sont susceptibles d’intéresser l’enfant et de ui inspirer dii goût, même de l’enthouisasme pour sa tâche scolaire.Nous avons confiance que l’effort de nos instituteurs sera à la hauteur de l’idéal que leur propose le nouveau plan d’études. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 443 LES TRAITEMENTS La crise économique, qui s’est prolongée outre attente, n’a pas favorisé la hausse des traitements à la campagne.Néanm oins, MM.les inspecteurs Auger, Goulet, L.-P.Brionne, et Hébert, constatent que dans leur district respectif, il y a eu élévation des traitements, en dépit du malaise financier universel dont ont souffert les campagnes comme les villes, jusqu’à cette année Comme les années précédentes, je crois utile de publier le petit tableau des traitements qui paraît ici depuis 1912.C’est un thermomètre de consultation facile dont les indications sont tirées des bulletins des inspecteurs, remplis par eux au cours de la deuxième visite.TRAITEMENT DES INSTITUTRICES CATHOLIQUES — 1912- 1913 1913- 1914 1914- 1915 1915- 1916 1916- 1917 1917- 1918 1918- 1919 1919- 1920 1920- 1921 1921- 1922 1922- 1923 Institutrices recevant : $1,400 0 0 0 0 0 0 0 0 0 2 1 1,300 0 0 0 0 0 0 0 0 1 0 3 1,200 0 0 0 0 1 0 0 2 2 6 0 1,100 0 0 0 1 2 1 3 0 5 1 12 1,000 0 0 2 1 0 3 1 1 11 24 26 900 2 0 i 2 1 1 0 5 31 35 89 800 0 0 0 0 0 0 0 28 74 184 104 700 0 1 1 2 2 0 34 61 186 192 212 de 600 à 700 0 9 10 13 20 36 49 196 236 178 182 500 à 600 8 10 20 50 18 55 137 105 101 112 163 400 à 500 26 28 60 50 36 164 158 146 388 432 334 300 à 400 75 142 254 314 345 350 446 639 1,678 1,946 1,788 250 à 300 180 250 372 356 347 453 686 856 1,020 2,277 2,560 200 à 250 547 595 967 1,351 1,839 1,985 2,755 2,853 2,092 1,541 1,431 150 à 200 2,355 3,281 3,472 3,441 3,338 3,184 2,619 1,420 218 195 255 125 à 150 1,887 869 524 396 244 149 58 29 4 1 0 100 à 125 578 114 51 45 13 5 12 7 2 2 ' 6 444 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE La seule augmentation notable a eu lieu pour les traitements de $250.à $300: il y en avait 2,277 en 1921-22, et 2560 en 1922-23.Il y a eu aussi légère augmentation dans les traitements de $900, $700, $600 à $700, $500.à $600.D’autre part, il y a eu diminution dans les traitements de $800, $400 à $500, $300 à $400, $200 à $250.Les traitements de $150 à $200, qui n’étaient plus qu’au nombre de 195 en 1921-22, sont montés à 255 en 1922-23.Nous croyons que la reprise normale des affaires fera bientôt disparaître la gène économique dont ont souffert les campagnes dans ces derniers temps, et que la hausse des traitements reprendra la marche ascendante constatée de 1912 à 1921-22.Et cette marche ascendante devra s’accentuer afin que les commissions scolaires catholiques puissent bénéficier des quatre primes accordées par le Gouvernement pour les salaires minimums.Nous souhaitons que toutes les villes de la Province, notamment celles de Québec et Trois-Rivières, imitent celle de Montréal, qui a porté les traitements de ses instituteurs et de ces institutrices à un chiffre correspondant à l’importance de la profession d’éducateur.II.LES ÉCOLES NORMALES Au cours de Tannée scolaire 1922-23, j’ai visité les quatorze écoles normales alors en activité; en 1923-24, j’en aurai seize à visiter: les nouvelles écoles de Beauceville et de Saint-Jérôme sont ouvertes depuis les premiers jours de septembre.Il y a donc maintenant seize écoles normales catholiques en notre province: 14 de filles et 2 de garçons.Distribuées sur tout le vaste territoire de Québec, de Rimouski à Hull et de Chicoutimi à Sherbrooke, les écoles normales imposent à leur visiteur officiel, dans l’espèce l’Inspecteur général qui les visite au nom du Surintendant, une tâche utile et réconfortante, mais une lourde tâche.Etant données les longues distances et les deux journées consacrées aux examens, c’est dire que chaque école normale exige pratiquement une semaine, soit 16 semaines pour les seize maisons.D’autre part, le travail que poursuivent les cinquante-deux inspecteurs catholiques à travers la province, a une répercussion active et considérable au département de l’Instruction publique.Certes, 'grâce à l’activité et à l’expérience de mon assistant de bureau, M.J.-G.Tremblay, et grâce aussi au travail efficace de M.Antoine Dessane, officier d’une haute compétence chargé de tout ce qui L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 445 regarde l’état matériel des écoles, construction et hygiène scolaires, le service de l’inspection générale se fait avec esprit de suite et méthode.Mais le grand nombre des inspecteurs, le nombre relativement considérable des écoles normales, les exigences des nouveaux programmes, l’augmentation constante du nombre des municipalités scolaires et des écoles, la nécessité de poursuivre, en l’intensifiant, la campagne d’éducation et de persuasion entreprise il y a une douzaine d’années au moyen des congrès de commissaires d’écoles, voilà autant de besoins qui alourdissent la tâche de l’Inspecteur général, sans compter certaines initiatives nécessaires.C’est pourquoi je crois de mon devoir de répéter ce que j’ai déjà dit: un Inspecteur général adjoint s’impose.Ce projet a votre sympathie, Monsieur le Surintendant, et l’honorable Secrétaire de la Province l’a déjà accueilli avec une bienveillance marquée.Si je suis entré dans les détails qui précèdent, c’est afin de démontrer que la nomination d’un adjoint à l’Inspecteur général serait tout à fait justifiable.Pour remplir cette charge, un homme de tact et d’expérience a déjà été recommandé à qui de droit: je forme des vœux pour que cet officier soit bientôt associé au service de l’inspection général.Elèves dans les écoles normales En 1922-23, 1302 élèves ont fréquenté les écoles normales catholiques: 183 garçons et 1119 filles.101 élèves-instituteurs ont reçu un diplôme en juin 1923: 25 diplômes élémentaires, 41 modèles et 35 académiques.676 élèves-institutrices ont reçu un diplôme en juin 1923: 223 diplômes élémentaires, 296 modèles et 157 académiques.Soit un total de 777 diplômes.C’est donc 62 diplômes de plus qu’en 1921-22.Le nouveau 'programme des Écoles normales Comme celui des écoles primaires, le nouveau programme des écoles normales est en vigueur depuis septembre dernier.Préparé dans chacune de nos écoles de pédagogie au cours de 1922-23, l’essai du programme se fait donc en connaissance de cause.D’ailleurs, lors de mes visites de l’année dernière, j’ai constaté avec quel bon vouloir, principaux et pro- 446 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE fesseurs des écoles normales, se mettaient au courant des exigences du nouveau programme, afin de faire, cette année, un essai loyal du dit programme et de se conformer fidèlement aux instructions du Comité catholique.Le régime normalien est resté triennal, mais la modification principale c’est celle qui résulte du séjour obligatoire de deux ans dans une école normale pour obtenir un diplôme.Cette réforme fait disparaître l’ancien brevet élémentaire qui pouvait s’obtenir après une seule année d’école normale.Aussi, dans Je passé les trois quarts des normaliennes se contentaient du premier diplôme et entraient dans l’enseignement à titre d’institutrices diplômées d’une école normale, alors qu’elles n’avaient fait que le tiers du cours normalien.C’était une grave anomalie que le nouveau régime supprime du coup.Et le nouveau brevet élémentaire qui, règle générale, ne sera accordé qu’après deux années de formation professionnelle et comportera la valeur de l’ancien brevet modèle, favorisera de toute évidence l’élévation du niveau intellectuel et pédagogique de nos futures institutrices.Le Bureau central des examinateurs ayant adopté comme norme le nouveau programme des écoles normales, il s’ensuit que par toute la Province, les institutrices de demain devront se pourvoir au moins du brevet élémentaire nouveau, qui, je le répète, comporte la valeur de l’ancien brevet modèle.C’est un pas immense vers le vrai progrès.Je viens de mentionner le Bureau central, lui aussi s’est mis à date en étudiant avec soin la nouvelle situation pédagogique et, par des instructions claires et précises publiées dans U Enseignement Primaire sous la signature de son secrétaire, il a renseigné les maisons d’éducation et les futurs aspirants aux deux brevets sur la nature des examens de 1924 et des années à venir.Les Sections : agricole, commerciale et industrielle forment partie intégrante du programme des écoles normales de garçons, et la Section ménagère est également obligatoire dans les écoles normales des filles.La mise en activité de ces sections obligent les écoles normales à faire des aménagements ad hoc: musées et petit atelier, pour les garçons ; salles spéciales pour cuisine, coupe et couture, pour les filles; aussi des terrains assez vastes pour y faire des jardins scolaires.Ces améliorations, déjà commencées, seront sans doute menées à bonne fin, grâce à la générosité habituelle du Gouvernement. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 447 On redoutait un peu une diminution dans le recrutement des élèves institutrices, vu le séjour obligatoire de deux ans, avant d’obtenir un diplôme.La rentrée de septembre dernier a fait disparaître ces craintes: le nombre des normaliennes est resté le même, à quelques unités près, dans la plupart des écoles normales de filles, et dans quelques-unes, il est supérieur à celui des années précédentes.Nouvelles écoles normales de filles Les deux nouvelles écoles normales de Beauceville et de Saint-Jérôme ont ouvert leurs portes depuis septembre 1923.La première rentrée dans ces deux maisons a été des plus satisfaisantes : 69 élèves-institutrices à Beauceville et 45 à Saint-Jérôme.Dirigées par des principaux d’expérience et confiées respectivement à deux communautés renommées, les Sœurs de Jésus-Marie, de Sillery, et les Sœurs de Sainte-Anne, de Lachine, les écoles normales de Beauceville et de Saint-Jérôme sont appelées à faire beaucoup de bien dans les régions prospères au milieu desquelles elles ont été placées.LE PATRIOTISME A L’ÉCOLE En élévant l’histoire du Canada au rang des matières essentielles, le nouveau programme des écoles primaires élémentaires (1) affirme une vérité patriotique que nul ne saurait contredire, savoir: que l’élève des écoles doit connaître son histoire pour en parler avec fierté, et qu’il doit Y aimer pour lui rester fidèle, la défendre au besoin, et conserver intact l’héritage reçu des ancêtres.A cette culture du patriotisme par l’histoire nationale, le Comité catholique du Conseil de l’Instruction publique a voulu ajouter un procédé concret, celui du chant dans les écoles de notre magnifique hymne national: 0 Canada, terre de nos aïeuxl C’est à sa session du 1er février 1922, date désormais historique, que le Comité catholique a émis le vœu suivant: “En vue de développer de plus en plus l’amour de la patrie canadienne, il est résolu que les maîtres et les maîtresses soient priés de faire chanter au moins une fois la semaine, l’hymne national 0 Canada î ” (l) Dans le programme des écoles primaires complémentaires, l’histoire du Canada est classée dans Tes “matières communes invariables”, c’est-à-dire matière de première importance. 448 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Et depuis, dans toutes les écoles catholiques de la Province de Québec, dans les villes comme dans les campagnes, jusque dans les régions de colonisation, l’enfance et la jeunesse canadienne-française chantent chaque jour—c’est le témoignage des inspecteurs d’écoles—avec conviction et fierté les paroles superbement canadiennes-françaises de Rou-thier, que la noble et empoignante musique de Lavallée met si noblement en relief.Par la répétition quotidienne du chant national, les enfants de la Province de Québec pénétreront mieux le sens de notre patriotisme cana-dien-français qui est fait d’un passé glorieux et de traditions honorables.Aidés de leur maîtres, ils devineront tout ce que la terre natale, la vieille maison, le clocher du village, le cimetière où dorment les anciens, ils devineront, dis-je, tout ce que ces choses sacrées renferment d’infiniment doux au cœur canadien et de profondément attachant pour l’âme de la race.Très respectueusement, C.-J.Magnan, Inspecteur général des Ecoles catholiques.
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