L'enseignement primaire : journal d'éducation et d'instruction, 1 avril 1924, Avril
45ÈME VOLUME Québec, Avril 1924 No 8 LEnseignement Primaire ÉDUCATION—INSTRUCTION PÉDAGOGIE La méthode montessorienne (1) II.—Procédés pédagogiques D’après les principes montessoriens: “le maître doit se livrer, autant que possible, à l’étude de la personnalité nerveuse et mencale de chacun de ses élèves.Il devra tout faire aussi pour éveiller la curiosité des jeunes intelligences, stimuler l’activité, une source féconde d’intérêt intellectuel.Il n’oubliera pas que, pour faire progresser son écolier et redresser ses erreurs, la louange est souvent plus efficace que la réprimande, et qu’en tout l’enfant puisse sentir une âme qui parle à son âme (2).” Ces principes sont très sages, mais d’autres, avant Mme Montessori, ont proclamé que l’éducateur doit constamment provoquer, soutenir et diriger l’activité personnelle de l’élève.N’est-ce pas Montaigne qui a dit: “Ostez-moi la violence et la force, il n’est rien, à mon aclvis, qui abâtardisse et étourdisse si fort une nature bien née (3).” Avant l’auteur des Essais, saint Jérôme avait recommandé de faire aimer à l’élève ce qu’on lui ordonne.“Faites-lui faire par amour ce qu’il est obligé de faire par devoir, afin qu’il regarde l’étude plutôt comme un divertissement que comme un travail et qu’il s’applique par inclination et non point par nécessité.” Ce conseil du grand saint ne signifie pas la suppression de l’effort personnel, mais il veut dire qu’il importe, dans la première éducation surtout, d’éveiller l’intérêt nécessaire à tome application soutenue.Et le mérite de la méthode montessorienne, c’est de fournir aux enfants une série de jeux qui peuvent servir aussi de procédés d’enseignement.“L’élève aura à sa disposition des cubes, des cylindres, des plaquettes et tout un mobilier, avec lequel il exercera son besoin de mouvement et développera en même temps ses nerfs et son intelligence.” En vertu de cette théorie, c’est l’enfant qui choisira lui-même ce qui lui conviendra, afin de satisfaire son goût et de contenter son besoin de construire et de fournir un aliment à son imagination.A ce sujet, M.Datin dit avec raison: “Aucun éducateur ne contestera à Mme Montessori qu’il faut intéresser l’enfant à son travail.Mais alors que la réformatrice laisse à la propre nature de l’enfant et à son initiative le soin de discerner ce qui lui convient, d’autres penseront que l’élève a besoin d’être guidé.Certes, il faut laisser aux petits écoliers une certaine spontanéité dans leurs mouvements et leurs études; toutefois, au lieu de rester passive et simple observatrice, comme le recommande la doctoresse italienne, la maîtresse ou directrice ne devra-t-elle pas plutôt s’appliquer (1) Yoir L’Enseignement Primaire de mars 1924.(2) Les Etudes, 10 novembre 1923, p.451.(3) Citée par les Etudes. 514 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE pour que le temps ne soit pas gaspillé, à découvrir les choses qui intéressent, chacun de ses élèves (1) ?” Et M.Datin de conclure avec sagesse, que dans l’enseignement collectif, la personnalité de chaque enfant est un peu sacrifiée au groupe, mais on y procède avec ordre et méthode: l’élève 'profite de Vexpérience de Vinstitutrice.La méthode montessorienne réduit trop le rôle de l’institutrice à celui de témoin bienveillant des efforts de l’enfant.En effet, “la maîtresse montessorienne n’intervient pas dans le choix des jeux; théoriquement aussi, elle n’intervient pas dans l’explication des exercices.” Néanmoins, n’est-il pas admis par les meilleurs auteurs de pédagogie que le maître doit souvent inspirer à l’enfant “la joie de connaître,” et qu’il n’est pas toujours nécessaire d’attendre pour inculquer des connaissances à l’écolier que sa curiosité aspire à les recevoir.Il est de plus admis qu’il convient d’exciter avec prudence la curiosité de l’enfant, car le but d’une classe est de faire travailler l’élève, d’éveiller son esprit, de lui donner un exercice normal.Dans une classe, il ne suffit pas de donner à l’enfant des idées toutes faites, ni de lui fournir un aliment qu’il s’assimilera plus tard; de cette façon on ne ferait que travailler sa mémoire.“Il faut mettre en branle son intelligence, lui apprendre à voir, à s’appliquer, à réfléchir et à se rendre compte (2).” Ainsi le maître agit en classe; “il a le talent de faire agir les élèves, de soutenir leur attention, secouer leur torpeur, provoquer l’action, aider la timidité, guider la marche incertaine, mettre et maintenir sur la voie, intéresser tout le monde à l’œuvre commune (3).” Ainsi fait le lion ds La Fontaine, qui De ses moindres sujets sait tirer quelque chose Et connaît les divers talents.Il y a loin de ce sage principe à la doctrine montessorienne de “simple observation” imposée à l’institutrice.Certes, Mme Montessori parle d’or lorsqu’elle dit qu’il faut intéresser l’enfant à son travail; qu’il fait laisser aux petits écoliers une certaine spontanéité dans leurs mouvements et leurs études; qu'il faut louer et encourager leurs efforts.Mais de là à les abandonner à eux-mêmes, il y a un large fossé que les éducateurs d’autrefois n’ont pas voulu franchir: ils pensaient avec raison que “l’élève a besoin d’être guidé”, tout en lui laissant les initiatives nécessaires.(à suivre) C.-J.Magnan.-o- LA LITURGIE A L’ÉCOLE PRIMAIRE Son importance—Sa beauté III.'—MISSION LITURGIQUE DE L’ÉGLISE L’Église a donc le pouvoir d’avoir une liturgie et le devoir d’organiser cette liturgie, afin que le peuple chrétien puisse rendre à Dieu le culte public, social, officiel qui lui est dû, car, comme dit le saint pape Pie X, “la liturgie est la source première et indispensable du véritable esprit chrétien”.C’est donc l’Église, (1) Le?Etudes du 20 novembre 1923, page 449.(2) R.P.Bamvel, S.J., Causeries pédagogiques.(5) Ibid. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 515 c’est-à-dire la Hiérarchie Sacerdotale, qui est l’intermédiaire obligée entre Dieu et nos âmes, et qui a eu le devoir d’instituer la liturgie, “cette méthode authentique, écrit dom Festugière (La liturgie catholique), établie par l’Église pour assimiler les âmes à Jésus”.“L’Église, c’est le pape qui possède à lui seul dans toute sa plénitude le triple pouvoir qu’il a reçu du Christ comme docteur, prêtre et roi; ce sont les évêques qui le partagent avec lui pour les besoins de tous les fidèles et plus particulièrement pour ceux de leur diocèse; ce sont les prêtres qui reçoivent quelques-uns de ces droits de leurs évêques dans la mesure où ces derniers le jugent nécessaires; ce sont enfin les fidèles qui, soumis directement au pape, à leurs évêques et à leurs curés, professent avec eux la même foi, reçoivent par eux les mêmes sacrements et obéissent sous eux aux mêmes lois.” (Dom Lefebvre, La méthode de sainteté de VÉglise dans son culte officiel).Chaque jour la hiérarchie catholique revêtue du sacerdoce du Christ, c’est-à-dire les prêtres qui le tiennent de leur évêque et les évêques qui le partagent avec le pape, célèbrent dans le monde entier la sainte messe précédée et suivie de la récitation des heures canoniales.Chaque année, l’Église célèbre, dans un ordre établi, tout un cycle de fêtes.Usant du pouvoir qu’elle a reçu de Jésus, elle juxtapose d’une façon très méthodique dans le bréviaire et le missel les textes des saintes Écritures et l’Eucharistie, de sorte que toute la vie du Christ et de son corps mystique nous est montrée par ordre sur l’autel avec la louange liturgique qui chante annuellement l’existence du Sauveur et des glorieux habitants du ciel.L’Église, qui a reçu de son Fondateur le pouvoir d’organiser le sacrifice eucharistique et la prière liturgique, a aussi reçu le pouvoir de fixer les cérémonies et les rites pour l’administration des Sacrements, pour la bénédiction d’objets pieux que l’on appelle sacramentaux.Ayant reçu du Christ la mission d’enseigner, elle a organisé la prédication de la doctrine, confiant à ses prêtres et à ses évêques le soin d’instruire le peuple fidèle.C’est elle qui organise et surveille le chant sacré des offices publics; qui préside à la construction et à l’ornementation des églises et des cathédrales.“Vous vous dirigez, écrit Dom Cabrol (Les origines liturgiques) appelé par la voix sonore, pleine et puissante des cloches, vers une de nos magnifiques églises gothiques ou romanes, dans lesquelles le génie chrétien a déployé toutes ses ressources pour construire un temple digne du Dieu trois fois saint.Vous entrez et du premier coup s’exerce sur vous l’effet préparé et attendu par l’artiste chrétien.En pénétrant sous cette forêt de pierres qui s’élèvent du sol vers le ciel pour se croiser aux voûtes en berceaux élégants et hardis, votre âme est brusquement arrachée aux soucis terrestres, terrassée sous cette grandeur et cette majesté de la maison de Dieu, et vous vous prosternez sur les dalles, vous écriant, comme le publicain de l’Évangile: “O Dieu, ayez pitié de moi, qui suis un pécheur” (Luc, XVIII, 13).“Voyez s’avancer dans la nef une longue théorie de prêtres et de ministres aux vêtements amples, dont les lignes harmonieuses et hiératiques et les couleurs artistement nuancées rappellent ces statues d’évêques couchés depuis des siècles sur leur tombe de marbre, ou ces saints peints sur les verrières.“Pour soutenir cette procession solennelle, vous entendez des accords qui sortent des grandes orgues et qui se répandent sous les voûtes comme les vagues de la mer; les sons montent et descendent en flots pressés et remplissent l’édifice des harmonies les plus diverses.Bientôt des voix mâles, bien exercées, se mêlent au soprano argentin des enfants pour modeler mélodieusement une mélopée simple et primitive qui donne aux fortes paroles liturgiques toute leur valeur 516 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE et leur relief.Le chant grégorien est vraiment la paraphrase aérienne et mouvante de l’immobile structure des cathédrales.” Vraiment nos ancêtres, les chrétiens du moyen âge, savaient frapper les sens pour élever l’âme jusqu’à Dieu, et ils avaient mis à leur service l’architecture, la sculpture, la peinture, l’art des vitraux peints; “ils ont ainsi donné à la liturgie une beauté, une esthétique qui est constituée par la grandeur, la convenance, l’adaptabilité de l’édifice, la force et le sens des prières, la beauté des chants, des rites, des costumes, le recueillement des ministres et des fidèles, l’ordre, l’harmonie, la proportion entre le service et ce qu’il veut exprimer, c’est-à-dire la plus grande chose qui soit au monde, l’adoration de Dieu par l’homme (Dom Cabrol, Les origines liturgiques).Les décorations, dans l’art moderne, ne sont plus tout à fait du même genre.Cependant, nos églises, que l’on élève en un an au lieu d’y mettre un siècle et plus, sont d’ordinaire d’un genre pieux et l’on y trouve toujours les saints rites des anciens jours, les chants que l’on a ressuscités du passé, la voix tour à tour douce et puissante des orgues majestueuses.Les peintures de l’église Saint-Viateur-d’Outremont, dont nous a donné l’explication le père Gustave Lamarche, “réjouissent les yeux en même temps qu’elles parleot au cœur”.(à suivre) Un Clerc de Saint-Viateur.ENSEIGNEMENT DU DESSIN (18ème lettre) Dessin décoratif (Suite) (Droits réservés par l’auteur) Pour enseigner le dessin perspectif et le dessin géométrique, il faut posséder une collection d’objets-modèles.De même, pour enseigner le dessin décoratif, il faut posséder une collection de décorations-modèles.On crée petit à petit cette collection en composant des modèles en rapport avec la classe que l’on dirige.Pour former cette collection, on puise partout: papiers peints, tapis, broderies, dentelles, illustrations, etc.On extrait de ces choses ce qui seulement convient à notre enseignement.Pourquoi encore, posséder et se servir de ces décorations-modèles?C’est parce qu on ne peut demander à l’enfant de faire une décoration avec tels éléments saos qu’il ait vu ces éléments.Pour exprimer en cela des idées, il faut en posséder, et pour en posséder, il faut avoir vu des choses qui en donnent et en suggèrent d’autres.Suite des travaux à faire exécuter 1.Faire copier une décoration faite au tableau noir ou sur une graüde feuille; 2.Indiquer tels éléments, connus de l’élève, et lui montrer la manière de les disposer; 3.Avec tels éléments connus, lui laisser pleine liberté de les disposer; 4.Lui laisser le choix des éléments et lui faire composer une décoration de tel genre, ou dans le genre qui lui plaira. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 517 Vif Werne ejujo^c Vr ^ v J/ oxiQin e ~ Q//J//7 oTô • 11 i ) i i i ) i i i i | oV/77771» \ S \ \ VT O » «ni M I M ) I I » 1 l | • i s 1*1-1 SîiR?Ti'^i^hu.Tn'miîrjtù1 1- I .1- I V > > ; .) I I 1 I I I II ) Il u )>^ 518 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 519 2 o ^ ol t tAL>e6 •—0*iOCj»i‘i-i — 1 * 1 • 1 ' 1 * 1 * 1 * 1 * I • 1 * 1 1 II ol II o 1 II oljlol II 1 1 1 1 ! ! 1 1 1 1 A A -A A -A A" A* A * “t” ‘ “f~* A' ¦LFliFLPLrbr.jil A.j L ill ± ill ill ill ->7>$x3xSxSx.Ayzayz=m7^ S^V3’©!^^^' p>amadou fut découvert et le briquet composé.L’étincelle était obtenue assez promptement, mais il fallait encore souffler longtemps pour avoir la flamme.Tout cela ne valait pas nos allumettes, car, avec elles, il suffit d’un léger frottement pour faire jaillir la flamme dont nous avons à chaque instant besoin.— —-o- MATHÉMATIQUES Arithmétique PROBLÈMES SUR LES OPERATIONS FONDAMENTALES 1.En supposant qu’une tonne de pierre à ciment contienne 140 livres de silice, 116 livres de carbonate de fer, 15 livres de carbonate de magnésie, 57 livres d’alumine, 34 livres d’eau et de matières organiques et que le reste soit de carbonate de chaux, combien y a-t-il de livres de cette dernière substance ?So u ion : Dans une tonne il y a 2000 livres.140 + 116 + 15 + 57 + 34 = 362 livres de matières étrangères.2000 - 362 = 1638 livres de carbonate de chaux.Ré'p.2.Quatre personnes ont ensemble $31496: la 1ère a $8750; la 2e, $1072 de moins; la 3e $572 de plus que la 2e et la 4e a le reste: quelle est la part de chacune des trois dern ères personnes ?Solution : $8750 - $1072 = $7678, la part de la 2e Ré'p.$767- +$572 = $8250, la part de la 3e Réy.$8750+ $7678+ $8250 = $24678, la somme des parts des 3 premières.$31496 - $24678 = $6818, la part de la 4e.Rêp.3.Trois pièces de drap contiennent: la 1ère 120 verges, la 2e 26 verges de plus que la 1ère et la 3e 96 verges de moins que les deux autres ensemble.Quelle est la valeur des trois pièces si la verge vaut $4.28 ?Solution : 120 + 26 = 146 verges, longueur de la 2e pièce.(120 + 146) - 96 = 266 - 96 = 170 verges, longueur de la 3e pièce.120 + 146+170 = 436 verges, somme des longueurs des 3 pièces.$4.28X436 = $1866.08, valeur totale.Rép.4.Une personne interrogé sur son revenu annuel, répond que, si elle avait $330 de plus, elle aurait $125 à dépenser par mois.Quel est son revenu annuel ?Quel est son revenu mensuel ?Solution : $125X12 = $1500, ce que serait son revenu annuel si elle avait $330 de plus.$1500—$330 = $1170, son revenu annuel.Rép.$1170= 12 = $97.50, son revenu mensuel.Rép. RENSEIGNEMENT PRIMAIRE 561 Autrement: $330-7-12 = $27.50, ce qu’il lui faudrait de plus chaque mois pour avoir $125 par mois.$125 - $27.50 = $97.50, ce qu’elle a, revenu mensuel.Rép.$97.50X12 = $1170, revenu annuel.Rép.5.On mélange 96 livres de café à $0.64 la livre avec 64 livres à $0.56 la livre.A combien revient la livre de mélange ?Solution : $0.64X96 = $61.44, coût des 96 livres.$0.56X64 = $35.84, coût des 64 livres.96 + 64 = 160 nombre total de livres.$61.44 + $35.84 = $97.28, coût des 160 livres.$97.28-h 160 = $0.608, ou $0.61, valeur d’une livre du mélange.Rép.6.Un chapelier achète en fabrique 24 douzaines de chapeaux pour $504.Combien doit-il revendre chaque chapeau, pour gagner $115.20 sur le tout ?Solution: 24X12 = 288 chapeaux.$504 + $115.20 = $619.20, prix de vente des 288 chapeaux.$619.20-=-288 = $2.15, prix de vente d’un chapeau.Rép.Autrement: 504 = 288 = $1.75, coût d’un chapeau.$115.204-288 = $0.40, bénéfice à réaliser sur un chapeau.$1.75+ $0.40 = $2.15, prix de vente d’un chapeau.Rép.FRACTIONS 7.Par dessication le poids d’un mur diminue de lJlb environ.Le poids d’une verge cube de maçonnerie sechée, brique et ciment, étant 3850 livres, combien pèse une verge cube de cette maçonnerie fraîche ?Solution: 15/15 " Vis = 14/i5* 14/15 = 3850.15/15 = 3850-=-14/15 = 3850 X15/14 = 275X15 = 4125 livres.Rép.8.A, en vendant une maison à B, perd 3/iy du coût; B revend la maison pour $5600, à C et gagne 3+ de la somme qu’il avait payée.Combien C avait-il payé?Combien a -t-il gagné?Combien A avait-il payé?Combien a-t-il perdu ?Solution : 3/s + 3^ = Vs = $5600.3/3 = $5600X^4 =$1400X3 =$4200, somme payée par C.Rép.$5600 - $4200 = $1400, gain de C.Rép.17/17 “ V17 = 14/17 7 $4200.17/i7 = $4200 X17/14 = $300X17 = $5100, somme payée par A.Rép.t $5100 - $4200 = $900, perte d’A.Rép.9.Pour faire durcir une certaine quantité de caoutchouc naturel, on lui ajoute 173/5 livres de soufre.Le caoutchouc vulcanisé ainsi pèsa 1015/7 livres.Quel était son poids à l’état naturel ?Solution: 10 1 5/7 - 173/5 = 10 1 25/35 - 1721/35 = SU/ss ^vres- 10.La pomme de terre rend en fécule les 3/7 de son poids.On demande le rendement en fécule de 164 livres de pommes de J erre ?Solution : 3/7 de 164 = 164 X3/7 = 493/7 = 702/7 livres de fécule.Rép.11.Un négociant achète 168 verges de drap à $3.92 la verge; mais lj9> de la pièce est avarié et ne peut être vendu.Que doit-on vendre la verge du reste pour ne rien perdre ? 562 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Solution : Sur 8 verges il y a une perte de 1 verge; reste donc 7 verges qui doivent être vendues pour le coût de 8 verges.($3.92X8)-r-7 = $0.56X8 = $4.48.Rêy.Autrement'.$3.92 X168 = $658.56, coût de la pièce.168 - (Ls de 168) = 168 - 21 = 147, partie vendable ?$658.56 4-147 = $4.48.Réy.12.Les ^ d’un champ ont été vendus $409.50 de moins que n’auraient été vendus les 9/lc du même champ aux mêmes conditions.Dites le prix du champ; le prix des 2/3 et le prix des 9/10.Soluion: 9/i0 - % =27/3o ~ 2%o = Vso-7/30 = $409.50.30/3c = $409.50X30/7= $58.50X30 = $1755, le prix du champ.Rép.yi de $1755 = 2X$585 = $1170, le prix du 1er lot.Rép.9/io de $1755 = 9X$175.50 = $1579.50, le prix du 2e lot.Rép.SECTION AGRICOLE 1.Un laitier livre tous les jours, à ses pratiques, 120 gallons de lait; !es%de la quantité sont livrés en bouteilles d’une chopine, le reste en bouteille; d’une pinte.Combien lui faut-il de bouteilles de chaque espèce ?Solution : ^3 de 120 = 2X40 = 80 ga ons en boutei les d’une chopine Dans 1 gallon il y a 8 chopines 80 X 8 = 640 bouteilles d’une chopine.Rép.de 120=40 gallons en bouteilles d’une pinte.Dans 1 gallon il y a 4 pintes.40X4 = 160 bouteilles d’une pinte.Rép.2.Sur une superficie de 5 acres, un cultivateur a récolté 87 minots, 3 quarts de minot, et 6 pintes de blé.On demande la valeur de la récolte par acre si le blé se vend $1 15 le minot.Solution : (87 minots, 3 quarts, 6 pintes)5 = 17 minots, 2 quarts, 2^^ pintes.Dans 1 minot il y a 8 gallons ou 32 pintes.17X32 = 544 pintes.Dans 1 quart de minot il y a 8 pintes donc 2 quarts = 16 pintes.544-j-16+24/5 = 5627-=562.8 pintes dans 17 minots, 2 quarts, 24/5 pintes.($1.15X562.8) -^-32 = $647.22-^32 = $20.22, la valeur de la récolte par acre.Rép.3.Une tonne de fumier ordinaire contient en moyenne 10 livres d’azote 6 livres d’acide phosphorique et 8 livres de potasse.On demande lo le pourcentage de chacune de ces matières fertilisantes dans le fumier ordinaire; 2o la valeur de la tonne de fumier à raison de $0.15 par livre pour l’azote, $0.05 pour l’acide phosphorique et $0.05 pour la potasse.Solution : Dans une tonne il y a 2000 livres.10-f-2000 = 0.005 = 0.5% ou }A% d’azote.Rép.6 = 2000 = 0.003=0.3% ou 3/10% d’acide phosphorique.Rép.8 = 2000 = 0.004 = 0.4% ou 4/10% de potasse.Rép.$0.15X10 = $1.50 valeur de l’azote.$0.05X6 = $0.30 valeur de l’acide phosphorique.Rép.$0.05 X 8 = $0.40valeur de la potasse.Rép.$1.50-{-$0.30 + $0.40 = $2.20, valeur de la tonne de fumier.Rép. L’ENSEIGNE MENT PRIMAIRE 563 4.D’un incubateur ou l’on avait mis 879 œufs on retira 533 poulets; combien pour cent des œufs ont rapporté ?Solution: 533^879 = 0.60 = 60%.Réy.5.Des œufs au nombre de 279 couvés par des poules ont donné 219 poulets; combien pour cent des œufs ont rapporté ?Solution : 219-h279 = 0.785 = 78.5%.Réy.6.Un cultivateur répand 2 tonnes de chaux sur un champ d’une acre; sur chaque verge carrée combien y a-t-il d’onces de chaux ?Solution : 2000X16 = 32000 onces en tout.Dans 1 acre il y a 4840 verges carrées.32000-^4840 = 674/121 onces.Réy.SECTION INDUSTRIELLE 1.Un treuil est une machine pour élever verticalement les fardeaux.Il se compose d’un cylindre horizontal sur lequel s’enroule la corde qui soulève l’objet à élever, et peut-être mu à bras ou par un moteur.Le diamètre du cylindre d’un treuil est de 12 pouces.La manivelle a une longueur de 18 pouces.Quel poids pourra soulever un homme qui exerce une force de 100 livres sur la manivelle ?Note: Dans le treuil la force que l’on doit exercer sur la manivelle (ou yuis-tance) est une fraction du poids à soulever (ou résistance), dont le numérateur est le rayon du cylindre du treuil et le dénominateur, la longueur du bras de la manivelle.Cette fraction est plus petite que l’unité.Inversement, la résis ance est une fraction de la yuissance, dont le numérateur est la longueur du bras de la manivelle, et le dénominateur le rayon du cylindre.Cette fraction est plus grande que 1.Solution : Le layon du cylindre = 12^2 = 6.Le poids à soulever ou la résistance = 1876 de 100 = 3X100 = 300 livrés.Réy.2.Avec le même treuil que précédemment, quelle force faudra-t-il appliquer à )a manivelle pour équilibrer un poids de 147 livres soulevé par le treuil?Solution : La force =6/ls de 147 = ^ de 147=49 livres.Réy.3.Si le coût du transport d’une certaine quantité de marchandises, une distance de 42 milles, par chemin de fer, est de $1.26, combien faudra-t-il payer pour transporter la même quantité de marchandises, 35 milles, sur un chemin où le taux par mille est plus élevé de 20% ?Solution : $1.26-^42 = 10.03 le taux par mille dans le 1er cas.$0.03 X1.20 = $0.036, le taux par mille dans le 2e cas.$0.036X35 = 11.26, le taux pour 35 milles.Réy 4.On achète une quantité de minérais contenant 23% de cuivre, à $2.16 le quinta .Au coût de $0.69 par quintal de minérais, on réussit à extraire 95% du cuivre A quel prix, la tonne faut-il vendre le cuivre pour réaliser un bénéfice de 15% ?Solution : Dans 100 livres de minérais il y a 23 livres de cuivre.De ces 23 livres on extrait 95%, ou 23X0.95=21.85 livres de cuivre.21.85 livres de cuivre coûtent $2.16 + $0.69 = $2.85.Une tonne, ou 2000 livres, coûte ($2.85 X 2000)-é 21.85 = $5700 -é 21.85 = $260.87, le coût net d’une tonne de cuivre.$260.87 X 1.15 = $300.Prix qu’il faut vendre la tonne de cuivre pour gagner 15%.Réy. 564 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE SECTION COMMERCIALE 1.Je reçois aujourd’hui $13350 en remboursment d’une somme de $12000 que j’avais prêté il y a 30 mois ?A quel taux mon argent était-il placé ?Solution : $12000X0.01 =$120, l’intérêt de $12000 pour 1 an à 1%.Dans 30 mois il y a 2^ ans.$120X23^ = $300, les intérêts de $12000 à 1%, pour 2 ans 6 mois.$13350-$12000 = $1350, l’intérêt total.$1350^-300=4^%.Rép.2.En vendant une pièce de drap un marchand gagne 25% sur une partie de la pièce et 12% sur le reste.Le gain sur toute la pièce a été de 18%.Quelle fraction de la pièce a été vendu à 25% de gain et quelle partie à 12% ?Solution : Si toute la pièce avait été vendue à 25% de gain, le gain final aurait été de 25/100; mais le gain final n’a été que de 18/100 ; 27ioo - 18/ioo = 7ico de diminution.Cette diminution de 7/100 est due au fait qu’une partie de la pièce n’a été vendue qu’à 12% de gain au lieu de 25%.25/ _12/ — 13/ /ICO /ICO /ioo- 7/ioo~^13/ioo=7/i3de la pièce ont été vendus à 12% de gain.Rép.13/13 - 7/i3==6/i3 de la pièce ont été vendus à 25% de gain.Rép.Preuve : Soit $13 prix de la pièce.6/13 de $13 = $6, à 25% de profit = $1.50.7/13 de $13 = $7, à 12% de profit = $0.84.$1.50 + $0.84 = $2.34, le profit total.$2.34^-$13.=0.18 = 18%, le gain sur le tout.3.Un spéculateur acheta un terrain pour $15000.Il en vendit a moitié à 50% de gain, les 2/5 à $40 l’acre et le reste à 40% de perte.Sur le tout il gagna 45%.On demande la superficie du terrain en acres.Solution : $15000X$1.45 = $21750, produit de la vente du terrain.1 - (}^ + 2/5) = 1 - 9/io = 7ic> partie du terrain vendue à 40% de perte.(3^ de 15000) X 1.50 = $7500X 1.50 = $11250, produit delà vente de a mo tié du terrain.(Yjo de 15000) x(l - 0.40) =$1500x0.60x$900, produit de la vente du 1/10 du terrain.$11250 + $900 = $12150, produit de la vente de J^ + Vio^Vô’ 5/s ~ Ys = 2/5 Ie reste vendu à $40 l’acre.$21750 - $12150 = $9600, produit de la vente des 2/5.$9600 = $40 =240 acres, les 2/5 du terrain.2/5 = 240 ; Ys^lMOX5^^ 120X5 = 600 acres.Rép.4.A prête à intérêts simples, $300 à B pour un temps donné, à un taux donné; au bout du temps fixé B demanda et obtint un délai de deux ans, à condition de payer pour ces 2 années un taux additionnel de 1% Si B avait payé au bout du temps déterminé tout d’abord il n aurait déboursé que $360 en tout tandis qu’i a été obligé de donner $405.On demande le taux et le temps primitif ?Solution : $405 - 360 = $45, les intérêts de $300, au taux augmenté pour 2 ans.$45 = 2 = $22.50, les intérêts pour 1 an. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 565 $22.50-^-300 = 0.073/2 = 7;H> le taux augmenté.73^-1=63^%, le taux prim tif.Rép.300X0.063^2 = $19.50 l’intérêt pour 1 an.($360-$300H $19 50 = $60-h $19.50 = 37,3 années.Rêp.5.Un rentier place $4700 dans des obligations 33^% à 98 et une somme égale dans des 3% à 94.Trouvez le revenu dans chaque cas.Solution : ($4700-h98) X3^ = (4700X3^) -h98 = $1645098 = $167.86, revenu du 1er placement.Rép.($4700 -r- 94) X 3 = 50 X 3 = $150, revenu du 2e placement.Rêp.$167.86 + $150 = $217.86.Revenu total.Rép.6.Le capital d’un chenin de fer est composé d’actions préférentielles au montant de $2,000,000.00, portant ntérêt à 734%; et d’act’ons ordinaires, dont le revenu n’est pas garanti.Le revenu cette année donnerait 6% sur le capital tota , mais à cause du taux plus élevé sur les actions préférentielles le dividende sur les actions ordinaire n’est que de 5%.On demande le montant des actions ordinaires et le revenu total pour l’année.Solution: 734%_6% = 134%- $20,000,000.00X0.0134 ^ $25000, ce que les porteurs d’actions préférentielles reçoivent de plus que les porteurs d’un nombre égal d’actions ordinaires.Cette somme donné aux premiers diminue de, (6% - 5%), 1%; le dividende des secondes.Ainsi 1% du capital ordinaire = $25000.et 100% du capital ordinaire = $2,500,000.00.Rép.$2,000,000.00+ $2,500,000.00 = $4,500,000.00 le capital total.Rép.$4,500,000.00X0.06 = $270000, le revenu.Rép.FORMULES COMMERCIALES On nous demande de publier quelques exemples de formules commerciales telles que: factures, comptes, reçus, billets à ordre, traites, chèques, etc.' Modèle de facture M.Georges Fortin Sherbrooke, 24 août 1914.a acheté de R.Joncas & Cie.25 vgs coton .12 3 3K douz.boutons .10 35 4 vgs toile .70 2 80 1 parapluie 3 25 234 vgs velours de soie 3.60 9 18 40 Guide de l’élève.—Avec les données suivantes, rédigez deux factures d’après le modèle:—Toronto, 11 sept.1915.M.F.Ross a acheté de C.J.La very:—5.livres de thé à .35, 3 livres de café Java à .40, 4 livres de fromage à 566 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE .123^, 2 douz.d’oranges à .30, 2 boîtes de sardines à .25.-—Winnipeg, 23 juillet 1916.M L.Pagé a acheté de P.Grenier:—3 douz.de bananes à .20, 5 livres de sucre à .06, 1 tinette de beurre, 25 livres à .24, 2 minots de pommes à .75, 4 gallons de pétrole $ .25.QUITTANCES DE FACTURES Guide de l’élève.-—-Ecrivez une quittance pour chacune des factures que vous venez de rédiger, puis copiez les modèles de nouveau, et sur la ligne qui suit la signature écrivez le mot par suivi de vos initiales.C’est ainsi qu’un commis signe au nom de son patron.Pour acquit, 9 juin 1900, E.-D.Guay.Reçu Payement, 9 juin 1900, E.-D.Guay.FACTURE ACQUITTÉE M.Charles Dubois Halifax, 25 sept.1915.a acheté de Fr.Marceau, Marchand de Comestibles.6K livres de bifteck .12 78 3 “ “ viande hachée .13 39 4 11 “ lard .11 44 1 livre de beurre 24 2 livres de fromage •12^ 25 5 douzaines d’œufs.18 90 3 00 Reçu payement, 25 sept.1900, Fr.Marceau par J.N. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 567 Reçus $37 Vancouver, 9 jan.1897.Reçu de M.Guillaume Tell trente-sept piastres, à compte.E.-D.Guay.Guide de l’élève.—Ecrivez le reçu suivant:—11 février 1900.$34.00.Reçu de M.F.Ducharme trente-quatre piastres, pour solde de tout compte jusqu’à ce jour.H.Bertrand.COMPTE ACQUITTÉ EN PARTIE Montréal, 15 février 1924.M.Joseph Bonenfant doit à Edouard Grenier Marchand de nouveautés.1923 sept.15 30 verges de coton à $0.25 7 50 oct.18 24 verges de drap à $3.50 84 déc.21 3 nappes de table à $4.12 103 50 1924 fév.18 Par argent, à compte 80 Balance due 23 50 Joseph Bonenfant EFFETS A RECEVOIR Abréviation, Ef.à Rec.J.Thomas est marchand de farine.Le 3 avril 1914, il vend 50 barils de farine à $6, $300, à Geo.Bernard, de qui il reçoit le billet suivant: $300.Québec, 3 avril 'Wl^.A deux rnois de cette date, je paierai à Vordre de J.Thomas, trois cents piastres, pour valeur reçue.Geo.Bernard.Le billet ci-dessus est un Billet a ordre.Ce billet est payable à J.Thomas, ou à son ordre, c’est-à-dire à tout autre personne à laquelle J.Thomas ordonnera de le payer.Par ce billet, Geo.Bernard s’engage à payer $300 à J.Thomas, au bout de deux mois. 568 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Un billet a ordre est un engagement par écrit de payer au bout d’un espace de temps déterminé, à une personne nommée dans l’engagement, ou à l’ordre de cette personne, ou au porteur, une somme déterminée d’argent.En tenue des livres, les billets sont classés sous le titre d’EFFETS de commerce.Comme J.Thomas s’attend à recevoir le paiement du billet ci-dessus il lui donne le nom d’EFFETS a recevoir.Tout billet à l’ordre d’une personne est appelé par cette personne un EFFET A RECEVOIR.Pour la personne qui doit payer le billet c’est un effet a payer.DE LA LETTRE DE CHANGE OU TRAITE Supposons que N.Miller vous doit S800 et que vous achetez des mdises de E.Nolin pour S500.Vous désirez payer E.Nolin en lui donnant droit de percevoir de N.Miller $500 de la somme de $800 qu’il vous doit.A cette fin vous donnez à E.Nolin l’écrit ou le mandat suivant, communément appelé traite, adressé à N.Miller: TRAITE A DIX JOURS DE VUE $500.00.Québec, 25 juin 1923.A dix jourt de vue, veuillez 'payer à l’ordre de E.Nolin, cinq cents ^ piastres, pour valeur reçue, dont vous débiterez mon compte.Nom de l’élève à N.Miller, E.Nolin présentera cette traite à N.Miller, aussitôt que possible; celui-ci pourra, selon qu’il le jugera à propos, accepter ou refuser de s’engager à la payer à l’échéance; s il accepte il écrira sur la face de la traite et en travers le mot: Accepté, suivi de la date et de sa signature.L’acceptation se fait ordinairement à l’encre rouge.Si N Miller refuse d accepter la traite, c’est-à-dire de s’engager à îa payer à l’échéance, dans le langage commercial du pays on dit que cette traite a été déshonorée et E.Nolin est tenu d’en notifier immédiatement l’Elève; sans cette notification, ce dernier sera libéré de toute obligation à l’égard d’E.Nolin.Si l’Elève veut bien examiner la traite ci-dessus, il constatera qu elle renferme trois noms: lo Le premier est le nom de la personne qui parle ou ordonne; c’est le nom du Tireur de la traite; le tireur d’une traite est tenu de la payer si la personne à laquelle i a ordonné de payer fait défaut; en un mot il cautionne pour cette personne.Dans ce cas, YELve est le tireur-, si N.Miller fait défaut, l’Elève sera tenu de payer.Le nom du tireur est mis au bas de la traite à droite.2o Le deuxième est le nom de la personne à qui l’on parle,-—qui est invitée à payer; c’est le nom du tiré; dans ce cas N.Miller est le tiré; le nom du tiré précédé du mot à est mis au bas de la traite à gauche.Pour le tiré, la traite est un effet a payer.{Billet payable).3o Le troisième est le nom de la personne de qui l’on parle,-—fie la personne à laquelle le montant de la traite est payable; c’est celui du preneur ou bénéficiaire; dans ce cas, E.Nolin est le bénéficiaire; le nom du bénéfidiaire se trouve dans le corps de la traite; pour le bénéficiaire, la traite est un effet a recevoir.{Billet recevable). L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 569 En résumé, une traite est donc un écrit par lequel une personne, appelée tireur, ordonne à une deuxième personne, appelée tiré, de payer dans un temps déterminé une somme d’argent à une tierce personne, appelée bénéficiaire.Note.—Dans le langage commercial on dit que le Tireur a tiré sur le Tiré, ou encore que le Tireur a fait traite sur le Tiré; ainsi l’Elève dirait en parlant de la traite ci-dessus: “J’ai tiré sur N.Miller à l’ordre d’E.Nolin, etc.” ou “j’ai fait traite sur N.Miller à l’ordre d’E.Nolin, etc.;” N.Miller, s’il a accepté la traite, dirait: “J’ai accepté la trai-e de l’Élève à l’ordre d’E.Nolin, etc.” DES COMPTES EN BANQUE ET DES CHEQUES Il arrive souvent qu’un particulier qui possède de l’argent au lieu de le conserver chez lui le dépose dans une institution appelée banque, et qu’il paie ses dettes et retire les sommes dont il a besoin au moyen de mandais ou traites qui dans le cas présent reçoivent le nom de chèques.Lorsqu’on dépose des fonds dans une banque pour y avoir un crédit ouvert, on établit un compte à cette banque, sous le nom de Banque de Montréal, ou de Banque de Québec, etc., ou simplement de Banque.2 juin.—J’achète de N.Martin des mdises, $450, pour lesquelles je donne le chèque suivant : No 1.Québec, 2 juin 1923.BANQUE DE MONTREAL Payez à N.Martin, ou ordre, quatre cent cinquante ^5 piastres.L’Ehve.En examinant le chèque ci-dessus on constatera: 1.Que le chèque comme la traite porte trois noms: celui du tireur, du tiré et’du bénéficiaire; dans cet exemple le tireur est l’élève; le tiré, la Banque de Montréal; et le bénéficiaire, N.Martin.2.Que le nom du tiré sur un chèque est celui d’une banque et qu’il est généralement placé au haut du chèque.Sur présentation de ce chèque endossé par N.Martin, la Banque paiera au porteur $450.Ce chèque ainsi endossé et que l’élève peut réclamer à la Banque équivaut à un reçu de N.Martin.Pour qu’un chèque serve de reçu il est nécessaire qu’il porte le nom du bénéficiaire suivi des mots ou ordre.Si au lieu des mots ou ordre il y a les mots ou porteur, l’endossement n’est pas nécessaire, et le chèque sans endossement n’a pas la valeur d’un reçu.3 juin.—A.Richard Thomas, auquel je dois $49.75 je donne le chèque suivant : No 2 Québec, 3 juin 1923.BANQUE DE MONTREAL, X 75 • Payez à M.Richard Thomas, ou ordre, quarante-neuf piastres.$j9.75.L’Eltve.5 juin.—De M.Nolin, auquel je vends des mdises $85, je reçois le chèque suivant: No 17.Québec, b juin 1923.BANQUE DES MARCHANDS Payez à l’Élève, ou ordre, qua're-vingt-cinq imnc 00 ^•iôô.jïïG piastres.M.Nolin.John Ahern. 570 RENSEIGNEMENT PRIMAIRE LE CABINET DE ^INSTITUTEUR Le nid familial de Louis Fréchette Instruction religieuse (suite) (1) A LOUISE .Jamais, ma douce colombelle Devant ton pur regard le ciel ne se voila; Jamais aux voix d’en haut ton cœur ne fut rebelle; Et ton âme est encore aussi blanche, aussi belle Que ce jour-là (Jour du saint baptême).Oui, je te rends, ma fille, à Dieu, l’être suprême Qui t’oiivre en ce grand jour ses trésors infinis; Je te rends le front ceint des lys de ton baptême; Et parce que tu fus toujours bonne, et qu’il t’aime, Je le bénis! Plusieurs des intimes du poète surent se rendre agréables à leur ami en le priant d’assister à la première communion de leur fillette.Cette joie lui fut même ménagée au delà de l’Atlantique; à preuve la belle pièce en vers octosyllabiques dédiée à sa petite amie,Soledad Joannet, de Paris, et dont nous reproduisons les strophes suivantes: Il t’attend au banquet des anges; Approche, le couvert est mis; Les enfants, les fleurs, les mésanges, Tous les petits sont ses amis.Le prêtre vient, la cloche sonne, Voici Dieu; mon ange, à genoux! Tends-lui ta lèvre qui frissonne; Aime-le-bien et pense à nous! —Dans ta reconnaissance, Au doux Jésus qui t’aime tant Offre ta candide innocence, Et le bon Dieu sera content.On admettra sans difficulté, je présume, pour l’enfance de Louis Fréchette, une grande vivacité de sentiments et de convictions religieuses; et cette constatation inclinera à croire à la réalité du fait extraordinaire que le poète racontait au déclin de sa vie.Ne l’oublions pas, le miracle est surtout œuvre de foi ; le divin Maître n’a-t-il pas dit : Si vous aviez de la foi gros comme un grain de sénevé vous transporteriez les montagnes.Mais lisons l’attachant récit du rédacteur du Monde Illustré, en 1900 Dans ce récit, Louis Fréchette raconte avoir été, dans son bas-âge, le héros d’un fait qui semble tenir du miracle: “Nos plus proches voisins, nous dit le narrateur, étaient une famille anglaise du nom de Houghton.Pour ne parler que des enfants, cette famille se composait de deux garçons, Bonnie et Dozie, et d’une fille.Les deux garçons avec mon frère Edmond et moi, faisaient un quatuor assez bien assorti, l’aîné était précisément de mon âge, et le cadet de l’âge de mon frère._ “A propos de ces deux camarades d’enfance, il me revient à la mémoire un fait que je vais raconter avec la même sincérité naïve avec laquelle j’ai alors joué mon rôle dans cette circonstance.(1) Voir L'Enseignement Primaire de mars 1924. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 571 Si surprenante que soit cette histoire, je n’ai pas l’orgueil de croire que Dieu ferait un miracle pour exaucer une prière tombée de mes lèvres.Voici le fait tout simplement: “Un jour d’hiver, une affaire pressante appela M.et Mme Houghton à New-Liverpool.Manquant de servante dans le moment, et toute la famille ne pouvant voyager dans la même voiture, on prit le parti de laisser les deux petits garçons à la maison, après avoir obtenu de ma mère la permission, pour mon frère et pour moi, d’aller passer l’après-midi avec eux.Nous partîmes en gaieté, et les jeux s’organisèrent d’autant plus librement que nous n’avions personne pour entraver nos-ébats.Tout à coup, interrompant une partie de bagatelle:—Si nous allions manger du sucre! s'écria Bonnie.—Allons manger du sucre, fîmes-nous avec une touchante unanimité.“Les provisions d’hiver pour ceux qui en avaient les moyens, s’emmagasinaient à l’avance.Chez M.Houghton dont la maison était grande, on avait réservé pour cela une chambre non meublée, dans les mansardes.Il y avait là en particlier un minuscule mais appétissant boucaut de fine cassonade qu’il s’agissait d’aller visiter.Cette expédition ainsi proposée par l’aîné des enfants de la maison empruntait aux circonstances un caractère de légitimité qui à nos yeux ne la rendait pas trop incompatible avec nos notions d’honnêteté: nous étions en visite, nous n’obéissions qu’à une invitation généreuse.“Nous voilà donc grimpant les escaliers quatre à quatre et nous gavant dans le baril de cassonade comme des moineaux dans un boisseau d’avoine.Jamais nous n’avions fait pareille bombance.Mais les phis belles choses ont une fin et en particulier le goût pour la cassonade.Une fois rassasiés, nous songeâmes à la retraite.“Fatalité! nous avions fermé la porte derrière nous, et nous étions prisonniers.La serrure, suivant l’expression populaire était mêlée.Le bouton ne fonctionnait pas, et le pêne adhérait à la gâche comme une molaire dans son alvéole.Pas moyen de l’ébranler.Et avec cela pas un outil, pas un canif, pas même un clou sous la main.Il ne nous restait qu’à enfoncer la porte, ce qui comme on le pense bien, n’était pas une besogne pour des poings, des genoux et des épaules de dix ans.Impossible de se le dissimuler, nous étions bien et dûment prisonniers.On conçoit notre détresse : monsieur et madame Houghton pouvaient revenir d’un moment à l’autre; personne n’était là pour leur ouvrir la porte, et nous étions pris autant dire la main dans le sac.“H va sans dire que tous les efforts possibles avaient été faits.A tour de rôle et à cent reprises différentes, nous avions assailli la serrure, secoué et tourné le bouton à gauche, à droite, brusquement, doucement, en poussant, en tirant, en biaisant, en baissant, en remontant.Travail inutile.La sueur au front, les doigts écorchés, les poignets fourbus, nous nous regardions tous les quatre, atterrés, la mort dans l’âme.Il y avait plus d’une heure que nous nous épuisions en vains efforts, quand il me vint une idée:—Nous n’avons qu’une chose à faire, dis-je: prier le bon Dieu.Nos petits amis étaient protestants, et il s’élevait souvent entre nous des discussions assez vives sur la valeur relative de nos différentes religions.Je trouvais la nôtre bien supérieure, naturellement; et j’éprouvais une peur réelle en songeant que de si bons petits garçons, avec des parents si respectables, pour des Anglais, étaient destinés à brûler dans l’enfer durant toute l’éternité.N’était-il pas de mon devoir de leur ouvrir les yeux ?L’occasion était bonne pour cela et je résolus d’en profiter.—Laissez-moi prier le bon Dieu, dis-je, et je saurai bien l’ouvrir, moi, la porte.Et sans m’occuper de la moue d’incrédulité qui se peignait sur la figure de mes camarades, je m’agenouillai dans un coin, et me mis en prière.Oh! ma prière fut fervente, je vous l’affirme.Quand elle fut finie, je me relevai et dis à mes camarades : Essayez encore une fois maintenant.Et cette dernière épreuve ayant eu le même résultat que les précédentes, plein de confiance, ou plutôt sûr de mon coup—en honneur et conscience je n’exagère pas d’une syllabe—je mis la main sur le bouton de la porte.et la porte s’ouvrit.Je laisse à deviner le cri de triomphe que nous poussâmes en dégringolant les escaliers.Mais attendez, nous n’avions pas vu le plus beau.—Hein! dis-je tout à coup aux petits Anglais, vous voyez bien que c’est notre religion qui est la vraie.—Pas tant que ça, répondit l’aîné des Houghton; rien ne prouve que ma prière n’aurait-pas été aussi efficace que la tienne.—Veux-tu en faire l’épreuve?—Volontiers—-.—Eh bien! enfermons-nous de nouveau.La proposition n’avait rien de rassurant: on protesta; je triomphais.—Eh bien, dis-je, si vous ne voulez pas, c’est que vous n’avez pas confiance.L’orgueil révolté fut plus fort que la peur.—C’est bien, dit Bonnie, allons-y.Nous remontâmes dans le magasin aux provisions, mais sans songer à la cassonade, cette fois, je vous en réponds.“Enfermés de nouveau, nous essayâmes, chacun son tour, d’ouvrir la porte.J’y allai pour ma part—je l’affirme sur l’honneur—aussi consciencieusement que la première fois.Impossible! La serrure était plus mêlée que jamais.Les figures s’allongeaient à vue d’œil.Allons, fais ta prière, dis-je à Bonnie.Bonnie fit sa prière dans une embrasure, et revint à la porte.Il travailla de bon cœur, car il était hors d’haleine et tout épuisé quand il s’avoua vaincu.—A ton tour, Dozie.Mais Dozie avait perdu la tête, et sanglotait comme un sourd au-dessus du fatal baril de cassonade.“Le temps s’envolait vite; on entendait des grelots dans le lointain, il fallait agir et le de\oir m’incombait de sauver la situation.J’essayai de nouveau de faire fonctionner la serrure, et n’y parvenant point, je me mis en prière.Me relevant, je marchai droit à la porte, et l’ouvris sans le moindre effort, juste au moment où la voiture de M.Houghton entrait dans la cour.Voilà! Maintenant, j’ai raconté en honnête homme; me croira qui voudra.” 572 L'ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Qu’on ajoute foi ou non au récit dont on vient de prendre connaissance, le simple fait de l’avoir publié atteste chez l’auteur, l’ardeur de ses croyances religieuses.Louis Fréchette était alors dans sa soixantième année; il avait été élu, pour l’an 1900, président général de la Société Royale; et il faisait paraître “La Noël au Canada”.Cette dernière publication lui procura d’intimes jouissances: son âme se berça aux joyeux et religieux souvenirs de l’enfance de son fils et de ses trois filles, à l’occasion des touchantes histoires du Violon de Santa Claus, de Petite Pauline, de Jeannette et de Ouise; il se rappela, selon son expression, le “long chapelet des petits bonheurs oubliés” de son bas-âge, ses sentiments si pieux d’alors, sa profonde et naïve foi chrétienne qui lui avait valu de constater l’efficacité toute-puissante de sa prière à une intervention céleste visible qu’il s’empressa de consigner, le 13 octobre 1900, pour les lecteurs du Monde Illustré.En vérité, s’il n’a pas toujours vécu en fervant chrétien, Louis Fréchette n’a point cessé d’être im catholique convaincu et pratiquant; et il a agi, ainsi que nous le disions un jour, de façon à mériter que jamais ne “s’éteignit chez lui le flambeau qu illuminait le sanctuaire de son âme’ (1).Lucien Serre.-o- LA PREMIÈRE ECOLE DE MONTRÉAL (30 avril 1658) Vous vous figurez, peut-être, mes enfants, que la première école de Montréal ressemblait un peu à l’établissement vaste et commode où vous étudiez.Oh! point du tout.Je vais d’abord vous apprendre qu’il y a deux cent soixante et six ans que cette école fut ouverte.Vous savez ce qu’était alors Montréal ou plutôt Ville-Marie, comme on l’appelait: un petit fort qui s’étendait à peine du fleuve à la rue Notre-Dame, sur une longueur qu’on pourrait limiter par la rue McGill et la place Jacques-Cartier; ce fort comptait au plus quelques centaines d’habitants.La première école de Montréal fut.une étable de pierre.donnée par M.de Maisonneuve à la Sœur Marguerite Bourgeoys, fondatrice des Sœurs de la Congrégation de Notre-Dame.Cette étable se trouvait sur la rue Saint-Paul, un peu à l’est de ce que nous appelons “Place Royale”.La vénérable Mère Bourgeoys, première institutrice de Montréal, nous dit elle-même comment elle transforma en école ce bâtiment,le seul que M.de Maisonneuve put lui offrir.“Cette étable servait de colombier et de loge pour les bêtes à cornes; je la fis nettoyer, j’y fis faire une cheminée et tout ce qui était nécessaire pour loger les en-enfants.Je tâchai d’y réunir le peu de filles et de garçons capables d’apprendre.” C’est le 30 avril 1658 que l’on y ouvrit les classes, et les deux premiers écoliers inscrits furent Jeanne Loysel et Jean Desroches.Aux enfants des colons se joignirent bientôt quelques petites sauvagesses et même de petits sauvages.A eux, comme aux enfants français, ou enseignait d’abord à connaître Dieu, à l’aimer, à le servir; en même temps, on leur apprenait à lire et à écrire.La vénérable Mère formait aussi les petites filles à la couture, au tricot, aux soins du ménage.^ La plus pénible partie de cette tâche de première iustitutrice de Montréal devait^ être, sans doute, de civiliser les enfatns des bois, mais l’amour de Dieu, dont le cœur de la vénérable Mère Bourgeoys était rempli, lui adoucissait ce travail.Au fond de ces natures sauvages, elle voyait une âme semblable à celles des petits blancs; une âme que le bon Dieu aimait et qu’il voulait recevoir dans son beau ciel.Cours de Lecture, des Sœurs de la Congrégation de Notre-Dame.(1) L'Enseignement Primaire, juin 1919, p.632. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 573 L’ÉCOLE NORMALE DES FILLES DE MONTREAL.L’École Normale des filles, de Montréal, célébrera à la fin de juin prochain, le vingt-cinquième anniversaire de sa fondation; à cette occasion, avec l’approbation de l’honorable Surintendant de l’Instruction publique et du Comité catholique, il sera tenu un congrès pédagogique normalien, qui réunira toutes les élèves diplômées de l’École actuellement encore dans l’enseignement.Ces institutrices sont priées d’envoyer immédiatement à la Directrice, 992, Sherbrooke ouest, Montréal, leur nom et leur adresse.On leur fera connaître, plus tard, la date et le programme de ces conférences.Des réunions amicales auront lieu à la même École Normale et dans le même temps, pour toutes les anciennes qui n’enseignent pas; on recevra donc avec reconnaissance aussi toutes les adresses qui pourraient aider les religieuses à retracer les normaliennes des vingt-cinq années écoulées.FEU M.ANATOLE DE BOUCHERVILLE Ce descendant de Pierre Boucher,ancien gouverneur des Trois-Rivières, qui a passé la plus grande partie de sa vie à l’Ile-Maurice, vient de mourir à Paris.M.Anatole de Boucherville a joué un grand rôle dans la vie religieuse et nationale du groupe français de l’Ile-Mau-rice, passée sous la domination anglaise, à la chute de Napoléon 1er.M.de Boucherville fut surintendant de l’Instruction publique de l’Ile Maurice et directeur de la Croix, publiée pendant de longues années dans l’ancienne colonie française.Petit cousin des de Boucherville et des Boucher de la Bruère de notre pays, ce noble descendant de Pierre Boucher entretenait une correspondance suivie avec ses parents du Canada, notamment feu l’honorable Pierre Boucher de la Bruère, ancien surintendant de l’Instruction publique ,et le fils de ce dernier, M.Montarville de la Bruère.M.Anatole de Boucherville était un lecteur assidu de L’Enseignement Primaire, dont il fut le collaborateur il y a une vingtaine d’années.C’était un fier catholique et un grand français: son amitié fut pour nous un honneur et un réconfort.Il y a deux ans à peine il vint à Québec, à l’occasion du dévoilement de la statue de Pierre Boucher, statue placée dans une des niches de la ‘façade du Parlement.Il avait pour la patrie canadienne de son ancêtre un amour sincère et profond.Son dernnier effort intellectuel fut pour le Canada français: la livraison de janvier du Bulletin de la Société générale d’Éducation, de Paris, que nous avons en ce moment devant nous, nous apporte un article sur L’École au Canada français: cet article sera suivi d’un ou deux autres, semble-t-il.A titre d’hommage à la mémoire de M.de Boucherville, nous reproduirons ici son étude sur les écoles de notre province française et catholique.Nous recommandons aux prières de nos nombreux lecteurs et lectrices, ce fidèle ami de notre race et ce vaillant défenseur de la foi catholique.C.-J.Magnan.Où faire relier “L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE”.La fin de l’année scolaire approche,il convient donc de songer à faire relier L’Enseignement Primaire.M.Jérémie Richard, relieur, 31, rue Sault-au-Matelot, Québec, s’est fait une spécialité de relier cette revue convenablement et à un prix modéré. 574 L'ENSEIGNEMENT PRIMAIRE PIE X Le tribunal diocésain de Rome, chargé de l’introduction de la cause de béatification de Pie X, a commencé ses travaux.Déjà de nombreux miracles opérés par le Pape de la Communion fréquente ont été rapportés et clairement établis.BIBLIOGRAPHIE L’institutrice et Véducatrice dans les écoles libres.Librairie catholique Emmanuel Vitte, Paris, 5, rue Garancière.Écrit pour les institutrices catholiques de France, ce petit livre convient aussi aux institutrices canadiennes-françaises.Il expose les directives et les procédés d’éducation qui pourront guider la jeune institutrice , ou la jeune mère.Adrien Fortier.—Elève des Frères des Écoles Chrétiennes de Saint-Sauveur, Québec.Biographie édifiante d’un jeune écolier, qui mérite d’être répandue dans les écoles.Adrien Fortier fut un modèle que l’auteur propose à la jeunesse en termes les plus heureux.LIVRES RECOMMANDES Petit traité d’Apologétique.—Par M.le chanoine A.Beaudet, principal de l’École normale classico-ménagère de Saint-Pascal, P.Q.Dans une brochure d’une centaine de pages, le directeur et fondateur de l’École normale classico-ménagère de Saint-Pascal, expose avec clarté et méthode toutes les grandes vérités catholiques et il les défend avec une maîtrise parfaite du sujet.Nous recommandons le Petit traité d’Apologétique aux élèves des Écoles normales et aux aspirantes aux examens du Bureau Central.C.-J.M.POUR PARAITRE PROCHAINEMENT (Nouveaux livres rédigés conformément au nouveau programme d’études) Nous sommes heureux d’annoncer que les Sœurs de la Congrégation de Notre-Dame publieront bien tôt plusieurs manuels, conformément aux exigences des nouveaux programmes.Ainsi paraîtront succcssh ement: Manuel d’Histoire de la Civilisation chrétienne; Manuel d’Enseignement ménage (école primaire élémentaire et brevet élémentaire); Manuels de littérature: Études des textes, préceptes, histoire littéraire (brevet élémentaire et brevet supérieur.) L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 575 LITTERATURE CANADIENNE La Sucrerie (1) A l’une des extrémités de la propriété de Jean Rivard se trouvait, dans un rayon peu étendu, un bosquet d’environ deux cents érables.Il avait, dès le commencement, résolu d’y établir une sucrerie.Au lieu d’immoler sous les coups de la hache ces superbes vétérans de la forêt, les défricheurs Jean et Pierre improvisèrent, au beau milieu du bosquet, une petite cabane temporaire et, tous deux, un beau matin, par un temps clair et un soleil brillant, s’attaquèrent à leurs deux cents érables.Jean Rivard, armé de sa hache, pratiquait une légère entaille dans l’écorce et l’aubier de l’arbre, et Pierre, au moyen d’une gouge, fichait au-dessous de l’entaille la petite gou-drelle de bois destinée à recevoir l’eau sucrée suintant de l’arbre et la laisser tomber goutte à goutte dans l’auge placée au-dessous.Dès les premiers jours nos défricheurs purent recueillir assez d’eau pour faire un bon brassin de sucre.Ce fut un jour de réjouissance.La chaudière, lavée, fut suspendue à la crémaillère, sur un grand feu alimenté par des éclats de cèdre, puis remplie aux trois quarts de l’eau destinée à être transformée en sucre (2).V-îVi PM?mm.Ley!.* Il ne restait plus qu’à entretenir le feu jusqu’à parfaite ébullition du liquide, d’ajouter de temps en temps, à la sève déjà bouillante, quelques gallons de sève nouvelle, de veiller enfin, avec une attention continue, aux progrès de l’opération.Au bout de quelques heures, Pierre, allant plonger dans la chaudière une écuelle de bois, vint, avec sa gaieté ordinaire, la présenter à Jean Rivard, l’invitant à se faire une trempette en y émiettant du pain.(1) Tiré du charmant roman canadien, Jean Rivard le défricheur.En vente à la librairie Beau' chemin, Montréal.(2) Cette vignette est reproduite de l’excellent Cours de lectures graduées de l’abbé Roch Magnan.C.-O.Beauchemin, éditeur, Montréal. 576 L’ENSEIGKEMENT PRIMAIRE Pendant que les deux compagnons savouraient ainsi leur trempette, la chaudière continuait de bouillir, et beau s’épaississait à vue d’oeil.Bientôt Pierre, y plongeant de nouveau son écuelle, la retira remplie d’un sirop doré, presque aussi épais que le miel.Puis vint le tour de la tire.Pierre dispose un lit de neige, en couvre la surface d’une couche de ce sirop devenu presque solide, et qui, en se refroidissant, forme la délicieuse sucrerie que les Canadiens ont baptisée du nom de tire.Cependant la chaudière bouillait toujours.Pierre s’aperçut, aux granulations du sirop, que l’opération tirait à sa fin, et il annonça par un hourra! qui retentit dans toute la forêt que le sucre était cuit.La chaudière fut aussitôt enlevée du brasier et déposée sur des branches de sapin.En laissant refroidir la chaudière, il fallait agiter le contenu au moyen d’une palette de bois.Le sucre fut vidé ensuite dans des moules préparés d’avance, et, quelques minutes après, on en fit sortir plusieurs beaux pains d’un grain pur et clair.A.Gérin-Lajoie.UNE VISION DES VIEILLES TOURS DU FORT DE LA MONTAGNE (MONTRÉAL) Marguerite Bourgeoys a consacré nos tours: Son souvenir y vit, plus touchant en ces jours.Elles sont toujours là, nos vieilles tours de pierre, Avec leurs toits en pointe et leurs bardeaux noircis; De leurs murs lézardés, comme de leurs glacis, S’envole encore un bruit de lutte et de prière.“Oh! hé!” des Indiens, dont la main meurtrière Brandit le tomahawk; voix de colons rassis Criant le “garde à vous”; mots d'enfants indécis; Murmure des “Ave”; des chants de bréviaire.Mais une voix m’attire.Et ,saisi de respect, Je m’arrête et contemple, ô vénérable aspect! Une femme ,à l’air noble en sa blanche cornette.Épelle un très vieux livre où l’on parle des cieux.Au fils du laboureur, à l’agreste fillette: C’est ma sœur Marguerite instruisant nos aïeux.Abbé Dimberton, p.s.s.-o- LA TUBERCULOSE.—SAGE CONSEIL Apprenons à considérer la tuberculose comme une maladie dangereuse et mortelle, si on la néglige, mais aussi comme une maladie parfaitement guérissable, quand on se soumet immédiatement au régime approprié.Et si le souci de notre propre conservation ne suffit pas pour nous faire agir, pensons que notre négligence et notre indifférence exposent aux pires dangers tous les êtres chers qui vivent autour de nous.
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