L'enseignement primaire : journal d'éducation et d'instruction, 1 mars 1925, Mars
Québec, Maes 1925 No 7 46ÊME VOLUME LEnseknement Primaire ÉDUCATION - INSTRUCTION PÉDAGOGIE L’INSTRUCTION DES ENFANTS JUIFS En 1869, le loi d’Éducation de la Province de Québec fut amendée (1) et permit aux “personnes qui n’appartiennent ni à la religion catholique romaine ni à la religion protestante.” habitant les villes de Québec et de Montréal, de se faire inscrire sur la liste des neutres, c’est-à-dire des corporations, compagnies incorporées, etc.Le produit de la taxe des neutres étant réparti, dans chaque municipalité, entre les catholiques et les protestants, conformé-ment à la loi.Les enfants juifs, peu nombreux alors, fréquentaient plutôt les écoles protestantes; cependant un petit nombre allaient aux écoles catholiques.En 1870, un nouvel amendement fut apporté à la loi de Québec (2) et permit à “toute personne appartenant à la croyance judaïque” de faire inscrire sa propriété foncière, à son choix, soit sur la liste des catholiques, soit sur la liste des protestants.Les enfants juifs avaient le droit de fréquenter ou les écoles catholiques, ou les écoles protestantes.En 1903, nouvel amendement à la loi d’éducation (3), par lequel “les personnes professant la religion judaïque seront traitées, pour les fins scolaires, de la même manière que les protestants et, pour les dites fins, seront assujettis aux mêmes obligations et jouiront des mêmes droits et privilèges que ces derniers”.A cette date il y avait déjà 2,144 enfants juifs à Montréal.Depuis 1903, les enfants juifs fréquentent les écoles protestantes.Mais en 1922, la commission scolaire protestante de Montréal se plaignit que le fardeau que lui imposait la loi de 1903, était devenu trop lourd, car le nombre des enfants juifs atteignant 11,000 dans la seule ville de Montréal(4) et demanda l’abrogation de cette loi.La Législature n’abrogea pas la loi de 1903, mais adopta une loi spéciale (5) décrétant l’augmentation de la liste neutre et permettant à la commission scolaire protestante de recevoir de la taxe neutre le montant nécessaire pour combler chaque année “la différence entre le montant payé à la liste protestante par les propriétaires juifs et le coût (tel que calculé comme susdit à soixante piastres per capita) de l’éducation des enfants juifs qui fréquentent les écoles du bureau protestant.” En 1923, la commission scolaire protestante de Montréal revint àla charge et soumit à la Législature un amendement à la loi de 1903, par lequel les Juifs pourraient, comme autrefois, envoyer leurs enfants, soit aux écoles catholiques, (1) 32 Victoria, chap.16, 29.(2) 34 Victoria, chapitre 12, 9.Amendement ne concernant que les cités de Québec et de Montréal.(3) 3 Edouard VII, chapitre 16.1, 2, S, •?.6.(4) 11,974 en 1923.(5) 13, George V, Chapitre 44. 386 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE soit aux écoles protestantes.Cet amendement ne fut pas adopté non plusr mais le Gouvernement, afin de se renseigner parfaitement sur la situation scolaire de Montréal, particulièrement sur la situation faite aux protestants par l’augmentation constante des enfants juifs, nomma le 31 juillet 1924, une Commission spéciale d Éducation dont nous avons parlé dans la livraison de septembre 1924.Cette commission a présenté son rapport au Gouvernement, qui l’a soumis à la Législature au cours de la session présentement en cours.Relativement à la question juive, les commissaires ne se sont pas entendus: de là un triple rapport ou mémoire sur cette question.La Commission termine son rapport par les conclusions suivantes: Comme il y a divergence d’opinions considérable dans ces trois mémoires, et que les commissaires protestants et juifs n’ont pu réussir à arriver à une entente, après avoir longuement délibéré et discuté, la Commission générale formule les conclusions suivantes :-— “(a) Les commissaires désirent le maintien des deux systèmes scolaires, catholique et protestant, dans la Cité de Montréal, et se prononcent contre l’idée de créer un troisième système scolaire pour la population juive de Mont-jéal.^ Monsieur Joseph Schubert diffère, Messieurs Michael Hirsch et Samuel W.Cohen, concourent à la condition qu’une autre solution satisfaisante de la difficulté soit trouvée.“(b) En vue du dissentiment dans les opinions de Mtre Eugène Lafleuiy avocat, c.r., et de Mtre Wallace Nesbitt, avocat, c.r., mentionnées dans le mémoire des commissaires protestants et des commissaires juifs, messieurs Hirsch et Cohen, commissaires, suggèrent unanimement que pour solutionner d’une manière légale et équitable la question du droit des juifs, en rapport avec les écoles protestantes et autres sur l’Ile de Montréal, le Gouvernement devrait soumettre à la Cour d’Appel, et au besoin au Conseil Privé, les questions posées aux avocats ci-dessus et toute autre question se rapportant à la matière qu’il jugera à propos.“(c) Cette Commission recommande respectueusement au Gouvernement de maintenir le statu quo scolaire jusqu’à ce que les triubnaux aient rendu leur décision sur les questions qui leur seront soumises.“En signant ce rapport, les commissaires désirent exprimer tous les regrets qu’ils ont éprouvés de la mort de monsieur J.-Auguste Richard, membre de cette Commission, qui a démontré un bel esprit de civisme en prenant part d’une façon éclairée et assidue aux sessions et aux délibérations de cette Commission.” Comme l’un des mémoires émet l’opinion que la loi de 1903 est inconstitutionnelle, le Gouvernement, par l’entremise de l’Assistant Procureur général, a sounis à la Cour d’Appel de Québec, les questions suivantes: “1.—Le statut de Québec de 1903 (3, Edouard VII, chapitre 16), est-il ultra vires?“2-—En vertu du dit statut; (a) des personnes appartenant à la religion juive peuvent-elles être appelées à faire partie du bureau de commissaires des écoles protestantes de la cité de Montréal; (b) Le Bureau des commissaires des écoles protestantes de la cité de Montréal est-il tenu de nommer des instituteurs juifs dans ses écoles, si elles sont fréquentées par des enfants qui professent la religion juive?“3.-—La Législature a-t-elle le pouvoir de passer une loi pourvoyant à ce que des personnes professant la religion juive soient nommées: L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 387 (a) commissaires des écoles protestantes de la cité de Montréal; (b) membres du comité protestant du Conseil de l’Instruction publique; (c) membres consultants de ces deux corps?“4.—La Législature peut-elle passer une loi qui oblige la Commission des écoles protestantes delà cité de Montréal à nommer des instituteurs professant la religion juive dans leurs écoles fréquentées par des enfants professant cette religion ?“5.—La Législature peut-elle passer une loi pourvoyant à la nomination de personnes professant la religion juive sur la Commission Financière Métropolitaine suggérée dans le projet soumis par MM.Hirsch et Cohen.“6.—La Législature peut-elle passer une loi pour établir des écoles séparées pour Iss personnes qui ne sont ni catholiques ni protestantes ?“7.—Si l’Acte de 1903 est inconstitutionnel, les protestants ont-ils le droit, en vertu de la loi actuelle de Québec, de permettre aux enfants qui professent la religion juive de fréquenter les écoles: a) comme faveur ?b) en droit ?c) La' province peut-elle obliger les protestants à recevoir les enfants professant la religion juive dans de tellss conditions?” La question scolaire juive en est là.donné son avis, le Gouvernement procédera.Lorsque la Cour d’Appel aura C.-J.MaGNAN.HISTOIRE DE L’ÉDUCATION Le Vénérable J.M.de Lamennais (1780-1860).Fondateur des Frères de l’Instruction chrétienns (Pour L1 Enseignement Primaire) L’abbé J.M.deLamennaisoccupe une place éminente dans le groupe des bienfaiteurs de l’enfance au XIX siècle.Comme le P.Champagnat, il se fit l’apôtre des enfants des campagnes.La Révolution et l’Empire avaient jeté deux générations dans une ignorance profonde.Le nombre des maîtres était insuffisant et, beaucoup d’enfants ne fréquentaient aucune école.Vivement ému de cet état lamentable, il réunit à Saint-Brieux quelques jeunes gens et les forma lui-même à l’enseignement (1817).Plus tard, il transféra le siège de son Institut à Ploërmel et le développement de son œuvre fut merveilleux.En 1827, ses Frères dirigeaient cinquante-sept écoles.Le fondateur eut la consolation d’ouvrir en Bretagne et dans l’Ouest de la France de nombreux établissements et d’envoyer ses disciples dans les missions lointaines des Antilles et du Sénégal préparer par l’instruction chrétienne l’émancipation des noirs.Méthode d’enseignement.—J.M.de Lamennais eut à lutter pendant quelques années contre les écoles mutuelles dites lancastériennes.Elles avaient l’avan- 388 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE tage de procurer l'éducation au maximum d'enfants avec le minimum de maîtres.Mais elles négligeaient de parti pris l'enseignement religieux.On n'expliquait pas le catéchisme, disant “que cela regardait les curés”.Les sociétés établies pour encourager cet enseignement déclaraient que “les exercices religieux des classes seraient réglés de manière à ce qu’ils puissent être également pratiqués dans toutes les communions auxquelles les lois accordent une égale protection”.En somme l’enseignement mutuel était le précurseur discret de l'école sans Dieu.(1) Le fondateur des Frères de l'Instruction chrétienne adopta le mode simultané—mutuel et individuel qu’il modifiait selon les circonstances.“Nous modifions, dit-il, notre méthode selon les localités et le nombre d’enfants que chaque maître est chargé d’instruire.Notre système n’est point absolu; nous pouvons donner tous les genres de leçons et sous toutes les formes, individuelle, simultanée et mutuelle, suivant les besoins des localités.” Quant à la méthode générale, il adopta la Conduite des Écoles comme le code des Frères enseignants: “Conformez-vous exactement, disait-il à ses Frères, à ce qui est marqué dans la Conduite pour la tenue des classes”.Discipline.—M.de Lamennais voulait dans les écoles une bonne discipline; il la regardait comme la condition de l’éducation et la source de tout progrès.Mais il n’admit jamais les pénitences afflictives dont l’usage était courant à son époque.“Ne frappez jamais vos enfants ni avec les mains ni avec la gaule”, disait-il.Il ne reculait pas cependant devant les sévérités nécessaires.“S’il y a des enfants incorrigibles dans votre classe, écrivait-il, n’hésitez pas à renvoyer les plus mauvaises têtes.Dans ces cas-là, il est indispensable de faire un exemple”.Enseignement.—Dans l’enseignement il vise surtout au pratique.La religion, la lecture, l’écriture, l’orthographe, le calcul, forment le programme essentiel de ses écoles; il y ajoute quelquefois le dessin et l’arpentage.Sur plusieurs points importants, J.M.de Lamennais a devancé son époque.Son amour pour l’enfance et son désir d’améliorer les conditions du peuple lui firent comprendre que les programmes devaient avoir un caractère régional.Les règlements de 1833 avaient, en effet, le grand tort d’imposer à toutes les écoles de France le même programme, “de sorte, disait le fondateur des Frères, que le fils du paysan de Cornouailles, destiné à labourer son champ toute sa vie, devait pâlir sur les mêmes livres que celui de l’ouvrier de Marseille ou du petit bourgeois d’Orléans”.Cette uniformité devenait plus choquante encore dans les écoles primaires supérieures qui auraient dfi avoir un caractère nettement professionnel.C’est d’après cette idée juste qu’il résolut d’adapter de plus en plus l’enseignement de ses écoles à la carrière probable que devait embrasser l’enfant.Dans les villes importantes, il faisait donner aux élèves des leçons de dessin, de mathématiques, de comptabilité, d’hydrographie.Il désirait aussi former des ouvriers habiles en toutes sortes de métiers.Cette idée fut réalisée à Ploërmel.On reçut dans cette maison de jeunes apprentis et sous la direction de Frères spécialisés on vit s’installer des forges, des fabriques de meubles et de voitures.Il écrivait avec une profonde satisfaction: “Nous avons ici à Ploërmel des menuisiers, des tisserands, des tailleurs, des serruriers, des maçons, des tourneurs, des charrons, etc., et nous apprenons ces divers états à des enfants pour une somme très modique.En sortant de (l) Mgr Laveille.J.M.de Lamennais, I, p.234-235. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 389 chez nous, nos jeunes gens gagnent plus que ceux qui font ailleurs leur apprentissage, parce qu’ils sont plus instruits.Je voudrais qu’il me fut possible de développer une œuvre si utile”.Il se préoccupait également de répandre dans les campagnes bretonnes la connaissance des meilleures méthodes de culture.Le moyen le plus pratique lui paraissait la fondation d’écoles d’agriculture.S’il ne put réaliser cette œuvre; il demanda à ses Frères d’introduire dans leurs classes des leçons d’agriculture, et grâce à cet enseignement, les Bretons obtinrent des récoltes d’un sol qui ne produisait qu’ajoncs et broussailles.Plus tard, un de ses disciples, le Rév.Frère Abel, poursuivant l’idée du fondateur et de ses premiers collabo-tateurs, créa dans les provinces du Nord-Ouest un immense mouvement en faveur des campagnes.Ses expériences décisives, sa propagande aussi active qu’intelligente, enseignaient l’art de vivre à l’aise sans quitter le coin de terre natale.Grâce à lui le paysan fut conquis et l’émigration vers les villes se ralentit (1).Formation morale et religieuse.—Il regardait la formation morale et religieuse des enfants comme le devoir essentiel des maîtres chrétiens.Il écrivait à un ministre: “Nos écoles sont instituées pour faire connaître Jésus-Christ”.Aussi régla-t-il que les Frères donneraient un temps considérable à l’enseignement religieux, sans pourtant négliger l’enseignement profane.“Il est bon, sans doute, disait-il, que les enfants sachent ce que c’est qu’un baromètre ou un télégraphe, mais il est plus important encore qu’ils commencent à apprendre leurs prières en commençant à apprendre à lire”.Il veut que ses Frères forment les enfants au bien non seulement par leurs paroles mais par leur conduite et le détail de leur vie quotidienne.Ils doivent se faire les anges gardiens des jeunes âmes.Il rappelait souvent aux maîtres que leur temps est sacré.Dans ses lettres et ses entretiens il revient souvent sur l’excellence de l’éducateur chrétien.“Ah! si nous connaissions le prix d’une âme, loin de trouver la classe pénible et de nous plaindre des peines de notre état, nous serions prêts à sacrifier notre vie pour procurer à ces tendres enfants le bienfait de l’éducation chrétienne”.Succès de son œuvre.-—L’oeuvre de J.M.de Lamennais s’étendit de son vivant dans une partie considérable de la France et dans les colonies.Les écoles de la Guadeloupe, de la Martinique, du Sénégal, de la Guyane, de Saint-Pierre et Miquelon produisirent un grand bien dans ces contrées lointaines.Quelques-uns de ses religieux, par l’ascendant qu’ils exerçaient sur la population nègre et par leur esprit d’initiative, rendirent les services les plus éminents à l’influence française (2).A sa mort, son Institut dirigeait 299 écoles.Au début du XXe siècle, les Frères de l’Instruction chrétienne, au nombre de 3700, possédaient 460 établissements et donnaient l’éducation à 75,000 enfants.(1) Mgr Laveille, J.M.de Lamennais, II, 624.(2) L’héroïsme du F.Didier-Marie, mort au Sénégal après 40 ans d’apostolat, toucha profondément l’âme de Sarcey, et il consacra à l’humble religieux une de ses chroniques.“Voilà un homme heureux, dit-il, car il a fait son œuvre, et cette œuvre, bien qu’obscure et humble, était bonne et abondante en fruits.S’en aller mourir là-bas, après avoir enseigné le ba ba à quelques douzaines de négrillons, ce n’était pas une perspective bien séduisante.Il s’est résigné, il a pris sa tâche au sérieux, à cœur, comme disent les bonnes gens-, il a mis toute son âme, et consacré toutes ses forces à l’accomplir.Il a vécu quarante ans d’une même pensée et d’un même travail.Il a aimé ce peuple noir, parce qu’il l’a instruit; et il ne l’aurait pas instruit s’il ne l’avait pas aimé; et il n’aurait pas été l’homme heureux que nous décrivent ses panégyristes, s’il n’avait pas aimé et instruit.” O Sarcey, que de chroniques semblables vous auriez pu écrire, si vous aviez mieux connu le dévouement des religieux enseignants! 390 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Nous saluons à bon droit dans Pillustre prêtre breton, l’un des plus grands éducateurs du XIXe siècle.Il a contribué d’une manière très efficace à l’amélioration du sort des classes populaires; il est un de ceux qui ont le mieux compris la nécessité de l’enseignement technique et professionnel.A tous ces titres il a bien mérité de l’Église et de la France.Bibliographie.-—E.Herpin, J.M.de Lamennais, ses grandes idées, et ses grandes œuvres.(Ploërmel, 1897).—Mgr Laveille.J.M.de Lamennais.(Paris, 1902).—S.Ropaitz .La vie et les œuvres de J.M.de Lamennais, (Paris, S.D.).Fr.P.G.LE TABLEAU NOIR Sa NECESSITE, COMMENT IL PERMET DE RENDRE L’ENSEIGNEMENT INTUITIF, Quelles matières du programme réclament particulièrement l’emploi du tableau noir, quand et comment se servir DU TABLEAU NOIR?De tous les objets pédagogiques composant le matériel d’enseignement d’une école, le plus nécessaire, le plus indispensable est le tableau noir.Il passe avant les livres, les cartes, etc., etc.C’est le grand livre commun à toute la classe, au maître comme aux élèves.Il faut l’avoir continuellement, ou presque, devant les yeux.Il est le moyen par excellence de rendre l’enseignement intuitif et vivant.Le maître ne saurait donc craindre d’en faire un usage exagéré.Car c’est au tableau noir qu’un bon maître doit étudier avec ses élèves toutes les spécialités du programme, en faisant un large emploi de la méthode d’observation et d’invention.Cet excellent procédé frappe l’imagination des élèves, fixe leur attention, met de la vie dans les rangs, de l’activité et de l’intérêt dans les leçons et dans les devoirs.Pour la correction, rien ne sauve plus de temps.Si les tableaux noirs sont défectueux, trop petits, ou mal placés, c’est un mauvais signe pour les commissaires et pour le maître.Quand je visite une école, les tableaux noirs ont mes premiers soins.Je vois s’ils sont en bon ordre, s’ils sont bien placés, si on les utilise comme il faut.Pour un maître zélé, il est toujours possible de se procurer des tableaux noirs en nombre suffisant pour les besoins de sa classe.Un papier vert, à fenêtre, fixé au mur, pour quelques sous, fera très bien l’affaire.Ce n’est pas l’idéal, mais cela suffit.Souvenons-nous qu’un des meilleurs et des plus sûrs moyens pour le Curé, les commissaires et l’inspecteur de se faire une idée exacte de la valeur de la classe, des méthodes pédagogiques en usage, de l’esprit qui y règne, de la compétence et du dévouement du maître, c’est l’usage qu’ilfait, avec ses élèves, du tableau noir.On a dit, avec raison, que les meilleures écoles sont celles où l’on use de plus de craie.Nulle affirmation n’est plus exacte.Les meilleures écoles, les seules vraiement bonnes au double point de vue de l’acquisition des connaissances pratiques et du développement intellectuel, sont celles où non-seulement le L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 391 maître a pour ainsi dire continuellement la craie à la main, mais où les élèves, eux-mêmes, sont le plus fréquemment envoyés au tableau noir.Tout le monde admet aujourd’hui que le rôle du maître ne doit pas se borner à faire étudier et réciter “les leçons”, mais qu’il doit s’attacher à les faire bien comprendre, que savoir “par cœur” n’est pas nécessairement savoir, et que pour la correction des devoirs, il ne suffit pas de dire: “C’est bien” ou “C’est mal”.Ni même d’indiquer ce qu’il fallait faire.Il faut le montrer, le prouver, ou mieux encore, le faire trouver par les élèves au tableau noir.Si le maître se contente d’expliquer de vive voix, rien ne garantit que les élèves entendront, comprendront, le suivront exactement, même s’ils semblent attentifs, le regarder, le suivre dans les yeux.Au contraire, il y a bien des chances qu’il en soit autrement, la mobilité de l’esprit de l’enfant est si grande.D’ailleurs, nous-mêmes, et cependant nous avons une plus grande force d’attention que les enfants, nous ne sommes certains de bien connaître une expression nouvelle qu’après l’avoir vue écrite.Or, pour les enfants, tout n’est-il pas nouveau?Pourquoi laisser du vague, de l’incertain dans leur intelligence?Pourquoi exiger tant d’effort à ces esprits en formation?Faisons donc continuellement usage du tableau noir pour l’enseignement de toutes les matières, à tous les degrés de l’école primaire élémentaire et même complémentaire.Les paroles volent, les écrits restent.Certes, les paroles volent, et, si vite pour les enfants de cinq à 16 ans, que leurs petites oreilles ont à peine le temps de les saisir et ne parviennent que rarement à les fixer dans leur esprit.Puis, s’il est vrai que les connaissances ne s’acquièrent que par le canal des sens, on peut dire que l’œil est bien, par excellence, l’instrument d’éducation et d’instruction.Quel est celui d’entre nous qui peut se vanter de pouvoir rapporter exactement les paroles entendues dans telle ou telle circonstance?Bienheureux lorsqu’on a pu retenir le sens général.Il n’en est pas de même lorsqu’on a lu ou écrit la phrase.Les mots peuvent se représenter exactement à la mémoire.Mais alors, me dira-t-on, vous condamnez la leçon orale, que vous avez toujours recommandée.Non, non, j’ai déjà démontré dans une causerie précédente que la leçon orale est le seul moyen de soutenir l’attention des élèves, de les amener à comprendre, de rendre l’enseignement vivant, intéressant et par suite vraiement fructueux, mais toujours à condition que cet enseignement oral se donne au tableau noir.Ces deux excellents procédés doivent marcher de pair, l’un n’exclut point l’autre.Au lieu de parler, avec les jeunes, sans se préoccuper d’être entendu, suivi, compris d’eux, le maître intelligent, fixe d’un mot, d’une courte phrase, les principaux points de sa leçon, au tableau noir; de cette façon, les élèves voient en même temps qu’ils entendent, ils ne sont plus exposés à acquérir des idées fausses ou des notions inexactes, comme il arriverait nécessairement, je dirai, avec un enseignement trop exclusivement oral.La vue vient ainsi au secours de l’ouïe et la complète.Lorsqu’il faut revenir sur la leçon donnée et s’assurer, par une série d’interrogations, que les élèves ont compris et qu’ils ont retenu les idées essentielles, ce travail est encore facilité par les annotations écrites au tableau noir, de sorte que lorsqu’on demande aux enfants d’étudier au livre, leur leçon est déjà sue, et il ne leur faut plus qu’un petit effort de mémoire pour se l’assimiler entièrement.Je comprends que les leçons données, expliquées de cette manière, demandent beaucoup de travail, de zèle de la part du maître Le faisant, il remplit sa tâche, il fait son devoir.Les résultats seront nécessairement heureux à la fin 392 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE de l’année.Tandis que celui qui se contente de dire, pour demain, vous aurez de tel numéro à tel numéro, ne fait pas son devoir, ne remplit pas ses obligations: résultats médiocres.Rien ne peut remplacer le tableau noir pour les indications et les explications d’ensemble.S’agit-il de faire comprendre exactement aux élèves ce qu’ils ont à faire dans tel dévoir, de leur montrer même comment il faut disposer le travail, le tableau noir est là.Tout le monde voit et nul ne peut invoquer cette excuse de n’avoir pas compris ce qui était exigé.Sans le tableau noir, pas d’enseignement simultané possible.Il faudrait dans bien des cas que le maître passe derrière chaque élève pour le guider, mais quelle perte de temps et quelle cause de trouble et d’indiscipline.Et si tout cela est vrai pour les enfants débrouillés, combien à plus forte raison, peut-on le dire, des classes des petits, qui comprennent difficilement et à qui il faudrait pouvoir montrer toutes les choses dont on parle.A défaut d’objet, on peut presque toujours, en quelques coups de craie, mettre sous leur yeux une représentation assez exacte de l’objet en question.Pour la correction des devoirs, l’utilité du tableau noir apparaît plus nettement encore.Qu’il s’agisse d’orthographe, de calcul, d’histoire, etc., l’insuffisance des corrections purement orales n’est plus à démontrerai faut que l’enfant voie les rectifications à opérer.Pour la dictée, par exemple, l’épellation de vive voix, assez longue, n’est pas toujours suffisamment suivie par les élèves, qui n’arrivent pas, si attentifs qu’ils soient, à corriger exactement.En calcul, est-il besoin de dire qu’il ne suffit pas de donner la réponse exacte, il faut que l’enfant qui s’est trompé voit ce qu’il aurait dû faire.Mieux encore, il faut qu’il le fasse lui-même, devant ses camarades, au tableau noir.Les corrections individuelles, les annotations sur les cahiers ne remplissent pas le même but, n’obtiennent pas les mêmes résultats.On peut même dire que, sauf les plus grands élèves, ceux qui sont déjà assez avancés pour comprendre toutes les remarques du maître et se rapporter à leurs livres, et assez raisonnables pour chercher à s’instruire sans y être en quelque sorte contraints, ces corrections et ces annotations qui prennent tant de temps au maître sont pour la plupart perdues pour les élèves qui ne les lisent pas ou qui ne les comprennent pas.C’est donc avec raison que tous les pédagogues prescrivent que les corrections de devoirs, autres que les exercices de rédaction et de composition française aux élèves des cours supérieurs et complémentaires, doivent se faire en commun et au tableau noir.En résumé, c’est la craie et le tableau noir qui permettent de s’adresser avec fruit à la masse des élèves, d’être suivi de tous et de donner l’enseignement commun.Sans la craie et le tableau noir, il n’y aurait pas, au vrai sens du mot, d’école, mais une série de cours privés de leçons particulières.Alors, seuls, les plus intelligents des élèves pourraient profiter un peu des leçons du maître et faire quelques progrès.Les autres, 90%, resteraient bientôt en arrière.Comme la différence ne pourrait aller qu’en s’accentuant, on en viendrait bientôt à l’enseignement individuel, c’est-à-dire à l’impossibilité de tout progrès sérieux, attendu qu’on ne peut demander à un seul maître de s’occuper de 30 enfants chacun en particulier et de leur expliquer devoirs et leçons.(à suivre) (1ère visite 192^-25) Un Inspecteur d’Écoles. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 393 HONNEUR A L’ECOLE PRIMAIRE RURALE! Une institutrice de la campagne témoin du succès de l’un de ses anciens élèves à la Chambre des Communes, à Ottawa.Une ancienne institutrice assiste à une séance de la Chambre des Communes.L un de ses anciens élèves, arrivé au premier rang de là députation fédérale, parle avec éloquence et autorité, en anglais et en français, sur le traité de Versailles et les autres traités de paix négociés après la Grande Guerre.A la suite de la séance, elle félicite son ancien élève, qui a conservé le plus reconnaissant souvenir de celle qui lui apprit naguère les précieux éléments du catéchisme, de la lecture, de l’écriture, de la grammaire, de l’arithmétique, de l’histoire du Canada et de la géographie._ , ., i • La correspondance qui suit enregistre ce fait peu banal, qui fera, dans cinquante ans, les délices des historiens futurs: DÉPARTEMENT DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE Québec, 19 janvier 1925.Honorable Ernest Lapointe, Ministre de la Justice, Ottawa.Monsieur le Ministre et cher ami, Le trait que vous m’avez raconté samedi dernier chez l’honorable M.Turgeon, m’a vivement intéressé, et je désire le rapporter dans la revue d’Éducation “L’Enseignement Primaire”.Dans 25 ou 50 ans, ce trait fera les délices des historiens futurs.Veuillez donc me donner le nom de fille de votre ancienne institutrice, le rang ou le village où se trouvait votre première école, le nom de la paroisse, etc.Aussi l’année et la date (si possible) où votre ancienne maîtresse d’école assistait à cette séance de la Chambre des Communes, au cours de laquelle vous parlâtes sur le traité de Versailles.C’est Madame Pelletier, je crois, épouse du député de Matane, qui accompagnait votre ancienne institutrice.Prière aussi de me donner le nom de son mari.Lorsque vous avez parlé sur le traité de Versailles, étiez-vous Ministre de la Marine?Dans l’histoire politique du Canada comme dans l’histoire de l’enseignement de notre province, ces détails que je vous demande auront leur importance.C.-J.Magnan.CABINET DU MINISTRE DE LA JUSTICE CANADA Monsieur C.-J.Magnan, Inspecteur général des Écoles Catholiques, Québec.Ottawa, 23 janvier 1925.Cher Monsieur Magnan, Je reçois votre lettre du 19 janvier à laquelle je m’empresse de répondre.Ma première école était une école élémentaire dans la paroisse de Saint-Eloi, comté de Témiscouata.Il n’y avait pas alors d’école modèle au village et l’école élémentaire où 2 394 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE nous allions était située à une vingtaine d’arpents.Une école modèle fut érigée au village deux ou trois ans plus tard et j’y fus aussi élève.Le nom de ma première institutrice était Mlle Delvina Saint-Pierre et elle venait de Matane.Elle se maria ensuite à M.Cyrille Godbout.de Saint-Eloi, un citoyen en vue qui est décédé l’année dernière.Madame Godbout vit encore à Saint-Eloi et est la mère du notaire L.-C.Godbout du comté de Shefford.Au mois de septembre 1919, il y eut une session spéciale du Parlement Canadien afin d’approuver le traité de Versailles et les autres traités de paix négociés et signés après la Grande Guerre.Sir Robert Borden était alors Premier Ministre et j’étais député siégeant dans les rangs de l’opposition.L’incident que je vous ai raconté eut lieu le 9 septembre 1919, alors que j’avais la parole pour discuter le traité de paix.Au cours de mon discours, j’eus l’occasion de traiter de la question de la représentation des Dominions aux négociations de ce traité et de mentionner les noms des divers signataires représentant les Indes et les Dominions.L’un des représentants Indiens, était le Maharajah Sir Gonga Singh Bahadur.La résonnance étrangère de ce nom causa l’hilarité de la Chambre.Après la séance, Madame E.-J.Pelletier, épouse du député de Matane, me demanda d’aller la rencontrer et j’eus le plaisir de donner la main à mon ancienne institutrice, Madame Godbout, qui est une amie intime de Madame Pelletier et qui était avec elle dans la galerie pendant la séance.^ C’est alors que Madame Godbout me dit: “Quand tu parles anglais ou français ça va très bien, mais quand tu veux parler chinois, ça ne va pas, parce que je ne te l’ai pas enseigné.” Madame Godbout est une femme très intelligente et très distinguée, et je crois que l’influence de ma première institutrice a été pour moi très heureuse.Je suppose que ce sont là les détails que vous désirez avoir et je vous prie de me croire, Votre sincèrement dévoué, Ernest Lapointe, DERNIER ÉCHO DU CONGRÈS PÉDAGOGIQUE A L’ÉCOLE NORMALE JACQUES-CARTIER, SECTION DES ÉLÈVES- INSTITUTRICES Lors des séances du congrès pédagogique, les 26, 27, 28 juin dernier, des prix avaient été proposés comme récompenses pour les travaux personnels des congressistes, sur les sujets discutés aux diverses conférences.Ces prix ont été distribués dans le courant de l’automne.Mlle Imelda Desjardins, pour son travail sur l’“Instruction religieuse”, a reçu $25.00, don de l’honorable C.-F.Delâge, Surintendant de l’Instruction publique.Mlle Théresa Valin (sectior anglaise), pour sa composition sur 1’“Enseignement de la Langue maternelle”, a reçu aussi $25.00, don de Sa Grandeur Mgr G.Gauthier, Administrateur apostolique.Les autre prix dus aux autorités de la Congrégation de Notre-Dame, ont été distribués comme suit: Mlle Edith Clark, $15.00; Mlle Clara Perron, $10.00; Mlle Berthe Brosseau, $10.00; Mlle Vera McGuire, $10.00; Mlle Helen O’Reilly, $5.00.LES ANCIENS CANTIQUES M.le chanoine N.Caron, le vénérable curé d’Yamachiche, diocèse des Trois-Rivières, a récemment déploré dans un grand quotidien (1) les modifications inopportunes que l’on (l) Le Devoir. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 395 est en train de faire subir à nos chers Vieux Cantiques, apportés de France par nos pères au 17e et au 18e siècle.M.le chanoine Caron, est, en même temps qu’un excellent curé de longue expérience, un érudit et un historien.Il jette le cri d’alarme en signalant que dans certaines écoles on met entre les mains des enfants des Cantiques d’édition récente, où les textes de nos cantiques ont été modifiés, sans profit pour la poésie ou la musique.Gardons fidèlement nos cantiques, tels qu’approuvés par Mgr Plessis, dans le Nouveau Recueil de Cantiques à l’usage du diocèse de Québec, publié en 1819, à Québec.Nos vieux cantiques font partie de notre patrimoine religieux et national: conservons-les intacts.Dans les joies comme dans les épreuves, ils ont touché le cœur de nos ancêtres, soutenu leur courage et ravivé leur foi.Depuis trois siècles, avec l’approbation des évêques, notre peuple y puise un zèle et une ardeur religieuse admirables; depuis trois siècles ils excitent en lui des sentiments de piété et de ferveur.Pourquoi, aujourd’hui, sans raison sérieuse, mutiler ces cantiques si chers aux cœurs de nos pères et qui ont enflammé nos âmes au temps de notre enfance! C.-J.M.LES FRÈRES DES ÉCOLES CHRÉTIENNES Deuxième centenaire de l’établissement de leur Institut.Les Frères des Écoles Chrétiennes ont célébré récemment le 200e anniversaire /le la fondation de leur communauté.C’est le 26 janvier 1725 que l’Institut des Érères des Écoles Chrétiennes fut érigé canoniquement en congrégation religieuse, institution établie par saint Jean-Baptiste de la Salle.Ce dernier naquit à Reims, le 30 avril 1651, son père était conseiller au Parlement; sa mère s’appelait Moët de Brouilllet.C’est à Paris qu’il fonda une école dominicale, puis un pensionnat en faveur de cinquantes jeunes nobles irlandais recommandés par le roi Jacques II d’Écosse, exilé en France.Le 7 avril 1719 il mourait, âgé de 68 ans, mais son œuvre devait faire d’immenses progrès et compte aujourd’hui plus de 1215 écoles, pensionnats, académies; 7.180 classes et 268,000 élèves.Aujourd’hui la communauté compte plus de 14,000 Frères.A la mort de saint Jean-Baptiste il y en avait 274 qui enseignaient en France: 27 écoles et 9.000 élèves.Les Frères sont arrivés à Montréal en 1837, au nombre de quatre.Leurs débuts furent pénibles.Maintenant au Canada et aux États-Unis cette communauté compte 168 écoles dont 67 au Canada.Dans notre pays seulement ,30,000 élèves sont confiés à ces religieux.UN COURS DE PEDAGOGIE EN TABLEAUX SYNOPTIQUES — Cinquième tableau PERCEPTION DES IDEES Notion:— Puissance de connaître, ce qui est au dehors, par une sensation produite en l’intelligence par les sens.L’idée naît de l’essence de l’objet.Acquisition: — Intuition (pour idée concrète) Abstraction et Généralisation.Aller du connu à l’inconnu. 396 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Absteaction: — Acte par lequel l’esprit dégage une idée en la dépouillant de toutes les conditions matérielles qu’elle a dans l’objet: substance-quantité-action-relation.Généralisation: —Quand l’esprit abstrait une idée, il l’applique à un certain nombre d’objets semblables: genre à l’espèce.C’est la raison dés tableaux synoptiques.EN RAISON D’ORIGINE: Espèces d’idées.intuitive: conçue par présence de l’objet discursive: reçue par d’autres notes matérielles directe:—objet tout entier et spontanément reçu: couleur réflexe: par étude dans objet direct déjà connu, quidditative: essence acquise par elle-même ou image, abstractive: idée dégagée d’une autre idée.EN RAISON DE PERFECTION: explicite : caractères particuliers connus séparément par même raison implicite : notes particulières connues par un autre ordre d’idées, distincte : notes discernées séparément confuse : qui ne peut indiquer un des caractères adéquate: comprend toutes les propriétés de l’objet inadéquate: comprend une partie de ces propriétés.EN RAISON DE LEUR RELATION: Identique: homme et animal raisonnable, compatible: qui peut s’associer à autre: doux et blanc incompatible : qui ne le peut : doux et amer contradictoire : une prend ce qu’autre enlève : être et ne pas être avare contraire: qualités opposées dans le même genre: avare et prodigue, relative: une sans l’autre ne peut se concevoir: la cécité et la vue.Culture.— a) Acquérir nombre d’images sensibles par intuition.b) mettre de côté les notes matérielles et donner le nom: abstraire c) comparer le commun et le différent et donner terme correspondant d) passer du particulier au général et du général au particulier é) faire rendre compte de certains mots abstraits par des exercices concrets et individuels.Notion: —Acte par lequel l’esprit se fixe et concentre toutes ses forces sur un objet à l’exclusion de tout le reste.Espèces: — a) VOLONTAIRE—qui suppose effort de l’intelligence et de la volonté, qui fait que l’enfant suit la leçon sans se laisser occuper par ce qui l’entoure (pas voir et entendre, mais regarder, écouter et réfléchir).b) SPONTANEE—qui est provoquée naturellement par des incitations plus ou moins vives des objets, par l’attrait de l’objet.Importance: — Indispensable à tout travail: elle place les facultés dans les conditions pour acquérir et conserver les connaissances.Elle agit sur sensibilité: tantôt elle l’affaiblit, tantôt l’active, remède contre passion. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 397 intelligence: — accroît ses forces aide à saisir—rapports cachés vérités complexes, conclusions éloignées.volonté: — peser les motifs pour ou contre et se déterminer prudemment.Qualités: — une:—se porte sur un seul objet à la fois énekgique:—exige application et concours de la volonté continue:—mais sans concentration, car délasse d’une étude par une autre.culture de l’attention lo —émulation — Curiosité intellectuelle leçons intéressantes adaptées à notre auditoire données avec entrain contrôlées par interr.et concours.IIo —conditions matérielles — Pas de gêne, ni malaise, ni bruit.Pas de chaleur ou froid excessifs.Effort intell, non continu et trop intense.Pas d’indiscipline ni hilarité ni loquacité.IIIo —attention volontaire : — Encouragcer l’élève Aller progressivement dans nos exigences, Se montrer industrieux pour l’obteinir, Application intellectuelle et sensible.lYo —esprit d’observation — Nombreux exercices d’analyse.Faire considérer dans les réalités concrètes: l’ensemble, les détails, les rapports, Des exercices de langage.Yo—réfléchir: — Interrogation pour contrôle.Devoirs et compositions.Écouter avant de répondre.Agir après examen du but des obstacles, des moyens.J.-E.Paquin, professeur.o 398 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE DE LA GÉOGRAPHIE A L’ÉCOLE PRIMAIRE ÉLÉMENTAIRE D’après les instructions pédagogiques du programme d’études.(Suite et fin) (1) II.U enseignement de la géographie doit être raisonné.On constate des faits par l’observation; mais ces faits se raisonnent, s’enchaînent et s’expliquent les uns par les autres.Le climat s’explique par la latitude, les dispositions des montagnes, le voisinage des mers, le passage des courants d’eau chaude.Les productions tiennent au climat, au sol ou à d’autres faits géographiques.Par exemple, certaines agglomérations industrielles, l’importance de certaines villes et centres commerciaux, s’expliquent par leur situation sur une voie fluviale ou une voie ferrée, le voisinage de mines, l’étendue des forêts, la proximité de la mer, etc., — souvent par une position stratégique, un fait historique.L’établissement des grandes artères de communication s’explique par les centres qu’il fallait relier.Et ainsi de suite.Cet enseignement prend une singulière portée éducative si, en observant les phénomènes géographiques, on en recherche les causes, on en détermine les lois, et on en déduit les conséquences.L’intelligence y trouve tout son profit et la mémoire en sera soulagée d’autant.III.Cet enseignement doit être prodigue.Toute cette étude, a-t-il été dit, doit faire connaître son pays et le faire aimer.C’est le résultat auquel on pourra arriver si l’élève est intéressé aux choses de chez lui, s’il connaît les ressources qu’il offre aux activités que lui-même pourra déployer plus tard dans le milieu où se passera sa vie.Dans ce but les statistiques fournies par les divers ministères, par le Secrétariat provincial en particulier, pourront permettre à l’instituteur, qui saura les utiliser, d’établir des comparaisons d’une région à l’autre, pour faire voir aux élèves comment, avec plus ou moins d’activité, d’intelligence et de coopération, les habitants d’une région peuvent faire valoir les ressources de cette région et en promouvoir les progrès.Cet enseignement peut se mêler, dans les écoles de campagne, avec les observations agricoles, pour compléter l’enseignement de l’agriculture.Nous croyons même que le succès de l’enseignement agricole dans les écoles primaires, ne pourra être complet que le jour où l’enseignement de la géographie locale atteindra son plein épanouissement dans ces écoles.Dans les centres industriels, le même procédé s’applique.On peut aussi concentrer ces exercices d’observation avec ceux de langage (III, Nos.3 et 4).Enfin le maître vraiment éducateur comprendra que tous ces phénomènes qui apparaissent, à celui qui ne réfléchit pas, comme autant de caprices de la nature, ont leur raison d’être dans une harmonie universelle; et en conséquence il ne manquera pas d’élever graduellement l’esprit et le cœur de ses élèves pour leur faire admirer l’œuvre de la Providence qui ne fait rien au hasard.Dieu a séparé les hommes par des mers, des montagnes, la variété (1) Voir L'Enseignement Primaire de décembre 1924 et janvier 1925. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 399 des climats, des sols et des productions, pour faire déployer des activités diverses et multiples sur toute la surface de la terre, pour les inviter à se rencontrer en dominant les éléments et soumettant les forces de la nature, pour échanger leurs produits, se développer davantage dans une salutaire émulation, et exercer les uns envers les autres la grande loi de charité qui doit unir tous les enfants d’un même Père.En obligeant les peuples à déployer ainsi leurs activités dans une émulation de bon aloi, Dieu a évidemment fourni en même temps l’occasion de faire apprécier la valeur du travail et de l’effort qui assurent la maîtrise du monde économique aux peuples les plus intelligents, les plus actifs et les plus vigoureux.Voilà certes des leçons pratiques de haute morale dont il ne faut pas manquer de faire profiter les élèves IV.Usage du livre.D’après toutes ces directions, il est clair que le livre joue un rôle bien restreint dans l’enseignement de la géographie.C’est une étude de choses et de lieux qui perd son attrait dès qu’on la confine dans un livre.Choses et lieux sont étudiés par observation, d’abord sur place, puis sur les cartes, le globe, l’atlas.Le livre est bien secondaire, ce n’est qu’un aide-mémoire.Les_ termes géographiques ne s’apprennent pas par une série de définitions, mais se donnent suivant l’avancement des études.V.Marche 'progressive.Au cours inférieur, l’observation des choses de la géographie se confond avec les exercices de langage.Ces observations devraient se faire en dehors de la classe sous forme de récréations.A la fin de la seconde année, on initie à la lecture des cartes par le moyen suivant: l’enfant connaissant l’orientation vraie, on lui fait dessiner sur une feuille couchée sur son pupitre, l’école et les choses avoisinantes, donnant à chacune sa position réelle par rapport aux autres.Le dessin fait, la feuille est redressée et le nord étant tourné vers le haut, on habitue les élèves à l’orientation conventionnelle des cartes.Pour l’orientation, on se gardera de parler d’abord des point cardinaux.Faisant placer les élèves la face au nord, on leur dit que le nord se trouve devant eux, et le sud en arrière.Puis indiquant les divers objets qui sont devant ou derrière eux, on leur fait dire la position par rapport à eux et leur position relative.Quand ces deux points seront connus, on leur dit, dans une autre leçon, que l’est est du côté de leur main droite, et l’ouest du côté de leur main gauche.Puis on fait encore indiquer la position relative des objets entre eux et par rapport à eux.On étend ces observations aux choses du dehors.Puis on fait dessiner sur papier, suivant l’orientation réelle, les choses qu’ils ont sous les yeux, les chemins, l’église, etc., en faisant rendre compte de leur position relative.Au cours moyen, l’orientation vraie ou conventionnelle est apprise d’une manière complète.On fait voir, puis trouver sur la carte de la province, la ville ou paroisse habitée par les enfants, la direction du fleuve, la position relative des villes ou paroisses connues.Les élèves devront s’habituer à trouver sur les diverses cartes et sur le globe, leur pays, leur province, leur localité.L’idée des distances se donne par des dessins au tableau noir, en faisant voir qu’on est obligé de représenter la localité par un simple point, et que les localités voisines, éloignées en réalité de plusieurs milles, sont très rapprochées sur la carte.La Province de Québec étant bien connue, on fait observer sur la carte d’abord, puis montrer par une indication de la main, où se trouve en réalité la province voisine; on cherchera les divers moyens de s’y rendre; on comparera 400 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE avec la Province de Quebec.Mais dans ce cours, Pétude des autres provinces du Canada est très sommaire, comme l’indique le programme; on les étudie dans leurs rapports avec la Province de Québec et par comparaison avec elle.Les indicateurs de chemin de fer, la cartographie qui est le travail personnel des élèves et non pas un décalque, l’usage des cartes muettes, des lectures ou récits de voyages à travers le Canada, achèveront de fixer dans l’esprit de l’élève les connaissances requises par le programme de ce cours.Au cours supérieur, on revoit d’une manière complète la Province de Québec, et l’on développe l’étude du Canada tout entier, suivant les directions du programme.Le programme a délibérément retranché l’étude détaillée des autres pays, pour demander de rendre capable de trouver sur la carte les principaux pays étrangers, les moyens d’y arriver et leurs caractéristiques.Pour répondre à l’esprit du programme qui veut que le Canada soit le centre de l’enseignement géographique, on étudiera ces pays surtout au point de vue des relations qu’ils ont avec le nôtre.Les notions de cosmographie se donnent intuitivement, tantôt au moyen d’un globe auquel on communique les mouvements de rotation et de translation autour d’un foyer lumineux; bougie ou lampe, tantôt par des observations raisonnées sur les phénomènes dont l’enfant est le témoin.CONSEILS PEDAGOGIQUES De l’autorité et des moyens de l’obtenir (1) Des qualités physiques qui peuvent contribuer à l’autorité d’une maîtresse.(Suite) LA VOIX Le bon usage qu’une maîtresse fait de sa voix a une réelle importance pour obtenir l’autorité.Voici l’idéal auquel doit tendre une bonne maîtresse: —exiger un silence absolu, surtout quand elle parle; —parler peu, indépendamment des leçons et explications; -—ne jamais élever la voix.A) Exiger un silence absolu Ici, nous nous permettrons de poser une question: Pourquoi la maîtresse parle-t-elle dans une classe ?Pour communiquer quelque chose d’utile aux enfants.Alors, logiquement les enfants doivent écouter; non seulement une élève, quelques élèves, mais toutes les élèves doivent se taire lorsque la maîtresse parle.Et, parce que c’est élémentaire comme politesse, et aussi parce que c’est l’unique moyen pour la (1) Voir L'Enseignement Primaire de janvier et février 1925. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 401 maîtresse de lire sur les figures si on écoute ou si on a seulement Pair d’écouter, toutes les élèves doivent se bien tenir et regarder la maîtresse.Beaucoup de maîtresses ont le tort, pendant leurs leçons, de se contenter d’un silence relatif.Elles considèrent comme choses insignifiantes de légers murmures, de petites agitations même silencieuses.Les enfants tournent la tête, ouvrent leurs bureaux, feuillettent un livre, jouent avec une plume ou un bout de papier.Toutes ces petites agitations, si elles sont habituelles et le fait du plus grand nombre des élèves, sont un indice sûr que l’autorité de la maîtresse n’est qu’apparente.Une maîtresse chrétienne ne doit pas se contenter de ce silence relatif, témoignage d’un peu de crainte, mais non du vrai respect.S’il s’agissait simplement de développer, de meubler l’intelligence des enfants, ce manque d’attention de leur part, en les privant des explications, produirait autant de lacunes dans leur instruction et aurait déjà bien son importance.Mais si nous songeons que, pour une institutrice chrétienne, donner l’instruction et concourir à la formation intellectuelle des enfants, n’est qu’une faible partie de sa tâche, que l’éducation morale est de beacuoup plus importante et qu’il n’y a pas de vraie éducation sans un profond respect à la base, on comprendra pourquoi nous insistons sur cette nécessité d’obtenir pendant les leçons un silence complet une attitude vraiment déférente de la part des élèves.Résumons-nous ainsi: “La maîtresse représente auprès des enfants l’autorité de Dieu”.Ce principe fondamental de tout apostolat par l’enseignement une fois bien compris, deviendra la source de très bonnes idées.Ainsi, désireuse d’inspirer à ses élèves un profond respect pour Dieu, l’Église, la patrie, la famille, n’est-il pas naturel et légitime qu’une maîtresse chrétienne exige pour elle un vrai respect comme principe et comme bonnes habitudes à donner aux enfants?Si elle ne cultive pas, jusque dans les plus petits détails de l’éducation, ce sentiment du respect à l’égard de tout ce qui doit être respecté, elle ne formera que des demi-chrétiennes, prêtes à se ranger du côté des rieurs quand, dans quelques années, et peut-être, hélas, dès leur enfance, on se moquera devant elles des choses les plus sacrées?Lorsqu’il s’agit de l’éducation des enfants, aucun détail n’ost sans importance; une maîtresse sérieuse et pleinement dévouée au bien de ses élèves ne saurait trop considérer comment les idées fondamentales de la vie morale peuvent être inculquées ou détruites par les plus petites choses.Mais comment obtenir ce parfait silence dans une classe?Nous pourrions nous borner à répondre: en ayant de l’autorité, car en général, ce silence donne la vraie mesure de l’ascendant qu’une maîtresse a sur ces élèves, comme le bavardage et le désordre pendant les leçons sont à eux seuls un indice sûr d’une autorité nulle ou sur le point de l’être.Ce n’est qu’à la condition d’inspirer aux enfants l’estime, une crainte respectueuse, l’affection; de les intéresser, de les captiver par son ascendant moral, par la variété et la vie de son enseignement qu’une maîtresse obtiendra d’une manière habituelle et durable., l’ordre et le silence en classe.Mais si l’autorité bien établie obtient sans pejne cette attitude vraiment déférente des élèves, nous indiquerons cependant ici quelques procédés propres à favoriser le silence dans une classe, puisque nous désirons faciliter la tâche 3 402 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE des maîtresses débutantes qui ne jouissent pas encore des résultats acquis et ont à gagner Tinfluence désirable sur les élèves.lo.Si une enfant se permet de parler en même temps que la maîtresse, celle-ci s’arrête et attend que le silence soit établi.2o.Si le bruit se prolonge, au lieu de se servir de ces expressions vagues qui n’atteignent personne “Chut”, taisez-vous”, la maîtresse nomme à haute voix l’enfant en faute comme premier rappel à l’ordre.Si cela ne suffit pas, elle inscrit son nom sur la liste des mauvaises notes ou séance tenante, si la sottise est sérieuse, se fait rendre un bon point de conduite.3o.Si le brujt est général, elle élève un peu la voix et sans crier, mais plutôt en accentuant lentement chaque mot, elle dit, par exemple: “Mesdemoiselles, je vous attends—Qui a donné la permission de parler?—Je croyais qu’on devait être sage aujourd’hui— Qui est-ce qui ne veut pas de “Très bien de conduite” aujourd’hui?— etc.4o.Dans les moments de surexcitation, de tumulte un peu général, plusieurs petites tactiques réussissent souvent très bien: aller s’asseoir, tirer sa montre, regarder l’heure et attendre.Lorsque le calme est rétabli, on avertit les enfants qu’il y a trois, cinq ou sept minutes de perdues, que la récréation sera diminuée d’autant; et dans ce cas, il faut tenir sa parole, sinon, une deuxième menace aura perdu son effet.Toutefois, nous engageons les maîtresses à n’user que très rarement et comme en dernière ressource de cette privation des récréations.Les enfants en ont besoin et la détente est nécessaire pour faciliter la sagesse pendant la leçon suivante.On peut aussi priver toute la classe du bon point de conduite ou même faire rendre inn édiatement des bons points précédemment gagnés.L’effet est plus saisissent encore.Donc règD générale: T'ne maîtresse ne doit jamais parler au milieu du brouhaha; dut-elle attendre le silence une bonne partie de la classe.Si elle sait avoir une tenue digne, appliquer les punitions dont elle a menacé et réprimer avec la fermeté convenable les désordres qui se produisent, les enfants après avoir essayé leur n aîtresse durant quelques jours,se verront contraintes de se taire et l’estime qu’elle leur inspirera peu à peu les amènera de bon gré au silence.5o Que la maîtresse ne permette pas aux enfants de la questionner constamment Dans les classes à plusieurs divisions surtout, on entend à tout moment des interrogations: “Mademoiselle, j’ai fini, que faut-il faire?Mademoiselle, comment faut-il faire?Mademoiselle, faut-il tirer un trait?On entend répéter: Mademoiselle! Mademoiselle! 20 — 50 — 100 fois sans exagération.La pauvre maîtresse répond à tout le monde, c’est-à-dire à personne convenablement Elle est harassée à la fin de la journée et, le plus triste, harassée en pure perte.Il ne se fait pas de travail sérieux dans cette classe.6o S’il y a plusieurs divisions dans la classe, et c’est le cas le plus fréquent, que la maîtresse ne s’occupe directement ¦ t complètement que d’une division, de chacune à tour de rôle Pour rendre la chose possible, faciliter la discipline et un travail sérieux aux élèves de toutes les divisions: a) la maîtresse indique très clairement aux enfants des divisions non occupées avec elle, le travail écrit à faire.Elle se sert alors avec avantage du tableau noir sur lequel restent inscrites L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 403 pour les étourdies et les retardataires les indications: page, numéro, titre et sujet du devoir b) la maîtresse a le soin de choisir un travail suffisant pour employer tout le temps pendant lequel elle sera elle-même occupée avec une autre division c) les enfants sont pré'/enues qu’au moment de l’explication générale du devoir, on peut et on doit demander tous les renseignements; mais que plus tard, quand la maîtresse est occupée avec l’autre division, ce n’est pas permis d) Alors la maîtresse ne se laisse ni appeler, ni déranger (sauf, bien entendu, s’il sagit d’une indisposition ou d’un cas exceptionnel).Si, dans leur devoir écrit, les enfants sont arrêtées par un mot, une phrase elles doivent (elles le savent) passer le mot, la phrase, continuer le devoir, au besoin ne rien faire et se croiser les bras sur leur bureau.Tout à l’heure ou demain, c’est-à-dire à leur tour, au moment de la correction de leur devoir, la maîtresse sera de nouveau à elles et ne ménagera pas ses paroles, mais pour le moment elle ne veut pas être interrompue.Etre ferme et digne, se tenir aux mesures d’ordre et à l’emploi du temps établis; ne jamais laisser les enfants sans une occupation très clairement tracée; c’est avoir fait déjà beaucoup pour maintenir le silence dans une classe On y contribuera encore en parlant peu soi-même B) Parler peu Pour établir son autorité, la maîtresse doit parler peu et par là nous entendons ne rien dire d’inutile.Si l’idéal à réaliser pour la maîtresse était de parler le moins possible, un moyen très facile d’y parvenir serait de faire écrire beaucoup de devoirs, de les corriger sans aucune explication en se bornant à signaler les fautes, de donner des leçons à apprendre de telle page à telle page, de se contenter d’une récitation mot à mot du commencement à la fin et de trouver ainsi des méthodes pour obtenir une classe silencieuse, mais très monotone et de peu de profit pour les élèves Aussi telle n’est pas notre pensée.La maîtresse doit faire une classe vivante, intéressante et réserver sa parole pour cela.Celle-ci serait ainsi pesée, par: lo l’application constante et exacte d’un emploi du temps; 2o l’emploi d’un système disciplinaire bien choisi; 3o la préparation sérieuse de sa classe.Nous traiterons ces trois points à la suite d’un article sur l’autorité et nous donnerons seulement ici une liste d’exemples de paroles inutiles qu’une maîtresse avisée peut supprimer: lo—les rappels individuels à l’ordre au moment des rentrées et des sorties, après le signal donné, en se contentant du regard et en convenant avec les enfants d’une diminution sur la note de rangement pour les manquements au silence; 2o—l’annonce des exercices successifs de la classe, si les enfants connaissent bien l’emploi du temps et si on l’applique régulièrement; 3o—l’énoncé de la page de la lecture, des pages et des numéros des exercices de grammaire, de ceux des problèmes, des opérations la disposition d’un devoir, surtout aux cours élémentaire et préparatoire, la dictée d’un résumé, d’un sommaire quelconque à moins que l’on veuille s’en servir, comme exercice d’orthographe On peut supprimer toutes ces indications en se servant du tableau noir 404 L’ENSEIGNEMNTE PRIMAIRE Nous reviendrons souvent, au cours de ces conseils, sur remploi du tableau noir; nous ne saurions trop en recommander l’usage.Le tableau noir est précieux si la maîtresse a soin d’y écrire toujours en très gros caractères et très lisiblement; de mettre les enfants myopes près du tableau afin de les dispenser de copier sur le cahier de la voisine, ce qui présente bien des inconvénients et engendre des discussions, les plus complaisantes ayant leur mouvement d’humeur.Après avoir pris toutes ces précautions, que la maîtresse fasse la sourde oreille et tienne bon pour ne pas donner de vive voix les renseignements ins-crits au tableau noir.Les étourdies, les retardataires perdront bien vite l’habitude de demander: quelle est la page?comment faut-il faire?Ainsi, très facilement, beaucoup de paroles seront épargnées à la maîtresse et le silence dans la classe ne sera pas troublé.4o Mettons encore au rang des paroles inutiles les “chut”, taisez-vous”, qui est-ce qui 'parle ?” et autres expressions semblables que bien des maîtresses multiplient.Ce système est déplorable; il suffit à lui seul pour ruiner l’autorité.Une maîtresse doit s’interdire complètement ces phrases qui ne produisent aucun effet et semblent la seule constatation de son impuissance C) Eviter d’élever la voix: D’une façon générale, une maîtresse ne doit pas parler fort, mais garder sa voix naturelle sans la forcer aucunement C’est d’abord pour elle une condition indispensable pour ne pas contracter très vite des laryngites, mais de plus, c’est le meilleur moyen de se faire écouter et entendre des enfants.Il ne faut pas chercher à dominer de la voix le bruit des enfants.Une petite clochette sert utilement dans ce but pour les récréations, en dehors de cet usage, il faut y recourir très peu et user plutôt des procédés indiqués plus haut pour obtenir le silence.Qu’une maîtresse n’élève donc pas la voix, ni pour donner ses leçons, ni pour rétablir l’ordre, ni moins encore pour gronder et punir.Que ses élèves ne puissent jamais dire ce que tant de fois on a pu entendre.“La maîtresse m’a crié après” Si on donne aux enfants l’occasion de qualifier ainsi le langage de la maîtresse, l’autorité de celle-ci sera bien amoindrie, c’est une chose certaine.Une ancienne normalienne.-o- VIENT DE PARAITRE MANUEL DES SCIENCES USUELLES, 6e édition.Illustré.—Zoologie, Botanique, Minéralogie, par le Chanoine V.-A.Huard, de la Société Royale du Canada, directeur du NoJ.u-raiiste canadien: Physique, Cosmographie, Industrie, par l’abbé H.Simard, de la Société Royale du Canada, professeur à l’Université Laval.Cet ouvrage est une œuvre de vulgarisation scientifique et traite des questions que l’on rencontre à tout instant dans la vie journalière.Par de nombreuses additions dans ses différentes parties, en particulier en Zoologie, en Botanique, en Physrlque et Electricité et surtout dans {'Industrie dont la matière a été complètement refondue, la présente édition a été rendue conforme aux nouveaux programmes de l’Enseignement primaire de la Province de Québec, surtout à ceux des Ecoles primaires complémentaires, section industrielle, et des Écoles normales ménagères.C’est pourquoi l’ouvrage contient cent pages de plus que les prédécents, 490 pages au lieu de 390, et 261 vignettes au lieu de 240.Malgré ces substantielles augmentations, le Manuel des Sciences usuelles, 6e édition, se vend encore à $1.00 l’ex.franco, en belle reliure toile.—En vente chez les principaux libraires et chez l’abbé H.Simard, Séminaire de Québec. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 405 DOCUMENTS OFFICIELS COMITÉ CATHOLIQUE DU CONSEIL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE PROCÈS-VERBAL DE LA SESSION DU MOIS DE FÉVRIER 1925 Séance du 4 février 1925.Présents: L'honorable Cyrille-F.Delâge, surintendant, président; Mgr l’archevêque d’Ottawa, Messeigneurs les évêques de Chicoutimi, de Nicolet, de Joliatte, de Rimouski, de Mont-Laurier, de Gaspé, d’Hailaybury; Mgr J.-Alf.Langlois, évêque de Titopolis, auxiliaire, représentant Son Éminence le cardinal Bégin, M.le chanoine J.-Emila Chartier, représantant Mgr l’archevêque de Montréal; Mgr A.-O.Gagnon, évêque de Spiga, auxiliaire, représentant Mgr l’évêque de Sherbrooke; Mgr Louis Chartier, vicaire général, représentant Mgr l’évêque des Trois-Rivières; Mgr Adélard Fontaine, représentant Mgr l’évêque de Saint-Hyacinthe, Mgr Z.Lorrain, vicaire général, représentant Mgr l’évêque de Pembroke; Mgr J.Dorais, vicaire général, représentant Mgr l’évêque de Valleyfield; l’honorable Thomas Chapais, l’honorable Dr J.-J.Guerin, l’honorable juge J.-E.Robidoux, l’honorable Hector Champagne, l’honorable juge W.Mercier, M.Hyacinthe-A.Fortier, M.Nap.Brisebois M.Nérée Tremblay et M.J.-N.Miller, secrétaire.Lecture de lettres de Son Éminence le cardinal Bégin, de Mgr l’archevêque de Montréal, de Mgr l’évêque de Sherbrooke, de Mgr l’évêque des Trois-Rivières, de Mgr l’évêque de Pembroke, de Mgr l’évêque de Valleyfield, de Mgr l’évêque de St-Hyacinthe, déléguant respectivement Mgr J.-Alf.Langlois, M.le chanoine J.-Emile Chartier, Mgr A.-O.Gagnon, Mgr Louis Chartier, Mgr Z.Lorrain, Mgr J.Dorais, Mgr Adélard Fontaine, pour les rereprésenter à la présente session.Il est aussi donné lecture d’un télégramme de M.Jules-Edouard Prévost, exprimant ses regrets de ne pouvoir assister à la présente réunion du Comité catholique.La séance est ouverte par la récitation de la prière.Le procès-verbal de la dernière session est approuvé.Le sous-comité des livres de classe présente le rapport suivant, lequel est approuvé: Rapport du sous-comité chargé de l’examen des livres classiques Séance du 3 février 1925.Présents: Mgr Émard, président, Mgr Brunault, Mgr Forbes, l’honorable Dr Guerin, l’honorable juge Robidoux, l’honorable Hector Champagne, M.Nap.Brisebois, M.le Surintendant de l’Instruction publique et M.J.-N.Miller, secrétaire.Le sous-comité a examiné les livres suivants qui lui ont été soumis: lo.—“Histoire générale ou Histoire de l’Église d’après le nouveau programme”, présenté par la Librairie Beauchemin, Montréal.— Recommandé. 406 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 2o.“Méthode phonique de Langue Anglaise”, par un Normalien.—Non recommandé.3°.“Arithmétique—Cours primaire-supériaur”, par les Frères des Ecoles Chrétiennes.—Recommandé.(Signé) f Joseph Mbdard, archevêque d’Ottawa, Président.Le Comité prend communication du rapport suivant: Rapport du sous-cqmite charge d’étudier un projet de formation de ligues, dites: “Ligues des Petites Mèiîes”, dans les écoles DES VILLES.Votre sous-comité, nommé à la séance du 24 septembre 1924 pour étudier 1 organisation des Ligues des petites Mères” dans cette province, a l’honneur de vous faire rapport qu’il s’est réuni a Montréal, aux bureaux du gouvernement provincial, le 9 janvier dernier, sous la présidence de l’honorable Dr Guerin.Étaient presents a cette reunion: L’honorable Dr Guerin, président, Mgr Forbes, évêque de Joliette, l’honorable juge Auguste-M.Tessier, M.Jules-Edouard Prévost, l’honorable Cyrille-F.Delâge, surintendant de l’Instruction publique, et M.J.-N.Miller, secrétaire.Après une etude serieuse de la question, votre sous-comité croit devoir vous recommander d’autoriser les commissions scolaires à faire donner dans leurs écoles, par des personnes compétentes, aux enfants de treize ans et plus, des leçons d’hygiène infantile conformes au programme adopté par le Bureau municipal d’Hygiène et des Statistiques de la cité de Montréal, lequel comprend les douze leçons suivantes: 1ère leçon: Croissance et développement du bébé; 2ème Sème 4ème Sème 6ème 7ème Sème 9ème lOème llème 12ème Les dents; Bain et valeur de l’eau; L’air pur; Sommeil et repos; Vêtements, propreté; Premiers soins à un bébé malade; Le lait; L’estomac du bébé; Le soin du lait; Direction pour la modification du lait; Récapitulation des leçons précédentes.Votre sous-comité vous suggère respectueusement : lo.d’amender en conséquence les cours d’hygiène des écoles publiques et des écoles normales mentionnés dans les Règlements du Comité catholique; 2o.de faire amender l’article 2770a de la loi de l’Instruction publique en y ajoutant, après les mots ‘‘leurs écoles”, à la troisième ligne, les mots qui suivent: “à permettre que des “ leçons d’hygiène infantile soient données dans leurs écoles” et en y ajoutant les mots “et ces leçons”, à la fin du 1er aliéna.Cet article 2770a devant alors se lire comme suit: “Les commissaires et les syndics d’écoles sont autorisés “ a pourvoir à l’inspection médicale de leurs écoles, à permettre que des leçons L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 407 “ d’hygiène d’enseignement infantile soient données dans leurs écoles, sous la “ direction du Conseil de l’Instruction publique et de l’un ou de l’autre de “ ses comités, et à faire les dépenses occasionnées par cette inspection et ces “ leçons.” “ Deux ou plusieurs commissions scolaires peuvent s’unir pour réaliser “ cette inspection après avoir obtenu l’autorisation du Surintendant”.Le tout respectueusement soumis.(Signé) Jos.-J.Guerin, Président.Il s’élève à ce sujet une discussion à laquelle prennent part Mgr Émard, Mgr Brunault_, Mgr Ross, l’honorable Dr Guerin, l’honorable M.Chapais, M.Fortier, puis il est unanimement résolu, sur proposition de l’honorable M.Chapais, que ce rapport soit déféré au sous-comité chargé de la question de la formation des “Ligues des petites Mères”, avec mission d’étudier de nouveau cette question et de faire rapport à la prochaine session du Comité catholique.Il est aussi résolu d’adjoindre Mgr l’évêque de Gaspé aux membres de ce sous-comité.Il est donné lecture d’une communication de sir Robert Borden, président de la Société de la “Ligue des Nations” au Canada, concernant la part qui pourrait être attribuée dans nos écoles à l’œuvre que désire accomplir la “Ligue des Nations”.Le Comité reçoit avec bienveillance Iss suggestions qui lui sont faites à ce sujet, lesquelles seront prises ultérieurement en considération.Le Comité décide de soumettre à la commission administrative du fonds d pension des fonctionnaires de l’enseignement primaire, pour étude et rapport, les amendements suivants suggérés par un comité d’instituteurs de la cité de Montréal.Projet d’amendements a la loi du fonds de pension Article 2992.—Amendement ayant pour effet d’accorder la pension aux femmes à l’âge de cinquante ans.Remplacer les deux premiers mots par les suivants: “Tout fonctionnaire du sexe masculin”.Intercaler après le mot “ans”, deuxième ligne, les mots suivants: Tout fonctionnaire du sexe féminin qui a atteint l’âge de cinquante ans”.Intercaler après le mot fonctionnaire, 2e aliéna, les mots suivants: “du sexe masculin”.L’article ainsi amendé se lira comme suit: “Tout fonctionnaire du sexe masculin qui a tteint l’âge de cinquante-six ans, tout fonctionnaire du sexe féminin qui a atteint l’âge de cinquante ans, et qui a été employé comme fonctionnaire de l’enseignement primaire durant vingt années ou plus, a droit à une pension annuelle calculée d’après la moyenne du traitement qu’il a reçu pendant les années qu’il a passées dans l’enseignement, et pour lesquelles il a payé la retenue.Toutefois, le fonctionnaire du sexe masculin a la faculté d’abandonner l’enseignement à cinquante ans, mais il ne peut commencer à recevoir le montant de sa pension qu’à l’âge de cinquante-six ans.62 V., c.28, s.493; 6 Ed.VII, c.23, s.6. 408 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Article 2993.-—Amendement ayant pour effet de calculer la pension des hommes sur la même base que celles des femmes et sur les vingt-cinq meilleures années de service.Cet article ainsi amendé se lira comme suit: La pension des fonctionnaires de renseignement primaire est fixée à la somme obtenue en multipliant les trois-centièmes de leur traitement moyen, ou s’ils ont enseigné plus de vingt ans, du traitement moyen des vingt années pendant lesquelles ils ont eu le plus fort traitement, par le nombre de leurs années de services jusqu’à concurrence de trente-cinq ans; pourvu toutefois que leur pension ne dépasse pas 90% du salaire moyen ci-dessus mentionné.Cette clause n’a aucun effet rétroactif et ne s’applique qu’aux fonctionnaires à leur retraite depuis le 1er juillet 1925.La pension de tout fonctionnaire de l’enseignement primaire à la retraite le ou après le 1er juillet 1921 ne doit pas être inférieure à $150.Article 2994.—Amendement ayant pour effet d’établir un nouveau maximum pour le fonds de pension.Remplacer les deux premières lignes par les suivantes; ‘Tour les fins du présent chapitre, aucune pension ne doit dépasser huit cent cinquante piastres par année pour les fonctionnaires féminins, et mille cinq cents piastres par année pour les fonctionnaires masculins”.Cet article ainsi amendé se lira comme suit: “Pour les fins du présent chapitre, aucune pension ne doit dépasser huit cent cinquante piastres par année pour les fonctionnaires féminius, et mille cinq cents piastres par année pour les fonctionnaires masculins, excepté que tout fonctionnaire de l’enseignement primaire, qui, à raison de son âge et de la durée de ses services, et du paiement antérieur des retenues avait droit, le premier juillet 1899, à une pension plus élevée, ne doit subir aucune diminution dans sa pension par suite du présent article; le montant de sa pension-qui excède celui des pensions qui peuvent être accordées en vertu du présent article, est payé annuellement à même le fonds capitalisé des pensions.62 V., c.28, s.495; Ed.VII, c.33 s 9-4 Geo.V, c.23, s.9.Article 3004.—Amendement ayant pour effet d’accorder certains avantages aux hommes mariés qui veulent payer pour leur femme.Remplacer le millésime “1922” par le millésime “1929”.Ajouter l’alinéa suivant à la fin de l’article : “Le fonctionnaire qui se marie et celui qui entre dans l’enseignement après son mariage ont droit à un délai de deux ans à dater du jour de leur mariage ou de leur entrée en fonctions, suivant le cas, pour payer la retenue exigée pour la demi-pension de leur femme”.Cet article ainsi amendé se lira comme suit: La demi-pension n’est accordée à la veuve du fonctionnaire de l’enseignement primaire décédé après le 1er juillet 1886, que dans le cas où celui-ci a versé au fonds de pension, en sus de la retenue payable par lui, et aux mêmes époques, une somme égale à la moitié de cette retenue, et si elle n’a pas été payée en temps voulu, le fonctionnaire peut l’acquitter le ou avant le 30 juin 1929;.néanmoins, cette dernière retenue n’est exigible que pour les années pendant lesquelles le fonctionnaire a été marié.Le fonctionnaire qui se marie et cdui qui entre dans l’enseignement après son mariage ont droit à un délai de deux ans à dater du jour de leur mariage ou de leur entrée en fonctions, suivant le cas, pour payer la retenue exigée pour la demi-pension de leur femme.62 V., c.28, s.505; 9 Ed.VII, c.334 s.10. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 409 Aarticle 3024.—Amendement ayant pour effet d’accorder certains avantages aux instituteurs qui n’ont pas payé au fonds de pension._ Ajouter le paragraphe suivant à cet article: “Un fonctionnaire de l’enseignement primaire qui a enseigné dans une école de la province, sous contrôle ou indépendante, sans payer au fonds de pension, peut payer les retenues qu’il a versées, avec intérêts accumulés.Ces retenues et intérêts seront versés en cinq paiements annuels égaux et consécutifs.” Article 3031.—Amendement ayant pour effet d’accorder à tous les instituteurs et institutrices du district de Montréal le droit de représentation sur la commission de l’administration du fonds de pension.Remplacer les mots: “un, par la conférence des instituteurs catholiques romains de Montréal” par les suivants: “un, par les différentes associations catholiques du district de Montréal convoquées à cette fin par “l’Alliance catholique des Professeurs de Montréal incorporée;” Cet article ainsi amendé se lira comme suit: “Le fonds de pension des fonctionnaires de l’enseignement primaire est administré par une commission administrative composée du Surintendant,, comme président, et de quatre délégués nommés comme suit: un, par les différentes associations des professeurs catholiques du district de Montréal convoquées à cette fin par “l’Alliance catholique des Professeurs de Montréal, incorporée”; un, par la conférence des instituteurs catholiques romains de Québec; et deux, par l’association provinciale des instituteurs protestants.Leurs services sont gratuits, mais leurs dépenses de voyage sont payées sur le fonds de pension.Ces délégués restent en charge tant qu’ils ne sont pas remplacés par ceux qui les ont nommés.Cette commission nomme son secrétaire.” 62 Y., c.28, s.533.Les autres articles de la loi relevant des articles ainsi amendés sont eux*-mêmes amendés pour les besoins de concordance.Le Comité prend ensuite communication d’une requête des anciens élèves de l’École des Sciences sociales, économique et politiques de l’Université de Montréal, concernant la préparation d’instituteurs et d’institutrices qui désireraient exercer leur carrière parmi les Canadiens de l’Ouest.M.le chanoine Emile Chartier dit qu’il ne croit pas pratique la solution indiquée par cette requête.Il suggère que le meilleur moyen d’aider les instituteurs de Quédec établis dans l’ouest serait d’obtenir, pour les diplômes de la province de Québec, l’équivalence avec les diplômes de l’Ouest.Pour atteindre ce résultat, il suffirait de démontrer que les études préparatoires à l’obtention de nos diplômes ne sont pas inférieures à celles que supposent les diplômes des autres provinces.L’avis de motion donné par M.Jules-Édouard Prévost, à la séance du 24 septembre 1924, reste sur l’ordre du jour.Cet avis de motion se lit comme suit: “Que l’on étudie les moyens à pren-“ dre pour accroître la compétence du personnel enseignant des écoles rurales “ et pour augmenter les salaires de ceux et celles qui donnent l’enseignement “ dans ces écoles”.Et la séance est ajournée au deuxième mercredi du mois de mai 1925.J.-N.MlliLEK, Secrétaire, 4 410 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE BUREAU CENTRAL DES EXAMINATEURS CATHOLIQUES INSTRUCTIONS AUX PERSONNES QUI SE PROPOSENT DE SUBIR l’eXAMEN CETTE ANNÉE L’examen des candidats aux brevets de capacité pour l’enseignement commencera, en 1925 le 23 juin et se terminera le 26 de ce mois.Le programme des Écoles normales d’après lequel le Bureau central des Examinateurs catholiques doit faire subir les examens pour l’obtention des diplômes des deux degrés (élémentaire et supérieur), comprend les matières suivantes: MATIÈRES GÉNÉRALES Brevet élémentaire Instruction religieuse, Pédagogie, Lecture française, Lecture anglaise, Lecture latine, Grammaire et analyses, Dictée—Ecriture, Littérature, Composition, Histoire sainte, jHistoire du Canada, Histoire de la civilisation chrétienne, 'Géographie et instruction civique, .Arithmétique, Calcul mental, Mesurage, Eléments de comptabilité, Bienséances, Hygiène, Dessin, Brevet supérieur Instruction religieuse, Pédagogie, Lecture française, Lecture anglaise, Lecture latine, Grammaire et analyses, Dictée—Ecriture, Littérature, Composition, Histoire sainte, Histoire du Canada, Histoire de la civilisation chrétienne, Géographie et instruction civique, Arithmétique, Calcul mental, 'Mesurage Comptabilité, Bienséances, Hygiène, Dessin, Philosophie.MATIÈRES SPÉCIALES AUX SECTIONS SECTION MÉNAGÈRE / {obligatoire pour les femmes seulement) Enseignement ménager Enseignement ménager, Agriculture et horticulture.Agriculture et horticulture.SECTION AGRICOLE {facultative pour les femmes, obligatoire pour les hommes) Agriculture et économie rurale, Agriculture et économie rurale, Zoologie et chimie agricole, Zoologie et chimie agricole, Comptabilité agricole.Comptabilité agricole.SECTION COMMERCIALE {facultative pour les femmes, obligatoire pour les hommes) Comptabilité, partie simple et partie double, Comptabilité, partie simple et partie double.Droit commercial.Droit commercial. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 411 SECTION INDUSTRIELLE {facultative pour les femmes, obligatoire pour les hommes) Algèbre, Technologie, Physique, Chimie, .Dessin technique.L’examen du brevet élémentaire portera donc sur les matières de la première et de la deuxième années réunies du programme des Écoles normales (pages 178, 188, 189, 190, 191, 192 et 193 de “Règlements du Comité catholique", édition de 1922).L’examen du brevet supérieur portera sur les matières mentionnées au programme des Écoles normales (pages 193, 194, 195, 196 et 197 des dits “Règlements”).On ne doit pas oublier que, comme par le passé, les matières du brevet élémentaire sont aussi obligatoires pour le brevet supérieur, lorsque le candidat ne sera pas déjà muni du brevet élémentaire Les candidats doivent subir l’examen dans leur langue maternelle sur toutes les matières mentionnées ci-dessus pour chaque catégorie de diplôme, et ceux qui veulent obtenir un brevet pour les deux langues doivent, en outre, être examinés sur les sujets suivants, en français ou en anglais, suivant le cas: grammaire, dictée et composition.La lecture française et la lecture anglaise sottit obligatoires pour tous les candidats.EXAMEN SUR LES DIFFÉRENTES SECTIONS DU BREVET SUPÉRIEUR 1.Les hommes qui se présenteront pour l’obtention du brevet supérieur seront tenus de subir l’examen sur toutes les matières générales et sur les matières des sections agricole, commerciale et industrielle.2.Les femmes qui se présenteront pour le brevet supérieur seront tenues de subir l’examen sur toutes les matières générales et au moins sur les matières de la section ménagère.De même que le principal de chaque école normale de filles est libre d’ajouter, selon les besoins de sa région, des cours sectionnels ou scientifiques, autres que ceux de l’enseignement ménager, ainsi, le Bureau central des examinateurs catholiques ouvre volontiers les sections spéciales aux candidates du brevet supérieur.Celles-ci pourront donc, en outre de la section ménagère, qui est obligatoire, faire les études en vue des examens de la section commerciale, de la section agricole et même de la section industrielle Si une jeune fille qui désire obtenir le brevet supérieur a étudié, outre la section ménagère, les matières de la section commerciale ou d’une autre, elle n’aura qu’à déclarer, dans sa demande d’admission, qu’elle désire subir l’examen sur les matières de cette ou de ces sections.Le diplôme qu’elle recevra, en cas de succès bien entendu, fera mention de cette ou de ces sections.Il n’est pas nécessaire que l’examen sur les matières sectionnelles soit Subi la même année que celle de l’examen du brevet supérieur ordinare.Cet examen peut avoir lieu l’année suivante, ou les années subséquentes.En un mot, une jeune fille peut préparer des examens ou bien sur une section, ou sur deux sections, ou sur trois sections (à part la section de l’enseignement ménager qui est, nous le répétons, obligatoire) l’année même du brevet supérieur, ou les années qui suivront l’obtention de ce brevet.Si une aspirante munie du brevet supérieur simple désire poursuivre ses études, le Bureau reconnaîtra la valeur de ses examens antérieurs et lui accordera un nouveau diplôme, mentionnant la section ou les sections sur lesquelles elle aura passé avec succès.La somme de cinq piastres sera exigée chaque fois qu’une aspirante demandera de se présenter pour le brevet supérieur.EXEMPTIONS 1.Les personnes qui ont obtenu l’ancien brevet élémentaire et qui se présenteront pour le brevet supérieur, seront exemptées de passer un nouvel examen sur les matières suivantes :His-toire sainte, histoire du Canada, bienséances, hygiène et lecture latine.2.Les personnes déjà munies de l’ancien diplôme modèle ou du certificat modèle et qui se présenteront pour le brevet supérieur, n’auront pas d’examen à subir sur les sujets qui suivent: Histoire sainte, histoire du Canada, bienséances, hygiène, arithmétique, mesurage, comptabilité, géographie et instruction civique, et lecture latine.3 Les aspirantes qui ont obtenu le nouveau brevet élémentaire ou le nouveau certificat élémentaire, et qui se présenteront pour brevet supérieur n’auront pas d’examen à subir sur 412 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE toutes les histoires, la géographie et la lecture latine.Les hommes seront aussi exemptés des matières des sections agricoles et commerciales, matières requises pour le brevet élémentaire.Les aspirants et aspirantes qui ont déjà obtenu un diplôme ou un certificat du Bureau central ne doivent pas oublier, dans leur lettre de demande d’admission à l’examen, de mentionner le dégré, la date et le numéro de leur diplôme ou de leur certificat.Ils ne sont pas tenus d’euvoyer de nouveau leur extrait de baptême, mais ils doivent produire un autre certificat de moralité.ENDROITS OU AURONT LIEU LES EXAMENS Les examens se feront dans les localités suivantes: Montréal, Québec, Trois-Rivières, St-Hyacinthe, Sherbrooke, Nicolet, Rimouski, Chicoutimi, Valleyfield, Hull, Joliette, Baie-St-Paul, Carleton, Farnham, Rivière-du-Loup, Havre-aux-Maisons, Montebello, St-Ferdinand-d’Halifax, Ste-Marie-de-Beauce, St-Georges-de-Beauce, Ste-Anne-des-Monts, Ste-Agathe-des-Monts, Ville-Marie, Grande-Rivière, Mont-Laurier, Bonaventure, Pointe-aux-Esquimaux, Rivière-au-Renard, Sept-Iles, Roberval, Victoriaville, Maniwaki, Fort-Coulonge, Amos, Matane et St-Vincent-de-Paul, comté de Laval.INSTRUCTIONS AUX ASPIRANTS ET AUX ASPIRANTES Toute personne qui se propose de subir l’examen devant le Bureau central doit, au moins trente jours avant Vépoque fixée pour l’examen, c’est-à-dire avant le 28 mai, en informer le secrétaire du Bureau et lui transmettre en même temps, conformément aux dispositions de la forme ci-après: 1.Un cetificat de moralité signé par le curé ou le desservant de la paroisse ^où elle a résidé pendant les six mois précédant l’examen; 2.Son extrait baptistaire; 3.La somme exigée comme droit d’examen.Cette somme est de $4.00 pour l’examen du diplôme élémentaire de et $5.00 pour l’examen du diplôme supérieur.Pour être admis à l’examen, les aspirants et aspirantes devront avoir au moins dix-sept ans révolus le ou avant le 31 décembre prochain.On voudra bien ne pas oublier qu’il est tout à fait inutile de faire une demande d’admission à l’examen si l’on n’a pas l’âge réglementaire.Par arrêté ministériel en date du 28 novembre 1919, sur la recommandation du Comité catholique, l’article 83a a été ajouté aux règlements scolaires.Cet article se lit comme suit: “ Cependant une aspirante âgée d’au moins seize ans révolus ou qui aura atteint cet âge au trente “ et un décembre qui suivra la date de l’examen, et qui promettra par écrit de se présenter l’année “ suivante pour le brevet supérieur, pourra être admise à subir l’examen sur les matières du “ brevet élémentaire.Si elle réussit à cet examen, sur toutes les matières du dit brevet élémen-“ taire, elle jouira des exemptions accordées par le Bureau aux aspirantes au brevet supérieur, “ déjà munies de l’ancien diplôme modèle; mais elle n’aura pas le droit de réclamer un brevet “ élémentaire même lorsqu’elle aura atteint sa dix-septième année.” Le Bureau pourra donc admettre aux examens du brevet élémentaire des aspirantes ayant l’âge fixé par l’article qui précède, mais ces aspirantes devront transmettre au secrétaire du Bureau à part tous les documents ordinaires: 1.Une promesse écrite de se présenter l’année suivante pour l’examen du diplôme supérieur; 2.Un certificat de la supérieure ou de la directrice de la maison d’éducation qu’elles ont fréquentée, attestant qu’au meilleur de sa connaissance, ces aspirantes on t réellement l’intention de revenir devant le Bureau pour y subir l’examen du diplôme supérieur.Voici la formule que chaque candidat devra remplir bien exactement et envoyer au secrétaire du Bureau central: {Nom de la localité et dale).Au secrétaire du Bureau central des examinateurs catholiques, Québec.Monsieur, Je, soussigné.(écrire ses nom et prénoms), né.{indiquer l’endroit), domicilié à., (donner le lieu de résidence de ses parents), comté de {nom du comté), ai l’honneur de vous informer que j’ai l’intention de me présenter à.{écrire le nom de la localité où l’on doit se rendre pour l’examen), afin de subir l’examen en {dire si c’est en français ou en anglais, ou dans les deux langues), pour le brevet {élémentaire ou supérieur).J’ai l’honneur de vous transmettre la somme de $ {mettre le montant des droits d’examens exigés) et le certificat de moralité signé par le curé (ou desservant) de ma paroisse, ainsi que mon extrait baptistaire.“Vous voudrez bien m’envoyer mon diplôme ou l’avis du résultat de mon examen à (nom du bureau de poste).“ J’ai déjà obtenu le diplôme (élémentaire ou modèle) en l’année (donner l’année).Ce diplôme (ou certificat) porte le numéro (mentionner le numéro).(Signature de l’aspirant). L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 413 Le certificat de moralité peut être dans les termes suivants: “ Je, soussigné, certifie que j’ai personnellement connu et que j’ai eu l’occasion d’observer “ (les nom tt 'prénoms de l’aspirant) pendant (dire le nombre d’années ou de mois).Durant tout “ ce temps, sa vie et sa conduite ont été sans reproches, et je crois qu’.est intègre et “ consciencieux (ou consciencieuse).(Signature du curé ou du desservant de la paroisse).Les candidats qui ont été ajournés pour quelques matières à l’examen de juin dernier ne devront pas oublier de mentionner, dans leur nouvelle demande d’admission, le numéro d’ordre qui leur avait été assigné, et ils devront produire un autre certificat de moralité.BACHELIERS ÈS-ARTS, ÈS-LETTERS OU ÈS-SCIENCES Les porteurs de diplôme de bachelier décerné par une des Universités de la province de Québec qui se présentent devant le Bureau Central pour l’obtention d’un brevet de capacité pour l’enseignement, sont exemptés de subir l’examen sur toutes les matières, excepté l’agriculture, la pédagogie, la loi et les règlements scolaires, le dessin, le droit commercial, la comptabilité et la technologie (article 111 amendé des Reglements scolaires).Ces bacheliers doivent faire leur demande d’admission conformément à la formule ci-dessus et faire connaître en même temps à quelle date et par quelle Université le diplôme de bachelier ès-arts, ès-lettres ou ès-sciences leur a été décerné.Je demande comme une faveur toute spéciale aux personnes qui doivent se présenter à la prochaine session du Bureau de m’envoyer le plus tôt possible leur demande d’admission, accompagnée de tous les documents requis.Un trop grand nombre attendent au mois de mai pour demander leur admission.Tout candidat en règle recevra une carte d’admission à l’examen.On voudra bien faire recommander les lettres contenant de l’argent et l’on est prié de ne pas envoyer de timbres-poste pour payer le droit d’examen.Le Bureau ne fournit pas les plumes; chaque candidat devra donc apporter la sienne, ainsi qu’un crayon de mine de plomb, et une gomme à effacer.En ayant l’obhgeance de se conformer fidèlement aux instructions qui précèdent, les aspirants aux diplômes faciliteront l’ouvrage très considérable que nécessite l’organisation des examens et ils me rendront par là même un service signalé.J.-N.Miller, Secrétaire.COMMISSION ADMINISTRATIVE DU FONDS DE PENSION DES FONCTIONNAIRES DE L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Session du 7 décembre 1922.Présents:—L’honorable Cyrille-F.Delâge, surintendant de l’Instruction publique, président; M.John Ahern, de la cité de Québec, délégué de la conférence des instituteurs catholiques de Québec, représenté par M.Nérée Tremblay; M.J.-N.Perrault, de la cité de Montréal, délégué de la conférence des instituteurs catholiques de Montréal; MM.M.-C.Hopkins et E.-M.Campbell, de la cité de Montréal, délégués de l’Association provinciale des instituteurs protestants.Le procès-verbal de la dernière session est approuvé.Le secrétaire soumet le rapport suivant pour l’année scolaire 1921-22: COMMISSION ADMINISTRATIVE DU FONDS DE PENSION DES FONCTIONNAIRES DE l’enseignement PRIMAIRE.Québec, le 7 décembre 1922.Monsieur le surintendant, Messieurs les membres de la commission administrative du fonds de pension des fonctionnaires de l’enseignement primaire, Messieurs, Le soussigné, secrétaire de votre comission, a l’honneur de vous soumettre le rapport qui suit:— 414 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Comptes du fonds de pension des fonctionnaires de l’enseignement primaire pour l’année 1921-22 indiquant le revenu et la dépense ainsi que le capital.LE REVENU Montant voté par la Législature (item No 43 du budget).$ 2,000.00 Allocation du gouvernement (2 Geo.V, ch.27, s.5).47,000.00 Intérêt sur le capital (Art.3010, 3013, 3024 des S.R., P.Q.).10,241.61 Surplus de l’ancien fonds de pension (Art.3018 S.R.).4,982.00 Retenue de 4% sur le fonds des écoles publiques (Art.3012 S.R.1909).17,000.00 Retenue sur le traitement des instituteurs et des institutrices à même les subventions payables aux municipalités (Art.3004, 3012, 3019 S.R., 1909).96,847.06 Retenue sur le traitement des inspecteurs d’écoles (Art.3004, 3012, S.R., 1909).^.3,262.32 Retenue sur le traitement des professeurs des écoles normales, (Art.3004, 3012 S.R., 1909).953.12 Retenue pavée directement par les fonctionnaires (Art.3004, 3012 3024 S.R.1909).29,425.16 $211,711.27 LA DÉPENSE Par les pensions.$161,838.78 Par les remboursements.1,706.55 Par les dépenses d’administration.1,187.00 Déposé au trésor de la province, allant au capital (Art.3010, 3024 S.R., 1909).19.47 Surplus de l’année.46,959.47 $211,711.27 POUR LE COMPTE DU REVENU Surplus des années précédentes.$ 62,800.64 Surplus de l’année.46,959.47 $109,760.11 POUR LE COMPTE DU CAPITAL Montant du capital le 1er juillet 1921.$206,539.06 Porté au capitalpour l’année 1921-22.19.47 Québec, le 25 septembre 1922 Certifié $206,558.53 (Signé) Joseph Morin, Auditeur de la province.PENSIONNAIRES DÉCÉDÉS NOMS AGE Amyot, Philomène.72 Beauchemin, Mme Nazaire.83 Ghaput, Marie.î.80 Cousineau, Louis.70 Croteau, Zénaïde.64 Dumont, Luce.76 Duquet, Florence.87 Dussault, Mme Ls.42 Emond, Alexandrine.58 Fafard, Joseph.54 PENSÈN $142.92 100.00 100.00 142.60 100.00 106.62 166.99 131.18 171.40 300.00 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 415 Gaudet, Elodie.Gilmour, David-M.Lapointe, Anna.Lefebvre, Chs.-Albert.Mackay-Wolf, Mme M.Marchand, Henriette.Michaud, Florida.Odell, Sarah-J.Paradis, Charles.René, Rose-Anna.Roy, P.-A.Sangster, J.-A.Smith, Catherine.Thériault, Mme Ls.-E.Tremblay, Eugène.Trumble, Emma.Bérubé, Anna.Henry, Helen.Humphrey, Charles-Ashley .78 100.00 .74 300.00 .51 118.39 .65 574.67 .71 450.15 .75 100.0 .64 100.00 .68 221.33 .81 300.00 .48 145.40 .83 651.56 .61 450.02 .87 140.63 .74 235.50 .76 236.94 .69 257.25 .63 109.20 .75 360.00 .73 851.01 2,022 $7,163.76 PENSIONNAIRES QUI N’ONT PAS ENCORE PRODUIT LEUR DEMANDE DE PENSION.NOMS AGE Mme Hormisdas Barbeau.73 Mme Adolphe Bélanger.74 Mme Louis Blondin.81 Séraphin Boutin (Enseigne).57 Mme Régis Brunet.74 Rose Camirand.58 Georgiana Caron.62 Georgiana Caron.71 Mary-A.de Champl ain.72 Mme Wm Clyde.84 J.-O.-C.Dostaler.67 Mme Nap.Gagnier.76 J.-H.Gervais.59 Alphonsine Giroux.64 Mme Jean Godbout (internée).73 F.-X.Guay.62 Joséphine Harper (Aliénée).60 Mme J.-E.Henderson.¦.66 Mme M.Lalime.72 Mme Louis Lemoine.’.73 James-Arthur Mackay.70 Julie Marion.71 Eliza-J.Mathieu.56 Margaret McNeil.60 M.-D.Joséphine Ouellet.81 Mme H.-B.Pelletier.77 M.-Louise Plourde.75 Mme Alfred Potvin.74 P.-E.Poupart.85 Ovide Roy.70 A.-H.Simard.66 Victoire Tardif.68 Lilias Watson.80 Margaret Wilson.58 \ CARTE DU BAS-CANADA publiée pa.r MM.S&muel Ga.!e et J.-B.Du berger en / tss ' bteigneunes, accordées sous /a domination française Cantons inscrits (en rouge') de 17 Si à 17 93 ¦- Divisions électorales de 17 91 Av .»‘V MîWtN i J
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