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Titre :
L'enseignement primaire : journal d'éducation et d'instruction
Éditeur :
  • Québec :[L'enseignement primaire],1881-1956
Contenu spécifique :
Mai
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
autre
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • École primaire (Lévis, Québec)
  • Successeur :
  • Instruction publique
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L'enseignement primaire : journal d'éducation et d'instruction, 1925-05, Collections de BAnQ.

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46ÈME VOLUME Québec, Mai 1925 No 9 LEnseknement Primaire ÉDUCATION - INSTRUCTION PÉDAGOGIE LE CONSEIL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE DE LA PROVINCE DE QUEBEC SA CONSTITUTION — SES ACTIVITÉS.UN CINQUANTENAIRE INTÉRESSANT—1875-1925 Une importante enquête officielle tenue en 1853, recommandait la création d’un Conseil de l’Instruction publique pour le Bas-Canada.Trois ans après, sous le ministère Taché-Macdonald, M.George-Étienne Cartier, alors secrétaire de la Province, fit amender la loi des écoles communes.Parmi les amendements adoptés, il y en avait un qui se rapportait à la création d’un Conseil de V Instruction publique.Ce n’est cependant que le 16 décembre 1859 que ce corps fut crée par arrêté en Conseil, tel qu’autorisé par la loi de 1856.Ce conseil se composa d’abord de quatorze membres: 10 catholiques, 4 protestants.A ces quatorze membres, il convient d’ajouter M.P.-J.-O.Chauveau, qui avait succédé au Dr.Meilleur, comme surintendant de l’Instruction publique du Bas-Canada, en 1855.Les catholiques et les protestants siégeaient ensemble, mais la majorité catholique, pour mettre plus à l’aise la minorité protestante, demanda au Gouvernement d’amender la loi afin de soumettre l’approbation des livres de classes concernant les écoles protestantes au vote des membres protestants: les livres pour les écoles catholiques étant soumis au vote des membres catholiques (1).Ce geste généreux de la majorité était un acheminement vers la séparation du Conseil en deux comités: ce qui ne devait arriver qu’en 1869, au début du régime fédéral.En effet, cette année-là, le Conseil de l’Instruction publique fut réorganisé: le nombre de ses membres fut porté à vingt-et-un, les catholiques formant les deux tiers et les protestants l’autre tiers.La nouvelle législation partageait le Conseil en deux comités, l’un catholique, l’autre protestant: chaque comité, comme aujourd’hui, ayant la direction exclusive des affaires scolaires de sa dénomination religieuse.La loi de 1869 (2) donnait aussi au Conseil le pouvoir de créer deux Conseils de l’Instruction publique, avec des juridictions distinctes pour les catholiques et les protestants.(1) Registres du Conseil de l’Instruction publique, cités par M.de La Bruère dans le Conseil de VInstruction publique et le Comité catholique, p.88.(2) 32, Victoria, chapitre 16. 514 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Le Conseil ne.se prévalut pas de ce privilège et maintint son unité: la création de deux comités, jouissant respectivement et pratiquement de l’autorité du Conseil, donnait entière satisfaction et aux catholiques et aux protestants.En 1875, la loi de l’Instruction publique subit une modification profonde.La charge de ministre de l’Instruction publique, créée en 1867, fut abolie et celle de surintendant rétablie: le gouvernement de l’époque voulait soustraire les questions scolaires à la politique et assurer plus de permanence à la direction du département de l’Instruction publique (1).Cette loi renforçait aussi le caractère confessionnel du système scolaire de la province de Québec, en décrétant que, désormais, les Évêques, administrateurs des diocèses que renfermait la province, devenaient de droit membres du Conseil.En faisant entrer de droit l’épiscopat catholique dans le Conseil de l’Instruction publique, M.de Boucherville agissait non seulement en catholique convaincu et éclairé, mais donnait aussi un nouveau prestige à ce Conseil, en particulier au Comité catholique.La loi de 1875 adjoignit aux évêques un nombre égal de catholiques laïques et un nombre égal de protestants.Comme il y avait alors sept évêques, la loi leur adjoignit quatorze laïques: sept catholiques et sept protestants.D’après la nouvelle loi, les deux comités, catholique et protestant, conservaient les attributions que leur avait conféré la loi de 1869.Le Conseil de l’Instruction publique et ses deux comités possèdent encore aujourd’hui l’organisation qui leur fut donnée en 1875.Après un demi-siècle d’expérience, ceux qui ont suivi le mouvement scolaire chez nous témoignent de la sagesse de la loi de 1875.Depuis cinquante ans, dans la Province de Québec, on est encore à citer un conflit scolaire sérieux entre catholiques et protestants.L’harmonie la plus parfaite n’a cessé de régner, et dans cette atmosphère de paix et de justice de merveilleux progrès scolaires ont été accomplis dans nos écoles primaires, et grâce à ces dernières dans l’enseignement spécial et dans l’enseignement secondaire.Cet indispensable résumé historique étant fait, voyons maintenant les attributions du Conseil de l’Instruction publique et les activités qui en découlent.ORGANISATION SCOLAIRE — LE CONSEIL DE L’iNSTRUCTION PUBLIQUE ET SES COMITÉS.En tête de l’organisation scolaire se trouve le Conseil de l’Instruction publique, dont le rôle est de faire les règlements scolaires, de choisir les professeurs et les principaux des écoles normales et les examinateurs chargés d’accorder des diplômes d’enseignement et des brevets d’inspecteur, d’approuver les uvres classiques, de partager certains octrois, etc.Le Conseil de l’Instruction publique est composé de catholiques et de protestants, comme suit : 1.—Les évêques ordinaires et les administrateurs de chacun des diocèses catholiques romains situés en tout ou en partie dans la Province de Québec, lesquels en font partie ex-officio; 2.—D’un nombre égal de laïques catholiques romains qui sont nommés par le lieutenant-gouverneur en conseil; 3.'—D’un nombre de membres protestants égal à celui des membres catholiques laïques, nommés par le lieutenant-gouverneur en conseil.- —j-1- r ^ • ¦ r .f1 QtP’.v l-*^ ï" i jto • ! Ôi ¦.'¦¦¦) .• i- - ’ •- -, • » i • : •- i '¦ • •*• •••' - ' ' .' (1) Dans son premier et dernier rapport comme Ministre de l’Instruction publique (19 novembre 1875), l’honorable C.-B.de Boucherville, alors premier ministre, motiva les raisons ci-dessus énoncées. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 515 Le Conseil est divisé en deux comités: l’un est formé de membres catholiques, l’autres de membres protestants.Chaque comité, catholique et protestant, a ses sessions distinctes, dont il fixe l’époque et le nombre; il nomme aussi son président et son secrétaire.Tout ce qui, dans les attributions du Conseil de ITnstruction publique, concerne spécialement les écoles catholiques romaines est de la juridiction exclusive du Comité catholique, de même que tout ce qui concerne particulièrement les écoles protestantes est de la juridiction exclusive du Comité protestant.(1).Mais les questions scolaires où les intérêts des catholiques et des protestants se trouvent collectivement concernés, sont soumises au Conseil de l’Instruction publique réuni en assemblée plénière.Voyons plutôt ce que dit la loi: “Chacun des deux comités du Conseil de l’Instruction publique a ses sessions distinctes.Il nomme son président et son secrétaire.62 V, c.28, s.53 — Article 2546 du Code scolaire.“I1 2 est du devoir de chacun des deux comités de faire des règlements, • sujets à l’approbation du lieutenant-gouverneur en conseil, pour déterminer ce qui constitue une école maternelle, une école élémentaire, une école modè e et une école académique.62 V., c.28, s.54; 2 Geo.V.(1912)—Article 2547 du Code scolaire.(2) “Les comités, catholique romain ou protestant, selon le cas, suivant que les dispositions qui les concernent l’exigent, peuvent, avec l’approbation du lieutenant-gouverneur en conseil, faire des règlements: “1.—Pour l’organisation, l’administration et la discipline des écoles publiques; 2.—Pour diviser la province en districts d’inspection et établir la délimitation de ces districts; “3.-—Pour la régie des écoles normales; “4.—Pour la régie des bureaux d’exminateurs; “5.-—Pour l’examen des aspirants à la charge d’inspecteur d’écoles; “6.—Pour déterminer les jours de congé qui doivent être donnés dans les écoles.62 V., c.28, s.55 — Article 2548 du Code scolaire.” Chacun des deux comités doit approuver les livres de classe, cartes, globes, modèles, ou objets quelconques utiles à l’enseignement pour l’usage des écoles de sa croyance religieuse, et, quand il le juge à propos, il peut retirer l’approbation qu’il a donnée.62 V., c.28, s.56—Article 2549 du Code scolaire.Chacun des deux comités peut révoquer le brevet de capacité de tout instituteur ou institutrice de sa croyance religieuse “convaincu de mauvaise conduite, d’immoralité, d’ivrognerie ou d’infraction grave dans l’exécution de ses devoirs, en procédant”, etc., etc.(62 V., c.28, s.57—-Article 2550 du Code scolaire.L’article 2551 (62 Y., c.78, s.58)—donne aussi droit à chacun des deux comités d’instituer des enquêtes contre tout inspecteur d’écoles pour négligence de ses devoirs, mauvaise conduite, etc.Le paragraphe 3 de l’article 2709 du Code scolaire (62 V., c.28, s.215; 1 Geo.V, c.20 s.2) autorise chacun des deux comités à déterminer l’étendue du cours d’études et à rédiger des programmes ad hoc.Ainsi le Comité protestant, au même degré que le Comité catholique, a le contrôle absolu des écoles protestantes relativement au personnel ensei- (1) Il n’existe cependant qu’une seule loi scolaire dans la Province, et toutes les écoles, quelle que soit leur déno-mination religieuse, sont organisées d’après cette loi.(2) Quant aux catholiqi es, ces dénominations ont été remplacées par: école ¦primaire élémentaire (6 années divisées en 3 cours de 2 ans) et école primaire complémentaire (7ème et Sème années).12 Geo.V.ch.46, sec.I). 516 RENSEIGNEMENT PRIMAIRE gnant, aux programmes d’études, aux manuels de classe et à l’inspection scolaire.Les règlements adoptés par chacun des deux comités deviennent en vigueur par la sanction du lieutenant-gouverneur en conseil et leur publication dans la Gazette Officielle.C’est le département de l’Instruction publique qui voit à l’observance de la loi_ scolaire et des règlements et décisions des comités du Conseil de l’Instruction publique.A la tête de ce département, il y a le Surintendant de l’Instruction publique assisté de deux secrétaires, l’un catholique, l’autre protestant, .et qui, d’après la loi, ont rang de sous-ministre.le surintendant de l’instruction puplique.—Le surintendant de l’Instruction publique est nommé par le lieutenant-gouverneur en conseil.Il fait partie du Conseil de l’Instruction publique et en est le président de droit.Dans l’exercice de ses attributions, il doit se conformer aux instructions qui lui sont données par les comités, catholique ou protestant, du Conseil.Le surintendant est revêtu des pouvoirs nécessaires au bon fonctionnement de la loi de l’éducation.Tous les ans, il doit soumettre à la Législature un rapport sur l’état de l’Instruction publique dans la province.C’est lui qui distribue, entre les commissaires et les syndics d’écoles des diverses municipalités scolaires, les sommes d’argent affectées à l’instruction publique.Le surintendant exerce son rôle de surveillance, en dehors du département de l’Instruction publique, par l’entremise des inspecteurs d’écoles.inspecteurs d’ecoles.—inspecteurs régionaux.—Les inspecteurs d’écoles sont nommés par le lieutenant-gouverneur en conseil.Nul ne peut être nommé inspecteur d’écoles, s’il n’a enseigné au moins cinq ans et subi avec succès un examen devant un bureau particulier nommé par le Conseil de l’Instruction publique (1).Et nul ne peut être admis à cet examen, s’il n’est porteur d’un brevet d’école primaire supérieur ou complémentaire (ou ancien diplôme académique).Les inspecteurs d’écoles doivent visiter deux fois chaque année, conformément aux règlements scolaires, les écoles de leur district d’inspection et transmettre au département de l’instruction publique, à la suite de chacune de leur visite, un rapport ou bulletin sur les écoles de chaque municipalité, aider de leurs conseils les instituteurs et les institutrices de leur circonscription, examiner les comptes des secrétaires-trésoriers et veiller à ce que les lois et règlements concernant l’enseignement soient bien observés.Tous les ans, les inspecteurs sont tenus de soumettre au surintendant un rapport détaillé sur l’état de l’instruction publique dans leur district respectif.inspecteurs generaux.—Le 5 janvier 1912, deux inspecteurs généraux, l’un pour les catholiques, l’autre pour les protestants, ont été nommés par le gouvernement.Voici les attributions de ces deux officiers, d’après l’arrêté en conseil qui crée leurs fonctions: 1.—Renseigner le surintendant sur tout ce qui intéresse l’enseignement primaire, faire pénétrer partout ses instructions et en contrôler l’application.(1) Par l’entremise de ses comités L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 517 2.—Surveiller le travail des inspecteurs d’écoles et apprécier dans des notices confidentielles, les services et le mérite de chacun de ces fonctionnaires dans l’exécution de ses devoirs.3.—Faire l’inspection des écoles normales et des écoles annexes.4.—Tenir, au besoin, sur demande du Comité catholique ou du Comité protestant, ou du surintendant, des enquêtes sur des questions particulières ou qui exigent une solution rapide, et remplir les autres devoirs inhérents à leur charge qui leur seront déterminés.La mise en vigueur immédiate de la loi et des règlements scolaires est confiée à la municipalité scolaire, qui doit se conformer aux règlements et programme d’études, adoptés par l’un ou l’autre des comités, suivant le cas.la municipalité scolaire.—On appelle municipalité scolaire tout territoire érigé en municipalité pour le fonctionnement des écoles sous le contrôle des commissaires ou des syndics d’écoles.Les limites de la municipalité scolaire sont généralement celles de la paroisse religieuse ou de la municipalité locale.Les municipalités scolaires sont érigées à la demande des contribuables, sur la recommandation du surintendant de l’Instruction publique, par le lieutenant-gouverneur en conseil.L’organe de la municipalité scolaire est la commission scolaire, composée de cinq commissaires (ou de trois syndics pour les municipalités dissidentes) élus par les contribuables de chaque municipalité.Les commissaires d’écoles ont de nombreux et importants devoirs à remplir: ils doivent imposer et percevoir les taxes nécessaires à l’entretien des écoles, choisir les emplacements scolaires, construire les écoles, munir les classes de toutes les fournitures indispensables aux leçons du maître, engager les instituteurs et les institutrices, faire des règlements propres à assumer la bonne gouverne de chaque école, régler les différends qui surviennent entre les parents ou les enfants et les instituteurs.Ils peuvent aussi diviser la municipalité en plusieurs arrondissements scolaires, changer les limites de ces arrondissements, établir des écoles séparées, de filles et de garçons.De plus, il leur incombe de faire un recensement annuel des enfants de leur municipalité et de faire rapport au surintendant.Les contribuables qui se prétendent lésés par les décisions des commissaires peuvent en appeler à la Cour de Circuit.Au point de vue moral et religieux, les écoles catholiques sont sous la surveillance du curé de la paroisse, qui a aussi seul le droit de faire le choix des livres de classe ayant rapport à la religion et à la morale.Quant aux écoles protestantes, ce choix est réservé au comité protestant.CONCLUSION En résumé, le Conseil de l’instruction publique est l’autorité supérieure dans le domaine de l’enseignement primaire, chez nous.Son rôle est considérable: c’est lui qui, par ses comités, fait les règlements scolaires, rédige les programmes d’études, approuve les manuels de classe, autorise la création des écoles normales et en rédigé les programmes et règlements, choisit les principaux et les professeurs de ces maisons, autorise la création des bureaux d’examinateurs pour l’obtention des brevets d’enseignement, choisit les membres qui doivent faire parti de ces bureaux, choisit, au préalable, les inspecteurs d’écoles, par l’entremise d’un bureau d’examens qu’il crée lui-même.Le Conseil, par 518 L'ENSEIGNEMENT PRIMAIRE ses comités encore, partage certains octrois scolaires accordés aux municipalités pauvres: il distribue aussi les subventions accordées pour l’éducation primaire supérieure.Enfin, le titre des écoles est accordé par les comités du conseil, chaque comité s’occupant respectivement des écoles de sa dénomination.Le Comité protestant a tous les pouvoirs que possède le Comité catholique., Composé d’hommes éminents, revêtu d’une haute autorité et de vastes pouvoirs, le Conseil de l’Instruction publique remplit en notre province une tâche bienfaisante et patriotique.Par sa sage composition, il inspire la confiance de la population et accorde à la minorité protestante le contrôle absolu de ses écoles.Et, grâce à l’organisation du département de l’Instruction publique, lequel est présidé par un surintendant nommé à vie, le régime scolaire de Québec échappe aux ennuis de la politique.C.-J.Magnan, de la Société Royale du Canada.LE SYSTÈME SCOLAIRE DANS LTLE DE MONTRÉAL ET LES ENFANTS JUIFS (1) NOTES DE L’HONORABLE JUGE ADJUTOR RIVARD.CANADA Province de québec COUR DU BANC DU ROI (juridiction d’appel) CORAM: Greenshields, Flynn, Tellier, Rivard.Létourneau, J.J.Référé, en vertu de l’article 579 des S.R.Q., 1909, par Son Honneur le lieutenant-gouverneur en conseil (arrêté du 3 février 1925), de certaines questions relatives au système scolaire dans l’Ile de Montréal, et plaidé, les 23 et 24 février 1925, à Québec conformément à une ordonnance de cette Cour en date du 4 février 1925., Rivard, J.: REMARQUES PRÉLIMINAIRES lo.—Les questions sur lesquelles la Cour du Banc du Roi est appelée à se prononcer ont une portée plus étendue que le titre et le texte de l’arrêté ministériel pourraient peut-être, à première vue, le faire croire.Elles ont sans doute été provoquées par des difficultés surgies à Montréal, et dans ce sens elles sont en effet relatives au système éducationnel dans l’Ile de Montréal; mais la plupart (question 1, 36, 3c, 6 et 7) concernent le système scolaire de toute la province de Québec, et les autres (questions 2, 3a, 4 et 5), bien que formulées en vue d’une situation locale, ne peuvent se résoudre que par des motifs d’ordre général intéressant la communauté tout entière et qui, demain peut-être, devront déterminer ailleurs des solutions pareilles.Les parties qui se sont fait entendre sur ce référé, (le Bureau protestant des Commissaires d’écoles de la cité de Montréal, les membres juifs de la Commission spéciale d’éducation dans l’ile de Montréal, et le Bureau catholique des Commissaires d’écoles de la (1) Voir la décision rendue par la Cour d’Appel: L’Enseignement Primaire d’avril 1925 RENSEIGNEMENT PRIMAIRE 519 cité de Montréal) ont voulu restreindre leurs observations à leurs intérêts particuliers dans les limites de leur territoire; mais le débat s’élargit de lui-même: le principe de notre système d’instruction publique est le même pour tout le pays; et une simple différence dans l’organisme scolaire ne fait pas que, dans une matière où le caractère essentiel de l’école est en jeu, on puisse faire un sort particulier à une classe de citoyens ou aux habitants d’une localité.2o.—Il est difficile, aussi bien dans l’anglais que dans le français, de saisir le sens de la question 7b.Les mots “en droit” ne peuvent être rapportés aux “protestants”; ce serait demander si “en droit”, ils ont “le droit de.” Redondance inutile et obscure.S’ils ont “le droit de.”, c’est “en droit” qu’ils l’ont évidemment; et l’on n’a certainement pas voulu poser ainsi la question.D’autre part, si “en droit” (“as of right”) se rapportait aux “'enfants qui professent la religion judaique”, on ne demanderait pas si les protestants ont “le droit de.”, mais s’ils ont “l’obligation de.” Cependant, la question ainsi entendue s’ajusterait à la précédente (7a: “comme faveur”); et les parties paraissent l’avoir comprise de la sorte.Je m’arrête donc à ce sens et je répondrai à la question 76 comme s’il s’agissait d’une obligation des 'protestants correspondant^ à un droit des juifs.(J’entends partout, par “juifs”, les personnes professant la religion judaique.) 3o.—La question 7c est une question distincte, complète par elle-meme, et qui ne se.rattache à la phrase principale de la question que par les mots “dans telles conditions”.On nous a expliqué que ces mots se rapportaient à “si l’acte de 1903 est inconstitutionnel.” PREMIÈRE QUESTION.“Le statut de Québec, 1903, 3 Édouard VII, chapitre 16, est-il ultra vires ?” Réponse.Le statut de Québec de 1903, 3 Édouard VII, chapitre 16 (S.R.Q.1909, art.3046-3051), est ultra vires et inconstitutionnel, parce qu’il excède les pouvoirs de la Législature tels que définis, en matière d’éducation, par l’article 93 de l’Acte de l’Amérique britannique du Nord de 1867 (30-31 Vie., ch.3).Motifs.L’Acte de l’Amérique britannique du Nord de 1867 a attribué aux législatures de chaque province une juridiction exclusive sur les matières concernant l’éducation; mais ce pouvoir législatif est limité par de certaines restrictions et ne doit être exercé que dans le cadre tracé par les dispositions de l’article 93 : “Dans chaque province, la législature pourra exclusivement décréter des lois relatives à l’éducation, sujettes et conformes aux dispositions suivantes: “(1) Rien dans ces lois ne devra préjudicier à aucun droit ou privilège conféré, lors de l’Union, par la loi à aucune classe particulière de personnes dans la province, relativement aux écoles séparées.” Dans cette version française, les mots “écoles séparées” sont la traduction de l’anglais “denominational schools”.Comme le Conseil privé l’a déjà défini (Ottawa separate school trustees, vs Mackell, 32 _D.L.R.4), ce qui caractérise ces sortes d’écoles, ce n’est ni la race, ni la nationalité d’origine, ni la langue maternelle des personnes qui y envoient leurs enfants, c’est uniquement leurs croyances religieuses, la foi de l’Église dont elles font profession.Le mot même, denomination, dit assez clairement le sens qu’il convient de lui donner; il s’emploie généralement pour désigner un ensemble de personnes qui professent des opinions communes sur les matières de religion, de telle sorte que le terme denominationalism s’applique spécialement au système d’éducation dont le principe est que tout enfant appartenant à une confession particulière doit être instruit suivant les préceptes de cette croyance par des maîtres qui la partagent et sous la direction de ministres qui l’enseignent.(Cf.Enc.Brit., Ile éd.vol.VIII, Vo Denomination.) C’est, en français, le confessionalisme, qui, appliqué à l’en- 520 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE geignement, se réalise dans l’école confessionnelle, ou denominational school, où l’instruction est conforme à la foi religieuse des enfants qui la fréquentent.Le pouvoir législatif de la province de Québec en matière d’éducation s’arrête donc là où l’exercice de ce pouvoir affecterait, en y portant préjudice, les droits que quelque classe de personnes pouvait avoir, en vertu de la loi, lors de l’Union, en 1867, relativement aux écoles confessionnelles.Ces droits, reconnus comme acquis et en quelque sorte arrêtés définitivement par l’Acte de l’Amérique britannique du Nord, la Législature peut les compléter, en assurer mieux la jouissance, en faciliter l’exercice, et elle seule a ce pouvoir; mais il ne lui est pas permis de les diminuer, d’y porter atteinte, ou de les détruire: “Nothing in any such law shall prejudicially affect any right or priviledge with respect to denominational schools which any class of persons have by law in the Province at the Union.” La loi en vigueur lors de l’Union, en 1867, reconnaissait-elle le droit de quelque classe de personnes à des écoles de leur confession, dans la province de Québec ?En d’autres termes, la loi autorisait-elle la confessionalité des écoles, et de quelle confession voulait-elle qu’elles fussent?C’est la première question à examiner, et dont il faut chercher la réponse dans les textes de la loi, sans tenir compte des faits, usages ou coutumes non consacrés par le législateur.Les lois antérieures à 1841 (41 Geo.III, ch.17, 1801; 9 Geo.IV, ch.46, 1829; 10 Geo.LV, ch.14, 1830; 1 Guil.IV, ch.7, 1831; 2 Guil.IV, ch.26, 1832; etc.), intéressantes pour l’histoire de notre première politique scolaire depuis VInstitution royale jusqu’au décret impérial de 1838, ne fournissent aucune donnée utile à notre recherche.Mais il peut être bon de consulter les statuts adoptés depuis 1841 : 1841, 4-5 Vie., ch.18.1845, 8 Vic., chap.41.1846, 9 Vic., ch.27.1849, 12 Vic., ch.50.1856, 19 Vic., ch.14.Ce sont comme autant d’étapes, par où l’organisation du système scolaire a passé pour arriver à la loi de l’Instruction publique enregistrée dans la refonte de 1860 (S.R.B.G., ch.15); et on saisit mieux la portée de la loi en vigueur en 1867, quand on en a suivi le développement pendant les vingt-cinq années précédentes.Ce serait sans doute faire double emploi avec les notes dont mes collègues accompagneront leur opinion, que d’analyser ici les dispositions successives de ces lois; je m’en tiendrai à quelques notations particulières.En premier lieu, il ressort de toute la législation que les écoles établies en vertu de la loi étaient communes, “common schools” expression synonyme de “public schools” (Cf.Am.et Eng.Enc.of Law, Vo Schools), c’est-à-dire qu’elles étaient entretenues aux frais des contribuables, soit par voie de taxation, soit par subventions du gouvernement, et qu’elles étaient ouvertes à tous les enfants qui, en âge de les fréquenter, voulaient se soumettre aux règlements édictés par l’autorité compétente.C’est, encore aujourd’hui, ce qui distingue nos écoles communes des écoles privées, fondées et maintenues par des particuliers, qui, seuls, y ont accès.Ce caractère des écoles de 1841 se trouve à tous les degrés de la législation, et jusque-dans ia refonte de 1860: “Il y aura dans chacune des cités de Québec et de Montréal et dans chaque municipalité, ville ou village du Bas-Canada une ou plusieurs écoles communes pour l’instruction élémentaire de la jeunesse.” (S.R.B.C., 1860, ch.15 art.27.) Une remarque facile, mais qu’il n’est peut-être pas inutile de faire tout de suite, c’est que la publicité et la neutralité de l’école sont deux choses d’ordre différent.On est trop habitué à confondre école publique avec école neutre; c’est une conception fausse.La simple faculté donnée à tous de mettre leurs enfants à l’école n’a aucunement pour conséqunce la neutralité religieuse de l’enseignement.Que l’école soit neutre ou qu’elle soit confessionnelle, cela ne change rien à son caractère d’école publique ou commune.Il faut aller plus loin et chercher si les écoles communes d’avant 1867 étaient, suivant la loi d’alors, confessionnelles ou neutres.I.—Par la loi de 1841 (4-5 Vie., chàp.18) d’abord il avait été réglé (art.7) qu’un corps de commissaires d’écoles serait établi dans chaque paroisse, et que ces commissaires nommeraient les instituteurs, réglementeraient le cours des études, choisiraient les livres de clauses; et aussi (art.11) que, si qùelques-uns des habitants professant une foi religieuse différente de celle de la majorité étaient mécontents des règlements passés par les commis- L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 521 saires relativement à l’école commune, ils pourraient se déclarer dissident’s et établir, avec les mêmes droits, une ou plüsieurs écoles communes distinctes de la première.Il apparait donc que, dès cette époque, le contrôle pédagogique des écoles et la direction de l’enseignement élémentaire dans la province appartenaient soit aux commissaires d’écoles de la majorité, soit aux syndics de la minorité dissidente.Il n’était pas dit que l’une ou l’autre de ces écoles serait d’une confession particulière, cela ne pouvait être déterminé, parce que la religion de la majorité n’était pas connue.Mais il est certain que c’était en raisbn d’une différence de foi religieuse (“religious faith”) qu’un certain nombre d’habitants d’une paroisse pouvaient se déclarer dissidents, et il se trouve déjà démontré par là que ces deux espèces d’écoles communes étaient confessidnnelles.Un organisme un peu différent avait été créé, par cette même loi de 1841, pour les cités et les villes.La corporation municipale exerçait les pouvoirs des commissaires; mais l’examen des instituteurs et la règlementation du cours d’études pour chaque école étaient attribués à un bureau Spécial d’examinateurs.Et là la distinction au point de vue religieux était clairement faite: le bureau des examinateurs devait se composer également de catholiques romains et de 'protestants; chaque groupe formait un “département”, qui exerçait ses droits sur les écoles fréquentées respectivement par les enfants protestants ou par les enfants catholiques, sauf le cas d’une école fréquentée par des enfants des deux confessions, alors qhe le bureau entier devait agir.(art.16.) 11 avait sans douté paru au législateur que, dans les centres, une population plus dense et plus mêlée justifierait, dans tous les cas, la création de deux sortes d’écoles confessionnelles, et il avait cru inutile de laisser à une minorité la faculté de se déclarer dissidente; à cause de ces circonstances particulières, il avajt donc décrété que, dans les villes et les cités, il y aurait, sans déclaration de dissidence comme ailleurs, deux espèces d’écoles; et il en avait donné le contrôle pédagogique, c’est-à-dire le droit de régler le cours des études, de choisir les livres et de faire des règlements de direction respectivement, à deux départements d’un bureau, composés l’un de catholiques romains, l’autre de protestants.C’était dire que les écoles communes devaient être confessionnelles, lés unes protestantes, les autres catholiques.Toute autre interprétation eût méconnu la distinction des deux départements du bureau des examinateurs.Pour quels motifs l’un de cé^ départements devait-il être catholique et l'autre protestant, si ce n’est pour qtie chacun, en exerçant le contrôle pédagogique des écoles de son groupe, pût les diriger suivant sa propre confession ?Les écoles communes de 1841, dans la province de Québec, y compris celles des villes et des cités, étaient donc toutes confessionnelles, soit catholiques, soit protestantes.Le développement de cette première législation ne fait qu’accentuer ce caractère de nos écoles.IL—En 1845 (8 Vie., ch.41,) les mêmes dispositions sont répétées.Dès le préambule du statut de cette année, il est dit que les écoles comniunes seront régies par les commissaires de la manière prévue par la loi; et les articles qui suivent montrent qu’on entend bien leur donner le caractère d’écoles confessionnelles.Même les écoles dissidentes devront appartenir à une communion particulière.Cela ressort clairement des articles 28 et 32.A Montréal et à Québec, le caractère confessiohnel dès écoles est encore mieux déterminé: six commissaires catholiques romains forment une corporation distincte pour un groupe d’écoles et six protestants pour l’autre.Pourquoi, encore ici, cette confessionnalité des écoles placées sous la régie de chacun ?On a dit: “La régie ne concerne que la discipline journalière de l’école et ne se rapporte aucunement à la religion”.En ce cas, comment expliquer qu’il faille professer une religion particulière pour exercer cette régie ?III-—La loi de 1846 (9 Vie., ch.27) spécifie queles commissaires règlerdnt le cours d’études pour chaque école, et que le curé, prêtre ou ministre desservant aura le droit exclusif de choisir les livres de morale et de religion pour les écoles des enfants de sa croyance religieuse (art.21).L’établissement d’écoles dissidentes, avec syndics ayant les mêmes pouvoirs que les commissaires, pourra se faire dans le cas d’üne minorité professant une croyance religieuse différente de celle de la majorité.Et ces écoles dissidentes sont aussi confessionnelles, puisque, là off les dissidents d’ün arrondissement ne sont pas assez nombreux, ils 2 522 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE peuvent envoyer leürs enfants aux écoles d’un autre arrondissement, pourvu que celles-ci soiént de même croyance” (art.29.) A Québec et à Montréal, le bureau des examinateurs se compose encore de deux départements séparés, l’uti formé de sept catholiques, l’autre de sept protestants, chargés de faire séparément l’examen des instituteurs jfour les écoles de leur confession respective.IV.—La loi de 1849 (12 Vie., ch.50) n’ajfporte à la législation scolaire aucun changement touchant ce qu'e nous cherchons.V.—En 1856 (19 Vie., ch.14), il est pourvu à la création, en dehors de Québec et de Montréal, de bureaux d’examinateurs régis par la loi de 1846, et le législateur ajoute: “.dans les sociétés religiëuses mixtes (in mixed religious communities) un desdits bureaux devant être composé de catholiques romains, et un autre de protestants” L’établissement d’un Conseil de l’Instruction publique est aussi décrété.VI.—Enfin, ën 1860, la législation scolaire qui s’était ainsi développée, depuis 1841 est refondue dans le chapitre 15 des S.R.B.C.Art.27.—Les écoles communes établies pour l’instruction élémentaire de la jeunesse — ce qui comprend et les écoles de la majorité et les dissidentes (19 Vie., ch.14, art.21) — sont placées sous la régie de commissaires ou de syndics, suivant le cas.Art.55.—Le seul cas mentionné où il peut y avoir des écoles dissidentes est le cas où, dans qùielque municipalité, les règlements et les arrangements faits par les commisfeaires pour la régie des écoles de la majorité n’agréent pas à un nombre quelconque d’habitants professant une croyance religieuse différente de celle du plus grand nombre; alors les syndics sont nommés, qui exercent, quant à la régie des écoles dissidentes, les mêmes pouvoirs que les commissaires quant aux écoles de la majorité; et ces syndics ont droit à Une part des fonds scolaires en rapport avec le chiffre de la population dissidente.Art.65.—Les commissaires oU les syndics, suivant le cas, nomment les instituteurs, règlent le cours des études et établissent des règles générales pour la régie des écoles sous leur contrôle.Cependant, le curé, prêtre ou ministre desservant a le droit exclusif de choisir les livres de classe qui ont rapport à la religion ou à la morale pour les écoles des enfants de sa ci'oyance religieuse.Art.103.—Dans les cités de Québec et de Montréal, un bureau d’examinateurs est établi, qui se compose de quatorze personnes choisies parmi lès difiérèntes croyances religieuses, savoir: sept catholiques et sept protestants et chaque groupe forme un département qui remplit séparément ses devoirs.Art.108.—Il en est de même dans les autres parties de la Province où il serait jugé expédient de constituer aussi des bureaux d’examinateurs.Art.121.—Les membres du clergé, visiteurs ex officio des écoles communes, n’ônt cependant accès qu’aux écoles appartenant aux habitants qui sont de leu,r croyance religieuse.Art.128 et suiv.—Dans les cités de Québec et de Montréal, deux corporations distinctes sont créées, l’une composée de six commissaires catholiques romains et l’autre de six commissaires protestants, respectivement poür les écoles de leur confession; chacune de ces corporatibns reçoit les deniers destinés à l’instruction publique proportionnellement au chiffre de la population de sa croyance religieuse.De cette revue rapide il ressort, et un examen plus minutieux des statuts fait paraître plus clairement encore, que la législation en vigueur en 1867 voulait que les écoles établies en vertu de la loi, aussi bien dans les cités de Québec et de Montréal que dans le reste de la province, fussent communes ou publiques et aussi qu’une croyance religieuse y fût professée.Dans le système établi par la loi, il n’y avait en effet place que pour deux sortes d’écoles communes: les catholiques romaines et les protestantes.Ainsi, de 1841 à 1860, le législateur avait imprimé à nos écoles communes un caractère certain de confessionnalité.|Mty Parce que cela est conforme aux principes de la plus saine pédagogie, il est raisonnable de croire que le législateur avait repoussé le principe de l’école dite laique, le “principe de la morale indépendante du dogme (F.Buisson, cité par Mgr.Baudrillart, “l’Enseignement cath.dans la France contemporaine,” p.383); suivant ce qu’il a fait paraître dans les paroles de sa loi, il avait pensé justement qu’une éducation en dehors de toute croyance religieuse ne convient pas à l’âme de l’enfant, qu’elle peut déterminer l’orientation funeste de toute RENSEIGNEMENT PRIMAIRE 523 unejvie, et qu’elle ne saurait former les citoyens d’un état chrétien.Aussi, lorsqu’en 1869 (32 Vie., ch.18, art.38), le législateur disait: “Les mots majorité religieuse et minorité religieuse dans cet acte et dans tout autre acte en force dans cette province, concernant l’instruction publique, voudront dire la majorité ou la minorité catholique romaine ou protestante, suivant le cas”, il ne faisait que déclarer ce qu’il avait entendu dire dans ses lois antérieures; cette déclaration de 1869 définissait seulement ce qui existait déjà avant 1867.1 C’est bien ce que les auteurs de la Constitution ont compris, lorsque, par l’Acte de l’Amérique britannique du Nord, ils ont voulu arrêter définitivement les droits acquis lors de l’Union.Après avoir fait au pouvoir législatif de la province en matière d’éducation la restriction du paragraphe 1 de l’article 93, ils ont ajouté: “2.Tous les pouvoirs, privilèges et devoirs conférés et imposés par la loi dans le Haut Canada, lors de l’Union, aux écoles séparées et aux syndics d’écoles des sujets catholiques romains de Sa Majesté, seront et sont par le présent étendus aux écoles dissidentes des sujets protestants et catholiques romains de la Reine dans la province de Québec”.Si les écoles publiques de la province de Québec n’étaient pas et ne devaient pas rester confessionnelles, catholiques ou protestantes, cette disposition serait lettre morte.Il reste à définir ce que, dans les textes cités, on a voulu dire par le mot “protestant”.“A protestant is a Christian who protests against the doctrines and practices of the roman catholic church, one who adheres to the doctrines of the reformation.” (Am & Eng.Enc.of Law, 2nd ed., Vo.Protestants.) Il est difficile de s’écarter de cette définition, surtout quand on se rappelle que, dans toute la législation scolaire, c’est pas opposition ou parallèlement aux écoles catholiques-romaines qu’on autorise des écoles protestantes.Le sens du mot protestant a été précisé davantage par les tribunaux des Etats-Unis: “The term protestant includes all Christians who deny the authority of the Pope of Rome; but the term is not broad enough to include any who do not, nominally at least, assent to the truth of Christianity as a distinct system of religion ” (Hale vs Everett, 53 N.-H.10).Voilà qui exclut tous les non-chrétiens, païens, juifs, idolâtres, boudhistes, brahmanes, mahométans, etc.; les disciples de ces diverses croyances ne sont pas des protestants.Spécialement, quant aux juifs, le législateur de la province de Québec a adopté cette manière de voir; il ne considère pas la religion judaique comme l’une des religions protestantes, puisqu’il a cru devoir faire une loi spéciale pour que les Juifs comptent au nombre des protestants.Il existait donc, lors de l’Union, en vertu de la loi, des écoles confessionnelles dans la Province; ces écoles étaient chrétiennes, les unes catholiques, les autres protestantes.Catholiques romains et protestants avaient le droit de diriger et de contrôler, suivant les dispositions de la loi, leurs écoles respectives, reconnus et consacrés par l’art 93 de l’Acte de l’Amérique britannique du Nord, en 1867; et la Législature provinciale, en exerçant son pouvoir de faire des lois concernant l’éducation, n’y peut porter préjudice sans excéder sa juridiction.Or, la loi 3 Édouard VII, ch 16, adoptée en 1903 par la Législature de Québec, qui s’applique à toute la province, y compris Québec et Montréal, ne peut être interprétée que comme une violation, avec préjudice, des droits et des privilèges ainsi garantis aux protestants par la Constitution de 1867.En effet, d’après cette loi de 1903, les personnes professant la religion judaique doivent être traitées, pour les fins scolaires, de la même manière que si elles étaient de la religion protestante; elles sont assujetties aux mêmes obligations et jouissent des mêmes droits et privilèges que les protestants; leurs enfants ont les mêmes droits que les enfants des protestants; pour l’imposition et la perception des taxes scolaires, comme pour l’attribution des allocations aux écoles publiques, les Juifs sont comptés au nombre des protestants.En d’autres termes, les personnes professant la religion judaique sont déclarées, pour toutes fins concernant l’éducation, être comprises dans l’appellation protestants", les Juifs sont assimilés aux protestants et confondus avec eux.Le résultat possible est évident; les Juifs pourront être commissaires ou syndics, instituteurs, examinateurs, membres du Comité protestant du Conseil de l’Instruction publi- 524 L'ENSEIGNEMENT PRIMAIRE que; ils prendront part à la régie, à la direction, au gouvernement des écoles protestantes; le contrôle des vrais protestants sur leurs écoles se trouvera atteint, et il est possible que, tôt ou tard, ils viennent à le perdre.Le droit qu’ils ont d’exercer un contrôle sur l’éducation de leurs enfants est donc affecté, avec préjudice, par l’effet de cette loi, qui les force à partager ce contrôle avec les disciples d’une croyance religieuse contraire à celle qu’ils professent eux-mêmes.Cette participation des Juifs à la direction des écoles protestantes aura-t-elle ce résultat, ou s’exercera-t-elle avec une discrétion qui saura ne porter ombrage à personne ?Il n’importe pas.Le préjudice est possible, il peut se produire comme conséquence de l’application de la loi : c’est assez pour que celle-ci soit ultra vires.On a prétendu aussi que la loi de 1903 était le résultat d’une convention intervenue entre les commissaires d’écoles protestants de Montréal et les personnes professant la religion judaique.Je trouve que la loi va plus loin que les offres faites par les commissaires; mais quand même il y aurait eu contrat, une entente entre les Juifs et les protestants de Montréal ne peut lier les habitants de toute la province, auxquels la loi de 1903 s’applique.De plus les commissaires d’écoles protestants de Montréal ne pouvaient abandonner des droits garantis à leurs coréligionnaires par la constitution du pays.Enfin et dans tous les cas, leur consentement ne pouvait rendre constitutionnel ce qui ne l’est pas.Ce n’est pas du peuple que vient l’autorité du Souverain; de même, la Législature ne tient pas des contribuables le droit de faire des lois; qu’ils soient juifs, protestants ou catholiques, ils ne sauraient donner au Parlement le pouvoir d’excéder sa juridiction.A la première question, je réponds donc que le statut de Québec de 1903, 3 Édouard VII, chapitre 13, est ultra vires.DEUXIÈME QUESTION.(?) “En vertu dudit statut, des personnes de religion judaique peuvent-elles être nommées membres du bureau des commissaires des écoles protestantes de la cité de Montréal ?” j Réponse.Si le statut de 1903 était intra vires, je répondrais: oui.DEUXIÈME QUESTION.(Suite) (?) “(Envertu du dit statut) le Bureau des commissaires des écoles protestantes de là cité de Montréal est-il tenu de nommer des professeurs juifs dans ses écoles, si elles sont fréquentées par des enfants de croyance judaique?” Réponse.a Non.TROISIÈME QUESTION.“La Législature provinciale a-t-elle le pouvoir de passer une loi pourvoyant à ce que des personnes professant la religion judaique soient nommées: (?) “membres du bureau des commissaires des écoles protestantes de la cité de Montréal?” Réponse.Non.(?) .“membres du Comité protestant de l’instruction publique?” Réponse.Non. RENSEIGNEMENT PRIMAIRE 525 (c) .“membres consultants de ces deux corps ?” Réponse.Non.Motifs .Les motifs des réponses précédentes se trouvent exposés sous la question première.Pour celle-ci (III-c), je fais remarquer que ce serai encore porter préjudice aux droits garantis, que de concéder aux Juifs le droit de faire de^ représentations et de donner des avis à des corps constitués qui ne les concernent pas et ur des matières qui ne sont pas de leur compétence.De plus, parce que nos écoles sont, en vertu de la loi, confessionnelles chrétiennes, il serait contraire à l’esprit même de la Constitution et au principe de notre système d’instruction publique de donner une sorte de voix consultative, en matière scolaire, à des citoyens qui n’auraient ce droit qu’à titre de non chrétiens.QUATRIÈME QUESTION.“La Législature provinciale a-t-elle le pouvoir de passer une loi obligeant le bureau des commissaires des écoles protestantes de la cité de Montréal à nommer des instituteurs professant la religion judaique dans ses écoles, si elles sont fréquentées par des enfants professant cette religion?” Réponse.Non.CINQUIÈME QUESTION.“La Législature provinciale a-t-elle le pouvoir de passer une loi pourvoyant à la nomination de personnes professant la religion judaïque comme membres de la commission financière métropolitaine suggérée dans le projet soumis par MM.Hirsch et Cohen?” Réponse.Non.SIXIÈME QUESTION.“La législature provinciale a-t-elle le pouvoir de passer une loi pour établir des écoles séparées pour les personnes qui ne sont ni de la croyance catholique romaine ni de la croyance protestante?” Réponse.Non.Motifs.Les réponses aux questions 1, 2, 3, 4 et 5 découlent de la violation des droits des protestants garantis par la Constitution.La réponsë à la sixième question s’appuie sur un motif plus large, sur le caractère confessionnel chrétien de toutes nos écoles communes, caractère déjà signalé, qui avait été établi par les lois antérieures à 1867 et qui a été consacré par l’Acte de l’Amérique britannique du Nord.Sans répéter au long ce qui a été dit plus haut, je rappelle seulement que le législateur d’avant 1867 avait fait toutes nos écoles communes soit éatholiques, soit protestantes, c’est-à-dire de confession chrétienne. 526 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Sans doute, l’État chez nous reconnaît la liberté des cultes.JMais la liberté de pratiquer les doctrines qu’on veut ne comporte pas nécessairement le droit de les enseigner dans les écoles publiques, avec l’aide et sous la protection de l’État.Et si ces écoles sont de Confession chrétienne, si les croyances de la Chrétienté sdnt à la base de l’éducation qui s’y donne, si elles sont assorties au dessein de former les sujets d’un roi qui depuis quatre siècles s’honore du titre de Defensor Fidei, comment serait-il permis de faire participer l’État à un enseignèment qui traiterait cette confession, ces croyances, ces doctrines, et le titre même de “défenseur de la foi”, comme autant d’impostures?Aussi, de par la loi, la liberté des cultes s’arrête-t-elle au seuil de l’école.Une loi qui donnerait aux non-chrétiens le droit à des écoles distinctes, ni catholiques, ni protestantes, serait contraire à l’esprit comme à la lettre de toute notre lé gislation scolaire, créerait un état de choses contre lequel proteste le caractère essentiel imprimé à notre instruction publique, et porterait préjudice au droit qu’ont les chrétiens, en vertu de la Constitution, d’enseigner les enfants dans la province de Québec.Bien plus, il y aurait contradiction entre l’enseignement que l’État aiderait de ses denifers, de son prestige et de son autorité, et les principes mêmes qu’il a mis à la base delà Constitution du pays et qui inspirent ses lois.Que penser d’une législation qui d’un côté fait un crime du libelle blasphématoire, qui ne permet pas qu’on en plaide la vérité, qui le punit sévèrement (C.crim., art.198), et qui de l’autre part admettrait qu’on enseigne comme vrai ce qui est blasphématoire?d’une législation qui fait un crime de la polygamie (C.crim., art.310),et qui laisserait les Mahométans l’enseigner aux enfants comme règle de conduite?.Pareil enseignement serait-il toléré même dans une école libre ou privée?“La liberté de l’enseignement ne serait que de la licence, perturbatrice de l’ordre social, si, dans les écoles libres, les instituteurs, s’affranchissant de tout contrôle, pouvaient enseigner à leurs élèves des principes ou des maximes de nature à ébranler les bases sur lesquelles repose cet ordre social.” (Dalloz, Rep.A., Vo.Organisation de l’ihstruction ptiblique, No.142).Il importe, comme le faisait remarquer Berryer à la Chambre française (Disc, pari., vol.Y, p.588), que, dans un État, “il y ait harmonie dans les lois, que les différentes institutions soient coordonnées, qu’il n’y ait ni disparate, ni contradiction éntre les institutions du pays”.On fait cette objection: Que deviendront les enfants juifs, si on ne leur donne pas d’écoles qui conviennent à leurs convictions religieuses ?En profitant du droit d’accès dans notre pays, le Juif, le mahométan ou le paien se met sous la protection des lois canadiennes; par contre, il se soumet d’avance à ces lois, il accepte les obligations et il se déclare satisfait des droits qui en découlent pour lui.Or, pour l’édücation de ses enfants, le pays lui offre des écoles communes chrétiennes, les unes catholiques, les autres protestantes; s’il n’en veut point, il devra faire instruire ses enfants à ses frais, dans des écoles privées.Il en sera pour lui comme pour le chrétien, catholique ou protestant, qui, dans les pays où les écoles publiques sont neutres, est obligé de soutenir ses propres écoles privées, si la neutralité scolaire ne lui convient pas.La chose n’est pas plus extraordinaire dans un pays où les écoles communes sont chrétiennes que dans les pays où elles sont neutres.Qu’adviendra-t-il des enfants juifs?L’État y a suffisamment pourvu en leur ouvrant ses écoles chrétiennes.Rien dans nos lois ne permet qu’on érige en doctrine et qu’on mette en œuvre la théorie subversive de “l’État maître d’école”.Notre système scolaire même y est contraire, conforme en cela aux principes les plus sûrs.L’enfant n’appartient pas à l’État; il appartient aux parents.A ces derniers, le droit inaliénable et le devoir impérieux de l’élever et de l’instruire.L’État n’intervient que pour créer des moyens d’instruction, organiser, subventionner, aider et protéger l’école, contrôler l’emploi des deniers qu’il y consacre, engager les parents à remplir leur devoir, et y suppléer dans des cas extrêmes de négligence et d’abandon, mais sans jamais empiéter sur les droits du père de famille et en y subordonnant toujours son action.“L’État assiste la famille, disait Portalis, et ne la supplante pas.” SEPTIÈME QUESTION.“Si Pacte de 1903 est inconstitutionnel, les protestants ont-ils le droit, en vertu de la loi actuelle de Québec, de permettre aux enfants qui professent la religion judaique de fréquenter leurs écoles L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 527 (a) "Comme faveur?” Réponse.Oui, clans les cas où ils n’y sont pas obligés.Motifs.Dire absolument que les protestants ont le droit d’admettre dans leurs écoles les enfants juifs à titre gracieux, bénévolement, par une sorte de bienveillance, se cerait affirmer aussi qu’ils peuvent toujours s’y refuser.Or, il y a des cas (voir question suivante) où ni les protestants, ni les catholiques n’ont le droit de refuser l’entrée de leurs écoles aux enfants juifs.SEPTIÈME QUESTION (Süite).(b) "Si l’acte de 1903 est inconstitutionnel, les protestants ont-ils le droit, en vertu de la loi abtuelle de Québec, de permettre aux enfants qui professent la religion judaique de fréquenter leurs écoles)."en droit” ?Comme je l’ai dit plus haut, je prénds cette question comme signifiant: “Les protestants ont-ils l’obligation de recevoir dans leurs écoles les enfants juifs, et ceux-ci o'nt-ils le droit de les fréquenter, en vertu de la loi, sans tenir dompte du statut de 1903 ?” Réponse.Oui, quant aux enfants des Juifs qui, par l’un où l’autre des modes pourvus par laloi, ont opté ou sont censés avoir opté pour les écoles protestantes (sauf cjue les règlements édictés par l’autorité compétente pour l'a régie de ces écoles et pour la sauvegarde du caractère confessionnel chrétien de l’édùation doivent être observés).Motifs.C’est, ici, la loi actuelle qu’il faut considérer.De 1867 à nos jours, notre législation scolaire, à l’exception du statut de 1903, n’a fait que développer l’organishie de l’instruction publique dans le sens où l’avaient orienté les lois anciennes, et tel que l’Acte de l’Amérique britannique du Nord l’avait trouvé.(Voir 32 Vie., ch.16; 34 Vie., ch.12; 36 Vie., ch.33; 55-56 Vie., ch.61; 57 Vie., ch.24; 62 Vie., ch.28; S.R.Q.1909, art.2521 et suiv.; 4 Eel.VII, ch.50; 6 Ed.VII, ch.84; 8 Geo.V, ch.37; 9 Geo.V, ch.38; 10 Geo.V, ch.39; 11 Geo.V, ch.50; 13 Geo.V, ch.43 et 44.) Une analyse de ces lois montre que le caractère confessionnel de nos écoles, catholiques ou protestantes, et toutes chrétiennes, a plutôt été accentué.Elles sont restées publiques aussi: “Chaque municipalité scolaire de la province doit contenir une ou plusieurs écoles publiques, régies par des commissaires ou des snydics d’écoles.” (62 Vie., ch.28, art.94; S.R.Q.1909 art.2587).C’est-à-dire qu’elles sont ouvertes à tous ceux qui se trouvent en état de les fréquenter: les contribuables qui ne sont pas dissidents ont accès à l’école de la majorité, catholique ou protestante; les dissidents vont à l’école de la minorité, protestante ou catholique.Mais l’école dissidente n’est pas ouverte à la majorité; ni l’école de la majorité, aux dissidents.Chacun choisit donc le groupe auquel il préfère appartenir en vue de l’éducation des enfants; et il paye, en conséquence, ses taxes scolaires soit aux commissaires, soit aux syndics.Cela lui donne droit à l’école de son choix, et celle-ci doit être ouverte à ses enfants.A la base du droit qu’un père de famille a d’envoyer ses enfants à l’école et de l’obligation que la corporation scolaire a de les y recevoir, se trouvent donc deux éléments : choix de l’école, catholique ou protestante, où le père désire faire élever ses enfants; et contribution, s’il est sujet à taxation, à l’entretien de l’école de son choix.Cela détermine la réponse à la question, quant aux municipalités régies par la loi générale.Plus détaillée, cette réponse pourrait se lire comme suit 528 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE “1.—Dans les municipalités scolaires organisées suivant les dispositions générales de la loi de l’instruction publique (S.R.Q.1909, art.2521 et suiv.)—pour les enfants des Juifs non dissidents, là où les écoles de la majorité sont protestantes, et pour les enfants des Juifs dissidents, là où les écoles protestantes sont dissidentes: Oui (sauf que les règlements édictés par les autorités compétentes pour la régie de ces écoles et pour la sauvegarde du caractère confessionnel chrétien de l’éducation doivent être observés); dans les cas contraires: Non”.Dans Montréal, en vertu de dispositions spéciales, l’organisme est différent.Il y a là deux corporations scolaires, l’une catholique, l’autre protestante; et ni l’une ni l’autre n’est reconnue comme dissidente.A quel groupe appartiendront ceux qui ne sont ni catholiques, ni protestants?Je pense que les mêmes motifs doivent le déterminer: choix de l’école et contribution à son entretien.En vue de la taxation, les propriétés des contribuables sont réparties en trois tableaux, l’un pour les catholiques, le deuxième pour les protestants, le troisième pour les neutres.(Voir 32 Vie., ch.16, art.29.) Il est pourvu que, parmi les neutres, les Juifs peuvent inscrire leurs propriétés sur l’un ou l’autre des tableaux confessionnels (34 Vie., ch.12, art.9).Par là, ils font leur choix, et leurs taxes profitent aux écoles qu’ils ont choisies, tandis que les taxes des autres neutres sont partagées entre catholiques et protestants suivant la population.Ceux qui ont ainsi mis leurs propriétés sur le tableau catholique n’ont donc pas accès aux écoles protestantes, et celles-ci ne leur sont pas ouvertes.Quant aux Juifs qui ont inscrit leurs propriétés sur le tableau protestant, les écoles protestantes leur sont évidemment ouvertes.Enfin, pour les autres, qui n’ont pas opté de la sorte, dont les propriétés, s’ils en possèdent, restent sur le tableau neutre, je crois que leur cas doit être réglé, toujours en vertu de la même règle, suivant la loi de 1922 (13 Geo.V, ch.44).D’après cette dernière loi, les non-catholiques et les non-protestants ont adcès aux écoles de leur choix, et leur contribution est représentée par une part des taxes provenant du tableau neutre.Mais les Juifs ont été exclus de l’opération de cette loi de 1922, apparemment parce que le statut de 1903 les assimilait aux protestants et que leur cas se trouvait ainsi réglé.Le statut de 1903 étant inconstitutionnel, les dispositions de La loi de 1922 qui excluent les Juifs dù nombre des non-catholiques et non-protestants devraient être rappelées.Ne devraient-elles même pas subir le sort du statut de 1903, dont elles ne sont évidemment que la conséquence logique et corollaire ?Il en est de même du paragraphe 2 de l’art.3 de cette loi de 1922, qui n’a plus £a raison d’être dès que disparait le statut de 1903.En nous demandant de répondre à la question 7-6 suivant “la loi actuelle de Québec” et sans tenir compte du statut de 1903, je présume qu’on a voulu que nous mettions aussi de côté tout ce qui devrait disparaître avec ce dernier statut.Je prends donc la loi de 1922 comme dépouillée de tout ce qui se rattache au statut de 1903 et, par conséquent, comme s’appliquant aux Juifs aussi bien qu’aux autres non-catholiques et non-protestants.Dès lors, je conclus qu’ils ont le droit de fréquenter les écoles protestantes ou les écoles catholiq'ues de Montréal, à leur choix, pourvu toujours que les règlements légitimes soient observés.SEPTIÈME QUESTION — (Suite).(c) “La province peut-elle forcer les protestants à recevoir les enfants professant la religion judaique, dans de telles conditions” (i e.“si l’acte de 1903 est inconstitutionnel”) ?(Telle que formulée, la question 7-c paraîtrait se rapporter à une coercition que la province pourrait exercer de quelque façon pour contraindre les protestants à se conformer à la loi en vigueur actuellement, et non pas au pouvoir que la Législature pourrait avoir de légiférer, comme dans les questions 3, 4, 5 et 6 où l’on s’exprime autrement.Cependant j’hésite à penser qu’on veuille avoir notre avis sur les moyens que le pouvoir exécutif pourrait employer pour faire observer la loi, et je crois devoir répondre à cette question comme s’il s’agissait du pouvoir de la Législature d’adopter une loi pour obliger les protestants à admettre les enfants juifs dans leurs écoles.) L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 529 Répons'e.Non.Motifs.A Montréal aussi bien que dans les autres municipalités, la loi reconnait aux Juifs, comme aux autres non-catholiques et non-protestants, le droit de choisir le groupe d’écoles où chacun peut envoyer ses enfants.Cela comporte l’obligation pour les protestants, comme pour les catholiques, d’admettre ceux qui ont choisi d’aller chez eux.Urie loi qui prétendrait forcer les protestants à admette dans leurs écoles ceux à qui l’on reconnaît déjà le droit d’y être admis, serait inutile.D’une façon générale, cependant, on peut dire que la Législature provinciale aurait le pouvoir d’adopter une loi obligeant les protestants à admettre dans leurs écoles les enfants des Juifs qui ont par ailleurs le droit d’y être admis, sauf toujours le respect des règlements scolaires légitimes édictés par l’autorité compétente.Mais évidemment, ce n’est pas une loi pareille, qui ne serait qu’une répétition, dont il s’agit ici.Quant aux autres Juifs, c’est-à-dire à ceux qui ne veulent pas envoyer leurs enfants aux écoles protestantes, comment pourrait-on forcer les protestants à les admettre dans leurs écoles?En somme, la question n’est susceptible que d’une seule interprétation logique: la Législature de la Province a-t-elle le pouvoir de faire une loi pour régler d’une façon générale que les enfants juifs doivent être assimilés aux enfants protestants?Ce serait reprendre, sous une autre forme, le statut de 1903, qui est ultra vires.Québec, 11 mars, 1925.-o-—- QUE DOIT FAIRE L’INSTITUTEUR POUR ÊTRE A LA HAUTEUR DE SA MISSION La réponse à cette question, je la trouve dans la préface des “Eléments de Psychologie” de J.Hermet, où l’abbé M.Legrain résume toute la pédagogie aux quatre points, suivants: lo Avoir la bonne volonté de réussir; 2o Connaître à fond les matières que l’on doit enseigner; 3o Se connaître soi-même; 4o Connaître ses élèves.Les développer tous les quatre excéderait de beaucoup le cadre d’une simple causerie.D’ailleurs, la plupart des éducateurs réalisent les deux premiers points: tous veulent réussir, sans doute, et, si tous ne possèdent pas à fond les matières qu’ils doivent enseigner, tous s’efforcent , je suppose, de s’en rendre maîtres par un travail constant, une préparation prochaine toujours soignée.Les deux points sur lesquels on peut être pris en défaut sont :1a connaissance de soi-même et celle de ses élèves.Pour se persuader de l’importance de cette double connaissance, l’éducateur doit se demander ce qu’exige le travail de l’éducation.“Éduquer l’enfant, a dit un moraliste, c’est lui apprendre à vivre.” Faut-il entendre par cette défmititon, vivre exempt de maladies?Non, 3 530 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE puisqu’il y a bien des adultes très forts au physique, malades à l’esprit ou gangrenés au cœur.“Le travail d’une bonne éducation, dit Guizot, est d’assurer un corps sain, un esprit droit, une volonté vertueuse; ce but est invariable, universel; dans tous les états de la vie, dans tous les systèmes, les parents y tendent pour leurs enfants, parce qu’à tout âge, dans toutes les conditions, l’homme a besoin de santé, de raison et de vertu.” Bref, le travail de la véritable éducation, c’est de conduire l’enfant à sa fin.Et pour l’y conduire, il faut passer par les fins préliminaires qui préparent la fin dernière, la vie surnaturelle.Le problème des méthodes ne suffit pas: “la pédagogie de la formation de l’intelligence, de la mémoire, du jugement, du cœur, de l’homme social, du patriote, du chrétien, ne peut se faire sans la connaissance de la nature de l’enfant, de ses facultés, de ses ressources, de ses faiblesses.Les puissances de l’homme, c’est-à-dire les différents degrés de la vie en lui, la vie végétative ou matérielle, la vie sensitive ou animale, la vie rationnelle ou humaine et la vie surnaturelle agissent ensemble avec une valeur et une fonction bien différentes.” La vie rationnelle et la vie surnaturelle ne suppriment pas les deux premières elles les ennoblissent et les complètent pour assumer la formation intégrale de l’enfant.Voilà la tâche qui s’impose à l’éducateur, et qu’il ne saurait bien remplir sans la connaissance de soi-même, de l’enfant en général et de chacun de ses élèves en particulier.Se connaître soi-même n’est pas le plus facile des quatre points ci-dessus: on se regarde d’un œil trop complaisant pour bien voir ses défauts, entraves aux qualités.Se replier sur soi-même, remonter jusqu’à l’enfance pour saisir le jeu compliqué de ses facultés, est un travail trop subjectif pour produire de prime abord, des résultts bien concluants.Il devra donc commencer par étudier l’enfant, et, encore dans ce travail, profiter de l’expérience des autres.Ne compter que sur soi-même pour connaître l’esprit, c’est trop présumer de ses forces; c’est courir le risque de prendre pour suffisantes des notions fort superficielles.D’ailleurs l’expérience des autres orientera ses observations personnelles et lui fera éviter bien des tâtonnements, toujours préjudiciables au progrès.En pédagogie et tout particulièrement en psychologie, il devra faire un choix judicieux des auteurs, et ne se fier qu’aux jugements de ceux dont l’orthodoxie ne fait point de doute.Cette étude, jointe à l’observation directe de ses élèves, lui permettra de voir son image avec ses défauts et ses qualités, et partant de mieux comprendre, de mieux remplir la difficile mais sublime fonction d’éducation.Puisqu’il est le délégué des parents, de l’Église et de l’État il ne doit rien négliger pour se rendre bien compte de cette triple responsabilité.Conscient de son devoir, le véritable éducateur se demandera ce qu’est l’enfant, et ce qu’il doit en faire.Qu’il ne se mette pas en peine des jugements contradictoires de certains auteurs, entre autres celui de J.-J.Rousseau, qui dit que “l’homme naît bon, mais que l’éducation le corrompt.” C’est un paradoxe auquel il ne croyait pas lui-même, puisqu’il entreprit de faire l’éducation d’Émile.La Bruyère voyait dans l’enfant un tissu de défauts et de vices.La vérité est que le germe du bien et celui du mal sont en lui, et que le triomphe de l’un ou de l’autre dépend de l’éducation reçue dans la famille et à l’école.A l’instituteur incombe le devoir strict de cultiver le premier et de combattre le deuxième. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 531 Dans cette lutte, il n’y a rien à négliger pour assurer le triomphe du bien, pour “conduire l’enfant à sa fin”.Entendons par là sa fin dernière, que seule la vie surnaturelle lui assurera.Et comme la vie surnaturelle n’est que le couronnement des autres, l’éducateur ne peut se désintéresser de celles-ci.Que peut-il faire dans les deux premières, la vie végétative et la vie sensitive, entendues couramment par facultés physiques de l’enfant ?Il doit au moins ne pas nuire au développement corporel de l’enfant par le manque de ventilation et de propreté dans l’école, la mauvaise tenue des élèves, surtout pendant qu’ils écrivent.La disposition des pupitres par rapport à la lumière, la place que devront occuper, sans égard au mérite, les élèves à la vue faible et à l’ouïe un peu dure, sont encore des considérations qui ne peuvent le laisser indifférent, s’il a conscience de son rôle.Doit-il s’intéresser aux jeux des élèves?S’il les a empêchés de crier trop fort, de se quereller, de se blesser, a-t-il raison d’être satisfait de lui ?Il voit bien Jules, assis, qui regarde d’un œil indifférent jouer ses camarades, mais il passe outre; il aperçoit Léon, qui exécute des tours dangereux pour faire rire les autres ou être vanté, il ne s’émeut pas davantage; il constate que François, actif, ardent au jeu, est tout en transpiration; au lieu d’intervenir, il semble l’encourager par son insouciance.Une telle conduite de la part du maître est coupable, il doit pourtant savoir que l’indolence des uns et l’impétuosité des autres auront leur répercussion dans les classes: l’esprit de Jules sommeillera pendant la leçon, celui de Léon manquera d’équilibre; quant à François, la surexcitation de ses nerfs exige du repos.Il n’est pas naturel à l’enfant d’être inactif; il ne l’est pas plus de se surmener.C’est au maître de stimuler l’oisiveté, sans brusquerie, par la persua-tion, petit à petit, graduellement, comme c’est encore à lui de tempérer l’impétuosité.Il y parviendra par des exercices réglés, par une culture physique suivie et intelligente.Elle seule remédiera aux défauts signalés plus haut, en réglementant les jeux pour maintenir l’équilibre entre les exercices récréatifs, et les exercices scolaires, entre le corps et l’esprit.“L’éducation physique, dit Mgr Ross, dans son excellent “Manuel de pédagogie”, a pour but de procurer à l’enfant des organes perfectionnés, un corps sain et vigoureux, des membres souples et habiles, afin de faciliter la pleine valeur de son action”.Le même auteur ajoute: “L’importance de cette éducation se déduit: 1° de l’importance de la santé et de la force du corps.La santé est un bien inappréciable, l’un des éléments les plus indispensables à notre bonheur ici-bas.Dieu la donne comme bénédiction à ceux qui le craignent.“2° de la nécessité pour la plupart des hommes de vivre du travail de leurs mains.“3° des rapports de l’âme avec le corps.Les organes des sens sont les instruments par lesquels l’âme acquiert les connaissances et se manifeste au dehors.La vie supérieure de l’homme ne peut donc atteindre son plein épanouissement si une vie physique robuste ne lui sert de support.” Comment l’instituteur (ou l’institutrice) obtiendra-t-il ce résultat avec le peu de ressources à sa disposition?Un bon manuel de culture physique lui apprendra à tirer profit de ce qu’il a sous la main; les récréations, les jeux ordinaires des élèves, le jardin scolaire, les travaux d’embellissement des alentours de l’école (à la campagne), le travail manuel où l’on initie les élèves à l’industrie (à la ville), la gymnastique. 532 L'ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Il devra toujours éviter les excès; l’école primaire n’a point pour mission de former des athlètes ni des acrobates.Elle n’est pas non plus, une caserne.Les jeux sont des délassements et une occasion de discipline des forces physiques, intellectuelles et morales”.(1) L’éducateur mettra ses élèves en garde contre l’engouement trop prononcé pour la force brutale; il leur apprendra que la véritable valeur d’un homme se mesure par son ouverture d’esprit et sa bonté de cœur, par sa capacité à comprendre le bien et sa volonté à le faire.Le maître respectera l’initiative des élèves : il pourra faire des suggestions, mais il se gardera d’imposer sa volonté.Autrement les jeux perdront leur attrait, et son autorité en souffrira.L’intérêt qu’il prendra aux amusements de ses élèves lui permettra d’étudier leur caractère et d’exercer sur eux une autorité, une emprise dont les résultats bienfaisants se feront sentir dans le travail de la classe.(à suivre) Nérée Tremblay.A PROPOS DE L’ENSEIGNEMENT DE LA GEOGRAPHIE La description d’un pays, d’une région, d’un continent, de la terre entière, dit Vivien de Saint-Martin, (2) n’est plus désormais une aride et fastidieuse nomenclature, une série de noms et de positions qui fatigue la mémoire et rebute l’intelligence; les montagnes ne sont plus seulement des lignes de hauteurs qui courent à travers les terres comme autant de murailles naturelles destinées à séparer le cours des fleuves: la surface du globe a des formes à la fois plus larges et plus variées auxquelles il faut ramener les descriptions.Soit qu’une contrée s’étende en plaines basses et vaguement ondulées,soit que, dans ses formes massives, elle s’élève en puissants gradins vers de larges plateaux, soit qu’elle se hérisse de pics et d’arêtes qui la découpent en abruptes vallées et en gorges profondes, ces conditions diverses se lient étroitement à la.végétation qui la couvre et à la création vivante dont elle est le domaine.Il y a entre la terre et l’homme des rapports et une dépendance qui influent tout à la fois sur le développement de l’individu et sur le rôle des sociétés.La géographie, embrassant du même regard l’homme et la nature, doit connaître ces rapports et en déterminer les éléments; elle doit remonter aux causes et descendre aux conséquences.C’est par là qu’elle est devenue une véritable science et que, dans l’ordre moral aussi bien que dans l’ordre physique, nulle autre science n’a des aspects plus variés et de plus nombreuses applications.Dans cette étude, tout s’enchaîne: de la position, du relief, de l’éloignement de la mer, dérive le climat, qui à son tour explique le caractère des fleuves et la puissance de la végétation d’un pays.L’homme s’y installe: quelles conditions d’existence y trouve-t-il ?Queiles causes donnent la prospérité aux villes qu’il fonde ?Comment tire-t-il parti des ressources diverses que lui offre le sol, à sa surface et dans ses profondeurs ?Autant de problèmes successivement posés et résolus par la géographie moderne.(1) “Manuel de Pédagogie”, par Mgr Ross.(2) “Histoire et Géographie”. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 533 LES QUALITÉS INTELLECTUELLES COMME ÉLÉMENTS D’AUTORITÉ I.—Le savoir Comment le savoir est-il pour la maîtresse un élément d’autorité ?a) Il permet d’intéresser les enfants, de les captiver et d’écarter l’ennui et la monotonie des heures de classe.b) Il donne de l’assurance et inspire aux enfants une respectueuse estime.c) Il laisse à la maîtresse l’aisance, la liberté d’esprit nécessaires pour ne pas perdre de vue toutes les élèves de la classe et pour les surveiller tout en enseignant.Peut-on dire que cet élément d’autorité manque à beaucoup de maîtresses ?Elles ont, en effet, obtenu leurs diplômes, appris de la littérature, de la géographie, de l’histoire et beaucoup d’autres choses.Comment n’auraient-elles pas toujours assez de savoir pour enseigner de jeunes enfants dans les classes primaires, par exemple ?Les maîtresses savent peut-être plus que ce que comporte directement leur enseignement, mais, ordinairement, ne craignons pas de l’avouer, beaucoup ne savent pas ce qu’il faut enseigner, le savent mal ou pas assez.Or, pour instruire comme il faut les enfants, il est nécessaire de savoir très bien, au double, s’il nous est permis de parler ainsi, les matières à enseigner.De plus, il faut savoir choisir dans ses richesses intellectuelles, se mettre à la portée des enfants ,grouper et résumer l’essentiel et le pratique pour les élèves.Enfin, il faut intéresser et, pour cela, rompre la monotonie et l’aridité de l’enseignement technique, par des détails nouveaux propres à réveiller et à soutenir l’attention.^ Même, et surtout dans les cours les plus élémentaires, si la maîtresse veut faire aimer la classe aux enfants, elle doit beaucoup savoir.L’ambition de très bien faire leur classe, d’acquérir la science nécessaire, d’employer les meilleures méthodes pédagogiques, doit être mise au cœur des institutrices, à qui l’on reproche parfois d’être insuffisamment préparées.Faisons taire ce reproche en redoublant d’effort, en étudiant, en lisant les instructions pédagogiques officielles et les revues pédagogiques.Lisons aussi attentivement l’Organisation pédagogique des classes et l’Organisation disciplinaire que renferment les Règlements du Comité catholique.Ce serait un commencement et un bon commencement, si nous comprenions, par exemple, la nécessité de la préparation de la classe.Pour faire très bien sa classe du lendemain, de la semaine, du mois suivant il faut avoir en mains, pour les étudier, les livres nécessaires et il y en a toujours de nouveaux.Les études d’une institutrice ne sont jamais finies; elle ne sait jamais assez, il faut non seulement entretenir, mais augmenter, approfondir ses connaissances.Donc, sans fausse honte, que les maîtresses sérieuses avouent la nécessité de continuer à s’instruire et qu’elles s’y mettent courageusement.Une ancienne Normalienne. 534 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE TABLEAUX D’HISTOIRE Le meilleur moyen de rendre attrayant et efficace l’enseignement de l’histoire à l’école primaire, est sans contredit l’usage de bons tableaux et de bonnes gravures Au cours préparatoire et au cours inférieur l’usage des tableaux est indispensable pour l’enseignement de l’histoire sainte et de l’histoire du Canada.Pour qu’un tableau d’histoire puisse être réputé bon pour l’enseignement, il ne suffit pas qu’il représente tel ou tel personnage célèbre, et attire le regard par l’éclat des couleurs.Voici quelles sont, à notre avis, les conditions essentielles d’un bon tableau ou d’une bonne gravure.En premier lieu, le tableau doit représenter un grand fait historique et caractériser exactement une époque au point de vue de la civilisation, des armes, de l’architecture, des vêtements, des mœurs et coutumes, etc.En deuxième lieu, les détails du tableau doivent être disposés et groupés de telle sorte que l’analyse et l’explication en soient faciles.Enfin, le tableau, sans être une œuvre de luxe, doit être irréprochable au point de vue du dessin comme au point de vue de la vérité historique.L’explication intelligente et complète d’un tableau d’histoire suppose nécessairement l’association de trois grandes idées; l’idée du lieu, l’idée du fait et l’idée du temps.Si cette association d’idées ne s’accomplit pas dans l’esprit des enfants, leurs connaissances en histoire manqueront d’exactitude, de netteté et de puissance Si, au contraire, chacune de ces trois grandes idées réveille les deux autres, par exemple si l’idée du fait réveille immédiatement dans l’esprit des élèves l’idée du lieu et celle du temps, leurs notions historiques acquerront par cette liaison l’exactitude et la précision nécessaires pour bien juger les hommes et les événements.Pour produire cette association d’idées, trois conditions sont requises: lo il faut que l’instituteur connaisse le tableau jusque dans ses moindres détails; 2o il faut qu’il emploie, pour l’expliquer aux enfants, la forme et les procédés d’enseignement les plus propres à stimuler l’esprit d’observation, d’investigation et de réflexion; 3o il est indispensable que les enfants soient tous à même de bien voir et de bien observer.L’accomplissement de la première condition exige une etude serieuse du tableau à expliquer.Pour cette préparation, le maître s’aidera de la notice explicative qui accompagne ordinairement le stableaux et des traites d’histoire dans lesquels chaque époque est décrite et caractérisée aux divers points de vue indiqués ci-dessus.Par cette étude préalable, il sera en mesure de guider sûrement les enfants dans l’analyse du tableau, et de répondre immédiatement à toute demande d’explications.La forme expositive n’est pas à recommander pour l’etude des tableaux d’histoire, parce qu’elle ne met pas suffisamment en action l’observation et la réflexion.Nous préférons la forme catéchétique analytique, qui^stimule puissamment ces deux facultés, et répand sur les leçons un charme irrésistible.Chaque fois que la chose est possible, les élèves, dirigés par les questions du maître, expliquent eux-mêmes l’une ou l’autre partie du tableau, déterminent le fait ou le lieu représenté, la condition, l’attitude des personnages, le sentiment que trahissent leur physionomie, leurs gestes, etc.Ce n’est pas sans raison que nous affirmons la nécessité de mettre les enfants en position de bien voir et de bien observer.Trop souvent cette pré- L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 535 caution est négligée et par là même l’explication d’un tableau est un exercice insipide et stérile.Quelques lecteurs avoueront qu’ils ne prennent pas toujours la peine de décrocher le tableau pour le placer à portée de la vue des élèves; d’autres reconnaîtront qu’en tenant le tableau en main, ils lui impriment des mouvements continuels qui rendent impossible la perception claire et complète du fait représenté.Aussi les instituteurs qui apprécient l’importance de cette troisième condition, ont-ils soin de munir leur classe d’un support auquel ils suspendent le tableau pour le fixer et le rapprocher des élèves, aussi bien que pour conserver la liberté de leurs mouvements.Il existe plusieurs séries de jolis tableaux d’Histoire sainte.Pour l’histoire du Canada, les tableaux de Desrosiers et Bertrand, édités par la librairie Granger et Frères de Montréal, sont recommandables à tous les points de vue.-o- L’ART D’INTERESSER Qu’est-ce que l’intérêt ?—C’est dit Herbart, le goût qu’on prend à une chose et qui fait qu’on y trouve plaisir.Mais Herbart n’entend pas que sous prétexte de rendre l’étude agréable, on puérilise l’instruction et qu’on la réduise à l’enseignement par l’aspect et la leçon de choses, comme semblaient y incliner Basedow et les autres “pMarnthropinistes”.D’après lui, l’intérêt réside à la fois dans le sujet d’étude et la curiosité qui se manifeste dans l’âme de l’étudiant.Prétendre instruire l’enfant en le récréant, c'est une utopie; c’est l’introduction du dilettantisme en éducation.Formes de l’intérêt.— L’intérêt peut être direct ou indirect.L’intérêt direct est excité par la nature des choses.Il existe, en effet, des objets d’étude intéresstnts par eux-mêmes, et qui répondent aux goûts instinctifs des enfants: l’histoire, la géographie, les sciences naturelles avec expériences, sont de ce nombre.Mais cet intérêt même direct, quelque intense qu’il soit, tend à diminuer si le maître ne le ravive sans cesse par des leçons bien préparées et bien données.De plus nous pouvons avancer sans crainte que c’est le maître surtout qui crée l’intérêt direct; car nous le constatons tous les jours, s’il est des matières susceptibles de provoquer l’attention volontaire et active des élèves, il en est d’autres, qui n’ayant aucun attrait en elles-mêmes, n’en deviennent pas moins l’objet d’une préférence marquée.D’où vient cela, sinon du professeur qui a été l’âme de sa classe par une préparation soigneuse de son enseignement et une grande habilité dans l’art d’exposer.Si nous analysons cet intérêt inspiré par le maître, nous distinguerons deux éléments: Un élément d’estime et de sympathie pour ses qualités personnelles: grâce de la diction, grandeur d’âme, élévation des idées, douceur tempérée de fermeté, bienveillance, affabilité.Un élément d’attrait pour les qualités de son enseignement: science compétente, clarté, variété, animation, etc. 536 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE L’art de maintenir ou d’éveiller l’intérêt dépend donc, en grande partie, du maître, de l’affection qu’il porte à ses élèves, du zèle avec lequel il travaille à les instruire.L’affection fait qu’il les comprend mieux, qu’il se met plus facilement à leur portée, qu’il prévoit et aplanit, autant que possible, les difficultés qui les arrêtent.Le zèle lui fait supporter avec joie tous les sacrifices de la vie quotidienne, toutes les fatigues de l’enseignement; il lui donne cette bonne bolonté qui permet de se faire tous à tous et de chercher surtout à établir le règne de Jésus-Christ dans les jeunes âmes qui lui sont confiées.Tout intérêt de commande serait vite démêlé et ne produirait aucun effet.Tyndall, dans une belle page, nous raconte les résultats de sa sollicitude à mettre en jeu l’activité personnelle de ses élèves: “Au commencement, cela déplaisait ordinairement à l’enfant d’être jeté hors des sentiers battus.Il se sentait dépaysé, mais je n’ai pas vu une seule fois que ce sentiment fut durable.Tout au contraire, j’ai vu bientôt les yeux de l’enfant briller; puis enfin, avec un plaisir qui tenait un peu de l’extase d’Archimède, il s’écriait: “Monsieur, j’ai trouvé!.” Le sentiment de sa propre force d’esprit, éveillé en lui, lui était d’un immense secours.Alors, animée, vivifiée, ma classe faisais des progrès surprenants.Les meilleures heures de ma vie sont celles où j’ai assisté à la vigoureuse et joyeuse expansion des forces mentales que j’avais tirées de l’état latent”.L’intérêt direct pourrait s’appeler aussi intérêt naturel.Il se transforme insensiblement en intérêt artificiel, par la connexion qui s’établit entre les idées et l’intérêt qui les relie les unes aux autres.“Les abeilles, quand elles essaiment, dit Compayré, se réunissent en groupes, en faisceaux, puis elles se rattachent à celles de leurs compagnes qui les premières ont adhéré à la branche de l’arbre, où l’essaim est suspendu.De même les idées peuvent se relier les unes aux autres dans des réseaux d’association, former comme des grappes de pensées qui se soutiendront mutuellement; mais elles doivent, à l’origine, s’accrocher, se cramponner à une base solide, c’est-à-dire aux premières impressions agréables que l’enfant a éprouvées dans des études qui avaient de l’intérêt pour lui.” L’intérêt indirect a moins de valeur.Il est basé sur des moyens d’émulation: éloge, honneur, espoir des récompenses, ou sur des moyens disciplinaires: menace, blâme, crainte de punition.Il est parfois nécessaire d’y recourir car l’attention des enfants est toujours chancelante et incertaine et il y a dans le programme de chaque classe des exercices qui, quoique peu attrayants, n’en sont pas moins utiles et indispensables.Fr.P.G.-o- LES ECOLES SANS DIEU AUX ETATS-UNIS La “laïcitéT ou l’absence dans l’éducation de tout élément religieux, alarme les éducateurs protestants des États-Unis.Le docteur Walter Ahearn, après une enquête de trois ans, faite au nom de l’“Institute of Social and Religious Surveys”, affirme que la jeune génération de ses compatriotes^ est menteuse et malhonnête, et cela parce que “le système général de l’éducation aux États-Unis ne tient aucun compte des âmes”. L'ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 537 METHODOLOGIE FABLE EXPLIQUÉE LE LABOUREUR ET SES ENFANTS Travaillez, prenez de la peine: C’est le fonds qlu manque le moins.Un riche laboureur, sentant sa mort prochaine, Fit venir ses enfants, leur parla sans témoins.“Gardez-vous, leur dit-il, de vendre l’héritage Que nôus ont laissé nos parents; Un trésor est caché dedans.Je ne sais pas l’endroit; mais un peu de courage Vous le fera trouver: vous en viendrez à bout.Remuez votre champ dès qu’on aura fait l’août: Creusez, fouillez, bêchez; ne laissez nulle place Où la main ne passe et repasse.” Le père mort, les fils vous retournent le champ, Deçà delà, partout; si bien qu’au bout de l’an Il en rapporta davantage.D’argent, point de caché.Mais le père fut sage De leur montrer, avant sa mort, Que le travail ést un trésor.La Fontaine (livre Y, fable 9).ANALYSE I.Nature et source du morceau.—C’est une fable, c’est-à-dire un petit récit destiné à démontrer par l’expérience ou par l’exemple un précepte de morale.La fable a été connue et pratiquée dès la plus haute antiquité en Orient, en Egypte, en Grèce, en Italie.La littérature française du Moyen-Age nous en offre un grand nombre de recueils sous le nom d’Esopets (du nom d’Ésope, fabuliste grec), et l’on peut dire que le Roman du Renard n’est qu’une suite de fables.Celle-ci est la 9è du livre Y des Fables de La Fontaine; elle appartient donc au premier recueil publié en 1668 et dédié au Dauphin, fils de Louis XIV et de Marie-Thérèse.Le poète en a emprunté le sujet au fabuliste grec Ésope.II.Étude du fond.—L’idée-mère de cette fable, c’est que le travail constitue la source la plus sûre, la plus légitime de toute richesse.Cette idée se déduirait naturellement du petit drame auquel La Fontaine nous fait assister, à supposer même que le poète n’eût pas jugé à propos de commencer par nous en avertir: “Travaillez, prenez de la peine, “C’est le fonds qui manque le moins.” La narration se divise comme toujours en trois parties.L’exposition (vers 3-4) nous introduit dans la chambre où va mourir le laboureur, elle nous met en présence du père qui veut parler à ses enfants sans témoins.Déjà, notre intérêt est éveillé.Il s’agit sans doute d’un secret très important puisqu’il ne veut le communiquer qu’à ses fils seuls.4 538 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Nous savons bientôt ce dont il s’agit, mais notre curiosité s’aiguise encore, car le vieillard déclare à ses fils qu’un trésor est caché dans le champ qu’il leur lègue; il ne sait pas exactement l’endroit, il devront donc chercher avec courage s’ils veulent le trouver, mais le vieillard assure qu’ils en viendront à bout et il leur donne d’une manière absolument précise les conseils relatifs au travail de la terre.“Remuez votre champ dès qu’on aura fait l’août; “Creusez, fouillez, bêchez.” C’est la première péripétie du noeud.La Fontaine passe à la seconde par une transition de trois mots: “Le père mort.” Et nous suivons maintenant les fils qui “vous retournent le champ “De cà, de là, partout.” Nous sommes vivement intéressés à leur travail, nous faisons, comme eux, sans doute, et pour eux des rêves d’avenir; il n’y a pas que les “laitières” qui sachent rêver, “Quel esprit ne bat la campagne?“Qui ne fait châteaux en Espagne?” Et nous voici, sans transition aucune, au dénoüûment qui nous surprend d’abord, mais que nous comprenons bientôt : Si bien qu’au bout de l’an, “Il en rapporta davantage.“D’argent, point de caché.” Puis le poète termine par une réflexion personnelle qui développe la morale du commencement : “Mais le père fut sage “De leur montrer avant sa mort “Que le travail est un trésor.” La leçon, empruntée à Ésope, est encore d’actualité; rien n’est plus instable c[ue la richesse, toutes sortes d’accidents surviennent qui font crouler les plus belles fortunes; qüe d’exemples n’én avons-nous pas eu pendant la dernière guerre.Mais il reste un bien à l’homme frappé par l’infortune, c’est son travail.Cette morale peut nous surprendre sous la plume de La Fdntaine, le plus insoucient des hommes, de La Fontaine qui ne se calomniait pas quand il écrivait pour son épitaphe: Jean s’en alla comme il était venu, Mangea le fonds avec le revebu.Mais elle est quand même bonne à recevoir.Pour la rendre plus frappante, La Fontaine a transformé le récit d’Ésope.“L’apologue ésopique, écrit M.Le Bidois, est un théorème moral.La démonstration ici consiste en un fait sec, une moralité lui sert de conclusion.” Ce théorème froid et sans vie.La Fontaine l’a réchauffé et vivifié.Admirateur des Anciens, il les imite sans doute, mais il a soin de nous dire: Mon imitation n’est pas un esclavage, Je ne prends que l’idée, et les tours, et les lois Que nos maîtres suivaient eux-mêmes autrefois, Si d’ailleurs quelque eiîdroit plein chez eux d’excellence Peut entrer dans mes vers sans nulle violence, Je l’y transporte.Mais lisons la fable d’Esope et voyons comment La Fontaine l’a transformée.“Un laboureur étant sur le point de mourir et voulant que ses fils devinssent de bons agriculteurs, les appela auprès de lui et leur dit: “Mes enfants, moi, je vais bientôt mourir, L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 539 mais, vous, si vous cherchez dans la vigne les choses qui ont été cachées par moi et pour moi, vous les trouverez toutes.” “Après la mort du père, les fils croyant donc qu’un trésor était enfoui là, creusèrent toute la terre de la vigne; ils n’y trouvèrent pas de trésor, mais la vigne ayant été bien travaillée, donna des fruits beaucoup plus beaux.“Cette fable montre que le travail est un trésor pour les hommes.” “Un laboureur étant sur le point de mourir, dit Ésope, et voulant que ses fils devinssent de bons agriculteurs, les appela auprès de lui.” La Fontaine, lui, nous avertit que le laboureur est riche, afin que la leçon soit plus frappante: si le travail est nécessaire même aux riches, à plus forte raison l’est-il à ceux qui n’ont pas de fortune.Le fabuliste grec, nous dévoilant dès le début l’intention du mourant, nous fait en quelque sorte pressentir que ses paroles cachent une ruse.La Foutaine se donne garde de nous prévenir ainsi; il s’efforce, au contraire, de piquer notre curiosité en nous disant que le père veut parler à ses fils sans témoins.Dans la fable grecque, il est Question d’un vignoble, dans celle de La Fontaine, d’un champ quelconque; peut-être ici le fabuliste ancien l’emporte-t-il sur son imitateur.Le sol ou s’enracine la vigne étant bien remué, le raisin doit nécessairement être plus beau et plus abondant.Il n’en va pas de même d’un champ qui demande à être ensemencé tous les ans.Et n’est-il pas à craindre que les fils, trompés par le mot équivoque frésor, ne fassent des fouilles profondes incompatibles avec la vraie culture?Le mot bêchez, il est vrai, ne laisse guère place à la méprise; cependant les fils n’ont pas l’air de l’avoir compris, puisqu’ils vont chercher.“Deçà, delà, partout.” Le laboureur d’Ésope est un bon père de famille qui veut le bien de ses enfants.Mais combien plus sympathique est celui de La Fontaine.C’est le type accompli du travailleur des champs par ses sentiments et ses idées.Nous sentons son profond amour de la terre et de la famille: “Gardez-voffs”, dit-il à ses fils, de vendre l’héritage Que nous ont laissé nos parents.La raison qu’il en donne c’est que Un trésor est caché dedans.mais c’est aussi parcte qu’il tient à ce bien des aïeux, et qu’il comprend ce mot de Virgile: Heureux l’homme des champs s’il savait son bonheur! Son amour paternel est sans faiblesse; il ne veut pas pour ses enfants l’inaction paresseuse, mais le travail persévérant qui confère à l’homme sa dignité.Son affection est prévoyante aussi; il a vécu et a beàucoup d’expérience; il a vu bien des familles ruinées par la paresse et les vices qui l’accompagnent; aussi ne veut-il pas que ses fils comptent stir lés biens qu’il va leur laisser.Enfin, ce vieux laboureur sait que le travail des champs doit être patient, inces'samment renouvelé.Ne laissez nulle place Où la main ne passe et repasse. 540 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE III.Étude de la forme.—Les deux fables si différentes par le fond le sont encore dan-vantage par la forme.La première est en prose et n’a rien de littéraire; la deuxième est en vers, et en vers qui s’allongent, se raccourcissent, s’allègent ou s’appesantissent selon la pensée ou le sentiment.Le discours du laboureur est terne et sans intérêt chez Ésope; chez La Fontaine au contraire, il est plein de vie et de pensées.Le père déclare à ses fils l’existence du trésor, mais il prévoit qu’ils pourraient se décourager ,il leur promet donc le succès pour les exciter à la constance; il précise ensuite les moyens à prendre pour réussir.“Après la mort du père”, dit Ésope, lés fils, etc.La Fontaine, lui, pour passer d’une péripétie à l’autre, emprunte au latin sa petite phrase absolue: “le père mort”, si rapide et si claire.Enfin, à la forme banale qui termine la plupart des fables d’Ésope: Cette fable montre que., La Fontaine substitue, au commencement de la fable, un conseil: “Travaillez, prenez de la peine.” à la fin une approbation personnelle de la conduite du laboureur: .mais le père fut sage, etc.IV.Étude des mots.—Le fonds: le capital dont le revenu est le plus assuré et qui rapporte le plus sûrement: le travail n’est jamais stérile.Quelques commentateurs ont expliqué le second vers “C’est le fonds qui manque le moins”.en disant: le défaut de succès ne vient pas de la terre mais de la culture.Cette interprétation est certainement fausse.— Dès qu’on aura fait Vont: c’est-à-dire dès qu’on aura fait la moisson.Le blé se fauche dans le mois d’août; on dit donc faire Voût (le travail d’août), pour récolter le blé et les autres céréales.La Fontaine écrit out selon la prononciation.—Héritage action d’hériter et biens dont on hérite’-—Deçà delà,: de ce côté-ci, de ce côté-là, donc de tous les côtés.V.Graynmaire.—Vous en viendrez à bout; en—de cela, c’est-à-dire vous viendrez à bout de le trouver.— Ne passe et repasse: pour ne passe et ne repasse.La Fontaine omet souvent la répétition de la négative.—Les fds vous retournent le Champ : vous est éxplétif ; il donne seulement plus de vivacité à la phrase en nous associant à l’action.— Il en rapporta davantage: en:—il rapporta davantage du fait d’avoir été retourné partout.VI.Composition française.—Après la moisson, un des fils du laboureur écrit à un ami et lui raconte ce qui s’est passé.Il parle avec émotion de la tendresse prévoyante du père qui a mis son fils en garde contre l’oisiveté et qui leur a fait comprendre la valeur du travail.Il raconte les projets qu’il faisait en cherchant le trésor supposé, ceux qu’il fait maintenant qu’il sait où se trouve le vrai bonheur.c.N.D.Montréal, 1925.I L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 541 ENSEIGNEMENT DIRECT DE LA LANGUE ANGLAISE (1) II.—PRINCIPES DE LA METHODE DIRECTE.Le but de la méthode directe est Vacquisition effective de la langue anglaise.Savoir l’anglais, c’est pouvoir le parler et l’écrire, suffisamment bien pour s’exprimer avec clarté et aisance, chacun dans sa condition, c’est-à-dire, suivantses besoins.Ainsi un enfant est censé savoir l’anglais, s’il peut dire dans cette làngue à peu près ce qu’il est à même d’exprimer en français; cependant ce petit répertoire de quelques centaines de mots lui serait très insuffisant à l’âge d’homme, et l’on ne dirait plus albrs qu’il sait l’anglais.Un homme de profession doit avoir de l’anglais une connaissance plus étëndue que celle d’un journalier, pour penser qu’il en a fait l’acquisition effective.Le langage est composé de mots, correspondant chacun à une idée, qu’on dispose d'ans un ordre convenu.Si l’on comparait le langage à un édifice, les mots (lexicologie) en seraient les matériaux; l’ordre convenu (grammaire) en serait la disposition, ou le plan suivant leqüel ces matériaux seraient utilisés dans la construction.On est capable de parler une langue, 1.Quand l’idée et le mot s’appellent mutuellement et instântanément; 2.Quand on peut grouper les mots dans l’ordre voulu pour exprimer une pensée.Pour apprendre un mot c’est-à-dire pour qu’il fasse vraiment partie du vocabulaire acquis, il fâut donc: 1.Qu’on saisisse exactement l’idée qu’il exprime.2.Que par des exercices répétés l’idée et le mot s’appellent mutuellement et instantanément.3.Qu’il ne soit pas isolé, mais intercalé dans une phrase, pour voir comment il s’articule au groupe, et quelle place il peut occuper.Les pensées sont rarement exprimées par un seul mot, comme dans Come! Fire! Away! Stop! Le plus souvent il faut se servir d’un groupe de mots qui sont comme autant de touches pour une seule peinture: la pensée à exprimer.La grande loi du langage, s’il doit être clair, exige que les mots qui complètent soient placés tout près des mots complétés.Certains mots, les verbes surtout, Subissent dés modifications qui correspondent à des variations, des nuances de signification.Il y a donc ici une étude longue et indispensable: c’est celle de la grammaire.Cette étude doit être conduite parallèlement à celle des vocables.L’étude de la grammaire, pour atteindre son but, doit donner à l’élève la facilité de: 1.Passer de la phrase à la pensée ou à l’impression qu’elle exprime; 2.Rendre sa propfe pensée au moyen de mots groupés dans l’ordre voulu pour être compris; 3.Faire ce travail instantanément, grâce à des exercices bien présentés, bien gradués, et répétés.Comme on le voit.l’étude de la grammaire, c’est d’abord l’acquisition de bonnes habitudes de langage; la meilleure manière de l’apprendre, c’est l’usage, la pratique.La règle écrite vient ensuite pour corroborer et généraliser ce que l’on avait d’abord compris et appliqué.st Dans les deux chapitres qui suivent, nous montrerons comment enseigner: 1.Le vocabulaire; 2.La grammaire.Un Frère de l’Instruction Chrétie'nne.(1) Voir U Enseignement Primaire d’avril 1925. 542 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE HISTOIRE DU CANADA Voici la liste des huit Jésuites qui seront bientôt solennellement béatifiés: P.Jean de Brébeüf, né en Normandie, le 25 mars 1593; mis à mort le 16 mars 1649.P.Gabriel Lalemant, né à Paris, 30 octobre 1610; mis à mort le 17 mars 1649.P.Antoine Daniel, né à Dieppe, 27 mai 1610; mis à mort le 4 juillet 1648.P.Charles Garnier, né à Paris, 25 mars 1606; mis à mort le 7 décembre 1649.P.Noel Chabanel, né au diocèse de Mende, 2 février 1613; mis à mort le 8 décembre 1649.P.Isaac Jogues, né à Orléans, 10 janvier 1607; mis à mort le 8 octobre 1646.Frère René Goupil, né en Anjou; mis à mort le 29 septembre 1642.Jean de la Lande, né à Dieppe; mis à mort le 19 octobre 1646.De ces huit martyrs, les 5 premiers^versèrent leur sang au pays des Hurons, en Ontario; les trois autres chez les Iroquois, aux États-Unis.On sait que leur cause fut introduite à Rome le 9 août 1916.Voici quelques notés complémentaires sur chacun des huit martyrs: Le P.Jean de Brébeuf est le grand apôtre des Hurons, surnommé le "lion’' à cause de sa taille, de ses forces physiques, et surtout, jointe à une extrême bonté de cœur, de son indomptable énergie parmi les périls et les souffrances, laquelle jetait dans l’admiration les sauvages eux-mêmes.Il a vu un jour, dans le ciel, une imme'nse croix qui, venant du pays des Iroquois, s’étendait sur celui des Hurons; présage du sort réservé à son peuple et à lui-même.Déjà stimulé par le vœu du plus parfait renoncement, il fait alors celui “dé ne jamais manquer à la grâce du martyre”.La mort au milieu dés plus effroyables tortures couronna une vie d’œuvres et de vertus surhumaines.Le P.Gabriel Lalemant portait sous une frêle envelôppe une âme ardente et généreuse.Elle éclate dans cette prière au divin Sauveur des âmes: “‘Oui, mon Jésus et mon amour, il faut que votre sang, versé pour les barbares aussi bien que pour nous, soit appliqué efficacement pour leur salut, et c’est en quoi je veux coopérer à votre grâce et m’immoler pour eux.’’ L’immolatiofi dernière se fit en même temps et par un supplice non moins effrayant que celui de son compagnon, le P.de Brébeuf.Le P.Antoine Daniel évangélisait lès villages hurons de l’extrême frontière, les plus exposés à l’ennemi, lorsque, un matin de juillet, pendant la messe qu’il célébrait, une clameur terrible rétentit; ce sont les Iroquois qui mettent tout à feu et à sang! Entouré de catéchumènes et de chrétiens, le Père baptise les uns, absout les autres, et pour leur donner le temps de fuir, se présente à la porte de la chapelle, face à l’ennemi.Percé de flèches et de balles, il tombe pour le salut de ses néophytes, comme l’avait fait pour le salut du monde la divine Victime du Calvaire.Le P.Charles Garnier, très sensible, délicat, aimable, fut l’agneau des missions hu-ronnes comme le P.de Brébeuf en était le “liOn”; mais l’agneau avait un cœur de lion, ainsi que ses travaux et sa mort le montrèrent à l’évidence.Aimer Jésus-Christ et le faire aimer, ce fut la passion de sa vie.Il avait, en outre, fait vœu de défendre, jusqu’à sa mort, le dogme de l’immaculée Conception.L’auguste Vierge l’en récompensa par le martyre.C’est la veille même de la fête du 8 décembre qu’il fut frappé de deux balles et achevé d un coup de hache par les Iroquois.Le P.Noel Chabanel fit vœu de stabilité dans les missions huronnes.Pour comprendre ce que cet acte renfermait de perfection, il faut se rappeler que tout, chez les sauvages, le torturait: nourriture, logement, manières, longues courses, et que lui, brillant professeur de rhétorique en France, ne put apprendre la langue huronne.Mais, attaché à la croix, il L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 543 n’en voulut jamais descendre.C’est de la main d’un Huron apostat qu’il reçut la couronne du martyre.Le P.Isaac Jogues, premier apôtre des Iroquois, est, avec le P.de Brébeuf, le plus grand de nos martyrs.Faible de corps, d’âme vigoureusement trempée, ne vivant que pour Dieu et les âmes, déjà après sa première captivité chez les Iroquois, proclamé martyr par Urbain VIII, à qui on demandait pour lui la permission de célébrer le saint sacrifice malgré ses doigts mutilés: “Il serait indigne ,répondit le Pape, qu’un martyr de Jésus-Christ ne pût boire le sang de Jésus-Christ”.Eh partant la seconde fois, pour le théâtre de ses travaux et de ses souffrances, il disait: “Que je serais heureux si Notre-Seignèur voulait achever le-sacrifice là où il l’a commencé!” La hache d’un Iroquois lui procura ce bonheur.Le Feère René Goui il, coadjuteur temporel, compagnon du P.Jogues, fait prisonnier et torturé avec lui; peu de temps après ses vœux, il est frappé à mort en haine du signeMe la croix qu’il a tracé sur le front d’un enfant.Jean de la Lande, “donné” de la Compagnie de Jésus, appartenait à ce corps d’élite de chrétiens qui se “donnaient” aux missionnaires comme serviteurs perpétuels.Il partagea glorieusement le sort du P.Jogues, qff’il accompagnait chez les Iroquois.ORTHOGRAPHE D’USAGE VERBES (Suite et fin) Tour distinguer le parfait défini il chanta, il fut, de l’imparfait du subjonctif qu’il chantât, qu’il fût.J'chantâmes, fûmes, ( S’il y a accent circonflexe au pluriel il vOn essaie le pluriel^ ou -J n’en faut pas au singulier et vice versa.^chantassions, fussionsi PARTICIPES PASSÉS Sans auxiliaire—adject.: “Que de ramparts détruits, que de villes/orcées.;” Avec l’auxiliaire être, accord avec le sujet: “Ils sont frappés.Elle est 'partie.r accord fLes lettres que j’ai reçues, si le complément i Ces femmes je les ai entendues chanter (elles direct précède : 1 chantant).Avec l’auxiliaire avoir invariable si le complément s direct | J’ai reçu tes lettres.suit J Ces romances je les ai entendu chanter.I Les embarras que j’ai su que vous aviez.ou {Cette armée a péri.Les dix ans qu’il a vécu (ansesteompl.indir.) Les mauvais temps qu’il y a eu (temps n’ëst pas complément).L’abbé Bieling de Lunebourg. 544 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE COMPOSITION D’ÉLÈVE COURSE A LA GOMME (1) Samedi, jour de congé, beau soleil, temps sec; pour un petit écolier, c’est le bon temps pour faire u'ne excursion.Il faut aller à la gomme, dis-je, à mes camarades.Comme nous voulions en faire bonne provision, je décidai d’y aller én voiture, au loin, dans la forêt qui entoure le petit lac “Grenouilles”.J’attelai le gros chien, Toto, sur le sleigh et me voilà en route avec mes amis en train d’avoir du plaisir.Après plusieurs plongeons dans la neige molle, nous atteignons le but de notre course.—Là, nous courons les épinettes qui nous offraient les plus belles coulées de gomme.Mes compagnons n’étaient pas difficiles sur la qualité, épinette de toutes sortes, faisaient leur bonheur.La provision fut assez riche.Le retour fut au'ssi joyeux que le départ, et mon Toto était difficile à suivre à la coursé.Hourra pour la gomme ! ! ! Lionel Blanchet, Agé de 10 ans.Élève du Cours moyen, Saint-Marcellin, 19 mars 1925, Cté de Rimouski.ENSEIGNEMENT PRATIQUE INSTRUCTION RELIGIEUSE LES MAUVAISES LECTURES Si je vous demandais: “Un enfant a-t-il le droit d’avaler du poison et de causer la mort à son corps?” vous me répondriez: “Non, il n’a pas ce droit: Dieu qui a défendu de donner la mort au prochain, nous défend également dé nous donner la mort à nous-mêmes”.Si j’ajoutais : “Voudriez-vous fréquentèr de mauvaises compagnies?” vous me répondriez: “Non, car je deviendrais mauvais; un fruit gâté corrompt un fruit qui est sain.” Un vieux proverbe le constate: “Dis-moi qui tu fréquentes, et je te dirai qui tu es.” Si je vous disais encore: “Est-il prudent de demeurer dans un endroit où l’on sait qu’il y a un e'nnemi en embuscade, qui n’attend qu’un moment pour s’élancer sur nous,_ pour nous assassiner?” ici encore vous me répondriez: “Non, il faut s’éloigner de ce lieu dangereux: qui aime le péril y périra.” Eh bien! mon enfant, ce qui est défendu, quand il s’agit de la vie du corps, cbmment pourrait-il être permis quand il s’agit de la vie bien plus précieuse de l’âme ?La lecture des mauvais livres est le poison qui s’avale à forte dose, si le livre est tout à fait scandaleux; à petite dose, si le livre est simplement dangereux, mais c’est toujours du poison qui s’avale.La lecture des mauvais livrés c’est le tête-à-tête en mauvaisb compagnie; c’est une embuscade éù, derrière chaque phrase, l’ennemi est caché, tout prêt à se jeter sur vous et à vous porter un coup dangereux.(l) La ponctuation seule a été corrigée. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 545 De nos jours, on a trouvé le moyen de produire les effets les plus désastreux avec la dynamite ou autres matières explosibles; on renferme ces dangereuses matières dans des objets très petits, et pourtant quels dégâts elles produisent?Une fausse idée, line peinture lascive, üne plaisanterie déshonnête, quels dégâts elles peuvent amener dans les âmésl Les livres mauvais sont des bombes incendiaires.N’en approchez pas.Il vous souvient de la parabole du champ que les ouvriers du père de famille avaient cultivé et ensemencé avec soin.Un ennemi vient et, à la faveur des ténèbres ,sème de l’ivraie au milieu du froment.Bientôt le grain lève, et l’on aperçoit la plante mauvaise.Mon enfant, vous êtes le champ du père de famille.Dieu, vos bons parents et les prêtres ont semé en vous le bon grain de la doctrine et des vertus.Ne touchez pas aux livres mauvais, ils sont les dépôts d’une semence maudite d’où sortirait toute une moisson d’idées fausses, de préjugés perfides, de tentations tenaces.Il y a des livres tout à fait immoraux: il ne peuvent jamais être entre les mains d’une personne qui se respecte.Il faut être déjà mauvais pour se plaire dàns cette fange et ne pas imiter la colombe lâchée par Noé après le déluge.Au milieu des boues qui couvraient la terre, ne sachant où poser le pied, l’qiseau retourna prudemment à l’arche.Il y a des livres simplement dangereux, où la foi et la morale ne sont pas exactement attaquées, mais où elles courent les risques de faire naufrage.Vous devez les mettre, eux aussi, soigneusement de côté.Est-ce que vous seriez tranquilles, en vous asseyant à table, si l’oh vous affirmait que les mets placés devant vous ne contiennent pas d’arsënic, mais cfu’il y a lieu de penser qu’on y a jeté dû poison moins violent?Encore un mot, mon cher enfant.Dans le paradis terrestre ily avait l’arbre de la science du bien et du mal.Adam et Eve mangèrent desonfruit.Vous savez ce qui leur arriva.C’est l’image des mauvaises lectures, qui causent tant de ravages dans les âmes.Mais il y avait aussi l’arbre de vie, comme il y a des liVres qui, en distrayant vos loisirs, élèveront votre intelligence, formeront votre cœur voùs présenteront de grandes, de nobles et généreuses pensées, et vous feront aimer les vertus.Affectionnez-vous à ceux-là.L’abbé J.Knell.MATHÉMATIQUES ARITHMETIQUE ÉCOLE PRIMAIRE ELEMENTAIRE COURS INFÉRIEUR PROBLÈMES SUR LA SOUSTRACTION'—REVISION 1.De 20 retirer autant de fois 2 qu’il sera nécessaire pour revenir à zéro.— Ainsi: 20 - 2 = 18; 18 - 2 = 16; 16 - 2 = 14, etc.jusqu’à 2-2 = 0.Faites de même pour retirer 3 de 30 autant de fois qu’il sera nécessaire pour revenir à zéro.2.De 20 retirer 4, puis, 5, autant de fois que vous pourrez.De 50 retirer 35 autant de fois que vous pourrez.Comptez à rebours de 6 en 6, de 60 à zéro, en retirant 6 autant de fois qu’il sera nécessaire. 546 RENSEIGNEMENT PRIMAIRE 3.-—-Calcul mental.—Additions et soustractions.25+7—4=32—4=28 32-8+9=24+9=38 46+6-4 = 52—4=48 17—5+7 = 12+7 = 19 4.Soustractions successives.-—Montrer aux élèves à Taide des exemples suivants, que Ton trouve le même résultat, soit en faisant les deux soustractions successives, soit en retirant du premier nombre la somme des deux nombres à soustraire: 37—6—6 = 31—6 = 25 42-—7—4 =35—4=31 65—8—7 = 57—7 = 50, etc.5.Deuxième série d’opérations donnant les mêmes résultats: 37—6—6 = 37—12 = 25 42—7-—4 =42—11 =31 65—8—7 = 65—15 = 50, etc.6.Que reste-t-il dans un porte-monnaie contenant 38 sous après qu’on a dépensé 24 sous ?Réponse.—Il reste 14 sous.7.Victor a un livre contenant 368 pages.Victor a déjà lu 134 pages, combien lui reste-t-il de pages à lire ?Réponse.—234 pages.8.Un terrain avait une surface de 8,696 pieds carrés.On vend 4215 pieds de ce terrain.Quelle surface a-t-on gardée?Réponse.—On a gardé 4,481 pieds carrés.9.Un panier de pommes en contenait 666.On en retire 96, puis 145.Combien en reste-t-il?Solution : On a retiré : 96 + 145=241 pommes.11 en reste: 666—241=425.Réponse.—425.10.D’un tonneau contenant 98 pintes de mélasse, on retire 2 fois 24 pintes.Combien en restait-il à chaque fois?Solution : La 1ère fois, il restait : 98—24 = 74 pintes.La seconde fois, il restait: 74—24 = 50 pintes.COURS MOYEN 1.On a soutiré les 4/n puis les 3/8 d’une barrique d’huile.Quelle portion totale en a-t-on soutirée? L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 547 Solution : On a tiré Vn+Vs nn 32/ -J-33/ -65/ OU /SS'r /88 / 88 2.Un ouvrier a fait les 2/3 d’un ouvrage, son fils en a fait les 2/i2.Quelle portion de l’ouvrage ont-ils faite à eux deux ?Solution : 2/3+"/i2 = 8/i2+2/i2 = 10/i2 °u Ve- 3.105 sont les 7/s de quel nombre (A faire de la manière concrète et de la manière abstraite.) Rép.120.4.De la somme de 283/8 et 212/3 retranchez leur différence.Rép.dsVs- 5.Un marchand de chevaux qui avait $1,315.acheta autant de chevaux qu’il put, à raison de $125 par tête; il dépensa le reste de son argent pour du foin.Combien a-t-il acheté de chevaux et combien a-t-il dépensé pour le foin?Rép.10 chevaux.—$65.COURS SUPÉRIEUR 1.La différence de deux nombres est 520; le quotient de leur division est 7, et le reste 16.Quels sont ces deux nombres ?Solution: 520-—16 = 504.504^6 = 84, le petit nombre.Rép.520 +84 = 604, le grand nombre.Rép.2.On a fait transporter 25 sacs de blé pesant chacun 140.8 livres à une distance de 215 milles.Que doit-on payer à raison de $0.015 par tonne et par mille?(2000 livres dans une tonne).Solution : 140.8X25 = 3520 livres de blé.3520-h 2000 = 1.76 tonne.La compagnie fait payer $0.015 pour transporter 1 tonne de blé, 1 mille.1.76X$0.015 = $0.0264 le coût du transport de 1.76 tonne, 1 mille.$0.0264X215 = $5.676, coût du transport de 1.76 tonne, une distance de 215 milles.Rép- 3.Un ouvrier dépense par quinzaine, pour son logement et sa nourriture, les 22/3 de son gain plus $2.12; il lui reste $3 à la fin de la quinzaine.Combien gagne-t-il par jour, s’il a travaillé 12 jours?Solution : Les 3/s de son gain = les2/3 de son gain+$2.12+$3 = les 2/3 de son gain+$5.12.Donc V3 J 3 son gain —2/3 de son gain—$5.12 Vs de son gain = $5.12.En 3/3 de son gain = $5.12X3 =$15.36, son gain total.$15.36-T-12 = $1.28, son gain journalier.Rép.4.Trouvez la somme de 152/g, IdVe, 18%, 122/3.Solution : 15/g+ldVe + lS M“bl2 2/3 = 15 + 14 + 18 + 12+8/36~{-30/33 ~+Y36 +a‘/36 = 59 89/36 = 59+2 "/ss = 61 Rép. 548 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 5.Les 3/7 d’un champ ont été vendus $450 de moins que les % du même champ.Quelle est la valeur totale de ce champ ?Solution : La différence entre les % et les 3/7 de la même surface, peut être exprimée par: 3/ 3/ __21/ 12/ _9/ /4“ /7— / 28' /28 / 28 Les 9/28 du champ ayant une valeur de $450, V28 a une valeur 9 fois moins giande, ou: $450: 9.La pièce entière ou 28/28> a une valeur égale à: ¦LHLLL8 = 1400.Réponse.—$1,400.SECTION COMMERCIALE Principaux termes de commerce (suite) Facture.—C’est le compte détaillé qu’un marchand donne de la marchandise qu’il a livrée ou expédiée.Faillite.—C’est l’état d’un marchand qui se trouve dans l’impossibilité de payer ses créanciers.Mais la faillite proprement dite est celle: que fait forcément un marchand à la suite de grandes pertes ou de quelque accident malheureux, et qui peut être considéré comme excusable.Folio.—C’est ainsi qu’on appelle le numéro de chaque page d’un livre.En tenue de livres, on donne particulièrement ce nom aux deux pages en regard dont se compose chaque compte du Grand-Livre.Fonds.—Par forids de commerce, on peut entendre non-seulement les marchandises d’un négociant, mais encore l’achalandage, la clientèle, le droit ou bail d’un magasin.Fret.—Somme payée pour le transport des marchandises à bord des navires, des bateaux ou des chemins de fer.Grand-Livre.—Registre qui renferme tous les comptes d’un marchand.C’est l’extrait du Journal.Insolvable.—Un marchand est dit insolvable lorsqu’il ne peut payer ses dèttes.Interet.—C’est le profit, ou lé bénéfice résultant d’une somme prêtée.Inventaire.—C’ést le relevé de toutes les valeürs que possède un marchand et de tout ce qu’il doit: ce qui donne en définitive son actif et son passif.Journal.—Registre où le négociant porte, jour par jour, et par ordre de date, toutes ses opérations, de manière à présenter quels sont les débiteurs, les créanciers, les détails de toutes ses opérations.LE RESPECT DE LA PROPRIETE Rappelons souvent aux enfants, en classe, que chez les peuples civilisés, le respect de la propriété d’autrui est chose de première importance.Un enfant honnête et bien élevé ne pénètre jamais sur la propriété des autres sans permission; il ne détériore en aucune façon les arbres fruitiers et d’ornement; il protège les oiseaux au lieu de les détruire; il ne souille ni les clôtures, ni les murs, ni les trottoirs, d’aucune tache disgracieuse; il respecte les fleurs dans les parterres, dans les parcs.Respect à la propriété ! L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 549 DOCUMENTS OFFICIELS COMMISSION ADMINISTRATIVE DU FONDS DE PENSION DES FONCTIONNAIRES DE L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Session du 5 décembre 1924.Présents:—L’honorable Cyrille-F.Delâge, surintendant de l’instruction publique, président; M.Nérée Tremblay, professeur à l’école normale Laval, représentant M.John Ahern, de la cité de Québec, délégué de la Conférence des instituteurs catholiques de Québec; M.J.-N.Perrault, de la cité de Montréal, délégué de la Conférence des instituteurs catholiques de Montréal, MM.M.-C.Hopkins et E.-M.Campbell, de la cité de Montréal, délégués de l'Association provinciale des instituteurs protestants.Le procès-verbal de la dernière session est approuvé.Le secrétaire soumet le rapport suivant: Monsieur le surintendant, Québec, 5 décembre 1924.Messsieurs les membres de la Commission administrative du fonds de pension des fonctionnaires de l’enseignement primaire, Messieurs, Le soussigné, secrétaire de votre Commission, a l’honneur de vous soumettre le rapport qui suit: COMPTES DU FONDS DE PENSION DES FONCTIONNAIRES DE L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE POUR L’ANNEE 1923-24, INDIQUANT LE REVENU ET LA DEPENSE, AINSI QUE LE CAPITAL.LE REVENU Montant voté par la Législature (Item 44 du budget).$ 2,000 .00 Allocation du gouvernement.(Art.3012 S.R.1909, amendé par 11 Geo.Y, ch.47, s.9).47,000.00 Intérêt sur le capital.(Arts.3010,3013 et 3024 S.R.1909).10,244.64 Surplus de l’ancien fonds de pension.(Art.3018 S.R.1909).4,916.00 Retenue de 4% sur le fonds des écoles publiques.(Art.3012 S.R.1909).25,000.00 Retenue sur le traitement des instituteurs et des institutrices à même les subventions payables aux municipalités.(Arts.3004, 3012,3019 S.R.1909).120,079.36 Retenue sur le traitement des inspecteurs d’écoles.(Art.3004, 3019, 3012S.R.).3,908.46 Retenue sur le traitement des professeurs des écoles normales.(Arts 3004,3012 et 3019, S.R.1909).1,476.66 Retenue payée directement par les fonctionnaires.(Arts.3004, 3012, 3019 S.R.1909).25,432.54 $ 240,057.66 550 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE LA DÉPENSE Par les pensions.S 196,090.17 Par les remboursements.1,365.96 Par les dépenses de l’administration.1,456.00 Déposé au Trésor de la Province allant au capital.Arts (3010, 3024, S.R.1909).14.48 Surplus de l’année.41,131.05 - $ 240 057.66 POUR LE COMPTE DU REVENU Surplus des années précédentes.$ 165,030.86 Surplus de l’année .41,131.05 - $206,161.91 POUR LE COMPTE DU CAPITAL Montant du capital le 1er juillet 1923.$ 206,563.65 Porté au capital pour l’année 1923-24.14.48 Québec, le 22 septembre 1924.Certifié (Signé) JOS.MORIN, Auditeur de la Province.$206,578.13 PENSIONNAIRES DÉCÉDÉS PENDANT L’ANNÉE 1923-24 NOMS Archambault, J.-Anthime, Arsenault, Geneviève, Boivin, Alexis, Bouliane, Marie, Cimon, Marie-Louise, Dagnault, Léandre, Delorme, Mme J.-B.Destroismaisons, R.-de-Lima, Dorais, J.-T., Dorion, Georgiana, Dow, Henrietta, Fradette, Césarie, Gouger, Mme T., Grégoire, Alida, Lachapelle, Emma Langlois,, Lajeunesse, Cédulie, L’Ecuyer.Rosalie, Legault, Mme Théophile, McLeod, Mme M.-R., McCullen, J.-T., McKenzie, Marie, Mercier, Marie-Louise, Ouellet, M.-D.-J., Parayre, Jos., Prémont, Mme Jos., Ri vest.Mme Narcisse, Sénéchal, Hermine, Teasdale, Mme J.-S.Tellier, Ozine, Yanvliet, Léonie, AGE PENSION 62 $ 421.76 83 142.85 75 284.22 83 100.03 72 100.00 82 100.00 76 133.65 78 100.00 82 300.00 73 100.00 74 100.00 69 205.52 76 100.00 68 100.00 76 174.38 73 148.28 67 110.89 71 100.00 77 300.00 56 758.88 74 122.55 65 100.00 82 100.00 75 413.26 81 216.65 77 119.97 88 171.29 69 223.15 53 184.65 51 628.48 $ 6,150.46 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 551 Plusieurs pensionnaires n’ont pas encore produit leur demande.Le comité catholique du Conseil de l’instruction publique a approuvé à sa session du 6 février 1924, les résolutions adoptées par cette Commission à sa dernière session, concernant l’augmentation des pensions, mais aucune loi n’a encore été adoptée par l’Assemblée législative à ce sujet.Le tout humblement soumis.Le rapport du secrétaire est adopté.(Signé) Avila de Belleval, Secrétaire.La Commission, après avoir examiné les demandes et les certificats de médecin produits par les anciens pensionnaires, autorise le surintendant à leur payer leur pension ainsi qu’aux retardataires qui établiront leur droit à sa satisfaction.Sont rejetés cependant, parcequ’ils ne sont pas complètement remplis ou qu’ils ne démontrent pas suffisamment que les sujets examinés sont complètement incapables d’enseigner, les certificats de médecin produits par Mmes A.Gamache (M.-Blanche Morin), A.Gravel (Doria Bourgeois), A.Lavallée (Valéda Boutin), C.Tanguay (R.-A.-V.Giroux), Mlle Adrienne Nadeau, H.-Rosanna Jones, Elizabeth Beauvais, et M.-Philomène Côté.Les nouvelles demandes de pension suivantes sont accordées: FONCTIONNAIRES DE 56 ANS ET PLUS : NOMS AGE TENSION Guay, Louis-Abdon, 75 $ 980.96 Stébenne, Lucie (Vve Wm.Forand), 72 223.34 Fackney, Isabelle, 70 102.18 Tardif, Olivine, 69 248.00 Fraser, Elisabeth, (Mme James McCartney), 69 352.58 Hepburn, Annie-Maria, 69 315.28 Fackney, Agnès, 68 312.90 Crichton, Christena, 68 291.56 Coursolle, Corinne, (Mme Jos.Vallières), 64 172.24 Boucher, Caroline, (Mme Edouard Roy).63 100.00 McLean, Jeannet, 63 812.78 McArthur, Archibald, 63 1,050.00 Pickett, Laura-J., 61 674.56 MacMartin, Christina-M., 61 1,031.40 McCoy, E.- Caroline, 59 362.92 Otis, Thomas-Alexis, 59 100.00 Macdonald, Minnie, 58 794.96 Molony, Kathleen-L.(Mme J.-S.McRitchie), 57 130.86 Duffett, Grace, 57 746.06 Lagué, Aurore, 57 300.00 Cournoyer, Orise.57 253.52 Boisselle, M.-Anne, 57 142.68 Larivée, Alphonsine (Mme Eugène Tremblay) , 57 136.36 Lasaille, M.-Louise, 56 283.92 Stacey, Idelia, (Mme H.-H.Rogers), 56 300.00 TO,219.06 Les demandes de Mmes Wm.-John Woolsey (Margaret Sever) et Alexis Audet, (M.-Aristides Richard), sont refusées, ces deux fonctionnaires ayant cessé d’enseigner, l’une, en 1909, et l’autre en 1910, avant d’avoir atteint l’âge de 50 ans.Celles de Mme Albee-F.Mallinson (née Lewis) et de Mlles Helen Riley et Fannie Clark sont restées à l’étude. 552 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE FONCTIONNAIBES AGES DE MOINS DE 56 ANS-.NOM AGE PENSION Langlais, Hermance-Amanda, 55 $ 171.74 Hawk, Fannie-M., 54 176.25 Cloutier, Aimée, (Mme Jean Jobin), 51 162.70 (La pension dès trois fonctionnaires ci-dessus ne courra cependant que du jour où elles auront atteint l’âge de 56 ans).Royer, Bathilde, 54 153.60 Gariepy, L.-A., 54 530.60 Pelletier, Evangéline, 53 300.00 Cornelfier, Robéa, 53 214.80 Houle, Mathilda, (MmeC.Retendre), 53 155.50 Lavoie, Noémie, 53 300.00 Thibaudeau, M.-J.Clorinde, 52 239.50 Gonthier, Maria, 51 221.00 Beauchemin, Apolline-Ehnina, 51 194.20 Angers, M.-Anne, 50 192.80 Brochu, Anastasie (Mme Jean Fontaine), 50 100.00 Tanguay, Marie, 49 118.80 Duguay, Rosalie, (MmeU.Archambault), 48 124.30 Thomas, Aurélie, 48 265.70 Morneau, Aglaé, 48 165.10 Bockus, Lizzie-Ruth (Mme A.-S.Fisher), 47 742.58 Neilan, Maggie, 45 167.50 St-Laurent, Valida (Mme Orner Fortin), 45 172.10 Nadeau, Emma, 44 102.98 Pensions accordées mais pour un an seulement: Plouffe, R.-de-L., 48 168.64 Brennan, Julia (Mme P.-J.Boyce), 47 100.80 Quintin, R.-Alba, 47 300.00 Mottard, Corinne, 44 143.96 Longchamps, Florentine (Mme Yvon Dostie), 44 166.90 Therrien, R.-Ernestine, 43 223.50 St-Laurent, M.-Anne, 39 102.00 $ 6,177.94 Les demandes de M.J.-IIector Morin, de Mlles Aiméla Thifault, Albina Flibotte, Gene-viève-Exilda Ethier, Agnès-J.Nellis et M.-Léa Plourde sont accordées, à condition qu’ils établissent qu’ils ont enseigné 20 ans depuis l’âge de 18 ans révolus.Mlle Plourde cependant, n’aura droit à sa pension, que si elle produit en outre un certificat de médecin répondant entièrement au questionnaire contenu dans la formule usuelle.Les demandes de Mme P.Roy (née Alma Carrier) et de Mlle Anna-Zelpha Désilets sont restées à l’étude.Sont refusées les demandes de Maria Lussier (Mme Siméon Fontaine), Wilmena Hughes (Mme E.-R.Goodwin), Rosanna Thibaudeau (Mme M.Marchildon), Alice Vézina (Mme Jos.Delisle), Claire Pelletier (Mme G.Labrie), et d’Alexina-Aurorc Normandin.parce que ces fonctionnaires n’ont pas établi à la satisfaction de la Commission qu’elles avaient enseigné le nombre d’années requis ou qu’elles étaient complètement incapables d’enseigner. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 553 DEMANDES DE REMBOURSEMENT DE RETENUES ACCORDÉES NOMS AGE MONTANT Pritchard, Annie-Martha, 48 $ 316.09 Guimont, Philémon, 40 314.90 Ogden, Béatrice-Ethel, 40 242.60 Paul, Flora-H., 39 186.30 Sévigny, R.-de-L., 38 117.63 Dumouchel, Antoinette, 35 117.59 Gosselin.M.-Jeanne, 32 46.60 Chabot, Laura (Mme A.Lemieux), 32 48.79 Lavoie, Albertine, 37 59.81 Guérin, Eléonore-Eva, 34 48.36 $ 1,498.68 Les demandes de Mme P.Allard (Alice de Grandpré) et de Mlle R.-Donalda Gaucher, sont accordées sous condition qu’elles établissent plus parfaitement leurs droits.Celle de Mlle Aldéa Rainville est refusée.Cette Commission, réitérant les résolutions déjà adoptées à cet effet, décide que seuls peuvent se prévaloir de l’article 3024 de la loi de l’instruction publique les fonctionnaires de l’enseignement primaire qui dirigent une école tenue conformément aux programmes d’études et aux règlements des comités du Conseil de l’Instruction publique ou qui enseignent déjà dans une telle école, et que M.J.-V.Desaulniers, qui s’est démis des fonctions qu’il remplissait sous le contrôle des commissaires d’écoles catholiques de la cité de Montréal pour exercer une autre profession, quoiqu’il soit directeur des cours spéciaux qui sont donnés au Monument national de Montréal sous les auspices de la Société St-Jean-Baptiste.ne peut bénéficier des dispositions du susdit article; qu’il ne pourra faire compter pour établir ses droits à une pension, les années pendant lesquelles il aura été seulement directeur de ces cours spéciaux et que le surintendant soit autorisé à lui rembourser les sommes qu’il peut avoir versées, à ce titre, dans le fonds de pension, avec intérêt.M.Perrault propose qu’il soit statué par cette Commission que les années pendant lesquelles un fonctionnaire de l’enseignemet primaire a enseigné dans une école primaire de cette province, comme religieux ou comme novice dans une communauté religieuse enseignante, peuvent être comptées pour établir son droit à une pension, quoiqu’il n’ait touché personnellement aucun salaire ni versé aucune retenue pour ces années, et que Mme P.Roy (née Alma Carrier) et Mlle Anna-Zelpha Désilets qui ont enseigné vingt années dont quelques-unes dans les conditions susdites, ont droit à une pension basée sur lés retenues qui sont à leur crédit dans le fonds de pension.M.Campbell propose en amendement qu’il ne soit pas ainsi statué avant que le Procureur général ait été consulté sur ce point.L’amendement est adopté.La Commission considère ensuite deux requêtes qui lui ont été soumises par le comité catholique du Conseil de l’Instruction publique, pour étude et rapport et provenant, la première, de l’Association des institutrices catholiques de Québec demandant de nouveau que le minimum des pensions soit fixé à $150 et que chaque pensionnaire reçoive une augmentation de $10 pour chaque année de service en sus de 20 années jusqu’à concurrence de 35 années, pourvu toutefois que la pension ainsi augmentée ne dépasse pas $300, et l’autre, dont le premier signataire est M.J.-T Dorais, instituteur de Montréal, exposant qu’un instituteur retraité ne peut vivre convenablement avec une pension de $300, et demandant, d’une façon générale, que les pensions soient augmentées.A l’appui de la première requête, la Commission entend une délégation composée de Mmes Ruelland et Gagné, la présidente et la secrétaire de l’Association susdite, et de quelques-unes de ses membres.Après délibération, M.Hopkins propose, secondé par M.Campbell: Que si l’on tient compte de l’effet qu’ont eu sur l’état financier du fonds de pension les différentes augmentations précédemment accordées, il faut agir en cette matière avec la plus grande prudence: 554 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Qu’en conséquence, cette Commission s’en tienne aux résolutions par elle adoptées à sa session du mois de décembre 1923, touchant l’augmentation des pensions et qui ont été soumises au comité catholique et par ce dernier approuvées et communiquées au Gouvernement, par lesquelles cette Commission recommandait de porter le minimum des pensions à $125 et d’accorder une augmentation de $5 par année de service en sus des 20 années et de fixer le maximum des pensions à $1,200; Qu’à ces recommandations susdites, cette Commission ajoute cependant celle-ci: Que le Gouvernement soit prié d’amender la loi de façon à donner à cette Commission et au surintendant de l’Instruction publique les pouvoirs de répartir comme ils l’entendront, entre les fonctionnaires recevant une pension inférieure à $300, les surplus annuels que le fonds de pension pourra avoir à l’avenir.M.Perrault propose et il est résolu: Que le secrétaire de cetteConmmisssionsoit chargé de recueillir les renseignements nécessaires pour établir les montants qui seraient requis pour accorder les augmentations suivantes respectivement, savoir: lo.Pour fixer les pensions d’après la moyenne du salaire des vingt années pour lesquelles chaque pensionnaire aura reçu les plus forts salaires; 2o.Pour porter le minimum des pensions (a) à $125, (b) à $150; 3o.Pour augmenter les pensions, soit de $5, soit de $10 par année de service en sus de 20 années, (a) jusqu’à concurrence de $250, (b) de $300; 4o.Pour porter le maximum des pensions à $1,200 ou à $1,500, le tout (a) d’après la base actuelle du calcul des pensions, (b) d’après la base des 20 meilleures années; Que le surintendant soit prié, aussitôt ces calculs terminés, de convoquer cette Commission en session spéciale, à Montréal, et qu’alors seulement cette Commission prenne une décision sur les divers amendements suggérés, après avoir étudié les tableaux préparés à cet effet comme susdit.Que le surintendant de l’Instruction publique soit autorisé à indemniser les comptables du département pour les travaux supplémentaires que pourra leur occasionner la préparation des divers états susdits.La Commission renvoie à une session subséquente l’étude de plusieurs cas spéciaux qui lui ont été soumis.Le traitement du secrétaire est fixé à $1,300.Et la session est close.Le secrétaire, Le président, Cyrille-F.Del age, Avila de Belleval, Surintendant de VInstruction publique.COMMISSION ADMINISTRATIVE DU FONDS DE PENSION DES FONCTIONNAIRES DE L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Séance spéciale tenue à Montréal, le 10 février 19#.).Presents: L’honorable Cyrille-F.Delâge,^ surintendant de l’instruction publique, président; MM.Nérée Tremblay, professeur à l’École normale Laval,représentant M.John Ahern, de la cité de Québec, délégué de la Conférence des instituteurs catholiques de Québec; J.-N.Perrault, de la cité de Montréal, délégué de la Conférence des instituteurs catholiques de Montréal: MM.M.-C.Hopkins et E.-M.Campbell, de la cité de Montréal, délégués de l’Association provinciale des instituteurs protestants.Le procès verbal de la dernière session est lu et adopté.Le secrétaire fait rapport qu’il ne pourra répondre complètement, avant la prochaine séance régulière de cette Commission, au questionnaire formulé dans la résolution, par elle RENSEIGNEMENT PRIMAIRE 555 adoptée, à sa session du 5 décembre 1924, à l’effet de déterminer les sommes requises pour défrayer les diverses augmentations suggérées.A défaut de quoi il soumet: lo.Un état montrant les sommes actuellement nécessaires pour couvrir les augmentations recommandées par cette Commission, à sa session du mois de décembre 1923, à la demande de l’Association des institutrices de Québec, et déjà soumise au Gouvernement, avec l’approbation du comité catholique du conseil de l’instruction publique.2o.Une requête de l’Alliance catholique des professeurs de Montréal, demandant de faire amender certains articles de la loi relatifs au fonds de pension et que le susdit comité catholique, par une résolution en date du 4 février courant, a soumise à cette Commission pour étude et rapport.Il est résolu : (a) “Que cette Commission est favorable à ce que le minimum des pensions soit porté à $125.(b) “A ce que toutes les pensions ainsi portées à $125 et toutes celles qui sont inférieures à $300, soient augmentées d’autant de fois la somme de,$5 que les fonctionnaires qui y ont ou y auront droit, ont passé d’années dans l’enseignement en sus de vingt années jusqu’à concurrence de 35 années, s’ils ont payé la retenue sur le salaire touché pour ces années-là, pourvu toutefois que leur pension n’excède pas $300; (c) “A ce que le maximum des pensions soit fixé à $1,200; (d) “A ce que les augmentations susdites courent du 1er janvier 1924; (e) “A ce que les héritiers légaux d’un fonctionnaire qui décède après vingt années de service, aient droit au remboursement des retenues à son crédit dans le fonds de pension.(f) “A ce que le dé]ai accordé aux fonctionnaires par l’article 3004, pour payer la retenue nécessaire pour assurer une demi-pension à leur veuve, soit prolongé du 30 juin 1922 au 30 juin 1929.3o.Le secrétaire, sur proposition de M.Perrault, reçoit instruction de continuer à préparer les états qui démontreront de combien seraient augmentées les pensions des pensionnaires actuels, si elles étaient calculées d’après la moyenne du salaire des vingt années pour lesquelles ils ont été le mieux rémunérés, pourvu qu’ils aient acquitté la retenue pour ces années-là.M.Perrault propose que cette Commission fasse rapport au comité catholique qu’elle ne voit pas d’objection à ce qu’une personne qui aura été fonctionnaire de l’enseignement primaire et qui, comme tel, aura versé des retenues au fonds de pension pendant dix années, puisse faire compter, pour établir ses droits à une pension, les autres années pendant lesquelles elle aura, comme “frère” ou comme “sœur”, dirigé une classe conformément aux règlements et au programme d’études du comité catholique du Conseil de l’Instruction publique, dans une école sous le contrôle d’une corporation scolaire, ou subventionnée par elle ou par le Gouvernement, pourvu que cette personne ait enseigné au moins vingt ans, et que sa pension ne soit basée que sur les salaires sur lesquels elle aura payé la retenue.Pour la motion—: MM.Perrault et Tremblay.Contre la motion—: MM.Hopkins et Campbell.L’honorable surintendant de l’Instruction publique propose qu’une copie de cette dernière résolution soit transmise aux comités du Conseil de l’instruction publique.Cette Commission, considérant les revenus actuels du fonds de pension, ne croit pas devoir faire présentement d’autres recommandations.Et la session est close.Le Secrétaire, Le président, Cyrille-F.Delage Avila de Belleval.Surintendant de VInstruction publique.CONGRÈS Un congrès des Principaux des écoles normales catholiques de la Province sera tenu à Québec, les 11 et 12 mai prochain.Ce congrès se tiendra en vertu de l’article 141 des Règlements du Comité catholique. 556 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Un congrès des commissaires d’écoles de la région de l’Abitibi sera tenu à Amos, le 2.juin prochain.Ce congrès est organisé par M.Isidore Bossé, inspecteur d’écoles, à la demande du Surintendant de l’Instruction publique.Un autre important congrès sera tenu les 11, 12 et 13 juin prochain: c’est le 1er congrès général de l’Enseignement Technique dont bénéficiera Ja Province de Québec.Parmi les question mises à l’étude, nous remarquons celle-ci: L’École primaire et l’enseignement technique: Cours préparatoire aux écoles techniques et orientation professionnelle.LE CABINET DE L’INSTITUTEUR LOUIS FRECHETTE ET LES COLLÈGES CLASSIQUES Le poète Fréchette a eu sa crise de foi religieuse qui a duré plusieurs années.Au point de vue des idées catholiques, un groupe de ses amis étaient sujets à caution.L’und^ux, à la fois rédacteur et propriétaire d’un joubnal à Montréal, ne s’avisa-t-il pas un jour de publier dans sa feuille qu’il était franc-maçon et franc-maçon avancé, aussi bien qu’admira-teur enthousiaste de tous les principes de la Révolution française! D’autres amis du poète étaient de même acabit.Ces amis aimaient à se rencontrer pour discuter leurs idées.Naturellement dans ce cénacle d’un nouveau genre, on trouvait fort arriérée l’instruction donnée par nos collèges classiques; on parlait avec mésestime des prêtres éducateurs; les expressions irrespectueuses à leur adresse foisonnaient.Louis Fréchette se ressentit de cette ambiance; cela se voit dans ses lettre à M.l’abbé Baillargé où se sont glissées des expressions tout à fait regrettables, à l’occasion des dési-derata exprimés vis-à-vis des collèges de l’enseignement classiques.Mais quelles étaient ces lacunes signalées par le poète au nom d’un groupe qui désirait voir s’opérer de nombreuses réformes dans nos maisons d’éducation sec'ondaire ?Disons dès l’abord que Fréchette ne vise qu’au but immédiatement utilitaire des études classiques, et que d’autres soi-disant réformateurs, plus osés, iront jusqu’à réclamer que nos maisons d’enseignement secondaires fassent bénéficier leurs élèves de to'utes les connaissances pratiques qui se donnent ordinairement dans lës établissements spéciaux.Ces exigences, il faut l’avouer, étaient exorbitantes et peu raisonnables.“Si je laisse mon fils au collège, dit Fréchette, il en sortira à vingt ans, avec un peu dé latin et de grec, mais pas d’anglais, pas de comptabilité, ignorant tout ce qui est nécessaire pour se tirer d’affaires en ce monde (10e lettre).“Il est opportun d’apprendre le grec uniquement parce qu’il est une des sources de notre idiome et la mère du langage scientifique; de sorte que faire pâlir dès enfants durant des années sur des thèmes grecs est tout simplement une absurdité.L’essentiel, c’ëst d’avoir de bons professeurs qui sachent bien faire la différence entre ce c(ui est inutile et ce qui est nécessaire.En une heure, un helléniste sérieux ouvrira plus d’horizons à ses élèves qu’un autre sans études spéciales, n’en pourrait ouvrir en un mois.(13e lettre).“On ne saura jamais trop le latin pourvu qu’on ne lui sacrifie pas les matières de première L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 557 nécessité.Ce n’est pas tant pour savoir le grec et le latin qu’on doit ét udier ces langues mortes que pour savoir le français (13e lettre).” Fréchette recommande de donner dans les collèges des leçons de lecture à haute voix et d’apprendre aux élèves à s’exprimer dans un meilleur langage (10e lett re).Il reproche aux jeunes professeurs inexpérimentés de se montrer impolis.Quelques-uns, dit-il, s’oublient jusqu’à s’écrier en classe: “Vous saurez qu’il n’y a pas de messieurs ici!” Les malheureux, s’exclame le poète, nous mettons nos fils au collège précisément pour en faire des messieurs.On obtient cent fois plus, ajouta-t-il, en prenant un enfant par le sentiment de l’honneur, en lui manifestant de la confiance et en lui persuadant qu’il a du cœur, qu’en lui faisant baiser la terre et en le traitant de tocson du matin au soir (12e lettre).Sur ces deux points de surveiller davantage le langage des élèves et de les former aux bonnes manières, Fréchette se fait presque l’écho d’une très importante résolution adoptée unanimement le 25 septembre 1890, par le Comité catholique du Conseil de l’Instruction publique.Ce comité recommande à toutes les maisons d’éducation de surveiller attentivement la prononciation et le langage des élèves, et d’encourager par des récompenses ceux qui auront le mieux mérité sous le rapport de la politesse et des bonnes manières.(1) Fréchette appuie beaucoup sur la propreté que l’on doit exiger des élèves dans les collèges classiques.Elle est, dit-il, le cachet du gentilhomme et la mère du “mens sana in corpore sano.” Il déplore le grand nombre des étudiants qui ont les ongles bordés de deuil, les dents malpropres et la tête trop rarement lavée.D’après lui il n’y a (1893) qu’un pensionnat où les élèves soient ternis de se laver les pieds une fois par mois.Aussi on peut s’imaginer quelle espèce d’atmosphère parfumée flotte dans les dortoirs surtout après un jour de congé, quand les chaus'settes sèchent sur les malles ou sur le pied dès lits.(12e lettre).“Les bains! en voilà une rareté, par exemple! Je connais des mêlées qui ^ont obligées de faire sortir leurs enfants du collège presque deforce pour aller les savonner quelque part.” (12e lettre).Au sujet de la propreté, nos collèges classiques n’étaient pas plus arriérés que les lyêées de France.Eù octobre 1893, c’est-à-dire la même année que Fréchette publiait ses lettres sur l’éducation, l’historien Etmest Lavisse prononçait un discours dont nous extrayons les passages suivants: “La toilette du visage au lycée, à quoi suffisaient quelques gouttes d’eau obtenues à grand’peine de rares robinets, point de grands bains, excepté l’été, des bains de pieds trimestriels au moment des congés, dans un baquet pour quatre.En somme, inertie et malpropreté obligatoires.“Je me souviens le réveil dans l’air épais des dortoirs étroits et bas ou les lits se touchaient; toute la journée, des études, des classes avec les brèves interruptions des récréations sans jeux, dans les cours où nous nous promenions par groupes, la moitié marchant en-avant, l’autre à reculons, d’un mur à l’autre.” (2).Fréchette insiste sur le défaut d’éducation artistique dans nos collèges classiques.“Per sonne ne saurait se targuer d’une instruction Solide et sérieuse, s’il ne possède au moins des notions générales en fait d’art et d’histoire de l’art.C’est tout aussi indispensable, tout aussi fondamental que la connaissance des belles-lettrbs.” (12e lettre).D’autre part, M.Ernest Lavisse, dans un discours en Sorbonne, exprimait dès idées analogues.“Vous ne pouvez bien comprendre l’hitetoife des lettrés, disait l’oratetir, si vous (1) 'L'Enseignement Primaire, janvier 1925.(2) “A propos de nos écoles”, vol.de 250 pages. 558 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE ignorez celle des arts.Même aux grandes époques classiques, où l’art et les lettres fleurissent d’une égale beauté, un monument contient une plus grande quantité de l’esprit du temps, qu’une œuvre écrite, quelle qu’elle soit.” Nous venons de faire connaître lés principales réformes que Fréchette était censé proposer au nom des pères de famille.Nous ne prétendons nullement qu’elles fussent entièrement fondées, ni que le poète n’ait parfois généralisé des cas exceptionnels; mais nous savons qu’il se défendait d’être l’ennemi de nos maisons d’enseignement secondaire.Un jour, en conversation, Fréchette s’exprhnait à peu près en ces termes.“Quoi qu’on dise, j’ai toujours été un admirateur de l’œuvre de nôs collèges classiques.Us nous ont donné nos géants de la politique qui ont marché à la conquête de nos droits; et nous leur devons ainsi qu’au clergé en général notre survivance nationale.Mais je trouve qu’ils tardent trop à emboîter le pas dans la voie du progrès moderne.L’étude approfondie des langues mortes, ce serait avantageux pour une élite d’étudiants: elle leur permettrait de devenir philosophes ou linguistés; leur goût plus afflué jouirait davantage de la lecture des chefs-d’œuvre de l’antiquité dans la langue originale; mais pour la masse des élèves on devrait songer, me semble-t-il, à rendre l’enseignement plus pratique”.Plus tard, Fréchette jubilàit, j’apprends, disait-il, qu’un peu partout il se fait de grandes améliorations dans nos collèges: le langage est plus soigné; on exige plus de propreté; les professeurs qui vont étudier en Europe se multiplient, et lorsque les ressources pécuniaires le permettent de grands changements s’opèrent pour le mieux.Vraiement, si ça continue, mes lettres à l’abbé Baillargé n’auront plùs leur raison d’être et bn ne pourra plus accuser nos éducateurs d’être encroûtés dans la routine.(1) Nous avons dit plus haut que Fréchette avait eu sa crise de foi religieuse Heureusement pour lui, tout le temps de cette pénible épreuve à laquelle il s’était imprudemment exposé, des amis lui demeurèrent fidèles dans les rangs du clergé et dans l’état religieux.Mgr Gravel fut le principal confident à qui Fréchette exposa ses doutes dans de nombreux et longs tête-à-tête.Il reçut le conseil de ne point négliger ses devoirs de chrétien; de recourir (1) Quiconque étudiera le passé des principaux séminaires ou collèges classiques de la Province, regardera comme une monstruosité le fait d’appliquer l’épithète d’encroûté aux éducateurs éclairés qui furent chargés d’en promouvoir les intérêts, et dont l’une des principales préoccupations fut précisément d’empêcher leurs établissements de s’enliser dans la routine.En ces dernières années, les problèmes relatifs aux choses de l’éducation ont suscité une activité extraordinaire.Nous nous permettrons de mentionner simplement les études ou travaux qui ont trait à l’Enseignement classique et ont été publiés au pays durant les seules années 1923 et 1924, et dont il nous a été donné de prendre connaissance: lo.—Tradition et Évolution dans l’enseignement classique (brochure), pai le R.P.Georges Simard, o.m.i.2o.—La part des schmc^s dans le cours d’Humanités, par l’abbé Georges Courchesne.(L’Enseignement Secondaire au Canada, avril 1923).3o.—-Notre enseignement secondaire par l’abbé Camille Roy (Le Canada Français, octobre et novembre 1923).4o.—A propos de notre enseignement secondaire, par le R.P.Georges Simard, o.m.i.(Revue trimestrielle, dé' cembre 1923).5o.—-Conférence de M.le chanoine Em.Chartier.(Revue trimestrielle, déc.1923).6o.—Encore de l’enseignement secondaire, R.P.Georges Simard, o.m.i.(Revue trimestrielle: janvier et mars 1924) 7o.—-Tradition et évolution dans l’enseignement classique, (Le Canada Français, février, 1924) par l’abbé Camille Roy.8o.—L’enseignement des sciences dans nos collèges classiques, (Le Quartier Latin, 11 avril 1924) par le Dr.Georges Baril.9o.—-M.Lecompte et les scientistes, par le Dr Léo Pariseau, (La Presse, 19 avril, 1924).lOo.—-La préparation aux études supérieures, par M.le juge Amédée Monette (La Presse, 17 mai, 1924) llo.—-Les collèges classiques de Québec, par le Chanoine Em.Chartier, (Revue trimestrielle, juin 1924). L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 559 à la prière et de faire certaines lectures apologétiques pour servir d’antidote aux lectures malsaines qu’il avait faites.L’amitié éclairée d’un ancien directeur du Mont-Saint-Louis contribua également beaucoup à maintenir le poète dans le droit sentier.Un membre de la Société Royale du Canada, M.l’abbé Elie-J.Auclair, rend hommage en ces termes aux sentiments religieux du poète: “Pour nous, dit-il, qui avons connu M.Fréchette de très près, en ces dernières années, et qui l’avons vu ,hier, aux prises avec les étreintes de la mort, devant le tombeau qui va se fermer, nous nous faisons un devoir de rendre un hommage ému à sa foi très vive en l’action de Dieu dans le monde et dans les âmes, comme aussi à sa confiance sereine en la divine Providence.” Dans un article de la Revue Canadienne, paru en octobre 1907, M.F.-L.Desaulniers, avocat à Montréal, s’exprimait ainsi: “Combien jusqu’à ces dernières années croyaient foncièrement M.Fréchette imbu d’idées avancées, subversives mêmes, hostile au clergé, que dis-je, un véritable pourfendeur de tout ce qui touche de près aux choses que tout bon patriote tient en grande vénération.Pour ceux qui vivent dans l’intimité du grand poète canadien, qu’il y a loin du sympathique Louis Fréchette d’aujourd’hui au rigide Cyprien, chroniqueur de l’ancienne Patrie”.Enfin d’après l’une des intéressantes correspondances dont M.E.-Z.Massicotte nous a honoré, la première des accidentelles infidélités de la mémoire produites par le mal dont a tant souffert Fréchette dans ses dernières années, eut lieu dans un presbytère, au cours d’une veillée.“Vers 1905, nous écrit le grand archiviste montrélais, un ami commun à Fréchette et à moi, feu le chanoine Charles Bellemare, alors curé de Sainte-Geneviève de Batiscan, recevait à souper un soir d’été, dans son presbytère, Louis Fréchette, F.-L.Désaul-niers, le généalogiste, quelques curés des environs et votre serviteur.Après le repas, on tiea une touche et Fréchette nous conta des histoires.C’était un causeur sans pareil.Sa phrase abondante, bien tournée, pleine de finesse et parfois de malice régalait les auditeurs.R avait la voix agréable, la diction excellente, puis il mimait avec art, bref il nous tenait suspendus à ses lèvres.Tout à coup, il s’arrête, cherchant un nom de lieu en Angleterre, qu’il savait parfaitement.Jamais il ne put le trouver.Cet incident dérangea quelque peu la réunion et affecta Louis Fréchette.Le mot malheureux lui revint le lendemain, comme il repartait pour Montréal, c’était Liverpool”.De nos articles en peut assurément inférer que si Louis Fréchette, dans ses polémiques, a manqué de déférence envers certains nombres du clergé, il professait pour le corps, dans son ensemble, une véritable estime et beaucoup de sympathie: car il était trop éclairé pour ne pas apprécier l’œuvre non seulement religieuse mais éminemment patriotique et nationale qu’il ne cesse d’accomplir parmi nous.Lucien SERRE.POURQUOI J’AIME MA LANGUE MATERNELLE (Pour V“Enseignement Primaire”) Si un ennemi ou si un détracteur de ce qui, après notre sainte religion, nous tient le plus au cœur, à nous, Canadiens français, me demandait: “Mais quelles raisons avez-vous d’aimer tant votre langue maternelle?”, voici ce que je lui répondrais: 560 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Pourquoi j’aime ma langue maternelle?C’ést tout simple.D’abord, parce que j’aime ma mère et que, aimant ma mère, je ne puis dédàigrier la langue dans laquelle elle m’a appris à balbutier ce doux nom de Maman qu’un bon fils ne saurait prononcer sans presque pleurer.Ensuite, parce que je ne puis ne pas chérir cette langue bénie dans laquelle j’ai articulé: “Jé'sus, Marie, Joseph”, ma première prière; cette langue dont les accents si doux ont fait germer en mon cœur, en même tetnps que l’amour de la famille, celui de la religion et de la patrie; cette langue enfin où mon âme a puisé le saint enthousiasme du Beau, du Vrai, du Bien, dont mon âme s’est éprise.Ma langue maternelle, je l’estime encore à cause de la noblesse de son origine, à cause de sa mission toute providentielle, particulièrement sur cette terre d’Amérique, où notre cher parler a été, depuis trois siècles, le flambeau du catholicisme et de la civilisation.J’aime encore ma belle langue parce que c’est elle qu’ont parlée nos illustres missionnaires et découvreurs: Laval, Plessis, Brébeuf, Cartier, Champlain, Maisonneuve, La Véren-drye.Je l’aime encore parce qu’elle a été la langue de ces nobles défenseurs de nos droits les plus chers: Papineau, Bédard, Louis-Hippolyte La Fontaine; et, pour personnifier les temps modernes, parce qu’elle a été la langue des Laflèche, des Langevin, des Laiidry, etc.Et qui n’aimerait pas la langue de sa mère, quand cette langue s’appelle la langue française et que c’est la Franée, “baptisée par Clovis, confirmée par Charlemagne et sanctifiée par saint Louis” qui nous l’a léguée! Qui ne l’estimerait pas quand c’est elle qui a de'sservi l’immortel génie d’uïi Fénelon, d’un Bossuet ou d’un Massillon; quând c’est elle qui a traduit les magistrales conceptions de Corneille et de Racine.Parlerai-je des chefs-d’œuvre de notre littérature canadienne! Évoquerai-je les noms à jamais célèbres de Philippe Aubert de Gaspé, d’Antoine Gérin-Lajoie, de l’abbé Ferland, de F.-X.Garneau, d’Octave Crémazie, de Louis Fréchette, P.-J.-O.Chauveau, l’abbé H.-R.Casgrain, J.-C.Taché, A.-B.Routhier, etc?Ma langue maternelle, la nature et tout ce qui m’entoure m’inviteiit à l’affectionner.Ces paroisses, ces montagnes, cès lacs, ce majestueux fleuve Saint-Laurent, l’orgueil de notre race, ne portent-ils pas des noms français ?C’est pour toutes ces raisons, et pour bien d’autres encore, que j’ai vôué au verbe de mes pères un culte si profond, et c’est pourquoi je tiens tant à consefver intacte cette langue qu’un de nos poètes, Albert Lozeau, qualifiait jadis avaec tant de raison de “belle, noble, pure, délectable langue française.” Caritas.“LA SEMAINE D’HISTOIRE DU CANADA”.La Société Historique de Montréal est à organiser, pour la fin d’octobre prochain, une Semaine d’Histoire du Canada.Son but est de marquer la place que doit occuper l’Histoire du Canada dans la vie du peuple, de révéler à tous l’importance et l’intérêt dès recherches historiques, et de fournir des directions aux jëunes gens qui défirent se livrer à ce genre d’étud'es. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 561 Oh verra par le pi’ogramme que cette semaine d’Histoire se calque sur les Semaines Sociàles, qui ont déjà fait leurs preuvés.Elle durera du dimanche soir au vendredi soir et comportera quatre séances de travail et de documentation pendant la journée, et une séance académique chaque soir.La lecture du programme montrera quel profit on pourra tirer de ces réunions.PROGRAMME SEMAINE D’HISTOIRE DU CANADA (octobre 1925) A—Séance du soir 1er jour—Séance solennelle d’inauguration.2e jour—Le mérite de nos vieux historiens: L’Histoire de Garneau.3e jour—Cartographie de notre histoire.4e j'our—Histoire de notre parler.5e jour—Histoire de notre droit, fie jour—Histoire et la vie nationale.B.—-Séances de jour ou d-’études 1er jour (lundi) Introduction—Méthodologie générale (cf.Langlois et Seignobos—table des matières) s I—-Comment l’on devient archiviste: 1.Rassemblement des matériaux (science des sources—bibliographie—notes).2.Mise en œuvre des matériaux (intelligence des sources—critiques—triage).II—Rédaction de Vhistoire 1.L’art et la science en histoire.2.Y a-t-il une conception catholique de l’histoire ?2e jour (mardi) Histoire du Canada—Préparation a sa rédaction I—Nos archives 1.Inventaire de nos dépôts et répertoires.2.Bibliographie d’histoire canadienne.II—Sciences auxiliaires 1.La géographie et notre histoire (étude des noms de lieux).2.Études généalogiques. L’ENSEIGNEMNTE PRIMAIRE 5fâ 3e jour (mercredi) 1 ; > Histoire du Canada—Formes d’exposition I—M.onogra'phies (rôle-caractère).II—Éludes d’histoire constitutionnelle.III— Études d’histoire économique et sociale.IV— Études d’histoire religieuse.4e jour (jeudi) Histoire du Canada—Enseignement I— 1.Enseignement primaire: La question des manuels—Procédés d’enseignement en classe.2.Enseignement secondaire et supérieur.II— 1.Notre littérature et notre histoire.2.Points de vue.5e jour (vendredi) Histoire du Canada—Propagande I—Revues historiques II—Prix, concours, aide à la recherche (assistants aux archives, envoie de photos et publications) III— Musées (national, régionnaux—réunion des pièces dispersées) IV— Anniversaires et pèlerinages (Dollard, etc.) COURS DE LECTURE PAR LES FRERES MARISTES TROISIÈME LIVRE La communauté des Frères Maristes vient de publier la deuxième partie refondue de son ancien livre de lecture, le “Guide de l’Enfance”, jadis approuvé par le Conseil de l’Instruction publique.Cette dernière partie fait suite, pour les élèves de 3e et de 4e année, à la première partie réservée aux élèves de 2e année, qui fut approuvée à la session du mois de mai 1924.Ce nouveau manuel rencontre les desiderata du programme actuel, tant pour le fond des leçons que pour la manière de les présenter et de les utiliser.Il comprend une répartition par mois, qui, sans être obligatoire, peut servir de directive à plusieurs.Chaque semaine renferme une série de cinq leçons, se succédant toujours dans le même ordre, savoir: L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 563 le.Une leçon sur un point de morale; 2e.Une leçon sur Thistoire ou la géographie du Canada; 3e .Des leçons variées sur divers sujets; 4e.Une leçon d’hygiène; les 24 leçons seront amendées de manière à obtenir un petit cours complet sur cette matière; 5e.Une poésie.Le livre étant destiné à servir aux élèves de 3e et de 4e année, les auteurs recommandent dans l’avant-prdpos, si on le ju"e opportun, de se disposer de faire lire en 2e année, une des séries de leçons, afin de ménager quelque intérêt nouveau pout les élèves de 4e année.Quelques leçons de choses au moyen d’illustrations, ainsi que cinq morceaux de chant, viennent, par intervalles, charmer et intéresser les élèves.La série complète de livres de lecture des Frères Maristes se terminera, nous assure-t-on, par un autre ouvrage rédigé sur un plan nouveau.Cet ouvrage comprendra deux volumes détachés, se faisant suite.Le premier sera destiné aux élèves du cours supérieur, et le deuxième aux élèves du cours complémentaire.PRODUCTION DU BEURRE ET DU FROMAGE EN 1924, DANS LA PROVINCE DE QUEBEC.VALEUR TOTALE ESTIMÉE: $29,969,233.(1) Québec, 13 février 1925.-—Le Bureau des Statistiques de Québec communique à ses correspondants et à la presse en général une estimation préliminaire de la production du beurre et du fromage dans les fabriques au cours de l’année 1924.Le nombre de fabriques, qui était de 1,660 en 1923, est tombé [à 1,628 en 1924, soit une diminution de 32 fabriques.Voici comment sont reparties ces différentes fabriques: 796 de beurre, 589 de fromage et 243 produisant du beurre et du fromage.Le nombre de vaches qui ont alimenté les fabriques a été de 683,749, comparé à 675,812, en 1923.En 1924, il a été fabriqué, dans la Province, 65,596,627 Ibs de beurre, comparées à 59,194,767 Ibs en 1923.Le prix moyen de vente du beurre, la livre, eh 1924, a été de .355 comparé à .347, l’année précédente.Le nombre de bs de fromage fabriquées en 1924 a été de 41,661, 813, comparé à 46,890, 579 Ibs, l’année précédente.Le fromage s’est vendu, en 1924, en moyenne .159 la 1b., comparé à .185, l’année préscédente.Tout le beurre fabriqué a donc une valeur globale de 823,325,897 et le fromage 86, 643,326, ce qui forme un total de 829,969,223, soit une augmentation sur l’année précédente de 8582,718.(l) Renseignements fournis par le Bureau des Statistiques de Québec. 564 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Le nombre de fabriques, depuis dix ans, dans la Province, a diminué de 430, mais, par contre, la production du beurre est passée de 36,621,491 Ibs.à 65,596,627, soit une augmenta-tibn de 79%; celle dü fromage qui était, en 1915, de 54,217,113 Ibs, est descëndue à 41,661,813, soit une diminition de 32%.Les deux produits avaient rapporté, en 1915, une somme globale de $18,471,501, comparée à $29,969,223, en 1924, soit une augmentation de 62% en valeur.LES OISEAUX AMIS DU CANADA (1) Étudions les oiseaux qui vivent auprès de nous et réjouissent nos demeures, par leur présence.Apprenons à bien connaître le merle, l’oriole, la mésange, le gai petit pinson à couronne roufeëe, ainsi qu’une douzaine d’autres.Nous serons peut-être alors tentés de connaître ceux qui protègent nos forêts, ceux qui vivent de préférerice dans la solitude des bois.Timides, ils évitent les endroits fréquentés par les hommès, préférant le silence et le mystère.Parmi ces derniers nous remarquerons la grive solitaire, le gros-bec à poitrine rose, la grive de Wilson, et combien d’autres encore! Lorsque nous les connaîtrons nous serons leurs amis et protecteurs, et ils ne seront pas les seuls gagnants.A notre expérience s’aj outera un plaisir nouveau, chaque trille que nous entendrons prêtera un charme de plus à nos excursions dans les bois; nous souhaiterons les écouter plus souvent et nôus, les apprécierons davantage.Ils nôus attireront plus fréquemment hors des villes.Nos promenades auront un but nouveau, et en nous éloignant des choses mondaines de la vie pour aller jouir en plein air, au milieu de la belle nature, nous puiserons de nouvelles forces dans cette véritable fontaine de Jouvence pour revenir à nos occupations journalières plus frais et plus dispos.Quand arrive l’âutomne, nos amis de l’été abandonnent, l’un après l’autre, leurs retraites et disparaissent.Tout d’abord, nous déplorons leur départ; mais bientôt d’autres les remplacent, à notre grande joie.Les mésanges, les grimpereaux arrivent.Ils fouilleront chaque crevasse des arbres, chaque branche ou rameau, toutes les cavités afin d’y découvrir le ver ou la chenille en hivernage, ou mieux, les œufs des insectes, les larves qui y sont cachés, et qui, au printemps suivant, seraient la ruine des arbres des parcs ou du verger.Attirons la mésange pendant l’hiver.Un morceau de lard ou de suif accroché dans un arbre la retiendra dans notre voisinage durant la froide saison.Sa présence nous fera paraître les jours moins longs, plus gais.Pourvoyons-la d’abris au moyen de boîtes ou maisonnettes préparées à son intention, clouées à des troncs d’arbres et dans lesquelles elle passera les nuits confortablement, ou cherchera un refuge contre tout danger.Les oiseaux qui nous quittent à l’automne passent aUx États-Unis, et vont même plus au sud.Le rouge-gorge bleu et le merle hivernent en Virginie et en Califouihiie.Là aussi ils font la guerre aux insectes nuisibles et rendent de grands sendees à l’homme en détruisant cette peste en quantité appréciable.Ils aident à la conservation des récoltes de grains, fruits, arbres.Leurs services Sont appréciés de nos voisins, qui, comme nous, reconnaissent la nécessité de les protéger par tous les moÿens possibles, et de leur permettre de se multiplier librement.C’est à cette fin que les deux pa!ys se sont entendus pour passer un traité.(l) Voir L’Enseignement Primaire de mars 1925. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 565 Il est maintenant illégal par tout le Canada et sur toute détendue des États-Unis de tuer, blesser, prendre, dépouiller de leurs nids ou de leurs œufs un quelconque des oiseaux insectivores migrateurs qui appartiennent à tous deux.Chacun de nous devrait se faire un devoir d’aider à la mise en force et à l’observation de ce traité.La meilleure manière de commencer est de protéger ceux de ces oiseaux qui viennent dans les jardins, les vergers, les prés, les fermes ou les bois.Si quelqu’un voit ou a connaissance que des personnes tirent sur les oiseaux mangeurs d’insectes, qu’il en fasse rapport au garde-chasse le plus rapproché, non dans le but de causer du trouble, mais afin de protéger la propriété publique, dont les services nous sont nécessaires.Les amateürs de sport cynégétique seront heureux de savoir que des saisons fermées ou prohibées, d’tine période uhiforme, ont été établies en vue de la protection des migrateurs et des gibiers à plume.La chasse de ces oiseaux au printemps est défendue.Us peuvent maintenant revenir sûrement vers le nord où ils bâtiront leurs nids, croîtront et se multiplieront.Une saison fermée permanente a été établie pour certaines variétés; et la loi est maintenant en vigueur prohibant la chasse des canards huppés, des canards eiders, des pigeons à queue rayée, des grues du Canada, du Mexique, et des grues d’Amérique; des cygnes, courlis, et de tous les oiseaux de rivage ou grève, excepté la bécasse, la bécassine de Wilson, le pluvier à ventre noir, le pluvier doré, les grands et petits chevaliers à pieds jaunes.Avec cette protection assùrée, ces espèces, presque éteintes, augmenteront en nombre.Comme de yrais sports, employons notre influence à aider à l’observation et à la mise en vigueur de la loi de la Convention concernant les Oiseaux Migrateurs.Le Canada a besoin de ces oiseaux insectivores pour qu’ils protègent nos moissons et nos bois, et il est de notre devoir de conserver pour la génération future le gibier et les oiseaux, afin que nos enfants et nos petits enfants trouvent un héritage abondant sous ce rapport.Ayons nos exercices hygiéniques en plein air, mais n’anéantissons pas tout notre gibier.Ménageons-le pour que nos descendants puissent à leur tour jouir des mêmes privilèges dans ce domaine dont nous ne sommes que les gardiens, et pour qu’ils soient aussi attirés vers la vie extérieure, dans les bois.On peut obtenir les règlements concernant les oiseaux migrateurs en s’adressant au Commissaire, division des Parcs Fédéraux, ministère de l’Intérieur, Ottawa.PROTÊGONS NOS FORETS Dans chacune des livraisons de U Enseignement Prinaire d’avril dernier, nos lecteurs ont dû trouver une brochurette intitulée: Semaine de protection des forêts (du 19 au 25 avril 1925) Nous sommes convaincus que les conseils donnés dans ce travail ont été suivis et qu’on a lu en classe les jolies poésies qùi exaltent la beauté et l’utilité des forêts.Il faut retenir de cette “semaine de protection”, et les rappeler soüvênt aux enfants, les excellents conseils qui suivent: LES SEPT RÈGLES A OBSERVER POUR PRÉVENIR LES INCENDIES FORESTIERS 1.ALLUMETTES.Ne jetez jamais une allumette sans être certain qu’elle est éteinte.Si vous ne prenez cette précaution, ce petit objet si commode devient une source de dangers. 566 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 2.TABAC.Lorsque vous voÿagez eA automobile ou dans tout autre véhicule, ne jetez pas sur le bord du chemin des cehdres de pipe ou dés bouts de cigares et dé cigarettes; jetez-les plutôt au milieu de la chaussée.3.FEU DE CAMPEMENT.Faites un feu aussi petit que possible et dans ün terrain découvert, non pas près d’un arbre debout du renversé.Grattez le sol autour du feu pour enlever les déchets inflammables.4.DÉPART DU CAMP.Ne quittez jamais un campement, même pour peu de temps, sans éteindre votre feu en l’arrosant d’eau ou le recouvrant de terre.5.FEUX DE JOIE.Ne faites jamais de feux de joie quand il vente ou lorsqu’il y a le moindre danger que les flammes échappent à votre contrôle.6.LUTTE CONTRE LE FEU.Si vous apercevez un foyer d’incendie, efforcez-vous de l’éteindre.Si l’incendie est considérable, avertisse^ immédiatement le garde-forestier le plus proche.7.EN TOUTE OCCASION.Faites preuve de patriotisme en encourageant les autres, par votre exemple, à sauvegarder les forêts.NOTRE CHEZ-NOUS Notre chez-nous, notre vraie patrie à nous, Canadiéns français, c’est le Province de Québec.Aimons-la donc assez pour ne jamais la quitter.Emparons-notis de son sol et cultivons-le avec intelligence et amour: RESTONS CHEZ NOUS.LES ÉRABLES Dans la forêt dont le sol est couvert.Pousse partout un arbre que l’on aime, Nous saluons son premier bourgeon vert Et nous faisons de sa feuille un emblème, Lorsqu’au printemps sa sève reparaît.Et que sur nous frissonne son feuillage, Soudain la joie emplit chaque village, Et des chansons font vibrer la forêt.REFRAIN Si vous passez un jour dans ces bois admirables, Écoutez la chanson que disent les érables, Elle vous parle du pays (bis) La grande voix, la voix des vieux érables. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 5§7 II Savons-toous bien quel secret émouvant Gardent caché leurs racines profondes; Savons-nous bien si quelque conquérant Ne dort pas là, loin des bruit's de ce monde.L’érable a vu nos ancêtres vainqueurs, L’érable a vu gagner mainte bataille; Et quand au cœur on lui fait une entaille -C’est notre sang qui coule de son cœur.REFRAIN Si vous passez un jour dans ces bois vénérables, Écoutez la chanson que disent les érables.Elle vous parle du passé (bis) La grande voix, la vois des vieux érables.» .r.f.Nurtia Blés et Lucien Boyer.• .• L ,
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