L'enseignement primaire : journal d'éducation et d'instruction, 1 juin 1925, Juin
46ÈME VOLUME Québec, Juin 1925 No 10 LEnsekment Primaire ÉDUCATION -INSTRUCTION PÉDAGOGIE LE PROGRAMME DE “L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE” POUR L’ANNEE SCOLAIRE 1925-26 Avec la livraison de septembre prochain, U Enseignement Primaire commencera sa 47ème année de publication.Notre revue poursuivra sa tâche avec toute Pardeur pondérée et le sens pratique que lui vaut une maturité acquise au prix d’un demi-siècle près d’efforts constants, visant toujours au même but: le perfectionnement normal des écoles primaires catholiques de la Province de Québec et l’orientation de l’enseignement primaire chez nous, conformément aux meilleures traditions canadiennes-françaises.L’Enseignement Primaire continuera à publier des articles de pédagogie (théoriques et pratiques) afin de favoriser dans la plus large mesure possible, la mise en valeur des programmes de nos écoles primaires et de nos écoles normales.Outre les articles de son directeur, la revue publiera: une étude détaillée sur le programme de la géographie due à la plume expérimentée de M.l’abbé L.-A.Desrosiers, principal de l’École normale Jacques-Cartier; une série d’exercices d’élocution, ou causeries, préparatoires à la rédaction, puis à la composition, aux cours moyen et supérieur de l’école primaire élément Are, série d’exercices que M.le professeur Nérée Tremblay saura marquer au coins d’une pratique de quarante années d’enseignement; la suite de l’intéressant cours de pédagogie en tableaux synoptiques que nous devons à l’obligeance de M.le professeur J.-E.Faquin, de l’École normale de Saint-Hyacinthe.Nous publierons encore plusieurs bonnes feuilles de VHistoire de la Pédagogie que notre éminent collaborateur français Fr.P.G.fera paraître d’ici à quelques mois, et l’excellente étude sur Venseignement direct de l’anglais, par un Frère de l’Instruction chrétienne, sera menée à bonne fin.Nos lecteurs auront aussi la bonne fortune de parcourir une tranche d’archives scolaires intéressantes, celle qui renferme les délibérations de la Société d’Éducation de la Ville des Trois -Rivières, de 1832 à 1841, année où la première loi d’Éducation fut adoptée sous l’Union des deux Canadas.Ces délibérations, authentiques et inédites, que nous devons au dévoué secrétaire de la Commission scolaire des Trois-Rivières, M.Arthur Béliveau, constituent un précieux chapitre d’archives scolaires que L’Enseignement Primaire met à la portée des chercheurs et des amis de l’histoire.Des travaux originaux de haute valeur nous ont été gracieusement adressés par plusieurs écoles normales, entr’autres les écoles normales de Saint-Hyacinthe, Hull, Saint-Pascal, Rimouski, etc._ M.Eugène L’Heureux continuera sa chronique judiciaire, qui constitue déjà un précieux recueil de procédure et de jurisprudence scolaires. 578 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Comme par le passé, U Enseignement Primaire consignera avec fidélité et précision tous les documents offhiels émanant des autorités scolaires: documentation commencée dans ses pages depuis 1880, et qui offriront aux historiens futurs une source précieuse de renseignements.Nous publierons aussi toutes les instructions du Bureau Central et les précisions qui s’imposent pour faciliter la tâche des aspirants et des aspirantes au brevet de capacité, ainsi que celles des maîtres et des maîtresses.Depuis plus d’un quart de siècle, nombreux sont les articles, les leçons et les exercices scolaires que L’Enseignement Primaire a publiés afin de créer une atmosphère agricole dans l’école rurale.Voulant intensifier ce mouvement, nous avons demandé à un écrivain de talent qui vit à la campagne depuis quelques années, M.Paul Tardivel, d’écrire une série d’articles—leçons sur la Vie rurale: ses avantages, ses charmes, ses petites industries familiales, etc.Sur le même sujet, mais au point de vue pédagogique, M.Jean-Charles Magnan, agronome officiel, actuellement en France où il a été délégué par le Ministère de l’Agriculture de Québec pour assister à un grand congrès agricole qui a été tenu à Rouen dans la semaine du 13 mai, nous fournira une série d’articles sur Venseignement rural.M.Magnan s’est documenté en France et en Belgique sur ce sujet, que M.le Surintendant de l’Instruction publique de Québec lui a demandé d’étudier spécialement durant son séjour en Europe.Les documents scolaires rapportant les activités des associations d’instituteurs et d’institutrices, les congrès pédagogiques, les congrès de commissaires d’écoles, etc., etc., seront recueillis et publiés.Désirant favoriser tout particulièrement l’enseignement du dessin, et des sciences usuelles à l’école primaire élémentaire, ainsi que l’enseignement de la littérature (explication de textes) à l’école primaire complémentaire et à l’école normale, conformément aux nouveaux programmes, nous avons fait appel à trois professeurs éminents pour traiter respectivement ces matières spéciales.M.Gaston Hoffmann, professeur à l’École des Beaux-Arts de Québec, parlera du dessin (théorie et pratique); M.L.J.Dalbis, professeur à l’Université de Montréal, traitera des sciences usuelles, et M.H.Gaillard de Champris, professeur à l’Université Laval, étudiera des modèles (fables de La Fontaine, extraits des auteurs classiques, etc.), conformément aux programmes du Comité catholique.Ces trois professeurs distingués ont fait une étude particulière de nos programmes, quant àla matière spéciale qu’ils doivent traiter dans la revue, au cours de 1925-26, et en reconnaissent la belle ordonnance scientifique et pédagogique.Dans les chapitres de la Méthodologie, de l’Enseignement pratique et du Cabinet de V Instituteur, rien ne sera négligé pour fournir au personnel enseignant une documentation abondante, choisie et pratique.Notre distingué et fidèle collaborateur, Lucien Serre, poursuivra sa eapti-vante étude sur Fréchette, qu’il exécute avec méthode et persévérance depuis quelques années.L’orientation de notre revue restera ce qu’elle est depuis 1890, date où nous en prîmes la direction: L’Enseignement Primaire est une revue pédagogique catholique et canadienne-française, soucieuse du vrai progrès, fidèle aux traditions du Canada français; c’est aussi une revue documentaire qui enregistre chaque mois les actes administratifs et les événements scolaires, qui constitueront plus tard la trame d’une histoire complète de l’enseignement primaire dans la Province de Québec.C.-J.Magnan, de la Société Royale du Canada. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 579 LOIS DE LINSTRUCTION PUBLIQUE AMENDÉES EN 1925 A la dernière session de la Législature de Québec, plusieurs amendements ont été apportés à certaines lois régissant l’Instruction publique en notre province.En voici rénumération: 1.Loi modifiant les Statuts refondus, 1909, relativement à l’inspection des comptes des corporations scolaires (15 Geo.Y, chap.41, santionnée le 3 avril 1925).D’après cette modification, des inspecteurs-vérificateurs sont nommés et tenus de visiter, sous la direction du ministre des affaires municipales, à la demande du secrétaire de la province, les bureaux des commissions scolaires catholiques et protestantes, à l’exception des corporations scolaires catholiques et protestantes de Montréal et de Québec.2.Loi modifiant les Statuts refondus, 1909, relativement aux prix distribués dans les écoles (15 Geo.V, chap, 42—sanctionnée le 3 avril 1925).Cette loi, qui n’entrera en vigueur que le premier janvier 1926, oblige les commissions scolaires à consacrer la moitié du montant affecté à l’achat de livres de récompense, lors de l’examen public de la fin de l’année scolaire, à l’achat de livres canadiens.3.Loi modifiant la loi concernant les écoles catholiques de Montréal (15 George V, chapitre 44—sanctionnée le 3 avril 1925).D’après cette loi le Bureau Central de la Commission scolaire catholique de Montréal, se compose comme suit: “Le bureau central est composé de sept membres, deux prêtres et cinq laïqiies, choisis parmi les catholiques romains.“Le lieutenant-gouverneur en conseil et l’archevêque de l’archidiocèse de Montréal nomment respectivement deux membres du bureau central.La cité de Montréal en nomme un ainsi que la commission administrative de T'Université de Montréal.L’autre membre est nommé par les membres des commissions de district, de la manière ci-après indiquée.Ce membre doit être une personne laïque versée dans les matières d’éducation et les connaissances pédagogiques et ne faisant pas déjà partie d’une éommission de district.“Le mode de nomination prévu dans la présente section prendra effet le premier juillet mil neuf cent vingt-cinq”.4.Loi concernant les écoles protestantes de la cité de Montréal et des environs (15 George V, chapitre 45—-sanctionnée le 3 avril 1925).Cette loi crée le Bureau centra,! des écoles protestantes de Montréal.La juridiction de ce bureau, quant aux matières mentionnées dans la nouvelle loi, s’étendra aux municipalités scolaires protestantes sujettes à la juridiction des bureaux d’écoles protestants suivants: 1.Le Bureau des commissaires d’écoles protestants de la cité de Montréal; 2.Le Bureau des commissaires d’écoles protestants de Lachine; 3.Le Bureau des syndics d’écoles protestants de Verdun; 4.Le Bureau des commissaires d’écoles protestants de Coteau St-Pierre; 5.Le Bureau des commissaires d’écoles protestants de la ville de Westmount; 6.Le Bureau des syndics d’écoles protestants de la ville Saint-Laurent; 7.Le Bureau des commissaires d’écoles protestants de la ville Mont-Royal; 8.Le Bureau des syndics d’écoles protestants du Sault-au-Récollet; 9.Le Bureau des syndics d’écoles protestants de la Pointe-aux-Trembles 10.Le Bureau des syndics d’écoles protestants de la cité d’Outremont; ' 11.Le Bureau des commissaires d’écoles protestants de la ville de Hampstead. 580 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 5.La loi concernant la Commission des écoles catholiques de Montréal (15 George V, chapitre 43'—sanctionnée le 3 avril 1925) autorise le Bureau central de la Commission des écoles catholiques de Montréal à établir une assurance-vie collective en faveur des instituteurs laïques qui sont sous sa juridiction.6.Loi modifiant les Statuts refondus, 1909, relativement à l’instruction publique (15 George Y, chapitre 40-—sanctionnée le 3 avril 1925).Cette loi dit, article 25 : “25.Les Statuts refondus, 1909, sont modifiés en y insérant, après l’article 29936, tel qu’édicté par la loi 11 George V, chapitre 47, section, 7, le suivant: “2993c.La pension des fonctionnaires de l’enseignement primaire à la retraite le ou après le premier janvier 1924 ainsi fixée au minimum de cent vingt-cinq dollar^ en vertu de l’article 2993, et celle qui est inférieure à trois cents dollars doivent être augmentées d’autant de fois la somme de cinq dollars que le fonctionnaire a passé d’années dans l’enseignement en sus de vingt années, jusqu’à concurrence de trente-cinq années, s’il a payé la retenue sur le salaire qu’il a touché pour ces années-là, pourvu toutefois que sa pension n’excède pas trois cents dollars.” Cette loi porte aussi le maximum de la pension à $1200 au lieu de $1050., et elle prolonge jusqu’à 1929 le privilège qu’a un fonctionnaire de l’enseignement primaire de payer la retenue en faveur de son épouse.Cette même loi change aussi les titres ou appellations des écoles protestantes qui, désormais, se nommeront: écoles élémentaires, écoles intermédiaires et écoles supérieures, ou “high schools”.C.-J.M.CONGRÈS DES PRINCIPAUX DES ÉCOLES NORMALES Le congrès triennal des principaux des écoles normales, qui doit se tenir en vertu d’un règlement du Comité catholique, a eu lieu à Québec, à l’Hôtel du Gouvernement, les 11 et 12 mai dernier.Tous les principaux des écoles normales en activité étaient présents, ainsi que l’honorable Cyrille-F.Delâge, surintendant et président du congrès; M.C.-J.Magnan, inspecteur général et conseiller pédagogique; M.Antoine Dessane, officier du département de l’Instruction publique, secrétaire.Voici la liste des principaux présents au congrès: S.G.Mgr F.-X.Ross, Gaspé;MgrTh.-G.Rouleau, Québec;M.l’abbé L.-A.Desrosiers, Montréal;M.le Chanoine S.Corbeil, Hull; M.l’abbé N.Degagné, Chicoutimi; M.le chanoine A.Beaudet, Saint-Pascal; M.le chanoine I.Gervais, Joliette; M.le chanoine L.-U.Mousseau, Valleyfield, M.le chanoine Alf.Comtois, Trois-Rivières; M.le chanoine George Courchesne, Nicolet; M.le chanoine L.Côté, Rimouski; M.l’abbé J.Fleury, Beauceville; M.l’abbé J.C.Chaumont, Saint-Jérôme; M.l’abbé L.Bernard, Saint-Hyacinthe; M.l’abbé H.Simard, Sherbrooke.Ce congrès a tenu trois séances de trois heures chacune et ses délibérations ont eu pour objet certaines matières du programme des écoles normales, programme qui est à l’essai depuis deux ans, ainsi que plusieurs articles des règlements concernant la régie de ces écoles.D’intéressantes et utiles dissertations pédagogiques, accompagnées d’échange de vues pratiques et très au point, ont contribué à rendre plus uniforme, sur plusieurs points, l’interprétation de tels règlements, ou la méthode à suivre dans l’enseignement de telles matières.Le congrès a aussi abordé la question de l’augmentation des bourses accordées aux élèves-maîtres et aux élèves-maîtresses des écoles normales, ainsi que L'ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 581 l'augmentation de la subvention annuelle accordée aux écoles normales de filles, augmentation rendue nécessaire par la hausse du coût de la vie depuis 1914, et par la mise en œuvre de la section ménagère et agricole devenue obligatoire dans les écoles normales de filles, depuis la mise en vigueur du nouveau programme.A cette fin, le congrès a préparé un mémoire qui a été soumis à l’honorable Premier Ministre par huit principaux, désignés par leurs collègues.La délégation a été présentée à l’honorable Premier Ministre par M.C.-J.Magnan, inspecteur général des écoles catholiques.L’honorable M.Taschereau a reçu la délégation avec sa bienveillance habituelle et les délégués sont sortis de l’entrevue avec l’espoir que la démarche qu’ils venaient de faire ne serait pas vaine.Grâce à l’obligeance de M.le Surintendant de l’Instruction publique, et à l’habileté d’un photographe, chaque congressiste pourra enrichir les archives de son école normale d’un souvenir concret du congrès de 1925.QUALITÉS INTELLECTUELLES COMME ÉLÉMENTS D’AUTORITÉ IL—Le jugement Le jugement est une qualité naturelle, une sorte de tact, d’à-propos, marque distinctive des vraies éducatrices.Mais s’il est une qualité naturelle, extrêmement précieuse, il est aussi une des dispositions que cultivent et développent l’esprit d’observation, l’expérience journalière.Un vrai dévouement, une sincère bonne volonté de faire du bien aux enfants, seront peut-être d’ailleurs le meilleur secret et la plus sûre des recettes pour faire de l’institutrice une mère, aimant d’un même amour tous ses enfants avec une petite et bien secrète préférence pour les plus malheureuses; et quand le cœur d’une mère veut faire du bien, il y réussit bien mieux que les plus belles intelligences.Donc, ici encore, du courage, il suffit de vouloir faire du bien pour le 'pouvoir, Essayons d’aider les bonnes volontés par quelques conseils sur l’exercice du jugement dans l’éducation.Ce bon sens pratique aidera la maîtresse : A) à savoir utiliser les qualités et les défauts de chaque enfant et adopter, selon les caractères, une ligne de conduite différente, sans faire de partialités ni de différences extérieures notables.Il faut beaucoup de tact, de savoir-faire et d’à-propos pour concilier l’esprit de justice qui, dans l’enseignement simultané surtout, réclame une grande uniformité dans l’application du régime disciplinaire, des récompenses, des punitions, avec l’indulgence due à toutes les faiblesses physiques, intellectuelles ou morales.Il faut à une maîtresse des industries multipliées pour savoir faire fructifier la semence, si petite soit-elle, que Dieu a toujours mise dans le cœur d’un enfant régénéré par le baptême. 582 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Ainsi, par exemple, une maîtresse habile sait mettre en relief, sans affectation, sans exiter les jalousies, les enfants de bonne volonté; elle sait encourager les timidités, aiguillonner les efforts; au contraire, elle sait préparer exprès à une enfant vaniteuse, trop habituée aux réussites, une difficulté, une chute salutaire de temps en temps.B) Ce jugement pratique fait aussi tirer parti de toutes les circonstances, des plus petits événements journaliers de la famille ou de la classe, pour donner aux élèves de bonnes petites leçons morales d’autant plus pratiques qu’elles sont vécues sous leurs yeux.Un baptême, une maladie, une mort, un exemple rencontré dans une lecture, les fautes elles-mêmes des enfants: désobéissance, paresse, mensonge, punies d’elles-mêmes, par quelque mésaventure ou accident, tout peut et doit servir à cette leçon vivante.Il faut savoir arrêter les enfants devant les choses, les leur faire regarder, juger et en tirer elles-mêmes les conclusions.Cette leçon de morale en action avec des exemples vécus contribue beaucoup au bien des enfants et à l’autorité de la maîtresse.C) Une maîtresse, grâce à ce jugement, doit aussi se rendre compte d,e ce qu’elle peut exiger des enfants comme travail, soit comme longueur, soit comme difficulté, afin de ne leur demander que ce qu’elles peuvent réellement donner avec bonne volonté.En général, par exemple, dans les classes populaires, les maîtresses feront bien de ne pas compter beaucoup sur le travail que les élèves auraient à faire à la maison.Dans les ménages ouvriers ou agriculteurs, les enfants n’ont ni la la place, ni la tranquilité nécessaires pour apprendre des leçons ou faire des devoirs dans une pièce où jouent tous les petits frères et sœurs, où l’on fait tous les travaux du ménage et où les parents les emploient sans cesse à de multiples ' occupations manuelles.Il faut savoir aussi laisser aux enfants le temps suffisant pour faire convenablement leur travail.Comment exiger des devoirs bien écrits, si les enfants ont à peine le temps de les achever, de les écrire vite et mal; d’avoir des cahiers bien tenus, si on ne leur a pas indiqué comment elles devaient s’y prendre pour y parvenir, comme de recouvrir ces cahiers, de faire leurs devoirs avec un papier buvard sous la main, etc.?Enfin, comment exiger tout d’un coup que les enfants aient de bonnes habitudes, de bonnes manières, si on ne les a pas averties, si on n’a pas pris avec patience et persévérance tous les moyens utiles pour les leur faire contracter ?L’œuvre de l’éducation demande de la maîtresse qui s’y dévoue une grande application, une étude perpétuelle pour donner un résultat pratique à tout ce que l’on apprend dans les livres, ou plus encore à tout ce qu’on n’apprend bien que dans les paroles, les mouvements, les mille petits actes journaliers des enfants auxquels on se dévoue.Les enfants devinent, sentent bien vite avec quel regard plus ou moins attentif et bienveillant elles sont observées et leur confiance, leur estime va comme d’instinct à la maîtresse vigilante qui sait utiliser toutes occasions pour les intéresser, les instruire et les aider à devenir meilleures.III.—L’esprit de suite Avoir de l’esprit de suite, c’est : a) connaître le but à atteindre; b) choisir les meilleurs moyens d’y parvenir; c) appliquer ces moyens avec ordre, mesure et persévérance.Si dans la moindre promenade, sous peine de se fatiguer beaucoup, d’arri- L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 583 ver en retard ou même de n’arriver point du tout, il est nécessaire de connaître le but et le chemin qui y conduit; ou si, connaissant l’un et l’autre, on ne suit pas ce chemin jusqu’au bout, on va à droite et à gauche, on revient sur ses pas, il est bien certain qu’on dépensera inutilement son temps et sa peine pour n’atteindre jamais le terme.Et quelle sera l’importance de l’esprit de suite si la promenade doit durer quelques années, si beaucoup de petits sentiers de traverse doivent converger vers le même point, s’il -ne s’agit pas seulement de se guider soi-même, mais de conduire un petit bataillon un peu disparate d’âge, d’inclination et plutôt disposé à s’écarter de la droite ligne, combien sera-t-il dès lors nécessaire de tout bien déterminer avant de se mettre en route?Autrement dit: si la maîtresse veut aboutir à élever toutes ses élèves, à les conduire jusqu’à leur entrée dans la vie, en leur faisant suivre les meilleures voies de l’instruction et de l’éducation, elle doit avoir de l’esprit de suite, sous peine, elle aussi, de perdre son temps, de revenir sur ses pas, de se fatiguer inutilement, de s’écarter de la bonne route et peut-être de manquer le but.L’esprit de suite est facilité: lo yar l’emploi du temps, soigneusement fait, ponctuellement suivi.Il établit un juste équilibre entre le temps à consacrer aux différentes matières selon leur importance, le degré d’attention qu’elles réclament des enfants.Il permet d’aboutir ainsi à une instruction plus complète et plus variée, en même temps qu’il aide à établir la discipline et à donner aux enfants des habitudes d’ordre et de ponctualité; 2o par la préparation sérieuse de la classe.Elle rappellera sans cesse à la maîtresse que, par chaque matière de son enseignement, comme par autant de chemins de traverse, elle doit aboutir au but de sa mission : une éducation chrétienne et une solide instruction données aux enfants; 3o par l’adoption d’un système disciplinaire établi après de sérieuses réflexions et qui met en garde contre les inégalités d’humeur et le manque de persévérance dans l’emploi des moyens choisis; 4o enfin par l’esprit d’observation et de réflexion, condition nécessaire dans la réalisation d’une œuvre qui demande non seulement toutes les énergies de sa volonté, mais encore toutes les ressources intellectuelles que Dieu lui a départies.Une Ancienne Normalienne.COMMENT ÉCRIRE L’HEURE La manière d’écrire l’heure est bien simple, mais l’imitation de l’anglais est venue l’embrouiller et fait commettre tous les jours de nombreuses fautes.Ainsi, dans une annonce publiée dernièrement par les journaux montréalais je trouve l’indication suivante: “Départ de Montréal le 7 juillet à 4 p.m.par train de luxe.” Que peut bien signifier “4 p.m.” ?Quatre quoi?Le nombre 4 demande nécessairement un nom d’unités.On voulait dire 4 heures?Alors que n’a-t-on écrit “4 heures” ou “4h.”?Quiconque sait lire français aurait compris que le train partira à 4 heures de l’après-midi.Personne ne se serait imaginé qu’un train comme celui dont il est question dans cette annonce pourrait partir à 4 heures du matin.On a beau dire que les lettres “p.m.” représentent deux mots latins; “4 p.m.” dans un texte français est un barbarisme.Une revue annonçait récemment un banquet que devait suivre une confé- 584 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE rence.En un endroit, elle s’exprimait ainsi: “A 8.15 heures P.M., le même soir.” Que venait faire là ce A quoi pouvait-il servir?Puis, chacun sait que “8.15 heures” ne peut se lire autrement que comme suit: “huit quinze centièmes heures”; ce qui n’est évidemment pas ce que l’on voulait dire.Il était bien facile d’écrire: “A 8 heures 15, le même soir.” Nos instituteurs et institutrices rendraient service à la langue française en rappelant à leurs élèves que, pour indiquer le moment du jour, il faut se servir du mot “heures”, le placer immédiatement après le nombre entier, le faire suivre de la fraction s’il y en a une.Les trois quarts du temps il est inutile de dire s’il s’agit dusoir oudumatm; il n’y a que notre habitude de la formule anglaise qui puisse nous faire croire le contraire.Si on dit qu’un souper ou une soirée commencera à 8 heures, qu’est-il besoin d’ajouter que ce sera le soir?Quand on annonce que la distribution des prix commencera à 10 heures, il est superflu d’ajouter qu’il s’agit de 10 heures du matin.Dans les cas où il faut préciser, on emploie les mots “du matin” ou “du soir”.Les dictionnaires et l’usage français sont clairs sur ce point.Il faut donc écrire de l’une des manières suivantes: “10 heures 30;—10 heures 3^21—8 heures du matin;—9 heures du soir”;^—ou, si l’on veut abréger: “lOh.30;—10 h.—8 h.m.;-—9 h.s.”.F.de Belherbe.QUE DOIT FAIRE L’INSTITUTEUR POUR ÊTRE A LA HAUTEUR DE SA MISSION (1) II Si, par l’observance des règles de l’hygiène,scolaire bien entendue, l’éducateur doit favoriser le développement des facultés physiques de ses élèves, il est tenu de ne rien négliger pour assurer la culture la plus complète possible de leur puissances intellectuelles et morales.Et, comme il lui importe de connaître leur caractère pour assurer le développement intégral de chacun, il les étudiera en classe, en récréation, partout.Le travail de la formation du cœur se fait autant en dehors de la classe qu’au dedans.Les exercices, les leçons ,1e silence imposés par les règlements en font parfois des livres fermés difficilement péné-trables, tandis que, les recréations les rendent libres de s’épancher, de jouer, selon leurs inclinations.C’est le moment pour l’éducateur de les étudier dans leurs tendances; et pour les mieux comprendre, il sera bon de remonter à son enfance, alors qu’il fréquentait l’école comme eux, pour se rémémorer les siennes, s’il veut développer les bonnes et corriger les mauvaises.Le maître qui se contente de prévenir le désordre fait-il tout son devoir?Lui suffit-il d’empêcher les élèves de casser les vitres, de se quereller et d’insulter les passants?Non, en prenant charge d’âmes, il s’est engagé à plus vis-à-vis de la Famille, de l’Église et de l’État.Donnons des exemples de son devoir pendant les récréations.Lucien et Germain sont en tête à tête au fond de la cour.Pourquoi parlent-ils tout bas?C’est à l’œil inquisiteur du maître de les empêcher de comploter ou de tenir une conversation malhonnête.Il les séparera discrètement^ et les ramènera au jeu; il aura l’œil ouvert sur eux, leur formation morale le lui commande.(1) Voir L’Eseignement Primaire de mai 1925 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 585 Jules met de l’entrain au jeu tant que tout va à son gré; dès que son opinion ne prévaut plus, il se retire la bouche grosse, il boude.Voilà, certes, des tendances peu sociales qu’il importe de corriger sans retard, si non, cet élève fera un citoyen que la moindre contradiction rebute, qui retire son concours dans une œuvre où son opinion ne peut prévaloir.Il pourra bien avoir de bons sentiments, d’excellentes intentions, qui demeureront sans résultats faute d’entente et d’esprit civique.Tout à côté, Léon s’irrite, crie: les poings fermés il menace un camarade qui l’a apostrophé un peu durement.Imaginez-vous qu’il veut toujours la première place.Il commande au ballon, il dirige au gouret, il ordonne tel jeu qui lui plaît; il fait des règlements ou en défait selon son bon plaisir; un tel a raison, s’il en juge ainsi.Que présumer de cette ambition orgueilleuse?Elle fera à coup sûr un trouble fête, toujours prêt à contrecarrer les mouvements dont il n’est pas l’initiateur, un intenteur de procès comme on en trouve trop souvent, au détriment de l’ordre, de la bonne entente et du progrès.Le maître ne peut se désintéresser de l’avenir de cet enfant; sa qualité de représentant de l’Etat l’oblige d’intervenir.Comment s’y prendra-t-il dans ce travail si délicat, si difficile ?La sévérité, la violence irritent les tempéraments hautains, au lieu de les corriger.La branche sèche a besoin d’être imbibée d’eau pour être pliée; l’orgueilleux a besoin d’être pénétré par la charité pour s’amender.Isoler cet élève, lui interdire le jeu, ne le corrigera point: ses tendances resteront non pas amoindries, mais aggravées par le dépit; ce sera supprimer les occasions de le corriger de son défaut dominant; puisque c’est surtout dans ses relations avec ses camarades qu’il manifeste son orgeuil, profitons-en, privément d’abord, pour lui faire respecter leurs droits, pratiquer la bonté et la charité à leur égard.Il y a une distinction à faire ici.L’ambition d’un certain élève n’est pas toujours le résultat de l’orgueil, mais de son habileté à conduire ses camarades, à leur faire accepter ses vues.Si cette initiative n’est pas accompagnée d’injustices, le maître se gardera bien d’intervenir; il l’orientera vers le bien.Pour accomplir le travail de l’éducation, il faut à l’instituteur, outre une vigilence constante et un esprit d’observation toujours en éveil, une connaissance suffisante de la psychologie infantile et de la psychologie en général.Autrement il ne pourra avec fruit surveiller l’enfant dans ses inclinations morales, dans ses tendances personnelles, comme dans ses inclinations sociales, pour former sa volonté.“Faire l’éducation morale d’un enfant, écrit Jacques Herbé, c’est lui apprendre à connaître et à vouloir le bien.” Il est assez facile de lui faire connaître le bien; mais il l’est moins de le lui faire vouloir, et c’est pourtant ce qui importe le plus.Prenons par exemple l’élève apathique, paresseux: développons en lui l’émotivité.Puisque les sentiments naissent des émotions, provoquons celles-ci, en mettant sous ses yeux des scènes propres à faire aimer le travail.L’exemple de l’abeille et de la fourmi, encore mieux celui d’une famille au champ ou dans l’atefier, longtemps soumis à l’attention de l’enfant, ne peuvent le laisser impassible si le maître sait voir et interroger.Pressé de questions, l’enfant déclare percevoir la beauté du travail accepté de bon cœur, le confort qu’il apporte, la paix intérieure qu’il procure à celui qui s’y soumet par devoir.C’est le moment des résolutions énergiques, puis de l’action, s’il veut partager tous les précieux avantages du travail.Tout d’abord le maître se montrera peu exigeant.Comment traiter l’égoïste et l’ambitieux cités plus haut?En cultivant les 2 586 RENSEIGNEMENT PRIMAIRE sentiments opposés par des exemples de charité, de dévouement à l’égard du prochain.L’école combattra tous les défauts par l’appréciation raisonnée des actes de vertu contraires.“A ce compte-là, m’objectera-t-on, tout le temps de la classe sera employé à sermonner?” Point du tout: la leçon de catéchisme, la lecture, la dictée, les manquements des élèves en fournissent amplement l’occasion.Il faut, autant qu’on le peut, en connaître la cause pour mieux corriger un défaut.Si la timidité d’un élève est due à un défaut physique dont rient ses camarades, on fera entendre raison à ces derniers, et on aidera au premier à ne point faire de cas de leurs rires, ni de ses défauts à lui.Si la timidité a sa source dans le manque de confiance en soi, on lui montrera de la bonté, on lui inspirera confiance et affection-, on graduera l’effort pour l’initier à l’action.Combattons le plus tôt possible tous les vices et les défauts, car ils s’accentuent, s’affermissent avec l’âge et deviennent des habitudes indéracinables.Ce travail est de beaucup plus important que celui de l’acquisition des connaissances.D’ailleurs, loin de lui nuire, il la favorise puisqu’il éclaire, oriente la conduite des enfants et des maîtres.Il est rare que le bon éducateur ne se double de l’excellent professeur.Ces deux qualités du maître ne peuvent s'acquérir dans la fréquentation des clubs, des théâtres ou les amusements frivoles, mais par une conduite exemplaire, une vie studieuse.Il se doit à sa tâche: la formation intégrale de ses élèves; le temps seul de la classe n’y peut suffire.La prière et le recueillement sont indispensables à l’accomplissement de sa sublime mission.N.Tremblât.COMMENT LIRE UNE REVUE PEDAGOGIQUE Pour retirer tout le profit possible de la lecture d’une revue à laquelle on est abonné, ou qui est adressée gratuitement à chaque école comme L’Enseigne-?ient Primaire, il faut: lo.La lire régulièrement et attentivement; 2.En conserver tous les numéros, ainsi que la table des matières et la couverture; 3.Réunir en volume, à la fin de l’année, tous les numéros parus'—le cas échéant, réclamer les manquants à la direction; 4.Enfin, rechercher de temps en temps, en s’aidant de la table des matières, les articles instructifs, les lois, les règlements et arrêtés importants, et les lire de nouveau.Il est certain qu’en s’y prenant de cette façon, on aboutirait à d’excellents résultats, non seulement au point de vue instructif, mais aussi sous le rapport économique.Il faudrait plus encore.Nous voudrions que, dans chaque école, la revue fut conservée avec soin, la faisant relier chaque année et la plaçant à l’abri de la poussière et de la destruction dans une armoire-bibliothèque.C’est ce qu’il est donné de voir dans la majorité de nos écoles, grâce à la vigilance de MM.les inspecteurs d’écoles, au zèle du personnel enseignant et à la bonne volonté des commissions scolaires.La collection de U Enseignement Prùnaire forme à elle seule une véritable bibliothèque professionnelle et documentaire. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 587 UN COURS DE PÉDAGOGIE EN TABLEAUX SYNOPTIQUES Les sens externes Notion:— fa) Faculté organique: âme mise en contact avec monde extérieur par des organes.b) L’organe est l’instrument matériel; le sens, la puissance d’agir.c) Cette faculté; perçoit par ( Sensation: impression subie par le sens; I Perception: action des sens qui réagissent pour connaître ’ l’objet.cl) Les qualités matérielles : (couleur I odeur l dimensions.Objet des SENS.a) Chaque sens p'erçoit une qualité qui lui est propre : f vue :—couleur ouïe:—son -[ goût saveur odorat :—odeur Uoucher:—forme, résistance, température, etc.b) L’objet propre d’ün sens peut devenir l’objet accidentel d’un autre: , dimension, toucher et vue.Éducation.- flo.—Présenter l’objet, bien à portée des sens de l’élève; 2o.—Le faire observer fa) xûmalyse : distinguer les parties, avec méthode: J les séparer, leur lien.'b) Sÿnthèse, remise en place des parties logiquement, 3o.—Répéter souvent les mêmes exercices.^4o.—Développer l’esprit d’observation.L’ÉDUCATION N’EST EN GRANDE PARTIE QUE L’ART DE FORMER DES HABITUDES Jugement Notion :—fa) L’intelligence affirme ou nie la convenance de deux idées après comparai-J son entre elles, j b) le jugement s’exprime par une proposition.c) c’est aussi le bon sens ou esprit juste, se tromper moins souvent que les autres.Importance.—C’est l’acte essentiel de l’intelligence.11 saisit le vrai et le faux ainsi que le rapport des choses.Éducation.— (lo.—Dans la famille.(éducation négative; I protéger contre crédulité, précipitation, préjugés; ^clarté, netteté et force de conception.IIo.—à l’École.('faciliter disposition à rectitued du jugement, dé- j velopper puissance de se prononcer sur rap-, ' ports des idées.Éléments.— j Matière: deux choses ou notions qui sont unies ou séparées: sujet et attribut.IForme: Acte qui unit ou sépare.Opérations.— , Comparaison par examen de chacun, ! saisir identité ou opposition, j relier ou séparer.tLesdeux lèresopér.ne constituent pas l’essence du jugement,seule ladernière. 588 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Division.par rapport au Sujet:— Verbe.— Attribut : a) Universel: désigne tous les individus de l’espèce considérée: tous les hommes sont mortels.b) Particulier: une partie seulement de ces individus: quelques savants se sont trompés.c) Singulier: sujet désigne un nom propre: Condé fut un ha- bile général.a) Affirmatif: attribut convient au sujet: Pierre est savant.b) Négatif: nie convenance: Pierre n’est pas sage.a) Analytique : en expliquant le Sujet on trouve que Attribut y est contenu comme une de ses propriétés nécessaires: tout corps est étendiqle triangle a trois côtés, les rayons d’un cercle sont égaux.b) Synthétique : si attribut ajoute au sujet une propriété qui lui convient de fait, mais qui ne lui est pas essentielle: tout corps est pesant, ces enfants sont studieux.Les attributs sont ajoutés aux sujets qu’après expérience.Culture du jugement.ra) Influence d’un bon milieu: r notion claire des idées premières donner des appréciations justes '.répondre aux pourquoi.b) Les exemples sont supérieurs aux préceptes.c) Éviter devant nos élèves les inconséquences de conduite et de parole.- d) La pratique du jugement: "se rendre compte des deux idées les comparer se prononcer sur convenance ou non ~ interroger et forcer l’élève à répondre et juger rectifier avec bienveillance et avec concours de l’élève .prévenir la précipitation, source de mauvais jugement.Le raisonnement Notion :— a) Acte par lequel l’intelligence compare deux idées à une 3e pour se pronon- cer pour ou contre la convenance de ces deux idées entre elles.b) Le raisonnement une fois exprimé se nomme argument.c) Il diffère du jugement par f lo:—Sa Nature.—s’opère à l’aide d’un moyen terme (jugement n’a - pas besoin du 3e) ^ lllo:—Sa Perfection.-—épanouissement de la puissance de l’intelect.Éléments.- ra) Trois idées : 2 idées comparées à 3e (de façon que chacune des 3 se trouve deux fois répétée) c’est la matière éloignée du raisonnement: grand et petit, extrême et moyen.b) Trois jugements: matière prochaine; deux prémisses sont les deux pre- mières, (antécédents),—3e.conclusion ou conséquent: f Prémisses avec grand terme, c’est la majeure j Prémisses avec petit terme, c’est la mineure '-Petit sujet et grand attribut, conclusion.c) Conséquence: droit de conclure de l’àntécédent au conséquent.Deux choses identiques à une 3e sont identiques entre elles.Ex.— r Le bien doit être aimé.I 1 Or Dieu est le bien même antécédent ( \ Donc Dieu doit être aimé conséquent L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 589 Il y a une grande différence entre le conséquent et la conséquence.La vérité ou la fausseté ne dépendent pas nécessairement de la vérité ou fausseté du conséquent.Conséquent vrai et conséquence fausse : /- Tout homme est animal J / Or Louis est un homme (affi) ( \ Donc la terre ést ronde (nego) Conséquent faux et conséquence vraie: r Toute substance est matérielle -J /Or l’esprit est une substance (je nie) I (Donc l’esprit est matériel (aff) Importance.—Ne jamais faire apprendre une chose sans en faire découvrir les raisons.Le raisonnement donne la puissance et la rectitude du jugement, fait voir les liens entre les vérités, donne la raison des choses et procure une grande solidité de l’esprit.Espèces :— a) Une chose ne peut être contenue dans une autre que de deux façons: sin- gulier dans l’universel.l’universel dans le singulier.b) Deux manières de conclure d’une chose à une autre : du genre à l’espèce et de l’espèce aux individus ou des individus à l’espèce et de l’espèce au genre.Donc Déduction, dont la conclusion est contenue dans les prémisses, comme la partie dans le tout.( Toute vertu est aimable (le tout) - Or la prudence est une vertu IDonc la prudence est aimable.Espèces:—Principe de la déduction: Ce qui convient ou non au tout, au genre, à l’espèce, convient aussi ou non aux parties, aux espèces, aux individus.Selon Aristote : Dictum de Omni—dit du tout Dictum de Illo—dit de chacun.Induction: dont la conclusion est aux prémisses ce que le tout est aux parties.La prudence, la justice, etc., sont aimables, (parties) Or la prudence, etc., sont toutes des vertus, Donc toutes les vertus sont aimables.Principe de l’induction: Ce qui convient ou non à chacune des parties convient ou non aussi à la collection des parties, au genre tout entier.Selon Aristote :Dictum de Singulis—dit de chacun Dictum de Toto—dit de tous.Culture.lo.—On sait que l’élève est capable de quelque raisonnement, mais sur des objets concrets et sensibles: utilisons.2o.—Peu à peu, par exercice bien fait, l’enfant devient capable de raisonnement véritable, de celui qui suppose l’attention et l’effort de l’esprit, l’enchaînement conscient des idées.3o.—Diriger l’élève dans son raisonnement, l’écouter avec bienveillance, et corriger avec bonté: c’est notre rôle.4o.—Dès le début, l’habituer à bien comprendre les 3 idées, à les comparer et à ne tirer la conclusion qu’après avoir constaté pratiquement qu’il y a lieu d’appliquer l’un ou l’autre principe de conséquence.oo.—Tout ce qu’on enseigne (gram, hist et sciencès), est occasion de raisonner.En Gram et en science, on l’habitue à Induire règles et lois: en s’exerçant à les expliquer ou à comprendre les démonstrations mathématiques, il apprend à Déduire avec rigueur.60.—Induction : a) L’enfant£st plus disposé à l’induction qu’à la déduction: quand il altère le sens des mots, il généralise au lieu de spécialiser. 590 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE b) Il aime miëux s’élever du particulier au général, parce que ses pensées sont parti- culières: il ne dispose que d’un petit nombre d’idées générales.c) Bien dirigé par la maîtresse, il Observe les cas particuliers.Exprime résultat de chaque opération en phrase complète, mettant en évidence notes concrètes.Ecarte ensuite ces notes individuelles.Énonce l’idée abstraite à chaque exemple.Compare le résultat de ces abstractions.Constate l’identité objective des cas.Complète son induction en disant: ce qui est vrai dans quelques cas est vrai aussi de tous les autres de même espèfce.7o.—Déduction :— a) L’élève en possession de notions générales peut faire de la déduction, c’est-à- dire appliquer.b) On fait rappeler la règle et on la fait appliquer (âme immortelle)—féminin des adj.en EL.c) Faire décduvrir que le cas proposé est contenu dans cette règle et faire tirer la conclusion.d) Ne combiner que des éléments bien connus, qu’on réunit dans leur ordre naturel.e) N’avancer que graduellement d’une conclusion à une autre./) Éviter les digressions qui font perdre l’enchainement des idées.q) Vérifier par l’analyse les résultats obtenus.J.-E.FAQUIN.LE CINQUANTENAIRE D’UN SYLLABAIRE Il y a eu cinquante ans en irai dernier, le fondateur de notre revue, M.J.-B.Cloutier, publiait un nouveau syllabaire ou A-B-C, sous le titre le “Premier Livre des Enfants.” Ce petit livre, par sa méthode nouvelle et rationnelle, par le procédé phonique qu’il mettait en honneur pour la première fois au pays, constituait un progrès pédagogique notable.L’Événement de Québec, sous la rubrique Bon Vieux temps.Extraits de l’“Evéne?nent” d’il y a cinquante ans, publiait la note intéressante qui suit, dans son numéro du 13 mai 1925: “Bibliographie.-—Le premier livre des enfants, ou méthode rationnelle de lecture par J -B.Cloutier, de l’École Normale-Laval.—Nous sommes heureux d’annoncer à nos lecteurs l’apparition de ce petit livre qui dénote chez son auteur une connaissance complète de l’alphabet.Sous le rapport de l’ordre, de la méthode, le travail de M.Cloutier ne le cède en rien aux meilleurs ouvrages des vieux pays.Quiconque examinera avec soin les 72 pages de cet opuscule se convaincra que toutes les difficultés que présente le mécanisme de la lecture ont été prévues, de manière que l’enfant qui aura suivi avec fruit les leçons du maître, page par page, ligne par ligne, pourra lire couramment n’importe quel livre français.‘En effet, aucune combinaison nouvelle ne se présentera plus à lui, aucune difficulté ne pourra l’arrêter, car il aura tout appris dans son manuel.L’enfapt lira donc avec aplomb, sans hésitation, les mots les plus difficiles.Si dans nos écoles nous voyons tant d’enfants s’arrêter, se reprendre, bégayer en lisant, c’est que jusqu’à ce jour nous manquions d’une méthode de lecture complète.“Le livre de M.Cloutier comble donc une lacune dans notre enseignenr nt élémentaire.“Ce n’est pas le seul mérite de l’ouvrage; car les difficultés y sont très bien graduées; c est enfin une vraie et bonne méthode.Dans ce petit livre, point de soubresauts impossibles: tout est à sa place, tout se lie, tout s’enchaîne.Les exemples, l’application sont nombreux et toujours bien choisis; aucune phrase, aucun mot ne renferme une difficulté qui n’a point été étudiée précédemment.Ce livre de lecture est enfin l’œuvre d’un homme pratique, qui sait ce que c’est qu’une méthode d’enseignement.Ce petit alphabet, si modeste qu’il paraisse sera, s’il est bien compris, le début d’une réforme radicale dans l’enseignement, la vraie réforme, cette fois, et la seule bonne.“Nous attirons l’attention des chefs d’institutions sur cet ouvrage remarquable qui est appelé à obtenir un grand succès.” L;ENSE’i[GNEMENT PRIMAIRE 591 DES CENTRES DTNTËRET Que faut-il entendre par ucentre d’intérêt”.Quels sont les avantages de ce procédé.Ne peut-il présenter quelques inconvénients^.Par “centre d’intérêt’’, on entend le groupement de toutes les leçons et de tous les devoirs d'une journée, ou plutôt d’une semaine, autour d’un même sujet, pris comme centre.Cette expression, “centre d’intérêt”, étant encore nouvelle pour un assez grand nombre d’instituteurs, il convient de l’expliquer d’abord au moyen d’un exemple.Supposons que notre idée centrale, notre pivot, pourrait-on dire, est: “les travaux agricoles en automne”, au cours élémentaire.Il s’agit d’y rattacher tous les exercices de la semaine; voici, en résumé, les directions que donne à ce sujet un journal scolaire.Pour la langue française, la chose est facile: nous trouverons aisément des morceaux de récitation (les pommiers en automne,les chevaux de labour), des textes de dictées, de lectures, des sujets de rédaction (décrire les chevaux qui reviennent du labour, la récolte des pommes).Les leçons de sciences porteront sur la composition du sol et du sous-sol, les divers labours, la culture du blé ou de la vigne, la fabrication du vin ou du cidre, etc En calcul les problèmes rouleront sur les labours, les semailles, le rendement des terrains.Le programme de géographie comportera: les cultures pratiquées dans la région, l’agriculture française comparée à l’agriculture d’autres pays.Celui d’histoire sera peut-être plus difficile à établir; cependant, n’y aurait-il pas des choses intéressantes à dire sur la façon dont on faisait les semailles autrefois, sur l’histoire de la charrue et des autres instruments aratoires, sur les progrès réalisés au cours des siècles dans la culture du blé ?Cet exemple nous servira pour montrer dans quelle mesure le procédé des “centres d’intérêt” peut être employé et quels abus il convient d’éviter.Il est certain que notre enseignement a trop souvent le défaut de disperser l’attention des enfants.Après une leçon de morale sur le courage, vient un devoir de calcul sur l’intérêt de l’argent, puis une leçon de lecture sur un sujet quelconque.; cette disparité fait que les impressions se contrarient, s’embrouillent et s’effacent vite.Ne vaut-il pas mieux coordonner ces impressions autour d’un centre qui leur sert de lien, et qui fait qu’elles se soutiennent et se renforcent mutuellement9 Ce qui serait appris ainsi se retiendrait plus facilement, et ce que l’enseignement pourrait perdre en étendue, il le regagnerait en solidité.D’ailleurs, les programmes officiels, sans employer les mots “centres d’intérêt”, ont recommandé depuis longtemps la chose que ceux-ci désignent.Par exemple, en ce qui concerne les éléments des sciences physiques et naturelles dans les peiites classes, ils invitent les maîtres à “combiner” toutes-les fois qu’ils le pourront, en les rattachant à un même objet, la leçon de choses, le dessin, la leçon morale, les jeux et les chants, de manière que l’unité d’impression de ces diverses formes d’enseignement laisse une trace plus durable dams l’esprit et le cœur des enfants.Mais si le principe est excellent, les applications qu’on en fait ne sont pas toujours sages.Comme pour toutes les nouveautés, surtout quand elles viennent d’Amérique, on a accueilli dans certaines écoles celle clés “centres d’in- 592 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE térêt” avec un véritable engouement, et l’on est tombé dans des exagérations assez ridicules.La première critique que l’on doit faire de l’abus des centres d’intérêt, c’est qu’en voulant à tout prix rattacher tous les exercices d’une semaine à un même sujet, on tombe inévitablement dans le défaut qu’on prétend éviter, l’incohérence.Tout ordre logique est rompu, et l’on n’aboutit qu’à des rapprochements superficiels, qui déroutent les élèves.Cela est visible surtout en histoire, où les progrès ne sont possibles que si le récit est suivi, bien enchaîné.Vous avez pris pour centre d’une semaine ce sujet: “le livre”.A ce propos, vous parlez naturellement de l’invention de l’imprimerie et, pour être logique, vous laissez de côté les autres inventions et découvertes contemporaines de celles-là, celles de la boussole, de la poudre à canon, la découverte de l’Amérique.Mais est-il possible de les séparer ?Ne sont-elles pas toutes, au même titre, caractéristiques du XVe siècle?Et donnez-vous du XVe siècle une idée nette, si vous les séparez?Si nous reprenons l’exemple du début: “les travaux agricoles en automne”, nous voyons que nous pouvons mettre au programme l’histoire des cultures et des instruments de labour; une telle matière ne sera-t-elle pas bien courte, bien indigente, et comment la rattacher au reste du programme d’histoire?Le même écueil se présente pour la géographie: l’étude des cultures en France n’est possible qu’après celle des climats et des régions naturelles, mais il est douteux que ce programme s’accommode des centres d’intérêt.En calcul, vous êtes à peu près tenu, toujours avec votre “centre”, de vous renfermer dans l’évaluation des surfaces; mais vous êtes au début de l’année, et les longueurs ont-elles été étudiées auparavant?L’incohérence n’est pas le seul danger auiquel on s’expose avec les “centres d’intérêt”; il est à craindre aussi que les enfants trouvent ennuyeuse une étude qui les ramène sans cesse au même sujet; il faut trouver un juste milieu entre la monotonie qui amène vite la satiété, et la multiplicité qui disperse l’attention.En outre, sur quoi s’appuiera-t-on pour le choix des centres d’intérêt?Ce choix sera bien souvent arbitraire, hasardeux et il ne peut guère en être autrement.De toute façon, l’abus des centres d’intérêt mène tout droit au décousu, qu’on veut éviter, et il faut n’appliquer le procédé qu’avec prudence.Avec les tout jeunes enfants du cours préparatoire, nous pourrons nous en servir sans crainte, et presque absolument; à cet âge, la capacité d’attention est faible, et il faut ramener souvent l’esprit sur les mêmes objets.Il est possible aussi de concentrer à peu près tous les exercices de langue française d’une semaine autour d’une étude unique; lectures, récitations, dictées rédactions, peuvent se prêter un mutuel appui.Mais, d’une façon générale, au cours élémentaire et surtout au cours moyen l’usage des centres d’intérêt n’est guère à recommander.Que l’on tienne compte des saisons et des événements; que l’on revienne, par exemple, souvent aujourd’hui, sur les faits de la guerre, rien de mieux; l’école n’en sera que davantage en contact avec la réalité; mais qu’on n’aille pas au delà.Une application prudente, et partielle, des “centres d’intérêt” mettra de la vie et de la cohésion dans l’enseignement, créera de fécondes associations d’idées, et ne présentera pas les inconvénients que nous avons signalés.(L’École et la Famille).Fontaines-sur-Saône (Rhône) —France. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 593 DOCUMENTS OFFICIELS COMITE CATHOLIQUE DU CONSEIL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE SESSION DE MAI 1925.Séance du 13 mai 1925.Présents—L’honorable Cyrille-F.Delâge, surintendant de l’Instruction publique ; Messeigneurs les évêques de Chicoutimi, Nicolet, Joliette, Rimouski, Mont-Laurier, Gaspé, Valleyfield, Haileybury; Mgr A.Langlois, auxiliaire, représentant Son Eminence le cardinal Bégin; Mgr A.-E.Deschamps, auxiliaire, représentant Mgr l’archevêque de Montréal; M.le chanoine Sylvio Corbeil, représentant Mgr l’archevêque d’Ottawa; Mgr A.-O.Gagnon, auxiliaire, représentant Mgr l’évêque de Sherbrooke; M.le chanoine A.-O.Comtois, représentant Mgr l’évêque des Trois-Rivières; Mgr J.-A.Fontaine, vicaire-général, représentant Mgr l’évêque de Saint-Hyacinthe; Mgr Z.Lorrain, représentant Mgr l’évêque de Pembroke; M.l’abbé Alphonse Arsenault, représentant Mgr l’évêque de Charlottetown; le révérend Père L.Vincent, représentant Mgr le vicaire-apostolique du Golfe-St-Laurent; l’honorable sir Lomer Gouin, l’honorable Dr J.-J.Guerin, l’honorable juge J.-E.Robidoux, l’honorable Hector Champagne, l’honorable juge Mathias Tellier, M.Jules-Edouard Prévost, l’honorable juge W.Mercier, M.Hyacinthe-A.Fortier; M.J.-P.Labarre, Mgr Th.-G.Rouleau, M.l’abbé L.-A.Desrosiers, M.Nap.Brisebois, M.Nérée Tremblay et M.J.-N.Miller, secrétaire.La séance est ouverte par la récitation de la prière.Lecture de lettres de Son Éminence le cardinal Bégin, de Mgr l’administrateur du diocèse de Montréal, de Mgr l’archevêque d’Ottawa, de Mgr l’évêque de Sherbrooke, de Mgr l’évêque des Trois-Rivières, de Mgr l’évêque de Pembroke, de Mgr l’évêque de St-Hyacinthe, de Mgr l’évêque de Charlottetown, et de Mgr le vicaire apostolique du Golfe-St-Laurent, déléguant respectivement Mgr A.Langlois, Mgr A.-E.Deschamps, M.le chanoine Sylvio-Corbeil, Mgr A.-O.Gagnon, M.le chanoine A.-O.Comtois, Mgr Z.Lorrain, Mgr J.-A.Fontaine, M.l’abbé Alphonse Arsenault et le révérend Père Vincent, pour les représenter à la présente session.Le secrétaire donne lecture d’un arrêté de Son Honneur le lieutenant-gouverneur en conseil, en date du 9 mars 1925, nommant M.Joseph-Philippe Labarre, directeur-secrétaire des écoles du District-Nord de la Commission des écoles catholiques de Montréal, membre du Conseil de l’Instruction publique, conformément aux articles 2539 et suivants des S.R.Q., 1909.M.Labarre prend son siège et reçoit les félicitations de ses collègues.M.le président offre ses hommages et ceux des membres du Comité catholique à S.G.Mgr Deschamps qui assiste pour la première fois à une séance du Comité catholique, depuis sa consécration épiscopale.Le sous-comité des livres de classe présente le rapport suivant, lequel est approuvé : RAPPORT DU SOUS-COMITÉ CHARGÉ DE L’EXAMEN DES LIVRES CLASSIQUES.Séance du 12 mai 1925.Présents:—Mgr Brunault, président pro-tem, Mgr Forbes, l’honorable Dr Guerin, l’honorable juge Robidoux, l’honorable M.Champagne, M.Nap.Brisebois, M.le Surintendant de l’Instruction publique et M J.-N.Miller, secrétaire.Le sous-comité a examiné les ouvrages suivants qui lui ont été soumis : 1.—“Cours de lecture—Troisième livre, 3e et 4ë années”, par les Frères Maristes.— (Ce livre est destiné à remplacer le “Guide de l’enfance”, approuvé le 13 mai 1891.)—Recommandé.3 594 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 2.-—"La Sténographie bilingue”, par les Frères des Écoles chrétiennes.—Recommandé pour le cours complémentaire.3.—"Orthographe d’usage—Tableaux de moyens mécaniques pour faciliter aux enfants l’orthographe qui ne dépend pas des règles de la grammaire”, par M.l’abbé Bieling de Lunebourg.—Non recommandé.(Signé) J.-S.Hermann, évêque de Nicolet, président pro-tem.RAPPORT DU SOUS-COMITE CHARGE d’ÉTUDIER UN PROJET DE FORMATION DE LIGUES, DITES "ligues des petites mères”, dans les écoles des villes.Votre sous-comité s’est réuni pour la seconde fois, à Québec, le 12 mai courant, sous la présidence de l’honorable Dr Guerin.Etaient présents à cette réunion: l’honorable Dr Guerin, président; Mgr Forbes, évêque de Joliette; Mgr Ross, évêque de Gaspé; Mgr Th.-G.Rouleau; M.Jules-Edouard Prévost; l’honorable M.Cyrille-F.Delâge, surintendant de l’Instruction publique, et M.J.-N.Miller, secrétaire.A la demande de l’honorable Thomas Chapais, l’étude définitive de cette question est remise à plus tard.En conséquence, votre sous-comité rapporte progrès et vous prie de lui accorder l’autorisation de siéger de nouveau.(Signé) J.J.Guerin, Président* Ce rapport est reçu et le sous-comité chargé de la question des “Ligues des petites mères” est autorisé à continuer son travail.Mgr Limoges propose, appuyé par M.H.-A.Fortier, que le Comité catholique du Conseil de l’Instruction publique recommande au gouvernement la création d’une école normale de filles à Mont-Laurier, pour le diocèse de Mont-Laurier.Cette motion est approuvée, après explications données par le proposeur et le secondeur.Le secrétaire donne lecture d’une lettre de M.le chanoine Alph.Beaudet, principal de l’École normale ménagère de Saint-Pascal, demandant au Comité catholique l’autorisation de tenir un congrès d’enseignement ménager, en août 1926, à l’École ménagère de Saint-Pascal.—Le Comité approuve l’objet de cette requête.Il est résolu, sur proposition de Mgr A.-O.Gagnon, que le Comité catholique du Conseil de l’Instructign publique recommande au gouvernement la nomination de M.l’abbé H.-A.Simard, docteur des Universités romaines, comme principal de l’École normale de Sherbrooke, en remplacement de M.l’abbé Joseph-Octave Martin, décédé le 4 février 1925.Il est ensuite pris communication d’une requête de M.le bridagier-général J.-P.Landry, concernant l’enseignement des exercices physiques et militaires dans les écoles.Le Comité, satisfait de l’enseignement qui se donne à ce sujet, passe à l’ordre du jour suivant.L’honorable sir Lomer Gouin propose, appuyé par l’honorable juge Tellier: "Attendu qu’en 1911, sur la recommandation du Comité catholique, le gouvernement nommait un inspecteur général; "Attendu que cet officier a des attributions nombreuses et importantes; "Attendu que, depuis 14 ans, le nombre des écoles normales et celui des inspecteurs d’écoles a presque doublé; "Attendu que les questions pédagogiques soumises au département de l’Instruction plublique sont de plus en plus nombreuses; "Attendu qu’il importe de multiplier les congrès des commissaires d’écoles; "Attendu que la tâche de l’inspecteur général actuel est trop lourde pour un seul officier; "En conséquence, ce Comité recommande au gouvernement la nomination d’un inspecteur général adjoint qui aura pour mission spéciale la surveillance et le contrôle des inspecteurs d’écoles, sous la direction du Surintendant de l’Instruction publique, et de faire tout autre travail que celui-ci jugera à propose de lui confier”.—Adopté. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 595 M.le président attire l’attention du Comité sur un bill adopté à la dernière session de la Législature à l’effet d’amender l’article 2931 de la loi de l’Instruction publique, en en retranchant le second alinéa du paragraphe 4a.Cet article 2931 et les paragraphes 4 et 4a se lisent comme suit: "Art.2931.—Pour avoir droit à une part de l’allocation sur le fonds des écoles publiques, il faut qu’une municipalité ait fourni la preuve: "4.Qu’un examen public a eu lieu dans chacune de ses écoles, à la fin de l’année scolaire; “4a.Que, si cet examen a été accompagné d’une distribution de prix aux frais de la municipalité, la moitié du montant affecté à cette fin a été employée à l’achat de livres cana-diens.“Le présent paragraphe ne s’applique que s’il est approuvé par le Comité du Conseil de l’Instruction publique ayant juridiction”.C’est ce dernier paragraphe qui a été retranché.Il s’élève à ce sujet une discussion à laquelle prennent part l’honorable juge Tellier, sir Lomer Gouin, M.Prévost, M.Portier, l’honorable juge Mercier, M.le chanoine Corbeil, M.Labarre, M.Brisebois, etc., puis il est résolu, sur proposition de l’honorable juge Tellier, appuyé par l’honorable sir Lomer Gouin: “Que ce comité recommande respectueusement “au gouvernement de vouloir bien faire amender l’article 2931 de la loi de l’instruction “pubhque à l’effet de conférer, au Surintendant de l’instruction publique, le pouvoir de dis-“penser, pour des raisons qu’il croit justes, de la règle du paragraphe 4a du dit article.” Avec la permission du Comité, M.Jules-Edouard Prévost retire l’avis de motion suivant: “Que l’on étudie les moyens pour accroître la compétence du personnel enseignant des “écoles rurales et pour augmenter les salaires de ceux et de celles qui donnent l’enseignement “dans ces écoles”.Et la séance est ajournée, la prochaine session du Comité catholique devant avoir heu le 23 septembre prochain, quatrième mercredi de ce mois.J.-N.Miller, Secrétaire.-o- CIRCULAIRE DU SURINTENDANT DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE Département de l’Instruction Publique Le secrétaire-trésorier doit, sans retard, lire cette circulaire à une réunion régulière de la Commission scolaire, et la conserver avec soin dans les archives, pour la consulter au besoin.Québec, 11 avril 1925 A MM.les Commissaires et Syndics des écoles catholiques de la Province de Québec.Messieurs La Fête des arbres, pa des Arbres est fixée, cette année, au 23 avril pour la région de Montréal et au 7 mai pour la région de Québec.J’attire de nouveau votre attention sur l’importance que les commissions scolaires doivent attacher à l’ornementation des terrains scolaires, par la plantation d’arbres choisis et convenant au sol de la localité.Une école peinturée ou blanchie à la chaux, sise sur un terrain propre et planté de jolis arbres, est un ornement pour le village ou le rang, et offre de l’attrait aux enfants.Permettez-moi de vous répéter ce que je vous disais l’année dernière; “Plantons donc quelques arbres sur le terrain de l’école et intéressons les élèves à cette bonne oeuvre; la fête des arbres fournira l’occasion d’une leçon d’arboriculture pratique.” 596 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Fournitures scolaires.J’attire aussi l’attention des commissions scolaires sur le paragraphe XXIII du chapitre très important de réorganisation pédagogique des écoles” que renferment les Règlements du Comité Catholique, page 72.Voici ce paragraphe, et je demande à MM.les commissaires, dans l’intérêt d’un meilleur enseignement, de se conformer dans toute la mesure du possible à ces conseils pédagogiques: “XXIII.Matériel d’enseignement.—Pour l’efficacité de l’enseignement, le programme recommande souvent l’emploi des moyens intuitifs.Aussi les écoles doivent-elles ajouter à leur matériel d’enseignement collectif, cartes géographiques, globe, tableaux noirs, etc., une collection d’objets et de tableaux servant à l’intuition.” Les instructions qui précèdent sont donc de la plus haute importance.Les quelques sacrifices pécuniaires encourus pour s’y conformer produiront cent pour cent en faisant aimer la classe aux enfants, en donnant au personnel enseignant les moyens de donner un enseignement plus efficace.Minimums de ^ ga jernj^re session, la Législature (je vous en ai informé dans ma cir-traitements.cu}ajre spéciale du 1er avril courant) a fixé comme suit les minimums de traitements qui donnent droit aux primes spéciales: $225.00; $250.00; $275.00 et $325.00.Ainsi, pour avoir droit aux quatre 'primes, une commission scolaire doit payer $325.00 à toutes ses institutrices; si elle paye $275.00, elle a droit à trois primes; si elle paye $250.00, elle a droit à deux primes et si elle ne paye que $225.00 elle n’a droit qu’à une prime.Les commissions scolaires ont donc tout intérêt à élever le salaire des institutrices — ce qui n’est que justice — afin de mériter le plus grand nombre de primes possibles.Engagement des Maîtres.L’un des plus importants devoirs des commissaires d’écoles, et des syndics c’est de pourvoir les classes d’institutrices et d’instituteurs compétents.Qu’il me soit permis de répéter ce que j’ai déjà dit à ce sujet: s’occuper dès le mois de mai de l’engagement des institutrices et des instituteurs qui font une bonne classe, leur accorder une augmentation de traitement afin de reconnaître leurs services et les conserver à leur école; ne pas attendre trop tard pour faire le choix des titulaires nécessaires aux postes qui deviendront vacants et offrir des salaires dignes des personnes qui ont fait des études spéciales pour se préparer à l’enseignement et qui sont diplômées.Le secrétaire-trésorier est obligé d’envoyer au Surintendant une copie des actes d’engagement des institutrices et des instituteurs, dès que ces documents ont été signés par qm de droit.(Voir l’article 2715 du code scolaire.) Institutrices rpr0p souvent encore par négligence ou par manque de générosité, non diplômées qes commissions scolaires commettent la grave erreur de confier leurs écoles à des personnes non diplômées, lorsqu’il leur serait possible de faire autrement avec un peu plus de zèle.Sauf de rares exceptions, une institutrice non diplômée fait péniblement sa classe au préjudice des élèves qu’on lui confie; connaissant peu ou point l’étendue de ses devoirs, elle les remplit mal et n’a que peu ou point d’autorité dans son école.Si, toutefois, une commission scolaire est dans la nécessité d’avoir recours temporairement aux services d’une institutrice non diplômée, elle doit, dans ce cas, se conformer a la lettre à l’article 26 des Règlements du Comité Catholique, lequel article entoure de sages précautions l’engagement des personnes non qualifiées aux yeux de la loi.Mais ce qu’il ne faut jamais faire, c’est d’engager une telle personne, sans avoir obtenu, au préalable, l’autorisation du Surintendant.Faute de_ cette formalité très importante, les commissions scolaires s’exposent à perdre les subventions du Gouvernement.Rapport annuel des jyun jgg pius importants devoirs des commissaires d’écoles, commissions scolaires.c,egt ; > IS®Ü iim*e***î L’ÉCOLE PRIMAIRE DE RIGAUD, P.Q., EN 1850.C’est dans cette jolie maison d’école, qui témoigne du bon goût de nos pères, où le collège de Rigaud fut d’abord établi et confié aux Clercs de Saint-\ iateur en 1850.Ce florissant collège, que l’on nomme aussi Collège Bourget, a célébré le 75ème anniversaire de sa fondation en mai dernier.Le supérieur actuel du Collège Bourget est le R.P.J.Latour, C.S.V. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 627 LA GRANDE ŒUVRE D’UNE INSTITUTRICE CANADIENNE Allocution au soixante-quinzième anniversaire de la fondation des Sœurs de Sainte-Anne à Vaudreuil, en 1850 PRONONCÉE A VAUDREUIL, LE 26 MAI 1925, par M.L’ABBÉ ÉLIE-J.AUCLAIR.Mes vénérés confrères, Monsieur VInspecteur général, Ma très Révérende Mère, Mes Révérendes Mères et Révérendes Sœurs, Mesdames et Mesdemoiselles anciennes élèves et élèves actuelles, C’est à Vaudreuil, et en 1850, le 8 septembre, qu’est né canoniquement à la vie religieuse l’Institut des Sœurs de Sainte-Anne.Nous sommes donc dans l’année soixante-quinzième de l’existence de ce couvent de Vaudreuil et de l’Institut tout entier.Par suite de circonstances particulières, sur lesquelles je n’insiste pas, vu le temps restreint dont je dispose, la maison-mère et le noviciat ont été transportés à Saint-Jacques en 1853, et à Lachine en 1864.Mais Vaudreuil reste, devant l’histoire, le berceau de l’œuvre.Il serait évidemment injuste de méconnaître le puissant élan que Saint-Jacques a donné à la communauté vers de féconds avenirs et l’on n’a pas le droit non plus d’oublier quels progrès merveilleux se sont affirmés depuis son installation à Lachine.Vaudreuil garde pourtant son droit d’aînesse ou de priorité dans le temps, et Vaudreuil a lieu de s’en montrer fier.Voilà pourquoi il convenait absolument que les premières célébrations du jubilé des soixante-quinze ans eussent lieu à Vaudreuil.Du haut du ciel, où je me plais à les croire rendues, il me semble voirs se pencher vers Vaudreuil, et lui sourire, pour ce triduum, les nobles et vénérées figures de Mgr Bourget et du curé Archambault, de Mère Marie-Anne et de ses quatre compagnes de fondation.D’autres fêtes se célébreront, sans doute, à Lachine, à Saint-Jacques et dans les autres maisons de l’institut.Celles de Vaudreuil me paraissent avoir un caractère tout particulier.Et, pour garder le ton et la mesure qui conviennent à ce caractère, j’estime, mes Révérendes Sœurs et Mesdames, que je vous dois, et que je me dois, de rester avec vous, dans cette allocution, près du berceau de l’Institut, de ne vous parler, veux-je dire, que de ses origines et de sa toute première histoire, ce qui nous fixe exactement entre 1848 et 1853.Je sais bien, Mesdames, qu’il n’y en a pas beaucoup parmi vous, s’il y en a, qui ont connu ces temps dont nous allons parler et même ceux qui ont suivi immédiatement jusqu’en 1875, alors qu’on quitta la grande maison en bois au toit pointu et aux cinq lucarnes moyenâgeuses qui fut le premier couvent—maison vénérable, dirai-je en passant, qui existe toujours et dont on devrait faire l’acquisition pour en constituter, comme dans un reliquaire, un 628 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE musée du souvenir.C’est plutôt dans le couvent où nous sommes, reconstruit d’ailleurs et agrandi, que, même les plus anciennes, vous avez vécu, je pense, vos jeunes années.Mais il ne vous déplaira pas, je l’espère, d’entendre parler des origines et de la première histoire de votre Alma Mater.En tout cas, c’est aujourd’hui l’occasion ou jamais.Hier, c’était la fête magnifique.Mgr l’évêque du diocèse officiait pontificalement dans cette chapelle et rompait lui-même le pain de la parole sacrée avec l’autorité et la distinction qui lui sont propres.Demain, ce sera le salut dans la prière et le souvenir à toutes celles, Mères, Sœurs et anciennes élèves, qui sont parties pour un monde meilleur, comme aussi à tous ceux, bienfaiteurs et amis de l’œuvre qui ne sont plus.Aujourd’hui, si je ne me trompe, c’est la fête intime, la réunion de famille, à laquelle convient une causerie toute simple et sans recherches.Le bon M.le curé de Vaudreuil devait vous la donner lui-même, cette causerie, qu’il eût su faire si paternelle.C’est son nom qui est au programme et non pas le mien.Il a cru ensuite que le modeste historien des Sœurs de Sainte-Anne serait bien venu auprès de vous pour ce ministère, et il a fait en quelque façon violence à la retraite, où les circonstances me cloîtrent depuis tantôt trois ans, pour me passer aimablement sa tâche.C’est sans doute dommage pour vous, mais, sûrement aussi, dans plus d’un sens, c’est une joie pour moi.Je l’en remercie.L’Institut des Sœurs de Sainte-Anne est donc né à Vaudreuil, il y a trois quarts de siècle.Aux premiers beaux chemins du printemps de 1848—c’était précisément comme ces jours-ci, à la fin de mai—une institutrice déjà mûre, qui enseignait dans la paroisse depuis quinze ans, se mettait en route pour Montréal.Elle avait nom Esther Blondin et comptait tout juste trente-neuf ans, étant née à Terrebonne en avril 1809.Déjà elle avait goûté de la vie religieuse chez les Sœurs de la Congrégation de Notre-Dame, où elle avait été novice sous le nom de Sœur Sainte-Christine.Mais, sa mauvaise santé d’alors l’avait obligée de revenir dans le monde où, très simplement, elle faisait l’école.Elle enseignait à Vaudreuil, ai-je dit, depuis quinze ans.Le curé du temps, M.le grand-vicaire Archambault, avait vite distingué que c’était une âme d’élite et il la dirigeait spirituellement dans des voies spéciales.Elle se sentait confusément appelée, lui disait-elle, à faire quelque chose pour le bon Dieu dans l’œuvre de l’instruction des enfants pauvres.Confiant mais prudent tout ensemble, le digne curé l’envoyait s’en ouvrir à son évêque.Cet évêque, c’était Mgr Bourget, le grand évêque, “l’homme le plus considérable et le plus prodigeux de son siècle pour l’Église du Canada”, a dit M.Colin, l’ancien supérieur de Saint-Sulpice, en prononçant le 14 juin 1885 son oraison funèbre.Depuis huit ans qu’il administrait le diocèse de Montréal, Mgr Bourget avait déjà fondé lui-même ou fait venir de France plusieurs communautés.Évêque aux vues surnaturelles avant tout, il tenait à s’appuyer beaucoup sur la coopération des instituts religieux, ces aides-nés, si précieux, de l’activité sacerdotale ou épiscopale et de l’action de l’Église dans le monde.11 écouta avec une attention sérieuse et parfaite bienveillance cette modeste institutrice de campatme lui exposer ses chers projets.“Essayez avec une intention droite et pure, conclut-il, nous déciderons plus tard.” Esther Blondin revint à Vaudreuil et se mit à l’œuvre.Elle essayait comme avait dit Monseigneur.Cet essai devait être couronné du plus beau des succès.Le 4 septembre 1848, elle commençait, avec sept compagnes, une pieuse et active vie de communauté, par une retraite de neuf jours.Le 13 septembre, le curé Archambault, qui avait présidé cette retraite, déclarait au nom de l’évêque le noviciat ouvert, et, deux jours plus tard, le 15, les nouvelles novices inauguraient leurs classes, dans l’ancienne maison en bois dont j’ai parlé, classes qui ne sont jamais interrompues depuis.Au mois de mai 1849, Mgr Bourget passa à Vaudreuil L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 629 en visite pastorale et, naturellement, il vit ses filles.Pour éprouver peut-être la fondatrice, il mit une autre directrice à la tête des classes, lui confiant à elle l’économat.Au mois d’août suivant (1848), on eut une retraite, que vint prêcher Mgr Prince, coadjuteur de Mgr Bourget et futur premier évêque de Saint-Hyacinthe, qui présida, le 15, jour de l’Assomption de Marie, la première prise d’habit.En outre de la fondatrice, et avec elle, sept jeunes filles reçurent, ce jour-là, le saint habit, cependant que huit autres étaient admises comme postulantes.En janvier, en février et en avril 1850, on eut trois autres prises d’habit, que présida M.Archambault.Enfin, le 8 septembre de cette année 1850, après une retraite encore, que Mgr Bourget lui-même avait bien voulu venir prêcher cette fois, cinq de ces novices, dont la fondatrice, élues par leurs compagnes au scrutin secret, étaient admises à prononcer leurs vœux de religion devant Mgr l’évêque Bourget, qui, le même jour, 8 septembre 1850, à Vau-dreuil et de Vaudreuil, lança le décret canonique créant le nouvel Institut des Filles ou des Sœurs de Sainte-Anne.La fondatrice, Esther Blondin, reçut en religion le nom de Sœur Marie-Anne.Choisie comme supérieure par ses quatre compagnes, le surlendemain 10 septembre, elle prit le nom, qu’elle devait garder toujours et illustrer par son humilité, sa piété et son dévouement, de Mère Marie-Anne.J’ai longuement palpé et étudié naguère, mes Révérendes Sœurs et Mesdames, pour écrire l’histoire des Sœurs de Sainte-Anne, les chers vieux papiers qui racontent toutes ces choses.Quarante ans plus tôt—qu’on me pardonne ce souvenir trop personnel—j’avais aussi été plus d’une fois l’hôte, un peu turbulent peut-être, de la grande maison en bois qui fut le berceau de l’Institut.Étant enfant, en résidence chez mon oncle, le curé Auclair de Saint-Lazare, j’y venais avec lui chez l’ancien curé Brassard, le successeur du curé Archambault, qui demeurait là entre 1878 et 1880 et y mourut en janvier 1881.Vieilles choses et vieux souvenirs qui m’ont laissé, je vous le confie sans phrases, une impression profonde, laquelle se résume en deux mots que voici.L’Institut des Sœurs de Sainte-Anne, voué à la tâche magnifique, qui fut celle même de sa patronne, sainte Anne, auprès de Marie, la mère de Jésus, de cultiver des intelligences et de former des caractères de jeunes filles, a été établi et fondé, les faits le proclament jusqu’à l’évidence, sur l’humilité, sur la piété et sur le dévouement.Vaudreuil s’est donné le tort de ne pas garder le siège principal de ce méritant institut, mais Vaudreuil n’en demeure pas moins son vrai berceau.Avant de partir pour Saint-Jacques, d’ailleurs, Mère Marie-Anne, on peut l’affirmer l’histoire en mains, avait sûrement assis son institut sur des bases solides.De nombreuses vocations avaient multiplié les novices et les professes.La mission de Sainte-Geneviève s’était ouverte en 1851.Le 22 août 1853, quand la communauté quitta Vaudreuil en tant que siège principal, elle se composait exactement de vingt-deux professes, de six novices et de six postulantes, trente-quatre en tout.De ce nombre, quatre restaient au berceau de Vaudreuil, trois étaient destinées à Sainte-Genevivève et les vingt-sept autres s’en allaient à Saint-Jacques.Voilà, mes Révérendes Sœurs et Mesdames, en quelques mots, l’histoire des développements matériels de l’Institut au cours de ses tout premiers âges.Celle de ses progrès spirituels, pour le même temps, n’est pas moins belle.Le curé Archambault, Mgr Prince et surtout Mgr Bourget avaient sû inculquer à ces âmes simples et droites, si franchement ouvertes à l’action de la grâce, les principes de la vraie vie religieuse.En mars 1851, Mgr Bourget était venue apporter à ses filles un règlement de vie, tout imprégné de l’esprit de saint Ignace de Loyola, le fondateur des Jésuites, qu’il passa onze jours pleins à leurs expliquer et à leur commenter lui-même.Il les voulait, ses chères filles de Sainte-Anne, humbles, pieuses, dévouées à leur tâche de maîtresses d’école."Les arbres les plus robustes, leur disait-il, sont 630 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE contenus tout entiers à l’origine dans un bien modeste noyau et il faut, pour que l’arbre grandisse, que le noyau soit jeté en terre et périsse.Soyez humbles! “—” Tenez-vous sur la montagne de la prière près de Moïse, leur disait-il encore, dans un commerce continuel avec Dieu, c’est de là que tout procède.Soyez pieuses!”—“Prenez grand soin de vos enfants, ajoutait-il enfin, veillez sur leur innocence, formez-les à la crainte de Dieu, ne reculez pour cela, devant aucun sacrifice, le sacrifice est une semence de vie.Soyez dévouées !.” Beau programme, que la fondatrice et ses premières compagnes s’exercèrent avec zèle à suivre et à vivre.La fondatrice! Quelle vie d’humilité, de piété et de dévouement que la sienne en effet! Un an seulement après l’arrivée de son institut à Saint-Jacques, le 30 août 1854, elle cessa, par un dessein secret de la Providence, d’être la supérieure de la communauté qu’elle avait pourtant fondée, et, plus ou moins cachée dans l’ombre, elle vécut encore trente-six ans en continuant de s’oublier, de prier et de se dévouer.Je ne connais pas de page de la vie des saints qui montre un plus parfait renoncement et une abnégation plus complète.“L’œuvre de Mère Marie-Anne a grandi en un sens sans elle, ai-je pu écrire avec conviction dans la préface de l’histoire de l’Institut, mais c’est elle surtout qui a mérité que l’œuvre grandisse!” Et, c’est profondément vrai.L’œuvre des Sœurs de Sainte-Anne, considérée dans son ensemble, a grandi, en effet, d’une façon merveilleuse.Aux États-Unis comme au Canada, jusqu’aux extrémités de l’Ouest et du Nord, l’Institut a accompli splendidement la mission qu’avaient rêvée sa fondatrice et ses premiers guides spirituels.Les Sœurs de Sainte-Anne, en un mot, ont écrit l’une des pages les plus méritoires et les plus éfidiantes de ce qu’on a appelé si heureusement le livre du Canada apostolique.L’œuvre de l’Institut a prospéré aussi à son berceau de Vaudreuil, bien que la maison-mère en soit partie.Vous en savez quelque chose, Mesdames, vous qui êtes anciennes élèves de cette maison, puisque c’est vous qui en avez d’abord profité.Nous n’avons d’ailleurs qu’à ouvrir les yeux, qu’à regarder la belle maison d’aujourd’hui et qu’à vous regarder vous-mêmes.Le couvent de Sainte-Anne, c’est la maison d’abord, puis c’est vous aussi.Or, il me semble, vous témoignez très heureusement en faveur de votre Alma Mater.Je m’arrête, pour ne pas blesser votre modestie.Mes Révérendes Sœurs et Mesdames, vous revivez en ce moment, pour quelques heures trop courtes, les temps heureux de votre enfance et de votre première jeunesse.Ce qu’elles ont de charme, n’est-il pas vrai, ces réunions des grands anniversaires sous le toit de Y Alma Materl Autrefois, on trouvait bien un peu, peut-être, que le couvent—comme pour nous le collège—ressemblait à une prison.On avait hâte d’en sortir, d’essayer ses ailes et de prendre son essor.Mais la vie apporte tant de déceptions qu’on sait mieux maintenant, n’est-ce pas?La force morale, dont on a fait provision dans la chapelle de son couvent—ou de son collège— reste l’une des meilleures de la vie et des plus réconfortantes.Les amitiés qui se nouent sur les bancs des classes sont les plus douces qui soient et ne se remplacent guère.Et enfin, c’est certain, on se sent rajeuni quand on revient vers les lieux où l’on fut jeune.Jouissez bien, Révérendes Sœurs, Mesdames et Mesdemoiselles de ces heures fortunées.Retrempez-vous aux sources de votre première vie auprès des bonnes Sœurs qui ont pris la place de vos chères Sœurs d’autrefois.Emportez chacune, dans votre couvent où à votre foyer, un renouvellement de cet esprit qui fut celui de Mère Marie-Anne et de son institut L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 631 dès les jours de Vaudreuil.Soyez humbles, soyez pieuses, soyez dévouées à vos tâches! C’est encore le meilleur moyen d’orner sa vie, où que l’on soit, et c’est le plus sûr de bien préparer son éternité, ce dont je vous souhaite la grâce au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit.MON VIEUX QUÉBEC Perche comme un a’g’on sur le haut promontoire, Baignant ses pieds de roc dans le fleuve géant, Québec voit ondoyer, symbole de sa gloire, L’éclatante splendeur de son vieux drapeau blanc.Crémazie.Elle est loin de nous l’époque à laquelle nous reporte le poète et les temps sont bien changés; mais tel que tu es aujourd’hui, mon vieux Québec, je t’aime.Tu n’es pas beau tout le monde s’accorde pour le dire, cependant, j’ai pour toi cct amour que le petit-fils, arrivé à l’âge d’homme, voue à sa vieille grand-mère impotente, au souvenir des gâteries qu’elle lui a prodiguées quand il était enfant.* * * Mais lorsqu’il a été donné d’admirer le vaste et grandiose panorama que l’on découvre du haut de ton incomparable terrasse, de suivre par un beau soir d’été le cours du fleuve géant qui lèche les pieds du roc sur lequel tu reposes; quand les rayons de la lune viennent se marier aux grandes ombres des Laurentides, on sent qu’on doit être heureux de vivre dans tes murs.Pour voir en passant tes fraîches et gracieuses jeunes filles on affronte sans sourciller le macadam boueux de tes rues, tes trottoirs que l’on ne peut parcourir une heure durant sans s’exposer à se rompre vingt fois le cou, et les baisers mordants de ton impitoyable vent du nord-est.* * * Aujourd’hui, les canons qui tonnent sur tes remparts ne sont-ils pas des canons anglais?Le drapeau qui flotte sur ta citadelle ne guidait-il pas l’ennemi qui jadis viola ton enceinte ?Et tu ne tressailles pas! Pourquoi ?Parce que depuis longtemps ces canons ne se font plus entendre que pour unir leurs voix au son des cloches de ta vieille cathédrale et prendre part à tes réjouissances nationales; Parce que ce drapeau qui s’enroule fraternellement autour de la hampe où flottent les couleurs françaises aux jours de grandes fêtes publiques est devenu ta plus sûre sauvegarde et qu’à son ombre tes enfants vivent libres, sans avoir rien à sacrifier des traditions du passé. 632 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Je t’aime, mon vieux Québec, parce qu’en dépit du temps, malgré l’oubli de plus d’un siècle dans lequel t’a laissé ta mère, tu as su demeurer fidèle au sang dont tu es sorti; Parce que tu est le noyau, le cœur de cette race d’hommes généreux qui n’ont pas craint d’affirmer leurs sympathies pour la France malheureuse, alors que toutes les grandes nations du monde les lui avaient retirées.7 janvier 1888.Paul de Gazes.———o—— L’ALLIANCE CATHOLIQUE DES INSTITUTEURS DE MONTRÉAL.Réunion du 29 mai 1925.Nous empruhtons aux quotidiens de Montréal le compte rendu de la dernière réunion de l’Alliance catholique des instituteurs de Montréal.Réunion des Instituteurs a l’Académie du Plateau Les instituteurs avaient rendez-vous à l’Académie du Palteau, alors que les institutrices se réunissaient à l’École Montcalm.Les premiers ont assisté, à neuf heures, à une messe dite en la chapelle de l’Académie du Plateau, puis à onze heures, Une conférence sur “L’enseignement primaire supérieur” était donnée par M.le juge Amédée Monet.La messe fut dite par M.l’abbé J.Verschelden, curé, président de la Commission scolaire pour le district ouest.L’allocution de circonstance fut prononcée par M.l’abbé Aimé Boileau, aumônier des syndicats catholiques et nationaux.Celui-ci a surtout conseillé aux instituteurs de chercher toujours et par tous les moyens à leur disposition d’inculquer dans l’âme de l’enfant la foi religieuse ainsi que le sentiment du devoir patriotique.Il les a aussi invités à mettre les jeunes en garde contre ces associations étrangères qui ne sont à base ni de foi religieuse ni de patriotisme.Quelques très jolis morceaux de chant religieux furent exécutés, pendant la messe, sous la direction de M.Adélard Saint-Martin.Après l’office religieux, les instituteurs sortent pour quelques minutes dans les magnifiques jardins de l’Académie, puis ils se rendent à la salle des conférences entendre M.le juge Amédée Monet, commissaire pour le bureau central depuis mardi dernier.M.J.-P.Labarre, président de l’Alliance des professeurs, et directeur de la Commission scolaire pour le district Nord, ouvre la séance par quelques mots de bienvenue au conférencier ainsi qu’aux distingués visiteurs et aux professeurs.Il demande au secrétaire de l’Alliance, M.Louis Baron, de donner lecture du rapport de l’assemblée générale du 30 mai 1924 et des assemblées spéciales du 21 novembre de la même année, et du 16 mai 1925, assemblées convoquées dans le but d’étudier un projet d’assurance collective pour les instituteurs.Les minutes sont acceptées. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 633 M.le juge Amédée Monet, qui est ensuite appelé à prendre la parole, annonce qu’il va traiter un sujet “qui probablement, croit-il, ne rencontrera pas l’approbation de tous: “L’enseignement primaire supérieur”.Nous avons, dit-il, des écoles primaires qui répondent aux besoins de la grande masse, et des collèges classiques ouverts à ceux qui sont appelés à constituer l’élite de la société canadienne-française.Or la nécessité s’impose, suivant le conférencier, d’un enseignement primaire supérieur pour créer ce qu’il appelle une bourgeoisie intellectuelle.Montréal, ajoute-t-il, aurait besoin de cinq ou six écoles où un tel enseignement serait donné.M.le juge Amédée Monet est convaincu que le jour où ceux qui sortent des écoles pourront être admis à l’école Polytechnique, à l’école des Hautes Études commerciales, à l’étude delà pharmacie, à l’École de chirurigie dentaire, à l’École d’agriculture d’Oka, ce ne seront pas les élèves qui feront défaut.Parmi les invités d’honneur qui ont assisté à cette conférence, en plus des quatre directeurs, des professeurs et principaux de toutes nos écoles catholiques, mentionnons M.l’abbé J.Verschelden, M.l’abbé Adélard Desrosiers, principal de l’École normale Jacques-Cartier; MM.C-J Miller, le Dr J.-C.Poissant et M.le curé Zénon Alarie, commissaires d’écoles.Réunion des Institutrices a l’École Montcalm Les institutrices se sont réunies, ce matin, à l’École Montcalm, sous la présidence de M.l’abbé Henri Jasmin, aumônier de la section.Elles avaient au préalable assisté en corps à la messe, célébrée à la chapelle de Notre-Dame de Lourdes par M.l’abbé Joseph-Alphonse Gibeault, visiteur des écoles.M.l’abbé Jasmin prononça une vibrante allocution, expliquant comment l’institutrice, dans ses pratiques de dévotion envers le Sacré-Cœur, doit conformer son enseignement de manière à inviter ses élèves à devenir des copies vivantes et de sa vie et de sa piété.Mlle Louise Boisvert présidait à l’orgue et dirigeait la chorale des institutrices.Les solistes ont été Mlles Rollin, Turcotte et Goyer.Mlles May et Brasseur ont fait la quête.A l’école Montcalm, on remarquait aux places d’honneur M.l’abbé Charles-Antonelli Lamarche, curé de Saint-Stanislas et président de la commission des écoles catholiques, district est; l’abbé Henri Jasmin, aumônier de la section et professeur de langues à l’Université de Montréal; l’abbé Joseph-Albert Gariépy, visiteur des écoles; Joseph-Émile Paquin, professeur à l’École Normale de Saint-Hyacinthe et professeur de pédagogie à l’Université; Adélard-C.Miller, directeur-secrétaire de la commission des écoles catholiques district centré; Arthur Ladouceur, principal de l’École Guay.Sur l’estrade, on remarquait Mlle Nativité Boisvert, présidente de la section, et Mlle Anna Poitras, secrétaire.Mlle Boisvert a d’abord souhaité la bienvenue aux visiteurs et aux institutrices qu’elle a félicitées d’être venues si nombreuses.Après la lecture des minutes de la dernière assemblée, par Mlle Anna Poitras, Mlle Léopoldine Paradis, de l’École Fauteux, membre du comité pour le district est, a présenté un travail intitulé “Saluons l’institutrice.” Elle a montré l’idéal de la tâche des institutrice et le noble devoir qu’elles accomplissent si fidèlement, en formant des âmes d’enfants.Leur mission est la plus belle après celle du prêtre, et bien supérieure à celle des sculpteurs, malgré toutes les difficultés et l’ingrati- 634 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE tude apparente de leur tâche.Leur place occupe le premier rang dans l’histoire du Canada, tout à côté des exploits les plus glorieux.Elles font preuve d’héroïsme à la campagne; à la ville, elles sont des plus désintéressées, et elles ont à lutter contre les occasions de distractions, mais elles font leur devoir, hères de l’accomplir, quand bien même on ne les saluerait point.Mlle Laurence Rivest, pianiste, Mlles R.Gascon, cantatrice, G.Bason, accompagnatrice, et Mlle Jeanne Cadot, dans une récitation, ont été vivement applaudies.M.le curé Lamarche a félicité chaleureusement la présidente, la conférencière, les artistes, et les institutrices de leur zèle et de leurs succès.Il a loué leur mission, qui consite à former des citoyens instruits et catholiques, et qui exige de la patience, de l’abnégation, un grand sens de leur responsabilité.Elles doivent prêcher aussi d’exemple, car leurs élèves ne les perdent jamais de vue.M.l’abbé Jasmin a exprimé tout le charme qu’il avait éprouvé en assistant à cette séance et a donné de judicieux conseils.Il a félicité les institutrices d’avoir souscrit $100 à l’œuvre de la diffusion de la foi, chez les païens.2ÈME SÉANCE A LA SALLE SaINT-SüLPICE La seconde séance de la réunion annuelle de l’Alliance catholique des instituteurs a été tenue à la salle Saint-Sulpice, clans l’après-midi.M.J.-P.Labarre, membre du Conseil de l’Instruction publique et directeur secrétaire de la commission scolaire du district nord, présidait.Mlle Lucienne Guérin a fait une conférence sur le développement du sens national dans l’éducation.Elle dit que ce qu’il faut entendre par sens national est l’amour de la patrie.Mais pour aimer il faut connaître, et pour aimer notre patrie il faut connaître l’âme mystérieuse de la race par la fréquentation de nos historiens et de nos écrivains.Ce sont eux qui soulèvent nos meilleurs sentiments envers la patrie et nous la font mieux apprécier.Aussi les instituteurs, tout particulièrement, doivent-ils les fréquenter assidûment afin d’être en mesure d’enseigner un grand et bel amour pour la terre qui nous a vus naître, pour nos coutumes, nos institutions, et surtout pour notre langue et notre foi.M.Beauchemin, assistant directeur du district est, a remercié.M.Edmond Picotte a parlé des qualités que les instituteurs doivent avoir.Ils doivent avoir une bonne santé afin de pouvoir supporter arduement la tâche qui leur incombe.Au moral, ils doivent être dignes de la position, qui est presque un sacerdoce, qu’ils occupent.Ils doivent payer d’exemple à ceux qui leurs sont confiés.Au point de vue intellectuel, ils doivent maîtriser les matières qu’ils enseignent afin que leurs leçons soient précises et méthodiques.M.Charles Denhez, du district ouest, a remercié.M.l’abbé Henri Jasmin, professeur de langues à l’Université de Montréal, qui a été officiellement nommé aumônier de l’Alliance des instituteurs catholiques, a fait une courte allocution.Le Secrétaire de la Province, l’honorable M.Athanase David, a terminé la séance.Il a longuement félicité M.J.-P.Labarre, M.Jasmin père et M.l’abbé Jasmin ainsi que les deux conférenciers de l’après-midi.Il a demandé aux instituteurs de mettre l’observation à la base de toute l’éducation.Il a demandé d’inculquer aux enfants le sens religieux et l’amour de la langue, qu’il faut bien parler.Il dit que les instituteurs ne doivent pas craindre L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 635 de se reprendre lorsqu’ils emploient un mot qui n’est pas l’expression juste ou qu’ils ont mal construit une phrase.Pour sa part, il assure avoir adopté cette méthode avec ses propres enfants et il dit s’excuser auprès d’eux lorsqu’il fait une erreur d’e langage.M.David a ensuite parlé de la survivance de la race.Nous avons tout conservé, a-t-il dit, mœurs, coutumes et même archaïsme.Loin de mourir, nous avons essaimé par toute l’Amérique.Nous devons regretter l’exode des nôtres et les instituteurs doivent faire leur possible pour enseigner à la jeunsesse qu’elle doit rester au pays.Il a ensuite parlé de la tâche des instituteurs qui ont charge de la formation du cerveau de l’enfant, et il croit qu’on ne fera jamais assez pour assurer le sort de notre corps enseignant.M.J.-P.Labarre a remercié le ministre.- —o-—- ASSOCIATIONS DES INSTITUTEURS Les Associations des instituteurs des circonscriptions des écoles normales Jacques-Cartier et Laval ont tenu respectivement leurs réunions à la fin de mai et au commencement de juin.Les comptes rendus de ces réunions ne nous sont pas arrivés assez tôt pour être publiés dans la présente livraison.Ces comptes rendus paraîtront en septembre prochain.—— -o- IMAGE DE LA VIE —Où va le volume d’eau Que roule ainsi ce ruisseau?Dit un enfant à sa mère.Sur cette rive si chère, D’où nous le voyons partir, Le verrons-nous revenir ?—-Non, mon fils: loin de sa source Ce ruisseau fuit pour toujours; Et cette onde, dans sa course, Est l’image de nos jours.Mme Tastu.¦-—o- Prière avant îe repas Bénissez, ô mon Dieu, ce pain de chaque jour Que votre grâce accorde à mon humble demande, Qu’il apporte à mon corps une force plus grande, Et qu’en retour mon cœur vous rende Plus de respect et plus d’amour.Mme Tastu. 636 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE QUÉBEC Je l’aimerai toujours ce beau Québec antique, Séjour aimé de mes aïeux, Son aspect imposant et la beauté magique De son ciel pur et radieux, Et le fleuve superbe aux vagues azurées, Qui passe en caressant ses pieds, Les montagnes au loin, de verdure parées, Levant au ciel leurs fronts altiers, C’est vers ce lieu béni que mon âme s’élance, Dans les longs rêves de bonheur; C’est là que je voudrais d’une calme existence, Couler des jours pleins de douceur.A contempler souvent cette noble nature, Qui égaie et charme les yeux, L’esprit tout reposé se dilate et s’épure, Et devient bientôt plus heureux.Sous ce soleil doré qui se plaît à répandre Son feu doux et vivifiant, Il semble qu’en ce lieu l’âme devient plus tendre, Le cœur plus chaud et plus aimant; C’est là qu’on peut rêver, quand l’étoile scintille Au ciel qu’elle vient animer, En écoutant le chant de la brise gentille, C’est là que je voudrais aimer.Et lorsque de la vie au cours pur et paisible, S’approche le soir éternel, Sur ce sol plus chrétien la mort est moins terrible, Et l’on se sent plus près du ciel.Ils sont plus doux les glas d’une cloche connue, Au trépassé dans son cercueil; Ils semblent les sanglots d’une amie éperdue Dont le cœur s’abandonne au deuil.Il est près de la ville un endroit solitaire Où pour toujours on va dormir.Pour reposer en paix dans ce vieux cimetière.C’est là que je voudrais mourir.Anna-M.Duval.-o—-——- BUREAU CENTRAL DES EXAMINATEURS CATHOLIQUES AVIS IMPORTANT Les aspirantes au brevet d’école élémentaire commenceront leurs examens le mercredi, 24 juin, à 8^ heures du matin, et non pas à heure de l’après-midi, tel qu’indiqué, par erreur sur certaines cartes d’admission. TABLE DES MATIERES Année scolaire 1924-25 Pédagogie : ^ __ Pages Le programme d’études des écoles primaires élémentaires, C.-J.Magnan.1 La pédagogie de saint Thomas d’Aquin, le chanoine L.-U.Mousseau.2, 71 De la composition française et de la formation littéraire, Jules Chrusten.6, 84, 145 Un cours de pédagogie en tableaux sypnotique, J.-E.Faquin.10, 89, 204, 272, 395, 587 M.J.-E.Paquin.12 Orthographe des noms propres, l’abbé Joseph Saint-Denis.13, 136, 205, 273, 336 Belles fêtes scolaires: Noces d’or de Mgr Th.-G.Rouleau et noces d’argent de l’École normale des filles (C.N.-D.), Montréal.14, 15 A l’honneur de la pédagogie canadienne : deux nouveaux ouvrages: “A propos d’autorité” et “Causeries pédagogiques”.^.17, 18 Encore l’École nationale, C.-J.M.19 L’instruction des enfants juifs et la commission spéciale nommée à ce sujet, C.-J.M.20 Enseignement du dessin, 21, 79, 139, 201 Du rôle de l’image à l’école primaire.25 Mme de Maintenon, éducatrice, A.Gréard.27 Cons eils pédagogiques.27 • La discipline à l’école.28 Quelle place l’agriculture occupe-t-elle dans le nouveau programme des écoles primaires élémentaires de la Province de Québec, C.-J.Magnan.65, 69, 129, 132, 134 Instructions pédagogiques accompa- gnant le programme d’agriculture.70 Le musée scolaire agricole, Jean- Charles Magnan.75 Histoire de l’Éducation: Fr.P.G.76, 197, 268, 387, 458 “L’École nationale” et le “Provincia- lisme”, C.-J.Magnan.87 De la véritable éducation des femmes, Jcseph de Maistre.88 Bureau central des examinateurs catho-.liques : Réponses à certains questions.92 Le but des sections à l’École complémentaire.131 Le programme, de la Section agricole dans les Écoles complémentaires rurales de garçons.132 Le programme de l’enseignement agricole dans la Section ménagère des écoles complémentaires rurales de filles.134 Bienfaits de la religion, Caritas.150 L’éducation des garçons, G.E.M.151 Encole l’École nationale unique.151 Carnet scolaire.153 Le centenaire d’Antoine Gérin-Lajoie (discours), C.-\J.Magnan.172 Évitons le surmenage, C.-J.Magnan.193 Pages Les leçons communes.194 La géographie à l’école primaire élémentaire.196, 263 Instituteurs et institutrices reçus par Sa Sainteté Pie XI.196 “The Evolution of French Canada”.200 La langue française (un vœu de 1890), C.-J.Magnan.257 Éloge de la langue française.566 L’agriculture à l’école primaire élémentaire, Jeore-C/is Magnat.223 Conseils pédagogiques: de l’autorité et des moyens de l’obtenir, Une ancienne normalienne.266, 333, 400, 462, 533, 581 L’éducation religieuse dans la famille, C.- J.Magnan.273 Rapport du Surintendant de l’Instruc- publique, Cyrille-F.Delâge.321 Hygiène scolaire.330 Un nouveau manuel d’histoire.331 Encore la centralisation scolaire, C.-J.Magnan.334 L’architecture canadienne française.335 L’année Sainte.337 L’instruction des enfants Juifs, C.- J.Magnan.385 Le tableau noir, un Inspecteur d’écoles.390, 452 Honneur à l’école primaire rurale!.393 Dernier écho du congrès pédagogique à l’École normale des filles, Montréal: prix accordés.394 Les anciens cantiques, C.- J.M.394 Les Frères des écoles chrétiennes.395 Le caractère confessionnel des écoles du Bas-Canada, avant 1867, C.-J.Magnan.449 Le statut provincial de 1903 déclaré “ultra vires” par la Cour d’Appel.451 Notes de “l’Enseignement Primaire” au sujet du jugement de la Cour d’Appel.452 L’agriculture à l’école primaire, Jean- Charles Magnan, agronome.463 Population de Londres et de New-York, C.- J.Magnan.470 Bureau Central : Erratum.470 Conseil de l’Instruction publique de la province de Québec: un cinquantenaire intéressant (1875-1925), C.-J.Magnan.513 Le système scolaire dans l’île de Montréal et les enfants juifs : m tes de l’honorable Juge Adjutor Rivard.518 Que doit faire l’instituteur pour être à la hauteur de sa mission, Nérée Tremblay.532, 584 A propos de l’enseignement de la géo- phie.532 Tableaux d’histoire.534 L’art d’intéresser, Fr.P.G.535 Les écoles sans Dieu aux États-Unis.536 Le programme de “L’Enseignement Primaire pour 1925-26, C.-J.Magnan.577 638 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Pages Amendements à la loi de l’Instruction publique.^.579 Congrès des Principaux des Écoles normales.580 Comment écrire l’heure, H.de Belherbe.583 Comment lire une revue pédagogique.586 Des centres d’intérêt.591 Le cinquantenaire d’un syllabaire.590 Chronique Judiciaire, par Eugene L’Heureux, avocat: Construction: responsabilité des architectes, etc.28 Construction sans devis, Emprunt temporaire sur billet.207 Nullité du rôle de perception scolaire— Autorité du rôle de perception.338 Méthodologie : La rédaction à l’école primaire, Nérée Institutrices de V École normale de Chicoutimi.40 La maison canadienne, Bleuet.45 “O Canada”.45 Pensées.45 La littérature aux Brevets de capacité: Brevet élémentaire.101 Aux sources de l’histoire du Canada: Une leçon ^ de cathéchisme à Ville-Marie, les Élèves-Institutrices de l’École normale de Hull.104 Leçon d’anglais d’après la méthode naturelle, J.Ahern.108, 229 La composition aux brevets de capacité, 180 Orthographe d’usage, l’abbé Bieling de Luneberg.213, 282, 346, 435, 483, 543, 606 Études littéraires: Mme Julie Lavergne, Une religieuse de l’École normale de Nicolet.214, 282, 349 La littérature aux brevets de capacité: littérature française, littérature anglaise.222, 228 .De l’analyse littéraire, Georges Grente.278 Explications d’auteurs: “Une nuit dans les solitudes du “Nouveau-Monde” de Châteaubriand, R.P.L.Lejeune, ( O.M.I.280 Stylistiques françaises: ce qu’on substitue au verbe mettre, E.Legrand.287 Préparation aux Brevets de capacité: Composition, Brevet supérieur.290 L’Analyse littéraire, N.Desgagné, pire.343 Le “givre” ou le “guivre”.354 Au palais de Sa Majesté la Langue française: Pièce patriotique, les Élèves-Institutrices de l’École normale de Saint-Jérôme.355 Leçons d’histoire du Canada: La colonisation de la Province de Québec dans les cinquante premières années de la domination anglaise, École normale de Nicclet.423 Composition française: Évolutions d’un Pages grain de blé, École normale de Chicoutimi.426 Une belle tradition canadienne : le sucre d’érable.435 Leçon d’histoire du Canada: Madeleine de Verchères, l’abbé N.Degagnê, ptre.471 Étude historique et littéraire: le rôle de la femme à travers les œuvres de Gérin-Lajoie, les Élèves du Ccurs supérieur de l’École normale de Nicolet.473 Explication d’auteur: Le cantique du bon pauvre de Pamphile Lemay, Une Él< ve-Institutrice du Cours supérieur de l’École normale des Trois- Rivières .480 La maison paternelle.484 Enseignement direct de la langue anglaise, Un Frère de VInstruction chrétienne.^.485, 541 Fable expliquée: le Laboureur et ses enfants, C.N.D.537 Histoire du Canada: les martyrs Jésuites 542 Composition d’élève, Lionel Blanchet.544 Lecture expliquée et analyse littéraire: Mgr de Laval, C.N.-D.600 Documents officiels: Bureau central: littéraure (textes à étudier en 1924-25).30 Le centenaire d’Antoine Gérin-Lajoie: circulaire aux Principaux des écoles normales et aux Directeurs et Directrices des Écoles complémentaires, Cyrille-F.Delâge, Surintendant.161 Comité catholique du Conseil de l’Instruction publique: session de septembre 1924, J.-N.Miller, Secrétaire.162 Bureau cental des examinateurs catholiques: liste des diplômes accordés en 1924.232 Bureau central des examinateurs catholiques, session de juin 1924: diplômes accordés.292 Hygiène scolaire.294 Nominations.470, 511 La pédagogie au> brevets de capacité.318,442 Rapport du Surintendant de l’Instruction publique.321 Bureau central des examinateurs catholiques: Diplômes supérieurs.361 Errata (Nicolet).366 La littérature aux Brevets de capacité.30, 366 Comité catholique du Conseil de l’Instruction publique, session de février 1925, J.-N.Miller.405 Bureau central des examinateurs catholiques: circulaire, J.-N.Miller.410 Commission administrative du Fonds de pensions des fonctionnaires de l’enseignement primaire, session de décembre 1922.413 Session du 6 décembre 1923.491 Session de décembre 1924.549 Session de février 1925.554 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 639 Pages Bureau central: Erratum, 470; Avis.636 Sommaire des statistiques scolaires pour 1922-23.420 Crngrès : Principaux des écoles normales.555 Congrès des commissaires d’écoles de l’Abitibi.556 Congrès de l’Enseignement technique.556 Comité catholique, session de mai 1925.593 Circulaires aux commissaires et aux syndics d’écoles, Le Surintendant.595 Livres de récompenses, Le Surintendant.597 Documents scolaires : Alliance catholique des professeurs de Montréal : rapport de la séance du 30 mai 1924.31 et Conférence de Mlle Thibault.32 Congrès de commissaires d’écoles à Roberval.34 Noces d’or de Mgr Rouleau: Hommage des anciens élèves, G.-J.Magnan.93 Séance académique, discours de l’honorable G.-F.Delâge.97 Ecole normale des filles de la C.de N.-Dame (25ème anniversaire): Allocution de Mgr Deschampas.153 Rapport du congrès pédagogique, l’abbé L.-A.Desrcsiers.155 Le rôle social de l’institutrice (conférence), G.-J.Magnan.208 Importance de l’art ménager: discours de M.l’abbé A.Beauregard.339 Institutrice en congrès: l’Alliance catholique.324 Un congrès de l’enseignement technique.343 Un jubilé d’argent.343 Association des Instituteurs de la circonscription de l’École normale Laval : 177ème réunion, J.A.Drclet, secrétaire.495 Nous ne sommes pas des mercenaires: conférence donnée devant l’Alliance catholique des professeurs de Montréal, E.Savoie, institutrice.598 Association des institutrices catholiques de Québec.600 Enseignement pratique: Instruction religieuse:.47,112,181, 239, 295, 367, 437, 499, 544, 607 Langue française:—-École primaire élémentaire.47, 113, 182, 240, 296, 368, .1 499, 608 Ecole primaire complémenatire:.50, 116, 182, 241, 298, 373, 378, 379, 502 Section agricole :.51, 120, 183, 242, 301, 374, 437, 505, 612 Section ménagère:.53, 118, 183, 300, 373, 504, 613 Section industrielle: 54, 121, 187, 376, 507 Mathématiques: Artihmétique:.^ .57, 184, 303, 307, 545 Section agricole:.59, 186, 438 Section commerciale:.188, 302, 376, 439, 508, 548, 615 Enseignement antialcoolique :.122 Pages Le Cabinet de l’Instituteur : En garde.60 La France et le Vatican.61 Evénement s s col aires.61, 192 “Abrégé de droit commercial”.63 “Mère Marie-Anne”.63, 251 Petite Revue.64 Louis Fréchette, Lucien Serre:.123, 244, 311, 380, 440, 508, 556 Exercice d’articulation.124 “Pédagogie pour l’enseignement de l’histoire sainte”.125 Un nouveau catéchisme pour les petits enfants.125 Le centenaire de la naissance d’Antoine Gérin-Lajoie, G.-J.M.126 L’Instruction n’est pas l’Éducation.127 Le chant à l’école primaire.127 Honneur à l’Académie Mallet.189 La protection de nos forêts, Germaine Faquin.190 Bibliographie.191, 254, 316, 571, 621 Un nouveau manuel d’Histoire générale.191 “Registre de notes et journal de classe” : 191, 442 I i A 1 £ * 1 1 i • n > “Abrégé de botanique”.191 “Au Service de l’Église”.192 Avis spécial.192 Un événement scolaire.192 Un pèlerinage d’institutrices.243 Le gouvernement français persécuteur des catholiques.274 Anatole France.248 La pédagogie et l’agriculture aux brevets de capacité.248 L’œuvre du curé Labelle.249 Le roman de Gérin-Lajoie, l’abbé Camille Roy.249 “Un Canadien errant”.250 Le jardin scolaire avant 1740.251 Pensées pédagogiques.252, 575, 624 “Journal de classe”.252 “L’Évangile dans la vie”.252 Le Calendrier de Saint-Joseph.253 Hygiène pratique.253, 620 Manuel de dessin.254 Bibliographie: “Géographie générale”, par Emilie Miller.254 La fréquentation scolaire au Canada.254 “L’Annuaire du Canada”.255 “La formation du régime scolaire cana- dien-français”.255 La commission de géographie de Québec.256 “Zigzags autour de nos parlers”.256 Erratum.256 Déclaration de l’honorable L.-A.David.311 Nos martyrs canadiens.312 Un héros canadien: d’Iberville, Léen Guérin.A.312 Augmentation de la population au Canada.313 Nomination.313 L’École normale de Sherbrooke.314 L’année Sainte.314 Une nouvelle carte de l’Amérique du Nord.314 640 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Pages Feu le Dr J.G.Paradis.314 Revues recommandées.314, 384 Le numéro de septembre 1924.315 Une grave menace pour les catholiques de France: l’école unique.315 “Canadiana”.315 Jean-Jacques Rousseau jugé par un ambassadeur de France.316 “Le domaine rural”.317 “The Centenary Volume”.317 “O femmes! ce que vous pourriez être”.317 Le paysan et le bolchevik.317 Les gens éternels, l’abbé de T( urnille.318 La pédagogie aux Brevets de capacité: précisions.318 Nos almanachs canadiens.319 Un concours d’histoire du Canada.319 La patrie, l’abbé Perreyve.320 L’enseignement ménager aux Brevets de capacité.382 La primauté de Pierre.382 Restons chez nous : colonisons la Province de Québec.383 Magnifiques récompenses pour les élèves catholiques de langue anglaise.383 “L’Enseignement Primaire” relié.384,511,618 Concours musico-littéraire de Toronto, M: R.384 ‘Saint François-Xavier”.384 Ce n’est pas nous.366 “Manuel des sciences usuelles”.404 Vient de paraître: “Enseignement direct de la langue anglaise”.439 Les ressources naturelles de la Province de Québec.442 Les oiseaux amis du Canada.443, 564 Le “Credo” du lecteur chrétien.444 Commandement de la santé: pour éviter la tuberculose.444 Feu M.l’abbé O.Martin.445 Notes importantes.445 Le vieux Québec, H.Rodent.446 Lectures instructives.447 Nomination au Conseil de l’Instruction publique.511 Plantons des arbres autour des écoles, Orner Can n.512 Une violente secousse de tremblement ¦ de terre.512 Le respect de la propriété.548 Pourquoi j’aime ma langue maternelle, Caritas.559 La “Semaine d’Histoire du Canada”.560 “Cours de lecture’ ’ par les Frères Maristes 562 Production du beurre et du fromage en 1924 dans la Province de Québec.563 Protégeons nos forêts.565 Notre chez- nous.566 Les érables.566 “Mère Marie de la Ferre”.567 Retraites fermées.567, 621 Le mois de Marie.568 “Les Semaines Sociales au Canada”.568 Enseignement ménager.568 Pages Histoire et littérature.569 Nouvelle collection d’ouvrages canadiens 569 S.G.Mgr A.-E.Deschamps.570 Un éminent savant catholique.570 Sur le mot “toast”.572 L’art d’apprendre une leçon, E.Legouvé.572 Le laboureur canadien, W.A.Chayman.573 Serment de Dollard et de ses compagnons, Laure Çonan.573 “Le catholicisme en Chine”.573 Propreté, hygiène, prudence.^.574 “La terre sainte, témoin de l’Évangile”.574 “Le Canada Français”.574 Les mauvais livres, Ernest Hello.575 Le drapeau national, Jeanne.617 Le feu de la S-Jean, P.-A.de Gaspé.617 Comment élever nos filles pour qu’elles soient heureuses?.617 Aimons et protégeons les oiseaux.619 L’hirondelle, Hector Demers.619 Le merle, Hector Demers.619 Le beau voyage, Joachim du Bellay.618 Anniversaires.619 Hygiène: lavez vos mains.620 Méfions-nous des mouches.620 Avis.620 Le jubilé de 1925.623 “La famille Magnan”.623 “L’Oiseau Bleu”.623 Ne dites pas, mais dites.624 “Manuel d’Histoire de la Pédagogie”.625 Canonisations et béatifications.626 “Québec la doulce Province”.626 Québec.624 Abrégé du “Droit commercial” : édition anglaise.625 Le 24 juin, fête légale.623 Dictionnaire des paroisses de la Province de Québec.625 “Travaux manuels”—¦!’Aiguille:.622 La grande œuvre d'une institutrice canadienne: 75e anniversaire de la fondation de l’Institut ^des Sœurs de Sainte-Anne, Y abbé Élie-J.Auclair.627 Mon vieux Québec, Paul de Gazes.631 L’Alliance catholique des Instituteurs de Montréal.632 Association des Instituteurs.635 Image de la vie, Mme Tastu.635 Prière avant le repas, Mme Tastu.635 Québec, Anna-M.Duval.636 Illustrations : Dessin.23, 24, 81, 82, 83, 141 à 144 Anciennes maisons canadiennes.46 Frère et sœur.109 Un enfant courageux.220 Un orateur en herbe.230 Carte du Bas-Canada (1795).416 L’agriculture à l’école.465 Madeleine de Verchères.472 La maison paternelle.484 Un ancien manoir canadien.576 L’école primaire de Rigaud en 1850.626
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