L'enseignement primaire : journal d'éducation et d'instruction, 1 mars 1926, Mars
47ÈME VOLUME Québec, Mars 1926 No 7 ÉDUCATION-INSTRUCTION Enseignement Primaire “THE NATIONAL COUNCIL OF EDUCATION” Quelques journaux de Montréal ont annoncé que le 9 avril prochain sera tenue dans cette dernière ville “la troisième Conférence sur l’Éducation”.Cette conférence, d’après La Presse et la Minerve, “fournira l’occasion aux éducateurs du Canada de discuter les différents problèmes de l’éducation en notre pays, et surtout de l’efficacité de notre système éducationnel pour la formation de bons citoyens.” Cette conférence est organisée par le “National Council of Education,” dont le siège social est à Winnipeg et qui a pour secrétaire général le Major Alfred Ney, venu d’Angleterre au Canada depuis cinq ans à peine.Jusqu’ici nous avons cru, et nous le croyons encore, que le Conseil de l’Instruction publique de la Province de Québec avait la compétence et l’autorité nécessaires pour étudier ce grave problème.D’après le programme annoncé dans les journaux, le “National Council” a convoqué à Montréal pour le 9 avril des conférenciers d’Angleterre, de France, des États-Unis et des différentes provinces du Canada, y compris celle de Québec.Ce sera donc un congrès international.A la fin du programme on lit: “Pendant la Conférence, probablement le dernier jour, il y aura réunion générale de tous les délégués pour discuter du but et de Vavenir du “National Council of Education.” Dans U Enseignement Primaire et Le Canada Français de décembre 1922 et juin 1923, nous avons fait connaître, avec pièces à l’appui, le but du “National Council of Education”, et dit ce que l’avenir nous réservait, à nous Canadiens français, si nous souscrivions au principe faux et dangereux d’un Conseil d’Éducation neutre pour tout le Canada et tendant à créer un organisme pédagogique national ou fédéral, contrairement à l’esprit et à la lettre de la Constitution canadienne, qui laisse à chaque province la tâche de l’organisation scolaire, droit primordial pour la province catholique et française de Québec.En connaissance de cause, nous combattons depuis vingt-cinq ans l’idée d’un Bureau fédéral d’Éducation, laquelle idée s’est muée plus tard en un Bureau national d’Éducation, et, en dernier lieu, en un Conseil national d’Éducation.Le nom a pu changer, mais l’idée reste la même: créer une organisation scolaire permanente fédérale, c’est-à-dire un Conseil composé des représentants de toutes les provinces du Canada d’ou sortira dans une décade le fameux Bureau fédéral, projet combattu naguère avec fermeté par M.P.-B.de La-Bruère, ancien Surintendant, et auquel s’oppose avec non moins de fermeté, son successeur, l’honorable M.C.-F.Délâge, Bureau remisé pour l’instant afin de ne pas effrayer la Province de Québec.Le Bureau fédéral engendrera plus tard l’“école nationale”, c’est-à-dire neutre et anglicisante.En matière d’Éducation, il y a des concessions qui ne sont pas permises.C.-J.Magnan. 402 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE LE GOÛT (Pour L’Enseignement Primaire) Voici une chose d’un grand prix, et d’autant plus rare.Le jugement n’est déjà pas très commun, et le goût en est la fleur.La nature donne la faculté de juger, mais le jugement, et davantage encore le goût, sont le fruit de l’éducation, au moins pour une très grande part.Une longue observation peut seule faire atteindre le goût, et il faut y joindre une pratique persévérante.On a trébuché bien des fois avant de prononcer d’un goût sûr.Le jugement juge le vrai, le goût juge le juste, l’excellent, le délicat, le nuancé, le fini, le parfait.U y a les goûts et le goût.Tous les goûts sont dans la nature; cela est grossier.Il s’agit du goût.En tout, il discerne le sobre, l’harmonieux, l’ordonné.Il le voit dans les lignes, dans les couleurs, dans les sons; dans la vie et dans la pensée.Il apprend à jouir de la beauté.La moindre dissonance, le plus léger disparate, choquent un homme de goût.Là où les autres se contentent ou s’extasient, souvent il se réserve, ou il montre du doigt le point de perfection: en deçà, c’est le commun, au-delà, c’est la surcharge.Le goût va très bien sans le génie, et le génie peut manquer de goût.Boileau a du goût et point assez de génie, si même il en a; Corneille a du génie, et du plus sublime, et point assez de goût, si même, souvent, il en a; Racine allie au plus beau génie le goût le plus pur, et c’est le suprême contentement de l’esprit.Est-il mieux d’avoir du génie que d’avoir du goût?Je ne sais; et j’ignore quel est le plus rare, du goût ou du génie.Génie à part, y a-t-il quelque chose d’exquis à l’égal du vers de Racine ?Le goût qui apprécie est-il plus à l’aise que le goût qui exécute ?En apparence peut-être.Cependant, si l’artiste est sujet à être dominé par son imagination, le critique doit lutter contre ses préjugés ou sa passion.La rencontre de l’artiste et de l’homme de goût, dans un même art, soit, la musique, ou le style, est quelque chose de plus rare encore que l’un ou l’autre, séparément.Le plus souvent, l’artiste n’est pas jugé, faute de juge; le plus souvent, le juge délicat ne trouve pas qui juger avec un goût satisfait.L’artiste souffre d’isolement; le critique s’irrite de la médiocrité et de l’insuffisance.Il y a eu la rencontre de Despréaux et de Racine, d’espèce unique.Mais qui a pu conseiller Vio z art ?Et qui Raphaël?Et qui Michel-Ange?Qui pèsera le goût en littérature ?Ce goût universel qui va de la vaste synthèse à la chanson des syllables ?ce goût scrutateur auquel rien n’échappe du fond ni de la forme ?ce goût familier avec tous les genres et tous les styles, avec tous les accents de la poésie, tous les tons de la prose et du vers ?ce goût accueillant à toutes les formes de beauté, impitoyable à toutes les formes de laideur ?ce goût, sévère pour soi-même et pour les autres, que satisfait seul l’ordre dans la pensée et l’expression, dans les phrases et dans les mots ?ce goût enfin que ravit la justesse, qui déguste et qui goûte, pour être du goût?L’écrivain de goût ne regarde pas à sa peine.Il biffe, rature, condamne; et c’est au prix d’un travail ardu et persévérant qu’il atteint, pour s’y tenir, la ligne de perfection que lui a tracée la sûreté de son jugement.Le lecteur de goût, lui, apprécie le labeur et jouit du résultat.Vlais sa raison attentive ne s’en laisse pas imposer.Il veut savoir de quoi il jouit, et pourquoi; et c’est une double jouissance.Mais ce n’est pas sans travail non plus qu’on arrive à goûter une œuvre de goût.Il faut passer par où a passé l’ouvrier pour trouver que son ouvrage est fait de main d’ouvrier.La Bruyère se contentait d’en faire juger par les effets.Il est question ici, en outre, du goût, toujours.Il faut L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 403 donc voir si la conception est bonne, si le plan est juste et l’exécution fidèle; et si le style fleurit naturellement la pensée.Alors on lit avec goût et avec toutes les joies de l’esprit, et, au surplus, avec grand profit.En toute chose, les éléments essentiels du goût sont, en résumé, Tordre, la.proportion et la mesure.On dit quelquefois le bon et le mauvais goût, mais ce n’est pas nécessaire.Le bon goût est le goût et le mauvais goût, l’absence de goût.Le goût se manifeste dans les plus humbles choses, sinon dans sa perfection, au moins assez pour charmer.La vie écolière en fournit maintes occasions.N’est-ce pas faire montre de goût que de soigner son écriture, surveiller son langage, chercher le mieux dans tous ses travaux de classe ?Ne peut-on pas réaliser, et ne réalise-t-on pas les.plus gentilles choses en fait de dessin, de tricot, de broderie ?Que dire, pour une jeune fille, du goût dans l’ajustement et la coiffure ?En fait, on s’accorde à considérer la situation actuelle comme anormale et extraordinairement inquiétante.En principe, le goût féminin, le plus délicat et le plus fin souvent, demeure aussi éloigné de la recherche que de la grossièreté, ne repousse pas l’élégance, avec les convenances.Le goût n’est pas incompatible avec la mode, en tant que mode.C’est sortir de la raison que de se singulariser, tout autant que d’être esclave de la mode, quelle qu’elle soit, vînt-elle en droite ligne d’implacables Shylocks.Une mode convenable peut manquer de grâce.La femme de goût y met le doigté et le je ne sais quoi.LTne personne de goût est toujours bien habillée.Avoir du goût, c’est avoir de la noblesse et de la distinction, c’est discerner le vrai beau, c’est dédaigner les engouements et les snobismes, fouler aux.pieds le qu’en dira-t-on, se modeler sur les gens sensés, s’estimer soi-même et respecter les autres.Mais un homme ou une femme de goût est chose assez rare pour être estimée de tous, même de ceux qui en sont fort éloignés.N.Degagné, pire.LE CINEMA A L’ÉCOLE (i) {Pour u U Enseignement Primaire”) Partout on se plaint, et avec beaucoup de raison, que la mémoire s’en va.Les leçons par cœur constituent pour la plupart des élèves des corvées pénibles, en conséquence, elles sont mal apprises, peu sues, mal récitées.Quel professeur ne connaît pas Tamère déception qu’apporte trop souvent la correction des devoirs de revision ?La leçon de géographie et d’histoire naturelle avait été bien préparée, bien expliquée, semble-t-il, peut-être même avait-on essayé d’une petite illustration au tableau noir.Les enfants paraissaient comprendre.Mais la mémoire infidèle n’a pas su conserver les notions saisies par l’intelligence, ou elle les a laissées s’associer et se confondre entre elles.Avec un soupir profond, on décide que tout est à recommencer.Pourtant un point d’interrogation se pose: “Pourquoi mes élèves n’ont-elles pas retenu, puisqu’elles, semblaient comprendre?” (1) Voir dans L'Enseignement Primaire de 1923-24, pages 26, 153, 206, 266,341 une série d’articles-sur “Le cinéma et la pédagogie chrétienne.” 404 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Ne serait-ce pas le moment de rappeler que la mémoire a une sœur fidèle, l’imagination, dont la mission est précisément de prêter à “la faculté qui oublie” son concours et son appui.Oh! je sais que cette faculté est assez mal famée.On ne se gêne guère pour l’appeler la folle du logis, la fée mal pensante, malfaisante.Bref, on l’accuse de tous les méfaits.Les scolastiques pourtant n’en pensent pas tant de mal; ils lui prêtent un rôle important dans l’acquisition de nos connaissances.Au moyen des sens, l’imagination recueille fidèlement l’image des êtres et des choses qui s’offrent à son observation.Elle se plaît ensuite à les éclairer, à les enrichir de ses gracieuses enlumineures, à en faire des formes sensibles dont elle revêtira les idées immatérielles.Puis, elle les introduit, chacune par son entrée particulière, dans l’immense palais de la mémoire, qui les reçoit, les arrange et les conserve dans ses plis et replis.Au premier signal, ces images s’arracheront de leur retraite; sans aucun effort, les idées se présenteront d’elles-mêmes, dans l’ordre où l’esprit les a demandées; parce que répondant à une image concrète qui a été perçue et regardée, la notion purement intelligible a été plus facilement retenue : “Quiconque a beaucoup vu “Peut avoir beaucoup retenu.” disait autrefois le bon vieux La Fontaine, et aujourd’hui de graves auteurs pédagogiques n’affirment-ils pas que “Voir est presque savoir”, et que “Savoir n’est autre chose que bien voir” ?Et ce serait le cinéma que l’on inviterait à remplir ce rôle de faire voir pour mieux faire apprendre?Que pourrait, en matière d’éducation et d’enseignement, cet amuseur suspect dont on a signalé les méfaits trop réels ?Sans prétendre le disculper complètement, il nous sera peut-être permis de lui appliquer ce que le vieil Esope disait des langues: qu’elles sont la chose la meilleure et la pire qui soit au monde.Pourquoi ne pas faire bénéficier l’écran de la confiance accordée à l’imprimerie?Parce qu’il s’imprime de mauvais livres, des revues détestables, des journaux à sensation, renonce-t-on pour autant à la diffusion des saines productions de l’esprit ?Le R.P.Louis Jalabert, S.J., le même qui, dans la revue les Etudes du 15 octobre 1921, s’est élevé contre le film corrupteur, a publié dans la même revue, livraison des 5 et 25 janvier et du 5 février 1924, un article au long duquel il essaie de faire au cinéma sa place rationnelle dans l’enseignement.Le sujet a pour nous l’intérêt de l’actualité, puisque, dans notre Province, plus fière encore de ses progrès intellectuels que d’autres ne le sont de leurs millions, les maîtres de l’éducation s’en préoccupent.Pour cette raison, il y aura plaisir, ce nous semble, à étudier l’excellent article du R.P.Jalabert.(1) Dans une première partie, nous examinerons avec l’auteur le rôle de l’image dans l’acquisition des idées, et les moyens propres au cinéma dans le domaine de l’image.De ces données, nous déduirons ensuite la valeur éducative du cinéma mis au service d’un enseignement chrétien et d’un patriotisme éclairé.Nous terminerons en signalant les réserves qu’il convient d’établir, car il y en a: nous n’irons pas croire qu’il suffise d’un tour de manivelle pour remplir de science les cerveaux enfantins et même les autres.(1) Dans L'Enseignement chrUien du 1er avril 1924, le chan.Lahargou consacre un article au Cinême scolaire: “J 'emprunte, dit-il, quelques détails aux très intéressants articles du R.P.Jalabert.Peut-ê:ra m’est-il arrivé ça et là de m’inspirer de lui, peut’être aussi de le contredire.” L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 405 LE CINÉMA AU SERVICE DE L'iNSTRUCTION “L’enfant, il faut bien parler d’abord de lui, puisque c’est par lui que l’éducation doit commencer: l’enfant est un intuitif, un réaliste.Pendant ses premières années, il ne fait que s’emparer des objets, explorer les choses avec ses doigts, faire et défaire, construire et démolir, édifier et abattre.Il s’intéresse à tout ce qui est animé, marche, court, vole, lutte, agit: hommes-animaux, machines.Son attention, très mobile et infiniment difficile à fixer, ne s’arrête que sur le détail concret qu’il voit de ses yeux, palpe de ses mains ou que votre phrase évoque à son imagination.Si, au lieu de tenir compte de ce petit esprit souple et délié, mais fugace et instable comme le passereau dans le chaume ou le papillon sur les fleurs, vous vous lancez devant lui dans quelque exposé vide d’images, vous aurez vite jugé de la valeur de votre discours.Cette petite figure, qui était animée, vivante, se fige; ses yeux clairs, qui brillaient tout à l’heure dans les vôtres, deviennent vagues, se détournent, l’attention se détend et l’esprit s’envole loin de la leçon.Mais si alors votre démonstration se matérialise, se concrétise dans des images, l’attention revient au galop, l’esprit travaille avec les choses et les êtres vus, et la compréhension va de pair avec la leçon.” Sur le terrain de l’acquisition des idées, l’homme demeure un perpétuel enfant.Le savant dans son laboratoire, pour aboutir à des découvertes qui étonnent, a dû passer par un long et laborieux circuit, dont le point de départ est l’observation des phénomènes, donc des images concrètes.De ces faits, la philosophie conclut que l’on connaît l’universel par le particulier, l’abstrait par le concret, le spirituel par le matériel.D’après ces lois de la connaissance, la pédagogie, elle aussi, a formulé ses méthodes d’enseignement: et c’est à bon droit qu’elle préconise la méthode dite intuitive comme la plus accessible à l’esprit de l’enfant.Aussi les manuels se peuplent-ils de plus en plus de vignettes et d’images.Pourtant, si utiles qu’elles soient, la vignette ou l’image sont nécessairement incapables de rendre tous les services qu’on en attend.De dimensions trop réduites, elles accumulent trop de détails pour que le coup d’œil inexpérimenté les discerne et que la mémoire en garde la trace distincte.La projection lumineuse pare à cet inconvénient de l’image trop exiguë.Elle offre en même temps sur sa fixité, plusieurs avantages appréciables et incontestés.Voulez-vous entendre l’auteur vous le prouver lui-même, par des exemples rendus tellement réels, décrits avec tant de pittoresque, de mouvement et de couleur que vraiment il me fait mieux voir que l’écran lui-même.“Voici un iceberg, ou bien les chargeurs de charbon à Aden, ou encore les chutes du Niagara illustrées dans un manuel de géographie.Évidemment, c’est mieux que rien, et ces images aux teintes neutres, au relief aplati, seront tout de même plus parlantes que votre description suivie par vos élèves d’une oreille distraite, justement parce qu’elle ne correspond à rien de ce qu’ils ont observé de leurs yeux.Mais supposons qu’au lieu de cet iceberg mmobile qui, après tout, ne semble pas si différent d’un ilôt crayeux, vous puissiez présenter cette masse énorme en mouvement, qu’autour d’elle vous puissiez faire voir le clapotis des vagues et, minuscule, le paquebot qui fait à toute vapeur la rencontre du colosse, vous aurez donné aux spectateurs une idée des effroyables dislocations qui ont arraché des champs de glace polaires ce monstrueux débris, vous leur aurez fait sentir la puissance fatale de cette force qui chemine, ils auront réalisé les concepts immatériels de masse et de puissance.Au lieu de ces porteurs de charbon, au geste alourdi de pacifiques “bougnats”, faites voir ce défilé fantastique de Nègres ou d’Arabes demi-nu s, galopant le long des passerelles, leur sac sur les épaules, et redégringolant au 406 L’ENSËIGNEMENT PRIMAIRE pas de course pour renouveler leur charge, vous aurez donné l’impression de cette vision d’enfer qu’est pour tout passager une halte de charbonnage à Aden ou à Port-Saïd.Au lieu, enfin, de cette image inerte qui figure si grossièrement la chute de la plus puissante masse d’eau de l’univers, s’effondrant tout d’un bloc dans un tonnerre de fin de monde, représentez cette immense nappe liquide tombant d’un escarpement de 47 mètres, avec ses tourbillonnements, ses remous, cette poussière d’eau qui fait comme un halo de lumière autour de la chute principale, vos spectateurs seront prêts à comprendre tout votre exposé sur la genèse de ces masses liquides, les transformations imprimées au relief du sol par le travail des eaux, la force motrice enfin que représente, pour oui la la disciplinera, cette puissance échevelée.”.On l’a compris.La gravure projetée sur l’écran a pu être observée, dans le même temps et avec tous ses détails, par toute une classe; cela, au bénéfice de la discipline, de l’économie du temps et à l’entière satisfaction de la curiosité intellectuelle, légitime ici.Pour précise et exacte qu’elle soit, l’image fixe est impuissante à reproduire une action dans ses péripéties, ses causes et ses résultats.Elle doit nécessairement se limiter à une “pose”, à un moment déterminé.L’image cinématographique, au contraire, affranchit du temps et de l’espace.En quelques minutes, en même temps qu’il nous donnait une leçon de choses sur les glaciers, les houillières, les pouvoirs hydrauliques, l’écran nous a transportés sous trois climats divers.Il pourra de même nous faire assister aux métamorphoses du bombyx, au travail de l’araignée tissant sa toile, des abeilles en ruche, à la formation de nos tissus, à la circulation du sang, car grace au film, les limites de l’observable sont dépassées.Il met à la portée de nos observations les êtres infiniment petits, les infiniment lents et les ultra-rapides qui, à cause de l’imperfection de nos organes, échappent à toute analyse et à toute observation directe.L’auteur nous fait assister à la germination d’une céréale dont l’objectif, observateur sans fatigue et sans défaillance, aurait enregistré les phases.“Voici l’infiniment lent qui entre dans le domaine de l’observation, ceux qui voient pousser l’herbe sont des rêveurs; ce rêve devient une réalité devant l’écran.Le beau marron d’Inde, avec son écorce luisante d’un brun si joli et si poli! Il s’anime, il vit sous nos yeux: sous une poussée intérieure, sa carapace éclate, il en sort une tige, une racine: une racine qui plonge dans un sol imaginaire, une tige qui monte vers un ciel irréel; la racine prolonge son geste de fouilleuse, de quêteuse d’humidité et de sucs nourrissants, tandis que la ti-gelle se hausse, s’épanouit en feuilles qui se développent en gestes compliqués et prudents.Pour réaliser cette croissance à vue d’œil, qui a demandé huit ou dix jours et qui se résume devant vous en huit ou dix minutes, il a suffi de multiplier de petites images, à raison de quelques centaines par jour.La manivelle vous les rejoint à l’accéléré, avec un minimum de quatorze à la seconde, et vous avez sous les yeux le mécanisme de la germination.(De même, nous pourrions assister en trente-six secondes à l’épanouissement d’une rose qui, en réalité, aurait duré quarante-huit heures).” On objectera peut-être qu’une page écrite avec cette précision de détails, cette richesse de couleurs et de poésie, illustre mieux et donne infiniment plus de plaisir à l’imagination que l’image elle-même projetée sur l’écran lumineux.C’est vrai et cela ne fait que confirmer cette réserve à laquelle l’auteur nous ramène sans cesse pour prévenir tout engouement: à savoir que l’illustration restera toujours inférieure à la parole vivante du maître dans l’enseignement et que son rôle est de l’aider et non de la supplanter.C’est maintenant l’ultra-rapide absolument réfractaire à toute description par la parole qui se ralentit à votre fantaise pour devenir observable.Ainsi L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 407 vous pourrez analyser le galop d’un cheval, le vol des insectes, une balle ou un obus au départ du fusil ou du canon.Ces exemples nous montrent assez quel auxiliaire infiniment souple et précieux le cinématographe peut fournir à l’enseignement, qu’il s’agisse de géographie, de botanique, de zoologie, d’anatomie, ou de micographie qui a demandé aux savants une longue et patiente pratique du microscope.Certes, pour certaines matières, le cinéma ne saurait être d’aucune utilité, comme par exemple pour les sciences abstraites.Devant le film pétillant, les mathématiques, la géométrie, l’algèbre garderont leurs secrets aussi bien que devant la sévérité du tableau noir.Ce n’est pas non plus devant l’écran qu’on apprendra les langues, la littérature ou qu’on se formera à la traduction ou à la dissertation.L’enseignement de telles branches demeure réservé au livre et à son commentaire oral par le maître.Sur ce terrain le cinéma n’a rien à voir: son domaine à lui, c’est l’image, l’image concrète et vivante.Son rôle premier est de donner des choses des notions précises et durables en reconstituant et animant sous les yeux des élèves les objets étrangers à leur expérience ou se dérobant à l’observation, de faire voir pour mieux faire apprendre.Mais le cinéma est capable d’un autre rôle, plus précieux, plus délicat encore'—que d’aucuns prendraient de prime-abord pour un paradoxe: le cinéma scolaire peut-être un éducateur.Jusqu’à quel point et dans quelles conditions?C’est ce que nous essaierons de montrer, dans une seconde partie, en tenant compte de notre milieu et des besoins de notre nationalité, (à suivre) L’ÉCOLE NORMALE DE NICOLET.RICHESSES NATURELLES ET INDUSTRIELLES DE LA PROVINCE DE QUÉBEC (l) III.—FORÊTS ET COUPE DE BOIS L’on estime les superficies totales, en forêts, de la Province, à 516,822 milles carrés dont 203,125 m.c.en bois marchand et accessible, et 313,697 m.c.en bois non vendable et inacccessible.La plus grande étendue de ces forêts fait encore partie du domaine public.En effet, l’on compte 410,774 m.c.de forêt non concédée, 71,875 m.c.sous bail ou permis de coupe, et 34,173 m.c.appartenant à des particuliers.Il a été établi, par la “Commission Royale sur le bois à pâte”, dans son rapport publié en juin 1924, que les forêts de la Province de Québec pouvaient donner, en bois mou de sciage, 41,353,000,000 M.m.p.et, en bois dur, 12, 735,500,000 M.m.p.Nos ressources en bois à pâte seraient les suivantes: enépinettes, 156,300,000 cordes; en sapin baumier, 122,700,000 cordes; en pruche, 3,435,000 cordes; en pins gris et pins de Murray, 17,775,000 cordes; en peupliers, 44,940,000; ce qui fait un total de 345,150.000 cordes de bois à pâte, debout.Toutefois, il faut faire ici une réserve: c’est que, sur ce chiffre total, il n’y a actuellement d’exploitable que 160,000,000 de cordes.L’on estime qu’il y a encore dans la Province, en épinettes, sapins baumiers et pruches, une quantité de 282,435,000 cordes, mais que, d’autre part, la quantité exploitable des mêmes espèces n’est que de 131,000,000 de cordes.(I) Voir L'Enseignement Primaire de février 1926. 408 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE L’on a encore classé ces ressources en bois à pâte d’après les propriétaires, et voici comment l’on établit les calculs: nombre de cordes sur des propriétés non concédées: 146,920,000; sous bail ou permis de coupe: 178.000,000 et, enfin, appartenant à des particuliers: 20.000,230 cordes.L’on a évalué, approximativement, à $600,000,000 la valeur marchande des forêts de la Province de Québec.C’est pendant les mois d’automne et d’hiver que l’on fait la coupe du bois et au printemps, les billes pour bois de sciage sont flottées jusqu’à des scieries, pour être sciées.Le bois à pulpe est aussi coupé d’ordinaire en automne et en hiver, mais pendant qu’une partie est flottée sur les rivières, l’autre est traînée sur des traîneaux à lisses jusqu’aux usines à pulpe mécanique ou chimique.Depuis 1910, tout le bois à pulpe coupé sur les terres publiques doit être converti en pulpe au Canada.Le dernier rapport au sujet de l’industrie du bois marchand ou de sciage, établit que dans la Province de Québec, il y avait 1,342 scieries, employant 7,051 employés, et dont la production globale avait une valeur de $27,181,307.Nous croyons, toutefois, que le nombre de scieries mécaniques est beaucoup plus considérable que cela, et que plusieurs centaines de petites exploitations ne font pas rapport, ce qui toutefois, ne saurait modifier énormément la valeur de la production en bois de sciage.Sur un total de 115 moulins à pulpe et à papier, au Canada, la Province de Québec seule en compte 49, dont 19 pour la pulpe seulement,15 pour la pulpe et le papier et 15 pour le papier seulement.L’on emploie, dans ces usines québécoises, 10,614 ouvriers, et la production de la pulpe, en 1924, avait une valeur de $44,090,213, tandis que celle du papier s’élevait à la somme énorme de $62,523,583.La production de la pulpe qui n’était, dans la Province de Québec, en 1910, que de 282,938 tonnes, s’élevait, en 1915, à 561,793 tonnes; en 1920, à 974,766, tonnes, et en 1924, à 1,170, 314 tonnes.Pour fabriquer cette dernière quantité, il a fallu 1,525,800 cordes de bois, dont la valeur globale, à l’état brut, était de $20,879,461.Bien que l’embargo existe sur le bois à pulpe coupé sur les terres publiques, les particuliers peuvent disposer du bois à pulpe abattu sur leurs domaines et le vendre pour être exporté.C’est ainsi qu’en 1924, Québec a exporté 636,072 cordes de ce bois (ou 29.04% de la coupe totale), ayant une valeur de $6,553,353.Les chiffres les plus récents sur le bois coupé durant la saison 1923-24, dans la Province de Québec, donnent les résultats suivants: bois marchand, 1,961,258 M.m.p.; l’on a encore coupé une grande quantité de billes de cèdre pour faire des poteaux, des traverses de chemin de fer, des poteaux de télégraphe, de même que du bois à pulpe, des piquets de clôture, des lattes, du bois de chauffage et.du bois à fuseaux.L’on estime à $49,696,805 la valeur totale du bois marchand ci-dessus mentionné et à $10,283,442 celle des autres quantités de bois coupé pour les fins énumérées il y a un instant, ce qui formerait un total de $59,960,247 pour les coupes de bois durant la saison 1923-24, dans la ProAÛnce de Québec.iv.—MINÉRAUX Par sa production minière, la Province de Québec occupe le cinquième rang parmi les provinces canadiennes.Jusqu’à présent, nous avons lait peu de recherches, dans la Province, pour découvrir les richesses que recèle son sol; l’attention des industriels s’est plutôt portée sur les gisements miniers du plateau acadien, qui embrasse les cantons de l’Est et la péninsule de Gaspé, L'ENSEtGNEMENT PRIMAIRE 409 dans lequel on a dé; à trouvé de l’amiante, du chrome, du cuivre, du plomb, du zinc et du minerai d’or, ainsi que d’autres minéraux de valeur.A peine de la surface de notre Province aurait été examiné, au point de vue minier, et encore d’une manière plutôt superficielle.Les géologues affirment qu’il y a des signes infaillibles d’une richesse minérale très considérable dans la Province de Québec.Ainsi, au nord du fleuve St-]Laurent, c’est le système de roche précambrienne qui domine, embrassant en même temps les formations kiwatiennes, laurentiennes ou huronniennes.L’on y trouve, en quantité plus ou moins grande, de l’or, de l’argent, du nickel, du plomb, du cuivre, du 1er, du zinc, de 1’apatite, du mica, du graphite, du molybdène, du feldspath et de la magnésite.Dans les Cantons de l’Est, l’on trouve en quantité des roches sédimentai-res qui fournissent d’excellentes pierres à b^tir; d’autre part, l’argile schisteuse et l’ardoise procurent la matière première pour fabrication de la brique et du ciment.De 9,000 à 10,000 ouvriers, en moyenne, travaillent à l’exploitation des mines et des carrières de la Province de Québec.La production de ces mines çt carrières, en 1924, a atteint une xaleur totale de $18,952,896, ce qui est une légère diminution sur celle de l’année précédente.C’est l’amiante qui vient en tête de la production, avec 225,224 tonnes, d’une valeur de $6,571,594; en deuxième lieu, l’on peut signaler la production du ciment, qui a été de 2,754,979 barils, d’une valeur de $1,796,959; enfin la pierre calcaire a donné une production de 1,638,660 tonnes, ayant une valeur de $2,276,248.Depuis quelques années, les chercheurs de mines se sont portés, en grand nombre, dans la partie extrême ouest de la Province de Québec, c'est-à-dire dans les régions de P Abitibi et du Témiscamingue.Dès 1906, l’on avait trouvé de l’or natil au lac Fortune et, en 1911, au lac de Montigny.En 1922, un prospecteur du nom de Edmund H.Horne fit la découverte d’un amas très riche de chalcopyrite aurifère, dans le canton de Rouyn, Cette découverte fit sensation et l’on vit bientôt une nuée de prospecteurs se ruer sur cette région.Le service des Mines a émis, en 1924, pas moins de 1,900 certificats de recherches, comparés à 490 en 1921.Les cantons les plus fouillés par les prospecteurs au cours de l’année dernière furent ceux de Dasserat, de Bois-châtel, de Rouyn, de Joannès, de Bousquet, de Cadillac, de Malartic, de Four-nière, de Dubuisson, de Bourlamarque, de Loubicourt, de Montbray, de Du-prat, de Dufresnoy, de Cléricy, de Duparquet et de Destor.La plupart de ces cantons sont sur la ligne de démarcation entre les comtés d’Abitibi et de Témiscamingue.A la dernière session, la Législature a octroyé deux chartes permettant à.des compagnies de construire des chemins de fer qui atteindraient ces régions minières; ce sont la “Rouyn Mines Railway Co.”, qui construirait un embranchement à partir cl’O’Brien jusqu’au canton de Rouyn, avec prolongement vers l’ouest jusqu’à la frontière Ontarienne et.de plus, vers l’est et le sud-est jusqu’au grand lac Victoria.L’autre, “l’Abitibi Southern Railway Co.”, commencerait sa construction à Amos, pour la poursuivre jusqu’à Mont-Laurier et Maniwaki, soit une distance d’environ 250 milles.Il y a donc tout lieu de croire qu’avant longtemps ce territoire minier nord-ouest québécois, aura toutes les facilités de transport désirables par chemins de fer, pour en activer le développement.G.-E.MARQUIS. 410 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE OBLIGATIONS ET RESPONSABILITES DU PERSONNEL ENSEIGNANT 3e Article Punitions — récompenses — récréations.PUNITIONS La Fontaine disait en parlant des enfants: "Cet âge est sans pitié”.Ces paroles nous donnent à penser lorsque Ton veut parler de punitions.Cependant, puisqu’ils sont sans pitié, il faut avoir pitié d’eux et les amener tranquillement à la raison par une douce fermeté et, si cela ne suffit pas, par une fermeté plus accentuée; il vaut mieux prévenir les fautes que de les réprimer.Il faut montrer aux enfants beaucoup de confiance; les occuper constamment pour ne pas leur laisser le temps de songer à mal faire; toujours leur faire comprendre qu’il faut accomplir le bien par amour et par devoir.Être indulgent pour les délits qui sont les résultats de l’entrainement de la jeunesse.L’impartialité de l’institutrice est absolument nécessaire.Riches ou pauvres, fils ou filles de papa ou de simples particuliers doivent être traités de la même façon.L’on sera cependant plus sensible pour les faiblesses physiques et morales, la pauvreté, la maladie, le malheur ou les défauts corporels auxquels l’on ne permettra pas qu’il soit jamais fait allusion ni par les élèves et encore moins par l’institutrice.Punir un enfant de son manque de mémoire ou d’intelligence serait tout simplement manquer de bon sens et d’humanité.Dans les punitions, il est nécessaire de tenir compte du tempérament de l’enfant, de sa vivacité; prendre en considération l’âge, le sexe, le caractère réel de la faute, des circonstances qui en atténuent ou en aggravent la portée, comme la préméditation, par exemple, et le plus ou moins de calcul et de sang-froid que l’enfant a apporté dans l’acte repréhensible qu’il a commis.Voici ce que disait le Père Girard, directeur d’une grande école: "Les punitions sont " nécessaire dans deux cas surtout: lo quand l’élève, par orgueil, veut avoir raison du maitre " devant ses camarades - 2o quand les châtiments peuvent aider l’élève à rompre avec les mau-‘ " valses habitudes, à vaincre un penchant dont il n’a pas le courage de triompher autrement.” Il faut être droit et ferme lorsque l’on punit, toujours s’adresser à l’intelligence, au cœur et à la volonté de l’enfant.En même temps faire comprendre à toute la classe, qui doit être maintenue dans un silence parfait, que l’élève en défaut est repris par devoir et pour son bien, attirer leur sympathie pour leur camarade réfractaire.Lorsqu’une punition est promise, elle doit être infligée; elle doit être rare et modérée, afin de ne pas endurcir l’enfant ni l’exaspérer.Je n’entrerai pas dans les punitions à infliger, car je suis d’opinion, qu’avec du raisonnement, une bonne discipline peut être obtenue et, je le repète souvent, une douce fermeté peut les éviter.Cependant, je dois avouer que je ne comprends pas cette habitude déplorable qui existe encore dans certains milieux, de faire “baiser la terre” aux enfants.Ce n’est pas un châtiment, car l’enfant finit par s’y conformer machinalement; c’est de plus d’une malpropreté inconcevable qui peut les exposer à contracter les pires maladies.Cette coutume devrait être abolie et strictement défendue.Aussi la retenue après la classe du soir.Lorsque l’élève a passé deux heures et demie renfermé dans sa classe, croyez-vous qu’il est mentalement capable de s’astreindre à reprendre une leçon manquée ou un devoir mal fait ?Non.C’est du temps perdu et cette retenue ne peut être que préjudiciable à sa santé.De plus, il y a danger moral.En octobre le jour baisse vite après quatre heures: de novembre à mars il fait noir.Tous les élèves quittant l’école à l’heure fixée pour retourner dans leurs familles, celui ou celle qui aura une retenue devra revenir seul chez ses parents.Est-ce prudent ?Une tempête peut s’élever, un froid plus violent, etc., un accident peut arriver. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 411 Lorsque vous condamnez un enfant à se mettre à genoux, ne le laissez pas trop longtemps, plus de 10 à 15 minutes serait exagéré; l’élève devant se tenir droit, non appuyé sur ses talons.Quant aux punitions corporelles, si jamais j’avais été instituteur ou maître d’école,carrière que j’admire mais pour laquelle je n’ai eu aucune inclination, je n’en aurais pas infligé, considérant que ce droit appartient au père de l’enfant ou, à son défaut, à la mère.Il faut être d’un grand sang-froid pour frapper un enfant dans le but de le corriger, l’est-on toujours?J’en doute.Si par malheur, sans le vouloir bien entendu, vous blessiez ou vous provoquiez pour plus tard une difformation, une infirmité quelconque, qui en serait responsable ?Le code civil vous répond.Voici l’article 245 du Code Civil : “Le père, et à son défaut la mère, a “ sur son enfant mineur et non émancipé le droit de correction modérée et raisonnable, “ droit qui peut être délégué et que peuvent exercer ceux à qui l’éducation de cet enfant “ a été confiée.” La jurisprudence déclare en outre que “Le droit de correction accordé à l’instituteur, “ ne doit être exercé que dans le cas de nécessité, et seulement au degré proportionné à “ l’offense et aux circonstances, et l’instituteur est passible de dommages-intérêts s’il “ excède ces bornes.” Il faut toujours se rappeler que les punitions ne s’infligent pas tant pour faire souffrir le corps, que pour atteindre la sensibilité, le caractère, le cœur de l’élève.Dans des cas spéciaux il vaut mieux renvoyer l’enfant à ses parents.RÉCOMPENSES Quoique plus agréables à distribuer, les récompenses suivent les mêmes principes que les punitions.Les distribuer avec justice, la plus grande impartialité, n’en pas faire un abus.Habituer les enfants à se réjouir du succès de leurs camarades en les stimulant au travail pour en obtenir à leur tour.Le père Girard disait: “Les punitions et les récompenses ne doivent jamais être employés comme moyen constant de l’Education”.RÉCRÉATIONS Les récréations et les exercices physiques sont absolument nécessaires à tous les âges, afin de donner au cerveau, c’est-à-dire à l’intelligence, le repos dont il a besoin.Les enfants les commandent doublement, étant dans la période de croissance.L’excès de travail, aussi bien que l’excès d’exercices corporels déterminent une faiblesse générale, un arrêt de développement; il faut donc proportionner les exigences intellectuelles à celles du physique et vice-versa en tenant compte des capacités de chacun.L'on dit: “Avant de s’instruire, il faut vivre”, c’est-à-dire que dans l’éducation humaine, le souci de l’éducation physique doit précéder et dominer tous les autres.N’est-il pas raticnel de chercher à assurer d’abord le maximum de vigueur, afin de pouvoir demander et obtenir ensuite le maximum d’efforts intellectuels, et disposer d’une intelligence servie et non trahie par des organes.En effet, à quoi serviraient une éducation et une instruction soignées, si l’enfant, à huit ou neuf ans, laisse sa vie sur les bancs de l’école ou, rendu à douze ou quatorze ans, il est obligé d’interrompe ses études par manque de forces physiques.L’enfant a surtout besoin de grand air et d’amusements.Les autorités scolaires, par leurs règlements, exigent des récréations et Dieu commande de prolonger sa vie et celles de ses concitoyens par tous les moyens en notre pouvoir.Devant ces lois il n’y a pas à hésiter.Le Comité catholique du Conseil de l’Instruction publique ordonne une récréation d’au moins dix minutes matin et soir et une de une heure et quart au milieu du jour.Sans manquer à votre devoir d’institutrice et de chrétienne, et à l’intérêt que vous devez porter à la santé de vos élèves, vous ne pouvez vous en soustraire Un point important c’est d’utiliser le temps destiné à ces récréations, afin de l’adapter à l’âge, à la constitution, aux proportions de développement physique et intellectuel des élèves; il faut là un grand jugement.Aussi un terrain propice aux jeux.“L’éducation physique chez les garçons, dit Ponssagrive.a surtout pour but l’endurcissement, l’aguerrissement contre le froid, l’excès de sensibilité, et le développement régulier, harmonieux et complet des organes.” 2 412 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Je ne voudrais pas conseiller les récréations de collège de mon temps, qui faisaient, parfois , le désespoir de nos professeurs, tellement les jeux étaient violents.Mais je puis déclarer, qu’après une bataille d’une demi-heure en plein air, beau ou mauvais temps, pour refaire nos forces physiques que deux heures d’études avaient ébranlées, nous rentrions en classes frais et dispos pour recommencer le travail.Il est assez difficile de désigner le genre d’exercices qu’il convient pour les écoles de campagne.Il semble cependant que les exercices libres en plein air, qui est la méthode naturelle, répondraient à tous les besoins.Les enfants discernent, sans les avoir apprisses exercices qui leur conviennent, il leur suffit d’une direction sans contrainte et une surveillance active.Les marches, les courses, les sauts en longueur et en hauteur, saut à la corde, etc., sont tous de très bons exercices, à condition que l’on y mette de l’entrain, de la vitesse, etc.; ils développent l’adresse et l’agilité; renforcissent les muscles, activent la circulation du sang, élargissent la fonction respiratoire.Le chant est considéré comme une gymnastisque respiratoire utile.Il est naturel de chanter quand l’on a le cœur gai, même pour le mettre en train; faites chanter des airs canadiens entre deux études, cela change et ranime l’esprit.L’institutrice, elle aussi, doit prendre part et une part très active à toutes les récréations et jeux, si elle veut conserver sa santé.En outre, elle doit stimuler les enfants, voir à ce qu’aucun ne reste en arrière, que tous profitent bien des quelques instants de récréation.Je dois ajouter, afin qu’il n’y ait pas de malentendu.L’article 19 des règlements du Comité catholique permet aux corporations de diminuer, par résolution, les heures de classe.Cette latitude que donnent les règlements aux autorités scolaires d’une municipalité ne doit pas être au détriment des récréations.Les articles 20 et 21 sont impératifs.“Il y aura le matin et le soir, vers le milieu de la classe, une récréation d’au moins 10 minutes pendant laquelle les enfants sortiront de l’école.” “Il y aura une récréation au milieu du jour d’au moins une heure et quart”, qui sera employé,pour le diner et le délassement des élèves.L’article suivant traitera—chauffage—-ventilation—lumière— classes en plein air.eau—cabinets d’aisances, Antoine Dessane.LE MAITRE ET L’ENSEIGNEMENT INTUITIF Jésus, dans l’Évangile, nous apparaît comme le modèle achevé de la véritable éducatrice.Voyons-le pendant sa vie publique, occupé à former ses disciples et les_ peuples nombreux qui accourent vers lui; comme il est bon et combien intuitif est son enseignement! En rapprochant ses divines leçons des règles pratiques contenues dans notre pédagogie, nous voyons que le bon Maître se plaisait à présenter sa doctrine sous forme d’images concrètes et saisissantes, afin que les vérités abstraites qu’il voulait faire saisir pussent s’imprimer plus facilement dans l’intelligenge de ses auditeurs, gens grossiers et peu habitués aux vérités de la foi.Veut-il inculquer dans l’esprit de ses disciples le précepte de la charité fraternelle, il raconte la touchante parabole du bon Samaritain.A-t-il à flétrir l’orgueil, la parabole du Pharisien et du Publicain jaillit de ses lèvres pour illustrer son enseignement.Au contraire, désire-t-il montrer la bonté miséricordieuse de son cœur, il crée la parabole attendrissante de l’enfant prodigue, qui sera à jamais la consolation de l’âme repentante réhabilitée.Entre tous les faits du saint Évangile, en voici un qui fait rayonner dans une clarté éblouissante la merveilleuse sagesse de l’Homme-Dieu, et met en relief ce grand principe de l’intuition dont Jésus imprégnait son enseignement.Un jour, les Pharisiens et les Hérodiens, ennemis jurés d’ordinaire, s’unissent pour tendre un piège à Jésus; piège subtil et digne de l’astuce haineuse de ces docteurs jaloux.D’une façon ou d’une autre, le Maître, dans la pensée de ses ennemis, ne pouvait que se perdre par ses paroles.En effet, s’il se prononçait en faveur du paiement du tribut, les Pharisiens qui abhorraient la domination étrangère, le dénonçaient au Sanhédrin comme un impie.D’un autre côté, s’il défendait de payer le tribut, il mécontentait les Hérodiens, partisans d’Hérode et flatteurs du pouvoir romain.Us comptaient sans la sagesse infinie de l’Homme-Dieu!.“Maître, dirent-ils en s’approchant, L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 413 nous savons que vous êtes vrai et que vous enseignez la vérité sans faire acception des personnes.Dites-nous donc votre avis sur ceci : Est-il permis ou non de payer le tribut à César ?” —Voyez, les hypocrites, ils commencent par lui faire un compliment afin de capter ses bonnes grâces! Jésus, connaissant le fond de leur cœur, demeure calme.Il va les faire tomber eux-mêmes dans le piège qu’ils voulaient lui tendre et faire admirer de tous sa science infinie.Immédiatement, il démasque leur dissimulation, leur faisant voir qu’il n’en est pas dupe.D’un ton sévère, il leur dit: “Hypocrites, pourquoi me tentez-vous?” Puis il ajoute: “Mon-trez-moi la pièce de monnaie que vous payez pour le tribut?” Intrigués, se demandant où le maître voulait en venir, ils lui présentèrent un denier.—Voici l’objet sous les yeux du Maître: la leçon va devenir intuitive.Tous les yeux sont fixés sur lui.Voici maintenant que Jésus divin pédagogue, se sert de la forme interrogative .Il va les amener à observer et à réfléchir:—“De qui est cette image et cette inscription” ?demande-t-il.—“De César”, répondirent-ils.Désormais la conclusion si bien préparée sera facile à tirer.Mais le divin Maître est trop habile pédagogue pour la leur donner toute faite; ils auront un effort personnel à faire pour la dégager: le fait de reconnaître de la valeur à la monnaie frappée à l’efbgie de l’empereur n’implique-t-il pas l’acceptation de son autorité et par conséquent l’obligation de lui payer le tribut ?De plus, le Maître y ajoutera une leçon pratique—qu’ils n’avaient pas demandée— sur la nécessité de rendre à Dieu ce qui est dû.Jésus donc, les regardant, prononce la conclusion; nous dirions en pédagogie, Jésus énonce la règle: “Rendez à César ce qui appartient à César, et à Dieu ce qui appartient à Dieu,” c’est-à-dire, puisque la monnaie de César a cours parmi vous, rendez-lui ce qui lui appartient.Ne voyons-nous pas dans ce- tableau évangélique tous les caractères d’un bon enseignement intuitif ?D’abord, Jésus se fait apporter l’objet sur lequel va porter la leçon, la pièce de monnaie du tribut.Il la présente au regard de ses auditeurs et, au moyen de la forme interrogative, provoque l’observation et leur en fait exprimer le résultat.Ce travail fait, il énonce la conclusion sans se compromettre en rien, laissant à ses ennemis le soin d’en déduire l’application pratique.Ceux-ci demeurent muets d’admiration.Et le texte sacré a soin d’ajouter que, depuis ce moment, ils n’osaient plus l’interroger.Quelle magniqique leçon d’enseignement intuitif pour nous, futures éducatrices, appelées à enseigner aux petits enfants?Comme elle nous apprend à pénétrer dans ces jeunes intelligences à l’aide des choses concrètes et sensibles! Dans ce travail, Jésus sera notre modèle à un double point de vue : nous puiserons dans l’Évangile non seulement des leçons pratiques pour notre vie morale, mais aussi des modèles parfaits de leçons intuitives.École normale de Rimouski, Élève de 2ième année.UN COURS DE PÉDAGOGIE EN TABLEAUX SYNOPTIQUES Éducation morale (suite) LA VOLONTÉ Notion:—Jugement pratique par lequel la raison se prononce sur la convenance ou non-convenance de chacune de nos actions avec la loi morale.a) Jugement pratique: porte sur chaque acte particulier de la vie.b) Raison, car conscience est acte de l’intelligence, non une faculté.c) Se prononce: conscience est conclusion d’un sjdlogisme d’une majeure sur une vé- rité générale de l’ordre moral et d’une mineure sur un cas particulier.d) Convenance: Avec la loi morale ou naturelle, écrite dans le cœur ou positive, pro- mulguée.La loi morale est la règle extérieure et éloignée de nos actions La conscience est la règle intérieure et prochaine. 414 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Qualités' La conscience est: lo—Vraie, quand son jugement est conforme à vérité (inverse, erronée) Certaine, quand ne craint pas de se tromper en prononçant son jugement (inverse, douteuse).Droite, quand cherche à s’éclairer prudemment avant de porter son jugement ( inverse, téméraire) Dès lors lo.N’est jamais permis d’agir contre conscience, car elle est règle de conduite quand elle est certaine.2o.Il faut toujours agir avec une conscience certaine et droite, car ce nous est un devoir de nous éclairer.Culture: Pour former la conscience: lo—Éclairer l’élève sur loi morale par l’enseignement religieux.2o—L’Habituer à porter des jugements pratiques certains sur conformité des actes avec lajoi morale.MOYENS: a) Éclairer, c’est-à-dire: lo—Faire distinguer essentiel de l’accessoire, matière de précepte de matière de conseil,préceptes graves couverts de sanction éternelle, préceptes légers avec sanction temporelle.2o—Mettre en garde contre ce qui pourrait fausser en eux la conscience (intérêt, lecture légère).b) Comment dépouiller le doute et se former une certitude, dans un cas par- ticulier.Ou on a le temps d’étudier et de consulter.Ou l’action presse et ne souffre pas de délai, obligation de s’instruire dans deux cas.c) Par pratique, constater si l’élève a conscience large, ou scrupuleuse.1er cas: voir sur quels points il fait erreur; y attirer son attention, exposer véritable doctrine, s’il s’est trompé et le lui prouver;surveiller jusqu’à guérison.2e cas: le traiter avec bonté; témoigner confiance; acquérir sur lui autorité et ascendant; lui imposer obéissance servile, d) Donner le bon exemple nous-même.J.-E.Paquin, professeur.LE PROBLEME SCOLAIRE JUIF JUGEMENT DE LA COUR SUPRÊME DANS LA CAUSE CONCERNANT LES ÉCOLES JUIVES DE MONTRÉAL.Le 2 février dernier, la Cour Suprême du Canada a rendu jugement dans la cause concernant les écoles juives de Montréal.La Cour déclare que le statut de Québec de 1903 n’est pas ultra vires; un juif ne peut pas faire partie de la Commission des écoles protestantes de Montréal; la Législature provinciale ne peut pas passer de loi pourvoyant à ce que la religion juive soit représentée dans la Commission des écoles protestantes de Montréal; la Législature ne peut pas passer de loi obligeant la Commission scolaire protestante de Montréal à nommer des professeurs juifs dans ses écoles; même si elles sont fréquentées par des élèves juifs.Une des parties les plus importantes du jugement est celle-ci: Les enfants juifs peuvent être admis dans les écoles protestantes de la province à titre gracieux, sans y avoir aucun droit.Cependant, dans l’Ile de Montréal, les enfants ont droit d’accès dans ces écoles parce que les Juifs paient leurs taxes aux écoles protestantes.C’est l’honorable M.Anglin, juge en chef, qui a fait connaître la décision de la Cour.Il y a unanimité des juges dans cette décision.La Législature peut autoriser l’établissement d’écoles séparées pour les personnes qui ne sont ni catholiques, ni protestantes, mais toute législation à cet effet ne peut intervenir avec les droits et les privilèges dont jouissent les catholiques et les protestants d’après l'Acte de l’Union .Aucune intervention avec ces droits et privilèges ne peut être admise.Dans la prochaine livraison, nous publierons le texte même du jugement de la Cour Suprême. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 415 STATISTIQUES SCOLAIRES Voici un bref résumé des statistiques scolaires pour 1923-24, statistiques qui accompagnent le rapport du Surintendent de l’Instruction publique pour 1924-2o, rapport que nous avons analysé dans la livraison de février : Nombre d’écoles ou institutions d’enseignement de tous genres: Catholiques,.7,226 Protestantes,.788 Nombre d’instituteurs (religieux ou laïques) catholiques,.4,676 Nombre d’institutrices (religieuses ou laïques) catholiques,.13,987 Nombre d’instituteurs protestants,.819 Nombre d’institutrices protestantes.2,200 Grand total des catholiques et des protestants.21,682 Nombre d’élèves catholiques.506,848 Nombre d’élèves protestants.77,057 Grand total des élèves.583,905 Présence moyenne : élèves cathoüques.399,812 — 80.07% Présence moyenne : élèves protestants.54,505 — 75.76% Ecoles élémentaires catholiques.6,530 Ecoles complémentaires cathoüques.501 Collèges classiques.21 Écoles élémentaires protestantes.662 Écoles intermédiaires protestantes.54 High Schools protestants.50 Instituteurs laïques catholiques brevetés dans les écoles élémentaires.188 Instituteurs laïques non brevetés.21 Instituteurs laïques brevetés dans les écoles complémentaires.512 Instituteurs laïques non brevetés dans les écoles complémentaires.40 lustitutrices laïques brevetées dans les écoles élémentaires.6,579 Institutrices non brevetées.531 Institutrices laïques brevetées dans les écoles complémentaires.742 Institutrices non brevetées.45 Instituteurs protestants brevetés dans les écoles élémentaires.56 Instituteurs non brevetés.18 Instituteurs protestants brevetés dans les écoles intermédiaires.7 Instituteurs protestants non brevetés.3 Instituteurs protestants brevetés dans les “High Schools’.110 Instituteurs protestants non brevetés.40 Institutrices protestantes brevetées dans les écoles élémentaires.1,315 Institutrices protestantes non brevetées.271 Institutrices protestantes brevetées dans les écoles intermédiaires.139 Institutrices protestantes non brevetées.8 Institutrices protestantes brevetée dans les “High Schools”.372 Institutrices protestantes non brevetées.22 Instituteurs religieux dans les écoles élémentaires catholiques.434 Instituteurs religieux dans les écoles complémentaires.1 581 Institutrices religieuses dans les écoles élémentaires catholiques.2^582 Institutrices religieuses dans les écoles complémentaires.3!o75 Contributions scolaires : a du Gouvernement.$ 3,776,674.49 b des municipalités.15^461 ^626! 72 c des institutions indépendantes.8,679,437.00 Grand total.$27,917,738.21 416 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE \ LES COURS PAR CORRESPONDANCE DE L’ÉCOLE DES HAUTES ÉTUDES COMMERCIALES DE MONTREAL L’an dernier l’École des Hautes Études Commerciales de Montréal commençait l’organisation de cours par correspondance et tous les quotidiens de la province ont,avec raison, attiré l’attention de leurs lecteurs sur cette intéressante initiative.L'Enseignement Primaire croit nécessaire d’affirmer que ces cours viennent à leur heure et recommande fortement à tous les instituteurs et institutrices de la province de s’y inscrire.Nombreux sont ceux et celles qui y trouveront le moyen de parfaire leurs connaissances en matières commerciales.L’École des Hautes Études Commerciales de Montréal avait, jusqu’à l’année dernière, limité ses activités aux cours du jour et du soir.Cependant, consciente du rôle qu’elle doit jouer dans notre province, et désireuse de faire bénéficier de son enseignement même les personnes les plus éloignées de Montréal, elle n’a pas hésité à s’imposer pour cela de nouveaux sacrifices.Depuis lors, quelques centaines de jeunes gens se sont inscrits à ces cours.Certains ayant bien travaillé et donné satisfaction aux examens ont obtenu un certificat pour les cours qu’ils ont suivis.Leur nombre est cependant encore insignifiant, si l’on songe à la multitude d’instituteurs et d’employés de commerce qui, dans tous les coins de la province, auraient intérêt à étudier de cette façon des matières essentielles au point de vue commercial.Nous croyons donc rendre service à nos lecteurs en leur rappelant l’existence de ces cours, qui s’adressent à tous ceux qui ont de l’ambition et qui, en s’instruisant, veulent améliorer leur sort.Employés de commerce, secrétaires privés, comptables, instituteurs, employés du gouvernement et autres, tous trouveront matière à se perfectionner.Par ces cours de correspondance, l’École des Hautes Études Commerciales peut faire bénéficier des avantages d’un enseignement commercial universitaire et de la science de ses professeurs les personnes même les plus éloignées de Montréal, ou celles qui n’ont pas assez de loisirs pour suivre tous les jours des cours oraux.La réputation que l’École des Hautes Etudes Commerciales de Montréal s’est acquise depuis quelques années est un gage de succès pour ceux qui s’adressent à elle.Les cours qu’elle donne par correspondance ont une valeur égale à ceux qu’elle donne le jour ou le soir.Ce sont les mêmes professeurs qui en sont chargés, tous éducateurs de grande valeur, spécialisés dans les matières qu’ils enseignent.De plus, l’Ecole met au service de ses élèves toute la vaste documentation accumulée, depuis une quinzaine d’années, à sa bibliothèque.Elle sera toujours heureuse de fournir, à tous ceux qui suivent ces cours, la bibliographie et les autres renseignements dont iis pourraient avoir besoin soit au cours de leurs études, soit plus tard dans leurs affaires.D’ailleurs, l’École suit l’étudiant, pas à pas, pendant tout son cours; elle le guide, répond à toutes ses questions, lui facilite la solution des difficultés qu’il rencontre dans sa carrière.On le voit, il n’est pas de moyen plus pratique de s’instruire, ni de mieux ajusté aux exigences de la vie.^ Nous ne pouvons assez engager nos lecteurs à profiter de l’occasion unique que leur offre l’Ecole des HautesÉtudes Commerciales, de s’instruire chez eux, dans leur langue, facilement et à bon marché, tout en recevant direction et conseils personnels de professeurs expérimentés.Les cours donnés par correspondance, dès à présent sont: la comptabilité, le droit commercial, l’économie politique, la langue anglaise, le français et l’anglais commercial.Ces premières matières, les plus essentielles, seront bientôt complétées par des cours sur les mathématiques financières, la publicité, les opérations de banque et de bourse, etc.On le voit, le programme est déjà très vaste et de nature à intéresser les plus exigeants.Ces cours, comme nous le disions plus haut, sont destinés, en tout premier lieu, aux employés de banque et de commerce.Nous croyons, toutefois, que tous les instituteurs de la province auraient le plus grand intérêt à se perfectionner en ces matière?et qu’ils devraient s’inscrire en grand nombre.Leur enseignement, sans nul doute, s’en ressentirait, pour le plus grand bénéfice des enfants qui fréquentent les écoles primaires et dont la plupart, jamais, ne pourront suivre les cours du jour ou peut-être même ceux du soir de l’École des Hautes Études.Il n’est pas nécessaire d’insister sur le fait que tous ces cours sont préparés très soigneusement, sous la direction de M.Henry Laureys, par des professeurs de réputation, tels que MM.Edouard Montpetit, Victor Doré, Léon Lorrain, Léon-Mercier Gouin.et autres.Ils ne craignent pas la comparaison avec ceux des universités ou autres grandes institutions américaines qui donnent des cours de cette façon.Ils ont de plus l’avantage sur ces derniers d’être donnés en français et d’être parfaitement adaptés aux besoins de notre pays, pour le plus grand bien de la jeunesse canadienne.Nous donnerons d’autres détails au sujet de ces cours, un peu plus tard, et rappelons à nos lecteurs que l’on peut obtenir tous renseignements complémentaires en s’adressant à M.Henry Laureys, directeur de l’École des Hautes Études Commerciales, coin Avenue Viger et rue Saint-Hubert, Montréal. L'ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 417 METHODOLOGIE LA LECTURE EXPLIQUEE A l’École complémentaire et à l’École normale primaire (Pour “L’Enseignement Primaire”) ATHALIE Acte II, Scène 2 Zacharie annonce l’arrivée d’Athalie JOSABET Mais que vois-je ?Mon fils, quel sujet vous ramène ?Où courez-vous ainsi tout pâle et hors d’haleine ?O ma mère ! Comment ?Zacharie Josabet Hé bien! quoi ?Zacharie Le temple est profané.Josabet Zacharie Et du Seigneur l’autel abandonné.Josabet Je tremble.Hâtez-vous d’éclaircir votre mère.Zacharie Déjà, selon la loi, le grand prêtre mon père, Après avoir, au Dieu qui nourrit les humains De la moisson nouvelle offert les premiers pains, Lui présentait encore entre ses mains sanglantes, Des victimes de paix les entrailles fumantes.Debout à ses côtés, le jeune Eliacin Comme moi le servait en long habit de lin; Et cependant du sang de la chair immolée Les prêtres arrosaient l’autel et l’assemblée.Un bruit confus s’élève, et du peuple surpris Détourne tout à coup les yeux et les esprits.Une femme .Peut-on la nommer sans blasphème ?Une femme.C’était Athalie elle-même.Ciel 1 Josabet 418 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Zacharie Dans un des parvis aux hommes réservé Cette femme superbe entre le front levé, Et se préparait même à passer les limites De l’enceinte sacrée ouverte aux seuls lévites.Le peuple s’épouvante, et fuit de toutes parts.Mon père.Ah ! quel courroux animait ses regards ! Moïse à Pharaon parut moins formidable: “Reine, sors, a-t-il dit, de ce lieu redoutable, D’où te bannit ton sexe et ton impiété.Viens-tu du Dieu vivant braver la majesté ?” La Reine alors, sur lui jetant un œil farouche, Pour blasphémer sans doute ouvrait déjà la bouche.J’ignore si de Dieu l’ange se dévoilant Est venu lui montrer un glaive étincelant; Mais sa langue en sa bouche à l’instant s’est glacée, Et toute son audace a paru terrassée.Ses yeux, comme effrayés, n’osaient se détourner; Surtout Eliacin paraissait l’étonner.Josabet Quoi donc ! Eliacin a paru devant elle ?Zacharie Nous regardions tous deux cette reine cruelle, Et d’une égale horreur nos cœurs étaient frappés.Mais les prêtres bientôt nous ont enveloppés.On nous a fait sortir.J’ignore tout le reste.Et venais vous conter ce désordre funeste.EXPLICATION LITTÉRALE v.1: quel sujet vous ramène = quel motif.—(A cette occasion, on pourra faire donner les différents sens du mot sujet.) v.2: hors d’haleine: L’haleine, c’est: lo l’air chassé des poumons par l’expiration;— 2o la faculté de respirer.—Être hors d’haleine = né pouvoir plus respirer.v.3: le temple est 'profané.—Le profane est celui qui n’a pas le droit d’entrer dans le temple (pro, devant et/amm, temple.) S’il y pénètre, il attente à sa saintété.D’où le verbe profaner = violer la sainteté des choses sacrées.v.5: Hâtez-vous d’éc/afrcfr votre mère: Nous ne disons plus éclaircir mais éclairer quelqu’un.—-Cette construction était au contraire fréquente chez les meilleurs auteurs du 17e siècle.v.6: selon la loi: conformément à la loi.v.8: De la moisson nouvelle.les premiers pains = ce qu’on appelait les prémices, (du substantif latin primitiæ, dérivé lui-même de l’adjectif primus, premier).v.10:Des victimes de paix les entrailles fumantes.—Les Juifs offraient à Dieu deux espèces de victimes: les unes, dites victimes de péché, étaient des victimes expiatoires; les autres, dites victimes de paix, étaient offertes en action de grâces ou pour obtenir un bienfait.v.12: le servait en long habit de lin: lo Eliacin assistait le prêtre à l’autel, un peu comme nos enfants de chœur.2o en long habit de lin: c’est avec ce même vêtement liturgique que Joas apparaît en songe à Athalie.Ce détail ici n’est donc pas inutile, comme on pourrait d’abord le croire, v.13: Et cependant: sens étymologique, pendant cela, pendant ce temps, v.14: Les prêtres arrosaient.—Détail inexact, paraît-il.Serait-il exact, arroser aurait le sens atténué d’asperger.v.15: bruit confus: indistinct comme une rumeur, du peuple surpris = subitement étonné. L'ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 419 v.16: Détourne tout à coup les yeux et les esprits: détourne de la cérémonie .v.17 : Peut-on la nommer sans blasphème !—Pour les Juifs fidèles, le nom seul d’Athalie semble un outrage à Dieu.v.19: Dans un des parvis', aujourd’hui parvis désigne surtout ou la place qui s’étend devant une église (à Paris, le parvis Notre-Dame), ou le vestibule d’un édifice sacré.—Dans la liturgie juive, il désigne exactement tel espace qui, dans le temple, entourait le tabernacle, v.20: cette femme swperfre = orgueilleuse, v.22: De Z’encemie sacrée ouverte aux seuls lévites.enceinte sacrée: clôture à l’intérieur du temple.lévites: les prêtres du temple appartenaient tous à la tribu de Lévi.v.24: Ah ! quel courroux animait ses regards.Courroux: à la fois plus noble et plus énergique que colère, ce mot convient bien au grand-prêtre.animer = donner de la vie.Ici, rendait son regard vivant, ardent, v.25: Moïse à Pharaon parut moins formidable.lo formidable: qui inspire non seulement la crainte, mais la terreur, l’épouvante.—Ce mot en ce sens a la valeur d’un superlatif.2o Moïse à Pharaon.lorsque Moïse vint, au nom de Dieu, exiger du Pharaon la libération des Juifs.—On sait que Pharaon est le nom commun à tous les rois égyptiens de cette époque, (cf., de nos jours, les mots czar, shah, etc .) v.27 : D'où te bannit ton sexe.lo Cf.v.19 “Dans un des parvis aux hommes réservé.2o et ton impiété: le temple était inaccessible aux infidèles.3o verbe au singulier, bien qu’ayant deux sujets.Construction latine, fréquente au 17e siècle.v.28: du Dieu vivant: par cette expression traditionnelle, les Juifs opposaient, dans son attribut essentiel, la vie, le vrai Dieu aux idoles inanimées, faites de bois, de pierre ou de métal.v.29: jetant un œil/arowc/ie: farouche (du latin ferocem) signifie d’abord fier, puis non apprivoisé, d’où sauvage et méchant.—Quant à jeter un œil pour jeter un regard, nous reviendrons sur cette métonymie.v.30-31: J’ignore si de Dieu l’ange se dévoilant: l’intervention fréquente des anges dans l’histoire juive rend toute naturelle la supposition de Zacharie.—A plusieurs reprises notamment, la Bible nous montre des anges armés d’un glaive menaçant ou vengeur, v.33: Terrasser = exactement, jeter par terre violemment.v.35: étonner: ne pas oublier qu’au 17e s., ce mot avait un sens très énergique.Ici, frapper de stupeur.v.39: Mais les prêtres bientôt nous ont enveloppés.Les prêtres, sans doute sur un signe de Joad, veulent soustraire les deux enfants aux regards d’Athalie.ANALYSE LITTÉRAIRE Place du morceau dans la pièce.Nous avons appris, au 1er acte, qu’un danger encore indéfini mais prochain, menace, avec le peuple juif, le temple et Dieu lui-même, et nous avons vu le grand-prêtre prêt à affronter courageusement un combat inégal.C’est à un premier engagement que nous assisterons au 2e acte.Mais il faut préparer le spectateur à la venue d’Athalie, la lui faire désirer tout ensemble et redouter.C’est à quoi Racine consacre le récit dramatique que nous allons étudier.Sa valeur artistique.Dramatique, ce récit l’est d’abord par l’art avec lequel y sont ménagés les effets.Josabet vient d’arriver, très calme, prête à la prière, quand elle pousse un cri, à la voie de Zacharie accourant “tout pâle et hors d’haleine.” A ses questions pressantes, le jeune homme ne répond d’abord que par un autre cri: O ma mère ! puis par de petites phrases essoufflées, n’apportant que des renseignements incomplets : Hé bien! quoi?Comment ?Le temple est profané.3 Et du Seigneur l’autel abandonné. 420 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE D’où, chez Josabet et aussi chez le spectateur, un accroissement d’inquiétude et d’impatience : Je tremble.Hâtez-vous d’éclaircir votre mère.A cette impatience, Zacharie répond enfin par un récit complet, détaillé; mais, remar-quons-le bien, par un récit qui tient notre curiosité en suspens et ne révèle la cause de tout cet émoi qu’après de longs préliminaires (v.6-18).D’aucuns même trouveront que c’est beaucoup tarder, et que Zacharie aurait pu prononcer le nom terrifiant d’Athalie sans s’arrêter à une description complaisante de la cérémonie interrompue.Mais cette description n’est pas un simple artifice de Racine.Si elle amène, nous le verrons, un effet dramatique; elle est commandée surtout par le caractère du narrateur.Celui-ci rapporte les événements en raison de sa propre émotion.Or, ce qui l’a frappé, c’est le désordre sacrilège apporté par l’irruption d’Athalie dans une cérémonie ordonnée, solennelle, où lui-même participait activement.D’autre part, ses auditrices (Josabet, Salomith, le chœur) partagent sa piété chatouilleuse.Il est donc naturel que, pour leur rendre plus odieux le sacrilège d’Athalie, il retrace en ses détails la noble liturgie brusquement interrompue.Relisons notre texte et nous verrons que, loin de faire longueur, ce récit minutieux était indispensable pour porter à son comble l’émoi de Josabet.N’y est-elle pas intéressée, non seulement comme Juive fervente, mais comme femme du célébrant, comme mère des deux principaux servants, comme ennemie personnelle, enfin, de l’intruse menaçante ?Déjà, selon la loi, le grand prêtre mon père, Après avoir au Dieu qui nourrit les humains De la moisson nouvelle offert les premiers pains, Lui présentait encore entre ses mains sanglantes, Des victimes de paix les entrailles fumantes.Debout à ses cotés, le jeune Eliacin Comme moi le servait en long habit de lin; Et cependant du sang de la chair immolée Les prêtres arrosaient l’autel et l’assemblée.Un bruit confus s’élève, et du peuple surpris Détourne tout à coup les yeux et les esprits.Une femme.Peut-on la nommer sans blasphème ?Une femme.C’était Athalie elle-même.Le nom terrible une fois prononcé, le récit se précipite, rapide, ordonné, et d’un pathétique toujours croissant.Voici Athalie “superbe”, et sans retenue; voici la fuite du peuple, et tout à coup ,avec l’apparition de Joad, les deux adversaires s’affrontant.Quelle lutte ne va pas s’engager ?Mais, brusque revirement inexplicable sans un miracle, Athalie stupéfaite semble oublier l’ennemi dressé devant elle, pour s’absorber toute dans la contemplation d’Eliacin.Répit ?.Promesse de trêve ?—-Au contraire.Josabet qui connaît la vraie personnalité de l’enfant, éprouve une inquiétude nouvelle: Quoi donc ?Eliacin a paru devant elle ?Cette inquiétude, Zacharie ne peut la dissiper entièrement; car, si les prêtres ont fait disparaître Eliacin, lui-même ignore la suite des événements; et Josabet ne peut que pousser vers Dieu un cri d’angoisse et une prière! Ah ! de nos bras sans doute elle vient l’arracher; Et c’est lui qu’à l’autel sa fureur vient chercher.Peut-être, en ce moment, l’objet de tant de larmes.Souviens-toi de David, Dieu qui voit mes alarmes.Ainsi le spectateur, bouleversé d’abord par l’arrivée de Zacharie, puis associé lentement à l’émotion de tous, puis rapidement initié aux péripéties d’un conflit qui en annonce un plus grave, reste, avec Josabet, incertain, inquiet.Tout cela, parce que le récit est à la fois tel que l’exigeait le caractère du messager, et, en soi, admirablement conduit.Il n’est pas moins remarquable comme évocation des événements que le poète n’a pas voulu placer directement sous nos yeux. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 421 Par exemple, nous avons indiqué déjà comment les personnages du premier tableau étaient distribués.Au premier plan, l’officiant; à ses côtés, ses acolytes; un peu en retrait, les prêtres; enfin la foule des fidèles.La perspective est excellente.Mais il y a mieux qu’un heureux groupement.Précis et pittoresques, les détails abondent, qui fixent le vêtement, l’attitude ou le mouvement de chacun.C’est Eliacin debout dans son long habit de lin; c’est le grand-prêtre qui tient entre ses mains sanglantes Des victimes de paix les entrailles fumantes] ce sont les prêtres arrosant du sang des victimes l’autel et l’assemblée; c’est le peuple qui détourne les yeux.Bref, à l’exactitude de l’ordonnance, s’ajoutent la couleur et la vie.Le second tableau présente les mêmes qualités mais plus sensibles encore.Nous voyons “la reine Superbe” et “le front levé” franchissant tous les seuils interdits; le peuple qui “s’épouvante”; et, tout à coup, le grand prêtre dont le “courroux anime les regards” se dressant devant elle en adversaire “formidable.” De cette rencontre tragique, les détails se multiplient, de plus en plus précis et saisissants: La Reine alors, sur lui jetant un œil farouche, Pour blasphémer sans doute ouvrait déjà la bouche] et pour expliquer les faits qui suivent: .sa langue en sa bouche à l’instant s’est glacée, Et toute son audace a paru terrassée; Ses yeux, comme effrayés, n’osaient se détourner.le narrateur ne trouve que des termes évocateurs comme ceux d’un visionnaire! J’ignore si de Dieu l’ange se dévoilant Est venu lui montrer un glaive étincelant.Donc, qu’il s’agisse de faits exacts ou d’une hypothèse merveilleuse, le procédé employé par Racine est le même, c’est un procédé de peintre.Ainsi apparaît la double erreur des romantiques qui n’ont vu dans l’art du poète classique qu’un art intellectuel, tout abstrait; et qui ont cru réaliser un progrès en substituant à l’évocation poétique des événements leur représentation matérielle sur les tréteaux.Il n’y a pas de mise en scène qui vaille le récit de Zacharie.Style et versification: En étudiant le tableau dessiné par Zacharie, nous avons, du même coup, défini partiellement le style de Racine en cette scène: style concret, pittoresque, imagé.Nous n’y reviendrons pas.Second caractère, la variété.Sans doute, Zacharie, comme il convient à sa race, à sa-fonction, à sa demeure même, et aux circonstances, Zacharie ne se départit jamais d’une certaine distinction, voire d’une certaine noblesse.Mais sa phrase, en ses éléments comme en sa construction, s’adapte aux besoins de son récit.Dans la première partie, abondent tous les procédés qui caractérisent le style tragique.Périphrases : Après avoir du Dieu qui nourrit les humains De la moisson nouvelle offert les premiers pains.Inversions : Nous Venons d’en citer une; en voici d’autres: Lui présentait encore, entre ses mains sanglantes, Des victimes de paix les entrailles fumantes.' Un bruit confus s’élève, et du peuple surpris Détourne tout à coup les yeux et les esprits.Ampleur de la phrase: Déjà, selon la loi, le grand prêtre mon père Après avoir, au Dieu qui nourrit les humains, De la moisson nouvelle offert les premiers pains/ Lui présentait encore, entre ses mains sanglantes, Des victimes de paix les entrailles fumantes. 422 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Ces procédés, d’ailleurs, loin d’être ici conventionnels, sont commandés par les circonstances.Zacharie ne peut parler de Dieu et de son culte qu’avec un respect profond; d’où la solennité du ton; s’il L’appelle le Dieu qui nourrit les humains, c’est qu’il est tout pénétré de souvenirs bibliques, et songe sans doute au miracle de la manne dans le désert; si, au mot propre ‘‘prémices”, il substitue cette périphrase” les premiers pains de la moisson nouvelle”, c’est que ces pains, il vient de les voir sur l’autel, comme il a vu les entrailles des victimes fumer entre les mains sanglantes de son père.—Cette inversion enfin correspond exactement à l’ordre des faits: ' et du peuple surpris Détourne tout à coup les yeux et les esprits; car c’est la surprise qui précède et provoque l’inattention générale.En voilà sans doute assez pour disculper ici Racine d’avoir écrit selon un idéal impersonnel et banal, et montrer qu’au contraire il adapte son style aux circonstances.La seconde partie du couplet garde quelque chose encore de sa solennité première.Elle présente même plus d’éclat, grâce, par exemple, à cette double évocation que nous avons déjà signalée: Moïse à Pharaon parut moins formidable.J’ignore si de Dieu l’ange se dévoilant Est venu lui montrer un glaive étincelant.Mais le mouvement en est tout autre.A l’ample et un peu lente description d’une belle cérémonie, succède le récit rapide, un peu saccadé d’incidents tragiques.Les phrases les plus longues comptent 4 vers (19-22 et 31-34) ; encore ne sont-elles pas des phrases périodiques (comme 6-10), mais des phrases faites de deux principales coordonnées.Les autres, faites aussi de simples coordonnées ou même de juxtaposées, ne comptent guère que deux vers.La Reine, alors, jetant un œil farouche, Pour blasphémer sans doute ouvrait déjà la bouche .Ses yeux, comme effrayés, n’osaient se détourner.Surtout Eliacin paraissait l’étonner.Un seul vers même suffit parfois pour peindre tout un ensemble; Le peuple s’épouvante, et fuit de toutes parts.D’autre part, ce récit rapide est coupé d’exclamations, de réflexions, qui nous associent à l’émotion, nous pourrions dire à l’agitation du narrateur: Mon père .Ah ! quel courroux animait ses regards ! Moïse à Pharaon parut moins formidable.Nous aurions pu, d’ailleurs, relever le même phénomène dans les vers 17-18 qui servent de transition entre les deux parties du récit.Une femme .Peut-on la nommer sans blasphème ?Une femme.C’était Athalie elle-même ! A plus forte raison, cette rapidité du mouvement est-elle sensible au début de la scène, quand, aux questions anxieuses de sa mère, Zacharie, haletant, ne peut encore répondre que par des exclamations et des renseignements incomplets: Josabet ' Où courez-vous ainsi tout pâle et hors d’haleine ?Zacharie O ma mère ! Josabet Hé bien! quoi?etc. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 423 En signalant ce mouvement, cette variété du style dans le dialogue ou le récit, nous avons, du même coup, étudié déjà la versification.Il suffira de lire le texte pour voir que, si la majorité des vers sont d’une construction strictement régulière, Racine ne s’en tient pas à une ou deux coupes toujours les mêmes, ni à un agencement monotone des vers les uns avec les autres.Nous ne citerons qu’un exemple, d’ailleurs très simple, où deux alexandrins parfaitement réguliers doivent être prononcés non pas 12 -I-12, mais 6-^ 18: Un bruit confus s’élève, et du peuple surpris Détourne tout à coup les yeux et les esprits.Reste à dire quelques mots sur la rime.Dans une œuvre dramatique où l’intérêt porte d’abord sur la marche de l’action, la rime ne saurait avoir la même importance que dans un sonnet, et nous ne demanderons pas à un classique les prouesses verbales d’un parnassien.Nous ne nous étonnerons donc pas de trouver chez Racine des rimes qui, sans être faibles, sont juste suffisantes (limites-lévites v.21-22)—Celles-ci sont rares d’ailleurs; même quand manque la consonne d’appui, la rime chez Racine est presque toujours sonore, soit qu’elle porte sur des è ouverts (blaspheme—elle-même, v.17-18), ou des diphtongues (faronche-bouche, v.29-30); soit que les consonnes finales obligent à une forte articulation (parts-regards, v.23-24) ou imposent la prononciation nasale (humains-pains, v.7-8; Eliacin-lin v.11-12).La consonne d’appui est d’ailleurs fréquente et, dans le seul second couplet de Zacharie, nous trouvons: réservé-levé, v.19-20; impiété-majesté, v.27-28; dévoilant-étincelant, v.30-31; glacée-terrassée, v.32-33; détourner-étonner, v.34-35.Nous pourrions ajouter formidable-redoutable, tant les deux résonances des dentales d et t sont voisines l’une de l’autre.Surtout pas de rimes faciles ou banales.Même les épithètes ont, à la rime, une valeur spéciale.Nous l’avons indiqué déjà en étudiant la valeur pittoresque du morceau : Lui présentait encore, entre ses mains sanglantes, Des victimes de paix les entrailles fumantes.Ce qui domine, d’ailleurs, aux fins de vers, ce sont des mots essentiels, verbes ou substantifs, et nous ne voyons pas qu’aucun d’eux n’ait été amené par un procédé complaisant.Après avoir, au Dieu qui nourrit les humains De la moisson nouvelle offert les premiers pains .Et se préparait même à franchir les limites De l’enceinte sacrée ouverte aux seuls lévites.Le peuple épouvanté s’enfuit de toutes parts.Mon père.Ah ! quel courroux animait ses regards ! Nous pourrions apporter d’autres exemples; ceux-ci suffisent sans doute à établir que, sans avoir pour la rime un culte superstitieux, Racine lui accorde toute l’importance qui convient.Une fois même, il poussa le respect jusqu’au scrupule et, Dieu me pardonne ! le scrupule envers la rime jusqu’au mépris de.l’orthographe ! Il écrit, en effet, au v.19: Dans un des parvis aux hommes réservé pour rimer rigoureusement avec le vers suivant: Cette femme superbe entre le front levé.Le poète a mis réservé au singulier, quand, de toute évidence, il faudrait le pluriel, si réservé s’accorde non pas avec un, mais avec des parvis.Mais il y aurait mauvaise grâce à insister sur ce sacrifice volontaire de la correction à la rime.Et notre conclusion sera celle-ci: pour n’être qu’une scène de préparation, le récit de Zacharie nous a montré chez Racine ce souci de vérité psychologique, ce sens pittoresque, ce don du mouvement et de la vie qui font de lui mieux qu’un homme de théâtre, un poète dramatique.Gaillard de Champris. 424 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE LES SCIENCES NATURELLES A L’ÉCOLE PRIMAIRE {Pour “L’Enseignement Primaire”) TROISIÈME LEÇON D’ENTOMOLOGIE (1) ÉTUDE DE QUELQUES INSECTES D’APRES LE TABLEAU MAHEUXI “LES INSECTES NUISIBLES” Le Papillon du choux.maître.—(Indiquant de la baguette le papillon au coin de la 1ère planche du tableau).Regardez bien ici et dites-moi si vous connaissez cet insecte.Émile.—C’est un bien joli papillon que tous les jours d’été je vois voltiger au jardin; je suis bien surpris de le voir sur la liste des insectes nuisibles, lui, si gracieux, et je me demande quel mal il peut bien faire.maître.—Les papillons sont sans contredit les plus beaux des insectes, mais, à l’état de larves,ils peuvent passer pour les plus malfaisants; celui-ci, qu’on appelle le papillon ou piéride du chou et que vous reconnaitrez sans difficulté à ses quatre ailes blanches tachetées de noir à leur partie supérieure, cause, à lui seul, plus de dommages aux cultivateurs que tous les autres papillons nuisibles ensemble.Il nous est venu d’Europe il y a environ 70 ans, alors que ses œufs ou ses chrysalides nous furent apportés probablement avec les fourrages-légumes destinés aux animaux qu’on importait d’Angleterre.Il se multiplia si rapidement qu’une dizaine d’années plus tard, on évaluait déjà à $240,000 les dommages qu’il causait aux cultivateurs de la Province de Québec.Comme tous les papillons, il appartient à l’ordre des lépidoptères, c’est-à-dire des insectes qui ont quatre ailes recouvertes d’une poussière écailleuse.Erne ;t.—-Et moi aussi, de même qu’Émile, j’aimais bien ce beau papillon blanc que je vois si souvent dans le jardin de chez nous voltiger parmi les choux, et j’aurais cru mal faire en le détruisant, car je le croyais bien inoffensif.maître.—-Votre ignorance de cet insecte vous excuse, mais écoutez bien.Nous ahons ensemble lui faire son procès et vous le jugerez ensuite à son mérite.Dès les premiers jours de mai, ce papillon est déjà éclos et ne tarde pas à déposer ses oeufs à la face inférieure des feuilles de choux ou de navets.Une seide femelle pond de 200 à 300 œufs, n’en mettant ordinairement que quatre ou cinq à la même feuille et ce, afin d’assurer aux futures chenilles une plus ample provision de verdure.Après huit à dix jours, de ces œufs petits et de couleur jaune sortent de petites larves ou chenilles, lesquelles commencent à ronger la feuille mise à leur portée par les soins prévoyants de leur mère.Si vorace est leur appétit que, si on les les laisse opérer en liberté, du beau plant de chou où on les voit, il ne restera bientôt que la tige et les grosses côtes ou nervures des feuilles.Nous avons vu déjà des champs de choux où la piéride ou chenille, abandonnée à elle-même, avait tout détruit.La larve, que vous voyez ici en train de déguster une feuille, est verte, veloutée et porte sur le dos et de chaque côté une ligne longitudinale jaune.Émile.-—La surface de la feuille du chou est bien glissante, cependant les larves s’y maintiennent si solidement que jamais on les voit tomber; quel est donc le secret de cet équilibre?maître.—Aussitôt en contact avec la feuille, chaque petite chenille émet de sa filière, des fils de soie qu’on voit bien à l’aide d’une loupe et qu’il l’attachent à la feuille.Après s’être repue pendant environ trois semaines, la larve est mûre pour une nouvelle métamorphose, et de chenille, elle va devenir papillon.A cette fin la plupart des insectes de son ordre se filent un cocon avec les fils de soie qu’ils sécrètent et s’y tiennent enfermés comme dans une petite maison, où s’opère l’incompréhensible travail qui doit changer complètement la structure première.Mais la réserve de soie dont dispose notre larve ne lui permet pas de se payer le luxe d’une telle demeure; aussi se contente-t-elle de ne sécréter qu’un fil dont elle se fait une ceinture à l’aide de laquelle elle s’attache soit à la lisse de la clôture, à l’écorce brisée d’un arbre ou à une tige quelconque.Sa peau, de verte qu’elle était, devient blanche, ensuite brunâtre et se durcit.Au (1) Voir L’Enseignement Primaire de février 1926. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 425 bout d’une quinzaine de jours elle se fend, tel un fruit mûr et livre passage à l’insecte parfait que vous appelez papillon blanc; aussitôt sorti de son enveloppe, il pond ses œufs et meurt.Rappelez-vous que tous les insectes à métamorphoses passent par les quatre états que vous venez de connaître.Oeufs, larve, chrysalide, insecte parfait.C’est ce que l’on appelle métamorphose complète et, pour le papillon du chou, cette évolution peut se produire trois fois dans le cours d’un été dans notre pays.Les dernières chrysalides passent l’hiver suspendues par leur ceinture, résistent aux rigueurs de la saison et éclosent dès les premiers jours de mai.Émile.—La preuve contre cet insecte est suffisante pour le classer au rang des pires ennemis du cultivateur et, pour ma part, je vous promets de mettre à mort tous les papillons blancs que je pourrai attraper.maître.—Autant de papillons du chou détruits, autant de centaines de chenilles de moins.paul.—La piéride du chou a sans doute ses ennemis naturels qui lui font la guerre?Autrement, il me semble que la culture du chou deviendrait impossible.maître.—Une seule famille de papillons laissée à son cours naturel de reproduction suffirait, en moins de trois ans, pour faire disparaître toute vie d’une grande province comme la nôtre.Aussi, Dieu nous a-t-il donné les hirondelles, les pinsons, les fauvettes, etc.qui font leur pâture de milliers de larves.Il a aussi créé les Ichneumons dont nous avons déjà parlé dans le cours de notre deuxième causerie et qui pondent leurs œufs dans le corps des chenilles; ces œufs éclosent bientôt en de petits vers qui dévorent les chenilles et les font périr par milliers.Pensons bien que si la Providence nous retirait ces précieux auxiliaires, l’équilibre qui existe au milieu de tant de forces opposées, serait vite détruit et, dans un très petit nombre d’années, ce serait la fin du monde par la famine.Émile.—-J’ai bien des fois entendu maman se plaindre des ravages que la piéride du chou exerçait dans notre jardin, et voudrais connaître un bon moyen de faire périr cette méchante larve.maître.—-Il y en a, et d’excellents.A l’automne, quand les produits ont été mis en cave, il est bon de faire un grand ménage au jardin; on devrait alors recueillir pour les brûler les feuilles mortes, branches etc.qu’on trouve sur le sol et qui peuvent porter des œufs ou des chrysalides; on recommande également de brosser le tronc des arbres, de même que la clôture du jardin, et de détruire les chrysalides qu’on y trouve.Au printemps, dès les premiers jours de mai, il faudra tous les jours examiner les choux et les navets et écraser les œufs qu’on trouvera au revers des feuilles.Si la culture du chou se fait en grand, ce moyen ne serait pas très pratiquent il faudrait l’arrosage ou la pulvérisation au vert de Paris.A cette fin, on devra mettre dans un baril d’eau, Ls de livre de ce poison et bien mélanger le tout.La pulvérisation peut également se faire à l’arseniate de plomb dont on mettra deux ou trois livres dans un baril d’eau.Deux ou trois livres de savon de résine ajoutées au mélange le fera mieux adhérer aux feuilles.Il faudra appliquer ce préservatif dès le plus jeune âge des plants et continuer jusqu’à ce qu’ils soient à moitié "pommés”.Émile.—Je sais que le vert de Paris, de même que l’arseniate de plomb, sont des poisons, et je craindrais de manger des choux qui ont été ainsi arrosés, de peur de m’empoisonner.maître.—Ces liquides insecticides-sont certainement des poisons; encore, pour en ressentir du mal, faudrait-il les absorber en quantité suffisante.Il a été démontré que pour s’empoisonner en mangeant des choux qui ont été arrosés de ses liquides, il en faudrait consommer 28 d’un coup.Au reste, quand les choux ont commencé à “pommer”, le danger des larves est passé et il n’y a plus lieu de les arroser.Vous avez là les meilleurs moyens de faire la guerre à un ennemi, qui, pour être petit, n’en est est pas moins redoutable.Si de tous côtés on s’entendait pour entreprendre une campagne d’extermination contre le papillon du chou, il n’y a aucun doute qu’en peu de temps, le nombre en serait tellement réduit que les dégâts n’en seraient plus appréciables.N.B.Afin de graver dans l’intelligence des élèves au moins les idées principales de cette leçon, il me semble nécessaire de la faire suivre d’un petit exercice qui sera fait à l’aide des notes prises et du canevas suivant: Le papillon du chou.A quel ordre d’insectes, il appartient.Ses métamorphoses.Les ravages qu’il exerce.Ses ennemis naturels.Moyens que possède le cultivateur pour lui faire la guerre.E.Litalien, Inspecteur d’école. 426 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE EN MARGE DE L’HISTOIRE DU CANADA Le serment (Composition) A Tombre des sapins, une humble cabane en bois rond, où percent deux étroites fenêtres ouvrant au midi, tel est le palais du défricheur, à Ville-Marie.Poussez discrètement les planches mal jointes qui ferment l’entrée; les lourdes barres de fer n’ont pas été ajustées, ce soir, et l’Iroquois, par surprise, aurait facilement raison de ce colon robuste mais désarmé que vous apercevez là-bas, tout au fond, agenouillé devant la grande croix de bois que surmonte le rameau bénit.A la lueur de la lampe ses traits énergiques àccusent leur ombre sur le mur grossier.Cet homme, c’est Nicolas Tillemont, l’ami de Dollard, l’un des premiers choisis parmi les “seize”.L’enthousiasme, une ambiance de généreux dévouement, d’abnégation au service d’une noble cause, la sainte contagion de l’héroïsme avaient grandi son âme jusqu’au sacrifice suprême.Et pourtant, à l’heure où, l’un après l’autre,ses compagnons prononçaient le serment redoutable, dans son cœur, un immense désir de vivre s’éveillait.Mourir! Mourir, quand on n’a pas trente ans! Mourir, quand l’existence est si riche de promesses pour qui veut en accepter les devoirs austères!.Était-ce donc pur égoïsme que ce regret des jours qu’il allait immoler?“Pour vivre, il faut savoir dire MOURONS!” avait crânement affirmé Dollard.Oui, mais ne suffisait-il pas d’attendre l’ennemi ?Aller au-devant de la mort, n’était-ce pas témérité plutôt que bravoure?.Des victimes, Ville-Marie peut-être en aurait besoin .plus tard, pas aujourd’hui.Tillemont avait reculé.Et voilà pourquoi, brisé de lutte et d’émotion, le colon, après le départ de la valeureuse petite troupe, était retourné solitaire, à sa demeure, sentant croître en son cœur comme un vague remords.“Nos jeunes gens sont revenus”, lui dit Lambert Closse, deux jours plus tard.Et pourquoi ?reprit Nicolas.Ils ont rencontré un parti d’Iroquois.Un de leurs hommes a été tué.Deux autres se sont noyés.Lesquels sont morts ?Nicolas Duval, Biaise Juillet, Mathurin Soulard.Dollard et les siens assisteront demain aux funérailles; puis ils retourneront à leur poste: le gros des barbares ne tardera pas à paraître.Ce que Lambert n’ajouta pas, c’est l’angoisse qui l’étreignait, se sentant retenu par ses devoirs de chef de famille, tandis qu’il voyait repartir ces chevaliers de la civilisation chrétienne au Nouveau-Monde.Le lendemain, lorsque Dollard et Tillemont se rencontrèrent près de la tombe fraîchement ouverte où allaient dormir les trois héros obscurs, ils se jetèrent dans les bras l’un de l’autre.“Frère, dit Nicolas, c’est Dieu qui vous ramène.Il me permet de réparer ma faute.J’ai été lâche.Pardonne-moi.” “Je comptais sur ton retour”, répondit simplement la voix douce de Dollard.Tillemont avait parlé lentement, calme et ferme.Sa résolution, il n’aspirait plus qu’à la rendre irrévocable.S’arrachant à la fraternelle étreinte, il étendit la main vers la tombe et reprit mot à mot la fornule de serment.“Je jure de combattre jusqu’à la mort et de ne jamais demander quartier.” Scène sublime, digne des épopées antiques! Scène héroïque de martyrs s’offrant à la mort! Partez, enfants de la vieille France! Partez, vous n’aurez pas à rougir de ce frère qui revient vers vous! Partez, vous qui avez donné votre cœur à cette France nouvelle dont vous serez les sauveurs! L’histoire nous a dit comment tombèrent les dix-sept Français, auréolés d’une double gloire, hérauts de la foi et de la civilisation sur la terre d’Amérique.Aussi la jeunesse canadienne aime à célébrer dans ces vaillants lutteurs non seulement de grands patriotes, mais des héros chrétiens.Une élève du cours supérieur, École Normale des Trois-Rivières. L'ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 427 H 4 428 RENSEIGNEMENT PRIMAIRE LE DESSIN A L’ÉCOLE PRIMAIRE Septième leçon (mars 1926) (Pour L’Enseignement Primaire) Examinons la fig.A.il s’agit d’un cube placé différemment par rapport à la ligne d’horizon et du point P.(point principal), position de notre œil.Les cubes sont de front, c’est-à-dire que leurs plans verticaux et horizontaux sont parallèles au plan vertical (tableau) et au plan horizontal (terre).Nous pouvons dire tout de suite que les lignes parallèles fuyantes s’appellent parallèles perspectives.Toutes ces parallèles ont le même point de fuite.Celui-ci est infiniment éloi-;[ïïé sur la ligne d’horizon.Les lignes parallèles de front au contraire n’ont pas de point de fuite, elles restent pa-xallèles.Les lignes perpendiculaires au plan vertical ont pour point de fuite le point principal.Ainsi, tous les cubes de la fig.A ayant chacun deux plans perpendiculaires au plan vertical, il s’ensuit que tous ont leur point de fuite au point principal.Et puisqu’ils sont tous perpendiculaires au plan vertical, ils sont aussi parallèles entre eux.Le cube 1 traversé en son milieu par la ligne d’horizon, n’a, par conséquent, pas de perspectives.Le cube 2 est en dessous de la ligne L.H., on en voit donc deux faces, puisque étant en dessous de L.H., notre œil le voit par dessus.Les fuyantes en P indiquent les pentes que devront avoir ses côtés.Les cubes 3,4, montrent trois faces et pour les mêmes raisons subissent les mêmes lois, ainsi que les cubes 5 et 6 dans le sens inverse.C’est le dessous que nous voyons maintenant.Un cas particulier pour le cube 7 : celui-ci présente deux côtés à notre vue, mais on remarquera qu’il est ainsi placé que sa face a.b.est perpendiculaire au point P.Le même cas se présente cette fois dans le sens horizontal en 8.^ Faire faire au tableau un cube dans ces diverses positions et s’étendre en explications sur les cas des cubes placés dans les positions 7 et 8.Les élèves admettant difficilement que a.b.soit une verticale et c.cl.une horizontale.Les cubes d’angle à 45° et les cubes dans une position quelconque ont leurs plans verticaux fuyants.Ils ont deux points de fuite.Les parallèles fuyantes nommées lignes d’angle à 45° ont pour points de fuite les points de distance—en D.D (fig.1).On trouve les points de distance en reportant à droite et à gauche du point P.la distance qui sépare l’observateur du tableau (fig.1).Les parallèles horizontales, dans une position quelconque, convergent en un point quelconque sur la ligne d’horizon.Ces points sont souvent hors du tableau ou de la feuille de papier sur laquelle on dessine., .T Les cubes d’angle à 45° ont toujours une diagonale de front.Leur arete de droite est égale à celle de gauche; celle du milieu est la plus grande.Leurs deux points de fuite sont à égale distance du point —P.^ , ,,, .Les cubes sont dans une position quelconque (fig.2 et 3).Le cube a.repose sur I horizon et “les lignes fuyantes” de cette base forment une ligne droite._ Les cubes b.c.d.sont, soit au dessus, soit au dessous de l'horizon.La diagonale des cubes dans une position quelconque n’est plus de front., Leurs arêtes sont inégales, ont deux points de fuite, mais ces points sont inégalement distants du point P.L’un d’eux est souvent inaccessible (fig.3).Progression pour le mois de MARS : Dessin à vue: Étude de la surface rectiligne dans le plan vertical.Modèles à emprunter: La porte, la fenêtre, les cadres, le carton à dessin, le paravent, etc., etc.Gaston Hoffman, Professeur ci l’École des Beaux-Arts de Québec. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE b\A*k**b cL^-a^-^ 430 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 431 LA VIE RURALE Son concours national et religieux (Pour U Enseignement Primaire) La paroisse rurale a été chez nous une citadelle inexpugnable.Bien assise sur des fondements chrétiens, elle a résisté à toutes les tempêtes.Elle a été le sanctuaire où se sont conservées et se conservent encore intactes la Foi, les traditions et la langue.Elle est notre grande force nationale et religieuse.Depuis trois siècles, non seulement nos campagnes ont fourni surabondamment la subsistance matérielle à notre peuple, mais elles ont donné à l’Église et à la Patrie la plupart de ses grands hommes.La noblesse chez nous a des origines terriennes.Parmi les Canadiens français qui occupent les sommets dans notre monde politique, financier, social et religieux, ils sont nombreux ceux qui se font gloire d’avoir vu le jour dans une maison de cultivateur, d’avoir fréquenté la petite école de campagne, d’avoir reçu leur première formation religieuse au catéchisme de l’église du village.Il est manifeste que la Providence s’est servi de l’agriculture pour nous sauver aux jours de dangers et de calamités.Sans la force de résistance de nos campagnes, nous aurions péri d’abord dans l’héroïque aventure de la fondation; nous aurions péri lors de la conquête et des invasions; nous disparaîtrions aujourd’hui, peu à peu absorbés par le grand tout anglo-saxon et l’influence américaine.Nos campagnes ne firent d’abord qu’œuvre défensive; elles se contentèrent de garder fidèlement le dépôt.Puis elles voulurent faire plus pour l’Église et la Patrie.Ce fut les jours de nos grandes conquêtes pacifiques et évangéliques.A l’Église, elles fourniront leur large part des prêtres, des missionnaires, des évêques qui partirent de Québec pour aller dans toutes les parties du Canada et jusqu’aux États-Unis, évangéliser, organiser des paroisses et fonder des diocèses.A la Patrie, elles donnèrent des défricheurs et des semeurs qui ouvrirent nos grandes et riches régions de colonisation, les greniers de notre province.Ce sont des fils du sol qui dans une lutte pacifique conquirent les Cantons de l’Est, établirent notre influence dans l’Ouest, qui de nos jours prennent racine jusque dans Ontario.La conservation de la langue française a joué un grand rôle dans la survivance de notre peuple.C’est dans nos campagnes que se conserve le mieux et sans alliage le vieux parler de la France.C’est au sein de notre classe rurale qu’on retrouve le vrai type de notre race avec toutes ses précieuses qualités physiques et morales, avec l’esprit gaulois et l’esprit chrétien.L’avenir du Canada français est intimement lié à l’œuvre de nos campagnes.C’est toujours là qu’est la résistance, les ressources de vie nationale et religieuse, la puissance conquérante.Rien n’est changé chez nos ruraux.Ce qu’ils ont fait autrefois pour l’Église et la Patrie, ce qu’ils font de nos jours, ils l’accompliront demain.Paul Tardivel.ENSEIGNEMENT DE LA LANGUE ANGLAISE Étude de la grammaire (suite) IN—ON Ce que nous avons dit pour the et a, my et your, I et î/or, peut s’appliquer à d’autres mots, tels que I et we, he et they, he et she, this et that, his et her, his ou her et their, etc.Voici la marche à suivre dans l’étude des prépositions; le procédé employé pour in et on pourra servir à d’autres vocables analogues.Comme toujours nous procédons par antithèse.Si j’amorce la leçon par le français, je prends la plume et le livre, et mettant la plume sur le livre ou dedans, je dis dessus, dedans; je recommence le même jeu une fois ou deux, avec deux autres objets, la cuiller et la boîte, par exemple.Puis je passe à l’anglais, j’exprimerai d’abord moi-même la position de l’objet, in ou on, suivant le cas; ce sera ensuite le tour des élèves.On varie les objets le plus possible.U ne faut pas que les deux mots in et on alternent bien régulièrement: prenez-vous-y d’une telle manière que les élèves soient obligés de regarder continuellement la position de l’objet sous peine de se tromper. 432 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE A l’étape suivante on ajoute un complément à la préposition, ce qui sera facile, vu qu’on ne se sert que des objets déjà étudiés.Le maître dira d’abord lui-même, suivant le cas: In the box.On the coat.On the mat.In the hat.In the book.On the chair.Etc.Puis ce sera au tour des élèves de parler; quand il n’y aura plus d’hésitation, on pourra faire construire une phrase complète en se servant des phrases que les élèves sont déjà à même de construire, comme, I take the cat,—You put the pen,—I take my pen,—You take your pen, etc.On pourra alors obtenir des phrases telles que les suivantes; elles figurent à la page 36 du Livre préparatoire: Put the coat on the chair.I put my spoon in the plate.The spoon is in the glass.I put the cat on the mat.My book is on the chair.Etc.A l’aide des petits mots in et on, nous pouvons déjà construire des phrases deux fois plus longues.L’élève qui, à la fin de la quatrième semaine, peut former ces petites phrases avec aisance, est plus encouragé, plus avancé aussi en anglais, que s’il avait appris une simple liste d’une centaine de mots.Les 25 mots de son vocabulaire lui permettent déjà d’exprimer un grand nombre de pensées.De la manière dont nous nous y sommes pris, nous avons enseigné ces particules in et on d’une manière aussi expérimentale que des noms ou des verbes.S, SIGNE DE LA 3e PERSONNE Jusqu’ici nous avons employé les verbes sans changement de terminaison; comment donner à nos débutants l’habitude de cette S, signe de la 3e personne du singulier du présent de l’indicatif?L’élève sait déjà, comme d’instinct, employer les verbes français aux trois personnes grammaticales: il peut parler de lui-même, parler à un autre, ou parler d’un autre.Plaçons-le dans les mêmes conditions et nous pourrons lui donner la même capacité d’expression en anglais.Il ne sera pas question pour lui de rôle grammatical, de première, deuxième, et troisième personne, terminologie fastidieuse et incompréhensible pour les tout jeunes élèves et souvent même pour de plus grands.Arrivé à la 14e leçon du Livre préparatoire, l’enfant sait employer les verbes à la Ire et à la 2e personne, parce que tous les jours, dans les petites phrases qu’il bâtissait, il parlait de lui-même ou s’adressait à un camarade.L’étude de la 3e personne ne devrait pas lui présenter de plus grandes difficultés.Puisque les personnes grammaticales sont des rôles, continuons de faire “acter” les élèves.Combien la sphère du langage sera agrandie pour nos débutants quand il leur sera possible d’employer un verbe à ses trois personnes! Le Livre préparatoire, auquel nous renvoyons encore, expose tout au long la manière de procéder.On remarquera combien il est logique d’attacher la 3e personne à un nom propre sujet: c’est donc avec réflexion que l’emploi du pronom he est renvoyé à une leçon suivante.Pour orienter la leçon, le maître pourrait prendre le français comme intermédiaire.Deux enfants se placent en avant; l’un d’eux exécute ou figure une action qu’il énonce aussitôt: J'écris—je lis—je marche—je prends le livre—etc.; à chaque action, s’adressant au premier, il dit: Tu écris—^tu lis—etc.; alors le maître, parlant au reste de la classe, dit à son tour: Il écrit—il lit—etc.Le jeu des personnes grammaticales sera ainsi présenté aux élèves d’une manière aussi claire, intuitive, réelle, vivante, concrète que s’il s’agissait pour eux de nommer en anglais des objets mis sous leurs yeux.Il serait à souhaiter que ces procédés propres à la méthode directe fussent aussi employés dans l’enseignement du français.Un Frère de l’Instruction chrétienne. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 433 DOCUMENTS OFFICIELS COMITÉ CATHOLIQUE DU CONSEIL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE PROCÈS-VERBAL DE LA SESSION DE FEVRIER 1926 SÉANCE DU 3 FÉVRIER 1926.Présents:—L’honorable Cyrille-F.Delage, surintendant, président, Mgr l’évêque des Trois-Rivières, Mgr l’évêque de Nicolet, Mgr l’évêque de Joliette, Mgr l’évêque d’Hailej^-bury, Mgr l’évêque de Rimouski, Mgr l’évêque de Mont-Laurier, Mgr l’évêque de Valley-field, Mgr l’évêque de Gaspé; Mgr J.-A.Langlois, évêque de Titopolis, auxiliaire, représentant Mgr l’archevêque de Québec; Mgr Georges Gauthier, archevêque de Tarona, administrateur du diocèse de Montréal, représentant Mgr l’archevêque de Montréal; Mgr Joseph Lebeau, chancelier, représentant Mgr l’archevêque d’Ottawa; Mgr L.Maurice, vicaire-général, représentant-Mgr l’évêque de Chicoutimi; Mgr A.-O.Gagnon, évêque de Spiga, auxiliaire, représentant Mgr l’évêque de Sherbrooke; Mgr A.Fontaine, vicaire-général, administrateur 'pro tem, représentant Mgr l’évêque de St-Hyacinthe; le révérend Père L.Vincent représentant Mgr le vicaire-apostolique du Golfe-St-Laurent; l’honorable juge J.-E.Robi-doux, l’honorable Hector Champagne, l’honorable juge Mathias Tellier, l’honorkble juge W.Mercier, l’honorable juge H.-A.Fortier, M.J.-P.Labarre, Mgr Th.-G.Rouleau, M.l’abbé.L.-A.Desrosiers, M.Nérée Tremblay, M.Nap.Brisebois et M.J.-N.Miller, secrétaire.Lecture de lettres de Mgr l’archevêque de Québec, de Mgr l’administrateur du diocë-de Montréal, de Mgr l’administrateur du diocèse d’Ottawa, de Mgr l’évêque de Chicoutimi,, de Mgr l’évêque de Sherbrooke, de Mgr l’évêque de Saint-Hyacinthe, de Mgr le vicaire apostolique du Golfe-St-Laurênt, déléguant respectivement Mgr J.-A.Langlois, Mgr Georges Gauthier, Mgr Joseph Lebeau, Mgr L.Maurjice, Mgr A.-O.Gagnon, Mgr J.-A.Fontaine et le révérend Père L.Vincent, pour les représenter à la présente session.Le secrétaire donne lecture de deux arrêtés en conseil, en date du 13 janvier 1926, nommant Mgr Th.-G.Rouleau, principal de l’École normale Laval et M.l’abbé L.-A.Desrosiers, principal de l’École normale Jacques-Cartier, membres adjoints du Comité catholique du Conseil de l’Instruction publique, pour un nouveau terme de trois ans, à compter du 26 janvier 1926.La séance est ouverte par la récitation de la prière.Le procès-verbal de la dernière session est approuvé.Le sous-comité des livres de classe présente le rapport suivant, lequel est approuvé , RAPPORT DU SOUS-COMlTÉ CHARGÉ DE L’EXAMEN DES LIVRES CLASSIQUES Séance du 2 février 1926.Présents: Mgr Brunault, président, Mgr Forbes, Mgr Rouleau, l’honorable juge Robidoux, l’honorable Hector Champagne, M.Nap.Brisebois, M.le Surintendant de l’Instruction publique et M.-J.-N.Miller, secrétaire.Il est unanimement résolu, sur proposition de M.Robidoux, appuyé par Mgr Forbes, que Mgr Brunault, évêque de Nicolet, soit nommé président du sous-comité des livres déclassé, en remplacement de Mgr Émard, démissionnaire.Le sous-comité a examiné les ouvrages suivants qui lui ont été soumis: L—“Arithmetic.Primary Superior Course, 5th and 6th Years”, by the Brothers of the Christian Schools—(Traduction d’une Arithmétique française déjà approuvée par le Comité catholique.)—Recommandé.2.—“Le Dactylographe Canadien”, par Wilfrid Nadeau.”—Recommandé.(Signé) f J.-S.Hermann, évêque de Nicolet, Président. 434 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE RAPPORT DU SOU3-COMITÉ CHARGÉ DE PRÉPARER UN PROGRAMME DE LANGUE ANGLAISE ET DE LANGUE FRANÇAISE POUR LES ÉCOLES DE LANGUE ANGLAISE Votre sous-comité, nommé à la session du 23 septembre 1925, a l’honneur de faire rapport qu’il s’est réuni à Montréal, à l’École normale Jacques-Cartier, lundi, le 11 janvier dernier, sous la présidence de M.l’abbé L.-A.Desrosiers.Étaient présents à cette réunion: M.l’abbé L.-A.Desrosiers, président, M.J.-P.Labarre, M.Ths-F.Cuddihy, M.Nap.Brisebois et M.J.-N.Miller, secrétaire.Après une étude sérieuse de la question, votre sous-comité a préparé le programme suivant qu’il a l’honneur de soumettre à votre approbation: COURSE OF ENGLISH AND OF FRENCH FOR ENGLISH SCHOOLS PRIMARY ELEMENTARY SCHOOLS Preparatory Course.READING.—WRITING.—SPELLING.a) Very familiar, short, easy words, read, then spelled, then written.Combination of the words read, spelled, and written into short easy sentences, rhymes and jingles.b) Carefully selected short, easy recitations, to be taught orally, and recited in concert, until pupils are able to read sufficiently well.Whatever the method followed in teaching reading to beginners, the old plan of teaching the letters first should not be followed.The child should be taught to read words as a whole from the very start, then to write them.The words chosen with the utmost care should be very familiar, short, easy ones.Examples : a man, a pan, and a can, a rat, a hat, and a cat, etc., etc.All the modern Primers furnish good collections of such words.The child learns the word as a whole first, then he learns to write it, after which he learns the names of the letters.Thus he learns the letters while learning to read and write.INFERIOR COURSE.•a) Reading.h) Recitation.First year.a) Reading and writing.b) Recitations.a) In Primer, continued.No word to be read of which the child does not know the meaning.Reading and writing to go hand in hand.The reading lessons to be copied from the book.Great care to be taken to make sure that the copying is exact.Lessons read and copied to be afterwards dictated.b) Carefully selected short, easy, well understood recitations, to be copied, learned and recited.Insist upon naturalness of tone, distinct articulation, correct pronunciation, and appropriate inflection.c) Sentence building.First year.c) 1.From scattered words on blackboard get the pupils to construct complete sentences.Write a name word and call for the action-word and vice-versa.2.To cultivate the power of attention, have the pupils copy correctly some selection from the Primer.3.See that each pupil is able to write his name, home address, and school address correctly, as well as the abbreviations, Mr.Mrs.St.Av.d) Introduc-tory grammar, without definitions and rules.d) Teach by the inductive Method : name word, action word, and by the comparative Method: the five vowels a, e, i, o, u.Continue drills on correct English.Let class errors be the basis of these drills.Ex.: She should have gone, she should have come, etc., etc. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 435 2nd year.Reading, a) Combined exercises in reading, writing, spelling.b) Language.a) Short drills on the vowel sound found in the detached words at the head of each lesson.Diacritical marks are to be learned incidentally.Lay special stress upon distinct articulation.Drill upon short words in which difficulties are found.Ex.: Length, breadth, height, what, why, and words ending in “ing”, d, s, t, etc.Insist upon naturalness of tone, correct pausing, rising and falling inflections.In reproduction of lesson, give attention to initial capitals, periods, question marks, and quotation marks.In this grade pupils should be required to copy a portion of the reading lesson correctly, giving attention to the punctuation.This may serve as variety in assigning short homework.Spelling from Reader.Dictation every day on the lesson given.b) Continue as in first year to help increase children’s vocabulary, and improve their manner of expression through conversation and oral composition on familiar and interesting subjects.c) Introduc- c) Grammar.Review of preceding year’s work.Kinds tory grammar, of nouns.General rule for plurals.The common and numeral adjectives.Oral and written exercises.Select nouns, verbs, and adjectives from Reader.Prepare the pupils for the study of verbs by certain questions in present, past and future time.Ex.: Where do you go every day ?Where did you go yesterday ?Where will you go to-morrow?Oral conjugation of “be” and “have” in the present, past, and future tenses.Drill in use of homonyms and easy antonyms as heel, heal; steal, steel; long, short; early, late; before, behind, etc.Use of capitals for God’s name and proper nouns.Abbreviations of Rev., P.Q., A.M., P.M., B.V.M., Col., Capt., Rt., Rev., P.S., M.P., Continue drills in correct English.3rd year.INTERMEDIATE COURSE.a) Reading.b) Introduction to expressive reading.c) Spelling.d) Recitation of selections.a) In the assignment of the lessons, every new word should be spelled and defined.Let the pupil read over the lesson in order to find the subject of each paragraph and note the spelling of each new word.b) Proper tones and modulations in harmony with the sentiments expressed in the lesson.c) Divide words into syllables.Give accent and diacritical mark of accented syllable.) Easy definition given by teacher when necessary.Sentence building from words spelled.Dictation from words learned orally, taken from Reader, Catechism, and Geography or words mis-spelled in composition.d) Recitation of previously explained fables, short selections in verse, and of a selected number of pieces in prose.Insist on inflection, emphasis, conversational tone.^th year.a) Reading continued with progressive development.b) Spelling.c) Recitation of selections.a) As in the Third year.Ease and fluency to be still further developed.b) Words in Speller inserted in sentences.Words from Geography, Reader, and Catechism.c) As in the Third year. 436 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 5th and 6th years.1st and 2nd years.3rd year.4th year.SUPERIOR COURSE.a) Expressive reading.h) Spelling.c) Special exercises in explained reading, and literary analysis of lan- a) Special attention to be paid to tone and inflection.Important words to be emphasized.h) Definition of all words in practical use.Dictation : Group the words by an interesting selection.Dictation from paragraphs in Reading.c) Oral exercises to train pupils to discover the sentiments and ideas expressed in the reading lesson, with written analysis of the same.guage.d) Combined d) Expressive recitation of selections previously explained exercises in in prose and in verse, taken from noted writers, reading, elocution, and recitation of selections.Grammar—Analysis and Parsing INFERIOR COURSE.Oral introduction, without definitions and rules.As in reading program Jo) Oral form especially.Use of the textbook.h) Systematic study developed of the elements learned through experience from language to grammar.c) Analysis and invention in combination with vocabulary and language exercises.INTERMEDIATE COURSE.a) Review lessons of preceding year.Frequent exercises in language.Nouns and pronouns with modifications.6) Constant drills on possessive and correct forms of pronouns.Correct use of irregular verbs.Parts of speech with the exception of participle, preposition and conjunction.Parts of sentences.Phrases: adjective and adverbial.Memorize verbs have, he, others in common use: do, come.c) Analysis and parsing of easy sentences.Insist on relation of words to determine parts of speech.Continue drills on correct English.Review of 3rd.year work.More extended and systematic study of all the elements.Textbook of grammar on the experimental plan, more importance to be given to the latter.Exercises of application and of invention of different kinds.Parts of speech.Review difficulties in formation of numbers, genders, and cases.Drill on correct English forms, taking class errors as basis for the work.Declension of nouns and pronouns.Degrees of comparison.Verbs, conjugation.Exercises on the principal parts of irregular verbs.Great attention should be given to the use of the past tense and perfect participles of irregular verbs.Various exercises on transitive, intransitive and copulative verbs.Distinction between use of the past tense and the perfect tense.Simple analysis.Adjective and adverbial phrases.Sentences.1.Glassification according to meaning and form.2.Detailed analysis of all kind of simple sentences.Introduce phrases. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 437 SUPERIOR COURSE 5th year.a) Review of the fourth year work.b) Analysis and parsing.c) Composition.a) Review Fourth year work.Continuation of same with more difficult applications.Complex sentences.Verbs.Different forms of verbs: progressive, negative, interrogative, negative-interrogative, defective.Principal parts of irregular verbs.Participles, adverbs, prepositions, interjections.b) Analysis.Introduce analysis of complex and compound sentences.Principal marks of punctuation.c) “Correct language” drills continued, and special drills on letter writing.6th year.a) Review of the fifth year work.b) Prefixes and suffixes.c) Literary and literal analysis.d) Recitation.e) Composition.a) Review work of preceding years by selecting difficulties in each part of speech.b) Study of prefixes, suffixes.c) Detailed analysis of paragraphs in Reader or stanzas of poetry.d) Literary selections from prose and poetry with an intensive study of Gray’s Elegy.e) Continue Fifth year work.Short essays on general subjects, and compositions based on the works prescribed for reading.PRIMARY VOCATIONAL SCHOOLS.7th year.a) Reading.Selections from the best literary authors.b) Recitation.c) Composition.Literature : a) General qualities of style b) Divisions of style.c) Kinds of Literature.d) History of Literature.a) To correct defective pronunciation and obtain purity of accent, etc.Critical analysis to bring out the meaning which the author wishes to convey.b) Literary Selections from prose and poetry.c) Short essays on general subjects and compositions based on the works prescribed for reading.Commercial correspondence.a) Purity, propriety, precision, clearness, harmony, strength and unity.b) Sublimity, beauty, wit, and humour.c) Descriptive, Narrative, their qualities, distinction between prose and poetry.Principal kinds of prose and an intensive study of Evangeline and the Vision of Sir Launfal.d) History of English Literature: 17th Century.Reading, recitation, composition.Review' of 7th.Year’s work.8th year.Literature : a) Style.b) Kinds of Literature.c) History of Literature.d) Literature: (for critical stu- a) Figures of Language;—Figures of Etymology, Syntax, and Rhetoric.b) Principal kinds of poetry.c) History of English Literature: 18th.and 19th.Centuries.d) Shakespeare, Julius Ceasar or Merchant of Venice.Poems of Romantic Revival.dy). 438 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE FRENCH LESSONS (for English Schools).PRIMARY ELEMENTARY SCHOOLS INTERMEDIATE COURSE.3rd year.a) Graded language lessons based on the natural method.b) Elements of reading.c) Language.a) Have the pupils name the parts of the body, the different objects in the class room, articles of food, of clothing, utensils, articles of furniture, etc.Le, la, les or some other determinal words to be used before each noun.Afterwards qualifying words to be used with each word.Later on very simple sentences to be made in which the most commonly used verbs are to figure.Great attention to be paid to pronunciation.b) Reading of simple, easy sentences.— Special attention to pronunciation, meaning of words read.— Reading lesson to be written partly by copying it and partly by dictation.c) Conversations:—Familiar talks on subjects known in the mother tongue.Making short sentences orally.4-th year.a) Revision of o) Reading: attention to be paid to pronunciation.Pupils the 3rd.year’s to give orally an account of the ideas contained in the lesson, work.Reading, spelling.b) Language, c) Written work d) Elements of grammar.b) Conversation: Talks in the mother tongue, on familiar subjects.c) Construction of sentences with words already learned.Short sentences to be written from dictation.The article, the adjective, and the noun.d) Numerous exercises in the use of the feminine and masculine of common adjectives.SUPERIOR COURSE.5th year.a) b) c) Reading.Language.Grammar.a) Reading : Attention to be given to correct pronunciation.b) Pupils to give account orally of the ideas contained in the lesson.Construction of sentences with a given word.c) Nouns—-masculine, feminine, singular, plural with varied exercises—orally and written.Verbs—Avoir and Être to be studied and used in construction of sentences.6th year.a) Reading.Spelling.b) Language.c) Grammar.a) Expressive reading, always keeping in mind the pronunciation.b) Pupils to be required to give an account of the lesson in their mother tongue and in French.Easy sentences given in dictation—written exercises in genders of adjectives and nouns.— Numbers of adjectives and nouns.Short compositions on well known subjects.c) Study of verbs and text-book.Parsing: Naming of the parts of speech.Analysis: Pointing out the elements of a sentence: subject, verb, and object. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 439 PRIMARY VOCATIONAL SCHOOLS.7th year.a) Conversation and Dictation.h) Reading.c) Parsing.d) Analysis.(Logical).e' Grammar./) Composition a) The study of sentences, first orally, especially prepared with a view to augment vocabulary and to afford practical application of some special rule in grammar.h) Expressive reading which should always be translated into English.Constant attention to correct pronunciation.Summary of lesson to be given in French.c) Graded exercises, at first oral, of the same nature as those relating to corresponding rules in grammar.d) Dividing especially prepared sentencesinto propositions.— Kinds of propositions.e) Revision of the most important elementary rules by practical exercises.Elision and contraction of the article.Gender and number of adjectives.Remarks about verbs ending in cer, ger, eler, eter.Distinction of : plutôt, plus tôt; parce que, par ce que; quoique, quoi que, etc.Principal rules of syntax begun and always accompanied by practical exercises./) First oral.— Sentence building.Very short and easy narratives and descriptions.Letter writing on familiar subjects.8lh year.a) Conversation and Dictation.b) Reading.c) Parsing.d) Logical.Analysis.e) Grammar./) Composition g) Memory.a) Revision of the 7th year’s work—continued efforts to increase vocabulary, aiming also at the practical application of some important rule (s) in grammar whilst incidentally reviewing others.b) Expressive reading—great attention to correct pronunciation.—Lesson always to be translated.Principal difficulties met in orthography to be summarily touched upon.Brief account of lesson to be given orally.c) Exercises, always graded, given first orally, and always relating to the corresponding grammar lesson of the day.d) Review7thyear’s work—subject treated more thoroughly.Some easy author may be followed.e) Rapid review of preceding year giving special importance to the difficulties met with in the proper use of certain moods and tenses.Syntax continued superficially but completely.For the application of syntactical rules one may refer to reading text book or to any important author used in this course./) As in preceding course—work being continually graded.Still more importance given to correspondence now taking a commercial aspect.g) Easy proverbs, fables, extracts, and stanzas from favorite authors—-all calculated to enrich both mind and vocabulary.h) Literature.h) A glance at Frenchliterary principles.A very brief sketch of the life and principal works of the most renowned French writers.Bossuet, Bourdaloue, de la Bruyère, Corneille, Racine, Fénelon, Boileau, Molière, Mme de Sévigné, and others will furnish a number of gems which should be found in every student’s note-book.Le programme qui précède est approuvé.(Signé) Abbé A.Desrosiers, Rapporteur.Relativement à la résolution par laquelle le Comité catholique, à sa dernière session, demandait au Gouvernement que le fonds des municipalités pauvres fût porté à cinquante mille piastres ($50,000) par année, M.le Surintendant fait rapport qu’il a transmis cette résolution à l’honorable Secrétaire de la Province, par lettre datée du 24 septembre 1925, et que Mgr Rhéaume, évêque d’Haileybury, et lui-même ont eu une entrevue à ce sujet avec l’honorable M.Taschereau qui a promis de prendre cette demande en sérieuse considération.M.Delâge ajoute que le budget soumis actuellement à la Législature ne mentionne aucune 440 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE augmentation du fonds des municipalités pauvres; mais il y a lieu d’espérer, croit-il, que la demande du Comité catholique recevra une solution favorable.Le Comité charge M.le Surintendant et Mgr l’évêque d’Haileybury de soumettre de nouveau cette question au Gouvernement dans une prochaine entrevue avec l’honorable Premier Ministre.Le Comité prend ensuite en considération l’item de l’ordre du jour relatif à l’inspection médicale des écoles et à la demande de l’honorable Secrétaire de la Province, d’une coopération encore plus étroite entre le département de l’Instruction publique et celui de l’Hygiène publique, et M.le Surintendant soumet à ce sujet le rapport suivant dont lecture est faite par le secrétaire du Comité: INSPECTION MÉDICALE DEî ÉCOLES ET DES ENFANTS “Cette mesure a été soulevée à la convention annuelle des Services sanitaires de la Province qui délégua les membres suivants pour rencontrer le Comité catholique en séance du 14 de mai 1913.Cette délégation se composait du Dr Arthur Simard, de Québec, président du Conseil d’Hygiène; du Dr Elzéar Pelletier, de Montréal, secrétaire du Consei d’Hygiène; des docteurs Delaney et Portier, de Québec, et du Dr Beaudoin, de Lachine.Le Dr Simard exposa l’objet de l’entrevue qui se résuma à demander la nomination d’un sous-comité chargé d’étudier la question; il soumit en même temps le sommaire suivant au nom de la convention: lo.—Les inspecteurs d’écoles actuels du département de l’Instruction publique feraient l’inspection des bâtiments scolaires; 2o.—Les instituteurs et les institutrices feraient l’examen de la vision et de la vue de leurs élèves, et référeraient à un médecin ceux qu’ils auraient trouvés défectueux, ainsi que tous les élèves qui ne leur paraîtraient pas en parfaite santé ; 3o.—Le gouvernement accorderait au Conseil de l’Instruction publique la législation dont il aurait besoin pour pourvoir à cette organisation; 4o.—Le gouvernement accorderait des primes aux commissions scolaires pour leur permettre de défrayer les dépenses médicales ci-dessus prévues.A la suite de cette entrevue, le Comité par résolution, nomma un sous-comité composé de Mgr Bruchési, du Dr Guérin, de M.Delâge, de Mgr Emard, de M.Tellier et du Surintendant, pour étudier cette question.A sa session du 24 de septembre 1913, ce sous-comité présenta son rapport déclarant qu’il était favorable au principe de l’inspection médicale des écoles sous la direction du Conseil de l’Instruction publique, et suggérait que la loi scolaire fût amendée de manière à imposer aux corporations l’obligation de faire faire cette inspection suivant des règlements adoptés par le Conseil de l’Instruction publique.Le Comité donna alors au sous-comité instruction de préparer un projet d’amendement à la loi et aux règlements qu’il avait eu en vue dans son rapport.En 1915, le sous-comité faisait le rapport suivant qui a été approuvé unanimement par le Comité catholique, à sa session du 3 février: “Votre sous-comité, nommé à la séance du 14 mai 1913, a eu J’honneur, au mois de septembre suivant, de vous soumettre un premier rapport par lequel il se déclarait favorable au principe de l’inspection médicale des écoles, sous la direction du Conseil de l’Instruction publique.“Ce rapport a été reçu et le principe de l’inspection médicale des écoles a été approuvé; puis, sur proposition de l’honorable Dr Guerin, appuyé par M.le juge Martineau, vous avez donné instruction à votre sous-comité de siéger de nouveau et de préparer un projet d’amendements à la loi et aux règlements scolaires, afin d’établir l’inspection médicale dans les écoles de la Province.“Pour se conformer à ces instructions, votre sous-comité s’est réuni à l’archevêché de Montréal, le 26 de novembre dernier.“Étaient présents: Mgr l’archevêque de Montréal, président, Mgr l’évêque de Val-leyfield, l’honorable Dr Guerin, l’honorable M.de la Bruère et M.J.-N.Miller, secrétaire.Mr.le Dr J.-A.Beaudoin, de Lachine, ayant été invité à assister à cette réunion, était aussi présent.“Après étude et discussion, votre sous-comité a résolu de soumettre à votre considération le projet d’amendements qui suit à la loi et aux règlements scolaires: L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 441 "projet d’amendements a la loi scolaire: La section III du chapitre deuxième est amendée en lui ajoutant un paragraphe 4ème comme suit: "4.—Le Conseil de l’Instruction publique est autorisé à donner aux commissions scolaires, chaque fois qu’il le jugera à propos, les instructions nécessaires pour leur permettre de pourvoir, à sa satisfaction, à l’inspection médicale de leurs écoles et de leurs élèves.“La section IV du chapitre troisième est amendée en lui ajoutant un paragraphe ]8è ainsi conçu : "§18.—Des devoirs des commissaires et des syndics relativement à l’inspection médicale des élèves et des écoles.“Les commissaires et les syndics d’écoles sont autorisés à pourvoir à l’inspection médicale de leurs élèves, sous la direction du Conseil de l’Instruction publique, et à faire les dépenses occasionnées par cette inspection.“Deux ou plusieurs commissions scolaires pourront s’unir pour réaliser cette inspection, après en avoir obtenu l’autorisation du Surintendant.” “projet d’amendements aux règlements scolaires: “Le chapitre II est amendé en lui ajoutant une cinquième section ainsi conçue: “section 5 “Règlements concernant l’inspection médicale des élèves et des écoles.“1.—L’inspection médicale se fera dans les maisons d’école, et les instituteurs devront donner toutes les facilités possibles pour aider à telle inspection.“2.'—L’inspection pourra se faire durant les heures de classe, mais on verra à ce qu’elle nuise le moins possible au travail des classes.“3.—Les officiers chargés de l’inspection exerceront tout le tact voulu pour ne pas incommoder les professeurs et apporteront toute leur attention, dans l’exercice de leurs fonctions, à respecter les circonstances particulières de chaque école.“4.—Chaque officier, attaché au service de l’inspection médicale, fera un rapport annuel qu’il adressera à la commission scolaire dont il relève; et le secrétaire de la commission scolaire transmettra une copie de ce rapport au département de l’Instruction publique avec son rapport annuel.” (Signé) t Paul, archevêque de Montréal, Président.Les articles 2563a et 2770a ont été ajoutés à la loi scolaire par 5 Geo.V, ch.36, sanc-tionné le 5 de mars 1915; les articles 71, 72,73 et 74 ont été ajoutés aux règlements du Comité catholique après approbation de l’exécutif, le 6 avril 1915.Depuis, par des circulaires, conférences, et dans les congrès, l’attention des corporations et des inspecteurs a été appelée sur la nécessité pour elles de se prévaloir de cette loi et de ces règlements.Les inspecteurs ont reçu instruction de favoriser et de pousser autant que possible la réalisation de cette mesure recommandée par la loi et les règlements.Voici ce que je demandais aux inspecteurs, pour ne citer aue ma puns récente circulaire: (7 août 1923).“11 faudrait, dans l’intérêt des élèves, même de la municipalité, que cette visite se fît deux fois par année.La meilleure époque, pour la première, serait dans le courant du mois d’octobre, date à laquelle l’inscription des enfants est terminée presque pour toutes les écoles; la seconde, en janvier ou février, Cette inspection devrait se faire de préférence par le médecin de la localité qui, étant à même de connaître les tempéraments et les habitudes qui existent dans les familles, peut, par conséquent, plus facilement diagnostiquer les points faibles chez l’enfant.L’institutrice, avec discrétion, peut aussi profiter de cette visite du médecin-visiteur pour lui indiquer les élèves qui ont une affection de la vue, de l’ouïe ou d’autres défauts.Il serait désirable de faire comprendre l’urgence de cette mesure qui est non seulement à l’avantage des écoles, mais de toute la population, surtout lorsque l’on est en présence des désastres déplorables que cause la tuberculose.” Malgré ce travail persévérant, cette inspection médicale des enfants aux écoles ne semble pas en faveur, car, en 1924, d’après les rapports des inspecteurs, sur 1408 municipalités scolaires catholiques, il n’y avait que 179 municipalités qui s’étaient prévalues des dispositions de ces règlements; ces chiffres comprennent les villes et villages de plus de 5000 442 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE âmes.C’est dire que ces règlements sont restés lettre morte dans les districts ruraux, à part quelques cas isolés.Cette indifférence à'se conformer à cette mesure semble venir du fait que les parents, jaloux de conserver l’autorité légitime sur tout ce qui touche à la famille, craignent un empiètement de l’autorité civile dans ce domaine.Par la loi créant et organisant le Service provincial d’hygiène (12, Geo.V, chap.29) les inspecteurs sanitaires ont le droit de visiter les maisons d’école et leurs dépendances.Je puis déclarer, sans ostentation ni présomption, pour mon administration, que depuis 15 à 20 ans la mentalité des contribuables des districts ruraux s’est beaucoup améliorée en ce qui concerne l’hygiène scolaire; l’on ne rencontre plus le mauvais vouloir et les préjugés d’autrefois lorsqu’il s’agit d’améliorations, etc.; l’on comprend mieux la nécessité des besoins des enfants et de la sauvegarde de leur santé.Cette transformation s’est accomplie tranquillement, sans brusquerie, en invoquant, toujours par la persuasion et l’intérêt général, les sages règlements du Conseil de l’Instruction publique.La vaccination obligatoire a été assez difficile à introduire et à maintenir dans les campagnes; aujourd’hui elle est reconnue comme nécessaire, et mon département coopère avec le Service sanitaire dans les quelques endroits où il se rencontre parfois des difficultés, afin de maintenir cette mesure et à la faire respecter.Il y a trois ans, j’ai préconisé la tenue de certaines heures de classe en plein air, désir exprimé depuis par le Service sanitaire.Cette innovation, je crois, sera bien accueillie, car l’on semble y porter une attention spéciale: ce sera au bénéfice de la santé des enfants.Enfin, dans toutes les circonstances et surtout pour soutenir la lutte contre la tuberculose, mon département se tient à la disposition des autorités sanitaires et coopère, autant qu’il est en son pouvoir, pour combattre cette terrible maladie, 11 n’y a qu’à lire les circulaires à cet effet et les articles publiés dans L’Enseignement Primaire.Je crois qu’il serait important que l’on prît communication du rapport confidentiel de l’Inspecteur général d’hygiène, M.le Dr Savard.” Le Comité suggère que ce rapport soit modifié en y indiquant le nombre d’écoies, le nombre de classes et le nombre d’élèves qui ont subi L’inspection médicale dans le courant de l’année dernière.Il est ensuite proposé par Mgr Gauthier, appuyé par M.le juge Tellier, et résolu: “que le rapport qui vient d’être soumis au Comité au sujet de l'inspection médicale des écoles soit transmis à l’honorable Secrétaire de la Province,en y ajoutant les modifications suggérées par ce Comité (1), afin de faire connaître au Gouvernement ce qui se fait au département de l’Instruction publique à ce sujet.” Le Comité adopte ensuite unanimement la résolution suivante, proposée par Mgr Rouleau, évêque de Valleyfield, appuyé par Mgr Ross, évêque de Gaspé: “Le Comité catholique ayant pris connaissance de certaines brochures distribuées dans les écoles directement, sans passer par le département de l’Instruction publique, recommande à M.le Surintendant de vouloir bien maintenir le contrôle qu’il a toujours exercé, conformément aux attributions du Conseil de l’Instruction publique, sur toutes publications distribuées aux écoles, et de prendre les mesures nécessaires pour arriver à cette fin.” Mgr J.-A.Langlois, administrateur de l’archidiocèse de Québec, sur la recommandation de Mgr Th.-G.Rouleau, propose: “que M.Eugène Radeau soit nommé professeur à l’École normale Laval, en remplacement de M.B.-O.Filteau, nommé assistant-secrétaire du département de l’Instruction publique.”—Cette motion est adoptée.Il est proposé par l’honorable juge H.-A.Fortier, secondé par Mgr Brunault, évêque de Nicolet, et unanimement résolu: “Que ce Comité offre son témoignage d’appréciation à M.J.-N.Miller, secrétaire en retraite du département de l’Instruction publique, pour les longs et éminents services rendus à la Province dans l’exécution de ses fonctions.” M.Miller exprime sa vive reconnaissance aux honorables membres du Comité catholique pour la très bienveillante marque d’appréciation qu’ils viennent de lui rendre.(l) Les 179 municipalités scolaires catholiques mentionnées dans le rapport qui précède contiennent 1,023 écoles de 3,754 classes qui sont fréquentées par 139,914 élèves. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 442 a Il est proposé par M.J.-P.Labarre, secondé par M.Nap.Brisebois: “Attendu qu’à sa séance du 10 mai 1922, sur proposition de Mgr Forbes, appuyé “par Mgr Gauthier, ce comité a adopté la résolution qui suit: “Qu’advenant sa mise à la “retraite comme secrétaire du département de l’Instruction publique, M.J.-N.Miller soit “maintenu dans sa charge de secrétaire du Comité catholique et jouisse des avantages qui “furent accordés à ses prédécesseurs, M.le Dr Giard, par une résolution adoptée à la “séance du 19 octobre 1881, et à M.Paul de Gazes, par une résolution adoptée à la ses-“sion du 10 septembre 1902.” “Vu que M.Miller a été nommé secrétaire conjoint de ce comité par une résolution en “date du 26 septembre 1907, lorsque M.Paul de Gazes a pris sa retraite.” “Attendu que M.Miller a pris sa retraite au mois de décembre dernier, il est résolu “que M.Lionel Bergeron, secrétaire du département de l’Instruction publique, soit nommé “secrétaire adjoint de ce comité, et que le gouvernement soit prié de lui accorder un traite-“ment annuel de trois cents dollars.” Cette motion est adoptée.Sur proposition de M.J.-P.Labarre, il est résolu: “Que le Bureau central des examinateurs catholiques soit autorisé à faire subir les examens pour l’obtention du brevet d’école primaire élémentaire à la Maison provinciale des Frères de l’Instruction chrétienne, à La-prairie, conformément aux règlements ordinaires, et que l’article 80 des règlements du Comité catholique soit amendé en conséquence.” M.le Surintendant donne communication au Comité catholique du résumé suivant d’un rapport qui lui a été transmis par M.le brigadier-général J.-P.Landry, président du Comité local catholique chargé de l’administration de la Fondation Strathcona dans la Province de Québec.Les rapports des inspecteurs des cadets démontrent qu’en 1924-25.195 maisons d'éducation de la Province de Québec ont pris part aux concours, dont 126 dans le district militaire No 4.et 69 dans le district militaire No 5, ce qui est une augmentation de 6 sur l’année dernière.47,950 cadets, dont 35,134 dans le district militaire No 4 et 12,796 dans le district nilitaire No 5, ont subi avec succès l’inspection régulière pour les exercices physiques, militaires ou le tir à la cible, soit une augmentation de 903 cadets sur l’année précédente, augmentation que le Comité de la Fondation Strathcona est heureux de constater.Les recettes provenant du Conseil exécutif de la Fondation Strathcona, ajoutées à celles accordées par le gouvernement de la Province de Québec, se sont élevées à la somme totale de $10,110.12.Ce montant a été distribué de la manière suivante: aux maisons d’éducation dont les élèves ont suivi les exercisces physiques, militaires et de tir à la cible, conformément aux règlements établis, proportionnellement au nombre de cadets de chacune d’elles, à l’achat d’écussons, de médailles, de statuettes, etc., décernés à titre d’encouragement et de récompenses.Des trophées spéciaux, comme prix d’excellence, ont été mérités par les corps de cadets suivants: 1.—District militaire No 4: Pour culture physique: Le Mont-St-Louis et l’Académie Roussin, Montréal.Pour exercices militaires: L’Académie de La Salle, Trois-Rivières.Pour tir à la cible: Le collège classique de St-Laurent.2.—District militaire No 5: Les trois prix ont été mérités par le corps de cadets de l’Académie commerciale de Québec.Le trophée du gouverneur-général du Canada a été gagné de nouveau par la Province de Québec et il sera détenu pour une période 6 mois chacun par les corps de cadets du collège Bishop, Lennoxville, et.de l’Académie Commerciale de Québec, ces deux corps de cadets ayant atteint un même degré d’efficacité.Des diplômes de culture physique—Classe B—ont été accordés, au cours de l’année scolaire 1924-25, à 171 personnes dont les noms seront publiés dans le prochain rapport du département de l’Instruction publique.Ces diplômes donnent droit à ceux qui les ont obtenus de donner des cours de culture physique.” M.Brisebois propose l’adoption de la résolution suivante, dont il avait donné avis, à la dernière session: 442b L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE “Une personne qui aura été fonctionnaire de l’enseignement primaire et qui, comme “tel, aura versé des retenues au fonds de pension pendant dix années, pourra faire compter, “pour établir ses droits à une pension, les autres années pendant lesquelles elle aura, comme “Frère” ou “Sœur’, dirigé une classe conformément aux règlements et aux programmes “d’études du Comité catholique du Conseil de l’Instruction publique, dans une école sous “le contrôle d’une corporation scolaire, ou subventionnée par elle ou par le gouvernement, “pourvu que cette personne ait enseigné au moins pendant vingt ans, et que sa pension ne “soit basée que sur les traitements sur lesquels elle aura payé sa retenue.” Après discussion à laquelle prennent part Mgr Gauthier, M.le Surintendant, l’honorable juge Fortier, Mgr Ross, Mgr Brunault, l’honorable juge Tellier, etc., M.Brisebois retire sa motion.Il est résolu que la prochaine session du Comité catholique aura lieu le troisième mercre-mercredi du mois de mai prochain.Et la séance est ajournée.J.-N.Miller, Secrétaire.PAGES LITTERAIRES DÉMONSTRATION DE L’EXISTENCE DE DIEU Si j’entre dans une maison, j’y vois des fondements de pierres solides, posées pour rendre l'édifice durable; j’y vois des murs élevés avec un toit qui empêche la pluie de pénétrer au dedans; je remarque au milieu une place vide qu’on nomme une cour; je rencontre un escalier dont les marches sont visiblement faites pour monter, des appartements dégagés les uns des autres pour la liberté des hommes qui logent dans cette maison, des chambres avec des portes pour y entrer, des serrures et des clefs pour fermer et pour ouvrir, des fenêtres par où la lumière entre sans que le vent puisse entrer avec elle, une cheminée pour faire du feu sans être incommodé de la fumée, un lit pour se coucher, des chaises pour s’asseoir, une table pour manger, une écritoire pour écrire.Jamais aucun homme sensé ne s’avisera de dire que cette maison, avec tous ses meubles, s’est bâtie et arrangée d’elle-même.L’ordre, la proportion, la symétrie, le dessein manifeste de tout l’ouvrage, ne permettent point de l’attribuer à une cause aveugle, telle que le hasard.L’ouvrage du monde entier a cent fois plus d’art, d’ordre, de proportion et de symétrie que tous les ouvrages les plus industrieux des hommes.Ce serait donc s’aveugler par obstination que de ne pas reconnaître la main toute-puissante qui a formé l’univers.Fénelon.RAPIDITÉ DE LA VIE La vie humaine est semblable à un chemin dont l’issue est un précipice affreux.On nous avertit dès le premier pas; mais la loi est prononcée, il faut avancer toujours.Je voudrais retourner sur mes pas: Marche, marche.Un poids invincible, une force irrésistible' nous entraîne; il faut sans cesse avancer vers le précipice.Mille traverses, mille peines nous fatiguent et nous inquiètent dans la route.Encore si je pouvais éviter ce précipice affreux! Non, non, il faut marcher, il faut courir: telle est la rapidité des années.On se console pourtant, parce que de temps en temps on rencontre des objets qui nous divertissent, des eaux courantes, des fleuves qui passent.On voudrait s’arrêter: Marche, marche.Et cependant on voit tomber derrière soi tout ce qu’on avait passé: fracas effroyable, inévitable ruine! On se console, parce qu’on emporte quelques fleurs cueillies en passant, qu’on voit se faner entre ses mains, du matin au soir, quelques fruits qu’on perd on les goûtant.Enchantement! toujours entraîné, tu approches du gouffre affreux.Déjà tout commence à s’effacer; les jardins sont moins fleuris, les fleurs moins brillantes, leurs couleurs moins vives, les prairies moins riantes, les eaux moins claires; tout se ternit, tout s’efface; l’ombre de la mort se présente; on commence à sentir l’approche du gouffre fatal.Mais il faut aller sur le bord; encore un pas.Déjà l’horreur trouble les sens, la tête tourne, les yeux s’égarent; il faut marcher.On voudrait retourner en arrière; plus de moyen: tout est tombé, tout est évanoui, tout est échappé.Je n’ai pas besoin de vous dire que ce chemin, c’est la vie, et que ce gouffre, c’est la mort.Bossuet. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 443 BUREAU CENTRAL DES EXAMINATEURS CATHOLIQUES Pour compléter les instructions contenues dans ma circulaire du mois dernier, je demande comme une faveur toute spéciale aux personnes qui doivent se présenter à la prochaine session du Bureau de m’envoyer le PLUS TOT POSSIBLE leur demande d’admission, accompagnée de tous les documents requis.Un trop grand nombre attendent au mois de mai pour demander leur admission.Tout candidat en règle recevra une carte d’admission à l’examen.Il faudra faire recommander les lettres contenant de l’argent et l’on est prié de ne pas envoyer de timbres-poste pour payer le droit d’examen.Tout chèque devra être fait payable au pair, à Québec.Plusieurs aspirantes de la même maison d’éducation peuvent s’entendre pour n’envoyer qu’un seul chèque ou un seul mandat-poste.Le Bureau ne fournit pas les plumes; chaque candidat devra donc apporter la sienne, ainsi qu’un crayon de mine de plomb et une gomme à effacer.En ayant l’obligeance de se conformer fidèlement aux instructions qui précèdent et à celles de ma circulaire insérée dans "L’Enseignement Primaire” du mois dernier, les aspirants aux diplômes faciliteront l’ouvrage très considérable que nécessite l’organisation des examens et ils me rendront par là même un service signalé.J.-N.Miller, Secrétaire.LES LIVRES DE RECOMPENSE Dans une récente circulaire aux inspecteurs d’écoles, l’honorable C.-F.Delâge, Surintendant de l’Instruction publique, dit: ‘Attirez l’attention clés commissions scolaires sur ma circulaire du 8 mai 1925, circulaire publiée dans U Enseignement Primaire de juin 1925, concernant les livres canadiens.En vertu de l’article 2931 amendé du Code Scolaire, les commissions scolaires, à compter du 1er janvier 1926, sont obligées, lors de l’examen public de la fin de l’année scolaire, d’employer la moitié du montant'affecté aux prix à l’achat des livres canadiens.Conseillez aux commissions scolaires, d’acheter des livres biens écrits, d’inspiration saine et convenant à la jeunesse.” BUREAU CENTRAL DES EXAMINATEURS CATHOLIQUES SESSION DE JUIN 1925 Diplômes supérieurs (Suite) QUEBEC.Supérieur français— Satisfaisant:—Fournier dit Larose, Germaine-Simonne; Gagnon, M.-Jeanne-Bernadette; Coulombe, Mathilda; Thibault, M.-Berthe; Dubé, M.-Anne; Pelletier, Marie; Boudreault, Martine; LaCroix, M.-Annette-Eva, Matte, Laura-Léa; Bussières, Berthe; Guimond, Adrienne; Gamache, Ida; Méthot, Jeannette; Ouellet, Juliette; Boulet, Jeannette; Proulx, Régina; Paré, J-Michel-Ernest.Supérieur anglais.— Satisfaisant:—Tfoyle, Eileen; Fossenier, Irma.Supérieur français.—Distinction:—Plamondon, Augustine; Di bue, Simonne, Coulombe, Blanche; LeBœuf, M.-Claire-Marg erite; Héroux, M.-Bertfie-Lilia; Cantin, M.-Rose, Bilodeau, Gabrielle; Simard, AI .-Alice; Turgeon, Bernadette; Sirtiard, M.-Thérèse; Farouche, Ulysse; Juneau, Simonne; Côté, Antoinette; Tremblay, Simonne; Asselin, Etiennette; Lehoux Eva; Chevalier, Héléna; Meunier, Imelda; Routhier, M.-Anne; Nadeau, Irène, Létourneau, M.-Lucien-ne-Ludivine; Poulin, Simonne; Pilote, Annette; Gagnon, Louisette-Aline; Lapointe, Germaine; Baril, Alexandrine; Dorval, Juliette; Desrochers, M.-Thérèse; Hamel, Laurence; Trépanier, M.-Ange; Simard, Albertine; Giroux, Juliette; Fournier, Gabrielle; Guimont, Annette, Lachance, Cécile; Gosselin, Blanche; Coulombe, Bernadette; Lamontagne, AI.-Aimée; Bibeault, Lorette, Lamonde, Marguerite; McNicoll, Germaine; Dumas, Cécile; Turgeon, M.-Alarthe; Hamelin; Rose; Chartier, Gabrielle; Trottier, Noëlle; Sauvageau, Annette; Houde, Côme; Ross, Rose- 444 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Irène; Hamel, M.-Anne; Paré, Lucienne; Hamel, M.-Ange; Boutet* Lucienne; Ledoux, Cécile; Chalifour, Corinne.Supérieur anglais.—Distinction:—Head, Mary Agnes; Kirby, Catherine (section industrielle).Supérieur français.— Elémentaire anglais.—Satisfaisant:— Lebel, Imelda; Thomass n, Edwitha.Supérieur français.— Elémentaire anglais.—Distinction:—Pelletier, Anne-Marie; Bouchard, M.-Etiennette-Cécile; Beaulieu, Evangéline; Cantin, Emilienne.* Supérieur français et anglais.— Satisfaisant:—Guimont, M.-Laure; Dionne, Arthur; Roy, Geo.-Auguste; Bouchard, François.Supérieur anglais et français.— Satisfaisant:—-Gosselin, Beatrix.Supérieur français et anglais.— Distinction;—Delisle, Gabrielle; Bouchard, Thérèse; Binet, Gertrude; Alain, Armand; Moreau, Gérard; Bilodeau, Joseph; Godbout, Apollinaire.Supérieur anglais et français.—Distinction:—Roy, M.-Mathilda-Alexandrine; Lemieux, Anita.TROIS-RIVIÈRES.Supérieur français.— Distinction:—Roy, Gabrielle-Eva; Jacques, Rose-Emma; Gélinas, Maria; Dontigny, Rosa; Trépanier, Laurette-Fernande; Dessureault, Eva; Vadeboncœur, Noëlie; Mongrain, Maria-Anna; Ménard, Heldwidge; Pagé, Cécile; St-Cyr, Rosa.NICOLET.Supérieur français.—Satisfaisant:—Guérin, Elise; Sylvestre, M.-Anita; Goupil, Jeannette; Dupuis, Cécile; Coutu, Adrienne; Duhaime, M.-Berthe; Léveillé, M.-Thérèse.Supérieur français.— Distinction:—Malchelosse, M.-Thérèse; Bourassa, Corinne; Cantin, Dora; Cataford, M.-Anne; Vanasse, M.-Lumina.Supérieur français.— Elémentaire anglais.— Satisfaisant:—Bergeron, Simone; Poliquin, Alice.Supérieur français.— Elémentaire anglais.— Distinction:—Beauchesne, Bernadette.Supérieur français et anglais:— Satisfaisant.— Gélinas, Léonie; Charpentier, Rolande; Grenier, Cécile; Boissonnault, Aimée; Murray, Claire.Supérieur français et anglais.— Distinction:—Lamy, Cécilia; Cantin, Priscille; Tellier, Irène Rousseau, Irène; Beaudet, Cécile.ST-HYACINTHE.Supérieur français.— Satisfaisant:—-Fontaine, M.-Blanche; Goyette, M.-Jeanne; Ménard, Thérèse; Marion, Angélina; Guilbault, Yvonne; Boisselle, Simonne; Villeneuve, Charles.Supérieur français.— Distinction:—Catien, Thérèse; Saint-Pierre, Lucrèce; Bazinet, Cécile;, Bélanger,M.-Laurette; Sylvestre, Jeanne; L’Ecuyer, M.-Olive; Julien, Florida; Painchaud, M.-Thérèse; Desmarais, Laure-Anna; Beaudry, M.-Ange; Ravenelle, M.-Jeanne; Frédette, M.-Flore; Dussault, Léna; Lusignan, Aurore; Loucher.Julienne; Guertin, M.-Annette; Roy, Irène; Donais, M.-Cora; Ménard, Béatrice; Bernard, Lilliane; Millette, Emilia, Chicoine, Gabrielle; Girard, M.-Alice; Gravel, M.-Léona; Masson, M.-Marguerite-Simonne-Béatrice; Lussier, M.-Anna; Poitras, Rose; Chabot, Thérèse; Boucher, Laurence; Huard, M.-Agathe-Germaine; La-perle, Dolorès; Carmel, Charles; Rousseau, Achille.Supérieur français—Elémentaire anglais.—Satisfaisant:—Thibault, Rose-de-Lima; Supérieur français.— Elémentaire anglais.— Distinction:—Grégoire, M.-Corinne; Girouard, Eléanna; Laforge, Maria; Bédard, M.-Géralda; Saint-Germain, Bernadette.Supérieur français et anglais.— Satisfaisant:—Tv&ss&rà, Jules; Bacon, Camille; Gagnon, Alfred; Ledoux, Georges; Frigon, Maurice; Larivière, Charles; Jutras, Martin.Supérieur français et anglais.— Distinction:—Dion, M.-Thérèse; Tétrault, Marguerite; Coupai, Blanche-Alice; Forgues, Claire isection commerciale); Tétrault, M.-Claire; Bonin, Benoîte; Beau-regard, M.-Paule; Péloquin, Alfred; Gladu, Camille; Chatelle, Louis; Avard, Adrien; Bergeron, Valère; Touchette, Rosaire; Touchette, Joseph; Charron, Joseph.RIMOUSKI.Supérieur français—Satisfaisant:—Saucier, M.-Laurette-Germaine; Lepage, M.-Béatrice-Lorette.Supérieur français.—Distinction.—-Bégin, M.-Régina; Bérubé, Angéline, Lebrun, M,-Anne; Saint-Pierre, M.-Emma-Estelle; Gagnon, M.-Bernadette; Loretta.Supérieur français— Elémentaire anglais.—Distinction:—Morin, M.-Alice.JOLIETTE.Supérieur français.— Satisfaisant:— Payette, Alice; Grégoire, Cécile; Durand, Anna; Marsolais, M.-Antoinette-Gabrielle; Parent, Hélène; Massicotte, M.-Reine; Labossière, Eugénie; Bélec, Yvonne; Chevalier, M.-Anne; Mailhot, M.-Rose. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 445 Supérieur français.—Distinction:— Bazinet, M.-Jeanne; Bacon, Gabrielle; Gagnon, M.-Thé-rèse; Bruneault, M.-Paule; Soumis, Anna; Lavallée, Rachel; Desrochers, M.-Anne- Doucet, Juliette; Delorme,Léontine- Bolduc, Huméria; Deschênes, M.-Rose: Petitclerc, Albina; Cournoyer, Diana; Duhamel,Rachelle; Clément, Jeanne; Trudelle, Isabelle; Ferland, M.-Thérèse; Brault, M.-Oliva; Fréchette, Bernardine; Boucher, Marguerite; Plouffe, Adrienne ; Barrette, Blandine; Bélec, Loretta.Supérieur français.—Elémentaire anglais.—Satisfaisant:—Desjardins, M.-Anne.Supérieur français.—Elémentaire anglais.—Distinction:—Lamarche, M.-Jeanne-Cécile.Supérieur français et anglais.—Satisfaisant:—Carie, Glaire; Neveu, Athanase.Supérieur français et anglais.— Distinction:—Boulet, Marguerite; Hétu, Yvonne; Lapalme, Berthe; Léveillée, Jeanne; Asselin, Germaine; Gagnon, Aline; Ricard, Yvette.Supérieur anglais et français.— Distinction:—McNulty, Mary.SHERBROOKE.Supérieur français.—Satisfaisant:— Bélisle, M.-Anne-Alice; Pinard, Laurence; Charland, Germaine.Supérieur français—Distinction:—Dubé, M.-Thérèse; Gérin, Rachel; Biron, Elisabeth; Gali-peau, M.-Jeanne, Demers, M.-Rose-Diana; Bolduc, Bertha; Favreau, M.-Anna; Brault, M.-Madeleine.Supérieur français.—Elémentaire anglais.—Distinction:—Dvopms, M.-Cécile.Supérieur français et anglais.— Satisfaisant:—Gagné, Cécile; Friganne, Josephte.Supérieur français et anglais.—Distinction:—O’Malley, Mary; Dumont, Anita; Tardif, M.-Laure-Alice; Gaudreau, Béatrice.STE-MARIE.Supérieur français.—Satisfaisant:—Létourneau, Lucienne; ‘Morin, Théophile; Pouliot, Louis-PhiUppe; Cameron, Joseph-Edouard; Côté, Alphonse.Supérieur français.— Distinction:— Cameron, M.-Alic'a; Laçasse, M.-Exélia-Amanda; Faucher, Rose-Anna; Jolicœur, Lucienne; Marcoux, Eugène; Labbé, M.-Cécile-Alexandra; Beau-lieu, Lucienne; Bolduc, Maria; Lapierre, M.-Bernadette; Ratté, Juliette; Drolet, Gustave; Veilleux, Rose-Alma; Faucher, Rose-Aimée; Savoie, Hector.Supérieur français et anglais.— Satisfaisant:—Berberi, Arthur; Faucher, J.-Albert; Leclerc, Rolland; Brochu, Henri.Supérieur français et anglais.— Distinction:—Couture, Délia; Dion, M.-Anne; Ouellette, J -Noël.RIVIÈRE-DU-LOUP Supérieur français.—Satisfaisant:—Michaud, Irène; Dionne, Anita; Dionne, Madeleine ; Thomassin, Léonilda; Talbot, Hélène; Theriault, Lucie; Lizotte, Cécile.Supérieur français.— Distinction:—~Roy, Berthe; Tardif, Rosa, Ouellet, Marguerite, Pelletier, Blanche, Bergeron, Lilianne; Côté, M.-Anne; Michaud, Noémie; Deschènes, Aline; Gagné, Camille; Saindon, Antoinette; Lizotte, Juliette.Supérieur français.—Elémentaire anglais.— Distinction:—Levasseur, Annette; Beaupré, Berthe.VICTORIAVILLE.Supérieur français.—Satisfaisant:—Détourneau, Yvonne; Bourke, Jean-Marie; Despins, Jean-Baptistë; Cantin, Lucien; Paré, Thomas; Bourgault, Roméo; Labbé, Philadelphe; Couture, Ernest.Supérieur français—Distinction:—Hênê, Lilianne; Simonneau, Gabrielle; Campagna, Eugène.Supérieur français.— Elémentaire anglais.— Robitaille, Clémente; Michel, Rose; Boisvert, M .-Ange.Supérieur français et anglais.— Satisfaisant:-—Brochu, Georgette.ST-FERD1NAND.Supérieur français.—Satisfaisant:—Morisset, Yvette: Chateauneuf, Hermine: Gendron, Odile; Beaudoin, M.-Reine; Lessard, Rollande; Lemieux, Alfréda.Supérieur français.—Distinction:— Bouffard, Marguerite; Rousseau, Jeannette; Légaré, Lucienne; Grégoire, Ernestine; Lessard, Irène; Gosselin, Paula; Lessard, Cécile.ST-GEORGES Supérieur français—Satisfaisant:—Breton, Fernande; Samson, M.-Jeanne.Supérieur français.— Distinction:— Doyon, Marguerite; Leblond, Blanche; Cadrin, M,-Ange; Rancourt, M.-Rose; Gagné, Candide; Veilleux, Clara; Vachon, Mariette; Nadeau, Aurie-Anna; Hébert, Jacqueline.(A suivre) 446 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE DOCUMENTS SCOLAIRES ASSOCIATION DES INSTITUTEURS CATHOLIQUES DE QUEBEC 179IÈME RÉUNION DE LASSOCIATION DES INSTITUTEURS DE LA CIRCONSCRIPTION DE L’ÉCOLE NORMALE LAVAL, 30 JANVIER 1926 RÉUNION DE L’AVANT-MIDI.La séance s’ouvre à 9.45 sous la présidence de M.C.-A.Pelletier, professeur à l’Académie Saint-Joseph, de Québec.Présents:^—L’honorable Cyrille-F.Delâge, Surintendant de l’Instruction publique; M.J.-N.Miller, secrétaire du Comité catholique du Conseil de l’Instruction publique; M.C.-J.Magnan, inspecteur général des écoles catholiques, Mgr.Th.-G.Rouleau, P.A.principal de l’école normale Laval; M.H.-E.Ford, de l’Université de Toronto; M.G.-E.Marquis, chef du bureau des Statistiques de la.province; MM.les abbés J.-J.Dubé, assistant-Principal; Bruno Pelletier, visiteur des écoles de la ville de Québec, J.Mathieu, R.Couture, surveillants; MM.les professeurs de l’École normale Laval: J.-D.Frève, N.Tremblay, G.Brulé, Z.Tousignant, J -P.Garneau, R Létourneau, P -P.Magnan et E.Badeau; MM.les inspecteurs d’écoles: L.-P.Goulet, L.-O.Pagé, A.Filteau, A.Letarte, G.Jobin; MM.les instituteurs: A.Rouleau, L.Faguy J.-A.Gagnon, J.-E.John, T.Lessard, J.-E.Picard Lucien Gagné, F.-X.Girard, G.Poulin, W.Carbonneau, L.Gravel, C.-A.Lever, R.Brochu, U.Leclerc.Ths.-L.Tremblay, L.Hudon, J.-T.Lamontagne, H.Goupil, J.-A.Duval, L.Boivin, A.Yézina, J.Otis, J.-U.Fortin, A.Simard, W.Beaumont, F.-X.Goupil, P.-E.Labrecque, J.-A.Goulet,W.Goulet, J.-E.Goulet, J.-B.-J.Goulet, L.Lavigueur, L.Tanguay, J.-E.Labrecque, L.-P.Dorion, J.-E.Germain, L.Roy, J.-E.Simard, J.Plamondon, P.La-tulippe, J.Asselin, H.-L.Létourneau, H.Morissette, J.-M.Badeau, Alb.Morissette, R.Blanchet, J.-M.Mailhot, P.Marceau, J.-E.Arteau, N.Duchesne, A.Gagné, J.-P.Poulin, J.-E.Gauvreau, P.-E.Pagé, R.Croteau, J.-E.Perron, L.Lemay, E.Allard, J.-P.Lavoie, E.Asselin, J.-P.Gauvreau.Jos.Côté, J.-W.Caron, J.-R.Peacock, A.-M.Filteau, G.-A.Marquis, Jos.Guimont, H.Gagné, G.Turcotte, R.Piuze, J.-B.Deniers, W.Thibault, G.Joncas, O.Bradet, G.Robitaille, G.Mineaud, G.Lamonde, G.-H.Demers, E.Lacroix, C.Tousignant, W.Leblanc, J.-C.Gobeil, R.Tremblay, O.Hubert, E.Tremblay, et les élèves-maîtres de l’École normale Laval.Mgr.Th.-G.Rouleau, Principal de l’École normale Laval, récite la prière au Saint-Esprit.M.le président souhaite une cordiale bienvenue à tous, remercie l’Association de la confiance dont elle l’honore, promet son entier dévouement à toutes nos questions, et prie M.B.-O.Filteau, ex-président, de vouloir bien accepter nos remerciements sincères pour les précieux services qu’il nous a rendus.Le procès-verbal de la dernière réunion est adopté.COMMUNI CATIONS—RAPPORTS.Lecture de lettres de l’honorable Athanase David, Secrétaire de la Province, informant l'Association qu’il accorde l’allocation demandée ($120.00); de l’honorable J.-N.Francœur, président de l’Assemblée législative; de M.A.-L.Caron, assistant-principal, s’excusant respectivement de ne pouvoir assister à la réunion; de M.l’inspecteur J.-A.Drolet, priant l’Association d’accepter sa démission de secrétaire.Pour faire suite à deux motions présentées à la dernière séance et discutées au Comité de régie de l’Association, le secrétaire lit le rapport suivant :— L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 447 (a) Motion concernant l’Association dite des anciens élèves de l’École normale.Le Comité trouve qu’il serait bien difficile d’organiser une telle association sur une base solide.(b) Motion concernant les exercices de gymnastique dans les écoles.Un mémoire sera bientôt adressé au comité exécutif du fonds Strathcona, au sujet des tolérances, des montants versés, etc., etc.NOCES n’OK DE M.J.-D.FRÈVE, PROFESSEUR A l’e.N.L.A ce moment, entrent et prennent place sur les fauteuils d’honneur: Mgr.Th.-G.Rouleau, l’honorable Cyrille-F.Delâge, M.J.-D.Frève, M.J.-N.Miller, M.C.-J.Magnan, M.G.-E.Marquis, M.l’abbé Jean-Joseph Dubé, MM.les inspecteurs L.-P.Goulet, L.-O.Pagé, A.Filteau, A.Letarte.M.C.-A.Pelletier, président, prend la parole.“Au commencement de cette réunion mémorable, il m’est très agréable de saluer d’une façon toute particulière les personnages distingués ici présents.Au nom de l’Association, je vous souhaite la plus cordiale bienvenue.Tous les membres désirent vous exprimer leur vive gratitude pour l’éloquent témoignage d’estime que vous donnez aujourd’hui à l’un des leurs.En effet, M.le jubilaire fut toujours et il est resté un des plus fidèles et des plus dévoués membres de l’Association des Instituteurs de Québec.“Mais nous nous sommes réunis aujourd’hui surtout pour fêter le cinquantième anniversaire de professorat de M.Frève.L’homme qui a consacré cinquante années de sa vie à l’instruction et à la formation de la jeunesse, mériterait d’être décoré de l’Ordre du Grand Mérite, s’il existait dans notre pays.” L’auditoire applaudit, et M.Pelletier continue: “Je demande à la Providence de nous conserver notre jubilaire pour que nous puissons fêter ses noces de Diamant”.Bien disposé par le discours de M.le président, qui ajoute encore d’agréables paroles à l’égard de M.Frève, l’auditoire applaudit chaleureusement.Puis, sur l’invitation de M.le président, notre vénéré père, Mgr.le Principal, se lève.Un peu à gauche de nous, près de la salle de musique située du côté est de la partie neuve de l’École normale, sur un cadre de bois portatif, est étendu le drapeau canadien-français aux armes du Sacré-Cœur.Mgr qui devine nos moindres désirs, s’aperçoit bien de la préoccupation de l’assistance; il enlève immédiatement le drapeau.Une magnifique peinture à l’huile, portrait de M.Frève, œuvre de notre artiste de talent, M.G.Huot, apparaît.Nous ne pouvons donner ici qu’un faible résumé des discours que prononcèrent les orateurs distingués qui étaient au premier rang.Mgr Th.-G.Rouleau, P.A.Principal de VE.N.L.—“J’ai un portrait qui va m’inspirer et me rappeler les services rendus à l’Instruction publique et à l’École normale, par M.le jubilaire.“M.Frève a commencé jeune, et son salaire était bien minime; cela ne l’empêcha pas de donner toujours l’exemple de la ponctualité la plus parfaite, du dévouement le plus complet.“Tout le monde battit des mains, quand on parla de fêter M.Frève.Une célébration comme celle-là, est une affaire de cœur.Et le jubilé du professorat est beau, parce que le professeur forme, avec les instituteurs, des hommes qui seront des plus utiles à la société.“Au cours de sa carrière, M.Frève a toujours été aimé.Nous vous aimons encore, M.le jubilaire.Nous vous aimerons jusqu’au moment où il faudra nous quitter.Mais, même disparus de la scène du mcnde, nous nous reconnaîtrons parce que nous avons mis notre confiance en Celui qui nous réunira après la mort.“M.le jubilaire, je vous félicite et vous remercie de m’avoir toujours rendu la vie aussi douce que possible.Je vous souhaite une vie longue et heureuse”.Mgr le principal rappelle aussi le séjour de M.Frève au Patronage de Québec, où il enseigna naguère en même temps que M.C.-J.Magnan, aujourd’hui inspecteur général.L’auditoire applaudit respectueusement. 448 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE L’honorable Cyrüle-F.Delâge, Surintendant de l’Instruction 'publique.“Je vous avoue franchement”, dit M.le Surintendant, “que ce n’est pas sans émotion que je me lève pour parler à un auditoire aussi distingué et aussi sympathique.Je suis heureux de me joindre à vous, pour féliciter M.Frève et faire ma part, dans cette démonstration.Mes remerciements les plus sincères pour votre aimable invitation.Vous, MM.les instituteurs, vous savez reconnaitre les bienfaits reçus.Vous avez raison.Il est des hommes qui ont jeté du lustre sur votre carrière, et il est bon de leur dire: merci.La carrière de l’enseignement est dure, difficile, semée de responsabilité.“M.le jubilaire, il est des heures où nous goûtons la reconnaissance, et aujourd’hui vous vivez une de ces heures.Je vous féjicite d’avoir aidé à former des générations d’instituteurs qui contribueront au bien de l’Église, de l’État et de la société.C’est mon vœu que votre carrière dure très longtemps.Que ce spectacle soit pour vous, MM.les instituteurs, un stimulant pour développer votre cœur, votre intellligence et votre volonté.“Je vous apporte, M.le jubilaire, les félicitations sincères de l’honorable secrétaire de la Province, M.David, ainsi que ses meilleurs vœux.Recevez de la part du département de l’Instruction publique de cette Province, une médaille de mérite.Elle est donnée pour vos utiles et longs services, et aussi pour prouver que la Province de Québec n’est pas ingrate.Que la Divine Providence vous conserve longtemps aux vôtres et vous fournisse encore de longs jours de bonheur.” M.le Surintendant est applaudi fréquemment.M.C.-J.Magnan Inspecteur génaral des Ecoles catholiques.“Je suis heureux de joindre ma voix à celles de M.le président, de Mgr.le Principal et de M.le Surintendant, pour rendre hommage et reconnaissance à M.le jubilaire.M.Frève est presque à nous tous, notre ancien professeur.Nous nous souvenons combien M.Frève nous intéressait avec ses leçons de botanique et d’astromonie.Vous étiez toujours au poste, M.le jubilaire.Un cinquantenaire, cela ne fait pas vieillir.M.Miller, votre voisin, a célébré le sien et il n’est pas plus vieux pour cela.“Cher collègue, cher ami, vous êtes rendu à ce temps où la dette de reconnaissance s’acquitte.Secrétaire, puis président de l’Association, M.Frève sut toujours se montrer à la hauteur de la situation.Et puis ensuite, on est pas major pour rien, on sait se tenir.Et dans ce portrait, l’artiste a bien su fixer cette expression de l’instituteur, du militaire, du père.Cher M.Frève, je forme des vœux pour que vous puissiez continuer longtemps à nous édifier et à faire l’admiration de vos élèves.(Applaudissements).M.J.-N.Miller, Secrétaire du Comité Catholique du Conseil de VInstruction publique.“Je ne m’attendais pas de vous adresser la parole en cette circonstance.Je me joins à vous, Messieurs, pour offrir à M.Frève mes félicitations les plus cordiales.Un instituteur qui, pendant quarante ans, a rempli sa tâche avec courage, mérite des félicitations.Je vous félicite de nouveau et vous souhaite une longue vie.“C’est un record, je crois, pour l’École normale Laval, d’avoir fêté six cinquantenaires; cela ne fait pas mourir plus vite.Je vous réitère donc, M.le jubilaire, mes meilleurs vœux de longue vie”.Comme les orateurs précédents, M.Miller fut vivement applaudi.M.G.-E.Marquis, chef du bureau des statistiques de la Province.M.G.-E.Marquis se dit flatté de l’invitation du président d’adresser la parole à cette réunion.11 félicite cordialement le jubilaire et lui offre en même temps ses vœux de longue vie, afin qu’il puisse continuer son enseignement à l’École normale Laval.M.Marquis rappelle ses souvenirs de l’École de pédagogie.Il fait une peinture intéressante des cours de physique, de chimie, de botanique, de géographie, tels que donnés par M.Frève.M.Marquis fait ensuite aux instituteurs d’heureuses suggestions que nous citons textuellement : “(a) L’amélioration de leur carrière en s’affirmant d’avantage devant le public, afin que la profession d’éducateur soit digne d’envie et capable de retenir les meilleurs sujets. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 449 (b) L'importance de la fonction d’inspecteur d’écoles, afin qu’ils puissent donner à la Province la direction que l’enseignement primaire doit recevoir, sans qu’ils aient à hésiter entre leurs devoirs et l’attention qu’ils doivent porter à leur famille.Il importe que l’inspecteur soit à l’abri de toute négligence dans l’exécution de ses multiples fonctions, et pour y arriver, l’orateur sait que les instituteurs doivent attirer l’attention publique sur l’importance de ces devoirs, afin que ceux dont ils sont les yeux et les oreilles, les considèrent comme des fonctionnaires supérieurs.(c) L’œuvre des écoles normales de garçons mérite aussi étude, car il importe que celles-ci soient outillées et organisées pour donner leur plein rendement.Ces écoles de pédagogie n’ont peut-être pas évolué suivant les besoins de l’heure et il est désirable que les instituteurs s’efforcent de faire comprendre à qui de droit que le temps de mettre ce problème à l’étude est venu, si l’on ne veut pas compromettre la mission que ces écoles doivent remplir”.Ces suggestions sont vivement appréciées par l’auditoire qui ne ménage pas ses applaudissements à M.Marquis.Comme toujours, le chef des Statistiques sait mêler l’utile à l’agréable.M.Nérée Tremblay, professeur à VÉcole normale Laval.M.Tremblay présente d’abord des excuses de la part de M.C.-J.Simard, le sous-secré-taire de la Province, empêché d’assister à la réunion, à cause d’un engagement antérieur.“Comme tous vos collègues ont été vos élèves”, dit M.Tremblay, “ils vous connaissent bien.M Frève ne tenait pas au mot à mot dans ses leçons; il aimait mieux la réponse personnelle de l’élève, car plus de sens aident à la formuler.M.Frève a toujours eu le sentiment des procédés intuitifs: malgré le petit nombre d’instruments de physique mis à sa disposition, il savait toujours substituer à ce qui manquait de belles images intéressantes.“Il est beau, M.Frève, malgré votre âge avancé, de vous voir toujours à l’œuvre.Cette façon d’agir nous aiguillonne souverainement.Votre humeur égale, vos réponses originales à nos questions rendent votre compagnie des plus agréables.” M.Tremblay fait ses meilleurs souhaits à M.le jubilaire, et ses dernières paroles sont applaudies chaleureusement.M.le président prie M.Frève de vouloir bien avancer.Droit, bien solide sur ses jambes, malgré ses soixante-douze ans, le vénérable professeur commence: “Mgr.le Principal, Plonorables Messieurs, Chers confrères, “Je ne saurais vous exprimer la vive et profonde émotion que mon cœur ressent à la lecture de votre gracieuse adresse par trop élogieuse à mon égard, à la vue des jolis cadeaux que vous m’offrez, aux éloquents discours pleins de sympathie que vous m’avez adressés: ce qui me jette dans une indicible confusion.“Permettez-moi, Messieurs, de vous déclarer que je ne pouvais prévœir tant de généreuses félicitations et tant d’enthousiasme, dans cette réunion pédagogique, à l’occasion de ma cinquantième année d’enseignement.“Je ne puis, à la vue de ces généreux témoignages d’amitié, trouver de paroles assez éloquentes pour vous exprimer ma sincère gratitude et toute l’étendue de ma reconnaissance.Mais j’espère que votre bienveillante indulgence saura suppléer à mon incapacité sénile.“Vous avez accepté, Messieurs, avec plaisir de venir célébrer mon jubilé d’enseignement, j’en suis honoré et cette fête jubilaire fera époque dans ma vie.Vos paroles me vont droit au cœur et les souvenirs que vous évoquez dans mon esprit me jettent à sept ou huit lustres en arrière et me rappellent les débuts de mon enseignement, ce que j’étais alors dans ma jeunesse, plein de force et de courage; ce que je suis aujourd’hui, au déclin de ma carrière de professeur, déjà usé par le labeur.Je me suis toujours efforcé, d’après mes faibles capacités, de donner l’exemple de la ponctualité, du travail et du devoir accompli, envers mes confrères et surtout envers mes élèves.“Or, il me semble voir passer sous mes yeux, après un demi-siècle de professorat, ces nombreux normaliens, pieux, laborieux, dociles, qui ont suivi mes humbles leçons et auxquels j’ai essayé, avec l’aide de mes confrères, d’inculquer dans leur esprit, la science naturelle pour développer dans leur cœur les notions saintes du citoyen et du patriotisme. 450 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE “Cette jeunesse écolière de naguère, que l’on voit maintenant à l’œuvre, soit dans les rangs du clergé, des professions libérales ou dans la noble carrière de l’enseignement; ces normaliens, dis-je, font l’honneur de notre alma mater.“Maintenant, laissez-moi dire un cordial merci à Mgr.le Principal, pour ses aimables paroles, ses souhaits paternels, son agréable hospitalité.Merci à ces Messieurs qui sont venus rehausser, par leur présence, ce jubilé de mes noces d’or d’enseignement.“Grand merci à MM.les organisateurs; merci à tous et à chacun”.Ce discours soulève les applaudissements, et l’on chante : “Il a gagné ses épaulettes”.Puis les convives sont invités à un joli banquet, et la séance est ajournée à deux heures.SÉANCE DE L’APRÈS-MIDI Présents :—Les mêmes, plus M.B.-O.Filteau, Assistant-Secrétaire du département de l’Instruction publique, M.]e professeur Jean Thomas, M.Gaston Hoffman, professeur de dessin à l’École des Beaux-Arts de Québec, M.J.-T.Lamontagne, professeur à Québec.M.le président prie M.Filteau de présenter M.H.-E.Ford, de l’Université de Toronto, à l’association.M.B.-O.Filteau, Assistant-Secrétaire du département de VInstruction publique.“ H me fait plaisir de vous présenter, M.H.-E.Ford, investigateur du Comité des Langues Modernes de Toronto, éducateur, conférencier, M.Ford a donné des conférences devant les auditoires les plus distingués.M.Ford est un ami du français (il le parle très correctement) et un agent de la bonne entente.Vous êtes assurés, Messieurs, que sa conférence vous intéressera hautement”.Conférence de M.H.-E.Ford “Je remercie votre comité de Régie de la place qu’il a bien voulu m’accorder sur son programme, et de l’occasion que vous me donnez de parler des projets de notre comité.“C’est, dit M.Ford, la Corporation Carnegie qui subventionne le comité chargé d’enquêter au Canada.L’organisation de cette enquête eut lieu à Winnipeg; elle se compose d’un comité général permanent, un conseil exécutif des présidents régionaux et deux investigateurs.Voici comment nous procédons dans notre enquête.Test d’instruction:—Ce test est nécessaire: 1.—Pour montrer à l’élève l’efficacité de son travail; 2.—Pour montrer à l’instituteur l’efficacité de son enseignement; 3.—Pour évaluer un test donné; 4.—Pour évaluer une méthode d’enseignement; 5.—-Pour comparer l’enseignement dans deux écoles différentes; 6.—Pour obtenir les meilleurs résultats, tant au point de vue de l’élève que de l’enseignement.“C’est en comparant notre travail à celui d’une autre personne, que nous savons où nous en sommes rendus.Test Scolaire.—“On ne peutpas compter sur les résultats des examens ordinaires.“Un bon test ne touche qu’aux points importants du sujet.La manière d’appliquer un test et l’évaluation des réponses sont prévus.“Le test réalise une économie de temps et d’effort.Tout test doit fournir des notes moyennes pour permettre de voir la position de la classe ou d’un élève.“Pour déterminer avec précision le degré de l’instruction dans une matière si complexe, la série suivante des tests est nécessaire: (a) Un test vocabulaire, de compréhension, de version, de thème, de rédaction; (6) de grammaire, de prononciation, d’audition et oral.“La confection d’un test étalonné comprend les quatre phases suivantes: (a) Le choix de la matière du test; ib) Une gradation préliminaire de la matière du test; (c) Le choix d’une technique qui donne le maximum de constance et d’objectivité; L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 451 (d) Une expérimentation préliminaire avec plusieurs centaines d’élèves pour graduer d’une manière précise.“Il y a aussi les tests mentaux ou d’intelligence.“En conséquence, le Comité canadien a fait préparer un test d’intelligence applicable à une classe entière.Une copie de ce test sera envoyée gratuitement à quiconque en fera demande par écrit, donnant son adresse au Bureau des Investigateurs”.Voilà à peu près le résumé de cette importante conférence.M.le président invite l’honorable M.Delâge à remercier M.Ford.M.le surintendant donne une appréciation juste de la conférence; il se dit particulièrement heureux que les investigateurs aient eu la permission d’enquêter sur nos matières d’enseignenlent.Prié de dire quelques mots, M.Ludger Faguy félicita le Gouvernement ontarien d’avoir choisi un délégué aussi habile et aussi instruit.Conférence de M.Gaston Hoffman, de l’École des Beaux Arts M.Jean Thomas présente le conférencier.Après de chaleureuses félicitations à M.Ford (pas le magnat de l’automobile, mais plutôt de la science, ce qui fait mieux notre affaire), M.Thomas présente le conférencier en termes très heureux.M.Hoffman ne nous est pas inconnu, M.le directeur-propriétaire de l’Enseignement Primaire a eu l’heureuse idée de l’inviter à collaborer à son intéressante et utile revue.“Je suis très ému”, dit M.Hoffmann, de parler devant un tel auditoire.“Napoléon avait senti le besoin du dessin: “Un mauvais croquis, disait-il, m’en dit plus qu’un long discours”.Le dessin, dit M.Hoffman, est un genre d’écriture.Le premier besoin de l’homme est de communiquer avec son semblable, même si celui-ci ne parle pas son idiome.Entendu en ce sens, le dessin est un langage universel.Il est le complément souvent indispensable à notre pensée.“En outre, le dessin est un excellent moyen de fixer l’attention de l’enfant.A l’école primaire élémentaire, il ne faut pas viser à faire des artistes avec les enfants.“Nous distinguons, dit M.Hoffman, le dessin d’observation, d’imagination et de souvenir.“Il faut aussi faire l’éducation du cerveau, laboratoire de toutes les opérations; de l’œil, agenttransmetteur et agent de liaison entre le cerveau qui conçoit et la main qui exécute; éducation de la main, agent de réalisation”.Nous regrettons de ne pouvoir donner ici un résumé plus complet de ce travail dont l’Association goûta fort le développement.M.B.-O.Filteau, Assistant-Secrétaire du département de l’Instruction publique et M.L.-P.Goulet, LE., remercièrent le conférencier.Travaux des concours, félicitations, 'programme pour juin, 1926 M.Nérée Tremblay, professeur à l’École normale Laval, membre du jury chargé de juger les travaux présentés à l’Association, donne le rapport suivant sur le concours de juin dernier : Premier prix: M.Gérard Jean, professeur à l’école St-Sacrement; Deuxième prix: M.Prudent Latulippe, professeur à N.-D.du Chemin.M.Nérée Tremblay adresse des félicitations aux concurrents heureux ainsi que de sages conseils sur la manière de traiter les sujets.M.P.-P.Magnan, professeur à l’École normale Laval, propose,secondé par M.Ant.Rouleau, professeur à l’Académie St-Sauveur, qu’un vote de remerciements soit offert à Mgr Th.-G.Rouleau, Principal de l’École normale Laval, pour la généreuse hospitalité qu’il a prodiguée à l’occasion des fêtes de M.J.-D.Frève, etàM.Nérée Tremblay, qui a été l’âme dirigeante dans l’organisation de cette belle démonstration.(Adopté unanimement).M.J.-E.John, professeur à l’Académie Jacques-Cartier, propose, secondé par M.R.Létourneau, professeur à l’École normale Laval, ” que de respectueuses félicitations soient offertes à M.Lionel Bergeron, à l’occasion de son élévation au poste important de Secrétaire du département de l’Instruction publique”.(Adopté unanimement). 452 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE M.Antonio Rouleau propose, secondé par J.M.-P.Garneau ,“que des félicitations soient offertes à M.B.-O.Filteau, qui a été promu au poste d’Assistant-Secrétaire du département de l’Instruction publique”, (Adopté unanimement).M.A.Rouleau propose, secondé par M.T.Lessard, professeur à l’école du Sacré-Cœur, "que des félicitations soient offertes à MM.P.-P.Magnan et E.Badeau, à l’occasion de leur nomination comme professeurs à l’École normale Laval”.(Adopté unanimement).Proposé par M.J.-T.Lamontagne, secondé par M.Prudent Latulippe: a) Que de chaleureuses félicitations soient offertes à M.J.-A.Drolet, à l’occasion de son élévation au poste distingué d’inspecteur d’écoles.(b) Que l’Association adresse de sincères remerciements à M.Drolet pour les précieux services rendus pendant son stage au secrétairiat de l’Association.(Adopté unanimement).Programme du deuxième samedi de juin 1926 Conférencier: M.Jean Thomas.Lecture des travaux des concours de janvier 1926.Sujet du concours pour juin 1926: (S’adresser à M.J.-J.Dubé, Assistant-Principal de l’École normale Laval, 14, Chemin Ste:Foye, Québec).M.le président remercie de nouveau, et la séance est ajournée au deuxième samedi de juin 1926.Gérard Jean, Secrétaire.REUNION DES INSTITUTRICES CATHOLIQUES DE MONTRÉAL ONZIÈME RÉUNION DE LA SECTION FÉMININE DE L’ALLIANCE CATHOLIQUE DES PROFESSEURS DE MONTRÉAL.Les institutrices ont assisté nombreuses à la onzième réunion de la section féminine de l’Alliance catholique des professeurs de Montréal, tenue à l’école Montcalm, samedi, le 23 janvier 1925.L’aumônier général de l’Alliance, M.l’abbé Henri Jasmin, professeur de langues étrangères à l’Université de Montréal, présidait, à cette réunion.Parmi les invités, il y avait: M.J.-P.Labarre, directeur-secrétaire du District nord et président de l’Alliance; M.le docteur C.-A.D’Aigle, président du District centre; M.le juge Amdéce Monet,du District centre; M.l’abbé Joseph-Albert Gariépy, visiteur, M.A.-C.Miller, diiecteir du District centre; M.J.D.Pilon, directeur-secrétaire du District ouest; M.L.-G.Marsolais, du District nord; M.L.-P.Jasmin, sous-princi-pal de l’école Montcalm; M.Louis Baron, principal de l’école Olier.Deux conférences étaient au programme : V Institutrice apôtre, par le révérend Père P.Trudel, et la Géographie, par Mlle Aimée Samson, directrice de l’école Sainte-Croix, Annexe.Le R.P Trudel a développé d’intéressante façon cette pensée de Mgr Dupanloup: la mission de l’institutrice peut être comparée au ministère du prêtre.Pourquoi les institutrices doivent-elles être apôtres.—-Quelles sont les qualités qu’elles doivent posséder pour l’être.—-Comment doivent-elles exercer ce ministère, tels ont été les principaux points de sa conférence.La mission de l’institutrice peut être comparée au ministère du prêtre, parce que l’institutrice a charge d’âmes, qu’elle doit initier les enfants à la vert i et former leur caractère.Elle reçoit les enfants comme un dépôt sacré que la foi et l’honneur lui font un devoir de sauvegarder.Si elle veut remplir sa mission, l’institutrice ne doit pas seulement inculquer la science aux enfants, elle doit incliner leurs cœurs à la vertu et leur apprendre à faire triompher leurs bons penchants.Aussi, en vertu de l’importance de sa mission, l’institutrice est investie de l’autorité de Dieu et de celie des parents.Une institutrice peut avoir une influence décisive sur un enfant.Si ede est apôtre, l’institutrice peut affermir une âme jusque là mobile et arracher les germes du mal dans un jeune cœur.Vous voyez l’importance de votre mission, dit le R.P.Trudel! Nous vivons dans un siècle où l’importance de votre mission est encore plus grande que par le passé.C’est à vous qu’il appar-tien de régénérer le monde, en donnant aux enfants une éducation que souvent ils n’ont pas eue dans la famille.C’est là un travail d’apôtre.Vos fonctions, ne les considérez pas comme un métier, mais comme un apostolat. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 453 Pour remplir cet apostolat, il faut du désintéressement, le désintéressement que suppose toute œuvre de charité.L’institutrice doit consacrer son temps, sa santé et ses loisirs aux enfants dont elle a la charge.Elle ne peut même pas attendre de consolations immédiates.Le plus souvent les sacrifices qu’elle fait demeurent sans reconnaissance.Ce désintéressement, l’institutrice ne peut évidemment le trouver que dans un véritable amour des âmes.Outre le désintéressement, il faut encore à l’institutrice la vertu de force.Offerte en exemple aux enfants, elle doit sans cesse se dominer.Si l’institutrice doit donner aux enfants la foi et la science, elle doit aussi former leur caractère.Les hommes prennent à l’école des habitudes qu’ils gardent toute leur vie.Les premières vertus que l’institutrice développera chez l’enfant, ce sera la droiture, la sincérité, ce sera ensuite l’énergie de caractère et, enfin, le dévouement, a conclu le R.P.Trudel.Le travail de Mlle Samson, qui avait pour titre la Géographie, renfermait d’excellents conseils pratiques.Qu’on ait sans cesse recours au bon sens, a recommandé la conférencière.Qu’on cherche à faire comprendre avant de chercher à faire apprendre.Qu’on fasse appel au sens d’observation des enfants.Dans l’enseignement de la géographie, il faut aussi mettre en évidence les relations qui existent entre les conditions géographiques et les cond.tions économiques qu’elles déterminent.Après avoir inculqué aux élèves des notions générales sur la géographie, qu’on leur fasse étudier la géographie de leur province.La connaissance parfaite de son pays, c’est encore ce qui devrait distinguer tout vrai Canadien.Que sert à un enfant de savoir les noms des fleuves de la Chine, s’il ignore les ressources et la forme de gouvernement de son propre pays ?L’étude de la géographie, a terminé Mlle Samson, constitue un excellent moyen de culture.Bien comprise, elle peut contribuer puissamment à l’éducation patriotique et morale.M.l’abbé Gariépy a fait l’appréciation des travaux.Il y a eu allocution par M, l’abbé Jasmin et par les invités.Le programme de l’après-midi comprenait aussi musique par Mlles Louise Boisvert et Gil-berte Martin et récitation par Mlle Jeanne De Pocas.Toutes ont eu un rappel.A l’ouverture de la séance.Mlle N.Boisvert, présidente de la section, a souhaité la bienvenue à tous, puis la secrétaire, Mlle A.Poitras, a donné lecture des minutes de la dernière assemblée.ENSEIGNEMENT PRATIQUE INSTRUCTION RELIGIEUSE Institution divine des Sacrements.A) Fait de l’institution.—-B) Convenance de ce fait.A) Fait de l’institution.—Aucun objet sensible, ou qui tombe sous les sens, n’a par lui-même et ne peut avoir, en raison de sa propre nature, la vertu de produire et de communiquer la grâce.Dieu seul peut le revêtir d’une semblable puissance, parce que lui seul est le maître de la grâce.Les sacrements, ayant la vertu de produire et de communiquer la grâce, ne peuvent donc absolument pas être d’institution naturelle et humaine.Notre-Seigneur Jésus-Christ est seul l’auteur de cette institution divine, en ce qui regarde la matière, Informe, les rites essentiels, les effets.Bien que le saint Évangile et les autres livres de LAncien Testament ne fassent pas mention expresse de l’institution divine des sacrements, elle a été constamment admise dans l’Église catholique: a) qui ne s’est jamais reconnu le pouvoir d’en instituer aucun; b) qui, ne s’est jamais permis d’en abolir aucun; c) qui s’est contentée d’en réglementer l’administration; d) qui s’est bornée à les entourer de cérémonies plus ou moins solennelles, mais non essentielles à leur validité.B) Convenance de cette institution.—En instituant les sacrements, Notre-Seigneur Jésus-Christ a voulu: a) pourvoir à la sanctification du corps aussi bien qu’à celle de l’âme; b) que 454 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE la sanctification du corps servît d’instrument et de véhicule à celle de l’âme; c) que l’homme, après s’être fait de son corps et des objets sensibles des moyens de péché, fût obligé d’y chercher des moyens de sanctification; d) que l’homme, après s’être perdu par son orgueil et sa confiance en lui-même, fût humilié par la faiblesse apparente des moyens destinés à le sauver et qu’il ne peut négliger sans exposer son salut éternel; e) que l’homme comprit enfin toute son impuissance naturelle pour le salut éternel de son âme; / ) que le salut devint d’autant plus facile à l’homme que les moyens de sanctification seraient plus à sa portée; g) que l’homme possédât dans ces signes divins une assurance positive et formelle de la communication de la grâce céleste.Une telle institution convenait donc parfaitement: lo à la miséricorde de Dieu, qui en a fait des moyens d’indulgence, de pardon et de salut; 2o à sa, justice, qui en a fait des moyens d’humilier l’orgueil de l’homme, source de sa perte; 3o à sa sagesse qui, par leur moyen, a fait abonder la grâce, la justice et la sainteté là où avaient abondé la séduction et l’iniquité.D’après M.l’abbé Monnier, (Atlas de la Doctrine catholique.) LANGUE FRANÇAISE RÉCITATIONS École primaire élémentaire COURS "INFÉRIEUR POUR OBTENIR UNE BONNE SEMAINE Mon Dieu, pendant cette semaine, Dans mes leçons et dans mes jeux, Gardez-moi de faute ou de peine, Car qui dit l’un dit tous les deux.Donnez-moi cette humeur docile Qui rend le devoir facile Et si ma mère m’avertit, Au lieu de cet esprit frivole Que distrait Ja mouche qui vole, Seigneur, donnez-moi votre esprit.Mme Tastu.COURS MOYEN AUX ÉCOLIERS Dans cette salle close où la chaleur rayonne Malgré l’épais écran des volets bien fermés, Tous les jours vous venez, lorsque la cloche sonne, Avec moi retrouver vos bancs accoutumés.Après chaque leçon votre plume griffonne Sans trop de nonchaloir, devoirs et résumés, C’est en vain qu’au dehors un bruit troublant réson- [ne Vous restez studieux pour n’être pas blâmés.Mais lorsque juin mûrit l’herbe et la prairie, Vous négligez l’histoire et la géométrie, Vous devenez jaseurs comme des oisillons.La pauvre classe n’a plus rien qui vous sourie, Vous songez vaguement à la plaine fleurie Où l’on s’ébat à l’aise au milieu des sillons.C.H.Sens général.-—L’été, lorsque le soleil brille et que la campagne est belle, nous avons peine à rester enfermés dans la classe à travailler.Cependant nous savons bien que le travail est nécessaire, qu’il est un devoir, et nous voulons continuer à bien suivre la classe jusqu’aux vacances, où le repos nous semblera d’autant meilleur que nous l’aurons mieux gagné.COURS SUPÉRIEUR DU DEVOIR ET DU BONHEUR ü’aIMER DIEU Vous qui ne connaissez qu’une crainte servile, Ingrats, un Dieu si bon ne peut-il vous charmer ?Est-il donc à vos cœurs, est-il si difficile Et si pénible de l’aimer ?L’esclave craint le tyran qui l’outrage Mais des enfants l’amour est le partage : Vous voulez que ce Dieu vous comble de bienfaits; Et ne l’aimer jamais! O divine, ô charmante loi! O justice, ô bonté suprême! Que de raison, quelle douceur extrême D’engager à ce Dieu son amour et sa foi! J.Racine (1639-1609). RENSEIGNEMENT PRIMAIRE 455 TENDRESSE ü'UNE MERE POUR SON ENFANT Quels tendres soins! Dort-il: attentive elle chasse, L’insecte dont le vol ou le bruit le menace; Elle semble défendre au réveil d’approcher.La nuit même d’un fils ne peut la détacher: Son oreille de l’ombre écoute le silence; Ou, si Morphée (1) endort sa tendre vigilance, Au moindre bruit, rouvrant ses yeux appesantis, Elle vole, inquiète, au berceau de son fils, Dans le sommeil longtemps le contemple immobile, Et rentre dans sa couche, à peine encore tranquille S’éveille-t-il: son sein, à l’instant présenté, Dans les flots d’un lait pur lui verse la santé.Qu’importe la fatigue à sa tendresse extrême ?Elle vit dans son fils, et non plus dans soi-même.Bientôt d’autres bontés suivent d’autres besoins: L’enfant, de jour en jour, avance dans la vie; Et, comme les aiglons qui, cédant à l’envie De mesurer les cieux, dans leur premier essor Exercent près du nid leur aile faible encor, Doucement soutenu sur ses mains chancelantes, Il commence l’essai de ses forces naissantes.Sa mère est près de lui; c’est elle dont le bras, Dans leur débile effort, aide ses premiers pas; Elle suit la lenteur de sa marche timide; Elle fut sa nourrice, elle devient son guide; Elle devient son maître au moment où sa voix Bégaye à peine un nom qu’il entendit cent fois: Ma mère! c’est le premier qu’elle l’enseigne à dire.Elle est son maître encore dès qu’il s’essaye à lire.Legouvé (1764-1812) ÉCOLE PRIMAIRE COMPLÉMENTAIRE OCTAVE CRÉMAZIE S’il est un nom qui rime avec la poésie, C’est le nom immortel d’Octave Crémazie, Le nom d’un barde bien-aimé; D’un barde qui creusa, comme le vieil Horace, Dans le champ du génie une profonde trace Que suivent Fréchette et Lemay.Bien des ans ont passé depuis l’heure néfaste! Octave Crémazie a méprisé le faste Qui fut cause de ses malheurs.Il a vécu longtemps sur la terre étrangère, Abandonné des siens, en proie à la misère, Vidant la coupe des douleurs! Aujourd’hui.mais silence!.il sommeille sous terre Dans un coin de la France, au fond d’un cimetière Où nul peut-être ne priera! L’inexorable mort l’a couché dans la bière ^ En attendant qu’un jour revienne sa poussière En ce pays qu’il illustra.Prions “pour l’exilé, qui, loin de sa patrie, “Expira sans entendre une parole amie “Isolé dans sa vie, isolé dans sa mort, "Personne ne viendra donner une prière, “L’aumône d’une larme à la tombe étrangère! “Qui pense à l’inconnu qui sous la terre dort ?.J.-B.Caquette.(1) Morphée, dieu du sommeil chez les païens.NOTE HISTORIQUE Octave Crémazie, né à Québec, le 16 avril 1827, quitta cette ville en novembre 1862.A son arrivée à Paris (1862) il eut une congestion cérébrale qui le mit aux portes du tombeau.M.Hector Bossange, ce fidèle ami des Canadiens français, le reçut avec empressement dans son magnifique château de Ci try, où il passa les premier ers semaines de sa maladie, puis alla compléter sa guérison à Château-Neuf.Ce cher compatriote mourut au Havre, le 16 janvier 1879, chez M.Malandain, propriétaire d'hôtel, dans les bras du prêtre qui lui avait procuré tous les secours de notre sublime religion.Il fut inhumé dans le cimetière de l’endroit, sous le nom d’emprunt de Jules Fontaine.Il y a quelques années, ses compatriotes Canadiens français lui élevèrent un monument, à l’endroit même où dort de son dernier sommeil le grand poète canadien.ENSEIGNEMENT MENAGER QUALITÉS A ACQUÉRIR SI l’oN VEUT BIEN FAIRE LA CUISINE 1.Toute fonction, quelle qu’elle soit, même la plus modeste, ne peut être bien remplie si l’on n’y déploie certaines qualités qu’elle suppose.Par exemple, le caissier d’un magasin doit être d’une probité scrupuleuse; une ouvrière qui travaille à la journée doit être active et ne pas dérober à celui qui la paye la moindre parcelle de son temps; une garde-malade doit être silencieuse, etc., etc.,.De nrme, quand on veut être une bonne cuisinière, il faut s’appliquer à acquérir, ou à développer, si on les possède, les qualités suivantes: Patience, attention, économie, propreté.2.La patience est nécessaire à une personne qui fait la cuisine et qui veut la bien faire, car beaucoup des mets que l’on prépare ne sont bons qu’à la condition de cuire longtemps, à petit feu, telles sont les viandes en sauce, le bouillon de viande, etc.D’autres fois, ce sont les préparations destinées à les assaisonner qui sont l ongues et minutieuses, par exemple, les hachis, les farces et certaines sauces comme la mayonnaise.Une bonne cuisinière ne se hâte jamais, ne fait rien avec précipitation, car c’est le plus sûr moyen de tout manquer; mais, elle est assez prévoyante pour se mettre à la besogne assez tôt, n’avoir nul besoiu de se presser et, par conséquent, ne pas mettre sa patience à une rude épreuve 3.L’attention est encore une quai té indispensable.Jamais une étourdie ne fera bien la cuisine.Elle oubliera une sauce sur le feu, un rôti dans le four et les trouvera ensuite carbonisés.Elle négligera de saler, de sucrer ou de poivrer les ahments au moment voulu et dans la proportion convenable.Et, quand 456 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE elle ira aux provisions, elle oubliera tant d’achats qu’il lui faudra sortir une fois encore et deux fois et trois fois peut-être, avant d’avoir réuni tout ce qui peut lui être utile.Si l’on manque d’attention, si l’on se sait étourdie et si l’on veut se corriger, on fera bien d’inscrire sur un petit carnet spécial, au fur et à mesure qu’on y pense, les achats à faire, ce qui évitera toutes sortes d’ennuis.4.L’économie est une quadté précieuse entre toutes.Elle n’est nécessaire à personne autant qu’à une cuisinière, car il lui est extrêmement facile de se laisser entraîner à des dépenses inutiles, même sans le vouloir.Tantôt elle mettra plus de beurre, de graisse ou d’huile qu’il n’en faut, et le plat n’en sera pas meilleur, mais il reviendra plus cher.D’autres fois elle méprisera un petit reste de viande ou de légumes, qui, augmenté d’une sauce, par exemple, sera encore fort présentable.Si elle n’est pas économe, elle jettera de menus croûtons de pain, restes de la table, des fonds de pots de lait, les jus des dégraissages, etc.Ainsi l’on dépensera ennour-riture une somme parfois très supérieure à celle qui serait indispensable.5.Enfin la 'propreté est une qualité non seulement utile, non seulement agréable, mais indispensable chez une personne qui fait la cuisine.On ne peut vraiment manger avec appétit les aliments préparés dans un lot al en désordre, avec des ustensiles mal tenus et par des mains malpropres, aux ongles noircis.La personne qui fait la cuisine aura soin de mettre devant elle un tablier spécial quand elle fait la cuisine.Elle n’y essuiera ni ses mains ni son couteau, ni aucun de ses ustensiles; elle ne s’en servira pas non plus pour essuyer la table, le fourneau, etc.Mais elle accrochera à la ceinture de son tablier un torchon dont elle se servira pour ces divers emplois, qu’elle remplacera aussi souvent qu’il le faudra et qu’elle enlèvera facilement, d’un simple mouvement, s’il lui faut se présenter devant quelqu’un avec son tablier.Pour faire la cuisine, elle aura soin de brosser son corsage, afin de n’avoir sur elle aucune poussière, aucun duvet, aucun cheveu surtout qui, par le moindre courant d’air pourraient voltiger et se déposer sur les aliments.Elle portera les ongles plutôt courts et parfaitement nets et elle se lavera les mains très souvent au cours de ses diverses opérations culinaires.EXERCICES PRATIQUES Questions.—Toutes fonctions exigent-elles des qualités spéciales ?-— Quelles sont les qualités d’une bonne cuisinière —Pourquoi la patience lui est-elle nécessaire -—• Pourquoi une cuisinère étourdie fera-t-elle de la mauvaise cuisine -—^Ne risquera-t-elle pas aussi de perdre beaucoup de temps —Pourquoi Yéconomie est-elle une qualité très précieuse chez une cuisinière?-—La propreté est-elle bien nécessaire à une cuisinière: 1.dans sa cuisine.2 dans sa personne.-—Dites quelles précautions elle doit prendre à cet égard.Rédaction.—Votre mère va faire choix d’une cuisinière.Supposez qu’en causant avec vous sur ce sujet, elle vous dise les qualités qu’elle désire trouver dans cette domestique.Résumez cette conversation.SECTION AGRICOLE UNE MAISON DE CULTIVATEUR Voyez-vous, là-bas, sur le versant de ce coteau, cette jolie maison se dessine blanche et proprette, avec sa grande couverture de chaume,sur la verdure tendre et chatoyante de cette belle érablière.C’est une maison canadienne.Du haut de son piédestal de gazon, elle sourit au grand fleuve, dont la vague, où frémit sa tremblante image, vient expirer à ses pieds.Car l’heureux propriétaire de cette demeure aime son beau grand fleuve, et il a soin de s’établir sur ses bords.Si quelques fois la triste nécessité l’oblige à s’éloigner, il s’en ennuie et il a toujours hâte d’y revenir.Car c’est pour lui un besoin d’écouter sa grande voix, de contempler ses îles boisées et ses rives lointaines, de caresser de son regard ses eaux tantôt calmes et unies, tantôt terribles et écumantes.L’étranger qui, ne connaissant pas “l’habitant” de nos campagnes, croirait pouvoir l’assimiler au paysan de la vieille France, son ancêtre, se méprendrait étrangement.Plus éclairé et surtout plus religieux, il est loin de partager son état précaire.En comparaison de celui-ci, c’est un véritable petit “prince”, parfaitement indépendant sur ses soixante ou quatre-vingts arpents de terre, entourés d’une clôture de cèdre et qui lui fournissent tout ce qui lui est nécessaire pour vivre dans une honnête aisance.Voulez-vous maintenant jeter un coup d’œil sous le toit dont l’aspect extérieur est souriant ?Je vais essayer de vous en peindre le tableau, tel que je l’ai vu maintes fois.D’abord, en entrant dans le “tambour”, deux seaux d’eau fraîche sur un banc de bois, et une tasse de ferblanc, accrochée à la cloison, vous invite à vous désaltérer.A l’intérieur, pendant que la soupe cuit L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 457 sur le pcêle, la mère de famille assise, près de la fenêtre, dans une chaise berceuse, file tranquillement son rouet.Un mantelet d’indienne (calicot), un jupon d’étoffe du pays et une “câline’’ propre sur la tête, c’est toute sa toilette.Le petit dernier dort à ses cotés dans son “ber”.De temps en temps, elle jette un regard réjoui sur sa figure fraîche, qui, comme une rose épanouie, sort du couvre-pied d’indienne de diverses couleurs, dont les morceaux taillés en petits triangles, sont ingénieusement distribués.Dans un coin de l’appartement, l’ainée des filles, assise sur un coffre, travaille au métier (à tisser) en fredonnant une chanson.Forte et agile, la navette vole entre ses mains, aussi fait-elle bravement dans sa journée sept ou huit aulnes de toile du pays à grande largeur qu’elle emploiera plus tard à faire des vêtements pour l’année qui vient.Dans l’autre coin, à la tête du grand lit à courte-pointe blanche et à carreaux bleus, est suspendue une croix entourée de quelques images.Cette petite branche de sapin flétrie qui couronne la croix, c’est le rameau bénit.Deux ou trois marmots, nu-pieds sur le plancher, s’amusent à atteler un petit chien.Le père, accroupi près du poêle, allume gravement sa pipe avec un tison ardent qu’il assujettit avec son ongle.Bonnet de laine rouge sur la tête, gilet et culotte d’étoffe grise, bottes sauvages, telle est son accoutrement.Après le repas, il faut bien fumer une “touche”, avant d’aller faire le train ou battre à la grange.L’air de propreté et de confort qui règne dans la toute maison, le gazouillement des enfants, les chants de la jeune fille qui se mêlent au bruit du rouet, l’apparence de santé et de bonheur qui reluit sur tous les visages, tout, en un mot, fait naître dans l’âme le calme et la sérénité.Si jamais, sur la route, vous étiez surpris par le froid ou la neige, allez heurter sans crainte à la porte de la famille canadienne, et vous serez reçu avec ce visage ouvert, avec cette franche cordialité que ses ancêtres lui ont transmises comme un souvenir et une relique de la vieille patrie.Car, l’antique hospitalité française, qu’on ne connaît plus guère aujourd’hui dans certaines parties de la France, semble être venue se réfugier sous le toit de l’habitant canadien-français.Avec sa langue et sa religion, il a pieusement conservé ses habitudes et ses vieilles coutumes.Le voyageur qui serait entré, il y a un siècle, sous ce toit hospitalier, y aurait trouvé les mêmes mœurs et le même caractère.L’abbé H.-R.Casgrain.LECTURE EN CLASSE SAINT-JOSEPH (19 MARS) Aux premiers jours du printemps, une fête vient réjouir nos cœurs, c’est la fête de saint Joseph, le père nourricier de l’Enfant Jésus.Comprenez-vous ce mot nourricier! Cela veut dire que la famille dont saint Joseph était le chef, étant pauvre, le père devait néanmoins pourvoir à la subsistance de chacun des membres, et pour cela il fallait travailler comme font les ouvriers.Pour cela, saint Joseph dut se fixer à Nazareth, c’est là que, charpentier, il rabotait des planches, faisait de gros et fatigants ouvrages.L’Enflant Jésus, à ses côtés, apprenait le nom des outils, les passait à son père nourricier et tous deux élevant leur cœurs vers Dieu et lui offrant leur travail nous donnent l’exemple de la vie pauvre et utilement occupée.Trente années, saint Joseph eut le bonheur de vivre en la compagnie de la sainte Vierge Marie et du plus beau et du plus saint des enfants.Leur maison était un vrai paradis et leur société s’appelait la Sainte Famille.Avant que Jésus fut condamné à mourir sur le Calvaire, le bon saint Joseph termina sa vie; Marie, assise près du chevet du mourant, le tenait dans ses bras, et Jésus était debout à côté.Rien de plus doux que cette pieuse mort.C’est pourqoui saint Joseph est invoqué comme patron de la bonne mort.Prions-le pour lui recommander la mort de nos parents et la nôtre, prions-le pour lui demander de nous obtenir l’amour du travail et la résignation dans la pauvreté.Promettez-moi, petits garçons, d’être à son exemple, de bons ouvriers, d’honnêtes travailleurs et de fervents chrétiens; il nous aidera en tout et pour tout.Joseph. 458 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE MATHEMATIQUES ARITHMÉTIQUE ET MESURAGE N.B.—Les problèmes suivants peuvent être utilisés comme questions d’examen ou de revision pour la fin du mois.Ces problèmes ont été préparés en rapport avec la répartition mensuelle du programme (œuvre de MM.Brionne et Miller), telle que publiée dans VEnseignement Primaire, numéros de septembre et octobre, 1923.COURS INFÉRIEUR 1ÈRE ANNÉE 1.Gabriel a été malade 51 jours sur 70.Combien de jours a-t-il été en bonne santé ?2.Lucie a acheté 7 livres de sucre à 5 sous la livre; combien l’épicier doit-il lui remettre sur une pièce de 50 sous ?48+ ?=70 27+ ?= 65 32+ ?=61 23+ ?= 60 45+ ?= 67 26+ ?= 54 26 + 37= ?32 + 29= ?18 + 35= ?2ÈME ANNÉE 1.Premiers exercices sur la division écrite.Employer la méthode abrégée tant que le diviseur ne dépasse pas 12.Exemple: Diviser 468 par 2.Solution : 2/468 234.Rép.Faites de la même manière les divisions suivantes: 9364-3 848 = 4 575 = 5 834 = 6 924 = 7 912 = 8 2.Fractions.Laurent a cueilli 48 pommes; il en garde la moitié et vend le reste à raison de 3 pour 5 sous.Combien recevra-t-il ?3.Combien égale 3+ de 42 1/3 de 60 K de 100 4.Combien de pouces dans )+ verge?“ “ jours “ 1/3 d’un mois?“ “ d’onces “ 3Â delivre?COURS MOYEN 3ÈME ANNÉE 1.Table avoir-du-poids.—Combien de livres dans 48 onces ?dans 80 onces ?dans 72 onces?2.Combien d’onces dans 2 livres?dans 23^ Ibs ?dans 3 Ibs et 6 onces?dans 33/8 Ibs ? L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 459 3.Combien d’onces dans 3d> livre?dans 34 de livre?dans 34 de livre?dans 24 de livre?24 de 1b?4.Quelles fractions d’une livre égalent 8 onces?4 onces?12 onces?2 onces, 6 onces, 1 once ?5.Additionnez 4 Ibs et 6 onces, 12 Ibs et 5 onces, 15 Ibs et 9 onces.6.Additionnez 34 lb.+341b.+ 3/8lb.Solution : Changeons d’abord chaque fraction en onces comme suit: 34 lb = 8 on.ou dh 24 1b = 4 on.ou ,34 1b = 2 on.ou^f Nous avons maintenant, dans chaque cas, des unités de même espèce ou de même nature.Additionnons.8 on.+ 4 on.+2 on.= 14 on.ou jf 1b + Ys lb.+ j| 1b = d| ou J4 lb.Rép.7.Additionnez de la même manière: (a) 34 lb.+24+B"; (b) 24 lb.+Cs lb.+-f6lb.4ÈME ANNÉE 1.Le “tant pour cent”.—Combien font 2% de $400 ?10% de 1500 minots ?'24% de 1200 livres ?2.Quelles fractions ordinaires égalent 50% ?25% ?75% ?10% ?20% ?40% ?70% ?3.Une pointe de terre en forme de triangle rectangle a 200 pieds de hauteur et 126 pieds de base.Quelle en est la superficie ?4.La surface d’un triangle rectangle égale 520 pieds carrés et sa base est de 26 pieds.Quelle en est la hauteur?Rép.40 pds.COURS SUPÉRIEUR 5ÈME ANNÉE 1.Un homme reçoit un salaire, de $1200.Il dépense-14% pour sa pension, 10% pour son vêtement et 1334% pour divers objets.Combien épargnera-t-il •en 6 ans ?Solution : 14%+10%.+1324% = 3734% 100% - 3734% = 6234%- Economies.$1200 X 6234% ou $1200X0.625 = $$750.Rép.$750X6 = $4500.Rép.2.Le prix d’achat d’une ferme a été de $4500.et le prix de vente de $4960.Quel a été le gain pour cent ?Solution : $4960 - $4500 = $460.Gain.1% de $4500 = $45.Autant de fois $45 dans $460.Autant de fois 1%.$460 -4- $45 = 102/g%.Rép.3.Trouvez la longueur d’un fil métallique tendu du sommet d'un poteau de 20 pieds à un point sur le sol situé à 24 pieds du pied du poteau.Solution: 202 + 242=976.y/976 = 31.24 pieds.Rép.4.L’hypoténuse d’un triangle est de 16 pieds et la base de 6 pieds.Trouvez la hauteur à un centième près.Solution: 162 - 62 = 220.220 = 14.83 pieds Rép. 460 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 6ÈME ANNÉE 1.En combien de temps $625.rapporteront-elles $12.50 à 4% ?Solution: 625X.04 = $25.00.Int.annuel.$25 sont rapportées en 365 jours ou 12 mois.$12.50 sont rapportés en = 182^ jrs ou 6 m.Rép.2.Quel capital faut-il placer pendant 90 jours à 53d>% pour retirer $198 d’intérêt ?Solution : $1.00 à 53A% pendant 90 jrs rapp.fAATA0 = $0.0135616.$198$0.0135616 = $14600.Rép.3.Une personne qui avait acheté pour $136 de marchandises le 6 janvier ne les a payées que le 4 juin.Quel était le montant dû si le marchand lui a chargé 4% d’intérêt ?Solution : Du 6 janv.au 4 juin, il y a 149 jours.$136X .04 = $5.44.Int.pour 1 an.$5.44X149 _22 $136 + 2.22 = $138.22.Rêp.SECTIONS AGRICOLE ET COMMERCIALE 1.J’ai emprunté une certaine somme le 1er janvier et le 8 août de la même année j’ai remis, comme capital et intérêts réunis, un montant de $1667.20.Trouvez le capital, si le taux de l’intérêt est de 7%.Solution : Du 1er janv.au 8 août, il y a 219 jours ou 3/- d’un an.?°Üf219 = ,07X3/5 =-04 Vs Int.de $1.00 pour 219 jours $1667.20$1.042 = $1600.Rép.2.Dans un cercle de 35 pouces de rayon on inscrit un carré.Trouvez le côté de ce carré et la longueur de l’arc tendu par chacun de ses côtés.Solution : y/352-j-352 = 49.5 près.Côté.Rép.35X2 X31/7:= 220.Circonférence.L’arc tendu sur chaque côté égale circonférence.g^x.1 = 55 pouces.Arc.Rép.3.On nous demande la solution du problème suivant.—A et B ont ensemble $2152 et les 7/9 de la part de A, moins les +/ de celle de B, égalent $366.Combien ont-ils chacun ?Solution : (1) 9,9 de la part de A + 4/4 de la part de B = $2152.(2) 7/9 “ “ -% “ “ =$366.En mult.la 2ème ligne par 4/3 il vient: (3) 28/27 de la part de A - 4/4 de la part de B = $488.Reposons (1) 9 9 de la part de A+4/4 de la part de B = $2152.Additionnons (1) et (3) 2lj27 part de A + 0 = $2640.1 part de A = $2640 4-2727 = $1296 A.Rép.$2152-$1296 = $856 B.Rép.SECTION.MÉNAGÈRE On nous demande les solutions des problèmes ci-dessous — 1.Combien coûtera le tapissage des murs et du plafond d’une chambre qui a 36 pieds de long, 18 pieds de large et 12 pieds de haut, à raison de $0.24 par verge carrée pour les murs et $0.36 par verge carrée pour le plafond ? L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 461 Solution: 36X2X12 = 864 surf, des côtés.18X2X12= 432 surf, des bouts.1296 surf, des 4 murs.12-9.GA-0:24 = $34.56.Coût des murs.Rép.36 X 18 = 648.Superf.du plafond.648X58 — $25.92.Coût du plafond.Rép.$34.56 + 125.92 = $60.48.Rép.2.Combien de verges de tapis de jbt de verge de largeur faudra-t-il pour couvrir le plancher d’une chambre qui a 24 pieds de long et 18 pieds de large ?Solution: 18-^23+= 8 laizes.24 X 8 = 192 pieds ou 64 verges.Rép.SECTION INDUSTRIELLE On nous demande les solutions des problèmes suivants 1.Les côtés d’un triangle équilatéral ont chacun 10 pieds; quelle en est la surface ?Solution : 102.X-433 =43.3 pi.car.Rép.ou mieux yé 102 -52 = 8.66 hauteur.8.66X10 = 43 3 car 2.D’un tuyau de 3.15 pouces de diamètre, l’eau coule à raison de 2 pieds par seconde.On demande le nombre de pieds cubes d’eau que fournira ce tuyau dans 24 heures ?Solution : 3.152X.7854 = 7.793 pouces car.surf, du bout.2 pieds =24 pouces.7.793X24 = 187.0344 po.eu.par seconde.187,0344X60X60X24 _ 9351.72 pi.eu.Rép.1728 1 3.Trouver la surface totale et le volume d’une pyramide dont la base est un carré de 4 pieds de côté et dont la hauteur a 5 pieds.Solution : 4X4XG.= 26+i pi.eu.Volume.Rép.3 \/22 + 52 = 5.38 hauteur inclinée.4X4X5 + = 43.04 pi.eu.Surf, latérale.4X4 = 16 Surf.base.43.04 +16 = 59.2 Surf, totale.Rép.4.En vendant un cheval, avec perte, pour $135.le taux pour cent de la perte fut égal au quinzième du nombre de piastres exprimant le coût du cheval.Combien le cheval avait-il coûté ?Solution : Soit X le prix du cheval.Alors xLr% ou - -—le taux, et z x —ou X1________la perte.1500 1500 ou 1500 x — x 2 — 202,500 ou X2 - 1500 x = - 202,500 Complétant le carré, x2 - 1500 x + 750 = - 202500 + 750 = 360000 Extrayant la racine, on a X - 750 = + 600 D’où X’= 600 + 750 = $1350.Rép.et X” = - 600 + 750 — $150.Rép. 462 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE SUPPLÉMENT On demande la solution du problème suivarit.L’anneau cylindrique d’une ancre a pour grand diamètre 50 pouces et pour petit diamètre 32 pouces.Trouvez la surface et le volume de cet anneau.Solution : Supposons que cet anneau soit un anneau de caoutchouc enveloppant un petit fil métallique qui passe exactement par son centre dans toute sa longueur.Pratiquons d’abord une section transversale en un point quelconque de l’anneau.La surface de cette section sera un cercle de 50 ~ 32, c’est-à-dire 9 pouces de diamètre.Il faut maintenant traiter cet anneau comme un cylindre dont la base est un cercle de 9 pouces de diamètre et dont la hauteur est la longueur du fil métallique, c’est-à-dire la circonférence moyenne de l’anneau.Cherchons d’abord la surface: 9X3.1416 = 28.2744 pouces.Cire, de la section.(ôox3.i4i6)+(32X3.i4i6)on (50+32) ^q4~iq — 128.8056.Cire, moyenne de l’anneau ou longueur du fil métallique représentant la hauteur du cylindre.28.2744X128.8656 = 3643.5975.Surface.Rép.Cherchons maintenant le volume: 92 X .7854 = 63,6174.Surface de la section qui sert de base.63.6174X128.8656 = 8198.0732.Vol.Rép.2.La solution proposée par “Une institutrice” relativement au problème de mélange donné aux examens de juin dernier est bonne.Un problème de mélange comporte généralement plusieurs solutions.3.L’intérêt composé fait partie du programme du brevet supérieur.LE CABINET DE L’INSTITUTEUR LOUIS FRÉCHETTE ET LES FRÈRES DU MONT-SAINT- LOUIS La fondation, à Montréal, du grand pensionnat Le Mont-Saint-Louis, sous la direction des fils de S.Jean-Baptiste de la Salle, remonte à l’année 1888: ce fut en septembre qu’il ouvrit ses portes à la jeunesse.L’inauguration de ses séances publiques se fit de façon imposante le 12 mars 1889, lors de la visite à cet établissement de Sa Grandeur Mgr Edot ard Fabre, archevêque de Montréal.Un programme musical et littéraire, varié avec goût, fut très apprécié de l’assistance d’élite qui remplissait la salle.La pièce de résistance avait été le poème sur Jean-Baptiste de la Salle, de Louis Fréchette, récité par l’auteur lui-même et qui obtint un succès d’enthousiasme égal à celui de la “soirée de gala” du 14 février précédent à l’Académie de Musique de Québec.(1) (1) Nous offrons ici nos bien sincères remerciements au cher Frère Ephrem, le plus ancien professeur du Mt-St-Louis, qui, sur notre demande, a daigné consulter l’Historique du Pensiounat et faire appel à ses lointains souvenirs afin de nous fournir certains renseignements qui nous faisaient défaut. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 463 Les 27, 28 et 29 mai 1891, la Société Royale du Canada tint ses assises à Montréal.Un groupe de ses membres: Napoléon Legendre, président de la section de littérature française, J.M.LeMoine, président de la Société des Beaux-Arts; le mathématicien Charles Baillair-gé; l’historien Benjamin Suite; Louis Fréchette, etc.rendirent visite, le 29, à leur ami le Fr.Stephen, récemment appelé à la direction du Mont-Saint-Louis.Il y eut dîner suivi, de la part des élèves, d’une séance agrémentée de musique, chant et déclamation.Le “Vive la France” de Fréchette suscita de vifs applaudissements.Fréchette lui-même récita “magistralement” le “Waterloo” de Y.Hugo.En 1892.Fréchette quitta la rue Ontario où il résidait depuis son départ de Nicolet et vint s’établir sur la rue Sherbrooke, à proximité du Mont-Saint-Louis.Il commençait déjà à ressentir les atteintes de diverses infirmités qui l’affiigèrent jusqu’à sa mort: aussi Mgr Bruchési l’autorisa à assister aux offices réligieux des dimanches et fêtes d’obligation dans la chapelle du Mont St-Louis, de préférence à son église paroissiale, St-Louis-de-France.Il s’y rendait parfois en compagnie de quelqu’un de ses amis de marque.Ainsi dans son beau volume “Nos Amis les Canadiens”, M.Louis Arnould nous apprend qu’il assista un jour à la messe, au Mont-Saint-Louis, aux côtés de Louis Fréchette.Non seulement le poète trouvait dans les offices liturgiques de l’Église de quoi nourrir et satisfaire pleinement les sentiments religieux de son âme, mais il en goûtait toute la poésie, et souvent il se surprenait à mêler sa voix à celle des enfants du choeur de chant.A l’édification générale, aux grandes fêtes religieuses de l’année on le voyait s’approcher de la table sainte.—“Vous êtes le François Coppée de la rue Sherbrooke, lui dit certain jour un Frère, dans l’espoir de lui être agréable.”(1)—Je suis d’autant plus flatté de cette parole, reprit Fréchette, que l’auteur de “Pour la Couronne” m’a fait la faveur un soir de me lire sa pièce du premier vers au dernier; qu’il m’a retenu un jour à déjeuner et me traitait vraiment comme un confrère et un ami.(2) Invités à prendre part à l’exposition universelle de Chicago (1893), les Frères des Écoles chrétiennes exposèrent, dans les premières semaines de février qui la précédèrent, et.aux grands parloirs du Mont-Saint-Louis, les travaux scolaires destinés à y être envoyés.Comme on parlait beaucoup dans le temps des réformes à faire dans l’enseignement, un flot de visiteurs ne cessa d’envahir les grandes salles de l’Exposition pour y apprécier les travaux à leur juste valeur.En général la foule fut très favorablement impressionnée.A la demande de ses amis, Fréchette dut en cette circonstance poser au connaisseur, au pédagogue; et il le fit dans un article de trois colonnes paru dans la Patrie du 18 février.Pour lui l’exposition constitue une épreuve.Si elle n’est pas “triomphante” pour les Frères, dit-il, elle “témoigne néanmoins sur toute la ligne d’efforts sérieux et efficaces vers le but désirable, et d’un progrès immense accompli dans la bonne direction.” Le poète en tient surtout vis-à-vis les collèges classiques.Non content d’exprimer à leur endroit des desiderata, des améliorations à réaliser, des réformes à faire; il prétend, avec exemples à l’appui, qu’ils n’enseignent nullement à parler, à lire et à écrire.On conçoit qu’une^pareille attaque ait excité l’ire de M.l’abbé Baillairgé, alors directeur du Bon Combat, de L’Etudiant et d’une couple d’autres journaux ou revues.Une vive et longue polémique qui dura plusieurs mois et passionna le public s’ensuivit.A cette occasion, il y eut également un échange de quelques lettres courtoises entre M.l’abbé Nantel,du Séminaire de Sainte-Thérèse, et Fréchette.Nous avons dit ailleurs quelles furent les idées exprimées par le poète dans ses lettres “A propos d’éducation” et nous n’y reviendrons pas (3).Rappelons seulement qu’une couple d’années plus tard, Fréchette se montrait heureux de glisser un mot d’éloge à l’adresse de son Alma Mater, le vieux Séminaire de Québec.Il était à bord d’un transatlantique pour l’Europe.“Ma bonne étoile, écrit-il, m’avait donné pour voisins de table deux jeunes prêtres du Séminaire de Québec: M.l’abbé Pelletier, professeur de Belles-Lettres, et M.l’abbé Fillion, professeur de Chimie.Ce dernier s’en va suivre les cours des grands maîtres pour se perfectionner dans la science qu’il est chargé d’enseigner.On se saurait trop admirer les efforts constants que font les directeurs de la grande institution pour s’assurer les services de professeurs sérieux.Instruits, affables, sans prétention ni préjugé, d’un esprit large et (1) L’auteur de la Bonne Souffrance assistait souvent à la messe dans la chapelle de la Maison-Mère des Frères des Écoles chrétiennes, rue Oudinot.(2) Fréchette s’est exprimé de façon semblable dans son article à La Patrie du 12 janvier 1895.(3) L’Enseignement Primaire, mai 1925. 464 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE d’une éducation parfaite, mes deux compagnons de voyage n’ont eu qu’à se montrer pour conquérir les sympathies de tout le monde.(1).Fréchette s’intéressait d’autant plus à l’enseignement donné au Mont-Saint-Louis, que son fils Louis-Joseph y poursuivait ses études commerciales et scientifiques commencées à Nicolet.Esprit aventureux, le jeune Louis-Joseph, une fois ses études achevées, voyagea beaucoup; s’enrôla pour la guerre hispano-américaine; prit du service dans la marine militaire anglaise et contracta aux Indes une longue maladie qui l’enleva à la fleur de l’âge, 24 ans.Ses funérailes eurent lieu dans la chapelle du Mont-Saint-Louis et furent l’occasion d’une manifestation d’estime et de sympathie qui dut toucher singulièrement la famille.La fanfare du Mont-Saint-Louis ouvrait le cortège.Le premier ministre de la province, les présidents du Sénat et de la Chambre des Communes, le juge en chef de la Cour d’appel et plusieurs autres juges, des consuls, des membres du barreau, du notariat et de la députation provinciale, des représentants de divers établissements d’éducation, des journalistes, etc., faisaient partie de ce cortège.Les élèves du Mont-Saint-Louis, au nombre de plus de cinq cents, après une ‘‘exécution magistrale” de la messe de Requiem harmonisée de Perreault, suivirent le convoi jusqu’à la rue Bleury.(2) Au Frère Stephem, avait succédé à la direction du Mont-Saint-Louis, le Frère Sympho-rien dont nous avons rapporté brièvement dans cette revue à l’occasion de sa mort, la féconde carrière religieuse, en notre article sur “Un éducateur patriote”.(3) Le Frère Symphorien avait plus d’un trait de ressemblance avec Fréchette.Tous deux favorisés des Muses, ils professaient le même culte pour notre histoire nationale et manifestaient une égale propension à la gaiété qui se traduisait par des saillies heureuses et des bons mots.Aussi rien ne languissait dans la conversation, lors de leur rencontre: les rires fusaient bientôt et étaient un dérivatif chez l’un aux soucis d’une vaste administration, et chez l’autre, aux contradictions suscitées par de nombreux et parfois irréductibles adversaires.Afin de dissiper les préjugés contre Fréchette d’un personnage en vue qui voyait surtout le bretteur, l’irascible polémiste dans l’auteur de la ‘Légendre d’un Peuple”, le Fr.Symphorien les invita à dîner ensemble.L’hôte d’honneur n’en revenait pas de l’urbanité exquise, de la bonne familiarité, des propos enjoués et spirituels du poète et changea entièrement de disposition à son endroit.Le Fr.Symphorien fut l’un des premiers à encourager Fréchette dans son projet d’élever un monument à Crémazie.Aussi le principal disciple de l’auteur de “O Carillon” commença par le Mont-Saint-Louis sa tournée de conférences au pays et dans trois États limitrophes, au-delà des frontières, afin de recueillir les fonds nécessaires à l’érection de ce monument.A la cérémonie de son dévoilement, le Mont-Saint-Louis fut à l’honneur, ainsi que l’attestent les passages suivants de la brochure commémorative des fêtes de l’inauguration du monument Crémazie, le 24 juin 1906.“Trente mille personnes au moins étaient réunies au square lorsque vers trois heures et demie, les cadets du Mont-Saint-Louis, précédés de leur fanfare, vinrent en garde d’honneur se ranger au port d’armes devant le monument.” “Le moment était solennel.Le public, saisi de respect, gardait un religieux silence.Le monument, enveloppé par la pâle et souple draperie, semblait quelque géant trépassé qui se serait dressé tout droit dans son linceul.Et ce géant avait une voix; les cuivres resonnèrent discrètement sous les larges et graves harmonies que les plaintes du vieux soldat de Carillon ont inspirées à Sabatier.C’était comme un chant très lointain d’outre-tombe.Le linceul tomba, le grand mort apparut et la clameur admirative de la foule parut le réveiller.Les cuivres émirent des accents plus sonores, les tambours battirent aux champs, tous les hommes se découvrirent, toutes les femmes eurent un frisson: Crémazie venait de renaître”.Fréchette exprima un jour au Fr.Symphorien le désir qu’à sa mort les funérailles aient lieu dans la chapelle du Mont-Saint-Louis.Le Directeur de ) ’étabissement de répondre aussitôt: “On tiendra naturellement à plus grand honneur de faire pour le père ce qui a été fait pour le fils”.Et le poète, parla première clause de son testament, demande qu’un modeste service funèbre soit chanté dans la chapelle du Mont-Saint-Louis avant que l’on procède à l’inhumation de son corps au cimetière de la Côte-des-Neiges.On sait dans quelles circonstances est mort Fréchette.C’était le 30 mai au soir 1908 (1) La Patrie, 17 août 1895.(2) La Presse, 13 décembre 1901.(3) L'Enseignement Primaire, mai 1924. L'ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 465 un samedi.Le poète revenait de passer une longue et intéressante veillée chez son vieil ami, l’honorable sénateur L.-O.David, et portait à la main un joli bouquet qu’on lui avait offert pour madame Fréchette.Arrivé au seuil du couvent des Sœurs de la Providence, où avec son épouse ils vivaient retirés depuis une couple d'années, il fut frappé d’apoplexie.Le premier à le trouver dans cet état, le soir même, fut providentiellement l’aumônier de l’établissement, aujourd’hui Mgr Deschamps.Le lendemain dans la soirée, à 10 h.30, il expirait sans avoir repris connaissance.Heureusement Fréchette avait eu comme un pressentiment de sa mort prochaine, il s’était familiarisé avec l’idée de la mort, et il s’apprêtait à rendre ses comptes au Maître suprême en la grande miséricorde de qui il manifestait la plus entière confiance.Dans notre article de septembre dernier, nous avons dit pourquoi les funéraires de Fréchette eurent lieu non au Mont-Saint-Louis mais dans l’église paroissiale de Saint-Lo,1 is-de-France.Revenu “infiniment triste” de ces obsèques, M.Gonzalve Désaulniers, admirateur et ami de notre poète, écrivit un article où il déplorait que notre race n’ait pas fait davantage pour le chantre de nos glorieux ancêtres.Il rend hommage aux quatre corps ou grandes institutions qui, en cette circonstance, firent quelque chose.Le Mont-Saint-Louis était représenté aux funérailles par son Directeur, le Fr.Sym-phorien-Louis, accompagné du Fr.Ephrem et d’une délégation d’une centaine de grands jeunes gens avec leurs professeurs.L’École littéraire, de Montréal, dont Fréchette fut le premier président d’honneur, avait envoyé une lyre brisée.Le Conseil Législatif où le poète était greffier, ainsi que l’Association Saint-Jean-Baptiste, avaient fait hommage de magnifiques tributs floraux.“La reconnaissance et l’admiration d’un peuple, dit M.Gonzalve Désaulniers, ont le devoir d’ignorer la modestie des grands morts lorsqu’il s’agit de les honorer.Ne pouvait-on voter quelques milliers de dollars pour les funérailles d’un homme en qui se sont incarnées depuis quarante ans toutes nos aspirations?Est-ce que sa dépouille mortelle n’aurait pas dû être exposée à l’Hôtel-de-Ville, aux derniers hommages de la foule ?Est-ce que le 65ème n’aurat pas dû former une garde d’honneur autour du cercueil de celui qui chanta les soldats de notre épopée?” “Dors en paix, mon vieux maître; ton peuple, ce peuple que tu as chanté, que tu as glorifié dans tes vers, n’a pas cru devoir te faire les suprêmes adieux qu’il te devait, mais l’avenir te paiera cette dette méconnue.Ce que tu as fait pour Crémazie, d’autres le feront pour toi, en un jour de fête dont je vois déjà poindre l’aube; la foule aussi t’offrira la réparation en acclamant ton œuvre et ton nom environnés désormais de la majesté du passé.” Le buste de Louis Fréchette qui couronne le monument funéraire érigé sur sa tombe avait été déposé plusieurs années avant sa mort, dans l’un des grands parloirs du Mont-Saint-Louis.Le souvenir du poète continue à se perpétuer de façon tangible dans le grand établissement d’enseignement moderne de la rue Sherbrooke, car on y a fait l’acquisition d’un beau buste de Louis Fréchette, très ressemblant , nous assure-t-on, et qui, dans la grande salle de la bibliothèque, fait le pendant de celui d’Octave Crémazie.Le maître et le plus renommé de ses disciples y sont enveloppés dans une commune gloire.Lucien Serre.BOITE AUX LETTRES Question.—Une institutrice peut-elle habiter l’école pendant les vacances?Réponse.—Le paragraphe 26 de l’article 2521 du Code scolaire définit comme suit l’année scolaire: “Les mots “année scolaire” désignent les douze mois compris entre le premier juillet d’une année et le trente juin, inclusivement ,de l’année suivante.62 V., c.28, s.27.” Une institutrice a donc le droit d’habiter l’école pendant les vacances de l’année scolaire pour laquelle la commission scolaire a retenu ses services conformément à la loi : ainsi une institutrice qui enseigne en 1925-26 à l’école No 1 de X, et qui, en juin prochain, sera de nouveau engagée pour 1926-27, a le droit d’habiter son école au cours des vacances 1925-26; mais une autre institutrice qui enseigne à l’école No 4 de Y en 1925-26 et dont les services ne sont pas retenus pour l’année scolaire 1926-27.n’a pas le droit d’habiter l’école, car son année scolaire prend fin le 30 juin: ce droit appartient à l’institutrice qui sera engagée pour 1926-27. 466 L’ESNEIGNEMENT PRIMAIRE “L’ANNUAIRE STATISTIQUE” DE 1925 Au cours du mois dernier, l’honorable Secrétaire provincial, M.L.-Athanase David, a présentée à l’Assemblée Législative VAnnuaire Statistique de la Province de Québec pour l’année 1925.Ce 'volume, le douzième de la série commencée en 1914, est un inventaire élaboré des activités économiques de notre province.L’édition de 1925 renferme de nouvelles informations des plus intéressantes qu’on ne peut trouver ailleurs ou que très difficilement.De tous les livres officiels publiés par le Gouvernement, c’est assurément le plus instructif.Il constitue, au reste, le résumé de tous les autres.Aussi est-il facile au lecteur de VAnnuaire Statistique d’obtenir un renseignement précis sur la chronologie des faits principaux de l’histoire du Canada, description et caractères géologiques du territoire québécois, climatologie, mouvement de la population et ses différentes classifications, état sanitaire, immigration, instruction publique, bibliothèques et musées, organisation et fonctionnement de nos institutions législatives, administratives et judiciaires, finances, production agricole et industrielle, pêcheries, manufactures, voies de transport, organisation du travail, assurance, épargne, sociétés de secours mutuels et caisses populaires.Il suffit d’énumérer les principales têtes de chapitres pour faire voir l’ampleur des renseignements fournis dans l’Annuaire de 1925.Cette année, des graphiques nouveaux ont été ajoutés, tels sont par exemple ceux fournis sur la population de la province à divers recensements depuis 1790, l’immigration au Canada, les contributions du gouvernement pour fins d’enseignement, les emprunts scolaires autorisés, le commerce de la province de 1910 à 1925.Remarquons également, cette année, l’addition de renseignements nouveaux aux chapitres de la population, de l’instruction, de l’administration et des manufactures.Les chemins de fer ont été classifiés d’après le réseau qui appartient à chaque compagnie.Des tableaux nouveaux nous donnent l’histoire politique de la province, depuis 1867, par district électoral.Il convient de signaler ces améliorations qui rendent ce volume plus utile que jamais.L’Annuaire de notre province est aussi un agent de propagande à l’étranger; le meilleur agent de recrutement et de rapatriement.Son influence s’étend au dehors de Québec, et ses chiffres vont plaider à l’étranger et inviter les capitaux extérieurs à s’introduire au pays.Dans quelques jours, nos concitoyens anglais recevront leur “Year Book”.Tous ceux qui s’intéressent à la prospérité de notre population et au développement des richesses naturelles de notre territoire liront avec beaucoup d’intérêt et quelque fierté les pages de l’Annuaire, remplies de renseignements et de chiffres puisés aux sources officielles._ L’édition de 1925 a été rédigée par M.Lucien Viau, licencié de l’École des Hautes Études Commerciales de Montréal.Jusqu’à ces dernières années l’Annuaire était rédigé par le Chef des Statistiques, M.G.-E.Marquis.Le développement de ce service a obfigé ce dernier à confier la rédaction de l’Annuaire à un spécialiste de haute valeur.UNE INSTITUTRICE MODELE Carrière de 33 années dans la même école Mademoiselle Mathilda Dussault, institutrice depuis trente-trois ans dans la paroisse des Écureuils, vient de prendre sa retraite après une carrière utile et honorable.Mlle Dussault, chose rare, n’a jamais changé d’école: à l’âge de 15 ans, elle commença à enseigner comme sous-maîtresse, dans la classe même où elle avait été élève, jusque-là.Puis, trente-trois années durant, elle fit la classe dans la même école jusqu’en 1925."Les commissaires actuels des Écureuils, dit Mlle Dussault, dans une lettre adressée au département de l’Instruction publique, sont tous de mes anciens élèves.” L’histoire de notre enseignement primaire peut-elle mentionner un autre cas identique à celui de Mlle Dussault?Nous l’ignorons.Cette institutrice mériterait d’être décorée de l’Ordre du Grand Mérite, puisque la commission scolaire et les parents de l’arrondissement où elle a enseigné si longtemps lui ont toujours conservé leur confiance et leur sympathie.Honneur à cette institutrice dévouée! Elle a bien mérité de la patrie, et nous lui souhaitons de longues années de bonheur et de repos.C.J.M. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 467 “BULLETIN DES ÉCOLES CHRÉTIENNES” Cette magnifique revue trimestrielle, publiée à la Maison Saint-Joseph, Lembecq-Lez-Hal (Belgique), est entrée dans sa quatorzième année avec son numéro de janvier dernier.Chaque livraison compte 96 pages illustrées de lecture on ne peut plus instructive et intéressante.Le Bulletin des Ecoles Chrétiennes est publié par la direction des Frères des Écoles Chrétiennes et donne des renseignements sur les œuvres de ces éminents éducateurs répandus dans le monde entier.Longue vie au Bulletin.NOCES D’OR D’ENSEIGNEMENT DE M.LE PROFESSEUR J.-D.FRÈVE Grâce à l’aimable et généreuse hospitalité offerte par Mgr.Rouleau, Principal de l’École normale Laval, l’Association des instituteurs catholiques de Québec a célébré dignement le cinquantenaire d’enseignement de M.J.-D.Frève.Le jubilaire a reçu de bouches autorisées le témoignage qu’il a rempli une carrière utile avec zèle et ponctualité, et que par sa dignité de vie et sa probité il fut toujours un modèle pour ses confrères et ses élèves.Le procès-verbal de la dernière réunion des instituteurs de Québec, que nous publions dans le présent numéro, raconte en détail les fêtes du cinquantenaire: nous y renvoyons le lecteur.Nous félicitons M.Frève pour sa longue et utile carrière et formons des vœux pour que la Providence le conserve longtemps encore à sa famille et à ses confrères.“L’ACTION FRANÇAISE ” Cette vaillante revue mensuelle, publiée à Montréal par la Ligue d’Action française, vient d’atteindre sa dixième année.Depuis une décade, U Action Française a mené avec méthode une campagne opportune et efficace de patriotisme agissant et de fierté nationale : patriotisme canaclien-français et fierté canadienné-française.Le patriotisme que prêche cette revue de haute valeur littéraire, c’est celui de nos pères, c’est le patriotisme traditionnel veillant aux intérêts particuliers de notre nationalité, afin de maintenir son unité et sa survivance comme peuple distinct, patriotisme de nos grands patriotes d’antan ne séparant jamais le sentiment national du sentiment religieux.Nous souhaitons à L’Action Française une longue carrière et tout le succès que lui mérite le but élevé et désintéressé qu’elle poursuit.Prix de l’abonnement : $2.00.Adresse: L’Action Française, 1735, rue Saint-Denis, Montréal.BIBLIOGRAPHIE Rapport de Nous avons lu avec un vif intérêt l’intéressant rapport que le Directeur-M.J.P.Labarre Secrétaire du district nord de la Commission des Écoles catholiques de Montréal, vient de publier.Ce rapport comprend deux parties: 1.Les écoles au point de vue matériel.IL Les écoles au point de vue pédagogique.Ce dernier chapitre renferme d’excellentes réflexions pédagogiques, marquées au coin d’une longue expérience. 468 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Le Christ- Pie XI vient d’instituer la fête demandée par toute la chrétienté en l’honneur Roi du Christ-Roi.Il en a profité pour publier une remarquable encyclique où il établit la royauté de Jésus-Christ sur les individus et les sociétés, montre les ravages du laicisme dans le monde, puis indique comment ce mal sera combattu par l’institution de la nouvelle fête.C’est un document d’une haute valeur doctrinale en même temps que d’une grande portée pratique et que tout catholique devrait lire et méditer.L’œuvre des tracts a cru faire œuvre utile en publiant cette encyclique dans sa collection de brochures.Chacun pourra ainsi l’avoir sous la main, en un format commode, et s’en pénétrer par une lecture lente et réfléchie.Nous la recommandons tout particulièrement aux prêtres, aux communautés religieuses, aux éducateurs, aux cercles d’études, aux associations catholiques.Une belle image du Christ-Roi orne la couverture de ce tract.Le prix en est seulement que de 10 sous l’exemplaire, $6.00 le cent, $50.00 le mille.S’adresser à l’Action Paroissiale, 4260, rue Bordeaux, Montréal.Monseigneur Dans une jolie brochure de seize pages, éditée par l’Oeuvre des Tracts, Lvfleche Montréal, le R.P.Dugré, fait revivre la belle et noble figure du deuxième évêque des Trois-Rivières.Dans un style alerte et élégant, l’auteur résume admirablement la vie de ce grand évêque, de ce patriote clairvoyant.Cette brochure est en vente au bureau de l’Oeuvre des Tracts, 1300, rue Bordeaux, Montréal.Prix: 10 sous l’unité, franco, $6.00 le cent.Petites études Les Sœurs de Sainte-Anne, Lachine, ont récemment publié une pré-Liturgiques cieuse brochure de 75 pages, intitulée : Refîtes études liturgiques relatives spécialement à la Sainte Messe.Un appendice renferme la “Hiérarchie ecclésiastique”.Cette brochure porte l’approbation de S.G.Mgr.l’Administrateur apostolique de Montréal.En vente à la Procure des Missions des Sœurs de Sainte-Anne, Lachine.P.Q.Une Méthode Précieux recueil de 125 pages, contenant les articles que M.A.Auffray D’éducation a publiés sur les méthodes pédagogiques de Don Bosco.C’est un bon traité de discipline et d’éducation en quelques pages claires, vivantes et pratiques.Nous recommandons de nouveau cet ouvrage à tous les éducateurs de la jeunesse.Une Méthode d’Éducation est en vente à Québec, au Secrétariat des Oeuvres de l’Action Sociale Catholique, 105, rue Sainte-Anne, Québec.Prix: 50 sous, franco, 55 sous.OU FAIRE RELIER “L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE”?M.Jérémie Richard, relieur d’une longue expérience, 31, rue Sault-au-Matelot, Quétec, s’est fait une spécialité de la reliure de U Enseignement Primaire.Les maisons d’éducation et les commissions scolaires qui sont en relation avec le relieur Richard savent que son établissement donne entière satisfaction.
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