L'enseignement primaire : journal d'éducation et d'instruction, 1 mai 1927, Mai
48ÈME VOLUME Québec, Mai 1927 No 9 LEnseignement Primaire EDUCATION —INSTRUCTION L/l .' > ‘ s' I ” ¦ É ÿfcïfe i.- Maison où mourut Crémazie, au Havre Lors de mon passage au Hâvre, en mars 1909, j’ai pu, grâce à l’obligeance de M.A.Gauün, consul américain^ mais vrai Canadien de cœur et d’esprit, faire photographier la maison où mourut notre poete Crémazie.En mars 1910, les lecteurs de VEnseignement Primaire ont bénéficié de cette pnmeur.La photographie ci-dessus représente la maison désormais historique où expira notre barde national, 19, rue Bernardin-de-Saint-Pierre., ^ ancien auberge Malandin où le malheureux poète rendit le dernier soupir, après y avoir vécu 19 mois.Cremazie logeait au troisième de la maison devant laquelle on remarque un groupe de personnes.Ce n est pas sans une vive émotion que, le 26 mars 1909, j’ai visité cette maison qui abrita pendant près de deux ans les chagrins et les souffrances du chantre immortel de la patrie canadienne-française.(Voir article, -page suivante).C.-J.-M. 546 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE LE CENTENAIRE DE NAISSANCE D’OCTAVE CRËMAZIE U y a eu cent ans le 16 avril dernier que naquit à Québec le grand poète canadien, notre poète national, Octave Crémazie (1).A cette occasion, la Commission des Monuments historiques a fait poser une plaque commémorative sur la maison où naquit l’immortel auteur du “Drapeau de Carillon”, Cette maison, modifiée depuis un siècle, se trouve au No 12, rue Saint-Jean.La Société Saint-Jean-Baptiste de Québec a mis sur son programme ^d’érection d’un monument à la mémoire d’Octave Crémazie”.Nous so-uhaitons que ce vœu généreux se réalise au plus tôt.En cette année du centenaire de la naissance du poète malheureux,, je me suis rappelé avec bonheur qu’il y a dix-huit ans j’eus la joie bien douce de visiter le Havre, où est mort Crémazie et où il dort son dernier sommeil.Dans Au service de mon Pays, j’ai raconté cette visite; que l’on me permette de' citer ici cette page: En Vue des Cotes de France Le 25 mars (1909) au matin, jour de l’Annonciation de la Très-Sainte-Yierge, la Provence était en vue de la terre française: à notre droite se dessinait faiblement dans le lointain la presqu’île du Cotentin; bientôt nous entrions dans le golfe du Calvados, puis à 9 heures du matin, le paquebot jetait l’ancre en face de l’estuaire de la Seine.La vue des côtes normandes éveilla en mon cœur des sentiments que je n’avais jamais soupçonnés.Et tout naturellement, ce couplet de la très ancienne mais toujours belle romance de Chateaubriand, Vers les rives de France, chantèrent délicieusement en mon âme: Voilà, voilà la France! Voguons doucement, oui Voguons en chantant, pour nous Les vents sont si doux! Pays, notre espérance, Rivage béni, oui! A ton port chéri, Le ciel nous rend aujourd’hui.Et ce port chéri, c’était le Havre, nom doublement béni pour un Canadien français.Le Havre ne rappelle-t-il pas la mémoire de plusieurs de ces hardis pionniers chrétiens, nos pères, qui s’embarquèrent en cet endroit au XVIIe siècle, pour aller coloniser la Nouvelle-France, puis, surtout, n’évoque-t-il pas le souvenir de notre poète national par excellence, Octave Crémazie.En effet, c’est au Havre que le barde malheureux passa les derniers mois de son douloureux exil, c’est là qu’il rendit le dernier soupir.Dans les guerres du XVIIe siècle, le Havre joua un rôle important; aujourd’hui port de mer commercial, sa rade est remplie de navires portant les drapeaux de tous les pays.Le Havre aussi est la patrie de Bernadin de Saint-Pierre et de Casimir de Lavigne: de magnifiques statues rappellent la mémoire de ces grands littérateurs.(1) Voir dans L’Enseignement Primaire d’avril et juin 1926, les excellents articles que notre éminent collaborateur, Lucien Serre, a consacrés à Octave Crémazie. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 547 Au Havre (1) Dès le jour de notre arrivée au Havre, je me fis un devoir d’aller m’agenouiller sur la tombe de Crémazie.Je ne suis pas seul pour faire ce pèlerinage patriotique: ma femme veut bien m’accompagner, et M.G.-E.Sauviat, l’un des officiers de la Société Saint-Jean-Baptiste de Québec, se joint à nous.Par un vent froid et une pluie battante, nous gravissons en tramway les hauteurs qui conduisent au cimetière du Havre.En longeant les allées de ce vaste cimetière, la vie malheureuse de notre poète national me revient à l’esprit.A mesure que nous approchons du coin de terre où Crémazie dort son dernier sommeil, l’émotion gagne notre cœur, et nous nous rappelons ces vers du pauvre poète: “Priez pour l’exilé, qui loin de sa patrie, 4 Expira sans entendre une parole amie; t.Isolé dans sa vie, isolé dans sa mort, Personne ne viendra donner une prière, L’aumône d’une larme à la tombe étrangère!” Nous voici enfin sur la tombe du barde.Une grande croix de bois sur laquelle le nom d’“Octave Crémazie” est inscrit—croix élevée par les soins patriotiques de M.Gaulin, consul des États-Unis, au Havre—orne le terrain, devenu la propriété de la Société Saint-Jean-Baptiste de Québec.Du souvenir ressuscitant la flamme, nous donnons: “Une fleur à la tombe, une prière à l’âme, Ces deux parfums du ciel qui consolent les morts.” Le lendemain, 26 mars, je visitais la maison où mourut Crémazie après y avoir vécu 19 mois.C’est l’ancienne auberge Malandin, 19, rue Bernadin-de-St-Pierre.Ce n’est pas sans une vive émotion, que nous avons visité, ma femme et _ moi, cette modeste demeure qui abrita pendant près de deux ans les chagrins et les souffrances du chantre immortel de la patrie canadienne-française.Crémazie logeait au troisième; nous gravîmes donc l’escalier sombre et presque vermoulu dont le poète canadien, triste et songeur, écrasé sous le poids du chagrin, compta jadis les marches lentes et pénibles.Sous ce toit désormais historique, il semble que l’auteur du “Drapeau de Carillon” a laissé quelque chose de son cœur.C’est là qu’il a écrit ses dernières lettres à sa mère et à son fidèle ami, l’abbé Casgrain, lettres navrantes, expressions touchantes de sa douleur, résumés de ses peines et de ses chagrins.C’est l’âme émue et le cœur gonflé de larmes que l’on quitte, à regret, l’ancienne auberge Malandin.C.-J.Magnan.(1) Le Havre avec sa basse-ville et les hauteurs de Sainte-Adresse, ressemble un peu à Québec.Mais les maisons ont un air ancien que Toi ne retrouve pas en Amérique.Pierres et briques, grises ou noires, rongées par le temps; vieilles églises couvertes de mousses, tout indique l’empreinte des siècles.L’antique église de Notre-Dame (XlVe siècle), chère aux marins, a attiré tout d’abord nos regards.Dans ce temple, plusieurs de nos ancêtres, sans doute, allèrent s’agenouiller avant d’aller coloniser la Nouvelle-France. 548 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE STATISTIQUES SCOLAIRES Remarques d’un inspecteur Pour assurer le bon renom de notre système scolaire, il importe que les statistiques soient exactes et complètes.D’une façon générale, dans mon district, les titulaires des écoles se conforment aux exigences des règlements, et ils me fournissent des rapports bien préparés.Cependant, des erreurs peuvent se produire au sujet de l’inscription des élèves.Ainsi à la deuxième visite annuelle de l’inspecteur dans une école, le nombre des élèves inscrits ne doit pas être inférieur à celui qui figurait au rapport de la première visite d’automne.D’où il suit que tous les élèves inscrits doivent être comptés dans les rapports.En conséquence, lorsque des élèves ont définitivement quitté une école, leurs noms ne doivent pas être retranchés du journal d’appel.Et la présence moyenne laisse parfois a désirer quant à son exactitude.Dans une école mixte, pour trouver la présence moyenne, il faut tout d’abord inscrire séparément garçons et filles au journal d’appel.Et, à la fin de chaoue mois, mentionner le nombre de jours de classe durant lesquels l’école a été en activité, puis additionner séparément les présences des garçons et des filles, et diviser chaque catégorie d’élèves par le nombre de jours de classe du mois.La réponse, dans chaque cas, donnera la présence moyenne réelle.Après plusieurs mois, le calcul de la présence moyenne se fait un peu différemment.Un exemple fera mieux saisir cette question.Dans une école mixte de trente élèves, soit dix-huit garçons et douze filles, quelle serait la présence moyenne de ces élèves après six mois de scolarité, sachant que le nombre total des jours de classe a été de 120, que les présences des garçons furent de 1800, et celles des filles de 1200: Solution—1800-e 120—15, présence moyenne des garçons.1200h-120—10, présence moyenne des filles.Au rapport annuel d’une école mixte, la présence moyenne des élèves doit être calculée, en divisant les présences totales des garçons et des filles séparément, pour l’année entière, par le nombre de jours de classe des dix mois de l’année scolaire.Les statistiques de nos écoles sont très importantes.Aussi doivent-elles être vérifiées minutieusement pour qu’elles soient irréprochables.Alphonse-L.Auger.Mai 1927.CONDITION ESSENTIELLE DE SUCCES DANS L’ENSEIGNEMENT La plus essentielle condition de succès dans l’enseignement est la preparation quotidienne des classes.Que d’institutrices qui pour avoir négligé de préparer sérieusement leurs classes, dès le début de leur carrière dans l’enseignement, n’ont obtenu que de malheureux résultÿâits L’expérience prouve que la majorité des institutrices qui négligent de remplir ce devoir important, l’ont négligé dans leurs premiers jours d’enseignement.La routine s’est implantée dans leur école pour y demeurer à jamais, au grand désavantage de leurs élèves.Cette préparation quotidienne des classes (voir Règlemets refondus du Comité catholique) doit porter sur la matière à enseigner et sur la manière d’enseigner.—.“D’abord, il faut choisir le sujet de la leçon en se conformant au programme et au tableau d’emploi du temps; en délimiter, avec la plus grande précision, l’étendue et la profondeur, selon la portée intellectuelle du groupe d’enfants qui doivent la recevoir, en bien L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 549 classifier les parties substantielles, importantes et les détails, afin qu’il n’y ait rien dans la leçon, absolument rien de vague, d’indécis ou de mal défini.” Le titulaire, en préparant ses classes, doit toujours se souvenir que souvent ce qui est très clair pour lui-même, est bien obcur pour l’enfant.Qu’il interroge donc tous et chacun, afin de s’assurer que ses explications sont comprises.Ces questions et les sous-questions seront préparées.Le but n’est pas d’aller vite, mais d’enseigner bien, avec ordre et gradation.2°.—“Ensuite, il faut que le titulaire prévoie d’une manière très précise la marche spéciale à suivre dans sa leçon, les procédés à employer, les industries les plus propres à intéresser, les explications à donner, la nature et l’ordre des questions à poser, les exercices à faire faire et les devoirs d’application à imposer.Ce deuxième travail préparatoire est le plus difficile et le plus délicat.Il varie avec le degré d’avancement des élèves, leurs dispositions et leurs aptitudes; il varie suivant que la leçon est apéciale à une seule division ou commune à plusieurs divisions de force inégale.” Préparer ses classes c’est encore se souvenir, prévoir et choisir.Se souvenir de la dernière leçon donnée afin d’y mettre un lien avec celle qui va suivre.Toujours faire une revue succincte mais précise de la leçon précédente; se souvenir des explications données, spécialement celles dont les enfants ont eu le plus de difficultés à saisir; se souvenir des devoirs d’application donnés, des fautes commises, afin de revenir sur les points les moins bien compris; se souvenir des exigences du programme afin d’en faire une application judicieuse.Prévoir les difficultés qu’il faudra surmonter dans la prochaine leçon; celles que les élèves auront à résoudre dans les devoirs d’application; prévoir les explications qu’il faudra donner, la longueur de la leçon en rapport avec les exigences du programme et du tableau d’emploi du temps; la méthode à être employée pour atteindre sûrement son but.C’est aussi choisir les devoirs, les dictées, les analyses, les problèmes d’application de la leçon du jour; choisir tout ce dont il aura besoin au cours de la leçon: billes, cartes, images, papier, règles, mesures, craie et tableau noir.Afin de faciliter le travail des titulaires, dans la préparation quotidienne des classes, condition essentielle de succès dans l’enseignement, des éducateurs d’expérience ont préparé un travail intitulé: Registre des notes et Journal de classe.Cet ouvrage, comme le titre l’indique, est divisé en deux parties distinctes: 1ère: Le Registre des notes qui permet à l’institutrice de faire la compilation des notes accordées aux enfants.Excellent moyen de discipline préventive et d’émulation.2e: Journal de classe qui facilite au titulaire la préparation quotidienne de ses classes, condition essentielle de succès dans l’enseignement.Cet ouvrage doit se trouver dans chaque classe.La loi scolaire l’exige, (article 227, paragraphe 11, et l’appendice A, page 58, des RR.du CC.).En approuvant ce travail, le 30 avril 1924, le Surintendant de l’Instruction publique exprimait le désir qu’ils soit introduit dans toutes les classes de la province.Puisque la préparation quotidienne des classes est une condition essentielle de succès dans l’enseignement, une classification des écoles où cette préparation quotidienne est bien faite, s’impose.Le département de l’Instruction publique doit connaître les institutrices qui remplissent leur devoir sur ce point capital, comme celles qui le négligent.Un Inspecteur b’Écoles.Mai 1927.VERS LE PASSÉ Glanures scolaires (1857) L’École Normale Laval .vAu cours du présent mois, l’École Normale Laval de Québec entre dans sa soixante-dixième année d’existence.Inaugurée avec éclat le douze mai 1857, cette maison d’éducation, depuis cette date, poursuit son but sans bruit, mais d’une manière constante et avec succès.Ayant débuté sous d’heureux auspices, et ayant été dirigée dans la suite par des hommes émérites, cette exemplaire institution ne pouvait que progresser et remplir parfaitement le 550 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE rôle auquel elle avait été destinée.Les Horan, les Langevin, les Fortier, les Chandonnet, les Lagacé, les Bégin et les Rouleau, principaux, secondés par les Toussaint, les de Fenouillet, les Juneau, les Doyle, les Laçasse, les Thibault, les Létourneau, les Cloutier, etc.professeurs, surent lui donner une impulsion bienfaisante qui ne s’est pas ralentie depuis.L’inauguration officielle de l’École Normale Laval eut lieu le mardi 12 mai 1857, à deux heures de l’après-midi, au Vieux-Château, appelé aussi Château Haldimand, qui était situé en partie sur l’emplacement même où fut construit antérieurement le Château St-Louis, qui servit de résidence aux gouverneurs français et anglais de jadis.Mgr l’évêque de Tloa, Mgr Baillargeon, coadjuteur de Mgr l’archevêque, Son Honneur le Dr Morrin, maire de Québec, M.P., J.-O.Chauveau, surintendant de l’Instruction publiaue du Bas-Canada, l’honorable juge Caron, M.le grand vicaire Casault, recteur de l’Université Laval, M.le grand vicaire Cazeau de l’archevêché, M.Pilote, supérieur du Collège Sainte-Anne, M.Auclair, curé de Notre-Dame, M.Aubry, de l’évêché des Trois-Rivières, le R.P.Beaudry, S.J., MM.Bardy, Bélancl, Hubert et Tanguay, inspecteurs d’école, etc.ainsi que M.le principal de l’École Normale Laval accompagné de MM.les professeurs et des vingt-deux élèves-maîtres admis à l’étude, un bon nombre de Curés, de Jésuites, d’Oblats et de Prêtres, réhaussaient de leur présence cette belle cérémonie.Avec l’exécution d’un joli programme dirigée par M.Ernest Gagnon, professeur de musique à cette nouvelle école normale, il y eut discours par Mgr de Tloa, coadjuteur de Mgr l’prchevêque Turgeon, et représentant de ce dernier, que son état de santé empêchait d’être présent à cette réunion, par M.P.-J.-O.Chauveau, surintendant de l’Instruction publique du Bas-Canada, par le Dr Morrin, maire de la ville de Québec, par M.l’abbé G.Horan, principal de l’École Normale Laval, par MM.F.-X.Toussaint, E.de Fenouillet, A.Doyle, professeurs à cette même école, et par M.L.Devisme, professeur à l’École Normale Jacques-Cartier de Montréal.Mgr Baillargeon , après avoir décrit les bienfaits qui découleront de l’établisssement d’une école normale, eut des paroles justes et méritées à l’égard du véritable ami de la patrie, de l’éducateur par excellence : le prêtre.“Les amis du pays, dit-il, sont ceux qui travaillent de toutes leurs forces à l’avancement, au progrès rationnel de la chose publique.Au premier rang de ces bienfaiteurs se trouve le prêtre, parce qu’il est homme du peuple, et il est homme du peuple parce qu’il est homme de Dieu.Il porte au-dessus de toute autre affection terrestre l’amour du peuple.Les joies matérielles lui sont inconnues.Il sait que la vertu seule fait le bonheur.Aussi, ne doit-on pas s’étonner de l’entendre prêcher la vertu et tonner contre le vice.Il sait aussi que l’ignorance est un grand mal, qu’elle est la source de la dégradation non seulement pour les individus, mais aussi pour les peuples.C’est ce qui explique pourquoi le prêtre est l’ami de l’éducation, pourquoi il travaille avec tant de zèle et d’énergie à cette belle cause, pourquoi aujourd’hui il se réjouit d’une fête qui annonce un progrès réel.” Et l’orateur de terminer par ces paroles remplies de paternelle bonté: “Je souhaite, je demande que cette école normale soit bénie dans son fondateur, qu’elle soit bénie dans son directeur, qu’elle soit bénie dans ses professeur^, qu’elle soit bénie dans ses élèves.” M.P.-J.-O.Chauveau, surintendant de l’Instruction publique du Bas-Canada, après avoir rappelé les raisons qui justifiaient la fondation de l’École Normale Laval, de la noble mission de l’instituteur, parla en des termes éloquents du choix de la ville de Québec, comme endroit pour une école de ce genre.“Vous m’avez entendu dire, dit-il, que Québec devait être fier de posséder cette institution dans son sein; mais, de votre côté, vous devez être heureux qu’on vous ait réunis dans cette ville plutôt qu’ailleurs.“Où pourriez-vous, en effet, étudier avec plus de zèle que dans une cité qui fut sur ce continent le premier berceau de la religion, des sciences et des lettres?Est-il quelque branche des connaissements humaines que vous ne soyez point tout particulièrement invités à cultiver par les souvenirs attachés aux choses qui vous entourent ?“Où la science sublime de la religion parlerait-elle plus fortement à vos esprits et à- vos cœurs que dans cet endroit où la croix fut plantée avec tant d’éclat ?dans cet endroit, d’où partirent tant d’intrépides missionnaires, tant d’héroïques matyrs qui s’enfoncaient dans les forêts impénétrables, à la recherche de supplices qu’aucune langue humaine ne saurait décrire ?“Où l’étude de la belle langue de vos ancêtres vous serait-elle plus agréable et plus chère que dans le lieu mêrhe où les premiers apôtres du pays, où les dignes filles de Madame de la L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 551 Pelterie, enseignèrent aux jeunes enfants sauvages à la balbutier, mêlée à leurs étranges idiomes ?“Le calcul, les sciences exactes, toutes celles qui se rapportent aux arts et au commerce, où les apprendriez-vous mieux que dans cette ville commerciale et industrielle où leur utilité se démontre à vos yeux, à chaque instant et de mille manières ?“Et la géographie! Des vaisseaux, venus de toutes les parties du monde, chargés des produits de tous les sols et de tous les climats, ne vous invitent-ils pas à vous y livrer comme à un délassement facile et agréable ?“La poésie, la littérature sont chez elles, dans ce site magnifique; et, si la vue du fleuve-roi qui roule à vos pieds les ondes de ses innombrables tributaires, si la grande et belle nature qui se développe devant vous, portant encore le cachet de sa sauvage et primitive grandeur, au milieu des merveilles de la civilisation, si le bassin de Québec avec ses montagnes ondulantes et gracieuses, et ses riches vallées, n’inspiraient pas votre génie, alors vous parcouriez en vain tout le globe pour y trouver un rayon de poésie ! “Les beaux-arts n’ont pas non plus, sur ce continent, de galeries plus riches que celles de nos églises; et la nature et l’art seront, pour ceux d’entre vous qui s’y sentiront portés, une double source d’inspiration.“Et l’histoire! L’histoire est partout: autour de vous, au-dessous de vous; du fond de cette vallée, du haut de ces montagnes, elle surgit, elle s’élance et vous crie: me voici! “Là-bas, dans les méandres capricieux de la rivière Saint-Charles, le Cabir-Coubat de Jacques Cartier, estl’endroit même où il vint planter la croix et conférer avec le seigneur Do-nacona.Ici, tout près d’ici, sous un orme séculaire que nous avons eu la douleur de voir abattre, la tradition veut que Champlain soit venu planter sa tente.C’est de l’endroit même où nous sommes que M.de Frontenac donna à l’amiral Phipps, par la bouche de ses canons, cette fière réponse que l’histoire n’oubliera jamais.Sous nos remparts s’étendent les plaines où tombèrent Wolf et Montcalm,oùle chevalier de Lévis remporta, l’année suivante, l’immortelle victoire que les citoyens de Québec ont voulu rappeler par un monument.Devant nous, sur la côte de Beauport, les souvenirs de batailles non moins héroïques, nous rappellent les noms de Longueil, de Ste-Hélène et de Juchereau Duchesnay.La-bas, au pied de cette tour sur laquelle flotte le drapeau britannique, Montgomery et ses soldats tombèrent balayés par la mitraille d’un seul canon qu’avait pointé un artilleur canadien.De l’autre côté, sous ce rocher qui surplombe et sur lequel sont perchés, comme des oiseaux de proie, les canons de la vieille Angleterre, l’intrépide Dambourgès, du haut d’une échelle, le sabre à la main, chassa des maisons où ils s’étaient établis Arnold et ses troupes.L’histoire est donc partout autour de nous: elle se lève de ces remparts historiques, de ces plaines illustres et elle vous dit: me voici!-” Telles furent les inoubliables paroles prononcées par M.Chauveau à l’adresse de la vieille cité de Champlain.Le premier principal de l’École Normale Laval, M.l’abbé G.Horan (plus tard Mgr Horan,'‘évêque de Kinsgton), après avoir démontré l’importance de l’éducation de la jeunesse, de la formation de bons instituteurs, termina son intéressant discours par les opportunes paroles suivantes: “Cet établissement, qui est inauguré aujourd’hui, est destiné aux personnes qui désirent se vouer à la noble tâche de l’éducation publique et veulent se former à la profession si difficile et si honorable de maîtres d’école.Tout en étudiant à fond leur langue, en s’appliquant au calcul et aux autres branches essentielles d’une bonne instruction, ils apprendront à se mettre en état de communiquer avec plus d’avantages les connaissances acquises à ceux qui leur seront confiés plus tard.“Instruits par l’expérience des autres peuples, nous éviterons avec soin l’écueil où ils se sont brisés, et nous donnerons à l’instruction religieuse la place à laquelle elle a un droit incontestable.Imbu de ces principes sacrés, qui sont le fondement de l’ordre social tout entier,l’élève de l’école normale ira à son tour enseigner cette même doctrine qu’on lui aura inculquée.Ainsi, le bien se perpétuera, et cette institution produira des fruits salutaires et en rapport avec le but pour lequel elle a été fondée”.Son Honneur le maire de Québec, M.le Dr Morrin, MM.F.-X.Toussaint, E.de Fenouil-let, A.Doyle, professeurs à l’Ecole Normale Laval de Québec et M.L.Devisme, professeur à l’École Normale Jacques-Cartier de Montréal, prononcèrent aussi de magnifiques discours à cette mémorable fête.Fidèle au programme tracé par ses fondateurs, l’École Normale Laval de Québec, sous 552 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE la sage direction de son vénérable principal, Mgr Th.-G.Rouleau, P.-A., secondé par ses distingués assistants MM.les abbés L.-A.Caron et J.-J.Dubé, poursuit son but primitif avec une sagesse où les exigences du progrès s’allient avec les meilleures traditions.De cette maison bénie, qui a déjà fourni une pléiade d’hommes éminents, prêtres ou laïques, sortiront encore, j’en ai la ferme conviction, d’autres sujets qui feront honneur à leur Alma Mater.Pierre-Paul Magnan, Professeur à l’École Normale Laval de Québec.Notes.—Voici les endroits où le personnel de l’École Normale Laval dut séjourner avant d’avoir un lo^al définitif à elle: 1857 à 1860: Le Vieux Château.1860 à 1866: Maison aujourd’hui occupée par les R.R.P.P.Jésuites sur la rue Dauphine.1866 à 1892: Retour au Vieux Château.1892 à 1900: Stage au pensionnat de l’Université Laval.C’est en 1892 eue le Vieux Château fut démoli pour faire place au Château Frontenac, grand hôtel du C.P.R.19,00 à nos jours: Maison actuelle dont la partie centrale était l’ancienne propriété de M.J.Théodore Ross.P.-P.M.“ PREMIER CONGRÈS PÉDAGOGIQUE PROVINCIAL D’ENSEIGNEMENT MENAGER ” Le compte rendu du premier congrès pédagogique provincial d’enseignement ménager, tenu à Saint-Pascal les 6, 7, 8 et 9 septembre 1926, vient d’être publié par les soins de la Révérende Sœur Marie-Vitaline, de la Congrégation de Notre-Dame.C’est un fort volume de cinq cents pages près, très bien imprimé et de lecture agréable Ce volume renferme, outre les délibérations très vivantes du congrès, le texte de tous les travaux présentés pendant le congrès.Il constitue une véritable somme pédagogique de l’enseignement ménager.Ce livre fait grand honneur à la pédagogie canadienne et mérite l’encouragement des maisons d’éducation, des commissions scolaires et de tous les fervents, de plus en plus nombreux, de l’enseignement ménager.L’ouvrage est en vente au Secrétariat des Oeuvres, 105, rue Sainte-Anne, Québec, et chez les Sœurs de la Congrégation de Notre-Dame à Montréal, à la Maison-Mère, et à Québec au Couvent de Saint-Roch.Prix: $150; franco $1.75.“ PREMIER CONGRÈS PROVINCIAL D’ENSEIGNEMENT MÉNAGER ” Préface de Mgr L.-A.Pâquet, P.A., V.G.PRÉFACE Le premier Congrès pédagogique d’enseignement ménager, tenu à Saint-Pascal au cours de la deuxième semaine de septembre 1926, a remporté le plus grand succès.Nous avons eu le plasir d’assister, pendant quelques temps du moins, à ce Congrès.Nous avons lu l’analyse des discours qui furent prononcés, le compte rendu des travaux qui y furent présentés, ainsi que des discussions qui animé- L’ENSEtGNEMENT PRIMAIRE 553 rent et agrémentèrent les séances de ces pacifiques assises de l’éducation.Nous savons avec quel empressement, quel souci de s’instruire et de se rendre utiles, des congressistes choisis, prêtres et laïques, religieuses et dames du monde, en nombre considérable, ont répondu à l’appel des organisateurs, et se sont fait une joie de prendre part aux diverses réunions du jour et du soir, présidées avec un tact parfait, une exceptionnelle compétence et un sens chrétien très éclairé, par Monsieur Charles-Joseph Magnan, inspecteur général des écoles catholiques de notre Province.Nous n’hésitons pas à dire que ce Congrès pédagogique ménager, béni par Sa Sainteté le Pape Pie XI, approuvé par nos Seigneurs les Évêques, et dû à l’infatigable dévouement de Monsieur le chanoine Beaudet, principal de l’École Normale classico-ménagère de Saint-Pascal et à l’initiative très intelligente de la Révérende Mère Sainte-Marie-Vitaline, de la Congrégation de Notre-Dame, directrice générale de l’enseignement ménager, marque une date particulièrement importante dans l’histoire de l’Instruction publique au Canada.C’est une œuvre d’union morale de nos différentes maisons féminines enseignantes, en même temps que d’entente pédagogique raisonnée et d’avancement national, qui s’est accomplie modestement, mais très fructueusement, dans la paroisse de Saint-Pascal, sous le toit hospitalier de sa belle et florissante École Normale Ménagère.Quoi, en vérité, de plus admirable et de plus touchant que le spectacle de vingt-quatre communautés religieuses, distinctes par leur costume, par la date de leur établissement et par le siège de leur action, se concertant et s’associant, sous le regard de Dieu, dans un commun désir de servir, par les moyens les plus efficaces, la cause sacrée de l’éducation des filles de notre peuple, et fraternisant ensemble, pendant plusieurs jours, à l’instar des membres d’une même famille religieuse! Et comment ne pas voir dans ce fait l’un des triomphes du merveilleux esprit de foi et de charité qui est l’apanage de l’Église catholique, et que l’Esprit divin, à travers toutes les divergences de caractères, d’aspirations et de milieux, se plaît à répandre dans les âmes! Cette union intime des cœurs ne pouvait que favoriser le rapprochement et l’accord des esprits dans les discussions des problèmes pédagogiques, extrêmement intéressants, que soulève parmi nous l’enseignement ménager.De ces problèmes, les uns regardent les rapports de l’instruction ménagère avec la culture générale si désirable chez la femme, et dont nos éducatrices s’emploient avec tant de zèle à universaliser le bienfait.D’autres concernent la variété des arts domestiques qui ont chez nous leur place, la sélection qu’il faut en faire selon les temps et les lieux, la meilleure méthode de les enseigner avec profit, les écarts que la jeune fille doit éviter pour correspondre à sa vocation de gardienne du foyer et d’exemplaire de la vertu.Tous ces problèmes ont été étudiés dans une atmosphère de religieuse sérénité, avec un sens remarquable de notre situation et de nos besoins.Et les vœux auxquels cette étude a donné lieu montrent jusqu’à l’évidence que l’éducation, dans notre Province, est véritablement en progrès.Toutes nos familles, spécialement nos familles rurales, bénéficieront, au plus haut degré, de cette convergence des vues et des efforts dans le domaine de l’école où s’élaborent l’exprit de notre peuple et l’avenir de notre race.On s’attachera davantage au sol.On sera moins tenté de reculer devant certaines tâches obscures, mais nécessaires.On verra d’un œil plus sûr la voie économique qui mène au succès.On placera plus haut dans son estime les travaux jour- 2 554 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE naliers qui assurent la prospérité ou l’aisance de nos ouvriers industriels et de notre classe agricole.N’est-ce pas là un résultat fort appréciable, dont il convient d’être fier, et qui dédommage amplement de leurs peines ceux et celles à qui nous le devons ?Nos autorités scolaires, ecclésiastiques et laïques, représentées, d’un côté par Sa Grandeur Monseigneur J.-Alf.Langlois, vicaire capitulaire de Québec, de l’autre par l’honorable Cyrille-F.Delâge, surintendant de l’Instruction publique, se sont jointes aux Congressistes de Saint-Pascal, dans l’accomplissement de l’œuvre magnifique qui s’y est faite.C’est dire que cette œuvre a revêtu, par ses collaborateurs comme par son objet, un caractère vraiment national dans le sens le plus élevé de ce mot.Nous nous en réjouissons sincèrement.Et nous souhaitons que le présent volume, destiné à perpétuer le souvenir du premier Congrès pédagogique d’instruction ménagère au Canada, soit lu et relu par toutes les directrices de nos écoles, et qu’il fasse rayonner sur tous nos foyers l’influence bienfaisante de ses enseignements.Louis-An.Paquet, ptre.SUR L’ENSEIGNEMENT DE L’ORTHOGRAPHE L’enseignement de Torthographe est à l’ordre du jour.C’est qu’un peu partout l’cn s’est plu à constater que cette connaissance primordiale laissait grandement à désirer dans nos écoles, malgré le perfectionnement des méthodes et la multiplication des “tolérances” qui essayaient de mettre rapidement le français à la portée de tous les métèques.Personne ne nie plus : lo Qu’à la fin de la scolarité, les candidats au certificat d’études manquent d’assurance dans l’épreuve d’orthographe; ou’ils font, présentement, plus de fautes qu’autrefoiS, et ceci est également vrai au brevet élémentaire et au baccalauréat; 2o Que le nombre des fautes augmente encore Quand on passe de l’épreuve de dictée à la composition française, à la solutk n des problèmes, aux questions écrites de sciences, d’histoire ou de géographie, alors que ce devrait être le contraire, puisque dans l’épreuve de rédaction, le candidat exprime ses propres idées, dans un langage qu’il connaît, tandis que l’épreuve d’orthographe l’oblige à comprendre la pensée d’un autre et à se familiariser avec un vocabulaire qui n’est pas le sien; 3c Que les connaissances orthographiques sont fragiles et éphémères et que, plus facilement qu’autrefois, elle s’évanouissent au sortir de l’école, bien qu’aujourd’hui la diffusion des journaux et des livres soit susceptible d’entretenir les adultes dans la familiarité quotidienne des textes.Autrefois, l’orthographe était l’un des enseignements essentiels de l’école primaire; à l’emploi du temps, il était prévu une dictée par jour et par cours.C’était autour de cet exercice de dictée que gravitait tout l’enseignement du français.Les textes étaient, de beaucoup, plus difficiles et plus longs que ceux qu’on propose aujourd’hui.Rarement “préparés”, ils étaient souvent suivis d’exercices d’orthographe d’usage sur des mots difficiles, isolés, que l’enfant apprenait à écrire, sans toujours les comprendre.C’était à force de répétitions et de fautes, réprimées sévèrement, que la physionomie exacte des mots se gravait d’une manière indélébile dans la mémoire des élèves.La répétition, alors était bien Yâme de l’enseignement, selon la sentence de Vessiot, vieux pédagogue dont nul n’osera contester le talent ni la compétence.Aujourd’hui l’ampleur des programmes, les conditions nouvelles de l’enseignement permettraient difficilement de recourir, pour enseigner l’orthographe, à l’exercice quotidien de la dictée.La pédagogie moderne pensait qu’avec moins d’automatisme et plus de réflexion (_?), on aboutirait, en moins de temps, à une connaissance de l’orthographe aussi sûre, aussi solide et aussi durable qu’elle le fut autrefois.Avec celle-ci, on “explique” beaucoup, mais dans ce poétique “Jardin d’enfants”, le maître, presque seul, peine et s’évertue; l’élève, suivant sa L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 555 nature, "réfléchit” aussi peu que ses aînés, alors qu’ils usaient les bancs des écoles; et l’heure de déchanter est venue, sur la faillite des prétentieuses méthodes actuelles.L’étude, de quoi que ce soit, est chose calme, patiente et sévère; il faut, pour y réussir, exiger d’abord de la discipline, et mettre moins de zèle à créer de nouveaux motifs de disperser en tous sens l’esprit des écoliers.Les "Anciens” le savaient bien; l’ordre et Indiscipline partout, tels étaient leurs secrets professionnels, dont les résultats ne trompaient jamais.Louons toutefois les "nouveaux” qui avouent humblement leurs revers—-(en orthographe)—-et cherchent, de bonne foi, à reprendre le chemin des réussites futures.L’ÉCOLE, de Paris.CONSEILS D’UNE SUPÉRIEURE DE COMMUNAUTÉ Progrès moral: l’obéissance, l’orgueil et la règle (suite (1) L’apprentissage de l’obéissance devient extrêmement difficile quand il n’y a pas eu, dans cette partie, des exercices élémentaires dès l’enfance.Une fillette bien gâtée, ayant fait toutes ses volontés jusqu’à l’âge de treize ans, sera difficilement réduite.Les parents finissent par y voir clair et se décident à mettre leur mignonne en pension.La tâche est rude pour nous et pour la pauvre enfant.—"Mais, Mère, je ne sais pas obéir, je ne l’ai jamais fait”.Vous le voyez, il y a de ces petites entêtées qui le déclarent ingénûment et s’en font gloire."Mon amie, c’est comme si vous me disiez: Je ne sais pas plier, je ne sais pas faire la révérence.Eh bien, il faudrait commencer par des exercices de gymnastique.—Oh! c’est bien différent.—Pas du tout.L’exercice de la volonté, c’est la gymnastique de l’âme; la volonté apprend à plier, et l’âme devient souple et forte tout à la fois.Une autre petite allait plus loin: "Mère, je ne sais pas obéir, je ne dois pas obéir, c’est contraire à ma constitution, le médecin l’a dit.” Le docteur qui n’avait pas poussé assez loin ses études psychologiques pour aller jusqu’au fond du cœur d’une petite fille, avait dit assez haut pour être entendu: "U ne faut pas la contrarier.” J’en demande pardon au corps médical, mais il est certain que les institutrices ont de justes griefs contre quelques-uns de ses membres, et je voudrais bien que la Faculté déterminât à quel degré de gravité d’une mince indisposition, les études très légères des petites demoiselles doivent être interdites.La culture de la volonté, cette puissante et précieuse faculté de l’âme, est d’une grande importance dans l’éducation.L’enfant doit apprendre à se vaincre.Votre petite récalcitrante essaiera de mille manières si elle viendra bien à bout de vous dominer; elle l’essaiera en classe, à l’étude, en récréation, au dortoir, partout.Et malheur à vous, si vous êtes vainçue une seule fois, car vous avez fourni des armes terribles à votre jeune adversaire.J’ai vu une élève de quatorze ans, résister pendant trois semaines, et par des flots de larmes, et par des supplications, et par des échappatoires de tout genre, à un ordre précis, mais parfaitement juste, et dans une matière très simple, en laquelle, du reste, elle était personnellement intéressée à obéir.“Mais, ma chère, comment est-il donc possible?ne voyez-vous pas que (1) Voir U Enseignement Primaire d’avril 1927. 556 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE je n’ai en vue que votre bonheur;” Elle soupire profondément, et me dit: “Oh! Mère, j’aime bien mieux me passer de mon bonheur!” On trouve de ces petites mauvaises têtes.Celle dont nous parlons a cédé cependant.La chère élève a eu le courage de briser son caractère inflexible; il np lui en est resté qu’une énergie puissante qu’elle emploie aujourd’hui à la direction d’un grand ménage, admirablement tenu, et d’une charmante famille, élevée en perfection.Le succès ne répond pas toujours à nos soins, à notre labeur.Permettez que je vous cite encore un de ces petits traits de caractère qui sont extrêmement instructifs.Une élève, douée d’une mémoire merveilleuse, ne savait jamais le premier mot de sa nature pour la composition en géographie.J’insiste et j’exige qu’elle me donne sur ce point une satisfaction, sinon pleine et entière, au moins suffisante pour faire preuve de bonne volonté, pour l’exemple: “Je ne sais pas la géographie, Mère; je l’ai jamais su, je ne saurai jamais l’apprendre.Personne dans ma famille n’a jamais appris une page de géographie, ni au collège ni au pensionnat.Je suis comme les autres.” —“Essayez cependant, vous qui obtenez le premier prix d’histoire, et il y a pas mal de géographie dans l’histoire, essayez, ma chère enfant, de repasser la leçon très simple, très facile qui vous a été donnée ce matin.Voici des cartes, voilà votre livre.Je reviendrez tantôt.” Au bout d’une heure, pas un mot, pas un seul.Il était de mon devoir de revenir à la charge.Rien n’a pu fléchir la jeune personne; tous les motifs puisés dans la raison, le sentiment, la piété, ont échoué contre cette volonté, opiniâtre, et nous nous sommes séparées définitivement sous cette triste impression.Comprenez-vous, chère institutrice, combien il importe de combattre ces idées fixes et arrêtées, combien il importe d’apprendre à la jeune fille que le gracieux rôle de la femme c’est de céder, de s’incliner doucement dans toutes les circonstances où un impérieux devoir de conscience ne l’oblige pas à tenir tête ?Cette sage culture de la volonté rend une jeune fille ferme et forte dans le bien, dans l’observance des préceptes du Seigneur.Elle plie, mais ne rompt pas; elle ne se déconcerte pas sous l’impression d’un sourire moqueur jusqu’au point d’abandonner lâchement le devoir.Oh! que cette nature fragile, impressionnable et changeante, a besoin d’être fortement étayée! Faites remarquer à vos élèves que l’opiniâtreté, dans les choses de peu ou point de conséquence, présage une faiblesse extrême dans l’accomplissement de ces devoirs sacrés qui obligent quelquefois de résister à tout ce qu’on a de plus cher au monde.C’est dans l’intervalle de douze à seize ans que le caractèse d’une jeune fille se forme; au delà, il est déjà presque trop tard.Quelle prudence extrême ne vous faut-il pas à cette époque de transition, ce passage de l’enfance à la jeunesse ! C’est ici que vous devez vous appliquer cette parole de l’Évangile: Vous posséderez vos âmes dans votre patience.Vous posséderez aussi celles de vos enfants.Oh! qu’il en faut de !a patience avec ces aimables lutins! et combien il faut savoir les aimer et leur donner des preuves solides de cet amour, tout en leur résistant presque sans cesse ! Je vous en prie, n’exigez pas au delà d’une soumission pure et simple à un commandement juste et raisonnable.N’allez pas vouloir éprouver l’obéissance de vos élèves à la façon de celle des novices, chez les Pères du désert.Ces actes admirables de vertu religieuse, récompensés par de gracieux prodiges, pleins de charme et de poésie, ne sont pas à la portée de vos élèves.Les unes vous trouveraient absurdes, les autres se formeraient une sorte de foi superstitieuse, en dehors des pratiques solides, et trouveraient bien plus amusant d’arroser du bois mort que d’écrire un gros devoir.Ces épreuves doivent être réservées pour L'ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 557 un autre âge, d’autres temps, d'autres lieux.Puis, songez donc aux impitoyables sarcasmes du monde qui font tant de mal à la tendre jeunesse.Tenez pour certain que vos élèves disent tout; ayez pour principe qu’elles doivent pouvoir tout dire.Sœur M.V.B.MÉTHODOLOGIE LA LECTURE EXPLIQUÉE A L’ÉCOLE COMPLÉMENTAIRE ET A L’ÉCOLE NORMALE Sermon sur la passion de Jésus-Christ BOSSUET Que fait-il donc dans sa passion ?Le voici en un mot dans l'Écriture: Tradebat autem judicanti se injuste: Il se livrait, il s’abandonnait à celui qui le jugeait injustement.Et ce qui se dit de son juge, se doit entendre conséquemment de tous ceux qui entreprennent de l’insulter: Tradebat autem.Il se donne à eux pour en faire tout ce qu’ils veulent.On le veut baiser, il donne les lèvres; on le veut lier, il présente les mains,; on le veut souffleter, il tend les joues; frapper à coups de bâton, il tend le dos; flageller inhumainement, il tend les épaules; on l’accuse devant Caïphe et devant Pilate, il se tient pour tout convaincu; Hérode et toute sa cour se moquent de lui et on le renvoie comme un fou; il avoue tout par son silence; on l’abandonne aux valets et aux soldats et il s’abandonne encore plus lui-même.Cette face autrefois encore si majestueuse, qui ravissait en admiration le ciel et la terre, il la présente droite et immobile aux crachats de cette canaille; on lui arrache les cheveux et la barbe, il ne dit mot, il ne souffle pas; c’est une pauvre brebis qui se laisse tondre.Venez, venez camarades, dit cette soldatesque insolente; voilà ce fou dans le corps de garde, qui s’ima,gine être le roi des Juifs; il faut lui mettre une couronne d’épines: Tradet-at autem judicante se injuste.Il la reçoit: hé! elle ne tient pas assez, il faut l’enfcncer à coups de bâ-tons.—Frappez, voilà la tête.Hérode l’a habillé de blanc comme un fou: apporte cette vieille casaque d’écarlate peur le changer de couleur.—-Mettez, voilà les épaules.—-Donne, donne ta main, Roi des Juifs, tiens ce rc seau en forme de sceptre—Vc ilà, faites-en ce que vous voudrez.—Ha! maintenant ce n’est plus un jeu, ton arrêt de mort est donné; donne encore ta main qu’on la cloue.—Tenez, la voilà encore.Enfin assemblez-vous, ô Juifs et Romains, grands et petits, bourgeois et soldats; revenez cent fois à la charge; multipliez les coups, les injures, plaies sur plaies, douleurs sur douleurs, indignités sur indignités; insultez à sa misère jusque sur la croix; qu’il devienne l’unique objet de votre risée comme un insensé; de votre fureur comme un scélérat: Tradebat aute?n.Il s’abandonne à vous sans réserve; il est prêt à soutenir tout ensemble tout ce qu’il y a de dur et d’insupportable dans une raillerie inhumaine et dans une cruauté malicieuse.Hé bien! Chrétiens, avez-vous bien considéré cette peinture épouvantable?Cet amas terrible de maux inouïs, que je vous ai mis tout ensemble devant les yeux, suffit-il pas pour vous émouvoir?Quoi! je vois encore vos yeux secs! Quoi! je n’entends point encore de sanglots! Attendez-vous que je représente en particulier toutes les diverses circonstances de cette sanglante tragédie!.Contemplez cette face, autrefois les délices, maintenant l’horreur des yeux; regardez cet homme que Pilate vous représente.Le voilà, le voilà cet homme; le voilà cet homme de douleurs: Fcce/iomo, ecce homo: Voilà l’homme.Hé quoi! est-ce un homme ou un ver 558 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE de terre?est-ce un homme vivant ou bien une victime écorchée?On vous le dit; c’est un homme: Ecce homo: Voilà l’homme.Le voilà, l’homme des douleurs; le voilà dans le triste état où l’a mis la Synagogue sa mère; ou plutôt le voilà dans le triste état où l’ont mis nos péchés, nos propres péchés, qui ont fait fondre sur cet innocent tout ce déluge de maux.O plaies, que je vous adore, flétrissures sacrées, que je vous baise! ô sang qui découlez, soit de la tête percée, soit des yeux meurtris, soit de tout le corps déchiré, ô sang précieux que je vous recueille! Terre, terre ne bois pas ce sang: Terra, ne aperias sanguinem meum: Terre, ne couvre pas monsang, disait Job.Mais qu’importe du sang de Job ?mais, ô terre, ne bois pas le sang de Jésus; ce sang nous appartient et c’est sur nos âmes qu’il doit tomber.J’entends les Juifs qui crient: Son sang soit sur nous et sur nos enfants! Il y sera, race maudite; tu ne seras que trop exaucée; ce sang te poursuivra jusqu’à tes derniers rejetons, jusqu’à ce que le Seigneur, se lassant enfin de ses vengeances, se souviendra à la fin des siècles de tes misérables restes.Oh! que le sang de Jésus ne soitpoint sur nous de cette sorte, qu’il ne dise point vengeance contre notre longendurcissement: qu’il soitsur nous pour notre salut; que je me lave de ce sang; que je sois tout couvert de ce sang; que le vermeil de ce beau sang empêche mes crimes de paraître devant la justice divine!.Approchons-nous, chrétiens; et pendant que nos continuelles désobéissances,nos ingratitudes traînent Jésus-Christ au supplice, et sont toutes entassées sur ses épaules, que chacun vienne reconnaître la part qu’il a dans ce fardeau.Hélas! moi, misérable, de combien en ai-je augmenté le poids?Ha! combien de crimes et d’ingratitudes ai-je entassées sur ses épaules?Pleurons, pleurons, mes frères, en voyant, chacun de nous, cette charge infâme dont nous accablons le Sauveur: tous nos péchés sont sur lui, tous lui pèsent, tous lui sont à charge : mais ceux dont le poids est insupportable, ce sont ceux dont nous ne faisons pa s péni-ten ce COMMENTAIRE LITTÉRAL Encore qu’un sermon puisse comme tout autre texte prêter à une étude de langue, il présente avant tout un intérêt moral, et ce à quoi il faut s’attacher d’abord, c’est à sa force démonstrative ou persuasive.D’autre part, les fragments cités ici sont trop longs pour permettre un commentaire littéral détaillé.Nous nous bornerons donc à expliquer deux ou trois constructions ou expressions particulières au 17e siècle ou à Bossuet lui-même.—Cette face.qui ravissait en admiration: Nous dirions sans doute ravir d’admiration, mais nous affaiblirions, je crois, la pensée.Ravir d'admiration indique seulement la cause du ravissement; ravir en admiration marque un brusque enlèvement, puis une ascension dont l’admiration est le terme.—Suffit-il pas.Cette suppression de l’adverbe ne dans les phrases interrogatives est fréquente au 17e siècle.—Mais qu’importe-t-il du sang de Job: construction impersonnelle tout à fait régulière pour: que nous importe le sang de Job ?—Que lui-même signifie: en quoi le sang de Job a-t-il pour nous de l’importance.—Jusqu’à ce que., .le Seigneur s’en souviendra.Cette conjonction temporelle exige aujourd’hui le subjonctif.Au 17e siècle, on construisait couramment avec l’indicatif.* * * L’ANALYSE LITTÉRAIRE Nulle éloquence, semble-t-il, ne prête moins à l’originalité que l’éloquence religieuse.Les thèmes en sont les mêmes partout et toujours: partout et toujours l’orateur doit s’effacer, et devant le Dieu qu’il annonce, et devant les âmes qu’il veut servir.Certains sujets, enfin, imposés à date fixe par une liturgie essentiellement coutumière, tirés des Livres Saints dont les fidèles connaissent presque par cœur telles pages essentielles; certains sujets, dis-je, semblent décourager d’avance tout effort d’originalité.Tel le récit de la Passion.Nous allons voir cependant ce qu’en a tiré le jeune génie de Bossuet.A simplifier les choses, le fragment que nous présentons ici comprend: 1° un tableau pathétique; 2° une exhortation; 3° une effusion pieuse.L—Le tableau pathétique (Que fait-il donc dans sa passion .une cruauté malicieuse.) Empruntant une phrase de S.Pierre {Tradebat autem judicanti se injuste—Il s’abandon- L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 559 nait à un juge injuste), Bossuet y trouve cette double idée: l’indignité du magistrat et du bourreau, la docilité de la victine.Cette double idée, il va la développer en apportant une série de faits, en multipliant les détails concrets, bref en organisant autour de cette figure divine et lamentable, le tableau le plus coloré, le plus mouvementé, le plus tragique.Rien que de simple d’abord.Seules l’abondance et la rapidité des traits accumulés montrent la passivité volontaire du Christ: aOn le veut baiser, il donne les lèvres; on le veut lier, il présente les mains; on le veut souffleter, il tend les joues; frapper à coups de bâton, il tend le dos; flageller inhumainement, il tend les épaules.” Puis le récit s’élargit et devient plus mou\ementé.Aux bourreaux anonymes (on.on.on.), succèdent des individus, des groupes, des foules, avec leurs noms, leurs cris, leurs gestes grossiers et méchants (Caïphe.Pilate, Hérode et toute sa cour, les valets, les soldats, la canaille.) Le traitemeut infligé à Jésus se fait plus cruel, plus ignominieux; non seulement, on lui prodigue “les crachats”, mais “ on lui arrache les cheveux et la barbe”; (Voilà un des très rares détails que l’orateur se soit permis d’ajouter au texte évangélique.) A ces aggravations de méchanceté, correspond chez la victime plus de docile complaisance.Aussi, non content de décrire simplement ses gestes successifs d’abandon, non content même d’exprimer en une antithèse hardie la déchéance du Christ (“cette face autrefois encore si majestueuse, qui ravissait en admiration le ciel et la terre, il la présente droite et immobile aux crachats de la canaille”), Bossuet, ému de pitié, emprunte à la Bible une de ses comparaisons les plus touchantes: “Il ne dit mot, il ne souffle pas, c’est une pauvre brebis qui se laisse tondre”.Mais à se satisfaire, la méchanceté ne s’apaise pas, elle s’excite au contraire.Bossuet nous la montre de plus en plus comme enivrée d’elle-même: Ln tragique s’insère dans le récit.La “soldatesque insolente” multiplie les injures (“ce fou .comme un fou.Roi des Juifs”), les railleries (“il faut lui mettre une couronne d’épines.apporte cette vieille casaque d’écarlate pour la changer de couleur”),\q$ gestes brutaux (“Hé! elle ne tient pas assez: il faut l’enfoncer à coups de bâton”).Et brusquement cette parodie ignominieuse et sanglante cède la place à la tragédie pure: “Ha! maintenant, ce n’est plus un jeu, ton arrêt de mort est donné, donne ta main, qu’on la cloue.” Ainsi valets et soudards se sont-ils, par degrés, haussés à l’office de bourreaux.A leur fureur avide, répond la docilité toujours égale de leur victime.Car Bossuet reste fidèle à son idée première: Tradebat se.Le Christ s’est abandonné; et à chaque exigence de la méchanceté déchaînée, il nous montre l’inlassable soumission de Jésus: “Frappez, voilà la tête.Mettez, voilà les épaules .La voilà, faites-en ce que vous voudrez.”.; Enfin, dans un transport d’indignation, de pitié et d’admiration, en une série d’appels pressants et passionnés, d’un geste qui embrasse toutes les classes sociales et les nationalités diverses, Bossuet invite la méchanceté humaine à s’exaspérer elle-même, pour ainsi dire; ses pires acharnements ne lasseront pas Jésus: “Enfin, assemblez-vous, ô Juifs et Romains, grands et petits, bourgeois et soldats; revenez cent fois à la charge: multipliez sans fin les coups, les injures, plaies sur plaies, douleurs sur douleurs, indignités sur indignités; insultez à sa douleur, jusque sur la croix; qu’il devienne l’unique objet de votre risée, comme un insensé: de votre fureur, comme un scélérat: Tradebat autem; il s’abandonne à vous sans réserve; il est prêt à soutenir ensemble tout ce qu’il y a de dur et d’insupportable dans une raillerie inhumaine et dans une cruauté malicieuse.” ^Pathétique conclusion de tout un développement passionné, haletant.L’imagination de l’orateur a dressé un tableau mouvementé, violent et pitoyable; son cœur s’est échauffé, et, sans qu’il nous y ait invités, nous partageons, sa colère contre les bourreaux, et, pour la victime, sa pitié, son admiration, sa tendresse.II.—L’exhortation: Mais un prédicateur n’est pas un virtuose de la parole.Provoquer des émotions esthétiques, purement désintéressées, ne saurait lui suffire.Désireux de convaincre et de persuader, le pathétique n’est pour lui qu’-un moyen de convertir.Il se tourne donc vers ses auditeurs; il les apostrophe, il les gourmande: “Hé bien! Chrétiens, avez-vous bien considéré cette peinture épouvantable ?Cet amas terrible de maux inouïs que je vous ai mis tous ensemble devant les yeux, suffit-il pas pour vous émouvoir ?Quoi! je vois encore vos yeux secs! Quoi! je n’entends pas encore vos sanglots ?Attendez-vous que je représente en particulier toutes les diverses circonstances de cette sanglante tradégie?” 560 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE De fait, en un passage que nous avons dû supprimer faute de place, il reprend sans se répéter le récit abrégé de la Passion, et avec une hardiesse toute familière d'expression, il nous montre Jésus “suant sous la pesanteur de la crc ix, usant toutes les verges sur ses épaules, émoussant en sa tête toute la pointe des épines, lassant tous les bourreaux sur son corps”.Du moins ne s’attarde-t-il pas; et à ce qui deviendrait facilement un développement de rhéto-rique, il substitue bientôt “une méditation sérieuse.” Ici le ton change.Une seule idée, une seule image: celles de la déchéance.Bossuet peut user encore des procédés qui rendent l’éloquence dramatique, interpellations {contemplez cette face.regardez cet homme.) ; questions (Est-ce un homme.est-ce un homme vivant .) ; réponses (On vous le dit: c’est un homme.) etc.; on est moins entraîné par ce mouvement impérieux de la phrase, qu’attristé, confondu, par une série d’images noires et désolantes: “ .Cette face, autrefois les délices, maintenant Vhorreur des yeux.Est-ce un homme ou un ver de terre.est-ce un homme vivant ou bien une victime écorchée ?” Et à côté de ces images surgit cette idée angoissante, l’idée de notre responsabilité.“Le voilà, l’homme de douleurs; le voilà dans le triste état où l’a mis la Synagogue sa mère; ou plûtot le voilà dans le triste état où l’ont mis nos péchés, nos propres péchés, qui ont faU fondre sur cet innocent tout ce déluge de maux.” Sur cette idée Bossuet insiste, parce qu’elle doit engendrer en nous repentir et ccnversicn: “Vcilà l’homme, un homme défiguré peur reformer en nous l’image de Dieu que nos crimes avaient effacée ; 11 nous fallait cet homme tout couvert de plaies pour guérir les nôtres.” III.—L’effusion pieuse: De cette idée, nous le verrons, Bossuet tirera plus loin les conséquences pratiques: il reprendra son exhortation en termes plus pressants encore.Mais il ne peut plus déjà maîtriser son émotion personnelle.Non content d’associer sa responsabilité à celle de son auditoire (.nos iniquités .nos crimes.nos plaies.), il laisse déborder son cœur et, comme s’il était seul dans son oratoire, son exhortation se change en effusion pieuse: “O plaies, que je vous adore! flétrissures sacrées, que je vous baise! ô sang qui découlez, soit de la tête percée, soit des yeux meurtris, soit de tout le corps déchiré, ô sang précieux, que je vous recueille.” Ce n’est plus comme tout à l’heure, l’âme prostrée devant l’horreur de son forfait; c’est une âme douloureuse, certes, mais ardente, qui se précipite en un élan de tendre repentir.D’où ce cri: “Terre, terre, ne beis pas ce sang: Terra, ne operiassanguinem meum”.—-C’est le cri que poussait Job en parlant de lui-même.Hardiment, pieusement, Bossuet l’applique au Christ: “Mais qu’importe du sang de Job ?Mais, ô terre, ne bois pas le sang de Jésus: ce sang nous appartient, et c’est sur nos âmes qu’il doit tomber.” “Ce sang nous appartient”, quel beau cri! Mais les mots qui suivent (c’est sur nos âmes qu’il doit tomber) rappellent à Bossuet un autre cri, celui des Juifs appelant sur eux la vengeance divine.A ce souvenir, il frémit d’hoireur.A l’imprécation blasphématoire des Juifs, il substitue un appel amoureux.“Oh! que le sang de Jésus ne soit point sur nous de cette sorte, qu’il ne crie point vengeance contre notre long endurcissement: qu’il soit sur nous pour notre salut; que je me lave de ce sang; que je sois tout couvert de ce sang; que le vermeil de ce beau sang empêche mes crimes de paraître devant la justice divine!.” Ainsi l’imagination de Bossuet met sa science biblique au service de sa piété.Mais pas plus qu’il ne suffit au prédicateur d’avoir, tel un grand peintre, dressé sous nos yeux un Ecce homo pathétique, il ne lui suffit d’avoir, tel un poète, soulagé son cœurpar une effusion sentimentale.Il ne parle que pour agir, et, pour lui, agir c’est convertir.Du spectacle devant lequel il vient de pleurer, il cherche les causes, il tire une leçon.(Je résume ici un autre passage supprimé.) Jésus souffre pour nos péchés, nous sommes les vrais, les seuls coupables de sa mort.D’où s’impose à nous ce devoir: prendre conscience de notre responsabilité.“Approchons-nous, Chrétiens, et pendant que nos continuelles désobéissances, nos ingratitudes traînent Jésus-Christ au supplice, et sont toutes entassées sur ses épaules, que chacun vienne reconnaître la part qu’il a dans ce fardeau.” Donnant l’exemple de l’humilité, Bossuet semble s’avancer comme un moine fautif bat sa coulpe devant ses frères: “Ha! moi! misérable, de combien en ai-je augmenté le , poids ?Ha! combien de crimes et d’ingratitudes ai-je entassées sur ses épaules ?”.Il peut alors, comme il était passé de l’exhortation à l’effusion pieuse, revenir de l’effusion à l’exhortation.“Pleurons, pleurons, mes Frères, en voyant, chacun de nous, cette charge L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 561 infâme dont nous accablons le Sauveur; tous nos péchés sont sur lui, tous lui pèsent, tous lui sont à charge; mais ceux dont le poids est insupportable, ce sont ceux dont nous ne faisons point pénitence.” Ici la pensée touche au terme de son développement.D’une contemplation sensible, détaillée, prolongée, Bossuet a fait naître une émotion) de cette émotion, il tâche de tirer une résolution, une action.Conclusion: C’est la démarche ordinaire des prédicateurs, surtout avec un sujet comme la Passion; c’est le procédé habitue] chez les Maîtres de l’Oraison.Peu soucieux d’originalité, Bossuet se conforme à la tradition.Il en accepte les servitudes comme les secours.Cependant, jusque dans un sujet banal entre tous, il est lui-même: lo par la puissance, ensemble/mm'/ière et tragique de son imagination.(1) 2o par la délicatesse et l’ardeur de sa sensibilité.3o par la préoccupation, tout apostolique, de dégager du grand drame divin cette idée redoutable et féconde: la responsabilité du pécheur.Cette préoccupation peut ne pas lui être particulière.Elle assure ici l’unité de développements très divers par l’allure et le ton.A un discours, d’ailleurs très libre et très souple, elle communique une force singulière.Elle domine, chez le prédicateur, les élans de l’imagination et les épanchements, même pieux, de la sensibilité.Bref, elle maintient l’équilibre de tout le développement et lui donne son caractère classique.Gaillard de Chamfris.L’HISTOIRE NATURELLE A L’ÉCOLE PRIMAIRE Sciences naturelles (Pour “L’Enseignement Primaire”.DESCRIPTION D’UN OISEAU 1 Front; 2 Couronne; 3 Œil; 4 Occiput; 5 Dos; 6 Croupion; 7 Queue; 8 Couvertures inférieures de la queue; 9 Rémiges; 10 Tarse; 11 Pouce; 12 Doigts antérieurs; 13 Abdomen; 14 Couverture des ailes; 15 Poitrine; 16 Gorge; 17 Oreilles; 18 Menton; 19 Bec.(1) Il eût fallu pouvoir insister sur ce caractère jadis si méconnu de son éloquence.Du moins sera-t-il facile d’en relever ici les expressions caractéristiques.3 562 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE I LES OISEAUX maître.—Les oiseaux, dont, nous avons causé déjà au cours de quelques leçons, forment la deuxième classe des Vertébrés.On en connaît 13000 espèces vivantes et 500 espèces fossiles, (enfouies dans les couches terrestres antérieures à la période géologique actuelle).yvon.—Ce terme “Vertébré” ne m’est pourtant pas tout à fait étranger, cependant, j’avoue en ignorer la signification.maître.—Les animaux dits vertébrés sont ceux qui possèdent un squelette intérieur; ils sont divisés en cinq grandes classes : à savoir, les Mammifères, les Oiseaux, les Reptiles, les Batraciens et les Poissons.Ceux qui sont dépourvus de colonne vertébrale sont dits Invertébrés.Mais revenons au sujet de notre leçon.Chez les oiseaux, le corps est couvert de plumes et propre au vol; l'appareil digestif présente des dispositions particulières; un bec corné et aux formes très variées tient lieu des dents; les estomacs sont généralement au nombre de deux, le jabot et le gésier.Le régime des oiseaux varie selon les espèces; ainsi les uns sont carnassiers, d’autres granivores, d’autres insectivores, quelques-uns enfin sont à la fois granivores, insectivores et carnassiers.Ils pondent des œufs dont le nombre est bien variable; certains palmipèdes et certains rapaces n’en pondent qu’un, tandis que la perdrix en pond jusqurà vingt.Ces œufs sont placés dans des nids construits avec un art admirable.C’est particulièrement chez les passereaux que se manifeste la prévoyance des parents pour assurer à leurs petits un berceau solide, chaud et moelleux.Il est intéressant de constater que les nids sont ordinairement soustraits aux regaras, à l’abri des ora ges et à proximité des aliments convenables.Les oiseaux sent très utiles à l’homme; beaucoup lui fournissent leur chair, leurs œufs et leurs plumes.La chasse incessante qu’ils font aux insectes, et quelques-uns tels les rapaces, aux petits mammifères rongeurs, les place au rang de nos meilleurs auxiliaires.Peu d’espèces sont considérées comme nuisibles et il n’y a guère que quelques oiseaux de proie qui le soient réellement.Plus que tous les autres animaux l’oiseau a des charmes qui nous le font aimer; ses brillantes couleurs, la grâce de ses formes, une agilité sans égale et surtout une voix suave où la variété et la richesse des notes ne sauraient être surpassées, lui assurent l’affection de tous.L’oiseau possède un cœur très développé et dont les pulsations varient entre 120 et 140 à la minute; c’est ce qui lui assure la chaleur naturelle qu’il possède à un degré qu’on ne saurait retrouver dans aucune classe d’animaux; aussi voyons-nous notre petite Mésange à tête noire résister à des degrés de froid qui feraient périr les plus gros animaux.Les poumons, très amples et remplis d’innombrables cavités, sont entourés d’une membrane percée de trous où passe Pair qui pénètre dans tous les muscles, voire même dans les os, de sorte que l’Oiseau devient très léger et peut s’ébattre dans l’atmosphère avec la plus grande facilité.II LA CLASSIPICATION On peut diviser en sept ordres les oiseaux de notre pays: Les Palmipèdes ou Nageurs, les Échassiers, les Gallinacés, les Colombins, les Rapaces, les Passereaux et les Grimpeurs.LES PALMIPÈDES OU NAGEURS Ces Oiseaux sont aquatiques et se reconnaissent à leurs pattes palmées, c’est-à-dire dont les doigts sont réunis par des membranes.Leurs plumes sont enduites d’une substance graisseuse qui les repd imperméables et recouvrent un duvet épais qui protège le corps contre la fraîcheur de l’eau.Certains de ces Oiseaux, tel le Manchot, ne peuvent voler; par contre il en est d’autres comme l’Albatros et la Frégate qui peuvent voler des journées entières sans paraître se fatiguer.Les Goélands, les Canards, les Plongeurs, etc., sont des Palmipedes. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 563 LES SEPT ORDRES DE NOS OISEAUX ! -, o .m m?.1.¦FlCf.1 Palmipedes.2 Échassiers.3 Gallinacés.4—Colombins.5-—Rapaces.6—Passereaux.7—Grimpeurs. 564 L'ENSEIGNEMENT PRIMAIRE LES ÉCHASSIERS Ces Oiseaux aux jambes très longues et sans plumes ont les doigts tantôt séparés tantôt unis à la base par une petite membrane.Leur bec et leur cou sont d’ordinaire très longs, ce qui leur permet de saisir leur proie sans se baisser.On les voit souvent marcher au bord de l’eau, ou s’y tenant dans une parfaite immobilité, attendant patiemment qu’un poisson vienne à passer; alors, un rapide coup de bec et la victime est avalée.Les Échassiers volent très bien, malgré le peu d’étendue de leurs ailes.Vous connaissez déjà le héron et le buta rd qui appartiennent à cet ordre.LES GALLINACÉS Cet ordre qui a pour types les coqs, les perdrix, etc., est sans doute celui qui vous est le plus familier.Ces oiseaux ont les formes plutôt lourdes et ramassées; les pattes sont robustes et de longueur moyenne, le doigt postérieur est petit et placé plus haut que les autres.Souvent les mâles ont un ergot qu’ils utilisent comme une arme; les ongles sont recourbés et servent à gratter le sol; le bec est court et à pointe recourbée; les ailes sont courtes et impropres à fournir un vol rapide et prolongé.Les dindons, les paons, les cailles, etc., sont des gallinacés.LES COLOMBINS Cet ordre a pour types les pigeons et les tourterelles.Le pigeon voyageur vulgairement appelé ‘'Tourte”, si nombreux autrefois dans notre province et maintenant complètement disparu, appartenait également à cet ordre.Vos parents vous ont sans aucun doute parlé de cet oiseau, qui se montrait en bandes si nombreuses que de vastes chanmps de grain étaient complètement dévastés lorsqu’elles venaient s’y abattre.La chair succulente de cet oiseau était utilisée dans la préparation des "tourtières” ces pâtés délicieux qui, il y a plus d’un demi-siècle, faisaient les délices de nos pères.Chez les colombins, le bec est plus faible que chez les gallinacés; les pattes sont courtes et terminées par des doigts libres; les ailes sont très développées et capables de soutenir un vol rapide et prolongé.Les petits naissent aveugles et faibles; aussi, faut-il que leurs parents les nourrissent en dégorgeant dans leur bec des aliments réduits à l’état de bouillie.Vous avez remarqué que notre pigeon domestique émet un son scurd qu’on appelle roucoulement et qui est produit par la pénétration de l’air dans le jabot de cet oiseau.LES RAPACES Ce sont des oiseaux carnassiers.Leur conformation est en rapport avec leur genre de vie et ils sont puissamment armés pour la chasse.Leurs pieds sont forts, robustes, avec quatre doigts munis d’ongles solides et crochus; leur bec est court et recourbé; leurs ailes grandes et longues sont capables d’un vol rapide et soutenu ; leurs yeux sont puissants et voient à de grandes distances, les espèces nocturnes peuvent même chasser au cours de la nuit si les ténèbres ne sont pas très épaisses.Ces ciseaux sont généralement très utiles, puisqu’ils se nouris-sent de petits mammifères et d’insectes nuisibles.S’il leur arrive quelquefois de dérober quelques rares poulets, ces méfaits sont amplement compensés par la destruction des rongeurs nuisibles qui infestent nos champs.Les aigles, les buses, les hiboux, etc.appartiennent à cet ordre.LES PASSEREAUX L’ordre des passereaux, sans contredit le plus considérable en especes, renferme un nombre énorme d’oiseaux de taille petite ou moyenne.Généralement leur vr 1 est rapide, gracieux et vif, et leur appareil vocal est très développé.On les trouve partout, dans la forêt, dans les champs, dans nos vergers et autour de nos habitations.Ils se nourrissent de grains, de baies, mais surtout d’insectes et de larves.C’est parmi ces oiseaux que l’agriculteur trouve ses plus précieux auxiliaires et on peut affirmer que sans eux, nous serions tous voués à la famine.Incapables d’affronter les rigueurs de nos longs hivers, ils nous quittent à l’automne et s’en vont bien loin vers le Sud; on les retrouve au milieu de nous avec les premiers beaux jours du printemps.Sachons entourer ces chers petits êtres de toute la protection que leur méritent leurs bons services.Les pinsons, les fauvettes, les grives, etc,, sont des passereaux. RENSEIGNEMENT PRIMAIRE 565 LES GRIMPEURS Les oiseaux de cet ordre doivent leur nom à la faculté qu’ils ont de grimper le long des arbres.Leurs pattes présentent deux doigts dirigés en avant et deux dirigés en arrière; cette disposition particulière des doigts, jointe à la rigidité des plumes de la queue leur permet de s’accrocher avec facilité au tronc ou aux branches.Les insectes, œufs, larves et chrysalides cachés sous l’écorce eu dans les crevasses du tronc, les vers qui creusent des galeries dans le cœur des arbres sont détruits par ces oiseaux dont le bec puissant peut perforer le bois.Quoique très attachés aux arbres de la forêt, les grimpeurs fréquentent nos vergers et débarrassent les arbres fruitiers des insectes nuisibles.Leur valeur économique est donc très bonne et les place au rang de nos auxiliaires.Les pics, que vous connaissez déjà, appartiennent à cet ordre.N.B.—Les titulaires des écoles voudront bien, à la suite de cette leçon, rappeler à leurs élèves que les oiseaux, plus particulièrement ceux qui appartiennent à l’ordre des passereaux, sont les protecteurs de nos forêts, de nos champs et de nos jardins; qu’en les détruisant, nous contribuons dans une large part à la multiplication des ennemis de nos récoltes.Lorsque paraîtra cet article, nous serons en pleine saison des nids; il y en aura partout, à l’orée des bois, le long des ruisseaux qui sillonnent les champs, dans les arbres de nos vergers aussi bien que dans ceux qui bordent la grande route.Ce temps ne saurait être mieux choisi pour mettre les enfants en garde contre la destruction aveugle de ces nids et des œufs qu’ils contiennent.Parlons souvent à nos élèves des oiseaux, de leur utilité, de leur charme, afin qu’ils les connaissent mieux, les aiment davantage et les entourent de toute la protection à laquelle ils ont plein droit.E.Lit alien, Ins'p.d’écoles.LE DESSIN A L’ECOLE PRIMAIRE (Pour “L’Enseignement Primaire”.) MAI Étude des plans obliques.Modèles à emprunter: les livres, le pupitre, les cartons, les planches appuyées au mur, les toits, les groupements, etc.1ère année.—fèrt semaine:—L’échelle.2ème semaine:—Les ciseaux.Sème semaine:—-Chaudière.Jfème semaine:—Décoration libre.2ème année.—1ère semaine:—Dessin perspectif: Boîte à couteaux.Sème semaine:—Dessin perspectif: L’Arche de Noé.Sème semaine:—Dessin de mémoire: Clochette avec manche.4ème semaine:—Dessin décoratif: Un élément floral.Sème année.—1ère semaine:—-Dessin perspectif: Boîte à sel.Sème semaine:—Dessin perspectif: Pupitre de musicien.Sème semaine:—Dessin de mémoire: Une canne.4-ème semaine:—Dessin décoratif : Une rosace. 566 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE / i/'tZrtTUt- L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 567 4ème année.—1ère semaine:—Dessin perspectif : Un parallélépipède appuyé sur un cube.Dessin géom.: Division de la circonférence en 3, 6 et 12 parties égales et inscrire un exagone régulier.2ème semaine:—Dessin perspectif: Boîte à beurre (ou autre) et couvercle.Dessin géom.: Division de la circonférence en 5 et 10 parties égales, inscrire un pentagone.Sème semaine:—Dessin de mémoire: Une pomme dans une assiette.—-Dessin géom.: Inscrire un triangle équilatéral dans une circonférence.4ème semaine:—Dessin décoratif: Une cartouche très simple.Dessin géom.: Dans une circonférence inscrire l’étoile à quatre pointes.Sème année.—1ère semaine:—Dessin perspectif : Le cône appuyé.Dessin géom.: Dessiner une figure étoilée à 6 pointes.2ème semaine:—Dessin perspectif : Pupitre d’écolier.Dessin géom.: Dessiner une figure étoilée à 8 pointes.Sème semaine:—Dessin de mémoire: Une carafe et un verre.Dessin géom.: Construire un décagone régulier.4ème semaine:—Dessin décoratif: Une cartouche.Dessin géom.: A l’intérieur d’un hexagone régulier construire un second hexagone ayant les côtés parallèles à ceux du premier.6ème année.—l&'e semaine:—Dessin perspectif: Escabeau.Dessin géom.: Entrelacer deux triangles équilatéraux.2ème semaine:—Dessin perspectif: Un escabeau (autre genre du premier).Dessin géom.: Dans un carré construire un autre carré et une étoile à quatre pointes.Sème semaine:—Dessin de mémoire: Une maison de campagne.Dessin géom.—-Croix de Malte.4ème semaine:—Dessin décoratif : Un cartouche.Dessin géom.: A l’intérieur d’un hexagone régulier construire une figure étoilée.Joseph Plamondon, instituteur, Ancien élève de l’École normale Laval, diplômé de l’École des Beaux-Arts de Québec.LEÇON DE GEOGRAPHIE HUMAINE (Pour “L’Enseignement Primaire”) La houille SOMMAIRE I.—Formation de la houille par l’accumulation des plantes, l’arrachage et le flottage des forêts dans les âges géologiques antérieurs.II.—Èxploitation de la houille.—Origine: Chine, Angleterre, Belgique, France, Mode d’extraction: par galeries horizontales, si le gisement se trouve sur le flanc d’une montagne; par puits verticaux, si le gisement est situé à une grande profondeur.III.—Principales réserves houillères:.—Chine, États-Unis, Canada, Inde anglaise, Autriche-Hongrie, Allemagne, Belgique.Actuellement, le premier rang pour la production appartient aux Etats-Unis, viennent ensuite l’Angleterre, l’Allemagne, la France, la Belgique, l’Autriche-Hongrie, le Japon, l’Espagne.IV.—Conséquences de l’exploitation de la houille :—Naissance sur place de grandes industries.Exemples: l’Angleterre, l’Allemagne, les États-Unis : transformations sociales produites en certains pays.Exemples: l’Angleterre, l’Allemagne, la Belgique. 568 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE SOURCES D’INFORMATIONS Abrégé de Géologie.—M.le chanoine Huard.Technologie.—Châtelain & Petit.Géographie générale.—Marcel Dubois.Nouvelle Géographie universelle.—Ernest Granger.Ressources naturelles du Canada sur le Limbourg.—Notes d’une conférence du R.P.Creusen, S.J.I.—ORIGINE DE LA HOUILLE La houille est un emprunt du règne minéral au règne végétal.Après la période dévonienne, la surface des terres émergées se couvrit d’une végétation merveilleusement luxuriante, telle que les régions tropicales peuvent à peine nous en donner une idée aujourd’hui.Une atmosphère extraordinairement chaude et humide et toute imprégnée de gaz carbonique: telles sont les conditions qui régnaient alors et qui expliquent ce développement inouï du règne végétal.La végétation, et donc aussi le climat, étaient alors à peu près uniformes sur tout le globe.Les saisons n’étaient pas encore beaucoup distinctes et la végétation se poursuivait sans arrêt.Les fossiles du règne végétal qui datent de cette période sont tellement nombreux et si bien conservés que l’on peut en retracer la flore avec autant d’assurance que l’on établit celle des plantes actuellement vivantes.Voici un paysage reconstitué à l’aide de ces sortes d’archives écrites dans le sol ancien.“Des herbes ressemblant à nos fougères arborescentes s’élançent droites comme d’énormes sapins et portent dans les airs leurs bouquets de larges feuilles.Les lycopodes gigantesques étalent à 90 pieds de hauteur leurs nombreux rameaux.D’immenses sigillaires s’élèvent en colonnes pressées Tantôt leur forme rappelle un champ d’asperges fantastiques préparées pour un repas de Titans; tantôt leurs extrémités s’entr’ouvent comme de gros balais de joncs.On les dirait plantés ça et là, prêtes à nettoyer un ciel trop chargé de nuages.Des calamites, sortes de prêles géantes, atteignent 45 pieds de hauteur.Sous le couvert de ces arbres herbacés, s’étalent d’énormes champignons de 30 mètres de tour.Au milieu de clairières transformées en fangeux marécages poussent de jeunes fougères, des joncs, des roseaux,[des plantes aquatiques rappelant nos nénuphars.Les fleurs aux teintes vives et brillantes ne sont pas là pour égayer le paysage et former un agréable contraste avec cette sombre verdure.Le chant des oiseaux ne se fait pas encore entendre.Un silence morne enveloppe la terre.” (Abbé Moreux).Si l’on se demande pourquoi, durant cette période où aucun mammifère n’existait encore, les terres émergées offraient ce luxe inouï de végétation, on trouvera la réponse dans les profondeurs mêmes du globe, au sein des mines de houille qui fournissent au genre humain un combustible sans lequel on ne concevrait plus aujourd’hui ni le commerce, ni l’industrie, ni par conséquent le soutien facile de la vie elle-même.Comment s’set formée la houille ?Certains savants estiment qu’elle résulte de l’accumulation et de la décomposition des végétaux arrachés aux forêts qui couvraient le continuent à cette époque, et enfouis à la suite de quelque brusque révolution du globe.D’autres ont observé que, dans un grand nombre de cas, les végétaux qui composent la houille n’ont pas été enfouis sur place mais charriés et transportés.La houille serait donc produite par l’arrachage et le flottage des forêts.Cette décomposition à dû se faire dans l’eau, à l’abri du contact de l’air, et sous l’influence de microbes particuliers, dont quelques-uns ont été mis en évidence par l’emploi du microscope.On admet qu’il s’est produit là une sorte de fermentation alcoolique.Un exemple de cette formation peut s’observer actuellement à l’embouchure du Missjssipi, où s’accumulent des alluvions végétales et où des sapins entiers s’enfoncent verticalement dans les alluvions du delta.Ces bois s’enfouissent sous une couche de limon qui les met à l’abri de l’air.Des sondages faits dans le delta du Mississipi ont montré que, sur une épaisseur de 300 mètres, des alternatives de roseaux, de cyprès et de chênes verts se répétaient jusqu’à dix fois dans les alluvions du delta.Ces végétaux vont se décomposer à l’abri de l’air et donner de la houille.Ce qui se passe actuellement à l’embouchure du Mississipi est comparable à ce qui a dû se passer jadis dans les deltas où la houille s’est formée.Rien n’empêche d’admettre que certaines houillères aient été formées sur place, d’autres par transport: la généralité de l’une des deux explications n’empêche pas d’admettre l’autre.Combien de temps a-t-il fallu pour la formation des dépôts de houille que nous connaissons?Pour en avoir quelque idée, il faut se rappeler d’abord que les végétaux prennent leur carbone dans l’acide carbonique de l’atmosphère.On a calculé que, avec l’activité présente de la végétation, il faudrait plus d’un siècle à une forêt de hêtres pour retirer de l’air le charbon qui constituerait une couche de houille épaisse de sept millimètres (un peu plus d’un quart de pouce); Si l’on ajoute à ce calcul le temps qu’il a fallu pour que s’opérât la transformation des masses végétales, tout en tenant compte de l’activité de la végétation à la période carbonifère, on aura une idée de la suite de siècles qu’il a fallu pour que se formassent, par exemple, les couches charbonneuses de l’Angleterre septentrionale, qui ont une épaisseur de plus de 75 pieds.Le résultat de certaines expériences L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 569 récentes, où l’on a réussi à transformer de la tourbe en charbon, concorde avec l’estimation des géologues pour donner lieu de croire qu’il a fallu environ huit millions d’années pour que se produisît la houille qui existe dans la nature.Dans cette transformation des plantes en charbon, on croit que le volume des masses végétales a diminué de cinq fois pour la houille et de huit fois pour l’anthracite.II.—EXPLOITATION DE LA HOUILLE Il semble que ce sont les Chinois, dont le pays est le plus riche en houille de l’univers, qui se sont les premiers livrés à cette exploitation.Quand le célèbre voyageur vénitien, Marco Polo, les vit, au XlIIe siècle, se servir de pierres brûlantes ou pierres arses, il y avait longtemps qu’ils en connaissaient l’emploi pour la cuisson de leur porcelaine et pour les usages domestiques.En JUss/ii Je TouU Europe, le plus vieux témoignage se trouve dans une charte anglaise de l’abbaye de Peterborough, datant de 853, dans laquelle il est question de l’usage du charbon par les vaissaux du seigneur de l’endroit.On sait aussi que Guillaume le Grand ne négligea pas de s’approprier, pour en faire partage avec ses vassaux, les mines de Newcastle.Dans le Hainaut, et dans le pays de Liège, l’emploi de la houille semble remonter au Xlle siècle.C’est à peu près vers la même époque que les Français du pays de Saint-Etienne mirent en valeur cette richesse.Mais ce sont les progrès de l’industrie mécanique au XIXe siècle qui ont vraiment fait de la houille le pain de L’industrie.L’exploitation de la houille se fait de deux manières.Le gisement ayant été reconnu en hauteur et en surface par des sondages, on pratique les voies d’accès.1.On peut creuser une galerie horizontale d’accès, ce qui se produit si le gisement se trouve dans le flanc d’une montagne.2.On peut arriver au gisement par des puits verticaux quand il est situé à une grande profondeur.Dans le premier cas, la galerie creusée est suivie d’autres galeries transverses et de galeries obliques qui suivent l’inclinaison du banc.Dans le deuxième cas, on creuse au moins deux puits, 4 570 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE l’un servant à Vextraction, l’autre, en communication avec le premier par des galeries horizontales, servant à l’aération] c’est le puits de retour d’air; il sert également à faciliter la sortie des ouvriers.Ce puits est muni d’un ventialteur puissant qui aspire les gaz de la mine; l’air entre par le puits d’extraction, parcourt ainsi les diverses parties de la mine, purifie l’atmosphère et diminue la température des galeries profondes.Des galeries transverses et des galeries obliques sont creusées comme dans le premier cas.L’installation comprend toute une série de voies de roulage par wagonnets et de galeries d’attaque du gisement, de bennes pour remonter les matériaux et pour descendre et monter les ouvriers de pompes pour extraire les eaux qui s’infiltrent dans les galeries profondes, de perfoi'atrices qui permettent d’extraire les matériaux plus rapidement et avec moins dé fatigue.Les grandes galeries d’extraction sont en général maçonnées pour éviter les éboulements.Les galeries d’abatage qui, au bout d’un certain temps, seront abandonnées sont simplement boisées au moyen de cadres et de garnissages.Lu cadre est constitué par deux montants placés un peu obliquement et reposant souvent sur des pièces de bois appelés soles ou semelles; sur ces deux montants, une pièce de bois ou chapeau est posée horizontalement.Les cadres sont disposés tous les deux mètres environ, et l’on remplit les intervalles par des rondins ou des planches grossières.Actuellement le boisage est souvent remplacé par le blindage; les caches sont constitués par des fers courbés à une extrémité et réunis deux à deux par des éclisses de façon à former voûte' L’installation étant effectuée, on procède à l’abatage.Le mineur, avec un pic à une ou deux pointes, pioche et détache la houille.Les galeries n’ont parfois qu'une hauteur très réduite qui •oblige le mineur à travailler à genoux ou couché.Il s’éclaire avec une lampe à feu nu fixée à son •chapeau de cuir, ou au mur, si la mine ne renferme pas de grisou (gaz irrespirable appelé scientifiquement carbure d’hydrogène), avec une lampe de sûreté, si des gaz ou des poussières inflammables se trouvent dans la mine.Malgré de très grandes précautions prises, de terribles catatrophes dues au grisou se produisent encore trop souvent, se irai ut la mort parmi cette population ouvrière vouée à un travail très pénible.Les matériaux extraits sont placés dans de petits wagonnets ou berlines roulant sur des rails et qui, attelés en certain nombre, sont amenés jusqu’au puits d’extraation.Les berlines sont introduites dans une benne, sorte de cage à deux étages, et remontées à la surface au moyen de chaînes solides s’enroulant sur un treuil mis en mouvement par une machine à vapeur.En cinquante secondes, une cage, chargé au fond, peut être montée de 300 mètres à la surface, cléchargée automatiquement et remise en état pour repartir.Par un seul puits, on peut arriver à faire sortir 1500 tonnes de charbon par jour.Suivant que les houilles contiennent plus ou moins de charbon et de produits volatils, on a la houille grasse, servant surtout à la fabrication du gaz d’éclairage, la houille maréchale, employee pour les travaux de forge, la houille demi-grasse, servant à la fabrication du coke et au chauffage des fours et des chaudières, et enfin la houille maigre ou houille anthraciteuse, la plus riche en carbone, employée surtout pour le chauffage des fours à chaux, pour la cuisson des briques et des tllllGS GtC.Chauffée en vase clos, la houille laisse dégager le gaz d’éclairage et donne des produits dérivés comme le coke, le goudron et les couleurs d’aniline, si répandues aujourd’hui dans l’industrie.III.-PRINCIPALES RÉSERVES HOUILLÈRES Nous sommes loin encore d’une exploitation normale et rationnelle de la houille, bien que sa consommation absorbe facilement aujourd’hui les 150 millions de tonnes qui sont tirees des mines.Plusieurs pays sont encore au debut de leur exploitation.La Chine, par exemple, contient a elle seule beaucoup plus de houille que toute l’Europe, mais sa population,^ si dense et si laborieuse, n’a pas trop de tout son temps pour faire produire au sol la nourriture nécessaire.Des evaluations très modérées attribuent à la Chine environ 100 milliards de tonnes de houille.Jusqu’au milieu du XIXe siècle, D richesse houillère était reservee a 1 Europe.Elle a été ensuite partagée entre l’Europe et les États-L nis.Depuis 1899, la pieeminence, qui appartint longtemps à l’Angleterre, est passée aux États-Unis.La production de la houille a subi partout une progression croissante.^ Depuis quarante ans, elle a triple en 1 rance et en Angleterre, décuplé en Allemagne, mais aux États-Unis, elle a passé de 20 millions de tonnes en 1864 à 250 millions en Les bassins houillers actuellement exploités aux États-Unis ont une fois et demie la superficie de ^Leïasïn le plus important est celui des Appalaches, dans la Pensylvanie.la Virginie occidentale, le Tennessee et le Kentucky.Il fournit les trois quarts de la production totale des Etats- Unis.Les autres bassins sont ceux de l’Ohio, de Michigan, de 1 Illinois, au sud des Grands Lacs A ces bassin de l’est et du centre s’ajoutent les depots de l’ouest : Arkansas, Kansas, Montana, Oklahoma; des Rocheuses: Colorado, Arizona, Wyoming, Utah; du Pacifique.Washington.Après les États-Unis viennent la Grande-Bretagne, l’Allemagne, la France, la Belgique, 1 Au- Après triche-Hongrie, le Japon, etc.On a dit de l’Angleterre qu’elle est ‘un bloc de fer et de houille”.C’est encore exact pour la L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 571 houille; et la prospérité économique de l’Angleterre repose sssentiellement sur ses mines de charbon.Les grands bassins houillers de la Grande-Bretagne sont répartis en quatre groupes: 1.Le sud de l’Ecosse, entre la Clyde et le Forth: Edimbourg, Glasgow.2.Le nord de l’Angleterre: bassins de Neivcastle et de Cumberland.] 3.L’Angleterre centrale: bassins de Yorkshire, de Lancashire, de Staffordshire) 4.Le pays de Galles: bassin de Cardiff.Les bassins les plus productifs sont ceux de Newcastle et du Cardiff, qui fournissent presque tout le charbon exporté.Après la Grande-Bretagne vient l’Allemagne dont le bassin le plus productif est celui de la Ruhr.Au second rang venait le bassin de la Haute-Silésie, près de la frontière de Pologne.L’Allemagne n’en possède plus actuellement que le quart environ.Au troisième rang se plaçait le bassin de la Sarre, qui a été attribué à la France en compensation des minés du nord détruites pendant la guerre.Les autres bassins moins importants sont ceux à’Aix-la-Chapelle et de Saxe.Bien que privée désormais des mines de la Sarre et des trois quarts des houillères silésiennes, l’Allemagne reste le pays de l’Europe continentale le mieux pourvu en charbon.En France, il existe deux régions houillères: le bassin franco-belge qui s’étend de Béthune 'ét de Boulogne vers Aix-la-Chapelle, et les bassins du Plateau central.Dans le bassin franco-belge, les couches de houille sont peu épaisses, mais elles sont nombreuses, régulières, et étalées sur de larges espaces.Les principales mines de ce bassin sont celles de: Vieux-Cohdé, Anzin, Douai, Denain, Lens, Mans, Charleroi, Namur, Dinant.Dans le plateau central les lits de houille sont plus épais, moins étendus et souvent disposés en chapelets.Les_ principaux bassins houillers de cette région sont ceux de: Creuset, Blanzy, ïtive-de-Gier, Saint-Etienne, Alais, Brive, Commentry, Champa-' gne.En Russie, le bassin de beaucoup le plus important est celui de Donetz, au nord de la mer d’Azov.Les bassins de l’Oural et de Toula, dans le centre, ont une production insignifiante.La Russie pourrait produire une plus grande quantité de charbon; mais les houillères russes ont à lutter contre la concurrence de la houille anglaise dans le nord, du pétrole dans le sud.La houille existe aussi au Canada en quantité prodigieuse mais elle est encore peu exploitée.Les mines en exploitation se trouvent dans la Colombie-Britannique, dans la Nouvelle-Écosse et l’île du Cap-Breton.Les deux bassins principaux exploités dans la Colombie sont ceux de Vile Vancouver et de la région du Nid-de-Corbeau.La Nouvelle-Écosse compte trois bassins houillers particulièrement actifs: 1.le bassin de Pictou, au nord-est de la province; 2.le bassin de Cumberland dans l’isthme de Chignectou; 3.le bassin de Sydney et à’Inverness dans l’île du Cap-Breton, le plus riche et le plus activement exploité.Les bassins houillers de la Nouvelle-Écosse occupent 600 milles carrés.Ceux du Nouveau-Brunswick sont aussi étendus, mais peu exploités.Dans les provinces de l’ouest, les bassins houillers couvrent une superficie de 20,000 milles carrés, embrassant le Manitoba, la Saskatchewan et l’Alberta.La Nouvelle-Écosse fournissait jusqu’ici les six dixièmes de tout le charbon canadien, mais elle vient d’être supplantée par l’Alberta qui se place aujourd’hui au premier rang.Le charbon de l’Ouest canadien est très peu employé dans l’Est parce que c’est en général, du charbon mou, alors que nous sommes habitués à brûler du charbon dur ou anthracite; il faut également se rappeler que les bassins houillers américains de la Pensylvanie sont presque à nos portes, ce qui diminue les frais de transport; les bassins houillers gallois eux-mêmes sont plus rapprochés de nous, sans compter que pouvant nous venir par eau, les frais de transport en sont considérablement diminués.Les mines de l’Ouest ne seront vraiment utiles que lorsque leurs produits pourront être utilisés sur place.Les provinces de Québec et d’Ontario ne possèdent pas de charbon, mais elles sont à la tête du Canada pour ce qu’on appelle la “houille blanche”.Les chutes d’eau de ces deux provinces produisent des quantités énormes d’énergie dont l’industrie s’empare pour la production de l’électricité servant à l’éclairage, à la traction des tramways ou comme moteurs dans les usines.Quoique notre pays, considéré dans son ensemble, soit forcé d’importer chaque année de grandes quantités de charbon, le fait que l’actuelle utilisation des forces hydrauliques équivaut à une consommation annuelle de près de 27,000,000 tonnes de charbon montre dans quelle mesure l’énergie hydraulique a servi à améliorer la situation.Les importations de houille sont, d’autre part, jusqu’à un certain point, compensées par les exportations de force hydro-électrique.Les chutes les plus connues dans notre province sont celles des rivières du Loup, du Saguenay, de Montmorency, de Saint-Maurice, de la Gatineau.^ L’Ontario a aussi des chutes innombrables dont la plus fameuse est celle de Niagara.Les ingénieurs estiment à 25 millions de chevaux-vapeur (le cheval-vapeur est considéré comme égal à trois chevaux de trait ou à vingt hommes de peine) l’énergie que la houille blanche pourrait produire au Canada, et deux millions et demi seulement sont utilisés. 572 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE IV.—CONSÉQUENCES DE L'EXPLOITATION DE LA HOUILLE L’exploitation de la houille a d’abord fait naître sur place de grandes industries.Si l’Angleterre a été longtemps le pays industriel prépondérant du monde, c’est parce qu’elle avait la première bien mis en valeur des mines de houille, d’ailleurs naturellement très riches.La marine marchande étant une véritable industrie dépendante, elle aussi, de la houille, depuis que les paquebots ont remplacé les voiliers, la prééminence maritime de l’Angleterre s’explique aussi en grande partie paisa richesse en charbon.La marine de guerre actuelle employant un matériel métallique et qu’on ne peut mettre en mouvement qu’avec ime grande dépense de houille, comme on ne le construit qu’à grand renfort de charbon et de coke, la richesse en houille de la Grande-Bretagne est aussi l’un des éléments de sa supériorité maritime si longtemps incontestée.Jusqu’au dernier quart du XIXe siècle, l’Allemagne demeura surtout un pays agricole et terrien.Elle exportait des denrées alimentaires et importait des produits fabriqués.La majeure partie de ses habitants s’occupait de culture et d’élevage, vivait chichement de pommes de terre, de pain de seigle, de viande de porc.Peu de capitaux, peu d’épargne.Chaque année une foule d’émigrants (jusqu’à 200,000 parfois) chassés par la misère, devaient quitter leur patrie.Faute de colonies, ils se rendaient surtout en Amérique : au Chili, au Brésil, aux États-Unis.Cette situation s’est radicalement transformée en quarante ans.A l’Allemagne agricole et terrienne s’est substituée, surtout à partir de 1895, l’Allemagne industrielle, commerçante et maritime.Cette évolution économique s’çxplique par la raison que l’Allemagne trouvait sur son propre sol les facteurs essentiels de la grande industrie moderne: combustibles, minerais, moyens de transport, main-d’œuvre.En 1913, elle produisait 191,000,000 tonnes de houille dans ses bassins de la Sarre, de la Saxe et de la Haute-Silésie.Cette houille, par suite de la disposition géologique des terrains, s’extrayait à meilleur compte que les charbons français; se transportait aisément par les canaux et les rivières navigables.Le fait capital de la vie économique des États-Unis, depuis une vingtaine d’années, est le développement formidable de ses industries.Longtemps producteur de matières premières et acheteur d’objets fabriqués, le Yankee est d’abord parvenu à suffire presque entièrement à tous ses besoins, puis il est entré délibérément en concurrence avec ses anciens fournisseurs sur tous les marchés du monde.C’est encore dans l’exploitation de la houille que nous trouvons le principal facteur de cette transformation.L’exploitation de la houille qui a déterminé jusqu’ici la localisation et l’importance des autres modes d’activité industrielle a produit des effets sociaux non moins importants: Il est des pays comme la Grande-Bretagne et l’Allemagne, où la diffusion de l’industrie a détruit l’activité agricole, attiré dans les villes les habitants des campagnes, c’est-à-dire amené une dépréciation de la terre.En revanche, dans des pays neufs comme l’ouest américain et les provinces centrales du Canada, l’agriculture est née, a grandi soudainement, grâce aux perfectionnements industriels de l’outillage employé.Quelles révolutions peut encore produire l’exploitation de la houille ?Voyons ce qui s’est passé en Belgique, “terre d’expérience” à plus d’un point de vue, et particulièrement dans une des provinces de la Belgique, le Limbourg.Avant la découverte d’un bassin houiller, en 1901, le Limbourg était une province très chrétienne: 98% sur une population de 200,000 âmes observaient le devoir pascal De rurale qu’elle était, cette population est devenue industrielle.Les habitants du Limbourg n’étant pas des charbonniers, des étrangers: Allemands, Russes, Slaves, etc., ont immigré dans la région.En 1918, les socialistes essayent de s’installer dans ce milieu hétérogène.Mais l’autorité religieuse veille: par la création d’organisations ouvrières, elle supprime les principales causes de déchristianisation : difficulté de trouver des chefs instruits, désintéressés, courageux; ignorance religieuse qui consiste à ne pas savoir apprécier la vie de la grâce, la participation aux sacrements; l’immigration étrangère, qui est une menace constante pour la langue et la foi.La situation du Canada est analogue à celle de la Belgique: comme elle, nous sommes envahis par l’immigration étrangère; nous possédons des ressources minérales encore inexploitées.Vienne le jour où ces richesses seront mises en valeur, les mêmes difficultés se présenteront.Nous pourrons les surmonter plus facilement si nous avons profité de l’expérience des autres peuples pour intensifier chez nous la vie catholique et créer des organisations ouvrières.Leçon donnée a l’École Normale de Nicolet.LA LANGUE FRANÇAISE La langue d’un peuple est toujours un bien sacré; mais quand cette langue s’appelle la langue française, quand elle a l’honneur de porter, comme dans un écrin, le trésor de la pensée humaine enrichi de toutes les traditions des grands siècles catholiques, la mutiler serait un crime, la mépriser, la négliger même, une apostasie.Mgr L.-A.Paquet. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 573 HYGIÈNE—NOTIONS PRATIQUES Leçons de mai DE LA PROPRETÉ/ MAINS, ONGLES, OREILLES, DENTS; SOINS A PRENDRE.Propreté des mains.—L’air est chargé de germes de maladies infectieuses.Les mains sales, les ongles sales surtout, en recèlent un grand nombre.On a très souvent l’occasion de porter la main à la bouche.Une main malpropre peut introduire dans l’appareil digestif des germes de maladies graves.D’où la nécessité d’avoir les mains toujours très propres.Soins à donner aux mains.—Il faut se laver les mains le matin, avant et après chaque repas et toutes les fois qu’elles auront été salies.Les ongles doivent être très nets.On les nettoie avec un cure-ongles, et on les brosse ensuite avec de l’eau savonneuse.On les taillera assez souvent et en bouts arrondis.Propreté de l’oreille.—Organe très délicat, pour garder toute sa finesse, l’oreille demande une grande propreté.Il faut la débarrasser de la matière grasse qu’elle sécrète, cérumen, au moyen d’un cure-oreilles ou avec un coin de serviette roulé autour de la partie recourbée d’une épingle à cheveux.Soins à donner aux dents.—Des dents en mauvais état divisent mal les aliments, qui se digèrent alors difficilement.Il faut avoir grand soin de ses dents, ne pas s’en servir pour couper’du fil ou briser les corps durs.Une grande propreté est nécessaire.On se lavera les dents chaque jour avec une brosse spéciale trempée dans de l’eau tiède, dans de l’eau boriquée ou simplement passée sur du savon blanc.ENSEIGNEMENT DE L’ANGLAIS D’APRÈS LA MÉTHODE NATURELLE Premier livre—“La Classe en Anglais” (Pour “L’Enseignement Primaire) TEXTE-GATHERING LILIES It is very pleasant here You can see Charles and his mother.Jip, the dog, is with them.There is no school to-day, it is a holiday.They are gathering lilies on the river.They are in a boat, this boat is safe, The day is hot, but it is cool here.Charles holds one of the oars in his hands, He pushes the boat along with it.The river is not deep here.Large leaves and flowers float upon the dark waters.See the Ulies on the water; they are water lilies.These flowers are white, fair and sweet.They throw out a very sweet smell.The lady breaks off the stems of the lilies.She puts them in her basket.We see many of them on the water.Where is Jane ?She is not far off.She is with her father under the trees.She is afraid to go in a boat.Charles knows this place quite well.He comes here with his father to fish. 574 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Ce morceau choisi est tiré du premier livre de la série: “La Classe en Anglais”.Il est évident que pour les élèves à qui Ton s’adresse, les questions doivent, en général, viser à obtenir des réponses faciles, qui se trouvent dans le texte même.Questions et sous-questions doivent donc s’entremêler pour faire répéter les mots et les expressions de la lecture.Les mots nouveaux sont d’abord expliqués, au moyen du tableau-'mage, placé devant la classe.En montrant un personnage, un objet, le maître prononce le mot anglais qui l’exprime, et les élèves le répètent.La conversation sur l’image prépare admirablement bien la lecture.Comme on pourra le remarquer, la conversation détaillée roule surtout sur les principaux personnages et objets du texte; l’on passe très rapidement sur ceux qui ne sont introduits qu’incidemment dans le paysage.Dans les réponses aux questions, nous nous sommes servis tantôt du pronom 7, tantôt du pronom We.L’élève peut, à son gré, répondre en son nom personnel, ou au nom de la classe.Ainsi à la question: “Que voyez-vous sur l’image ?”, il peut répondre: “Je vois” ou “nous vovons”.“7 see”, or “We see”.Quelques “Series of actions” sont entremêlées dans les conversations sur l’image ou sur le texte.Elles donnent plus de mouvement à une leçon qui est déjà vie par elle-même.Rien de mieux.L’étude de l’épellation doit être menée de front; il faut que les élèves puissent, non seulement parler les mots; ils doivent aussi être capables de les écrire correctement; et ils y arrivent facilement.o ?c ?'mmà ¦''kL ËHp2 Wri'S* m/KJk •é&Sf'i WiÊë.CONVERSATION SUR L’IMAGE What does the picture represents ?—This picture represents a scene on a river.John, take the pointer and show the river.—Here is the river.Do you see any persons in the picture ?—Yes, in the picture I see four persons.Show us these four persons, and name them.—There is a man, there is a women, there is a boy and there is a girl.Is the man on the river ?—No, the man is not on the river.Where is he then ?He is near the river.Who is near the river ?—The man is near the river.Who else is near the river ?—The little girl is near the river.Who is the man?—The man is Charles’s father.What is he doing?—He is fishing.Is the man seated ?—No, he is not seated.Is he standing ?—Yes, he is standing.Is he tall or small.—The man is tall.What is the color of his coat ?—His coat is black.What is the color of his hat.—His hat is black. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 575 How are his shoes ?—His shoes are black.What do you see on his face ?—He has a beard.Has he anything in the mouth ?—Yes, he has a pipe in his mouth.What does he do with the pipe ?—He smokes.Now say all you can about the man.The man is standing, he is tall, he has a beard, he smokes a pipe; he wears a black hat, a black coat, white pantaloons, his shoes are black; he is fishing.Henry, tell the boy to stand up.—Boys, stand up.Tell them to sit down.—Boys, sit down.Call Joseph to the board.—Joseph, come to the board.Joseph, tell us what you do.—I stand up; I walk to the board; I take the chalk, I write on the board.Go to your place, and tell what you do.—I put down the chalk; I walk to my place; I sit down.Who is the girl near the river.—She is Jane, Charles’s sister.What is she doing?—She is calling Charles.How is her dress.—Her dress is white.What is the color of her stockings.—Her stockings are white.What else is white ?—Her shoes are also white.What about her left arm?—Her left arm is up.Is her right arm up also ?—No, her right arm hangs near her body.Tell all you know about Jane.—Jane is standing near the river.She wears a white dress, white stockings, white shoes; her left arm is raised; her right arm hangs near her body; she is calling Charles.Where is the boat ?—The boat is on the river.Who is in the boat ?—Charles and his mother are in the boat.What is the mother doing?—She is gathering water-lilies.Is she standing?—No, she is seated.What does she wear on the head ?—She wears a white bonnet on the head.What is the color of her dress?—The top part of the dress is white; the lower part is dark.What does she do with her right hand?—She breaks off a water-lily with her right hand.And with her left hand ?—She holds a water-lily in her left hand.Where does she put the water-lilies ?—She puts the water-lilies in a basket.What did we say about the mother ?—She is seated in the boat; she breaks off the water-lilies with her right hand; she holds one water-lily in her left hand; she wears a light bonnet on her head; the top part of her dress is white; the lower part is of a dark color; she puts the lilies in a basket.Do you see many lilies in the basket ?—No, I see only one or two.Are there many in the basket ?—I think so ; it is almost full.Who is standing up in the boat ?—Charles is standing up in the boat.Is he -wearing a cap on his head ?—No, he is not wearing a cap on his head.What does he wear then ?—He wears a straw hat.What about his shirt ?—His shirt is white.Are his pants also white ?—No, his pants are black.What does he hold in his hands.—He holds one of the oars in his hands.What does he do with the oar ?—He pushes the boat with it.Say all you can about Charles.—Charles is standing up in the boat; he wears a straw hat, a white shirt; his pants and his stockings are of a dark color; he looks at his mother; he holds one oar in his hands, and he pushes the boat with it.What of his shoes?—I cannot see them.Where is the dog ?—The dog is sitting up on the front part of the boat.What is the dog’s name ?—Jip is the dog’s name.What is Jip?—Jip is the family dog.What can you say about Jip ?—Jip looks at Charles, he rests on his front legs; he is sitting up on his hind legs; the tail is turned up; his fur is long and white.Do you see any other animals ?—Yes, I see a frog, a trout and two snipes.Where is the frog ?—The frog is resting on the leaf of a water-lily What about the trout ?—It has jumped out of the water.Where are the snipes ?—They fly among the bulrushes.Do you see any trees?—Yes, I see many trees.How many can you count ?—I can count only three of them.What else do you see in this picture ?—I see a boat-house, two boats, a house, a barn, a church, two baskets, one can.Do you see the whole church ?—No, I only see the steeple.Is it a Catholic, church ?—I think it is a Catholic church.Why do you think so ?—I think it is a Catholic church because there is a cross on the top of it. 576 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE CONVERSATION SUR LE TEXTE What lesson is this?—This is Lesson thirty or the thirtieth lesson.How many lessons did you study in the book ?—We have studied twenty nine lessons in the book.What is the title of this lesson?—The title of this lesson is “Gathering Lilies”.What does gathering mean?—Gathering means bringing together.What words could you used instead of gathering?—“Bringing together” could be used instead of gathering.What are they gathering ?—They are gathering lilies.Give the singular of lilies.—Lily is the singular of lilies.Read the first three lines.—It is very pleasant here.You can see Charles and his mother.Jip,the dog, is with them.Where does the scene take place ?—The scene takes place on the river.Where is it pleasant?—It is pleasant on the river.Replace pleasant by some other words.—It is very nice—very beautiful, very agreeable, very 'pleasing.Whom can you see ?—We can see Charles and his mother.Do you see anybody else ?—Yes, we can see his father and his sister.Dick, can you see Charles and his mother.—Yes, I can see them.Take the pointer and show them.—Here is Charles, and there is his mother.Do you see anything else in the boat ?—Yes, we see a dog in the boat.What is the dog’s name?—The dog’s name is Jip.What is Jip ?—Jip is the dog, it is also the dog’s name.How many lines have we read ?—We have read three lines.Peter, read the next two lines.—There is no school to-day, it is a holiday.They are gathering lilies on the river.Is there school to-day?—No, there is no school to-day.Was there school yesterday ?—Yes, there was school yesterday.What day of the week is it to-day ?—To-day is Wednesday.What day will it be to-morrow?—To-morrow will be Thursday.Why is there no school to-day for Charles ?—There is no school to-day, because it is a holiday What is a holiday ?—A holiday is a day when there is no school.What do you call a day when there is no school.—We call it a holiday.On what day of the week is there no school ?—There is no school on Saturday.What day of the week is a holiday ?—Saturday is a holiday.Do you like holidays?—Yes, we like them.What is said in the fifth line ?—It is said that they are gathering lilies on the river.Who is gathering lilies ?—Charles and his mother are gathering lilies.Where are they ?—They are on the river.What is the meaning of gathering ?—Bringing together.Could you use another expression for gathering?—We could use “picking up”.What is a lily ?—A lily is a flower.What is its color ?—Its color is white.Are all flowers white?—No, some are red, some are blue, some are yellow, some are pink, etc.Albert, read two more lines.—They are in a boat; the boat is safe.The day is hot, but it is cool here.Where are Charles and his mother ?—Charles and his mother are in a boat.George, did you see many boats?—Yes, I saw many boats.Where did you see them ?—I saw them on the river.What river do you mean ?—I mean the St.Lawrence River.Did you see large boats ?—Yes, I saw many large boats.What name do you give those large boats ?—We call them ships.Are Charles and his mother in a large boat ?—No, they are in a small boat.Is their boat good?—Yes, their boat is good.What is said about it ?—It is said that the boat is safe.What does safe mean ?—Safe means free from danger.Where are you safe, Arthur?—I am safe at home, at school, at church, with my parents.Who is safe in the boat?—Charles and his mother are safe in the boat.How is the day?—The day is hot.Say it otherwise.—The day is very warm.What season of the year is it ?—It is summer.How do you know it ?—It is hot; the day is bright; I see flowers.Is it hot on the river?—No, it is not hot on the river.How is it then ?—It is cool on the river. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 577 Edmund, read two more lines.—Charles holds one of the oars in his hands; he pushes the boat along with it.What does Charles hold in his hands ?—Charles holds one of the oars in his hands.Who holds one oar in his hands ?—Charles does.How many hands have you ?—I have two hands.Harry, tell Vincent to hold his book in his right hand.—Vincent, hold you book in your right hand.Vincent, what do you do ?—I hold my book in my right hand.To all the class.Boys, what does Vincent do ?—-He holds his book in his right hand.Gabriel, tell John to hold up one arm.—John, hold up your left arm.Tell John to bring down his arm.—John, bring down your left arm.John, what did you do ?—I held up my left arm, and then I brought it down.Boys, what did John do ?—He held up his left arm and then he brought it down.How many oars are there in the boat ?—There are two oars in the boat.Where are the two oars ?—The two oars are in the boat.What does Charles do with one oar?—Charles pushes the boat along with it."Who pushes the boat along?—Charles pushes the boat along.How does he do it ?—He does it with the oar.Edward, tell James to go to the door.—James, go to the door.James what are you doing?—I am going to the door.Who told you to go to the door ?—Edward told me to go to the door.Edward, tell James to push the door open.—James, push the door open.Boys, what did James do ?—He went to the door and he pushed it open.James go back to your seat, and say what you do.—I close the door.I walk back to my seat.I sit down.Robert, read two lines.—The river is not deep here .Large leaves and flowers float upon the dark waters.How many lines of the lesson have we read ?—We have read eleven lines of the lesson.How many more lines in the lesson ?—There are eleven more lines in the lesson.Is the river deep there ?—No, the river is not deep there.Do lilies grow in deep water ?—No, water-lilies do not grow in deep water.What floats upon the dark water ?—Large leaves and flowers float upon the dark waters.Where do the large leaves and flowers float ?—They float upon the dark waters.How is the water there ?—The water is dark there.What is the singular of leaves ?—Leaf is the singular of leaves.What is the color of a leaf?—A leaf is green.What is the color of a flower ?—Flowers may have different colors.What is the meaning of to float ?—I do not know its meaning.(Le professeur.) To float means to stay, to remain on top of the water, on the surface of the water.Now, what remains on top of the water ?—Wood remains on top of the water; a boat remains on it also.Then what does the wood.—The wood floats.In the picture what floats upon the water?—Large leaves, flowers and the boat float upon the water.Philippe, what do you do with water ?—I drink water, I wash myself with water.What do you all do with water?—We drink water; we wash ourselve with water.Harvey, read the next three lines.—See the lilies on the water; they are water-lilies.These flowers are white, fair and sweet.They throw out a very sweet smell.Where do you see the lilies ?—I see the lilies on the water.Where are the lilies ?—The lilies are on the water.What kind of lilies are they ?—They are water-lilies.Why are they called water-lilies ?—they are called water-lilies, because they grow in the water.Have you seen any lilies at home?—Yes, I have seen lilies at home.Were they in the water ?—No, they were not in the water.Where were they then?—-Some were in the garden; some were planted in a flower-pot.What did you see in the garden ?—In the garden, I saw lilies.HaVe you seen any other flowers ?—Yes, I saw roses, daisies, lilacs, poppies, tulips, dahlias violets, snowballs.Tell what colors they have.—Roses are red, pink, white; daisies are white, yellow; lilacs are, purple, white; snowballs are white; poppies, dahlias are red; tulips have all kinds of colors.How are the water-lilies ?—The water-lilies are white, fair and sweet.WThat does fair mean ?—Fair means nice to look at.Do you know anything that is sweet?—Sugar is sweet; candy is sweet.How do you know it is sweet ?—1 know it is sweet when I eat it.Do you eat water-lilies ?—No, I do not eat water-lilies. 578 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Then, how do you know they are sweet ?—I know they are sweet because they throw out ai very sweet smell.Say it otherwise.—I know they are sweet because they smell good.What is fair and sweet?—The flowers are fair and sweet.What do they throw out ?—-They throw out a very sweet smell.How is the smell they throw out ?—The smell is very sweet.What is the French word for water-lily?—The French word for water-lily is nénuphar.-Richard, read the next two lines.—The lady breaks off the stems of the lilies.She puts them in her basket.What does the lady do ?—The lady breaks off the stems of the lilies.Who breaks the stems of the lilies ?—The lady breaks them.What does she break off ?—She breaks off the stems.How does she break them off ?—She breaks them off with the fingers.What is the French word for stem ?—The French word for stem is tige.How is Charles’s mother called in this line ?—She is called a lady.What is a lady ?—A lady is a woman.Who is the lady of the picture.—Charles’s mother is the lady of the picture.Anthony, take a piece of chalk and say what you do.—-I take a piece of chalk.Break that piece of chalk.—I break that piece of chalk.How many pieces of chalk have you now ?—Now I have two pieces of chalk.Boys, who has two pieces of chalk ?—Anthony has two pieces of chalk.Put the two pieces of chalk in the box.—I put the two pieces of chalk in the box.Where does the lady put the lilies ?—She puts them in the basket.What does the lady put in the basket?—She puts the lilies in the basket.Who puts the lilies in the basket ?—Charles’s mother puts the lilies in the basket.Put ladies instead of lady and read the same lines.—The ladies break off the stems of the lilies^ They put them in their baskets.Read the next three fines, Ambroise.—We see many of them on the water.Where is Jane?She is not far off.She is with her father under the trees.How many water-lilies do you see ?—We see many water-lilies.Where do you see them ?—-We see them on the water.How many can you count?—We can count thirty-six of them.How many have flowers?—Ten have flowers.How many flowers are opened?—Seven flowers are opened.Where is Jane ?—She is not far off.What does it mean?—-She is near.Who is near?—Jane is near.Who is Jane ?—She is Charles’s sister.Where do you see her?—I see her under the trees, near the river.Who is with her ?—Her father is with her.Who is under the trees?—Jane and her father are under the trees.Bernard, read the end of the lesson.—She is afraid to go in a boat.Charles knows this place quite well.He comes here with his father to fish.What is Jane afraid of ?—-She is afraid to go in a boat.Who is afraid to go in a boat ?—Jane is afraid to go in a boat.Is she afraid of the boat ?—No, she is afraid of the water.Are you afraid to go in a boat ?—No, we are not afraid to go in a boat.Is Charles afraid?—No, Charles is not afraid.Why is he not afraid ?—He is not afraid because he knows the place quite well.What place does he know quite well ?—The place where they are gathering water-lilies.Why does he know it so well ?—He knows it so well because he comes here with his father to fish.Who comes to fish here ?—-Charles and his father come to fish here.What do you fish with, Eugene ?—I fish with a fine.What is your fine made of ?—My fine is made of silk cord.What is at the end of the fine?—A hook is at the end of the line.What do you put on the hook ?—I put a worm or a grasshopper on the hook.What kind of fish do you catch?—-I catch trout and perch.Un Frère de L’Instruction Chrétienne. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 579 ETUDE LITTERAIRE A propos du dix-neuvième siècle littéraire en France (suite) (1) Yvonne.—Vous vous rappelez les questions que npus nous sommes posées les unes aux autres à la suite de nos études sur le dix-neuvième siècle ?Si nous inscrivions au registre la réponse aux sept points de cet examen, quand, après mûre délibération, nous aurons, d’une voix unanime, accepté telle ou telle rédaction?.Marie-Reine.—Nos travaux littéraires ont été contrôlés à cette heure, et notre professeur permettra que nous les employions de façon si utile.Georgette.—Quelle belle idée! Moi qui brûlais d’admirer vos chefs-d’œuvre! Je cours les demander.Germaine.—Je vais reprendre un mot favori de Georgette: C’est du vrai gaspillage'.De tout un siècle, sept points traités! Rose-Cécile.—C’est ce qui m’avait arrêtée tout d’abord: sept fleurs seulement.Nous penserons moins à la gerbe cueillie qu’au parterre abandonné.à regret! Yvonne.—Nous aurons, pour compléter, une vue d’ensemble dans le tableau synoptique que notre Secrétaire dressera, très complet.et le plus méthodique.Rachel.—xûvoue que c’est un peu sec, un tableau synoptique, Yvonne.Yvonne.—Par contre, c’est solide!.(Georgette entre, une liasse de papiers à la main) Rachel.—Bon, voici les documents! Les notes allouées faciliteront sans doute le choix des copies.Rose-Cécile.—Il faut d’abord juger lesquelles des sept questions prendront place au compterendu.Rachel.—Pourquoi pas toutes ?Rose-Cécile.—Si je ne me trompe, il y en avait une toute petite qui intéressait notre piété plus que la littérature.Germaine.—Malgré l’actualité que lui donne la fête du Christ-Roi.Je me souviens: Quel personnage remarquable a, le premier, proclamé publiquement la royauté sociale du Christ?Ca m’a fait aimer Monseigneur Plantier que je ne connaissais pas du tout, auparavant.Rose-Cêcile.—Deuxième question: Qui, du poète, de l’orateur ou de l’écrivain en prose a eu le plus d’influence sur son siècle?(19ième).Georgette.—Ah! J’ai traité le sujet: a eu la meilleure influence!.Marie-Reine.—Avec quelle conclusion?Georgette.—J’ai pensé que le poète et l’orateur ne s’adressant qu’à l’élite toujours peu nombreuse, le rôle le plus actif et le plus bienfaisant reviendrait au prosateur.Rose-Cêcile—Tu ne prouverais aucunement par là que le prosateur ait exercé une meilleure influence, mais une plus grande influence.Marie-Reine.—Et si nous exceptons Louis Veuillot et quelques autres, les vaillants défenseurs de la, vérité qui ont combattu par la prose,—Joseph de Maistre, par exemple—ne sont lus que par l’élite, aussi; si bien que Joseph de Maistre fut longtemps antipathique même dans des milieux chrétiens.Yvonne.—Ou soi-disant tels, qui ne lui pardonnaient pas son intransigeance doctrinale.Georgette.-—Alors ?Rose-Cêcile.—Alors?Envisage autrement la question: L La poésie a-t-elle fait plus de bien que de mal?—L’affirmer me paraît téméraire.2.La prose (hors les œuvres de l’éloquence—et celles du professorat qui peuvent s’y rattacher) a-t-elle fait plus de bien que de mal ?Marie-Reine.—Il suffit pour répondre de se rappeler la prodigieuse et désastreuse diffusion du roman, pendant la seconde moitié du siècle.Rose-Cécile.—3.—L’éloquence—celle de l’enseignement chrétien avec Ozanam; la prédication (Lacordaire, Ravignan, Félix) etc; l’éloquence pohtique avec Montalembert, de Mun Freppel,—a-t-elle fait plus de bien que de mal ?Renan et tous les autres professeurs de libre-pensée ou de socialisme te reviennent en mémoire, mais si tu réponds un oui hésitant, du moins la balance n’incline pas tout de suite et sans contrepoids du côté du mal.(1) Voir L’Enseignement Primaire d’avril 1927. 580 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Georgette.—Alors il semble que l’influence de Forateur ait été plus salutaire ?Marie-Reine.—A tout prendre?Je le crois.Rose-Cécile.—Il faut se souvenir aussi que si Forateur n’atteint que l’élite, comme tu le disais, l’élite, à son tour, agit sur les masses.Lisons le travail de.Yvonne, 19.Rachel, 19.2.M.-Reine, 18.5.Rachel.Georgette.—Je demande la liberté d’interrompre et de réclamer des explications, au besoin Marie-Reine.—Nous avons toutes à y gagner.Accordé! Rachel lit sa composition.* - Qui, du poète, de l’orateur ou du prosateur a eu le plus d’influence sur le dix-neuvième siècle ?"Pour nous prononcer, force nous est d’apprécier, de classer selon les apparences, car Finflu-“ence de la littérature s’étend bien au-delà de ce dont nous pouvons juger par les faits.Que de “ruines, par exemple, une mauvaise lecture n’a-t-elle pas amoncelées dans une âme jusque là “croyante et pure ?Jamais peut-être, rien ne trahira cette œuvre néfaste de dégradation; par fier-“té, par respect pour la foi, la vertu des autres, que sais-je ?des apparences trompeuses dissimu-“leront toujours la déchéance morale.Par contre, n’est-il pas arrivé que, pour certaines âmes, la -,,lumière ait jailli d’un bon livre?Guidées par cette clarté nouvelle, elles graviront les plus hauts “sommets de la sainteté; et peut-être, aussi, parce que ces âmes vivent obscures et sans mission, “nul, sinon Dieu, ne connaîtra jamais le vraie cause de leurs ascensions dans le bien.Ces exemples “peuvent se multiplier et permettent de dire que si les faits senties signes de l’influence du livre, “le plus ou moins d’équivalence de ces signes avec .les états d’âme qu’ils représentent, nous est “inconnu.“Examinons séparément les œuvres du poète, celles de Forateur et celles du prosateur.“Quelles sont premièrement les œuvres influentes du poète?Inutile de mentionner les “descriptions parnassiennes et les élucubrations des symbolistes ou des décadents: les uns s’adres-“sent aux initiés; les derniers.aux détraqués.Dans les deux cas, la poésie n’atteint que le petit “nombre.Reste la poésie lyrique, celle qu’on a souvent appelée romantique, et les autres œuvres “de Lamartine, Hugo, Musset, de Vigny, Delavigne, Laprade, Prud’homme, Bomier, Coppée, etc.Nous avons du même coup, le drame, dont l’influence plutôt pernicieuse, me semble moins “considérable que celle du livre.Il est vrai qu’en principe, le théâtre est plus influent que le livre”.Georgette.—Pardon! Comment se fait-il, dans ce cas, que, pour Ôzanam, la représentation de Polyeucte n’en valait pas la simple lecture ?Yvonne.—Pour Ozanam, peut-être, si dans son imagination très vive, le drame s’idéalisait, plus parfait que sur la scène.Rachel.—Ou bien,—ce qui arrive souvent,—accuse l’infériorité chez les acteurs.Leur âme n’atteint pas la noblesse, l’héroïsme des personnages qu’ils jouent.Comment veux-tu qu’ils rendent au naturel des sentiments qu’ils n’éprouvent pas ?La représentation peut être même si faible qu’elle nuise au drame lui-même.Yvonne.—Le mot écrit est bien le véhicule de l’idée; mais le mot parlé ne la fait-il pas pénétrer plus sûrement dans l’âme ?Et la parole mimée, la mise en scène, s’adressant à la fois aux yeux et aux oreilles, est d’un effet nécessairement plus puissant que le mot seul.Georgette.—C’est vrai.(Rachel continue sa lecture) “.En principe, le théâtre serait plus influent que le livre; mais pour aller au théâtre, il faut “ouvrir sa bourse bien grande, tandis que le livre vient au lecteur, et pour un prix modique.Yvonne.—Et le livre se passe de main en main.Rachel, lisant “Examinons les œuvres de Forateur.J’y comprendrais les orateurs sacrés et les politiques, les pro-“fesseurs dont la chaire pouvait être un centre de vérité aussi bien qu’un foyer d’erreur.“Si je prends garde aux sujets traités: apologétique, histoire, philosophie, littérature, socio-“logie, etc., je vois que les orateurs s’adressent surtout aux lettrés, et s’ils pénètrent la foule, c’est “seulement quand le dramaturge et le romancier les auront mis à la portée de l’esprit populaire.“Donc, encore ici, Forateur n’a d’action directe que sur un petit nombre.“Enfin, je regarde le prosateur comme étant celui qui a exercé le plus d’influence sur son “siècle, et voici pourquoi.C’est qu’au dix-neuvième siècle, le genre littéraire le plus cultivé fut le “roman, œuvre faite pour être comprise de tout le monde.Triste influence souvent, que celle de “ces récits imaginaires parlant bien plus à la sensibilité qu’à la raison, et justement à cause de “cela, goûtés par un plus grand nombre de lecteurs: les chiffres en font foi: 300,000 exemplaires, “en deux ans, pour un seul ouvrage de Zola; 150,;000, dans le même temps, pour un autre.Mais “le prosateur ne nous a pas donné que des romans.Le journalisme,-—pour ne nommer qu’un “genre,—avec son style sans apprêts, parle aux esprits les plus simples. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 581 “Le prosateur n’a peut-être pas eu la meilleure influence, mais il a exercé, je crois, la plus grande influence.“A vous de juger, chères amies”.(Rachel Provencher, élève du cours supérieur).Marie-Reine.—Adopté pour le compte rendu du Cercle, n’est-ce pas?Les autres.—Oui, oui.Rose-Cécile.—Troisième question: Expliquez les différends regrettables survenus entre les défenseurs de la cause catholique au dix-neuvième siècle.Georgette.—Celle-là m’a fait travailler beaucoup.Rachel.—Elle offrait l’avantage d’approfondir l’histoire.Germaine.—Aussi bien se rattache-t-elle à l’histoire plus qu’à la littérature, n’est-ce pas ?Georgette.—Je vous assure que j’en ai abordé l’étude avec des sympathies., et des antipathies non déguisées.J’en voulais à Montalembert, surtout, à Monseigneur Dupanloup, à.Rachel.—Pas à Lacordaire ?Georgette.—Oh! pour lui, j’ai., une amitié d’enfance.Depuis que sa biographie a charmé mes douze ans, je suis prête à lui donner raison contre tous ses adversaires, fût-ce un Louis Veuillot.Yvonne.—Oh! Oh! Et que reprochais-tu à Montalembert?Georgette.—Je le trouvais d’abord un peu bien présomptueux, lui, homme du monde, prétendant composer une vie satisfaisante de sa “chère sainte Élisabeth”.—La vie d’un saint écrite par un saint, à la bonne heure! ou du moins, j’aurais revendiqué l’hagiographie pour les ecclésiastiques, seuls compétents en la matière.Germaine.—Attention, Georgette! Tu oublies qu’on peut être dans le monde sans être du monde, et je connais des laïques qui ont l’âme.bien ecclés aTique.Gejorgette.—Je pense absolument comme vous, maintenant.J’ai appris que la “Vie de sainte Élisabeth” est un chef-d’œuvre; j’en rends grâces à Montalembert et je ne lui tiens plus rigueur de mes anciens griefs.Rachel.—C’est une vraie conversion ! Germaine.—Pour ce qui est de Montalembert.Georgette.—Pour ce qui est des autres catholiques militants aussi.J’aime tous ceux qui ont servi la bonne cause; ils ont droit à ma reconnaissance du moment que je constate chez eux la droite intention.Leurs divergences d’opinion s’expliquent ou se pardonnent.Germaine.—Ils n’ont plus de torts!.Absolution générale.Rachel.—et généreuse!.Passer sous silence le libéralisme de Montalembert, en particulier! Georgette.—Tout comme celui de Lacordaire et la fougue de Monseigneur Dupanloup.Et Louis Veuillot?Il a des expressions plutôt dures pour Ozanam.Pour ce qui est de Montalembert, en particulier, nul ne m’oblige de le suivre lorsqu’il s’égare.Si je n’ignore pas son libéralisme plus grave renaissant à Malines en 1863, je ne dois pas oublier qu’il le condamna lui-même.Germaine.—Après le Pape et le Syllabus.Rachel.—Mais n’est-il pas revenu plus tard sur sa rétractation ?Georgette.—En public, non.Certaines de ses expressions dans ses lettres de cette époque sont douloureuses sous ce rapport.Bien naïf qui s’étonnerait de ces retours d’amertume, de ces quasi contradictions chez une âme ardente, impétueuse comme la sienne! Veuillot ne disait-il pas: “Qui peut craindre que cet homme meure hors du giron de l’Église et résiste à sa voix, ne le connaît pas.Nous, nous le connaissons”.Rachel.—Le mot me plaît sur de telles lèvres.Georgette.—Veuillot reste pour moi l'homme à “l’instinct théologique le plus sûr”, guerrier toujours sur la brèche; Ozanam, professeur dévoué, historien admirateur et consciencieux du Moyen-Age, promoteur des Conférences de Saint-Vincent-de-Paul, un ancêtre par l’âme et par le cœur, de Monsieur l’Inspecteur Général; Montalembert, vrai fils de l’Église, fils aimant qui défend sa Mère par l’éloquence et par la plume; à la tribune, c’est “un monsieur qui parle”, affirmait Nisard; c’est mieux: un gentilhomme, un chevalier, enfin, selon l’expression de Sainte-Beuve, “un croisé qui aurait reçu l’art de bien dire”; Monseigneur Dupanloup, lui est le plus grand éducateur de son siècle.Rose-Cécile.—Notre Présidente trouve sans doute que nous nous écartons du sujet?Marie-Reine.—Remettons à plus tard cette intéressante discussion.(à suivre) MGR ËMARD S.G.Mgr J.-M.Émard, archevêque d’Ottawa, est décédé le 28 mars dernier, à l’âge 74 ans.Premier évêque de Valleyfield, troisième archevêque d’Ottawa, Mgr Émard célébrait l’année dernière ses noces d’or sacerdotales.Dans l’illustre défunt, le Comité Catholique du Conseil de l’Instruction publique perd l’un de ses membres les plus distingués et de ses plus dévoués.Nous recommandons l’âme de l’archevêque défunt aux prières de nos lecteurs. 582 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE PROTÉGEONS NOS FORÊTS Leçon de choses et conseils (Pour “L’Enseignement Primaire”) Mes enfants, C’est la Semaine de Protection de la Forêt.De tous côtés, on parle d’elle, du souci que nous devons avoir de sa conservation, du rôle qu’elle joue dans l’économie de notre pays.Nous ne nous occuperons pas de la forêt comme élément de richesse nationale, nous allons la considérer sous un autre angle; comme bienfaitrice.Lorsque nous aurons vu tous les bienfaits de la forêt, nous serons portés à tout faire pour la protéger.Mes enfants, dès votre entrée dans la vie, vous avez eu besoin de la forêt.On vous a déposés; bébés frêles et roses, dans un berceau de bois venant de la forêt.Cette maison où vous êtes nés, quand votre père ou votre grand-père ont voulu la construire, ils sont.allés demander à la forêt le bois d’œuvre dont ils avaient besoin à cette fin.Ces meubles dont vous vous servez tous les jours ils sont le produit de la forêt.Ces bancs, ces tables de notre école, c’est encore à elle que nous les devons.f .' Et, dites-moi, quand il s’agit, chaque jour de préparer les aliments, quand, durant la saison d’hiver, nous voulons réchauffer nos demeures, n’est-ce pas encore à la forêt que nous allons chercher le bois nécessaire au chauffage.C’est encore à la forêt que nous empruntons le bois nécessaire pour nos charrettes ou nos traîneaux.C’est à la forêt que nous devons, chaque printemps, notre délicieux sucre d’érable! Vous le voyez, mes enfants, les bienfaits de la forêt sont innombrables.N’avez-vous jamais songé d’où proviennent ces livres où vous puisez vos connaissances?A qui devons-nous ces journaux qui nous apportent, chaque jour, les nouvelles du monde entier.Ce papier fut d’abord un arbre de nos forêts.Si la forêt n’existait pas, le gibier d:sparaîtraît; il a besoin d’elle pour se protéger et contre les ardeurs du soleil, et contre les rigueurs du froid.Du même coup donc notre province perdrait une source de revenu, et nous, un élément de bien-être protecteur contre le froid.Vous le voyez, mes enfants, chaque jour de notre vie nous avons besoin de la forêt.Mais la vie a un terme.Quand vous ne serez plus, c’est d’un bois venant de la forêt que sera fait le cercueil dans lequel sera confiée à la terre votre dépouille mortelle.Et le curieux qui, dans 25 ans, visitera le cimetière où vous dormirez votre dernier sommeil saura que vous avez existé parce qu’il lira votre nom sur une croix de bois.Mes enfants, vous n’aviez peut-être jamais envisagé la forêt sous cet angle.Puisque la forêt a été la bienfaitrice de nos pères; puisque tous les jours elle nous comble de ses bienfaits, nous avons un devoir de reconnaissance à remplir à son endroit.Nous devons l’aimer, la respecter.Et puis, nous ne sommes pas les derniers anneaux de la chaîne humaine; d’autres viendront après nous, et oui auront droit, eux aussi, à recevoir les bienfaits de la forêt.Voilà pourquoi non seulement il faut aimer et respecter la forêt, mais surtout il faut la protéger.Mes enfants, un des plus grands ennemis de nos forêts, c’est le feu.Ne jouez jamais dans la forêt, ou près de la forêt, avec le feu.Rappelez-vous la vieille chanson: Prenez garde au feu! Pour mettre le feu, il en faut si peu.Mes enfants, vous pouvez faire plus.Soyez les apôtres de la protection de nos forêts.Racontez à votre famille ce que nous venons de vous dire au sujet des bienfaits dont la forêt nous comble.Nos gouvernements, dans leur zèle pour la conservation de cet element de richesse nationale, demandent la coopération de tous.Demain, mes enfants, vous serez des hommes, vous aurez une sphère d’influence.Dès maintenant, et c’est par là que je termine, soyez les dévoués amis de nos forêts canadiennes auxquelles nous sommes redevables de tant de bienfaits.Service de la Protection des Forêts. L'ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 583 DOCUMENTS OFFICIELS BUREAU CENTRAL DES EXAMINATEURS CATHOLIQUES Session de juin 1926 Diplômes décernés (Suite) QUÉBEC Supérieur français.— Satisfaisant:—Langlois, M.-Anna-Exina; Bernier, Berthe; Lévesque, Annette; Laliberté, Annette; Fournier, Marie-Thérèse; Boutiette, Béatrice; Goulet, Yvonne—Valentine; Paulet, Cécile; Careau, Georgette; Bouchard, Loretta; Cantin, Hélène; Thériault; Ga-brielle; Leclerc, Simonne; Cloutier, Anita; Poirier, Armoza (Sect, ind.); Courchesne, Marie-Thérèse; Rodrigue, Armand (Fr.Armand); Thibodeau, J.-G.-Henri (Fr.Henri-Casimir); Ouellete Albert (Fr.Albert-Benoît);.Supérieur anglais.-—Satisfaisant:—Hughes, Nora.Supérieur français.-—Distinction:—Blais, Dorothée; Mercier, Juliette; DeLadurantaye, Irma; Rompré, Simone; Génois, Juliette; Boisjoli, M.-Thérèse; Bouchard, Marie-Thérèse; Naud, Laurette; Brousseau, Suzanne; Toutant, Marie; Caron, Lucienne; Bornais, Gérardine; Gagnon, Florence; Vachon, Marie-Aline; Latour, Hermine; Mercier, Emérentienne; Laçasse, Marie-Louise; Myrand, Emilienne; Gamache, Yvette; Fournier, Blandine; Mercier, Simone; Boisvert, Lucienne; Bonneau, M.-Alice; LaRue, Marcelle; Plamondon, Georgette; Rajotte, Marie-Claire; Rousseau,’ Marguerite; Roy, Éugénie; Lcrtie, Simonne; Pelletier, Eliane; Gagnon, Simonne; Pigeon, Françoise; Marceau, Marie-Antoinette; Bossé, Annette; Trudel, Anna; Gingras, Thérèse; Schiller, Simone; Lafrance, Gilberte; Paquet, Blandine; Giguère, Rose-Aimée; Morin, Catherine; St-Hilaire, Marguerite; Morneau, Cécile; Pérusse, Jeannette; Paris, Georgette; Paris, Gabrielle;, Blais, Cécile; Lemay, Alida; Dubé, Jeanne-Aimé; Cantin, Marguerite; Fortin, Alexandrine (Sect ind.); Ferlamd, Cécile; Pouliot, Marie-Ange (Sect, inch); Dupont, Marie-Adèle; Thibault, Maria; Boivin, Juliette; Bolduc, Noella; Giguère, Marie-Hélène; Garant, Lucile; Gagnon, Thérèse; Cau-chon, Marie-Jeanne; Fournier, Irène; Chabot, Cécile; Couillard, Simonne; Rochette, Irénée; Letourneau, Angélique; Rinfret, Fernande; Naud, Blandine; Petit, Blandine; Boulet, Thérèse; Paquet, Antoinette: Gosselin, Girard; Goupil, Irène; Lacourcière, Charlemagne (Fr.Charlemagne); Savard, M.-Véronique; Cantin, Yvette.Supérieur français, élémentaire anglais.— Distinction:—Méthot, Marie-Thérès Fournier, Gabrielle.Supérieur français et anglais.—Satisfaisant:—Boulanger, Colette; Gagné, Thérèse; Bergeron, Alphonse; Marier, Edmée; Daoust, Maurice (Fr.Léon-Maurice); Paré, Philippe (Fr.Jean-Philippe); Lamontagne, Henri-Allyre (Fr.Benoît-Ailyre); Gamache, Valère (Fr.Marie-Eloi).Supérieur français et anglais.— Distinction:—Duclos, Jeanne; Vadeboncœur; Noélie; Pelletier, Simonne; Lemelin, Marie-Paule; Paradis, Marguerite; Godbout, Marie; Cloutier, Gérard; Cormier, Paul; Nicole, Antonin (Fr.Jos.-Floribert).Supérieur anglais et français.—Distinction:—-Olivier, Marie-Ange.TROIS-RIVIÈRES Supérieur français.— Distinction:—Berthiaume, Alice; Vandal, Marie; Poirier, Héléna; Duplessis, Marie-Ange; Dugré, Florette; Bélancl, Marie-Rose; Lemay, Rosalia; Lafontaine, Marguerite; Benoît, Maria; St-Arnaud, Mariette; Paquin, Germaine; Ayotte, Marie-Rcsa; Paquette Juliette; Gagnon, Albertine (Sr Gagnon); Guillemette, Annette; Ménard, Bella; Perron, Yvette; Desrochers, Geo.-Etienne; Paquet, M.-Antoinette.Supétieur français et anglais.— Distinction:—Désaulniers, Marie.ST-HYACINTHE Supérieur français.—Satisfaisant:—Larivjère, Emelda; Cloutier, Henri; Verdon, Léopold; Lavoie, Wilfrid; Palmondon, Albert; Woods, Joseph.Supérieur français.— Distinction:—Blouin, Fiorina; Lapalme, Marie-Jeanne; Gamache, Laurette; Girard, Madeleine; Gariépy, Alice; Dupré, Simone; Rousseau, Rose-Anna; Lacroix, Alice; Letourneau, Simonne; Neveu, Cécile; Neveu, Céline; Michon, Bella (Sect, comm.); Martin, Cécile (Sect, comm.); Desmarais, Cécile (Sect, comm.); Saint-Germain, Hélène (Sect, comm.); Beaudry, Reine;Beaudoin, Dorila (Sect, comm.); Phénix, Claire; Bourbeau, Judith (Sect, comm.); Girard, Berthe; Fugère, Irène; Marchand, Marie; Boucher, Florentine; Lalime, Marie-Florence; 584 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Corbeil, Simone; Brodeur, Angéline; Fontaine, Léontine; Dumaine, Germaine; Labrecque, Marie-Victoria; Lamarre, Marie-Anne; Gaboury, Annonciade; Ostiguy, Cécile; Noiseux, Lilianne; Fafard, Lucille; St-Martin, Anita (4 sections); Mathieu, Aldéa; Guindon, Lucien; Chapdelaine, Geo.-Etienne; Lefebvre, Léo; Babillard, Georges.Supérieur français, élémentaire anglais.—é?a-on la Sainte Vierge au Canada ?Exprimez en d’autres termes la prière contenue dans la deuxième phrase de la dictée.Quelles demandes sont renfermées dans la dernière phrase?Indiquez les verbes actifs et donnez-en les temps primitifs.Quel est le sujet de: “se fondent—s’honorent—se plaît” ?De quelle espèce sont ces verbes ?Combien y a-t-il de propositions dans la première phrase?Quelle est la principale.?Rédaction—Le joli mois de mai.—Canevas: Parlez du joli mois de mai : de sa verdure, de ses fleurs, de son ciel bleu.Dites les voix joyeuses qu’on entend au mois de mai : oiseaux, ruisseaux, bourdonnement des insectes.—Pourquoi l’appelle-t-on mois de Marie?—Aimez-vous le mois de mai ?Pourquoi ?(En d’autres termes, observez, regardez, écoutez et puis dites ce que vous voyez, ce que vous entendez, ce que vous aimez dans ce beau mois).Dessin.—Répétition alternée : bordure avec la feuille et la fleur de la rose églantine.RÉCITATIONS COURS INFÉRIEUR I UN PRÉSENT DE MAI Un petit agneau blanc ?une branche fleurie ?Un lis tout embaumé?Et petit Jean dit tristement: Je n’ai pas un agneau, je n’ai pas une fleur.Puis tout à coup, s’exclamant de bonheur: Oh ! je sais maintenant, Je vais donner mon cœur.M.R.II A LA REINE DE MAI Gai printemps, module en mon âme Ta fraîcheur, ta jeune beauté; A ton harmonieuse gamme, Mon cœur aussi voudrait chanter.Ensemble, chantons les louanges De la Vierge, Reine de mai.Dans le ciel, mes frères les anges Se pencheront pour écouter.Oh ! puissé-je, un jour, sur leurs ailes, Jusqu’à son trône m’élever ! Dans les demeures éternelles, Toujours la voir, la contempler ! M.J.COURS MOYEN ANGÉLUS DE MAI De mai, le frais sourire, Aux bois, dans les champs, vient de luire; Éveillez-vous, grillons Et pinsons.Célébrez sur votre lyre De mai, le frais sourire.Pour honorer Marie, Le lis, parmi l’herbe fleurie Redouble de senteur, De blancheur, Dans la lumière et la vie, Pour honorer Marie.Quand vient la nuit sereine, Au loin, tout s’éteint dans la plaine; L’oiseau s’endort dans l’air, Au son clair De la cloche lointaine, Quand vient la nuit sereine.Abbé A.Virolet.Toi, petit Jean, que veux-tu donner à Marie Pour le beau mois de mai ? 588 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE COURS SUPÉRIEUR DICTÉES LE MOIS DE MARIE A LA VIEILLE CROIX DU CHEMIN 1 Voulez-vous que je vous raconte un soir du mois de Marie à la vieille croix du Bois-Vert ?C’est un spectacle qui m’a vivement frappé dans mon enfance et qui m’est resté dans la mémoire.L’église était trop loin et les travaux des semences finissaient trop tard pour aller à la prière du village.Les gens du rang, par les soirs de beau temps, allaient donc après souper faire leur mois de Marie à la croix.J’avais cinq ans, je crois bien, quand grand’mère m’y amena pour la première fois.Nous allions sur la route par une belle soirée de printemps.Grand’mère avait hersé toute la journée car, dans ce temps-là, les grand’mères hersaient, et ses vieux souliers se frappaient de fatigue l’un contre l’autre.Cela sentait bon tout le long du chemin.Les grives et les rossignols chantaient encore dans les arbres et je demandai à grand’mère: “Est-ce qu’ils ne viendront pas, eux aussi, au mois de Marie ?” Exercices:—Marie: donnez l’adjectif de la même famille.—Mots de la même famille de semence, printemps.—Homonymes du mot temps.—Donnez trois épithètes aux noms suivants: église, soirée, village.—Comment est employé le mot bon dans la dictée?—Que veut dire l’expression: ses souliers se frappaient l’un contre l’autre.?—Quelle est la forme de la dernière phrase?Analysez logiquement: "C’est un spectacle qui m’a frappé dans mon enfance et qui m’est resté dans la mémoire.” Il LE CHANT DU CANTIQUE Mais voilà que tout le monde se mettait debout pour le cantique.Le cantique, c’était la finale et la partie la plus solennelle de la prière à la croix.On chantait: C’est le mois de Marie, C’est le mois le plus beau, A la Vierge chérie Disons un chant nouveau.Les voix chantaient un peu rude; mais quelle âme on y mettait ! Les notes du vieux cantique poussées par ces robustes poitrines, se répandaient au loin dans le calme des prairies et des labours, et montaient comme une prière vers les cierges du Bon Dieu, avec l’encens des lilas et des boules-de-neige, des pruniers et des pommiers en fleurs, du petit trèfle blanc et de l’arôme de la terre.Pendant ce temps-là, la vieille croix du temps des aïeux se faisait plus douce dans la nuit, pour bénir ce groupe de laboureurs en prière.Elle avait l’air elle-même d’une grande personne qui priait les bras étendus.L’Abbé L.Groulx, (Les Rapaillages.) Exercices:—Pourquoi a-t-on écrit aïeux et non aïeuls ?—Justifiez l’orthographe de boules-de-neige.—Donnez des homonymes du mot chant.—Mots de la même famille de croix.— Définir les mots: chant, cantate, cantique.— Que veulent dire les expressions: les voix chantaient un peu rude.—l’arôme de la terre.COMPOSITION Description.—Pendant le mois de mai, votre maîtresse a érigé dans la classe, un petit autel à la Sainte Vierge.Faire la description de ce minuscule autel, dire comment vous l’ornerez à mesure que de nouvelles fleurs apparaîtront.Quelles fleurs préfère la Sainte Vierge ?RÉCITATION A LA REINE DU PRINTEMPS Tous les parfums de Mai mêlent leur odeur brève Aux effluves du ciel qui nous font tressaillir; Vers ton trône d’azur, notre regard s’élève, Douce Vierge royale, et te voit nous bénir.Laisse monter vers toi notre mystique rêve En ces jours de soleil, d’ardeur et de désir.Le renouveau du cœur, c’est la vernale sève Qui féconde notre âme et la fait refleurir.Les tempêtes ont fui devant ton bel empire; Ton suave regard et ton divin sourire Ont rejeuni la terre, ô Reine du Printemps ! Tourne vers nous tes yeux, doux rayons de l’aurore, Pour vaincre de nos cœurs le froid oui règne encore, Mère, à nous le baiser qui chasse tous les vents ! Atala. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 589 École primaire complémentaire DICTÉES I l’angélus Il n’est sur la terre aucune musique qui ait su mieux que le son de l’angélus émouvoir les cœurs et relever les esprits abattus.Que de fois il a ramené la paix et la tranquillité dans ce monde plein de fatigue et d’agitation.C’est lui qui a pu charmer un instant le cœur impie et l’esprit orgueilleux d’un Byron et le faire chanter: Ave Maria ! bénie soit l’heure, bénis le temps, le climat, le lieu où j’ai goûté tant de fois, avec un bonheur intense, cet instant qui flottait sur la terre si charmant et si doux.Ave Maria ! les cloches sonores se balançaient dans leurs lointaines tours, l’hymne discret du jour mourant s’envolait vers les cieux; pas un souffle n’agitait la vermeille étendue et pourtant les feuilles de la forêt semblaient frissonner comme dans une prière.Ave Maria ! c’est l’heure de l’amour.Ave Maria ! puisse mon cœur oser aspirer à ton amour et à celui de ton divin Fils là-haut.Questions : — Expliquez les expressions : C’est l’heure de l’amour, l’hymne discret du jour mourant.Comment l’angélus peut-il ramener la paix et la tranquillité dans le monde plein de fatigue et d’agitation?Grammaire:—Indiquer le nombre et la nature des propositions contenues dans la première phrase.Analyser grammaticalement les mots ait su, mieux, relever, abattus.Justifiez l’orthographe des adjectifs discret, bénis.II DICTÉES SUPPLÉMENTAIRES PREMIÈRE CONGRÉGATION DE LA SAINTE VIERGE POUR JEUNES FILLES, AU CANADA I Le projet de grouper les demoiselles en Congrégation de la Sainte Vierge était nouveau, le Canada ne connaissait pas encore ce genre d’association.Ce sont les Oblats de Marie Immaculée qui l’ont propagé dans le pays, et c’est Eulalie Durocher qui en a été la première présidente.Mais la création de ce pieux groupement n’alla pas sans difficulté.Au premier vent de la chose, M.le Curé de Belœil, frère d’Eulalie, manifesta de la répugnance et souleva des objections: l’associetion ne tiendrait pas, ce serait un feu de paille, les jeunes filles n’en retireraient aucun profit, elles n’en deviendraient que plus coupables par l’abus des grâces.Eulalie laissa dire; pendant que les Pères Oblats prêchaient la retraite à la paroisse, elle prêchait de son côté.Ses compagnes l’aimaient trop, avaient trop de confiance en elle pour rester insensibles à ses exhortations.Ce fut à qui s’enrôlerait.Devant ce bon vouloir général, M.le Curé rendit les armes.La cause était gagnée.Le 25 mai 1842, l’érection canonique de la première congrégation de la Sainte-Vierge se fit solennellement; on vota et Eulalie fut élue présidente à l’unanimité.L’apôtre triomphait.Sa parole et ses exemples produisirent enfin leurs fruits : Jésus, Marie ne seraient plus seuls, ils avaient un cortège d’âmes qui promettaient de leur être fidèles; et ce ne serait plus avec des fleurs périssables qu’Eulalie parerait leurs autels, le jour de leurs fêtes, ce serait avec des cœurs qui vivraient de leur amour.Il Eulalie mit au service de sa chère congrégation, toutes les ressources d’un jugement sain, d’une remarquable souplesse et d’une sage fermeté.Elle en était l’âme; elle animait les associées de sa modestie, de sa régularité, de son éloignement pour les plaisirs du monde, de son amour de Jésus et de Marie.Des modèles ! voilà ce que devaient se montrer les congréganistes au sein de leurs familles.Ses éloquents appels ne demeurèrent pas sans réponse.De ces cœurs ardents, généreux, qui souvent rêvent de sacrifice et d’immolation et qui, plus souvent encore, n’aboutissnt à rien parce que l’étincelle qui décide de tout ne vient pas les frapper, il sortit des résolutions magnanines, une floraison de dévouements.La paroisse se renouvela et changea d’aspect, les désordres disparurent, les familles, hommes, enfants se ressentirent de la présence de leurs filles ou de leurs sœurs qui, marchant sur les traces de leur présidente, et piquées d’émulation entre elles, prêchaient plus par l’exemple que par la parole.La vie chrétienne, l’accomplissement des devoirs ordinaires ne suffirent bientôt plus à un certain nombre d’entre elles, il fallut la vie religieuse avec ses devoirs austères et ses immolations de chaque jour.En créant ce courant vers le cloître, Eulalie Durocher était loin de soup- 590 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE çonner qu’elle travaillait pour sa prochaine communauté.Fidelis.(Vie de Mère Marie-Rose.) Exercices:—Idée générale de chacun des deux paragraphes.—Sens des idiotismes “au premier vent de la chose, un feu de paille, rendre les armes, laisser dire.”—Sens des expressions suivantes : à l’unanimité, floraison de dévouements, courant vers le cloître, flurs périssables.—Quelle reminiscence littéraire éveille ce nom d’Eulalie ?—De quelle communauté est-il question à la fin du second paragraphe?—Quelle leçon pratique une Enfant de Marie peut-elle retirer de la lecture de cet extrait ?Vocabulaire:—Définir à l’aide du préfixe: retirer, insensible, promettre.Au moyen d’un complément, donner trois sens différents aux verbes laisser, changer, montrer.—Définir le sens particulier des synonymes orner, parer, décorer.III LE RETOUR DES OISEAUX L’autre soir, à la tombée du crépuscule, j’entendais des rouges-gorges gazouiller et je songeais, avec une douce émotion, qu’ils chantaient de la même façon que ceux que j’écoutais dans mon enfance.Les oiseaux ont cela de bon: ils semblent toujours être les mêmes.Des années se passent, on devient vieux; on voit ses amis disparaître, les révolutions changer la face des choses, les illusions tomber l’une après l’autre, et, cependant, parmi les arbres des vergers et des bois, les oiseaux qu’on a connus dès l’enfance répètent les mêmes appels familiers, modulent les mêmes phrases musicales avec la même voix fraîche.Le temps ne semble pas mordre sur eux, et, comme ils se cachent pour mourir, il faut nous figurer presque que nous avons toujours devant les yeux ceux qui ont enchanté notre première jeunesse.M.COMPOSITION SUJET A TRAITER Comment propager la dévotion à la Sainte Vierge à l’école.Plan: Vous êtes institutrice et vous dési- rez propager la dévotion à la Sainte Vierge parmi vos élèves; que ferez-vous ?a) Exemple personnel: piété, modestie chrétienne dans la toilette, prudence et réserve dns les amusements mondains.b) Pratiques de dévotion: mois du Rosaire, mois de Marie, vigiles des fêtes de la Sainte Vierge.c) Causeries: légendes, bontés de Marie, conversions, etc.etc.RÉCITATION MARIE! Toi que n’osa frapper le premier anathème, Toi qui naquis dans l’ombre et nous fis voir le jour, Plus reine par ton cœur que par ton diadème, Mère avec l’innocence et vierge avec l’amour, Je t’implore là-haut comme ici-bas je t’aime Car tu conquis ta place au céleste séjour; Car le sang de ton Fils fut ton divin baptême, Et tu pleuras assez pour régner à ton tour.Te voilà maintenant près du Dieu de lumière.Le genre humain courbé t’invoque la première; Ton sceptre est de rayons, ta couronne est de fleurs.Tout s’incline à ton nom, tout s’épure à ta flamme.Tout te chante, ô Marie! Et pourtant quelle femme.Même au prix de ta gloire, eût bravé tes douleurs ?Henri de Rochefort.Marie! ah! qui pourrait redire sa grandeur?Astre brillant des deux! étoile tutélaire! Rose du pur amour! colombe de candeur! Image du Très-Haut! à la fois Vierge et Mère.Elle attire et ravit les regards du Seigneur.[Revue Littéraire). L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 591 HISTOIRE DU CANADA Programme du mois de mai (1927) Cours 'préparatoire.Simples causeries à l'occasion des ‘‘Exercices de pensée et de langage”.Étudier les tableaux représentant Champlain devant Québec (3e), Champlain combattant les Iroquois (4e), et Champlain accueillant les missionnaires récollets (5e); celui de la fondation de Ville-Marie (8e) et celui du combat de Dollard (12e).Pour la marche des leçons, suivre la méthode tracée au mois d'avril.Terminer l’étude des tableaux par de brefs récits sur Champlain, Maisonneuve, et Dollard) montrer qu’ils étaient de grands chrétiens et de grands patriotes.(Manuel C.S.Viator, cours élém., pp.17-22, 27-29 et 41-43; cours int., pp.29-35, 38-40 et 46-48.) Première année.Le programme de mai comprend l’histoire de Maisonneuve et de Jeanne Mance, et le récit de la fondation de Ville-Marie.Se ser-vir du 8e tableau, ou de toute autre image propre à fournir des sujets de causerie sur la matière.Arrivée à Ville-Marie, première messe, croix érigée sur la montagne, Jeanne Mance soignant les malades et les blessés, première école de Marguerite Bourgeoys, défrichement, luttes des colons contre les Iroquois; vie pieuse des colons, etc.: autant d’anecdotes familières à tirer de ce programme, pour une dizaine de leçons dans le mois.Insister sur le but religieux des fondateurs de Ville-Marie.(Manuel C.S.Viator, cours élém., pp.27-29 et p.36; cours int., pp.38-40 et p.45.) Deuxième année.Montcalm et Lévis; victoires de Carillon et de Ste-Foy.Se borner à ces deux faits, représentés dans les tableaux 23 et 24.Étudier ceux-ci d’après la marche déjà indiquée: aspect général, personnage principal, personnages secondaires, mise en scène, fait historique, récit répété par les élèves.Héroïsme des défenseurs de la Nouvelle-France.(Manuel C.S.Viator, cours élém., pp.77-79 et 82-83; cours int., pp.119-122 et 129-132.) La “Répartition Mensuelle” propose, en outre, de commencer dès ce mois la revue du programme de l’année.On aura donc soin de réserver quelques leçons à cette fin; à chacune on pourra revoir une couple de tableaux.Les élèves doivent parler plus que le maître dans cette revision.Organiser de petits concours, avec récompense à celui ou celle qui a le mieux raconté, au double point de vue du langage et du fait historique.Revoir ainsi une dizaine de tableaux, laissant le reste pour juin.Troisième année.La “Répartition” porte pour le programme de mai: “Attachement des Canadiens à leur/of, leur langue, leurs coutumes”.Faire d’abord comprendre aux petits écoliers ce que cela veut dire; puis, à l’aide de quelques faits déjà étudiés, en démontrer la vérité historique: croix érigées par Cartier, Maisonneuve, La Salle; missionnaires conduits par Champlain et donnant leur vie pour l’évangélisation des sauvages; fidélité aux devoirs religieux; respect du prêtre; sous le régime anglais, luttes pour la conservation de la religion catholique, de la langue et des coutumes françaises, Lafontaine au Parlement, etc.Le maître choisira dans le Manuel les parties appropriées à ces leçons et qu’on ne peut indiquer ici, faute d’espace.On commence aussi en ce mois la revue du programme de l’année.Voir ce qui est dit plus haut pour la Deuxième.On peut repasser les quinze premiers tableaux, de la même manière que ci-dessus, réservant les autres pour juin.Quatrième année.Pour compléter le programme, il reste à étudier Y Union et la Confédération.C’est le travail de mai; la matière en est contenue dans le Manuel C.B.Viator, cours élém., pp.120-133; elle comprend les leçons 19 et 20, ainsi que les récits 37, 38, 39 et 40.Ajouter les dates importantes, p.135.A.— U Union—-Insister sur la triple injustice à l’égard du Bas-Canada: partage des dettes, représentaticn égale, langue française proscrite au parlement.Les trois principaux hommes de l’époque: Elgin, Lafontaine et Baldwin.B.—La Confédération—L’œuvre de Macdonald et de Cartier; monographie de 592 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE ces deux hommes.Les pourparlers (conférences de Québec); l’établissement de la Confédération: provinces fédérées en 1867, provinces annexées dans la suite.Insister sur le fonctionnement du régime; comme c’est la constitution qui nous régit, donner à cette occasion quelques notions de devoir civique.Étudier la carte des provinces du Canada actuel.On pourra s’aider du cours int., p.201 à la fin.Cinquième année.Pour cette classe et les classes supérieures, la ‘‘Répartition” marque simplement: Revision générale.On partagera ce travail de revue entre mai et juin.Relire le paragraphe XX, p.70 des ‘ Règlements du Comité catholique”.Utiliser les tableaux synoptiques; les plus profitables sont ceux que l’élève fait lui-même.Reprendre les devoirs de revision proposés à la fin des chapitres du Manuel (cours int.).Matière à revoir en mai: a) Période des découvertes (C.S.Viator, cours int., chap.1, pp.1-25): 3 leçons.b) Période des fondations ijkl., chap.II, pp.25-52) : 3 leçons.c) Débuts du gouvernement royal iqd., chap.Ill, pp.52-89): 4 leçons.Sixième année.Revision générale.Mêmes remarques que pour la 5e Année, ci-dessus.Matière à revoir en mai: a) Le régime autocratique (C.S.Viator, cours int., chap.VI, pp.142-161): période à partager en trois leçons.b) Le régime constitutionnel (C.S.Viator, cours int., chap.VII, pp.161-201): période à partager en sept leçons.Septième année.Revision générale.Mêmes remarques que pour la 5e année ci-dessus.Ajoutons que cette revision, en 7e et 8e, doit tenir compte du fait que dans ces classes le cours d’histoire est synthétique ; rattacher les faits entre eux et à ceux jle l’histoire de France, d’Angleterre et des États-Unis, qui les éclairent.Dans cet esprit, on reverra en mai la même matière que pour la ôe année (v.ci-dessus) .Huitième année.Revision générale.lire remarques faites plus haut pour la 5e et la 7e années.Revoir en mai la matière délimitée pour la 6e année.MATHEMATIQUES ARITHMÉTIQUE, ALGEBRE ET MESURAGE Avertissement.—Afin de donner à cette partie de la revue un caractère vraiment pratique, nous avons cru devoir nous enfermer strictement, pour le choix des problèmes, dans le cadre tracé par la “Répartition mensuelle du programme” préparée par MM.Miller et Brionne et recommandée par le Surintendant de l’Instruction publique pour toutes les écoles primaires de la province.Les exercices proposés dans chaque livraison ont un double but: 1.Fournir régulièrement aux instituteurs et aux institutrices, pour la récapitulation qu’ils ne doivent pas manquer de faire à la fin de chaque mois, quelques problèmes qui les aideront à s’assurer si leurs élèves progressent normalement; 2.Guider les aspirants et les aspirantes aux deux brevets du Bureau central en leur faisant étudier, chaque mois, quelques-uns des problèmes les plus importants du programme de chacune des sections du cours complémentaire. L'ENSEtGNEMENT PRIMAIRE 593 COURS INFÉRIEUR (1ÈRE ANNÉE) 1.Quels nombres forment: Six dizaines et trois ?Huit dizaines et cinq ?Sept dizaines et six?Neuf dizaines et un?Huit dizaines et deux?Neuf dizaines et neuf?2.Deux baquets contiennent le premier 52 pintes d’eau, et le second 18 pintes de moins.Combien de pintes d’eau dans ce dernier baquet ?Combien dans les deux ensemble ?Rép.: 34,—86.3.On a payé 32 sous pour 8 onces de café.Combien coûte un once?4 onces?12 onces?1 livre.Rép.: 4 sous—16 sous—48 sous—64 sous.(2ÈME ANNÉE) 1.Dans la fabrique de soie artificielle de Drummondville, on emploie 149 ouvriers qui reçoivent en moyenne chacun $4,00 par jour et travaillent 6 jours par semaine.Quelle somme gagnent tous ces ouvriers: lo par jour; 2o par semaine ?Solution : En 1 jour, 1 ouvrier gagne $4.00.En 1 jour, 149 ouvriers gagnent $4.X149 =$596.En 6 jours, 149 ouvriers gagnent $596 X 6 = $3576.Rép.2.Avec 960 Ibs de foin, combien peut-on faire de bottes pesant chacune 16 livres?Rép.: 60 bottes.3.Trouvez les réponses aux questions suivantes: a) 4 verges de soie coûtent $12.Que coûtent 6 verges ?b) 5 verges de drap coûtent $35.Que coûtent 8 verges?c) 8 verges de toile coûtent $16.Que coûtent 5 verges?d) 7 minots de pois coûtent $21.Que coûtent 4 minots?e) 12 sacs de patates coûtent $24.Que coûtent 145 sacs?Solution : a) 4 verges coûtent $12.1 verge coûte $12-^4 = $3.6 verges coûtent $3X6 = $18.Rép.Rép.: b) $56.; c) $10.; d) $12.; e) $290.COURS MOYEN (3ÈME ANNÉE) 1.Un fermier a vendu de l’avoine pour $725.et 415 minots de blé.Il a reçu en tout $1,741.75.Combien a-t-il vendu le minot de blé?Solution : $1,741.75 - $725 =$1,016.75.Valeur du blé.$1,016.75-^415 = $2.45.Prix du minot.Rép. 594 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 2.Un ouvrier gagne $6.75 par jour et a travaillé 301 jours Tannée dernière.Pour toutes ses dépenses pendant Tannée, il a payé $1,831.75, puis il a versé., le reste de son gain à une compagnie d’assurance sur la vie.Quelle est cette somme ?Solution : L’ouvrier a gagné $6.75X301 =$2,031.75.Il a versé à la compagnie d’ass.$2,031.75 - $1,831.75 = $200.Rép 3.Que paiera-t-on chez le boucher pour les articles suivants: Ibs de bœuf à $0.28; 5}4 Ibs de porc frais à $0.32; 3 Ibs et 10 onces de veau à $0.24 ?¦ Solution: 6^ Ibs à $0.28 = 28X63^ = $1.82 534 Ibs à S0.32 = 32X534 = $1.68 3 Ibs et 10 one.à $0.24 = 24X35/s = S0.87 Total.$4.37 RéV.(4ÈME ANNÉE) 1.Que paiera-t-on pour a) 14 verges 2 pieds 6 pouces de corde à 6 sous le pied; b) 8 verges 1 pied 6 pouces de calicot à 12 sous la verge; c) 2 pieds 3 pouces de ruban à 36 sous la verge.Solution: 14 ver.2 pi.6 po.=4434 pi- ; 44 34 X $0.06 =$2.67 8 ver.1 pi.6 po.= 834 ver.; 834X$0.12 = $1.02 2pi.3po.= % ver.; 34X$0.36 = $0.27 Total.$3.96 2.Un homme dépense 1/5 de son argent plus $25.et alors il lui reste $225.Combien d’argent possédait-il d’abord ?Solution : S’il n’avait dépensé que Vs de son argent, il lui serait resté $25 de plus, c’est-à-dire $225+$25 = $250.4/5 de l’argent = $250 1/ U _$ 2 5 O / 5 — 4~ 7 5 “ =^70-^5- = $312.50.3.L’intérêt annuel d’une somme prêté à 6% est de $36.60 Quelle est cette somme ?Solution : Chaque $1.00 rapporte $0.06.$36.60-^0.06 = $610.Réy.COURS SUPÉRIEUR (5ÈME ANNÉE) 1.Une municipalité décide de construire un pont estimé à $15,000.Si les propriétés imposables sont évaluées à $10,000,000., quelle cotisation paiera un propriétaire dont les biens sont évalués à $4,000.? L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 595 Solution : Le taux de la cotisation sera ^tMrim^^)-=:0.15%.$4,000.XO.15 =$6.00.RéV.2.M.Jean a acheté une maison pour $7,500 sur laquelle il paye $105.de taxe.Si le taux de la taxe était de $1.75 par $100., pour quelle fraction de sa valeur réelle, la maison est-elle évaluée ?Solution : L’évaluation est de -i-Y y^)-0- = $6,000.$6,000 =f|oo de $7,500 ou ou 4/5 ou 80%.Rép.3.On désire mettre une fondation en pierre de 7 pieds de haut et 2 pieds d’épaisseur, sous une grange qui mesure 36 pieds de long par 24 de largeur; quel en sera le coût à 25 sous la verge cube?(Ne pas tenir compte des coins.) Solution : (24+36) 2 = 120 pieds, périmètre.120X2X7 = 1680 pi.eu.Volume.i-6_8_ox2 5^ = $15.55.Rép.(6ÈME ANNÉE) 1.A et B peuvent faire un ouvrage en 6 jours, A et C en 7j+ jours, et B et C en jours.Combien de temps prendraient-ils chacun séparément?Solution : A et B en 1 jr font Ve de l’ouvrage.A et C en 1 jr font \iA ou 2/i5 de l’ouvrage.B et C en 1 jr font yi/6 ou %6 de l’ouvrage.0~:ig84o~2~ = tW ce qu’ils font en 7 9 1 5 3 6 TTsô"“ 2 = it&q ce qu’ils font en 1 jr 7 9 _ i _ 7 9—6 0 _ 3 6 0 6 1 9 7 9 3 6 0 7 9 TTfTo - TêV ce que C fait en 1 jr.— = - — -^ô ce que B fait en 1 jr.1 5 3 6 0 9—5 "360 ¦3WÔ - 3 6-Fëor^ = 3W ce que A fait en 1 jr.360-h 19 = 18y-§ jrs.Temps de C.Rép.jrs.360-^-31 = 11^ jrs.Temps de B.Rép.360h-29 = 12^f jrs.Temps de A.Rép.2.Un marchand achète d’un manufacturier du drap qui est marqué $3.20 la verge.Il obtient un escompte de 25% et revend le drap avec 20% de profit.Combien le vend-il?Solution : $3.20X0.25 = $0.80.Esc.$3.20 - $0.80 = $2.40.Prix d’achat net.$2.40X1.20 = $2.88.Rép.3.Le plancher d’une étable à 40 pieds de long, 28 pieds de large et 3 pouces d’épaisseur.Que coûtera le bois à $35., le mille pieds?Solution : 40X12X28X12X3 ou 40X28X3 = 3,360 pi.de bois.-3-3t6o0oXo35=S117.60.Rép. 596 L'ENSEIGNEMENT PRIMAIRE SECTIONS AGRICOLE, COMMERCIALE ET MÉNAGÈRE (7Ème année) Arithmétique 1.A, B et C louent conjointement un pâturage pour 3 mois, moyennant une somme de $22.50.A y met 6 chevaux; B, 18 vaches; et C, 90 moutons.Si Ton estime que chaque cheval équivaut à 2 vaches, et chaque vache, à 3 moutons, quelle partie du loyer chacun devra-t-il payer ?Solution : C met dans le pâturage 90 moutons.B met 18 vaches, ce qui équivaut à 18X3=54 moutons.A met 6 chevaux, ce qui équivaut à 6X3X2=36 moutons.90+54+36 = 180 moutons.Pour 180 moutons on paye $22.50.u 1 il il $2 2 50 90 U U 2 2 -5 0X9 0 18 0 = $11.25.Rép.54 C 6 (( 2 2 -5 0X5 4 1 8 0 = $ 6.75.Rép.36 U U 2 2 -5 0X3 6 18 0 = $ 4.50.Rép.2.Une personne mélange 15 gallons d’alcool à 80% avec 12 gallons à 90%, 23 gallons à 60% et 20 gallons à 70%.Quelle est la force du mélange?Solution : 15 X 80% = 12 gai.d’alcool pur.12X90% = 10.8 “ 23 X 60% = 13.8 “ 20 X 70% = 14 “ 70 g.cont.50.6“ “ I g.contient =722/7%.Rép.3.Combien de moutons valant respectivement $1.50, $2.00, $2.75, $3.00 et $4.00 faudra-t-il prendre pour faire un troupeau de 300 moutons valant en moyenne $2.50 la pièce ?Solution : Ce problème peut donner lieu à plusieurs solutions également correctes.Nous proposons la suivante: Prix moyen: $2.50.Le gain sur 1 mouton à $1.50 =la perte sur 2 m.à $3.00.Le gain sur 1 mouton à $2.00 = la perte sur 2 m.à $2.75.Le gain sur 3 moutons à $2.00 =la perte sur 1 m.à $4.00.II faudra donc prendre 1 naouton à $1.50 pour 4 m.à $2.00.2 m.à $3.00, 2 m.à $2.75 et 1 m.à $4.00, ce qui donne en tout 10 moutons.Autant de fois 10 m.dans 300.Autant de fois 1 m.à $1.50, 4 m.à $2.50, etc.300 h-10 =30 30 X 1 =30 moutons à $1.50 30X 4 = 120 “ $2.00 30X 2 = 60 “ $3.00 30X 2 = 60 “ $2.75 30 X 1=30 “ $4.00 Rép. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 597 Pour la première partie, les chiffres peuvent être disposés comme suit: $2.50 ' $1.50 1 1 à $1.50 $2.00 1 3 4 à 2.00 $2.75 2 2 à 2.75 $3.00 2 2 à 3.00 , $4.00 1 là 4.00 Total.10 moutons.Le reste comme ci-dessus.Mesurage Voir section industrielle.(SÈME ANNÉE) Arithmétique 1.J'importe un piano sur lequel je paye $30.de droit spécifique et 20% de droit ad valorem.Le prix de revient est de $390.Trouvez le prix d’achat.Solution : $390 - $30.=$360.Prix d’achat+ dr.ad.val.$360-4-1.20 =$300.Prix d’achat.Rêp.2.Les droits sur 1000 boîtes de raisin de 15 Ibs chacune sont de $270.Les droits spécifiés sont de 1 sou la livre.Trouvez le taux des droits ad valorem si le raisin coûte 8 sous la livre.Solution: 1000X15 = 15,000 1b.15000 X .01 =$150.Dr.spéc.$270 - $150.= $120.Dr.ad val.$15000X$0.08 = $1200.Achat du raisin.Rép.:10%.3.Le tant pour cent de l’augmentation de la population d’une ville est de 10% par année.L’augmentation durant les quatre dernières années a été de 13923.Quelle est la population actuelle ?Solution : Soit 100% la population primitive.Alors 100%X 1.10X1.10X1.10X1.10 ou 146.41% pop.actuelle.146.41% - 100% =46.41%.Augmentation.JULH 34Xi1-0-0- = 30000.Pop.primitive.30000 + 13923 = 43923.Rép.Mesurage I Voir section industrielle. 598 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE SECTION INDUSTRIELLE (7eme année) Mesurage 1.Une pyramide a 7 pieds de hauteur.Sa base est un trapèze dont les côtés ont respectivement 4 pieds et 6 pieds et la distance qui les sépare 9 pieds.Trouvez le volume de cette pyramide.Solution : Surface de la base =45 pi.car.^|^ = 105 pi.eu.Vol.Rép.2.Trouvez le volume d’un cône dont la hauteur inclinée est de 13 pieds et la hauteur perpendiculaire, de 12 pieds.Solution : Rayon = V 132 - 122 = 5 Surface de la base = Trr2 = 25 X = 784/7.Volume = 784/7XJL2 =3142/^ Rév^ 3.Le volume d’un cône est de 66 pouces cubes et sa hauteur est de 7 pouces; trouvez la superficie de sa surface convexe.Solution : Surface de la base = = 282/7 po.car.Rayon de la base = V282/7-^-^- = 3 po.Circonf.de la base =3X2X3V7 = 186/7 po.Hauteur inclinée = V 32+72 = 7.6157 po.Surface convexe = -1 8-6/ZNz.•.gj_5jz =71.804 po.car.Rép.Algèbre 1.Simplifiez les fractions suivantes: a;2 ^ 9 j,\ a3 - ab2 a) b) Solution de (a) : Solution de (b) : a>+2ab+b2 2xi+10x+12 ' a2+2ab+b2 x2 - 9 __ (æ+S) (rr - 3) _ a - 3 x-3 2x2+10a:+12 2(a:+3) væ+2) 2(1+2) 2a:+4 * R^P- a3 - ab2 __ a (a2 - b2) _ g(a+b) (a-'b) __ a(a - b) _ a2 - ab a+b ‘ (a+b)(a+b) (a+b) (a+b) a+b 2.Si le plus grand de deux nombres est ajouté au Vs du plus petit, la somme sera 30; mais si le plus petit est divisé par le 1 j$ du grand, le quotient sera 3; quels sont les nombres ?Solution : Soit x le grand.Et y le petit.On a z +- -|- = 30 ou 3x-\-y = 90.(1) y3 ou y X5/x = 3 ou 5y = 3x ou 3x-5y = 0.(2).Soustrayons (2) de (l): 3x+y = 90 3x —5y = 0 6y = 90 y=9o =15> Rép. L'ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 599 Portons cette valeur dans (2) : 3a: = 75 x —1£- = 25.Rép.3.La somme de deux nombres égale 3 fois leur produit et leur différence égale une fois leur produit.Quels sont ces nombres?Solution : Soit x le 1er et y le 2ème.On a: æ+w = 3a;?/ (1) Et x - y = xy (2) Additionnant: 2x =4au/ Divisant par a: : 2 =4?/ y=2U = l/2- Rép- Portons cette valeur dans (2):x - 34^^XH Ou a: - = 34 D’où a: = 1.Rép.(SÈME ANNÉE) Mesurage 1.Le rayon de la base d’un cône est de 2 pouces et son volume est égal à celui d’une sphère creuse dont le diamètre intérieur est de 2 pouces et le diamètre extérieur ,de 4 pouces.Trouvez la hauteur du cône.Solution : Volume de la sphère = = -^yxV^ = -%8- = 29^.Surface de la base du cône = ^r2 = = -y8- = 12y.124-x! = 2S% A = 29^^-12fX3=4|xftS- = 7.Rép- 2.Si la densité du fer est 8, c’est-à-dire si le fer pèse huit fois autant que l’eau, à volume égal, trouvez le poids d’une sphère solide de fer dont le rayon est de 3 pouces.(1 pied cube d’eau pèse 62)4 Ibs.) Solution : Vol.de la sphère =2L^ = ^y-x^r^ = pi- eu.Poids = 113V?|g^Xg =-5rxffw- = 32.73 Ibs.Rép.3.Un cône a 16 pouces de hauteur.Si du sommet de ce cône, on détache un cône de 8 pouces de hauteur, quelle fraction du cône primitif restera-t-il ?Solution : Les volumes des solides semblables sont entre eux comme les cubes de leurs lignes homologues.On aura donc: Vol.du cône complet est à Vol.du petit cône comme 163 est à 83 ou comme 23 est à l3, ou enfin comme 8 est à 1.C’est-à-dire que le grand égale 8 fois le vol.du petit, ou que le petit égale 34$ du vol.du grand.78-^ = %.Pép.Autre solution: lo Trouvez le vol.du grand.2o “ “ petit.3o Comparez les vol.Algèbre 1.Quelle somme une municipalitépourra-t-elle emprunter, si elle s’engage 600 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE à se libérer au moyen de 10 annuités de $400 dont la première ne deviendra payable que dans 5 ans, l’intérêt étant calculé à 6%?Solution : Dans 15 ans, l’annuité versée pendant 10 ans aura produit g[(l+r)n) — 1] _ 400 (1.0610 - 1) __ ^^272 33 r .06 D’autre part, la somme emprunter C, sera devenue: C (l+r)” = C (1.06)15.Et l’on aura: C (1.06)15 = $5272.33.D’où C =$5272.33-M.0615 = $2199.95.Réy.On peut aussi poser comme suit: C (14-r)15 = lT±!llLi) yym\ ______a[(l+r)10 - 1] _ 400 (1.06io - 1) _ 400X(1.79085 - 1) -L' 0U ^ r(l+r)i5 .06X1.0616 .06X2.39656 = $2199.95.Rêp.Calcul des logarithmes: 10 log.1.06 = .025306X10 = .25306 qui cor.à 1.79085.15 log.1.06 = .025306 X 15 = .379590 qui cor.à 2.39656.2.Une ville fait une émission de débentures remboursables en 10 ans et portant intérêt à 6% par année.A quel cours devront-elles se vendre si l’argent vaut actuellement 5%?Solution : Prenons comme base une obligation de $100.et cherchons ce ce que je posséderai, au bout de 10 ans, si j’ai soin de placer régulièrement à intérêt la somme de $6.00 que je retirerai annuellement comme intérêt sur cette obligation.Remarquons que ces $6.00 seront placées à 5%, puisque c’est le taux actuel de l’intérêt.$6.00 placé annuellement pendant 10 ans produiront;Ql(1+r)rn ~11 C’est-à-dire.LeJi= eXo _6^8_8_9 = 75.46735.Int.acc.$100.+75.46735 = $175.46735.Montant au bout de 10 ans.La question suivante est celle-ci: Quelle somme placée à 5% pendant 10 ans donnera un montant de $175.46735?$1.00 à int.composé, à 5% pendant 10 ans devient $1.05lo = $1.62289.$175.46735$1.62289 = 107.72.Rép.BOITE AUX LETTRES Question:—Dans L’Enseignement Primaire de février 1927, je lis, dans la Boîte aux Lettres: “Qu’une institutrice âgée de moins de 56 ans n’a droit à sa pension après 30 années de service, qu’en autant qu’elle produira un certificat d’un médecin nomme par la Commission Administrative du fonds de pension.” Alors, comment expliquer le cas d’une institutrice qui abandonne l’enseignement après 33 années, sur l’avis de son médecin, pour cause de santé, épuisement, etc., etc., et se verra refusée d’un autre médecin qui jugera autrement.Alors le cas de cette dernière me paraîtrait tout-à-fait intéressant: elle a perdu sa classe et se trouverait sans ressource aucune.Réponse:—-Il n’y a pas d’exemple que les médecins chargés par la Commission Administrative de faire subir un examen spécial à une institutrice se soient trompes dans leur diagnostic.A.de B. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 601 LE CABINET DE L'INSTITUTEUR LES DIX FRÈRES ET SŒURS D’OCTAVE CRÉMAZIE - (Suite) (U (Pour “L’Enseignement Primaire”) Le notaire qui devient libraire Le troisième frère du poète, Joseph-Cyrille, né et baptisé le 17 août 1812, fut moins bien doué sous le rapport des aptitudes intellectuelles que son frère aîné Jacques, le jurisconsulte.Aussi, loin d’apporter de l’ardeur à l’étude, il doubla l’unique classe qu’il ait suivie au Séminaire de Québec.Mais les succès constants remportés par son frère Jacques sur ses condisciples, et dont les parents se montraient fiers; les pressantes exhortations de ces derniers triomphèrent enfin de l’indolence de Joseph qui résolut, lui aussi, de s’adonner à l’étude de la loi.L’Université Laval n’existait pas alors, aussi désirant embrasser la profession du notariat, Joseph Crémazie se fit admettre dans l’étude d’un notaire et s’efforça de compenser quelque peu par un labeur assidu le temps perdu autrefois.Ce fut sous le régime du “Conseil spécial”, le premier janvier 1839, que Joseph Crémazie reçut la commission qui l’autorisait à pratiquer le notariat.Un jour que nous feuilletions le vieux journal patriotique “Le Canadien”, nous rencontrâmes incidemment, à la date du 7 octobre 1840, un avis où les créanciers et les débiteurs de la succession de “feu Messire B.B.Decoigne, en son vivant curé de la Baie-Saint-Paul, sont invités à présenter leurs comptes dûment attestés entre les mains de J.-C.Crémazie, écuyer, notaire, en son bureau à Québec”.La Baie-Saint-Paul était pendant la belle saison, l’endroit de villégiature préféré de la famille Crémazie.Plusieurs actes des registres de cette paroisse, au dire de M.l’abbé Jos Girard, curé actuel, çortent les signatures de Jacques Crémazie et de son frère Joseph, alors que celui-ci était simple étudiant en droit.Dans son histoire du Notariat au Canada, Jos.-Edm.Roy raconte ce qui suit: “Le notaire Joseph Crémazie étant appelé auprès d’un malade pour recevoir son testament, vit son client mourir au moment même où il lui faisait la lecture de l’acte qu’il venait de préparer.C’était un cas sans précèdent dans la pratique notariale.Crémazie un peu désarçonné devant ce coup du sort, arrêta sa lecture et inscrivit en marge “A ce moment le testateur est décédé”, il signa bravement avec tous ses paraphes.L’étude de Crémazie n’existe pas dans nos greffes”.Joseph Crémazie n’avait pas le feu sacré de sa profession et trouvait que les clients lui laissaient trop de loisir; aussi après avoir pratiqué le notariat pendant quelques années, lui préféra-t-il le commerce de librairie.Les grands projets, les entreprises hardies n’étaient pas son fait, aussi sa librairie n’aurait pas connu le beau succès qu’elle a eu s’il ne se fut associé à son frère Octave lorsque ce dernier eut achevé ses études au Séminaire de Québec, en 1844.Leur librairie sise d’abord rue Sainte-Famille, fut transportée dans une rue plus passante: au numéro 12 de la me de la Fabrique.Pour nous faire une idée suffisamment précise de l’endroit où elle était située, nous pouvons, comme point de repère, nous la représenter vis-à-vis l’angle nord-ouest de l’hôtel de ville actuel.Octave, le poète, fut le principal artisan de la grande prospérité et du développement trop considérable même, eu égard à l’écoulement de la marchandise, de la librairie tenue par les deux frères Crémazie.Il est donc naturel de ne raconter les vicissitudes de cette librairie qu en abordant la biographie d’Octave.Disons immédiatement que son frère Joseph n’avait guère ce qu’il faut pour faire “aller le commerce” de librairie.Ainsi ses amis tablant sur sa trop grande bonté de cœur lui empruntaient des livres qu’ils ne lui rendaient pas.Durant son long séjour sur la terre d’exil où il mourut, Octave éprouva plus d’une fois les effets de la bonté de son frère.Un jour de printemps 1877, il reçut de lui du sucre d’érable.Com-me bien on pense il exprime sa joie dans la lettre qu’il lui adressa en vue de le remercier de “cette dehcieuse surprise .Pour l’avantage de ceux qui n’ont pas à leur disposition les “Œuvres” de Crémazie, nous publions cette lettre en entier: d’ailleurs elle est courte et ce fut la dernière lettre que le poète adressa à son frère Joseph.(1) L'Enseignement Primaire, juin 1926, p.525.Pour de graves raisons de santé nous avons dû interrompre la publication de cet article.—L.S. 602 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Paris, 6 mai 1877.Mon cher Joseph, J’ai reçu, jeudi soir, ta lettre et les journaux du 20 avril, ainsi que les deux volumes qui sont vraiment comme tu me le dis, d’une espèce bien rare en France.Quelle agréable surprise de trouver, serré dans la couverture, ce beau sucre d’érable! Tu peux croire que je lui ai fait fête, moi qui n’avais pas goûté depuis bientôt quinze ans à ce bon sucre du pays! Je l’ai divisé en six parts et je m’en paie une chaque jour.Messieurs les Français peuvent bien dire tout ce qu’ils voudront, notre sucre d’érable est exquis et je le préfère à toutes les sucreries artistiques de leurs confiseurs.Je te remercie de tout mon cœur de cette déh’cieuse surprise.Nous avons un froid incroyable pour la saison; il gèle chaque nuit, et il faut faire du feu comme en hiver.J’ai peur que les vignes ne soient atteintes.Je commence à reprendre des forces, grâce à la nourriture plus substantielle et au vin que je prends depuis une dizaine de jours.Mes amitiés a ta femme.Quatre frères du poète meurent avant l’âge de trois ans.Selon l’ordre chronologique des naissances, quatre frères d’Octave: Isidore (1817), Pierre-Stanislas-François (1819), François-Félix (1820) et Joseph-Octave (1822), moururent avant d’avoir atteint leur troisième année.Joseph-Octave ne vécut même qu’une journée, et le fait de porter les mêmes prénoms que ceux sous lesquels le poète était connu, fit naître au sujet de la naissance de ce dernier une divergence d’opinion sur laquelle nous nous sommes étendu dans notre article paru en juin 1926.(1) A propos de cet article, on nous a demandé pourquoi l’abbé Casgrain se tenant pour assuré que le poète Crémazie est né en 1827 n’avait pas cherché l’acte de sépulture de Joseph-Octave afin de triompher de l’opinion adverse.C’est que l’abbé Casgrain était persuadé que Joseph-Octave avait vécu plusieurs années et s’était noyé, le confondant ainsi avec son frère Louis dont nous allons nous entretenir.Louis Crémazie se noie au retour d’une villégiature à la Baie-Saint-Paul.Pierre-Louis-Marie Crémazie naquit le 10 février 1824.Il entra au Séminaire de Québec le même jour que son frère Octave, le futur poète; c’est-à-dire le 3 juin 1836.Intelligents tous deux, ils se montraient peu ardents au travail; et le palmarès de 1840, reproduit dans le Canadien du 4 de septembre, nous apprend que Louis Crémazie obtint un troisième accessit “d’amplification latine”, tandis que son frère Octave recevait m (dixième prix de “mémoire”.En 1840 le mois de vacances pour la population scola're était, comme en France, celui de septembre, et la distribution des prix au Séminaire de Québec avait eu lieu le 14 août.Après avoir passé quelques semaines de villégiature à la Baie-Saint-Paul, Louis revenait en goélette, et était parti pour être à temps à la réouverture des classes du Séminaire.Soudain une saute de vent change subitement la direction d’une voile près de laquelle se trouvait Louis qui est aussitôt frappé violemment à la tête par une vergue et tombe dans le fleuve.C’était au milieu des ténèbres de la nuit et il ne put être repêché.Le 5 octobre, le Canadien publiait l’annonce suivante : “S’est noyé clans la nuit du 28 au 29 septembre dernier, dans l’anse de la Gribane, revenant de la Baie-Saint-Paul, Louis Crémazie, âgé de seize ans et demi, étudiant en Humanités au Séminaire de Québec, fils de M.Crémazie de cette ville”.“Taille, cinq pieds huit pouces environ; teint blanc; chevelure blonde, tirant un peu sur le brun.Les personnes qui pourraient donner quelques renseignements sur le corps de cet infortuné jeune homme sont priées de vouloir les transmettre à Henri Tremblay, écuyer, Baie-Saint-Paul, ou à J.Crémazie, avocat à Québec”.Ce que devint le cadavre de Louis Crémazie, le Canadien ne le dit pas, mais la lettre suivante que nous a adressée M.l’abbé Jos.Girard, curé actuel de la Baie-St-Paul, nous renseigne à ce sujet.Nous la publions in extenso, car nos lecteurs aimeront à connaître les divers détails qu’elle renferme : “Baie St-Paul, 31 janvier 1926.“M.L.Serre, professeur.Académie Commerciale, Cher Monsieur, Je suis heureux de vous donner copie de l’acte du décès de Louis Crémazie.A douze lieues de Québec environ, entre St-Joachim et la Petite-Rivière St-François, il y a une pointe de rocher qui s’avance dans le fleuve et que les navigateurs appellent “La Gribane”.Cette pointe forme une baie d’une étendue assez considérable qu’on appelle encore aujourd’hui “L’anse de la Gribane” ou la “grande Anse”.Les navigateurs de la Baie-St-Paul m’assurent que les corps de tous les noyés descendent graduellement le fleuve, même en suivant le mouvement de la marée montante.Et c’est ce qui explique pourquoi l’inhumation a eu lieu à la Baie-St-Paul.Il est probable que le cadavre du jeune homme, après avoir été balloté pendant huit jours, a été trouvé entre la Petite-Rivière St-François et la Baie-St-Paul.( 1) Voir L'Enseignement Primaire de juin 1926, page 658. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 603 Il me paraît que les membres de la famille Crémazie venaient d’ordinaire passer chaque année une partie de la belle saison à la Baie-St-Paul.Je trouve dans les registres plusieurs actes qui portent les signatures de Jacques Crémazie et d’un autre Crémazie, étudiant en droit, vers 1836 ou 1837.J’ai l’espoir que ces quelques notes rédigées d’une plume rapide pourront vous intéresser et vous orienter dans vos recherches.Votre humblement dévoué JOS.GIRARD, pire.” L’acte de sépulture qui accompagnait cette lettre nous apprend que le corps du “Sieur Louis Crémazie, écolier âgé de seize ans environ” fut inhumé dans l’église paroissiale de la Baie-St-Paul, le six octobre 1840.Comme Louis Crémazie s’était noyé dans la nuit du 28 au 29 septembre, son corps a donc été plus d’une semaine enseveli sous les eaux.Une sœur du poète Octave Crémazie.Marie-Caroline-Félicité Crémazie est née le 12 octobre 1825.Comme le furent la plupart de ses frères, elle a été enlevée par la mort à la fleur de l’âge.Nous ne pouvons nous empêcher de penser que si le poète avait connu la chaude amitié, la délicate tendresse d’une sœur dévouée, d’une nouvelle Eugénie de Guérin, il n’eût pas un instant songé à fonder un club de “vieux garçons”.Crémazie était quelque peu misogyne et ce sentiment transpirait dans le public, à preuve ce fait raconté dans les “Anecdotes canadiennes” de M.E.-Z.Massicotte.“Un jour Crémazie se promenait sur la rue de la Fabrique, lorsqu’il fit la rencontre de deux jeunes filles et fut projeté à côté du trottoir assez brusquement par l’une d’elles.Cette dernière, réprimandée par sa compagne, répondit sur le ton de la colère: “Tu ne connais pas cet homme ?.Non, répondit l’autre.—Eh bien, c’est Crémazie, qu’on appelle le poète et qui s’occupe de fonder un club de “vieux garçons” pour nous empêcher de trouver des maris”.Nous n’avons pas à regretter qu’Octave Crémazie soit demeuré célibataire, car n’aurait-il pas rendu son épouse malheureuse, contraint qu’il fût par les circonstances de prendre le chemin de l’exil et d’y séjourner pendant dix-sept ans, jusqu’à sa mort.Nous avons à mentionner un dernier frère du poète: Jules-Eugène-Marc-Théodore Crémazie qui lui aussi mourut en bas âge.De la nombreuse famille Crémazie aucun n’a survécu pour perpétuer le nom.Que dis-je ?Octave a rendu ce nom à jamais immortel, car les accents éminemment patriotiques et religieux de sa lyre retentiront sur les rives laurentiennes tant que nos mères cana-fiennes-françaises tiendront à cœur d’initier leurs enfants à prier et à s’exprimer dans le doux langage que nous a légué la France.Lucien Serre.L’ART MUSICAL COMPLÉMENT D’ÉDUCATION—(Suite) (1) Soit, vous admettez que le musicien est un intellectuel, mais se trouve-t-il à être lui aussi une richesse sociale ?Je dirai oui tout de suite encore que vous puissiez croire peut-être que l’intérêt personnel me pousse à une affirmation aussi catégorique.Étudions simplement les motifs de l’art.Tout d’abord, il faut bien nous répéter : l’art a toujours été un moyen d’améliorer la vie humaine.L’architecture, en effet, après avoir vu au logement de l’homme, lui a ensuite construit des palais et des temples; la sculpture a corrigé par ses ornements l’austérité de l’architecture; la peinture est venue en troisième lieu embellir les deux premiers arts.La littérature pouvait déjà grandir et célébrer la Divinité dans des maisons élevées et enrichies pour elle.Enfin surgissait du fond des âmes la musique, le lyrisme qui permettait de chanter des prières collectives à la Divinité.Car, n’est-ce pas que “le corps s’unit à l’âme par la prière mimée,” dans une simultanéité de mouvements réglée par le rythme, et qu’à la psalmodie monotone succède enfin la mélodie du cantique, élévation musicale de l’âme vers Dieu ?Ainsi, le musicien arrache l’âme à ses servitudes pour la monter plus vite et moins péniblement vers son terme, Dieu.Je dis le musicien vrai, et lui seul est artiste, et lui seul est une richesse sociale utile à ses semblables, qui n’en appelle pas au sens par des orgies de sons, mais élève l’âme par la beauté de son langage._ Mes conclusions s’imposent déjà.Si l’art, l’art musical se soutenant des vraies personnalités, et si les personnalités sont des richesses sociales, l’art que ces personnalités exercent est une richesse sociale et devient tout de suite un puissant facteur d’éducation.L’autorité vient par ailleurs appuyer cette dernière partie de ma conclusion.En ce qui concerne la musique nous rencontrons de grands philosophes qui affirment carrément sa valeur éduca-tionelle.La philosophie de l’art qui réunit les idées générales des différentes formes de l’art, architecture, sculpture, peinture, musique, poésie ne se meut pas dans le vide.Elle s’appuie au contraire sur la métaphysique, la psychologie et la morale.Aussi Platon écrit-il: “Nos premiers (1) Voir U Enseignement Primaire d’avril 1927. 604 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE législateurs comprirent aisément que c’était par l’imagination qu’il fallait parler aux Grecs, et que la vertu se persuadait mieux par le sentiment que par les préceptes.Ils nous annoncèrent alors des vérités par les charmes de la poésie et de la musique”.Aristote, à son tour, dit en parlant d’un disciple: “Il saisit avec facilité les nuances qu’une oreille exercée remarque dans la nature des sons, dans leur durée, dans les différents degrés de leur élévation et de leur renflement.La grammaire envisagée sous ce point de vue a tant de rapport avec la musique, que le même instituteur est communément chargé d’enseigner à ses élèves les éléments de Tune et de l’autre.” Vous connaissez l’histoire des Arcadiens.Ces gens étaient malheureux à cause de leur férocité.Leurs premiers législateurs s’aperçurent de l’impression que le chant faisait à leur âme.Ils les jugèrent alors susceptibles de réforme puisqu’ils avaient de la sensibilité.Et Platon de dire: “On dut s’attendre à des effets semblables à peu près, tant que la musique, étroitement unie à la poésie grave et décente comme elle, fut destinée à conserver l’intégrité des mœurs”.Hélas, musique et poésie ont depuis souvent changé de couleur ! Permettez-moi de citer Platon une dernière fois: “Je n’établis que des principes généraux: les règles particulières en découlent d’elles-mêmes, et s’appliqueront sans effort aux circonstances.L’essentiel est que la musique et la gymnastique influent également sur l’éducation, et que les exercices du corps soient dans un juste tempérament avec ceux de l’esprit.La musique adoucit un caractère, alors que la gymnastique lui donne de la vigueur.C’est en combinant ces deux arts que l’on pourra tendre ou relâcher, dans une exacte proportion, les ressorts d’une âme trop faible ou trop impétueuse.” Gardons-nous bien, avec Platon, saint Augustin et tous les grands philosophes, de placer la perfection de la musique dans la faculté qu’elle a d’affecter agréablement l’âme.La beauté de la musique consiste dans l’élévation des sentiments qu’elle inspire.Pythagore est exigent pour ses contemporains en fait de musique: “Loin d’ici, dit-il, loin d’ici profanes; que personne ne porte ici ses pas s’il ignore la musique”.Profanes, loin d’ici.Qu’est-ce à penser d’une telle insistance?Croyez-vous que les Grecs soient les seuls à placer la musique parmi les branches de l’éducation?Écoutez Long-Toee ('Confucius), le Socrate de la Chine; il reconnaît dans la musique le moyen le plus sûr et le plus aimable de réformer les mœurs publiques.Et, dans le même pays quand l’empereur nomme un officier pour présider à l’enseignement de la musique, il a som de lui lire la formule canonique: “Je vous charge de présider à la musique; enseignez-la aux fils des grands pour leur apprendre à allier la droiture avec la douceur, la politesse avec la gravité, la bonté avec le courage, la modestie avec le mépris des vains amusements.” Et plus près de nous, Louis Veuillot proclame la noblesse de l’art et partant son efficacité: “L’art, dans sa source, est un don que Dieu a fait à l’homme pour le comprendre, et dans sa forme, un langage dont l’homme doit se servir pour confesser, louer et adorer le Créateur.Tout autre emploi de l’art est vain et funeste.” Si l’art musical apporte tant de richesse à la société, il y a donc lieu de ne pas le négliger en aucune manière pour l’éducation.Oui, il faut que l’art en général soit connu sous toutes ses formes et surtout dans ses manifestations les plus belles ! A notre époque où le socialisme, le matérialisme, le naturalisme font tant de ravages, l’art demeure, après la religion, le plus fort remède préventif.Foncièrement intellectuel, par conséquent essentiellement idéaliste, l’art tire sa source et sa fin de Dieu lui-même.C’est donc le moyen éducationel le plus puissant parce qu’il est le moyen le plus intimement lié à la religion elle-même.Aussi comprenez-vous pourquoi tant de savants moines, entre autres les Bénédictins, consacrent leur vie entière à l’étude de la musique; pourquoi encore, sa Sain tété Pie X de douce mémoire, s’est occupé tout particulièrement de la musique religieuse.C’est bien, n’est-ce pas, parce que ces savants et saints hommes ont compris et comprennent la haute valeur de l’art musical et sa forte puissance éducationnelle.(à suivre) Robert Talbot, Professeur à l’Université Laval, Québec.“LA BEAUTE DU VERBE’’ Sous ce titre, M.Alfred DeCelles, fils, a publié une série d’entretiens sur la langue française au Canada.L’auteur attire l’attention de ses compatriotes sur un certain nombre d’anglicismes et autres expressions impropres qui ont cours trop souvent dans le langage quotidien.M.DeCelles cite le témoignage des pionniers du bon langage chez nous: les Maguire, les Meilleur, les Gingras, les Caron, les Dumas, les Tardivel, les Buies, etc.En vente à l’imprimerie Beauregard, Ottawa. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 605 BIBLIOGRAPHIE Abbé Arthur Laçasse, de la Société Royale du Canada.Les Heures Sereines.Recueil de poésies dédié à Mgr Camille Roy, P.A., avec une préface de l’Hon.juge Adjutor Rivard.L’Action Sociale, Ltée, Québec.En vente au Secrétariat des Oeuvres, 105, rue Ste-Anne, Québec.L’unité: S0.90.Les œuvres de M.l’abbé Arthur Laçasse, curé de Saint-Apollinaire, au diocèse de Québec, membre de la Société Royale du Canada, sonQtoutes d’une belle élévation de pensée.Son talent poétique est particulièrement noble.Dieu, l’Église, la prière, la patrie, les splendeurs de la création, les douceurs du foyer chrétien, tels sont les thèmes familiers sur lesquels brode largement sa lyre harmonieuse.Son dernier recueil continue dignement l’œuvre de notre curé-poète.Les “Heures Sereines” d’un curé sont un peu comme ses jours: elles se suivent et ne se ressemblent pas, si ce n’est par l’esprit de foi qui les inspire et les soutient.Depuis la publication de son Ernest Helb, beau travail en prose où l’auteur a tenu à nous dire son admiration pour le philosophe chrétien, de grands événements ont marqué la vie de l’Église de Québec, l’inauguration du Monument au Premier Cardinal canadien, la consécrétion de S,-G.Mgr Langlois, la mort du cardinal Bégin, la mort de Mgr Paul-Eugène Roy, la proclamation de la Royauté de Jésus-Christ.Nous les retrouvons chantés en de nobles accents dans les Heures Sereines de M.l’abbé Laçasse.Nombre d’autres sujets, dont quelques-uns moins graves, y sont aussi enchâssés avec art.Le genre descriptif y est représente par des pièces délicieuses, telles La Source, Les Hirondelles, Nocturne.Un morceau de très large envergi re, Les Pêcheurs de Galilée, qui ne déparerait pas un recueil de Louis Mercier, nous fait assister à la lutte des défenseurs de la Cité du Bien contre les ténébreux champions de la Cité du Mal.Emporté par le souffle poétique, l’auteur s’est même lancé dans le genre le plus difficile qui soit, le sonnet; et son beau Laus Deo, qui termine et couronne le recueil, nous prouve que là encore, sa lyre n’a pas faussé.Nous félicitons notre distingué confrère, qui nous a fait l’honneur de parler en vers élogieux des journalistes catholiques.(Une politesse en vaut une autre!); et nous souhaitons que ses Heures.Sereines s’écouleut très vite chez le libraire, où nos maisons d’éducation feraient bien d’aller chercher ce beau volume pour le donner en prix à leurs élèves.R.P.Édouard Recompte, S.J.Une vierge iroquoise; Catherine Tekakwitha (1656-1680).Montréal (lmp.du Messager, 4260, rue de Bordeaux).Beau vol.in-12 de 296 pages, orné de plusieurs gravures.En vente au Secrétariat des Œuvres, 105, rue Ste-Anne, Québec.Prix: 75 sous, 80 sous franco.Il a été tiré de cet ouvrage 200 exemplaires sur papier japon dont 50 hors de commerce : prix $2.50.Catherine Tekakwitha, surnommée “le lis des bords de la Mohawk”, est une jeune iroquoise qui, la première de sa nation, voua à Dieu sa virginité et la conserva sans tache jusqu’à sa mort Elle n’a vécu que 24 ans, dont vingt et un chez les Agniers et trois au Sault Saint-Louis, sur les bords du Saint-Lament.Ses restes reposent actuellement à Caughnawaga.Dès son vivant elle eut une grande réputation de sainteté et elle fit après sa mort de nombreux miracles.Mais son souvenir peu à peu disparut de la mémoire de nos populations.Le beau livre que vient de lui consacrer le R.P.Recompte ne contribuera pas peu à faire connaître davantage la servante de Dieu et à faire grandir son culte.Le procès informatif en vue de la béatification de Catherine est à s’instruire au diocèse d’Al-bany.Demandons au Ciel que la vierge iroquoise devienne la semeuse de miracles qu’elle fut au temps jadis; pour la mieux connaître et pour augmenter notre confiance en elle, lisons le beau livre du Père Recompte.(La Semaine Religieuse de Québec.) “ VIEUX MANOIRS ET VIEILLES MAISONS ” Au cours de la dernière session de la Législature, l’honorable M.David a déposé devant la Chambre, le rapport de la Commission des Monuments historiques, accompagné d’un superbe volume admirablement illustré ayant trait aux vieux manoirs et vieilles maisons de la Province de Québec. 606 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Dans la préface de ce rapport, la Commission des Monuments historiques explique l’objet qu’elle a en vue en publiant ce volume.“Elle veut inspirer les respects de la vieille maison, l’amour de l’humble demeure que se sont transmise de père en fils, les ancêtres, le culte du rustique foyer où se sont écoulés les plus beaux jours de notre enfance”.La Commission remarque que nos vieilles maisons et nos vieux manoirs disparaissent trop rapidement.Elle souligne le fait que ces monuments de notre histoire ont presque tous subi des modifications, quelques-uns ont été restaurés avec goût.Le rapport classe en deux catégories nos vieilles maisons.Il y a d’abord celles qui ont un caractère historique et d’ancienneté, puis celles dont le seul mérite est d’avoir de l’âge.Dans la première catégorie, il y a les établissements religieux dont la construction remonte au Dème siècle.Il faut mentionner parmi ces constructions, le séminaire de Québec, le vieux séminaire de Montréal, l’Hotel-Dieu de Québec, l’hôpital Général, à Québec, les monastères des Ursulines à Québec et aux Trois-Rivières, quelques vieilles maisons de Québec, de Montréal et de quelques anciennes paroisses de la province.Dans la seconde série, on compte les vieilles maisons dans les anciennes paroisses.La commission veut que ces vieilles maisons soient conservées, car “les vieilles demeures sont les gardiennes du passé”.Ce livre d’or de la race canadienne-française honore particulièrement son auteur, M.Pierre-Georges Roy.“ LA PHONETIQUE FRANÇAISE ” Sous ce titre M.Georges Landreau, professeur de diction au Conservatoire Lasalle et à l’École Normale de Saint-Hyacinthe, a publié un excellent traité qui.rendra de précieux services aux professeurs de lecture à haute voix dans les collèges, couvents et ecoles normales.Nous recommandons ai ssi l’ouvrage vraiment didactique de M.Landreau aux instituteurs et aux institutrices.Voici l’appréciation qu’en donnait récemment le Devoir de Montréal: “En 1917, le R.P.Louis Lalande dénonçait ceux qui chez nous étaient pénétrés de cette crainte puérile de prononcer distinctement.Le premier il leur décrocha l’épithète qui leur est resté collé au front: ce sont des bouches pâteuses, les “bouches molles”.“Appellation juste dont dix ans de réaction constante n’ont pu faire disparaître l’à-propos.“Nous aimons répéter avec emphase que nous parlons la langue française.Mais est-elle respectée comme elle devrait l’être ?Les “bouches molles” ne sont pas hélas toutes disparues, si on peut admettre progrès appréciable depuis une dizaine d’années, c’est pour accentuer cette tendance à parler correctement, élégamment, que M.Georges^ Landreau, professeur du Conservatoire Lassalle, vient de publier un ouvrage intitulé “La phonétique française”.“L’auteur ne doit plus se présenter surtout aux Montréalais, car il a distribué son enseignement, au Collège de Montréal, à toute une phalange de prêtres, qui aujourd’hui prolongent les leçons reçues parmi les ouvriers confiés à leur direction spirituelle.“Ce volume de 258 pages se vend $1.00 franco, à la Librairie du Devoir.” LA POPULATION DE LA PROVINCE DE QUÉBEC Suivant les rapports compilés par le Service de la Statistique de la Province de Québec pour 1926, la population de notre province est de 2,570,000 âmes.La compilation démontre que, dans le cours de l’année 1926, il y eut dans la province 82,500 naissances, ce qui donne un taux de 32.10 par 1,000 de population.Les mariages ont été au nombre de 17,979, donnant un taux de 6.99 par 1,000 de population.Les décès de tous âges ont atteint le chiffre de 37,644; ce qui donne un taux de 14.64 par 1,000 de population. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 607 “INITIATION AU CALCUL,, Cours préparatoire Sous forme d’une tablette à feuilles mobiles, les Frères Maristes viennent de publier, chez Granger Frères, Montréal, un procédé très ingénieux et très pratique pour former rapidement les commençants au calcul.Chaque bloc ou tablette est composé de 78 feuilles détachables, format commode.En tête du bloc se trouve une direction pédagogique, intitulée: “Quelques conseils”.Les premiers éléments de calcul enseigné dans l’Initiation sont conformes au programme du Comité catholique “LE BÂTONNET COMPTEUR” M.Mendoza Sénécal, principal de l’École Saint-Paul-de-la-Croix, Montréal, offre au personnel enseignant un nouveau procédé pour faciliter l’étude de la numération, de l’addition, de la soustraction, de la multiplication et de la division.Ce procédé consiste en un mécanisme-étagère de 2 pds par 2 pds, 96 compartiments.Les bâtonnets ont 3 pcs de long et 5 lignes par 5 lignes de grosseur.S’adresser à Fautear pour prix et feuille de renseignement (Comment se servir du “Bâtonnet compteur”).“VIE DE MÈRE G AMELIN” Les Sœurs delà Providence ont récemment publié une Vie abrégée de leur vénérée fondatrice ou Histoire de l’Institut.Cette édition est offerte comme livre de récompense dans les écoles et les couvents.Parmi nos grandes Canachennes, Mère Gamelin occupe un rang d’honneur.Sa vie intéressante et l’Hast ire de son Inst'tut seront lues avec plaisir par les jeunes filles et les mères de famille.Les maisons d’éducation et les commissions scolaires ne sauraient donner comme livre de prix un ouvrage plus utile.Cet ouvrage est offert comme prix de fin d’année: 81.CO l’unité et 810.001a douzaine.En vente à la Procure de la Maison Mère, 1271, rue Sainte-Catherine, Montréal.“CONFÉRENCES ET DISCOURS” de M.le Surintendant de l’Instruction publique, 2e volume Dans la livraison d’avril nous avons publié l’avis de l’éditeur du deuxième volume des Conférences et Discours de l’honorable M.C.-F.Delâge.Cet ouvrage ne renfermera que des travaux inédits, présentés sous une forme soignée.Prix: $1.25, broché: $1.50 relié fine toile.Adresser les commandes à M.Ernest Tremblay, imprimeur, 146, rue du Pont, Québec.LE 24 MAI Le 24 mai, honorons la mémoire de Dollard, dans toutes les écoles de la Province de Québec, en lisant en classe le Dévouement de Dollard et en commentant ce trait sublime de notre histoire.Terminons la petite séance consacrée au héros du Long-Sault, par l’hymne national cana-dien-français O Canada] 608 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE LES “ FILLES DE JESUS ” Samedi, le 19 mars, en leur monastère des Trois-Rivières, les Révérendes Sœurs Filles de Jésus ont célébré le vingt-cinquième anniversaire de leur arrivée au Canada.Venues en notre pays à la suite des malheureuses lois françaises de 1902, les Filles de Jésus y ont été fraternellement accueillies et elles ne tardèrent pas à développer leur petite communauté, grâce à leur excellente formation.Aujourd’hui, les Filles de Jésus dirigent plusieurs couvents en notre province, particulièrement dans le diocèse des Trois-Rivières.Nous avons conservé un excellent souvenir des deux premières Religieuses des Filles de Jésus, récemment arrivées au au Canada, qui nous firent l’honneur de suivre nos cours de pédagogie, en 1902, alors que nous étions professeur à l’Ecole normale des Ursulines de Québec.Nos félicitations et nos meilleurs vœux à la communauté des Filles de Jésus, devenues nos Sœurs canadiennes.C.-J.M.GLANURES HISTORIQUES Bataille de Carillon A l’endroit où s’est livrée la célèbre bataille de Carillon, près de Orwel, Vt, sur une planche clouée à un arbre par ordre de la Société historique du Vermont, on lit l’inscription suivante: “Abercrumbie’s defeat by Montcalm, July 8th, 1758 15000 repulsed by 4000 British loss: 2000.” Traduction : •‘Défaite d’Abercrumbie par Montcalm, 8 juillet 1758, 15000 hommes repoussés par 4000 Perte des Anglais: 2000.” ETENDUE DU CANADA Sans comprendre l’immense surface des grands lacs, l’étendue du Canada, d’un océan à l’autre, est de 3,420,342 milles carrés, ou 40% de tout l’empire britannique.A même la superficie du Canada, on pourrait faire quarante contrées aussi grandes que l'Angleterre, le pays de Galles et l’Écosse réunis.Ces trois contrées ensemble ont 88,000 milles carrés d’étendue.Ce qu’on appelait, avant la guerre de 1914, l’empire germanique, pourrait être renfermé dans la Puissance du Canada, et il resterait encore assez de place pour dix autres contrées aussi grandes que l’empire d’Allemagne.La terre canadienne comprend donc le bassin de la baie d’Hudson, celui du fleuve McKenzie, ceux de la rivière Saint-Jean, du fleuve Saint-Laurent, ainsi que les deux versants de l’Atlantique et du Pacifique.^ .Le bassin de la baie d’Hudson est le plus grand, étant de 2,000,000 milles carres.Le bassin du Saint-Laurent couvre une étendue de 340,000 milles carrés, donQ70,000 aux Etats-Unis.Le bassin du McKenzie a une étendue de 530,000 milles carrés.Le versant de l’Atlantique et le bassin de la rivière Saint-Jean couvrent une surface de 50,214 milles carrés, tandis que le versant du Pacifique est de 341,304 milles carrés.Les plaines de la Saskatchewan seules mesurent 500,000 milles carrés, et pourraient faire vivre un peuple de trente millions d’âmes.O CANADA! Les instituteurs et les institutrices se conforment de mieux en mieux au règlement du Comité catholique, prescrivant le chant de l’hymne national dans toutes les écoles catholiques de notre province.En faisant chanter chaque jour O Canada avec conviction et fierté, les maîtres et les maîtresses accomplissent un acte atriotique des plus salutaires.
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