L'enseignement primaire : journal d'éducation et d'instruction, 1 novembre 1931, Novembre
53e Vol.Québec, Novembre 1931 N6 3 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE ÉDUCATION — INSTRUCTION PÉDAGOGIE UNE FAUTE GRAVE À ÉVITER.—IL NE FAUT PAS DIMINUER LE TRAITEMENT DES INSTITUTRICES Notre province—mais dans une mesure moins grave qu’ailleurs—traverse une crise économique sérieuse.Il y a de la gêne dans toutes les classes de la société, à la ville comme à la campagne.Mais n’est-ce pas cette dernière, règle générale, qui est le moins affectée ?Cependant on nous signale plusieurs municipalités rurales où les commissions scolaires se sont crues dans l’obligation de diminuer les salaires des institutrices, déjà très peu élevés, comparés à ceux que reçoivent les institutrices des écoles protestantes en notre propre province.Dans les villes les salaires sont restés les mêmes.Diminuer des traitements plus que modestes; renvoyer une bonne institutrice pour la remplacer par une autre qui lui est inférieure mais qui s’offre à meilleur marché; congédier une institutrice qualifiée pour lui substituer une non diplômée qui s’engage au rabais, est-ce bien servir la cause de la famille, dont l’école est le prolongement ?Est-ce promouvoir les intérêts de l’école catholique que la Province de Québec a l’honneur et le bonheur de posséder officiellement ?Dans sa récente encyclique sur l’“Education chrétienne de la Jeunesse”, SS.Pie XI n’a-t-il pas dit: Ainsi tout ce que font les fidèles pour promouvoir et défendre l’école catholique destinée à leurs fils, est œuvre proprement religieuse, et partant devient un devoir essentiel de 1’“Action Catholique”.Payer des salaires de famine aux institutrices; remplacer des institutrices compétentes par des médiocres en vue d’épargner quelques sous à chaque contribuable, est-ce là, nous le répétons, bien servir la cause des écoles catholiques chez nous ?Nous disons épargner quelques sous, et c’est bien cela.En effet, une municipalité scolaire dont le rôle d’évaluation s’élève à cinq cent mille piastres ($500,000), renfermant six écoles, et qui paye $300.00 à chacune d’elles (ce qui n’est pas exagéré) débourse chaque année pour salaires à ses institutrices: $1800.00, soit 36 sous dans le cent piastres.En réduisant ces traitements à $250, la municipalité a épargné 6 sous dans le cent piastres.Ainsi, un cultivateur évalué à $5,000 aura à payer $3.00 de moins par année pour l’éducation de ses enfants.Si ce contribuable a trois enfants qui fréquentent l’école, il épargnera 10 sous par enfant, par mois.N’est-ce pas une mesquine économie ?Cette maigre économie ne pourrait-elle pas se faire aux dépens d’autres choses moins importantes que ne l’est l’éducation de la jeunesse: l’alcool, la cigarette, les objets et toilettes de luxe, par exemple?En y réfléchissant bien, les commissions scolaires qui ont cru agir sagement en privant les institutrices, les auxiliaires de la famille, d’une partie de leur salaire, pour parler franc leur arracher le pain de la bouche, répareront leur erreur de bonne grâce, la loi le leur permet, par une résolution rétablissant le chiffre du traitement diminué, tel qu’il était l’an dernier.Favoriser l’école dans toute la mesure possible, n’est-ce pas favoriser la famille pour qui l’école existe?C.-J.Magnan. 138 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE QUESTIONS ACTUELLES DE PÉDAGOGIE (1) Depuis une trentaine d’années, dans le domaine de la Pédagogie, un mouvement se développe, d’une ampleur déjà considérable et qui va toujours croissant.Recherches de psychologie (normale et pathologique) et de didactique expérimentales; efforts concrets pour adapter les méthodes d’enseignement et de formation à la psychologie de l’enfant, selon son degré de développement et son type individuel; il y a, tout ensemble, dans cette activité si complexe, de quoi fasciner et de quoi rebuter les éducateurs.Ignorer systématiquement ces nouveautés, n’est-ce pas se priver peut-être d’un secours très précieux?Mais,d’autre part,accepter sans examen toutes les conclusions et toutes les méthodes qu’on nous propose, n’est-ce pas courir le risque de s’attacher à des procédés dont une science avertie et une morale éclairée nous révéleront plus tard la faiblesse et le danger?Comment discerner parmi des matériaux si copieux et si divers, ceux qui méritent d’être retenus pour l’édification du grand œuvre qu’ambitionnent les éducateurs dignes de ce nom ?C’est pour les renseigner et pour guider leur choix que cette “Collection” a été créée.Œuvre d’information et de discernement d’abord, mais aussi effort de synthèse, appel constant, bien que modeste, à de nouvelles recherches et de nouveaux progrès, cette collection voudrait servir, apporter sa petite contribution à la science et à l’œuvre de l’Education.A cette fin, elle s’est assuré la collaboration de spécialistes qualifiés: professeurs de psychologie infantile et de psychologie appliquée à l’éducation, médecins, professeurs de pédagogie, praticiens, etc., et elle accueillera avec reconnaissance les concours que l’on voudra bien lui offrir.Dans ce premier volume, nous avons tenu à prendre position à l’endroit de quelques problèmes qui nous ont paru urgents.Problème douloureusement actuel, de la psychanalyse: faut-il lui ouvrir les portes de l’école sous prétexte que sans elle il n’est pas de pédagogie profonde?Un savant très autorisé nous montre l’erreur scientifique d’une telle conception pédagogique et les méfaits pratiques qui en résulteraient pour l’enfant.Problème qui intéresse l’éducation d’une manière si vive et si pressante, de la formation de la personnalité intellectuelle.Un maître, qui est aussi un sage, y apporte sa solution en nous dévoilant les secrets de son expérience.Problème des méthodes nouvelles, sur lesquelles nous avons voulu recueillir les témoignages d’une éducatrice de la petite enfance, et d’un professeur d’humanités, qui ne les connaissent pas seulement par les livres.Enfin, sur le débat qui divise, en pédagogie, partisans et adversaires de la méthode expérimentale, nous avons réuni deux études positives: l’une examine, sur un sujet précis, ce que peuvent avoir de légitime les prétentions de la méthode expérimentale; l’autre détermine le rôle qu’elle a joué, en fait, dans la genèse de la pédagogie contemporaine.Les volumes suivants développeront, en monographies, les graves questions qui se posent aux éducateurs d’aujourd’hui et les résoudront dans l’esprit qui anime celui-ci.L’esprit de sympathie, de large collaboration, mais aussi de prudence, grâce auquel les données scientifiquement établies pourront être mises au service des plus hautes fins de l’éducation.La Rédaction.(Les Sciences et l’Art de l’Éducation.—Les Éditions du Cerf, Juvisy (Seine-et-Oise, France).(1) Questions actuelles de pédagogie, par J.-de la Vaissière, A.-D.Sertilange, Maria Fargus, Jean Javeau, A.Fau-ville, R.Buyse.—-Les Éditeurs du Cerf, Juvisy (Seine-et-Oise), France.Cet ouvrage de choix est en vente à la Librairie Carneau, rue Buade, Québec. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 139 EN CALIFORNIE Au Congrès d’éducation de Los Angeles L’agriculture à l’École primaire et à l’École normale Au congrès de Los Angeles, l’examen des questions d’éducation agricole fut conduit par des spécialistes et des guides qui semblaient très avertis.Au cours de ces importantes assises, on a beaucoup insisté, et à bon droit, sur la haute missior de l’éducatrice rurale, sur sa préparation préalable, et sur l’appui que les pouvoirs publics et les concours privés pouvaient et devaient lui apporter.Unanimement, l’on a admis la nécessité d’entraîner les futurs instituteurs ruraux et institutrices, en vue de les mettre en mesure d’accomplir leur tâche de guides et d’initiateurs à la vie paysanne.Tout progrès sur le chemin social, ou même économique, ne peut s’accomplir (ceci à la campagne, comme à la ville,) que par une amélioration des idées et des mœurs, jointe a celle des institutions.Et, le problème, lors du congrès de Los Angeles, a semblé se poser ainsi: “Que demande-t-on à l’institutrice rurale et que peut-on attendre de son action à l’école et hors de l’école” ?On a admis, dès le début, que l’école des campagnes n’est pas seule responsable des n alaises de l’agriculture.Cependant il fut convenu d’emblée que l’école primaire rurale, dans la mesure qui lui revient, peut et doit diminuer les déficiences du métier agricole, par un enseignement approprié au milieu champêtre, par une éducation élémentaire, tendant à faire respecter et aimer la profession de cultivateur; enfin, par l’enseignement de notions agricoles on de principes fondamentaux, destines à éclairer le cerveau du futur agriculteur et à l’intéresser vivement aux problèmes qui le saisiront, dès son entrée dans la carrière.“Qu’on nous donne de bons instituteurs ruraux, s’écriait au congrès, M.Frank Evans, qu’on nous les prépare efficacement à donner les services qu’en attend la classe rurale, et, dèsdem.ain, je UN COIN DE L’ÉCOLE D’ALAMEDA, EN CALIFORNIE.BIBLIOTHÈQUE ET MUSÉE SCOLAIRE AGRICOLE.::ï #¦ :-Ae 140 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE vous affirme que les agriculteurs seront mieux disposés à les rémunérer et à les outiller convenablement.” Un éducateur renommé, de Sacremento, a dit avec raison lors d’une intéressante discussion sur l’agriculture à l’école: “Si l’agriculture est et demeure encore la, grande affaire des États-Unis, pourquoi ne pas créer une catégorie de maîtres, uniquement destinés à enseigner aux enfants de la campagne et à leur donner un vrai apprentissage de leur future profession!” Ce congressiste, vieil instituteur d’expérience et ami de l’agriculture, voulait évidemment dire que l’École normale devrait davantage agencer un programme d’études qui assurerait au personnel enseignant : le savoir, les méthodes, les habitudes intellectuelles, nécessaires à l’institutrice rurale.Excellentes paroles qui pourraient s’appliquer à plusieurs autres pays.Un autre congressiste, un peu hargneux, a dressé un réquisitoire contre les écoles rurales de sa région: “Ces écoles sont devenues des .forces ennemies de la terre, à cause de “leur doctrine absentéiste”.Vraisemblablement, il voulait démontrer que l’idée agricole, absente de l’école, ne peut qu’aider à vider les campagnes, au profit des villes et des autres professions.Cette sévérité excessive a valu à l’interrupteur nombre de contradictions.Tout de même, un fond de vérité s’entremêle, peut-être, à cette affirmation un peu outrée! Un programme d’études, appliqué aux écoles de la campagne et dont les lignes maîtresses ou les directives seraient ignorantes et insouciantes des choses de la terre, pourrrait assurément, à la longue, devenir une force ennemie de l’agriculture.En résumé, dans la hiérarchie des remèdes éducatifs à apporter au règlement des difficultés agraires du pays voisin, on a, en premier heu, demandé: 1° Une école primaire 'plus rurale, mieux équipée (manuel d’agriculture, musée scolaire, tableaux ruraux, etc.; 20 Initiation, compétence et vocation chez les maîtres ruraux, avec orientation dès l’école normale, 3° exhortation à tous les pouvoirs et à toutes les autorités d’avoir le souci de leur rôle et de comprendre que le parti de la terre demeure toujours (après celui des croyances) le plus susceptible de prospérité et de bien-être, pour toutes les classes et pour tous les pays.Assurément, toutes ces préoccupations théoriques n’ont pas empêché les membres du congrès de'revenir sur le terrain des pratiques.Aussi, au cours des intervalles et des temps libres, malgré une chaleur de 95° Fah.et un soleil de plomb, un grand nombre d’intéressés visitèrent, en autobus, des jardins et musées scolaires ainsi que de proprettes petites écoles de campagnes, où nous étions attendus et reçus délicieusement.Notre compagnon, un vrai espagnol, parlant très peu l’anglais, nous amusa fort, par ses réflexions pittoresques .A cause de notre mutuel charabia anglo-espagnol., nous ne pûmes nous comprendre que par des signes et.par le langage du cœur! Heureuse formule des gens heureux de la même profession! JEAN-CHS MAGNAN, Agr., Dir.des Cercles de jeunes agric.IL FAUT QUE L’INSTITUTEUR VOIE DE HAUT La vraie science chez l’instituteur Nous croyons qu’un établissement consacré à l’éducation doit, entre autre conditions, accomplir les suivantes : Il faut que la personne qui dirige ait reçu une culture supérieure, c’est-à-dire une instruction beaucoup plus approfondie que celle qu’elle est appelée à communiquer.Un instituteur peut n’être pas savant, dans le sens le plus étendu de ce mot, mais il faut que son esprit voie de haut la science qu’il professe, qu’il en saisisse les rapports généraux et en distingue les points dominants.A une moindre élévation, l’instituteur ne saurait donner à son enseignement ni la clarté, ni l’intérêt ni surtout la simplicité nécessaires pour attirer et fixer des esprits jeunes et vifs.J’insiste sur la simplicité; car c’est lorsqu’on est savant qu’on L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 141 est le plus capable d’être simple; premièrement parce que plus on est sûr de sa richesse, plus on est de longue date familiarisé avec elle, moins on est impatient de l’étaler; ensuite et surtout, parce qu’une demi-science n’élève qu’à des idées secondaires, qui sont complexes et chargées d’accessoires, au lieu que la vraie science élève jusqu’aux principes les plus hauts, qui sont des idées simples.La connaissance de ces principes est seule capable de faire voir les détails dans leurs vrais points de vue, et de faire exprimer les idées dans leurs véritables termes.On entend dire souvent de tel instituteur: il est trop profond, il est trop abstrait; et l’on en conclut qu’il est trop savant; croyez plutôt qu’il est encore jeune, qu’il est peu instruit; quand il aura plus d’années et de connaissances, il s’élèvera jusqu’à la simplicité.De cette supériorité de culture résultera pour l’instituteur, l’esprit de système et de méthode.Donner à chaque partie de l’instruction son étendue et son plan, combiner les différentes branches de l’enseignement de manière qu’elles se prêtent un appui mutuel, ne se permettre ni sauts, ni lacunes, ni écarts, suivre avec une attention pénétrante le dévelonpe-ment des facultés de l’enfant, marier à la sévérité de l’ordre l’abandon qui le déguise, voilà une partie considérable de la science difficile de l’instituteur.Que cette science soit pour quelques-uns le fruit d’un instinct heureux, qu’on peut bien appeler génie, c’est ce que nous ne voulons pas nier: il est des hommes qui naissent instituteurs; mais, sans nous arrêter à montrer que, même dans ses chefs-d’œuvre, la nature laisse à l’art des lacunes à remplir, il nous suffit de dire qu’on ne peut fonder des règles sur des exceptions.La nature a pu accorder à quelques hommes le don presque entier de l’enseignement; la routine a pu joindre son secours à la nature; mais, en général, il n’y a qu’une culture supérieure qui puisse procurer à l’instituteur les précieuses qualités que nous venons d’indiquer.A.Vinet.COMMENT INTERROGER On vous a dit, mademoiselle, que votre classe était froide, sans vie, qu’il fallait l’animer; on vous a conseillé d’interroger: maintenant, vous interrogez trop.Je fais appel à vos souvenirs: vous avez posé une question à Marie, et, comme elle tardait à répondre, vous êtes passée à Berthe, à Jeanne, et, comme Jeanne ne répondit pas tout à fait comme vous le désiriez, vous vous êtes adressée à une autre et vous avez fini par répondre vous-même.Ou la question était trop difficile, en dehors de ce que vos élèves pouvaient savoir, et il eût mieux valu ne pas la poser, ou vous deviez presser davantage l’élève que vous aviez d’abord interrogée; en tout cas,il eût fallu revenir à elle, et vous l’aviez si bienoubliée qu’elle restait toujours debout, et c’est moi qui, la prenant en pitié, l’ai, d’un signe,invitée à se rasseoir.Que l’interrogation ne voltige pas sans cesse en tous sens; qu’elle se pose, qu’elle se fixe pour un temps quelques part.Voici un esprit paresseux, lent; ne l’abandonnez pas à son apathie; sollicitez-le, pressez-le; engagez avec lui une sorte de lutte; intéressez, si vous le pouvez, la classe entière à cette lutte, faites-l’y participer; mais revenez toujours à ce même esprit: il s’agit de savoir si c’est lui qui sera vaincu ou vous.Or, je dis que c’est vous qui serez vaincue, si vous ne parvenez pas à lui donner la claire notion de ce que vous voulez, de ce que vous devez lui apprendre.E.Anthoine, A travers nos écoles.L’ORGANE DE LA VOIX La langue est un tissu de petis muscles et de nerfs si souple qu’elle se replie comme un serpent avec une mobilité et une souplesse inconcevables: Elles fait dans la bouche ce que font les doitgs, ou ce que fait l’archet d’un maître sur un instrument de musique; elle va frapper tantôt les dents, tantôt le palais.Il y a un conduit qui va au dedans du cou, depuis le palais jusqu’à la poitrine.Ce sont des anneaux de cartilages enchâssés très juste les uns dans les autres et garnis au dedans d’une tunique ou membrane très polie pour faire mieux 2 142 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE résonner l’air poussé par les poumons.Ce conduit a, du côté du palais, un bout qui n’est ouvert que comme un flûte, par une fente qui s’élargit ou qui se resserre à propos pour grossir la voix ou pour la rendre plus claire.Mais, de peur que les aliments, qui ont leur canal séparé, ne se glissent dans celui de la respiration, il y a une espèce de soupape qui fait sur l’orifice du conduit de la voix, comme un pont-levis pour faire passer les aliments sans qu’il en tombe aucune parcelle subtile, ni aucune goutte, par la fente dont je viens de parler.Cette espèce de soupape est très mobile et se replie très subtilement, de manière qu’en tremblant sur cet orifice entr’ouvert, elle fait toutes les plus douces modulations de la voix.Ce petit exemple suffit pour montrer en passant, et sans entrer d’ailleurs dans aucun détail de l’anatomie, combien est merveilleux l’art des parties internes.Cet organe, tel que je viens de le représenter, est le plus parfait de tous les instruments de musique et tous les autres ne sont parfaits qu’au-tant qu’ils l’imitent.Fénelon.“INSTRUIRE EST PEU, FORMER EST TOUT” Cette formule n’est pas neuve, assurément; mais elle est si belle et si pleine! Et quand elle s’inscrit, comme un programme très cher, à la fin d’une lettre où une institutrice malade et désireuse de reprendre bientôt sa tâche, exprime son affection “pour ses chers enfants”, elle rend un son très pur de générosité et d’apostolat.Je viens de la lire avec émotion et je la transcris ici pour inviter tout le personnel de nos écoles à la méditer une fois encore.Instruire, c’est-à-dire—selon l’étymologie du mot—“munir” un esprit des connaissances qui lui seront nécessaires au cours de sa vie, c’est une noble tâche.Bénis soient ceux qui s’en acquittent avec compétence et avec zèle! La science est bonne: ne méprisons pas les dons de Dieu.La culture de l’intelligence est un des éléments d’une éducation complète: on ne la commencera jamais trop tôt, on ne la poursuivra jamais avec trop de soin.Pour qu’elle se réalise excellemment, il y faut un dévouement éclairé et comme une maternelle affection.Qu’on ne se récrie pas: il y a une analogie saisissante entre les soins dont une mère entoure son enfant et la sollicitude d’un maître tout à sa fonctfon d’enseignement.Le cœur doit avoir sa part, discrète, si l’on veut, mais réelle, dans toute leçon donnée avec un vrai désir de progrès.L’enfant voit bien si le maître remplit simplement une tâche ou s’il s’exerce au dévouement.Pourquoi, ici, ennui etinsuccès, et là, progrès et expansion des âmes ?Cherchez-en la cause—ordinairement du moins—bien plus dans celui qui enseigne que dans ses élèves : l’affection provoque attention et bonne volonté; un banal enseignement laisse indifférent ou rebute.Il faut pourtant que les élèves s’instruisent.Ils vont en classe pour cela.Notre temps ne supporte plus guère les illettrés.Qu’il en existe encore, chez nous, en trop grand nombre, on s’en plaint et avec raison.Au terme de ses années de scolarité, tout enfant doit emporter un bagage suffisant de connaissances qui lui serviront dans la vie.Ne craignons pas la surcharge, à condition pourtant que le savoir acquis soit vraiment exact et pratique.Au maître de discerner ce qui convient : de rejeter l’accessoire pour ne garder que l’essentiel.Il n’aura pas le fétichisme des enfantines éruditions, vite évaporées; mais l’amour des vérités qui éclairent et qui demeurent.On fait facilement fausse route à cet égard.Les programmes sont, aujourd’hui, trop complexes; les livres trop copieusement chargés de détails inutiles, qui ne resteront pas dans la mémoire.Un instituteur me l’écrivait récemment.“Une croisade pour ramener textes à apprendre, explications et dévéloppements à ce qui est strictement nécessaire, ne serait pas déplacée.En somme le livre de classe ne devrait être que le résumé de la parole du maître, tandis qu’actuellement on peut dire que la parole du maître est le résumé du livre.” Cela ne va pas sans quelques inconvénients.Mais l’essentiel est que l’élève apprenne, sache et retienne—qu’il s’instruise bien.Et quand il sera instruit, qu’il aura conquis son diplôme, le maître aura-t-il raison de se déclarer satisfait?Aura-t-il rempli toute sa tâche ?Non.Instruire, c’est quelque chose; c’est beaucoup—et c’est peu, Peu, en comparaison de tout ce qui doit être fait simultanément à l’école pour l’instruction et l’éducation des enfants.Meubler l’esprit serait insuffisant si, en même temps, l’âme n’était formée.Car—à voir les choses du point de vue surnaturel—ce qui importe ici-bas n’est pas de savoir, mais de faire et de bien faire.L’ignorance est une imperfection : il faut la combattre; bien plus grave est dans une âme la faiblesse de la volonté devant le devoir; l’absence de culture morale et religieuse livrée aux passions et au mal.L’idéal à atteindre est donc de préparer à bien vivre les enfants de nos écoles—-bien vivre ici-bas, pour se rendre digne de l’éternelle destinée.Pour cette tâche surtout, l’esprit d’apostolat est nécessaire et, en même temps, cette délicatesse de sentiments qui s’exerce à chaque instant pour provoquer et soutenir les efforts des enfants vers le bien.Quel bien ?Sans doute celui qui, après vingt siècles de christianisme, nous apparaît concrétisé dans des mœurs qui, sans lui, n’existerainet pas.Mais dans nos écoles chrétiennes s’impose le L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 143 rappel constant des vérités de l’Évangile, des leçons et des exemples de Notre-Seigneur, des ordres et des directives imposés par l’autorité spirituelle qui Le représente ici-bas.Dans les jeunes élèves qui les regardent, les écoutent et les aiment, nos instituteurs et nos institutrices vraiment conscients de leur mission, voient des âmes à élever—et c’est à cela surtout qu’ils s’emploient.O ', alors, ils n’ont pas compris leur mission.Mais non.Et nous nous plaisons à le redire après avoir entendu, en la fête parisienne du centenaire de l’Enseignement libre, les voix les plus autorisées le proclamer bien haut : grâce à nos écoles s’est gardé l’esprit chrétien que les adversaires de l’Église se proposaient d’éliminer de l’éducation de la jeunesse française.Il en reste assez pour que nous ayons le droit de ne pas désespérer de l’avenir religieux de notre pays.Nos écoles “instruisent”; elles “forment”.A cette double tâche elles restent fidèles.Mais si la première est belle, la seconde est plus belle encore et absolument nécessaire.Il est bien vrai.“Instruire est peu; former est tout”.Ch.Delabar.(L’École, Paris) QUELLES CONDITIONS DOIT RÉUNIR UNE LEÇON ORALE POUR ÊTRE FRUCTUEUSE?Développement Une leçon orale, pour être bonne, doit réunir un grand nombre de qualités.Laissant de côté l’élocution facile et agréable, le ton persuasif et la physionomie expressive, qualités qui ne dépendent pas complètement du maître, il faut bien l’avouer, parlons de la leçon en elle-même.D’abord, qu’elle ne soit point longue, qu’elle ne s’étende point en digressions inutiles, car on pourrait, avec raison, lui appliquer ces paroles du célèbre critique: Tout ce qu’en dit de trop est fade et rebutant.L’esprit rassasié le rejette à l’instant.Non, point de leçon trop longue sous peine de tomber dans le galimatias.Cependant, qu’elle ne soit point trop courte non plus, elle risquerait d’être peu substantielle.Enfin, que la forme en soit simple, familière, sans vulgarité, que son objet soit précis.Craignons, cependant, dans le dessein de raccourcir et de simplifier, de tomber dans la sécheresse; que l’anecdocte y trouve sa place toutes les fois que faire se pourra, car elle donnera la note gaie et réjouissante au milieu d’explications souvent avides, et elle aidera à soutenir l’attention.N’appréhendons point d’apporter cette diversion à notre jeune auditoire.Il pourra peut-être, au moment même, prendre l’accessoire pour le principal, mais ce ne sera là qu’un effet passager; plus tard, le souvenir des faits reviendra très net à l’esprit de l’enfant et l’anecdote en sera comme le signe de rappel.Po ;r réduire sa leçon à de justes proportions, le maître n’a-t-il pas un bon moyen à sa portée ?Dès le commencement, qu’il écrive au tableau noir un sommaire succinct des principaux points qu’il veut traiter; ces jalons, une fois posés, il pourra suivre sa route sans crainte de s’égarer.Qu’il y écrive aussi les expressions sur lesquelles il veut attirer l’attention, soit à cause de leur nouveauté, soit à cause des difficultés qu’elles présentent.Une leçon, quelle qu’elle soit, n’est point unique, sans précédents, sans lien avec quelque chose d’antérieur.Commençons par établir ce lien au moyen d’interrogations qui remontent dans les connaissances déjà acquises.Que cette leçon, nouvel anneau d’une longue chaîne, se soude bien aux autres, et qu’elle laisse entrevoir, en même temps, qu’elle aura une suite naturelle.Ce n’est pas seulement au début de la leçon que le maître se servira des interrogations: il sait bien qu’il ne fait point une conférence devant un auditoire muet et passif, et il prendra plaisir à couper son exposé par des questions qui associeront ses élèves à la leçon.Cet appel à leur jugement, à leur intuition et parfois à leur mémoire, sera toujours agréablement entendu des enfants.De même, s’il s’agit d’une définition, le maître ne l’abordera point de primesaut, mais il y amènera graduellement les élèves par ses questions, de façon que les enfants la trouvent eux-mêmes ou croient la trouver, ce qui donne les mêmes résultats intellectuellement parlant.En dernier lieu, la leçon sera brièvement résumée et suivie de quelques courtes questions par lesquelles le maître s’assure qu’il a été suivi et compris.Il écrira au tableau ou dictera le résumé qui devra servir d’étude aux élèves, à moins qu’il n’ait des livres disposés de telle sorte que ce résumé s’y trouve tout préparé.Une fois appris, ce résumé sera récité à la leçon suivante.On donnera ensuite à l’élève à faire par écrit un travail qui se rapporte à l’ensemble ou à un point particulier de la leçon qu’on aura soin de rappeler dans des revisions fréquentes, et nul doute qu’elle ne porte d’excellents fruits.L.Chasteau. 144 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE FACTEURS DE SUCCÈS DANS L’ENSEIGNEMENT 1.L’emploi des récompenses.—2.L’emploi des punitions.—3.L’utilisation des bonnes dispositions naturelles de l’élève.—4.La persuasion des avantages multiples dans l’accomplissement du devoir d’état.BREFS COMMENTAIRES Dans sa délicate et difficile mission de formation et d’instruction, l’éducateur doit se servir de certains moyens d’encouragement et de réprimandes à l’égard de l’élève, selon qu’il fait bien ou mal.Le maître d’expérience, averti, sait utiliser aussi les nobles penchants de l’enfant, et faire appel à son jugement et à sa raison pour atteindre plus rapidement le but qu’il se propose en stimulant son ardeur et en provoquant son ambition.Seule l’inconduite nécessite l’emploi de punitions modérées et justes.1.-LES RÉCOMPENSES Les récompenses doivent être appropriées à leur objet, méritées, offertes avec dicemement et, octroyées à bon droit, soit pour souligner un acte digne de mention ou un succès obtenu dans les travaux scolaires.Il faut toujours tenir compte, à proportion, de l’effort que le succès aura coûté plutôt que du résultat lui-même.L’élève possédant des dispositions naturelles pour telle ou telle matière, parvenant facilement dans son travail à d’excellents résultats, n’a pas autant de mérite que celui, moins doué, qui atteint des succès moindres ou analogues.Celui-ci réussit par une application soutenue et un travail opiniâtre, avec la ferme détermination de triompher.Cela est facile à comprendre et ce n’est qu’une stricte équité que de s’en inspirer en tout temps.De même, il faut soutenir, encourager, d’une bonne parole et même parfois d’une récompense, les moins fortunés, en faisant rentrer en ligne de compte l’effort fait, la bonne volonté démontrée, selon les capacités individuelles.Les récompenses doivent être distribuées avec modération, se rappelant que la prodigalité à ce sujet atténue beaucoup l’effet désiré.Bons points, bonnes notes, images, livrets, félicitations, autant de témoignages extérieurs d’appréciation que le maître décernera en temps et lieu pour un motif sérieux.L’espoir de la récompense est un puissant mobile pour les élèves intelligents, ambitieux, comme pour ceux qui sont moins favorisés mais travailleurs.2.-LES PUNITIONS Dans le domaine des moyens de répression, il faut s’efforcer de prévenir pour ne pas avoir la peine de châtier.Malgré l’effort constant du maître dans ce sens, l’enfant, par tendance ou légèreté, déroge au règlement de l’école ou enfreint un ordre du maître quelque fois.C’est en ces occasions que l’instituteur doit réprimander l’élève selon la gravité du délit.Il doit toujours bien réfléchir avant de punir, et agir froidement ensuite.Dans les punitions à infliger, il donnera un travail qui sera utile à l’écolier.Cet ouvrage sera une besogne profitable au point de vue scolaire.Le maître évitera les travaux insensés et fastidieux! Avant de lui donner à faire un exercice écrit spécial ou lui faire apprendre une leçon particulière, l’instituteur fera constater à l’enfant fautif l’infraction commise, en ayant soin de l’exhorter à ne plus récidiver.Voilà le véritable rôle de l’éducateur.Que dire des punitions corporelles, si ce n’est qu’elles ne doivent être imposées que très rarement, et données que par le directeur de l’école après mûres réflexions.Il est le seul qui a réellement le droit de se servir de ce moyen extrême motivé par une sérieuse raison.De plus, ne soyons donc pas parcimonieux dans notre sévérité! Sachons fermer les yeux sur les peccadilles, les futilités : les admonestations continuelles finissent par aigrir ou par décourager les enfants. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 145 Souvenons-nous qu’une ferme autorité soutenue, jointe à une bonté prévoyante, réduit au minimum les occasions de punitions.3.—l’utilisation des bonnes dispositions naturelles des élèves L’on rencontre assez souvent dans les classes des élèves qui, par un "naturel excellent”, prouvent dans tous leurs actes un désir prononcé de faire bien et même d’exceller dans leur travail, dans l’intention de plaire à leur maître, de réjouir leurs parents, ou de satisfaire une aspiration de légitime fierté.C’est une excellente inclination dont il faut savoir profiter à l’occasion en développant avec droiture les sentiments qui accentuent cette disposition naturelle au louable motif proposé.Cette manifestation d’heureux desseins, de la part de certains écoliers, dénote chez eux un vif intérêt personnel bien entendu, mais aussi, elle démontre que ces enfants possèdent des sentiments délicats et élevés auxquels le bon maître expérimenté n’oublie pas de faire appel.Ces divers louables soucis qui hantent les écoliers sont des facteurs précieux dans l’enseignement, qu’il ne faut pas négliger.4.-LA persuasion des avantages multiples dans l’accomplissement du devoir d’état Persuader quelqu’un, c’est cbrivaincre cette personne sur un fait, un énoncé, c’est la décider de faire une chose pour telle ou telle raison.L’exposé logique, clair et chaleureux, fait de temps à autre, sur les nombreux bénéfices moraux, intellectuels et matériels attachés à l’accomplissement intégral du devoir d’état, crée dans l’âme de la majorité de la gent écolière une profonde impression dont l’influence effective produira ses fruits tôt ou tard.De la parole vibrante, captivante et émouvante du maître, sur les nombreux profits immédiats et éloignés découlant de l’accomplissement du devoir d’état, la plupart des élèves ne peuvent que retirer des convictions profondes qui les détermineront à coordonner leurs efforts pour profiter pleinement de leur séjour à l’école.En plus de tous les avantages à tirer dans l’accomplissement du devoir d’état, le maître devra appuyer fréquemment et surtout sur l’idée dominante dans toutes les activités de la vie écolière: faire tout bien parce que Dieu le commande.Les pensées suivantes devraient être présentées souvent à l’esprit du bon écolier: “Je Iq dois, il le faut, Dieu le veut”.Pierre-Paul Magnan., Professeur à l’École normale Laval de Québec, 1er novembre 1931 NOTIONS DE LOGIQUE (¦) Dialectique {suite) (2) Pour (YEnseignement Primaire) .La division.Définir et diviser.—Le jugement.—Quand j’ai bien défini, je songe à diviser, bi la déànition donne la compréhension de l’idée, la division en fait connaître l’extension.La division est le partage d’un tout en ses parties.Il y a le tout matériel ou physique, et le tout logique.XJ ne table, une maison, sont des tout physiques.Si je partage la table en deux moitiés, je fais une division physique, et les moitiés de la table en sont les parties, qui se nomment fil Lh Philosophie, par le P.Ch.Lahr, S.J., et Leçons de logique, par l’abbé Arthur Robert.(.A) Voir l Enseignement Primaire d’octobre 1931. 146 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE intégrantes.Mais, au point de vue de Vidée, la division est logique, et c’est celle-là surtoutqui doit nous occuper.Par exemple, l’homme (c.-à-d.Vhumanité, tous les hommes) se divise en européen, américain, asiatique, africain et océanien.J’ai là Vextension totale de l’idée homme.Si je disais: l’homme est composé d’un corps et d’une âme, je ferais une division physique.Ce que je divise, logiquement, c’est donc une idée générale, envisagée comme un tout logique.Üiviser cette idée, c’est distinguer, comme ses parties logiques, les idées moins générales qui participent d’elle et auxquelles elle s’étend {extension), ainsi qu’on vient de le voir pour l’homme.Soit, en outre, la musique: elle est vocale ou instrumentale; soit encore Vé.oquence, religieuse ou profane; soit enfin la vertu, théologale et morale.Je ne dois mentionner que les parties immédiates, qui sont les idées les plus universelles, dépendant de l’idée maîtresse.Ce sera affaire à la subdivision d’énumérer les sous-parties.On aura ainsi une subordination parfaite.Une bonne division doit encore être complète.Si j’omets une partie, je n’aurai pas partagé le tout.Enfin la division sera distincte si j’ai soin qu’aucune des parties ne soit déjà contenue dans une autre.Autrement, il y aurait confusion.Par exemple: les animaux comprennent ceux de la terre, ceux de l’air, ceux des eaux, et les serpents: ceux-ci sont de la terre, et c’est une redite.Il faut observer les mêmes règles pour la subdivision que pour la division, savoir que chacune des parties immédiates du tout est à son tour considérée comme un tout secondaire, que l’on partage d’une manière immédiate, complète et distincte.—11 arrive souvent qu’une même chose se divise sous plusieurs aspects différents, qu’il ne faut pas mêler et confondre.Soit la loi.De par son origine, elle est divine et humaine; naturelle et positive.Son objet est varié à l’infini.Je ne dirai pas, par conséquent: il y a la loi naturelle, la loi positive, la loi du jeûne: la base de la division doit être unique.Il est très important d’observer la hiérarchie des idées dans la division.On obtient ainsi de belles architectures.Cela est d’ailleurs conforme à la nature, car une division ne se fabrique pas artificiellement, elle se trouve.La définition et la division renferment donc toute l’économie des idées: leur compréhension et leur extension.On a dit aussi qu’elles sont toute la science.Donnez-moi un homme, disait un ancien, qui sache définir etdiviser, et je le suivrai comme un dieu.En effet, ce serait comprendre la nature telle que Dieu l’a faite, dans l’admirable hiérarchie des êtres qui composent l’univers.Les idées, ou essences des choses, sont coéternelles à Dieu.Il les a réalisées dans le temps et les a livrées à l’investigation des hommes.La science de la défiition et de la division trouve une application précieuse dans le travail de la composition littéraire.Sans cesse des notions passent devant l’esprit; sans cesse o_n est pressé par le souci d’ordre, d’unité, de variété dans la vérité.Qu’est-ce qu’un plan, sinon une bonne division et de bonnes subdivisions ?Et comment seflatter de composer sans plan ?Le nom de composition l’indique assez lui-même.Le jugement—Mais l’idée n’est pas tout.Elle n’est que la simple appréhension des choses, L’esprit, ayant capté un plus ou moins grand nombre d’idées, est amené à se prononcersur elles en affirmant qu’elles se conviennent.C’est là le jugement, deuxième opération de l’intelligence.Il résulte d’une comparaison entre deux idées.Je rapproche l’idée de bonté de celle de vertu, et, trouvant qu’elles vont bien l’une à l’autre, je dis: la vertu est bonne.L’attribut est uni au sujet par le verbe est.Dp là trois éléments dans le jugement: deux idées et une affirmation.Si les idées ne se conviennent pas, le jugement est négatif : la science n’est pas vaine.En logique, il n’y a qu’un verbe, le verbe substantiel.Tous les autres sont dits attributifs, parce qu’ilscontiennent à la fois le verbe et l’attribut.J’aime Dieu signitvo je suis aimant Dieu.,, Pour que le jugement soit vrai, il faut que l’attribut convienne véritablement au sujet L’étude est inutile, le péché n’est pas mauvais, sont des jugements faux.La justesse du jugement dépend, en soi, de la clarté de l’idée, des deux idées comparées.Si je dis: la paresse est douce, je prononce une fausseté, parce que je ne sais définir ni la paresse ni la vraie douceur.Mais la sincérité n’est pas moins nécessaire.Les passions, l’intérêt, influent presque autant que la légèreté de l’esprit sur l’exactitude du jugement.La religion surtout vient en aide à la sérénité de l’intelligence.La vérité appartient à Dieu ; la vérité dans les créatures est un reflet de la Vérité éternelle.D^où il suit qu’on n’aperçoit bien la vérité que sous l’angle divin.Là seulement l’étude est désintéressée, et l’on a chance de ne pas se tromper.La vérité est donc caractéristique du jugement.On ne peut pas dire, à proprement parler, que l’idée est vraie' elle est ce qu’elle est, ce qu’est la chose.Elle est, si l’on veut, le vrai, envisagé par rapport à Dieu.L’intelligence la capte et la possède.Qn possède une notion ou on ne la possède pas.La vérité logique est quelque chose de plus: elle affirme une idée d’une autre, une chose d’une autre, ou elle la nie.Et c’est là le jugement.Le jugement est une affir- L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 147 mation ou une négation de mon esprit.Ilpeutêtre vrai ou faux dans les deux cas.Une vérité c’est un jugement; un jugement, c’est une vérité, ou une fausseté, c.-à-d., encore une fois, un juste ou un faux rapport aperçu entre deux idées.Quand l’idée de l’attribut fait essentiellement partie de l’idée du sujet, en d’autres termes, quand elle est une note, un élément de sa compréhension, le jugement est nécessairement vrai, car l’esprit se prono'nce ici sur une notion clairement et distinctement perçue; et s’il niait la relation intime de ses éléments, il se mettrait en contradiction avec lui-même.Ex.: l’homme est raisonnable.La vérité est alors dans l’analyse exacte du sujet, et le jugement se dit analytique, ou a 'priori.Il n’en est pas de même si l’idée de l’attribut ne se tire pas du sujet, mais dépend de l’observation.En ce cas, on peut être facilement en défaut.Ex.: Napoléon a remporté la victoire de Wagram; la terre est partout habitée.Voilà des jugements dits synthétiques, ou a posteriori, à cause de l’apport extérieur de l’attribut.D’où bien des sortes de vérités: vérité religieuse, philosophique, logique, mathématique, historique, morale, littéraire, scientifique, etc.Le domaine du jugement est'donc immense, et l’on a de quoi étudier et s’exercer.Notons que l’énoncé du jugement, par la parole ou par l’écrit, se nomme proposition, comme l’énoncé de l’idée est le terme.(à suivre) N.Degagné, Etre NOTRE JOURNÉE PEDAGOGIQUE (1) Reproduit du “Progrès de Vaileyfleld” jeudi 24 septembre On trouvera ailleurs, dans ce journal, le compte rendu, plus en détails, de l’instructive et intéressante journée pedagogique, qui s’est tenue, mardi de cette semaine (22 septembre), ici même, dans la ville de Valleyfield.J’y suis venu, pour ma part, dans l’intention d’écouter, de m’instruire, de me rendre compte, et aussi un peu d’en écrire.Mais, qu’on veuille bien le remarquer, ce ne sont uniquement que des impressions d’ensemble, que je veux dégager de ce que j’ai entendu, et que j’entends fixer dans cet article, pour le bénéfice, je l’espère, de mes estimés lecteurs du Progrès.C était, au cours de ce mois de septembre, la cinquième “journée” de ce genre que le Département provincial de l’Instruction publique a voulu, heureuse innovation, organiser, avec l’aide des inspecteurs d écoles régionaux, sur l’un ou l’autre des points de la Province de Québec.L’importance et l’utilité pratique de ces petits congrès se démontrent d’elles-mêmes.Réunir les instituteurs et les institutrices d’un district pour une bonne journée de travail collectif, leur indiquer à nouveau avec un certain éclat de mise en scène les meilleures méthodes à mettre en pratique sur tel ou tel sujet donné,les encourager à poursuivre toujours avec zèle et dévouement leur si belle tâche professionnelle, n’est-ce pas, d’une façon plus sensible et très reconfortante, leur faire voir et leur faire sentir, ce qui est supérieurement suggestif, qu’on s’intéresse à leur haute mission et qu’on la juge de première valeur, qu’on estime leur œuvre comme très méritante et qu on souhaite qu’ils ou qu’elles la remplissent avec conscience et le mieux possible ?N’est-il pas evident que l’enseignement primaire ne saurait ne pas bénéficier largement de pareilles réunions ou de pareilles journées’ l C’est pourquoi, à mon avis, les autorités scolaires de la Province méritent amplement, pour cette nouvelle initiative, les félicitations et les remerciements sincères de tous ceux qui ont à cœur, chez nous, le progrès bien entendu et bien compris de l’instruction et de l’éducation de l’enfance et de la jeunesse.i Notre journée pedagogique de Valleyfield a constitué, en somme, un fort beau succès, et c’est tout à 1 honneur de ses organisateurs.Au nombreux auditoire accouru de toutes les parties du district, religieux et religieuses, instituteurs et institutrices, commissaires d’écoles, prêtres et curés de diverses paroisses, à tout un auditoire d elite par conséquent, des conférences ou des études, substantielles, pratiques et très au point, ont été données par des maîtres instruits, expérimentés et compétents, qui s’étaient évidemment (1) Nous ne pouvons (nos lecteurs le comprennent) publier des comptes rendus de chacune des nombreuses journées pédagogiques qui ont eu lieu au cours de septembre et d’août.Notre éminent collaborateur, M.l’abbé Elie-J.Auclair, nous donne une bonne idée de ce que furent ces journées, en faisant le résumé de celle de Valleyfield—C.-J.M. 148 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE préparés à le faire avec un grand soin et qui se sont montrés à la hauteur de la tâche qu’on leur avait assignée et qu’ils avaient acceptée.Nous avons eu à regretter l’absence de Mgr l’évêque Langlois et de M.le surintendant Delâge, qui devaient présider conjointement ce petit congrès d’enseignement primaire.Retenus ailleurs dans l’accomplissement des devoirs de leurs charges, ils n’ont pu être présents.M.le chanoine Nepveu, curé de la cathédrale de Valleyfield, les a remplacés, au pied levé, avec cette remarquable dignité personnelle, un brin imposante, que marque et relève toujours sa chaude et vibrante parole, et M.l’inspecteur général Miller a dirigé toutes les séances avec une rare et belle distinction.M.le chanoine-curé et M.l’inspecteur général étaient d’ailleurs tous les deux déjà au programme, comme aussi M.le chanoine Mousseau, principal de l’École normale, et M.l’abbé Jeannette, visiteur des écoles de la ville dè Valleyfield.M.l’avocat Laurendeau, président de la commission scolaire de Valleyfield, a souhaité la bienvenue aux congressistes dans les termes les plus heureux.C’est également M.Laurendeau qui a présidé, dans les salles du couvent des Sœurs des Saints Noms de Jésus et de Marie, le banquet offert, sur l’heure du midi, par la commission, aux conférenciers et aux autres hôtes marquants du jour, banquet des mieux préparés, servi avec une grâce exquise par les jeunes filles de l’institution, et auquel, c’est de rigueur, hélas! chez nous, des discours furent prononcés par M.Laurendeau, M.le curé Nepveu, M.le maire Codebecq, M.le député Saint-Onge, M.le principal Mousseau, M.le supérieur Julien et quelques autres.Au congrès, avec M.l’inspecteur général Miller et M.le visiteur des écoles Jeannette, ce furent surtout M.l’inspecteur régional Marien, MM.les inspecteurs Gignac, Carrière et Gagnon, et Mlle Monette, institutrice de Valleyfield, qui firent les frais des séances, en donnant à l’auditoire, qui s’est montré très attentif, des conférences qu’on a justement appelées “les pièces de résistance”.M.le chanoine Nepveu, M.le chanoine Mousseau, M.le curé Hébert, curé de Sacré-Cœur, et M.le curé Morin, de Dorion, ont aussi pris la parole pour souligner les travaux présentés de commentaires appropriés.Une première impression d’ensemble, qui m’a semblé se dégager de tout ce que nous avons entendu, c’est que ces maîtres ou directeurs de l’enseignement primaire dans notre district sont bien vivants et qu’ils s’occupent intelligemment de remplir les devoirs de leurs fonctions.Les travaux présentés ont établi en plus, si je ne me trompe, à la satisfaction générale, que MM.les inspecteurs et Mlle Monette, en même temps qu’ils ont étudié, ont su observer, et que, à la science puisée dans les livres, ils ajoutent les fruits ou les résultats d’une expérience personnelle dans les choses de l’éducation ou de l’instruction primaire, qui leur assure une compétence du meilleur aloi.J’ai regretté que quelques-uns des conférenciers n’aient pas Su hausser davantage le ton de leurs voix, pour être mieux entendus jusqu’au fond de la vaste salle où nous étions réunis.C’était vraiment dommage.Ils nous disaient, pour ceux des premiers rangs qui pouvaient mieux entendre, des choses si substantielles et si intéressantes.La leçon sur la méthode phonique de M.Gignac, avec la démonstration faite sur place par de tout jeunes enfants de l’Académie des Frères de l’Instruction Chrétienne de Laprairie, était éminemment suggestive, même aux yeux d’un profane qui ne s’y entend guère.M.l’abbé Jeannette a parlé en maître “autour du catéchisme”, et M.le curé Nepveu, avec des nuances, puis M.Miller, sans restriction, l’ont justement félicité.M.Marien a traité de la forme expositive et de la forme interrogative dans la manière d’enseigner, insistant sur la supériorité de celle-ci surtout avec les élèves plus jeunes, d’une façon si claire et si nette, que la conviction s’établissait tout de suite dans l’esprit qu’il convient absolument d’adopter le procédé qu’il préconisait.M.Carrière a parlé des “revisions” qu’il faut faire dans les classes, de temps en temps, avec une belle clarté aussi et avec une bonne humeur, qui ne déparait rien, c’est sûr.M.Gagnon a montré, avec une vraie maîtrise et un sens psychologique des mieux avisés, comment l’institutrice doit s’efforcer d’entretenir des bonnes relations avec les parents de ses élèves et les autorités dont elle relève.Quant à Mlle Monette, je me permettrai de lui dire tout haut, au risque d’offenser sa modestie, que j’ai rarement entendu mieux parler des qualités que doit avoir l’institutrice que par elle-même.Et pourtant, M.le chanoine Mousseau, qui en a parlé après elle, a trouvé moyen d’ajouter encore au tableau, ce qui n’est pas peu dire.Je crois bien que la maîtresse-conférence, comme il convenait assurément, nous a été donnée par M.l’inspecteur général Miller.Elle se ramène à deux mots, cette étude si riche d’aperçus divers: à l’école primaire, il faut se servir du livre ou du manuel, mais sans en être l’esclave; le maître ou la maîtresse doit éclairer ou illuminer le livre ou le manuel, en donnant beaucoup de lui-même ou d’elle-même, ce qui ne peut se faire sans beaucoup de préparation.M.Miller a justement ajouté que, au reste, ce qui importe et prévoit à tout, c’est qu’il faut suivre le programme du comité catholique naguère rédigé par Mgr Ross.On me dira peut-être que je suis un bénisseur et que je ne sais que faire des compliments ?J’aurais pu, sans doute, glisser, ici ou là, quelques réserves et quelques critiques, ainsi que m’y invitait spirituellement, dans son mot de clôture, mon excellent ami et confrère M.le chanoine Nepveu.La critique est toujours relativement facile et elle peut être profitable, quand elle reste sensée et raisonnable.Mais j’ai pensé que, pour le bel effort qu’ils ont tenté, nos maîtres de l’enseignement primaire, que nous avons entendus et goûtés mardi à Valleyfield, avaient droit avant tout et méritaient surtout d’être loués et d’être félicités.Honni soit qui mal v pense ?! L’abbé Élie-J.Auclair. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 149 METHODOLOGIE LA LECTURE EXPLIQUÉE A L’ÉCOLE PRIMAIRE SUPÉRIEURE ET A L’ÉCOLE NORMALE (Pour l’Enseignement Primaire) LE MONOLOGUE D’HARPAGON (MOLIÈRE: L’AVARE.IV, 7) Au voleur! au voleur! à l’assassin! au meurtrier! Justice, juste Ciel! je suis perdu, je suis assassiné, on m’a coupé la gorge: on m’a dérobé mon argent.Qui peut-ce être ?Qu’est-il devenu?Où est-il?Où se cache-t-il?Que ferai-je pour le trouver?Où courir?Où ne pas crurir?N’est-il point là?N’est-il point ici?Qui est-ce?Arrête, (à lui-même se prenant par le bras) Rends-moi mon argent, coquin!.Ah! c’est moi! Mon esprit est troublé, et j’ignore où je suis, qui je suis, et ce que je fais.Hélas! mon pauvre argent! mon pauvre argent?mon cher ami! on m’a privé de toi; et puisque tu m’es enlevé, j’ai perdu mon support, ma consolation, ma joie: tout est fini pour moi, et je n’ai plus que faire au monde.Sans toi, il m’est impossible de vivre.C’en est fait; je n’en puis plus; je me meurs; je suis mort, je suis enterré.N’y a-t-il personne qui veuille me ressusciter, en me rendant mon cher argent, ou en m’apprenant qui l’a pris?Euh! que dites-vous?Ce n’est personne.Il faut, qui que ce soit qui ait fait le coup, qu’avec beaucoup de soin on ait épié l’heure; et l’on a choisi justement le temps que je parlais à mon traître de fils.Sortons.Je veux aller quérir la justice, et faire donner la question à toute ma maison; à servantes, à valets, à fils et à fille, et à moi aussi.Que de gens assemblés! Je ne jette mes regards sur personne qui ne me donne des soupçons, et tout me semble mon voleur.Hé! de quoi est-ce qu’on parle là?de celui qui m’a dérobé?Quel bruit fait-on là-haut?Est-ce mon voleur qui y est?De grâce, si l’on sait des nouvelles de mon voleur, je supplie que l’on m’en dise.N’est-il point caché là parmi vous?Ils me regardent tous et se mettent à rire.Vous verrez qu’ils ont part, sans doute, au vol que l’on m’a fait.Allons vite, des commissaires, des archers, des prévôts, des juges, des gênes, des potences et des bourreaux.Je veux faire pendre tout le monde; et, si je ne retrouve mon argent, je me pendrai moi-même après.COMMENTAIRE LITTÉRAL Au voleur!.à l’assassin!—Formule elliptique d’appel: venez, courez sus au voleur.— Dans “Au secours”, le sens est analogue et différent: Venez, accourez à mon secours.Assassin, meurtrier.—Ces deux mots désignent également celui qui tue, mais avec des nuances qui, d’ailleurs, ont varié avec le temps.Au 17e siècle, le mot assassin était d’importation relativement récente (de l’arabe hachachi, par l’italien assassina), et restait plus faible que meurtrier (celui qui tue avec violence); aujourd’hui, au contraire, l’assassin est celui qui tue avec préméditation, et dans le Code criminel français l’assassinat est plus grave que le meurtre.Justice, juste ciel.—Encore un appel elliptique: faites-moi rendre justice,—Dieu qui êtes juste.—De plus, métonymie, le mot ciel étant mis ici pour Dieu, le séjour pour celui qui l’habite ?On m’a coupé la gorge: précision, exagération plaisante de ce premier trait; je suis assassiné.Dérober: prendre en cachette.Qui peut-ce être: Quel peut être celui qui m’a dérobé.Où courir: Où puis-je, où dois-je courir?—La multiplicité des ellipses donne au style plus de rapidité, plus de vie.Arrête: arrête-toi.—-Harpagon s’adresse à un voleur imaginaire.Sa douleur touche déjà à l’égarement.Coquin: Sens successifs: 1° peut-être, aide-cuisinier (Maître coq—cuisinier); 2° homme de rien, misérable; 3° homme de rien moralement, malhonnête homme.J’ignore où je suis, qui je suis.Plarpagon ne fait que développer ce qu’il vient de dire: Mon esprit est troublé.Mon pauvre argent: L’adjectif pauvre exprime ici tout ensemble la commisération et la tendresse. 150 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE On m’a privé de toi: on a enlevé à l’Avare un bien nécessaire.Mon support: nous dirions aujourd’hui mon soutien.—D’autre part, dans ce mot et dans ceux qui suivent (consolation.joie) il y a comme un sens de superlatif, d’absolu: mon seul support.Je n’ai plus que faire au monde: je n’ai plus rien à faire, rien que je puisse faire.C’en est fait: faire signifie parfois accomplir, terminer: J’aurai fait en une petite heure.Racine: Plaideurs.II, 10.Le passif impersonnel que nous avons ici veut donc dire “pour moi, tout est fini’’.Je n’en puis plus: autre gallicisme, et qui exprime l’épuisement des forces.Je me meurs: Cet emploi réfléchi du verbe intransitif mourir marque, croyons-nous, que l’action se fait progressivement.Dans “je meurs”, il y aurait quelque chose de plus brusque.— Rare aujourd’hui, cette construction pronominale d’un verbe intransitif était assez fréquente au 17e et même au 18e siècle.Euh!—Dans son désir d’information, l’Avare croit que quelqu’un répond aussitôt à sa question, mais n’en étant pas très sûr il exprime son incertitude par cette interjection.Fait le coup: expression familière qui désigne une mauvaise action.Il faut qu’on ait épié l’heure: 1° Il faut, on a dû nécessairement;—2° épier, observer en cachette, comme un espion;—3° Y heure, s.e.favorable.Justement: exactement, précisément.Mon traître de fils: Traître, ici simple injure comme serait coquin, pendard.—Traître de fils: gallicisme pour le traître qu’est mon fils.Quérir: chercher.Donner la question: Autrefois, l’interrogatoire des accusés, des témoins mêmes s’accompagnait de tourments destinés à leur arracher la vérité.Cette procédure s’appelait la question.Que de gens assemblés: Ici commence une hallucination sur laquelle nous nous expliquerons plus loin.Tout me semble: tout le monde me semble.De grâce: je vous le demande comme une grâce.Allons: exclamation impérative pour encourager, stimuler.—Vite: encore une ellipse pour “que l’on amène vite”.Commissaires.Harpagon énumère pêle-mêle les officiers de justice (commissaires.prévôts), leurs agents (archers.bourreaux) et leurs instruments (gênes.potences).—Dans son exaspération il en réclame plus qu’il n’en faut d’ordinaire {des potences et des bourreaux).— Gène, instrument qui mettait à la gêne, c’est-à-dire à la torture.Apres: s.e.tous les autres.ANALYSE LITTÉRAIRE Ce monologue fameux est un excellent couplet de théâtre.La composition en est à la fois logique et vivante, ordonnée et mouvementée.Suivant une espèce de rythme, Harpagon passe plusieurs fois de l’émotion violente, désordonnée à une résolution farouche.Mais en même temps, comme son émotion s’accroît graduellement, sa résolution devient de plus en plus implacable.Ainsi passe-t-il d’une douleur presque normale à un désespoir forcené.Mais voyons plus en détail ce progrès d’une passion en action.Les premiers mots d’Harpagon révèlent déjà l’excès de son émoi; car si les uns sont exacts: “Au voleur! au voleur!.Justice, juste ciel!.”; les autres résonnent à nos oreilles comme d’étranges hyperboles: “Je suis perdu! je suis assassiné! on m’a coupé la gorge!.’’.—Et c’est seulement après s’être, pour ainsi dire, soulagé par l’excès même de sa plainte, que le pauvre homme trouve la juste formule: “On m’a dérobé mon argent”.—A cette série d’exclamations succède une série de questions haletantes mais bien naturelles: “Qui peut-ce être?Qu’est-il devenu?Où est-il?Où se cache-t-il”.En même temps la nécessité d’agir s’impose à Harpagon: “Que ferai-je pour le trouver?Où courir?Où ne pas courir?” Immédiatement, il commence ses recherches: “N’est-il point là?N’est-il point ici?Qui est-ce?”; et dans son ardeur même, il croit aussitôt toucher au but: “Arrête! {A lui-même se prenant par le bras.) Rends-moi mon argent, coquin!”.—Première hallucination qui, du propre aveu d’Harpagon, trahit la violence de sa passion: “Ah! c’est moi! mon esprit est troublé, et j’ignore où je suis, qui je suis et ce que je fais!.— Et, sur cet aveu, se termine la première partie du monologue.Ainsi revenu à la réalité, Harpagon s’arrête à contempler son malheur, à le déplorer: “Hélas! mon pauvre argent! mon pauvre argent! mon cher ami! on m’a privé de toi”.—Et en le déplorant, il l’aggrave,pour ainsi dire,au point de le juger irréparable: “Et puisque tu m’es enlevé, j’ai perdu mon support,ma consolation, ma joie: “tout est fini pour moi et je n’ai plus que faire au monde, sans toi il m’est impossible de vivre”.—-Ce beau raisonnement aboutit aussitôt à une résolution; résolution négative, si je puis dire, puisqu’au heu de réagir et d’agir, Harpagon s’abandonne lui-même, et se livre à la mort: “C’en est fait; je n’en puis plus; je me meurs; je suis mort; je suis enterré”.—Jusque dans ce décès imaginaire, on voit le progrès de la passion délirante.Tout à l’heure, l’agitation désordonnée de l’Avare l’animait à s’arrêter lui-même; maintenant une réflexion désolée ruine en lui toute énergie et le fait, d’avance, descendre au tombeau. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 151 Cette défaillance, d’ailleurs, n’est que momentanée.La passion se réveille bientôt et, avec elle, Harpagon lui-même: “N’y a-t-il personne qui veuille me ressusciter en me rendant mon argent ou en m’apprenant qui me l’a pris?”.—La réaction même est si vive qu’elle aboutit d’abord à une illusion proche de l’hallucination: “Euh! Que dites-vous?Ce n’est personne”.—Puis, de nouveau, un moment de calme réflexion: “Il faut, qui que ce soit qui ait fait le coup, qu’avec beaucoup de soin on ait épié l’heure; et l’on a justement choisi le temps que je parlais à mon traître de fils”.—Et, aussitôt, une résolution: “Sortons, je veux aller quérir la justice.” Cette résolution : est celle d’un méchant: “Je veux.faire donner la question à toute ma maison, à servantes, à valets, à fils et à fille.—Elle est même d’un forcené: .à fils et à fille et à moi aussi”.Que dis-je?Elle devient frénétique, car,après une hallucination nouvelle où le personnage : semble converser avec le spectateur, il ajoute: “Allons, vite.”.Et à l’évocation de toutes les i victimes possibles, succède l’appel de tous les officiers de justice, avec leurs sinistres instruments: : “Allons, vite, des commissaires, des archers, des prévôts, des juges, des gênes, des potences et i des bourreaux”.Enfin résolution suprême, implacable et folle, mais aussi conclusion logique : de tant de douloureuse fureur: “Je veux faire pendre tout le monde; et, si je ne retrouve mon 3 argent, je me pendrai moi-même après”.Donc premier mérite de ce monologue: progression d’une passion douloureuse qui s’exaspère jusqu’à la folie; progression constante et logique, mais coupée d’arrêts, de détentes, qui reposent I le spectateur d’une gêne trop pénible comme d’une hilarité trop constante.* * * En effet, ce monologue où passent tant de sinistres images, demeure un monologue comique.Comique, il l’est d’abord par la manière même dont Harpagon exprime ses sentiments.Il use, en effet, de tous les procédés propres à provoquer le rire.Si sa phrase se développe, çà et là, sur un mode normal, elle affecte le plus souvent une précipitation haletante.Ici, ce sont des exclamations qui se succèdent en avalanche: “Au voleur! au voleur! à l’assassin! Justice, juste ciel! Je suis perdu! je suis assassiné!”.—Là, ce sont des interrogations: “Qui peut-ce être?Qu’est-il devenu ?Où est-il ?Où se cache-t-il ?Que ferai-je pour le trouver ?Où courir ?Où ne pas courir ?N’est-il point là?N’est-il point ici?Qui est-ce?”.—Ailleurs, une simple énumération n’est pas moins plaisante: “Je veux.faire donner la question à toute ma maison, à servantes, à valets, à fils et à fille, et à moi aussi.Allons, vite, des commissaires, des archers, des prévôts, des juges, des gênes, des potences et des bourreaux!”.Parfois une opposition rigoureuse rend certaines formules encore plus comiques: “Où courir ?Où ne pas courir ?N’est-il point là ?N’est-il point ici ?”—Et je n’insiste pas sur telle allitération ; qui n’est peut-être pas intentionnelle: “Justice, juste ciel!” Mais ce qui est nettement indiqué, commandé par l’auteur, c’est la série de mouvements dont l'acteur doit accompagner ses paroles.Entré précipitamment, sans doute demeure-t-il d’abord comme assommé par son infortune, mais presque aussitôt une série de gestes, de démarches symétriques doivent répondre à ces questions alternées: “Où courir?Où ne point courir! N’est-il point là?N’est-il point ici?”—Pareillement, la défaillance qu’expriment ces paroles: “Je n’en puis plus; je me meurs; je suis mort; je suis enterré”, cette défaillance oblige nécessairement l’acteur à s’affaisser, à s’effondrer sur la scène.—Plus loin encore, le texte impose à l’interprète telle attitude, tel geste, telle direction de ses regards: “Hé! de quoi est-ce qu’on parle là.?Quel bruit fait-on là-haut.?De grâce, si l’on sait des nouvelles de mon voleur, je supplie que l’on m’en dise.N’est-il pointià caché parmi vous”?—Bref, le jeu commandé à l’acteur par .Molière lui-même ajoute à l’efficacité comique de la parole.Mais ce comique ne laisserait pas d’être artificiel, si gestes et paroles n’étaient d’abord manifestation d’un caractère.Heureusement, et malgré quelques exagérations que nous signalerons tout à l'heure, Molière reste ici le grand peintre des vices humains.Depuis quatre actes, il nous a montré l’avarice d’Harpagon, sous tous ses aspects, et gâtant en lui tour à torn le père de famille, l’honnête homme, le maître de maison, l’amoureux même.Il nous l’a montré surtout préoccupé d’un trésor caché en son jardin, hanté, obsédé par la crainte d’un vol.Or on vient justement de lui dérober son trésor; cet accident le met au désespoir, et c’est ce désespoir qui s’exprime dans cette scène.Si nous nous rappelons bien que ce monologue, placé presque à la fin de la pièce, est lui-même comme l’explosion d’un sentiment profond, violent et brutalement contrarié, nous discernerons mieux la vérité psychologique qui se cache sous ce comique outrancier.Le désespoir d’Harpagon et son agitation, ils s’expliquent dès le début par l’inquiétude dont nous avons vu les manifestations multiples: soupçons universels, interrogatoires maladroits, sorties furtives et retours satisfaits.Que, malgré tant de précautions, la cassette ait disparu, et voilà notre homme aux champs.Son attendrissement soudain ne doit pas nous surprendre davantage {Hélas! mon pauvre argent! mon pauvre argent! mon cher ami! on m’a privé de toi!) Voilà longtemps qu’Harpagon n’aime plus rien ni personne au monde que son argent.Sa femme, il l’a oubliée,—s’il a jamais pensé à elle; ses enfants lui sont à charge, et il ne les traite 152 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE qu’avec une dureté rebutante; Marianne, nous ne savons pas au juste ce qui attire vers elle ce sénile prétendant ; quant à ses gens, quant à ses chevaux, mieux vaut n’en parler : leur souffrance lui est indifférente, et leur mort ne lui importerait que comme une occasion de dépense.Ainsi détaché de toute affection humaine, l'Avare reporte toute sa tendresse sur son argent: il l’aime d’amitié, il l’aime d’amour; pour le célébrer ou le pleurer, il emprunte naturellement le vocabulaire de la passion.Et, sans doute, cette transposition est ridicule; et le comique naît ici de la disproportion qui existe entre le langage et son objet.Mais ce désaccord verbal naît lui-même d’une déformation sentimentale.Plaisante à la fois et tragique, l’affliction d’Harpagon est celle d’un monstre, non celle d’un fantoche de théâtre.Pareillement quand il va, vient, court, s’arrête, puis repart, Harpagon ne fait pas figure de simple pitre.Agité, il l’a été dès le début et tout le long de la pièce; son agitation ne fait ici que s’exaspérer.De même, sa méchanceté.Dès le début du premier acte, sur un simple soupçon parfaitement injustifié, il prodiguait à La Flèche les injures, les menaces, presque les coups; déjà il en appelait à la potence.Quoi d’étonnant alors, si, une fois volé, il parle d’“aller quérir la justice, et de faire donner la question à toute sa maison” ?Cette exagération apparente, n’est que le développement logique, l’aboutissement naturel d’une passion progressivement exaspérée.Conclusion aussi naturelle, aussi nécessaire sa volonté de suicide: “Je veux faire pendre tout le monde; et, si je ne retrouve mon argent, je me pendrai moi-même après”.—Possédé par son argent, n’existant que pour lui, en lui et par lui, Harpagon perd, avec lui, toute raison de vivre.Sa mort ne serait que le dernier transport de ce désespoir amoureux qui lui faisait dire tout à l’heure: “Puisque tu m’es enlevé, j’ai perdu mon support, ma consolation, ma joie: tout est fini pour moi et je n’ai plus que faire au monde.Sans toi, il m’est impossible de vivre”.Bref, dans cette scène, nous assistons à l’épanouissement violent d’une passion dont nous avons d’acte en acte suivi l’incessant progrès.D’ailleurs, et sentant le premier ce que cette passion offre de monstrueux, Mohère prend soin d’en graduer ici même les manifestations.Comiques ou dramatiques, il prépare ses effets; et telles images trop précises ou trop fortes peut-être, il ne les amène qu’au terme d’une énumération ascendante: “Je suis perdu, je suis assassiné! on m’a coupé la gorge”.—“C’en est fait; je n’en puis plus; je me meurs; je suis mort”.* * Ces précautions prouvent, chez Molière, le souci non seulement de la vérité, mais de la vraisemblance.L’une et l’autre, il les a respectées dans la mesure que nous venons d’indiquer.Il ne nous semble pas néanmoins qu’il s’y soit toujours exactement tenu.Acceptons qu’Harpagon ait l’esprit assez troublé,—l’explication est de Molière lui-même,— Kur se prendre le bras et s’arrêter comme son propre voleur.Mais est-il bien naturel qu’à xpression figurée de ses sentiments vrais {je me meurs, je suis mort.), est-il bien naturel qu’il ajoute cette image un peu bien précise: “Je su's enterré?—Est-il naturel qu’il songe à se faire donner la question à lui aussi.—Est-il bien naturel surtout que son hallucination,—en soi parfaitement admissible,—oriente Harpagon non vers la fenêtre, non vers la rue, mais vers la salle de théâtre et lui fasse interpeller les spectateurs eux-mêmes {“Que de gens assemblés\.N’est-ü point caché là parmi vous ?Ils me regardent tous et se mettent à rire”).—Cette rupture des conventions théâtrales, dissipe l’illusion dramatique et rend trop sensible l’artifice comique.Tel n’est pas, il est vrai, l’avis de tous les critiques et plusieurs se sont appliqués à justifier ces procédés de théâtre.Nous laissons au lecteur la liberté de son jugement; et cela d’autant plus volontiers que nous avons signalé d’abord les rares mérites de ce monologue célèbre.Gaillard de Champris.LE DESSIN A L’ÉCOLE PRIMAIRE NOVEMBRE 1931 Programme mensuel suggéré aux divers cours COURS INFÉRIEUR En première année: exercer les élèves à prendre le milieu d’une droite, tracée en diverses positions.—Ajouter à la bande de papier portant des pouces, les divisions en demi-pouces; exercice.—Attirer l’attention sur des objets, des figures, formées de deux parties semblables. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 153 COURS INFÉRIEUR COURS MOYEN ptAYYUWUà & ($), ÇVrie.- coutfccmx- Vux tie.ficû "D€vcloj>pc.rrvtat.\nzzzzzznr COURS SUPERIEUR *ia* jDeAjoc^cLuuJûVic O' ^‘c^i^rvule- ^ ivk£.cUovfce.Z-nu>ycr) 154 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE En deuxième année: revue du carré; son tracé, commençant par le côté inférieur.—Carré d’apZomô, carré d'angle.—Division de la droite en trois parties égales.Première année 1.—D’après silhouette en carton: chaise d’écolier, (support de fonte).2.—Après observation sur l’objet en nature: burette de machiniste.3.—Bordure: (ligne droite et ligne courbe).4.—De mémoire : un balai.Deuxième année 1.—Moulin à café; (basé sur le carré, division du côté en 2, 3 parties égales).2.—Ornement; (préparation au moyen du carré d’aplomb et du carré d’angle).3.—Caisse à fleurs.Colorier.4.—De mémoire : un bidon pour le transport du lait.COURS MOYEN En troisième année: revoir le carré, le rectangle; remarques sur les côtés et les angles.En quatrième année: revoir le losange.—Exemples de disposition rayonnante dans l’ornementation: (fleurs, rais d’une roue, cristaux de neige).En ces deux années: rappel des couleurs primaires et binaires.Troisième année 1.—D’après nature: un happe-notes où sont insérés divers papiers de forme carrée et rectan- gulaire.Colorier.2.—Croix ornementale: basée sur le carré.Colorier.3.—D’après nature: serrure; croquis géométral, (vue de face et vue de côté.) 4.—De mémoire: un fer à cheval.Quatrième année 1.—Rosace: losanges en disposition rayonnante.Colorier.2.—D’après nature: objets offrant des contours à lignes courbes, sans déformation perspective, (théière, bouilloire.).3.—D’après nature: porte-couteaux; croquis géométral et développement.(Ce motif peut être reproduit en nature, par découpage dans du papier fort.) 4.—De mémoire: un poste d’essence, à l’entrée d’un garage.COURS SUPÉRIEUR En cinquième et sixième années: tracé de la perpendiculaire à l’extrémité d’une droite.—Revue du losange.—Le triangle rectangle.—Observation et tracé du cercle en perspective, (horizontalement, verticalement).—Teintes et nuances; (voir la Répartition mensuelle du programme, p.114 et 115.) Cinquième et sixième années 1.—Décor du losange, par répétition du motif, (feuillage conventionnel) dans chaque triangle formé par les axes du losange.Colorier.2.—Interprétation décorative: un oiseau, (spécimen du musée scolaire, si possible,) chouette, hibou.Déterminer les droites propres à bien répartir le dessin.3.—Perspective d’après nature: groupement d’objets cylindriques, les surfaces circulaires placées horizontalement, verticalement.4.—De mémoire: des jumelles.Tenir compte de la perspective des surfaces circulaires.Fr.Raphaël, des Écoles chrétiennes. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 155 PRÉPARATION AUX EXAMENS DU BREVET SUPPLÉMENTAIRE DES ÉCOLES NORMALES ET DU BREVET A L INSPECTORAT DES ÉCOLES PRIMAIRES CORRECTION D’UN DEVOIR Expliquez en l’appliquant à l’éducation cette pensée de Plutarque: “En agriculture, il faut un bon sol, un bon cultivateur et une bonne semence.” CORRECTIONS COPIE D’ÉLÈVE D’où vient qu’en lisant la pensée de Plutarque “En agriculture, il faut un bon sol, un bon cultivateur et une bonne semence,” on se sent tente d’ap- .pliquer sente porte à appliquer cette C’est que l’édu- parole à l’éducation?C’est cation de 1 homme qu’entre la science de l’agri- est aussi une cul- -;- ture et qu’elle a culture et la science de une grande ana- l’éducation il y a une analogie avec celle de -;- la terre.logie frappante.Ce paragraphe ne En effet, si en agriculture, dit rien et doit être -;-;- retranché.il faut, un bon sol, un bon cultivateur et une bonne semence, l’enfant disposé à se laisser façonner, le bon maître et les enseignements bien choisis ne sont pas moins indispensables en éducation.Et qu’est-ce qui constitue un bon sol?C'est plutôt à cette question qu’il fallait répondre afin d’amener les détails d’un parallèle intéressant et naturel.Idée bien vague et bien obscure.Pourquoi faut-il un bon sol en agriculture ?Parce qu’un sol qui manque des qualités nécessaires pour être productif ne peut produire que peu de fruits.De même un enfant peut manquer sous le rapport des facultés, et mettre ainsi un obstacle aux enseignements r, ., que son maître lui donne Let exemple, comme le principe pour son education.L eleve émis,, manque de Bossuet était dans ce cas.netteté et de pré- cision.Et pourquoi son maître Énoncez donc clairement ce quelque chose.Plat et languissant.ses leçons et ses efforts que l’on pouvait en attendre en même n’est pas français l’action du maître est-elle de même qu’en agriculture ?N’oublions pas qu’en dehors des connaissances étendues qu’il doit posséder, il est indispensable que le maître ait le souci de son terrain de culture qui est son école, une vigilance de tous les instants, la passion de son ministère et l’esprit de méthode.Outre les vertus nécessaires à tout citoyen et la science formelle, il lui faut de plus le savoir-faire et le savoir-vivre, car ses disciples sont portés à l’imitation ; placé constamment sous leurs fût sous tous les rapports capable de lui donner l’éducation qui convenait à son rang, le fils de Louis XIV ne semblait pas fait pour devenir un prince distingué.Pourquoi?C’est qu’il lui manquait ce qu’il faut à tout homme dont on veut soigner l’éducation.Ainsi, il faut que l’enfant soit apte à comprendre son précepteur, sinon, quelque expérimenté que soit ce dernier, ses enseignements ne produiront pas tous les effets qu’ils sont en même de produire.Mais le bon maître est-il moins utile en éducation?Non, car “tant vaut l’homme, tant vaut la terre” et “on ne peut donner ce qu’on n’a pas”.Un maître sans expérience peut-il donner une bonne éducation à l’enfant ?Saura-t-il l’encourager et le reprendre à temps et à propos ?Un maître sans vertu rendra-t-il son élèvevertueux?Non, puisqu’il détruira par ses exemples ce qu’il n’avait élevé que par des paroles.Un maître qui n’a pas la science voulue pourra-t-il instruire son disciple?C’est inutile qu’il essaye.La vertu, l’expérience et la science, voilà trois qualités indispensables à un éducateur.Les pos- 156 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE yeux, c’est un mo- sède-t-il, il fascinera pour dèle que forcément - et même à leur ainsi dire son élève, et ce insu, ils refléteront dans leur personne.qu’il a en science et en vertu L’idée est juste, son élève voudra l’avoir.“On mais mal rendue, recueille ce que l’on a semé.” La principale qualité de la semence, c’est d'être nette, franche et pure, de ne pas receler d'imaie.Mal dit.Tout le monde en convient, si la semence est de bonne qualité, la récolte sera de bonne qualité, et si la semence est de qualité inférieure, la récolte sera aussi de qualité inférieure.Ce qui est vrai pour l’agriculture, n’est-ce pas vrai aussi pour On ne dit pas semer des habitudes.Qu’est-ce que des habitudes de virilité .l’éducation?Oui, et encore plus.Semez dans l’âme de l’enfant des habitudes de virilité; plus tard, il sera fort contre les épreuves de la vie.De quelle nature Donnez-lui de fortes convic- doivent être ces for- ^ions.pius tard, rien ne le tes convictions.- fera sortir de la voie droite.?Nous ne voyons Nourrissez-le au contraire de que des mots et fables, toute sa vie il se point d'idée.-:-:—tt-;- nourrira de fables.Saint Louis a reçu de bons phrases0 ° \a ^ eprc- enseignements> les fruits ont mière n’est pas été en rapport.Et jamais complète et la se- ~ 7 7T~7 ï conde n’est pas régné en France n a ete plus française.heureux que le sien.C’est de l’imbroglio et du galimatias.Expressions faibles ou impropres.Louis XV a reçu des enseignements non pas mauvais, mais peu virils.Aussi, pendant toute sa vie, ce roi a-t-il vécu comme s’il avait reçu une mauvaise éducation.Par ces exemples, on voit que la bonne ou la mauvaise vie d’un homme dépend en grande partie des enseignements qu’il a reçus dans sa Tournure lourde et style peu châtié.La conclusion aurait dû rappeler la pensée de Plutarque.jeunesse.L’éducation de l’enf ant sera donc bien faite si, étant lui-mêmenaturellementbien doué, on lui donne un maître vertueux, expérimenté, instruit et qui sache lui donner de bons et sages enseignements.OBSERVATIONS GÉNÉRALES Note 6 sur 20.—Le sujet à traiter est très fécond en rapprochements intéressants; toutes les idées qu’il comporte devraient être familières à l’esprit d’un jeune homme qui se destine à l’enseignement.Soit impuissance ou faux calcul, l’élève a 'évité de faire ressortir les points de contact, pourtant si apparents, qui existent entre la culture intellectuelle de 1 homme et celle de la terre; il est resté dans le vague, où il se complaît, et n’a pas traité la question.Delacroix.BIOGRAPHIE HISTORIQUE Cartier Saint-Antoine-sur-Richelieu s’honore d’être le village natal de Georges-Etienne Cartier qui, s’appuyant sur une vieille tradition familiale, prétend descendre de Pierre Cartier, frère de Jacques Cartier, le découvreur du Canada.Tout jeune, il entend le récit des laboureurs qui se transmettent de père en fils l’histoire des ancêtres.Oh! à l’exemple, de ces braves dont on lui retrace les exploits, comme il saura, lui aussi, défendre son pays! Actif, énergique, ambitieux, il aime le pouvoir et la lutte, il est plein de confiance en lui-même.Cette confiance est basée sur cette idée qu’il a plus étudié, plus travaillé que ses amis et ses rivaux; et c’est vrai, car il donne au labeur quatorze heures par jour.Après son cours classique au collège de Monrréal, il aborde l’étude du droit, fait son stage chez Edmond Rodier, patriote ardent et tribun populaire.Rien d’étonnant alors que Georges-Étienne Cartier prenne rang parmi les Fils de la Liberté, combatte à Saint-Denis et soit obligé de s’enfuir aux États-Unis .Après l’amnistie de 1838, il se met à la pratique de sa profession en société avec Lafontaine.Conscient des luttes à venir, il se pénètre de la connaissance du L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 157 droit et de nos droits, de la constitution anglaise et de notre histoire.Puis il entre dans l’arène comme député de Verchères.Quelle admirable carrière politique que celle de Cartier! Deux parties bien distinctes: dans l’une, il est l’homme de sa province; dans l’autre, l’homme de son pays.Dans la première phase, il consacre son talent à donner à sa province française les institutions sociales, politiques et religieuses dont elle a besoin pour garder sa physionomie particulière.C’est ainsi qu’en sa qualité de Secrétaire provincial pour le Bas-Canada, il lui donne des écoles normales françaises et catholiques et un conseil de l’Instruction publique conforme aux vœux de ses concitoyens et aux désirs du clergé.Procureur général, il s’empresse de mettre en vigueur les lois françaises dans les Cantons de l’Est, afin d’étendre le patrimoine de sa province natale qu’il réussit à doter, plus tard, de deux codes de lois françaises.Il est encore l’homme de sa province quand il lutte contre Georges Brown et son projet d’écoles neutres où sombreraient notre langue et notre foi; quand, pendant dix ans, il travaille avec une énergie incomparable à l’œuvre de la Confédération dont il est le véritable artisan.Alors, et c’est la deuxième phase de sa carrière politique, Cartier devient l’homme de son pays.Pas assez vaste la Confédération qu’il vient de former! il rêve de l’étendre de l’Atlantique au Pacifique.Annexion des Territoires du Nord-Ouest et de la Colombie-Britannique, construction du Pacifique Canadien, voilà les objectifs difficiles à atteindre.Mais pour lui, l’effort n’est rien; le terme, c’est tout.Sa foi invincible dans l’avenir de la patrie le rend maître de tous les obstacles.A la session de 1872, quand fut votée la première charte du chemin de fer, fier de sa victoire, le Père du Pacifique Canadien lança ce mot applaudi de toute la chambre: “Ail aboard for the West”.Cartier n’était pas orateur au sens académique du mot.Il parlait en homme d’affaires; construisait son discours avec des faits, des chiffres et des raisons plutôt qu’avec des phrases éclatantes.Mais quelle énergie dans sa parole, dans son action! Lorsque la discussion s’anime, il s’exalte, pivote sur lui-même, regarde tour à tour ses partisans et ses adversaires; on dirait qu’il veut dévorer les uns et animer les autres de son feu.La confiance en sa valeur le rend débordant d’optimisme, comme s’il tenait déjà la victoire au milieu du combat.C’est bien l’homme qu’il faut pour tenir serrés autour de soi les rangs d’une armée.Les haines accumulées sur Cartier dans l’ardeur des luttes où son élan ne fut pas toujours exempt d’injustice, se sont depuis longtemps évanouies.Il a cessé d’être un homme de parti, pour devenir une de nos gloires nationales et aujourd’hui tout Canadien est heureux de s’incliner devant sa grande renommée.“Plus on examine le résultat des labeurs de ce grand artisan, plus on se convainc que son âme rend à l’épreuve le son pur du franc métal,” dit Alfred Decelles.Poète à ses heures, Cartier nous a laissé un hymne à la patrie: O Canada, mon pays, mes Amours! Une élève du cours supérieur, Ecole normale de Roberval.LEÇON DE CHOSES Les dents (Pour le cours supérieur de l’École primaire élémentaire et le Cours complémentaire) SUJETS TRAITÉS -i' ; Les dente.—A l’aide d’une image ou gravure représentant une dent, faire remarquer les différentes formes, leur rôle, leur structure; soins à donner aux dents.Les dents, productions épidermiques comme les ongles et les poils, sont des corps durs que portent les mâchoires; elles sont encastrées dans les alvéoles des deux .og,jjiaxillaires supérieurs 4 158 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE fixes et l’os maxillaire inférieur mobile qui a la forme d’un fer à cheval.Celui-ci s’articule par deux condyles avec les os temporaux, situés de chaque côté de la tête.Divers muscles le font mouvoir de haut en bas, de bas en haut et latéralement.Une dent se compose de la couronne extérieure à la gencive , de la racine implantée dans l’alvéole.Le collet sépare les deux régions.L’homme possède trois sortes de dents: 1° les incisives ayant une petite racine et une couronne tranchante; 2° les canines ayant une longue racine et une couronne conique; 3° les molaires à une ou plusieurs racines et une couronne plate.Les incisives placées au milieu des mâchoires coupent les aliments, les canines placées à côté des incisives les déchirent comme font les crocs d’un chien.Les molaires rangées aux extrémités les broient comme le feraient des meules.Les dents empêchent l’écoulement de la salive en dehors de la bouche, elles jouent aussi un rôle important dans la formation de la parole et dans la mastication.L’homme possède 32 dents, 16 à chaque mâchoire, dont 4 incisives, 2 canines et 10 molaires.Dans sa première dentition, dite dentition de lait, l’enfant n’a que 20 dents.Celles-ci tombent vers sept ans et sont remplacées par vingt autres.Quelques années plus tard, il se forme 4 grosses molaires à chaque mâchoire.Vers l’âge de vingt ans, deux grosses molaires, appelées dents de sagesse, viennent compléter la dentition; parfois elles ne sortent qu’en partie.Une dent présente 4 parties: 1° l’ivoire qui renferme du carbonate et du phosphate de calcium; 2° l’émail qui recouvre et protège l’ivoire; 3° le cément, substance jaunâtre qui enveloppe la racine; 4° la pulpe dentaire, partie molle qui occupe une cavité creusée dans l’ivoire.C’est dans cette pulpe que se ramifient les v:> isseaux sanguins (artère, veine) et un filet nerveux qui donne à la dent sa sensibilité, soit qu’on en souffre, soit qu’on l’arrache.Pour conserver les dents en bon état, il faut les frotter avec une brosse assez résistante et enduite de charbon pulvérisé, se laver la bouche avec de l’eau contenant quelques gouttes d’un bon dentifrice, s’abstenir de boire et de manger très chaud ou très froid, d’éviter de casser des corps durs, tels que noisettes, noix, amandes, noyaux, etc.La maladie la plus commune est la carie ou altération de l’ivoire; elle peut donner lieu à des complications inflammatoires.Si la carie atteint la pulpe il faut enlever celle-ci et obstruer la cavité.Une autre maladie à redouter, c’est la nécrose ou intoxication des os de la mâchoire par le phosphore.Les allumettiers en sont rarement exempts.Un jeune dentiste.QUESTION D’HISTOIRE Le mouvement des Métis en 1869 (Pour Y Enseignement Primaire) Récemment, le hasard me conduisit dans une classe d’école primaire.Sur le tableau noir, on pouvait lire: “Première insurrection des Métis.—En 1869, sous Louis Riel, les Métis se révoltèrent.—Deuxième insurrection des Métis.” Je fus surpris et voulus voir ce que disent sur cette question les manuels d’histoire du Canada en usage dans nos écoles.L’un de ces livres s’exprime ainsi: “Avec l’assentiment du cabinet de Londres, la compagnie de la Baie-d’Hudson céda au Canada les vastes contrées du Nord-Ouest.Sur ces entrefaites, le gouverneur nommé par la compagnie de la Baie-d’Hudson démissionna.Sur son avis et sous la direction de Louis Riel et de Lépine, les habitants formèrent un gouvernement provisoire.” Il n’y est nullement question de révolte.Un deuxième volume de la même série parle, plus brièvement, dans le même sens.Mais d’autres racontent la chose différemment et disent: “Les Métis du Nord-Ouest se soulevèrent à l’appel de Louis Riel, en 1870, lorsque le gouvernement canadien érigea la province du Manitoba; mais il furent soumis par Wolseley et les troupes fédérales” “In 1870, when the L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 159 Canadian government made Manitoba a province, the Half-breeds of the North West led by Louis Riel rose in rebellion: but they were soon routed by Wolseley with his federal troops.h’Histoire du Canada par les Frères des Écoles chrétiennes, un assez fort volume, relate les faits plus au long et les tire au clair.Plus loin, nous citerons cèt ouvrage.Examinons la question, et, pour commencer, faisons un peu de chronologie.En 1867 fut établie la Confédération canadienne comprenant les quatre provinces de Québec, de l’Ontario, de la Nouvelle-Écosse et du Nouveau-Brunswick.En 1868, le Parlement britannique adopta le “Rupert’s Land Act” autorisant la Confédération canadienne à acquérir les Territoires du Nord-Ouest.En 1869, le 22 juin, le gouvernement canadien vota une loi pour l’administration de sa future colonie du Nord-Ouest; et, le 29 octobre, ce même gouvernement désigna William MacDougall pour être gouverneur de cette colonie, quand elle ferait partie de la Confédération.En 1869 encore, le 19 novembre, la compagnie de la Baie-d’Hudson céda ses territoires du Nord-Ouest à Sa Majesté la reine Victoria.En 1870, le 15 juillet, les Territoires du Nord-Ouest passèrent aux mains du gouvernement canadien.Voyons maintenant quelle était à cette époque (1867) la condition politique des Territoires du Nord-Ouest.Ces territoires étaient une colonie anglaise; ils appartenaient à la Compagnie de la Baie-d’Hudson, et étaient tout à fait indépendants du Canada.“Ils étaient habités surtout par des sauvages nomades et vivant de la chasse.Cependant, dans ce qui est aujourd’hui le Manitoba, se trouvait l’établissement de la Rivière-Rouge, colonie comptant environ 12,000 âmes: 6,000 Métis français, 4,000 Métis écossais et anglais, quelques Indiens et des blancs.“La compagnie de la Baie-d’Hudson exploitait plus qu’elle ne gouvernait ces territoires.Les tribus sauvages élisaient leurs propres chefs, et à elles seules incombait le soin de régler, par la guerre ou autrement, les différends qui pouvaient surgir entre elles.La compagnie nommait un gouverneur et un conseil pour administrer l’établissement de la Rivière-Rouge, mais elle n’avait pas de force armée.Pour la défence nationale, les Métis, comme les sauvages, étaient abandonnés à eux-mêmes.Ils s’organisaient alors, élisaient des chefs, établissaient à leur tête un gouvernement momentané: c’était là leur devoir comme leur droit (1).” De ce droit incontesté ils usèrent fréquemment.Dans les pourparlers au sujet du transfert des territoires du Nord-Ouest des mains de la compagnie de la Baie-d’Hudson à celles du Canada, on ne tint aucun compte des habitants du pays.“Ces procédés blessèrent profondément les Métis: sans les consulter, sans les prévenir et contrairement au droit des gens, on leur imposait un nouveau régime (2).” “The author of the transfer looked upon them as so many sheep,” dit William Leggo dans The Earl of Dufferin’s Administration in Canada, p.517.“De plus, les Métis étaient fort inquiets sur le sort qui les attendait dans la Confédération canadienne; et l’événement n’a que trop prouvé que leurs craintes étaient fondées (3).” D’autres faits aggravèrent la situation.En 1869, comme nous l’avons vu, le Canada n’avait sur l’établissement de la Rivière-Rouge aucune autorité, pas plus qu’il n’en a aujourd’hui sur Terre-Neuve ou les Bermudes.Malgré cela, le gouvernement canadien fit construire une route stratégique et de colonisation en partie sur le territoire de la Rivière-Rouge, envoya des gens arpenter les terres de cette colonie, et son fonctionnaire, William MacDougall, se dirigea vers le pays qu’il comptait gouverner.Les employés du gouvernement canadien “arpentèrent non seulement les plus belles des terres inoccupées, mais encore celles des Métis et cherchèrent à s’emparer de ces dernières (4).On annonça que MacDougall avait dans ses bagages trois cent cinquante carabines et une forte quantité de munitions.Déjà le colonel Dennis (chef des arpenteurs canadiens) travaillait à (1) Histoire du Canada, par les Frères des Ecoles chrétiennes.(2) Histoire du Canada, par les Frères des Ecoles chrétiennes.(3) Histoire du Canada, par les Frères des Écoles chrétiennes.(4) Voir Vie de Mgr Taché, par dom Benoît, vol.II, pp.8 et 13. 160 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE recruter des hommes prêts à faire le coup de feu pour aller à la rencontre de MacDougall et l’introduire dans le pays (1).C’étaient des menaces de vol, d’invasion et de guerre civile.“En présence de ce danger, les Métis n’hésitèrent plus; ils s’organisèrent et établirent, pour présider à la défense commune, un Conseil national, avec John Bruce (Métis écossais) pour président et Louis Riel pour secrétaire (2).” En établissant ce Conseil national, les Métis exerçaient un droit qui leur avait toujours été reconnu, comme nous l’avons vu plus haut, et ils ne commettaient d’acte de révolte contre aucun gouvernement.Ils ne méconnaissaient pas l’autorité de la compagnie de la Baie-d’Hudson, et le Canada, encore une fois, n’avait là aucune juridiction quelconque.“Décidés à l’action, les Métis chassèrent de leurs terres ceux qui menaçaient de les dépouiller, interdirent à MacDougall l’entrée de leur territoire, confisquèrent ses armes et ses munitions.MacDougall s’était arrêté sur la frontière, à Pembina (États-Unis).Là, pendant deux mois, il complota de toutes manières pour pénétrer dans la Rivière-Rouge.Il se proclama faussement nommé par la Reine lieutenant-gouverneur de cette colonie.Sous cette autorité usurpée, il commissionna le colonel Dennis d’armer des hommes pour faire la guerre aux Métis, et, tentative inqualifiable, il essaya de soulever contre ces derniers les tribus sauvages (3).” Trompé par la proclamation de MacDougall, McTavish, qui gouvernait la Rivière-Rouge au nom de la compagnie de la Baie-d’Hudson, abdiqua ses pouvoirs.Les Métis se trouvèrent ainsi sans gouvernement civil.Ils formèrent alors un gouvernement provisoire (décembre 1869).Il est évident que cette fois encore les Métis ne commettaient acte d’insurrection contre aucun gouvernement.Ils usaient tout simplement du droit qu’a tout peuple de se donner des chefs quand il n’en a pas.Le gouvernement qu’ils établirent fut d’ailleurs reconnu par McTavish, le gouverneur démissionnaire, par le gouvernement du Canada et celui de la Grande-Bretagne.Relatant les événements de 1869 et 1870 à la Rivière-Rouge, il ne faut donc pas parler de révolte, d’insurrection, ni même de soulèvement.L’abbé Dugas, qui était bien au courant des faits, dit le “mouvement” des Métis; c’est le terme convenable.Est-il vrai que les Métis “were soon routed by Wolseley with his federal troops”?—Le gouvernement provisoire établi, le soi-disant gouverneur MacDougall et les autres fauteurs de discorde finirent par disparaître.Le gouvernement envoya à Ottawa des délégués pour négocier, avec les représentants canadiens, l’entrée de la Rivière-Rouge dans la Confédération canadienne.La paix semblait assez bien assurée à la Rivière-Rouge, le gouvernement congédia les Métis qu’il avait appelés sous les armes.Ceux-ci rentrèrent dans leurs foyers, et c’est là qu’ils étaient quand Wolseley et son armée arrivèrent au Nord-Ouest.Il n’y avait donc personne à “mettre en déroute”.“Riel s’enfuit aux États-Unis à l’arrivée de WolselejC’-—Oui, et voici pourquoi.Le Canada avait enfin acquis les Territoires du Nord-Ouest; les négociations dont nous avons parlé ci-dessus avaient abouti à bonne fin; le gouvernement provisoire avait accepté en principe la juridiction canadienne.Riel, chef de ce gouvernement, attendait, pour lui remettre l’administration du pays, le lieutenant-gouverneur qu’avait nommé le Canada.Au lieu d’un gouverneur, on vit arriver une armée!.Parlant des miliciens dont cette armée était composée, le lieutenant-gouverneur Archibald déclara plus tard: “Some of them openly stated that they had taken a vow before leaving home to pay off all scores by shooting down any Frenchman that was in any way connected with the event”.Get “event”, c’était une exécution judiciaire ordonnée légalement par le gouvernement provisoire.Rentré dans la vie privée, n’ayant plus aucun moyen de défense, Riel avait tout à redouter de la part d’hommes qui avaient juré de commettre le meurtre; on le lui dit et il prit la fuite.Mais, on le voit, ce n’était ni la défaite au cours d’une bataille ni la crainte d’un châtiment qui le faisait agir.Qu’on ne parle donc plus d’insurrection ni de déroute, quand on raconte les événements de 1869 et de 1870 à la Rivière-Rouge.Jacques Labrie.(1) L’abbé G.Dugas, le Mouvement des Métis en 1869, p.56.(2) Histoire du Canada, par les Frères des Ecoles chrétiennes.(3) L’abbé G.Dugas, le.Mouvement des Métis en 1839.p.163.Histoire du Canada, par les Frères des Ecoles cnré-tieunes. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 161 L’HISTOIRE NATURELLE A L’ÉCOLE PRIMAIRE Quelques principes d’aviculture (Suite) (1) Il importe que le nid de la couveuse soit assez grand et de forme convenable pour assurer le confort de la poule et la bonne position des œufs.Une boîte à fromage de 10 pcs.de hauteur et 14 pcs.de diamètre fera un nid idéal.Le fond de la boîte sera recouvert d’une couche de terre de 3 pcs.d’épaisseur sur laquelle on placera environ 5 pcs.de paille.En préparant le nid, il faudra viser à lui donner la forme légèrement concave et à bien masser la paille qu’on y met.S’il est de forme trop creuse, les œufs y seront pêle-mêle et par conséquent plus exposés à se casser lorsque la poule sautera sur le nid.C’est surtout après l’éclosion que le nid à forme concave prouve sa supériorité en assurant aux poussins plus d’espace et de sécurité.La plus grande propreté devra y régner tout le temps que durera l’incubation.Si des œufs se brisent il faudra immédiatement les enlever et changer la couche de paille.MIRAGE DES OEUFS Après cinq ou six jours d’incubation, les œufs devraient être mirés, afin de pouvoir éliminer ceux qui ne sont pas fécondés et qui peuvent encore être utilisés à la cuisine.Un second mirage fait le seizième jour fera reconnaître les œufs à faux germe, ou ceux dont l’embryon est mort au cours de la couvaison.Ces œufs ne tarderaient pas à se putréfier, si on n’avait soin de les enlever, et les gaz délétères qui s’en dégageraient pourraient compromettre le succès de l’incubation.ÉLEVAGE DES POUSSINS Après 21 jours de couvaison apparaîtront les poussins, la vue de ces petites créatures si délicates, si gracieuses et déjà douées d’une activité étonnante ne laisse pas de procurer à l’aviculteur une joie toujoure nouvelle.Mais, si pour ce dernier, l’élevage des poussins est la partie la plus intéressante, elle est en même temps la plus difficile, et son succès dépend des quatre facteurs suivants: l’hygiène, la température, l’alimentation et la lumière artificielle.HYGIÈNE * Des couvées complètes sont parfois disséminées par cette terrible maladie appelée diarrhée craieuse bacillaire qui se transmet rapidement de la poule aux poussins.Il n’existe pas de remède ou de régime d’alimentation qui puisse enrayer cette diarrhée; on peut cependant la prévenir en choisissant pour l’élevage, des œufs ou des poussins provenant de sujets parfaitement sains.La poussinière devrait toujours être nettoyée avant que les poussins y aient accès.Il serait bien imprudent d’utiliser un local encore sale des opérations précédentes.Si l’élevage se fait à bonne heure au printemps, ce qui est fort recommandé, on ferait bien de construire en avant de la poussinière une plate-forme entourée d’un grillage, et qui, tout en préservant les poussins contre la grande humidité du sol à cette époque, leur permettrait de sortir et de recevoir les bienfaisants rayons du soleil.La litière reconnue la meilleure par les aviculteurs est la toile de poche pour les deux premiers jours, et ensuite, des copeaux de planeurs.Il importe que cette litière soit changée fréquemment et que le plancher soit lavé et désinfecté à chaque changement.TEMPÉRATURE Le poussin redoute l’humidité, et les baisses subites de température lui sont fatales; aussi faut-il que son habitation soit légèrement ventilée et suffisamment chaude.ALIMENTATION 11 arrive souvent que des éleveurs sans expérience commettent l’erreur de donner de la nourriture aux poussins qui viennent de naîtrre.Ces derniers, lorsqu’ils sortent de la coque, portent en eux, sous forme de jaune d’œuf, un aliment suffisant pour les sustenter l’espace de plusieurs jours, et rien ne doit leur être donné avant 48 hrs.Les premiers aliments seront du lait, de l’eau, et du charbon de bois finement écrasé.Le deuxième jour, on pourra ajouter du son sec placé dans des trémies.Le troisième jour et dans la suite jusqu’à l’âge de deux mois et demi, on pourra servir la pâtée suivante également dans des trémies: 100 Ibs.de blé d’Inde jaune grossièrement moulu.25 Ibs.de gru blanc.15 Ibs.de lait en poudre.(1) Voir VEnseignement Primaire d’octobre 1931. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE LA BASSE-COUR ¦ .•¦¦¦¦•- ; :i- H '¦ •'.-; ^ ¦Wig& tCi ¦ üiifs Si " 8 '•• .V>.s'i' 5> ¥ >/¦ 'v'-x-.-xx :.:;.?; .- m ; 5p->s Fig.1.—Fontaines-abreuvoirs.“ 2.—Cage d’engraissement, “ 3.—Trémie.:.¦ • mp ü^i -:- .y^k I/ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 163 15 lbs.de feuilles de luzerne.10 Ibs.de farine de poisson.8 Ibs.d’os concassés.6 Ibs.d’écailles d’huîtres.3 Ibs.de gravier.2 Ibs.de craie.1 1b.de sel.2% d’huile de foie de morue, (Rév.Frère Wilfrid, régisseur de la Basse-Cour des RR.P.Trappistes, Oka).On servira aux poussins cinq ou six repas par jour.En tout temps ils devront avoir devant eux des abreuvoirs d’eau et de lait que l’on aura soin de renouveler souvent, ainsi que des trémies de gravier, de coquilles d’huîtres, et de charbon de bois et de pâtée sèche.Les abreuvoirs doivent être de construction simple afin de faciliter le nettoyage.Une boîte vide de tomates ou une boîte semblable avec deux trous percés dans les côtés près du sommet et renversée, fera un excellent abreuvoir pour les poussins.LUMIÈRE Il est reconnu que la lumière artificielle, en permettant aux poussins de se nourrir la nuit comme le jour, joue un rôle important en aviculture.Les résultats obtenus par ce système se traduisent par un développement plus rapide et plus uniforme des poulets.Ces derniers sont plus vigoureux et la mortalité dans l’élevage est sensiblement réduite.ENGRAISSEMENT DES POULETS L’aviculteur averti sait que, pour être réellement rémunérateur, l’engraissement des poulets doit se faire promptemant.Or, l’air, la lumière, la chaleur et surtout la séquestration des sujets sont des facteurs de première importance pour l’obtention de ce résultat.Un engraissement rapide, pas plus qu’une chair blanche et tendre, ne saurait être obtenu avec des sujets laissés en liberté.La cage d’engraissement appelée encore “épinette”, doit mesurer 6 pds.de longueur, 16 pcs.de largeur et 20 pcs.de hauteur.Deux cloisons transversales la séparent en trois compartiments pouvant contenir quatre poulets chacun.Elle, est faite de lattes espacées d’environ 3 pcs., disposées horizontalement sur trois côtés et verticalement sur la façade.Une auge triangulaire de 4 pcs.de largeur et de 4 pcs.de profondeur est fixée au moyen de crochets sur le devant de la cage/ laquelle est placée sur des supports de 15 pcs.de hauteur.Avec ce système d’engraissement, l’emploi du lait sur est indispensable pour obtenir une chair de bonne qualité.Le lait est mélangé avec du grain finement moulu et dans la proportion de 3 Ibs.de lait à 2 Ibs.de grain.On servira deux rations par jour, ayant bien soin d’enlever de l’auge les aliments qui sont restés de la ration précédente.On recommande de préparer la pâtée à l’avance, afin qu’elle ait le temps de fermenter avant d’être servie.Les grains à employer de préférence sont le blé d’Inde, l’avoine, l’orge, le sarrazin finement moulus.Le blé d’Inde produisant une chair jaune, on fera bien de n’en pas trop donner si l’on désire obtenir des poulets à chair blanche.L’emploi de criblures de renouée liseron, sous-produit des élévateurs, a donné d’excellents résultats et est fortement recommandé.Dans les familles où l’on n’a qu’un petit troupeau, les déchets de cuisine, soupes, bouillons, eaux grasses, etc., fourniront un précieux supplément.Les légumes verts et les os broyés pourront également être servis avec avantage.Au cours de l’engraissement, de l’eau pure sera servie une fois par jour, du gravier deux fois et du charbon de bois trois fois par semaine.E.Litalien, I.R.EDUCATION DU PATRIOTISME La nécessité d’une société nationale pour les Canadiens français Souviens-toi des anciens jours, pense à chacune des générations ; interroge ton père, et il te le racontera ; interroge tes ancêtres, et ils te le diront.(Deut., xxxll, 7.) Lorsque, depuis son berceau, un peuple croyant a marché, sous l’œil de Dieu, dans la voie qui lui a été tracée, il lui faut, pour exprimer la reconnaissance qui remplit son âme, des fêtes nationales où les espérances de la patrie de la terre s’unissent à celles de la patrie du ciel, dans la même joie 164 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE et dans les mêmes cantiques.Alors, le peuple se reporte, avec un noble orgueil, vers les souvenirs du passé pour trouver ce qui a fait sa force et sa gloire; il se réunit dans ses temples; il fait profession de sa foi; il offre à Dieu un tribut solennel de religion publique, pour reconnaître son empire et proclamer ses droits suprêmes, les élans de sa joie et de sa reconnaissance sont à la fois religieux et patriotiques.Ces fêtes de la religion et de la patrie sont saintes et dignes d’un peuple chrétien.Honneur à la Société Saint-Jean-Baptiste de Québec, qui, dans le but de promouvoir les intérêts les plus chers de notre nationalité, a organisé et réuni cette grande convention de toutes les sociétés nationales canadiennes-françaises, dans la cité de Champlain ! Honneur à la Société Saint-Jean-Baptiste, qui a inscrit sur ses bannières ces deux mots, que nous devons graver dans nos cœurs: Religion, Patrie! Vous avez noblement répondu à son appel; vous êtes venus avec joie de toutes les paroisses du Canada, et jusque des parties les plus reculées de l’Acadie et des États-Unis.Lève-toi, dans ta beauté et dans ta gloire, noble cité de Champlain! Lève, autour de toi, les yeux, et vois: tous ceux-ci, tes enfants, se sont assemblés, ils sont venus de loin.” “Ouvre tes portes à tes fils; ils sont l’œuvre de la main de Dieu pour le glorifier.Élargis l’en-“ceinte de tes tentes, et étends les peaux de tes tabernacles; n’épargne rien pour t’agrandir: allonge “tes cordages, et affermis les pieux qui les soutiennent.”(1) Venez avec vos insignes, vos chars allégoriques, avec vos nombreuses et brillantes bannières; entrez avec joie dans ce vieux Québec, où chaque pierre est un témoin des anciens jours; venez le premier, vous qui êtes le digne représentant de notre Très-Gracieuse Souveraine; venez, Pontifes, entourés de l’élite du clergé, vous dont toute la joie est de voir vos enfants marcher dans les sentiers de la vérité et du devoir; venez, vous qui êtes préposés par l’autorité pour rendre la justice, et vous, législateurs qui siégez dans les assemblées où s’agitent les plus grands intérêts dé la nation; venez, nobles enfants de la France catholique; venez, grands et petits, riches et pauvres; venez, familles canadiennes, dont la foi est toujours restée vierge de toute erreur: à l’aspect du spectacle majestueux que vous présentez, à vous voir si nombreux et si recueillis, les montagnes qui entourent d’une magnifique couronne la cité de Champlain tressaillent d’allégresse, et tous les arbres du pays battent des mains: “Montes exultant sicut arietes, et colles sicut agni ovium: et omnia ligna re-gionis plaudent manu.” Société Saint-Jean-Baptiste de Québec, et vous, sociétés sœurs du Canada, de l’Acadie et des Etats-Unis, je vous salue par ces paroles du Psalmiste: “Ecce quam bonum et quam jucundum habitare fratres in unum.” (2) Ah! que c’est une chose bonne et agréable que des frères soient unis ensemble! qu’elle est belle cette harmonie des esprits et des cœurs, dans la confession d’une même foi, sous l’autorité de l’Église de Dieu, la colonne et le soutien de la vérité! Qu’elle est admirable cette union du peuple canadien qui ne forme qu’un seul cœur et qu’une seule âme: “Cor unum, anima una!” (3).Du haut du ciel, qu’ils ont mérité par l’héroisme de leurs vertus, les saints et les martyrs de notre patrie, suspendant un instant les célestes mélodies de leurs concerts, répètent avec nous les paroles du saint roi : “Ah ! que c’est une chose bonne et agréable que des frères soient unis ensemble !” Mgr Racine, Premier évêque de Sherbrooke.(Extrait d un discours 'prononcé à Québec, en la fêle de la Saint-Jean-Baptiste, le 24 juin 1880.) (1) Isaie, liv.Lx.(2) Ps.CxxxII.1.(3) Act., iv, 32. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 165 L’ANGLAIS A L’ÉCOLE PRIMAIRE ANDROCLES AND THE LION (Suite et fin) (1) When do you beg for help ?.We beg for help when we are in danger.Is it necessary to be in real danger to ask for help ?Not always.What do you mean by help ?By help I mean the aid, the assistance given which furnishes relief or support.What did the lion seem to be asking here ?The lion here seemed to be asking for relief.How was he begging for help ?He was begging for help by making a low moaning sound.Read the end of the paragraph.As the lion approached him, he noticed that he limped with one of his legs, and that the foot was swollen.He then went up to the lion, took the wounded paw in his hand, and saio a large thorn in it.The slave drew out the thorn, and ivashed the wound.At once the animal was free from pain.Who was begging for help ?The lion was begging for help.From whom was the lion asking help ?The lion was asking help from the slave Androcles.Was the lion rusking towards Androcles ?No, the lion was not Risking towards Androcles.How was he going towards him ?The lion was going gently towards him.Was the lion getting nearer and nearer to Androcles?Yes, the lion was getting nearer and nearer to Androcles.How is this expressed ?It is said: As the lion approached him.Explain “approach”—To approach means to come nearer to somebody or something.Who was coming nearer to Androcles ?The lion was coming nearer to Androcles.What did Androcles notice then ?Androcles then noticed that the lion hmped on one of his legs.What is the meaning of “Umping”.Limping means walking lamely.What word expresses the idea of walking lamely ?The word “limping” expresses the idea of walking lamely.When does one walk lamely ?One walks lamely when one of the feet or one of the legs is sore.How many legs has a lion ?A lion has four legs.On how many legs does a lion walk ?A lion walks on four legs.Were the four legs of that lion in good shape ?No, one of his legs was not in good shape.How did Androcles notice it?Androcles noticed it because the lion was limping on one of his legs.How many sound legs had the lion ?The lion had three sound legs.Was the lion walking as usual ?No.the lion was not walking as usual.Why so ?Because he could lean on three legs only.How was he walking ?He was limping.What did Androcles notice on looking at the lion’s legs ?Androcles noticed that one foot was swollen.How many feet has a lion ?A lion has four feet.What special name is given to a lion’s foot ?The lion’s foot is called a paw.What is usually called a “paw”.The foot of any animal is usually called a “paw”.How was the lion’s foot ?The lion’s foot was swollen.Explain that.It means that the lion’s foot had increased in size, that that foot was larger than usual.From what verb does the word “swollen” come?The word “swollen” comes from the verb “to swell”.Look at the picture.Where is Androcles?Androcles is lying on the ground.What is he doing?He is looking at the lion’s paw.What paw is he looking at?He is looking at one of the fore paws.(1) Voir VEnseignement Primaire de septembre et octobre 1931.5 166 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE How many fore-paws are there ?There are two fore-paws, the right paw and the left paw.At which is he looking?He is looking at the right fore-paw.On how many legs is the lion standing?The lion is standing on three legs.Now let us come back to the reading.Who came towards Androcles?The lion came towards Androcles.What did Androcles then ?Androcles then went up to the lion.What did Androcles do to the lion when they met?When they met, Androcles took the wounded paw in his hand.What is the meaning of “wounded” 1 Wounded means injured, hurt, sore.What paw was wounded ?The right fore-paw was wounded.How did Androcles seize the wounded paw?Androcles seized the wounded paw with his right hand.Did he leave the wounded paw on the ground?No,he took it with his right hand and raised it from the ground.Why did he raise it from the ground?He raised it from the ground to see what was the matter with it.How was the paw?The paw was swollen.What did Androcles see when he looked under the paw ?When Androcles looked at the paw, he saw a large thorn in it What is a thorn ?A thorn is a sharp, pointed shoot or piece of wood.Where was that thorn ?That thorn was under the paw of the lion.What was the effect of that thorn?That thorn was hurting the lion when he would place his foot on the ground.What did Androcles when he saw the thorn ?When Androcles saw the thorn, he drew it out.How did he draw it out ?He took hold of it with the fingers of his left hand, and slowly pulled it out from the lion’s paw.Who drew the thorn out?The slave Androcles drew the thorn out.From where did he draw the thorn ?He drew the thorn from the lion’s foot.What did he do next?He then washed the wound.How do you suppose he washed the wound?There might have been some water in the cave; so he took some of that water to wash the wound, which he then wiped with a piece of his garment.How did the animal then feel ?The animal then felt well.What do you mean ?I mean that he did not feel any more pain in his right fore-paw.How is it said in the book ?It is said in the book that the animal was free from pain.How long after the pulling of the thorn did the animal feel free from pain ?The animal felt free from pain at once.Explain the expression at once.—-The expression at once means immediately, without delay, directly.What animal felt free from pam ?The lion felt free from pain.Read the end of the lesson.The lion began to show his gratitude by every means in his power.He played round about Androcles and licked his hand; then went out, and brought back food which he shared with him.In this friendly way, man and lion lived for some months.Who was helped in this circumstance ?The lion was helped in this circumstance.By whom was the lion helped ?The lion was helped by the slave Androcles.Did the lion appreciate the help he received?Yes, the lion appreciated the help he received from Androcles.What did he do to show it ?The lion began to show his gratitude by every means in his power.What is meant by gratitude ?By gratitude is meant the thankfulness which the lion owed to his savior.How did he express his gratitude?He expressed his gratitude by every means in his power.What does this mean ?This means that the lion showed his gratitude as well as he could do it.Could the lion speak his thanks?No, the lion could not do it. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 167 Could he write his thanks?No, he could not do it either.How did he express his gratitude ?He expressed his gratitude by playing round about Andro-cles, and licking his hand.Show how the lion was playing round about Androcles.He must have walked around him, back and forth, now and again placing his face close to the slave’s face, as if to say “thank you’’.What else did he do ?He licked the hand of Androcles.What hand did he specially lick ?He licked specially the hand that drew the thorn from his wounded paw.How did the lion lick the hand of Androcles?The lion licked the hand of Androcles by drawing or passing his tongue over the hand.What did the lion do next?The lion next went out.What do you mean by that?I mean that the lion went out of the cave.What did Androcles think then ?Androcles must have thought that the lion was going away to the desert again.What do you think Androcles must have now done?I think that Androcles might have prepared himself to go to sleep again.Did he have time to fall asleep?No, because the lion came back.What did he bring back with him ?The lion brought back some food with him.What did he do with that food ?He placed it in front of Androcles as if to invite him to share his meal.What kind of food must it have been ?It must have been the meat of some animal which the lion had previously killed.Did Androcles eat any of the food?Yes, Androcles ate some of the food.What shows it?It is said that Androcles shared the food with the lion.Use another word instead of shared.Instead of shared we may use the word divided.Who shared their meal together?The lion and Androcles shared their meal together.How did therefore the lion show his gratitude towards Androcles?The lion showed his gratitude towards Androcles by playing round about him, by licking his hand and by bringing him some food.What do you suppose happened after that first meal ?Androcles and the lion must have gone to sleep.How long did they live together?They lived together for some months.How did they live together?They lived together in this friendly way.How must have they lived together ?They must have shared their meal and inhabited the same cave.What lesson can you draw from the first past of this story?From the first part of this story, I may draw the conclusion that it pays to be kind to every one, and that a good turn deserves another.Frère Anatoijus-Louis, de V Instruction chrétienne.PENSEES L’enseignement doit être chrétien.Victor Cousin.Que n’ai-je le bras assez long pour atteindre ceux que j’aime! je conçois que Dieu, qui est amour, soit partout.Eugénie de Guérin.Comprendre c’est bien; s’assimiler c’est mieux.La formation d’une âme est la plus belle des œuvres d’art.Abel Fabre. 168 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE DOCUMENTS OFFICIELS COMITÉ CATHOLIQUE DU CONSEIL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE PROCÈS-VERBAL DE LA SESSION DU MOIS DE SEPTEMBRE 1931 Séance du 80 septembre 1931.(Avant-midi) Présents:—L’honorable Cyrille-F.Delâge, surintendant, président; Sa Grandeur Mgr Forbes, archevêque d’Ottawa; Mgr A.-E.Deschamps, représentant Mgr l’archevêque de Montréal' Mgr l’évêque de Nicolet, Mgr l’évêque de Valleyfield, Mgr l’évêque de Gaspé, Mgr l’évêque de Saint-Hyacinthe, Mgr l’évêque d’Haileybury, Mgr l’évêque de Mont-Laurier, Mgr l’évêque de Rimouski, Mgr l’évêque de Chicoutimi, Mgr l’évêque de Joliette, Mgr le vicaire-apostolique du Golfe-Saint-Laurent; Mgr Eugène Laflamme, administrateur de l’archidiocèse de Québec; Mgr Alfred-Odilon Comtois, représentant Mgr l’évêque des Trois-Rivières, Mgr Zéphirin Lorrain, représentant Mgr l’évêque de Pembroke, Mgr J.-Emile Vincent, représentant Mgr l’évêque de Sherbrooke; l’honorable Thomas Chapais, l’honorable Dr J.J.Guerin, l’honorable Hector Champagne, l’honorable Ernest Lapointe, l’honorable Jules-Édouard Prévost, l’honorable juge Wilfrid Mercier, l’honorable juge Hyacinthe-A.Fortier, l’honorable juge Auguste-M.Tessier, M.J.-P.Labarre, M.Édouard Montpetit, M.Antonio Perrault; M.l’abbé L.-A.Desrosiers, M.l’abbé J.-J.Dubé, M.Napoléon Brisebois, M.Nérée Tremblay et M.Lionel Bergeron, secrétaire-adjoint.Lecture de lettres de Mgr l’archevêque de Montréal, de Mgr l’évêque des Trois-Rivières, de Mgr l’évêque de Pembroke, de Mgr l’évêque de Sherbrooke, déléguant respectivement.Mgr A.-E.Deschamps, Mgr Alfred-Odilon Comtois, Mgr J.-Émile Vincent et Mgr Zéphirin Lorrain pour les représenter à cette session.Le secrétaire donne aussi communication d’une lettre de M.Augustin Frigon qui regrette de ne pouvoir assister à la présente réunion.La séance est ouverte par la récitation de la prière.Le procès-verbal de la dernière session est approuvé.Avant de passer à l’ordre du jour, en des termes émus, le surintendant évoque la mémoire de Son Éminence le cardinal Rouleau, dont le décès est survenu depuis la dernière séance, et prie ses collèguesM’exprimer les regrets que leur cause une perte si cruelle.En conséquence, sur proposition de Mgr Forbes, appuyé par l’honorabje Thomas Chapais, la résolution suivante est adoptée et une copie devra en être transmise à Son Éminence le cardinal E.Pacelli, Secrétaire d’État de Sa Sainteté, à Mgr Eugène Laflamme, vicaire-capitulaire de Québec, ainsi qu’au révérend Père ^Supérieur, au Canada, de l’Ordre des Dominicains: “Le diocèse de Québec, l’Église catholique du Canada, le Canada tout entier ont été plongés dans un grand deuil par la mort de Son Éminence le cardinal Raymond-Marie Rouleau, O.P., archevêque de Québec.Ce Comité catholique du Conseil de l’Instruction publique de la Province veut par la présente motion exprimer sa douleur, ses sympathies à la hiérarchie catholique, au diocèse de Québec”.• m :S; G ssr.s: .Mgr Comtois propose, secondé par l’honorable Thomas Chapais, et il est résolu: “Que, en considération des nombreux services que le Commandeur C.-J.Magnan a rendus à la cause de l’éducation dans notre province, le Comité catholique de l’Instruction publique lui offre ses félicitations les plus sincères à l'occasion du cinquantenaire de son entrée dans l’enseignement et exprime le vœu qu’il fasse profiter longtemps encore le personnel enseignant de son expérience et de ses connaissances pédagogiques”. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 169 RAPPORT DU SOUS-COMITÉ CHARGÉ DE L’EXAMEN DES LIVRES CLASSIQUES Séance du 29 septembre 1931.Présents:—Mgr Forbes, président; Mgr Brunault, Mgr Langlois, l’honorable Cyrille-F.Delâge, surintendant, l’honorable Dr J.J.Guerin, l’honorable Hector Champagne, M.Napoléon Brisebois, M.Antonio Perrault et M.Lionel Bergeron, secrétaire.Le sous-comité a examiné les ouvrages suivants qui lui ont été soumis: 1.“Flore-Manuel de la Province de Québec”, par le Frère Louis-Marie, O.C.—Recommandé comme livre du maître et pour les élèves des classes supérieures (9e, 10e et J le années).2.“Vocabulaire bilingue par l’image”, par l’abbé Étienne Blanchard.—Étude de cet ouvrage remise à la session de février 1932 parce que des exemplaires de ce travail n’ont pas été adressés aux membres du Comité catholique, comme l’exige l’article 243 des ^Règlements scolaires.3.“Children’s Artist Friends”, par Mary Louise McLenon.—Étude de cet ouvrage remise à la prochaine session parce que des exemplaires de ce travail n’ont pas été adressés aux membres du Comité catholique, comme l’exige l’article 243 des Règlements scolaires.Ce rapport est approuvé.(Signé) f Guillaume Forbes, Arch.d’Ottawa, Président.(Signé) Lionel Bergeron, Secrétaire.Le comité prend ensuite communication des deux rapports qui suivent: RAPPORT DU BUREAU DES EXAMINATEURS POUR LES ASPIRANTS A LA POSITION D’INSPECTEUR D’ÉCOLES Le Bureau des Examinateurs catholiques pour les candidats à la charge d’inspecteur d’écoles a l’honneur de faire rapport au Comité catholique du Conseil de l’Instruction publique qu’il s’est réunira l’École normale Laval, Québec, les 18, 19, 20 et 21 août 1931.Étaient présents à cette session:—M.l’abbé L.-A.Desrosiers, président; M.l’abbé J.-J.Dubé, M.C.-J.Magnan, M.C.-J.Miller, M.J.-M.Manning et M.J.-N.Miller, secrétaire.A l’ouverture de la séance du 18 août, après lecture et adoption du procès-verbal de la dernière session, les membres du Bureau prennent communication des demandes d’admission aux examens soumises par les aspirants dont les noms suivent:—Joseph Asselin, Philippe Beauchamp, J.-Emile Bélanger, Cyrice Blanchet, Thom-Chase Boily, J.-Euclide Deschâtelets, Fortunat Dumontier, Adélard Faubert, Adrien Froment, Robert Goulet, Wilfrid Grignon, Arthur Labrie, J.-Henri Longtin, J.-Ludovic Potvin et John Shore.Les documents transmis par ces candidats sont trouvés conformes aux prescriptions des règlements scolaires et, en conséquence, ils sont tous admis à subir les examens.A cette même séance du 18 août, le Bureau adopte les questions et les problèmes d’examen qui suivent: SUJET DE COMPOSITION FRANÇAISE Expliquer, en l’appliquant à l’éducation, cette pensée de Plutarque: “En agriculture, il faut un bon sol, un bon cultivateur et une bonne semence”.PÉDAGOGIE 1.Faites connaître votre opinion sur le “Travail à domicile” ou les “Devoirs et les leçons dans la famille’”.2.Pourquoi, dans les Règlements du Comité catholique (chapitre de l’Organisation scolaire), au paragraphe “Mise à exécution du programme”, est-il conseillé de mettre partout Vobservation à la base du travail intellectuel de l’élève?3.“Comment punir” ?Formulez quelques conseils à ce sujet.4.Qu’entend-on par l’enseignement occasionnel^ 5.Ën pédagogie, qu’entend-on par “La discipline préventive” ? 170 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE HISTOIRE DE LA PÉDAGOGIE 1.Dites brièvement quel est le but de la méthode froebélienne.2.Quel reproche peut-on adresser à la théorie de l’effort agréable préconisée par Froebel?3.Décrivez succinctement l’organisation scolaire actuelle de la Province de Québec.4.Nommez le fondateur de la Congrégation des Clercs de Saint-Viateur; dites en quelle année et en quel pays fut fondée cette congrégation.HISTOIRE GÉNÉRALE 1.Racontez brièvement le siège et la chute de Jérusalem en 70 de notre ère.2.Faites voir l’influence de l’Église au moyen âge.3.Faites un résumé des deux premiers voyages de Jacques Cartier et montrez-en les conséquences.4.Pourquoi a-t-on séparé et uni les Provinces d’Ontario et de Québec, en 1791, 1841 et 1867?5.Qu’étaient Cromwell, O’Connell, William Pitt, Montcalm et Wolfe, Papineau, Laurier et McDonald?SCIENCES NATURELLES 1.Énoncez et expliquez le principe d’Archimède appliqué à un liquide.2.Description et utilisation de la machine pneumatique.3.Qu’est-ce que le son et comment se propage-t-il?4.Causes du tonnerre, du vent, du climat, de la rosée, de l’électricité, de l’évaporation.LOI ET RÈGLEMENTS SCOLAIRES a) Loi de l’Instruction publique: 1.Quels sont les principaux devoirs des commissaires ou des syndics d’écoles relativement aux propriétés scolaires?2.Comment les procès-verbaux des commissaires ou des syndics d’écoles doivent-ils être faits et signés ?b) Règlements du comité catholique: 3._ Quel doit être le minimum de la durée des visites de l’inspecteur: a) Dans une école élémentaire ?b) Dans une école complémentaire ?c) Dans une école primaire supérieure ?4.Combien d’élèves au moins doivent fréquenter une école élémentaire en 5e ou 6e année pour que celle-ci ait droit à l’allocation sur le fonds de l’éducation supérieure?5.Quelle superficie doit avoir une salle de classe destinée à recevoir 32 élèves?THÈME ANGLAIS Cours de lecture Lagacé.—Page 60.De: “Lorsqu’il n’y a plus de nuages dans l’air”,.jusqu’à: “et ne touche nulle part au ciel”.— (15 lignes).VERSION ANGLAISE Fradet’s Modem History, page 183.Paragraphe: “So great was the number of the Sarracens who fell in the battle, that according”, to: “authority under the title of duke”.—(14 lignes).GÉOGRAPHIE Les trois 'premières questions obligatoires, et deux autres au choix.1.Décrivez la structure du globe.2.Que savez-vous du Gulf-Stream ?du Kuro-Sivo ? L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 171 3.Énumérez les causes qui influent sur le climat.4.Par quelle race le vrai Dieu est-il le mieux connu?Où dominent: a) Le christianisme?b) Le mahométisme?c) Le paganisme?5.Comparez la Grande-Bretagne et le Canada sous le rapport de la production des substances alimentaires.6.Quels sont les ports de commerce les plus importants du monde ?7.De quoi s’occupe le gouvernement fédéral du Canada?De quoi s’occupe chaque gouvernement provincial?ARITHMÉTIQUE 1.a) Quels sont les facteurs premiers de 392 ?de 102 ?b) [ 14^X5M-(^del8.875) ]-*- (46/7 x 1.25)?2.a) 12.16%-^3.05 ?Réponse en nombres ordinaires.b) 756%x4.025?“ “ 3.En vendant une maison, je demande $12.000.00.Après discussion, je diminue le prix demandé de 25%; malgré cette diminution, je réalise un bénéfice de 12%%.Quel aurait été mon gain en argent si, au heu de demander $12,000.00, j’avais demandé $16,000.00?4.La différence entre l’escompte en dehors et l’escompte en dedans d’une certaine somme pour 3 ans et 4 mois à 6% est de $16.00.Quelle est la somme?L’escompte en dehors?L’escompte en dedans ?5.Partagez $552.00 entre A et B de manière que les % de la part de A égalent les 3/t de celle de B.ALGÈBRE 1.Trouvez les facteurs de: a) x3 X 10 X 16 b) x6 X 14 x3 X 40 2.Si, en vendant un cheval, j’augmente de moitié le prix que je l’avais payé, je gagnerais $140.00 de plus que ce que je perdrais si je le vendais pour les % de ce que j’avais payé.Combien avais-je payé ce cheval?3.La cale d’un navire contient 884 gallons d’eau.Pour vider cette cale, on s’est servi de deux seaux dont le grand contenait deux fois autant que le petit.On vidait le grand deux fois en trois minutes et le petit trois fois en deux minutes.Si le vidage prit 24 minâtes, on demande le nombre de gallons que contenait chaque seau ?4.Une personne acheta 70 verges de drap pour $98.80, en partie à $1.50 la verge et en partie à $1.30 la verge.Combien de verges de chaque prix a-t-elle achetées?5.Quelle somme faut-il déposer annuellement dans une caisse d’épargnes qui crédite les versements à 4%, intérêts compris, pour pouvoir retirer à la fin de la vingt et unième année $ 15,000.00 ?MESURAGE' 1.Trouvez le volume d’une pyramide dont la hauteur est de 24 pouces et dont la base est un triangle équilatéral dont les côtés ont chacun 20 pouces.2.Pour couvrir en linoléum, à $0.54 sous la verge carrée, le plancher d’une chambre qui a 15 pieds de long, on a payé $10.80.On demande la largeur de la chambre.3.La surface d’un champ rectangulaire est de 1% acre.La distance entre deux coins opposés est de 143 verges.Trouvez la longueur et la largeur du champ.4.Les bases d’une cône et d’une demi-sphère ont des surfaces égales.Le volume du cône est égal à celui de la demi-sphère.Trouvez le rapport entre les hauteurs de ces deux solides.5.Une sphère creuse en métal a un diamètre extérieur de 40 pouces et un diamètre intérieur de 30 pouces.Quel sera le poids de cette sphère, si un pouce cube du métal dont elle est formée pèse 4 onces ?Combien faudrait-il payer pour faire peinturer la surface extérieure de cette sphère à raison de 25 sous le pied carré?AGRICULTURE 1.Qu’est-ce que le drainage ?Son utilité?2.Citez quelques plantes des familles des légumineuses.3.Décrivez une charrie.Son rôle?4.Qu’appelle-t-on graminées?Citez-en quelques-unes.5.Qu’est-ce qu’une serre?Son utilité? 172 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE PHILOSOPHIE 1.Définition de la Logique; du Syllogisme; du Sophisme.2.Montrez la fausseté du raisonnement suivant: L’inquisition a été la cause de beaucoup de cruautés; Or, le Pape a approuvé l’Inquisition; Donc, le Pape a approuvé la cause de beaucoup de cruautés.3.Qujest-ce que la liberté?Pourquoi les bêtes ne sont-elles pas libres?4.L’État doit-il être subordonné à l’Église et pourquoi ?5.Indiquez les huit règles qui permettent d’éviter et de découvrir l’erreur dans un raisonnement syllogistique.DESSIN a) Dessin géométrique: 1.Croquis: Côté d’une boîte rectangulaire de 8 x 5 et 4 pieds de hauteur.(Échelle M pouce au pied) b) Dessin de mémoire: 2.Représenter un bouquet de roses dans un pot à fleurs.3.Comment obtient-on les teintes ou tonalités?LECTURE EXPLIQUÉE ET LITTÉRATURE 1.Lire à haute voix la fable de La Fontaine intitulée: “La laitière et le pot au lait” (livre VII, fable 10).Tenir compte de la prononciation et de l’expression.2.Explication littéraire et vocabulaire: Que signifient les expressions : a) “La dame de ces biens”; b) “d’un œil marri”; c) “va s’excuser à son mari”; d) “quel esprit ne bat la campagne”?3.Quelle figure de construction renferme le vers suivant: “Le récit en farce en fut fait”?4.Én quels termes l’auteur fait-il le portrait physique de Pierrette?Comment est tracé le portrait moral ?Quelles qualités et quels défauts sont mis en évidence ?5.A quelle sortes de gens s’applique surtout cette fable?6.Nommez quelques littérateurs français contemporains de La Fontaine.Dans quel genre littéraire chacun d’eux s’est-il illustré?7.Quel poète canadien-français préférez-vous ?Dites pourquoi.Sur proposition de M.C.-J.Miller, appuyé par M.J.-M.Manning, il est unanimement résolu de prier le Comité catholique du Conseil de l’Instruction publique de vouloir bien amender l’article 215 de ses Règlements de façon à ce qu’il se lise comme suit: 215.Le candidat est tenu de produire: 1.Un extrait de baptême; 2.Un brevet d’école académique ou d’école primaire complémentaire ou un brevet d’école supérieure obtenu dans la Province; 3.Un certificat du président et du secrétaire-trésorier des commissaires ou des syndics d’écoles, selon le cas, de chacune des municipalités où il a enseigné pendant les cinq dernières années, et attestant, en outre, qu’il a donné entière satisfaction comme professeur; 4.Un certificat de bonne vie et mœurs portant les mêmes signatures que le précédent et, de plus, la signature du curé de chacune des municipalités où il a enseigné; 5.Un certificat d’aptitudes pédagogiques signé par l’inspecteur d’écoles de chacun des districts dans lesquels il a enseigné.A la séance de l’après-midi du 18 août et aux séances de l’avant-midi et de l’après-midi des 19, 20 et 21 août, les candidats subissent les examens sur les matières qui précèdent.Après correction des épreuves, le Bureau constate que MM.J.-Émile Bélanger, Wilfrid Gri gnon, Arthur Labrie et J.-Henri Longtin méritent de recevoir le diplôme français et anglais, avec la note “bien”.MM.Joseph Asselin, Cyrice Blanchet, J.-Eugène Deschâtelets, Fortunat Dumontier.Thom Chase Boily et Adrien Froment obtiennent le diplôme français, avec la note “bien”.M.John Shore mérite le diplôme anglais, également avec la note “bien”. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 173 Les autres aspirants, au nombre de quatre, ont échoué sur quelques matières.Le président du Bureau fait connaître aux intéressés le résultat de leurs examens, puis il distribue les diplômes aux candidats heureux et la session est ajournée.(Signé) L.-A.Desrosiers, Ptre, Président.RAPPORT DU BUREAU CENTRAL DES EXAMINATEURS CATHOLIQUES AU COMITÉ CATHOLIQUE DU CONSEIL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE Le Bureau central des Examinateurs catholiques a l’honneur de vous faire son rapport, comme il y est tenu par les prescriptions de l’article 113 des règlements scolaires.Dans le cours de l’année académique 1930-31, le Bureau a tenu deux sessions; la première, le 8 janvier 1931, et la seconde, les 30, 31 juillet, 1er et 2 août.Comme d’habitude, la première session annuelle a eu pour objet l’organisation des examens de l’année alors courante, l’adoption des questions, des dictées et des problèmes à être soumis aux candidats, le choix des examinateurs-délégués, au nombre de 149, chargés de la surveillance des aspirants et aspirantes dans les différents centres de la Province de Québec où ont lieu les examens, etc.A leur seconde session annuelle, les membres du Bureau ont révisé la correction des épreuves d’examen qui avait été faite avec beaucoup de soin, dans le courant du mois de juillet, et ils ont décerné les diplômes et les certificats aux aspirants et aux aspirantes qui avaient conservé, sur les diverses matières du programme, le nombre de points requis par les règlements.Les examens ont duré quatre jours, du 23 au 26 juin inclusivement, et ils ont eu lieu dans les quarante-quatre localités mentionnées à l’article 80 amendé des Règlements du Comité catholique.4,028 aspirants et aspirantes aux diplômes ont été admis aux examens, après s’être conformés fidèlement aux exigences des règlements.C’est 474 de plus que l’année précédente.Les 4,028 aspirants et aspirantes, 501 hommes, dont 361 religieux appartenant à diverses communautés enseignantes, et 3,527 femmes, dont 140 religieuses de plusieurs communautés, se répartissent comme suit: 2,277 (205 hommes et 2,072 femmes) pour le diplôme d’école primaire élémentaire; 1,751 (296 hommes et 1,455 femmes) pour le diplôme d’école primaire complémentaire ou supérieur, dont 35 étaient porteurs de diplômes de bacheliers obtenus d’une université catho • lique de la province.3,477 (385 hommes et 3,092 femmes) ont passé leurs examens avec succès, savoir: 1,918 (146 hommes et 1,772 femmes) pour le brevet élémentaire; 1,559 (239 hommes et 1,320 femmes) pour le brevet supérieur.551 (116 hommes et 435 femmes) n’ont pas réussi dans leurs examens, savoir: 359 ( 59 hommes et 300 femmes) pour le diplôme élémentaire; 192 ( 57 hommes et 135 femmes) pour le diplôme supérieur.Ce qui donne les résultats suivants : 1° Pour le brevet élémentaire, 84.2 pour cent ont réussi et 15.8 pour cent ont échoué; 2° Pour le brevet supérieur, 89 pour cent ont réussi et 11 pour cent ont échoué.Résultat général: 86.3 pour cent de tous les candidats ont obtenu des diplômes et 13.7 pour cent ont été refusés.De plus, le Bureau a admis aux examens du brevet élémentaire, en vertu d’un règlement du Comité catholique adopté à la session de septembre 1919 et amendé en 1927, 540 aspirants et aspirantes, dont 21 religieux, qui n’avaient que seize ans.Ces candidats ne peuvent aspirer à recevoir le diplôme élémentaire à la suite de leur examen; mais, s’ils réussisent sur toutes les matières, ils peuvent se présenter dans le cours des trois années suivantes pour le brevet supérieur et jouir des exemptions accordées aux aspirants et aspirantes déjà munis du brevet élémentaire. 174 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Sur les 540 admis à l’examen du certificat élémentaire, 493 (19 hommes et 474 femmes) ont réussi, soit 91.3 pour cent, et 47 (3 hommes et 44 femmes) ont échoué, soit 8.7 pour cent.L’examen de ces jeunes aspirants et aspirantes a donc été très bon.Voici l’opinion des membres du Bureau sur l’ensemble des épreuves qu’ils ont corrigées: MATIÈRES Instruction religieuse.Lecture française.Lecture anglaise.Lecture latine.Grammaire française et analyse.Dictée française.Écriture.Littérature.Composition française.Histoire sainte.Histoire du Canada.Histoire de la civilisation chrétienne Géographie et instruction civique.Arithmétique.Mesurage.Algèbre.Comptabiüté.Pédagogie.Bienséances.Hygiène.Dessin.Philosophie.Enseignement ménager.Agriculture.Zoologie et chimie agricole.Physique.Droit commercial.Technologie.ÉLÉMENTAIRE SUPÉRIEUR Bien Bien Bien Bien Bien Bien Passable Très bien Assez bien Très bien Bien Assez bien Faible Très bien Très bien Très bien Bien Bien Très bien Faible Bien Bien Bien Bien Très bien Bien Bien Bien Bien Bien Très bien Bien Très bien Très bien Bien Passable Très bien Très bien Faible Très bien Très bien Bien Très bien Assez bien Bien Très bien Bien Assez bien Assez bien Bien Bien Langue anglaise (pour les aspirants et aspirantes de langue anglaise) Grammaire anglaise et analyse Dictée anglaise.Littérature anglaise.Composition anglaise.Faible Très bien Passable Bien Bien Très bien Très bien Très bien Anglais (pour les candidats dont la langue maternelle est le français) Grammaire anglaise et analyse Dictée anglaise.Composition anglaise.Bien Bien Faible Passable FaibP Passable Le Bureau attire de nouveau l’attention du personnel enseignant ainsi que des aspirants et aspirantes sur les matières dont la note moyenne est inférieure à “bien” et plus particulièrement sur la dictée, matière sur laquelle la note obtenue n’a pas été suffisamment forte.Et la session est ajournée sine die.(Signé) Joseph Ferland, Ptre, Président.(Signé) Lionel Bergeron, Secrétaire. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 175 Le rapport qui suit est approuvé: RAPPORT DU HUITIÈME CONGRÈS DES PRINCIPAUX DES ÉCOLES NORMALES TENU A QUÉBEC, LES 15 ET 16 SEPTEMBRE 1931 Séance du 15 septembre 1931.(Avant-midi) Présents:-—L’honorable Cyrille-F.Delâge,^surintendant de l’Instruction publique, président; M.^C.-J.Magnan, inspecteur général des Écoles normales; Sa Grandeur Mgr F.-X.Ross, principal, École normale de Gaspé; M.l’abbé L.-A.Desrosiers, principal, École normale Jacques-Cartier; M.le chanoine Irénée Gervais, principal, École normale de Joliette; M.le chanoine L.-U.Mousseau, principal.École normale de Valleyfield; M.l’abbé N.Desgagné, principal, École normale de Chicoutimi; M.l’abbé Lucien Bernard, principal, École normale de Saint-Hyacinthe; M.l’abbé Henri Vallée, principal, École normale des Trois-Rivières; M.le chanoine H.-A.Simard, principal, École normale de Sherbrooke; M.l’abbé Thomas Tremblay, principal, École normale de Roberval; M.l’abbé J.-J.Dubé, principal, École normale Laval; M.l’abbé Alphonse Gagnon, principal, École normale de Beauceville; M.l’abbé^J.-A.Pellerin, principal, École normale de Nicolet; M.l’abbé Rodolphe Mercure, principal, École normale de Mont-Laurier; M.l’abbé P.Courte, principal, École normale de Hull; M.l’abbé George§ Thuot, principal, École normale de Saint-Jérôme; M.l’abbé J.-Eugène Maurais, principal, École normale de Saint-Pascal; Révérend Père Aimé Jasmin, O.M.I., principal, École normale de Ville-Marie.Après la prière, M.le Surintendant souhaite la bienvenue aux congressistes et exprime l’espoir que les résultats de leurs délibérations seront marqués par une nouvelle impulsion donnée au mouvement éducationnel dans cette Province.1.-UNIFORMITÉ DES EXAMENS La première question au programme est celle-ci: “Étudier l’opportunité ^d’uniformiser les examens pour l’obtention des brevets d’enseignement primaire octroyés par les Écoles normales”.Cette question a été soumise au congrès par décision du Comité catholique, lors de sa session du mois de mai dernier.M.C.-J.Magnan, inspecteur général, fait l’exposé de la question et MM.les Principaux sont invités à faire connaître leur opinion.Le sentiment unanime des membres du congrès est exprimé dans la résolution ci-dessous: Considérant : 1° Qu’aucune plainte n’a été portée par le Département de l’Instruction publique contre la valeur des diplômes d’écoles normales ni contre le mode actuel des examens; 2° Que les écoles normales étant des écoles de formation professionnelle, les seuls examens écrits ne peuvent permettre aux correcteurs d’un jury de juger de la compétence professionnelle des candidats; 3° Qu’il importe grandement pour l’efficacité de l’enseignement que les écoles normales de chaque région, au lieu de viser à l’uniformité qui assimile les écoles normales des régions agricoles à celles des villes et des régions industrielles, cherchent à donner une formation qui prépare les institutrices à donner l’enseignement approprié à leur propre région et qu’en conséquence l’uniformité n’est pas désirable; 4° Que l’uniformité désirable paraît suffisamment obtenue par le fait que le programme est le même, que l’Inspecteur général surveille la formation donnée dans chaque école, que les examens écrits restent pendant un an dans les archives de l’école normale pour être examinés par le Surintendant s’il le juge à propos; 176 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 5° Que la correction par un jury ne peut donner Tuniformité dans les brevets de la Province, attendu que le Bureau des Examinateurs accorde des brevets au plus grand nombre des institutrices de la Province; En conséquence, il est proposé par Mgr F.-X.Ross, principal de l’École normale de Gaspé, appuyé par M.l’abbé L.-A.Desrosiers, principal de l’École normale Jacques-Cartier: “Que e mode d’examen actuel soit maintenu dans les écoles normales de la Province”.MM.le Principaux déclarent cependant n’avoir aucune objection à ce que des concours entre les écoles normales soient organisés par le Surintendant comme moyen de développer une émulation de bon aloi.A ces concours seraient attachées des récompenses sous forme de prix spéciaux, de médailles ou de bourses.2.-FORMULE DU DIPLÔME Le Congrès délibère ensuite jusqu’à midi sur l’opportunité d’adopter une formule uniforme et bilingue pour les diplômes octroyés dans les Écoles normales.Une formule préparée par le Département est soumise à l’approbation de MM.les Principaux.Les raisons qui militent en faveur d’une formule uniforme et bilingue, dit M.le Surintendant, sont les suivantes: a) Elle doit être uniforme parce qu’il n’y a qu’un seul programme pour toutes les école8 normales et que le brevet d’un même degré a la même valeur officielle, quelle que soit l’école normale qui le délivre; b) Elle doit être bilingue: 1° Parce que le diplôme est un document public et que dans notre Province les deux langues sont officielles; 2° Parce que, dans bon nombre de nos corporations scolaires, les commissaires sont les uns de langue française et les autres de langue anglaise et qu’il n’est que juste que chacun d’entre eux puisse comprendre par lui-même la teneur du brevet présenté par l’institutrice qui désire s’engager pour diriger une école sous leur contrôle; 3° Parce qu’il peut arriver que, même dans une municipalité où tous les commissaires ne parlent et ne comprennent qu’une seule et même langue, il y a lieu cependant, pour des raisons spéciales, d’engager une institutrice de l’autre langue et que les commissaires ne peuvent le faire sans agir inconsidérément, si le diplôme de cette institutrice n’est rédigé que dans la langue qui leur est étrangère; 4° Parce que plusieurs de nos institutrices laïques, et surtout de nos institutrices religieuses, vont enseigner dans les autres provinces et qu’il est très important pour elles que leur brevet soit fait dans les deux langues.Après une longue discussion, la formule soumise est quelque peu modifiée et M.le chanoine L.-U.Mousseau en propose l’adoption, appuyé par M.l’abbé L.-A.Desrosiers.La question étant mise au vote, tous les membres du Congrès se prononcent en faveur de la formule uniforme et bilingue, telle que modifiée, à l’exception de M.l’abbé Georges Thuot et de M.l’abbé J.-Eug.Maurais.Ces deux derniers, sans s’opposer formellement au diplôme bilingue, préféreraient deux parchemins distincts, l’un pour la version française et l’autre pour la version anglaise.La formule adoptée par le Congrès sera donc dorénavant la seule en usage dans toutes les écoles normales de cette Province, à moins que les honorables Membres du Comité catholiaun ne croient devoir en décider autrement.Cette formule se lit comme suit- L ENSEIGNEMENT PRIMAIRE ^0.^ _ _ ce g o g o O S 03 ^ _ o s ë g 3 o ce !h 03 S3 O Ë '55 OJ Q) O > ü 03 O o3 ^ -Q 03
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