L'enseignement primaire : journal d'éducation et d'instruction, 1 décembre 1934, Décembre
56e Vol.Québec, Décembre 1934 N° 4 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE ÉDUCATION — INSTRUCTION PEDAGOGIE LE PRIX DE LANGAGE (Une heureuse initiative) M.Eugène L’Heureux, “L’Action Catholique”, Québec.Québec, le 16 octobre, 1934.Monsieur, C’est avec le plus vif intérêt que je lis les opinions sympathiques publiées par “L’Action Catholique” au sujet de votre campagne, en faveur de la correction du langage.On ne saurait trop insister auprès des familles, des écoles, des étudiants et de tous, pour que chacun, dans sa sphère, s’applique à parler la langue française, notre langue, avec soin et correction.Il est certain que l’école primaire peut faire beaucoup pour la conservation intégrale de notre belle langue française.Mais elle ne peut, seule, réformer tout le monde: ferait-elle des merveilles en classe, au sujet du langage, si la rue et la famille détruisent quotidiennement ce qui a été édifié avec peine dans l’humble école primaire, que l’on accuse, souvent à tort, de tous les péchés d’XsRAÊL.Dans les écoles normales, que j’ai l’honneur de visiter chaque année, il se fait un travail intense, constant, en faveur de la correction du langage, d’un meilleur parler français .Dans chaque école normale, il y a un “Cercle de bon Parler”.Tous les jours, sur un tableau bien en vue, sont inscrites les incorrections remarquées, avec, en regard, l’expression correcte.En classe, constamment, sans ahurir les élèves, avec tact et bonté, on reprend les fautes de prononciation, d’articulation et de construction.Des cours spéciaux de lecture à haute voix, de diction, sont donnés aux élèves-maîtres et aux élèves-maîtresses.Des séances spéciales sont consacrées à la récitation de fables et de morceaux choisis, voire à l’exécution de pièces, de drames, en vue de cultiver le goût, l’éducation nationale et la bonne diction.Ces efforts donnent de bons résultats, en faisant des futurs maîtres et maîtresses des écoles primaires des fervents de la correction du langage.Mais ces maîtres et ces maîtresses ne pourront donner leur mesure dans l’enseignement de la langue parlée, si les parents, les commissions scolaires et le public en général ne secondent leurs efforts. 210 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE C’est pourquoi, cher Monsieur L’Heureux, je trouve votre projet très opportun de récompenser, dans les écoles, par des prix spéciaux, les élèves qui s’appliqueront sérieusement à parler correctement et naturellement leur langue maternelle, précieux héritage de la France ancienne.Aucune organisation n’est en mesure de faire mieux dans ce domaine que la Commission scolaire.C’est elle qui peut, en accordant, dans chacune de ses écoles, quelques “prix spéciaux” aux élèves qui s’appliquent le plus à “bien parler”, stimuler d’une façon pratique et intelligente la campagne en marche en faveur de notre chère langue française, que nos compatriotes des autres provinces conservent au prix de sacrifices constants.Agréez, cher Monsieur, mes vœux de succès dans votre campagne patriotique.C.-J.Magnan, Inspecteur général des Écoles normales.LES SCIENCES NATURELLES A L’ECOLE PRIMAIRE A propos de l’exposition d’histoire naturelle tenue à l’Académie Commerciale de Québec Révérend Frère Stanislas, Académie Commerciale, Avenue Chauveau, Québec, Qué., Mon cher Frère, Québec, le 17 octobre, 1934.Vous me demandez ce que je pense de la magnifique exposition d’histoire naturelle sur laquelle vient de tomber le rideau, non de l’oubli, mais de l’admiration.Les trois règnes de la nature: le règne animal, le règne végétal et le règne minéral y étaient superbement représentés.Que de merveilles réunies par les soins des C'hers Frères et des Religieuses de diverses communautés! Ces primaires, au sens le meilleur du mot, (car des “primaires” au sens péjoratif il y en a ailleurs que chez les maîtres de l’enseignement primaire), ces primaires, dis-je, ont fait des prodiges.Et leurs élèves ont prouvé que les sciences naturelles sont à l’honneur dans nos écoles.Trente Cercles de Jeunes Naturalistes ont pris part à l’exposition: Cercles de garçons, cercles de filles, avec un entrain merveilleux, ont accumulé, au cours des vacances d’été, des “trésors”, que la flore et la faune de notre pays leur offraient.Des géologues “en herbe” ont cherché à pénétrer les mystères souterrains de notre bonne mère la terre, et de leurs excursions, ils ont rapporté une grande variété de minéraux.Que dire des botanistes et des entomologistes! Avec quel bonheur, quel intérêt et quelle intelligence ils ont d’abord observé les merveilles que le Créateur a répandues dans la nature.Les premiers ont cueilli une à une les nombreuses plantes qui tombaient sous leurs regards étonnés et ravis: plantes Bibliothèque et Archives nationales Québec I 7^ I *7 L’Enseignement Primaire Page(s) manquante(s) ou non-numérisée(s) Veuillez vous informer auprès du personnel de BAnQ en utilisant le formulaire de référence à distance, qui se trouve en ligne : https://www.banq.qc.ca/formulaires/formulaire reference/index.html ou par téléphone 1-800-363-9028 212 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE L’ENSEIGNEMENT DE L’HISTOIRE NATIONALE A L’ÉCOLE PRIMAIRE V Procédés d’enseignement (Pour VEnseignement Primaire) » 1.Le Manuel Un bon manuel sera toujours le meilleur instrument d’enseignement, à condition que le maître n’en soit pas l’esclave, mais qu’il l’utilise intelligemment, le vivifie par sa science et l’adapte à son auditoire.Un traité d’histoire destiné aux enfants n’est pas facile à faire.M.Charles Benoist déclare même impossible un bon manuel scolaire.A quoi M.Jean Guiraud répond: “Nous n’allons pas aussi loin.Un bon manuel nous semble sans doute fort difficile à faire, possible cependant, mais à deux conditions.Il faut: 1° que l’auteur ait une pratique assez courante des sources originales pour pouvoir apprécier la documentation des ouvrages de seconde main dont il a à se servir; 2° qu’il soit assez au courant du mouvement historique contemporain pour s’aider des ouvrages les plus modernes et des milles faits apportant les résultats les plus récents de la science historique contemporaine” (1).Sa première qualité sera donc d’être bien informé, à la hauteur des exigences scientifiques, raisonnables.Dans ce but, il est à souhaiter qu’il soit écrit en collaboration ^par un érudit et un praticien de l’enseignement.Le simple historien méconnaîtrait peut-être les lois de la psychologie infantile, le professeur pourrait manquer de documentation.A eux deux, ils produiront une œuvre sérieuse.; Le manuel scolaire doit être d’une stricte impartialité.“Il ne faut pas faire de l’histoire au profit d’une idée, d’un parti politique,” disait Augustin Thierry.Léon XIII insiste, dans une lettre célèbre, sur les conséquences funestes d’un enseignement historique devenu l’esclave de l’esprit de parti et des passions mobiles des hommes; au lieu d’être la maîtresse de la vie et le flambeau de la vérité, l’histoire flatte les vices et courtise la corruption, “surtout dans la jeunesse dont elle emplira l’esprit d’opinions insensées et qu’elle détournera des mœurs honnêtes et modestes, car l’histoire saisit par de très vifs attraits l’âme prompte et ardente des jeunes gens.Ainsi le poison une fois imbibé dans le jeune âge, il est difficile et presque impossible d’y remédier, il y a peu d’espoir qu avec l’age vienne un jugement plus droit, en désapprenant ce qu’on avait appris, d’autant que peu se prêtent à étudier l’histoire mûrement et à fond, et que, dans un age plus avancé, le commerce de la vie offre peut-être plus d’occasions de confirmer que de corriger ces erreurs” (2).Veut-on un exemple concret de la malfaisance d’ouvrages scolaires écrits avec le dessein de dénaturer les faits au profit des idées laïques et maçonniques ?Qu on se reporte, à la vigoureuse condamnation des manuels d’histoire par 1 épiscopat français, le 14 septembre 1909.Les griefs des évêques se résumaient à deux: 1.Ces livres dénaturent ou ment les dogmes formels du catholicisme; Us dénaturent par leurs mensonges le rôle religieux et social de l’Église a travers les siècles.O) Histoire partiale, Histoire vraie, I, p.23.(2) Lettre aux trois cardinaux.18 août 1883. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 213 Mais par une conséquence inévitable, ces manuels contenaient nombre d’autres erreurs que les historiens et les critiques les plus “laïques” même leur reprochaient avec véhémence.Le député socialiste, Maurice Allard, constatait que ces livres étaient propres à “entasser dans les petites cervelles des enfants un tas de phrases creuses, de formules et de clichés”.Jaurès leur reprochait surtout d’exalter trop le présent au détriment du passé.M.Gasquet, directeur de l’enseignement primaire, trouvait qu’ils établissaient “une ligne de démarcation absolue entre deux époques”, comme si l’aube de 1789 avait laissé “filtrer le premier rayon d’espoir et de salut”.“C’est là une conception simpliste et fausse, ajoutait-il.Elle est injurieuse pour nos ancêtres, capables d’avoir supporté si longtemps ce joug d’iniquité.Elle est impossible à concilier avec les chefs-d’œuvre de civilisation réalisés dans ce passé.Cet ancien régime a connu des siècles de splendeur et de prospérité”.M.Guénard, dans l’officieux journal l’École et la Famille, écrivait: “Pour ne pas distinguer la partialité concertée de quelques-uns d’entre ces manuels, il faudrait être un aveugle volontaire.” Enfin, dans la Terre libre, le révolutionnaire Janvion disait, en termes très vifs: “L’histoire qu’on enseigne dans les écoles de l’État, ce n’est pas l’histoire tout court, collation et interprétation aussi exactes et aussi impartiales que possible des faits, c’est une histoire où les faits sont maquillés, les documents travestis, ou leur enseignement est faussé et dénaturé.” Après une examen approfondi des erreurs multiples et grossières de ces manuels, M.Jean Guirand était en droit de dire que les évêques, en condamnant ces livres, avaient défendu la vérité scientifique en même temps que la vérité religieuse.Il avait raison de dédier le premier volume de son Histoire partiale, histoire vraie à l’épiscopat français qui, par cette condamnation vengeait “les droits de la foi religieuse et la cause de la vérité historique.” Ce sabotage de l’histoire de France n’a malheureusement pas cessé.Bien après 1909, le grand historien belge disait: “A lire vos livres d’histoire, on les dirait écrits par les pires ennemis de la France”.Donc le manuel d’histoire aura pour caractère fondamental l’impartialité: ne rien affirmer que sur des preuves certaines; tenir pour exact ce qui est attesté par des témoins bien informés; juger des hommes et des choses d’après les principes de la psychologie et de la saine morale; se défier de certaines interprétations tendancieuses mises en circulation et trop facilement adoptées sans examen; donner aux faits toute leur importance et toute leur signification; tenir compte de tous les éléments de la formation d’un pays, surtout du rôle civilisateur de l’Église.Un bon manuel doit satisfaire encore à de nombreux desiderata: illustrations nombreuses, de bon goût et conformes à la vérité; cartes claires, bien lisibles, pas trop chargées; dessins schématiques; portraits des grands hommes; scènes d’événements importants, d’après les grands artistes; reproductions exactes des costumes, des habitations, des armes, etc., en un mot, de tout ce qui peut aider à mieux comprendre la vie économique, politique, sociale, religieuse de chaque époque.On ne saurait négliger la perfection technique de ces manuels.Les divisions seront nettement marquées, les questions essentielles mises en évidence par le texte et les procédés typographiques, spécialement le résumé précis et substantiel de chaque leçon, de même que les sujets de devoirs et de compositions.Des caractères spéciaux distingueront les récits empruntés aux grands historiens et les extraits de documents officiels.2 214 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Les principaux chapitres seront suivis de références bibliographiques qui fassent du livre un instrument de travail et un guide pour les recherches.On ferait bien d’y joindre, selon la région, des notes sur les monuments et vestiges historiques que les élèves pourraient visiter.Nous indiquerons en plus l’usage qu’il faut faire du manuel.2.Tableaux et gravures Les inspecteurs se plaignent souvent de ce qu’on n’utilise pas assez les images historiques.“Elles sont un moyen d’enseignement intuitif, dit M.Cadet.Ce sont des professeurs auxiliaires tout prêts à seconder le maître dans sa difficile besogne de faire marcher de front des divisions de forces inégales.Laissez quatre ou cinq enfants autour d’un tableau, causer librement entre eux et à voix basse, se communiquer leurs observations, leurs découvertes.Puis, après quelques minutes d’examen, que chacun passe à un autre tableau et trouve un nouvel aliment à sa curiosité.” Le maître avisé utilise d’abord les illustrations du manuel, les explique, les raconte, fait revivre les époques et les événements, anime les personnages et les présente avec leur véritable physionomie.Mais la classe doit posséder, en outre, quelques gravures murales: portraits des grands hommes, tableaux représentant les faits les plus mémorables, scènes morales et religieuses.La Province de Québec est déjà riche en œuvres artistiques de haute valeur utilisables à l’école.Je signale au hasard celles de M.Albert Ferland, de M.Edmond Massicotte (la Bénédiction 'paternelle, la Visite du prêtre, le Réveillon de AoëZ, etc.) ; les peintures de M.Charles Huot (le Conseil souverain, la Patrie glorifie ses héros, etc.) ; le tableau des martyrs canadiens; le monument de Louis Hébert; le Frontenac de M.Philippe Hébert, etc.Certains bas-reliefs sont très expressifs: Dollard et ses compagnons, le Baptême de Garakonthié, le Départ des Zouaves canadiens, etc.Je m’excuse de ne donner que ces titres.Beaucoup d’autres artistes ont sans doute produit, ces dernières années, des œuvres dignes de figurer dans les classes et de contribuer à la formation esthétique, morale et patriotique de la jeunesse.Souhaitons que les œuvres de ce genre se multiplient et se répandent partout.A force de les contempler, les petits Canadiens français aimeront leur histoire et sentiront croître en eux une fierté légitime et un attachement plus ferme au sol natal.On utilise également les cartes postales, les bons points historiques, les illustrations des revues, à condition qu’ils reproduisent des œuvres esthétiques et conformes à la vérité.Mieux vaut la qualité que le nombre.Voici ce que dit M.Buisson au sujet des tableaux destinés à illustrer l’enseignement de l’histoire sainte: “Huit ou dix gravures bien faites, avec ou sans couleur, en apprennent plus à l’enfant sur les civilisations anciennes, que bien des pages de descriptions.Une vue des pyramides ou des hypogées de la haute Égypte, une reproduction exacte des monuments, des vaisseaux, des armes, des costumes de Rome ou de la Grèce animent et soutiennent singulièrement les récits du maître: c’est la leçon de choses transportée dans le passé le plus lointain.” Il va sans dire que les projections et le cinéma sont de très utiles, de très intéressants auxiliaires de l’enseignement de l’histoire.Les projections parlent mieux à l’esprit que les plus éloquentes paroles du maître; la mémoire garde plus fidèlement le souvenir lorsque les yeux ont vu.La projection lente a l’avantage de laisser les vues autant qu’il est nécessaire pour les expliquer; mais l’explication doit être assez rapide pour que l’attention ne fléchisse point. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 215 Avec le cinéma et ses projections rapides et vivantes, l’enfant est intensément captivé.Les images des manuels sont, en général, assez petites; le détail concret risque de n’être pas assez mis en relief; l’esprit souple mais fugace des écoliers verra peut-être l’image sans apercevoir grand’chose.Le cinéma fixe leur attention; mieux, il les éduque.Ils n’ont pas seulement vu, ils ont regardé, il a développé leur esprit d’observation, excité leur curiosité.L’image passant durant un moment très court devant les yeux les force à un travail d’assimilation extrêmement rapide.L’image fixe ne montre d’un être qu’une “p°se”, qu’un “moment” de son existence, sans préciser aucune phase de son activité.L’image animée, au contraire, décrit toutes les péripéties des vues les plus complexes.N’oublions pas cependant que cinéma et projections ne sont que des auxiliaires.L’enfant ne possédera pas son histoire à la perfection parce que le maître aura tourné de temps à autre la manivelle d’un cinématographe; mais le film aura contribué à faciliter l’étude, à fixer l’attention des élèves, à faire aimer l’histoire.Malheureusement les films scolaires sont peu nombreux.Les reconstitutions historiques réalisées sont encore trop peu dégagées du truquage dont on use pour les produire pour qu’elles agissent judicieusement sur l’esprit des élèves; elles ne peuvent leur fournir l’idée adéquate à la réalité; elles transpirent le raccourci, la simplification forcée.Le C.F.Mémoire, F.E.C., auquel nous empruntons quelques-unes de ces idées, ajoute: “Le film est impuissant à faire comprendre les causes, les occasions et les résultats des événements de l’histoire, leur enchaînement et l’idée de synthèse qui caractérise une période historique.“Le cours d’histoire pourra tout au plus s’agrémenter de quelques projections qui fourniront le décor de la leçon.Nous estimons que dans l’enseignement de l’histoire, la projection fixe s’est maintenue au même rang que la projection animée.” (à suivre) L.Riboulet.CONJUGAISONS PASSIVES ET MËDIO-PASSIVES (Pour VEnseignement Primaire) Il n’est pas exagéré de dire que les formes des verbes sont insuffisamment connues d’un bon nombre d’élèves, latinisants ou non.Surtout en ce qui concerne les verbes conjugués avec l’auxiliaire être, essayez de faire préciser la différence de temps entre Je suis aimé et Je suis tombé ou entre Je suis amusé et Je me suis amusé.Voici la réponse courante : “Présent de l’indicatif.” Des examinateurs indulgents peuvent passer condamnation sur ces graves méprises, sous prétexte que le jeune étourdi ne se trompera pas dans la pratique et emploiera d’instinct les temps voulus.Malheureusement, l’expérience démontre le contraire.Une feuille publique bien cotée laissait imprimer récemment cet énorme solécisme: “Après que les directeurs se fussent consultés.” Ni le prote ni le correcteur n’avaient vu la confusion entre le passé antérieur “se furent consultés” et le plus-que-parfait du subjonctif “se fussent consultés.” Journellement, on lit: “Après que cet homme/tt£ arrivé.” Il faudrait pourtant savoir que la conjonction après que gouverne l’indicatif: “Après que cet homme fut arrivé.” Le subjonctif, au contraire, serait légitime avec la conjonction avant que: “Avant que cet homme fût arrivé.” 216 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Pour couper court à ce sans-gêne, il faudrait se montrer intraitable à l'égard des écoliers qui ne savent pas imperturbablement leurs conjugaisons à toutes les voix : active ou transitive, passive, neutre ou intransitive, pronominale.Il y a un exercice des plus fructueux pour les cerveaux récalcitrants.Insistez moins sur les verbes conjugués avec l’auxiliaire avoir, qui sont généralement respectés.Mais faites conjuguer parallèllement les verbes cités plus haut: Je suis aimé—Je tombe—Je suis amusé— Je m’amuse.Prenez d’abord les formes semblables de part et d’autre et montrez-en les temps respectifs : Je suis aimé de mes parents—J’étais tombé dans l’erreur.J’étais aimé—J’étais tombé.Après que je fus aimé—Après que je fus tombé, Quand je serai aimé—Quand je serai tombé, Que je sois aimé—Que je sois tombé, Afin que je fusse aimé—De peur que je fusse tombé, Je serais aimé—Je serais tombé, etc.Ensuite, servez-vous des temps du verbe neutre pour montrer les temps correspondants du verbe passif, ou inversement : Je suis aimé—Je tombe, J’étais aimé—Je tombais, Je fus aimé—Je tombai, etc.Cet entraînement demande de la persévérance; il faut y revenir souvent au cours d’une année scolaire, car “la mémoire est une faculté qui oublie.” Pourquoi se contenter d’à peu près dans ce sujet capital?Le verbe n’est-il pas le mot par excellence dans une langue ?Nous ne dirons pas avec Victor Hugo : “Car le mot c’est le verbe, et le Verbe, c’est Dieu.” Sans s’arrêter à ce trait d’esprit, tout instituteur doit être convaincu que les conjugaisons sont la maîtresse pièce du langage.Qu’il fasse remarquer à son jeune auditoire la place immense qu’occupent les conjugaisons dans la morphologie, comparativement aux règles du mascidin et du féminin, du singulier et du pluriel pour les substantifs, les adjectifs et les pronoms.Notons en passant que les grammairiens modernes ont eu raison d’appeler les verbes neutres et pronominaux conjugués avec l’auxiliaire être: verbes médio-passifs.Avec leur forme passive et leur sens non passif, ces verbes français donnent une idée exacte des verbes déponents latins et des verbes moyens grecs.Les latinisants ou hellénisants de demain ne seront plus déroutés quand ils aborderont les études classiques.Mais, à tout le moins, ceux qui doivent se contenter des études primaires ne commettront pas les erreurs qui suffisent à déparer la moindre rédaction.La plaie de nos écoles, c’est la méthode directe qui, usitée pour les langues vivantes étrangères, a été maladroitement transposée à l’étude de notre langue maternelle.Et encore convient-il de remarquer que ces langues étrangères, y compris l’anglais, seraient beaucoup mieux connues si la jeunesse n’en ignorait pas les conjugaisons.Le verbe anglais, avec ses formes négatives ou interrogatives, est beaucoup plus complexe qu’on veut bien le prétendre.La méthode directe, presque sans grammaire, peut suffire à la rigueur pour savoir des bribes de conversation anglaise.Mais tous les enfants ne sont pas appelés à passer leur vie avec ce bagage sommaire.Quiconque veut parler et écrire sans paraître rustaud doit étudier à fond le mécanisme que nous venons d’exposer.Il y va du bon renom de la culture française au Canada.Abbé F.Charbonnier, Docteur ès-Lettres.L’EDUCATION VAUT CE QU’ELLE COÛTE Peut-on courber une branche de chêne et en former un cercle régulier ?v .Non, si l’on ne dépense pas l’effort nécessaire, si l’on veut ployer la tige sans préparation; si depuis longtemps elle pousse de travers; si l’on ne tient point compte du fil du bois; si l’on veut terminer l’essai en une heure. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 217 .Oui, si l’on procède peu à peu; si l’on prend la tige très petite encore; si on la place dans le milieu qui doit l’assouplir.Oui, grâce à ces soins, grâce à ces précautions, on obtiendra presque sûrement un cercle parfait.Alors ! c’est un travail énorme que celui de l’éducation! C’est un assujettissement continue], une fatigue incessante !.L’éducation, ainsi que toute œuvre humaine, "vaut ce qu elle coûte”, selon l’admirable langage d’Ozanam.Rien de plus profond, ni de plus judicieux.Nicolay.L’EXERCICE DE REDACTION POUR LES “TOUT PETITS J J L’exercice de rédaction pour les "/Jtout petits” a pour but de faire naître, mettre en ordre et énoncer clairement quelques pensées sur un sujet que les enfants comprennent bien.Il doit être préparé et même 'presque fait en commun.L’enseignement par l’aspect joue un grand rôle dans cet exercice, soit qu’un objet réel, bien connu des enfants, leur crayon, leur livre ou autre objet scolaire, quelque partie de leur habillement ou de leur petit mobilier, etc., en soit le thème, soit que le maître appelle à son secours les images que l’enfance aime tant.L’objet réel est le thème d’une description, l’image donne lieu à une rédaction véritable, à un travail plus complet.Mais ce serait à mon avis une grave erreur de s’en tenir là, et de n’exercer jamais les enfants à trouver des idées sans le secours des objets matériels ou de leur représentation.Sans doute l’enseignement des enfants, des petits enfants surtout, doit garder toujours une forme concrète, mais sous cette forme, à l’aide de comparaisons, de faits, d’expérience, de questions habiles, on peut et l’on doit, dès le début, exercer leurs facultés pensantes sans recourir aux sens.Ce sera en leur racontant une petite histoire qu’on fera non seulement reproduire, mais bien comprendre, en appréciant la conduite ou le caractère des héros, en prenant un petit fait de leur vie, sur lequel on attirera leur attention, en les aidant à se rendre compte de la manière dont on agit dans telle ou telle circonstance, etc.Dans le cas de la description d’un objet usuel, cet objet sera mis sous leurs yeux.Des questions seront faites sur sa nature, sa forme, sa couleur, la matière dont il est fait, quelquefois l’ouvrier qui 1 a fait, ses usages.Les réponses ne seront pas toutes bonnes, elles seront confuses.on les fera débrouiller, on amènera les enfants à trouver pour chacune une proposition complète qui sera écrite au tableau.En relisant ce travail, on fera remarquer que ces propositions se suivent, et que leur ensemble fait bien connaître l’objet décrit.Qu’il y ait des répétitions du même mot, des naïvetés, cela importe peu pour le moment, l’essentiel est que la clarté et une certaine correction y soient.Le devoir des enfants consistera d abord à copier le travail fait au tableau.Plus tard, on le fera reproduire en n’écrivant que les questions.Sans doute, la mémoire aura la plus grande part à cette reproduction, mais quelques variantes s introduiront, le maître les louera quand elles sont bonnes et peu à peu les enfants viendront à rédiger eux-mêmes.Pour la rédaction sur images ou le petit récit d’un fait de la vie enfantine, la méthode est analogue.C est toujours par questions que le maître procède.L'ordre vient de la manière dont il les pose, à lui de le bien établir., Lmsqu il s aide d’une image, il doit s’appliquer à faire voir, comprendre et deviner ce qui n est pas représenté.Lorsqu’iQs’agit d’un fait d’expérience, les questions ont pour but de taire analyser, decomposer 1 action, de faire trouver aux enfants ce qu’ils font dans telle ou telle circonstance et dans quel ordre.(Voir dans la présente livraison: Exercices Scolaires.Langue française, la rédaction au cours inférieur: Description d’un objet simple.) .v Apres ce premier travail, la petite description sera faite d’une manière suivie, la pre-miere fois P^r le maître, qui la fera recopier telle qu’il l’a dite.Il doit amener progressivement les entants a décrire ou à raconter eux-mêmes et à reproduire par écrit leur très court récit.M.Decaux. 218 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE A PROPOS DE GÉOGRAPHIE La géographie, d’après son étymologie, signifie une description de la terre.Cependant la terre est si complexe qu’une description adéquate en est pratiquement impossible dans le cadre restreint d’une simple causerie.L’étude de la géographie va beaucoup plus loin que la seule cartographie de la croûte terrestre.En dehors du simple aspect physique: océans, continents et leurs contours, chaînes de montagnes, etc., il y a aussi la géographie géologique qui explique les origines de notre planète, sa formation actuelle d’après des lois bien définies qui existent hors de nous, et qui jouent un rôle prépondérant dans les activités de notre globe; lois de l’attraction planétaire, de la radioactivité solaire, pour n’en citer que deux, qui jouent un si grand rôle sur les vents, les marées, les climats, etc.Reste l’autre division classique, qui traite de la géographie humaine: étude des migrations des peuples à travers les siècles, de l’influence que la terre a exercée sur eux et des transformations qu’ils lui ont fait subir.Ce n’était pas simple caprice de la part de millions d'êtres que de s’en aller ainsi en masse, vers des terres inconnues tout en bataillant pour se frayer un chemin.Mais ici, me direz-vous, il faut voir l’histoire.Si c’est du domaine de l’histoire, c’est aussi celui de la géographie, car les deux sont souvent connexes.On ne peut en avoir de meilleure idée qu’en observant ce qui s’est passé ici sur notre continent.Quantités d’Asiatiques, poussés par la, faim, sont venus s’installer en Amérique à cause de son climat varié, de ses immenses territoires de chasse et de pêche.On peut en dire autant de l’Europe, témoin de guerres fréquentes, permettant l’absorption plus ou moins complète des vaincus par les vainqueurs, assurant ainsi la survivances des races.Tout celà est de la démographie qui a varié selon les temps, les lieux, les climats et les besoins économiques.C’est par ce moyen que toute la terre a été connue et peuplée.Voir en entier le domaine qu’embrasse la géographie, serait, en même temps que trop long, fort monotone.Tel que je l’ai dit au début, je me permettrai de faire quelques considérations générales “à propos de géographie”.Pourquoi enseignons-nous cette science aux jeunes ?Pourquoi devons-nous l’apprendre mieux nous-mêmes ?Quels moyens contribueraient à rendre plus instructif et plus attrayant, l’enseignement de cette science, devenue si importante de nos jours ?D’abord, vieille raison, tout simlement parce que nous vivons sur la terre.Une granae partie des sciences humaines se rapportent à la terre; il est donc important d’étudier la structure et les origines du monde que nous habitons.Mais, de plus, il faut, convenez-en, bien étudier, ce qui, sur la terre, entre en contact avec nos vies.Ne faut-il pas connaître les maîtres de la maison que l’on habite! Ceux qui ignorent les coins et recoins de leur chez-soi, ne peuvent 1 apprécier autant que ceux qui le connaissent.Malheureusement, il y en a trop qui s égarent dans leur propre domicile ! Chose curieuse à constater, cependant, ils savent parfois ce qui bout dans la marmite du voisin ! Car on se perd à faire connaître nos grands pays européens (sous prétexte que c’est le programme) lorsque souvent, avec ces “grandes connaissances nos enfants ignorent qu’ils habitent une île.Apprenons donc à nos élèves ce qui les touche de près: leur ville, leur pays d’abord.Sachons les intéresser par des récits taillés sur le vif.Ne_soyons pas esclaves de la méthode livresque.Certes, un livre bien fait est d une grande utilité pour la mémoire de l’enfant qui sera forcé d’y recourir, si nous savons poser un problème géographique piquant sa curiosté.En l’habituant à résoudre la question, il de vient confiant en lui-même et acquiert de l’initiative personnelle.La géographie, étant pour lui d un nouvel intérêt, il cherchera un endroit sur la carte, non uniquement pour en indiquer le point avec la baguette et ensuite recevoir ses bonnes notes, mais bien parce que lui-même sera avide de trouver la solution du problème posé.Il saura les rapports existants entre telle et telle province, telle et telle rivière; il comprendra le pourquoi et l’importance des cartes murales, indispensables à ceux qui ne voyagent qu’en esprit.Utilisons surtout i q-of- ^erres^re (lui donne une idée exacte des rapports géographiques (physiques) entre les differents pays.On se servira des cartes murales dans les cas d’études régionales, mais toujours en retournant au globe, qui, seul, peut indiquer d’une façon sûre, les rapports e latitude et de longitude entre les différents endroits de la terre.Autrement l’élève finira L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 219 par s’imaginer que notre planète est un disque plat, comme on le pensait au temps de Galilée.N’oublions pas, surtout, de toujours rapporter notre enseignement à “l’unité de mesure” qui est le Canada.Ainsi, nous étudions l’Australie, un des Dominions du Commonwealth britannique, où ce pays se trouve-t-il situé par rapport à nous ?Pourquoi faut-il passer par Vancouver ou San Francisco à l’ouest pour s’y rendre, au lieu de New York ou Halifax à l’est ?Pourquoi Londres ou Paris qui sont pratiquement à la même latitude que nous, ont-ils des climats si différents de celui de Montréal ?Autant de problèmes à discuter avec l’élève.Et lorsqu’il consultera son manuel, il aura un but: il retrouvera ce qui a été si bien expliqué, il le retiendra et ainsi finira par aimer la géographie: science de premier ordre, tout autant que l’histoire et les mathématiques, ne l’oublions pas ! (à suivre).Marguerite Beaudoin, Institutrice à l’École Saint-Ambroise, Montréal.POUR L’EDUCATION NATIONALE Sous ce titre, le Canada du 1er octobre publiait la note suivante: ‘ ‘La livraison d’octobre de Y Enseignement Primaire, cet organe bien connu des écoles primaires catholiques de Québec, dont il est inutile de rappeler encore une fois la tenue soignée et le grand intérêt pédagogique, contient un nombre important d’extraits des discours officiels prononcés à Gaspé le 25 août.Ces extraits sont groupés sous le titre général: “Gloire à Jacques Cartier”.‘ ‘M.C.-J.Magnan a eu une très heureuse idée de réunir ces textes.Il s’est fait à Gaspé des professions de foi religieuse et patriotique, dont le commentaire peut être un excellent excitant du sens national, chez les élèves de nos classes primaires.Les paroles de M.Flandin, ministre de France, sur les forces de l’idéal chrétien, celles du cardinal Villeneuve sur le vrai sens des fêtes de Cartier, et la définition de l’idéal de Jacques Cartier par l’honorable M.Taschereau, peuvent servir de thèmes féconds aux gloses des maîtres soucieux de la formation civique de leurs élèves.A Gaspé, nos orateurs ont été avant tout réalistes.On ne trouve dans leurs discours ni la filandre, ni la rhétorique patriotarde, ni les trémolos aigus de certaines échappées oratoires du 24 juin.La difficulté qu’avaient nos maîtres d’école à trouver des discours substantiels, dont ils auraient fait la charpente de leur leçon de patriotisme, n’existe plus, au moins pour un temps, M.Magnan a droit à des félicitations pour son travail intelligent.—R.G.” CAUSERIES PEDAGOGIQUES Les instituteurs de l École Jacques-Viger, à Montréal, sous la direction de leur distingué principal, M.G.Bellefleur, se réunissent chaque mois pour causer pédagogie.On nous communique le résumé de ces entretiens pédagogiques, résumé dont nous commençons la publication ci-après: CAUSERIES PÉDAGOGIQUES {École Jacques-Viger, Montréal) Comme le 20e siècle a été surnommé le siècle “du moindre effort”, il peut paraître curieux d entendre parler des causeries pedagogiques faites à l’école Jacques-Viger.C’est cependant ce qui a eu lieu. Bibliothèque et Archives nationales Québec I 7^ I *7 L’Enseignement Primaire Page(s) manquante(s) ou non-numérisée(s) Veuillez vous informer auprès du personnel de BAnQ en utilisant le formulaire de référence à distance, qui se trouve en ligne : https://www.banq.qc.ca/formulaires/formulaire reference/index.html ou par téléphone 1-800-363-9028 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 221 organisée par le Devoir è cette époque.Le meilleur propagandiste des cercles naturalistes dans nos écoles, fut sans contredit le Révérend frère Adrien, de la congrégation de Sainte-Croix.La semence, il faut le croire, était tombée en bonne terre et au moment opportun.Dans tous les coins de la Province de Québec, des cercles se formèrent et demandèrent leur adhésion à la Société des Sciences naturelles.Aujourd’hui la Société est fière de compter au delà de 340 cercles, répartis dans notre belle province et dans notre Canada tout entier.” Plus tard, le 6 avril, un duo sur l’hygiène par notre assistante-directrice, Mademoiselle D.Racicot, et notre garde-malade, Mademoiselle T.Rochon, mérite une mention d’honneur.Il faut inculquer à nos élèves l’amour de l’hygiène.Tout doit concourir à cet enseignement, car selon l’adage, “un esprit sain ne se trouve que dans un corps sain.’” Le 17 mai, votre chroniqueur revint à la charge en communiquant à ses confrères quelques pages sur la retraite fermée des instituteurs à la Villa Saint-Martin.Elle remporta un plein succès: l’inscription totale se chiffrait à 6?retraitants.Un cordial merci à l’animateur et apôtre des retraites fermées qu’est notre Principal, tout dévoué à sa grande famille, l’école Jacques-Viger.Enfin le 1er juin, la série des causeries est close.Nous avons l’insigne honneur d’avoir avec nous, M.Chatel, professeur de Boston.Son sujet, traitant des arriérés, ne manque pas de pittoresque.Il a su captiver nos esprits par la façon concrète avec laquelle il nous fit comprendre le procédé éducatif employé dans les écoles de Boston.Cependant, c’est à Monsieur le Principal que revint le soin de nous réunir une dernière fois.Il nous parla des examens de fin d’année.Voilà une idée du travail qui s’est accompli chez nous.Ce n’est pas à moi que revient l’honneur de remercier les conférenciers, mais je tiens à les féliciter.Car, travaillant à la même cause, il est bon de s’encourager, d’aller de l’avant au lieu de s’enliser dans une routine néfaste.Ces causeries sont, somme toute, à l’honneur de notre école.Il est à espérer que cette année encore nous aurons l’occasion de nous édifier mutuellement en continuant cette heureuse coutume.(d suivre) COMMENT GUIDER NOS LECTURES ?Ce sujet de première importance a été traité de main de maître par Mgr Antonio Camirand, Vicaire général du diocèse de Nicolet, lors du congrès de l’Action Catholique, tenu à Québec, en octobre dernier.Mgr Camirand s’adressait aux dames et demoiselles de la Ligue catholique Féminine.Nous publions aujourd’hui la première partie du travail très au point et très actuel de Mgr Camirand.COMMENT GUIDER NOS LECTURES?I Comment guider nos lectures, ou comment faire le choix de nos lectures ?Avant de traiter ce sujet, et pour en souligner davantage l’importance, je veux répondre brièvement à une autre question: Avons-nous réellement besoin de faire un choix de nos lectures ?La réponse affirmative s’impose.Je n’en veux pour preuve que l’expérience.Pour ma part, j’ai connu des jeunes gens au regard vif, à l’âme généreuse; ils inspiraient les plus belles espérances.Je les ai revus plus tard; tout idéal était éteint dans leur vie, toute flamme était refroidie dans leur cœur, les mots “vertu et dévouement” n’avaient plus de sens pour eux.A leur récit j’ai 3 222 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE compris qu’ils avaient été empoisonnés par des lectures qui n’étaient pas saines.Oui, Mesdames, un livre peut avoir sur nous une influence profonde pour le bien ou pour le mal, et à cause de cela il faut savoir choisir nos lectures.Mais comment faire ce choix ?Voici une première réponse: en écoutant la voix de l’Eglise.La Voix de l’Église Il faut reconnaître que l’Église a mission et autorité pour nous diriger dans le choix de nos lectures.Dieu, en effet, qui nous a créés par amour et pour le bonheur du ciel, ne nous a pas laissés orphelins et sans guides sur la terre.Il a établi son Eglise pour nous indiquer la voie que nous devons suivre et nous avertir des dangers qui nous menacent.Le premier devoir d’un catholique est donc de croire que l'Église est chargée d’imposer au monde un dogme et une morale, de définir où se trouve la vérité ou l’erreur, le bien ou le mal.Ne pas reconnaître ce droit de l’Église serait manquer gravement à nos devoirs.Or, je l’ai dit, le livre (et il faut dire la même chose du journal, du magazine, de la revue, de la brochure) est souvent un moyen souverainement efficace pour pervertir les intelligences et corrompre les cœurs.Par conséquent l’Église a le droit et le devoir de défendre la lecture des écrits opposés à son dogme et à sa morale, parce qu’ils détournent les âmes de leur fin, et les fidèles ont le devoir d’obéir.Elle a parlé encore par des lois générales énoncées dans son Code de Droit Canonique, et que nous devons respecter dans le choix de nos lectures.En voici le résumé: Sont défendus: a) Les livres de la Bible qui n’ont pas l’approbation de l’autorité ecclésiastique; b) Les livres qui prennent la défense de l’hérésie ou du schisme; c) Les livres qui attaquent de parti pris la religion ou les bonnes mœurs; d) Les livres qui parlent de révélations, de nouvelles destinées, publiés sans l’approbation de l’autorité ecclésiastique; e) Les livres qui tournent en ridicule les dogmes catholiques ou l’autorité hiérarchique de l’Église; /) Les livres qui enseignent la divination, la magie, l’invocation des esprits; g) Les livres qui enseignent la licéité du duel, du suicide, du divorce, des sectes maçonniques ou autres du même genre; K) Les livres qui traitent de parti pris de choses obscènes ou lascives (c.1399).Il faut ajouter que continuellement l’Église, par ses Évêques et ses pasteurs, exerce une surveillance vigilante et maternelle sur les écrits qui se publient dans toutes les parties du monde et signale, au besoin, à tous ses enfants, ce qu’ils ne peuvent pas lire sans désobéissance et sans s’exposer à une occasion de péché.Quand un danger est signalé quelque part, qu’il s’agisse d’un livre, d’un journal, d’une revue, peu importe, c’est le devoir de tous d’obéir.Mais il ne faudrait pas croire que les actes du magistère de l’Église constituent l’unique règle qui doit nous guider dans nos lectures, et conclure que l’on peut lire tout ce qu’il n’a pas prohibé.Sans doute l’Église, par son magistère enseignant, est un flambeau continuellement allumé pour éclairer notre voie.Mais outre cette lumière, extérieure, je dirai, Dieu a mis au dedans de chacun de nous, dans le plus intime de notre âme, une autre lumière, un autre guide auquel il faut soumettre toute notre vie morale, c’est la conscience.Aussi, à la question posée au commencement: Comment faire le choix de nos lectures ?il nous faut donner une deuxième réponse: en écoutant la voix de la conscience.(à suivre) Mgr Ant.Camirand, V.G. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 223 LA MORT TABLEAU DE RACES Ltê Cura de St- Viateur 2061.St-Dominiqiu Montréal L alcool, voilà le grand ennemi de notre race M" Bruchési.1.Les enfants ravis au berceau ou tarés pour la vie, c’est la nation altérée dans sa source, c’est la mçe lamentablement menacée.2.Un peuple qui s’alcoolise est un peuple qui ruine ses énergies physiques; il est fatalement voué à la disparition.3.L’alcoolisme contribue plus qu’aucune autre maladie, à la dépopulation d’un pays.PRINCIPALES CAUSES DE MORTALITÉ AUX ÉTATS-UNIS (1914) DÉCÈS DÉCÈS Diphtérie et croup 20 240 Cancer - - - 75 632 Scarlatine - - 1 1 408 Typhoïde - - 23 400 Pneumonie - - 70 033 Tuberculose - - 81 720 Alcoolisme: 152 781 décès.4.L’histoire de l’Amérique et de l’Afrique nous apprend que des peuplades entières de sauvages sont disparues, tuées par l’alcool.A toutes les 2 heures, il meurt un habitant de la Province de Québec tué par l’alcool Un campement sauvage.autrefois! 5.En 50 ans, 250 000 habitants de la Province de Québec sont morts victimes de l’àtcool: soit l’équivalent d'une ville de 5 000 âmes par année.N’est-ce pas alarmant?L’alcool s’infiltre subtilement dans le sang canadien et l’empoisonne goutte à goutte.O’ J^ph GAUYRSAÜ.Hl .i' ^ Tableau XV de la précieuse collection publiée par les Clercs de Saint-Viateur {Reproduit de la TEMPÉRANCE, avec permission.) 224 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE MÉTHODOLOGIE EXPLICATION FRANÇAISE (Pour l’Enseignement Primaire) Explication de deux Maximes L'esprit est souvent la dupe du cœur.(La Rochefoucauld).Les grandes pensées viennent du cœur.(Vauvenargues).COMMENTAIRE LITTERAL Ici, peu de chose à dire; mais deux ou trois remarques essentielles.Le mot esprit est, chez La Pochefoucauld, synonyme de raison; le cœur désigne nos facultés sentimentales, nos capacités d’affection.Quant au mot dupe, il désigne quiconque se laisse tromper par de vains compliments ou d’illusoires promesses.Dans la maxime de Vauvenargues, le mot cœur a le même sens que sous la plume de La Rochefoucauld.Le mot “pensées” est peut-être d’une moins simple compréhension.Sans doute ne désigne-t-il pas le phénomène purement intellectuel de la pensée abstraite, telle que la pratiquent les philosophes.Évidemment, Vauvenargues donne au mot un sens plus concret et, pour ainsi dire, plus pratique.Il est synonyme de projet, de dessein.Bref, il s’agit ici d’une pensée orientée vers l’action.Ainsi, pouvons-nous parler de la pensée d’un Vincent de Paul, d’un Richelieu.Dès lors, le sens est clair et la maxime de Vauvenargues s’oppose très exactement à celle de La Rochefoucauld.Il nous sera facile de les discuter sous forme de “leçon” ou de dissertation.I.Introduction.S&ns méconnaître la complexité de l’âme humaine, notre 17ième siècle s’efforça d’assurer, dans tous les domaines, l’empire de la raison et de lui subordonner cette sensibilité qu’on pourrait appeler, comme Pascal fait de l’imagination, une puissance d’erreur.Le ISième siècle, au contraire, celui de Diderot, de Jean-Jacques et même, avant eux, celui de Vauvenargues s'insurgea contre l’autorité de la raison, et lui substitua celle du “cœur”.De cette opposition, nous avons un exemple frappant dans l’application de Vauvenargues à contredire, sinon à réfuter La Rochefoucauld.Ainsi l’auteur des Maximes ayant écrit: “L’esprit est souvent la dupe du cœur”, celui des Réflexions réplique: “Les grandes pensées viennent du cœur”.L’étude de ces deux pensées contradictoires pourra n’être pas sans intérêt.II.Développement:—Impossible, d’abord, de refuser à la Maxime de La Rochefoucauld une part de vérité.Siège de nos affections, bonnes ou mauvaises, réglées ou déréglées, le cœur fait commettre bien des sottises, qu’il s’efforce, avant ou après, de justifier par des raisons spécieuses ou même par de purs sophismes.La Rochefoucauld ne le savait que trop.C’est l’honneur de servir, de défendre une reine malheureuse qui le jeta d’abord dans l’opposition à Richeheu.Plus tard c’est, en partie du moins, l’amour qui l’enfonça dans les cabales et la guerre civile; l’amitié, le point d’honneur l’y firent persévérer même quand la raison lui eut découvert son erreur, et peut-être sa faute.Il avait voulu jouer au chevalier; il joua, en réalité, le rôle de dupe, berné qu’il fut par ses obligés, ses amis et ses complices autant que par ses adversaires déclarés (1).Son cas d’ailleurs n’est pas unique, et la littérature, l’histoire, la vie courante ne nous montrent que trop souvent ces conflits du cœur et de l’esprit.Prenez un honnête homme et qui ne manque pas d’intelligence, comme l’Alceste de Molière; mettez-le en présence d’une coquette; il en discernera nettement tous les défauts, à l’occasion il la gourmandera, la maudira; il ne l’en aimera pas moins et d’une passion violente, humiliée, douloureuse.Il connaît son erreur, il se la reproche, et la chérit.Car, il se dit lui-même : .la raison n’est pas ce qui règle l’amour.Il ne le prouve que trop quand, ayant découvert la fourberie de Célimène, il se laisse prendre à ses protestations, accepte ses railleries, ses reproches et lui restitue un amour dont il sait perti- (1) Il avait obéi aussi à la vanité, à l’ambition. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 225 nemment qu’elle n’est pas digne.Triste comédie de l’amour volontairement aveugle, et de la sagesse volontairement asservie! Tels héros ou héroïnes de Racine (Hermione, Oreste dans Andromaque et, dans Phèdre, Phèdre elle-même) usent des mêmes sophismes pour justifier et nourrir une passion qu’ils savent vaine ou criminelle.L’amour n’est pas seul à duper l’esprit à coups d’arguments fallacieux.De ses trois filles, un roi Lear condamne la seule qui soit sincère et généreuse, et comble de ses bienfaits celles qui bientôt le chasseront comme un chien.Pareillement, un père Goriot peut se heurter violemment à l’ingratitude de Delphine et de Nathalie; il les maudira un instant; mais bientôt il nie l’évidence, il se repaît d’illusions à demi volontaires et sombre, par sa faute, dans la misère et la demi-folie.— Autour de nous enfin, combien de pères, combien de mères surtout qui, pour justifier leur indulgence, inventent au profit d’enfants coupables, parfois criminels, les excuses les plus subtiles, entretiennent des espérances qu’ils savent irréalisables, bref se mentent à eux-mêmes autant et plus qu’aux autres.La société ne souffre pas moins que les individus de certaines erreurs sentimentales.Jadis on étouffait trop volontiers la voix du cœur.Sans parler de la torture pratiquée encore il y a cent cinquante ans, les temps ne sont pas si éloignés où l’accusé prenait trop vite figure de coupable, où la répression n’était que punitive, où la justice enfin était facilement inhumaine.Contre cette dureté, on a réagi avec raison.L’accusé est tenu pour innocent jusqu’à preuve du contraire; l’octroi des circonstances atténuantes permet de ne pas assimiler à un crime une erreur ou une faiblesse; la loi de sursis enfin laisse à qui le mérite la possibilité de se réhabiliter.Autant de victoires du “cœur”, et que justifie la raison.Mais le cœur abuse vite de ses avantages, même et surtout en morale.Sous prétexte de réagir contre la sécheresse et l’égoïsme de l’esprit, Jean-Jacques Rousseau, George Sand, Michelet, Hugo, Tolstoï, bien d’autres encore, ont inventé ou ressuscité la morale du sentiment.D’après eux, le cœur seul doit inspirer la loi, et la justice ne saurait exister, là où il ?d’abord amour.Et comme l’amour, s’accommodant mal du vague, s’adresse plus facilement à 1 individu qu’aux collectivités, la morale du cœur est devenue très vite antisociale.De ce que certaines misères, et trop nombreuses, sont imméritées, on a conclu que toutes le sont, et des sévérités légitimes envers certains égoïsmes on est passé à la condamnation de tout l’ordre social.Ainsi dans les romans et les drames de V.Hugo voit-on presque toujours un irrégulier (bâtard, bandit, courtisane, évadé de bagne ou de prison) se dresser contre la propriété, la justice, la famille, la patrie.On surprend ici le sophisme qui consiste à passer de la partie au tout, à conclure du particulier au général, à condamner le droit avec l’abus.Certains ont cru excuser ces fautes de raisonnement en les qualifiant d’erreurs généreuses.Ils n’ont fait que justifier le mot de La Rochefoucauld, car commettre une erreur généreuse, c’est faire de l’esprit la dupe du cœur.Un exemple concret le fera mieux comprendre, celui du divorce.Oublions un instant la conception chrétienne du mariage indissoluble en tant que sacrement.Étudions la question d’après les seules données de l’esprit et du cœur.feur quoi se fondent les partisans du divorce ?—Sur ce fait incontestable que certains mariages peuvent être imprudents, faussés par le mensonge ou l’erreur, ou même compromis plus tard par des faiblesses ou des méchancetés impossibles à prévoir d’abord.D’où des situations d’autant plus douloureuses qu’elles se prolongent davantage.C’est par pitié pour des victimes, souvent innocentes, que 1 on demande la rupture d’un lien devenu intolérable.Ainsi parle le cœur.Ceux qui ont écouté cette voix du sentiment oublient plusieurs choses., La possibilité du divorce enlève au mariage toute gravité et même tout sérieux.Aussi facile a rompre qu à contracter, il s’accommode de toutes les légèretés.N’exigeant plus ni préparation ni persévérance, ni dévouement, ni oubli de soi, il ne contribue pas à l’éducation des fiancés, ni des époux.D’où pour ceux-ci une diminution morale déjà fâcheuse.Et quels dommages pour la société, si celle-ci repose d’abord sur la cellule familiale! Il suffit pour le constater de voir ce qu’est devenue la famille chez les peuples à divorces nombreux.Voilà deux faits déjà que l’esprit peut opposer aux arguments du cœur.Mais admettons que celui-ci demeure insensible à l’intérêt social comme à la valeur morale des individus.Laissons-le se préoccuper seulement de leur bonheur.Il n’est que trop facile de le battre avec ses propres armes.L indissolubilité du mariage fait des victimes, dites-vous ?—-Mais le divorce en fait bien plus encore.\ous voulez sauver les époux, mais vous condamnez les enfants, plus innocents encore que les parents victimes d’une erreur.Nous n’insisterons pas, car, ici encore, les faits sont trop nombreux et trop éloquents.Défaite de la raison, d’abord, la pratique du divorce reserve plus d’un regret au “cœur” qu’en a réclamé l’institution.Que si nous étudions ce que sont devenues la justice et la jurisprudence dans les pays où le cœur parle plus haut que l’esprit, nous verrions à quel point se justifie la parole de La Rochefoucauld: “L’esprit est souvent la dupe du cœur”.Et cependant comme demeure vraie la réplique de Vauvenargues: “Les grandes pensées viennent du cœur”.® ^ 226 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Vauvenargues, nous l’avons dit, oppose certainement le cœur à la raison.C’est que, si le mot raison désigne la faculté qui permet de penser juste et de se conduire droit, dont se réclame un Aristote aussi bien qu’un saint Thomas d’Aquin, le même mot désigne non moins souvent le bon sens et je ne sais quelle sagesse pratique qui s’accommodent assez facilement de la médiocrité.Plus restrictives que stimulantes, ces qualités poussent plus à l’abstention qu’à l’action: chez l’homme raisonnable, la prudence devient aisément timidité; le sens de l’intérêt, égoïsme; le respect de la tradition, routine; et tout cela conduit à l’étroitesse d’esprit et à la sécheresse de cœur.Sancho Pança, les bourgeois de Molière, de Gorgibus à Chrysale, les bourgeois d’Émile Augier, ont naturellement horreur de la grandeur, du sublime, qui leur paraissent comporter trop de risques; ils vont jusqu’à comprimer les élans de leur sagesse,—si la sagesse peut avoir des élans,—et font leur cette maxime de Philinte: La parfaite raison fuit toute extrémité, Et veut que l’on soit sage avec sobriété.Dieu nous garde d’ailleurs de méconnaître leur mérite.Leur labeur, leur esprit d’ordre et d’économie ont assuré la richesse et la stabilité de la France.Mais laissés à eux-mêmes ils en eussent fait un pays de boutiquiers et de commis.Ceux-là, au contraire, ont fait sa grandeur et sa noblesse qui, écoutant la voix de leur cœur, ont su accomplir des exploits dangereux peut-être mais généreux et magnifiques.Ainsi Roland, Bayard multipliant les beaux coups d’épée au service des faibles, des opprimés, de la patrie menacée, et ne se souciant ni de l’argent ni des honneurs; ainsi les vrais croisés partant en guerre au cri de Dieu le veut, ainsi tous les héros.Les sages peuvent les railler, les accuser de folie; leur folie sauve le monde de la platitude et de la médiocrité.A plus forte raison, les apôtres, les saints.Humainement parlant, quoi de moins raisonnable que le renoncement, le sacrifice, le don de soi, le martyre?Et pour les esprits positifs, quels fous plus authentiques qu’un saint Paul, un François Xavier, un Curé d’Ars, un Charles de Fou-cauld ?Et pourtant quelle diminution, quel avilissement pour l’humanité même, si celle-ci ne comptait que des gens dociles à la voix de la seule raison ?La raison, en effet, est plus soucieuse de justesse, de rectitude que de grandeur.Le cœur au contraire est sensible à la grandeur morale, et c’est à lui seul que convient l’épithète de magnanime.Pareillement, lui seul sait aimer; or l’amour est nécessaire à l’héroïsme et plus encore à la sainteté.Cette faculté d’aimer n’assure-t-elle pas souvent la supériorité morale de la femme sur l’homme plus raisonnable et par là plus égoïste ou plus timide ?Sur ce thème, Alfred de Vigny a écrit dans la Maison du Berger des vers magnifiques auxquels je vous renvoie.Conclusion.—De cet exposé contradictoire, que conclure ?La Rochefoucauld et \auvenargues ayant, tour à tour ou ensemble, raison, la réponse ne semble d’abord pas facile.Ou plutôt une réponse trop banale semble s’imposer: à savoir qu’il faut concilier les exigences contradictoires de l’esprit et du cœur, se défendre contre les sophismes de celui-ci et pareillement contre la médiocrité de celui-là; penser juste (Pascal n’a-t-il pas dit: “Travaillons donc à bien penser, c’est le principe de la morale?”), mais aussi penser généreusement; n’être ni^Jean-Jacques, ni Chrysale, et pas plus Sancho Pança que Don Quichotte.Oui, la réponse paraît banale.C’est pourtant celle que nous impose l’Histoire: pas de grand homme qui n’ait eu que de l’esprit (ainsi un Richelieu ne voit grand que parce qu’il aime passionnément la F rance); pas de saint dont l’apparente folie ne cache une profonde et forte sagesse (saint Vincent de Paul, par exemple, fut un organisateur, un administrateur admirable.Et sainte Thérèse d’Avila!).Désabusé, sceptique, La Rochefoucauld a dénoncé les méfaits du cœur; généreux et naïf, \ auvenargues semble avoir exagéré la bienfaisance de ses seuls conseils.Seuls ceux qui dépassent l’humanité moyenne réalisent pratiquement la conciliation et comme la synthèse de ces doctrines opposées (1).* * * Autres réflexions à discuter.La raison ne connaît pas les intérêts du cœur.On paye chèrement les moindres biens lorsqu’on ne les tient que de la raison.La magnanimité ne doit pas compte à la prudence de ses motifs.Personne n’est plus sujet à plus de fautes que ceux qui n’agissent que par réflexion.On ne fait pas beaucoup de grandes choses par conseil.Foutes ces réflexions sont de Vauvenargues et se rapportent visiblement à celle que nous venons de discuter.Gaillard de Champris, Professeur à l’Institut Catholique de Paris.(1) \ auvenargues a d'ailleurs écrit : “Peu de maximes sont vraies à tous égards”.Remarque banale mais qu’il faut se rappeler toutes les fois qu’on explique ou discute une “pensée”. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 227 ENSEIGNEMENT RURAL Rédaction Sujet: Il est des gens qui 'prétendent que Venseignement de Vagriculture ne convient pas üans une école de filles.Êtes-vous de cet avis?Justifiez votre opinion.Suggérez quelques moyens de rendre cet enseignement pratique et intéressant dans les classes qui vous seront confiées.L'enseignement de l’agriculture s’impose, tout aussi bien, dans une école de filles que dans une école de garçons.Le rôle que les femmes sont appelées à jouer dans la vie rurale, demande certaines connaissances essentielles à leur formation intellectuelle, du moins nécessaires au développement des qualités qui font la bonne ménagère.L’agriculture est tout à la fois un art et une science; elle a pour but principal la connaissance de la terre et les moyens de lui faire rendre tout ce qui est nécessaire aux besoins de l’homme.Il est vrai que cette étude, comme ce travail, semble plutôt réservée aux hommes qu’aux femmes, mais il faut que celles-ci prennent un peu pour leur lot, la science de la terre, afin que plus tard, si Dieu permet que leur vie soit liée à celle d’un cultivateur et qu’elles aient à gouverner une ferme, elles accomplissent leur mission avec méthode et intelligence.La femme doit, ou outre, connaître les travaux qui se font sur la ferme et s’y intéresser, elle doit partager les projets de son mari, comprendre ses espoirs; elle doit, elle aussi, aimer les grands champs où poussent les semences que la Providence féconde par ses pluies et son soleil.Au besoin, la femme peut éclairer de ses conseils ceux qui dépendent d’elle.Pour arriver à cé résultat, il faut préparer la jeune fille d’aujourd’hui à devenir la fermière avisée de demain; celle, qui non-seulement résistera aux appâts séducteurs des villes, mais qui saura aussi y faire résister les siens, celle qui saura donner à son domaine le charme réel et la beauté qui le fera aimer et apprécier.La science, dit-on, recule les bornes de l’intelligence, l’agriculture plus que toute autre, peut-être, accomplit ce travail.L’étude la plus rationnelle n’est-ce pas d’abord l’étude des choses qui nous entourent?et qu’est-ce qui nous touche de plus près que la terre?Donc la connaissance de la matière dont est formée la planète sur laquelle nous évoluons doit être pour nos élèves un sujet assez élémentaire.Pourquoi priver les petites filles du plaisir de connaître la.science à laquelle elles doivent leur pain quotidien?L’appétit est aiguisé, quand on sait d’où sortent nos aliments et quel est le travail qui nous les fournit.A ce point de vue, l’étude de l’agriculture regarde tout autant la jeune fille de la ville que.celle de.la campagne; n’ayant jamais vécu sur la terre et ne la voyant presque jamais, la citadine ignore tout des jouisances matérielles que la campagne sait donner.Il importe aussi à la fillette de.la ville de comprendre les beautés et les ressources du sol de son pays, d’en connaître les richesses autrement que par les nomenclatures de la géographie.Oui, il faut développer chez les jeunes filles l’amour de la terre, leur faire comprendre la dignité et la.noblesse de la profession de l’agriculteur, ce grand pourvoyeur du genre humain.“A 1 agriculture seule a été confié, dit Méthivier, le noble soin de nourrir le genre humain et d’entretenir, dans chaque.homme, cette lampe mystérieuses qu’on appelle la vie”.C’est 1 institutrice de l’école primaire qui doit observer l’économie de la Providence dans tout ce qui existe, et démontrer que l’agriculture qui nous nourrit est la source des véritables biens et des richesses qui ont une réelle valeur.Cependant, l’institutrice, pour remplir ce rôle, ne devra pas faire de l’agriculture un enseignement.purement livresque, ce qui gâterait ou amoindrirait les résultats qu’elle peut atteindre, mais plutôt, selon les données du programme, un enseignement occasionnel et démonstratif.Et c’est de bonne heure, dès les premières leçons d’histoire sainte, que commencera cette éducation terrienne; la maîtresse dira aux petits, par exemple, que Dieu lui-même mit Adam dans le paradis terrestre, afin qu’il le cultivât et le gardât; aux autres, elle rera voir dans la beauté des champs, la beauté de la profession de leur père, aux plus grands, elle montrera le rôle de l’agriculture chez tous les peuples, à travers les âges.Les dictées' 228 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE les problèmes d’arithmétique, les lectures, tout peut parler aux élèves du travail rural et, cette ambiance créera le goût de la terre et un sincère désir de la cultiver.Le programme conseille en outre les jardins scolaires, si propres à développer chez les enfants "l’esprit d’observation sur les choses de l’agriculture”.Les classes-promenades, données comme démonstration d’une leçon théorique, sont le moyen par excellence de graver dans la mémoire les leçons de la maîtresse.Si on ajoute à cela les petites collections de plantes et d’insectes nuisibles faites avec les élèves dans les champs même de leur père, on réussira, je crois, à donner à l'enseignement de l’agriculture dans l’école primaire toute sa valeur éducative.Les enfants bien nés aiment les traditions des ancêtres et les gardent jalousement; les objets qui leur ont appartenu sont des reliques auxquelles personne ne touche afin de les conserver intactes.Le peuple canadien est une grande famille dont les ancêtres étaient cultivateurs, ils aimaient l’austérité des champs et donnèrent leur vie, leur bien pour défendre ce patrimoine sacré; l'indifférence, l’apathie menacent la terre; à notre tour de la défendre et de la faire vivre toujours plus grande, toujours plus belle.Donc l’agriculture à l’école, chez les filles comme chez les garçons."Le sol, c’est la patrie, améliorer l’un c’est servir l’autre.” (Fénelon).Thérèse Buck, Cours du brevet élémentaire, 2e année, Ecole normale de Mont-Laurier.LE DESSIN A L’ÉCOLE PRIMAIRE Décembre 1934 Programme mensuel suggéré aux divers cours COURS INFÉRIEUR En première et deuxième années: étude d’après nature, dans la mesure du possible, d’objets de forme circulaire.Enseigner aux élèves comment dessiner, en élévation, un verre, une tasse ou tout autre objet dont la projection sur le plan horizontal, n’offre que des cercles; mais ne présentant, dans leur élévation, que des lignes droites.Chez les jeunes, l’œil est frappé par la rotondité de cet objet qui est devant eux; alors, ils ne croient pas mieux faire que de le représenter, en élévation, comme s’il était vu en perspective.Le professeur mettra l’élève en garde contre ce défaut général chez les commençants.Première année 1.Haltère.2.Verre à pied.3.Carotte.4.De mémoire: une bouteille.Deuxième année 1.Un arc et une flèche.2.Un maillet.3.Un pot à fleurs.4.De mémoire: un objet déjà dessiné. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 229 COURS iUF'ËIR’iEIUR C OURS MOVEIN COURS SURÉRiSUR COURS SURÉRiSUR 230 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE COURS MOYEN En troisième et quatrième années: étude des circonférences et des ovales.Dans la planche III la poire a servi de type dans l’exécution du dessin d’un hibou et d’un lapin.Cette coïncidence de formes n’est pas a dédaigner, pour la mémoire visuelle, chez l’enfant; au contraire, le professeur facilitera la tâche à l’élève, par l’analyse des mouvements d’un animal, d’un personnage ou d’un objet.Troisième année 1.Une poire.2.Un hibou.3.Un lapin.4.De mémoire: une tête d’enfant (forme plutôt ronde).Quatrième année 1.Une carafe (face et plan).2.Un lapin (face).3.Une ellipse décorée.4.De mémoire: Un personnage (tête du personnage contenue totale).COURS SUPÉRIEUR huit fois dans la hauteur En cinquième et sixième années: suite de l’étude sur les moulures.Le modèle d’un piédouche simple est étudié dans la planche V-VI.Le piédouche n’est autre qu’un petit piédestal destiné à supporter une coupe ou d’autres objets assez délicats.Aux numéros 2 et 3 de la même planche sont proposés deux paysages qui peuvent être exécutés en couleurs.Cinquième et Sixième années 1.Un piédouche.2.Un paysage avec arbres et maisons.3.Un paysage avec arbres seulement.4.De mémoire: Base de colonne.Frère Amédée, des Écoles Chrétiennes.LEÇON DE CHOSES (Cours préparatoire et première année) Le corps humain La tête est composée des parties suivantes: Le crâne, les cheveux, la face, la figure ou le visage, le cuir chevelu, le front, les tempes, la nuque, les sourcils, les yeux, les paupières, les cils, la prunelle, la pupille, le blanc de l’œil ou le globe de l’œil, les oreilles, les joues, les pommettes, le nez, les narines, la bouche, les lèvres, les moustaches, les dents, les dents molaires, les dents incisives, les dents canines, les dents de sagesse, les dents oeillères, les dents creuses, les gencives, la langue, le palais, la mâchoire, le menton, le cou. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 231 Le tronc se décompose ainsi : La poitrine, la gorge, l’estomac, le ventre, le dos, les hanches, les reins.Les membres supérieurs : les bras, les épaules, les aisselles, le bras droit et le gauche, le coude, l’avant-bras, le poignet, la main, poings, les doigts, le pouce, l’indicateur, l’index, le médium, l’annulaire, le petit doigt, la paume de la main, les ongles.Les membres inférieurs: la jambe droite et la gauche, la cuisse, le genou, le mollet, le jarret, le pied, les pieds, le coude-pied, les orteils, le talon, la plante des pieds, la cheville.Le corps humain se compose de cent quatre-vingt-dix-huit os.C’est une merveille dont nous sommes redevables à Dieu.LA PHRASÉOLOGIE ET LA COMPOSITION (Phrase exclamative-positive.—(Trois étapes) SOLEIL: sujet, et un verbe I.Le soleil obéit.montre.projette.mûrit:.s’obscurcit.fertilise.absorbe.se lève.trace.répand.se dérobe.proclame., ait.communique.se couche.fond.projetait.met.s’est montré.réchauffe.dispense.IL ALLONGEONS CETTE PREMIÈRE PARTIE, LE SUJET, ET DONNONS-LUI LA FORME EXCLAMATIVE Avec quelle docilité prompte le soleil obéit.Quelle exactitude méticuleuse le soleil montre.Comme le soir à la belle saison le soleil projette.Comme avec amour le soleil mûrit.Avec quel deuil impressionnant le soleil s’obscurcit.Avec quelle diligence le soleil fertilise.Quelle énorme quantité d’eau le soleil absorbe.Avec quelle vaillance tenace le soleil se lève.Quel cercle immense le soleil trace.Que de lumière et de chaleur le soleil répand.Comme le soleil se dérobe.Avec quelle puissance le soleil proclame.Que le soleil bienfaisant ait.Quelles teintes admirables le soleil communique.Dans quel immense brasier le soleil se couche.De quelle ardeur joyeuse le soleil fond.Avec quelle douceur le soleil projetait.Quelle gaieté le soleil du printemps met.Derrière la colline, comme ce matin le soleil s’est montré.Avec quelle ponctualité le soleil réchauffe.Avec quelle magnificence le soleil dispense .III.TERMINONS LA PHRASE EN AJOUTANT UN COMPLÉMENT Avec quelle docilité prompte le soleil obéit à la voix de Josué! Quelle exactitude méticuleuse le soleil montre à poursuivre le chemin tracé par Dieu! Comme le soir, à la belle saison, le soleil projette sur le lac Saint-Pierre ses rayons aux mille nuances! Comme avec amour le soleil mûrit nos froments et les fruits de nos vergers! Avec quel deuil impressionnant le soleil s’obscurcit à la mort de Jésus, notre Rédempteur! Avec quelle diligence le soleil, de ses rayons bienfaisants, fertilise la terre! 232 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Quelle énorme quantité d’eau le soleil absorbe dans sa course journalière au-dessus des océans! Avec quelle vaillance tenace le soleil se lève chaque matin à l’heure marquée par Dieu! Quel cercle immense le soleil trace dans le ciel à la poursuite d’autres astres! Que de lumière et de chaleur le soleil répand sur la terre rajeunie! Comme le soleil se dérobe à nos regards derrière les nuages! Avec quelle puissance le soleil proclame la beauté infinie du bon Dieu! Que le soleil bienfaisant ait libre accès dans nos demeures! Quelle teintes admirables le soleil communique aux fleurs de nos parterres! Dans quel immense brasier le soleil se couche ce soir! De quelle ardeur joyeuse le soleil fond la neige et les glaces au printemps! Avec quelle douceur le soleil projetait ses rayons d’or sur la mer endormie! Quelle gaieté le soleil du printemps met dans nos demeures! Derrière la colline, comme ce matin le soleil s’est montré radieux et flamboyant! Avec quelle ponctualité le soleil réchauffe chaque jour la terre! Avec quelle magnificence le soleil dispense lumière et chaleur à tous les êtres inanimés ! MÊME PROCÉDÉ POUR LA PHRASE EX CL AM ATI VE-NÉGATIVE.— LE SOLEIL: SUJET.IV.— Le soleil.n’est-il pas éclairé.n’a-t-il pas apporté.ne fait-il pas.ne ramène-t-il pas.ne sème-t-il pas.n’engendre-t-il pas.ne fond-il pas.ne soulève-t-il pas.n’éblouit-il pas.n’apparaît-il pas.ne se montre-t-il pas.ne promenait-il pas.ne salue-t-il pas.n’étincelle-t-il pas.ne rayonnait-il pas.ne plongeait-il pas.ne se lance-t-il pas.ne monte-t-il pas.ne ne s’enveloppe-t-il pas.ne semble-t-il pas.n’importune.n’étale-t-il pas.Frère Arsène-Louis, de VInstruction chrétienne.LE CHANT A L’ÉCOLE Cours préparatoire, Exercices d’intonation, pages 24, 26, 28, 30.La troisième répétition des sons 1, 2, 3, 4, 5, dans les exercices d’intonation peut, au premier abord, paraître inutile, fastidieuse.Mais qu’on se le rappelle bien, il ne suffit pas de pouvoir chanter les exercices d’intonation; il faut encore distinguer, apprécier à l’oreille les différences de hauteur entre les degrés de la gamme.Procédés d’enseignement pour les Exercices d’intonation numérotés en chiffres romains “Cours préparatoire”, pages 24, 26, 28, 30.I- Le professeur indique les sons de l’exercice, exemple: chanter do, ré, quatre fois de suite en finissant sur do.II- -Chanter deux fois le même son, posant légèrement la voix de deux en deux sons en marquant ce rythme par un mouvement des mains.III- -Chanter trois fois le même son, posant légèrement la voix de trois en trois sons, en marquant ainsi le rythme: 1er temps (son) : unir les mains à la façon des enfants de chœur.2e temps (son) : éloigner les mains à la distance de trois pouces.3e temps (son) : éloigner les mains à la distance de trois autres pouces. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 233 IV- "Vcoaliser trois fois le même son sur la syllabe 1° à la manière de l’exercice III.V.-Chanter les sons: do, mi, sol avec sonorité et les sons intermédiaires: ré, fa à mi-voix.Après chaque exercice d’intonation, les élèves qui écrivent les sons sans erreur donneront la dictée orale et la dictée écrite aux plus faibles en audition.Le professeur pourra aussi faire vocaliser les sons des “Jeux mélodiques” qui se trouvent à la page 56 de notre Cours préparatoire.Exercices de gymnastique.—Les exercices de gymnastique ont pour but d’éveiller,*de développer le sens du rythme chez l’élève, tout en contribuant à sa culture physique.Pour atteindre ce double but: 1° Il faut toujours exécuter les exercices avec une régularité absolue, un ensemble parfait.2° Il ne faut jamais faire chanter les élèves qui exécutent les mouvements de gymnastique; tous les auteurs de culture physique le défendent.Comment procéder pour combiner les exercices de gymnastique avec les exercices d’intonation ?On divise la classe en deux groupes dont l’un exécute les mouvements de gymnastique pendant que l’autre accompagne ces mouvements par le chant des intonations.Quelles intonations doit-on faire chanter ?Voyez Cours préparatoire: après chaque exercice A Mouvement des bras, vous lisez: B Mouvement des pieds.Répéter ce mouvement de gymnastique (A ou B) en chantant l’exercice d’intonation III.Le mois prochain et les suivants, nous continuerons à donner des conseils pratiques pour l’enseignement des exercices de notre Cours préparatoire.Une Sœur de la C.N.-D.L’INSTITUTEUR DEVANT LE CODE CIVIL La Revue du Droit, de Québec, dans la livraison d’octobre, commence une très importante étude sur 1 “Instituteur devant le Code civil”, relativement au droit de correction, aux punitions corporelles.C est un travail de haute valeur, que nous tâcherons de résumer dans un avenir prochain. 234 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE RÉDACTION D’APRÈS L’IMAGE (PREMIÈRE (1ère) LEÇON) La Famille Durand >.&Ç KÜÜÜÜÜil iüiü" ^ '•t L •waüaijjj MwyniiillÜiiS Sî’i'J n:' v ;?1.La gravure.2.Le grand-père.3.La grand’mère.4.Le père; l’homme.5.La mère; la femme.6.Le fils; le frère; le garçon.7.La fille; la sœur.8.Le bébé.9.Le fauteuil.10.La pipe.11.Le livre.12.La lettre.13.La table.14.Le piano.15.La balle.16.La poupée L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 235 Rédaction La gravure (1) représente un salon.La famille Durand est dans le salon.Elle comprend: le grand-père (2), la grand’mère (3), le père (4), la mère (5), le fils (6), la fille (7), et le bébé (8).Le grand-père est assis dans un fauteuil (9); il fume la pipe (10).La grand’mère aussi est assise dans un fauteuil; elle lit un livre (11).Le père, M.Durand, écrit une lettre (12) sur la table (13).La mère, Mme Durand, est au piano (14) ; la fille, Marguerite, chante une chanson.Jacques, le fils, joue avec une balle.(15).Le bébé joue avec la poupée (16).Le père et le grand-père sont deux hommes; la mère et la grand’mère sont deux femmes.Mme Durand est la femme de M.Durand; M.Durand est le mari de Mme Durand.Le petit garçon (ô) est le frère de la petite fille (7).La petite fille est la sœur du petit garçon.Le fils, la fille et le bébé sont trois enfants.Le père et la mère sont les parents des trois enfants.Le grand-père et la grand’mère sont leurs grands-parents.Conversation Que représente la gravure ?Elle représente un salon.Qui voyez-vous dans le salon ?J’y vois sept personnes.Qui sont ces personnes ?Ce sont: le grand-père, la grand’mère, le père, la mère, le fils, la fille et le bébé.Que fait le grand-père ?Il fume la pipe.Où est-il assis ?Il est assis dans un fauteuil.Et la grand’mère, où est elle assise ?Elle aussi est assise dans un fauteuil.Que fait-elle ?Elle lit un livre.Et le père, que fait-il ?Il est en train d’écrire une lettre.Quels sont les autres membres de la famille ?Ce sont la mère et les enfants.Que font-ils ?La mère joue du piano, Marguerite chante et les autres enfants s’amusent avec leurs jouets.Reproduit avec l’autorisation de ^'Institut Canadien de Linguaphone.chemin, limitée, dépositaire.Librairie Beau- 236 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE L’ENSEIGNEMENT DE L’ANGLAIS A L’ÉCOLE PRIMAIRE Les livres d’anglais (Pour Y Enseignement Primaire) Les livres employés dans l’enseignement des langues vivantes peuvent être classés comme suit: 1.Cours de langues vivantes; 2.Ouvrages grammaticaux; 3.Editions des classiques; 4.Ouvrages divers.1.cours d’anglais Par “Cours de langues vivantes” l’on entend les ouvrages qui renferment tout ce qui est nécessaire à l’enseignement et à l’étude progressive et complète de la langue, donc: phonétique, vocabulaire, grammaire.La matière de ces cours est divisée en deux, trois manuels, ou même davantage, selon les besoins des écoles ou des groupes d’étudiants auxquels ces cours sont destinés.Cette matière est dosée en vue du niveau de savoir que les élèves sont supposés atteindre, et des examens qu’ils auront à subir au terme de leur scolarité.Les manuels sont ordinairement divisés en leçons dont chacune exige environ une semaine de travail; ainsi un manuel destiné à demeurer deux ans entre les mains des élèves, comprendra de soixante à quatre-vingts leçons.Chaque leçon forme un tout, et comprend donc: 1.Des exercices phonétiques.Ces exercices ne constituent pas un cours logique de phonétique anglaise; ils ont pour but d attirer l’attention sur les principales difficultés phonétiques de la leçon.Ils ne renferment que des mots appartenant à la leçon, ou d’autres déjà connus.Bien que ces exercices soient placés dans le manuel, en tête de la leçon, il ne s’ensuit pas que 1 exercice de phonétique doive se faire au commencement de la classe d’anglais, ni tout d’une traite.Le professeur l’impose aux élèves au cours de la classe, et par fragments, au moment et de la façon qui doivent donner le meilleur résultat.2.Une étude de vocabulaire.Le vocabulaire est présenté à l’aide: 1.d'images.Il est inutile de rappeler ici le rôle de l’image dans l’enseignement, ni le parti considérable que le professeur de langues vivantes peut tirer des images du manuel et des tableaux muraux.2.de textes descriptifs, anecdotiques ou dialogués, où figurent les mots de la leçon.Le contexte fixe l’acception exacte des mots, expressions, idiotismes; l’intérêt du texte facilite le travail de la mémoire.Ces textes ne présentent aucune forme verbale qui n’ait été étudiée.Ils sont rédigés ou choisis, de préférence en vue d’initier peu à peu les élèves aux mœurs, à l’histoire, au génie des peuples de langue anglaise, par des scènes, des anecdotes empruntées à leur vie sociale et politique, et, dans les cours supérieurs, à leur littérature.3.de commandements ou de séries verbales, où sont mis en action les verbes de la leçon; ce genre de travail se limite aux premières années du cours. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 237 4.d’exercices ayant pour but de familiariser les élèves avec le vocabulaire de la leçon.Ces exercices ont la forme de questionnaires, de textes à traduire, de rédactions.Ils sont, de plus, composés en vue de constituer une récapitulation des formes verbales étudiées dans les leçons précédentes.Au sujet de l’étude du vocabulaire, qu’on me permette ici une suggestion.Les nécessités de l’enseignement primaire, dans la Province de Québec, semblent exiger que le Cours d’anglais, soit divisé en quatre manuels destinés respectivement aux 3 et 4ème années, 5 et 6ème années, 7 et Sème années, 9 et lOème années.Voici quelle pourrait être la division du vocabulaire entre ces quatre manuels.1st Book: At School and at Home; 2nd Book: In the City and through the Country; 3rd Book: The World round; 4th Book: Commerce and Industry, Science, Art and Literature.3.Une étude des formes verbales.Cette étude comporte: 1.la présentation et l’explication des/ormes nouvelles, soit par des paradigmes ou des textes, desquels on infère les explications grammaticales; soit par un exposé grammatical suivi d’exemples.2.des exercices nombreux, variés, vécus, destinés à donner à l’élève la maîtrise des formes nouvelles.Ces exercices n’emploient que les mots de la leçon ou ceux qu’on a étudiés dans les leçons précédentes.Les formes que peuvent prendre ces exercices sont très variées.Voici celles qui ont été indiquées dans la “Méthodologie de l’anglais”.Phrases et textes à traduire en français ou en anglais, à changer de nombre, de genre, de personne, de temps, de forme.Questionnaire sur les images et les textes du manuel; séries de questions à résoudre ou à poser.Composition de phrases d’après des formes modèles ou avec des mots donnés; définitions de personnes ou d’objets à l’aide de la proposition relative; imitation des textes du manuel; descriptions, récits, dialogues, lettres.Composition et exécution de scènes du genre des séries verbales; récits dramatisés; reproductions dialoguées d’histoires lues ou vécues; jeux, etc.Plusieurs auteurs de Cours d’anglais ont publié un “Corrigé des exercices”, renfermant aussi le lexique anglais-français des mots nouveaux de chaque leçon.Parfois on a donné à ce Corrigé le nom de “Livre du Maître”.Malgré ce nom, l’on peut croire que ce livre est destiné à aider les élèves dans l’étude de l’anglais, plutôt que les professeurs dans leur enseignement.Considéré sous ce point de vue, l’utilité du “Corrigé” est indiscutable.2.GRAMMAIRE ANGLAISE Dans les classes inférieures, 3 et 4ème années, 5 et 6èmes années, un livre de grammaire anglaise n’a aucune raison d’être, les manuels pouvant renfermer tout ce qui est nécessaire à l’élève dans son étude: phonétique, vocabulaire, grammaire, sans risquer d’atteindre un nombre de pages trop considérables.Il n’en va pas de même dans les classes supérieures, où un livre de “Grammaire anglaise”, indépendant du manuel, semble s’imposer, et cela pour les raisons suivantes: 1.donner à la grammaire tout le développement désirable sans être limité par l’espace; 2.éviter la répétition des règles grammaticales, répétition qui serait inévitable dans les manuels de 7 et Sème années, et de 9 et lOème années; 3.fournir à l’élève un livre complet en lui-même pour la grammaire anglaise, livre qui lui servira pendant le reste de sa scolarité, à partir de la 7ème année, comme livre d’étude, et pourra lui servir après sa sortie de l’école comme livre de référence; 4.faciliter à l’élève l’étude ou la revue systématique de la grammaire, lorsque cette étude est indiquée par le programme d’un examen, ou lorsqu’il en éprouve le besoin.Les manuels des classes supérieures indiqueront à chaque leçon les chapitres de la “Grammaire” auxquels l’élève doit se référer pour faire les exercices de la leçon. 238 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE La “Grammaire anglaise” qui convient à des élèves de langue française est totalement différente de celle qu’on met entre les mains des élèves de langue anglaise.Qu’importe à l’écolier cana-dien-français d’apprendre: What is a noun?.et tant d’autres choses qu’il a étudiées dans sa langue maternelle, et qui, même apprises en anglais, ne l’avanceraient que bien peu dans la connaissance pratique de cette langue ?On ne voit pas non plus l’utilité de l’analyse anglaise.C’est dans sa langue maternelle que l’écolier a appris, par l’analyse, le mécanisme des langues.Cette connaissance lui servira dans l’étude de toute autre langue vivante, sans qu’il lui soit nécessaire de se remettre à l’analyse dans la terminologie propre de cette langue.L’analyse n’aide guère à mieux parler ou écrire la langue étrangère; elle serait un temps perdu et un exercice fastidieux pour l’élève comme pour le maître.De fait, il n’en est pas fait mention dans les Cours de langues vivantes publiés à l’étranger.La “Grammaire anglaise” nécessaire à l’écolier de langue française est une grammaire comparative des deux langues, grammaire qui lui apprendra à passer sans erreur du français à l’anglais, et réciproquement.Et c’est bien ainsi que les grammaires de langues vivantes sont partout rédigées.De plus les grammaires de langues étrangères sont rédigées dans la langue maternelle des élèves auxquels elles sont destinées.Cela est nécessaire à l’élève pour la parfaite intelligence des difficultés grammaticales, pour la facilité de l’étude, pour la rapidité de la consultation.Ce principe est d’ailleurs universellement appliqué dans la rédaction des grammaires de langues vivantes.S’il existe quelques grammaires anglaises (pour élèves de langue française), rédigées en anglais, cette anomalie s’explique peut-être par l’engouement excessif que provoqua l’apparition de la méthode directe.A côté des “Grammaires anglaises” il existe des ouvrages grammaticaux rédigés en vue de besoins spéciaux, par exemple pour aider l’élève soit dans la version, soit dans le thème, en le prémunissant contre les fautes généralement commises dans ces exercices.Ces ouvrages constituent une excellente revue de la grammaire sous une forme nouvelle et intéressante; ils ne sauraient toutefois remplacer la grammaire dans sa forme logique et complète.3.CLASSIQUES ANGLAIS L’initiation à la littérature anglaise, ou si on le préfère, l’étude de la littérature anglaise est nécessaire à l’élève des classes supérieures.C’est dans le contact avec les chefs-d’œuvre de la pensée, de la langue anglaise que l’élève perfectionnera ses connaissances linguistiques; c’est dans la langue littérairement apprise qu’il trouvera une plus haute formation intellectuelle, un élargissement de sa personnalité, ce qui est le but ultime de l’étude des langues étrangères, comme celui de l’enseignement secondaire.Ainsi l’enseignement des langues vivantes, dont le but premier est d’apprendre à parler, à lire et à écrire ces langues, peut et doit aussi servir largement la cause de la culture.Pour cette fin, les auteurs des cours d’anglais ont à leur disposition tant et de si jolies choses qui ont été écrites pour les enfants, dans une langue à leur taille, pleine de gaîté, de fraîcheur, et d’un art exquis.Ils n’auront qu’à puiser largement dans ce répertoire; ainsi pourront-ils, dès les classes inférieures, contribuer à former le goût de l’écolier.Les cours d’anglais plus élevés utiliseront, dans toute la mesure possible, des extraits d’auteurs anglais, aussi riches par la pensée que par le style, œuvres qui témoignent d’un génie si différent du nôtre, et dont l’étude, par suite, peut être si féconde.Mais cela devient insuffisant dans les classes supérieures où il faut aborder résolument l’étude de la littérature anglaise.Deux sortes d’ouvrages, préparés pour lui, s’offrent alors à l’écolier de langue française: 1.Les anthologies des auteurs anglais et américains.Celles-ci pourraient être rédigées sur le type des ouvrages français de littérature expliquée, en vue de rendre les mêmes services dans l’étude des auteurs anglais et de l’histoire de la littérature anglaise.2.Le éditions des classiques anglais.Il convient, en effet, que l’élève étudie en entier quelques œuvres classiques. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 239 Les éditions bilingues des classiques sont particulièrement à recommander.Elles facilitent le travail d’assimilation que doit faire l’élève pour se rendre capable de reconstituer le texte anglais à l’aide de la traduction française juxtalinéaire.Faire en classe, à la suite de l’étude, cette retraduction, qu’on a appelée thème oral, permet au maître un contrôle facile et rapide du travail de l’élève.(Voir VEnseignement secondaire au Canada, octobre 1931).Evidemment tout n’est pas fait, quoique ce soit déjà beaucoup, lorsque l’élève peut, à vue et couramment, reconstituer le texte anglais sur le texte français; il reste à expliquer le texte aux points de vue de la langue et de l’art, des idées et de l’histoire, explication qui se fait selon des procédés analogues à ceux qu’on emploie dans l’étude des auteurs français.Les éditions des classiques, comme les anthologies—-et nous parlons ici de celles qui sont préparées pour les élèves de langue française—-renferment des introductions, annotations, critiques, analyses, qui aident l’élève dans l’intelligence du texte, et le dirigent dans les travaux que nécessite l’étude littéraire des œuvres et des auteurs.L’Enseignement secondaire au Canada a donné quelques bons exemples d’analyses de textes anglais, dans les fascicules de mai et de décembre 1932, sous la signature de W.J.McBriarty.Un bon manuel d’histoire de la littérature anglaise et américaine peut être très utile comme livre de consultation plutôt que comme livre d’étude.Car, en littérature anglaise, plus encore que dans la littérature de la langue maternelle, ce qui importe, c’est la fréquentation des auteurs.4.OUVRAGES DIVERS 1.Les livres de vocabulaire.Ces ouvrages groupent, d’après le sens, les mots, les expressions, les idiotismes de la langue étrangère.Les uns proposent tout simplement des listes; les autres insèrent ces mots dans un texte descriptif ou anecdotique, et même s’efforcent de donner une idée aussi exacte que possible de la vie sociale des peuples de langue anglaise.Les uns et les autres sont généralement illustrés.Les premiers facilitent la recherche, comme les ouvrages analogues de langue française; leur étude est singulièrement aride, à moins que l’illustration ne vienne en aide à l’élève.Dans les autres, l’intérêt du récit stimule la curiosité de l’élève, lui facilite le travail de la mémoire, tandis que le contexte fixe le sens précis des mots et des expressions.Les livres de vocabulaires font doublure avec les cours de langues vivantes, lesquels doivent renfermer tout le vocabulaire nécessaire.Us ne sauraient non plus les remplacer, car le point de vue grammatical, qui est en somme le principal dans l’étude d’une langue, n’y est pas considéré.Leur rôle serait d’être parfois d’utiles auxiliaires.2.Les livres spéciaux.Bien des livres de langues vivantes ont été composés en vue de besoins particuliers; tels sont les livres d’anglais commercial destinés aux écoles de commerce, et les livres de composition, pour l’usage des étudiants qui veulent faire une étude plus poussée de la composition anglaise.Ces sortes d’ouvrages, et il en existe d’excellents, s’adressent à une clientèle spéciale.Dans les classes régulières, les Cours de langue anglaise suffisent en général, car ils donnent au style commercial et à la rédaction une place en rapport avec les besoins des élèves qui les fréquentent.3.Les livres de consultation.Cette catégorie comprend les dictionnaires bilingues dont l’emploi doit être assez limité dans les classes de langues vivantes; les dictionnaires de prononciation; et dans ce genre, les dictionnaires américains (Webster) doivent être préférés aux dictionnaires anglais, en raison des différences phonétiques, morphologiques et même orthographiques qui existent entre la langue parlée en Angleterre et celle qu’on parle aux États-Unis;—les dictionnaires techniques bilingues ou polyglottes.4.Enfin, peut-être convient-il de ne pas passer sous silence la catégorie des livres nettement déficients quant à la méthodologie au point de vue qui nous occupe, et qui parfois, faute de meilleurs, ont pu être employés dans l’enseignement de l’anglais.Ainsi les “Readers”, ouvrages rédi- 240 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE gés pour les enfants de langue anglaise, et qui ne peuvent rendre qu’un fort médiocre service aux écoliers de langue française, puisqu’on n’y trouve aucun enseignement systématique du vocabulaire ni surtout des formes verbales.Évidemment il ne saurait être question ici des anthologies destinées à l’étude littéraire de la langue, et dont il a été question dans l’article précédent, lors même qu’elles porteraient le nom de Readers.Rentrent aussi dans cette catégorie, et pour les mêmes raisons, les “Livres de conversation” et les livres de “Correspondance bilingue”, écrits pour l’usage des gens pressés qui n’ont pas le temps ou le courage d’étudier la langue.Frère Régis-Stanislas, É.C., Ste-Foy est, P.Q.DOCUMENTS SCOLAIRES L’ASSOCIATION DES INSTITUTRICES CATHOLIQUES DE LA PROVINCE DE QUÉBEC Son origine—Son historique—Son but Grâce à la bienveillance de M.le Commandeur C.-J.Magnan, le Comité de Régie de l’Association des Institutrices catholiques de la Province de Québec pourra, durant les mois à venir, donner quelques notes, touchant les débuts de cette association et ses activités.Le Bureau de Direction croit ainsi rencontrer le désir des membres en rappelant d’intéressants souvenirs à celles qui ont quitté l’enseignement, et en apprenant à celles qui poursuivent leur carrière combien il fait bon d’être unies.En feuilletant les pages des procès-verbaux, nous lisons les récits des séances de la convention qui a été tenue chez les Dames Ursulines du 11 au 16 août 1902.Huit cents institutrices séculières et plus de deux cents religieuses des couvents des Ursulines, de la Congrégation Notre-Dame, des Sœurs de la Charité, du Bon-Pasteur, et des Sœurs de Jésus-Marie ont suivi les cours de pédagogie qui y furent donnés, avec une attention soutenue.M.le Surintendant de l’Instruction publique, M.de La Bruère, offrit la présidence d’honneur à S.G.Monseigneur Bégin, archevêque de Québec, qui accepta cette charge avec bonheur.Les conférenciers qui développèrent différents sujets furent les suivants: l’abbé Th.-G.Rouleau, M.H.Nansot, M.C.-J.Magnan, M.J.-A.Bergeron, M.J.Ahern, M.Liénard, M.l’abbé Lindsay, M.Charles Lefebvre, M.Nérée Tremblay, M.O.Dallaire et M.Prad.Ces travaux étaient marqués au coin du savoir et de l’expérience.Les causeries du soir furent données par Mgr Lafîamme et 1 abbé Corriveau, curé de Ste-Pétronille, I.O., grâce aux démarches généreuses de Mgr Marois, vicaire général de Québec.Les instructions du matin, à la messe de 6.30 heures, faites par M.1 abbé Gauvreau, curé de St-Roch, firent une profonde impression sur l’assistance.Mgr 1 archevêque proclama bien haut la grandeur de la mission de l’institutrice chrétienne qui remplace les parents auprès des enfants qui lui sont confiés.L honorable A.Robitaille, secrétaire de la Province, rendit un hommage sincère à l’œuvre des conférences pédagogiques.Durant cette convention les institutrices se sont occupées de former une association à Québec.Madame Côté, de Québec, Mademoiselle J.Samson, présidente de l’association de Montréal, Mesdemoiselles Castonguay et Massé furent les premières officières.Trois inspecteurs d’écoles L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 241 furent priés de choisir chacun deux conseillères qui formeront un bureau qui étudiera les moyens à prendre pour établir l’association.Ce bureau devra soumettre ses décisions à une réunion plénière de la région de Québec, toujours sous la direction de S.G.Mgr l’archevêque et de M.le Sur-intendant.A la réunion du 4 octobre 1902, Mademoiselle Turcotte adressa à M.Magnan la liste suivante: Madame Côté, présidente; Mlle Trumble, vice-présidente; Mlle Turcotte, secrétaire; Mlle Dionne, trésorière.Mademoiselle Turcotte ajouta que les institutrices désiraient remercier d’une manière particulière le Gouvernement de leur avoir fourni l’occasion de former une association, qui fera un grand bien parmi elles.A une réunion du 4 avril 1903, il fut proposé par Mlle Pelletier, appuyée par Mlle Vézina, qu’une circulaire soit envoyée à toutes les municipalités scolaires, pour leur faire connaître qu’un bureau de placement est établi à Québec, et qu’en payant une piastre, elles pourront s’adresser à ce bureau pour obtenir les institutrices dont elles pourraient avoir besoin.Il fut aussi proposé par Mlle Pelletier, secondée par Mlle Vézina: “que toute institutrice s’adressant à ce bureau pour avoir de l’emploi devra fournir les références nécessaires.” Proposé par Mlle Dionne, secondée par Mlle Taillon: “que l’argent remis à la trésorière soit déposé en Banque et que cet argent ne pourra en être retiré qu’avec une autorisation signée par la présidente, la secrétaire et la trésorière.” Proposé par Mlle Vézina, secondée par Mlle Pelletier “qu’une copie des délibérations de cette séance soit adressée à M.le Directeur de VEnseignement Primaire, avec prière de la publier dans sa revue.’’ (à suivre) Une Institutrice.REUNION DE L’ASSOCIATION D’ÉDUCATION DU CANADA Cette association s’est réunie à Toronto dans la semaine du 4 novembre (les 6, 7 et 8).Cette association est composée des délégués des Ministères et Départements de l’Éducation des différentes provinces du Canada et des représentants des universités et des écoles supérieures.A cette réunion de l’Association d’Éducation du Canada, la Province de Québec était représentée par l’honorable Cyrille-F.Delâge, Surintendant de l’Instruction publique, et M.W.A.Per-cival, Directeur de l’Enseignement protestant.M.Delâge a présenté un mémoire sur D'enseignement secondaire”dans la Province de Québec, et M.Percival a parlé du “rôle du High School.” INAUGURATION DU NOUVEAU BATIMENT DE L’ÉCOLE NORMALE DE VALLEYFIELD Le 17 novembre dernier a eu lieu, à Valleyfield, l’inauguration du nouveau local de l’École normale de Valleyfield.Incendiée en septembre 1933, cette institution renaquit de ses cendres en quelques mois, grâce aux sacrifices consentis par les Sœurs des SS.ISToms de Jésus et de Marie.Son Excellence Mgr Langlois, évêque de Valleyfield, a présidé aux cérémonies de l’inauguration.L’honorable Honoré Mercier, ministre des Terres et Forêts, représentait le Gouvernement de Québec à cette fête de l’éducation. 242 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE DOCUMENTS OFFICIELS EXAMENS DES ASPIRANTS INSPECTEURS D’ÉCOLES Août 1935 HISTOIRE DE LA PÉDAGOGIE Voici le programme d’Histoire de la pédagogie pour les examens que devront préparer les aspirants inspecteurs d’écoles: session du mois d’août 1935: Le dix-neuvième siècle 1.Caractères et conditions de l’éducation- II.Pédagogie protestante: Pestalozzie, Bell et Lancaster, Froebel et les Jardins d’enfants, Mme Pape-Carpentier, Mme Necker de Saussure, Diesterweg, l’éducation aux États-Unis.—III.Les écoles psychologiques, la psychologie expérimentale.—IV.Emmanuel Kant et le rationalisme, Fitche, Jean Macé, Henri Marion, Gréard, Compayré.—-V.Le positivisme et l’évolutionisme: Auguste Comte, Spencer, Bain, Stuart Mill.—-VI.La pédagogie catholique: Overberg, le P.Girard, Maine de Biran, Jacotot, Lacordaire, Mgr Dupanloup, Dom Bosco, Lambruschini; Tommaseo, Rosmini, Rayneri, le Ven.Champa-gnat, le Vév.J.-Marie de Lamennais, le P.Chaminade, le P.Querbes, le P.Deshayes et les Frères de Saint-Gabriel, le P.Coindre et les Frères du Sacré-Cœur, les Frères de Sainte-Croix, Dom Fré-chard et les Frères de la Doctrine Chrétienne de Nancy, le P.Monfat, Otto Willmann.—-VII.L’éducation des filles au XIXe siècle: 1° Les écrivains pédagogiques: Mme Campan, Mme de Rémusat, Miss Hamilton, Miss Edgeworth, Mme de Genlis, Mme Guizot, Mme Necker de Saussure, Mgr Dupanloup; 2° Les religieuses enseignantes : la Bienheureuse Julie Bilhart, sainte Madeleine-Sophie Barat, Mme Janet Erskine Stuart.Auteur suggéré: L.Riboulet, Histoire de la Pédagogie, le “Dix-neuvième siècle”, de la page 377 à 537, inclusivement.L’INSTRUCTION PUBLIQUE DANS LA PROVINCE DE QUÉBEC L’Instruction publique dans la Province de Québec sous le Régime français et sous le Régime anglais.Détails: l’instruction en France avant le Révolution; l’instruction publique sous la domination française: les écoles de filles, les écoles de garçons; l’instruction publique sous la domination anglaise: au lendemain de 1760; 1763 à 1791; 1791 à 1824; 1824 à 1846; 1846 à 1875; 1875 à 1933; les minorités scolaires dans la Province de Québec.Auteur suggéré: C.-J.Magnan, VInstruction Publique dans la Province de Québec, (2e édition, de la page 7 à la page 25, et, en plus le chapitre III: Les minorités scolaires dans la Province de Québec, de la page 41 à la page 55. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 243 PREMIER CONGRÈS DES PRINCIPAUX DES SCOLASTICATS-ÉCOLES NORMALES, TENU A MONTRÉAL LES 13 et 14 NOVEMBRE 1934, CONFORMÉMENT A L’ARTICLE 164-i DES RÈGLEMENTS DU COMITÉ CATHOLIQUE Présidence de l’honorable Cyrille-F.Delâge, Surintendant de l’Instruction publique Programme Mardi, le 13 novembre.—-Avant-Midi:— 9.30 heures:—I.—Ouverture du Congrès; allocution du Surintendant de l’Instruction publique II.—-Nomination du Comité des vœux; III.—Questions à étudier.a) Le nouveau programme.—Sa mise à l’essai.(M/C.-J.Magnan); b) Notes pédagogiques des Règlements du Comité Catholique.—Prier le Comité catholique d’y ajouter les précisions nécessaires.(Rév.Frère Arsène-Louis, de Pointe-du-Lac) ; c) Liste des matières à l’examen final pour le Brevet Complémentaire.(Proposition du R.Frère Éphrem); d) Horaire et liste des matières de l’examen final pour le Brevet Complémentaire.(R.Frère Éphrem); e) Liste des matières d’admission à l’examen final pour le Brevet Supérieur.(R.Frère Éphrem) ; Après-Midi:—2 heures:—Questions à étudier./) Horaire et liste des matières de l’examen final pour le Brevet Supérieur.(R.Frère Ephrem) ; g) Amendements des Règlements pour permettre l’obtention d’un Brevet pour l’enseignement en une seule langue.(R.Frère Éphrem); h) Amendements des règlements concernant les représentants des écoles normales aux congrès triennaux.(R.Frère Éphrem); i) Questionnaire.—Certains questionnaires sont-ils trop chargés ?j) Appréciation de la composition anglaise et de la version anglaise; répartition des points alloués pour ces deux matières.(R.Frère Narcisse-Joseph); Mercredi, le 14 novembre.—Avant-Midi:—9 heures:—Questions à étudier.k) Notes du diplôme.—Les aspirants qui ont subi un échec au premier examen ne devraient-ils pas avoir seulement la note satisfaction ?l) Formule du diplôme.—-Y a-t-il possibilité de la simplifier ?m) Publication des questions d’examen.Vœux adoptés.—Clôture du Congrès.B.-O.Filteau, Secrétaire.N.-B.—Les vœux du congres seront soumis au Comité Catholique du Conseil de VInstruction publique, à sa prochaine réunion. 244 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE EXERCICES SCOLAIRES INSTRUCTION RELIGIEUSE Dieu -Son existence De même qu’en voyant un édifice, nous supposons un ouvrier, de même, en contemplant le monde et ses merveilles, nous devons nous reporter à l’idée d’un Créateur.Quel être, en effet, autre que l’Être suprême, aurait pu créer cette multitude innombrable de globes lumineux qui roulent au-dessus de nos têtes ?Quelle main puissante les tient suspendus dans l’espace depuis tant de siècles, accomplissant avec autant d'ordre et d’harmonie que de majesté leur course rapide, sans se heurter les uns dans les autres, sans s’écarter jamais de la voie qui leur est tracée ?Qui a donné, il y a plus de six mille ans, h cet astre qui préside au jour, la mission de nous communiquer la lumière, paraissant toujours aussi jeune et aussi radieux qu’au premier jour de son existence?De qui a-t-il reçu le pouvoir d’échauffer la terre, cette boule immense, si riche et si féconde en productions de toute nature ?De qui tient-il encore, cet astre de la nuit, l’ordre de nous communiquer sa douce lumière, tandis que l’astre-roi répand ses rayons bienfaisants chez nos frères des antipodes ?Qui donc, encore, a si bien divisé le temps en jours, en nuits, en saisons?Quel bras surhumain peut soutenir cette masse liquide de l'océan, enchaînée pour ainsi dire malgré elle sur la plus grande partie du globe terrestre ?Qui a donné, enfin, le mouvement et la vie à cette multitude infinie d’êtres vivants qui, tous, apportent en naissant l’instinct de la conservation ?Voyez le chien, cet ami fidèle de l’homme, à qui il suffit d’un signe pour comprendre ce qu’on veut de lui et pour remplacer son maître au besoin ?Qui a favorisé le rossignol, ce chantre inimitable des bois, d’une voix si douce et si mélodieuse ?D’où vient, chez le lion, cette force prodigieuse, cette démarche assurée, ce regard majestueux, qui le font surnommer le roi de la création ?Que dire du cheval, cet intrépide coursier, qui s’élance avec ardeur au combat et semble partager avec son maître l’ivresse de la victoire ?Enfin l’homme, chef-d’œuvre sublime de la création, qui l’a fait naître avec cet esprit d'invention et de génie des découvertes qui effraient l’imagination?Eh bien ! est-ce que tout cela est venu spontanément sur terre, au hasard ?Est-ce que toutes ces merveilles ont apparu un beau jour sans qu’on sache leur auteur?Cela n’est ni raisonnable, ni possible.Il n’y a pas d’effet sans cause.Le hasard n’est qu’un mot, et comment pourrait-il donner à tous ces mondes cet ordre, cette régularité, cette harmonie qui suppose tant d’intelligence et de sagesse.Le monde a une cause surhumaine et nous l’appelons Dieu.Oui, Dieu existe, auteur et conservateur de toutes choses, voyant tout, et connaissant tout; un Dieu tout-puissant, maître de l’univers, juste et bon, immuable et éternel, infiniment sage.Il ne nous est pas donné de le voir face à face, il est vrai, ce Dieu comme autrefois le voyait Moïse sur le mont Sinaï et comme il apparaissait aux patriarches, mais nous voyons ses œuvres, nous contemplons ses merveilles et nous rencontrons à chaque pas la marque de sa puissance en jouissant à chaque instant de ses bienfaits.Quoi donc ! Faudrait-il nier Dieu parce que nous ne le voyons point ?Que de choses qui existent et que nous ne verrons jamais ! Que de choses sont autour de nous et en nous-mêmes que nous ne comprenons point ! Nous ne voyons pas notre âme, et cependant qui donc oserait la nier; le vent ne nous apparaît pas et pourtant il déracine les arbres les plus solides et renverse les murailles les mieux assises; nous ne comprenons pas comment le grain de blé germe, croît et se transforme en épi, pas plus d’ailleurs que nous ne comprenons comment agissent nos sens pour nous faire voir, entendre, sentir.S’il fallait douter de toutes les choses dont nous n’avons pas l’intelligence claire et précise, le monde serait une vaste énigme et la vie un insoluble problème.Ah ! plutôt proclamer avec tous les hommes de L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 245 science, de cœur et d’esprit, qu’il existe véritablement un Dieu qui a créé le ciel et la terre comme il nous a créés nous-mêmes,un Dieu qui gouverne le monde et àqui rien n’est inconnu, un Dieu infiniment bon et juste, roi et père à la fois, qui veille sur nous et nous protège et qui nous promet un bonheur éternel en récompense de notre obéissance et de notre fidélité.Fideles.LANGUE FRANÇAISE Ecole primaire élémentaire COURS INFÉRIEUR EXERCICES DE PENSÉE ET DE LANGAGE I.Invention.—Nommez des meubles: sur lesquels on s’assied {chaise, tabouret, fauteuil, banc, qui sont tous des sièges.)—sur lesquels on met le couvert {table)—sur lesquels on écrit {table, bureau, secrétaire)—qui ont des tiroirs {commode, chiffonnier)—dans lesquels on range le linge {commode, armoire)—sur lesquels on se couche {lit).II.Classification.—Singe.— Radis.— Chacal.— Arbre.— Loup.— Chenille.— Salade.— Marbre.— Pommier.— Mûrier.— Vache.— Plâtre.— Éléphant.— Cerisier.— Lièvre.— Ardoise.— Oignon.— Boa.— Blé.— Sable.— Poire.— Fer.— Nèfle.— Cheval.—-Cuivre.— Sel.—- Papillon.—Violette.— Chardonneret.— Soufre.— Vipère.— Pinson.— Rose.Ranger les mots ci-dessus en trois colonnes correspondant aux trois règnes de la nature.MODÈLE DE DEVOIR Règne animal Règne végétal Règne minéral Singe.Radis.Marbre.Chacal.Arbre.Plâtre.Loup.Salade.Ardoise.Chenille.Pommier.Sable.Yache.Mûrier.Fer.Éléphant.Cerisier.Cuivre.Lièvre.Oignon.Sel.Boa.Blé.Soufre.Cheval.Poire.Papillon.Nèfle.Chardonneret.Violette.Vipère.Pinson.Rose.DICTÉES I AIMONS ET RESPECTONS NOS MAITRES Dans la salle de l’école, pendant que les enfants travaillaient, le maître se di- sait tout bas: “Enfants, vous êtes ma jeune famille.Votre maître vous aime, il vous aimera toujours.Que vous demande-t-il en échange ?Rien qu’un peu d’attention à ses leçons, un peu de respect pour sa parole, et, si vous avez du cœur, un peu d’affection pour sa personne.” Vocabulaire.—-École, écolier, scolaire.— Enfant, enfance, enfantin, enfantillage.—Famille, famiher, familiarité, familiariser.—Attention, attentif, attentivement.Grammaire.—Trouver les adjectifs formés des mots attention, respect, affection.(Attentif, respectueux, affectueux.)—Relever les verbes du premier groupe contenus dans la dictée.— Conjuguer aimer son maître, au futur simple.II RÉCAPITULATION SUR LE PRONOM Le chien lèche la main de celui qui le frappe.—Le serpent mord la main qui le nourrit.—Les hypocrites trompent ceux qui les écoutent.—Les vivres commencent à nous manquer.—Certains animaux se dévorent entre eux.— On loue souvent la vertu, mais on la pratique plus rarement.—Les meilleures leçons sont celles que donne l’expérience.Exercice.—-Reconnaître la nature des mots soulignés.Dire à quelle espèce de pronom ils appartiennent.RÉCITATION LES CADEAUX DU PETIT JESUS Voici le jour où Noël passe, Sans bruit dans toutes les maisons 246 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Déchargeant sa lourde brasse Dans nos souliers et nos chaussons.Mais il paraît qu’il ne visite Que les petits souliers d’enfants, Aussi je veux rester petite Pour qu’il me gâte très longtemps.Dès que l’on est grande personne, On n’a plus bonbons ni joujoux.Papa chéri, maman si bonne, Je le regrette bien pour vous, Mais, pour consoler votre peine Je remplirai vos grands souliers En y déposant pour étrenne, Mes vœux, mon cœur et des baisers.Jean.Explication.—Le mot Noël, dans cette gentille petite poésie,est mis pour .Asms, et non pour le Pere Noel qui sert d’annonce aux commerçants, et encore moins au Santa Claus allemand.N’abandonnons pas le Petit Jésus pour ces encombrants personnages.RÉDACTION DESCRIPTION D’UN OBJET SIMPLE Quand nous voulons faire connaître un objet, nous le décrivons, nous en faisons la description.Voici ma règle, je veux la décrire, je la regarde bien.C’est un morceau de bois mince; un bâton peut également être droit.Il ne suffit donc pas de dire que ma règle est mince et droite.Je la regarde de nouveau: elle est carrée, chacune de ses faces est bien plate et bien lisse; un bâton n’est jamais ainsi.Grâce à sa forme, ma règle me sert à tracer des traits réguliers sur mon papier, ou, comme on dit, à le régler.En disant successivement tout cela, je décrirai ma règle.Conseil: Pour décrire un objet, il faut dire surtout ce qui le distingue d’autres objets bien connus et qui lui ressemblent.EXERCICES I MA RÈGLE Ma règle est un morceau de bois long, mince et bien droit.Elle est carrée et chacune de ses faces est bien lisse.Elle me sert à tracer des lignes sur mon papier.II MON CRAYON Plan En quoi il est.Quelle forme il a.Comment est l’un des bouts.Comment est l’autre bout.A quoi sert le crayon.DÉVELOPPEMENT Mon crayon est en bois.Il a la forme d’un petit bâton bien droit, avec un morceau de mine au milieu.L’un des bouts est rond.L’autre bout est taillé en pointe.Mon crayon me sert à écrire et à dessiner sur mon cahier.COURS MOYEN EXERCICES DE PENSÉE ET DE LANGAGE VOCABULAIRE Ce qu’on voit l’hiver.— Neige, — glace, — givre, —¦ pluie, — boue, — balayeurs, — patins, —• traîneau, —• chauffage, —¦ feu, — poêle, — cheminée, — combustible, — bois, — charbon, —- coke, — gaz, —- fourrures, — manteaux, —-tricots, — lainages.Comment sont ces choses.—-Ajouter des adjectifs.—La neige épaisse, etc.Verbes.—a) Remplacer par un seul verbe les expressions en italique : Il tombe de la neige.— Il se produit de la glace.—Il tombe de la pluie.INVENTION 1.Faire entrer le verbe attendre dans plu- sieurs petites phrases variées.1° Nous attendons une lettre de mon frère.2° Louis, attends-moi, je finis ma page d’écriture.3° Nous irons attendre papa sur la route.4° Ne nous attendez pas demain, s’il pleut.5° Vous allez manger cette tartine en attendant le dîner.2.Faire 5 petites phrases sur le mot froid.1° Le froid est venu.2° L’hiver est la saison du froid.3° Le froid a chassé les petits oiseaux.4° On aime le feu quand il fait froid.5° Les pauvres souffrent beaucoup du froid. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 247 DICTÉES I l’orphelin Georges n’a plus ni père, ni mère.Oh ! comme il est malheureux ! Plus de père qui le serre dans ses bras, plus de mère qui le presse sur son cœur.Il est seul, tristement délaissé parmi ses semblables.Que deviendrait-il si le ciel ne veillait sur lui ?Mais Dieu n’abandonne pas l’orphelin qui le prie.Il envoie un jour vers Georges un homme bon et compatissant qui prend soin de l’enfant, qui se charge de le nourrir, de le vêtir, de Y instruire.Aussi Georges s’attache à son bienfaiteur, il l’aime tendrement.Un jour viendra peut-être où il lui rendra des services à son tour, et il le fera avec joie et reconnaissance.Annotations.—Le maître fera reconnaître les mots invariables contenus dans la dictée et en fera déterminer le rôle.Nous ne les analysons pas ici, ce qui serait nous jeter dans d’inutiles répétitions.Outre ces mots, voici ceux sur lesquels il peut y avoir des choses intéressantes à dire.Orphelin: Mots de la même famille: orphelinat, lieu où l’on reçoit les orphelins.Le féminin à’orphelin est orpheline.Autre mot commençant par orph ?(Orphéon, société de personnes se réunissant pour faire de la musique.) —Serre: du verbe serrer.Homonymes : serre petit édifice couvert en verre où on élève des plantes; serre, serres, les griffes de certains oiseaux de proie comme l’aigle; sert, du verbe servir: il sert.—Délaissé: c’est-à-dire laissé seul, abandonné.—- Compatissant: c’est-à-dire qui prend part aux souffrances de quelqu”un, qui comprend ses souffrances.Le féminin de cet adjectif est compatissante.Le verbe correspondant est compatir.—Nourrir, vêtir, instruire: Faire conjuguer chacun de ces verbes au présent de l’indicatif.Remarquer que vêtir ne s’emploie guère qu’à l’infinitif et au participe passé.Bienfaiteur: c’est-à-dire qui fait le bien.On trouve ainsi d’autres mots formés de la même manière: malfaisant (faisant le mal), fainéant (qui fait néant, c’est-à-dire rien).—• Tendrement: c’est-à-dire d’une manière tendre.Trouver d’autres adjectifs ainsi formés: sagement, bravement, doucement, follement, pieusement, etc.II Verbe aimer (temps du passé).Noël nous rappelle combien Dieu nous a aimés en se faisant Homme pour nous.Les saints aimèrent les pauvres, c’est pourquoi Dieu aima les saints, — Jean aimait le dessin et ses sœurs aimaient mieux la musique.— Nous aimâmes la lecture dans notre jeunesse.— Si vous avez aimé vos parents de tout votre cœur vous aurez l’âme joyeuse.— Tu as mieux aimé bavarder qu’étudier et aujourd’hui tu ne sais rien.— Il faudrait que pendant votre vie vous eussiez aimé Dieu, pour aller ensuite auprès de lui dans le ciel.—Votre sœur et ma cousine auraient aimé voyager ensemble.— Il faut que je t’aie bien aimé, mon fils, pour que je t’aie pardonné.Exercices écrits.—-1.Copier la dictée en indiquant les temps du verbe aimer.Exemple : Les saints aimèrent (pass, déf.) les pauvres, etc.2.Écrire en entier tous les temps du passé du verbe aimer.3.(Revision.) Écrire les temps simples du verbe avoir.RÉCITATION RÊVE DE NOËL Les bébés roses, dans la cendre, Ont mis tous leurs petits souliers.Derrière une bûche, ils ont même Tandis qu’on ne les voyait pas, Mis, par précaution suprême, Leurs petits chaussons et leurs bas.Puis leurs paupières se sont closes A l’ombre de rideaux amis.Les bébés blonds, les bébés roses, En riant se sont endormis.Et, jusqu’à l’heure où l’aube enlève Les étoiles du firmament, Ils ont fait un si joli rêve Qu’ils riaient encore en dormant.Ils rêvaient d’un pays magique Où l’alphabet fût interdit, Les arbres étaient d’angélique, Les maisons de sucre candi.Et sur les trottoirs de réglisse, On rencontrait — c’était charmant ! Des bonshommes de pain d’épice Qui vous saluaient gravement.Rosemonde Gérard. 248 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE RÉDACTION SUJET A TRAITER Lettre à un petit ami malade L’élève écrira à son ami dont il vient d’apprendre la maladie.Il lui dira son ennui de le savoir malade.Ses vœux de prompt rétablissement.SUJET TRAITÉ Mon cher Jean, Je suis bien fâché de te savoir malade, et je vais beaucoup prier pour toi, afin que tu te rétablisses vite.Voici Noël ! Prions le bon Jésus de te guérir au plus tôt.Je sais combien c’est ennuyeux d’être au lit, car j’ai eu, cette année, la rougeole, et je t’assure que je me suis bien ennuyé.Impossible de bouger, dans la crainte de prendre froid; et puis la tête tourne, le cœur aussi, ce n’est pas drôle du tout ! Mais va ! c’est bien vite passé, et on n’y pense plus une fois que c’est fini.Seulement il faut que tu sois bien sage, que tu obéisses à tout ce que te dira ta maman, et ainsi tu guériras plus rapidement.Je voudrais être auprès de toi; maman dit que je te fatiguerais, parce que je ne me tiens pas facilement tranquille, mais pour te faire plaisir, je saurais bien être sage et aussi très bien te soigner; je te sucrerais tes tisanes, je te secouerais tes oreillers pour que tu sois mieux.Si tu as besoin de moi, fais-le dire et j’accours tout de suite.En attendant, cher Gustave, je t’envoie les meilleurs baisers et les vœux de prompt rétablissement de ton ami sincère.Jacques.COURS SUPÉRIEUR VOCABULAIRE DÉTRUIRE Destruction.-—- Abattre.—- Abîmer.— Abolir.— Abolition.-— Amortir.— Amortisse- ment.— Anéantir.—• Anéantissement.— Annihiler.— Annihilation.— Annuler.— Annulation.— Bouleverser.— Bouleversement.— Briser.— Casser.— Cataclysme.— Réduire en cendres.— Consumer.— Culbuter.— Défaire.— Démolir.— Démolition.— Dépecer.— Déchirer.—Désorganiser.— Désorganisation.—-Détraquer.— Dévaster.— Faire disparaître.—-^Disparition.— Dissoudre.—¦ Dissolution.—Écraser.— S’écrouler.—- Exterminer.—- Extermination.— Eteindre.— Extinction.— Extirper.— Mettre fin à.— Foudroyer.— Immoler.— Massacrer.—¦ Miner.— Faire naufrage.— Réduire en poudre.— Pulvériser.— Raser.— Ravager.— Piller.— Renverser.— Renversement.— Ronger.— Ruiner.— Saper.— Faire sauter.— Supprimer.— Faire tomber.—-Tuer.Il est plus aisé de détruire que de bâtir.DICTÉES I PRIÈRE DES SERVANTES Nous sommes de toutes les maisons et les maisons peuvent nous fermer leurs portes; nous sommes de toutes les familles et les familles peuvent nous rejeter; nous élevons les enfants comme s’ils étaient à nous, et quand nous les avons élevés, ils ne nous connaissent plus pour leurs mères; nous épargnons le bien du maître, et le bien que nous lui avons épargné s’en va à d’autres qu’à nous.Nous nous attachons au foyer, à l’arbre, au puits, au chien de la cour, et le foyer, l’arbre, le puits, le chien nous sont enlevés quand il plaît à nos maîtres.Parentes sans parenté, familières sans famille, filles sans mère, mères sans enfants, cœurs qui se donnent sans être reçus; voilà le sort des servantes devant vous.Accordez-moi de connaître les devoirs, les peines et les consolations de mon état et, après avoir été ici-bas une bonne servante des hommes, d’être là-haut une heureuse servante du maître parfait ! Lamartine.t Analyse grammaticale.—-Nous sommes de toutes les maisons. L'ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 249 II CHARME DE LA LECTURE Revenons à la lecture: nous en faisons ici un grand usage.Mon fils a une qualité très commode: c’est qu’il est fort aise de relire plusieurs fois ce qu’il a trouvé beau; il le goûte, il y entre davantage, il le sait par cœur, cela s’incorpore: il croit avoir fait ce qu’il lit ainsi pour la troisième fois.Dès que nous voyons un raisonnement bien conduit, bien conclu, bien juste, nous croyons vous le dérober de le lire sans vous.Nous mêlons ainsi votre souvenir à ce qu’il y a de meilleur, et il en augmente le prix.Nous relisons, à travers nos grandes lectures, des rogatons que nous trouvons sous la main; par exemple, toutes les belles oraisons funèbres de M.Bossuet, de M.Flé-chier, du P.Bourdaloue; nous repleurons M.de Turenne, feue Madame, nous admirons le portrait de Cromwell; ce sont des chefs-d’œuvre d’éloquence qui charment l’esprit.Il ne faut pas dire: “Oh ! cela est vieux.” Non, cela n’est point vieux; cela est divin.Pour Pauline, cette dévoreuse de livres, j’aime mieux qu’elle en avale de mauvais que de ne point aimer lire.Les romans, les comedies, les Voiture, les Sarrasin, tout cela est bientôt épuisé.Mais, à l’égard de la morale, je ne voudrais pas qu’elle mît son petit nez ni dans Montaigne, ni dans Charron: il est bien matin pour elle.Mme de Sévigné.QUESTIONS ET EXPLICATIONS Fort: appeler l’attention sur les mots qui comme celui-ci, sont, suivant le cas, adjectifs ou adverbes.—Il goûte: il y prend goût, il en apprécie pleinement les beautés.—Par cœur: en a parfaitement mémoire, au point de le réciter mot à mot.—S'incorpore: devient en quelque sorte lui-même, il croit siens les sentiments, les actes exprimés par Fauteur.—De le lire: tournure vieillie, pour: en le lisant.—Des rogatons: ce mot désigne les mets qui ont déjà été servis,—mais il est employé ici par opposition à lectures nouvelles, et n’a pas un sens défavorable.—P.: s’écrit par abréviation pour Phre, au pluriel: PP.—Feue: pour défunte, ne varie que quand il précède immédiatement le nom qu’il qualifie.—Divin: par exagération, pour parfait, excellent.—Dévoreuse: qui lit avidement;— n’est pas accepté par l’Académie.—J’aime mieux: la suite corrige ce qu’il y a d’excessif dans ce désir.—Voiture, Sarrasin; deux beaux esprits, fort goûtés à l’hôtel de Rambouillet.— Il est bien matin: c’est-à-dire il est trop tôt encore.EXERCICES Donner deux exemples d’ellipse de l’article, deux exemples de la répétition de l’article devant le nom, devant l’adjectif.—Analyser les adjectifs qualificatifs;—signaler les particularités qu’ils peuvent présenter dans la formation de leur féminin ou de leur pluriel {belle, fém.de beau;—vieux, on dit aussi vieil, etc.).RÉCITATION PAUVRE PETIT JESUS L’étoile brille en la nuit fraîche, Les Anges chantent “Gloria”! Et le Christ, au fond d’une crèche, Vient renaître pour mon rachat.Un toit de chaume le protège; L’âne et le bœuf soufflent dessus, Mais le seuil est sans porte; il neige!.Comme il a froid!.Pauvre Jésus! Et je pense (au chaud.dans ma chambre!) Aux petits gueux sans feu ni lieu, Qui, par ce noir vingt-cinq décembre, Sont nés ainsi que l’Enfant-Dieu : La neige tombe, impitoyable.Ils sont nus., au creux d’un talus.Sans l’âne et le bœuf.sans l’étable!.Comme ils ont froid!.Pauvres Jésus! Aussi, quels trésors d’indulgence, Que de grâces n’auront-ils pas Tout au long de leur existence Comme à l’heure de leur trépas!.Et, tout en les plaignant, j’envie Ceux-là qui, d’être ainsi venus, Seront, plus que moi, dans la vie Les petits frères de Jésus! Th.Botrel.COMPOSITION AVANTAGES DE LA FRANCHISE La franchise est une qualité aimable autant que le mensonge est un vice odieux.La franchise nous gagne la confiance d’autrui; elle nous vaut l’indulgence pour nos fautes.Montrez par un exemple la vérité du proverbe: Faute avouée est à moitié pardonnée. 250 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE SUJET TRAITÉ La franchise consiste à ne jamais tromper autrui sur nos pensées ni sur nos actes.Ne point cacher nos opinions, et ne point dissimuler notre conduite, avouer toutes nos actions, celles qui pourront nous attirer des reproches non moins que celles dont on ne saurait nous blâmer: voilà en quoi se résume la franchise, c’est-à-dire la sincérité appliquée à ce qui nous concerne personnellement.C’est une qualité aussi aimable que le mensonge est odieux.On estime celui qui la possède et l’on recherche sa société; il possède la confiance, on lui demandera conseil dans une circonstance délicate, au sujet d’une décision grave, parce que l’on connaît la sûreté de son juge- Ëcole primaire DICTÉES I LES FRUITS DE L’ÉTUDE Étudiez: l’étude suppléera à la stérilité de votre esprit, qui acquerra les qualités qui lui manquent.Elle multipliera vos idées, les diversifiera, les rendra plus distinctes.Elle dissipera les ténèbres de l’ignorance que vous avez apportée en naissant, elle corrigera les faux préjugés que pourra avoir laissé le peu d’instruction que vous ayez reçu.Elle procurera à vos pensées et à vos raisonnements la justesse et l’exactitude voulues.Elle vous habituera à disposer dans un ordre et un arrangement convenable les matières qu’on vous aura données à travailler.Élle vous présentera pour guides et pour modèles les hommes les plus savants et les plus sages, et ces hommes seront pour vous comme des phares qui éclaireront la voie.L’étude ne bornera pas là son utilité: elle purifiera vos mœurs, apaisera la fougue de vos passions, elle vous donnera un ton et des manières qui agréeront à tout le ment et que l’on est certain de sa discrétion.En bien des cas encore l’aveu sincère et courageux d’une faute vaut l’indulgence au coupable: s’il ne doit pas faire oublier la faute avant qu’elle soit réparée, il mérite au moins un demi-pardon.Ainsi l’élève qui a copié son devoir sur un camarade et qui refuse les louanges du maître en disant: “ce n’est pas moi qui l’ai fait”, montre qu’il a le sentiment de l’honneur et de la probité.Et bien souvent le maître, sans le punir, l’engagera sérieusement à ne pas recommencer.Mais si l’élève, encouragé par cette indulgence, venait à retomber dans la même faute, un aveu, si courageux qu’il soit, ne devrait lui valoir ni excuse ni pardon.complémentaire monde; par elle, enfin, vous acquerrez un jugement sain, vous lierez société avec les gens d’esprit, vous apprécierez leurs ouvrages et vous vous glorifierez de vous trouver au milieu d’eux et de prendre part à leurs entretiens.Exercices.—Revoir la conjugaison des verbes suppléer, acquérir, multiplier, diversifier, ¦ purifier, apaiser, agréer, lier, apprécier.II LE REMORDS Le remords est une morsure cuisante que fait au cœur toute faute, grande ou petite, tant qu’elle n’est pas expiée.Ce ressouvenir douloureux me suit au milieu des plaisirs et de la prospérité.Ces applaudissements de la foule ne sont pas capables de faire taire ce témoin inexorable.Il n’y a qu’une longue habitude du vice et du crime, une accumulation de fautes'très souvent renouvelées, qui puisse venir à bout de ce sentiment vengeur et réparateur tout ensemble.Quand il est étouffé, toute ressource est perdue, c’en est fait de la vie de l’âme; tant qu’il dure, c’est que le feu sacré n’est pas tout à fait éteint. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 251 Le remords est une souffrance d’un caractère particulier.Dans le remords je ne souffre ni à cause de telle ou telle impression faite sur mes sens, ni dans mes passions naturelles contrariées, ni dans mon intérêt blessé ou menacé, ni par l’inquiétude de mes espérances, ni par les angoisses de mes craintes: non, je souffre sans aucun motif qui vienne du dehors, et je souffre pourtant de la façon la plus cruelle.Je souffre par cette seule raison d’avoir commis une mauvaise action que je me savais obligé de ne pas faire, que je pouvais ne pas faire, et qui me laisse après elle un châtiment que je sais mérité.Nulle exacte analyse ne peut enlever au remords, sans le détruire, un seul de ces éléments.Le remords renferme l’idée du bien et du mal, d’une loi obligatoire, de la liberté, du mérite et du démérite.Toutes ces idées étaient déjà dans la lutte entre le bien et le mal; elles reparaissent dans le remords.Y.Cousin, Philosophe français, 1792-1867, Applications.— Revoir les règles de grammaire et de syntaxe étudiées jusqu’à date.RÉCITATION DÉCEMBRE Le givre étincelant, sur les carreaux gelés, Dessine des milliers d’arabesques informes; Le fleuve roule au loin des banquises énormes; De fauves tourbillons passent échevelés.Sur la crête des monts par l’ouragan pelés, De gros nuages lourds heurtent leurs flancs difformes; Les sapins sont tout blancs de neige, et les vieux ormes; Dressent dans le ciel gris leurs grands bras désolés.Des hivers boréaux tous les sombres ministres Montrent à l’horizon leurs figures sinistres; Le froid darde sur nous son aiguillon cruel.Évitons à tout prix ses farouches colères; Et, dans l’intimité, narguant les vents polaires, Réchauffons-nous autour de l’arbre de Noël.(Feuilles volantes).Louis Fréchette, Poète canadien-français, 1839-1908.COMPOSITION l’alcool, voilà l’ennemi Sur un mur de votre école a été affichée cette maxime: L’alcool, voilà l’ennemi.—Expliquez en détail ce qu’elle signifie (raisons d’ordre individuel, familial ou national) et dites quelles résolutions elle vous inspire.DÉVELOPPEMENT “L’alcool, voilà l’ennemi”.C’est bien en vue, aux yeux des élèves, que cette maxime est affichée sur un mur, à l’intérieur de l’école.Souvent mes regards s’y posent, mais distraitement.Je suis bien content d’avoir aujourd’hui l’occasion d’en expliquer le sens et de démontrer que l’alcool absorbé avec excès, sous forme de boisson, est bien, en effet, l’ennemi au triple point de vue individuel, familial et national.Et d’abord, c’est l’ennemi de l’homme.Qui n’a pas vu un buveur à l’état d’ivresse ?Quel dégoût, quelle répulsion il inspire avec sa démarche titubante, ses yeux égarés, son air farouche, ses propos incohérents et parfois ses gestes menaçants ! Il fait peur.Pour moi, je m’en éloigne comme d’un fou dangereux.Se peut-il qu’on se ravale de la sorte ! Ah ! comme ce triste spectacle me fait comprendre la vérité de ce que disent les livres, à savoir que l’alcool dégrade l’homme, l’abrutit, trouble sa raison et ruine à la fois la santé du corps et la santé de l’âme ! L’alcool est également l’ennemi de la famille.Quel malheur pour une maison, quand le père est alcoolique ! L’argent qu’il gagne passe chez les débitants de boissons, au lieu d’être versé pour les besoins de son foyer.De là, la gêne et parfois la misère noire dans son pauvre ménage; de là des enfants qui souffrent peut-être de la faim sous les yeux navrés de la mère; de là des scènes déplorables entre les époux.Plus d’aisance, c’est la détresse; plus de paix, c’est la dispute; plus de bonheur, ce sont des larmes dans un tel milieu. 252 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Oh ! oui, on peut l’affirmer: l’alcool est bien le plus terrible ennemi de la famille, et, par contre-coup, de la nation elle-même.La nation peut être comparée à une ruche immense, dont chaque famille constitue une cellule.C’est dire que la prospérité de la première repose sur la prospérité de la seconde.Imagine-t-on dans quel abîme tomberait une nation dont les familles seraient en majeure partie désorganisées et gangrenées par l’alcoolisme ! On frémit d’y penser.De plus, on prétend que les enfants d’alcooliques sont des êtres faibles, maladifs et souffreteux.Quel secours la patrie peut-elle en attendre le jour où elle serait attaquée ?.Comme c’est tristement vrai que l’alcool est l’ennemi au triple point de vue individuel, familial et national ! Devant les ravages si étendus qu’il exerce, mes résolutions sont nettes: je me défendrai à tout prix de la si désastreuse passion de boire; jamais je ne suivrai ceux qui chercheraient à m’y entraîner.Je veux rester sobre pour rester sain de corps et d’esprit, pour être, un jour, un bon et digne père de famille, et pour être aussi un bon citoyen, fort et robuste sur lequel la nation puisse compter.Jean Mailloux.MATHÉMATIQUES ARITHMÉTIQUE, MESURAGE, ALGÈBRE ARITHMETIQUE COURS INFÉRIEUR lêre ANNÉE 1.Combien font: 20 choux + 1 chou ?30 choux - 1 chou ?20 “ + 3 C ( ?30 U - 2 choux ?20 “ + 5 ( ( ?30 (C -5 “ ?20 “ + 8 (C ?30 c c -9 “ ?o rH + o CM U ?30 (C -10 “ ?2.Combien font: 10 + 10 + 1 ?10 + 11 ?11 + 10 ?10 + 10+ 2 ?10 + 12 ?12 + 10 ?10 + 10+ 4 ?10 + 14 ?14 + 10 ?10 + 10+ 7?10 + 17 ?17 + 10 ?10 + 10 + 10 ?10 + 20 ?20 + 10 ?3.Combien faut-il ajouter, pour faire 25, à 20 ?à 21 ?à 19 ?à 22 ?à 15 ?Combien manque-t-il, pour faire 25, à 24 ?à 23 ?à 21 ?à 19 ?Comptez de 5 en 5, de 5 à 25. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 253 4.Mêmes exercices sur les nombres 21, 22, 24, etc.5.Lucien vend un chou et une citrouille pour 25 sous.S’il reçoit 15 sous pour la citrouille, combien reçoit-il pour le chou ?2e ANNÉE 1.Ecrivez en chiffres les nombres de 480 à 510 et de 560 à 590.2.Soustractions.521 548 580 565 503 -116 -256 -347 196 -245 3.Un jardinier vend 8 minots de patates à 45 sous et 7 minots de carottes à 48 sous.Combien reçoit-il ?4.Un cultivateur a vendu 75 livres de fèves à 6 sous la livre.Combien lui restera-t-il, s’il achète un sac de farine au prix de $3.25 ?COURS MOYEN 3® ANNÉE 1.Une fermière vend à un marchand les articles suivants: 3 tinettes de beurre de 50 livres chacune, à 25 c.la livre, 24 canards à 60 c.la paire, 120 livres de lard à 14 c.la livre, 18 dindes à $1.25 la pièce.Comme paiement elle reçoit $20 en argent et le reste en sucre à 5 c.la livre.Combien de livres de sucre reçoit-elle ?Solution : Le beurre rapporte : $0.25 X 50 X 3 = $37.50 Les canards “ $0.60X12.= 7.20 Le lard “ $0.14X120.= 16.80 Les dindes “ $1.25X18.= 22.50 8 - Total.$84.00 Valeur du sucre: $84.- $20 = $64.Quantité : $64.00 .05 = 1280 livres.Rép.2.Un cultivateur échange 125 minots de blé valant 80 sous le minot contre 140 minots d’avoine et $58.Quelle est la valeur d’un minot d’avoine ?Solution: Valeur du blé: $0.80X125 = $100.Valeur de l’avoine: $100 - $58 = $42.Prix d’un minot : $42.00 a- 140 = $0.30.Rép.3.Trouvez le produit de la somme de 4569 et de 3879 par la différence de ces mêmes nombres.Somme : 4569+3879 = 8448 Différence : 4569 - 3879 = 690 Produit.8448X690 = 5,829,120.Rép. 254 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 4e ANNEE 1.A $34 le minot, combien de minots aurai-je pour $63^?Solution : J’aurai autant de minots que $34 est contenu de fois dans $644.2 13 v 644-34 = “?= = Rép.2.Si 34 d’un arpent de terre coûtent $3744, quel est le prix de 5 arpents?Solution : 34 d’un arp.=$3744 IA i( u _ $3 73^ 25 2 ^>3 7 34X4 3x3 5 arpents = $50.X5 = $250.Rêp.3.Dans une perche anglaise, combien de verges?combien de pieds?combien de pouces ?Rêp.544 verges — 5)4X3 ou 1644 pieds — 1644X12 ou 198 po.4.Combien de pieds a) dans 48|-verges; b) dans 18)4 perches?Solution : a) 1 verge = 3 pieds 48-| verges =3X48f-= 146 pi.Rép.1 perche = 544 verges ou 1644 pieds.18)4 perches-16)4X1844 = = 305 44- Pép.COURS SUPÉRIEUR 5e ANNEE 1.Trouvez la valeur de l’expression fractionnaire suivante: _2_9_L 4_ 1 3 7 de iâ - AL-ue 4 1 1 14- 105 ‘ 35 Solution : de J7_dplJL = _7_dpü —i T A 11 U-C ^ ^ - *2^.58 + 78-10 5 _ 31 2 10- 11 14-11 .29 .1 1 3 _ i 10 5^35 2 Rép.2 2 10 N.-B.—Bien remarquer que les opérations indiquées par le mot de doivent être faites avant toutes les autres.2.Trouvez la valeur de l’expression suivante.2i+1t-i2T-24-x|-.3 W X.Solution 1-^- — 1-i- = 17 • x2 1 2-4x4 = 3 13 /7 2 =3, ?2 x 1 2 7 ' 7 ^ 5 ~ 7 21 -t-3 - +2 — 154 + 1 05-120_13 9_i69 ^5 1^2 7 7 0 -70-iTO- KeP- N.-B.—Bien remarquer que les opérations indiquées par (X) et (-+) doivent être faites avec celles qui sont marquées par ( + ) et ( -). L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 255 6e ANNÉE 1.La fabrique de fromage de Ste-Émélie, au cours de l’année 1934, a utilisé 614095 livres de lait.Ce lait converti en fromage a rapporté $6768.30.Si les dépenses se sont élevées à $1096.54, trouvez, à 1 dix-millièmes de cent près, ce que rapporte net 1 livre de lait ?Ce que devra recevoir un cultivateur qui a fourni 55473 livres de lait ?Solution : Produit net.$6768.30 - $1096.54 = $5671.76.$5671.76 -h 614095 = $.009236 - Rép.55473 X.009236 = $512.34.Rép.2.Un cultivateur a deux sortes d’avoine.Il peut vendre la première 75 sous le minot, en faisant 25% de profit, et la deuxième sorte 45 sous, en faisant 123/2% de profit.Combien pour cent de bénéfice ferait-il en mélangeant les deux sortes en égale quantité et en vendant le mélange 65 sous le minot ?4 $0.75x100 = *0 60 Solution : 1 minot de la lere qualité coûte ,120 5 8 1 “ Ci $0.45x100 = |n 40 my2 9 1 “ de la 1 et lèrem.de la 2e = $0.60+0.40 = $1.00.2 minots du mélange = $0.65 X 2 = $1.30.Bénéfice $1.30 - $1.00 = $0.30.Bénéfice pour cent = $0.30 sur $1.00 ou 30%.Rép.SECTIONS AGRICOLE, COMMERCIALE, MÉNAGÈRE 7® ANNÉE Arithmétique 1.Un marchand marque un paletot $28., mais il accorde 5% d’escompte.S’il fait encore 33-|-% de profit, combien le paletot lui coûtait-il ?Solution : L’escompte = $28 X5% = $1.40 Prix net = $28.- $1.40 = $26.60.133-g-% du prix coûtant = $26.60 3 100% “ Ci Ci $26.60x100 — $1 q.Q5.Rép myz 2.Un propriétaire possède une maison de $18,400.qui exige chaque année en moyenne $200.de réparation.Le propriétaire doit payer en outre 0.45% d’assurance sur les y de la valeur, et 3.2% de taxe sur une évaluation de $15,000.Combien doit-il louer sa maison pour qu’elle lui rapporte 4}/2% ? 256 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Solution : Les réparations coûtent.$ 200.00 Les assurances coûtent $18,400X^X0.45%= $ 62.10 Les taxes coûtent $15,000 X 3.2%.= $ 480.00 L’intérêt désiré = $18,400X4.5%.= 828.00 Réponse.$1570.10 8® ANNÉE 1.Une personne a un billet de $1040.payable dans cinq mois.Elle le fait escompter par un banquier qui lui donne $1014.Quel est le taux de l’escompte ?Solution: Le montant retenu = $1040 - $1014.= $26.L’escompte à 1% pour 5 m.=$1040Xl%X5/i2 = $4.33-i-$26.^$4.33-i-= 6.Rép.Ç>%.2.L’escompte en dedans d’un billet de $1254., escompté à 73^%.a été de $54.Pour combien de temps le billet a-t-il été escompté ?Solution : La valeur actuelle = $1254 - $54.=$1200.L’esc.pour un an aurait été $1200 X 7p2% = $90.$90.= l’escompte pour 365 jours.$54.= “ “ ?3 365x^4 = 219 jours.Rép.W 5 SECTION INDUSTRIELLE 7e ANNÉE Mesurage 1.La grande base d’un trapèze est égale au triple de la petite.La hauteur est de 56 verges.Sachant que la surface de ce trapèze est égale à celle du carré construit sur la hauteur, calculez les deux bases de ce trapèze.Solution : La surface = la hauteur X 3^2, somme des bases.La surface = .56.X .56 Donc 56 égale la demi-somme des bases.La somme totale = 56X2 = 112 La gr.base = 3 fois la petite et les deux = 4 fois la petite.La petite base = 112-^4 = 28 verges.Rép.La grande = 28X3 = 84 verges.Rép.2.On a deux losanges de 20 pieds de côté.La grande diagonale du premier a 30 pieds et celle du second a 36 pieds.Lequel des deux losanges a la plus grande superficie ?Quelle est la différence ? L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 257 Solution : Y2 de petite diag.du 1er = V 202 - (-^-)2 = 13.23 Superficie du 1er = 13.23X30 = 396.90 pi.car.Y2 de la petite diag.du 2e = V 202 - (-^-)2 = ^ Superficie du 2e = 8.72X36 = 313.92 pi.car.Le 1er égale (396.90-313.92) ou 82.98 pi.car.de plus.Réip.Algèbre 1.Trois élèves ont gagné un certain nombre de points.La part du 2e égale 2 fois celle du 3e augmentée de 3, et la part du 1er égale 3 fois celle du 3e diminuée de 3.Sachant que la moitié de la part du 3e, plus le tiers de celle du 2e moins le septième de celle du 1er égalent 21, trouvez quelle est la part de chacun.Solution : Soit x la part du 3e.Alors 2 (x + 3) la part du 2e et 3 (x - 3) la part du 1er.22-1-6 21z+28x+84- 18;c+54 = 882 21:c + 28:r - 18a: = 882 - 84 - 54 31a: = 744 a: = -7^ = 24.3e.Réy.2 (a: + 3) =2 (24 + 3) =54.23.Réy.3 (x - 3) = 3 (24-3) =63.1er.Réy.2.Résoudre l’équation suivante.2x - [3 - {4x + (x - 1} -5] = 8.Solution : Je fais disparaître la petite parenthèse intérieure.2x- [3 - {4x+x- 1} -5] = 8 Je chasse les accolades.2x - [3 - 4x - x +1 - 5] = 8 J’élimine les crochets.2x-3+4x+x- 1+5 = 8 Je transpose et rassemble.2x+4x+x = 8+3 + l -5 Je réduis.7x = 7 ou x = 1.Réy.8® ANNÉE Mesurage 1.Autour d’un bassin circulaire de 14 pieds de rayon; on a établi une couronne de fleurs de 4 pieds de largeur, séparée du bassin par une allée de 3 pieds de largeur.A quatre endroits différents, pour donner accès à l’allée, on a ménagé 258 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE à travers la couronne des petits chemins représentant chacun 5° de celle-ci.Trouvez la superficie de la partie restante.Solution : Superf.de la couronne = (212 - 172) 3.1416 = 477.5232 pi.car.4 chemins de 5 degrés = 20°.Il faut retrancher 477.5232X^6°o =477.5232Xy8' = 26.53 pi.car.477.5232- 26.53=451 pi.car.Rép.2.Pendant un orage, il est tombé une épaisseur d’eau de J- de pouce.Combien de gallons d’eau cela représente-t-il sur un territoire d’une lieue carrée ?Solution: 1 lieue = 3 m.=3X5280 pi.=3X5280X12 po.Val.en po.=3 X5280X12X3 X5260X12Xf Volume en pied = ~5 2 8 0X|-xTT2 8~8'QXl 2X3 110 m 660 3x^xt2x3X^x!?x3x25 = fi 335 0Q(V Volume en gallons = pxWPxi m 1?Rép.Algèbre 1.Si le numérateur d’une certaine fraction est augmenté de 1 et que son dénominateur est diminué de 1, la valeur de la fraction est 1.Si le numérateur est augmenté du dénominateur et que le dénominateur est diminué du numérateur, la valeur de la fraction est 4.Quelle est la fraction?Solution : Soit x le numérateur et y le dénominateur.y~\~ 1 On a: [ = loua;4-l=2/-lou x-y — - 2 (1) x-\-y ~x = 4 ou x-\-y = Ay - 4;X ou 5x - 3y — o.(2) Multiplions (1) par 5 et soustrayons (2).5x - 5y= - 10 5x -3y= 0 -2y= -10 y=1i = 5 x- 5= - 2 ou x= -2+5 = 3 Rép.-§.2.A et B peuvent faire un ouvrage en 15 jours.Après avoir travaillé ensemble pendant 6 jours, A se retire et B continuant seul finit le travail en 24 jours.En combien de temps A seul ferait-il tout le travail ?Solution : Soit x le temps de A et y le temps de B.Alors ce Que A fait par jour et — ce que B fait par jour (1) (2) -f+-f-+^=l ou -f-+-^=L L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 259 Avant de chasser les dénominateurs, multiplions (1) par 6 et soustrayons de (2).(2) -f +- J_ -4-JL X V 2 4 = 1.___6_ 15 __ 3 Chassons maintenant les dénominateurs.3y=120 y = 40 jours - Temps de B.Portons dans (1).i _ i 40-15- OU ~~ D’où a: = 24 jours.Rép _ i — 15 1 4 0 5 r2ô i 2 4 LE CABINET DE L’INSTITUTEUR UNE JOURNEE DU PAPE En son palais du Vatican, le Pape veille sur les destinées du monde, sur les destinées du Christ dans le monde.C’est là sa mission surnaturelle; c’est là, depuis vingt siècles, sa mission historique; chacune des journées des Papes, quel que soit leur nom, quel que soit leur temps, est un fragment d’histoire du règne divin.Histoire diverse, histoire infiniment variée, qui connaît des heures éclatantes, qui a ses ombres aussi.Il y eut des périodes douloureuses où l’inexpérience ou les défaillances morales de certains pilotes parurent mettre en péril la barque de Pierre; mais Dieu veillait, et, sur terre, des saints et des saintes priaient, et déjà grandissaient, pour les redressements du lendemain, pour les moissons du surlendemain, ceux qui devaient être appelés au gouvernail, en vue de la réforme de l’Église, en vue de son expansion.Le Christ, remontant près de son Père, confia à son Église, et à Pierre, chef de cette Église, le soin de poursuivre, au cours des âges, l’œuvre du salut de l’humanité: chacune des journées de chacun des Papes doit être orientée vers l’accomplissement de cette tâche, dont Dieu seul connaît la durée, Dieu seul sachant quand le monde finira.Selon les époques, ces journées eurent des aspects divers.Actuellement, quel que soit le Pape qui gouverne l’Église, qu’hier il se soit appelé Pie X ou Benoît XV, qu’il se nomme aujourd’hui Pie XI, ou que les lendemains et surlendemains,— que la prière liturgique supplie Dieu de rendre lointains,— nous réservent le règne de quelque Pie XII ou de quelque Benoît XVI, de quelque Léon XIV ou de quelque Grégoire XVII, les journées des Papes, se déroulant, les unes après les autres, dans la stabilité du même cadre, se ressemblent beaucoup entre elles.Georges Gotau, de VAcadémie française.(Extrait du volume: Une journée du Pape, de la belle collection illustrée: “Les Bonnes Lectures”, publié, par la librairie Flammarion, de Paris.Cet ouvrage est en vente chez les libraires de Québec et de Montréal). 260 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE “SUR LES ROUTES DE FRANCE” Une appréciation Monsieur C.-J.Magnan, Québec.Monsieur.Veuillez agréer mes meilleurs remerciements pour l’envoi que vous avez daigné me faire de votre beau volume Sur les routes de France.Revenu moi-même depuis peu de quelques-uns des endroits que vous décrivez, j’ai éprouvé un extrême plaisir à raviver mes impressions, et aussi, permettez-moi de vous le dire, à admirer la façon dont vous exprimez les vôtres.A voyager avec vous sur les routes on ne se sent pas du tout incommodé par la poussière du chemin, vous avez une façon de vous élever jusqu’à des régions où l’atmosphère est très pure, et la lecture de votre beau livre est propre à faire naître des sentiments très nobles et très élevés.Je m’efforcerai de la faire goûter à nos grandes élèves au cours de l’année; elles y puiseront un patriotisme plus éclairé et plus chaud.Quant à moi, j’y trouve une leçon sur l’art de voyager.C’est un art difficile qui suppose beaucoup de lectures et le don de les utiliser à propos.Vous y êtes passé maître.Je vous prie, Monsieur l’Inspecteur, de bien vouloir agréer, avec toute ma gratitude, l’expression de mes sentiments respectueux et dévoués.J.-Aug.Maurais, ptre, 26 septembre 1934.Principal de l’École normale Saint-Pascal.En vente à la librairie Langlais, à Québec, à la libraiiie Beauchemin, à Montréal, et chez tous les libraires de la Province.Prix: l’unité, 75 sous, à la douzaine, 60 sous.A l’unité: franco, 85 sous.UNE INSTITUTRICE DE MÉRITE Récemment mourait aux Trois-Rivières (deuxième semaine d’octobre) une institutrice de grand mérite.Elle enseignait dans cette ville depuis quarante ans.Nous reproduisons du Bien Public, du 18 octobre, l’article ému que M.Pierre Lemire a consacré à Mlle Aubry.Voici l’article de M.Lemire: Mademoiselle Aubry Le dernier et émouvant hommage rendu vendredi dernier à cette vieille institutrice des Trois-Rivières prouve d’une façon éloquente l’estime que lui avait vouées tous ses anciens élèves.Mademoiselle Aubry! Quelle personnalité! Quel magnétisme d’autorité se dégageait de toute sa personne! Si l’autorité est une force morale, comme Mademoiselle Aubry la possédait cette force et à quel degré! Toute sa vie a été un perpétuel élan vers le bien qui cherche à se répandre toujours.Le mal est un concentrateur d’énergies: le bien, au contraire, est une force expansive.Sa force de caractère lui interdisait la moindre action ou la moindre parole qui ne fût conforme à la vérité et à la ligne de conduite qu’elle s’était tracée.Et par là elle inspirait à ses élèves grands ou petits une confiance absolue.Douée d’un sens pédagogique rare et d’une fine psychologie, mademoiselle Aubry était sûre de réussir avec tous ses élèves.C’est que, voyez-vous, elle n’avait qu'un but: enrichir l’âme de tous les petits confiés à sa garde et leur montrer le chemin de la voie droite, qui est sûrement le chemin de la vraie félicité.On sait toute l’importance des premiers enseignements donnés à l’enfant.Ils demeurent indélébiles dans l’âme de celui-ci. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 261 L’enfant devenu homme se souviendra toujours des leçons de son enfance.On rapporte que Crémieux, un notoire franc-maçon de la France laïque, dit un jour: ‘'Em parez-vous de la presse et vous aurez tout”.Il y a encore quelque chose de plus important que la presse: c’est l’enfant.Emparez-vous de l’enfant, façonnez son intelligence neuve à vos idées et demain vous aurez la nation que vous aurez rêvée.Voilà pourquoi l’Église, qui est un pouvoires sentiellement enseignant, s’est toujours préoccupée de l’enfant.Dans le domaine de l’éducation, l’État n’a qu’un rôle secondaire et supplétif.Il doit aider l’Église dans sa tâche, non la remplacer.Comme mademoiselle Aubry comprenait bien cette importante mission d’aider l’Église dans sa tâche divine.Toujours, en conformité avec les directives de l’autorité ecclésiastique, elle s’efforçait de faire comprendre à ses élèves qu’au dessus de l’instruction terrestre, pourtant si nécessaire, il y a l’obéissance à nos chefs religieux.“Monseigneur a dit ceci, Monsieur le Curé a dit cela”, ne cessait-elle de répéter à ses élèves, sur une question de doctrine ou de discipline.Et, sur ce terrain elle n’admettait pas la discussion.Oui! toute la vie de “Mademoiselle”, comme on l’appelait couramment, a été un modèle d’énergie, de courage et de grandeur d’âme.Je dépose sur cette tombe mon meilleur souvenir et l’expression de ma plus vive reconnaissance.Pierre Lemire.VIENT DE PARAITRE: “LES TROIS-RIVIERES” (1535-1935) par Vabbé Albert Tessier Un beau volume de 168 pages, format 10 x imprimé sur papier coquille teinté, enrichi de tableaux et de dessins marginaux.Imprimé en deux couleurs.La ville des Trois-Rivières s’est mise en évidence par la façon grandiose dont elle a célébré son trois centième anniversaire au cours de l’été de 1934.— Ces pages offrent un prolongement utile à ces démonstrations.L’auteur n’a pas la prétention d’avoir écrit une histoire, même résumée, de la région trifluvienne.Il a tout au plus établi à grands traits une synthèse qui pourra servir de fond de tableau à des œuvres plus fouillées.Le principal mérite de ce travail est de constituer la première étude d’ensemble sur un coin de pays trop ignoré jusqu’ici.En attendant mieux, ce tableau rendra service! Cette superbe brochure de 170 pages mérite l’attention des commisions scolaires et des maison s d’éducation.L'ouvrage se vend $1.00 franco.A la douzaine, $9.00.Adresser les commandes : Abbé Albert Tessier, Préfet des Études, Séminaire des Trois-Rivières, Province de Québec (Canada).QUESTIONS DE FRANÇAIS Récapitulation.-—-“En plus de vouloir”.En plus de avec l’infinitif : je ne m’excuse pas de répéter à satiété que cette tournure, purement canadienne au surplus, n’a aucun rapport avec le français.“Se contenter à”.— Quelqu’un écrit: “.se contentent à mettre en garde.” On connaissait se contenter de, mais se contenter à doit être mis au compte du caprice ou de l’ignorance.Cet exemple, du reste, montre une fois de plus que les idées sont complètement brouillées sur l’emploi des prépositions à et de. 262 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE “Les moins de vingt, vingt-cinq, trente ans, etc.”—C.-à-d., les ayant, ceux qui ont, moins de vingt ans, etc.Expression née ces derniers temps, et qui s’est répandue, malgré son étrangeté.Mais pourquoi pas les plus de?pourquoi toujours les moins de?Pur hasard sans doute, car l’un ne serait pas plus bizarre que l’autre.Mots latins introduits dans le français.—L’usage français, et la grammaire l’enregistre, est d’écrire à la française le pluriel de ces mots.En voici un exemple: “La proposition.rappelle les mémorandums échangés.” Memorandums, c’est cela, et non memoranda.Il faut dire de même des terminus, et non: des termini.Quant à boni, ce n’est pas un nominatif pluriel, mais un génitif singulier (bonum, boni), qui trouve son explication dans son origine et a passé tel quel dans la langue.On sait que l’usage n’est pas difficile.Mais, s’il est permis de dire: un boni, le pluriel suit la règle générale et s’écrit bonis: des bonis.Les discussions.ont pratiquement complètement cessé.” Pratiquement complètement, voilà une trouvaille.“Sous le signe”.—-Cette expression dégénère en manie, “ils (les jeunes) grandissent sous le signe de l’instabilité”: en voilà, un signe! “et dans une ambiance climatique.” On pourrait appeler cela la contorsion du style.Que la simplicité et le naturel sont donc de belles choses! “Antoinienne”,—-écrit un Français.Nos Sœurs Antoniennes ont évidemment l’avantage.“La population indigene”.—-Il s’agit de nous autres proprement, des Canadiens-Français! Cela n’a pas été imprimé à l’étranger.Il y a pourtant quelque différence entre les Canadiens d’avant Jacques Cartier et ceux d’aujourd’hui! N.Degagné, ptre.POUR LA PREPARATION DU PERSONNEL ENSEIGNANT Ce que l’on fait en Suisse (suite et fin) H) Première année d’études: stages et suppléances Art.32.—-Les candidats admis effectuent, jusqu’à la fin de l’année scolaire en cours, des stages et des remplacements dans les écoles enfantines et primaires (classes ordinaires ou spéciales).Art.33.—Ils sont tout d’abord placés en stage dans des classes dont les maîtres les initient de façon active à la conduite des élèves et au travail pédagogique; ils sont ensuite affectés au service des remplacements.Art.35.—Pendant la première année, une commission est chargée d’inspecter et de surveiller les candidats.Elle comprend: le directeur de l’enseignement primaire, qui la préside, le directeur des études pédagogiques, l’inspectrice des écoles enfantines, les directeurs et directrices des écoles dans lesquelles les candidats ont été appelés à faire des remplacements, un représentant de l’association du personnel enseignant.Les rapports d’inspection sont communiqués aux candidats.Art.36.—A la fin de l’année scolaire, la commission examine la valeur du travail des candidats et leurs aptitudes à l’enseignement; elle tient compte notamment de leur régularité, du soin avec lequel ils ont préparé leurs leçons et corrigé les travaux des élèves, de la façon dont ils se sont comportés en classe.Art.37.—-Sur préavis du directeur de l’enseignement primaire, le Département autorise les candidats ayant donné satisfaction à entreprendre la deuxième année de leurs études pédagogiques; les candidats jugés insuffisants sont éliminés.(1) Voir VEnseignement primaire de septembre 1934. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 263 Art.38.—En cours d’année, le Département peut licencier sans indemnité, dans un délai de deux mois, tout candidat qui se serait montré absolument insuffisant.Deuxième année d’études: études théoriques Art.39.—Au cours de la 2ème année, les candidats suivent des cours universitaires ou supérieurs, dont le plan comprend, dans la règle, les sujets suivants: la langue française, la pédagogie, la psychologie, la didactique générale et spéciale, la protection de l’enfance.Art.4.0.—A la fin du second semestre, au cours de la session de juillet, les candidats doivent se présenter aux examens du certificat de pédagogie de la faculté des lettres.Les candidats qui ont échoué peuvent se présenter à la session d’octobre.Troisième année d’études: études pratiques Art.1)3.—La Sème année d’études comprend: a) des stages dans les classes d’application urbaines et rurales, ainsi que des remplacements; 6) des cours de langue française et de didactique des branches enseignées à l’école enfantine et primaire.Art.1)1).—Les candidats reçoivent leur préparation pratique dans des écoles d’application.Ils y effectuent des stages et y donnent des leçons sous la direction des titulaires de classe et de professeurs spéciaux.A la fin de chaque stage ou de chaque série de leçons, les maîtres ou professeurs adressent au directeur des études un rapport sur l’activité des candidats.Cette pièce est communiquée aux intéressés.Art.1)5.—Les écoles d’application sont placées sous la direction du directeur des études pédagogiques.Un règlement spécial détermine l’organisation de ces écoles.Art.1)6.—Au cours du 6ème semestre, les candidats doivent subir un examen d’aptitudes professionnelles qui comprend la direction d’une classe enfantine ou primaire (ordinaire ou spéciale) pendant une demi-journée.Fin des études: stages et suppléances, travail de fin d’études Art.52.—Les candidats qui ont subi avec succès leur examen d’aptitudes professionnelles sont répartis dans différentes écoles enfantines et primaires, où ils font des stages et des suppléances.Pendant cette période, ils sont placés sous l’autorité des directeurs et directrices des écoles ou ils se trouvent.Art.53.—Les directeurs et directrices d’écoles remettent au directeur de l’enseignement primaire un rapport sur les candidats dont ils se sont occupés.Cette pièce est communiquée aux intéressés.Art.51).—Les candidats, dont l’activité a été jugée insuffisante, peuvent être autorisés à accomplir une période supplémentaire; en cas d’échec, ils sont éliminés.Art.55.—Les candidats sont appelés à rédiger un travail de recherches personnelles dont le sujet est choisi à la fin de la seconde année d’études et doit être approuvé par le Département de l’Instruction publique.Ce travail est remis au directeur de l’enseignement primaire, au plus tard le 31 décembre de la Sème année d’études.Le Département désigne un jury composé d’un expert qui guide le candidat dans ses recherches et de deux autres personnes.Art.56.—-Les candidats présentent leur travail dans une séance au cours de laquelle ils doivent répondre aux questions du jury qui déclare le travail suffisant ou insuffisant.Brevet d’aptitudes Art.58.—Le Département de l’Instruction publique délivre un brevet d’aptitudes aux candidats dont les études et l’activité ont été jugées suffisantes.Les candidats doivent posséder ce brevet pour être nommés aux fonctions de maîtresses dans les écoles enfantines ou d’instituteurs ou d’institutrices dans les écoles primaires (classes ordinaires ou spéciales).Art.59.—Le brevet mentionne les notes que le candidat a obtenues: a) au cours de l’année de stages et de remplacements; b) aux examens du certificat de pédagogie; c) à l’examen d’aptitudes professionnelles. 264 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE LES LIVRES Ils alignent leurs dos, vêtus de cuirs divers, Où luit l’empreinte d’or des fleurons et des titres, Serrés sur les rayons, côte à côte, à travers La clarté miroitante et bleuâtre des vitres.Ils alignent leurs dos vêtus de cuirs divers.Les maroquins grenus et fins semblent du marbre; Les veaux polis ont la douceur souple des mains; Les chagrins sont rugueux comme une écorce d’arbre, Et parmi la candeur lisse des parchemins, Les maroquins grenus et fins semblent de marbre.Aux uns, le rouge ardent et les riches couleurs, Aux autres, la douceur des teintes amorties, Le bleu tendre, le vert et ses glauques pâleurs, L’indécision des nuances perverties Qui dérivent du rouge et des riches couleurs.O livres! confidents de la pensée humaine, Gardiens silencieux de trésors amassés, Il est des heures où la fatigue ramène Les cœurs pris de tristesse et les esprits lassés Aux livres confidents de la pensée humaine; Car, entre leurs feuillets, sommeille le parfum Des rêves confiés et d’intimes détresses, De vœux inexaucés; et c’est là que plus d’un Mit ses plus chers espoirs, ses meilleures tendresses, Qui montent des feuillets comme un vivant parfum.C’est vers eux qu’on s’en vient encore aux heures lentes Lorsque, pris du dégoût des hommes coudoyés Et de l’écœurement des choses ambiantes, On appelle l’essor des rêves éployés, C’est vers eux qu’on revient toujours aux heures lentes; Et l’esprit allégé fuit sur l’aile des mots, Trompant ainsi l’ennui des traînantes journées, Dans un oubli voulu du réel et des maux; Au froissement fébrile des pages tournées, L’esprit allégé fuit sur les ailes des mots.Henri de Régnier.“EN ROUTE POUR LE NOUVEAU MONDE” AVEC JACQUES CARTIER C’est le titre d’un Jeu admirablement conçu.A l’aide d’une carte illustrée, on refait le premier voyage de Jacques Cartier en toute certitude historique.Une brochure bilingue explique avec clarté comment se servir de ce jeu instructif.Carte, brochure et jetons sont renfermés dans une jolie boîte ornée d’un portrait du Découvreur.Prix: $1.50.S’adresser à Madame E.-L.Pouliot, 128, rue Sainte-Anne, Québec.C.-J.Magnat, directeur-propriétaire, 79, Chemin Sainte-Foy, Québec, Canada.
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.