L'enseignement primaire : journal d'éducation et d'instruction, 1 novembre 1935, Novembre
57e Vol.Québec, Novembre 1935 N° 3 ÉDUCATION — INSTRUCTION L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE DOCUMENTS OFFICIELS COMITÉ CATHOLIQUE DU CONSEIL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE PROCÈS-VERBAL DE LA SESSION DU MOIS DE SEPTEMBRE 1935 Séance du 25 septembre 1985.Présents:—L’honorable Cyrille-F.Delâge, surintendant, président; Son Éminence le cardinal J.-M.-Rodrigue Villeneuve, Son Excellence Mgr A.-E.Deschamps représentant Mgr l’archevêque de Montréal, Mgr Charbonneau représentant Mgr l’archevêque d’Ottawa, Mgr l’évêque de Nicolet, Mgr l’évêque de Gaspé, Mgr l’évêque de Saint-Hyacinthe, Mgr l’évêque de Rimouski, Mgr l’évêque de Chicoutimi, Mgr l’évêque de Mont-Laurier, Mgr l’évêque des Trois-Rivières, Mgr l’évêque de Saint-Jean, Mgr le vicaire apostolique du Golfe-Saint-Laurent; Mgr J.-E.-M.Vincent représentant Mgr l’évêque de Sherbrooke, M.l’abbé A.-M.Renaud, représentant Mgr l’évêque de Pembroke; l’honorable Hector Champagne, l’honorable juge Sir Mathias Tellier, l’honorable Jules-Édouard Prévost, l’honorable juge Hyacinthe-A.Fortier, l’honorable juge Wilfrid Mercier, M.J.-P.Labarre, M.Victor Doré, M.Augustin Frigon, M.Hector Perrier, M.J.-N.Miller; M.l’abbé L.-A.Desrosiers, M.Napoléon Brisebois, M.Nérée Tremblay et M.Lionel Bergeron, secrétaire.La séance est ouverte par la récitation de la prière.Le procès-verbal de la dernière session est approuvé.Le Comité prend connaissance des rapports suivants: RAPPORT DU SOUS-COMITÉ CHARGÉ DE L’EXAMEN DES LIVRES CLASSIQUES Séance du 2J+ septembre 1 935.Présents:—Mgr Brunault, président; l’honorable Hector Champagne, M.Napoléon Brise-bois, M.J.-P.Labarre et M.Lionel Bergeron, secrétaire.Le sous-comité a examiné les ouvrages ci-après mentionnés qui lui ont été soumis: 1.“Éléments de Sciences Générales”, par O.-W.Caldwell et W.-L.Eikenberry; adopté et traduit par W.-L.Goodwin et Louis Even, sous la direction des RR.PP.Léopold et Louis-Marie de l’Institut agricole d’Oka.—- Approuvé comme livre du Maîtfe et pour la bibliothèque scolaire.2.“Manuel d’Hygiène”, par le docteur J.-A.Baudouin.-—Approuvé.3.“Patenaude’s French made easy, through the medium of the gramophone — Third Book”— : edited in accordance with the dictates of experienced teachers.-—Approuvé.4.“Conseils pratiques sur la Prévention des Incendies”, par Eugène Leclerc.—Approuvé comme livre du Maître et pour la bibliothèque scolaire.5.“Registre de notes”, par J.-D.Ducharme, inspecteur d’écoles.— Approuvé.6.“Lecture progressive selon la méthode naturelle, volume 1—1ère partie”, par les Frères de la Charité.— Approuvé.7.“Lecture progressive selon la méthode naturelle, volume 1—2e partie”, par les mêmes.— Approuvé.(Signé) f J.-S.Hermann Brunault, Êv.de Nicolet, Président.(Signé) Lionel Bergeron, Approuvé.Secrétaire. 130 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE RAPPORT DU BUREAU DES EXAMINATEURS POUR LES ASPIR ANTS A LA CHARGE D’INSPECTEUR D’ÉCOLES Québec, le 15 septembre 1935.Le Bureau des Examinateurs pour les candidats à la charge d’inspecteur d’écoles a l’honneur de faire rapport au Comité catholique du Conseil de l’Instruction publique qu’il s’est réuni à l’École 1.normale Laval, Québec, les 20, 21, 22 et 23 août dernier.[ 2, Étaient présents à cette session:—M.l’abbé L.-A.Desrosiers, président; M.l’abbé J.-J.Dubé, M.C.-J.Magnan, M.C.-J.Miller, M.J.-M.Manning, M.L.-O.Pagé et M.J.-N.Miller, secrétaire.Au commencement de la séance du 20 août, après lecture et adoption du procès-verbal de la dernière session, les membres du Bureau prennent communication des demandes d’admission aux examens soumises par les aspirants dont les noms suivent: MM.Orner Auclair, Raoul Blais, Alfred-J.Burns, J.-Elzéar Campeau, René Champoux, J.-Hqnoré Corbeil, Onias De Serres, Adélard Faubert, Roland Genest, Jean-Maurice Marauda, Édouard Guité, André Ouellet, Albert Paradis, Robert Prémont, Alex.Renaud et Vital Veilleux.Les documents transmis par ces candidats sont trouvés conformes aux prescriptions des règlements scolaires et, en conséquence, ils sont tous admis à subir les examens.A cette même séance du 20 août, le Bureau adopte les questions et les problèmes d’examen ci-après mentionnés : SUJET DE COMPOSITION FRANÇAISE Dites le sens et donnez des détails sur l’application de ce principe pédagogique: a) Il ne faut pas laisser parler les enfants en classe; b) Il faut les laisser parler.PÉDAGOGIE 1.a) Quel parti peut-on tirer des exercices d’analyse grammaticale et logique du point de vue de l’enseignement de l’orthographe?b) Comment les exercices d’analyse favorisent-ils l’éducation intellectuelle de l’élève ?2.a) Dites à quelles facultés vous faites appel dans l’enseignement de la géographie.b) Dans chaque cours de l’école primaire élémentaire, comment doit-on procéder dans l’enseignement de cette matière ?3.Démontrez dans quelle mesure l’organisation pédagogique de l’école peut contribuer au succès du maître dans son enseignement.4.a) Est-il bon de faire naître, en classe, le sentiment de l’émulation ?Pourquoi ?b) Dans ce domaine, y a-t-il un danger à craindre ?c) Indiquez quelques moyens d’émulation que vous conseilleriez aux instituteurs de votre district d’inspection.5.a) Quels sont les résultats que l’on est en droit d’attendre de la pratique rationnelle de la dictée ?b) Comment la dictée doit-elle être comprise pour obtenir de tels résultats ?HISTOIRE DE LA PÉDAGOGIE très a) Histoire de la pédagogie en général : 1.a) Quelles étaient les conditions matérielles de l’école au début du XIXe siècle ?b) Faites connaître les améliorations apportées aux locaux et au mobilier scolaires durant ce siècle.2.o) Quel fut le promoteur de l’organisation psychologique de la première éducation ?b) De quels instincts les plus universels des enfants s’est-il servi pour développer leurs sens, leurs sentiments et leur intelligence ?3.a) Sur quelle idée mère s’appuie le système de Pestalozzi?b) Quelles idées pédagogiques se dégagent de ses écrits et de ses procédés d’enseignement ?T! ei L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 131 b) Histoire de l’instruction publique dans la Province de Québec: 4.En quelle année fut établi le premier fonds de pension en faveur des instituteurs du E as-Canada ?5.Quel est le statut scolaire des minorités dans la Province de Québec ?HISTOIRE GÉNÉRALE Racontez brièvement le deuxième voyage de Jacques Cartier.Nommez quatre des plus illustres fils de Charles Le Moyne et dites un mot de leur carrière.Racontez l’histoire de la Compagnie du Pacifique Canadien et faites connaître son influence sur le développement du Canada.4.Un mot sur chacun des personnages suivants : Jules César, Témistocle, Constantin, Charles Martel, Thomas Morus, Jeanne d’Arc, William Pitt, Colbert et lord Elgin.SCIENCES NATURELLES Cause de la variation du poids en différents points de la terre.Graduation du thermomètre centésimal.a) Nommez cinq corps mauvais conducteurs de la chaleur; b) Décrivez la bouteille thermos.Faites connaître trois applications de Pair comprimé.Qu’est-ce qu’un rhéostat et décrivez-en le fonctionnement.LOI ET RÈGLEMENTS SCOLAIRES Loi de l’Instruction publique: A quelle époque doit se faire l’élection des commissaires et des syndics d’écoles dans une municipalité régulièrement organisée ?2.Comment doit se faire le choix du président d’élection des commissaires et des syndics d’écoles ?3.Où et quand les secrétaires-trésoriers doivent-ils tenir leur bureau ?b) Règlements du Comité catholique : 4.Quand les commissaires et les syndics doivent-ils engager un sous-maître ou une sous-maîtresse: a) Pour une école primaire élémentaire ne dépassant pas la 4e année ?b) Pour une école primaire élémentaire ayant le cours supérieur ?c) Pour une école primaire complémentaire ?5.Quels sont, d’après l’article 17 des Règlements du Comité catholique, les jours de congé pour les écoles catholiques ?THÈME ANGLAIS les jeunes: Vous êtes l’avenir Tous les philosophes vous le disent, tous les poètes vous le chantent.Vous regardez s’approcher la vie et vous avez déjà les soucis, j’allais dire les angoisses de la responsabilité.Ayez d’abord conscience de votre rôle et de vos actes.Que rien ne soit accompli par vous qui n’ait en vous sa raison profonde.Ne vous contentez pas d’exister, mais tracez-vous un programme d’action qui soit le guide de votre ambition.Restez les maîtres de votre énergie; jugez froidement, durement, vos œuvres propres; soyez exigeants envers vous-mêmes et gardez votre indulgence pour les faiblesses d’autrui.Surtout, travaillez, travaillons.Ne pensons pas avoir tout fait.Nous ne nous sommes que préparés; il nous reste à apprendre.Travaillons avec méthode, procédons avec réflexion, avec logique et netteté d’esprit.VERSION ANGLAISE MAPLE SAP: Among our native trees there are several maples.The most useful and beautiful of these is the sugar maple.Not only does it make a fine shade tree when planted along roads and on lawns, but, in early spring, it gives us sap.Sap to a tree is like blood to a person, it 132 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE contains food from which new growth is made.During summer, trees make much starch which is stored away during winter in the roots and trunk of the trees.In spring, when the warm winds and bright sunshine tell the trees that it is time to prepare to send out leaves and flowers, the starch is changed to sugar which is dissolved in a large amount of water.The mixture is called sap.GÉOGRAPHIE 1.Tracez les contours de la Province de Québec (7 pouces dans la plus grande dimension) et indiquez: a) Le fleuve Saint-Laurent, les rivières Chambly, Chaudière, Saguenay et Saint-Maurice, b) Les villes de Hull, Lévis, Montréal, Québec et Trois-Rivières, c) Les chaînes de montagnes.2.Parlez des trois principaux courants marins: espèces, direction, effets, importance.3.Dites ce que vous savez de l’Abyssinie du point de vue physique, politique et économique.4.Quelles terres sont séparées ou quelles eaux sont unies par les détroits suivants: Bab-el-Mandeb, Cattégat et Davis ?5.Nommez, dans l’ordre où on les trouve, les mers et les détroits qu’il faut traverser pour aller d’Odessa (Ukraine) à Liverpool (Angleterre).ARITHMÉTIQUE 7 5 — 1.Divisez —^ par f- de f de —| et donnez le résultat en décimales.** ¥ o y 2.Trois personnes se partagent inégalement un héritage.La première en a les Les deux autres se partagent le reste — $4,400.00 — de manière que si l’on retranche à la deuxième les de sa part et, à la troisième, les f de la sienne, elles aient des parts égales.Quelles sont les parts reçues par chacun des trois héritiers ?3.Deux ouvriers ont été employés à un même ouvrage.Le premier y a été occupé pendant 18 jours et en a fait les %.Le deuxième qui fait en 5 heures autant d’ouvrage que le premier en 6 heures a terminé ce travail.Us ont reçu ensemble $202.50.Pendant combien de jours le deuxième a-t-il travaillé et combien chacun a-t-il gagné par jour ?4.Un marchand vend les § d’une pièce de drap avec un bénéfice de $8.00, les du reste avec un bénéfice de 10% et le reste avec une perte de 3%.Il réalise ainsi un bénéfice de $23.00.Combien lui coûtait cette pièce de drap ?5.Deux billets ont même valeur nominale: $800.00.L’échéance du premier est 45 jours et celle du deuxième, 60 jours.La somme de leurs escomptes est $14.00.Calculez le taux de l’escompte (année de 360 jours).ALGÈBRE 1.Définissez: coefficient, exposant, expression algébrique, polynôme.2.Décomposez, en facteurs, l’expression suivante: x2 + 3x + xy + 3y.3.La largeur d’un rectangle est les % de sa longueur; si l’on diminue la largeur et la longueur de 1 pied, la surface est diminuée de 49 pieds carrés.Trouvez les dimensions du rectangle.4.Un nombre est composé de deux caractères dont la somme est 7.Si on transpose ces caractères, on obtient un nombre qui n’est que le quart du premier, après que celui-ci a été augmenté de trois.Trouvez le nombre dont il s’agit.5.Le périmètre d’un rectangle est de 500 verges et sa surface est de 14,400 verges carrées.Trouvez ses dimensions.MESURAGE 1.La flèche d’un clocher a la forme d’une pyramide hexagonale régulière dont l’apothème a 60 pieds et le côté de la base, 5 pieds.On fait peindre cette flèche.Quelle en sera la dépense, à raison de 63 sous la verge carrée ?2.Une sphère de 1448.26 pouces cubes entre exactement dans une boîte cylindrique dont la hauteur est égale au diamètre.Trouvez, en pouces cubes, la contenance de cette boîte. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 133 3.Une pyramide a 24 pouces de haut.A quelle distance du sommet faut-il la couper par un plan parallèle à la base, pour que les deux parties soient équivalentes en volume ?4.Pour paver une salle, on a employé 2,480 tuiles triangulaires de 8 pouces Y2 de côté.Combien en aurait-il fallu, si ces tuiles avaient eu 9 pouces de côté ?5.Dans un vase cylindrique de 8 pouces de diamètre, en partie rempli d’eau, on jette une sphère de métal.Le niveau de l’eau s’élève alors de 3 pouces Y^.Quel est le rayon de cette sphère ?AGRICULTURE 1.a) Qu’entendez-vous par assolement (rotation) ?b) Comment et pourquoi une ferme bien tenue doit-elle subir un assolement ?2.Que faut-il faire pour obtenir d’un sol le maximum de la récolte qu’il peut fournir ?3.a) Qu’est-ce qu’une plante ?b) Nommez et dites le rôle de chacune de ses parties, c) Que faut-il pour la germination et le développement des plantes ?d) Nommez trois plantes épuisantes et trois plantes améliorantes.4.a) Qu’est-ce que la volaille ?b) Quels sont les avantages d’une basse-cour ?5.a) Comment combattre le ver blanc, le ver gris, le ver à choux, le petit ver blanc, l’altise et la galéruque ?b) Quel préventif devrait-on employer dans le potager pour empêcher ou, du moins, diminuer les ravages des insectes ?PHILOSOPHIE 1.Qu’entend-on par proposition universelle et par proposition particulière ?2.Quelles conclusions peut-on tirer de deux prémisses particulières ?3.Quel est l’objet de la connaissance intellectuelle ?4.Qu’est-ce que la loi naturelle et à quoi oblige-t-elle tous les hommes ?5.Faites connaître où réside la source première de l’autorité.DESSIN 1.a) Dessin d’après nature: Une chaise vue de côté.b) Dessin de mémoire: Un groupe comprenant quelques livres et un encrier.2.Comment obtient-on les couleurs ternaires ?LECTURE EXPLIQUÉE ET LITTÉRATURE 1.Lire à haute voix la fable de La Fontaine intitulée: “La grenouille qui veut se faire aussi grosse que le bœuf”.Tenir compte de la prononciation et de l’expression.2.Quel est le sens des expressions suivantes : a) “De belle taille”; b) “en tout”; c) “nenni”; d) “la chétive pécore” ?3.Quelle est l’étymologie de “pécore” ?4.Faites connaître la signification exacte de chacun des trois verbes suivants : “s’étend”, “s’enfle”, “se travaille”.5.Analysez Y dans: “N’y suis-je point encore”?“M’y voici donc”?“M’y voilà” et en dans “Vous n’en approchez point.6.Tracez le plan de cette fable (introduction, nœud, dénouement, morale).7.Quelle leçon se dégage de cette fable ?8.a) Par qui et vers quelle année l’Académie française fut-elle officiellement organisée ?b) Quel but se propose cette institution ?9.Nommez cinq littérateurs français du XIXe siècle.Dans quel genre chacun d’eux s’est-il distingué ?10.Quels sont les littérateurs canadiens-français que vous préférez ?Dites pourquoi.A la séance de l’après-midi du 20 août et aux séances de l’avant-midi et de l’après-midi des 21, 22 et 23 du même mois, les candidats subissent les examens sur les matières qui précèdent.Après correction très attentive des épreuves, le Bureau constate que MM.Édouard Guité et Jacques Maranda méritent de recevoir le diplôme français et anglais, avec la note “bien”.MM.Roland Genest, Robert Prémont et Vital Veilleux' obtiennent le diplôme français, également avec la note “bien”.2 134 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Le Président du Bureau fait connaître aux intéressés les résultats de leurs examens, puis il distribue les diplômes aux candidats heureux et la session est ajournée.(Signé) L.-A.Desrosiers, Ptre, Président.(Signé) J.-N.Miller, Adopté.Secrétaire.RAPPORT DU BUREAU CENTRAL DES EXAMINATEURS CATHOLIQUES AU COMITÉ CATHOLIQUE DU CONSEIL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE Québec, le 20 septembre 1935.Le Bureau central des Examinateurs catholiques a l’honneur de vous faire son rapport, comme il y est tenu par les prescriptions de l’article 113 des règlements scolaires.En 1934-35, le Bureau a tenu deux sessions: la première, le 27 décembre 1934 et, la seconde, le 1er août 1935.La première session a eu pour objet l’organisation des examens de l’année alors courante, l’adoption des questions, des dictées et des problèmes à être soumis aux candidats, le choix des examinateurs-délégués, au nombre de 180, chargés de la surveillance des aspirants et aspirantes dans les différents centres de la province de Québec où ont lieu les examens, etc.A leur seconde session, les membres dudit Bureau ont révisé la correction des épreuves d’examen qui avait été faite avec beaucoup de soin, au cours du mois de juillet précédent, et ils ont décerné les diplômes et les certificats aux aspirants et aux aspirantes ayant conservé, sur les diverses matières du programme, le nombre de points requis par les règlements.Les examens ont duré quatre jours-—-du 25 au 28 juin inclusivement — et ils ont eu lieu dans les 52 localités mentionnées à l’article 80 amendé des Règlements du Comité catholique.5,040 aspirants et aspirantes aux diplômes ont été admis aux examens, après s’être conformés fidèlement aux exigences des règlements, soit 87 de plus que l’année précédente.Ces 5,040 aspirants et aspirantes, 452 hommes dont 268 religieux appartenant à diverses communautés enseignantes et 4,588 femmes dont 93 religieuses également de différentes communautés, se répartissent comme suit: 2,474 (151 hommes et 2,323 femmes) pour le diplôme d’école primaire élémentaire; 2,566 (301 hommes et 2,265 femmes) pour le diplôme d’école primaire complémentaire dont 29 étaient porteurs de diplômes de bachehers obtenus d’une université catholique de la Province.4,105 1,973 2,132 (276 hommes et ( 93 hommes et (183 hommes et 3,829 femmes) 1,880 femmes) 1,949 femmes) ont passé leurs examens avec succès, savoir: pour le brevet élémentaire; pour le brevet complémentaire.935 (170 hommes et 501 ( 52 hommes et 434 (118 hommes et 765 femmes) n’ont pas réussi dans leurs examens, savoir: 449 femmes) pour le brevet élémentaire; 316 femmes) pour le brevet complémentaire.Ce qui donne les résultats suivants: 1° Pour le brevet élémentaire, 79.7 pour cent ont réussi et 20.3 pour cent ont échoué; 2° Pour le brevet complémentaire, 83 pour cent ont réussi et 17 pour cent ont échoué.Résultat général : 81.4 pour cent de tous les candidats ont obtenu des diplômes et 18.6 pour cent ont été refusés.De plus, le Bureau a admis aux examens du brevet élémentaire, en vertu d’un règlement du Comité catholique adopté à la session de septembre 1919 et amendé en 1927, 742 aspirants et aspirantes qui n’avaient que 16 ans.Ces candidats ne peuvent aspirer à recevoir le diplôme élémentaire à la suite de leurs examens, mais, s’ils réussissent sur toutes les matières, ils peuvent se prér sen ter, dans le cours des trois années suivantes, pour le brevet supérieur et jouir des exemptions accordées aux aspirants et aspirantes déjà munis du brevet élémentaire. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 135 Sur les 742 candidats admis à l’examen du certificat élémentaire, 679 (3 hommes et 676 femmes) ont réussi, soit 91.5 pour cent, et 63 (2 hommes et 61 femmes) ont échoué, soit 8.5 pour cent.L’examen de ces jeunes aspirants et aspirantes a donc été très bon.Voici l’opinion des membres du Bureau sur l’ensemble des épreuves qu’ils ont corrigées: MATIERES Instruction religieuse.Lecture française.Lecture anglaise.Lecture latine.Grammaire française et Analyse.Dictée française.Écriture.Littérature.Composition française.Histoire sainte.Histoire du Canada.Histoire de la civilisation chrétienne.Géographie et Instruction civique.Algèbre.Comptabilité.Pédagogie.Bienséances___i.Hygiène.Dessin.Philosophie.Éléments de morale.Enseignement ménaj Agriculture.Zoologie.Physique.Chimie.Droit commercial.Technologie.Chant (théorie).ÉLÉMENTAIRE COMPLÉMENTAIRE Dictée anglaise.Littérature anglaise.Composition anglaise.Grammaire anglaise et Analyse.Faible Très bien Bien Bien Bien Bien Bien Bien Bien Très bien Bien Bien Passable Assez bien Très bien Très bien Bien Assez bien Bien Bien Passable Passable Bien Bien Bien Bien Très bien Très bien Plus que bien ï ’lus que bien Bien Bien Bien Bien Très bien Bien Bien Très bien Très bien Faible Faible Bien Bien Très bien Faible Bien Bien Passable Assez bien Assez bien Passable Passable Assez bien Faible : langue anglaise) Très bien Très bien Bien Très bien Bien Passable Bien Très bien 'le est le français) Bien Très bien Très faible F aible Très faible Faible , Bureau attire de nouveau l’attention du personnel enseignant ainsi que des aspirants et aspirantes sur les matières dont la note est inférieure à bien.Eit la session est ajournée sine die.(Signé) Joseph Ferland, Ptre, Président.(Signé) Lionel Bergeron, Secrétaire. 136 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Ce rapport est adopté, mais l’honorable sénateur Prévost considérant les attaques portées contre le Bureau central et désirant pouvoir y répondre, prie le Comité catholique de bien vouloir lui donner les informations suivantes: 1° Combien y a-t-il d’institutrices laïques qui enseignent dans les écoles primaires ?• Combien y a-t-il, dans la province, de jeunes diplômées d’écoles normales ?3° Combien de diplômées sortent chaque année, en moyenne, de nos écoles normales ?M.Brisebois, de son côté, demande: G Combien y a-t-il de vacances à remplir, chaque année, parmi le personnel enseignant ?2° Combien y a-t-il, à l’heure actuelle, d’institutrices qui enseignent sans diplôme ?un.e jongu(?discussion sur le rôle que joue le Bureau central des Examinateurs catholiques, le ( omité manifeste l’intention de se renseigner sur les plaintes qui lui arrivent assez souvent a son sujet.Il est alors résolu, sur proposition de M.Doré, appuyé par M.Perrier: “QUE le sous-comité chargé d’étudier les moyens à prendre afin d’améliorer la situation des institutrices fasse aussi rapport sur l’opportunité de maintenir, de modifier ou d’abolir le Bureau central des Examinateurs catholiques.A cette fin, ce sous-comité est spécialement requis d’obtenir des statistiques sur le nombre des institutrices actuellement en disponibilité et munies : a) D’un diplôme d’école normale, b) D’un diplôme du Bureau central”.A ce sous-comité composé de Mgr Courchesne, Mgr Limoges, M.Victor Doré, M.J.-P.La-barre, M.Napoléon Brisebois, sont ajoutés les membres suivants: Mgr Gauthier, Mgr Ross, M Edouard Montpetit, l’honorable M.Prévost, M.Perrier, M.Tremblay et M.Miller.Ledit sous-comité pourra s^adjoindre toute autre personne qu’il considérera apte à l’aider dans l’étude des questions qui lui sont soumises.AVIS DE MOTION M.Tremblay donne immédiatement l’avis de motion qui suit: “ÉTANT donné le nombre des écoles normales et l’importance pour nos écoles primaires d’avoir des titulaires le mieux formés possible, les premières seules devraient décerner des brevets d’enseignement; les diplômes du Bureau central serviraient d’examen écrit pour l’admission dans ces institutions pédagogiques”. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 137 RAPPORT DU SOUS-COMITÉ CHARGÉ PAR LE COMITÉ CATHOLIQUE, A SA SESSION DU MOIS DE SEPTEMBRE 1934, D’ÉTUDIER LA COORDINATION DES DIVERS COURS DES ÉCOLES OÜ SE DONNE L’ENSEIGNEMENT MÉNAGER Québec, le 9 septembre 1935.Au mois de mai dernier, le Comité catholique a retourné au sous-comité nommé à cette fin, pour nouvelle étude, le rapport qui lui fut soumis à sa session du mois de février 1935.Ledit sous-comité s’est réuni, le 22 juillet dernier, au département de l’Instruction publique.Etaient présents:— L’honorableCyrille-F.Delâge, président; Mgr Courchesne, MgrCom-tois, 1 honorable Jules-Ldouard Prévost, M.J.-N.Miller; les RR.SS.Sainte-Anne-Marie et Sainte-Mane-Vitaline de la Congrégation de Notre-Dame; les RR.SS.Saint-Gabriel et Élie des Sœurs Crrises de Montreal; les RR.SS.Marie-Catherine-de-Cordonne et Henri-du-Sacré-Cœur des Sœurs des Saints Noms de Jésus et de Marie; les RR.SS.Marie-Aimée et Marie-Benoîte des Sœurs de Sainte-Anne; les RR.SS.Marie-de-Sainte-Flore-d’Auvergne et Marie-de-Sainte-Jeanne-de-Chantal des Sœurs de Sainte-Croix; M.C.-J.Magnan, Inspecteur général des écoles normales; M.C.-J.Miller, Inspecteur général des écoles primaires; M.Alphonse Désilets, Directeur de 1 enseignement ménager.En l’absence de M.Lionel Bergeron, M.Magnan est prié d’agir comme secrétaire.M.le Surintendant ouvre la séance et rappelle qu’à sa dernière session le Comité catholique a retourné au sous-comité qui l’a préparé, pour nouvelle étude, le rapport qui lui fut soumis, au mois de février dernier, sur la coordination des divers cours des écoles où se donne l’enseignement ménager., Une discussion s’élève sur l’enseignement ménager en général et M.Prévost prétend que le present sous-comité doit s’en tenir au mandat qu’il a reçu du Comité catholique, savoir: la reconsideration du rapport mentionné ci-dessus.Le secrétaire donne lecture de ce rapport et le sous-comité confirme l’opinion exprimée alors: QU une école primaire élémentaire ou primaire complémentaire où se donne renseignement ména-ger ne pourrait s’appeler “ÉCOLE ménagère primaire”; ces écoles restent des écoles primaires M_.Prévost attire 1 attention des membres sur le fait qu’on ne saurait dénommer une école primaire “ECÇLE de DESSIN ” ou “ ÉCOLE de géographie ” parce que le dessin et la géographie y sont enseignes.L enseignement ménager est partie intégrante du programme des écoles primaires en notre province.La correction suivante est suggérée au troisième paragraphe de la section b du rapport dont o n vient de_ prendre connaissance.Ainsi, ce paragraphe “Les autres écoles normales n’octroient que Je simple brevet d’enseignement général” doit être remplacé par le suivant: “Les autres écoles normales n’octroient que le simple brevet d’enseignement général y compris l’enseignement ménager, matière obligatoire du programme comme sanction des deux premiers cours, mais, à la fin de la quatrième année (3e cours), elles peuvent accorder un diplôme ou brevet normal ménager aux élèves qui ont opté pour le cours normal ménager”.M.Prévost fait remarquer, à la suite de la lecture de la section d contenue dans ce rapport section concernant les ecoles ménagères régionales, que ces institutions dans la province, au nombre feei£’:^l-^Ans,® a accorder un br.evet de capacité en instruction ménagère, brevet qui donne Bi5’ +Sj^t au.torisées à accorder un brevet de capacité en instruction ménagère, brevet qui Mroit d enseigner 1 économie domestique dans les écoles complémentaires, et il ajoute, en outre-, e sont donc des ecoles normales ménagères et leur appellation actuelle ne désigne pas assez clairement la fin pour laquelle elles ont été établies”.{Voir Reglements du Comité catholique — édition 1982 —• page 299, Appendice H)., APrès discussion à ce sujet, sur proposition de Mgr Courchesne, appuyé par M.Prévost la resolution suivante est adoptée: .wou, u* QUE les écoles ménagères régionales, à l’avenir, soient désignées sous le titre de “ écoles régionales DE FORMATION PROFESSIONNELLE A L’ENSEIGNEMENT MÉNAGER ”. 138 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Par conséquent, il ne saurait y avoir de confusion avec les écoles normales ordinaires.Puis un débat s’élève sur la section dudit rapport relativement à la classification des écoles, institutions, etc.où se donne l’enseignement ménager.Après étude de la question, il est unanimement résolu que cette classification soit faite comme suit: I ÉCOLES PRIMAIRES a) Écoles primaires élémentaires (Enseignement ménager facultatif de la 3e à la 6e année); b) Écoles primaires complémentaires (Avec section ménagère obligatoire en 7e et 8e années); c) Écoles primaires supérieures (Enseignement ménager obligatoire en 9e, 10e et 11e années).II ÉCOLES NORMALES DE FILLES La section ménagère est obligatoire dans chacune des écoles normales de filles avec, en plus, un cours normale ménager facultatif en 4e année.III ÉCOLES MÉNAGÈRES a) École ménagère proprement dite où ne se donne que l’enseignement ménager.(Voir Institution Chanoine-Beaudet); b) Écoles régionales de formation professionnelle à l’enseignement ménager dési- gnées, jusqu’à date, sous le titre de “Ecoles ménagères régionales”; c) Écoles normales ménagères: 1° Voir Institution Chanoine-Beaudet, 2° Voir École Ménagère provinciale de Montréal.IV INSTITUTION CHANOINE-BEAUDET Dans cette institution, il y a les écoles dont les noms suivent: a) École normale primaire; b) École normale ménagère; c) École ménagère proprement dite “ COURS D’ARTS ET D’INDUSTRIES DOMESTIQUES ”.' V ÉCOLE NORMALE SUPÉRIEURE AVEC GRADES UNIVERSITAIRES Institut pédagogique, Congrégation de Notre-Dame, Montréal.VI ENSEIGNEMENT MÉNAGER POSTSCOLAIRE Plusieurs écoles spéciales.Ces écoles sont mentionnées dans la liste des maisons où se donne l’enseignement ménager, liste annexée au présent procès-verbal.M.Prévost propose et il est résolu: “QUE le Comité catholique soit prié d’amender ses règlements, conformément aux modifications ci-dessus suggérées, si, toutefois, ces dernières sont approuvées”. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 139 Il est aussi résolu à l’unanimité: “QUE MM.Magnan, Miller et Désilets préparent conjointement, d’après la nomenclature déterminée dans ce rapport, une liste complète des écoles, maisons d’éducation et institutions où se donne l’enseignement ménager”.Et la séance est levée.(Signé) Cyrille-F.Delâge, Président.(Signé) C.-J.Magnan, Secrétaire pro temp.TABLEAU GÉNÉRAL DES ÉCOLES ET INSTITUTIONS OÙ SE DONNE L’ENSEIGNEMENT MÉNAGER I ÉCOLES PRIMAIRES a) Écoles primaires élémentaires—filles—(Enseignement ménager facultatif de la 3e à la 6e année); b) Écoles primaires complémentaires — filles— (Avec section ménagère obliga- toire en 7e et 8e années); c) Écoles primaires supérieures —filles—-(Enseignement ménager obligatoire en 9e, 10e et 11e années).II ÉCOLES NORMALES DE FILLES Dans les dix-huit écoles normales ci-après mentionnées, la section ménagère de l’école primaire complémentaire est obligatoire en lère, 2e et 3e années; en 4e année, les élèves-institutrices peuvent opter pour le cours normal ménager qui a comme sanction le diplôme normal ménager: Québec Saint-Pascal Beauce ville Rimouski Gaspé Chicoutimi Roberval Trois-Rivières Joliette Montréal Saint-Jérôme Mont-Laurier Nicolet Valleyfield Sherbrooke Saint-H yacinthe Hull Ville-Marie RR.SS.UrsuHnes “ “ de la Congrégation de Notre-Dame “ “ de Jésus-Marie “ “ Ursulines (( U U “ “ du Bon-Pasteur “ “ Ursulines (( (( Ci “ “ de la Congrégation de Notre-Dame • COURS INFERIEUR COURS © 'ix: 7 MOYEN M COURS ERIEUR le b delai miner Be «eseat L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 185 LEÇON DE CHOSES Méthode interrogative ou socratique Une allumette Connaissez-vous cela ?— Oui, c’est une allumette.— Trouve-t-on les allumettes toutes faites ?— Non.— Comment donc peut-on en avoir ?Il y a des personnes qui en font: les allumettes sont faites par les hommes.— Une allumette est-elle de même d’un bout à l’autre ?— Non.— Mon corps est-il de même partout ?— Non.— Comment appelez-vous ceci ?— Votre bras.Vous ne dites pas que mon bras est tout mon corps.C’est une partie de mon corps.Répétez : Le bras est une partie du corps.Alors mon corps a plusieurs parties.Eh bien, une allumette a.?— Plusieurs parties.Que sont-elles ?— Le bois, le soufre.— Où est placé le soufre ?— Au bout de l’allumette.— Combien une allumette a-t-elle de bouts ?— Elle a deux bouts.— Ainsi les différentes parties d’une allumette sont ?— Le bois, le soufre.— Qu’est-ce que le soufre ?D’où vient-il ?Je vais vous le dire.Répétez : On tire le soufre de la terre.Toutes les choses qu’on tire de la terre et qui ne sont pas des plantes s’appellent des minéraux.Le soufre est un minerai.Maintenant regardez-moi bien, et dites-moi quelque chose sur le soufre.De quelle couleur est-il ?— Il est jaune.< Répétez ensemble: Le soufre est jaune.(Le maître le met à la flamme de la chandelle).Le voici qui est en feu.Comment appelez-vous les choses qui prennent feu ?— Inflammables.— Ainsi, le soufre est inflammable.Quelle est la couleur de la flamme ?— La flamme est bleue.Répétez: Le soufre brûle avec une flamme bleue.Depuis que j’ai mis le soufre dans le feu, ne sentez-vous rien ?— Le soufre a une mauvaise odeur.— Les choses qui ont de l’odeur s’appellent odorantes ?— Le soufre, quand il brûle, est odorant.— Comment trouvez-vous que le soufre est odorant ?— C’est avec notre nez.— Que faites-vous donc avec votre nez ?— Nous sentons avec notre nez.— Comment avez-vous trouvé que le soufre est jaune ?— Avec nos yeux.— Le feu fait encore quelque chose au soufre ; quoi donc ?— Il fait fondre. 186 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE — Qu’avez-vous donc fait alors avec vos yeux ?—¦ Nous avons regardé avec nos yeux.— Répétez : Le soufre fond dans le feu.Le soufre est un minéral qu’on tire de la terre.Le bois est un végétal.Répétez : Le bois est un végétal.-— D’où est-il tiré ?— D’un arbre.-—- Les allumettes sont faites avec le bois d’une espèce d’arbres qu’on appelle des sapins.Maintenant examinez ce bois, et dites-m’en quelque chose ?—- Il est dur, sec ; nous ne pouvons voir au travers; il est cassant, léger, jaune.— Répétez ces différentes qualités du bois: Le bois de sapin est dur, sec; nous ne pouvons voir au travers; il est cassant; sa couleur est d’un jaune clair.(Le maître l'approche du feu).Vous voyez qu’il est inflammable.Quelle différence observez-vous entre le soufre et le bois, quand je le mets à la flamme ?-— Le soufre prend feu le premier et avec une flamme bleue.—- Oui, et il fond aussi et tombe en gouttes.Mais que fait le bois quand il est brûlé ?—- Il fait de la cendre.— Maintenant je voudrais que quelqu’un réfléchit bien et me dit pourquoi il faut mettre du bois et du soufre ensemble pour faire une bonne allumette.—- D’abord on met du soufre parce qu’il prend feu très vite.¦— Pourquoi met-on aussi du bois ?—- Le soufre serait peut-être brûlé avant que notre chandelle ou notre feu fût allumé; mais le bois brûle plus longtemps.Vous m’avez dit que c’était un homme qui faisait les allumettes.Mais qui est-ce qui donne au soufre et au bois les qualités qui nous les rendent utiles ?¦—• C’est le bon Dieu.C’est le bon Dieu qui a fait toutes choses, c’est lui qui leur a donné toutes les qualités qui nous les rendent utiles.Maintenant vous allez répéter ce que nous avons dit sur les allumettes: une allumette est faite de bois et de soufre, etc.Écrire au tableau les meilleures phrases trouvées par les enfants en réponse aux questions posées, puis faire copier cette rédaction faite en commun.1.Une allumette est faite de bois et de soufre.2.On tire le soufre de la terre, c’est un minéral.3.Le soufre est jaune.4.Il brûle avec une flamme bleue, en donnant une mauvaise odeur.5.Le bois est un végétal.6.Le bois des allumettes vient d’un arbre appelé sapin.7.Il est dur, sec, cassant, léger, jaune.Il est inflammable.8.Pour faire une bonne allumette, il faut du soufre et du bois ensemble, parce que le soufre prend feu très vite et que le bois, une fois enflammé, brûle assez longtemps pour allumer le feu, la pipe ou la chandelle.Dans notre province, on fabrique des allumes à Hull et à Berthier (en haut).Profitez de cette leçon pour rappeler aux élèves “le danger des allumettes”; on ne joue pas avec le feu.Que de malheurs irréparables causés par une seule allumette ! La prudence, voilà une vertu qui prévient les désastres.Un jeune Maître L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 187 PAGES D’HISTOIRE DU CANADA (Communiqué par Fauteur à l’Enseignement Primaire.) Champlain fonde Québec (1) LE SITE DE QUÉBEC Situé à cent trente lieues de la mer près d’un havre naturel profond, assez vaste pour abriter la flotte la plus nombreuse, à l’endroit le plus rétréci du fleuve, pourvu par la nature d’excellents moyens de défense, Québec, dès le premier jour, devient la tête et le cœur du grand empire colonial rêvé par Champlain et que Colbert, Talon, Frontenac, La Salle, La Vérendrye, étendront jusqu’au Mississipi et aux Montagnes Rocheuses.Par Québec, est capté le fleuve dont l’immense bassin, si bien articulé, attire tout le nord de l’Amérique orientale.D’abord protecteur des postes de traite de Tadoussac, de Trois-Rivières et de Montreal, Québec sera dans la suite la forteresse au pied de laquelle se brisera longtemps la puissance des ennemis, les Iroquois et les Anglais.Après la conquête, il restera le centre de ralliement de toutes les forces françaises dans l’Amérique du Nord.L’“ABITATION” Champlain entreprit sans tarder la construction de l’habitation”, sorte de petit fort comprenant un corps de logis à trois étages, entouré d’un fossé et flanqué de redoutes.Il fit aussi quelques semailles d’automne.Ce fut le début de la colonisation.Puis il explora l’intérieur jusqu’au lac appelé désormais C hamplain, près duquel il mit en fuite les Iroquois que ses armes à feu épouvantaient.A l’automne, il repartit pour la France régler avec le Roi l’avenir de Québec et de la colonie.* * * Champlain revint à Québec en 1610, avec carte blanche.Il s’était marié à Paris dans les circonstances les plus extraordinaires.Ayant rencontré à la Cour d Henri I\ Helene Poulie, fille d un secretaire de la Chambre du Roi, cet homme de quarante ans, déjà marqué de la gloire, s’éprit de cette enfant qui avait douze ans, au point de contracter mariage avec elle, muni de toutes les dispenses nécessaires, le 30 décembre 1610, à Saint-Germain-l’Auxerrois.Il prenait l’engagement de ne consommer le mariage qu’à son prochain retour de Québec.La jeune fille, qui était huguenote, serait instruite dans la foi catholique.Elle voulut que sa dot servit tout de suite à l’armement des vaisseaux qui emportaient son mari.ACTIVITÉS DE CHAMPLAIN d Pendant les vingt-cinq années qui suivirent, il fit souvent la traversée de Atlantique pour aller recevoir directement les ordres du Roi et pour s’entendre avec les ( ompagnies dont il était en la Nouvelle France le représentant, sans d ailleurs s occuper jamais lui-même du trafic.Nous ne pouvons entrer dans le détail de ses nombreux voyages ni de ses explorations jusqu’aux grands lacs.Voir VEnseignement Primaire d.'octobre 1935. 188 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Sa grande idée était toujours de gagner des âmes à la Foi.La prise des forteresses, écrivait-il, ni le gain des batailles, ni la conquête des pays ne sont rien en comparaison au prix de ceux qui se préparent des couronnes au Ciel, si ce n’est contre les infidèles où la guerre est non seulement nécessaire, mais juste et sainte, en ce qu’il y va du salut de la Chrétiennté, de la gloire de Dieu, de la défense de la Foi.Et ces travaux sont de soi très louables et très recommandables, outre le commandement de Dieu qui dit que la conversion d’un infidèle vaut mieux que la conquête d’un royaume.LES RÉCOLLETS A QUÉBEC Pendant le séjour qu’il fit en France durant l’hiver 1614-1615, il décida les Franciscains Récollets à l’accompagner.Ces religieux qui se tenaient éloignés des affaires de l’État et qui consacraient tout leur zèle à propager l’Évangile, lui avaient paru les plus propres par leur humilité et leur pauvreté, à mener de front le double apostolat des colons et des sauvages.Québec en 1637: 29 ans après sa fondation : y*-' I.Avi | mm ara?* Le Pape Paul V leur accorda les pouvoirs les plus étendus, à la demande du ministre général de l’Ordre de Saint-François et de Louis XIII qui promulgua aussitôt des Lettres patentes pour l’établissement de l’Église dans la Nouvelle France.C’était une grâce spéciale de Dieu, lui avait exposé par écrit Champlain, d’avoir voulu réserver, sous le règne de Louis XIII, la connaissance de son nom à tant de nations qui n’en avaient jamais ouï parler, et la qualité de Très Chrétien, appartenant à Louis XIII par-dessus tous les rois de la terre, en serait augmentée.La Chambre du Clergé, réunie pour les États Généraux de 1614, vota 1,500 livres pour l’achat des objets nécessaires.Au printemps de 1615, quatre religieux quittèrent donc Paris “à pied et sans argent, à l’apostolique, selon la coutume des vrais Frères Mineurs”, pour Ronfleur où ils s’embarquèrent le 24 avril sur le “Saint-Étienne”, avec Champlain.C’étaient les Frères Denis Jamet, supérieur, Jean Dolbeau, Joseph Le Caron et le Frère Pacifique du Plessis.Ainsi les fils de saint François d’Assise étaient appelés par la Providence à poser les premières fondations de la grande Église canadienne.Ils arrivèrent le 25 mai à Tadoussac et descendirent peu après à Québec, alors à peine un village.Dès la seconde quinzaine de juin une chapelle y sortait de terre: ils la dédièrent à l’Immaculée-Conception qui était la croyance corn- L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 189 mune de l’Église de France et de l’Ordre de Saint-François, bien avant que Rome l’érigeât en dogme.La première messe y fut dite le 25 juin, mais ce n’était que la seconde messe canadienne.La veille, le Père Le Caron, qui avait aussitôt remonté le Saint-Laurent, avait célébré le Saint-Sacrifice, pour la première fois au Canada, dans l’île de Montréal, en la fête de saint Jean-Baptiste, devenu pour cette raison le patron des Canadiens français.Le 12 août, il dit pour la première fois la messe dans la région des grands Lacs devant une foule de sauvages.Le Père Jamet qui avait, en sa qualité de supérieur, fixé sa résidence à Québec, se réserva d’évangéliser le pays jusqu’aux Trois-Rivières où la première messe fut dite le 26 juillet.Le Père Dolbeau était chargé des Montagnais de Tadoussac et du Saguenay.Partout les missionnaires ouvrirent à côté de leur chapelle si pauvre une école élémentaire où ils s’efforçaient de franciser des enfants pour les instruire plus facilement de la religion et faire d’eux de petits apôtres.Ils envoyèrent même les six plus intelligents en France pour y être élevés près de Pontoise dans leur monastère de Notre-Dame des Anges.LE PREMIER DÉFRICHEUR—LES JÉSUITES En 1617, Champlain remena de la métropole Louis Hébert, un de ses anciens compagnons de Port-Royal en Acadie, qui venait cette fois dans la Nouvelle France avec sa femme et ses trois enfants.Ce fut la première famille d’agriculteurs canadiens.De cette souche primitive descendent aujourd’hui un nombre incalculable de vieilles familles canadiennes-françaises.Issues ou non de Louis Hébert, elles tiennent toutes soigneusement à jour des généalogies qui font leur gloire,^ en même temps qu’elles les rattachent au vieux pays.Le premier mariage célébré au Canada fut celui de la fille aînée de Louis Hébert avec un Normand établi à Québec, Étienne Jonquet.De son voyage de 1620, en France, Champlain ramena sa femme.Il descendit avec elle jusqu’à Montréal et ce fut en son honneur que l’île Sainte-Hélène reçut alors le nom qu’elle n’a jamais cessé de porter.Les vertus et la grâce de Mme de Champlain, et surtout sa grande charité, firent tant d’impression sur les sauvages qu’ils la regardaient presque comme un être surnaturel.Son courage n’était pas moindre.Un jour que les Iroquois attaquaient un fort où elles se trouvait en l’absence de son mari, elle n’hésita pas à prendre le commandement de la petite garnison et, payant de sa personne, repoussa les Indiens.Devenue veuve, elle se fit Ursuline à Paris et mourut après avoir fondé le couvent de Meaux.Au bout de dix ans, les Récollets, constatant qu’ils ne pouvaient à eux seuls exercer assez d’influence sur les Compagnies de marchands pour en obtenir les i secours necessaires à la conversion des indigènes, prièrent les Jésuites qui étaient riches et qui avaient plus de credit de venir les aider.Le 15 juin 1625, les Pères i Charles Lalemant, supérieur, Jean de Brébeuf, Edmond Massé, l’ancien missionnaire en Acadie, envoyés par l’illustre Père^Coton, un Forézien de Néronde, provincial de Paris, débarquèrent à Québec, avec deux Frères coadjuteurs.Les Recollets donnèrent l’hospitalité aux nouveaux arrivants jusqu’à l’achèvement de la résidence que les Jésuites commencèrent aussitôt de bâtir à Québec, sous le patronage de Notre-Dame des Anges.Les deux congrégations se partagèrent avec une admirable charité, dans l’entente la plus parfaite, les travaux de l’apostolat.Antoine Lestra. 190 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE LECTURE SCIENTIFIQUE Une ruche d’abeilles sauvages Mes yeux tombèrent par hasard sur une toute petite abeille d’un gris brillant, longue d’un quart de pouce, qui disparut dans la portion solide du tronc sur lequel j’étais assis.L’œil ne pouvait apercevoir à la surface ni trou, ni fissure; je m’étais probablement trompé.Comme j’en arrivais à cette conclusion, je vis tout à coup se soulever un atome d’écorce, et la même petite personne, ou peut-être l’une de ses sœurs, prit son essor.Le mystère était résolu.L’ingénieux architecte de la république ailée avait inventé une porte d’entrée, fermant si juste qu’elle défiait toute investigation.Je me croyais certain de pouvoir mettre le doigt sur l’endroit même, et cependant le plus minutieux examen ne me laissait découvrir aucun contour extérieur.L’écorce polie était recouverte ça et là de petites traces qui se remarquent sur les écorces les plus lisses, et l’habile charpentier avait mis à profit ce tracé naturel.Anxieux d’inspecter ce chef-d’œuvre, sans compromettre sa délicatesse, il me fallut attendre que la porte dérobée se réouvrît.Mon attente ne fut pas longue: un autre membre de la communauté ayant affaire dehors, la trappe liliputienne se souleva de nouveau; un bout de branche, que je tenais tout prêt, l’empêcha de retomber.Je vis alors que la trappe était à dessein de forme irrégulière, dentelée aux bords, large d’un quart de pouce et longue du double.Elle se composait de l’épiderme de l’écorce, et, s’y rattachant par un bout, elle s’ouvrait et se refermait comme mue par un ressort.Le rusé ouvrier semblait avoir calculé que, s’il la faisait plus courte (ce qu’eût permis la taille exiguë des habitants), l’angle d’ouverture serait nécessairement plus grand et exercerait sur les gonds élastiques une force de tension qui en détruirait rapidement l’élasticité et nuirait à la précision de la fermeture.Sous la trappe, on avait ménagé une antichambre ou loge de portier, à l’usage d’un petit individu en livrée grise qui, sans quitter sa retraite, manifesta son déplaisir de mon indiscrétion en s’efforçant d’ébranler, des pattes et des mandibules, le fétu qui retenait la porte entrebâillée.A partir du vestibule, deux tunnels circulaires conduisaient dans l’intérieur de la ville, d’où sortaient les murmures confus d’une population nombreuse et affairée.Je laissai la porte se refermer, et j’admirais la merveilleuse netteté du travail, quand une nouvelle venue annonça son arrivée, et se fit ouvrir d’une façon aussi singulière qu’originale.Après s’être lancée contre l’entrée et l’avoir touchée de ses pattes, elle s’éleva dans l’air, fit le tour de l’arbre, et reparut de l’autre côté, volant droit, cette fois, vers la trappe qui se leva vivement et se referma sur elle.La sœur tourière qui m’avait montré son aiguillon, remplissait réellement l’office de concierge; avertie par un léger coup extérieur de l’approche d’une de ses campagnes elle ouvrait juste à point, afin de lui permettre d’éluder les regards indiscrets.Les abeilles se succédaient; toutes suivaient la même marche, frappant d’abord, et s’envolant pour revenir juste au moment où la porte s’ouvrait.Je les épiai quelque temps, et finis par découvrir pourquoi elles n’attendaient pas tranquillement à l’entrée.Tapis sous des feuilles flétries et dans les rugosités de l’écorce, il y avait d’innombrables petits insectes, de même couleur que les abeilles, ailés comme elles, ayant de plus sur le dos deux légères raies noires et de volumineux abdomens qui trahissaient des parasites de la ruche; espèces d’ichneumons, pressés de déposèr leurs œufs en un lieu sûr, où ils pussent éclore, et où les petits fussent nourris aux dépens de la république.En les voyant planer au-dessus des abeilles, parfois essayer de s’accrocher à elles, j’imaginai que, selon les habitudes de ce genre d’insectes, ils cherchaient à se glisser à l’intérieur; mais pas un ne réussissait; ils avaient donc quelque moyen de pourvoir à l’existence de leur sanguinaire progéniture ?Je découvrais que les bandits s’efforçaient de coller leurs œufs aux boules de pollen que rapportait chaque abeille; souvent ils réussissaient en dépit de l’admirable tactique déployée par ces dernières.L’activité de la sœur tourière se ralentit peu à peu; toutes les abeilles étaient de retour au gîte, à l’exception de quelques attardées.Les rayons obliques du soleil m’avertissaient que les oiseaux crépusculaires allaient commencer leur ronde nocturne, et que, dans quelques minutes, j’aurais grand’peine à m’orienter sous l’épais fourré du bois; car j’étais dans un climat où le soleil disparaît tout à coup et fait place à la nuit. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 191 J’abandonnai donc à regret l’essaim sauvage, qui m’avait révélé, en quelques moments d’observation, tant de combinaisons ingénieuses.L’Ami de la Famille.A PROPOS DU VERBE “FAIRE” Exemples : Ha) Faire U < l U U (( K une couronne de fleurs.une cigarette.des chiffres sur le sable.un tableau.un dessin sur une planche de cuivre.une superbe collection de pierres précieuses un cercle en volant.tresser rouler dessiner * peindre graver rassembler ' décrire une épreuve décisive d’inutiles efforts.tenter une statue de marbre un payement.un calcul.} sculpter J effectuer cinq années de service.^ accomplir des dettes.J contracter des prodiges, des miracles, des merveilles une grande réforme.opérer une alliance, un traité une fête.un nœud.conclure célébrer serrer, former une tente.une liste, un inventaire un procès-verbal.1 J dresser un projet former concevoir un projet de loi.un discours devant le peuple un sermon de charité.un long trajet.élaborer prononcer prêcher parcourir une longue route.un effort immense {La Stylistique française) } fournir E.Legrand.(1) y oir VEnseignement Primaire d’octobre 1935. 192 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE GLOIRE A JACQUES CARTIER Le Saint-Laurent (RÉCITATION) Le voyage fut rude, et le péril fut grand.Pourtant, après avoir, plus de deux mois durant, Vogué dans les hasards de l’immensité fauve, La petite flottille arriva saine et sauve, Auprès de bords perdus sous d’étranges climats.— TERRE ! cria la voix d’un mousse au haut des mâts.C’était le Canada mystérieux et sombre, Sol plein d’horreur tragique et de secrets sans nombre.Avec ses bois épais et ses rochers géants, Émergeant tout à coup du lit des océans ! Quels êtres inconnus, quels terribles fantômes, De ces forêts sans fin hantent les vastes dômes, Et peuplent de ces monts les détours hasardeux ?Quel génie effrayant, quel cerbère hideux, Va, louche Adamastor, de ces eaux diaphanes, Surgir pour en fermer l’entrée à ces profanes?Aux torrides rayons d’un soleil aveuglant, Le cannibale est là peut-être, l’œil sanglant, Comme un tigre embusqué derrière cette roche, Qui guette, sombre et nu, l’imprudent qui s’approche.Point de guides ! Partout l’inexorable accueil ! Ici c’est un bas-fond, là-bas c’est un écueil; Tout semble menaçant, sinistre, formidable; La côte, noirs rochers, se dresse inabordable.Les fiers navigateurs iront-ils jusqu’au bout?— En avant ! dit Cartier qui, front grave et debout, Foule d’un pied nerveux le pont de la dunette, Et, pilote prudent, promène sa lunette De tribord, à bâbord, sondant les horizons.Alors, défiant tout, naufrage et trahisons, Drapeaux au vent, la Grande et la Petite-Hermine, Avec l’Émerillon, qui dans leurs eaux chemine, Le Breton, qu’on distingue à son torse puissant, Jalobert, le hardi caboteur d’Ouessant, Qu’on reconnaît de loin à sa taille hautaine, Tous, au commandement du vaillant capitaine, Entrent dans l’entonnoir du grand fleuve inconnu.Morne aspect ! De forêts un réseau continu Se déploie aussi loin que le regard s’élance.Nul bruit ne vient troubler le lugubre silence Qui, comme un dieu jaloux, pèse de tout son poids Sur cette immensité farouche des grands bois.A gauche, des sommets perdus dans les nuées; A droite, des hauteurs qu’on dirait remuées Par quelque cataclysme antédiluvien; En face, l’eau du fleuve énorme qui s’en vient L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 193 Rejaillir sur la proue en gerbes écumantes; Des îlots dénudés par Taile des tourmentes; De grands caps désolés s’avançant dans les flots; Des brisants sous-marins, effroi des matelots; Des gorges sans issue où le mystère habite ; Partout l’austérité du désert sans limite, La solitude vierge en sa sublimité ! Pourtant, vers le Couchant le cap orienté, La flottille s’avance; et sans cesse, à mesure Que les lointains brumeux que la distance azure Se dessinent plus clairs aux yeux des voyageurs, Rétrécissant aussi ses immenses largeurs, Le grand fleuve revêt un aspect moins sauvage; Son courant roule un flot plus calme; le rivage Si sévère là-bas devient moins tourmenté; Et, tout en conservant leur fière majesté, Ces vastes régions que le colosse arrose, Où la forêt sommeille, et dont le regard ose Pour la première fois sonder les profondeurs, Se drapent par degrés d’éclatantes splendeurs.Le coup d’œil constamment se transforme et varie.Enfin, la rive, ainsi qu’un décor de féerie, Sous le flot qui se cabre en un brusque détour, S’entr’ouvre, et tout à coup démasque le contour D’un bassin gigantesque où la Toute-Puissance Semble avoir mis le comble à sa magnificence.Un cirque merveilleux de plateaux inclinés; Un vaste amphithéâtre aux gradins couronnés De pins majestueux et de grands bouquets d’ormes; Un promontoire à pic aux assisses énormes; Au fond de l’horizon un bleuâtre rideau Sur lequel se détache une avalanche d’eau, Avec d’âpres clameurs croulant dans un abîme.Partout, au nord, au sud, la nature sublime Dans le cadre idéal d’un conte d’Orient! Cartier est là debout, glorieux, souriant, Tandis que ses Bretons, penchés sur les bordages, Groupés sur les tillacs, suspendus aux cordages, Par un long cri de joie, immense, spontané, Éveillent les échos du vieux Stadaconé ! Puis, pendant qu’on évite au courant qui dévire, Chacun tombe à genoux sur le pont du navire ; Et ces bois, ces vallons, ces longs coteaux dormants, Qui n’ont encor vibré qu’aux fauves hurlements Des fauves habitants de la forêt profonde, Au milieu des rumeurs de la chute qui gronde, Retentissent enfin — jour régénérateur ! — Pour la première fois d’un hymne au Créateur.Le lendemain matin, au front de la montagne D’où Québec aujourd’hui domine la campagne, Une bannière blanche au pli fleurdelisé, Drapeau par la tempête et la mitraille usé, Flottait près d’une croix, symbole d’espérance.Le soleil souriait à la Nouvelle-France ! 194 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Ce jour est loin déjà - mais gloire à toi, Cartier ! Gloire à vous, ses vaillants compagnons, groupe altier De fiers Bretons taillés dans le bronze et le chêne ! V ous fûtes les premiers de cette longue chaîne D’immortels découvreurs, de héros canadiens, Qui, de l’honneur français intrépides gardiens, Sur ce vaste hémisphère où l’avenir se fonde, Ont reculé si loin les frontières du monde ! Louis Fréchette, (Extrait de la Légende d'un Peuple.) ENSEIGNEMENT DE L’ANGLAIS Séries graduées des formes verbales usuelles de la langue anglaise.2ème SÉRIE (1) 13.What color is this ?What color is the sky ?What color is this paper ?—It is blue, sir.What is the color of this ink ?14.How is the desk ?How is my coat ?¦—It is brown.Your coat is brown, sir.15.Is the wall white ?—Yes, sir, it is white.No, sir, it is not white.Is Jane’s dress red ?Is Alice ready ?-—Yes, sir, she is ready.16.Show me the red pencil.—Here is the red pencil.Here it is.Give me the yedow crayon, and the green one.—Here is the yellow craj^on, there is the green one.Is this a dark blue color or a light blue color ?17.Put your pen on this box, under this box, beside.Put it into the box.Take it out of the box.Where is your pen ?18.Stand in front of your desk, behind your desk.Where are you ?Where am I, now ?Where is Ned ?Where is Anna ?—He is before his seat.She is before her seat.20.I am standing.You are sitting.Am I standing ?Are you standing or sitting ?—I am standing, I am not sitting 21.Is Harry playing ?Is this boy playing ?—Yes, sir, he is playing.No, sir, he is not playing.Where is he going ?Where is he going to ?-—He is going to the shed.He is going home.Where are you coming from ?—I am coming from the store.(1) Voir l’Enseignement Primaire d'octobre 1935. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 195 22.What am I doing ?—You are teaching English.What are you doing ?—I am learning English.What is Alfred doing over there ?He is reading.He is doing nothing.23.Count the books.Count these boxes.—One book, two books, three books.Show me your rubbers.Give me mine.-—Here are my rubbers.Here are your rubbers.Here are yours.24.What color are the lips ?your cheeks ?the teeth ?.—The lips are red.They are red.How are you ?I am very well, thank you.How are these pictures ?Where are the boys ?What are they doing ?What game are they playing ?25.Are you sick ?Are your eyes green ?—My eyes are not green, they are blue Are these books new or old ?26.Have you a fountain-pen ?—Yes, sir, I have a fountain-pen.I have one.-—-No, sir, I have no fountain-pen.I have none.Have you not a watch ?Have you (got) blue or red ink ?What have you (got) in your hand ?-—I have marbles.I have a marble.27.Who has a knife ?—I have one, sir.Jerry has one.Who has my knife ?-—I have it, sir.I have it not.Nobody has it.Peter has it.Who has my crayons ?My water colors ?—I have them, sir.I have them not.Maurice has them.28.Who is smart ?Who is stupid ?—Nobody is stupid.We all are smart.Who is in the office ?in the director’s office ?—-Paul is (in the office).Nobody is there.Who is talking loud in the passage ?—It is Paddy who is talking.29.Has Ned a new suit on ?Has he not a new suit on ?-—-Yes, sir, he has a new suit on.No, sir, he has his old one.Has Leo his waterproof ?his overshoes ?Has Jane her muffler ?Has she her muffler ?—Yes, she has her muffler.She has it.She has it not.What has Peter on his head ?30.How many fingers have you ?—I have eight fingers and two thumbs.How many sisters has Ben ?¦—-He has three sisters.31.Can you see my watch ?—Yes, sir, I can see it.—No, sir, I cannot see it, it is in your pocket.I can’t see it. 196 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Can you speak English ?German ?Can Miss Keith play tennis ?Can she play ?-—Yes, sir, she can play tennis.Yes, she can.—No, sir, she cannot.She can’t.Who can catch this ball ?—I can, sir.32.May I go out, sir ?—Yes, go out.May I go and get my cap ?—Yes, go and get it.Hurry up ! 33 Must I do all this task ?-—Yes, you must do it, before the end of the school.What must we do ?—-You must work at school.You must speak English during the lesson.—You must not sleep during the sermon.34.What time is it ?—It is nine o’clock, It is a quarter past nine It is half nine.—It is ten minutes past nine.•—It is a quarter to ten.At what time is the English class ?At what time have you breakfast ?—We have it at seven o’c.sharp.At wheat time is school over ?(à suivre) Frère Régis-Stanislas, f.e.c.EXERCICES SCOLAIRES INSTRUCTION RELIGIEUSE A l’école du Purgatoire Le soleil a pâli ses rayons; il brille d’un éclat plus timide dans un ciel moins étincelant.Les arbres ont perdu leur parure.Une à une les feuilles se détachent de la branche et tombent lentement, dans la paix mélancolique de l’immense nature.L’automne nous invite aux graves pensées.Le souvenir de nos morts s’impose plus fortement à nos cœurs toujours fidèles.Nous les visitons pieusement dans leurs cimetières; nous déposons en gerbes sur leurs tombes les dernières fleurs de la saison: hommage et symbole d’une tendresse que le temps n’a pas entamée.Tandis que leurs corps reposent sous les dalles funéraires,où sont leurs âmes ?Au Ciel ?Peut-être.Au Purgatoire ?Pour le grand nombre.—Ah! ne les abandonnons pas dans leur détresse.En échange de nos prières, ces saintes âmes nous donneront l’exemple de leurs vertus.* * * Elles vivent au séjour de l’amour douloureux, mais confiant et paisible.Elles aiment Dieu, comme nous ne savons pas le faire dans notre vallée de larmes.Elles l’aiment d’un amour affectif, qui dépasse en ardeur tous les senti- L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 197 ments de la terre.Elles comprennent, dans une lumière intense, sa Beauté souveraine et les splendeurs infinies de ses Attributs adorables.Elles sont éprises pour lui d’une passion sainte; elles se consument du désir de Le contempler face à face.Cette charité dévorante est la source de leur joie ineffable et de leur horrible tourment.Elles l’aiment d’un amour effectif, qui les attache indissolublement à sa Volonté.Assurément elles désirent la fin de leur expiation, elles désirent plus vivement encore l’accomplissement de son divin vouloir.Les âmes du Purgatoire aiment leurs souffrances.Elles les aiment malgré leur rigueur et se livrent avec une pleine docilité à leur action purificatrice.Elles voient dans ces peines transitoires la rançon de leur béatitude sans fin.Elles accepteraient de grand cœur un redoublement d’épreuves pour jouir plus tôt de leur bonheur éternel.Dans leur triste prison les âmes regrettent le passé.Elles regrettent leurs péchés, parce que ces fautes ont déplu au Très-Haut, leur fin dernière et l’objet de leur amour.Au milieu des flammes, comme elles se réjouissent douloureusement de compenser par leurs souffrances l’offense divine! Elles regrettent leur négligence.Avec un peu plus de générosité, elles auraient pu glorifier davantage le Père Céleste.Comme elles se désolent d’avoir si mal compris sur la terre sa ravissante Beauté et d’avoir manqué tant d’occasions de Lui plaire! * * * Pendant ce mois de novembre, tandis que vous rendrez pieusement vos devoirs à ceux que vous avez tant aimés, écoutez les conseils qu’ils vous adressent de là-haut.Elles vous disent, ces voix si chères: Dieu seul peut remplir nos cœurs.Aimez-le en toutes choses et toutes choses en lui.L’épreuve est un bienfait du Ciel.C’est un placement dont vous toucherez les revenus dans l’au-delà.Ne languissez pas dans la tiédeur.Ne vous endormez pas dans le péché.Si vous compreniez, comme nous, l’infinie Bonté du Seigneur, vos cœurs se déchireraient à la seule pensée de lui déplaire.Ne gaspillez pas le moindre moment que la Providence met à votre disposition.Le temps passe vite, bientôt il aura fui.Servez-vous de chaque minute pour ajouter un nouveau fleuron à votre couronne éternelle.{Extrait des Paillettes d’Or,.) LANGUE FRANÇAISE École primaire élémentaire COURS INFÉRIEUR EXERCICES DE PENSÉE ET DE LANGAGE {Invention) Répondez à ces pourquoi en mettant parce que dans votre réponse.Pourquoi doit-on prier pour les âmes du purgatoire ?Pourquoi ne croit-on pas les menteurs?— Pourquoi punit-on les paresseux?-—Pourquoi se moque-t-on des gourmands?—Pourquoi apprend-on à lire?—Pourquoi faut-il savoir compter?—Pourquoi devons-nous prier?On prie pour les âmes du purgatoire, afin de soulager leurs souffrances.On ne croit pas les menteurs parce qu’ils ne disent pas la vérité.On punit les paresseux pour les corriger de leur défaut en les obligeant à faire quelque chose. 198 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE On se moque des gourmands parce qu’ils”se conduisent comme de petits animaux.On apprend à lire parce que lire est le moyen d’apprendre ensuite bien des choses.Il faut savoir compter pour mettre de l’ordre dans ses affaires et pour pouvoir faire n’importe quel travail régulier.Nous devons prier parce que nous connaissons le bon Dieu et que nous savons que nous lui devons l’adoration et la reconnaissance, et parce que nous avons beaucoup de choses à lui demander.DICTÉES I Phrase type.—Dominique est moqueur et taquin.Le coquin sera puni.—Ma sœur se pique.Le village est de l’autre côté de la rivière.—-Quelqu’un quêtera à la porte pour les pauvres.—La chaleur de l’été est bienfaisante.II Le boulanger fait le pain avec de la farine de blé.Le meunier dans son moulin fait la farine.Le boulanger fait la pâte dans son pétrin et y mêle du levain.La belle miche est mise au four, la croûte se dore et la mie reste tendre.III LE PAON Ce magnifique oiseau se distingue par son 'port imposant, sa démarche grave et lente, sa tête élevée surmontée d’une aigrette, son cou gracieusement onduleux, son corps svelte et dégagé, sa queue enfin formée de longues plumes à franges dorées, peintes à leur extrémité de superbes taches en forme d’yeux.Ses habitudes sont celles des autres oiseaux de basse-cour; mais on n’estime que son plumage et on ne l’élève que comme oiseau d’agrément.QUESTIONS ET EXPLICATIONS Le paon: faire observer la prononciation; donner d’autres mots où se retrouve cette finale.—Son port: sa façon de se tenir, de porter sa tête, son apparence extérieure.-—Sa démarche: sa façon de marcher.—Qu’entend-on par faire des démarches.—Onduleux: très souple, se courbant avec grâce.—Svelte et dégagé: aux formes minces, aux proportions gracieuses; la qualité de ce qui est svelte est la sveltesse.—Ai- grette: un bouquet de petites plumes fines et légères.—Qu’appelle-t-on huppe.EXERCICES ÉCRITS Relever la dictée au pluriel : Les paons.—Analyser les adjectifs qualificatifs.—Construire de petites phrases renfermant chacune des adjectifs démonstratifs.—Relever ces phrases en remplaçant l’adjectif et le nom déterminé par le pronom correspondant.—Conjuguer oralement, puis par écrit, le verbe plaire.ANALYSE La langue française est claire, sobre, harmonieuse.RÉCITATION LES VIEILLARDS Respect aux blancs vieillards (n.m.), à ceux que courbe l’âge! Enfants (n.m.), respect, amour surtout aux vieux parents! {n.m.).Oh! saluez en eux de Dieu (n.m.), l’auguste image.Comme ils vous ont guidés, guidez leurs pas tremblants! Ils n’ont que peu de jours à passer sur la terre; Ils vous ont tant chéris, rendez ces jours plus doux.Écoutez, recueillis, leur voix sereine, austère.Et, devant leur sagesse, enfants (n.m.), inclinez-vous! Sens général.—-Respectez les vieillards, aimez et respectez surtout vos vieux parents, qui représentent Dieu.—-Rappelez-vous ce qu’ils ont fait pour vous et rendez-le leur; surtout écoutez leurs sages paroles, suivez les conseils qu’ils vous donnent.RÉDACTION nous n’allons plus au bois Faites cinq petites phrases qui se rapportent à la saison où nous sommes et qui commencent par: Nous n’allons plus au bois.(La rédaction doit être préparée oralement en commun, et les meilleures phrases inscrites au tableau, puis effacées.Les enfants écrivent ensuite ce qu’ils peuvent trouver de mieux.Nous n’allons plus au bois, il n’y a plus de fleurs. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 199 Nous n’allons plus au bois, les noisettes sont cueillies.Nous n’allons plus au bois, les feuilles sont tombées.Nous n’allons plus au bois, les oiseaux sont partis.Nous n’allons plus au bois, la terre est trop humide.Nous n’allons plus au bois, le vent y souffle et fait: hou! hou! COURS MOYEN EXERCICES DE PENSÉE ET DE LANGAGE I.—Donnez un complément indirect à chaque verbe: Le bon chrétien adoucit les souffrances des âmes du purgatoire.(par ses prières).Le coupable a attendri sa mère.(par ses larmes).Les insectes nuisent.(aux récoltes).L’enfant doit le respect.(aux vieillards).L’exercice nous délasse.(de l’étude).Les fleuves, les rivières, les ruisseaux, portent leurs eaux.(à la mer).II.-—-Répondez par un mot convenable: Si je vous demandais: donnez-moi quelque chose à manger, qu’apporteriez-vous ?(du pain ou de la soupe, etc.—-Et si j’avais dit: Donnez-moi à boire ?(de l’eau, de la citronade, du cidre, du vin, etc.)—Si je dis: je veux dormir, que me montrerez-vous?(un lit).—Et si je disais: je veux lirel (un livre).—Je veux écrire?(du papier et un crayon).—-Je veux coudre?(une aiguille, du fil, un dé).—-Je n’ai rien pour couper ma viande, que me prêterez-vous?(un couteau).—Et si je n’ai rien pour couper de la toile ?(des ciseaux).III.—-Faire 4 petites phrases où entreront ces mots: Le jour des morts.Le jour des morts, nous prions pour nos parents et nos amis qui ne sont plus.Le jour des morts, nous prions pour ceux que leurs parents oublient.Le jour des morts, le Ciel s’ouvre et le Purgatoire se vide.Le jour des morts est la fête de l’espérance et de la charité.DICTÉES r' I Adjectifs et pronoms indéfinis Les adjectifs indéfinis se placent devant les noms dont le sens est vague.Aucun ouvrier—autre moyen—chaque matin—nul bien—plusieurs routes —quelque embarras—tel individu— tout marchand—quel jour—même rue.II Les adjectifs indéfinis non accompagnés d’un nom deviennent des pronoms indéfinis.J’ai une canne, vous en avez deux.— Voilà un parapluie et en voici un autre.—Nous avons des amis et vous, aucun.—Je demande une allumette, on m’en donne plusieurs.—Je vends tout.—En été on écoute les oiseaux; aucun n’égale le rossignol; plusieurs imitent la fauvette.III Adjectifs indéfinis et pronoms indéfinis Rien ne vaut la paix.—Quelle chose excellente que la tranquillité.—Ne faisons jamais de mal à autrui.—A celui qui a du courage, rien ne semble difficile.—Ce sont les mêmes qui sont récompensés.—Ce seront encore les mêmes qui se feront punir.—Tel qui s’amuse aujourd’hui, pleurera demain.—Nul ne prophétise en son pays.—Nul domestique n’obtiendra de congé.— Trouvez quelqu’un qui vous remplace.Exercice.—-Distinguer adjectifs et pronoms indéfinis.ANALYSE Les hommes qui furent nos pères venaient de la France, pays de raison harmonieuse et de foi apostolique.L.Grotjlx, pire.RÉCITATION LA CROIX A GASPÉ Dans un audacieux voyage, Cartier plante à Gaspé la croix.A ce trophée, il rend hommage, En face des enfants des bois.Ce grand geste est une préface, Il ouvre un horizon nouveau.Il fait à Dieu la dédicace De notre peuple à son berceau. 200 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE La croix sera pour les sauvages Comme un talisman précieux.Elle bénira leurs villages, Elèvera leur âme aux cieux.Les barbares tribus indiennes Suivront l’étendard de la foi; Et ployant leurs têtes hautaines, Du Christ pratiqueront la loi.Un Frère des E.C.RÉDACTION PENSONS A NOS MORTS Sommaire.—N’avez-vous pas déjà perdu quelqu’un que vous aimiez ?—N’êtes-vous pas heureux de pouvoir prier pour cette personne ?—La fête des morts, instituée par l’Église, ne vous semble-t-elle pas pleine de consolations?Développement.—Il y a trois mois à peine, nous perdions mon oncle Hor-misdas.Pauvre bon oncle, si affectueux avec nous, si aimable avec tout le monde, il a été bien vite enlevé à notre tendresse! Maman nous a recommandé de prier pour lui; nous l’avons fait de tout notre cœur, mais aujourd’hui, pour la fête des Morts, je pense à lui bien davantage, nous avons visité et orné sa tombe, et nous avons tous entendu la messe à son intention; il nous semblait encore qu’il était avec nous, et nous ne nous trompions pas, car le bon Dieu permet que la prière unisse à ceux qui ne sont plus.Que cette fête des Morts, instituée par l’Église, est consolante, et comme nous devons la passer pieusement, si nous voulons qu’elle apporte joie et rafraîchissement à ceux que nous avons perdus.Jean.COURS SUPÉRIEUR EXERCICES DE PENSÉE ET DE LANGAGE I.—Invention.—Quels verbes signifient: rendre plus court ?(raccourcir)—rendre plus long ?(allonger)—rendre plus beau?(embellir)—rendre meilleur?(améliorer)—rendre plus clair?(éclaircir)—-rendre plus grand ?(agrandir)— rendre plus large?(élargir)—rendre plus plat?(aplatir)^ IL—Elocution.—Faire comprendre le sens des mots par des exercices de conversation: Avez-vous déjà été dans une gare?— Pour quoi faire ?—La gare est donc la maison où l’on prend le train du chemin de fer ?Quand on se trompe en jouant, savez-vous ce qu’on donne?(un gage).—Je vais vous expliquer comment on fait, c’est très amusant.Ne pas s’attacher à donner des définitions rigoureusement exactes, mais viser à se faire comprendre.—De la gaze peut s’appeler une étoffe, une espece de toile très claire—une guérite, la petite maisonnette où le soldat qui monte la garde se met à l’abri.Quelquefois on fera trouver le mot aux enfants: —Quelles sont les deux parties d’un couteau ?— Alors, vous savez ce que c’est qu’une lame ?etc.DICTÉES I NE NÉGLIGEONS PAS LE CANTIQUE Il fut un temps où il prenait tout de suite possession des âmes nouvelles.Car les mères avaient accoutumé d’en bercer leurs enfants, alternant le cantique avec la chanson du pays ou quelque refrain du jour.Pourquoi les mères d’à présent ne maintiendraient-elles pas cette tradition autour des berceaux ?Après tout, le cantique a fait ses preuves.On peut le déposer dans une âme et compter qu’il la parfumera.Nous aurions tort de croire que le cantique n’est de mise qu’à l’église.Le cantique, le vieux cantique, est encore à sa place au foyer, cet autre sanctuaire.Il n’est pas déplacé dans les ateliers.Questions.—Qu’est-ce qu’un cantique?— Que signifie alternant ?(Se succédant plus ou moins régulièrement.)—Qu’est-ce qu’une chanson ?—Et le refrain du jour ?—(La chanson qui est momentanément en vogue, que l’on chante pendant un certain temps et que l’on délaisse ensuite.)—Par quoi pourrait-on remplacer tradition?(Ancienne coutume.)—Que signifie être de mise?(Etre admis.)—Qu’est-ce que le sanctuaire ?(La partie d’une église où se trouve le maître-autel.Ici, ce mot est employé au figuré, il signifie: asile sacré.)—Que signifie: il n’est pas déplacé?(Il est aussi bien à sa place.) Grammaire.—Analyse grammaticale et logique du titre de la dictée.—Trouver un verbe conjugué impersonnellement.—Quel mot rem- L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 201 place le pronom il dans il prenait ?—Analyse grammaticale de la phrase: On peut le déposer.parfumera.II LE VENIN DE L’ABEILLE Au bout du dard, on voit suinter une goutlette limpide, transparente comme Peau.Voilà le redoutable liquide cause de tout le mal.Afin d’être toujours prête à la défense, l’abeille fait provision de venin et le tient en réserve dans une petite vessie placée à la base du dard.Au moment de faire emploi de ses munitions de guerre, elle comprime un peu cette vessie, et une goutte du liquide s’engage dans l’aiguillon, creusé lui-même d’un canal conducteur semblable à une gouttière.Ainsi pénètre le venin au fond de la piqûre.Le dard lui prépare la voie en perçant la peau; la contraction de la vessie réservoir le chasse dans la plaie au moyen du conduit de l’aiguillon.Annotations.—Suinter: Verbe par lequel on exprime l’action d’un liquide, d’une humeur qui s’écoule presque imperceptiblement à la façon de la sueur.—Gouttelette: Ce mot, diminutif de goutte, désigne une petite goutte.— Vessie: Au sens propre, on nomme ainsi le réservoir membraneux qui, dans le corps de l’homme et des animaux, reçoit l’urine; on nomme encore de ce nom le sac rempli d’air contenu dans le corps des poissons et toute ampoule produite sur la peau—Aiguillon: Pointe de fer fixée au bout d’un bâton et avec lequel on excite certains animaux de trait comme les bœufs; au figuré on le dit du dard de certains insectes, des piquants placés sur l’écorce de quelques plantes et, en général, de tout ce qui excite et aiguillonne.—-Contraction: Nom abstrait servant à désigner le resserrement des muscles d’un corps; en grammaire ce mot s’applique à la réunion de deux voyelles ou de deux syllabes en une seule: eu, au, ou, paon.—Piqûre: Plusieurs grammairiens écrivent piqûre, sans accent, car, disent-ils, l’accent circonflexe laisse supposer dans la finale de ce mot, une prononciation plus allongée, plus pleine que celle des autres mots terminés en ure, ce qui n’est pas exact.RÉCITATION PRIÈRE DU SOIR Mon père, me voilà: ma journée est finie.Si j’ai fait quelque bien, je vous en remercie; Et si j’ai fait mal, que votre charité Pardonne encore à ma constante indignité.Dans ce calme nocturne où'je crois vous entente Je songe à l’autre nuit que je verrai descendre, Lorsque le dernier jour à mes yeux aura lui.Car la mort tombera comme tombe la nuit, Comme elle irrésistible et profonde comme elle, Que de toutes mes nuits elle soit la plus belle.Ce soir, ainsi qu’on fait à l’heure de la mort, Je vous offre mon âme, à l’heure où je m’endors.Mon père, accueillez-la, cette pauvre âme [offerte : L’élevant un instant hors de la chair inerte, Faites que je la sente hésiter et partir, Afin qu’en m’endormant je m’apprenne à mou- [rir.(Le “Correspondant”).Louis Lefebvre.RÉDACTION l’heure que je préfère ?Développement Je m’arrête devant cette question qui m’est posée et j’avoue qu’elle m’embarrasse un peu.Ai-je une heure préférée dans la journée ?On m’a habitué à considérer les heures comme des messagères du Bon Dieu, qui toutes viennent près de moi avec une mission particulière, par conséquent, puis-je ne pas les aimer toutes et me dire que si parfois l’ennui vient, je dois le chasser bien vite.Les heures de ma vie sont très réglées; je puis les classer ainsi: l’heure de la prière, l’heure de l’étude, l’heure du jeu, l’heure du repos, et parfois aussi l’heure des petits sacrifices.Je crois que je préfère l’heure de l’étude.Je dis “heure” au singulier, mais vous devinez aisément qu’il s’agit du pluriel.Le temps que je consacre à mes études me paraît très agréable; j’aime écouter les leçons de ma maîtresse et je suis heureuse quand j’ai compris une nouvelle explication.J’aime ma classe, mes petites compagnes qui sont autant d’amies pour moi; je les retrouve chaque matin avec un nouveau plaisir.Nos exercices sont très variés; à la grammaire succèdent l’histoire, la géographie, les sciences, le calcul, etc.On n’a pas le temps de 202 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE s’ennuyer, et plus d’une fois, quand la cloche sonne, nous disons: Déjà! Et puis le soir, à la maison, c’est un nouveau plaisir pour moi de faire mes devoirs, de bien les soigner, d’apprendre mes leçons.Il y a quelquefois des Ecole primaire DICTÉES I LE MEILLEUR VOISINAGE Autrefois, du temps que la reine Berthe filait et que le Christ gouvernait le monde, lorsqu’un étranger s’informait par hasard de l’emplacement de telle ou telle maison dans une ville chrétienne: “Elle est, répondait-on, à vingt pas, à trente pas, à cent pas de l’église.” Le centre de la cité, c’était l’église; et le centre de l’église, c’est le tabernacle, c’est Jésus-Christ, c’est Dieu.En ce temps-là, on ne s’orientait pas autrement: ô siècles barbares! Heureuses les maisons qui étaient le plus près du tabernacle : il y avait pour elles je ne sais quelle bénédiction particulière.Leurs habitants pouvaient, durant la nuit, contempler, à travers les vitraux presque éteints, l’humble lumière qui brillait au-dessus de l’autel.Ils la voyaient, mais non sans émotion, et pensaient au Sauveur des hommes qui là, tout près d’eux, veillait sur leurs maisons, sur leur honneur, sur leur salut, sur celui de tous les hommes.Je suis encore un de ces privilégiés: ma chambre n’est pas loin de l’église; le concert que les cloches donnent tous les jours aux oreilles et aux âmes chrétiennes, ce beau concert n’est pas perdu pour moi, et de mon lit jusqu’au sanctuaire où Dieu repose, il n’y a guère d’intervalle que celui de ma paresse.Léon Gautier.Analyse logique: Heureuses les mainsons qui étaient le plus près du tabernacle.petits sacrifices à faire, c’est vrai; c’est un jeu ou une sortie supprimée, mais aussi vient l’heure des récompenses, bien douce celle-là.Lucie.complémentaire Léon Gautier: Écrivain français renommé, éminent catholique, a publié vers 1885 trois volumes de critiques littéraires dont la lecture offre toujours un vif intérêt.Il a aussi écrit une histoire de la Chevalerie d’une haute valeur historique.II LA DÉVOTION AUX ÂMES DE PURGATOIRE S’il est une dévotion naturelle à tout cœur chrétien et qui soit universellement pratiquée dans l’Église, c’est bien la dévotion aux âmes du Purgatoire.Éclairés par une sorte d’instinct religieux, certains philosophes de l’antiquité païenne ne concevaient-ils pas eux-mêmes la nécessité d’un lieu d’expiation où les défunts appelés aux délices de l’Élysée, se purifieraient auparavant de toutes les souillures humaines?C’est ainsi qu’un autre philosophe moderne, le ricaneur et impie Voltaire, devenant apologiste malgré lui, s’attachait à démontrer l’existence du Purgatoire dont il affirmait avoir découvert comme une preuve morale chez le prince des poètes latins, Virgile.“l’Évangile dans la Vie” Paris, Rue d’Armaillé, 17e.Explications.—Justifier l’orthographe des participes passés : pratiquée, éclairés, appelés.— Délices de l’Élysée: l’Elysée (ou les Champs Elysées) était le séjour des âmes vertueuses, d’après la mythologie des Grecs et des Romains; les délices de l’Élysée, c’étaient donc les joies attribuées aux ombres vertueuses de l’antiquité.Dans le langage moderne, l’Élysée est la résidence officielle du Président de la République irançaise.—Purifieraient: Pourquoi fie dans ce verbe ?—Auparavant, un synonyme de cet adverbe: avant; on doit dire avant qu’il vienne L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 203 et non auparavant qu’il vienne; avant de partir et non auparavant de partir.—Voltaire, homme de génie, mais mauvais génie: il eut au cœur deux haines: la haine de Dieu et de l’Église catholique; il exerça une influence des plus pernicieuses dans la société française au 18e siècle.RÉCITATION LES AMIS DISPARUS Ainsi nous mourons feuille à feuille, Nos rameaux jonchent le sentier; Et quand vient la main qui nous [cueille, Qui de nous survit tout entier ?Ces contemporains de nos âmes, Ces mains qu’enchaînait notre main, Ces frères, ces amis, ces femmes Nous abandonnent en chemin.A ce chœur joyeux de la route Qui commendait à tant de voix, Chaque fois que l’oreille écoute, Une voix manque chaque fois.Chaque jour l’hymne recommence Plus faible et plus triste à noter : Hélas! c’est qu’à chaque distance Un cœur cesse de palpiter.Adieu les voix de notre enfance! Adieu Fombre de nos beaux jours: La vie est un morne silence, Où le cœur appelle toujours! Lamartine, Célèbre 'poète français du XIXe siècle (1790-1869).Phrases à analyser CHAQUE MOT DE MA PRIÈRE Chaque mot de ma prière, lentement et pieusement récitée, est un rayon que j’ajoute à la gloire de Dieu.Chaque mot de ma prière compense un blasphème.; _ Chaque mot de ma prière arrête une punition du Ciel.Chaque mot fait tomber du Cœur de Jésus une grâce spéciale sur l’âme d’une personne mourante, ou sur une âme tentée de commettre un péché mortel.Chaque mot allège les souffrances d’une âme du purgatoire.COMPOSITION SUJET A DÉVELOPPER Développer cette pensée de l’Écriture : “C’est une sainte et salutaire pensée de prier pour les morts”.DÉVELOPPEMENT Quel est celui de nous dont le cœur ne s’attriste pas aux approches de cette semaine consacrée aux morts ?Tous, nous avons conduit un ami, un parent plus ou moins cher à cette dernière demeure qu’on appelle le cimetière.Et souvent, dans les moments de tristesse, nous sommes revenus à cette place où repose l’être aimé verser des larmes et déposer des fleurs.Certes, elle est touchante cette coutume qui, chaque année, fait diriger les foules vers les tombeaux pour les orner de verdure; mais cela est-il suffisant ?Pour nous qui savons si bien que seule la dépouille mortelle est là mais l’âme est loin, que cette âme vit et souffre peut-être, cela est insuffisant.Souvenons-nous de la parole de l’Écriture: “C’est une sainte et salutaire pensée de prier pour les morts.” Que sont les fleurs, que sont les plus riches mausolées, auprès de la plus petite invocation de pitié jetée à Dieu pour ces âmes.Se souvenir des disparus est bien; prier pour eux est meilleur.C’est une sainte pensée; elle prouve d’abord notre foi et notre soumission aux ordres de Dieu; elle prouve que si la séparation matérielle s’est faite, celle des âmes ne peut pas l’être.De plus, c’est une salutaire pensée que de prier pour les morts.Parfois le doute nous déchire sur leur existence future, nous redoutons qu’ils ne soient malheureux.Dieu nous a révélé de si terribles secrets.Mais n’oublions pas que s’il est un juge sévère, il est aussi un père indulgent et qu’il a pitié de tous les cris de détresse qui vont vers lui.Il nous écoute quand fidèlement, avec une foi inaltérable, nous lui rappelons 204 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE ceux qu’il nous a enlevés et que nous lui demandons miséricorde pour eux.Dans chaque paroisse, il y a une œuvre spéciale pour les “Ames du Purgatoire”; on dit des messes et des prières à leur intention; on allège ainsi leurs souffrances, on les termine même!.Arrêtons-nous sur cette pensée que nos prières délivrent des âmes malheureuses, et nous prendrons la sainte et salutaire habitude de prier pour les morts.MATHÉMATIQUES ARITHMETIQUE, MESURAGE, ALGEBRE Arithmétique COURS INFÉRIEUR lère ANNÉE 1.Exercices oraux:— a.Comptez de 1 à 20 des bâtonnets—des marbres—des noisettes, etc.h.Comptez de 20 à 1 des crayons, des billes, etc.c.Combien font dix et un—douze et un—dix-neuf et un—onze moins un— quinze moins un ?d.Prenez soit des boutons, soit des cailloux et cherchez combien font 2 fois 3 ; 2 fois 5 ; 2 fois 7 ; 2 fois 10.e.Prenez 20 bûchettes ou 20 fèves et partagez-les 1° en groupes de 10; 2° en groupes de 5; 3° en groupes de 4.2.Exercices écrits:— a.Écrivez en chiffres les nombre de 1 à 20 et de 20 à 1.b.Combien font: 15 + 1?20 - 1 ?15+2?20-2?16 + 1?19 - 1 ?15+4?19-4?17 + 1 ?18-1?16 + 3?18-3?18 + 1 ?17 - 1 ?17 + 2?17 - 2 ?19 + 1?16-1?18+2?16 - 1 ?c.Jeanne avait 20 lignes à écrire.Elle en a écrit 17.Combien lui en reste-t-il à écrire ?d.Jean a lu 10 lignes le lundi, 5 lignes le mardi et 3 lignes le mercredi.Combien a-t-il lu de lignes en tout ?2® ANNÉE 1.Exercices oraux:— a.Comptez à haute voix de 360 à 400. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 205 b.Comptez à rebours de 500 à 475.c.Comptez par 5 de 315 à 400, puis de 425 à 475.d.Comptez de 2 en 2 de 403 à 451, puis de 500 à 450.e.Combien font 3 pièces de 50 sous et une pièce de 25 sous ?/.Que reste-t-il sur 5 piastres, quand on ôte 25 sous ?2.Additions et soustractions (écrites) : 124 258 48 + 33 + 123 + 175 378 426 490 +27 + 46 +256 - 169 - 147 -276 Multiplications: 235 136 56 38 73 129 X2 X3 X4 X5 X6 X3 4.Pendant la première semaine de novembre Rougette a donné 168 livres de lait et Caillette 18 livres de plus.Combien ont-elles donné de livres ensemble?5.Louise porte au village 3 poulets qu’elle vend $1.25 chacun.Elle arrête ensuite à l’épicerie et achète 4 livres de thé à 28 sous la livre.Combien d’argent rapporte-elle à la maison?COURS MOYEN 3e ANNÉE 1.Un cultivateur a un lot de blé pesant 5860 livres et un autre pesant 8425 livres.Il en met de côté 2470 livres pour la semence et vend le reste à 84 sous le minot de 60 livres.Combien reçoit-il ?Solution : 5860+8425 = 14285 Ibs.Poids total.14285 - 2470 = 11815 Ibs.Ce qui reste à vendre.11815-^60 = 196y-|- minots.$0.84X196^- = $165.41.Rêy.2.Ma récolte de patates pour 1935 s’élève à 1240 minots, estimés à48 sous chacun.J’ai dépensé pour la semence 85 minots de patates choisies valant 64 sous chacun, 60 voyages de fumier à 45 sous et 400 livres d’engrais chimique à $25.la tonne.Quel est mon profit net ?Solution : Valeur des patates: $0.48X1240 = $595.20.Dépenses : Semence : $0.64 X 85 = $54.40 Fumier : $0.45 X 60 = $27.00 Engrais chimique : AWoX02 5 = $60.00 Total.$141.40 Profit net: $595.20 - $141.40 = $453.80.Réy. 206 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 4e ANNÉE 1.J’ai reçu $1.14 pour une tinette de beurre pesant 4^ livres.Combien recevrai-je pour une tinette dont le poids est de 6 livres et 6 onces ?Solution : 4^ rapportent $1.14 “ ?°1 6 Si • 1 4 1 livre 4 Si¦14 X 6 Vu $1.53.Réjp 2.On partage un sac de farine entre 3 familles pauvres.La première en reçoit les 0.375 la seconde les et la troisième le reste.Trouvez la part de cha- que famille si le sac pèse 98 livres.Solution : 0.375 — tooo' Part de la lère.-f- Xf- = —fij1 — — -f-jj- Parts des deux premières.¥Tr~TÎT=A- Part de la 3e.36% Ibs.lèl 394- Ibs.2.22-9% Ibs.3 COURS SUPÉRIEUR 5e ANNÉE 1.Trois hommes ont mis 18 jours pour labourer 45 arpents^de terre.Com- bien d’arpents 5 hommes pourraient-ils labourer en 15 jours?Solution : 3 h.en 18 j.font 45 arp.5 h.en 15 j.font ?1 h.en 18 j.fait 5 h.en 18 j.font 5 h.en 1 j.font -^-g-xTs 3X18 5 5 ^x5xl^ — JL§_5 = 62 Vo arp.Rêp.5 h.en 15 j.font 3x1?2 Plus brièvement : 5 5 0X5XU?=14JL = 6214.Rép.3x1?2 2 2.Si 8 hommes en 6 jours battent 1200 minots de blé, combien de jours faudra-t-il à 6 hommes pour battre 1500 minots ?Solution : 8 h.battent 1200 m.en 6 j.1500 “ “ ?6 h.1 h.pour battre 1200 m.prendrait 6X8 6 h.pour battre 1200 m.prendraient 6 h.pour battre 1 m.prendraient -fxi 20 o~ vxvxim =ioj Rép.6 h.pour battre 1500 m.?x!330 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 207 6e ANNÉE 1.Un cercle de ménagères achètent en gros 25 sacs de sucre granulé à $5.20 le sac, 50 douzaines de boîtes à conserves à $1.20 la grosse et une sertisseuse cotée à $8.40.Elles payent comptant et donnent $131.45.Quelle remise ont-elles obtenue ?Solution : 25 sacs à5.20= $130.5 0X1 • 2 0 _ ŒK ' l~2 —.'J**0- 1 sertisseuse.''.8.40 Total____$143.40 $143.40 - $131.45 = $11.95 Sur $143.40 on accorde $11.95 u $100 “ = $8?- Rêp.8^%.2.L’herbe perd environ 62% de son poids par la fenaison.Un cultivateur, après avoir mis de côté 40% de sa récolte de foin pour ses bestiaux, vend le reste à $12.50 la tonne et reçoit en paiement $581.25.Quel était le poids de sa récolte en vert ?Solution : Nombre de tonnes vendues: $581.25$12.50 =46p2-60% de la récolte =463^ tonnes.100% “ “ = ?——-go ° °-= 77.5 tonnes.Puisque la perte par le séchage est de 62%, il ne resque que 38% 38% du foin vert = 77.5 tonnes.100% “ “ “ =^^ = 203if tonnes.Rép.7e ANNÉE 1.Un cultivateur a suffisamment de fourrage pour nourrir 35 vaches pendant 190 jours, à raison de 30 livres par jour.Si, au bout de 40 jours, il vend 5 de ses vaches, combien de jours pourra-t-il nourrir celles qui restent, s’il diminue leur ration de 5 Ibs par jour?Solution : Au bout de 40 jours le problème se pose comme suit: 35 vaches peuvent être nourries 150 j.à raison de 30 Ibs.30 “ “ » » ?“ 25 Ibs.100X35X^0 —210 jours.Rép.3PX X ^ 2.Deux cultivateurs louent un pâturage pour leurs animaux, au prix de $35.Le premier y met 4 chevaux et le second 6 vaches.Combien chacun devra-t-il payer, si l’on estime que 2 vaches mangent autant que 3 chevaux ? 208 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Solution : La consommation d’une vache =f de celle d’un cheval.de 6 vaches =-|X6 = 9 fois celle d’un cheval.On partagera donc proportionnellement à 4 et 9.4 + 9 = 13 Le 1er paiera $ = $10.77.) Le 2e paiera ^^- = 24.23.j €^' 8® ANNÉE L L’escompte en dehors d’un billet payable dans 82 jours a été de $5.98.Trouvez le montant du billet, le taux de l’escompte étant 7%.Solution : Esc.pour 1 an =—-¦9-|.^3 6 5 =$26.62.7% du billet = $26.62 100% “ “ .^2 6 ¦ 6 2Xjyo_o.— $380.29.Rép.2.J’ai reçu un billet payable dans 6 mois.Comme j’ai besoin d’argent immédiatement, je le vends à un ami qui m’en remet la valeur, moins l’escompte en dedans au taux de 7%.Trouvez le montant du billet, si l’escompte est $3.64.(Ne pas tenir compte des jours de grâce).Le taux pour 6 mois est de = 33+% 33^% de la valeur actuelle = $3.64 100% “ “ =3_6 4X_ioo=$104_ Montant ou valeur nominale = $104+ $3.64 = $107.64.Rép.fflOI'f Éoili pee 3.L’escompte vrai d’un billet escompté pour 73 jours à 6% est de $36.L’escompte en dehors aurait été de $36.432.Quel est le montant du billet ?Solution: Taux pour 73 jours = 6%X-y|-5-= l-g-% Différence = $36.432 - $36.= 0.432 l-g-% de l’escompte en dedans = 0.432 100% “ “ “ 0^2x100 =|36 Escompte en dehors = $36.+$0.432 = $36.432.Valeur actuelle = â3_^xi_o_o = $3000.Valeur nominale = $3000 + 36 = $3036.Rép.SECTION INDUSTRIELLE 7® ANNÉE Mesurage 1.Une pièce de terre a la forme d’un triangle scalène dont les côtés mesurent respectivement 120 verges, 136 verges et 160 verges.On le partage en deux parties au moyen d’une clôture établie selon la perpendiculaire abaissée du sommet opposé sur le grand côté.Quelle sera la superficie de chaque partie ? L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 209 »al Solution : Trouvons la superficie du triangle : 12 0 + 1 3 6 + 1 6 0 —20S 2 V 208 (208 - 120) (208 - 136) (208- 160)^7953.5 Hauteur ou perpendiculaire = ~^t1'o5 x-~ = 99.42 Base de la plus petite partie = V 1202 - 99.422 = 67.2 Superficie =-g-7-^>^99 42 =3340.5 v.c.Rép.Superficie de l’autre partie = 7953.5 - 3340.5 =4613 v.c.Rép.2.latéral, l’étoile, La Sur chacun des côtés d’un hexagone régulier, on élève un triangle équi-de manière à former une étoile à six pointes.Quelle est la superficie de si le côté de l’hexagone est de 8 pouces ?superficie de l’étoile est deux fois celle de l’hexagone.Superficie de l’hexagone égale: 82X0.433X6 = 166.272 166.272X2 = 332.544 po.car.Rép.mpte Algèbre 1.Un autobus part de Québec et se dirige sur Montréal à une vitesse moyenne de 30 milles à l’heure.Au même moment part de Montréal un autre autobus qui descend vers Québec à raison de 35 milles à l’heure.A quelle distance de Québec se rencontreront-elles si l’on compte 180 milles entre les deux villes ?Solution : Soit x la distance de Québec ou l’espace parcouru par le 1er.Alors 180 - x distance de Montréal ou l’espace parcouru par le 2e g^ô temps du 1er ~ff5~ * temps du 2e Ces temps sont égaux et on peut écrire : x 1 s o - z 3 0 3 5 7x = 1080 - 6x.7a: -(- 6a: = 1080 x =^T§^' ~83-yg* milles.Rép.2.Un autobus part de Lévis et file vers Sherbrooke à raison de 28 milles à Il heure.Une demi-heure apres son depart, un taxi se met à sa poursuite avec une vitesse moyenne de 40 milles à l’heure.A quelle distance de Lévis atteindra-t-il l’autobus ?¦^lire ?B lissé?irtie'é Solution : Soit x la distance ou l’espace parcouru par chaque machine Alors air = temPS du 1er x=4^ = 46fm.Rép.-4Xr = temps du 2e ¦sir ~ Ttr = 3^2 10a: - 7x = 140 3a: = 140 210 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 8® ANNÉE Mesurage 1.Trouvez 1° la superficie du cercle circonscrit à un hexagone de 100 pouces carrés; 2° la superficie d’un des segments compris entre les côtés de l’hexagone et la circonférence.Solution : Chacun des 6 triangles équilatéraux de l’hexag.= 100-i-6 = 16.66 Carré du côté ou le carré du rayon Superficie du cercle: Superficie du cercle | g-g^3'1416 = 120.92.Rép.Superf.d’un segment: ^ ° °-= 3.48.Rép.2.Une plate-bande en forme de couronne a 12 pieds de rayon intérieur et 20 pieds de rayon extérieur.Elle est coupée en 4 parties égales par des allées correspondant à des arcs de 24°.Quelle est la superficie de chaque partie ou segment ?Solution : Superf.de la courronne = (R2 - r2) 3.1416 = (202 - 122) 13.1416.= 804.2496.rn 804.2496x2^ 53.fi 1664 Chaque alfee = ^0 15 Les 4 allées = 53.61664 X4 = 214.46656 Chaque segment = 8 ° 4 - 2 4 9 6.^g_i 4 ¦ 4 e e 5 e _ 147,44575.Rép.Algèbre 1.Décomposez en facteurs les expressions suivantes: a) z4-36 c) (3w+4)2 - (2y - 5)2 b) a2 - (m-n)2 d) c2 + b2-a2-2bc Solution : a) x4 - 36 = (x2-f-6) (x2 - 6).Rép.b) a2 - (m-n)2 = (a + m-n) (a - m-f n).Rép.c) (3^+4)2 - (2y - 5)2 = (3t’ + 4 + 2y - 5) (3z;+4 - 2y+5) ou (3y +2y - 1) (3w - 2y-f-9) Rép.d) c2+62- a2 - 2bc= (62-26c-f c2) - a2 = (6 -c + a) (b - c - a) Rép.2.Un homme place les f- de sa fortune moins $800.à 5%, le 3- plus $50.à 4%, et le reste à 6%.Quelle est sa fortune, si le premier placement lui rapporte $173 de plus que les deux autres ensemble ?Solution : Soit x la fortune Alors f5 - 800 le 1er placement, et 3- + 50 le 2e placement et Y3-+750 le 3e placement.5(jr 800) = 4(|+50)+6(fjr+750)4.173 100 100 100 1^ _ 4000 =^+200+^+4500 + 17300 50a: - 60000 = 12a: + 3000 + 12a; + 67500 + 259500 50a: - 12a: - 12a: = 60000+3000 + 67500+259500 26a: = 390000 % = 3 9 0.;i) 0.0 _ $15000j Rép. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE •211 LE CABINET DE ^INSTITUTEUR L’ÉGLISE ET LE PROGRES SOCIAL Le christianisme refait et transforme l’humanité, et, à chaque étape qu’elle franchit, il lui dit qu’elle application elle peut et doit faire de l’éternelle justice.Les besoins d’aujourd’hui créent donc les devoirs d’aujourd’hui, et nous n’avons pas le droit, nous, catholiques, de rester étrangers aux problèmes qui agitent la société.Parce que dans cette foule qui proteste qu’elle n’a ni assez de repos, ni assez d’air, ni assez d’hygiène, ni assez de sécurité pour l’avenir, le grand nombre ne sait plus, hélas! qu’il a besoin aussi et surtout de Jésus-Christ, allons-nous dire qu’il n’y a que des énergumènes ?Et quand elle réclame une distribution plus juste des charges et des bénéfices de la société, oserons-nous, parce qu’elle se laisse emporter, dans son impatience, à vouloir tout réduire au même niveau, oserons-nous lui répondre que le seul moyen de faire à chacun sa part, c’est de laisser les choses s’arranger toutes seules ?A cette multitude, il faut rendre Dieu, mais il faut également l’aider dans sa marche ascendante vers une vie plus assurée, plus indépendante et plus douce, afin qu’elle puisse, en effet, sentir que tous les hommes sont frères, et apprendre à prier avec confiance notre Père qui est aux cieux.Ramenés à la mesure du possible, ses vœux sont légitimes.Les combattre, c’est lutter contre la justice; s’en désintéresser, c’est vivre en banni de son temps.Mgr Breton, Évêqve français.EN ÉTHIOPIE Actualité géographique Le Père Louis Jalabert, s.j.,a publié il y a quelques semaines dans les Études, de Paris, une très intéressante étude sur VÉthiopie, pays africain vers lequel toijtes les nations de la terre jettent un regard plein d’inquiétude.L’Éthiopie est située au sud de l’Égypte et comprend le haut Nil et l’Abyssinie.Forme un empire gouverné par le négus; sa population est de 10,000,000 d’habitants.Nous détachons du travail du P.J alabert, le passage qui suit: Terre promise des chasseurs de trophées; royaume chrétien, le seul de l’Afrique tropicale, défriché jadis par un saint Frumence, l’Éthiopie est l’un et l’autre.Mais elle est tant d’autres choses à la fois que ni l’une ni l’autre de ces images ne suffisent à encadrer la variété de ses aspects et la richesse de son passé.Fournaise et paradis, déserts calcinés et vallées bucoliques, gîte de grands fauves et de troupeaux dignes d’Abraham; habitat de nomades sanguinaires et de paisibles laboureurs, de patriarches bibliques et de hobereaux bronzés, entourés de hordes d’anciens esclaves noirs; mélange de primitifs et d’aristocrates raffinés: l’Éthiopie est tout cela, tout cela à la fois.Par les mœurs qui y coexistent ou s’y superposent, c’est encore le pays des vieilles libertés communautaires et le royaume de toutes les corvées, la terre de l’hospitalité arrosée d’hydromel et la route de la traite, la patrie d’élection des douces coutumes agrestes et le cruel domaine des “flambeurs d’hommes”.Tous les contrastes semblent s’y être donné rendez-vous pour en multiplier la prodigieuse diversité et en accroître la mystérieuse attirance: capitales déchues, Aksoum, Gondar, Ankober, Entotto, somnolant dans l’oubli et la décrépitude, et villes toutes neuves fleuries comme d’immenses jardins, Dirré-Daoua et Addis-Abeba; minables villages en torchis et vieilles églises ornées de naïves fresques coptes ; toucouls pouilleuses et monastères d’une massive richesse.Par une sorte de paradoxe auquel l’Asie nous a accoutumés, dans l’Éthiopie d’aujourd’hui où brille l’électricité et commencent à fumer les cheminées d’usines, on se retrouve, à un tournant de piste, au temps légendaire de Salomon et de la reine de Saba, dans le contraste étourdissant d’un 212 ‘ L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE pays à la fois en retard de deux à trois millénaires et prenant le départ vers la civilisation à l’allure la plus modernes.Comprise entre l'Erythrée, et les Somalies (française, anglaise, italienne) au^nord et à l’est, l’Afrique Orientale anglaise au sud, et le Soudan anglo-égyptien à l’ouest, l’Éthiopie a deux fois la superficie de la France (1,120,000 kilomètres carrés).Ce serait donc un très grand état s’il ne disparaissait presque dans l’immensité de l'Afrique, où rien n’est à l’échelle de nos mesures occidentales.Pays africain, pays tropical, l’Éthiopie présente, à l’encontre de ce double caractère géographique, le paradoxe, également double, d’“une sorte d’Europe égarée sous les tropiques” et d’une “Suisse africaine”.Aucun autre pays ne réserve au voyageur cette surprise de cheminer des jours et des jours dans des plaines calcinées où il s’est senti brûlé à mourir par l’haleine d’un four, pour déboucher, au terme de laborieuses escalades, sur des plateaux où dorment des lacs suisses, tandis que sur l’horizon se cabrent de puissantes montagnes casquées de neiges permanentes.Partir des abords dévorants de la mer Rouge pour atteindre à des cimes qui rivalisent, à quelques centaines de mètres près, avec le mont Blanc! Étonnante surprise.Il est vrai que les distances se mesurent à l’échelle africaine, et que les étapes se comptent par centaines pour accéder de l’enfer des Somalies au paradis alpestre de hauts plateaux et des sommets inviolés.Les ressauts de l’ossature du massif éthiopien y déterminent trois zones qui s’étagent au-dessus de la brûlante couronne des déserts.Dans ces plaines farouches d’où monte une haleine embrasée qui semble se condenser en une buée ardente de sable rouge, circulent de rares nomades.Terrés comme des bêtes de proie, les habitants de ces régions maudites vivent de sang et de rapine.La première zone accidentée—la zone inférieure—au regard de l’enfer des basses terres, n’est plus qu’un purgatoire, en dépit de son nom abyssin qui semble évoquer l’idée de “rôtir” ou de “brûler”.Entre 800 et 1,500 mètres d’altitude, la chaleur y est supportable, bien qu’au soleil on enregistre jusqu’à 75°, et que, loin des rivières, tout y soit tellement calciné que “les pierres même semblent souffrir”.Mais l’eau est là, presque partout dans les vallées profondes, au creux des crevasses gigantesques qui s’ouvrent souvent brusquement sous les pas, à des 1,000 ou 1,200 mètres de profondeur.Si les cimes sont pelées et semblent fumer dans le bra-sillement de l’implacable soleil, les vallées y sont d’une prodigieuse fertilité.C’est la brousse africaine, touffue, foisonnante après les pluies, relevée, de-ci de-là, de grands mimosas parasols d’où pendent les nids en herbe tressée de milliers d’oiseaux de toutes couleurs.Dans ces “réserves” naturelles pullulent lions, léopards, rhinocéros, buffles, éléphants, autruches, gazelles, girafes, onagres, hippopotames et crocodiles.Paradis des chasseurs, mais aussi royaume de la fièvre.C’est elle qui brûle d’un éclat étrange dans les yeux trop brillants des nomades et des plus rares sédentaires dont les paillotes, entourées chacune d’une clôture de branchages épineux, se serrent, par-ci par-là, en minuscules villages.Dans ces toucouls hospitalières, le voyageur ou le chasseur trouvera l’accueil cordial de populations simples et douces; mais il lui faudra payer l’abri partagé avec chèvres, moutons, ânes et mules, d’une large dîme de sang extorquée par des myriades de punaises qui, à la nuit tombante, l’enserreront de leurs nappes voraces.Avec la zone moyenne,—entre 1,500 à 2,500 mètres,—la végétation se fait plus drue, et plus dense la population.Sur ces premiers plateaux, l’Européen se retrouve chez.lui.A peu près toutes les céréales et les légumes des pays tempérés y prospèrent.Mais la vitalité puissante de la terre africaine se manifeste dans le foisonnement luxuriant de tout ce qui pousse, la fécondité de tout ce qui vit; forêts vierges évoquant la marée immense de la sylve équatoriale, où toutes les essences se trouvent représentées, depuis l’acacia, le mimosa, le sycomore, jusqu’au palmier et à ces euphorbiacées si spécifiquement éthiopiennes.A la forêt qui s’éclaircit et brusquement s’arrête, succèdent tantôt des pâturages à perte de vue où vaguent d’immenses troupeaux de moutons et de chèvres, et tantôt l’ondulation infinie de champs verdoyants ou dorés de sorgho, d.’prge et de mais.Des plates-formes de branchages hautes de 4 à 5 mètres dominent de loin en loin la houle des moissons.De là-haut des vigies turbulentes surveillent et défendent la récolte.A grand renfort de cris sauvages et de claquements de fronde de paille, des gamins bruns mettent en émoi des tourbillons d’oiseaux jaunes.On voit les pillards tournoyer, s’abattre, repartir, s’enlevant en nuées de safran, pour aller se reposer ailleurs, jusqu’à ce que leur jabot soit garni.Deux récoltes par an, parfois trois, font de cette région de l’Ethiopie, où règne un perpétuel printemps, un pays d’une incomparable richesse. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 213 Montons encore pour atteindre la région des hauts plateaux du Choa et de THarrar.Au delà de 3,000 mètres, l’alpage n’est plus habité; mais entre 2,500 et les premiers ressauts des hauts sommets, s’étalent à perte de vue d’immenses plateaux moutonnant de verdure ou de moissons.D’innombrables troupeaux, des villages aux toits de chaume serrés sous des bosquets d’euphorbes, une délicieuse fraîcheur sous un soleil éblouissant: toute cette vie sereine et calme, que les formes harmonieuses des montagnes proches semblent bercer dans leurs molles ondulations, ne donne-t-elle pas l’impression de la Suisse la plus suavement bucolique ?Mais une Suisse sous les tropiques.Louis Jala.bert, S.J.QUESTIONS DE FRANÇAIS “Educationnel”: un mot anglais qu’on espère en vain avoir tué, et qu’il faut retuer souvent.“Réouvert”: pas français; c’est rouvert qu’il faut dire.Le verbe réouvrir n’existe pas, mais rouvrir.On dit cependant réouverture, par une de ces inconséquences dont la langue fourmille.Concordance.—“M.le doyen ne voulut point que l’assemblée se dispersât sans qu’il ait adressé ses remerciements.” La correction demandait eût adressé.La phrase, par ailleurs, n’aurait pas été moins euphonique si la concordance des temps avait été observée, et elle aurait gagné en exactitude.Les Français d’aujourd’hui prennent de grandes libertés avec cette règle fondée sur la nature; aussi leur langue perd-elle, chez beaucoup, de sa précision et de sa netteté, si remarquables chez les anciens auteurs.Nier—Ce verbe, suivi de que, veut le subjonctif: je nie qu’il ait dit cela.Néanmoins, si la proposition complétive exprime une évidence, en mettra l’indicatif : les athées nient qu’i7 y a un Dieu.Si le verbe nier est accompagné d’une négation, savoir, ne pas nier, on n’emploie pas, avec le verbe complétif, la particule ne, comme avec les verbes de doute: je ne nie pas que vous soyez habile.On trouve cependant quelques exemples contraires chez les auteurs classiques.Ainsi Bossuet a dit: “L’on ne peut nier que la longue vie ne soit souhaitable.” Et Molière: uje ne puis pas nier qu’il n’y ait eu des Pères de l’Eglise qui ont condamné la comédie.” Vis-à vis.—S’emploie avec de: vis-à-vis de moi, et non vis-à-vis moi; être vis-à-vis de rien et non vis-à-vis rien.La préposition peut toutefois se supprimer en certains cas, mais seulement dans le langage familier, dit l’abbé Ragon : wis-à-vfs la maison.—Vis-à-vis ne peut se dire, au figuré, pour envers, à l’égard de.Ex.: cet élève a été impoli envers son maître, et non vis-à-vis de son maître.“On a déclaré, hier soir, sous bonne autorité.” “Sous est français, bonne est français, autorité est français, mais sous bonne autorité n’est pas français.Il faut dire: On a déclaré, de bonne source.Bergère.—Larousse.nomme ainsi un fauteuil large et profond.Mais chez nous, une bergère, c’est une chaise qui berce, une berceuse.Seulement, le peuple prononce bargère, selon un vice coutumier, pour les syllabes de ce genre.“Naguère”.—Il arrive que l’on prend ce mot pour jadis, c’est une méprise.Naguère est une contraction de n’a guère et signifie: il n’y a pas longtemps, et non: il y a longtemps, qui est le sens de jadis (jam dm).jadis, on n’a pas coutume de se méprendre.Néanmoins je lisais l’autre jour cette phrase: “.dont les baptisait jadis le cardidal Verdier.” Jadis-aujour-d’hui fait pendant à naguère-autrefois. 214 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE “Idiosyncrasie”.Du giec, ô Ciel! du grec! il sait du grec, ma sœur”.—Quoi y Monsieur sait du grec ?Ah! permettez, de grâce, Que pom Vamour di grec, Monsieur, on vous embrasse.Le mot ambitieux d’idiosyncrasie que plusieurs aiment à employer à la place de tempérament rappelle ces vers des Femmes savantes.Notre époque n’est pourtant pas à la culture du grec, en quoi elle a évidemment tort, car cela la raffinerait un peu.Mais on n’en veut pas moins étonner le lecteur, et l’on sort idiosyncrasie.N.Degagné, ptre.COURS DE LANGUE ANGLAISE A L’UNIVERSITÉ DE TORONTO.Dans un rapport en date du 14 septembre 1935, M.C.-J.Miller, Inspecteur général des écoles primaires, fait connaître à M.le Surintendant de l’Instruction publique les résultats des cours d’anglais qui ont été donnés, à l’Université de Toronto, à un groupe d’instituteurs et d’institutrices de la Province de Québec.L’honorable M.Delâge à transmis ce rapport intéressant au Secrétaire de la Province, l’honorable M.Athanase David, qui avait assuré le succès de cette initiative.Quatre-vingt-huit maîtres et maîtresses ont suivi ces cours: 39 institutrices et 49 instituteurs.Des professeurs éminents avaient été mis à la disposition des organisateurs des cours de français, par l’Université de Toronto.M.Duncan McArthur, sous-ministre de l’Éducation, M.le Docteur H.-J.Brody, président de l’Université et M.F.-C.-A.Jeanneret, directeur de l’enseignement du français à l’Université de Toronto, collaborèrent avec bienveillance au succès des cours.Durant toute la durée des cours, du 16 juillet au 9 août, un horaire avait été classé pour chaque jour: Avant-midi: 9 à 11, grammaire, phonétique, littérature, composition, dictée, prose, poésie, traduction; 11 à 12, conférences sur divers sujets, particulièrement se rapportant à l’histoire et à l’instruction publique—Après-midi: 2 à 4, conversation anglaise.A la fin des trois cours, trois jours furent consacrés aux examens.Ceux et celles qui ont obtenu le plus grand nombre de points ont reçu des médailles offertes par les honorables L.-J.Simpson et P.Leduc, membres du Gouvernement de Toronto, et par M.le Dr H.-J.Brody.M.Jeanneret a bien voulu aussi accorder un prix de vingt-cinq piastres.Voici les conclusions du rapport de M.Miller: “Monsieur le Surintendant, je n’hésite pas à déclarer que je suis entièrement satisfait des résultats obtenus par ces cours.Nos maîtres-étudiants ont amélioré leur prononciation, appris certains secrets de la grammaire et se sont initiés aux charmes de la langue littéraire anglaise.“Sans compter les avantages qui en découlent pour les instituteurs et leurs élèves, ces échanges intellectuels ne peuvent provoquer qu’une plus grande intelligence et une plus profonde sympathie entre l’élite de deux populations de mœurs, de langue et d’esprit différents.“Je forme donc le vœu que l’organisation de ces cours soit continuée.“Nos maîtres-étudiants me prient de transmettre à qui de droit l’expression de leur vive gratitude pour le grand avantage qui leur a été fourni d’améliorer leurs connaissances en langue anglaise et pour la générosité de l’honorable Secrétaire de la Province à leur égard”.LA CUISINE RAISONNÉE Le manuel “La Cuisine Raisonnée” est épuisé.La Congrégation de Notre-Dame ne possède qu’un nombre limité d’exemplaires pour répondre aux besoins les plus pressants des communautés enseignantes.Ce manuel, on le sait, est spécialement à la portée des eleves des classes supérieures.“La Cuisine à l’École complementaire”, en circulation, répond dans les cours, aux exigences du programme.La nouvelle édition de “la Cuisine raisonnée” est actuellement en preparation. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 215 “SUR LES ROUTES DE FRANCE” (par C.-J.Magnan) Sur les routes de France l’on ne découvre pas seulement de beaux sanctuaires, de vieilles et charmantes églises, de fiers châteaux; l’on apprend aussi de l’art et de l’histoire, l’histoire de la France catholique et aussi l’histoire canadienne.Sur les routes de France, M.Magnan ne perd aucune occasion d’évoquer les'souvenirs des aïeux canadiens.Je connais peu de pages aussi touchantes que celles du pèlerinage de l’auteur au berceau de ses ancêtres du Poitou.Le voyageur sait raconter, en style vif.Par son émotion de qualité saine, par son esprit chrétien, peu de livres sont aussi propres à révéler aux enfants et aussi aux grandes personnes le visage de la France que nous aimons, toute cette richesse morale et culturelle où nous avons besoin d’aller retremper notre fidélité française.l’abbé L.Groulx.(“L’Action Nationale”, Montréal.) Sur les routes de France est en vente: à Québec, chez Langlais, 239, rue Saint-Joseph, et chez Garneau, 47, rue Buade; à Montréal, chez Beauchemin, 430, rue Saint-Gabriel et à la librairie du Devoir, 430, rue Notre-Dame.BIBLIOGRAPHIE Nous accusons réception, avec remerciements, des ouvrages dont les titres suivent : HORS DES SENTIERS BATTUS.—Essai de méthodologie nouvelle: Méthodologie générale, par le Frère Léon, Mariste, Docteur en sciences pédagogiques.—Cet ouvrage a été publié en Belgique, mais il est en vente à la Maison Provinciale des Frères Maristes, à Iberville, P.Q.NOUVEAU COURS DE LANGUE ANGLAISE selon la méthode d’Ollendorff.—Ouvrage révisé.—-En vente à la Librairie Beauchemin, 430, rue Saint-Gabriel, Montréal.TRAITÉ ÉLÉMENTAIRE DE PHYSIQUE, rédigé à l’usage des élèves de l’enseignement secondaire, par l’abbé Georges Perras, P.S.S.—Ouvrage de 678 pages, illustré.En vente à la Librairie Beauchemin, 430, rue Saint-Gabriel, Montréal.LES PROBLÈMES DE L’ORIENTATION PROFESSIONNELLE.—Genève, 1935—Publié par le Bureau international du Travail.-—Études et Documents, série J (Enseignement), No 4.AU FOYER DE MON PRESBYTÈRE et “L’Emballement”.—Poèmes et chansons, de M.l’abbé Apollinaire Gingras.—Nouvelle édition.—-Préface de M.l’abbé Pierre Gravel, ptre—Imprimerie de Mégantic, Thetford-les-Mines.SERMONS de M.l’abbé Apollinaire Gingras—Publié par M.l’abbé Pierre Gravel.—Imprimerie de Mégantic, Thetford-les-Mines.—Prix: 50 sous.GRAMMAR PRACTICE.—Prepared by H.G.Martyn, B.A., D.P—The Copp Clark Company, Toronto.COURS D’HYGIÈNE, par le Dr J.-A.Baudoin, professeur à l’Université de Montréal et directeur de l’École d’Hygiène sociale appliquée. 216 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE “PERDUE ET RETROUVÉE !” Un livre qu’il faut se procurer — Un livre qu’il faut propager Histoire véridique d’un palpitant intérêt.On ne pourra lire ce livre sans ressentir une profonde émotion.Il pourrait être offert comme récompense dans les pensionnats et écoles.Il se présente sous une couverture attrayante, aux couleurs variées et délicates.Il est enrichi de fines illustrations et convient parfaitement comme cadeau pour le nouvel an ou pour un anniversaire.Que d’heures douces et réconfortantes vous passerez en sa compagnie, jeunes, moins jeunes, malades ou vieillards ! Prix: l’unité 75 sous.Pour 12 exemplaires: escompte de 10%.Les commandes peuvent être données par lettre ou par téléphone: Monastère provincial du Bon-Pasteur, 104 Est, rue Sherbrooke, Montréal.PENSÉES SUR L’ÉDUCATION La pire détresse pour un peuple est de n’avoir pas reçu l’éducation dont il était digne.René Bazin.L’État assiste la famille et ne la supplante pas.Heureux celui qui grandit dans un milieu intelligent.Portalis.P.Gauthier.Une tête sans souvenir est une ville sans garnison.Napoléon.L’autorité et le respect manquant, il n’y a plus d’éducation possible.Mgr Dupanloup.L’on a d’ordinaire que l’autorité dont on est digne.René Bethléem.Observez tous les moments pendant plusieurs jours, s’il le faut, pour bien placer une correction.Fénelon.Dieu est au milieu de l’âme; il a pour trône la concience des bons.Saint Augustin.Si vous voulez de cet enfant faire un homme, il faut y travailler comme la Providence elle-même, avec respect, avec mesure et douceur.Mgr Dupanloup.Instruisez-le d’exemple et le rendez parfait.Corneille.La piété est le bouclier de la vertu.Mgr Gibier.C.-J.Magnan, directeur-propriétaire, 79, Chemin Sainte-Foy, Québec, Canada.
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