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Titre :
L'enseignement primaire : journal d'éducation et d'instruction
Éditeur :
  • Québec :[L'enseignement primaire],1881-1956
Contenu spécifique :
Mars
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
autre
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • École primaire (Lévis, Québec)
  • Successeur :
  • Instruction publique
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L'enseignement primaire : journal d'éducation et d'instruction, 1937-03, Collections de BAnQ.

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58e Vol.Québec, Mars 1937 N ° 7 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE ÉDUCATION — INSTRUCTION NOMINATIONS Le nouveau Secrétaire du Département de l’Instruction publique M.B.-O.FILTEAU Par un arrêté en conseil en date du 16 janvier 1937, le Gouvernement de Québec a nommé M.B.-O.Filteau Secrétaire du Département de l’Instruction publique, avec titre de sous-ministre, au lieu et place de M.Lionel Bergeron, démissionnaire.Ce dernier a pris sa retraite après une carrière de quarante-cinq années dans l’enseignement, soit comme instituteur, inspecteur d’écoles et officier de l’Instruction publique.M.B.-Oscar Filteau est diplômé de l’École normale Laval, bachelier ès art et diplômé de l’École normale supérieure de l’Université Laval.A sa sortie de l’École normale Laval, en 1903, M.Filteau fit la classe au Manitoba puis au Lac Saint-Jean.Il fut ensuite nommé à l’École normale de Nicolet, où il fut professeur pendant sept ans.Appelé par son Alma Mater à y enseigner le français, les mathématiques et le dessin, M.Filteau occupa ce poste important durant dix ans.En 1925, le Gouvernement le nomma Assistant-Secrétaire du Département de l’Instruction publique, succédant ainsi à M.Lionel Bergeron, promu à la charge de Secrétaire.Admirablement préparé à remplir la haute position qu’il occupe maintenant, M.Filteau saura justifier la confiance que le Gouvernement de la Province vient de lui témoigner.Nous souhaitons au nouveau Secrétaire du Département de l’Instruction publique une longue et fructueuse carrière, et à M.Bergeron, son prédécesseur, nous formons le vœu qu’il jouisse longtemps du repos que son demi-siècle de labeur lui a bien mérité.C.-J.Magnan.M.JEAN-CHABLES MAGNAN CHEF DU SERVICE DE L’ENSEIGNEMENT AGRICOLE AU MINISTÈRE DE l’AGRICULTURE Par un arrêté en conseil en date du 16 janvier 1937, M.Jean-Charles Magnan, agronome et directeur des Cercles des Jeunes agriculteurs, a été promu au poste de Chef du Service de l’enseignement agricole.Ancien élève du Séminaire de Québec puis de l’École normale Laval, M.Magnan suivit ensuite le cours universitaire de l’Institut agricole d’Oka, d’où il sortit gradué en 1912.A sa sortie de l’Institut d’Oka, il fit un stage à Guelph où il suivit les cours d’enseignement agricole primaire. 418 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Le nouveau Chef du Service de l’enseignement agricole était au nombre des cinq premiers agronomes officiels nommés dans la Province de Québec en 1913.Il fut le premier agronome des comtés de Portneuf et de Champlain et l’organisateur de la première exposition scolaire agricole dans la Province, à Saint-Casimir.Il fut à la fois promoteur du mouvement d’éducation agricole chez la jeunesse rurale et propagandiste persévérant en faveur de la création des écoles régionales d’agriculture.M.Magnan fut directeur des jardins scolaires dans la Province de 1915 à 1918.En 1925, le Gouvernement le délégua au Congrès international d’agriculture à .Rouen, France ; en 1933 il se rendait à Los Angeles à titre de délégué du ministère au Congrès de l’Association nationale de l’Éducation des États-Unis.Al.Jean-Charles Alagnan a été décoré, en 1925, de la grande médaille d’argent de la Société des Agriculteurs de France.11 collabore à VEnseignement Primaire depuis 1915.Il est le fils de l’Inspecteur général des écoles normales catholiques de la Province de Québec.Un rural.NOMINATION AU COA1ITÉ CATHOLIQUE DU CONSEIL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE M.LE NOTAIRE J.-A.TrUDEL Par un arrêté en conseil en date du 14 janvier 1937, M.le notaire J.-A.Trudel, des Trois-Rivières, a été nommé membre du Comité catholique du Conseil de l’Instruction publique, en remplacement de M.le juge W.Mercier, décédé.M.le notaire Trudel, depuis plusieurs années, s’occupe activement de l’enseignement primaire dans la région trifluvienne.Lors de la réorganisation de la Commission scolaire de la Cité des Trois-Rivières, il fut élu président de cette commission.A ce poste important, AI.le notaire Trudel a déployé un zèle et une activité qui ont valu à la cité de Laviolette des progrès scolaires hautement appréciés par la population de cette ville.M.Trudel créa au sein de sa commission scolaire une commission pédagogique dont il est le président actif.Cette commission sut s’adjoindre une haute compétence en matière d’éducation, dans la personne de AI.l’abbé Henri Vallée, Principal de l’École normale des Ursulines des Trois-Rivières.M.le notaire est aussi un des anciens présidents de la Chambre des notaires de la Province de Québec.C.-J.Magnan.ÉDUCATION AGRICOLE La Faillite des Jardins scolaires .! Est-ce vrai ?Ce qui a failli .— Deux mots sur Tavenir.La faillite des jardins scolaires! Voilà l’énonciation d’un jugement assez prématuré et souverainement injuste.Raisonnons un peu : une hirondelle ne fait pas le printemps.Précisons encore : le jardin scolaire manqué ne fait que prouver l’incompréhension ou l’inhabile exploitation d’un procédé, d’un moyen d’éducation agricole. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 419 Manqué ! Oui.Quand les intéressés négligent cette œuvre rurale ; manqué, lorsque l’on s’obstine à établir un jardin scolaire sur un tas de roches, sans engrais, sans connaissances élémentaires de l’agriculture, sans surveillance au cours des vacances.Assurément, l’on manquera ainsi son coup ! Allons encore plus loin.Rarement, mais trop souvent encore, on se plait à jeter, dans l’opinion crédule, des poncifs pessimistes sur l’œuvre des jardins scolaires.On invente même des cheveux pour les fendre en quatre ! Et l’erreur se propage dans l’esprit des braves gens qui emboîtent le pas, afin de se trouver béatement du côté du manche.! L’opinion de ces pense-profonds, de ces compte-navets n’empêche pas la vérité et les faits d’exister quand même.A côté d’un petit nombre de jardins en faillite, on peut citer de nombreux jardins scolaires fructueux.L’inexorable vérité pourra un jour faire place à l’erreur, à l’injustice, à l’illusion ! Quand un jardin scolaire manque son but, c’est parfois l’œuvre elle-même qui fut incomprise et mal appuyée.C’est que, de haut en bas, dans la théorie des responsables, une maille de la chaîne humaine s’est souvent trouvée absente.Lorsque l’autorité civile, pédagogique, religieuse, agronomique et scolaire s’est donné la main, en vue de réussir un jardin scolaire, chaque fois, le succès a couronné les efforts.J’en appelle ici au témoignage des inspecteurs Pagé, Goulet, Boily, Hubert et Litalien ; à celui des agronomes Gauthier, Parenteau, Boivin, Albert, Therrien, Plante et autres, lors de l’heureuse époque des expositions scolaires.A la vérité, somme toute, on doit aux jardins scolaires la conquête physique du sol, par l’envahissement des bonnes semences de jardins (1) qui ont remplacé les mauvaises graines d’espèces et de variétés potagères, dont le marché ne voulait plus.C’est aussi par les jardins et expositions scolaires que les agronomes de Y époque héroïque ont pénétré chez les cultivateurs et donné à la science agricole la place qui lui revenait.C’est dans ces expositions que parents et enfants ont appris à “ exposer ” et à apprécier les bons produits de la ferme.Quoi qu’en disent de braves gens, mal informés, la poussée des jardins scolaires, de 1914 à 1934, a projeté sur l’agriculture de nos paroisses un grand courant d’intérêt et de sympathie sur les choses de la terre ; au surplus, ce mouvement a attiré et concentré l’attention des gouvernants et de l’opinion publique sur l’éducation agricole de la jeunesse rurale.Partout, des élèves de nos écoles d’agriculture nous avouent avoir trouvé leur vocation rurale au jardin scolaire ; des centaines de membres de nos cercles de jeunes agriculteurs et éleveurs (2) nous affirment avoir commencé jadis, à aimer l’agriculture et à y prendre intérêt dans leur petit jardin scolaire, ou à domicile.Et, l’éducation, cette grande et noble chose, elle qui travaille en profondeur, l’éducation au jardin scolaire n’aurait-elle donné aux élèves que la joie de connaître, créé dans l’esprit du petit rural une sympathie réelle pour sa future profession, un amour vrai pour les champs, qu’elle aurait droit d’être louée et remerciée.L’agriculture à l’école, soit par le jardin ou le musée scolaire, en éveillant les jeunes âmes au sens de l’ordre et de la beauté, a pu, pour plusieurs cultivateurs, devenir le premier pas sur le chemin de la prospérité et du bonheur, malgré les malaises actuels de notre agriculture.Tout se tient dans la vie ! Ce qui a compté dans l’œuvre des jardins scolaires, même si les navets furent petits et tondreux, et les citrouilles inférieures au poids de quarante livres., ce qui a valu, c’est ce qui est entré d’amour, d’intérêt, de respect pour l’agriculture, dans le cœur et l’esprit des enfants bénéficiaires de cette éducation.(1) Distribuées nar le Service de l’Horticulture de Québec.(2) Plus de 6000 jeunes agriculteurs et éleveurs sont actuellement groupés dans plus de 225 cerlces d’étude paroissiaux. 420 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE La valeur de cette œuvre, n’en déplaise à Liboire Letriste ou à Candide Muflot, c’est d’avoir fait comprendre aux enfants des campagnes que l’agriculture est digne de l’intelligence humaine et qu’on peut y trouver une vie convenable et bienfaisante.Magnifique exemple de nos modestes institutrices, touchant sans honte le sol, le cultivant avec intelligence et dévouement, tel celui de cette demoiselle Hamelin, ( 1) du troisième rang de St-Alban, (Portneuf) qui grandissait, dans l’esprit de ses élèves de l’école de la .Rivière noire, la noble fonction du travail des champs, et qui leur faisait produire de magnifiques légumes, orgueil et joie des gens de la paroisse.Elle savait, et comment ! former, de ses petits élèves, des hommes des champs qui lui font honneur aujourd’hui .Et dire que ces avantages, et bien d’autres encore, au crédit des jardins scolaires réussis ont coûté à l’État quelques paquets de graines de cinq sous, un peu de savoir-faire et de dévouement, de la part du personnel enseignant.Pour ce que ça a coûté, quelle bienfaisance ! Concluons : en regard de quelques jardins scolaires infructueux, soulignons aussi le succès des centaines qui ont réussi.C’est malheureusement de ces derniers dont on parle le moins.Mais un jour viendra., quidquid latet apparebit., où tout ce qui est caché apparaîtra.! Ayons foi en cette réconfortante promesse des Livres saints.! Jean-Chs Magnan, Directeur du Service de VEnseignement agricole.(1) Mlle Marie-Anne Hamelin, institutrice qui a voué déjà une grande partie de sa vie à l'enseignement, à l’École de la Rivière noire.LE TRAVAIL MISSIONNAIRE DES PREMIÈRES INSTITUTRICES CANADIENNES URSULINES ET SOEURS DE LA CONGRÉGATION NOTRE-DAME AUPRÈS DES INFIDÈLES DEUXIÈME PARTIE (Suite) (1) MÉTHODE DES RELIGIEUSES POUR CONVERTIR LES INDIENNES, PETITES ET GRAND E , qui s’approchaient d’elles Signalons tout d’abord le même esprit surnaturel des entreprises, des vocations similaires dont chaque étape est visiblement marquée de prévenances extraordinaires de Dieu et porte comme gage de succès le signe des œuvres d’en haut : l’épreuve, le sacrifice, l’union à Dieu.Les deux groupes de missionnaires tendent aussi au même but dans leur œuvre : la gloire de Dieu et la conversion des Sauvages.Les deux trouvent dans les peuplades indiennes un même objet de dévouement.Aussi, n’est-ce que dans le détail que varieront leurs moyens d’action.(1) Voir Y Enseignement Primaire de janvier et février 1937. L’ENSEIGNEMENT FRIMAIRE 421 Le premier de ces moyens tendra à attirer les Sauvages.De même que Cartier.Champlain, Maisonneuve, pour s’établir chez les Indigènes, ont essayé de s’en faire des amis, de même que les Missionnaires : Jésuites, Récollets ou Franciscains “ se font tout à tous pour les gagner tous à Jésus-Christ ”, ainsi les religieuses Ursulines et les sœurs de la Congrégation de Notre-Dame s’efforceront d’inspirer confiance aux Sauvages pour les attirer à elles.L’exercice de la charité chrétienne sera leur grand apprêt.De cette vertu la Vénérable Mère Bourgeoys veut faire la règle fondamentale de sa communauté, à laquelle elle donnait pour patronne Marie qui “ n’a jamais refusé, dit-elle, de se trouver là où la charité réclamait son secours ”.“ Ne rien négliger pour gagner le cœur des enfants sauvages ”! telle était la recommandation adressée aux missionnaires de la Montagne par Monsieur Tronson.Les Sœurs devaient être dociles.A Québec et à Montréal on attire les Sauvages par la bonté.“ Madame de la Peltrie, lisons-nous dans l’Histoire des Ursulines, ne rencontrait petite fille sauvage qu’elle n’embrassât et ne baisât, avec des signes d’amour si doux et si forts, que ces pauvres barbares en restaient d’autant plus étonnés et édifiés, qu'ils sont froids en leurs rencontres ; toutes ces bonnes religieuses en faisaient autant sans prendre garde si ces petits étaient sales ou non, ni sans demander si c’était la coutume dans le pays.” “ Ce nous est une consolation bien sensible, écrit Mère de l’Incarnation, de nous ôter le pain de la bouche pour le donner à ces pauvres gens, afin de leur inspirer l’amour de Notre-Seigneur.” Oui, alors comme aujourd’hui, dans les pays de mission, on pourvoyait aux besoins des corps pour atteindre les âmes ; car, disait le Père Vimont : “ La libéralité est sans doute la meilleure chaîne dont on puisse user pour gagner et attacher le cœur des Sauvages.” On distribuait chez les Religieuses missionnaires de Québec et chez celles de Montréal, la nourriture et le vêtement aux indigènes “ petites et grandes qui s’approchaient.” Je relève dans l’Histoire des Ursulines de Québec ce trait bien significatif et qui affirme par la tradition longtemps conservée chez les Sauvages eux-mêmes la prodigalité des premières missionnaires : “ En 1818, un groupe de Sauvages était descendu de l’Outaouais à Québec pour régler certaines affaires avec le Gouverneur.Arrivés à l’ancienne ville qui, si souvent, avait donné refuge aux tribus sauvages poursuivies par les perfides Iroquois, ils n’ont rien de plus pressé que de se rendre au Couvent des Ursulines ; ils savent que c’est là cette mission des “ filles vierges ” dont leurs pères ont tant de fois parlé.Us sonnent donc bien fort.La Sœur portière accourt pour voir ce que l’on désire.“ Nous sommes des Sauvages, dit le chef, nous venons chercher à manger.— Vous vous méprenez, mon ami, reprend la Religieuse; c’est ici une maison d’éducation et nous ne sommes pas dans l’habitude de distribuer des vivres.— Écoute, dit alors le chef, nos pères nous ont dit que du temps de tes premières mères, les Sauvages trouvaient toujours à manger ici! ” Inutile de dire que l’argument fut décisif, conclut l’historien.D’autre part même Marie de l'Incarnation écrit en 1640 : “ Nous avions apporté des habits pour deux ans ; tout a été employé dès cette année, de sorte même que n’ayant plus de quoi les vêtir (les sauvagesses) nous avons été obligées de leur donner une partie des nôtres.” Et les annales de l’Hôtel-Dieu de Montréal affirment, en parlant de Mère Bourgeoys et de ses premières compagnes : “ Elles travaillent nuit et jour à coudre et à tailler pour habiller les femmes et pour vêtir les sauvages, tout en faisant la classe.” Un jour, rapporte Monsieur George Goyau, que le Père Le Jeune confiait aux Mon-tagnais son projet d’amener auprès d’eux des travailleurs de France, le sorcier de la tribu lui déclara : “ Tu mens ; car on ne voit point d’hommes au monde si bien comme tu dis, qui voudraient prendre la peine de nous secourir sans espoir de récompense ; si tu faisais cela tu arrêterais la plupart des Sauvages, et ils croiraient tous à tes paroles.” 422 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE De fait, le désintéressement et le dévouement préparent alors les âmes à recevoir le pain de la vérité que les Religieuses donnent aux indigènes dans leurs idiomes respectifs.“ Ah! si vous saviez la charité qui est parmi ceux qui croient en Dieu, vous ne resteriez jamais comme vous êtes, ” disait à ses compatriotes, un huron converti.Les Sauvagesses attirées et gagnées sont catéchisées.On les instruit sur les mystères de la religion, on les exerce à la prière et on leur enseigne à chanter le Credo et des cantiques en leur langue.Ces cantiques sont des modulations des dogmes de notre foi.Chaque jour, le Père leur donne une instruction.Les Religieuses font des répétitions Ce n’est qu’après une préparation suffisante qu’on reçoit au Baptême les catéchumènes sauvages.Puis un nouveau stage d’instruction précède pour eux la réception de l’Eucharistie et de la Confirmation.Mais tout en instruisant pour elles-mêmes les Sauvagesses, on s’efforçait à Québec et à Montréal de faire d’elles des apôtres.Et de fait, plusieurs de ces néophytes deviendront auprès de leurs familles des auxiliaires précieuses pour l’établissement de la religion.“ Dieu bénit si bien leurs efforts, dit un historien de Mère Bourgeoys, que plusieurs d’entre ces élèves offrirent à leur nation de beaux exemples de piété.” Citons ici le Révérend Père Vimont : “ J’ai dit ailleurs, écrit-il, que deuxHurons avaient passé l’hiver à Québec ; l’un des motifs qu’ils eurent d’embrasser la foi de Jésus-Christ, fut de voir le zèle d’une jeune séminariste, leur compatriote, nommée Térèse.Cette enfant, âgée d’environ treize ou quatorze ans, leur parlait de Dieu et de la grandeur de nos saints mystères avec une éloquence naturelle si douce, que ces bonnes gens en étaient puissamment touchés, en sorte qu’un de leurs plaisirs était de la visiter de temps en temps.L’un d’eux, considérant la ferveur de cette jeune chrétienne, voulut l’éprouver.Comme il était sur le point d’être baptisé et que cette enfant en ressentait une grande joie, il va la trouver au parloir des Ursulines et feignant d’avoir perdu la foi, il lui dit qu’il a peine à croire tout ce qu’on lui enseigne, et qu’il ne pense plus à son baptême.A ces paroles, voilà cette jeune fille tout en feu.“Que penses-tu faire, misérable, lui dit-elle dans une sainte colère ! Qui est-ce qui a troublé tes pensées ?Veux-tu donc aller dans l’enfer avec les démons ?Tu mourras peut-être cette nuit, et tu te trouveras avec eux avant le jour ! Ah ! le diable t’a renversé la tête.’’ Voyant qu’il continuait à faire l’infidèle, Térèse éclate en sanglots, et l’accable de reproches.Enfin, croyant qu’il n’y avait plus rien à espérer pour lui, elle le quitte et va, tout éplorée, trouver la Mère de l’Incarnation et la Mère Marie de Saint-Joseph.“Il est perdu, dit-elle, et je suis triste, car il ne veut plus croire en Dieu ; le diable l’a trompé et il dit qu’il ne se soucie plus d’aller au ciel ! Ah ! si j’eusse pu rompre la grille, je l’aurais bien battu.Les Mères étonnées se rendirent au parloir, et là ayant découvert la ruse de cet homme, elles voulurent consoler la petite, mais elle n’en pouvait rien croire et il fallut que le Révérend Père de Brébeuf l’assurât que tout cela s’était fait par artifice.” On réussit même à allumer dans les cœurs des Sauvagesses le zèle pour la conversion de leur, nation et des nations étrangères.“ Je désire demeurer en cette maison (au séminaire) toute ma vie pour instruire des filles de ma nation ”, déclare l’une d’elles à sa famille qui la réclame.“ Les hommes et les femmes sont poussés de zèle de communiquer la grâce que Dieu leur a faite, ils vont dans les autres nations porter des présents pour les attirer ici, afin qu’elles entendent la loi de Dieu et qu’elles s’y soumettent”, écrit Mère de l’Incarnation, (à suivre).Sœur Saint-Adolphe, de la C.N.D. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 423 LA COMPOSITION FRANÇAISE À L’ÉCOLE PRIMAIRE {suite et fin) (1) L’été dernier, MM.les Inspecteurs, réunis pour la correction des épreuves du Certificat, nous ont fait remarquer, et avec combien de raison, le manque absolu d’accents et de ponctuation dans les devoirs des élèves.Ils nous ont demandé de faire tout en notre pouvoir pour corriger ce défaut, chacune en notre sphère.Je puis parler d’autant plus librement que les copies nous venaient de plusieurs districts où maîtresses et élèves m’étaient parfaitement inconnus ! Un grand nombre d’épreuves ne portaient que quelques rares accents, peu ou pas de points à la fin des phrases ; de virgules, jamais.Preuve d’un manque de vigilance évident de la part des institutrices.A un moment donné une enveloppe nous fut apportée.Une maîtresse avait voulu sans doute, et avec raison, préparer de belles feuilles à ses enfants.Elle avait tracé des lignes à l’encre rouge, elle avait écrit elle-même le nom de ses élèves, le lieu où se passait l’examen, la matière du concours.Or, elle n’avait pas mis un seul accent, pas une seule ponctuation .Il va sans dire que les devoirs des élèves portaient les mêmes traces de désordre.Quel intérêt peut avoir un enfant à relire ses feuilles qu’il comprend à peine, parce que le manque de ponctuation leur enlève toute clarté ?L’insouciance naturelle aidant, il abandonne un travail qui lui semble trop ardu.De son côté, quel plaisir peut avoir une maîtresse à corriger des devoirs qui sont tout à fait incompréhensibles, tant qu’ils n’ont pas été lus, relus et ponctués ?C’est un des pénibles labeurs de l’institutrice que la correction de la composition aux différentes années du cours.Pourquoi le compliquer de ces détails assommants qui dégoûtent la maîtresse de sa tâche et la lui font abandonner souvent ?.Il est un autre défaut que nous avons remarqué en juin dernier, défaut plus grave celui-là, car il s’agit du fond, et par là-même de la valeur essentielle de la composition : plus du tiers des devoirs n’étaient pas dans le sujet.Cela encore dépend souvent de l’institutrice.On a un devoir à faire, comme l’été dernier, je suppose, sur un personnage de l’histoire du Canada.On s’étend sur l’étude de l’histoire, sur les leçons qu’on reçoit, sur l’attrait qu’on éprouve pour cette branche, etc .On parle de tout, excepté du personnage en question.Tout de même, avant de conclure, ou plutôt en guise de conclusion, on écrit de trois à six lignes sur le héros dont on devait faire le portrait.Ce n’est pas là être dans son sujet.Or, c’est à nous, institutrices, que revient le devoir de faire comprendre aux élèves ce que c’est que de développer un sujet, et non parler à côté.A partir de la cinquième année, sinon de la quatrième, il est presque indispensable de faire dresser à l’élève le plan de sa composition.Montrons-lui comment s’y prendre pour trouver des idées, apprenons-lui à distinguer entre les idées essentielles et les idées accessoires.Il va sans dire que l’étude des textes de littérature est, à ce point de vue, d’une importance capitale.On ne saurait craindre d’en faire un usage trop fréquent, Il ne faut pas non plus — et je reviens sur ce sujet — demander à un enfant des considérations au-dessus de sa portée.Mgr Ross nous dit avec combien de justesse : “ L’enfant s’ingénie à se créer des sentiments factices et faux, si on lui demande d’écrire sur une chose qu’il ignore .On ne s’y prendrait pas autrement si on voulait l’habituer à mentir.” Obligé d’accomplir sa tâche, il fera du verbiage, mais son devoir ne vaudra rien.Un exemple : On invite les élèves, à brûle-pourpoint, à écrire une composition (1) Voir Y Enseignement Primaire de janvier et février (no 6) 1937. 424 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE sur le chanvre ou le lin, on leur demande de décrire telle machine, tel instrument, et on ne s’est pas mis en peine de leur expliquer, au préalable, très intuitivement les diverses manipulations que l’industrie fera subir à ces plantes, on ne leur a pas fait comprendre le mécanisme de la machine en question.N’est-ce pas là exiger une chose impossible?Se souvenant de quelques bribes de phrases retenues au cours de leurs lectures, les écoliers aligneront des mots, le travail d’idées sera nul.Et le tort en sera à nous qui les aurons mis dans le cas d’agir ainsi.Il serait à propos de dire ici combien il est indispensable d’approprier les sujets de composition au milieu dans lequel vivent les enfants, afin d’y mettre le plus d’actualité possible.Je signale ce point seulement à votre attention, assurée que nos manuels de pédagogie sauront vous renseigner mieux que moi et que d’ailleurs vous êtes persuadés de son importance.En cinquième et sixième années, le genre épistolaire doit être tout spécialement étudié.Il ne devrait guère se passer de semaines, sans qu’un élève de cinquième ou de sixième ait une lettre à faire.Les manuels sont avares de détails à ce sujet.A nous de suppléer et de trouver les mille et une circonstances de la vie où il faut savoir écrire une lettre.Faisons remarquer à l’élève les nombreux points à soigner dans un devoir de ce genre.Le corps de la lettre est habituellement passable, mais l’en-tête et la finale accusent souvent une profonde ignorance.Remédions à ce mal par des indications très précises.Enfin donnons de l’initiative à nos élèves.Laissons-les voler par leurs propres ailes, penser par leur propre esprit.Certaines maîtresses ont une méthode personnelle, des expressions préférées ; elles retrancheront impitoyablement des choses fraîches, charmantes, magnifiques parfois ; c’est une espèce de vandalisme.L’enfant n’est pas obligé de penser comme nous, de s’exprimer de même.Pourvu qu’il nous donne du français authentique, pourquoi ne pas lui laisser ses idées neuves, et sa manière jeune de se raconter ?Par contre, n’allons pas admirer béatement ces faiseurs de phrases ampoulées et obscures, qui ne savent même pas ce qu’ils disent.Certaines maîtresses se demandent si l’utilité est bien réelle pour l’élève de recopier toutes ses rédactions corrigées.Je le crois — et pour toutes les années du cours — sauf si la note avait été très bonne.Les enfants sont si légers, qu’ils ne prennent même pas la peine de regarder, encore moins de raisonner les corrections faites à leur travail.Celles-ci deviendront certainement plus efficaces, si l’écolier est dans l’obligation de transcrire sa rédaction avec les retouches judicieuses faites par la maîtresse.Ici, c’est bien le cas de le dire : “ Celui qui écrit lit deux fois ! ” Une méthode qui a fait ses preuves — vous en avez peut-être de meilleures — est de souligner simplement les fautes d’orthographe.L’élève corrige lui-même dans la marge, vis-à-vis du mot.Si c’est un mot qu’il ignore, la maîtresse l’écrit, et l’enfant recopie.Mais pour cela, il est presque indispensable que l’élève ait deux cahiers de composition.De cette façon, il ne remet jamais le même deux fois de suite, et il a tout le loisir nécessaire pour constater ses fautes d’orthographe, en faire la correction, et copier son devoir à la suite de celui qui a été remanié par le professeur.En recevant un cahier, il nous est très facile de jeter un coup d’œil sur le devoir précédent, pour constater de visu si nos indications ont été suivies.Un mot a-t-il été mal orthographié une seconde fois, on le souligne de nouveau ou on le corrige ; mais l’élève devra encore copier dans la marge.On écrit au-dessus des phrases mal construites l’expression correcte, le terme clair, de façon que l’élève puisse faire une comparaison.Habituellement, l’enfant recopie son propre travail.Si ce dernier était trop pauvre d’idées ou de langage, inutile de corriger à fond ; il suffirait d’inscrire la note, et de faire copier un bon devoir d’élève, ou encore, celui du livre. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 425 Afin de sauver du temps au cours de l’explication des compositions en clasge, il est très pratique de noter dans un carnet ou sur une feuille volante, au fur et à mesure de la correction individuelle, certaines expressions défectueuses, certains écarts de l’imagination, qu’on signale ensuite à toute la classe réunie.On peut lire aussi quelques bons devoirs.Je m’arrête sur ces quelques remarques relatives à la correction des devoirs, assurée qu’il resterait encore immensément à dire sur le chapitre qui nous occupe, et persuadée avec vous que, dans l’accomplissement d’une pareille tâche, un travail persévérant et des recherches personnelles restent encore l’indispensable comme la meilleure garantie du succès.Encourageons-nous à la pensée qu’en donnant à nos enfants la connaissance et l’amour de notre belle langue française, nous faisons, à la fois, œuvre de patriotisme et de religion .Et n’oublions pas que nous possédons dans l’enseignement de cette branche si difficile qu’est la composition française, un des plus puissants moyens de travailler à la formation intégrale de l’enfant, notre ambition comme éducatrices, surtout comme éducatrices chrétiennes et religieuses.Une Sœur de la Charité de Saint-Louis.L’ENSEIGNEMENT DE L’HISTOIRE NATIONALE AU COURS COMPLEMENTAIRE (1) (Pour Y Ense ignement Primaire) 6.—Histoire économique.— Cette histoire commence par les luttes de l’homme contre la nature : lutte contre le sol, ne produisant de lui-même que des ronces et des épines ; lutte contre le climat, l’isolement, la maladie ; lutte contre les forces de la nature, les bêtes féroces et l’homme lui-même.Peu à peu, il apprend à cultiver la terre, à domestiquer les animaux, à planter les arbres fruitiers, à se construire une habitation plus saine, à se tisser des vêtements plus chauds.L’échange des produits contribue à l’institution des marchés et des foires.Le développement des voies de communication favorise les rapports entre régions ; les débouchés sur les pays étrangers déterminent les premiers essais de législation internationale.Les ports reçoivent un aménagement plus parfait à mesure que les navires les fréquentent en plus grand nombre.Les industries se multiplient en raison des débouchés : alimentation, vêtement, habitation et ameublement, produits de la ferme, produits de la forêt, extraction de la houille et des métaux, etc.Les corporations s’organisent pendant le règne de saint Louis ; les syndicats de nos jours les ressuscitent sous une forme moderne.Ne pas oublier de mentionner, avec des preuves, l’influence de l’Église et de la civilisation chrétienne sur le progrès matériel ; agriculture, industrie, commerce, etc.(1) Voir Y Enseignement Pr imaire de janvier 1937. 426 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 7.—Progrès intellectuel et moral.— Aux premiers siècles de l’ère chrétienne, ce progrès se fait par l’Église : écoles élémentaires, catéchuménats, écoles cathédrales et monastiques, didascalies ; formation des diocèses et des paroisses.Les Universités, Organisées aux XIIe et XIIIe siècles, sont le couronnement du système scolaire conçu par l’Église.Au cours des siècles, les écoles se multiplient.Elles étaient déjà nombreuses en Nouvelle-France sous le régime français.Ne pas passer sous silence les ordres et congrégations voués à l’enseignement ; un bon nombre sont d’origine française ; d’autres ont été fondés sur le sol canadien.Us ont créé de nombreuses écoles de tous genres dans le monde entier et honorent les pays qui les ont vus naître.Donner, à l’occasion, un aperçu de l’état des lettres, des sciences, des arts, au moyen âge, sous François 1er, sous Louis XÏV, au XVIIIe siècle et au XIXe.Faire connaître quelques écrivains, savants et artistes actuels.Mettre en évidence le rôle patriotique des artistes.Les peintres ont représenté les grandes scènes et les personnages illustres de notre histoire ; les sculpteurs nous ont laissé des statues et des monuments ; les architectes ont élevé nos cathédrales et nos édifices nationaux ; les musiciens ont composé nos hymnes patriotiques et nos chants populaires.Ajouter que tout progrès matériel et intellectuel est imparfait, s’il n’est accompagné du progrès moral.La fidélité aux lois morales est la source la plus féconde de toute vraie civilisation.8.Inventions et découvertes scientifiques.— Il ne s’agit pas d’esquisser un cours d’histoire des sciences, mais de faire comprendre la portée de certaines inventions et découvertes : le feu, la domestication des bêtes, l’imprimerie, les machines de précision, la circulation du sang, les théories microbiennes, etc.Certaines inventions ont bouleversé les relations sociales : la boussole, la locomotive, l’application de l’électricité, le télégraphe, le téléphone, l’auto, l’avion, la T.S.F., la télévision, de même que le développement du machinisme dans l’industrie.Montrer que ces découvertes attestent la puissance de l’esprit humain ; elles sont bonnes en elles-mêmes et contribuent à rendre la vie plus agréable et plus utile.Apprendre aux enfants à honorer les hommes qui, par leurs inventions et leurs découvertes, sont devenus des bienfaiteurs de l’humanité : Pasteur, Branly, Tellier, etc.(à suivre) Louis Riboulet.UN CENTENAIRE REMARQUABLE Pamphile Lemay Pamphile Le May est né à Lotbinière, au rang de Saint-Eustache, le 5 janvier 1837.Il fit au Séminaire de Québec ses études classiques, et à l’Université Laval, ses études de Droit.Pendant qu’il fait son Droit à Québec, il rencontre Louis Fréchette.Tous deux nouent une fervente amitié qui durera toute leur vie.Tous deux écoutent chanter Crémazie.Us rôdent autour de la librairie où le poète groupait ses admirateurs et les ouvriers du mouvement littéraire de 1860.Us entrent bientôt dans ce mouvement. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 427 Pamphile Le May publie dès 1855 son premier recueil : Essais poétiques et la traduction en vers de YÉvangéline de Longfellow.— Suivront les ouvrages en vers : Les vengeances (1875) ; Une gerbe (1879) ; Fables canadiennes (1882) ; Petits poèmes (1883) ; Les gouttelettes (1904) ; des recueils de morceaux choisis : Les épis (1914) ; Reflets d'antan (1916).Le a écrit en prose : Le pèlerin de Sainte-Anne (1877) ; Picounoc-le Maudit (1878).Il traduisit le Golden Dog de William Kerb y.Le Chien d’or (1884).Il fit ses comédies en prose: Rouge et Bleu (1891) ; Entendons-nous (1914).De jolies pages de terroir : Fêtes et Corvées (1898); Contes vrais (1899).Pamphile Le May composa son ouvrage en marge de ses travaux de traducteur à l’Assemblée législative de l’Union d’abord (1860-1867), puis de conservateur de la Bibliothèque de l’Assemblée législative de Québec (1867-jl892).m Le citadin qu’il dut devenir aima toujours retourner à la campagne.Il y retrouvait l’inspiration nécessaire.Le May fut avant tout un poète rustique : “ Mon âme est une lyre aux branches suspendues ”, écrira-t-il un jour.Il aima chanter Lotbinière et toutes les traditions pieuses et joyeuses de la campagne canadienne.Il mit dans ses vers du rêve, des souvenirs, des paysages et de la nonchalance.Il y a plus de vérité que d’art dans ses poèmes.C’est à cause de leur vérité que ces poèmes ont séduit les lecteurs contemporains du poète.Le May fut si vrai, si spontané, et si sympathique qu’il méritait de survivre.L’homme mourut à Deschaillons le 11 juin 1918 ; le poète n’a pas cessé d’être aimé et loué.Camille Roy, P.A., Recteur de V Université Laval.CONGRÈS D’ËDUCATION Du 4 au 8 décembre 1936, l’Alliance catholique des Professeurs de Montréal conviait ses membres ainsi que tous les professeurs de l’enseignement primaire à l’Auditorium du Plateau.Elle tint pendant trois jours un congrès d’éducation dont les sujets traités s’étendent aux trois domaines, religieux, national et social.Champ vaste, pourtant parcouru dans les limites tracées, grâce au savoir-faire et à l’esprit de décision du président actif, M.Wilfrid du Cap.Cet article, qui n’est qu’informatif, ne vise nullement à l’appréciation des travaux présentés.Il veut tout simplement donner aux lecteurs empêchés d’y prendre part une idée de la tâche entreprise.Trois jours durant, une foule compacte remplit constamment le vaste auditorium.Les quatre mille (4000) instituteurs ou institutrices primaires catholiques de Montréal sont heureux de se rencontrer, d’échanger leurs idées et de collaborer plus étroitement, sur un même théâtre, à l’œuvre commune.Pour la circonstance, les écoles primaires catholiques de langue française bénéficiant d’un congé, rien n’empêche les instituteurs de cette catégorie d’assister au congrès.Les professeurs des institutions indépendantes y sont également les bienvenus ; il y a pour eux aussi avantage et profit à y participer, et la masse des éducateurs semble l’avoir compris.On y remarque, en plus des instituteurs, des prêtres, des directeurs d’œuvres de jeunesse, des hommes de profession, des professeurs de collèges.Certaines maisons tiennent à se faire représenter constamment par l’un ou l’autre des membres de leur personnel, selon la liberté laissée à chacun par l’exercice de son emploi.Répartition des travaux Deux genres de travaux caractérisent le congrès : a) les grandes conférences du soir, traitées par des spécialistes de l’enseignement universitaire ; b) les séances d’étude de la matinée et de la soirée auxquelles collaborent exclusivement les instituteurs primaires des deux sexes, religieux et laïques.Vu la supériorité incontestable et la renommée des universitaires, vu les programmes artistiques qui accompagnent leurs conférences et l’habileté des orateurs chargés des présentations, ces séances attirent des invités de marque et un public choisi.Ces distingués savants sont si avan- 428 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE tageusement connus de tous que nos modestes éloges n’ajouteraient rien à leur célébrité ; qu’il suffise de les nommer dans l’ordre chronologique de leurs conférences : l’abbé Philippe Perrier, aumônier de la Retraite Saint-Benoît, ancien visiteur et commissaire des écoles de Montréal ; l’abbé Lionel Groulx, professeur d’histoire du Canada à l’Université de Montréal ; M.Esdras Minville, professeur à l’École des Hautes Études commerciales ; l’abbé Olivier Maureault, P.S.S., recteur de l’Université de Montréal.Dans un décor plus modeste, avec moins d’apparat, les instituteurs traitent dans les séances d’étude, d’enseignement quotidien ou de questions d’éducation pratique.L’ordre invariablement suivi dans l’étude des questions comporte un exposé de la doctrine, un rapport, un sujet de discussion et l’expression des vœux.Au moins soixante-dix orateurs, tous praticiens de l’enseignement, sont ainsi entendus, chacun faisant bénéficier les autres du fruit de sa science et de son expérience.Des six grandes séances d’étude, deux avaient pour objet la formation religieuse, deux la formation nationale et deux la formation sociale.Formation religieuse Monsieur Raoul Duplessis, principal de l’école du Christ-Roi, fait l’exposé de la doctrine.Six rapports sont ensuite présentés sur ce sujet par M.Jules Paquette, de l’école St-Barthélemy; le Frère Josaphat, directeur des œuvres des Frères du Sacré-Cœur ; le Frère Quintillien, F.E.C., de l’école supérieure Chomedy de Maisonneuve ; le Frère Rembert-Marie, des Frères de St-Ga-briel, assistant de l’aumônier, division de J.E.C.primaire ; M.Donat Durand, de l’école normale Jacques-Cartier ; M.Alain de Bray, de l’école St-Gérard.Les sujets de discussion ont été préparés par Mlle Louisette Goulet, de l’école St-Barthélemy ; Mlle Eva Rodier, de l’école Ville-Marie ; Mlle Thérèse Thériault, directrice-adjointe à l’école Jacques-Viger ; Mlle Maria Vouquirakis, de l’école Lartigue ; Mlle Anna Bonin, de l’école St-Paul : le Frère Léopold, C.S.C., directeur de l’école Dujarié.Étaient chargés d’exprimer les vœux, le Frère Régis-Aimé, des Frères Maristes, directeur de l’école Lambert-Closse ; le Frère Régis, directeur de l’école normale des Frères de la Charité ; M.Eugène Potvin, de l’école Jacques-Viger ; M.Roland Vinette, de l’école Jean-Talon : M.Gustave Bellefleur, principal de l’école Jacques-Viger ; M.Ernest Harbec, de l’école St-Jean de Matha.Formation nationale M.Joseph Dansereau, principal-adjoint de l’école supérieure du Plateau, et vice-président de la société St-Jean-Baptiste de Montréal, fait l’exposé de la doctrine.Des rapports sont présentés sur le sujet par M.Georges-E.Dion, principal-adjoint de l’école de la Dauversière : M.Édouard Péloquin, de l’école St-Jean de la Croix ; M.Léo Guindon, de l’école Adélard-Langevin, président du comité régional de l’Est de la société St-Jean-Baptiste.Les sujets de discussion ont été préparés par M.Jules Massé, de l’ecole Plessis, président de la société du Bon Parler français ; M.Sylvio Paquin, de l’école St-Vital ; Mlle Marie-Ange Ma-dore, de l’école St-Laurent ; M.Roland Boudreau, de l’école Louis-Hébert.Étaient chargées d’exprimer les vœux, Mlle Jeanne Meunier, de l’école Dollard des Ormeaux ; Mlle Albertine Rodier, de l’école Souart ; la révérende Sœur Ste-Flore d’Auvergne, directrice générale des études des religieuses de Sainte-Croix ; Mlle Jeanne Larocque, de l’école Ste-Philomène.Formation sociale M.Eudore Pleau, professeur à l’école supérieure de Lévis, fait l’exposé de la doctrine.Six rapports sont ensuite présentés sur le sujet par Mlle Antoinette Bertrand, de l’école Paul-Bruchési, commissaire de district des Guides catholiques de Montréal ; le Frère Adrien, C.S.C., directeur-fondateur des cercles des Jeunes Naturalistes ; Mlle Françoise Magnan, de l’école St-Marc ; M.Léopold Pelletier, de l’école Jean de Brébeuf ; M.Jean Tremblay, de l’école supérieure du Plateau ; M.Laurent St-Georges, de l’école St-Jacques ; le Frère Henri Paquette, C.S.V., directeur de l’école supérieure St-Viateur ; Mlle Mercédès Grégoire, directrice de l’école Ste-Mar-the ; M.l’abbé Irénée Lussier, visiteur des classes auxiliaires.Les sujets de discussion ont été préparés par M.Henri Dubreuil, de l’école St-Henri ; le Frère Denis, F.E.C., du Mont-St-Louis, secrétaire des cercles des Jeunes Naturalistes ; M.Roma Nan-tel, de l’école supérieure de Lévis ; le Frère Joseph-Azarias, des Frères Maristes, directeur du collège Laval ; le Frère Honorât, des Frères du Sacré-Cœur, préfet des études à l’académie Roussin ; M.Paul Lamontagne, instructeur des travaux manuels à la Commission des Écoles de Montréal ; Madame Edgar Laperrière, de l’école St-Gérard.Étaient chargés d’exprimer les vœux, M.Guido Morel, principal de l’école Le Caron, commissaire diocésain des Scouts catholiques ; Sœur Jean-Eudes, directrice des cercles de Jeunes Naturalistes des Sœurs de Ste-Anne ; Frère Liguori, F.I.C., directeur de l’école St-François-Xavier ; M.Treffié Boulanger, de l’école St-Gérard ; Sœur François-Marie, assistante de la maîtresse générale des études des SS.des SS.NN.de Jésus et Marie ; Sœur Gérin-Lajoie, supérieure et fondatrice de l’Institut Notre-Dame du Bon Conseil. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 429 Présidents des conférences Les conférences du soir sont sous la présidence respective de M.Victor Doré, président général de la Commission des Écoles catholiques de Montréal ; l’honorable J.-A.Paquette, M.D., secrétaire de la Province de Québec ; M.l’abbé Adélard Desrosiers, principal de l’école,normale Jacques-Cartier ; l’honorable Cyrille Delâge, surintendant de l’Instruction publique de la province de Québec.Présidents des séances d’étude La présidence des séances d’étude est confiée à Mgr V.-J.Piette, président de la Commission pédagogique ; M.J.-M.Manning, directeur des études de la Commission des Écoles ; M.C.-J.Miller, inspecteur général des écoles primaires de la Province de Québec ; M.l’abbé J.-O.Maurice, visiteur général de la Commission des Écoles de Montréal ; la révérende Sœur Ste-Anne-Marie, C.N.D., et le R.P.Alphonse de Grandpré, C.S.V., représentant les communautés religieuses.Place faite aux arts La partie artistique des quatre grandes séances du soir au Congrès de l’éducation a pris une telle envergure qu’il est juste de la signaler, dit la Presse.A part l’excellente Manécanterie des Petits Chanteurs à la Croix de Bois d’Hochelaga, sous la direction du Frère Séverin, C.S.C., le nombreux auditoire a eu l’occasion d’entendre aussi l’Association chorale St-Jean-Berchmans ; sous la direction de M.M.-A.Routhier, professeur à l’école St-Jean-Berchmans ; le Chœur des Instituteurs de Montréal, sous la direction de M.Charles Denhez ; le Chœur des Institutrices de Montréal, sous la direction de Mlle Suzanne Denhez.En plus, par une délicate courtoisie de la compagnie France Film, les congressistes ont pu voir et entendre des films comme Maria Chapdelaine, Don Bosco, et Cloîtrées, ce dernier film sur la vie des Sœurs du Bon-Pasteur, offert en primeur.L’Associated Screen News a présenté pour sa part les très intéressants commentaires sur le “ Festival des écoliers 1936, “ La Gaspésie ”, “ Noranda ” et autres.Le Congrès et l’autorité Les membres de l’Alliance catholique des Professeurs ont affirmé de plus d,’une manière leur soumission à l’autorité civile et ecclésiastique.La première page du programme proclame que cette manifestation d’éducation est placée sous le haut patronage de Son Excellence Mgr Georges Gauthier, archevêque-coadjuteur de Montréal.Plus loin, les membres prient Son Excellence de bien vouloir accepter l’hommage de leur filial attachement à la sainte Église et de leur respectueuse soumission.Voilà des termes clairs ; ils ne comportent aucune équivoque.Le premier jour du congrès, un marconigramme adressé au Souverain Pontife Pie XI assure Sa Sainteté du filial attachement des membres de l’Alliance et sollicite ses bénédictions.Au cours d’une séance, arrive la réponse du cardinal Pacelli, secrétaire d’État papal.Le président en fait aussitôt la lecture ; la foule l’écoute debout, au milieu du plus religieux silence.On remarque la même déférence et le même respect à l’égard de l'autorité civile.La Commission scolaire, dont dépendent les membres de l’Alliance, a été invitée à prêter son concours.C’est M.Victor Doré, président général, qui a fait l’ouverture officielle du congrès ; et toutes les séances d’étude-sont ensuite présidées par l’un ou l’autre des fonctionnaires de cette même Commission.Des représentants provinciaux, on l’a déjà noté, figurent également.Le secrétaire provincial, l’inspecteur général des écoles primaires et le surintendant de l’Instruction publique ont aussi l’occasion de présider des séances et de porter la parole.Atmosphère du Congrès Ce mouvement d’initiative laïque s’enveloppe du commencement à la fin d’une atmosphère religieuse et patriotique.Une prière ouvre les séances.Des religieux et des religieuses de tout costume bigarrent la foule des auditeurs.Seize d’entre eux présentent sur la scène d’intéressants travaux.Des quatre grandes conférences, trois sont données par des prêtres ; un autre prêtre présente un sujet d’étude et plusieurs prononcent des allocutions.Les programmes artistiques ou récréatifs portent le même double cachet : les films sont ou religieux ou patriotiques.La Manécanterie de la Nativité est dirigée par un religieux et les exécutants portent le blanc costume monacal.Le jour de l’ouverture, maîtres et élèves entendent la messe et communient à l’intention du congrès.Le 8 décembre, fête de l’immaculée Conception, les congessistes clôturent leurs travaux par une grand’messe à l’église Notre-Dame ; ils y affirment leur foi par le chant du Credo.Son Excellence Mgr Deschamps, auxiliaire de Montréal, assiste au trône et prononce le sermon.Voilà des actes qui parlent en faveur des promoteurs.Et l’on passe ici sous silence les nombreux sujets d’étude où la formation religieuse est franchement et crânement abordée.Quand les adversaires crient bien haut leurs erreurs et s’efforcent 430 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE de les répandre, pourquoi des éducateurs catholiques craindraient-ils d’afficher publiquement leurs convictions religieuses ?Pendant toute la durée du congrès, chacun porte fièrement sur sa poitrine l’insigne patriotique adopté, réplique dü drapeau de Carillon, azur et blanc fleurdelisé.Discipline du Congrès Les organisateurs n'ont rien laissé à l’imprévu.Des flèches indiquent la direction et la destination des divers locaux.Des vestiaires accommodent les différents groupes, et l’organisation d’une cafétéria est plus particulièrement appréciée.Un système de sonnerie réunit d’avance dans l’Auditorium les congressistes disséminés dans les corridors et les salles d’exposition, et les conférences commencent exactement à l’heure indiquée.Sur la scène, les microphones mis à la disposition des orateurs transmettent nettement les discours par toute l’école : les principales salles étant munies d’amplificateurs.Grâce à ce système, les auditeurs peuvent, sans rien perdre des discours, quitter la salle et se délasser un peu ; car les longues séances se succèdent sans interruption de neuf heures du matin à six heures du soir.Dans l’auditorium règne un respectueux silence.La netteté de l’audition atténuant la fatigue, l’attention se reporte naturellement vers la scène.Pareil congrès ne s’organise pas sans le concours de plusieurs officiers.Il en est d’obscurs, il en est de premier plan ; rendons hommage aux uns et aux autres.Nommons, parmi ces derniers, M.Wilfrid du Cap, président général ; M.J.-P.Labarre, principal du Plateau et président du comité de réception ; M.Antoine De Grâce, président du comité exécutif.Ces trois personnages ont joué, dans leurs attributions respectives, un rôle prépondérant.A titre de président, M.Wilfrid du Cap est l’âme du congrès.Constamment sur la brèche, il remplit pendant trois jours le rôle assez ingrat des présentations et des remerciements.C’est lui qui préside la presque totalité des séances d’étude.Sa présence d’esprit, sa souplesse et son sens de l’à-propos surent guider heureusement les discussions et soutenir l’intérêt, coupant court aux longueurs et aux hésitations.Le prestige du président et—-il faut l’admettre — la qualité des congressistes donnèrent à ce congrès un cachet particulier d’ordre et de distinction.Les cadets du Plateau, en uniforme, agissant sous les ordres du.capitaine Adélard Duguay, assurent le service, d’ordre.Us servent de guides et de placiers.Trois mots les caractérisent : politesse, prévenance, distinction.La délicatesse de leurs manières et leur empressement à rendre service ajoutent au congrès une note agréable.Il convient de les en remercier et de féliciter les habiles éducateurs qui les ont formés.Réflexions d’ordre général L’Alliance catholique des Professeurs a raison d’être fière de son congrès.Pas un instant la foule n’a diminué en nombre ni son enthousiasme ne s’est refroidi.Pareilles manifestations rendent plus courageux parce que plus unis et plus forts.Assister à un congrès vaut mieux que d’en lire un compte rendu dans sa chambre.Journaux, livres ou revues sont impuissants à peindre le spectacle d’une foule, l’état d’esprit ambiant ; il faut voir et entendre.Ce congrès traitait uniquement d’éducation ; il était organisé par des éducateurs, pour des éducateurs : donc, pour nous.Heureux ceux qui ont pu en profiter.Ils auront retiré de cette manifestation des leçons d’une utilité constante et dont l’influence s’étend à tous les domaines.Parmi d’autres avantages, le congrès aura du moins eu celui de révéler des compétences.Quelques rapports, rédigés de main de maître, ont été débités avec une sûreté et un aplomb qu’on ne trouve pas toujours chez des orateurs plus entraînés à la pratique du métier.Il en résultera dans le public un regain de confiance à l’égard des instituteurs ; et les instituteurs eux-mêmes se sentiront plus de fierté d’appartenir à un corps professionnel qui compte des membres aussi cultivés.Nos vues humaines sont trop bornées pour mesurer au juste toutes les heureuses conséquences d’un tel congrès ; il marque pourtant une étape et l’histoire de l’éducation à Montréal devra en tenir compte.Le Bulletin souscrit à la plupart des vœux formulés ; il eh émet un autre par lequel il demande instamment que les travaux présentés soient réunis en ün volume, afin que ne sombrent pas dans l’oubli tant d’excellentes idées exprimées, tant de travaux si patiemment et si soigneusement préparés.En rapprochant les divers éléments qui dispensent l’enseignement primaire dans cette métropole—religieux et religieuses, instituteurs et institutrices laïques — en les mettant à même de se connaître et de se mieux apprécier mutuellement, en invitant tous ces groupes à collaborer, le congrès a canalisé des énergies en train de s’éparpiller.Il aura inspiré aux instituteurs catholiques de notre groupe ethnique assez de fierté, assez de confiance en leur force pour qu’à l’occasion leur solidarité assure le triomphe des causes d’ordre religieux, ¦ national ou éducatif qu’ils peuvent être appelés à^défendre.(Le Bulletin des Études) Frere Anatole, C.S.C. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 431 VOEUX DU CONGRÈS FORMATION RELIGIEUSE 1 -—• L’enseignement doit initier l’enfant à la vie intérieure, que les pratiques religieuses ne sauraient remplacer.2 — La retraite fermée annuelle offre aux professeurs comme aux élèves un excellent moyen de développer la vie intérieure.3 — Le Congrès prie respectueusement le Comité catholique du Conseil de l’Instruction publique de hâter la publication d’un petit catéchisme mieux adapté à l’enseignement primaire.4— Il convient d’initier l’élève à la liturgie pour lui permettre de suivre avec plus de profit les cérémonies de l’Église.5— Le Congrès souhaite qu’on établisse autant que possible dans nos écoles des sections primaires de la J.E.C., qui fournit à l’enseignement scolaire un complément très utile sinon indispensable.6— L’enfant doit faire à l’école l’apprentissage des œuvres de charité individuelles ou paroissiales par l’Apostolat de la Prière, la Sainte-Enfance, la Saint-Vincent de Paul juvénile et la contribution à la Fédération des Œuvres de Charité canadienne-française.FORMATION NATIONALE 1 — La langue, l’histoire et la géographie offrent à l’école les moyens les plus féconds de développer chez l’enfant l’esprit national, qui doit pénétrer l’enseignement de toutes les matières scolaires.2 — Il convient de faire régner à l’école, dans l’enseignement, dans le langage et dans la décoration des classes, une atmosphère purement française.3 ¦— L’Alliance catholique des professeurs de Montréal forme le vœu que l’enseignement de l’anglais dans nos écoles primaires soit différé à la 7e année du cours et transmettra ce vœu sans retard au sous-comité chargé par le comité catholique du Conseil de l’Instruction publique d’élaborer le programme de l’enseignement primaire dans la Province de Québec.4—L’école doit inspirer aux élèves le culte du drapeau national qui symbolise toutes les aspirations des Canadiens français.5 — Le Congrès souhaite que les professeurs prêtent leur concours à la Société de Saint-Jean-Baptiste et fondent dans les écoles des sections juvéniles de la société nationale.6 — Les professeurs doivent par leur enseignement et leur exemple développer chez l’enfant le sens de la solidarité économique.7 — Il est souhaitable que les professeurs préparent les élèves à participer d’esprit et de cœur au grand Congrès de la langue française qui se tiendra à Québec en juin prochain, et que l’Alliance songe dès maintenant à sa contribution aux fêtes du tricentenaire de Montréal.FORMATION SOCIALE 1 — L’école doit développer chez l’enfant le sens social pour combattre les excès de l’individualisme.2— Les professeurs doivent étudier sérieusement l’organisation corporative.3— Le Congrès approuve le développement d’un scoutisme pénétré d’esprit national.4 — Il est souhaitable que les professeurs suivent des cours de sciences naturelles et encouragent la fondation de Cercles de jeunes Naturalistes, là où la chose est possible.5 — Le Congrès désire que l’horaire accorde à la lecture libre un temps raisonnable, que chaque école possède sa bibliothèque et qu’on favorise la fondation de bibliothèques de prêt à l’usage des enfants dans les différents quartiers de la ville.6.— Le Congrès souhaite que les autorités compétentes rendent praticable le cinéma éducateur dans les écoles.7 — Le Congrès encourage l’Alliance des institutrices à fonder un comité permanent d’étude pour la réforme et le perfectionnement de notre enseignement primaire féminin.8 — Il est souhaitable que les professeurs fassent partie du Cercle pédagogique Desrosier«. 432 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE METHODOLOGIE MIEUX CONNAÎTRE POUR MIEUX AIMER NOTRE LANGUE Explication d’auteurs français {Écoles 'primaires supérieures et Écoles normales) (Pour Y Enseignement Primaire) FRAGMENTS D’UNE MÉDITATION SUR LE CRUCIFIX (M.-A.de Saint-Amant, 1594-1661.) Je me prosterne en ce saint lieu, Au pied de la croix de mon Dieu ; C’est le seul endroit où ma tête Est à l’abri de la tempête.Pour contempler sa passion, Pour m’en faire une idée et plus vive et plus forte, Sur la montagne de Sion La grandeur de mon zèle en esprit me transporte.J’y vois d’un œil baigné de pleurs Sécher les herbes et les fleurs 10 Autour du cèdre vénérable Que dresse un peuple inexorable.J’y vois mon Sauveur attaché, J’y vois ses rudes clous, les cruelles épines Qu’il endure pour mon péché, Entre deux criminels convaincus de rapines.J’y vois languir ces chers soleils Qui n’ont qu’eux-mêmes de pareils, J’y contemple le front auguste Se courber sous un faix injuste, 20 J’y regarde ces nobles mains.J’y vois ces dignes pieds s’enfler dans le martyre, Et pour laver tous les humains, Donner tout le beau sang que la rigueur en tire.J’y vois ses cheveux humectés 25 En distiller de tous côtés Sous l’âpre et funeste couronne Qui pique ce qu’elle environne.J’y vois le titre spéciaux Qui, par dérision le traite de monarque 30 Mais qui, bien qu’artificieux, • Porte de ce qu’il est la vraie et haute marque. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 433 J’y vois le sceptre ami des eaux J’y vois la mort aux grands ciseaux Dont son fil même est tributaire 35 En ce supplice volontaire.J’y vois de ces bras étendus Frémir la chair, les nerfs, les muscles et les veines.Et des tourments qui nous sont dûs Son corps en chaque part faire ses propres peines.40 Un incroyable excès d’amour Le presse de perdre le jour, Pour nous garantir des ténèbres Où régnent les plaintes funèbres.Il trouve en ce terrible pas 45 De sa trop prompte fin l’approche encor trop lente, Et son cœur souffre en un trépas Et la mort naturelle et la mort violente.J’y vois changé, j’y vois éteint Le divin éclat de ce teint ; 50 J’y vois flétrir les saintes roses Qui dirent tant de graves choses.J’y vois porter pour tout secours L’aigre et vaine liqueur dont se grossit l’éponge.Mon seul refuge est sans recours, 55 Et dans notre néant son Être humain se plonge.COMMENTAIRE LITTERAL V.1.— Je me prosterne : se prosterner signifie s’abaisser jusqu’à terre, devant quelqu’un, en signe de respect.En ce saint lieu : le poète se suppose dans une église, une chapelle, un oratoire.V.3.— Est à l’abri de la tempête : probablement, à l’abri des tentations violentes qui assaillent l’âme comme une tempête.V.6.— Une image plus vive : plus vivante.— C’est, d’ailleurs, le sens premier de vif.Et plus forte : dont le relief, la couleur agiront plus vigoureusement sur l’esprit.V.7.— La montagne de Sion : périphrase un peu solennelle, pour désigner la colline du Calvaire aux portes de Jérusalem.—¦ Périphrase un peu inexacte, aussi, le Calvaire n’étant pas la seule montagne située près de la ville.V.8.— Zèle : empressement, ardeur à servir quelqu’un.En esprit me transporte : le poète use ici du procédé recommandé par les auteurs spirituels : en imagination, il se représente la scène sur laquelle il veut méditer.V.10.— Sécher : bien entendu, sens intransitif.Les herbes et les fleurs sèchent.V.11.— Cèdre vénérable : le poète suit la tradition (cf.dans le numéro précédent, le sonnet de Racan) d’après laquelle la Croix du Christ était en bois de cèdre.D’où, l’épithète vénérable.V.14.— Rudes clous : à la fois, durs au toucher, et durs à souffrir._ .¦ Cruelles épines : appliqué à une chose, à un événement, l’adjectif cruel signifie qui fait souffrir violemment.V.15.— Qu’il endure : il endure les clous, les épines.Expression concise, énergique.V.15.— Rapine : vol accompli avec violence.V.17.— Ces chers soleils : métaphore du style précieux pour désigner les yeux.V.19-20.— J’y contemple.se courber: nous dirions maintenant je contemple le front auguste qui se courbe.— Mais la construction se justifie très bien, puisque nous disons je vois, je regarde le front se courber.V.20.— Faix : charge pénible à supporter.— Même racine que faisceau.V.22.— Ces dignes pieds : le corps du Christ, et tous ses membres, les pieds eux-mêmes, participent à sa dignité. 434 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Martyre : ici, souffrance excessive.V.24.— La rigueur : s.e.des bourreaux.— Ce mot désigne une sévérité inflexible.V.25.— Humectés : mot à mot, rendus humides.Plus simplement, mouillés.V.26.— En distiller: 1° distiller, laisser couler goutte à goutte ; 2° En, du sang.Emploi partitif.V.‘11.— Apre : rude au toucher.Funeste : exactement, qui apporte la mort ; puis qui apporte le malheur.V.29.— Spécieux : qui a les apparences du vrai, d’où trompeur.Titre spécieux : l’écriteau que Pilate fit planter au sommet de la croix, avec cette inscription : Jésus de Nazareth Roi des Juifs (I.N.R.I.) V.30.— Dérision : moquerie.Monarque : celui qui est le seul maître.V.31— Artificieux : qui cherche à tromper.— En fait, au sens humain du mot, Jésus n’était pas Roi des Juifs.V.32.— Ce qu’il est : Mais au sens surnaturel, Jésus est réellement Roi des Juifs et de tous les hommes.Marque : signe distinctif.— Haute marque : l’adjectif n’exprime plus ici qu’une idée d’excellence.J’aime à penser, du moins, que Saint-Amant ne joue pas sur le mot
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