L'enseignement primaire : journal d'éducation et d'instruction, 1 juin 1937, Juin
58* Vol.Québec, Juin 1937 N° 10 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE ÉDUCATION — INSTRUCTION M.C.-J.MAGNAN Qui dit aujoubd’hui adieu à ses lecteurs de Y Enseignement Primaire, REVUE À LAQUELLE IL'COLLABORE DEPUIS 1885 ET QU’lL DIRIGE DEPUIS 1890. 626 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE AVIS IMPORTANT AUX ABONNÉS Prière de ne -pas renouveler votre abonnement pour la prochaine année scolaire.A compter de septembre 1937, Y Enseignement Primaire deviendra l’organe officiel du Département de l’Instruction publique.Ce bulletin administratif sera adressé gratuitement aux écoles et aux institutions d’enseignement de la Province de Québec.ADIEU A MES LECTEURS Québec, dimanche, 7 heures du soir, 2 mai 1937.Chers lecteurs, » Je choisis cette heure du couchant, “ une heure d’une douceur infinie ,” pour vous faire mes adieux comme directeur de Y Enseignement Primaire.Le soleil enflamme encore le Chemin Sainte-Foy, route vraiment nationale, car elle fut le témoin des admirables chevauchées qui illustrèrent notre histoire sous le régime français.La sérénité de l’heure ajoute à la solennité, pour moi, du moment où je trace ces lignes.Ce n’est pas en vain que pendant un demi-siècle près on tend son esprit et son cœur vers le même but, que l’on verse le meilleur de son âme dans le cœur et l’esprit de milliers de lecteurs (1).Multiples lectures, longues soirées de travail dont le silence n’est troublé que par le tic tac monotone de l’antique horloge, souvenir précieux d’une grand’mère maternelle bien aimée ; bruit de la plume courant des heures sur le papier blanc ; plaisir de consacrer ses loisirs à la plus belle des causes, celle de l’enseignement chrétien ; enthousiasme au service de la patrie cana-dienne-française, même dans les plus modestes exercices scolaires ; plaisir sincère de mettre à l’honneur les meilleurs écrivains catholiques et de dénoncer les mécréants de la pédagogie, de la littérature et de la science “ dont le talent ne put jamais absoudre le cynisme de leur pensée ” ; joie profonde de soulager le labeur des maîtres et des maîtresses de l’enfance, labeur souvent mal récompensé ; bonheur incomparable de communiquer à la jeunesse de son pays l’amour de l’Église, la dévotion au Pape, ces deux sentiments puissants qui me guidèrent durant ma longue carrière et que je dois à des parents et à des grands parents chez qui la foi du charbonnier, une grande foi catholique, fut la souveraine maîtresse de leur vie : voilà la synthèse d’une vie de travail allègrement vécue.Au soir de ma vie, je puis dire avec le poète : “ La vie est bonne avec un saint amour qui n’a blessé personne.” Je ne brise pas ma plume : elle restera au service de l’Église et de la Patrie.En cessant la publication de Y Enseignement Primaire comme revue pédagogique, j’obéis aux conseils de la prudence : réservant la santé que la Providence me laisse à l’accomplissement de mes devoirs officiels qui ont triplé depuis vingt ans.(1) Voir “ le Journalisme pédagogique au Canada français ” dans Y Enseignement Primaire de 1935-36, aux pages 345, 410, 490, 564, 617. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 627 Dans la lettre publiée ci-après, je donne les raisons de ma retraite du journalisme pédagogique.Adieu, chers lecteurs, et soyez remerciés de la sympathie constante que vous m’avez témoignée.Adieu aussi, collaborateurs dévoués.Je suis au soir de la vie, je dois donc garder mes veillées, jusqu’ici consacrées à Y Enseignement Primaire, à mettre en ordre et à terminer des études simplement ébauchées.Ma dernière pensée, je l’emprunte à Mgr Baunard : “ C’est au soir de la vie que le moissonneur ramasse les épis pour les lier en gerbes C.-J.Magnan.LETTRE DU DIRECTEUR DE L’“ ENSEIGNEMENT PRI-MAIRE ” AU COMITÉ CATHOLIQUE DU CONSEIL L’INSTRUCTION PUBLIQUE Québec, le 3 mai 1937.Honorable Cyrille-F.Delâge, Surintendant de l’Instruction publique, Président du Comité catholique, Québec, P.Q.Monsieur le Surintendant, Il y aura exactement trente-neuf ans le 12 du présent mois, à la session du Comité catholique du Conseil de l’Instruction publique de mai 1898, présidée par votre distingué prédécesseur, l’honorable M.P.-B.de LaBruère, que Mgr L.-N.Bégin, Archevêque de Québec, proposait, appuyé par l’honorable Gédéon Ouimet, ex-Surintendant, le vœu suivant : “ Que ce comité recommande au Gouvernement de prendre les mesures nécessaires pour que chaque instituteur et institutrice de nos écoles publiques reçoive gratuitement Y Enseignement Primaire, revue pédagogique d’une haute valeur qui, dans l’opinion de ce comité, peut produire les plus beaux résultats pour le progrès de l’éducation dans cette province ”.J’étais déjà directeur-propriétaire de cette revue.Cette proposition fut adoptée à l’unanimité.De tous les membres présents à cette réunion du Comité catholique du 12 mai 1898, un seul est encore vivant, c’est Sir Thomas Chapais.Le Gouvernement Marchand accéda au désir du Comité catholique et, depuis septembre 1898, Y Enseignement Primaire est adressé gratuitement, chaque mois, à toutes les écoles de la Province de Québec.Sous le Gouvernement Parent, cette faveur fut étendue Naux commissions scolaires, et le Gouvernement Taschereau accorda la même faveur à MM.les Curés en dehors des villes de Québec et de Montréal.Les Gouvernements Gouin, Taschereau et Duplessis ont aussi fidèlement observé la décision du 12 mai 1898. 628 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Dès 1885, je collaborais à Y Enseignement Primaire, fondé en 1880 par un éducateur renommé, feu M.J.-B.Cloutier, mon ancien professeur de pédagogie à l’École normale Laval.En 1890, je devins le rédacteur de la revue pédagogique et en 1897, le directeur-propriétaire.Publiciste pédagogique depuis cinquante-deux ans, sans interruption aucune, je crois sage de déposer ma plume et de me consacrer tout entier à mes devoirs d’état officiels, devenus chaque année plus nombreux et plus lourds de responsabilités.Avec le concours précieux de l’assistant que le Gouvernement m’a récemment accordé dans la personne de M.Roch Aubry, je désire mener à bonne fin, sous la direction de Monsieur le Surintendant, l’organisation des Écoles normales de religieuses dans les Maisons-Mères et les Maisons-Provinciales des Communautés religieuses de femmes en notre province et collaborer activement à la réforme de nos écoles normales de filles.C’est pourquoi, j’ai informé l’honorable Secrétaire de la Province qu’à compter de juin prochain, je cesserais la publication de l'Enseignement Primaire comme revue pédagogique.En reconnaissance des bienfants reçus du Gouvernement de ma Province, du Comité catholique et du Département de l’Instruction publique, je cède gracieusement ma revue à ce dernier pour qu’elle en devienne l’organe administratif sous forme d’un bulletin trimestriel.L’honorable Albini Paquette, Secrétaire de la Province, s’est rendu avec regret à ma décision que je crois sage à mon âge, remerciant néanmoins la Providence de me laisser une excellente santé.L’honorable M.Paquette, désireux de faire bénéficier le personnel enseignant des directives du Comité catholique et du Surintendant de l’Instruction publique, m’autorise à annoncer que Y Enseignement Primaire, devenu bulletin exclusivement officiel, sera publié aux frais du Gouvernement.Depuis près d’un demi-siècle, sans interruption aucune, je le répète, j’ai publié mensuellement la revue pédagogique qui mérita l’approbation du Comité catholique en 1898 et la confiance du Gouvernement depuis cette date.Par Y Enseignement Primaire, je me suis efforcé de répandre dans nos écoles les meilleures notions de la pédagogie française traditionnelle, sans négliger pour cela les méthodes modernes adaptables à nos besoins scolaires, de maintenir dans le personnel enseignant l’esprit français, au meilleur sens du mot, dans les leçons de méthodologie et les exercices pratiques de grammaire, de rédaction, de composition et de récitation ; aussi de conserver, en le développant, si possible, le caractère catholique de notre enseignement primaire.Le patriotisme n’a pas été négligé non plus.Le 1er septembre 1936, Son Éminence le Cardinal Villeneuve a bien voulu m’écrire une lettre des plus bienveillantes, à l’occasion du cinquante-sixième anniversaire de fondation de la revue.Voici un passage de cette lettre : “ Courts et directs, les articles y sont toujours d’une lecture facile et formatrice.“ Mais je veux en souligner deux traits marqués déjà par l’Archevêque de Québec, dans une circulaire au clergé en date du 19 mars 1898, à savoir son caractère “ d’œuvre à la fois patriotique et religieuse ”.“ En effet, c’est un esprit catholique d’une sincérité et d’un jaillissement remarquables qu’on y observe constamment.Il faut en dire autant du patriotisme aux nuances les plus fines qui en teinte toutes les pages : histoire, morceaux à dire, leçons, explications d’auteurs, etc.“ Puis, en un siècle où tant de docteurs en pédagogie croient devoir découvrir ailleurs les méthodes d’enseignement et surtout les secrets de l’art éduca- L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 629 leur, il fait bon constater dans Y Enseignement Primaire qu’on s’y inspire avant tout, sans bouder les modernes et ce qu’ils ont pu ajouter, de la pédagogie française traditionnelle, héritée des grands docteurs de l’Église, et des saints éducateurs, tels saint Jean-Baptiste de la Salle, sainte Sophie Barat, saint Jean Bosco, sans omettre Fénelon, Mme de Maintenon, Mgr Dupanloup et d’autres.” Ce témoignage précieux, on me pardonnera de le rappeler en cette circonstance mémorable où je me détache, non sans émotion, d’une œuvre qui m’a coûté tant de labeurs et procuré dans la même mesure les meilleures joies intellectuelles.Revue tout à la fois pédagogique, méthodologique, pratique et officielle, Y Enseignement Primaire constitue une véritable bibliothèque dans des milliers d’écoles.Depuis quelques années, plusieurs revues pédagogiques canadiennes sont venues partager, avec Y Enseignement Primaire, la noble tâche de collaborer avec le personnel enseignant à l’œuvre nationale et religieuse de l’éducation de la jeunesse.Dirigées avec talent et dans le meilleur esprit, ces revues continueront et développeront l’œuvre que nous avons été seul à accomplir pendant plusieurs années.Nous leur souhaitons succès et longue vie.Si j’ai pu contribuer au progrès scolaire en notre province, je dois cette faveur au Comité catholique du Conseil de l’Instruction publique, au Gouvernement et à M.le Surintendant.Je les prie donc d’agréer l’expression de ma profonde gratitude.C.-J.Magnan, Directeur-propriétaire de Y Enseignement Primaire.SÉANCE DU COMITÉ CATHOLIQUE DU CONSEIL DE LTNSTRUCTION PUBLIQUE, 5 MAI 1937 Résolution relative à M.C.-J.Magnan Le secrétaire lit une lettre de M.C.-J.Magnan informant ce comité que le premier juin 1937 il abandonnera la direction de l’Enseignement Primaire,— cette revue devenant le bulletin officiel du Département de l’Instruction publique, sera publié trimestriellement.Cette lecture étant faite, M.Antonio Perrault propose, appuyé par l’honorable Sénateur J.-E.Prévost, la résolution suivante, unanimement adoptée : 1° Les membres de ce Comité regrettent que les circonstances obligent M.C.-J.Magnan à quitter la direction de l’Enseignement 'primaire, une revue pédagogique si justement estimée ; • 2° Ils profitent de cette occasion pour offrir à M.Magnan un tribut d’admiration et de reconnaissance ; 3° Durant de nombreuses années, M.Magnan n’a cessé, par la noblesse et l’efficacité de sa vie, d’être un exemple aux professeurs ; 4° Sa compréhension des intérêts supérieurs de l’instruction publique, les services remarquables qu’il rendit à cette cause essentielle par sa collaboration, par l’accomplissement entier des devoirs relevant des hauts postes qu’il occupe, notamment par la publication de VEnseignement Primaire, lui méritent les remerciements de tous ceux qui s’intéressent au progrès moral et intellectuel de cette province. .v .yji m iMÀ 3 LE DRAPEAU NATIONAL DES CANADIENS FRANÇAIS Le vrai drapeau eanadien-français, c’est celui qui depuis 19 j3 a flotté et flotte toujours aux jcurs de fêtes sur nos évêchés, nos maisons d’éducation et des milliers de demeures canadiennes ; c’est celui que la Société Saint-Jean-Baptiste de Québec a adopté comme étendard national, il y a déjà plusieurs années ; le vrai drapeau national de la nation canadienne-française, c’est celui que l’on désigne sous le joli nom de Carillon-Sacré-Cœur.Champ d’azur croisé de b’anc, c’est le drapeau qui battait au grand mat du Don de Dieu, lorsque Champlain aborda à Québec en 1608 ; Les fleurs de lis qui ornent ce champ d’azur rappellent la glorieuse bannière de Carillon ; Les feuilles d’érables affirment notre personnalité canadienne, notre attachement au sol défriché par nos pères.Le Sacré-Cœur sur la croix blanche dit bien haut notre fidélité à la foi catholique, au Christ Jésus.Le supprimer, serait-ce sage, ou même opportun, en face delà menace communiste ?Le Sacré-Cœur orne le drapeau eanadien-français depuis trente-quatre ans; l’effacer, serait-ce un bon geste, un acte vraiment national?LTnissons-nous autour de ce drapeau, répondant ainsi au vœu de Crémazie : .“ Ah! puissions-nous, ô drapeau de nos pères ! Voir tous les Canadiens unis comme des frères, Comme au jour du combat se serrer près de toi ! Puisse des souvenirs la tradition sainte, En régnant sur 1 ur cœur, garder de toute atteinte Et leur langue et leur foi.Aux jours de nos fêtes nationales et religieuses, saluons avec fierté le drapeau eanadien-français, en redisant avec émotion ces vers de Frédéric Bataille : Un chant de fête à traversé l’espace ; Peuple, debout ! C’est ton drapeau qui passe ! Mêlons nos voix à cet hymne joyeux ; Qu’il retentisse aux quatre vents des cieux.C.-J.Magnan. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 631 PEDAGOGIE LE CONGRÈS APPROCHE Appel aux jeunes Conservons notre héritage français.La jeune génération a beaucoup entendu parler du Congrès de la Langue française tenu à Québec en 1912.Plusieurs parmi nous ont feuilleté, quand ils fréquentaient le collège, les procès-verbaux de ces grandes assises.La plupart ont appris par cœur la péroraison du discours d’Etienne Lamy, ils en ont déc’amé les principaux passages, et ils se rappellent les premiers mots de l’hymne de Mgr Poy à la langue française.Tous ces fragments perpétuent dans nos jeunes esprits des souvenirs que nous n’avons pu vivre, et que nous aurons plaisir à raviver quand se tiendront à Québec les nouvelles assises nationales.Ces assises éveilleront dans nos cœurs et dans nos esprits les nobles pensées et les grands sentiments qui doivent être la nourriture de tout peuple désireux d’échapper à l’enlisement graduel et au déclin de son génie.Elles attiseront la flamme qui est bien près dans certains milieux de s’éteindre, et permettront à la nouvelle génération d’élever fièrement le flambeau que lui transmirent les porteurs de lumière de 1912.C’eèt à Québec qu’en juin 1937 la France enverra ses messagers de la pensée française.Ils viendront resserrer les liens qui les attachent à leurs cousins de la Province de Québec, continuant depuis trois cents ans la tradition et les coutumes françaises.Appliquons-nous à les bien recevoir en donnant à notre vie nationale son plein épanouissement.Un Jeune.LE COURONNEMENT DU ROI GEORGE VI (l) Leurs Majestés le roi George VI et la reine Elizabeth ont été couronnés dans l’historique église Westminster Abbey, à Londres, le 12 mai dernier.Les fêtes du couronnement furent grandioses : des représentants de presque tous les pays du monde, y compris un délégué de Sa Sainteté le Pape Pie XI, étaient présents à la cérémonie.Dieu sauve le roi ! (1) Voir dans l’Enseignement Primaire de mai, page 624, le message de Son Excellence le Gouverneur Général aux élèves des écoles du Canada. 632 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE UN MERVEILLEUX PETIT LIVRE Le catéchisme Le Catéchisme est ün résumé simple et élémentaire de la doctrine chrétienne ; il offre aux enfants un exposé clair et précis des vérités révélées, dont la connaissance est nécessaire pour le salut éternel, et cela sous une forme simple et populaire : c’est vraiment le lait de la doctrine, dont parle l’Apôtre.Tout a été prévu pour la composition de ce livre élémentaire ; et les plus grands génies, comme Bossuet et Fénelon, n’ont pas dédaigné de s’en occuper.L’ordre, le langage, la méthode, rien n’a été négligé pour le rendre parfait.L’ordre général se rattache aux trois divisions de l’enseignement catholique : le dogme, le décalogue, les sacrements.Comme préambule, on propose les prières ordinaires du chrétien, dont la formule est l’abrégé de la foi.La forme est aussi simple qu’il est possible dans d’exposition des vérités fondamentales du christianisme.Chaque mot a son sens d’une précision dogmatique ; il n’y a rien de superflu ni d’inutile.La méthode consacrée par l’expérience est la méthode par demandes et par réponses.La mémoire de l’enfant s’y complaît, et les interrogations deviennent plus faciles.Le Catéchisme est par excellence le livre de l’enfant, celui qu’il doit apprendre le premier et retenir toujours.“ L’objet précis de la science philosophique n’a pas encore été déterminé, disait Jouffroy ; mais il y a un petit livre qu’on fait apprendre aux enfants et sur lequel on les interroge à l’église.Lisez ce petit livre qui est le Catéchisme : vous y trouverez une solution de toutes les questions que j’ai posées, de toutes sans exception.Demandez au chrétien d’où vient l’espèce huma ne, il le sait ; où elle va, il le sait ; comment elle y va, il le sait.Demandez à ce pauvre enfant, qui de sa vie n’y avait songé, pourquoi est-il ici-bas, et ce qu’il deviendra après sa mort, il vous fera une réponse sublime qu’il ne comprendra pas, mais qui n’en est pas moins admirable.Demandez-lui comment le monde a été créé et à quelle fin ; pourquoi Dieu y a mis des animaux des plantes ; comment la terre a été peuplée ; si c’est par une seule famille ou par plusieurs ; pourquoi les hommes parlent plusieurs langues ; pourquoi ils souffrent ; pourquoi ils se battent et comment tout cela finira, il le sait.Origine du monde, origine de l’espèce, question des races, destinée de l’homme en cette vie et en l’autre, rapports de l’homme avec Dieu, devoirs de l’homme envers ses semblables, droits de l’homme sur la création, il n’ignore rien ; et quand il sera grand, il n’hésitera pas davantage sur le droit naturel, sur le droit politique, sur le droit des gens ; car tout cela sort, tout cela découle avec clarté et comme de soi-même du christianisme.” {Pédagogie Chrétienne) Mgr J.Lasne.QUESTIONS DE LANGUE FRANÇAISE I Le Québec ?ou La Province de Québec ?“ L’Ontario agit.Elle s’organise.Qui, ou quoi, elle ?Que remplace l’apostrophe ?La Ontario, ou le Ontario?Dira-t-on aussi : le Québec s’agite.Elle veut vivre?On me fera observer que l’idée de province flotte dans l’esprit.Alors pourquoi L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 633 dire le Québec, et non la Québec ?L’introduction de l’article devant ces noms de province a amené une parfaite incohérence d’idées et de mots.Et puis, encore une fois, les mots s’accordent avec des mots, et non avec des idées, surtout des idées flottantes ! Qu’on revienne donc à l’ancienne manière, qui n’a jamais produit d’équivoque ; qu’on dise : la 'province de Québec, la province d’Ontario, ou, si l’on abrège : Québec, Ontario, en faisant, comme il semble convenir, de ces mots des noms masculins.Pour Québec, le contexte indiquera suffisamment s’il s’agit de la ville ou de la province.C’est ainsi que, chez nous, lorsque nous disons : le Saguenay, nous ne confondons pas, dans la pratique, le fleuve avec le territoire ou le comté.II Éducationnel n’est pas français “ Éducationnel — Faut-il répéter, à satiété, que ce mot n’est pas français ?qu’il ne s’emploie jamais en France ?qu’il est anglais tout pur ?Il ne manque pourtant pas, en français, d’équivalences par lesquelles on peut le remplacer.Des questions éducationnelles, une Revue éducationnelle, ce sont évidemment des questions à’éducation, une Revue consacrée à Véducation ; un fonds éducationnel, c’est un fonds pour Véducation, destiné, attribué, réservé à Véducation.On trouve ces formules trop longues ?Il n’y en a pas d’autres.L’essentiel est de dire ce qu’on veut dire, brièvement ou longuement.Est-on si pressé ?Sat cito si sat bene, dit l’adage.N.Degagné, pire.A PROPOS D’ÉDUCATION NATIONALE Puisque je dois vous parler de l’éducation nationale, je vais d’abord la définir, vous montrer son origine et sa nécessité.L’éducation nationale pourrait être ainsi conçue ; l’art de discipliner, de former des serviteurs utiles au pays, en conformité avec le bon génie de la race et les nécessités du moment et du milieu.Il y a vingt-cinq ans, on parlait à peine d’éducation nationale ; cependant, le Père Captier a fait un discours sur ce sujet, et c’était un prophète, puisque ce devait être un martyr.On pratiquait alors l’éducation nationale, probablement comme on fait beaucoup de choses, sans le savoir.Et, en effet, les éducateurs, les vieux, les nobles, les vénérables éducateurs d’autrefois ne songeaient qu’à deux choses : former des chrétiens et des citoyens, et les deux mots de patrie et de religion revenaient toujours sur leurs lèvres, immortels et profonds comme le ciel d’où ils viennent, et la terre où ils tombent.Et, lorsque ces éducateurs avaient réussi à allumer dans la conscience ces deux foyers incandescents de lumière et de chaleur, quand ils avaient fait des chrétiens et des patriotes, ils s’estimaient satisfaits ; ils avaient activé dans l’âme de leurs disciples le double feu du ciel et de la terre,— le feu de la terre, c’est-à-dire le sentiment de pa^ triotisme, et le feu du ciel, l’amour de Dieu.Et alors ces éducateurs se disaient : Ces natures-là sont capables de tout ; et, en effet, elles avaient l’étoffe des héros. 634 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Comment donc est née l’idée de l’éducation nationale?Le mot d’éducation n’est pas nouveau ; comment s’est-il réuni au mot nationale, et comment ces deux mots ont-ils obtenu la vogue ?Il me semble que cela tient aux modifications profondes qui se sont opérées dans notre milieu.Les nations ont un âge : vingt ans, quarante ans, soixante ans ; elles sont jeunes, mûres ou vieilles.Je ne sais si notre pays est dans la jeunesse, la maturité ou là vieillesse, mais, quand bien même la nation française serait dans l’âge de la vieillesse, nous serions encore des vieillards capables de faire trembler plus d’un jeune.Quoi qu’il en soit, voici e milieu actuel : Après de longs siècles de monarchie, la République s’est établie.Au droit divin a succédé le droit populaire ; au régime des Etats et- des classes, le régime de l’égalité démocratique ; au principe électif limité, le principe électif universel ; au gouvernement d’un seul, le gouvernement de tous ; aux sévérités prohibitives qui liaient la conscience, le droit de croire, de parler, d’écrire et de s’associer,— droit imparfait encore en ce qui regarde les manifestations de la croyance et l’association, mais droit grandissant et toujours plus exigeant ; — à la tutelle de l’Etat omnipotent, l’affranchissement de l’individu ; à la tranquille union du capital et du travail, une situation tendue, une sorte de guerre permanente et latente, toujours prête à éclater, sous forme de grève et de lutte acharnée ; à l’antique unité de croyance, une division pleine d’hostilités entre les croyants militants et les incroyants sectaires ; à la paix religieuse garantie par un concordat largement interprété, une période de conflits sans cesse renaissants ; à la tranquillité politique sous un gouvernement régulier et respecté, la bataille incessante des partis ; à la France victorieuse, possédant au milieu des nations une hégémonie incontestée, une France vaincue, mutilée, pleine, malgré tout, de réserves vives, recueillant ses forces en face d’un avenir menaçant où sa vie peut être en jeu ; une France qui lutte avec labeur contre la concurrence étrangère sur le terrain économique, qui trompe son ardeur guerrière par des conquêtes coloniales, plantant son drapeau sur des terres nouvelles qu’elles ne peut, faute de bras, envahir et coloniser, et qui attend, puissamment armée, les luttes terribles que demain, sans doute, lui réserve ; commandant néanmoins l’admiration de ses rivaux par une activité infatigable, par un clergé sans pareil, par des savants de premier ordre, par ses explorateurs héroïques, par son armée, par ses écrivains, par ses robustes et solides paysans, par la phalange vaillante de ses missionnaires ; et, s’il faut exprimer en un mot tout ce que contient de meilleur le génie de la France, par la prodigieuse charité d’une religion que ses représentants français ont élevée si haut qu’il est juste de dire que nulle part le cœur de l’humanité ne bat plus fort que chez nous.(L’Éducation 'présente, Paris, 1898.) Le Père Didon, o.p.LE SALAIRE DES INSTITUTRICES ET DES INSTITUTEURS RURAUX Un grand pas dans la bonne voie A la dernière session de la Législature de Québec, le Gouvernement a fait adopter un Bill (no 64), dont l’article 3 se lit comme suit : “ Une somme de quatre cent mille dollars devant servir à aider les corporations scolaires rurales à améliorer le salaire de leurs instituteurs et de leurs institutrices est mise à la disposition du gouvernement. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 635 “ Le lieutenant-gouverneur en conseil sur la recommandation du surintendant de l’instruction publique déterminera les conditions auxquelles sera soumis l’octroi de ces subventions.” D’autre part, la subvention spéciale accordée aux municipalités scolaires rurales a été portée de $525,000 à $825,000.Il est à souhaiter que les commissions scolaires rurales se feront un devoir d’imiter la générosité du Gouvernement et de la Législature.C.-J.Magnan.L’ENSEIGNEMENT DES SCIENCES NATURELLES (Pour Y Enseignement Primaire) Hâtons-nous ! L’appel a sonné ! Les bataillons avancent.avancent vers les bois et les campagnes.Les fanions des C.J.N.(1) flottent.Menés par leur Führer, vétérans et cadets vont, vibrants d’enthousiasme, à la reconquête de la patrie.Qui, un jour, a désiré l’aventure, les voyages ; qui s’est senti attiré vers l’inconnu ; qui, enfin, a goûté, une seule fois, à cette “ joie de connaître ” dont parle Pierre Termier, s’enrôlera, volontaire, dans les rangs déjà formés pour défendre ce qu’il aura appris à plus aimer en connaissant mieux : son pays.L’appel, c’est le renouveau de chaque année, les militants sont tous les naturalistes ralliés à leur “ leader ” et à tous les professeurs qui mobiliseront les énergies des chercheurs, de plus en plus impatients : le?jeunes et les moins jeunes.Emboîtons leur pas ! Ces propos sont à l’ordre du jour et dédiés à vous, mes sœurs d’armes qui, demain, partirez en campagne scientifique.A l’École normale, en vous initiant à l’art de l’enseignement, à l’interprétation des programmes scolaires, en commandant, même temporairement, les enfants des classes d’application, en étudiant la psychologie de l’enfance, vous avez fait vos premières armes.Mais, aujourd’hui, tous les exercices sont terminés et l’ordre d’avancer est venu.C’est le souvenir qui me ramène parmi vous comme aux jours de rassemblements pédagogiques où dans une “ Grande Entente ’’nous délibérions, et nous signions nos projets d’avenir.L’enseignement des Sciences Naturelles à VEcole 'primaire élémentaire requiert toute votre vigilance.Quelle étude est en effet plus à la portée des facultés en éveil de l'enfant ! Or, la défaite, si elle se constate, ne peut être imputée qu’à un défaut de stratégie de la part de l’instructeur.Le But de l’enseignement scientifique, à l’école primaire, n’est pas de former des spécialistes ni des techniciens.C’est le moment de donner à l’enfant un nomlre limité de connaissances, choisies en vue de former son esprit, de le cultiver, de 1 étendre ; de développer son sens de 1 observation et la justesse de son raisonnement, en vue également de favoriser un entraînement à de saines habitudes physiques, intellectuelles et morales : 1 habitude de 1 attention, de la réflexion, du jugement éclairé et personnel ; l’exercice rationnel des organes régissant une bonne santé ; culture de l’esprit d’initiative, de l’amour du travail, de la persévérance et de l’application dans la vie courante, des leçons d’ordre, puisées dans la nature où tout est merveilleusement harmonisé.Quel plus beau document à scruter que la Nature ! Le mystère qui l’entoure pique la curiosité naturelle des jeunes, h favorise les démarches qui plaisent à leur activité débordante, lout un service d’intelligence s’institue entre eux et elle ; une formule est-elle déchiffrée qu’un autre point d’interrogation se dresse ; ils croient tout connaître d’une station repérée et ils ont sans (1) C.J.N.: Cercles des Jeunes Naturalistes. 636 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE cesse la surprise de trouver le code de ce poste d’observation ingénieusement modifié par le jeu des saisons.Pour capter l’intérêt des élèves, il faut tenir compte des positions locales, avec leurs besoins différents, c’est-à-dire donner des instructions spéciales qui conviennent à chaque région et orienter l’enseignement dans tel ou tel sens, selon qu’il s’adresse à des filles ou à des garçons, selon qu’il est dispensé dans un site rural, urbain, industriel ou maritime.Au moins il devient ainsi facile de choisir le matériel de démonstration parmi les objets qui entourent le maître et ses élèves, dans les faits dont ils sont témoins.L’enfant a intérêt à connaître le milieu où il se trouve et vous lui parlez son langage en préconisant un enseignement qui puise sa source et reçoit ses applications dans un cadre familier.Il existe des cas où l’école et la vie paraissent deux territoires séparés par une frontière ; à l’école, les formules, les théories, les mémorisations, tandis qu’au jeu, dehors, dans la vie, ce sont les objets, les images et tous les être amis : au bord du chemin, la plante qui frôle la main qui s’abandonne, à la maison, l’animal enjoué qui répond à sa façon à l’amitié qu’on lui témoigne.etc Et le maître s’étonnera des désertions ! C’est qu’il a lui-même faussé le cran de sûreté des bonnes méthodes et des meilleurs procédés de la pédagogie.Les méthodes : A l’arrière, les méthodes livresques et exclusivement théoriques ! Au mur, le retardataire ou le chef paresseux qui craint les efforts de la méthode active, concrète et intuitive ! C’est sous forme de simples leçons de choses enchaînées méthodiquement que se rationne l’instruction scientifique primaire élémentaire.Que penser du maître qui prépare ces leçons de choses sans “ choses ”.Il croit arriver droit à l’intelligence, prenant inutilement tous les risques anti-pédagogiques, tandis que la trajectoire de l’objet à l’intelligence, par les sens, assure de meilleurs résultats.A partir de l’observation des faits naturels ou provoqués par des expériences très simples, l’enfant doit être amené à décrire avec justesse, à questionner et peu à peu à comparer, à généraliser, à découvrir la loi qui domine les manifestations et les explique.Les leçons doivent se faire sous forme d’entretiens familiers qui favorisent la collaboration de toute la classe et les manipulations collectives.En résumé, le succès de notre mission dépend de la formule de passe suivante : simplifier, préciser, graduer, coordonner, vivifier.Simplifier veut dire alléger, choisir, élaguer : pas selon le caprice de chacun, mais en consultant la force intellectuelle de la moyenne des recrues à l’école.Simplifier est une nécessité qui s’impose et s’imposera toujours à l’école primaire par suite du but visé, de la diversité des matières à étudier et surtout de la nature de l’enfant.Après réflexion, le maître dégage le principal de l'accessoire, en soi ou bien par rapport aux besoins et au niveau intellectuel moyen de la classe, il s’attache moins à la lettre qu’à l’esprit des programmes.Préciser.Les Sciences naturelles ont été depuis toujours un terrain d’espionnage et l’objet d’accusations.Les dénonciateurs s’empressent de livrer au tribunal la nomenclature scientifique.L’enquête l’accuse de surmener la mémoire, d’encombrer la tête de mots, au lieu de faits bien compris, de dérober le charme d’une science attrayante et de lui substituer une aride terminologie rébarbative ! Comme circonstance atténuante, il faut bien avouer que les tentations ne manquent pas d’émailler de ces noms finissant en “ phyllum ”, en “ acées ”, en “ podes ” et “ ptère ”, les leçons de botanique ou de zoologie.Condamnera-t-on le maître de sciences à bannir toute expression technique et à manier à tout moment la périphrase en une passe compliquée pour éviter un mot, le mot juste qui préciserait la description?Non pas, c’est l’abus que la sanction atteint.Tant d’encre a coulé pour déplorer l’anémie du vocabulaire français que c’est le moment du plaidoyer.Il faut nécessairement nommer pour avoir une notion claire de la zoologie ou de la botanique et, en général, les élèves retiennent mieux un terme scientifique qui fixe leur attention, s’il leur est bien expliqué, qu’une longue locution.L’instructeur avisé n’exige pas la courbature de la mémoire ; car il sait que les exercices variés et répétés sont la gymnastique intellec- L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 637 tuelle salutaire.Plus les idées éveillées sont nombreuses, plus les détails observés sont délicats, plus l’enfant en vient à réclamer les “ mots nécessaires à l’expression de sa pensée Graduer.Pour graduer, il faut savoir choisir et doser, et un choix judicieux ne se fait pas sans préparation : préparation éloignée, préparation immédiate.Nous insisterons surtout sur cette dernière.Le maître le plus expérimenté ne peut jamais être sûr de lui-même sans avoir préparé sa classe du lendemain.M.Derôme, dans la Revue Pédagogique, 1921, disait de ceux qui cessent de préparer leurs leçons qu’ils ne tardent pas à “ se cristalliser et à rester en arrière de la troupe qui avance ”.D’une part, la préparation matérielle.Au dernier moment l’appareil non révisé peut faire défaut et.c’est l’histoire de l’expérience ratée et du prestige diminué ; d’autre part, la prêpa-ration intellectuelle.Que fera le professeur si les interrogations des élèves perspicaces pleuvent sur lui et qu’il ne les a pas prévues ?Eh bien ! il perd contenance, bafouille et, adieu la discipline ! Ne comptez pas trop sur le manuel entre vos mains.Il ne se substitue pas à la préparation et il ne peut jamais être la leçon elle-même, ni la leçon adéquate ; il n’est qu’une ordonnance qui doit servir et non tyranniser.Vous devez savoir à l’avance comment vous orienterez votre leçon, ce que vous direz et ce que vous ne direz pas, ce qui est déjà connu des élèves et ce qui est nouveau, ce qui fait logiquement suite à la dernière leçon et ce qui annonce la leçon prochaine.Coordonner.Tout se tient dans le monde merveilleusement organisé ; or, l’enseignement qui explique la vie et ses multiples manifestations doit être unifié et coordonné : l’agriculture, l’économie domestique, l’hygiène ne peuvent être séparées des sciences dont elles tirent leurs principes.Une leçon de sciences sur l’air, par exemple, doit nécessairement s’accompagner d’une leçon sur la respiration chez les être vivants (animaux et plantes) sur l’aération et la ventilation.toutes les disciplines se compénètrent et se complètent mutuellement.L’enseignement coordonné est le seul qui soit efficace ; l’enfant relie pour s’en souvenir les diverses connaissances, si le maître prend le soin de faire saisir le lien qui les réunit.Ceux qui croient qu’au sortir de l’école l’enfant doit avoir entendu parler de tout, s’abusent.Les acquisitions faites à l’école seront complétées plus tard, si nous avons eu soin de déterminer avec lui les centres d’études ou centres d’intérêt autour desquels se grouperont une série de notions qui se coordonnent ainsi et se fortifient.On essayera de combiner toutes les fois qu’on le pourra, en les rattachant à un même objet, la leçon de choses, le dessin, la leçon morale, les jeux et les chants, de manière que l’unité d’impression de ces diverses formes d’enseignement laisse une trace plus durable dans l’esprit et le cœur des enfants.On s’efforcera de régler autant que possible l’ordre des leçons par l’ordre des saisons (ainsi enseigner la botanique en hiver serait presque illogique), afin que la nature même fournisse les objets de ces leçons et que l’enfant contracte ainsi l’habitude de relier la théorie aux travaux pratiques.Vivifier.L’enfant, vous le savez, aime la vie sous toutes ses formes.Pour lui, la classe où il est appelé à évoluer, à dessiner au tableau noir, à raisonner à haute voix, à manipuler lui-même est la seule intéressante.L’état passif d’auditeur ou de lecteur le rebute.Le dessin est une forme de langage claire, rapide que l’enfant doit apprendre.Il n’est pas question d’un cours très élaboré d’architecture ou de peinture, mais d’exercices d’interprétation d’objets ou d’animaux d’après nature en vue de former le goût et de faire acquérir la souplesse et l’habilité du doigté.Comment donc l’instructeur parviendra-t-il à réunir tant d’éléments divers qui paraissent être les facteurs de son succès ?Ici, entre en jeu surtout, l’initiative intelligente du professeur et à cela rien ne peut suppléer, pas plus les savantes recommendations officielles que les conférences, si importantes qu’elles soient. 638 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Permettez-nous de suggérer ici l’organisation de musées scolaires.Us existent dans un grand nombre de classes, mais trop souvent, ils ne sont qu’un arsenal.On ne sait pas faire emploi des curiosités entassées au hasard ; on se garde de toucher aux collections qui ne servent qu’à décorer les murs ou à éblouir les commissaires, lors des expositions de fin d’année.Mais non.tous les enfants doivent s’intéresser au développement du Musée, et l’on obtiendra ce résultat par un recrutement des bonnes volontés.L’émulation entre en lice, l’appel se fait auprès des amis de l’école, des industriels, des artisans de la région.Bientôt l’on possède sans grands frais tous les objets nécessaires à l’observation et à l’expérimentation.Je ne connais pas d’autre moyen plus sûr de révéler aux enfants les attraits de l’histoire naturelle que les herborisations au cours de promenades délicieuses et revigorantes.Les petits récoltent eux-mêmes, pressent et étudient les plantes.C’est instinctif, ce goût de la collection ; certains alignent des timbres-postes, d’autres des cailloux multicolores, d’autres des images, des médailles ou des vieux sous.Il devient plus instructif de classer et d’étiqueter des plantes, des insectes et des minéraux.Les herbiers personnels, sans luxe, montés dans l’enfance restent un souvenir attendrissant d’heures charmantes, fécondes en petits incidents originaux, qu’on aime à se redire quand, des années plus tard, on retrouve les anciens camarades qui ont partagé nos aventures ! Peu d’enfants restent insensibles à l’enthousiasme qu’allume le feu de l’activité dans le vaste champ des Sciences Naturelles.Us creusent avec goût leurs propres retranchements qui, dans la vie, les abriteront contre l’ennui des promenades solitaires, des villégiatures, des routines de leur métier.Le but utilitaire et éducatif reste souvent masqué par le charme de l’intérêt intelligent qui se dégage des études scientifiques, .et pour ma part, je ne connais nulle autre discipline plus attachante ni plus patriotique.Apprendre à observer, c’est apprendre à aimer la petite patrie.Et la meilleure manière de servir la grande patrie n’est-ce pas de rester fidèle à la petite ?Hâtons-nous ! Le renouveau a sonné ! Allons à la conquête pacifique de la patrie ! Germaine A.Bernier, L.Sc.Nai., Département de Biologie, Université de Montréal.DOCUMENTS SCOLAIRES ALLOCUTION DE M.B.-O.FILTEAU Secrétaire du Département de l’Instruction publique PRONONCÉE LORS DE LA RÉUNION DE L’ASSOCIATION DES INSTITUTEURS DE LA CIRCONSCRIPTION DE L’ÉCOLE NORMALE LAVAL DE QUÉBEC, LE 30 JANVIER 1937 EN RÉPONSE A L’ADRESSE DU PRESIDENT Monsieur le Président, Messieurs, Il en est de la joie, lumière du cœur, comme de la lumière du soleil qui, selon les paroles de Rostand que vous connaissez, “ Entrant 'dans chaque fleur et dans chaque chaumière “ Se divise et demeure entière “ Ainsi que l’amour maternel ”. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 639 Bien plus, c’est une vérité d’expérience que les joies partagées, non seulement demeurent entières, mais sont des joies multipliées.C’est vous dire que la joie que j’éprouve en raison de la marque de confiance que viennent de m’accorder mes chefs est grandement augmentée par la part que vous voulez bien en prendre.C’est vous dire aussi combien je suis heureux de me trouver ce matin au milieu d’une assemblée aussi sympathique et combien je vous remercie, Monsieur le Président, de l’aimable accueil que vous voulez bien me faire au nom de l’Association des Instituteurs de la Circonscription de l’Ecole normale Laval.Oh ! je me ends bien compte que je ne mérite pas la dixième partie des éloges que vous avez eu la générosité de m’adresser, mais je comprends qu’en bon pédagogue que vous êtes, vous avez voulu profiter de l’occasion pour mettre un modèle devant les yeux des jeunes qui vous écoutaient, et moi, maintenant, pour ne pas gâter l’effet de votre leçon, que voulez-vous que je fasse si ce n’est courber le dos sous l’orage et garder le silence.Tout ce que je veux retenir, cependant, des aimables choses que vous avez dites, et cela comme leçon d’humilité pour moi-même, c’est que vous réclamez pour vous et pour la famille normalienne une large part de l’honneur qui m’arrive.Et c’est à bon droit, Messieurs, que vous le faites, car, si j’ai obtenu quelque succès, c’est à cette maison que je le dois, c’est à la bonne formation que j’y ai reçue, sous la paternelle direction de Monseigneur Rouleau, c’est aux précieuses leçons que m’ont données des professeurs distingués, au nombre desquels je suis heureux de pouvoir encore saluer en ce jour M.C.-J.Magnan et M.Nérée Tremblay, c’est aux bons exemples que j’ai eus constamment sous les yeux de la part de confrères ou de collègues comme M.le Principal et tous les professeurs ou inspecteurs actuels, c’est enfin à l’estime et à la confiance stimulatr ce que vous paraissiez me témoigner vous tous, n^es chers anciens élèves, et dont j’avais à cœur de me rendre digne, que j’en suis redevable au moins pour une bonne moitié.La Providence a fait le reste : c’est Elle qui a réglé d’une main sûre toutes les circonstances apparemment fortuites qui m’ont favorisé, c’est elle qui a voulu qu’à tel moment de ma carrière, je rencontre certaines personnes bienveillantes comme M.Magnan, par exemple, qui a été le premier, en sa qualité d’inspecteur général, à signaler mes modestes efforts à l’attention des autorités, comme M.le Surintendant dont l’affabilité et la protection se sont toujours exercées de la manière la plus heureuse pour moi, comme Mgr l’Évêque de Nicolet, comme Mgr Rouleau, comme M.J.-N.Miller comme tant d’autres encore et particulièrement comme M.Lionel Bergeron, qui dès l’abord a bien voulu m’accorder toute sa confiance et toute son amitié et qui, avec M.le Surintendant, a été l’instrument principal des bienfaits de la Providence à mon endroit.* Inutile de vous dire que c’est avec un profond chagrin que nous le voyons partir et que j’aurais volontiers continué plusieurs années encore à servir sous sa direction avant de le voir me céder sa place.Une chose qui me console, dans les circonstances, c’est que nous nous séparons bons amis, gardant l’un pour l’autre la même estime et le même attachement.Enfin, je manquerais gravement au devoir de la reconnaissance si je ne déclarais bien ouvertement que j’ai trouvé dans la personne de l’honorable Albini Paquette, Secrétaire de la Province, une amabilité, une bienveillance et une générosité dont je n’ai pu réussir encore à bien m’expliquer la cause, mais qui lui assure toute ma loyauté, tout mon dévouement et toute ma gratitude.Merci donc à la Providence, merci à tous ceux dont elle a voulu faire ses collaborateurs.Et puisque vous en êtes tous, Messieurs, comme je l’ai expliqué tout à l’heure, merci à tous du fond du cœur, voilà le premier mot que j’avais à vous dire. 640 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Mais les mots sans les œuvres, nous apprend-on, valent bien peu de chose ; c’est pourquoi je désire ajouter que je compte bien rester de votre famille pour tout ce qui vous intéresse et continuer à mettre à votre disposition mes humbles services pour le bien de la grande cause qui nous est chère.J’ai déjà eu l’occasion, au mois de juin dernier, lors des Noces d’Or d’enseignement de Monsieur Nérée Tremblay, de vous parler de la formation d'une amicale dont l’un des buts serait de propager dans nos campagnes, dans nos petits villages, trop petits pour justifier l’établissement d’une école de Frères, l’idée du bon maître d’école laïque catholique.Je ne démords pas de cette idée et je veux m’employer plus que jamais à la faire passer du domaine des choses possibles au domaine de la réalité.On parle constamment de la.ruralisation de l’enseignement, de la création à l’école d’une atmosphère agricole.On fait appel au concours de tous les ministères publics pour attacher à la terre les petits gars qu’elle a vus naître et qui, normalement, lui appartiennent.Je crois qu’il y a quelque chose à faire de ce côté.Je crois aussi qu’il y a déjà eu beaucoup de chose accomplies sous ce rapport par nos inspecteurs, par nos congrégations religieuses et par nos petites institutrices rurales.Mais je reste toutefois d’avis que le meilleur ouvrier de la ruralisation serait le bon instituteur laïque catholique, exerçant fructueusement son influence dans chacun de nos petits villages.Sans doute, encore une fois, il y a un grand nombre de bonnes institutrices qui peuvent jouer un rôle bienfaisant en cette matière, mais combien d’entre elles ne font que passer et ont à peine le temps de s’initier à l’enseignement.Au contraire, le jeune homme sérieux qui désire se créer une carrière, qui comprend bien le rôle qui lui incombe et qui a l’ambition de réussir, pourrait assurément, par son action quotidienne sur l’esprit et le cœur des petits garçons, faire plus que tout autre pour lui inculquer l’amour du sol et de la vie rurale.C’est une opinion que je partage entièrement avec Monsieur le Surintendant et que je veux m’efforcer avec lui défaire partager à l’honorable Secrétaire de la Province, afin d’obtenir qu’il fasse doubler, dès cette année si possible, l’allocation de $20,000.00 votée en faveur des municipalités rurales qui engagent des maîtres diplômés de l’École normale.Si l’on parvenait à faire accorder une subvention de $300.00 à toute municipalité qui retient les services d’un instituteur, on réussirait sans doute en peu de temps à établir dans nos campagnes quelques centaines de bons maîtres dont les écoles deviendraient autant de foyers de ruralisation et fourniraient en même temps un magnifique débouché pour l’École normale.Il y a donc tout lieu d’espérer, Messieurs, qu’avant longtemps une forte demande d’instituteurs nous viendra de la part des municipalités rurales.En tous cas, laissez-moi vous assurer d’une chose, c’est que je veux mettre au service de Monsieur le Surintendant toutes les humbles ressources que je possède, afin de l’aider à vous obtenir du côté de la campagne un élargissement de votre champ d’activité qui permettra le parfait épanouissement de l’œuvre de notre Alma Mater.C’est là.Messieurs, la deuxième chose que j’avais à vous dire.Il m’en reste une troisième et ici je m’adresse tout particulièrement aux élèves actuels de la maison.Pour remplir ce rôle du bon maître d’école à la campagne, il faudra des hommes bien préparés, -des hommes capables d’en imposer par leur savoir et la dignité de leur conduite, des hommes bien éclairés sur leur mission à l’égard de la terre et possédant au moins de solides notions d’économie rurale et d’agriculture scientifique, des hommes d’initiative qui sauront s’associer à tous les bons mouvements d’organisation rurale et d’action sociale catholique, selon le désir de Son Éminence le Cardinal Archevêque de Québec, des chefs de files enfin, des entraîneurs et non pas des traînards sans objectif et sans idéal.Profitez donc de votre stage à l’École normale pour acquérir cette formation professionnelle indispensable.C’est de l’École normale de Québec que devront nécessairement nous venir ces hommes bien préparés, car les instituteurs sortant de L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 641 Jacques-Cartier sont totalement absorbés, si je puis dire, par la commission scolaire de Montréal.Plusieurs d’entre vous peut-être ont des préférences pour l’enseignement à la ville.A mon humble avis, vous avez grand tort, car vous trouverez à la campagne dix fois plus d’occasions de donner votre mesure.A la ville, vous êtes généralement le dernier, en tous cas votre zone d’opérations se limite aux classes inférieures ; à la campagne au contraire vous êtes le premier, vous êtes votre maître, vous êtes libre d’exercer votre initiative, plus que cela, vous êtes forcé de travailler parce que vous avez des élèves assez avancés, en un mot, vous pouvez beaucoup plus facilement vous mettre en évidence et vous créer une véritable réputation d’éducateur.Qu’importe si le salaire est moins élevé tout d’abord, pourvu qu’il y ait compensation par la suite.D’ailleurs, je ne crois pas me tromper en disant que c’est vers les petits villages seulement que vous pourrez diriger vos espérances, car les postes se font de plus en plus rares dans 1 les villes.Je vous invite donc encore une fois, chers jeunes gens, à ne rien négliger pour devenir des instituteurs parfaitement qualifiés : c’est la part de collaboration que nous vous demandons pour le succès du projet que nous, vos anciens, avons formé dans votre intérêt.MM.les professeurs sont tout à votre disposition pour vous procurer la culture générale et la formation pédagogique indispensable.MM.les inspecteurs d’écoles, vos aînés, ne demandent rien autre chose que de vous préparer les voies par une propagande à la fois persistante et avisée auprès de MM.les curés et des commissions scolaires.Faites donc votre part, mes chers jeunes amis, et faites-la généreusement, parce qu’il y va de votre avenir.Et ainsi, Messieurs, en unissant nos efforts, en demandant la collaboration de tous les membres de la famille normalienne, de ceux de l’extérieur comme de ceux de l’intérieur, nous réussirons, je l’espère, à créer pour le bon maître d’école laïque catholique une carrière digne de ce nom et en même temps nous réussirons, je tiens à le dire bien clairement, nous réussirons à placer à côté de M.le Curé d’un grand nombre de paroisses, non pas un adversaire sarcastique et irréductible comme l’est malheureusement l’instituteur laïque en France, mais un auxiliaire actif et intelligent, mais un chef de service pour toutes ses organisations paroissiales de jeunesse masculine, et en cela nous justifierons la confiance que plaçait naguère en nous Son Eminence le Cardinal Rouleau lorsqu’il disait ici même en avril 1930 : “ Quelle que soit votre livrée, instituteurs laïques ou religieux, vous travaillez au même but et avec un égal dévouement.Semeurs de vérité et sculpteurs d’âmes humaines, vous devez faire en sorte que la petite école soit un rempart pour protéger notre peuple et ses institutions contre le flot persistant de toutes les erreurs anciennes et contre la vague montante des erreurs nouvelles.” LE PREMIER CONGRES DE LA FÉDÉRATION CATHOLIQUE DES INSTITUTRICES RURALES DE LA PROVINCE DE QUÉBEC Sera tenu à La Malbaie, comté de Charlevoix Les dates 2, 3 et 4 juillet sont définitivement fixées pour la tenue du Congrès.Le programme en sera publié en entier dans les principaux journaux quotidiens et hebdomadaires.Mais nous en donnons ici les grandes lignes pour le bénéfice des institutrices. 642 L'ENSEIGNEMENT* PRIMAIRE Vendredi, 2 juillet Arrivée et inscription des déléguées.Séance d’ouverture à 8 h.30 du soir.Rapports des activités des différents comités locaux par ordre de fondation.Ces rapports seront présentés, autant que possible, par les secrétaires des comités.Samedi, 3 juillet Les différents comités d’études siégeront de 8 h.30 a.m., à 11 heures, et l’après-midi, de 2 h.à 4 h.30.Les plus imporants de ces comités d'études seront les suivants : comité des constitutions et règlements, comité des salaires, comité du fonds de pension, comité des finances, comité de propagande, comité de l’enseignement national, comité de l’enseignement rural, etc.Chaque comité aura sa présidente et sa secrétaire.On y étudiera et discutera les questions soumises par les congressistes et les membres de l’Association.Les résolutions de chaque comité d’études seront ensuite soumises à la réunion générale des Congressistes, et adoptées ou rejetées après délibération.A la séance générale du soir, les sujets suivants seront traités : L’association professionnelle: sa légitimité, sa nécessité, son fonctionnement, son but, ses effets.(Un aumônier d’association professionnelle).b) L’Association catholique des institutrices rurales : son origine, ses débuts, ses ambitions, devoirs qu’elle impose à ses adhérentes.(Une présidente de comité local).c) La Fédération: lien nécessaire au bon fonctionnement de l’Association.(M.l’aumônier de la Fédération).d) L’Association catholique des I.R.et les pouvoirs publics.(Une présidente de comité local).e) Les commissions scolaires et l’Association C.I.R.(Un président de commission scolaire).Dimanche, 4 juillet Messe des Congressistes, avec sermon par un aumônier de comité local, et chant par des institutrices.b) Séance générale à 10 h.30 : Synthèse du travail accompli par les comités d’études, vœux et resolutions du Congrès.c) 1 h.30 : Banquet pour les Congressistes au Château Murray, Pointe-au-Pic.Discours par les principaux invités d’honneur, santés, etc.Pour clôturer, une séance publique aura lieu à 8 heures du soir, dans la grande salle de l’Académie Saint-Étienne, à La Malfcaie.Toutes les séances régulières du Congrès auront lieu au couvent des Révdes Sœurs de la Charité, La Malbaie.Les institutrices qui le désirent pourront aussi pensionner au couvent à très bonnes conditions.Disons, pour compléter ces renseignements, que La Malbaie est à quatre-vingt-dix milles de Québec par la route régionale No 15.On peut aussi y venir par bateau, ou encore par le Canadien National.Toutes les institutrices qui désirent prendre part au Congrès devraient se faire un devoir de donner leurs noms le plus tôt possible afin que les organisatrices puissent savoir à quoi s’en tenir au sujet des pensions à retenir, etc.Qu’on veuille bien adresser toutes communications relatives à l’Associaion et à la Fédération des institutrices rurales à la Secrétaire de la F.C.I.R., Rivière-Mailloux, Charlevoix.Laure Gaudreault, Présidente F.C.1.R.Note du Directeur de l’Enseignement Primaire.-— Dans la livraison de mai, page 598, nous avons pu' lié une lettre de l’honorable M.Delâge, Surintendant, recommandant la Fédération catholique des Institutrices rurales, à la bienveillante attention de MM.les Inspecteurs d’écoles.Cette lettre a reçu l’approbation de S.Ê.le Cardinal Villeneuve.La Fédération, dont le siège est à La Malbaie,a aussi reçu l’approbation de Son Excellence Mgr Lamarche,évêque de Chicoutimi. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 643 DOCUMENTS OFFICIELS COMITÉ CATHOLIQUE DU CONSEIL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE PROCÈS-VERBAL DE LA SESSION DU 5 MAI 1937 Cette réunion a eu lieu dans la salle du Conseil exécutif, à l’Hôtel du Gouvernement, Québec.Étaient présents : — L’honorable Cyrille-F.Delâge, surintendant de l’Instruction publique, président ; Son Excellence Mgr Gauthier, archevêque de Montréal ; Son Excellence Mgr Forbes, archevêque d’Ottawa ; Mgr l’Évêque de Nicolet ; M.l’abbé A.-M.Renaud représentant Mgr l’Évêque de Pembroke ; Mgr l’Évêque de Mont-Laurier, Mgr l’Évêque de Gaspé, Mgr J.-E.Vincent, P.D.représentant Mgr l’Évêque de Sherbrooke, Mgr l’Evêque de Saint-Hyacinthe, Mgr J.-D.Nepveu, P.D.représentant Mgr l’Évêque de Valleyfield, Mgr l’Évêque des Trois-Rivières, Mgr l’Évêque de Rhnouski, Mgr l’Évêque de Joliette, Mgr l’Évêque de Chicoutimi^, Mgr l’Évêque de Saint-Jean, M.l’abbé André Arsenault représentant Mgr l’Évêque de Charlottetown, Mgr Leventoux, Vicaire apostolique du Golfe Saint-Laurent, l’honorable Sir Thomas Chapais, Sénateur et Leader du Conseil législatif ; l’honorable Juge Hyacinthe-A.Éortier, M.le Sénateur J.-Édouard Prévost, l’honorable Hector Champagne, C.L., M.J.-N.Miller, M.Victor Doré, M.Antonio Perrault, M.Hector Perrier, M.J.-A.Trudel et M.B.-O.Fil-teau, secrétaire pro tempore.La séance s’ouvre par la récitation de la prière.M.le Surintendant souhaite la bienvenue à tous les membres présents et se dit particulièrement heureux de revoir à la table de délibération Son Excellence Mgr Gauthier, archevêque coadjuteur de Montréal.Il exprime aussi ses regrets de l’absence de Son Éminence le Cardinal Villeneuve qu’une légère indisposition empêche d’assister à cette réunion.1.- PROCÈS-VERBAL DE LA SESSION DU 3 FÉVRIER 1937 Ce procès-verbal est adopté sans amendement.2.— RAPPORT DU SOUS-COMITÉ CHARGÉ DE L’EXAMEN DES OUVRAGES CLASSIQUES.Québec, le 4 mai 1937.Présents : — Son Excellence Mgr Forbes, archevêque d’Ottawa, président ; Son Excellence Mgr Brunault, évêque de Nicolet, l’honorable Cyrille-F.Delâge, surintendant, l’honorable Hector Champagne, M.Antonio Perrault et M.B.-O.Filteau, secrétaire.Ouvrages examinés et décisions prises : 1° “La Conjugaison d’après la dérivation des temps— 4e, 5e et 6e années ”, par les Frères des Écoles Chrétiennes.— Refusé.2° “ Éléments de Géométrie théorique et pratique ”, par les Frères de l’Instruction Chrétienne.(Manuel s’adaptant au programme de l’Enseignement primaire supérieur, à celui des écoles normales de garçons et à la préparation aux mathématiques en vue de l’Enseignement secondaire).—• Approuvé pour les classes de 9e, 10e et 11e années.3® “ Introduction au Nouveau Cours de Langue anglaise ”, selon la méthode d’Ollendorff, par la Librairie Beauchemin Ltée.— Approuvé.4° “ Nouveau Cours de Langue anglaise ”, selon la méthode d’Ollendorff— cours complémentaire— par la Librairie Beauchemin Ltée.— (Manuel révisé par les professeurs Brennan, Smith, Banks et Piédalue.Déjà approuvé en 1909).— Approuvé. 644 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 5° “Nouveau Cours de Langue anglaise”, selon la méthode d’Ollendorff.— Livre du Maître, par la Librairie Beauchemin Ltée.— (Manuel révisé par les professeurs Brennan, Smith, Banks et Piédalue.Déjà approuvé en 1909).— Approuvé.6° “ Modem English French Vocabulary and Speller”.(Manuel destiné aux élèves qui suivent les cours d’anglais du cours classique ainsi qu’aux élèves des écoles primaires complémentaires, primaires supérieures, commerciales et normales), par la Librairie Beauchemin Ltée.— Approuvé pour écoles primaires complémentaires et primaires supérieures.7° “ Manuel de Ruralisation ”, pour les élèves de 3e et de 4e années par les Frères Maristes.— Décision ajournée.8° “ The French Canadian’s Guide Exercises ”, par W.-J.McBriarty.— Approuvé.9° “ Rythmique grégorienne ”, par les Révérends Pères Bénédictins de Saint-Benoît-du-Lac — Décision ajournée.10° “ Dictionnaire Marne ”, édition canadienne, par la Librairie J.-P.Garneau, agissant comme intermédiaire.'— Vu que ce livre a été imprimé hors de la province de Quérec, CE SOUS-COMITÉ NE PEUT L’APPROUVER.11° “ Tableaux ” de Rolland Juneau.— Refusé.12° “ La Calligraphie à l’école primaire ”, par J.-B.Chartrand.-— Refusé.(Signé) Guillaume Fortes, arch.d’Ottawa, Président.(Signé) B.-O.Filteau, Secrétaire.Ce rapport est adopté.3.— RAPPORT DU SOUS-COMITÉ NOMMÉ PAR LE COMITÉ CATHOLIQUE, A SA SESSION TENUE LE 12 FÉVRIER 1936, POUR EXAMINER LES QUESTIONS SUIVANTES : a) Approuver, sur demande du Comité de Régie des Scolasticats-Écoles normales, certaines modifications apportées aux notes pédagogiques qui accompagnent les diverses matières du programme.{Appendice B des Règlements du Comité catholique) ; h) Étudier, sur demande de la Commission des Écoles catholiques de Montréal, le programme des école?primaires élémentaires et complémentaires de la province de Québec en vue d’une meilleure adaptation aux besoins particuliers de ladite Commission ; c) Considérer l’opportunité d’amender le programme des écoles élémentaires en tenant compte des besoins et intérêts particuliers des populations rurales ; d) Pour le programme d’enseignement des évangiles des dimanches et fêtes — dans les classes de 5e et de 6e année — au lieu de se contenter de simples fragments de la vie de Jésus-Christ, on substitue plutôt le texte complet par exemple de l’édition populaire de la J.O.C.intitulée “ Faites ça ” ; e) De l’opportunité de supprimer les examens uniformes du certificat d’études des 6e et 8e années ou de les modifier suivant les localités ou les groupes de localités de la Province ; /) De l’opportunité d’autoriser le Comité de Régie du Certificat d’études primaires à faire subir des examens aux élèves de 11e année ; g) De l’opportunité de former une commission permanente chargée d’étudier les moyens de favoriser les progrès scolaires dans les municipalités rurales de la Province.Ce sous-comité s’est réuni le 15 avril 1937 au bureau de la Commission des Écoles catholiques de Montréal.Étaient présents :—L’hon.Cyrille-F.Delâge, surintendant de l’Instruction publique ; Son Excellence Mgr Courchesne, évêque de Rimouski ; Son Excellence Mgr Papineau, évêque de Joliette ; M.Victor Doré, président de la Commission des Écoles catholiques de Montréal ; Monsieur J.-P.Labarre, directeur de l’École du Plateau, Monsieur le notaire J.-A.Trudel, président de la Commission scolaire catholique de Trois-Rivières, et Monsieur B.-O.Filteau, secrétaire.Assistaient aussi comme membres consultants : — MM.C.-J.Magnan, C.-J.Miller, le Rév.Père A.de Grandpré, M.l’abbé J.-O.Maurice, le Rév.Frère Anatole, la Révde Sœur Ste-Cathe-rine-de-Suède de la Congrégation des Révdes Sœurs des SS.NN.de Jésus et de Marie, la Révde Sœur St-Ignace-de-Loyola de la Congrégation Notre-Dame, M.J.-M.Manning, M.Charles-A.Shaffer et M.Roméo Desjardins.M.Édouard Montpetit s’était rendu pour le début de la séance, mais ne put y assister.La séance s’ouvre à 5 heures sous la présidence de Monsieur le Surintendant. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 645 M.Magnan, au nom de la sous-commission, soumet le mémoire demandé par le Comité catholique au sujet de l’enseignement de la langue seconde.Ce mémoire, préparé par M.l’abbé J.-O.Maurice, répond de façon précise aux différentes questions contenues dans la résolution du Comité catholique , savoir : a) l’influence de l’enseignement d’une langue seconde sur l’esprit de l’enfant, b) la nécessité ou l’utilité pour les élèves des écoles primaires de cette province d’apprendre l’anglais et c) les conséquences que l’enseignement de cette langue peut avoir au point de vue religieux et national.Sur la proposition de Monseigneur Papineau, évêque de Joliette, appuyé par M.Victor Doré, président de la Commission des Ecoles catholiques de Montréal, il est résolu que le sous-comité, après avoir pris connaissance du mémoire demandé par le Comité catholique sur l’enseignement de l’anglais dans les écoles primaires de la province de Québec, accepte ce mémoire, le fait sien dans ses conclusions qui appuient les propositions déjà soumises au Comité catholique à sa séance du 5 février 1937 relativement à l’enseignement de l’anglais, et demande qu’il soit distribué immédiatement aux membres du Comité catholique ainsi que le factum émanant des Directeurs de l’Action Nationale sur le même sujet.Le sous-comité prend ensuite connaissance du programme d’études préparé pour la 7e et la 8e année par la sous-commission nommée à cette fin et il est proposé par M.J.-P.Labarre, appuyé par Mgr l’Evêque de Rimouski, que ce programme soit accepté et que le Comité catholique soit prié de bien vouloir l’approuver.Cette proposition est adoptée.Le sous-comité autorise ensuite la sous-commission à se réunir de nouveau 1° Pour faire les modifications nécessaires aux notes pédagogiques qui accompagnent le programme des écoles primaires élémentaires et des écoles primaires complémentaires ; 2° Pour reviser, s’il y a lieu, le programme des écoles primaires supérieures ; 3° Pour étudier l’opportunité d’autoriser le Comité de Régie du Certificat d’études primaires à décerner des certificats d’études primaires supérieures.4° Pour étudier l’opportunité déformé une commission permanente chargée de rechercher les moyens de favoriser les progrès scolaires dans les municipalités rurales de la Province.Avant la clôture de la séance, M.Magnan attire l’attention du sous-comité sur le travail matériel considérable exécuté par les soins de la Commission des Écoles catholiques de Montréal à l’occasion de la refonte des programmes.Il félicite M.Victor Doré de l’heureuse initiative qu’il a prise en demandant au Comité catholique la refonte du programme des écoles élémentaires et des écoles complémentaires.Il offre des remerciements à tous ses collègues de la sous-commission pour leur précieuse collaboration.Il exprime une particulière gratitude aux rapporteurs, M.l’abbé Maurice et M.J.-M.Manning, ainsi qu’au secrétaire, M.^Roméo Desjardins.Le sous-comité adopte alors un vœu de remerciements à l’adresse des membres de la sous-eommission et recommande qu’une somme de $2,500.soit prise sur les fonds du Comité catholique pour rétribuer au moins partiellement et selon la proportion que le Surintendant jugera convenable les membres de la sous-commission qui ont dû s’imposer un travail supplémentaire pour l’élaboration du nouveau programme.Et la séance est ajournée.ENSEIGNEMENT DE LA LANGUE SECONDE PROGRAMME DE 7e ET 8e ANNÉES (Signé) Cyrille-F.Delâge, Président.(Signé) B.-O.Filteau, Secrétaire.Ce rapport donne lieu à un débat très intéressant relativement à Tannée du programme où il convient de commencer l’enseignement de l’anglais. 646 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Prennent successivement part à ce débat M.le Sénateur J.-Ed.Prévost, M.Victor Doré, M.Hector Perrier, M.Antonio Perrault, Son Excellence Mgr Comtois, Son Excellence Mgr Courchesne, Son Excellence Mgr Decelles, M.J.-N.Miller et M.J.-A.Trudel.Comme conclusion, M.Antonio Perrault propose appuyé par Son Excellence Mgr Gauthier, archevêque de Montréal, que le présent rapport ainsi que celui qui a été présenté par le même sous-comité à la session du 3 février dernier soient adoptés et que le nouveau programme préparé pour les écoles primaires élémentaires et les écoles primaires complémentaires soit mis en vigueur à dater du 1er septembre 1937.Il est proposé en amendement par M.Hector Perrier appuyé par M.le Sénateur J.-Ed.Prévost que les deux rapports ci-dessus mentionnés soient approuvés sauf en ce qui concerne l’enseignement de l’anglais, lequel devrait commencer au début de la 4e année pour toutes les écoles de cette Province.Votent pour l’amendement : Son Excellence Mgr Comtois, Son Excellence Mgr Lamarche, M.Hector Perrier, M.l’abbé A.-M.Renaud, l’honorable Hector Champagne, M.J.-N.Miller, M.J.-A.Trudel et l’honorable Sénateur J.-Ed.Prévost.Votent contre : Son Excellence Mgr Gauthier, Son Excellence Mgr Forbes, Son Excellence Mgr Brunault, Son Excellence Mgr Decelles, Son Excellence Mgr Ross, Son Excellence Mgr Limoges, Son Excellence Mgr Courchesne, Son Excellence Mgr Papineau, Son Excellence Mgr Forget, Son Excellence Mgr Leventoux, Mgr J.-D.Nepveu, Mgr J.-E.Vincent, M.l’abbé André Arsenault, M.le Juge H.-A.Fortier, M.Antonio Perrault et M.Victor Doré.L’amendement est donc renversé et la motion principale est adoptée sur la même division.Nota bene : — Le nouveau programme des écoles élémentaires, le nouveau programme des écoles complémentaires, les notes explicatives qui accompagnent ces programmes et le mémoire de M.l’abbé J.-O.Maurice sur l’enseignement de l’anglais paraîtront prochainement dans la revue “L’Enseignement Primaire” cédée gracieusement au Gouvernement et transformée en bulletin officiel du Département de VInstruction publique.VISITE DE SIR MATHIAS TELLIER, ADMINISTRATEUR DE LA PROVINCE A ce moment, les membres du Comité catholique sont heureux de recevoir la visite de l’honorable Sir Mathias Tellier, juge en chef de la cour d’appel, qui vient d’être nommé pour agir comme administrateur de la Province pendant l’absence de Son Excellence le Lieutenant-Gouverneur Patenaude.M.l’Administrateur est chaleureusement accueilli à son entrée et est l’objet des plus sincères félicitations de M.le Surintendant et de toute l’assemblée.4.— RAPPORT DU SOUS-COMITÉ CHARGÉ D’ÉTUDIER a) Les moyens de modifier le programme, les méthodes et les règlements des écoles normales L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 647 de manière à en faire des écoles de formation professionnelle ; b) La demande de M.Rolland Juneau et de M.Jules Massé se rapportant à l’enseignement de la diction et du bon parler français dans les écoles normales de la Province.Ce sous-comité s’est réuni à Montréal le 1er mai courant.Étaient présents :— L’honorable Cyrille-F.Delâge, Surintendant de l’Instruction publique, président ; Son Excellence Mgr Limoges, évêque de Mont-Laurier ; Son Excellence Mgr Ross, évêque de Gaspé ; Son Excellence Mgr Courchesne, évêque de Rimouski ; Son Excellence Mgr Forget, évêque de St-Jean ; M.le Sénateur J.-Ed.Prévost, M.Antonio Perrault, C.R.; M.Victor Doré, président de la Commission des Écoles catholiques de Montréal ; M.l’abbé Desrosiers, principal de l’Ecole normale Jacques-Cartier, et M.B.-O.Filteau, secrétaire.Siégeaient aussi avec voix consultative :— M.C.-J.Magnan, inspecteur général des Écoles normales ; M.l’abbé J.-O.Maurice, la Révde Sœur Ste-Théophanie, C.N.D., la Révde Sœur M.-Catherine-de-Suède, des SS.des SS.NN.de Jésus et de Marie ; la Révde Sœur St-Ignace de Loyola, C.N.D.et la Révde Sœur Ste-Marie-Vitaline, C.N.D., ainsi que M.Roméo Desjardins, tous membres de la sous-commission nommée par votre sous-comité le 3 février 1937 pour la préparation des nouveaux règlements et du nouveau programme.L’objet de cette réunion était de recevoir le rapport de la sous-commission sur les précisions demandées par le Comité catholique dans la résolution suivante, adoptée le 3 février dernier : “ QUE l’étude de ce rapport soit différée jusqu’à la prochaine session et que, d’ici là, le sous-comité soit autorisé à poursuivre son travail et à reviser les paragraphes 1° et 2° de la première résolution de manière à définir plus explicitement les conditions d’admission et à préciser quelles seront les écoles dans lesquelles chaque brevet donnera le droit • d’enseigner.” Le rapport présenté par ladite sous-commission est longuement discuté puis, après avoir subi diverses modifications, prend la forme définitive suivante : Rapport de la commission spéciale nommée, le 3 février 1937, par le sous-comité du Comité catholique du Conseil de l’Instruction publique et chargée de préparer LE PROGRAMME ET LES RÈGLEMENTS DES ÉCOLES NORMALES DE FILLES.La commission spéciale, constituée par le sous-comité chargé de préparer le programme et les règlements des écoles normales et d’étudier d’autres questions connexes, est composée de M.C.-J.Magnan, président ; de Son Excellence Mgr F.-X.Ross, de Son Excellence Mgr Georges Courchesne, de Son Excellence Mgr Anastase Forget, de M.l’abbé L.-A.Desrosiers, de MM.Victor Doré et J.-P.Labarre, des Révdes Sœurs Ste-Anne-Marie et M.-Catherine-de-Suède et de M.Roméo Desjardins, secrétaire.La commission s’est adjoint, pour poursuivre son travail^ M.l’abbé J.-O.Maurice, les Révdes Sœurs St-Ignace de Loyola et Ste-Marie-Vitaline et M.J.-M.Manning.Elle a l’honneur de faire connaître à qui de droit où elle en est rendue dans l’accomplissement des tâches à elle confiées.Avant de présenter son rapport, la commission exprime la peine profonde et le vif regret qu’elle a éprouvés à la mort de la Révde Mère Sainte-Anne-Marie qui avait pris une part si large et si belle aux délibérations et études entreprises.Mère Sainte-Anne-Marie a été remplacée dans ladite commission par Mère Sainte-Théophanie, nouvelle directrice générale des études chez les Dames de la Congrégation.RAPPORT Du 5 février 1937 au 29 avril 1937, la commission spéciale a consacré cinq séances à préparer un programme pour les écoles normales de filles.Ces séances ont eu lieu aux bureaux de la Commission des Écoles catholiques de Montréal, de neuf heures et demie à midi et de deux heures et demie à cinq heures et trente minutes.Conformément au désir exprimé par le Comité catholique, cette commission a révisé les deux paragraphes indiqués de PRÉCISIONS manière à fournir les précisions demandées et êlle est d’avis qu’il y aurait lieu d’établir les règlements préliminaires qui suivent : 1° Fixer l’admission aux écoles normales de filles après la huitième année du cours complémentaire ; 2° Exiger pour l’admission en première année la production d’un certificat de 8e année émis par le Comité de 648 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE PROGRAMME DICTION FRANÇAISE Régie du Certificat d’Études primaires ou par la Commission des Ecoles catholiques de Montréal ou, à défaut, par la directrice de la maison où l’élève aura complété avec succès sa huitième année, le principal de l’école normale pouvant néanmoins astreindre toute élève à un examen d’admission ; 3° Porter à quatre ans la durée du cours complet donné dans les écoles normales de filles ; 4° Autoriser le Surintendant à conférer des brevets comme suit : a) Après deux années d’études, un brevet élémentaire d’enseignement primaire reconnaissant l’aptitude à l’enseignement dans les écoles primaires élémentaires (de la lere à la 6e année) ; b) Après trois années d’études, un brevet complémentaire d’enseignement primaire reconnaissant l’aptitude à l’enseignement dans les écoles primaires complémentaires (7e et 8e années) ; c) 1) Après quatre années d’études, un brevet supérieur d’enseignement primaire reconnaissant l’aptitude à l’enseignement dans les écoles primaires supérieures (9e, 10e et 11e années) ; 2) Un brevet supérieur d’enseignement ménager pour celles qui, en quatrième année, auraient suivi le programme spécial d’économie domestique.Ladite commission a préparé un programme d’études pour les quatre années des écoles normales de filles.Elle suggère au sous-comité de transmettre aux principaux des écoles normales et au personnel enseignant de leur institution une copie de ce projet de programme, en les priant de proposer, avant septembre 1937, toutes les modifications j âgées utiles ou nécessaires.La commission demande aussi d’être maintenue en fonction afin de tei’miner son travail, c’est-à-dire de préparer le programme de la quatrième année des écoles normales de filles, section d’économie domestique, et de rédiger les notes pédagogiques ainsi que les règlements qui devront accompagner le nouveau programme.Le vœu suivant proposé par monsieur J.-P.Labarre et appuyé par monsieur Victor Doré est accepté à l’unanimité : “ Considérant les demandes de Messieurs Roland Juneau et Jules Massé se rapportant à l’enseignement de la diction et du bon parler français dans les écoles normales de la Province, demandes à elle soumises par le Comité catholique, cette commission croit que l’enseignement de la phonétique et de la diction aux professeurs des écoles normales ne peut être donné efficacement que par des professeurs qui ont fait une étude spéciale de ces matières.En conséquence, elle propose que le Surintendant de l’Instruction publique soit autorisé à retenir, aux frais du Département de l’Instruction publique et sur la recommandation du Comité catholique, les services de professeurs dûment qualifiés et à organiser cet enseignement, de concert avec l’Inspecteur général et les principaux des écoles normales qui le demanderont.” (Signé) C.-J.Magnan, Président.(Signé) Roméo Desjardins, Secrétaire.Montréal, le 30 avril 1937. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 649 Il est alors proposé par Mgr l’Évêque de Rimouski appuyé par M.le Sénateur Prévost que ce rapport soit adopté et soumis au Comité catholique à sa réunion du 5 mai courant.(Signé) Cyrille-F.Delâge, Président.Ce rapport est adopté.(Signé) B.-O.Filteau, Secrétaire.6 — RAPPORT DU SOUS-COMITÉ CHARGÉ DE FAIRE UNE ÉTUDE SUR LE RÔLE DU COMITÉ CATHOLIQUE ET LES PROBLÈMES QUI S’Y RATTACHENT Québec, le 20 avril 1937.Ce sous-comité a tenu deux séances le 31 mars et une autre le 16 avril 1937.A chacune de ces séances, tous les membres étaient présents.Des questions très importantes ont été débattues, mais le sous-comité n’est pas prêt à faire connaître ses conclusions et demande la permission de siéger de nouveau.(Signé) J.-M.-R.Card.Villeneuve, O.M.I., Arch, de Québec, Président.(Signé) B.-O.Filieau, Secrétaire.Ce rapport est adopté.6.— RAPPORT DU SOUS-COMITÉ CHARGÉ DE FAIRE ENQUÊTE SUR LES ACCUSATIONS PORTÉES CONTRE UNE INSTITUTRICE DE CETTE PROVINCE Ce sous-comité s’est réuni une première fois le 8 avril 1937 et une seconde fois le 5 mai courant.Étaient présents a chacune des séances:-—• L’hon.Sir Thomas Chapais, président; l’honorable Cyrille-F.Delâge, Surintendant de l’Instruction publique ; M.le notaire J.-A.Trudel, et M.B.-O.Filteau, secrétaire.^ A la première séance, le sous-comité, après avoir pris connaissance de la plainte portée contre Mlle Marie-Jeanne (Véronique) Philibert, décida de nommer M.Paul Hubert, inspecteur régional de la région N ° 8, pour agir comme commissaire-enquêteur et recevoir les témoignages, conformément aux dispositions des paragraphes 5 et suivants de l’article 31 de la Loi de l’Instruction publique.A la deuxième séance, votre sous-comité fit une étude attentive des dépositions reçues par le commissaire-enquêteur et transmises au secrétaire du Comité catholique et en vint unanimement à la conclusion que la plainte portée contre Mlle Marie-Jeanne (Véronique) Philibert est bien fondée et c’est pourquoi il croit devoir recommander que le diplôme de cette institutrice soit révoqué, conformément aux dispositions de l’article 31 du code scolaire.(Signé) Thomas Chapais, Président.(Signé) B.-O.Filteau, Secrétaire.Ce rapport est adopté.7—RAPPORT DE L’INSPECTEUR GÉNÉRAL DES ÉCOLES NORMALES ’ CONCERNANT CERTAINS SCOLASTICATS DE RELIGIEUSES QUI DÉSIRENT ETRE RECONNUS COMME ÉCOLES NORMALES Québec, le 29 avril 1937.A l’Honorable Cyrille-F.DelAge, Surintendant, Président du Comité catholique du Conseil de l’Instruction publique. 650 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Monsieur le Surintendant, J’ai l’honneur de soumettre au Comité catholique le rapport ci-dessous, rapport préparé en vertu du vœu suivant, vœu adopté par ledit Comité, à sa séance de septembre 1936 : a) “QUE V article 478a de la loi de l’Instruction publique soit modifié en ajoutant aux mots “ reconnaître les scolasticats —- de Frères enseignants ” — dans la quatrième ligne — les mots “ et de religieuses enseignantes.” b) “ QUE M.Magnan, inspecteur général des écoles normales, soit autorisé à visiter les scolasticats-écoles normales de sœurs en préparation et à faire rapport au Comité catholique du Conseil de l’Instruction publique.” Conformément à ce vœu, j’ai visité les Maisons Mères et les Maisons Provinciales des Religieuses enseignantes qui ont exprimé le désir d’établir au siège de leur communauté, une école normale à l’usage de leurs jeunes professes.Voici la liste des communautés visitées : Bon-Pasteur, Québec, 17 décembre 1936.Sœurs de la Charité de Saint-Louis, Bienville, 7 janvier 1937.Sœurs de la Charité, Québec, 29 janvier 1937.Sœurs de la Providence, Montréal, 6 février 1937.Sœurs des SS.NN.de Jésus et de Marie, 27 février 1937.Sœurs Grises, Montréal, 6 mars 1937.Sœurs de St-François-d’Assise, Québec, 15 mars 1937.Sœurs de Saint-Joseph, St-Hyacinthe, 2 avril 1937.Sœurs de la Présentation de Marie, St-Hyacinthe, 3 avril 1937.Sœurs de N.-D.du Bon-Conseil, Chicoutimi, 20 avril 1937.J’ai consacré plusieurs heures à chacune de mes visites et dans chaque institution j’ai fait une enquête sur les points suivants : I.— Conditions matérielles : a) Le local ; b) Les classes.II.— Conditions pédagogiques : a) Le matériel pédagogique : tableaux noirs, tableaux muraux illustrés, cartes géographiques, globes terrestres ; b) La bibliôthèque : volumes : Instruction religieuse et pédagogie, grammaire et littérature, histoire du Canada, histoire de l’Église, histoire générale, ouvrages scientifiques.III.— Organisation de l’enseignement ménager : salles et matériel indispensables.IV.— Un petit musée : quelques spécimens de la flore et de la faune du pays ; collection de minéraux ; principales céréales, spécimens des différents sols de notre Province, gravures représentant les principales industries : agricole, forestière, etc.V.— Un cabinet de physique et un laboratoire (éléments indispensables).VI.— Les professeurs nécessaires dans une école normale, leurs qualifications : diplômes, titres universitaires, années d’expérience.— Professeurs spéciaux.VIL— Nombre probable de jeunes professes qui pourront suivre les cours de l’école normale dès septembre 1937.Après enquête, je suis en mesure de déclarer que les Maisons Mères et les Maisons Provinciales ci-dessus énumérées sont anxieuses de faire bénéficier chez elles leurs jeunes professes d’un cours de pédagogie théorique et pratique et d’un complément d’instruction générale avant de les envoyer dans leurs différentes missions.Ce stage d’une année ou deux, parfois trois, à l’École normale de la Maison Mère, reposera la jeune professe, nécessairement fatiguée après les épreuves du Postulat et du Noviciat, et lui fera acquérir une expérience de l’enseignement bien précieuse.Elle y apprendra comment préparer sa classe et donner une leçon conformément aux méthodes et aux procédés réputés les meilleurs.Guidée par des maîtresses expérimentées, elle apprendra à connaître les enfants, à savoir les intéresser et les amener sans contrainte à observer une bonne discipline en classe.Comprenant tous les avantages d’un cours d’école normale pour leurs jeunes religieuses, les Révérendes Supérieures générales et leurs assistantes m’ont assuré, toutes, sans exception, que leur communauté ne reculera devant aucun sacrifice pour organiser chez elle une véritable L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 651 école normale où leurs jeunes religieuses s’initieront à l’art si attrayant, mais aussi si difficile de l’enseignement.A cette fin, elles mettront des classes spéciales à l’usage des religieuses normaliennes, classes qui seront pourvues de tous les accessoires indispensables à un enseignement raisonné et intéressant.Aussi, en vue de la réforme prochaine des écoles normales, une bibliothèque centrale sera établie dans la Section normale (une telle bibliothèque existe déjà dans plusieurs Maisons-Mères et Maisons Provinciales).De plus une bibliothèque didactique devra être installée dans chaque classe.Lors de mon enquête, j’ai inventorié les bibliothèques de chaque Maison Mère ou Maison Provinciale.Au cours de ce travail intéressant, j’ai constaté avec un vif intérêt que dans nos communautés enseignantes de femmes on avait le culte du livre.Sans compter les ouvrages purement religieux, j’ai compté dans chaque maison des centaines de volumes se rapportant à la pédagogie, à la littérature, à l’histoire du Canada, à l’histoire de l’Église, à l’histoire générale et aux sciences.A ajouter : nombreuses revues, récits de voyages, bons romans.Lors de mes visites, j’ai indiqué plusieurs ouvrages de pédagogie, d’histoire et de science qui, dans plusieurs cas, compléteront les collections existantes.Quelques Maisons Mères ou Maisons Provinciales possèdent déjà un modeste cabinet de physique et un petit laboratoire.Celles qui n’en sont pas encore pourvues doivent, dès maintenant, faire des démarches pour aménager des salles à cette fin avant septembre prochain.Il en est de même pour le musée.Les Maisons Mères ou Maisons Provinciales possèdent généralement une excellente organisation pour l’enseignement ménager; plusieurs salles sont aménagées à cette fin.Il en est de même pour les jardins scolaires.Quelques-unes de ces institutions possèdent à proximité de vastes jardins où les normaliennes pourront faire ou trouver de nombreuses applications des notions d’horticulture, d’arboriculture et de floriculture qui leur auront été données en classe.Un chapitre essentiel de l’organisation des Écoles normales de religieuses, c’est celui qui a trait à une directrice spéciale et aux professeurs.En effet, les nouvelles écoles congréganistes vaudront par la direction pédagogique et classique qu’elles recevront.Aussi, ce chapitre a été longuement étudié lors de mes visites.Heureusement, j’ai rencontré dans la plupart des communautés visitées une “ réserve ” de religieuses bien préparées au professorat.Voici un sommaire des “ qualifications ” que possèdent les Sœurs que les Maisons Mères ou Provinciales destinent aux futures écoles normales de religieuses : Baccalauréat classique du collège Marguerite-Bourgeoys : 2; Doctorat en pédagogie : 1 ; Licence en pédagogie : 1 ; Baccalauréat en pédagogie de l’Institut pédagogique : 1 ; Diplôme supérieur de pédagogie de l’Institut pédagogique : 5 ; Brevet supérieur de France : 1 ; Diplôme supérieur d’École normale : 3 ; Diplôme supérieur du Bureau central : 12 ; Certificat d’aptitude pédagogique de l’Institut pédagogique : 1 ; Certificat de pédagogie (cours de vacances) de l’Institut pédagogique : o ; Diplôme supérieur de TUniversité Laval : 1 ; Enseignement spécial : Dessin : Diplôme de l’École des Beaux-Arts de Québec : 1 ; Certificat de l’Institut pédagogique : 1 ; Directrice d’un atelier de peinture : 1 ; Sciences : Bachelière en mathématiques : 1 ; Religieuses destinées aux professorat actuellement aux études à l’Institut pédagogique de Montréal : 4 ; Moyenne des années d’expérience dans l’enseignement : 12.« Promesse que d’autres seront préparées à la même institution dès septembre prochain, soit pour le diplôme supérieur de pédagogie, soit pour le baccalauréat., , .„ Un des éléments les plus importants d’une école normale, c’est l’école d’application.Ce point a fait l’objet d’entretiens prolongés entre les Directrices des Communautés et l’Inspecteur général des écoles normales.Aussi les quelques Maisons Mères ou Maisons Provinciales qui n’avaient pas sous leur propre toit, ou à proximité, les classes de jeunes élèves (de lere à la 8» année) indispensables à la formation pratique des normaliennes, m’ont donné l’assurance que de telles classes seront annexées à leur école normale.La haute valeur morale et la valeur pédagogique reconnues de nos Communautés religieuses de femmes offrent une garantie qui assure l’exécution des mesures qui leur ont été suggérées par l’humble signataire du présent rapport. 652 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Cas spéciaux ^4) Je soumets à la bienveillante attention des membres de ce Comité les cas spéciaux suivants : Les Sœurs de la Chanté de l’Hôpital général de Montréal (Sœurs Grises) sollicitent la faveur d’admettre chaque année, à leur future École normale de religieuses, dix élèves finissantes de leurs trois et uniques pensionnats où elles font de l’enseignement ; Maison Mère, rue Guy, Saint-Joseph et Saint-Benoît.' La raison, c’est que les Sœurs Grises n’ont que ces trois pensionnats pour se recruter et que si elles n’ont pas le privilège de garder chez elles leurs finissantes qui donnent des signes évidents de vocation religieuse, leur recrutement sera sérieusement compromis.Jusqu’ici, ces finissantes se présentaient aux examens du Bureau central à la Maison Mère même.A remarquer que les Sœurs Grises n’admettront jamais plus que dix finissantes, après la 9e année, qui désirent entrer dans leur communauté après le cours de l’école normale.C’est à la demande expresse de Son Excellence Mgr l’Archevêque-Administrateur de Montréal et avec sa pressante approbation que je soumets ce cas très important pour les Sœurs Grises et que je crois digne d’approbation.Mgr l’Archevêque-Administrateur de Montréal m’autorise à déclarer ici qu’il contrôlera lui-même ou par son délégué le recrutement de dix finissantes, et pas plus, ayant fait leur 9e année et donnant des signes sérieux de vocation religieuse.A noter que les Sœurs Grises de Montréal dirigent de nombreuses institutions dont la direction a besoin de religieuses préparées à l’enseignement, telles que l’Institut des Aveugles, l’École d’industrie pour filles, une École supérieure de Gardes-Malades.Cette communauté méritante dirige aussi, en dehors de notre Province, même aux États-Unis, des œuvres importantes.Le désir des Sœurs Grises me semble digne de la sympathie du Comité catholique.B) Les Sœurs de la Charité de Saint-Louis, à Bienville, de par leur constitution, préparent leurs novices à l’enseignement après le Postulat et l’année canonique : “ Cette deuxième année du Noviciat, m’a dit la Supérieure provinciale, est destinée, dans l’esprit de notre Règle, à préparer les sujets à l’enseignement, œuvre principale de notre Congrégation ”.Cette deuxième année, m’a-t-on assuré, est consacrée entièrement à l’étude des diverses matières du programme d’études et à l’enseignement pratique dans leurs divers couvents.C’est cette année, immédiatement avant la profession, que les Sœurs de la Charité de Saint-Louis désirent faire compter comme première année d’école normale.Bien entendu, ces novices stagiaires resteraient à la Maison Mère et suivraient, à la lettre, l’horaire de l’École normale.Aucun diplôme ne couronnerait cette première année : les novices-stagiaires devront nécessairement faire une seconde année normalienne après leur profession.Consulté sur ce point.Son Éminence le Cardinal Archevêque de Québec ne voit pas d’objection à l’octroi du privilège demandé par les Sœurs de la Charité de Saint-Louis.Admission aux Écoles normales de religieuses Dans toutes nos Communautés religieuses de femmes, depuis plusieurs années, aucune jeune personne n’est admise au Noviciat, règle générale, sans être munie d’un diplôme, soit du Bureau central, soit d’une école normale.Celles qui ne possèdent ni l’un ni l’autre de ces diplômes, ont généralement fait la 8e ou la 9e année du cours primaire complémentaire.Puis ce sont les six mois de postulat et les deux années de Noviciat où les novices étudient non seulement les règles de la communauté, mais aussi la religion, l’histoire sainte, l’histoire de l’Église et autres matières d’éducation religieuse qui donnent à l’esprit, au cœur et à la volonté une maturité précieuse pour les futures institutrices.Étant donné cette magnifique préparation aux études normaliennes, j’exprime humblement le vœu que d’ici à la mise en vigueur du nouveau programme des écoles normales actuellement en préparation, le Comité catholique autorise l’application des règlements suivants : o) Les religieuses munies d’un brevet élémentaire du Bureau central ou d’une école normale avant leur entrée au Postulat pourront aspirer au brevet complémentaire, après avoir suivi avec succès tous les cours de l’école normale pendant une année et avoir fait de l’enseignement pratique, conformément aux programmes officiels en vigueur ; b) Les religieuses munies d’un brevet complémentaire du Bureau central ou d’une école normale avant leur entrée au Postulat pourront aspirer au brevet supérieur, après avoir suivi avec succès tous les cours de l’école normale pendant une année et avoir fait de l’enseignement pratique, conformément aux programmes officiels en vigueur ; c) Les religieuses admises au Postulat sans diplôme, mais ayant fait la 8e ou la 9e année, pourront, dans le premier cas, aspirer au brevet élémentaire et, dans le deuxième cas, au brevet complémentaire aux mêmes conditions que ci-dessus.Programme et mode d’examens Je suggère que le Piogramme des écoles normales de religieuses soit celui des écoles normales de filles, programme actuel.Lorsque la refonte de ce programme sera terminée et que le nouveau programme aura été mis en vigueur, ledit programme deviendra aussi celui des écoles normales L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 653 de religieuses.Quant au mode d’examens décidant de l’octroi des diplômes, les Maisons Mères et Maisons Provinciales préfèrent généralement celui auquel les Frères veulent bien se soumettre et dont ils sont très satisfaits, savoir : Questions choisies par un Comité de régie dont le siège est au département de l’Instruction publique, examens surveillés par un délégué nommé par le Surin-teüdant, correction des épreuves par des jurys dans chacun desquels entrent un délégué laïc nommé par le Surintendant et deux représentants des communautés.Si cette suggestion est acceptée, il conviendra de créer un Comité de régie pour les écoles normales de religiehses, comité constitué comme celui des écoles normales de Frères, comité dont deux religieuses feront nécessairement partie.Le nombre probable de religieuses qui entreront aux nouvelles écoles normales, en septembre prochain, sera de quatre-vingts.J’ai l’honneur d’être, Monsieur le Surintendant, Votre dévoué serviteur, (Signé) C.-J.Magnan, Inspecteur général des Ecoles normales.Ce rapport est adopté, sauf en ce qui concerne le privilège demandé par les Révérendes Sœurs de la Charité de Saint-Louis de France et il est unanimement résolu sur proposition de Son Excellence Mgr Gauthier, archevê-vêque de Montréal : 1° Que le lieutenant-gouverneur en conseil soit prié de reconnaître comme scolasticats-écoles normales les institutions suivantes : Sœurs Servantes du Cœur Immaculé de Marie (Asile du Bon-Pasteur), 74, rue Lachevrotière, Québec ; Sœurs de la Charité de Saint-Louis de France, Bienville ; Sœurs de la Charité, 5, rue St-Olivier, Québec ; Sœurs de Charité de la Providence, coin des rues Ste-Catherine et Fullum, Montréal ; Sœurs des Saints Noms de Jésus et de Marie, 1420, boulevard Mont-Royal, Montréal ; Sœurs de la Charité de i’Hôpital-Général de Montréal, 1190, rue Guy, Montréal ; Sœurs de Saint-François d’Assise, Gros-Pin, Charlesbourg, près Québec ; Sœurs de Saint-Joseph, Saint-Hyacinthe ; Sœurs de la Présentation de Marie, Saint-Hyacinthe ; Institut des Sœurs de Notre-Dame du Bon-Conseil, Chicoutimi.2° Que les cours de formation professionnelle donnés dans ces scolasticats-écoles normales soient en principe accessibles uniquement aux religieuses professes d’une congrégation religieuse approuvée par l’Ordinaire du diocèse ; il sera cependant loisible au Surintendant, sur la recommandation de Monseigneur l’Archevêque de Montréal, d’autoriser les Sœurs Grises de Montréal, à recevoir dans leur sco-lasticat dix jeunes filles ayant terminé la 9e année du cours primaire dans les pensionnats de Saint-Joseph, de Saint-Benoît et de Margtte-rite-d’Youville lorsque ces élèves donneront des signes évidents de vocation religieuse; 3° Que les règlements établis par le Comité catholique pour les scolasticats-écoles normales de religieux s’appliquent mutatis mutandis aux scolasticats-écoles normales de religieuses ; 4° Que, jusqu’à la mise en vigufeur du nouveau programme des écoles normales de filles actuellement en préparation, il soit en outre loisible aux scolasticats-écoles normales de religieuses d’appliquer les 654 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE règlements suivants : a) Les religieuses munies d’un brevet élémentaire du Bureau central ou d’une école normale avant leur entrée au postulat pourront aspirer au brevet complémentaire après avoir suivi avec succès tous les cours de l’école normale pendant une année et fait de l’enseignement pratique conformément aux programmes officiels en vigueur ; b) Les religieuses munies d’un brevet complémentaire du Bureau central ou d’une école normale avant leur entrée au postulat pourront aspirer au brevet supérieur après avoir suivi avec succès tous les cours de l’école normale pendant une année et avoir fait de l’enseignement pratique conformément aux programmes officiels en vigueur ; c) Les religieuses admises au postulat sans diplôme, mais ayant fait la 8e ou la 9e année de l’école primaire complémentaire pourront, dans le premier cas, aspirer au brevet élémentaire et, dans le deuxième cas, au brevet complémentaire aux mêmes conditions que ci-dessus.5° Que l’étude de la demande des Révérendes Sœurs de la Charité de Saint-Louis de France relativement à leurs novices soit ajournée à la prochaine session.8—COMMUNICATION DU SURINTENDANT AU SUJET D’UNE NOUVELLE DÉLIMITATION DES DISTRICTS SCOLAIRES DE LA RÉGION N° 2 ET DE LA CITÉ DE MONTRÉAL DÉPARTEMENT DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE 2150-29 Québec, le 26 avril 1937.Aux honorables Membres du Comité catholique du Conseil de l’Instruction publique.Éminence, Messeigneuks, Messieurs, Considérant qu’il m’a été représenté par l’Inspecteur général des écoles primaires : 1°—Que les inspecteurs des écoles urbaines de Montréal doivent visiter, deux fois l’an, environ 680 classes chacun ; 2°—Que les districts ruraux numéros 9 (M.Y.LeRouzès) et 10 (M.L.Carrière) de la région de Montréal comprennent respectivement 53 et 44 municipalités dont les plus importantes sont situées dans la banlieue de la cité de Montréal ; 3°— Que les inspecteurs intéressés ne peuvent suffire à leur lourde tâche, malgré leur compétence et leur bonne volonté ; 4°— Que près du quart de la population écolière de toute la Province fréquente les écoles de la métropole et de sa banlieue ; 5°—Qu’il est du devoir des inspecteurs de veiller et de contribuer le plus efficacement possible à la bonne gouverne des écoles primaires de cette Province ; Je soumets humolement.à l’approbation du Comité catholique le projet qui suit : 1.— La formation d’une région métropolitaine comprenant les cités et les villes suivantes de l’Ile de Montréal : Montréal, Verdun, Outremont, Westmount, Mont-Royal, Saint-Laurent, La Salle, Saint-Pierre-aux-Liens, Lachine, Côte-Saint-Luc, Montréal-Est, Pointe-aux-Trembles.Cette région métropolitaine, qui aura à sa tête un inspecteur régional métropolitain ayant les mêmes attributions, les mêmes devoirs dans ladite région que ceux des huit inspecteurs régionaux déjà en fonction, sera divisée en dix districts d’inspection, à savoir : District urbain No 1 — M.L’Inspecteur Chs-A.Shaffer Paroisses Ecoles Classes fr.Classes ang St-Pierre-Claver
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