L'enseignement primaire : journal d'éducation et d'instruction, 1 janvier 1943, Janvier
Vol.II - N° 5 JANVIER 1943 QUÉBEC SOMMAIRE VOEUX, M.Victor Doré, p.354.—Épargne scolaire en temps de guerre, la Rédaction, p.355.EDUCATION ET FORMATION Formation religieuse SOLILOQUES: Mon ingratitude, M.l'abbé Victorin Germain, p.257.Formation sociale HYGIÈNE: Justification de son enseignement, M.Jules Gilbert p.360.Formation nationale GÉOGRAPHIE: L'Abitibi et le Témiscamingue, M., Benoît Brouil-lette, p.363.—EDUCATION NATIONALE A L'ECOLE: Louis-Hippolyte Lafontaine, p.366.Formation pédagogique PSYCHOLOGIE: Les méthodes de mesure, M.Trefflé Boulanger, p.368.Formation professionnelle ÉDUCATION: La formation du caractère, Rév.Soeur Saint-Ignace de Loyola, C.N.D., p.371.PEDAGOGIE ET MÉTHODOLOGIE LE PETIT CATÉCHISME: L'Église, M.l'abbé J.-C.Mathieu, p.376.—MÉTHODOLOGIE DU FRANÇAIS: L'analyse, M.Jean-Marie Laurence, p.378.—PHONÉTIQUE: Parlons bien, M.Jacques Mordret, p.381 .—METHODOLOGIE DE L'ARITHMÉTIQUE: Les quatre opérations, M.J.-Henri Bessette, p.384.— SUGGESTIONS: Revue mensuelle du programme (janvier), p.388.English Section Intelligence tests, their advantages and limitations ., Brother F.Vincent, F.S.C., p.418.—Care of the changing voice, Brother S.Andrew, F.S.C., p.420.RENSEIGNEMENTS ET DIRECTIVES Synthèse des réponses à la première question de l'enquête,: quel est l'objet de l'enseignement primaire à ses divers degrés ?M.Victor Doré, p.424.—Examens des candidats inspecteurs d'écoles, M.C.-J.Miller, p.429.—Rapport du concours organisé par le Département de l'Instruction publique dans le but de favoriser une littérature enfantine canadienne, Mlle Cécile Rouleau, p.430.—CHRONIQUE DU MOIS: Que nous réserve 1943 ?M.Charles Bilodeau, p.432.—Essai d'une bibliographie sur Montréal: Enseignement (suite), Mlle Marie-Claire Daveluy, p.434.—Il faut lire, M.Lucien Lortie, p.437.—CHRONIQUE D'UN VIEUX PROFESSEUR: La conversation dirigée, Le vieux prof., p.439.- x L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Janvier 3ô4 Au personnel enseignant Québec, le 26 décembre 1942.Mes chers collaborateurs, Pendant que, partout dans l'univers chrétien, des fidèles chantaient la gloire de l'Enfant-Dieu, messager d'amour, toute une humanité a vécu un nouveau Noël sanglant et clamé son espoir en la paix promise sur terre aux hommes de bonne volonté, cette paix dont la naissance, la vie et la mort de l’Homjne-Dieu demeurent le gage.Une année se termine lourde de faits nouveaux qui n ont rien diminué de l'angoisse universelle.Le champ de bataille s'est élargi et de nouveaux hommes, par millions, sont entrés dans la mêlée.Dans tous les pays du ?nonde, guerroyants ou asservis, où persiste la vie de l'esprit, l’école n'en poursuit pas moins son œuvre de paix.Une nouvelle année va bientôt commencer dont nul ne connaît ce qu'elle comportera de deuils et de joies, de revers et de victoires.Puissent les sacrifices d'innombrables vies, l'acceptation totale du devoir et l'affirmation virile des volontés contribuer d la formation d'âmes neuves, de consciences claires, de cœurs vertueux et forts.Puisse le sourire du divin Enfant illuminer la vie de la jeunesse écolière tant au foyer qu d l'école et l'armer dans la foi, l’espérance et l'amour, contre les lendemains de haine et de revanche.ê Je vous invite, instituteurs et institutrices, d vous replier, d réfléchir sur la gravité de vos devoirs et l'étendue de vos responsabilités.Je vous souhaite l'estime de la famille dont vous êtes les auxiliaires et l'affection des élèves dont vous êtes les amis et les guides.Votre tâche pour être obscure n'en est que plus méritoire; apporte^, d l’accomplir un dévouement fait de réflexion et d'intelligence; apprenez d vous connaître, pour ne transmettre aux êtres dont vous avez la garde que ce qu"il y a de meilleur en vous; songez à l'avenir de ceux-ld qui pour vous avoir aimés et compris n'oublieront ni vos conseils ni vos exemples.Que la nouvelle année vous soit bonne; que vos journées, vos heures et vos minutes vous soient courtes parce que pleinement utilisées; que, le compte fait des ennuis, des sacrifices et des misères inhérents d vos fonctions, celles-ci vous réservent une riche moisson de satisfactions et de joies.Victor Doré, Surintendant de l'Instruction publique. 1943 ÉPARGNE SCOLAIRE 355 A Epargne scolaire en temps de guerre Par suite de circonstances incontrôlables, les responsables de la campagne d’Épargne Scolaire en temps de guerre n’ont pu expédier les registres et les livrets dans toutes les écoles de l'a Province.Le Comité provincial prend actuellement toutes les mesures nécessaires afin que le matériel soit livré pour la rentrée des classes, le 8 janvier.Toutefois, vous avez dû recevoir le communiqué du Comité provincial de l’Épargne Scolaire (bulletin n° 16), en date du 15 décembre 1941.Vous y avez trouvé tous les renseignements sur 1 organisation de la campagne.Lisez attentivement, si vous ne I avez déjà fait, les neuf points soulignés par monsieur l’inspecteur J.-G.Marien, président-conjoint du Comité; vous y trouverez une présentation très claire du système adopté.Mais ce retard accusé doit-il paralyser la campagne?.Est-ce à dire qu il faille diminuer 1 objectif parce qu’il ne reste que six mois de classe ?.Croyez-vous, dès lors, que 1 on doive suspendre toute propagande de persuasion en rapport avec la nécessité de l’épargne?.Au contraire., Il paraît évident qu’il convient de maintenir l’objectif de $700,000.Le moyen?II s agit d augmenter le montant de l’épargne hebdomadaire: le fixer à 5 cents au lieu de 3 cents.Ainsi, chaque élève aura prêté son dollar à l’État en juin prochain.De cette modification dans le mode de paiement découle l’obligation de diriger d’une façon plus intense l’opinion des parents sur cette question de l’Épargne Scolaire en temps de guerre.Cependant, relativement aux élèves qui peuvent disposer d’un montant plus élevé, nous corroborons la demande faite par le Comité Provincial qui fixe à 10 cents par semaine 1 économie de guerre; cette somme permettra à l’intéressé, d’épargner dans une période de quarante semaines un certificat de $5.qui lui aura coûté $4.Ce ne sont là que des moyens; le principe reste le même: l'économie.En ce domaine comme en beaucoup d’autres, l’important n’est pas de dire des choses nouvelles.Mieux vaut avoir la constance de répéter des arguments sérieux déjà énoncés qui appuient le principe.La répétition facilite l’action, aide la compréhension.C’est ainsi que nous vous demandons de relire attentivement les articles déjà parus dans L'Enseignement primaire sur l’Épargne Scolaire.Vous surprendrez des détails, vous découvrirez des moyens d’action qui auront échappé à votre jugement lors de la première lecture.Toutes les écoles, indépendantes ou sous contrôle, sont priées de favoriser l’achat du timbre de guerre par leurs élèves et de transmettre un rapport du travail effectué à l’inspecteur de district, le 31 janvier prochain.Nous comptons donc sur votre collaboration intelligente et continue, pour vaincre les contre-temps du début de la campagne et assurer la victoire de l’Épargne Scolaire dans la Province.LA RÉDACTION. «0 Christ, dans votre champ, je vais pris du chemin.res les moissonneurs choisis de votre main.Glaner quelques épis de grain sacré qui reste.Et pétrir aux enfants un peu de pain céleste.'O LAPRADE 1943 ÉDUCATION ET FORMATION 357 Formation religieuse SOLILOQUES xm Mon INGRATITUDE par M.l’abbé Victorin GERMAIN de la Crèche Saint-Vincent-de-Paul.Les échos d’un sermon convaincant se répercutent, ce soir, en ma mémoire.Et ils ravivent l’horreur que je dois garder, non seulement pour le péché mortel, mais pour le péché tout court, pour le moindre qui soit des péchés véniels.Il y a, en effet, quelque chose de plus grave que de ne point remercier, c’est de se servir du bienfait lui-même pour offenser le bienfaiteur.* * * J’ai déjà proposé, jadis, à des fillettes spontanées et simples, sous forme de cas, cet apologue: —Je suppose, mes enfants, que, pour la fête d’une amie, vous tricotez vous-même, en cachette, et avec patience, avec application, avec le plaisir anticipé de faire surprise et plaisir, un beau tricot de laine.La veille au soir vous allez, en personne, offrir à votre chère amie votre précieux cadeau.C’est la chère amie qui vient ouvrir.Elle ne vous offre point d’entrer.Elle vous demande assez sèchement ce que vous voulez.Vous présentez assez innocemment votre colis.Et là, sans plus vous écouter, votre chère amie vous le lance à la figure et vous met à la porte.«Tes cadeaux, vous dit-elle, je n’en ai pas besoin.Va-t’en ! Et que je ne te revoie plus ! » — Ah! s’écrièrent, en chœur et toutes scandalisées, mes auditrices.-— Je le sais, je le sais, mes enfants, vous ne seriez pas de bonne humeur.Mais, dites-moi : de retour à la maison, de quoi traiteriez-vous votre défunte amie ?Quatre épithètes jaillirent: .— Ingrate ! — Effrontée ! -— Sans génie ! — Sans cœur ! — Très bien ! Vous savez maintenant quoi penser de vous-même quand vous offensez le bon Dieu.— Ah! c’est là que vous vouliez en venir ?— Oui, je vous défie de commettre un seul petit péché véniel sans pour cela vous servir de quelque don du bon Dieu.Du reste, de quoi se plaint le bon Dieu dans les Saintes Ecritures ?« Us me rendent le mal pour le bien,)) (Ps.XXXIV, 12).C’est-à-dire: j’ai créé le monde, j’ai racheté le monde, je veux sanctifier le monde; et, en retour, du plus grand nombre, je ne reçois que blasphèmes, sacrilèges, révolte, désobéissance, mépris, froideur, lâcheté, trahison.A moi donc de me pénétrer du caractère d’ingratitude que révèlent mes moindres manquements à la loi divine et à la foi jurée.Au fait, c’est facile; car si je considère la série indéfinie des bienfaits divins à l’égard des hommes, j’en trouve trois qui dominent tous les autres: la création, la rédemption, l’inspiration providentielle.Et, autant une vie pure constitue la meilleure et la plus appropriée reconnaissance de ces trois grands bienfaits, autant le péché en fait la méconnaissance et le mépris.Pécheur, j’oppose, en moi, ingratitude à gratitude et méconnaissance à reconnaissance. 358 L’ENSEIGNEMENT PRIM AIRE Janvier Première proposition: le péché est la méconnaissance du bienfait de la création.Il y a une formule familière aux chrétiens: le bon Dieu a créé l’univers pour l’homme et l’homme pour sa gloire.L’homme donc est le trait d’union entre la créature sans raison et l’infinie sagesse.Il a l’intendance de l’univers et il l’administre pour le profit du Souverain Maître.de respiration, de circulation, de génération, des sens pour entendre, voir, sentir, toucher et goûter.Une âme, c’est-à-dire une intelligence pour connaître, réfléchir et comprendre, une volonté pour décider, consentir ou résister, une mémoire pour Penregistrêment des faits passés, une imagination pour l’évocation des choses absentes ou irréelles.Aussi, de sa part, toute action volontaire qui ne tend pas directement, comme la prière, l’acte de vertu, l’apostolat, soit indirectement, comme de travailler, jouer, manger, boire et dormir, à la gloire du bon Dieu, est une action déréglée, un péché véniel, une méconnaissance du bienfait de la création.À plus forte raison, toute action volontaire constituant une désobéissance grave aux commandements de Dieu, aux préceptes et directions de l’Église, empêchant directement le bon Dieu d’être connu, aimé et servi, est une action désordonnée, un péché mortel, une méconnaissance, un mépris formel du bienfait de la création.Comment cela ?C’est facile à comprendre.Le Créateur a mis à ma disposition, pour procurer sa gloire et faire mon salut, tout un ensemble de commodités; et d’abord des êtres inanimés comme les aliments, les boissons, les livres, les crayons, les plumes.Mais pourrais-je m’enivrer, faire une gourmandise, dessiner ou écrire des choses perverses sans un mauvais usage de ces êtres inanimés ?J’ai aussi à ma disposition, pour faire mon salut et procurer la gloire de Dieu, des êtres animés, les bêtes, destinées à me servir, à me divertir, voire à me protéger.Si, par exemple, j’utilise mon cheval pour aller rejoindre quelque mauvaise compagnie, je me sers d’un vrai bienfait de la Providence pour accomplir ma faute.J’ai encore, dons précieux entre tous, un corps et une âme.Un corps, c’est-à-dire des membres pour me mouvoir et pourvoir à mes nécessités, des organes de digestion.Et dans ce corps, et dans cette âme, sanctifiés par le baptême, corroborés par la confirmation, je possède l'Esprit Saint comme en son temple, Jésus-Hostie comme en son tabernacle, et la puissance et la majesté de Dieu le Père comme en son reflet.Après les anges, c’est l’homme qui est la merveille de la création.Mais un tel organisme, de tels dons, qui pourrait en supputer le prix ?D’autre part, comment pécher sans utiliser l’un ou l’autre et même plusieurs à la fois de ces multiples et incomparables dons ?J’use de mes membres pour rejoindre ou atteindre des complices ou des victimes; j’use de mon imagination pour de mauvaises pensées, de mes organes et de mes sens pour l’ivrognerie, la gourmandise ou la luxure; de mon intelligence et de ma bouche pour le mensonge, l’impudicité, l’impiété, le blasphème et toute incitation à pécher; j’use de mon cœur pour aimer indûment, de ma volonté enfin, pour consentir à n’importe quelle offense.Si minime soit ma désobéissance, si réduit mon orgueil, si infime ma faute, c’est toujours à même la prodigalité de mon Dieu que je lui fais injure.Mais ce n’est pas tout.Il y a enfin un autre don qui peut me devenir instrument de péché: c’est le prochain.Nous ne sommes point des stylites.Nous naissons, au contraire, sociables.Et Je premier charme de la vie, c’est le lien de famille; puis les relations de parenté ou de simple amitié.Le prochain, c’est une création de Dieu pour faciliter à l’homme sa religion et son salut.Mais si, comme Absalon dérobait au roi, son père, les cœurs de ses sujets, je gagne des partenaires à mes fautes, je retourne contre la face du Seigneur les dons de sa droite. 1943 EDUCATION ET FORMATION 359 Décidément, le péché méconnaît l’entier bienfait de la création.Mais il n’y a pas que cela.* * * Seconde proposition: le péché est Id méconnaissance du bienfait de la rédemption.C’est déjà, sans doute, un bien grand mal que j’abuse du bienfait de la création; mais la création n’a tout de même coûté qu’un acte de la pensée créatrice; tandis que la rédemption, elle, a coûté tout le sang d’un Dieu fait homme.Ce que Jésus-Christ attendait, comme fruit de son sacrifice, c’était que le monde connût mieux et comprît davantage la malice du péché.Et c’est pour cela que, Créateur, il s’est fait créature; que, roi du ciel et de la terre, il s’est enfermé au sein de la Vierge Marie; que, délaissant les splendeurs du paradis, il a séjourné dans l’étable de Bethléem et dans les pauvres demeures d’Égypte, de Judée ou de Galilée; c’est pour cela que, fils du Père éternel, il a tenu à passer pour le fils du charpentier Joseph; pour cela qu’après trente années de vie obscure, il a parcouru, en tous sens, la Palestine, enseignant la vertu et guérissant, avec les corps, les âmes; pour cela qu’il a sué sang et eau, qu’il s’est laissé trahir et livrer, flageller, couronner d’épines, moquer, bafouer, souffleter, couvrir de crachats, de dérision et de mépris; c’est pour que je comprenne la gravité du péché qu’il a tendu ses mains et ses pieds aux clous du bourreau, son cœur à la lance du centurion, sa vie à l’immolation rédemptrice.Quand je pèche, je fais fi de ce coûteux enseignement.Quand je pèche, je ferme les yeux sur le mystère des souffrances de mon Sauveur.Quand je pèche, ou bien je méprise ou bien j’oublie la munificence dont je suis l’objet et le bonheur auquel je suis convié.* * * Troisième proposition: le péché est une méconnaissance du bienfait des inspirations divines.Les suites du péché originel sont telles, en moi, que, de moi-même, je ne puis rester fidèle à Dieu, observer ses préceptes et grandir dans son amour.Mais lui connaît ma fragilité; il en a pitié; il me fait part de sa sagesse en m’inspirant ces bons mouvements qui préludent aux bonnes actions et prémunissent contre les mauvaises.Il me parle sous la lettre du Nouveau Testament, du haut de la chaire de vérité, dans le secret du saint tribunal; il me parle dans les mises en garde, dans les conseils, ou les exhortations de mes amis; il me parle sans bruit de paroles, par des poussées à faire mieux intimes et impérieuses.Ces inspirations au cœur de chaque individu sont comme le suprême effort du bon Dieu pour arracher l’homme au péché et l’en détourner à jamais.On peut dire qu’à son tour le Saint-Esprit, lui aussi, se fait sauveur des hommes.Certes, les hommes ne peuvent pas le faire mourir comme ils ont fait des prophètes et du Verbe incarné; mais ils étouffent sa voix; ils feignent de ne pas l’entendre; ils la méprisent même parfois malicieusement et la repoussent.Et pourtant, à moins d’être déjà livrés à leur sens réprouvé, les pécheurs entendent clairement ses objurgations: «Ne m’adore point que des lèvres; arrache cet œil qui te scandalise; ferme et brûle ce livre; détruis cette image, ces lettres; corrige ton habitude mauvaise; affranchis ta servitude; ne rougis plus d’être bon; rougis plutôt de ta tiédeur, de ta négligence, de ton inconstance, de ton imprudence.Sois humble ! Relève-toi.Prie ! Aie confiance ! Tu peux tout en Celui qui te fortifie.J’ai pitié de toi.» Ils entendent tout cela; mais, à tant d’empressement, ils n’opposent que l’inertie des sans-cœur.Ils pèchent par une certaine ignorance, par une certaine faiblesse, par une certaine malice; et ils méconnaissent en péchant le bienfait des inspirations divines.* * * Je m’en convaincs une fois de plus, le péché est essentiellement, formellement, inévitablement une ingratitude.O mon Dieu, j’ai un extrême regret de vous avoir offensé, parce que vous êtes infiniment bon. 360 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Janvier Justification de son enseignement Formation sociale HYGIÈNE par Dr Jules GILBERT.D.P.H.Que sert à l’enfant de s’instruire, s’il perd sa santé ?À première vue, il semble superflu de vouloir justifier l’enseignement de l'hygiène, quand notre intention est plutôt de le perfectionner, quand d’ailleurs il figure en droit et en fait depuis longtemps à notre programme d’études.Mais si l’hygiène mérite d’être enseignée, elle mérite de l’être le mieux possible comme tout autre sujet; c’est pour cela que nous ferions bien de méditer pendant quelques moments sur les raisons qui justifient à nos yeux l’enseignement de l’hygiène à l’école primaire, et par conséquent le meilleur qu’il soit possible d’y donner.Un des buts primordiaux de l’éducation est le développement d’un corps sain et d’attitudes mentales normales: mens sema in corpore sano.Or cette santé idéale, physique et mentale, est le résidtat de l’action sur nous de deux grands facteurs: notre hérédité et notre genre de vie.Personne, évidemment, ne peut modifier son hérédité ascendante, chacun a plus ou moins de raisons de se féliciter ou de se plaindre de la sienne, mais cela n’y change rien.Par contre, tout individu susceptible de vivre un jour dans l’état de vie normal du mariage, selon les vues du Créateur, porte une grande responsabilité quant à l’hérédité favorable ou défavorable qu’il transmettra à sa descendance.Comme il ne s’agit pas de rédiger ici un traité sur l’eugénisme, formulons simplement l’espoir que le jour viendra où, par un enseignement conforme à la doctrine et la morale de l’Église, ainsi qu’à la liberté et la dignité humaines, on se préoccupera des consé- quences pour la race du choix du ou de la partenaire en vue de poursuivre l’œuvre divine de la création.Quand on voit les résultats merveilleux que la sélection et l’hygiène donnent à ceux qui font de l’élevage intelligent, il semble qu’on peut à peine concevoir l’amélioration de la race h-umaine qui serait aussi réalisable.Nos fins surnaturelles et naturelles, la collaboration que les œuvres humaines apportent à l’apostolat de la Sainte Église, au bien-être social, au progrès de la race, ne sont-elles pas des raisons majeures d’accorder quelque sollicitude à l’hérédité des êtres humains, quand nous jugeons indispensable de le faire pour la sélection des procréateurs des bestiaux sur nos fermes ?À quand le projet d’un peu d’éducation raisonnée à l’âge approprié en vue du mariage ?Quelle matière des études dites supérieures ne pourrait être avantageusement remplacée par celle-ci ?Les lois de l’hérédité s’appliquent quand même au mélange aveugle des sangs, et multiplient à l’infini les différences dans la constitution des individus; ce qui fait que plusieurs personnes adaptées à un genre de vie identique ne se maintiennent pas nécessairement dans un état uniforme de santé.Toutefois, il a été surabondamment démontré qu’un individu en particulier sera plus sain et plus vigoureux si son milieu est solubre et ses habitudes hygiéniques, que dans le cas contraire.Il est heureux que « l’environnement » puisse avoir une influence aussi bienfaisante sur le développement de l’individu; cela remédie dans une certaine mesure à nos inconséquences dans 1943 ÉDUCATION ET FORMATION 361 la transmission de la vie, et nous impose un devoir d’autant plus impérieux de pratiquer l’hygiène, donc de l’enseigner.Un des caractères de la civilisation chrétienne dont nous sommes justement fiers, est que la société reconnaît les droits fondamentaux des êtres faibles, en particulier de l’enfant.Qui refuserait à l’enfant ce qui lui est nécessaire pour une croissance normale et un développement idéal ?Il a donc droit à l’éducation morale, sociale, mentale et physique.Il faut conclure qu’à moins de lui inculquer des habitudes d’hygiène, l’éducation faillit lamentablement à sa tâche.Cette reconnaissance des droits de l’enfant est d’ailleurs une condition nécessaire au progrès de la civilisation.Ainsi l’a dit Herbert Hoover: Civilization marches on only as children excel their parents.Traduisons librement: « La civilisation progressera si la présente génération est meilleure que la précédente ».On comprend alors que l’enseignement de l’hygiène est une contribution essentielle au progrès de la société.Mais la civilisation a singulièrement compliqué la croissance et le développement de l’enfant: elle appauvrit, raffine et stérilise ses aliments; par ses agglomérations humaines, elle le prive des rayons bienfaisants du soleil, elle contamine jusqu’à l’air qu’il respire; la tension imposée par la circulation routière toujours trépidante, les chocs émotifs déterminés par les mille transitions brusques de la vie moderne constituent un véritable surmenage pour son système nerveux.La vie agricole des temps passés pourvoyait à tous les besoins matériels de la famille, et les enfants croissaient en grâce et en sagesse sous les yeux de leurs parents.Aujourd’hui l’ouvrier à l’usine ne fait que serrer un boulon sur les pièces qui passent sans fin devant lui, et il dépend de la société, de son commerce et de son industrie, non seulement pour les nécessités ou commodités de la vie, mais pour sa moindre futilité.Quel temps pourrait-il accorder à l’éducation de ses enfants ?Est-il surprenant qu’il en confie le soin à l’école ?La race humaine essaie de s’adapter à l’âge de la machine, lequel ne fait que commencer, relativement parlant; ceux qui nous suivront en verront bien d’autres.Mais une chose est certaine: cette adaptation n’est pas affaire d’instinct ou de modifications spontanées; elle sera le résultat d’efforts, d'entraînement, d’éducation.En collaborant à ce travail, l’école ne cherche pas à supplanter la famille, elle ne désire que seconder et continuer ses efforts.Pour les malheureux enfants qui n’apprennent rien de l’hygiène à la maison, l’école devient alors le seul endroit où ils peuvent tirer profit de cet enseignement.L’instruction elle-même risque parfois d’aller à l’encontre dri but qu’elle se propose et soumet l’enfant à des influences nocives.Les dangers de contagion par le groupement intime des élèves, les diverses causes de la fatigue scolaire dont nous reparlerons, l’imprimerie qui distrait les yeux de l’enfant du spectacle reposant de la nature pour leur imposer des efforts exagérés et incessants: autant de facteurs qui font que la santé normale et le développement idéal ne peuvent être obtenus et conservés sans une éducation dirigée vers cette fin.L’enfant a nn besoin de plus en plus grand de l’entraînement, qui normalement devrait procéder de la famille, mais la masse des parents est incapable de donner une éducation aussi poussée et l’école s’en est chargée.Bien que son programme cherche d’abord à cultiver l’intelligence de l’enfant, elle ne peut pas plus se désintéresser de son éducation physique que de sa formation morale.D’ailleurs elle ne s’en désintéresse pas, loin de là ! L’éducation vise plus que jamais au développement complet de l’enfant, y compris sa santé, et non seulement à son progrès intellectuel.Elle tient compte des variations individuelles de l’élève, sa capacité de travail, ses aptitudes mentales, conditions toujours liées à l’état de santé, et qui souvent en découlent directement, parfois uniquement.Si elle faisait autrement, elle manquerait son but de loin.Acquérir des connaissances n’est pas seulement une opération cérébrale; les sens et tout l’organisme y participent.L’anxi- 362 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Janvier été, l’irritation, la crainte, la fatigue, le bruit, la surdité, la faiblesse de la vue, une température excessive, la maladie nuisent autant au travail intellectuel qu’aux efforts musculaires.Un surplus de vitalité, des réserves d’énergie, l’enthousiasme ont un effet opposé.Il y a une maturation naturelle des facultés de l’esprit, contemporaine de celle des fonctions du corps, qui fait sans doute plus pour l’éducation que bien des leçons didactiques.La croissance physique et l’état de santé modèlent le développement de l’intelligence et du caractère.L’école a donc tout intérêt à favoriser par tous les moyens à sa disposition une croissance naturelle vigoureuse de l’enfant et un perfectionnement équilibré de tout son organisme.Que l’école soit donc pour lui un milieu salubre, où on lui inculque des pratiques d’hygiène, où il jouisse de relations cordiales, où il acquière des notions et se forme des opinions qui le guideront dans la vie.L’école est un lieu idéal pour inculquer des habitudes hygiéniques: elle agit sur un sujet en période propice à nne telle formation, et elle est à même d’imposer la répétition des actes d’où découle l’habitude; enfin, par son action sur des générations successives d’écoliers, le jour ne tarde pas à venir où toute la population a subi son influence bienfaisante.La force de l’opinion publique apparaît déjà à l’école: les compagnons d’une même classe forment un petit groupe social où chacun subit l’influence des autres, et modèle plus ou moins sa conduite sur ce que l’autorité a décrété, et sur ce qui a été accepté et est pratiqué par la majorité.Quant aux défauts physiques, c’est principalement pendant l’âge scolaire qu’ils se développent et s’aggravent: carie dentaire, amygdales hypertrophiées ou infectées, anomalies de l’ouïe et de la vision, défectuosités du maintien et de la démarche, état de dénutrition en pleine période de croissance; c’est donc à.ce moment qu’il faut s’efforcer de les dépister rapidement et de les corriger avant qu’ils n’aient causé des dégâts irréparables à la santé de l’enfant.Quand un convalescent retourne en classe, il faut lui accorder une attention particulière et certains ménagements plutôt que de le presser de rattrapper les autres.Que d’élèves dont le progrès intellectuel est retardé par un état physique défectueux ! La santé mentale a encore plus d’importance: pourtant, au rythme actuel, 5% de nos élèves devront un jour ou l’autre être traités pour troubles mentaux; on estime que 10% d’entre eux sont présentement porteurs d’anormalités psychiques.Il est souvent possible à l’école, et l’occasion y est belle, de découvrir les petits signes de dérangement, les déséquilibres légers, d’y porter remède, ou au moins d’empêcher leur aggravation.Sans aucun doute l’enseignement de l’hygiène à l’école peut être particulièrement efficace pour prévenir les causes de maladie, d’accident ou de mort qui frappent surtout à l’âge moyen de la vie.Mieux vaut prévenir que guérir, alors il faut s’y prendre à temps.Les mesures préventives et correctives, individuelles et publiques, telles la vaccination et l’immunisation, les règles de la salubrité, ne peuvent réaliser qu’une partie du programme de l’hygiène; il faut en plus que l’individu acquière de saines habitudes de vie afin de jouir d’un maximum de vitalité, tant de vigueur physique que de vivacité intellectuelle.Les raisons qui viennent d’être évoquées nous paraissent suffisantes; sûrement l’école ne peut se récuser devant le rôle admirable qui lui appartient, celui de préparer, par un enseignement de l’hygiène aussi parfait que les autres, les meilleurs sujets pour le service de Dieu, de l’Eglise, de la Patrie et de la Famille. 1943 ÉDUCATION ET FORMATION 363 Formation nationale GÉOGRAPHIE de la province de Québec L'ABITIBI et le TÉMISCAMINGUE par Benoît BROUILLETTE, Professeur à l'École des Hautes Études Commerciales de Montréal.Documentation: BLANCHARD, (Raoul).Géographie Générale.Tome II, page 210 et suivantes.BENOIST, (Émile).—L’Abitibi, pays de l’or.Zodiaque, Montréal, 1938.TRUDELLE, (Pierre).—L’Abitibi d’autrefois, d’hier et d’aujourd’hui, Amos.1937.LAGANIÈRE, (Étienne).—Le milieu physique et humain de l’Abilihi.Thèse H.E.1910, p.99-185.CARTES TOPOGRAPHIQUES.—Feuilles d’Abitibi, Taschereau, Rouyn (2), Senneterre, Doucet, Oskelaneo, Vimy, Choquette et Parent, à deux milles au pouce.Ottawa.CARTES STANDARD.—Feuilles du Témiskaminguc de Pontiac à 3.95 milles au poueeel de Har-ricanaw à 7.89 milles au pouce.Ottawa.CARTES PROVINCIALES.Feuilles d’Abitihi (2) et Témiscaminguc (2) à 3 railles au pouce.Service des Arpentages, Québec.Au nord-ouest des Laurentides, à 300 occidentale de la province, près de l’On-milles de Montréal, on trouve un autre tario.On lui donne le nom des deux vastes bassin, beaucoup plus vaste que celui du comtés qui le recouvrent: Abitibi au nord, lac St-Jean.Il est situé sur la frontière Témiscaminguc au sud-ouest.1.—Structure et relief La structure, le sous-sol, est fait ici de la masse archéenne du Bouclier canadien.C’est une région dont la géologie est très complexe et intéressante.Les roches les plus vieilles du globe apparaissent à la surface.Elles sont entrecoupées de filons éruptifs qui renferment de précieux dépôts d’or et de cuivre.Les géologues ont particulièrement bien étudié cette région.Il existe plusieurs cartes très détaillées de la région, et de nombreux rapports faits par le Ministère des Mines et Ressources (Ottawa) et par le Service des Mines de la province de Québec.Une première période, dite archéenne, fut marquée par un volcan intense: la seconde, le Témiscaminguc, fut celle de la formation des minéraux.Puis, vinrent les longues ères géologiques du Primaire, Secondaire et Tertiaire, qui n’ont laissé aucune trace de dépôt.Fait très significatif, car on s’imagine aisément que la région exposée à l’air fut soumise aux agents d’érosion atmosphériques, eaux courantes surtout.Voilà pourquoi son relief actuel est très aplani.La nature a travaillé pour l’homme; car les couches les plus profondément enfouies ailleurs sur le globe, se trouvent à affleurer maintenant.Or, chacun sait que les chances de trouver des minéraux utiles sont 364 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Janvier plus grandes à mesure qu’on s’enfonce dans le sol.Il ne faudrait pas croire cependant qu’on ?oit partout en surface les filons minéralisés.Leur recherche reste difficile, parce que le sous-sol est entièrement recouvert de dépôts récents.Quels sont-ils ?Comme ailleurs, dans le Québec, l’Abitibi fut soumise au début du Quaternaire à l’immense glaciation de l’Amérique du Nord.En fondant sur place, les glaciers ont recouvert le sol de leurs moraines de « drift )) comme disent les géologues.La couverture est de plusieurs dizaines de pieds par endroits.Ce n’est pas tout, car, là où les appareils glaciaires ont creusé des bassins ou excavations, des lacs se sont installés après leur retrait.Ils ont dû recouvrir de vastes espaces, si l’on en juge par l’étendue de ceux qui restent encore.Mais, grâce à eux, des terres fertiles se sont formées sur la roche précambrienne.Telles sont les argiles qui s’étendent sur des espaces deux ou trois fois plus vastes que toutes les autres terres arables de la province.Des sables surmontent certaines parties élevées; ils sont issus des rivières, qui ont remanié les dépôts glaciaires.Dans son ensemble le relief est en pente douce vers l’ouest et le sud-ouest.La région de faîte se trouve aux environs de Monet, dans l’est du comté, où l’altitude du plateau (Bouclier canadien) est voisine de 1,500 pieds.Ne confondons pas la ligne de partage des eaux avec une chaîne hypothétique de montagnes .Les Wat-chiches, dont parlent encore certains manuels, n’existent pas.De Senneterre à Amos et Taschereau, l’altitude est voisine de 1,000 pieds.Le lac Abitibi, sur la frontière ontarienne est à moins de 900 pieds.Puis le relief s’abaisse peu à peu vers le Pémiscamingue.Rouyn-Noranda est encore légèrement inférieur à 1,000 pieds; Angliers (terminus du C.P.R.), à moins de 900 pieds, Ville-Marie, au bord du lac, à 600.Mais Lorrain ville plus à l’est s’élève déjà à près de 800 pieds et Laniel, situé à l’extrémité méridionale de la région, atteint 900 pieds.Le relief de la région se partage donc en deux parties: une cuvette très évasée au nord, celle de l’Abitibi, dont le fond est entre 900 et 1,000 pieds; une autre cuvette au sud, plus profonde, entre 600 pieds, sur la rive du lac Témiscamingue, et 900 pieds, sur le rebord -du plateau.2.—Cours d’eau On a appelé lac Ojibway (nom d’une tribu indienne) la vaste étendue d’eau douce qui a succédé aux glaces en Abitibi.Son niveau a varié de 1,200 à 1,000 pieds, et il devait recouvrir quelque 50,000 milles carrés.Il se vida graduellement dans la baie d’Hudson, mais laissa des vestiges dans le grand nombre des lacs qu’on voit sur les cartes actuelles: Abitibi à l’ouest, Duparquet au sud, Macamic au nord de la voie ferrée, Montigny et La Motte au sud d’Amos, plusieurs autres à l’est qui se déversent dans la rivière Bell.Ils ont tous un trait commun, celui d’être peu profonds.Le lac Abitibi, par exemple, long de 50 milles, n’a que quelques pieds de creux.Les rivières qui les déversent drainent le versant de la Baie James.Au sud-ouest, les eaux du lac Témiscamingue, beaucoup plus profond (ancienne vallée glaciaire), et celles des lacs que déverse le cours supérieur de l’Outaouais, gagnent le versant du Saint-Laurent.3.—Climat Il e^t d alluie encore plus continentale On constate cela par les températures et qu ailleurs dans la province, parce qu’on par les précipitations, comme l’indique se trouve ici plus à l’intérieur, plus près nettement le tableau suivant, qui établit du nord-ouest, ou les froids d’hiver pren- une comparaison avec Montréal: nent naissance, au centre du Canada. 1943 ÉDUCATION ET FORMATION 365 TEMPÉRATURES MOYENNES (précipitations en pouces) Janv.Mai Juin Juil.Août Sept.Pluie Neige Totales Amos .—2.° 45° 57° 62° 59° 50° 22.5 105 32.5 Ville-Marie .4.° 50° 61° 66° 62° 50° 20.8 84 29.2 Montréal.13.° 55° 65° 70° 67° 59° 38.7 120 40.6 Les hivers sont donc rigoureux; le thermomètre se maintient autour du 0° en janvier; mais en mai et juin la chaleur arrive brusquement.Elle se maintient encore à 50° en septembre.Le Témis-camingue jouit d’une température nettement supérieure à celle de l’Abitibi durant les mois de mai, juin et juillet.Cependant le climat est plus sec que dans la plaine du Saint-Lan rent.Les pluies dépassent à peine une vingtaine de pouces.Elles suffisent à l’agriculture, mais la sécheresse d’hiver rend le climat plus supportable.La forêt est moins dense que dans les Laurentides et s’accroît plus lentement.Elle se compose de conifères très homogènes.L’épinette noire est l’essence utilisée pour le bois à pâte; le pin gris abonde aussi.Le bouleau et le peuplier poussent sur les crêtes et semblent protéger les espèces précédentes.Les broussailles sont faites d’érable rabougri, de coudrier, d’aulne et de framboisier.4.-—La colonisation L’isolement de ces régions a longtemps retardé leur colonisation.C’est encore de nos jours un front de colonisation.Le Témiscamingue fut ouvert le premier.La route de l’Outaouais était fréquentée depuis longtemps.Il y eut une mission des Oblats sur les bords du lac en 1865.Mais la colonisation ne débuta que vers 1885.La voie ferrée atteignit Kippawa en 1886, Ville-Marie et Angliers en 1923.Il y avait déjà 6,500 habitants au Témiscamingue en 1911, personne en Abitibi.Cette dernière fut ouverte au peuplement lors de la construction du Transcontinental en 1913; et les colons y affluèrent aussitôt.En effet, au recensement de 1921, la population de l’Abitibi dépassait celle du Témiscamingue: 14,800 contre moins de 12,000.Elle a conservé sa suprématie: 1931: 23,700 en Abitibi et 20,600 au Témiscamingue; 1941: 67,400 contre 40,400.Il y a donc une population supérieure à 100,000 habitants dans un pays où il n’y avait à peu près personne avant le XXe siècle.Phénomène remarquable qu’il convient d’expliquer.5.-—Les ressources a) L’agriculture: Les colons sont venus ici pour s’installer sur la terre, parce qu’ail-leurs dans la province les anciennes paroisses débordaient de leurs cadres et aussi parce que durant la dure crise de chômage, on a orienté vers la terre bon nombre d’ouvriers autrefois cultivateurs.Les 3,000 cultivateurs d’Abitibi (population agraire: 20,000) occupent plus d’un million d’acres de terre; et les 1,500 (12,000 de population rurale) du Témiscamingue occupent environ 360,000 acres.Ils cultivent des céréales et des plantes fourragères, font de l’élevage laitier et de bovins.À mesure que le sol se défriche, ils peuvent étendre leur domaine plus au nord.La forêt leur donne des revenus accessoires .surtout au Témiscamingue.Mais l’agriculture trouve de nouveaux débouchés sur place depuis qu’on a découvert des mines.b) Les mines.—Les prospecteurs firent une ruée sur l’Abitibi peu après 1920.Us s’aperçurent que les riches terrains du lac Kirkland en Ontario septentrional se poursuivaient vers l’est dans notre province.L’exploitation véritable de l’or et du cuivre a commencé vers 1928, lorsqu’on retira du sol 60,000 onces d’or et plus de 30 millions de livres de cuivre.Aujourd’hui la production d’or atteint un million d’onces {suite à la page 374) 366 L’ENSEIGNEMENT TRIMAI RE Janvier ÉDUCATION NATIONALE À L’ÉCOLE Louis-Hippoiyte Lafontaine Le libérateur du peuple canadien sous l’Union, Louis-Hippolyte Lafontaine, naquit en 1807, à Boucherville.Quoique son père ne fût qu’un modeste cultivateur, Louis-Hippolyte Lafontaine portait dans ses veines du sang de parlementaire.Son grand’père, Antoine Ménard, avait été, en effet, député à la Chambre de Québec durant le 2e et le 3e parlement, de 1796 à 1804, et s’y était fait remarquer.Aw collège, le jeune Lafontaine fut un élève remarquablement doué, s’intéressant surtout à la lecture et particulièrement aux récits des exploits de ses ancêtres.À l’âge de dix-huit ans, il entra comme clerc chez maître Roy et commença, dès lors, à s’occuper de politique sous Tégide de Papineau dont il devint le premier lieutenant.Lié avec Duvernay, Viger et Morin, il collabora à la Minerve pour y dénoncer les bureaucrates et les transfuges.Après avoir été admis au Barreau, il fut élu député de Terrebonne en 1830.À la Chambre, il continua de seconder Papineau jusqu’au départ de celui-ci pour les États-Unis.À la tête du parti libéral, Lafontaine devint le chef de ceux qu’on nommait « les Jeune-France )).Il se donna corps et âme à sa mission patriotique: celle d’assurer à ses concitoyens leurs droits civils et patriotiques au moyen d’un gouvernement en communion de sentiments avec le pays.Au moment où le parti anglais, soutenu par Downing Street, poursuivait le peuple canadien de ses injustices, Lafontaine fut l’un des rédacteurs des (( 92 résolutions )), dans lesquelles étaient exposées toutes les revendications nationales contre l’oppres- sion; toutefois son radicalisme lui créa de graves ennuis et après le conflit inattendu de Saint-Denis, il dut prendre le chemin de l’exil.Enfin, Colborne, honteux de l’acte brutal qu’il avait commis, relâcha Lafontaine.A la même époque, Lord Durham fut envoyé au Canada pour faire une enquête sur l’état du pays.Le résultat de cette enquête apporta une nouvelle constitution: l’union des deux Canadas.Elle réunissait les deux provinces sous l’empire d’un seul parlement, composé de deux Chambres.Les deux provinces, quoique le Bas-Canada fut le plus populeux, avaient le même nombre de représentants et la langue anglaise y était seule reconnue.Quoique opposé à l’union des deux Canadas, Lafontaine fit preuve d’une remarquable clairvoyance en demandant aux Canadiens d’attendre avant de prendre une détermination pour obtenir le rappel de l’Union.Certes il savait que la nouvelle constitution voulait l’anéantissement de l’élément français, mais, selon lui, l’essentiel était de garder un siège au gouvernement afin de pouvoir manoeuvrer l’ennemi au lieu de se laisser abattre par lui.Avec l’aide des libéraux du Haut-Canada et ceux de la province de Québec, il avait la perspective de pouvoir former une alliance qui assurerait le salut aux Canadiens-Français malgré les perfides combinaisons machinées contre eux.Il rencontra en Baldwin, le chef libéral du Haut-Canada, un homme intègre, de la plus vaste intelligence, tout à fait qualifié pour l’aider dans son entreprise d’orientation nouvelle des partis.Malgré les difficultés de l’heure, il sortit vainqueur avec la liberté pour trophée. 1943 ÉDUCATION ET FORMATION 367 Sa puissance de pénétration lui valut l’estime des Anglais, même des masses les plus réfractaires à l’idée française.Baldwin l’a proclamé lui-même son chef et demanda à ses sujets du Haut-Canada de se soumettre à sa direction, quoiqu’ils fussent tous deux nommés procureurs généraux pour leur province respective.Pourtant trois jours auparavant, le 13 septembre 1842, Lafontaine, alors député de North-York (Toronto), osait prononcer un discours en français, afin de réclamer une égalité absolue de droits pour les Canadiens-Français.Dès ce moment, le peuple canadien devait jouir d’un gouvernement responsable, approuvé par Londres.Jusqu’en 1851, le grand chef du parti libéral continua l’exécution des réformes qu’il avait entreprises,entre autres la charte sur l’éducation dans la province de Québec (1845-46).A l’âge de 44 ans, Lafontaine sentant la popularité s’éloigner de lui, se retira de la vie publique.En 1853, il devint juge en chef à la place de Sir James Stuart et fut créé baronnet en 1854.Il mourut en 1864.Canadien et catholique toujours et 'partout, telle fut la devise de ce grand serviteur de la patrie et de la religion.SUGGESTIONS pour la journée patriotique 1.— Décoration murale: des feuilles d’érable.2.—Inscriptions au tableau noir: « Sa- voir et prévoir, c’est tout l’art de gouverner.)) « La liberté ne se donne pas ; elle se prend ou elle se conquiert.» 3.—Gravures: Louis-Hippolyte Lafon- taine — Le Parlement de Québec.4.—Chant national: Ô Canada.5 —Chant canadien: Sur le sol d’Amérique.6.^—Prière pour la race canadienne-fran- çaise: Voir L’Enseignement pri- maire, sept.1942.7.-—Dictée (cours élémentaire et cours supérieur) : Extrait ci-haut mentionné de l’étude sur Louis-Hippolyte Lafontaine.8.—Rédaction orale: a) Quel fut le libérateur du peuple canadien sous l’Union ?b) Qu’était l’t/reicm ?c) Donner le but de l’Union des deux Canadas.d) Comment Lafontaine réussit-il a établir un gouvernement responsable ?e) Qu’est-ce qu’un gouvernement responsable ?9.-—Rédaction écrite (cours élémentaire) : a) Dire les qualités de Lafontaine.b) Quelle était sa profession ?c) Sous quelle tutelle, s’initia-t-il à la politique.d) De quel parti fut-il le chef ?e) Pourquoi fut-il surnommé le grand libérateur du peuple canadien ?/) A quelle âge mourut-il ?Rédaction écrite (cours supérieur): Démontrer comment Lafontaine fut « la plus grande figure de la plus belle période de notre histoire ».10.—Mot d’ordre: À l’exemple de Lafontaine sachons renoncer aux ambitions et à la gloire plutôt que de sacrifier notre honneur ainsi que les intérêts du pays. 368 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Janvier Formation pédagogique _ , PSYCHOLOGIE Les méthodes de mesure par M.Trefflé BOULANGER, Directeur général des Études, Commission des Écoles catholiques, Montréal C’était au mois de juin, en pleine période de correction d’examen.Un confrère vient à moi et me dit sans préambule: « Je me demande s’il n’y aurait pas moyen d’avoir une méthode uniforme d’appréciation des copies d’examens.Je viens de voir les « notes )) de rédaction française de mes élèves.Elles ne correspondent pas du tout à celles que j’ai l’habitude de donner moi-même: mon premier de classe a 70%, à peine .» * * * Ce confrère venait de mettre le doigt sur le point névralgique de l’appréciation du travail scolaire par les maîtres, à savoir, la grande variation entre les notes attribuées à un même travail par plusieurs correcteurs.C’est ce qu’on appelle le subjectivisme.Il influence la cote accordée, indépendamment de la valeur même du travail, c’est-à-dire de sa valeur objective.Cette méthode est donc fautive puisqu’elle manque de préci ion, de sûreté, de stabilité.La psychologie expérimentale ne pouvait s’en contenter pour appuyer ses données et arriver à formuler ses lois.« Les vérifications que poursuit la méthode expérimentale appliquée aux questions d’enseignement ne peuvent s’obtenir que par la comparaison de rendements, par l’estimation d’une efficience.Or, en ces matières, l’efficience ne s’évalue que quantitativement, car on ne mesure vraiment qu’en termes de quantité.Il va sans dire que la termimologie pédagogique, si riche en vocables qualificatifs (bien, mal, vite, convenable, satisfaisant, etc.), pas plus du reste que les cotations scolaires (points, places, pour-cent, etc.), malgré leur apparente précision mathématique, ne pouvaient, en l’occurence.fournir à nos mensurations des moyens suffisamment (( objectifs », précis et sûrs pour que l’on puisse tirer de la comparaison des résultats ainsi obtenus, des indications positives, pour ou contre le facteur étudié.» (1) De son côté, Lord Kelvin (2) nous dit ceci: « Lorsque vous pouvez mesurer ce que vous voyez et l’exprimer par des nombres vous en savez quelque chose, mais si vous ne savez pas l'exprimer par des nombres, votre connaissance est imprécise et ne peut vous donner satisfaction.Ce peut être le commencement de la connaissance, mais vous n’en êtes pas encore à la phase de la science, quel que puisse être l’objet de vos études.» Il fallait donc que la psychologie expérimentale se construisît des instruments de mesure, sur lesquels elle pût se fier et qui offrissent une réelle valeur de contrôle, grâce à l’objectivité et à l’exactitude des résultats.Les compositions traditionnelles ne possèdent pas ces qualités, ne rencontrent pas ces exigences.La correction faite par des professeurs différents ne donne pas des résultats identiques.Les instruments de mesure qu’il a fallu créer à cette fin peuvent se répartir en trois groupes principaux: les échelles de production scolaire, les tests, les épreuves objectives.Nous nous contenterons d’énoncer brièvement la nature de chacun de ces groupes.Les échelles de production scolaire sont des travaux-types sur diverses matières scolaires: (dessin, écriture, rédaction .) (1) L'Expérimentation en Pédagogie.— R Buyse.(2) Popular Lectures, Tome I, p.7. 1943 ÉDUCATION ET FORMATION 369 qui servent de modèles.On y compare tous les travaux du même genre, pour arriver à en déterminer la valeur.La note ainsi donnée court chance d’être plus représentative de la qualité du travail.Le correcteur se voit forcé, dans une certaine mesure, d’accorder les points suivant des cadres fixés d’avance.Ces échelles sont longues à construire.La graduation qu’on en fait est basée sur la courbe normale de Gauss et elles doivent être contrôlées comme instrument de mesure.Thorndike nous a donné l’échelle de dessin; Ayres, l’échelle d’écriture.Une échelle de rédaction rendrait également de grands services en vue d’une appréciation plus uniforme des résultats en cette matière.Jusqu’ici on n’a pas encore pu en créer une qui donnât satisfaction.Le deuxième groupe de mesures comprend les « tests ».Le test est un examen où l’on a prévu avec minutie le fond et la forme du questionnaire, la manière d'examiner le sujet, la façon de coter les réponses, l’interprétation des résultats.Le bon test a le caractère d’une expérience scientifique.C’est un perfectionnement de la pratique scolaire courante.On s’en sert pour classer les élèves suivant leur capacité: surdoués, normaux, sousdoués; pour diagnostiquer les cas particuliers d’enfants qui constituent des problèmes scolaires; pour déterminer le caractère de la croissance mentale chez l’enfant, pour étudier l’influence de l’hérédité et du milieu sur les états d’âme (psychisme), pour rechercher l’inter-relation des traits mentaux, etc.Pour atteindre son but, un test doit avoir certaines qualités essentielles qui en garantissent la sûreté comme instrument de mesure.C’est pourquoi les bons tests sont rares, et il ne faut pas les confondre avec les examens non contrôlés qu’on désigne, à tort, sous le même nom.Le troisième et dernier groupe de mesures comprend les épreuves objectives.Ce sont des examens spécialement construits pour déterminer l’acquis réel dans une activité scolaire quelconque.Il arrive souvent, dans la pratique, que la difficulté de s’exprimer, de libeller sa réponse soit pour l’élève un handicap sérieux.Le récit d’une bataille, par exemple, présente pour certains élèves une difficulté insurmontable.Aussi, passeront-ils inévitablement outre à une telle question.Mais si vous leur demandez la date de l’événement, les principaux personnages, les résultats de l’engagement, ils peuvent répondre à coup sûr.C’est pour arriver à connaître réellement l’acquis scolaire qu’on a construit ces « épreuves objectives ».Leurs questions, sous une forme plus simple quoique fort variée, n’exigent ni explications, ni développement dans les réponses.Il s’ensuit que leur nombre peut être considérablement plus élevé, dans un même examen.On le fixe ordinairement à une centaine, environ.Cette procédure à l’avantage de donner plus d’étendue à l’examen, dans un temps donné.Les réponses brèves, simples et sans ambiguité facilitent également l’appréciation.Il existe une grande variété d’épreuves objectives, qu’on peut classer sous deux rubriques générales : 1° celles qui exigent le rappel proprement dit (l’évocation volontaire) ; 2° celles qui ne font appel qu’au sentiment du déjà vu (la simple reconnaissance).(1) On range les complétions de phrases dans le premier groupe: a) le Canada fut découvert en-—.b) Tout ——- qui brille n’est pas Le second groupe comprend les épreuves suivantes : 1° les complétions de textes, avec réponses suggérées: a) Champlain fonda-——- (Québec, Montréal, Trois-Rivières, Chicoutimi).b) L’hymne national (( Ô Canada » a été composé par — - (Pierre Bédard, Wilfrid Laurier, Calixa Lavallée, Guillaume Couture).(1) Cf.La mémoire — Enseignement primaire de septembre 1942. 370 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Janvier c) Le pronom tient la place d’un -— (verbe, nom, adjectif, préposition).le choix entre plusieurs réponses (choix unique ou choix multiple) : a) Souligner les gouverneurs du Canada: Papineau, Murray, Lafontaine, Prévost, Elgin.b) Un triangle isocèle est -—- a) un triangle ayant deux côtés égaux.b) un triangle dont les trois angles sont égaux.c) un triangle dont la base est égale à la hauteur.d) un triangle contenant deux angles aigus.c) La Belgique ne pourrait nourir son importante population si elle n’était pas-— a) forte militairement.b) puissamment outillée industriellement.c) remarquablement gouvernée.d) bien pourvue de richesses artistiques.é) fort bien cultivée.3° la distinction du vrai et du faux: a) La tomate est _un fruit.— Vrai ou faux ?b) L’hiver est une saison.— Vrai ou faux ?c) L’abeille est un insecte nuisible.-— Vrai ou faux ?Comme on le voit, les épreuve objectives sont assez faciles de construction et à la portée de tous.* * * Tels sont les instruments de mesure que la psychologie expérimentale a dû se construire.Us peuvent rendre de grands services dans nos classes, surtout les échelles et les épreuves objectives, en rendant la correction plus facile, plus appropriée et plus juste.Les épreuves objectives, particulièrement, permettent de jeter rapidement des coups de sonde dans chaque branche de l’activité scolaire.Souhaitons que nos chercheurs nous dotent bientôt d’instruments aussi utiles.Aux élèves de 8e et 9e années Nous vous présenterons l’étude de texte destinée aux élèves de 8e et 9e années le mois prochain ; l’espace manque dans notre numéro de janvier.» Les élèves de 4e, 5e, 6e, 7e, 10e, 1 Ie et 12e années ont déjà bénéficié d’une étude appropriée à leur programme respectif.N.D.L.R.Centre d’intérêt Suivez attentivement les prochaines éditions.L’une d’elles vous apportera un “ centre d’intérêt ” accompagné de commentaires qui indiquent la manière d’utiliser les ressources qu’il présente pour l’enseignement des diverses matières inscrites au pro- gramme.N.D.L.R. 1943 ÉDUCATION ET FORMATION 371 Formation professionnelle ÉDUCATION La FORMATION du CARACTÈRE par Rév.Soeur Saint-Ignace de Loyola, C.N.D., Préfète des Études, Québec.Le caractère est-il éducable ?Dans quelle mesure l’école primaire peut-elle le former ?Quels sont les moyens dont elle dispose ?Telles sont les questions qui découlent de l’étude précédente sur la nature du caractère.Éducabilité Lorsque les mamans amènent leurs enfants à l’école, elles sont ordinairement toute confiance en son action transformatrice sur le caractère de leurs enfants.« Jeannine est susceptible et boudeuse mais sous votre direction, ma Sœur, je suis sûre qu’elle améliorera son mauvais caractère ».Paul est colère et entêté mais.Mademoiselle, vous avez le don de transformer les enfants.» .(( Yves fréquente la classe de Monsieur X depuis une semaine et on ne le reconnaît déjà plus, son caractère a changé ! » .Les parents, lors de la rentrée à l’école, croient à l’éducation du caractère et la désirent.Dans la pratique, au cours de l’année, il en va parfois autrement.« Pourquoi réprimander cet enfant ?Il a son caractère et vous n’y pouvez rien, il faut le prendre comme il est.».Que de personnes souffrent de leur mauvais caractère et se croient excusables par ce raisonnement: « Je suis ainsi fait, je ne puis me changer.».On voit que le langage de la raison diffère de celui de la passion.« Je ne puis me changer », c’est la conclusion fausse d’une volonté lâche, complice des mauvaises tendances de la nature déchue.Si l’immutabilité du caractère a eu ses théoriciens chez certains philosophes comme Rousseau, Voltaire et Kant, les psychologues, s’appuyant sur l’expérience, enseignent qu’il n’est pour ainsi dire jamais définitif et nous avons vu nous-mêmes, institutrices, assez de transformations heureuses pour croire à sa plasticité, à son éducabilité.Limites Cependant deux agents mettent des bornes aux méthodes éducatives de l’école: l’hérédité et le milieu.L’hérédité donne à l’enfant son tempérament, c’est-à-dire la structure de son organisme ou sa constitution physique avec ses dispositions physiologiques particulières.Mais Dieu crée toutes les âmes identiques.Il n’y a pas d’hérédité proprement psychologique: il n’y a pas transmission directe aux enfants des qualités ou des défauts de leurs ascendants, pas plus que de leur savoir acquis, mais bien uniquement de prédispositions à les contracter.Ainsi Henriette n’a pas hérité de la vanité de sa mère plus que de son talent de pianiste.Mais ni pour le corps ni pour l’esprit, il n’est indifférent de naître Canadien français ou Chinois, de parents sains, alcooliques ou névrosés, car la transmission par les parents d’un organisme semblable au leur explique, chez leurs descendants, la tendance à reproduire les vertus ou les vices auxquels cette constitution organique prédispose.Certains tempéraments peuvent donc opposer à l’éducation une résistance presque invincible.Le milieu dans lequel l’enfant a vécu avant son arrivée à l’école a exercé une très grande influence sur la formation des 372 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Janvier première habitudes.L’enfant est avant tout imitateur: il veut reproduire tout ce qu’il voit et entend autour de lui, il réagit spontanément aux impressions qu’il reçoit, il s’adapte à son milieu et ressemble à ceux avec qui il vit habituellement.Le sens commun reconnaît cette ressemblance: « Tel père, tel fils; telle mère, telle fille.)) L’enfant arrive donc à l’école avec un système d’habitudes acquises dans son milieu et par son milieu, lesquelles conditionnent en partie son caractère.Dans une habitude mauvaise, l’éducation scolaire rencontre une ennemie redoutable et sans cesse renaissante.Même si elle parvient à la réduire quelques heures, la victoire ne lui est pas assurée pour autant: l’habitude reparaîtra après la classe, lorsque l’enfant retournera dans sa famille.(( Chassez le naturel, il revient au galop.)) Nous sommes tous les jours témoins de l’influence du milieu sur le caractère.Telle élève attentive et appliquée en classe ne fait aucune étude, aucune lecture à la maison: milieu défavorable.Tel enfant pieux à l’école ne prie jamais au foyer: milieu indifférent ou hostile à la religion.Jacqueline qui s’exprime avec correction devant sa maîtresse parle sur la rue d’une façon vulgaire: influence des compagnes aux manières gamines.L’école se verra donc souvent impuissante à inculquer à l’enfant de bonnes habitudes, si le milieu familial et social, dans lequel il passe de plus longues heures, annihile son action ou encore si le milieu scolaire, les camarades, l’entravent.Action efficace de Vécole Bien que limitée, l’action de l’école n’en est pas moins efficace, car elle s’exerce sur tous les éléments qui constituent le caractère, surtout sur l’intelligence et la volonté dont le rôle est prépondérant.Le tempérament, si déterminé qu’il soit, a une certaine plasticité.Il n’est pas invariable à travers toute la vie.Outre qu’il se modifie par le jeu des lois naturelles, par exemple le régime alimentaire, la maladie, l’âge, il est incontestable que l’éducation physique l’améliore.Cette éducation est, pour une part, l’œuvre de l’école qui a le devoir de se conformer aux prescriptions de l’hygiène, de faire pratiquer la gymnastique et les jeux.Les habitudes ne sont jamais fixées une fois pour toutes, celles de l’enfant d’âge scolaire moins que d’autres.En effet, les premières habitudes résultent des tendances instinctives et de l’influence du milieu, mais dès que l’intelligence apparaît, les instincts s’affaiblissent et plus elle se développe, plus ils se conforment à son action.Le rôle de l’école primaire est d’éclairer l’intelligence, de l’exercer, de la fortifier, de lui assurer la prépondérance sur les inclinations et les habitudes.Enfin, il s’en faut que nos méthodes de décision soient déterminées pour la vie et que la volonté soit immuable.Bien au contraire, la volonté est libre: chacun édifie donc son caractère.Mais puisque cette force libre qu’on nomme volonté doit, pour agir, être éclairée par l’intelligence qui montre le but et juge des moyens de l’atteindre; puisqu’elle doit être excitée par la sensibilité qui stimule par les impulsions, tout ce qui sera fait pour l’éducation de l’intelligence et de la sensibilité aura un écho dans la formation de la volonté.Plus la pensée sera nette et vive, plus le jugement sera sûr, plus le désir sera ardent et plus la volonté sera libre et énergique.C’est l’école qui procure un tel résultat.Voilà dans quelle mesure elle peut faire l’éducation du caractère.Moyens Tous les exercices scolaires sont autant de moyens à la portée des éducateurs pour opérer le développement harmonieux et simultané des facultés qui concourent à édifier le caractère.Applications Mais on ne travaille pas sur les âmes comme on applique une recette de bonne cuisine.La liberté rend le travail très délicat et très nuancé.Cependant l’on peut formuler quelques principes qui sont à la base d’une formation méthodique et rationnelle et en assurent l’efficacité.« Dans tout exercice scolaire, il ne faut jamais perdre devuela t/fn, qui est la formation du caractère chrétien.» « Il faut considérer en chaque enfant le type humain total: le corps et l’âme dans sa vie naturelle et sa vie surnaturelle.» 1943 ÉDUCATION ET FORMATION 673 « Il est nécessaire, dans toute l’éducation, de renforcer les moyens naturels par les moyens surnaturels.)) Considérer la fin, c’est le devoir non seulement des éducateurs mais celui des élèves.Cela implique chez eux la connaissance de l’idéal poursuivi.L’idéal transforme le caractère.À sa lumière, la vie prend un nouvel aspect; il l’oriente et finit par canaliser toutes les énergies et tous les actes.Pour un baptisé, l’idéal ne peut être autre que celui de chrétien parfait, selon l’ordre de Dieu même: (( Soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait, » et selon notre modèle, Jésus.Ne disons donc jamais à nos élèves: «Si vous ne travaillez pas, vous ne réussirez pas à l’examen ».L’examen n’est pas une fin, mais un moyen de formation.Gardons-nous de fausser le jugement des enfants en leur faisant prendre l’un pour l’autre.Disons plutôt: « Quand vous travaillez mal, vous êtes moins hommes, vous êtes moins bons chrétiens.Vous gaspillez votre vie.» L’idéal, il faut le rechercher en tout.Ainsi, par exemple, dans les exercices physiques, la fin immédiate: santé du corps, doit se subordonner à la fin supérieure: vigueur de l’âme.Un organisme bien équilibré est en effet un précieux auxiliaire de la volonté.Donc, en gymnastique, je ne me contenterai pas d’une exécution même précise des mouvements; je dois dépasser.ce résultat et former chez les enfants l’attention volontaire, le sens de l’ordre, de la discipline, de l’obéissance, le goût de l’énergie et de la force morale.Il en est ainsi des jeux.Pour bien jouer, il faut agir avec discipline, en toute justice et loyauté, observer les règles, obéir aux chefs, accepter leur autorité.Le joueur acquiert encore des qualités de décision, de hardiesse, d’empire sur soi-même, d’endurance et de patience, des sentiments affectueux et bienveillants envers ses camarades, de dévouement au bien commun.Comme l’idéal élève la vie! Dans toutes les matières de l’enseignement, la fin est encore la formation du caractère par la recherche de la vérité qui est au fond de toute science et qui seule est principe d’action.Ainsi dans les sciences naturelles, je n’ai que faire de la nomenclature fastidieuse d’une multitude presque infinie d’êtres en leurs interminables classifications.Mais si je me penche sur cette création merveilleuse, même sur les infiniment petits, j’apprends l’étonnante beauté des lois de la vie pour laquelle je suis saisie d’admiration.Aimer la vie, voilà qui porte singulièrement à l’action.Si je scrute les biens qu’offre notre planète aux humains qui l’habitent, la science de la géographie m’enseigne la grande loi du travail.L’histoire n’est pas pour moi un amas de faits, de dates, de personnages qui encombrent ma mémoire sans profit.Je recherche les causes des événements et je comprends que « l’homme s’agite et Dieu le mène.» Je vois dans les saints et les grands hommes que notre civilisation chrétienne a produits, les plus beaux types de caractère chrétien, ceux dont les vertus entraînent jusqu’à l’héroïsme.L’économie domestique, chez les fillettes, développe les traits particuliers du caractère féminin, de même que les travaux manuels, en exerçant les sens et l’intelligence, forment les garçons aux vertus morales qui leur conviennent.Nous pourrions parcourir ainsi toutes les branches du savoir humain: mathématiques, langues, philosophie, etc., elles convergent toutes vers la même fin, sans exception.Et l’instruction religieuse les couronne toutes car elle a pour objet direct la fin ultime du chrétien.Cette formation de la volonté par les autres facultés, surtout par l’intelligence, l’école l’accomplit encore grâce à l’influence du milieu: milieu matériel agréable et suggestif, organisations où l’initiative personnelle des élèves trouve occasion de se déployer librement, dans l’ordre, et concourt, avec l’action du maître, à créer l’atmosphère de la classe, atmosphère qui n’est autre chose que la caractéristique générale, la note morale dominante de la classe: confiance réciproque, sympathie, joie, entrain, cordialité, service, labeur, charité, reconnaissance, enthousiasme,^patriotisme .Cette ambiance influe consi- 374 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Janvier dérablement sur la sensibilité et provoque l’action.Par-dessus tout, il faut fortifier les moyens naturels de formation par l’emploi des moyens surnaturels.En effet, nous ne pouvons, sans une erreur grave, méconnaître les suites de la faute originelle, et nul ne peut prétendre perfectionner la nature par les seules forces de la nature.Sans la grâce de Dieu, le meilleur naturel, le milieu le plus favorable, les plus beaux raisonnements céderont à la violence d’une passion qu’on croyait peut-être enchaînée.Ici, la recette est simple: « Vivre en état de grâce ».L’idée de caractère chrétien sans la grâce sanctifiante serait une con- ception fausse: un chrétien sans la grâce n’est qu’une caricature de chrétien.L’école doit donc mettre à la base et au sommet de l’éducation une religion vivante et agissante qui tend, sans cesse, à élever le caractère à la hauteur de l’exemplaire divin et à le maintenir inébranlable.(( D’une âme à une autre », c’est la voie de l’éducation.Aussi ceux qui sont dignes d'une telle œuvre ont-ils conscience de leur haute mission humaine et surnaturelle.Ils travaillent donc ardemment, à la lumière de l’idéal chrétien, à établir le parfait équilibre de leur âme, avec la noble ambition de former ensuite, en chacun de leurs élèves, un beau et grand caractère.1/Abitibi et le Témiscamingue {suite delà -page 3£5) valant 40 millions de dollars et plus de 100 millions de livres de cuivre valant 12 millions de dollars.Les mêmes mines donnent de l’argent et du zinc en sous-produits pour 1H million de dollars.L’expansion s’est produite de l’ouest à l’est.Ce fut d’abord la création des villes jumelles de Rouyn et Noranda, qui ont maintenant 14,000 de population, et plus tard l’agglomération de Val d’Or et Bourla-maque (environ 6,000 h.).Deux embranchements ont relié Rouyn à Taschereau vers le nord en 1927 et à l’Ontario, vers l’ouest.Val d’Or est relié à Senneterre depuis 1937 et à Rouyn l’année suivante.Des routes reliaient Rouyn au Témiscamingue depuis plusieurs années.On vient de terminer la construction d’une route directe entre Val d’Or et Montréal par Mont-Laurier (1939).Quelles sont les mines principales ?Au premier rang se place la mine Horne à Rouyn-Noranda, qui, à elle seule, fournit les trois-quart du cuivre de la province, le quart de l’or et tout l’argent et le zinc.Puis viennent les suivants: la mine La-maque, située au nord de Val d’Or, qui produit 14% de l’or; les mines Malartic, située à mi-chemin entre Val d’Or, et Noranda, produisant 12% de l’or; la mine Beattie, au nord du lac Duparquet, entre Noranda et Makamik (7% de l’or) ; la mine Siscoe, près de Val d’Or, au nord du lac Montigny (6% de l’or); enfin une trentaine d’autres, qui sont des satellites de Val d’Or principalement.(1) Hors de la zone des mines, les centres les plus populeux sont: en Abitibi, Amos (près de 3,000), et la Sarre (2,200); au Témiscamingue, Témiscamingue (2,000), et Ville-Marie (1,000).Exercice.—Refaire la carte de l’Abitibi et du Témiscamingue, d’après le manuel de M.Blanchard, p.210, en y ajoutant, plusieurs noms de lieux importants qui manquent, les chemins de fer, les routes et les mines.(1) On en trouve la liste complète dans le rapport de Québec intitulé: “L’industrie minière” pour l’année la plus récente. L'EXEMPLE DU PROFESSEUR “Une parole toute seule est rarement dynamique, rarement motrice.Qu'un officier signifie à ses hommes Vordre venu du chef de sortir de la tranchée, d’aller au devant de la mort; s'ils n ont que des mots écrits sur le papier, ils ne bougeront pas.Que P officier s'élance lui-même en tête de sa compagnie et tous les soldats suivront.Père Plus, S.J. 376 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Janvier Le PETIT CATÉCHISME par M.l’abbé J.-C.MATHIEU, assistant-principal de l’École normale Lavai Chapitre 11 L’ÉGLISE Symbole: “La Sainte Église catholique”.N.B.—Nous obtenons la grâce principalement par la prière et les sacrements.Nous la conservons en observant les commandements.Pour distribuer les sacrements et nous enseigner sa vraie doctrine, Jésus-Christ a fondé son Eglise.Les moyens pour participer aux f Faire partie de l’Église catholique, fruits de la Rédemption sont: \ Recevoir les sacrements.Ce premier chapitre, sur l’Église, traite de sa nature et de sa mission.f L’EGLISE: Sa Nature: C'est une véritable société: Membres: Tous ceux qui participent à la foi de Jésus-Christ., / Gouvernés par leurs pasteurs légitimes, u on e.î gous un seuj cjjef visible Fin: Participer aux fruits de la Rédemption.Moyens: Tous participent aux mêmes sacrements.Invisible: Notre-Seigneur Jésus-Christ.Notre Saint-Père le Pape, l’Évêque de Rome, Vicaire (représentant) de Jésus-Christ.L’Autorité: (les chefs) - Visi blés:• Suprême: • La Raison: Il est le successeur de saint Pierre.Jésus-Christ a établi saint Pierre: Chef des Apôtres.Chef visible de l’Église.Subalternes: Les Évêques successeurs des autres Apôtres.N.B.—Jésus-Christ n’a établi qu’une seule Église.( Enseigner.] Sa Mission: ( Gouverner.Sauver tous les hommes.! Sanctifier.Obligation d’y appartenir Pour se sauver tous les hommes doivent appartenir: f Au moins à l’âme de l’Église.\ Et au corps, s’ils le connaissent. J 943 PÉDAGOGIE ET MÉTHODOLOGIE 377 Chapitre 12 L’ÉGLISE (suite) N.B.—Ce deuxième chapitre traite des privilèges de l’Église catholique.! « f L’EGLISE: S e 8 A t t r i b u t s L’Autorité: « Mission, droit De prêcher l’Évangile.et pouvoir: De gouverner les fidèles.N.B.—Ce privilège a été donné par Jésus-Christ au Pape et aux Évêques.L’Infail- libilité: I Privilège de ne pas se tromper.11 I Au Pape seul, appartient: I Ou au Pape avec les Évêques.P i• f Quand ils définissent ou proclament: on r i j v£r-|.£ jg ou jg morale Pour tous les fidèles.L’indéfec- / Elle durera jusqu’à la fin du monde, tibilité: ! Elle durera telle que fondée par Jésus-Christ.N.B.—Ces trois attributs sont réunis, concentrés, dans le chef suprême de l’Église, c’est-à-dire le Pape: Son autorité.\ [)ureron^ toujours: indéfectibilité.bon infaillibilité.J f Tous ses membres ont la même foi.L’Unité: Tous recourent aux mêmes sacrements.! Tous sont soumis au même chef.S e s N o t e s La Sainteté: Par son fondateur: Par sa fin: Sanctifier: Jésus-Christ.Par sa doctrine.Par ses sacrements.f De temps: Doit durer jusqu’à la fin du monde.La Catholicité: | De lieu: Enseigne toutes les nations.L’Universalité ( De doctrine: Enseigne toutes les vérités nécessaires au salut.f Fondée par Jésus-Christ sur les Apôtres.L’Apostolicité: ] Gouvernée par leurs successeurs légitimes.( A enseigné et enseignera toujours leur doctrine.N.B.—L’Église catholique romaine seule possède ces notes et attributs.N.B.—La suite du Symbole: “La communion des saints”: Article traité avec le premier Dieu.No 381 et suivants.commandemen t de “La rémission des péchés”: Article traité dans la partie des sacrements: Baptême et la Pénitence.Le “La résurrection de la chair”:) “La vie éternelle”: Articles traités au chapitre 378 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Janvier III L'ANALYSE MÉTHODOLOGIE du FRANÇAIS par Jean-Marie LAURENCE, Prof»t»eur à l’École normale Jacques-Cartier.Pour clore nos études sur 1 analyse, voici un tableau des propositions les plus usitées dans la phrase française.On trouvera ensuite une liste d’exemples dont les numéros correspondent à ceux du tableau.Enfin, quelques explications tenteront d’éclairer cette brève synthèse dont l’étude détaillée exigerait un volume.Tableau des propositions 1 2 3 4 Relation (Structure de la phrase) Fonction syntaxique Sens Ligature I.Indépendante ou Absolue f juxtaposée (1) [ coordonnée (2) U Incise III.Principale IV.Subordonnée ( Verbe ' sujet attribut [ d’objet i juxtaposée (3) coordonnée(4) conjonctionnelle (5) conjonctive (6) conjonctionnelle (7) conjonctionnelle (8) 1 compl.J l : | cause, temps, 1 etc.conjonctive (9) conjonctionnelle (10) juxtaposée (11) Nom f i apposition 1 1 conjonctionnelle (12) conjonctive (13) ou Pronom f dét.compl.j caract.cause, expi., conjonctive (14) Adjectif ¦{ compl.opp.etc.1 conjonctionnelle (15) 5 Forme du verbe f personnelle (a) 1 infinitive (£) [ participe (c) f personnelle 'v infinitive (personnelle infinitive participe ¦ personnelle { personnelle personnelle .infinitive f personnelle j infinitive [ participe •{ personnelle r < personnelle 1 personnelle Remarque.On pourrait ajouter une sixième division des propositions considérées au point de vue de 1 intégrité.Y prendraient place la proposition complète ou intégrale 1943 PÉDAGOGIE ET MÉTHODOLOGIE 379 et la proposition elliptique, la proposition explicite et la proposition implicite.Ainsi, quand on répond oui ou non, à une question, on énonce une proposition implicite.Ces sortes de propositions sont très fréquentes dans la langue moderne.Mais nous entrons ici dans le dédale des cas particuliers qui débordent les cadres d’une brève étude d'es-semble.Exemples 1.—a) Dieu est puissant, il est sage, il est bon.b) Mes enfants, mendier ! Moi-même, trahir ma patrie ! c) Finie la comédie, envolés les beaux rêves ! 2.—a) Pierre travaille et Paul chante.b) Voir Versailles et mourir ! c) Perdu l’argent et brisés les meubles.I • j « Je réussirai )), dit Pierre.1 \ « Je réussirai )), de dire Pierre.3.—a) Je crois que Dieu est bon, j’espère qu’il me sauvera.b) Tous de répondre qu’ils étaient prêts, tous de saisir l’arme qu’on leur pré- sentait.c) Raté le coup qu’on avait si bien préparé, finis les rêves qu’on avait si long- temps caressés.4.—a) Ajouter et.b) Ajouter et.c) Ajouter et.5.—Qu’il ait pris cette décision semble invraisemblable.6.—Qui m’aime me suive.7.—Le fait est que je sauvai cet homme 8.—Je crois que vous avez raison.9.—a) Cherchez qui vous le dira.b) Je me demande qui croire.10.— o) Lorsqu’il viendra, je lui parlerai de l’affaire.b) Qui t’a rendu si hardi de troubler mon breuvage.c) Théodose mort, son royaume fut divisé.11.—Dussiez-vous en souffrir, dites toujours la vérité.12.— La pensée qu’il a réussi me jette dans la joie.I 13.—Poisson, mon bel ami.qui faites le prêcheur, vous irez dans la poêle.14.—a) Le renard que vous avez capturé trouve sa cage petite.b) Le renard, qui est rusé, se laisse quelquefois prendre au piège.13.—Sûre qu’il n’y a rien de neuf, la poule se remet en quête.Explications Les cinq colonnes du tableau représentent cinq points de vue différents sur les propositions usuelles. 380 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Janvier Au point de vue de la structure de la phrase, les propositions se répartissent en quatre catégories: Y indépendante ou absolue, qui ne dépend d’aucune autre proposition et n’en tient aucune sous sa dépendance: Y incise, qui est en somme une courte indépendante jetée dans la phrase pour identifier le locuteur; la principale, qui sert de support à la phrase au point de vue structural, sans exprimer toujours l’idée principale; la subordonnée, qui s’accroche à une autre proposition, principale ou subordonnée.L’indépendante et l’incise ne remplissent, cela va de soi, aucune fonction syntaxique.La principale servant, par définition, de support à la phrase, il serait superflu d’insister sur son rôle: on ne le mentionne pas dans l’analyse.La subordonnée qui dépend d’un verbe peut être sujet, attribut ou complément; 2elle qui dépend d’un nom ou d’un pronom peut se construire en apposition ou en complément: celle qui dépend d’un adjectif est toujours complément.Au point de vue du sens général, de la fonction logique si l’on préfère, nous adoptons la terminologie moderne du complément d’objet et du complément circonstanciel; nous distinguons aussi, parmi les subordonnées compléments du nom, la subordonnée complément déterminatif et la subordonnée complément caractéristique.Le complément explicatif devient une subdivision du complément caractéristique.Ainsi, dans l’exemple 14-b, qui est rusé est une subordonnée, complément caractéristique d’opposition.Dans la phrase: « Paul, qui est malade, ne vient pas à l’école aujourd’hui )), qui est malade est une subordonnée, complément caractéristique de cause ou d’explication.Au point de vue de la ligature, on connaît les termes juxtaposée et coordonnée.Nous appelons conjonctionnelle (l’ancienne conjonctive) la subordonnée introduite par une conjonction et conjonctive celle qu’introduit un pronom conjonctif (l’ancienne relative).On peut d’ailleurs passer sous silence, dans la pratique courante de l’analyse, ces deux notions qui n’offrent d’intérêt que dans les leçons de rédaction.Nous n’avons également cité que pour mémoire les appellations personnelle, infinitive, participe, qu’il est inutile de traîner dans les exercices.Voici donc, dans la phrase 10-b, l’analyse complète de la proposition de troubler mon breuvage: subordonnée infinitive, complément circonstanciel de conséquence de la principale.En pratique cependant, il suffit de dire: subordonnée de conséquence de la principale; les autres termes étant implicites.Car le tableau s’enseigne progressivement, de gauche à droite (de la forme au sens, suivant le principe général que nous avons déjà énoncé).Au premier degré, on enseigne à distinguer les propositions au point de vue de la structure de la phrase (colonne 1).Au deuxième degré, on étudie les colonnes 2 et 3, en omettant d’abord les propositions sujets, attributs, appositions, ainsi que les subdivisions du complément circonstanciel et du complément caractéristique, toutes notions qui s’enseignent au troisième degré.A mesure qu une notion devient superflue, on la laisse tomber, dans les exercices d analyse.Ainsi, quand l’élève distingue sans jamais broncher la principale et la subordonnée, on peut laisser tomber le mot subordonnée, qui maintenant va de soi, et se contenter d indiquer la fonction syntaxique.Et ainsi de suite.De même, dans l’analyse de mots, on omet les indications du genre et du nombre dans les classes supérieures.Vive la simplicité ! 1943 PÉDAGOGIE ET MÉTHODOLOGIE 381 PHONÉTIQUE PARLONS BIEN (Comité permanent de la Survivance française en Amérique) par M.Jacques MORDRET, -professeuT à i Université Laval et à l’École normale Laval II—LA DICTION ET LA QUESTION PHYSIQUE _ H est vrai que la Providence n’a accordé qu’à l’Homme le don de la parole.Il est vrai aussi que la parole ne peut vraiment mériter son nom que si elle exprime quelque chose d’intelligible.Mais il ne faudrait cependant pas tomber dans l’erreur de mettre la parole au rang des manifestations purement intellectuelles.Car si le langage parlé est l’expression de la pensée, il n’est possible qu’avec la mise en œuvre de nos moyens physiques et mécaniques: encore le double aspect de la personnalité humaine, une âme et un corps .On me pardonnera de rappeler, avant tout développement, quelques points dont l’évidence ne semble pas toujours paraître à l’esprit de certaines personnes.Lorsque nous venons au monde, nous sommes dans un état complet d’inculture dont nous ne sortons progressivement que grâce à notre potentiel sensoriel et dynamique, base essentielle à toute connaissance.C’est si vrai d’ailleurs que toute éducation spirituelle ou corporelle devient extraordinairement difficile si une partie du système sensoriel fait défaut.Il ne faut donc jamais perdre de vue que toute possibilité de perfectionnement dépend en grande partie de nos capacités physiques; que l’homme commence toujours par le commencement, et n’arrive à l’abstrait qu’après une expérience suffisante du concret; que tout éducateur doit instruire des êtres d’essence non pas seulement spirituelle, mais des êtres où l’élément corporel compte souvent presque autant que l’esprit.Or le langage, qui est de l’ordre des connaissances à acquérir, n’échappe pas aux modes communs d’acquisition.Et il me semble d’au.tant plus nécessaire d’insister sur ce point que ces derniers temps j’ai été mis à même d’en mesurer l’importance.J’ai en ce moment une élève de 21 ans qui m’est arrivée voici deux mois environ pour prendre des leçons de phonétique.Phonétique?.certes c’est peu dire: la malheureuse était dans l’incapacité absolue de se faire comprendre.Ceux qui vivent avec elle sont évidemment accoutumés à saisir son langage.Mais j’aurais défié n’importe qui de comprendre des mots et des phrases dans le bafouillage des sons et des bruits qui sortaient de sa bouche.Lorsqu’elle me fut présentée, j’étais perplexe: il devait y avoir infirmité; ou alors une maladie de jeunesse avait affecté les organes phonateurs.Après examen sérieux du médecin (j’avais tenu à l’accompagner chez un spécialiste) il m’apparut qu’il n’y avait rien de tout cela.Cette jeune fille, qui jouissait certainement de moins de dispositions que le commun des mortels sur ce point, n’avait en somme jamais bien appris à parler, et la rééducation devait être logiquement possible.J’ai donc accepté de la diriger.Eh bien, le croira-t-on?dès la deuxième leçon, nous constations un léger progrès.Les progrès se poursuivent.Petit à petit, l’articulation se précise.Alors que depuis son enfance, toute la famille s’efforçait vainement d’obtenir des résultats, je pense que dans 6 mois, cette jeune fille pourra se faire comprendre. 382 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Janvier Ce cas est émouvant.On ne peut s empêcher de penser que si cette personne avait rencontré des éducateurs connaissant un peu les relations entre la notion phonétique et les moyens physiques mis à notre disposition par la nature, elle saurait sans doute parler à peu près convenablement, et pourrait aujourd’hui gagner sa vie.On me dira peut-être qu’un éducateur n’est pas médecin, et qu’il n’a pas le temps de s’occuper des cas qui frisent la pathologie .Je suis tout à faite d’accord.Mais il ne s’agit pas ici de médecine.Il s’agit de pédagogie.Il s’agit de méthodologie.Seulement, la méthodologie de là langue parlée est en grande partie basée sur des lois d’ordre physiologique qu’un professeur doit nécessairement connaître pour obtenir des résultats.Et il est d autre part à noter que si tous les maîtres les connaissaient, cela leur rendrait de grands services pour eux-mêmes.En effet leur profession leur impose souvent de gros efforts.Certains d entre eux, qui ne se connaissent pas assez, éprouvent d’épui-santes fatigues à satisfaire à leur obligation de parler pendant de nombreuses heures au cours de la semaine.Ils ne savent pas se servir de leurs moyens .Quoiqu il ne nous soit pas possible ici de faire une description minutieuse de l’appareil phonateur de 1 homme, il nous parait nécessaire d’en parler un peu, quand cela ne serait que pour montrer comment on doit diriger la culture physique aux fins spécialisées du langage.Doit-on le rappeler ?La parole n’est possible que parce que l’on respire.Les poumons ont deux fonctions: une fonction vitale (absorption de l’oxygène, et rejet de l’oxyde de carbone) et une fonction mécanique: fourniture de l’air nécessaire à l’émission de la voix et des bruits; voix qui, transformée, donnera les voyelles; bruits qui, selon leur mode de production, donneront les consonnes.Mais cette fonction mécanique n’est vraiment possible à satisfaire que si 1 on a habitué les muscles inspirateurs et expirateurs à travailler parfaitement.Car les poumons ne sont que des poches inertes, et le souffle n’est possible que par une action musculaire suffisamment vigoureuse.Or nous vivons généralement dans le respect de la loi du moindre effort, et il en est malheureusement de la respiration comme du reste.Nous nous contentons de petites inspirations .juste celles dont nous avons besoin pour vivoter.Et il est rare que nous nous astreignions à respirer un peu plus quand il s agit de parler.Résultat: la voix est faible; les résonnances sont étouffées; 1 articulation consonnantique est molle car l’air n’arrive pas en quantité suffisante ni en force sur les organes chargés de les transformer en bruits; les finales des mots et des phrases se perdent, et la diction est entrecoupée de pauses à contretemps.Cette lamentable loi du moindre effort est celle aussi que nous appliquons lorsque nous mettons en marche la mécanique de nos organes mobiles: maxillaires, lèvres, langue, voile du palais.Tout se tient, en somme: si l’on ne se donne pas le mal de respirer, pour quoi se donnerait-on la peine d’en surveiller le fonctionnement?Le but de l’enfant, quand il commence à parler, n’est autre que de se faire comprendre; il n’a pas d’autres préoccupations.Si on le comprenait sur un simple bafouillage, il se contenterait sans doute du bafouillage sans jamais chercher à mieux faire.Par voie de conséquence, on pourrait théoriquement admettre que lorsque nos enfants parlent mal, c’est que nous acceptons généralement de saisir leurs imprécisions .nous ne sommes pas exigeants .Leur contrôle physique n a opéré que juste le temps nécessaire pour leur faire un langage compréhensible.II y a alors stabilisation.La dangereuse habitude s’installe, et les réflexes ne sauront plus jamais que reproduire l’imprécision.Nous serons alors non plus devant un problème d éducation mais de rééducation de caractère nettement physique.Au stade éducatij, on pouvait procéder empiriquement, en faisant appel à l'imitation des exemples.Au stade de la rééducation, cela ne suffit plus: il faut faire appel h la volonté consciente, seule capable de contrôler les réflexes mauvais ou insuffisants.Comment donc entreprendre la tâche ?Eh bien! comme toute tâche de rééducation physique .Une longue maladie a-t-elle ankylosé certains membres Une gymnas 1943 PÉDAGOGIE ET MÉTHODOLOGIE 383 tique spéciale, appropriée au cas, leur redonnera la souplesse, la précision et la puissance voulues.Aurons-nous à corriger une prononciation et une articulation mauvaises ?Au lieu de lever les bras au ciel et de nous évertuer à dire: on prononce comme çi et pas comme ça.(ce qui est absolument inefficace), nous traiterons les sujets par des méthodes gymnastiques d ordre particulier ou général, en fonction de buts précis à atteindre.Ce qui d ailleurs ne veut pas dire que nous devrons négliger dans la suite le côté plus scientifique de la phonétique, quand nous serons en présence d’erreurs sur la prononciation de certains mots, imposée par l’usage.Nous nous proposons de fournir dans une prochaine étude des indications pratiques qui permettront aux éducateurs de diriger rationnellement cette gymnastique spécialisée.Mais que dès maintenant ils commencent à s’observer eux-mêmes; que lorsqu’ils parlent, ils tâchent déjà de pénétrer le jeu complexe de leurs organes phonateurs.Car si l’on admet que 1 introspection est une excellente méthode pour nous aider à parvenir à la connaissance psychologique, de même l’étude de notre propre prononciation nous fournit des indications indispensables pour l’enseignement de la phonétique, et le redressement des incorrections.Son Excellence Monseigneur GEORGES-LEON PELLETIER Le personnel enseignant de l’enseignement primaire, par la voie de sa revue, offre ses respectueux hommages à Son Excellence Monseigneur Pelletier récemment nommé par le Saint-Siège, évêque d’Ephestus et donné comme second auxiliaire de Son Eminence le Cardinal Archevêque de Québec.Tous les titulaires se réjouissent de cette nomination ; si quelques-uns d’entre eux, seulement, connaissent personnellement Monseigneur Pelletier, tous apprécient ses hautes qualités de coeur et d’esprit dont l’esquisse fut si fidèlement tracée par monsieur l’abbé Charles-Omer Garant dans le journal “ L’Action Catholique ” du 22 décembre.Un Épiscopat long et fructueux durant lequel l’heureux élu trouvera une collaboration constante et intelligente, tel est le voeu formulé par la classe enseignante du Québec.La Rédaction. 384 L ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Janvier Les QUATRE OPÉRATIONS MÉTHODOLOGIE^ de l’AIUTIIM ÉTIQUE par M.J.-Henri BESSETTE, i.e.LA SOUSTRACTION Même remarque initiale que pour l’addition: faire jouer d’abord la notion de la soustraction.Premier exemple: l'opération sans retenue.D’un sac renfermant 58 billes, j’enlève 23 billes: j’ai fait une soustraction.Le nombre de billes qui me reste est la différence entre 58 et 23 (on dit encore reste, ou excès, au lieu de différence).Soustraire, retrancher diminuer de, ôter de, demandent aussi d’être définis en passant.Opérer de façon concrète, avec des bûchettes, des boutons, despièces de 10 cents et des cents.Faire réaliser de nombreuses opérations manuelles.(jetons ou pièces de monnaie) Insister sur la disposition pratique de l’opération.Enoncer la règle.IQç IQç 1CH d.u.3 6 (Fig.2) -2 3 1 3 Solution: Il reste: 36 cents — 23 cents = 13 cents Règle: J’écris le petit nombre sous le grand, les unités sous les unités, les dizaines sous les dizaines.Je dis: 3 unités ôtées de 6 unités, il reste 3 unités.J’écris 3 unités.2 dizaines ôtées de 3 dizaines, il reste 1 dizaine.J’écris 1 dizaine.Réponse: 13 cents.Vérification: 23 cents+13 cents = 36 cents. 1943 PÉDAGOGIE ET MÉTHODOLOGIE 385 Il convient en effet d’insister sur le fait que la somme de la différence et du plus petit nombre donne le grand nombre.D’où une deuxième façon de concevoir la différence de deux nombres.* * * Deuxieme exemple: l opération avec retenue.Ce qu’il importe avant tout de connaître, c’est le mécanisme de 1 opération.La théorie ne peut, à notre avis, être facilement comprise par les enfants de 2e et de 3e années.Il faut donc et surtout apprendre à faire des opérations et partir de cette idée que le mécanisme a ici une valeur en soi.On pourra néanmoins faire les manipulations suivantes à l’aide de 10 cents et de cents.Soit à effectuer l’opération suivante: (jetons ou pièces de monnaie) (Fig.3) 1(H ®®®@®® 52 37 On ne peut retrancher le nombre des unités du plus petit nombre des unités du plus grand•; si l’on remplace une pièce de 10 cents par 10 pièces de 1 cent on a: (jetons ou pièces de monnaie) @ (kk) ( IQç) (^Kk) ©®®®®® ®®®®®® 40+12 (Fig.4) ^ KM (lot) ®®®/^ ®® ® U 30+ 7 © ®® ® ® ® .10+ 5 Et, en opérant comme avec la soustraction sans retenue, on obtient: 10+5= 15.Faire réaliser de nombreuses opérations concrètes et montrer par une série d’exemples gradués que le mécanisme employé dans la pratique conduit' aux mêmes résultats.(Cf.Journal des Instituteurs et des Institutrices, 27 oct.34).* * * Troisième et quatrième exemples extraits du livre (( 1.2.3.4.)) de Jules Gai, Inspecteur général de France.« Soit à calculer 894 — 258= ?.Écrivons ces nombres dans le tableau d’ordre (fig.5). 386 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Janvier (Fig.5) c D U C D U 8 9 4 Devient 8 8 14 2 5 8 2 5 8 6 3 6 Pour les unités, une difficulté apparaît: la soustraction partielle n’est pas possible Mais on la rend possible par une petite modification.Le nombre 894, énoncé «huit cent quatre vingt-quatorze » est écrit au tableau de droite en traduisant exactement son énoncé.Et la soustraction est maintenant possible à la colonne U.On pourrait donc employer la règle que voici: modifier, dans le tableau d’ordre, l’écriture du plus grand nombre (en reportant au besoin une unité d’une colonne à l’autre) afin de rendre possibles toutes les soustractions partielles.Tableau d’ordre illustrant parfaitement cette règle: I II III C D U 8 5 4 2 5 8 P P i devient C D U puis C D U 8 4 14 7 14 14 2 5 8 2 5 8 p i P P P P (big.6) Exemple: En I on a pose la soustraction 854 — 258; la soustraction partielle est impossible en U (ce que marque la lettre i).En II on a modifié 1 écriture par la règle de transfert; la soustraction partielle est devenue possible en U (ce que marque la lettre p), mais par contre la soustraction partielle en D devient impossible.En III on a modifie 1 écriture par la règle de transfert pour supprimer l’impossibilité qu’on venait de faire naître.(Fig.6) )) Derniere étape conduisant a l'écriture pratique courante: 8 ôté de 4, impossible.Je prends à 5 une dizaine que je transforme en unités, et j’obtiens 8 ôté de 14, il reste 6.5 dizaines ôtées de 4 dizaines, impossible.Je prends à 8 une centaine que je transforme en dizaines, et j’obtiens 5 ôté de 14, il reste 9.2 ôté de 7, il reste 5.b) 89 l23 L8 J’emprunte d’abord 1 dizaine à 3 pour obtenir 18 unités.(Fig.8)— 5 7 9 Le plus grand nombre n’a plus que 2 dizaines.J’emprunte ~~ ensuite 1 centaine à 9 pour obtenir 12 dizaines.Le plus 3 5 9 grand nombre n’a plus que 8 centaines.En fait, il n y a pas là, à proprement parler, de soustraction avec retenue.C’est tout simplement le système des emprunts successifs aux diverses unités du plus grand nombre seulement, le petit nombre restant inchangé.Y a-t-il des inconvénients à l’adopter ?Bien au contraire, puisque le procédé des (( emprunts )) vient logiquement après l’étude de la numération.Son seul principe en effet est celui de la numération décimale et il peut sans peine être compris des enfants.a) 78 145 44 • — 2 5 8 (Fig.7) 5 9 6 1943 PÉDAGOGIE ET MÉTHODOLOGIE 387 Si ceux-ci ont été habitués aux manipulations, aux compositions et décompositions des groupes d’objets, s’ils ont acquis en particulier une connaissance concrète et durable des dizaines et des centaines, ils aimeront mieux, semble-t-il, cette méthode naïve qui se contente de modifier l’écriture du nombre le plus grand.Car cette modification (très facile pour eux) étant faite, ils ri ont plus à calculer, colonne par colonne, que sur les nombres tels qu'ils les voient.En bonne pédagogie, les maîtres peuvent passer par ce stade, et bien inspirés sont ceux qui l’ont depuis longtemps pratiqué.D’autre part, la pratique de la soustraction avec retenues ajoutées au nombre inférieur est plus difficile à comprendre, parce qu’elle fait intervenir la notion de compensation, et quelle compensation ! Une dizaine ajoutée au nombre le plus grand (sous la forme de 10 unités) compensée par une dizaine ajoutée à l’autre nombre (sous la forme de 1 dizaine).Et s’il faut, par exemple, retrancher 549 de 938, quand je vois 8, je pense 18, j’écris 9 sous le trait; mais, pendant ce temps, il faut que je pense à retenir 1 ; puis, quand je vois le 4, je pense qu’il est devenu (4 + 1), alors je regarde le chiffre qui est au-dessus; voyant qu’il est inférieur à 4, je pense à le lire 13, puis .Comparez.Si vous étiez élève, quel moyen préféreriez-vous?(Cf.Journal des Instituteurs et des Institutrices, 18 mai, 35).Toutefois, comme il s’agit d’une question pouvant être controversée en certain milieux; comme ce n’est pas le propre d’une sage pédagogie de chercher à soulever des toiles d’araignée; et peut-être aussi parce que l’évolution mathématique de l’enfant nous y autorise, disons que le procédé des « compensations» peut, sans préjudice, se substituer au premier.Il aboutit alors au mécanisme pratiqué dans la plupart des écoles françaises (en faisant exception pour les nombres complexes) et ayant tendance à s’implanter ici.Ce mécanisme, le voici tel que décrit par Jules Gai dans (( 1.2.3.4.)), page 72, paragraphe 68.(( Cas de la soustraction résolue par le procédé des compensations.Pour rendre possible la soustraction qui ne l’est pas d’abord dans la colonne U, on ajoute 10 unités au grand I II III C D U C D U C D U 8 2 5 5 Î 00 4.devient 8 2 5 5 + 1 14 8 puis 1 10 1 + 00 15 5+1 14 8 P P i P i p P 5 p 9 P 6 (Hg.9) nombre ainsi qu’il est dit plus haut à la fig.6.Mais ces unités, qui étaient obtenues par glissement de 1 D.passant en U., sont maintenant ajoutées au grand nombre et aussitôt compensées en ajoutant 1 D.au petit nombre (Fig.9).Et on invoque ce principe, ce théorème: la différence de deux nombres ne change pas si on augmente de la même valeur l’un et l’autre nombre.Ainsi l’écriture I est remplacée par II.Mais alors c’est dans fa colonne D que la soustraction partielle devient impossible.On remplace donc l’écriture II par III en ajoutant 10 D au nombre du haut et 1 C qui vaut 10 D, pour compensation au nombre du bas.Et c’est bien là la règle qu’on emploie à l’école et dans la 8 (1) 5 (1) 4 pratique (v.ci-contre), à cela près que ces additions et ces corn- 2 (1) 5 (1) 8 pensations par retenues, qui ici sont entre parenthèses, on arrive - bientôt à ne pas les écrire, afin d’aller plus vite et de laisser subsis- 5 9 6 ter seulement les nombres donnés et le nombre demandé.)) En conclusion de ce qui précède, retenons qu’au point de vue mathématique les deux procédés sont équivalents.L’essentiel est que le maître procède avec méthode, que l’élève calcule juste, sans effort superflu; qu’il découvre lui-même, si possible, comment il faut qu’il opère. 388 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Janvier SUGGESTIONS POUR REVUE GÉNÉRALE DU PROGRAMME JANVIER Première année Religion Prières I —Je crois en Dieu: qu'est-ce que cela veut dire?Expliquer : Dieu est le créateur du ciel et de la terre.II — Nommez-vous la deuxième personne en Dieu dans le Je crois en Dieu ?Comment s’ap-pelle-t-elle ?III — Montrer, dans la classe, ce qui vous rappelle que Notre-Seigneur est mort sur la Croix.Quel jour Notre-Seigneur est-il mort ?IV — Que ^signifie: a été enseveli} Pendant que le corps de Jésus était dans le tombeau, où était son âme ?V — Jésus est ressuscité: est-ce son corps ou son âme ^ qui est ressuscité ?Pourquoi pas son âme ?Catéchisme et Histoire Sainte I — Qui est venu de très loin adorer l’Enfant-Jésus ?Combien y avait-il de Rois Mages ?Qu’ont-ils apporté en cadeau à Jésus ?II — Comment appelez-vous les petits enfants que Hérode a fait mourir ?Sont-ils au ciel ?III — L’Enfant-Jésus aidait-il ses parents ?Était-il le plus doux des petits enfants ?La sainte Vierge et saint Joseph remerciaient-ils Dieu de leur avoir donné l’Enfant-Jésus ?IV — L’Enfant-Jésus accompagnait-il ses parents à Jérusalem ?Saint Joseph et la sainte Vierge Marie furent-ils tristes de l’avoir perdu ?Où trouvèrent-ils l’Enfant-Jésus ?V — Que devez-vous faire pour imiter l’Enfant- Jésus ?Langue française Lecture Livre: C.N.D.: Leçons 26 à 32.Dictée Aurore visitera Paule, la petite amie malade Loulou goûte la soupe à la poule.Le feu a dévoré la demeure de la veuve.Exercices I — Qui visitera Paule ?Pourquoi Aurore visitera- t-elle Paule ?Fait-elle une bonne action en la visitant ?II — Que goûte Loulou ?De quoi la soupe est- elle faite ?III — Quel accent y a-t-il sur goûte ?IV — Combien y a-t-il de mots dans la troisième phrase ?Trouvez le mot d’action.V — Que signifie le mot demeure ?Expliquez le mot veuve.Lecture Livre: Forest-Ouimet.2e partie: leçons 1 à 9-Dictée Le voleur a volé le jeu de domino.Eudore ira voir la patinoire.Oscar porte ma carte à la poste.Exercices I — Comment s’appelle celui qui a volé le jeu de domino ?Est-ce bien de voler ?II — Qu’est-ce qu’il faut faire quand on a volé ?III — Qui ira voir la patinoire ?Qu’est-cc qu'une patinoire ?IV — Par qui ai-je envoyé porter ma carte à la poste ?Pourquoi porte-t-on les cartes à la poste ?V — Trouver, dans la dictée, un mot d’un coup de voix (syllabe), de trois coups de voix 1943 PÉDAGOGIE^ET MÉTHODOLOGIE 389 Récitation Le dîner du petit oiseau Voici l’hiver ! Les hirondelles Ont abandonné leur doux nid; Mais les moineaux, moins frileux qu’elles.Sont restés avec leurs petits.Ils savent que sur la fenêtre, Quand la neige étend son manteau, Le petit enfant viendra mettre Le dîner du petit oiseau.Arithmétique Étude des nombres de 20 à 30.Calcul oral I — Combien y a-t-il de boules dans: 1 dizaine?2 dizaines ?3 dizaines ?II — Combien font 1 dizaine plus 5 unités ?III—Jean a 2 dizaines d’oranges; il en donne 3î combien lui en reste-t-il ?IV — Vous avez 10 cents; vous achetez un cahier de 5 cents; combien vous reste-t-il d’argent ?V —J’ai 5 doigts dans une main.Combien ai-je de doigts dans les deux mains ?Calcul écrit I — Écrire les nombres suivants: 7, 18, 25, 13, 30 II — Ecrire les nombres de 20 à 30.III — Pierre a 16 billes; il en gagne 12; combien en a-t-il maintenant ?IV — Un fermier a 15 poules; il en vend combien lui en reste-t-il ?V — 12 20 24 16 +14 + 5 -12 — 6 = 26 ¦ 25 =12 = 10 Deuxième année Religion Prières et Histoire Sainte (Hêrode, Egypte, Symbole des Apôtres, Noël, articles, saint Pierre, Pie XII, Villeneuve').I — Nous trouverons les principales vérités que l’Église nous enseigne dans le .II — Dans le Symbole des Apôtres il y a douze .qu'il faut croire pour aller au ciel.III —- Qui a été conçu du Saint Esprit, est né de la Vierge Marie nous rappelle la fête de .IV —Le roi .a fait massacrer les Saints Inno- cents.Le bon Jésus s’enfuit en .pour éviter la colère du roi Hérode.V — Le premier pape fut ., celui d’aujourd’hui est .Le Cardinal .remplace le pape à Québec.Catéchisme (Corps, sang, Baptême, Eucharistie, péché grave, bu, mangé, pain, ronde, blanche, feuille).I — Le sacrement de .est le plus nécessaire des sacrements.Le sacrement de 1’.est le plus grand des sacrements.II — Communier, c’est recevoir le .et le .de Notre-Seigneur Jésus-Christ.III — Pour recevoir dignement la sainte Eucharistie il ne faut pas avoir de .sur la conscience, et n’avoir ni .ni .depuis minuit.IV — Une hostie, c’est un morceau de .L’hostie est .L’hostie est .L’hostie est mince comme une .de papier.V — Les paroles de la consécration de l’hostie sont: Ceci est mon .Les paroles de la consécration du vin sont: Ceci est mon .Langue française Dictée Le bonhomme de neige.—Quel plaisir pour les enfants de bâtir un gros bonhomme de neige, par une belle journée de congé d’hiver ! Comme chaque enfant fait sa part, le bonhomme de neige est vite terminé.Pour finir leur amusement, les enfants lancent à cet énorme bonhomme de neige des pelotes de neige.Exercices I — Vocabulaire: a) Que veut dire: jour de congé pour les éco- liers ?b) Trouver un verbe qui vient de: amuse- ment.c) Faire un adjectif avec neige.II — Questions d'intelligence: a) De qui parle-t-on dans la dictée ci- dessus ?b) Qui bâtit ce gros bonhomme de neige ?c) Les enfants n’aiment-ils pas mieux glisser avec leurs traîneaux ou patiner avec leurs patins ?Dictée Florence et Laurent.—Sur la terre tout le monde travaille.Florence, écolière laborieuse, étudie bien chaque jour ses leçons pour faire plaisir au bon Dieu et à ses chers parents.Son petit frère Laurent est intelligent et docile comme sa grande sœur.Grammaire I — Orthographe et accord: a) Dire de quel genre et de quel nombre sont les noms suivants: Florence, Laurent.b) Quel est le masculin de: écolière labo- rieuse ?grande saur ?c) Quel est le féminin de: petit frère ?chère maman ?II — Verbes: Écrire correctement: a) Lucienne (travailler) très bien à l’école.b) Florence et Laurent (étudier) chaque jour leurs leçons.c) Les enfants (Jaire) une glissade en ski. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Janvier 390 Rédaction orale Note.—A l'aide d'une image re-présentant le bonhomme de neige, posez questions suivantes: I — Que représente cette image ?II — Dans quels mois pouvez-vous faire des bons- hommes de neige ?III — De quoi les enfants se sont-ils servis pour bâtir leur bonhomme de neige ?La neige était-elle sèche ou mouilleuse ?IV — Comment les enfants ont-il fait les yeux?la bouche ?les mains ?V — Le bonhomme de neige est-il gros ou petit ?VI — Où sont les enfants ?VII — En hiver, comment sont habillés les enfants pour jouer dehors ?VIII — Est-il nécessaire d’être habillé chaudement en hiver ?Pourquoi ?IX — Où les enfants ont-ils placé le bonhomme de neige ?X — Cet amusement permet-il aux enfants de passer de belles journées de congé ?Ari thmétique Calcul oral i—Dans le nombre 100, que représente: le 1 ?le premier 0 à la droite du 1 ?le second 0 à la droite du 1 ?II — Au lieu de 10 dizaines, peut-on dire une centaine?Au lieu de 10 dizaines,peut-on dire 100 unités ?III — Quatre petits garçons doivent se partager 4 cents, 8 pommes, 16 prunes, 20 chocolats.Combien chacun aura-t-il de cents, de pommes, de prunes, de chocolats ?IV — Papa a 38 ans et j’en ai 8.Combien d’années v votre papa a-t-il de plus que vous ?V — A l’aide de pièces de 5, 10, 25 cents, dites de combien de manières on peut faire la somme de 50 cents.Calcul écrit l — 23 poupée 110 tambours +45 — 10 +35 - - = ?= ?II — Dans 50 cents, combien y a-t-il de fois 10 cents ?Dans 3 pieds, combien y a-t-il de pouces ?III — Nous avons commencé notre livre de lecture à la page 26; nous avons lu 15 pages; à quelle page sommes-nous rendus ?IV — Michel a un cahier de 50 pages; il a déjà écrit 18 pages.Combien de pages reste-t-il à écrire ?V — Combien font: 2X5 glisseurs=?3X5 patineurs=?4X5 skieurs =?5X5 raquetteurs=?Histoire du Canada {Iroquois, fusil, arc, fliche, guerre, avions, chars, canons).I — Champlain a été obligé de faire la guerre aux .II — Champlain a fait la guerre avec un .III — Les armes des Iroquois étaient 1’.et la .IV — Le Canada est encore en .V — Aujourd’hui nos soldats font la guerre avec des .des .d’assaut et des .Géographie I — Les points cardinaux sont: le .le .Y.et 1’.II — Québec est bâti sur le cap .III — Montréal est bâti sur une .IV — Rita, placez-vous à l’est de la classe, Cécile, à l’ouest, Roger, au nord et Luc, au sud.V — L’église de notre paroisse est située du côte .Mon école est située du côté .Troisième année Religion Prières et Histoire Sainte I — Combien de lépreux, guéris par Jésus, sont revenus Le remercier ?II — Qui accompagna Tobie dans son voyage ?III — Que demandons-nous à notre ange gardien dans la belle prière que nous récitons en son honneur ?IV — Pourquoi notre ange gardien doit-il nous protéger ?V — Qui devons-nous aimer pour obéir à la loi de Dieu ?Comment devons-nous l’aimer ?Ca téchisme I — Les péchés mortels peuvent-ils êtrepardonnés: sans contrition ?sans confession ?II—J’ai fait un péché mortel; je récite un acte de contrition parfaite: mon péché est-il pardonné ?puis-je communier sans me confesser ?III — Y a-t-il des péchés pardonnés après notre mort ?IV — Louise a fait 3 péchés mortels; elle en accuse 3; elle en regrette 3.Aline a fait aussi 3 péchés mortels; elle en confesse 3; elle en regrette 2.Combien chacune a-t-elle de péchés mortels sur la conscience après la confession ?V —Jeanne et Louise vont communier, il ne reste qu’une Hostie; le prêtre la partage et en donne une partie à chacune: ont-elles reçu Jésus tout entier ?pourquoi ?Langue française Dictée Venfant sage.—Jules, âgé de six ans, est un petit garçon sage.Il est studieux, attentif aux explications du maître; il a aussi bien soin de sa personne et de ses habits.Sa figure et ses mains sont propres, ses cheveux bien peignés.Il est poli envers tout le monde et tout le monde l’aime. 1943 PÉDAGOGIE ET MÉTHODOLOGIE 391 Phrases détachées.—Aie du courage pour faire ton devoir.Au Jour de l’an, j’ai eu des cadeaux de mon parrain et de ma marraine.À Noël, les enfants ont eu des traîneaux et des jeux de domino.Grammaire I — Orthographe et régies d'accord: d) Chercher les adjectifs qualificatifs de la dictée et en justifier l’accord.Dire le genre et le nombre du mot propre.Dire pourquoi il est de ce genre et de ce nombre.r) Mettre la première partie de la dictée au féminin.II — Conjugaison: a) Mettre’la première phrase au futur.h) Présent de l’impératif de: être obéissant c) Mettre la dernière phrase au singulier, III — Analyse: Nous avons eu des bureaux neufs.Dictée Phrases détachées.—Sois généreux pour les pauvres et tu auras les richesses du ciel.Pierre a eu des étrennes précieuses et des bonbons sucrés.Les montagnes, les ruisseaux, les rivières et les lacs sont des accidents géographiques.Ayons pour nos parents des mots aimables et des sourires respectueux.Nous aurons des souliers neufs et de riches cadeaux.Jésus serait content si les âmes enfantines étaient plus généreuses.Exercices I — Vocabulaire: a') Faire un nom avec les mots suivants: généreux, sucrés, aimable, respectueux, enfantine.b) Définir: montagne, ruisseau, rivière, lac, accident.c) Donner le contraire de: généreux, pauvre, richesse, aimable, neufs.II —Questions d'intelligence: o') Nommer des étrennes que l’on peut donner à un papa, à une maman, à des petits enfants.b) Nommer des accidents géographiques.c) Comment les enfants peuvent-ils être généreux ?III — Langage: Conversation simple, mais correcte sur les sujets suivants: Une promenade en skis.Une partie de gouret.Rédaction L'hiver.—Parler de l’hiver.v Dire ce que vous voyez.D’où vient la neige ?A quoi doit vous faire penser la blancheur de la neige ?Dire ce que vous aimez dans cette saison.Devoirs envers les parents.—Quels sont les quatre grands devoirs renfermés dans le mot honorer.Comment devez-vous aimer vos parents ?Qu’est-ce que les respecter ?Quels services devez-vous rendre à vos parents ?Pourquoi devez-vous obéir à vos parents ?Récitation Cœur d'enfant Par la douce chaleur, les parfums, la lumière D’un radieux jour de printemps, Lucy se promenait aux champs Près de son père et de sa mère.Les fleurs, les papillons, les oiseaux et leurs chants Mettaient son petit cœur en fête.Et ses pieds bondissaient à l’égal de son cœur Alors de gazouiller.Ravi de son bonheur.Le père dit: Ma joyeuse fauvette, Aimes-tu beaucoup ta maman ?—Je l’aime grand comme la rivière.—Et ton papa, reprit la mère, Tu l’aimes.Fais voir comment.—Je l’aime grand comme la patrie.—Et le bon Dieu, ma mignonne chérie ?Soudain Lucy, les bras bien étendus: —Comme cela, voyez.Encore beaucoup plus —Le bon Dieu, repartit le père, Comment, tu l’aimes plus que nous ?Et qui te donne tes joujoux ?—Mes joujoux.mon père et ma mère.Oh ! mais le bon Dieu, lui, m’a gâtée autrement, Alors qu’il m’a donné mon papa, ma maman.Arithmétique Calcul mental I — Combien de pommes dans 2 paniers qui en contiennent chacun 1 douzaine ?II — Votre frère a 18 ans; quel âge avait-il il y a 12 ans ?III — Un crayon coûte $0.03; combien aurais-je de crayons pour $0.24.IV— Jacques achète 3 timbres de guerre à $0.25, combien doit-il donner ?V—J’ai $0.50 dans chacune de mes mains; combien ai-je en tout ?Calcul écrit I — Mon père possède 4 champs d’avoine; il a récolté 168 minors dans le premier champ, 79 dans le second, 104 dans le troisième, 62 dans le quatrième; combien de minots a-t-il mis dans sa grange ?II — Un homme gagne $125.par mois; que gagne-t-il dans une année ?III—J’ai vendu pour $145- un radio que j’avais payé $88.; quel bénéfice ai-je fait?IV —Jules a 89 points et Pierre en a 8 fois autant; combien ont-ils de points ensemble?V— J’ai donné $2.pour payer des bas qui coû- taient $1.59; quelle somme me remettra-t-on ?Histoire du Canada I — Qui fonda Montréal ?En quelle année ?II — Comment s’appelait Montréal autrefois ?III — Comment Dollard a-t-il sauvé son pays ?IV — Qu’était Lambert Closse ?V — Que fit Dollard et ses compagnons avant de partir pour le combat ?Géographie I — Qu’est-ce qu’un lac ?En nommer un dans la province de Québec.II — Nommer un fleuve de la province de Québec.III — Sur quelle rive du Saint-Laurent est située la ville de Québec ?IV — Où, en général, se jettent les rivières ?V — Où est bâtie la ville de Montréal ? 392 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Janvier année Religion Prières et Histoire sainte I — Que dites-vous à Dieu dans l’acte d'espérance ?II — Qui reçut les commandements ?Que contenaient-ils ?III — Pour quelles raisons, dans l'acte de contrition, ^ regrettons-nous d’avoir offensé Dieu ?IV — Ecrire le commandement qui nous demande d’aimer nos parents, de les aider, de ne pas nous moquer de leurs infirmités ou de leurs défauts ?V — Contre quel commandement pèche l’enfant qui dit des mensonges, des calomnies, des médisances ?Catéchisme I — Pourquoi tous les catholiques doivent-ils recevoir la Confirmation ?II — Quel don du Saint-Esprit nous inspire une grande horreur du péché ?III — Quel sacrement remet les péchés commis après le Baptême ?Qui est le ministre de ce sacrement ?IV — Quel péché commettrait celui qui se présen- terait à confesse, sachant qu’il n’a pas le regret de ses fautes ?V — Qu’est-ce que l’absolution ?Langue française Dicté© L'hiver.—Les enfants sont heureux de voir tomber la première neige, car pour eux, c’est la saison des jeux nouveaux.Ils glissent sur le bord des chemins, ils patinent, ils élèvent des maisons en glace et se lancent des boules de neige.Phrases détachées.—Tu avais donné ce livre à cet enfant.Aie du respect pour ses cheveux qui sont blancs.Ces écoliers étudieront leurs leçons.Cette famille de huit enfants loge dans cette maison qui a cinq étages.Grammaire I — Orthographe et accord: uoique on s’en plaigne peut-être, ces épreuves sont ans l’intérêt de l’instruction que vous êtes appelés à recueillir, dans celui de vos familles, dans le vôtre même; elles ne doivent effrayer que les écoliers qui, s’étant trop complu dans leurs dispositions naturelles, ou qui, s’étant trop fiés dans le peu de connaissances qu’ils sont tout fiers d’avoir reçues de leurs maîtres, se sont imaginé qu’il suffit d’une demi-science mal digérée que l’on acquiert sans des travaux opiniâtres et consciencieux.Croyez-le, il ne faut pas que l’on n’ait que les connaissances indispensables.Quelle honte ne serait-ce pas pour vous, si vous aviez à rougir en pleine classe, de rester muets et bouche béante, à une question quelconque qu’il vous serait arrivé de n’avoir pas prévue ?Quels que soient les travaux antérieurs auxquels vous vous êtes livrés, gardez-vous de penser que l’instruction que vous acquerrez puisse être achetée trop cher, et lors même que vous serez sortis de pension, il faudra que vous travailliez toujours.Oui, répétons-le encore une fois, afin que vous ne l’oubliiez jamais: il faut du travail et toujours du travail.Exercices I — Vocabulaire: a) Définir: opinidtre, mtérét, suffire, cons- ciencieux, antérieur.b) Trouver les synonymes de: effrayer, recueillir, acquérir, imaginer, garder.c) Trouver l’adjectif, le verbe et l’adverbe du mot: instruction.II — Questions d'intelligence: a) Quelle est l’idée développée dans cette dictée ?b) Commenter cette parole: Mon fils, vos classes sont finies; vos études commencent.c) Quels sont les moyens de se cultiver en dehors des classes ?En nommer trois.Rédaction Lettre.—Écrire à un ami pour lui parler des avantages de la lecture.Description.—Intérieur d’une imprimerie.Étude de texte L'hiver à Grignan.—Mme de Sévigné.Lectures littéraires, p.412.Répondre aux questions de Y analyse du texte, p.419.Faire les exercices de vocabulaire et de rédaction, p.421.Littérature canadienne I — Nommer deux monographies publiées par Thomas Chapais.II — Caractéristiques du style de Thomas Chapais.III — Nommer trois historiens de notre époque et deux de leurs oeuvres.Histoire littéraire Mme de Sévigné I — Caractéristiques du style de Mme de Sévigné II — À quelle époque vécut-elle ?En cinq ou six lignes dire qui elle était.Citer et commenter deux évènements de sa vie.III —- Citer cinq oeuvres littéraires de cet auteur.Langue anglaise Étude de texte We are seven A simple Child That lightly draws its breath, 1943 PÉDAGOGIE ET MÉTHODOLOGIE 413 And feels its life in every limb, What should it know of death ?I met a little cottage girl: She was eight years old, she said; Her hair was thick with many a curl That clustered round her head She had a rustic, woodland air.And she was wildly clad : Her eyes were fair, and very fair; — Her beauty made me glad.« Sisters and brothers, little Maid, How many may you be ?» « How many ?Seven in all », she said, And wondering looked at me.« And when the ground was white with snow.And I could run and slide, My brother John was forced to go, And he lies by her side.» « How many are you then, » Said I, « If they two are in heaven ?» Quick was the little Maid’s reply, « O Master ! we are seven.» « But they are dead; those two are dead ! Their spirits are in heaven ! » « Twas throwing words away for still The little Maid would have her will, And said, « Nay, we are seven ! » William Wordsworth.« And where are they ?I pray you tell.» She answered, (( Seven are we ; And two of us at Conway dwell, And two are gone to sea; William Wordsworth, horn in 1770, Cumberland, England, died in 1850.His poetry attained some popularity towards the end of his life and for two generations he has been regarded as one pf the greatest of English poets.« Two of us in the church-yard lie.My sister and my brother; And, in the church-yard cottage, I Dwell near them with my mother.» «You say that two are at Conway dwell, And two are gone to sea, Yet ye are seven ! — I pVay you tell, Sweet Maid, how this may be.» Then did the little Maid reply, « Seven boys and girls are we; Two of us in the church-yard lie Beneath the church-yard tree.» « You run about, my little Maid; Your limbs they are alive; If two are in the church-yard laid.Then ye are only five.» « Their graves are green, they may be seen, i> The little Maid replied: « Twelve steps or more from my mother’s door, And they are side by side.« My stockings there I often knit.My kerchief there I hem : And there upon the ground I sit, And sing a song to them.« And often after sunset.Sir, When it is light and fair, I take my little porringer, And cat my supper there.« The first that died was sister Jane, In bed she moaning lay.Till God released her of her pain; And then she went away.« So in the church-yard she was laid, And, when the grass was dry, Together round her grave we played, My brother John and I.I — Literature: a) Who are the speakers in the poem ?É) Explain what the little girl means by « Seven are we.» c) Express otherwise: Two of us in the church-yard lie.d~) Describe the death of sister Jane.e) Tell what proves the little maiden still loved her departed brother and sister.II — Grammar: a) Parse « that » and « what » in the first stanza.b~) What do we call direct speech ?c) Pick out the irregular verbs.III — Version- Translate in French: We are seven.IV — Theme: Le talent littéraire.—L’imagination et l’esprit ne sont point, comme on le suppose, les bases du véritable talent littéraire: c’est le bon sens avec l’expression heureuse.Tout ouvrage, même un ouvrage d’imagination, ne peut vivre, si les idées y manquent d’une certaine logique qui les enchaîne, qui donne au lecteur le plaisir delà raison, même au milieu de la folie.Voyez les chefs-d’œuvre de notre littérature: après un mûr examen, vous découvrirez que leur supériorité tient à un bon sens caché, à une raison admirable, qui est comme la charpente de l’édifice.Ce qui est faux finit par déplaire; l'homme a en lui-même un principe de droiture qu’on ne choque pas impunément.De là vient que les ouvrages des sophistes n’obtiennent qu’un succès passager; ils brillent un instant d’un faux éclat et tombent dans l'oubli.Chateaubriand V — Composition: af Sketch of a book I read.b) Write a letter inviting a friend of yours to spend a few days of the coming vacations with you. 414 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Janvier Mathématiques Arithmétique I — La somme de $2,200.placée à 7% est devenue $2,223.20 à l’époque de son remboursement.Pendant combien de temps a-t-elle été placée ?Solution: T=Cap.Int.Temps $100.$7.365 jrs $2,200.($2,223.20—$2,200.) * $23.20 X 365X$100 $2,200X$7 = 55 jrs II —- Un capital de $20,000.placé partie à 4% et partie à 5% rapporte annullement $920.d’intérêts.Quelle est la somme placée à chaque taux ?Solution: a) Int.=Cap.Int.$100.$4.$20,000 .V $4.X $20,000 $100.= $800 b~) Cap.à 5%= Cap.Aug.int.$100 à 5% $i.X $120.= $12,000.cj Cap.à 4%=$20,000.—$12,000.= $8,000.Une personne consacre 10% de son revenu aux œuvres de charité et 50% à ses dépenses personnelles.Il lui reste à la fin de Tannée $675- Sachant que ses fonds à 4 1/2% calculer son capital ?sont placés Solution: aj Revenu =Écon.Rev.$40.$100.$675.X $100.X$675.$40.= $1687.50 £) Cap.=Int.Cap.$4 1/2 $100.$1,687.50 X $100.X$1,687.50 $4 1/2 = $37,500.Algèbre (garçons) I — À résoudre: x+a/25—x2=7 Réponse: x'=3 x"=4_______ _ IU— À résoudre: \/2x-\~7=\/x-^-2 Réponse: x'=l, x"=9 III — À résoudre: 3-v4—5x2—28 = * Réponse: x' = 2, x"=—2,_ x"=2\/21„_ x""~=2V2J Algèbre (filles) I — Le périmètre d’un rectangle est de 96 pieds, si on augmente la base de 5 pieds et si on diminue la hauteur de 3 pieds, la surface est augmentée de 15 pieds.Trouver les dimensions du rectangle.Réponse: 26.25 pi.; 21.75 pi.II — Trouver une fraction dont le dénominateur surpasse le numérateur de 12 et qui donne 3/4 si Ton ajoute 5 à ses deux termes.Réponse: 31/43 III — Un nombre est composé de deux chiffres dont la somme des valeurs absolues est 9; quand on renverse ces chiffres, on obtient un nombre qui augmenté de 9, est égal à trois fois le premier; quels sont ces deux chiffres ?Réponse: 2 et 7 sont les chiffres; le nombre est 27 Géométrie (garçons) I — Qu’appelez-vous aire d’une figure ?II — Démontrer: L’aire d’un parallélogramme est I égale au produit de sa base par sa dauteur II — Un losange a 5 pieds de côté, sa grane dia- gonale a une, longueur double de celle de la petite.Evaluer en pieds carrés la surface de ce losange.Réponse: Surface = 20 pi.car.Douzième année Langue française Stylistique française Comment on supprime les adverbes servant à marquer le superlatif absolu: Eau très (fort, extrêmement) claire, limpide.Explication ” claire, lumineuse.Prison ” obscure, ténébreuse.Cheval ’ ’ vif, fougueux, fringant.Froid " vif, intense.Lutte vive.acharnée.Climat chaud.torride.Zone froide, Cou glaciale.long, démesure.Mets recherché, Parfum exquis.agréable, suave.Pain agréable, délicieux 1943 PÉDAGOGIE ET MÉTHODOLOGIE 415 Paysage agréable, charmant.Chemin rude, dpre.Style concis, laconique.orné, fleuri.recherché, alambiqué Viande dure, coriace.Coeur bon, excellent.irrité, exaspéré.Offre alléchante, séduisante Prix bas, vil.Éléphant gros, colossal.Caractère hautain, altier.Vie agitée, orageuse.Odeur mauvaise, fétide.Action mauvaise.criminelle.Étude de texte Voltaire à A4, le Marquis d'Argenson.—Lectures littéraires, p.435- I — Quelles sont les différentes parties de cette lettre ?II — Comment l’auteur s’excuse-t-il de son impor- tune sollicitation en faveur de son protégé ?III -— Quel procédé emploie-t-il pour faire connaître les qualités de celui-ci ?IV — Comment cherche-t-il à gagner pour le jeune homme la protection de M.d’Argenson ?V — Le style simple de l’auteur, la scène amusante qu’il raconte sont-ils en rapport avec les qualités d’une lettre de ce genre ?VI — Montrer que Voltaire ne perd pas un seul instant de vue le but qu’il s’était proposé, VII — Relever quelques passages qui rappellent le laisser-aller de la conversation, la délicatesse des sentiments, le naturel dans le style.VIII — Donner trois caractéristiques de l’auteur.Littérature canadienne I — Faire connaître Henri d’Arles, (M.l’abbé Henri Beaudé).II — .Alfred Decelles ?III — Par quel livre délicieux M.Philippe-Aubert de Gaspé s’est-il taillé un franc succès dans nos lettres canadiennes ?Histoire littéraire Voltaire (1694-1778).I — Appréciation du style de Voltaire: comme poète, comme historien, comme romancier.II — Oeuvres de Voltaire (5).III — Donner deux aspects du génie de Voltaire.Langue anglaise The Burial of Sir John Moore Not a drum was heard, not a funeral note, As his corse to the rampart we hurried; Not a soldier discharged his farewell shot O’er the grave where our hero we buried.We buried him darkly at dead of night, The sods with our bayonets turning, By the struggling moonbeam’s misty light And the lanthorn dimly burning.No useless coffin enclosed his breast, Not in sheet nor in shroud we wound him; But he lay like a warrior taking his rest With his martial cloak around him.Few and short were the prayers we said, And we spoke not a word of sorrow; But we steadfastly gazed on the face that was dead.And we bitterly thought of the morrow.We thought, as we hollowed his narrow bed And smoothed down his lonely pillow, That the foe and the stranger would tread o’er And we far away on the billow ! (his head, Lightly they’ll talk of the spirit that’s gone, And o’er his cold ashes upbraid him — But little he’ll reck, if they let him sleep on In the grave where a Briton has laid him ! But half of our heavy task was done.When the clock struck the hour for retiring; And we heard the distant and random gun That the foe was sullenly firing.Slowly and sadly we laid him down, From the field of his fame fresh and gory; We carved not a line, and we raised not a stone.But we lelt him alone with his glory.Charles Wolfe.Charles Wolfe (b.1791, Kildare, Ireland') — d.1823, Queenstown) was educated at Trinity College, Dublin.This famous poem was published in the Newry Telegraph, 1817- Various claimants to its authorship have arisen, but Wolfe’s right to the honnor seems established.After the capture of Madrid by Napoleon, Sir John Moore retreated before Soult and New to Corunna, and was killed whilst covering the embarkation of his troops, January 1809.I — Literature: a) Tell the kind of composition to which this selection belong.b) Say someting of its author.c) Explain: By the struggling moonbeam s misty light; From the field of his fame fresh and gory.d) Give the meaning of: random, shroud, upbraid.II — Grammar: a) Pick out the irregular verbs in the five first stanzas and give their principal parts.I b) For what words do the following stand: They’ll, that's, o'er ? 416 L’ENSEIGNEMENT PKI MAIRE •Janvier c) Analysize the first paragraph.a) Parse: moonbeam's, around, lonely and down (5th stanza) III — Version: Translate in French the above 'poem IV — Theme: L'étude des langues étrangères.— Autrefois un homme pouvait se contenter de bien connaître sa langue maternelle.Les relations entre les pays étaient moins fréquentes et les voyages étaient rares, parce qu'ils étaient coûteux.Aujourd’hui les chemins de fer ont établi des moyens de communication faciles et rapides, et il n’est presque personne qui ne soit en état de parcourir au moins une partie du monde civilisé.Mais, pour bien profiter d’un voyage, il est utile de connaître la langue du pays que l’on veut visiter.Aussi l’étude des langues étrangères est-elle devenue le complément indispensable d’une bonne éducation.Mais étudier une langue, cela ne veut pas dire seulement apprendre par cœur quelque phrases d’un vocabulaire, comme par exemple: Quelle heure est-il ?Quel temps fait-il ?Je suis Français; êtes-vous Anglais ?Il faut être à même de lire couramment un journal, un livre, et, pour tout dire en un mot, se rendre compte du génie de la langue.On dit qu’un homme qui sait deux langues vaut deux hommes: mais c’est à condition qu’il sache exprimer ses idées aussi facilement dans l’une que dans l’autre.VI — Composition: a) Motives to Study.ÿ) Prove that religion tends to make one cheerful.c) Dialogue between a Cent and Gold Dollar.V — Vocabulary: a) Form words by adding a prefix or a suffix to the following: note, war, use, spirit, glory.b') Give synonyms of: hurry, grave, enclose, cloak.—$37.20 = $1,240.c) % int.=cap.int.temps $1,240.$37.20 8 ms $100.x 12 ms $37.20X$100.X12 ms $1,240.X8 ms = $4 1/2 = 4 1/2% II—Je désire employer $48,763 61 à l’achat de fonds sur Londres.Le change anglais est coté à New-York $4.84, et ce dernier, à 1/2% de prime à Montréal.Combien de 1943 PÉDAGOGIE ET MÉTHODOLOGIE 417 III — louis puis-jc acheter, si mon courtier me demande 1/4% de commission ?Solution: ÀN.-Y.=$4.84 A Montréal $4.84X$1.00 1/2 =$4.8642 Avec corn.= $4.8642X$1.00 1/4=$4.876361 N.louis $48,763-61 4.876361 10,000.À quel taux mon argent est-il capitalisé quand j’achète, au cours de 106 1/2, des bons 6% du gouvernement canadien, échéant dans 10 ans ?(On tiendra compte de la prime de remboursement.) Solution: % int $6.—$0.65 $1.06 1/2—0.03 1/4 $5-35 1.0325 = $5.18 = 5.18% Algèbre I — Une annuité de $1,400.est versée en deux fois, de 6 mois en 6 mois, et les intérêts se capitalisent au bout de chaque semestre.Quelle somme recevra-t-on après 7 ans, le taux de l’intérêt étant de 5% ?Réponse: $11,842.43.II — Quelle annuité faudrait-il verser chaque année, pour toucher $3,353.98 après 8 ans, le taux de l’intérêt étant de 4% ?Réponse: $350.III — Pendant combien d’années consécutives faut-il placer une somme de $850., à 4%, et à intérêts composés, pour former un capital de $16,170.05 ?Réponse: 14 ans.Géométrie pratique I — Combien faudrait-il de pieds carrés de feuilles de zinc pour couvrir un toit conique de 8 verges de hauteur et de 15 de diamètre ?Réponse: 2,326 ver.car.II — Une cheminée ayant la forme d’un tronc de cône a 22 verges de hauteur; les rayons des bases ont 0.45 et 1.2 vg.; on demande quelle est la surface extérieure de la maçonnerie.Réponse: 114.11 ver.car.III — Une pyramide à base carrée, a pour faces latérales des triangles équilatéraux dont le côté mesure 20 verges.Quel est son volume ?Réponse: 1,885 lj2 ver.eu.Algèbre I — Que deviendront $12,000.placées à 6% pendant 30 ans, si les intérêts composés se capitalisent tous les 6 mois ?Réponse: $70,699.236 II — Quel est le capital qui placé à intérêts composés à 5%, deviendrait $26,300.au bout de 12 ans ?Réponse: $14,644.82 III —Je dois $4,000.payables dans 5 ans; si je veux payer comptant, combien dois-je remettre aujourd’hui à mon créancier, en tenant compte de l’intérêt composé à 5% par an î Réponse: $3,134.10 DROITURE Le jeune homme droit se donne pour ce qu’il est : être et non paraître, telle est sa devise.Il ne prend pas de poses artistement combinées ; la vérité est tout son art.Sa conduite est d’une merveilleuse limpidité.Ses amitiés ne connaissent pas les ruelles borgnes, elles vivent au grand soleil.Ses sympathies viennent en ligne droite du coeur ; ses antipathies sont loyales.Sa démarche et ses gestes respirent, eux aussi, la vérité ; ils sont assurés et naturels.L’homme droit n’a qu’une parole. 418 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Janvier English Section Intelligence tests, their advantages and limitations.by Brother F.VINCENT, F.S.C, Reference list of test suitable for various classes 1.Individual Test: Binet-Simon.2.Group Language Tests: PressySenior, Army Alpha, Otis Self-Administering Test.3.Individual Non-Language Tests: Por-teus Maze, Kohs Block, Healey Pictorial Completion Test, Arthur Point Scale of Performance.4.Group Non-Language Test: Army Beta.5.Tests for Babies: Kuhlmann, Murill-Palmer, GeselVs Developmental Schedule.6.Special Aptitudes Tests: a) Music: Kxvalwasser Seashore Test; b) Art: Meier Seashore Test; c) Mechanical: Stenguist.7.Personality Tests: Berhrenter Personality Inventory, Newmann-Kohlstedt, Clark Revision of the Thurston Personality Test.8.Environment Test, Special Adequacy Measuring Test by M.J.McCormick.9.Specific Disability Tests: (Reading, Writing, Spelling and Arithmetic).Gates.10.Educational Tests: Stanford Achievement, Otis Classification Test.11.Emergency Test: Kent E.G.Y.Test.12.Association Test: Kent-Rosenoff Association Test.As teachers, we are all conversant with tests as a measure of school achievement.There is another form of test, however, which has assumed a growing importance in some quarters, and this is the Intelligence Test.Such a test is designed to discover in advance the skills and aptitudes of the child, and thus help to decide his fitness for given grades of school work.Their function is to foretell the chances of success of the child before he tackles the subject, rather than to measure his success after he has studied the subject., Interest in this prognostic type of test first awakened in Paris, France, at the turn of the present century.Alfred Binet was appointed by the authorities to investigate 1943 PÉDAGOGIE ET MÉTHODOLOGIE 419 the causes of the vexing pupil-problems in the city schools.His careful study of the question in collaboration with Thomas Simon produced the first lest scale in 1905.As now constructed, the Intelligence Test consisted of thirty tasks for the selection of sub-normals.The original scale was revised several times and finally, in 1916, Lewis M.Terman published the “Stanford Revision of the Binet-Simon Test” which became and has remained the most universally-accepted test of its kind.The final work contained ninety items, graded carefully to suit the various ages of children.It was accompanied by Terman’s guide, a list of materials needed to administer the test, a manual giving the precise instructions as to how the test was to be given, recording forms, etc.The first examiners emphasized the importance of giving the child an opportunity of passing as many items as possible, of placing the child at his complete ease and of using every possible means of breaking down barriers which the shyness or nervousness of the child might erect.The Mental Test gives, in its final reckoning, the Mental Age (M.A.) of the child.When this is placed over the child’s Chronological Age (C.A.) and multiplied by 100 the Intelligence Quotent (I.Q.) is arrived at.The practical value of the Intelligence Test for the teacher lies in the relationship between I.Q.and school achievement.In general the following conclusions have been established over a wide range of cases.Those whose I.Q.is below 50 will never reach a Mental Age above 7 or 8 years and will most probably never master Grade One work.Those rangeing from 60 to 65 may reach Grades Four or Five depending on their size.Children whose I.Q.is in the 70’s will probably never get beyond Grades Five or Six while those in the 80’s may reach Grades Seven and Eight with special help.As to children in the normal span, 90-110, those at the lower end of the list will have trouble in High School while those in the upper part form the bulk of High School graduates.An I.Q.from 110-115 indicates a slightly superior mind yet it does not necessarily preclude some difficulty with College work.Opportunity and effort are the only restrictions on the candidates whose I.Q.is above 115.What is to be said in favour of the intelligence Test ?Those who have used them have found that they do give a fairly tru picture of the child’s general ability.The reactions and attitudes which the tests provoke represent rather faithfully the child’s responses in actual life situations.Given the ideal conditions surrounding the giving of the test, the child will reproduce his normal behaviour tendencies.In this way, a fair prognosis of his abilities and aptitudes can be obtained.The tests enable those interested in the child to compare his performance with that of the normal child of his own grade.These norms have not been placed before the public before being very carefully worked out over thousands of subjects.While the examiner is actually administering the test, he has a splendid chance to study the behaviour and attitude of the child toward the task in hand.The skilful teacher will observe these responses without letting his subject become aware that he is under any special scrutiny.Unless this is done the observations will be practically useless, but granting this condition present, much light will be thrown on the conduct of the child and probably a solution to his waywardness.Finally, with the variety of tests now at his disposal, the teacher can get a well-rounded picture of the child’s ability and his special aptitudes.This knowledge is useful in getting the pupil in the line of activity which most appeals to him, and the one in which he is diost likely to succeed.It ivill help the teacher to decide what type of assignment will interest the child and the best kind of class or extra-curricular activity to give him.The Intelligence Test has its definite limitations.First of all, they give but an approximate measure of the child’s ability at a particular time, under particular circumstances and in terms of comparison with other pupils.As usuall administered the test measures just one thing.It is only by giving the 420 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Janvier child a series of elaborate tests in various fields that a true picture of the child is obtained.Finally, scores of subjective factors enter into the giving of the test.These tend to lower the child’s score.The manner and attitude of the examiner may be harsh and unsympathetic, thus tending to frighten the child.Disturbing elements in the physical and mental condition of the subject may prevent his putting forth his best effort.The child may have language difficulties to overcome.His character traits, such as impulsiveness, over-confidence, lack of forethought and the like may be mental hazards to his normal effort and thus contribute to failure.Care of the changing voice by Brother S.ANDREW, F.S.C.Training the Adolescent Voice: When a boy’s voice changes, the upper notes disappear or become difficult, but the lower notes, in most cases, remain.These remaining notes retain the quality we find in those who have been taught to carry down the medium register.This portion forms the vocal link between the boy and the man.In training the adolescent to sing we must teach the boy to use the notes which remain of this medium register, and sing a descending scale.The lower notes will develop into a round and rich chest tone.What has happened is that the medium resonance has blended with the chest resonance.The tone is pure, and therefore the voices will blend when singing part-songs.Precaution must be taken not to start the boy at any easy pitch in his newly found voice, as a reedy chest tone is then obtained and with a small vocal compass.If cards taken of all voices before the changing period begins, then everything will be made very much easier.The first step in training the adolescent’s voice is to test it individually.There are several methods of doing this but a simple one is to let the boy sing a folk-song or the national anthem.Play it in different keys until you find one that is suitable.Note the easy compass of voice and classify it accordingly.Alternately a scale can be used, sung to the vowels, “oo”, “oh”, “ah”, in various keys.Testing voices requires much tact and encouragement. 1943 PÉDAGOGIE ET MÉTHODOLOGIE 421 A boy must be made feel at ease and must never be discouraged by being told he cannot sing.He may be very musical, but unable to sing through some defect in muscular control over the voice.In classifying adult voices we judge mainly by the tone quality in the different parts of the voice.In adolescent voices we must be guided chiefly by what compass the boy finds easy, but light and full tone should be taken into account.For classification use the following: Second Soprano, C to E flat; Alto, G to B flat; Tenor, D to F; Baritone, B flat to D (Bass Clef); Bass, G to Bflat (Bass Clef).These compasses show approximately where the best notes are found at different periods of change.In songs, an occasional note, a semitone above or below the notes given will do no harm.The bovs are thus classified into Alto, Tenor, Baritone and Bass, so that when singing part-singing each boy is allotted the part that suits his present compass.It must not be thought that they are in fact altos, tenors, baritones or basses, as that obviously cannot be decided until the voice is quite settled.These names of voices may be used purely for the sake of convenience.As the work of training the adolescent’s voice will extend over four or five years, depending on how long he remains in the school, let us divide the pupils of each grade into four sections A, B, C, D, as follows: “First Year Adolescents” : A: Voicl~ showing signs of change, notes above E fies becoming difficult.Classify Second Soa prano.B: Voices having difficulty with notes above B flat.Classify Alto.C: Faulty intonation.D: Any boy not classified under A, B or C.“Second Year” : A: 2nd Soprano from 1st year, changing to Alto.B: Altos from 1st year changing to Tenor.C: Faulty intonation.D: Any boy not classified under A, B or C.“Third Year”: A: The Altos from 2nd year changing to Tenor.B: Some Tenors from 2nd year changing to Baritone.C: Some Tenors from 2nd year changing to Bass.D: Any boys not classified under A, B or C.« “Fourth Year”: A: Tenors; B: Baritones; C: Bass; D: Any boy not classified under A, B or C.“Fifth Year”: Same as Fourth Year.The above scheme evolved from the gradual fall in pitch of the voice, represents five years’ work.It must not be assumed that every boy marked tenor or baritone will lo wer in pitch.Some naturally remain tenor or baritone.The pitch of some may fall and then rise again.By keeping to the above plan year after year the teacher will always have a continual supply of voices for part-singing.Always make a point of testing each boy at the beginning of every quarter, and classify accordingly.Each boy is told that if at any time he has any difficulty with his voice he must report it at once, so that he may again be tested and placed in the section which suits his vocal range.Sections C and D improve by being allowed, occasionally, to listen to sections A and B.In the fourth and fifth years the light baritones can be used for the second tenor part infour-part songs, if there is a shortage of voices for that part.In regard to songs suitable for each year, unison songs should be used in all years, but care must be taken that the tune be such that it can be transposed into a key to suit all voices.Rounds and canons are always interesting and teach the boy to maintain his part independently.Two-part songs or melodies with descants may be used in the first, second and third years.In the third year three-part songs for Tenor, Baritone and Bass can be used.In thefourth and fif th years four-part songs can be learned with good effect.Correct breathing and perfect control over the breath are of vital importance.Breathing for singing differs from ordinary breathing in one main point, namely, that In singing the breath is emitted slowly.Only two essential points need be mentioned: (1) Stand straight, but comfortably. 422 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Janvier and keep the chest up.This permits breath to be taken easily, and with the minimum of movement.(2) When takingbreathuse thediaphragm, that is the soft place which lies just below the breast-bone and between the lower ribs.Control over breath can be best acquired through singing.Gradually extend the number of phrases of a simple hymn tune to be sung in one breath.This is for practice only.Have the class inhale while you count eight slowly, then have them exhale while you count eight again.When this has been mastered, instead of the exhalation of breath, a tone previously given by the teacher, may be sustained for the required length of time.Control over volume may be practised in the same manner.Breath is ordinarily taken through the nose, but there are times when quick breaths must be taken through the mouth.Elaborate vocal exercises are not required.All that is necessary at this stage are a few simple exercises, short and rhythmical, sung easily.The main object is to promote the use of the correct resonance chambers, so that voice production in singing and speaking becomes an effortless act.Do not spend too much time on the exercises at one lesson; a few minutes is enough.Always begin with section A of the class, followed by section B, and the other in turn.In general, vocal exercises are based on the use of the vowels.In the proper key and with suffixes like “m”, “n”, “l”, “t” or “p”, they are used in descending scale or arpeggio fashion.The purpose of some of these exercises is to develop nasal resonance {not nasal tone).Nasal resonance is always present in a good voice.It is vital, if easy production is desired.When the simple exercises on ‘‘moq?’ and “loo” have been mastered, begin again with “moo” and glide into the vowel “oh”.Make it clear that the mouth is opened by merely dropping the lower jaw.Space does not permit the detailed enumeration of exercises that might be given here, but the general rule to follow is simple exercises on the descending scale, within easy compass.Aim for beauty of tone, and an easy delivery.If there are any signs of effort in producing the upper notes, the correct resonance is not being used.Special care is necessary to ensure that the initial and final consonants of every phrase are clearly enunciated.As has been gathered already, the training of the adolescent voice is a painstaking job.Enthusiasm, patience and perseverance on the part of the teacher are absolutely essential. ireeliOes (( Pour -produire une action, il n est pas nécessaire de dire laborieusement des choses nouvelles, il suffit de répéter avec constance de vieilles et bonnes vérités.)) L.Windhorst. 424 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Janvier SYNTHÈSE DES RÉPONSES à la première question de l'enquête: Bureau de Monsieur Victor DORÉ surintendant de l'Instruction publique “ Quel est l'objet de l’enseignement primaire à ses divers degrés ?” Il semble peut-être inutile, superflu, que la direction de l’enseignement enquête, même auprès de personnes expérimentées et d’éducateurs de carrière, sur l’objet de l’école primaire à ses divers degrés.Nous le savons tous: chacun peut émettre au pied levé une définition excellente, ou bonne ou convenable, de l’école; et nous n’ignorons pas non plus que, sur une definition comme sur un axiome, il est d’usage de se mettre l’esprit au repos plutôt qu’à la recherche d’idées neuves.Cependant, les réponses nombreuses, dont plusieurs sont fort élaborées et quelques-unes très lumineuses, qu’on a eu la bonté de faire sur la raison d’être de l’école nous ont apporté, en plus de l’accord fondamental que nous cherchions avant de mettre à l’étude les projets de réformes disparates que l’on propose, la grande joie de constater comme de vrais éducateurs ou des personnes cultivées peuvent découvrir de richesses sous une simple petite définition.Cela, c’est pour l’enquêteur un gain additionnel et tout à fait gratuit: sa reconnaissance en est d’autant plus chaleureuse.S’il faut en croire la renommée, à l’étranger et dans le Québec, l’école de chez nous serait malade.Pour guérir le mal, il faut le connaître, le définir.Et, avant d’entamer sans complaisance cette étude clinique et l’examen des panacées que l’on suggère, nous avons tenu, préambule indispensable aux améliorations, à nous assurer une solide base de départ et à prévenir toute équivoque.Nous avons d’abord formulé une question générale parce que, à notre avis, elle s’imposait avant toute autre, en vue des mesures plus ou moins pédagogiques que l’on réclame et qu’il importe d’accueillir ou de rejeter dans la mesure où elles se conforment ou dérogent à l’objet de l’école primaire; en vue aussi d’autres enquêtes, celles-là plus limitées ou particulières, que l’on projette sur les méthodes et les moyens par lesquels l’école pourrait accomplir mieux, ou plus efficacement, sa raison d’être.Ciette raison d’être de l’école, quelle est-elle?Les réponses que nous avons reçues font à ce sujet l’unisson.Explicitement ou implicitement, elles proclament toutes que l’école doit mettre l’enfant en mesure de donner à ses aptitudes un rendement plus dru et de meilleure qualité, durant toute sa vie. 1943 RENSEIGNEMENTS ET DIRECTIVES 425 JPuis Punisson fait place au contrepoint, où la note dominante varie selon que la valeur humaine est pour l’un surtout religieuses, pour l’autre surtout nationale, pour celui-ci plutôt personnelle, pour celui-là plutôt sociale.Mais cet accent tonal n’étant pas trop poussé, on a l’impression qu’il exprime encore la même pensée fondamentale plutôt que des tendances diverses.La véritable polyphonie—ces termes de la musique surgissent évidemment de l’harmonieux esprit de collaboration qui caractérise chaque réponse—la véritable polyphonie commence à propos du rôle de la volonté et de celui de l’intelligence chez la personne humaine, de la préséance dans le programme scolaire que les uns veulent donner à la formation du caractère au détriment de la culture des facultés intellectuelles.L’école primaire de la province de Québec doit-elle avoir pour seule 6n la formation du caractère ?De nombreuses réponses le laissent entendre, ou le disent de façon catégorique.Mais entendons-nous d’abord sur les mots.La formation du caractère, c’est la création d’habitudes ou d’automatismes physiques, intellectuels, moraux et religieux.De sorte qu’on ne parle en vérité que de la formation du caractère lorsqu’on dit (dans le rapport des Sœurs de la Congrégation de Notre-Dame, de Montréal) que la raison de l’école est tout simplement de fournir l’enfant de “bonnes habitudes physiques, intellectuelles, morales et religieuses.” On ne parle derechef que de la formation du caractère lorsqu’on atteste (dans le rapport des Pères Jésuites) que “déterminer quelles habitudes générales et spéciales il faut former chez l’enfant, c’est définir les buts généraux de notre système d’enseignement”.On ne parle encore que de la formation du caractère quand on demande (dans le rapport des Frères des Écoles Chrétienne, de Québec) “que l’instruction s’arrête aux principes” et n’accapare plus le temps à consacrer, pendant au moins une ou deux générations, à la formation d’états d’esprit.On ne parle toujours que de la formation du caractère lorsque l’on argue (dans le rapport du Comité permanent des Maisons d’enseignement affiliées à l’Université de Montréal) que le savoir meurt, que les habitudes ne meurent pas et que, en conséquence, “l’objet de l’enseignement primaire doit être moins de communiquer des connaissances que de créer des habitudes physiques, morales et intellectuelles”.On ne parle enfin que de la formation du caractère lorsqu’on affirme (dans le rapport de l’École normale des Sœurs de Saint-Joseph, de Saint-Hyacinthe) que l’homme vaut, non par les lumières de son intelligence, mais par l’énergie, la force de son caractère et que, ce qui importe, c’est de “rendre les enfants capables de se conduire eux-mêmes par l’acquisition d’habitudes et de convictions”.Il se peut que l’expression exagère ici la pensee et donne 1 apparence de 1 attitude tranchée et fixe à ce qui n’est que réflexe superficiel et passager.Il est vraisemblable aussi que notre résumé donne trop de relief à ce qu’on pensait qui n’en aurait pas ou point.Nous serions en tout cas bien plus enclins à une interprétation élastique si la théorie de l’automatisme scolaire ne s’appuyait tant chez nous, dans la pratique, sur les manuels remarquables surtout pour leur mécanique de questions et réponses, sur les livres de lecture qui etriquent le plus les sujets trop uniformes ou si peu divers de nos recueils de morceaux choisis, sur les procédés d’enseignement qui ne mettent guère à l’œuvre que la mémoire et l’esprit de sacrifice, et qui découragent d’assimiler.Et puis, la personne de caractère étant une fort bonne réussite éducative, nous applaudirions volontiers aux programmes qui mettent cet objet en vue si, en même temps, on prenait les moyens de faire atteindre cet idéal à l’élève au lieu de le forcer à rester puéril, à tourner le dos et a s eloigner.Car 1 expéiience quotidienne nous impose cette évidence: mieux on parvient à agglutiner les aptitudes personnelles en quelques habitudes scolaires, plus on démunit l’adolescence des ressources nécessaires à sa propre gouverne dans les situations si diverses et si changeantes du monde; plus on a de succès par le moyen des “Faites ceci”, “Ne faites pas cela” à faire accepter docilement les automatismes scolaires, plus on désarme l’élève pour la vie réelle.D’ailleurs il est normal que la volonté s’exerce et que le caractère se forme après et à mesure que l’intelligence discerne, comprend, connaît une variété toujours plus grande 426 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Janvier d’aperçus nouveaux.Procéder à l’inverse, ce n’est pas former le caractère, c’est simplement dresser devant l'intelligence et la volonté des écrans, des attitudes qui, même si on les appelle intellectuelles, tendent à empêcher le plus longtemps possible d’examiner, choisir et décider vraiment quoi que ce soit.Il y a plus de vingt siècles qu’on le vérifie: toute éducation devient impossible sans l’instruction en vertu du principe qu’on ne peut vouloir ce qu’on ne connaît pas: Nil volitur quod non cognoscitur.C^ertes, personne ne désire que la formation du caractère se fasse le plus possible à rebours et qu’elle porte davantage à faux.Personne ne veut non plus qu’on ignore ou qu’on néglige dans nos écoles les facultés qui distinguent l’enfant de la bête.Alors, ne conviendrait-il pas plutôt que, dans notre recherche du mieux, dans notre unanime bonne volonté à améliorer l’état de choses existant, nous revenions, et pas seulement en apparence mais en réalité, à la bonne vieille méthode classique qui a fait ses preuves et qui avait pour objet l’instruction d’abord, en vue de l’éducation.c’est-à-dire la croissance des facultés intellectuelles de paix avec la formation physique et morale ;de l’enfant.G est en ce sens, comprenons-nous, que le plus grand nombre de nos éducateurs, d u moins parmi ceux qui ont répondu à l’enquête, veut orienter notre école primaire, notamment les inspecteurs d’écoles, les Clercs de Saint-Viateur, les Frères de Saint-Gabriel, le Comité permanent des Éducateurs de Québec, le Bureau des Commissaires catholiques romains de la ville de Québec, la Commission des Études des Écoles catholiques de Montréal, la direction de l’École des Hautes Études Commerciales, le Vicariat apostolique du Golfe Saint-Laurent.L’exposé de Son Excellence Monseigneur Labrie surtout, si réaliste, si lumineux, disons le mot: si admirable, emporte la conviction que, “ à tous les degrés de l’école primaire, l’intelligence doit rester la faculté maîtresse, essentielle à cultiver, celle sans laquelle l’élève ne peut faire aucune acquisition d’ordre spirituel, tandis qu’avec une intelligence bien exercée, il n’aura jamais fini de s’instruire et de s’éduquer par son travail personnel”.“L’objet de l’école primaire”, dit-il encore, “est d’ouvrir l’intelligence de l’enfant, de mettre en éveil et d’aiguiser ses facultés dont il aura à se servir toute sa vie et sans lesquelles cette vie ne saura jamais donner son rendement.Même l’éducation primaire, la formation morale, doit toujours être donnée par l’intelligence, en s’adressant à l’intelligence de l’enfant, de telle sorte que dès le début de sa carrière il apprenne à agir en homme, par des actes humains”.Son Excellence Monseigneur Labrie souhaite évidemment que l’école contemporaine, celle de sa région, celle de sa province, celle de bien des pays, gaspille moins de temps et de ressources à bourrer le crâne et à fixer des attitudes, et qu’elle s’applique plutôt à cette gymnastique intellectuelle qui permettrait à l’élève “de s’améliorer par lui-même, et de prendre goût à cette amélioration; car l’élève s’intéressera toujours à ce qu’il peut trouver lui-même, et, si on lui en a donné le goût une bonne fois, il le perdra difficilement et plus son travail deviendra personnel, plus il y trouvera de jouissance et de profit.” Xl est plausible que si l’on s'appliquait à faire passer cet esprit, ou cet objet de l’école, dans la pratique de notre enseignement, on rencontrerait moins souvent le phénomène de grandes personnes qui, dix ou quinze ans après leurs études primaires, savent à peine signer leur nom et paraissent connaître encore moins de choses que l’illettré.raison d’être de l’école s’accomplit par un enseignement qui entre ou est compris dans ce qu’on a appelé “l’objet de l’école primaire”.Par quelles matières, par exemple, atteindra-t-on la fin qui est d’améliorer les aptitudes de l’élève ?Tous sont d’accord sur la religion, la langue maternelle et les mathématiques comme matières essentielles.Les uns veulent y ajouter, comme matières fondamentales, l’éducation physique, notre histoire, notre géographie; les autres ont toute une nomenclature de matières complémentaires à garder ou à mettre au programme.Il va de soi que les tenants de la seule formation d’habitudes 1943 RENSEIGNEMENTS ET DIRECTIVES 427 physiques, intellectuelles, morales et religieuses ont besoin de programmes d’une certaine diversité-Si les sujets d études ou moyens de contrôle sont variés, les habitudes seront nombreuses, aggloméreront plus de réflexes, exerceront plus d’emprise sur l’avenir de l’élève.Aussi, quand-ils demandent de réduire quantitativement ’ les programmes relatifs à l’instruction, c’est pour suggérer des agendas plus chargés d éducation physique, civique, sociale, en vue de la “formation de l’homme total”.(Rapport des Frères des Écoles Chrétiennes).Em revanche, les partisans du retour à la méthode classique d’enseignement font valoir de solide, raisons pour l’allègement du programme de l’école élémentaire.“Toutes les matières, catéchismes histoire, géographie, arithmétique, devraient contribuer, dit M.Esdras Minville, à enrichir la langue maternelle; et l’enseignement de la langue, grammaire, analyse, lecture, dictées, compositions, devraient initier 1 élève à une foule de connaissances usuelles qui n’auraient plus à figurer au programme comme matières distinctes.” Son Excellence Monseigneur Labrie est encore plus explicite.Il nie que les matières du cours élémentaire, déjà trop long, puissent “être acquises utilement en sept années”, mais il croit “qu’en moins de temps on peut rendre l’enfant plus apte à l’intelligence des choses, lui apprendre le travail personnel, lui faire mériter un certificat d’études dont la valeur, pour l’entrée dans le monde, pour le collège classique, pour les écoles complémentaires, commerciales, d’agriculture, d’arts et métiers, dépasserait celle du certificat actuel de septième anrlée”.Il suggère que l’on insiste sur trois matières seulement, la langue maternelle, la religion, les mathématiques; que l’histoire et la géographie soient réduites à des “notions élémentaires, mais attrayantes, offrant un charme qui en rendrait l’acquisition agréable et plus fructueuse que sous la forme actuelle”; et que le reste n’entre pas dans le programme de l’école primaire élémentaire, mais “soit fourni à l’élève par concomitance, au moyen de manuels refondus avec cette idée bien en vue”.Les Clercs de Saint-Viateur expriment les mêmes jugements que Son Excellence Monseigneur Labrie et M.Esdras Minville, quant à la nécessité de simplifier les programmes et à l’urgence de réduire la durée du cours élémentaire; et les Frères des Écoles chrétiennes ainsi que le Comité permanent des Éducateurs de Québec et le Bureau des Commissaires catholiques romains de la ville de Québec, par une nouvelle division du programme d’études, semblent les rejoindre.Nous avons, paraît-il, après les sept années plutôt surchargées des éléments, des classes creuses, celles du cours dit complémentaire ou d’orientation.L’objet de ce cours: diversifier les connaissances de l’enfant et lui permettre de s’orienter selon ses aptitudes, serait, de l’avis presque général, un leurre dans le cours complémentaire tel qu’il existe.Ce complément et cette orientation consisteraient surtout à répéter, repasser, revoir le déjà vu, à se demander si l’on ne pourrait pas tuer mieux le temps ailleurs, et à faire déserter l’école, constatent les Sœurs de la Congrégation de Notre-Dame, de Montréal, par quatre élèves sur cinq inscrits.Aussi, même ceux qui tiennent au cours complémentaire demandent qu’on en modifie le programme ou les matières d’enseignement.D’autres, les Clercs de Saint-Viateur, les Frères de Saint-Gabriel, la Direction des Études des Écoles catholiques de Montréal, suggèrent que l’on fusionne une année, ou les deux années de ce cours avec le degré primaire supérieur.Un troisième groupe en demande la suppression et l’entrée immédiate de l’élève aux écoles artisanales et agricoles, aux collèges commerciaux, scientifiques, classiques, même si ces institutions doivent créer un stage préparatoire.Enfin, les Frères des Écoles Chrétiennes, le Comité permanent des Éducateurs de Québec et le Bureau des Commissaires d’écoles catholiques de Québec demandent la création d’un enseignement secondaire public dont le premier degré, de trois ans, correspondrait aux fins de l’actuel cours complémentaire, croyons-nous.Ce dernier projet fait partie d’un plan général de coordination des études et d’humanités dites modernes: il est difficile d’en isoler une phase et d’en donner une idée bien précise.Mais on semble presque unanime à.souhaiter la refonte de l’actuel cours complémentaire dont l’objet serait vain ou trompeur.Les attitudes qui se sont esquissées à propos du stage complémentaire se dessinent nettement au sujet du degré primaire supérieur.L’objet des dixième, onzième et douzième années de nos écoles 428 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Janvier publiques est surtout, à l’heure actuelle, d’accroître la culture générale des élèves qui ont certaines aptitudes aux arts libéraux, ou mi-libéraux mi-techniques, de la finance, du commerce, de l’industrie, du service civil.Or cet objet ne serait réel, ou ne signifierait quelque chose, que dans les écoles de jeunes filles, et c’est sans doute pourquoi l’enseignement féminin semble satisfait du cours actuel et en demande le maintien.D’autres, les Clercs de Saint-Viateur, les Frères de Saint-Gabriel, semblent opiner que l’école primaire supérieure ne mène à rien si elle ne conforme ses cadres, ses programmes et la valeur de ses diplômes à ceux de la plupart des High Schools de l’Amérique du Nord.La Commission des Écoles catholiques de Montréal, par sa suggestion de l’école primaire à deux degrés, semble adopter la même attitude ou la même formule sans le dire explicitement.Et le Comité permanent des Maisons d’enseignement secondaires affiliées à l’Université de Montréal trouve avantageux que ce cours soit de quatre années “à cause du but à poursuivre et pour l’assimiler extérieurement à l’organisation des High Schools”.D’autres encore, les Pères Jésuites, qui estiment que l’objet de ce cours primaire supérieur est “une chimère”, et M.Esdras Minville, qui n’en voit pas l’utilité pour la jeunesse masculine déjà dirigée vers d’autres écoles dès avant le degré dit complémentaire, suggèrent la suppression pure et simple de notre enseignement primaire supérieur.Les tenants des humanités dites modernes ou d’un enseignement secondaire public, notamment les Frères des Écoles Chrétiennes, le Comité permanent des Éduéateurs de Québec et le Bureau des Commissaires d’écoles catholiques de Québec, croient que l’école primaire supérieure ne peut guère atteindre sa fin si elle ne mène ceux qui ont des aptitudes aux arts libéraux jusqu’aux facultés universitaires; ils ont élaboré tout un plan de coordination des études, primaires et secondaires, générales et professionnelles, et ils demandent la création d’une université nationale qui en maintiendrait la cohésion et décernerait les certificats d’études, immatriculations, baccalauréats, icences.(blette diversité d’opinions touchant la raison d’être même de l’enseignement primaire aux degrés complémentaires et supérieurs nous dispense, croyons-nous, de rapporter quelles matières, générales et particulières, feraient l’objet de ces cours ou de ceux qu’on entend leur substituer, et à quelles carrières ou études subséquentes ces cours prépareraient les élèves.Sauf les matières essentielles qui restent à l’agenda comme au cours élémentaire, et sauf la langue anglaise qui devient pour tous matière d’importance à ces phases de l’enseignement, les sujets de connaissance à mettre aux programmes varient selon la formule de chacun au point qu’il serait vain d’en tenter le résumé.Notons seulement que personne, à aucun degré de l’école primaire, ne semble penser à l’étude comparée des langues pour mieux faire connaître la langue maternelle, pour mieux faire penser en français, pour mieux faire parler et écrire en français, ou pour clarifier l’esprit, l’assouplir et l’habituer à la précision.Ici se termine donc le résumé des réponses qu’on a eu la bienveillance de nous faire parvenir touchant l’objet de l’école primaire à ses divers degrés.Il s’en faut de beaucoup que notre synthèse donne une idée même approximative des études qui nous ont.été soumises, et que nous ayons la fantaisie d’ignorer les suggestions qu’on a eu la bonté de nous faire sous le prétexte qu’elles outrepassent les limites que nous avions fixées.Nous rendrons compte des améliorations que l’on propose dans les rapports à venir sur l’organisation pédagogique et sur l’organisation administrative de notre enseignement.Qh suivre) # N.B.— Le terme “Comité permanent des Educateurs, Québec” employé au cours de l’article qui précède désigne tous les signataires du rapport rédigé en collaboration à la demande des membres du dit Comité. 1943 RENSEIGNEMENTS ET DIRECTIVES 429 EXAMENS DES CANDIDATS INSPECTEURS D'ÉCOLES Lors de la dernière session du Bureau d’Examinateurs des aspirants inspecteurs d’écoles, il a été décidé qu’à l’avenir et jusqu’à décision contraire le programme de littérature sera le suivant: PROGRAMME DE LITTÉRATURE Les candidats pourront utiliser (( La Littérature française au brevet de capacité )) de Desgranges et Charrier (Librairie Hattier) pour l’histoire de la littérature française, et la «Littérature canadienne)) de Mgr Roy pour notre littérature.Ils trouveront les morceaux au programme de l’analyse littéraire dans les « Lectures littéraires )) (F.I.C.) et la récitation orale portera sur les cinq premiers de ces morceaux de l’analyse littéraire.Ils feront aussi l’exercice de lecture dans les « Lectures littéraires )).HISTOIRE LITTÉRAIRE Littérature française XVIe siècle: Généralités (p.39).— Ronsard.— Rabelais.— Montaigne.XVIIe siècle: Généralités (pp.66 et 67).— Malherbe.— Corneille.— Racine.—Molière.— LaFontaine.— Boileau.— Pascal.— Bossuet.— LaBruyère.— Mme de Sévigné.— Saint-Simon.— Fénelon.XVIIIe siècle: Généralités (pp.172 et 173).—Montesquieu.—Voltaire.—L’Encyclopédie.— Buffon—Rousseau.— Marivaux.— Beaumarchais.— Chénier.— Mirabeau.XIXe siècle: Généralités (pp.250 et 251).—Chateaubriand—Généralités sur la poésie lyrique (p.264).— Lamartine.— Hugo.— Vigny.— Musset.—Gautier— Baudelaire.— Généralités sur les Parnassiens (p.312).— Leconte de Lisle.—Prudhomme.— Coppée.— Généralités sur les Symbolistes.— Verlaine.— Mallarmé.— Généralités sur le drame romantique (p.373).— Rostand.— Généralités sur la comédie (p.354).—Augier.— Labiche.— De Maistre.— Barrés.— Généralités sur la critique (p.373).—Sainte-Beuve>— Taine.— Renan.— France.— Généralités sur les écrivains scientifiques (p.397).— Pasteur.— Généralités sur l’histoire (p.400).— Thiers.— Michelet.— Lavisse.— Fustel de Coulanges (p.423).— Dumas (père).— Stendhal.— Balzac.— Flaubert.— Daudet.— Zola.— Sand.— Bourget.— Bazin.N .B.—Étudier aussi dans Calvet les généralités sur les époques et les écoles littéraires.Littérature canadienne {Mgr Roy) lere période: Généralités.—Bibaud.—Garneau.—Chauveau.2e période: Généralités.—Ferland.— Gérin-Lajoie.— Casgrain.— Turcotte.— Suite.— Crémazie.— Fréchette.— LeMay.— Chapman.— DeGaspé.— Buies.— Tardivel.— Rou thier. 430 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Janvier 3e période: Généralités.— Nelligan.— Lozeau.— Choquette.— Chapais.— DeCelles.— Groulx.— Mgr Pâquet.— Bourassa.— Rivard.— Roy.— d’Arles.— Marie-Victorin.ANALYSE LITTÉRAIRE XVII* siècle: Bourdaloue.— La médisance (p.639).LaFontaine.—Le loup et le chien (p.126).XVIII* siècle: Saint-Simon.— Fénelon (p.361).Rousseau.— Le lever du soleil (p.290).XIX* siècle: Châteaubriand.— Les rogations (p.293).Mérimée.— L’enlèvement de la redoute (p.52).Hugo.— Sur une tombe (p.485).Gautier.— La première neige (p.264).Veuillot.—Mon portrait (p.364).Rivard.— La chasse à l’écureuil (p.113).RAPPORT DU CONCOURS organisé par le Département de l’Instruction Publique dans le but de favoriser une littérature enfantine canadienne.L'heure de proclamer les gagnants du concours a sonné.Toutefois, auparavant nous vous donnerons certaines précisions.A notre agréable surprise, nous avons reçu cent quarante-trois contes de Noël.Collaboration qui a dépassé de beaucoup notre attente ! N'est-ce pas que cet effort, vraiment louable, déployé par un aussi grand nombre de concurrents est le plus sûr indice de nos réussites futures relativement à une littérature enfantine canadienne?Tous ne peuvent être du nombre des lauréats, c'est évident.Aux heureux gagnants nous adressons nos sincères félicitations.Cependant, à tous, nous nous devons d'exprimer nos remer- ciements et nos voeux afin qu'ils puissent poursuivre leur oeuvre.Plusieurs d'entre eux ont un mérite très réel, mérite qu'il nous fait plaisir de souligner.Si, chez les uns, le succès aiguillonne l'esprit inventif, chez les autres, il ne doit pas être paralysé par ce seul fait qu'une mention ne leur a pas été dévolue.Il faut produire.Ce sont ces essais répétés qui permettront d'atteindre à cette correction, à cette subtilité du style que nous retrouvons dans nombres de pages de littérature française dont nos intelligences aiment toujours à se nourrir 1943 RENSEIGNEMENTS ET DIRECTIVES 431 Mais votre curiosité légitime interroge ! Nous laissons donc la parole aux membres du jury dont voici les noms: Monsieur Victor Doré, surintendant de l'Instruction publique, président du jury; Mademoiselle Annette Doré, bibliothécaire en chef du Conservatoire de Musique, Montréal; Monsieur Maurice Hébert, directeur de l'Office du Tourisme dans la Province; Monsieur Gérard Morisset, directeur de l'Enseignement du Dessin dans la Province; Monsieur Jean-Marie Laurence, professeur à l'École normale Jacques-Cartier.Après une étude individuelle puis collective des ouvrages reçus, voici le verdict prononcé par ce comité aussi érudit que consciencieux: 1er prix: Imagerie: par Mlle Cécile Chabot, 78, rue Saint-Louis, Appt 3, Québec.1er prix: La vengeance des hommes de bonne volonté: par M.Claude-Bernard Aubry, 11750, rue Pigeon, Montréal-Nord.2e prix: La cachette: par Mme Taschereau-Fortier, 20 Laurier, Appt.2, Québec.3e prix: Le Rocher Percé: par M.Louis-Philippe Côté, 50, rue Verret, Loretteville.Méritent une mention spéciale, les ouvrages dont les noms suivent : 1er: La lettre au petit Jésus: par M.Ludovic Ménard, 656, rue Duquesne, Guybourg, Montréal.2e: Le précieux billet: par Frère Joseph-Roland, mariste, 5945, rue Saint-Urbain, Montréal.3e: Le Noël de Jacqueline: par Speur Imelda-des-Anges, Scolas* ticat-École-Normale, boulevard Saint-Sacrement, Sherbrooke.4e prix: A White Christmas: par Mme P.Driscoll, Département de l'Instruction publique, Hôtel du Gouvernement, Québec.5e prix: Les « petits poissons » de Noël: par Mlle Claire Godbout, 907, rue Sainte-Geneviève, Trois-Rivières.6e prix: Petite misère ou L'enfant de la sorcière par Mme Claire Gervais-Roy, 1186 rue du Fleuve, Trois-Rivières: 7e prix: Un conte de Noël ou Vol de L'Enfant-Jésus: par Mlle Marthe-B.Lafrance, 201 Brown, Québec.4e: Le cadeau de Noël: par M.Jean-Maurice Frenette, Case postale 342, Buckingham, P.,Q.5e: Nuit de Noël: par Soeur Saint-Jean du Saint-Sacrement, SS.de la Charité, 5, rue Saint-Olivier, Québec.6e: Pierrot l'avait promis: par Mlle Annette Voyer, 3957, rue Dan-durand, Rosemont, Montréal.7e: Poinsettia: par Soeur Marie-de-la-Paix, Couvent de Saint-Joseph, Saint-Théodore d'Acton, Bagot, (pseudo: Noëlla).« ?« De nouveau, nous remercions tous ceux qui ont assuré le succès de ce concours.Les autorités du Secrétariat provincial et du Département de l'Instruction publique, les concurrents, les membres dévoués du jury.De plus, nous nous réjouissons à la pensée des heures aussi délicieuses qu'éducatrices dont bénéficieront les enfants de la Province à la lecture de ces merveilleuses histoires écrites pour eux.Cécile ROULEAU, secrétaire du Comité. 432 L'ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Janvier Essai d'une bibliographie sur Montréal pat Marie-Claire DAVELUY, professeur de bibliographie historique à l’École de bibliothécaires de l’Université de Montréal, ENSEIGNEMENT (suite) L’Université de Montréal 24.Malijay (Paul de).—La télégraphie sacrée mise en paraboles .Actualité universitaire par A.Fégin [pseud.].Montréal, Imprimeur « Le Franc-Parleur », 1872.11 p., 20 cm.N.B.—« Brochure écrite .à l’occasion de la publication .des télégrammes envoyés à Rome par Mgr Taschereau, re l’Université à Montréal.» (Fauteux, Bibliographie ., 1922.p.13.) 25.Sainte-Foi (L’abbé) [pseud.].—Les quatre lettres.Croquis de topographie universitaire.Montréal, Imprimerie du .' Voyage de l'Université de Montréal à travers le Canada sous la conduite de la Compagnie du Pacifique Canadien.Montréal, la Revue trimestrielle canadienne, 1925.56 p.front, ill., 22.3 cm.N.B.—Tirage à part d’un article paru dans la Revue trimestrielle canadienne, vol.XI, No 43, sept.1925.57.Maurault (Mgr Olivier), R.S.S., P.D., recteur de l’Université de Montréal.—[The University of Montreal}.Toronto, The Royal Architectural Institute of Canada, 1928.[8] p., ill.pi., 33.3 cm.N.B.—Titre pris sur la couverture.Tirage à part d’un article paru dans le Royal Architectural Institute of Canada, January, February 1928.58.Beaugrand - Champagne (Pierre-Paul), comp.—Album-souvenir de l’Université de Montreal.Montréal, impr.chez Thérien Frères.334 est, rue Notre-Dame, 1933.145 p., ill.portr., 30 cm.N.B.—Titre pris sur la couverture. la page 6, on a inséré la traduction française de la Bulle pontificale du 30 octobre 1927 décrétant l’autonomie de l’Université de Montréal, (p.6-8).59.Villeneuve (Cardinal J.-M.-Rodrigue), O.M.I., archevêque de Québec, 1883- .—L'Université, école de haut savoir et de directives sociales.Texte de la conférence de S.Ê.le Cardinal Villeneuve, de l’allocution de S.Exc.Mgr Gauthier, au Cercle universitaire, le 13 janvier 1934.Montréal Le Devoir, 1934.24 p., 18 cm.(Coll.« Le Document ».) N.B.—Etude clairvoyante sur les milieux unis versitaires du Canada français.Nombreuse-allusions à l'Université de Montréal. 1943 RENSEIGNEMENTS ET DIRECTIVES 435 CHRONIQUE du MOIS par Charles BILODEAU Département de l’Instruction publique QUE NOUS RÉSERVE 1943 ?Que nous réserve, dans le domaine de la guerre, l’année qui commence?Bien téméraire serait celui qui oserait se livrer à quelque prophétie, mais tout de même, les faits laissent prévoir quel sera l’aspect général de l’avenir.Nous pouvons être satisfaits de la tournure des événements en 1942.L'année qui vient de se terminer était une année critique pour les Alliés.Leur production industrielle était encore trop faible pour leur permettre de passer à l’offensive.Leurs navires coulaient à un rythme inquiétant.Aussi l’Axe se devait-il de profiter de cette infériorité des Nations-Unies pour donner le coup final à nos armes.C’était sa dernière chance de victoire.Une fois que la puissance alliée aura dépassé la sienne, l’Axe sera acculé à la défaite.On connaît maintenant quels étaient les plans allemands pour 1942: anéantir l’armée russe, se retrancher solidement sur la Volga et ainsi paralyser l’activité économique de l’U.R.R.S., s’emparer des riches puits d’huile du Caucase, et, si possible, de Moscou et de Leningrad.En Afrique, Rommel devait se rendre au canal de Suez, et de là, atteindre les champs pétrolifères du Moyen-Orient, Un moment, au milieu de l’été, on crut que ces^plans audacieux allaient se réaliser.On se rappelle l’avance foudroyante de Rommel en Egypte, la poussée nazie vers Stalingrad et en Caucasie.Mais les plans de l’Axe furent déjoués.L’armée russe recula en bon ordre et conserva ses effectifs.En Caucasie, l’ennemi ne put mettre la main que sur des puits d’hmle de peu d’importance et qui ne pourront être remis en opération avant des mois.A Stalingrad, les Allemands sacrifièrent, à peu près inutilement, 250,000 hommes sans pouvoir s’emparer de la ville.Si l’intuition du Généralissime Hitler l’avait porté à diriger plutôt son effort vers le Sud de la Caucasie, l’ennemi aurait pu remporter là des succès importants.En Afrique, Rommel ne put dépasser El Alamein, et trois mois plus tard, il était chassé définitivement du désert lybien.Puis vient l’offensive victorieuse d’Afrique du Nord.La maîtrise du Nord africain libérera la Méditerrannée et permettra des opérations d’envergure contre l’Europe.Il est possible que le second' front se fasse de ce côté plutôt que dans le nord européen.L’année qui devait voir la défaite de nos armes se termine donc par des victoires éclatantes.Les Alliés ont maintenant passé de la défensive à l’offensive et ils sont bien déterminés à garder l’initiative des mouvements.Est-ce à dire qu’on peut espérer la fin prochaine de la guerre?Un ministre anglais, M.Lyttleton, déclarait récemment que nous pourrions gagner la guerre en 1943.D’autres observateurs prévoient que l’Italie sera forcée d’abandonner la lutte à l’été et prédisent la défaite de l’Allemagne à la fin de 1943 ou au début de 1944.Il faudrait une année 436 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Janvier supplémentaire pour vaincre le Japon.Ce sont là les calculs les plus optimistes.D’autre part, Churchill et Roosevelt nous ont mis en garde contre une confiance exagérée et nous ont prévenus des longues et dures batailles à venir.Par suite de la puissance encore considérable de l’Allemagne, la victoire en Europe est peu probable avant la fin de 1944.Mais si la victoire reste éloignée, elle n’en est pa< moins certaine, et cette assurance doit soutenir nos efforts.Déjà, nous pouvons discerner es principaux facteurs qui nous vaudront la victoire, en particulier, la supériorité en hommes et en matériel.Le sort de la guerre a été définitivement décidé en notre faveur le jour de l’entrée des Etats-Unis dans la mêlée.La puissance de nos voisins fera inévitablement pencher la balance de notre côté.A la fin de 1943, les Américains auront mis sur pied une armée de dix millions d hommes, équipée des armes les plus modernes, de milliers de tanks et in0IîS'i 11 y a quelques mois la Production ennemie était supérieure à la nôtre, mais en 1943, les usines alliées produiront deux fois plus de matériel que celles de l’Axè Le manque de navires fut notre point faible en 1942, mais, pendant la nouvelle année, la construction maritime dépassera considérablement les pertes.Si notre puissance ne cesse d’augmenter, celle de l’ennemi va décroissant.La production allemande, par suite du manque de main-d oeuvre et de certaines matières premières, est à la baisse.Quant aux pertes en hommes, l’Allemagne aurait déjà autant d hommes tués que durant la première grande guerre, soit 1,750,000 hommes.Un jour viendra donc inévitablement où la puissance alliée l’emportera sur celle de l’ennemi qui sera alors forcé de demander grâce.L’année qui commence verra probablement ’ une grande offensive alliée en Europe.Hitler aura à combattre sur deux fronts, situation qu il a toujours voulu éviter.C’est pour cette heure décisive que les Russes ont toujours cherche a conserver leurs troupes.Leur stratégie fut de céder du terrain plutôt que de perdre des hommes, afin de pouvoir lancer une puissante contre-offensive au moment opportun, contre un ennemi affaibli.Les Allemands attaqués sur deux fronts, et peut-être même sur trois, voyant leurs villes ravagées par l’aviation, leurs usines démolies par des bombes de quatre tonnes, réaliseront alors qu’ils luttent pour une cause perdue, et ce sera le commencement de la fin.>v ?,n ne Peu^ 8 attendre cependant a ce que 1 effondrement de l’Allemagne soit aussi rapide qu a 1 autre guerre.Les nazis ont déjà pris des mesures pour faire face à tout mouvement défaitiste, propagande appropriée, troupes spécialement destinées à mater toute rébellion, etc.En 1918, e Président Wilson avait déclaré que l’Allemagne n’avait rien à craindre des Allies; puis la Russie avait déjà signé la paix et était en proie à la révolution commu-mste.Il y avait donc peu de risques à demander une armistice.Aujourd’hui, les Boches ont tellement de crimes à leur crédit qu ils ont raison de craindre la revanche des peuples opprimes; et leur propagande s’efforce de leur faire croire que la défaite amènerait la rume totale du pays.L ennemi ne capitulera donc qu’à la dernière extrémité, et essaiera probablement, par quelque moyen diabolique, une épidémie ou les gaz, par exemple, d entraîner 1 Europe dans sa chute.Quoiqu il en soit, le Canada peut être fier de son magnifique effort de guerre.Notre pays fait amplement sa part pour hâter l’heure de la victoire.Notre production de guerre atteint un niveau que personne n’aurait cru possible il y a deux ans; notre aviation et notre marine participent tous les jours au combat, et notre armée attend le jour où, aux cotes de nos allies, elle pourra donner le coup de grâce à l’aggresseur, qui a fait couler tant de sang et tant de larmes. 1943 RENSEIGNEMENTS ET DIRECTIVES 437 M.Lucien LORTIE, avocat, diplâ mi de l’École de» Bibliothécaire» de l’Unieereitê de Montréal.IL FAUT LIRE , .• Goyer (R.P.Francis) S.S.S.Sois fort.Causeries données à l’heure dominicale de Radio-Canada.Québec, 850 Chemin Ste-Foy, 1941.181 p.19.5 cm.La vertu de force est nécessaire à l’homme pour accomplir son salut mais aussi pour faire sa vie suivant la volonté du Très-Haut et pour réussir sur cette terre.Étudions cette vertu qui fait véritablement un homme, qui lui donne toute sa dignité, étudions, dis-je, cette vertu de force, dans le livre du Révérend Père Goyer: “ Sois fort Après les avoir écoutés à la radio, rélisons, dans le silence de notre cabinet de travail, ces chapitres sur la vertu de force, sur la force, et l’audace et la crainte, sur la magnanimité et les ambitieux, sur la magnificence, la vaine gloire, le martyre, la persévérance, et sur la source de toute force véritable, l’Eucharistie.Nous sortirons de ces chapitres plus forts et mieux préparés pour continuer d’accomplir notre tâche quotidienne.L’auteur nous aura dit pourquoi il faut être fort, comment on peut l’être; il aura fait défiler devant nous des grands exemples de force, des hommes qui ont accompli beaucoup et bien, parce qu’ils ont voulu d’abord être forts dans leur âme et dans leur intelligence.Et l’auteur écrit dans une langue toute de poésie et de charme .Goyer (R.P.Francis) S.S.S.Sois tempérant ., tu seras heureux.(5e mille) Radio-causeries données à l’heure dominicale.Québec, Secrétariat des œuvres eucharistiques, 1940.157 p.19.5 cm.Pourquoi ne pas transcrire ici l’analyse de ce volume qui a parue dans la “ Semaine Reli® gieuse de Québec”.Elle en dit assez pour susciter l’intérêt et pour montrer à l’éducateuT l’avantage qu’il aura à parcourir ces pages.“ ce volume contient dix chapitres: la vertu de tempérance; la bonté et l’honnêteté; l’abstinence; la sobriété, la chasteté et la virginité, la continence; la mansuétude; l’humilité; la tempérance et les divertissements; la passion de savoir et de paraître.« Sur toutes ces questions, l’auteur, en un style brillant et limpide, mais avec une verve parfois cinglante, donne des solutions que l’on ne pourra taxer de rigourisme; mais qui sont d’une doctrine sûre.” Bousquet (R.P.Jean) O.P.Comment éduquer vos enfants.Montréal, L’œuvre de Presse Dominicaine, 1942.160 p.19.5 cm.u L’éducation est un travail trop difficile, une besogne trop délicate, pour qu’on l’aborde «ans y avoir sérieusement pensé: les bons éducateurs ne s’improvisent pas.” Ils trouvent dans ce volume d’un théologien des directives sages touchant surtout le spirituel et aussi des conseils sur la manière d’envisager plusieurs problèmes de l’éducation: la conviction, la rééducation, la confiance, la piété, la surveillance, la volonté et sa formation, le développement de la personnalité.L’auteur résume les principes, et fait une synthèse qui fournira aux éducateurs et aux parents des points de vue intéressants sur l’art de commander, sur la façon de se faire obéir et de punir, sur l’enseignement de l’hygiène, sur la collaboration des parents et des maîtres dan» l’œuvre de l’éducation des enfants.Il y a dans ce volume, beaucoup de sujets qui ne sont pas étudiés en profondeur mais qui forment une gerbe de commentaires utiles et qui remettront en mémoire des notions apprises.C’est une vue d’ensemble du problème de l’éducation.Les instituteurs et institutrices, en ajoutant à cet enseignement des principes sur l’éducation nationale et patriotique des enfants, trouveront dans ce volume, des conseils pratique» et abondants dont ils pourront tirer profit. 438 L'ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Janvier .Code Social.Esquisse d’une synthèse sociale catholique.(Deuxième édition revue et mise au point).Paris, Editions Spes, 1936.106 p.19 cm.Il y a des livres qu’il faut avoir sur sa table de travail et auxquels il est bon de revenir sou-vr Jt, qu’il est nécessaire de consulter et d’étudier constamment.Le Code social, publié par l’Union internationale d’études sociales, fondée à Malines en 1920 sous la présidence du Cardinal Mercier, est un de ces volumes.Il renferme un exposé synthétique de la doctrine catholique en matière sociale et donne les grands principes qui doivent diriger le sociologue dans ses travaux.L’éducateur sera souvent appelé à envisager devant ses élèves des questions sociales, à étudier avec eux des problèmes qui nécessiteront au moins la connaissance des principes généraux de la science sociale.Il les trouvera fort bien résumés dans ce volume.En lisant ce livre, il apprendra les principes qui doivent diriger la vie familiale, la vie civique, la société professionnelle, la vie économique, les associations privées, la vie internationale, la vie surnaturelle.Lisons ce qu’écrit le secrétaire de l’Union internationale, dans la préface de ce livre.Ces lignes nous éclaireront sur la valeur de ce code et sur sa portée, sur son utilité pour l’éducateur.Ces articles, ecrit-il, ne sont pas toujours des réponses complètes aux problèmes complexes qu’ils envisagent.De ces problèmes, à la lumière des principes, ils tranchent quelques difficultés qui ont paru sérieuses et actuelles; pour le reste ils indiquent un sens de marche et une orientation générale.” N’est-ce pas tout ce qu’il faut à l’éducateur qui doit avoir une culture générale capable de répondre aux questions de ses élèves, et suffisante pour intéresser ces derniers, et déjà les préparer à une vie sociale bien vécue ?.„ .Guenette (Rene).La cite nouvelle.JVIontrêal.Editions Berruird Valiquette, 1942.219 p.19.5 cm.Le professeur fait sûrement et assez souvent des lectures à ses élèves.Il leur lit de belles pages susceptibles de les distraire et de les reposer mais aussi capables de les instruires et d’éveiller en eux la fierté nationale.Le livre de M.Guenette, La Cité Nouvelle”, contient des chapitres qu’il ne faut pas manquer de lire ou de faire lire aux enfants.Ces pages d’un éducateur et d’un patriote vibrent des plus belles leçons frapperont certes l’élève et graveront dans son esprit des idées qu’il gardera longtemps, qui lui reviendront dans la pensée et qu’il méditera; ces idées comprises et 44 repensées ” lui formeront une âme de patriote.Aujourd’hui plus que jamais nous avons besoin de patriotes, convaincus et solides, éclairés et renseignés qui ont une idée exacte du problème canadiens-français, et qui l’envisagent sous toutes ses faces.L’esprit français, que nous sommes en train de perdre, l’auteur dit ce qu’il est pour nous, Canadiens-Français, pourquoi il faut le conserver, et comment nous le conserverons.La paroisse est aussi pour nous un rempart.L’auteur expose au professeur, ce qu’il faut enseigner à l’élève pour lui faire comprendre la force du groupement paroissial, le rôle de la paroisse dans la vie nationale.“A la gloire du paysan” il écrit un chapitre qu’il faut lire et relire aux élèves pour leur apprendre à aimer l’homme de la terre.Lisons aussi le chapitre intitulé: 44 Conquérants ” pour bien comprendre que le 44 fait canadien-français est indéniable.” Tous les chapitres sont à lire et à méditer; chacun d’eux peut faire le sujet d’un exposé pratique aux élèves.Faisons lire en classe ceux qui traitent du 44 Temps ”, de 44 L’esprit français ”, des 44 Petits peuples ”, de 44 Montréal, ville française ”, des 44 Lettres de noblesse ”, des 44 Conquérants ”, de 44 Notre mère ”.Ce sera un beau cours de patriotisme .SOCIÉTÉ RADIO-CANADA.Radio-Collège, Programme-horaire de la Saison 1942-1943.Montréal, 1231 ouest, rue Sainte-Catherine, 1942.32 p.22.5 cm.Monsieur Augustin Frigon, directeur général-adjoint de Radio-Canada, présente le programme de Radio-Collège pour 1942-1943.On traitera de sciences, d’histoire du Canada, d’histoire naturelle, de littérature, de diction, de géographie, de musique, de théâtre.Les conférenciers sont: M.Léon Lortie, M.Louis Bourgoin, M.l’abbé Albert Tessier, M.Jean-Charles Bonenfant, M.Georges Landreau, M.Raymond Tanghe, M.Claude Champagne. 1943 RENSEIGNEMENTS ET DIRECTIVES 439 CHRONIQUE D’UN VIEUX PROFESSEUR La conversation dirigée (Lettre à mon neveu, jeune maître d’école) Mon cher neveu, Tu as beau m'écrire que tout ton enseignement n'est qu'une conversation dirigée, je n'en crois rien.La conversation est un échange de propos entre deux ou plusieurs personnages.S’il n'y en a qu’un qui parle, il ne converse pas: il pérore ou il bavarde.Or, c’est presque toujours toi qui parles en classe.Tes éléves ont le devoir d’écouter.Ou bien, lu interroges un élève et lu réclames le silence de tous les autres.Est-ce là converser?Lorsque je parle de conversation dirigée, j'entends par là, un exercice spécial, distinct de tous les autres, exercice que tu devrais faire tous les jours avec tes élèves.Il ne s’agit pas uniquement d’interroger, il s’agit bien de converser au sens propre du mol.Si encore les questions que l’on pose amenaient toujours l’élève à exprimer ses propres pensées et ses sentiments l Mais quand j’entends demander — comme exercice de langage, s’il vous plaît — r Êtes-vous contents de Venir à l'école?Aimez-Vous votre professeur?je déplore une telle ndiveté, car on ne peut mieux habituer l’enfant à mentir.Vois-tu le bambin de dix ans, tout craintif sous l’autorité de son maître qui le menace de reproches ou meme de la férule, le vois-tu répondre : (( Non, ma Soeur, je n’aime pas ça, l’école.)> « Non, Monsieur, je ne vous aime pas.)) Il faut bien admettre que tous nos élèves ne tiennent pas l école pour un paradis d enfants, et que la tête du professeur ne leur revient pas toujours.En outre, tout le monde sait que l’élève cherche à donner la réponse que le maître attend, même si cette réponse est contraire à ses propres sentiments.De telles questions sont insidieuses, mon cher neveu.Ce n’est pas une façon de faire l’éducation de la sincérité chez l’enfant.La conversation dirigée est tout autre.Elle consiste à faire parler les enfants sur un sujet déterminé, à l'aide d’exercices intéressants qui leur apprendront à extérioriser leur pensée et leurs sentiments d’une façon correcte et pratique.(( Ohl mais, voyez-vous cela, mon oncle, faire parler à la fois une classe de vingt à trente
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.