L'enseignement primaire : journal d'éducation et d'instruction, 1 février 1943, Février
Vol.II - N° 6 FÉVRIER 1943 QUÉBEC SOMMAIRE LA FRÉQUENTATION SCOLAIRE OBLIGATOIRE : Une impor tante séance du Comité Catholique, MM.Victor Doré et B.-O.Filteau, p.442.EDUCATION ET FORMATION Formation religieuse SOLILOQUES : Mon Pasteur, M.T abbé Victorin Germain, p.454.Formation sociale HYGIÈNE : État actuel de son enseignement, M.J.Gilbert, p.458.Formation nationale ÉDUCATION NATIONALE À L'ÉCOLE : Calixa Lavallée, 1842-1942, p.461.Formation professionnelle ÉDUCATION : Sincérité et franchise, Rév.S.Saint-Ignace-de-Loyola, C.N.D., p.463.PEDAGOGIE ET METHODOLOGIE LE PETIT CATÉCHISME : L'Église, M.l'abbé J.-C.Mathieu, p.468.—M.J.-P.Labarre, La Rédaction, p.471.—METHODOLOGIE DU FRAN,ÇAIS : L'orthographe, M.Jean-Marie Laurence, p.472.—PHONÉTIQUE : Parlons bien, M.Jacques Mordret, p.475.—ÉTUDE DE TEXTE (8e et 9e années) : Parallèle de Séraphin Poudrier et de Donalda Laloge, M.Chs-Eugène Gosselin, p.478.—MÉTHODOLOGIE DE L'ARITHMETIQUE: Les quatre opérations, M.J.-Henri Bessette, i.e., p.483.—SUGGESTIONS: Revue mensuelle du programme (février), p.487.English Section The inspector jots it down, A.E.Wescott, p.513.Poetry and the child, Brother Fidelis, F.S.C., p.515.RENSEIGNEMENTS ET DIRECTIVES Synthèse des réponses à la première question de l'enquête : quel est l'objet de l'enseignement primaire à ses divers degrés ?M.Victor Doré, p.518.—Certificat d'études primaires, M.C.-J.Miller, p.522.—Épargne scolaire en temps de guerre, la Rédaction, p.523.—Semaine du dimanche, la Rédaction, p.524.— Chronique du mois : L'éducation en Allemagne, M.Charles Bilodeau, p.525.Il faut lire, M.Lucien Lortie, p.527. 442 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Février La FRÉQUENTATION SCOLAIRE OBLIGATOIRE Une importante séance du Comité Catholique N.D.L.R.—Le Comité catholique, à sa réunion du 17 décembre 1942, a donné son approbation à un rapport d’une importance exceptionnelle pour l’avenir de nos écoles.Ce rapport, présenté par la Commission de Coordination et d’Examens après plusieurs séances d’études et de longues délibérations, porte sur deux questions principales: a) la fréquentation scolaire, b) la réorganisation du cours primaire d’après un programme variable selon les besoins du milieu et les aptitudes naturelles de l’enfant.Pour l’information du personnel enseignant, nous croyons devoir reproduire ici les conclusions de ce rapport ainsi qu’un abrégé du très intéressant débat auquel il a donné lieu.RÉSOLUTION PRINCIPALE DE LA COMMISSION DE COORDINATION ET D’EXAMENS La Commission Considérant que c’est le devoir des responsables de l’éducation de faire en sorte que chaque enfant reçoive la formation qui lui est nécessaire pour remplir son rôle de citoyen chrétien dans la société actuelle; Considérant que cette fréquentation ne semble être obtenue par la persuasion; Considérant par contre qu’il serait inutile d’obliger des enfants à fréquenter une école qui ne répond ni à leurs aptitudes ni à leurs attraits; Considérant que ce serait une perte pour la nation et une injustice pour les enfants que de forcer ceux-ci à prolonger leur scolarité dans un genre d’école qui ne leur permet pas de progresser selon leurs possibilités; 1 ° Opine en faveur de la fréquentation scolaire obligatoire depuis l’âge de six ans révolus jusqu’à l’âge de quatorze ans révolus selon les déterminations indiquées ci-dessous; 2° Suggère que la loi scolaire soit modifiée de manière qu’il soit clairement défini que tout enfant a le droit de fréquenter l’école dès l’âge de cinq ans révolus; 3° Estime que ces années de scolarité obligatoire devraient être organisées de manière à répondre aux aptitudes diverses des enfants et, qu’à cette fin, l’enseignement dans les écoles publiques de cette Province devrait se donner d’après un programme flexible et variable qui, tout en favorisant le développement des dispositions naturelles, tînt compte des besoins de l’heure et du milieu; 4° Recommande que la Commission des Programmes et des Manuels soit chargée de se mettre au travail le plus tôt possible pour la préparation de ce programme. 1943 LA FRÉQUENTATION SCOLAIRE OBLIGATOIRE 443 DÉTERMINATIONS RELATIVES À LA FRÉQUENTATION SCOLAIRE a) Tout enfant âgé de six ans révolus à quatorze ans révolus doit fréquenter une maison d enseignement.b) Satisfait a cette obligation: IL enfant qui fréquente une école sous le contrôle d’une commission sco-laire9?lJ^t?U.te a.utre école organisée sous l’empire des lois de cette Province; .Celui qui reçoit a domicile un enseignement efficace au jugement de l’au-tonte competente; .^ Celui qui est empêché de frequenter l’école pour cause de maladie ou autre raison grave; , .4.Celui qui est âgé de moins de dix ans et qui demeure à plus de deux milles cie l ecoIe, ou celui qui est âgé de plus de dix ans et qui demeure à plus de trois milles de 1 ecole, si, dans chacun de ces deux cas, les autorités ne pourvoient pas au transport des enfants ; 5 Celui qui possédé un certificat de 7e année ou tout autre certificat équivalent.• La Commission exprime le voeu que, dans la législation concernant l’instruction obligatoire, il soit tenu compte : 1 ° situation financière des municipalités, 2 De la situation financière de la famille eu égard au nombre d’enfants, 3 Du coût des manuels de classe, 4 De 1 opportunité de donner un professeur masculin aux garçons de douze , ans et plus, 5° De l’opportunité de centraliser les hautes classes de garçons et filles, ^ ^ opportunité de spécialiser les ecoles une fois le stage de l’instruction generale franchi.DÉTERMINATIONS RELATIVES AU NOUVEAU PROGRAMME 1 Conserver pour le cours élémentaire, ou enseignement du premier degré, un programme de sept années, en ménageant des possibilités d’orientation avantageuses vers diverses écoles avant le terme de sept ans; 2 Ajouter a ce premier cycle un cours dit du second degré et comprenant quatre ou cinq années d’etudes, dont la première au moins serait de culture générale et les autres soit de culture générale soit de spécialisation scientifique, agricole, technique ou commerciale; 3° Comme sanction de ces études, au moins deux certificats officiels seraient accordés: l’un à la fin du premier cycle et l’autre à la fin du second, et l’on demanderait aux universités de reconnaître ce dernier certificat comme certificat d’immatriculation.RÉSUMÉ DES DÉLIBÉRATIONS La lecture de ce rapport étant terminée, monsieur le Surintendant dépose un télégramme par lequel le Conseil général de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal prie le Comité catholique de ne pas approuver le principe de l’instruction obligatoire.Il donne lecture de ce message et le commente brièvement.Le premier paragraphe ne laisse pas de 1 etonner.On y insinue qu’une pression extérieure s’exerce sur les membres de l’Épiscopat.Celui-ci appréciera comme il convient cette mise en garde.Il dépose aussi un mémoire de la J.O.C.qu’on vient de lui remettre et dont il ne connaît pas le contenu.Un coup d’œil cependant aux conclusions lui révèle que l’on demande à ce Comité “ de ne pas s’engager pour servir d’appui au gouvernement dans une question aussi complexe et lourde de conséquences que celle de la scolarité obligatoire.” “Le Comité catholique, déclare monsieur le Surintendant, délibérera en toute sérénité, chacun de ses membres restant parfaitement maître de son opinion.” Monsieur le Surintendant croit bon de faire l’historique de la question.À la demande de l’honorable Cyrille-F.Delâge, son allocution est ci-après reproduite in-extenso. 444 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Février / Éminence, Excellences, Messieurs, La séance de ce jour prendra place aux annales de notre Comité comme l’une des plus importantes depuis sa fondation.Il vaut, je crois, de l'y situer de façon précise.La question dont nous aurons à décider a été débattue plus d'une fois dans le passé sur d’autres scènes; elle a suscité de vives discussions auxquelles ont pris part plusieurs de nos membres.Aujourd’hui, 17 décembre 1942, notre Comité en est officiellement saisi, et c’est sur le rapport unanime d'une commission choisie dans son sein qu’il est invité à se prononcer.Ce rapport dispose du principe en jeu; je laisse à notre éminentissime collègue, le Cardinal Villeneuve, de faire à ce sujet la mise au point.J’entends ne vous présenter qu’un exposé de faits et ne remonterai pas dans le passé au-delà de notre réunion du 7 mai 1941.Dans mon premier rapport à l’honorable Secrétaire de la Province, année 1939-40, soumis à ce Comité en mai 1941, j’esquissais à grands traits le tableau de notre système d’éducation et, sans passer jugement sur la louange des uns et la critique des autres, je tentais une mise au point.Je notais le travail accompli par les trois commissions permanentes créées au sein de notre Comité, à la suggestion de Son Éminence le Cardinal Villeneuve.J admettais que, si notre système scolaire s’était depuis quelques années éclairé, aéré, il demeurait encore loin du compte.Je disais nos soucis et nos espoirs.Au chapitre de la fréquentation scolaire, je m’alarmais de la progression décroissante de l’inscription scolaire à partir de la 4e année du cours primaire et je déplorais la désertion prématurée de l’école.Après 1 exposé d’un mal dont nous reconnaissions tous la gravité, je suggérais le remède à y apporter.Souffrez que je cite: “ UN PROBLÈME ANGOISSANT—À la d emande de la Commission des Finances et de Législation instituée par le Comité catholique, le Département a fait enquête sur la.fréquentation scolaire des enfants de 7 à 13 ans inclusivement.Les conclusions de cette enquête ne sont pas définitives, mais les faits connus jusqu’ici sont des plus inquiétants Non seulement des milliers d’enfants de 7 à 13 ans n’apparaissent pas au journal d’appel mais un grand nombre de ceux qui s’inscrivent fréquentent l’école de façon très irrégulière.Dès la 5e année, la désertion de l’école commence et elle s’accentue de plus en plus à mesure que 1 on monte les degrés du cours primaire.Pour se rendre bien compte de cette défection, il suffit de jeter un coup d’œil sur la progression décroissante que forment les chiffres de l'inscription scolaire de la 4e à la 7e année.Alors qu en 4° année celle-ci se totalise à 90,000 environ, elle tombe successivement à bl,(XX) en 5° année, à 53,000 en 6e année et à 33,000 en 7e année.N'est-ce pas navrant ?\T est-ce pas une véritable désagrégation ?Je veux bien concéder qu’en quittant l’école publique un certain contingent est allé grossir les rangs d’autres institutions, mais les statistiques recueillies par nos inspecteurs démontrent clairement que ce contingent ne représente qu au plus 20% de ceux qui ont rompu avec l’école municipale.Que deviennent les autres?.troublant point d'interrogation.Si 1 on considère en outre que ceux qui restent à l’école perdent en moyenne une journée sur cinq, il n y a pas lieu de s’étonner des difficultés qu'on éprouve à parcourir le programme 1943 LA FRÉQUENTATION SCOLAIRE OBLIGATOIRE 445 année par année.La fréquentation irrégulière et la désertion prématurée de l’école ont de multiples causes, tant dans les villes que dans la campagne.La pauvreté qui règne dans un très grand nombre de foyers urbains en est une.À la campagne, les enfants de tout age sont retenus à la maison à l’époque des semailles et des moissons: c’est ce qui les retarde dans leurs études et ne laisse pas de les en dérouter.Mais c’est l’apathie des parents qu’il importe de vaincre avec le temps.En effet, c’est en vain qu’on s’appliquera à simplifier le cours d etudes, c est en vain qu’on s’efforcera d’améliorer le personnel enseignant, si les parents ne se montrent pas plus soucieux de leurs responsabilités et plus respectueux des droits de leurs enfants en matière d’éducation.Je crois que le moment est venu de poser cette question bien franchement devant la conscience publique.” Deux pages suivaient que je ne désirais pas soumettre au Ministre sans votre assentiment.Après m être déclaré favorable à la scolarité obligatoire comme remede a la situation, je rappelais la legislation de la Cité Vaticane et, plus près de nous, celle de la province de la Nouvelle-Ecosse, dont les exigences sont différentes selon qu elles s’appliquent aux écoles urbaines ou rurales.J’ajoutais: .Probleme est complexe et de solution difficile.Ne pourrait-on, dans notre pro- vince, faire une première tentative en permettant aux commissions scolaires d’instituer la scolarité obligatoire avec l’assentiment de l’un ou l’autre des deux comités du Conseil de 1 Instruction publique?Pour ne pas être inopérante, la législation requise devrait être au début d’une assez belle souplesse.Avec le temps, et avec le concours de toutes les bonnes volontés, elle finirait par répondre totalement à son objet.” Devant les représentations motivées qui suivirent la lecture de mon texte, j aurais eu mauvaise grâce à presser la question.Je crus donc sage de m’en tenir à 1 exposé du problème et de retrancher de mon rapport à l’honorable Secrétaire de la Province tout commentaire relatif à la suggestion que je vous avais soumise.Elle était toutefois posée devant ce Comité ; l’étude s’en imposait.Aussi, dès le lendemain de cette séance de mai 1941, mon Département se mettait-il à l’œuvre pout recueillir tous les renseignements possibles sur les lois en vigueur an pays et à 1 étranger concernant la scolarité obligatoire, leurs particularités et les moyens auxquels on a eu partout recours pour en faciliter et en assurer l’application.À notre séance du 18 septembre notre Comité de régie du Certificat collègue, le Cardinal Villeneuve.1941, à la suite d’un rapport présenté par d’études primaires, notre Éminentissime “ reconnaissait que l’insuffisance de l'inscription et l’irrégularité de la fréquentation constituaient un problème inquiétant et qu’il y avait lieu d’en rechercher la cause et les remèdes.Plusieurs (disait-il) sont d avis qu il faudrait recourir à la scolarité obligatoire, mais, avant d’adopter cette mesure coercitive, ne serait-il pas opportun d’analyser à fond les causes qui empêchent un grand nombre d’enfants de s’inscrire aux écoles et de les fréquenter régulièrement ?” À cette fiu.Son Éminence proposait la tenue, sous les auspices du Comité catholique, d’un congrès d’éducation auquel seraient invités les éducateurs, les économistes et les sociologues les plus expérimentés.On y étudierait le mal dans ses racines: on pourrait en profiter pour réexaminer toute l’organisation de l’école primaire et on serait alors mieux éclairé pour résoudre le problème.” Notre collègue, le Sénateur Prévost, se déclarait très heureux d’entendre Son Éminence dire: “ R n’y a pas d’objection de principe à la fréquentation obligatoire, mais c’est seulement une question d’opportunité.” 446 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Février Je me déclarais prêt, pour ma part, à favoriser l’organisation d’un congrès dès que les principales questions à mettre au programme auraient fait l’objet d’études préalables suffisantes par la Commission de Coordination et d’Examens.Il importait donc, non seulement de poursuivre le plus rapidement possible le travail déjà commencé, mais de recueillir des statistiques de toute nature sur la fréquentation scolaire en la province.Outre leur utilité immédiate, ces statistiques nous seraient un précieux appoint dans la réorganisation des écoles et la réadaption des programmes, advenant un verdict favorable à la fréquentation scolaire obligatoire.C’est pourquoi, un questionnaire, préparé par le Révérend Père P.-E.Beaudoin, S.J., à la demande de l’honorable Secrétaire de la Province, vous était soumis et, après délibérations, recevait votre entière adhésion (procès-verbal, C.C., 19 déc.1941).Pour marquer la suite des événements et le progrès de nos études, je ne crois mieux faire que d’intercaler ici le texte intégral d’une réunion de notre Commission de Coordination, tenue le 10 janvier 1942: Le but principal de cette réunion est 1 ° de déterminer la forme du congrès d’éducation proposé par Son Éminence le Cardinal Villeneuve lors de la session du Comité catholique de septembre 1941, et 2° de faire le choix des principales questions à mettre à l’étude.Son Éminence prie d’abord Monsieur le Surintendant de faire connaître ses vues à ce sujet.Relativement à la forme du congrès, Monsieur le Surintendant rappelle qu’à la réunion du Comité catholique de septembre dernier, il a déjà exprimé l’opinion que les principales questions à mettre sur l’ordre du jour du congrès devraient faire l’objet d’une étude préalable par la Commission de Coordination et d’Examens.Il reste d’avis que c’est la meilleure manière de procéder, attendu qu’il s’agit plutôt d’une enquête touchant certains points faibles de notre système scolaire que d’une série de séances publiques auxquelles pourraient prendre part les personnes de l’extérieur désirant soumettre leurs idées et leurs projets de réforme.Il convient, semble-t-il, que cette enquête soit faite d’après un plan établi par la Commission de Coordination elle-même.Toutefois, ce plan dressé, la Commission le communiquera à toutes les personnes intéressées et les invitera à soumettre des mémoires sur chacun des points à discuter.Après étude de ces mémoires, la Commission pourra faire connaître ses conclusions au cours d’une séance publique si elle le juge à propos.Quant au plan ou programme de l’enquête, il semble que la première chose à faire est de bien définir quel est l’objet de l’école primaire.On pourra se demander ensuite dans quelle mesure l’école primaire répond à son objet et quels sont les moyens à prendre pour qu’elle remplisse pleinement son rôle.Ceci nous amènera logiquement à discuter de l’organisation scolaire au double point de vue pédagogique et administratif de la fréquentation scolaire et, enfin, de la question qui conditionne toutes les autres, celles des subsides provinciaux mis au service de l’école primaire.Son Éminence exprime à son tour sa manière de voir touchant la forme et le programme du congrès.Elle croit qu’en effet il s’agit plutôt d’une enquête sur notre système scolaire que d’un congrès proprement dit et qu’il appartient à la Commission de Coordination de procéder à cette enquête sous l’autorité du Comité catholique.La Commission demandera des expressions d’opinions sous forme de mémoires, étudiera ces mémoires et soumettra ses conclusions au Comité catholique.Celui-ci pourra alors faire au Gouvernement les suggestions qui sembleront opportunes.Pour ce qui est du programme.Son Éminence croit que le plan général d’étude ébauché par Monsieur le Surintendant renferme toutes les principales questions à scruter et pourrait être adopté dans l’ensemble.Monseigneur l’Archevêque de Montréal, Monseigneur l’Archevêque d’Ottawa, Monseigneur l’Évêque de Sherbrooke, Monsieur Augustin Frigon.Monsieur J.-A.Trudel et le Révérend Père Alcantara Dion expriment successivement leurs vues relativement aux principaux points à traiter. 1943 LA FRÉQUENTATION SCOLAIRE OBLIGATOIRE 447 suit: Après longues délibérations, il est décidé que l’ordre des questions soit établi comme 1.—Objet de l’école primaire à ses divers degrés; 2.—Organisation pédagogique: a) Programme, b) Formation des professeurs, c) Matériel scolaire; 3.—Organisation administrative; 4.-—Fréquentation scolaire; 5.—Problèmes financiers.Si ce programme est agréé par le Comité catholique, on commencera immédiatement à recueillir des opinions.La Commission est d’avis que le premier point à élucider est le suivant: Quel est l’objet de l’éducation élémentaire, c’est-à-dire de la première à la septième année inclusivement?Avec l’autorisation du Comité catholique.Monsieur le Surintendant demandera un mémoire sur cette question aux divers groupes suivants: a) Les principaux des écoles normales, b) Les inspecteurs d’écoles, c) Les supérieurs provinciaux et les supérieures provinciales des congrégations enseignantes, d) Les associations d’instituteurs et d’institutrices, e) Le Comité permanent de l’Enseignement secondaire et le Conseil supérieur de l’Enseignement technique, /) Les commissions scolaires des principales cités de la Province, g) Diverses organisations sociales, ouvrières, agricoles ou financières.Une invitation publique sera aussi adressée à toute autre personne ou tout autre groupement désireux de faire connaître son opinion relativement aux réformes à opérer.Ces mémoires devront être adressés au Surintendant de l’Instruction publique avant le premier avril, être considérés comme confidentiels jusqu’à cette date et ne pas être reproduits ou commentés dans les journaux avant la fin de l’enquête.Le premier rapport de notre Commission était approuvé par le Comité à sa séance du 16 février 1942.Toute la publicité désirable fut alors donnée à notre enquête tant par la voix des journaux que par notre revue Y Enseignement 'primaire.Les nombreuses réponses, sitôt reçues, furent polycopiées et distribuées à tous les membres de ce Comité.La Commission de Coordination et d’Examens se réunissait de nouveau le 29 avril 1942 et délibérait longuement sur diverses questions relatives à l’enquête scolaire; elle rapportait progrès à notre séance du 6 mai 1942.Un mémoire de notre collègue, monsieur Augustin Frigon, reproduit in-extenso au procès-verbal de cette dernière séance donnait lieu à des échanges de vues fort intéressants.Ce mémoire de notre collègue se rattachant aux deux premières questions de notre enquête vint s’ajouter à la documentation déjà recueillie et dont tous les membres de ce Comité auront fait l’étude.Vers la fin d’octobre, une première synthèse vous était distribuée et votre Commission de Coordination en faisait l’étude à sa séance du 6 novembre 1942 et la reproduisit in-extenso à son procès-verbal.Dans tous les rapports reçus, l’on déplore l'insuffisance et l’irrégularité de la fréquentation scolaire, et la désertion de l’école avant la fin des études élémen- 448 L'ENSEIGNEMENT FRI MAIRE Février taires.D’autre part, presque tous les éducateurs qui nous ont fait l’honneur de s’intéresser à notre enquête réclament l’allègement du programme du cours élémentaire, plus particulièrement dans les quatre premières années de ce cours.Aussi, avant de poser les cadres pour la préparation du programme des écoles publiques de cette province et de préconiser la méthode à suivre pour sa mise à exécution, “ importe-t-il de fixer le nombre d’années pendant lesquelles l’action formatrice de l’école doit s’exercer sur l’enfant Comme premier remède au “problème angoissant ’’ signalé dans mon rapport de mai 1941, la fréquentation obligatoire (pie je recommandais alors ne devrait-elle pas être promulguée sans plus de retard ?Je posais la question à mes collègues du Comité d'enquête et j’optais de nouveau pour l’affirmative.Je me déclarais toutefois adverse à une législation qui, plaçant tous les enfants dans un même moule, les obligerait à poursuivre coûte (pie coûte et vaille que vaille les mêmes études et à fréquenter une école qui ne tiendrait pas compte de leurs aptitudes, de leur développement mental et de leurs possibilités d’assimilation.Une telle législation serait coercitive et de ce fait, porterait atteinte aux droits de la famille.Bien au contraire, fallait-il recommander une formule qui laisserait aux parents toute liberté de diriger leurs enfants vers des établissements de leur choix et qui, dans sa judicieuse application, assurerait à tout enfant sain de corps et d’esprit les bienfaits d'une scolarité de huit années.Je vous reporte aux considérants sur lesquels notre Commission d’enquête appuie la recommandation qui vous est aujourd’hui soumise: “ C’est le devoir des responsables de l’éducation de faire en sorte que chaque enfant reçoive la formation qui lui est nécessaire pour remplir son rôle de citoyen chrétien dans la société actuelle; Cette fréquentation ne semble être obtenue par la persuasion ; Il serait inutile d’obliger des enfants à fréquenter une école qui ne répond ni à leurs aptitudes ni à leurs attraits; Ce serait une perte pour la nation et une injustice pour les enfants que de forcer ceux-ci à prolonger leur scolarité dans un genre d’école qui ne leur promet pas de progresser selon leurs possibilités.” Je n’insiste pas sur les déterminations relatives à la fréquentation scolaire approuvées provisoirement par votre Commission d’enquête et que j’ai pour mandat de compléter, mais je vous prie de noter le soin qu’elle a pris de conditionner la législation proposée.C’est donc le 6 novembre 1942 que votre Commission à l’unanimité de ses membres, acceptait le principe de la scolarité obligatoire.Depuis lors, la Commission des Écoles catholiques de Montréal a adopté une résolution dans le même sens, résolution d'une grande importance étant donné que les élèves qui relèvent de cette commission représentent plus de 20% de l’inscription totale dans les écoles de la Province qui tombent sous la juridiction du Comité catholique.J’ai déposé cette résolution au dossier de l’enquête avec les opinions similaires reçues au cours de la dernière année.J’insiste sur ce point pour rétablir les faits et empêcher que l’histoire ne les enregistre à rebours.Vous avez en mains une documentation de belle valeur et sur laquelle votre Commission d’enquête s’appuie à bon escient pour vous requérir d’adopter le rapport qui vous est aujourd’hui soumis. 1943 LA FRÉQUENTATION SCOLAIRE OBLIGATOIRE 449 Vous détenez les renseignements que m’ont fait tenir, avec une bienveillance dont je leur sais gré, les autorités scolaires de tous* les États de la République voisine; des précisions sur les lois des autres provinces de notre Dominion; la liste de tous les pays du monde où la fréquentation scolaire est obligatoire et, dans chaque cas, la durée de la scolarité.Vous avez aussi pris connaissance, au cours de la dernière année, des vœux exprimés par nos inspecteurs d’écoles, les principaux de nos écoles normales, les directeurs et directrices des scolasticats-écoles normales réunis en divers congrès à mon invitation.Il ne fut pas fait allusion directement à la scolarité obligatoire dans ces congrès—je ne l’aurais pas admis.Je sais toutefois que tous les éducateurs de cette province se sont émus du problème dont notre Commission de Coordination a fait l’étude et que tous se réjouiront de voir les conclusions de cette Commission adoptées par notre Comité.Si j'ai cru bon de faire cette longue mise au point, c’est pour revendiquer au nom de ce Comité le mérite de ses décisions, c’est aussi pour attester la liberté dont il jouit dans l’exercice de ses attributions; c’est enfin pour affirmer hautement sa parfaite conscience de ses responsabilités.Les recommandations de votre Commission d’enquête sont le fruit de près de deux années d’étude dont j’ai tenté de marquer la logique.La fréquentation obligatoire est le premier, non l’unique remède à suggérer au législateur pour assurer une rapide amélioration de notre système d’enseignement.Bon nombre des anomalies et des lacunes soulignées dans mon rapport de 1939-40 sont encore à corriger.Notre enquête poursuit son cours et nos commissions permanentes auront une lourde tâche à remplir.J’ai foi aux recommandations qui vous sont ce jour présentées; l’espère que vous leur réserverez bon accueil.Cette allocution de M.le Surintendant est suivie d’un intéressant débat dont nous donnons ci-dessous le résumé.Son Éminence le Cardinal Villeneuve et Son Excellence Monseigneur Char-bonneau, archevêque de Montréal, font tour à tout une mise au point concernant le message de la Société Saint-Jean-Baptiste.Les évêques de cette Province, affirment-ils, ne sont actuellement influencés que par les motifs qui se dégagent de l’enquête conduite par le Comité catholique lui-même.Chacun d’entre eux est libre d’adopter à l’égard de la fréquentation scolaire obligatoire l’attitude qu’il juge la plus conforme aux intérêts supérieurs de la population.Monsieur le Juge H.-A.Fortier exprime l’avis qu’il n’y a pas lieu de s’émouvoir de la démarche de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal.Tout en partageant les craintes du président de cette société, il estime que chaque membre doit prendre l’attitude qu’il juge la meilleure et en accepter la responsabilité.Sir Mathias Tellier est d’accord avec les honorables membres qui l’ont précédé en ce qui concerne les deux premiers alinéas du message.Pour ce qui est du troisième, il s’agit d’une pétition à l’autorité qui lui semble parfaitement dans l'ordre.Passant ensuite à l’étude de la question principale, Sir Mathias fait remarquer que c’est la première fois qu’elle est présentée sous cette forme.À plusieurs reprises dans le passé, lorsque la discussion s’est élevée sur le parquet de l’As- 450 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Février semblée législative, il s’est opposé à l’instruction obligatoire à cause de circonstances et pour des motifs qui'lui semblaient justifier son attitude.Il a reçu alors des témoignages d’approbation venant de haut lieu et, en particulier, de plusieurs membres de l’Épiscopat.Aujourd’hui, les circonstances sont changées puisque le rapport qui est actuellement sous considération a l’appui de Son Éminence le Cardinal et, semble-t-il, de la plupart de Nosseigneurs les Évêques de cette Province.Il a le plus grand respect pour l’opinion de ces éminents collègues, mais il ne peut se défendre contre certaines préventions.Il n’a pas confiance dans la coercition en cette matière.Il n’en attend rien de bon et il reste d’avis qu’il y a d’autres moyens plus efficaces.Il croit donc devoir enregistrer sa dissidence touchant la fréquentation scolaire obligatoire.Monsieur le Juge Fortier se dit aussi dans l’obligation de se déclarer dissident.Témoin des luttes que suscita l’école obligatoire dans l’enceinte parlementaire, ayant même prononcé son premier discours sur cette question, il ne peut faire autrement que de prier la Commission de Coordination et d’Examens de l’excuser de ne pas partager sa manière de voir.La fréquentation obligatoire, suivant lui, est inopportune, car la Province fait son devoir en matière d’éducation.Son Excellence Monseigneur Comtois exprime l’opinion qu’il vaudrait mieux attendre la fin de l’enquête avant de prendre une décision.Son Éminence le Cardinal expose que l’attitude présente de la plus grande partie de l’épiscopat n’est pas un blâme pour le passé.Il reconnaît que l’enseignement donné jusqu’au début du siècle par la plupart de nos professeurs de philosophie sociale contestait à l’État le droit d’imposer l’instruction obligatoire, qui avait le tort du reste, en plusieurs pays d’Europe, de faire corps avec tout un ensemble de réformes inspirées par l’esprit révolutionnaire et mises en avant par des francs-maçons notoires.En principe, il est à retenir que le pouvoir public, comme l’a bien marqué le Pape Pie XI dans l’encyclique Quadragesima anno, ne peut intervenir pour régler d’autorité des problèmes qui intéressent les groupements particuliers, à moins que ceux-ci ne puissent pas eux-mêmes les résoudre.Or, il ne paraissait pas avec évidence, dans les temps passés, que l’instruction scolaire fût d’intérêt public, et conséquemment on jugeait cette question d’ordre exclusivement familial.D’où les limites imposées à l’État en matière d’éducation.Il était invité à aider la famille à cette fin, sans qu’on lui reconnût de droits propres en ce qui concerne l’instruction élémentaire.De nos jours, néanmoins, l’intervention de l’État s’est imposée en divers domaines où elle n’avait pas son rôle autrefois, et cela en raison de l’évolution des sociétés, des exigences nouvelles du bien commun à cause des relations sociales de plus en plus nombreuses des individus entre eux, des familles et des diverses organisations particulières entre elles, et aussi de l’interdépendance des nations sur le plan international.C’est ainsi, par exemple, que d’excellents sociologues chrétiens furent d’avis, jusqu’à la fin du dernier siècle, que l’État n’avait pas à intervenir dans la question des rapports du capital et du travail, qu’ils jugeaient une question d’ordre privé.On redoutait pareille intervention à cause d’abus qui n’étaient pas tous chimériques, l’expérience l’a établi.Néanmoins, l’encyclique Rerum Novarum a affirmé, contre le libéralisme économique, non seulement le droit pour l’État, mais le devoir d’intervenir dans la question sociale créée par les luttes entre les classes, surtout entre le capital et le travail, dont les conflits ont pris en nos siècles des proportions immenses et ont si fortement ébranlé parfois les assises même de l’ordre public. 1943 LA FRÉQUENTATION SCOLAIRE OBLIGATOIRE 451 De même, il fut un temps où l’instruction scolaire pouvait n’intéresser que de loin le bien public.Plusieurs soutinrent cet avis, même jusqu’à la fin du dix-neuvième siècle.Mais l’opinion contraire avec le développement des faits, devint prépondérante, et par conséquent elle reconnut à l’État le droit de juger en la matière.Cette thèse fut confirmé par les Papes.Benoît XV et Pie XI posèrent ce principe en divers documents ainsi que dans certains jugements qu’ils eurent à rendre pour le règlement de difficultés particulières.Son Éminence reconnaît qu’autrefois Elle a eu des hésitations en face de la thèse du droit des pouvoirs publics d’imposer l’instruction obligatoire.Maintenant, la doctrine catholique est nette et ferme sur le point jadis discuté, et il n y a plus lieu d’éprouver le moindre scrupule pour la question de droit.La question d’opportunité toutefois demeure, c’est une matière libre.Chacun peut en juger à son gré, selon ses propres observations.Or les enquêtes paraissent révéler qu’il y a, parmi nous, une multitude d’enfants qui sont actuellement privés du bienfait de l’instruction, pour diverses causes: pauvreté, négligence ou insouciance des parents, besoins de la famille et autres.La loi d’obligation scolaire ne réglera certes point tous ces problèmes; personne n’a la naïveté d’y voir une panacée; mais la loi projetée, avec d’ailleurs tous les tempéraments qu’elle comporte, fournira l’occasion d’étudier le mal plus à fond et d’intervenir par les moyens les mieux appropriés.Tels sont les motifs qui ont paru convaincre à l’unanimité la Commission de Coordination, dont Son Éminence est le Président, de l’opportunité de recommander un projet de loi de fréquentation scolaire obligatoire.Son Éminence s’explique parfaitement les hésitations de plusieurs, mais, pour son compte, Elle continue d’appuyer la recommandation du rapport présentement soumis.Monsieur le Sénateur Prévost fait remarquer qu’il ne s’agit pas pour le moment d’une loi, mais d’une recommandation.La Commission de Coordination a constaté un mal et elle suggère un remède.Vu la fréquentation très irrégulière de l’école, la Commission croit devoir recommander l’instruction obligatoire.Mais, en même temps que l’obligation scolaire pour les enfants, elle réaffirme l’obligation, pour les autorités, de pourvoir à l’établissement de maisons d’enseignement dont les programmes flexibles et variables assureront le développement de chaque enfant selon ses aptitudes et ses possibilités.La loi ne touchera que les parents égoïstes ou négligents.Ceux qui font leur devoir n’ont rien à craindre.On a fait l'essai d’autres moyens dans le passé.Quels résultats ont-ils donnés ?Aujourd’hui, c’est Son Éminence le Cardinal Villeneuve, c’est Son Excellence Monseigneur Vachon, archevêque d’Ottawa, c’est Son Excellence Monseigneur Charbonneau, archevêque de Montréal, qui, avec M.le Surintendant, proposent la fréquentation scolaire obligatoire.Ils sont appuyés par Son Excellence Monseigneur Papineau, évêque de Joliette; Son Excellence Monseigneur Forget, évêque de Saint-Jean; Son Excellence Monseigneur Desranleau, évêque de Sherbrooke; Son Excellence Monseigneur Lafortune, évêque de Ni-colet, en même temps que par plusieurs autres membres figurant au nombre des éducateurs les mieux avertis de cette Province.Pourquoi hésiter plus longtemps ?Il propose donc l’adoption du rapport soumis par la Commission de Coordination.Monsieur Gerald Coughlin assure le Comité que l’instruction obligatoire sera bien vue des catholiques de langue anglaise.Ên principe, il est contre la coercition, mais il constate avec d’autres que la persuasion n’a pas donné les résultats désirés. 452 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Février Monsieur Augustin Frigon souligne le fait que, si on persiste à repousser l'instruction obligatoire, on laisse à ceux qui sont mal disposés à notre égard un argument de plus pour soutenir que nos jeunes gens sont mal préparés pour toutes les fonctions qui requièrent un peu d’instruction.Son Excellence Monseigneur Charbonneau, archevêque de Montréal, dit que, d’après les enquêtes faites par la J.O.C., ce sont les enfants qui vont à l’école qui fournissent les meilleurs chrétiens.Il n’a donc pas peur de l’instruction obligatoire.L’objet premier de toute loi est d’être l’éducatrice du peuple.L’obligation scolaire amènera les parents à mieux comprendre leurs devoirs.L’Etat a le droit d’exiger un minimum d’instruction pour tout enfant.Pourquoi ne le dirait-il pas?La loi ne sera pas parfaite au début, mais elle aidera à découvrir les cas d’indigence ou d’insouciance et à y porter remède.Pour sa part, il voit dans la fréquentation scolaire une garantie de fidélité religieuse et il appuie avec plaisir la proposition de l'honorable Sénateur Prévost touchant l'approbation du rapport actuellement à l’étude.Monsieur le Surintendant soumet alors au Comité la proposition suivante: Il est proposé par l’honorable Sénateur Jules-Edouard Prévost appuyé par Son Excellence Monseigneur Charbonneau, archevêque de Montréal, que le rapport soumis par la Commission de Coordination et d’Examens à la suite de sa réunion du 12 décembre courant, et qui est actuellement à l’étude par ce Comité, soit adopté tel que présenté.Cette proposition est adoptée sur division, les membres dont les noms suivent se déclarant dissidents: Son Excellence Monseigneur Comtois, évêque des Trois-Rivières; Son Excellence Monseigneur Langlois, évêque de Valleyfield; Son Excellence Monseigneur Douville, évêque de Saint-Hyacinthe; Son Excellence Monseigneur Belleau, vicaire apostolique de la Baie James; Sir Mathias Tellier, ex-juge en chef de la Cour d’Appel; l’honorable H.-A.Fortier, juge de la Cour Supérieure.(Signé) B.-O.Filteau (Signé) Victor Doré Secrétaire Président UCâlIOrL ormmio Compétence du professeur (( Nous désirons dans nos professeurs de très grandes connaissances et nous ne voulons dans leur enseignement aucun point faible.Il est alors facile de constater que cet aspect de la personnalité du maître est le point central dans V intérêt des élèves.)) Keilhaker.(( Le travail personnel et l'étude permettront d'arriver a cette culture générale.» Dresterweg. 454 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Février Formation religieuse SOLILOQUES IX Mon PASTEUR par M.l’abbé Victoria GERMAIN de la Crèche Saint-Vincent-de-Paul.Un prêtre sort de chez moi.Il laisse comme une traînée de bénédictions.Son affabilité m’a conquis; sa conversation m’a instruit; son zèle des âmes m’a édifié.Je l’avais vu, à l’autel; je l’avais écouté, en chaire; j’avais reçu de lui la sainte absolution.Il me restait à l’accueillir en mon foyer.Des yeux de la foi, en effet, j’aperçois nettement dans les prêtres, sans acception d’individu, le sacré ministère qui en fait des personnifications du divin Maître.Et quand, d’aventure, ils daignent me demander l’hospitalité, quand, officiellement, ils font la visite à domicile, quand, spontanément ou à ma demande, ils viennent partager les joies et les peines de ma famille, je me figure que c’est encore Béthanie, Lazare, Marthe et Marie.Je jouis alors de l’amitié condescendante du Seigneur et de sa surnaturelle munificence.Je jouis de lui faire gloire et je jouis de l’honneur qui m’est fait.* * * Oh ! je sais ce que penseraient de ces dispositions de foi certains personnages médiocres; les médiocres sont facilement prétentieux, critiques et mesquins dans leurs critiques.Pour un Judas, ils font table rase du Collège apostolique; pour un Alexandre YI, ils suppriment la dynastie incomparable des Papes; pour un renégat, pour un transfuge, pour un scandaleux, pour un étourdi, pour un original, ils englobent dans le même pharisaïque mécontentement, dans le même pharisaïque mépris tout le clergé.Leur relâchement, leur tiédeur, leur état de péché, c’est la faute des prêtres; ils ont beau: qu’ils donnent l’exemple ! Hé oui ! quand tous ces messieurs, sans exception, seront vertueux, nos médiocres se feront saints; à leur tour, pieux, mortifiés et zélés, ils chercheront le royaume qui n’est pas de ce monde.Eh bien, pour ma part, je remercie le bon Dieu qui m’a permis d’apercevoir dans la survivance de l’Église, malgré toutes les réelles ou les possibles défaillances de sa hiérarchie au cours des âges, la preuve de sa divine fondation et de la divine assistance.« Je suis avec vous toujours, jusqu’à la fin du monde )), a déclaré le fondateur (1), l’infaillible fondateur.Un mauvais prêtre, en effet, un mauvais évêque, un mauvais pape, s’il m’administre un sacrement, j’en retire les fruits comme du même sacrement conféré par un ministre réellement saint; car le sacerdoce n’est pas une récompense de la sainteté; c’est, au contraire, une grâce impartie à tel élu eü faveur du public.Un prêtre ne l’est point tant pour lui-même que pour les autres.Il peut cesser d’agir comme tel; mais il reste tel éternellement.Et quand il agit comme prêtre, il agit comme organe, comme agent, comme instrument du Fils de Dieu.Même donc s’il est prévaricateur, son ministère reste honorable, son sacrifice vrai et pur, ses sacrements valides, ses prières officielles acceptables, son autorité juridique, ses enseignements salutaires, ses conseils, ses avertissements et ses réprimandes (1) Matth., XXVIII, 20. 1943 ÉDUCATION ET FORMATION 455 des grâces actuelles.Et j’aime bien ces comparaisons accumulées d’un prédicateur (2) du XVIIe siècle: « Si vous étiez en prison pour un crime de lèse-majesté, et qu’on vous envoyât votre grâce par un messager tout déchiré, ou si le roi vous envoyait un office ou un bénéfice, et que le porteur des patentes fût déchiré, souillé, crotté, refuseriez-vous la grâce ?Et vous voulez refuser le pardon de vos péchés et les bénédictions du ciel, sous prétexte que le prêtre qui vous les apporte n’a pas son âm,e en bon équipage ?Le médecin qui est malade ne laisse pas de vous guérir; il n’est malade qu’en son corps, et il vous guérit par sa science.Le prêtre est pécheur par sa volonté, et il vous absout par son caractère; peu importe à une bonne terre que la semence lui soit jetée par une main bien blanche et bien nette ou par une main souillée et galeuse; peu importe à un jardin que l’eau qui arrose ses fleurs passe par un conduit d’argent ou par un canal de plomb; peu importe à Ninive qu’elle soit prêchée par un Jonas désobéissant ou par un Daniel innocent, pourvu qu’elle se convertisse.)) * * * La haine du prêtre, chez des catholiques, quand elle est profonde, ne s’explique pas autrement que la haine d’Hérodiade pour Jean le Baptiste.Jean réprouvait un concubinage.Les luxurieux, les impudiques, les impies et les fauteurs de trouble en veulent à celui qui, du haut de la chaire ou au tribunal de la pénitence, a réprouvé au nom du Christ leur conduite.« Il ne t’est pas permis de garder la femme de ton frère », avait dit le précurseur.« Donnez-moi ici même dans un plat la tête de Jean-Baptiste », dit la fille d’Hérodiade.(3) Nul n’est parfait, c’est entendu, mais s’il y a une classe, s’il y a un état, s’il y a un ordre où les défections sont proportionnellement rares, c’est le clergé catholique.(2) Le Père Le Jeune, oratorien, 1592-1672.Sermon LUI.(3) Marc, VI, 18 et 25.Et cela se comprend.Les candidats au sacerdoce ne s’improvisent point.Tout le long de leurs études sous l’impulsion ou le contrôle d’un directeur spirituel ils se sont voués au progrès moral, ils ont prié, ils ont lutté, ils se sont entraînés à la maîtrise d’eux-mêmes et à la mise en déroute d’un aussi redoutable ennemi que Satan.Comme les chevaliers de la légende, eux aussi, et plus véritablement encore, ils sont partis à la recherche du Saint-Graal (4), de ce Graal qui ne devait être retrouvé que par un chevalier pur de tout péché; comme les chevaliers de la légende ils se sont fait un cœur pitoyable à la misère des étrangers; comme les chevaliers, ils ont voulu devenir les instruments des plus grandes choses qui soient.Maîtres d’eux-mêmes, maternels aux malheureux, dociles à la volonté de Dieu et riches de ses enseignements, voilà comme ils se sont présentés à l’onction du pontife; et voilà comme le pontife les a présentés à ses ouailles.Des maîtres pour enseigner, des chefs pour gouverner, des pères pour engendrer les âmes à la vie surnaturelle, voilà ce que, par une vocation par une grâce insigne et imméritée, ils sont (4) Qu’est-ce donc que le Saint-Graal ?C’est dans la croyance du moyen-âge, le vase légendaire et prodigieusement célèbre qui aurait servi au Sauveur pour la dernière Cène, dans lequel aussi Joseph d’Arimathie aurait recueilli le sang et l’eau du Coeur transpercé.Le Graal était d’une seule pierre et précieuse; des anges l’avaient apporté du ciel.Sa vue suffisait à répandre dans l’âme une joie mystique, avant-goût de celle du ciel.On se l’était passé d’Orient en Occident jusqu’en Grande-Bretagne.Longtemps caché dans le château de Corbénic, il finit par y tomber en oubli, jusqu’à ce que de généreux chevaliers entreprennent de le retrouver.Ce fut la Quête, la recherche, du Saint-Graal.Le récit des aventures imaginaires de ces chevaliers alimente, pour une bonne part, au XIIIe siècle, les romans du Cycle de la Table-Ronde.Trois chevaliers réussirent la découverte du Saint-Graal: Perceval, Lancelot et Galaad.Perceval mérita de garder le trésor jusqu’à sa mort.Type de l’élu de Dieu, Perceval est, par opposition à Tristan, héros de la passion, le héros du renoncement.Fort de sa pureté, bravant tous les obstacles, résistant à toutes les tentations, à tous les enchantements, il atteint jusqu’à la sainte relique au Tabernacle de Montsalvat.La légende du Saint-Graal n’occupe aucune place dans l’histoire de l’Église; c’est une oeuvre d’imagination qui relève uniquement de l’histoire littéraire.Elle révèle une préoccupation d’idéalisme et illustre le combat de toujours entre l’esprit ascétique et l’esprit matérialiste. 456 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Février devenus; des sacrificateurs pour offrir au nom du Souverain Prêtre la Victime propitiatoire et rédemptrice, voilà l’auguste fonction à laquelle ils ont consacré leur vie et leur amour.* ?* La dignité du prêtre, je m’en fais une idée par les circonstances de ce qu’on appelle chez nous le Discours du Trône.Notre roi, qui est en Angleterre, délègue ses pouvoirs à des vice-rois; mais quand un vice-roi, à l’ouverture des chambres ou à leur clôture, prononce, au nom du roi, une allocution, il ne flit pas: le gouvernement de Sa Majesté, mais: mon gouvernement; il ne dit pas: les ministres du roi, mais: mes ministres, à tel point qu’il s’identifie avec celui qu’il représente: or, que fait autre chose, au saint sacrifice, le plus modeste des prêtres ?Il ne dit pas: Ceci est le corps, ceci est le sang du Christ.Il dit: Ceci est mon corps.Ceci est mon sang.Et ces paroles obtiennent leur plein effet, qui est la présence substantielle du Corps et du Sang du Christ.Cette présence réelle et la tradition du divin pouvoir ont du reste été corroborées par d’éelatants miracles tout le long de l'histoire.Je n’en saurais douter, le caractère du sacrement de l’ordre fait d’un simple clerc un mandataire et un ministre du Christ; aucune dignité humaine n’approche de ce pouvoir qu'il exerce dès lors soit sur le corps eucharistique, soit sur le corps mystique du Christ.C'est la participation d’un homme au sacerdoce du Verbe incarné.« O prêtre, disait Cassien (5), regarde les cieux, tu es plus haut; regarde les rois, tu es plus grand.Il n’y a au-dessus de toi que Dieu qui t’a créé.» * ?* Des esprits chagrins ne savent rien voir de cette invisible et spirituelle ascension.Une soutane, c’est une cible.11 s’agit de lui décocher plus ou moins adroitement des traits.(5) Cité par Louis Veuillot, Mélanges, 10 avril 1869, Les noces d’or de Pie IX.Je ne parle pas, bien entendu, de ces menus potins où l’on relève les innocentes manies du pasteur, la bizarrerie de son • style ou de sa diète, voire la nuance ou l’absence de nuance de ses opinions écono-miques, sociales ou politiques.Non, je veux être humain: toutefois, même en ces propos, je dois garder la bienveillance.Un jour, (est-ce une charge, est-ce un fait?je l'ignore, mais fût-ce un apologue, il porte son enseignement,) un jour donc, un brave jeune prêtre débarquait à la Basse-Ville de Québec; des cochers s’offraient.Il en engagea un.Mais comme il passait dans sa victoria il entendit quelqu’un dire: - Regardez-moi ce petit curé, qui n’a déjà plus le courage d’aller à pied ! Malheureux d’avoir ainsi malédifié, au voyage suivant, le brave jeune prêtre passe impassible devant les cochers et file, à pied, vers la côte de la Montagne.Et quelqu’un alors de s’écrier: Regardez-moi, vous autres, ces curés ?(,’a n’a seulement pas le coeur de faire gagner trente sous à un pauvre homme.Ce qui me ramène à une fable bien connue: (6) Parbleu, dit le meunier, est bien fou du cerveau Qui prétend contenter tout le monde et son père.Le bon parti que celui de toujours penser et surtout de toujours dire du bien sur le compte des prêtres, d’excuser leurs manquements ou leurs travers et de pardonner à un qui fait défaut, pour mille qui font merveille ! Notre-Seigneur, lui, n’a pas pris en grippe les Onze à cause du fils de perdition.Pourquoi ferions-nous les difficiles et les scandalisés ?Nos pères avaient un proverbe populaire fondé sur l’expérience et que j’ai souvent entendu moi-même citer.Us disaient: Qui mange du prêtre en crève.Et chacun, en commentaire, racontait ce qui était advenu de malheureux à des gens qui avaient tenu, malgré tous les (6) La Fontaine, Fables, III, 1, Le Meunier, son fils et l’âne. 1943 ÉDUCATION ET FORMATION 457 avertissements, à pousser à fond, contre tel prêtre plus ou moins fautif, la satisfaction il une rancune.Pour ma part, je crois cjue le proverbe est vrai; n’est-il pas la traduction vulgarisée de Favertissement des Écritures (7).« Ne touchez pas à mes oints et ne faites pas tie mal à mes prophètes.» Ils sont mes hérauts, mes messagers, mes anges, mes ambassadeurs, mes ministres; ils sont vos médiateurs, vos vicaires, vos sacrificateurs; ils sont vos représentants et mes représentants, vos lieutenants et mes lieutenants, vos substituts et mes substituts.Celui qui les touche, touche la prunelle de mon oeil .* :!: * Nos frères séparés, sauf exceptions, comprennent bien mal l’honneur, le respect et 1 obéissance que gardent, pour leurs prêtres, les vrais fidèles.Ils voient même d’un mauvais oeil que, dans une province catholique, les contribuables, les électeurs, les votants demandent, à leurs guides attitrés, des opinions sur la valeur philosophique ou théologique des mesures de gouvernement.Préférer les principes à l’empirisme, au pragmatisme, à tous les hasards d’opinions et de procédés issus du caprice d’individus hardis et aventureux, ils appellent cela do 1 esclavage.Demander des lumières à quelqu’un de plus éclairé, ils appellent cela du servilisme; comme si de considter un avocat, un médecin, un notaire, c’était avilir la dignité humaine."Priest ridden province ! ” s’écrient les fanatiques au spectacle de nos moeurs.Connaissent-ils l’épigramme irlandaise (8) : Pidden you need not fear to be, By prophet or by priest Since Balaam’s dead, and none but he W ould choose you for his beast (9).C’est vrai qu’il faut être bête pour confondre le domaine où le prêtre agit d’auto- (7) Psaume CIV’, 15.(8) Rev.John Samuel Bewley Monsell, L.L.D.(1811-1875).(9) Cf.Nombres, XVIII, 21: Balaam avant sellé son ânesse, partit avec les princes deMoab.rité et celui où il se retrouve le concitoyen de ses ouailles.Plutôt que de critiquer le clergé, que ne prie-t-on pour sa sanctification?J’avais composé, en 1914, pour les frères et soeurs d’un ordinand, la prière suivante qui n'a rien perdu de son actualité et que je transcris ici en faveur de mon respectable curé: O Jésus, ô souverain prêtre, cpii avez bien voulu, par un prodige de votre miséricorde, élever l’homme à la dignité royale de votre sacerdoce, nous vous en supplions, donnez à notre (10) curé, la pureté de vos anges, la foi de vos apôtres, le courage de vos martyrs, l'humilité de tous vos saints, leur charité et leur dévouement.Donnez-lui une âme de feu.Allumez dans son coeur le brasier de votre amour, l’incendie dévorant de votre zèle.Donnez-lui un coeur ardent, un coeur de père pour la multitude.Donnez à son intelligence la lumière de votre Esprit Saint, à sa parole et à son style.Ponction, la vigueur et l’enthousiasme qui persuadent et entraînent vers le bien, le beau, le vrai.Bénissez son idéal 1 Mettez sur sa route beaucoup d’âmes dont il soit le bon Samaritain.Qu’il soit vraiment, ô Jésus, un saint prêtre, un autre Christ, alter Chnstus! Ainsi soit-il.Un prêtre sort de chez moi, laissant comme une traînée de bénédictions .(10) Ou bien- fils, frère, oncle, cousin, ami, protecteur, bienfaiteur, vicaire, supérieur, directeur, aumônier, professeur. 458 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Février Etat actuel de son enseignement Formation sociale HYGIÈNE par M.Jules GILBERT, M.D., D.P.H., directeur de l'Unité- Sanitaire de Shejford.Quand on veut rendre plus parfait notre enseignement de l’hygiène, il serait logique de commencer par montrer que l’enseignement actuel n’est pas approprié et ne donne pas les résultats qu’il devrait.Pour en fournir une preuve précise et scientifique, il faudrait posséder les conclusions d’une étude systématique et objective des conditions existantes.Ainsi, une enquête organisée sur les notions et surtout les pratiques d’hygiène de la population révélerait sans doute des faits intéressants.La visite de nombreuses écoles et écoles normales, des entrevues personnelles avec beaucoup d’écoliers et d’adultes, un questionnaire préparé à cette fin et rempli par un échantillon réprésentatif de la population étudiante et enseignante finiraient par éclairer la situation présente; mais on devine l’énorme travail en démarches et en compilation que cela imposerait.Jusqu’à présent et à notre connaissance, cet inventaire n’a pas été fait.Un bref questionnaire a été adressé déjà aux écoles normales des deux langues dans tout le Canada par l’Association Canadienne d’Hygiène Publique (Section de l’Education) relativement à leurs propres services de santé et à l’entraînement des éducateurs en vue de l’enseignement de l’hygiène.Malheureusement, au moment où nous écrivons, les conclusions tirées des informations reçues n’ont pas encore été publiées dans le périodique de l’Association.Dans les écoles de Los Angeles, Californie, où l’enseignement de l’hygiène est fort poussé depuis longtemps, plus de mille enfants des grades supérieurs (senior high school) ont répondu en 1938 à un questionnaire de ce genre sur les connaissances théoriques essentielles et les pratiques les plus communes de l’hygiène.La moyenne des points obtenus fut de 70% pour les connaissances, et de 76% pour les pratiques.Mais l’analyse des résultats révéla que les élèves aux notions étendues et précises n’étaient pas ceux dont les habitudes de vie étaient les meilleures.Cela fit au moins constater la difficulté de faire mettre en pratique dans la vie courante les connaissances acquises à l’école.Toutefois, une enquête de ce genre ne peut avoir une valeur absolue, et nous aurions bien plus de confiance en un questionnaire rempli par les professeurs eux-mêmes, sur des item faisant l’objet de leur observation directe et coutumière.Nous soumettons ci-dessous un tel questionnaire, non pas avec l’idée d’en faire des fiches de pointage dont la compilation pourrait à la rigueur éclairer certains aspects du problème général, mais plutôt en vue de permettre à chacun d’évaluer la qualité et les conditions de son propre enseignement des choses de l’hygiène.Il serait difficile d’accorder un certain nombre de points pour chaque question à laquelle le lecteur peut donner une réponse satisfaisante, car leur importance est loin d’être uniforme.Or on connaît l’élasticité de l’interprétation personnelle, et d’ailleurs trop de facteurs sont impliqués qui sont hors de son contrôle.Les item considérés 1943 ÉDUCATION ET FORMATION 459 sont, soit exigibles par les règlements de l’hygiène ou de l’instruction publique, soit particulièrement désirables du point de vue de l’hygiéniste.Puisse chacun y trouver un moyen de découvrir ses faiblesses s’il en a, et de rappeler à son esprit les points à observer s’il veut donner à cet enseignement l’importance qu’il mérite et l’efficacité qu’il peut avoir.QUESTIONNAIRE RELATIF À L’ENSEIGNEMENT DE L’HYGIÈNE Salubrité du milieu scolaire (Certaines questions ne s’appliquent pas aux écoles rurales; d’autres les concernent exclusivement.) 1.Le nombre d’élèves est-il approprié aux dimensions de la classe ?(15 pieds carrés ou 150 pieds cubes par enfant).2.Le mobilier comprend-il des pupitres et des sièges individuels ?3.Ceux-ci sont-ils proportionnés à la taille des élèves, ou sont-ils ajustables ?4.L’éclairage naturel est-il suffisant ?(Le minimum de surface vitrée des fenêtres doit être de 1/6 de la surface du plancher; de 1/4 dans les constructions nouvelles).5.Les carreaux sont-ils nets ?6.Le maximum d’éclairage vient-il à gauche?(Jamais en face).7.Les fenêtres sont-elles pourvues de toiles translucides, ajustables, fonctionnant bien ?8.Les murs et le plafond sont-ils de couleur pâle ?9.L’éclairage artificiel est-il suffisant ?(Minimum de 10 pieds-chandelles au mesureur de lumière).10.Est-il disposé de façon à ne pas créer d’éblouissement ?11.La température dans la classe est-elle maintenue entre 68 et 70 degrés Fahrenheit ?12.Un thermomètre est-il en usage dans la classe pour la vérifier ?13.Pendant l’hiver, fait-on en sorte d’avoir une saine humidité de l’air?14.Le poêle est-il entouré d’un manchon métallique pour empêcher la radiation trop vive de la chaleur sur les enfants assis tout près ?15.Par une ventilation naturelle ou artificielle, pourvoit-on à un renouvellement satisfaisant de l’air en toute saison ?16.Les fenêtres sont-elles munies de moustiquaires ?17.IL’entretien de l’école est-il conforme aux règlements ?(Le plancher lavé chaque mois; les murs et le plafond chaque année.) 18.Le balayage et l’époussetage humides sont-ils de rigueur ?19.La classe a-t-elle toujours bonne apparence ?(Le mobilier et le matériel remis à l’ordre après chaque usage.) 20.Les tableaux noirs et les brosses sont-ils nettoyés chaque jour ?21.L’intérieur et l’extérieur de l’école sont-ils maintenus en bon état et réparés au besoin ?22.Les alentours sont-ils propres ?23.L’approvisionnement à’eau potable est-il approuvé par votre bureau d’hygiène ?24.Un échantillon est-il prélevé annuellement pour examen au laboratoire ?25.Les robinets-fontaines pour s’abreuver sont-ils sanitaires ?(Un par 75 enfants, placé à bonne hauteur, sans possibilité de contaminer l’appareil avec les lèvres.) 26.Ou bien, les enfants font-ils usage de gobelets individuels ?27.Les enfants ont-ils ce qui est nécessaire pour se laver les mains après le passage à la toilette ?(Un lave-mains pour chaque classe, du savon, des serviettes individuelles.) 460 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Février 28.Le terrain de jeux est-il suffisamment vaste, entouré, bien draîné et plat ?29.L’équipement de jeux comporte-t-il quelque cause évitable d’accident ?30.Chaque classe est-elle munie d’une trousse d'urgence ?31.Les cabinets sont-ils de construction appropriée à la taille de tous les enfants, éclairés et ventilés ?32.Les cabinets extérieurs sont-ils de construction sanitaire ?(Il faut empêcher les mouches de pénétrer dans la fosse aux immondices.Cette fosse doit être vidée et nettoyée chaque année.) 33.Les cabinets sont-ils tenus propres et toujours munis de papier ?34.La salle de classe est-elle pourvue d'un vestiaire séparé et chauffé ?(Exigez- vous que les enfants enlèvent leurs caoutchoucs pendant les heures de classe ?) 35.Protection contre le feu.La construction de l’école est-elle à l’épreuve du feu ?Sinon, offre-t-elle une sécurité raisonnable en cas d’incendie ?36.Le système de chauffage est-il toujours tenu en parfait état de fonctionnement ?37.L’édifice est-il muni d’un système d’alarme ?38.Les appareils de sauvetage ont-ils été inspectés et approuvés ?39.Fait-on périodiquement des exercices de sauvetage ?40.Etes-vous familier avec les règlements provinciaux d’hygiène concernant les établissements scolaires ?(V.Règlements re- latifs aux municipalités, art.69a à 69w.) Relatio ns L’atmosphère morale a autant sinon plus d’importance que le milieu physique, mais comme elle relève autant de la pratique des vertus chrétiennes et des principes de la pédagogie que de l’hygiène mentale, il n’y a pas lieu d’établir un questionnaire aussi détaillé en raison seulement de l’hygiène.Un bref examen de conscience toutefois serait de mise quant à la mentalité qui s’extériorise lors des projets collectifs, des jeux en équipes, et des relations sociales.1.Les enfants montrent-ils une attitude amicale envers les nouveaux élèves, ceux qui luttent avec eux pour les mêmes honneurs, ceux qui souffrent de quelque défaut physique (louchement) ou fonctionnel (bégaiement), ceux qui sont en retard dans le programme d’études, ceux qui ont mérité quelque réprimande ?2.Sont-ils enclins à travailler ensemble vers un même but avec un sens de loyale coopération ?3.Est-ce qu'ils apprécient et encouragent ceux qui font part de quelque projet nouveau, ou qui émettent une idée originale ?4.Sont-ils capables de reconnaître le succès chez les autres ?5.Savent-ils être bons perdants, tolérer une taquinerie, accepter un reproche ?6.Le professeur.Stimulez-vous et encouragez-vrous l’élève, sans dérision ni sarcasme, sans paraître anxieux ou réjoui de le trouver en faute, sans jamais rire de son ignorance ?7.Vous efforcez-vous de contrôler vos émotions, de rester toujours calme et parfaitement maître de vous ?8.Appuyez-vous sur la bonne volonté par la louange plus que sur les fautes par les reproches et la punition ?9.Est-ce que tout en vous dénote la mentalité que vous cherchez à développer chez vos élèves ? 1943 ÉDUCATION ET FORMATION 461 ÉDUCATION NATIONALE À L’ÉCOLE CALIXA LAVALLÉE IS42-1942 L’auteur de autre hymne national, Calixa Lavallée, naquit à Verchères, le 28 décembre 1842, du mariage d’Augustin-Jean-Bap-tiste Lavallée dit Paquet et de Caroline Valentin.Sa famille avait émigré de Beaumont vers le milieu du XVIIIe siècle.Tout jeune, Calixa Lavallée montra une heureuse disposition pour la musique.Déjà à l’âge de quatre ans, il cherchait à tirer des sons de tout ce qui lui tombait sous la main.Son père, qui était luthier, reconnaissant les talents précoces de son fils, lui fît donner des leçons de piano par un artiste aveugle de Montréal, M.Letondal.En 1859, Calixa Lavallée partit pour les Etats-Unis et, de là, il se rendit au Brésil et aux Indes occidentales où il donna des concerts avec le grand violoniste espagnol, Olivera.En 1861, il s’engagea dans l’armée du Nord et fit la guerre américaine.Quand la paix fut rétablie, il occupa le poste de directeur du grand Opera House de New-York.jusqu’en 1872.A cette époque, il se rendit à Paris où il suivit des cours de musique pendant trois ans sous la direction de Marmontel et de Boieldieu.Puis en 1875, il vient donner une série de concerts au Canada et aux Etats-Unis en compagnie du célèbre violoniste Jéhin-Prume et de Madame Prume, artiste chanteuse.De 1879 à 1881, Calixa Lavallée vécut à Québec.Il était professeur de piano, organiste à l’église Saint-Patrice, membre du fameux Septuor Haydn.À ce moment, précisément en 1880, un grand Congrès national des Canadiens-français s’organisait sous les auspices de la Société Saint-Jean-Baptiste de Québec.Un comité composé de citoyens et de musiciens distingués avait été chargé de préparer le programme des fêtes.Les membres de ce comité étaient: Messieurs Ernest Gagnon, président, i’abbé Georges Fraser, Calixa Lavallée, Arthur Lavigne, Gustave Gagnon, Alfred Paré, Cyrille Dugal, P.Plamondon, C.Lavigueur, Éphrem Dugal, J.-A.Defoy, Étienne Lé-garé, Nazaire Levasseur, Dr Morin, J.Vézina, H.-A.Bédard, Octave Delisle, Joseph Nadeau, Georges Hébert, Félix Gaboury et Clodomir Delisle, secrétaire.Ce comité de musique, nous relatent les annales de la Société Saint-Jean-Baptiste de Québec, voulut perpétuer le souvenir du Congrès national par une œuvre plus durable que l’enthousiasme et les applaudissements d’un jour.Citons le texte même de ces relations: (( Il est une question qui a été bien souvent agitée dans la presse, dans les assemblées publiques et au milieu de nos sociétés populaires: C’est un hymne ou chant national accepté par tous les Canadiens-français.Parmi les nombreux projets soumis de tous côtés à nos comités, celui-ci attira d’une manière spéciale l’attention des organisateurs de la fête de 1880.Il était dû à l’initiative de M.l’abbé Napoléon Caron, du diocèse des Trois-Rivières.Dans une lettre du 24 janvier 1880, celui-ci nous proposait de mettre au concours la composition d’un hymne national.» « Le peu de temps qui restait avant le 24 juin, empêcha le comité de musique d’exécuter ce concours.Mais M.Calixa 462 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Février Lavallée, artiste distingué, fut invité par le comité à composer un hymne national pour le 24 juin.Il se mit à l’œuvre avec ardeur et après quelques essais, il donna au comité un hymne national qui porte aujourd’hui son nom et dont la popularité croît de jour en jour.» Le juge Adolphe-Basile Routhier fut l’auteur des paroles de ce chant national.En 1881, Calixa Lavallée retourna à Boston.Il avait épousé Joséphine Gen-tilly, de Lowell, Mass, le 21 décembre 1867, À sa mort, survenue le 21 février .1891, il était alors maître de chapelle à la cathédrale catholique de Boston.Sa carrière artistique, quoique brève, fut bien remplie.Il a laissé un grand nombre de compositions musicales dont deux opéras, un oratorio, une cantate, un offertoire, l’hymne national, etc.ô Canada, terre de nos aïeux perpétuera la mémoire de ce grand patriote canadien chez tous nos écoliers de langue française.SUGGESTIONS pour la journée patriotique 1.—Décoration murale: aux couleurs nationales.2.—Inscription au tableau noir: Pour Dieu et la Patrie.3.—Gravure: Calixa Lavallée.4.-—Chant national: Ô Canada.5.-—Chant canadien: Ô Canada, mon pays, mes amours.6.'—Prière pour la race canadienne- française: voir VEnseignement Primaire, septembre 1942.7.—Dictée: (cours élémentaire et cours supérieur).Voir Calixa Lavallée, ci-haut mentionné.8.—Rédaction orale: à) Quel est l’auteur de la musique de notre hymne national ?b) À quelle occasion le chant 0 Ca- nada a-t-il été composé ?c) Enumérer d’autres compositions musicales de Calixa Lavallée.d) Quel anniversaire célébrera-t-on en 1943 ?9.—Rédaction écrite: (cours élémentaire) : a) Où naquit Calixa Lavallée ?b) Comment montra-t-il des dispo- sitions pour la musique dans son jeune âge ?c) Qui lui enseigna le piano ?d) Combien d’années vécut-il à Qué- bec ?e) Parmi ses compositions musicales laquelle connaissons-nous davantage ?Rédaction écrite (cours supérieur): Raconter la carrière artistique de Calixa Lavallée.10.—Mot d’ordre: À l’exemple de Calixa Lavallée sachons servir notre pays par tous les moyens mis à notre disposition et avec toute l’énergie dont nous sommes capables. 1943 ÉDUCATION ET FORMATION 463 SINCÉRITÉ et FRANCHISE Formation professionnelle ÉDUCATION par Rév.Soeur Saint-Ignace de Loyola, C.N.D., Préfète des Éludes, Québec.Le vif désir qu’il a de travailler à la formation du caractère chrétien chez ses élèves, amène l’éducateur à se demander par quel trait principal il doit commencer ou quelle vertu fondamentale il doit mettre à la base de l’édifice moral qu’il veut élever.La sincérité est cette disposition essentielle du caractère chrétien, cette vertu primordiale et nécessaire qui est à la racine de toutes les autres, sans laquelle l’éducation ne pourrait même pas s’accomplir.En effet, pour élever l’enfant, il faut le connaître et cela devient irréalisable si par ruse, dissimulation, hypocrisie, mensonge, il se soustrait à l’action des parents et des maîtres.D’autre part, sans la sincérité, pas de formation de conscience possible, par conséquent absence de concours personnel de l’élève dans la formation de son caractère et donc, éducation manquée.Convaincus de la nécessité de cette vertu, les éducateurs doivent avant tout se faire une idée exacte de la sincérité et de ses avantages et se fixer un idéal de droiture à atteindre dans l’éducation des enfants; étudier ensuite, par l’observation, les tendances de ceux qu’ils dirigent: distinguer ce qui est en eux véracité ou fausseté, franchise ou mensonge; enfin, employer les moyens les plus efficaces pour les former à la sincérité.La tendance au vrai Parmi les inclinations supérieures de l’âme humaine, la tendance au vrai tient le premier rang.(( L’homme est fait pour la vérité », dit Aristote.Et il doit aller à la vérité de toute son âme.La connaissance objective capable de satisfaire notre intelligence ne s’acquiert-elle pas sous l’influence d’éléments subjectifs ?Ne provoque-t-elle pas l’attachement du coeur au vrai, lequel s’accompagne du désir de la vérité jusqu’à sa pleine possession et à son épanouissement en actes émanant de la volonté ?L’homme est vrai, sincère, loyal, droit, honnête, quand tout s’accorde en lui: l’intelligence, le coeur, la parole et les oeuvres.C’est cette unité harmonieuse que nous voulons établir dans l’âme des enfants par l’éducation.Nous devons donc étudier la tendance au vrai sous deux aspects: dans les rapports de l’enfant avec la vérité et avec lui-même, c’est la droiture personnelle ou sincérité proprement dite; dans les rapports de l’enfant avec autrui, c’est la franchise.Sincérité et franchise La droiture personnelle est faite de la rectitude du jugement, qui discerne le vrai du faux; de la rectitude de la conscience, qui distingue le bien du mal; enfin, de la rectitude de l’intention, qui rend les actes conformes aux données de la raison et de la conscience.Une âme sincère va droit à la vérité, droit à Dieu, droit au devoir.La franchise est la sincérité avec les autres.Elle consiste dans l’attitude ferme et généreuse de l’âme qui met constamment ses paroles et ses actes en parfaite conformité avec ses pensées et ses sentiments.La personne franche n’a qu’une manière droite de penser, qu’une même manière de dire et de faire.Elle est ouverte, loyale, candide: sans finesse et sans ruse, elle parle et agit bonnement et simplement.Mais ne nous méprenons pas, nous ne saurions réserver notre estime aux contrefaçons.La sincérité n’est pas la naïveté simpliste, la crédulité niaise des esprits faibles: la sincérité n’est pas la sottise.D’autre part, la franchise n’a jamais résidé dans la désinvolture avec laquelle certaines gens 4Ô4 L’ENSEI G N E M E N T PR IM A ] R E Février se permettent de tout dire, même les choses risquées ou blessantes: la franchise n’est pas l’indélicatesse encore moins la brutalité.Non, la sincérité et la franchise sont une seule et même vertu qui se plaît dans le voisinage des plus nobles qualités de l'esprit et des plus magnanimes sentiments du coeur.Acan luges La droiture a toujours été entourée des plus hautes louanges.Les Saintes Ecritures en font l’éloge à maintes reprises: « Réjouissez-vous dans le Seigneur, vous qui avez le coeur droit.)) —- (( Qui montera sur la montagne du Seigneur?Celui qui ne s’est pas parjuré et qui n’a pas été trom-l>eur envers son prochain.)) Notre-Sei-gneur lui-même d’enseigne: (( Que votre parole soit oui, oui; non, non.Ce qui est déplus vient du malin».Tl appelle le démon « père du mensonge ».Il préconise la droiture d'intention dans l’aumône, le jeûne, la prière, en flétrissant l’hypocrisie des Scribes et des Pharisiens.Les hommes placent la sincérité au premier rang dans les hommages qu’ils décernent à la vertu et elle mérite cette place d’honneur car elle est: La condition première de tout bien.Sans elle, to\is les actes vertueux ne sont qu’hy-pocrisie.Si je veux juger de la valeur morale d’une personne, je me demande tout d’abord si c’est du vrai ou du faux qu’elle me présente.La source de Vunité et de la stabilité qui sont les traits propres du caractère.L’âme droite est calme, pleine d’assurance, de tranquillité, car elle ne craint rien.Elle est constante et forte, car elle accomplit son devoir sans se soucier des opinions contraires, des jalousies, des mesquineries.Iai cause de la vraie grandeur morale.L’âme droite ignore les basses capitulations du mensonge.Intrépide dans la lutte contre les erreurs de tous genres, elle grandit dans le triomphe de la vérité et pour prix de sa victoire, elle recueille le respect, la confiance, l’admiration.L enfant est-il naturellement menteur ?Entre les théories extrémistes et fausses de Rousseau et des Jansénistes, se trouve la réponse vraie: l'enfant n'est ni totalement bon, ni tout entier dans le mal.il n'est donc-pas originellement menteur, ni toujours véridique.Mais le divin Maître nous apprend que « la vérité sort de la bouche des enfants ».En effet, la plupart des enfants ont une propension marquée pour la vérité: ils la désirent et ils la disent.À voir leur physionomie candide et leur regard confiant, nous avons l’assurance qu’ils ne veulent pas tromper, qu'ils ne sont pas menteurs et c’est ce qui nous plaît en eux, de prime abord.Huberte, cinq ans, aux grands yeux ingénus, demande à la religieuse qui surveille la récréation des petites: « Conte-moi donc une histoire vraie ».Malgré la candeur du plus grand nombre, les enfants semblent souvent mentir: c’est qu'ils se trompent très fréquemment.Tant de causes peuvent les induire en erreur.Ils sont faibles, suggestibles, sensibles, sans expérience, prennent l’imaginaire pour le réel et l’affirment comme tel, ne comprennent pas toujours le vocabulaire des adultes et ne parviennent pas non pins à exprimer leur pensée avec le peu de mots imprécis qu’ils possèdent.Nous croyons qu’ils mentent, mais il n’en est rien.Gaston s’accuse à confesse « d’avoir fait mourir sa mère ».Le prêtre devinant l’erreur interroge doucement.Gaston était turbulent à l’excès et lorsque sa mère était à bout de nerfs, elle lui disait : « Gaston, tu me fatigues, tu me fais mourir.» L’endant avait pris ces paroles comme formule d’accusation.Mais il y a aussi des enfants qui apportent en naissant une prédisposition au mensonge et, parvenus à l’âge scolaire, tous ont malheureusement appris à mentir.Pour bien diriger leurs élèves, les éducateurs doivent savoir distinguer le mensonge de toute autre altération de la vérité.Le mensonge Le mensonge consiste à dissimuler sa pensée par des paroles ou des actes avec l’intention de tromper les autres.Il réside essentiellement dans la détermination de tromper, c’est-à-dire dans l’intention et non dans la pensée.Un de nos élèves peut affirmer une chose fausse sans mentir, s’il est de bonne foi dans l’erreur.Et il y a certaines déformations de la vérité qui ne sont point mensongères. 1943 46,5 ÉDUCATION ET FORMATION Sort es de pseudo-mensonges L’imagination d’Henri transforme les moindres incidents quotidiens en événements dont il est le héros.•— — « C’est un tel qui a volé argent.» Thérèse, après la classe, vient avertir discrètement sa maîtresse que certains objets disparaissent et que les élèves soupçonnent Isabelle.La maîtresse à son tour soupçonne ce beau zèle de Thérèse et s’empresse de visiter son pupitre dans lequel elle trouve certains objets qu’elle remet, après une petite enquête, à leurs propriétaires.Thérèse avait tout simplement voulu détourner d’elle l’attention de sa 466 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Février maîtresse en accusant une autre par un mensonge.Le mensonge par jalousie.-—Madeleine est présidente des Enfants de Marie.Odile prend ombrage du prestige que lui donne sa conduite régulière et ses succès en classe.Alors elle répand la calomnie parmi ses compagnes: « Madeleine trompe dans les examens, je l’ai vue de mes yeux.» -— (( Une figure de sainte nitouche ! Et ça lit des mauvais livres.Elle m’en a passé un .maman n’a pas voulu que je le lise.)) Le mensonge par vengeance.-—Aline a eu un mauvais bulletin et sa maîtresse va le payer.— (( Vous savez, maman, notre maîtresse est injuste et elle a ses « chouchoux » .Elle ne les corrige pas, nos examens; ce sont des notes « forgées )) que j’ai là sur mon bulletin .Je ne suis pas la seule à me plaindre, toutes les élèves la détestent.)> Il y aurait à ajouter la mythomanie ou la manie de mentir pour mentir.Elle se rencontre chez les anormaux du caractère et le traitement de ce mal mental est plus l’affaire du médecin que celle des maîtres et des maîtresses.L’éducation se heurte donc très fréquemment au mensonge.C’est l’arme des faibles et les enfants en usent le plus souvent pour se mettre à l’abri des reproches et surtout des punitions.Si l’on excepte le mensonge pernicieux, presque tous les autres en effet, ont pour cause le sentiment que l’écolier éprouve de sa propre faiblesse particulièrement lorsqu’il est en faute et le peu de confiance qu’il met en ceux qui sont chargés de l’élever.Culture de la sincérité et de la franchise L’éducateur se trouve en face d’une double éducation à donner simultanément: celle de la sincérité et celle de la franchise.Il doit apprendre à l’enfant à découvrir et à aimer la vérité pour lui-même et lui enseigner à la communiquer aux autres.Comment faut-il faire pour inspirer à l’enfant un vrai culte pour la vérité ?1) Faire estimer et aimer profondément la vérité: a) en éclairant l’intelligence par des notions exactes et en exerçant le jugement: on bannit ainsi tous les mensonges qui naissent de l’erreur; b) en saisissant toutes les occasions de parler de la droiture avec admiration et de flétrir le mensonge, dans l’enseignement, surtout dans les leçons de morale; c) en montrant la grandeur de la sincérité et les récompenses naturelles et surnaturelles qui y sont attachées.Les sources d’exemples sont nombreuses: vie de Jésus, vie des saints, histoire, vie courante.2) Encourager tout acte de sincérité: à) en inspirant de la confiance à l’enfant par la bonté: si l’on chasse la crainte, l’on aura retranché le plus grand nombre de mensonges; b) en récompensant tout acte de sincérité: une faute avouée doit être à moitié pardonnée; par contre, on punira le mensonge s’il est réel, pernicieux ou s’il y a récidive; c) en engageant l’enfant à corriger les défauts qu’il a la faiblesse de couvrir par des mensonges.3) Donner toujours Vexemple de la sincérité: a) en ne trompant jamais l’enfant même par de pieuses légendes; b) en ne mentant jamais devant les enfants; c) en expliquant sa conduite à l’enfant quand on a lieu de douter qu’il en comprenne la droiture.Ce dernier moyen est le soutien des deux autres: l’exemple entraîne et l’action du maître a tellement de puissance ! Un inspecteur disait un jour à une institutrice qui s’excusait de son peu de succès: rd pers.singular and plural in the Indie, present and past and the subjunctive present of each of the following verbs: To become (devenir); to feed (nourrir); to understand (comprendre); to mean (vouloir dire); to throw away (jeter).III — Version: Traduire en anglais: Combien y a-t-il d’onces dans une demi-livre ?J ai ouvert la fenêtre, il y a cinq minutes, mais quelqu’un l’a fermée.Il était malade depuis cinq jours quand son père est venu.Notre pays était en guerre depuis près de deux ans quand il s’est enrôlé dans la marine.Avez-vous vu ma sœur aujourd'hui.IV — Composition: Write a short letter to one of your friends who has been ill, and could not attend school since (( the Christmas holidays ».V — Vocabulary: Clergyman, bishop, lawyer, surgeon, barrister, nursery, mirror, a chandelier, an attic, a small library.Mathématiques Arithmétique et mesurage I — En 1942, les ventes d’un marchand ont aug- menté de 1/6 sur 1941; en 1941, elles avaient augmenté de 1/5 sur 1940; en 1940, clics avaient augmenté de 1/9 sur 1939.Si en 1942 ses ventes se sont élevées à $63 000., qu’étaient-elles en: 1939 ?1940?1941?Solution: a~) Rapp.1939 =9/9 “ 1940=9/9+1/9=10/9 ’’ 1941 =10/9+(l/5 de 10/9)= 12/9 ‘ ' 1942 = 12/9+(l/6 de 12/9)= 14/9 O Ventes 1939=K5™2>r 4- 7 ; 12 4(3*+2) -3(3*+2) Réponse: 6 516 II — Une fruitière dit avoir vendu la moitié d’une caisse d’oranges, plus 8 oranges, et que son reste est égal aux 2/7 de la caisse plus 7 oranges.Combien la caisse en contenait-elle ?Réponse: 70 III — La longueur d’un tapis est les 9/5 de sa lar- geur.Si l’on ajoute 2 pieds à la largeur et que l’on retranche 3 pieds de la longueur, on obtient la même surface.Trouver la surface du tapis.Réponse: 180 pi.car.Algèbre (filles) I — Résoudre: * * -+-=a2—h2 a b Réponse: x = abQa—6) II — Partager 525 en deux parties, de manière qu’en divisant l’une par 25 et l’autre par 30, on trouve 20 pour la somme des quo-tiens.Réponse: 150 et 375 III—Je pense un nombre.Multipliez-le par 5; ôtez 10 du produit; divisez le reste par 3 ajoutez 6 au quotient et divisez la somme par 4, vous aurez 9 pour résultat.Quel nombre ai-je pensé ?Réponse: 20 Géométrie (garçons) I — Définir: Tangente.II — Quand deux circonférences sont-elles tan- gentes entre elles ?Quand sont-elles sécantes ?III — Démontrer que toute perpendiculaire à l’extrémité d’un rayon est tangente à la circonférence.Onzième année Langue française Dictée Nécessité d'une étude sérieuse.—Un jeune homme, quelles que soient ses dispositions naturelles, ne recueillera que peu de fruits de ses études s’il ne sait pas se former une idée nette et précise des choses qu’il aura lues ou entendues expliquer.Toutes celles qu’il aura laissées, sans les avoir approfondies, seront bientôt effacées de son souvenir.Quelque clairs que nous aient paru les ouvrages que nous avons consultés, tout élémentaires que nous semblent le notions qu’ils renferment, il ne faut pas que nous croyions les avoir toujours bien comprises dès le premier abord.Effleurer un sujet est une tout autre 1943 PÉDAGOGIE ET MÉTHODOLOGIE 509 chose que de le connaître à fond.D’ailleurs, si nous savons que l’autorité, tout imposante qu’elle est, ne peut être cependant infaillible, pourquoi ne pas les soumettre à l’examen exact de notre raison ?Quand même aucune erreur ne s’y révélerait à notre esprit, la peine que nous aura coûtée cette méditation ne sera point perdue, puisque par là, nous nous serons accoutumés à réfléchir.Souvent, après bien du travail, nous sommes tout honteux du peu de progrès que nous avons fait; cela vient de ce que la mémoire est la seule de nos facultés que nous ayons cultivée.La plupart des jeunes gens emploient une journée tout entière à apprendre par cœur, plutôt qu’une heure et demie et même une demi-heure à réfléchir.Quoi que vous lisiez, quoi que vous étudiiez, astreignez-vous à l’attention.Vous courrez moins vite, il est vrai, mais vous finirez par arriver plus tôt.Grammaire I — Orthographe et accord: Donner à chaque verbe le complément qui lui convient: a') On voit tous les jours ces promeneurs aller et revenir de la campagne.b~) Cette ville pleure et r’enorgueillit de ses guerriers morts au champ d'honneur, c) Au moment voulu, je vous ferai part et j’exécuterai mon projet, /’embellis toujours et je me plais dans ma chire campagne.II — Conjugaison: Employer les formes des verbes exigées par les sens et expliquer: a) De ce /pue vous prenez, le dernier mot, s'ensuit- il que vous {avoir) raison ?Les plaisirs innocents sont les seuls qui ne (Jtrè) pas suivis de quelque amertume.b) Il me paraît évident qu'il (.croire) à un mauvais vouloir de ma part, et qu’il m'en (tenir) rigueur.c) Il jallait bien qu'il (envisager) l'avenir avec confiance, puisqu'il n'hésitait pas à se lancer dans de nouvelles spéculations.III — Analyse: Analyse grammaticale: les participes passés de la dictée.Analyse logique: la première phrase de la dictée.Étude de texte Au choix: reprendre une des analyses littéraires étudiées au cours des mois précédents.Histoire littéraire Mme de Sévigné I — À quelle époque vécut Mme de Sévigné ?II — Dans quel genre se distingua-t-elle ?Qua- lités de son style.III — Quel sujet traitaient la plupart de ses lettres ?Littérature canadienne Mgr L.-A.Fdquet.—M.C.-].Magnan I — Mgr Paquet, philosophe: nommer ses principales œuvres.II — Mgr Paquet, sociologue: nommer une de ses œuvres dans ce domaine.III — M.C.-J.Magnan, éducateur: nommer ses principales œuvres traitant d’éducation.Langue anglaise Au choix: prendre un des textes étudiés au cours de l’année.Mathématiques Arithmétique I — Deux personnes placent la même somme, l'une à 5%, l’autre à 4%.Le revenu annuel de la première dépasse de $400 celui de la seconde.Quelle est la somme placée ?Vérifier.Solution: a) Cap.=diff.int.cap.= $5.!$4.$100.$400.x $100.X$400.$1.= $40 000.b) Diff.int.= $40 000.X$0.05 = $2 000.$40 000.X$0.04 = $1 600.$400.II — Un capital placé à un certain taux pendant 2 ans et 6 mois deviendrait $2 750., capital et intérêt réunis.Après 4 ans et 3 mois de placement, le capital et les intérêts réunis seraient de $2 925.On demande quel est le capital, et à quel taux il a été placé ?Solution: a) Int.30 ms= temps int.21 ms $2 925 —$2 750.30 ms • .v $175.X3 ms 21 ms = $250.b) Cap.=$2 750.—$250.= $2 500.c) Taux =cap.int.temps $2 500.$250.30 ms $100.x 12 ms $250.X$100.X12 ms - $2 500.X30 ms = $4.=4% III — Une personne place un capital à 4 1/2%; elle retire au bout de 8 mois $3 708 capital et intérêts réunis.Elle emploie les intérêts et replace le capital à 5%- Dans combien de temps aura-t-il rapporté le même intérêt ?Solution: a) Cap.=mt.cap.$100.+2/3 de $4 1/2 $100.$3 708.$100.X$3 708.$103.= $3 600.b') Int.1 an = cap.int.$100.$5- $3 600.* _$5-X$3 600.$100.= $180.^ $108.c) T'mps "W = 3/5 de 365 jrs =219 jours 510 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Février Algèbre (garçons) Résoudre les équations suivantes: I — v—\/ 2x2—7 =—3 Réponse: x’ = 8, x” = 2 Ces deux valeurs vérifient l’équation proposée.II— Jx/ -vd“8—\/ x—& = 2\/ 2x-\-2 Réponse: x’ = 17, *” = —10 La racine x=17 vérifie seule l’équation proposée.III— x4—6x2+l = 0 Réponse: x’= V2-\-l ; x”=V2—1, x,”=l—\/2;x””=—l—V2 Algèbre (filles) I — Le produit de deux nombres est 750 et leur quotient 2 1/3; quels sont ces deux nombres ?Réponse: 15 et 50 Il — Une pelouse a 50 pieds de longueur et 34 pieds de largeur.Tout autour de la pelouse, mais en dehors de sa surface, il y a un sentier d’uniforme^largeur, dont^la surface/ay540 pieds carrés; quelle est la largeur du sentier ?Réponse: 3 pieds.III — Un enfant à qui l’on demandait son âge répondit: « trouvez-le, sachant que la somme de la racine carrée et de la moitié de mon âge est égale à 12».Quel est l’âge de cet enfant ?Réponse: 16 ans.Géométrie (garçons) I — L'aire d’un triangle est égale au demi-produit de sa base par sa hauteur.Démontrer.II — Les côtés d’un parallélogramme ont respectivement 12 pieds 4 pouces et 6 pieds 3 pouces.La hauteur correspondant aux côtés de 12 pieds 4 pouces mesure 5 pieds 6 pouces.Trouver la hauteur qui correspond aux deux autres cotées.Réponse: 10 pi.853.III — La surface d’un triangle rectangle est de 726 pieds carrés.Trouver les deux côtés de l’angle droit, si l'hypoténuse a 55 pieds.Réponse: 33 pi.et 44 pi.Douzième année Stylistique française Remplacer par un seul verbe un autre verbe accompagné d’un adverbe: Détruire entièrement un peuple {exterminer).Détruire entièrement une forteresse {raser).Payer entièrement une facture {solder).Occuper entièrement l'attention {absorber).Avaler gloutonnement {engloutir).Désirer avidement le bien d’autrui {convoiter).Vaincre complètement son ennemi {écraser).Traiter complètement une question {épuiser).Achever complètement une grande œuvre {parachever).Eviter adroitement un coup {esquiver).Introduire adroitement une critique dans un éloge {glisser).Dormir légèrement {sommeiller).Toucher légèrement {effleurer).Passer légèrement sur un sujet {glisser).'Tomber lourdement sur une chaise {s’écrouler).Interpréter faussement la pensée de quelqu’un (travestir).Rapporter faussement un fait (dénaturer).Pousser violemment (bousculer).Renverser violemment (culbuter).Aspirer profondément l’air pur (humer).Toucher profondément le cœur (pénétrer).Etudier profondément un sujet (creuser).Attaquer vivement (assaillir).Regretter vivement ses fautes (pleurer).Admirer vivement un beau spectacle (s’extasier), devant).Il désire vivement vous revoir (il brûle de).Résoudre définitivement une question (trancher).Arrêter définitivement son choix (fixer).Publier officiellement une loi (promulguer).Prendre brusquement (saisir).Passer brusquement d’un sujet à l’autre (sauter).Imprimer fortement dans sa mémoire (graver).Disparaître furtivement (s’éclipser).Surmonter hardiment les obstacles (franchir).Se mettre audacieusement à la première place (se camper).Méditer longuement un projet (mûrir).Passer doucement ses jours (couler).Cette eau sort impétueusement (jaillit).Traiter durement les animaux (brutaliser).Faire cuire tout doucement (mijoter).Priver injustement (frustrer).Etude de texte Immortalité, Lamartine.Lectures littéraires, p.459.Littérature canadienne I — Comment peut-on diviser en phases la littérature canadienne ?II — Quels furent nos premiers poètes ?Dire les caractéristiques des deux premiers.III •— Quels furent les premiers centres la littérature canadienne ?Langue anglaise Au choix: l'un des textes déjà étudiés au cours des mois précédents.Mathématiques (Section Scientifique, garçons) Algèbre I — En vue d’établir son fils, un père de famille désire disposer d'un montant de $13 150.dans 12 ans.Quelle somme devra-t-il placer aujourd'hui à 5% (intérêts composés)?Réponse: $7 322.44. 1943 PÉDAGOGIE ET MÉTHODOLOGIE 511 II — Quelle somme ce père de famille devrait-il placer chaque année à 5% pour constituer le même capital en 12 ans, le taux étant toujours de 5% ?Réponse: $826.16.III — Quel sera le montant de $1 200.placé à 6% pendant 2 ans, si les intérêts sont composés tous les 6 mois ?Réponse: $1 350.61.Géométrie I — Un cône dont la base a son rayon égal à 2 pi.et dont la hauteur est de 15 pi., est coupé par un plan parallèle à la base et distant du sommet de 12 pi.On demande la surface latérael du tronc de cône ?Réponse: 34.21 pi.II — On donne la hauteur h et le rayon R de la grande base d’un tronc de cône.Calculer le volume V et la surface totale S de ce tronc, sachant que l’apothème est égal à la somme des rayons des bases ?Application: h=2 pouces; R=1 pouce.PihXÇlôR* h* 4RWÏ Réponse.—rr—-=6.2832 po.cu.S= PiQlôR* hi4R2h2') 8R2 = 18.8496po.carrés.III — On coupe un cône droit par un plan passant par son axe.La section obtenue est un triangle équilatéral dont la hauteur est a.Calculer: la surface latérale; le volume?„ / 2Pia2 , _ , , Réponse: ^-5— = surj ace latérale.3 Pia2 = volume.Trigonométrie I — Dans un triangle rectangle, on sait que l’hypo- thénuse vaut 548 pi.et qu’un côté de l’angle droit est égal à 249 pi.Déterminer l’autre côté du triangle et l’angle opposé au côté donné ?Réponse: 488.16 &27° II — On demande de résoudre complètement un triangle rectangle sachant que les deux côtés de l’angle droit sont égaux respectivement à 24.9 pi.et 33-6 pi.Réponse: B = 36°30’, C=53o30’,hyp:41.86.III — Un poteau de 10 pi.est fixé verticalement sur un terrain horizontal; l’ombre qu’il projette mesure 13 pi.Trouver la hauteur du soleil au-dessus de l’horizon.Réponse: Hauteur du soleil: 37° 34’ {Section commerciale, garçons') Arithmétique I—J’ai une facture de 35,620 francs à payer à Paris.Est-il préférable pour moi d’acheter à Québec une lettre de change directe sur Paris, le franc étant coté à 6 1/4 cents, ou de payer ma facture par l’intermédiaire d’un courtier de Londres, la livre sterling valant 78 1/2 francs à Paris et $4.85 à Québec.Si j’utilise cette dernière voie, je devrai payer 1/8 de change au courtier de Londres et $3-20 pour le câblogramme.Solution: Ch.sur P.Ch.sur L.= 35620 fr.X$0.06 1/4 = $2226.25 35620 fr.X$4.85 , „ -t-$2.75+$3.20 78 1/2 fr.= $2206.69 Gain sur L.= $2226.25—$2206.69 = $19.56 II — Des actions qui se vendent au cours de 115 rapportent 5% de dividende annuel.Pour quel montant devrai-je en acheter si je veux me faire un revenu de $1,779 après avoir payé une taxe de 1 1/2 sur la partie de ce revenu excédant $400.Solution: a) Rev.tax = rev.net rev.taxable $100.—$1 1/2 $100.$1 779.—$400.x $100.X$1 379.$98 1/2 = $1 400.b) Rev.tot.= $l 400.+$400.= $1 800.N ^ $1 800.r) Cap.=$115.X^r- =$41400 *5' III — J’achète au cours de 119 7/8 des actions qui rapportent 6%; le même jour, j’achète aussi des actions qui rapportent 4% au cours de 74 7/8.Mon revenu annuel pour les deux placements est de $480.Trouver le montant de chacun, si le second égale la moitié du premier, (courtage 1/8% dans chaque cas/) Solution: Int.= cap.taux int.$120.X $0.06 X $7.20 $60 X $ .04X 2,40 =.$9.60 cap.1er int.tôt.Cap.1er = $120.$9.60 X $480.$120.X $480.Cap.2e $9.60 = $6 000 $6 000.2 = $3 000 Algèbre I — La commission scolaire de Québec emprunte $300 000 qu’elle veut rembourser au moyen de 30 annuités consécutives.Quel sera le montant de chacune de ces annuités, l’intérêt étant de 5% ?(tables à 5 décimales) Réponse:, $19 515.08 II —Je m’assure pour $1 000.dans une compagnie d’assurance-vie.La prime est de $32.50 par année.Quelle somme aurais-je versée au bout de 20 ans en tenant compte des intérêts composés à 5%.Réponse: $1 074.71 III — Combien faut-il verser d’annuités de $2 000.pour éteindre une dette de $14 720.20, le taux étant de 6% ?Réponse: 10 annuités. 512 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Février I — Trouver le poids d’un tuyau de plomb ayant 70 pieds de longueur, si le diamètre intérieur est de 3/4 de pouce et l’épaisseur du plomb de 3/8 de pouce.Le poids spécifique du plomb est 11.392 et le pied cube d’eau pèse 1 000 onces.Géométrie pratique mille bardeaux se vend $8.00 et coûte $1.50 de posage ?(1 000 bardeaux couvrent 100 p.c.) Réponse: $171 (Section générale et commerciale.filles') Algèbre Réponse: 458.72 livres j — Pendant combien d’années faut-il laisser Te fais peindre la surface totale d un silo en (ri AA , a «oz II—Je fais peindre la surface totale d’un silo en forme de tronc de cône dont la base inférieure a 5 pi.de rayon, la base supérieure 3 1/2 de rayon et la hauteur inclinée 15 pi-Quelle sera la dépense à $0.30 la verge carrée (Pi = 3.1416)?$1 500.à intérêts composés, à 5% pour que la somme devienne avçc ses intérêts $4 500 ?Réponse: 24 ans, 11 mois, 16 jours.II — À quel taux faut-il laisser $1 200.à intérêts composés, pendant 40 ans pour que cette somme devienne avec ses intérêts, $4511-12?Réponse: 3.366% Réponse: $17.26 III — Un cultivateur se fait construire une maison carrée dont le second étage a la forme d’un tronc de pyramide mesurant 10 pi.d’apothème et ayant 30 pi.de côté à la base et 24 au sommet.Ce second étage est surmonté d’un comble en forme de pyramide de 15 pi- d’apothème.Quelle sera la dépense pour faire couvrir en bardeaux le second étage et le comble, si le III -— À la naissance de son fils, un père de famille plaça, à intérêts composés, la somme de $1 772.40.À quel taux l’argent avait-il été placé, les intérêts se capitalisant par semestre, si le fils retira $5 000 à l’âge de 21 ans ?Réponse: 5% CORRESPONDANCE SOUTENONS LE MORSL DE NOS SOLDATS Nos élèves du cours supérieur pourraient trouver une pratique hebdomadaire des principes de l’art épistolaire qu’ils apprennent, en correspondant avec des soldats qui, loin de nous, mais pour nous, luttent contre l’ennemi.Quelle oeuvre sociale serait ainsi accomplie ! Ces soldats ont besoin de quelque joie pour adoucir l’isolement de la séparation, la.rigidité de la vie militaire, les amertumes du combat.En conséquence, ces correspondances devront porter une note de gaieté et s’établir entre personnes déjà connues.En effet, qui n’a pas un parent, un ami, une connaissance, à quelque titre que ce soit, dans les rangs de nos armées canadiennes ?C’est à ces militaires que nous vous conseillons d’écrire.Ils ont laissé leur famille, leur paroisse, leur ville, leur pays pour éloigner de vous, de nous tous, les horreurs d’une guerre de fer et de feu, telle que celle qui sévit actuellement en Europe.î notre manière, exprimons-leur notre reconnaissance.Élèves de 10 ', de 11 ’ et de 12e années, c’est à vous spécialement que s’adresse cet appel.C’est le temps pour vous de rayonner votre devise de jécisles.Pour la patrie, cette fois, par une correspondance animée de cet esprit, restez: Fières ! Pures ! Joyeuses ! Conquérantes ! LA RÉDACTION. 1943 PÉDAGOGIE ET MÉTHODOLOGIE 513 English Section The INSPECTOR JOTS IT DOWN by A.E.WESCOTT, school inspector You may often, wonder what an inspector ivrites in his note-book as he visits the classes, or what he can learn in the short time that he is able to devote to the inspection of each class.When the visit has been shorter than usual, you may even think that he has learned little or nothing.It is surprising how much can be observed even during a short visit.It is true that the inspector cannot translate all the cryptic signs and symbols from his note-book, nor all the mental notes from his memory, into the formal, rather stilted language of an official report.Most of the information thus obtained remains among the inspector’s private papers or in the still more secret files of his memory, as a potential source of helpful suggestion.Let us accompany' an inspector on one of his visits.As he enters a class, he is greeted by teacher and pupils.He immediately learns something from their manner of greeting.If the greeting is too formal and artificial, the bow too rigid and profound, he may suspect that the training given in this class is a regimentation which is of little value for the pupil’s self-development and for their future self-control.If the greeting is too casual and careless, the inspector may suspect that too little attention is paid to training.If the greeting is not too formal, not too casual, but friendly and polite, the inspector may begin to presume that there is a friendly class spirit and that the teacher pays proper attention to training in courtesy and politeness.The inspector sits at the teacher’s desk, facing the class.This gives him an opportunity of observing the general attitude and deportment of the class.The teacher is asked to continue the lesson or to have the pupils continue their work.The inspector then examines the teacher’s lesson plans and the official class records.If these records are well kept, there is a presumption that- the majority of the pupils’ exercise-books and note-books will be in good order.If the teacher’s work is carelessly done, the inspector may suspect that most of the pupils will shoiv careless written work.The inspector’s presumptions or suspicions are usually confirmed by an examination of the pupils’ written work.While the inspector is moving about, examining the books, he can obtain much information from the blackboards and from the general order of the class room.He can also' learn much by comparing the teacher’s timetable and lesson plans with the exercises which have been assigned to the pupils.It is of ten found that the assignments, which should normally be an application of the current lesson or review, have little or nothing to do with the teacher’s recent lesson plans. 514 L ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Février This inspection oj lhe pupils work may also reveal the fact that the teacher is irregular in checking the pupils' work.It is a pleasure to say that only a small number of teachers are guilty of this sin of omission.There are many, however, whose very zeal has led them into a greater error.In marking papers, they not only indicate the incorrect words and expressions, hut insert the correct forms.These teachers are conscientious, even scrupulous.They are the last to suspect that they are neglecting the education of their pupils by depriving them of proper training in self-criticism, self-reliance and initiative.The inspector is happy when he sees that written assignments are corrected on the blackboard.He is most happy when he finds that each sentence of a language exercise (English, French, or Latin) is written on the blackboard by a different pupil and that every pupil corrects his own errors, whether on the blackboard or on his paper.This part of the inspection may take less time than it has taken to describe it; yet the inspector possesses much valuable information, without having asked a single question on the academic subjects.If everything appears favourable thus far, he is justified in reporting favourably on the teacher's organization and management.If the teacher is found wanting in organization and management, the inspector may legitimately expect to find some other weaknesses.He must, however, avoid rash judgment.If the school is a large high school with departmental teaching, he must be prudent in forming his opinion and in giving praise or blame to any or all of the teachers who are responsible for the various subjects.Even a brief oral examination will yield much information concerning the teaching methods and the pupils’ progress.The ansiver may reveal that the teaching is bookish, that study assignments are given after little or no explanation, or that the explanations are given by the teacher in the form of a lecture.It may'also be found, as it is loo often, that the pupils have never been trained to study, that they are unable to analyse a lesson, in order to select the important points of the assignment and to make a synopsis of the lesson.It may be observed that the pupils’ knowledge of language acquired in the English class is not applied to their oral expression in their other classes, or that their knowledge of onigirel is not pul to use in their other studies, for example, in appraising a moral fact in history.In other words, the examinai ion may reveal that the science of language is taught, instead of the art of expression.and that the science of theology is taught, instead of the art of Christian living.If lime permits, the inspector may assgni some written work, perhaps a problem in mathematics.The manner in which the work is done reveals much.If the work is carelessly done, the pupils’ careless writing may be the cause of their inaccuracy.If the teacher is in the habit of demanding too many det
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