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Titre :
L'enseignement primaire : journal d'éducation et d'instruction
Éditeur :
  • Québec :[L'enseignement primaire],1881-1956
Contenu spécifique :
Janvier
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
autre
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • École primaire (Lévis, Québec)
  • Successeur :
  • Instruction publique
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L'enseignement primaire : journal d'éducation et d'instruction, 1952-01, Collections de BAnQ.

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i, -à ¦ MIEUX SAVOIRj POUR MIEUX SERVIR ’ * • ^* ».% m aK • .;v.Ill* SÉRIE Volume 11, Numéro 5 — QUÉBEC JANVIER 1952 : S' :;.i .f L'INSTRUCriON PUBLIQUi DEPARTEMENT (Ille série) revue pédagogique du DEPARTEMENT DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE Paraissant chaque mois, excepté en juillet et en août.IMPORTANT RECLAMATION DE LA REVUE « L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE > A qui s’adresse au bureau de « L’Enseignement Primaire » pour des réclamations, on demande de tenir compte de ce qui suit : 1 — L’édition étant épuisée, il est inutile de faire de de- mandes pour les revues parues depuis septembre 1947.2 — Demander des informations au bureau de poste s’il y a retard dans la réception de la revue avant d’écrire à notre bureau, qui maintenant porte l’adresse suivante : Département de l’Instruction publique, Edifice Jeanne Hardy, 369-A, RUE ST-JEAN - - - QUEBEC Tel.: 4-8411 — locaux: 896-2204 L’Enseignement Primaire est imprimé par L’Action Sociale, Limitée Place Jean-Talon, Québec.Autorisée comme envoi postal de la deuxième classe : Ministère des Postes, Ottawa.9766 janvier 1952, QUÉBEC.SOMMAIRE Éditorial, Cécile Rouleau, p.454 — Voeux du Surintendant de l'Instruction publique, Omer-Jules Désaulniers, p.455 — Le système scolaire de la province de Québec, Michel Savard, p.456 — Le système scolaire de la province de Québec, 6e et 7K années, p.457 — Historique de notre système scolaire, 8e et 9e années, p.461 — Notre système scolaire, 10e, 11e et 12e années, p.466 — Algèbre, 8e et 9e années, p.472 — Chimie, 10e, 11e et 12e années, p.473 — Judith, 6e à 12e année, p.476 — Chronique internationale, S.S.Pie XII et l'éducation sexuelle, Georges Huber, p.488 — Extrait du discours prononcé par l'honorable Orner Côté, secrétaire provincial, au dernier congrès de l'A.C.E.L.F., août 1951, p.494 — "The College of Handicraft'', honneur conféré à l'honorable Orner Côté, secrétaire provincial, p.498 — Saint Thomas d'Aquin, R.P.Albert, o.f.m.cap., p.499.RENSEIGNEMENTS ET DIRECTIVES Les Instituts familiaux du Québec, p.504 — Directives du Comité de régie, p.509 Test diagnostique, instructions à l'usage du titulaire, p.511 — Chronique de pédagogie, Maurice Lebel, 3e page de la couverture — Semaine du Dimanche, 3e page de la couverture. 454 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Janvier ÉDITORIAL JANVIER 1952 Le thème de cette page éditoriale est déterminé par la teneur intellectuelle de la revue, qui diffère complètement de ce que nous avons Vliabitude de vous présenter.Cependant, ffose espérer que cette édition, originale par sa facture, sera non moins précieuse par la valeur des articles qu'elle contient.Les voeux du Surintendant de VInstruction publique renferment, en plénitude, un programme pour quiconque se dévoue, de près ou de loin, à F éducation de la jeunesse.La vulgarisation de la Loi d'éducation, corollaire des (( constantes historiques )) publiées à Voccasion du centenaire de l'inspection dans la Province, facilite la compréhension de notre système scolaire par la gent écolière et constitue, en quelque sorte, une préparation éloignée au numéro spécial de mars prochain sur VInspection.La chronique internationale relate les précieux avertissements du Chef de la chrétienté.Sa Sainteté le Pape Pie XII, sur l'éducation sexuelle.Dans l'esprit de l'Eglise, nous compléterons notre formation d'instituteurs et d'institutrices avertis que nous devons être pour demeurer à la hauteur de notre tâche.Les extraits du discours de l'honorable Orner Côté, secrétaire provincial, alors qu'il s'adressait, en province minoritaire, aux délégués de divers stages de l'enseignement des dix provinces du Canada vous permettra de communier à l'esprit d'un chef de gouvernement possédant de fortes convictions religieuses.En hommage à saint Thomas d'Aquin, dont la fête sera célébrée au cours de Vhiver, nous reproduisons cette pièce d'éloquence qu'est le sermon prononcé à cette occasion, l'an dernier, par le R.P.Albert, o.f.m.cap.; la lecture de ce document, complétera votre documentation sur la doctrine du grand thaumaturge et philosophe.Que dire du sketch intéressant, intitulé (( Judith )) dû à la plume d'un éducateur de carrière, monsieur Jacques Morency, sinon qu'il répond aux multiples demandes du personnel enseignant.Il en est de même pour les courtes leçons présentées en Algèbre et en Chimie.La dernière partie de la revue consiste en un rapport présenté à une séance du Comité Catholique sur les Instituts familiaux du Québec; des directives du Comité de Régie concernant les prochains examens du Certificat d'études primaires et certaines instructions à l'usage du titulaire se rapportant au test diagnostique, forme V.3.A., dont le texte sera publié en février.Enfin, l'annonce d'un volume nouveau de Ls-Philippe Audet, sur le (( Système scolaire de la province de Québec », et un communiqué de la Ligue du Dimanche complète la série des renseignements et directives de janvier.Pour si varié qu'il soit, néanmoins, ce numéro saura vous plaire.L'aspect pratique des articles vous aidera, je l'espère à atteindre votre idéal.D'ailleurs, notre idéal en tant qu'éducateurs ne peut-il pas devenir une source de paix et de bonheur si nous savons le transformer en une réalité ?Que la paix et le bonheur en rapport avec votre idéal soient donc votre partage en cette année nouvelle « 1952 ».La Directrice de (( L’Enseignement primaire », Cécile Rouleau. 1952 ÉDITORIAL 455 Voeux au personnel enseignant.Après notre voyage à Rome, en 1949, nous vous disions combien le Saint Père, avait été émerveillé de notre système d'éducation; combien il tenait à ce que nous le fassions connaître au pays et à l'étranger.Depuis notre retour, nous nous sommes employés à mieux en faire comprendre l'esprit et surtout à nous inspirer de sa philosophie dans chacune de nos décisions.L'an dernier, messieurs les inspecteurs d'écoles, en ont fait le thème de leur congrès, alors qu'ils ont célébré de façon grandiose le centenaire de l'inspection dans la Province.Dans ce numéro même, monsieur Michel Savard, inspecteur général, présente une édition vulgarisée de Vhistorique de cette loi scolaire, afin de permettre aux élèves de la 6e à la 12e année de comprendre le fonctionnement des écoles de leur province, et de leur faire apprécier le rôle conjoint des parents, de l'Eglise et de l'Etat dans la direction de cet important organisme.Nous avons aussi essayé d'exploiter à fond ce système scolaire lequel, à notre avis, peut donner tout ce qu'on peut légitimement espérer d'un système d'éducation.Dans le passé, il est évident que l'Eglise s'est toujours occupée, comme elle le devait, de son rôle de directrice et d'animatrice.^ Mais elle n'a pas toujours été appuyée suffisamment par les parents et par l'Etat.Depuis une couple de décades, il n'en va pas ainsi; la population s'est réveillée, elle a senti le besoin de donner à ses enfants une instruction plus poussée, une éducation^ plus complète.Et, la contribution des parents a doublé tandis que celle de l'Etat a été multipliée par six.Voilà du côté matériel.Du côté pédagogique, des progrès énormes ont été réalisés.En 1948, un nouveau programme, pour les écoles élémentaires, véritable traité pédagogique était inauguré.Ce bréviaire de l'éducateur a coûté cinq années de travail de la part de psychologues, de techniciens de Venseignement et de plusieurs autres conseillers avertis.Pour l'expliquer avec efficacité, il faut, nous le comprenons, un matériel adéquat qui réponde aux directives du programme, c'est-à-dire qui soit conçu dans le même esprit.C'est ce à quoi nous nous employons depuis quatre ans.Plusieurs manuels sont déjà approuvés par le Comité Catholique et un bon nombre d'autres seront édités d'ici un an.De sorte que le professeur et, partant les enfants, auront en mains des volumes à la fois instructifs et attrayants.Ce travail accompli pour les écoles élémentaires se poursuit pour les écoles supérieures et les écoles normales; ces dernières devant pourvoir à la formation de l'instituteur et de Vinstitutrice, congréganiste ou laïque.N'est-ce pas que nous pouvons espérer beaucoup de ces projets d'envergure dont les premières réalisations ne sont que les prémices des progrès futurs en matière d'éducation ?Cependant, au début d'une année, il sied davantage au Surintendant d'offrir des voeux que de faire un examen rigoureux du travail accompli, me direz-vous .Ce tableau brossé à la hâte devant vous n'a d'autre but que celui de servir de préambule au voeu que je désire exprimer au début de cette année.Puissent les progrès spirituels des élèves et des maîtres marcher de pair avec les progrès matériels et pédagogiques.C'est là, semble-t-il, la condition essentielle du succès de notre oeuvre d'éducation qui consiste, non pas à faire des machines à^exécuter mais à former des êtres intelligents et moraux qui soient un actif pour l'Eglise, la Famille et la Patrie.Et seule une vie surnaturelle intense peut y parvenir pleinement.Si la tâche est de taille et exige le concours de toute une population, celui de l'instituteur et de l'institutrice est surtout nécessaire.L'enjeu en vaut la peine puisqu'il s'agit de l'avenir de nos enfants et, par conséquent, de notre peuple.Bonne, heureuse et sainte année ! décembre, 1951.Le Surintendant de VInstruction publique, Omer-Jules Désaulniers. 456 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Janvier Le système scolaire de la Province de Québec Présentation: A l’automne de 1949, monsieur le Surintendant de l’Instruction publique avait l’insigne privilège d’être reçu en audience privée par Sa Sainteté le Pape Pie XII et de lui exposer le fonctionnement de notre système scolaire.Lorsque le Saint Père eut fini de l’entendre, il s’exclama: (( C’est merveilleux !.Il faut faire connaître un système d'éducation qui respecte à ce point les droits des parents en matière d’éducation )).Les inspecteurs d’écoles qui sont les chevilles ouvrières du Département auprès des commissions scolaires et du personnel enseignant ont d’abord été invités à étudier les principes de base de notre système scolaire, avant de s’en faire les apôtres auprès de leurs commissions scolaires et du personnel enseignant de leur district d’inspection.Un inspecteur d’écoles, qui est à la fois un écrivain distingué et un historien de mérite, monsieur Gérard Filteau, fut chargé de préparer un travail sur les (( constantes historiques et philosophiques de notre système scolaire )).Ce travail était surtout destiné aux inspecteurs d’écoles de la Province.Dès qu'il fut connu, on en réclama des exemplaires un peu partout dans la Province et même à l’étranger.Si tant de personnes ont démontré un tel intérêt pour le système d’éducation actuellement en vigueur, il convient que le personnel enseignant instruise à son tour nos enfants et, peut-être, par eux, la population en général.Et le meilleur moyen d’informer la gent écolière, n’est-ce pas de vulgariser les grands principes de base de cette organisation unique ?Le véhicule de la revue officielle du Département de l’Instruction publique semble le moyen le plus efficace d’atteindre à cette fin.C’est pourquoi, nous vous présentons certaines suggestions que vous exploiterez au bénéfice de vos élèves, selon leur degré d’avancement et le milieu dans lequel ils vivent.Les classes de 6° à 12a année trouveront grand profit dans l’étude des notes que nous leur soumettons.Surtout en cette année du centenaire de l’inspection des écoles, nous insistons auprès de vous, instituteurs et institutrices, afin que nombreuses et instructives soient ces leçons sur l’histoire du système scolaire de la Province.Puisse cette prise de conscience collective sur la valeur éducative de notre institution scolaire donner à tous nos enfants les connaissances dont ils ont besoin pour faire apprécier et aimer, dans leur milieu respectif ce système d’éducation qui fait l'orgueil de Québec et constitue une des plus belles tranches de notre patrimoine national.L’inspecteur général des Ecoles catholiques, Michel Savard. 1952 LE SYSTÈME SCOLAIRE 457 LE SYSTÈME SCOLAIRE DE LA PROVINCE DE QUÉBEC SIXIÈME et SEPTIÈME ANNÉES A) LA COMMISSION SCOLAIRE Vous êtes-vous déjà demandé ce qu’est une commission scolaire ?Une chose bien certaine, c’est qu’un élève de 6e ou de 7e année n’a pas le droit de l’ignorer.Au début de juillet de chaque année, vos parents se réunissent pour choisir des commissaires d’écoles.Us sont au nombre de cinq et ce sont eux qui forment La commission scolaire.La commission scolaire représente vos parents et est chargée d’agir en leur nom dans tout ce qui intéresse votre instruction et votre éducation.Vous devez être reconnaissant envers les commissaires d’écoles qui sans recevoir aucune rémunération se dépensent sans compter pour que plus tard vous soyez un enfant instruit et bien éduqué.Us ont de nombreux devoirs à remplir.Voici les principaux: 1° Bâtir et équiper les maisons d’écoles.2° Engager des instituteurs et des institutrices.3° Voir à ce que les règlements soient observés dans les écoles.4° Percevoir des taxes pour faire face aux dépenses.Si vous ne connaissez pas le commissaire d’écoles de votre arrondissement scolaire, demandez son nom à vos parents, ils le connaissent sûrement.Vous apprendrez aussi le nom des quatre autres commissaires de votre municipalité.Quand vous connaîtrez bien l’organisation scolaire de votre paroisse, vous connaîtrez par le fait même celle des paroisses qui touchent à la vôtre.Dans toute la province de Québec, partout où il y a une paroisse, il y a une commission scolaire et des commissaires d’écoles qui s’occupent de l’éducation des enfants.Dans quelques années, quand vous aurez quitté la classe, vous serez appelé à choisir des commissaires d’écoles ou peut-être serez-vous choisi pour remplir cette importante fonction.En attendant, rappelez-vous bien que la commission scolaire de votre localité représente officiellement vos parents et travaille de concert avec l’Église et l’État à faire de vous de bons citoyens et de parfaits chrétiens.QUESTIONNAIRE 1.Comment est composée la Commission scolaire ?2.Généralement, dans votre paroisse, y a-t-il plusieurs Commissions sco- laires ?.3.Quand vos parents choisissent-ils les commissaires d’écoles?i 4.Pourquoi dites-vous que la Commission scolaire représente vos parents ?* 5.Enumérez les principaux devoirs des commissaires d’écoles ?6.Quel est le nom du président de votre Commission scolaire ?7.Trouvez le nom des autres commissaires de votre Cortimissioli scolaire ? 458 L’ENSEIGNEM ENT PRIM AIRE Janvier 8.Pourquoi les commissaires d’écoles méritent-ils votre reconnaissance ?9.Votre paroisse est-elle la seule dans la province de Québec à posséder une Commission scolaire ?10.Avec quelles sociétés votre Commission scolaire collabore-t-elle ?B) LE CONSEIL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE Comme vous l’avez appris, c’est la commission scolaire qui dans votre paroisse s’occupe des choses de l’instruction.Vous savez aussi que par toute la province il y a beaucoup de commissions scolaires qui jouent exatement le même rôle que celle de votre paroisse.La commission scolaire est l’autorité locale, mais il existe un organisme qui a autorité dans toute la province et on l’appelle Le Conseil de VInstruction publique.Le Conseil de l’Instruction publique a mission de veiller à l’instruction et à l’éducation dans toute la province.Son autorité s’étend à toutes les commissions scolaires.Etant donné qu’il y a dans la Province des catholiques et des protestants, le Conseil de l’Instruction publique est composé de deux comités: Le Comité catholique et le Comité protestant.L' Comité catholique est formé de tous les archevêques et évêques de la province et d’un nombre égal de laïques nommés par le Gouvernement.Le Comité protestant d’un nombre égal à celui des laïques catholiques nommés eux aussi par le Gouvernement.Le Comité catholique s’occupe des questions qui intéressent l’éducation des catholiques et le Comité protestant de celles qui intéresse les protestants.Si une question intéresse les catholiques et les protestants en même temps, c’est le Conseil de l’Instruction publique au complet qui a autorité.Chacun des deux comités du Conseil de l’Instruction publique a ses sessions distinctes.Il nomme son président et son secrétaire.Chacun des deux comités peut faire des règlements: 1° pour l’organisation et la discipline des écoles; 2° pour la division de la province en district d’inspection; 3° pour la régie des écoles normales; 4° pour la régie du bureau des examinateurs; 5° pour l’examen des aspirants à la charge d’inspecteurs d’écoles; 6° pour la régie des écoles ménagères; 7° pour la détermination des jours de congé qui doivent être donnés dans les écoles; 8° pour approuver les livres de classe et tout autre objet utile à l’enseignement.Vous savez donc maintenant ce qu’est le Conseil de l’Instruction publique.Le comité qui nous intéresse le plus est celui qui s’occupe des catholiques.Le comité tient généralement quatre réunions par année; son travail se poursuit cependant sans interruption par l’intermédiaire de cinq commissions et de plusieurs sous-commissions.Ces commissions sont les suivantes: a) commission de coordination et d’examens; b) commission de programme et de manuels; c) commissions de finances et de législation; d) commission de l’ordre du mérite scolaire; e) commission de l’enseignement ménager.Ces commissions sont [composées de membres du Comité catholique qui s’adjoignent des spécialistes et des techniciens.Je suis sûr que vous connaissez un membre ou l’autre du Comité catholique; Monseigneur l’Évêque du diocèse en fait partie ex-officio.Monsieur 1952 LE SYSTÈME SCOLAIRE 459 le Surintendant et Monsieur le secrétaire du Département de l’Instruction publique dont vous avez les photographies dans votre classe sont les chevilles ouvrières de cet organisme.Tout dans votre classe vous rappelle le travail constant de cette élite qui travaille sans relâche pour que vous retiriez de l’école que vous fréquentez la meilleure éducation possible.QUESTIONS A RÉSOUDRE 1.Comment s’appelle l’organisme qui a autorité sur toutes les écoles de la Province ?2.Quel est le rôle du Conseil de l’Instruction publique ?3.Pourquoi y a-t-il deux comités dans le Conseil de l’Instruction publique ?4.De qui se compose le Comité catholique ?5.Comment est composé le Comité protestant ?6.Quand le Conseil de l’Instruction publique siège-t-il au grand complet, c’est-à-dire avec le Comité catholique et le Comité protestant réunis ?7.Enumérez quelques règlements qui peuvent être faits par le Conseil de l’Instruction publique ?8.De quel Comité dépend votre commission scolaire ?Pourquoi ?9.Le Comité catholique se réunit-il souvent ?10.Donnez le nom des commissions qui travaillent durant l’année sous l’au- torité du Conseil de l’Instruction publique ?11.Donnez le nom des membres du Comité catholique que vous connaissez?C) DÉPARTEMENT DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE Comme vous l’avez déjà vu, la Commission scolaire représente les familles et le Conseil de l’Instruction publique est le mandataire de l’État et deTÉglise.Ces deux organismes essentiels de notre système scolaire sont bien distants l’un de l’autre; pourtant, ils doivent se donner la main parce qu’ils travaillent, pour la même cause de l’éducation.Nos lois scolaires ont donc voulu l’existence d’un organisme de liaison qu’on appelle le Département de l’Instruction publique.C’est le trait d’union entre les comités et les Commissions scolaires.Le chef du Département de l’Instruction publique s’appelle le Surintendant de l’Instruction publique.Il est chargé de faire exécuter par les commissions scolaires les ordres et les décisions des deux Comités.C’est lui quî distribue les subventions destinées aux écoles et qui fait part au Gouvernement par l’intermédiaire du Secrétaire provincial des sommes requises pour l’administration des écoles de la province.Vous voyez, n’e^t-ce pas, le rôle important du Surintendant de l’instruction publique.En résumé, il sert d’intermédiaire entre les Comités et le Gouvernement d’une part et entre les commissions scolaires et les Comités d’autre part.Monsieur Omer-Jules Desaulniersy D.pêd., est le Surintendant actuel.Le surintendant est assisté de deux secrétaires, un catholique de langue française et un protestant de langue anglaise.Us veillent, sous sa direction, auj contrôle général du Département de l’Instruction publique.Le secrétaire français est Monsieur B.-O.Filteau, D.péd.Le secrétaire anglais est Monsieur W.P.Percival, M.A.PH.D.,L.L.D.Sir on songe qu’il y a dans la province près de 2,000 corporations scolaires, la tâche du Surintendant est formidable.Pour lui venir en aide, l’inspection 460 L’ E NSEIG N E M ENT PRIM AIRE Janvier 4es écoles a été depuis longtemps organisée.Vous connaissez votre inspecteur d’écoles qu\ vous rend visite au moins deux fois par année.C’est un homme - ClH + CeHs — R — c) —î-CsHs N02 + H20 5.CeUe —CeHsNH^ (après les réactions).78 93 x 100 lOOx 78 93 = 88.8 kilo, de benzène.Tant qu’un peuple n’est envahi que dans son terri-toire, il n’est que vaincu; mais s’il se laisse envahir dans sa langue, il est fini.BONALD 476 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Janvier SIXIÈME à DOUZIÈME ANNÉE Judith ÉPISODE BIBLIQUE par Jacques Morency PRÉAMBULE LE CORYPHÉE La treizième année de son règne, le roi Nabuchodonosor envoya Holopherne, général en chef de ses armées, contre tous les royaumes d’Occident qui avaient refusé de se soumettre à sa puissance, avec ordre de n’épargner aucun peuple et de soumettre toutes les villes fortes.Or, tous les rois et les princes, à l’approche de l’innombrable armée d’Holo-pherne, se soumirent sans combattre.Seul le peuple d’Israël se prépara à la résistance et ferma le passage des montagnes.Holopherne assiégea Béthulie, et les Hébreux furent remplis de terreur en apercevant cette multitude d’hommes armés qui couvrait la campagne.Il y avait alors dans la ville de Béthulie une veuve du nom de Judith.Elle était très belle de figure, possédait de grandes richesses, et il n’y avait personne qui dit d’elle une parole de blâme.Depuis un mois environ, Holopherne assiégeait Béthulie quand, un jour, vers le soleil couchant, la servante de Judith entra dans la maison, affolée.PERSONNAGES Judith Maïa, sa servante Ozias Holopherne Un garde Le coryphée Maïa {entrant) Maîtresse !.Maîtresse !.Judith Qu’as-tu, Maïa ?Maïa Ce soir, il n’y aura plus d’eau dans la ville.Judith Qui l’a dit ? 1952 JUDITH 477 Maïa Les Anciens du peuple.Judith Ils ont tenu conseil ?Maïa Oui, maîtresse.Vous savez que dès son arrivée, le général de l’armée assyrienne a fait couper l’aqueduc, mais il y avait plusieurs sources en dehors de murs où le peuple allait puiser l’eau.Judith Je savais cela, Maïa.Maïa Il y a vingt jours que ces sources sont gardées par les ennemis et tous les réservoirs et les citernes de la ville sont à sec.Judith Et Ozias et Charmi ont tenu conseil, dis-tu ?Maïa Oui, maîtresse .Aujourd’hui même tout le peuple s’est rassemblé auprès d’Ozias en pleurant et se lamentant .Les hommes, les femmes et les enfants ont demandé aux chefs de la ville que nous nous rendions tous volontairement au général Holopherne.Judith Nous rendre à Holopherne !.Jamais !.Ozias a refusé ?Maïa Ozias, voyant le peuple crier et pleurer, se leva, baigné de larmes et dit: « Ayez bon courage, mes frères, et attendons pendant cinq jours la miséricorde du Seigneur .Ces cinq joiirs passés, si le secours n est pas venu, nous ferons ce que vous avez proposé.)) Judith Le Dieu de nos pères n’est-il pas avec nous !.Va, Maïa, va trouver les Anciens du peuple et dis à tous que je désire leur parler.Maïa J’y cours, maîtresse.Judith {s'agenouillant) Jéhovah, Dieu puissant et miséricordieux, me voici prosternée à vos pieds .Assistez-moi, je vous prie .Seigneur, mon Dieu, secourez une veuve . 478 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Janvier Regardez en ce moment le camp des Assyriens comme vous avez daigné autrefois regarder celui des Egyptiens, et punissez l'orgueil de ceux-ci comme vous avez puni l’audace de ceux-là .Que cet homme soit abattu par sa propre épée.Qu’il se prenne aux lacs de son regard sur moi et frappez-le par les douces paroles de mes lèvres .Mettez dans mon cœur assez de fermeté pour le mépriser, assez de force pour le perdre .Dieu du ciel, excaucez-moi, malheureuse qui vous supplie, et met sa confiance en votre miséricorde.M aïa {entrant) Maît resse, voici les Anciens du peuple qui viennent dans votre maison ! Ozi as {entrant suivi des Anciens) Nous te saluons, Judith, fille de Mérari Judith Maïa, donne des sièges ! Ozias Tu nous a fait appeler ?Judith Asseyez-vous, Ozias .Asseyez-vous avez tenu conseil, aujourd’hui, et vous voulez livrer Béthulie aux Assyriens ?Ozias Toute la ville va périr par la soif.Judith Y a-t-il encore de l’eau dans les citernes ?Ozias Pour un jour à peine.Judith Et vous avez fixé cinq jours au Seigneur, Ozias ?Ozias Le peuple m’a supplié avec cris et larmes.Judith Comment osez-vous mettre le Seigneur à l’épreuve ! Ozias Tous m’ont conjuré de livrer la ville à Holopherne, préférant mourir par le tranchant du glaive que d’agoniser dans les ardeurs de la soif. 1952 JUDITH 479 Judith Et vous avez marqué un jour à Jéhovah selon votre bon plaisir .Dans cinq jours !.Avez-vous oublié que le Dieu de nos pères est un Dieu bon et juste, et qu’il brise l’orgueil des superbes et donne sa consolation à ceux qui le prient .Nous n’avons pas adoré les dieux étrangers .Nous sommes restés fidèles à Jéhovah .Attendons humblement dans le jeûne et la prière qu’il vienne à notre secours .Et vous, Anciens du peuple, allez, relevez les cœurs par vos paroles .Prions le Seigneur, et sa main nous délivrera de nos ennemis.Ozias Tout ce que tu as dit est vrai, et il n’y a rien à reprendre dans tes paroles .Maintenant donc, prie Dieu pour nous, car tu es une femme sainte et craignant Dieu.Judith Comme vous reconnaissez que tout ce que j’ai pu vous dire est de Dieu, éprouvez si ce que j’ai résolu de faire est aussi de Lui, et priez-le de me donner la force de réaliser mon dessein .Mais je ne veux pas que vous cherchiez à savoir ce que j’entreprends.Ozias Fais selon que tu le dis et que le Seigneur soit avec toi pour tirer vengeance de nos ennemis.Judith Allez !.Vous vous tiendrez, cette nuit, à la porte de la ville, et je sortirai avec ma compagne.Ozias Nous t’obéirons, Judith, car le Seigneur est avec toi.{Les Anciens sortent) Maïa Que voulez-vous faire, maîtresse ?Judith Tu le verras .Enlève-moi ces vêtements de deuil .Apporte la myrrhe et mes parfuns, mes habits de fête, mes bracelets, mon collier d’émeraudes, mes boucles d’oreilles .Il faut que je sois belle aujourd’hui^comme^jamais je ne l’ai été.Maïa Que vous abandonniez vos vêtements de deuil ! .Judith 480 L ’ E N S EIG N E M E N T P RIM AIR E Janvier Maïa (elle sort) Je vous obéis, maîtresse.Judith Seigneur, vous savez que ce n’est pas pour la volupté que je veux être belle, mais seulement pour votre gloire.Le coryphée Et le soir même .M aïa (bas) Nous arrivons à la porte de la ville, maîtresse.Judith Les Anciens doivent être là ?Maïa Oui, tous .Voici Ozias qui vient à votre rencontre.Ozias Salut à toi, Judith !.Tu surpasses en beauté, cette nuit, toutes les filles d’Israël.Judith La porte de la ville est-elle ouverte ?Ozias Oui, par notre ordre .Tu peux passer.Judith Priez Dieu pour moi et soyez sans inquiétude .Je viendrai moi-même vous donner des nouvelles.Ozias Que le Dieu de nos pères te donne sa grâce, qu’il affermisse par sa puissance tous les desseins qui sont dans ton cœur, afin que Jérusalem soit glorifiée à cause de toi et que ton nom figure parmi ceux des saints et des justes.J udith Ainsi soit-il.Le coryphée Puis les deux femmes sortent seules de Béthulie .Judith (bas) Maïa, as-tu apporté tout ce que je t’avais dit ? 1952 JUDITH 481 Maïa Oui, maîtresse .Dans ce sac, j’ai mis une outre de vin, un vase d’huile, de la farine grillée, des fruits secs, du pain et du fromage.Judith Bien !.N’as-tu pas peur, Maïa ?Maïa Oh ! non, maîtresse .Et quand j’aurais peur, je ne voudrais pas vous quitter au moment du danger.Judith Ne crains rien !.Dieu est avec nous.Maïa Et puis, vous êtes si ravissante, ce soir, que tous ceux qui vous verront, ne pourront qu’admirer votre beauté et votre grâce.Tu crois ! Judith Maïa Je ne vous ai jamais vue, moi qui vous parle, aussi séduisante .Vous êtes incomparable à toutes les femmes.Un garde (abaissant sa lance) D’où viens-tu et où vas-tu ?Maïa C’est la garde de l’armée assyrienne, maîtresse.Le garde D’où viens-tu et où vas-tu ?Judith Je suis une fille des Hébreux.Que viens-tu faire ici ?Le garde Judith Je me suis enfuie du milieu d’eux sachant qu’ils vous seront livrés en proie.Le garde Oui, dans peu de jours, ils n’auront plus d’eau et mourront tous de soif. 482 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Janvier Judith Je pourrais découvrir au prince Holopherne tous leurs secrets .Le garde Vrai !.Tu pourrais dire à mon maître comment venir à bout de la résistance de ce peuple ?Judith Je puis lui indiquer un accès par où il pourra les prendre sans perdre un seul homme de son armée.Le garde Tu as sauvé ta vie en prenant cette résolution de descendre vers notre seigneur .Tu peux être assurée que lorsque tu paraîtras devant lui, il te traitera bien, et que tu seras très agréable à son cœur .Suis-moi ! Le coryphée Et le garde conduit Judith et sa servante devant Holopherne.Le garde (à Holopherne) Seigneur, une fille des Hébreux est venue de Béthulie jusqu’aux avant-postes, et nous l’avons conduite dans le camp.Holopherne Où est-elle ?Le garde Ici-même, Seigneur, à l’entrée de votre tente.Holopherne Fais la paraître devant moi.Le garde {allant vers Ventrée) Gardes, faites entrer la jeune fille.Judith {entrant et se prosternant) Prosternée à tes pieds, seigneur Holopherne, je viens comme une humble servante .Holopherne {aux gardes) Relevez-la .{à pari) Elle a la beauté et la grâce d’une reine, {à Judith) Comment t’appelles-tu ?Judith Judith, Seigneur. 1952 JUDITH 483 Holopherne Rassure-toi et bannis la crainte de ton cœur car je n’ai jamais fait de mal à quiconque a voulu servir le roi Nabuchodonosor .Si ton peuple ne m’avait pas méprisé, je n’aurais pas levé ma lance contre lui .Maintenant, dis-moi pourquoi tu t’es éloignée d’eux et tu as pris le parti de venir vers nous.Judith La sagesse de ton esprit est célèbre dans toutes les nations, Seigneur Holopherne, et ton gouvernement est vanté dans toutes les provinces .Mon peuple i outragé son Dieu et tremble de frayeur devant toi .En outre la famine le presse et tous les réservoirs d’eau sont desséchés dans la ville .Moi, ta servante, je sers mon Dieu maintenant même que je suis auprès de toi; ta servante sortira du camp chaque nuit pour aller prier son Dieu qui lui fera connaître quand il doit les châtier pour leurs pèches, et je reviendrai te l’annoncer.Holopherne Il n’existe pas sur la terre de femme qui soit semblable à celle-ci pour la prestance, pour la beauté, et pour la sagesse de ses discours.Judith Je ne suis qu’une misérable fille des Hébreux.Holopherne Dieu a bien fait de t’envoyer devant ce peuple, pour nous le livrer entre les mains.Comme ta proposition est bonne, si ton Dieu fait cela pour moi, Il sera uissi mon Dieu, et toi, tu seras grande dans la maison de Nabuchodonosor, et ton nom deviendra célèbre dans toute la terre.Judith Le Seigneur Holopherne est un prince illustre et puissant, et Judith est heureuse de pouvoir lui plaire.Holopherne Conduisez-la à la chambre des trésors .Vous lui donnerez à manger les mets de ma table.Judith Seigneur, permettez que je mange ce que j’ai apporté pour moi de peur de me rendre coupable de péché.Holopherne Et quand tes vivres seront épuisées, que ferons-nous de toi ?Judith Seigneur, je jure par ta vie que je n’aurai pas consommé ces provisions, avant que Dieu ait réalise par ma main le dessin que j’ai formé. 484 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Janvier Holopherne Bien !.Conduisez-la à la chambre des trésors, et laissez-la aller comme elle le désire.Le coryphée Judith passa quatre jours dans le camp d’Holopherne.Selon les ordres de 2elui-ci, on la laissait sortir chaque nuit dans la vallée de Béthulie.Or le soir du quatrième jour .Maïa Maîtresse, c’est le quatrième jour que nous sommes ici, et le soleil est déjà disparu depuis longtemps.Judith Jeûne et prie avec moi, Maïa, que Dieu sauve notre peuple de la main de l’oppresseur.Maïa Quelqu’un vient.Le garde {entrant) Que la bonne fille ne craigne point de venir auprès de mon Seigneur Holopherne pour manger avec lui et boire du vin avec joie.Judith Va et dis au prince Holopherne que je te suis à l’instant.{Le garde sort) Maïa Et votre jeûne, maîtresse ?Judith Écoute, Maïa, donne-moi de nos provisions et suis-moi .Tu resteras à l’entrée de la tente du général et tu feras le guet.Maïa Mais si ce païen, qui doit être ivre, à cette heure, voulait abuser de votre faiblesse.Judith Si je t’appelle; viens ! Maïa Je ferai ainsi, maîtresse.Arrivée à la tente .Le coryphée 1952 JUDITH 485 Le garde (entrant) Seigneur, la jeune fille de Béthulie que tu as appelée est à la porte.Holopherne (ivre) Fais-la entrer ! Judith (entrant) Que mon seigneur Holopherne veuille recevoir sa servante, c’est une gloire pour elle.Holopherne La voilà .la belle .entre les belles .Viens t’asseoir .à ma table .et manger avec moi.Judith Qui suis-je pour résister à mon seigneur ?Holopherne J’ai aimé .beaucoup de femmes .mais aucune .ne t’égalait en beauté .ma Judith.Judith Le seigneur Holopherne m’honore profondément.Holopherne Bois donc .avec joie .car tu as trouvé grâce .devant moi .Ha ! ha ! ha ! Judith Je boierai, seigneur, car mon âme est plus honorée en ce jour qu'elle ne l’a été tous les jours de ma vie.Holopherne • Buvons !.Buvons !.à nos amours .A toi, Judith .et .à moi .Ho .Lo .plier .ne (U boit et s’assoupit) Judith Il dort !.Seigneur, Dieu d’Israël, fortifiez-moi et jetez en ce moment un regard favorable sur l’œuvre de mes mains que j’achève et que j’ai cru possible par votre assistance .(Elle détache l’épée d’Holopherne) Seigneur Dieu, fortifiez-moi à cette heure.(Elle tranche la tête d’Holopherne de deux coups d’épée) (Silence .Appelant, bas) Maïa !.Maïa ! Maïa (entrant) Maîtresse, vous m’avez appelée ? 486 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Janvier Judith Regarde ! Maïa Oh ! c’est la tête du prince.Judith Vite, vite .Mets-la dans le sac des provisions et partons.Maïa Vous l’avez tué.Judith Oui !.Pour sauver Israel.Maïa Comment avez-vous fait ?Judith Je te raconterai plus tard .Hâtons-nous .Courons .J’ai hâte d’annoncer la bonne nouvelle à Béthulie.Le coryphée Puis les deux femmes, comme chaque nuit, sortent librement du camp, et arrivent enfin à Béthulie.Maïa Voyez, maîtresse, devant nous !.Ce sont les murailles de la ville.Judith (appelant) Ouvrez la porte, car Dieu est avec nous et II a signalé sa puissance en faveur de son peuple.Ozias (du dehors) C’est Judith !.Ouvrez !.Ouvrez ! (On ouvre.Les Anciens et le peuple paraissent) Judith Louez Dieu qui n’a point abandonné ceux qui espéraient en Lui.Ozias L’armée des ennemis a donc été vaincue ? 1952 JUDITH 487 Judith Le Seigneur Holopherne est mort !.par la main d’une femme ! sa tête Dieu l’a frappé Ozias Nous qui croyions que tu ne reviendrais plus.Judith Louez le Seigneur qui m’a gardée durant mon séjour au milieu d’eux et qui n'a pas permis que sa servante fut souillée! Ozias Le Seigneur t’a bénie dans sa force et par toi II a réduit à néant tous nos ennemis.Judith Écoutez-moi, mes frères, suspendez cette tête au haut des murailles.Et, quand le soleil sera levé, que chacun prenne ses armes; puis sortez avec impétuosité, non pour descendre seulement dans la vallée, mais comme pour faire une attaque générale.H faudra bien alors que les avant-postes s’enfuient vers leur général afin de le réveiller pour le combat.Et lorsque leurs chefs auront couru à la tente d’Holopherne et qu’ils le trouveront décapité, baignant dans son sang, l’épouvante s’emparera d’eux.Et lorsque vous les verrez fuir, mettez-vous hardiment à leur poursuite, car le Seigneur les écrasera sous vos yeux et vous donnera leurs dépouilles.Et aucun des fils d’Israël n’aura de mal.et Ozias Ma fille, tu es bénie par le Seigneur plus que toutes les femmes qui sont sur la terre .Tu as sauvé ton peuple de l’esclavage et de la mort en n’épargnant pas ta propre vie.i Judith Non, je ne fus que l’instrument !.C'est Jéhovah qui donne la victoire à ceux qui raiment.Tous Gloire à Jéhovah / .Gloire à Judith 1 RIDEAU (Tous droits de reproduction et d'adaptation réservés).Jacques Morency, Trois-Rivières. 488 L’ENSEIGNEMENT PHIMAIRE Janvier Chronique internationale S.S.Pie XII et l'éducatüm sexuelle.par Georges Huber, journaliste, Rome.A plusieurs reprises ces derniers temps le Chef de l’Eglise a dénoncé les périls de l’initiation sexuelle.Il a abordé ce sujet notamment dans son ample discours aux cardinaux, archevêques et évêques venus à Rome pour la proclamation du dogme de l’Assomption; il a développé ses observations en septembre dernier, devant un pèlerinage de pères de familles français, pour y revenir dans son allocution aux Carmes déchaux et dans ses consignes au congrès national italien des sages-femmes catholiques.Une consigne du Saint-Père L’insistance du Saint-Père est significative.Elle révèle l’ampleur du mal qu’une éducation sexuelle de mauvais aloi cause dans le monde: ne compromet-elle pas tout à la fois le bonheur temporel et la félicité éternelle ?Aussi bien le Pape souhaite-t-il voir les chrétiens — et en tout premier lieu les éducateurs — opposer les principes sains aux vues et aux pratiques erronées.La défense doit s’étendre jusqu’à l’opinion publique, qui a été empoisonnée.« Celte rectification s’impose avec une urgence tragique )).(S.S.Pie XII).Torrent fangeux « La parole est impuissante à décrire le torrent fangeux des livres, brochures, revues, journaux de toutes sortes qui, par leurs articles et illustrations, remplis de légèretés et d’inconvenances, corrompent le jugement sain du peuple et le bon sens de l’humanité ».Ainsi le Saint-Père exprimait ses préoccupations à l’épiscopat, au lendemain de la proclamation du dogme de l’Assomption.Onze mois plus tard, il signalait de nouveau le mal, à un groupe de pères de famille: (( Nous voulons parler ici d’écrits, livres et articles, touchant l’initiation sexuelle, qui souvent obtiennent aujourd’hui d’énormes succès de librairie et inondent le monde entier, envahissant l’enfance, submergeant la génération montante, troublant les fiancés et les jeunes époux.» « On reste atterré en face de l’intolérable effronterie d’une telle littérature.» Et Pie XII de préciser cpie cette propagande funeste émane parfois de source catholique et qu’elle vise à agir sur les chrétiens, « même si ceux qui l’exercent ne paraissent pas se douter qu’ils sont, à leur insu, illusionnés par l’esprit du mal.» (1) A cette littérature d’une « intolérable effronterie » le Chef de l’Eglise fait un triple reproche: manque de pudeur, inversion de l’oidre des valeurs et des fins du mariage, erreurs pédagogiques.Ces ouvrages blessent la pudeur (( Alors que, devant le secret de l’intimité conjugale, le paganisme lui-même semblait s’arrêter avec respect, il faut en-voir violer le mystère et donner la vision sensuelle et vécue — en pâture au grand public, à la jeunesse même.Vraiment, (1) A la demande du Saint-Office, Mgr Feltin, archevêque de Paris, invitait en septembie 1950 les librairies à retirer du commerce deux ouvrages particulièrement dangereux en cette matière. 1952 PIK XII ET L’ÉDUCATION SEXUELLE 489 c’est à se demander si la frontière est encore suffisamment marquée entre cette initiation, soi-disant catholique, et la presse ou Pillustration érotique ou obscène, qui, de propos délibéré, vise la corruption ou exploite honteusement, par vil intérêt, les plus bas instincts de la nature déchue.» De cette sévère condamnation des ouvrages violateurs de l’intimité conjugale, d’aucuns concluent trop hâtivement à une réprobation de toute éducation sexuelle.Réserve n’est pas silence.S.S.Pie XII précisa ou plutôt rappela la pensée de l’Église dans un discours ultérieur: « Les Anciens, Grecs et Romains, lorsqu’ils parlaient des choses ayant trait à la chasteté, se servaient d’un terme particulier; ils disaient: « aldoia—verenda )) pour marquer qu’on doit traiter ce sujet d’une manière et d’un ton respectueux.Mais cette réserve ne doit pas être entendue de telle sorte qu’on fasse un silence perpétuel sur ce sujet et que dans l’enseignement de la morale on n’en dise jamais un mot avec sobriété et prudence.Il faut donner, sur cette matière, aux adolescents, l’instruction appropriée et qu’il leur soit permis de s’ouvrir, de poser sans hésiter des questions et d’en recevoir la réponse: une réponse sûre, claire et suffisamment explicite leur donnera lumière et confiance.» Une certaine réserve s’impose pareillement dans l’instruction des fiancés et jeunes époux, témoins ces consignes du Chef de l’Eglise aux sages-femmes: « Faites de votre mieux pour empêcher la diffusion d’une littérature qui se croit obligée de décrire en tous ses détails les intimités de la vie conjugale, sous le prétexte d’instruire, de diriger et de rassurer.)) « Pour tranquilliser les consciences timorées des époux, il suffit, en général, du bon sens, de l’instinct naturel et d’une courte instruction sur les claires et simples maximes de la loi morale chrétienne.Si, en quelques circonstances spéciales, une fiancée ou une jeune épouse avaient besoin de plus amples renseignements sur quelque point particulier, il vous appartiendrait de leur donner délicatement une explication conforme à la loi naturelle et à la saine conscience chrétienne.)) Ces ouvrages renversent l’ordre établi par Dieu Renverser l’ordre moral, c’est ériger le moyen à la dignité de fin et dégrader la fin au rang de moyen.Renverser l’ordre moral, c’est par exemple vivre pour-manger, au lieu de manger pour vivre.Or, la propagande dénoncée par le Saint-Père accomplit un de ces bouleversements de l’ordre, par la dégradation de la fin primordiale du mariage, l’enfant, et par l’exaltation de la sexualité qui est un moyen.« Cette propagande .exagère outre mesure l’importance et la portée, dans la vie, de l’élément sexuel.Accordons que ces auteurs, du point de vue purement théorique, maintiennent encore les limites de la morale catholique; il n’en est pas moins vrai que leur façon d’exposer la vie sexuelle est de nature à lui donner, dans l’esprit du lecteur moyen et dans son jugement pratique, le sens et la valeur d’une fin en soi.Elle fait perdre de vue la vraie fin primordiale du mariage, qui est la procréation et l’éducation de l’enfant, et le grave devoir des époux vis-à-vis de cette fin, que les écrits dont nous parlons laissent par trop dans l’ombre.» Contre cette exaltation de la sexualité, contre cette propagande en faveur de Fart d’aimer et de la technique de l’amour, contre ce culte des voluptés charnelles présentées comme un épanouissement de la personnalité humaine, le Saint-Père s’insurge avec véhémence. r ‘ HÜ K I mm ., wm.1 Mmm 1952 PIE XII ET L’ÉDUCATION SEXUELLE 491 Citons quelques-unes de ses paroles.« Des vagues incessantes cVhédonisme envahissent le monde et menacent de submerger toute la vie conjugale dans une marée croissante de pensées, de désirs et d’actes sensuels, non sans aéer de sérieux dangers et de graves dommages à la fonction première des époux )), la pi ocréaiion et l’éducation des enfants.Cet hédonisme anti-chrétien, trop souvent érigé en doctrine, inculque le désir de rendre toujours plus intense la jouissance dans la préparation et la consommation de l’union conjugale.« Eh bien l non.La gravité et la sainteté de la loi morale chrétienne n’admettent pas une satisfaction effrénée de l’instinct sexuel, ni cette tendance exclusive au plaisir et à la jouissance.Elles ne permettent pas à l’homme raisonnable de se laisser dominer à ce point, ni en ce qui regarde la substance, ni en ce qui concerne les circonstances de l’acte.)) La félicité des foyers serait-elle en fonction directe de la jouissance réciproque dans les rapports conjugaux ?Pie XII réprouve cette thèse sensualiste: « Non, le bonheur dans le mariage est, au contraire, en raison directe du respect mutuel entre les époux, même dans leurs relations intimes.Non pas qu’ils jugent immoral et qu’ils repoussent ce qu’offrent la nature et ce qu’a donné le Créateur.Mais ce respect et l’estime mutuelle qu’il engendre est un des éléments les plus solides d’un amour pur et à cause de cela même d’autant plus tendre.)) « Cet enseignement n’a rien à faire avec le manichéisme et le jansénisme, comme certains veulent le faire croire pour leur justification.Il est seulement une défense de l’honneur du mariage chrétien et de la dignité personnelle des époux.)) Cette digression n’était pas inutile: (( ces vagues incessantes d’hédonisme qui envahissent le monde )) ne touchent-elles pas aussi l’enfance et l’adolescence P L’urgence du danger signalé par Pie XII stimule la vigilance.Ces ouvrages commettent de grosses erreurs pédagogiques Le Chef de l’Eglise fait un troisième grief à la propagande en faveur de l’initiation sexuelle: sa méconnaissance des lois d’une saine éducation chrétienne: décrire le mal, ce n’est pas prémunir l’enfant contre le péché; les énergies surnaturelles jouent un rôle prépondérant dans l’éducation de la pureté.Écoutons le Saint-Père: « Cette littérature (sur Vinitiation sexuelle) .ne semble tenir aucun compte de l'expérience générale, d’hier, d’aujourd’hui et de toujours, parce que fondée sur la nature, qui atteste que, dans Véducation morale, ni Vinitiation, ni l’instruction, ne présente de soi aucun avantage, quelle est, au contraire, gravement malsaine et préjudiciable, si elle n’est fortement liée à une constante discipline, à une vigoureuse maîtrise de soi-même, à l’usage, surtout, des forces surnaturelles de la prière et des sacrements.Tous les éducateurs catholiques dignes de leur nom et de leur mission savent bien le rôle prépondérant des énergies surnaturelles dans la sanctification de l’homme, jeune ou adulte, célibataire ou marié.De cela, dans ces écrits, à peine souffle-t-on vn mot, si encore on ne le passe tout à fait sous silence.)) Ouvrir une école n'est pas fermer une prison Pie XII avait déjà signalé cette erreur aux cardinaux et évêques venus à Rome pour la proclamation du dogme de l’Assomption : Il ne sied pas aux hommes de science et aux éducateurs de faire certaines révélations sur la vie sexuelle : « Il ne faut point, en effet, laisser s’établir l’opinion erronée, répandue au temps de 492 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Janvier « rilluminisme », que la simple connaissance est capable de rendre bons l’homme et les actes de sa vie.Partout dangereuse, cette opinion est fatale dans le domaine de la chasteté.» Rôle prépondérant des énergies surnaturelles: le Pape relève ce point également dans ses consignes sur la vie conjugale.Sous la diversité des conditions extérieures, le problème reste le même: c’est un être humain —là un adolescent, ici un adulte—^ aux prises avec les irruptions de la sensualité.Abandonnés à leurs propres forces, l’adolescent et l’adulte ne sauraient terrasser le démon de la luxure.Assistés de l’ange invisible qu’est la grâce de Dieu, les chrétiens sortent victorieux de ce corps à corps avec la passion.Impossible aux seules forces humaines, la chasteté est possible à l’adolescent et à l’adulte alliés aux Anges.S.S.Pie XII fait toujours à ce propos une remarque digne de relief sur la crise actuelle de la famille.Malgré l’abondance d’ouvrages sur cette question, tant au point de vue théorique qu’au point de vue pratique, le mal va s’aggravant.« Il ne peut en être autrement tant que les auteurs séparent le mariage de la loi divine.» « L’étroite union de la famille avec la loi de Dieu est le point capital.» A la fin de son discours aux pères de famille, objet de notre commentaire, le Saint-Père déplore certaines attitudes envers l’enseignement de son Prédécesseur: « Les principes mêmes que dans son Encyclique Divini illius Magistri notre Prédécesseur Pie XI a si sagement mis en lumière, concernant l’éducation sexuelle et les questions connexes, sont — triste signe des temps ! — écartés d’un revers de main ou d’un sourire: Pie XI, dit-on, écrivait cela il y a vingt ans, pour son époque.Depuis, on a fait du chemin ! » En effet, le Prédécesseur du Pape actuel traitait dès 1929 le problème de l’éducation sexuelle.11 marquait les principes rappelés et défendus ces derniers temps par S.S.Pie XII.Ne pas descendre dans le détail « Très répandue est l’erreur de ceux qui, avec des prétentions dangereuses et une manière choquante de s’exprimer, se font les promoteurs d,e ce qu’ils appellent « l’éducation sexuelle ».Ils se figurent faussement pouvoir prémunir la jeunesse contre les périls des sens uniquement par des moyens naturels, tels que cette initiation téméraire et cette instruction préventive donnée à tous indistinctement, et même publiquement, ou, ce qui est pire encore, cette manière d’exposer les jeunes gens, pour un temps, aux occasions, afin, dit-on, de les familiariser avec elles et de les endurcir contre leurs dangers.» « La grande erreur, ici est de ne pas vouloir admettre la fragilité native de la nature humaine, de faire abstraction de cette autre loi, dont parle l’Apôtre, qui lutte conbe la loi de V es prit, de méconnaître les leçons de l’expérience, montrant à l’évidence que, spécialement chez les jeunes gens, les fautes contre les bonnes mœurs sont moins un effet de l’ignorance intellectuelle que surtout de la faiblesse de la volonté, exposée aux occasions et privée des secours de la grâce.» (( Si, en matière aussi délicate, compte tenu de toutes les circonstances, une instruction individuelle devient nécessaire, en temps opportun, et de la part de qui a reçu de Dieu mission d’éducateur et grâce d’état, il reste encore à observer toutes les précautions que connaît si bien l’éducation chrétienne traditionnelle et que l’auteur Antoniano, déjà cité (2), développe suffisamment en ces termes: (( Telle et si grande est notre misère, notre inclination au péché, que souvent ces choses même que l’on nous présente comme remède au péché deviennent occasion et excitation à ce même péché.Il importe donc extrêmement qu’un père digne de ce nom, qui a à traiter avec son fils de matière aussi dangereuse, se tienne pour 1952 PIE XII ET L’ÉDUCATION SEXUELLE 493 bien averti de ne pas descendre dans le détail des choses et des modes variés dont sait user l’hydre infernale pour empoisonner une si grande partie du monde.Autrement, au lieu d’éteindre le foyer du mal, il risquerait de l’allumer et de l’activer imprudemment dans le cœur encore simple et délicat de son enfant.Généralement parlant d’ailleurs, tant que dure l’enfance, il conviendra de se contenter de ces moyens qui, par eux-mêmes, font entrer dans l’âme la vertu de chasteté et ferment la porte au vice.)) Pie XI n’agréait guère l’expression « initiation sexuelle )) qu’il trouvait choquante.Appliqué à l’enfance, ce terme accentue à tort un aspect secondaire: il ne s’agit pas avant tout d’éclairer l’enfance sur les circonstances et les phases de la génération humaine, comme si au sortir de l’école les adolescents devaient exercer les professions de gynécologues et de sages-femmes, mais plutôt d’éduquer en eux la vertu de pureté au grand jour de la vérité.Une réponse du Saint-Office Un an après la promulgation de l’Encyclique sur l’éducation chrétienne, on posa cette question au Saint-Office: Peut-on approuver la méthode appelée « éducation sexuelle » ou encore (( initiation sexuelle )) ?Le Saint-Office répondit par un non catégorique.Et en lieu et place de « l’initiation sexuelle )) il recommanda (( la méthode employée jusqu’ici par l’Église et les saints éducateurs )) : avant tout donner à la jeunesse « une instruction religieuse complète, forte et ininterrompue»; inculquer l’estime et le désir de la pureté; habituer la jeunesse à la prière assidue, à la réception fréquente des Sacrements de la Pénitence et de l’Eucharistie, et à la dévotion envers la Sainte-Vierge ; éviter toutes les occasions de pécher telles que lectures dangereuses, spectacles grivois, conversations déshonnêtes, etc.» Telle est l’attitude de l’Église en face des promoteurs de Vinitiation sexuelle.A leur propagande, qui ne semble (( tenir aucun compte de l’expérience générale d’hier, d’aujourd’hui et de demain », et qui menace gravement le peuple catholique, la saine pédagogie préfère la méthode enseignée par Dieu lui-même: « Marchez sous la conduite de VEsprit, et ainsi vous ne satisferez pas aux convoitises de la chair » {Gai.5, 16).(2) Le cardinal Silvio Antoniano est une des grandes figures de la contre-réforme Disciple de saint Philippe Néri et collaborateur de saint Charles Borromée, il composa, à la demande de ce dernier, un traité — devenue classique — De Véducation chrétienne des enfants.Cet ouvrage, vivement recommandé par Pie XI, a été réédité plusieurs fois depuis sa parution, dans sa version italienne.Georges Huber.La langue française a attaché une probité à son génie.RIVAROL. 494 L’ E NS El G NEM ENT PRIMAIRE Janvier Extrait du discours prononcé par [’Honorable Orner Côté, Secrétaire provincial, à l’occasion du Congrès de l’A.C.E.L.F., tenu à Memramcook, N.-B., au mois d’août 1951.Monsieur le Président, Excellences Réverendissimes, Monsieur le Ministre, Messieurs les Ministres de l’Éducation, Messeigneurs, En véritables pêcheurs, même dans cette salle vous nous prenez dans vos filets.Avant mon départ de Québec, je frémissais d'impatience à la pensée de voir enfin ce coin de terre si riche en histoire et en souvenirs.Pour Québec, ou un Québécois le souvenir est la délicate silhouette du bonheur, souvent il passe impalpable et discret, mais il effleure toujours le cœur.C’est pourquoi, j’aurais désiré visiter toute l’Acadie, entrer dans chaque paroisse, pénétrer dans chaque hameau, visiter toutes les chaumières pour aimer davantage mes frères acadiens.Visiter l’Acadie pour voir Port-Royal, ancienne capitale française, où nos ancêtres ont vécu: mes yeux se seraient agrandis, à contempler les pieds sur le rivage, le Bassin des Mines qui comptait six belles paroisses françaises en 1755.Grand Pré, m’aurait vu frémir sous les vieux saules témoins des vertus ancestrales; prier dans le cimetière de Grand Pré; tomber à genoux au pied de la croix de pierre rustique, sur les tombes des chers aïeux, martyrs de leur foi et de leur amour; adresser au ciel une fervente prière dans la petite chapelle du premier cimetière acadien de la Baie Ste-Marie à la Pointe à Major, tout près de la mtr, qui pleure, qui chante et qui attire.Voiries hameaux et les patelins où vécurent en 1755 les Mélançon, les Leblanc, Michel, Hébert, Terriot, Landry, Comeau, Ancoin, Trahan, Gotrot, Richard, Amireault, Cormier, Robichaud.Hélas, je n’ai pu.Je reviendrai.Quand des alliés sincères se consultent sous la tente de l’état major, ils ont figure de cette assemblée imposante.Évidemment l’autonomie de chaque unité demeure intègre alors, et nul délégué, fut-il représentant officiel de la province Mère, n’a l’intention de dicter des ordres, d’attenter à la liberté des autres; ensemble nous prenons conscience de réalités ejui échappent à tant d’autres, et ensemble il fait bon de se comprendre pour mieux entreprendre.Sous la direction distinguée de votre Président, Mgr Alphonse-Marie Parent, votre groupement est une révélation pour plusieurs, car, comment concevoir que tant d’éducateurs puissent, en dehors des théories, vivre tant de réalités — comment n’être pas surpris que tous les intéressés à la chose scolaire, soient ainsi unis vers un même but, pour l’action pour les réalisations.Mes sentiments se disputent la primauté.J’aime tant ma race—j’aime tant les miens, quand ils se donnent le main comme vous le faites dans ce congrès, que je ne puis m’empêcher de vous dire combien je vous vois beaux et grands, avec votre insigne d’éducateurs catholiques de langue française, A.C.E.L.E.J’ai pensé résumé ce que j’aurais à vous dire. 1952 CONGRÈS DE L’A.C.E.L.F.495 A moins que ce puisse être aussi l’appel à l’amour, à la charité, à l’espérance, à la langue, à la foi — A.C.E.L.F.L’atmosphère chaude et sympathique de cette Acadie généreuse nous inspire sans doute, pour cet amour des nôtres, pour l’amour de ce qui a fait de ma race un peuple vivant qui rayonne, parce qu’il porte en lui la lumière, la paix, la vraie paix, cette attitude attachante des grandes âmes, seule source de vie véritable de l’humain désemparé.Si dans le monde, aujourd’hui, on s’arrêtait à penser davantage comment l’immatériel, le spirituel est la fin propre de tout homme, on connaîtrait un autre monde que celui qui se cherche dans l’angoisse.Fut-il conseillé et dirigé par la plus brillante O.N.U.Il ne connaîtra jamais la paix — aussi longtemps qu’il voudra séparer l’homme de Dieu, et le traiter comme la matière.Non messieurs, restons unis par un amour sain et salutaire, seul motto de ralliement pour une œuvre comme la vôtre: l’éducation œuvre de coopération.Cet amour est tellement important, qu’il semble que vous ayez voulu nous le redire par un autre mot: Charité — Greffée sur ce même chapitre, la charité nous porte vers les autres, cette charité agissante dont j’ai dit un mot l’autre soir.Vous nous voyez ici de la province Mère tels que nous sommes.En rangs serrés, de la vallée du Saint-Laurent, nous arrivons ensemble clergé, religieuses, religieux, institutrices, instituteurs, inspecteurs, commissaires d’écoles, officiers supérieurs du Département de l’Instruction publique, le Surintendant lui-même.Vous nous connaissiez, sans doute, vous ne nous aviez jamais vus.Voilà notre famille, voilà la source même de notre vitalité canadienne-française.La charité seule peut unir un tel groupe, cette charité rayonnante qui donne à nos 30,000 membres du personnel enseignant le goût, et l’élan dans l’œuvre primordiale de l’éducation, dans la corvée enthousiaste et conquérante d’exploiter intégralement les dons déposés au cœur de chaque petit québécois pour que chacune de ces vies soit une réussite complète.Notre formule, amis acadiens, c’est la charité fraternelle d’un peuple qui a son idéal.Vous avez votre fort — nous avons le nôtre; vous avez votre dévotion, nous avons la nôtre.En éducation Québec n’a jamais défailli.Notre fort: le clergé; notre dévotion: la charité.A.C.E.L.F.En ce jour je brûle aussi du désir de claironner à l’espérance en cette terre merveilleuse de courage, de sacrifice, de ténacité et à’obstination.Souffrez, Révérendissime Seigneur et champion de cette race qui monte, souffrez que je lance le mot qui hésitait sur vos lèvres samedi.Lorsque je vous voyais divinement imprégné d’une humilité qui nous édifiait, je me sentais écrasé sous le monument de la Reconnaissance, sous votre splendide cathédrale.En faut-il davantage, mes amis dites-moi, pour acclamer ce géant de la cause, ce très digne artiste de la renaissance acadienne .Votre œuvre, votre clergé, votre peuple, Monseigneur, c’est l’image même de l’espérance.C’est un symbole pour nous du Québec.Tous, dans nos cœurs, nous l’apporterons là-bas.Le long de la route, quand nous entendrons sonner dans la cassette de la petite école, le sou de la survivance, à l’écho de ces humbles oboles nous mêlerons notre voix, pour dire notre espérance, pour chanter vos mérites.Revenus chez nous, à nos enfants, nous parlerons de l’Acadie.Nous serons libres alors, Rév.Archevêque, de dire ce que vous avez si humblement caché l’autre jour.Nous débiterons les récits navrants, qui font connaître les ancêtres à qui 496 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Janvier vous avez tant rapporté.Sans doute, oui, avec vous, nous voudrons reconnaître qu’ils furent grands, mais, il nous appartiendra de dire à qui voudra l’entendre, que c’est bien aujourd’hui encore, qu’en Acadie, vivent de vrais héros.A.C.E.L.F.On peut terrasser un peuple, on ne le tue pas quand il garde sa langue et sa foi.Si les 60,000 Français, cjui vivaient sur les bords du Saint-Laurent en 1760, nous revenaient, ils pleureraient d’aise et de satisfaction en entendant le doux parler français.Depuis les amours de pensées-enfantines, jusqu’aux poèmes de nos artistes; depuis les chaudes berceuses de nos admirables mamans canadiennes, jusqu’aux appels vibrants de notre merveilleux clergé, tout chez nous, proclame qu’un peuple ne saurait mourir quand il garde sa langue.On construit beaucoup d’écoles chez nous, mais surtout, amis acadiens, c’est cette armée d’éducateurs catholiques qui burine des cœurs français, qui forge des âmes d’apôtres de la langue et du bon parler.Ici, je sais, avec moins d’écoles peut-être, mais avec autant d’art, vous rebâtissez un beau peuple avec idéal, avec audace, avec succès, car vous avez la formule: vous gardez votre langue.Il fut un jour où on ne vous entendit que 'priant et chantant, dans une marche forcée vers le martyre.Qu’il fait bon vous entendre aujourd’hui, qu’il est consolant de vous savoir forts et décidés dans une marche conquérante.Dans la coopération et la concorde, vous construisez dans cette belle région un pays riche de deux cultures, de deux groupes ethniques.Ce n’est pas prendre la place des autres que de prendre la sienne.C’est coopérer que de tendre la main.En Acadie, parler français, c’est travailler à la grandeur de notre Canada.A.C.E.L.F.In Comment séparer la langue et la foi ?De toute âme française d’Amérique, émane une sérénité qui tranche dans le sombre tableau du monde catholique de nos jours.On nous envie, on nous lance les invitations les plus attachantes.Partout, l’on clâme que l’heure est grave, que nous sommes à un tournant.Il semble que sur cette terre, le bonheur n’est plus, pour ceux qui n’ont foi en rien.La philosophie scolaire catholique qui nous satisfait tant, aurait vite fait pourtant de créer, au cœur de tous les humains l’idéal, de montrer la fin ultime de tous ces êtres déboussolés qui peinent autour d’une formule à trop d’inconnus, pour espérer la résoudre sans la/of.Quand tous les peuples accepteront d’abord d’être sincères envers eux-mêmes, quand on aura hiérarchiser, comme il se doit les valeurs spirituelles et morales, individuelles et collectives, humaines et matérielles, alors seulement, ils vivront de notre bonheur, alors seulement ils comprendront le vrai sens d’une action constructive comme la vôtre.Je dois me faire violence pour dominer mes sentiments, et vous présenter les salutations cordiales du Gouvernement que je représente.Le salut du Québec c’est un acte de foi, c’est une langue qui veut être chaude: c’est l’espérance, la charité et l’amour.A.C.E.L.F.Dans ce sanctuaire de la culture acadienne je m’incline pour saluer l’imposante armée de vos éducateurs.Au vaillant Recteur de cette institution, je confie mon message et je dis mon admiration.Votre hospitalité a conquis tout le monde.Vous aviez, il est vrai des atouts et des atours uniques, car la grâce de ces Evangélines charmantes vous attache les cœurs que vous savez si bien gagnés.Les artisans de ces agapes, on ne peut 1952 CONGRES DE L’A.C.E.L.F.497 mieux réussies, ont tant mérité aussi qu’il me plaît de traduire ici ma joie et mon bonheur.Pendant qu’ailleurs on veut à tout prix bâtir la paix par l’épée — ici, recueillons-nous avec nos Pasteurs, et croyons bien définitivement que l’école et la paix sont inséparables.C’est dans l’école qu’on forme à l’ordre, à la discipline, au respect de l’autorité.Votre congrès aura été une réussite, si après votre enquête sur nos « avoirs )), si en face des potentialités de notre race, vous partez résolus de faire fructifier au centuple ces dons de la Providence.Il serait sacrilège de nous retirer beatement satisfaits sous latente.Gare à la somnolence que produit la saturation de l’effort et des essais accomplis.C’est contagieux — d’être heureux mais c’est aussi dangereux! Je n’insiste pas.Québec vous salue car il vous aime.Québec vous salue car il vous chérit.Québec vous salue car, avec vous, il espère.Québec vous salue et vous est uni par la langue.Québec vous salue, tous ensemble, gardons la foi.Québec vous invite.Quand vous viendrez, depuis un an déjà, l’écho de votre Ave Maris Stella aura conquis la province et vous serez chez vous, chez nous.Omer Coté, Secrétaire provincial.Il serait en vérité extrêmement regrettable que la langue française, qui fut si longtemps Vunique expression de la religion, de la civilisation, et du progrès dans ce pays, perdît jamais une partie de la considération et de la culture dont elle jouit au Canada.Mgr BOURNE. • I 5 ; THE COLLÈGE OF HANDICRAFT ESTABLISHED UNDER THE CHARTER OF INCORPORATION OF THE THE SENATE OF THE COLLEGE at a.Statutory meeting keld this «iay kaue duly elected L honorable AX.Omcr Côte.C.R.A FELLOW of tke COLLEGE r«>- distinuiiiskoi scaicc iix tlic cause oF educaticTi In Qucbc .’-r — v.]o:.- ^ ¥*» yX Patg>.April gaa^t.‘ -^Jr K.SSmJ?.President of the Institute Secretary of tke Institute Registrar of the College N° 174' 1952 THOMAS D’AQUIN 499 Saint Thomas d'Aquin par R.P.Albert, o.f.m.cap., curé de Limoilou, Québec.N.B.— Ce sermon fut prononcé à la messe célébrée à l’occasion de la fête de saint Thomas d’Aquin en février dernier.Excellence Révérendissime, La solennité de saint Thomas d’Aquin est, pour plus que tout autre, jour de fête pour l’illustrissime Chancelier de l’université Laval.Excellence, daignez agréer l’expression de nos hommages les plus respectueux et de nos vœux les plus sincères.Mes biens chers frères.Il y a un peu plus de sept cents ans un enfant, revêtu d’une tunique monastique, se promenait solitaire sous les arcades du cloître de l’antique abbaye du Mont Cassin.L’écho du Laus perennis, parvenant jusqu’à lui, l’avait transporté dans un monde surnaturel et l’y maintenait.Une fois de plus son âme, innocente et pure, avait été ravie par la mélodie sacrée.L’enfant semblait plongé dans une profonde méditation.— A quoi songes-tu, Thomas, lui demanda l’un de ses maîtres venant à passer ?— Je cherche Dieu.Qu’est-ce que Dieu ?Maître, dis-le-moi, qu’est-ce que Dieu ?— Dieu, Dieu, mon enfant, mais c’est tout, c’est celui qui t’a créé pour que tu procures sa gloire par le perfectionnement de toutes tes facultés; c’est l’être infiniment parfait, le commencement et la fin de toutes choses — l’Alpha et l’Omega, comme disait l’apôtre saint Jean; celui en qui, par qui, et pour qui toutes choses ont été faites.Le maître s’éloignant, l’enfant avait reprit sa méditation.I ((Je cherche Dieu )), « Qu est-ce que Dieu ?)) Cette pensée domine toute l’existence de saint Thomas; elle caractérise sa vie et son œuvre; elle est la clef de voûte du merveilleux édifice spirituel qu’il a construit pendant que ses contemporains bâtissaient les grandes cathédrales de pierre du Moyen-Age; elle est le fil conducteur seul capable de guider le lecteur au milieu de toute son œuvre philosophico-théologique, au milieu de ses innombrables in-folios.« Je cherche Dieu )).« Qu’est-ce que Dieu ?)).Cette pensée, dominante de sa vie, nous fait voir que l’action propre de saint Thomas ce fut la contemplation, contemplation, non pas purement passive, mais bien contemplation active, constructive, voire combative.Saint Thomas a contemplé la vérité, il l’a aimée, il l’a cherchée, il l’a épousée, sponsam quaesivit veritatem, il lui a toujours été fidèle, il l’a servie héroïquement, il a tout fait pour qu’elle règne dans le monde.La contemplation a unifié sa vie; elle a ordonné et coordonné ses énergies intellectuelles, morales, physiques et les a conduites au maximum de rendement.La recherche de Dieu, la contemplation de la vérité, a fait de saint Thomas un géant de science et de vertu, l’une des plus grandes gloires de l’Égliseetl’une de ses plus admirables lumières au point que l’on a pu écrire: « Des mille flambeaux de ce siècle fameux qui s’appellent saint Léon et Innocent III, saint Domi- 500 L’ E NS EIGNEM ENT PRIM AIRE Janvier nique et saint François d’Assise, Albert-le-Grand et Alexnadre de Halès, saint lîo-naventure, Raymond de Pennafort et autres, Thomas fut incontestablement le plus beau.“Lucerna ardens et lucens.” Flambeau, il a éclairé et embrasé le monde.Consacrer sa vie à chercher Dieu, à contempler la vérité, telle était la résolution prise par Thomas d’Aquin dès son séjour au Mont Gassin.Il y a parfois loin de la coupe aux lèvres.Pendant que sous le coup de sa décision le jeune homme redoublait d’ardeur à l’étude et à la prière, son père, le conte d’Aquin, faisait lui aussi des rêves d’avenir pour son fils.Il le voyait accéder à la noblesse des lettres puis briller dans la haute société à laquelle sa famille appartenait.Aussi décida-t-il de l’envoyer à l’université de Naples fondée en 1224 par l’empereur Frédéric II.« La ville de Naples, nous dit l’historien, avait reçu avec la multitude des étudiants le désordre et la corruption.Naples était devenue un paradis terrestre habité par de voluptueux démons armés de toutes les séductions funestes aux jeunes âmes.)) Thomas y continua la poursuite de son idéal.Voyant que malgré son changement de milieu le jeune étudiant persistait dans le dessein de se consacrer au Seigneur, son père et ses frères lui suscitèrent toutes sortes d’embûches.Ils allèrent même jusqu’à lui tendre un piège infernal dans sa propre chambre à coucher.x\rmé d’un tison ardent saisi au foyer, Thomas fit disparaître le suppôt de Satan.Le ciel récompensa sa victoire par un miracle qui le délivra pour toujours de la concupiscence de la chair.Que devons-nous conclure de ce miracle F Rien autre sinon que le danger avait été grand, que le triomphe n’avait pas été sans gloire, que saint Thomas a connu dans toute son acuité le drame de la tentation, qu’il a senti ce souffle d’enfer qui soulève la passion, envahit tout l’être, affolle les sens, trouble l’esprit et menace de faire sombrer la volonté.On aurait aimé quelque chose de plus impassible, de plus cornélien, a-t-on écrit.Plus cornélien peut-être, mais moins vrai, moins humain.Comme le grand saint Paul, Thomas a été souffleté par l’ange de Satan.N’est-ce pas à cause de sa victoire d’homme' qu’il a mérité de devenir le docteur angélique ?Avant d’être modèle des maîtres et des docteurs saint Thomas a été et demeure le modèle des étudiants.Notre situation, il la connaît.Nos tentations, il les a vécues.Ses victoires les connaîtrons-nous F Oui, par la grâce de Dieu que nous obtiendra son intercession.La victoire, Thomas l’avait remportée de haute lutte.Il jugea que l’heure était venue de mettie à exécution son projet.Aussi décida-t-il d’entrer chez les dominicains qui venaient de paraître dans le monde pour y être des fils de lumière, ut filii lucis sitis ! Thomas avait dix-sept ans lorsqu’on 1243 il revêtait la bure de saint Dominique.Après son noviciat il fut envoyé à Paris pour continuer ses études.En route vers sa nouvelle destination, il fut arrêté par ses frères Réginald et Landulphe, capitaines de l’armée, qui déchirèrent son habit religieux, le rudoyèrent et le jetèrent en prison dans l’espoir de le faire renoncer à sa folie.Les larmes de sa mère, les caresses de ses sœurs, les cruautés de ses frères, tout le trouva inébranlable.Sa constance devait avoir le dessus.Aussi le voyons-nous bientôt à Paris étudiant sous la direction d’Albert le Grand.Oublié, silencieux, il prie, il jeûne, il étudie.Plus que jamais, Thomas cherche Dieu.Il écoute avec avidité les conseils de son Maître.Albert-le-grand, colosse de savoir, procède à l’entrainement du génie de la pensée humaine.L’élève est bientôt armé pour la lutte contre l’erreur et pour la conquête de la vérité.Quelle est sa méthode F Toute simple; celle-là même que l’Esprit Saint a indiquée au livre de l’ecclésiastique: “examine l’œuvre de tes devanciers;ajoutes-y 1952 THOMAS D’AQUIN 501 la tienne”.C’est toute la théorie moderne de la recherche: s’enquérir des travaux faits à date, y ajouter sa propre contribution.Exultavit ut gigas ad currendam viam.Avec la hardiesse et la magnanimité des âmes humbles qui comptent non pas sur leurs propres lumières mais sur celle de Dieu, Thomas cite à la barre de son jugement tous ses devanciers.Il approuve, réprouve, distingue, subdistingue, nie ou concède selon les exigences de la vérité et il conclut: mihi videtur quad .Mihi videtur quad, c’est là qu’est sa grande contribution.Saint Thomas n’étudie pas seulement l’Ecriture, les pères et les docteurs de l’Église.Confucius, Pytagore, Boèce, Platon, Socrate, Cicéron, Épictète et surtout Aristote n’ont pas de secrets pour lui.Il examine leurs œuvres à la lumière de la raison et de la foi.A vingt-cinq ans il publie son commentaire sur Aristote.Il traite ensuite de l’être et de l’essence.Au cours de son enseignement il rencontre plusieurs doctrines fausses.Il démasque l’erreur, fustige l’hérésie, flagelle le vice mais toujours accueille l’hérétique et souvent le convertit.Il enseigne que la vérité délivre.Il réconcilie la raison et la foi, toutes deux filles de Dieu.Plus que jamais il a la passion de la vérité.Semblable à l’aigle des hautes montagnes qui, du sommet de son rocher, fixe le soleil et d’une aile puissante, monte droit vers lui pour se baigner dans les flots de sa lumière, saint Thomas a fixé le ciel, puis, sur les ailes du génie et de l’amour, a franchi mondes et espaces pour se baigner dans les effluves de la lumière inaccessible qu’habite le Veibe, lumière de lumière, et s’enivrer dans la contemplation de l’être par excellence: Celui qui est, Dieu Lui-même.Il serait intéressant de suivre saint Thomas dans les étapes de son ascension vers Dieu.Cent dix-neuf chapitres, six mille articles le conduisent à la synthèse la plus puissante, la plus claire et la plus précise; synthèse qui peut se résumer en Irois mots: Dieu, l’homme, le Christ.La Christologie, et en particulier le Christ eucharistique, est le point culminant, le couronnement de son œuvre; le Christ, « Dieu et homvie tout ensemble, admirable mélange de toutes les qualités divines et humaines, 'poème sacré de l’amour d’un Dieu pour sa créature qu II a voulu diviniser.)) Le temps nous manque.Tirons quelques leçons de la vie et de l’œuvre de saint Thomas.Saint Thomas a étudié tous les problèmes de son temps.Des riches matériaux accumulés par ses devanciers il a construit l’édifice incomparable que vous connaissez.Plus et mieux que le poète il aurait pu dire: Rien de ce qui est humain ne m’est étranger.Saint Thomas s’est intéressé à tout, il a tout étudié avec respect, avec sympathie, avec amour; il a tout étudié à la lumière combinée de la raison et de la foi, en songeant constamment à Dieu, commencement et fin de toute chose, en plaçant toujours l’objet de ses études dans une perspective divine, en se référant sans cesse au plan, à l’ordre établi par Dieu auteur de la création.Toujours, dans son enseignement, saint Thomas a tenu à se rappeler et à rappeler que l’homme est par vocation destiné à voir Dieu face à face; que l’essentiel de son existence c’est la relation à Dieu, que toutes les activités humaines, toutes les carrières, toutes les professions, toutes les techniques n’ont et ne peuvent avoir que raison de moyens en vue de la fin ultime. 502 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Janvier .Parti de Dieu l’homme doit aboutir à Dieu.Pour saint Thomas la notion de progrès, si chère à notre temps, implique nécessairement la marche vers l’infinie perfection, vers Dieu.Si saint Thomas revenait sur la terre, c’est à la lumière des mêmes principes qu’il étudierait les problèmes du jour.11 agirait avec la même rectitude d’esprit et de cœur, avec le même souci d’objectivité, avec la même sincérité envers lui-même, envers Dieu et envers le prochain.Placé au confluent des grands courants d’idées contemporaines, il les jugerait avec la même sagesse.Sympathique à tous les progrès de la science, il n’en continuerait pas moins à pousser les hommes à centrer leur vie sur Dieu, à être des témoins de la vérité, à s’élever du matériel au spirituel, à hiérarchiser les valeurs, à utiliser les ressources de la science pour monter vers l’idéal de la sagesse par excellence, pour monter vers Dieu notre fin dernière.Saint Thomas nous inviterait à intégrer nos vies dans l’organisme social par excellence qu’est le corps mystique du Christ, à la parfaite croissance duquel chacun de nous est appelé à travailler.Ne sommes-nous pas entés, greffés sur le Christ ?Si nous agissions selon l’enseignement du docteur angélique, c’est-à-dire selon les exigences de notre baptême, de notre appartenance au Christ, notre sens du surnaturel, notre sens social, notre sens du juste et de l’injuste, notre sens du bien commun, du collectif, de la solidarité, notre respect de la personne humaine, notre contribution à la communauté chrétienne, notre esprit d’apostolat, seraient à la hauteur de notre vocation.Dieu deviendrait dans nos vies quotidiennes le terme de nos aspirations et l’explication ultime de tous nos actes humains.La technique et la religion conjugueraient leurs efforts pour redonner aux hommes la paix qu’ils ont perdue en perdant Dieu de vue.Si saint Thomas revenait, il aurait tôt fait de juger les idées qui mènent le monde.Il aurait tôt fait de confondre les divers athéismes théoriques et militants qui se sont installés en maîtres dans tant de pays.Que penserait-il des chrétiens ?Ne stigmatiserait-il pas l’athéisme pratique d’un grand nombre d’entre eux ?Ne trouverait-il pas que le chrétien des temps modernes semble n’avoir plus de perspectives divines ?Ne trouverait-il pas que Dieu manque terriblement à nos vies ?Ne trouverait-il pas que notre champ de vision s’est tragiquement rétréci ?Lui, le tenant de la grande synthèse qui illumine les siècles, ne jugerait-il pas que nous souffrons lamentablement de fragmentarisme, de particularisme ?Lui qui a analysé les grands courants vitaux de l’organisme social, naturel et surnaturel, ne nous reprocherait-il pas nos exclusivismes obstinés, notre compartimentation, nos égoïsmes individuels et collectifs, l’ignorance de la grande loi d’interdépendance de tous les êtres et de toutes les sciences ainsi que notre mépris pratique de la collaboration qui à ses yeux est loi de nature et de grâce.Saint Thomas nous donnerait aussi quelques leçons d’humilité.De sa grande voix de docteur universel il nous rappelerait que la sagesse élémentaire exige de la probité en tout domaine.A l’analyste, qui explore le subconscient de la personne humaine, comme le chirurgien fouille ses entrailles, il rappelerait que la perfection de ses techniques d’investigation ne lui permet pas de réduire tous les dynamismes humains à des principes matériels.Au travailleur social qui possède des techniques merveilleuses, standardisées et professionnalisées, il rappellerait, comme autrefois Notre-Seigneur, à ses apôtres, qu’il n’est pas le seul à avoir le droit de pratiquer la charité et même de faire des miracles de charité.Évoquant la triple concupiscence des yeux, de l’esprit et de la chair, il éclairerait singulièrement les discussions des grandes écoles psychiatriques.Au chercheur de laboratoire, dont il admirerait certainement les travaux et les découvertes, i; THOMAS D’AQUIN 503 1952 il demanderait de connaître et de respecter les frontières de son domaine et de ne pas conclure du physique et du biologique à la négation du moral et du surnaturel.A ceux qui, plongés dans l’étude de l’âme en profondeur, sont parfois médusés par la découverte des infrastructures du subconscient, il demanderait de ne pas ignorer les superstructures de l’âme et les dynamismes de la grâce.Si saint Thomas revenait, il se plairait, sans doute, à en quêter sur les attitudes mentales, intellectuelles, morales et sociales de ses contemporains.A la lumière de la raison et de la foi il les jugerait comme il a jugé les opinions philosophiques et théologiques de ses devanciers ou de ses contemporains.Il préconiserait certainement d’importantes réformes de structure.Au théologien, au philosophe, à l’homme de science, il demanderait de connaître leurs limites et les limites de leurs disciplines et, par conséquent, de respecter les frontières de leur champ d’action.La maîtrise, la supériorité dans un domaine, ne donne pas le droit de doctoriser dans toutes les matières.S’il demandait à chacun de respecter les frontières de son champ d’action, à tous saint Thomas rappellerait l’obligation de collaborer en raison de l’interdépendance des sciences qui toutes doivent contribuer au bien commun.Oui, si saint Thomas revenait, son œuvre en serait une de redressement dans les idées: elle en serait une également de redressement dans les mœurs.A l’élite de la société il rappellerait que la perfection des techniques professionnelles ne dispense pas de l’obligation d’être un témoignage vivant de la vérité révélée et n’autorise personne à être une pierre d’achoppement, une pierre de scandale, pour le peuple.A l’homme du vingtième siècle saint Thomas rappellerait que le premier commandement et la plus grande des obligations c’est d’aimer Dieu par-dessus toute chose et d’ordonner à lui chacun de ses actes libres.Au chrétien du XXe siècle il redirait que les exigences de la vie surnaturelle transcendent le biologique et que les passions spirituelles peuvent et doivent sublimer les passions de la chair.Au chrétien du XXe siècle il rappellerait le second commandement, le grand commandement social, qui est semblable au premier: Tu aimeras ton prochain comme toi-même pour Vamour de Dieu.X plusieurs chrétiens du XXe siècle il reprocherait de ne garder en eux qu’une présence purement notionnelle de Dieu sans retentissement vital dans le cœur et dans la conduite.N’est-ce pas ainsi que s’expliquent certaines vies, parfois admirables au point de vue technique, mais méprisables par leur illogisme, leur inconséquence, leur scepticisme, lorsque ce n’est pas leur scandale, au point de vue moral ?Avec la puissance de son génie et le prestige de sa vertu saint Thomas nous enseignerait que la nécessité vitale de l’heure, pour chacun de nous, c’est de réaliser un catholicisme intégral, individuel et social.CONCLUSION A l’exemple de saint Thomas, appliquons-nous donc à rechercher Dieu, à le contempler, à le mettre dans nos vies et à le faire rayonner dans la société tout entière.Un parfait accord organique entre le matériel et le spirituel, entre le naturel et le surnaturel, entre l’individuel et le social, est le seul moyen de remplir notre mission d’hommes et de chrétiens.Accroître la vie de Dieu en nous, la faire rayonner autour de nous, c’est le moyen par excellence de parvenir à la triple sagesse dont parle saint Thomas, sagesse métaphysique, sagesse théologique, sagesse contemplative que je vous souhaite de tout cœur en sollicitant de son Excellence Révérendissime la faveur d’une bénédiction.R.P.Albert, o.f.m.cap. 504 L’ENSEIGNEM ENT PRIM AIRE Janvier Renseignements et directives Les Instituts familiaux du Québec N.li.— Rapport présenté au Comité catholique du Conseil de V Instruction publique à sa séance de septembre, 1951.Le public québécois connait bien, de nom du moins, les Écoles ménagères.Il se fait toutefois une idée incomplète, et souvent inexacte, de leur programme, de leur esprit, de la culture qu’elles donnent.Le mot ménager semble synonyme de cuisine, de couture, de tissage et on persiste à voir uniquement dans les Écoles ménagères des écoles domesticisantes.Pour donner moins de prise à ces déformations inconscientes ou calculées, le Comité Catholique vient de recommander l’adoption d’un titre qui exprime mieux les objectifs visés et les résultats obtenus par les Écoles ménagères.A l’avenir, ces écoles seront désignées sous le nom à’Instituts Familiaux, remplaçant les appellations antérieures d’Écoles classico-ménagères, d’Écoles ménagères régionales et, plus récemment (1947), d’Écoles Supérieures d’Enseignement ménager.Cette recommandation a été sanctionnée par le Lieutenant-Gouverneur en Conseil, le 17 octobre 1951.La situation actuelle Les Instituts Familiaux sont actuellement au nombre de 37.Le plus ancien est celui de Roberval (1882); le cadet est Y Institut Familial de Sillery (1951).Ces maisons sont établies dans toutes les parties de la Province.Les Ursulines de Roberval furent longtemps les seuls à donner une formation ménagère aux jeunes filles.Durant plus de vingt années, leur initiative resta sans influence sur le reste de la Province.En 1903, des apôtres laïques de Montréal établirent les Écoles ménagères provinciales.Puis, à Saint-Pascal, les Dames de la Congrégation fondèrent, sous la puissante impulsion du Chanoine Beaudet, une École classico-ménagère dont l’influence fut très considérable dans toute la Province.Six ans après Saint-Pascal, surgissent les Écoles de Sutton et de Montebello (1911); puis, cinq ans plus tard, irait l’Institution de Saint-Damien de Bellechasse (1916); Sainte-Martine vient ensuite (1919); cinq ans après, Gaspé (1924); en 1927 et 1928, trois fondations: Ste-Ursule, St-Georges de Beauce et SS.Grises de Montréal.Ainsi, au cours d’une période de 46 ans (1882-1928), dix Écoles ménagères avaient été fondées dans la Province.Jusque là, ces maisons dépendaient du Ministère de l’Agriculture.Elles passèrent sous le contrôle du Département de l’Instruction publique en 1929.Dès l’année suivante (1930), on voit surgir cinq Écoles ménagères nouvelles: St-Jacques de Montcalm, Rim.ouski, Loretteville, Nominingue et Nicolet.L’année suivante, l’École du Cap-de-la-Madeleine fut reconnue, ce qui portait le nombre total des Écoles ménagères de la Province à 16. 1952 LES INSTITUTS FAMILIAUX DU QUÉBEC 505 La situation resta stagnante durant les six années qui suivirent (1931-37).En 1937, le Gouvernement nomma un Visiteur-propagandiste: Vabbé Albert Tessier.En même temps, on introduisait l’enseignement ménager dans le programme des Écoles Normales et des Écoles Primaires.Une active campagne de propagande Les 16 Écoles ménagères de 1937 ne groupaient que 229 élèves pour toute la Province.Le nouveau Visiteur-propagandiste reçut mission de mener une vive campagne de propagande dans toute la Province.Il s’y employa de son mieux par le film, les conférences, les articles de revues et de journaux, les publications illustrées, etc.Son travail, fortement appuyé par le Comité Catholique et par le Département de l’Instruction publique, donna des résultats consolants.De 1937 à 1947, le nombre des Ecoles ménagères passa de 16 à 34, soit 18 fondations nouvelles en dix ans.Les 34 écoles de 1947 abritaient 1,730 élèves, contre 229 en 1937.Aujourd’hui, le nombre des Instituts Familiaux est de 37, plus deux Externats Familiaux.L’inscription de septembre 1951 est de 2,090 jeunes filles.Les recrues nouvelles marquent une augmentation de 30% sur l’année dernière, ce qui laisse prévoir une montée en flèche pour les années à venir.L’élan est bien donné ! En 1937, le budget ménager était de l’ordre de 865,000.00 par année; en 1951, il dépasse $500,000.00 pour les octrois, bourses, gratifications aux Institutions ménagères-familiales et aux Établissements ménagers post-scolaires.Ces générosités du Département de l’Instruction publique ont contribué puissamment à l’expansion de l’éducation familiale.Mais, il ne faut pas oublier que les Communautés qui dirigent ces Écoles doivent consentir de très lourds sacrifices pour bâtir, équiper, maintenir des Institutions particulièrement onéreuses, puisqu’il faut véritablement mettre partout double organisation: salles de classe et d’étude; ateliers de couture, de coupe, de cuisine, de tissage, etc.Le matériel scolaire est aussi fort compliqué; enfin, il faut double équipe de professeurs, pour la classe et pour les cours et travaux techniques, soit en moyenne un professeur par 6 ou 8 élèves.Renouveau pédagogique Les progrès réalisés sur le plan matériel — nombre des écoles et quantité des élèves — peuvent paraître impressionnants.Us ne sont rien en regard des transformations de programme et de climat pédagogiques.En 1937, le programme était réparti sur une période de deux années.Il s’attachait surtout aux techniques manuelles, et on pouvait le condenser dans cette formule: préparation aux travaux de la maison.Dès 1938, les Directrices réunies en Congrès à Loretteville décidèrent d’élargir et d’élever les objectifs.On adopta comme mot d’ordre: (( Préparer les jeunes filles au savoir, aux vertus et aux travaux de la maison.)) Le procès-verbal des réunions de 1938 signale que l’abbé Tessier revint souvent à la charge pour rappeler que (( le programme ménager doit tendre au déve- 506 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Janvier loppement de tout Vêtre: intelligence, volonté, cœur, bon gout, talents et dispositions physiques )).D’autres réunions suivirent, toutes tendues vers un même but: bâtir un programme de culture préparant non seulement aux tâches manuelles du foyer, mais entraînant aux vertus et ouvrant la voie aux connaissances que commande la vocation familiale.Le cours fut porté à quatre années, au lieu de deux.Admisesàl’Écoleménagère après la 9e année, les élèves en sortaient après la 13e ! Les travaux manuels, qui prenaient la grosse part de l’ordo, conservèrent une place substantielle, mais ils se trouvaient appuyés et orientés par tout un ensemble de disciplines intellectuelles et morales qui leur donnaient un sens nouveau.Les matières de formation morale, de culture génrale et scientifique, centrées sur la vie multiple du foyer, occupent maintenant plus de 60% de l’ordo général des cours.Comme elles se rattachent toutes, d’une façon ou de l’autre, à la qualité et à la valeur des travaux techniques du programme, on peut dire que toute la vie des élèves se déploie dans une atmosphère de culture solidement coordonnée.Congrès ménagers et Commission de l’Enseignement ménager Cette évolution radicale ne s’est pas accomplie à coups d’improvisations.De 1938 à 1950, le personnel dirigeant et enseignant des écoles s’est réuni dix fois pour mettre en commun les expériences réussies ou manquées, les résultats obtenus, les initiatives à mettre à l’essai, etc.Les grandes lignes du programme avaient été établies en 1943, mais, d’une année à l’autre, des modifications et des additions furent apportées.Le programme à peu près définitif ne sera publié qu’en 1952, après 15 ans de recherches, d’enquêtes, de discussions.C’est, il semble, un bel exemple de prudence et probité scientifique.Les conclusions et suggestions des dix congrès ménagers, tenus de 1938 à 1950, furent étudiées et contrôlées par la Commission d’Enseignement ménager établie en 1937 par le Comité Catholique.Formée d’Évêques et d’éducateurs, cette Commission a tenu au moins trente réunions depuis sa fondation.Elle a rendu, et continue à rendre, d’immenses services.Deux prêtres, Mgr Albert Tessier et l’abbé Paul-Henri Carignan, voient à l’orientation morale et pédagogique des Écoles.En plus des visites fréquentes qu’ils font, ils ont donné, depuis 1938, des directives et des mots d’ordre dans leurs Bulletins mensuels qui dépassent maintenant mille pages de texte imprimé ! La direction technique est assumée par une visiteuse laïque, Mlle Monique Bureau.On rendra, aux responsables de l’éducation ménagère-familiale, le témoignage qu’ils ont procédé avec prudence et dévouement ! Rien n’a été réglé à la légère ni à priori.Les Instituts familiaux de la Province offrent maintenant une forme de culture féminine dont on ne peut contester la valeur.Elle a fait ses preuves.Elle ne couvre pas tout le champ du savoir humain, mais elle assure aux jeunes filles une formation qui atteint une plénitude et une profondeur qu’on ne saurait mésestimer.Il serait donc injuste de voir dans le Cours familial-ménager que dispensent les Instituts familiaux une forme inférieure de culture, d’où seraient absentes les préoccupations spirituelles et intellectuelles.Trop de faits aisément contrôlables le prouvent à l’évidence. 1952 LES INSTITUTS FAMILIAUX DU QUÉBEC 507 Les autres secteurs du Service de l’Enseignement ménager Les Instituts familiaux relèvent du Département de l’Instruction publique et sont régis par le Service de l’Enseignement ménager.Ce service important soutient et contrôle d’autres secteurs d’éducation.Il convient d’en dire un mot.a) L’Institut de Pédagogie familiale d’Outremont Cette École, fondée en 1942, prépare des éducatrices éclairées et compétentes.Son cours est de 4 ans.Un Baccalauréat en pédagogie familiale le couronne.En 10 ans, cette Institution, dirigée par les SS.des SS.Noms de Jésus et de Marie, a formé 113 religieuses appartenant à 28 communautés différentes.La qualité du cours qu’elle donne a aussi attiré des jeunes filles, dont le nombre atteint presque 300 ! La plupart des religieuses formées à l’Institut de Pédagogie familiale enseignent maintenant dans les Instituts familiaux ou dans les Écoles moyennes familiales.b) Les Écoles moyennes familiales Fondées en 1949, elles sont actuellement au nombre de 68.Les élèves y sont admises après la 7e.Leur programme couvre une période de deux ans: 8e et 9e années.Elles diffèrent peu des autres écoles: mêmes matières scolaires, discipline plus personnelle, le tout dispensé dans un climat intensément féminin et familial.Les leçons, devoirs, examens, tiennent compte des particularités de la nature et de la mission féminines.Le certificat qui couronne ces études a la même valeur de promotion que le certificat régulier de 9e année générale.Les Externats Familiaux Sans être imposé de façon absolue, l’internat est de règle dans les Instituts familiaux.Il y a à cela plusieurs raisons.Mais cette pratique n’était pas sans provoquer des réclamations.Le Comité Catholique y a fait droit à sa réunion du 15 février 1951, alors qu’il introduisit une clause spéciale dans les projets de réorganisation du Cours Primaire Supérieur.Cette clause prévoit, après la 9e, une (( section ménagère comportant un cours de trois ans.Les élèves qui, après avoir terminé ce cours ménager, feront avec succès une année d’école normale, recevront un brevet d’enseignement.Celles qui feront une année à l’École Supérieure d’enseignement ménager (Institut familial) recevront le certificat de compétence ménagère.» Deux externats ménagers ont été reconnus: celui de VAbord-à-Plouffe et celui de Shawinigan.42 jeunes filles y sont inscrites.Quelles voies ouvre l’enseignement ménager ?Celle de la vie familiale d’abord.Au lieu de préparer surtout les jeunes filles à gagner leur vie, les Écoles ménagères s’emploient, de leur mieux, à donner aux jeunes filles le désir et les moyens de vivre intensément leur vie féminine au foyer, dans la vie religieuse ou dans le célibat laïque. 508 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE J anvier Les diplômes conférés attachent plus d’importance à la personnalité de l’élève qu’à ses succès aux examens théoriques ou pratiques.Mention en est faite sur les certificats et diplômés accordés.Leur cours terminé, les élèves des Instituts Familiaux voient s’ouvrir devant elles le champ immense de la vie familiale.La majorité reste à la maison en attendant de prendre mari.Depuis 15 ans, plus de 700 d’entre elles sont entrées en communauté.Enfin, un certain nombre poursuivent leurs études plus loin: École d’infirmières, École de Pédagogie familiale, École des Sciences Domestiques, Institut de Diététique, Service Social, etc.Celles qui sont forcées de gagner leur vie ou qui ont choisi de se dévouer dans le célibat trouvent de belles carrières féminines dans l’enseignement scolaire ou postscolaire.Le Diplôme de 4e année des Instituts familiaux est reconnu par le a Département et il est valable pour la propagande et l’éducation familiales dans les Ecoles primaires et auprès du public.1 • La section post-scolaire SI n Le Service de l’Enseignement ménager emploie, pour sa part, une soixantaine de Diplômées.Elles forment ce que l’on appelle l’équipe des professeurs itinérants.Ces professeurs donnent des cours ménagers dans les centres urbains de la Province et dans les établissements postscolaires.Environ 40,000 dames et jeunes filles bénéficient de ces cours, chaque année.Pour un peuple, changer de langue, c’est presque changer d’âme.GASTON PARIS. 1952 DIRECTIVES DU COMITÉ DE RÉGIE 509 DIRECTIVES DU COMITÉ DE RÉGIE CONCERNANT LES PROCHAINS EXAMENS DU CERTIFICAT D’ÉTUDES PRIMAIRES La direction des écoles et le personnel enseignant des classes de 7 e, 9 e, 10e, 11e et 12e années voudront bien lire attentivement les présentes directives préparées récemment par le Comité de Régie du C.E.P.a) Matières électives Pour faire suite à la note publiée dans “ U Enseignement primaire” de février 1951, page 144, le Comité décide qu’il n’y aura pas de questionnaires sur les matières électives cette année, vu qu’un nouveau programme des classes supérieures est en voie de préparation.On s’en tiendra donc aux horaires de l’an passé.Toutefois, il insiste de nouveau sur l’obligation qui incombe aux titulaires de classes d’enseigner toutes les matières inscrites au programme de chacune des années du cours.b) Précisions concernant certains points des programmes de Physique et Chimie dans les classes supérieures Ces précisions seront adressées incessamment aux écoles primaires supérieures de la Province et publiées plus tard dans “ U Enseignement primaire”.c) Modifications aux diverses formules requises pour les examens 1.La formule « demande d’admission )) est modifiée de façon à faire connaître le nom et le numéro de l’école, puis à donner séparément la liste des garçons et des filles.On devra utiliser une formule pour chaque classe et chaque degré du cours.2.A la formule (( instructions aux surveillants )), on ajoute ce qui suit après le 5 e paragraphe : (( Lorsque le temps de l’examen indiqué à l’horaire est terminé, les surveillants devront recueillir les copies des élèves, que ces derniers aient fini ou non leurs concours.)) 3.A la formule (( instructions aux correcteurs )), la note suivante est ajoutée: « N.B.— Le Comité de Régie rappelle qu’en vertu de leur serment, les correcteurs doivent se conformer strictement aux barèmes de correction qui leur sont indiqués.)) 4.Sur la feuille (( d’inscription de notes )) de 9e année, l’Histoire du Canada et géographie, les Connaissances usuelles et l’Hygiène, l’Economie domestique et l’Agriculture formeront un groupe.Le Dessin, pour lequel il faut obtenir 40% des points, sera placé dans la colonne Autre matière.Aux feuilles d’inscription de notes des classes supérieures, le tableau statistique indiquant le résultat (au bas de la page) comprendra également les renseignements suivants: 510 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Janvier Attestations ou certificats Échecs Reprises {11e et 12e seulement) 5.L’horaire de 7e année » n’est pas modifié.L’horaire de 9 e année» est modifié de façon à donner plus de temps à la langue seconde: Après-midi du premier jour 1.30 — Langue maternelle: Dictée 2.30 — Récréation 2.45 — Langue seconde: Thème 3.30 — Version 4.15 — Départ Au bas de l’horaire, le tableau des pourcentages requis est le suivant: Ensemble des matières.60% Religion.50% Langue maternelle.60% Langue seconde.40% Mathématiques.50% Histoire et Connaissances pratiques.40% Autre matière {dessin).40% Dans le but d’éviter que les examens sur les matières de religion aient lieu le meme jour, on a reporté la Logique (10e), la Psychologie (11e), la Morale (12e) et l’Éducation familiale (10e, 11e et 12e filles, section commerciale) dans l’après-midi du premier jour.d) Dates des examens de janvier (11e, filles) Une session d’examens de onzième année, filles, section générale, aura lieu les 9, 10, 11 et 12 janvier 1952.Quant aux dates des examens de mai, juin et août, elles seront annoncées plus tard en même temps que la publication des horaires.C.-J.Miller, Chef du Service des Examens officiels. 1952 TEST DIAGNOSTIQUE V, 3, A.511 Test Diagnostique Formes des verbes aux deux premières personnes du pluriel desquelles dérivent l’imparfait de l’indicatif et le pluriel de l’impératif présent.V, 3, A.INSTRUCTIONS À L’USAGE DU TITULAIRE DROITS RÉSERVÉS" l désigne le droit exclusif de produire ou de reproduire ' \ une œuvre sous une forme matérielle quelconque.N.B.— Le test se rapportant à ces instructions vous parviendra avec “L’Enseignement primaire” de février.1.Ce qu’il est: Un excellent moyen de contrôler la connaissance acquise sur un sujet donné: 168 phrases qui couvrent le programme de 4e à 12e année, en ce qui concerne les formes prises par les verbes aux deux premières personnes du pluriel desquelles dérivent l’imparfait de l’indicatif et le pluriel de l’impératif présent.Soit une revue des 56 cas qui en traitent.(Voir plus loin la répartition détaillée de ces cas).Pour chaque année, le test présente 3 phrases pour chacune des règles au programme.2.Quelle est sa fin: Cet exercice a pour but: a) de dépister les déficiences d’un élève ou d’un groupe déterminé sur un point donné de la morphologie du verbe; b) de révéler le degré de difficulté que comporte chacune des règles dont l’application a été vérifiée par le test.La compilation des résultats généraux d’un groupe d’élèves atteindra ce but.3.A qui s’adresse ce test: Ce test s’adresse aux élèves de la 4e à la 12e année inclusivement.Chaque année devant répondre aux questions posées à toutes les années précédentes.Voici le détail de cette répartition: 4 e année 5e 6e 7e 8e 9e phrases 1 à 45 1 à 90 1 à 129 1 à 144 à 156 à 162 1 1 inclusivement
de

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