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Titre :
L'enseignement primaire : journal d'éducation et d'instruction
Éditeur :
  • Québec :[L'enseignement primaire],1881-1956
Contenu spécifique :
Février
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
autre
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • École primaire (Lévis, Québec)
  • Successeur :
  • Instruction publique
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L'enseignement primaire : journal d'éducation et d'instruction, 1954-02, Collections de BAnQ.

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MIEUX SAVOIR POUR MIEUX SERVIR iiie série iji fi l i .¦¦ïê&tfp Volume 13, Numéro 6 — QUÉBEC février 1954 ¦m , '¦ mm r 11 îfas B ÜÜMfPI in?•,'4.s.^-r DEPARTEMENT L'INSTRUCTION PUBLIQUE (nie série) revue pédagogique du DEPARTEMENT DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE Peraissant chaque mois, excepté en juillet et en août.IMPORTANT RECLAMATION DE LA REVUE «L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE> A qui s’adresse au bureau de « L’Enseignement Primaire > pour des réclamations, on demande de tenir compte de ce qui suit : ¦ ' • ’ i ; • -r- ¦ 1 — L’édition étant épuisée, il est inutile de faire de de- mandes pour les revues parues depuis septembre 1947.2 — Demander des informations au bureau de poste s’il y a retard dans la réception de la revue avant d’écrire à notre bureau, qui maintenant porte l’adresse suivant* : { : , ^ Département de l’Instruction publique, Édifice Jeanne Hardy, 369-A, RUE ST-JEAN - - - QUEBEC Tél.: 4-8411 — locaux : 898-3204 L’Enseignement Primaire est imprimé par L’Action Sociale, Limitée Place Jean-Talon, Québec.Anton»* iroi postal da la deuxiisie classe, Mmistèra dm Postas, Ottawa. Vol.XIII N ° 6, février 1954, QUÉBEC.SOMMAIRE ÉDUCATION ET FORMATION Éditorial, Cécile Rouleau, p.358;—Chronique romaine, Un grand espoir de S.S.Pie XII, Georges Huber, p.360 — Le sens de l'Eglise, Mgr Irênée Lussier, p.364 — Les compléments du verbe, Richard Bergeron, p.367 — La multiplication et la division des fractions ordinaires, Ernest Romano, p.370 — Les Bienséances .reines à l'école ! Sœur Marie-des-Apôtres, p.m., p.374 — Les Frères enseignants et l'Année mariale, Frère M.-Cyrille, é.c., p.376 — Les travaux manuels à l’école primaire, p.381.LEÇONS-TYPES Religion: 3e et 4e années, p.384.Langue française: 8e et 9e années, p.388; 10e année, Mort de Saint-Thomas Becket, Frédéric Ozanam, p.395.Langue seconde: 8e année, « La conversation anglaise à l’aide de l’image », Fishing in Canada, Albert Filteau et Charles Villeneuve, p.400; 9e année, « La conversation anglaise à l’aide de l’image », Milk, Albert Filteau et Charles Villeneuve, p.403; 10e, 11e et 12e années, « L’anglais au cours primaire supérieur », Thème d’imitation, A Car Accident, Roger Hénault, p.407.Mathémat iques: 6e et 7e années, p.410; 8e et 9e années, p.411; 10e année, p.414; 11e année, p.416; 12e année, p.417.RENSEIGNEMENTS ET DIRECTIVES .Directives du Comité de Régie, concernant les prochains examens du Certificat d’études primaires.Dates des examens, p.^ 418; Horaires, p.418; Instructions aux aspirants, p.426; Instructions aux surveillants, p.427, André Raymond — Le coin des Écoles normales.Aîus au personnel enseignant, Roland Vinette par J.-Philippe Garneau, p.428 — La journée de Jeanne Mance, p.363 -— Chronique de Pédagogie^ Mon livre de Français, Série A, cinquième année; Série B, quatrième et cinquième années, les Frères du Sacré-Cœur, Maurice Lebel, pp.3 et 4 de la couverture.9766 358 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Février ÉDITORIAL.Concours d'Histoire Mariale du Canada par Cécile Rouleau, directrice.L’Année Mariale proclamée par Pie XII dans l'encyclique « Fulgens Corona))— pour commémorer le Centenaire de la proclamation du dogme de V Immaculée-Con-ception (1854-1954)^—, le Centenaire du Couronnement de la Madone nationale par le bienheureux Pie X— (1904-1954)—furent les deux occasions qui soulevèrent le projet du « Concours d’histoire mariale du Canada ».Organisée par le Sanctuaire national Notre-Dame-du-Cap en collaboration avec les Universités catholiques du pays, soit: Québec {Laval), Montréal et Ottawa, les Collèges et autres institutions d'enseignement supérieur, cette initiative doit avoir, à n'en pas douter, les faveurs du personnel enseignant en général.En effet, chacun, selon le degré d'avancement de ses élèves, peut susciter, dès à présent, un travail d'équipes, ou individuelle façon à diriger les esprits et les cœurs, vers le culte marial.Tous trouveront ainsi, une occasion propice de compléter leurs enseignements sur le règne efficace de la Reine des cœurs, Mère du genre humain, legs fait par Jésus lui-même il y a près de deux mille ans.En adhérant à ce mouvement, intégralement et de façon positive, nous suivrons les directives qui émanent du Vatican, directives explicitées dans la présente publication.Grâce à notre vigilance, un renouveau apparaîtra dans le monde scolaire en faveur de Notre-Dame, renouveau combien utile à la société de demain! Pour toutes ces raisons, il convient d'accueillir avec enthousiasme et conviction le concours d'histoire mariale, d'y inscrire la plupart de nos élèves et partant d'en assurer le succès matériel et moral chez la gent écolière commise à nos soins.A cette fin, lisez les renseignements publiés ci-après concernant ce concours.Pour Notre-Dame, multiplions nos efforts; les honneurs Lui seront rendus mais nous en récolterons les fruits.Cécile Rouleau, directrice.Conditions du Concours: BUTS : 1.— Prendre conscience de la Royauté de Notre- Dame sur le Canada.2.— Préparer le Congrès Marial du Sanctuaire National, du 5 au 15 août 1954, et les fêtes internationales organisées par le Saint-Siège.3.— Intensifier, « d’un océan à l’autre », l’in- térêt pour les recherches d’histoire mariale, du Canada, conformément au vœu exprimé par le premier Congrès marial de Québec en 1929.«.que l’on fasse dans chaque paroisse des recherches sur les traditions, les usages et les documents relatifs au culte de la Très Sainte Vierge », [Premier Congrès Marial de Québec, 1929].« D’un océan à l’autre, des grands centres industriels aux steppes glacées des Esquimaux, sur toute l’étendue de votre immense patrie, rayonne avec la splendeur de Jésus, le maternel sourire de Marie.» [Pie XII, Congrès Marial d’Ottawa, 1947].« L’histoire mariale de divers pays du monde est encore à faire, et l’acte solennel de Pie XII, [Consécration du genre humain au Cœur Immaculée de Marie, 1942] ne pourra que stimuler les historiens catholiques qui veulent se mettre à ces travaux historiques [Geenen, O.P., Encyclopédie MARIA, t.l.P.862, 1949].« Des sondages, un peu rapides je l’avoue, et des consultations auprès de confrères qualifiés m’ont convaincu que notre histoire générale de Marie reste à faire.S’il est une situation pénible pour un cœur .canadien, c’est bien celle-là.» [Un de nos professeurs d’histoire, 1951]. 1954 ÉDUCATION ET FORMATION 359 MATIÈRE : Tout sujet emprunté à l’histoire mariale du Canada.CANDIDATS : Le Concours d’Histoire Mariale du Canada est ouvert à tout candidat de l’un ou l’autre sexe, écrivant le français ou l’anglais.DEUX CATÉGORIES : 1.— Travaux de recherches : La première et principale catégorie de travaux exige des recherches historiques avec documentation et bibliographie, comprenant de 20 à 25 pages, x 11, dactylographiées à double interligne.2.—Simples compositions : La deuxième catégorie accueille toute composition en prose ou en poésie: narration, chronique, nouvelle, sketch, etc., de longueur indéterminée et dactylographiée de la même façon.Elle se subdivise elle-même en deux classes, selon l’avancement des candidats dams les degrés du savoir: 1.—Pour les élèves de l’enseignement secon- daire et pour ceux de l’enseignement primaire supérieur, ayant dépassé la 7e année.2.— Pour les élèves de l’enseignement primaire de la 7e en descendant.RÈGLEMENTS : 1.— Les travaux de recherches devront avoir de 20 à 25 pages, dactylographiées à double interligne.Les travaux de composition, de longueur indéterminée, seront dactylographiés de la même façon.2.— Ne seront acceptés que les travaux stricte- ment personnels et présentés en triplicata.3.— Dans une institution où le Concours est d’intérêt général, selon la décision du personnel dirigeant, seules seront soumises au jury les deux meilleures copies des candidats du cours de l’enseignement secondaire ou de l’enseignement primaire supérieur — à partir de la 8e année— et les deux meilleures copies des candidats de l’enseignement primaire dépassant la 2e année.4.— Qu’une institution accepte ou non de pren- dre part au Concours, ce Concours reste ouvert à tout étudiant qui désire y participer.5.— La décision des juges sera finale et sans appel.6.— Les textes ne seront pas remis à leurs au- teurs.Seuls, les textes primés demeureront la propriété exclusive du Concours d’Histoire Mariale du Canada.7.— Les travaux devront être mis à la poste au plus tard, le 31 mai 1954.Le timbre de la poste en fera foi.8.— Les Copies soumises porteront en si- gnature, le pseudonyme seulement.9.— Les travaux seront expédiés sous double enveloppes, grand format.a] L’enveloppe extérieure sera adressée: Concours d’Histoire Mariale du Canada, Sanctuaire National, Cap-de-la-Madeleine, P.Q., Canada.b] L’enveloppe intérieure devra être cachetée; elle portera: A l’angle supérieur gauche: Concours d’Histoire Mariale, Travaux de Recherches.ou Concours d’Histoire Mariale, Travaux de Composition.Institution.Classe du candidat.Au centre : Nom du candidat au complet.Adresse postale.Pseudonyme.PRIX : Premier prix: Deux voyages à Rome Les deux premiers Prix, Deux Voyages à Rome, ou l’équivalent en argent, seront offerts aux deux meilleurs travaux de recherches historiques, un pour la section française et le deuxième pour la section anglaise.Ces voyages, il va sans dire, comportent les dépenses ordinaires d’hôtellerie et de repas, aller et retour.AUTRES PRIX : I.— Travaux de Recherches Un 2e prix: $100.00 IL—Travaux de Composition 1.Section supérieure : 1er prjx .$100.00; 2e Prix : $50.00 2.Section inférieure 1er Prix : $25.00; 2e Prix : $10.00 N.B.— Il est à souhaiter que les Institutions qui voudront coopérer efficacement à l’extension et au succès de ce concours parmi leurs élèves, pourront ajouter pour leur propre compte à la valeur et au nombre de ces prix.Elles contribueront ainsi à la célébration de l’Année mariale et à susciter de l’intérêt pour l’histoire mariale de notre pays.LES JUGES : Des jury distincts jugeront les travaux de langue française et ceux de langue anglaise.Leurs membres seront choisis parmi nos professeurs d’Universités les plus compétents.Adveniat regnum Mariæ Immaculatæ 360 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Février Chronique romaine Un grand espoir de S.S.Pie XII par Georges Huber, journaliste, Rome.LA POLITIQUE DE PIE IX .DÈS son enfance, écrit Fernand Mourret dans son Histoire de l'Eglise contemporaine^ celui qui devait, être le futur Pie IX s’était fait remarquer par sa tendre dévotion envers la Sainte Vierge.Chassé de Rome par la Révolution, il conçut à Gaete l’idée de conjurer les fléaux, qui menaçaient alors l’Église et la société, en ranimant le culte des fidèles envers Notre-Dame.Un moyen propre à obtenir cette rénovation lui parut être la proclamation du dogme de l’immaculée Conception, proclamation dont une enquête montrait qu’elle répondait au témoignage d’une tradition antique et universelle.La proclamation du dogme eut lieu le 8 décembre 1854.Seuls les chrétiens convaincus comprirent la portée immense de cet acte.La plupart des hommes politiques, qui avaient donné une grande attention aux réformes administratives de Pie IX, sourirent ou dédaignèrent de s’occuper de la Bulle Ineffabihs Deus du 8 décembre 1854.Cette indifférence ne découragea pas Pie IX: il cherchait le salut de l'Église et de la société avant tout dans la restauration des vérités doctrinales et dans l’affermissement de la vie chrétienne.ET DE S.S.PIE XII Ainsi en va-t-il de son Successeur Pie XII.C’est surtout du développement de la vie chrétienne qu’il attend un soulagement durable des maux présents.Et dans ce renouveau chrétien, il attribue un rôle décisif à la piété mariale, témoins ses propres déclarations dans la Bulle dogmatique Munificentissimus Deus du 1er novembre 1950 proclamant le dogme de l’Assomption: « Nous avons conjiê Notre pontificat au patro?iage particulier de la Très Sainte Vierge; vers elle nous nous sommes réfugiés en tant d'épreuves et de tristesses; nous avons publiquement consacré à son Cœur Immaculé le genre humain tout entier et éprouvé souvent sa très puissante assistance.Aussi bien, avons-nous une entière confiance qu£ cette proclamation et définition solennelle de son Assomption apportera des avantages considérables à la société et qu'elle tournera à la gloire de la Très Sainte Trinité.)) C’est dans cette politique que s’insère l'Encyclique Fulgens corona, publiée par le Saint-Père en la fête de la Nativité de Notre-Dame.Dans cette Lettre le Chef de l'Église prescrit la célébration d’une année mariale de décembre 1953 à décembre 1954, pour commémorer solennellement le centenaire de la proclamation du dogme de l’immaculée Conception par Pie IX.LUMINEUSE COURONNE DE GLOIRE .Analysons à grands traits ce précieux document du Pape.L’Encyclique s’ouvre sur ces mots pleins de piété et de poésie : fulgens corona gloria: la lumineuse couronne de gloire dont Dieu a ceint le front très pur de la Vierge Mère.Comme les Encycliques se nomment d’après leurs premières paroles, c’est sous ces vocables inspirés — la lumineuse couronne — que l’Encyclique du 8 septembre 1953 entre dans les actes du Magistère apostolique.Le but de l’Encyclique marqué, le Pape s’étend sur la proclamation du dogme de l’immaculée Conception par Pie IX.Retenons cette remarque: (( IS oracle de Pie IX 1954 ÉDUCATION ET FORMATION 361 f ut accueilli avec joie 'par Vunivers catholique, qui depuis longtemps l'attejidait avec impatience.Il fut à Vorigine d'un accroissement de la dévotion des fidèles envers la Vierge, source féconde entre toutes, des renouveaux de la vie chrétienne.)) UNE PRÉOCCUPATION DE L’ÉGLISE Chose remarquable: avant ses considérations et consignes sur l’Année Mariale, le Pape expose les fondements théologiques du dogme de l’immaculée Conception.A les rappeler il consacre quatre pages de son Encyclique.Et pour cause.L’Eglise n'encourage pas n’importe quelle piété mariale.L’Église ne bénit pas les dévotions mariales basées avant tout sur des motifs de sentimentalité ou de poésie.L’Eglise inculque une piété mariale solidement fondée sur la révélation chrétienne, qui nous présente Marie comme Mère de Dieu, pleine de grâce, dotée, selon le mot de saint Thomas d’Aquin, « d'une dignité en quelque sorte infinie à cause du bien infini qu'est Dieu ».Cette préoccupation de l’Église de voir la piété de ses fidèles nourrie de foi est particulièrement vive en nos temps, qui connaissent un véritable engouement pour tout ce qui présente les apparences de révélation et d’apparition.(1) Après le rappel des fondements du dogme de l’immaculée Conception et l’évocation des apparitions de Lourdes (1858), gracieuse confirmation céleste de l’enseignement de Pie IX, le Saint-Père en vient à l’Année Mariale 1953-54.Ces célébrations sont avant tont un devoir de gratitude envers Dieu et Notre-Dame.La meilleure célébration sera un renouveau chrétien des mœurs dans toute la chrétienté, renouveau glorifiant pour Dieu, agréable à la Vierge et souverainement utile à la société.Pie XII insiste sur ce renouveau, et sur ses répercussions dans la vie domestique, sociale et internationale.Si les choses vont si mal de par le monde, c’est que les consciences sont égarées et anémiées.Éclairer et fortifier les consciences, c’est supprimer les causes profondes des maux présents.NIER L’AUTORITÉ DE DIEU, C’EST SAPER L’AUTORITÉ DES HOMMES Citons le Saint-Père: « En effet, la racine de tous les maux qui font souffrir si cruellement les hommes et mettent dans l’angoisse peuples et nations est, de toute évidence, à chercher avant tout dans le fait qu'un grand nombre (( ont abandonné Celui qui est la Source d'eau vive, pour se creuser des citernes, des citernes crevassées, qui ne retiennent pas Veau » (Jér.II, 13), qu'ils ont abandonné Celui qui seul est « la Voie, la Vérité et la Vie ».(Jean II.13.) Et encore : « Mais qui ne voit qu'à rejeter notre sainte religion, à nier la volonté de Dieu qui sanctionne le bien et le mal, les lois sont presque réduites à néant et l'autorité publique presque réduite à Vimpuissance ?En outre, quand ces fausses doctrines ont fait perdre V espérance et l'attente des biens immortels, il est normal que les hommes soient poussés par leur nature à chercher avec une avidité sans mesure les biens terrestres, à désirer ardemment ceux d’autrui et parfois même, quand ils en trouvent Voccasion ou la possibilité, à s'en emparer par la force.» « De là naissent entre les citoyens les haines, les jalousies, les discordes et les ressentiments; de là, le désordre dans la vie publique et privée; de là, Vébranlement progressif des fondements mêmes de la société, qu'un recours à l'autorité des lois ou (1) Rappelons à ce propos la sévère mise en garde du Saint-Office (Osservalore Romano du 4. 382 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Février des magistrats a peine à contenir et à affermir; de là enfin, de tous côtés, la décadence des mœurs entretenue par les mauvais spectacles, les mauvais livres, les mauvais journaux et par tant de crimes.» « IL FAUT FAIRE APPEL À UNE FORCE PLUS QU’HUMAINE » Tæs autorités publiques seraient-elles impuissantes devant ces maux, et l’Église aurait-elle le monopole des remèdes?Non.L’État peut faire beaucoup.Mais le travail profond, définitif, la rééducation des consciences, exige une force surhumaine : (( Nous ne nions pas qu en ce domaine les gouvernants puissent faire beaucoup; toutefois, la guérison de si grands maux est à chercher sans nul doute à un plan plus élevé; il faut faire appel à l'aide d'une force plus qu humaine qui illumine d'une clarté céleste les esprits eux-mêmes, qui atteigne les âmes elles-mêmes, les renouvelle par la grâce divine et, sous Vinfluence de celle-ci, les rende meilleures.» Suivent, dans l’Encyclique, des consignes générales pour la célébration de l’Année Mariale: instruction des fidèles, visite des sanctuaires mariaux, prière aux grandes intentions de l’Église, notamment pour les chrétiens persécutés, nécessité de joindre la pénitence à la prière, invitation aux chrétiens séparés, dévots de la Vierge, à s’unir aux célébrations mariales des catholiques.« AINSI LA FOI DU PEUPLE CROÎTRA .» Citons, entre autres, les consignes du Pape sur l’instruction des fidèles: elles révèlent les grands espoirs attachés par l’Église à une solide catéchèse: (( Nous désirons que dans chaque diocèse soient données des instructions et des conférences bien adaptées, qui éclairent plus parfaitement les esprits sur ce point de la doctrine chrétienne.Ainsi la foi du peuple croîtra; la dévotion envers la Vierge chaque jour s'intensifiera, tous les chrétiens se mettront avec ardeur à suivre les traces de notre Mère céleste.)) Seuls les chrétiens convaincus, observe l’auteur de Y Histoire de l'Eglise contemporaine, comprirent la portée immense de l’action religieuse de Pie IX, pour le renouveau de la famille et de la société.Les esprits superficiels, eux attachèrent plus d’importance aux activités administratives du Pape.Il en va de même aujourd’hui.Seuls les chrétiens conscients comprennent le rôle de l'Année Mariale dans la vie de l’Église et, par contre-coup, dans la vie des familles et des nations.FORTE COMME DAVID AVEC SA FRONDE Ce sera une affirmation puissante de la foi chrétienne au milieu d’un monde en proie au désarroi et à l’athéisme militant: célébrer l’immaculée Conception, n’est-ce pas proclamer implicitement l’existence du péché originel et la déchéance universelle, l’amour et la toute-puissance de Dieu, l’efficacité de la grâce, l’autorité souveraine du pontificat romain ?Ce sera un déploiement magnifique des forces les plus efficaces de la chrétienté: Nous mettons, écrivait Pie XII dans son Encyclique Ingruentium malorum du 15 septembre 1951, nous mettons une grande confiance dans la dévotion mariale et dans le rosaire pour la guérison des maux qui affligent notre époque: « Ce n'est pas avec la force, ni avec les armes, ni avec la puissance humaine, mais avec l'aide divine obtenue par cette prière que l'Église, forte comme David armé de sa fronde, pourra affronter, intrépide, l'ennemi infernal, en lui adressant les paroles du jeune berger: (( Tu viens contre moi avec l'épée, la lance et le javelot, mais moi je vais contre toi au nom du Dieu des armées.et tout ce peuple saura que ce n’est ni par l'épée, ni par la lance que Dieu sauve.» 1954 ÉDUCATION ET FORMATION 363 Ce sera, par l’inévitable retentissement du spirituel dans le temporel, un redressement de l’ordre dans la société.(( Ce qu’écrivait Cicéron: « Vous 'pontifes, vous défendez la cité par la force de la religion plus sûrement que ne le font ses remparts)) et infiniment plus vrai et plus certain quand il s’agit de la doctrine et de la foi chrétienne )) (S.S.Pie XII, discours de protestation contre l’arrestation du cardinal Mindszenty, le 14 février 1949).ANNÉE DE MARIE, ANNÉE DE LIESSE Pie XI, le Pape historien, fait cette remarque dans une de ses Encycliques: l’histoire enseigne qu’au plus fort de ses épreuves l’Eglise a toujours recouru avec fruit à l’intercession de Notre-Dame.Toutes ces considérations ne nous portent-elles pas à saluer avec une joie filiale la célébration d’une Année Mariale dans la vaste famille catholique: pour la gloire qui en rejaillira vers Dieu, auteur de tout bien; pour l’honneur qui en montera vers Notre-Dame, « la plus aimable, la plus aimée et la plus aimante des créatures )); pour l’affermissement de la foi et le redressement des mœurs; et, enfin, pour le rayonnement bienfaisant de toutes ces manifestations spirituelles dans la vie tourmentée des familles, des cités et des nations ?Georges Huber.La journée de Jeanne Mance Comme par les années passées, le Comité des Fondateurs de l’Eglise canadienne organise dans les écoles de la province une journée en l’honneur d’un des Fondateurs, Jeanne Mance, cette année.Les autorités de nos écoles ont dû recevoir une lettre du Comité à ce sujet.La date et le programme sont laissés au zèle de chacun.On recommande d’en faire une journée de prière, pour demander entre autres grâces, la glorification solennelle de la fondatrice de l’Hôtel-Dieu de Ville-Marie.Pour aider les professeurs à organiser une telle journée, le Comité met à leur disposition, divers objets et publications que l’on peut se procurer gratuitement, sketchs pour séances, souvenirs à donner, etc.Le Comité des Fondateurs offre gratuitement encore, spécialement pour les écoles supérieures, du matériel pour exposition, audition de disques.Que tous ceux qui sont intéressés écrivent immédiatement au Comité des Fondateurs.Ils recevront par le retour du courrier un catalogue, avec feuilles de commande qu’il suffira de remplir et renvoyer pour recevoir sans retard, les objets désirés.LE COMITÉ DES FONDATEURS DE L’ÉGLISE CANADIENNE, 8100, boul.Saint-Laurent, Montréal (11).VE: 2541 BIBLIOGRAPHIE Jeanne Mance, par Réal Lebel, S.J.(Collection (( Ville-Marie »).$0.05 l’exemplaire, $0.50 la douzaine, $3.50 le cent.Jeanne Mance, par Rolland Boulanger (Collection « Nos Fondateurs »).$0.10 l’exem- plaire, $1.00 la douzaine, $7.50 le cent.Vie de Jeanne Mance.Cahier illustré, 12 compositions par James McIsaac, notice biographique et prière.$0.10. 364 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Février Le sens de KEglise par Mgr Irénée Lussier, P.D., Visiteur ecclésiastique en Chef, La Commission des Ecoles catholiques de Montréal.LE numéro de septembre 1953 de (( Lumen Vitae », revue internationale de la formation religieuse, est consacré entièrement au sujet (( le sens de l’Eglise ».Un théologien de grande envergure, Charles Moeller, y donne des (( orientations doctrinales », et des pédagogues de renom répondent à la question « comment développer le sens de l’Église ».A ceux que les lectures ardues ne rebutent pas nous conseillons fortement ce numéro de (( Lumen Vitae ».Un autre document de première importance, traitant à peu près le même sujet, c’est la lettre pastorale de 1947 de Son Eminence le cardinal Suhard, lettre intitulée « Essor ou déclin de l’Église ».Cette lecture est aussi fortement conseillée.Nous allons nous inspirer de ces deux sources dans les articles qui vont suivre.Nous ne prétendons pas donner ici un exposé complet de l’enseignement théologique sur l’Eglise.Très loin de là.Nous espérons seulement apporter aux maîtres quelques précisions qui permettront peut-être de transmettre la doctrine avec plus de lumière et, si possible, avec plus de conviction.C’est tout au long de la série « Témoins du Christ » que le sens de l’Eglise importe.De la 8e à la 12e année, on s’appuie sur l’autorité de l’Église en morale et en dogme, sur la profondeur et la justesse des vues de l’Église quand elle interprète l’histoire du monde.Particulièrement en 10e année {explicitement au chapitre XXVIII) et en 11e année, l’Église comme telle est le centre de notre attention.Il convient donc de s’appliquer à connaître la nature profonde de l’Église; de montrer à son sujet, comme vis-à-vis tout objet de dogme, une ((.foi en quête d’intelligence ».Expression à bien comprendre.Il ne s’agit pas de soumettre les vérités de foi au critère de la raison humaine pour leur donner droit de vie en notre intelligence; il ne s’agit pas de demander à l’intelligence le secours de ses lumières naturelles pour percer les mystères de la foi.(( La foi en quête d’intelligence » c’est une foi qui demande à la foi elle-même l’abondance des lumières surnaturelles que Dieu prodigue pour pénétrer plus avant dans ses secrets; la foi apporte ainsi à l’intelligence la joie de mieux saisir le vrai et la satisfaction de s’enrichir en ayant sur Dieu et le monde des vues toujours plus cohérentes.Avoir le sens de l’Église, c’est, d’abord, bien savoir ce qu’est l’Église.C’est ensuite et surtout, quand l’on possède une connaissance convenable de ce qu’est l’Église, c’est comprendre avec l’Église, comprendre comme l’Église, c’est éprouver {comme par nature) les sentiments de l’Église, ses joies, ses peines, c’est juger en tout comme elle.De même que le sens de la vue a pour objet propre la lumière, et que le sens de l’ouïe a pour objet propre le son, ainsi le sens de l’Église a pour objet propre toutes les choses de l’Église.La délicatesse de ce sens est un excellent indice de la valeur de notre vie surnaturelle parce que cette délicatesse est l’exercice d’une foi éclairée et vivante.Une telle affirmation, qui paraîtra indis- 1954 ÉDUCATION ET FORMATION 365 cutable, espérons-le, après les remarques qui suivent, devrait amener à un fructueux examen de conscience: (( avons-ncms vraiment le sens de VÉglise?» Voici comment s’exprime le cardinal Suhard: « L’Église, ne l’oublions pas, est une vérité de foi: (( Credo .in unam, sanc-tam, catholicam et apostolicam Ecclesiam ».« Il faut les lumières de la grâce pour comprendre que « sous des apparences si inégales, se cachent des réalités si transcendantes.Quand il s’agit d’elle, il est requis de la traiter avec le même respect pénétré d’amour que l’Écriture Sainte, où s’exprime le Verbe, et que les Saintes Espèces du Christ-Eucharistique.Ce n’est qu’à la clarté de la Foi que jaillit, en présence de l’Église, le cri de l’apôtre incrédule: (( Mon Seigneur et mon Dieu! » Ce qui avait d’abord rebuté la raison devient signal d’adhésion.» L’Église est une réalité mystérieuse.Nous disons dans le symbole des apôtres: (( Je crois la Sainte Église catholique » et non pas « je crois en la Sainte Église catholique » Les deux expressions ne sont pas opposées mais l’une est plus explicite que l’autre.(( Je crois la Sainte Église catholique » cela signifie certes: je crois ce que me dit la Sainte Église catholique; mais, comme vient de l’exprimer le cardinal Suhard, cela veut dire aussi qu’elle-même, l’Église, est une vérité de foi, tout comme l’Incarnation; l’Église est une vérité à croire.La foi, en tout ce qu’elle présente à notre adhésion, en même temps qu’elle nous propose l’objet à croire nous donne toujours la lumière pour y arriver.Au fond, la foi est à elle-même sa propre explication: je crois en Dieu par Dieu.Il n’y a donc pas à être surpris que l’Église soit en même temps objet de foi et guide dans la foi.D’autant moins de surprise que l’Église ne fait qu’un avec le Christ.L’Église, c est le Christ, « c'est Vincarnation permanente du Fils de Dieu ».On connaît les textes célèbres: « Qui vous écoute m’écoute » ; « Saul, Saul, pourquoi me persécutes-tu ?» Le salut n’est possible en aucun autre nom qu’en celui de Jésus.{Act.IV, 12) S’il n’y a pas de salut en dehors du Christ, et si le Christ et l’Église ne font qu’un, comment prétendre aller à Dieu sans passer par l’Église ?L’Église, c’est le Christ, (( S’il en est ainsi, écrit le cardinal Suhard, il est naturel que l’on retrouve étroitement mêlés deux aspects dans l’Église: (( De même qu’en Jésus-Christ la divinité et l’humanité, bien que distinctes entre elles, n’en sont pas moins unies, de même, dans son Église le Sauveur est continué selon tout ce qu’il est.L’Église, sa manifestation permanente, est divine et humaine tout à la fois; elle est l’unité de ces deux attributs.C’est le médiateur qui, caché sous des formes humaines, continue d’agir en elle: Elle a donc nécessairement un côté divin et un côté humain )).Allons maintenant au théologien Moeller pour entendre la même doctrine :
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