L'enseignement primaire : journal d'éducation et d'instruction, 1 mars 1955, Mars
IE U X SAVOIR OUR MIEUX SERVIR fK v /otuim U, Humém 7 — QUÉBEC MARS 1955 rj* s-' ' u^j5a! L'INSTRUCTION PUBLIQUE DEPARTEMENT Vol.XIV, N° 7, mars 1955, QUÉBEC.lui SOMMAIRE ÉDUCATION ET FORMATION Éditorial, Conscience professionnelle, Germaine Nadeau, p.481 — Pie XII, Guy Fortin, sss., p.482 — Commandements du Sinaï ou Morale de Jésus ?Armand Croteau, ptre, p.485 — Le coin des Écoles rurales, Pérennilé ou décadence, J.-C.Bernatchez, p.494 — S.S.Pie XII et l'éducation féminine familiale chrétienne, Paul-Henri Carignan, ptre, p.496.h 1° [f IMS If! LEÇONS-TYPES Religion: 7e année, p.499.Langue française: p lro, 2e et 3e années, p.505; 8e et 9e années, p.507; 10e année, L'enlèvement de la redoute.Prosper fcifjj Mérimée, p.512.f ¦nè Langue seconde: A f 8e et 9e années, « La méthode directe de conversation anglaise », Gertie Kathleen Hart, p.518.Nés mi Mathémat iques: 4e année, p.521; 5e année, p.523; 6e et 7e années, p.524; 8® et 9® années, p.525.Chimie: 10® année, (garçons), p.529; 11® année, (garçons), p.530; 12® année, (garçons), p.533.Histoire générale: 10e, 11® et 12e années, p.535.RENSEIGNEMENTS ET DIRECTIVES Avis au personnel enseignant, p.504 — Instructions relatives au Drapeau, de la Province e Québec, p.541—Chronique de Pédagogie, Adélard Gascon, Laurier Carrière, La vie canadie ne, Maurice Lebel, pp.3 et 4 de la couverture. 1955 ÉDITORIAL 481 EDITORIAL , Conscience professionnelle par Germaine Nadeau, Assistante-directrice de “ VEnseignement primaire WP Solide conscience professionnelle tu auras.Afin de savoir accepter tous tes devoirs d'état.^ 1.E quoi s'agit-il ?avait coutume de dire le maréchal Foch lorsqu'il commençait a étudier un point de stratégie.De quoi s'agit-il ?Il s'agit de savoir, si nous possédons vraiment cette qualité primordiale en éducation, qui s'appelle la conscience professionnelle.Pour être de notre temps, procédons si vous le voidez bien par un petit questionnaire et voyons où nous en sommes.1° Agissons-nous toujours dans l'intérêt bien compris de tous nos élèves ?2° Encourageons-nous les bonnes volontés et savons-nous stimuler les enthousiasmes ?3Ü Sommes-nous, pour nos enfants, un modèle d'obéissance et de soumission envers l'autorité ?If.0 Avons-nous vraiment la volonté, le désir, le besoin d'agir sur notre classe pour la transformer, V entraîner vers quelque chose de plus et de mieux ?5° Travaillons-nous simplement pour gagner de l'argent, ou si nous avons la passion de notre métier ?6° Savons-nous prévenir le mêcontement et porter remède aux injustices avant toute plainte ?7° Savons-nous ce que nous voulons, le voulons-nous énergiquement et savons-nous faire respecter notre autorité ?8° Nous arrive-t-il malheureusement de discuter avec nos élèves des décisions d'un chef hiérarchique ?9° Attribuons-nous à qui de droit les mérites et savons-nous faire loyalement la part de succès qui revient à chacun ?10° Enfin, apportons-nous dans l'exercice de notre mission une droiture irréprochable, ayant soin de donner à tous une justice absolue.Chers amis, après avoir fait notre examen .loyalement, il nous incombe si nous sommes de véritables éducateurs, de travailler sans relâche sur nos points faibles et de songer au fait, que chaque instituteur marque de son sceau, estampille à sa frappe toute une génération qui sera, grâce à lui ou à cause de lui, plus forte ou moins vaillante.Educateur, si j'ai parlé ainsi de la conscience professionnelle, c'est que je sais, que tu aimes ta profession par-dessus tout, que tu sens que tu sais, que tu vois, que cette vertu traverse en ce moment une crise très grave, dont tu voudrais de tout ton coeur et de toutes tes forces l'aider à triompher; que tu sens, que tu sais que tu vois que des dangers menacent la conscience professionnelle et que tu réalises pleinement, que tu te dois d'être un modèle dans ce domaine, en préparant une élite de plus en plus digne de ses origines et marchant le front haut (( vers les sommets )).¦¦ : • Germaine Nadeau. 482 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Mar» Pie XII ! titi! ;>¦ niques, des modes d’expression renouvelés, mieux adaptés aux exigences modernes.Dans l’immense chaos des idées proposées, comment éviter complètement toutes les déviations et aberrations possibles.La littérature, la peinture et la musique en sont des exemples significatifs.La religion n’échappe pas à ce courant.Dans un désir sincère de mieux atteindre Dieu, les chrétiens d’aujourd’hui font éclater des cadres qui ne correspondent plus aux aspirations actuelles des âmes.Ils veulent un christianisme où brillent davantage l’audace surnaturelle, la simplicité spirituelle, la spontanéité des enfants de Dieu.Leur inquiétude ne saurait se satisfaire d’une religion impersonnelle, toute faite de ritualisme stérile et de formalisme desséchant.Dans cette poursuite d’une foi mieux ajustée au monde contemporain.Pie XII est l’HOMME PROVIDENTIEL, merveilleusement armé pour faire face aux plus angoissantes situations et guider, dans la lumière de la vérité éternelle, toutes les bonnes volontés en quête de perfection.Nous connaissons tous la remarquable carrière de Pie XII.Né de famille patricienne, il poursuit de brillantes études et à 22 ans seulement, il est déjà docteur en philosophie, en droit canon et en théologie.Ordonné prêtre en 1899, il est aussitôt nommé professeur de droit, puis, à travers beaucoup d’autres postes, en pleine guerre de T4, nonce à Munich et enfin premier représentant officiel du Saint Siège auprès du Reich allemand, à Berlin.Pie XI, dont il est devenu le bras droit l’élève bientôt à la haute charge de Secrétaire d’État.Ses légations à Lourdes, Buenos-Ayres, Budapest et Lisieux, et son voyage aux États-Unis en 1936, le font connaître au monde comme une extraordinaire figure humaine et religieuse.Quand il accède au souverain pontificat en 1939, après l’un des conclaves les plus courts de l’histoire, c’est un cri unanime d’enthousiasme dans l’univers entier.Diplomate subtil et avisé, humaniste raffiné, polyglotte qui parle couramment 7 langues, mais surtout HOMME DE DIEU, Pie XII, depuis 16 ans, dirige la barque de Pierre avec une prudence et une fermeté inattaquables, avec un sens extraordinairement aigu des destinées de l’Église.Ce qui le caractérise, c’est surtout l’ampleur, la largeur de vues de sa vaste intelligence.On peut affirmer qu’il n’est aucune branche du savoir humain qu’il ne puisse aborder et traiter avec autorité.Les nombreuses audiences accordées tous les jours, à toutes les catégories de personnes, le prouvent éloquemment.Même les incroyants le reconnaissent avec étonnement et admiration.Il parle avec autant de facilité aux savants et aux spécialistes qu’aux simples ouvriers.Il traite des plus hautes questions scientifiques avec autant de pénétration et de clarté, que des problèmes ordinaires de la vie courante.Le nombre de ses discours sur les sujets les plus divers est effarant.Ses ¦encycliques, ses messages au monde jettent la lumière et font le point sur les débats les plus épineux.Sa compréhension profonde surtout d’une évolution nécessaire, au sein de l’Eglise, de moyens plus en harmonie avec la mentalité de l’heure et les besoins de notre époque, 484 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Mars donne la mesure complète de son génie surnaturel.Il faut au pape actuel une sûreté de jugement et un esprit surnaturel peu communs, pour mener à bien les audacieuses réformes entreprises depuis plusieurs années déjà.Il ordonne une nouvelle traduction du psautier pour le bréviaire romain.Il décloître des moniales pour leur permettre de gagner leur vie.Il modifie le costume des religieuses pour le rendre plus conforme aux règles de l’hygiène.Il décore des artistes de théâtre et des chanteurs lyriques.Il brise au besoin le protocole de la cour pontificale pour en permettre l’accès aux humbles et aux pauvres.Il adoucit le jeûne eucharistique, et facilite l’assistance au saint sacrifice par les messes du soir.Il brave les dictateurs du rideau de fer, en créant cardinaux des évêques victimes de leur persécution diabolique.Rien ne l’arrête quand il s’agit de mettre davantage à la portée des hommes, la doctrine du Christ et de son Eglise.Mais cette immense intelligence, le Pape la met au service de la charité.Pie XII n’est pas seulement un cerveau, si puissant soit-il, il est avant tout un cœur aux dimensions de celui du Christ, tout imprégné de l’amour de Dieu et des hommes.Pie XII n’est pas seulement un chef spirituel incontesté, si pacifique, si doux et si dynamique soit-il, il est avant tout l’humble successeur de Pierre, le premier vicaire de Jésus-Christ.Pie XII n’est pas seulement un grand meneur d’âmes, si humain et compréhensif soit-il, il est avant tout un prédicateur d’Evangile, de l’Evangile de Jésus-Christ.Pie XII n’est pas seulement une haute personnalité, si attirante et sympathique soit-elle, il est avant tout le Pape de la papauté éternelle, à qui nous devons RESPECT OBÉISSANCE ET APPUI.tig! ides juste t aptes Ces dernières années, beaucoup de Canadiens ont eu la joie de rencontrer le pape dans des audiences publiques ou privées.Tous ont gardé un impérissable souvenir de sa bonté, de sa distinction, de sa charité.Ils en ont rapporté un culte accru pour son auguste personne.Comme fils de l’Église, nous le lui devons tous.On ne peut être chrétien et catholique surtout sans être inébranlablement romain, sans avoir pour le Pape, une sincère vénération et une véritable dévotion.Nous devons l’aimer comme le représentant officiel du Christ, comme le guide sûr et éclairé, dont l’infaillibilité en matière doctrinale est la plus authentique garantie de salut.V Le ipilii Jfscat tons lîlte tonioi Cette vénération doit se traduire par une OBÉISSANCE parfaite et entière à ses Mlè moindres directives, à celles des encycliques surtout.Nous devons nous attacher farouchement à sa pensée et à sa parole, les défendre et les mettre en pratique.Le Pape doit enfin pouvoir compter sur notre APPUI.L’appui de nos prières, mais aussi l’appui de nos deniers.Son incommensurable charité supporte d’innombrables œuvres.Aidons-lui.Ce sera le symbole du culte que nous portons à l’immortel Pie XII, à la plus profonde intelligence peut-être et au plus grand cœur du XXe siècle.Gut Fortin, s.s.s. 1955 ÉDUCATION ET FORMATION 485 II) Nté J J s télj, ion 4 j Commandements du Sinaï m ou Morale de Jésus?par Armand Croteau, pire, Office Catéchistique Provincial, Saint-Jean, P.Q.et si patin vêt)® lad» 'ieUj in h’S H,ij 61 nt toit j SYNTHÈSE VI AI mal dormi Je venais de glisser à la poste mon texte de janvier sur les cinq façons d’enseigner la morale .(1) J’ai eu soudain la frousse: peut-être que je me cuisinais des imaginations, peut-être qu’en fait la morale était déjà correctement exposée en notre temps progressif, peut-être que les catéchismes appuyant sur les préceptes et les interdictions répondaient à la pensée expérimentée de la sainte Église ?V Ic> :: m ;?¦ .v : reàtf Nuit de cigarettes (( Export )) et de jazz sur fréquence modulée ! Le lendemain, j’ai rencontré {par hasard ?) un texte qui m’a puissamment tranquillisé: (( Un certain phénomène se manifeste un peu partout dans la vie de foi des catholiques; il atteint un peu tout le monde, mais particulièrement la Jeunesse et ses éducateurs .Confondant le christianisme avec un code de préceptes et d’interdictions, les jeunes ont le sentiment d’étouffer dans ce climat de morale impérative, et ce n’est pas une infime minorité qui jette par-dessus bord le bagage gênant .Cette morale ne nie pas les principes généraux .mais les déplace du centre {le bien de la vertu vers Vextrême bord .» Le plus réconfortant, c’est que ces lignes émanaient de Sa Sainteté Pie XII {18.I 1952).s.s> Je m’apprête, aujourd’hui, à feoilleter lentement le manuel de 10e année (( Jésus notre Chef, notre Maître )) avec la pensée fixe qu il est urgent à chaque rayon de la morale de référer Au Centre qui est le Christ de l’Évangile.« U est venu chez les siens et les siens ne l’ont pas toujours reçu )) autant qu’il le fallait .Il est pourtant le seul professeur parfait de morale: a) il n’est pas seulement un prophète un peu plus intelligent que les autres, il est Dieu même, la Vérité personnelle, le Chemin vivant; (1) En janvier dernier, dans « l’Enseignement Primaire )), poursuivant une série de neuf articles sur les manuels « Témoins du Christ », j’ai cru utile de préparer le présent commentaire détaillé du catéchisme de 10e année par un album personnel des différentes façons de proposer aux élèves catholiques la morale indispensable. 486 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Mars b) sa doctrine est pleine, tandis qne les autres se meuvent dans le partiel; son enseignement s’étend à toute la vie humaine, dans tous les siècles, sur tous les continents, à toutes les civilisations; c) son « joug )) est fascinant, il comble nos têtes et nos cœurs, « celui qui boit de Veau que je lui donne n'aura plus soif jamais )>; d) il dit la route en mots simples, en comparaisons familières, en histoires brèves, de phrases lapidaires, et non en thèses abstraites ou en périodes prétentieuses que les femmes pauvres et les enfants enjoués ne sauraient déguster; e) il vit, en perfection, ce qu’il nous demande de pratiquer chaque jour .Nous Le voulons dorénavant pour Maître et Chef de morale.— Autrement, « à qui irions-nous ?)) Le manuel de religion en 10e année est ^ divisible en trois secteurs: j d< 1.Jésus indique le but de la route; {person- nalité chrétienne, sainteté); 2.Jésus nous éclaire sur le voyageur; {libre, entre le devoir et la tentation); JE 3.Jésus éclaire le chemin du voyageur; {service de Dieu et du prochain, épanouissement de soi, dans tous les milieux).I — Jésus indique le but de la route ï! Û a fi mi ii« .I ÏÏKil k Chapitre 1 En scrutant des portraits de grands chrétiens, on peut décalquer déjà, mentalement, ce qu’est un disciple de Jésus de Nazareth, et entrevoir la marge formidable qui sépare Marie, Paul, Thérèse, François, {ou autres), d’Eve Currie, Rockfeller, la reine Victoria et Dale Carnegie .Chapitre 2 Grimpe au palier des idées même de personnalité chrétienne: il ne te suffit pas d’être un héros de laboratoire, un général ingénieux, un explorateur audacieux, un philanthrope débordant, un bipède sobre, une phtisique patiente .Un chrétien , normal est un enfant de Dieu, une demeure t lèu de la Trinité, un frère véritable du Christ, greffé sur Jésus, comme la branche fragile l’est sur le tronc vivifiant.— Comment parlerait-on de personnalité chrétienne sans lui dire sans cesse (( Jésus, Jésus, Jésus .» Ki- ll — Jésus nous éclaire sur le voyageur U Chapitre 3 La conscience peut être analysée naturellement: un Coréen adulte porte en lui ce jugement pratique qui dirige le projecteur de la loi naturelle sur ses actes individués.Est-elle exactement identique chez un chrétien, ou ne lui demande-t-elle pas plus qu’au Musulman ?n’a-t-elle pas en lui des exigences qu’ignore un honnête Bouddhis- la te ?.Elle doit se former dans l’éclairage, ^ de Jésus; elle est parfaite quand elle juge ^ de nos gestes concrets comme en juge Jésus, ^ du fond de son tabernacle silencieux.Chapitre 4 I ^ Je suis responsable parce que je suis libre, un philosophe de Bombay peut le démontrer, et soupeser les influences qui pressent sur| , . 1955 ÉDUCATION ET FORMATION 487 ma volonté: craintes injustes, passions lancinantes, violences brutales.Mais le chrétien est rendu immensément plus responsable par la clarté diffusée par Jésus, et considérablement plus libre par la vérité et la force qui émanent du Christ.« Si je n’étais pas venu, ils n’auraient pas de péché; la Vérité vous rendra libres .» Chapitre 5 JE RENCONTRE LE DEVOIR Un sage de Constantinople peut établir nos obligations naturelles: un animal raisonnable n’a pas le droit de s’empiffrer comme un rhinocéros, de regarder ses voisins comme une panthère souple, de conserver des mœurs d’orang-outang.Mais le devoir éclairé par Jésus devient soumission amoureuse au Père du ciel, collaboration docile à la Rédemption commencée par Jésus, épanouissement fervent du Corps Mystique de Jésus.Chapitre 6 A l’opposé du devoir, la Tentation.Elle agace l’Iroquois alcoolique ou la négrillonne adolescente, Elle offre aux païens l’enivrement de ne pas être raisonnable pour cinq minutes et de laisser le corps détrôner la tête débile et tournoyante.Mais pour le chrétien, quelle lumière .« Jésus a été conduit par l’Esprit au désert pour y être tenté ».Jésus a repoussé les trois sortes de tentations qui peuvent me fasciner, — la chair désireuse, (fais-toi des pains odorants), — Vorgueuü vaniteux qui épate la plèbe ignare, (jette-toi du pinacle du Temple, — l’argent et les bagatelles du Monde caduc, (tout cela, je te le donnerai .).Jésus a très fréquemment parlé de la tentation: « priez afin de ne pas entrer en tentation, — ne nous induisez pas en tentation, ceux qui n’ont pas de racines ils meurent au temps de la tentation (Le 8.13), ~d esprit est ardent mais la chair est faible, — un démon chassé revient avec sept autres .» Jésus indique fortement la présence de Satan, « l’ennemi, — le semeur de mauvaises herbes, — le prince de ce monde ».Et toi, vois-tu assez le démon dans tel film, tel magazine, tel roman, telle auto, telle mode parisienne ?Chapitre 7 Notre voyageur prend Jésus pour modèle.Pendant que l’adolescent de Yécole neutre peut rêver de marcher dans les pistes du Surhomme, de Die Tracy, de l’aviateur Saint-Exupéry, de Tarzan ou d’Audrey Hepburn, le chrétien médite les attitudes du Nazaréen envers le Père céleste, envers les hommes pitoyables et envers sa propre nature corporelle.Et il s’extasie, (si son professeur en est avisé), de ce que ce Dieu puissant et génial a évité soigneusement les gestes « excentriques » de tant de saints inimitables, la; session sur une colonne de Simon Stylite, la peau de chameau du Précurseur, les déplacements vertigineux de Xavier, les leçons abstraites de Thomas d’Aquin, le sourire déconcertant de Laurent sur ses tisons rouges .Au contraire, Jésus a grandi obscurément dans un petit village rural, endossé le costume de tout le monde, dormi dans une chaloupe, pris des vacances dans la région de Tyr, attisé un feu sur une plage, veillé avec des amis à Béthanie, parlé avec des femmes légères, mangé dans des banquets pharisiens, et avoué simplement sa soif brûlante sur la croix dure et immobile .O le plus imitable de tous les saints, ô Dieu amour .Chapitre 8 JÉSUS EST LA FORCE DU VOYAGEUR Un épicier de Hong-Kong est tenu à un minimum de vertus naturelles: il doit se freiner après quelques gorgées de chartreuse, respecter la pudeur de la caissière .Le chrétien est invité à des vertus infiniment supérieures, à une foi qui déménage les monts, à une espérance qui attend l’étreinte du Créateur, à un amour répandu par l’Es-prit-Saint; il est orienté vers la simplicité de la colombe, la candeur du petit communiant, la joie dans la torture, la tranquillité qui ne se préoccupe pas du manteau de l’automne prochain « car votre Père sait ce dont vous avez besoin ».En outre, tandis que l’antique Confucius continue visiblement à rester mort, Jésus ressuscité 488 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Mars fortifie jour après jour le baptisé en qui il habite .Chapitre 9 JÉSUS EST LE GUIDE DU VOYAGEUR La balayeuse de rues de Leningrad est soumise à plusieurs lois, il lui faut consulter sa raison naturelle et plier devant les autorités civiles légitimes; il peut lui arriver de ne pas distinguer nettement pourquoi on ne la laisserait pas gambader comme une gazelle .Le chrétien est enveloppé de plus de lois encore, mais Jésus les éclaire en transparence: pour lui, la loi naturelle s’ourle de volonté du Père, — la loi civile juste est endossée par Jésus {rendez à César .), — la loi canonique de l’Église est le timbre même de Jésus pénétrant jusque dans son oreille croyante.Chapitre 10 LE VOYAGEUR EST EN FACE D’UN CHOIX PERMANENT Esquimau infidèle, il peut chaque jour affermir sa personnalité humaine ou s’aplatir au palier des phoques polaires.S’il est chrétien et en état de grâce, chaque fois qu’il produit consciemment un acte voulu, il ne peut que mériter ineffablement une intensification de joie éternelle ou ajouter une lourdeur supplémentaire sur les épaules du Crucifié épuisé; le choix est inéluctable, — que tu lises l’Enseignement Primaire, fumes une Players, grignotes des patates frites, écrives à ton fiancé ou souries à l’Inspecteur, tu ne peux, en état de grâce, qu’être en train d’embellir une éternité d’extase ou de gâcher ton intimité avec le Fils de Dieu .Le 'pêché, révolte contre le Souverain Maître, peut paraître laid à des yeux païens, mais quelle puanteur infernale il dégage quand on le flaire avec Jésus: pour payer équitablement un seul péché mortel d’hier soir, il fallait strictement V Incarnation d’un Dieu, — pour balancer nos péchés, Jésus a été fouetté jusqu’aux os, — à cause de nos péchés, le Fils unique de Dieu a sué de Sang; — Jésus est venu ôter le péché du monde; — qui peut remettre le péché sinon Dieu seul; — qui Le convaincra de péché; — le péché grave sépare de Jésus comme la branche morte tombe sur l’asphalte ensoleillé .Qui donc peut faire une classe sur le péché {mortel ou véniel) sans dire sans cesse (( Jésus )) ?III — Jésus éclaire le chemin du voyageur Chapitre 11 CULTE DIVIN Un Mahométan cherche à honorer Dieu, il se prosterne le front dans la poussière à l’appel mélancolique des minarets.Pour le chrétien, Jésus éclaire entièrement le culte que le Père veut (( en esprit et en vérité la messe est le Calvaire de Jésus qui passe au milieu de nous, le dimanche est un jour de résurrection avec Jésus, la communion de Pâques réunit à Jésus des frères vagabonds.Chapitre 12 LA PRIÈRE Le Huron bronzé murmurait au Manitou distant: (( Donne-moi un lac poissonneux, souffle un vent favorable à l’attaque des visages I ÿ it jt : JF 0 ïü J?i isi ’U: L H ita wp '3 f! h' itap ijfii :!fl U lit fia fya S h® RS N C 3 (A - HCN + H2O.3.A quoi sert le chlorure de méthyle, CHsCl ?Pour obtenir de très basses températures, et en médecine, pour anesthésie locale.4.Comment prépare-t-on le chlorure d’éthyle CHs — CH2C1 ?.Par l’action du gaz chlorhydrique sur l’alcool absolu.5.Qu’entend-on par saponification ?.Action d’un alcali sur un ester: (C)7H36C02)3 C3H5 + 3NaOH- C3H5 (OH)3 + 3Ci7H35C02Na II y a régénération de la glycérine et formation d’un sel d’acide gras qui porte le nom de savon.Dans l’exemple qui précède nous avons du stéarate du sodium.5.Comment prépare-t-on l’oxyde l’éthyle, C2H6 — O — C2H6 ?.En chauffant un mélange de 50cc.d’acide sulfurique concentré avec 25cc.d’alcool à 95%: 2C2H6OH + H2SO4 lT~—^ C2H5 — O — C2H5 + H2O + H2S04.7.Quelle est l’action de l’acide nitrique sur le benzène ?.L’acide nitrique fumant et froid, réagit sur le benzène pour donner du ni- trobenzène: CaHs + HNOs-CaHs NO2 + H2O.8.Quel est l’usage spécial de l’aniline ?.Très employée dans l’industrie des matières colorantes.9.Nommez quatre variétés de soies artificielles.1.soie à la viscose, 2.soie cupro-ammoniacale, 3.soie à la nitrocellulose, 4.soie à l’acétocellulose.10.Faites réagir du benzène sulfoné sur de la potasse; donnez l’équation.CeHôSOsH + KOH-^ CaHsOH + H2O + K2SO3.NOMMEZ LES CORPS SUIVANTS 1.CH3 — COOCHs.Acétate de méthyle.2.C16H33CO2H.Acide margarique.3.CHs — O — CHs.Oxyde de méthyle.4.CHs — O — C3H7.Méthoxypropane.5.CaHisOs .Lévulose.6.(Ci2H20Oio)2 .Dextrine.7.CH3-CH2-CH2-CH2OH.Butanol.8.CsHbCI.Chlorure d’éthyle.9.CsHb \ N—H.Ethylpropylamine.CsH7/ 10.CHs-CH2-C=N Propane nitrile. 534 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Mars FORMULEZ 1.Glucose .C6H12O6.2.saccharose .C12H22O11.3.Chlorure de phényie.CeHjCi.4.nitrobenzène.C6H5NO2.Poids de l’acétate d’éthyle: 88x23 46 .44 grammes Poids de l’eau: 28x23 ¦—TT— = .9 grammes 5.phénol.C0H5OH.6.aniline.CeHjNhL 7.éthoxyéthane.C2H5 —O — C2H5.8.chloroforme .CHCL./H 9.diméthylamine.CH3 — N \CH3.I I /H 10.iodure de méthylammonium .CH,3 —N ! \H H 3.On saponifie complètement par de l’hydro-xyde de potassium 490 grammes d’acétate d’éthyle.On oxyde tout l’alcool obtenu.Quel sera le poids de l’aldéhyde ainsi formé ?.CH3CO2C2H5+KOH-5- C2H6OH +CH3CO2K O // C2H5OH+O-^-CHs-C +H2O H 88 g.44 g.490 g.x PROBLÈMES 1.Quel poids et quel volume de méthane pourrait-on obtenir si on chauffait 100 g.d’acétate de sodium avec de la chaux sodée ?.NaCHsCOz+NaOH-CH4+Na2C03 82 g.16 g.ou 22.4 1.100 g.X x Quantité de méthane obtenue:!6x100 82 = .19.5 grammes Poids de l’éthanal: 44x490 ^88 .245 grammes 4.On fait brûler du méthane dans l’air et on obtient 2.24 1.de gaz carbonique.Quel poids de méthane a-t-on fait brûler ?.CH4+2O2->- CO2+2H2O 16 g.22.4 1.x 2.24 1.Poids du méthane: 16x2,24 _ 22.4 1.6 gramme.Volume de méthane produit: 22.4 l.xlOO 82 = .27 litres.2.On fait réagir 23 g.d’alcool éthylique sur de l’acide acétique.Quels seront les produits qu’on aura après la réaction et leurs poids ?5.On traite de l’acétate de sodium par de l’acide sulfurique à chaud et on obtient 10 grammes d’acide acétique.Quel poids d’acétate de sodium a réagi sur l’acide sulfurique ?.NaCH3C02+H2S04-^ HCH3C02+NaHS0< 82 g.60 g.x 10 g.C2HbOH + CH3CO2H—3- CH3C02C2H6 + H2O 46 g.88 g.18g.23 g.xx Poids d’acétate: 82x10 60 = 13.6 grammes. 1955 LEÇON-TYPE 535 Histoire générale DIXIÈME, ONZIÈME ET DOUZIÈME ANNÉES LA DYNASTIE CAROLINGIENNE ^"j/^OUS assistons à la résurrection de l’empire d’Occident, disparu en 476.Depuis Dagobert, la royauté était en pleine décadence, les rois trop jeunes ou incapables de régner avaient perdu leur autorité; c’étaient des rois fainéants.Ils n’avaient plus la force d’imposer leur volonté pour réprimer les luttes incessantes entre la Neustrie et l’Austrasie: ce sont les maires du palais qui les remplaçaient.On voit en Neustrie, en 657, Elervin lutter contre S.Léger; il fut assassiné après avoir martyrisé l’évêque d’Autun.En Austrasie, Pépin d’Héristal triomphe de la Neustrie à Tertry et y installe son fils Charles Martel {721): celui-ci gouverne en plus l’Aquitaine, la Bourgogne et la Provence.Il faut ainsi l’unité du royaume franc.Enfin il remporte une victoire sur les Arabes à Poitiers en 732 et les repoussent pour longtemps de la Gaule.PÉPIN LE BREF: 741-769 Fils de Charles Martel, il va ceindre la couronne royale et pour cela il fait enfermer dans un couvent le dernier des mérovingiens, Childéric II et se fait proclamer roi à Soissons en 751; il sera sacré à Saint-Denis par le pape lui-même en 754: d’où alliance étroite entre le roi et la papauté.Il repousse en effet les Lombards qui envahissaient Rome et remet au pape l’exarchat de Ravenne, pour son état pontifical.En Germanie, il vainc les Saxons et conquiert la Bavière; il chasse les Arabes du Sud de la Gaule et soumet l’Aquitaine qui venait de se soulever.Il meurt en 768 et ses deux fils Carloman et Charles se disputent le royaume.CHARLEMAGNE Resté seul roi à la mort de son frère Carloman en 771.Il continue la lutte commencée contre les Lombards, bien qu’il eût épousé la fille de leur roi Didier.Adrien 1er appelle Charlemagne à son secours.Il lance deux armées contre Didier à Pavie et assiège la ville après six mois de lutte.Charlemagne devient alors roi des Lombards (774).Il va soumettre les Saxons en Germanie et les dépouille de leur idole Irmunsul dans le tronc d’un arbre {772).Mais il subit une résistance acharnée pendant près de trente ans.Et dès qu’il s’absentait la persécution recommençait de plus vif contre les prêtres et les monastères.Witikind détruisit en 782 une armée franque, à quoi Charlemagne répondit en massacrant 4,500 otages.Mais le plus saisissant fut de voir Witikind en personne demander le baptême: tout semblait alors fini. 536 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Mars Charlemagne rendit le christianisme obligatoire et le service dans l’armée nécessaire.En 804, la soumission des Saxons fut totale et la domination franque se fit sur toute la Germanie occidentale, jusqu’à l’Elbe, c’est-à-dire la future Allemagne.Les Avars arrivaient à leur tour de Byzance, en suivant la vallée du Danube.Charlemagne les rejoignit en Hongrie et amena le roi des Avars à recevoir le baptême et à céder d’abondantes richesses.LES ARABES Tandis qu’il portait vers l'Est la civilisation chez les païens, Charlemagne complétait au Sud-Ouest de la Gaule, l’œuvre ébauchée par ses ancêtres (Roncevaux, Epée de Roland, Barcelone, prise en 801).La domination franque ne s’arrête qu’à l’Elbe {Marche d’Espagne ou Catalogne).EMPEREUR D’OCCIDENT Les conquêtes de Charlemagne avaient porté sa domination jusqu’à l’Elbe (Allemagne).L’unité religieuse était faite.En Orient la civilisation était entre les mains de l’impératrice Irène.Le jour de Noël, en l’année 800, le pape Léon III couronne Charlemagne de ses propres mains, à Rome.Il entretient de bonnes relations avec Constantinople et Bagdad, et surtout avec les chrétiens de ces pays, semblable en cela aux empereurs de Rome.Avec Charlemagne, ce fut la renaissance des lettres et des arts, la réforme du clergé et de la société.DÉMEMBREMENT DE L’EMPIRE CAROLINGIEN Charlemagne mourut en 814.Il eut pour successeur Louis le Pieux son fils; homme de peu de valeur, sans caractère et surtout scrupuleux.Des troubles graves éclatèrent et finalement ce fut un partage entre les trois fils de Louis: Lothaire, Louis et Pépin.Lothaire seul portait le titre d’empereur et commandait à ses frères.La deuxième femme de Louis le Pieux eut un fils Charles et le partage recommença de plus belle.La lutte s’engagea et le père dut s’humilier devant ses fils en 833; la mère Judith de Bavière fut exilée et Charles enfermé dans un couvent.Le père fut dépouillé de ses insignes et relégué lui-même dans un monastère.Malgré le repentir de Lothaire et la réintégration de Louis le Pieux, l’autorité qui avait été perdue ne revint pas après les fameuses journées de Soissons et ce ne fut qu’une demi-paix entre Louis et ses fils.Il mourut enfin en 841.Puis ce fut le fameux serment de Strasbourg en 842 qui était supposé rétablir les liens entre Charles le Chauve {copie fut faite en langue romane) et Louis le Germanique {copie faite en langue tïidesque).TRAITÉ DE VERDUN EN 843 Louis le Germanique eut tout l’Est du Rhin et quelques enclaves fertiles en vignobles; Charles le Chauve la partie à l’Ouest de l’Escaut, de la Meuse, de la Saône et du Rhône; Lothaire se réserva une longue bande de terre entre les parts de ses frères, de la Méditerranée à la Mer du Nord, avec en plus l’Italie.Les deux capitales furent Rome et Aix-la-Chapelle.Il conserva son titre d’empereur, mais ses frères traitèrent d’égal avec lui-On avait ainsi obtenu l’unité de sentiments, mais l’unité territoriale était disparue à jamais.La France et l’Allemagne sont à jamais divisées par le territoire, la langue et les goûts;et cette rivalité dure encore.La part de Lothaire se démembra vite à sa mort: l’Italie, la Provence et autre territoire alla à Lothaire II {d’où le nom de Lotharingie ou Lorraine).Charles le Chauve et Louis e Germanique à la mort de Lothaire II se disputèrent la Lorraine et la partagèrent en 87 ainsi l’Allemagne et la France deviennent voisines.Charles le Gros, fils de Louis le Germanique reçoit sa couronne du pape et devien maître de l’Allemagne et de ITtalie.Louis III et Carloman cèdent le pas devant Chares 1955 LEÇON-TYPE 537 le Gros, qui devient maître de l’ancien empire de Charlemagne.En 885 au lieu de combattre, il traite avec les Normands.Il est déposé à la Diète de Tribur (887) par les grands de Germanie.L’ORIENT L’EMPIRE BYZANTIN Les querelles religieuses détachent tranquillement l’Orient de l’empire romain.La révolution de 717 donna le pouvoir à l’empereur Léon III, qui infligea aux Arabes un échec considérable et les força à lever le siège devant Constantinople.Ses successeurs reprirent l’île de Chypre et la Syrie.Mais l’avance de l’Italie fut enrayée de ce côté.Certains chefs religieux développaient un culte excessif des images; on les surnommait les Iconoclastes.L’empereur Léon III en interdit le culte et les fit même enlever des églises.Constantin alla plus loin et ouvrit contre ces hérétiques une véritable persécution.Mais le patriarche de Constantinople fut mis à mort, les couvents furent dévastés et les moines exilés.Sous le règne d’Irène, la persécution diminua mais dura cependant jusqu’en 843 et l’autorité réussit son projet de dominer la force ecclésiastique, ce qui eut pour effet d’élargir le fossé qui les séparait de Rome.En 861 l’empereur Michel III dépose le patriarche et le remplace par Photius.Le pape Nicolas 1er protesta et excommunia Photius.C’est alors que l’Église grecque rompit avec Rome en 867.La querelle s’adoucit, puis reprit en 1050 et définitivement: c’est le schisme de l’Église grecque.DYNASTIE MACÉDONIENNE Basile 1er se débarrasse de Michel III, acculé à une faillite et fonda en 877 une nouvelle dynastie, qui devait rayonner du neuvième au onzième siècle.Le prestige incomparable de l’empire byzantin fut reconnu même en Europe: on vit resplendir la civilisation et la foi chrétiennes au milieu des populations slaves.Au nord de la péninsule balkanique, les slaves du sud (Serbes, Croates, Slovènes); les Bulgares asiatiques; les slaves de l’Ouest ou Tchèques-Moraves-Polonais; d’autres du Dniéper, de la Volga et de la Russie.Il y eut des conversions retentissantes parmi toutes ces populations.SLAVES ET BULGARES Au IXe siècle, deux moines grecs, saints Cyrille et Méthode, en Bohème et en Moravie répandent la bonne parole de l’Évangile.Mais l’influence germanique se fait sentir: ils sont rattachés par la papauté.Boris, tzar des Bulgares, se convertit en 864, beau geste que répéta son fils Siméon, tout en caressant un rêve d’empire qui comprendrait Constantinople.Mais à la fin du Xe siècle, Basile II les écrase et la Bulgarie devient province de l’empire byzantin en 1014.DÉBUTS DE LA RUSSIE Les Slaves, orientaux installés dans les plaines du Dniéper et de la Volga étaient en contact au Nord, avec les Scandinaves; au Sud, ils étaient voisins de l’empire byzantin; à 1 Est, ils étaient menacés par l’Asie (Kazars et Petchénègues).LA SUÈDE Des aventuriers, des Varègues, furent invités à s’installer sur les rives du Dniéper; ils y fondèrent des villes, Rurik établit la principauté de Novgorod et Kiev, berceau de la ussie.Les princes de Kiev battirent les Bulgares, les Kazars et les Fetch, et saccagèrent Constantinople en 941.CHRISTIANISME En 95*, Olgar se fit baptiser à Constantinople; en 988, Wladimir épouse Marie-Anne, sœur de Basile II le Tueur, et consent à être baptisé avec son peuple: les idoles sont jetées ans ^ Dniéper et la foule y est précipitée tout en recevant le baptême.L’influence by- 538 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Mars zantine est prépondérante en Russie: le commerce et la religion.Mais il y aura toujours des guerres.KALIFES ABASSIDES L’empire est encore agrandi et s’étend maintenant jusqu’à l’Atlantique: Asie occidentale, Afrique du Nord, péninsule ibérique en Europe.Aboul-abbas (d'où le nom d’abbassi-des donné aux califes) prit le pouvoir de force: c’était un descendant d’Ali (le gendre du Prophète).Il choisit pour capitale la fameuse Bagdad.C’était un despote fantasque et crue], qui essaya d’imposer la foi de force.Il nommait son premier ministre Vizir et lui donnait tous les ministères à exercer.En S03, le vizir devient suspect au roi Haroun-al-Rachid, qui s’en débarrassa.Enfin à la tête des provinces se trouvaient des Emirs.HAROUN-AL-RACHID (786-809) Il était un contemporain de Charlemagne et conduisit le règne des abbassides à son apogée.Il fit un raid audacieux sur Constantinople, força Irène à lui payer tribut et reçut des secours de Charlemagne contre Byzance et Cordoue.Le Calife de Cordoue était un descendant des Oméyades: Abd-el-Raman.Il orna la ville de monuments remarquables, tels l’Alcazar et la grande Mosquée.Ce fut un des centres les plus réputés de la vie musulmane.Les petits états chrétiens firent la lutte à Cordoue (Asturies, Aragon, la Marche d'Espagne ou Barcelone).Ce fut alors le démembrement de l’Empire des Abassides: l’émir du Maroc établit un calife à Fez en 784; en Afrique du Sud, celui de Karoumn (801); mais celui-ci fut repoussé plus tard par les Fatimistes en 910.C’est le clan qui régna depuis la Mer Rouge jusqu’à l’Atlantique.L’autorité des Abassides se trouvait ainsi diminuée.La civilisation musulmane permit à l’Occident d’entrer en contact avec l’Asie: ils apportaient des produits de l’Inde et de la Chine.Ils perfectionnaient les procédés d’irrigation faite par les Romains, surtout dans le Sud de l’Espagne.Ils importaient la mousseline (de Mossoul) la cordonnerie (de Cordoue), et les armes de Damas et de l’Iolide.Les découvertes furent exploitées par les voyageurs et les marins; c’étaient surtout la littérature et les arts: l’art musulman en effet combinait heureusement l’art perse et l’art byzantin.DERNIÈRES INVASIONS: SARRASINS On appelait ainsi les arabes d’Occident, qui promenaient le pillage par toute la Méditerranée: Sardaigne, Sicile, Palerme, Syracuse, Rome.C’est là que Léon IV fortifia Saint-Pierre, d’où le nom de cité léonine.Il y eut aussi des visites et des invasions dans le Sud de l’Italie et dans la Provence; de sorte que tout commerce était devenu impossible.HONGROIS (Magyars) Ces tribus étaient propres aux expéditions lointaines; on les reconnaissait à leurs mœurs barbares indescriptibles.Ils attaquèrent les Slaves et pillèrent l’Italie du Nord.En 907 ils font périr les survivants de la dynastie de Louis le Germanique (en Bavière), en 917, ils sont rendus en Lorraine et en Alsace; ils traversent les Alpes, tandis qu un autre groupe se dirige vers le Rhône.En 937 ils sont à Bourges, mais la majeure partie est restee sur le Danube.NORMANDS Plus terribles que les précédents, ces Scandinaves venaient de Norvège, de Danemar et de Suède.Ce sont des païens au service d’Odin, qui refusaient obstinément de se convertir tel que le leur proposait l’évêque de Hambourg Anschaire.Ils guerroyaient sous a direction des Vikings.Ils abordèrent au IXe siècle en Islande, d’autres au Groënlan e même en Amérique.Ils étaient attirés par les nombreuses voies fluviales: à l’intérieur des terres, ils se ser valent de chevaux qui apportaient les butins aux embarcations, en direction de Paris, 1955 LEÇON-TYPE 539 Rouen, Nantes et Toulouse; aussi bien que de Lisbonne, de Séville et des côtes de l’Afrique qui eurent la visite de ees Normands.En Italie et en Grèce, les buts étaient autant le commerce que la conquête.SUÉDOIS Ces Varègues étaient bien des guerriers, comme les précédents, mais aussi des marchands.Ils occupent d’abord la Finlande, organisent les principautés de Russie; ils servent même sous l’empereur de Constantinople.NORVÉGIENS Les Norvégiens en Irlande et les Danois en Grande-Bretagne, préparent une grande conquête.CONQUÊTE DE LA GRANDE-BRETAGNE Depuis le Ve siècle, les Angles et les Saxons avaient constitué des royaumes qui luttaient continuellement entre eux.C’est l’Heptarchie: Essex, Wessex, Sussex, et Kent d’une part {Saxons); Est-Anglie, Mercie et Northembrie (Angles).ECHERT (Wessex 802-832) Il réunit tous ces royaumes.Dès 835, les Danois pénètrent au Sud de la Tamise et dévastent tout sur leur passage.En 871, Alfred le Grand (JVessex) fut d’abord battu par les Danois; mais il reprit le dessus et posséda tout le Sud de l’Angleterre et Londres qu’il fortifia.A la fin du Xe siècle, les troubles chez les Anglo-Saxons sont plus graves et les Danois avertis reviennent sous la direction de Svend et renverse en 1002 le roi Ethelred et son fils Canut le Grand de Danemark devient à la tête d’un grand empire: Angleterre, Danemark et Norvège (1016-1035).NORMANDS EN FRANCE Les rois carolingiens n’arrivaient pas à chasser les Normands et à se protéger efficacement contre eux.Les moines étaient obligés de fuir avec leurs reliques; les habitants devaient se construire des châteaux et des villes fortifiés.Robert le Fort fut établi par Charles le Chauve comme le gardien entre la Loire et la Seine, mais il fut tué en 866 à Brissarthe.Louis III le Victorieux remporta une victoire éclarante en 881; cinq ans plus tard, les ennemis envahissent Paris après une forte résistance.Eudes sortit demander du secours à Charles le Gros, qui négocia au lieu de se battre.La couronne fut donnée à Eudes, qui sut bien défendre son royaume.En 911, Charles le Simple, concéda la vallée inférieure de la Seine pour apaiser Rollon, à Sainte-Claire sur Epte.C’est la Normandie d’aujourd’hui.DERNIERS CAROLINGIENS: LES CAPÉTIENS Devant la faiblesse des Carolingiens, la monarchie devint élective et passa aux descendants de Robert le Fort.— Charles le Simple mourut en captivité à Péronne.Louis IV d Outre-Mer, réfugié en Bretagne, fut des plus faibles et accepta la tutelle du Duc de France.Hugues le Grand finit par le mâter et lui arracha sa dernière ville: Laon.Louis P appela Otton Ier à son secours.Sur l’ordre du pape, Hugues remit la ville de Laon.Le fils de Louis, Lothaire, puis son petit-fils Louis V régnèrent tour à tour, et de leur mieux, mais en butte au jeu politique des grands qui soutenaient Hugues Capet.Les rois de ermanie disputaient de plus la Lorraine à la France.Aussi Hugues prit-il le pouvoir, sur les conseils de l’Archevêque de Reims.Et ainsi commença la dynastie illustre des Lapétiens.ALLEMAGNE: OTTON LE GRAND Ce dernier prit le nom impérial et réunit l’Allemagne à l’Italie.Du Rhin à l’Elbe, il °rrna quatre duchés: Saxe, Eranconie, Souabe et Bavière: ces duchés sont différents non seu ement par leur géographie, mais aussi par le peuplement, la langue et la race en géné-ra • Ce sont des ducs indépendants et héréditaires, malgré le principe électif. 540 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Mars HENRI L’OISELEUR La dynastie saxonne va relever le prestige de la royauté; le Duc de Saxe succède à Conrad et règne de 919 à 936.Il s’impose à la Bavière et intervient dans les démêlés de la Lorraine.Il bat les Danois à l’Ouest et délivre l’Allemagne en 933 à la bataille de Mersebourg.Son fils Otton Ier (936-978, couronné solennellement à Aix-la-Chapelle, était entouré des Ducs de Lorraine, de Souabe, de Franconie et de Bavière; ces ducs il les a choisis parmi ses parents.Pour lui-même, il garde la direction de la Franconie et place de même à la tête de nombreux évêchés des personnes de son choix et ainsi l’appui du clergé fera contre-poids à la puissance croissante des Ducs.INVASIONS L’empereur fortifie l’Allemagne contre les Hongrois (95^), aux environs d’Augsbourg; ceux-ci arrêtent leur marche et se fixent là définitivement.Marches: On appelle ainsi des provinces sises aux frontières.Corinthie contre les Hongrois (Autriche); Misnie et Brandebourg (contre les Slaves) et Schesvig contre les Danois.Il rattache de plus le royaume d’Arles, reste du démembrement de l’empire de Lothaire Ier.ITALIE Ce pays vivait alors dans une anarchie complète: la Toscane, Spolète, Bénévent et Naples sont devenues des duchés ou des marquisats.Au Sud, se trouvent les Sarrasins et les Byzantins; les papes sont pris dans des intrigues très complexes et leurs élections sont vivement discutées.Otton battit Bérenger, entra dans Pavie et épousa Adélaïde en 951.RESTAURATION DE L’EMPIRE Otton part de Milan avec la couronne de Charlemagne et se rend à Rome se faire couronner par le page Jean XII le 9 février 962.La France échappait ainsi à son autorité: c’est le saint empire germain et romain qui débute.En 963 Otton dépose Jean XII et impose des papes de son choix, ou du moins veut confirmer leurs élections.Il réduit sous son obédience tous les princes italiens et l’empereur de Constantinople.Son fils Otton II épouse une princesse byzantine, Théophane, et reçoit la couronne (973-983).Mais il dut renoncer à la France et se contenter d’arracher l’Italie du Sud à la Grèce.Otton III (983-1003), né d’une mère byzantine, il rêva plus qu’aux intérêts de son royaume germanique; il voulait ni plus ni moins un empire qui couvrirait tout l’Occident, avec Rome comme capitale.Il placerait son palais sur l’Aventin.Il avait pour ses sujets un complet mépris, surtout pour les Saxons.Crescentius, qui avait ainsi régné à Rome pendant dix ans, fut pendu en 985.Gerbert, précepteur d’Otton, reçut la tiare, sous le nom de Sylvestre II.Et la dynastie se termina à sa mort qui arriva en 1002.QUESTIONNAIRE 1.Comment ressuscite l’Empire d’Occident?2.De quelle façon Pépin le Bref s’empara-t-il du pouvoir ?3.Quand eut lieu l’avènement de Charlema- gne?4.Charlemagne répand le christianisme.5.Couronnement de Charlemagne ?6.Comment se fait le partage de l’empire de Charlemagne ?7.Conditions du Traité de Verdun ?8.L’empire byzantin et ses possessions.9.La dynastie macédonienne.10.Un mot des Slaves et des Bulgares.11.Débuts de la Russie.12.Les califes abbassides.13.Un mot d’Haroun-al-Rachid.14.Dernières invasions des Sarrasins.15.Les Hongrois-Suédois-Norvégiens.16.L’œuvre d’Echert.17.Les Normands en France.18.L’avènement des Capétiens.19.Le grand homme d’État allemand: Otton I.20.Les Invasions en Allemagne et en Italie.21.La restauration de l’empire romain germani qne. 1955 RENSEIGNEMENTS ET DIRECTIVES 541 Instructions relatives au Drapeau de la Province de Québec PROVINCE DE QUÉBEC DÉPARTEMENT DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE TABLE DES MATIÈRES Pages 1.Avant-propos.541 2.Drapeau de la province de Québec.542 3.Adoption officielle du drapeau de la province de Québec.542 4.Composition héraldique du drapeau officiel.542 5.Signification symbolique du drapeau officiel.543 6.Respect au drapeau — recommandations générales.543 7.Le drapeau d’honneur.Place d’honneur du drapeau.544-545 8.Les drapeaux sur mâts.546 9.Salut au drapeau.Ordonnateur et garde d’honneur.548 10.Cérémonial du salut au drapeau.549 11.Formule du salut.552 12.«O Canada ».552 13.Appendice.552 AVANT-PROPOS Jusqu’ici, aucunes instructions relatives au drapeau n’avaient été préparées officiellement à l’intention du personnel enseignant et des élèves des écoles sous la juridiction du Département de l’Instruction publique de la Province de Québec.Le présent recueil a été élaboré avec soin par un spécialiste bien au fait de la règlementation suivie dans les écoles de plusieurs pays, et par des éducateurs de la Province; son acceptation par le Comité catholique en fait un guide officiel de conduite à l’égard du drapeau.Ce recueil de renseignements et de directives s’adresse au personnel et aux élèves des Écoles normales, des Écoles primaires élémentaires, complémentaires et supérieures, aux Instituts familiaux et aux Écoles moyennes familiales.Les instituteurs et les institutrices doivent bien connaître les règles relatives au respect du drapeau et à la cérémonie du salut au drapeau.Cette connaissance leur est indispensable afin de comprendre la signification précise et le caractère de la cérémonie qu’ils devront faire exécuter par leurs élèves.Il faut enseigner aux élèves de toutes les écoles ce qu’est notre drapeau et développer chez eux une attitude respectueuse envers cet emblème considéré comme un être vivant et sacré.Nous espérons que l’adoption de ces directives aidera à généraliser dans nos écoles le * sa-lut au drapeau », à donner à cette cérémonie le vrai sens qu’elle doit avoir, qu elle développera enfin un esprit vraiment patriotique et une fierté des valeurs dont notre drapeau provincial est l’emblème.(Signé) O.-J.Désaulniers, S.LP.M mai, 1954. 542 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Mars ADOPTION OFFICIELLE DU DRAPEAU DE LA PROVINCE DE QUÉBEC Le drapeau de la Province de Québec a été adopté en vertu d’un arrêté ministériel du Lieutenant-Gouverneur en Conseil, le 21 janvier 1948, et par la loi 14, George VI, chapitre 3, sanctionnée le 9 mars 1950 (Statuts de Québec).L’arrêté ministériel décrète ce qui suit: « que le drapeau, généralement connu sous le nom de drapeau fleurdelisé, c’est-à-dire drapeau à croix blanche sur champ d'azur et avec lis, soit adopté comme drapeau officiel de la Province de Québec et arboré sur la tour centrale des édifices parlementaires, à Québec, et cela avec la modification ci-après, savoir: que les lis qui figurent sur le drapeau soient placés en position verticale.)) COMPOSITION HÉRALDIQUE DU DRAPEAU OFFICIEL DE LA PROVINCE DE QUÉBEC La composition héraldique (blasonnement) du drapeau se lit comme suit: « D azur à la croix d’argent cantonnée de quatre fleurs de lis du même.)) L’argent se représente conventionnellement par la couleur blanche du tissu du drapeau.Remarque: Il est très important, pour le déploiement du drapeau et la cérémonie du salut, de n utiliser que le drapeau provincial officiel, c’est-à-dire celui dont les dimensions de la croix et la forme des quatre fleurs de lis sont identiques à celles du dessin officiel du gouvernement de la Province de Québec.Les fleurs de lis sont placées au milieu des cantons du drapeau, en position droite, c’est-à-dire verticale, non inclinée comme elles le sont dans certains drapeaux.Les fleurs de lis du drapeau provincial officiel ont une forme toute particulière.Les deux pétales latéraux de chaque fleur ne se prolongent pas au-dessous du trait horizontal de la fleur; seul le pied du grand pétale central se prolonge au-dessous de ce trait (lien ou nœud). 1955 RENSEIGNEMENTS ET DIRECTIVES 543 SIGNIFICATION SYMBOLIQUE DU DRAPEAU OFFICIEL DE LA PROVINCE DE QUÉBEC La composition héraldique du drapeau officiel de la province de Québec figure emblé-matiquement le territoire de cette province et caractérise la personnalité historique des descendants des pionniers de cette province.Le fond ou « champ )) d’azur (bleu royal) de ce drapeau rappelle le champ d’azur aux fleurs de lis d’or du blason des souverains de France qui régnèrent durant la domination française en Amérique.Le même champ d’azur représente le fond des pavillons de navires français, marchands et de combat, à l’époque de la Nouvelle-France.D’autres pavillons et drapeaux de terre portaient un fond blanc, qui est la couleur de la croix et des fleurs de lis du drapeau de la Province.Des découvreurs, explorateurs et militaires plantèrent des croix aux
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