L'enseignement primaire : journal d'éducation et d'instruction, 1 mai 1955, Mai
MIEUX savoir POUR MIEUX SERVIR N IIIe SERIE \ olume 14, Numéro 9 — QUÉBEC MAI 1956 l'ikiP -ifx L'INSTPUCÏION PUBLIQUE DEPARTEMENT (Ille série) revue pédagogique du DÉPARTEMENT DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE Paraissant chaque mois, excepté en juillet et en août IMPORTANT t L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE » RÉCLAMATION DE LA REVUE A qui s’adresse au bureau de « U Enseignement Primaire » pour des réclamations, on demande de tenir compte de ce qui suit : Demander des informations au bureau de poste s’il y a retard dans la réception de la revue avant d’écrire à notre bureau, qui maintenant porte l’adresse suivante: Département de l’Instruction publique, p Edifice Jeanne Hardy, 369-A, RUE ST-JEAN - - - QUEBEC Tél.î 4-8411 — locaux : 896-2204.UEnseignement Primaire est imprimé par L’Action Sociale, Limitée Place Jean-Talon, Québec.Autorisé comme envoi postal de la deuxième classe.Ministère des Postes, Ottawa.^ I Vol.XIV, N° 9, mai 1955, QUÉBEC.Df SOMMAIRE ÉDUCATION ET FORMATION Editorial, Propos de mai! .J.-W.Caron, p.634 — Chronique romaine, Toujours bonne et bienfaisante, Georges Huber, p.636 — Notre-Dame des bons maîtres, Françoise Massicotte, p.639 -La conscience professionnelle, Jean-Marie Tardif, ptre, p.640 — A Marie, pour maman, p.642 — Comment photographier l'Eglise, Armand Croteau, ptre, p.643 — L'analyse pratique, Richard Rergeron, p.652 — Notez bien, Au sujet de l'analyse, Richard Rergeron, p.654 — Le peuple en danger, p.655 — Extraits de « Chemin de Croix avec Marie », Armand Croteau, ptre, p.656.LEÇONS-TYPES Re Hgion: 4e et 5e années, p.659; 6e et 7e années, p.660; 8e et 9e années, p.661 — Revision de catéchisme en 42e année, Armand Croteau, ptre, p.662.Langue française: 8e et 9e années, p.666 — L'Enseignement de l'Histoire littéraire au Cours primaire supérieur.Revue pour la 12e année, p.672 — Je suis fier de ma langue, est-elle fière de moi ?Rulletin No 2, p.676.Langue seconde: 8e et 9e années, « La conversation anglaise à l'aide de l'image » (Méthode Filteau-Villeneuve), Jacques Poulin, p.677; 10e, 11e et 12e années, « L’Anglais au Cours primaire supérieur », « John goes to Saint-Jerome by bus » and « Roger went to Boston by train », Roger Renault, p.686.Mathématiques: 4e année, p.690; 5e année, p.691; 6e et 7e années, p.692; 8e et 9e années, p.693; 10e année, p.695; 11e année, p.697; 12e année, Questionnaire de revision, p.699.Biologie: 10e année (filles), p.704.Chimie: 11e année (filles), p.706; 12e année (garçons), Récapitulation de la Chimie organique, p.709.Physique: Récapitulation sur le Programme 12e année (filles), p.707; 12e année (garçons), p.708.Histoire universelle: 10e, 11e et 12e années, Récapitulation, p.712.RENSEIGNEMENTS ET DIRECTIVES Congés scolaires, Nouvelle réglementation, Omer-Jules Désaulniers, p.718 — Communiqué du Service des Examens officiels, André Raymond, p.719 — Avis au personnel enseignant, J.-Philippe Garneau, p.720 — Cours d’été 1955, Université du Nouveau-Brunswick, p.720 — Université Laval, p.721 — Columbia University, p.722 — Cours de vacances pour le personnel enseignant, organisés par le Département de l'Instruction publique, Omer-Jules Désaulniers, p.723 — Il faut lire ., Questions scolaires, La Rédaction, p.658 — Le Dictionnaire canadien.Nouveauté, Marguerite Coulombe, p.703 — Avis important, p.711 —Chronique de Pédagogie, Claude Francis, Divertissements littéraires, Moyen-Age et Renaissance, Maurice Lebel, pp.3 et 4 de la couverture. 634 L’ENSEIGNEMENT PRIM A IR E 1YT n i EDITORIAL Propos de mai !.par J.W.Caron Inspecteur général adjoint des Ecoles primaires catholiques De maman j’aimais le sourire, Son regard profond semblait dire: (( L’éternité me ravit et m’attire, (( Je vais aller daris le Ciel bleu (( Voir Dieu! )) n It™ iïiïc Ste-Thérèse de VEnfant Jésus n V ^ Il ERS lecteurs, quand vous parviendra ce numéro de V Enseignement primaire, un autre implacable hiver sera allé rejoindre ses frères dans la nuit des temps.Il aura laissé, dans le cœur des jeunes, de bien doux souvenirs, alors que, dans le cœur des grands, il aura éteint bien des projets, refroidi bien des enthousiasmes.tliïiïi Mais, avec le mois de mai, la vie renaît! .Depuis quelque temps, déjà, les uns ont remisé patins, skis et traîneaux et les autres ont abandonné leur fauteuil au coin de Vâtre.La nature renaissante attire tout le monde à Vextérieur et les beaux jours, en même temps que la joie, apportent à chacun de nombreuses suggestions pour la belle saison qui commence.Le mois de mai, c'est le mois des fleurs, du sourire, le mois où la nature, encouragée par un soleil qui se fait tout d’un coup sympathique ajuste sa toilette printanière.Avec une ardeur que la perspective des vacances prochaines ravive d’une façon sensible, la jeunesse de nos écoles affronte avec courage les dernières difficultés du programme et se prépare aux examens de fin d’année.Le mois de mai, c’est aussi le mois où tous les catholiques du monde entier, dans un geste filial et spontané, lèvent les yeux vers la Reine du monde pour lui offrir leur cœur et lui confier leurs plus chers désirs.'% bs :bî Au lendemain de ces jours au cours desquels l’univers Catholique a été pris d’un magnifique élan de ferveur, il est idile, voire même nécessaire, de revenir sur les réso-lutions prises.Le moment est merveilleusement choisi pour offrir à Marie, notre mère du Ciel, le meilleur de nous-mêmes et solliciter sa protection pendant les jours, chargés de menaces, qui s’annoncent à l’horizon. 1955 ÉDUCATION ET FORMATION 635 Il convient donc que tous les membres du personnel enseignant se donnent la main pour faire de ce mois de mai 1955 un mois de renouveau spirituel.Que chaque jour quelque chose de nouveau soit faite pour que la jeunesse de chez-nous se rapproche davantage de Marie.Cette Mère admirable qui nous fut donnée par notre Seigneur lui-même ne demande pas mieux que de nous prodiguer les nombreuses faveurs dont elle est la céleste trésorière.Profitons des avantages qui nous sont offerts, pour que le culte marial se développe d’une façon toute particidière pendant ce mois de mai.Dans nos villes et nos villages tous les eiifants de nos écoles devraient se retrouver à l’Église, à l’heure du mois de Marie et suivre en cela l’exemple de leurs professeurs.Dans 7ios campagnes, là où nous ne pouvons facilement nous rendre à l’église il serait temps de faire revivre une vieille tradition, celle de grouper chaque soir à l’école, devant une statue de Marie, ou encore mieux, à la croix du chemin, tous les enfants et leurs parents pour la récitation du chapelet.Nous croyons qu’il appartient à Vinstituteur ou à l’institutrice de réciter les prières; ce serait non seulement un acte de foi qui impressionnerait favorablement tous les assistants mais aussi un geste heureux qui augmenterait sans aucun doute le prestige de ceux dont le rôle est de montrer le chemin du devoir et de la vertu.Le mois de mai c’est encore le mois au cours duquel nous rendons hommage à nos mères.Ce n’est pas par hasard que cette fête a été fixée au mois de mai.Puisque nous avons deux mères, n’est-il pas convenable d’exalter leurs mérites au cours du même mois?Et d’ailleurs, honorer la femme qui nous a donné le jour, n’est-ce pas aussi rendre hommage à Marie, la mère de tous les hommes?La jeunesse est légère quelquefois; il importe donc de lui fournir l’occasion de faire oublier aux mamans le peu d’attention de leurs enfants.Nous laissons, à chacun le soin d’imaginer le genre de démonstration qu’il faudra organiser.Qu’il s’agisse d’une fête scolaire ou tout simplement d’une démonstration familiale, il faut que cette journée soit soulignée d’une façon spéciale.Les enfants diront à leur mère, à cette occasion, tout leur amour et, par leurs attentions, se feront pardonner leurs petites légèretés.Amis, lecteurs, je vous soumets ces deux idées et j’ose espérer que vous saurez les mettre à profit.J.Wilfrid Caron, i.g.a. 636 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Mai CHRONIQUE ROMAINE «Toujours bonne et bienfaisante» par Georges Huber, journaliste, Rome.^J^ANS l’après-midi du 27 novembre dernier le Saint-Père quitta sa résidence d’été de Castel Gandolfo pour regagner la Cité du Vatican.Il se leva à l’heure habituelle, bien qu’il eût passé une mauvaise nuit, avec des accès violents de hoquet et des crachements de sang.S.S.Pie XII voyagea seul dans sa voiture, sans la compagnie de son médecin, pour éviter une surprise douloureuse aux foules qui acclameraient le chef de l’Égl ise sur le trajet.Le chauffeur se rendit compte des conditions de santé du Pape: — Je n’oublierai jamais ce voyage, dit-il, à peine arrivé au Vatican, les larmes aux yeux.Je savais que le Saint-Père souffrait atrocement à chaque secousse de la voiture.Je le voyais néanmoins serein, imperturbable.De temps en temps seulement, d’un geste mesuré, il portait son mouchoir à la bouche pour étouffer le hoquet qui lui déchirait la poitrine.Pour moi, j’ai souffert durant tout le trajet de Castel Gandolfo à Rome: j’aurais donné ma vie pour que la voiture du Pape roule sur une route de velours .Les lecteurs connaissent la suite: le Saint-Père dut s’aliter.Son état empira encore.On convoqua d’urgence trois sommités médicales italiennes.Après un diagnostic approfondi, ils prescrivirent à S.S.Pie XII un régime nouveau, qui entraîna tout de suite une amélioration des conditions de l’auguste malade.Le 16 décembre, une radiographie permit d’identifier le mal du Pape: la présence d’une petite hernie au hiatus oesophagien avec gastrite.« ELLE CESSERAIT D’ÊTRE PRÉCIEUSE » Un traitement spécial commença alors en vue de la réduction de l’hernie.Depuis lors, l’état du Saint-Père s’est amélioré progressivement, sans toutefois lui permettre la reprise complète de ses activités.Le Saint-Père prie et travaille dans toute la mesure de ses forces, .trop au gré de son entourage et de la faculté.« Très Saint-Père, lui suggéra un prélat, il vous conviendrait de travailler moins pour conserver à l’Eglise et au monde une précieuse vie .» Le Chef de l’Église ne partageait pas ces vues: « Ma vie est précieuse, parce qu’elle me permet de remplir tous mes devoirs.Mais si, pour convserver ma vie, je négligeais mes devoirs, ma vie cesserait d’être précieuse pour devenir inutile ».— Sainteté, le repos vous est nécessaire, déclara un des praticiens, le professeur Gas-barrini de Bologne, en quittant S.S.Pie XII après une consultation.L’auguste malade ferma les yeux et leva les bras au ciel, comme pour dire: — Impossible, docteur, impossible, un Pape n’a pas le droit de se reposer . 1955 ÉDUCATION ET FORMATION 637 AU LIEU DU LUXE .^ t En entrant pour la première fois dans la chambre à coucher du Chef de l’Eglise, le professeur Gasbarrini fut frappé par ceci: le contraste entre la simplicité quasi monacale de la chambre du Pape et le faste des salles antérieures, destinées aux audiences.Pie XII reposait dans un simple lit d’acajou.La surprise du professeur Gasbarrini arrivant dans la chambre du Saint-Père me rappelle l’étonnement du monde à la mort de Pie XI: les photographies représentaient le grand pontife étendu sur un petit lit de fer .« Doucement, doucement, mon cher abbé: dit un jour Pie IX malade à saint Jean Bosco qui était venu le visiter à son chevet, regardez bien où vous mettez les pieds pour ne pas tomber .» Dans le palais du Vatican, Pie IX avait pour chambre à coucher une petite pièce dont le plancher à l’italienne manquait de quelques carreaux.Luxe des Papes dans leur vie intime .! Les médecins qui examinèrent le Saint-Père furent en outre émus par la docilité de leur malade.Avec la simplicité d’un enfant et la patience d’un Saint, il se plia à toutes les exigences de la faculté durant la consultation médicale.« VOUS PARLEZ COMME UN GÉNÉRAL ! » Un journal rapporta un mot du Saint-Père durant l’examen radiologique du 16 décembre.Pie XII était resté silencieux, exécutant les mouvements prescrits.Après avoir pris plusieurs photos d’une position, un des radiologues dit à ses collègues, dans le jargon professionnel: Spariamone ancora una! (( tirons-en encore une ! » Mi-grave, mi-enjoué, le Pape lui tit: (( Monsieur, vous parlez comme un général! » (le verbe sparare signifie tirer, décharger, en parlant d’une arme).Le radiologue présenta ses excuses au Pape .Sans manifester le moindre trouble, Pie XII vit ensuite venir dans sa chambre à coucher et écouta le radiologue chef qui lui fit part du résultat aucunement inquiétant de l’opération: Pie XII remercia d’un sourire.Une parole du Pape révèle le secret de cette sérénité.Le dimanche 5 décembre, au plus fort de sa maladie, le Saint-Père adressa un radio-message aux fidèles réunis dans la basilique vaticane pour la béatification du moine bénédictin Placide Riccardi O.S.B.(1844-1915): « A nos fils bien-aimés de la chère Rome, que nous sentons si près de nous dans la prière comme nous sommes unis au divin Maître dans la souffrance et dans Vaccomplissement de sa volonté, toujours bonne et bienfaisante, nous donnons notre paternelle bénédiction apostolique, le cœur tourné vers le Seigneur et la Vierge Immaculée ».Unis au divin Maître dans la souffrance et dans Vaccomplissement de sa volo?ité, toujours bonne et bienfaisante: une émotion intense, à ses paroles, saisit les milliers de personnes rasi semblées dans la basilique de Saint-Pierre: des gorges se serrèrent, des yeux se mouillèrent de larmes, des fronts se baissèrent .Rarement parole du Pape — qui a pourtant parlé des centaines de fois durant les 15 années de son pontificat — n’émut à ce point son audit toire.Quel spectacle que cette union de Pie XII au Christ souffrant, cet accomplissement de la volonté crucifiante de Dieu, cette proclamation des desseins toujours aimants de la Providence chez un malade tenaillé par la douleur, cette ferveur — marquée par le rapprochement des paroles bonne et bienfaisante — à louer la bonté de Dieu même lorsqu’il frappe cruellement ses serviteurs .! Volonté de Dieu toujours bonne et bienfaisante: les auditeurs de ce message du Pontife malade garderont longtemps, je crois, le souvenir de ces paroles, d’autant plus émouvantes que, articulées d’une voix dolente, elles trahissaient une sorte de conflit interne: d’un côté, 638 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Mai la répugnance naturelle de riiomme pour la souffrance; de l’autre, l’acceptation virile de l’épreuve par l’âme aidée de la grâce.Pour élevées que soient leurs fonctions, les Papes restent des hommes, et ils connaissent, tout comme les simples fidèles, les répugnances du vieil homme a,ux épreuves purifiantes, les déchirements et les affres de la souffrance.« Je ne vaux pas plus que les autres hommes )) murmura, dans la désolation d’une immense tristesse, un des tout grands personnages de l’Ancien Testament, le prophète Elie, futur témoin de la Transfiguration du Christ au Mont Tabor .Cloué à son lit de douleur, condamné à une partielle inactivité, alors que des affaires urgentes sollicitaient son examen et ses décisions, Pie XII a donné à la chrétienté une leçon: l’union au Christ souffrant et l’accomplissement de sa divine volonté.Grande leçon du Pasteur, dont la liturgie demande qu’il éclaire et édifie son troupeau par la parole et par l'exemple: verbo et exemplo.« FAIS RETENTIR TA VOIX COMME UNE TROMPETTE »! Obligé de réduire ses pratiques de piété et ses travaux, le Saint-Père a dû renoncer aussi à certaines occupations.Il en est une, pourtant, qu’il n’a pas abandonnée à ses collaborateurs: l’enseignement.Eclairer la chrétienté et le monde sur les grands problèmes de l’heure, proposer la seule solution vraie et viable —- la solution catholique — des grandes questions morales actuelles: c’est là une mission que Pie XII n’entend abandonner qu’au moment où ses dernières forces le quitteront.Placé en un lieu d’observation unique au monde, la colline du Vatican, informé continuellement par des rapports sur les conditions des divers pays, riche de contacts avec des représentants de toutes les classes et de toutes les professions, Pie XII, plus que d’autres chefs, sent combien le monde a aujourd’hui besoin d’une chose la vérité libératrice du Christ.Il s’est appliqué à lui-même cette consigne du Seigneur au prophète: (( Crie à pleine voix, ne te retiens pas, fais retentir ta voix comme une trompette.» (Isaïe 58.1) UNE PREUVE DE CETTE SOLLICITUDE PASTORALE DE S.S.PIE XII?Deux documents de grande envergure, rédigés par le Pape lui-même dans sa chambre i de malade: un message aux juristes catholiques d'Italie réunis en congrès à Rome, sur la libération de l’état de faute et de peine; et, surtout, le radio-message de Noël.Ce dernier document demanda au Pape plusieurs semaines de travail.Le Saint-Père le commença dès son retour de Castel Gandolfo et ne l’acheva qu’au lendemain du Nouvel-An .0 PASSION DE LA VERITE L’autre jour, YOsservatore Romano publiait un fac-similé de deux pages manuscrites du message de Pie XII aux juristes.On y voit l’écriture du Saint-Père fine, régulière, exacte.On dirait presque des pages de calligraphie.On y discerne aussi les corrections du Saint-Père.Soucieux de présenter la vérité avec le maximum de clarté dans l’exposition, -et le maximum de précision dans les termes, Pie XII, comme Bossuet, son maître potir la langue française, touche et retouche son texte.Il choisit une expression, consulte ses dictionnaires, la nuance, l’écarte peut-être pour la remplacer par une tournure plus appropriée .Passion de la forme ?Non, mais passion de la vérité.On s’étonne parfois de la résistance extraordinaire de S.S.Pie XII.Lors de la première consultation, les trois médecins appelés d’urgence au chevet de Pie XII, s’arrêtèrent après quelques minutes pour échanger un regard: (( La situation est moins grave que nous ne pensions .)).Et à la fin de la consultation, un des praticiens ne put se retenir de féliciter le Pape de l'excellent état de l’appareil cardiaque et circulatoire: (( Saint-Pere, vous avez le cœur d'un jeune homme ». ÉDUCATION ET FORMATION 639 REJAILLISSEMENT TONIFIANT Comment expliquer cet état, réconfortant, du cœur, malgré les travaux, les souffrances et les soucis de 15 années — et quelles années!-—de pontificat?Le prof.Galeazzi-Lisi, médecin personnel du Pape, pense que cet état tient à d’heureuses conditions naturelles, et, en plus, à la sobriété du Pape, à la régularité de son train de vie, et, last not least, au rejaillissement tonifiant de la vigueur de l’âme sur le corps.Ajoutons un autre facteur, à l’arrière-plan: la prière des fidèles.Ne sont-ils pas légions, les prêtres et les fidèles qui, sur toute la face du globe, prient chaque jour pour le Pape et implorent pour lui la grâce d’éclairer et dédifier les fidèles verbo et exemplo, par la parole et par l’exemple?La bonté de Dieu a généreusement exaucé ces prières.Puisse-t-elle réaliser encore longtemps ce souhait de toute la chrétienté, en rendant bientôt à son Père vénéré la plénitude des forces, si telle est Sa volonté, « toujours bonne et bienfaisante ».Georges Huber.Notre-Dame des Bons Maîtres par Françoise Massicotte, inst., Lauréate de la Société des Poètes canadiens-français.Des bons maîtres, Marie, alimente la joie, Reflet harmonieux de leur cœur où flamboient Les vertus que ton Fils recueillit de tes mains, Pour les continuer auprès du genre humain.Des bons maîtres, Marie, alimente la grâce.Complément de leur foi.Puisqu’ils se sont quittés, Qu’ils ont su devant l’or tenir leurs yeux fermés, Bénis-les, ces héros que le siècle menace! Des bons maîtres, Marie, alimente l’amour.Puissant Consolateur.Si la tâche est aride, Ton nom vient leur apprendre à sanctifier les jours; Ton âme a le secret de leurs âmes candides.Des bons maîtres, Marie, alimente la paix, Fille de la bonté.Toujours en plénitude, Répands sur leur présent, leur passé, leurs souhaits, Les fruits tout désignés des huit béatitudes.Françoise Massicotte, Inst. 640 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Mai IV La conscience professionnelle par Jean-Marie Tardif, pire Visiteur ecclésiastique Commisison des Ecoles catholiques de Québec Nous entendons souvent dire qu’un grand nombre d’hommes ont deux consciences.L’une dirigerait leur vie privée, l’autre leur vie professionnelle.C’est juger, il me semble, d’une façon un peu simpliste.Comme il ne nous est pas possible de connaître clairement la vie privée des individus, nous jugeons uniquement par l’extérieur.Nous constatons que monsieur X assiste à la messe le dimanche, qu’il fait des œuvres de charité, qu’il parle même du Bon Dieu et nous l’appelons bon chrétien.D’autre part, dans l’exercice de sa profession, il n’aura aucun souci de compétence, il volera son patron ou ses clients et voilà un autre individu à double conscience.Et pourtant, s’il nous était possible d’examiner les vrais motifs qui président à toutes les actions de cet homme, il nous serait possible de constater qu’ils sont toujours les mêmes: paresse, orgueil, désir de sauver les apparences, de jeter de la poudre aux yeux, soif d’argent et de plaisir.Car le principe d’action de tout homme est unique, la loi qui le guide est une, c’est sa conscience qui en détermine les multiples applications.Examinons un peu le sens du terme conscience, nous verrons mieux ce qu’il faut entendre par conscience professionnelle; il nous sera alors facile de connaître comment l’éducateur doit répondre aux exigences de sa profession.En terminant nous ferons, tel que demandé, quelques applications concernant les examens.si l’action que nous devons poser est totalement conforme ou non aux règles établies.Lorsqu’au terme de son syllogisme, notre raison conclut que telle action est bonne ou mauvaise, nous sommes en présence de la conscience.Car la conscience, c’est bien un jugement, un acte de l’intelligence nous indiquant clairement que telle action est bonne et doit être posée, que telle autre est mauvaise et doit être évitée.Dans l’action, lorsque se pose un problème d’ordre moral, notre conscience parle d’autant plus clairement qu’elle a été mieux éduquée et que nous avons suivi fidèlement jusqu’ici ses indications.Chez l’homme vertueux, c’est-à-dire qui a l’habitude du bien, le jugement de la conscience est de plus en plus sûr et rapide.Il semble qu’il devienne comme une sorte d’instinct moral.On dit alors de cet homme qu’il a de la « conscience ».Ou encore on lui décerne le beau qualificatif de (( consciencieux » et l’on veut dire alors deux choses: d’abord qu’il a éduqué son sens moral au point que spontanément le bien l’attire et le mal lui répugne, si bien qu’il voit clairement où est son devoir; ensuite qu’il a acquis l’habitude d’obéir sans faiblesse à l’appel du devoir.En nous créant libres.Dieu nous accorda le redoutable devoir de rechercher continuellement la valeur morale de nos actions.Il nous a donné une intelligence capable de connaître les règles d’agir et de déterminer Que ce soit à l’atelier ou au bureau, que ce soit à son poste d’aiguilleur ou au chevet du mourant, que ce soit à la table du penseur ou à l’échoppe de l’artisan, partout la morale doit intervenir, partout elle a son mot à dire, et la conscience en précisera les nombreuses applications jusque dans le détail des métiers.C’est ainsi qu’elle impose au cordonnier qui répare la chaussure de faire solidement sa couture.Toute malfaçon est une trom- def pas les] part tien pttt h 1955 ÉDUCATION ET FORMATION 641 perie et risque de nuire.La cordonnier ne sera donc en règle avec sa conscience de cordonnier que s’il s’est appliqué à mettre en pratique toutes les connaissances qu’il a de son métier; bien plus, il a l’obligation de s’instruire sans cesse, de se perfectionner dans son art.Tout individu qui a le sens aigu des devoirs de sa profession, dont le jugement intérieur lui dicte sans hésitation sa ligne de conduite et dont la volonté droite accepte sans faiblir les ordres donnés, jouit, à n’en pas douter, d’une merveilleuse « conscience 'professionnelle )).Voilà quel devrait être l’idéal de tout éducateur vrai.Son premier devoir est sans aucun doute de bien posséder ce qu’il devra enseigner.Il devra en outre étudier les procédés pédagogiques les plus aptes à communiquer la science acquise.Rien ne devrait être laissé au hasard.Tout son travail devrait réfléter le souci de l’œuvre achevée, le souci de faire bien, uniquement parce qu’il n’est jamais permis de faire autrement.Rappelez-vous, chers éducateurs, comment Péguy a chanté la grandeur des travailleurs consciencieux.(( Nous l’avons connu cette piété de V « ouvrage bien faite )) poussée, maintenue jusqu’à ses plus extrêmes exigences.J’ai vu toute mon enfance rempailler des chaises, exactement du même esprit et du même cœur, et de la même main, que ce peuple avait taillé ses cathédrales.Ces ouvriers ne servaient pas.Ils travaillaient, Ils avaient un honneur, absolu, comme c’est le propre d’un honneur.Il fallait qu’un bâton de chaise fût bien fait.C’était entendu.C’était un primat.Il ne fallait pas qu’il fût bienfait pour le salaire ou moyennant le salaire.Il ne fallait pas qu’il fût bien fait pour le patron ou pour les connaisseurs ou pour les clients du patron.Il fallait qu’il fût bien fait lui-même, en lui-même, pour lui-même, dans son être même.Une tradition venue, montée du plus profond de la race, une histoire, un absolu, un honneur voulait que ce bâton de chaise fût bien fait.Toute partie dans la chaise qui ne se voyait pas, était exactement aussi parfaitement faite que ce qu’on voyait.C’est le principe même des cathédrales.Ils disaient, en riant et pour embêter les curés, que travailler c’est prier, et ils ne croyaient pas si bien dire.Tout leur travail était une prière.Et l’atelier était un oratoire.)) • J Ah! si tous les éducateurs avaient ce désir de bien réaliser leur devoir totalement convaincus que tout ce qui mérite d’être fait, mérite d’être bien fait.Nous sommes actuellement dans la péri D'de des examens.Ceux-ci devraient être préparés avec le plus grand soin.Votre conscience professionnelle vous invitera, sans aucun doute, à donner à vos élèves un questionnaire bien adapté au programme d’études.Une connaissance imparfaite deâ matières à enseigner vous empêchera peut-être de leur rendre justice.Des épreuves préparées sans trop d’attention, ou trop faciles ou trop difficiles, ne peuvent adéquatement mesurer le travail des élèves.Si, à cause de cela, plusieurs obtenaient des promotions injustes, ou devaient répéter une année scolaire, ne croyez-vous pas qu’il y aurait alors une grave faute contre la justice.Pourrait-on dès lors affirmer qu’un tel éducateur puisse avoir deux consciences.Nullement: c’est tout simplement un être qui n’a aucun souci de la justice.Quel que soit le champ de son activité c’est un individu aucunement préoccupé de l’accomplissement de ses devoirs.La correction de ces mêmes examens doit aussi se faire très consciencieusement.Il serait grandement injuste de ne pas attribuer à un élève tous les points qu’il a mérités.Cela peut se réaliser si l’éducateur n’accepte pas de corriger avec suffisamment d’attention.La paresse est souvent mauvaise conseillère.Pour donner à l’élève tout ce qu’il a mérité, il faut parfois scruter, déchiffrer des présentations malpropres; n’oublions pas, qu’à ce stage, il n’est plus question d’assurer l’éducation mais d’accorder ce que la justice réclame.Malheur à l’éducateur qui se laisserait diriger par une antipathie mal contrôlée.Un étudiant a pu commettre quelques écarts au cours de l’année scolaire, pendant les examens, il doit être jugé sur la même base que les autres.Pendant l’année, votre devoir vous obligeait à bien enseigner, il vous indique maintenant que vous devez rendre justice à tous.Sans doute la majorité de nos éducateurs accomplissent avec la plus grande perfection 642 L’ENSEIGNEMENT PRIM AIR E Mai le travail qu’exige leur devoir d’état.Pourquoi faut-il que quelques-uns, par routine ou paresse, viennent ternir la réputation du corps enseignant.Au terme d’une année scolaire, il est à propos de regarder en arrière et de contempler l’effort réalisé.Si vous avez accompli totalement votre devoir, soyez contents.Rappelez-vous que Dieu saura éternellement vous récompenser.Je veux bien croire que vos corps sont las d’avoir supporté le poids du jour; vos âmes souffrent peut-être à la pensée d’efforts en apparence inutiles; regardez alors avec confiance le Christ, l’éducateur par excellence, et demandez-vous si, à certaines heures, Lui aussi n’a pas ressenti fatigue et amertume en constatant son peu de succès auprès de ses élèves! Et dites-vous bien, que comme Lui vous avez été envoyé pour évangéliser les âmes, comme Lui vous avez à réaliser, non ce que vous voulez, mais ce que veut celui qui vous a envoyé ((Je suis venu non pour faire ma volonté, mais la volonté de celui qui m’a envoyé ».Jean, 6, 38.Et sachez bien que la récompense du Christ sera aussi la vôtre, car c’est bien à vous aussi qu’il dit: « Je veux que là où je suis, ceux-là aussi soient avec moi ».Jean, 17, 24.Jean-Marie Tardif, ptre d \um\ fllaman N.B.— A l ’occasion de la fête des (( Mères » nous avons cru bon de reproduire ce petit poème qui pourra servir de récitation pour les tout petits.Protégez Marie Ma maman Car, elle vous prie Ma maman.A l’heure dernière De maman, Recevez, ô Mère, Ma maman Essuyez les larmes De maman.Chassez les alarmes De maman Qu’elle soit heureuse, Ma maman, Et toujours joyeuse, Ma maman.Vers Vous, bonne Mère De maman Monte ma prière, Pour maman, Elle m’est si chère, Ma maman ! Mon bonheur sur terre, C’est maman.Marie, Espérance De maman, Soyez la défense De maman, Je suivrai l’exemple, De maman, En priant au temple, Pour maman. 1955 ÉDUCATION ET FORMATION 643 A Comment photographier l'Eglise?par Armand Croteau, pire, Offi ce Catéchistique Provincial, Saint-Jean, Québec.SYNTHÈSE VII Cl IL y avait une fois une maman très douce qui s’appelait Anne et un petit garçon affectueux qui se nommait Fidèle.Un jour, elle lui donna un Kodak dispendieux.Lentille achromatique» obturateur à nombreuses vitesses, pied à coulisse: un appareil perfectionné.• Ivre de gratitude, Fidèle voulut sur-le-champ photographier sa mère, enfoncée dans le Chesterfield du salon.Mais comme il n’avait pas pensé à entr’ouvrir les épaisses draperies de la fenêtre, le portrait fut indistinct et sans perspective.Le dimanche suivant il recommençait, cette fois dans le jardin parmi les glaïeuls exubérants et le soleil joyeux.Mais comme il « exposa )) trop longuement, le négatif fut dévoré par la lumière crue.Ce n’est que beaucoup plus tard, quand il eut appris à mesurer scientifiquement la clarté disponible, que l’enfant parvint à obtenir une photo précise et consolante de sa maman.Cet enfant amoureux, c’est toi, professeur de catéchisme: Fidèle signifie « croyant )).Cette maman précieuse, c’est l’Eglise: Anne signifie « don de Dieu ».L’appareil photographique, c’est la foi: il faut apprendre à s’en servir.L’instantané produit dans la pénombre du salon confortable ressemble à l’idée de l’Église que se fabriquent certains catholiques: elle manque de lumière et de perspective.Le cliché obtenu au grand soleil éclatant me fait songer à l’image de l’Église que nous offrent certaines apologétiques: il y a vraiment trop de clarté.C’est en nourrissant derrière ma tête l’intention d’éviter les deux erreurs initiales du débutant Fidèle que je veux clavigra- phier des notes sur le manuel « L’Église notre Mère: a) il faut soigneusement se garder de dessiner le portrait d’une Église qui serait tellement humaine, humanitaire, philanthrope, terrestre, qu’on n’y distinguerait plus les profondeurs nettes du Mystère insondable de Jésus,— et b) il faut aussi éviter d’étaler un organisme tellement farci de miracles et de prodiges, tellement regorgeant de sainteté et de martyre qu’on ne saurait plus avoir grand-mérite en « croyant » en l’Église (« credo in Ecclesiam catholicam.))).A) Si l’Église est humaine et « bienfaisante » et penchée sur les questions sociales et instigatrice d’orphelinats, et parsemée d’hospices, il ne faudrait pas, en s’y hypnotisant, estomper son visage fondamental: elle est surtout Jésus continué, l’Incarnation 644 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Mai répandue, le Verbe mystérieusement ramifié en un Corps surnaturel.Autrement, on échapperait la (( synthèse )) des manuels Témoins du Christ, on s’exilerait de Jésus-centre, on aurait la fâcheuse impression que le volume (( L'Eglise notre Mère » s’aggrippe à une autre collection {comme s'y prête son titre discutable), alors qu’en fait on n’y traite pas de l’Église pour elle-même exclusivement, mais on y part d’elle, de sa présence contemporaine, de son histoire mouvementée, de sa nature entière, pour arriver plus profondément {après un cycle à rebours de celui de 8e, 9e, 10e) dans le cœur et la réalité complète de Jésus-Christ, objet continuel et final de notre amour nécessaire et de notre espérance indispensable.{Assez de clarté).B) Si l’Église affiche des prodiges surnaturels, il faut retenir aussi que les miracles de Lourdes ou de Beaupré ne sont pas projetés à la mitrailleuse.Si l’Église égrène des martyrs et canonise quelques-uns de nos semblables, elle reste aussi habitée par des pécheurs, tissée d’hommes tentés, toute proche de notre misère ombreuse et de nos vies secrètes, et j’aurais presque l’audace de lui épingler par une transposition inquiétante ce que la Liturgie chante admirablement de Jésus (( que le ciel infini ne pouvait contenir et qui s'est enclos dans le sein étroit et obscur d'une jeune fille )) {quem coeli capere non poterant tuo gremio contu-listi .») A travers les thaumaturges et les mystiques, la divinité s’y cache même plus que dans l’Incarnation étonnante: là, elle prenait pour nous arracher aux griffes diaboliques une nature humaine limitée mais totalement irréprochable, ici la miséricorde incompréhensible util:~e pour nous purifier des créatures pécheresses, déchues, qui fréquentent le confessional.L’Amour illimité veut nous laisser le mérite de « croire ».{Assez d'obscurité).Pour tirer une bonne photo de l’Église, tâchons donc de garder assez de lumière pour croire dans l’Église à Jésus présent, — et assez d’ombres pour que ce soit un acte de croyance qui perçoivent dans l’Église Jésus présent.* * * CYCLE NOUVEAU Un premier cycle nous a fait étudier Jésus comme notre vie par la messe et les sacrements,— comme notre lumière pour remonter jusqu'à a Trinité et descendre jusqu’à l’Église,— comme notre chef pour entraîner dans une morale surnaturelle et synthétisée.{8e, 9e, 10e).Deuxième cycle {11e et 12e années): au milieu d’adolescents qui surnagent avec essoufflement au-dessus de la Famille Plouffe de la lutte télévisée et de l’envoûtant Bing Crosby, il a paru plus prudent d’offrir les mystères chrétiens à partir d’une réalité plus sensible et contemporaine que les notions de sacrifice hébraïque et d’attribut divin; on y commence par regarder le visage attirant de l’Église contemporaine {lTe partie)-, puis, discrètement, on s’engage dans son Histoire précédente {ibid), jusqu’à ce que se pose inévitablement le problème de l’Origine d’une société aussi merveilleuse et tenace: elle a été fondée par le Christ {IIe partie)-, vers la fin de l’année scolaire de 11e, les méninges étant censées dérouillées, on s’interroge sur la Nature même de cette Église, corps surnaturel, Jésus complet, Christ communiqué, mystère de foi.Cet escalier devrait attiser la faim de mieux connaître le Sauveur, et c’est à rassasier cet appétit logique que s’emploie la manuel de 12e, creusant {mieux qu'on ne l'a fait dans le premier cycle) la vie terrestre, la personnalité, la mission de Jésus, et la destinée éternelle vers laquelle il nous achemine.NOTES SUR LES CHAPITRES — PREMIÈRE PARTIE 1.L’ÉGLISE EST SAINTE tenses de l’enfer déchaîné, malgré le paga- Malgré la fascination enivrante des nisme épais de la pseudo-civilisation mo-inventions récentes, malgré les efforts in- derne, l’Église catholique continue à hisser 1955 ÉDUCATION ET FORMATION 645 des saints sur les autels: Mère Cabrini, Thérèse de Lisieux, Marietta Goretti, Pie X; elle enfante encore de l’héroïsme, Charles de Foucauld, Maximilien Kolke, le Frère André, Elizabeth Leseur, Edith Stein, etc., et ces types atteignent une vertu éblouissante par leur adhésion même à F Eglise.C’est sur eux qu’il faut orienter le projecteur, sans chercher à démontrer pesamment la supériorité d’un groupe donné de catholiques (dans un tramway de la rue Ste-Catherine) sur un rassemblement quelconque de protestants (dans le métro de Toronto): si la sainteté de l’Eglise éclatait dans les moindres coins noirs de notre pays, je ne distingue plus bien pourquoi il faudrait une grâce gratuite pour avoir la foi en cette société terrestre, (credo in Eccle-siam).Il y a dans son portrait assez d’ombre pour que j’aie du mérité à croire.Et assez de clarté pour que je pénètre jusqu’à Jésus-synthèse: la sainteté variée manifeste parmi les classes sociales et sur les continents divers la sainteté centrale et infinie de Jésus, un peu comme les ra3rons épandus dans l’espace sur des visages manifestent le feu ardent et original et unique du soleil immense.Il y a suffisamment de lumière dans les saints pour que j’aille jusqu’à percevoir par la foi, dans l’Eglise, la face adorable de Jésus-Christ.2.LES MIRACLES DANS L’ÉGLISE Lourdes en fournit un bon nombre de médicalement contrôlés, chaque canonisation récente en étudie rigoureusement plusieurs en des dossiers impressionnants; ils sont la signature authentique de Dieu pour endosser le catholicisme.Il n’est pas nécessaire que le professeur en compte plus que Dieu n’en fait: l’autorité vaticane n’est pas pressée d’admettre du jour au lendemain qu’une statue de plâtre a respiré à Valleyfiled, qu’un crucifix domestique saigne à Valcourt ou que Notre-Dame apparaît régulièrement au Wisconsin; la crédulité maladive de notre génération énervée et le besoin de sensations de plusieurs hebdomadaires jaunes du samedi ne doivent pas gangrener notre apologétique.Au fait, Jésus ne passait pas ses journées à tricoter des miracles comme un Houdini complaisant et surnaturel, les quatre évangiles réunis ne racontent en détail que trente-trois (83) miracles opérés par le Christ durant sa vie publique de trois années, ce qui, si mes souvenirs d’arithmétique sont encore valables, doit faire une moyenne de onze miracles par année, ou d’un par mois; et il ne les opérait pas tous devant une estrade bondée comme pour la finale du hockey, beaucoup de ses prodiges sont enveloppés d’une discrétion qui pourrait scandaliser à première vue,— cachés dans l’ombre, devant une petite poignée de témoins, avec l’injonction ferme de n’en souffler mot à personne.Ne faisons pas mieux que la Sagesse Incarnée; Jésus et son Église comprennent assez d’obscurité pour qu’on ait du mérite à croire.Et assez de lumière: les authentiques miracles doivent nous introduire dans la présence de Jésus en son Église, de ce Jésus qui continue, jusque dans notre temps troublé, à fournir à tous et à chacun les bases indispensables pour qu’on parvienne en toute sécurité jusqu’à Son visage apaisant.3.L’ÉGLISE EST BIENFAISANTE POUR L’HUMANITÉ Nos yeux accoutumés à son activité protectrice et à sa sollicitude charitable n’aperçoivent pas suffisamment ses dons incalculables à notre vie quotidienne, tout comme les prunelles bleues du bébé rose ne remarquent pas tout ce qu’il reçoit de la femme amoureuse qui l’allaite, l’habille, le soigne, le dorlote, le berce et l’endort; si ton père et ta mère vivent ensemble depuis 25 ans, si le dimanche est chômé dans l’usine voisine, si ton frère syndiqué reçoit un salaire convenable, si les textes de l’antiquité aiguisent ton esprit humaniste, n’est-ce pas dû en grande partie à l’Église?Mais il serait sombre et obscur d’y appuyer tellement que cela semble son rôle primordial: cette bienfaisance n’est pas sa préoccupation première, les pansements qu’elle pose délicatement sur nos bobos et les manuscrits enluminés qu’elle transcrit et les lois sociales qu’elle exige demeurent une considération secondaire chez elle, elle est avant tout soucieuse de réconcilier des pécheurs avec la divinité pure, de les mener 646 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Mai à un ciel supra-terrestre, de leur faire produire des actes de vertus théologales.Les chrétiens qui mijotent en cette vallée de larmes sont des citoyens de deux mondes à la fois, ils ne se donnent pas éperdument aux sciences et aux techniques, ils ne s’engloutissent jamais dans la production des vitamines et le soulagement de l’artériosclérose.Pour ceux qui le voient avec des yeux éplorés, il reste assez d’obscurité pour qu’ils aient du mérite à croire dans une Eglise qui chante le « mépris des choses terrestres » (terre?ia despi-cere).Et assez de clarté, tout de même, pour percevoir en elle ce Jésus de jadis qui s’occupait certes des jambes paralysées et des peaux puantes de lépreux, mais qui pensait toujours davantage aux gangrènes invisibles et aux ulcères de la conscience: ce Jésus qui répétait que son (( royaume n’est pas de ce monde », qui recommandait de (( chercher surtout la nourriture qui ne pourrit pas », et qui fuyait vite dans les broussailles quand on voulait poser sur sa tête la couronne de Messie temporel.Assez de bienfaisance chez les catholiques pour qu’on la remarque, et assez de détachement nécessaire de la terre caduque pour qu’on s’en étonne et qu’on remonte jusqu’à Jésus, guérisseur de quelques corps et sauveur de toutes les âmes.4.UN PEU D’HISTOIRE DE L’ÉGLISE L’examen de quelques époques critiques du christianisme vient ensuite ajouter normalement à la position du problème de l’Eglise; au lieu de supprimer définitivement cette société étonnante, les coups qu’on lui assène la ravigotent: elle est fortifiée au-dedans, mystérieusement, par les fouets et les étaux et les pinces et les lois anticléricales qu’on lui applique au-dehors.O surprise, (( les tourments, les gênes et les accablements (comme dit l’hymne de la Dédicace) polissent ses pierres qui prennent ainsi des reflets à jamais perdurables ».Mais il ne faut pas la dépouiller de toute obscurité, et faire de sa biographie une longue marche triomphale de victoires retentissantes et de conquêtes irrésistibles, elle charrie aussi des insuccès et des misères, telle distraction du St-Office autour de Galilée, telles tortures rôtissantes de l’Inquisition, tels procès répugnants d’adolescentes vierges comme celui de Jehanne d’Arc, tels éparpillements seigneuriaux de quelques évêques de la Renaissance, telle apostasie des masses ouvrières {dénoncée par Pie XI en notre temps)-, je ne ferai pas l’histoire plus luisante que la Providence mystérieuse, qui laisse des ombres devant nos actes de foi.Et assez de clarté, soudainement, pour que je reconnaisse Jésus dans l’histoire de l’Église: comme Lui, elle a été trahie, elle a été dépouillée de ses vêtements et n’en est apparue que plus belle, elle a été recouverte d’une pierre scellée par ceux des pouvoirs séculiers qui la croyaient morte, et toujours elle ressuscite en des Pâques superposées.Heureux élèves qui jouissent d’un professeur qui voit la ressemblance Eglise-Jésus; comment elle rencontre toujours les mêmes obstacles que Lui {l'argent accrochant, le gouvernement chatouilleux, la chair lourde)-, comment elle a affaire aux mêmes types d’hommes que la Providence mettait jadis autour du Nazaréen {des Ilérodes sensuels comme Henri VIII, des Procurateurs peureux, des Judas absorbés par la finance, des foules qui le dimanche brandissent des Hosanna et le vendredi le crucifient avec allégresse,— c’est-à-dire quelques-uns parmi nous); elle doit prendre les mêmes moyens que Jésus {non pas l’épée qu’il laisse da?is le fourreau, mais la prière et le jeûne)-, elle reçoit les mêmes accueils que Jésus {de Marie assise et écoutante, de Marthe empressée, de Lazare fidèle, de Jean pur).Il y a dans cette parenté éblouissante des deux histoires de l’Église et de Jésus une clarté qu’on a trop souvent enfouie sous une tôle sonore et opaque de dates et de noms propres.{Succulente luminosité).* * * Cette première partie, la sainteté contemporaine, les miracles authentiques, la bienfaisance sans publicité, l’histoire étonnamment ressemblante à l’Évangile, m’orientent irrésistiblement vers Jésus: si l’Église a, sur tous ces points, des traits tellement pareils aux siens, ne serait-ce pas qu’elle vient de lui {deuxième partie) ?—- ne serait-ce pas, profondément, qu’elle est Jésus continué {troisième partie) ? 1955 ÉDUCATION ET FORMATION 647 DEUXIÈME PARTIE: ORIGINE DE L’ÉGLISE QUI RESSEMBLE TELLEMENT À JÉSUS.5.LE PEUPLE DE L’ANCIEN TESTAMENT PRÉPARAIT L’ÉGLISE Quand les Juifs y offraient fidèlement les boucheries sacrées du Temple, savouraient les Psaumes et observaient les prescriptions détaillées de Moïse, ils récoltaient des raisins énormes et battaient les Egyptiens entreprenants ou les Assyriens multiples; mais quand ils s’attardaient à contempler indûment les courbes mélodieuses des (( étrangères )) à la peau dorée et s’aventuraient à sacrifier à Baal, ils fuyaient en sueurs dans les batailles et leurs moissons étaient grugées par les sauterelles.Images terrestres de l’Église qui s’avance dans les récoltes spirituelles et les combats invisibles quand elle adhère à l’esprit évangélique, et qui « recule en plusieurs secteurs )) (Pie XII) quand le sel vient à s’affadir.L’obscurité gît en ce que l’Ancien Testament liait comme de Pextérieur, par l’échange d’une promesse et d’un serment, et traînait comme de force vers des destinées obscures et énigmatiques, tandis que dorénavant l’Église marche illuminée intérieurement par l’Esprit.La clarté jaillit de ce que l’Histoire Sainte préparait Jésus, en embrassant, — au travers des multitudes tièdes absorbées par la sensation,— des cœurs brûlants comme ceux du prêtre Zacharie, du vieillard Siméon, de la prophétesse Anne, de la stérile Elizabeth, de la pudique fiancée de Joseph,— tout comme notre Église, maintenant, au milieu de masses routinières et de groupements indifférents, allume des âmes ardentes comme celles de Claire, de Marguerite Bourgeoys, de Thérèse d’Avila, d’Elizabeth de la Trinité, qui appellent, contre toute espérance, la possession du Christ glorieux.(Ombres et Clartés).6.RACINE PRIMORDIALE DE L’ÉGLISE, L’INCARNATION Ordinairement, dans les catéchismes, on creuse moins profond qu’ici.On y prouve que l’Église actuelle exhibe les 4 notes qui la rattachent indiscutablement à un Nazaréen de l’an 27 ou 28 A.D., et on y démontre que cet homme était Dieu vraiment.Ici, il nous est demandé de scruter plus lucidement, et de remarquer que ce Dieu était lui-même un Envoyé.L’obscurité incurable naît de ce que le Fils puisse être envoyé, étant la Deuxième Personne, tandis que le Père ne pourrait pas être envoyé, étant la Première Personne de la Trinité: le Père n’originant d’aucune autre personne en Dieu ne saurait être envoyé dans le monde par les autres, tandis que le Fils naissant éternellement peut être envoyé par le Père, et que le Saint-Esprit procédant des deux autres peut être envoyé par les deux autres.Amplement d’obscurité pour motiver l’usage de la foi.La clarté notable gît en ce que l’Église est elle-même un long chapelet de missions, le Pape envoie l’évêque, qui envoie le curé, qui se fait aider de son vicaire, qui est assisté par les membres de l’Action Catholique.,— et il paraît subitement qu’une Église qui envoie et qui est elle-même envoyée sort convenablement d’un Dieu qui est lui-même envoyé par son Père.La ressemblance fondamentale ne produit pas 'a foi, mais c’est une clarté que le don d’intelligence aime à déguster.7.LE CHRIST A FONDÉ UNE ÉGLISE HIÉRARCHIQUE Notre temps ultraégalisateur ne le savoure pas tpujours, nous nous ressentons de l’émancipation du Révérend Martin Luther, des hurlements abatteurs de têtes couronnées durant la Révolution, des aplatissements internationaux de Karl Marx; — le citoyen moderne se gonfle de vanité sous les flatteries des « hustings », l’ouvrier réclame parfois à toute force une cogestion embarrassante, la femme même (créée pour être une (( aide » de l’homme, dans l’Éden) rêve de manipuler des bull-dozers, d’isoler le radium et de régimenter des Chambres 648 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Mai Parlementaires.Notre difficulté de croire intégralement à l’autorité impressionnante de la hiérarchie et aux privilèges remarquables du sexe masculin dans l’Église, pourrait sortir de là.La clarté réside en ce que Dieu est loin d’être standardisateur: déjà dans la Trinité il existe un ordre d’origine; — dans le Christ s’unissent deux natures fort inégales; — le Sauveur est le roi de milliards d’humains; — il existe des millions d’anges sans qu’il s’en rencontre deux exactement de même grandeur; il n’est pas étonnant que la société surnaturelle fondée par ce Dieu ne soit pas un agglomérat uniforme de granules juxtaposés {comme le sable de la plage dorée) mais un Royaume avec une multitude de chefs et de subordonnés.Obscurité et clarté, toujours.8.LE CHRIST FONDE UNE ÉGLISE QUI ENSEIGNERA Notre siècle perd la notion même d’un enseignement autorisé, d’une doctrine imposée obligatoirement.Le premier venu, sur l’estrade d’un congrès, sur le « plateau » d’un théâtre, ou à la table à dîner, s’érige en docteur d’Israël et tranche les problèmes sociaux ou moraux; dans les colonnes des gazettes, au cœur des revues, sur les ondes radiophoniques, le moindre laïque propose son opinion personnelle sur les questions théologiques.Pie XII, pas plus tard qu’en novembre 1954, s’inquiétait de la « théologie des laïques )) et rappelait que le Christ n’a donné le mandat divin d’enseigner qu’aux apôtres et à leurs successeurs, (les évêques), et que tous les autres millions d’humains, quelque savants qu’ils soient, n’ont de pouvoir magistral en matière de foi dans l’Église que s’ils sont mandatés par la Hiérarchie.Difficulté contemporaine de croire, ombres inévitables.La clarté compensatrice émane de ce que Jésus est lui-même Lumière, Parole, sagesse, verbe, maître, pensée du Père, et de ce qu’il est souverainement convenable que certains hommes dans l’Église continuent son magistère infaillible, (( il parlait non comme les scribes, mais comme ayant autorité ».9.JESUS FONDE UNE EGLISE POUR SANCTIFIER Nos adulateurs de boxeurs velus et nos clients de grills semi-éclairés n’ont pas tous, en 1955, des gestes et des glapissements qui dénotent une soif lancinante de perfection morale, mais le plus grave est que s’ils souhaitent subitement réduire leur appétit d’alcool distillé, dominer plus aisément leur besoin d’excitations, ou éliminer une timidité maladive, ils ne songent pas directement aux sacrements et au pouvoir sanctificateur efficace de l’Église: on les voit s’adresser grégairement au premier psychologue consultant, aux marchands de « volonté rendue facile », aux rédactrices de « courrier du cœur » et aux charlatans des Pocket-Books.Difficulté de croire en une Église qui a reçu du Christ {qui est la Vie et la Sainteté) la mission efficace de sanctifier, le Sacrifice insondablement transformateur de la Messe, et le sacrement extrêmement puissant de la Pénitence pour changer les âmes et donner la vraie paix, plus divinement que tous les conseils de « How to stop worrying and start living ».La clarté vient de ce que Jésus est venu (( enlever le péché du monde », et de ce que l’Église, son épouse, est priée de distribuer conséquemment les mérites et les satisfactions de sa Passion.Obscurité et clarté.10.ORIGINE OFFICIELLE DE L’ÉGLISE LA PENTECÔTE Que le Saint-Esprit ait autrefois amélioré onze pauvres hommes et les ait subitement mués en prédicateurs audacieux, passe encore; ce que notre temps voit moins aisément, c’est qu’il continue à agir dans l’Égl ise.Qu’une octave rouge commémore son souffle dans le Cénacle distant et les spectaculaires langues de feu, c’est admissible,— mais l’homme pressé du 20e siècle ne croit pas trop intensément à Sa présence moderne dans la vie de tous les jours, à Ses suggestions dans la prière éventuelle du soir, à Son travail au moment de la tentation, à Son (( utilité » dans l’organisation de la kermesse annuelle, à Sa place dans la cuisine odorante, à Son rôle auprès du cinéphile confortable, à Son intérêt p’i îaii li p L J’ai ¦ Ufa (tii« 1955 ÉDUCATION ET FORMATION 649 dans la télévision épidémique.Difficulté de croire fortement qu’il agit en mars 1955 par l’Église visible, par tel évêque, par mon curé humain.Des fervents sont même tentés de se demander si la parole prudente et l’activité réfléchie de l’Église actuelle ne trancheraient pas trop sur l’ardeur dévorante des origines, si le contrôle canalisé de l’expérience séculaire ne différerait pas trop de la création révolutionnaire et enthousiaste des temps apostoliques: il faut remarquer et dire que c’est encore le Saint-Esprit qui conduit l’Église, et que ces deux manifestations diverses se complètent et qu’il serait périlleux que l’une ou l’autre n’aient pas {en leur temps et lieu) imprégné l’Église.{Ombres multiples.) La lumière jaillirait apaisante si on avait vu exactement tous les aspects du Saint-Esprit que mentionne l’Évangile: « tantôt l’Esprit-Saint descend sous une apparence corporelle, tantôt il suggère à l’instant ce qu’il faut dire, tantôt il explique ce qui a déjà été dit, tantôt le monde ne peut le recevoir, tantôt on baptise dans l’Esprit-saint ».Assez de lumière et assez d’obscurité.11.ÉPANOUISSEMENT DE L’ÉGLISE AUX PREMIERS SIÈCLES La difficulté de croire parfaitement en l’Église telle qu’elle est actuellement peut originer du fait qu’entre les traînes moirées des cardinaux, les génuflexions multiples aux évêques, les ceinturons larges des chanoines, les robes abondantes des religieuses, les initiales étourdissantes des mouvements spécialisés,— et les simples récits pastoraux de l’Évangile selon Saint Matthieu, la liaison rigoureuse n’est pas toujours facile à tricoter.Clarté: ce chapitre sur les développements organiques de l’Église aux premiers siècles vient faire le pont explicatif: on y décèle, sous l’impulsion des apôtres inspirés, une Église, qui à la fois, respire visiblement Jésus-Christ et en même temps s’apparente essentiellement à la nôtre; sous un chef unique, Pontife souverain, Voilà des évêques consacrés, des prêtres mobiles, des fidèles qui écoutent, des femmes qui se taisent et se couvrent les cheveux dans l’Église.Assez d’obscurité et assez de lumière pour croire que notre Église est bien celle que Jésus a fondée.TROISIÈME PARTIE: LA NATURE DE L’ÉGLISE Cette Église étonnante, miraculeuse, sanctifiante, bienfaisante, persécutée, fondée clairement par Jésus de Nazareth, qu’est-elle exactement ?— C’est l’interrogation normale qui fleurit sur la racine de la première partie et la tige de la deuxième.12.LE CORPS MYSTIQUE La plupart des manuels de catéchisme et d’apologétique, même plusieurs textes de théologie, escamotent timidement le problème de la nature intérieure de l’Église; après s’être étendus dans la démonstration minutieuse de la véritable Église supérieure au Bouddhisme et au Confucianisme, promenés longtemps dans sa constitution juridique, allongés sur son institution historique, explicités sur les pouvoirs de la hiérarchie, assurés de la primauté de Pierre, déli- vrés de l’infaillibilité pontificale, expliqués sur les relations des États avec l’Église, satisfaits de la nécessité d’appartenir à cette société unique,— soudain essouflés, pressés d’en finir, ils pondent modestement quelques petits paragraphes en minuscules caractères agaçants {pour des yeux rêveurs d’adolescente) sur ce qui est pourtant le mystère foncier, principal, central, radical, primordial de l’Église, sa vraie vie intérieure.Ici, on prend le temps de montrer ce qu’elle est devant la foi aguichée: elle est Jésus lui-même communiqué, répandu, complété organiquement, prolongé dans l’humanité surnaturelle.La difficulté n’est pas négligeable de croire que Jésus de Palestine et 400,000,000 de modernes forment ensemble un Corps mystérieux, un groupe de cellules organiques unies dans l’amour, et que les 650 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Mai prélats des bureaux vaticans, les porteurs de mitres captivantes, les curés célibataires, les (( laïques conduits comme par des tuteurs )) (Pie XII), sont entrés en Jésus non comme des pierres dans un solage de ciment, mais comme par accroissement vital, par assimilation interne,— « deux dans une seule chair )), selon l’expression courageuse de saint Augustin.La clarté doit venir de l’image satisfaisante du « corps », d’une vision de l’Eglise qui jaillit actuellement du Cœur du Christ, pulsation continuelle d’un Jésus éternellement vivant.13.NATURE: POUVOIR VRAI DE GOUVERNEMENT SUR LES ÂMES Urgent à bien établir en 1955 ! ! Pie XII déplore que dès que les évêques veulent formuler des lois morales ou légiférer sur le terrain de la discipline, une critique sourde s’élève souvent qui ne leur concède pas chaleureusement le pouvoir de formuler des décrets qui nous lient devant Dieu en conscience.La difficulté de croire que Jésus nous gouverne actuellement par les évêques fermente dans la mentalité actuelle qui voudrait considérer les directives de l’épiscopat comme de respectueuses suggestions d’hommes avisés, comme des conseils humbles qu’il appartiendrait à chacun d’interpréter et d’appliquer à sa guise, dans la vie concrète de tous les jours.La lumière doit éclater de ce que Jésus faisait autre chose que donner des opinions timides et des conseils peureux: il promulguait des ordres, « ceci est mon commandement », et de ce que, actuellement, dans la deuxième moitié du 20e siècle, quand les chefs légitimes des diocèses commandent, qu’ils soient porteurs de multiples doctorats, génies universels, savants lettrés, au courant de tous les détails de la vie matérielle, ou non, Jésus ratifie présentement leurs ordres du haut du ciel, (( qui vous écoute, M'écoute ».(Obscurités et clartés).14.NATURE: MISSION AUTORISÉE D’ENSEIGNER La difficulté d’y croire ne porte pas tant sur Jésus, qui, Verbe de Dieu, infiniment savant, plongé dans la vision béatifique, pouvait convenablement nous instruire et exiger notre adhésion empressée à sa parole céleste; elle naît de la misère à concevoir l’obligation inévitable pour une intelligence d’admettre intégralement l’enseignement d’un autre homme quand il n’est pas accompagné de preuves ravissantes que la raison naturelle peut embrasser avec satisfaction.La clarté suffisante qui illumine cette mission de l’Église émane de ce que Jésus ne faisait pas que proposer discrètement aux hommes raisonneurs une doctrine personnelle dont ils étaient libres de soupeser la démonstration, il imposait de croire entièrement à sa parole; et de ce que, actuellement, il enseigne par son Eglise, non pas seulement comme un maître défunt persiste à éclairer des disciples lointains par ses textes jaunis {vg Thomas d'Aquin ou saint Augustin) mais parce que, actuellement ressuscité et vivant, présent, lumière éternelle et moderne du Père, parole infinie et contemporaine à nous, il continue en 1955 à rendre témoignage à la vérité.(Ombres et lumière).15.NATURE: MISSION DE SANCTIFIER DE L’ÉGLISE L’ombre gît en ce qu’il n’est pas aisé de penser qu’un groupe d'humains, nés de la femme, dans le péché originel comme nous, puisse efficacement sanctifier nos âmes invisibles par des gestes transformateurs et endossés dans le ciel.La lumière sort de ce que Jésus ne faisait pas que donner de judicieux conseils pour purifier les humains, mais par son Sang il leur méritait la grâce puissante et agissante de se comporter un peu moins comme les panthères de la jungle: l’Église, née de Lui, sanctifie non seulement par des exhortations apostoliques à la prière et à la modestie dans les costumes de sport, mais en donnant par ses gestes sacramentels la grâce invisible mais assurée.Et Jésus n’y sanctifie pas seulement comme un saint de jadis {vg Ignace de Loyola) continue à faire du bien par ses disciples authentiques {commentant les Exercices), mais en posant lui-même, présentement, du haut du ciel, les gestes {sacrificiels et sacramentels) qu’elle exécute en son Nom sur 1955 ÉDUCATION ET FORMATION 651 >lKf[ la terre tournante, indépendamment même de la vertu variable de ses prêtres.16.NATURE: LES LAÏQUES AUSSI SONT DANS L’ÉGLISE L’Eglise du Christ n’est pas uniquement composée d’un Pape infaillible, d’Evêques enseignants, de curés sanctifiants, et de leurs pouvoirs surnaturels,— elle comprend aussi les fidèles de toutes couleurs.Elle comprend même les âmes de bonne volonté qui ne sont membres de l’Eglise que par un désir obscur et qui adhèrent dans la nuit au Christ sans savoir son nom, sans scruter les encycliques, sans contacter les sacrements, seulement par un simple appel miséricordieux intérieur et un dialogue affectueux de bonnes intentions.C’est pourquoi, me semble-t-il, on a placé ici un chapitre sur (( les églises séparées )), sur les protestants et les schismatiques.La difficulté serait de voir que (( hors de l’Eglise, point de salut )), au fond, cela signifie précisément (( hors du Christ, point de salut )).La lumière peut venir de ce que l’Eglise n’est pas un bien infini et absolu, mais une manifestation du Christ rassasiant et sauveur, et que c’est Lui, en fin de compte qu’on doit avoir vu et étudié et aimé, tout au long de ce livre sur l’Eglise notre Mère.Si c’est Lui qu’on cherchait, si c’est Lui qu’on percevait dans l’Eglise, la difficulté se liquéfie d’admettre que l’anglican d’en face et le grec schismatique d’à-côté sont mes frères et siégeront peut-être dans la rangée en-avant de moi au spectacle éternel.CHAPITRE DE CONCLUSION COIS isiitt i ® IriHE ais:: f: if fill! ntf M | ¦ par jetH i if*1, era®5 * lîsiirifi ot,l jfirif On y aborde,— sans doute parce que c’est de quelque importance,— la distinction indispensable entre l’Eglise idéale, profonde, spirituelle, efficace, et l’assemblée imparfaite des pécheurs réels que nous sommes, des âmes qui transpirent encore des péchés véniels, des prêtres qui ont droit à leur hérédité, des curés qui continuent à représenter Dieu même si on leur reproche quelque maladresse pratique,— toutes ces pierres d’achoppement sur lesquelles butent les impatiences trop humaines.(( Le pécheur et le saint en sont deux pièces essentielles, complémentaires, qui jouent l’une sur l’autre, et dont l’articulation l’une sur l’autre fait tout le secret de la chrétienté )) (Péguy).« Toute la gloire de la Fille du Roi {entendez ici l’Eglise) est au-dedans; au dehors, sa robe est entourée de variétés )), dit la Vulgate.Et ces « variétés )) n’empêchent nullement la beauté interne et l’efficacité maternelle : que les prélats d’un siècle médiéval aient été mondains à nos yeux, leur concile reste infaillible; que des prêtres de la Renaissance aient fréquenté les chasses royales ou poudré leurs perruques plantureuses, leur messe est le Sacrifice complet du Calvaire représenté sacramentellement; qu’à certaines époques les paroissiens aient eu des loisirs qui ne concordaient pas litté- râlement avec les promesses du Baptême, l’Église restait dirigée par le Saint-Esprit.La mauvaise herbe croît dans le pré, et Jésus a prévu qu’elle vivrait jusqu’à la moisson définitive, mais cela n’empêche jamais le blé blond des Bernadette, des Cécile, des Marguerite-Marie et des Jeanne d’Arc, de prouver la vitalité tenace du sol catholique.La lumière, c’est que Jésus est là: (( où plusieurs sont réunis en mon nom, je suis au milieu.)) * * * Et si l’étude de l’Église idéale ne nous laissait pas entièrement enthousiasmés des apprences extérieures de l’Église visible (à certaines époques de son histoire), réfléchissons que présentement il dépend indiscutablement de nous que son visage montre davantage les traits de Jésus, avec qui, intérieurement, elle ne fait qu’un, selon l’intuition sublime de la Vierge d’Orléans devant une centaine de canonistes éberlués.(( Messieurs, il m’est avis que de Notre-Seigneur et de l’Église, c’est tout un )).Armand Croteau, ptre. 652 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Mai I/analyse pratique par Richard Bergeron, professeur, Ecole normale Jacques-Cartier, Montréal.pîl! q/1 w | OUS avons abordé l’analyse par assez de côtés différents, depuis le début de nos études de cette année, pour en arriver à une distinction qui paraîtra bien claire à tous et sûrement utile pour l’enseignement du français.D’une part existe l’analyse théorique (technique, scientifique), qui convient parfaitement au niveau universitaire, au domaine de la recherche; d’autre part se trouve l’analyse pratique, simple, orientée vers la compréhension élémentaire de la langue et de son mécanisme.N’apparaît-il pas avec évidence que c’est la seconde qu’il faut pratiquer au cours primaire élémentaire, où l’accumulation de la technique nuit à la compréhension au lieu d’y aider ?Nous avons déjà cité le Programme, qui réprouve le ((fastidieux exercice d’étiquetage de mots ou de propositions» (p.27Jf); il ajoute aussitôt, au sujet de l’analyse: (( Son but doit être plus pratique et plus formateur ».Ce qui confirme bien la distinction que nous établissions ci-dessus et le conseil méthodologique que nous en tirions.¦ ^ term :-;r Cette analyse pratique, comment se manifestera-t-elle dans le travail quotidien ?Dans quelle mesure fera-t-on de l’analyse écrite, de l’analyse orale ?Comment se répartiront ces deux formes, aux différents degrés du cours ?Voilà les questions auxquelles nous aimerions répondre aujourd’hui.Notre principal guide sera évidemment le Programme officiel.Comme réponse générale à la première question, au lieu de transcrire ici un long extrait du Programme, nous y renvoyons le lecteur: toute la page 280 est à lire attentivement et à méditer.On y trouvera d’abord comment varier les procédés d’analyse; ensuite l’exposé de la marche progressive d’une analyse vivante.Arrêtons-nous à la section du Programme intitulée Formes de Vanalyse (pp.280 et suiv.).(( On peut distinguer deux formes d’analyse: a) b) celle qui a pour objet l’assimilation des notions grammaticales indispensables {analyse d’assimilation) ; celle qui utilise les notions grammaticales comme des instruments de dessection des textes, comme des moyens de faire comprendre les textes {analyse de compréhension).(( La première fera surtout l’objet d’exercices écrits; on la pratiquera à petites doses répétées en y réduisant la terminologie à sa plus simple expression.On pratiquera beaucoup la seconde, sous forme d’exercices oraux, écrits, ou mixtes {questions orales et réponses écrites).)) L’importance du contenu de ce texte justifie la longueur de la citation.Il appuie d’une façon décisive, nous semble-t-il, tout ce que nous avons précédemment dit de l’analyse systématique pratiquée par écrit, à la manière traditionnelle.|Wlt ,'i îi iso Ill 1955 ÉDUCATION ET FORMATION 653 mi' sè Je :esla J'ti' iftite idoIj p* lotü (f t(?l* ton Jel> L’analyse d’assimilation, qui vise à faire acquérir la terminologie et le mécanisme grammatical élémentaire, doit se pratiquer, notons-le bien, par des exercices fréquents, mais courts, et portant sur une section bien restreinte de la terminologie.Quant à l’analyse de compréhension, elle sera très souvent orale, portant sur des propositions ou des groupes plus que sur des mots isolés.On acceptera, au cours de cet exercice, toute réponse sensée, même si l’élève la fait dans ses propres termes, sans tenir compte des étiquettes officielles.(Cf.Programme, p.282s).Pour l’analyse écrite et pour l’analyse mixte (orale et écrite), le Programme donne des exemples, aux pages 281 à 284.Est-il besoin de dire qu’il s’agit là d’exemples-guides qui montrent comment utiliser la terminologie officielle, mais que, dans la pratique quotidienne, dans la classe vivante, il ne faut pas toujours exiger ces cadres intégralement ?Us deviendraient des camisoles de force.Un autre point sur lequel il convient d’insister.Le Programme nous dit, à la page 283: « Dans l’analyse des mots, il faut éviter les cas litigieux; il faut éviter aussi l’excès de décomposition.)) Ailleurs, dans la section intitulée Compléments (p.277), on trouve: (( Dans les phrases comme Pierre va à Québec, l’élève pourra hésiter entre complément indirect et complément circonstanciel: on évitera les questions de ce genre.» Que si des cas-limites échappent à notre attention (ce qui est toujours possible), il faut accepter les deux solutions de la part des élèves.Nous voyons du même coup la nécessité absolue de faire nous-mêmes, au préalable, tous les exercices que nous nous proposons de donner aux élèves.Cela nous épargnera bien des ennuis et assurera plus de suite à notre enseignement.Nous permettra-t-on de parler brièvement d’une tendance trop fréquente chez certains titulaires ?Aussitôt après avoir exposé une notion nouvelle (par exemple, la formation du futur à partir de Vinfinitif), ils sont portés à faire travailler tout de suite les élèves sur des cas difficiles (par ex:., récréer, prier, crier, secouer.).C’est aller trop rapidement .du facile au difficile.Il convient, au moment de l’explication d’un fait nouveau, de n’utiliser pour la pratique intensive («drill))), et pendant un assez long temps, que des cas simples, bien clairs, bien faciles, en vue d’ancrer la notion et de contrôler son acquisition par les enfants.Les cas difficiles devront apparaître un peu plus tard, et selon une intelligente gradation.Ne pas oublier cela dans l’analyse proprement dite: c’est aussi vrai là qu’en grammaire.* * * A notre avis, dans les trois premiers degrés du cours, seule devrait se rencontrer l’analyse orale, partielle, occasionnelle, celle dans laquelle on ne demande à l’enfant qu’un détail grammatical à la fois.On commencerait aussi à initier les élèves au patron de la phrase normale, simple, en leur en faisant découvrir, sans termes techniques (sujet-verbe-complément), les éléments fondamentaux.En quatrième et cinquième années, apparaîtra discrètement l’analyse écrite, à côté de l’analyse orale et fragmentaire, beaucoup plus fréquente.Il faudra continuer les exercices sur les trois groupes de la proposition, prendre ce travail comme point de départ de tout exercice d’analyse.Seule V analyse-pratique-intensive («drill»), portant sur une notion unique, pourra faire exception.En sixième et septième années, s’étendra le domaine de l’analyse écrite, sans jamais dépasser celui de l’analyse orale.Nous pourrons, mais bien progressivement, bien discrètement, augmenter le nombre des indications exigées, sans dépasser les limites du bon sens; celles-ci nous seront révélées, si nous faisons d’abord en nous «minutant)), les excercices destinés aux élèves.Il va sans dire que tout exercice d’analyse aura comme point de départ, une décomposition (au moins orale) en groupes fonctionnels.* * * Il nous reste à formuler une conclusion générale pour cette série d’études sur l’analyse.Qu’avons-nous cherché à faire exactement ?Nous avons voulu montrer comment insuffler de la vie à nos travaux d’analyse, devenus des exercices secs et générateurs d’ennui pour les élèves.D’aucuns 654 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Mai auront trouvé que nous sommes allé trop loin dans notre réaction contre les procédés traditionnels.Nous demanderons à ceux-là qu’ils consacrent le temps nécessaire à une lecture lente et réfléchie du nouveau Programme de français; ils constateront que nous avons simplement {du moins nous le croyons) appliqué les principes et suivi les directives méthodologiques du Programme lui-même.Nous ne pensons pas avoir énoncé d’opinion personnelle qui les contredise.Et puis, disons-le franchement: par un minimum d’observation, nous nous rendrons compte que notre enseignement à tous les degrés, et dans la plupart des matières, souffre grandement d’un excès d’analyse; on a presque toujours oublié la synthèse.C’est pourquoi nous avons insisté sur ce complément absolument indispensable de l’analyse.Dans l’enseignement plus que partout ailleurs, il faut se garder de la routine, qui s’insinue lentement dans le travail quotidien.Il est bien plus facile et reposant, en pratique, de donner de longs exercices d’analyse systématique que de pratiquer une analyse vivante, variée et .fatigante pour le titulaire.Nous ne voulons jeter la pierre à personne; nous ne désirons rien révolutionner; nous savons ce qu’est l’enseignement élémentaire, pour nous y être adonné plusieurs années.Nous espérons seulement que ces modestes essais pousseront à quelques tentatives de renouvellement, permettront quelques élans vers un mieux-faire toujours possible.Richard Bergeron.NOTEZ BIEN Au Sujet de l'Aualyse A la suite de notre article de février sur la terminologie officielle, on nous a posé diverses questions, qui rendent nécessaires les remarques suivantes: 1° Notre tableau reproduit synoptiquement les termes officiels de l’analyse, d’après le Programme; 2° Il ne fait mention d’aucune des notions marquées A au tableau analytique du Programme: 3° Il se borne à ce qu’on exige ordinairement dans un exercice systématique d’analyse; il ne contient pas toutes les notions grammaticales; 4° Pour le possessif {adjectif ou pronom), nous avons mis un P qui représente la personne du possesseur; on notera cette personne dans l’analyse orale, pas ailleurs; nous ne croyons pas qu’on l’exige aux examens officiels: cela mêlerait l’enfant pour l’accord du verbe à la 3e personne, celle de l’objet possédé; 5° Pour le verbe, nous n’avons pas indiqué les formes: active, passive, pronominale, impersonnelle, ni les voix: affirmative, négative: interrogative; on dira aux élèves qu’il ne vaut la peine de donner une de ces indications que si elle sort de l’ordinaire, c’est-à-dire, s’il s’agit d’une forme autre que la forme active, d’une voix autre que la voix affirmative.Richard Bergeron. 1955 ÉDUCATION ET FORMATION 655 Le peuple en danger N.B.— Afin d’intensifier en quelque sorte le succès de la souscription patriotique, que le Conseil de la Vie française et la Fédération des Sociétés Saint-Jean-Baptiste du Canada lanceront le 2 mai,
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